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 Où la curiosité vous attire des ennuis... [Terminé]

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MessageSujet: Re: Où la curiosité vous attire des ennuis... [Terminé]   Mar 28 Sep - 12:43

    C’était parfait ! Maintenant qu’elle était debout devant le jeune homme, pour couronner le tout elle avait froid. Couverte de boue et sans chaussures, difficile de faire autrement, même dans une ville comme Los Angeles qui était plutôt garnie niveau temps. Plus les secondes passait plus elle détestait ce type et son air vaniteux. Il semblait tellement heureux de lui avoir mit la main dessus, c’en était presque indécent.

    La jeune femme aux grands yeux verts plissa ceux-ci pour adresser à son ennemi de la soirée un regard scrutateur et mauvais. Il allait falloir qu’elle calme sa frustration et sa colère, elle n’arriverait à rien en se laissant déborder par ses caprices, telle une enfant trop gâtée. Nell devait rester maîtresse d’elle-même, et peu importait son air un peu chiffonné et la boue sur ses bas, il fallait surtout qu’elle reste digne. Ca, même quelque petit tour de magie ne pourrait pas le lui enlever. Surtout pas lorsqu’elle avait à faire à un tel énergumène.

    La jeune mutante s’était donc rapidement dégagée de l’étreinte du garçon qui l’avait relevé sans aucune manière pour croiser ses bras fins sur sa poitrine, la tête haute.

    « Tu veux savoir ? Vraiment ? Je te préviens que tu vas te sentir un peu déçu… et un peu idiot aussi puisque finalement, j’en ai appris bien, bien plus que je n’osais l’imaginer en commençant à te filer. Moi qui pensait que j’avais ferré une jolie truite, je me retrouve avec un requin marteau au bout du fil, et j’arrêterai là cette allégorie » lança-t-elle très vite en lançant un regard courroucé à ses mains couverte de terre humide.

    Dans une moue dégoûtée, elle vint rapidement les essuyer contre la veste du jeune homme avant qu’il ne la chasse.

    « Figure-toi, Monsieur le Mutant, que j’étais persuadée d’avoir mit la main sur un dealer de drogue ! Le profil était parfait. Bien que je trouve que cet adjectif ne te sied guère, si tu veux mon avis. Des entrevues discrètes avec d’autres élèves entre deux cours, des coups de téléphone courts et mystérieux, une fâcheuse tendance à lancer des regards méfiants dans ton dos, de très bonnes notes malgré tes ‘occupations extrascolaires’ qui semblent te prendre pas mal de temps. Je voulais savoir ce que tu fabriquais en dehors des cours. Mais j’imaginais plutôt des rendez-vous clandestins pour te fournir en pilules et autres amphèt’, pas… ça » articula la jeune journaliste en herbe en désignant du pouce la flaque de boue dans son dos.

    Bon, ça n’était pas totalement la vérité, elle avait juste omis un chapitre de l’histoire. Mais du coup, elle ne mentait pas non plus, elle avait réellement cru qu’il était un dealer au début. Elle s’était fourvoyée, tant mieux. L’histoire l’intéressait bien plus maintenant qu’elle ne le faisait au début.

    « Alors c’est quoi ton truc à toi ? Tu as le gène de cochon et tu aime te rouler dans la boue c’est ça ? Tu sais tu peux me faire confiance, avec moi, ton petit secret est bien gardé » susurra Nell dans un clin d’œil enjôleur.

    « J’espère que tu ne m’en veux pas, après tout… tu t’es mis dans la gadoue tout seul sur ce coup-là O’Hara »

    Jeu de mot ? Elle ? Quelle idée…
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: Où la curiosité vous attire des ennuis... [Terminé]   Sam 9 Oct - 21:12

Merde. J'avais tout faux. Elle ne savait pas qui j'étais avant que je ne le lui montre. Quel idiot. Il était grand temps que je me repose l'esprit. Je voyais du complot partout ces derniers temps et ça n'arrangeait pas mes affaires... Ça m'apprendrait à vouloir jouer au plus malin. Mais en même temps, elle aurait bien fini par trouver toute seule si elle était si douée que ce que j'avais pu voir dans son dossier. Je sentais arriver les galères à dix mille. Tant pis, j'allais devoir rattraper le coup. Mais comment ?

La garce eut le culot de venir s'essuyer sur ma veste. En fait, en la repoussant, je ne pus m'empêcher de sourire : elle m'exaspérait au plus haut point mais je me rendais bien compte que son audace me plaisait bien. J'avais toujours préféré les audacieux aux suiveurs. Son absence de peur, ou plutôt sa façon de se montrer sûre d'elle même face à moi, un mutant, me bluffait. Comment se pouvait-il qu'elle ne soit pas effrayée tant que ça ? Beaucoup de personnes avait une réaction radicalement différente : ils ne croyaient pas ou ne voulaient pas croire à ce qu'ils voyaient. Elle, elle se contentait d'exprimer sa satisfaction d'avoir obtenu un scoop.

Elle parla alors du gène. Je compris que sa réaction n'était pas seulement due à une grande maîtrise d'elle-même. Elle savait quelque chose sur le sujet. Mais quoi exactement ? En tout cas, si c'était réellement le hasard qui l'avait mise sur ma route, alors c'était un sacré farceur. Il venait sûrement de me mettre dans un beau merdier. Mademoiselle aussi avait de l'humour visiblement. Un autre sourire. Quelle idée, je devais retrouver mon sérieux voyons. Quoique, peut-être qu'il fallait vraiment que je relâche la pression et que je laisse courir un peu. Mais était-ce le bon moment ?
Allez, Aaron, arrête de réfléchir, agis bordel !

    Parce que le secret existe chez les journalistes ? On en apprend tous les jours... Enfin. Que sais-tu exactement sur le gène ? Tant qu'on y est, autant voir si tu sais dans quoi tu viens de t'embarquer. Mais je propose de retrouver la route, histoire de nous retrouver à la lumière, pour que tu n'aies pas trop peur du vilain géokinésiste. Ah oui, c'est ça, ma capacité.

Pourquoi est-ce que javais besoin de l'ouvrir ? Sûrement parce qu'il y avait bien longtemps que je ne l'avais pas fait. Quels étaient les risques ? Cette fille semblait déjà connaître deux trois trucs sur le sujet alors si elle menait une enquête, autant lui filer un coup de main. Enfin, tout en menant le jeu bien sûr...

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MessageSujet: Re: Où la curiosité vous attire des ennuis... [Terminé]   Lun 11 Oct - 0:15

    Apparemment O’Hara n’était pas près de lui lâcher les basques. Ce garçon était très visiblement en manque d’affection ou quelque chose comme ça. Il s’agrippait à elle comme une moule à son roché et ça commençait à bien faire ! Mais puisqu’il lui avait fait le très grand plaisir d’arrêter de la pourchasser comme un lapin, et de la secouer comme un prunier, autant continuer à filer doux, la méthode semblait mieux fonctionner sur lui. Du moins, elle filerait aussi doucement qu’elle le pouvait. La douceur n’avait jamais été l’une de ses qualités, même si elle en possédait beaucoup d’autres pour compenser cela dit.

    « Ok. Petit A : Je ne suis pas journaliste. J’étudie le journalisme et je travail dans un journal en tant que photographe. J’ai écris quelques articles, rubrique des chiens écrasés, mais ça s’arrête là, et c’est uniquement parce que le chef de la rédaction aime mes jupes. Si tu veux parler à une journaliste, revient dans un an. Petit B : Être un vrai journaliste, ce n’est pas une histoire de secrets scandaleux qu’on déballe à la Une aux lecteurs avides, ça c’est la presse à scandale. Le vrai Journalisme c’est une histoire de liberté d’expression et de vérité. Petit C : Je n’ai pas peur des géokinésistes, j’ai peur des mecs dangereux qui me poursuivent la nuit dans un parc malfamé. Je ne suis pas stupide, je sais faire la différence. Petit D : Oui, j’ai toujours réponse à tout. Et en plus j’ai toujours raison. Petit E : Je te rappel que je suis sans chaussures, que tu m’as recouverte de boue sans raison, et que j’ai froid. Si tu veux qu’on se déplace O’Hara, tu vas être obligé de me porter »

    Elle avait dit tout ça d’un ton dur, ses yeux verts lançant des éclaires glacés à son interlocuteur. Sauf pour le petit E, où elle avait prit la peine de radoucir sa voix et de dessiner un sourire sur ses lèvres. Puis elle avait tendu les bras vers le jeune homme d’un air ingénu.
    Elle n’avait gardé la pose que quelques instants, mais elle bénissait le ciel de pouvoir le voir clairement, parce que son expression valait le coup d’œil.

    « Tss. Comme si je voulais que tu me touche » reprit-elle finalement d’un ton acide en laissant son visage prendre l’air cynique qui lui était naturel.

    Elle avait baissé les bras, levé ses yeux au ciel, et s’était remise à marcher, empruntant le chemin exact qu’elle avait parcouru en trottant quelques instants plus tôt. C’était assez facile à faire puisque le terrain avait été soigneusement labouré par Aaron. Elle finirait bien ainsi par retomber sur sa paire de chaussures. Du moins elle l’espérait, sinon elle allait devoir conduire pied nu… du fun en perspective pour cette soirée qui n’en finissait plus.
    Le pire était qu’au fond, elle en garderait sûrement un bon souvenir après coup, sa soirée avait été loin d’être commune. Ca c’était du vrai journalisme ! Et elle se demandait bien ce qu’un psychologue aurait pu penser de ça d’ailleurs…

    « Quant au gène… je n’en sais pas grand-chose. Autant qu’une personne qui s’est un minimum informé je suppose. J’ai lu quelques articles scientifiques, mais j’ai rarement du temps à perdre cela dit. J’ai aussi lu quelques témoignages. Ca s’arrête là. » trancha-t-elle d’un ton ferme.

    C’était un sujet compliqué, aussi bien en général qu’en particulier. Personne ne savait pour elle. Elle n’avait jamais confié posséder une capacité à qui que ce soit, même pas à son propre père. D’ailleurs elle ne savait même pas comment en parler. Elle ne s’incluait pas vraiment dans ce groupe, celui des mutants. D’ailleurs elle ne s’incluait dans aucun groupe. Elle formait un groupe à elle toute seule et c’était très bien comme ça.
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: Où la curiosité vous attire des ennuis... [Terminé]   Dim 17 Oct - 14:36

Elle était rapide et tranchante dans sa façon de répondre. Une façon qui, je devais bien l'avouer, avait un certain charme. Je n'y pouvais rien, j'avais toujours eu un faible pour les femmes de caractères. C'était sûrement parce que j'aimais le conflit et les relations intenses et puissantes... et aussi parce que ça permettait de tout arrêter avec facilité puisqu'une embrouille arrivait toujours à point nommé. Une façon de ne jamais s'engager trop longtemps...

Tout en étant plongé dans ma réflexion, j'avais suivi attentivement ce que Robinson me disait. Le point C attira particulièrement mon attention : au coeur de son sarcasme, je recueillis une réponse à l'une de mes questions : elle n'avait pas demandé ce qu'était la géokinésie. Je fus alors tiré de cette découverte par son dernier point : elle prit un ton mielleux pour m'annonçait qu'elle voulait se jeter dans mes bras, elle tendait d'ailleurs les siens vers moi... Pour les reprendre ainsi que son ton naturel... Elle reprit la discussion sur le gène en prétendant avoir lu deux trois trucs.
Sauf que deux trois trucs dans des magazines n'avaient jamais abordé la réalité du gène. Si elle avait réellement "effleuré" l'actualité scientifique sur le sujet, elle saurait juste que certaines personnes semblaient développer un patrimoine génétique plus "adapté". Elle ne saurait rien sur le gène. Elle n'aurait pas compris l'allusion à la géokinésie...

    Tes chaussures sont là-bas...

La voir ramer pieds nus était satisfaisant mais elle n'allait pas très vite... et j'étais crevé. Je voulais aller droit au but aussi mais je ne savais comme trouver une brèche chez elle. A supposer que brèche il y avait.

    Quelques articles scientifiques, c'est bien ça ? Laisse-moi émettre un léger doute. Comme tu le sais, je suis étudiant en génétique et je les lis, tous ces articles. Je peux te dire qu'il n'y a pas grand chose. Comme tu le dis, liberté d'expression et de vérité. Mais voilà, certaines vérités ne sont pas bonnes à dire si tu vois ce que je veux dire. Comme par exemple le fait que l'être humain s'adapte en développant des capacités pouvant mettre fin à la vie de ses congénères...

C'était une de mes principales pensées. Chaque nouveauté génétique avait un sens : s'adapter au mieux. Ce gène n'arrivait pas par hasard. Il n'était pas le fruit d'une manipulation génétique. Il était le pur objet de l'évolution ce qui supposait que ce gène devait combler un besoin. Pourquoi un être se verrait-il capable d'anéantir des vies ? Parce que c'était nécessaire ?

    Tu es sûre d'avoir lu ça dans tes articles ? Tu es sûre que la population est au courant de ça ? Tu es réellement sûre de toi ? Parce que moi je suis sûr d'une chose : tu mens. Je comprends très bien que la confiance n'est pas de mise : je ne te fais pas confiance. Mais je vais quand même t'expliquer deux trois choses sur ce que tu dis savoir...

Pour savoir d'ailleurs, il fallait qu'elle soit mêlée de près ou de loin au gène. Le possédait-elle ? Pour l'instant, je ne pouvais le savoir. Rien n'avait pu laisser paraître une quelconque capacité. Rien.

    Petit 1 : ceux qui savent la vérité sur le gène en savent beaucoup. Donc soit tu ne sais rien, soit tu en sais plus et je pense qu'il s'agit de la seconde option. Je me trompe ?

L'heure de la méfiance était révolue. J'avais face à moi une fouineuse persuadée que la vérité à tout prix était la solution. Elle représentait donc une menace potentielle. Il fallait que je lui explique qu'elle devait la fermer sur le sujet...

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MessageSujet: Re: Où la curiosité vous attire des ennuis... [Terminé]   Lun 18 Oct - 0:36

    Sans un mot, la jeune femme s’était dirigée vers sa paire de talons qui gisaient au sol, dans l’herbe sèche. Son attention était cela dit concentrée sur O’Hara.
    Elle devait avouer qu’il était un peu plus fin qu’il n’avait semblé l’être. Maintenant qu’il était calmé, et que l’énervement ne l’aveuglait plus, il faisait preuve de plus de jugeote. Et même si Nell détestait qu’on lui tienne tête, détestait qu’on remette sa parole en doute, détestait ne pas avoir le total contrôle d’une discussion ou d’une situation et détestait plus encore qu’on la perce à jour, elle aimait aussi qu’on lui tienne tête, mette sa parole en doute, perdre le contrôle et être remise à sa place lorsque les arguments étaient intelligemment posés. Lorsque le raisonnement en valait la peine, elle savait, dans son infinie et fictive mansuétude, se montrer plus clémente.
    Il était trop rare que Nell rencontre plus malin qu’elle, et lorsque la chose arrivait, elle ne s’en retrouvait pas frustré et jalouse mais plutôt ravie et soulagé que la planète ne soit pas totalement peuplé d’abrutis profonds d’une bêtise accablante.
    Peut-être qu’en plus des bains de boue improvisés, O’Hara allait lui offrir le luxe de se trouver un adversaire à sa taille pour une fois.
    Ca n’était jamais drôle lorsque les choses étaient trop faciles…

    Elle laissa donc le garçon s’exprimer à son aise sans dépeindre d’un très léger sourire jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent devant sa paire de chaussures.
    Elle ne répliqua pas immédiatement et plongea d’abord ses deux mains sous sa jupe. Nell agrippa l’élastique de ses collants et les ôta rapidement. Une fois cela fait, elle jeta la paire vers O’Hara avant de venir s’accrocher à son avant bras pour se maintenir en équilibre tandis qu’elle remettait ses chaussures à talons.

    « Non tu ne te trompe pas. Il était temps d’ailleurs. Heureux ? Tu m’as complètement eue ! Oui j’en sais plus sur le gène. Tu veux la vérité ? Ma petite sœur est une mutante. Voilà. Tu sais tout. » lança-t-elle sans même faire l’effort d’emprunter un air convainquant.

    A la place elle s’était mise à farfouiller bruyamment dans son grand sac à main en cuire pour y trouver un paquet de mouchoir dans l’espoir futile d’estomper la tâche de boue qui trônait sur sa jupe.

    « Laisse-moi tout de même te signaler, en tout amitié puisqu’on en est déjà à s’échanger nos petits secrets personnels, que tu es un garçon très naïf. C’est certains. Mais c’est mignon cela dit. Je comprends que tu plaises aux pom pom girls. »

    Elle arrêta de chercher dans son sac quelques instants pour relever sur Aaron un regard incrédule et pensif.

    « Tu crois vraiment pouvoir dissimuler une informations pareille ? Je ne me trompe pas, c’est bien ça que tu essayes de me faire passer comme message ? Je dois me taire. Taire l’existence des mutants. Pourquoi ? Pour éviter une panique générale ? » elle s’esclaffa « O’Hara… je suis désolée de te l’annoncer, mais… l’être humain à toujours eut la capacités de mettre fin à la vie de ses congénères. Tu sais… ça s’appelle un meurtre. N’importe qui peut tuer son voisin. On n’a besoin ni d’une arme blanche, ni d’une arme à feu, surtout pas d’un gène bonus ou de pouvoirs hollywoodiens, on à juste besoin de ses deux mains et d’une gorge à étrangler. Tu pense que les choses seraient différentes si les mutants n’étaient capables que de se transformer en lapins avec un arc-en-ciel sur le ventre ? Tu pense que la population non-mutante serait plus clémente si aucunes des capacités développées n’était dangereuse ? Allons… franchement ? Bien sûr que non. Le problème ne sera jamais réellement ce qu’ils savent faire, le problème sera simplement qu’ils sont différent. Et ils ne seront pas plus mal traités que les aborigènes en Australie, ou les Indiens ici aux USA, ou les Tibétains en Asie. Est-ce que tu comprends ce que je veux dire ? C’est toujours la même histoire O’Hara, et ça sera toujours la même histoire. Abo, Indien, Tibétain, mutant, ça n’a pas d’importance. L’être humain est le seul réel prédateur de l’être humain, c’est pour ça que nous sommes en haut de la chaine alimentaire, et c’est justement pour cette raison précise que l’être humain est condamné à se dévorer lui-même jusqu’à la fin des temps. Le serpent ne finira jamais de manger sa queue, c’est triste mais c’est ainsi, et tu ne pourras pas éviter l’affrontement qui aura lieu. Parce qu’il y aura forcément une guerre, que ce soit demain ou dans dix ans, je le sais, tu le sais, et je sais que tu le sais : il y aura une guerre. Point. »

    Elle leva les mains au ciel d’un air fataliste, ne dépeignant tout de même pas de son air léger. Elle avait raison, elle le savait, et peu importe ce que pourrait lui dire le jeune étudiant en génétique, elle n’en démordrait pas.

    « En partant de ce principe, tu comprendras que je n’adhère pas à ta demande implicite de garder silence. Cela dit rassure-toi, mon grand buzz n’est pas encore pour demain. Pour l’instant je n’ai aucune preuve tangible. On verra ce que l’avenir me réserve. Je suppose que tu n’as pas de mouchoirs en papier ? » enchaîna-t-elle en affichant un sourire innocent.
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: Où la curiosité vous attire des ennuis... [Terminé]   Lun 25 Oct - 18:31

Elle était futée mais visiblement, elle ne comprenait pas toute l'horreur de l'évolution. Elle ne comprenait pas la différence entre les meurtriers et les mutants. elle ne voyait pas plus loin. Quelque part, sa première réaction ne faisait que mener à la réaction qui serait celle de la plus grande majorité de la population : les mutants étaient dangereux et il fallait les enfermer, les mettre en cage. Mais malheureusement, les scientifiques, les philosophes et surtout les grands de ce monde verraient plus loin : ils verraient la réalité de l'évolution.
Elle sautillait encore, tentant désespérément de remettre ses escarpins, j'avais sa paire de collants dans les mains ce qui, je devais l'avouer, me donner l'air d'un véritable abruti aussi. Elle me demanda de façon purement rhétorique si je n'avais pas de mouchoir. Je tendis mon bras vers mon cou et déroulai l'écharpe qui s'y logeait.

    Elle est vieille de toute façon.

Je la lui donnai calmement, sans animosité. Sa soeur était mutante ? Comment pouvait-elle alors penser une seule seconde à la mettre en danger en révélant la vérité au monde ? Je ne pouvais la croire aussi bête après avoir galérer à ce point pour la faire parler. Il y avait plus. Ou peut-être même autre chose. Je pris une longue inspiration avant de plonger mes yeux dans un vert qui visiblement ne demandait qu'à m'étrangler. Encore. Je voulais lui expliquer ce qu'elle ne voyait pas.

    Tu n'as donc pas compris ? Tu ne vois pas que c'est bien plus grave que le simple fait de créer des meurtrier alors qu'il en existe déjà ? Toute la différence vient de la science.

Je m'arrêtai une fraction de seconde, sentant que j'allais en réalité révéler à cette fille ma plus profonde angoisse sur cette évolution. Je n'en avais jamais réellement parlé à quelqu'un mais c'était un sujet qui m'effrayait. La science était tout ce que j'aimais et elle devenait aussi une de mes plus grandes peur...

    Où met-on les meurtrier ? En prison quand ils ont tué sous la pression, dans le besoin ou simplement par méchanceté : ce sont là les expressions des pires vices humains. Mais il y a aussi les autres. Ceux qui sont considérés comme fous : ceux-là sont comme des "erreurs", des personnes qui ne sont pas "normales". Les tueurs sont soit des personnes dont les mauvais penchants humains sont très présents, soit des êtres avec comme des "soucis" de fabrication...

J'avais toujours ses collants dans les mains mais j'avais maintenant mes deux mains dans mes poches et je serrais les poings. La réalité était horrible. Pour un être comme moi, qui aimait à croire que l'espèce humaine était "bonne", la désillusion avait été immense quand j'en étais arrivé à la conclusion que j'allais alors partager avec la journaliste.

    Tu dis que la population les verraient comme de simples êtres dangereux à exterminer ou enfermer mais je vais te dire que c'est bien pire. L'excuse que nous avions face aux meurtriers c'était celle de "l'erreur". Mais maintenant que c'est la nature qui veut que l'être humain élimine ses congénères trop faibles, comment crois-tu que l'espèce va réagir ? Crois-tu vraiment que l'Homme va réussir à supporter cette idée ? L'homme est le plus grand des prédateurs. C'est établi. Mais c'était surtout établi quand on le considérait face aux autres espèces. Mais aujourd'hui ? Je dois t'avouer que je ne suis pas aussi positif que toi sur la chose, vois-tu...

Et là, j'allais abattre ma dernière carte. Je ne voulais pas la convaincre. Je voulais qu'elle sache. Qu'elle adhère ou non à ma pensée, ce n'était plus de mon ressort : elle n'était pas de ces personnes influençables. Loin de là. Elle était intelligente et ça faisait la différence.

    Crois-tu que les mutants sont là par hasard ? Est-ce que la nature ne cherche pas à renouveler l'espèce à des fins plus horribles ? Crois-tu que ta soeur n'est pas celle de vous deux qui est destinée à être le modèle le plus viable ? A supposer que ce soit réellement ta soeur la mutante, si elle existe ? Je connais bien le coup du "c'est pas moi, mais c'est une copine qui..." A toi de voir maintenant...


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MessageSujet: Re: Où la curiosité vous attire des ennuis... [Terminé]   Mer 27 Oct - 23:43

    Nell avait acceptée l’écharpe sans souffler mot, préférant concentrer son attention sur le discours du jeune homme. Distraitement, elle frottait sa jupe, son cerveau tout entier consacré aux idées émises par O’Hara.
    Il avait tord de penser qu’elle ne voyait pas l’image d’ensemble. Elle la voyait très bien. Tout ce que venait de dire Aaron, elle y avait déjà pensé elle aussi. Elle avait eut deux ans pour ça, depuis qu’elle s’était découvert les yeux de Superman.
    Elle avait eut le temps de passer par tous les stades possibles et imaginables concernant sa différence. La peur, le doute, le questionnement, les remises en question, l’excitation, l’apprivoisement, le poids des secrets, la résignation, la frustration de ne pas en savoir plus, les dangers aux quelles elle pouvait s’exposer, et bien plus encore.
    Le souci était peut-être justement qu’elle y avait trop pensé. Elle avait été trop loin dans le raisonnement, et au final, tous ces sentiments s’étaient estompés pour ne plus laisser place qu’a l’indifférence.
    Lorsqu’on prenait trop de recule par rapport à une situation, lorsqu’on allait trop loin dans les raisonnements, il arrivait un point où tout perdait peu à peu son sens. Même le bien et le mal.
    C’était un sentiment terriblement difficile à décrire, et tout au fond, elle avait trop peur de ne pas être totalement comprise, de ne pas trouver les mots tout à fait exacte pour en parler. Du moins pas comme une confidence, ni de manière personnelle.
    Alors même si ces fameux mots lui brûlaient les lèvres, elle prit garde de rester distante face à O’Hara. Il était loin d’avoir déjà gagné le droit de mettre un seul pied à l’intérieur de sa tête.

    « Ne me dis pas que je ne comprends pas » finit-elle par répliquer d’un ton froid mais pas agressif « Et arrête d’essayer de me faire dire que je suis comme toi. Bien sûr que je n’ai pas de sœur, gros benêt, t’as lu mon dossier oui ou non ? » ajouta Nell dans un regard tranchant.

    « Je sais très bien ce qui va se passer. Ce qui va se passer c’est que les gens vont paniquer parce qu’ils vont se rendre compte qu’ils sont obsolète, que leur page est déjà tournée et que d’ici quelques génération, la seule trace de leur passage se trouvera dans les livres d’histoire. Pas besoin d’être anthropologue pour le deviner… Mais après tout… qu’est-ce que tu veux y faire ? Tu veux garder le secret, c’est très louable de ta part, mais tu ne vas pas sérieusement continuer à te sentir responsable pour toute la population mutante de la planète, si ? Tu te rends quand même bien compte qu’on en arrive à un point où le secret va devoir sortir de sa boîte, parce que les mutants seront logiquement de plus en plus nombreux. Ici tu as de l’influence, tu peux agir, me faire fermer mon clapet même si ça te chante. Seulement qu’est-ce que tu vas faire le jour où un adolescent japonais se mettra à changer de sexe à sa guise devant témoin ? Le jour où un malade quelque part en Suède décidera de braquer une banque en congelant toutes les personnes à l’intérieur, le tout filmé par les caméras de surveillance ? Comment tu vas faire le jour ou une petite africaine naitra avec des écailles et que médecin sans frontière décide d’en faire un article ? Comment tu vas faire si deux hooligans anglais se mettent à s’envoyer des bouts de building et des éclairs en pleine tête parce qu’ils ne supportent pas la même équipe de soccer ? Tu ne peux pas être partout. Il va forcément arriver un moment où la chose sera rendue publique. Mondialement publique. J’espère que tu en es bien conscient. Et peu importe pourquoi les humains vont flipper. Puisqu’ils flipperont de toute manière, et que peu importe leurs raisons, le résultat sera le même. Je n’ai pas besoin de te faire un dessin : Peur généralisée, violence, période de crise, tueries. Seulement il arrivera aussi un moment où ça va se calmer. Et il arrivera surtout un moment où les humains vont complètement disparaitre. Ca ne sera certainement pas de notre vivant, mais ça arrivera. Alors qu’est-ce que ça change ?! Si quelqu’un doit révéler au monde la vérité, et il y aura forcément quelqu’un pour le faire, ça c’est indéniable, alors autant que ça soit moi ! A quoi ça sert de faire trainer en longueur quelque chose qui aura forcément lieu ? Moi je n’ai pas peur de la vérité, et je n’ai pas peur des conséquences… et si je peux gagner un Pulitzer au passage, je ne vois vraiment pas ce qui me retiens O’Hara » conclut-elle en passant finalement l’écharpe sur sa nuque, les deux mains cramponnées au pans du tissu.
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: Où la curiosité vous attire des ennuis... [Terminé]   Jeu 28 Oct - 15:32

Finalement, elle avait bien cogité la petite. D'ailleurs, elle avait même réussi à me clouer le bec, c'est pour vous dire. Je crois qu'en cet instant, elle m'inspirait pas mal d'admiration. Elle était libre, sûre d'elle et surtout, elle n'avait aucune pitié. Elle avait vu juste la jeune fouine : je me sentais trop responsable pour toutes ces personnes que je ne connaissais pas et surtout, que j'étais incapable d'aider. Depuis ma fuite de Genetic, j'étais persuadé que je devais expier les fautes de mes parents comme pour me laver de la honte. Malheureusement, je ne m'étais pas fixé de limite et au rythme où allaient les choses, j'allais sûrement finir par me faire bouffer par tout cet altruisme inutile. Elle avait visé juste et avait tiré : son long discours avait eu l'effet d'une claque.

Elle mit mon écharpe autour de mon cou : j'étais plein de boue mais je m'en foutais. Elle tenait les deux pans du bout de tissu, comme pour m'indiquer qu'elle savait qu'elle avait gagné. Mais pouvais-je réellement abandonner ici ? Pouvais-je la laisser tout foutre en l'air ? Oui, probablement. Après tout, j'étais fatigué. Je me battais depuis des années et tout ça pour quoi ? Pour bosser jusqu'à en crever ?
Mais merde, réagis !
Quel con ! L'espace d'un instant, j'avais failli me laisser abattre comme un bleu, tout ça parce que mademoiselle avait de très grandes qualités oratoires. D'accord, elle avait raison et elle venait de m'ouvrir les yeux sur mon combat perdu d'avance mais ce n'était pas une raison pour tout arrêter quoi ! Je pris violemment ses mains dans les miennes et je la tirai vers moi avec force. Elle n'était qu'à quelques centimètres de moi. Je penchai ma tête vers ce petit bout de femme et, tout en soutenant son regard fort et arrogant, je lui dis :

    T'as raison. Je me bats pur rien. Je ne pourrai pas arrêter la machine : comment lutter contre la nature ? C'est une cause perdue. Mais je m'en fous, tu vois... Je serrais toujours ses mains, de façon à ce qu'elle ne puisse pas contrôler cet instant.Me battre me donne l'impression de pouvoir contrôler un minimum ma vie et si je peux aider les autres, tant mieux. Crois-tu vraiment que la journaliste qui va mettre tout le monde dans la merde aura droit à sa petite statue en récompense ? Moi je ne pense pas : comme tu le dis, les mutants sont partout et tout le monde n'est pas pour les révélations chocs...

Je ne lâchai pas prise. Qu'elle parle. Tant pis pour elle. Tant pis pour nous. Au final, on était tous voués au même destin : " Tu étais poussière, tu retourneras poussière ". Mais moi, j'avais l'impression, pas d'être efficace, mais plutôt d'être moi en luttant. C'était beaucoup. Surtout pour un type qui avait vécu dans le mensonge toute sa vie.

    Par contre, le jour où tu seras en danger, tu pourras toujours nous sonner, nous les "super héros" qui pensent bêtement pouvoir aider le monde : la bonté n'aide pas mais l'argent oui, et on en a. L'argent permet de se terrer...

Je la lâchai désormais. Je tournai les talons et commençai à partir. Je savais que ce qu'elle m'avait dit était vrai et surtout, qu'elle m'avait cerné. Et alors ? Je ne me cachais pas. Et puis, finalement, était-ce une si mauvaise chose qu'elle ouvre les vannes ? Tout dépendait du point de vue. Je ne voulais pas me braquer conter elle. J'avais dit ce que je voulais dire, à elle de faire ses choix. Enfin, ils étaient déjà faits visiblement. Je lui lançai un dernier conseil, sans me retourner vers elle, les mains dans les poches et le regard droit, posté vers le bout du parc.

    Tu devrais ramener tes fesses et me suivre si tu comptes sortir de ce parc vivante : après tout, si moi je suis trop gentil pour te faire du mal, ce n'est pas le cas de tout le monde. Et comme tu n'es pas des "nôtres" soi-disant, tu auras du mal à te défendre..."

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MessageSujet: Re: Où la curiosité vous attire des ennuis... [Terminé]   Sam 30 Oct - 19:21

    Arrogant, buté, imbécile. Et brute avec ça !
    Nell n’en n’avait pas mené bien large lorsqu’il avait agrippé ses poignets avec force pour se remettre à la secouer comme un prunier. Elle avait un peu baissé ses gardes avec toute cette discussion, tous ces concepts si prenant, elle avait perdu de vue qu’ils n’étaient pas exactement dans le même camp tous les deux. Ca ne faisait pas d’eux des ennemis pour autant… du moins pas si elle n’en décidait pas ainsi. N’empêche qu’ils étaient loin de se démener pour les mêmes causes.

    Elle n’avait pas vraiment cherché à se débattre et s’était contenté de l’observer lui faire la morale, ses yeux verts plantés avec défis dans les siens. La mine fermée, elle avait tenté de paraître neutre mais elle n’avait pu empêcher ses sourcils de se froncer et sa bouche de se pincer dans une expression qui était un mélange d’appréhension et de colère.
    La jeune journaliste détestait qu’on la traite de cette manière, sans respect, sans égards, comme une vulgaire gamine. Surtout que l’air de rien, il l’a menaçait bel et bien ce gros crétin décérébré !
    Qu’est-ce qu’il croyait ? Qu’elle n’était pas consciente des représailles possibles si jamais elle devenait celle qui révélait la vérité au monde ?
    Bien sûr qu’elle savait à quoi s’attendre, ça faisait partie du jeu, du défi. La vérité c’était que Nell essayait de ne pas vraiment y penser. Songer à ce genre de chose c’était se trouver des excuses ! Et les excuses, c’était pour les lâches. De toute façon, elle n’avait jamais dit clairement que son bute ultime était la première page du LA Times avec une photo de mutant et son nom en bas à droite!
    Ce qu’elle voulait c’était en savoir plus pour le moment.
    Elle était gourmande mais pas débile, et griller les étapes, c’était débile.

    Lors qu’il la relâcha enfin pour se détourner d’elle et la snober royalement, elle songea que ça n’était pas trop tôt et que trois secondes de plus dans cette position aurait valu à O’Hara un coup de genoux bien placé. Si il espérait la rabaisser en lui parlant d’argent et en la faisant passer pour une petite fleure fragile et sans défense, c’était raté.
    Cela dit, et même si c’était raté, Nell ne se le fit pas dire deux fois et après avoir jeté un regard circulaire teinté d’appréhension au décor certes un peu lugubre, elle tira vivement sur son chemisier d’un air digne et se mit elle aussi en route.
    En quelques pas rapides elle réussit à rejoindre le grand brun. Il marchait d’un bon pas et l’obligeait à trottiner un peu en retrait. Ce qu’il pouvait être exécrable !

    « Pas la peine de te montrer blessant et brutale, je te signal ! Je te trouve déjà bien assez mal élevé comme ça » lança-t-elle plus pour la forme.

    Quelques petits pas pressé plus tard, elle arriva enfin à sa hauteur et, continuant de marcher d’un bon pas pour arriver à le suivre, lança une fois de plus son regard perçant dans sa direction.

    « Tu vas sans doute penser que je suis indécrottable mais… lorsque tu dis ‘nous les super héros’… tu parle de qui exactement ? Je parie que tu en connais pleins d’autres, je me trompe ? Tu ne fais peut-être pas partie d’un réseau de drogue, mais après tout il existe beaucoup d’autres genre de réseaux alors, tu ne m’en voudras pas de demander » fit-elle en empruntant un ton léger.

    Elle doutait complètement qu’il lui fournisse la moindre réponse, mais au minimum, cette question agacerait le garçon, et franchement ? C’était toujours ça de prit…
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: Où la curiosité vous attire des ennuis... [Terminé]   Lun 1 Nov - 18:31

Elle n'en menait pas large. Je l'entendis presser le pas pour me rattraper. Je ne ralentis pas le mien. A quoi bon ? Pourquoi être encore galant ? Je préférais réserver mon côté sympathique à celles qui le méritaient vraiment de toute façon.
Arrivée à ma hauteur, elle me posa alors la question qui devait lui brûler les lèvres depuis un bon moment : qui d'autre ? Sans même la regarder, je décidai de lui donner une réponse plutôt vague : pas la peine de lui fournir de quoi étoffer son travail. J'avais déjà bien assez les boules à ce sujet en fait.

    Beaucoup. Rien qu'à Los Angeles, le nombre de mutants dépasse aisément la centaine. Et je te parle uniquement de ceux qui sont connus...

Finalement, pourquoi ne pas lui en dire plus ? Quelque chose en moi me hurlait qu'elle était des nôtres. Ma raison me dictait le contraire pourtant : comment l'une des nôtres pouvait envisager de tout révéler ? Et puis, tout ce qui n'était pas ma raison pris le dessus : parce que l'Homme est un abruti fini.

    ... parce que pour ceux qui sont connus, cela signifie qu'ils sont sur une liste noire. Comme moi. Ceux qui ne sont pas encore sur cette liste ont une chance. Ils ont une petite chance de s'en sortir.

La liste. Je pensais évidemment à celle de Genetic. Pourquoi avais-je abordé ce sujet ? Piour l'envoyer là-bas ? Dans la gueule du loup ? Pour l'écarter de Genome ? Bien sûr que oui. Mais aussi parce que c'était la réalité. La liste de Genetic était une chose qui nus préoccupait tous. C'était comme ça. Y être signifiait être traqué. Pas forcément dans l'immédiat, mais tôt ou tard, nous n'étions plus à l'abri. C'était inévitable.

    Ne t'en fais pas, je n'y ai pas encore vu ton nom sur cette liste. Par précaution, évite d'aller à l'hôpital pour rien : il y a quelques taupes pour récupérer le sang des patients et chercher l'anomalie génétique.

Je l'avais regardée en disant ces mots. Maintenant que nous étions proche de la rue, je voyais à quel point ses vêtements étaient couverts de boue. Elle en avait aussi plein le visage. Cette tenue ne lui donnait pas un air pathétique mais plutôt un air aventurier et coriace : je savais que cela reflétait exactement ce qu'elle était. Saurait-elle s'en sortir si elle faisait effectivement partie des nôtres ? Pour un temps, oui, c'était sûr. Mais son audace la perdrait à un moment ou à un autre. Il fallait se faire discret quand on était différents, c'était la triste vérité. Nous étions tout plus ou moins différents mais pour les mutants, la tare n'était pas dissociable de nous : elle était dans chacune de nos cellules cette différence. Et chacune de ces cellules était d'ailleurs susceptible de révéler notre secret si elle tombait entre de mauvaises mains, comme celles des scientifiques de Genetic...

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MessageSujet: Re: Où la curiosité vous attire des ennuis... [Terminé]   Mer 3 Nov - 20:03

    Bon, et bien finalement, O’Hara lui en avait dit plus qu’elle ne l’avait imaginé. Du moins, il lui avait parlé d’une liste. Ce simple mot suffisait à déclencher une rafale de frissons exaltés chez la jeune journaliste en herbe. Une liste ! N’était-ce pas le plus beau mot que l’homme ait inventé ? La meilleure idée qu’il ait eue ?!
    Une liste, c’était des noms, c’était des données établies, des informations fiables, des faits tangibles.
    Et c’était terriblement excitant et passionnant aussi. Et surtout, c’était plein de mystère. Une liste d’accord, mais une liste tenue par qui ? Certainement personne de très amicale puisque cette liste était une liste noire, d’après ce qu’en disait le grand brun. Grand brun qui, d’ailleurs, semblait en savoir beaucoup sur cette sacro-sainte Liste. Et comment en savait-il autant ? Il n’était bien entendu pas l’auteur de cette liste, sinon les mutants qui s’y trouvaient n’auraient pas été en danger, et il n’aurait pas eut l’air aussi alarmé. Mais alors qui ? Est-ce que le gouvernement en était à l’origine ? Est-ce qu’ils savaient déjà pour les mutants et avaient choisis de laisser l’information secrète ? Voilà qui aurait fait rêver les petits geeks conspirationnalistes qui écumaient le web !
    Puis surtout, que faisait-on aux mutants qui se trouvaient sur cette fameuse liste ? Si l’on tenait une liste dangereuse, ça n’était pas juste pour le plaisir de la regarder. Alors à quelles fins servait cette liste ?

    Trop de questions, et surtout trop de possibilités, son cerveau était en ébullition. Comme à chaque fois qu’elle soulevait un petit coin du drap qui recouvrait tout ce mystère, elle découvrait que le mystère en question était encore plus énorme que ce qu’elle imaginait. Ca n’était pas un Pulitzer qu’elle allait recevoir avec cette histoire, c’était un prix Nobel ! Parce qu’on pouvait dire que l’enquête était épineuse et juchée d’embuche, et qu’elle méritait ce qu’il y avait de plus classieux.
    Dieu seul savait que toute cette histoire mettrait du temps à être tirée au clair, et qu’il allait falloir qu’elle s’arme de patience. Ca n’était pas son fort, mais elle allait devoir faire avec ça.
    Une chose était certaine, O’Hara en savait beaucoup. Malheureusement elle s’était un peu vautrée avec lui, elle ne s’était pas assez méfiée, et maintenant, il ne pouvait déjà plus la voir en peinture, et encore moins lui faire confiance. Nell doutait qu’il réponde à toutes ses questions sans faire d’histoire. Et vu son pouvoir, il devenait difficile à piéger d’une quelconque manière. Il allait falloir qu’elle ruse. Et si l’impatience était l’un de ses défauts, dans le domaine de la ruse, elle excellait.

    Alors même si son cerveau bouillonnait de questions avides, Nell se retint de les formuler à haute voix, se contentant de ponctuer le discours d’O’Hara d’un silence méditatif.
    Elle ne chercha pas non plus à nier cette –inquiétante- histoire d’hôpital. Apparemment il semblait convaincu qu’elle était elle aussi une mutante. Elle ne comptait pas le lui confirmer, mais laisserait plutôt planer le doute.
    La jeune femme croisa les bras sur sa poitrine, soutenant le regard du garçon sans dépeindre de son petit sourire de Joconde.

    « O’Hara, O’Hara… Toujours si sérieux » finit-elle par lancer sur un ton mêlant amusement, cynisme et honnêteté, si le mélange était possible. Elle accompagna sa phrase en venant saisir le menton du jeune homme l’espace de quelques instants, comme l’aurait fait une vieille tante à son neveu tout mignon. Elle se laissa aller à rire, puis repris un air un peu plus sérieux.

    « J’espère que tu ne vas pas me tenir trop rigueur de toute cette histoire. Après tout on est peut-être entrain de s’affoler pour pas grand-chose. C’est vrai, Mère Nature aussi est une adepte du coup d’essais. Elle l’a prouvé durant la préhistoire, la dernière fois qu’elle à décidé d’innover. Y’a eu pas mal de coup d’essais avant d’en arriver à ce brave Homo Sapiens, l’espèce qui porte si mal son nom » dit-elle sur le ton des banalités en levant brièvement les yeux au ciel d’un noir d’encre à présent « Peut-être que les mutants qui arpentes nos rues ne sont que les prototypes basiques de quelque chose d’autre de plus sophistiqué et de plus accompli et qu’ils ne sont pas fait pour durer. Peut-être que les humains n’ont finalement pas à s’en faire. Peut-être que ce n’est pas eux qui sont destinés à s’éteindre. Tu y as déjà pensé à ça ? Et est-ce que tu compte me rendre mes bas qui sont toujours dans ta poche ou est-ce que tu veux les garder pour te souvenir de mon odeur une fois qu’on se sera séparé ? Je veux bien te les laisser si tu me promets que tu vas les enfiler et faire une photo » débita Nell d’une seule traite,son regard vert brillant d’un éclat malicieux qu'elle ponctua d'un clin d'oeil gourmand.
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: Où la curiosité vous attire des ennuis... [Terminé]   Sam 6 Nov - 15:50

Je sentais bien que je l'avais piqué droit au coeur. Enfin, je me comprenais : son coeur était voué à l'envie d'en savoir plus et en lui révélant autant sur le sujet, je la prenais par les sentiments. Ruse ? Oui et non. Je voulais qu'elle la boucle mais je savais qu'il n'en serait rien. Aussi, sentant en elle un côté plutôt perfectionniste, j'avais essayé une autre tactique : l'obliger à continuer ses investigations encore un moment, histoire d'avoir le temps de la contrer plus tard, quand je saurais comment faire pour la contrer. Encore un problème qui allait me demander de quoi cogiter pendant un bon moment...
Je l'observai : elle cogitait. Et j'avais même l'impression qu'elle jubilait : je me trompais sûrement, l'instant n"était pas vraiment propice à une telle réaction. Quoique, je n'avais aucune idée de qui elle était réellement en fait. Sans que je m'y attende, elle me répondit. En fait non, ce n'était pas une réponse puisqu'il n'y avait pas eu de question. C'était une réaction sur le sujet. Elle me prit le menton ce qui lui donna une nouvelle dimension : il y avait une impression de hauteur malgré le fait qu'elle soit beaucoup plus petite que moi. Elle débita alors un flot de paroles pas totalement dénuées de sens. Elle prenait du recul : elle voyait l'espèce humaine comme une autre espèce et c'était cette humilité qui était importante. Pourquoi croire que l'humanité était plus importante ? A cause du célèbre Cogito ergo sum ? Foutaises. J'étais un peu de son avis mais en même temps, je ne pouvais que me demander pourquoi. Pourquoi l'Homme devrait-il être le manieur de cette faux qui allait sonner sa perte ? Pourquoi était-ce l'homme qui devait sonner sa disparition ? Des questions auxquelles il n'y avait pas de réponses et c'était là tout le drame de ma vie. Je n'aimais pas ces questions sans réponses. J'en avais même horreur. Mais j'allais devoir faire avec.
Elle finit sa tirade en me parlant de ses collants. Je les avais presque oublié ceux-là. Ce qu'elle dit me fit sourire. Elle était pleine de surprises cette fille. Si nous nous étions connus dans d'autres circonstances, j'aurais sûrement chercher à apprendre à la connaître. Pas comme une fille mais comme une personne. Parce que nous aurions peut-être pu être amis dans une autre vie...

    C'est toi la spécialiste des photos, non ? Il faudra que tu la prennes toi-même si tu la veux. Mais pour ça, il faudra me retrouver jeune fille. Parce que ce n'est pas parce que j'ai répondu à tes questions et que je t'ai même refilé quelques bonus que tu vas avoir droit à une rallonge. Comme tu l'as remarqué, je suis un homme occupé. Alors pour ta photo, j'espère que l'une de tes qualités est la patience...

Nous sortions enfin du parc et le bruit de la ville se fit entendre. En fait, il était là depuis le début mais je devais avouer que j'en avais fait abstraction en me mettant à la poursuite de cette fouine. D'ailleurs, j'espérais avoir un peu de répit avant de la retrouver dans mes pattes. Je sortis les collants de ma poche et les lui tendis.

    ... ou tu les reprends bien gentiment et tu m'oublies un peu, histoire de me laisser terminer mon année et de prendre un peu de vacances. Promis, d'ici deux ou trois moi, si tu as des questions, j'aurai peut-être quelques réponses pour toi.


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MessageSujet: Re: Où la curiosité vous attire des ennuis... [Terminé]   Ven 12 Nov - 19:14

    Pff, deux-trois mois. La bonne blague !
    Est-ce qu’il espérait vraiment que ça fonctionne et qu’elle accepte de lui ficher la paix de cette manière ? Sérieusement ?
    C’était risible, et si le sens de l’humour de Nell n’avait pas été aussi ‘interne’, elle en aurait bien rit. Seulement elle n’esquissa qu’un rictus à peine visible, ses grands yeux braqués avec malice sur son interlocuteur. Elle le préférait comme ça que lorsqu’il tentait de la noyer dans une immense flaque de boue, mais très franchement, il était sacrément naïf.
    Tout ce qu’il voulait, c’était qu’elle l’oublie et qu’elle le laisse tranquille, elle en était consciente, que ce soit maintenant ou dans trois mois. C’était généralement ce que tout le monde voulait d’elle d’ailleurs, alors elle était plutôt confiante concernant la chose.

    Enfin cela dit, c’était vrai, elle avait réellement prévu de le laisser tranquille.
    Peut-être une semaine ou deux, histoire de se faire un peu oublier. Et après ça, le plan était déjà pré tracé dans son cerveau calculateur.
    Du moins elle en avait déjà tracé les grandes lignes, le reste se ferait de lui-même. Tout ce qu’il fallait maintenant, c’était que Nallaan la recontacte. Ce gros parasite ne lui avait pas donné signe de vie depuis des lustres.
    Une fois cela fait, elle pourrait lui poser quelques questions, et le mettre à l’œuvre, ce sauvage d’irlandais. Elle espérait que le jeune homme accepte de suivre quelqu’un du genre d’O’Hara, qui se révélait sacrément imprévisible et beaucoup plus gros joueur qu’elle ne l’avait imaginé au départ. La petite journaliste l’avait apprit à ses dépends ce soir, Aaron avait de l’expérience. Un petit peu trop pour elle. Nallaan lui, ne risquerait pas grand-chose. On ne pouvait pas enduire une ombre de boue dégelasse, et encore moins la faire tomber dans une stupide crevasse ou quelque chose comme ça, alors il avait l’avantage.

    Sans dépeindre de son petit sourire narquois, la jeune femme repris ses bas d’un geste sec pour les fourrer négligemment dans son sac à main.

    « Franchement O’Hara. Qu’est ce que tu veux que je réponde à ça ?... hm ? Si je te dis ‘ok, à dans trois mois mon poussin, et bonne chance pour tes exams’, est-ce que tu vas me croire ? » questionna-t-elle en haussant ses fins sourcils avec moquerie « Je ne pense pas. Alors pourquoi est-ce que tu te fais du mal comme ça ? Personne n’y croit ici. Même pas toi-même, et surtout pas moi. De toute manière je ferai ce que j’ai envie de faire, quant j’ai envie de le faire. Arrête de penser que tu es le centre du monde. Tu n’as pas d’ordre à me donner. Et visiblement tu n’as pas de réponses à me donner non plus. Alors j’irai les chercher ailleurs, ça n’est pas un problème pour moi. Par contre… pour toi ça pourrai le devenir » ajouta la jeune fille en élargissant subtilement son sourire « Tout dépend à qui je décide de parler, et ce que je décide de leur dire. Peut-être qu’un de ces jours tu regretteras de ne pas avoir été plus bavard avec moi ce soir »
    Elle papillonna brièvement des cils, pour être certaine qu’il la déteste encore un petit peu plus, puis elle haussa les épaules.

    « Bon ! Et bien je pense qu’il est temps pour moi d’aller prendre une douche. ‘A dans trois mois mon poussin’ » lança-t-elle, visiblement très amusée par sa sortie.

    Puis elle se détourna de lui et se mit en route vers sa voiture. Voilà une soirée qui s’était révélée salissante mais très intéressante, et qui marquait le début d’un petit jeu qu’elle allait adorer jouer.
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: Où la curiosité vous attire des ennuis... [Terminé]   Sam 13 Nov - 15:46

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