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 The way we are [Terminé]

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Ingrid Amelia


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MessageSujet: The way we are [Terminé]   Sam 7 Avr - 12:22

17 Octobre 2010

C’était dimanche et Ingrid était sans sa chambre en train de bouquiner et de rêvasser. Elle repensait à ce garçon qu’elle avait par deux fois croisé. D’un côté il était agaçant et sa seule envie quand elle le voyait était de se livrer à une joute verbale bonne enfant, mais à côté de ça, elle savait qu’elle ne faisait que se protéger et qu’elle le trouvait par ailleurs vraiment très mignon… Même s’il était plus âgé qu’elle et que Keaton ne l’apprécierait surement jamais. Surtout lorsqu’on avait compris à quel point il semble en dehors de notre espace-temps.

C’est donc avec le sourire, qu’Ingrid sortit de sa chambre, apporta un café à Keaton et sortit avec son appareil photo. Elle avait emprunté celui de son tuteur en attendant d’en avoir un bien à elle. Il était si gentil. Et elle en prenait bien soin. Mais de fait, elle avait pris l’habitude de toujours le prendre avec elle, dès qu’elle sortait quelque part. Pour Ingrid toute occasion méritait de prendre des photos, surtout si les gens qui l’entouraient n’étaient pas contre.

C’était dimanche mais quelques magasins étaient tout de même ouverts et Ingrid avait prévu d’aller se balader faire du lèche vitrine. Puis elle avait toujours espoir de tomber sur une petite annonce qui lui donnerait du travail. Mais elle se leurrait de moins en moins, elle n’avait que quinze ans et à cet âge-là on n’autorise pas grand-chose. Elle se désespérait un peu. Et même si des gens lui disaient qu’elle faisait plus âgée lorsqu’elle était un peu maquillé, il n’en restait pas moins que tu sa carte d’identité elle avait toujours quinze ans.

« Pff notre âge nous rattrape toujours… »

Ingrid baissait la tête lorsqu’elle tomba sur un billet de 20 dollars. Elle fit les yeux ronds et observa les alentours pour voir si la personne qui venait de perdre ça n’était pas dans les environs, mais la rue était quasiment déserte. Il fallait dire que le dimanche matin, souvent les gens préféraient dormir. Alors, elle le mit dans sa poche, en culpabilisant tout de même pour ce qu’elle faisait. Ce n’était pas son genre, et elle avait peur d’être accusée de vol, alors qu’elle n’avait fait que le trouver. Enfin, elle continua son chemin et tomba cette fois ci sur une boutique d’appareils photo numériques. Ses prunelles miroitèrent d’envie. Elle entra alors dans la boutique, et observa chaque appareil un à un. Elle passa bien deux heures dans son paradis sur terre, avant de se rendre compte que de toute manière tant qu’elle ne pourrait pas travailler elle ne pourrait pas s’acheter l’une de ces merveilles.

Ingrid tenta alors sa chance avec le vendeur, pour savoir s’il n’avait pas besoin de quelqu’un pour l’aider. Faire du ménage, nettoyer les étagères, trier le courrier, n’importe quoi, du moment qu’elle puisse avoir un petit salaire à mettre de côté. Mais non, rien à offrir, et il était vraiment désolé pour elle. Il lui conseilla tout de même d’essayer l’université. Qui avait beaucoup plus de ressources dans le domaine. Ce fit donc avec le sourire qu’Ingrid sortit en trombe de la boutique, au point qu’elle percuta quelqu’un qui semblait un peu mou et long à la détente…
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MessageSujet: Re: The way we are [Terminé]   Sam 7 Avr - 14:21

Je. Suis. Mort. Je fais assez bien semblant de vivre depuis un moment, mais ça ne veux rien dire. Un mois passé à pleurer n'efface rien. Ni l'amour ni la honte, ni la peur. Je suis toujours amoureux. Mais d'un mort. J'ai failli retomber amoureux. D'un psychopathe. J'ai peur pour ma vie. Qu'elle s'arrête ou qu'elle continue, je suis terrifié. J'ai réussi à me tirer de mes couettes pour aller bosser. J'ai même essayé de renouer le contact avec une paire de connaissances. Pour me remonter le moral. Mais j'les ai pas trouvés. J'ai trouvé une fille sympa à la place. De leur âge, à l’allure assez solitaire. Mais dedieuw quelle voix ! Le souvenir me fait sourire à lui seul. Un fragment de bonne humeur. Je devrais pas. Je devrais pas essayer d’oublier. Je devrais pas remplacer aussi facilement ce à quoi j'ai tenu par quelque chose d'autre. Je devrais pas me raccrocher à cette fille pour avoir la force d'avancer.

Je suis mort. Peut-être que ça irait mieux si je commençais par admettre ça au lieu de me le répéter comme un mantra. Je suis mort donc. Depuis combien de temps, je dirais à peu près cinq-six semaines. De quoi je suis mort ? Là, le problème est déjà plus difficile, y'a plusieurs raisons à la fois. Mais c'est un peu facile de voir ça comme ça. On peut excuser un coup de colère, un emportement, un comportement imbécile pour des raisons de contingences fâcheuses. On n'a pas le droit de mourir pour des coïncidences. Pas comme ça. Ce n'est pas le hasard qui m'a abattu, je dois chercher plus loin. Bien plus loin. Adam. Résumons ça pour voir. Il m'attirait. J'ai profité de lui. Ça me dégoûte, mais il s'est servi de moi aussi. Bon. Match nul. J'ai failli en mourir, bien sûr, mais ça n'a rien à voir avec mon cœur en miettes. Seulement avec ma nouvelle paire de chaussures. Dans laquelle je me sens pas très à l'aise d'ailleurs, elles me vont moins bien que les autres. Bref : Adam, non.

My love. Je suis coupable vis-à-vis d'elle, et bien coupable cette fois-ci. Pas de match nul, pas de rééquilibrage de la balance. Juste mes responsabilités. Mais d'une, j'ai bien l'intention de les prendre et de deux, si j'avais dû craquer pour ça je l'aurais déjà fait. Pas ça donc. Andy ? Ouais, au fond c'est toujours Andy le problème. Mais est-ce que c'est cet avis de décès, j'en suis pas si sûr. J'étais déjà mal avant, j'aurais pas tout mélangé sinon. Allez, Lotus, tu peux faire ça. Passer un bon coup de balai dans ta foutue caboche, c'est pas bien difficile. Et avec un café, ça sera un jeu d'enfant, allez. Cesse de penser. Regarde, comprend, vérifie et fais le tri. Le café ne m'aide pas vraiment, mais ça m'a permis de faire une pause. J'ai du travail pour ce week-end, je peux pas le passer à faire le point comme ça. Andy.

La dernière fois que je l'ai vu, ça c'est mal fini. C'est sans doute là que j'ai commencé à agoniser. J'ai eu beau me figurer que tout allait bien je savais que c'était fini. J'ai brisé l'illusion. Je l'avais perdu depuis un moment déjà, mais je voulais pas l'admettre. Je savais qu'il ne voulait plus de moi pour amant, et en l'embrassant je savais que je faisais un pas de travers. L'écart n'aurais pas été grave si on n'avait vraiment été que des amis. Sauf qu'on était d'anciens amants. De foutus anciens amants infichus de se lâcher pour de bon alors que tout est fini. Et au fond de moi je le savais. C'est pour ça que j'ai fui. Pour ça que j'ai pas voulu rentrer chez moi. Pour ça que j'ai accepté sans broncher de croire qu'un mec que je n'attirais visiblement pas voulait de moi dans son lit. Je savais qu'on pourrait plus faire semblant. Je suis l'exécuteur de ma propre sentence.

Je vais pas mieux maintenant. Ça fait mal. Mal de me dire que je me suis achevé moi-même. Au fond, c'est jamais que la deuxième fois. J'ai déjà failli mourir la première fois qu'il m'a quitté. Et j'ai passé le reste du temps à me voiler la face. Il me reste plus qu'à relever la tête et essayer de vivre. Plus facile à dire qu'à faire. Mais je l'ai presque fait une fois, et puis cette fois-ci c'est différent. Je vais être père, j'ai pas le droit de mourir comme ça. Monde de merde. Je broie du noir, c'est pas une bonne idée. En même temps j'ai envie de broyer du noir, là. Je veux m'enfoncer plus bas, toujours plus bas. Jusqu'à ce que ça ne me fasse plus rien. Mais je sais que ça marche pas comme ça. Alors quoi ? Faut que je sorte. Que je voie le soleil, les gens, n'importe quoi. C'est dimanche. Rester là ne me fera aucun bien, tant pis pour le boulot. Faut pas que je me force à rester enfermé.

J'attrape ma veste et mon paquet de clopes. Je sais pas pourquoi j'en ai acheté. D'habitude j'en taxe aux autres, ça régule ma consommation. J'ai pas trop envie de réfléchir à ce sujet. La veste est récente, elle aussi. Comme tout ce que je porte en fait. Comme si j'avais essayé de me construire une nouvelle vie pour plus penser au reste. J'enlève la veste. J'enlève tout. Je pars à la recherche de mon vieux T-shirt taché d'essence et d'autres trucs qui auraient survécu. Je trouve un bleu de travail, pas franchement un bonne idée. Oh et puis si tiens, si je le noue à la taille ça ira bien. Il fait beau, j'ai pas besoin d'un gros truc. Ouais, on est quand même au mois d'octobre là, donc soleil ou pas il va faire plutôt frisquet. Et puis même, avoir un peu froid ne me fera pas de mal. Je mets mes chaussures trouées, la dernière fois que je suis sorti pieds nus je me suis encore fait contrôler par la police. Mieux vaut un trou que rien du tout. Et puis, en fait ça se remarque pas tant de loin.

Dans la rue, tout le monde s'en fiche de ce coup de couteau. Je sens juste un léger courant d'air sur mon pied. Rien de grave, sinon que ça me rappelle à quel point j'ai été con. J'ai la chair de poule. J'aurais sans doute dû mettre un truc plus épais, mais j'en ai que des récents. Les autres étaient plus ou moins foutus alors je les ai bazardés. Ou alors j'avais juste envie de faire table rase. C'est malin, maintenant j'ai froid. Si je rentre quelque part, ça ira sans doute mieux. Tiens, le magasin, là. Il a l'air sympa. Je fonce. La porte s'ouvre. J'ai pas le temps d'éviter la collision. Cette fois-ci, je ne peux plus inculper le dynamisme de My love puisqu'il ne s'agit pas d'elle : c'est bien moi qui tourne au ralenti. Je suis vieux, mais vieux. D'ailleurs, l'a quel âge l'autre ? C'est quelqu'un d'assez petit. Quelqu'un que j'ai déjà vu, tiens.

« Ouille, mes os... On ne t'as jamais appris qu'il fallait avoir pitié des personnes âgées ? Je me meurs... »

Je reste volontairement au sol. Après tout, ce n'est pas de ma faute si son énergie m'a fait vaciller. Et puis, c'est plus facile de faire le pitre en étant allongé. Tandis que si je lui joue le même numéro de face, elle va me coller une baffe. Là... Je pense avoir assez surjoué pour qu'elle ne s'en veuille pas trop de m'avoir bousculé. En tout cas ça fait du bien de la revoir. Et c'est bon aussi de pouvoir geindre tout mon soul sans risquer d'être pris en pitié par des inconnus soucieux de ma santé. J'aime pas être un fardeau, et quand je déprime je suis carrément un boulet. C'est dire si la fonction m'est habituelle, et pourtant je ne m'y fais toujours pas. Dans tous les cas, le fait est qu'elle me donne plus envie de rire que la plupart des gens en ce moment, ou en tous cas moins envie de pleurer et ça, c'est un point positif. Bon allez, je me relève.

Ouille. Loupé. En fait j'ai pas besoin de faire le clown, j'en suis un naturellement. Mais du coup je viens d'effriter mon coude sur le sol. Pas que ça fasse très mal, mais c'est pas très cool non plus. Me voici donc face au sol, juste assez blessé pour avoir l'air débile, avec une chaussure foutue et une grosse tâche graisseuse sur le flanc gauche de mon T-shirt. Y'a pas a dire, on a la classe ou on ne l'a pas.
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Ingrid Amelia


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MessageSujet: Re: The way we are [Terminé]   Sam 7 Avr - 19:14

La photographie… Une passion qui s’était révélée à son plus jeune âge. Mais Ingrid avait tout perdu dans l’incendie. Elle y avait laissé, sa maison, ses habits, ses cours, ses totems, ses livres, son appareil photo et ses parents, ainsi que tous ses autres biens matériels. Tout lui manquait, jusqu’à l’odeur des gâteaux que faisait sa mère le dimanche. Toutes ces disparitions avaient laissé un énorme vide dans le cœur et l’esprit de l’adolescente. Et plus que ça, elle avait l’impression constante d’affronter son adolescence dans un équilibre précaire. Elle avait des questions sur la puberté, mais elle n’osait pas les poser à Keaton. Berk. Elle avait des questions sur la sexualité, mais idem. Elle se demander comment elle allait grandir, comment elle allait choisir ses études ou encore comment elle allait pouvoir draguer, et qui pouvoir choisir ? Comment faire confiance à son instinct ? Mais toutes ces questions, qu’elle aurait normalement posées à sa mère, elle les gardait au fond d’elle. Et chaque jour nouveau lui demandait un effort de plus pour se dresser seule face au monde. La demoiselle pensait y arriver assez bien, et chaque jour qui passait, elle remerciait Keaton pour ce qu’il avait fait pour elle avant de se coucher. Même si celui-ci ne le savait pas, elle aimait à prier pour lui le soir, pour qu’il arrive enfin à avoir ce qu’il cherche. Et ce même si elle n’était, à l’origine pas croyante. C’était plutôt un symbole pour elle, pour diffuser des ondes positives comme elle ne savait pas comment le remercier à sa juste valeur.

Enfin tout ça pour dire, que la photo était la seule chose qui lui restait de son passé et qui lui plaisait qui l’apaisait. Lorsqu’elle prenait des clichés, Ingrid se concentrait uniquement sur son objectif et la beauté de ce qu’elle voulait immortaliser et elle oubliait totalement le reste, comme si son monde se résumait à ses yeux, son appareil photo et la chose qu’elle voulait prendre en photo. Cela la détendait, et lui apprenait la maîtrise du soi. Elle en avait besoin pour contrôler sa capacité, mais aussi pour contrôler ses émotions. Elles avaient tendance à aller un peu dans tous les sens ces derniers temps, du coup pour maîtriser sa capacité elle devait d’abord maîtriser ses émotions.

Le refus d’emploi du vendeur d’appareils photo avait un peu ramolli son enthousiasme, mais ses indications pour l’aider lui avaient remonté le moral et c’était donc avec un entrain non feint qu’Ingrid était sortie de la boutique, heurtant quelqu’un au passage. Ingri fut surprise par le choc, et ne remarqua pas, au premier instant que la personne était tombée au sol. Puis lorsqu’elle fut remise de ses émotions, enfin elle regarda vers le sol et le vit.

« Morgan ? »

Ingrid fut des plus surprise, mais sourit largement en le voyant au sol se plaindre ainsi. Vieux ? Ahah il avait vingt ans tout au plus, même s’il ne lui avait jamais dit son page, cela se voyait tout de même. Morgan n’était pas le plus vieux des hommes qu’elle connaissait ! Ingrid l’écouta alors faire sa scène de théâtre, qu’il pouvait être un boulet quand il s’y mettait ! Mais le voir la fit sourire de joie.

« Je n’ai aucune pitié, non, tu ne te rappelles pas ? Les adolescents ne respectent jamais leurs aînés ! »

Et sur ce, Ingrid se mit à rire. Morgan fit une tentative de redressement, mais un échec écrasant se joua devant les yeux de la jeune fille. Elle se mit à rire de plus belles, mais compatissante, elle tendit sa main à Morgan pour qu’il s’en aide pour remonter sur ses deux pieds.

Elle l’observa alors, dans des fringues…euh…en voie de mouration ? Des chaussures troué, un t-shirt tâché, un bas qui ressemblait à un bleu de travail, si ce n’en était pas un ! Bref, on aurait presque dit un sans-abris. Ingrid regarda dans son sac et sortit alors son liquide désinfectant pour les mains et un pansement. Elle entreprit alors de dévisser la bouteille, de mettre du liquide sur ses main et sans laisser le choix au garçon tête en l’air qui se trouvait face à elle, elle lui désinfecta le coude et lui colla le pansement, puis rangea le reste dans son sac.

« Voilà ! Pour un petit boulet tout crasseux. Que fais-tu ici ? Que t’est-il arrivé ? On croirait que tu as piqué tes fringues à un clodo ! » Lui dit –elle avec le sourire. « Et puis tu as même pas de pull…attends, tiens… voilà…. »

Pendant qu’elle parlait, Ingrid ôtait la veste de survêtement qu’elle avait piqué à Keaton juste parce qu’elle aimait se glisser dedans cette chose super grande qui lui faisait presque une robe. En dessous elle avait encore une veste en faux cuire qui lui tenait bien chaud. Et au moins Morgan aurait sûrement plus chaud ainsi. Elle se recula alors un peu et l’observa à nouveau de haut en bas, avec le sourire. Que c’était bon de le revoir ! Elle ne savait pas trop où se situer le concernant, parce qu’ils avaient beau pratiquer la joute verbale, chacun d’eux le savaient, ils s’appréciaient. Ingrid pensait à lui justement le matin même et voilà qu’elle tombait sur lui. Ou presque, il était tombé tout seul, ou presque encore une fois.

« En tout cas je suis contente de te voir vieille branche rabougrie ! »
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MessageSujet: Re: The way we are [Terminé]   Dim 8 Avr - 13:25

Ah y'a plus de jeunesse moi j'vous l'dis. Franchement, on aurait pu penser qu'une jeune fille respectueuse aurait au moins eu l'initiative de me supplier ventre à terre de l'excuser, ne serait-ce que par respect des conventions du moyen-âge. Hé bien non, elle se fout de ma gueule cette impertinente. Et je dois reconnaître que j'en suis honteusement fier. Devant n’importe qui d'autre, je suis sûr qu'elle se serait excusé. Pour un vrai clochard, elle aurait même eu le sain réflexe de prendre ses jambes à son coup. Enfin, je suppose. Je la connais pas encore assez pour avoir une idée de son comportement normal : c'est une idée que je me fais d'après ce à quoi elle ressemble avant que je ne fasse irruption dans son champ de vision. Autant dire que l'expérience que j'en ai est minime, et j'ai tout lieu de croire que son comportement avec et sans moi est différent. De là à dire contradictoire, il n'y a que sept lieues, que je suis un peu fatigué pour franchir dès maintenant mais ce n'est que partie remise.

En tout cas, je suis heureux de voir qu'elle ne me considère toujours pas comme un pauvre désœuvré pouvant faire l'objet d'une œuvre de charité. Pas que j'aime pas qu'on prenne soin de moi, mais la pitié, c'est vraiment le pire de tous les maux. Ça vous rend fragile, et ce pour une durée indéterminée, aux yeux de tous. Vous devenez l'objet d'une attention aussi étouffante que bienveillante, et perdez toute responsabilité sur vous-même. La pitié vous aliène à elle, et vous devenez dépendant du bon-vouloir, de la bonne humeur, de la piété ou de l'inclination humaniste de la personne qui s'est pris votre misère dans la figure. Autant de bonnes raisons, en général, pour ne surtout pas avoir l'air trop misérable, mais là ça m'est un peu passé au-dessus de la tête. J'avais autre chose à penser. J'essayais d'habiller mon cadavre en circonstances, et le meilleur linceul est l'habit du mort de son vivant. Donc, tous les trucs que j'ai achetés après ma mort ne pouvaient pas faire l'affaire, et comme j'allais pas mettre une chemise hawaïenne pour sortir alors qu'Halloween approche...

Non mais qu'est-ce qu'elle fout là, on avait dit pas de pitié ! C'est quoi cette manie de vouloir rendre aux morts une apparence humaine ? Certes, elle ne sait pas que je suis mort. Mais même ! Pas de respect, ça veut dire aussi pas de bienveillance déplacée non ? Non ? Il faut croire que non. En même temps c'est logique. Je considère le fait d'être choyé comme infantilisant. Donc une forme d'irrespect. Donc c'est quelque chose qui est tout à fait dans la lignée des actions de ma petite Indy. Vu ce qu'elle vient de me sortir, je crois pas me tromper. Petit boulet tout crasseux ? Boulet crasseux, d'accord, mais c'est quoi ces fioritures de langage pour bébé ? C'est un moyen de contrecarrer ma complainte de vieux débris ou c'est juste pour le plaisir de m'enfoncer ? La connaissant, ou plutôt ne la connaissant pas, je dirais un peu des deux.

Et la question que je me pose maintenant est la suivante : suis-je ou non tenu de répondre à ses questions ? Parce qu'avec la rapidité à laquelle elle les a posées, et surtout avec laquelle elle a enchaîné sur mes fringues et le mode retrouvailles-chaleureuses, je suis en droit de me demander si tout cela est ou non protocolaire. Soyons logique : que peut-elle voir d'intéressant à connaître les motifs de ma tenue de clochard (qui passe pourtant plus inaperçue que mes fringues habituelles) ou de ma venue ici ? Bon, savoir ce que je fous là a quelques chances de l'intéresser. Vu que ça expliquerait notre collision. Mais les fringues je vois pas. Sauf si elle a dit ça juste pour pouvoir jouer à la maman et m'enfiler sa veste. Qui est un peu grande pour moi. Je sais pas à qui elle l'a empruntée, mais vu la carrure il vaut mieux pas qu'on se croise. Si c'est son père, je me ferais casser la gueule quasiment à coup sûr. Ceci dit...

« Et moi donc, brindille ! Depuis quand tu fais la charité ? Pour info, je suis actuellement en pleine tentative de retour aux sources, avec les fringues les plus anciennes de mon placard et les chaussures qui je portais avant de mourir. J'espérais croiser un fantôme quand tu m'a percuté, d'ailleurs j'ai cru que j'avais réussi sur le coup : j'suis déçu. Et toi, qu'est-ce que tu fais sur le chemin de mon sex shop favori ? »

Je n'allais pas refaire mes stocks. D'une, j'en ai pas besoin, et de deux j'ai pas le moral. De trois, il doit encore me rester assez pour parer à toute improbable éventualité. Alors, bien sûr, je dois toujours un string à My love, mais c'était pas mon idée de départ. Je suis donc en train de mentir, juste pour voir si elle va m'en coller une. Enfin, si elle est un peu fine elle verra bien qu'il y a pas vraiment de boutiques de ce genre à proximité. C'est dommage d'ailleurs, je trouve que ça manque un peu au décor. En tout cas, Blaine Photography n'est pas sur le chemin du godemiché idéal, et c'est tout à fait normal. D'ailleurs je ne pense pas que je l'aurais croisée par ici si le quartier avait été réputé pour ses boutiques coquines et non pour ses... euh... C'est vrai ça y'a quoi d'ailleurs ici ? Un bref regard autours de moi m'informe que nous sommes dans une allée vaguement marchande tout ce qu'il y a de plus banal. Loin d'Erotica donc, à moins de prendre le bus jusqu'au centre-ville. La flemme.

« Je te proposerais bien de m'accompagner, histoire de t'offrir un string, mais y'a encore du chemin à faire, et si le proprio de ta super veste voit ma tête en cours de route y'a environ deux chances sur trois pour qu'il veuille la casser. Pas que je sois douillet, hein. Mais le prix de l'hôpital ne vaut pas quelques minutes à se faire chier entre cuir et latex. Surtout que gueule d'innocente ou pas tu dois t'y connaître mieux que moi, avec les nouveaux ordis et tout, donc bon, les strings peuvent attendre un peu. Tu as une dernière volonté avant que je te tue pour avoir blasphémé ma personne ? »

Quand je dis que cette fille est formidable. Rien que le fait d'être avec elle m'a fait retrouver un débit de parole normal, c'est dire ! Je vais avoir du mal à lui rendre sa veste. Je m'étais bien habitué à la température extérieure, mais là, avec le confort de la chaleur, c'est mort. Je la quitte plus à moins d'avoir la clim. Non, je ne vais pas m'ébrouer. Je suis pas si chien que ça. Non... Pas moyen, cette veste est trop confortable, il est impossible de ne pas la réajuster par pure frime. Inutile de me demander pourquoi elle la portait : quel que soit le propriétaire il a bon goût. Et de l'argent à disposition. Ce qui me laisse penser qu'Indy doit vraiment être une jeune fille de bonne famille et qu'il serait préférable pour ma survie de ne pas mettre les pieds chez elle.

Qu'est-ce que j'attends pour essayer de me faire inviter ?
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Ingrid Amelia


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MessageSujet: Re: The way we are [Terminé]   Lun 9 Avr - 8:42

Depuis son enfance Ingrid avait très bien été élevée. A table elle mangeait tout avec des couverts, elle disait les mots basiques « s’il vous plaît » « merci » « pardon » et tant d’autres, elle s’excusait lorsque c’était nécessaire, elle se faisait toute petite lorsqu’il le fallait, enfin Ingrid avait vraiment appris les bonnes manière auprès de ses parents, et encore maintenant, même avec sa « crises d’adolescence » si cela en était une, elle restait très polie. Crise d’adolescence ou crise de la perte de ses parents, elle avait beau avoir perdu tous ses repères, la jeune fille restait sage et raisonnée.

Mais lorsqu’elle croisait Morgan c’était bien différent. Vous savez, vous avez l’effet kiss cool, et bien lui c’était l’effet Lotus ! Comme la fleur de Lotus, Morgan est un garçon charmant, il est aussi un peu solitaire et il se distingue par sa singularité, mais à côté de ça il est aussi changeant que le nombre de pétales de la fleur. Enfin peut être pas mais il s’agit là d’une grossière image qu’avec Ingrid de ce garçon qu’elle n’avait croisé que par deux fois et qui chaque fois modifier sa manière d’agir avec les gens. Ainsi Ingrid, au lieu de faire couler sa politesse habituelle, ne s’était contentée que de se moquer de sa position assez ridicule, face contre terre. D’autant que l’adolescente savait ne pas posséder autant de forces, enfin au point de mettre un homme à terre. Il avait fait le pitre, comme chaque fois. Mais c’était assez agréable de voir un garçon qui de loin avait l’air si misérable, se mettre à faire le guignol face à elle.
Et, dans sa grande bonté d’âme, ou bien parce que c’était normal d’aider quelqu’un incapable de se relever normalement, Ingrid lui tendit une main pour le secourir de sa propre maladresse. Oh non la jeune femme n’avait aucune pitié, au contraire, elle le soignait avec amusement. Un peu pour dire « pfff pire qu’un gosse celui-là ! » Et puis elle en profitait un peu. Ingrid aimait beaucoup cette compagnie taquine. Chaque fois qu’elle croisait Morgan, elle oublier ses malheurs, et elle se sentait moins misérable. Peut-être parce qu’il l’était plus qu’elle et que cela transparaissait dans son teint blafard. A côté d’Ingrid, le jeune homme ressemblait à un cadavre, tout maigre et tout blanc.

*Brindille * ! L’hôpital qui se fou de la charité. Il était peut être aussi fin qu’elle si l’on comparait les tailles, et il la surnommait brindille ! D’un air indigné, Ingrid pinça la peau des côtes de Morgan avec un grand sourire aux lèvres !

« Voilà ce qu’elle te dit la brindille ! »

Ingrid faisait la fausse indignée, et cela se voyait forcément sur son visage si expressif. Elle était incapable de rester sérieuse à cet instant précis. Il avait l’air si perdu. D’ailleurs elle enchaîna plusieurs réactions réagissant successivement aux paroles de Morgan. Elle fut d’abord comment dire, blasée en regardant les fringues du garçon. Ca elle l’avait bien vu que c’était un retour aux sources dans le sens strict du terme. Puis elle fut surprise : mort ? Pourtant il avait l’air bien vivant… Et enfin, sexshop ? Il n’y en avait pas dans la rue il devait être mal réveillé et s’être trompé de chemin.

« Euh… Morgan tu vas bien ? Pour moi tu as l’air très vivant, la preuve… » Ingrid le pinça de nouveau « et euh… il n’y a pas de sexshop dans la rue, je la connais par cœur… »

Elle connaissait effectivement la rue par cœur, puisqu’elle aimait à venir y prendre des photos, et puis faire du lèche vitrine le dimanche lorsqu’elle n’avait rien à faire à la maison. Elle était donc sûre et certaine qu’il n’y avait pas de sexshop dans le coin, du moins dans cette rue. Et puis il allait au sexshop en entrant dans un magasin d’appareils photo… Mais ça elle lui éviterait toute remarque, elle avait compris qu’il se fichait d’elle. Enfin elle croyait… le doute s’insinuait.
Enfin Morgan enchaîna et fit bien rire Ingrid.

« Ahahaha, je n’ai que quinze ans Morgan, de toute manière je ne pourrais pas t’accompagner… Et puis je ne mets pas de string, une ficelle dans les fesses ça m’attire pas. Quant au propriétaire de cette veste, ne t’inquiète pas il doit être à l’hôpital… C’est mon père adoptif… enfin il ne m’a pas encore adoptée mais je suis sous sa garde. Et puis je croyais que grand Morgan n’avait peur de rien ? »

Ingrid aimait vraiment taquiner le garçon. Mais il avait parfois l’air un peu dépressif quand même, ou peut-être était-ce simplement le mot « mort » qui l’avait interpellée. L’adolescente observa alors Morgan, ou Lotus, de pied en cape, et elle se dit que la veste, même si elle était un peu trop grande pour lui (c’est là qu’elle se rendit compte que Keaton était quand même grand et que la veste devait lui faire une robe lorsqu’elle la portait), Morgan était mignon avec… Lorsqu’on ne voyait pas la moitié de ses vêtements crasseux.

« Tu serais plus mignon avec des fringues propres quand même ! »

Ingrid mâcher ses mots et faire attention à ne pas vexer son interlocuteur ? Ah elle avait peut-être zappé cette leçon de bonnes manières. Oups. Mais elle était sûre qu’il ne lui en tiendrait pas rigueur… A moins que… Oups, il voulait la tuer pour avoir blasphémé. Alors Ingrid leva les mains au ciel comme si on avait crié « haut les mains ! ».

« Pitié ne me tuez pas ohh vénérable martien des tropiques ! Je vous offre tout ce que vous voulez en échange de ma vie ! »

C’était vraiment trop fun de ne pas se prendre la tête et de taquiner une autre personne sans conséquences graves. Il ne le savait pas mais il arrivait à faire des prouesses sur Ingrid, qui retrouvait le sourire, et la vraie joie de vivre. Elle aurait aimé mieux le connaître, parce que derrière cet tête en l’air rigolotte qu’il était, Ingrid sentait autre chose de plus fort, elle voulait le découvrir.
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MessageSujet: Re: The way we are [Terminé]   Lun 9 Avr - 18:56

Aïeuh ! C'est qu'elle ferait presque mal cette petite furie ! Et elle récidive en plus ! On lui a jamais parlé de zombies ou quoi ? Et le sens figuré ? Non ? Non, il faut croire qu'elle préfère me martyriser plutôt que de faire fonctionner sa cervelle. Je suis en train de la rendre sadique, je sais pas si c'est une bonne chose. En fait, je suis même certain que c'en est une mauvaise. Bah ! Si vraiment elle tient à son karma blanc elle le défendra. En attendant, je vais pas pleurnicher parce qu'une gamine me pince, ça serait trop naze. Sauf que c'est difficile de faire semblant de rien quand on vient d'avoir le réflexe de se plier en deux au deuxième pincement. Ou comment annihiler ses chances de fanfaronner, tandis qu'elle ne s'en prive pas, elle. Par cœur vraiment ? Même la cave du bâtiment d'à côté ? Bon, je n'ai moi-même pas visité la cave en question. Mais d'après les rumeurs je préfère pas.

Hey... Je rêve ou elle se cache derrière son âge là ? Il n'y a absolument aucun prétexte pour ne pas savoir, à quinze ans, nommer au moins trois articles d'un sex-shop et définir leur fonction. Mais je dois mettre mon indignation de côté pour assimiler les information concernant le propriétaire initial de la veste. Probablement à l'hôpital. Est-ce une façon de me dire qu'il est neutralisé ? Vu le doute, je pense plutôt qu'il travaille là-bas. Sait-elle seulement tous les moyens dont dispose un médecin pour faire souffrir quelqu'un ? Suis-je bête, bien sûr qu'elle ne les sait pas. Elle appartient au club des jeunes filles pures et innocentes. Je devrais faire une demande d'adhésion, ça me faciliterait la vie. Information, disions-nous. Père adoptif. Donc qui va vouloir ma tête sur un plateau pour avoir ne serait-ce qu'adressé la parole à la petite. Je ne sais pas si le lien d'adoption est aussi fort que le lien parental traditionnel en matière de surprotection mais dans le doute je crois qu'il vaut mieux me méfier. Et d'ailleurs comment ça j'ai peur ? Je suis le grand Cthulhu, je n'ai peur de rien, et surtout pas d'un médecin planqué derrière sa blouse blanche. Mieux vaut que je m'arrête là sinon je vais dériver vers la série blanche d'une chaîne de romans de bas étage et le fantasme de la seringue n'est pas un sujet de discussion appropriée, surtout qu'il s'agit de son père. Adoptif, certes, mais voilà.

Voilà qu'elle critique encore mes fringues. Elles sont propres, d'abord. Usée pour l'une, tâchée à vie pour l'autre, mais propres. Je sais, on dirait pas. Mais c'est pas à elle de me dire comment je dois m'habiller et je ne veux pas particulièrement avoir l'air mignon là. Ni à ses yeux en général d'ailleurs, manquerait plus qu'elle s'entiche de mes bouffonneries. J'ai déjà eu un problème mineur au cou et ce n'est absolument pas une position confortable. Il est donc hors de question que je me change pour elle. Quant au nudisme, il fait un peu frisquet. Et j'ai pas assez de sous pour régler une éventuelle amende pour atteinte à la pudeur. Sans compter que pour le coup, papa Indy voudrait vraiment me casser la gueule. Et qu'elle même se foutrait de ma gueule pour les décennies à venir. Remarque, c'est ce qu'elle fait déjà. Un martien, soit, mais... des tropiques ?!

« Révise ta géographie, p'tite tête ! Si je viens de Mars, je peux pas venir des Tropiques ! Et accessoirement, c'est pas parce que je m'habille léger qu'il faut carrément me caser dans les dieux tropicaux : ils sont quasiment à poil ! Je vais pas renoncer à ma toile pour être vénéré loin de chez moi alors que j'suis déjà un dieu ici ! »

Hé oui, petite, il existe un dieu en dehors de ton père. Adoptif. Tiens, autre question, est-ce que le lien d'adoption suscite la vénération comme c'est souvent le cas avec le lien parental biologique ? Minute... Elle a dit que c'était pas encore son père adoptif. Donc c'est en cours. Donc elle était encore orpheline récemment, depuis une durée indéterminée. Nécessairement, elle doit vénérer le brave homme. Il lui offre une famille qu'elle n'espérait peut être plus avoir. C'est peut-être bête, mais j'avais complètement zappé qu'elle puisse avoir vécu un truc triste. Elle a l'air tellement gaie avec moi, et tellement sans histoires par ailleurs que c'est difficile d'envisager qu'elle a perdu ses parents. En tous cas, vu la façon dont elle a présenté les choses, elle veut sûrement pas qu'on lui pose des questions à ce sujet. Elle parle uniquement de son nouveau père, et en un sens c'est plutôt sain. Il vaut mieux aller de l'avant. Je devrais faire pareil. Pas me faire adopter je veux dire, mais passer à autre chose. Prendre des risques. Aller à la rencontre de son médecin de paternel peut-être ?

« D'ailleurs un dieu n'a peur de rien, et surtout pas d'un homme en blouse ! Tu ne te débarrasseras pas de moi comme ça : papa ou pas, je ne te laisserai pas dans l'ignorance du caractère absolument merveilleux du string ! C'est un vêtement tout à fait pratique, et qui ne mérite pas les préjugés qu'on lui accorde. Pour la peine, en échange de ta vie, tu vas t'en trouver un et le porter aussi régulièrement que n'importe quoi d'autre. »

Ah les gages ! Toute mon enfance. Et puis, c'est vrai que les strings sont mésestimés. Mon dernier petit ami avant Adam m'a bien fait la leçon à ce sujet. En fait il m'a carrément harcelé avec ça. Il trouvait les prétextes les plus loufoques pour m'en faire porter. Et bon, c'est pas que c'était pas confortable ni rien mais mes fesses n'étant pas la partie de mon anatomie dont je suis le plus fier je n'apprécie pas vraiment de les exposer. Ce qui ne m'empêche pas de militer pour d'une façon générale. C'est pas parce qu'on n'est pas prêtre qu'on doit pas défendre leur droit au mariage ? Donc y'a pas de raison que je renonce à la grande cause de mon ex sous prétexte que je suis moi-même peu enclin à présenter mon postérieur. Et puis même, un gage n'est pas sensé être plaisant. D'ailleurs tant qu'on est dans les gages...

« Et tu m'appelleras Dieu aussi, pour te faire pardonner. »

Bon, ça je pense pas qu'elle accepte mais ça ne coûte rien d'essayer. J'ai toujours voulu être dieu. Et puis, quelle que soit son opinion à ce sujet, j'attends de voir les arguments. Ça promet d'être un brin plus intéressant que de m'enquérir de la date de mort de ses parents biologiques. Et surtout plus joyeux. J'ai beau savoir qu'il faut, quand on est moral et consciencieux, se soucier des traumatismes éventuels de ses amis, je ne parviens pas à appliquer. J'ai pas spécialement peur d’attirer le mauvais oeil, mais j'ai jamais l'impression que ça serait une bonne idée. Surtout que là, si je faisais ça je prendrais le risque qu'on aborde le sujet de ma mort, et bon, expliquer que je suis mort d'amour serait du dernier pathétique. Mieux vaut me béatifier, c'est plus classe, plus drôle, et moins dangereux.
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MessageSujet: Re: The way we are [Terminé]   Mar 10 Avr - 19:59

Tactile. Ingrid avait été tactile avec Morgan et à plusieurs reprises. Ce qui ne lui arrivait quasiment jamais, à part avec Keaton ou bien ses amies ou encore sa grande sœur de cœur. Que se passait-il ? Elle ne le craignait pas elle ne craignait pas de le toucher et en fait elle avait même apprécié cette proximité. C’était étrange. Enfin, Ingrid balaya cette pensée en trente secondes et revint à la situation initiale. Le fait est qu’ils étaient en train de squatter le pas de la porte de la boutique d’appareils photo et le vendeur risquait de les virer sous peu, il faudrait surement qu’ils aillent quelque part ailleurs. Et Ingrid se souvenait du billet qu’elle avait trouvé par terre. Une aubaine en soi.

Mais déjà il la reprenait. Rofl quel casse pied ! Chipoter sur une expression sortie tout droit de l’imagination pleine de fantaisie d’Ingrid. Normal que cela n’avait ni queue ni tête ni même une logique quelconque. Alors Ingrid écouta son couplet sur la géographie avec un sourire allant d’une oreille à l’autre et en pouffant. Se moquait-elle de Morgan ouvertement ? Non jamais de la vie, elle n’oserait absolument pas voyons. Mais il ne l’aurait pas comment ça, elle aussi elle avait de la ressource lorsque c’était nécessaire.

« Tant pis je ne te vénèrerais pas alors ! Et tu resteras le petit gars tout crasseux. »

Et puis vénérer quelqu’un n’avait pas de sens ! Au mieux on admirait quelqu’un, comme elle admirait son père adoptif. Elle l’affectionnait tout particulièrement. Et d’ailleurs Ingrid était du genre à apprécier tout le monde assez facilement. Sauf Craig, lui elle ne le supportait pas. Mais elle n’était pas parfaite, elle était loin de la perfection même. Enfin le sujet n’était pas là, jamais elle vénèrerait qui que ce soit, car ce n’était pas quelque de sain, ni pour l’un ni pour l’autre. Celui qui vénérait s’emprisonnait, celui qui se faisait vénérer se prenait pour qu’il n’était et avait une vision totalement erronée de son environnement.

Un string ? Ingrid était écroulée de rire. Il avait quelque chose avec les strings, ça c’était sûr ! Mais elle ne comprenait pas ce qu’il y avait de se attrayant avec ce vêtement si…petit ? Rikiki ? C’était une chose minuscule qui rentrer dans les fesses et Ingrid ne comprenait pas comment on pouvait se sentir à l’aise avec une ficelle entre les lunes qui formaient le popotin. Mais pour le fun, pourquoi n’irait elle pas dans le sens de Morgan ? Et puis elle pourrait toujours en rire des mois plus tard comme ça !

« Défi du string relevé… Par contre tu peux toujours rêver pour que je t’appelle DIEU à moins que ça ne veuille dire : Dépravé Immature Enthousiaste et Usant ! »

Ingrid lui décocha un immense sourire ! Puis quoi encore l’appeler Dieu ! Fallait pas pousser mémé dans les orties non plus. Et puis, c’était plus marrant lorsque cela avait un double sens. Mais bon pour le moment il ne fallait pas trop s’attarder, alors elle choppa la main de Morgan et le tira après elle. Il fallait qu’ils s’éloignent du magasin, le vendeur commençait à tourner derrière eux, et elle avait envie d’un chocolat chaud ! Après ils pourraient chercher un string. Et il aurait même le loisir de le choisir ! Euh Ingrid avait quinze ans ? Bon bah faudrait même qu’il trouve un endroit autorisé aux mineurs. En somme ça serait plus un gage pour lui que pour elle.

« Faut qu’on bouge de là, le vendeur va nous jeter un saut d’eau. Si tu veux jte paye un chocolat chaud, j’en ai envie d’un et j’ai trouvé un billet de vingt dollars par terre en venant. Quant au string tu te débrouilleras je suis mineure ! »

Obstinée par sa destination, Ingrid se dirigea vers le bar d’à côté et commanda directement un chocolat chaud au bar sans même se retourner, ni attendre qu’un serveur les voit et vienne leur demander à table ce qu’ils voulaient.

« Bon alors raconte-moi, tu es mort depuis quand et pour qu’elle raison, monsieur le désabusé ? »

Ingrid le regardait fixement, dans ce pull trop large qui appartenait à Keaton. D’ailleurs elle espérait qu’il ne lui en voudrait pas trop d’avoir prêté une de ses fringues à un jeune frigorifié et mal habillé ! Il y avait quelque chose de mystérieux chez Morgan, et ce côté attirait beaucoup Ingrid. Tout comme sa nonchalance à peine voilée qui faisait surface chaque fois qu’il ouvrait la bouche. Elle se demandait ce que toutes ses réactions biologiques signifiaient, mais en tout cas, une chose était sûre, elle l’aimait bien.
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MessageSujet: Re: The way we are [Terminé]   Dim 15 Avr - 20:39

Petit gars tout crasseux ? Déjà, c'est plutôt amusant que cette fille haute comme trois pommes m'appelle petit gars, mais surtout : comment ça je suis crasseux ? Je sais que mes fringues ont pas l'air propres mais elles le sont ! Elles sont justes, hum, pas classe. Mais elles sont propres, d'abord. Enfin, point positif : elle ne me vénèrera pas. C'est un point positif pour plusieurs raison. Son âge en premier lieu, son genre en second, et surtout, surtout, mon expérience personnelle de la vénération. C'est une pratique ridicule, tant pour le fan que pour l'objet de l'admiration, et pour avoir été du côté fan pendant longtemps je peux dire que ça n'apporte rien de bon à personne. Ou en tout cas que, connaissant le phénomène, je n'ai pas spécialement envie de l'encourager, même du côté de l'idole. Surtout du côté de l'idole, je suis un fan moi, pas une statue. Voilà qui me fait penser à la petite amie d'Andy. S'il y a un ciel, ils doivent y être heureux tous les deux. Et moi, comme un con, je suis toujours en vie.

Bon, allez, fini de déprimer. Je suis un jeune garçon plein de vie et je suis content de mes gages, qui sont acceptés en plus. À un petit détail près. Que mon nouveau titre soir un acronyme Pour la peine je boude, tiens. En voilà un bon prétexte pour faire la gueule. Ceci dit elle accepte de se mettre au string juste pour moi, donc je peux pas sérieusement la bouder plus de deux secondes dans ces circonstances. Enfin, l'humeur n'est pas une priorité en ce moment à ce que j'entends : on va bientôt se faire virer à coups de pieds au popotin pour vagabondage si on ne s'en va pas de nous même en vitesse. Pas que j'aie pas envie de me faire payer un chocolat chaud, mais partir comme ça sans même aller faire un petit bisou au marchand... Bon, allez, je la suis. Chocolat chaud pour elle, j'hésite à prendre un cocktail avant de demander un deuxième chocolat chaud. Puisqu'elle me le paye. Et puis ça faisait longtemps que j'avais pas pris un vrai chocolat chaud à la terrasse d'un café. Sans rhum, sans les potes qui te versent n'importe quoi dedans. Juste du lait, du chocolat et de la chantilly.

Assis à une terrasse, une tasse fumante à la main, on pourrait avoir l'air de deux dandys si j'étais pas fringué comme un clochard et si elle était pas lycéenne. On pourrait entamer une super-discussion aussi si j'avais pas négligemment mentionné mon avis de décès. C'est malin, maintenant je vais devoir donner des explications, en plus de renoncer à un titre très classe. Encore que. Dépravé Immature Enthousiaste et Usant, c'est tout à fait moi. Perspicace, cette petite. Mais ne me laissons pas distraire par nos jeux précédents. J'ai à justifier de mon cadavre, et mieux vaut que cette explication soit aussi brève que sans appel. Que je puisse reposer en paix.

« Je suis mort en août, à peu près en même temps que ce qui restait de ma relation avec le Meilleur Amant Qui Puisse Exister Sur Terre. De fait, je ne suis pas désabusé mais bel et bien mort d'amour, aussi pathétique que ce puisse être. Après ça un autre amant a achevé ma dignité, mon amour est mort, et je n'ai encore tous mes litres de sang que parce que je suis sensé devenir père. Ma vie sentimentale est... quelque peu complexe. Mais je l'ai mérité. »

Comlplexe. Jusque-là, j'aurais utilisé un tas d'adjectifs pour définir ma vie mais sûrement pas celui-là. Je suis le partisan le plus acharné de la non-prise de tête. Mais là, c'est le mot qui m'est venu à l'esprit. Pas désespérée, pas triste, pas déprimante. Juste complexe, au sens difficile à expliquer, à résumer. Un imbroglio que je ne suis pas tout à fait certain de comprendre moi-même. La seule chose dont je sois sûr, c'est que tout est de ma faute. C'est moi qui ai mis fin à mon couple, moi qui ai accepté de faire des gosses à My love, moi qui me suis laissé croire aux mensonges d'Adam. Owen. Je m'embrouille. Dans tous les cas, c'est à cause de moi. Alors je devrais pas pouvoir me plaindre comme ça. Je n'en ai pas le droit. Réveille-toi Lotus, t'as encore des années de bagne à faire, alors essaie de le faire avec un minimum de bonne humeur.

« Et ton acronyme, je l'ai bien mérité aussi. N'oublie pas de dire aux gens ce que ça veut dire, dans le sens que tu lui donnes je suis définitivement un dieu. Dépravé, Immature, Usant. Peut être moins Enthousiaste que je n'ai pu l'être mais je reste bien au-dessus de vous autres, simples mortels. Et je suis encore capable de te trouver un string si je veux. Ils en fabriquent même taille huit ans, c'est te dire si l'accessoire est jugé impropre à la consommation. Ceci dit à ce niveau là j'approuve pas vraiment. »

Tentative de remonter mon humeur : échec. Huit ans. Je sais plus comment j'avais réagi quand j'avais vu ça. J'ai envie de penser que j'ai pété un câble et tout cassé et que j'ai fini en cellule pour ça. Ce serait possible. Sauf que je m'en souviens pas, et qu'il est donc plus probable que j'aie fermé gueule. Comme un brave petit mouton, j'ai sûrement continué mes courses en baissant la tête et en n'osant pas retourner du côté du rayon fatidique. D'une façon générale, habiller les enfants de façon sexuée n'est pas une chose que je tolère aisément, et mes campagnes passées pour le port universel de la jupe en uniforme (féminin comme masculin) ne sont que des erreurs de jeunesse. Une façon comme une autre de faire l'idiot. Ou l'art de se trouver des excuses, et encore des excuses. Quand je dis que je suis mort, si j'étais vivant je serais pas affalé sur mon passé au point d'essayer de le justifier.

« Comme tu me payes le chocolat, t'as le droit de me donner un gage en retour, type vêtement ou communication. Fais toi plaisir ! »

Il faut bien que j'essaie de remonter le niveau, parce que là je crois que je touche le fond du fond, et bon j'ai pas envie de faire déprimer la petite. Elle est déjà plutôt sympa de s'occuper de ma carcasse, alors si en plus je lui casse le moral ça va pas le faire. Même si là, concrètement, je suis d'une humeur 100% crypte. Donnez-moi un caveau familial, que je me tape l'incruste. Je veux un ossuaire. Un cercueil. Un mausolée ! Nan, la folie des grandeurs ça le fait pas non plus. Balancez-moi dans la fosse commune qu'on en finisse.
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MessageSujet: Re: The way we are [Terminé]   Mer 18 Avr - 18:26

C’était peut être la troisième ou la quatrième fois qu’Ingrid rencontrait Morgan elle voyait déjà en lui le grand frère qu’elle n’avait jamais eu. Décalé, un côté sombre très attirant et surtout un humour bien bucolique. Tout ce qu’elle appréciait. Mais c’était un homme, et comment faire comprendre à quelqu’un de sexe opposé qu’on l’apprécie sans penser à plus ? Voilà une question bien difficile pour Ingrid, qui ne voulait pas reproduire les erreurs que ses connaissances lui avaient souvent conté. D’ailleurs elle ne savait pas comment des filles de son âge pouvaient déjà penser à … vous savez quoi planter la graine dans le champs de blé ! Pour elle c’était impensable, pas maintenant, et puis elle se demandait même si Keaton la laisserait ne serait-ce qu’avoir un petit copain. Enfin là n’était pas la question. Elle appréciait Morgan, mais ne le vénérait pas non plus. Même si toute adolescente a toujours une idole dans la poche. Mais qu’il se rassure il n’avait pas cette place ! Non il aurait, au fil du temps surement, la place du grand frère désinhibant.

Ingrid, dans cette optique de relation fraternelle, voulait éviter un battage de fesses sévère à Morgan, et l’entraîna alors vers une terrasse où ils prirent un chocolat chaud. Vite, Ingrid remarqua que quelque chose clochait dans ce tableau. Morgan avec un chocolat chaud à la main… étrange image, elle l’imaginait plus avec un verre de vodka, ou de whisky…enfin vous aurez compris l’idée. Revenant alors à la discussion, elle demanda des explication apr rapport à son avis de décès. Bah oui, il semblait bien vivant pourtant ! Elle se douta alors que cela devait être une image symbolisant une part de ses pensées. Mais elle était curieuse, et il semblait enclin à lui expliquer les choses. Ce fut alors que l’adolescente fit de grands yeux ronds, choquée par ce qu’elle venait d’entendre, et zappant quasiment tout le reste, l’explication en somme, le principal, ce qu’elle avait demandé. Mais « LE ! Morgan était…

« Tu es gay ???? »

Ingrid était plus que surprise, elle avait posé cette question sans même tenir compte des conventions et des bonnes manières ou même de la sensibilité potentielle de son interlocuteur. Elle était allée directement droit au but. Et avant même qu’il ait répondu, elle percuta une autre donnée.

« PERE !! Tu vas être père ?? »

Heureusement qu’Ingrid était assise, parce que les deux informations étaient de taille… Et mais attendez, gay et père, ça ne va pas vraiment ensemble ! Il voulait que l’explication aille vite et soit sans appel, mais là, avec la meilleure volonté du monde, Ingrid n’arrivait absolument pas à retenir sa curiosité. C’était plus fort qu’elle, plus fort que Lotus ! Enfin il donnerait des explication s’il le souhaitait, sinon elle respecterait son choix. Mais elle avait soudain une envie furtive mais prenante de lui faire un câlin avec tous ces papillons dans le ventre qui la poussaient en ce sens. Mais Morgan la coupa dans ses réflexions sur l’utilité et la venue d’une envie de câlin pour revenir sur l’acronyme qu’elle avait trouvé pour justifier son surnom : DIEU. Héhé elle aimait bien le dépravé irritant enthousiaste et usant. Et visiblement lui aussi. Néanmoins, il en revint vite aux strings : il devait leur vénérer un culte c’est pas possible ! Mais sa révélation choqua Ingrid.

« QUOUA ?? Huit ans, mais ils sont ignobles !! Les pauvres enfants elles se rendent même pas compte de leur féminité à cet âge là, on en a pas encore la plupart du temps même. C’est franchement abusé ! »

Oui Ingrid se révoltait contre le système capitaliste qui exploitait la moindre parcelle de marché qu’il pouvait s’accaparer. Mais après elle savait qu’elle n’y pouvait rien, et qu’elle ne pourrait pas changer le monde à elle toute seule, mais elle espérait bien qu’un jour, un homme… ou une femme, sage viendrait au pouvoir rétablir l’ordre naturel des choses !
Enfin Morgan passa un sujet sensé, enfin il l’était pour Ingrid, puisqu’à peine eut il finit sa phrase qu’elle eut une idée.

« Owiiiii je veux ! Tu vas te mettre en jean et chemise et bien te coiffer et nous rions fêter ton enterrement au cimetière autour d’un pique nique sur la tombe de mes parents ! D’accord ? »

Ou comment faire d’une pierre deux coups. Elle voulait faire cette sortie, pour aller voir ses parents et leur parler de ce qui lui arrivait des changements de sa vie et de ses rencontres. Et lui elle pourrait les présenter à Morgan, même s’il s’agissait de présentations fictives basée sur une imagination digne de ce nom. Et d’un autre côté, le cimetière semblait être le lieu de prédilection du garçon en ce moment, alors pourquoi pas tout allié pour essayer de remonter l’humeur ! Il pourrait aussi voir que l’on peut essayer, parfois, de relativiser les choses, elle aurait ainsi l’occasion de lui parler de ses parents.

« Et puis tu seras tu devras me faire une surprise, n’importe quoi ! »

Bon ça c’était du bonus, parce qu’Ingrid adorait être surprise.
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MessageSujet: Re: The way we are [Terminé]   Jeu 19 Avr - 19:53

Gay. Je l'oublie facilement mais c'est vrai que c'est une information importante pour les autres. Je devrais faire plus attention à la façon dont je le dis. À chaque fois, je sais pas comment je me débrouille, mais la personne à qui je précise ce détail est toujours en situation de recracher ou renverser quelque chose. Bon, là on a évité la catastrophe, mais j'ai pas échappé à l'interrogation suraigüe de rigueur. Franchement, c'est si grave que ça ? Si je devais n'en juger que par les réactions des gens, je croirais qu'il s'agit d'une des plaisanteries les moins appréciées de la planète. Comme s'il s'agissait d'une de ces éventualités extérieures que l'ont préfère ignorer, genre se trouver pile sur le chemin d'une tornade ou attraper le cancer. La phrase "Je suis gay" est une des catastrophes les plus étranges en ce monde, si sérieusement funeste que la surprise de niveau supérieur d'Indy au sujet de ma paternité a quelque chose de rassurant. Être gay est juste surprenant, être un futur père est bien plus stupéfiant et redoutable. C'est agréable de voir que tout le monde ne s'extasie pas à l'idée de langes et de layettes. Quoi que maintenant que j'y pense, ce doit plus être l'association gay-père qui doit la choquer. Je me disais bien encore une fois que c'était un peu facile à expliquer tout d'un coup.

Heureusement que j'ai enchaîné, je sais pas si je me sens d'attaque pour donner des compléments d'informations. D'un autre côté, le sujet que j'ai lancé n'est pas tellement plus réjouissant. Je sais que je ne ferai pas un parent respectable. Que je serai tout sauf un modèle, que le gamin qui m'aura pour père aura vraiment un karma de merde. Mais même moi je serai jamais assez con pour lui coller un string au cul, ni quoi que ce soit du même style. J'ai beau réfléchir, je ne comprend même pas comment des gens peuvent trouver ne serait-ce qu'amusant de dresser leurs enfants à vivre comme des adultes miniatures. J'ai beau savoir que tous les mômes étaient perçus comme tels au Moyen Âge, j'ai envie de croire que notre société a évolué depuis. Je ne l'aime pas spécialement, et je crois que les enfants méritent d'avoir leur propre identité, mais cette identité n'a rien à voir avec l'enfant-poupée qui semble être l'accessoire le plus in dans le milieu des décérébrés. À choisir, je préfère encore l'éducation à l'ancienne, psychorigide et passéiste mais au moins cohérente et vaguement tournée vers un objectif. Personnellement, j'ai pas d'objectif particulier dans le fait d'élever un enfant. Ne pas lui causer de traumatismes graves sera déjà un bon début. En même temps, c'est pas comme si je me sentais investi d'une mission parentale au départ. C'est fou comme j'ai l'art d'aborder des sujets joyeux.

La troisième pioche est la bonne, gageons que mes gages seront suffisants pour assurer le gage que je viens de recevoir. Jean, j'ai, et même trois exemplaires. Chemises, euh... si, aussi, doit bien y en avoir une ou deux de normales. Bien coiffé ? Aïe, c'est là que ça va se corser. Je n'ai pas réussi à me coiffer depuis une éternité, et je crains que ce ne soit incurable. Je n'y ai pas non plus mis toute ma volonté, d'ailleurs ce serait pathétique de me battre de toutes mes forces contre mes capillaires, mais je doute vraiment que ce vœu-là soit réalisable. Cette petite difficulté a commencé en même temps que celle de mes ongles et si elles sont liées je peux dire adieu à la raie nette des petits aristocrates. Après, si elles ne sont pas liées... je vais quand même en baver pour me faire une coiffure susceptible d'être considérée comme ordonnée par toute autre personne que moi-même. Par contre, la surprise, pas de problème. Mes cadeaux sont toujours farfelus,paraît-il, donc il me suffit d'être égal à moi-même et j'aurais le présent idéal pour ma petite Indy.

« Ça marche, petite, mais n'espère pas trop de miracles pour mes cheveux. Je ne suis même pas sûr qu'un coiffeur professionnel arriverait à quelque chose avec ces trucs là. Je peux m'occuper du pique-nique si tu veux, mais je sais pas trop ce que tu aimes manger. »

C'est vrai ça, elle a parlé d'une collation mais faudrait quelque chose qu'on puisse manger tous les deux. Je sais que je suis sensé être mort, mais mon corps est bien vivant et il a besoin d'être nourri deux fois par jour au minimum. Vu que ça reste un enterrement, je suppose que tout devra tout de même être froid, mais est-ce qu'on est obligés d'être sinistres dans le choix des mets pour autant ? Y'a un tas de trucs qui sont super agréables à manger froids, mais quand les gens font un buffet froid ils mettent toujours des trucs qui seraient meilleurs chauds. Je ne peux pas dire que ça me dépasse, je comprend même tout à fait la logique qui veut qu'on souligne l'absence d'une personne décédée et qu'on ne cherche pas à égayer la situation. Mais c'est plus fort que moi, je ne peux pas m'empêcher de vouloir mettre des ballons de baudruche dans le décor quand j'ai l'impression que les visages assombris deviennent trop nombreux. Faut bien équilibrer un peu la balance, et je suis doué pour ça.

« Pour la surprise, j'ai ma petite idée. Je t'amènerai ton string par la même occasion. En attendant, puisque j'ai le temps, si on parlait un peu de... ton père adoptif tiens, je porte sa veste après tout. Il est plutôt rangé, plutôt fou, plutôt distant, bordélique, maniaque, curieux ? Je veux tout savoir. »

Et quand je dis tout, c'est tout, et avec le sourire s'il vous plait. Le mien va bientôt m'arriver aux oreilles. Mais aussi, il faut bien que je m'informe un peu, sinon elle ne parle pas beaucoup d'elle-même, et même si je me doute qu'il y a des sujets un peu délicats celui-ci ne devrait pas être d'une température trop élevée, enfin il me semble. Les éducateurs sont les sujets de conversation préférés des adolescents en général, et elle est lycéenne donc elle a forcément au moins un truc à dire sur son papa². Et puis, comme ça, c'est elle qui devra relancer la conversation après, parce que là j'arrive pas trop à penser à autre chose que mes déboires et c'est pas un sujet de discussion convenable. D'ailleurs, il vaut mieux que je m'intéresse à autrui qu'à moi-même en ce moment, ça m'évitera de me prendre la tête. Je dois cesser de me focaliser sur ma petite personne, être attentif aux autres de façon à à obtenir les informations nécessaires pour pouvoir communiquer, échanger, et cartera. Par exemple, j'aurais l'air fin si je donnais rendez-vous à Indy sans même fixer de lieu, date et heure précise. Euh. En fait c'est exactement ce que j'ai fait.

« Ah, et ils sont enterrés où tes parents ? Puis faudrait qu'on définisse une date pour notre projet de mise en terre de Dieu. »

Oui, j'ai un ego surdimensionné. Je l'assume. Et puis je suis fan de cet acronyme.
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MessageSujet: Re: The way we are [Terminé]   Lun 23 Avr - 17:58

Ingrid était impressionnée sur le nombre d’informations capitales que Morgan lui donnait en si peu de temps. C’était étrange il aura fallu trois rencontres pour qu’il se livre enfin ! Comme quoi il y a toujours un temps d’adaptation, et qu’elle n’est pas la seule à avoir du mal à se livrer rapidement. Il était gay, en soi ce n’était pas une catastrophe, juste surprenant car elle ne s’en serait surement jamais doutée à moins de le voir avec un autre homme ou bien qu’il lui dise comme à l’instant ! Mais le fait qu’il allait être papa alors qu’il était gay était vraiment quelque chose d’étrange. Dans ce cas il était surement bisexuel. Ou alors c’était une erreur quelconque sous l’effet de l’alcool ou de la drogue. Qu’importe de toute façon cela ne changeait pas du tout sa personnalité ni qui il était. Et qu’il soit hétéro, gay, bi, trans enfin n’importe quoi, Ingrid l’appréciait beaucoup. Après le fait était que cela réduisait considérablement les potentialités d’attachement dépassant les limites du convenable pour le papa adoptif d’Ingrid. Il n’aurait pas de soucis à se faire pour la pureté d’Ingrid tant qu’elle traînait avec Morgan. Quoi que, lorsqu’on voyait son attachement aux strings on pouvait douter de cette certitude, qui de fait n’en n’était plus une !

Enfin, Morgan n’avait pas argumenté sur ces différents sujets ce qui laissait penser à Ingrid qu’il n’était pas prêt à en dire plus, et la jeune adolescente respecta ce silence car elle savait ce que c’était… du moins elle savait ce que c’était que de ne pas vouloir s’étendre sur les sujets douloureux. Elle avait eu sa période. Et peut-être qu’elle reviendrait. Mais elle apprenait à faire son deuil, et plus elle avançait, plus elle acceptait, et plus elle arrivait à en parler. Enfin tout ça pour dire qu’elle passait volontiers à un autre sujet. Notamment les gages. Oh oui ! Elle voulait le voir bien habillé et bien coiffé. Même si lui disait ne pas pouvoir dompter ses cheveux, au pire elle se porterait volontaire. Et ce même si le voir sur son trente et un comportait quelques risques.

« Faut laisser le travail de coiffure à une fille, si tu veux j’essaierai ? »


Manger ? Qu’est-ce qu’elle aimait manger ? Euh… de tout ? En fait Ingrid ne pensait pas vraiment à ce qu’il fallait apporter à manger, c’était symbolique e fait puisque ses parents eux étaient morts et ne mangeaient donc pas. Elle en avait oublié qu’elle, elle devait se nourrir pour survivre. La question de Lotus était donc légitime.

« Euh j’aime bien les salades composées, mais après je suis pas difficile hein ! »

En tout cas, Ingrid trouvait son attention très gentille puis elle était plus que ravie que Morgan veuille bien l’accompagner sur la tombe de ses parents. De même, elle se mit à rire lorsqu’il évoqua de nouveau le string. La scène promettrait d’être hilarante. Elle lui sourit alors tendrement. Son esprit commençait à divaguer, elle s’imaginait dans ses bras. Est-ce que cela serait réconfortant ? Se sentirait-elle en sécurité ? Serait-ce comme lorsque Keaton la prend dans ses bras ? Tiens d’ailleurs il lui disait de parler de lui. Olalalala que pouvait-elle dire de lui ? En tout cas il fallait à tout prix qu’elle ne lui dise pas son statut de mutant, de même que le sien devrait rester secret le plus longtemps possible. Mais elle pouvait surement lui parler de son métier, de leur rencontre et de sa venue chez lui. Oui cela semblait être une très bonne option !

« Euh et bien que te dire de lui ? Il était fleuriste, et maintenant il est pédiatre. C’est d’ailleurs en partie grâce à son nouvel emploi que l’on s’est rencontrés. J’étais hospitalisée depuis quelques jours la première fois que nous nous sommes croisés, et la seconde fois cela faisait presqu’un mois deux mois plus tard notre première rencontre. Je ne sais pas ce qui l’a motivé à m’offrir un toit et son amour, mais je ne l’en remercierais jamais assez. Il adore le café extrêmement sucré et il a ses démons, mais quand je suis là il les maîtrise. Et aussi il adore les plateaux repas. Je crois qu’il en mangeait beaucoup quand je n’étais pas là. Mais il a perdu sa fiancée enceinte et la fille adoptive de sa sœur est dans le coma. Je suis triste pour lui. Alors j’essaye de l’aider au maximum comme lui m’a aidé et m’aide toujours. Il m’a même prêté cet appareil photo ! »

Ingrid sortit l’appareil de son sac pour le montrer à Morgan. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle était fière de ce petit bijou, tout comme de l’homme à qui il appartenait. Pour attester de ces sentiments, son sourire ne cessait de s’agrandir. Jusqu’à ce que Morgan pose une question pragmatique au possible à laquelle elle n’avait pas pensé. Il fallait qu’elle arrête de foncer tête baissée, elle finirait pas se perdre un de ces quatre sinon !

« Euh bah ils sont dans le Evergreen Cimetière. On peut y aller quand tu as le temps ? Pour ma part je suis libre tous les week end. »

Elle lui sourit et puis l’observa quelques instants, en se rendant compte qu’elle n’en savait pas beaucoup sur Morgan, elle aussi avait envie d’apprendre à la connaître. Comme toute personne normale.

« Dis, tu as des passe-temps autre qu’acheter des strings aux gens ? »
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MessageSujet: Re: The way we are [Terminé]   Jeu 26 Avr - 19:21

« Non ! »

Une réaction immédiate. Enfin je rajeunis. Nan mais sérieusement, elle croit vraiment que je vais la laisser toucher à mes capillaires ? J'ai déjà du mal à les confier aux professionnels, ce n'est pas pour offrir ma tête sur un plateau à la première apprentie coiffeuse venue. Même ma mère avait du mal à mettre la main sur moi quand il fallait les couper, ce n'est pas une gamine en mal de tête à coiffer en plastique qui parviendra à approcher une paire de ciseau de ma tignasse. Non mais ! La protestation passée, je note mentalement l'unique indice des goûts d'Indy dont je dispose. Salade composée. Pas sûr que je m'en souvienne, mais au moins j'aurai essayé. Maintenant, place au sujet croustillant. Papa. Pédiatre, c'est moins effrayant que chirurgien plasticien. Plus respectable aussi, à mes yeux. Quiconque accepte de s'occuper d'enfants jeunes est pour moi un héros. Moi même, je me destine au métier de héros, mais du côté scolaire uniquement. Enfin, je vais avoir mes propres enfant aussi. C'est assez bizarre à constater, mais au final je vais être entouré d'enfants. Il y a au moins une personne qu'une telle information plongerait dans la dépression. S'il n'y était pas déjà suite à la façon dont j'ai trafiqué son bureau. Il a tenu trois mois quand même, je le respecterais pour ça s'il ne m'étais pas tout simplement odieux. Et quand un gamin des plus immatures et des plus imaginatifs se heurte à une autorité désagréable, ça fait des étincelle. J'ai été un feu d'artifice à moi seul.

Un toit et son amour. Que c'est beau. Je suis un peu sceptique, mais au fond, ça doit exister des gens comme ça. Capables d'adopter comme ça quelqu'un qu'ils viennent de rencontrer. D'ailleurs je parie qu'il y en a plus qu'on ne le pense, c'est juste qu'on ne leur donne pas l'occasion d'exposer leur cœur naïf à la dure réalité des enfants orphelins. Ces enfants-là, dès le départ, ils sont une menace pour la bonne conscience de tous, alors il y a tout un système qui fait en sorte que jamais les bambins en question ne dérangent leur petits camarades en pleurnichant qu'ils ont pas de maman, eux. Non, ça ferait mauvais genre, alors on les parque en orphelinat ou on leur colle une famille d'accueil. Pas une famille d'adoption, juste des gens qui voudront bien s'en occuper et se faire passer pour la famille pendant un petit moment, et puis on change. Le but n'étant pas de réparer quoi que ce soit mais de donner l'illusion qu'il n'y a rien à réparer, ou pas grand chose. Les gens capables de passer devant un orphelinat sans se sentir honteux de pas pouvoir adopter la totalité des pensionnaires sont nombreux. Naïvement, j'espère que les autres sont une force suffisante pour l'avenir de l'humanité. N'ayant pas voulu faire le mariol en politique, cet avenir ne dépend essentiellement plus de moi. Tout ce qu'il me reste, c'est le vote démocrate et quelques contre-exemples à la bêtise humaine pour me rassurer, dont fait maintenant partie le père adoptif d'Indy.

Je flippe un peu à l'évocation de démons, mais si Indy ne se sent pas menacée c'est que ça ne regarde personne d'autre que lui, surtout qu'oh purée ce type n'a vraiment pas de chance. Perdre sa fiancée enceinte, plus une gamine qu'il considérait comme sa nièce. Et il a encore la force morale d'adopter Indy ? Cet homme est un saint. Et Indy m'a tout l'air en train de prendre le même chemin. J'ai honte d'être un sale gosse tout d'un coup. Je suis cerné par la sainteté. Y'a de ces gens, comme ça. Des gens bons, tellement que vous êtes tentés de croire qu'en fait y'a vraiment une élection divine parce que c'est pas possible d'avoir autant de qualités quand d'autres gens sont aussi cons. Et puis une ordure manque de vous renverser avec sa poubelle roulante, puis reviens pour s'excuser et vous vous rappelez que vous vivez simplement sur terre. Ni blanc ni noir, le monde est arc-en-ciel. Sauf l'appareil-photo d'Indy qui est noir. Cadeau de papa. Je ne saurais pas dire si cette fille est extrêmement chanceuse ou si c'est son papa qui a un karma de macadam. En tous cas, je ne peux qu'approuver le fait d'offrir ce genre d'appareil. C'est ce genre de cadeaux qui ne dépendent que de leur utilisateur, qui ne leur imposent pas un statut contraignant et peut même leur offrir une forme de libération. Le cadeau parfait. Mais mon idée est arrêtée et elle en a déjà un. Je trouverai un autre cobaye. Quand j'aurai des sous. Et je note Evergreen. Salade composée, Evergreen, week-end. Pas difficile à retenir. Mais revenons à la conversation.

« Je livre des pizzas à des gens que mon existence n'offense pas assez pour refuser la livraison, ça me permet de payer mon loyer. Je jouais aussi de la guitare avant mais mes ongles me le permettent plus. J'aime bien aussi distraire les gens, leur offrir les essentiels - à savoir string, peluche, poing américain, amulette de longévité, crayon, dentifrice - quand je m'aperçois qu'il y a un manque. J'ai déjà offert un dictionnaire aussi, mais juste une fois. Et bien sûr dominer le monde, mon passe-temps favori. On dirait pas mais ça défoule pas mal de prendre cinq minutes pour se dire que le monde nous appartient et qu'on peut tout demander. En plus des fois ça marche. »

Tout est dans l'assurance. Celle de la personne à qui vous vous adressez. Si elle en a une bonne, elle se fiche complètement de se faire voler douze dollars cinquante. Bien sûr, ça n'a absolument rien à voir avec la tête que je tire à sept heures tapantes sans petit-déjeuner. Du tout. Ceci dit, je dois admettre que cette histoire m'a un peu froissé quand j'ai compris que l'individu en question s'était cru agressé. J'avais demandé poliment d'abord ! En m'accrochant certes à ses vêtements, mais j'avais faim. Du coup je lui ai rendu ses sous après. Et le lendemain, j'avais une tête de déterré faute d'avoir pu me payer un petit déjeuner digne de ce nom. Hors de cet incident, tant qu'il ne s'agit pas d'argent, on est facilement surpris de tout ce qu'on peut demander et obtenir de gens tout à fait inconnus. Une fois, j'ai emprunté la voiture d'un type friqué. J'ai appris en la lui rendant qu'il m'avait pris pour un voiturier, mais comme son bijou n'avait rien et que j'étais pile à l'heure on aurait pu devenir potes. Mais j'ai critiqué son candidat favori au motif qu'il était homophobe et il me boude depuis. Ou alors il me craint, je sais pas. Je saurais pas dire s'il était plus estomaqué quand j'ai dit que je ne voterais pas pour ce type ou quand je lui ai dit que j'étais gay et que ça serait me tirer dans le dos avec un tank. Mais revenons au sujet principal : mes passe-temps.

« Sinon le week-end prochain, je compte participer à l'enterrement de dieu en tant que principal protagoniste, il me semble que t'es invitée aussi d'ailleurs, et j'aime bien donner des gages débiles aux gens que j'aime bien. Il m'arrive de harceler les gens pour tout savoir de leur vie mais je fous la paix à mes amis sur ce point, sinon ils le resteraient pas longtemps. Si tu veux me parler tu me parles, sinon c'est pas grave. Par ailleurs, je ne peux pas voir un jouet sans avoir envie de l'essayer, alors... Tu veux pas me prendre en photo ? Je te la dédicace... Une photo de dieu dédicacée, c'est la classe non ? Signée du nom complet bien sûr ! »

Quelques battements de cils pour renforcer ma prière à mains jointes. Je ne minaude pas, je m'efforce méthodiquement d'obtenir ce que je veux, c'est différent. J'ai envie de voir comment ce bidule fonctionne, envie de voir comment Indy l'utilise, et surtout j'ai envie d'utiliser ma toute nouvelle signature. Y'a pas, j'en suis fou. Je crois que je vais garder cet acronyme. Jalousement. C'est mon cadeau à moi. Na.
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MessageSujet: Re: The way we are [Terminé]   Sam 28 Avr - 20:10

Bon bon bon, les cheveux c’était interdit ça, c’était fait, Ingrid se le gravait en note dans un coin de sa tête. Mais elle avait, du coup, une envie irrépressible de les lui ébouriffer. Ingrid n’avait jamais été la petite fille modèle qui aime le rose et joue avec des poupées barbies, par contre qu’elle qu’elle appréciait enquiquiner le monde, et ce depuis son plus jeune âge. Elle faisait toujours le contraire de ce qu’on lui demandait si elle savait que ça agacerait la personne. Mais toujours pour délirer, jamais pour énerver. Et puis elle savait se contenir aussi, et choisir les bonnes personnes avec qui agir de la sorte. Enfin elle gardait cette envie aussi dans un coin de sa tête pour éventuellement la ressortir plus tard, pour embêter Morgan, le moment venu.

C’était assez étrange car, les deux fois précédentes où ils s’étaient rencontrés, Ingrid n’avait de cesse que de le remettre à sa place, au point qu’il devait croire qu’elle ne l’appréciait absolument pas. Mais cette fois ci était différente. Ingrid avait une envie irrépressible de le taquiner. En fait elle l’aimait bien. Il était décalé et il égayait quelque peu son existence. Bien que la sienne semblait être un mélimélo tout à fait confus de rencontre et d’évènements incontrôlés qu’il devait à présent assumer. Cela devait être dur pour un jeune homme qui ne savait pas franchement s’occuper de lui-même, d’avoir la lourde tâche d’assumer deux futurs petits bambins ! Ingrid se posa alors plusieurs questions, notamment celle qui concernait sa situation de couple. Mais c’était trop indiscret alors elle la conserva pour elle. Et ce même si la question persisterait tant qu’elle le verrait. Après tout comment imaginer Morgan père ? C’était quand même aux antipodes de ce qu’il montrait.

En parlant de père, il voulait tout savoir sur Keaton, le tuteur légal d’Ingrid depuis le 25 septembre. Ce n’était pas évident de parler comme ça de lui, surtout que le pédiatre n’était pas quelqu’un de très explicite. Il ne parlait pas beaucoup. Mais elle l’aimait beaucoup. Un jour peut-être l’appellerait-elle « papa ». Mais pour lors, il était son « sauveur » et elle l’aimait comme un membre de sa famille à part entière. Il était tout ce qu’elle avait à présent. Lorsqu’elle y réfléchissait, Ingrid se disait qu’elle défendrait cet homme contre vents et marées et contre toute attaque négative que l’on ferait à son égard. Elle lui devait bien ça. D’ailleurs en parlant ainsi à Morgan, elle se demandait si elle ne faisait pas là une erreur… Peut-être qu’au fond il gagnait son amitié pour mieux se renseigner sur lui, il lui avait bien dit d’être prudente. Mais ce n’était absolument pas ce qu’elle faisait. Elle se promit alors, intérieurement de ne plus donner d’informations sur Keaton. Du coup elle reporta son attention sur Lotus, et lui demanda ce qu’il faisait à part offrir des strings à des jeunes filles. Cette approche la fit sourire, mais elle resta tout de même attentive… Ainsi donc il livrait des pizzas, peut-être pourrait-elle le faire venir à la maison sous ce prétexte ? Et offrir des essentiels… Voilà un garçon bien pragmatique, qu’il fallait avoir dans ses contacts. Il pouvait aider. Par contre l’idée du dico n’avait pas du plaire à la personne qui l’avait reçu. Offrir un dico ou comment dire « t’es une quiche en anglais reprends les bases ». Au moins, Ingrid était sûre d’une chose : Lotus avait du tact.

« Alors je retiens : l’enterrement du dépravé immature enthousiaste et usant, la peluche, le poing américain… quoi que non j’en n’aurais pas besoin… et euh…. Les pizzas ! »

Mais plus que cela, Ingrid souriait parce qu’il venait indirectement de lui dire qu’il l’appréciait et peut être même, si elle n’interprétait pas mal, qu’il commençait à la considérer comme une amie. Il ne fallait rien de plus pour mettre l’adolescente en joie ! D’ailleurs elle rougissait déjà. Et elle avait une de ces envies de lui sauter au cou de se lover dans ses bras. Les bras d’un ami… Mais voulant éviter une catastrophe et ne comprenant pas trop ce qu’il lui arrivait elle redirigea de suite son attention sur son appareil photo. Il lui demandait un portait ! Très bien.
Ingrid prit l’appareil en main et recula un peu sa chaise, histoire de ne pas être trop près de Morgan. Puis elle régla le zoom pour ne pas avoir le bout du nez du garçon comme image principale. Elle attendit que l’appareil se stabilise, une main soutenant l’appareil par-dessous, l’autre le tenant de côté prête à appuyer sur le déclencheur…

« Sérieux, grimace ou simple sourire… Choisit, dans trois secondes j’appuie ! »

Et Ingrid immortalisa la scène dans son appareil. Puis entraînée par l’élan joviale que lui procurait la prise de photos, elle vint se positionner derrière sa chaise, et les prit tous les deux en photos ! Elle pourrait ainsi joindre la photo à celles déjà présentes sur sa table de chevet. Il méritait bien ça au fond, il la supportait et en plus, il lui faisait comprendre qu’il l’aimait bien, et en plus, encore, il allait l’accompagner sur la tombe de ses parents. Elle lui devait bien cette place, en effet…

« Hop celle-ci ça sera pour mon antre secrète ! »

Elle lui tira la langue et partit recommander deux chocolats chauds. Ingrid était vraiment toute joyeuse et ne regrettait pas de s’être aventurée en ville le weekend end. Elle avait chaud, et ne savait pas pourquoi, ses bras étaient tout rosis, comme si sa capacité s’activait, pourtant elle ne sentait pas vraiment de faiblesse, ni même de danger… Elle ne se sentait pas mal. Enfin, elle revint avec deux boissons, elle déposa une tasse devant Morgan et l’autre devant elle.

« Je te ramènerais les photos le weekend prochain pour une dédicace spéciale DIEU ! En plus je te verrai tous les jours avant de me coucher… Ce n’est pas mignon hein ? »

Elle se moquait à moitié d’elle, mais Ingrid aimait bien avoir les photos de gens qu’elle aimait bien près d’elle lorsqu’elle s’endormait. Ca l’aidait à se concentrer sur autre chose que l’histoire tragique de sa vie passée, et ainsi elle évitait de faire des cauchemars.
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Morgan J

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MessageSujet: Re: The way we are [Terminé]   Mar 1 Mai - 11:10

Les pizzas. Bien sûr. Au moins on peut dire qu'elle a le sens des réalités. Pas pour autant que je pourrai lui en avoir de gratuite, mais je trouve assez mignon cette façon de souligner d'abord et avant tout la nourriture. Surtout après le coup de frayeur du poing américain. Même si du coup je suppose qu'elle n'en a pas, ce qui est une grave erreur, je trouve rassurant qu'elle ne croie pas en avoir besoin, si erronée que puisse être cette analyse. On a toujours besoin d'une arme de secours. Chacun la sienne. J'ai une préférence pour le poing américain parce que je sais vaguement me battre et que je suis un peu écolo sur les bords. Les gaz lacrymogènes, c'est pas mon fort. Mais si Indy préfère des moyens de défense de ce genre, je ne vais pour autant lui jeter la pierre. Quand il s'agit de sécurité, il est facile d'oublier tout le reste, et tant qu'on n'en arrive à aucune extrémité fâcheuse il n'y a pas lieu de se prendre la tête. J'espère en revanche ce ce dénigrement était bien limité aux armes, car je ne tolèrerais pas qu'on méprise une honorable peluche devant moi ! Les objets transitionnels sont sacrés, leur manquer de respect est donc un sacrilège. Tout le monde a besoin d'une peluche, je n'en démordrai pas. Autant je pourrais abandonner un jour la Cause des Strings, autant les peluches sont et resteront un de mes chevaux de bataille favoris.

Mais place à la photo. Trois secondes pour se décider, c'est peu. D'instinct, je serais tenté de prendre une mine flippante ou niaise comme je sais si bien le faire pour gâcher les clichés intempestifs, mais cette fois-ci c'est une photo que j'ai demandée donc ce serait stupide de faire (trop) le pitre. D'un autre côté, sérieux, moi, c'est pas possible. Sourire ? Attention, elle est en train de braquer son objectif sur moi. J'ai pas le temps de réfléchir. Bon, on va opter pour le sourire. Mais discret. Juste ce qu'il faut pour souligner le regard. Clic. J'ai pas pu m'empêcher de loucher. Le jour où j'arriverai à regarder un téléobjectif en face, j'envisagerai de me lancer dans la politique. Enfin, faudrait aussi que je sois photogénique pour ça. Et lèche-culs. Et que mes opinions soit en assez grande partie partagées pour me garantir un électorat. Faudrait que je sois quelqu'un d'autre quoi. Enfin, la photo ne sera sans doute pas trop ratée puisque j'y ai mis de la bonne volonté. J'y crois, j'ai la foi, j'aurai la classe. Une photo de Dieu qui louche, ça ne peut qu'avoir la classe. Hey, mais qu'est-ce qu'elle fait là ? La Photo, le Retour, mais j'suis pas prêt moi ! Je gâte ou pas ? Bon allez, je ne fusille pas l'objectif dur regard. Je souris et je... fais un doigt d'honneur. Mauvais réflexe. Avec un peu de chance le cadrage l'éliminera, j'ai du le faire assez bas.

... Pour son antre secrète ? Là d'un coup je sais plus si ma main a eu une bonne ou une mauvaise initiative. Bonne peut-être pour la protestation. Pour la forme quoi. Bonne pour ce qu'elle aura du mal à développer un culte sur cette photo (je maintiens qu'il est nettement moins sain de m'adorer que de vénérer son pôpa), mais si son père tombe dessus je vais être un prétexte à gros sermon. Enfin, n'a-t-elle pas dit "secrète" ? Ce qui est secret l'est peut-être aussi de son père, ou tout du moins faut-il l'espérer. Pour le reste, je ne pense pas qu'elle le prenne trop mal elle-même. Après tout je suis et reste un sale gosse, elle le sait depuis le début, et c'est sans doute sain de rappeler qu'un chocolat chaud n'achète pas ma docilité. Je note tout de même au passage que nous sommes d'accord sur la date de mon enterrement. Par contre, on est un peu moins d'accord sur l'utilité d'une photographie. Me regarder tous les jours avant d'aller se coucher ? Mignon ? On n'a pas le même sens de ce qui est mignon alors : pour moi un truc comme ça c'est inquiétant, malsain, dangereux et incommode au possible. Y'a quand même mieux à faire le soir que de vénérer un portrait, du moins quand c'est pas celui du dictateur en place !

« T'as pas mieux à faire de tes soirées, genre réviser tes leçons ou te faire raconter une histoire de princes et princesses ? Parce que moi j'ai beau être dieu j'suis pas très adapté au culte... Déjà j'suis pas ouvert aux prières, donc si j'intègre ton panthéon ça sera purement décoratif. T'as intérêt à avoir d'autres toute-puissances pour te venir en aide. »

Oui, je suis un dieu qui ne se fait pas prier. Je sais, c'est moyennement cohérent, mais si j'étais capable de cohérence au départ je serais pas mort aujourd'hui. Car je suis toujours mort, chocolat chaud ou pas. C'est d'ailleurs une initiative assez surprenante de la part d'Indy d'en commander un deuxième. Le premier suffisant à justifier notre présence ici, il n'était nul besoin de récidiver dans la gourmandise, sinon pour le plaisir de dépenser des sous. À moins qu'elle ne soit pas à l'aise à une terrasse si son verre ou sa tasse est vide. Il y a des gens comme ça. J'ai connu une fille qui ne supportait pas la vision d'une chope vide. Elle buvait très lentement du coup, mais si elle finissait par la vider avant la fin de la conversation elle ne pouvait pas s'empêcher d'en commander une autre dans les deux minutes. Comme pour se donner une contenance. Moi, je suis pas dans ce cas-là. Ce qui fait que je trouve assez gênant de me faire payer deux chocolats chauds. Manquerait plus qu'elle enchaîne sur un troisième, tiens. Je finis ma tasse, avec la légère impression de la gâcher. Depuis que je l'ai croisée, je vis sur le compte d'Indy maintenant que j'y pense. La veste, les chocolats, la thérapie du verbe... Faut que je m'en aille avant de me faire définitivement adopter, j'ai passé l'âge.

« Bon, c'est pas tout ça mais j'ai toujours deux strings à acheter, des ingrédients à trouver et une surprise à dénicher. Sans compter que ta super-veste doit manquer à son propriétaire, c'est dommage d'ailleurs je te l'aurais bien chipée, mais si tu ne la rends que dans une semaine ça pourrait poser problème. »

Je lui rendrais bien en personne mais je me sens porté à la rapidité depuis quelques secondes. J'ai envie de partir, je dois partir, et rien ne doit m'en empêcher. Alors je pose soigneusement la veste sur la chaise et fait un sourire à Indy pour avoir un peu moins l'impression de fuir comme un voleur. Normalement, le fait qu'elle m'ait invité aurait du m'enchaîner à ce siège jusqu'à ce qu'elle veuille bien me libérer. Mais j'ai ma vie, elle a la sienne, et nous nous reverrons. Quant à moi, tout en lui disant au revoir, je songe que je n'aurais pas pu maintenir l'illusion bien longtemps encore. Je vais un peu mieux avec elle, mais je ne vais toujours pas bien, et si je laissais éclater ma déprime ça n'arrangerait certainement pas les choses. Le désespoir est une chose contagieuse, et si enfoncé que je puisse être dans ce marasme je n'ai pas envie de le partager. Imposer mes malheurs à autrui n'a jamais fait partie de mes principes. Adieu donc, Indy, et à une prochaine fois. J'espère que je pourrais sourire et être franc cette fois-là.
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The way we are [Terminé]

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