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 Un verre ça va, 3 verres Bonjour les dégâts ! [Terminé]

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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Un verre ça va, 3 verres Bonjour les dégâts ! [Terminé]   Ven 14 Mai - 21:46

La suite de > Quand on a rien d'autre à faire

Four Seasons Hôtel Los Angeles
Les klaxons des automobilistes impatients et le brouhaha de la rue, généré par les passants pressés, transperçaient les grandes baies vitrées d’un hôtel de luxe. Un rai de lumière vive se frayait un chemin entre les doubles rideaux mal fermés. Dans le couloir, un aspirateur soufflait sa rage de vaincre la poussière et couvrait les discussions animées des employés de service. Les arômes délicats d’un bouquet fleuri posé sur une table ne camouflaient pas les émanations d’alcool dégagées par deux corps inertes et affalés sur un grand lit trônant au milieu d’une chambre spacieuse.

Ross s’éveillait doucement, très doucement. Ses paupières refusaient de s’ouvrir et sa tête anormalement lourde restait scotchée à l’oreiller. Il déplaça péniblement le bras droit pour rejoindre le gauche complètement engourdi et refaire couler le sang dans ses veines. Il fit quelques roulements d’épaules pour tenter de redonner vie à son corps endormi. Il finit par s’étendre de tout son long en grognant de satisfaction. Ca allait déjà mieux. L’écossais ouvrit un œil, puis l’autre ; il les referma aussitôt. Le simple fait de voir un peu de lumière lui martelait le crâne comme si il y avait une grosse caisse à l’intérieur. Il posa la paume de sa main sur son front en essayant de faire le vide. Après plusieurs minutes employées à faire des grimaces plus ou moins volontaires sensées redonner un peu de punch, l’homme ouvrit les yeux et les garda ouverts, en fixant le plafond. Victoire ! Il avait réussi ! Sa joie fut de courte durée laissant la place à une inquiétude grandissante.

Où se trouvait-il ? Pas chez lui c’était certain. Qu’avait-il fait toute la nuit…. Concentration, remémoration, action ! Ouf, il se souvenait ! Il était sorti pour aller en boîte…. Aïe, aïe, Aïe, il avait très très mal à la tête… Inspiration, expiration, action ! Il avait bu un verre ou deux en compagnie d’un homme fort sympathique qui s’appelait… Comment déjà ? Ah oui ! Steve, c’était bien ça. L’homme avec qui il avait passé la soirée s’appelait Steve. Il se souvenait avoir discuter entre autres de leurs gamins respectifs. Les rires des deux compères résonnaient encore dans sa tête comme un écho. Pffff, quelle galère, ce n’était pas possible d’avoir une gueule de bois pareille ! Il fallait se rendre à l’évidence, l’écossais avait trop bu. Bon et puis ? Et puis quoi ? Après… rien, c’était le gros trou noir.
Des petits points noirs enrayaient la vision de l’homme encore allongé sur le lit. Des sueurs froides le firent tressaillirent et remuèrent ses entrailles… Ooooooh, il y avait urgence. Sans savoir comment il fit pour trouver la force de se lever d’un bon, l’homme se précipita dans les toilettes et se pencha au-dessus de la cuvette pour déposer le bilan d’une soirée trop arrosée. Après avoir vomi, l’écossais se sentit tout de suite mieux. Sa tête était moins lourde et ses yeux supportaient enfin la lumière.

- Putain, quelle cuite ! Dit-il pour lui-même

Il ne se souvenait pas avoir été aussi saoul depuis la fois où il avait couché avec sa meilleure amie. C’était même pire aujourd’hui car il était conscient d’avoir zappé une partie de la soirée qui avait du se finir fort tard, si ce n’est très tôt dans la matinée. Après les toilettes, il passa dans la salle de bains propre comme un sou neuf et se prit une bonne douche. Il lui fallait bien ça pour retirer les dernières traces de la soirée. En se regardant dans la glace pour se donner un coup de peigne, il subsistait encore quelques traces : de belles cernes bien gonflées trahissaient encore le psychologue mal rasé, pas encore rasé d’ailleurs.

- T’avouera Ross, à ton âge c’est pas très sérieux tout ça ! Se reprocha-t-il en espérant qu’il serait le seul témoin de sa décadence momentanée.

Il n’était pas rentré de la nuit et il ne se souvenait pas avoir prévenu son fils. « Bravo oncle Ross, tu fais ce que tu ne veux pas je fasse ! » Il entendait déjà les reproches de Wyatt qui ne se gênerait pas de lui en faire la remarque. Il n’avait aucune idée de l’heure qu’il était mais il savait qu’il devait se dépêcher. Machinalement, il enfila un des peignoirs mis à la disposition des clients de l’hôtel et sortit de la salle de bains. Son sang ne fit qu’un tour quand il vit qu'un homme à moitié débraillé était dans la même chambre que lui, pire dans le lit où il avait dormi.

- STEEEEEeeeeve ! S’exclama-t-il sans pouvoir en dire plus. La surprise était telle qu’il en restait bouche bée.

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MessageSujet: Re: Un verre ça va, 3 verres Bonjour les dégâts ! [Terminé]   Ven 14 Mai - 22:26

- STEEEEEeeeeve !

Quelle que soit l'employé qui avait décidé de l'appeler par son deuxième prénom, il n'avait pas l'intention de se réveiller pour autant. N'ayant pas dormi depuis une éternité, il n'était pas question qu'on vienne le déranger. D'ailleurs, l'entreprise au complet était persuadée qu'il passait son temps à dormir dans son bureau, alors une preuve n'avait pas de quoi les déranger plus que ça. Quant à l'hypothèse d'une urgence... la bonne blague! Genetic ne s'était jamais porté aussi bien, alors le temps que la présence du grand patron soit requise le niveau des mers aurait eu le temps de monter.

Ceci dit, dormir dans son bureau n'était pas confortable, alors il valait peut être mieux se lever. Pourtant il se sentait si bien entre le matelas et la couette.... Une minute, depuis quand son bureau était-il équipé d'une couette et d'un oreiller? Il ne pouvait pas être au lit: son horloge interne affichait une heure avancée de la matinée. Et pourtant, il se trouvait bien dans un lit, à en juger par l'oreiller qui l'empêchait farouchement de se lever. Vaguement, il commença à se souvenir de la veille. Bar. Whisky. Vin. Il avait du rentrer tard et ne pas entendre le réveil. C'était possible d'y croire avec un peu de bonne volonté... *Vu comment tu te forces, ça doit pas être ça*

Bon, si c'était pas ça, ça devait être autre chose, mais rien qui justifie qu'on lui vrille les tympans au réveil. Oui, on avoisinait l'heure de midi et alors? Pour une fois qu'il faisait la grasse matinée c'était vraiment injuste que son sommeil soit interrompu par... par qui en plus? Non, il y avait plus préoccupant: comment avait-il pu boire au point de choper un mal de crâne aussi atroce? *Vin+Whisky+Déprime et Ennui* Évidemment, elle n'aurait pas pu se taire et le laisser croire qu'il s'agissait d'une coïncidence: il fallait toujours qu'il se souvienne en premier lieu de tout ce qui pouvait s'avérer humiliant pour lui. Quoi qu'à la réflexion, une vague histoire de poisson rouge lui fit admettre qu'il y avait peut être pire à se souvenir. La journée s'annonçait longue.

Point numéro un: ouvrir les yeux. *Moins vite banane, il est presque midi!* Ouvrir les yeux donc, et les tourner lentement vers la source de la douce mélodie qui l'avait tiré de ses rêves. *Tes cauchemars* Non, ses rêves. Il ne s'en souvenait jamais alors par défaut c'étaient des rêves. Respirer un grand coup, récapitula-t-il, et focaliser son attention sur l'individu en peignoir sans faire attention à la déco. Rose. A cœurs. Bon sang mais qu'est-ce qu'il foutait là? Restons calme, ça devait être une plaisanterie. Sauf qu'il voyait mal sa fille repeindre sa chambre en rose pour lui faire faire un arrêt cardiaque. Comme lui, elle avait le goût des plans tordus mais sans doute pas à ce point.

Abstraction faite de la déco, il restait un autre problème. Ce problème portait un peignoir et connaissait son second prénom. A qui avait-il donné son second prénom déjà? Il y avait ses employés, mais hélas il n'était pas au bureau et ne pouvait pas se débarrasser de l'importun d'un simple "vous êtes viré". Il y avait aussi la fleur blonde, qu'il devait voir d'ici une semaine. Et il y avait quelqu'un d'autre, il en était sûr. C'était récent.


- "Ross."

Et vlan, l'intégralité de la soirée lui revenait en pleine tronche. Enfin presque, il manquait des bouts quand même, mais il était sûrs que le type en face de lui s'appelait Ross et lui avait offert un verre de vin. Qu'il devrait penser à rembourser d'ailleurs, pas question d'avoir une dette, fut-elle alcoolisée. En attendant, le problème (Ross) était toujours là, visiblement abasourdi. Comme foudroyé sur place même. De son côté, il n'en menait pas large non plus, mais comme il venait de se réveiller ça ne se voyait peut être pas encore trop. Il avait toutes les pièces du puzzle en main et il ne savait pas quoi en faire. Ross. Chambre rose à coeurs. Et aucun lien à priori. Ni aucun lien quand on y regardait de plus près. *T'as oublié le coin à gauche là* Non, aucun lien de ce côté là, pas la peine de vérifier, tout allait bien et rien ne s'était passé. Il ne parvenait même pas à s'en convaincre lui même.

Restait l'hypothèse du rêve. Elle était sympa cette hypothèse. Et elle excluait la possibilité d'occuper le vide qui lui tenait lieu de mémoire en ce qui concernait cette nuit.


- "Ross, s'il te plait, colle-moi une baffe."
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Un verre ça va, 3 verres Bonjour les dégâts ! [Terminé]   Sam 15 Mai - 22:21

Les deux hommes se retrouvaient dans une chambre d’hôtel sans savoir comment ils étaient arrivés là. Ross savait qu’il avait passé une soirée trop arrosée en compagnie de Steve mais il se demandait comment ils avaient atterri dans la même chambre et dans le même lit en plus ! Dans sa grande sagesse, l’écossais ne prenait jamais le volant quand il avait trop bu. Il faisait en sorte de trouver un hôtel près du lieu de débauche. Il s’était déjà retrouvé avec une femme à son réveil après une nuit folle, mais jamais au grand jamais avec un homme ! Steve était peut-être aussi raisonnable que lui mais pourquoi n’était-il pas sa propre chambre ? D’après ce qu’il avait observé la veille, son compagnon de beuverie n’était pas pauvre et il se payer une nuit d’hôtell. Au pire, si ce dernier avait été sans le sou, Ross aurait pu prendre la note à son compte. Que s’était-il passé ? Aucune idée ! Amnésie complète entre le moment où il était sorti du bar et là maintenant.

- Hein ! Quoi ? Te coller une baffe ! Non mais ça ne va pas bien chez toi !

Ce n’était vraiment pas le moment de jouer les sado-masochistes. Ross n’avait qu’une envie, rentrez chez lui au plus vite. Il serait toujours temps d’éclaircir ce mystère. La seule chose qu’il redoutait, c’était qu’on les voit ensemble sortir de la même chambre, une suite même. Ah mais si c’était bien ça, cela voulait dire qu’ils se trouvaient dans un hôtel de luxe où la discrétion était de rigueur. Oui mais…. Ces hôtels étaient très prisés des stars et qui disaient stars, disaient paparazzis.

- Ah non ! Pas ça… Dit-il tout haut en espérant qu’aucune photo dossier n’ait été prise à son insu.

Certes Ross n’était pas une star et à sa connaissance, Steve non plus, mais ces chasseurs d’images flashaient tout ce qui bougeait pour agrémenter les potins quand ils n’avaient rien de mieux à se mettre sous la dent. L’écossais se doutait que son arrivée en compagnie de Steve n’avait pas du être des plus discrètes. Bon, ce n’était pas le tout, il était grand temps de quitter ce lieu compromettant. Il s’apprêtait à s’habiller en se demandant où il avait mis ses vêtements. Il fit le tour du salon, de la chambre, retourna dans la salle de bain et les toilettes. Rien, excepté le caleçon dans lequel il avait passé la nuit. D’ailleurs, il n’y avait aucune fringue qui traînait, même les chaussures étaient introuvables, tout comme celles de Steve entre parenthèses. Ils n’étaient pas entrés dans le hall à moitié à poil quand même !

- Puréé, mais où sont nos vêtements ? Demanda-t-il en se doutant que Steve n’allait pas savoir non plus.

En posant la question, une déduction logique lui vint à l’esprit. En arrivant à l’hôtel, les deux hommes devaient puer l’alcool à cent mètres ; l’employé de service leur avait certainement proposé de faire nettoyer leurs vêtements. Ross ne voyait pas d’autre explication. Il appela le room service pour être rassuré sur ce point. La personne au bout du fil ne put lui répondre immédiatement ; elle devait se renseigner car le personnel de nuit était de repos et avait omis de faire passer tous les messages.

- Faites vite s’il vous plait ! Ordonna-t-il à la jeune femme qui se trouvait au bout du fil.

Ross avait employé un ton assez autoritaire sans pour autant être désagréable, juste ce qu’il fallait pour faire bouger les choses. Si il voulait obtenir satisfaction, il était préférable de rester correct. Cela ne l’empêchait pas de pester intérieurement contre les employés de nuit qui n’avaient pas fait correctement leur travail. De plus, vu les tarifs affichés sur la porte d’entrée (1 000 dollars la nuit petit déjeuner compris) il était en droit d’attendre un service de qualité.

Après avoir tourné en rond pendant deux minutes, Ross se posa dans un fauteuil du salon et respira un grand coup. Cela ne servait à rien de s’énerver, autant prendre son mal en patience. Il prit le combiné de téléphone qui se trouvait sur la table à côté de lui.

- Je vais commander un petit déj, tu veux quelque chose ? Proposa-t-il à Steve.

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MessageSujet: Re: Un verre ça va, 3 verres Bonjour les dégâts ! [Terminé]   Sam 15 Mai - 23:20

Visiblement, le dénommé Ross avait l'imagination suffisamment développée pour lui prêter des intentions qu'il n'avait pas, et qu'il ne pensait pas avoir eu un jour, ni même (surtout) une nuit. Seulement pour ce dernier point, il ne pouvait pas en être vraiment sûr. Cela étant, la paranoïa qui semblait avoir gagné son camarade de beuverie lui avait prouvé bon gré mal gré qu'il avait bien les deux pieds dans la réalité. Adieu, tendre espoir du rêve éveillé. En attendant, il ne s'expliquait toujours pas comment il avait atterri ici. Sans plus se soucier de son accoutrement, n'ayant le choix qu'entre caleçon, rien ou caleçon, il se dirigea mollement vers la fenêtre. Pour s'en écarter aussitôt d'un bond. Il reconnaissait les lieux pour être un véritable piège à con destiné aux stars sans cervelle capables de croire que le prix de la chambre impliquait nécessairement une protection contre les journalistes.

En temps normal, il se fichait comme d'une guigne des photos volées et autres calembredaines. Parce qu'en temps normal, il n'y avait rien d'intéressant à le prendre en photo. Et s'il était capable de prendre la pose pour racheter volontairement ce genre de clichés à de jeunes reporters persuadés de se salir les mains, aujourd'hui la discrétion lui semblait primordial. A ceci près qu'il n'y connaissait rien et avait plutôt l'art de se faire remarquer. Dans un souci de relativisation, il tenta d'imaginer le pire cas de figure possible. Qu'on le prenne en photo sortant d'un hôtel avec un homme? Non, ça il en rirait. En revanche, qu'on l'ait pris en photo à l'entrée, bourré, et qu'on l'ait entendu commander une chambre double, là le scénario devenait beaucoup plus grave. *Et l'échelon suivant?* Non, pas d'échelon suivant. Il était certain d'avoir passé la nuit à dormir, et ne tenait pas à ce que quoi que ce soit vienne ébranler cette douce certitude: le sommeil.

Quoique le terme de douce certitude ne convenait peut être pas. D'abord parce qu'il ronflait. Fort. Et ensuite parce qu'il avait le sommeil plutôt agité. Il n'osait pas aller vérifier si l'autre portait des traces de bleus aux jambes: ça ne se faisait pas et il se faisait sans doute déjà assez d'idées comme ça... *Des idées? Il a l'air d'avoir une meilleure mémoire que toi pourtant...* Cette mémoire n'ayant pas vraiment l'air de lui plaire, il y avait lieu de remercier le ciel d'avoir fait la sienne courte, et trouée de partout. *Patience, ça va te revenir aussi* Il se sentait comme une limace imbibée l'alcool et dépourvue d'instinct de survie, alors ce n'était vraiment pas le moment de se triturer les méninges. D'ailleurs, il n'avait pas envie de savoir alors il attendrait patiemment que tout lui retombe sur le coin de la mémoire.

Tandis que Ross s'affairait un peu partout, lui tentait malgré son état, sa logique et même sa volonté de se souvenir. Probablement une sorte d'instinct-disque-dur: récupération des données endommagées. Il se souvenait avoir bu, beaucoup trop, et dans des verres trop grands, mais à la rigueur il aurait pu déduire ça de son mal de crâne actuel. Il se souvenait aussi s'être fait virer du bar pour une histoire de poisson rouge dans laquelle il se sentait, pour une raison ou une autre, particulièrement impliqué. Il se souvenait avoir évité la danse avec ingéniosité. Mais en ce qui concernait l'après-bar: rien. Le vide intersidéral.


- Je vais commander un petit déj, tu veux quelque chose ?

Non, c'était vraiment pas le moment pour un petit dèj'. D'abord parce qu'il risquait de tout renvoyer et ensuite parce qu'il ne se faisait jamais rien offrir pour des raisons d'indépendance financières et de non-endettement social. Et puis en plus, depuis quand il s'était calmé lui? Il le préférait presque en parano: au moins il était sûr de ne pas être interrompu dans sa recherche du fil conducteur qui reliait les rares éléments dont il se souvenait. Le fil en question était suffisamment difficile à attraper sans qu'on vienne le distraire avec un appât alimentaire.

- "Pas faim. Vais prendre une douche."

L'essentiel de la phrase, quoique grogné sans souci de clarté, était après rétro-analyse plus ou moins audible. Il pouvait donc se diriger vers la source d'eau claire avec une absence de culpabilité d'autant plus agréable que ses souvenirs de la nuit passée dénotaient un peu trop de compassion à son goût. L'eau trop chaude l'apaisa un peu, le réveillant plus qu'elle ne le lavait, mais il s'en fichait pour le moment. Lorsqu'il en sortit enfin, portant un peignoir d'une couleur malencontreusement assortie aux murs, Ross mangeait déjà. L'effort qu'il fit pour se préparer à la prononciation d'une phrase audible égalait à peu près l'énergie qu'il mettait à oublier constamment son accoutrement.


- "Est-ce que, par pur hasard, tu saurais ce qu'il est advenu des vêtements d'hier? Le mauvais goût de cet hôtel fait quelque peu urgence ..."
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Un verre ça va, 3 verres Bonjour les dégâts ! [Terminé]   Dim 16 Mai - 1:37

Ross était installé confortablement dans son fauteuil en attendant que l’hôtesse contactée le rappelle. Tout comme lui, Steve se retrouvait en caleçon et redoutait les paparazzi. Vue de loin, la situation était plutôt comique mais là, elle n’amusait pas du tout l’écossais qui essayait encore de recoller les morceaux de sa mémoire disparue. Il avait pas mal de doutes quant à ce qu’il avait fait toute la nuit. Il avait du faire beaucoup de folies mais il était certain d’une chose : il n’avait pas fait de folies de son corps avec cet homme. Pourtant les deux compères avaient passé la nuit dans le même lit ! Cette image lui revenait sans cesse à l’esprit et avait le don de l’ennuyer profondément. Fort heureusement, il restait persuadé que le taux d’alcoolémie important coulant dans leurs veines, les avait plongés dans un profond sommeil dès qu’ils se retrouvèrent allongés.

Nicole : ce nom surgit subrepticement dans ses pensées. Mais pourquoi pensait-il à sa meilleure amie maintenant ? C’était surprenant car rien, ici, ne pouvait lui faire penser à elle. Ah si ! La cuite et la grosse bêtise qui s’en suivie. Non mais, là ce n’était pas possible ! Si la personne se trouvant dans la chambre actuellement avait été une femme, ok, il aurait facilement admis avoir passé une folle nuit d’amour, mais là c’était un homme. Non, impossible, même bourré, jamais il ne se serait laissé aller à l’appel de la chair. Ross était hétéro à 100 % et le simple fait de rouler une pelle à un homme le répugnait.. Un smack passait encore, d’ailleurs ça lui était déjà arrivé en voulant relever un défi avec son meilleur ami, mais jamais il n’irait plus loin.

Si Steve n’avait pas faim, l’estomac de Ross avait fait le vide. Il était nécessaire qu’il mange quelque chose. Il commanda un petit déjeuner qui fut monté rapidement dans la chambre. Lorsque le serveur arriva, Il lui demanda des nouvelles de ses vêtements ; il n’en avait pas et semblait même surpris de la question. Sans attendre le départ du garçon d’étage, il s’installa pour entamer son déjeuner. Le jeune homme attendait patiemment près de la porte. L’écossais posa un regard étonné avant de comprendre sa négligence ; il ne lui avait pas donné de pourboire. Il s’apprêtait à réparer son oubli mais il se rendit compte que son portefeuille, tout comme les vêtements, ne se trouvait pas dans la chambre. Steve refit surface à ce moment là.

- Si j’le savais... Répondit-il passablement énervé.

- Et vous là ! Vous attendez quoi ? Si vous voulez un pourboire, il va falloir retrouver nos vêtements et ce qu’il y avait dedans ! Ordonna-t-il au garçon d’étage en lui faisant signe de sortir de la chambre.

Lorsqu’il avait appelé le standard pour signaler la disparition de ses vêtements, il était resté calme, mais là, ça commençait sérieusement à l’exaspérer. Avant de disparaître, le jeune homme déposa maladroitement deux grandes enveloppes blanches sur le coin d’une commode en balbutiant « on m’a donné ça pour vous Messieurs ».
- Mais c’est quoi cet hôtel ! J’ai jamais vu ça... Même dans un deux étoiles, le service est meilleur... Ils vont entendre parler du pays, fais-moi confiance ! Affirma-t-il en haussant le ton et en se levant du fauteuil.

Non vraiment, un hôtel de cette catégorie avec un aussi piètre service, c’était inadmissible. En plus, comme l’avait souligné Steve, la décoration, même si elle était faite de matériaux nobles, n’était pas de très bon goût. Bref, rien n’était fait pour arranger les choses. L’écossais recommença à tourner en rond. Il prit machinalement les plis déposés sur la commode. Sans doute, un petit mot de bienvenue que l’écossais ne prit pas la peine d’ouvrir. Il n’en avait rien à faire de leur prose stéréotypée, il voulait simplement récupérer ses vêtements et rentrer chez lui. Les enveloppes étaient nominatives, il garda la blanche qui portait son nom et tendit la rose à... Dunney S. Holster...

- Dunney HOLSTER ! Dunney Steve Holster ! Non... Steeeeve... C’est pas vrai ? S’exclama-t-il abasourdi en scrutant le moindre mouvement de son compagnon de beuverie.

Ross avait passé la soirée avec le dirigeant de Genetic, quoique ce n’était pas gênant en soi ; par contre se retrouver avec lui dans une chambre d’hôtel, c’était compromettant. Si les photographes étaient présents à leur arrivée, Holster étant un homme connu, les deux hommes avaient été flashés, pas de doute. Alors là, bravo ! Il avait gagné le pompon.

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MessageSujet: Re: Un verre ça va, 3 verres Bonjour les dégâts ! [Terminé]   Dim 16 Mai - 12:35

Si Ross n'en savait rien, c'est qu'ils pouvaient toujours courir pour récupérer quoi que ce soit. Il s'amusa vaguement de le voir pester contre le service de l'hôtel, mais se rappelant qu'il se trouvait dans la même situation préféra ne pas sourire. Cet hôtel était une escroquerie pure et simple, il en avait déjà entendu parler. Cependant, il n'imaginait pas le service aussi désagréable, et espérait sincèrement que la politique du bâtiment ne comprenne pas le vol des vêtements et objets de valeurs, avec sur-endettement des clients devenus incapables de payer. *T'es le seul à imaginer des plans aussi tordus* Vaguement rassuré, il prit l'enveloppe que Ross lui tendait.

- Dunney HOLSTER ! Dunney Steve Holster ! Non... Steeeeve... C’est pas vrai ?

Cette bourde là, il n'y pouvait rien, alors il préférait ne pas s'en inquiéter pour le moment. Son identité n'était en effet pas le problème le plus urgent: le plus urgent c'était cette enveloppe rose. Rose! A croire que l'hôtel faisait une fixation sur les contes de fée. Sans accorder un regard de plus à Ross, il déchira son enveloppe. Pour y trouver un contrat de mariage en bonne et due forme délivré par les soins du Maire en personne, il reconnaissait sa signature. Certes il avait des relations, mais il était beaucoup trop saoul pour marcher jusqu'à la résidence du maire et lui demander de bien vouloir signer les dernières formalités de son mariage!

Et d'abord, avec qui avait-il été se marier? Si sa mémoire était bonne, le nom de la mariée devait être indiqué en bas de la page deux. Dunney S. Holster. Une petit erreur d'impression sans doute... *Non non, c'est bien marqué mariée avec un E * Admettons qu'il y ait eu une petite inversion, le nom du marié était en bas de page trois: Ross F. McGregor. Ah oui, ça expliquait que lui même se trouve en bas de page 2 avec une enveloppe rose, et un peignoir rose... Rhaa non ça n'expliquait rien du tout: il ne s'était quand même pas marié avec... Si? Si, il avait le contrat sous les yeux, et il avait appris à avoir toujours confiance en l'administration: ce qui est officiel étant toujours assez difficilement contestable. Reposant son regard sur Ross, il se décida à éclaircir un peu la stupeur dans laquelle il avait involontairement plongé son compagnon de beuverie.

- "Si tu veux d'autres détail sur mon identité et ce qui s'ensuit, je te les donnerai avec plaisir mais pas ici parce que je ne sais pas où sont les micros."

Une bonne chose de faite, maintenant il pouvait s'asseoir sur le lit défait et lire attentivement les termes du contrat. Outre la traditionnelle interdiction de l'adultère, y figuraient des serments aussi fantasques les uns que les autres sur la première page de contrat, dont la promesse de se coucher tous les soirs à neuf heures tapantes et celle de ne jamais coucher avec son conjoint. Charmant. Cela prouvait qu'il lui restait un tout petit peu de lucidité au moment de signer. Par contre, comment avait il pu promettre de se coucher tôt alors qu'il était insomniaque? Le mystère restait entier. Même si on omettait l'interdiction de l'adultère qui n'était respectée par quasiment aucun couple de ce bas monde, la pilule restait dure à avaler. *T'es en page 1, c'est pas signé tout ça: c'est que des mots en l'air. Depuis quand tu ne sais plus lire un contrat?* Ah... ah? Bon, c'était déjà ça d'ennuis en moins.

Page deux, donc: signée cette fois ci. Ses espoirs s'en allaient les uns après les autres au fur et à mesure qu'il lisait ses engagements signés à se coucher tôt, à faire la cuisine, à s'occuper de son beau-fils et à ne jamais acheter de poisson rouge. Dans un souci d'information, il lut le contrat de la page 3, celui signé par Ross, et découvrit avec un grand sourire que celui ci était chargé de s'occuper des enfants dans la mesure que permettait son travail, qu'il avait l'obligation d'entretenir un jardin avec des fleurs bleues, et qu'il devait se coucher tôt également. La dernière page, signée conjointement, les obligeait à une assistance mutuelle en cas de danger quel qu'il soit, dans la santé comme dans la maladie, dans la joie comme dans la tristesse et bla, bla, bla.

Il contempla quelques secondes la signature des témoins avant de ranger le contrat dans son enveloppe. Il ne reconnaissait pas les signatures, ce qui signifiait qu'il avait du réquisitionner de parfaits inconnus. En respirant bien fort, il pu aussi admettre qu'ayant la signature des témoins, le contrat était parfaitement valide et ne pourrait être rompu qu'avec ces mêmes témoins. Le divorce n'était donc pas pour tout de suite, d'autant qu'il devait se faire discret. Il avait beau être influent, s'il se mettait tous les autres richissimes à dos ceux ci pouvaient le faire chuter jusqu'au fond du puits et il préférait que cela n'arrive pas. Il était donc bloqué pour un moment, tant du point de vue de l'administration que de celui des vêtements qui n'arrivaient toujours pas.


- "Les employés de cet hôtel ne craignent pas les menaces, ni les problèmes financiers. Trop riches. Il ne nous reste plus qu'à attendre et éventuellement prier pour qu'ils nous apportent nos vêtements avant demain. Par contre, ils ne nous laisseront sans doute pas partir avant ce soir: c'est plus intéressant pour eux si on reste une nuit de plus. J'espère que t'as des sujets de conversation en réserve..."
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Un verre ça va, 3 verres Bonjour les dégâts ! [Terminé]   Lun 17 Mai - 21:07

Ross ne voulait pas de détails sur le dirigeant de Genetic. Il avait étudié son dossier à fond et il n’avait pas besoin, en tout cas pas envie d’en savoir plus. Il se demandait d’ailleurs si Dunney savait qui était Ross. Après tout, il ne lui avait donné que son prénom et il ne devait pas être le seul homme à s’appeler Ross. L’écossais redoutait les paparazzi tout comme Dunney qui, en plus, pensait qu’il y avait des micros dans la chambre. Quelle idée ! Après tout, il n’était peut-être pas si parano que ça, alors autant rester sur ses gardes.

- Pas besoin. Répondit-il froidement.

S’en suivit un long silence pendant lequel Dunney entreprit de lire le contenu de l’enveloppe rose. Ross l’avait presque oubliée celle-là. Il se demandait pourquoi son compagnon de chambrée était aussi intéressé Il semblait captivé, inquiet, amusé, ravi. Les différentes mimiques du dirigeant de Genetic attisèrent sa curiosité. A son tour, Ross ouvrit l’enveloppe blanche et commença à lire. Un contrat de mariage !

- C’est quoi ce délire ? Dit-il pour lui-même.

La soirée avait bien été arrosée, bien trop, et même si il lui manquait des morceaux de mémoires, il ne pouvait pas croire qu’il s’était marié. Ross marié, ça sonnait faux à ses oreilles ; alors marié avec un homme, c’était tout simplement irréel. Une mauvaise blague sans doute ! Essayant de se rassurer, il lit tous les termes du contrat dont certains étaient rocambolesques comme de se coucher tôt ou encore d’entretenir des fleurs bleues dans le jardin. Et cette histoire de poisson rouge. Les idées de la nuit avaient été hautes en couleurs apparemment. C’était n’importe quoi !

A la troisième page, il se rendit à l’évidence ; non seulement, son interlocuteur connaissait désormais son identité mais le contrat était un original et il n’y avait pas de doute sur son authenticité. Ross resta un moment interloqué. Il ne savait plus quoi penser ni quoi faire. Que pouvait-il faire d’ailleurs devant un tel contrat ?

**Bravo Ross, ça t’apprendra à boire plus que de raison…**

Il s’en voulait à mort, mais il fallait trouver une issue pour se sortir de ce mauvais pas. Il était hors de question que quelqu’un d’autre soit au courant. Que dirait Aaron, que penseraient ses collègues de Genome, que dirait Wyatt ? Il n’osait même pas y penser… Il y avait déjà trop de personnes dans l’histoire : les témoins, le Maire et peut-être deux ou trois badauds curieux qui n’avaient rien de mieux à faire cette nuit là que d’assister à un mariage célébré entre deux hommes. Comment retrouver tout ce petit monde alors qu’il ne se souvenait de rien ?

L’écossais était dans tous ses états, il était pris au dépourvu et il n’aimait pas ça du tout. En même temps, il n’aurait jamais imaginé une chose pareille. Certes, il n’y avait pas mort d’homme, mais quand même, c’était énorme. Et l’autre qui restait tranquillement assis sur le lit à parler des employés de l’hôtel incompétents. Rrrah, il les avait oubliés ceux-là.

- Tu racontes n’importe quoi. Ce ne sont pas les employés qui sont riches mais les proprios. Dit-il énervé d’autant plus qu’il avait raison sur le fait de ne pas les laisser partir pour compter une nuit de plus.

Il se leva de son fauteuil et jeta négligemment le document sur une table qui se trouvait à proximité, renversant au passage le reste de son petit déjeuner. Il n’avait pas envie de discuter, il voulait juste rentrer chez lui.

- Tu ne veux pas jouer au poker aussi ? Ironisa-t-il exaspéré.

Connaissant les agissements souvent peu scrupuleux de Dunney, un énorme soupçon se profila dans l’esprit de Ross qui se sentit pris au piège.

- T’as pas fait ça ?

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MessageSujet: Re: Un verre ça va, 3 verres Bonjour les dégâts ! [Terminé]   Mar 18 Mai - 20:10

Il y avait quelque chose de distant dans la façon dont il avait décliné son offre (à savoir une interview exclusive d'une des plus grosses fortunes du pays) mais il ne s'en souciait pas vraiment. C'était courant que les gens se fassent toutes sortes d'idées sur lui sous prétexte qu'il avait des moyens financiers dont la plupart des gens n'osaient pas rêver publiquement pour des questions de réalisme. Le fait qu'il ait hérité de son entreprise et ne l'ait pas créée lui même ne jouait pas en sa faveur et il ne se faisait pas d'illusions quant à l'opinion publique. Vu la façon dont son entreprise fonctionnait et les manifestations régulières contre cette politique, il devait avoir le rôle du parfait petit esclavagiste. Peut être devrait-il songer à lancer une marque de jouet ayant pour thème les seigneurs et les esclaves... Quoique les panoplies de capitaine/matelot reprenaient déjà le principe. Pas de chance.

En attendant, il n'allait pas se fâcher parce qu'un pauvre gars se demandait s'il fallait se laver les mains après avoir serré la sienne: il savait, lui, à quoi s'en tenir sur lui même, et n'avait pas l'intention d'écouter d'autre avis que le sien sur le sujet: il était le mieux placé pour non? Enfin, peut être ne se connaissait-il pas tant que ça, à en juger par les documents qu'il venait de recevoir. Bien que la situation soit dramatique, il ne put s'empêcher de sourire lorsque Ross découvrit à son tour le formidable cadeau de dégrisement qui leur tombait sur le dossier administratif. Lui, il avait déjà (plus ou moins) digéré la nouvelle, et c'était donc avec un certain détachement qu'il constatait le blocage de Ross sur les papiers officiels: oui c'était un délire, un délire ivre même, mais un délire officialisé par le Maire lui même qu'Holster redoutait d'avoir réveillé assez brusquement.


- Tu racontes n’importe quoi. Ce ne sont pas les employés qui sont riches mais les proprios.

Alors là, tout faux mon gros: ici les dirigeants gagnent le prix de la chambre et les employés des primes à la photo. C'était une arnaque tellement simplette que lui même n'en avait jamais pratiqué de telle: il préférait se creuser la tête et concevoir des plans tortueux pour ne jamais être soupçonné de quoi que ce soit, et c'était tellement plus amusant d'ôter aux victimes toute possibilité de se plaindre. Enfin, ici ce n'était pas de la grande escroquerie, et des motifs pour se plaindre il en avait des tas. A commencer par son compagnon de beuverie qui semblait particulièrement enclin à s'énerver de la situation. Or, en temps de crise il ne fallait jamais perdre son calme. Pour la peine, il ne lui expliquerait même pas le fonctionnement de l'hôtel, mais il ne put s'empêcher de répondre malgré tout:

- " Dans une entreprise de forte rentabilité, plus les employés sont sous payés et plus leur arrogance avoisine celle des dirigeants. Elle la dépasse même parfois. Le fait est qu'ils se savent à l'abri et peuvent donc nous mépriser sans se priver."

D'où sa proposition de discuter de la pluie et du beau temps. Ou du contrat de mariage, pourquoi pas: s'il se souvenait de quelque chose en particulier, s'il avait une idée pour les sortir tous les deux de ce pétrin sans nom... Bref, une discussion utile quoi. Ou une discussion qui leur changerait les idées, parce que rien dans la situation actuelle ne lui donnait envie de se casser la tête à chercher des solutions. Il n'était fort à ça que quand ça ne le concernait pas. Oh, un poker? Non, il ne pensait quand même pas à ça. Ceci dit, vu le temps qu'ils avaient devant eux, c'était une idée comme une autre.

- T’as pas fait ça ?

Oui, vraiment une bonne idée. Peut être pas forcément le poker mais les cartes en soi étaient un bon passe-temps envisageable, vu que Ross ne semblait pas disposé à la parlote. D'ailleurs il ne semblait disposé à rien du tout, une parfaite boule de nerfs à laquelle il n'avait aucune raison de se marier: il n'envisageait une telle cérémonie que par intérêt, et il n'y avait certainement aucun intérêt à épouser un homme impatient suffisamment crédule pour se laisser saouler. Quelqu'un de crédule pouvait être utile à un tas de chose, mais en ce moment il n'avait besoin de personne à l'entreprise, ni à la maison à part peut être une nourrice... Enfin, Ross n'avait pas vraiment la tête d'une nourrice. Il décrocha le combiné et s'adressa à l'accueil avec un calme qui se voulait radicalement opposé aux sautes d'humeur de son tout nouvel époux.

- "Ici chambre 203, à défaut de retrouver rapidement nos vêtements, auriez vous l'obligeance de nous apporter deux jeux de cartes? Merci."

Ceci fait, il se retourna vers Ross qui semblait aussi effrayé que lorsqu'il avait posé sa question. Une question certes obscure, mais une question quand même, à laquelle la politesse lui sommait de répondre. Restait à savoir quoi. S'il avait bu, ça oui, et plus que de raison, mais Ross aussi alors ça ne devait pas être ça. Étant donné le serment fait sur la page une de ne jamais coucher ensemble, il ne craignait probablement pas non plus un viol. Il ne comprenait pas et cela l'agaçait, autant parce qu'il est désagréable de ne pas savoir de quoi on vous accuse que parce qu'il était quasiment certain que c'était encore une idée reçue de Tatie Taratata. Finalement, il explosa.


- "Quoi? Fait quoi? Signer ce contrat? Si je l'ai fait, et j'en suis pas plus fier que toi! Y écrire mille et une âneries? Oui encore, et vu comme j'étais bourré ça aurait pu être encore pire: le Maire a probablement refusé de noter tout ce qui m'est passé par la tête. Mais moi au moins je t'ai pas accusé de..."

Bruit de pas dans le couloir. Probablement le jeu de cartes qu'il avait commandé. Sauf que non seulement il n'était pas en mesure d'accueillir courtoisement qui que ce soit, mais en plus (il s'en rendait compte pour la troisième fois aujourd'hui), ce qu'il portait nuisait fortement à sa crédibilité. Il aurait sans doute pu se réfugier dans la Salle de bains. Ou s'accommoder de la situation, prendre sur lui et réceptionner les paquets de cartes. Seulement il était énervé, et une peur instinctive le poussa lorsque la porte s'ouvrit à plonger... sous le lit. Probablement le lieu le plus poussiéreux de tout l'hôtel. Si, de tout l'hôtel.
Donc, maintenant, non seulement il avait l'air con mais il allait devoir reprendre une douche. Dire que tout était calme la veille à la même heure, à croire qu'il avait besoin de sa dose de situations d'urgence...
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Un verre ça va, 3 verres Bonjour les dégâts ! [Terminé]   Jeu 20 Mai - 19:34

Ross n’était pas du même avis que Dunney sur les employés de l’hôtel mais il n’avait pas envie de palabrer sur le sujet. C’était tellement anodin comparé à la situation dans laquelle il se trouvait. Marié au dirigeant de Genetic, même dans ses pires cauchemars, ce n’était jamais arrivé. Dunney semblait imperturbable et il donnait même l’impression de se délecter de la situation. Voir son compagnon de chambre prendre la nouvelle aussi calmement ne faisait que renforcer ses soupçons.

Comment faisait-il pour rester aussi calme ? Si les informations de son dossier étaient justes, cet homme n’était pas homosexuel et ses agissements étaient, la plupart du temps, guidés par les intérêts qu’il pouvait en tirer. Mais quel intérêt pouvait-il avoir en épousant un membre haut placé de Genome ? Ross ne voyait pas vraiment. En fait, il avait du mal à se concentrer et à prendre le recul nécessaire pour faire une analyse pertinente de la situation.

L’écossais n’en crut pas ses oreilles lorsqu’il entendit Dunney commander des jeux de cartes. Il se demandait si il devait rire ou pleurer ; rire car l’homme ne manquait pas d’ironie en rebondissant sur ce qu’il avait balancé exaspéré, ou pleurer car il était le sujet de moquerie.
**N’importe quoi !** songea-t-il en levant les yeux au ciel préférant ne rien dire à ce propos.

Finalement le dirigeant de Genetic finit par exploser en répondant à sa question somme toute très vague. Ses réponses rassurèrent un peu le membre de Genome. Tout comme lui il n’était pas fier et il était aussi saoul car il ne se souvenait pas trop de ce qui s’était passé durant leur nuit de beuverie. Sur ce point là, ils étaient sur le même pied d’égalité, mais Ross restait méfiant et le regardait d’un air suspect.
Suspicion qui se transforma en stupéfaction en voyant Dunney plonger sous le lit. Sur l’instant, Ross se demandait qu’elle mouche l’avait piqué. Il avait bien entendu des pas dans le couloir mais il ne comprenait pas la raison qui poussait l’autre homme à se cacher. Il aurait pu trouver plus confortable ! Cet agissement inattendu eut pour effet de faire éclater de rire l’écossais. Le rire étant un excellent remède contre le stress, Ross se détendit. Il alla ouvrir la porte de la chambre et réceptionna les jeux de cartes commandés sans oublier de rappeler à la jeune femme de s’enquérir de leurs vêtements.

- Sors de là qu’on se fasse une partie. Dit-il avec un sourire amusé.

Il plaisantait bien sûr car il n’avait pas envie de faire un poker, mais en y regardant de plus près, la situation était comique, alors pourquoi ne pas en rire ? De plus, ça ne servait à rien de s’énerver car ça ne faisait pas avancer les choses. Avant qu’il ne se retrouve sous le lit, c’était Dunney qui avait raison (pour une fois XD), Il avait gardé son calme en attendant de voir l’évolution. Mais bon, ça faisait ne faisait pas de mal d’exploser de temps à autre.

- Bon alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Il faut tout de même trouver une solution. Il faut aussi se mettre d’accord sur ce contrat qui, t’avouera, est complètement dingue. Je ne sais pas pour toi, mais moi je n’ai pas l’intention de le chanter sur les toits…

Ross se rassit dans le fauteuil qu’il s’était approprié. Il repensa aux événements récents en essayant de voir ce qu’il y avait lieu de faire pour que les deux hommes y trouvent leur compte sans avoir à être tributaire l’un de l’autre. Le contrat confirmait leur union mais, après tout, ce n’était qu’un bout de papier. Un bout de papier à mettre sous coffre pour éviter qu’il ne tombe entre les mains de personnes mal intentionnées.

- Tu le connais le Maire toi ? Faudrait lui passer un coup de fil pour ne pas qu’il passe l’annonce de notre mariage dans la gazette de la ville… Il ne manquerait plus que ça !

Tout le monde ne lisait pas ce journal, mais c’était déjà trop de monde.

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MessageSujet: Re: Un verre ça va, 3 verres Bonjour les dégâts ! [Terminé]   Ven 21 Mai - 21:15

Oui, vraiment stupide d'aller se couvrir de poussière alors que niveau crédibilité le seul fait d'avoir pris une chambre dans cet hôtel allait le faire passer de nouveau pour un bleu en matière d'affaires et cela allait durer un moment avant qu'on cesse de lui faire des propositions grossièrement piégées dans l'espoir qu'il morde à l'hameçon. Ceci dit, il n'avait pas l'intention de quitter sa cachette avant d'être seul... Mouais, sauf qu'avec Ross il ne serait pas seul avant un bon moment. Il s'entêta un peu, mais sachant que leurs vêtements n'arriveraient probablement pas avant le soir il se décida à remonter à la surface et dans une quinte de toux acquiesça vaguement l'offre de la discussion: la douche attendrait un peu.

Pour le contrat, ça oui il était d'accord: il n'avait pas l'intention de se coucher tôt. Ni de s'occuper du gamin de Ross, même si celui ci devait... Non non non, il n'avait pas pu raisonner comme ça. *Si, si, si* Une lumière se faisait dans son esprit, qu'il aurait préféré laisser éteinte. Complètement saoul, il n'avait donc trouvé autre chose à faire que tenter de refiler la garde de sa fille à quelqu'un d'autre. Refiler sa tornade d'héritière à un pauvre type innocent qui n'avait rien demandé à personne et n'était certainement pas en mesure de gérer le phénomène, c'était ça qu'il tentait de faire quand il était ivre... Misère, il perdait donc bien toute logique sous l'effet de l'alcool.

- Tu le connais le Maire toi ? Faudrait lui passer un coup de fil pour ne pas qu’il passe l’annonce de notre mariage dans la gazette de la ville… Il ne manquerait plus que ça !

Ah ça, s'il le connaissait le Maire! Il aurait préféré avoir subitement oublié son existence la veille: l'image furtive d'un double maire en pyjama venant, armé, ouvrir la porte de sa résidence principale venait de se glisser dans son esprit et il se demanda quelle entité suffisamment forte pour remonter le temps il devait prier. Pas le lapin de Pâques, il en était certain: il servait à autre chose. Il ne savait plus trop quoi mais peu importait. Quoiqu'il en soit il valait mieux ne pas appeler le Maire, surtout pour cette raison là: tenter le diable et en assumer les éventuelles conséquences avec le sourire n'avait jamais fait partie de ses prétentions et c'était très bien ainsi. En attendant, la poussière avait cessé de harceler sa gorge et il pouvait donc à nouveau parler à peu près correctement.

- "Il ne mettra pas ça dans le journal de la ville, c'est pas sa façon de se venger. Dans l'actualité cancan-des-célébrités peut être, mais il n'en a sans doute pas encore eu l'idée alors je ne vais pas la lui donner. Tu as remarqué l'heure à laquelle ce contrat à été signé?"

Oui, la seule chose qui était vaguement appréciable dans ce contrat était qu'il était parfaitement clair et lisible, comme ceux qu'il rédigeait lorsqu'il voulait piéger quelqu'un: un pavé brouillon suscitait la méfiance mais des feuilles ordonnées, structurées, avec de grands blancs et des caractères plus grands que la moyenne pour être sûr que la personne lise facilement, ça inspirait confiance, et les gens lisaient plus distraitement. Négligemment, il reprit son exemplaire du contrat. C'était un travail d'une qualité inférieure au sien, mais bien fait malgré tout et propre à piéger la plupart des citoyens non-avertis. En fait, ce travail ressemblait même beaucoup au sien, comme s'il avait rédigé lui même le...

Non, ça n'était pas possible. Il n'avait aucune raison d'arnaquer ce type pour qu'il se couche tôt, entretienne un jardin et quoi déjà? Ah oui, qu'il garde sa fille... *Toujours aucune raison?* Moui, ivre ça devait être une bonne raison mais il se serait plutôt intéressé à une baby-sitter dans ce cas là, pas un parfait inconnu qui n'avait aucune connaissance en la matière! Et à moins qu'il ait précisé ou prétendu par un malencontreux hasard être baby-sitter, il n'y avait aucune raison pour que lui même tente de l'engager, surtout par un moyen aussi détourné. Certes, il aimait la cautèle mais pour des objectifs légèrement plus honorifiques qu'épouser la nourrice, enfin le teen-sitter. Il fallait qu'il soit sûr.


- "Dis, tu as un diplôme d'éducateur?"

Le ton était légèrement angoissé. Il y avait peut être une chance sur mille que ce type ait un métier en rapport avec les enfants, mais il devait l'écarter quand même. Il s'agissait de sa fierté personnelle. Machinalement, il ouvrit le jeu de cartes à côté de lui et jeta un œil au paquet. Neuf. Rangé. La plupart des jeux de type solitaire nécessitaient un mélange et il avait la flemme. Il y avait bien quelques jeux à plusieurs mais s'il proposait une bataille rangée version longue son mari risquait de le prendre pour une provocation... Tiens, il l'avait appelé son mari... Mauvais ça, il fallait absolument qu'il mette fin à ce contrat avant de s'habituer à la situation. Parce qu'il se connaissait, il pouvait s'habituer à tout, et ce n'était absolument pas une bonne chose, surtout maintenant.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Un verre ça va, 3 verres Bonjour les dégâts ! [Terminé]   Sam 22 Mai - 23:24

Que ce soit dans le journal de la ville ou dans l’actualité des célébrités, Ross n’avait aucune envie de voir son mariage étalé sur la place publique. Il ne comprit pas trop pourquoi Dunney parlait de vengeance du Maire car, pour lui, il avait tout simplement fait son boulot, certes à une heure tardive, mais il avait été élu pour être au service de ses citoyens, alors il n’avait pas à se venger pour cela. Dunney n’avait pas tord en pensant que ce n’était pas la peine de lui passer un coup de fil qui ne ferait que lui donner des idées.

- En même temps, les mariages sont publics, donc il n’y a rien à faire de ce côté-là. Admit-il à regret.

Le maire avait sans doute bien d’autres chats à fouetter que de faire tout un battage autour d’un mariage entre deux hommes. Oui mais, dans les deux hommes, il y avait Dunney, le dirigeant de Genetic et surtout le dirigeant d’une multinationale connue de tous. Il n’y avait plus qu’à espérer que le maire n’en fasse pas une affaire personnelle. En admettant que l’affaire ne serait pas ébruitée, il fallait trouver une stratégie pour faire comme si rien ne s’était passé cette nuit là. Pour le moment, les deux hommes étaient coincés dans une chambre d’hôtel et ils avaient tout le loisir de trouver un terrain d’entente. En se remémorant les termes du contrat, Ross estimait ne pas avoir été à la hauteur. Jamais il n’aurait accepté un tel contrat si il n’avait pas été en état d’ébriété avancé. Il se demandait encore comment il avait fait pour se laisser entraîner dans cette aventure complètement loufoque.

- Hein ? Fit-il à la question déroutante de son mari.

La question était surprenante et il ne voyait pas en quoi le fait d’avoir un diplôme d’éducateur pouvait arranger leur situation. Dunney avait peut-être simplement envie de le connaître un peu mieux et c’était un sujet de conversation comme un autre. Mais bon, c’était assez curieux comme demande ; elle tombait comme un cheveu sur la soupe. Ce fut seulement en décelant une légère anxiété sur le visage de son interlocuteur et en faisant le rapprochement avec les termes du contrat de mariage que le psychologue percuta.

- Ah ok. Bah non, je ne suis pas éducateur. Si ça peut te rassurer, je suis psy. Mais qu’on soit bien d’accord, j’ai pas l’intention de m’occuper de ta fille.

Ce refus de prendre en charge une personne n’était pas très déontologique mais il avait fait un choix. L’enseignement à la faculté lui convenait et lui laissait du temps libre pour s’occuper de son fils et avoir des loisirs. Il acceptait encore de suivre certains patients mais ceux-ci étaient triés sur le volet. Il ne savait pas trop si la fille de Dunney était un cas intéressant mais il n’avait aucune envie de s’occuper d’elle uniquement à la demande de son père. Il n’allait quand même pas rendre service au dirigeant de Genetic ! Ah ça non alors, c’était impensable. De plus, cet homme était richissime et pouvait se payer les meilleurs spécialistes.

- Je pense, que de ton côté, tu n’as pas l’intention de t’occuper de mon fils. Supposa-t-il en précisant avec détermination :
- De toutes façons, je ne voudrais pas.

Il ne manquerait plus que ça ! Dunney s’occupant de Wyatt, jamais. Il n’avait pas envie de le voir tremper dans des affaires pas très nettes, que ce soit pour le compte de Genetic ou de n’importe quelle autre organisation. Connaissant son fils, il serait bien capable de se laisser entraîner si on lui donnait de bons arguments. Pour cela, Ross était convaincu du don de persuasion du dirigeant de Genetic. Convaincre un gamin de rejoindre sa cause ne devait pas être bien difficile pour lui.

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MessageSujet: Re: Un verre ça va, 3 verres Bonjour les dégâts ! [Terminé]   Dim 23 Mai - 16:51

Pas éducateur. Holster respirait déjà un peu mieux, mais il lui restait quelques doutes. Il avait trouvé une autre raison, restait à trouver laquelle. Parce que s'il y avait une chose évidente, c'était qu'il avait bel et bien rédigé ce contrat de façon à en piéger les signataires. Et au vu des termes de contrat, la seule chose qui lui paraissait vaguement digne d'intérêt était la clause concernant la garde des enfants. A la rigueur, il avait pu se persuader tout seul que Ross était baby-sitter: c'était désagréable à admettre mais plausible et cela expliquait d'où sortait ce contrat. Ceci dit, ça n'expliquait absolument pas comment il avait fait pour convaincre son compagnon de beuverie de signer, parce qu'il avait beau être le plus fort le plus beau le meilleur il doutait de pouvoir faire usage de son pouvoir en état d'ébriété, ou alors juste quelques secondes.

Bien évidemment, il n'avait pas l'intention de respecter ce contrat. Rien que l'idée de se coucher sans dormir, de ne plus rien faire de ses nuits lui donnait l'impression de devenir dingue. Et puis, ne pas acheter de poisson rouge... D'accord, il n'avait jamais eu l'intention d'acheter un poisson rouge mais l'interdiction de le faire était si absurde qu'elle lui donnait envie de le faire, juste par esprit de contradiction. De plus, il comprenait parfaitement que l'autre n'ait pas envie de garder sa fille, d'entretenir un jardin et de se coucher tôt. Personne n'avait envie de se coucher tôt, c'était à se demander d'où venait cette idée là. Enfin, l'important c'était qu'ils soient tous les deux d'accord pour enfreindre chacun des termes du contrat.

- "Elle n'a pas besoin d'un suivi médical, son comportement est parfaitement logique. Elle a juste décidé de façon rationnelle de me faire vivre un enfer."

Il aurait pu se passer de le préciser, mais c'était venu tout seul, comme s'il était naturel de raconter à un inconnu le problème "Mary Jane Holster" dans tous ses détails. Il n'était pourtant plus ivre, et n'avait donc aucune excuse pour aller déballer sa vie privée à un homme certes très sympathique mais qui n'en restait pas moins un individu normal, par conséquent quelqu'un qui pourrait lui attiré une foule d'ennuis. En plus, il avouait qu'il était tout à fait logique que sa fille veuille le tuer, ou au moins le rendre fou. En matière de légitimité parentale, il y avait mieux et avec un peu de malchance son interlocuteur aurait l'idée de lui faire retirer la garde de la petite, estimant à raison qu'il suffirait de la placer ailleurs pour qu'elle se calme illico (non sans chercher toujours à lui nuire mais bon, au moins elle aurait de bonnes notes à l'école). Quant à lui, il n'aurait plus d'ado dans les pattes, et tout n'en irait que mieux. Sauf qu'il n'aurait plus d'héritière et qu'il ne tenait pas à ce que son argent soit confisqué par l'État, non mais! Et il n'allait pas adopter juste pour transmettre son fric.


- Je pense, que de ton côté, tu n’as pas l’intention de t’occuper de mon fils. De toutes façons, je ne voudrais pas.

Alors ça... ça c'était trop drôle. Certes, il n'avait pas envie de s'occuper du fiston modèle de Ross, mais la détermination farouche avec laquelle celui ci s'opposait à un tel cas de figure ne pouvait que provoquer son hilarité. Il aurait presque l'impression d'être un criminel en série, vu la façon dont son conjoint l'éloignait de sa progéniture. Décidément, l'image des patrons dans ce monde capitaliste était réellement très mauvaise. Une sorte de photo floue qui donnait libre cours à l'imagination tortueuse de la population. Lui même n'aidait pas spécialement à en redorer le blason, et le fonctionnement de son entreprise était régulièrement critiqué par l'une ou l'autre association humanitaire mais ce n'était pas une raison pour éloigner les enfants. Il n'allait pas les contaminer en étant à proximité: la preuve il avait écopé d'une fille qui s'opposait à lui en tout alors pour lever une armée de gamins il valait mieux choisir quelqu'un d'autre que lui.


- "T'as raisons, dès fois que je veuille lui apprendre comment fouetter les esclaves... Si ce n'est que ça je peux te garantir que je ne souhaite pas m'occuper de ton fils, ni me coucher à neuf heures cela va sans dire. Et je ne compte pas faire appel à toi pour garder ma fille, il vaut mieux qu'elle ne sache pas que je suis marié. En fait, il vaudrait mieux que personne ne soit au courant, le temps qu'on réussisse à annuler tout ça."

C'était pas gagné. Il était en peignoir (de satin rose, sa fierté refusait toujours de l'admettre), couvert de poussière sur le lit défait d'une chambre d'hôtel, sans fringues, sans fric, et anonyme parce que sinon ça sentait les ennuis à plein nez. La situation était loin d'être paradisiaque, et il se retenait de tousser encore à cause de la poussière. En plus, la seule personne capable de les aider était rancunière, alors l'aide du maire leur passait sous le nez, en même temps que ses espoirs de mariage arrangé qu'il n'avait heureusement jamais eu. De tous ces problème, la priorité ne revenait pas à la douche mais c'était le plus facile à résoudre. Aussi se redirigea-t-il vers la Salle de Bains. Juste avant d'enclencher le jet d'eau (trop froide cette fois ci), il entendit la porte s'ouvrir. Qui que ce soit, il n'avait pas l'intention de sortir même et surtout si ça le concernait. Une personne l'avait déjà vu en peignoir-satin-rose-niais et c'était amplement suffisant. A travers le bruit de l'eau qui coule, il entendis vaguement une histoire de séchoir en panne. De l'extérieur, on n'entendit sans doute pas ses jurons, mais lui eut tout le loisir de se défouler verbalement. Ils n'avaient aucun sens de la manipulation: les faire attendre tout bêtement eut été beaucoup plus simple et plus efficace pour les garder.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Un verre ça va, 3 verres Bonjour les dégâts ! [Terminé]   Dim 23 Mai - 23:13

- C’est parfait dans ce cas.

La fille de Dunney n’avait pas besoin de suivi psychologique et c’était tant mieux. Elle faisait vivre un enfer à son père, tant pis pour lui. Il n’avait qu’à se faire respecter ! En y pensant, comment un homme de cette trempe, dirigeant un empire, ne trouvait-il pas le moyen de canaliser sa fille ? Ross se garda bien de lui en faire la remarque. Il n’avait pas à lui donner de conseil d’autant plus qu’il n’en demandait pas. L’écossais se plaignait parfois de son fils mais à côté de la fille de Dunney, d’après ce qu’il en avait déduit, Wyatt était un véritable petit ange. En vérité, c’était un garçon adorable avec du caractère. Même si ce n’était pas toujours facile à gérer, il avait la mauvaise excuse d’être un adolescent, et comme la plupart des adolescents, il avait besoin de trouver ses marques. Ross préférait avoir un gamin avec du caractère car il pensait sincèrement que c’était indispensable pour s’en sortir dans la vie. Il fallait juste savoir le prendre

L’attitude sarcastique de Dunney heurta le psychologue qui lui lança un regard noir. Mais pour qui se prenait-il ? Certes, c’était un homme puissant mais il était loin d’être un homme sans reproches. Tout le monde avait des travers, Ross le premier, mais Dunney se situait dans la partie haute de l’iceberg des humains inhumains. Le psychologue était à deux doigts de laisser exploser son mécontentement mais se ravisa. Le dirigeant de Genetic n’avait pas l’intention de s’occuper de son fils, il n’avait pas l’intention de respecter le contrat et il voulait ne pas ébruiter cette affaire. Ca tombait bien, c’était exactement ce que souhaitait l’écossais ; tout comme la fille de Dunney, Wyatt ne devait pas être au courant de cette aventure surréaliste.

- On est bien d’accord alors. Confirma-t-il sèchement.

L’accord était oral mais ils étaient tenus de le respecter l’un et l’autre s’ils ne voulaient pas voir leur contrat étalé sur la place publique et jeté aux yeux de leur progéniture.
Autant il était facile et rapide de se passer la bague au doigt, autant il était difficile de divorcer. Pour cela, il fallait compter au moins six mois si les deux parties étaient d’accord, et ils étaient d’accord. Il y avait aussi la possibilité de faire annuler le mariage, mais c’était beaucoup plus compliqué et beaucoup plus long car les rouages de la justice étaient d’une lenteur affligeante.

- Il ne nous reste plus qu’à divorcer. Lança-t-il avant que Dunney ne s’enferme dans la salle de bains.

Cela faisait bizarre de prononcer le mot divorce mais c’était pourtant le bon terme. En même temps, Ross devait se rendre à l’évidence, il était bel et bien marié mais il avait toujours du mal à le digérer.

La porte de la chambre s’ouvrit. Sans prévenir un homme entra et se présenta comme étant le directeur de l’hôtel. Il venait s’excuser pour une panne de sèche-cheveux. Ross se leva et regarda l’homme d’un air exaspéré. Non seulement, il était entré dans un lieu privé sans prévenir mais il ne s’en excusait même pas.

- Bah voyons ! Faites comme chez vous… Dois-je vous rappeler qu’une chambre louée est un espace privé et que vous n’avez pas à y pénétrer sans y être invité ? C’est une violation de domicile !

Oui, sans aucun doute, il était nécessaire de le rappeler à ce directeur ignare et impudent. Avec un homme pareil à la tête de l’hôtel, le personnel était inévitablement incompétent. Les remarques du psychologue n’ébranlèrent pas une seule seconde le directeur ; il donnait même l’impression de ne pas avoir entendu. Il dit simplement sur un ton monocorde :
Citation :
- Je viens vous avertir que le séchoir de cette chambre est en panne. Maintenant, il faut que je parle à Holster.
Si il connaissait l’identité du second occupant de la chambre, il devait également connaître la sienne. La veille, les deux hommes complètement imbibés d’alcool avaient du donner leurs noms à l’accueil sans se soucier de la suite. Pour l'incognito, c'était raté. Le temps de cette courte réflexion, le directeur s’était rendu jusqu’à la porte de la salle de bains. Cette dernière étant fermée à clé, il se mit à agiter la poignée comme si il y avait le feu au lac.

Estomaqué par une telle attitude, Ross le regardait avec de grands yeux ronds. Ne sachant pas du tout ce qu’il voulait à Dunney, l’écossais préféra ne rien dire et ne rien faire. Après tout, son mari était assez grand pour régler ses affaires tout seul.

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MessageSujet: Re: Un verre ça va, 3 verres Bonjour les dégâts ! [Terminé]   Lun 24 Mai - 16:05

Il avait espéré, très sincèrement, qu'un autre peignoir serait apparu entre son entrée dans la douche et sa sortie. Même pas: il se retrouvait toujours face à ce peignoir rose. Un dilemme se posait à lui: utiliser cette monstruosité couleur fushia ou sortir en serviette et s'attirer éventuellement un regard noir de Ross. Il se posait encore la question quand la poignée, et surtout le solidité de la porte furent mises à rude épreuve. La question existentielle de l'habillement n'étant plus de mise, il enfila le peignoir à la va-vite et ouvrit anxieusement la porte. Celle si s'ouvrit d'un coup sur un... humain. Mâle. La quarantaine bien tassée. Et au regard complètement fou.

De l'extérieur, la scène avait du ressembler à la crise d'un dingue en peignoir rose bousculant un humble quidam en costume. En réalité, il s'agissait d'un homme d'affaire apeuré qui, se sentant piégé, fuyait un cinglé par un malencontreux hasard mieux habillé que lui . Oui monsieur l'agent, un hasard. Le port de ce peignoir rose ne tenait en aucun cas à sa volonté. En attendant la... chose, s'avançait à nouveau vers lui. Et lui, il reculait au fur et à mesure. Malheureusement l'existence d'un mur dans cette pièce mit un frein à sa fuite lente.

La chose s'arrêta en face de lui, à un mètre et demi environ, et se mit à réciter son texte. Des excuses pour le séchoir de la chambre qui fonctionnait mal, l'assurance de son soutien dans ces moments difficiles, tous ses vœux de bonheur et... la nuit gratuite. De but en blanc et sans reprendre son souffle. Une véritable performance. Le texte étant dit, il tourna les talons et quitta les lieux, laissant la porte ouverte, de la démarche rigide de ceux qui ne savent pas réellement ou ils vont. Comme hypnotisé, même. Qu'est-ce qu'il avait encore fait? *Simple, tu l'as forcé hier sans aucune subtilité à te faire la remise de prix du siècle* Ce genre de chose n'était plus arrivé depuis très, très, très longtemps. Il devait avoir 8 ans la dernière fois, et sa sœur l'avait tant poussé à bout qu'il avait des circonstances atténuantes.

Peu de gens ont déjà eu l'occasion de se retrouver face à face avec leur propre logique ivre. Holster faisait désormais partie de ses gens là. Il pouvait aisément reconstituer le scénario titubant qu'il avait du monter la veille pour qu'on ne découvre pas qu'il avait largement les moyens de se payer la chambre. C'était apparemment la seule illusion qu'il parvenait à conserver en état d'ivresse. Donc, après vérification, il pouvait se servir de sa capacité même complètement saoul, les effets n'en étant que plus désastreux. A ce niveau là, il pouvait être heureux que peu de gens aient croisé leur route...

- "Oh pu*ain le maire!"

Il se précipita sur le téléphone sans plus de cérémonie, et tomba sur la messagerie après de longues sonneries. S'il ne répondait pas, il y avait une chance sur deux qu'il soit ausi hébété que le directeur de l'hôtel et ce n'était absolument pas une bonne nouvelle. Il avait besoin besoin de l'appui du maire et s'il l'avait persuadé brutalement il pouvait faire une croix sur la discrétion. La discrétion, mais aussi la crédibilité, et la confiance que lui accordait pour l'instant le monde politique. De plus, le Maire serait absolument incapables de les aider s'il était lobotomisé jusqu'à nouvel ordre, et sans le Maire il aurait du mal à trouver les témoins pour faire annuler le contrat.

Il raccrocha brutalement et se dirigea d'un pas décidé vers le couloir. Après un léger doute sur la direction à prendre, il descendit les escaliers et rejoignit presque sans détour la blanchisserie (aussi appelée la pièce linge-sale ou on planque les employés qui ont fait de grosses bourdes) ou il exigea purement et simplement qu'on lui remette des vêtements, les siens ou d'autres. Et qu'ça sau-aute c'est urgent!! Après tout le personnel les avait probablement déjà étiquetés "caractériels" alors un peu de nervosité n'y changerait pas grand chose. On finit par lui apporter à grande réticence une chemise et un pantalon, qu'il devait rendre dans la journée si possible.


- "ROOOOOSSS"
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Un verre ça va, 3 verres Bonjour les dégâts ! [Terminé]   Mer 26 Mai - 20:49

Le directeur de l’hôtel avait fait irruption dans la chambre mais fit comme si il n’avait pas entendu les reproches de Ross. Les hôtels de luxe n’étaient plus ce qu’ils étaient, en tout cas celui-là. L’écossais aurait bien aimé lui faire de la mauvaise pub, mais il était voué au silence s’il voulait éviter que cette malheureuse affaire de mariage ne soit ébruitée. Lorsqu’il se dirigea vers la salle de bains et maltraita la poignée de porte, l’écossais faillit intervenir mais il se ravisa. Il s’était simplement déplacé de quelques pas afin d’assister à la suite des événements. Il souhaitait également savoir pourquoi cet homme voulait à tout prix parler au dirigeant de Genetic. La scène se déroulant sous ses yeux le fit sourire ; c’était comique de voir le directeur avancer et Dunney reculer ainsi. Il se demanda pourquoi le directeur avait l’air si catastrophé et si pressé car il n’avait rien de bien spécial à dire. Il manquait de savoir vivre mais il offrait la nuit ; c’était toujours ça de gagner. Quoi qu’il en soit, Ross aurait préféré ne jamais être venu dans cet établissement.

Devant le petit vent de panique provoqué par la sonnerie de téléphone et la sortie précipitée de Dunney, Ross n’était pas rassuré. Il se demandait ce qui allait encore leur tomber dessus. Que voulait le maire ? Avait-il proféré des menaces, des injures ? Voulait-il mettre à profit cette union en faisant du chantage aux mariés ? En tout cas, ce n’était pas de bon augure ; ce le fut encore moins lorsqu’il entendit Dunney hurler son prénom. Sans se poser plus de question, Ross sortit à son tour de la chambre. Ne sachant pas exactement où il se trouvait, il passa par le hall d’accueil. L’hôtesse lui montra le chemin de la blanchisserie. En passant non loin de la porte d’entrée de l’hôtel, il remarqua ce qui était inscrit.

**Raah non ! Mais c’est pas vrai ! Bonjour l’anonymat !**


Il pressa le pas pour rejoindre Dunney. On pouvait lire sur son visage une certaine inquiétude mais également une once de nervosité.

- Non mais t’as vu ce qu’il y a d’écrit à l’entrée ? Qu’est-ce qu’il se passe ici ? Au fait, il te voulait quoi le maire ?

Allez hop, trois questions pour le prix d’une. Ross avait presque l’impression d’être dans son cabinet de consultations à poser des questions à ses patients. Sauf que là, ce n’était pas de la psychothérapie c’était du « sauve qui peut » « mais comment faire ? » Même si il lui manquait des pièces du puzzle de la soirée passée, Ross ne l'oublirait pas de sitôt.

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MessageSujet: Re: Un verre ça va, 3 verres Bonjour les dégâts ! [Terminé]   Lun 31 Mai - 19:40

Holster n'avait pas vu ce que l'hôtel semblait avoir eu la mauvaise idée d'afficher, mais il avait vu le visage de Ross et imaginait donc très bien quelque chose du genre "Holster est désormais marié à Ross. Pour toute réclamation, adressez vous à lui personnellement". Le pire, c'est qu'il se doutait qu'il en avait certainement eu l'initiative. Il s'en serait cogné la tête contre les murs. Se saouler, ok. Se marier, ok. Squatter l'hôtel à la fois le plus minable et le plus cher du coin... o-k. Mais l'admettre publiquement, ça non.

Quoi, la plupart de ses appuis étaient des conservateurs traditionalistes, hostiles à toute forme d'innovation! Il avait même du batailler pour garder le droit de chercher de nouveaux parfums. Son laboratoire était ouvertement critiqué (pour son règlement interne surtout), mais il ne s'en était jamais vraiment soucié puisqu'on ne pouvait pas vraiment l'atteindre. Maintenant, il allait être la cible de toutes les campagnes anti-hérésie que ses chères compatriotes aimaient tant.

Et après on s'étonnait qu'il ne respecte pas les gens. Mais à quoi avait-il pensé? Ils n'étaient sans doute pas tout-puissants mais lui non plus; et ils étaient parfaitement en mesure de lui casser les pieds, par diffamation par exemple. Pour eux ça ne coûtait pas grand chose, un procès. Pour lui non plus bien sûr, mais même innocenté de tous les crimes qui lui seraient collés sur la casier judiciaire au titre de simple suspicion, il subsisterait un léger doute dans les esprits. Minime, mais bien présent. Et qui provoquerait une méfiance naturelle de la part de ses partenaires financiers. Ce genre de méfiance coûtait cher.

Il dut mettre fin à sa série de scénarios-catastrophe lorsqu'il réalisa que Ross voulait savoir quelque chose que la prudence lui interdisait de révéler. Des détails qui impliquaient notamment sa capacité de persuasion et son amitié avec le maire. Et bien sûr sa conscience avait décidé de faire la sieste. Il lui fallait une solution, et vite. Se prétendre hypnotiseur? Non, ç avait peu de chance de marcher: il fallait beaucoup de concentration. *Allons, une grande inspiration... Avec un peu de chance il ne te croira pas.* Tiens, elle était là en fait.


- "Je peux provoquer la confusion chez les gens. Ou la folie. Et il semble qu'hier, étant saoul, le Directeur ait fait les frais de ce léger détail. Pour faire simple, l'alerte rouge, c'est que si le maire a lui aussi un pois chiche dans la tête en ce moment, ce sera difficile d'annuler ce contrat. Chéri."

Le seule chose qui le distrayait encore de ses mésaventures était donc la possibilité de pousser à bout un individu lui étant hostile et qui avait eu la sottise de devenir son conjoint de son plein gré. Oui, de son plein gré, il n'en démordait pas. Il était absolument certain de ne pas avoir voulu forcer Ross, seulement le piéger sur les engagements, sinon il n'aurait pas pris la peine de fixer pour lui même la moindre contrainte. Mais qu'est-ce qui lui avait pris de signer à lui, aussi? Enfin, là n'était pas le problème.

Le problème, c'était qu'il se dirigeait vers la sortie et qu'elle n'était pas libre. Pour être exact, elle était habitée par une horde de micros dans leur milieu naturel, c'est à dire à l'état sauvage. Certains avaient des extensions vaguement humaines. S'il devait dire quelque chose là, il le regretterait certainement pour de longs mois. Il n'avait rien à leur dire, de toutes façons. Les portes étaient fermées. Dès qu'il les ouvrirait, l'enfer serait sur place. Holster était courageux, parfois.Mais là, il préférait quand même être lâche.Tournant les talons, il reprit la direction de la laverie.

- "Quelqu'un saurait où se trouve la porte de service, j'aimerais éviter d'avoir affaire à la faune là dehors..."
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Un verre ça va, 3 verres Bonjour les dégâts ! [Terminé]   Mar 1 Juin - 19:19

Ross fut dans l’obligation de se répéter intérieurement ce que venait de lui dire Dunney. Finalement il conclut que ce dernier avait été à l’origine de toute cette pagaille dans l’hôtel. L’ivresse des deux hommes n’avaient pas du arranger les choses. Ceci étant, Ross ne cherchait pas vraiment de responsable. S’ils avait signé tous les deux ce fichu contrat de mariage, personne ne les y avait obligé ; et quand bien même, ils n’auraient pas du boire autant. Les mariés du jour n’étaient plus des adolescents, ils auraient pu faire attention à ne pas faire n’importe quoi. La cuite prise cette nuit là devait être une des plus sévère de sa vie. L’écossais avait encore du mal à y croire, mais c’était un fait qu’il ne pouvait pas ignorer. Il avait fait l’imbécile et l’homme qu’il était en assumerait les conséquences. Cela n’allait pas être une partie de plaisir. Ce stupide contrat était officiel et du domaine public. Dunney avait des connaissances haut placées et ferait en sorte de faire annuler ce mariage quitte à passer outre les lois ; il n’en était pas à ça prêt. Par contre Ross avait du mal avec l’illégalité, mais si il fallait donner un coup de main à son partenaire, il le ferait. Bien sûr ce n’était pas pour aider le dirigeant de Genetic mais pour se dépatouiller de cette galère.

Dunney venait de l’appeler « chéri » devant le personnel. Non mais ça n’allait pas bien dans sa tête ! En y pensant, ce personnel devait être au courant, mais quand même ! Leur arrivée tonitruante dans la nuit n’avait pas du échapper aux employés de l’hôtel mais il y avait encore une chance pour qu’ils aient considéré cette union comme une grosse blague de deux ivrognes. Avec le mot doux balancé de façon très naturelle, la blague devait sérieuse. Après l’effet de surprise avec lequel il faillit s’étrangler, Ross lui lança un regard noir. Si ça l’amusait encore, pas lui.

- Non mais à quoi tu joues là ? T’es complètement Taré !

La question n’attendait pas de réponse. Le ton était monté et dédaigneux. Pourtant il lui en fallait beaucoup pour s’énerver de la sorte. Mais là, c’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase. Il était à deux doigts de lui mettre un coup poing dans la figure. A croire que Ross avait encore un peu de sang froid, il n’en fit rien. Serrant les poings, il prit le chemin opposé de Dunney. Il laissa son numéro de téléphone à l’hôtesse d’accueil afin qu’elle puisse le prévenir dès que ses vêtements et ses papiers seraient retrouvés. Il lui demanda d’appeler un taxi en précisant de se présenter à la porte de service.
Lui non plus, n’avait pas envie d’être la risée de la faune se trouvant devant l’entrée principale. Il était toujours en peignoir, mais après tout, en passant par derrière, personne ne le verrait et il se ferait déposer chez lui. Ni vu, ni connu ; du moins, il l’espérait. Une fois à son domicile, il demanderait à Ian de venir récupérer ses affaires. Il n’avait pas l’intention de remettre les pieds dans cet hôtel minable. Il jeta un dernier regard noir vers Dunney en espérant ne jamais le revoir excepté pour le divorce.

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Dunney H

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MessageSujet: Re: Un verre ça va, 3 verres Bonjour les dégâts ! [Terminé]   Jeu 3 Juin - 19:43

Non, il n'avait pas perdu la tête. Il était juste complètement à bout de nerfs, et appeler son conjoint forcé "chéri" lui avait paru une bonne idée sur le coup. Lorsqu'il revint vers le chéri en question, il dut admettre que c'était en fait une très mauvaise initiative. En effet, voir un homme en peignoir partir précipitamment pour fuir sa compagnie ne lui était encore jamais arrivé. A la réflexion, il n'avait en fait surtout jamais eu l'occasion d'énerver un homme en peignoir, et il était donc logique que ce soit une première.

Taxi. C'était une bonne idée que Ross avait eue, le Taxi. Sauf que lui, il n'avait pas d'argent sur lui. Ross non plus. Mais s'il y avait une chose qu'il ne supportait pas, c'était d'être redevable à toute créature en mesure le comprendre le système monétaire. D'ailleurs, il payait généralement par avance. Donc, exit le taxi. Restait la marche à pieds. Il tentait de se préparer mentalement à traverser la horde des micros quand l'employée de la lingerie, qui avait assisté à l'ensemble de la scène, décida de l'informer d'un détail absolument insignifiant.

- "Hum, monsieur le maire a appelé, il dit qu'il ne vous aidera pas, et que si vous le réveillez encore une fois il... enfin il vous le dira lui même: il est en ligne."

La seule chose qui l'empêcha en cet instant de sauter au plafond fut son temps de réaction. Il lui fallut en effet quelque secondes pour assimiler l'information suivante: le maire allait bien, et son sale caractère était intact. Sur le long terme, c'était plutôt une bonne nouvelle car il pourrait continuer sa petite vie de petit citoyen non imposable. Dans l'immédiat, c'était beaucoup moins enthousiasmant: il pouvait faire une croix sur l'aide du maire.

Il ne se vexa même pas lorsque le maire lui précisa ses intentions de s'acheter un triple verrou afin que les ivrognes ne puissent plus venir martyriser sa sonnette, et acquiesça vaguement à l'évocation de trois stylos cassés pour signer le contrat, remboursables sur-le-champ. La seule chose qui le dérangea réellement, ce fut la menace de se voir devenir le père adoptif de cinq orphelins de 16 mois maximum en provenance de pays pauvres s'il s'avisait de tirer à nouveau le maire de son sommeil.

Là, il prit la peine de monter le ton.

Pour le reste, il se doutait que le maire n'avait pas l'intention de venir le ramener pour lui épargner la faune prétendument journalistique qui rôdait non loin du bâtiment. Très près même. Beaucoup trop près. Pour autant, cela ne signifiait pas qu'il doive se passer de toute aide extérieure. Se décidant à reconnecter enfin les quelques neurone en état de fonctionnement de son cerveau, il se décida à appeler... la femme de ménage. Oui c'était une bavarde, et une véritable commère, mais elle n'avait pas deux sous de jugeote et il pouvait lui faire croire ce qu'il voulait.

A ce jour, il avait donc passé la nuit en compagnie d'une prostituée qui l'avait floué de tout son argent alors qu'il dormait comme un loir, et avait inventé une histoire de mariage pour ne pas avoir honte. Elle le crut sur parole et le ramena en réussissant tout le même l'exploit suivant: lui faire remarquer que c'était bien fait pour sa pomme sans être pour autant passible de licenciement. A la rigueur, il s'en fichait. L'essentiel, c'était qu'on oublie définitivement le statut marital qu'il portait dans la poche droite et avait la ferme intention de planquer dans un tiroir fermé à triple tour.

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Un verre ça va, 3 verres Bonjour les dégâts ! [Terminé]

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