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 En cette danse où se joue le hasard [Terminé]

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Calista Freeman


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MessageSujet: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Mar 24 Sep - 14:51

Les jours ont filé comme c'est souvent le cas lorsque l'on est prise dans la routine quotidienne. Calista se sent vraiment bien à présent au journal. Elle s'entend avec son chef de service, il semble vraiment satisfait des tâches qu'elle accomplit et est parvenu à la mettre en confiance rapidement, ce qui est une sacrée prouesse. Depuis peu elle a même sympathisé avec une collègue qui s'occupe de travaux administratifs, dans les bureaux donc. Ses journées sont bien remplies entre le classement, l'aide apportée aux journalistes, les recherches et les discussions en salle de pause avec sa nouvelle copine divorcée comme elle et mère de deux enfants. Le soir, elle se plonge dans ses lectures. Près de son fauteuil, elle trouve posé sur la table basse le premier tome de sa saga. Un post-it rose est collé dessus, on peut y lire : « tu ne dois pas oublier de lire celui-ci en priorité ». Elle ne se souvient plus pourquoi généralement, mais si c'est écrit il existe forcément une bonne raison pour qu'elle suive ce conseil. Sa petite tête a laissé échapper le souvenir de la rencontre avec Ezekiel, elle a tout autant zappé le rendez-vous à venir. Il est une image par contre qui n'a pas quitté son esprit : le regard azur du jeune homme. Certains croient que les yeux sont le miroir de l'âme... Elle est bien incapable de se rappeler à qui il appartient et où elle l'a croisé mais il revient régulièrement hanter ses pensées pour une raison qu'elle ne s'explique pas.

Le roman a bien avancé, elle s'est prise d'affection pour la fière et indépendante Molly, une femme forte à qui elle aimerait sans doute un peu plus ressembler. Bien sûr elle suit avec intérêt les tribulations du héros et son parcours initiatique. Les chapitres s'égrainent comme dans le sablier du temps et la semaine touche à sa fin tandis qu'elle approche du dénouement. Le dimanche en consultant son précieux agenda, elle y lit le pense-bête sur le poème qu'elle doit écrire. Comment évoquer en rimes un moment de sa vie dont on n'a pas le moindre souvenir ? Heureusement qu'elle a scrupuleusement consigné par écrit les grandes lignes de cette rencontre. Et tandis qu'elle cherche l'inspiration, qu'elle essaie de trouver les mots adéquats pour formuler une jolie tournure, le regard bleu revient flotter dans sa mémoire. La jeune femme fait un effort pour se souvenir qui est celui qui peut bien l'avoir marqué de cette façon, sans succès. Mais les mots lui viennent un peu plus facilement lorsqu'elle se remet à son ébauche de poésie. Bien entendu le résultat final lui apparaît médiocre, ce qui n'est pas une surprise. Elle referme le carnet et le range précieusement sur le bureau avant de s'atteler à ses occupations dominicales.

Le lendemain matin, elle s'affaire à choisir une tenue pour son rendez-vous avec un homme quasiment inconnu dont elle n'a aucun souvenir même si les mots qu'elle a écrit à son sujet semblent prouver qu'il lui a plu. Elle se sent nerveuse, elle n'est pas « sortie » avec un individu de la gente masculine depuis bien longtemps. Le dernier et quasiment premier était son ex-mari... Cali essaie de se calmer en se disant que ce n'est pas une entrevue galante, juste un échange entre deux personnes partageant des centres d'intérêt communs. Elle choisit une robe bleue, cintrée, assez simple et élégante cependant. Vient le moment de faire les courses comme chaque lundi matin. Heureusement que l'alerte de son portable (pour une fois que la technologie est utile!) la rappelle à l'ordre sinon elle aurait manqué son rendez-vous de 13h. Elle traverse une partie de la ville pour se rendre au Venice Beach. Arrivée sur place, elle patiente, patiente, patiente encore jusqu'à se demander pourquoi elle est venue. Elle vérifie son agenda, elle ne s'est pas trompée d'heure ni de lieu. Peut-être qu'Ezekiel a changé d'avis, peut-être qu'il ne tient pas tant que cela à la revoir ou bien il a eu un contretemps. Elle hésite, regarde l'heure à nouveau... Finalement elle se pose sur un banc et se plonge dans le dernier chapitre de la saga qu'il lui a conseillé. Après quelques paragraphes, tout lui a de nouveau échappé. Elle ne ressent pas la déception de voir l'homme qu'elle attend lui faire faux bond, ni l'inquiétude de mal se comporter à cause de ses oublis si handicapants ou de faire une gaffe elle qui est si malhabile dans ses relations avec les autres. Non, seul compte les aventures de Molly et de Fitz Chevalerie Loinvoyant. Et ce regard bleu capable de faire sembler l'azur du ciel si terne...

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Ezekiel Styn


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Jeu 26 Sep - 18:24

Le lundi poignait à l'horizon alors qu'Ezekiel songeait de nouveau à cette rencontre quelques jours auparavant.

Alors qu'il se dirigeait vers la sortie, il s'était arrêté et retourné pour voir une dernière fois celle avec qui il avait passé un agréable moment.

Il jeta un regard vers le livre qu'il avait pris, Les Métamorphoses d'Ovide, tout un programme.

Les journées passèrent vite, le week end dévoré entre la lecture de ce pavé - c'est le moins qu'on puisse dire - et le défi qu'il avait lancé, et qui avait été accepté. Il avait déjà lu les 4 premiers livres, mais compte tenu du style ancien et poétique de l'ouvrage, il mettait beaucoup de temps qu'une oeuvre classique. Il se rassurait en se disant que de toute façon, Calista n'arriverait jamais à lire les 13 tomes d'ici lundi.

En tout cas, cela lui changeait de ses lectures habituelles. Quoiqu'il en soit, en ce lundi matin, Ezekiel regarda les différentes tenues qu'il avait prises dans son périple d'indépendance ratée.

Il mit de côté la moitié de ses habits, non repassés, 2 tenues repassées, mais brûlées (ça, c'est fait), une autre non lavée, et deux - trois ne se prêtant pas au rendez-vous en question.
Il regarda ce qui lui restait, à savoir pas grand chose. Heureusement, même si personne ne les verrait jamais, ses sous vêtements étaient propres et opérationnels !

Il se rabattit vers une chemise à manche courte, un jean bleu, bref, ce qu'il en avait en main, décontracté mais pas trop, genre à l'aise mais sans être provoquant.
Ezekiel se regarda dans le mini miroir de la salle de bains commune, détaillant son reflet. Parbleu, il devenait une femme !

Le rendez-vous était prévu à 13h, et à en juger la distance en bus, 1/2h serait largement suffisant pour parcourir la distance.
Il partit donc à 11h00. Au cas où.

11h10 : Arrivée sain et sauf jusqu'à l'arrêt de bus.
11h12 : Montée sain et sauf dans le bus.
11h12 : A oublié sa monnaie, quitte le bus.
11h26 : De nouveau à l'arrêt de bus, mais avec de la monnaie haha !!
11h28 : Le bus devrait être là.
11h44 : Le bus aurait dû être là.
11h46 : Ezekiel regarde le récapitulatif des horaires de bus, avant de constater que le lundi, il n'y a pas de bus sur l'horaire du midi, le prochain n'étant qu'à 13h28
11h46 : Ezekiel panique.
11h48 : Remis de ses émotions, Ezekiel court le plus vite qu'il peut.
11h52 : Ezekiel se rend compte qu'il s'est trompé de côté, et qu'il s'éloigne de son point de rendez-vous, il songe sérieusement à se pendre avec un élastique.
12h10 : Il félicite son choix d'une chemise à manches courtes, et blanche, tant il est en nage à courir comme un clampin.
12h14 : Il se maudit d'avoir choisi une chemise à manches courtes et blanches, alors qu'il ne voit pas la bordure du trottoir, et se ramasse comme une sous m****, les coudes en sang, et sa chemise bicolore d'un blanc / poussière du meilleur goût.
12h18 : Un commerçant, non loin de la scène, arrive à reprendre son souffle entre deux fous rire pour l'autoriser à se nettoyer dans les toilettes.
12h20 : Ezekiel a désormais une belle auréole au niveau de l'entrejambe, le jet du robinet ayant trouvé une probabilité quasi impossible à gicler pile dans cette direction.
12h24 : Ezekiel ne saigne plus, donne l'impression de s'être pissé dessus, s'est épongé le visage pour paraître comme un semi marathonien au lieu d'un marathonien, ce qui en soi est encourageant.
12h46 : Venice Beach n'est pas loin, un bref regard à sa montre.... qu'il a oublié donc un bref regard à son poignet ne lui donne pas d'indications quant à savoir s'il est à l'heure ou pas. Un passant lui dit qu'il est dans les temps, voir même 1/4h d'avance !
12h48 : Ezekiel marche lentement, reprenant son souffle et essayant de ne pas paraître plus rouge qu'il ne l'est déjà.
12h52 : Ezekiel est presque présentable, il réajuste sa chemise, frotte son entrejambe pour sécher son jean encore mouillé, passant pour un pervers auprès de deux mamis qui faisaient leur marche quotidienne le long de la plage.
12h56 : Ezekiel se met en route vers l'endroit convenu, sortant de sa poche son papier où il avait écrit son poème.
12h56 : Ezekiel se rend compte qu'il a oublié de mettre son poème dans la poche.
12h56-12h58 : Ezekiel pousse un cri primaire - même pas viril - hurlant à la face du monde cette poisse qu'il traîne à vie.
13h00 : Ezekiel commet son premier méfait depuis bien longtemps, en piquant une serviette dans un MacDo non loin. Il se met à gribouiller dessus tant bien que mal avec son stylo qui fuit désormais les bribes du poème qu'il avait pourtant mis tant de temps à écrire pour ne pas décevoir Calista.
13h08 : Ezekiel commet son deuxième méfait depuis bien longtemps, en piquant PLUSIEURS serviettes au même MacDo, avant de s'enfuir après ce casse du siècle.
13h36 : Ezekiel termine enfin son poème qu'il a réussi à faire tenir sur 4 serviettes, ne sachant même pas comment les plier, se disant déjà l'air con qu'il va avoir quand il va sortir ça devant Calista. Si elle ne fuit pas après cela, il ira à l'Eglise faire une prière pour la forme.

Il la vit sur un banc, plongé dans sa lecture. Ce n'était pas tout qu'elle ne fuit pas, mais surtout qu'elle n'était même pas partie ....
Premier rendez-vous - même amical - et elle était restée. Lui aussi serait resté, avant de constater que même deux heures plus tard, on lui aurait posé un lapin. Mais elle ....
Il s'avance, tout penaud, comme un enfant qui attend sa punition.

Il se posa devant elle, croisant ses mains alors qu'il se triturait les doigts, et toussota un peu pour s'éclaircir la voix et lui faire remarquer sa présence.
La chemise froissée et sale, le jean à peine sec, les coudes écorchés, il avait bien piètre allure pour un rendez-vous.

- Bonjour Calista. Je suis .... terriblement navré de vous avoir fait attendre, c'est inacceptable... Si je vous racontais ce qui m'est arrivé, vous ne me croiriez pas ... Mais merci, vraiment, merci d'être restée à m'attendre, même si c'est pour m'insulter car vous auriez bien raison....

Il soupira, l'air presque hagard.

- Mais si vous le souhaitez toujours, mon invitation à vous payer un repas tient toujours, et plutôt deux fois qu'une. En espérant qu'ils acceptent un dépenaillé comme moi...
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Calista Freeman


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Ven 27 Sep - 11:45

Absorbée dans sa lecture, une voix la tire de l'histoire et elle relève le nez. Il lui a semblé entendre son prénom. C'est là que son regard croise les deux saphirs, ceux-là même qui hantent ses pensées. Voici donc le visage à qui ils appartiennent ? La jeune femme regarde ensuite autour d'elle, se demandant où elle peut bien être et surtout ce qu'elle fait là. Ses yeux sont de nouveau happés par ceux de l'inconnu. Elle n'a jamais vu un regard si beau et si profond... Ou plutôt si, visiblement elle le connaît et phénomène étrange : sa mémoire défaillante ne l'a pas oublié. Bon, tâchons de réfléchir se dit-elle. Il sait qui je suis, nous avions visiblement rendez-vous et il est en retard. Ce sont de premiers éléments importants, même si évidemment le reste lui échappe comme toujours. Un repas ? Rapide réflexion et grognement de son estomac. En effet, Calista a faim. Un rapide coup d’œil à sa montre au poignet lui indique qu'il est presque 13h30. En général elle mange vers midi, le corps prend les habitudes qu'on lui donne. Elle sourit avec douceur à l'écrivain sans le sou pour le rassurer.

« Bonjour, ne vous en faites pas j'étais en agréable compagnie. Elle montre le roman qu'elle a entre les mains. Vous connaissez ?

Elle a bien évidemment complètement omis le fait que c'est lui qui le lui a conseillé. L'assistante essaie de se concentrer pour se souvenir de son prénom et de comment elle l'a rencontré. Heureusement les notes de son agenda viennent à sa rescousse. Gagné ! Elle va encore passer pour une idiote.


- Oh évidemment, c'est vous qui m'en avez parlé. Excusez-moi, j'ai un peu la tête ailleurs.

Cette fois c'est un sourire d'excuse qu'elle lui adresse en se relevant de son banc. Elle glisse le livre dans le grand sac à main qu'elle porte à l'épaule. Son regard brun parcourt ce qui les entoure. Il est probablement un peu tard pour s'installer dans un restaurant et elle a noté sur son carnet que sa nouvelle connaissance a un budget limité. Son attention se reporte sur lui, elle évite de le détailler pour ne pas le mettre d'avantage mal à l'aise vu qu'il semble l'être.

- J'espère qu'il ne vous est rien advenu de fâcheux. J’aperçois un vendeur de hot-dogs un peu plus loin. Cela vous convient ? Il y a longtemps que je n'en ai plus mangé.

Ils se dirigent donc vers le petit snack ambulant où un homme moustachu un peu gras prend leur commande. Ce sera moutarde et sans oignons pour la jeune femme, des frites oui bien sûr ainsi qu'un gobelet de soda caféiné aussi appelé cola. Après que chacun ait récupéré sa boisson et son repas, ils s'éloignent un peu vers la plage. Ils trouvent une petite table en bois, s'asseyant chacun de part en part. Le mobilier de plein air est si menu qu'il les oblige à une proximité les mettant visiblement l'un comme l'autre mal à l'aise.

- Je ne sais pas vous mais je meurs de faim. Dit-elle en contemplant son sandwich avec méfiance.

C'est le genre de mets qu'on regrette d'avoir accompagné de sauce. Il est toujours une petite goutte bien visible pour tomber sur un vêtement et vous embarrasser pour le reste de la journée. La jeune femme prend donc mille précautions en croquant délicatement dans son chien chaud. Elle est s'y absorbée par sa tâche qu'elle quitte pour un temps du regard son voisin de table. Jusqu'à ce que...une giclée de sa sauce à lui vienne tâcher le bleu de sa robe à elle. Les yeux noisette se glissent vers la grosse auréole qui ressort sur le tissu pile au centre de la robe juste sous le décolleté. L'espace d'une seconde son visage doit sembler aussi stupéfait que déconfit. Puis finalement elle se met à rire, de son rire joyeux et cristallin. Elle relève le nez vers Ezekiel qui semble tout dépité.



- Ne vous en faites pas, cela partira au lavage. Je redoutais ma propre maladresse et vous m'avez eu par surprise. Je ne pensais pas que l'attaque de la sauce, ennemie vestimentaire de longue date, viendrait de si loin.

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Ezekiel Styn


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Sam 28 Sep - 0:11

En agréable compagnie ? Ezekiel jeta un regard autour d'elle avant que cette dernière ne lui montre le livre qu'elle tient en main.

- Ah !! Le célèbre Assassin ! Si je le connais ? Ezekiel fronça les sourcils, se moquait-elle de lui en retour de son retard ?... Bien sûr que ... je .. le connais, c'est, c'était moi qui vous l'avais conseillé à la bibliothèque lors de notre dernière rencontre.

Elle était déjà en train de compulser un agenda rempli d'inscriptions diverses et en tout genre, où chaque espace vide semblait inexorablement grignoté par des encres de différentes couleurs. Et apparemment, ce qu'il venait de dire concordait avec ce qu'elle avait lu. Avait-elle déjà oublié leur première rencontre ? Alors pourquoi était-elle venue à celui-ci ?...

- Ce n'est pas grave, ça arrive à tout le monde ... Enfin à ce point songea-t-il, c'était pas mal dans son genre non plus..

Il la regarda se lever, détaillant comme la première fois son physique et sa tenue, avec cette innocence et cette naïveté qui le caractérisent. Ce bleu lui allait vraiment bien, et c'était sa couleur préférée en plus. Il se prit à sourire un peu niaisement avant d'entendre les paroles de Calista.

- J'ai réussi à survivre, malgré ce retard que je ne me pardonnerai jamais. Je n'ai déjà pas l'habitude d'avoir un rendez-vous même amical avec une femme, alors arriver en retard, c'est impardonnable. Dire que j'étais parti 2 heures à l'avance pourtant.

Ezekiel soupira comme bien souvent, avant de hausser les épaules. Il ne pouvait plus rattraper le passé, mais pouvait pour le temps qu'elle voudrait bien lui accorder, profiter du présent.

- Oh un hot dog m'ira très bien aussi, mais comme repas que je vous offre, j'aurai préféré vous offrir mieux. Mais en tant qu'invitée, je m'incline, et puis ça fait bien longtemps que je n'en ai plus mangé non plus. En tout cas des vrais de vrai, pas de ceux à faire cuire au micro onde pour se retrouver avec du pain tout mou et une saucisse au goût plastique dans les mains.

Après que Calista ait choisi, il opta pour un hot dog aux oignons et sauce ketchup, et s'empressa de payer l'énooooooorme somme au gras qui sue à moustache. Il choisit une bouteille d'eau car la dernière fois qu'il avait pris un soda, il avait vu quelque chose qui lui avait fait rire, et il avait tout recraché par le nez. Il ne tenait pas à réitérer cette expérience douloureuse et humiliante devant elle.

Comment dans le pays des obèses, on pouvait concevoir des tables pour anorexiques pareilles ! Les genoux des deux se frôlaient, se touchaient même parfois, et Ezekiel en rougissait à chaque fois.

- Après le marathon que je viens de faire, je pourrai manger le snack entier pour ne rien vous cacher !!

Il lui sourit et réajusta son assise sur ce banc pour demi-fesse, et son genou toucha l'intérieur de ceux de Calista, surprenant malgré le caractère anodin de la chose Ezekiel qui mordit un peu trop à pleine dent son hot dog encore gorgé de ketchup qui ne demandait pas son reste pour ficher le camp.

"Pfiiiit" : S'il existait une onomatopée pour définir la fuite du ketchup d'un hot dog, ce serait celui-là. Comme bien souvent dans ce genre de situations, Ezekiel voyait la scène au ralenti. Ce bataillon rangé de sauce carmine frapper en plein cœur la femme devant lui. Il s'était fait battre par du ketchup ! Non mais mer** quoi, même le ketchup arrivait à atteindre le cœur des filles, et pas lui !!!

Il se figea, les yeux écarquillés, comme si la plus pure immobilité pouvait le rendre moins coupable. Il fixait Calista, l'air abruti avec un hot dog dans la bouche.

C'est foutu pensa-t-il. Grillé, fini, cassé, brisé, détruit, explosé, écrabouillé. Il pourrait entrer une nouvelle ligne dans sa mémoire dans les anecdotes relationnelles avec le sexe opposée : il avait ketchupisé une femme !

Au lieu de cela elle rit, et lui expliqua que ce n'était pas grave. Cela ne rassura pas du tout Ezekiel, toujours déconfit par ce qu'il venait de faire.

Il bredouilla tant bien que mal des excuses en se levant à moitié du banc, coincé par la table.

- Ah mais ce n'est pas possible, ce n'est pas possible ! Je suis terriblement désolé Calista, une si belle robe en plus, c'est pas possible ......

Il fouilla dans ses poches pour en sortir des serviettes, et avec l'eau de sa bouteille, les mouilla et s'approcha pour essuyer la tache coupable de sa gène.

Alors qu'il nettoyait comme il pouvait pour enlever le plus gros, il constata deux choses simultanément. Enfin trois ...

La première était qu'il était plus ou moins en train de caresser le haut de la poitrine d'une femme, sans son autorisation, et de surcroît qu'il connaissait à peine.
La deuxième était que si le rouge du ketchup imprégnait sa serviette, la robe se tachait d'un bleu plus sombre par dessus.
La troisième est que non content d'avoir sali un peu plus la robe avec l'encre sur la serviette, il venait de perdre une nouvelle bataille contre le ketchup, détruisant avec sa comparse l'eau son poème fraîchement réécrit.

Le visage d'Ezekiel devînt livide, pâle comme la mort, reculant sa main tremblante du décolleté de Calista. Les serviettes agglutinées entre elles tombèrent mollement sur la table. Il avait la bouche grande ouverte, pétrifié, et se laisse retomber sur le banc, effaré par son comportement.

S'il avait voulu sciemment tout faire pour foutre en l'air un rendez-vous, il ne s'y serait pas mieux pris qu'en cet instant.

- Je suis un cas désespéré, j'en ai la certitude à présent... Je foire toutes les chances qui me sont offertes, même si je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour que ça se passe bien. Je suis désolé que vous ayez été la victime Calista, je vous appréciais vraiment.

Nul doute qu'elle partirait à présent, mais ses jambes cotonneuses l'empêcherait de la suivre, ou même de partir de son côté. iIl était comme après une poussée d'adrénaline qui avait disparu aussi vite, laissant le corps vidé de toute énergie.

il jeta un regard vers son petit tas de serviette trempées. Une loque psychique, dans une loque physique. Pour une fois qu'il avait fait une si charmante rencontre...
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Calista Freeman


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Lun 30 Sep - 12:18

Ce n'est qu'une tâche après tout, rien qu'une machine ou qu'un tour au pressing l'en débarrassera. Le plus ennuyeux c'est surtout de l'arborer pour le reste du temps qu'ils passeront ensemble. Au moins ce n'est pas elle qui a causé la catastrophe. Pour une fois elle n'a donc pas à en rougir, enfin jusqu'à ce qu'il ne se mette dans la tête l'idée saugrenue de la nettoyer de lui même. Avant même que la jeune femme n'ait le recours de chercher des mouchoirs en papier dans son sac, Ezekiel a fait le geste de fouiller dans ses poches. Le voilà qui s'est encore plus rapproché, la mettant du même coup terriblement mal à l'aise d'autant qu'il entreprend de frotter son corsage. L'assistante devient rouge pivoine, perdue entre l'envie de ne pas le froisser d'avantage après sa maladresse cumulée à son retard et le besoin de rompre cette situation gênante. Son regard est de nouveau aspiré vers le sien tandis qu'il est concentré sur sa mission : faire disparaître la preuve de sa gaffe. Un instant elle perd totalement le fil de ce qui se passe, se moquant du rouge étalé sur le bleu de sa robe, des gens qui continuent leur vie autour en leur lançant parfois des regards intrigués. Elle zappe tout autant le fait qu'il n'est qu'à quelques centimètres d'elle et qu'il frotte un peu trop fort une zone drôlement intime de son anatomie. Calista a juste envie de se perdre un peu plus dans cet océan mystérieux, telle une aventurière admirant ce qu'elle devine être un trésor et en cherchant la clef.

Heureusement, l'homme finit par se reculer interrompant du même coup le charme qu'il a lancé sur elle. Elle secoue un peu la tête comme pour reprendre ses esprits. Cela ne lui ressemble vraiment pas d'être ainsi troublée par un inconnu. Elle n'aperçoit même pas l'ampleur du désastre, la robe étant d'une couleur un peu plus claire que l'encre elle pense que c'est dû à l'humidité. Les propos de son interlocuteur lui semblent particulièrement mélo-dramatiques étant donné qu'il n'a commis d'autre crime qu'une légère maladresse. Elle lève de nouveau le nez vers lui, surprise, avant de lui offrir un autre sourire qui se veut rassurant.


- Allons ce n'est rien qu'un peu de sauce sur du tissu. Cela disparaîtra au lavage et dans le cas contraire, j'ai d'autres robes vous savez ? Si on devait bannir tous ceux qui commettent des bourdes je serais depuis longtemps parquée à la campagne où je ne peux nuire à personne. Je vous assure qu'il n'y a pas de mal. Je ne vais pas vous fuir juste parce que les hot-dogs sont dangereux à manger. Nous n'allons pas laisser le ketchup se mettre en travers du chemin de la littérature n'est-ce pas ? Je suis impatiente de savoir si vous avez aimé Ovide et de parler avec vous du destin de Fitz.

C'est curieux, généralement Calista manque cruellement de confiance en elle. Pourtant cet étranger la met un peu à l'aise, probablement parce qu'il est lui même très peu sûr de lui. Elle pense donc d'avantage à l'aider, le rassurer qu'à ce qu'il peut penser d'elle ou ce qu'elle pourrait faire de travers. Cela est presque reposant ! Il est dans son caractère d'être gentille, douce et attentionnée avec les autres. Elle le fait donc avec naturel en cet instant. Elle est bien décidée à mettre de côté cette tâche. Avec un peu de chance une fois l'eau séchée elle sera moins visible. Du moins c'est ce qu'elle s'imagine puisqu'elle n'a toujours pas compris que l'encre des serviettes a bavé sur le vêtement. La jeune femme prend une nouvelle bouchée de son sandwich chaud. Son regard vient encore une fois accrocher celui de son voisin de table.


- J'espère que cela ne vous a pas coupé l'appétit, vous qui disiez avoir très faim. Il me semble que vous n'êtes pas d'ici non plus, qu'est ce qui vous a amené à L.A ? Le travail, l'inspiration, la famille ?

Elle grignote deux ou trois frites en l'écoutant parler, toujours le même sourire bienveillant aux lèvres. L'assistante ne peut s'empêcher de revenir à ses prunelles aussi souvent que possible. De sa main non grasse, elle fouille dans son sac pour en extirper un paquet de mouchoirs. En sortant un, elle s'essuie des doigts avec puis tend la paquet vers Ezekiel. Elle le repose après qu'il se soit servi ou non et croque dans son hot dog. Un peu de moutarde vient se perdre sur le coin gauche de sa bouche. Elle ne s'en rend pas compte et poursuit la discussion.

- Vous ne vous sentez pas trop perdu ici ? J'ai peiné pour ma part à prendre mes marques. Je commence seulement à me retrouver un peu au cœur des artères principales. Il faut dire que j'ai une très mauvaise mémoire, je compense un peu par mon sens de l'orientation qui n'est pas trop déplorable.

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Ezekiel Styn


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Mer 2 Oct - 8:43

Ezekiel tentait de reprendre contenance, assis, presque tassé sur lui-même, à écouter Calista dédramatiser la situation.

Il savait bien qu'en soi, tacher une tenue n'était pas la fin du monde. Il y avait tellement pire chaque tour, dans le monde et parfois juste à côté de soi. Mais pour Ezekiel, c'était un peu différent.

- Vous savez, l'importance de nos erreurs viennent aussi de leur fréquence. Quand vous en faites une petite ici ou là, une fois à jamais, bon, au bout d'une heure c'est déjà oublié. Mais quand ça vous arrive tout le temps, tout le temps, tout le temps... que vous le vouliez ou non, que vous faites tout pour éviter ces problèmes, mais qu'ils vous entourent pour s'agripper à quelque chose à la moindre occasion, cela vous pourrit véritablement la vie, et quand un événement positif arrive dans votre vie, vous essayez au maximum de le protéger, pour ne pas le laisser s'échapper.

Il croisa son regard, et tenta d'instiller un peu de bonne humeur en lui adressant un sourire un peu malassuré. Ils trituraient cependant ses doigts sous la table en bois, trouvant un certain réconfort à avoir la maîtrise de ces 10 extrémités dans un périmètre plus ou moins sûr. Cela dit, certaines phalanges souffraient de l'état d'angoisse de leur propriétaire.

Etat quelque peu rasséréné en voyant non seulement qu'elle n'avait toujours pas pris ses jambes à son cou, mais qu'au contraire, elle était désireuse de passer outre cet incident matériel pour discuter littérature avec lui. Son sourire large faisait resplendir son visage, et son regard noisette n'enlevait rien à son charme.

- J'ai commencé à lire les Métamorphoses d'Ovide oui. Je ne pensais pas possible de faire une oeuvre sur la base de poèmes aussi longues que celle-ci. On en compte pas loin de 12 000 vers. En tout cas, ceux qui avaient l'occasion de croiser les Dieux, ne riaient pas tous les jours.
Soit il s'agissait d'une belle et vierge femme, qui d'une façon ou d'une autre, sous une forme ou une forme, passait à la casserole du Dieu des Dieux, soit il s'agissait d'un infortuné qui ne pouvait lutter contre la toute puissance de ces mêmes Dieux, et pouvait espérer une mort douce en ayant la tête tranchée. Entre les nymphes, Pan, les satyres, les dieux, nous ne sommes que peu de choses. Je ne sais pas comment je réagirai si je m'étais retrouvé face à l'un d'eux. Ah si, j'irai écraser mon nez dans la poussière en priant pour leur clémence ! Il n'y a qu'à voir le sort de ce pauvre Argus, qui à peine les yeux fermés se retrouva la tête tranchée par Mercure !


Ezekiel brisa un peu cette gêne qu'il avait lui-même nourrie en riant, alors qu'il imaginait la scène de se trouver face à un Dieu. Il remit ses mains par dessus la table, et se saisit de son hotdog qui refroidissait déjà. Il le prit d'une main, l'autre faisant une sorte de bouclier entre elle et son sandwich. Vu sa chance, il aurait été capable de réaliser deux fois le même exploit.

Il croqua à pleine dents sans risque d'éclabousser sa partenaire, et le Destin lui rappela que le hot dog avait deux extrémités. Si sa main bouclier fut épargnée, une échappée sauvage de sauce glissa sur le côté et fit le remake de la chute du Niagara sur l'entrejambe de l'omnivore. La légende raconte que le dernier cri de la tomate en sauce aurait été "Sproutch".

Il baissa le regard vers le ketchup trônant fièrement sur sa braguette, et bloqua dans cette position pendant quelques secondes. Puis il éclata de rire, de ce rire joyeux et communicatif. En cet instant, on pouvait voir la facette optimiste d'Ezekiel que la malchance, malgré tous ses efforts, n'arrivait pas à étouffer complètement.

Il passa l'extrémité de son index pour enlever le plus gros de la tache, riant par intermittence de la situation.

- En référence à Ovide : "Par tous les dieux, je dois être maudit." Je m'étais intéressé à Donjons et Dragons - je ne sais pas si vous connaissez - et j'avais lu le panthéon des divinités. Parmi le panthéon des dieux humains, deux soeurs avaient attirés mon attention : Tymora et Beshaba. Je pense que j'ai été maudit par Beshaba. Je ne vous en dis pas plus, vous regarderez si cela vous intéresse en rentrant chez vous. B-E-S-H-A-B-A.
Vous comprendrez si nous avons le plaisir de nous revoir une fois encore, ce qu'est mon quotidien.


Pour dédramatiser ce qu'il venait de dire, et ce qu'elle lirait peut-être plus tard, il lui sourit, comme s'il supportait ce fardeau et continuait d'avancer pour autant. Il remercie d'un signe de tête le mouchoir propre tendu pour essuyer le reste de son entrejambe taché, puis ses mains un peu luisantes du sandwich qu'il tient en main.

- Je ne vous cache pas que je pensais me prendre une claque - bien méritée au demeurant - après ce que je venais de vous faire. Mais vous avez dû remarquer que ce n'était pas malintentionné, et je vous remercie d'avoir retenu votre geste. C'est assez rare que j'arrive au bout de 10 minutes à redevenir à l'aise avec une femme. Soit j'ai mal à la joue, soit je me retrouve seul.

Il sourit de nouveau, son visage affichant clairement la joie que cette charmante femme lui accorde une secon... troisi.... énième chance.

- Vous m'avez redonné appétit en tout cas ! Et quand l'appétit va, tout va !! Pour répondre à votre question, je suis venu ici pour ma famille. Non pour la rejoindre, mais plutôt la fuir. Disons qu'ils n'ont pas une vision lettrée et cultivée de la vie, et une certaine intolérance à la différence. J'étais le parfait bouc émissaire et donc défouloir à corvée pour eux. Dès que j'ai pu, je suis parti. J'aurai peut-être dû attendre un peu et faire plus d'économies, car je vais bientôt me retrouver sans le sou ! De toute façon, voulant faire de l'écriture mon gagne pain, ce n'était pas dans le trou perdu du Nevada où je suis né que je risquais de percer dans le métier.

Il haussa les épaules. Carpe Diem après tout. Il avait fait un choix, et qu'il le regrette ou pas, il était trop tard. Mais globalement, il doutait fortement que son avenir aurait été plus radieux en restant chez lui. Surtout avec une maison carbonisée d'ailleurs....

- Et vous, je ne reconnais pas trop l'accent de L.A. dans votre voix. D'où venez-vous Calista ? Travail, famille, amour, ou une passion pour le L.A. Times ?

Alors qu'il la regardait manger, il remarqua la moutarde sur le coin de la lèvre alors qu'elle lui parlait. Il lui fit un signe en se touchant la lèvre, lui signifiant la tache, mais elle ne sembla pas saisir le message. Il devait mal s'y prendre, pourtant dans les films, ça fonctionnait quasi à chaque fois.

- Ne bougez plus.

Il se leva alors et un bout du mouchoir recouvrant son index, il passa sur le coin de la lèvre de Calista pour lui enlever la sauce disgracieuse. Il veilla bien à ne pas commettre de nouvel impair, et s'en sortit pas trop mal.

- Vous étiez des plus charmantes avec cette petite "mouche" de moutarde, mais tous n'auraient pas été du même avis que moi.
Et pour ne rien vous cacher, je me sens assez perdu ici oui. Guère l'habitude d'une aussi grande ville, et je vis dans un quartier, dans un taudis que je ne demande qu'à fuir. Mais ici comme partout ailleurs, on a ce qu'on peut bien se payer. Je m'en contente en attendant meilleure fortune, et tant pis si cette situation dure.
Je dois analyser les plans de la ville pour ne pas me tromper dans les artères, et comme vous avez pu le constater, même quand je pars plus de deux heures à l'avance, sur un trajet normalement d'une demie heure, j'arrive encore à trouver le moyen de vous faire attendre.


Il toussa et se désaltéra avec une gorgée d'eau, avant de fixer son interlocutrice.

- Enfin, assez parlé de moi, dites moi tout sur vous ! Ma curiosité est sans limite !
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Calista Freeman


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Ven 4 Oct - 13:23

C'est étrange mais oui Calista comprend parfaitement de quoi parle son interlocuteur. Même si ses gaffes à elle ne sont pas dues à la maladresse, du moins pas toujours, mais plutôt à ses problèmes de mémoire. Elle sait ce qu'il peut ressentir. Quand tu ne te souviens pas une fois du prénom d'une personne qui te côtoie, cela la vexe un peu mais cela peut arriver à tout le monde. Pourtant quand c'est la quatrième fois que tu l'oublies elle a tendance à très mal le vivre et à croire qu'elle n'a pas d'importance pour toi même quand cela est totalement faux.

- Je crois que je saisis ce que vous voulez dire oui. Je suis un peu... tête en l'air, j'e possède une très mauvaise mémoire. J'ai facilement tendance à oublier ce que me demandent les autres, les choses qu'ils me disent. Alors je les blesse sans le vouloir et ils pensent que je suis indifférente à ce qui leur arrive même quand je m'efforce d'être attentive. Vous ne faites pas exprès d'être maladroit, alors comment pourrais-je vous en vouloir ?

La discussion devient un peu moins tendue. Ezekiel semble être plus à l'aise ce qui ne peut que ravir sa voisine de table. Elle a pour mission secrète de lui faire passer un agréable moment et espère bien y parvenir. Au diable les doutes et le manque de confiance en soi, chassée la vilaine trace de sauce sur la robe et ce qu'en penseront ceux qui la croiseront. Il est des défis qui valent la peine d'être relevés et cet homme a quelque chose qui parvient à rassurer l’assistante. Cela vient probablement du fait qu'il ne s'affirme pas, ne la rabaisse pas ni ne la juge comme l'ont fait certains ayant croisé sa route. Elle l'écoute évoquer Ovide en lui souriant, amusée de l'entendre redouter les dieux du panthéon.


- C'est en effet un choix audacieux que celui de raconter une histoire sous la forme de poèmes épiques. Et l'auteur parvient merveilleusement à nous emporter à cette époque antique avec lui. Il est vrai que l'être humain n'est qu'une fourmi entre les mains de ces colosses immortels capables de faire tomber la foudre sur nos fragiles existences. Et tout comme vous je préfère ne pas attirer sur moi le courroux divin. J'ai déjà bien assez à faire avec celui des Hommes.

Alors qu'elle termine sa phrase, la jeune femme voit venir une nouvelle attaque ennemie. Elle n'a pas même le temps de réagir ou de l'avertir, le missile d'un rouge vif fond déjà sur sa cible. Au moins sa robe cette fois est épargnée. Le ketchup finit sa course sous la table si bien que Cali se prend à espérer que la sauce ait manqué son vil dessein. Elle n'a pas envie que son compagnon d'infortune subisse une nouvelle gêne. Elle retient son souffle en voyant le si troublant regard azur suivre le même chemin que le sien vers un peu plus bas. Une punition pour avoir blasphémé ? Elle n'est pas croyante. La réaction tant redoutée est évitée de justesse. Au contraire le rire joyeux d'Ezekiel calme la nervosité soudaine de sa voisine. Elle lui sourit en retour avec une pointe de compassion et d'avantage de complicité, soulagée qu'il ne le prenne pas mal. Sans doute est-il comme elle à préférer se causer du tort à lui plutôt qu'aux autres.

- Donjons et Dragons ?... Ce n'est pas un univers lié à un jeu ? J'en ai vaguement entendu parler, je crains d'être complètement profane dans ce domaine. Mais je me renseignerai sur cette fameuse déesse. Je vous promets en tous cas que si nous partageons un autre repas je bannirais la sauce de tous les plats que nous goûterons ! C'est plus sage, pour votre garde robe comme la mienne.

Elle lui adresse un nouveau sourire aussi sincère que bienveillant, prouvant bien qu'elle ne lui tient pas du tout rigueur pour l'incident de la robe tâchée ou même pour son retard. De toute façon elle aura très vite oublié, il faut bien que sa mémoire défaillante ait quelques avantages. Elle peut parfois s'efforcer de ne garder que le meilleur. Même si cela ne fonctionne pas toujours, elle a aussi certains démons sous la forme de mauvaises expériences ou souvenirs traumatisants qui la hanteront toujours. Par chance, le jeune homme reprend la parole évitant qu'elle ressasse des choses qu'elle ne devrait pas.


- Une claque ?... Calista essaie de comprendre à quoi il fait allusion jusqu'à ce qu'elle le revoit en train d'éponger sa bévue quelques instants plus tôt. Et bien sûr elle ne peut s'empêcher de s'empourprer comme si y songer la troublait plus que le voir faire. Oh... Eh bien je... Non... Enfin je...

Mais oui vas-y bafouille et couvre-toi un peu plus de ridicule ! Pense-t-elle. La brune se racle la gorge, histoire de se reprendre un peu. Une profonde inspiration plus tard, elle se relance en espérant en finir au plus vite avec ce sujet délicat.


- Il m'a semblé que vos intentions n'avaient rien de tendancieuses à mon sujet. Puis je prône d'avantage la discussion que la violence. Par contre je m'étonne que d'autres vous fuient. Votre compagnie m’apparaît tout à fait délicieuse, vous êtes cultivé et gentil, à l'écoute. Tous les hommes ne peuvent pas en dire autant.

Est-ce qu'elle ne vient pas de lui faire un peu trop de compliments ? Pourquoi ne pas rajouter aussi qu'il a le regard le plus sublime qu'elle ait pu croiser et que si elle s'écoutait elle se noierait dans cette mer calme jusqu'à devenir poisson. Quel bonheur ce serait de pouvoir profiter à jamais de l'immensité de ses prunelles, en découvrir les secrets des profondeurs, les étoiles qui les peuplent. Voyons Calista Lyra Elaine Freeman ! Il va falloir se reprendre tout de suite ! Vous filez un mauvais coton jeune fille ! Pourquoi est-ce toujours la voix de sa tante qu'elle entend quand elle se fait elle-même la morale ? Et puis soyons honnête... Si elle devait être un poisson, la jeune femme ne pourrait être que Dory du monde de Nemo, celle qui oublie toujours tout. Qui voudrait d'un tel poisson dans son océan ? Laissant de côté ses aspirations nautiques, elle se concentre sur les mots du jeune homme au regard d'un bleu si pur, évitant de trop le croiser pour ne pas s'y perdre plus que de raison.

- Je suis née et ai grandi dans la banlieue de Chicago. D'une certaine manière j'ai fuit aussi, un passé tourmenté et surtout une histoire douloureuse. Lorsque l'on m'a proposé un poste au Times ici j'ai sauté sur l'occasion. On m'offre un nouveau départ.

Étant donné qu'il s'est un peu confié sur sa vie n'est-elle pas censée lui rendre la pareille ? Ce serait la moindre des choses, néanmoins l'assistante est un peu réservée. Elle n'aime pas beaucoup parler d'elle et qui plus est, a toujours peur de ce que l'on pensera à son sujet si on apprend à la connaître. Finalement contrairement à ce qu'il redoute c'est peut-être Ezekiel qui sera pressé de mettre de la distance entre eux deux. Délaissant son sandwich à moitié terminé, elle entreprend donc de lui donner un peu plus d'éléments la concernant.

- Je ne suis pas très proche de ma famille non plus. J'ai perdu ma mère jeune et n'étais qu'une incapable aux yeux de mon père, de mes frères. Ma tante, la sœur de ma mère, a fini par me recueillir et m'a encouragé à faire des études. Ajoutez à cela un mariage raté avec un mari volage et... Non, c'est beaucoup trop tôt pour parler d'Emy, décide-t-elle. Et... vous aurez une bonne idée du tableau. J'ai divorcé et me voici dans la cité des anges à espérer que la bonne fortune me sourit cette fois.

La brune s'immobilise à sa demande, redoutant ce qui a bien pu l'initier. Le geste finit par trahir sa maladresse à elle, lui valant de nouveau de prendre le rouge aux joues. La sauce est décidément contre eux deux et n'a pas l'air décidé à leur offrir une trêve. Elle bredouille un pitoyable merci tout timide, soulagée qu'il change rapidement de sujet. Cette proximité et sa façon de réagir n'ont pas fini de lui faire vivre d'intenses émotions à ce qu'il semble.

- Je suppose que vivre de votre passion n'est pas très facile. J'ignore si cela vous intéressera mais on cherche parfois des pigistes au journal, des personnes capables d'écrire des articles ponctuels. Cela pourrait toujours vous offrir une petite source de revenus même si j'imagine que ce n'est pas tout à fait votre domaine. Et pour ce qui me concerne, je ne suis pas très douée pour parler de moi. Qu'aimeriez-vous savoir exactement ?

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Ezekiel Styn


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Lun 7 Oct - 13:52

- Tête en l'air vous dites ? Oh, au moins vous, vous avez été à l'heure à notre rendez-vous, et avez eu la gentillesse de m'attendre. Mais je suis "content" - d'une certaine façon - de rencontrer une personne qui comprenne que tout ce qui arrive autour de moi, n'est pas issu de ma volonté, et que j'en suis le premier désolé.

Ezekiel prenait un peu plus confiance après une entrée en matière catastrophique. Il souriait un peu plus simplement et non dicté par une gêne qu'il ne voulait pas communicative. Il voulait apprendre à connaître cette charmante personne face à lui, et s'il voulait qu'elle veuille le revoir - car secrètement, il en avait de plus en plus envie - il devait commencer à se montrer sous un meilleur jour.

Il l'écoute discuter avec lui de Donjons et Dragons - une belle fille qui parle avec lui de Donjons et Dragons quoi !! - même superficiellement. Sa tête se penche un peu sur le côté, se posant à moitié sur sa main dont le coude prend appui sur la table, comme s'il se laissait bercer par ses paroles. Le soleil venait réchauffer agréablement l'endroit, et la compagnie était des plus plaisantes. Que demander de plus ?... Quand il évoque l'épisode de la tache de ketchup et son geste malhabile, il se surprend à la voir rougir un peu, et paraître presque plus génée que lui.

A l'entendre cependant le complimenter sur sa compagnie, sa gentillesse, sa culture et son écoute, il prend une longueur d'avance considérable sur la rougeur de son visage nullement due à un coup de soleil spontané. Ce devait être la première fois qu'on le complimentait autant, sans se moquer ou sans lui demander un service.

- Pour.... pour ne rien vous cacher, les femmes sont pour moi un grand mystère... Je ne sais pas m'y prendre avec elles, je fais toujours tout de travers. Vous n'avez rien à craindre de moi, je n'ai jamais dépassé le stade de bonne connaissance avec une femme.

A travers ces mots, Ezekiel venait d'en dire bien plus sur lui et son désert affectif. Oui, il n'avait jamais goûté à "ça", malgré son âge, oui, il ne s'était jamais mis en ménage, n'avait jamais pu tester la vie en couple. Mais que ce soit volontaire ou inconscient, les mots qui venaient de sortir d'Ezekiel ne rendait pas ce dernier honteux. C'était "sa" fatalité, il devait vivre avec. Certaines personnes étaient tétraplégiques, d'autres avaient perdu un être cher. Ezekiel était en parfaite condition physique, sa vie à la ferme d'antan, et le sport qu'il pratiquait quotidiennement le maintenaient en pleine forme, et malgré sa guigne, personne qu'Ezekiel appréciait n'était mort. Il resterait peut-être vieux garçon, mais avec du recul, tout était à relativiser. Peu importe ce qu'elle pourrait penser de lui en cet instant.

Elle lui parla ensuite de sa vie natale, à l'autre bout du pays. Il ne s'était pas trompé sur l'accent finalement. Il fut touché alors qu'elle évoquait son passé, qui, d'une certaine manière était aussi chaotique que le sien.

- Je suis navré pour votre maman, et pour vous concernant votre père. Quant à votre mari, hé bien.... cela ne me regarde sûrement pas, ce d'autant que je vous connais à peine, mais .... je ne comprends pas...

Il fit tourner l'eau présente dans son gobelet, l'air songeur. Il croisa le regard de Calista, cherchant ses mots pour qu'ils sonnent le plus justement possible.

- Je veux dire, comment peut-on être volage quand on a la chance de partager son quotidien avec une femme telle que vous ?... Vous cachez peut-être un sacré fichu sale caractère, mais vous êtes très belle, cultivée de surcroît, et attentionnée par dessus le marché. J'aurai été le plus heureux des hommes à sa place moi. En tout cas, une ange dans la Cité des Anges, vous ne pouviez pas mieux tomber !!

Il haussa les sourcils de surprise, ne comprenant pas la logique de ce mari infidèle, comme s'il lui manquait une pièce du puzzle, un élément essentiel à cette logique qui le dépassait. Il était songeur sur ce point, oubliant que dans la bouche d'un autre, il s'agissait presque d'une déclaration amoureuse. A la différence qu'Ezekiel ne mesurait pas l'ampleur de ses propos. Ils n'étaient que l'expression de ce qu'il pensait.
Il vit alors cette tache sur le coin des lèvres et l'essuya.

- J'espère également que vous vous y plaisiez et puissiez profiter de la vie. C'est tout le mal que je vous souhaite. Je ne vis effectivement pas de ma passion, et je puise surtout sur mes économies plus qu'autre chose. Je fais des petits boulots d'un jour ou deux, dépannage sur des secteurs où je ne risque pas de faire trop de dégâts avec ma chance légendaire.

Il prit une nouvelle bouchée de son hot dog, réussissant l'exploit cette fois de conserver la sauce à l'intérieur, sans inonder Calista ou lui d'une nouvelle tache carmine. Machant plusieurs fois avant d'avaler, il reprit la parole.

- Merci pour le tuyau, comme je pense savoir écrire, rédiger des articles ne devrait pas trop me poser de problèmes. Et puis si je suis pris, je pourrai vous inviter dans un vrai restaurant comme ça.

Il lui souriait de nouveau, comme bien souvent d'ailleurs, remarquant enfin le livre posé sur le coin de la table et qu'il lui avait conseillé. Cela lui rappela quelques souvenirs sur cette saga qu'il avait réellement apprécié. Surtout la relation des deux "héros", si intimement liés.

- Ce que j'aimerai savoir ?... Hmm, hé bien ce que vous voudriez bien me dire sur vous. Comme je vous l'ai dit, je ne suis pas très doué avec la gente féminine, et j'ai peur de vous poser des questions qui ne se posent pas habituellement. Même si je connais les questions universellement interdites :
"Quel est votre âge ? Combien pesez-vous ? Quel est votre tour de poitrine ? Quand avez vous vos règles ?" Je me trompe ?


Il disait cela avec une telle naïveté, l'index en l'air, que ça en aurait été touchant, même si ses propos pouvaient géner Calista. Ezekiel, sans aller jusqu'à en être fier, était satisfait de ne pas commettre de bourde en ne lui posant pas directement ses questions. Jamais il ne lui serait venu à l'esprit qu'il venait d'évoquer 4 questions tabous en une seule fois.

- Je ne sais donc pas trop quoi vous demander, à part peut-être si le livre que je vous ai conseillé vous plait. Sinon... combien coûte un pressing pour votre robe, que je répare les dégâts que j'ai occasionnés ? Quel est la fleur que vous préférez, et le pays de vos rêves ? Vous vivez seule à Los Angeles ? Oh, je me suis posé cette même question depuis la première fois où nous nous sommes rencontrés : Pourquoi avez-vous accepté de revoir un gaffeur comme moi qui vous a mis un coup de boule ?

Il énumérait des questions sans aucun lien entre elles, laissant le fil de ses pensées sortir de sa bouche. Il avait envie de connaître les réponses à ces questions décousues, car toutes, d'une façon ou d'une autre, avaient de l'importance pour lui.
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Calista Freeman


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Jeu 10 Oct - 9:09

La jeune femme sourit en entendant les propos de son voisin de table. Elle en profite pour tenter de terminer son hot dog, chipant quelques frites au passage pour l'accompagner. C'est une bonne surprise que de rencontrer une personne partageant son goût pour la littérature et souffrant de blessures dans la lignée des siennes. Sa tête se penche légèrement sur le côté lorsqu'il évoque son absence d’expérience avec les femmes, trahissant une pointe d'étonnement. Elle se serait imaginée de prime abord en croisant un homme si séduisant, gentil et cultivé qu'il s'affirmerait plus comme tous ces hommes qui se savent beaux et en jouent. En général elle n'aime pas trop ces êtres là, surtout quand leur assurance s'accompagne d'un énervant côté narcissique. Ils donnent l'impression de ne plonger dans vos yeux que pour y contempler leur propre reflet, ils vous voient sans vous regarder, vous utilisent seulement pour se rendre toujours plus importants. Si Calista avait un peu plus de caractère, probablement qu'elle apprécierait de les remettre à leur place. Seulement le plus souvent, ce côté sûr d'eux, cette force qui à elle fait tant défaut, la mettent mal à l'aise au point qu'elle préfère se rendre toute petite et subit.

- Je ne vous crains pas. Elle secoue la tête, rosissant de nouveau. Pas à cause de ce que vous venez de dire, non. Simplement je me sens à l'aise en votre compagnie et j'ai l'impression que vous ne voudrez pas me faire de mal.

Voilà qu'elle recommence avec ses déclarations un peu niaises. Ne peut-elle pas réfléchir un peu avant d'ouvrir la bouche ? Il semble que le caractère d'Ezekiel, sa façon d'être attirent une trop grande sincérité de la part de l'assistante. Elle qui ne sait déjà pas mentir...

- Et je suis certaine que vous trouverez un jour une femme capable de vous voir tel que vous êtes et d'aimer ce qu'elle a devant les yeux. Vous allez probablement me trouver idiote ou trop fleur bleue, mais j'aime penser que nous avons tous en ce monde une âme sœur qui nous est prédestinée. Et pour tout vous dire, je crois qu'une partie de moi préférerait être comme vous, pour ne connaître à jamais qu'un seul et unique homme, ainsi bien sûr que l'amour inconditionnel et éternel qu'il incarnera.

Cette fois c'est le pompon, pourquoi ne pas déclarer non plus qu'elle adore les calendriers avec des petits chatons ou des bébés dessus ou que les étoiles un jour exauceront ses vœux, que la bonté sauvera l'humanité, ce genre de discours à la Calista Freeman ? Elle ferait bien mieux de garder ces pensées pour elle-même au lieu de se couvrir un peu plus de ridicule ! Oh hé puis non ! Zut à la fin, elle ne devrait pas avoir à rougir de croire encore en la réelle beauté celle de l'âme, en l'amour, d’espérer toujours. Car oui malgré sa désillusion passée, elle croit toujours en l'Amour avec un grand A. On ne lit pas librement des romans sentimentaux sans être une incorrigible romantique, c'est bien son droit. Un peu gênée tout de même, elle se met à jouer avec une frite avant de la goûter. La brune délaisse ensuite les autres, rassasiée. Elle montre sa barquette non terminée à son voisin de table, interrogation muette pour savoir s'il souhaite les terminer à sa place.

Tandis que le jeune homme rebondit sur ce qu'elle a dévoilé à son sujet, elle s'empourpre une nouvelle fois. Aussi peu habituée sans doute qu'Ezekiel aux tentatives d'approche ou de séduction, elle n'interprète pas ses propos comme tel. Le fait qu'il lui fasse de si jolis compliments la met juste un peu mal à l'aise bien que ce soit aussi agréable, allez comprendre.


-Je... heu... je vous remercie. J'ai peur de ne pas en être un, et je suppose que même si je ne crois pas avoir mauvais caractère, je n'ai pas dû remplir mes devoirs d'épouse convenablement... Comme je l'ai mentionné je suis assez étourdie. Peut-être que je n'étais simplement pas la femme qu'il espérait, pas assez belle et brillante ou ambitieuse à ses yeux pour qu'il aime me montrer en société. Il m'en a si souvent fait le reproche. Enfin, tout cela appartient au passé. Je tourne la page ici à L.A. Et pour tout vous dire, malgré la souffrance, la honte d'avoir échoué, je suis finalement soulagée de ne plus être mariée avec lui. Si je n'étais pas l'épouse à laquelle il rêvait, il n'avait rien de l'homme que j'aurais aimé à mes côtés.

Cali se mord la lèvre, se rendant compte à quel point elle vient d'être honnête une fois de plus en s'ouvrant à un presque parfait inconnu sur un sujet si personnel. Et encore, ce n'est que grâce au travail fait sur elle en psychothérapie qu'elle a fini par réaliser que la mort de son mariage n'était pas seulement de son fait. Son ex mari et ex belle famille se sont évertués si fort à le lui faire penser, sans compter la culpabilité liée à la mort d'Emy qu'ils ne lui ont jamais pardonné. Au moment du divorce, le privé engagé par tante Grace a démontré que les infidélités de Bruce remontaient à bien avant la perte de leur fille et même au tout début de leur mariage. Étrangement cela lui fut un soulagement plus qu'une peine de le découvrir, cela remettait moins en cause ses propres fautes bien qu'elle en ait forcément commise.

- Oui je me plais ici, puis je fais des rencontres agréables comme la nôtre. Je pense que vous devriez pouvoir trouver des travaux rédactionnels. Je vous souhaite en tous cas de décrocher prochainement un boulot qui vous plaira et vous offrira le loisir de vous adonner en parallèle à votre passion. Si j'entends parler de quelque chose d'intéressant, je vous contacterais. C'est promis.

La jeune femme l'écoute aborder les questions proscrites quand il s'agit de discuter avec une femme. Elle le regarde d'abord perplexe en l'entendant les énoncer, puis elle se met à rire, persuadée qu'il fait montre d'une pointe d'humour. Elle saisit ensuite son gobelet de soda et en prend une gorgée avant de répondre aux interrogations plus sérieuses.

- Ne vous en faites pas pour la robe, je m'en chargerai. Si la sauce ne vous avait pas maudite à ma place, c'est moi qui me serais tâchée. Cela m'arrive régulièrement, trop même. Pour la fleur, je dirais l'amaryllis. Pour le pays j'aurais du mal à n'en choisir qu'un, j'adorerais voyager en Europe, la Grande Bretagne, la France, l'Italie, la Grèce, l'Espagne. Ce sont des endroits que l'on dit très romantiques et riches en art ainsi qu'en histoires. Et vous-même ? Oui je vis seule ici, je trouve mon appartement un peu trop grand d'ailleurs. Enfin j'imagine que je ne devrais pas m'en plaindre devant vous, navrée.

Pour la dernière question, Calista envisage d'abord d'apporter une réponse raisonnable qui en plus serait en partie vraie. Il suffirait de dire que c'est leur goût commun pour la littérature qui lui a donné envie d'échanger à nouveau avec lui. Oui, ce serait la réponse la plus adaptée, la plus réfléchie, la moins troublante pour chacun d'eux. Elle ouvre la bouche et...

- Votre regard. Vous avez des yeux vraiment magnifiques et on dit qu'ils sont le reflet de notre âme. Alors cela m'a donné envie de découvrir un peu mieux qui vous êtes.

Et elle n'a pas pu s'empêcher de formuler la vraie raison, la première. Cette femme est décidément irrécupérable ! Du moins c'est ainsi qu'elle se voit en cet instant alors que son visage est de nouveau tout rouge et qu'elle ne peut pas non plus s'empêcher de river ses prunelles droit dans les siennes. Est-ce juste une impression ou bien le silence flotte un peu entre eux deux à présent ? Un silence gênant ou au contraire agréable, elle ne saurait le dire. Parfois on exprime dans un regard tellement plus que par les mots.

- Vous avez terminé ? Cela vous dirait de faire un tour au bord de la plage ?

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Ezekiel Styn


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Lun 14 Oct - 16:06

Malgré la simplicité, et le côté "mal-bouffe" du hot dog, il faisait bonne chère, et finalement les choses les plus simples sont souvent les meilleures. Il fallait occulter les taches jumelles sur deux parties dites sensibles de Calista et d'Ezekiel, mais c'était un détail futile. La conversation était désormais liée, plus détendue, et ayant dépassé les premières barrières.

Il ne put s'empêcher de sourire en l'entendant dire qu'elle se sentait à l'aise en sa compagnie. Ce n'était pas tant un sourire de joie, mais d'une surprise inattendue, car il ne pensait pas un jour pouvoir entendre cela le concernant. "Agréable compagnie", hé bien, il allait de surprise en surprise avec cette femme ...

- Oh, vous savez, je me suis fait à l'idée que si je ne rencontre personne pour supporter ma .... malchance dirons-nous, je dois vivre avec, et continuer à avancer. Même si je vous l'accorde, on avance avec plus de plaisir à deux que seul, du moins je le suppose. Quant au Grand Amour, celui avec le grand "A", j'ai la faiblesse d'y croire aussi. Mais il se cache bien le bougre !!

Ezekiel lâcha un petit rire avant de boire une gorgée de sa bouteille d'eau. Côté naïf et fleur bleue, il n'avait rien à envier à Calista. Une vraie guimauve en son genre ! Il se savait sensible, bien loin du caractère rustre de sa famille. Il s'était plus d'une fois demandé s'il n'avait pas été recueilli façon Harry Potter, mais sans pouvoir, enfin ... avec une malédiction de poisse, sans l'éclair sur le front. Il avait songé à écrire à J.K. Rowling pour savoir s'il existait dans son univers un contresort à la malchance. Il se serait fait passer pour un gamin de 10 ans, juste histoire de conserver le peu de fierté qu'il avait de lui-même.

Il écouta attentivement Calista dévoilant une partie sensible de son passé. Il était seul, elle avait été mal accompagnée. Il ne saurait dire lequel des deux était le plus enviable en fin de compte. Connaître l'amour et être déçu, ou ne rien connaître du tout ?... Il devait y avoir du bon et du mauvais dans les deux probablement. Il ne put s'empêcher de froncer les sourcils en l'entendant parler de manquement à ses devoirs d'épouse. Cela faisait si formaliste, si froid...

Ezekiel se gratta la barbe naissante tout en continuant de l'écouter.

- Comme on dit, il vaut mieux être seul que mal accompagné, et si vous avez fait le "deuil" de votre mariage, c'est une bonne chose, surtout s'il n'était pas celui qui vous convenait. Vous avez encore toute la vie devant vous pour trouver le bon, et j'espère du fond du coeur que vous le trouverez. Vous me semblez être une femme qui le mérite à mes yeux en tout cas.
Je prends note de votre proposition pour votre journal, si je peux rédiger quelques articles et renflouer les caisses avant d'être expulsé, ça m'arrangerait grandement ! Et puis, j'aurai le plaisir de vous croiser peut-être au détour d'un couloir et venir vous saluer. Si vous avez le nom de la personne chargée du recrutement, je pourrai personnaliser ma candidature. Je vous en devrai une !


Tout en terminant son hot dog, il écouta de nouveau avec attention les réponses de Calista aux questions décousues qui lui étaient passées par la tête. Il sourit simplement tout en l'écoutant, avant de répondre à son tour.

- Comme tout écrivain qui se respecte, la France a forcément une place dans mon coeur, tant la littérature y est riche. Sauf que je ne parle malheureusement pas le français, ça risque de compliquer un peu l'immersion. Sinon le Japon, la Nouvelle Zélande, l'Egypte ou l'Irlande et l'Ecosse oui. Des pays où on se prend une claque visuelle, où le dépaysement peut être total, et on sent tout autour de nous ce sentiment de liberté et d'évasion. Pour la fleur, ma foi, je vais être très classique en répondant la rose, il y a tant de variétés et de couleurs, qu'on ne s'en lasse jamais. Et puis, comme vous vous en doutez, je vis également seul, ce qui vaut mieux quand on sait où je vis justement.

Haussant les épaules, il prit quelques secondes de réflexion pour vérifier n'avoir oublié aucune question posée. Non, il n'avait rien oublié apparemment.

Restait cette dernière question dont la réponse prit par surprise Ezekiel. Il s'était attendu à une réponse type comme son humour, la curiosité tout au mieux, car il savait Calista trop bien élevée pour ne pas dire la pitié ou pour faire sa B.A. du mois. Mais ses yeux ?... C'est sûr qu'ils ressortaient assez nettement avec sa chevelure foncée, mais il n'aurait jamais pensé qu'ils susciteraient autant d'intérêt chez une femme. Il ne put s'empêcher de rougir face à cette déclaration.

Un silence d'une vingtaine de secondes s'instaura entre les deux, Ezekiel essayant d'analyser au mieux cette révélation. Conscient finalement que ce silence pouvait géner, il lui répondit ce qui lui passa par la tête.

- Le reflet de l'âme dites vous ?... Oui, c'est ce qu'on dit en effet. Je comprends mieux à présent pourquoi vous disiez ne pas me craindre. Je suis aussi inoffensif qu'un agneau, sauf quand la malchance s'en mêle.

Il se toucha le sommet du crâne en référence au "choc" de leur première rencontre, puis pointa du menton le décolleté qu'il regarda, admirant au passage l'ampleur des dégâts que le ketchup, et l'encre avaient occasionnés sur sa tenue, et ce en lui souriant, croisant son regard qu'elle avait d'ailleurs rivé sur lui.

Visiblement, elle avait terminé elle aussi son repas sur le pouce, et acquiesça à sa proposition de profiter de la plage.

- Excellente idée oui, nous allons digérer et profiter de l'air marin. Et en plus, j'aurai le plaisir de rester en votre compagnie, que demander de plus ?!

Toujours souriant, il se dirigea vers la plage, prenant soin d'enlever chaussures et chaussettes, et glissant son pied dans le sable chaud. Ils allèrent tous deux à proximité de l'eau, sans trop s'approcher, goûtant juste à la fraîcheur de l'eau qui était encore là récemment.

- Je passe vraiment un excellent moment en votre compagnie en tout cas, c'est assez rare pour moi pour ne rien vous cacher, une jolie femme intelligente qui veut me revoir, je vais le noter d'une pierre blanche sur mon calendrier.

Du bout des pieds, il jouait avec les coquillages qui osaient se dresser en travers de son chemin, un peu comme les enfants. Il respirait à pleins poumons cet air iodé et chaud, s'engouffrant dans sa tignasse hirsute. Il se permit même d'enlever un bouton du haut de sa chemise, car à pareille heure, ça tapait fort à Los Angeles, et la réverberation de l'eau n'aidait en rien pour se prendre un coup de soleil. Pour une fois, il était relativement bien immunisé face à l'astre de feu, les travaux en plein air à la ferme lui ayant donné une bonne résistance contre les rougeurs.

C'était la seconde fois qu'il découvrait, "en vrai" cette étendue bleue qu'est l'océan. Dans le Nevada, rien de tout ça, et à peine était-il arrivé à Los Angeles qu'il s'était empressé de savourer ce spectacle qui devait lasser les autochtones. Mais lui s'était perdu dans cette immensité pendant des heures, souriant comme un niais devant cette beauté aquatique, qui nous rappelait que nous n'étions finalement que peu de choses sur cette Terre.

- Ca va vous paraître très cul-cul, mais je trouve ça très romantique une balade sur la plage. Il ne manquerait plus qu'un coucher de soleil, mais vu l'heure, je crois qu'il se fera désirer un long moment dit-il en riant légérement. Il avait les mains dans ses poches, et semblait vraiment heureux de partager cet instant. Je suis vraiment content d'avoir fait de votre connaissance, vous êtes la première personne à vouloir vous intéresser à moi, et, je dois bien l'admettre, c'est assez plaisant. Euh ... Je ne vous l'ai pas déjà dit d'ailleurs ?... Je me mets à radoter ma parole, c'est le début de la fin !

Il sourit de nouveau, regardant droit devant lui, vraisemblablement l'air ailleurs, dans les méandres de ses songes. Tant est si bien qu'il ne vit pas ce coquillage communément appelé "couteau", et qui porte bien son nom en l'espèce. Il entailla la plante du pied gauche et fit surgir un cri de douleur et de surprise à Ezekiel qui se mit de façon fort virile et sensuelle, à faire du sur place à cloche pied alors que le sable entrait dans cette plaie certes peu profonde, mais pile à l'endroit qu'il ne fallait pas.

Il jeta un regard navré à Calista, même dans ces moments là, son destin ne lui accordait aucun répit. Absolument aucun ...


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Calista Freeman


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Mer 16 Oct - 12:16

La jeune femme trouve bien triste que son interlocuteur semble ainsi résigné à sa solitude. Mais peut-elle le blâmer ? Ne lui arrive-t-il pas aussi de se demander parfois si à son âge elle peut encore espérer rencontrer un homme qui saurait la rendre heureuse ? Quand on sait que la seule image de joie qu'elle connaisse est tintée du rire de son Emy cela paraît si peu probable. Et pourtant oui il arrive encore à Calista de rêver à des bras aimants l'entourant, la protégeant, à un regard tendre posé sur elle dans lequel elle ne lirait à jamais que son propre reflet. Est-ce pour cela que les yeux si bleus d'Ezekiel l’hypnotisent autant ? Mieux vaut se sortir cette idée de la tête. Elle croit préférable en tous cas de ne pas insister sur ce sujet et est agréablement surprise en l'entendant dire que lui aussi croit en l'amour véritable. Silencieusement cette fois, elle souhaite que cette personne trouve celle qui lui est destinée. Maladresse ou non, l'assistante ne doute pas que cette inconnue aura beaucoup de chance d'être aimée par un tel homme.

La remarque de son voisin de table résonne dans sa petite tête. A-t-elle fait le deuil de son mariage et de Bruce ? Elle sonde son propre cœur et réalise que... oui. Elle ne s'en est même pas rendue compte. Après la douleur, l'amertume, il ne subsiste pas grands choses de cette histoire commune. A bien y réfléchir, la brune se demande si elle n'aimait pas le père de son enfant plus que l'homme qu'il était devenu ou qu'il avait toujours été d'ailleurs. On dit parfois que l'amour rend aveugle et que le mariage rend la vue. Il semble que cela ait été le cas pour elle. Étrangement cette pensée la soulage, avoir réussi à surmonter cette épreuve elle qui était convaincue n'en être pas capable. Ce sont les mots du jeune homme qui la rappellent à l'instant présent. D'abord une lueur de panique traverse ses yeux noisettes. Demander à Cali de se souvenir d'un nom c'est comme demander à un poisson de nager dans le ciel... Elle se mordille la lèvre, navrée de ne pouvoir être utile jusqu'à ce que vienne l'illumination !


- Oui, je dois avoir cela quelque part.

Elle fouille dans son sac sans parvenir à trouver ce qu'elle cherche, alors elle pose sur la table portefeuille, porte-monnaie, miroir de poche, un carnet avec écrit « portraits» sur la couverture, un autre « journal » et un autre encore « à ne jamais oublier ». Deux stylos suivent, un baume pour les lèvres et un paquet de mouchoirs en papier. Enfin elle parvient à mettre la main sur le carnet « Times » où elle répertorie les informations sur son travail, collègues, horaires, numéros utiles, tâches qu'on lui confie... L'assistante le feuillette rapidement et tombe sur la bonne page.


- C'est John Fergusson, avec deux S. C'est lui qui s'occupe des pigistes. Et comme je l'ai dit, je tâcherai de me renseigner de mon côté si un travail rédactionnel pour un autre employeur est disponible. Les gens utilisent moins le support papier mais si vous avez une connexion internet peut-être qu'ils recherchent des rédacteurs pour la toile... Il y a tellement de sites d'informations de nos jours...

La jeune femme remet tout son fourbis à l'intérieur du sac et l'écoute ensuite en souriant tandis qu'il évoque ses propres goûts, ses aspirations en matière de voyages. A vrai dire en dehors de sa lune de miel à Hawaï elle n'a jamais eu l'occasion de voyager ailleurs que dans son propre pays. Heureusement qu'il est assez vaste pour permettre l'évasion. Elle réalise en tous cas que cela lui plairait énormément de s'envoler pour des contrées lointaines. Partir seule l'en dissuadera par contre. Peut-être que tante Grace aimerait l'accompagner. Il faudra qu'elle pense à le lui proposer. Et forcément elle aura oublié d'ici dix minutes cette séduisante idée.

- Je comprends le français, quand il est écrit. Par contre sitôt qu'on le parle devant moi je suis quasiment incapable de le déchiffrer. Et ne me demandez pas de le prononcer, je me couvrirais de ridicule à n'en pas douter.

Elle a bien sûr oublié le lui avoir déjà précisé. Les deux protagonistes quittent finalement leur petite table après avoir pris soin de jeter les restes de leur repas. Calista fait partie de ses rares personnes ne supportant pas de voir voler un détritus sur le sol. Dommage que ses concitoyens ne soient pas aussi soucieux de l'état des rues. Arrivée sur le sable, elle regarde son voisin en train de se déchausser. Il ne lui faut pas longtemps pour se mettre à l'imiter. Elle tient ses sandales d'une main, ses orteils redécouvrant le contact chaud et doux de la plage. Elle constate alors que la tâche sur sa robe n'est toujours pas décidée à partir et soupire intérieurement. Tant pis, elle ne va certainement pas laisser un tel détail masquer le ciel bleu de cet après-midi.


- Le moment est très plaisant pour moi aussi. Je vous remercie par ailleurs de m'avoir incité à lire l'Assassin Royal. Je suis rapidement tombée sous le charme des personnages principaux et l'histoire m'a emporté dans son sillage. Je ne tarderai pas à emprunter les autres tomes pour suivre leurs aventures.

En avançant droit devant elle, sentant à ses côtés la présence agréable de l'écrivain sans le sou, la jolie brune ferme les yeux et inspire l'air marin. Elle adore cette odeur portée par le vent, les embruns cueillis à même les vagues. Et ce chant qui est si doux, si mélodieux à son oreille. Le soleil réchauffe sa peau délicieusement, le moment semble presque trop parfait pour être réel. Bénie soit la tâche disgracieuse qui tend à prouver qu'il est bel et bien vrai.

- C'est l'image que l'on se représente souvent oui, deux amoureux avançant main dans la main tandis que le soleil se couche à l'horizon et teinte le ciel de ces couleurs incomparables. Je suis très sensible à tout ce qui touche au romantisme, vous l'aurez deviné. Aux yeux de certains toutes ces choses sont clichées, et même si je sais que l'amour ne se démontre pas sous la forme de preuves ou de gestes, j'aimerais un jour pouvoir l'exprimer de toutes les manières possibles. J'aurais rêvé par exemple d'une demande en mariage genou au sol sur une plage comme celle-ci.

Le regard noisette revient se poser sur l'immensité de l'océan. Elle se perd dans cette contemplation un moment jusqu'à ce que le cri de douleur de son voisin n'attire son attention. Prestement, elle remet la main dans son sac à la recherche des mouchoirs. Ses yeux se posent sur le visage du jeune homme qui semble souffrir, compatissante.

- Prenez, nous n'avons qu'à nous asseoir ici. Nous serons tout aussi bien qu'en dites-vous ? J'espère que l'entaille n'est pas trop profonde.

Et pour l'inciter à l'imiter, elle s'installe dans le sable les pieds posés sur le sol. Elle place son sac près d'elle et retient le bas de sa robe que le vent malicieux essaie de soulever.

- Je crois qu'il n'est rien au monde que j'aime plus regarder que l'océan. L'endroit où le ciel et les vagues s'épousent à l'horizon, l'écume charriée par l'eau qui va et vient jusqu'au sable, le ballet des oiseaux marins... Puis ce bruit si reposant du ressac, cette odeur merveilleuse. Je me sens presque dans mon élément ici. Vous aimez vous baigner ? Elle s'empourpre soudain. Je ne propose pas de le faire maintenant, je n'ai pas prévu mon maillot.

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Ezekiel Styn


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Mer 16 Oct - 15:12

Ezekiel avait retenu le nom de John Fergusson, avec deux "s". Il pourrait peut-être avoir un léger avantage sur d'autres demandeurs d'emploi comme lui. Et en plus de cela, Calista avait la gentillesse de chercher en interne si un petit boulot pouvait se libérer pour lui. Il notait dans un coin de son esprit de lui rendre la pareille un jour - le plus tôt sera le mieux - car il se sentait d'une certaine manière débiteur de cette volonté de l'aider. Et puis, il le ferait surtout avec plaisir, ce qui rendait la chose encore plus agréable.

- Promis, je ne vous demanderai pas de me parler en français, si cela vous gêne. Sauf si vous veniez à perdre un pari tiens ! Ezekiel rit, un air malicieux dans son regard. Et je suis ravi que l'Assassin Royal vous plaise, c'est vraiment une saga qui j'ai dévorée. Si ce genre de littérature vous plait, j'en ai des tonnes à vous conseiller !!

Il écoutait Calista, un peu perdu dans ses songes, quand il s'entaille la plante des pieds. Sautillant un peu de manière ridicule, il finit par se stabiliser, le pied gauche levé, alors que Calista s'affairait déjà à sortir un mouchoir de son sac Mary Poppins. Il avait remarqué le nombre de carnets, sciemment catégorisé par activités ou degré d'importance. Elle devait réellement avoir un problème de mémoire, et cela lui fit songer à l'oubli de leur début de rencontre, quant à être l'auteur de celui qui l'avait conseillé pour l'Assassin Royal. Une tête en l'air et un poissad, en voilà un duo de choc !!

Il prit le mouchoir en la remerciant d'un signe de tête, s'essuyant le pied pour en enlever la croûte de sang et de sable qui s'était formée. Heureusement, l'entaille était superficielle, et en appuyant fortement sur celle-ci, le saignement s'arrêta très vite.

- Pour le coup, la balade amoureuse main dans la main, c'est raté. C'est mon propre pied que je tiens, je ne sais pas si cela a une signification ? Ezekiel fit une grimace mi-amusée mi-désolée. Il a fallu un seul coquillage sur toute la plage pour qu'il tombe pile sur mon pied. Et cela nous gâche notre balade au bord de l'eau.

Il ramena ses genoux contre lui, assis assez près de Calista. Le vent marin soufflait par légères rafales, et il se surprit à voir un peu plus les jambes de Calista se dénuder, guère plus alors qu'une main assurée bloquait toute velléité de cet air coquin. Le peu qu'il avait vu augmentait le charme naturel de cette femme avec qui il passait un moment exquis, même s'il se surprit à avoir ce genre de pensées.

- L'entaille n'est pas profonde non, je devrai survivre. Et je vous comprends quand vous parlez de sensibilité face au romantisme, car c'est tout un panel d'émotions que l'on rattache à des gestes simples. Un coucher de soleil, une main dans une autre, un regard silencieux, un sourire en coin, une fleur déposée sur le seuil de la porte, un petit mot au réveil, un dîner aux chandelles... Il y en a des centaines et des centaines, et on a souvent tendance à oublier que c'est ce qui fait le plus plaisir, bien plus que des bijoux à 100 000$ ou une nouvelle voiture. En ce qui me concerne en tout cas, même si je ne cracherai pas sur un peu d'argent pour ne pas me retrouver à la rue !

Ezekiel rit de nouveau, avant de regarder à son tour l'océan, se laissant emporter par les paroles poétiques de Calista. Il opinait dans un silence approbateur, son regard se perdant vers ces vagues éphémères et toutes uniques en leur genre. Il tourna la tête alors qu'elle lui posait une question.

- Si j'aime me baigner ? Oh oui, j'adore l'eau, même si je ne me suis jamais baigné dans l'océan. Au Nevada, on a pas ça en stock ! Ca vous dirait de piquer une tête avec moi ? Vous m'avez donné envie tiens ! Je n'ai pas de maillot non plus, mais bon, un caleçon, ou un caleçon de bain, ça couvre toujours ce qui doit être caché non ? J'ai une idée !!

Ezekiel s'allongea à moitié, se tenant par un coude, son autre main entrant dans sa poche, pour en sortir une pièce de monnaie.

- Pile je reste ici, Face je fonce me baigner. Si vous voulez jouer avec moi, je vous donnerai la pièce, et vous n'aurez qu'à décider si vous me suivez, ou laissez le hasard décider pour vous. Si vous restez sur la plage, je fais juste un aller retour pour ne pas vous faire attendre.

Ezekiel lança presque aussitôt la pièce, qui tournoya dans les airs. Il souriait, amusé par cette soudaine prise de décision, laissant le hasard pour une fois dicter sa future action. La pièce tomba au milieu de sa paume, et il la retourna sur le dessus de son autre main. Il fixa le regard de Calista, avant de sourire franchement, et souleva lentement la main qui emprisonnait la pièce.

- Face !! Je suis bon pour goûter à l'océan apparemment ! Son air trahissait qu'il approuvait le choix de la pièce.

Il prit délicatement la main de Calista pour lui poser la pièce dans la paume, avant de se lever, et commença à se déshabiller en enlevant sa chemise, puis son pantalon, se retrouvant en boxer noir. Ezekiel ayant vécu à la dure et en campagne, n'avait pas tant de pudeur physique sur la "presque" nudité. La plupart du temps, il travaillait à la ferme torse nu, donc un pantalon de plus ou de moins, surtout pour aller se baigner, ce n'était pas la mort. Sa timidité et naïveté mentale tranchait avec son corps musclé et pour ainsi dire sculpté par les travaux manuels. Sans être bodybuildé, ses abdominaux saillaient suffisamment pour faire office de tablette plus que mousse au chocolat, et ses bras arboraient biceps et triceps développés.

Ezekiel, loin de toutes ces considérations, s'étira et assouplit ses articulations, avant de se tourner vers Calista.

- J'espère à tout de suite entre deux vagues !!

Il lui sourit tendrement, avant de s'élancer à la conquête de l'océan. Sa course était assurée, le pas leste, et au moment d'atteindre l'eau, le sable meuble le trahit et il s'étala dans l'eau façon planche à repasser, disparaissant quelques secondes, avant de ressortir, les cheveux écrasés sur son visage, du sable partout sur le corps. Il chercha un peu où il était, de l'eau dans ses yeux, avant de se tourner là où il pensait que Calista se trouvait. Il tendit le pouce vers le haut, le sourire franc.

- C'est bon, tout va bien !!

L'horizon ne lui répondit rien ....
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Calista Freeman


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Mer 16 Oct - 16:59

Elle l'écoute en souriant lui parler de ces petites choses qui touchent un cœur amoureux ou que l'on a plaisir à faire pour rappeler à l'autre combien il a d'importance pour nous. Le plus triste est que la jeune femme se rend compte qu'elle n'a rien connu de tel. Dire qu'elle se croyait chanceuse lorsque son ex époux revenait avec un bouquet de fleurs choisi par sa secrétaire le jour de son anniversaire après une soi-disant réunion qui devait s'appeler Sophia ou Laureen. Son cœur se pince un peu et finalement elle repousse très loin ces vilains nuages noirs qui menacent d'obscurcir son ciel jusqu'alors quasi sans ombrage. Et comme chaque fois qu'Ezekiel évoque sa triste condition, elle se sent impuissante n'osant prononcer une parole maladroite qui pourrait paraître à tort pour de la pitié.  Et en ne disant rien, elle craint tout autant de paraître indifférente à son sort ce qui est loin d'être le cas. Même si l'assistante a une expérience très limitée des relations avec les hommes, il est de notoriété publique qu'ils ont leur fierté. Fierté qu'elle n'aimerait pas froisser par mégarde. Le silence alors vaut peut-être mieux qu'une parole pesante...

Son visage trahit une certaine incrédulité tandis qu'il lui propose une baignade. N'a-t-il pas entendu quand elle a précisé ne pas avoir de maillot de bain ? Sa robe, bien que tâchée ferait une tenue peu adaptée à la circonstance. Et elle ne va tout de même pas se balader en petite culotte sur une plage publique ! Cet homme manque de discernement, à n'en pas douter. D'un autre côté sa bonne humeur est contagieuse même pour une Calista pudique et frileuse rien qu'à l'idée d'exhiber sa dentelle sous le regard déjà troublant de l'écrivain. Forcément les hommes et leur caleçon qui couvre tout ont l'avantage ! Sans oser protester, raisonner ou juste avancer une excuse, la brune le regarde lancer sa pièce. Elle en vient à espérer que la monnaie se perde dans le sable, non remarquez cela ne dissuaderait peut-être pas le baigneur... Faites que cela tombe sur pile, prie-t-elle intérieurement un dieu qui n'entendra probablement pas une athée comme elle surtout pour une supplique aussi futile. Perdu ! Elle ne regrette qu'à moitié en le voyant tout guilleret oubliant retard, tâches et blessure. Encore moins quand sa main touche la sienne pour y glisser le rond de métal argenté. Un simple contact, bref et pourtant... La jeune femme reste un instant interdite à fixer la pièce dans le creux de sa paume, un peu perdue par l’enchaînement d'actions qui se trame en cet instant. Quand elle relève les yeux elle tombe sur le corps à demi nu d'Ezekiel qui lui fait monter le rouge aux joues pour la énième fois de la journée. Elle ne peut s'empêcher de laisser ses prunelles courir sur son torse finement sculpté avant de réaliser que le contempler ainsi avec insistance n'est pas très approprié. Cali détourne donc le regard, mal à l'aise et surtout troublée. Lorsqu'il reprend la parole, elle tourne de nouveau son visage vers lui et le trouve moulé dans son boxer noir, ce qui ne fait qu'ajouter à la bouffée de chaleur qui l'envahit.

Respirer surtout, ne pas continuer à regarder ce corps dénudé offert à sa vue. Contempler son regard à la place. Mauvaise idée ! Ses yeux sont encore plus perturbants pour elle, et cette façon qu'il a de les river sur elle en cet instant... L'a-t-elle inventé ? Probablement. Ce qui est certain c'est qu'elle bredouille un charabia à peine audible et encore moins intelligible dont elle-même n'a aucune idée du sens. Heureusement qu'il s'éloigne déjà au pas de course dans ce mignon petit boxer qui dévoile un sans doute tout aussi mignon petit popotin. Calista Lyra Elaine Freeman ! Tu devrais avoir honte enfin ! Qu'est ce que c'est que cette manie de reluquer les fesses d'un presque inconnu ? Elles sont appétissantes certes, mais ce n'est pas une raison. Si ? Un tout petit peu alors. Pour la première fois de sa vie elle comprend pourquoi les hommes aiment fixer le derrière des dames... Ou du moins elle vient d'en avoir un aperçu. Et maintenant quoi ? La voilà seule sur la plage comme une idiote tout cela parce qu'elle a peur de rougir (ENCORE) de ses dessous devant un garçon. Pire qu'une collégienne. N'est-elle pas adulte, sûre d'elle et épanouie ? Bon d'accord, à part le premier y a du boulot. L'assistante soupire en contemplant la pièce comme si elle espérait qu'elle se mette à bondir toute seule en l'air pour lui offrir une réponse toute prête. Ce miracle là ne se produira sûrement pas alors sa petite mimine un peu maladroite lance la monnaie et arrive même à la rattraper au vol. Elle la retourne à son tour sur le dos de sa main, imitant le geste d'Ezekiel un peu plus tôt. Pile... Alea jacta est, la pudeur est sauve, ses dessous aussi. N'est-ce pas ce qu'elle désirait ? Pour être honnête ? Non.

Au diable le choix du destin, dans la vie il faut savoir parfois prendre quelques détours et braver ses propres peurs. La brune se met debout et d'une main un peu hésitante commence à relever sa robe. Au moment de dévoiler ses charmes, elle songe qu'elle ne se souvient absolument pas de ce qu'elle porte dessous. Prise d'inquiétude, elle baisse les yeux vers son décolleté qu'elle soulève d'une main pour voir ce qui s'y cache. Un ensemble en dentelle blanc, brodé de petits liserés bleus. Il est joli certes, mais relativement transparent. C'est bien sa veine ! Qui est la plus malchanceuse des deux ? Elle est à deux doigts de se décourager et finalement retire la robe en pestant avant de la jeter sur le sable comme si elle était la seule responsable de ce mauvais choix du matin. Un regard à gauche, un regard à droite, un autre droit devant qui rencontre l'écrivain de dos qu'elle n'a même pas vu tomber. C'est le moment idéal pour se glisser au plus vite dans l'eau afin de dissimuler ses courbes et éviter toutes formes d'embarras. Cali avance jusqu'à s'immerger jusqu'aux genoux lorsque l'homme se tourne vers elle. Bien sûr au lieu de s'élancer d'avantage dans l'océan et de sauver ainsi sa pudeur mise à mal, elle s'immobilise telle une idiote face à lui qui n'est qu'à quelques pas.


- Il semble que la pièce nous ait finalement réuni.

C'est un petit mensonge, elle n'allait pas lui avouer que c'est surtout son regard sur elle qui l'a décidé, ou l'envie de partager un moment dans l'eau même s'il n'est romantique que dans sa petite tête à elle.

- Elle est un peu froide.

Que dire d'intelligent dans ces cas là ? Forcément on se rabat sur les évidences, le pire c'est que là la dame est à mille lieux de ce genre de considération. L'eau pourrait être à 35 degrés qu'elle ne verrait aucune différence. Elle est juste là, debout dans ses sous vêtements face à un homme séduisant et intéressant exactement dans la même tenue. Son petit cœur se met à faire chabada tout seul jusqu'à ce qu'elle réalise à quel point elle est peu couverte. Pitoyablement elle place donc un bras devant sa poitrine et l'autre à hauteur de ses cuisses. Vite se raccrocher à n'importe quelle bouée pour ne pas sombrer d'avantage...

- Alors, que pensez-vous de la baignade océane ? Cela n'a rien à voir avec une piscine non ? Le cadre est tellement plus beau même s'il vaut mieux se méfier des v... Oh attention !

Elle a à peine le temps de terminer sa phrase qu'une vague plus grosse se met à fondre sur eux. Elle croit bon d'alerter son compagnon d'infortune qui, de dos, ne l'aura pas vu venir. Trop préoccupée par le sort d'Ezekiel, elle n'a pas la ressource de se préparer elle même à la rencontre marine qui la pousse en arrière. Elle tombe sur ses fesses, le sable amortit gentiment sa chute. Et dans sa chance, elle n'est bien sûr immergée qu'à moitié. Sa poitrine galbée sous la dentelle a la bonne idée d'être tout juste au dessus de l'eau. La bienveillante mimine de Calista s'empresse de venir la recouvrir. Elle pense préférable de passer pour une idiote pudique que d'exhiber ses formes ainsi alors qu'ils se connaissent si peu. Elle est probablement d'un autre âge, d'une autre époque.

- Des vagues, oui il semble que l'océan voulait illustrer mon propos. Vous aurez peut-être envie de vous mettre au surf histoire de les dompter un jour, elles qui aiment tant nous faire tomber... Vous avez le physique pour après tout.

Vient-elle vraiment de dire ce qu'elle croit avoir dit ? Ne peut-elle pas tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de l'ouvrir ? Elle se la mord tiens pour la peine ! Aïeuh ! C'est douloureux ! En plus elle n'est pas du tout du genre à fantasmer sur les beaux surfers blonds à la peau mate que l'on voit dans les séries télé. Non visiblement son genre c'est plus les bruns aux yeux bleus maladroits et qui aiment la littérature. Mais chut à la fin ! Tais-toi vilaine petite voix dans ma tête. Songe-t-elle.

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Ezekiel Styn


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Jeu 17 Oct - 7:56

Ezekiel n'y voyait fichtrement plus rien, du sable et de l'eau salée dans les yeux. Quel abruti de s'être ramassé comme ça, il aurait dû se douter que le sable gorgée d'eau allait faire s'enfoncer son pied, surtout quand on courrait à grandes enjambées façon Alerte à Malibu, la couleur rouge flashy du caleçon en moins (et la bouée aussi ... et le salaire à la fin de l'épisode ... et .... bref !!)

Voilà qu'Ezekiel pointait son pouce vers l'océan, pensant y trouver Calista un peu plus loin, alors qu'elle était derrière, en train de se déshabiller timidement, méditant sur la meilleure des choses à faire. Après avoir rassuré donc un poisson qui passait par là et qui n'avait rien demandé, que tout allait bien, il se mit en quête tant bien que mal de s'essuyer le visage, et enlever le minimum syndical de sable dans sa tignasse échevelée.

Quand il put enfin de nouveau ouvrir les yeux, il entendit d'assez près la voix de Calista, mais bizarrement dans son dos. Il prit quelques secondes pour ouvrir les yeux et se retourna, pour la découvrir, l'eau jusqu'aux genoux.

Il ne put s'empêcher d'écarquiller les yeux en la voyant dans cet ensemble féminin à la fois simple et sensuel, mettant en valeurs ses courbes féminines. Tout ce qu'il venait de dire - et l'expression était des plus appropriés - tombait à l'eau... Non, des sous vêtements n'ont pas du tout le même impact qu'un maillot de bain, pas chez les femmes en tout cas.

L'esprit humain était des plus particuliers, quand pour la même longueur de tissu, cachant exactement la même chose, l'interprétation qui en était faite changeait radicalement. Si Calista avait été dans un maillot de bain, il aurait conservé cette joie et cette assurance propre au plaisir de goûter aux joies de plonger dans cette immensité aquatique.

Mais alors qu'il la regardait, il la trouvait juste ... splendide. Cette pudeur venait parfaire un physique des plus agréables à regarder, et des pensées moins candides germèrent dans l'esprit d'Ezekiel là où elles n'avaient habituellement aucune prise. Une partie de lui vînt à regretter de lui avoir imposé cela, mais ce n'était cette fois ci qu'une toute petite partie, infime, dérisoire.

Il put tant bien que mal bredouiller une réponse au sujet du hasard que la pièce avait bien voulu les faire se réunir en cet instant.

- Je .... je crois en effet que le Destin, d'une façon maladroite, a décidé que nos chemins devaient se rencontrer plus d'une fois.

Il ne savait rien du mensonge de Calista au sujet du résultat, et prit cela comme un bon présage. Par contre, il était au dessus de toute considération concernant la température de l'eau. Elle aurait pu faire 2°C qu'il aurait toujours chaud en cet instant.

- Oh.. je.. pardon.... dans ma précipitation, je n'ai pas pensé que vous pourriez avoir froid... et... nous n'avons ni serviettes ni dessous de rechange d'ailleurs.

Il fit une moue désolée pour sa bétise et sa précipitation. Fort heureusement, le temps était chaud et ensoleillé, il se sècherait naturellement et rapidement. Mais son air désolé est d'autant plus accentué alors qu'elle cache de ses mains et tant bien que mal ses atours féminins. Elle doit déjà regretter d'avoir osé cette folie déshabillante, et Ezekiel en vient à espérer que cela ne nuise à leur bonne entente.

Elle lui parle de la baignade océane, qu'il apprécie effectivement malgré tout ces petits tracas. Elle ne termine pas sa phrase, et le regard qu'elle dirige derrière lui laisse présager l'approche d'un danger imminent, et le seul lui venant à l'esprit est l'arrivée d'une vague. Il ancre ses pieds dans le sable, pliant à moitié une jambe, et résistant à la pression de l'eau venant s'écraser sur son dos. Il voit que Calista n'a pas eu le même heureux sort, alors qu'elle tombe sur ses fesses, l'eau la recouvrant qu'à moitié alors que la vague se retire de la plage. Une fois encore elle se cache la poitrine, faisant de nouveau ressentir cette gène de l'avoir embarqué là dedans.

Dans des pas brassant l'eau autour de ses tibias, il se dirige vers Calista, et lui tend l'avant bras, pour qu'il puisse l'aider à se relever. Cette dernière, prenant le temps de la réflexion, ou simplement reprenant ses esprits suite à la chute, s'en saisit quelques secondes plus tard.

- J'espère que vous ne vous êtes pas trop fait mal ? Mais merci de m'avoir prévenu, sans cela je tombais tête première dans le sable, et j'ai déjà donné quelques minutes auparavant.

Agrippant l'avant bras de Calista, il la tira vers lui, mais mesura mal sa force. Non qu'il la croyait, au contraire, mais pour avoir travaillé à la ferme des années durant, il ne la pensait pas aussi légère, et il la releva assez fort pour que la femme se retrouve nez à nez... torse avec Ezekiel.

Tout aussi surpris qu'elle le serait vraisemblablement, Ezekiel mit un certain temps avant de lacher le bras de Calista. Quand il se rendit compte de cette proximité intimiste, il la libéra de son joug, immobile, s'attendant à une colère noire de la femme.

Il était d'autant plus troublé que la transparence de ses dessous n'en faisait que ressortir sa féminité, et laissait innocemment apparaître ses charmes que peu ont le plaisir d'admirer. Et si Calista n'avait rien à craindre de lui, il n'en restait pas moins qu'il s'agissait d'une expérience nouvelle pour ce dernier.

- Je .... désolée Calista, n'allez pas croire que ... enfin... Je ne pensais pas que ... hein.. en fait ...

Il soupira, car il savait qu'il ne trouverait pas les mots adéquats pour expliquer cette situation. Comment être crédible un seul instant après avoir demandé à une femme de se mettre en sous-vêtements, se baigner dans cette tenue, l'"aider" à se relever après qu'une vague lui soit tombée dessus, pour qu'elle se retrouve contre lui, alors qu'il était lui-même en boxer moulant. Mission impossible, même pour le meilleur orateur du monde.

Il repensa à sa dernière réflexion alors qu'elle était assise sur le sable, trempée jusqu'à la poitrine - il soupira de nouveau à cette réminiscence fugace - et tenta de changer de sujet et rendre la situation moins inconfortable.

- Moi, surfeur ? Oh non, travailler dans les champs, je sais faire, mais surfeur du Nevada, c'est un peu trop en dehors des sentiers battus non ?

Ezekiel se regarda un instant, clignant des yeux en détaillant sa musculature. Il n'aurait jamais cru que manier la fourche pouvait permettre de mieux surfer....

- Que voulez-vous faire à présent que vous avez bravé la fureur de Poséidon ? J'aimerai un peu encore barboter avec vous, si vous le voulez bien bien sûr, sinon, nous pouvons aller nous sécher sur la plage, vu le temps, ça devrait être rapide.

Il suivrait Calista quelque soit son choix. Il lui devait bien cela, et surtout, oui surtout, il voulait de moins en moins être loin d'elle ....
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Calista Freeman


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Ven 18 Oct - 13:33

Valse d'une hésitation lorsqu'assise dans l'eau elle le voit tendre la main vers elle pour l'aider. Oh ce n'est pas que l'idée d'un nouveau contact entre eux deux la révulse, bien au contraire. Calista s'estime juste bien assez troublée sans en rajouter. D'un autre côté il serait assez indélicat de refuser. Alors doucement elle saisit son bras, ancrant ses pieds dans le sable pour pousser vers l'avant histoire de se remettre debout. Avant d'avoir le temps de réaliser ce qu'il se passe, elle se retrouve presque contre lui, sentant la chaleur de la peau d'Ezekiel répondre à la sienne. Comme il serait tentant de se laisser aller, comme dans ces films où le héros passe alors un bras autour des hanches de sa bien aimée pour la serrer contre lui. Mais nous ne sommes pas au cinéma, dans la réalité on ne se jette pas au cou d'un inconnu aussi séduisant et troublant soit-il. La jeune femme recule donc en bafouillant une fois de plus un mot d'excuse et en baissant le regard histoire de ne pas rencontrer une fois de trop l'azur des yeux de son interlocuteur.

- Non, je vous remercie je ne me suis pas fait mal.

Nouveau silence un peu gênant où se heurtent dans la petite tête de la brune toutes sortes de pensées tout aussi gênantes quant au spectacle qu'elle lui offre innocemment, l'épreuve qui s'opposera à elle quand il faudra repartir sur le rivage et que l'eau ne pourra plus rien cacher d'elle, sans parler de cette sensation étrange qui palpite au creux de son estomac presque au diapason des battements de cet idiot de cœur qui s'emballe pour un rien ! Cela commence à faire beaucoup, il est grand temps de se rafraîchir les idées. Elle préfère en tous cas éviter de répondre à la réflexion du jeune homme, autant ne pas se lancer sur le sujet et leur épargner un plus grand malaise encore. L'assistante s'empresse d'avancer dans l'océan histoire que l'onde daigne enfin masquer un peu mieux sa pudeur, se servant toujours de ses bras en attendant.


- Je suppose en effet que les plus grands surfeurs ont toujours évolué près du milieu marin. D'un autre côté, il n'y a pas d'âge pour s'adonner à un nouveau loisir. Puis c'était surtout une idée en l'air, je ne vous connais pas assez bien pour prétendre deviner ce qui pourrait ou non vous attirer.

Les courbes dissimulées et le trouble d'un peu plus tôt presque passé, Cali peut enfin profiter un peu mieux du plaisir de la baignade. Elle se détend légèrement, laissant son corps flotter au gré des vagues en faisant quelques mouvements amples et lents de ses bras.

- Baignons-nous un peu oui puisque nous sommes là. L'eau n'est pas si fraîche après tout. Je n'ai pas le désir de vous priver si vite de l'océan. J'ai toujours aimé barboter comme vous dites. Je suis généralement la première dans l'eau et la dernière sortie.

La jeune femme en profite pour nager un peu, gardant un œil sur celui qui l'accompagne histoire de voir ce qu'il fait, s'il la suit, s'il s'amuse. C'est vrai que l'eau est son élément, elle y est détendue. Elle oublie son corps, elle flotte allègrement comme si elle était enfin légère, débarrassée des poids qu'elle traîne derrière elle depuis de si longues années. D'un autre côté, parfois Calista s'interdit d'être bien ou heureuse, considérant ne pas en avoir le droit. Elle estime probablement ne pas le mériter après avoir causé la mort de sa fille ou bien qu'il est indécent d'être joyeuse alors qu'elle l'a perdu. La thérapie l'a aidé aussi de ce côté, pourtant elle n'a pas cessé encore tout à fait de se sentir coupable de continuer son existence en s'autorisant peu à peu à ne plus porter le deuil de son Emy. Elle s'arrête finalement en chassant pour un temps ces pensées maussades et attend qu'Ezekiel arrive à sa hauteur.

- Vous avez le pied marin ? C'est quelque chose qu'il me plairait de faire, voyager sur les océans, libre de filer au gré des vents. Je veux dire... Elle s'empourpre pour changer, réalisant que sa formulation peut prêter à confusion. Je ne demandais pas si vous voudriez partir sur les mers en ma compagnie... Juste si vous aimez faire du bateau.

Elle reste sur place, ses petits pieds remuant doucement dans l'eau en rythme avec ses bras pour se maintenir à la surface. Son regard revient se perdre un moment dans celui de l'écrivain.

- Il ne vous est jamais arrivé de rêver partir à l'aventure, sans but précis, juste vous laisser porter par l'envie en n'ayant pas à craindre les conséquences de vos actes ? Qu'est-ce que vous feriez si l'on vous offrait l'opportunité de faire exactement ce que vous désirez ?

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Ezekiel Styn


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Sam 19 Oct - 18:03

Ezekiel était content finalement qu'elle ait choisi de rester à nager avec lui dans l'océan. Il en avait vraiment envie, mais ne se serait pas opposé au souhait de Calista, d'autant plus qu'il comprenait la situation dans laquelle il l'avait fourrée. Non qu'il l'ait contrainte à se déshabiller et l'accompagner, mais peut-être avait-elle fait ce choix par défaut, plutôt que s'ennuyer seul assise sur le sable à le regarder barboter comme un enfant. Ou bien s'est-elle inquiétée de le voir faire le saut de l'ange alors qu'il était déjà sur la terre ferme, et se ramasser telle la première crêpe de la Chandeleur : lamentablement.

Toujours est-il qu'il appréciait ce moment à sa juste valeur, et il en venait même à se dire que bon nombre de ses congénères mâles l'envieraient. Son absence totale de tact et de logique de drague lui avait permis, sans s'en rendre compte, de faire déshabiller une femme, au moins jusqu'à ses sous vêtements. En presque 30 ans d'existence, ça ne lui était jamais arrivé auparavant (enfin, si, une fois, mais c'était une histoire qu'il préférait oublier en cet instant).

Histoire de cacher ses formes généreuses à la vue de tous - la sienne en premier il s'en doutait, il réalisa qu'il n'avait pas dû faire preuve d'une grande discrétion en admirant la plastique de Calista - Ezekiel la suivit d'une petite brasse, évitant de boire la tasse quand les vagues affluaient.

- Je ne pense pas que je ferai un bon surfeur. Cela implique un peu trop d'équilibre, et de talent, et je n'ai ni l'un ni l'autre. Et je serai bien capable de choisir la seule vague où un mégalodon aurait élu domicile pour son dernier repas avant trépas. J'assure déjà comme je peux de marcher un pied devant l'autre sur terre, je me contenterai d'une nage relaxante et tranquille non loin du bord je crois.

Une fois à l'arrêt, non loin de Calista, Ezekiel imprima les mêmes mouvements avec les bras pour rester la tête hors de l'eau.

- J'aime les choses simples, je ne suis pas partisan de la sophistication, même si, pour une personne que j'aime, je serai prêt à tout pour l'étonner. Quand je vous donnais une liste d'attentions simples et rapides à effectuer, c'est à cela que je pensais. Le plaisir d'offrir souvent dans l'année, n'est-il pas plus grand qu'un seul et unique cadeau dans l'année. Et que dire quand vous êtes l'auteur, l'artisan de ce cadeau, le fruit de votre travail, faisant de ce présent un exemplaire unique de votre Amour ? Voilà comment j'bloiarokfokefjgejgzfz..........

Dans son élan lyrique, Ezekiel avait oublié qu'un océan n'avait pas qu'une vague, et il but une bonne tasse d'eau salée qui lui arracha la gorge, provoquant une toux grasse et les yeux qui pleurent.

Il lui fallut bien deux minutes de toux pour réussir à parler, dans une voix un peu déchirée et dans un octave supérieur.

- Vous venez d'admirer mon pied marin je crois ! Dans mes rêves, j'aimerais oui, voguer sur les flots, sentir le vent fouetter mon visage alors qu'aucune attache matérielle ne me retient nulle part. Mais je crains fort que je chavirerais la première vague venue. Aussi pour plus de sécurité, je prendrai plutôt la voiture pour parcourir le pays, le Continent, que le bateau. Et il y aurait une place pour vous côté passager, qu'en dites vous ?!

Ezekiel rit un peu, rebondissant sur la question que Calista avait elle-même corrigée.

- Je suis un rêveur Calista, un écrivain un peu bohème qui se laisser bercer bien souvent par de douces illusions. Ça ne tiendrait qu'à moi, j'irai visiter le monde entier, écrire allongé dans l'herbe, un brin de blé coincé dans le coin de ma bouche, sous un ciel bleu alors que des papillons viendraient se poser dans le champ de fleurs à deux pas où je serai. Mais tout est dicté par l'argent, et je n'en ai pas. J'ai dépensé presque toutes mes économies pour quitter ma prison familiale, et je me rassure en pensant que c'est ma forme de liberté, moins fleurie, certes, mais bel et bien là.

Ezekiel prit garde cette fois à encaisser la vague en fermant la bouche, dos à elle, avant de reprendre la parole. Il fixait Calista sans réellement s'en rendre compte, comme pour capter son attention, alors que le ton de sa voix était sérieux.

- Mais ce genre de rêves est tellement mieux quand il est partagé. L'indépendance a ses avantages, car nous ne sommes tributaires de rien, mais ne pas, au coin d'un feu, ou sous une tente, partager nos impressions de la journée, c'est tant de choses qui se perdent à jamais. Vous vous imaginez que Los Angeles est l'endroit le plus loin où j'ai été depuis ma naissance ? Pathétique non ?..
Voilà mon utopie de rêverie Calista, et vous, si aujourd'hui, vous pouviez avoir une chose dans la limite du possible, quel serait-elle ? Seriez-vous prête à tout plaquer pour arpenter routes ou océans et vivre au jour le jour ?...


Il nageait autour de Calista, lui souriant sans la quitter une seconde du regard. On aurait dit un requin pacifique, sans l'aileron dans le dos. L'eau cachait de toute façon la féminité de Calista, et ce n'était pas le but d'Ezekiel. Il commençait à devenir accro à rester proche de cette femme sans qu'elle ne le fuie, et au plaisir qu'il ressentait, venait aussi s'immiscer l'inquiétude de l'après. Il la ferait souffrir, comme à chaque fois qu'une personne restait trop proche de lui.

Si elle venait à couler, à avoir une crampe ou être attaqué par son requin de vague qui se serait trompé de cible, il voulait être là, et tel un héros sur son chev.... hippocampe blanc, jouer les chevaliers sauveurs de la jolie princesse en détresse.
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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Dim 20 Oct - 10:02

Il semble que pour ce qui est de se dénigrer Ezekiel n'ait pas grand chose à envier à son interlocutrice. Bien que cette dernière pense qu'il exagère un peu, elle n'ose pas le contredire surtout après avoir eu un aperçu de sa malchance. Profitant des vagues et de l'onde qui la bercent dans leur roulis, elle écoute le jeune homme lui parler un peu plus de ses goûts et aspirations. Il devient de plus en plus difficile à croire pour Calista que l'écrivain puisse être célibataire. Il est pourtant plein de qualités. Est-ce que les autres demoiselles préfèrent les vantards imbus de leur personne ? C'est à se poser la question... Un sourire doux flotte sur ses lèvres alors qu'elle cherche régulièrement à river ses prunelles noisettes dans celles d'un bleu si profond qu'il pourrait contenir l'océan. Celui-ci d'ailleurs se venge peut-être de la préférence de la brune en venant prendre par traîtrise celui qu'elle écoute et dévore ainsi du regard. Inquiète de le voir subir à nouveau le tumulte d'une vague plus capricieuse que les autres, l'assistante manque elle aussi de goûter à l'eau salée. Elle se sent soulagée de voir qu'il va bien. Tournant de nouveau son attention totale vers ses propos, elle fronce légèrement les sourcils. Elle s'apprête à argumenter lorsque sa question la déstabilise.

- Je...

Avant qu'elle n'ait eu le loisir de répondre, le rire d'Ezekiel résonne dans l'air marin. Elle réalise donc qu'il ne faisait que la taquiner sur sa précédente remarque. Cela aurait bien sûr été trop beau pour être vrai. Légèrement égratignée dans sa fierté, la jeune femme se ressaisit.

- Vous savez, je doute que le danger soit moindre sur la route qu'en mer. Il est certain par contre qu'à moins d'être très expérimenté, il vaut mieux ne pas naviguer seul. Et puis je suppose que nous autres êtres humains aspirons toujours à plus que ce que nous possédons déjà. On s'entête à aller chercher le bonheur ou le dépaysement à l'autre bout du monde quand ils existent parfois juste de l'autre côté de notre porte. Tout est une question de regard, comme pour le verre à moitié vide ou plein. Enfin je vous souhaite réellement le meilleur, je suis certaine que vous le méritez et qu'un jour la chance vous sourira sous une forme ou une autre.

Optimiste ? Oui elle l'est, surtout pour les autres d'ailleurs. En entendant la suite des phrases de son charmant interlocuteur, le cœur de Cali se serre un peu. Elle ressent la solitude aussi oui, bien souvent. Elle s'y est un peu habituée, résignée à l'idée de rentrer dans un appartement vide et de n'avoir personne à qui partager ses petites joies ou ses grands chagrins. Tandis que l'écrivain lui retourne la question, il l'incite à réfléchir. La brune n'a pas grands choses d'une aventurière, il faut bien le reconnaître. Sa vie a toujours été raisonnable et bien rangée. Elle n'est pas certaine de savoir tout plaquer un jour sur un coup de tête. D'une certaine manière c'est pourtant un peu ce qu'elle a fait en venant à L.A.

- Je ne sais pas... Je suppose qu'il faudrait que cela en vaille la peine, que j'ai la possibilité de vivre un de mes rêves sans avoir peur du réveil une fois terminé. On n'a qu'une vie après tout. Il ne faut pas laisser filer une occasion de toucher du doigt le bonheur. Qui sait quand elle se représentera de nouveau ?

La seconde interrogation invite tout autant la jeune femme à l'introspection. Il a parlé du possible, donc revoir sa fille est exclu. A quoi rêve-t-elle d'autre ? Il s'est montré honnête, elle se doit de lui rendre la pareille même si forcément à l'idée de parler, surtout à lui, de ce genre d'espoir la nageuse redevient toute rouge.

- Eh bien... Ce serait sans doute d'aimer et d'être aimée, sincèrement cette fois sans tromperies ni mensonges, sans que l'amour ne s’essouffle alors qu'il vient à peine de naître. Une belle et grande passion comme celle des livres qui m'emporte et me bouleverse jusqu'à mon dernier souffle.

Calista détourne les yeux subitement avant de terminer sa phrase, comme si cela pouvait la protéger alors qu'elle vient d'ouvrir son cœur à celui qui est de moins en moins un inconnu pour elle. Pour le coup, c'est un peu elle qui se sent pathétique à présent. Bien sûr il a dit croire en l'amour lui aussi, il n'empêche que reconnaître en toute sincérité à un homme qui vous attire que la chose que vous désirez le plus est de vivre une belle histoire lui fait un peu tout drôle. Il est temps de faire diversion, bien sûr nulle vague cette fois n'est décidée à servir de prétexte. Il semble qu'il faille trouver autre chose ! Et sans même y réfléchir, plutôt que de s'offrir une voie de sortie elle s'entête à se mettre en danger toute seule.

- Parfois je me demande si cela existe ou si l'on n'en trouve que dans la fiction. Je n'ai pas vraiment d'exemples autour de moi de ce genre de relations épanouissantes. Des couples oui bien sûr, qui se déchirent, se supportent, se disputent, s'aiment encore heureusement parfois. Mais je ne me souviens pas avoir croisé deux petits vieux se souriant toujours ou se regardant comme au premier jour. C'est pourtant ce que je désire, une vie auprès d'une personne qui me donnerait jour après jour envie de sourire et de lui tenir la main. Quelqu'un auprès de qui je pourrais être moi sans me sentir mal ou nulle, quelqu'un qui saurait m'aimer exactement telle que je suis même dans mes imperfections et mes oublis... Pardon, je m'égare je crois.

Son regard qui se perdait vers l'horizon caressé par les vagues, revient sur Ezekiel. Un petit sourire désolé passe sur son visage.

- Il semble que l'océan me rende un peu mélancolique ou trop romantique je ne saurais le dire. Et je crois même avoir déjà évoqué tout cela avec vous. Je dois vous ennuyer à force. Parlez-moi plutôt de vos souvenirs joyeux. Je suis certaine que vous en avez quelques uns.

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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Dim 20 Oct - 18:25

En général, c'était pendant l'enfance qu'on appréciait sa première baignade dans une étendue aussi immense que l'océan. Même avec un pays aussi grand que les Etats Unis, les parents trouvaient toujours un moyen pour emmener leur progéniture sur la côte, Est ou Ouest, et faire goûter ce plaisir d'être un grain de sable dans une mer.

Il lui fallut bien plus que cela à Ezekiel, 29 ans passés pour être précis, pour goûter à cette joie. Et pour sa seconde fois, il avait la chance de le faire avec une personne délicieuse et agréable. Il pouvait partager ce moment et parler de tout, ou de rien. Mais le plus touchant était que Calista arrivait à le rassurer, à ne pas le juger de prime abord et au contraire persévérer dans la complicité balbutiante qu'ils tissaient elle et lui. Et cela, c'était nouveau pour lui, et rien ne l'avait préparé à "comment bien faire".

- Oui, statistiquement, il doit y avoir plus d'accidents sur la route qu'en mer, mais je m'y sens plus à l'aise. On peut voir un paysage tous les jours, et le redécouvrir pour en être ébahi sous un angle différent, un moment de la journée différent, ou même en fonction de son humeur. Nous devons passer à côté de beaucoup de choses je le crains. Mais quand je vous disais que je tenais à vous voir sur le siège passager, c'est que pour le coup, j'ai mon permis auto, pas bateau, donc c'est au moins une chose que je saurai faire.

Ezekiel passa la tête dans l'eau, avant de la ressortir aussitôt et rabattre sa tignasse trempée derrière, les plaquant sur sa tête. Du moins pour quelques secondes, car déjà ils s'entremêlaient comme par magie entre eux.

Il écouta ensuite attentivement son interlocutrice, leurs regards se quittant désormais bien peu. Elle lui avait dit qu'il avait de beaux yeux, mais les siens n'avaient rien à lui envier. Même peu vêtue comme elle l'était en cet instant, c'était surtout son visage qui retenait l'attention d'Ezekiel. Il était beau, naturellement. Un charme discret mais qui sautait aux yeux dès qu'il posait son regard sur elle.

Ceci dit, vu sa connaissance quasi inexistante des femmes, il n'osait pas trop la complimenter sur une partie de son anatomie. Prendrait-elle mal qu'il lui dise aimer ses cheveux alors qu'elle a une somptueuse poitrine ? Que le dessin de son menton la rendait si fragile et forte à la fois, au lieu de la féliciter sur son choix de lingerie ? Il avait déjà assez gaffé pour la journée - la semaine même - avec elle, il se retiendrait s'il n'oublie pas de ne pas en rajouter une couche. Bientôt 30 ans, et si ignorant, ça en devenait désolant.

Quand il entendit Calista parler de son rêve, son cœur battit plus fort, plus vite. Pourquoi, il n'aurait su le dire, à moins qu'il soit finalement le même que le sien ?... Il attendit qu'elle termine de parler pour prendre la parole, le ton de sa voix un peu ému.

- Je .... Hé bien, moi qui pensais être une espèce en voie d'extinction dans un monde de plus en plus superficiel, je suis ravi de .... de constater oui qu'il reste des survivants ! L'Amour parfait, celui qui est fort, qui dure et qui survit à tout, ce serait un magnifique rêve oui... Mais pour reprendre ce que vous disiez juste avant, je suis une fois encore d'accord. On a qu'une vie, et c'est pour ça que je continue d'avancer malgré les obstacles qui se sont dressés, qui se dressent et qui se dresseront face à moi. Il n'y a que comme cela qu'on limite les regrets quand on se retourne pour contempler sa vie...

Calista se lance alors dans un plus long discours, et Ezekiel, faisant des mouvements de bras pour se maintenir dans l'eau, se retrouve un peu plus vers elle grâce au courant marin, et se maintient à moins d'un mètre de cette nymphe aussi timide que lui. Lui, l'éternel gaffeur, le sempiternel gâcheur de tout, fond littéralement en sentant finalement la détresse de cette jeune femme. Par tous les Dieux, aurait-elle aussi une malédiction d'un autre genre ?

- Comme ... - Ezekiel s'arrêta un instant, pour bien réfléchir à ce qu'il allait dire - Comme je vous l'avais déjà dit, que ce soit votre ancien époux, ou qui que ce soit, je ne comprends pas comment un homme à qui vous plaisez, et qui vous plait également, puisse ne pas être le plus heureux des hommes à vous combler chaque heure de la journée. Je sais que côté relations de couple, je suis bien le dernier à qui demander conseil, mais qui bon sang de bois n'aimerait pas vieillir à vos côtés ?.. Rien de ce que vous m'avez montré depuis que je vous ai rencontré à la bibliothèque ne me fait penser le contraire.

Ezekiel était vraiment perplexe, mais il songea, toujours a posteriori malheureusement, qu'il ne savais rien de son passé, pas assez de son caractère, et qu'il la mettait mal à l'aise en la portant aux nues alors qu'elle cachait peut-être un lourd secret. Un peu comme lui, personne ne le croirait de toute façon, même lui il lui arrivait de se considérer comme un fou. Nous n'étions pas chez les X-Men non plus !!

Quand elle lui parla de sa mélancolie, il sut qu'il avait vu juste. Il avait dû aller trop loin, et une fois encore pesta contre sa maladresse.

- Je vous propose de retourner sur la plage, nous profiterons du soleil pour nous sécher et nous réchauffer, et je vous raconterai sur le chemin un bon moment.

Espérant qu'elle acquiesce, il nagea tranquillement vers le rivage, avant se lever une fois qu'il eut pied. Il redescendit un peu son boxer qui était remonté enroulé sur lui-même et ne cachant plus grand chose, avant de se retourner pour regarder Calista. Lui souriant, il lui parla comme convenu d'un bon moment.

- Mon plus récent meilleur moment, que vous ne connaissez pas encore, a été de me rendre à un loueur de voitures. Dès que j'avais des vacances, je multipliais les petits boulots, où j'essayais de ne pas casser plus que je ne réparais, et gagner plus d'argent que je n'en perdais à cause de ma maladresse. J'avais une cachette dans ma chambre, une latte du plancher que j'avais descellée, pour y glisser mes économies, mois après mois, années après années. Et pour bien faire cliché, je l'avais mis dans un cochon rose. Il rit à l'évocation de ce pauvre bibelot dont le sort a été funeste.Je savais précisément combien il y avait, à chaque billet que j'insérais, au dollar près !! Une fois la somme atteinte, j'ai souri, tout seul, pendant un long moment. Sans un mot, sans une explication, j'ai été voir ce loueur, et j'ai loué un tacot pour un aller simple, direction Los Angeles. Réservation pour le lendemain, et je fis mes bagages le soir même. Vous ne pouvez imaginer ce poids qui me nouait les entrailles, disparaître petit à petit à chaque habit que je mettais dans mon sac. J'ai gardé la tête du cochon, qui a survécu au sol, et quand j'ai un moment de déprime, je la regarde, et je me dis que tout est possible.

Ezekiel secoua la tête tout en se remémorant ce passé pas si lointain que cela.

- Je vous disais que j'étais un grand romantique, mais faute de partenaire, je n'ai rien à vous raconter digne de ce nom, où j'aurai pu passer un bon moment. J'espère que vous n'êtes pas déçu par mon histoire finalement très .... terre à terre ?

Ils arrivèrent jusqu'à leurs affaires, laissés négligemment au sol, et comble de la surprise, non dérobés par un petit malin cupide.

Le soleil tapait sur leurs corps, et les rayons réchauffaient leurs corps. Mais malgré cette réminiscence joyeuse, une ombre était passée sur le visage d'Ezekiel. Il se rendait compte que globalement, il avait raté presque 30 ans de sa vie... Comme s'il était né au mauvais moment, au mauvais endroit, et qu'il lui avait fallu plusieurs décennies pour s'en extraire seulement, avec un avenir pas forcément plus glorieux. D'un sourire un peu forcé, il se tourna vers Calista.

- Je vous ai proposé une baignade, une idée pour la suite du programme ? A moins que vous ne deviez partir si vous êtes occupée ?
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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Lun 21 Oct - 15:28

Il ne se trouve qu'à un mètre d'elle à présent, tous deux bercés par l'océan. Leurs regards s'accrochent et Calista se sent un peu trop vulnérable. Son petit cœur ne tient plus très bien en un seul morceau déjà, elle songe qu'il serait stupide de laisser quiconque le malmener encore. Le plus ridicule est sans doute qu'elle se fait des illusions, qu'elle nourrit un espoir qui n'aurait pas lieu d'être. Si cet homme se montre si gentil ce n'est que par compassion, pas par intérêt ou du moins pas de la nature qu'elle voudrait. Mieux vaut laisser de côté les rêves et s'ancrer dans la réalité. Elle est déjà bien contente de partager ce moment avec lui, les princes ne sauvent que les princesses et seulement dans les contes de fées. Et pourtant en écoutant ses paroles elle se sent touchée jusqu'au plus profond de son âme. Son regard devient un peu plus brillant, les battements cognent un peu plus forts dans sa poitrine. Ce n'est pas une vague cette fois qui manque de lui faire perdre pied. On ne lui a jamais dit de choses aussi belles, pas même son ex-époux. Et là encore elle ne voit que gentillesse désintéressée, elle ne peut pas imaginer une seule seconde que cela ressemble à de la séduction ou une forme de déclaration maladroite. L'idée ne lui effleure pas même l'esprit.

Heureusement qu'il se décide à leur offrir une porte de sortie en proposant de rejoindre la plage. Elle acquiesce doucement d'un signe de tête en lui souriant. La brune se remet à nager en direction du rivage, prêtant une oreille attentive au souvenir heureux qu'il lui partage. Elle a du mal à imaginer à quoi a pu ressembler l'enfance de cet homme. Elle n'était pas très heureuse à ce qu'il semble, comme la sienne en somme. Quand elle essaie de se souvenir, peu d'images reviennent à l'esprit de la jeune femme. Aucune ne sonne sympathique : la peur, la peine, la solitude… Elle n'a commencé à vivre vraiment que lorsque sa tante l'a recueilli. Cali reprend pied, elle se met donc à marcher. L'eau de moins en moins profonde a la bonne idée de découvrir à nouveau ses courbes. En le réalisant elle s'empourpre et presse le pas. Le tissu bleu sur la plage l'attire irrémédiablement et elle ne compte certainement pas attendre sagement que ses dessous sèches en croisant les regards réprobateurs des passants. Elle se penche donc et saisit sa robe qu'elle enfile très rapidement, tant pis si cette dernière finit mouillée ! L'assistante se contorsionne un peu pour parvenir à fermer seule la fermeture éclair dans son dos.


-Je ne vois pas pourquoi je me permettrais de juger votre anecdote. Ce ne serait pas très charitable de ma part alors que je vous l'ai réclamé. Puis je la trouve très touchante. Je comprends je crois ce que vous avez pu ressentir, devenir libre après avoir été prisonnière d'une vie difficile… Avoir enfin droit à un petit bout de ciel bleu lorsque l'on a connu que le froid et le gris. C'est comme être enfin débarrassée d'un poids qui vous condamnait à faire sans cesse du sur-place; vous interdisant d'avancer quand vous ne rêviez que de fuir.

Remettant ses longs cheveux mouillés en arrière, elle s'assoit dans le sable. Ses mains sur posent sur ses cuisses par-dessus la robe pour recommencer à la préserver des attaques de la brise marine.

- J'étais une enfant plutôt solitaire, pas par choix. J'avais du mal je crois à me faire accepter par les autres, trop timide et renfermée, trop sombre aussi je suppose. J'avais sans arrêt l'impression d'être différente. Mes compagnons sont vite devenus les livres. Je connaissais mieux la dame qui s'occupait de la bibliothèque que mon instituteur tellement je venais souvent emprunter des ouvrages. Tourner les pages, c'était fuir tout ce que je n'aimais pas dans ma vie, mes peurs et mes chagrins. Je n'avais personne à qui les confier, personne pour me rassurer alors les chapitres m'offraient une parenthèse dans cette vie dont j'étais prisonnière. Je faisais l'école buissonnière avec Tom Sawyer, j'apprenais la survie auprès de Robinson, j'enviais les mousquetaires et leur solide amitié…. Je ne crois pas avoir jamais eu d'amis, je n'ai jamais réussi à m'en faire ou à les garder. Ma tante est ce qui s'en rapproche le plus dans mon existence, c'est un peu triste.

Se rendant compte qu'elle s'ouvre sans doute un peu trop et surtout ne cherchant pas à appeler la pitié, elle se ressaisit. Tournant la tête vers le jeune homme, elle sourit.

- N'allez pas croire que je me plaigne ou que je ne suis pas heureuse. J'ai vécu de belles choses, et je suis loin d'être la plus malchanceuse en ce monde. Pour vous répondre, je ne suis pas pressée et rien ni personne ne m'attend chez moi. Et surtout… je me sens bien auprès de vous. J'apprécie ce moment, comme nous le disions tous deux il faut savoir profiter des jolies choses.

Son regard revient se perdre dans le sien. Non, Cali n'a aucune envie d'abréger si vite leur rencontre. Elle ne peut pas reconnaître à voix haute pourtant qu'elle se moque bien de ce qu'ils feront pourvu qu'elle ait encore le privilège de profiter de sa compagnie et de plonger dans ses yeux si clairs. C'est un de ses instants où l'on regrette de ne pas avoir le don de suspendre le cours du temps, il file toujours trop vite.

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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Mar 22 Oct - 6:38

Ezekiel eut la confirmation d'avoir vu juste, alors qu'il se baignait peu de temps encore aux côtés de Calista. Il lui avait un peu forcé la main en lui proposant de se baigner avec lui dans l'océan, et le caractère de cette dernière n'avait pu se résoudre à refuser cette idée loufoque. Alors que tous deux sentaient les rayons du soleil s'écraser sur leur dos mouillé, il put constater que Calista se rhabilla sans attendre en enfilant sa robe sur son corps encore trempé. Alors qu'elle avait quelques difficultés pour fermer celle-ci, il avança d'un pas pour proposer son aide, bien que troublé par le physique qu'il voyait en cet instant, mais se rétracta pour la double raison que Calista ne lui avait pas demandé son aide et semblait tant bien que mal s'en sortir seule, et qu'il ne voulait pas rajouter un peu plus de gène à cette situation.

Il l'écouta ainsi lui donner son avis sur son histoire, ce qui le rassure quelque peu. Une fois encore, elle a assez bien cerné ce qu'a pu être son passé... Ne pas être à sa place. Tout comme elle, il s'évadait dans les livres, comme pour fuir une réalité trop morose pour un enfant qui a besoin de rêver.

- Comme je vous comprends Calista. J'ai moi-même trouvé dans les livres un formidable allié pour trouver goût au quotidien. C'est peut-être pour cela que je me suis plutôt tourné vers les livres de fiction, de fantasy, d'imaginaire. Lire la dureté de la réalité alors que j'avais cette sensation d'endurer bien plus qu'il ne le fallait déjà, ne m'aurait pas aidé je pense à garder l'optimisme nécessaire pour avancer.

Ezekiel réalisa que pour un deuxième rendez-vous, du moins un premier officiel, elle et lui se confiaient en fin de compte beaucoup. Il ne savait pas si tout cela était normal, ou si habituellement, les gens étaient plus réservés dans leur intimité avec un inconnu. Quelle poisse de n'avoir aucun repère, aucune idée de ce qu'il fallait dire, faire, penser, réagir dans pareil cas. Calista lui avoua apprécier d'être en sa compagnie, et là, tout inculte qu'il était, il savait que c'était un bon point. Pour autant, se confiait-elle toujours ainsi avec une personne gentille ? Ezekiel réprima un soupir, il arrivait à peine à se comprendre, alors les femmes .... Quand soudain, il eut une idée de génie ! Il avait regardé une série à la télé dernièrement, et cette technique avait semblé porté ses fruits. Il sourit intérieurement, ordonnant ses idées avant de prendre la parole. Ah oui, avant tout, introduire subtilement la chose en reprenant les dernières paroles de son interlocutrice.

- Je suis content d'entendre que vous appréciez ma compagnie, vraiment. En général, les personnes partent avant d'avoir pu me le dire, ou que j'ai pu le leur montrer. Et sachez que ce sentiment est on ne peut plus partagé, jamais je n'ai autant apprécié une compagnie autant que la vôtre.

Deuxième étape, le plan machiavélique, et impossible que Calista le connaisse, la série avait été diffusée tard la nuit en semaine, et elle travaillait contrairement à lui.

- Comme vous le savez, je ne suis pas un expert sur tout ce qui est relation humaine, et je me disais que peut-être vous pourriez m'aider. J'ai ... hmm ... un ami lointain qui m'a appelé dernièrement, pour prendre des nouvelles. Jusque là rien de bien palpitant, je vous l'accorde, jusqu'au moment où il me dit avoir rencontré une charmante jeune femme, qui lui a très rapidement plu. Il me demandait comment il pouvait faire pour séduire cette femme, et lui montrer la sincérité de la naissance de ses sentiments à son égard, et lui témoigner sa reconnaissance d'être aussi gentille et jolie. Vous auriez une idée vous ?...

ET PIM ! Jamais elle ne songerait que cet ami était le fruit de son imagination, et qu'il parlait bien d'eux deux. Ainsi, elle lui répondrait en fonction de sa propre expérience, et il ne ferait pas de gaffes en la faisant fuir avec des questions, ou des actes déplacés. Il s'en voulait de lui mentir un peu, mais ce n'était pas un mensonge destiné à lui causer du tort. Au contraire, il voulait épargner Calista du vide sidéral dans le relationnel social d'Ezekiel. Il doutait fort que cela puisse marcher, mais pour la première fois peut-être, il avait envie d'essayer. Ne venaient-ils pas de dire qu'ils n'avaient qu'une vie ? Si le Destin avait prévu qu'ils se perdent de vue pour ne jamais se revoir, il en serait ainsi. En attendant, s'il existait une infime chance, une minuscule opportunité qu'il puisse la revoir une fois encore, il allait la saisir, s'y accrocher comme une moule sur son rocher, et tout faire pour connaître cette femme que tout plaisait au naïf jeune homme se dressant devant elle.

Avait-il seulement conscience de la lourdeur de son approche ?... Assurément non.
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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Mer 23 Oct - 9:56

Ce n'est pas du tout habituel pour Cali de s'ouvrir si facilement à quelqu'un. Tout le monde la dit secrète, presque renfermée même si elle est assez sociable. Il émane d'elle une certaine mélancolie qui transparait parfois malgré ses sourires et sa bonne humeur apparente. Pourtant ceux qui l'entourent sont bien incapables d'en découvrir la raison, ils ne savent pas plus ses passions ou ses goûts à part celui pour les petits biscuits qu'elle grignote deux fois par jour. Aujourd'hui c'est un peu différent, et elle ne s'est livrée que sur un domaine qu'elle pense qu'Ezekiel peut comprendre. C'est certainement cette part similaire de leurs vies qui l'y a poussé. C'est agréable après tout de pouvoir se montrer telle qu'on est sans avoir à craindre le regard des autres, passer pour idiote, incapable, inintéressante. Des qualificatifs qu'elle a trop souvent entendu dans la bouche des autres à son encontre. Cela explique pourquoi elle a tant de mal à montrer qui elle est, la jeune femme craint que les autres n'aiment pas ce qu'ils verront.

- Oui, l'on s'accroche au meilleur né de l'imaginaire d'un autre en espérant qu'un jour nos vies tendront un peu plus vers le clair que l'obscur. Et puis on ne peut pas renoncer, il y a tant encore à lire et à découvrir. Enfin un jour on caresse ce que l'existence a de plus beau à offrir, même si cela ne dure pas on s'y accroche. Un espoir naît de sa perte, nouveau et précieux, celui de revivre un jour quelque chose d'aussi beau même si cela sera sans doute tout aussi fragile.

Elle sourit avec douceur à son voisin. L'écoutant lui dire qu'il apprécie également sa compagnie. Étrangement cela la rassure, un peu comme si elle peinait à le croire d'elle-même. Evidemment le fait qu'il n'ait pas cherché à fuir ou écourter leur rendez-vous tend à prouver qu'il passe un moment agréable tout comme elle. Ou alors il est maso… La tournure de la conversation la surprend alors. La brune ne s'est jamais imaginée dans le rôle de conseillère matrimoniale. Elle doute d'être la mieux placée pour cela. Enfin, Calista n'est pas du genre à refuser d'apporter de l'aide quand on le lui demande. Elle ne voit bien entendu nul stratagème derrière ces questions innocentes à ses yeux, naïve un jour…

-Oh… Eh bien je ne sais pas si je serais vraiment utile. Je suppose que nous sommes toutes différentes en matière de séduction et j'ai peu souvent été courtisée. Je vous avouerai même que je n'ai aucun souvenir quasiment de la période où mon ex-mari et moi nous fréquentions… Je sais, c'est honteux. Elle baisse les yeux vers ses petites mimines en rougissant. Enfin, je suppose que nous aimons toutes les petites attentions. Bien que… On répète souvent que le romantisme se meurt, donc j'ignore si les autres célibataires sont sensibles comme moi au fait qu'on les aide à s'asseoir, qu'on leur ouvre la porte, qu'on veille à ce qu'elles n'aient pas trop froid. Ce qui est important bien sûr c'est d'être bien avec l'autre, de pouvoir être soi-même. On dit que les femmes apprécient l'humour chez un homme, du moins c'est mon cas. Et j'aime plus encore la sincérité.

Les yeux noisettes de la jeune femme se relèvent vers l'océan. Elle réfléchit un peu, se prêtant à l'exercice avec beaucoup de bonne volonté.

- En fait il faudrait savoir ce qu'aime la dame des pensées de votre ami, s'ils ont des goûts communs ils auront un moyen de se rapprocher. L'amour est une chose si mystérieuse, ce n'est pas facile de trouver la bonne clef pour gagner un cœur. Et c'est tant mieux. Je pense que la meilleure arme reste la sincérité. J'espère qu'il parviendra à conquérir celle qu'il désire.

L'assistante tourne la tête vers lui et lui sourit. Ses cheveux dégoulinent sur sa robe qui est par ailleurs déjà bien humide d'avoir été enfilée à la sortie de la baignade. Deux tâches plus sombres viennent entourées le vestige d'encre et de ketchup de chaque côté.

- Vous pensez qu'une femme a besoin d'une sorte de parade nuptiale? Ou un homme d'ailleurs? J'aime à croire que c'est tout aussi beau et encore plus intense lorsque les choses se font en douceur, naturellement. Les cœurs s'emballant au rythme des premiers émois, les mains qui se frôlent sans oser se serrer encore malgré l'envie, ces moments où l'on n'est pas certain que le regard que l'on nous retourne exprime le même sentiment que le nôtre mais où l'on espère, on est dans l'incertitude et pourtant on devine avant même de le vivre qu'il se passe quelque chose de magique, que le lien qui se tisse est plus fort encore que ce que l'on a connu jusqu'ici.

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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Ven 25 Oct - 9:53

Il y a tant à lire. Ezekiel ne pouvait qu'acquiescer en silence en entendant Calista parler de la sorte. Douce ironie de savoir qu'il n'y a jamais assez de toute une vie pour lire tous les livres parus sur Terre. Tant de choses qui nous échappent, tant de savoir qui nous glisse entre les doigts. Comme la vie elle-même, la vie n'est faite que de choix. On est parfois attiré par un titre accrocheur, une couverture qui capte le regard, un auteur célèbre, un résumé efficace en 4ème de couverture.
Et à côté, toutes ces oeuvres anonymes qui feront peut-être le bonheur, ou pas, d'un autre lecteur en quête d'évasion, de connaissance, de détente.

Comme c'était agréable pour lui de pouvoir se concentrer sur la discussion, sur son interlocutrice aussi, sans avoir systématiquement à regarder toutes les 10 secondes si le prochain malheur ne va pas la faire fuir pour ne plus jamais la revoir. Ils en viennent à parler de choses plus personnelles, ce qui ne lui arrive quasiment jamais.

Pour couronner le tout, il parle de cela avec une personne visiblement aussi sensible, et écorchée vive que lui. Sans être ravi de son malheur, bien au contraire, cela lui permettait d'être un peu plus à l'aise sur le vide intersidéral de sa propre vie.

Il fut d'autant plus attentif quand il lui posa la question machiavéliquement naïve. L'air qu'elle afficha le persuada d'autant plus dans la réussite de son plan. Quelle chance - pour une fois !! - de s'être couché si tard cette nuit là !!

Quelle ne fut pas sa surprise quand elle lui annonça ne plus se souvenir de la période passée avec son ex-mari. Etait-il si goujat que cela ?! Il ne le connaissait pas, mais il ne l'aimait déjà pas...
Quoiqu'il en soit, il ne put s'empêcher de sourire tendrement à l'évocation de ce qu'elle aimait. Des choses simples, des choses comme elle, naturelles et délicates. Il eut par contre un pincement au coeur quand elle parla que plus que tout elle aimait la sincérité. Dire qu'il venait de lui mentir.... Une boule se nouait dans le ventre, comme une bouffée d'angoisse qui le submergeait. Devait-il garder son secret, au risque qu'elle le découvre et se sente trahie. Ou devait-il plutôt révéler le pot aux roses, et faire amende honorable dès à présent. Alors qu'il réfléchissait à toute vitesse sur quoi faire, quoi dire, Calista semblait vraiment vouloir l'aider, rendant la scène d'autant plus déchirante pour Ezekiel.

Foutue série en fait !! Elle lui avait plombé toutes ses chances - si chance il avait - de mieux apprendre à la connaître. Il avait tellement eu peur de lui poser en face la question directement, qu'il s'était détourné des principes qu'il estimait être les meilleurs, et ressembler à tous ces menteurs qui rendaient le monde si moche.

Il regarde Calista l'air un peu désolé, passant sa main entre ses cheveux encore humides.

- Je .... baissant le regard, Ezekiel fixa un grain de sable particulièrement intéressant subitement. Je .... Je ne sais pas si une femme, ou un homme a besoin d'une parade nuptiale. A l'évoquer en ces termes, cela fait un peu forcé, et ça brise le charme de ce que l'un ou l'autre voulait justement construire. Mais, je dois vous avouer quelque chose, qui risque de vous déplaire.

Il avait pris sa décision. C'était dans sa nature profonde, il ne servait à rien de biaiser ou de se mentir à soi-même. Ca n'apportait que son lot de malheurs, et il était déjà assez servi comme ça.

- Je .. n'ai pas d'ami qui m'avait demandé conseil à dire vrai. Je vous ai menti, et je vous adresse mes plus sincères excuses Calista. N'y voyez pas là malice de ma part, mais je suis tellement peu doué dans les relations avec les gens, que je n'avais trouvé que ce moyen pour savoir un peu ce qui vous plairait, sans passer pour un pervers notoire.

Il passait son pied nu sur le sable, laissant des traînées semi circulaires entre elle et lui. Il semblait vraiment mal à l'aise.

- Je voulais en savoir plus sur vous, pour savoir ce qui vous plaisait, et qui sait, si cela me correspondait, hé bien ....*soupirant de nouveau* laissez tomber ....

Non, il n'y arriverait pas, il n'avait jamais été marié lui, il n'avait même jamais été en couple, alors comment réussir à ordonner ses idées sans passer pour ce qu'il n'était pas ? Il cherchait encore la solution miracle ...
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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Ven 25 Oct - 13:55

L'assistante ne réalise pas qu'elle se livre aussi sur ce sujet. Elle s'exprime avec naturel et sincérité comme toujours, sans aucune forme de calcul. Qui plus est, elle reste persuadée que la question d'Ezekiel n'a pour unique but que d'aider son ami. Elle ne voit donc aucun mal à lui répondre. Elle remarque soudain que son comportement change, il redevient nerveux. Devant tant de sérieux, la brune s'inquiète un peu. Elle se demande ce qu'il peut bien avoir de si grave à lui dire. Est-ce qu'il est marié? Est-ce un terroriste ou un massacreur de robes en série? Au mot menti, elle se crispe un peu. Elle a vécu bien trop longtemps auprès d'un homme qui avait fait de ses mensonges un art de vivre. Le jour où la vérité a fini par éclater, elle a perdu le peu qui lui restait. C'est la meilleure raison du monde pour devenir allergique à toutes formes de duperies même la plus bénigne. Alors oui entendre dire que le jeune homme n'a pas été parfaitement honnête avec elle la chagrine. Le sourire quitte ses lèvres et son regard glisse lentement de son interlocuteur au sable entre eux deux. Elle a du mal à saisir pourquoi il a fait une telle chose. Elle a beau analyser ses paroles, leur sens lui échappe comme si le message contenait un fait important à côté duquel elle passait. Est-ce qu'elle a encore réussi à oublier un bout de leur conversation? Est-ce qu'elle a manqué d'attention à un moment ou un autre? Pourquoi doit-elle sans cesse se sentir fautive des erreurs des autres?

Son regard se relève vers l'écrivain, elle reste silencieuse tandis que les mots tournent et retournent dans sa petite caboche. Elle n'arrive pas non plus à interpréter le mélange d'émotions qu'elle éprouve en cet instant. Certes, il faut relativiser il n'est ni marié, ni terroriste, ni massacreur de robes en série, du moins pas à sa connaissance. C'est juste un être maladroit. Il a l'air de profondément regretter son acte, il s'est même excusé. Les menteurs invétérés eux ont tendance à nier les faits même lorsqu'ils sont confrontés aux preuves de leurs mensonges. Un petit soupir triste s'échappe d'entre ses lèvres avant qu'elle ne finisse par briser le silence dans lequel elle s'est elle-même plongée.


- Je dois admettre que je peine à comprendre pourquoi vous m'avez menti. Je veux dire… Je suis là près de vous depuis de longues minutes déjà. Nous avons partagé plus que nos lectures, un repas, des rêves, des souvenirs personnels… Je ne me suis pas dérobée face à vos questions, pas plus que vous aux miennes. Agir de la sorte c'est un peu abuser de ma naïveté et de ma sincérité.

Ses doigts fins jouent avec le pan de sa robe, nerveusement. Elle se mordille la lèvre inférieure, se doutant qu'elle le met encore plus mal à l'aise. Pleine de compassion et d'empathie, Calista préférerait presque qu'on lui fasse du mal à elle plutôt que d'en faire à autrui.

-Je ne dis pas cela pour que vous culpabilisiez d'avantage. J'ai juste appris qu'il est plus sain d'extérioriser ce que l'on ressent plutôt que de le garder en soi et le laisser grandir. Du moins tout dépend de quoi on parle évidemment. Nous commettons tous des erreurs, alors j'accepte vos excuses. Mais faites-moi la promesse de ne plus jamais me mentir Ezekiel. S'il vous plaît… Peu importe que la vérité soit douloureuse, qu'elle soit dure ou cruelle, je la préfère au mensonge et à l'ignorance.

Son regard plonge dans le sien, plus intense encore qu'auparavant. Sa mine grave et son air un peu triste doivent lui donner une certaine vulnérabilité en cet instant. En tous cas, elle se sent vulnérable. Peut-être parce qu'il la touche plus que de raison et qu'elle s'est rarement sentie si bien avec un homme, peut-être parce que pour ces mêmes raisons le fait qu'il ait menti la peine d'avantage, peut-être parce que ses yeux si bleus semblent vouloir lui passer un message que sa tête s'obstine à ne pas comprendre quand son cœur le voudrait. Peut-être parce que quand elle le regarde elle a l'impression que ses cicatrices à lui font écho en elle et inversement. Et peut-être aussi qu'elle lit trop de romans sentimentaux et qu'elle ne devrait pas ainsi exposer son cœur au risque que quelqu'un s'en serve encore comme d'un paillasson avant de la laisser le ramasser une fois tout piétiné. Cela fait un peu trop d'incertitudes, alors pour s'accrocher à une chose certaine, Cali songe qu'après ce qu'ils ont partagé, après ce moment si agréable, elle n'a pas envie que leur rencontre se termine sur une fausse note.

- Je vous propose que nous mettions ce manque de jugement de côté. Je ne sais pas vous mais je n'ai pas envie que nous repartions maintenant chacun de notre côté avec pour dernier souvenir la déception ou le regret. J'imagine qu'il ne sera pas facile d'effacer cela de nos mémoires, du moins de la vôtre surtout, et de repartir sur un sujet plus léger. Puisque la littérature nous a sauvé vous et moi, qu'elle nous a mis sur la route l'un de l'autre, peut-être qu'elle nous offrira encore le salut ici. Que diriez-vous d'échanger nos poèmes? J'ai peur que le mien soit tout à fait médiocre et ne mérite pas vraiment d'être qualifié de poésie. J'ai malgré tout fait de mon mieux.

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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Ven 25 Oct - 23:51

Au fur et à mesure que Calista répondait après qu'il lui ait révélé la supercherie, Ezekiel se sentait de plus en plus en osmose avec l'océan : Il se liquéfiait à vue d’œil...

Déjà son visage avait trahi la tristesse qu'il lui avait infligée. Il avait brisé ce petit cocon de complicité qu'ils bâtissaient minute après minute, heure après heure entre eux deux.

Et voilà, il avait menti, il devait en payer le prix. Pourquoi, MAIS POURQUOI, avait-il fait cela ?! A la télé ça avait marché pourtant !! Enfin dans cet épisode, le personnage n'avait rien révélé du tout. Se serait-il fait pincer 10 épisodes plus tard ?... Il aurait dû regarder toute la saison avant de tenter ce coup de filou.

- Non, mais je .... Il malmenait ses mains en triturant ses doigts, les nouant dans des configurations à la limite du possible. Comprenez moi, je cherchais à ... De nouveau, il marqua une pause, cherchant les mots justes. Je cherchais à vous plaire, voilà ! Mais je m'y prends comme un manche, comme toujours, et au cas où vous me repoussiez, ou me faisiez comprendre que ça ne me regardait pas, j'avais toujours le "garde fou" de l'ami vous voyez. Ce n'était pas dans mon intention de me jouer de vous, ou être malhonnête, juste de me protéger un peu, car quand vous ne connaissez que ça, vous savez comme ça fait mal à chaque fois.

Il avait été honnête cette fois, peut-être même trop. Mais elle lui avait demandé de ne plus jamais lui mentir, quelque soit la vérité, et celle-ci sans être douloureuse, était éprouvante à dire, car il n'avait aucune visibilité sur ce qui l'attendait. Elle le fixait, et il était transpercé de toute part. Comme il aurait aimé pour le coup être lu comme un livre ouvert, sans avoir à prononcer la moindre parole, et qu'elle puisse comprendre le pourquoi du comment il avait agi ainsi. Mais la Nature humaine n'était pas faite ainsi, et il fallait commettre des erreurs pour apprendre. A ce stade là, Ezekiel aurait dû être le plus grand sage de tous les temps ...

Quand elle évoqua le poème, il se souvint du sort de ce pauvre enchaînement de rimes. Il baissa à nouveau le regard, se détachant avec peine de celui de Calista.

- Si je vous dis qu'une partie de mon poème est sur votre poitrine, au sens propre du terme, vous n'allez me croire n'est ce pas ?.. J'avais oublié mon poème dans mon autre pantalon, et je l'avais noté sur une serviette juste avant notre rendez-vous. Quand je vous ai tachée avec le ketchup, j'ai spontanément essuyé mon erreur avec la serviette, et l'encre s'est déposée sur votre robe. Non seulement j'ai taché votre habit, mais je n'ai plus de poème sous la main à vous faire partager.
Ce que ... ce que je peux vous proposer si vous le voulez bien, est que vous commenciez, pour que je me rappelle des grandes lignes du poème que j'ai rédigé il y a quelques jours. J'improviserai pour le reste, mais comme je l'ai noté il y a peu encore, ça devrait revenir assez vite. Vous voulez bien ?...


Il espérait grandement qu'elle accepte, sinon il devrait improviser un peu plus encore ce qu'il avait écrit avec tant d'attention.

Il leva la tête vers le ciel, comme pour y trouver une manifestation divine, et se demanda pourquoi il avait mérité cela, qu'avait-il donc fait pour mériter pareille malchance tout au long de sa vie. Trente ans qu'il subissait cela, ne méritait-il pas la rédemption à présent ?!! Même quand il essayait de bien faire, cela se retournait contre lui. Il avait voulu paraître "normal" aux yeux de Calista, mais il n'avait pu se résoudre à ne pas être ce qu'il était réellement. Son charme, sa fragilité, sa vulnérabilité, lui renvoyait ce qu'il tenait tant à protéger des autres. Il était dans le même cas qu'elle, où sa naïveté et sa bonté innée lui valaient bien des coups bas. Comment pourrait-il s'abaisser à lui faire du mal ?

Elle lui avait demandé de ne jamais lui mentir ?... Hé bien soit, si cela lui permettait de gagner son ... amitié, le jeu en valait la chandelle.

- Mais ne dites pas que votre poème soit médiocre Calista. Si vous y avez mis votre coeur, je ne doute pas que votre sensibilité fera de ce poème un joyau à mes yeux.
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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Sam 26 Oct - 10:33

Les mots tombent non sans une certaine lourdeur, faisant une fois encore un peu accélérer les battements de son cœur. Elle n'est pas certaine de bien comprendre ce qu'il évoque à demi-mots. Elle redoute de mal interpréter, de comprendre ce qu'elle voudrait entendre. C'est une chose si humaine que d'espérer et de voir le monde comme on aimerait qu'il soit. Retomber sur terre fait toujours mal après cela, alors elle va bien prendre garde à ne pas voler trop haut. En restant près du sol, la chute fait moins mal. L'assistante voudrait trouver les bonnes paroles pour l'apaiser un peu, d'autant qu'elle a très envie de croire en ce qu'il dit même si les raisons qui l'ont poussé à agir ainsi la dépassent toujours. C'est tellement loin de ce qu'elle ferait, loin aussi de ce qu'elle imaginait de lui. A vrai dire elle ne sait plus trop quoi penser de tout ceci. Pour une fois oui elle aimerait oublier et qu'il oublie aussi. Qui ne s'est jamais trompé après tout ? Elle sait être indulgente, mais ne se laissera pas duper deux fois. Que dit le proverbe déjà? Trompe-moi une fois, honte à toi. Trompe-moi deux fois, honte à moi ou quelque chose d'approchant…

- Je vous crois Ezekiel, je l'ai dit tout le monde peut commettre une erreur. Ne vous rendez pas malade pour cela. J'ai juste été surprise dans le sens désagréable du terme. Les mensonges m'ont si souvent blessée que j'ai du mal à les endurer. Ce n'était pas si terrible après tout, évitez juste de recommencer. C'est tout ce que je demande.

Elle s'efforce de lui sourire, elle en a envie simplement son humeur est un peu chagrine soudain. Entre les mauvais souvenirs remués, la petite déception, son cœur qui n'en fait qu'à sa volonté quand elle croise le regard azur ou que le jeune homme est tout près d'elle, cela commence à faire beaucoup pour sa trop grande sensibilité. Elle est bien décidée en tous cas à laisser cela de côté. Son regard glisse jusqu'à son décolleté tâché en l'écoutant expliquer la fin de son poème. Un sacré manque de chance tout de même, cela explique en tous cas pourquoi il était si gêné plus tôt. Cali se demande pourquoi il a cru bon de se servir d'une serviette au lieu de papier, sans doute n'avait-il que cela sous la main… Il a l'air si pitoyable et désolé qu'il lui fait vraiment de la peine. Cela chasse un peu plus le léger goût amer né de son mensonge. Le sourire de la jeune femme s'agrandit légèrement, devenant plus doux.

- Les mésaventures ne vous épargnent pas à ce qu'il semble. Bien sûr, on peut commencer par le mien. Et ne vous en faites pas pour l'encre, le pressing en viendra sans doute à bout. Vous êtes tout de même un drôle de personnage.

La brune attrape son sac et fouille dedans à la recherche du bon carnet. Sa main s'immobilise au moment où il parle de sa sensibilité et de son écrit. Comment cet homme parvient-il si facilement à la toucher, la troubler ? Ses joues rosissent une fois de plus. Elle se remet à chercher, vérifiant le nom des carnets sur la couverture jusqu'à mettre la main sur le bon. Elle le sort du sac avant de l'ouvrir à la double page. Elle le tend  ensuite à Ezekiel, en souriant un peu timidement.

- Ne me demandez pas de vous le lire à haute voix. Je me sens suffisamment mal à l'aise à l'idée qu'il vous déplaise. Il y a un monde entre apprécier la poésie et savoir à son tour manier les mots. J'espère qu'il vous plaira sans avoir la prétention qu'il s'agisse d'un joyau.

L'écriture est fine et élégante, sans fioriture.

Spoiler:
 

Calista patiente nerveusement tandis qu'il parcourt les lignes. Sa main droite triture machinalement l'anse de son sac à main. Elle serait sans doute moins stressée si elle présentait ce poème à un concours ou un éditeur. On croirait qu'elle joue ici son avenir, ce qui est vraisemblablement loin d'être le cas. Pourtant ce qu'il va penser d'elle et de sa création revêt une grande importance à ses yeux. Si l'écrivain a dit vouloir lui plaire, l'inverse est tout aussi vrai.

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En cette danse où se joue le hasard [Terminé]

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