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 Don’t cross my way [terminé]

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Sonny Malone

La Fille de vos Rêves… ou de vos Cauchemars

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MessageSujet: Don’t cross my way [terminé]   Dim 19 Aoû - 18:55

23 décembre – dans la matinée

Noël approchait à grands pas. Bien trop grands les pas ! Ce serait le premier Noël de Sonny avec Remington. La première fête qu’ils vivraient ensemble et il fallait marquer le coup. Trouver LE cadeau. Et pour ça, Sonny n’était franchement, mais alors franchement pas douée. Elle était même catastrophique. Mais en errant comme une âme en peine dans une librairie, elle était tombée sur ce qui lui parut être une bonne idée. Rem aimait les bandes dessinées, peut-être serait-il intéressé par une édition originale ? Elle s’était donc renseignée auprès du propriétaire et après quelques recherches ensemble, ils avaient convenus du choix : ce serait des planches originales de Yellow Kid, une des bandes dessinées les plus anciennes, créée par Richard F. Outcault. Mais le propriétaire lui avait dit de repasser plus tard, le temps qu’il se procure les planches en question.

En ce 23 décembre, il était donc grand temps de récupérer ce précieux présent. Avant de partir, elle s’était avisée que Rem allait toujours bien. Elle n’aimait pas le laisser. Il avait beau aller mieux, elle appréhendait toujours de le laisser, depuis ses arrêts cardiaques. Qui pouvait savoir quand son cœur lâcherait de nouveau ? Après quelques baisers et après que Rem ait grogné pour qu’elle se décide à faire ce qu’elle avait à faire, elle sortit enfin et se dirigea vers la librairie. Et elle était heureuse. Bientôt Noël, elle avait un beau cadeau, les vitrines étaient belles et elle dressait mentalement la liste des courses à faire pour préparer un bon repas de fêtes. Comme chez elle. Comme à l’époque. Une dinde aux marrons. Et en dessert ? Monsieur n’aimait pas le sucré… ça allait lui donner du fil à retordre ça… Une simple salade de fruit peut-être ? Bon, pas d’idée pour le moment. Mais là, il fallait se concentrer sur la bande dessinée… qui serait payée avec les sous de Remington, mais c’était l’intention qui comptait non ?

La clochette retentit. Réveillant tout autant Sonny que le gérant. Ce dernier la reconnut immédiatement et l’invita à approcher.

« Bonjour Mademoiselle, j’ai ce que vous vouliez, les planches viennent à peine d’arriver. Je vais de ce pas les emballer de façon à ce qu’elles soient protégées. C'est qu’elles sont fragiles ces planches. Mathilde ! Occupe-toi de la boutique, j’en ai pour un moment. »

Sonny acquiesça et se détourna, sans faire attention à l’autre employée. Son attention et ses yeux étaient captés par les trésors que recelait la librairie. Poèmes, romans, anciens et modernes, bandes dessinées, même des affiches. La jeune femme ne put s’empêcher de feuilleter quelques ouvrages, de sentir l’odeur du vieux livre, de toucher la texture si particulière du vieux papier. Peut-être qu’un jour elle feuilletterait une œuvre signée Remington Pillsbury. L’un des ouvrages attira particulièrement son attention : une édition des Mr et Mrs, les livres pour enfants de Hargreaves, dont Remington avait parlé un peu plus tôt dans le mois. Voilà qui pourrait être intéressant pour leur enfant.

« Je prendrai ce livre-là aus… »

Sa phrase mourut au bout de ses lèvres. Elle avait reconnu la vendeuse, cette Mathilde. Une brune, ou plutôt châtain. Elancée. Une fille qui avait appartenu au passé de Sonny, son pire passé. Le lycée, l’internat, presque quatre ans plus tôt. Poufiasse ! Grognasse ! Saleté. Matthilde Saulnier, son ancienne pionne, celle qui n’avait cru Sarah, celle qui n’était pas intervenue quand on avait rué Sonny de coups. Et… Celle dont le père avait été tué… celle qui avait disparu, alors qu’on la suspectait d’y être pour quelque chose à en croire les journaux à l’époque. Sonny n’avait même pas envie de compatir, cette fille n’en valait pas la peine. Elle la détestait, et devait faire un effort considérable pour se retenir de lui sauter à la gorge, de la cogner, ou même de l’insulter… alors que ce n’était pas l’envie qui lui manquait. Son sang bouillonnait. Et si le Père Noël l’avait mis sur son chemin pour qu’elle la réduise en bouillie ? Ce serait un beau cadeau non ?

Les doigts bien crispés sur le livre pour se contenir, elle leva les yeux et les riva sur Mathilde. Sonny était une grande fille maintenant. Et ayant un bébé à protéger, elle ne se battrait pas comme une chiffonnière avec elle. Non que son ventre la génait, ce n'était pas du tout le cas, il était encore plat et personne ne pouvait deviner son état. Mais elle, elle savait... Mais elle ne flancherait pas face à Mathilde, elle ne méritait pas qu'on baisse les yeux devant elle.

« T’es plus pionne ? On t’a virée parce que t’as encore laissé une fille se faire violer et une autre être passée à tabac ? Ou c’est vrai ce que les journaux racontent ? Remarque, ça ne m’étonnerait pas. Aux moins, pas trop de danger avec les livres quoique tu serais capable de les laisser brûler ou prendre l’eau… »

Elle avait presque envie de rajouter : ps : je te hais poufiasse, mais cela n’était peut-être pas nécessaire. Et avec un peu de chance, cette Mathilde qui aurait pu tout avoir grâce à papa n’avait plus rien et vivait comme une miséreuse… avec un peu de chance, elle payait pour ses erreurs, avec un peu de chance, Sonny pourrait hanter ses rêves et la faire cauchemarder au point qu’elle en pleure, avec un peu de chance, Sonny allait se découvrir une nouvelle capacité, celle de la désintégrer sur le champ. On a le droit de rêver non ?

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MessageSujet: Re: Don’t cross my way [terminé]   Mar 28 Aoû - 17:04

Ce satané carton de livres pesait une demi-tonne ! Mathilde se débrouilla pour le ramener tant bien que mal à côté du rayon, en pestant. Elle dut se retenir de ne pas expédier un violent coup de pied dans l'objet de son mécontentement. Passée cette vague de mécontentement, elle soupira. Pourquoi cette tâche l'énervait tant, alors qu'il ne s'agissait pas de la pire qu'on lui ait confié tout au long de sa vie de fugitive ? Question purement rhétorique, bien sûr. Elle savait parfaitement ce qui lui arrivait !

Noël approchait. Rien que cette simple idée suffisait pour la mettre en rogne, durant toute une journée. Depuis une semaine, elle se montrait d'une humeur instable, alternant périodes d'irritation intensive et de déprime extrême. Qu'est-ce qu'elle pouvait détester et mépriser cette fête ! Ah, pour sûr, toutes les facettes de sa personnalité étaient d'accord là-dessus ! En tant qu'athéiste farouche, elle rejetait toute sa signification religieuse. En tant que cynique, toute cette débauche d'achats, de cadeaux et de décorations au nom de l'affection lui donnait juste envie de ricaner. Comme c'était mignon ... remarquez, tout le monde y trouvait son compte ! Les gamins avaient leurs cadeaux, les parents l'impression de s'occuper d'eux, et ça faisait tourner le commerce !

Mais le pire pour elle, c'était de voir tous ces gens heureux, de ressentir toute cette chaleur humaine dont elle était complètement exclue. Les fêtes de fin d'année étaient vraiment horribles pour ceux qui passaient ces soirs-là à contempler toutes ses familles réunies ... Noël, le réveillon du nouvel an, et son anniversaire ... Trois soirées qu'elle passait systématiquement à se pinter la gueule, à déprimer toute seule au comptoir d'un bar quelconque, en décourageant la moindre tentative de discussion de la part d'un quelconque quidam. La fugitive doutait fortement que le lendemain fasse exception à cette règle !


En décembre c´est l´apothéose,
la grande bouffe et les p´tits cadeaux,
ils sont toujours aussi moroses,
mais y a d´la joie dans les ghettos,
la Terre peut s´arrêter d´tourner,
ils rat´ront pas leur réveillon;
moi j´voudrais tous les voir crever,
étouffés de dinde aux marrons.

Tout en continuant de fredonner in peto cette chanson de Renaud qui convenait parfaitement à son état d'esprit, elle entreprit de ranger les bouquins dans les rayons. Travail qui nécessitait de l'attention, et qui l'empêcherait donc heureusement de continuer à pleurnicher sur son sort. Alors qu'elle avait à peine mis en place un tiers des ouvrages, la sonnerie de la porte d'entrée retentit. Elle n'y prêta pas attention, concentrée sur son boulot. Le patron était exigeant là-dessus. Les livres devaient être placés au bon endroit, dans le bon ordre, etc ... Aussi ne prêta-t-elle pas la moindre attention à la cliente qui venait de débarquer.

- Mathilde ! Occupe-toi de la boutique, j’en ai pour un moment.

La jeune femme répondit d'une voix distraite, occupée à reposer ce qu'elle venait de prendre dans le carton. Elle retourna à la caisse, ne jetant qu'un vague regard de temps à autre à la seule cliente présente dans la librairie, histoire de la tenir à l'oeil. Mais ... cette jeune femme qui feuilletait les ouvrages ... Elle lui tournait le dos, mais sa silhouette, son allure, lui rappelait vaguement quelque chose. Quelqu'un aperçu dans une de ses visions, ou quelqu'un qu'elle avait connu auparavant ? Elle l'observa à la dérobée, incapable de se rappeler. Puis la cliente se retourna vers elle, et la réponse lui vint en un éclair. Sonny. Elle n'avait jamais pu l'oublier. Ça devait faire, quoi, 3 à 4 années que la lycéenne avait quitté l'internat où Mathilde bossait avant de tout plaquer ? Furieuse, haineuse à l'égard de sa pionne, qu'elle accusait de tous les méfaits possibles, ou presque.

Et à en juger par sa réaction, non seulement Sonny l'avait reconnue, mais en plus, cette satanée tête de mule était toujours aussi rancunière à son égard ! Ses yeux qui jetaient des éclairs, ses poings crispés, son attitude en général ... Mathilde soutint son regard furieux, refusant de détourner les yeux, et les deux femmes continuèrent de se toiser pendant plusieurs secondes, tandis que Sonny lui expédiait sa tirade haineuse en pleine face. On aurait dit deux chats, la queue hérissée, faisant le gros dos, prêts à se sauter dessus.

Elle-même éprouvait un mélange d'émotions très confuses. De la culpabilité, devant ce qui était arrivé à l'époque. Elle aurait pu arriver à temps pour sauver Sonny directement, sans retard, elle aurait pu croire l'amie de Sonny, elle aurait pu ... De la colère et de la rage, face à tout ce dont Sonny l'accusait. De n'avoir rien fait pour empêcher son passage à tabac par les autres lycéens, alors que Mathilde avait faillit perdre son taff pour avoir malmené plusieurs de ses agresseurs ! Mais en plus, et ça c'était nouveau, d'avoir laissé son amie se faire violer !

Et de la peur finalement. Pour couronner le tout, cette petite pouffiasse avait sans aucun doute lu les journaux à l'époque où Mathilde avait expédié son paternel ad patres. Sa petite pique, d'une subtilité semblable à celle du reste de son comportement (autant dire infinitésimale), était très claire sur ce point. Après tout, la jeune femme n'avait pas dû souvent faire la une des journaux ... mis à part pour ce meurtre. Là, pour le coup, ça lui posait un réel problème. Déjà que le moindre péquin la reconnaissant constituait un danger pour une fugitive comme elle ... Mais alors en plus, quand le péquin en question s'avérait être une pouffiasse aussi abrutie et bornée que rancunière à son égard, et en plus au courant de son implication dans un meurtre, là, ce n'était plus un problème, mais une catastrophe qui se profilait à l'horizon ! Heureusement qu'elle n'avait pas son flingue sous la main, sinon, elle aurait pu faire une bêtise ...

Normalement, elle aurait dû faire profil bas. Normalement, elle aurait dû simuler l'incompréhension, la stupeur, voire l'ignorer. C'était le meilleur moyen pour éviter que la situation dégénère. Mais là, elle n'avait qu'une seule envie, devant cette agression verbale aussi injuste que menaçante. Répliquer. Riposter, avec ses poings ou en paroles. Elle serra les poings à s'en faire mal pour réprimer sa colère. Elle ne pouvait pas se permettre de céder à sa rage. Elle devait se calmer, ne pas laisser ce voile rouge occulter les conséquences de la violence. Comme ce qui s'était passé le soir où elle avait tué son père. Une fois qu'elle fut sûre de pouvoir se contrôler, elle se décida à répondre, mais prenant soin de parler en français, pour éviter d'être comprise par d'éventuels clients, ou, pire encore, par son patron s'il revenait dans la pièce !


- C'est ça, Sonny, accuse-moi de tous les malheurs de ton existence, d'être le diable en personne, si ça peut soulager ta pauvre cervelle. Ça te plait tant que ça, d'être une victime ? De chercher un bouc émissaire ? Plus de trois ans, ça t'a pas suffit pour ouvrir les yeux ?

Son ton était sarcastique, froid. Comme si son existence actuelle n'était pas déjà suffisamment pourrie, comme si elle ne payait pas déjà pour les fautes qu'elle avait pu commettre, voilà que cette fille réapparaissait et lui renvoyait l'une des seules choses qu'elle n'avait pas pu se pardonner à l'époque. Et la culpabilité qu'elle ressentait n'atténuait pas le ressentiment à l'égard de Sonny, loin de là. Son inaction était déjà douloureuse à supporter et à se rappeler ... Elle n'avait pas besoin qu'en plus on lui balance en pleine face qu'elle en avait été complice ! Mais il était absolument hors de question d'avouer à cette furie que oui, elle se sentait un peu coupable de ce qui lui était arrivée.

- Si en plus, t'en es à croire ce que le moindre scribouillard publie dans son torchon ... Enfin, j'imagine que ça a dû te conforter dans tes opinions bornées, hein ? Tout était de la faute de la méchante pionne, complice de viol, de passage à tabac, et en plus parricide. Et la pauvre petite lycéenne n'avait absolument rien fait pour provoquer ce lynchage, hein ?

Bim. Dans sa face. Car Mathilde, depuis que son pouvoir s'était manifesté, avait accepté une idée que la plupart des gens avaient rejeté en rigolant, ou en soupirant selon leur caractère, à l'époque des faits. Oui, Sonny avait très bien pu provoquer les cauchemars dont se plaignaient tous les lycéens qui l'avaient agressé à l'époque, et qui les avaient poussé à cette extrémité. Car, elle-même s'étant retrouvée à développer une capacité proche du surnaturel, alors le fait que quelqu'un puisse intervenir dans les rêves des autres ne lui paraissait plus absurde du tout. Après tout, qui pourrait croire quelqu'un prétendant visionner des évènements du passé en touchant quelque chose de la main ?
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Sonny Malone

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MessageSujet: Re: Don’t cross my way [terminé]   Jeu 30 Aoû - 19:22

Fallait-il vraiment qu’elle se retrouve face à Mathilde ? Mathilde en qui elle avait eu confiance mais qui l’avait trahie… Elle voulait juste faire ses achats de Noël en paix. Noël, c’était la fête, la famille. Bon, des conventions aussi mais c’était une soirée consacrée à ceux qu’on aimait. Ok, ce n’était pas Noël non plus, mais franchement, à l’avant-veille, le père Noël aurait pu lui faire un cadeau mieux que celui là. Mais qu’est-ce que cela défoulait. Au moins, Sonny était réconfortée de voir que sa vie ne volait pas bien haut. Pionne puis vendeuse dans une librairie. Bon d’accord, elle avec son boulot de serveuse et de bibliothécaire, ça ne volait pas plus haut, mais d’une part, Mathilde n’était pas censée le savoir. Et d’autre part, elle, elle s’était installée et allait construire une famille. Et elle, Mathilde, pouvait-elle en dire autant ?

Si ça lui plaisait d’être une victime ? Non ça ne lui plaisait pas, qu’en savait-elle, elle ?

“ Victime ? C’est ce que je suis. J’ai fais confiance à quelqu’un… j’étais naïve, et cette personne m’a déçue. Et ouvrir les yeux sur quoi ? Tu n’as pas été là. C’est tout ce qu’il y a à comprendre. Et tu ne sais rien de ma vie. Alors remballe tes grands airs. ”

Ah non, elle avait l’air de s’y plaire… elle était montée sur ses grands cheveux et tentait de renverser la situation… mais Sonny ne l’avait jamais distraite de son boulot le soir où Sarah avait été violée dans l’établissement ! Ce n’était sa faute si elle n’avait pas cru la version des jeunes filles, non, Mathilde avait merdé toute seule, qu’elle assume un peu. Qu’elle vive avec ça comme Sonny vivait avec la mort de ses amis du Domaine. Et elle n’aima pas du tout ses insinuations… “ La pauvre petite lycéenne qui n’avait absolument rien fait pour provoquer ce lynchage ”… Non, elle n’avait rien fait ! pas volontairement en tout cas. Elle ne contrôlait pas du tout sa capacité à l’époque, elle ne savait pas ce que c’était, comment ça se manifestait. Alors oui, elle avait un peu parasité les rêves des autres internes, en y apparaissant fréquemment car elle ignorait comment masquer sa présence à l’époque. Et elle avait provoqué des cauchemars de façon toute accidentelle et involontaire et… de toute façon, qui pouvait croire à ces divagations d’ado en proie à leurs hormones ? Qui pour croire qu’une fille de 16 ans pouvait effectivement entrer dans les rêves des autres ? Personne ! Personne à part quelqu’un qui savait ce qu’être différent voulait dire… Non, cette Mathilde ne pouvait pas… Et si elle avait elle aussi une capacité ? Est-ce qu’elle savait déjà à l’époque ? Ou alors son insinuation n’avait rien à voir et Sonny se montait la tête pour rien.

“ J’avais rien fait et tu le sais très bien. Mais si t’es prête à croire les conneries que peuvent pondre les cervelles amorphes des ado, c’est que tu ne vaux pas mieux qu’eux. Vous devez vous comprendre… ”

Quant à sa belle énumération, Sonny ne trouva rien à y redire, toutes ces horreurs, c’était ce que Mathilde était ou pouvait être. Heureusement que pour une fois elle n’avait pas pris son arme. Depuis la randonnée, à chaque fois qu’elle sortait de ses chemins classiques, allant hors de la fac notamment, elle partait avec son arme dans son sac. Elle n’avait jamais tué personne… elle doutait de le faire un jour. Sauf si l’incendiaire du domaine se trouvait face à elle ou qu’on menaçait sa famille. Alors non, elle n’aurait peut-être pas tiré une balle entre les deux yeux de celle qu’elle avait jadis considérée comme une amie… mais un petit coup de crosse derrière la nuque, innocemment l’air de rien… Bon sang… et l’accuser de se complaire dans le rôle de victime… mais si seulement elle savait… Sonny avait survécu à un incendie qui avait emporté ses amis, un était mort pour la sauver, un autre avait expiré dans ses bras. A Los Angeles, elle s’était retrouver dans une pièce en feu, un type agonisant de nouveau dans ses bras. Elle avait été blessée, puis sa descente aux enfers, sa tentative de suicide face à la vérité sur la nature de Rem. Puis la randonnée, sa blessure, Carl qui tire sur Rem, son coma, sa perte de repères, ses disputes avec lui… bref, sa vie n’était pas folichonne, il fallait l’admettre. pourtant, elle avait toujours ses moments de joie et de légèreté. Et elle ne s’enferrait pas dans le passé. Du moins, elle essayer.

“ Si apparemment tu stagnes dans ta vie, la “ victime ” que je suis va de l’avant. Elle fait des études, a un boulot, une maison et quelqu’un avec qui passer les fêtes. Est-ce que tu peux seulement en dire autant, sans mentir, évidemment ? ”

Pure provocation. Elle détestait l’idée de devoir passer cette fête loin de ses parents, même si c’était avec Rem qu’elle allait passer le réveillon. Il y a des jours comme ça, où on déteste être seule et coupée de ses proches. Mathilde était peut-être dans ce cas. Bizarre comme elle avait envie de lui prouver qu’elle avait réussi sans son aide et malgré elle. Car Sonny avait eu confiance en Mathilde. Les premiers temps. Elle avait été un visage amical et souriant, parfois comme une grande sœur pour les filles de l’internat. Et Sonny s’était toujours demandé ce qu’elle avait pu faire pour que Mathilde la déteste et ne fasse rien. A l’époque, c’est elle qui avait dû partir, abdiquer, fuir. Et Mathilde avait pu garder sa vie à Paris, son boulot et tout le reste. Elle, on l’avait arrachée à cela. Certes, elle avait eu un autre foyer, mais ce n’était tout de même pas juste.

Etait-ce important de “ gagner ” aujourd’hui ? Non, dans le fond, ça ne changerait rien. Mais ce petit échange en français avait au moins le mérite de poser certaines choses sans risquer de tomber dans des oreilles indiscrètes.

“ Pourquoi tu es à Los Angeles comme simple vendeuse, si tu n’as pas tué ton père ni fui comme le prétendaient les journaux ? ”

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MessageSujet: Re: Don’t cross my way [terminé]   Dim 9 Sep - 23:47

Aïe. La réplique de Sonny venait de frapper Mathilde en plein dans un point sensible, qu'elle ruminait depuis le moment où tout avait dérapé. Elle ne put s'empêcher de reculer d'un pas, comme si on venait de lui asséner un coup de poing. Pendant un quart de seconde, un masque fait d'un mélange de honte, de tristesse et de douleur apparut sur ses traits, avant qu'elle ne se reprenne.

Oui, elle avait merdé à l'époque. Et oui, elle se reprochait vivement de ne pas avoir pris le parti de Sarah. Encore une fois oui, elle avait la persistante impression d'avoir trahi la confiance des jeunes filles, sur ce point précis. A cause de son manque de confiance en elle, pour l'essentiel. Parce qu'elle pensait naïvement que ses supérieurs sauraient faire la lumière sur cette histoire, de manière impartiale, et pas qu'ils l'enterreraient de la sorte. Et aussi, et ce dernier point avait été très douloureux à admettre, par lâcheté. Cette petite lâcheté ordinaire, qui vous poussait à détourner les yeux quand une injustice était commise, par égoïsme. "Ce n'est pas mon boulot" ... "Ça ne résoudrait rien" ...

Par contre, elle ne se sentait pas coupable de ce qui était arrivé à Sonny. Du moins, pas autant. Car celle-ci se trompait sur toute la ligne, arc-boutée sur ses certitudes et sa douleur. Mathilde avait préféré s'éloigner d'elle, à l'époque, car sa présence n'avait fait qu'heurter continuellement la lycéenne. A chaque fois que cette dernière s'était retrouvée en sa présence, elle devenait agressive, lui crachant toute sa rancoeur et toute sa douleur au visage. Face à cette situation malsaine, pour les deux femmes, la pionne avait pris la décision de mettre de la distance entre elle et Sonny. Pour laisser du temps à celle-ci de surmonter la perte de son amie, pour se reconstruire, crever l'abcès. Fatale erreur ... elle n'avait pas pu intervenir immédiatement lors du lynchage. Et ce n'était pas faute d'avoir essayer de se frayer un chemin parmi les lycéens qui bouchaient les couloirs ! Au moins avait-elle pu limiter la casse ...

Il était peut-être temps de percer l'abcès, justement. Et puis, elle n'en pouvait plus de ses reproches infondées. Autant la colère et la douleur que le besoin de proclamer la vérité la poussèrent à ouvrir la bouche et à répliquer :


- Tu te fous de moi ? Ouvrir les yeux sur quoi, sérieux ? Tu ne t'es jamais demandé pourquoi tu n'avais pas eu de blessures graves, alors qu'ils étaient plusieurs à te tabasser ? Pas de côte brisée, pas de fracture ! Je ...

Elle s'interrompit brusquement. C'était inutile. Sonny ne l'écouterait pas, pas plus qu'elle-même n'avait écouté son père. Car le parallèle venait de lui sauter aux yeux, la blessant d'autant plus profondément qu'elle était persuadée d'avoir vu juste. Sonny la haïssait, pour les mêmes raisons qu'elle-même avait haït son paternel avant de le tuer, lorsqu'elle avait découvert son implication directe dans la mort de sa mère. La haine la plus virulente qui soit, et la plus tenace. Celle qu'on éprouve envers ceux qui ont trahi votre confiance, qui ont brisé votre vie, et vous ont laissé recoller les morceaux sans rien faire pour réparer les dommages. Inutile de gaspiller sa salive à expliquer à Sonny qu'elle avait tort. Avait-elle seulement tenté de comprendre son propre père, le soir fatidique ?

*Je devrais sûrement remercier le ciel qu'elle n'ait pas d'arme à portée de main !*

La déclaration suivante de Sonny ne la surprit pas le moins du monde. Bien sûr qu'elle n'allait pas proclamer sur tous les toits qu'elle pouvait manipuler les rêves ! Non seulement tout le monde risquait de la prendre pour une folle, voire de l'envoyer à l'asile direct, mais en plus ça pouvait attirer des ennuis ... par exemple, si jamais certains s'intéressaient aux personnes possédant ce type de capacités ... Enfin, Mathilde choisit de ne pas relancer le sujet. Inutile de pousser Sonny à s'interroger trop sur le thème du "A-t-elle aussi un pouvoir ?", et savoir si l'ancienne lycéenne en avait un ne représentait au final aucun intérêt pour la fugitive. A chacun ses problèmes !

D'ailleurs ... en parlant de problèmes, il semblait que Sonny avait plus ou moins réussit à surmonter les siens ! Enfin, du moins, si ce qu'elle venait de lui balancer en pleine figure était vrai, et que ce n'était pas pure vantardise ! Que ce n'était pas une façade, créé uniquement pour l'écraser, pour lui faire mal. D'un côté, si c'était le but, c'était en partie réussit. Elle venait de remuer le couteau dans la plaie, ravivant la conscience qu'avait Mathilde de son existence de merde. Précarité, solitude, absence de sens et de but ... Bref, la totale. Ses yeux étaient désormais complètement éteints, toute colère ayant déserté son regard. Passive. Elle encaissait les mots de Sonny comme autant de coups de poignards. Serrant les mâchoires, les yeux humides, elle attendit quelques minutes, sans rien dire. Et voilà que cette petite emmerdeuse revenait à la charge, en plus ! Mais qu'est-ce qu'elle pouvait bien en avoir à foutre, de savoir ce que son ancienne pionne faisait à L.A ?


- Mentir ? Pourquoi ? J'ai une vie pourrie, précaire, et remplie de solitude. J'ai personne avec qui passer les fêtes, et je vais sûrement déprimer pendant une bonne semaine. Voilà, t'es contente ? Tu vas vivre mieux, de savoir ça ?

Elle marqua une pause, le temps de s'essuyer le coin de l'oeil, et de jeter un regard autour d'elle. Non, il n'y avait pas d'autre client à proximité. Et non, son patron n'avait pas finit d'emballer la commande, et n'était pas en train de contempler leur petite explication. Même s'il ne pourrait pas comprendre les mots, le ton, l'attitude des deux femmes seraient suffisamment éloquents pour qu'il comprenne qu'elles ne discutaient pas du beau temps ... Rassurée, elle reprit, sur le même ton étranglé par un mélange de tristesse et de lassitude :

- Mais qu'est-ce que tu en as à faire, de ma vie, de ce que j'ai fait ou pas à mon père ? Fais tes emplettes, oublie-moi, retourne à ton existence si parfaite ! Oh, et inutile d'essayer de me pourrir mes nuits, hein. Tu n'arriveras pas à faire pire ...

Elle savait que sa dernière répartie n'était ni intelligente, ni prudente, mais elle n'avait pas pu s'en empêcher. Qu'elles aillent au diable, elle, sa petite vie si parfaite, sa rancune et sa haine, la culpabilité qu'elle faisait naître, et toutes les choses qui l'accompagnaient !
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Sonny Malone

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MessageSujet: Re: Don’t cross my way [terminé]   Lun 10 Sep - 21:43

Gagné ? Sonny avait-elle gagné ? Y avait-il seulement quelque chose à gagner ? Elle se le demanda en voyant le visage de Mathilde alors qu’elle lui rappelait à quel point elle avait cru en elle. Car oui, Mathilde avait été un point de repère dans sa vie et tout avait été fichu en l’air. Mais ce visage avait vite changé, se refermant de nouveau. Et Sonny ne savait pas quoi en penser. Est-ce Mathilde regretterait ce qui s’était passé ? est-ce qu’il y avait quelque chose à tirer du passé ? Parce qu’après l’incident, Sonny avait été si déçue. Et Mathilde avait incarné à ses yeux le grand méchant diable. Et ses nouvelles questions, là, elles faisaient mal. Mal, parce qu’elles n’étaient pas complètement fausses.

Elle ne se les étaient pourtant jamais posées. Mais après tout ce qui s’était passé depuis… Il fallait admettre que cela était plus que surprenant que les dégâts n’aient pas été aussi graves qu’ils auraient pu l’être. Parce qu’ils s’y étaient tout de même mis à plusieurs pour la ruer de coups. Et effectivement, pas de fracture, pas de blessure. Pourquoi ? Dans sa tête, ça avait duré si longtemps. Elle avait eu si mal, elle s’était sentie si seule. C’était la première fois qu’elle se retrouvait dans une bagarre et elle avait souffert… Mais en vrai ? Combien de temps cela avait-il duré ? Elle avait pu le voir avec le temps… on ne se rend pas compte, quand on est dans le feu de l’action. Les secondes durent des minutes, les minutes durent des heures… Comme quand Carl avait tiré sur Rem.

Que voulait-elle dire ? Qu’est-ce qu’elle cherchait ? Sonny se souvenait que Mathilde était intervenue… mais si tard. Et Sonny ne savait pas comment réagir. Elle n’avait plus su comment réagir face à Mathilde depuis que c’était arrivé. Alors elle fit ce qu’elle avait toujours fait : l’agression.

Et Mathilde ne tomba pas dans le panneau. Elle répondit parfaitement honnêtement à son attaque. Est-ce qu’elle se sentirait mieux maintenant qu’elle savait que Mathilde avait une vie pourrie. Bah, même si elle aurait cru que oui, il n’en était rien en réalité. Elle aurait aimé se sentir mieux, mais ce n’était pas le cas. Il n’y avait pas si longtemps, elle était dans le même cas… Et voir cette femme dans cet état, ça la dérangeait maintenant. Elle aussi était capable d’avoir mal, comme Sonny avait eu mal. Elle aussi pouvait avoir peur dans cette grande ville, sans attache. Et Sonny se mit à tanguer sur ses pieds, comme une gamine mal à l’aise parce qu’elle sait qu’elle vient de faire une grosse bêtise. Et sa dernière réplique… oui, c’est ça, Sonny avait de nouveau 16 ans… et elle n’avait plus rien d’une adulte. Et Mathilde semblait persuadée que Sonny marchait vraiment dans les rêves. Ce qui était vrai.

« J’ai même pas envie d’aller dans tes rêves. Je suis un monstre, c’est ça ? Tout le monde a pensé que j’étais un monstre parce que je ne gérais rien. C’était injuste ! Sois rassurée, tu peux dormir, je ne veux pas savoir ce qui se passe dans ta tête. Des cauchemars j’en ai fait assez. »

Elle venait d’avouer sa nature là non ? Peut-être, elle s’en fichait, elle était plus forte maintenant. Elle maitrisait le phénomène. Des crétins ne pouvaient plus l’atteindre. Et tant pis, que Mathilde sache aussi, elle n’en avait plus rien à faire.

« Et bouge toi les fesses. Moi aussi je suis arrivée ici en étant dans la merde. Une merde bien profonde en plus. J’avais rien du tout en arrivant. Je n’avais personne. Pas de fric, rien. »

Et merde, voilà qu’elle avait une larme qui perlait. Non, elle ne voulait pas pleurer, mais se souvenir de son arrivée à LA, sans papier, sans famille, à devoir aller chez un prêteur pour financer une partie de ses études… Elle avait tout perdu en France dans cette incendie. Tout. Ses amis morts, un traumatisme, une vie qui change du tout au tout. Elle avait fui Genetic et les incendiaires et le schéma se reproduisait inlassablement. Sans Rem, sans son soutien, elle n’y arriverait pas. Et là, vu les tensions entre elle et Remington, autant dire que son bel équilibre allait en prendre un coup. Et toute sa belle tirade sur les fêtes de Noël devait sérieusement être relativisée.

« Pff, de toute façon, tout ça, ça va foirer. Ça foire toujours avec moi et je te parie qu’on sera deux à déprimer. La belle affaire. Et pourquoi je dis tout ça ? T’as raison, t’en as rien à foutre, pourquoi je… Evite certains quartiers du centre, y a des contrôles d’identité… »

Elle se détourna, les yeux rougis et ses mains pianotèrent nerveusement sur le bureau où se trouvait la caisse. Il fallait tant de temps pour emballer des planches et acheter un livre ? Elle ne voulait pas que Mathilde la voie dans cet état, mais elle ne contrôlait plus ses larmes et ses trémolos dans la voix. Et pourquoi elle lui donnait ce conseil ? Elle se grillait en disant cela, mais qu’est-ce que Mathilde pouvait faire de pire ? Elles étaient dans la même galère, Sonny le sentait. Et là c’était du genre, si je tombe, tu tombes avec moi...

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MessageSujet: Re: Don’t cross my way [terminé]   Mar 2 Oct - 12:23

Le coup suivant auquel Mathilde s'attendait ne vint jamais. Elle constata avec surprise que, d'une manière ou d'une autre, ses paroles avaient fait mouche, lorsque Sonny s'interrompit et se mit à vacille sur ses pieds. Cette vision aurait pu la faire éclater de rire, si jamais elle avait été d'humeur, tellement cela lui rappelait la lycéenne qu'elle avait connu quelques années plus tôt. En proie à ses idées noires, cela ne lui arracha qu'un vague sourire triste. Quel gâchis ... ça, elle ne se le pardonnerait jamais. Elles auraient peut-être même pu devenir amies. Quand à changer la donne, ce n'était plus possible. Elles avaient trop changé. En mal, surtout. Les souffrances et rancunes du passé, la méfiance qui en résultait, tout cela avait formé une barrière entre elles qui ne pouvait pas s'effacer d'un seul coup. Et il était peu probable qu'il y ait une "deuxième" fois ...

Par contre ... était-ce réellement prudent de la part de Sonny d'avouer à voix haute, même de manière implicite, qu'elle avait réellement la capacité d'intervenir dans les rêves des autres ? Non, clairement non, même en Français ! Où bien était-ce elle-même qui se montrait paranoïaque sur la chose ? Allez savoir ! Et se traiter de monstre par dessus le marché ! Non, ça, elle ne pouvait pas laisser passer. Ne serait-ce que parce que ça revenait à accepter qu'elle aussi était un monstre ! Non, elles étaient toutes deux différentes de la norme, oui, mais humaines ! Elle ne put se retenir et répliqua aussitôt :


- Un monstre ? Un monstre, c'est juste quelqu'un qui s'écarte de la norme, que le troupeau n'arrive pas à comprendre ! Un point c'est tout ! Nous ... tu es humaine, Sonny.


Ouf, elle s'était rattrapée juste à temps. Elle s'efforça de maîtriser sa colère. Les paroles de Sonny ne la visaient pas, après tout ! Et il n'y avait pas qu'en cela qu'elles étaient proches, à en juger par ce que Sonny ajouta par la suite. Du moins, si elle disait bien la vérité. Mais à bien y réfléchir, quel intérêt aurait-elle eu à mentir là-dessus ? Peu probable, vu qu'elle l'agressait presque à nouveau. Mathilde réprima avec peine une nouvelle montée de colère, devant l'accusation à peine voilée de se complaire dans ce bourbier. Elle ne pouvait pas la remonter, cette foutue pente ! Et pas que financièrement parlant, hein. Socialement, non plus ! Pas avec son pouvoir incontrôlable, avec ces mecs à ses trousses, avec les mensonges qu'elle était obligée de débiter en permanence sur son identité, son passé !

Mais la réplique acerbe qu'elle s'apprêtait à lui expédier mourut dans sa bouche lorsqu'elle releva les yeux et put se rendre compte de l'état de Sonny. Même si elle lui tournait le dos, Mathilde avait eut le temps d'apercevoir ses yeux rougis ... et ses mains qui tapotaient nerveusement le bureau, cette crispation du corps ne laissaient que peu de doutes sur son état ... Au fond, elles étaient toutes deux dans une galère proche. Elle ressentit malgré elle un élan de compassion pour sa compatriote, et ce fut d'une voix plus douce qu'elle répondit :


- Je peux pas sortir la tête de l'eau ... j'aimerais, mais je ne le peux pas. C'est trop ... Il y a des choses qu'on ne peut pas effacer, ni changer. Et ça me poursuivra où que je sois. Enfin, merci pour l'avertissement, va. Et désespère pas. Si tu touches le fond ... bah, je sais pas si tu remonteras forcément, mais au moins, tu ne peux pas tomber plus bas !

Cependant, l'avertissement de Sonny, plus quelques autres détails, titillaient vraiment l'intérêt de Mathilde. Pourquoi donc Sonny était-elle partie de France ? Et pourquoi faisait-elle aussi attention aux contrôles de sécurité ? Est-ce que ... Non, c'était sûrement une coïncidence. Ca n'avait sûrement rien à voir avec sa propre situation. Ou bien ... tout de même, c'était trop gros pour ...

*Ah, et puis merde !*

Elle prit une profonde inspiration, puis se jeta à l'eau d'une voix hésitante, presque un murmure, en priant pour qu'elle ne soit pas en train de commettre une erreur mortelle :


- Dis, Sonny, est-ce que par hasard ... le nom de Genetic, ça te dirait quelque ...

Elle s'interrompit brusquement au son de l'ouverture de la porte de l'arrière-boutique. Son patron était de retour ! Mathilde se redressa d'un bond, et, d'un ton beaucoup plus posé et commercial, déclara à Sonny, comme si de rien n'était :

- Ca vous fera 10 $ pour le livre, svp.


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MessageSujet: Re: Don’t cross my way [terminé]   Jeu 18 Oct - 15:37

Journée pourrie. De toute façon, elle aurait dû se douter depuis le début que tout ce qu’elle avait prévu était une mauvaise idée. Tout ce qu’elle faisait depuis des jours ce n’était jamais assez bien. Pourquoi elle avait décidé d’offrir un cadeau à Rem alors que les choses allaient de mal en pis avec lui ? Pourquoi essayer de faire semblant, même à cette période ? De toute façon, ils passeraient le réveillon en s’évitant du regard, se balançant peut-être au visage un “ joyeux Noël ” parfaitement hypocrite. Quant à son cadeau… moui, peut-être qu’il y jetterait un coup d’œil, mais il ne serait pas convaincu de toute manière. Et toute cette idée de génie l’avait menée où ? A croiser le chemin de Mathilde Saulnier ! Rien que cela ! Mauvais Karma, quand tu nous tiens…

Le pire était peut-être que Mathilde était en train de lui chambouler tous ses souvenirs. Les choses étaient pourtant claires : Sarah avait été violée, personne ne l’avait crue, Sonny avait rêvé de cela, parasité les songes de ses camarades et elle avait été ruée de coups. Et Mathilde avait pris tout son temps pour intervenir. Voilà la version de l’histoire. Mathilde s’était vengée parce que Sonny lui reprochait de ne pas avoir eu foi en Sarah. Les choses étaient claires. Mais non. Il fallait que Mathilde change ses souvenirs, qu’elle vienne changer le cours de choses et instiller le doutes dans l’esprit de la jeune fille. Et cela la perturba tellement qu’elle lui balança au visage ce qu’elle mourrait d’envie d’entendre. Oui, elle avait merdé avec sa capacité à l’époque, parce que personne ne lui avait appris à la maîtriser. Oui, ils avaient eu raison, les autres, en l’accusant d’être la cause de leurs cauchemars. Est-ce que Mathilde se sentait mieux maintenant qu’elle savait ça ? Elle avait laissé un monstre se faire tabasser… Pourquoi elle essayait de la convaincre du contraire ? Si elle avait voulu l’aider, elle aurait pu… Non ?

Autre déclaration qui aurait pu faire vaciller Sonny : celle de Mathilde sur sa différence. Comment elle pouvait accepter aussi facilement une telle vérité ? Ce n’était pas normal. Rien de tout cela n’était normal. Et ce lapsus… il n’était pas anodin n’est-ce pas ? Elle avait bien failli dire “ nous ”. Pourquoi ce “ nous ” ? Qu’avait-elle à cacher ? Etait-elle elle aussi “ différente ” ? Autre ? Sonny commençait sérieusement à se poser la question. Mais ce n’était pas le moment d’en parler. Il fallait que cette discussion cesse. Elle commençait à avoir trop de ressemblance avec Mathilde et cela n’allait pas. Elle voulait partir d’ici. Bon en même temps… pour rentrer à la maison et avoir droit au silence pesant et aux accusations. Elle ne savait pas trop ce qui était pire. Et les propos de Mathilde… on ne pouvait pas tomber plus bas ? Et si elle savait qu’elle était enceinte et que plus rien n’allait avec le père du bébé… est-ce qu’elle penserait toujours que Sonny ne pouvait pas tomber plus bas ? elle trouvait TOUJOURS le moyen de tomber plus bas, c’était un art dans lequel elle excellait. Mais là où elle avait raison c’était en affirmant que certaines choses ne s’effaçaient pas. Il fallait vivre avec et assumer. Voilà encore un point commun entre elles deux. Il fallait que cela cesse, même la curiosité maladive de Sonny n’avait pas envie de connaître le fin mot de l’histoire. Parce que si elle restait, soit elle s’effondrait en larme, soit elle boufferait Mathilde… Et vive l’indigestion.

Sonny se raidit et eu l’impression qu’on venait de lui pointer le canon d’une arme sur la tempe. Genetic. Le nom sonnait comme un tir en plein cœur sans aucune pitié pour la jeune femme. Mathilde connaissait Genetic ! Les monstres qui faisaient des expériences, ceux que sa tutrice avait fuis, ceux qui étaient selon elle responsables de l’incendie du Domaine et de la mort de tous les autres, ceux qui avaient fait d’eux des cobayes pour leur soi-disant antidote. D’où elle les connaissait ? Est-ce qu’elle était des leurs ? Est-ce qu’elle avait quitté la France pour les rejoindre ? Sonny s’apprêtait à lui répondre sur un ton acerbe quand le patron réapparut. Parler de Genetic comme ça… mentionner leur nom alors qu’ils avaient des oreilles partout… C’était du suicide. Mais Sonny les haïssait, et cette haine surmontait la peur qu’elle pouvait éprouver à leur égard.

En tout cas, Mathilde jouait bien la comédie. Comme elle avait jouer la comédie de la grande sœur quelques années auparavant… jusqu’à ce qu’elle laisse tomber Sarah… La jeune fille ne répondit pas immédiatement, puis arborant le masque de la parfaite petite cliente.

« Je vous remercie Mademoiselle. Merci aussi pour l’emballage monsieur. Combien je vous dois en tout, en comptant ce livre de Hargreaves ? »

Sacré prix que lui annonça le libraire, mais ce n’était pas n’importe quelle édition de Yellow Kid qu’elle avait choisie. Enfin, elle lui tendit sa carte pour payer le tout et salua le patron. En se tournant, elle adressa toujours un sourire feint à Mathilde.

« Si vous avez quelques minutes, je suis très intriguée par l’ouvrage dont vous m’avez parlé sur la génétique. J’ai quelques connaissances à ce sujet que j’aimerais approfondir… Sinon, je repasserai et nous en parlerons une prochaine fois… »

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MessageSujet: Re: Don’t cross my way [terminé]   Dim 11 Nov - 16:40

Bingo. Strike. Sonny avait tiqué à la mention de ce mot. Genetic. Et encore, tiquer était un faible mot. Pour un peu, Mathilde aurait cru qu'elle-même venait de la menacer avec un pistolet. Mais non, même pas. La question de l'implication d'un revolver ou d'une autre arme potentiellement dangereuse (magnifique pléonasme) étant écartée, il ne restait donc qu'une seule explication. Elle aussi avait eu affaire à ce truc, quoi qu'il désignait. Alors, de la à en déduire que ceux qui étaient liés à Genetic s'intéressaient aux personnes sortant de l'ordinaire, il n'y avait qu'un pas, qu'elle s'empressa de franchir aussitôt. Et cette hypothèse n'était pas pour la rassurer, loin de là ...

Alors, que devait-elle faire, maintenant ? Sonny venait de toute évidence de lui tendre une perche pour embrayer sur ce sujet, à l'écart des oreilles du patron. Mais devait-elle la saisir ? Se fier à une personne qui jusque-là la détestait ? Et qui la haïssait encore ? Et puis, cela impliquerait de dévoiler une partie de ses propres secrets ... Elle avait des sueurs froides rien qu'à cette idée. Et puis, si Sonny était de mèche avec eux ? Si elle en profitait pour lui nuire, même de manière minime, ne serait-ce qu'en lui donnant de fausses informations ? Et si ... Mais bordel, cette occasion d'en apprendre plus sur ceux qui la traquait se représenterait-elle à nouveau ?

Et puis, la fugitive était déjà presque complètement grillée auprès de Sonny. Sa fausse identité, le fait qu'elle était accusée d'avoir tuer son père et recherchée en France, qu'elle connaissait Genetic au moins de nom, qu'elle ... Bref. Elel en avait déjà trop dit. A ce niveau, autant poursuivre et essayer d'en retirer quelque chose, non ? Elle prit une grande inspiration, consciente du fait s'apprêtait à se lancer dans un exercice s'assimilant à celui d'un funambule, mais sans filet pour rattraper ses éventuelles erreurs. Et là aussi, elles pourraient se révéler fatales ...

Le sourire poli qu'elle plaqua sur ses traits, en réponse à celui de Sonny, était à peu près aussi feint et forcé que celui de sa "cliente". S'il y avait eu un concours sur le thème du sourire le moins naturel, elles auraient sûrement figuré sur le podium ! Ou au moins dans le top 10 ... Dieu soit loué, son expérience de vendeuse de produits divers et variés lui permit de répondre d'une voix polie en dépit de ses hésitations. Comme quoi, exercer ce genre de métiers miteux pouvait avoir de gros avantages, parfois ...


- Bien sûr, ce sera un plaisir. Suivez-moi, je vais vous le montrer.

Elle joignit le geste à la parole, lui indiquant le coin où se situait justement le rayon "biologie", puis l'accompagna jusque-là tout en se mordant les lèvres. Son esprit réfléchissait furieusement à ce qu'elle pourrait dire et ce qu'elle ne devrait pas laisser échapper. Pourvu qu'elle ne commette pas une autre boulette ... Une fois toutes deux arrivées à destination, elle commença à se triturer les mains, nerveusement. Son regard ne restait pas en place, alternant entre le visage de Sonny, le livre de génétique qu'elle venait de prendre dans les rayons, et différents éléments du décor. Puis, d'une voix hésitante, presque craintive, elle se décida à lui poser la question qui lui brûlait les lèvres.

- C'est quoi, ce truc, exactement ?
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MessageSujet: Re: Don’t cross my way [terminé]   Jeu 15 Nov - 18:20

Genetic… Avec tout ce qui s’était passé ces derniers temps, elle avait presque fini par oublier ce groupe qui lui avait pris sa famille et ses frères et sœurs d’adoption. Et dire qu’elle s’était engagée dans les rangs de Genome pour leur faire payer. Jusqu’à présent sa vengeance avait bien piètre allure, tant elle étais inutile au groupe et si repliée sur sa misérable petite vie. Et elle ne faisait rien pour que cela s’améliore. Aussi pathétique que ce soit, il n’y avait que ses problèmes avec Rem qui l’obnubilaient ces derniers temps. Mais Mathilde avait prononcé ce nom. Et elle sentait la colère qui s’éveillait en elle. Depuis qu’elle était avec Rem, elle avait appris à accepter cette part inexplicable de sa personnalité. Cette part sombre qui était principalement composée d’instincts primaires et qui faisait que sa raison laissait la place à ses pulsions, qu’elles consistent en lui sauter dessus ou à entrer dans une colère profonde et furieuse. Ce jour-là, c’était clairement la seconde option qui se présentait face à Mathilde.

Elle connaissait Genetic. Et Sonny ne savait pas si c’était en bien ou en mal, ce qui n’était pas pour la rassurer. Et le propriétaire avait bien choisi son moment pour revenir, les obligeant toutes deux à un masque qu’elles avaient délibérément ôté quelques minutes plus tôt. Il fallut très vite redevenir la parfaite cliente et la parfaite vendeuse et elles mentaient décidément trop facilement. Caractéristique de ceux qui ont quelque chose à cacher ? Très certainement. Mais plus important encore, si Mathilde connaissait genetic, cela ne pouvait signifier qu’une seule chose : elle était comme Sonny. Enfin, entendons-nous, elle était différente. Mutante. Et cela ne fit qu’accroître sa colère et sa rancœur envers son ancienne pionne. Mathilde était comme Sonny, et elle ne l’avait pas défendue. Elle était à même de comprendre ce qui se passait à l’époque et rien, elle n’avait décidément rien fait. Eh bien… que Genetic l’emporte ! Qu’ils fassent tout un tas d’expériences sur elle, c’était tout ce qu’elle méritait !

Mais alors pourquoi les mots qui sortirent de sa bouche étaient si polis et sonnaient comme une invitation à poursuivre la discussion ? Sonny ne savait pas, elle était folle, Rem le lui disait souvent. Il fallait croire que c’était vrai. Mais elle savait Genetic dangereux et il fallait qu’elle sache si Mathilde avait eu affaire à eux et surtout dans quelles circonstances. Et elle semblait prête elle aussi à mettre sa méfiance et sa rancune de côté pour en savoir plus. Deux belles menteuses, voilà ce qu’elles étaient.

Elle devait au moins reconnaître que Mathilde avait un sens de l’adaptation pour le moins redoutable. Une traitresse ne ferait pas mieux. Pourtant, si Sonny était étonnamment calme, du moins d’extérieur, car à l’intérieur, elle bouillonnait, il n’en était rien pour Mathilde. C’en était presque réjouissant de la voir flipper comme cela alors qu’elle n’avait pas peur. Genetic avait beau être puissant et elle avait beau les haïr, ils étaient loin. Enfin, façon de parler. En tout cas, ils s’étaient fait plutôt discrets depuis la soirée d’Halloween. Il fallait croire que leur “ vaccin ” ne faisait pas recette. Et de toute manière, ça ne servait à rien d’angoisser. Ils savaient tout des mutants de Los Angeles. Ils savaient que Sonny était en vie et qu’elle vivait avec Remington. Quoique, leur déménagement leur avait peut-être sauvé la mise. Sonny l’observait alors qu’elle avait véritablement l’air d’une proie traquée. Elle avait peur de Genetic. Si c’était un leurre, alors Sonny devait reconnaître qu’elle était véritablement une actrice de grande qualité. Voyant que le gérant les regardait, elle s’approcha de Mathilde comme pour étudier le livre qu’elle lui montrait. Ses yeux rivés sur la couverture, elle lui murmurait quelques mots. Elle ignorais si elle faisait bien et elle ne l’aimait toujours pas, mais elles avaient apparemment un ennemi commun. Et Sonny semblait les détester plus qu’elle ne détestait Mathilde.

“ Ce truc comme tu dis a des yeux et des oreilles partout. C’est une organisation qui veut faire des expériences sur certaines… différences, si tu vois ce que je veux dire. Ils sont structurés et puissants. Même le maire trempe dans leurs magouilles. Je ne sais grand chose sur eux, mais je sais qu’il vaut mieux s’en tenir à distance. Et je sais aussi que si tu les connais, c’est que toi aussi tu as quelque chose de particulier. Bienvenue au club. Peut-être que tu auras la chance de tomber sur quelqu’un qui le verra quand tu auras besoin d’aide et qui interviendra. ”

Que pouvait-elle ajouter de plus ? Elle ne savait rien d’autre. Anne lui avait seulement dit pour les enlèvements et les expériences… Et qu’elle les soupçonnait d’être derrière l’incendie du Domaine. Cela suffisait à Sonny pour les détester.

“ Autre chose ? ”

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MessageSujet: Re: Don’t cross my way [terminé]   Lun 10 Déc - 16:44

Mathilde ne put retenir un frissonnement devant les révélations de Sonny. Elle se doutait bien que l'organisation avec laquelle elle avait eu quelques ... mésententes (doux euphémisme) devait être tentaculaire, mais pas à ce point ! Et donc, ils enquêtaient aussi sur les "différences" ... Et même le maire de Los Angeles trempait là-dedans ? La poisse. La scoumoune. La dèche. Tout ça à la fois. Autrement dit, ils devaient être sur son dos à la fois à cause de la disquette ET de sa capacité ? Bon dieu de bordel de m... Mais qu'est-ce qu'elle avait fait pour mériter ça ?

Ouais, d'accord, le parricide était un acte rejeté par presque toutes les sociétés humaines ayant un jour existé sur Terre. Que c'était un crime horrible aussi bien aux yeux des hommes que des dieux ... avec généralement un châtiment horrible à la clé. Mais à ce point ? P'tet ben qu'il y avait un connard là-haut qui prenait un malin plaisir à pourrir son existence, et qui avait décidé que ce n'était pas assez ? Ou une connasse, hein, pas de sexisme ! Les femmes pouvaient être aussi bien débiles et obstinées que les mecs !

La jeune vendeuse expira lentement, à plusieurs reprises, s'efforçant de de maîtriser le tremblement qui parcourait ses membres. Calme. Zen. Pas paniquer. Elle ne pouvait pas se permettre de perdre la tête. Ni de déguerpir aussi vite que Bip-bip devant le coyote ! Ne pas attirer l'attention primait sur tout le reste. D'une voix qu'elle s'efforça de rendre aussi calme et professionnelle que possible, elle marmonna quelques mots pour prendre congé de Sonny. Le résultat n'était pas vraiment concluant. Il fallait espérer que celle-ci jouerait le jeu ...


- Voilà, je vous laisse le regarder tranquillement. Ce fut un plaisir ...

Puis elle se tourna vers son patron, lequel lui jeta en réponse un regard interrogatif. Mathilde haussa les épaules en réponse, l'air de dire "Encore une autre cliente un peu bizarre ...". Hochement de tête compréhensif de la part dudit patron. Ah ah. S'il avait su la vérité, nul doute qu'il aurait pas vraiment réagit de la même manière. Elle s'approcha, esquissa un sourire poli et contrit, et lâcha dans un murmure :

- J'peux prendre une pause ? Désolée, mais j'me sens pas très bien ...

Il la regarda d'un air inquiet. Pas un mauvais bougre, pour sûr, son patron. Un peu tatillon sur le "respect dû aux livres" et leur manipulation, mais à part ça ... Il hocha la tête, et répondit de sa voix grave :

- Ouais, t'as l'air toute pâle, dis donc ... Va te poser dix minutes, et hésite pas à manger un truc ! Pour un peu, on dirait que tu as vu un fantôme ...

Bah il était pas tombé loin, en plus ! Mathilde fila aussi sec dans l'arrière-boutique. A peine avait-elle disparu que son calme la quitta. Elle se réfugia dans les toilettes, s'appuya contre le lavabo, mais ne parvint pas à réfréner ses larmes. Son reflet semblait l'accuser en silence. Ses poings se serrèrent spasmodiquement. Être confrontée à Sonny, à ses erreurs passées, et se voir ainsi confirmer ses pires craintes ... c'était beaucoup trop pour elle. Après une éternité passée à sangloter ainsi, elle se ressaisit finalement. Elle essuya ses larmes d'un geste rageur, et se passa un peu de'eau sur le visage pour se remettre les idées en place. Qu'importait tout ça. Elle avait du travail, là et maintenant. Par contre ... dès ce soir, elle commencerait à réfléchir à un nouveau point de chute. Juste au cas où ...
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