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 Lorsqu'on crie désespérément à l'intérieur de soi, est-ce qu'il y a quelqu'un qui nous entend ? [Terminé]

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Sonny Malone

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MessageSujet: Lorsqu'on crie désespérément à l'intérieur de soi, est-ce qu'il y a quelqu'un qui nous entend ? [Terminé]    Dim 20 Mai - 22:24

Lundi 8 novembre, soirée

Le passage de Jay avait eu le mérite de réveiller Sonny. Elle avait gardé le silence sur sa rupture pendant presque une semaine. Anne n’avait pas été là au moment où elle était le plus vulnérable. C’était Wyatt qui l’avait ramassée dans un état déplorable. Après, elle avait repris conscience de la vie qui l’entourait. Et surtout du fait qu’Anne se battait pour la vie de l’enfant qu’elle portait. C’était pour lui qu’elle devait s’inquiéter, pas pour Sonny. Alors elle n’avait rien dit. Elle avait gardé cela pour elle. Jusqu’au dimanche. Là, elle avait craqué. Soit elle retournait se saouler comme lorsqu’elle avait rencontré Dean, soit elle appelait à l’aide. Et c’est ce qu’elle avait fait en s’adressant à Jayden. Maintenant, il fallait qu’elle passe à l’étape suivante et qu’elle informe sa mère. Enfin, elle ne dirait pas tout, bien évidemment. Elle lui avouerait juste qu’elle et Remington avaient rompu et que cela s’était mal passé.

Alors elle avait pris son téléphone en ce lundi soir, juste après le boulot. Il était dix-neuf heures et elle avait suffisamment fait traîner les choses.

« Allô… Anne. Je… J’ai besoin de toi. Ça ne va pas. Pas du tout. Je… Rem et moi… on n’est plus ensemble. Et ça ne va pas. Je suis restée trois jours au lit. Depuis quelques jours j’ai réussi à retourner en cours, mais… Où ça ? Maintenant ? D’accord, merci… »

Anne lui avait immédiatement offert de la rejoindre, mais elle lui donna une adresse que Sonny ne connaissait pas : Genome. Elle allait donc enfin lui montrer le siège de cette organisation dont elle lui avait parlé… Sonny, lors de la soirée d’Halloween avait dit à sa tutrice qu’elle était prête à rejoindre leurs rangs. Mais aujourd’hui, elle n’en était pas bien sûre. Non que les actes de Genetic ne la répugnent pas, non qu’elle avait pardonné à Tussle l’affreuse soirée qu’ils avaient passé… mais elle n’avait plus d’envie de se battre et de continuer… Même si dans le fond, elle avait découvert le secret de Rem à cause du piège du maire. Rien que pour ça, elle le tuerait. Encore faudrait-il qu’elle ait la force d’agir. Là, elle se traînait, elle vivotait, elle serait un poids mort pour Genome. Mais bon…

Elle alla donc dans un quartier de la ville où elle n’avait encore jamais mis les pieds et surveilla les immeubles. Pourvu qu’elle ne finisse pas dans le trottoir comme la dernière fois où elle avait cherché une adresse…. Par chance, cette fois, il n’en fut rien. Son esprit, quoi que fatigué par les nuits sans sommeil et le manque de plus en plus senti de nourriture, était relativement clair. Elle allait retrouver Anne, cela seul compter. Mais le doute l’assaillit quand elle se retrouva devant une… espèce d’usine désaffectée de plusieurs étages. Sérieusement ? Elle était vraiment au bon endroit ? D’autant que l’entrée semblait condamnée… Alors Sonny s’empara de son téléphone et appela de nouveau sa tutrice, qui apparut comme par miracle.

Elle ne lui dit rien, mais elle prit sa pupille dans ses bras. Il n’y avait rien à dire de toute façon et Sonny n’avait pas envie d’entendre des leçons de morale. Elle n’avais pas envie d’expliquer ce qui s’était passé. Elle voulait juste sentir la force et la bienveillance de sa mère de cœur. Après lui avoir caressé doucement le visage, elle l’emmena à l’intérieur du bâtiment.

L’aspect extérieur n’était qu’un leurre. Car il y avait une véritable vie à l’intérieur. Ils croisèrent quelques personnes qui ne s’attardèrent pas. Etrange… mais stimulant, il fallait le reconnaître. Elle essayait de faire bonne figure, de ne pas s'effondrer alors que tous ses membres tremblaient et qu'elle avait mal au coeur. Anne serait-elle dupe de la souffrance intérieure qui était la sienne ? Elle hurlait intérieurement, elle pleurait et gémissait sans le laisser voir ou entendre... Elle suivit Anne docilement à travers les couloirs, et au sous-sol, jusqu’à une grande salle. On aurait dit… une salle de gym ? De muscu ? D’entraînement ? Pourquoi Anne l’emmenait-elle ici ? Sonny avait une cheville protégée par une attelle, elle n’allait pas piquer un sprint… Et ces gadgets… ce n’était pas… Oh là là… elle était donc vraiment entrée dans un organisation en lutte. Avait-elle seulement le droit de leur imposer sa présence ? Dans son état, elle ne leur servirait à rien.

« Anne… je ne comprends pas. Pourquoi tu m’as emmenée ici? A Genome et… dans cette pièce. Je suis bonne à rien, alors pourquoi ? »

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MessageSujet: Re: Lorsqu'on crie désespérément à l'intérieur de soi, est-ce qu'il y a quelqu'un qui nous entend ? [Terminé]    Lun 21 Mai - 21:04

- « Allô… Anne. Je… J’ai besoin de toi. Ça ne va pas. Pas du tout. Je… Rem et moi… on n’est plus ensemble. Et ça ne va pas. Je suis restée trois jours au lit. Depuis quelques jours j’ai réussi à retourner en cours, mais… »

- « Calme toi, ne t'inquiète pas. Rends toi au [adresse tenue secrète], j'y serais. »

- « Où ça ? »

- « Au [adresse]. Ce sont les locaux de Genome. »

- « Maintenant ? »

- « Oui, maintenant. Tu en as besoin. »

- « D'accord, merci... »

- « C'est normal. Viens vite ma chérie. »

Je raccrochais. Finalement, son histoire avec Remington n'était qu'une question de temps. Le pire était qu'avec Ross nous en avions parlé la veille. Je lui avais fait part de mon sentiment et tout s'était passé comme je m'y attendais. Je me faisais peur... Peut être leur avais-je porté malheur en ayant de telles espérances pour leur avenir. Non. Cela ne pouvait être. Remington était... spécial et Sonny devait seulement prendre son temps pour se rendre compte de l'homme qu'il était. Je n'arrivais pas à me retirer de la tête son visage dur et froid du soir d'Halloween après avoir tué le pompier. Il n'était pas digne de ma petite fille.

Je pris soin de rassembler mes affaires tout en gardant mon portable près de moi. Étant déjà à Genome, je n'avais plus qu'à attendre l'arrivée de Sonny pour lui faire découvrir les lieux. Non pas que je ne me plaise pas chez Ross, seulement les journées me semblaient longues. Alors j'étais venue ici au cas où Ryan, Dean ou Aaron se trouveraient ici. Mais personne... Mon téléphone se mit à sonner, ce qui me donna le feu vert pour sortir. Je retrouvais une Sonny amaigrie avec des yeux amplis de tristesse. J'aurai dû l'appeler, j'aurai dû être là. Même si je m'inquiétais pour mon bébé, je n'aurais jamais dû l'abandonner de la sorte.

Je la pris dans mes bras pour lui faire comprendre que j'étais là maintenant et que j'allais m'occuper d'elle. Elle n'aura pas à vivre ça toute seule. Elle n'aura pas à faire face à cette souffrance sans moi. Je ne devais plus penser qu'à cet enfant à naître et me consacrer à ceux qui en avaient le plus besoin. Sonny était la première sur la liste aujourd'hui. Je lui pris enfin la main pour l'amener à l'intérieur. Il n'y avait qu'un seul endroit pour évacuer sa colère. Un seul endroit pour que s'écoule sa tristesse. La salle d'entraînement. Combien d'heure avais-je passé en ces lieux ? Je ne m'en souvenais plus. Seulement, à chaque coup porté, à chaque pompe, je me sentais un peu plus humaine et déterminée dans mon combat. Ce bébé ne changerait rien quant au chemin que j'avais décidé d'emprunter. Il ne faisait que retarder l'inévitable. Un jour, j'assisterai à la fin de Genetic et j'espérais avoir contribué à sa perte. Pourquoi ? La vengeance n'était plus ma seule motivation désormais. Je me devais de protéger ma famille et je n'atteindrais cet objectif que lorsque ces bâtiments ne seront plus que cendres. Ils allaient payer pour tout le mal qu'ils avaient fait et pour tout le mal qu'ils comptaient faire.

Sonny me demanda pourquoi je l'avais amené dans une telle pièce. J'avais remarqué que sa blessure de la soirée d'Halloween n'était pas totalement résorbée, mais ce n'était guère important pour le moment. Je devais lui montrer qu'elle ne devait pas abandonner, qu'elle devait lutter non pas pour un homme de passage, mais pour elle même. Elle était un être humain à part entière et elle devait passer par des obstacles comme tout le monde. S'il m'était donné de lui épargner certaines tristesses, je le ferais sans aucune hésitation, mais en fin de compte, ça ne serait pas lui rendre service. Elle devait devenir forte, indépendante. Bien sûr, je serais là pour l'aider, mais je ne le serais pas toujours... Je devais m'assurer qu'elle saurait s'en sortir seule. D'où la raison de cet entretien en ce lieu peu commun. Je ramassais quelque chose au sol et m'approchais de Sonny. Je pris une à une ses mains pour lui mettre des gants tout en disant :


- « Ne dis jamais ça. Tu es Sonny Malone. Tu as survécu à des choses bien pires que la perte d'un homme. Tout ce que tu as vu dans les rêves des petits cons qui ont violé ton amie, quand ils se sont retournés contre toi, l'incendie du Domaine et bien d'autres. Tu as réussi à surmonter tout ça parce que tu es toi. Tu as aimé Remington, je le sais car je l'ai vu le soir d'Halloween... Mais ne le laisse pas t'affaiblir. Tu es toi et tu n'as besoin de personne pour être celle que tu dois être. »

Une fois les protections mises, je contournais le punching-ball et me plaçais derrière pour le lui tenir.

- « Libère toi ! Redeviens toi même ! Ne le laisse pas t'atteindre ! Tu es beaucoup plus forte que tu ne le penses ! Libère ta rage car je sais qu'elle est là ! », terminais-je en criant presque.
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Sonny Malone

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MessageSujet: Re: Lorsqu'on crie désespérément à l'intérieur de soi, est-ce qu'il y a quelqu'un qui nous entend ? [Terminé]    Mar 22 Mai - 8:09

La première personne à qui elle avait pensé lors de sa rupture, c’était Anne, parce qu’elle n’avait confiance qu’en elle et qu’elle ne la rejetterait pas. Au lieu de ça, elle avait eu droit à Wyatt. Pas vraiment les bras consolants qu’elle aurait aimé. Mais aujourd’hui, Anne était là. Elle était bel et bien là, répondant à l’appel de sa fille sans poser de questions et sans remuer le couteau dans la plaie. Par bonheur, elle ne lui demanda même pas de détails sur leur séparation, ou ne serait-ce que la raison. Du moins pour l’instant. Au lieu de cela, elle lui avait pris la main pour la conduire dans l’antre de Genome. Y avait-elle seulement sa place ? Sérieusement, elle en doutait. Elle avait l’impression de n’avoir sa place nulle part. Elle avait même été chassée d’un caniveau, c’est pour dire ! Mais Anne n’en démordait pas. Elle donnait l’impression d’être assez forte pour elles deux. Elle allait porter Sonny à bout de bras et n’allait pas abandonner de sitôt. Et d’ailleurs, elle lui mit d’office des gants… Et Sonny comprit enfin où elle voulait en venir.

Sa mère voulait l’obliger à se battre, au sens propre et métaphorique. Elle voulait que sa fille réagisse, qu’elle laisse sortir ses émotions, qu’elle redevienne autre chose que cette coquille vide qu’elle était depuis des jours. Et dans un sens, elle n’avait pas tort. Sonny était déjà passée par bien des épreuves, autrement plus difficiles qu’un chagrin d’amour. Mais c’était aujourd’hui bien plus que cela. Remington n’aurait pas dû n’être qu’un homme de passage. Il l’avait poussée tellement loin, ils étaient liés par tellement de choses que sa mère ne soupçonnait même pas. Le fait qu’elle contrôle plus ou moins sa peur du feu, c’était lui. Le fait qu’elle soit capable de tirer, c’était lui. Il était partout et sa présence dans sa vie était gravée dans sa chair, ne serait-ce que par les cicatrices que lui avait laissé sa transformation en lynx. Encore une chose que sa mère ignorait. Comme elle ne devait pas soupçonner à quel point leurs sentiments étaient puissants.

Qu’il était étrange d’entendre quelqu’un dire que Remington l’affaiblissait. Jusqu’à présent, il avait fait tellement pour l’endurcir. Pourtant, elle avait raison. Tellement raison. Elle s’était toujours battue, jamais les horreurs ne l’avaient atteintes dans son élan de vie. Sauf ce 1er novembre où elle avait même tenter de se tuer. Encore une chose qu’elle ne devrait jamais savoir. Anne lui criait presque dessus, pour l’obliger à réagir, à bouger, à laisser enfin sa rage s’exprimer. Mais Sonny se sentait juste profondément ridicule devant ce punching-ball.

Faisant sa mauvaise tête, Sonny ne bougea pas d’un centimètre et se contenta de donner un coup de poing mollasson dans le punching-ball.

« C’est ridicule. Et je ne veux pas faire de mal à ton bébé. »

C’est vrai ça. Après tout ce que ce petit ou cette petite avait vécu ces derniers jours, il n’allait pas apprécier de se prendre un coup. Mais Anne en avait décidé autrement. Et quand elle avait quelque chose en tête, il fallait se lever tôt pour la faire changer d’avis.

« Je ne suis pas spécialement en colère, commença Sonny tout en frappant doucement contre le punching-ball. Tout ça c’est un immense gâchis. Tu m’avais dit de refaire ma vie. J’étais en train d’y arriver. J’avais un toit, du boulot, quelqu’un que j’aimais, j’étais foutrement heureuse. Et tout ça on me l’a repris. Pourquoi est-ce qu’on ne nous fout jamais la paix ? Pourquoi on nous a pris notre famille ? Pourquoi est-ce qu’ils ont détruit le Domaine ? Notre vie aurait été beaucoup plus simple. On ne serait jamais venu dans cette ville pourrie. Tout ça pourquoi, hein ? Pour entendre dire qu’on est des malades qu’il faut soigner et pour avoir mal ? Pour être des cobayes et manquer de se faire tuer ? Et pour apprendre le lendemain que l’homme que j’aime le plus au monde n’est pas celui que je croyais ? POURQUOI ? »

Ses coups contre le punching-ball pleuvaient maintenant. Ils étaient allés crescendo. Et dans sa tête tout se mélangeait. Le 5 juin, le 31 octobre, le 1er novembre. Tellement de souffrance emmagasinées, tellement de frustration. Tellement de haine aussi… elle n’arrêter pas de penser à l’arme qu’elle avait reçu. Un jour elle mettrait une balle dans les yeux de Tussle ou du type qui avait commandité l’incendie du Domaine. Parce que tout était de sa faute. Sans son intervention, Anne aurait vécu auprès de Liam et de ses enfants et Sonny aurait poursuivi ses études en France, elle aurait été prof à la fac et elle aurait certainement épousé un mec bien. Et tout le monde aurait été heureux. Bien sûr il y aurait eu le revers de la médaille. Anne n’aurait pas été enceinte à l’heure actuelle et Sonny n’aurait jamais connu la passion dévorante… mais finalement, peut-être aurait-il mieux valu…

Tout son corps bouillonnait et elle martelait le punching-ball de toutes ses forces jusqu’à s’en faire mal. Ce pauvre sac c’était tout ce qui lui avait fait du mal : le violeur de Sarah, ceux qui l’avaient agressé, l’incendiaire, le pompier, Tussle et Remington. Elle lui en voulait tellement. Elle avait cru en eux si fort et aujourd’hui, il n’y avait plus rien à sauver.

« J’en ai assez ! On aura jamais le droit d’être heureuses ? Marre, marre, MARRE ! »

Le dernier coup fut si violent qu’elle s’en fit mal à la main et que ses jambes se dérobèrent. Elle n’en pouvait plus, tant psychologiquement que physiquement. Les malaises, les vertiges devenaient de plus en plus fréquents, tout comme les chutes de tension. Une loque. Bientôt elle ne serait plus qu’une loque humaine. Elle se laissa tomber au sol en larmes, tremblant de partout et tentant de ramasser les morceaux de son cœur qui avait volé en éclats.

« Il m’avait dit qu’il m’aimait… »

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MessageSujet: Re: Lorsqu'on crie désespérément à l'intérieur de soi, est-ce qu'il y a quelqu'un qui nous entend ? [Terminé]    Mar 22 Mai - 9:09

La colère... Qu'est ce que la colère finalement ? Une humeur ? Un réflexe ? Un désir ? Une pulsion ? Un état d'esprit ? Non c'était beaucoup plus que ça... Elle était un outil. Même si celle-ci pouvait se révéler dangereuse pour celui qui la ressent, elle lui était nécessaire au début pour pouvoir survivre. Sans elle, je n'aurai jamais pu me relever après l'incendie du Domaine. Sans elle, je ne serais jamais venue à Los Angeles pour me venger de ceux qui m'avaient volé ma famille. Je n'aurais pas retrouvé Ross et je ne serais jamais tombée enceinte. Elle m'avait aidé dans les moments les plus sombres de ma vie et elle saura aider dans ces moments douloureux. Car oui... Malgré cette immense tristesse, je pouvais voir qu'elle aimait toujours Remington. Peut être que leur séparation venait de lui et qu'elle ne pouvait que subir. Ainsi, la colère était inévitable. Surtout que la séparation s'était passée peu de temps après la soirée d'Halloween. Cela avait dû être assez violent...

- « T'occupe du bébé, il va bien. Toi non. C'est toi ma priorité là. »

Sonny lança un petit coup de poing sur le punching-ball, peu convaincue par mon idée. Pourtant, elle allait s'apercevoir que ce n'était pas aussi stupide car je voyais déjà son regard se modifier lorsqu'elle reprit la parole. Je me mis à tenir plus fermement le sac sentant que l'avalanche de coups allait pleuvoir dans quelques secondes. Avalanche qui arriva bien assez vite. J'écoutais tout ce qu'elle avait à sortir et pu voir l'ampleur de sa colère. Elle était blessée, cassée et épuisée. Son histoire avec Remington n'était pas qu'une amourette de gamins et j'avais l'impression qu'il avait fait pas mal de dégâts dans son cœur et dans son âme. Si j'avais eu son adresse, il ne ferait aucun doute que j'aurais été le voir pour demander des explications. Même si cela ne me plaisait pas de fouiller dans la vie extrêmement privée de mes enfants, j'étais prête à faire une exception dans ce cas précis.

Je demeurais silencieuse, la laissant déverser toute sa colère contre le punching-ball jusqu'à ce qu'elle tombe à terre. Voilà... C'était fini. Du moins, pour le moment. Le deuil d'une relation passait par les mêmes étapes que celles du deuil d'une personne : la négation, la colère, le marchandage, la tristesse et l'acceptation. Sonny avait dû refuser la séparation lorsque Remington lui a fait part de son intention. Elle était ensuite dans une sorte de léthargie, d'apathie, alors qu'intérieurement, ses sentiments tournaient et retournaient en elle. Il fallait provoquer la colère pour que ceux-ci sortent, car bien souvent, la personne se renfermait et la dépression arrivait. J'étais là pour faire sortir cette colère et je serais là pour que Sonny ne retombe pas dans les bras de cet homme. Comment pourrais-je accepter qu'un tel être puisse s'approcher de ma fille après avoir lu autant de souffrance dans ses yeux ? Jamais je ne l'accepterai.

Sonny était au sol, en pleurs et je m'approchais d'elle pour la prendre dans mes bras. Je caressais son dos et sa tête pour lui montrer qu'elle n'était plus seule. Elle m'avoua qu'il lui avait dit « je t'aime ». Ces deux mots semblaient de plus en plus facile à dire de nos jours... Certains ne comprenaient pas réellement la portée de ces deux petits mots.


- « Je sais... Chuuuuttt.. Calme toi.... Ça va aller. »

Cette situation me fendait le cœur, mais je me devais de rester forte pour elle. Il n'y avait pas de mots, ni de formules toutes faites pour réconforter d'un chagrin d'amour. Je devais seulement être présente.

- « Quoique je dise, cela n'allégera pas ta peine. Bien sûr, je pourrais sortir qu'il ne te méritait pas, que tu es une fille fantastique, drôle et intelligente. Mais tout ça, tu dois déjà le savoir. Tu es une fille étonnante et ne laisse pas un gars te faire penser le contraire. Tu trouveras, un jour, l'homme qu'il te faut. Je n'en doute pas une seule seconde car tu mérites quelqu'un de bien, qui te comprenne et partage les mêmes valeurs que toi. »

Je me détachais d'elle et pris un paquet de mouchoirs dans ma poche. J'écartais une de ses mèche qui barrait son visage pour pouvoir essuyer ses larmes. Je lui tendis un autre mouchoir au cas où. Je lui fis un sourire pour la rassurer quant à l'avenir.

- « Tout prête à pleurer en ce monde, si on ose. Le bonheur autant que le malheur, l'union et la rupture, l'amour et le désamour. Les larmes sont notre lot et on ne se fait jamais à la finitude de toute chose. Pourtant, il y a toujours une fin et même si on l'occulte, nous le savons. Le seul moyen de s'en sortir est de garder l'espoir qu'un jour, le soleil brillera à nouveau. Garde cet espoir. N'abandonne jamais. Car tu es forte et tu mérites ce qu'il y a de meilleur sur cette Terre. »
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MessageSujet: Re: Lorsqu'on crie désespérément à l'intérieur de soi, est-ce qu'il y a quelqu'un qui nous entend ? [Terminé]    Mar 22 Mai - 15:42

Le chagrin, la haine, la colère, la peine, la rage, la honte et tant d’autres sentiments. Le cœur de Sonny était un véritable capharnaüm émotionnel. Si seulement il était possible de ranger une émotion dans un tiroir, de le fermer à clé et de jeter celle-ci au loin… les choses seraient plus faciles pour tout le monde. La Roue de la Fortune est un bien cruel jouet du destin. Comment les choses avaient pu changer à ce point en si peu de temps ? La fin du mois d’octobre avait été plus que parfaite et à bien des égards : rencontre avec une folle furieuse répondant au doux nom de Capucine Rider, retrouvailles avec Ingrid, une relation qui s’était considérablement stabilisée avec Remington, et la réconciliation avec sa mère. Tout aurait dû bien se passer après cela. Mais il n’en fut rien. Tout bascula. En quoi ? Une seconde ? Et tout cela à cause d’un rêve.

Anne était là et sentir sa présence tout contre elle lui fit du bien. Elle l’avait consolée tant de fois par le passé, en la berçant comme une enfant. Aujourd’hui elle était là, mais si loin de savoir ce qui se passait réellement. Elle devait penser que Remington l’avait quittée, fichue à la porte comme une malpropre. Si seulement elle savait. Et si c’était aussi simple ! Mais non. Ni l’un ni l’autre n’avait choisi de rompre. Cela s’était imposé à eux. Aucun des deux n’avait cessé d’aimer l’autre, sinon cela aurait été supportable. Non, la situation était pire, parce qu’ils s’aimaient, mais que Remington était… malade et que Sonny n’avait pas en elle la force de l’aider. Elle lui en voulait de faire ce qu’il faisait et elle s’en voulait de ne pas trouver la solution pour lui venir en aide. Rem pouvait être quelqu’un de bien, il la comprenait, tant et si bien qu’ils n’avaient presque plus besoin de parler pour savoir ce à quoi l’autre pensait, mais là où Anne avait raison, c’était sur le point des valeurs. L’amour de la vie et le mépris de la vie. Sonny et Rem. Deux opposés sur ce point.

Sa tutrice lui parla du temps que cela prendrait, du soleil qui finirait par revenir, de la nécessité de se battre. Mais pourquoi ? ça ne ferait pas revenir ceux du Domaine, ça ne changerait rien. Ou plutôt si, peut-être qu’elle arriverait à être suffisamment forte pour contraindre Remington à arrêter son passe-temps macabre. Peut-être qu’elle arriverait à lui faire face, à le regarder dans les yeux sans trembler et à trouver les arguments. Est-ce que cela changerait quelque chose entre eux ? pas sûr.

Sonny sentit que sa mère lui essuyait doucement le visage. Elle ne devait pas être belle à voir. Elle regarda alors sa tutrice dans les yeux. Il fallait qu’elle sache, ne serait-ce qu’un peu, à quel point elle était plus faible qu’elle ne le pensait. A quel point elle ne « méritait pas le meilleur ».

« Je ne suis pas quelqu’un de bien. J’aurais dû l’aider. Rem… Je n’aime pas ce qu’il a fait, mais il a besoin d’aide je crois. Et moi j’ai jamais été capable d’aider qui que ce soit. Ce sont toujours les autres qui ont fait des choses pour moi… Moi je les ai tous laissé tomber. Richard et Arthur, Romain et Tom et maintenant Remington. Qui dit que je ne vais pas tout gâcher de nouveau avec Genome ? Qui dit que vous pourrez vraiment compter sur moi alors que je débloque ? Tu as bien vu à Halloween ! Qu’est-ce qui se passera si je pète encore un câble alors qu’on compte sur moi ? »

Elle s’arrêta pour reprendre son souffle. Elle ne voulait pas non plus que sa mère se méprenne sur ses intentions.

« Je veux vraiment que Genetic disparaisse. Je veux leur faire payer tout le mal qu’ils nous ont fait et qu’ils vont continuer à nous faire si personne ne fait rien. Et je sais que j’ai des atouts. Je ne sais pas me battre, mais je sais viser. J’ai une capacité qui pourrait affaiblir certains de nos ennemis, en les usant. Mais… est-ce que je suis prête ? Est-ce que vous pourrez compter sur moi alors que je n’ai même pas réussi à aider ceux que j’aimais ? »

L’éternelle question et l’éternelle culpabilité. On avait beau lui dire que chercher à survivre n’avait rien de honteux, elle ne pouvait pas passer outre. Elle était une trouillarde, quelqu’un qui n’arrivait pas à avancer, prisonnière de ses chaînes et engluée dans ses peurs. Elle se releva soudain et cogna dans le punching-ball encore une fois avant de poser sa tête dessus et de pivoter légèrement pour que ses yeux croisent ceus de sa mère.

« Tu es tellement forte. Apprends-moi à être comme toi. Apprends-moi à ne plus avoir peur. Apprends-moi à être une sœur dont ton bébé sera fière. Apprends-moi tout ça, s’il te plaît. »

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MessageSujet: Re: Lorsqu'on crie désespérément à l'intérieur de soi, est-ce qu'il y a quelqu'un qui nous entend ? [Terminé]    Mer 23 Mai - 17:26

Il n'y avait rien de plus navrant que de se sentir impuissant devant une telle souffrance, que de se heurter à un mur lorsque l'on était rempli de bonne volonté. J'étais prête à aider Sonny, je le voulais réellement. Seulement, je ne connaissais pas les mots qui seraient susceptibles d'apaiser sa peine, sa souffrance. Je ne savais pas quel comportement adopter pour lui venir en aide. J'étais là, en face d'elle, et je ne pouvais que la regarder s'effondrer. Je pouvais la prendre dans mes bras pour la consoler, mais ce n'était pas de mes bras dont elle avait besoin. Ce n'était pas moi que son cœur réclamait avec tant d'ardeur. Même si ça me rendait malade de penser cela, j'étais prête à la renvoyer auprès de Remington si j'avais eu la certitude qu'il ne lui ferait plus jamais aucun mal. Malheureusement, les choses n'étaient pas aussi simples.

Lorsque l'on perdait un être cher, il pouvait être difficile de concentrer son attention sur autre chose que la manière dont les choses s'étaient déroulées ou sur autre chose que la personne qui avait provoqué cette souffrance. Rejouer sans cesse le scénario dans son esprit menait bien des gens à leur plus bas niveau et il fallait éviter cela à tout prix. Une personne en peine d’amour en arrivait parfois à s’isoler et à passer le plus clair de son temps à ne rien faire tellement la douleur était écrasante. Elle était telle que le simple fait de respirer nous était difficile, voir insurmontable. Chaque jour était un nouveau défi, une lutte contre l'envie de prendre un couteau ou une arme pour la faire cesser. Je devrais être en mesure de comprendre sa souffrance et de trouver les mots justes pour la consoler puisque j'avais vécu une situation similaire à la sienne. La seule différence était que Remington était toujours en vie. Personne ne le lui avait enlevé. Il avait tout simplement décidé de mettre un terme à leur relation. Pourquoi ? Pour quelles raisons ma fille devait supporter cette épreuve ?

Sonny se mit à dire qu'elle n'était pas une bonne personne et à me raconter ce qui s'était passé. Seulement, je ne comprenais rien. Le début de ses propos étaient incohérent pour une personne qui ne connaissait pas leur quotidien, mais lorsqu'elle évoqua les enfants du Domaine, je pu m'y retrouver. Je pu aussi constater que malgré les semaines qui s'étaient écoulées, les mois qui avaient fui, la douleur était toujours là. Je décidais de la mettre de côté faisant en sorte de me concentrer uniquement sur Sonny. Elle émit des doutes sur sa capacité à aider Genome, alors que je n'en avais aucun. L'important c'était d'être présente et d'avoir la volonté de changer les choses. C'était aussi refuser d'accepter les actes de Genetic et de toute faire pour repousser leurs tentacules destructrices. Rien de bon ne pouvait sortir de ses murs. Il nous fallait nous battre pour leur montrer que rien ne leur était acquis d'avance.


- « Calme toi... Nous ne t'obligeons et ne t'obligerons jamais à rien et tu n'es en tout état de cause pas forcée de prendre une décision aujourd'hui. Si tu ne veux pas nous rejoindre personne ne t'en voudra. Tu ne nous dois rien et tu es libre de faire ce que tu veux avec ta vie. Si je te dis ça, ce n'est pas parce que je doute de tes capacités. Je sais que tu en es capable. Je sais que tu pourrais nous aider si c'est ce que tu veux vraiment. Mais jamais je ne te forcerai à nous rejoindre. Jamais je ne pourrais t'obliger à emprunter une telle voix. Tu as vu ce qu'ils sont capables de faire même après 10 ans de silence. Je ne peux te condamner à une telle vie. Je ne peux te condamner à vivre dans cette crainte. Penses à ce que tu veux et vois si ça colle avec la vision de ton avenir. Mais n'oublie jamais une chose : si tu choisis d'entrer chez Genome, ils te poursuivront comme ils le font avec nous.

Mon discours était loin d'être rassurant, mais il était nécessaire afin de lui montrer que son choix aurait des conséquences toute sa vie. Peut être essayais-je d'ailleurs de la faire renoncer à cette option pour la protéger. Je ne saurais le dire avec certitude, mais c'était effectivement une possibilité. C'est le moment que choisit Sonny pour me dire que j'étais forte et qu'elle désirait de venir comme moi. J'aurais pu être flattée par ce compliment, mais il n'était pas mérité.

- « Forte... mais je ne le suis pas. Si je suis encore en vie aujourd'hui, si je porte ce bébé que j'ai tant attendu c'est grâce à vous et uniquement à vous. Lorsque le Domaine a brûlé, j'ai cru que je n'avais plus rien à perdre. Ma vie n'avait plus d'importance. Seule ma vengeance me maintenait en vie. Puis j'ai retrouvé Ross, toi et Maxime... Puis, je me suis jetée dans ma mission pour Genome, notamment pour l'échange au Blue Lake. Plus je me liais aux gens, plus il m'était difficile d'abandonner. Même si je ressens toujours la douleur d'avoir perdu ma famille, même si une partie de moi est morte avec eux, en France, j'ai trouvé une autre raison de me battre ici, à Los Angeles. Mon autre famille : Toi, le bébé, Ross et Wyatt. Et je ferais tout pour ma famille et la protéger. Que ce soit des affreux de Genetic ou des hommes cruels qui te feront pleurer comme aujourd'hui., terminais-je avec un sourire encourageant.
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MessageSujet: Re: Lorsqu'on crie désespérément à l'intérieur de soi, est-ce qu'il y a quelqu'un qui nous entend ? [Terminé]    Jeu 24 Mai - 13:40

Pourquoi Anne croyait-elle en Sonny ? Elle l’avait vue pourtant, à Halloween, partir en vrille au pire des moments. Mais elle n’avait pas compris. Sonny voulait les aider. De toutes ses tripes et de toute son âme. Elle abhorrait Genetic. Tout ça c’était de leur faute ! Et Anne croyait qu’elle voulait renoncer. Ce n’était pas ça. Ça n’avait rien à voir. Ce n’était pas une question de volonté. C’était une question de capacité. Si Genetic n’avait pas détruit le Domaine, elle ne serait pas venue aux Etats-Unis, n’aurait pas eu si mal, n’aurait pas rencontré Rem. Autre scénario. Quand bien même elle serait venue à LA : si Genetic n’avait mis en place ce piège à Halloween, elle n’aurait pas chercher à fuir son cauchemar en se cachant dans celui de Remington, et elle n’aurait rien su…

Mais est-ce qu’il valait vraiment mieux ? Maintenir l’illusion, ça va bien un moment, mais Rem et Sonny n’étaient pas de ceux qui se nourrissent de mensonges. Bref, pourquoi pensait-elle à cela ? Ah, oui, Genome et Genetic. Anne voulait être honnête avec elle. Si elle signait, ce serait sérieux. Un engagement qui mettrait sa vie en danger. Si seulement elle savait à quel point Sonny se foutait royalement de sa vie. Ils la poursuivront, toujours. Sonny eut un petit sourire. Abominable pour quiconque savait ce qui se tramait dans son esprit à ce moment là. Elle pensait purement et simplement que s’ils la tuaient, ça serait fini. Elle n’aurait plus mal et Remington ne pourrait pas s’en prendre à ses proches. Que du bonus en somme. Elle pourrait venger ses frères et sœurs et peut-être même en finir avec la souffrance. Où était le contrat ? parce que Sonny était prête à signer tout de suite.

Les derniers mots de sa mère achevèrent de la convaincre. Mais peut-être pas comme elle l’aurait cru. Grosso modo, elle lui disait que c’était sa famille, plus que la vengeance qui l’avait rendue forte. Sonny, elle, n’avait pas de famille. Elle n’en avait plus. Elle n’était pas proche de Maxime, elle n’avait aucune place dans la famille qu’Anne était en train de se construire, même si elle savait que ni Anne ni Ross ne la laisseraient tomber. Non. Elle n’avait pas une vraie famille bien à elle. Mais elle avait une rage dure et une véritable soif de vengeance en elle.

Elle tenait la possibilité de s’endurcir et elle n’avait plus rien à perdre. Des amis qui l’oublieraient, une famille biologique qui la croyait déjà morte, une sœur de cœur qui serait suffisamment entourée pour s’en remettre et sa mère Anne. Elle aurait mal au début, puis elle verrait le regard pétillant de son enfant, elle entendrait les éclats de rires purs et spontanés qui sortiraient de sa petite bouche et le chagrin s’en irait.

Entrer à Genome, ce serait faire d’une pierre deux coups. Peut-être aussi trois… si elle devenait forte, elle pourrait véritablement aider Jayden en la réconciliant avec son pouvoir et en lui offrant un abri… Quoique … elle ne devait plus en avoir besoin maintenant. Bon stop. On arrête de penser. Il fallait se concentrer sur Genetic et sur l’incendiaire. Parce que les détruire, ce serait la seule et unique façon pour Sonny de se libérer. Il n’y aurait qu’en se vengeant qu’elle redeviendrait forte. Remington le lui avait dit : elle ne devait pas se laisser contrôler par l’incendiaire qui régirait toute sa vie si elle s’enfermait dans la peur. Elle avait dit la même chose à Jay. De partir loin de Ben, de l’affronter, et Sonny était prête à l’aider. Mais elle l’avait rembarrée. Pourtant la veille, la française avait bien senti que sa meilleure amie avait franchi une étape. A elle de la franchir maintenant.

« J’ai pas grand-chose à perdre tu sais. Et quand bien même j’arriverais comme toi à avoir une famille, ce dont je doute réellement, ils ne seront jamais en sécurité avec Genetic dans les parages. Et je ne veux plus fuir. Tu l’as dit toi-même. Au bout de 10 ans ils t’ont retrouvée et s’en sont pris à nous. Et tu n’étais pas à Genome pour autant. Même si on prétend rester neutre dans ce conflit, on a aucune chance d’y échapper. Ils ne nous laisseront pas en paix. Ce qui s’est passé hier en est la preuve flagrante. Vous m’apprendrez ce que je dois savoir. »

Elle s’appuya légèrement contre le punching-ball et fit face à sa mère qui venait de lui offrir l’opportunité de sonner un sens à sa vie. Peut-être pas le bon, peut-être pas le meilleur mais au moins momentanément la colère et la rage avaient remplacé le chagrin et l’apathie dans son cœur.

« Je vous protégerai. Toi et le bébé. Et aussi Ross et même cet énergumène de Wyatt s’il le faut. Je vous protégerai, je vous le jure. Plus jamais on aura à revivre ce qu’on a vécu. J’ai failli partir hier. J’avais fait ma valise et tout. San Francisco d’abord et après je ne sais pas… j’avais envie d’aller en Colombie, voir le pays de ma mère. Mais je suis fatiguée de fuir. Pourquoi ce serait toujours à moi de rendre les armes ? J’ai quitté mon pays une fois. J’ai dû fuir Remington. J’ai assez donné. Je vais me battre pour nous deux, Anne. Tu ne seras bientôt plus en « état », il faudra que tu t’occupe de toi. Je prendrai le relais. Tu me guideras. »

Elle ôta ses gants de protection et les laissa tomber au sol avant de voir des cibles au fond de la salle. Qu'est-ce qu'elle aurait aimé tirer. Pour se calmer, pour tout évacuer. Mais au lieu de cela, elle se surprit à avoir un léger rire nerveux. Avant de se porter la main au front. Mais quelle idiote. Elle avait dit à Wyatt de ne rien dire et voilà qu’elle le faisait d’elle-même. Elle se grillait toute seule, sans besoin de personne… vraiment, elle ferait une bien mauvaise recrue.

« Tu me diras ce que je dois faire, pour être officiellement des vôtres. Et par quoi je dois commencer. Mais je sais que tu vas me demander d’où je connais Wyatt. C’était lundi. Quand ça s’est terminé avec Rem, j’ai tout laissé en plan chez lui pour foncer chez Ross. Je pensais que tu y serais, mais tu n’étais pas rentrée de l’hôpital. Il s’est… occupé de moi. On va dire. Mais sérieusement, si ton bébé tient de ce côté-là de la famille, alors je te souhaite bon courage et je ne veux pas jouer les baby-sitter. »

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MessageSujet: Re: Lorsqu'on crie désespérément à l'intérieur de soi, est-ce qu'il y a quelqu'un qui nous entend ? [Terminé]    Ven 25 Mai - 8:21

Sonny n'était peut être pas ma fille biologique, cela ne nous empêchait pas de partager les mêmes craintes. A mon arrivée en France, j'avais mis en œuvre tous les moyens nécessaires pour ne pas devenir importante aux yeux de quelqu'un. J'étais aimable, polie comme le voulait mon éducation, sans pour autant franchir cette limite qui me séparait de l'amitié. Ma vie n'était ni belle, ni moche. Je me contentais de passer chaque jour comme il le fallait. J'y arrivais. Pendant un temps du moins. Jusqu'à ce qu'un extra terrestre débarque dans mon bureau. Il voulait mettre du neuf dans sa vie, changer toute la décoration de son appartement. Pour ça, il avait besoin d'une décoratrice d'intérieur : Moi. J'ai dû tout faire jusqu'à prendre quelques décisions à sa place. Un travail qui aurait dû m'occuper trois mois grand maximum me prit presque le triple. Je lui faisais tous les plans possibles inimaginables, cela n'allait pas. Il manquait toujours quelque chose. Jusqu'au jour où il pu me dire de quoi il s'agissait : Moi. Cet homme s'appelait Liam Voronejski et c'était un extra terrestre capable de modifier toute sa propriété pour qu'une inconnue telle que moi se sente chez elle. Même si, au début, la proposition me sembla trop risquée, il me fut impossible de refuser bien longtemps. Nous connaissons la suite... Cohabitation, mariage, recueillement d'enfants possédant une capacité. Tout était si simple, si calme, mais cette époque est désormais révolue. Nous nous devions de continuer à avancer.

- « Tu te trompes sur un point... Je faisais déjà partie de Genome à ce temps là. Même si je n'étais pas là physiquement, je les aidais à ma façon. En quittant Genetic, j'avais pris avec moi des documents et en les étudiant, j'ai pu dire à Aaron ce qu'il en était. Sinon jamais je n'aurais pu entrer aussi rapidement au sein de l'organisation avant l'opération du Blue Lake. Tu dois comprendre qu'en intégrant Genome, tu ne devras en parler à personne. Cela comprends ton mari, tes enfants, tes amis... Los Angeles est la ville qui réunit les deux organisations et les traîtres sont choses courantes. Méfie toi car en révélant à une personne notre existence, notre adresse ou le nom des membres, tu leur fais courir un grand risque. Tu as vu de quoi ils étaient capables... Ne leur fait pas risquer la même chose qu'à nous. »

Je devais faire comprendre à Sonny les risques que cela comportait d'entrer chez Genome. Je voulais qu'elle sache qu'en lui faisant confiance, je devenais responsable de ses actes et donc de ses erreurs. Lorsqu'elle trouvera un homme assez important pour partager sa vie, parce qu'elle en trouvera un, elle devra lui mentir sur ce point. Puis elle se mit à me promettre de me protéger. Aussitôt je levais les yeux au ciel. Qu'est ce qu'il ne fallait pas entendre ? Comme si c'était à elle de me protéger ! Comme si j'étais incapable de le faire moi même. Je vous jure ! Les gosses ! De vrais têtes de mules ! Plus « en état » ??!!! Là j'avais plus l'impression qu'elle me prenait pour une vieille bique.

- « Hey hey hey là ! On se calme ! Je ne suis pas malade. Je ne suis pas mourante. Je ne suis pas vieille non plus parce que ton « en état » est assez vague pour englober d'autres facteurs que ce bébé. Je suis seulement enceinte comme beaucoup d'autres l'ont été et comme beaucoup d'autres le seront après moi. Enceinte, ne veut pas dire impotente et je saurais toujours appuyer sur une gâchette pour trouer la peau de ceux qui sont désagréable avec moi. », terminais-je avec un petit sourire diabolique.

C'est là que je me rendis compte d'un détail. Wyatt... Depuis quand connaissait-elle Wyatt ? D'ailleurs, elle dû se rendre compte de mon trouble car elle me donna la réponse à cette question. Elle voulait me voir et je n'avais pas été là pour la recueillir. Mais pourquoi chez Ross ? J'avais un appartement à moi...


- « Pourquoi es-tu allée chez Ross au lieu de venir à mon appartement ? Il est vrai que j'étais peut être encore à l'hôpital à ce moment là, mais je n'avais pas prévu d'aller chez lui. Du moins... pas jusqu'à hier. Si tu veux me voir, dans les prochains jours, je serais effectivement chez Ross. Il... Je ne sais pas... Il s'inquiète même s'il ne le dit pas et ça m'angoisse un peu. Je vois ses regards en coin quand je me déplace, prêt à bondir au cas où je tomberai ou autre. Et si jamais je lui demandais de me ramener chez moi, il serait blessé. J'aimerai que tout redevienne comme avant, mais cet enfant semble avoir tout changer. J'ai beau avoir élevé des enfants durant des années, je ne me suis jamais sentie aussi perdue. Je ressens tellement de choses contradictoires que je ne sais plus ce que je veux réellement. Si je pète un câble avec toi, ne t'en formalise pas s'il te plaît. », dis-je en posant ma main sur celle de Sonny.

Je fis une pause avant de reprendre sur un sujet plus léger.


- « Sinon, ce bébé ne part pas avec toutes les chances de son côté si tu l'abandonnes. Une mère complètement dingue, un père angoissé, un grand frère qui n'hésitera pas à lui apprendre toutes les bêtises possibles et imaginables. Il n'a plus que toi pour le sauver de cette famille de dingue. Il aura besoin de sa grande sœur. »
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MessageSujet: Re: Lorsqu'on crie désespérément à l'intérieur de soi, est-ce qu'il y a quelqu'un qui nous entend ? [Terminé]    Ven 25 Mai - 20:14

Le mensonge. Encore et toujours. Leur vie se résumait donc à cela ? Mentir, tricher et cacher ? Ce n’était pas cela dont rêvait Sonny. Et Anne torpillait leurs souvenirs qui n’avaient été qu’une demi-vérité. Elle faisait déjà partie de Genome et n’avait rien dit. Comment avait-elle pu mentir à autant de monde, même pour les protéger ? Et pourquoi devraient-ils se cacher, alors que Genetic était en train de sortir de l’ombre ? Pourquoi auraient-il le droit de se dévoiler tandis qu’eux devraient rester dans l’ombre ? Que Sonny sache, ce n’était pas Genome qui incendait des refuges d’enfants mutants. Ce n’était pas Genome qui faisait des tests grandeur nature et contre la volonté des patients pour inhiber les capacités. Tout cela était incompréhensible. Et Anne lui demandait à son tour de garder le secret. Pour protéger les membres. Elle lui demandait de mentir à ceux qui partageront sa vie à l’avenir. Mais en serait-elle seulement capable ? C’était un mensonge qui avait tout foutu en l’air avec Rem. Ou plutôt non, c’était l’éclatement au grand jour de la vérité.

De toute façon, contrairement à ce que sa mère semblait penser pour elle, Sonny sentait qu’elle n’aurait pas de famille à qui mentir. Chaque espoir qu’elle avait d’en trouver une s’écroulait, tôt ou tard. La seule famille qu’elle aurait jamais était déjà au courant. Elle n’avait donc rien à perdre ;

« D’accord. Je comprends. Mentir et tricher, c’est encore ce qu’on fait de mieux, non. J’ai caché la vérité sur le Domaine à ma meilleure amie. Je l’ai laissé se démerder avec sa capacité parce que Liam et toi nous avez demandé de ne rien dire. Je peux le refaire pour Genome. Même si cela implique de se sentir mal quand on regarde ceux à qui on ment. »

Elle se rendit alors compte de ce qu’elle faisait. Elle s’en prenait à Anne, alors que le pauvre n’y était pour rien dans cette histoire. Quelle fille ingrate elle faisait quand elle s’y mettait.

« Pardon. Je… je n’aime pas mentir, tu le sais. Mais je ne dirais rien sur l’organisation de… tout ça et sur les locaux et sur je ne sais quoi d’autre. Je ne les mettrai pas en danger. Je ne veux plus que d’autres paient les pots cassés à ma place. »

En revanche, elle sourit quand Anne s’offusqua de son commentaire relatif à son « état ». Elle était enceinte ! elle n’allait tout de même pas courir après les salauds qui avaient mis le feu au Domaine avec un bidon renfermant un être humain ? Si ? Genre, quand elle en serait à 8 mois ? Comme si Sonny ou même Ross ou Wyatt allaient la laisser faire ! Elle rêvait ! par contre, la jeune fille fut tirée de ses pensées quand Anne lui demanda pourquoi elle était allée chez Ross. Quelle étrange question. Pour Sonny, alors même qu’elle était chamboulée de la tête au pieds, cela avait semblé couler de source. Mais apparemment, elle avait commis une erreur quelque part.

« Bah… de deux choses l’une. Déjà, tu m’avais dit qu’en cas de problème, je ne devais pas hésiter à aller chez lui. Ensuite et surtout, vous étiez venus et repartis de la soirée ensemble. J’ai cru que… comme moi et Rem… que vous alliez tout simplement passer le reste de la soirée tous les deux. Et surtout que Ross ne te laisserait pas rentrer chez toi toute seule après ce qui t’était arrivé. »

CQFD non ? Parce que Ross, lors de l’accident d’Anne, en octobre, lui avait juré qu’il ne la laisserait pas tomber et qu’il la protégerait. Et il avait l’air d’être un homme de parole et de tenir à elle, comment l’aurait-il laissé repartir ? Même un tueur amateur de foie n’avait pas eu une telle conduite. Remington avait emmené Sonny à l’hôpital – d’où il ne s’était même pas enfui, soit dit en passant – et l’avait laissé rester chez lui. Leur relation était-elle à ce point plus avancée que celle de sa tutrice et de Ross qui allaient pourtant avoir un bébé ensemble ? M’enfin, vu la manière dont ça s’était terminé…

Alors elle serra la main de sa tutrice et lui sourit doucement. Anne semblait toujours perdue. C’était étrange, de percevoir cette étincelle de fragilité en elle. Elle aimait cet enfant, mais il allait tout changer. Cela, c’était une certitude. Et Sonny apprécia la prévenance de Ross sur ce coup-là. C’est que Anne était têtue et bornée. Un trait de caractère qu’elle avait en commun. Et alors qu’elle croyait avoir perdu le droit d’avoir une famille, Anne lui en offrait une. La sienne. Et ce bébé dont elle serait la « grande sœur ». Ainsi elle aurait une place à part entière chez les Williams-McGregor. Ou les McGregor-Williams. Il faudrait qu’elle apprenne à composer à Wyatt. Anne ne les avait encore jamais vus dans la même pièce ces deux-là. Il y aurait des jours où ça ferait des étincelles. Il y avait même fort à parier que les repas ne seraient jamais calmes. Et que le véritable bébé de la maison ne serait pas celui qu’on croit (ce serait Wyatt, évidemment).

« Soit. Dans ce cas je resterai bel et bien à LA et je ferai ce qu’il faut pour que ce bébé ait droit à un monde meilleur. Et je veillerai à ce que Wyatt ne lui apprenne pas trop de bêtises. Tu sais, j’ai toujours su que tu ferais une bonne mère. Tu l’as été pour chacun d’entre nous. Et tu n’es encore aujourd’hui, alors je ne m’en fais pas trop. Bon, tu t’emmêleras peut-être les pinceaux au niveau des couches, mais je pourrai te donner un coup de main pour ça. Dis-moi. Je ne veux pas raviver de mauvais souvenirs, d’autant que cela fait peu de temps mais… Tu n’as jamais songé à rouvrir un Domaine ? Accueillir d’autres jeunes ? A moins qu’ils fassent déjà ça ici ? »

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MessageSujet: Re: Lorsqu'on crie désespérément à l'intérieur de soi, est-ce qu'il y a quelqu'un qui nous entend ? [Terminé]    Sam 26 Mai - 20:41

J'expliquais à Sonny que je connaissais l'existence de Genome bien avant mon retour à Los Angeles. Après tout, il était normal que j'ai eu des contacts avec cette organisation puisque j'y connaissais Ross et Aaron. Ils étaient tout de même les têtes pensantes et rien ne leur échappait. Ils étaient même capable de veiller sur mes enfants fugueurs lorsque ceux-ci partaient sans prévenir et sans répondre à leur téléphone. Les maigres informations que j'avais réussi à voler à Genetic ont tout de même pu les aider un minimum. Pourtant, ce n'était rien comparé au service que Ross m'avait rendu. Il avait pris sous son aile ma protégée Maxime et en avait pris soin à ma place. Rien que pour ça, je lui étais extrêmement reconnaissante.

Par contre Sonny n'apprécia pas cette petite cachotterie. Si elle ne comprenait pas cet élément essentiel, elle n'avait peut être pas la maturité nécessaire pour entrer chez Genome. Ici, il ne s'agissait pas d'un vulgaire club de lecture. Tout ceci n'était pas un jeu et je n'avais pas à leur révéler cette information. A ce moment là, il n'était que des gamins et avaient d'autres préoccupations. En quoi ma connaissance de Genome aurait apporté quelque chose à Sonny ? Elle me fit savoir qu'elle ne dirait rien, mais c'était tellement de mauvaise grâce que je me détournais d'elle.


- « Laisse tomber. Si tu n'es pas capable de comprendre ça, tu n'as pas ta place ici. »

Mes mots étaient sévères, mais ils étaient justifiés. Il fallait qu'elle comprenne bien que je ne l'avais pas fait par joie. Elle s'excusa, mais cela n'enlevait pas le doute qu'elle venait de m'imposer. Effectivement, elle n'aimait pas mentir et si jamais son histoire avec Remington repartait... Lui cacherait-elle réellement notre existence ? Laisserait-elle une information aussi importante au fond d'elle même sans la partager comme moi je l'avais fait vis à vis de Liam ?

- « Je ne sais pas. Tu as beau avoir des griefs contre Genetic, j'ignore si tu peux garder une telle information pour toi. Non pas que je craigne que tu le dises à tes amis. Mais le cacher à l'homme de sa vie n'est pas chose aisée. Tu viens de le dire toi même. Tu n'aimes pas mentir. Si jamais tu retrouves un homme, sauras-tu garder ce secret ? Pourras-tu aller te battre en le laissant derrière toi avec la peur de ne pas revenir ? Je n'en suis pas certaine. Bien que mutant, Liam n'a jamais été mis au courant sur l'existence de Genome et je ne regrette pas de le lui avoir caché. Car ce que nous essayons de faire ici est plus important que ce tout petit mensonge. En les mettant au parfum, tu cours le risque de les mettre en danger et de mettre en danger l'organisation. Alors, je te le redemande pour la dernière fois. Arriveras-tu à garder ce secret pour toi et toi seule ? »

Puis, le conversation dévia sur mon état et notamment, ma relation avec Ross qui semblait couler de source pour la jeune femme. Jusqu'à hier, je n'envisageais pas de quitter mon appartement. J'avais pris mes habitudes et il était bien placé. Mais depuis que Ross m'avait fait sa déclaration, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. J'étais aux anges depuis la veille, même si des choses plus importantes avaient pris possession de mon esprit aujourd'hui. Je ne devais pas rester dans les nuages. Je devais être là pour Sonny et ne pensait qu'à elle.

- « Je voulais rentrer chez moi, même si Ross m'avait effectivement proposé d'aller chez lui. Seulement, je n'avais aucune affaire et je me voyais mal débarquer chez lui alors que son fils y était. Je voulais aussi rester au calme après toutes ces péripéties et comme je dois me reposer assez souvent, il était plus simple de retourner chez moi. Par contre, il est resté avec moi. »

J'avais envie de lui dire que notre relation était officialisée, mais dans la mesure où elle se retrouvait célibataire, je ne pouvais lui infliger une souffrance supplémentaire. Je lui fis donc part de mes sentiments instables. Jusqu'à en arriver au bébé... Il lui fallait sa grande sœur. En l'incluant dans ma vie, peut être que je lui donnerais une raison de se battre en plus. Elle me fit des commentaires légers sur mes capacités d'être une bonne mère. Mais ce ne fut que de courte durée. Elle évoqua la possibilité de rouvrir un Domaine. Une douleur naquit au niveau de mon ventre ce qui me fit mettre la main dessus dans un geste brusquement. En même temps, sans que je puisse retenir ma pensée, je laissais sortir ma réponse.

- « Non. »

On ne pouvait pas être plus claire. J'aurais aimé y mettre les formes, être moins brusque, mais la douleur avait été si vive que ce mot était sorti tout seul. Je regardais Sonny avec tristesse et m'éloignais d'elle pour aller m'asseoir sur un banc. Je pris de profondes inspirations pour évacuer cette poussée de stress en regardant fixement le sol. Ce n'était pas le bon moment. Sonny allait s'inquiéter et ce n'était pas mon intention.

- « Ça va aller. Laisse moi quelques instants pour que ça passe. »
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MessageSujet: Re: Lorsqu'on crie désespérément à l'intérieur de soi, est-ce qu'il y a quelqu'un qui nous entend ? [Terminé]    Dim 27 Mai - 17:11

« Tu n’as pas ta place ici »

Quelques petits mots qui font l’effet d’une gifle. Anne entendait-elle ce qu’elle venait de dire ? L’emmener ici, lui dire de se battre pour ses idéaux et lui balancer après que ses valeurs tout comme sa personne n’avaient rien à faire ici. C’était… illogique et injuste. Elle semblait si sûre que le secret allait protéger tout le monde… mais est-ce que cela les avait protégés à l’époque ? Rien n’était moins sûr. Les autres membres de Genome avaient peut-être été protégés, mais pas les autres, pas ceux qui gravitent autour en ne sachant rien. Alors ce que lui demandait Anne était difficile à intégrer. Mentir à sa famille, à ses proches. Les mettre en danger et ne pas avoir le droit de les prévenir de cette menace, c’était foncièrement égoïste. Tous ceux qui l’approcheraient seraient des cibles potentielles et elle ne pouvait pas les avertir. Quant à l’homme de sa vie… De toute façon, elle n’aimerait plus personne comme elle avait aimé Remington. Alors finalement la question ne se posait peut-être pas. Il aurait été la seule personne à qui elle aurait pu en parler. Parce qu’elle avait eu une totale confiance en lui et parce que lui aussi, elle le savait à présent, travaillait pour une organisation, une « agence ». Et celle-ci était dangereuse. Et qu’il pouvait y avoir un conflit d’intérêt. Pour qu’ils soient tous deux prêts à réagir en cas de problème lié à l’une ou l’autre des organisations. Mais tout ne serait pas révélé. Ni qui chapeautait le tout, ni où se trouvaient les locaux. Jamais.

Mais pourquoi elle se prenait la tête avec toutes ses questions. Il n’y avait en réalité aucun problème. Elle n’aurait pas de famille. Quand bien même elle en aurait une, elle veillerait dessus comme une tigresse. Personne ne pourrait en approcher les membres. Elle le sentait au fond de ses tripes. Elle se battrait jusqu’à la mort pour protéger ses proches. Le bébé d’Anne et Ross notamment. Elle donnerait sa vie pour lui. Si cela ne suffisait pas à Anne, alors rien de ce que pouvait offrir Sonny n’aurait effectivement sa place ici.

« Je ne donnerai jamais le nom de Genome. Personne n’en connaîtra l’adresse. Personne ne saura comment tout ça se gère. Maintenant, que tu me vires d’ici ou que tu me laisses une chance de vous prouver ce que je vaux, je connais ces infos. Tu vas faire quoi, me faire enfermer pour être sûre que le secret ne sera pas ébruité ? Anne, s’il faut mentir alors soit, je le ferai. Pour les membres du groupe et parce que je veux plus que tout retrouver les incendiaires et les faire payer. Tu as le droit de me virer, mais ça ne changera rien à ma résolution. Avec ou sans vous, je les traquerai. Mes motivations ne sont peut-être pas les bonnes, mais elles m’aident à tenir. Je garderai le secret. Personne ne sera en danger à cause de moi. Je ferai tout ce qu’il faut pour que plus personne ne soit en danger à cause de moi. Je ne veux plus qu’on souffre par ma faute. Alors ton secret sera gardé. »

Elle espérait vraiment que sa mère comprenne sa détermination, même si elle avait été bien mal formulée. Mais déjà, la discussion était revenue sur Anne et sa relation avec Ross. C’était bizarre, d’imaginer sa tutrice vivre le même problème qu’elle : dormir avec l’homme qu’elle aimait tout en sachant qu’elle n’était pas chez elle, qu’elle n’aurait pas de vêtements propres à mettre le lendemain et surtout qu’il y avait un Wyatt qui évoluait dans la maison. Ah bah voilà, il suffisait de dire cela depuis le début et Sonny aurait compris pourquoi sa tutrice ne souhaitait pas s’éternisait chez Ross. Wyatt était sympa, mais à petite dose. Mais enfin, Sonny avait peut-être une conception réac’ de la vie, mais ils allaient avoir un enfant ensemble et apparemment ils s’aimaient… il serait peut-être temps qu’ils s’installent ensemble ces deux loustics. Mais elle se garda bien de formuler cette pensée à voix haute. Et de toute façon, la réaction soudaine d’Anne l’inquiéta.

Parler du Domaine n’était peut-être pas une bonne idée, mais elle méritait d’être posée. Il y avait plus de monde mutant à LA qu’on aurait pu le croire. Et certains d’entre eux étaient très jeunes, comme Ingrid, et avaient besoin de conseil comme Sonny en avait bénéficié. Mais apparemment, il était tout bonnement hors de question pour Anne de refonder un refuge, d’y accueillir des enfants auxquels elle s’attacherait comme s’ils étaient les siens. C’était compréhensible. Ce qui l’était moins, ce fut la douleur qui la contracta soudain. Et le rejet qu’elle fit une nouvelle fois.

Anne porta sa main à son ventre et prit place sur un banc pour se reposer, prétextant que tout allait bien. Mon œil… si ça allait bien, ça se verrait ! Spontanément, Sonny avait fait un geste vers elle, mais Anne l’avait coupée dans son élan. Elle ne voulait pas de son aide. Ok… alors elle ne servait vraiment à rien. Sonny prit sur elle et avança lentement vers le banc pour s’y assoir auprès de celle qui était sa deuxième maman.

« Tu devrais t’installer chez Ross si tu l’aimes. Perdre du temps, c’est du gâchis. Vous vous aimez. Vous allez avoir un bébé qui semble tenir de Wyatt tellement il a l’air de faire des siennes. Vous ne serez jamais trop de deux. Tu m’as dit de refaire ma vie. Suis ton conseil. Et laisse les gens t’aider, même si je sais que tu déteste ça. Tu as besoin de quelque chose. Tiens… »

Sonny se releva dès que ses yeux se posèrent sur une fontaine à eau. Elle en remplit un gobelet qu’elle apporta à sa tutrice.

« Bois. Tu es sûre que ça va ? Sinon, j’appelle quelqu’un. Enfin, je te fais la leçon sur la perte de temps mais je ne suis pas meilleur. Ça fait 15 jours que j’ai dit que je devrais aller me faire soigner et je ne l’ai toujours pas fait. Et j’ai laissé des affaires chez Remington. Enfin, ne va pas t’imaginer des choses. Je ne vivais pas chez lui mais disons que j’y passais souvent. Il va falloir que j’y aille. Un de ces jours. Peut-être quand tu te seras décidée à t’installer avec le père de ton bébé. »

Et elle lui fit un clin d’œil. Sa mère était têtue. Ross aurait bien du courage… m’enfin, avec Wyatt, il avait dû être sacrément entraîné. Quelle famille ils allaient former tous les quatre quand le bébé serait né… ça vaudrait le détour.

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MessageSujet: Re: Lorsqu'on crie désespérément à l'intérieur de soi, est-ce qu'il y a quelqu'un qui nous entend ? [Terminé]    Mar 29 Mai - 17:49

Même si Sonny était effectivement au courant du lieu et du nom de l'organisation, elle ne connaissait pas encore les membres qui la composait. Je savais qu'elle ne mènerait personne ici, qu'elle ne parlerait pas de moi ou même de Ross à un inconnu. Par contre, j'avais plus de doutes pour le nom, mais là encore, ce n'était pas trop grave dans la mesure où Genetic connaissait déjà l'existence de Genome. Tout ce qui m'importait était la protection de cette structure.

- « Je sais que tu ne donneras jamais cette adresse parce que cela te rendrait responsable de la mort de ceux qui s'y trouveront si tu divulgues cette information à n'importe qui. Même en passant des années avec une personne, tu ne peux la connaître parfaitement. Elle peut finir par te trahir... »

Je fis une pause en pensant à Jeremy. Même en le prévenant de la dangerosité de Genetic tout le long de son adolescence, celui-ci y était entré depuis sa fugue. Je n'avais eu aucune nouvelle de lui, aucune explication. J'ignorais ce que je devais en penser. Nous avait-il trahi ? Même si cela ne lui ressemblait pas, je ressentais toujours cette crainte, cette petite voix qui ne cessait de me murmurer qu'au final, je ne le connaissais pas autant que je l'aurais cru. Je ne le croyais pas capable de partir sans dire un mot et pourtant...

Je ne pouvais révéler cette information à Sonny. J'ignorais tout de l'histoire et le condamner aux yeux de la jeune fille ne serait qu'une cause de problème supplémentaire. Dès qu'elle l'apprendra, elle m'en voudra peut être, mais j'espérais qu'elle comprendrait ma décision. Me rendant compte de cette absence, je repris le fil de ma pensée.


- « Par contre, si tu penses pouvoir les poursuivre toute seule, oublie. Même en étant armée jusqu'au dent et super entraînée, tu te feras tuée. Genetic est une cellule d'une société. Rien que d'entrer dans celle-ci est difficile, alors pour trouver le cœur de l'organisation est quasi impossible pour une personne seule. Surtout que ton pouvoir, comme le mien sont inefficaces dans ces circonstances. Il nous faut prendre notre mal en patience. Tu n'es pas la seule à avoir perdu ta famille. Genome est ta meilleure carte même si elle est moins organisée ou possède moins de moyens que nos ennemis. »

Certes nous n'étions pas une armée, mais nous pouvions au moins essayer de les repousser. Je ne pouvais accepter leurs agissements, tout comme Ross. Nous étions fait pour nous entendre. D'ailleurs, je n'avais pas prévenu Sonny que nous allions vivre ensemble lui et moi. Mais était-ce réellement le moment ? Sonny venait de rompre avec Remington alors que ma relation avec Ross avait avancé d'un grand pas hier. Elle sentir que je n'étais pas très à l'aise sur le sujet et commença à me parler du Domaine. Malgré tout ce temps, malgré cette nouvelle vie, la douleur était toujours présente. Je dû m'asseoir pour pouvoir respirer plus profondément. Voyant l'effet que ça me faisait, elle ré-embraya sur Ross et notre relation. Je ne pouvais pas y couper. Je devais vraiment l'inquiéter car elle ne me laissait pas en placer une. Alors que j'étais prête à lui dire que j'allais emménager chez Ross, elle alla me chercher un verre d'eau et me demanda si j'avais besoin de quelqu'un avant de parler de sa cheville et de ses affaires laissées chez Remington. Comment pouvait-on aborder autant de sujet en même pas deux minutes. Lorsqu'elle s'arrêta, je lui fis signe de se calmer pour me laisser parler.

- « Je t'interromps maintenant pour te permettre de respirer et me permettre de répondre à toutes tes questions. Je vais essayer de faire ça dans l'ordre en essayant de ne rien oublier. », dis-je en souriant avant de reprendre :- « Alors tout d'abord, Ross et moi allons vivre sous le même toit à partir de maintenant. Cette décision a été prise hier et nous avons tous les deux convenus que c'était la meilleure solution pour tout le monde et notamment pour toi. Mon appartement est désormais libre et... si tu veux, bien sûr, je peux t'en donner les clés... »

Sonny vivait à l'heure actuelle dans une petite chambre dans la résidence universitaire. Mon appartement n'était pas très loin de la faculté, mais plus que la résidence. Je préférais lui laisser le choix au cas où l'idée l'intéresserait. Ainsi, ça me permettrait de garder un pied à terre si jamais... Cela ne se faisait peut être pas vis à vis de Ross, mais j'avais besoin de savoir que si ça n'allait plus entre nous, j'aurais toujours un endroit où aller.

- « Ensuite, je vais bien. C'est seulement de la fatigue. Le médecin a dit que tout allait bien et qu'il me fallait seulement de repos. J'ai dû trop forcer aujourd'hui et ce genre de douleur me rappelle mes devoirs envers cet enfant. Ce qui me permet d'en venir à toi. Pourquoi n'es tu pas allée chez le médecin ? Ce n'est pas très sérieux. Tu n'es pas allée à l'hôpital avec Remington après... enfin à Halloween ? »

Si les médecins avaient fait leur travail correctement, Sonny ne serait pas dans cet état. Si ceux-ci avaient réellement soigné ma fille, elle n'aurait plus cette attelle aujourd'hui. J'allais devoir me pencher sur la question si ça continuait.

- « Et pour finir, je me chargerais d'aller récupérer tes affaires chez Remington. Enfin... si tu veux. Je comprendrais parfaitement que ça te sois top difficile de l'affronter pour le moment. Il me connait, il sait que je suis ta mère, il acceptera de me remettre tes affaires si je viens en ton nom. J'ai pas mal de temps libre en ce moment, donc ça ne me dérange pas. »
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MessageSujet: Re: Lorsqu'on crie désespérément à l'intérieur de soi, est-ce qu'il y a quelqu'un qui nous entend ? [Terminé]    Jeu 31 Mai - 16:02

Les déclarations d’Anne sonnaient à la fois comme un constat et comme une menace. Genome était son seul espoir et il lui revenait de ne pas tout gâcher en apprenant à tenir sa langue. Parce qu’on ne connaît jamais réellement les gens… si elle savait. L’une des personnes en qui elle avait la confiance la plus absolue s’était révélée être un collectionneur de foies humains. Alors, il convenait d’admettre qu’elle avait raison sur ce point. Toujours était-il que Sonny lui avait promis de ne rien divulguer qui pourrait compromettre la situation de l’organisation. C’était dit et elle ne reviendrait pas là-dessus.

Par contre, là où elle se sentit obligée de répliquer, ce fut quant à la remise en question de la valeur de leur capacité dans ce combat. Bien que Sonny jugeât parfois sévèrement son pouvoir qu’elle ne pouvait manipuler qu’en étant endormie, qui l’épuisait et qui était soumis à une multitude de contraintes extérieures, elle savait qu’il pouvait servir plus efficacement…

« Je te trouve un peu dure. Anne, imagine un peu. Il suffirait de connaître au moins l’un des membres influents de Genetic. Et si je pouvais l’approcher, juste un minimum pour bien m’imprégner de son visage et de sa manière de penser, j’aurai une chance de trouver ses rêves s’il vit à Los Angeles. Ça serait dur, mais si j’y parviens, je pourrais le miner de l’intérieur, saper les fondations en l’épuisant ou en le rendant parano à force de cauchemar. Ça prendrait du temps, mais apparemment, ils aiment jouer sur la longueur… »

Alors Sonny laissa la discussion suivre son cours. Enfin, elle parla. Beaucoup, pour ne pas changer. Mais Anne n’allait pas bien, et elle avait l’impression que chaque sujet qu’elle proposait accentuait ce phénomène. Sa tutrice l’interrompit avec le sourire. C’est qu’après tout, elle connaissait sa pupille et son débit légendaire, et si elle avait pu en perdre l’habitude ces derniers mois, nul doute qu’elle s’y referait très vite maintenant qu’elles s’étaient retrouvées. Elle lui annonça qu’elle allait s’installer avec le père de son bébé. Bien, au moins les choses avançaient de son côté. Et si cela lui offrait de la stabilité et un peu de bonheur, alors tout irait bien. Elle allait avoir droit à sa famille et ça, c’était quelque chose. Par contre elle ne s’attendit pas à ce qu’elle lui offre tout bonnement les clés de son appartement. C’était vraiment généreux de sa part mais Sonny ne savait pas vraiment comment réagir à cela. Bien sûr, elle y serait mieux installée que dans sa petite chambre sur le campus, mais au fond, cela resterait toujours l’appartement d’Anne. Et elle voulait d’un endroit qui soit un « chez elle ». Juste un « chez elle », pas « chez untel ». Puisqu’elle était toute seule, il fallait qu’elle se réhabitue. Parce que si depuis quelques temps, elle était passée de « chez Remington » à « à la maison », elle n’avait jamais vraiment été chez elle ailleurs que dans sa petite chambre. Alors elle chercha une excuse bidon, la première qui passerait par sa tête.

« Merci. Vraiment. Mais… je ne suis pas sûre. J’ai déjà besoin de deux boulots pour payer le loyer de ma chambre alors je ne vois pas comment je pourrai me débrouiller pour ton appart. Et même si tu m’offrais d’y vivre gratuitement, je ne me sentirai pas à l’aise. J’ai besoin d’avoir un chez moi à part entière. »

Cela étant dit, l’offre restait généreuse, et Sonny n’aurait pas dit non de pouvoir s’y réfugier une fois de temps en temps. Car même si Remington n’était jamais venu chez elle, elle avait parfois l’impression que sa présence y était partout : les vêtements qu’il avait touchés, les classeurs de cours auxquels il avait jeté des coups d’œil rapide sans toujours comprendre ce qui y était écrit, à cause du français. Ses glaces qui avaient leurs jumelles chez lui… Comment une vie peut-elle aussi aisément s’entremêler à ce point à une autre ? Et Anne, arriverait-elle à faire son trou chez Ross et Wyatt ? Parce que s’incruster comme ça dans la vie et la maison d’un homme ce n’était déjà pas chose aisée, alors de deux hommes n’en parlons pas ! Mais Anne était un fort caractère et elle ferait plier les deux gaillards à tous les coups.

Et apparemment, le bébé allait bien. Le pauvre, c’est qu’il avait été secoué. Mais il allait s’accrocher, parce qu’il était un Williams que diable ! et il serait entouré. Du monde veillera sur lui. Du monde veillera sur Anne. Qui était plus une mère qu’elle ne semblait vouloir le croire étant donné qu’elle s’inquiétait déjà pour Sonny.

« Si, si. Il m’a emmenée à l’hôpital. C’est une entorse. Un peu vilaine mais sans gros problème. Je dois juste garder cette protection pendant encore deux semaines. Mais quand je parlais de me faire soigner… »

Sonny inspira profondément. Elle n’aimait pas beaucoup cette idée, mais elle commençait à avoir un sérieux passif derrière elle. Entre un trauma, une fuite, une crise de panique et une tentative de suicide, sans compter la non-alimentation et le manque de sommeil, n’importe qui serait devenu fou. Alors il était peut-être temps de mettre ses préjugés de côtés…

« Je voulais dire, dans ma tête. Je pars en vrille et je n’ai pas l’impression que je m’en sortirai seule. Ça me gêne de me confier à un parfait inconnu, mais peut-être qu’il serait temps que je vois un psy. Au point où j’en suis, je vois mal comment ça pourrait être pire. Mais sans vouloir te vexer, je préférerais éviter Ross… tu comprends… trop proche et puis… il avait raison sur toute la ligne. Et ça m’énerve les gens qui ont raison. »

Et elle soupira. Puis Anne prononça le nom de Remington. Elle proposait d’aller récupérer les quelques affaires qu’elle y avait laissées. Etait-ce une bonne idée ? Remington l’avait menacée. Pas explicitement, certes, mais Sonny l’avait compris. Et envoyer sa mère dans la gueule du lynx, cela avait quelque chose de profondément dérangeant. Mais la question à cent mille dollars était la suivante : est-ce qu’elle aurait la force d’y aller en personne ? Et ça, ça n’était pas sûr du tout. Elle avait encore mal. Une semaine… une semaine et elle ne pouvait pas oublier le foie pris à pleine main, l’abandon de Jay pour plutôt retourner auprès de lui, le week end entre frère et sœur qu’ils avaient passé alors qu’elle était toute seule et meurtrie. Non. Elle ne pouvait pas y aller maintenant. Elle avait besoin de ses cours… si au moins elle pouvait valider une année avant de se faire virer, ce serait bien. Et même si le cœur n’y était plus.

« Je n’ai pas laissé grand chose. Des cours surtout. Et juste un vêtement de rechange. C’était la première fois que j’y laissais des affaires. Quelle ironie. Un shampoing, une brosse à dent, ça ne compte pas. Et des sucreries. Qu’il a dû s’empresser de jeter parce qu’il déteste ça. Il n’y a presque rien. »

Presque rien… vu de l’extérieur, c’était ce à quoi se résumait leur histoire. Les seuls biens qu’ils avaient en commun c’était Teddy qu’elle avait récupérer d’office et la guitare. Il avait essayé de lui donnait un cours… ils avaient ri… qu’il garde au moins ce souvenir. Et il ne s’en prendrait pas à Anne, il comprendrait que Sonny était toujours vivante et il croirait qu’elle se rattache à la vie et à la poursuivre.

« Merci. »

Et là, son ventre se mit à hurler et une crampe l’obligea à y porter la main. Et comme le corps est une machine bien faite, cela se répercuta par un mal de crâne comme rarement elle en avait eu. Elle n’avait rien mangé depuis des jours et même si elle avait faim, elle n’y arrivait pas.

« Excuse-moi. »

Elle ne voulait pas que sa mère la voit dans cet état, aussi tenta-t-elle de faire ce pour quoi elle était douée : fuir. Mais dès qu’elle se leva, elle sentit qu’elle vacillait et dû s’appuyer contre le mur…

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MessageSujet: Re: Lorsqu'on crie désespérément à l'intérieur de soi, est-ce qu'il y a quelqu'un qui nous entend ? [Terminé]    Ven 1 Juin - 18:06

Sonny essaya de me convaincre que nos pouvoirs ou en l'occurrence son pouvoir n'était pas si inutile que ça. Je devais l'avouer. Il pouvait être utile, mais encore fallait-il qu'elle est une totale maîtrise de celui-ci. Elle n'avait pas le droit à l'erreur avec eux.

- « Et s'ils te voient dans leurs rêves ? Dans la mesure où ils connaissent nos noms, nos adresses, il ne leur faudrait pas plus d'une minute pour te retrouver et te faire payer ton intrusion. Ta capacité est liée à tes émotions. Arriveras-tu à rester de marbre devant leurs rêves ? Es-tu sûre à 100% d'arriver à cacher ta présence ? Je t'ai prévenu lors de notre première rencontre, il faut que tu fasses attention avec ton don. D'ailleurs, j'espère que tu n'as pas commencé tes investigations en voulant t'en prendre au maire de Los Angeles, Tussle, suite à la soirée d'Halloween. »

Non seulement, elle allait devoir rester muette sur l'organisation, mais également tout faire pour ne pas se faire prendre par l'ennemi. Car la mort n'est pas leur seule option. Il suffisait de voir ce qu'ils avaient fait à Shannon O'Hara avant l'échange... Je sentis un frisson de terreur parcourir tout mon être rien qu'à la pensée que Sonny puisse être leur captive. Je ne pourrais accepter ça avec calme. Qui sait ce dont je pourrais être capable si cela venait à se produire ? Javais besoin de savoir que mes enfants allaient bien.

Au moins, l'un d'entre eux était en sécurité dans mon ventre et je bénéficiais moi même de la protection de ma famille. Ils s'inquiétaient plus qu'il ne le fallait, mais je ne pouvais pas leur en vouloir. Suite à la soirée d'Halloween, je ressentais encore une légère appréhension au fait de sortir dans la rue alors même que je savais que rien n'allait m'arriver. Au final, j'étais restée une semaine dans mon appartement, j'avais passé la journée d'hier, chez Ross et aujourd'hui, j'étais venue dans l'enceinte de Genome... Mais j'étais confiante. J'avais seulement besoin de temps.

Dans la mesure où j'emménageais chez Ross, mon appartement allait se libérer. Aussi je le proposais à Sonny. J'en étais propriétaire, donc aucun problème de loyer et il était suffisamment grand pour qu'elle puisse y vivre à son aise. Seulement, elle ne semblait pas aussi séduite que je l'aurais cru. Mais de quoi de plus normale ? L'appartement était située un peu plus loin que sa chambre d'étudiante et elle voulait peut être restée avec ses amis.


- « Comme tu veux. J'en suis propriétaire, donc tu n'aurais eu aucun loyer à payer, mais c'est vrai qu'il est plus loin que la résidence universitaire vis à vis de la faculté. Comme j'emménage chez Ross, il restera libre jusqu'à ce que je lui trouve une utilité. »

Car il était évident pour moi que je le garderais quand même. C'était préférable de prévoir ce genre de chose au cas où tout ne tournerait pas comme je le voulais. Ce n'était pas du pessimisme. J'étais seulement prévoyante. Mais mon attention se porta à nouveau sur Sonny et sa cheville. Heureusement pour lui, Remington avait amené la jeune femme à l'hôpital après la soirée d'Halloween. Mes yeux se portèrent sur sa cheville qui avait morflé mais ce n'était pas ce qui gênait le plus ma fille. C'était plutôt psychologique apparemment. L'avantage de sortir avec un psychologue était que la consultation avait lieu quand on s'y attendait le moins. Pratique. Mais Sonny semblait avoir quelques réticences à s'adresser à Ross. Je pouvais comprendre son choix et il ne m'appartenait pas d'insister.

- « Je ne t'imposerais pas d'aller voir Ross. A toi de trouver la personne qu'il te faut. Mais... Je sais que tu ne veux pas emménager dans mon appartement, mais est ce que je pourrais au moins te payer les séances ? Tu as déjà deux jobs et tu te gères toute seule. Laisse moi t'aider... s'il te plaît. »

Je n'avais plus personne à ma charge et cela ne me dérangeait pas le moins du monde. Les séances chez les psychologues n'étaient pas données, surtout à Los Angeles. J'espérais vraiment qu'elle accepterai ce petit geste de ma part. J'avais envie de l'aider, de faire quelque chose pour elle, sans doute parce que je me sentais toujours coupable des évènements en France. Cette entorse, elle se l'était faite en s'enfuyant dans la forêt et là, elle en souffrait toujours. J'avais besoin de l'aider. Au point que je lui proposais d'aller récupérer ses affaires chez Remington si cela était trop dur pour elle. Elle me fit la liste de ce qu'elle avait laissé là bas et qu'elle voulait récupérer. Il n'y avait pas grand chose en effet. Par contre, ne pas avoir ses livres sous la main devait l'embêter.

- « De rien. J'y passerais sûrement demain. Tu me laisseras son adresse ? J'imagine qu'un homme tel que lui n'est pas référencé dans l'annuaire. »

Un sourire se dessina sur mes lèvres, mais celui-ci disparu rapidement lorsque j'entendis le ventre de Sonny gronder. Elle n'était vraiment pas raisonnable. Elle essaya de se lever, mais perdit légèrement l'équilibre avant de se rattraper au mur. J'essayais de ne pas montrer mon inquiétude et proposa quelque chose en lui faisant croire qu'elle le ferait pour moi. En fin de compte, non... ça nous arrangerait toutes les deux réellement.

- « Ça c'est une bonne nouvelle pour moi que tu ais faim. Voudrais-tu manger avec moi ? Je n'aime pas être seule dans un restaurant, je trouve ça triste. Ross est à la faculté et Wyatt... Je sais pas où il est d'ailleurs. Tu veux bien me tenir compagnie encore un peu ? »
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Sonny Malone

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MessageSujet: Re: Lorsqu'on crie désespérément à l'intérieur de soi, est-ce qu'il y a quelqu'un qui nous entend ? [Terminé]    Ven 1 Juin - 19:34

Anne… toujours à s’inquiétait pour sa famille. Et elle connaissait bien sa pupille. Trop bien même. Car elle savait bien que Sonny depuis quelques mois n’était plus entièrement maîtresse de sa capacité. Si jadis qu’elle parvenait à masquer sa présence jusqu’au bout du rêve, il lui était de plus en plus difficile de maintenir l’illusion. Surtout lorsqu’il s’agissait de cauchemars. Elle ne supportait plus la souffrance et elle s’efforçait d’agir. Mais elle était de plus en plus faible, surtout en ce moment, elle devait bien le reconnaître. Quant à ses soupçons sur l’immixion de Sonny dans les rêves de Tussle… oui, Anne la connaissait vraiment trop bien. Car elle l’aurait fait. Elle avait bien en tête l’image du maire de Los Angeles. Il était en ville. Elle aurait pu le trouver. Peut-être pas dès la première tentative, mais elle aurait réussi, parce qu’elle se serait acharnée. Et elle lui aurait fait vivre l’enfer qu’il leur avait créé sur mesure. Seulement… ses plans avaient été mis à mal, justement à cause d’un rêve.

Et depuis elle n’avait presque plus dormi. Sa capacité lui faisait peur, elle craignait ce qu’elle pourrait découvrir. Les parts sombres et les plus secrètes de certains. La seule exception qu’elle avait faite jusqu’à présent, c’était pour Dean. Et encore, elle avait en quelque sorte monnayé l’utilisation de sa capacité. Et cela, Anne ne serait pas contente du tout de l’apprendre. Alors autant le passer sous silence.

« Pas en ce moment. Je suis encore trop faible pour réussir à entrer dans un rêve et à le contrôler sans me faire voir. Mais ça viendra… ça reviendra. Je dors peu, je n’utilise plus ma capacité. Même pas contre Tussle. Mais je vais me réentraîner. Et quand je me sentirai prête, on fera des tests, tous les essais qu’il faudra pour te rassurer et rassurer les autres membres sur mon contrôle. Et seulement à ce moment là, on essayera. Mais je me demande bien pourquoi ils ne tentent rien, alors qu’ils nous connaissent. Enfin… je n’ai pas reçu d’invitation à mon nom. Je suis venue avec Remington… ils ne me connaissent pas. Ils seront obligés de chercher et le coup du Domaine les ralentira. Ne t’inquiète pas, tu vois, en cas de problème, j’aurais un laps de temps pour me cacher et leur échapper. »

Oui, même si elle merdait, ils tomberaient sur un os… le nom d’une morte. De quoi gagner un peu de temps. Après, il serait évident qu’elle devrait fuir et disparaître totalement pour tous les protéger. Mais elle aurait le temps. Et puis cette fois, ce ne serait pas une première. Elle irait à San Francisco le temps de mettre un peu d’argent de côté, puis direction l’Amérique Latine, où elle reprendrait peut-être le nom de sa mère. Et là, elle se fondrait dans la masse. Il serait quasi impossible pour Genetic de la retrouver. Et Genome serait sauf. Tout était clair dans son esprit. Mais de toute manière, toute volontaire qu’elle soit, elle ne tenterait rien de ce côté sans avoir recouvré des forces et sans avoir eu l’aval des autres. Penser plusieurs coups d’avance, Rem lui avait appris cette nécessité.

Anne accepta les excuses lamentables que Sonny lui sortit pour refuser son appartement. Mais elle ne devait pas être dupe. Toutefois, elle savait s’accommoder de la vérité sans jamais forcer les confidences de ses « enfants ». Déjà à l’époque et encore maintenant. Et elle ne lâchait jamais le morceau surtout. Puisque Sonny refusait son appartement, elle revenait à la charge pour lui payait les séances de psy, acceptant également d’envoyer sa pupille chez quelqu’un d’autre que Ross. Sans savoir véritablement pourquoi, cela gênait la jeune fille, de dépendre à ce point de quelqu’un. Avant l’incendie, elle ne travaillait pourtant pas, dépendant entièrement de ses parents et d’Anne et de Liam. Pourtant, les choses avaient changé. Et se gérer toute seule, c’était un moyen de se battre, de s’obliger à se lever le matin et à cesser de se morfondre. Néanmoins, il fallait reconnaître qu’elle n’arriverait pas à se payer les séances avec ses maigres économies.

« D’accord. Je veux bien et excuse-moi auprès de Ross, mais ça me gènerait de parler de certaines choses avec lui si je dois être amenée à le revoir dans un cadre plus privé. T’imagine, le regarder dans les yeux à un repas, sachant qu’il connaîtrait des détails de ma vie… trop personnelles. Non… Impossible. Je vais me mettre à chercher dès cette semaine, mais s’il a des adresses, je m’y intéresserai en priorité. Merci encore. »

Décidément, elle faisait beaucoup pour elle. Elle promit de se rendre chez Remington dès le lendemain. Alors demain tout serait fini. Plus d’affaires, plus de rupture qui traîne. Une page qui se tourne. Et encore une fois, elle avait raison. Un homme comme Remington ne prendrait jamais le risque de figurer dans l’annuaire, même si à dire vrai, elle n’avait jamais vérifié. Après tout, elle avait tout de suite su où il habitait, mais bon, il ne devait pas figurer dans la rubrique « tueurs à gage » de l’annuaire. Sonny esquissa un léger sourire forcé et lui promit de lui donner l’adresse.

Ce fut son ventre qui la trahit soudain. Révélant à sa mère, qui ne la sermonna pas le moins du monde, qu’elle n’avait pas mangé à sa faim ces derniers temps. Et elle mourrait de faim. Vraiment. C’était juste qu’elle n’y arrivait pas. Son ventre était constamment noué et le moindre aliment dans sa bouche lui retournait le cœur. Toutefois, malgré le sourire et l’attitude maternelle d’Anne, il était évident qu’elle ne la laisserait pas filer sans rien avaler. Il faudrait bien qu’elle se force, au moins à picorer.

« Je ne sais pas si je serai de bonne compagnie, tu vois. Mais je vais essayer. Je ne te promets pas de tout manger, mais je peux essayer. Juste, si on allait se faire des sushis et des yakitoris ? »

Elle prit la main de sa mère et la regarda tendrement. Elle pourrait compter sur elle, toujours et cela lui faisait du bien. Elle venait de lui offrir une chance de donner un sens à sa vie, une raison de se battre, de se lever le matin. Et pour ça, elle ne la remercierait jamais assez.


Fin


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Lorsqu'on crie désespérément à l'intérieur de soi, est-ce qu'il y a quelqu'un qui nous entend ? [Terminé]

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