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 Vous demandez une illumination ? Veuillez patienter, je vous prie... [Terminé]

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Anne W.

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MessageSujet: Vous demandez une illumination ? Veuillez patienter, je vous prie... [Terminé]   Mar 27 Déc - 23:23

Genome. Le 3 septembre 2010

Le temps s'écoule lentement, mais sûrement sans que l'on puisse avoir une quelconque prise sur lui. Parfois trop court, souvent trop long, les minutes s'égrènent pour devenir des heures, puis des jours. A quoi tout cela rimait-il ? Je l'ignorais, mais cela faisait des heures que je marchais dans les rues de Los Angeles à la recherche d'un but, d'un objectif à atteindre. Seulement, le hasard, si c'en est un, m'amena au pied du quartier général de Genome. Je n'arrivais pas à en comprendre la raison et en fin de compte, je préférais abandonner. Depuis l'échange mon cerveau était en constante ébullition et je ne parvenais pas à stopper cette machine infernale. Les images du massacre au Blue Lake repassaient dans ma tête comme s'il n'avait été qu'un film. Pourtant, c'était bel et bien un massacre. Les pertes au sein de Genome étaient importantes et les blessés encore plus nombreux. Les contusions et ecchymoses guériront mais qu'en étaient-il de  ces blessures invisibles qui vous entaillaient au plus profond de votre chair ? Tout le monde avait été choqué par la violence de cet échange. Certains parce qu'ils avaient tué, d'autres parce qu'ils ont vu un ami, un parent mourir ou se faire blesser sous leurs yeux. Dans quel catégorie étais-je ? J'avais tué deux hommes et n'en éprouvais aucun remord. Maxime avait été blessée, mais finirait par guérir. J'avais essuyé ses reproches, révélé la vérité sur mon départ de France et ma venue sur Los Angeles. Tant de choses qui auraient dû me bouleverser, mais qui au final, glissaient sur moi sans s'attarder. Je ne ressentais plus rien...

Réalisant que je n'avais pas bougé d'un millimètre, je me décidais d'entrer dans les locaux de Genome. Qu'allais-je y faire ? Voir Maxime ? Je doutais que ce soit une bonne idée. La discussion houleuse que nous avions eu deux jours plus tôt n'allait pas nous aider à reformer une famille. Surtout quand on apprend que l'un de ses enfants a rejoint l'ennemi. Voir si quelqu'un avait besoin de moi ? A coup sûr, cela me forcerait à entretenir une conversation. Je n'étais pas d'humeur et la fatigue se faisait pesante sur mon épaule. Oui, je ne pouvais guère supporter plus de poids pour le moment puisque mon bras gauche était toujours en maintenance. Peut être était-ce la douleur qui me faisait réagir de la sorte, le fait de me sentir impotente et maladroite qui m'obligeait à me cacher derrière un mur de silence. Bifurquant dans les couloirs, je me surpris à monter dans les étages. Je n'y avais jamais mis les pieds et peut être n'avais-je pas le droit de me retrouver là. Dans ce cas, j'étais certaine qu'on me prierait de redescendre avec les autres. Finalement, peut être valait-il mieux que je retourne à mon vagabondage dans les rues de la ville. Il fallait croire que j'étais prête à tout pour rester seule. Dans un endroit silencieux. A réfléchir sur tout et n'importe quoi...

Quoiqu'il en soit, je continuais mon ascension jusqu'à ce que je tombe devant une porte avec un digicode. J'avais ma réponse. La présence d'indésirable n'était pas requise en ce lieu. C'est pourquoi, je m'installais dans l'escalier. Il me semblait évident que personne ne viendrait fouiner dans cette partie du bâtiment. Ainsi calme et paix m'étaient enfin accordés. Assise sur une marche, dos au mur, les jambes étendues, j'attendais. Après quoi, je l'ignorais, mais je le saurais quand j'aurais eu mon illumination.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Vous demandez une illumination ? Veuillez patienter, je vous prie... [Terminé]   Mer 28 Déc - 18:09

Depuis le carnage au Blue Lake, Ross n’avait pas quitté le quartier général de Genome. Lorsqu’il n’était pas sollicité à droite ou à gauche, il restait au chevet de son fils dont l’état l’inquiétait. Certes, ses blessures étaient sérieuses mais pas mortelles ; Wyatt avait été soigné mais il avait perdu beaucoup de sang. Si son corps récupérait tout doucement, qu’en était-il de son état psychologique ? Impossible de le savoir tant qu’il ne reprenait pas connaissance. Trois jours et trois nuits à angoisser comme un dingue et à dormir très peu. Quand la fatigue était trop grande, malgré une lutte incessante, le sommeil avait raison de lui ; il finissait par s’assoupir dans le fauteuil, près du lit de Wyatt. L’écossais aurait pu se reposer dans un vrai lit, il y avait ce qu’il fallait au troisième étage, mais il ne pouvait pas ou plutôt il ne voulait pas. Il redoutait de s’endormir profondément trop longtemps et de ne pas être là au moment où son fils ouvrirait les yeux. Malgré son inquiétude grandissante au fil des heures qui s’écoulaient, il gardait espoir. Cependant, le manque de repos avait une incidence sur son comportement. Il accomplissait les tâches qui lui incombaient en mode automatique. Il était facilement irritable. L’aspect rassurant se dégageant habituellement du quarantenaire laissait place à un air renfrogné. Il était préférable de ne pas le déranger pour rien…

Alors qu’il veillait encore sur son fils et que la fatigue se faisait de plus en plus pesante, un jeune homme s’introduisit dans la chambre sans prendre la peine de frapper ni même de se présenter. Il voulait lui faire part d’un problème matériel… Quelle idée ! Ross ne s’occupait pas de l’intendance, il était là pour tenter de régler les désordres psychologiques des membres de Genome. Prenant sur lui, il lui dit à qui il devait s’adresser mais lorsque le jeune homme commença à critiquer l’organisation, son dirigeant et ses proches collaborateurs, Ross sortit de ses gongs. Il lui décocha un upercute pour le faire taire. L’indésirable ne demanda pas son reste et sortit de la chambre en claquant la porte. Ross s’assura que cet intrusion n’avait pas dérangé son fils ; il n’avait pas bougé d’un poil, il était toujours inconscient. Il essaya de se calmer mais les quatre murs de la chambre devenaient oppressants. Il avait besoin de changer d’air quelques instants. Il envoya un sms au personnel médical afin de leur demander de jeter un œil sur Wyatt pendant son absence et de le contacter aussitôt s’il y avait du nouveau. Il n’était pas question pour le psychologue de quitter le bâtiment, mais il devait s’isoler. Pour cela, il n’y avait pas mieux que les étages en rénovation ; là, il était certain de n’y trouver personne.

Par contre, il ne s’attendait pas à y trouver quelqu’un. En haut des escaliers, avant la porte close à digicode, une femme est assise dos haut mur, jambes étendues. Ross avait encore la vue troublée par l’utilisation intensive de sa capacité. Ca s’était arrangé depuis trois jours mais ce n’était pas encore ça.

- Vous n’avez rien à faire ici ! Dégagez. Dit-il avec hargne en grimpant les marches quatre à quatre.

C’était trop de demandé que de vouloir être tranquille un moment ? Porté par la rage, il était près à faire déguerpir sans ménagement l’indésirable. S’il devait la prendre par la peau des fesses, il le ferait. Ô rage ! Ô désespoir ! C’était ce qui poussait souvent une personne à agir de façon inhabituelle.

Oh surprise ! L’indésirable n’était pas n’importe qui, c’était Anne.

- Que fais-tu là ? Reprocha-t-il, étonné par la présence de son amie.

Depuis le Blue Lake, il ne l’avait pas revue. Ross savait qu’elle avait été blessée et qu’elle était affairée autant que lui. Pour cela, il n’avait rien à lui dire. Par contre, elle aurait pu prendre cinq minutes pour rendre visite à Wyatt. A moins qu’elle ne soit passée alors qu’il s’était absenté ; après tout, il n’était pas dans la chambre vingt quatre heures sur vingt quatre. En tout cas, connaissant l’état de santé de Wyatt, ce dont il ne doutait pas une seconde, Anne aurait pu lui envoyer un sms de soutien.

- Pardon... Dit-il en passant par-dessus les jambes de la jeune femme.

S’excusait-il pour ses pensées ou s’excusait-il simplement pour pouvoir passer ? Lui-même l’ignorait. Il tapa un numéro sur le digicode et passa le pas de la porte. L’étage n’était pas aménagé, il servait plus ou moins de grenier pendant sa rénovation.

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MessageSujet: Re: Vous demandez une illumination ? Veuillez patienter, je vous prie... [Terminé]   Mer 28 Déc - 21:49

Des pas se firent entendre au loin. Intérieurement, je priais pour que ceux-ci s'éloignent dans l'un des étages inférieurs. Pas de chance, ils montèrent jusqu'à moi. Décidément, il y avait des semaines où on devrait rester couché. Surtout que la voix associée aux pas m'invitait gentiment à dégager de mon havre de paix. Une personne normale se serait certainement offusquée du ton employé, mais pas moi. Je préférais laisser glisser. A la vue du digicode, je m'étais doutée que je n'avais pas le droit de me trouver là, j'avais seulement espéré pouvoir rester cacher là. Tant pis. Quand l'homme arriva à ma hauteur, je pu m'apercevoir qu'il s'agissait de Ross. Pauvre Ross... Son fils avait été blessé lors de l'échange et celui-ci ne s'était toujours pas réveillé. Même si je n'avais pas pris de nouvelles directement auprès de mon ami, Wallas m'avait renseigné sur l'état de santé du jeune homme. Je ne pouvais imaginer ce par quoi était en train de passer Ross et peut être aurais-je dû prendre des nouvelles. Alors qu'il avait été là pour moi, j'étais en train de l'abandonner. Je devenais une amie indigne.

- « Rien du tout... J'admire la vue. »

Et celle-ci était pour le moins surprenante ! Un mur blanc parsemé de petits points gris et noirs. Etait-il possible de compter la totalité de ces points ? Je l'ignorais mais j'étais prête à relever le défi. Je n'avais rien d'autre à faire alors autant me rendre utile. Qui sait ? Cela intéresserait peut être quelqu'un finalement. Ross me dépassa et je sentais à son ton que je le dérangeais. Pourtant, je n'avais aucune envie de bouger. Trop fatiguée pour cela. J'y songerais dans quelques heures quand je devrais rentrer chez moi... Mais encore une fois, je n'avais pas envie de bouger. Toujours obnubilée par mon mur, je remplis mon rôle d'amie. Comme on dit, mieux vaut tard que jamais, non ? Serait-ce suffisant ? Sûrement pas, mais j'aurais au moins essayé de faire quelque chose aujourd'hui. Ross semblait être le seul à pouvoir me faire réagir un minimum. Enfin réagir intellectuellement. Physiquement, je n'avais pas bougé d'un pouce et ne le souhaitais pas. Il vaquerait à ses occupations et moi, je pourrais profiter à nouveau de mon calme. La preuve que mes pensées n'avaient ni queue ni tête. Je n'avais toujours rien dit à Ross au sujet de Wyatt. Chose que je fis avant d'oublier à nouveau.

- « Des améliorations pour Wyatt ? Wallas m'a annoncé hier qu'il ne s'était pas encore réveillé. Je suis désolée de ne pas être passée par votre chambre. Tu m'en veux ? »

J'espérais qu'il me dirait sincèrement les choses. Je ne souhaitais pas de bonnes paroles réconfortantes. Cela signifierai que j'étais trop pitoyable pour que l'on puisse me dire la vérité. Je doutais de le supporter, surtout de la part de Ross. Et puis un de plus ou un de moins dans la liste des gens qui me détestaient ne fera pas grande différence. Dans un sens, cela faciliterait les choses de les forcer à me détester. Même si Ross m'avait soutenu, il finira bien par se lasser et m'abandonner. Tout le monde avait ses limites et il n'était pas un surhomme.

- « Tu peux retourner à tes affaires. Je partirais dans quelques instants... Si ça ne gêne pas trop. »
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Vous demandez une illumination ? Veuillez patienter, je vous prie... [Terminé]   Jeu 29 Déc - 1:49

Mais qu’est-ce qu’elles avaient toutes à vouloir plaisanter en ce moment ? Tous les gens qu’il rencontrait lui répondaient ironiquement. Ils s’étaient donnés le mot ou était-ce un complot ? Avaient-ils perdu la raison au point de ne pas se rendre compte de la situation actuelle ? Pas tous quand même ! Etait-il le seul à être conscient du drame qui se déroulait depuis l’échange ?

- C’est ça, admire alors… Avait-il lancé sans réfléchir.

Ross ne supportait plus rien ni personne. L’homme sage avait laissé tomber le masque et réagissait au quart de tour. Maîtriser ses émotions demandait une certaine sérénité d’esprit qui l’avait abandonné. Il était fatigué, épuisé, excédé, enragé presque. La seule chose positive était son fils. Même inconscient, il était en vie et il espérait le voir rouvrir les yeux au plus vite. Mais le temps s’écoulait doucement, trop doucement pour rester serein et ne pas penser au pire. L’écossais avait envie de tout lâcher. Il en avait ras le bol de donner de son temps, de s’occuper des autres. Qui s’occupait de lui ? Personne ! Ce n’était qu’un homme après tout. Lui aussi avait besoin d’un peu de soutien pour ne pas baisser les bras, pour continuer d’avancer malgré les embûches. Qui se préoccupait de sa santé mentale ? Personne encore une fois. Alors à quoi bon faire des efforts. Seuls la rage et l’espoir de voir guérir son fils l’aidaient à continuer mais par moment, ses motivations fondaient comme neige au soleil. Il faisait chaud en plus, cela n’aidait pas à calmer les esprits.

- Oui et non. Répondit-il sèchement mais sincèrement.

Oui, il en voulait à Anne de ne pas s’être enquis plus tôt de son état mental ? Non, il ne lui en voulait pas car il savait pertinemment qu’elle avait, elle aussi, d’autres chats à fouetter. Mais quand même ! Un petit signe pour montrer qu’elle était là en cas de besoin n’aurait pas été de trop. De son côté, Ross aurait pu également faire la même démarche mais il était trop préoccupé par Wyatt pour y penser. D’ailleurs, avant de voir Anne ici même, il ne s’était même pas pencher sur la question. Depuis des années, il gérait seul ses problèmes. La présence de son amie lui rappelait qu’il aurait aimé la savoir disponible au cas où.

En tout état de cause, Anne avait demandé des nouvelles de Wyatt. Ce n’était pas anodin pour l’écossais. Si son amie ne s’inquiétait pas pour lui, elle semblait l’être pour son fils. C’était mieux que rien et c’était le plus important à ses yeux. Le père qu’il était passait après l’enfant, il trouvait ça normal finalement. Ross fit demi-tour et se laissa glisser contre le mur jusqu’à s’asseoir près d’Anne.

- Non ! Ordonna-t-il avant de poser sa main sur la cuisse de la jeune femme et de dire presque suppliant :
- Ne pars pas…

Le fait d’être partager entre l’envie d’être seul et d’avoir une présence amicale l’avait fait se précipiter. En fait ce n’était pas un ordre qu’il voulait lui donner, il voulait simplement qu’elle reste. Il était à deux doigts de craquer, la pression était trop forte. il avait besoin de soutien pour ne pas s’écrouler ou pour se relever.

- Il n’y aucune amélioration. Dit-il la gorge nouée.
- Et je crève de peur… Lâcha-t-il enfin dans un sanglot trop longtemps retenu.

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MessageSujet: Re: Vous demandez une illumination ? Veuillez patienter, je vous prie... [Terminé]   Jeu 29 Déc - 13:54


J'exécutais l'ordre de Ross en continuant ma béate admiration du mur puisque je ne voyais pas l'intérêt de la cesser. Les soins que j'étais à même de prodiguer étaient finis et plus personne ne m'attendait. Que je reste ici ou chez moi, n'était-ce pas la même chose ? Apparemment, non. Je n'avais pas à me retrouver ici et j'étais au milieu du passage. Je gênais forcément. Mais avant cela, il existait une dernière question sans réponse qui me taraudait depuis que Ross avait fait son apparition. M'en voulait-il de ne pas être là pour lui ? Forcément ! Il ne pouvait en être autrement. Seulement, le psychologue ne joua pas le jeu comme il le fallait. Zut, il n'avait pas reçu le mémo comme quoi la terre entière devait m'en vouloir. Débutant...

- « C'est très explicite comme réponse. Je me contenterais du « oui » qui me semble plus approprié à la situation et tu as raison de le penser. »

Il n'y avait aucune trace d'humour dans mes paroles, ni d'ironie. Ce n'était qu'un constat plat et sans saveur comme si je regardais la pluie à travers une fenêtre. Cet instant me fit penser à une chanson italienne. Étrange... Il était rare que mon esprit s'égare dans une telle sphère. La traduction approximative du passage en question donnait quelque chose du genre : « Toi la Lune, qui connaît la durée de l'éternité et l'étroit sentier de la vérité fait plus de lumière sur ce cœur qui est le mien. Ce cœur d'homme qui ne sait pas que l'amour peut cacher la douleur. Comme un feu, il peut brûler ton âme. » Depuis deux jours, je recherchais en vain mon cœur. Cela pouvait sembler bête dans la mesure où quelque chose battait encore dans ma poitrine. Mais il n'y avait plus rien à l'intérieur. Ce n'était qu'une pompe permettant à mon corps de fonctionner quelques temps encore. Foutu mécanique. Elle devrait se mettre en grève.

Ross se rapprocha de moi et je cru, un court instant, qu'il allait me sortir lui même. Il n'en fit rien. Au lieu de ça, il s'assit à côté de moi et me priait de rester avec lui. Je n'avais aucune intention de partir. Je saisis sa main qui avait atterri sur ma cuisse et la serrais. Ce n'était sûrement qu'un maigre geste de consolation. Je pouvais sentir son désarmement, sa tristesse et son désarroi. Pourquoi ne pouvais-je pas me réveiller et le serrer dans mes bras ? Je n'y comprenais plus rien. Ross était en train de m'offrir une chance de me rattraper ! Je me devais de la saisir. Bouge toi ! Réveille toi ! Fais quelque chose ! Il a besoin de toi ! Ma main commença à caresser timidement la main qu'il m'avait tendue. Ross m'annonça qu'il n'y avait aucune amélioration du côté de son fils et avoua sa peur de le perdre. Sa détresse fut si forte qu'avant même d'ordonner quoique ce soit à mon corps, celui-ci enlaça le psychologue. J'aurais dû être là et l'épauler depuis le début. Je me retrouvais à genoux pour lui faire face et sa tête reposait sur mon épaule droite. Mon bras droit caressait son dos, en un geste d'apaisement.


- « Le corps a besoin de temps pour se rétablir. Avec toutes les blessures qu'il a reçu, il vaut peut être mieux qu'il ne se réveille pas avant que la douleur ne soit plus supportable. Et tu connais Wyatt. C'est un jeune homme courageux, fort et encore plus têtu que toi. Il ne lâchera pas.

Je supposais avoir fait le bon choix en le rassurant. Lorsque quelqu'un avouait sa peur, n'était-ce pas un signe qu'il fallait le rassurer, le réconforter ? J'espérais que ce soit le cas de Ross et qu'il ne soit pas dans le même état d'esprit que moi. J'aurai dû percevoir sa détresse plus tôt. Nous étions du même acabit tous les deux. Même si pour le moment, je me retrouvais en mère sans enfant fixe. Peu importe. Quelqu'un avait besoin de moi. C'était ça l'essentiel. Ross était devenu ma priorité.

- « Je suis là, maintenant. »

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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Vous demandez une illumination ? Veuillez patienter, je vous prie... [Terminé]   Ven 30 Déc - 21:08

Anne était bien une femme. Il fallait qu’elle tergiverse sur sa réponse évidement ! Ceci dit, Ross avait répondu par oui et non sans donner la moindre explication. Il était normal qu’elle interprète à sa manière. Cependant, il n’avait aucune envie de justifier ses propos. Il n’avait pas la force mentale de se battre contre son amie afin de lui faire entendre raison.

- Comme tu veux... Dit-il d’une voix lasse.

Il laissa couler tout comme il laissa couler ses larmes quand Anne l’enlaça. Comme un pantin, il laissa choir ses bras et se laissa faire. Noyé dans la peur et le désarroi, il n’avait même pas fait attention aux petites marques d’affection préalablement prodiguées par la jeune femme. En tout cas, elle pourrait s’enorgueillir d’avoir assisté à un lâcher prise de l’écossais. Lui, l’homme fort et sage affichant une certaine assurance, avec des convictions pratiquement inébranlables, n’était plus qu’un pauvre animal égaré, dépassé par les événements. Il aimerait tellement être à la place de Wyatt ! Certes, il ne voulait pas le faire souffrir, il avait déjà eu sa dose mais ce serait dans l’ordre des choses. Il serait plus logique que ce soit le père qui parte avant le fils.

L’écossais ferma les yeux très forts jusqu’à faire une grimace à faire peur aux mouches mais c’était pour chasser ses sombres pensées. Non, son fils ne mourrait pas, c’était inconcevable. Comme le disait Anne très justement, c’était un jeune homme courageux, fort et encore plus têtu que lui. A ce qualificatif, l’ombre d’un sourire se dessina sur les lèvres du quarantenaire. Entendre parler de son fils ainsi lui faisait un bien fou ; il était si fier de lui !

- J’espère…

Il espérait que Wyatt ne lâcherait pas et qu’Anne resterait. Finalement, sa présence était préférable à la solitude recherchée quelques minutes plus tôt. Ayant connu une situation bien plus dramatique que la sienne, elle était à même de comprendre son désarroi. Elle avait perdu son mari et la plupart des jeunes dont elle s’occupait. Malgré cela, elle avait encore la force d’avancer et trouvait le moyen de le réconforter. A côté de son amie, l’écossais se sentait ridicule. Il regrettait déjà d’avoir craqué devant elle. Non pas par fierté mais parce qu’elle n’avait pas besoin d’une personne comme lui actuellement. Elle avait son lot de malheurs à gérer, c’était déjà beaucoup, beaucoup trop.

Anne était là pour lui maintenant, mais pour combien de temps ? Cette question tournait en boucle dans sa tête. Au moins, elle avait l’avantage de lui faire oublier ses préoccupations actuelles. Fallait qu’il se reprenne mais c’était au dessus de ses forces. L’écossais était habitué à gérer sa vie seul, il n’avait jamais eu besoin de personne. Mais là, tant que son fils était dans le coma, il devait avouer qu’il avait terriblement besoin de soutien s’il ne voulait pas devenir fou à lier. Aaron était son ami, mais il était bouleversé par le massacre ; il était plus jeune aussi. Anne était la seule à pouvoir comprendre et aider Ross. Combien de temps allait-elle supporter un dépressif sans se lasser ? De nouveau, il était envahi par la peur, la peur de se retrouver seul, sans personne sur qui se reposer un minimum.

- J’ai besoin de toi Anne. Je sais que t’as tout un tas de problèmes à régler, que tu n’as pas besoin d’un boulet comme moi en ce moment… Mais peut-être qu’à deux, on va se sortir de toute cette merde. Dit-il en relevant la tête, l’air soucieux.

Dans l’état d’esprit actuel de Ross, il avait sans doute plus besoin d’Anne qu’elle n’avait besoin de lui. Il était conscient du mauvais marché qu’il lui offrait mais il espérait tout de même lui être d’une quelconque utilité.

- Me laisse pas tomber… Implora-t-il en saisissant doucement le visage de son amie entre ses mains.

Attendant impatiemment sa réaction, il voulait s’assurer de sa réelle présence. L’extrémité de ses doigts parcouraient chaque centimètre de sa peau formant son front, son nez, ses joues, son menton, ses lèvres. Des lèvres si douces attirant le regard de l’écossais Etait-ce vraiment le moment ? Cette question laissa l’amorce d’un baiser en suspend. Le regard de l’écossais remonta vers celui de la belle américaine. Anne dégageait une aura fascinante, elle était irrésistible. Ross ne fit pas exception et se laissa guider par ses pulsions. Il enlaça la jeune femme et l’embrassa avec fougue. L’ardeur et la précipitation mis dans le mouvement les firent basculer au sol.

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MessageSujet: Re: Vous demandez une illumination ? Veuillez patienter, je vous prie... [Terminé]   Ven 30 Déc - 22:27

Je devinais ce par quoi il passait et je me devais de l'épauler autant qu'il le méritait. A passer sa vie à s'occuper des autres, il ne fallait pas pour autant en oublier l'homme qui se cachait derrière le psychologue. Il ressentait lui aussi la crainte de voir ses proches blessés, la tristesse de les perdre. Tant d'années à prendre soin des autres sans que les autres ne s'aperçoivent qu'à certains moments, il pouvait être celui qui avait besoin de réconfort. Ce soir, il en avait justement besoin et j'étais heureuse de pouvoir remplir cette tâche. Je le rassurais sur le caractère bien trempé de son fils ce qui le fit sourire. Faiblement certes, mais sourire tout de même. J'avais confiance en Wyatt. Il devait guérir, il ne pouvait en être autrement ! Je me refusais à penser qu'il y aurait une possibilité de le perdre. Malheureusement, la vie était cruelle. Elle m'en avait déjà apporté la preuve.

J'ignorais combien de temps je pourrais aider Ross. Il suffisait de revenir deux jours plus tôt pour comprendre la difficulté de prévoir mon avenir. Si tant est que je puisse en avoir un. Seulement, j'étais certaine qu'il y aurait de toute façon d'autres femmes dans sa vie qui lui murmuraient à l'oreille, qui lui promettraient de pourvoir chasser sa tristesse et ses peurs. Elles seront peut être gentilles et sincères. Elles seront peut être bonnes pour lui mais elles ne prendront jamais autant soin de lui que je comptais le faire à partir de maintenant. Jusqu'à ma fin, je resterais toujours à ses côtés comme une vraie amie est censée le faire.

Puis il m'avoua qu'il avait besoin de moi. Que même si j'avais des problèmes, je ne devais pas l'abandonner. Comment le pourrais-je ? Le voir ainsi me faisait souffrir plus qu'il ne pouvait l'imaginer et il m'était impossible de ne pas répondre à sa détresse. Tant de promesses dans ses yeux et je m'interrogeais si elles étaient réellement pour moi. Je ne désirais pas connaître cette réponse et croire qu'elles seraient toujours là. J'espérais sincèrement qu'à deux, nos soucis disparaîtraient.


- « Nous verrons bien... Mais je veux bien rester à tes côtés tant que je vivrais. »

En me demandant une dernière fois de ne pas le laisser tomber, il prit mon visage entre ses mains. Ses doigts se posèrent sur mes lèvres et je me surpris à les embrasser. Je vis dans ses yeux ce qui allait se passer. Je le savais parce que j'avais déjà vu cette expression sur mon visage quelques semaines auparavant. Si Ross avait besoin de moi pour se sentir mieux, j'étais d'accord pour l'y aider, tout comme William m'avait aidé à cette époque. Je l'enlaçais à nouveau, alors que nos lèvres se retrouvèrent. Ma bouche était avide de la sienne. J'avais cette impression de revenir à l'un de nos étés en France. J'aurais aimé que ce soit le cas car après, malgré cet acte, j'aurais pu retrouver Liam et mes enfants. Je mis cette pensée sombre au fond de mon esprit, je ne désirais plus y repenser. Je désirais tout oublier. J'en venais presque à les détester de m'avoir abandonné, alors qu'ils n'y étaient pour rien. Je désirais également m'abandonner à cette étreinte. Je retirais mon bras de l'écharpe pour me permettre de caresser le corps de Ross et accéder à l'objet de mon désir. Nous n'étions que deux fous désirant ardemment tout oublier comme si s'adonner à cet acte leur permettait d'évacuer leurs pensées morbides. Il n'y avait plus qu'à prier pour que personne ne monte à cet étage. Avant que la folie ne m'emporte, je lui murmurais à l'oreille :

- « Fais moi tout oublier... »
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Vous demandez une illumination ? Veuillez patienter, je vous prie... [Terminé]   Sam 31 Déc - 18:11

- Chuuut ! Fit-il en posant son index sur la bouche de la jeune femme.

Ross n’en demandait pas tant. Il ne voulait pas que son amie s’engage autant envers lui. Elle ne lui devait rien et il ne voulait rien lui devoir non plus. Non pas qu’il ne le souhaitait pas la savoir à ses côtés, mais il préférait ne pas essuyer de déception si jamais la vie en décidait autrement. Ni l’un ni l’autre ne pouvait prédire l’avenir. Effectivement, ils verraient bien. Pourtant Ross aimerait connaître le futur, ainsi il pourrait anticiper et éviter le pire. Cette option était illusoire car ni rien ni personne ne pouvaient changer le cours des événements. Il avait le sentiment que les grandes lignes de sa vie étaient écrites, qu’il ne pouvait pas y déroger. Certes, il pouvait faire quelques détours ou passer à travers champs, mais la finalité restait la même. Plus les années passaient et moins il est certain d’être maître de son destin. Il l’avait constaté à plusieurs reprises déjà. Il aurait aimé ne pas faire certaines choses et pourtant il les avait faites. Il aurait aimé en faire d’autres mais il n’avait pas pu ou pas su. C’était comme s’il était téléguidé par une puissance supérieure.

Après quelques étreintes et baisers frénétiques, Ross ressentait encore une fois cette impression de ne pas être maître de la situation. Ce n’était pas pour lui déplaire, au contraire. Lui aussi souhaitait tout oublier. Pour cela il fallait s’enfermer dans une bulle, ne plus dire un mot : exercice difficile pour une femme non ? Ross, comme beaucoup d’hommes avait la parade : un baiser tendrement langoureux accompagné de voluptueuses caresses. Son esprit torturé disparaissait au fur et à mesure que la flamme du désir augmentait. Il laissait courir ses mains instinctivement tout en prenant soin de répondre aux appels silencieux du corps de la jeune femme. A y penser, c’était fou ! Mais l’écossais n’était plus vraiment en état de penser. Là encore, comme s’il était manipulé, il se releva et prit Anne dans ses bras, Tel un jeune marié, il la porta en franchissant la porte de l’étage en rénovation qu’il prit soin de refermer du pied derrière lui.

[Le narrateur ne souhaite pas décrire la scène brûlante, enivrante et passionnée qui s’en suivit. Il préfère laisser libre cours à l’imagination fertile des lecteurs curieux]

Une heure plus tard, peut-être plus ou peut-être moins, Ross revint à la dure réalité. Il était dans les locaux de Genome avec tout ce que ça impliquait. Cependant il se sentait plus léger, moins stressé. Certes le ciel n’était pas au beau fixe, loin de là, mais ce corps à corps impromptu l’avait libéré d’un poids. Ross n’avait aucune idée de ce qui s’en suivrait. C’était probablement un moment d’égarement et la force du désespoir qui les avaient poussés dans les bras l’un de l’autre, à moins que ce ne soit la naissance d’une nouvelle histoire ou plutôt la reprise d’une ancienne non aboutie. Peu importait, le psychologue ne voulait surtout pas tirer de conclusion hâtive. Une chose avait changé tout de même : La culpabilité ressentit vis-à-vis de Liam n’existait plus et il pensait pouvoir compter sur Anne et son amitié précieuse. C’était fou comme cette idée le rassurait, l’inquiétait également.

– On a peut-être fait une connerie, non ?

Etait-ce de la gène, de la pudeur, la force de l’habitude à vouloir tout analyser ? Au lieu de se perdre à nouveau dans des interrogations, il ferait mieux de recommencer, oui ! Mais non, il ne fallait pas abuser des bonnes choses, ce ne serait pas raisonnable.

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MessageSujet: Re: Vous demandez une illumination ? Veuillez patienter, je vous prie... [Terminé]   Dim 1 Jan - 18:18

A chaque baiser, à chaque caresse, mes pensées moroses s'envolaient. Plus rien n'avait d'importance si ce n'est l'instant présent. Mon cœur était déchiré par le chagrin, mes nuits par la folie. Je me laissais submerger par Ross. Quand bien même les rives sur lesquelles j'échouerai ne seraient que ténèbres sans retour, je m'en moquais éperdument. Je préférais croire en ce miracle que lui seul pouvait accomplir : effacer d'un soupir toute la douleur que je pouvais ressentir. Et si par ma seule présence, je pouvais ne serait-ce qu'un peu apaiser ses peines, tel le vent, invisible mais néanmoins fort, qui l'enlace avec tendresse, je pourrais accepter de me fondre au ciel. Il avait été là pour moi, je ressentais cette irrésistible envie de l'aider à mon tour. Nous ne nous étions jamais rien promis et nous ne commenceront pas aujourd'hui. Cette relation ambigüe semblait nous convenir à tous les deux. Qui du célibataire endurci ou de la femme brisée viendrait s'en préoccuper ? Aucun.

Ross me prouva pourtant le contraire. Par le passé, nous nous contentions de nous rhabiller en parlant de tout et de rien avant de retourner au Domaine. Seulement là, il était inutile de retourner au Domaine et d'affronter le regard de Liam. Cette relation ne gênait plus personne et tout deux savions qu'il n'y avait aucune promesse derrière cet acte. Il n'y avait donc aucune raison de se prendre la tête. Alors pourquoi le psychologue cherchait-il à gâcher cet instant précieux en le reléguant à une simple connerie ? Dire que quelques minutes auparavant, je me sentais à peu près bien, la douleur m'ayant laissé un peu de répit. Là, la honte fit son apparition. Il semblait regretter et peut être aurais-je mieux fait de l'arrêter avant que nous allions aussi loin comme je l'avais fait quelques jours plus tôt. Je ne pouvais le laisser ainsi sachant qu'il avait des soucis plus graves en tête. Mieux valait ne pas le torturer sur... cette connerie. Je me rhabillais tout en le rassurant :


- « Laisse tomber. Nous sommes majeurs, vaccinés et il n'y a plus personne pour s'en offusquer. Inutile de se prendre la tête pour si peu. C'est pas comme si c'était la première fois. »

S'il voulait chercher une coupable, qu'il me désigne. Je n'en avais que faire. Je me sentais trop minable et déçue pour me défendre. Il estimait que tout ceci était une connerie, c'est que ça devait en être une pour lui. Je me contenterais de l'épauler comme une simple amie. Voilà où était ma place et je ne devais pas la perdre de vue. Je n'étais rien d'autre alors pourquoi me sentais-je aussi mal ? Pourquoi le fait qu'il qualifie cet instant de connerie me rendait aussi... triste ? Pour ma part, ce moment intime avait été doux et passionné à la fois, agréable et plus que satisfaisant. Bref, ce fut un instant magique. J'étais forcée de l'avouer, même si face à la réaction de Ross, ça me faisait mal de le penser. Ayant remis la majorité de mes vêtements, j'étais prête à m'en aller telle une catin après avoir accompli sa mission. Il ne pleurait plus et semblait plus calme. Voilà à quoi ma tâche se résumait.

J'aurai mieux fait de partir à ce moment là. Mais je ne pouvais pas. Il m'était impossible de repartir avec cette impression et cette peur de devoir la ressentir à chaque fois que Ross aura besoin de moi. Même si je m'étais servie de William une fois, il s'en moquait et je ne lui avais pas balancé que je regrettais. Pourquoi avait-il fallu que Ross m'en parle ? Ne pouvait-il pas comprendre que ses mots me blessaient ? Cet instant magique était gâché.


- « Allez, on ne va pas s'appesantir là dessus mais par contre, la prochaine fois que tu voudras du réconfort, essayes de me prévenir avant qu'on fasse une « connerie » que tu ne veux pas. Cela t'évitera tout un tas de regrets... »

Au moment où ces mots étaient sortis de ma bouche, je les regrettais. Il n'avait pas besoin que je le réprimande ou que je lui fasse des reproches. Il avait déjà trop choses à penser pour que je lui en rajoute une. Je m'arrêtais et déposais ma tête contre le mur d'un air abbatu. J'aurai été capable de me la fracasser dessus pour me punir de ma réaction.

- « Oublie ce que je viens de dire... »
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Vous demandez une illumination ? Veuillez patienter, je vous prie... [Terminé]   Mar 3 Jan - 22:25

Evidemment que ce n’était pas la première fois, mais c’était la première fois que leur escapade amoureuse n’était pas suivie de culpabilité. Et ça, ça changeait quelque peu la donne pour le psychologue.

Avant, leur relation était sans équivoque. Ross était certain de ne jamais se laisser prendre dans les filets de la jeune femme, il n’y pensait même pas. Lors de ses voyages en France, il retrouvait son amie avec plaisir. Ils se voyaient, ils s’amusaient, ils se soutenaient et ils batifolaient quand l’occasion se présentait. C’était du bonheur à l’état pur. Ils se séparaient et continuaient de vivre chacun de leur côté sans problème. Anne était mariée à un homme formidable ; ils s’aimaient et vivaient heureux dans le domaine qui accueillait et protégeait des enfants porteurs d’un gène mutant. Ross vivait avec son fils adoré sans chercher la femme idéale ; il n’en éprouvait ni le besoin ni l’envie. Il se satisfaisait d’aventures passagères et sa vie de célibataire lui convenait parfaitement.

Maintenant qu’il n’y avait plus aucun obstacle entre eux, il commençait à se poser des questions. Ce n’était pas bon signe. Ross avait toujours été sur la même longueur d’ondes qu’Anne. Si les sentiments venaient interférer dans leur histoire, le célibataire endurci risquait d’y laisser des plumes. C’était en cela qu’il pensait avoir fait une connerie. Anne restait égale à elle-même et le prenait avec légèreté, comme avant.

- T’as raison, on n’est plus des gamins. Observa-t-il sans conviction.

Cela semblait être une évidence mais l’écossais ne pouvait s’en convaincre. Alors qu’il la regardait se rhabiller comme s’il admirait une toile de maître, il essayait de comprendre comment ils en étaient arrivés à faire l’amour alors que la situation ne s’y prêtait absolument pas. Ross avait lâché prise devant son amie et pourtant il n’était pas le genre d’homme à s’effondrer en public. Un trop de confiance mêlé à la fatigue accumulée ? Peut-être ! Le besoin de se sentir épaulé et de tout oublier, sûrement. Sur ce plan là, c’était délicieusement réussi.

Après le calme vint la tempête. Anne prit très mal son interrogation. Cette dernière ne la concernait pas directement et sur l’instant il ne comprit pas sa réaction. Il mit ça sur le compte de l’épuisement. Elle aussi avait souffert et souffrait encore de la perte d’êtres aimés. Pourquoi n’y avait-il pas pensé plus tôt ? Il aurait dû tourner sa langue sept fois dans la bouche avant de l’ouvrir. Son interprétation était logique en fait mais il lui était impossible d’oublier ce qu’elle venait de dire. Il enfila son caleçon précipitamment et rejoignit Anne.

- Mais non, je t’assure… C’est pas ce que j’ai voulu dire. Affirma-t-il en saisissant les mains de la jeune femme et en cherchant à capter son regard.

Il en avait gros sur la patate de la voir ainsi abattue par sa faute. Anne était pourtant tombée au bon moment. Elle l’aidait de son mieux en faisant abstraction de ses propres souffrances, elle le réconfortait en se donnant corps et âme et lui ne trouvait pas mieux que de gâcher la magie du moment. Décidément, Ross avait le don de foutre tout en l’air depuis quelques mois. Il s’était abonné au journal des enfoirés ou quoi ? Il devait rattraper sa connerie car il ne voulait pas que son amie reste sur cette idée. Même si elle faisait celle qui s’en fichait, il voyait bien que ce n’était pas vrai.

- Je fais que des conneries en ce moment. Je ne parlais pas pour toi, pour nous… Je ne regrette pas, au contraire. Affirma-t-il encore en forçant doucement Anne à se coller à lui. Dégageant une mèche de cheveux du visage de la jeune femme qui lui chatouillait le nez, il lui chuchota à l’oreille :
- Tu vas peut-être me prendre pour un dingue, mais si on oubliait tout encore une fois ?

Cette proposition était un petit rappel des quelques mots murmurés par son amie une heure plus tôt. La chaleur du corps d’Anne était comme un élixir envoûtant qui permettait à Ross d’abandonner l’idée d’être raisonnable.


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MessageSujet: Re: Vous demandez une illumination ? Veuillez patienter, je vous prie... [Terminé]   Ven 6 Jan - 20:37

Les raisons de mon agacement me semblèrent bien pâles comparées à ce qu'endurait Ross en ce moment. Quel intérêt avais-je à lui causer davantage de soucis ? A quoi cela me servirait-il de me rappeler que tout ceci n'avait au fond aucune importance ? Qu'est ce que tout cela signifiait ? Ce n'était qu'un petit plus dans notre amitié et me voilà à lui faire une scène comme si... comme si... comme si quoi ? Comme si nous nous étions engagés l'un envers l'autre ? Cela n'avait pas de sens. Toute cette situation était ridicule. Je me sentais minable, honteuse de lui avoir reproché ses mots. J'aurai dû me contenter de cet instant et m'en aller tant qu'il en était encore temps. Seulement, je me retrouvais incapable de bouger. Le front appuyé contre le mur, j'attendais. Quoi ? Je me le demandais toujours.

Le fait que Ross me rejoigne en essayant d'expliquer le fond de sa pensée ne cessait d'accroître ma culpabilité. Cette dernière semblait avoir établi un campement dans le coin et se faisait un plaisir de m'assaillir lorsque je m'y attendais le moins. Ses mains s'étaient emparées des miennes et son regard cherchait le mien. Il ne le trouva pas. Je sentais que si je plongeais dans l'azur de ses yeux, je serais incapable d'en ressortir. Ses mots me faisaient du bien et ce fut à cet instant que je compris à quel point j'étais en manque de gentillesse. La douleur s'apaisait petit à petit tant et si bien que je me laissais faire lorsque Ross me rapprocha de lui. Instinctivement, ma main se déposa délicatement dans son dos. Je déposais ma tête contre sa poitrine et appréciait ce moment. Je n'avais besoin de rien de plus. S'il m'était possible de figer cet instant ou de pouvoir le revivre infiniment, je n'hésiterai pas. Sa seule présence suffisait à soulager mes souffrances. Ses chuchotis me firent doucement sourire. S'il me piquait mes répliques j'allais lui piquer les siennes.

Sans aucune hésitation, je m'emparais de ses lèvres, alors que mon bras l'enlaçait pour le rapprocher de moi. Était-ce lui ou moi qui avait le plus besoin de ce corps à corps ? Ne pouvais-je pas arrêter de me poser mes questions et me contenter tout simplement de ce qui allait suivre. Maintenant que ma mémoire s'est souvenue de tous les endroits sensibles du psychologue, il ne me restait plus qu'à aller droit au but. L'alchimie qui nous entourait atteignait son paroxysme. Mon corps réclamait le corps de Ross et le sien semblait lancer le même appel. Ce deuxième round me semblait beaucoup plus puissant que le premier et je m'abandonnais totalement à cette étreinte délicieusement passionnée.

Lorsque la cloche de la fin du match tinta, je m'effondrai à côté de lui à la recherche d'un souffle régulier. Si nous continuons ainsi, j'allais finir par y prendre goût et ce n'était certainement pas une bonne chose pour nous. Mais qu'est ce que c'était bon ! Soudain, je me mis à rire. Le psychologue allait finir par me prendre pour une folle si ce n'était déjà fait. Je m'expliquais sur la raison de cette étrange réaction.


- «  Pitié, ne me demande pas un troisième round. Tu m'as complètement épuisé. »

A la suite de ça, je l'embrassais tendrement et me blottis tout contre lui pour apprécier un peu plus longtemps cet instant parfait.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Vous demandez une illumination ? Veuillez patienter, je vous prie... [Terminé]   Dim 8 Jan - 18:03

L’homme était doué de la parole !
Le psychologue se serait bien passé de ce don parfois, cela lui aurait évité de dire des bêtises. A l’instant où Anne se déroba à son regard, son cœur se serra. Il avait mal de la voir réagir ainsi et la culpabilité n’arrangeait rien. Malgré tout, Ross était prêt à essuyer de nouveaux reproches. Heureusement, Anne resta silencieuse. A quoi bon tergiverser des heures sur quelques mots lâchés sans réfléchir alors qu’il y avait mieux à faire ? C’était tellement reposant une femme qui ne parlait pas surtout quand l’instinct charnel prenait le relai.

Les lèvres appétissantes de la jeune femme rencontrèrent celles de l’écossais qui céda à la gourmandise sans retenue. Anne répondait favorablement aux attentes de Ross ; intérieurement il la remerciait de se montrer aussi compatissante et compréhensive en cette période difficile. Grâce à son amie, il oubliait tout pour ne penser qu’à satisfaire les désirs de la femme qu’il tenait tendrement dans ses bras. Il espérait lui donner tout ce dont elle avait besoin afin de rendre chaque seconde s'écoulant délicieuse. Ross n’était pas en reste car Anne connaissait chaque parcelle de son corps. Leur étreinte sensuelle et voluptueuse suivait la mélodie du plaisir rythmée par les battements de leur cœur à l’unisson. Doucement, passionnément, follement et sûrement, les deux amants atteignirent le septième ciel où aucun nuage n’osa s’aventurer. Ce fut divin.

Anne s’effondra et Ross avec. En apparence, ils n’étaient plus que deux corps gisants sur le plancher de l’étage en rénovation. Seul leur thorax mut par leur respiration indiquait qu’ils n’étaient pas morts. Intérieurement, ils étaient emprunts des fragrances enivrantes du plaisir. Ross se délectait de leurs effets euphorisants apportant la sérénité dont il avait tant besoin. Le rire de la jeune femme sortit l’homme de sa béatitude. Un sourire épanoui se dessina sur ses lèvres avant de rire des paroles de son amie.

- Ok. Je ne te demanderai rien alors.. Dit-il en faisant mine de capituler à contre cœur.

Le psychologue n’était pas un surhomme. L’état de fatigue dans lequel il se trouvait avait mis la machine hors service. S’il n’était pas un galant homme, il se serait endormi paisiblement comme un bébé. Pour ne pas rejoindre les bras de Morphée et rester conscient dans ceux de son amie, il se tourna sur le côté et s'accouda. Ross observa Anne avec tendresse et une pointe d'admiration. Malgré l’épuisement dont elle lui avait fait part, elle restait une belle femme. Ayant l’impression de la redécouvrir, il ne se lassait pas de la regarder.

- Mais… C’est bien parce que c’est toi. Ajouta-t-il d’un air amusé

Instinctivement, ses doigts glissaient sur la peau de la jeune femme comme s’ils voulaient mémoriser son empreinte. Ces instants de tendresse prolongeaient encore un peu leur étreinte passionnée. Il existait des moments dans la vie où on aimerait que le temps s’arrête : c’en était un. C’était l’été, heureusement, sinon ils auraient attrapés froid à rester nus comme des vers ! Ross n’avait pas envie de revenir à la réalité, il était si bien. Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, il allait devoir quitter l’île paradisiaque et regagner le rivage. Il se releva doucement, invitant Anne à faire de même. Une fois debout, il l’enlaça et lui dit droit dans les yeux :

- Tu es une femme formidable Anne. Je ne te remercierai jamais assez d’avoir été là au bon moment. J’espère que tu trouveras la paix bientôt ; tu le mérites plus que n’importe qui.
Une nouvelle fois, Ross embrassa tendrement Anne avant de plaisanter.
- En tout cas, la prochaine fois, quand tu seras plus en forme, prépare toi à un match de trois rounds… au moins.
Ross avait du mal à relâcher son étreinte. Il n’avait pas envie de quitter Anne, pas déjà !

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MessageSujet: Re: Vous demandez une illumination ? Veuillez patienter, je vous prie... [Terminé]   Dim 15 Jan - 22:49

A ce moment précis, plus rien n'avait d'importance. Le monde aurait pu s'écrouler ou devenir la proie des flammes que je n'aurais rien fait pour le sauver. Ma seule envie était de rester auprès de cet homme fabuleux qu'était Ross. Je n'avais besoin de rien d'autre. Était-ce égoïste de ma part de ressentir autant de plaisir au risque d'en redemander alors que des personnes souffraient dans les étages inférieurs ? Avais-je le droit de me perdre dans les bras de cet homme qui avait été autrefois mon amant alors que j'étais mariée ? Qui pourrait se soucier de ce genre de chose ? Personne. Il n'y avait plus que Ross dans ma vie. Mais pour combien de temps ? Le psychologue n'était pas homme à se faire mettre la corde au cou et je n'étais pas femme à m'imposer dans la vie de qui que ce soit. Cette relation était donc parfaitement claire. Il n'y avait aucun espoir pour un quelconque avenir entre nous. Même si je le savais, je ressentis un petit pincement au cœur. Je mis cela sur le compte de la peur de me retrouver seule. Qu'est ce que ça pourrait être d'autre sinon ? De l'amour ? Je n'étais pas stupide au point de tomber amoureuse, surtout après avoir passé dix merveilleuses années avec un homme que l'on m'avait arraché.

Allongée aux côtés de Ross, je repoussais ces pensées étranges pour me concentrer sur ses paroles. Il me faisait une faveur parce que c'était moi. Oula, mieux valait ne pas prendre au sérieux tous ces mots au risque de revoir mes étranges pensées revenir. Je vins lui murmurer à l'oreille.


- « Arrêtes... Sinon je vais finir par croire que je suis spéciale. »

Le sourire aux lèvres, je me remis sur le dos et examinais le plafond. Je n'étais pas spéciale. Loin de là. J'avais juste été présente au bon moment et heureusement pour lui, j'avais eu autant besoin de lui que lui de moi. Les effleurements de Ross me donnèrent à nouveau des frissons. S'il continuait ainsi, je ne pourrais lui refuser un troisième round, quitte à le réclamer moi même. Avant que je ne puisse dire quoique ce soit d'autre, il m'invita à me relever. Voilà. La pause était finie. Il était temps de revenir à la dure réalité et de reprendre le court de notre vie. Qu'allais-je faire maintenant ? Il était encore tôt et rentrer à mon appartement ne me disait vraiment rien. Ross semblait être la solution. Ses bras m'apportaient la protection qui me manquait et cette simple étreinte avait le don de faire fuir les nuages noirs qui s'amoncelaient dans mon horizon. Je ne répondis rien quant à son souhait car je doutais qu'il puisse se réaliser un jour. La paix me semblait être un concept inaccessible pour le moment. Trop de problèmes en tête pour ne serait-ce que songer à l'atteindre.

Nos lèvres se rencontrèrent à nouveau, à croire qu'elles n'étaient jamais rassasiées du contact de l'autre. Mes bras se resserrèrent autour du cou de mon ami, collant mon corps contre le sien. Si nous continuons ainsi, le troisième round sera obligatoire. Prenant sur moi, je nous séparais.


- « Si tu continues ainsi, je ne serais plus en mesure de te refuser un troisième round. »

L'envie de le serrer contre moi était de plus en plus forte à chaque seconde comme si mon cerveau essayait de se persuader qu'il était le seul à pouvoir me sortir de l'enfer dans lequel je vivais. Seulement, ce n'était pas aussi simple. Ross avait ses problèmes. Wyatt était dans le coma depuis l'échange et il était normal qu'il soit la priorité de Ross. C'est pourquoi je ne devais pas faire du psychologue ma priorité si je n'étais qu'une option pour lui. C'était triste de penser comme cela, mais c'était certainement ma seule chance pour que je n'aille pas trop loin dans cette relation. Si je devais également perdre Ross à cause de cette envie désespérée d'être utile à quelqu'un, je n'aurais d'autre choix que de partir sans espoir de revenir.

- « Je te propose un marché. Si tu me promets d'être sage, je resterais avec toi toute la journée. Qu'en dis-tu ? »

Mon temps sera mieux employé à faire passer le temps de Ross en attendant le réveil de Wyatt que de marcher sans but précis dans les rues de Los Angeles. Le tout était de savoir si cette proposition séduisait Ross. Je ne voulais pas m'imposer et peut être que ma présence dans cette chambre n'était pas requise. Peut être que le psychologue voulait rester seul avec son fils après tout ce qui s'était passé entre eux ces derniers mois...

- « Avant toute chose, passage obligatoire à la douche. Je ne veux pas dire mais on sent le sexe à plein nez et ce serait déplacé d'aller voir ton fils dans notre état actuel... Euhhhh, tu n'as pas vu ma culotte ? »

Spoiler:
 
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Vous demandez une illumination ? Veuillez patienter, je vous prie... [Terminé]   Ven 20 Jan - 19:52

En se trouvant à l’étage en rénovation, sans le vouloir Anne avait anticipé les souhaits du psychologue. Il lui fallait quelqu’un sur qui se reposer, ne serait-ce que quelques heures, pour ne pas se laisser abattre et continuer à se battre. Malgré ce qu’elle endurait et la façon dont il l’avait accueilli en haut des marches, elle était restée. A partir d’un simple regard, d’un geste anodin ou d’un sursaut de voix, elle avait deviné les besoins refoulés du psychologue. Ah, l’intuition féminine, tellement d’hommes aimeraient la posséder ! Elle avait laissé passer l’orage. Sans s’imposer, elle avait attendu patiemment que le psychologue se lâche. Elle s’était montrée sensible et prête à faire le nécessaire pour le faire réagir. Elle avait des méthodes bien à elle mais c’était ce qu’il aimait chez elle.

- Mais tu es spéciale Anne. Dit-il sans l’ombre d’une hésitation.
- Tu es ma meilleure amie, ma seule et véritable amie. Constata-t-il avec un soupçon d’admiration dans la voix.

Ross découvrait un sentiment de plaisir étonné et respectueux devant ce qui était grand et beau, en l’occurrence Anne. L’amitié était une très belle chose, infiniment précieuse pour le l’écossais. Plus longue elle serait et mieux ce serait, d’autant plus que leur amitié s’enrichissait de tendresse partagée, de contacts plus ou moins accomplis entre leurs corps, s’auréolant ainsi de plaisir physique. Etait-il possible d’entretenir une relation aussi intime sans aucune ambiguïté ?

Tant que la jeune femme vivait France, sans aucun doute. Elle était même favorisée par la distance qui les séparait et ne s’encombrait pas d’un quotidien mortel. Anne et Ross ne se voyant que quelques semaines par an, leurs retrouvailles étaient toujours faites de passion, de plaisir, de complicité et d’amusements. Leur liaison fonctionnait à merveille, sans exclusivisme, sans attente démesurée, dans le respect de l’autre et des liens auxquels chacun était attaché par ailleurs.

Désormais, c’était différent. Anne vivait à Los Angeles et Liam était mort. Ross était conscient qu’il y aurait des moments où l’intensité de leurs sentiments varierait, les rapprochements induits risquaient d’être plus ou moins fréquents et plus ou moins riches, mais il espérait que leur amitié perdurerait à travers les aléas de la vie. Et quand bien même elle s’étiolait, elle s’inscrivait dans une temporalité assez longue. C’était rassurant de pouvoir compter sur une personne sans avoir à compter les jours.

Là, son amie était près de lui, très près, trop près. Il n’avait aucune envie de la lâcher. Son contact lui faisait l’effet d’un tranquillisant. Il ne voulait pas se retrouver seul face à ses problèmes. C’était un besoin purement égoïste mais il n’en avait pas honte. Si son amie avait besoin de lui, il serait là pour elle aussi. Anne prit sur elle en forçant la séparation. C’était plus raisonnable car si elle n’en avait pas pris cette l’initiative, Ross n’aurait pas pu. Il n’était plus bon à rien en fait.

- L’idée est fort séduisante mais je crois que mon corps déclare forfait. Dit-il avec une once de déception dans la voix.

Il aurait aimé continuer mais il était trop fatigué pour assurer un troisième round. Anne aussi sans doute. Il était plus prudent de s’arrêter pour ne pas décevoir. Donner trop de victuailles à des personnes affamées, c’était risquer l’indigestion.

Il fut étonné de la proposition de son amie. Il était persuadé qu’elle avait un millier de choses à faire. En cette période difficile pour les membres de Genome, le temps qu’elle venait de lui consacrer était déjà énorme. Même s’il en mourait d’envie, il ne lui demanda aucune explication. Anne savait sans doute où étaient ses priorités ; il n’avait rien à dire surtout que la perspective de passer la journée en sa compagnie lui redonnait un peu de baume au cœur.

- Je ne sais pas ce que tu entends par être sage, mais si t’as rien de mieux à faire, marché conclu. Accepta-t-il en esquissant un sourire plein de lassitude.

En attendant que Wyatt reprenne connaissance, Ross ne se sentirait pas seul au monde. Il pourrait éventuellement partager ses réflexions avec son amie et discuter de sujets la concernant. Ainsi il ne se morfondrait pas trop sur son sort actuel.
Anne avait encore une fois raison. Ils ne pouvaient décemment pas se rhabiller sans prendre une douche. Amusé par les dernières paroles de la jeune femme, il la prit par la main.

- T’en a pas besoin pour l’instant. Dit-il en l’entraînant avec lui vers une autre pièce de l’étage.

Une douche rudimentaire y avait été installée par les ouvriers. Ce n’était pas le grand luxe, il n’y avait pas d’eau chaude mais des bouteilles de savon. C’était mieux que rien ! A la guerre comme à la guerre. Ross ouvrit l’eau, se mit dessous sans hésiter et tira sur la main d’Anne l’invitant à en faire autant.

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MessageSujet: Re: Vous demandez une illumination ? Veuillez patienter, je vous prie... [Terminé]   Dim 29 Jan - 0:16

* Arrête ! Ne dis pas de tels mots ! Ils vont tout gâcher entre nous ! *

J'affichais un sourire en coin à Ross face à ses compliments, mais intérieurement, je paniquais. S'il n'avait pas rajouté que j'étais sa meilleure AMIE, je me serais certainement enfuie. Je ne voulais pas revivre tout ça. Je ne pourrais pas supporter de m'engager à nouveau car la crainte de perdre cette personne serait telle que la situation serait invivable pour nous deux. Heureusement pour moi, Ross n'était pas homme à se marier, même si actuellement, il était « uni » au patron de Genetic. Quelle erreur ! D'ailleurs, il faudrait peut être se pencher sur la question afin de s'assurer que cette histoire ne lui cause pas plus de préjudice. Il devait forcément exister une faille, quelque chose qui puisse le délier de cet enfer. Car même si les deux hommes n'avaient aucun contact avec l'autre, ils étaient ennemis. Leurs valeurs différaient trop pour qu'ils puissent retrouver leur liberté.

Au lieu d'apprécier l'instant présent, mon esprit ne cessait de divaguer vers des zones d'ombres que j'aurais aimé oublier. J'en devenais presque anxieuse quant à la suite des évènements. Genetic ne pourrait se satisfaire du carnage de l'échange. Il y aura sûrement des représailles. Combien de morts, de blessés faudra -t-il pour que cette « guerre » cesse enfin ? Ou moins rassurant, cessera -t-elle un jour ? J'étais inquiète quant à l'avenir sombre qui se profilait devant nous. Même si je connaissais le remède pour la combattre, je me devais de nous séparer. Ce simple geste fut difficile. S'il était possible de rester dans les bras de Ross pour l'éternité, j'aurais pris cette option. J'avais beau me cacher derrière mes airs froids, mes sarcasmes ou mon humour, je ne pouvais nier la peur qui me tiraillait les tripes. D'ailleurs, pour éviter le regard inquisiteur du psychologue, je me mis à nouveau en mode câline en lui proposant un troisième round. Round qu'il déclina. Je pouvais en comprendre les raisons car j'étais moi même fatiguée et pourtant, je n'aurais pas refusé s'il avait accepté cette proposition. Je devais me calmer, me ressaisir. J'avais pu passer des mois, seule, à Los Angeles sans ressentir ce haut niveau d'inquiétude. Alors pourquoi maintenant ?


- « Je n'insisterai pas alors. Mais... C'est bien parce que c'est toi. », dis-je en lui faisant un clin d'oeil.

Seulement, je n'arrivais pas à me résoudre de passer le reste de la journée sans compagnie. Je ne pouvais arpenter les couloirs de Genome et rester dans les rues de Los Angeles serait de courir le risque de tomber sur les mauvaises personnes. Et puis... Rester seule n'était pas une très bonne idée ces derniers temps. Les conneries s'accumulaient et à chaque fois, il y avait eu un témoin. Si ces histoires venaient aux oreilles de Ross... Il ne pourrait plus me voir comme quelqu'un de spécial, mais plutôt comme une personne lâche et égoïste. Quoiqu'il en soit, Ross accepta mon marché. Tant mieux. Il ne pouvait pas imaginer à quel point, il m'aidait à cet instant. Je me contentais de lui adresser un signe de tête pour lui confirmer que je n'avais rien d'autre de prévu. Quoique le sort de mon sous vêtement commençait à m'inquiéter. Dans la bataille, je ne savais pas où celle-ci avait atterri. Ross ne s'en préoccupa pas dans la mesure où il suivit mon conseil et nous conduisit dans une douche.

L'eau était froide mais le fait d'être avec Ross occulta ce léger désagrément. Je pris une des bouteilles de savon qui traînait et l'aspergea avec. Puis mes mains vinrent étaler le produit, alors que je me rapprochais doucement de lui. Cette complicité était désarmante et la tentation de replonger était puissante. Seulement, toute bonne chose à une fin et la réalité avait repris sa place dans nos esprits. Ross devait penser à rejoindre son fils. Je ne pouvais le retenir indéfiniment.


- « C'est déjà mieux. Ainsi personne ne se doutera de quoique ce soit. »

Comme si l'avis des autres m'importait... Moi non, mais peut être que Ross ne voulais pas s'afficher avec une femme qui venait à peine de faire son entrée officielle dans l'organisation... La douche prise, nous en sortîmes, nous séchèrent et revinrent dans la pièce où nos vêtements se trouvaient. Et oh miracle, je vis le vêtement que je recherchais tout à l'heure. Un soucis de moins !

- "Ouf ! Sauvée !"
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Vous demandez une illumination ? Veuillez patienter, je vous prie... [Terminé]   Mer 1 Fév - 22:57

L’amitié véritable étant une inclination intense et réciproque entre deux personnes, si l’une d’entre elles ne ressent pas ce sentiment, elle n’existe pas.

Anne et Ross avaient tissés des liens mais ils n’étaient peut-être pas aussi forts qu’il le pensait. Dans ce cas, ils n’étaient que de simples amis. Pourtant, Ross avait l’impression d’avoir des relations privilégiées avec Anne. De son côté, ses sentiments étaient purs et inconditionnels. Il ne la jugeait pas et ne tenait pas compte du temps qui s’écoulait. Son amitié dépassait les valeurs individuelles et temporelles. Il pensait partager une communauté de pensées et une belle complicité. Ce n’était sûrement pas le cas d’Anne qui, par son petit sourire en coin, laissait deviner un malaise. Cette fausse note n’échappa pas à Ross. Il ne fit aucun commentaire mais resta perplexe.

En lui annonçant qu’elle était sa seule et véritable amie, il lui faisait porter une lourde responsabilité. Elle n’avait pas besoin de cela actuellement. Anne devait avoir d’autres amis en France et certainement un ou une meilleure amie avec qui elle partageait tout depuis des années. La proximité aidait le rapprochement entre deux êtres, facilitait les échanges et fortifiait les liens déjà tissés. L’écossais ne doutait pas de l’amitié de la française mais il semblait évident qu’elle n’était pas au même niveau. Peut-être n’aurait-il pas dû être aussi sincère ? Si ce sentiment exclusif n’était pas partagé, c’était effectivement embarrassant pour la jeune femme ; cela l’était également pour le psychologue. Enfin, inutile de pousser cette petite analyse trop loin. Elle ne ferait que le replonger dans de mornes pensées dont il se passait très bien depuis qu’il avait pris Anne dans ses bras.

Ross répondit au clin d’œil de son amie en esquissant un sourire. Elle aussi lui piquait ses répliques. Ce fut en restant sur cette remarque légère qu’ils allèrent prendre une douche. Comme deux enfants, ils s’éclaboussaient ; comme deux amis, ils se savonnaient ; comme deux amants, ils s’embrassaient. Ils prolongeaient ainsi le temps passé ensemble. Ni l’un, ni l’autre n’avait envie de mettre fin à ces instants magiques. L’eau froide leur permit de ne pas succomber à la tentation. L’esprit léger et le corps débarrassé des preuves de leurs ébats, ils se rhabillèrent en s’aidant mutuellement. Après un dernier baiser emplit de tendresse, le couple quitta l’étage en rénovation.

Voilà, le petit conte de fée prenait fin. Les deux héros de l'histoire repartaient faire face à la dure réalité. Fort heureusement, Anne avait proposé de rester avec Ross. Entre ces moments délicieux et la tristesse des événements actuels, la transition serait moins difficile à supporter. Au chevet de Wyatt, ils pourraient discuter de tout ce qu’ils avaient vécu séparément et échanger leurs points de vue sur divers sujets qu’ils aimaient aborder. Ils pourraient également rester silencieux, cela ne gênerait pas Ross en tout cas. La présence de celle qu’il considérait comme sa meilleure amie suffisait à alléger ses souffrances. Et tant qu’elle ne démentirait pas ce sentiment, Ross espérait qu’il en serait de même pour Anne.

- Fin du chapitre -

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Vous demandez une illumination ? Veuillez patienter, je vous prie... [Terminé]

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