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 Le pouvoir du hasard [Terminé]

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Mary Jane Holster


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MessageSujet: Le pouvoir du hasard [Terminé]   Mar 14 Mai - 20:17

20 février 2011
Mi janvier, j’avais revu mon paternel mais nos relations ne s’étaient pas vraiment arrangées. Il était donc hors de question que je retourne vivre dans l’appartement familial. Du moment qu’il alimentait mon compte, je n’avais pas besoin de lui.  De toutes les façons je m’en fichais.  C’était ce dont je me persuadais pour éviter de ressasser le malaise existant entre nous. Aujourd’hui était une journée banale où je n’avais rien programmé. Le soleil étant au rendez-vous, je n’avais pas envie de rester cloîtrée. Ca faisait trop longtemps que je n’avais pas mis le nez dehors. Je me serais bien rendue à la plage mais c’était un peu trop loin. Allez faire les boutiques, un de mes passe-temps favoris, bof ! Ce n’était pas le jour. Je me dis qu’une petite virée à Central Park pourrait être amusante. Il y avait toujours plein de monde là-bas, des jeunes, des moins jeunes et des vieux. Dans la foule, je passerai inaperçue et je me moquerai des passants pour passer le temps. Cette activité m’amusait beaucoup quand j’étais seule. Si ça se trouvait, je tomberai sur des potes en train de faire du jogging, un de ces sports de plein air que je détestais ; mais de les voir se prendre les pieds dans l’herbe ou se casser la figure lorsqu’ils se la pétaient un peu trop dès qu’une jolie fille passait près d’eux, c’était à mourir de rire. Ou alors je ferai peut-être une rencontre qui s’avèrerait intéressante, ou pas. Allez hop ! J’’étais partie.

Je hélais un taxi qui me déposa à l’entrée principale de Central Park. Je marchais plusieurs minutes sans but précis. Il n’y avait pas autant de monde que ça. Pourtant c’était dimanche. Ce n’était pas plus mal mais un peu gênant car je ne pouvais pas me fondre dans la foule. Je devais rester sur mes gardes. Mes pas me conduisirent vers une aire de jeux où les parents laissaient leurs enfants se défouler pendant qu’ils discutaient entre eux. Je ne me souvenais pas avoir eu cette chance, ou alors j’étais très petite. Une chose était certaine, le père Holster ne m’avait jamais amenée ici. En observant rapidement les adultes autour des modules de jeux, je constatais que les papas étaient peu nombreux. Il y avait quelques papis qui se faisaient une joie de s’occuper de leurs petits enfants. A la retraite, il fallait bien qu’ils se trouvent des occupations ! Au moins, là ils se sentaient utiles et rendaient service à leur progéniture. Et tout le monde était content ! Mon père ferait-il pareil ? Bien sûr que non ! J’avais plus de chances de gagner au loto que de le voir mettre un pied ici pour s’occuper de son petit fils. Mais bon, le petit était toujours l’hôpital, d’après les médecins il n’était pas encore prêt à sortir. Sa naissance prématurée avait fait quelques dégâts sur son appareil digestif ; Shalin régurgitait tous ses biberons, il ne prenait pas beaucoup de poids et il était toujours alimenté par une sonde.

Bref ! En tout cas, je n’irais pas discuter avec ces vieux messieurs. Je préférais la compagnie d’hommes plus jeunes. Je n’en demandais pas dix à la fois, un seul ferait l’affaire histoire que je teste mes talents d’aguicheuse laissés de côté depuis des mois. Bah oui quoi ! Maintenant que j’avais récupéré mon poids normal, je pouvais me le permettre. Marchant doucement, je me mis en quête d’une cible intéressante. Un regard à droite, un regard à gauche, un autre derrière, et je me pris les pieds dans des jambes qui barraient mon chemin. Je me retrouvais à moitié assise sur un banc tout en me rattrapant au bras du propriétaire des jambes fautives. Hmmm musclé on dirait !  Mais bon, ce n’était pas suffisant pour ne pas râler. Cependant, aucun son ne sortit de ma bouche entrouverte. Quelle surprise ! Bonne ou mauvaise ? Elias était le responsable de mon déséquilibre, physique ; et peut-être psychologique qui sait ? Mais non, ce serait lui donner trop d’importance. Quoique, personne ne choisit les raisons de son mal-être ! Je me redressais pour m’asseoir correctement, le buste légèrement tourné vers l’avocat.


- Ca alors ! Qu’est-ce que fiche dans le coin ? Tu fais du baby sitting pour arrondir tes fins de mois... T’as été radié du barreau ? Ou t’es là, comme moi, pour prendre l’air ?

Et te moquer des passants… Précision que je n’ajoutais pas car je connaissais la réponse. Ce n’était pas le genre d’Elias de s’amuser des autres. D’ailleurs, s’amusait-il vraiment dans la vie cet homme ? Ah si ! Il avait une honorable distraction : s’envoyer en l’air avec qui lui plaisait. En voyant sa tête défraîchie, je me disais que ça faisait trop longtemps qu’il ne s’était pas amusé. Longtemps étant très relatif pour moi qui trouvais qu’une semaine était une éternité quand je n’obtenais pas ce que je voulais.

- T’as une tête de déterré ! T’as hiberné depuis Noël ou quoi ? On dirait que t’as maigri, non ?
Je lançais un regard sur son ventre. Il ne faisait aucun doute qu’il n’y avait plus l’ombre d’une poignée d’amour. Il était encore plus sexy que le jour où on avait fait connaissance.
- T’inquiète, t’as d’beaux restes ! Ajoutais-je d’un air amusé.

Je le félicitais tout en me moquant. Bah oui, il ne méritait pas que des félicitations. Après ce qu’il m’avait fait, ça n’aurait pas été normal. Il me fallait tenter de rattraper le coup de la dernière fois où j’étais partie de son bureau en claquant la porte, arguant que je n’avais pas besoin de lui. Faut pas croire, j’avais réfléchi depuis. Je  n’avais toujours pas besoin de lui, mais peut-être que  plus tard je serais contente de pouvoir compter sur mon ex amant. Enfin compter, pas trop, mais un peu quand même !


- Et moi ?... Comment tu m'trouves ? Demandais-je en me redressant encore mieux.

Mes jambes se croisèrent avec sensualité et mes mains se posèrent délicatement sur mes genoux, me donnant ainsi un air digne et avenant. Je n’avais pas ma tête des mauvais jours ;  un léger sourire éclairait mon visage et une petite lueur indéfinissable brillait dans mes yeux.
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: Le pouvoir du hasard [Terminé]   Mer 15 Mai - 9:58

Prendre l’air. Drôle d’expression m’enfin, on ne va pas polémiquer maintenant.
Je suis sorti prendre l’air parce qu’en fait je ne supporte plus le bureau. Ni même l’appartement. Ni aucun endroit que je connais par cœur car il y a de partout ces petits détails, ces rappels, ces souvenirs qui imposent de réfléchir. De trop réfléchir. Depuis que j’ai croisé Kate dans cet ascenseur maudit – un ascenseur quoi – je peine à dormir et les idées qui me viennent à l’esprit sont révoltantes. La pire de toutes, que je ne parviens pas à oublier ou juste à mettre de côté, c’est mon doute sur les sentiments de Capucine.
Comment puis-je être sûr de ce que ressent la demoiselle pour moi sachant que j’ai un don qui ‘améliore’ ce que je suis aux yeux des autres ?! Je fausse la donne, je trompe leur opinion, je me joue de leurs émotions et ça me retombe dessus lourdement aujourd’hui. En fait je suis loin de comprendre les subtilités de mon don mais pour être honnête je n’en ai rien à foutre ! Je voudrais juste, ne jamais l’avoir eu. Ne pas être un mutant. Être normal – tout est relatif certes – être commun, comme je me suis toujours considéré.

Non et puis, sans déconner : ça fout un coup à la fierté. A l’orgueil, à l’égo. Il faudrait que j’en apprenne davantage sur les conséquences de mon pouvoir, sur ce que provoque réellement l’aura que je dégage mais voilà…comment faire ? Revoir Kate alors que je n’ai même pas avoué à Cap que j’ai trahi ma promesse ?
Je suis mal. C’est le bordel. Sans tout lui raconter je lui ai donné les grandes lignes – capacité, peur – et maintenant c’est la guerre entre nous. Je sais qu’elle fait des efforts pour supporter mon secret, qu’elle a peur pour nous, mais je ne me vois toujours pas lui dire que son amour pour moi n’est peut être qu’une idée ;
Je n’ai pas avancé depuis hier.

« J’vous tiens ! »

Ou comment délaisser un moment de sombres pensées.
Alors que ma main fermement accrochée au fin poignet de la demoiselle pour l’empêcher de tomber plus bas la relâche, mon regard se porte à son visage et. Voilà. Je me demande s’il ne valait mieux pas rester à broyer du noir. Ai-je vraiment le choix ? Dans le genre lunatique, imprévisible et tenace : Mary-Jane en tiens une bonne couche.

« …prendre l’air, on dirait… »

Je ne suis même pas certain des raisons qui m’ont poussé là. Mais admettons, dans sa liste de propositions celle-ci convient parfaitement. Le reste ne la regarde pas. Fichtre qu’est-ce qu’elle est bavarde ! J’avais complètement oublié. J’avais tout oublié d’elle en fait…à quelques détails près. Vous vous dites que ce n’est pas le genre de bout de femme dont on se souvient aisément, qu’a-t-elle d’inoubliable ? Et je vous l’accorde : pas grand-chose. Si ce n’est un culot effronté.
Sauf que ce fameux culot aurait pu me couter cher, par deux fois, et je suis plutôt rancunier. Non en fait, mais avec elle si. J’ai décidé.

« J’te trouve… soupir très bien MJ. Tu m’as l’air en pleine forme, c’est génial. Je ne vais pas t’embêter plus longtemps dans ta promenade hein ; excuse moi pour la chute – heureusement tu n’as rien – et à bientôt. »

Sauf que j’étais bien moi, installé ici. C’est à elle de bouger. Si je me souviens de notre dernier échange, il était loin d’être chaleureux. Elle m’a rendu malade avec son histoire de grossesse gémellaire, j’étais au bord de la dépression et si j’ai voulu lui tendre la main – un peu – je me suis gentiment fait jeter. C’est ce qui m’a mis sur la bonne piste…je ne pouvais pas être le père. Impossible ! Déjà parce que c’était psychologiquement inacceptable mais aussi parce que son attitude était illogique…
Ceci dit, la jeune femme a-t-elle des moments de lucidité ?
Moi ça m’arrive de temps en temps et savoir qu’elle a mis au monde deux enfants, seule, qu’elle en a perdu un…j’suis passé le jour de l’enterrement. Évidemment. La miss Holster est peut être folle, elle reste une gamine qui pour le coup, a été violemment frappée par la vie.

Un deuxième soupir, les yeux levés au ciel et un effort considérable, j’essaye d’avoir l’air sérieux. Sincère. Après tout ce n’est pas que pour la forme, c’est par humanité disons. Ah et je suis curieux aussi, ça aide.

« Est-ce que tout va bien, sinon ? Tu as l’air mieux j’espère que c’n’est pas qu’une image. »

Nous avons partagés bien peu ;
Et tu as été la pire des pestes.
Mais ce serait vraiment odieux ;
De partir sans un seul petit geste.
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Mary Jane Holster


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MessageSujet: Re: Le pouvoir du hasard [Terminé]   Mer 15 Mai - 22:43

Heureusement qu’Elias m’avait attrapée par le poignet sinon je me serais étalée comme une crêpe, le nez dans la terre. Ce n’était pas étonnant de sa part, l’avocat était un galant homme , c’était ce qui avait attiré mon attention la première fois où je l’avais rencontré. Je trouvais chouette cette façon de faire rétrograde. Elle me donnait l’impression d’être importante. Mine de rien, ce savoir vivre d’un autre siècle était utile et devrait être remis au goût du jour ; mieux il devrait être écrit dans la constitution et faire l’objet d’une loi sanctionnant les réfractaires. La galanterie de faisait de plus en plus rare. C’était bien dommage !

Regardez dans les transports en commun, les hommes ne se lèvent plus pour laisser leur place à une vieille dame ou à une femme enceinte. Non au contraire, ils plongent leur nez dans leur journal ou dans leur tablette en faisant semblant de n’avoir rien vu. Quelle lâcheté ! Je n’aime pas les transports en commun… Et ces vieux messieurs qui se font bousculés sans ménagement, c’est pas mieux ! On dirait que tous les goujats du monde se sont donnés le mot pour leur faire méchamment remarquer qu’ils n’ont plus de place sur la terre. Ils oublient juste un détail, un jour ils seront vieux aussi, s’ils ne sont pas avant tuer par un vent de révolte ou morts étouffés par leur autosuffisance. Je ne vous parle même pas des ados de mon âge, la galanterie ne fait absolument pas partie de leur dictionnaire.

Tout ça pour dire qu’il était impossible de ne pas remarquer un homme possédant une telle qualité. Elias avait cette qualité. Bon après, il ne fallait pas trop gratter ; cette façade de gentilhomme cachait une âme tordue ou torturée ou je ne savais trop quoi. La preuve ! Il avait l’air en-chan-té de me revoir. Après avoir sortit quelques banalités et s’être excusé, il me donnait congé.


- Hey ! Okk..kkeyyyy..Fis-je en le regardant d’un air abasourdi.

Je ne comprenais pas sa réaction. Je n’avais rien dit de désagréable. Je me montrais même sympa et souriante. Que me reprochait-il cette fois ? Pourquoi me traitait-il comme si j’avais la peste ? S’il croyait que j’allais lever mes fesses de ce banc en se montrant faussement gentil et compatissant, il rêvait. Malgré tout, il avait été le seul à m’accompagner au cimetière le jour de l’enterrement de Sacha. S’il ne m’avait pas soutenue moralement, au moins il m’avait soutenue physiquement. Pour une fois, il ne m’avait pas laissée tomber. Depuis ce jour funeste, je n’avais pas cherché à le revoir, je ne lui avais même pas passé un coup de fil. Peut-être qu’il m’en voulait de ne pas l’avoir remercié ? Ce n’était pas mon genre et j’avais eu d’autres chats à fouetter. Et puis, il aurait du comprendre que le fait de l’avoir laissé tranquille tout ce temps, était une preuve de reconnaissance. Il pouvait soupirer et lever les yeux au ciel autant de fois qu’il le voulait, je ne bougerai pas. *Les plus gêner s’en vont* Maintenant qu’il était là, je ne le lâcherai pas avant que le hasard en décide autrement. J’étais prête à le suivre s’il décidait de partir. J’avais d’ailleurs décroisé les jambes, je m’étais adossée au banc et je l’observais. A ma grande surprise, Elias ne bougea pas et réengagea la conversation. Wouaaahhh ! Quel sens de l’observation ! Sherlock Holmes est dans la place.


- Tout va, tout va, tout va bien. Chantonnais-je en guise de réponse.

Evidemment que j’allais mieux, physiquement j’étais en pleine forme. Pour le moral, c’était une autre histoire. Je me débattais contre mes démons, j’essayais d’oublier que la vie ne me faisait pas de cadeau pour garder la tête haute. Ce n’était pas facile tous les jours mais je faisais ce que je pouvais pour ne rien laisser paraître. Mes états d’âme ne regardaient personne ; c’était ce que je me disais pour ne pas réaliser qu’ils n’intéressaient personne. De toutes les façons je n’aimais pas qu’on me prenne en pitié, mais un peu de chaleur humaine me ferait le plus grand bien.
C’était à croire que l’avocat me connaissait mieux que je ne le croyais. Bien sûr que ce n’était qu’une façade ! Il pouvait toujours courir pour que je l’avoue comme ça de but en blanc. Surtout que lui aussi semblait faire la même chose que moi. Carapace power ! C’était bien son genre, comme beaucoup d’avocats. C’était le métier qui voulait ça sûrement.


- Et toi ? Demandais-je simplement.

Une seule petite question, pas un mot de plus. J’avais bien remarqué qu’il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond chez lui. Mon flot de paroles l’avait irrité alors que c’était ce qui l’avait amusé quand on s’était rencontré ! Ma façon de parler, mon entrain et ma fraîcheur lui avait plu. J’avais été une petite bouffée d’oxygène qui l’avait distrait à un moment où il en avait eu besoin. Rien que pour ça, il devrait me remercier. Mais bon, fallait se faire une raison, ce qui avait été n’était plus. Je laissais le silence s’installer entre nous. Pour me distraire, j’avais porté mon attention sur les gamins qui courraient, criaient et s’amusaient sur l’aire de jeux. Je jetais un œil de temps à autre à droite, à gauche et derrière moi pour vérifier que personne ne m’observait. J’avais été enlevée une fois, pas deux, foi de MJ.

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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: Le pouvoir du hasard [Terminé]   Ven 17 Mai - 19:48

Ah…MJ.
La revoir ici, sans être psychologiquement prêt – croyez-le, il faudrait avoir une intensepréparation avant de croiser cette peste – sans avoir les idées suffisamment claires et l’esprit assez léger, c’est compliqué. C’est difficile.
Je n’ai toujours pas assumé notre nuit en fait. Des jours durant ça n’a pas compté. Il n’y avait que l’exquis gout de ses lèvres encore sur les miennes et l’agréable son de ses soupirs, rien de plus. Du plaisir, terminé, point. Le coup de massue est arrivé plus tard et je n’sais pas si j’en donne l’air mais je suis sensible. Me sentir coupable ? Non, pas pour elle. Pour ses parents davantage. Mais je ne sais même pas – même plus – si elle en a. l’ai-je su un jour ?

Mary-Jane est une saleté de manipulatrice qui du haut de ses seize ans à peine essaye de diriger son petit monde. La vie ne marche pas ainsi, et si j’ai été assez bête pour me faire avoir elle risque un jour ou l’autre de rencontrer des ennuis. Cette grossesse par exemple, je suis certain que ça l’a ravagé.
Mais bordel, elle ne montre rien. Je ne peux croire que en une force, c’est simplement un manque d’expression. M-J, renfermée ? Pourquoi pas après tout.

Je ne la crois pas quand elle affirme être bien. Tout va bien. Ça ne veut rien dire, en plus. Une vie est composée de tonnes de trucs et autant dire que les mauvais, les douloureux, les pénibles dont on se passerait sont les plus nombreux. Tout va. Ça ne rime à rien. C’est limite contradictoire. Tout va bien ? Donc les ennuis aussi se portent à merveille ? Donc tout n’est pas si bien que ça…
Correction > c’est après avoir croisé l’adolescente, qu’il faut aller consulter.

Dans un haussement d’épaules je démontre ma perplexité, mais je ne réponds rien. Si elle ne veut pas parler, je ne vais pas la forcer. Je peux trop bien comprendre que ses soucis lui appartiennent, et j’en ai assez de mon côté.
D’ailleurs, ça la démange. Elle me renvoi la question.

« Tu veux que je chante moi aussi pour te répondre ? » Je ne peux m’empêcher de sourire. Comme quoi, elle n’est pas si inutile que ça. Elle me fait sourire. Un peu. « Moi je continue d’être un minable. J’sais pas, ça doit me plaire. Probablement. »

Il faut de tout pour faire un monde non ? Moi je gagne ma vie sur les affaires juridiques des gens, je sors avec une demoiselle encore étudiante à qui je fais croire qu’elle m’aime, je ne suis pas fichu d’être un parent correct, bientôt la mère de mon gamin sera là pour le récupérer, et je n’adresse plus la parole à mes vieux. Ne me demandez pas pourquoi.

Il y a ce vide. Ce trou. Cet espace vertigineux qui se creuse, jour après jour, de plus en plus, entre eux et moi. Eux, tout le monde. Eux, les autres. Eux, les gens.
Cet immense fossé s’est élargi deux fois plus en une seule journée que ces trente dernières années. Il a suffit de Kate, de cet ascenseur, de sa confirmation. Mutant. Salopard.
Pourquoi moi ?

« Tu n’as pas cherché à me joindre… » Dis-je pour changer de sujet et revenir sur elle. Sur nous. C’est plus intéressant non ? Moins égoïste. « Alors je n’me suis pas imposé. Mais au cas ou tu en doutes, mon offre tient toujours : si tu as besoin. Tu sais où se trouve mon bureau. » C’est pour la forme, je doute qu’elle revienne sur sa décision.

Qu’est ce que je peux faire pour toi ?
A l’heure actuelle absolument rien.
Je suis vidé, mais tu sais quoi ?
Je voudrais encore croire en demain.




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Mary Jane Holster


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MessageSujet: Re: Le pouvoir du hasard [Terminé]   Lun 20 Mai - 0:14

- Si tu chantes bien, pourquoi pas ? Répondis-je en souriant d’un air amusé.

Je ne pouvais pas imaginer qu’un avocat ait un joli brin de voix. Je ne pouvais même pas imaginer qu’un avocat aime chanter. Ces gens là étaient trop pragmatiques, ils passaient leur temps à chercher la petite bête pour défendre les intérêts de leurs clients. La musique, c’était fait pour les artistes, les bohèmes, les jeunes, les illuminés et les esthètes. Elias n’était rien de tout ça. Pauvre homme. Mais peut-être avais-je tort ? Alors ? Alors non, il ne chanta. Dommage ! J’étais déçue. Moi qui aimais les gens décalés, l’homme assis près de moi était des plus quelconques. En plus, il se plaignait d’être un minable et pensait aimer ça. Alors là, c’était le pompon ! A moins que ce ne soit de l’humour ? Dans ce cas, je n’étais pas du tout sur la même longueur d’ondes que lui. Comment avait-il fait pour m’attirer vers lui ? Je le détaillais du regard. Il avait au moins un truc pour lui, il était bel homme, plus beau que Morgan ! Si Shalin était de lui, il deviendrait trop beau en grandissant.

Bien sûr que je n’avais pas cherché à le joindre, lui non plus. Pour ne pas s’imposer disait-il. Après la scène que je lui avais faite dans son bureau, le contraire m’aurait étonnée. Il était trop content d’être débarrassé de moi. En tout cas, il oubliait une chose importante, très importante ! Le test de paternité. Il avait dit qu’il le ferait pour être certain de ne pas être le père des jumeaux. L’avait-il fait ? Sûrement non, sinon il aurait pris la peine de me passer un coup de fil, trop content de se dédouaner de ses responsabilités. Ou alors, il était vraiment le père et il ne voulait pas le dire ? Je n’étais pas pressée de savoir s’il avait fait le test ou pas. Le petit était toujours à l’hôpital, je n’avais besoin de personne… pour l’instant. Et surtout, il y avait autre chose qui occupait mon esprit depuis notre dernière rencontre. Si je n’étais pas tombée sur Elias par hasard, j’aurais fini par le contacter pour en savoir un peu plus sur ce que j’avais vu quelques jours auparavant, par hasard encore !


- Non j’ai pas cherché à te joindre, ça t’étonne ? Et toi, tu n’as rien à me dire ? Demandais-je sans lui laisser le temps de répondre car je savais qu’il ne pouvait pas deviner ce qui m’intéressait en premier lieu.
- Tu sors avec Kate ? Dis pas non, je t’ai vu l’autre jour. Toi bien sûr, tu ne m’as pas vue, tu étais bien trop occupé à flirter avec elle. Remarque, j’peux comprendre, elle n’est pas moche c’te pouffiasse, elle a même un sacré charisme sinon les hommes ne se retourneraient pas sur son passage. Même mon père était attiré par elle, c’est pour dire !

En dehors du fait que je détestais cette femme, j’étais obligée d’admettre qu’elle était belle. De plus, elle était loin d’être idiote. Elle savait mener son petit monde à la baguette. Aguicheuse, manipulatrice et arriviste à souhait. C’était de sa faute si mon paternel avait été enlevé par les membres de Genome. Je ne savais pas comment elle s’était débrouillée mais elle avait réussi son coup. Après avoir mis hors service le père Holster, elle avait pris les rennes de Genetic et se palabrait fièrement en son sein. Le peu de temps qu’elle était restée à la tête de l’organisation, ça filait droit. Elle avait simplement oublié une chose : les membres du C.A. étaient plus puissants qu’elle. Quand je pense que Keaton était amoureux d’elle ! Non mais, franchement, elle ne méritait pas le gentil fleuriste pédiatre. En tout cas, ils avaient disparu tous les deux de la circulation en même temps.

Quelle ne fut pas ma surprise de revoir la femme de glace (surnom donné par tous les employés de Genetic) au bras d'Elias ! J’étais curieuse d’en apprendre un peu plus sur tout ça. Ce jour là, j’aurais pu mettre les pieds dans le plat, mais j’avais préféré rester dans l’ombre afin de découvrir ce que Kate mijotait. Enceinte jusqu’au cou, si elle n’était plus avec Keaton, elle était bien capable de se mettre en quête d’un autre homme pour que son enfant ait un père. Non pas que miss Reynolds ne soit pas capable d’élever un gamin seule, mais parce qu’elle avait quelques principes, non ? Et Elias, comment se positionnait-il dans tout ça ? Etait-il au courant des agissements de la belle ?


- T’es amoureux d’elle ? Demandais-je avec grand intérêt.

*Mon pauvre vieux, si c’est ça, t’es foutu ! Elle va te mener en bateau jusqu’au pôle nord. C’est une mutante qui n’est pas foutue d’avoir son propre pouvoir, il faut qu’elle le pique aux autres.* Je ne pouvais rien dire de tout ça à Elias, il me prendrait pour une folle. Et puis, malgré mon jeune âge, je restais prudente, j’évitais de parler de la mutation génétique à une personne qui n'y connaissait rien.
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: Le pouvoir du hasard [Terminé]   Sam 25 Mai - 14:11

Si je chante bien ? Très bonne question. Déjà, je n’aime pas ma voix et en essayant d’être objectif : je n’ai pas une voix très plaisante. Plus fragile quand je chantonne, doucement rauque, railleuse même, j’imagine que la justesse ne rattrape pas le côté désagréable qu’elle peut donner quand je me mets à chanter. C’est peut être pour ça que non seulement je le fais avec beaucoup de discrétion mais que je ne le fais que pour mon piano. Exclusivement. Il m’arrivait de m’y mettre en présence d’Indio, quand il était bébé – quand il vivait avec moi quoi – mais c’était vraiment parce qu’il était trop jeune pour calculer quoique ce soit.
Bref. Je ne vais pas me mettre à cogiter à cause de cette peste !
C’est très solennellement que je lui réponds, avant de lui rappeler – au cas ou ça lui aurait échappé – que je peux lui donner un coup de main. Si besoin, quand elle veut.

Je ne saurai pas définir ce que je ressens pour MJ. En supposant que je ressente quelque chose. Il n’y a pas vraiment de haine, pas de sympathie non plus. Je me dégoute moi-même quand je pense à elle, quand l’image de sa frimousse contre ma peau me revient. Ça se transforme en une espèce de dédain mal placé mais heureusement je ne lui dois pas plus de respect qu’à une autre : je ne suis pas le père de ses enfants. Mary-Jane n’est donc pas liée à moi par ce genre d’attachement obligatoire et gênant. Ce n’est qu’une adolescente ennuyée et ennuyeuse qui ne sait pas faire autre chose que…Quoi ?

Quand elle évoque Kate, quand elle affirme avoir assisté à notre ; flirt ? Tss, je ne peux m’empêcher de lever les yeux au ciel, feignant la parfaite innocence. Eh ! Je ne vais pas culpabiliser à cause des taquineries insultantes d’une enfant quand même ! Surtout que je n’ai absolument rien à me reprocher. Il ne s’est rien passé, nous n’avons fait que diner. Quand bien même enceinte, elle m’assurait être libre, et que je l’étais tout autant.
Techniquement libre, sentimentalement atteint. Profondément. Hum, psychologiquement aussi m’enfin.

« Arrête ! Amoureux de Kate ? Je ne l’ai rencontré que d…qu’une seule fois ! » Ouh, pas la peine de lui raconter l’épisode de l’ascenseur qui date de quarante huit heures à peine. « C’est une femme, étrange dont je me méfie. Roh et puis ça ne te regarde pas MJ ! Si tu fais des conclusions si rapidement, tu risques de faire beaucoup d’erreurs. Et d'où est-ce que tu connais cette femme?... Plus sérieusement : je suis passé à l’hôpital. Trois jours après l’enterrement. » Pour aller voir le petit mais bien sûr, je n’étais pas autorisé à cela. J’ai quand même tenté. La réelle raison était tout simplement d’effectuer ce test de paternité. « Je ne sais pas qui est leur père, mais ça n’enlève rien à ma proposition. Si tu as besoin, pour Shalin. »

Je l'observe, avec curiosité. J'ai besoin de savoir si elle s'entête à refuser mon aide par fierté, par rancœur, ou si c'est qu'elle n'en a tout simplement pas besoin. Et puis va-t-elle me croire quand j'avoue ne pas être le père ? Va-t-elle changer d'avis ? Me détester davantage ou me pardonner ?
Doucement je souris, face à cette bouille si sûre d'elle qu'elle en est touchante. MJ.

« Ne le prends pas mal, mais dans moins d'un quart d'heure il faut que je sois au centre aéré. Mon fils - si tu te rappelles que je suis père - est sur L.A en ce moment, chez moi. Va falloir bouger. »

Pourquoi te raconter ça ?
Pourquoi m'ouvrir ainsi en parlant de mon garçon ?
Ça ne me ressemble pas ;
Surtout de sous-entendre une pareille invitation !
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Mary Jane Holster


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MessageSujet: Re: Le pouvoir du hasard [Terminé]   Lun 27 Mai - 22:35

L’avocat pouvait toujours feindre l’innocence, j’avais bien vu qu’à la seule évocation du prénom de la femme de glace, il avait l’air étonné et presque gêné. Oh bien sûr, sa réaction était discrète mais je l’avais quand même remarquée. Il oubliait que j’étais très observatrice quand le sujet m’intéressait et le fait d’avoir partagé des moments intimes me permettait de penser que j’avais raison. Ce n’était pas l’effet de mon imagination comme il aimerait me le faire croire. Je savais ce que j’avais vu et tant pis si ça l’embêtait. Un petit sourire moqueur se dessina sur mes lèvres au moment où Elias se rattrapa pour dire qu’il n’avait rencontré Kate qu’une fois. Bah voyons ! S’il n’avait rien à se reprocher, il n’avait pas à dissimuler la vérité. Trop contente de constaté que j’avais soulevé un lièvre, j’en rajoutais une petite couche.

- D… comme deux ou dix fois même ? Plaçais-je entre ses deux phrases.

Il la trouvait étrange et s’en méfiait. Etonnant comme aveux ! Elle lui tenait le bras et ça n’avait pas l’air de l’ennuyer. Contrairement à ce qu’il pensait, je ne faisais pas de conclusion hâtive, je prêchais le faux pour savoir le vrai. Avait-il déjà oublié mes dons de comédienne ? Pfff, il me décevait sur ce coup. Ca m’ennuyait quand même un peu qu’il fréquente Miss Reynolds. S’il se laissait embobiner par la belle, il était foutu ! Il pouvait avancer qu’il la trouvait étrange et qu’il s’en méfiait, je ne donnais pas cher de sa peau si elle sortait le grand jeu. Du haut de mes seize ans, je l’avais roulé dans la farine sans en faire des tonnes. Alors avec l’expérience de Kate, il était difficile de penser qu’il puisse résister. Et contrairement à ce qu’il disait, ça me regardait ; tout ce qui était lié à Genetic me regardait !


- Non mais tu sais moi j’m’en fiche. Tu fais ce que tu veux de ta vie, mais Kate, Kate Reynolds ! Tu pourrais trouver mieux quand même.

Bah oui quoi ! Elias était ce qu’il était mais ce n’était pas un mauvais bougre. Il était gentil, attentionné, galant ; il savait prêter une oreille attentive à autrui, il ne rigolait pas tous les jours mais il avait un charme fou. Cerise sur le gâteau : c’était un homme, un vrai dans tout sa splendeur. Nous avions passé des moments très agréables tous les deux. Quoi qu’il en pense, je n’étais pas son ennemie, je pensais même que je l’aimais bien cet homme.

- T’as pas besoin de savoir d’où je connais Kate, je la connais que trop, c’est tout ! De toutes les façons, tu ne me croirais pas si je te le disais. Dis-je en faisant une petite moue déçue de ne pas être prise au sérieux.

Et puis, je ne pouvais pas tout lui étaler d’un coup. Les mutants, les agissements de Genetic et tout ce qui tournait autour étaient tenus secrets par la plupart des personnes concernées.


- Pourquoi tu la trouves étrange au fait ? Demandais-je alors à propos de Kate.

Lorsqu’Elias évoqua son passage à l’hôpital et confirma qu’il n’était pas le père, je ne dis rien. Le mot « enterrement » me replongea dans la tristesse que je m’évertuais à oublier autant que possible. Père ou pas père des gamins, je m’en fichais maintenant. L’avocat m’avait bien fait comprendre qu’il ne voulait pas assurer ce rôle. Alors, quand bien même il était le père génétique, ça serait la même chose que s’il ne l’était pas. Il était désormais inutile que je persiste dans cette voie. Shalin n’était toujours pas sorti de l’hôpital, cette situation avait au moins un avantage : elle ne m’empêchait pas de vivre comme je l’entendais. Le jour où j’aurais besoin de quelqu’un, je verrai. Pour le moment, je ne préférai ne pas y penser. Quoique, il serait peut-être bon pour le bébé que quelqu’un lui rendre visite, moi je ne pouvais pas y aller.


- Bah… Tu pourrais aller le voir de temps en temps… Dis-je d’une petite voix.

J’étais tout de suite beaucoup moins sûre de moi. Shalin vivait la même chose que moi : quelqu’en soient les raisons, il était abandonné par ses parents. Mais bon, il n’en avait pas encore conscience et il était entre de bonnes mains ; le personnel hospitalier s’occupait de lui. Et moi, qui s’occupait de moi ? Aujourd’hui encore, j’étais toute seule et si je n’étais pas tombé sur Elias, je serais assise sur ce banc à me foutre de la gueule des gens pour éviter de cogiter sur mon triste sort. Aussi quand Elias parla d’aller chercher son fils, je saisis la perche qu’il me lança.


- Bah non ! J’le prends pas mal. J’pourrais v’nir avec toi ? Demandais-je avec un intérêt nouveau.
Je ne lui en voudrais pas s’il disait oui. Par contre s’il refusait, il était fort possible que je le prenne mal, ou pas. En fait, je n’en savais rien. Pour le moment, j’étais plutôt curieuse de voir la tête du fils d’Elias.

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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: Le pouvoir du hasard [Terminé]   Mer 29 Mai - 20:04

« Je la trouve étrange parce que….parce qu’elle l’est. Si tu la connais si bien tu ne peux qu’approuver. »

Bizarrement j’aimerai pouvoir en dire davantage. Aborder ce mystérieux sujet, la titiller sur l’histoire mutante. Il est fort probable qu’elle n’en sache rien, mais peu à peu j’arrive à accepter cette folle réalité. Je me dis qu’il y a plus de gens dotés de capacités que je ne le pense. Enfin ça ne doit pas non plus courir les rues ! Admettez simplement : Capucine est la première à m’en avoir parlé – à me l’avoir montré pour être exact. Puis Kate, charmante cliente venue me voir pour la protection de son gamin à venir, se trouve être elle aussi en possession d’un pouvoir.
Ça ne fait que deux. Mais ça faut deux que je connais. Deux femmes. Sans oublier que la seconde m’a clairement avoué que je suis un mutant. Moi aussi. Pas de bol, sans ma présence dans la liste on aurait pu penser que les mutants sont en fait des mutantes ; de très jolies et caractérielles femmes.

Trêves de plaisanteries. J’associe sans doute trop facilement la scientifique à tout ça et je ne peux donc m’empêcher de voir MJ la côtoyer pour cette raison…
Si la peste a un don, de quoi peut-il s’agir ? Je la verrais bien hanter les gens. Les obséder, les rendre coupables. Ah non, ça c’est sa spécialité naturelle.

« Je vais penser que tu t’inquiètes pour moi ! Sois tranquille, je ne cours pas de risques. Pas à cause d’elle. »

Et s’il existe bien des risques, je ne les ai pas cherchés ! Je doute que Kate m’ait vendu à l’une de ces sombres organisations. Elle bosse pour l’une d’entre elle, je ne saurais même pas les définir, les différencier. Mais apparemment elles ne s’entendent pas alors la future mère doit avoir des ennemis. Et si ces ennemis là, s’en prenaient à moi ?
Non les plus dangereux sont ses amis. Car c’est à eux qu’elle a le plus de chance de parler de mon pénible don.
Kate ne me trahira pas. Normalement… Nous ne sommes pas amis. Nous sommes quand même de quasi-camarades

Puisque le sujet miss Reynolds est épineux – pas nécessairement à cause de MJ, mais en général – je préfère m’intéresser à autre chose. Surtout que l’aveu que m’a fait la jolie blonde m’énerve au plus haut point et repenser à cela sans pouvoir résoudre les problèmes qui en découlent…ça m’insupporte.
Je ne peux rien faire pour ça. Rien pour rassurer Capucine. Rien pour protéger Indio de ces gens que je ne connais pas.
Mais je peux proposer mon aide à Mary-Jane et nous en arrivons à aborder le thème Shalin.

- Bah… Tu pourrais aller le voir de temps en temps…

Le ton de sa voix, le peu de force qu’elle place dans chacun de ses mots, la fausse dureté ébranlée ; tout prouve sa douleur, quand la demoiselle reprend la parole pour parler de son fils. Son fils, bordel. Elle est maman et je ne suis pas certain qu’elle ait elle-même été éduquée correctement, jusqu’au bout.
Ne voyez là aucune méchanceté. Mais elle me parait si fragile, alors que l’image du bébé allongé dans la couveuse et relié aux différents produits qui le maintiennent en vie me revient.

« …Très bien. Mais il faut me faut une autorisation. De toi. Si tu fais ça j’irais le voir de temps en temps. On peut même y aller tous les deux, si tu veux. »

Je n’ai pas la moindre idée de la façon dont elle vit les choses. Mal. On ne peut pas les vivre autrement. Mais il y a plusieurs degrés de difficultés, tout un panel d’émotions qui pourraient correspondre à ce problème.
Aime-t-elle son gamin ? Déjà ? S’inquiète-t-elle pour lui ? A-t-elle un réel instinct maternel ? Ou se sent-elle juste coupable ?
Profitant d’avoir le bras allongé sur le dossier du banc, je fais en sorte de ramener ma main à moi en la passant tendrement sur l’épaule de l’adolescente. Geste qu’elle peut bien prendre pour une maladresse, si elle le souhaite. Je ne sais pas bien montrer ce que je ressens avec les gens que j’aime, comment prouver à MJ que je compatis ?!

Parler d’Indio me vient comme une aide. Une bonne excuse. C’est moche, son petit est à l’hôpital et je me permets de souligner que le mien est enfin à mes côtés ! Mais chacun son histoire, loin de moi l’envie de la narguer. Surtout que je sais parfaitement que Sarah l’aura rapidement récupéré. Ce n’est qu’une question de temps. Elle avait besoin d’une pause dans sa vie…sans doute pour repartir sur des bases plus concrètes. Pour placer notre enfant dans un milieu plus familial et plus stable.

« Tu peux. A deux conditions. » Et je ne lui laisse pas le temps de protester. Elle signe, ou je ferais sans elle pour aller chercher junior, c’est aussi simple que ça. Eh. « Premièrement tu ne lui parles pas de nous. J’imagine que c’est évident. Tu es…une amie. Ok ? Deuxièmement…ne lui parle pas de sa mère. S’il te plait. Ça le met dans un état de tristesse que je n’sais pas bien gérer. »

Je me mords la lèvre en fronçant les sourcils, mon regard s'accrochant avec ténacité aux enfants qui jouent devant nous. Mais que sont-ils, désormais que je suis père ? Pas grand-chose. L’innocence, l’avenir et la gaieté qu’ils étaient avant Indio se sont ternies, épuisées, fanées. Ils ne sont que des autres, moins beaux, moins affectueux, moins importants !

« Allez, viens. »

Plongeant les mains dans mon blouson ;
Je te propose un bras poliment.
Tu n’es pas un vrai poison ;
Mais une femme à son épanouissement.

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MessageSujet: Re: Le pouvoir du hasard [Terminé]   Dim 9 Juin - 19:26

- Elle n’est pas étrange, elle est complètement tarée ! Tarée mais très intelligente aussi. Rectifiais-je à propos de Kate.

Et non, je ne m’inquiétais pas pour Elias. Il était assez grand pour se débrouiller seul. Seulement, de savoir qu’il connaissait Kate et qu’il risquait de se laisser embobiner comme un rien, m’agaçait. L’idée que la femme de glace puisse avoir la main sur l’avocat me contrariait. Elle avait déjà tenté de mettre le grappin sur mon paternel, je ne serai pas étonnée qu’elle fasse la même chose avec Elias. Il était bel homme et avec son charisme la belle risquait de tomber sous son charme ; ce serait trop pour moi si la réciprocité était de mise. En tout cas, je voyais bien l’avocat se faire manipuler comme un pantin sans qu’il s’en aperçoive. Il affirmait être sur ses gardes mais j’en doutais. Si elle ne sortait pas le grand jeu, elle ne ferait qu’une bouchée de lui. Ca se voyait qu’il ne la connaissait pas. De plus, il n’était certainement pas au courant de tous ses agissements. Aussi m’empressais-je de l’informer avec une certaine fierté. Bah oui, j’étais fière d’en savoir plus que l’avocat.


- Tu sais que c’est une petite sommité dans le milieu médical. Elle est chirurgien. Mais ce que tu n’sais sans doute pas, c’est qu’elle fait aussi des recherches pour un labo clandestin ! Ca t’la coupe ça, hein ? Alors, je sais que t’es un homme et que tu peux te défendre mais c’est aussi parce que t’es un homme que tu risques de te faire embarquer dans une salle histoire. Et pour un avocat, c’est pas top ! Je sais que tu n’me fais pas confiance, mais si j’peux te donner un p’tit conseil, vaut mieux que tu n’la revoies plus… Sauf si tu veux te retrouver enfermé entre quatre murs !

Ne sachant pas qu’Elias était un mutant, j’extrapolais un peu pour l’histoire de se retrouver prisonnier. Il serait étonnant qu’il comprenne mes allusions à Genetic. Je ne pouvais cependant pas évoquer ouvertement l’organisation créée par mon paternel. Il y avait trop de choses en jeu. Je ne pouvais pas le forcer à me croire. A lui de faire la part des choses, s’il en était capable. Oui parce que je détestais Kate mais il fallait avouer que c’était une belle femme ; n’importe quel homme se laisserait facilement avoir par elle. J’espérais quand même qu’Elias se méfierait un peu plus de la femme de glace maintenant. Après s’il voulait la revoir, je ne pourrais pas l’en empêcher mais il ferait une belle connerie.

- Moi j’dis ça, j’dis rien, mais tu ne pourras pas dire que je suis inconsciente et que je ne t’ai pas prévenu.

Cette petite mise au point faite, le sujet du bébé revint sur le tapis. J’aurais préféré l’évité. Ne pas y penser était la seule façon que j’avais trouvée pour ne pas me laisser abattre. Je ne savais pas trop comment faire dans ma situation. J’étais paumée mais trop fière pour l’avouer à Elias. Tant que je ne rendrai pas visité à Shalin, je ne serais pas mécontente que quelqu’un assure le relai. Du fait qu’il était déjà père, Elias me paraissait un bon choix. Il était partant mais il voulait une autorisation. Depuis quand fallait-il une autorisation pour rendre visite à un malade ? N’était-il pas en train de me faire une proposition de gascon ?

- Pas sûre que ce soit utile, mais bon… si y’a que ça pour te faire bouger, je te la ferai ton autorisation. Je la daterai juste du jour de la naissance du p’tit…

Ainsi, si l’Agence me recherchait encore, il ne saurait pas que j’étais encore en vie à l’heure actuelle. Je ne précisais pas la raison de peur qu’Elias revienne sur sa décision. S’il apprenait que j’avais été enlevée avant mon accouchement, l’avocat deviendrait méfiant. Moins il en saurait, mieux ce serait !

- Mais j’peux pas aller à l’hôpital avec toi… Précisais-je d’une petite voix déçue.

Autant mettre les choses au clair sans pour autant expliqué mes raisons. Sans doute mettrait-il mon refus de l’accompagner sur le compte de mon état psychologique perturbé par le décès de Sacha. Un éclair de frissons parcourut tout mon être. Je sursautais puis je secouais la tête pour chasser la mort de mes pensées. Non, non, non, pas elle ! Passons à autre chose. Heureusement, Elias devait récupérer son fils. Ma curiosité me poussait à vouloir accompagner l’avocat pour faire la connaissance d’Indio. Drôle de prénom pour un garçon quand même ! Enlevez le n et voyez ce que ça donne. Pauvre gamin. Comme Elias était d’accord pour que je vienne avec lui, j’évitais de lui faire part de cette petite remarque surtout qu’il avait émis deux conditions. Pffff ! Bonjour la confiance !


- Non mais, pour qui tu m’prends ? J’suis pas aussi stupide ! Arguais-je en haussant les épaules et en faisant mine d’être vexée.

Genre j’allais raconter à son fils notre histoire de coucherie. J’étais jeune mais pas complètement idiote ! Par contre, il avait bien fait de me dire de ne pas lui parler de sa mère ; c’était le genre de gaffe que je pourrais faire en toute innocence. Evidemment, je n’en dit rien et pris le bras qu’Elias me proposait. Je suivis le rythme de mon cavalier, fière d’être à ses côtés. Bah quoi ! Il était craquant l’avocat. Plus d’une femme aimerait être ma place, non ? Tout en marchant, j’inclinais la tête afin qu’elle repose contre l’épaule d’Elias. C’était cool de se sentir enviée et soutenue.


- T’as vu tous les gens qui nous regardent ? On fait un beau couple hein ? Plaisantais-je.
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: Le pouvoir du hasard [Terminé]   Lun 10 Juin - 19:37

« Ça va MJ, ça va ! »

Le sujet Kate Reynolds m’insupporte. Voilà. Je n’en peux plus de cette femme, de ses sourires sympathiques, de cette aide qu’elle m’a donné et du danger qu’elle représente pourtant. J’en ai ma claque d’entendre Capucine me mettre en garde, me parler d’elle comme si c’était un monstre alors que je suis incapable d’en avoir la moindre preuve. Et quoi, la peste s’y met ?!! La peste aussi veut m’éloigner de la scientifique ? J’ai juré que je ne l’approcherais plus – j’ai failli une fois, ok – je tiendrais désormais ma promesse.
Cap voit la grande blonde comme un point noir du monde mutant et…MJ ? Quel est le rapport entre Kate et MJ ? La belle semble avoir un tel poids, une influence si énorme dans l’univers génétique et plus particulièrement celui des mutants que…non c’est impossible.
Je secoue la tête pour définitivement éloigner Mary-Jane du terme mutant. Loin, très loin.

Les enfants deviennent notre second sujet de conversation.
Présentez-vous à MJ et vous aborderez en moins de cinq minutes les dix propos qui vous font le plus de mal.

Je ne suis rien pour son fils, absolument rien ni personne. A peine une connaissance de sa mère, et je ne saurai décrire notre relation comme positive. Ce serait clairement prétentieux, optimiste. La peste s’est servi de moi une fois, ça suffit pour me laisser penser que si à l’heure actuelle elle ne tire pas les ficelles pour m’utiliser, elle le fait dans l’anticipation d’une aide que je pourrais peut être fournir.
C’est vicieux, ces bêtes là.
Mais je veux bien aller voir Shalin. Pas pour elle, je crois. Juste pour lui. Parce que ce petit être innocent est seul et souffre depuis le premier jour. Puisque je connais MJ, je connais l’existence du petit : ça suffit pour me convaincre. Il a besoin de visite, qu’importe le peu que ça lui fait. En vrai.

« Pourquoi tu ne peux pas ?! Je suis avocat tu as oublié ? C’est vrai que ce n’est pas ce détail qui m’a rendu intéressant à tes yeux. Je peux t’aider, viens avec moi. Moi j’ai besoin de la mère du petit pour le voir, toi tu as besoin d’un adulte ? Allons-y ensemble MJ. »

A ces mots, nous nous levons. Mais pas pour rejoindre son petit bien sûr, c’est pour chercher le mien que j’accepte de lui tendre mon bras. C’est le genre de demoiselle qu’il vaut mieux avoir extrêmement loin de soi – des centaines de kilomètres minimum – ou au plus près. Pour être certain qu’elle ne fasse pas de mauvais coup. Ainsi contre moi, je ne vois pas ce qu’elle peut faire à part essayer un croc-en-jambe et se casser sa propre cheville contre mon tibia.

« Hum…ils doivent se dire que je t’ai eu un peu jeune et que mon épouse est très jolie. Si je suis toujours marié avec ta mère, bien sûr. »

Je ne peux m’empêcher de hausser un sourcil taquin. Un beau couple, ben voyons. Je suis sûr que mon hypothèse est envisagée par plusieurs des passants qui déposent leur regard sur nous. Je préfère encore que nous ayons l’air d’une fille et son père – même jeune – plutôt que de deux amants.
C’est du passé ! Merde à la fin.

« Vous êtes le papa de…Indio c’est ça ? »

« Exact. Merci. »

Dis-je en essayant d’être souriant tandis que la demoiselle part prévenir le gamin que je suis là. Les yeux fixés sur l’horizon, je refuse de les poser sur MJ. Ça me fait vraiment bizarre, de la laisser voir le petit, mais c’est de ma faute je ne peux plus faire marche arrière maintenant. A moins de la jeter dans le bosquet à côté de nous et prendre la fuite avec Indio…
Le voilà qui se jette dans mes jambes, cachant son visage comme il peut pour espionner avec suspicion la miss à mes côtés.

« Ça a été bonhomme ? Tu t’es bien amusé ? »

Voilà, elle l’a traumatisé.
Je soupire, amusé, et me penche pour le soulever afin de l’approcher de Mary-Jane, juste assez pour qu’il articule un bonjour peu motivé. C’est tout ce que je demandais, il ne va pas non plus se mettre dans ses bras, pitié !

« On va au togoban ?!!! Papaa ! On peut aller au togoban ! »

On en vient, ai-je envie de lui dire ;
Mais je préfère m’abstenir.
Je le dépose pour le laisser courir ;
Et rend mon bras à MJ, avec un amère sourire.

« …Toboggan ! Et pas T…tss. »



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Mary Jane Holster


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MessageSujet: Re: Le pouvoir du hasard [Terminé]   Ven 14 Juin - 18:47

La réaction d’Elias à propos de Kate fut surprenante. J’eu presque envie de dire « cool Raoul ». J’ouvris de grands yeux et fit une moue suspicieuse en me demandant pourquoi  il coupait court si vite à cette petite discussion. Pour être si peu enclin à approfondir le sujet, moi j’dis, il y a anguille sous roche. Pour un avocat, il la fichait mal ! Si c’était ainsi qu’il plaidait pour défendre ses clients, les pauvres n’étaient pas sortis de l’auberge. Quel juge se contenterait de si peu d’arguments ? Pas de doute, j’avais touché une corde sensible. Elias était ce qu’il était mais ce n’était pas un méchant bougre, sauf quand il se la jouait commandant des forces armées ; mais bon, personne n’est parfait ! Il avait de la chance aujourd’hui, je n’avais pas envie de tergiverser des heures. J’avais dit ce que j’avais à dire pour le mettre en garde ; s’il était assez stupide pour se jeter dans la gueule du loup, tant pis pour lui. De plus, je n’avais pas envie qu’il me plante devant tout le monde au beau milieu de Central Park.  Ma fierté en prendrait un coup et j’aurais l’air fin. Aussi laissais-je couler.


Je ne pus en faire autant concernant Shalin. Si j’étais d’accord pour qu’Elias rendre visite au petit c’était bien parce que je ne pouvais pas y aller moi-même. Je le lui avais dit clairement pourtant ! Et non, je n’avais pas oublié qu’il était avocat. D’ailleurs, je me demandais ce que son métier venait faire dans la discussion. Je n’étais pas à la barre des accusés, je n’avais pas besoin de lui pour me défendre.


- Je t’ai déjà dit que j’pouvais pas y aller ! T’es bouché ou quoi ? C’est pas d’un avocat dont j’ai besoin en plus… plutôt d’un garde du corps. Si j’retourne à l’hôpital, les autres risquent de me remettre la main dessus.
Et en particulier Nemo qui me faisait frémir rien que d’y penser. Ceci sans parler de la peur panique qui m’envahissait à l’idée de voir l’enfant que j’avais mis au monde et dont le frère jumeau était mort.
-Bref… passons…

Passons à des choses plus futiles comme le couple que nous formions. Comme je m’y attendais, Elias rejeta en bloc ma plaisanterie. Une façon comme une autre de renier notre brève histoire. Il ne niait cependant pas que j’étais jolie, et ça, ça faisait un bien fou à mon égo. L’idée de le renvoyer à ses responsabilités fut remplacée par l’envie de me moquer de lui.

- Remarque, t’as raison, t’es teeeeeellement vieux… Dis-je en faisant mine d’être dégoûtée tout en retenant un sourire.

Et oui, Elias faisait partie du passé désormais. Bon ok, il avait encore de beaux restes, mais ce n’était plus pour moi. Il y avait longtemps que j’étais passée à autre chose, deux mois. Maintenant mon intérêt se portait sur son fils. Bizarrement, lorsque la jeune femme s’approcha de l’avocat pour s’assurer de son identité, je ressentis une pointe de jalousie. J’aurais aimé être à la place du petit garçon pour voir mon père venir me chercher et me prendre gentiment dans ses bras. Quand Elias approcha son fils de moi pour qu’il me salue, je le détaillais du regard sans dire mot. Le petit bonhomme avait une bonne bouille mais m’intimidait. Je fus soulagée quand le gamin détourna son attention de moi et que son père le reposa au sol. Comme un petit animal privé de liberté trop longtemps, Indio se mit à courir. Il voulait faire du « togoban », euh… oui toboggan c’est mieux comme le souligna Elias, mais l’enfant était déjà trop loin pour entendre.


- Dis, il est pas un peu dyslexique pour parler comme ça ? Tu le fais suivre j’espère ? Demandais-je en reprenant le bras proposé par Elias.

A la place d’Elias, si mon gamin déformait les mots comme ça, je penserais qu’il a un problème.  Je n’avais que seize ans mais pour avoir traîner pas mal dans les parcs et dans les rues, la plupart des gamins de cinq ans parlait correctement. Même si le vocabulaire n’était pas très élaboré, les enfants prononçaient la plupart des mots correctement. Après, c’était le fils d’Elias, il faisait ce qu’il voulait avec lui mais je trouvais ça dommage pour le gamin. Indio avait rejoint l’aire de jeu et grimpait allégrement les marches toboggan. De le voir s’amuser me donna envie d’en faire autant. Je lâchais le bras de l’avocat et rejoignis le petit garçon en haut de l’appareil.[/i]

- Allez, vas-y, j’te suis !

Le gamin me lança un regard étonné mais ne posa pas de question. Dès qu’il arriva en bas de la descente, je glissais derrière lui. Comme l’enfant n’eut pas la présence d’esprit de s’écarter à mon arrivée, je fus obligés de lever les jambes pour ne pas le heurter et j’atterris sur les fesses. Indio se mit à rire de bon cœur.
- Tu viens on refait un tour tous les deux.Me dit-il en me prenant la main.
- Viens papa, viens avec nous toi aussi ! Lança-t-il joyeusement à Elias qui venait d’arriver.

- Ouiiii viens avec nous Elias. Comme ça Indio pourra monter sur le grand toboggan avec nous.Ajoutais-je en me laissant entraîner par le petit garçon.
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: Le pouvoir du hasard [Terminé]   Dim 16 Juin - 10:11

Dyslexique ? Mon gamin ? L’être que j’aime le plus sur cette Terre ? Celui pour qui je donnerais ma vie ? Dyslexique ?
Possible.

On ne va pas en faire tout un plat, s’il a des soucis avec quelques mots, Indio reste parfaitement compréhensible quand il s’adresse à moi. à quiconque, d’ailleurs. Sa nouvelle enseignante ne m’a fait aucune remarque sur de plausibles difficultés, ni d’écoute ni d’expression, je crois qu’il est très bien. Après, est-ce qu’il voit un orthophoniste à Chicago avec sa mère ? Peut être bien. Tous les gamins consulte ce genre de doc, c’est une sorte de mode il faut croire.

Enfin je ne suis pas inquiet. Il ne parle pas plus mal que ses camarades, même mieux que certains, juré ! Il a même une copine qui se permet de ne prononcer ni les « l » ni les « r ». Allez-y, dites une phrase et payez vous le luxe de supprimer ces consonnes, ça vaut le détour !
 
« Sa mère fait sans doute le nécessaire. »
 
Oh, le macho qui laisse la femme s’occuper des potentiels soins dont le petit a besoin. Mais ce n’est pas ça, figurez-vous que si je ne suis pas au courant des détails de la vie de mon fils la raison est simple : je le connais peu. Pour ne pas dire que je ne connais pas Indio. J’ai vécu deux ans loin de lui et entre trois et cinq ans, autant dire qu’un bout d’chou grandi et change énormément.
Jour après jour, je rattrape mon retard. Jusqu’à ce que Sarah me le réclame, ça ne saurait tarder. Je ne le sais que trop bien.
 
« Mais il est trop petit pour monter sur celui-ci ! Le petit toboggan est parfait, restez sur celui là. »
 
Je ne peux m’empêcher de sourire, malgré l’intonation autoritaire que j’essaye d’émettre. Difficile. Mary-Jane est ridicule sur ces jeux, mais la scène reste touchante. C’est étrange de voir le gamin si ouvert, sans doute parce que sa nouvelle copine est une enfant elle aussi. Ce qui est vrai, bordel.
Oui ça me fait toujours un choc.
M-J est un minuscule gabarit qui ne lui permet pas de mentir quand à son âge.
Le premier qui évoque ma rencontre avec elle je le flingue.
 
« D’accord d’accord ! Ne t’énerve pas ; M-J va se mettre derrière toi et je te récupère en bas. Mais assis toi comme il faut. Indio ! Voilà. Allez, je t’attends. »
 
Je m’accroupi devant le portique et lui ouvre les bras. Il est capable de sortir du trajet de la descente, ce gamin a la poisse. Presque autant que moi. Je compte en fait sur l’adolescente pour veiller à ce qu’il ne passe pas par-dessus la rambarde. Ce truc est mal sécurisé quand même…
Tout se passe bien. En tout cas, Indio se retrouve dans mes bras, large sourire aux lèvres. Merde ça lui a plu, il va vouloir recommencer. Mais alors que j’essaye de me relever tandis qu’il a déjà rejoint l’échelle, c’est M-J qui m’arrive dans les bras ; je me laisse tomber sur les fesses – ce qui me permet de m’éloigner un minimum de son visage, uhu – et je lève les yeux au ciel avant qu’elle ne fasse une stupide remarque.
 
« Profites-en. Dans cinq minutes je rentre avec le mioche. Et… »
 
Non, je n’ai rien à ajouter. Quoique. J’aimerai bien qu’on parle de Shalin et surtout des raisons qui l’empêchent de lui rendre visite. Si je l’accompagne, que craint-elle ? Je ne sais pas quelles sont les menaces qui planent au dessus de sa vie, mais je serai bien capable de me faire passer pour le parent qu’elle accompagne... Voyez ? Je pourrais accepter un accord aussi bizarre soit-il si ça pouvait lui permettre de voir son fils.

J’ai été séparé trop longtemps du mien, et je sais que je ne l’aurai jamais assez à mes côtés. Je ne veux pas que M-J soit privée de son enfant. Après, elle n’a peut-être pas envie de le voir et ce manque de maturité ne m’étonnerait qu’à moitié.
 
« Encore deux fois Indio et on rentre. Si. Deux fois j’ai dit. »
 
Père aimant et maladroit ;
Je le surveille en faisant de mon mieux.
Tu serais surprise de voir, crois-moi ;
A quel point être parent peut rendre heureux
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Mary Jane Holster


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MessageSujet: Re: Le pouvoir du hasard [Terminé]   Dim 23 Juin - 22:40

Ca m’aurait étonnée qu’Elias accepte de monter sur le grand toboggan avec son fils et moi. Je ne comprenais pas pourquoi les adultes préféraient se priver plutôt que de s’amuser. Sans doute avaient-ils peur du ridicule ou des qu’en dira-t-on. Ne comprenaient-ils pas que les autres ne faisaient pas partie de leur vie ? Ce n’était pas les moqueries qui allaient les tuer. Il fallait profiter du temps présent, à fond, sans se soucier des autres. Rah lala les gens et leurs principes à la noix ! Au risque de ne pas faire bonne figure, ils préféraient passer à côté de choses plaisantes. Ne voyaient-ils pas qu’ils manquaient tout un tas de choses à cause des autres qui n’avaient, en fait, rien à faire d’eux au final ? Dommage pour eux ! En tout cas moi, je me contrefichais des autres et je menais ma vie comme je l’entendais ; que ça plaise ou non. Finalement, Elias nous laissa monter sur le grand toboggan et aucune catastrophe n’eut lieu. L’avocat récupéra son gamin fou de joie, puis moi. J’éclatais de rire quand Elias perdit l’équilibre après m’être retrouvée dans ses bras. Il y avait longtemps que je ne m’étais pas amusée autant sans avoir besoin de boire de l’alcool ou de fumer un joint.

- Tu vois Elias, le ridicule ne tue pas. Tu devrais en profiter avant de partir, toi aussi ! Dis-je en me relevant.
- Alleeeeez, te fais prier. Viens faire un tour avec nous. Ton fils sera fou de joie de voir son père s’amuser. C’est quand même mieux que de jouer les rabat-joie. Ajoutais-je en prenant la main d’Elias pour le forcer à me suivre.
- Dépêche-toi sinon ton gamin va descendre sans nous !

Elias ne pouvait pas reculer devant autant d’insistance. De plus, s’il ne m’emboitait pas le pas, son gamin risquait de tomber. Il ne pouvait pas décemment le laisser seul sur le grand toboggan. Contre mauvaise fortune bon cœur, l’avocat céda sous la pression. Nous voici donc tous les trois en haut de l’engin, près à entamer la folle descente. Indio était tout excité de voir son père participer enfin ; son visage rayonnant faisait plaisir à voir. Et moi, j’étais ravie de constater qu’Elias pouvait retomber en enfance, ou au moins faire semblant. Après avoir remis ça encore une fois, je m’époussetais pour faire tomber le sable collé à mes vêtements.

- Alors Indio, t’as vu, il est cool ton père quand il veut ! Dommage qu’il veuille rentrer. Dis-je en passant mon regard du garçonnet à l’avocat à qui je demandais :
- T’as quelque chose de spécial à faire chez toi pour partir maintenant ?

Il était regrettable de cesser la récréation alors qu’on s’amusait bien. Qu’avait-il à faire de plus important que de jouer avec son fils ? Il faisait si beau aujourd’hui ! Pourquoi ne pas profiter encore un peu des jeux en plein air ? Si ça le gavait de se donner en spectacle, on pouvait faire autre chose. Il y avait de quoi faire dans Central Park.

- On pourrait aller s’acheter une glace tiens ! Proposais-je avec entrain.
- Quelqu’un t’attend peut-être ? Demandais-je alors à Elias d’un petit air suspicieux.

Après que l’avocat m’ait répondu, des sirènes se firent entendre. En moins de temps qu’il ne le faut pour le dire, une vingtaine de policiers encerclaient l’aire de jeux et ses alentours où se trouvaient plusieurs enfants avec leurs parents dont Indio, Elias et moi.


"Pas de panique ! Mais il ne faut pas sortir du périmètre de sécurité que nous formons."

Si quelqu’un attendait l’avocat, il allait devoir patienter encore un peu. Tout ce remue-ménage attisa ma curiosité autant que mon inquiétude. Moi, MJ entourée par des flics, c’était loin de me rassurer. Voulant savoir ce qu’il se passait, je m’approchais d’un agent.

- C’est quoi tout ce tralala ? Demandais-je en croisant les bras d’un air décidé.

"Mademoiselle, laissez-nous faire notre travail. Nous veillons à votre sécurité ! Ne vous inquiétez pas. "Dit-il sur un ton autoritaire.

C’était qu’il ne répondait pas à ma question le bougre ! Comment ne pas s'inquiéter dans ce cas ? Si c’était ainsi qu’il pensait se débarrasser de moi, il se mettait le doigt dans l’œil. Je ne bougerai pas tant que je ne saurai pas pourquoi nous étions encerclés.


- Oui mais j’veux savoir ce qu’il y an avant ! Insistais-je en croisant les bras pour montrer que je ne lui lâcherai pas la grappe tant qu’il ne répondrait pas.
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: Le pouvoir du hasard [Terminé]   Dim 30 Juin - 11:27

Voir mon fils sourire de cette façon, c’est probablement la plus belle chose qui puisse m’arriver. Ces derniers temps j’ai droit à ce bonheur assez régulièrement. Indio vit à l’appartement depuis une poignée de semaines et je me suis rarement senti aussi proche de lui.

Après avoir glissé deux fois le long du toboggan le plus haut de l’air de jeu, le gamin surexcité piétine sur place alors que Mary-Jane – dans son art de se mêler de ce qui ne la regarde pas – me fait comprendre qu’encore un peu de gaminerie ne ferait de mal à personne. Elle n’a peut être pas tort, mais le petit a eu une longue journée et je préfère largement le voir jouer au pied du canapé ou bouquiner un peu que de courir dans tous les sens au milieu d’autres mioches. Il va falloir le convaincre qu’il est l’heure pour nous de rentrer ; mais pensez-vous qu’elle m’aiderait ? La peste ?
L’évocation de glace fait tilt et les yeux du garnement brillent d’espoir. Et de caprice. Aussi.

« Quelqu’un m’attend peut être oui. Qui sait. Et arrête de crier Indio, ce n’est pas toi qui décide ! »

Pendu à mon bras et les larmes bientôt aux yeux, il réclame la glace qu’il a l’impression de mériter. Sale gosse. Je parle de M.J, bien entendu. Pour qui se prend-elle à venir provoquer le caprice de mon fils en lançant des idées stupides ? Si je devais offrir non seulement une heure de mon temps mais aussi une glace – ou je ne sais quelle autre bêtise – à Indio à chaque fois que je viens le chercher, il serait non seulement intenable mais moi impardonnable.
Eh. Ce gamin est avant tout celui de Sarah. Si je lui donne les mauvaises habitudes, je vais devoir supporter une crise de mon ex-femme qui finira par me convaincre de ma culpabilité !

« Papaaaa je veux une glaaa-aa-a-a-aaaa-ce ! Paa… ! »

J’étais en train de fixer la demoiselle avec un air clairement déçu pour ne pas dire en colère, quand il s’arrête de geindre. On pourrait se dire « quelle chance, il cède finalement ». Mais un enfant n’agit pas comme ça. Si Indio cesse de pleurer, c’est qu’autre chose à attirer son attention. Une chose qui l’intrigue suffisamment pour qu’il s’arrête et qu’il ne reprenne pas trois secondes après.
Ces sirènes me font froncer les sourcils et je devine sans mal qu’il est captivé par le spectacle des forces de l’ordre mais…eh ! C’est une blague ? Ils encerclent le parc ? Ils encerclent une trentaine de personnes, des femmes et des enfants pour la plupart ?
Moi aussi j’aimerai savoir ce qu’il se passe mais avant que je ne puisse faire quoique ce soit, la miss – incorrigible – se charge d’aller poser ses questions.

« Reviens par là, ça ne sert à rien de s’affoler ils vont nous disperser tranquillement. »

Je n’aime pas voir la peste ainsi contrariée, l’ambiance qui s’est imposée soudainement angoisse tout le monde et surtout mon fils, je n’ai pas envie qu’elle le rende encore plus inquiet. Et puis a-t-elle quelque chose à se reprocher ? S’il y a un moment ou l’on doit se sentir en sécurité, c’est bien quand la police est présente. Ça me parait logique. Ça veut aussi dire qu’un malfaiteur est probablement dans les parages, certes, mais je m’essaye à l’optimisme, gardez vos mises en garde pour vous.
Je m’accroupis doucement en gardant bien dans mes doigts la minuscule main de ma progéniture.

« Les policiers font leur travail, tu vois ? Ils vont s’assurer que tout va bien ici, et on pourra rentrer. »

Je m’efforce à sourire pour le persuader. J’y parviens sans trop de peine car un rictus en guise de réponse s’étire sur ses lèvres. Parfait. Et maintenant ?
Mary-Jane – pire enfant du parc – commence à embêter sérieusement le flic qui articulera deux ou trois impolitesses que je ne reprendrai pas. Mais vous comprendrez qu’à bout de nerfs et sans doute sûr de lui dans son uniforme, il ne se gêne pas pour remettre la peste à sa place avec dureté.
Petit con.
Je me relève aussitôt.

« Un problème ? »

« Oui monsieur, au cas où vous n’avez pas remarqué, nous encerclons le parc. Reculez s’il vous plait. »

« Je parle de cette femme. Que vous venez d’insulter. » Femme ? Hum. Je fais tout pour paraitre crédible. « J’imagine que ce genre de comportement n’entre pas dans le cadre de la prévention, de la protection et de l'nformation que vous devez aux citoyens…par curiosité, ça fait partie de quelle mission de votre profession ? »

Le ton monte et Indio s’accroche à la miss ;
Heureusement un agent compétent calme le jeu.
Je recule, entrainant avec moi la belle et mon fils ;
Retrouvant mon calme, espérant qu'ils quittent les lieux.
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Mary Jane Holster


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MessageSujet: Re: Le pouvoir du hasard [Terminé]   Mer 3 Juil - 21:27

A la réponse évasive d’Elias, un petit rire étouffé s’échappa de mes lèvres. Il ne voulait pas me dire si quelqu’un l’attendait comme s’il voulait protéger un énorme secret. S’il savait comme j’en avais rien à faire de sa vie privée ! Tout ce qui m’intéressait pour le moment était de rester en sa compagnie et celle de son fils. Je trouvais ce gamin marrant et beaucoup plus cool que son père ; comme quoi les chiens peuvent faire des chats non ? Avec un père coincé comme Elias, il ne devait rigoler tous les jours le pauvre. Pas étonnant qu’il rayonnait de bonheur avec moi. J’étais la grande sœur qu’il n’avait pas ; celle avec qui il s’amusait et celle qui n’allait pas tarder à lui faire la morale. Je ne supportais pas les enfants capricieux.

- Hey Indy, arrête de crier comme ça ! Dis-je de façon autoritaire avant de m’accroupir pour me mettre à la hauteur du garçonnet et lui prendre les mains.
- J’serais toi, j’me roulerais parterre plutôt. Ca ferait plus d’effet tu sais ! Lui conseillais-en souriant ironiquement.
- Pendant ce temps, j’irai acheter une bonne glace rien que pour ton père et moi. Toi tu ne pourras pas en avoir puisque tu seras trèèèèès occupé à faire ton caprice.

Je lui tirai la langue, me relevai et lui tournai le dos. Nous étions encerclés par les forces de l’ordre. Je ne saurai jamais si c’était mon petit stratagème ou l’arrivée des policiers qui avait fait taire le gamin. La situation était peu banale et n’annonçait rien de bon. Les flics n’étaient jamais là quand on avait besoin d’eux, c’était bien connu ! Ou alors ils arrivaient quand tout était fini et qu’il n’y avait plus de danger. Par contre pour faire chier les jeunes qui s’amusaient, ils arrivaient en courant. La preuve, l’aire de jeux où la moyenne d’âge des occupants tournait autour de six ans était prise en otage. Non mais, là, c’était abusé ! Empêcher des gamins si jeunes de s’amuser, c’était du grand n’importe quoi. Ce ne serait plus la même chanson si les forces de l’ordre étaient là pour protéger la population d’un danger. Curiosité et inquiétude mêlées, je n’écoutais pas Elias et j’allais questionner un soit disant représentant de la loi. Evidemment, tout comme ils n’étaient jamais là quand on avait besoin, les flics ne répondaient jamais aux questions des citoyens ; à croire qu’il n’y avait qu’eux qui en avait le droit. Qu’ils veillent sur notre sécurité, ok, ils étaient payés pour ça à la base, mais ce n’était pas en me renvoyant au fond de la classe que j’allais suivre son ordre ; au contraire.

- J’bougerai pas d’un poil tant que vous ne m’aurez pas dit ce qui s’passe ! J’ai l’droit de savoir ! Oubliez pas que si vous touchez votre salaire à la fin du mois c’est grâce à nos impôts. Alors, comme n’importe quel employé vous devez obéir à votre patron. Que ça vous plaise ou non !

Mais non je n’exagérais pas ! Mais non, je ne payais pas d’impôts, mais mon paternel en payait un paquet lui. Et tout l’argent qu’il refilait à l’état était ce que je n’aurai pas au moment d’hériter. Alors si, finalement, je payais des impôts, indirectement. J’avais donc droit à une explication.

"C’est bon maintenant, fermez-là et foutez-moi la paix !" Me balança le flic sans même me regarder.
- CONNARD ! Répondis-je sans retenue.

Elias venait de me rejoindre pour voir ce qu’il en était. Oh mais non ! Il ne s’inquiétait pas de savoir pourquoi les flics nous encerclaient mais il prenait ma défense. Alors là, c’était une surprise pour moi, une bonne surprise. C’était peut-être une déformation professionnelle qui le poussait à me défendre, mais je m’en fichais, ainsi il montrait qu’il me portait de l’intérêt ; ça me faisait chaud au cœur. Cerise sur le gâteau, il parlait de moi en tant que femme ! Wahouuuuuu, trop bien ! Tellement bien que j’en oubliais les raisons qui m’avaient poussée à questionner le flic. Indio accrochée à moi, ce fut sans problème que je me pliais au souhait d’Elias. Je lui souris d’un air reconnaissant en lui prenant le bras.

Un bruissement de feuilles se fit entendre à quelques mètres de nous. Tous les policiers étaient sur le pied de guerre, une arme à la main. Le silence tomba d’un coup. Plus de discussions, plus de pleurs, plus de rires, plus de déplacements, même les oiseaux s’étaient arrêtés de chanter. Un autre bruissement de feuilles, plus fort que le précédent, raisonna. Les forces de l’ordre étaient en position de tir. Au moindre mouvement suspect, l’aire de jeux risquait de se transformer en champ de batailles. Tout le monde retenait son souffle ! Personne ne savait ce qu’il y avait mais tout le monde sentait le danger roder à une proximité inquiétante. Instinctivement, je serrais le bras d’Elias. La crainte de la mort m’envahissait petit à petit. Il se passa quatre ou cinq secondes interminables jusqu’à ce qu’un bébé se réveille et pleure. Un rugissement se fit entendre, des cris s’ensuivirent.

-PAN-PAN-PAN-PAN-PAN-
Des coups de feu retentirent et tuèrent le lion sortit du fourré en bondissant. L’animal, échappé du cirque installé à l’autre extrémité de Central Park, gisait à quelques pas. Je serrais le petit Indio contre moi, un peu trop fort sans doute et je restais scotchée au bras d’Elias. J’avais l’impression que si je le lâchais ou si je bougeais, je tomberais dans les pommes. J’étais médusée par le spectacle qui venait de se dérouler sous nos yeux.
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: Le pouvoir du hasard [Terminé]   Jeu 11 Juil - 13:51

Ils n’ont pas l’air de s’être trompés. Ils attendent, se donnent de discrètes informations en quelques regards plissés qu’ils aiment échanger sous l’œil attentif – admiratif ? – des femmes ici présentes. Je dirais que la plus séduisante reste M.J malgré son âge de gamine, les autres sont…enfin. Qu’importe. Pour ma part je lève les yeux au ciel en les voyant trop impliqué dans la poursuite d’un délinquant.
Ce n’est pas ça ? Mais quoi alors ? Une invasion extraterrestre ? Laissez-moi rire ! Ces bouffons me donnent l’impression d’être en pleine représentation. Comme des danseuses durant leur premier spectacle en public. C’est grotesque. Ça ne me rassure pas en plus, ils sont sérieusement armés et les gamins commencent à s’agiter. A l’image d’Indio qui, s’il est accroché à nous, s’impatiente.

Puis, tout va très vite. Comme dans les films. En fait c’est ça, ils ne répétaient pas une chorégraphie mais une scène de cinéma. Qui m’impressionne sans me toucher. En tout cas, pas dans le sens qu’ils espéraient sans doute.
Sérieusement ? Il bute un lion ? Ici ? En public ? Sans qu’il n’y ait un dresseur, un responsable de l’animal, un membre du zoo ? Je fronce les sourcils en rapprochant mon fils de moi. D’accord il y avait danger, mais je ne suis pas certain que ce genre de chasse soit valide.

« ...Allez, rentrons. »

Surtout qu’ils peuvent désormais nous évacuer sans prendre le risque de nous agiter devant le fauve. Mes yeux restent un instant rivés sur le cadavre, avant de s’intéresser à quelques agents de police. Mais ou est l’armée ? Pourquoi avoir averti la police ? Pourquoi de véritables balles, merde ?! Je ne suis pas fou, ce lion est mort. Quand bien même un animal est déclaré dangereux, ce ne sont pas des manières.

...Il y avait des gamins, trop de gamins. C’était peut être nécessaire.
Je m’efforce de nous faire sortir de là alors que les deux enfants qui m’accompagnent paraissent encore sous le choc.

« Indio ? M.J ? Vous venez ? On va la chercher cette glace ? »

Je m’attends à ce qu’ils me reviennent, mais mon petit se contente de hocher la tête, cette dernière toujours orientée vers l’air de jeux, vers le lion et les flics. Belle image les mecs, bravo. Je ne dis pas que j’aurai mieux fait, je me permets juste de râler. Un souci ?
Dans un geste protecteur et qui se veut rassurant, je lui ébouriffe sa chevelure blonde avant de passer mon bras dans le dos de l’adolescente.

« Tu restes un peu avec nous ? »

« OOh vouii ! »…Me tirant sur le bras, il m’attire à lui. « Ça quoi son nom ? » « Mary-Jane. Mais tu peux dire M.J. » «  M.Jaaane tu restes avec nous pour la glaaace ?! »

Si ta présence lui fait oublier l’incident ;
Je ne vais pas te demander de partir.
Pour une fois qu’il est avec une enfant ;
je le laisse s’amuser avec grand plaisir.
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Mary Jane Holster


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MessageSujet: Re: Le pouvoir du hasard [Terminé]   Dim 28 Juil - 20:51

La scène digne d’un film de série B qui s’était déroulée sous nos yeux m’avait déstabilisée. Du haut de mes seize ans, j’avais déjà vu pas mal de choses déroutantes, mais jamais je n’avais assisté à l’abattage d’un animal. Voir le roi de la jungle se faire tirer comme un lapin me faisait l’effet d’un drame dont seuls les hommes étaient les responsables. J’étais certaine que si j’avais vu des flics abattre un humain, ça m’aurait moins choquée. C’était là que je voyais que je n’étais pas encore adulte, je pensais et je réagissais comme une gamine. Je prenais partie pour la pauvre bête, et je pestais contre les flics ; à un moment je m’étais dit que la police avait fait ce qu’il fallait pour protéger la population d’un véritable danger. Oui mais… ils auraient pu tirer avec des fusils chargés de seringues anesthésiantes au lieu de tirer avec de vraies balles ! Ce pauvre lion n’avait pas demandé à jouer les animaux de cirque. S’il n’avait pas été enfermé, il ne se serait pas échappé. S’il était resté dans sa savane, il ne serait jamais arrivé à Central Park. Alors oui, je pensais peut-être comme une gamine, mais je trouvais que mon raisonnement était logique. Devant ce spectacle affligeant, je n’en avais pas mené large. Je m’étais accrochée au bras d’Elias comme à une bouée de secours, serrant le petit Indio contre moi.

Il me fallut quelques secondes pour rassembler mes esprits et entendre la voix de l’avocat. Il était resté d’un calme olympien. Je levais la tête vers son visage et je le regardais d’un air admiratif. Son attitude m’impressionnait. Ce furent les cris de joie de l’enfant qui me ramenèrent à la réalité. Mes yeux se posèrent Indio après les avoir forcés à ne plus regarder la scène de crime. Je voulais chasser cette image qui me faisait frissonner d’effroi.


- Oui c’est ça, allons manger une glace. Répondis-je en forçant un petit sourire.

L’entrain avec lequel j’avais lancé l’idée n’y était plus. Je n’avais qu’une hâte, partir de cet endroit maudit, loin du cadavre du lion et loin des flics. Le bras d’Elias dans mon dos me fit sursauter avant de réaliser que ce geste me rassura. Je me détendais enfin. Je déposais un baiser à la commissure des lèvres  de mon ex amant sans rien attendre en retour. C’était une façon pour moi de le remercier. Je lui devais bien ça non ? Je passais à mon tour mon bras autour de sa taille et posais la tête contre l’épaule pour partir vers notre destination gourmande.


- Fin -
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MessageSujet: Re: Le pouvoir du hasard [Terminé]   

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Le pouvoir du hasard [Terminé]

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