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 Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]

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Ingrid Amelia


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MessageSujet: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Sam 12 Mai - 7:36

I feel you Johanna

Ingrid n’avait pas oublié la promesse de Morgan. Ce week end était leur week end! Ils devaient aller pique-niquer sur la tombe de ses parents, et enterrer DIEU par la même occasion. Elle avait attendu impatiemment toute la semaine pour arriver enfin à ce fameux samedi. Alors l’adolescente s’habilla en enfilant des vêtements colorés. Parce qu’elle savait que ses parents ne voudraient pas qu’elle se morfonde, et qu’elle devait continuer à vivre et à être joyeuse malgré leur disparation. Et puis elle avait vraiment envie de leur faire honneur.

Une nouvelle fois, comme chaque fois qu’elle sortait, elle s’arma de son appareil photo et des photos mettant en scène Morgan puis Morgan et elle, qu’elle avait faites le dimanche précédent. Puis elle prit sa veste rouge vive qu’elle mit sur son chemisier blanc. Elle remonta un peu ses cheveux à l’aide d’une barrette avec un nœud puis se mit en route. Quand elle se rendit compte qu’elle avait oublié quelque chose. Les boissons ! Elle retourna vite fait à la maison, récupéra son chargement et repartit, chantonnant à tue-tête une chanson de Tim Burton « I feel you Johanna ».

L’insouciance s’emparait de nouveau d’Ingrid. Elle était triste, oh ça oui, elle n’avait plus ses parents pour elle, pour la soutenir, pour rire, pour l’éduquer, lui apprendre à grandir avec des règles honnêtes et droites. Et bien qu’elle ait Keaton et qu’elle lui en était reconnaissante, l’amour de ses deux parents lui manquait terriblement. Pourtant Ingrid souriait et faisait comme si de rien était. Elle souriait comme si la vie était clémente, comme si elle n’avait plus qu’un jour à vivre. La vie est quelque chose de si fragile. En perdant ses parents, les personnes qui l’avaient conçue, les personnes qui l’avaient aimé et choyée tout le long de son existence… Enfin jusqu’à présent. Elle se rendait compte, que tout ne tenait qu’à un fil et qu’il fallait profiter de chaque instant. De plus, elle savait que ses géniteurs voudraient la voir heureuse, c’est pourquoi elle avait eu cette idée de pique-nique. Elle le ferait aussi avec Keaton. Elle voulait présenter chaque personne de sa nouvelle vie, à ses défunts parents, pour que même dans la mort, ils soient au courant de ce qu’elle vie et traverse. Pour que même si loin d’elle ils puissent avoir un œil sur sa vie. Et elle le savait, elle en était même très certaine, ils sauraient lui faire un signe si quelque chose leur déplaisait.

Enfin le moment n’était pas à la réflexion sur la vie, car nous pourrions en faire une dissertation en quinze tomes. Et Ingrid n’en avait pas le temps, elle devait faire attention à bien s’arrêter au bon endroit, car elle était tête en l’air et avait tendance à oublier de s’arrêter là où elle le devait. De plus, elle était obligée d’attendre Morgan devant la grille du cimetière, car il ne savait pas où se trouvait la tombe de ses parents, elle devrait donc être le guide.

Ah bah tiens ! Le cimetière ! Un parmi tant d’autres à LA. Mais dans celui-ci il y avait aussi beaucoup de noms célèbres ! Tiens ils pourraient aussi s’amuser à essayer d’en trouver quelques-uns. D’ailleurs, Ingrid prit du temps pour aller cueillir des flyers en attendant l’arrivée de Morgan. Ainsi, il y avait un plan du cimetière, des informations touristiques telles que les grands noms qui y étaient présents et où les trouver, puis quelques numéros utiles. Parfait tout ça ! Ils pourraient se faire une excursion. Et comme elle avait son appareil photo, ils pourraient même immortaliser l’enterrement de DIEU. Olalala elle ne l’avait pas oublié cet acronyme, et elle était sûre qu’il lui rappellerait volontiers !

Ingrid se retourna et vit enfin Lotus arriver. Elle sourit et l’accueillit à bras ouvert

« Lotuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuus ! »
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MessageSujet: Re: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Sam 12 Mai - 13:14


Bon. Récapitulons. Nous sommes samedi 23 octobre, il est dix heures du matin et je ne peux pas repousser plus loin le moment de m'occuper de mes cheveux. J'ai déjà fait tout le reste, en théorie cette partie devrait être la plus facile. Du moins pour n'importe qui d'autre que moi ce serait facile. Mais je ne suis pas comme tout le monde. Pourquoi je fais tout ça déjà ? Ah oui, j'ai un gage. Comment j'ai fait pour me faire poser un gage déjà ? Ah oui, j'ai tendu la joue parce que la gamine m'a offert un chocolat chaud. Deux même. Sauf que deux chocolats ne valent pas le prix d'un coiffeur, surtout avec la tignasse que je me trimballe, et s'il ou elle remarquait que mes cheveux sont plus solides que la moyenne j'aurais pas l'air fin. Je suis presque prêt, il ne me manque que ça. Je porte un jean, noir, propre, sans tâches et sans pli. J'ai emprunté la table à repasser de la petite vieille du dessus pour ça. Elle est plus sympa que celle d'en face, elle m'a même fait un thé. Elle l'a fait à la menthe et sucré, ce qui est une combinaison sacrilège, mais c'était sympa de sa part quand même et j'ai eu un problème en moins. La chemise m'a posé plus de difficultés, après vérification je n'en ai en fait pas de normale. Normal. J'ai donc supplié mon voisin du dessus, qui n'est pas aussi sympa que sa sœur, d'en prêter une au gamin parasite et insouciant que je suis.

J'aime pas cet homme. Vraiment pas. Déjà je trouve plutôt lâche de se faire entretenir par qui que ce soit, mais squatter chez sa sœur et se permettre encore de lui jeter des regards noirs quand elle fait montre d'une demi-once de coquetterie, c'est carrément odieux. Il a une pension minimale, jamais eu de boulot bien longtemps, il s'est jamais marié et il vient faire chier sa sœur veuve et lui dire chez elle comment elle doit se tenir, tout en vivant à ses crochets. Gros con. Mais un gros con qui a des chemises à ma taille, et il a fini par m'en prêter une en ronchonnant, non sans avoir reproché à sa sœur de plaider en ma faveur. J'étais super gêné qu'elle prenne ma défense, vu que je l'avais jamais vue s'opposer à son frère avant, enfin j'espère que c'est le signe qu'elle compte arrêter de se laisser marcher sur les pieds. Elle est trop gentille, cette dame, je devrais lui offrir des fleurs un jour. Pour Halloween peut-être ? Je sais pas encore ce que je vais faire ce jour-là, je pourrais bien profiter de l'après-midi spécial mendicité infantile pour sonner et déposer des fleurs avant de filer en douce. Avec un peu de chance, ça rendra le frangin dingue. Il est tellement strict avec elle, c'est à croire qu'il fait un sister-complex. Enfin, il m'a prêté une chemise, et même une veste noire avec donc c'est peut-être pas un si mauvais bougre que ça.

Pour les chaussures, Indy n'a rien dit, donc je porte rien. En vrai j'hésite un peu. Mes vieilles chaussures, avec l'ensemble là, ça ferait pas classe. Mais de toutes façons, aucune de mes paires de semelles ne colle avec cette allure que je dois me donner aujourd'hui. Tant pis, j'irai pieds nus. Comme ça on verra que j'suis pas un proche du dernier décédé au moins. D'un autre côté, est-ce qu'elle m'avait pas demandé de bien me saper justement pour me fondre dans le décor ? Je me souviens pas. Non, je crois que c'était vraiment juste pour le gage. Mais cessons ces vaines considération. J'ai une tête à coiffer, sans jeu de mots, et j'ai bien besoin d'une bonne heure pour y arriver. J'ai acheté une brosse en bois, ça m'a coûté une fortune, j'ai pas envie de la casser. J'y arriverai. Il est maintenant 10h30, j'ai mal, et mes cheveux sont toujours dans un état déplorable. Il y en juste moins qu'avant. Bon tant pis, je renonce. Je vais chez le coiffeur. Rha mais nan j'ai plus le temps ! Bon. À nous deux, Tignasse ! Ciseaux, brosse, il faudra que tout se rende.

Fini. C'est à peu près correct. Inconvénient : il ne me reste qu'une demi-heure pour rallier Evergreen avant midi. Je me suis renseigné sur la localisation de la zone à explorer, et il est apparu que ce n'était pas exactement à deux pas de chez moi. C'est même carrément à l'opposé, dans le sud-est. Les transports en commun ne me feront jamais arriver à l'heure. Les taxis non plus. Je suis mort. De ce point de vue là rien de nouveau sous la lune ceci dit. Je vais à mon enterrement, logique d'être mort pour ça. Bon, je me dépêche, inutile de me mettre plus en retard que je ne le suis déjà. Oups, j'ai failli oublier les paquets. Le petit contient le string (noir, pour éviter une mésaccordance des couleurs) que je lui ai acheté et l'autre contient sa surprise. J'ai hésité entre plusieurs modèles mais au final il n'y en a qu'un qui ait vraiment la classe et c'est celui-là que j'ai choisi, même si l'autre, plus grand et plus souple, lui aurait sûrement été à merveille je n'en doute pas. Je les fourre dans mon sac avec les salades composées, dont j'ai choisi les ingrédients un peu pif. Mon sac sur le dos, des mitaines à mes mains (Indy n'a rien dit pour ça non plus) et la respiration courte, je me précipite dans l'escalier, faisant ronchonner d'en haut le frangin casse-pieds. Le pire, c'est que je pourrai jamais lui rendre la pareille, il a pas de vie sociale c't'andouille.

Les passagers du bus me regardent bizarrement. Pourtant j'ai validé mon tiket, j'ai dit bonjour au conducteur, j'ai dérangé personne et pour une fois j'ai même l'air à peu près normal... Ah oui, j'suis pieds nus. Et les braves gens doivent pas non plus être habitués au maquillage sombre qui me caractérise. Pour ça que j'aime pas prendre les transports en commun. Dépêche, le bus ! Bon, calme-toi Lotus, tu ne peux plus rien faire pour arriver plus tôt alors respire. Zen. Voilà. Non, ne t'endors pas tu vas repartir dans l'autre sens sinon. Patiente éveillé. Je suis très sage quand je veux, je laisse même les sièges à des gens moins chargés et plus valides que moi. Et je patiente. Je patiente encore. Je patiente toujours. Je me fais chier. Je fais une grimace à un gamin, qui n'ose pas me la rendre parce que sa mère lui fait les gros yeux. Je deviens sadique. Je patiente. Et ça y est ! Le bus arrive ! Ah, non, fausse alerte. Je patiente, donc. Je m'endors à moitié. Evergreen ! Bouton d'arrêt, portes, je suis libre ! Mon sac... Hep, chauffeur ! Je me fais fusiller du regard. Tant pis, au moins j'ai mon sac ! Je suis à peine entré dans la zone (après une inspection en règle à l'entrée) qu'un corps étranger vient me percuter avec fracas. C'est une manie chez les adolescente d'ajouter moult voyelles à mon nom ? Enfin, le cas d'Indy est moins grave que ne l'était celui de My love quand même.

« Salut fillette, j'ai rempli toutes tes conditions t'as vu ? »

Oui, enfin toutes... J'ai les cheveux plus courts, mais pas réellement coiffés, et je suis pieds nus, et... stop ! Tout va bien, je suis ici pour passer un moment sympa et il est hors de question que je le gâche par des considérations d'ordre protocolaire. C'est vrai ça, l'uniforme ça n'a jamais été mon truc, je vais pas baliser maintenant pour des fringues, ça serait trop nul.

« Bon, où est-ce qu'on se pose ? »

Question très importante, parce que même si on dirait pas je passe pas ma vie dans les cimetières moi. Alors à part distinguer le mausolée de la tombe lambda, je suis pas le meilleur GPS funéraire. Accessoirement, Indy est la seule ici qui sache comment ses parents s'appellent, et si je me lance au hasard je risque de me planter royalement. De toutes façons, c'est elle qui a voulu faire un pique-nique dans un cimetière donc c'est elle qui nous guide. Là. J'espère que la photo qu'elle a fait de nous deux l'a pas trop énervée. J'ai eu beau réfléchir à ce sujet, j'ai pas réussi à déterminer si oui ou non mon doigt d'honneur pouvait être visible dans le cadre de l'objectif ou qu'en sais-je je suis pas photographe. Bref, j'espère qu'elle m'en veut pas trop. Et qu'elle sait où aller.
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Ingrid Amelia


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MessageSujet: Re: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Mer 16 Mai - 17:56

Enfin il arrivait ! De loin, Ingrid avait cru le voir pieds nus… quel incorrigible, il ne savait pas faire les choses dans les règles de l’art apparemment. Ou alors peut être fallait il préciser chaque détail de chaque chose, pour qu’il les accomplisse parfaitement. Mais elle avait remarqué le costume et les cheveux plus courts donc plus disciplinés, enfin… si on veut. Mais le principal restait sa présence, sa venue, qui enchantait le cœur de la petite Ingrid ! Elle avait encore très peu d’amis depuis sa nouvelle vie, mais elle était heureuse que ce soit des gens sur qui on pouvait compter. Et qu’est ce qu’il était beau ainsi vêtu. Mais elle le savait plus vieux qu’elle alors elle en ferait son secret. Autant le garder dans le rôle de grand frère, c’était plus prudent, d’autant plus qu’il était gay et allait être père. D’ailleurs, l’adolescente n’arrivait toujours pas à se faire à cette duplicité, mais puisqu’il était ainsi, elle l’accepterait ainsi. Elle aimerait bien rencontrer la future maman tout de même. Elle l’intriguait de loin. Peut être parce qu’elle avait réussit à faire changer de bord Morgan. Enfin était ce pour son bien ou son propre malheur, la question demeurait.

Quoi qu’il en soit, l’instant n’était pas à la paternité de DIEU, ou bien à sa compagne future maman, mais à leur pique-nique, et leur journée dans le cimetière pour enterrait cet être divinement excentrique qu’était Morgan ! Pour l’occasion, Ingrid s’était habillée chaudement, et elle avait récupérer son lecteur cd avec des baffles, puis aussi des écharpes hawaïennes. Pourquoi ? Elle ne le savait pas mais ça promettait des crises de rires. Enfin, du moins elle l’espérait. Un costume avec des écharpes de toutes les couleurs et les pieds nus, ça ne pourrait la faire que rire.

« Tu es M.A.G.N.I.F.I.Q.U.E ! Tu vas briser tous les cœurs Morgan ! » répondit elle joyeusement… « Défi relevé ! Même si les chaussures n’étaient pas une option…
»

C’était dit, elle ne pouvait laisser passer cet écart, qui le faisait bien sourire. Soit il était complètement insouciant et ne pensait pas à tous les microbes que ses pieds pourraient récolter ainsi, soit il se prenait pour un hobbit, soit, il n’avait plus de chaussures ce qui inquièterait grandement Ingrid qui se verrait obligée de lui en offrir une paire, soit il était complètement à l’ouest. Cela faisait beaucoup de choix, mais quelque chose disait à l’adolescente que toutes ces propositions étaient un peu vraies, et elle finit par exploser de rire. En espérant qu’il ne se vexerait pas car sinon il faudrait qu’elle lui explique ses pensées et elle serait complètement ridicule avec ses hypothèses loufoques.

« Le chemin ? Oui oui oui le chemin bien sûre ! Bon c’est la première fois que je viens les voir depuis qu’ils sont décédés, j’ai pas encore eu le temps de venir avec Keaton… Donc ça sera un peu au feeling en baladant dans les allées. A moins que je demande à ‘l’accueil… »

Ingrid se gratta le front en signe de réflexion. Bon accessoirement l’avis de Morgan pourrait être des plus sympas dans ce moment de doute, d’autant que c’était lui qui était pieds nus et qui devrait marché sur le goudron, les herbes et autres trucs en tout genre qu’ils pourraient trouver sur le sol du cimetière. L’avantage si elle demandait à quelqu’un qui s’y connaissait c’est qu’ils pourraient se poser plus tôt et jouir plus de leur temps ensemble. Donc le choix était vite fait en réalité et elle se dirigea sans cérémonie vers l’accueil.

« Bonjour, euh… pourriez vous m’indiquer la tombe des Amelia ? Enterrés en septembre 2010… »

Alors la femme, très gentille et compatissante, lui indiqua tout un tas de directions : tout droit, deuxième à gauche, puis troisième à droite et enfin première à droite, c’était apparemment la cinquième tombe de l’année. Elle devait la reconnaître car il y avait un portrait dessus de ses parents, ainsi que pas mal de fleurs. Ce serait inutile de dire à quel point Ingrid avait été choquée de cette nouvelle, puisque personne n’avait cherché à la contacter ou à savoir ce qu’elle était devenue. Qui avait mis cette photo et ces fleurs ? Telle était la question… Des amis de ses parents peut être… En tout cas qui que ce soit, l’attention était appréciée.

L’adolescente prit alors la main de Lotus puis l’entraîna dans les allées, ainsi que la dame de l’accueil le lui avait indiqué. Et elle ne s’était pas trompée, elle trouva de suite la tombe de ses parents. Elle ouvrit alors des yeux immenses, illuminés par tout un tas d’émotions qui se bousculaient : surprise, joie, tristesse, appréhension et compréhension. Elle s’approcha alors plus près, et elle vit deux lettres posées sur la tombe tout un pot de fleur. Elle ne savait pas depuis quand elles étaient là, mais en tout cas elles n’avaient pas l’air en si piteux état. Elle les récupéra alors et les garda à la main alors qu’elle se tournait vers son ami.

« Morgan, je te présente mes parents Elisabeth et Jason Amelia ! » puis elle se tourna à nouveau devant la tombe « Papa, maman, voici Morgan un ami très gentil que l’on va enterrer aujourd’hui même »

Ingrid était heureuse de se recueillir enfin sur la tombe de ses parents. Pour la première fois depuis l’incendie, elle avait vraiment l’impression qu’ils étaient là. Le manque ne s’en ressentait que plus, mais il était nécessaire. Elle avait peur que dès que ce manque ne serait plus là, elle oublierait ses parents. Bien que cette option ne fut en aucun cas recevable, car il est impossible d’oublier ses parents. Surtout quand on les a perdu à 15 ans. On est trop vieux pour oublier.
Puis, elle posa son sac au sol et en sortit un grand plaid qu’elle déposa au pied de la tombe. Elle sortit alors les boissons, et s’installa en attendant Morgan. Il avait à mangé, et sa surprise…
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MessageSujet: Re: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Sam 19 Mai - 11:20

Moi ? Briser des cœurs ? Sait-elle seulement que c'est le genre de choses dont non seulement je ne me soucie plus depuis ma mort, mais que j'aimerais bien tant qu'à faire éviter au maximum ? Sérieusement, me voit-elle aller conter fleurette au premier veuf venu ? Bon, j’admets qu'étant encore jeune je dois m'attendre à avoir une vie après Andy. Mais même. Briser des cœurs ? La belle affaire. Si je ne deviens pas froid et aigri avec le temps, ça ne fera que me pousser à la culpabilité. Où est l'intérêt de susciter un amour que l'on ne pourra pas rendre ? Stupide chien mort. Tu es en vie, Lotus, bel et bien vivant, d'ailleurs tu es le père de deux gamins encore à naître et il y a, désolé pour ton orgueil, peu de chances pour que tu mènes une vie monastique dans les années à venir alors boucle-là et écoute Indy. Tu as de le chance, chien mort, elle n'a pas encore remarqué que ton sourire narquois n'était que de façade. Mais tu ne feras pas long feu comme ça. Réveilles-toi ! Les chaussures... J'ai froid aux pieds. Quelle idée aussi de vouloir me prendre pour un sénateur de la Rome antique. Une idée qui a bien failli me coûter de réduire à néant tous les efforts que j'avais faits pour être présentable. Une de ces idées stupides qui me donnent l'impression d'être quelque chose. Un peu plus et je gagnais le droit de rejouer mon gage. Je suis pas d'humeur aujourd'hui, j'aurais peut-être dû annuler. Lui dire que j'étais malade, que c'était pas une bonne idée. Là j'ai l'impression de pas être à ma place. Magnifique, moi ? Aussi splendide que peut l'être une statue divine. Ruinée depuis douze siècles. Mais je ferme ma gueule et je souris, en me disant que tout va s’arranger. Je pourrai pas faire la gueule toute la journée,sinon ça finira par me faire mal de sourire. Allez, secoue-toi les puces, chien mort. Aujourd'hui c'est pas ta journée, c'est la sienne.

Je me sens vraiment bête, planté là. Bête et définitivement pas là où je devrais être. La question qui devrait me venir à l'esprit est "où devrais-je être ?" mais elle se fait attendre. Sans doute sait-elle que je n'ai aucune réponse à lui fournir. Je ne devrais être nulle part. Je suis perdu. Et pire que tout, je ne suis pas le seul à l'être. Indy ne sait pas non plus où aller. Elle n'est encore jamais venue. Et moi je tombe des nues. J'avais bien des suspicions sur la durée de son orphelinat rapport à l'adoption encore en cours mais je pensais pas... je pensais pas tout court en fait. J'essayais de pas y penser. Pour pas me prendre la tête ni la sienne. Tiens, je crois que c'est une expression de My love ça d'ailleurs. Se prendre la tête. Ou quoi qu'il en soit ce serait bien son genre. Tout me dit que j'aurais dû savoir, que j'aurais dû lui demander, mais j'ai préféré respecter mon foutu principe de vie privée. Si c'était à refaire je sais que je le referais. Mais ça m'empêche pas de me sentir mal, de la voir perdue, à hésiter. Cet endroit, c'est pas avec moi qu'elle aurait dû s'y retrouver. C'est avec Keaton, qui qu'il soit, qu'elle aurait dû venir. Son père adoptif je suppose. Elle m'avait pas donné son nom jusqu'ici. Pourquoi l'aurait-elle fait ? Je le lui ai pas demandé. D'ailleurs, je lui aurais jamais demandé. Mais plus on avance et plus j'ai l'impression que je devrais pas être là.

Septembre 2010. J'avais commencé à me préparer à une date récente, mais à ce point là je pensais pas. Accessoirement je sais maintenant que le nom de famille de ma petite Indy est Amelia. Heureusement qu'elle a l'air attentive, moi j'aurais pas retenu le chemin. Je la suis, un peu crispé, espérant qu'elle n'y soit pas trop sensible. Elle a décidé que je devais être là, alors je suis là, même si tout ça me dépasse. Nous arrivons apparemment devant la tombe, qu'Indy prend le temps de regarder. Photos, fleurs, le lieu est décoré. quelqu'un est passé. Mais ce n'est pas elle. Des parents, des mis de la famille peut-être ? Dans ce cas là pourquoi ces gens ne l'ont-ils pas adoptée ? Pourquoi s'est-elle retrouvée seule ? J'ai l'impression de comprendre un peu mieux ce que je fais ici, même si je maintiens que Keaton aurait été plus approprié. Il y avait des gens qui auraient pu prendre soin d'elle, et qui l'ont laissée tombée. Moi, je suis peut-être un marginal idiot et une mauvaise fréquentation de surcroît, mais je suis là. Élisabeth et Jason. De beaux noms, de beaux visages. Je ne sais pas pour autant quel genre de personnes ils ont pu être. Tout ce que je sais, c'est qu'ils ont élevée Indy, qu'ils en ont fait ce qu'elle est. Juste pour ça, je suppose que je peux les respecter. Ce qui me fait sourire dans ce qu'elle a dit, et sourire franchement cette fois, c'est la façon dont elle me décrit. Un ami très gentil ? Hm je devrais peut-être rétablir la vérité...

« Madame, Monsieur, ne l'écoutez pas je ne suis pas gentil. Je suis une âme damnée, elle est une sainte. Mais on ne peut pas corrompre les saints paraît-il, alors il n'y a pas de quoi vous inquiéter. On m'enterre aujourd'hui, pour des crimes que je n'ai pas envie de vous citer, sans compter ceux qui n'ont pas encore été consignés. Ne m'en veuillez pas trop de squatter votre éternité, je ne resterai que le temps de ressusciter. »

J'ai été un peu plus solennel que prévu, mais c'est un peu difficile de faire le pitre dans ces conditions. Distraire les vivants, c'est ma profession. Mais avec les morts, comment savoir si vos blagues sont bonnes, si votre impertinence touche ou non les limites de la cible, si vous êtes ou non sur le point de vous prendre la plus belle claque (ou ici le plus beau courant d'air fantomatique) de tous les temps ? Hein ? N'importe quel clown renoncerait devant une telle impassibilité. Je me cherche des excuses. Ce doit être la mort elle-même qui m'intimide. J'arrive pas à plaisanter sur ça. Indy commence à s'installer. Elle a amené sa part. Ne me reste qu'à sortir la mienne. Mon sac est déjà entrouvert, probablement à cause de ma course dans les escaliers. Heureusement, rien n'a l'air d'en être tombé. Je sors aussi théâtralement que je le puis mes cinq rations de salade composée. Toutes différentes. La dernière est la plus étrange, j'y ai mis des lardons, des fruits, des légumes cuits... En fait je crois que j'y ai mis la moitié de mon frigo. Je me la réserve, inutile de faire goûter une mixture pareil à Indy. Il y a salade composée et salade composée. Je lui laisse le choix parmi les quatre autres que je dispose devant elle comme une prestidigitateur pose devant le commun des mortels ses trois verres, dont un seul contient un objet. Puis je sors l'essentiel.

« Le petit paquet est ton gage. Le grand est un autre genre d'essentiel... Mais si ça ne te plaît pas j'essaierai de trouver une autre idée d'ici à ton anniversaire, pour peu que la date me revienne. »

Je l'affirme et le confirme, les chapeaux sont un accessoire essentiel de qui veut avoir la classe. J'avoue avoir un peu hésité au niveau de la forme, le très grand haut de forme me faisait de l’œil, les grands chapeaux de paille aussi. Finalement j'ai opté pour un classique. Et j'ai profité de cette occasion pour réclamer une toute, toute petite information. C'est vrai, si je suis un ami je dois connaître au moins sa date d'anniversaire, même si je suis toujours pas d'humeur festive c'est un minimum. Je profite de l'instant, vu que dès qu'elle aura ouvert le paquet l'ombre de ses parents va commencer à m'envoyer toute la haine post-mortem sont ils sont capables. Je le sais, j'y suis préparé. Je dirais pas que je suis pas un peu effrayé à l'idée d'être maudit, m'enfin ça doit pas être plus terrible que les foudres parentales traditionnelles. Je sais pas c'est pas moi qui devrait être ici. Mais si c'est moi qui suis là, c'est de la faute des autres pas la mienne, et moi au moins je suis là, donc j'ai le droit s'y rester. N'en déplaise à la tombe d'à côté. Je sors les couverts de mon sac, j'ai failli les oublier. Et il y avait un autre truc prévu aussi.

« Ah, et je te dois une dédicace ! T'as pas oublié j'espère... »

Je suis fan de mon nom. Si elle a oublié la photo et que je dois reporter ma première signature je boude. Mais je pense pas qu'elle ait oublié. C'est une sainte, les saints n'oublient pas ce genre de choses, si ? Et de toutes façon, c'est déjà sympa de sa part de s'occuper de moi. C'est un peu bête, mais c'est un peu comme si elle me maternait, et en ce moment j'en ai besoin, alors... Adieu, vanité. Je suis bien ici, et je compte en profiter !
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Ingrid Amelia


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MessageSujet: Re: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Dim 20 Mai - 11:51

Morgan n’avait pas l’air dans son assiette, mais Ingrid mettrait un point d’honneur à le divertir de sa mine de renfrogné ! Elle était contente qu’il soit là, car de toutes les personnes qu’elle avait connues avant l’incendie, il n’y avait plus personne. Même Jayden ne lui donnait plus de nouvelles. Parfois, la miss pensait même être maudite. Enfin quelque chose comme ça, elle avait l’impression de faire fuir les gens. Elle n’était jamais dans le même délire d’ado que ceux de sa classe, elle était trop solitaire pour faire des soirées de débiles, enfin quoi qu’il en soit, elle était un peu seule depuis. Or, en ce jour, qui avait été décidé par Ingrid même, Morgan était là, même s’il ne semblait pas au mieux de sa forme et il avait en plus appliqué son gage ! Enfin presque, mais elle ne lui en voulait pas de pas avoir mis de chaussures, c’est juste qu’il aurait froid et mal aux pieds à la fin. Ca l’inquiétait quand même un peu. L’adolescente ne voulait quand même pas que son ami soit malade à cause d’elle.

Enfin, il fallait tout de même qu’ils avancent, car ils n’allaient pas restés plantés là toute la journée, mais comme elle n’était encore jamais venue, Ingrid avait besoin d’un coup de pouce. Ceci fait, prenant Morgan par la main elle les dirigea. Et heureusement qu’elle avait une bonne mémoire car celui-ci ne semblait pas vraiment très doué pour les directions, ce qui l’amusa quelque peu.

« Morgan tu devrais t’acheter un GPS ! Tu ne sembles pas vraiment doué dans les directions et indications ahaha »

Pourquoi Morgan et pas Keaton ? Bien sûr, Ingrid voulait plus que tout venir ici avec son tuteur, qu’elle considérait plus comme son père adoptif qu’autre chose, même si le « papa » n’était pas de rigueur. Car oui, elle l’appréciait beaucoup et quoi qu’on puisse penser il était sa figure paternelle à présent, mais le souvenir de ses parent était encore trop présent. Chaque fois qu’elle y pensait, même si elle ne le montrait pas parce qu’elle ne voulait pas paraître aussi faible que le premier soir, surtout pas devant d’autres personnes que Keaton. Il savait plus que quiconque ce qu’elle avait vécu à l’hôpital et être désemparée devant lui ne l’avait pas gêné, mais pour des gens qui commençaient à peine à la connaître, quelle image donnerait elle si déjà elle s’apitoyait sur son sort. Et, elle était sûre que ce n’était pas là ce que ses parents voudraient.

Ce fut donc avec le sourire, qu’elle présenta Morgan à ses défunts parents. Un petit pincement au cœur se saisit d’elle, mais elle essaya d’en faire abstraction. Bien qu’elle se rende compte, en même temps qu’elle parlait, que cela ne faisait vraiment pas longtemps qu’ils étaient décédés. Quelques mois… Août en fait… Et elle n’avait même pas pris la peine de prévenir Morgan. En fait en y repensant, il ne lui avait jamais posé la moindre question, donc elle n’avait pas tergiversé sur le sujet. Elle en parlait sans problèmes, mais elle ne voulait pas mettre les gens mal à l’aise, ni même les ennuyer avec ça donc elle se taisait jusqu’à ce qu’on lui pose des questions. Enfin les présentations se firent avec le sourire, et entrain, jusqu’à ce que Morgan mette son grain de sel dans le rituel.

Elle le regardait déclamer et souriait en même temps. Morgan était vraiment un personnage tout à fait singulier. Il ne se prenait pas la tête comme la plupart des gens pour paraître parfait, et pour ravir les petites volontés de chacun. Il avait sa propre personnalité, un peu loufoque, un peu glauque, mais qu’Ingrid appréciait à sa juste valeur. Il avait une manière de tourner ses malheurs en dérision qui l’intriguait aussi. Au fond, pour Ingrid, Morgan était une montagne de mystères et elle admirait son sang-froid.

« Mais non faut pas le croire !! Il est singulier et sympa ! … Bon papa, maman, on va manger avec vous aujourd’hui ! »

Ingrid, la petite lettre qu’elle avait trouvée dans la main, commença à installer tout pour le pique-nique. Elle ne savait pas trop quoi faire de ce petit morceau de papier, et elle avait une terrible envie de demander à Morgan de le lire. Mais d’un autre côté elle n’avait pas à lui infligé ça, et il valait peut être mieux qu’elle le lise chez elle, isolée du reste du monde. Elle remarqua alors, sortant de ses pensées, que Morgan avait lui aussi amené son dû. Et le cadeau ! Et le gage ! Et bah elle allait être complètement gâtée. Elle nota qu’en plus il y avait cinq types de salades et trois verres. C’était un peu beaucoup pour deux, non ? Enfin après tout c’était Morgan il ne fallait pas chercher plus loin, il avait dû prévoir les ratés.

Ingrid ouvrit alors le plus gros paquet en premier et découvrit…

« Un chapeau !! Wahouuuuuuu j’adore les chapeaux ! »

Et elle le mit tout de suite sur sa tête, en tapant la pause devant son ami, pour qu’il juge de l’apparence que cela lui donnait. Ingrid prit ensuite l’autre petit paquet et découvrit le String !

« Attend je vais le mettre comme ça j’oublierais rien ! »

Puis l’adolescente se leva et enfila le string sur son pantalon ! Oui, ça lui donnait un look tout à fait particulier, mais elle aimait bien faire le pitre aussi ! Puis elle se rassit quand un coup de vent balaya le cimetière. Elle en retint rapidement le chapeau pour que celui-ci ne s’envole pas.

« J’espère que le vent ne va pas ramener des nuages ! Merci pour tout Morgan ! » Ingrid se pencha vers lui prenant garde de ne rien renverser et lui déposa un petit bisou sur la joue droite.

« Et mon anniversaire c’est le 30 avril, mais je ne crois pas te l’avoir déjà dit ahahahah ! »

Elle reprit alors place et prit le temps d’examiner les salades. Il y en avait une qui avait l’air bizarre, et que Morgan s’était appropriée justement pour cette raison. Elle l’observa les yeux ronds, et compara avec les autres qui avaient l’air tout à fait normal et d’autant plus mangeables
.
« Tu vas pas manger ça quand même ? Qu’est-ce que tu as mis dedans ? »

Ingrid se demandait vraiment ce qui composait ce repas, car l’odeur était assez nauséabonde, entre les fruits, les légumes, la viande, ça sentait le cimetière quoi ! Pour sa part elle choisit la traditionnelle salade tomates œufs et leur servit un verre de coca à tous les deux. Quand Lotus lui rappela…

« LES PHOTOS OUIIIIIIIIIIIIIII !!! »

Elle attrapa rapidement son propre sac, sortit l’appareil photo et les photos de la dernière fois ! Il allait être déçu, on ne voyait pas trop son geste obscène dessus. Mais au moins elle avait pensé à les ramené pour la dédicace.

« Et je crois que cette scène vaut aussi une photo ! »

Ingrid programma le minuteur, et déposa l’appareil sur le haut de la tombe de ses parents avant de prendre Morgan par la main pour le lever et taper la pause avec lui ! Au bon moment l’appareil se déclencha et la photo fut prise. Un moment aux côtés de ce grand frère de cœur immortalisé.

« Morgan, je viens de trouver ça sur la tombe de mes parents, tu crois que je devrais le lire maintenant ? »

Elle avait fini par demander l’avis de Morgan, car elle avait toujours le bout de papier dans la main et elle se demandait vraiment ce qu’elle devait en faire… Peut-être qu’il pourrait l’aider à prendre une décision. Mais surtout, elle se demandait qui avait bien pu mettre un mot ici.
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MessageSujet: Re: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Mar 22 Mai - 17:11

Décidément, elle a décidé de me tourner en ridicule devant ses parents. Ne pas me croire, mais bien sûr. Maintenant je vais passer pour un garçon gentil alors que je suis un délinquant. Or, un délinquant, c'est assez stupide pour revendiquer le statut de criminel et je suis donc légèrement vexé d'être ainsi compté pour quantité négligeable. Certes ce sont ses parents mais il s'agit tout de même de mon enterrement ! Je sais qu'il est de bon ton dans une oraison funèbre de trouver des qualités au défunt. Soit. Mais il est aussi de bon ton de respecter les dernières volontés du mort, et je suis à peu près certain que je n'ai jamais voulu constituer une légende après ma mort. D'un autre côté, c'est de ma faute. J'avais qu'à le marquer dans mon testament, que l'oraison funèbre devait être objective. Enfin, l'oraison est finie de toutes façons : place au repas et à nos gages. Je suis plutôt soulagé qu'elle aime bien le chapeau. Tout le monde ne partage pas mon affection pour les couvre-chefs. Mais contrairement à moi, ma petite Indy est une vraie tête à chapeaux. En magasin, j'avais l'impression que tout pouvait lui aller, et à la voir parader avec celui que j'ai finalement choisi, un seul mot me vient à la bouche.

« Tu es magnifique. »

Pour le string, je suis un peu moins angoissé. Au niveau de la taille, je ne pense pas m'être radicalement trompé, et au niveau de la forme ce n'est pas comme si j'avais pris de gros risques. Alors évidemment j'aurais pu lui prendre une pièce de collection, un string-camouflage, un string-jupette ou un string en trompe-l’œil, ça existe. Mais j'ai toujours trouvé ce genre de gadgets ridicule. Même certains assortiments de nœuds et d'étoiles me donnent envie de pleurer de rire, alors ayant affaire à une non-adepte su string à la base j'ai préféré m'en tenir à du classique. D'autant que bon, il y a une différence entre promouvoir le string en soi et promouvoir la lingerie fine aussi connue sous le nom d'érotisme vestimentaire. Elle est lycéenne, et plutôt timide, donc tout ce qui n'était pas pratique était à proscrire, car inapproprié, voire condamnable. Du coup, j'en ai acheté un autre pour My love en même temps, mais je ne sais pas si je lui offrirai un jour. Si elle me le demande, peut-être. Cette histoire devient ancienne, je ne me vois pas vraiment lui envoyer un sms pour lui dire "salut, j'ai ton string <3". D'autant que pour être honnête avec moi même, même si je me sens coupable, j'ai pas vraiment envie de la revoir. Détend-toi Lotus, tu es dans un cimetière. Pas un tribunal. Cet endroit est un lieu de repos, et je suis en droit d'y maintenir un certain confort intérieur quelle que soit la liste de mes crimes. Paraît-il. Je regarde d'un oeil amusé l’initiative d'Indy. Mettre son string par-dessus le reste, il faut l'oser. J'ai dû le faire une seule fois. Pour faire comprendre à quelqu'un que j'étais pas d'humeur à me déshabiller mais alors du tout. Et ça a marché.

Je ne m'attendais pas à recevoir une bise pour ce délire, mais celle-ci m'arrache un vrai sourire. Tout en notant mentalement le 30 avril, j'essaie de déterminer si oui ou non il risque effectivement de faire gris. Personnellement, ça ne me dérangerait pas tant que ça. Les intempéries du quotidien me sont assez habituelles pour ne pas m'inquiéter. Il faudrait vraiment une tempête pour me déprimer. Mais mon masochisme climatique, comme un certain nombre de choses qui relèvent de ma personne, est quelque chose de très subjectif et qui ne peut par conséquent être appliqué au reste du monde. L'incrédulité d'Indy quant à ma salade ne m'étonne pas vraiment, mais je n'ai pas l’intention pour autant de renoncer à un truc que j'ai mis du temps à préparer. En plus, je suis de ceux qui considèrent qu'un mélange de différents aliments agréables de goût ne peut pas être réellement mauvais. Du coup j'ai tendance à tester un peu tout et n'importe quoi en matière culinaire, la tambouille de restes divers étant ma spécialité. La composition de mon œuvre du jour ? Facile !

« Tout. »

J'attrape ma ration avant de me souvenir que j'ai oublié un truc. Les couverts. Je profite de l'occasion pour regarder ce qu'Ingrid a choisi. Fourchette, cuiller, couteau inutile, on a tout. Non, j'ai oublié un autre truc. Ah oui, les photos. Je le rappelle à Indy pour qu'on ne l'oublie pas et attrape une fourchette pour la planter dans mon repas. Je ne pensais pas qu'Indy sortirait les photos de suite ! Heureusement ou malheureusement, on distingue mal mon réflexe manuel de gâchage-de-photo-professionnel. La photo en elle même est bien. Ce qui me surprend, c'est surtout qu'elle soit cadrée. Quand on se prend soi-même, c'est difficile de ne pas faire un cadre de traviole, et là on pourrait presque croire que c'est quelqu'un d'autre qui a pris la photo. Mais le mieux c'est la mienne. J'en reste baba, au point de lâcher ma fourchette. Je suis pas quelqu'un de très photogénique, pour ça que j'ai développé certain malheureux réflexe d'ailleurs. Or là, pour une fois, j'ai l'air bien. Pas passable, pas fou, pas ridicule, juste bien. On voit que je louche un peu, mais ça ne choque pas. Je n'avais plus eu l'air normal sur les photos depuis mes douze ans. Flûte, j'ai faim. Et je crois que ça s'entend. Oh allez tant pis, je peux bien commencer ma salade avant elle. C'était sans compter sur sa passion de la photo. J'avais bien entendu qu'elle voulait en prendre une mais je crois que mon cerveau ne l'a pas enregistré. Ou pas assez vite. J'aurai donc une cuiller à la bouche sur cette troisième photo. Bon. Au moins on ne pourra pas dire que les photos qu'elle fait de moi manquent de naturel. J'aurais voulu prendre une deuxième bouchée de tout-et-n'importe-quoi, mais Indy vient de prendre un air très sérieux. Je le savais que j'aurais pas dû être là. Mais puisque je suis là, autant jouer mon rôle.

Sans dire un mot, sans laisser à Indy le temps de faire objection, je prend l'enveloppe. Le nom d'Ingrid Amelia, joliment écrit de cette façon resserée et rapide qui sert d'écriture normale aux gens stressés et aux résistants à l'alphabet, est clairement lisible. Ce n'est pas une écriture laide, on ne peut vraiment pas dire ça. Mais il n'y a pas vraiment de soin dedans non plus, et pour une lettre adressée à une orpheline sur la tombe de ses parents, ben... ça fait quand même un peu brouillon. Je fronce les sourcils en la lisant. Je dirais bien que j'aurais pas du ouvrir, mais ma curiosité naturelle m'aurait de toutes façons poussé à le faire. Le sort en était jeté, dit-on dans ce genre de cas. C'est assez embarrassant de lire ça. J'ai la réponse à ma question initiale concernant les "amis de la famille" a présent, mais on ne peut pas dire que j'en sois fier. L'auteur de cette lettre me hérisse le poil. Dois-je la lire à Indy ? C'est ce que je me suis plus ou moins engagé à faire en prenant l'enveloppe. Mais le lui dire à voix haute ? Madame sa tante ne s'en est peut-être pas rendue compte, mais la teneur du texte peut être blessante pour quelqu'un de fragile comme, par exemple, quelqu'un qui a perdu récemment ses parents. Je me suis engagé. Je la lis donc. J'essaie de ne pas trop y mettre de ton, ça empirerait les choses. Un ton froid accentuerait le côté cruel de cette lettre. Un ton énervé le soulignerait. Un ton compatissant ferait fausse note. Allez, j'y vais.

l'auteur de la lettre a écrit:
Ingrid,
Je ne sais pas si ta mère t'a parlé de moi, mais si elle ne l'a pas fait je dois dire qu'elle a eu raison pour une fois. La connaissant je suppose qu'elle ne t'a rien dit mais qu'elle a tout de même laissé un blanc dans son testament à tous hasards concernant la personne à qui tu devais être confié en cas d'accident, si elle n'a pas carrément mis mon nom dessus. Je ne pensais pas qu'un tel cas de figure se présenterait, mais cela ne change rien pour toi et moi. Ce n'est pas parce que tu es ma nièce que je serais miraculeusement capable de t'élever, en toute honnêteté je ne suis pas une figure familiale très respectable, Élisabeth était idiote de croire le contraire et sa mort ne change rien à ça. Ta mère et moi n'avons jamais été du même moule, malgré les liens du sang, et je ne suis pas un exemple pour une enfant, même si tu dois avoir quatorze ans maintenant. Qui que soit la personne que ta mère ait désignée en second lieu, elle vaudra toujours mieux que moi. Tu vas probablement me haïr mais honnêtement ce n'est pas mon problème. Je préfère que tu saches que j'existe et que tu n'attendes rien de moi plutôt que te donner de faux espoirs si un jour tu découvrais que tu as une tante. Je pense m'occuper de la tombe encore quelques années. Après, ce sera à toi de le faire.
Joyce

« Narcissique. »

Si je commente aussi vite que possible, ce n'est pas tant pour le plaisir d'ouvrir ma gueule. J'ai envie d'atténuer un peu cette fichue missive, qui nous gâche notre après-midi. Cette bonne femme se contrefiche d'Ingrid, elle ne veut simplement pas avoir chez elle quelqu'un dont elle soit responsable. Pas de contraintes, pas de soucis. C'est tellement facile. J'ai beau savoir que beaucoup de gens pensent comme ça, que c'est même le genre de calcul que me suppose My love sans que je l'en ai jamais vraiment dissuadée, que le monde dans son ensemble fonctionne comme ça je ne peux pas m'empêcher de trouver ça mal. Peut-être justement parce que je suis dans une situation assez proche. Je vais avoir des enfants. Que je n'élèverai pas à moins que My love ne fasse un truc vraiment grave. Genre essayer de les tuer ou les mettre en danger d'une façon ou d'une autre. Ce qui m'inquièterait le plus, ce serait qu'elle les confie aux amis de son père. Mais quoi qu'il en soit, le fait demeure. Je ne prends pas actuellement mes responsabilités. Pour autant, je n'ai pas le cynisme de cette... charmante missive sur l'auteur de laquelle je ne dirai rien. Je tends la lettre à Indy, comme pour lui prouver que je n'affabule pas. J'ai moi-même l'impression de planer un peu pour tout avouer.

« Si l'envie te prenait de lui envoyer des roses, n'oublie pas de les empoisonner. Je peux t'aider à trouver le poison si tu veux. »

Je suis volontairement hostile. Elle n'appréciera peut-être pas : il s'agit d'un membre de sa famille tout de même. Mais je n'ai jamais été hypocrite et ce n'est pas maintenant que je vais commencer. Je regrette seulement qu'elle ne soit pas là en personne, pour pouvoir le lui dire en face et sans me retenir. Parce que là, je me retiens. J'ai plutôt envie de la traiter de gargouille que de me contenter de l'objective constatation de sa prétention égocentrée. Mais je m'en abstiens. Il y a des limites à la médisance en l'absence des concernés, quand bien même je mourrais d'envie de déverser mon fiel sur cette personne. Et puis, je vois bien que ça me touche trop pour que je sois vraiment objectif. J'ai peur d'être comme elle. Peur de devenir aussi calculateur, aussi pragmatiquement insensible. J'exagère sans doute, mais c'est comme ça que je le pense. Et je n'ai pas pour habitude de garder mes pensées pour moi.
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Ingrid Amelia


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MessageSujet: Re: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Jeu 24 Mai - 9:00

*Tu es magnifique… Tu es magnifique… Tu es magnifique…*

Le cœur d’Ingrid venait de faire un bond de plusieurs mètres de haut dans sa poitrine et elle ne savait toujours pas si ce qu’elle avait entendu était sincère ou bien si c’était de la moquerie à la Morgan. Mais pour ne pas paraître ridicule, Ingrid préféra le voir du bon côté et elle lui offrit le plus grand et joli sourire qu’elle avait en réserve. Et plus, elle lui offrit un bisou sur la joue. En signe de joie, en signe de remerciement pour les cadeaux, aussi originaux soient-ils, pour le remercier d’être présent et puis tout simplement d’être lui, son ami. C’est dingue toutes les émotions qu’une simple bise pouvait transmettre ! Et plus que ça, c’était parfois contagieux, puisqu’ne plus de la faire sourire elle, Morgan semblait atteint d’une pathologie touchant les zygomatiques, assez similaire à celle d’Ingrid.

Enfin la jeune adolescente rougit un peu lorsqu’elle se rendit compte de tout ce qu’elle venait de faire. Sous le coup de l’impulsion c’était naturel, mais peut-être que les conventions n’étaient pas respectées. Mais qu’elles étaient les conventions pour un comportement irréprochable en compagnie d’un homme ? Qu’est-ce qu’il fallait faire ou non ? Comment agir pour ne pas que cela soit mal pris, ou du moins dans le mauvais sens ? Oh puis zut ! Advienne que pourrait, elle aimait se trimbaler avec un chapeau et un string sur le pantalon. Après tout, quand on la connaissait, on savait très bien que c’était pour le délire et pas pour se la jouer petite pucelle aguicheuse. Non ça ce n’était définitivement pas Ingrid.

Alors sur cette conclusion qui lui plut plutôt assez bien, elle se réinstalla pour prendre une salade. Mon dieu que celle de Morgan avait l’air dégoutante. Il avait TOUT mélangé. Cette révélation ne fit qu’empirer les gros yeux d’Ingrid, qui espéra juste qu’il n’avait pas fait autant de folies avec les autres salades. Lorsqu’elle prit alors la première qui lui venait sous la main, elle comprit qu’il avait été soft pour les autres, et esquissa un sourire. Morgan, lui, après avoir sorti le nécessaire, commença à manger tout en rappelant les photos à Ingrid. Ouiiii elle les avait sur elle, et c’est d’ailleurs en une micro seconde qu’elle s’était saisie de son ami pour le coller encore devant l’objectif. Pour Ingrid, la vie était tellement courte qu’il fallait mémoriser tous les événements que l’on aimait bien. D’ailleurs les deux photos qu’elle avait déjà avec Morgan et « guest » étaient tout de même très réussies. D’autant plus celle qu’il avait faite tout seul. Elle se demandait si la qualité venait de l’appareil, ou si Morgan était lui aussi un pro caché de la photo ! Enfin elle le laisserait tranquille avec ça, parce qu’il semblait avoir faim. D’ailleurs la photo où ils seraient tous les deux, ne serait pas franchement sérieuse, et elle irait dans sa collection des folles photos ! Ingrid espérait juste que Morgan, ou DIEU de son acronyme, ne lui en voudrait pas tant de prendre autant de photos de lui ! Toutes plus naturelles les unes que les autres.

Cependant, cette séance lui rappela les lettres qu’elle avait trouvées sur la tombe. En effet elle en tenait toujours une à la main. L’autre… bah l’autre elle ne savait pas ce qu’elle en avait fait à vrai dire. M’enfin, ça l’angoissait un peu, elle ne savait pas trop quoi faire, les lire maintenant et risquer de foutre en l’air la journée, ou bien attendre le soir et déprimer toute seule dans son coin. Mais les questions ne fusèrent pas bien longtemps, car dès qu’elle demanda conseil à Lotus, celui-ci se saisit de la lettre sans demander son reste. Ingrid tendit alors le bras pour l’empêcher de faire ce qu’il allait faire, mais c’était tellement sans conviction, qu’elle ne s’y opposa pas plus que ça, et Morgan commença la lecture. D’abord pour lui. C’était frustrant pour l’adolescente qui le voyait froncer des sourcils mais qui ne savait pas ce que ça disait. Mais elle voyait ça comme un mauvais signe. Aussi attendit elle patiemment, jusqu’à ce qu’il prenne la parole. Et là, elle regretta.

Sa tante, Joyce. Sa mère lui en avait parlé… une fois seulement, juste pour lui dire qu’elle existait, mais qu’elle ne devrait jamais compter sur elle, car elle n’était pas une femme à apprécier les enfants, et encore moins à s’occuper d’eux. Elle arrivait, semblait-il, déjà à peine à s’occuper d’elle. Mais au lieu de rester silencieuse, elle avait laissé une lettre à Ingrid pour enfoncer le couteau dans la plaie. Pour ‘l’adolescente ce n’était que ça. Faire plus de mal. Elle ne s’était pas présentée, soit, Ingrid ne l’avait pas mal pris, elle ne la connaissait pas après tout. Mais laisser une lettre, et si… méchante, froide, sans compassion… Ingrid serrait les poings et ne disait rien, elle encaissait le choc. Tout simplement. Son regard s’était perdue dans le vide, elle entendait la voix de Morgan, mais ne captait pas tout le signal. Elle comprenait qu’il pesait contre sa tante et elle ne lui en voulait pas plus que ça. Pas du tout même. Mais la colère enfermait Ingrid dans une bulle où tous les sons semblaient flous. Et elle comprit, elle comprit qu’elle était en train de bouillir et que bientôt ça allait exploser.

Pourquoi ne pas l’avoir laissé dans l’ignorance ? Elle connaissait si mal sa sœur, mère défunte d’Ingrid. Elle était une femme douce et surtout honnête, elle aurait dû se douter qu’elle n’avait rien caché à Ingrid. Elle aurait dû continuer de s’occuper de la tombe comme elle le dit, sans intervenir dans la vie d’Ingrid. Elle venait de briser l’une des dernières gouttes de forces de l’adolescente. Et en plus celle-ci s’en voulait d’avoir imposé, involontairement une telle lecture à Morgan.

« Prends-moi dans tes bras s’il te plaît »

Dit-elle d’une manière neutre, et totalement figée. Elle ne bougeait plus, et elle aurait voulu répondre aux attaques du garçon envers sa tante mais elle n’y parvint pas. Tout ce qu’elle réussit à ajouter fut :

« Je suis désolée »

Puis elle respira bien fort, histoire de contrôler aussi sa capacité, car il ne fallait pas qu’elle explose maintenant. Oh non pas avec Morgan à côté d'elle et pas dans un cimetière. Finit les catastrophes, elle n’en supportera pas d’autres comme celle-ci. Elle n’avait que quinze ans t il fallait qu’elle assume le double décès de ses parents, le rejet entier de sa tante qui ne cherchait même pas à la connaître. Car oui, sans pouvoir l’élever, elle aurait au moins pu vouloir la connaître… un tout petit peu. Mais non ! Enfin, Ingrid ne pouvait pas non plus se morfondre, donc elle inspira un grand coup, sa peau avait légèrement rosi, mais rien de grave car elle s’y était prise à temps, puis au bout de cinq minutes peut être, elle reprit la parole.

« T’inquiètes pas, on les empoisonnera d’une substance qui met bien longtemps à agir… Mais ma mère m’avait prévenu ! Je ne m’y attendais juste pas… Bon si nous retournions à ton enterrement ! »

Feindre la nonchalance et l’indifférence. Ingrid devenait très forte à ce jeu, même si elle savait que le soir même, elle finirait par craquer, toute seule dans son coin. Ou même avec Keaton qui sait. Elle lui parlerait surement de cette lettre, ou elle lui donnerait, car elle n’aurait pas le courage de la lire devant lui. Enfin bref, elle préféra se reconcentrer sur Morgan.

« Tu as donc choisi une cérémonie, ou on le fait à l’impro ? »

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MessageSujet: Re: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Sam 26 Mai - 20:56

La prendre dans mes bras. Sur le coup, ça m'a paru absurde. Je suis un bon copain, ou en tous cas j'essaie. Le contact physique ne me gêne pas particulièrement non plus, au contraire j'ai tendance à rechercher maladivement la chaleur humaine même si ces derniers temps je suis froid comme la mort elle-même. Le problème ne vient pas de ma personnalité, mais plutôt de la sienne. Elle me rappelle My love. La pitié que j'avais ressentie pour elle quand on est sortis du commissariat. L'impression qu'elle avait besoin d'une peluche taille XXL et que je pouvais tenir le rôle. Sauf que My love était une comédienne. Cet air noble et choqué qu'elle avait pris sur ma demande, c'était une figure artificielle. My love était une enfant capricieuse, qui en voulait à son père. Là, c'est pas pareil. Indy est vraiment en état de choc, elle a vraiment besoin d'aide. C'est en l'entendant s'excuser que je m'en rend compte. Quel genre d'adolescente s'excuserait comme ça, pour rien, juste parce qu'elle va mal ? Pas My love, c'est sûr. My love n'est pas du genre à se sentir coupable facilement. Indy ne lui ressemble pas du tout. C'est le fait qu'elles soient proches en âge qui me fait penser n'importe quoi. Je la prend dans mes bras, sans un mot. Chut, ça va aller. T'es pas seule, petite Indy, et tu vaut bien plus que ce que cette lettre suggère.

J'aime bien qu'elle rebondisse sur mon idée de roses empoisonnées. Si elle arrive à lui en vouloir, ça ira déjà mieux pour elle. Et quant à l'autre, je m'en moque. Qu'elle crève. Lentement, vite, peu m'importe. L'important est qu'elle cesse de nuire. Que sa mère l'ait prévenue me rassure, mais il semble que ça n'ait pas été suffisant. Normal. Quand quelqu'un est mort, on évite de trop y penser, même pour se rappeler les conseils de prudence qu'il ou elle nous a donné de son vivant. Surtout pour ces conseils en fait. Et de toutes façons, aucune recommandation de prudence n'aurait pu tout à fait effacer cette lettre blessante. Il y a des attaques qu'on ne peut pas simplement rejeter d'un revers de main, contre lesquelles il est impossible de relativiser. Celles qui visent juste. Celles qui sont si précisément aiguisées, si fatalement exactes qu'elles font mal quoi qu'on fasse. Quoi qu'on sache. Que peut-on faire contre ça ? Rien. On peut juste encaisser, et essayer d'oublier. On peut se venger, bien sûr, mais ça ne mène à rien. Mieux vaut passer à autre chose. Et cet autre chose, c'est moi. Moi qui me retrouve, une fois encore, dans cette situation de geindre de mes malheurs qui sont encore et toujours inférieurs à ceux dont j'espère le réconfort. Pourquoi tous les gens qui me prennent en pitié sont en train d'essayer d'oublier les pires trucs au monde ? J'ai l'impression que quoi qu'il m'arrive, ce qui arrive aux autres sera toujours pire. C'est assez flippant. Et inconfortable aussi. Mais là, elle a besoin qu'on continue ça. Sinon ce serait admettre que l'autre bonne femme lui a vraiment fait du mal. Je sais pas si c'est mieux de l'admettre ou pas. J'essaie juste de faire ce qu'on attend de moi pour une fois.

« J'y ai pas beaucoup réfléchi, j'ai jamais pensé que ça serait à moi d'organiser mon enterrement. Mon mariage à la rigueur, mais j'ai toujours pensé que les funérailles étaient un truc de vivants quoi qu'on en pense. Enfin, ça doit pas être bien compliqué. Pour un enterrement faut un trou, un mort, un prêtre quelconque et un ou une éplorée. Vu qu'on est deux va falloir cumuler des rôles. T'as envie de faire prêtre ? »

C'est vrai, quand je disais que je voulais m'enterrer c'était assez symbolique. Et comme je me voyais pas prononcer mes vœux avant d'avoir beaucoup réfléchi, aller au cimetière me paraissait suffisant. Mais j'ai pas la moindre idée de la façon dont je pourrais organiser ça. En l'absence de caveau que je puisse occuper et de trou non-utilisé (qui ne risque pas d'être réclamé sous peu par un légitime propriétaire) je ne vois pas où je pourrais reposer ma dépouille. Niveau cercueil je suis un peu léger aussi. Le linceul n'en parlons pas, encore que grâce à Indy j'ai une certaine dignité mortuaire. Ça ne suffit pas. Encore que. M'allonger simplement sur l'herbe, ça pourrait le faire. Les yeux fixés sur le ciel et les pieds nus dans la rosée du soir, ça a quelque chose de poétique. Aussitôt pensé, aussitôt exécuté : je m'allonge illico à côté de la tombe des "vrais". De toutes façons j'ai déjà trop mangé. Les morts ne sont pas sensés consommer. Au moyen âge y'avait un tas d'autres rituels, genre l'extrême-onction. Un genre de confession mais la version de luxe, avec absolution éternelle et définitive de tous les péchés. Mine de rien ça devait avoir un tout petit peu la classe ce genre de trucs. Mais malheureusement je ne suis pas catholique et ne crois pas au salut de mon âme. J'irai en enfer. Ce sera cool, j'y retrouverai des gens. Peut-être pas ceux que j'aurais envie d'ailleurs. Andy était un saint, donc il y sera pas. Indy non plus, d'autant qu'elle mettra longtemps à me rejoindre. My love... Elle par contre je risque fort de la croiser. J'espère que nos enfants ne nous y rejoindront pas. Ce serait moyen comme portrait de famille.

« Au pire je peux être mon propre prêtre. Je suis déjà mon propre dieu. Mais faut prononcer des vœux pour ça et même mort je suis pas sûr d'attraper la foi. Le système immunitaire ne disparaît pas avant un moment, mine de rien. Sinon y'a aussi l'option de l'ami imaginaire. Si on commente pas ce que dit le prêtre fantôme le résultat peut être pas mal. »

Cette position n'est absolument pas pratique pour communiquer. Je sais, les morts ne parlent pas. Donc, par voie de fait, je ne suis pas autorisé à ouvrir ma grande gueule de macchabée depuis le fond de mon trou renivelé. Mais Indy risque d'être perdue si elle se retrouve seule avec un cadavre muet, et elle va pas assez bien pour que je la laisse endurer ça tout de suite, alors qu'elle me doit rien. Y'a les gens avec lesquels je peux me permettre d'être odieux, ce avec lesquels je peux être chieur, et il y a les autres. Ils sont rares, mais ce sont des gens qui ne méritent vraiment pas de subir mes caprices, même s'ils le feraient sans broncher. On ne joue pas avec la sainteté, et Indy est une sainte. Je l'ai dit, je le sais, je n'en démords pas. À défaut d'un prêtre, une sainte, c'est pas mal pour mon enterrement. C'est la classe. Avec un peu de chance, sa bonté excessive m'enverra direct au paradis. Mais j'y crois pas trop. Quand on essaie de repêcher une âme damnée, les autres âmes damnées s'y accrochent et le fil ténu de la sainteté se brise, entraînant parfois dans le vide l'ange imprudent qui a voulu sauver ces misérables êtres. J'espère que je ne suis pas en train de m'accrocher à Indy. J'ai vraiment pas envie de l'emmener avec moi en enfer.

Ce serait égoïste de la garder juste pour moi. Injuste aussi. Et cruel pour elle. J'ai pas envie de me faire plus salaud que je ne le suis déjà.
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MessageSujet: Re: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Sam 26 Mai - 22:01

Choquée, c’était le mot. Elle le savait mais bizarrement lire une lettre confirmant les dires de sa défunte mère était bien plus dur qu’elle ne l’aurait imaginé. Ingrid, en cet instant se sentait seule, horriblement seule et isolée, abandonnée de sa propre famille, la seule qui lui restait. C’était ce qu’on disait souvent : « on ne choisit pas sa famille mais l’on peut choisir ses amis ».
Et c’est ce qu’Ingrid avait fait avec ce garçon qui lui avait semblé très agaçant au premier abord. Mais elle avait appris à composer avec son originalité et à s’en amuser. Et en cet instant, un moment de blackout total, c’était Morgan qu’Ingrid regardait avec douceur et gratitude. Parce qu’il était là, et qu’il la respectait. Qu’il comprenait sa douleur, et qu’il essayait de l’aider, de la guider sur le chemin qui lui ferait accepter au plus vite cette lettre horriblement décevante et blessante.

Ainsi, doucement, elle se laissa aller contre son Dieu préféré. Elle passa ses bras autour de sa taille et posa sa tête dans le creux de son cou. Il sentait bon. Il avait poussé le défi jusqu’au parfum. Un parfum doux et sucré, celui des fruits rouges. Tiens un point commun. Depuis qu’elle était toute petite, elle mettait du parfum à la mûre. C’était la tradition avec sa mère. A tous ses anniversaires, elle lui en offrait une grosse bouteille qu’elle utilisait comme elle le voulait.
Une larme coula sur sa joue. Puis Ingrid s’enfonça encore plus dans l’exploration des sensations que lui provoquait cette étreinte. Elle sentait la chaleur du corps de Morgan contre le sien, une chaleur réconfortante. C’était différent de sentiment de sécurité que l’on ressentait dans les bras de nos parents ou de notre père adoptif, il y avait quelque chose de plus intime, de plus compréhensif. Ingrid inspira un grand coup, serra plus fort la taille de Morgan. Puis elle lui murmura un gentil merci à l’oreille. Elle s’accorda encore quelques instants de cette étreinte qui l’apaisait puis se détacha de son ami à regret. Mais il fallait en revenir à la situation initiale. Elle ne laisserait pas sa tante gâchait un si bon moment entre amis. Alors, elle rangea la lettre dans sa poche, elle la montrerait le soir même à Keaton et se remit dans le contexte.

Elle voulait quand même s’excuser avant, car il devait avoir ses problèmes qui, pour elle, étaient tout aussi importants que les siens, et elle s’en voulait quand même de se mettre au centre de la scène. Il n’avait peut-être pas envie de subir ça, après tout cela restait inconfortable de devoir faire face à la détresse de quelqu’un. On ne savait jamais vraiment comment réagir, ou bien quoi dire. Les situations pouvaient en être bien vite gênantes. Enfin, lorsque ceci fut fait, elle se reconcentra sur la cérémonie, en se souvenant qu’ils n’avaient pas discuté des dispositions à prendre ainsi que des actions à mettre en place afin d ‘enterrer Morgan comme il se doit.
Mais voilà que le garçon n’avait pas réfléchit à la question ! Ils étaient bien avancés pardi ! Mais l’idée de jouer le prêtre plaisait bien à Ingrid. Elle pourrait aussi prononcer les vœux d’une amie, elle en était une. Enfin ce qui s’en approchait le plus en ce moment même , vu qu’il n’y avait personne d’autre qui connaissait Morgan en ces lieux plutôt glauques, bien qu’ils étaient apaisant pour la jeune fille. Elle sourit alors, lorsqu’il s’allongea à côté de la tombe de ses parents. Elle se disait, que s’il n’avait pas de famille elle lui aurait fait un place ici même, pour qu’à jamais il reste près d’elle. Ingrid était un peu égoïste, mais même dans la mort elle espérait pouvoir garder les gens qu’elle aimait le plus. Faisait-il donc partit des gens qu’elle aimait le plus ? Il fallait le croire…

« Je veux bien être ton prêtre d’enterrement et ton amie qui prononcera les vœux… Ainsi, je suis aujourd’hui dans l’obligation de vous annoncer le décès de notre cher et tendre ami Morgan Reese Jayden. Décédé le 24 octobre 2010, en la ville de Los Angeles, lors d’un pique-nique mémorable. Les causes restent à ce jour, inconnues, mais nous sommes tous la preuve que l’amour que l’on portait à ce jeune homme était sincère et se perpétuera même à travers la mort. Sa singularité faisait de lui un être exceptionnel et nous le garderons à jamais en notre mémoire aussi éphémère soit-elle…. Morgan était un ami cher pour moi, je l’aimais pour son originalité, son côté amusant, mais aussi pour la personne toute entière. Il n’était pas parfait, comme tout le monde, mais le principal c’est qu’il était là dans les moments durs. J’aurais aimé avoir l’occasion d’être là pour lui comme il l’a été pour moi. J’espère qu’il s’en souviendra et qu’il m’entend aujourd’hui. A jamais dans mon petit cœur DIEU »

Ingrid avait alterné entre les mots du prêtre et les siens, en tant qu’amie. Puis elle avait récupéré une rose rouge présente sur la tombe de ses parents et l’avait déposé sur le buste de Morgan. Pour enfin, déposer un baisé sur son front. Puis, ne sachant plus vraiment quoi faire, elle décida d’aller prendre son appareil photo, et elle prit le garçon ainsi, dans cette position de mort, pour enfin retourner s’assoir sur le plaid et finir de manger, pendant que Morgan lui finissait son passage spirituel dans l’au-delà. La salade composée était drôlement bonne ! Aussi la savoura-t-elle en l’honneur de son défunt ami. Pourquoi avait il choisit une mort spirituelle en ce jour ? Elle se le demandait, mais elle ne lui poserait pas la question. Après tout, il était assez grand pour savoir ce qu’il voulait qu’elle sache ou non. Enfin, à travers ses mots, elle espérait lui faire comprendre qu’elle était là s’il avait besoin d’une épaule sur laquelle se reposer, ou tout simplement pour parler. Certes, Ingrid était plus jeune que lui, mais elle espérait ne pas se tromper en affirmant qu’il avait compris qu’elle pouvait être bien plus mature que son âge le permettait normalement.
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MessageSujet: Re: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Dim 27 Mai - 22:33

Indy, petite prêtresse, te rends-tu seulement compte de ce que tu acceptes de faire ? Oui, sans doute. Ce doit être moi qui voit quelque chose de sérieux là où il ne devrait y avoir qu'un jeu, un délire d'adolescents sans conséquences. Parce que c'est ce dont il s'agit. Rien de ce que je fais ici ne changera quoi que ce soit. J'espère juste que ça m'aidera à me sentir un peu mieux. Rien qu'un peu. Allez, réveille tes ruines vieux chien. Ouvre les yeux, respire et assume ta position de mort-vivant. Écoute. Tu es mort aujourd'hui. Pas il y a deux mois, seulement aujourd'hui. Le prêtre utilise ton nom complet pour l'occasion. Écoute et retiens. Ce sont les derniers souffles de vie auxquels tu aies le droit d'assister. C'est triste quand même. Si les fantômes existent, ils sont probablement les plus tristes à leur enterrement. Enfin,, je suis mort. Depuis le temps que j'en parle, ça y est, c'est officialisé. Les causes restent mystérieuses, c'est aussi bien. Je n'ai pas spécialement envie qu'on sache quel genre de pathétique m'a mené jusqu'ici. Indy est un perle, son discours est vraiment émouvant. Je pleurerais s'il ne s'agissait pas de moi et si j'étais dans une position adaptée à l'écoulement de larmes. Encore que je ne sais pas si j'en ai encore. Je bois beaucoup, je me suis peut-être refait des réserves lacrymales.

Je dois faire un effort pour ne pas sourire face aux qualités qu'elle me prête. Exceptionnel, ça oui. Exceptionnellement stupide même. Singulier, je veux bien le croire aussi. Pour qu'on me pardonne d'être aussi bête, j'ai tout intérêt à être unique. Rester dans une mémoire éphémère, ça me plait bien. Flotter encore un peu dans l'esprit des gens et puis disparaître. Tranquillement. Mais je sais pas pourquoi je le sens pas. Je suis sûr de me faire maudire par un tas de gens entre-temps. S'ils pouvaient m'oublier, ça serait le pied. Mais de toutes façons Indy, le ciel couvert et l'humidité qui me donne froid aux pieds m'éloignent de tout ça. C'est peut-être égoïste, mais j'aime bien qu'elle me parle d'être là pour moi, même si je n'ai pas réellement fait grand chose pour elle. D'autant qu'actuellement elle est déjà là pour moi. Elle s'occupe de mon enterrement, de donner à tout ça une touche réaliste. Seul j'aurais pas réussi à obtenir un résultat comme ça. J'ai même souri dans ma barbe quand elle a prononcé le mot "dieu". Faut croire qu'elle aussi aime bien ce petit surnom. C'est pas très sérieux pour des funérailles, et ça me rappelle ma situation officieuse de vivant. Tout un travail de détachement métaphysique à refaire.

Heureusement qu'Indy m'aide. Enfin, m'aide. C'est pas exactement facile de faire le mort avec quelque chose sur soi. J'essaie de réduire ma respiration, sans grand succès. Heureusement, celle-ci se bloque d'elle même quand Indy s'approche de mon visage. Mort, je suis mort, je dois rester mort. Arrête de battre, cœur à la noix ! Elle ne va rien te faire, tu n'as aucune raison d'avoir peur ! Aucune, vraiment. Et pourtant. Je ferme les yeux. Rester concentré. Je suis mort, mon âme s'élève tout doucement, je ne sens plus mon corps allongé sur le sol, il n'y a aucune rose sur moi et aucun individu dangereux au-dessus de... moi. Maman. Tiens, ça faisait longtemps que je n'avais plus pensé à elle. Je lui donne des nouvelles de temps en temps. Des trucs ennuyeux, rien que du banal. Je lui ai pas encore dit que j'allais être père. Ou peut-être que je l'ai fait, je sais plus. J'ai parfois l'impression qu'elle vit dans une dimension très lointaine et que les lettres que je lui envoie pourraient tout aussi bien ne jamais arriver à destination. Pourquoi je pense à ça moi ? Ah oui, Indy est en train de m'embrasser sur le front. Je pourrais presque m'endormir. Je crois que j'ai entendu le bruit d'un appareil photo. Tout me semble aller très lentement, comme si j'étais l'acteur d'un film que quelqu'un passerait au ralenti juste pour me faire chier.

J'ouvre les yeux. Il va pleuvoir. C'était sensé craquer que demain, mais bon, c'est pas comme si je m'y étais pas attendu. J'attends avec concentration que les premières gouttes de pluie tombent, comme si elles avaient le pouvoir de me ressusciter. La pluie n'est-elle pas sensé redonner la vie aux désespérés ? Non ? Dommage. Une goutte. Deux gouttes. Et ça y est, il pleut. Je me sens pas vraiment mieux. Je ne fais pas un très bon décédé, autant me lever. Oh et puis non, je reste encore un peu. Douze gouttes. Seize gouttes. Pourquoi je reste couché ? C'est pas le fait d'être mort, je le suis depuis longtemps. La cérémonie ? Elle est finie. Alors quoi ? J'ai pas envie de me lever. Tout va tellement mieux quand on est mort. Allongé, au calme, sous la pluie. Si farouchement enfoncé dans le sol que rien ne peut nous en déraciner. Au repos. Le démon de la paresse est diablement tentateur, c'est fou. Bon, il faut que je me lève. Indy n'a pas à se retrouver seule avec un cadavre supplémentaire trop longtemps, ça serait pas sympa.

« À compter de ce jour je hanterai les vivants, entendu de ceux seuls qui croiront en moi, pour le meilleur et pour le pire jusqu'à ce qu'une seconde mort me libère de ce serment. Que mon cœur me soit arraché si je manque à mes devoirs. »

Assis à côté de la tombe, je regarde ma rose, la tournant et la retournant sous mes yeux. Jolie fleur, très jolie fleur même. Mon regard se pose un instant sur le pique-nique, mais revient très vite à la fleur. La nourriture est affaire de vivants. Les chrysanthèmes sont affaire de morts. Sauf que là, c'est une rose. Je réussis à ne pas me piquer. C'est assez étrange de mettre des roses sur une tombe à mon sens. Enfin, ce n'est pas étrange en soi, mais il m'a toujours semblé que c'était réservé aux anciens passionnés. Quand on était l'amant ou l'amante du ou de la défunte, ça se fait. Mais là sauf erreur c'est un couple qui est enterré, alors qui a bien pu avoir le mauvais goût d'y mettre des roses ? J'espère que ce n'est vraiment que du mauvais goût, si Indy doit apprendre qu'elle est adultère ça va pas l'aider à garder son auréole de sainteté. Déjà que c'est un miracle qu'elle l'ait encore. Cette fille est un concentré de miracles quand j'y pense. Faudra vraiment la faire béatifier à sa mort, elle le mérite. Je veux bien être témoin si je suis encore en vie. Enfin, il faudrait que je revienne au présent maintenant. Même si c'est pas facile. J'essaie de sourire pas trop tristement.

« Merci petite Indy. J'avais besoin de ça. Tu peux me poser n'importe quelle question maintenant, je suis assez détendu pour être philosophe. Enfin si t'en as hein, cherche pas des questions juste pour me faire plaisir. On peut aussi discuter sans se prendre la tête, c'est ta journée. Pour une après-midi, tes désirs sont des ordres, majesté.»

Je fais bien évidement référence à l'histoire de ma mort que je ne lui ai que brièvement expliquée, mais si elle n'est pas curieuse c'est aussi bien. Je crois que je pourrais admirer ce ciel encore longtemps, même s'il est gris. C'est joli aussi, le gris. Je me rend compte qu'il pleut et que je suis absolument pas couvert. Moi je m'en fiche mais Indy... Bah, elle me le dira si elle aime pas la pluie. Moi, j'ai des nuages à vénérer, des questions auxquelles répondre et une jeune fille à distraire de ses mésaventures épistolaires.
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MessageSujet: Re: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Lun 28 Mai - 7:16

Comment prendre autant les choses à la légère alors qu’elle se trouvait dans le cimetière où étaient enterrés ses parents à côté de la tombe de ces derniers. Et elle faisait un enterrement spirituel. Toute personne normalement constituée aurait fondu en larmes, ou bien même catégoriquement refusé de se prendre au jeu. Pourtant, Ingrid le faisait volontiers pour aider Lotus. Certes, son esprit était presqu’entièrement tourné vers ses défunts parents, mais en parlant ainsi, elle se rendait compte qu’elle ne supporterait pas de perdre Morgan.

Heureusement, il était jeune et il avait, normalement, encore de nombreuses années à vivre. Ainsi qu’elle allait vivre très vieille. Elle l’espérait d’un côté, même si le début de sa vie n’était pas signe de perfection. Mais après tout qui peut prétendre avoir une vie parfaite ? Mais elle avait déjà perdu les deux personnes les plus importantes de sa vie, elle ne supporterait surement pas de perdre les personnes qui composaient sa nouvelle vie. D’autant, qu’elle comptait les gens qu’elle appréciait vraiment sur les doigts d’une seule main, et qu’ils composaient à présent son centre d’équilibre, celui qui lui permettait aussi de maîtriser de mieux en mieux sa capacité, car c’était pour eux, qu’elle faisait tant d’efforts.

Enfin, le discours fut finit, et elle avait remarqué que pour un mort, Morgan faisait beaucoup de grimaces et de sourire, mais elle avait tenté de garder son sérieux jusqu’au bout, pour lui offrir se repos spirituel surement bien mérité. Elle compléta même le rituel d’une fleur et d’un baiser. La sensation étrange qu’elle eut en achevant le procédé lui fit monter les larmes aux yeux. Ingrid s’était tellement bien prise au jeu, qu’elle avait l’impression de perdre une partie de son ami. Mais elle savait qu’il était encore là, bien vivant, près d’elle, même si la cérémonie avait un tout autre but que celui-ci. Elle espérait juste que ça l’aiderait vraiment à rentrer de nouveau en paix avec lui-même.

Enfin, elle reprit sa place et se mit à manger. Jusqu’à ce qu’une goutte tombe sur le bout de son nez, la faisant loucher et louper sa bouche avec la fourchette. Sans faire de bruit elle pouffa et se leva pour ranger toutes les affaires dans les sacs. Prévoyant la grosse pluie que les nuages apportaient. Elle cala alors ces mêmes sacs contre la tombe de ses parents et puis s’assit à côté, continuant à manger sa salade. Oui Ingrid avait faim et Morgan se lèverait lorsqu’il le jugerait nécessaire.

En attendant, Ingrid pouvait observer le ciel, et chaque goutte d’eau qui en tombait. Elle s’allongea d’ailleurs sur un morceau de tombe pour mieux voir le ciel. Le temps que prenait Morgan à finir son enterrement spirituel, Ingrid le prenait à faire son deuil. A repenser aux derniers mois, et à voir le visage de ses parents se dessiner dans les nuages. Ses larmes se mélangeaient à la pluie, heureusement, car cela aurait pu porter à confusion. Mais elle se demanda, pendant encore combien de temps, elle aurait le visage de ceux qui l’avaient le plus aimé au monde, en mémoire. Que c’était frustrant de se dire qu’un jour ou l’autre, elle ne serait plus capable de visualiser le visage de sa mère lorsqu’elle faisait les bons petits repas familiaux, ou encore celui de son père en train de la houspiller parce qu’elle travaillait trop.
Une, deux, trois larmes… Il fallait se reprendre, alors elle se redressa, essuya ses yeux, et se laissa surprendre par Morgan qui la remerciait. *Oh mais de rien !* Le Indy, qu’il utilisait si souvent lui rappelait qu’il était plus vieux qu’elle et elle se demandait vraiment qu’elle âge il avait.

« Quel âge tu as ? »

Aucun rapport, mais alors plus hors sujet que ça on pouvait difficilement faire ! Mais ses pensées s’étaient si vite matérialisées en mots, qu’Ingrid se choquait elle-même. Elle regarda Morgan avec des yeux aussi ronds que de petits abricots, puis commença à pouffer.

« Je suis désolée. C’est sorti tout seul ! Si tu me racontais comment tu en es arrivé là ? A vouloir t’enterrer… »

Ingrid lui prit la main et l’entraîna à ses côtés, sur la tombe. Puis elle lui fourra le reste de sa salade dans les mains avant de remplir à nouveau leurs verres. La pluie continuait toujours de déferler, et ils étaient trempés. Mais Ingrid aimait bien sentir toute cette eau déferler sur son visage et puis sur le reste de son corps. Et s’il fallait elle pourrait demander à Morgan de lui faire peur ou autre pour déclencher sa capacité et avoir un peu de chaleur. Mais ce n’était pas le but, les bonnes choses de la vie étaient mieux en étant des êtres normaux.

« En fait, tu ne parles jamais de toi, mais tu sais que je suis là si tu as besoin… Tu connais beaucoup de choses sur moi à présent et tu as été là tout à l’heure, donc je ne peux que te rendre la pareille. »

Ingrid lui sourit chaleureusement, et posa finalement sa tête sur son épaule. Mouillés pour mouillés, ni l’un ni l’autre n’était à ça près. La jeune fille avait pris goût à son contact. Chaleureux, innocent et doux. Tout ce qu’il lui fallait. Etait-ce la perte de ses parents qui la rendait ainsi en quête de tendresse auprès de ses amis ? L’adolescente n’aurait su l’affirmer, mais cela paraissait bien évident aux yeux du monde. Le vide formé par la mort de deux parents, appelle forcément à être combler, un jour ou l’autre, et de quelque manière que cela soit. En l’occurrence, en cet instant même, c’était garçon tout à fait particulier qui l’avait d’abord agacée et qu’elle appréciait à présent beaucoup qui remplissait ce vide. Comme Keaton ou Sonny ou même Jayden en étaient capable.
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MessageSujet: Re: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Lun 28 Mai - 12:14

Mon âge ? Là, pour le coup mon amusement n'a pas empêché que mon visage laisse transparaître une certaine incrédulité. Je lui dis de me demander ce qu'elle veut et elle me demande mon âge. Qui douterait de sa sainteté avec ça ? N'importe qui d'autre en aurait profité pour poser une ou plusieurs questions embarrassantes. Je pense surtout à My love là. Deuxième rencontre, direct, comment tu fais pour les relations amoureuses avec tes ongles. Vlan ! Le contraste pourrait pas être plus grand entre ces deux filles. Je devrais arrêter de les comparer, c'est malsain. Mais elles sont tellement opposées que c'en est frappant. Le fait que cette question lui soit venue toute seule m'étire un sourire, un sourire durable cette fois. Elle est adorable. Enfin, adorable ou pas elle se reprend bien vite et pose la question problématique. Ma faute, je lui en ai donné le droit. Et au moins, je sais qu'elle n'a pas demandé mon âge pour endormir ma méfiance ou faire juste semblant de respecter la vie privée. Elle n'a simplement pas l'idée d'être indiscrète naturellement. Une véritable amie.

Je ne m'attendais pas, en revanche, à ce qu'elle me reproche gentiment de ne rien lui dire. C'est vrai que je n'aime pas assommer les gens avec mes problèmes, en particulier quand ils vivent eux-même des trucs moyennement chouettes. D'une façon générale, j'ai toujours l'impression d'être agressif quand je me mets à raconter mes malheurs. Du coup ça m'arrive presque toujours de façon involontaire. Quand je craque, ou quand je bois. J'ai le vin triste, certains l'ont joyeux il paraît. Moi l'alcool, en me désinhibant, m'autorise à pleurnicher sur l'épaule du premier venu. C'est comme ça que je me suis retrouvé à devoir un service à Aden. Mon amant psychopathe. Et à côté de ça je n'ai parlé à Andy de mes problèmes qu'à demi-mot dès que j'ai su que sa petite amie était morte. C'est décidé, cette fois je fais l'effort d'être franc, de façon consciente, parce qu'Indy est une amie et qu'elle me le demande. Et puis, c'est vrai que peu de gens aiment avoir une dette envers quelqu'un. Même si c'était pas prévu, je me suis trouvé là à un moment ou elle avait besoin d'être soutenue, à la place de quelqu'un qui aurait eu le droit de la rassurer. Je lui dois bien la réciproque.

« Alors déjà j'ai vingt ans. Et je suis mort de façon assez éparpillée. Faut savoir que l'Amour de ma Vie était devenu mon meilleur ami depuis deux ans, quand j'ai rencontré la mère de mes enfants. On se connaissait pas vraiment, elle a squatté chez moi et m'a demandé de lui faire des enfants. Je voulais pas, évidemment, mais on a parlé d'un tas de trucs, notamment mes ongles. Ces machins sont plus solides que le sommier de mon lit, et tranchants avec ça. Elle disait qu'il y avait forcément un moyen de rendre ça supportable. Qu'il y avait d'autres gens comme ça, avec des dons et des machins, que mes ongles avaient forcément un côté positif ou que je devais avoir un certain contrôle dessus. Plus elle parlait et plus je me sentais mal, elle se rendait pas compte que ce qu'elle disait me déprimait encore plus. J'étais au fond du gouffre, alors j'ai accepté. Je me suis saoulé ce soir là, pour oublier la connerie qu'on faisait. »

C'est quand même stupide quand on y pense. J'ai accepté de faire des enfants à une mineure parce qu'elle avait réussi à me faire déprimer. Aussi bête que la bêtise humaine elle-même. C'est par esprit de contradiction que j'ai accepté cet accord insensé. Je sais plus ce qui m'est passé par la tête, mais c'était à moitié mégalo. J'avais envie de faire un pied de nez à la mort, ou de narguer la Nature elle-même. Je sais plus trop. J'avais envie de me sentir maître d'un truc qui relève du monde, à défaut de maîtriser ma propre foutue "capacité" que personnellement j'appellerais plutôt "déformation biologique non-viable". Indy va pas m'aimer quand j'aurais fini de parler. Elle me dira que je suis un imbécile, et un salaud. Elle aura raison. Elle va s'éloigner de moi, et ça sera sans doute mieux. Non, je dois pas me soucier de ça. J'ai dit que j'étais franc, je dois le rester jusqu'au bout.

« On a réussi du premier coup, comme par miracle, et j'ai commencé à flipper. Surtout, je me suis aperçu qu'elle était plus jeune que je ne pensais. Elle devait avoir dix-sept ans à tout casser. J'en ai parlé à l'Amour de ma Vie, mais il venait de perdre sa petite amie. Il voulait venger sa mort, je voulais pas lui prendre la tête avec mes problèmes. J'essayais de l'empêcher de se saouler et je sais pas pourquoi, je l'ai l'ai embrassé. J'ai pas assumé, je me suis barré. J'ai perdu Andy ce jour-là, même s'il est mort qu'à la fin de l'été. La première partie de moi est morte là. Après je me suis mis en couple avec un psychopathe, et la mère de mes enfants m'a informé qu'il bossait pour son père, chef d'une équipe de docs complètement tarés, et qu'il aimait bien lui ramener ses trouvailles comme un brave toutou. J'avais essayé d'oublier cette histoire de capacités et de médecins fous, et elle me l'a renvoyée dans le nez, j'ai eu l'impression que tout m'y ramenait, j'ai pas supporté. J'ai été un connard quand elle m'a dit ça. Je l'ai laissée tomber. Je lui ai dit des trucs vaches pour qu'elle m'en veuille le plus possible et arrête de me parler. Ce qui restait de moi est mort avec les vacheries que je lui ai lancées. Tu vois, j'suis pas quelqu'un de gentil. J'ai préféré abandonner une jeune fille enceinte que de faire face à ce qui me faisait peur. On peut pas dire que j'ai gagné le droit de mourir en paix. »

Je l'ai pas regardée dans les yeux de tout ce discours. J'ai pas osé. Je sais pas si je vais y arriver maintenant d'ailleurs. Je suis mort, j'ai été enterré, j'ai une amie en la personne d'Indy. Pourquoi tout ça me fait toujours aussi mal ? J'arrive pas à pleurer. J'arrive pas à oublier. J'ai une vie devant moi, mais il y a toujours celle que j'ai laissée qui me plombe, malgré tout ce qu'on a fait. Ce qui est dur, surtout, c'est de savoir que je pourrai jamais réparer. Andy est mort, Adam disparu, My love est enceinte, et tout ça n'est pas près de changer. Je dois vivre avec ça. Sauf que j'y arrive pas, ça me bouffe, ça me vide de mon énergie. De temps en temps, grâce à Indy ou à des gens souriants comme elle j'ai l'impression de revivre. Et puis je replonge, et ça me fait encore plus mal. J'ai fait le vœu d'oublier, j'ai voulu être un connard insensible. Non seulement j'y suis pas arrivé mais en plus je paye maintenant le prix fort pour ma débilité. Si Indy me parle encore avec ça, j'attendrai pas sa mort pour écrire au Vatican et leur dire que le messie est revenu nous sauver.
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MessageSujet: Re: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Mar 29 Mai - 18:55

Ingrid pouvait parfois être un vrai boulet, mais lorsqu’elle partait dans ses songes et qu’on la ramenait à la réalité, il ne fallait pas s’attendre à mieux. Aussi, au lieu de répondre à la question de Morgan ou du moins à son appel à question, sur un sujet sérieux, tout de même, elle avait spontanément demandé son âge. Non pas que le reste ne l’intéressait pas, au contraire, mais sur l’instant même, elle avait une autre demande à satisfaire. Et voilà qu’elle avait prononcé les mots avant même de réfléchir à leur impacte ! Et puis, comment violer la vie privée de quelqu’un qui n’arrive pas à raconter ses problèmes spontanément ? Ingrid n’aimait pas forcer la parole. Elle préférait que les gens viennent à elle, c’était peut-être pour ça aussi qu’elle n’avait pas beaucoup d’amis. On avait peut-être l’impression qu’elle ne s’intéressait pas aux autres. Ce qui n’était pas le cas. Car quand on la lançait sur un sujet elle ne s’arrêtait plus tant que sa curiosité n’était pas satisfaite.

Elle ne reprochait pas à Morgan de ne rien lui dire, elle lui faisait juste un constat. En somme que demander à quelqu’un qui ne se confie pas ? Si l’on part du principe logique que quelqu’un qui ne se confie ne veut pas étendre sa vie privée, la réaction d’Ingrid était des plus logiques, mais bon elle lassa finalement sa curiosité prendre le dessus. Elle se disait que Morgan l’y avait autorisé alors pourquoi s’en priver ? Et elle ne serait pas déçue. Plus Morgan racontait son histoire, plus elle faisait les yeux ronds, moins elle comprenait et pourtant plus elle compatissait à son sort. Comment avait-il pu encaisser tout ça ? Comment avoir un comportement exemplaire quand à vingt on avait vécu tant de choses ? Ingrid qui avait une capacité émotionnelle digne d’une petite cuillère aurait volontiers pleuré pour Morgan à cet instant-là.

Encore l’Amour de sa vie qui devient son meilleur ami, ça peut être gérable. Encore qu’Ingrid ne trouvait pas comment. Parce qu’en général quand on aimait autant une personne on ne pouvait plus la voir autrement après. Mais admettons. Mais alors la nana qui demande de faire des gosses à un gars qu’elle connaît à peine et si jeune juste par pure égoïsme… Quelle peste ! Ingrid ne l’appréciait pas d’avance celle-là. Puis en plus le faire culpabiliser avec des belles paroles alors qu’il avait auparavant dit non, encore plus garce ! Et manipulatrice par-dessus le marché ! Mais Ingrid nota dans un coin de sa tête que Morgan semblait être comme elle. Un mutant, et sa capacité touchait ses ongles. Personnellement elle aurait préféré ça que de s’embraser. Elle ne fit aucune remarque et préféra le laisser continuer sur sa lancée, l’encourageant d’un signe de tête.

Bon par contre la suite lui déplut quelque peu. Il avait abandonné la garce. D’un côté elle ne pouvait que comprendre, sa frayeur surtout. Cela devait faire flipper de se retrouver père à vingt ans. Surtout avec une fille pareille ! Ingrid aurait voulu lui arracher les yeux. Par contre le fait qu’il perde celui qu’il aimait cela devait être très triste, et rien que le fait qu’il considère qu’une partie de lui soit morte le jour où il a balancé tant de vacheries à la mère de ses enfants prouvait qu’il n’était pas quelqu’un de mauvais. Juste un garçon un peu paumé à qui il arrivait pas mal de problèmes et qui ne savait plus ce qui était bien ou mal, qui ne savait plus vraiment se comporter. Ingrid ne lui passerait pas tout, mais elle comprenait sa détresse et la première et seule chose qui lui vint à l’esprit c’est de le prendre dans ses bras. Elle s’était redressée, et avait, avec ses mains, posé la tête de Morgan contre son ventre pour le serrer aussi fort que possible contre lui. Puis elle finit par s’écarter.

« Je comprends… Tu n’as pas toujours bien agis, certes, mais je crois que personne ne pourrait être capable de surmonter tout ça en ne faisant aucune erreur. Tu n’as fait que suivre ton instinct et tes sentiments. Peut-être es-tu simplement trop gentil ? AU point de vouloir faire plaisir et d’agir sans réfléchir et de te faire du mal ainsi qu’aux autres. Par contre j’espère que je ne rencontrerais jamais la mère de tes enfants car c’est une vraie garce ! Comment peut-on manipuler comme ça quelqu’un pour avoir des gosses et après lui en vouloir pour ce qu’il ressent, alors qu’il ne voulait pas. Ah je la giflerais bien sur le champ pour ce qu’elle a fait ! Et Morgan, tu ne dis que tu n’es pas gentil, mais pour moi, le simple fait que tu t’en veuilles d’avoir eu des paroles malheureuses avec elle démontre tout à fait le contraire. Tu te punies toi, de ce qui s’est fait, mais n’oublies pas que tu n’étais pas tout seul. »

Ingrid se rassit à côté de lui et lui tourna le menton vers elle.

« Pourquoi tu ne me regardes plus ? »

Ingrid n’était pas une sainte, juste une jeune fille méthodique, qui l’était devenue grâce à sa mère qui analysait chaque situation avant de prendre une décision. Bon ça ne l’empêchait pas d’être impulsive non plus, mais il était une chose que l’adolescente détestait par-dessus tout :
l’injustice et le jugement Atif.

« Tu veux que je te raconte mon histoire ? Je te dois bien ça je crois… »

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MessageSujet: Re: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Sam 2 Juin - 20:03

Elle comprend. Elle comprend ?! Y'a quelque chose de pas normal là. Moi même j'ai pas bien compris, ni ce qui m'arrivait ni pourquoi j'ai agi comme je l'ai fait. Et elle me dit qu'elle comprend ? Je suis un peu dubitatif là. Je sais qu'elle est sainte mais y'a des limites à la bienveillance naturelle. L'excuse des circonstances, elle est bien belle. Si l'être humain ne faisait que suivre son instinct et ses sentiments, ce serait la guerre de chacun contre tous. On se foutrait sur la gueule pour un oui pour u non, on sa battrait pour se reproduire, on n'aurait aucune fierté, y'aurait pas de propriété, pas de sécurité possible. Ce serait la jungle. Je suis pas pour une société bien rangée-contrôlée-maîtrisée, mais j'ai pas non plus envie de laisser place à l'anarchie pure. Trop gentil, ouais sans doute. Tellement que je suis pas fichu de faire des choix, tellement de finalement je fais souffrir tout le monde. Être gentil, c'est nul. Être honnête, c'est bien. Pragmatique aussi. Moral à la rigueur, encore que j'aime pas le terme. Mais gentil ? Dire à quelqu'un qu'il est gentil, c'est un peu comme lui dire ouais, t'es le pire des crevards mais ça partait d'une bonne intention. Sauf qu'étrangement, c'est jamais les victimes qui disent ça. Faut pas être concerné pour pardonner les bonnes intentions.

Mon cœur se serre en entendant Indy traiter My love de garce. En un instant, je visualise les fous rires qu'elle m'a provoqués. Le repas qu'elle m'avait payé, la première fois. L'écharpe qu'elle m'avait refilée la première fois qu'on s'est rencontrés. La fille hyperactive, un peu immature, complètement insouciante qu'est My love. Non, c'est pas une garce. Juste une gamine. Elle se rend pas compte du mal qu'elle peut faire, je suis même pas certain qu'elle sa rende bien compte de cette façon qu'elle a de s'approprier les gens. Elle m'a manipulée sans en avoir vraiment conscience, parce que je suis quelqu'un de très manipulable voilà tout. Elle m'en aurait pas spécialement voulu d'être dépassée par le fait d'être père. C'est quand j'ai brisé notre amitié que tout s'est effondré. Elle m'en voulait pas pour ce que je ressentais, juste pour ce que je lui ai dit. Et elle a eu raison de m'en vouloir. J'imagine Indy la gifler. C'est ridicule. D'autant plus ridicule que ce serait la deuxième fille a vouloir me protéger. J'ai pas envie qu'on me protège. D'une, c'est pas à elles de le faire et de deux, ça vire toujours au drame. Et pour moi ! Une protection qui implique de me mettre en miettes, merci bien. Encore que je suis déjà en miettes. Mais on sait jamais, y'a toujours moyen de sauter à pied joint sur mes restes pour en faire du sable je suppose.

Honnêtement, je crois pas qu'être un adepte de l'auto-flagellation soit une excuse pour ce dont on s'accuse quand c'est vrai. Et c'est pas vraiment possible de dévier de que j'ai fait vers de la subjectivité. Ni en bien ni en mal. Que je me punisse ou non, je serai toujours coupable. Mes mots, mes serments sonneront toujours faux. Je n'étais pas tout seul, sans doute eut-il mieux valu le contraire. Si j'avais été seul je n'aurais eu personne à blesser. Alors que là. Les mots que je lui ai jetés à la figure, en pleine rue, me reviennent. Et tu me demandes pourquoi je ne te regardes plus ? Je peux te regarder, si tu veux. Tiens, je le fais. Tu vois. J'suis une loque, un pauvre type. Et je le mérite. Mais tu peux pas comprendre ça pas vrai ? Pour toi quelqu'un qui souffre doit être aidé, peu importe ce qu'il ou elle a fait. La souffrance devrait être éradiquée n'est-ce pas ? C'est ce que pensent les gens gentils. Les saints, comme toi et moi. Sauf que moi j'ai échoué. On verra quand toi t'auras fait un truc que tu te pardonneras pas.

« Tu ne me dois rien du tout, et surtout pas de te forcer à quoi que ce soit. Si tu as besoin de parler, tu me parles. Sinon, j'en sais déjà assez pour ne pas faire de gaffe je pense. Je dis ça c'est pas pour que tu renonces mais... si ce que tu me dis doit être dit sous la pression parce que t'as l'impression qu'il y a un équilibre à rétablir, je préfère pas. Je sais garder les secrets, quand on me les donne, mais faut pas que ça tourne au rapport de force. »

Je dis ça mais au fond je suis flatté qu'elle me le propose. Sauf que je sais pas trop comment réagir par rapport à ça. On dit tout le temps qu'il faut pousser les adolescents à s'exprimer, mais je sais pas. Indy a plutôt l'air de se reconstruire, est-ce que ça lui fera vraiment du bien de me raconter ? Et si elle doit parler, est-ce bien sain que ce soit à moi ? Keaton est plus indiqué que moi pour ça. D'un autre côté, ce n'est pas Keaton qui est là. C'est moi. Sain, pas sain ? C'est pas la question. Elle a décidé que ça devait être moi. Coup de pression. Je me rend compte tout à coup que je suis pas capable de gérer. Quoi que. J'ai bien géré un paranoïaque sous amphèt, un klepto snob et une pyromane hyperprotectrice. Une fille qui a perdu ses parents, ça peut pas être plus difficile que ça si ? Y'a pas à l'empêcher de faire du mal aux autres ni à lui coller de baffe éducative. Suffit d'être là, et être là c'est ce que je fais le mieux.

Tellement que je me retrouve souvent là au mauvais moment.
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MessageSujet: Re: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Dim 3 Juin - 16:22

Ingrid n’était pas du genre a pardonner à tout le monde. La preuve elle ne pardonnait toujours pas à Craig son comportement avec elle. Par contre elle avait tendance à croire qu’il est des gens qui ont besoin d’être sauvés, et qui ont besoin de compréhension. D’être rassurés, d’être guidés. Pour elle Morgan était l’une de ces personnes. Il faisait des conneries, et il devait les réparer certes, mais ce n’est pas pour ça qu’il devait vivre plus bas que terre. Nous faisons tous des erreurs. Il faut juste apprendre à les gérer au mieux et à se faire pardonner comme il se doit. Elle ne le prenait pas en pitié, elle voulait sincèrement être là pour lui. Parce que c’était dans sa nature. Vouloir aider les gens et faire ressortir le meilleur d’eux même, c’est ce qu’elle aimait faire, même si parfois elle était des plus maladroites.

Il ne la regardait tellement plus tellement il avait honte de ce qu’il avait fait. Ingrid lui avait fait part de ses ressentis et elle n’aurait peut-être dû. D’autant qu’elle juger a mère des enfants de Morgan, mais comment ne pas faire autrement avec ce qu’il lui racontait. Pourtant lorsqu’il la regarda à nouveau, le regard vide, triste, et sans vie presque, elle ne put s’empêcher de prononcer un :

« Désolée »

Oui parce qu’elle n’avait aucun droit et qu’elle ne voulait pas le blesser. Enfin, en même temps qu’elle réfléchissait à comment tourner ses pensées, elle proposa à Morgan de lui conter son histoire. Pour lui montrer qu’elle n’était pas aussi sainte qu’il le pensait, pour lui montrer qu’elle aussi faisait des erreurs, et qu’elle avait un désastre sur la conscience. I ne voulait pas qu’elle se force, ce qu’il ne comprenait pas, c’est qu’il l’avait accepté en tant que telle, aussi simple soit elle, aussi impulsive soit elle, et il ne lui en voulait pas plus que ça d’avoir eu des paroles malheureuse, elle ne se forçait donc pas. C’était naturel pour elle, pour Ingrid qui manquait de gens à aimer. Elle aurait voulu se confier plus, être prise dans les bras de gens qui l’aimaient, mais elle ne savait pas comment faire totalement confiance. Avec Morgan, comme avec Sonny c’était différent.

« Tout d’abord je ne me force pas, sache le, jamais quand je suis avec toi. Mais avant que je raconte ma vie pas passionnante du tout, je voudrais te soumettre une idée. Tu sembles t’en vouloir énormément pour la mère de tes enfants, alors pourquoi ne pas te rattrape ? Pourquoi ne pas l’inviter à manger ? Pour ne pas lui organiser une soirée de folies pures ? »

Et bien quoi ? C’est vrai, lorsque l’on s’en veut pour quelque chose, généralement on se rattrape, et s’il avait besoin d’aide elle serait ravie de l’aider, même si elle n’approuvait pas le comportement de cette fille. Mais tout ce qui l’importait c’était que Morgan se sente un peu mieux.

« Bon pour ce qui me concerne je ne sais pas trop par où commencer. En fait c’est très simple.
J’ia toujours été un peu solitaire, ou marginale. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais je n’arrivais pas vraiment à me faire des amis. Puis un jour, un été, je suis devenue une femme, mais quelque chose n’allait pas, j’ai eu peur et mes mains se sont embrasées. J’ai fait un premier séjour à l’hôpital, mais on a rien trouvé à part une température anormalement élevée. J’ai été gardé en observation puis j’ia pu retourner chez mes parents. Un mois plus tard, je rentrais à la maison avec maman quand on a entendu des bruits. Il y avait un cambrioleur, qui avait déjà kidnappé mon père. Il m’a pris fermement dans ses bras, et j’ai souhaité qu’il meurt, qu’il me lâche et j’ai eu tellement peur. D’un coup tout a pris feu. Et j’ai été la seule qu’on a retrouvée au milieu des cendres de la maison. Mon corps avait pris feu et le feu s’est propagé. J’ai entendu mes parents et le voleur hurler, et je les ai vu se consumer jusqu’à ce que la fumée me fasse tomber dans les pommes. Je suis alors restée un mois à l’hôpital en tant qu’orpheline jusqu’à ce que Keaton me reveuille. Je me sens coupable. J’aurais pu parler à mes parents la première fois que j’ai vu mes mains s’embraser, mais je n’ai rien dit et ça leur a couté la vie. Et maintenant, je suis devenue une autre personne, je suis plus colérique qu’avant…. Enfin voilà, on a tous notre lot, il suffit d’essayer de se racheter au maximum
»

Alors qu’elle parlait Ingrid regardait la tombe de ses parents. Son regard était un peu vide, comme s’il vagabondait parmi les images du passé qui lui restaient. Lorsqu’elle acheva son récit, elle regarda de nouveau Morgan et lui donna un sourire. Elle se sentait plus légère et son regard était celui d’un remerciement silencieux.

« Je suis contente finalement que l’on se soit rencontrés Morgan tu sais ? »
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MessageSujet: Re: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Mer 6 Juin - 21:09

Me rattraper ? Nan, ça je crois pas que ça va être possible. Elle a quand même fini par valider toutes les horreurs que je lui ai dites par le plus tonitruant "connard" qu'il m'ait été donné d'entendre. Et puis, l'inviter à manger, c'est pas franchement la meilleure idée. Le jour où je l'ai jetée, c'était justement elle qui m'avait invité. Pas n'importe où, un coin chic. Je me souviens déjà pus du nom, ni des couloirs. Je me souviens seulement de la porte par laquelle j'étais entré, sorti, rentré, puis par laquelle j'avais fui. Ce film-là, je peux me le repasser en boucle autant que je veux, ça me fera que du mal et j'y trouverai pas de solution. Je préfère entendre ce qu'Indy a envie de me dire. C'est rassurant de me dire qu'elle ne joue pas la comédie avec moi. Je suppose que ça pourrait aussi être inquiétant, responsabilisant, mais je n'ai plus la force de me soucier de ces choses. C'est tout juste si je me suis souvenu de mes vieux principes, assez pour lui dire de ne pas se forcer à parler. Et ce n'était même pas utile. Alors parle, petite Indy, je suis là pour t'écouter.

J'écoute, mais plus j’écoute et plus je sens ma gorge se serrer. C'est pas normal, c'est pas humain de vivre ça. Même moi qui suis débile et égocentré j'ai encore mes deux parents. Quelque part, qui m'écrivent de temps à autre. Je suis pas responsable d'eux et je le serai jamais. Ma capacité n'est pas viable, mais elle a au moins eu le mérite d'apparaître à un moment où je ne pouvais faire e mal à personne. Après, j'ai du m'adapter, mais c'était relativement facile quand j'y pense, en tout cas par rapport à Indy. Des flammes. Le feu, ça m'a toujours fasciné, mais pour le coup je crois que je me serais mis à tout détester. Le feu, la matière, le monde. J'en aurais voulu à la terre entière de ce qui serait arrivé, ne serait-ce que pour me protéger. Elle, elle en veut à personne. Elle se sent coupable. Coupable d'avoir voulu la mort d'un type qui menaçait ses parents et d'avoir assisté, impuissante, à la réponse des cieux. La réponse des cieux. C'est un peu ce qui m'est arrivé quand on y pense. À quoi bon l'oublier sans cesse ? J'ai voulu mourir. J'en ai reçu les moyens. Mais j'ai pas été fichu de les utiliser et je m'en suis remis. Puis j'ai voulu tenter la vie quand même. Bien m'en a pris, je suis mort aujourd'hui. Et vivant par-dessus le marché.

En tous cas, je comprend mieux maintenant sa philosophie, et la reconnaissance qu'elle a envers Keaton, et sa volonté de parler, pour cette fois, bien que je sois une des personnes les moins indiquées. Le silence. Se pourrait-il que le silence soit l'erreur fatale à tout être humain ? En nous taisant, nous permettons à nos proches de nous faire du mal sans même le savoir. En ne parlant pas, nous les empêchons de nous aider. Et nous ne nous défendons pas non plus. J'imagine bien comment elle a pu être, enfant. Calme, gentille, trop gentille sans doute. Silencieuse, surtout, pas encline à imposer son point de vue ni peut-être même sa présence. J'ai vu des enfants comme ça. Tous ne changeaient pas, mais certains finissaient par communiquer au contact des autres. Et d'autres se fermaient complètement, s'enfermant de plus en plus hermétiquement dans une bulle qui leur causait les plus insupportables souffrances lorsqu'elle disparaissait, brisée par la cruauté ou même la simple curiosité des autres. Est-ce que c'est ça qu'elle voulait dire par solitaire ? Arriver à se faire des amis, quand on y pense, c'est une expression un peu sotte je pense. C'est pas quelque chose qu'on projette, qu'on planifie, ça arrive comme ça. On communique avec les gens, et certains s'avèrent nous être plutôt d'agréable compagnie, assez pour qu'on veuille les supporter plus que ne l'impose la politesse. En tout cas c'est comme ça que moi je le vois. Je ne sais pas si Indy est vraiment devenue une autre personne. En tout cas j'aime bien celle qu'elle est maintenant. Sauf quand elle parle de se racheter. Moi, je veux bien, mais elle il n'y a rien qu'elle doive se reprocher. C'est presque sans y penser que je l'entoure de mes bras, lui apportant un soutien qui me paraît naturel.

« Je suis content de ça aussi, tu sais. Mais je crois que tu n'a rien à racheter réellement. Tu n'as à aucun moment voulu ce qui est arrivé, alors que j'ai forcé chacun de mes mots à être blessant en sachant que ça ne serait pas réparable. Je pensais pas me faire du mal à moi-même de cette façon, mais le mal que je pouvais lui faire, à elle, m'était complètement indifférent, alors que colérique ou pas tu es toujours très prévenante. Une sainte, et une martyr, qui a le courage de chercher un bon fond au plus odieux des morts. Tu sais, je crois que c'est pas l'incendie qui t'a changé, c'est ta volonté et uniquement ta volonté d'intervenir. C'est sûr que ça a à voir avec ce qui t'es arrivé mais c'est toi qui a décidé de changer, et rien que pour ça tu mériterais un culte. »

Je ne sais pas si je suis clair mais pour moi c'est logique. Se sentir impuissant donne envie d'avoir prise sur le monde, ce qui implique de sortir de son mutisme et d'aller vers les autres, quitte à risquer la confrontation. Or, si on ne s'est jamais confronté aux autres avant, les premiers clash font d'autant plus d'étincelles que l'on a d'énergie destructrice accumulée depuis tout le temps de la bulle. Ouais, ou alors je délire complètement en essayant de comprendre des mécanismes qui m'échappent complètement, ça marche aussi. Mais je préfère penser que j'y comprend quelque chose. Si j'y comprend rien je pourrais pas contredire Indy quand elle prétend que j'ai un bon fond. Ce qui est mathématiquement pas possible, encore que je sois pas tout à fait certain de la façon dont ça s'explique.

« Métaphoriquement hein, je vais pas te construire un Autel ni sacrifier quoi que ce soit en ton nom. C'est juste... une forme d'admiration. Je m'enfonce là. Tu veux une pomme ? J'en ai apporté quelques unes... »

Faut juste que le reste les ait pas écrasées, mais j'ai pas eu trop de malchance murphyque ces derniers temps donc peut être que. Notons au passage ma formidable stratégie de détournement de la conversation, très discrète et subtile, toute en transition douce et imperceptible. JE suis le meilleur.
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MessageSujet: Re: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Sam 9 Juin - 15:54

Raconter son histoire avec tant de détachement, voilà qu’elle n’aurait pas cru cela possible. Cela ne faisait pas longtemps qu’elle habitait avec Keaton, et encore moins pour elle que ses parents étaient décédés. Mais changer de vie, et avoir déballé son sac avec Keaton lui avait fait changer de philosophie. Elle savait qu’elle ne pouvait pas éternellement s’apitoyer sur son sort, elle savait que des gens vivaient pires qu’elle. Elle savait grâce à son séjour à l’hôpital, qu’elle devait se battre, pour elle, mais aussi pour ses parents. Elle avait compris qu’ils voulaient le meilleur pour elle, qu’ils en avaient toujours été ainsi. Et avoir un nouveau tuteur lui donnait cette opportunité qu’elle n’aurait jamais espérée durant son séjour médical.

Morgan écoutait bien ce qu’elle disait. Elle voyait qu’il la suivait, mais le regard qu’il avait lui montrait qu’il était accablé parce qu’elle lui apprenait. Ce n’était pas l’effet qu’elle désirait, mais au fond à quoi s’attendait elle de plus ? Elle aurait voulu lui montré que elle aussi avait ses démons, mais qu’elle ne lâchait pas et que donc il pouvait faire pareil, mais son manque d’expérience devait lui avoir dicté la mauvaise conduite à adopter. Mais son écoute était quelque chose d’important pour l’adolescente, car elle s’était promis de ne plus mentir à ses amis. Elle s’était promis d’être là pour eux aussi, aussi peu nombreux soient-ils. Et ce fut avec douceur qu’elle se laissa aller contre un Morgan qui l’entourait de ses bras. Elle se sentait bien tout contre lui, toute détendue et apaisée.

Pour lui, elle n’avait pas à se sentir coupable, ni même à se flageller pour ce qui s’était passé. Mais comment lui faire comprendre qu’on peut culpabiliser de n’avoir pas su réagir pour aider ? Elle aurait pu tirer ses parents hors de la maison, mais elle avait été tétanisée par la peur. Elle aurait pu arrêter le feu avant qu’il ne prenne trop d’ampleur mais encore une fois elle n’avait rien fait, et elle avait fini par s’évanouir. Entre l’activation de sa capacité de manière si puissante pour la première fois, plus la peur, elle n’avait pas résisté. C’était pour cette faiblesse qu’elle s’en voulait. Uniquement pour cette faiblesse, celle-là même qui lui avait coûté la vie de ses parents et son ancienne vie.

Un culte ? Tout de même voyons Morgan allait trop loin ! Ah non en fait c’était une manière de parler. Quand bien même il la prenait vraiment pour ce qu’elle n’était pas. Elle était colérique, et embêtait souvent son monde. Parfois même elle se posait en victime, parce qu’elle souffrait toujours au fond. Et ça ne faisait pas d’elle quelqu’un d’irréprochable, comme Morgan semblait le penser.

« Tu vois pour moi rien que le fait que tu aies mal aujourd’hui prouve que tu n’es pas si méchant que ça… J’ai choisi de changer, tu as raison, parce que je n’étais pas vivable à l’hôpital, mais toi aussi tu peux choisir de ce que sera fait ta vie de demain. Mais je suppose que ta pomme est un subterfuge pour changer de conversation ! Alors je te dirais oui, le seul hic c’est que je n’ai pas envie de changer de position ! »

En effet Ingrid s’était complètement reposée contre le torse de Morgan et avait attrapé ses mains dans les siennes. La chaleur de ce corps l’apaisait tellement qu’elle se sentait comme chez elle et elle n’avait absolument pas l’envie de stopper cette étreinte. C’était naturel, elle ne se posait pas de questions. Bien sûr si Morgan voulait récupérer son corps tout entier elle ne s’y opposerait pas. D’autant que c’était déjà bien gentil à lui de la soutenir et par les gestes et par les paroles. Il était quelqu’un de singulier, elle n’en démordait pas. Plus que ça il était le premier garçon à se comporter bien avec elle. A coup de torsions gymnasiales, Ingrid attrapa son sac avec son pied, et en sortit son appareil photo. Elle fit un ou deux réglages, et de ses deux mains, elle le positionna en hauteur pour avoir Morgan dans la ligne de mire, ainsi que sa propre frimousse. Et voilà une nouvelle photo tous les deux !

« Que vas-tu faire maintenant que tu es enterré spirituellement ? »

La question était légitime, cette séance devait avoir un but. Lequel était-il ? Elle espérait qu’il ne serait pas du genre à ne plus donner de nouvelle, ou alors à partir au fin fond du pays en quête d’on ne sait quel totem. Elle était heureuse de l’avoir trouvé, elle qui croyait leur relation mal partie au début, et pour rien au monde elle ne voulait le perdre.
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MessageSujet: Re: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Dim 10 Juin - 19:48

Merci, mais j'avais bien compris. Cette douleur est ce qui montre que tu es encore humain, Harry. Tu parles. Le méchant n'est pas forcément juste celui qui ne regrette rien. On peut regretter ce qu'on fait et continuer à se conduire en parfait connard. C'est ce que j'ai fait. Quand on sait que ce qu'on fait est mal, et qu'on le fait quand même, on ne peut pas appeler ça de l'innocence. Regretter peut atténuer un peu, mais pas tant que ça. Il peut y avoir une différence de sanction, mais pas de jugement, et il en a toujours été ainsi. Être désolé ne rachète rien, jamais. Dans la bible, ne pas savoir n'excuse même pas, puisque le pharaon qui avait pris Sarah pour épouse en la croyant sœur d'Abraham uniquement avait été frappé de malédictions. La colère de dieu frappe même les justes, et avoir l'âme en paix ou en trouble ne change rien au résultat final. Le cœur aura beau battre plus ou moins fort, se taire ou pulser de toute son énergie, s'il est plus lourd que la plume il sera dévoré. J'ai toujours vu ce monstre comme un mélange entre la conscience individuelle et le jugement des pairs. De fait, la balance doit nécessairement être faussée. J'espère juste que c'est dans le mauvais sens. Je n'ai pas envie de survivre à l'épreuve de ma mort, quoi qu'il puisse y avoir après.

Indy, petite Indy, tu devrais vraiment arrêter de te faire du mal. Mais je suis pas très bien placé pour t'en parler alors je me tais. S'infliger de la douleur à soi-même ne rend pas plus fort, n'aide en rien à supporter les épreuves de la vie, corrompt le jugement et pousse à l'inertie. Mais j'en ai bien profité jusqu'ici. Se dire que tout est de notre faute, que tout tourne autours de nous. Recentrer le monde sur notre petite personne et se donner l'impression d'avoir prise sur notre vie. C'est agréable même si ça fait mal. Pourquoi j'ai commencé à me prendre la tête comme ça ? Je m'étais juré de ne jamais le faire. Et puis je me suis trouvé face à mon miroir. My love. Gaie, insouciante, imprudente, audacieuse et extravertie comme je le suis. Je me suis rendue compte qu'elle s'aveuglait, ça a commencé comme ça. C'est étrange cette façon qu'on a, quand quelqu'un est dans sa bulle, de vouloir à tout pris la briser. Les gens sont tellement plus heureux dans leur bulle. Sans pensées, sans soucis, sans fleurs envahissantes d'aucune sorte. Avancer dans la vie comme sur un petit nuage. Pourquoi l'esprit humain préfère la vérité ? Et pourquoi la préfère-t-on chez les autres que chez soi ? Tous sadiques. Alors moi aussi je pourrais me battre pour redevenir fréquentable, mais j'en ai pas envie. Je suis dans ma bulle, moi aussi. Une bulle noire, humide et froide, ou la vie s'étiole. Une bulle tout de même.

Je ne m'étais pas rendu compte qu'on était si loin de mon sac. Maintenant qu'elle le dit, je dois avouer que je n'ai pas non plus très envie de bouger. Je hausse donc les épaules et profite de l'instant présent. Il pleut toujours un peu, rien de bien méchant mais c'est suffisant pour que peu de gens viennent par curiosité. Je crois qu'il y a un enterrement plus loin. Ou bien une commémoration. Il y a des gens en tous cas. Je pourrais rester comme ça longtemps. L'odeur de la terre, le bruit de la pluie et de nos respirations, le contact rassurant d'Indy. La mort à deux pas, la vie à deux de plus. Et mon âme en vadrouille quelque part, n'importe où, loin. Ma tête vide, posée sur mes épaules comme un vase sur une cheminée. C'est à peine si je remarque qu'Indy a ressorti son appareil photo. Une petite artiste en puissance peut-être ? C'est à creuser. J'en toucherai deux mots à son nouveau paternel si je le rencontre. Mais je crois qu'avec cet après-midi ça va plus trop être une option. Je suis condamné à faire sa connaissance.

Ouh purée la question piège. Ce que je vais faire. J'en sais fichtrement rien.

« Essayer de me reconstruire ça serait déjà un bon point pour commencer. J'arrive pas à effacer, donc faut bien que je m'arrange avec ce qui est fait. Pour la mère de mes enfants, je dois avouer que j'ai pas la plus petite idée de ce qui pourrait me pardonner. J'ai tout fait pour que ça puisse pas être réparé, j'en fais les frais. Peut-être que ça passera, mais il faudra un peu de temps avant qu'elle veuille bien me reparler. Et on sera plus jamais vraiment amis. »

Je sais que j'idéalise pas mal. On n'aurait pas non plus été amis en tant que parents. Dès le départ, faire cette bêtise-là annonçait l'anéantissement de notre fragile complicité. C'est une fille sympa. Chiante, pas prise de tête. Tout le contraire d'Indy encore une fois. Mais en tant que mère, c'est juste une jeune fille capricieuse, qui n'a pas les pieds sur terre. On se serait clashés à un moment ou à un autre. La question est de savoir jusqu'où on serait allés. Est-ce que j'aurais crié ? Est-ce que les enfants auraient étés en âge de comprendre ? Peut-être pas. Je ne sais pas si ça aurait été pire. C'est pas comme ça que ça se passera. Peut-être que j'aurais même pas le droit de les voir. J'ai vraiment été odieux, et My love est pas du genre à faire les choses à moitié. Alors elle me pardonnera pas à moitié, juste assez pour me laisser voir les mômes de temps en temps. Elle me pardonnera complètement ou bien elle m'éliminera de sa vie une bonne fois pour toutes. Et vu mes talents en matière de relations sociales un tant soit peu complexes, je crois que ça sera plutôt la seconde option. Je réalise à peine.

« J'ai peut-être perdu pour toujours la possibilité de connaître les seuls enfants que j'aurai jamais. Il me faudra du temps pour digérer ça aussi. Maintenant, je pense me raccrocher à ce qui me reste. Les études. Toi. J'hésite à me faire moine, rejoindre un temple et prononcer des vœux. Si ça implique de vivre reclus dans une autre dimension sans âme humaine non-moine à qui parler, c'est peut-être pas une bonne idée. Ou alors je t'emmène avec moi mais je crois pas que ça soit mixte. Et pour le coup Keaton me tuerait. Tu penses faire quoi de ta vie, toi ? »

Mieux vaut ne pas dire que je la verrais bien photographe, elle pourrait décider de nier alors qu'elle a le talent pour. Mieux vaut qu'elle fasse cette décision-là toute seule si elle le veut. N'empêche, j'en plaisante mais la vie monastique est actuellement mon projet d'avenir le plus sérieux. J'ai encore deux sous de jugeote donc je sais que c'est dû à ma situation désespérée, que structurellement je suis pas adapté à ce choix de carrière, que c'est franchement une mauvaise idée. Il n'empêche qu'elle est bigrement tentante cette idée Mais je saurai me tenir. Je vais pas laisser Indy, et j'ai toujours deux enfants à naître. Même si My love décide de pas me laisser les voir, je peux pas juste les abandonner pour jouer au moine. Et puis, le seul fait d'avoir obligation d'abstinence pourrait me pousser à essayer de débaucher mes collègues. Très, très mauvaise idée.
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MessageSujet: Re: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Jeu 14 Juin - 17:35

*Plouf. Plouf. Plouf.*

Il pleuvait toujours dans le cimetière de L.A mais rien ne délogeait les deux jeunes gens. Et surtout Ingrid se sentait tellement bien dans les bras de son ami, que rien ne pouvait changer cela. Du moins dans l’immédiat. D’autant que lui-même semblait apprécier le moment. Alors autant en profiter, après tout la vie est courte, bien plus courte qu’on a coutume de le penser. De faire, profitant de cette chaleur bien méritée, Ingrid se laissa entraîner vers des eaux plus tumultueuses. Elle se demandait où menait l’enterrement spirituel de Morgan. En effet tout cela devait avoir un but, mais lequel ? Elle se rendit alors compte qu’elle ne connaissait pas beaucoup le jeune homme avant aujourd’hui et qu’elle avait encore plus envie de le découvrir à présent qu’ils avaient tant échangés.

Se reconstruire. Quelle bonne idée ! C’était même nécessaire, et quel meilleur moment que celui où on a abandonné la partie sombre de sa personnalité ? Ingrid sentait aussi, dans ce qu’il disait, qu’il regrettait vraiment amèrement son comportement envers la mère de ses enfants, et soudain, elle avait vraiment envie de l’aider, l’aider à reconstruire quelque chose, un minimum avec elle, pour qu’il puisse avoir l’occasion de voir ses enfants une fois le moment venu. Elle ne disait pas les remettre ensemble, mais juste faire en sorte qu’ils se supportent un minimum et qu’elle accepte sa présence auprès de ses enfants.

« Morgan, tu verras tes enfants, je te le promets, je ferais tout pour t’aider ! »

Cette promesse était sincère, et surement que Morgan voudrait d’autant plus lui vouer un culte, mais après tout bon lui fasse, si ça pouvait l’aider. L’adolescente était consciente que personne n’était parfait, qu’il y avait des sacrifices à faire dans une vie, qu’on pouvait faire des erreurs et continuer tête baissée dans celles-ci malgré les avertissements, malgré la souffrance. Ca s’appelle la connerie humaine pour mémoire.

Enfin, la jeune fille, était là, pour lui, s’il en avait besoin et il le savait à présent. Il pouvait au moins s’en douter, même si elle ne l’avait pas explicitement dit. Elle était bien calé, et il lui avoué vouloir devenir moine. La réaction d’Ingrid fut automatique et puissante.

« NOOOOOON ! Je te kidnapperai s’il le faut et Keaton ne te fera rien….enfin je crois. »

Oui elle croyait, parce qu’au fond, Morgan fit inconsciemment naître une question dans la tête d’Ingrid. Comment réagirait son tuteur en face de ses amis ? Et son futur copain ? L’angoisse. Elle y réfléchirait peut être à deux fois avant de montrer le string à Keaton et avant surtout, de lui amener un AMI à la maison. Même Morgan ? Après tout il était gay, il n’y avait pas de craintes à avoir de la part de Keaton, donc elle non plus ne devait pas craindre sa réaction. Enfin, potentiellement. Mais … oui Morgan était GAY, alors pourquoi se sentait elle ainsi ? Pourquoi avait elle un coup de barre incontrôlé et pourquoi sentait elle la chaleur caractéristique de sa capacité monter autour d’elle ? Pourquoi avait elle encore ces papillons dans le ventre, et pourquoi ne voulait elle pas lâcher le jeune homme ? Pourquoi sentait elle ses joues s’empourprer ?

Soudain, elle comprit… Ah les adolescentes, les femmes même en générale et leurs hormones ! Mais ça impliquer autre chose, si bien que lorsqu’elle s’en rendit compte elle se leva d’un coup et cri :

« Morgan je suis désolée ! Je ne t’ai pas fait mal ! Pitié faites que non !!!! »

Ses bras étaient couleur cramoisi, et sa capacité faisait donc des siennes ; Ainsi qu’elle l’avait fait la première fois, lorsqu’elle lui était apparue. Mauvaise conjoncture cette fois ci, qu’elled evait noter. Elle devait aussi se contrôler, et d’autant plus lorsqu’elle avait ses trucs de filles.
Enfin, pour le moment l’important était la réaction de Morgan. Ingrid faisait les cent pas, complètement paniquée à l’idée d’avoir fait mal à son ami, et d’autant plus à l’idée de devoir expliquer pourquoi sa capacité s’était déclenchée, sans crier gare, alors qu’ils étaient tous les deux si bien posés.

*Il est gay Ingrid arrêteuuuh*

La jeune fille n’avait pas d’attirance particulière pour Morgan, c’était son ami, mais le fait qu’elle se sente très bien dans ses bras, combiné aux effets d’hormones, devait avoir chambouler tout le fonctionnement de sa capacité. Et à présent c’était la panique, ce qui n’aidait pas. Si elle ne se calmait pas, bientôt l’état du pouvoir dépasserait les limites et elle finirait sur les rotules, comme d’habitude lorsque ça arrive !

« Morgan, tape moi, ou balance moi de l’eau à la figure, s’il te plaît ! »

Ingrid secouait ses bras pour faire disparaître les rougeurs, mais le fait qu’elle panique un peu n’aidait en rien à rétablir l’ordre, et à apaiser les choses. Il n’y avait plus qu’à espérer qu’il ne panique pas à son tour, sinon c’était la catastrophe assurée.
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MessageSujet: Re: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Ven 22 Juin - 8:44

Non, non, ne le dis pas, ne le dis surtout pas... trop tard. Les forces occultes sont toutes-puissantes, mais parfois j'aimerais bien que certains mécanismes s'enrayent. Les rouages de la bêtises humaines sont si bien huilés que c'en est effrayant, et ses manifestations sont si anodines. Promettre au hasard en est l'une des plus courantes. Et c'est justement quand l'avenir est le plus incertain que nous ressentons le besoin le plus impérieux de faire des promesses éternelles. L'homme ne rêve d'éternité que lorsqu'il la sent lui échapper. Je viens de réaliser le caractère hautement improbable de mon souhait de voir mes enfants malgré ce que j'ai fait à leur mère, et c'est ce moment exact que choisit Indy pour m'assurer que je les verrai. Déclaration qui ne sert à rien sinon à me donner de l'espoir, en dépit que j'en ai, et cet espoir me fera d'autant plus souffrir quand tous les moyens auront échoué car je ne peux pas m'empêcher de me raccrocher à cet espoir, ce petit lambeau d'espoir ridicule né de la parole d'une sainte ingénue. La situation est d'autant plus embarrassante que je ne peux pas y mettre fin, bien que je sache que les efforts d'Indy ont de grandes chances d'être vains.

Mieux vaut penser à un autre genre d'avenir. Celui là est sans doute perdu pour moi, ça me ferait trop mal de m'y attarder longtemps. L'avenir. Mais quel avenir ? Être prof ? Je sais même pas si j'en ai encore envie. Les rêves, c'est bon pour les imbéciles heureux. J'en suis plus un. J'en suis pas fier. Mais c'est pas comme si je pouvais revenir là-dessus, alors mieux vaut ne pas m'y attarder non plus. Il me reste quoi, comme projet ? Rien. Dans ce genre de cas, on s'engage dans l'armée ou dans les ordres. Je suis contre la guerre, donc pour moi ce sera les ordres. Sauf qu'Indy n'a pas l'air d'accord. Mes pauvres oreilles, décidément la fréquentation de jeunes filles entre quinze et dix-huit ans est un facteur de surdité par trop négligé de nos jours. Je note qu'elle s'est si farouchement opposé à ma sainte retraite qu'elle n'a pas noté que je pensais l'emmener avec moi. Elle aurait compris pourquoi je mentionnais Keaton sinon : aucun papa ne tolèrerait aujourd'hui de laisser sa fille de quinze ans s'enfermer dans un couvent, à plus forte raison pour suivre un ami un peu louche. Question de logique. Son doute est mignon ceci dit.

Qu'a-t-elle imaginé ? Elle parlait de me kidnapper, donc il s'agit probablement de la réaction de son paternel en apprenant qu'un invité imprévu se trouve dans le grenier et qu'il ne faut surtout pas le détacher. Hum, dans ces circonstances-là, je crois qu'il se poserait plus que questions sur sa fille que sur l'énergumène, au moins dans un premier temps. Ceci étant posé, une fois passée la surprise d'avoir un prisonnier de guerre chez soi, il est fort probable qu'il s'intéresse à ma personne, et se demande légitimement ce que je fiche là. Si à travers l'explication il comprend que tout est de me faute, il va de soi qu'il ne sera pas content. Et si au cours de l'interrogatoire il apprend que j'ai offert un string à sa fille et lui ai proposé de fuir avec moi dans un monastère au pays des poneys arc-en-ciels, il est à peu près certain qu'attaché ou pas je me retrouverais soudainement propulsé sur le paillasson par la force de ses bottes, et j'irais cramer dehors sous un soleil de plomb... Euh, pourquoi un soleil de plomb ? Ce serait plus tragique qu'il pleuve à verse non ? Ouais, mais c'est difficile de m'imaginer sous une pluie glacée avec cette... chaleur ! Pas normal, pourquoi j'ai chaud là ?

Mais c'est que ça brûle en plus !

Indy. Je me disais aussi qu'on était vachement bien installés tout d'un coup, confortablement posés sous les auspices imperceptibles de la chaleur qu'elle dégageait. J'aurais du me rappeler qu'en octobre sous la pluie on était plutôt sensé geler. Elle a l'air encore plus paniqué que moi, et pourtant là je dois dire que je suis un chouïa en situation d'urgence-que-faire-à-l'aide. La tombe ne nous sera d'aucun secours, ma rose non plus, la pluie n'a pas l'air de faire quoi que ce soit donc l'eau je pense pas que ça marche... mais la taper ?! Nan, certainement pas. J'suis pacifique moi ! Maintenant qu'elle a lâché mon bras, je peux voir la marque rouge qu'elle a laissée. Si ça me fait une cicatrice de plus à justifier, je vais avoir du mal à trouver du boulot. Déjà que rien qu'avec ma gueule ça sera pas facile. Mouche, ça s'éteint vraiment pas ce truc, et elle va finir par me toucher si ça continue, j'ai pas envie de cramer moi ! J'ai pas d'eau à proximité à part la pluie, qui ne marche pas. Bon, bon, bon. Zen. Si j'ai pas d'autre solution. J'ai déjà collé des claques pour calmer des gens, mais jamais à leur demande, et surtout ce n'étaient pas des gens aussi frêles. S'il n'y avait pas la menace de ses bras incandescents, je rirais au nez du fou qui me la dirait dangereuse. Zen.

WHAM. J'y suis peut être allé un peu fort.

« Merde Merdésolé - j'voulais pas y aller aussi fort - désolé tu...» Grande inspiration. Zen. Je suis en train de la paniquer complètement, c'est pas une bonne idée. Surtout si c'est la peur ou l'excitation qui déclenche ça. Je recule un peu, pour me mettre hors de portée. « C'est pas la bonne méthode. Euh... Pense à quelque chose de triste ! Non, pas de triste ! Calme ! Voilà, un truc calme. L'océan, la mer, la brise, tu as un peu froid mais tout va bien, surtout tout va bien... Penses à... au repas de ce soir. Un repas chaud, chez toi, à l’abri de tout. N'importe quoi mais détends-toi s'il-te-plait... »

Si j'avais pas peur de me brûler, je la prendrais dans mes bras, mais là c'est pas trop possible. D'ailleurs, on était au calme là, alors comment ça se fait qu'elle ait fait ça ? Quoi qu'il en soit, je reste à distance. Mais je peux pas non plus la laisser simplement comme ça. Elle pourrait finir par alerter des gens, et puis c'est franchement pas le moment de la laisser seule. Calme, faut qu'je sois calme moi aussi, ça va pas marcher sinon. On respire, on garde la distance, et on fait fonctionner les méninges. Comment ça marche ce truc ? C'est la peur ou le calme qui le déclenche ? En tout cas, visiblement, la panique l'alimente donc faut absolument qu'elle se calme. Reste à trouver comment.
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MessageSujet: Re: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Dim 24 Juin - 21:15

Décidemment, Ingrid appréciait de plus en plus ce Morgan qu’elle avait auparavant charrié. D’ailleurs il ne se gênait pas à l’époque non plus. Mais découvrir leurs passés mutuels les avait rapproché plus qu’elle ne l’aurait pensé. Il devenait son meilleur ami. Un être loufoque, mais là dans les pires moments. Il avait lu la lettre de sa tante, alors que ce n’était pas plaisant, il l’avait écoutée raconter cette histoire glauque, et il la prenait encore pour une sainte. C’était amusant d’ailleurs, bien qu’Ingrid sache qu’elle ne l’était pas. Car depuis cette tragédie, la jeune adolescente gardait son caractère d’antan, mais elle savait tout aussi bien qu’elle pouvait craquer et devenir complètement hystérique. D’un côté, Ingrid espérait que cela n’arriverait jamais.

Morgan parlait de partir dans un couvent et ça elle ne le voulait pas, quitte à le kidnapper et à l’enfermer dans l’armoire de sa chambre et même à affronter Keaton. En fait elle n’avait même pas fait attention sur le coup qu’il parlait de l’emmener avec lui et lorsqu’elle s’en rendit compte, elle n’ajouta rien du tout, mais fut émue par l’attention. Que quelqu’un veuille l’avoir près de lui constamment au point de l’emmener même dans un endroit en reclus, un endroit qui devait assurer la tranquillité de la personne était quelque chose qui la toucha au plus profond d’elle-même, si bien qu’elle se laissa aller pleinement à ses émotions. Oubliant de se contenir, de contenir sa joie et son apaisement, elle s’abandonna aussi à l’étreinte de Morgan. Elle se sentait bien, son cœur faisait mille et un bond, des papillons dansaient dans son ventre pourtant bien rempli.

Ingrid en se laissant aller ainsi, les avait installés dans un cocon de chaleur. Au début c’était agréable, avoir chaud malgré la pluie qui les trempait, mais elle ne contrôlait plus sa plénitude, et cela commençait à déraper. Lorsqu’elle s’en rendit compte avant d’en être venue à brûler Morgan, elle se leva d’un bon complètement paniquée. Oui oui il fallait faire quelque chose. Mais quoi ? La pluie ne la refroidissait pas ! Une claque, oui voilà c’était la solution. Elle supplia alors Morgan de la gifler, mais celui-ci hésita. Elle comprenait d’ailleurs, Craig avait fait la même chose auparavant et il avait opté pour le verre d’eau à la figure. E l’occurrence cela pouvait être dur d’avoir un verre d’eau à jeter, et il était primordial de la stopper maintenant, avant que les yeux ne se braquent sur eux. En effet une adolescente avec les bras couleur braise ne pouvait pas passer inaperçue indéfiniment.

*BAM* La tête d’Ingrid se retourna violemment. Il y avait été un peu fort quand même. Et le choc l’avait complètement saisie. Si bien que ses bras reprenaient un couleur normale, petit à petit. Son regard était vide, pendant que Morgan s’excusait, un ton tellement coupable dans la voix. Il parlait lui disait de visualiser des choses, mais rien ne l’atteignait, elle était encore dans une espèce de transe, essayant de se remettre le cerveau à l’endroit. Puis elle s’en remit et secoua la tête. Au même moment il faisait une liste de ce à quoi elle devait penser. Et l’entendre s’affoler ainsi la fit éclater de rire. Elle se dirigea alors vers lui et prit son visage dans ses mains encore chaudes ais pas au point de le brûler.

« Merci Morgan… Tu m’as juste démonté la tête… »

Ingrid sourit, mais au fond elle se demandait ce qu’il se passait avec son corps et ça promettait une discussion avec son tuteur, histoire de comprendre pourquoi sa capacité s’était déclenche alors qu’elle n’avait pas eu peur de quoi que ce soit, au contraire, elle était bien. Au bout de quelques secondes elle le lâcha alors et fit les cent pas pour essayer de continuer à se calmer et chercher d’où cela pouvait venir. Jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’elle ne s’était même pas inquiétée pour son ami.

« Morgan, tu n’as rien ! Je ne t’ai pas brûlé au moins ?! »

Elle avait été si soudaine, qu’on aurait pu croire que deux personnes étaient là en même temps et faisaient les actions à la même période. De quoi faire frissonner le plus dur des durs !


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MessageSujet: Re: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Dim 8 Juil - 12:33

Calme-toi, chien fantôme, comment peux-tu espérer qu'elle se calme si toi-même tu n'y arrives pas ? Comment y arriver, c'est la question. La panique s'alimente elle-même, comment pourrais-je l'arrêter ? J'ai peur. C'est mauvais, parce que je ne sais pas maîtriser ça. Je n'ai jamais été très courageux, jamais très rationnel non plus. J'ai pas de méthode pour me protéger de la peur. Si. Attendre que ça passe. Mais quoi si la peur nous rend dangereux ? J'ai frappé Indy. Elle me l'avait demandé mais ça veut rien dire, j'aurais même pas dû en être capable. J'aurais pas dû en être capable bordel, et je l'ai fait quand même. Et j'ai pas changé, je suis toujours le même crétin, je dis les premiers trucs qui me passent par la tête, comme je l'aurais fait autrement. Mes certitudes ont une nette tendance à se dissoudre depuis quelques temps. Indy se calme, petit à petit. Comme si ça marchait. Comme si c'était la bonne méthode. Sauf que c'est pas la bonne méthode, je sais pas comment ça fonctionne mais ça peut pas être ça. Je saurais pas dire pourquoi, c'est juste pas possible. Merci, pourquoi elle me dit merci ? Ah, c'était ironique. La logique humaine est sauve. Mais je ne comprend toujours pas comment elle s'est calmée. Le temps sûrement. Oui, sûrement. Il n'y avait rien à faire. C'est parti de rien, ça s'est dissipé sans rien. C'est normal, juste normal.

Enfin, non. C'est pas normal, juste... Juste quoi ? Cohérent ? Non plus. Mettons auto-cohérent. Un système de logique autocentré. Pratiquement impossible, mais c'est la seule explication que je puisse trouver pour le moment à cet impression de pur et simple bon sens dans la suite des évènements. Normal. Là ou ça devient moins normal, c'est quand elle s'inquiète pour moi. Ok, c'était flippant. C'était même très flippant, et ça l'est toujours en fait. On doit avoir l'air de deux cinglés, à s'inquiéter l'un pour l'autre alors que la logique naturelle voudrait que nos nerfs nous ramènent à notre propre souffrance en priorité. D'ailleurs, je sais pas quoi dire à Indy. Ouais, ça brule mais je pense pas que ça soit au troisième degré ? Qu'est-ce que j'en sais ? Je suis historien, pas médecin. Qu'est-ce qui m'a pris de choisir une discipline aussi inutile franchement ? En même temps ça me plaisait à moi d'être inutile. Un pur produit de la culture, et rien d'autre. Ne pas me laisser simplement enchaîner au bagne du calcul, du pouvoir, de la position sociale. Ridicule, n'est-ce pas ?

« C'est juste une marque rouge, t'es pas un four quand même. Par contre je suppose qu'il vaut mieux limiter les contacts, du moins tant qu'on sait pas ce qui provoque le mode allumette. D'ailleurs... Keaton sait pour ça ? »

Je sais plus si elle l'a mentionné. Dans tous les cas, vu ce qu'il a l'air de représenter pour elle, il le saura forcément un jour ou l'autre. Vu qu'il est a déjà un billet golden pour le paradis (remettez contre ce document une auréole et trois paires d'ailes au porteur, avec vos plus plates excuses pour l'attente) une bonne action de plus ne devrait pas l'horripiler spécialement donc m'étonnerait qu'il le prenne trop mal. Et Indy le vénère plus que moi, donc elle l'a probablement informé de son histoire, ne serait-ce que dans un souci de transparence. Baser une relation sur le mensonge ou le silence n'est pas exactement le meilleur moyen de rester sain d'esprit. Tout en vérifiant au hasard que mon bras n'est bel et bien porteur d'aucune cicatrice nouvelle (ce n'est pas le cas, mais la marque va sans doute rester jusqu'à demain) je réalise que ma question est à double sens. Est-ce que Keaton est au courant que tu t'enflammes parfois sans raison, mais aussi ton père sait-il que tu te trouves actuellement à Evergreen ? Un peu tard pour s'en inquiéter il est vrai, mais tout de même. Les week-ends sont sensés se passer en famille, non ? Je me lève et secoue un peu mon bras, encore un peu douloureux.

« Je vais quand même passer de l'eau froide là-dessus, ça risque de rester sinon. Y'a quelqu'un chez toi ? Tu veux que je te raccompagne ? »

Accessoirement, si elle n'habite pas trop loin, son robinet d'eau froide pourrait être plus intéressant que le mien du point de vue de l'urgence. Pas que je m'inquiète sérieusement, mais on m'a toujours appris à réagir vite dans ce genre de situations, même bénignes, et je continue d'appliquer ce sage principe. L'infirmière de mon collège a toujours prodigué d'excellents conseils. Je crois qu'elle continue d'ailleurs, mais la majorité des gens ne l'écoutent pas. Besoin d'un antidouleur et fichez-moi la paix, oui, oui je ferai attention... Bon, je ne prétendrai pas que je faisais attention. Ni que je fais attention maintenant, j'ai jamais été quelqu'un de très prudent. Mais une fois que je suis blessé, sans être spécialement douillet, je sais prendre les choses en main, et je ne laisserais pas une coupure s'infecter. Inutile de multiplier les désagréments quand on peut l'éviter. Question à deux neurones : est-il préférable de passer pour un profiteur et de m'incruster chez elle pour squatter la salle de bains ou de passer pour un gros égoïste qui ne rêve que de rentrer chez lui se soigner ? Dans la mesure ou je peux actuellement cumuler les deux, la question se pose.

Bah, c'est à elle de juger.
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MessageSujet: Re: Un deux trois nous irons aux bois... [Terminé]   Lun 9 Juil - 18:43

Morgan semblait choqué par ce qu’il venait de faire. Pourtant cela fonctionnait. Ingrid s’était tellement concentrée sur la douleur de la gifle que la chaleur qu’elle dégageait s’apaisait ainsi que la couleur de ses membres. Et à présent elle s’inquiétait pour son ami, elle s’inquiétait de l’avoir blessé, elle s’inquiétait qu’il ait peur d’elle désormais, elle s’inquiétait de le perdre. Elle lui demanda alors immédiatement si elle ne l’avait pas trop brûlé. Quoi de plus normal après tout, entre amis, de s’inquiéter l’un pour l’autre, de donner de l’attention à la personne que l’on apprécie. Et puis Ingrid s’en voulait d’avoir brisé ce moment de tendresse dans lequel elle se fondait volontiers, et s’abandonnait entièrement, sans réfléchir aux conséquences. C’était peut être là le problème qui avait fait que sa capacité avait dérapé ? Peut être qu’elle s’était trop abandonnée à l’étreinte de Morgan, peut être qu’elle…non, il n’était que son ami. Mais à côté de ça, cette tendresse entre un homme et une femme, il était le premier à lui donner. Que cela soit de l’amitié ou plus, c’était la première fois qu’elle était si proche d’un garçon de son âge. C’était peut être là la raison : les hormones. Enfin, pour le moment elle était plus préoccupée par le mal qu’elle lui avait fait que par la raison qui avait déclenché sa capacité.

Bon le côté moins plaisant c’est qu’il avait enchaîné réponse et question d’un autre genre. Que devait elle dire ? Oh oui mon tuteur sait non seulement que je suis une torche humaine mais en plus lui fait pousser les plantes. Hum non assurément ce n’était pas ce qu’il fallait dire. Elle pouvait tout simplement dire que oui, qu’il l’avait découvert à ses dépens, mais qu’il faisait tout pour l’aider, qu’il ne voulait pas l’abandonner pour autant, même s’il était effrayé quelque fois. Après tout ce ne serait que déformer la vérité, mais Keaton était exposé quand même. On se faisait vite des films dans ce genre de cas. Bon comment allait elle gérer la situation ?

« Bah en fait je peux carrément prendre feu… » lui dit elle avec une grimace. « Par contre oui Keaton le sait, il apprend avec moi à me contrôler. Il est pédiatre alors il sait comment s’y prendre avec les adolescent… Je suis vraiment désolée Morgan ! »

Elle engagea un geste pour lui faire un câlin mais se rétracta bien vite en voyant que ses bras étaient encore rosés. La pluie était là, heureusement. Ca lui permettait de se rafraichir plus vite. Enfin ce fut de courte durée, vu que toutes goutte de pluie cessa de tomber d’une seconde sur l’autre. En fait au moment même où Morgan lui demanda s’il y avait quelqu’un chez elle et si elle voulait le raccompagner. C’est comme si le temps symbolisait ses émotions du moment. Il voulait la raccompagner, Il n’avait pas peur ? Il ne voulait pas l’abandonner ? Son cœur fit trois bonds de joie dans sa poitrine et elle ne put s’empêcher de lui décocher un sourire.

« Non il n’y a personne, Keaton travaille, il est à l’hôpital normalement ! T’es le bienvenue à la maison ! »

Elle percuta au même moment le double sens de la première question de son ami. Et fit un bruit qui signifiait « eureka » dans le langage d’Ingrid mais qui dans le langage humain ressemblait plus à un espace de miaulement .

« Ahh mais oui il sait que je suis ici avec toi aussi, donc au pire même s’il est à la maison ça ne le surprendra pas… par contre… »

Elle se saisit du string qu’elle portait toujours sur son jean et l’ôta de là.

« Ce sera mieux de se promener dans la rue sans ça. Et dès qu’on arrive je te mets de la pommade aussi. »

Soulagée, elle lui saisit alors le bras par la manche et l’entraîna à sa suite après avoir ramassé toutes leurs affaires

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