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 Pas de répit ! [Terminé]

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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Pas de répit ! [Terminé]   Dim 20 Fév - 1:52

Trois jours et trois nuits s’étaient écoulés depuis l’effondrement du gymnase. Ross n’avait pas quitté les quartiers de Genome. Veillant sur son fils et s’occupant des blessés, il essayait tant bien que mal de remonter le moral des troupes. Aaron était sous le choc de la perte de sa sœur jumelle ; ses faits et gestes inquiétaient le psychologue qui avait toutes les peines du monde à lui faire entendre raison. Il était inquiet pour sa santé mentale et ne pouvait pas le laisser seul à la tête de l’organisation. N’ayant plus de cours à dispenser à l’université, il avait informé ses patients de son absence temporaire afin d’être disponible à cent pour cent pour Genome. Sans vraiment le décider, il avait pris les rennes de l’organisation. Il assurerait l’intérim tant qu’Aaron n’irait pas mieux. Cette situation ne l’enchantait guère mais il était de son devoir de faire en sorte que tout se passe le moins mal possible ; trop de personnes étaient concernées et il ne se voyait pas les abandonner à leur triste sort.

Trois jours et trois nuits à tenter de remettre un peu d’ordre dans les locaux de l’organisation. Il y avait encore trop de blessés, trop de personnes choquées et trop de va et vient. Genome ressemblait à une ruche dont la reine était morte. Le moindre problème était amplifié et il suffisait d’un grain de sable pour enraillé la mécanique jusqu’alors bien huilée. Tout le monde était sur les nerfs et Ross ne faisait pas exception.

Trois jours et trois nuits à ne dormir que quelques heures par ci par là était la principale cause de son irritabilité. En temps normal, l’écossais gardait son calme mais là, malgré son âge et son expérience, c’était beaucoup plus difficile. Cependant, comparé aux plus jeunes, Ross était encore relativement pondéré. En tout cas, il essayait de garder son sang froid et se montrait plus réfléchi que la plupart de ses congénères. Ce n’était qu’une apparence et il était préférable de le laisser tranquille.

A l'aube du quatrième jour, Ross s’était isolé dans la grande salle, là où se prenaient les grandes décisions. La plupart du temps, elle était vide et personne ne s’y rendait sans y être invité. Il avait pris avec lui ses notes et quelques dossiers administratifs afin de faire le point sur la situation actuelle. Après avoir passé une heure à feuilleter les documents en sa possession, le psychologue poussa un long soupir. Il était impossible encore de savoir qui s’en était sorti. La seule certitude était le chiffre 18 : dix-huit victimes dont Abigaël O’Hara. Qui étaient les autres ?

L’enquête policière suivait son cours. Parmi les membres de Genome, certains n’avaient pas encore donné signe de vie. Ross ne connaissait pas tout le monde mais il avait vu au moins une fois les photos collées face aux noms des sympathisants répertoriés soigneusement le registre top secret auquel il n’avait pas accès sans Aaron. Le psychologue n’avait pas l’intention de l’ennuyer avec ça pour le moment ; plus tard, quand il irait mieux. De plus, il n’avait pas toutes les cartes en main ; Genetic avait sans doute profité de la catastrophe pour faire sa récolte ! Finalement, tout cela ne servait à rien pour le moment, il perdait son temps. Ross jeta négligemment les dossiers sur la grande table et se leva pour prendre un thé.
Dans un léger grincement, la porte de la salle s’entrouvrit ; elle aussi montrait des signes de fatigue…

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MessageSujet: Re: Pas de répit ! [Terminé]   Lun 21 Fév - 17:51

    Les paupières closent, Bobby s’avançait dans le couloir désert en laissant échapper un profond soupir. Ses doigts fins croisés sur sa nuque dégagée, elle rouvrit ses yeux brûlants de fatigue sans pour autant faire attention à ce qui l’entourait. La jeune femme se déplaçait en pilote automatique depuis quelques temps et de toute manière, elle vivait ici depuis bien trop longtemps pour faire encore attention au papier peint. Pour la première fois depuis ce qui lui semblait être des semaines (quatre petits jours en réalité), il faisait calme dans le bâtiment. Les cris des premiers instants ne raisonnaient plus qu’au fond de son esprit embrumé par le manque de sommeil à présent.
    Un nouveau soupir las passa la barrière des lèvres pleines de la rouquine qui laissa mollement retomber ses bras le long de son corps courbaturé.

    Elle venait de passer ces derniers jours à suturer, remboîter des os, extraire des corps étrangers de la chair à vif de ses patients, à faire passer des examens, remplir des pages de blocs pour obtenir du matériel dont elle, Adam ou Esteban auraient besoin pour venir en aide aux mutants sous leur toit. Puisqu’il était impossible pour eux de se rendre dans un service d’urgence digne de ce nom, il fallait faire venir le matériel médical à eux… Et ce n’était pas une mince affaire malgré le compte en banque d’Aaron. Aaron qui n’était plus en mesure de prendre la moindre décision depuis l’incident qui avait coûté la vie à sa sœur.
    Bobby n’avait pas encore pris le temps de se renseigné quant aux tenants et aboutissants de toute cette sombre affaire. Elle avait demandé le plus d’informations possibles pour venir en aide à ses patients, mais ses recherches s’étaient arrêtés là. Il fallait agir vite et être efficace (surtout avec Adam Spine sur le dos..) et se poser pour questionner tout le monde n’avait pas encore été à l’ordre du jour.

    Pourtant en ce moment, la jeune femme n’utilisait pas ce savoureux moment de répit après ses visites de contrôle pour penser à tout cela. Elle éprouvait bien entendu une profonde tristesse pour toutes les victimes de l’incident et était particulièrement affectée par la disparition tragique d’Abigaël qui l’avait recueillie quatre ans plus tôt à Genome. Mais ce n’était pas eux ou les blessés allongés un peu partout dans le bâtiment qui occupaient ses pensées.
    C’était Wayne, comme toujours…

    Ce dernier était resté aussi longtemps qu’il l’avait pu. Durant un peu plus de deux jours, son petit ami empathe avait tenté de la seconder, de rassurer les patients et autres mutants en état de choc à l’aide de son pouvoir. Il avait tantôt calmé les ardeurs des plus farouches qui envisageaient déjà un assaut chez Genetic, vraisemblablement responsable du carnage d’autres fois consolé les proches de certains disparus… Et puis il avait voulu voir Aaron pour le soutenir dans cette épreuve.
    Bobby avait immédiatement objecté, consciente des risques qu’encourait le mutant. Elle avait aperçu Aaron et il n’était plus que l’ombre de lui-même. Une épave. Elle ne pouvait pas laisser son Wayne, déjà moralement affaibli par tous ses efforts, s’exposer ainsi au danger.
    Mais ses mises en garde n’avaient pas réussi à dissuader le garçon d’aller rencontrer son ami. Et ce qui devait arriver était arrivé : la douleur d’Aaron avait été tout simplement insoutenable pour Wayne et il avait été contraint de partir. La rousse avait voulu l’accompagner mais elle était elle-même encore trop bouleversée et ne lui aurait été d’aucune aide dans son état.
    Wayne la joignait au moins une fois par heure pour la rassurer et lui prouver qu’il était encore en vie, mais Bobby n’arrivait pas à se raisonner et à s’arrêter d’imaginer le pire.

    Ses pas l’avaient inconsciemment guidée vers un endroit qu’affectionnait particulièrement Wayne : la salle de conférence. Du moins c’était comme ça qu’il l’appelait. Les têtes pensantes de Genome s’y réunissaient chaque fois qu’une décision devait être prise et Wayne était convié à ces réunions par Aaron pour gérer d’éventuelles tensions. Il y venait également, seul, quand ses sentiments (et ceux des autres) s’embrouillaient un peu trop pour lui et qu’il avait besoin d’être au calme pour se ressaisir.
    C’était exactement de cela qu’avait besoin Bobby aujourd’hui : de tranquillité et de solitude.
    Même si les choses s’étaient un peu calmées et que les larmes et cris avaient laissé place à une torpeur dérangeante, elle se sentait encore oppressée.

    Bobby s’approcha de la porte de la pièce tout en défaisant le chignon lâche qui avait retenu sa chevelure de feu ces dernières heures. Elle appuya sur la clenche dans un énième soupir et ouvrit la porte qui grinça sinistrement. Bobby passa alors sa tête par l’entrebâillement pour s’assurer que la salle était vide. C’était un lieu tranquille, certes, mais vu que leur nombre avait doublé depuis les récents évènements… Et effectivement, son instinct ne l’avait pas trompée : quelqu’un se trouvait bel et bien déjà dans la pièce. Typique !
    La jeune femme ne chercha pas à masquer sa déception, d’autant que l’homme qui s’y trouvait déjà n’était pas vraiment dans ses petits papiers. Et inversement sans doute, même s’il était difficile de savoir ce que pensait Sieur McGregor. Ross pour les intimes. Ce qu’elle n’était pas.

    « Bonjour… ou bonsoir » lâcha-t-elle dans un froncement de sourcils pensif

    Elle n’avait plus aucune notion du temps ces jours-ci, comme beaucoup de monde certainement.

    « Je dérange ? » demanda-t-elle en espérant qu’il lui réponde qu’il était justement sur le départ…
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Pas de répit ! [Terminé]   Ven 4 Mar - 18:32

A moins d’être dans une maison hantée, une porte grinçante s’entrouvrant était, en toute logique, un préambule à l’arrivée d’un être vivant. Ce n’était pas vraiment le moment. Ross manquait de sommeil, il était fatigué, et il n’avait envie de voir personne et encore moins de faire la causette. La jeune fille qui pointa le bout de son nez n’avait pas l’air en meilleure forme ! Sa chevelure rousse en bataille et ses traits tirés trahissaient son épuisement. De plus, elle semblait perdue dans l’espace temps. Cette confusion réveilla instantanément le sens médical du psychologue.

- Bonjour ! Dit-il en accentuant la deuxième syllabe.

Le ton employé n’était ni désagréable, ni chaleureux, il aurait été neutre si une pointe de lassitude ne s’y était pas glissée. Il ne pouvait pas décemment envoyer la jeune fille sur les roses aux risques d’aggraver son cas. Il but une gorgée de thé et pris une longue inspiration afin de garder un minimum de contrôle sur ses humeurs fluctuantes. Elle dérangeait certes mais rien il ne dirait. Il ne pousserait cependant pas la courtoisie à confirmer son doute. Elle avait l’air au bout du rouleau. Il n’aurait servi à rien de l’achever d’autant pus qu’elle pouvait être encore très utile au sein de l’organisation. Elle avait déjà fait beaucoup depuis la catastrophe, ne rechignant pas devant les monceaux de travaux à effectuer. Il aurait été mal venu de la déconsidérer.

- Souhaitez-vous une tasse de thé Bobby ? Vous semblez épuisée, vous devriez aller vous reposer un peu. Après trois jours et trois nuits sur le pont, ce ne serait pas du luxe. Le plus gros de l’orage est passé, ça devrait se calmer un peu.

Ross était l’un des plus âgés du groupe et l’un des plus anciens partisans. Une certaine expérience et un certain sang froid devaient être rassurants pour les plus jeunes qui lui demandaient souvent des conseils. Dans la situation présente, il ne pouvait que conseiller à la jeune rousse d’aller se reposer. ; ce serait bénéfique pour elle et pour lui car cela éviterait d’avoir une énième personne à prendre en charge médicalement. En second lieu, c’était une façon détournée d’éviter une trop longue conversation. Bobby était du genre bavard et elle posait toujours trop de questions. Il se demandait quand même ce qui l’amenait dans la grande salle. Personne ne s’y rendait habituellement sans y être convié.

- Vous cherchez quelque chose, ou quelqu’un peut-être ?

Il espérait que Bobby ne le cherchait pas personnellement. En général, depuis la catastrophe, quand un membre de Genome le sollicitait, c’était pour lui annoncer une nouvelle difficulté tout en espérant une intervention de sa part. Il avait du faire face à différents problèmes plus ou moins graves ; il avait fait de son mieux pour soigner les petits bobos, remonter le moral des troupes, soutenir psychologiquement les plus traumatisés, mais il ne pouvait pas être partout. Ross commençait à en avoir ras le bol.

Avec toute la meilleure volonté du monde, il n’était pas évident d’œuvrer pour la bonne cause.

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MessageSujet: Re: Pas de répit ! [Terminé]   Sam 5 Mar - 10:52

    Une tasse de thé ? C’était plutôt d’une bassine débordante de café qu’elle avait besoin en ce moment, accompagnée d’une tablette de chocolat pour le moral… Non, ce dont elle avait besoin en ce moment, c’était d’être au calme, blottie dans les bras de Wayne. Mais ce n’était pas réalisable pour le moment, à moins qu’elle prenne la fuite. Mais elle avait une conscience professionnelle et ne pourrait se résoudre à abandonner patients et collègues en cette période sombre. Et puis les choses commençaient à se tasser lentement mais sûrement. Elle avait enfin pu s’accorder une pause, c’était un signe qui ne trompait pas après tout !

    Après avoir acquiescé à la suite de sa réplique, elle déclina courtoisement son offre en terminant d’entrer dans la pièce, laissant tout de même la porte ouverte dans son dos. Elle ne comptait faire demi-tour que si Ross le lui demandait mais le savait bien trop poli pour lui signaler qu’elle dérangeait. Elle le savait au moins aussi épuisé qu’elle-même pouvait l’être, mais il ne se le permettrait certainement pas. Du moins, elle l’espérait vivement et, dans le cas contraire, elle repartirait d’où elle était venue, considérablement vexée et pleine de rancœur à l’encontre du psy qu’elle ne portait déjà pas spécialement dans son cœur.
    Il n’avait jamais rien fait contre elle bien entendu et les rares fois où ils s’étaient croisés alors qu’elle accompagnait Wayne à ses séances, il s’était montré amical et professionnel. C’était d’ailleurs ce que lui reprochait Bobby… Il ne voulait lui donner aucune information sur l’état psychologique de son amant et ne parlait jamais de lui-même. Il était un mystère ambulant et, à la manière d’Adam Spine, son mentor, la rouquine détestait ne pas tout savoir. C’était tout à fait normal comme réaction selon elle ! Elle avait droit de savoir à qui elle s’adressait et à qui son petit ami suicidaire se confiait ! Et si jamais c’était un malade qui cherchait finalement à lui faire du mal ?
    Bon, d’accord, il y avait peu de chances que ce soit le cas, mais tout de même…

    La jeune femme s’arracha à ses pensées à la seconde remarque de son interlocuteur à la mine fatiguée. Elle s’empressa de faire apparaître un sourire sur son visage parsemé de tâches de sons. Un sourire un peu grimaçant.

    « En réalité, je cherchais juste un endroit calme. J’ai besoin d’une pause » avoua la jeune femme avant de laisser échapper un soupir un peu las « J’ai hésité à aller m’installer dans la chambre de Nell mais ça aurait été trop bizarre… C’est la jeune fille qui est dans le coma depuis l’accident » précisa-t-elle devant le froncement de sourcil indécis de Ross qui paru la resituer « Enfin bref, j’ai l’habitude de venir ici avec Wayne quand il a besoin de se couper un peu du monde et je me suis dis que c’était l’endroit idéal pour moi. Alors si ça ne vous dérange pas de partager… Je sais me faire discrète »

    Si elle avait été honnête avec lui dans toute sa tirade, la dernière phrase, elle, était un odieux mensonge...
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Pas de répit ! [Terminé]   Jeu 10 Mar - 20:27

La jeune fille ne voulait pas une tasse de thé. Tant mieux, cela évitait à Ross de faire le service ; non pas que ça lui déplaisait ou qu’il n’en avait pas l’habitude, mais ses muscles étaient endoloris par la fatigue. Il avait juste envie de ne rien faire. Il s’assit dans un fauteuil, ou plutôt se laissa tomber, après avoir posé sa tasse sur la table. Bobby ne cherchait personne en particulier. Tout comme lui, elle souhaitait s’isoler dans un endroit calme. La grande salle était silencieuse avant qu’elle n’y pénètre ! Si elle se taisait, elle le resterait.

- On en est tous au même point. Observa-t-il à mi voix pour éviter de faire trop bruit.

Ses propres paroles résonnaient dans sa tête comme s’il avait la gueule de bois. Il grimaçait. C’était difficilement supportable mais il prenait sur lui.

Il était vrai que s’installer dans la chambre d’un malade était inconvenant. Ross acquiesça d'un léger signe de tête. Il était préférable de trouver une pièce libre ; sauf que depuis trois jours la plupart des salles de Genome étaient occupées et si elles ne l’étaient pas, elles étaient fermées à clé pour éviter la visite de curieux ou d’indésirables. Actuellement, Genome grouillait de monde, des partisans mais pas seulement. L’organisation devait faire preuve de prudence. Aaron et Ross avaient fait en sorte que rien ne puisse être découvert par les personnes extérieures au groupe. Il fut étonné d’apprendre que Wayne venait régulièrement dans cette pièce pour se couper du monde. Ce n’était qu’une salle de réunion qui n’avait rien de très accueillant. Il eut été préférable, pour lui et son mental, d’aller faire un tour dans un jardin public ou mieux dans la forêt ou au bord de la mer ; ces lieus étaient bien plus beaux et pouvaient apporter la sérénité recherchée.

- Si vous vous faites discrète, pas de problème. Cette salle ne m’appartient pas. Répondit-il sans grande conviction.

Chaque fois que Bobby se trouvait face à l’écossais, elle n’avait de cesse de l’assommer de questions. Les questions portaient, la plupart du temps, sur son petit ami. Chaque fois, le psychologue coupait court aux interrogations de la jeune fille qui ne voulait pas comprendre qu’il était tenu au secret médical. Cette jeune fille s’inquiétait beaucoup pour Wayne au point de ne plus penser à elle. Ross avait bien remarqué qu’elle ne parlait jamais d’elle, ou si peu. Elle avait sans doute des choses à cacher ou des événements qu’elle préférait oublier.

Ross se désintéressa de la jeune fille pour se concentrer sur sa tasse de thé. Il se délectait de son breuvage en essayant de se vider la tête. Ne plus penser était ce qu’il y avait de mieux pour se reposer et repartir d’un bon pied. Le silence était retombé dans la grande salle et c’était juste ce dont il avait besoin. Il pencha la tête en arrière qui s’appuya sur le dossier du fauteuil et ferma les yeux. Une micro sieste lui ferait le plus grand bien.

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MessageSujet: Re: Pas de répit ! [Terminé]   Ven 11 Mar - 12:25

    Un sourire qu’on aurait pu qualifier de carnassier éclaira un instant le visage de la petite rousse. Elle ne se serait pas permise d’afficher sa satisfaction de cette manière si Ross n’avait pas détourné son regard clair et perçant de sa personne pour avaler une gorgée de son café. Bobby tira alors discrètement une des chaises de la salle de réunion pour s’y laisser tomber dans un soupir qui, lui, n’avait rien eu de discret.
    Elle demeura immobile et silencieuse un moment, le temps de faire mine d’observer les alentours alors que le psychologue fermait les yeux, la tête rejetée en arrière. S’il pensait s’en tirer à si bon compte, il se fourvoyait.

    Bobby continua de se taire, réfléchissant à la meilleure manière d’aborder les sujets qui lui brûlaient les lèvres depuis des mois, voire des années. Depuis qu’elle l’avait rencontré en réalité. Et c’était un bine grand mot puisqu’elle n’avait fait que le croiser au détour d’un couloir avant de questionner Wayne sur son identité. Son petit ami était resté très vague à cette époque, le décrivant comme un allié du groupe. Un allié… C’était assez maigre comme information ! Elle lui avait demandé s’il était comme eux, un mutant, et le jeune homme avait répondu par un haussement d’épaules avant de l’entrainer dans un autre couloir en changeant de sujet.
    Et depuis, elle n’en avait pas vraiment appris plus sur le compte du quarantenaire et ce manque cruel d’infos à son sujet la frustrait terriblement. Comment pouvait-elle lui faire confiance si elle ne savait pas qui il était, en quoi il croyait, de quoi il était capable et quelle était sa couleur préférée ? Il était censé conseiller son petit ami, être une oreille attentive pour lui et le soutenir, mais qu’est-ce qui lui garantissait que Ross ne lui montait pas la tête ?
    Bon, évidemment, Bobby exagérait un brin et savait qu’il avait fait beaucoup pour Wayne, mais n’empêche…
    Et puis mince, c’était louche cette façon qu’il avait de passer en coup de vent la plupart du temps et de disparaître aussi rapidement, sans qu’elle ait eu le temps de lui adresser la parole. Il s’enfermait avec Aaron pendant des heures pour parler d’elle ne savait quoi. Aaron le consultait-il pour des affaires concernant Genome ou bénéficiait-il simplement de séances de psychanalyse à domicile ?
    Pourquoi avait-il besoin de jouer les bonhommes mystères ? C’était affreusement agaçant !

    « Qui s’est occupé de vous rafistoler ? » demanda-t-elle pour rompre la quiétude de la pièce, maudissant d’avance celui qui l’avait privée d’un tête à tête avec l’homme qui aurait pu se révéler très instructif
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Pas de répit ! [Terminé]   Dim 20 Mar - 20:38

Le silence, Ross n’en demandait pas plus. Les yeux fermés, il était comme dans une bulle. Il était abattu physiquement et moralement. Il se laissait aller, sans se soucier de la jeune fille présente dans la salle. C’était bon de ressentir un peu de sérénité, de faire le vide dans son esprit. Le petit plaisir qu’il s’offrait après trois jours forts en émotions fut très court. Bobby rompit le calme ambiant d’une simple phrase. Il ne demandait pas une chose extraordinaire pourtant ! Il aspirait simplement à un peu de calme et de repos. L’écossais redressa la tête et la fixa. Elle pouvait lire facilement du mécontentement dans son regard.

- Personne. Répondit-il sèchement.

Qui l’avait rafistolé ? Quelle question stupide ! Ross n’était pas un objet et venant d’une jeune fille s’occupant des blessés, ce n’était pas du meilleur goût, pas en ce moment en tout cas. De toutes les façons, il n’avait eu besoin de personne pour soigner ses blessures qui, heureusement pour lui, étaient superficielles.
L’écossais posa un regard réprobateur, passablement énervé, sur Bobby. Non seulement elle rompait la quiétude du moment mais elle se mettait à poser des questions. Ce n’était qu’une petite question mais Ross la connaissait, elle se montrait toujours trop curieuse. A chaque fois qu’ils se rencontraient, elle ne pouvait pas s’empêcher de l’interroger sur des sujets qui ne la concernaient pas directement. Quel besoin avait-elle de vouloir toujours être au courant de tout ? Ne pouvait-elle pas s’occuper d’elle tout simplement ?

- J’ai eu la faiblesse de penser que vous resteriez silencieuse… Je vois que je me suis trompé. Vous n’en avez pas assez de toujours poser des questions ?

L’écossais souffla un bon coup et se redressa dans son siège. Il savait qu’il n’aurait plus la paix d’autant plus qu’il venait, à son tour, de l’interroger sans vraiment le vouloir.

- Bon alors, allez-y… Que voulez-vous savoir ? Qu’on en finisse une bonne fois pour toute ! Cela dit n’attendez pas une réponse à chacune de vos questions…

Ross n’avait pas envie que ça dure des heures. De plus, il était fort probable que Bobby se montre indiscrète, il détestait ça. Elle avait tout intérêt à tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler, sinon elle se cognerait à un mur. L’écossais s’étira, se leva et se servit une nouvelle tasse de thé. Il allait en avoir besoin !

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MessageSujet: Re: Pas de répit ! [Terminé]   Lun 21 Mar - 16:07

    Bobby oscillait entre l’indignation, l’agacement et la résignation. Elle était extrêmement vexée que ses tentatives subtiles de questionner Ross aient avortés avant même que la machine soit lancée et qu’il lui parle comme il le faisait, avec une once de mépris et une évidente lassitude. Elle avait envie de lui balancer sa propre tasse de thé en pleine figure avant de l’enchainer avec une réplique cinglante et de sortir, la tête haute, avec tout le panache dont elle était capable. Mais en même temps, ce genre de réactions puériles la priverait de quelques réponses longuement attendues.
    N’était-ce pas pour les obtenir qu’elle était restée dans la salle de réunion ? Ross les lui offrait presque sur un plateau d’argent, ce n’était pas le moment de jouer les saintes-nitouches offusquées mais celui de profiter de cette opportunité qui ne se représenterait sans doute pas de si tôt.

    Une part de Bobby se sentait pourtant un peu coupable de jouer les curieuses et surtout, de le faire alors que son interlocuteur était clairement dans un état de fatigue physique et psychologique avancé. Si ça n’avait pas été le cas, il n’aurait pas craqué après une simple et innocente réplique de sa part. Celle d’une « presque infirmière » qui plus est et qui avait tout à fait sa place dans ce genre de situation. Du moins l’avait-elle supposé avant que Ross en monte sur ses grands chevaux.

    Sa phase de culpabilité ne dura cela dit pas très longtemps et, puisqu’il voulait des questions auxquelles répondre, elle devait se mettre en mode recherche. Pas de place pour les sentiments.

    « Comme vous voudrez. Je comptais utiliser la manière douce mais tant pis. J’espère pour vous que vous ne vous attendiez pas à ce que j’abandonne après avoir été percée à jour » lui fit-elle remarquer, cinglante

    Sans prêter attention au regard qu’il faisait peser de tout son poids sur elle, Bobby enchaina d’un ton plus désinvolte.

    « Pour commencer, je voudrai savoir ce que vous faites ici exactement » lâcha-t-elle en insistant bien sur ce dernier mot « Et je ne parle pas d’ici maintenant, sur le sujet vous vous êtes déjà expliqué quand je suis arrivée. Je veux dire à Genome même »

    Il ouvrit la bouche après quelques secondes, mais elle l’interrompit, craignant d’avoir été un peu trop gourmande pour une première question.

    « Je ne vous demande pas d’entrer dans les détails, c’est juste que je vous vois trainer ici de temps en temps depuis plus de quatre ans et je me demandais si vous étiez là en temps que conseiller, psy ou autre chose. C’est pas courant de voir un non mutant dans les couloirs. Un non mutant sur lequel on n’a visiblement pas le droit de poser de questions puisque tous ceux qui vous connaissent - dont Wayne - éludent toutes mes questions à votre sujet. Ce qui m’amène finalement plus vite que prévu à une seconde question : êtes vous l’un d’entre nous ? »

    Ok, elle aurait peut-être dû se contenter d’attendre une réponse à sa première question… La patience n’était décidément pas une de ses grandes qualités et la subtilité non plus vraisemblablement.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Pas de répit ! [Terminé]   Mer 23 Mar - 22:31

*J’en étais sûr* Pensa Ross en écoutant la jeune fille qui ne rata pas l’occasion de s’engouffrer par la petite porte qu’il avait involontairement ouverte.

Elle parlait, elle parlait, elle parlait trop ! Tous ces mots, les uns après les autres, ponctués d’interrogations, lui donnaient presque le tournis. L’épuisement diminuait sa concentration et le psychologue devait fournir un véritable effort pour mémoriser le monologue de Bobby. Cette dernière avait fait une pause entre deux phrases mais Ross ne dit rien car elle lui permit de souffler mentalement. Il but son thé sans se presser, laissant planer un long silence, réfléchissant autant qu’il était possible de le faire dans son état, à ce qu’il allait pouvoir lui dire.

Comme la jeune fille l’avait souligné, cela faisait plus de quatre ans qu’il la croisait dans les couloirs de Génome. Il était, somme toute, normal qu’elle soit intriguée par sa présence en ce lieu relativement secret. Jusqu’à présent il n’avait pas jugé utile de satisfaire sa curiosité mais depuis la catastrophe, les choses étaient différentes. La jeune rousse n’était pas présente au gymnase mais il y avait beaucoup de monde dont des membres de Genome. Ayant utilisé sa capacité pour tenter de sauver sa peau et celle de plusieurs étudiants dont son fils, Ross se doutait que certains témoins de la scène n’avaient pas manqué d’en discuter. Il était donc inutile de taire plus longtemps ce secret, Bobby l’apprendrait tôt ou tard.

- Et oui, je suis l’un d’entre vous. Lâcha-t-il sans rentrer dans les détails.

Elle connaissait déjà sa profession puisqu’elle accompagnait souvent son petit ami Wayne lors de ses consultations privées. Quant à ses fonctions exactes au sein de l’organisation, ça ne la regardait pas, pas encore. Elle n’avait pas besoin de savoir qu’il était le conseillé d’Aaron, qu’il prenait les rennes quand lui et sa sœur étaient dans l’obligation de s’absenter. D’ailleurs, il avait déjà entendu des bruits de couloirs supposant qu’il était le véritable dirigeant de Genome ; certains trouvaient la fratrie O’Hara un peu trop jeune pour porter une telle organisation sur ses épaules. Désormais Abigaël était décédée, Aaron était seul à la tête du groupement. Il avait complètement perdu les pédales et le temps qu’il fasse le deuil de sa sœur jumelle, il était fort probable que l’écossais joue les intérimaires. Cette solution momentanée risquait de renforcer les rumeurs mais Ross ne laisserait pas tomber son ami, quitte à lui consacrer plus temps. A cette époque de l’année, ce n’était difficile de se libérer car il n’avait plus de cours à donner à l’université exceptées quelques heures à dispenser pour les rattrapages. S’il le fallait, il poserait des congés sans solde auprès de l’administration. Le principal était que tout fonctionne le mieux possible au sein de Genome afin de contrer les agissements peu scrupuleux de Genetic.

- Pour le reste, vous le saurez bien assez tôt ! Vous n’êtes pas sans savoir qu’il est toujours risqué d’agir à découvert. Aussi, je compte sur votre discrétion. Pour les nouveaux membres, n’est pas nécessaire de les submerger d’informations. Moins ils en sauront, mieux ils se porteront. Vous pouvez faire passer ce message à Wayne également.

Ross posa un regard insistant sur la jeune fille en espérant qu’elle sache tenir sa langue Au pire, il pourrait toujours démentir mais ce n’était pas dans ses habitudes d’avoir à se justifier.

- On a tous à rôle à jouer mais chacun doit rester à sa place. Sinon ce sera le foutoir ! Vous me comprenez j’espère ?

L’esprit embrumé de l’écossais ne l’aidait pas à exprimer correctement le fond de sa pensée. Il préférait mettre les points sur les i et s’assurer que ses dires étaient perceptibles.

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MessageSujet: Re: Pas de répit ! [Terminé]   Jeu 24 Mar - 6:19

    J’en étais sûre ! S’exclama mentalement la jeune femme lorsque Ross confirma qu’il était bien doté du « gêne mutant » lui-même. EN réalité, elle ne l’avait pas été tant que ça. Dans un premier temps, elle avait assumé que quiconque se trouvait dans le centre faisait partie des leurs dans tous els sens du terme. Et puis il y avait eu ce livreur qui s’était baladé et à qui Bobby avait parlé…un tout petit peu trop. Wayne était arrivé juste à temps pour rattraper le coup et avait expliqué à Bobby que Génome ne faisait pas qu’abriter des mutants au gêne exprimé. Toute une flopée de personnes circulaient, de tous les horizons, mutants ou pas. Il lui avait fallut au moins deux ans et une crise de nerfs remarquable pour que son petit ami lui avoue qu’ils avaient d’autres points de chute dans les USA et que L.A. n’était pas leur unique QG…
    Il était d’accord avec Ross sur pas mal de points : mieux valait ne pas trop en savoir. Pas seulement pour ne pas avoir trop pleine, mais pour que ce ne soit pas le cas si Génétic vous mettait la main dessus… Les informations étaient ainsi dispatchées entre les membres et personne, à part les têtes pensantes de la filiale peut-être, n’était au courant de tous leurs secrets. Ca aurait été prendre un risque inutile.
    Bobby trouvait que c’était l’ignorance qui les mettait en danger de son côté. Tout savoir ne la mettrait pas plus en danger qu’un mutant qui vient de se découvrir une capacité. Ils étaient tous vulnérables, aucun d’entre eux n’était réellement à l’abri, c’était un fait.
    Et le récent incident qui les avait frappé de plein fouet et coûté la vie à quelques membres de l’organisation le prouvait bien…

    « De toute façon, que je comprenne ou pas, je sais bien que vous n’me direz que ce qui vous arrange » répliqua-t-elle, un peu rembrunit

    Elle arbora une moue méditative pendant quelques instants en faisant remonter la monture de ses imposantes lunettes sur son nez alors qu'elle fouillait ses souvenirs pour deviner quel pourrait bien être le pouvoir de Ross. Puisqu’il venait de le lui avouer : il en possédait un.
    Et soudain, elle fut prise d’un doute… Et si jamais il était capable de lire dans les esprits ? Sinon comment aurait-il fait pour immédiatement deviner ses intentions ? Etait-elle si prévisible ?
    Assurément, lire dans les pensées des autres devait être pratique pour un psychologue…
    Bobby fixa son regard dans celui de Ross un instant et se mit à penser à toutes sortes d’insultes… Mais Ross ne sembla pas réagir. Peut-être qu’elle se trompait… Ou peut-être qu’il se moquait de ce qu’elle pensait de lui, tout simplement.
    N’empêche qu’elle n’était pas tranquille.

    Et qu’une quinzaine de questions se bousculaient dans son esprit au moins.

    « Je pose beaucoup de questions mais je sais tenir ma langue quand il le faut » reprit-elle finalement, ne sachant pas par quoi commencer et préférant mettre les choses au clair « Je ne sais pas pour qui vous me prenez, mais il me semble avoir été plutôt réglo depuis mon arrivée ici. Je n’ai jamais causé d’ennui à personne et je ne vois pas de raison de commencer à le faire. Et je n’ai aucun message à faire passer à Wayne, il est assez grand pour savoir ce qu’il a à faire et, comme je vous l’ai dis, il sait garder tous vos petits secrets »

    Ou presque.

    « Vous savez, je pense pas que vous devriez faire autant de mystère sur tout ça. Certains se posent des questions… J’ai entendu toutes sortes de rumeurs sur votre compte » ajouta-t-elle, espérant le faire mordre à l’hameçon « Je ne sais pas si vous avez vu les Harry Potter, mais vous êtes un peu notre Severus ici. Certains doutent que vous soyez vraiment des nôtres. Ils pensent que si vous êtes là si peu souvent, c’est parce que vous avez un autre employeur… Genentech par exemple » glissa Bobby en essayant de provoquer une réaction chez lui et d’obtenir ce qu’elle désirait « Wayne vous défend toujours bien sûr, en disant que vous êtes seulement pris par les cours que vous dispensez à UCLA et votre statut de psy… mais certains doutent. J’en ai entendu dire que vous aviez sûrement le pouvoir de voyager dans le temps ou de vous dédoubler et que c’est comme ça que vous gériez votre emploi du temps »

    Bon en réalité, il s’agissait de ses propres théories…mais c’était plausible, non ?
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Pas de répit ! [Terminé]   Lun 28 Mar - 21:44

La jeune femme avait parfaitement saisi la position de Ross. Il ne lui dirait que ce qu’il voulait et elle devrait s’en contenter. Il acquiesça d’un petit signe de tête. Cette évidence fit taire Bobby. Quel bonheur d’obtenir à nouveau le silence ! Le psychologue le savourait seconde après seconde sachant pertinemment qu’il serait de courte durée. Les petites expressions sur la frimousse de la jeune fille laissaient à penser qu’elle cogitait énormément Elle ne tarderait pas à reprendre la parole. Les traits du visage de l’écossais trahissaient sa lassitude. Il aurait mieux fait de ne rien avouer, pas maintenant, au moins il aurait eu la paix. Encore que…la curiosité exacerbée de Bobby ne donnait aucune certitude sur ce point.

Elle avait bien compris qu’elle devait tenir sa langue à son sujet. Il était tenté de la croire car, comme elle l’avait souligné, il n’avait jamais eu à se plaindre de la jeune fille. Mais comme rien n’était immuable, surtout pas le comportement d’un humain face à une situation particulière, il était préférable de le préciser à nouveau.

- Je n’en doute pas Bobby, je n’en doute pas. Affirma-t-il pour conclure en espérant ne pas avoir à y revenir.

Quant à ne pas vouloir faire passer le message à Wayne, ce n’était pas très important. Le psychologue aurait tout le loisir de le lui dire de vive voix. Il sentit une pointe d’amertume dans le petit monologue de la jeune fille. Décidément, elle aimait bien être au courant de tout. Quel était ce besoin de vouloir tout savoir sur tout et sur tout le monde ? L’existence de certaines personnes était si morne qu’il leur était nécessaire de s’abreuver d’histoires d’autrui. Ce n’était pourtant pas le cas de Bobby qui avait une vie bien remplie. Le psychologue qu’il était avait quelques difficultés à analyser cette attitude. Bien entendu, elle était amoureuse de Wayne, un garçon suicidaire et elle ne souhaitait sans doute que son bien. Cependant, à vouloir tout savoir, elle ne se rendait pas compte qu’elle empiétait sur son espace vital. Toute personne avait besoin d’avoir son jardin secret, aussi petit soit-il ; c’est une nécessité absolue. Sans cela, elle était comme un guerrier désarmé sur le champ de bataille : sans défense.

Voici désormais qu’elle prenait le même chemin avec Ross. Le psychologue fronça les sourcils visiblement agacé par le procédé employé par Bobby. Il se redressa et la fixa de ses yeux clairs, froids pour ne pas dire glacials.

- J’en ai rien à faire des rumeurs. J’ai ma conscience pour moi. Si certains se posent des questions à mon sujet, qu’ils viennent donc me voir ! Dit-il avec défiance.

Ross se leva de sa chaise, fit le tour de la table de conférence et prit place sur un siège, face à la jeune fille. Il l’observa pendant qu’elle débitait ses élucubrations.

- Ca y est, vous avez terminé ? Demanda-t-il sans attendre de réponse.
- Je vois que vous me rapportez ce que les autres disent sans même que je vous le demande. Je n’ose pas imaginer ce que vous dites lorsqu’on vous interroge… Constata-t-il dépité en hochant la tête négativement.

- A quoi ça vous servirait de connaître ma capacité ? A vous faire valoir en étant la première à l’apprendre aux autres ? Restez donc à votre place au lieu de jouer les inspectrices. Continuez de faire le boulot pour lequel vous êtes ici et tout ira pour le mieux.

Désormais, Ross n’était plus certain que Bobby puisse tenir sa langue en toutes circonstances. Il ne lui dirait rien de plus le concernant. Elle lui faisait penser à une commère de quartier à l’affut de toute nouvelle histoire croustillante concernant son voisinage. Cette jeune fille était vraiment trop bavarde et commençait très sérieusement à l’agacer.

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MessageSujet: Re: Pas de répit ! [Terminé]   Mar 29 Mar - 10:27

    Bobby se garda bien de répliquer que, s’ils venaient effectivement le voir, les curieux seraient tout comme elle accueilli par un mur. Une muraille impénétrable même, armée de canon et autres accessoires mortels divers et variés que Ross utiliserait sans scrupule sur leur pauvre carcasse !
    Mais il était déjà assez remonté comme ça, ce n’était pas le moment de s’essayer au cynisme.
    Et puis de toute manière, au fond, il n’y avait qu’elle qui était curieuse et les rumeurs dont elle lui parlait venait d’elle. Voilà ce qui arrivait quand on faisait la lecture à son petit ami le soir et qu’il était fan de Harry Potter… On se retrouvait avec des histoires de complots à gérer et à transposer à son aise sur sa propre vie. Et en l’occurrence, Ross lui faisait vraiment penser à cet étrange et inquiétant personnage aux cheveux gras dont on ignorait presque tout mais paraissait capable du pire. Contrairement à ce qu’assurait Wayne quand elle tentait d’aborder le sujet. Et ce sombre traitre savait comment s’y prendre pour lui faire changer d’activité avec seulement quelques baisers bien placés, et lui faire oublier toutes ces histoires.
    Mais aujourd’hui, son petit ami était à des kilomètres d’ici et elle était seule, face à Ross qui avait ouvert la boîte de Pandore en lui permettant de lui poser quelques questions.

    « Je ne suis pas une vulgaire commère » répliqua-t-elle d’un ton hautain « Je vous l’ai déjà dis, je sais me taire quand il le faut. Je suis presque médecin et je sais ce qu’est le secret professionnel » lui rappela Bobby d’un ton cassant « Je pense juste que depuis le temps que je vous connais, j’ai le droit d’en savoir un peu plus. Surtout si vous œuvré pour Génome et que notre vie à tous est un peu dans vos mains »

    Oui, c’était parfaitement légitime de sa part. Mais s’il continuait à refuser de répondre à ses questions, elle emploierait la manière forte. Elle emploierait Esteban, son collègue et ami. Elle lui demanderait de faire boire Aaron et le questionnerait lui-même. Il ne pourrait pas résister longtemps à ses moues innocentes. Et puis quand on ne la provoquait pas comment le faisait Ross, elle savait se montrer terriblement subtile… Et était si bonne manipulatrice.

    « Ne me dîtes rien si ça vous chante, mais tôt ou tard, je saurai. Et je suis certaine que je serai bien déçue d’avoir attendu tout ce temps pour ça » ajouta-t-elle d’un ton égal, l’air faussement détaché « Je trouve juste ça un peu gros qu’on nous demande de faire confiance au personnel de Génome, de nous confier et de nous sentir à l’aise, alors que, de votre côté, vous nous laissez dans le flou. Le flou ça n’a rien de rassurant, vous êtes d’accord ? » enchaina-t-elle avant de s’infiltrer dans la brèche et d’aborder le sujet qui l’intéressait réellement au fond « Si Wayne ne me fait pas assez confiance pour me parler de ce qui ne va pas, qu’il préfère vous parler à vous et me laisser dans le flou, alors qu’est-ce que ça veut dire pour moi, hein ? Qu’est-ce que je fais de travers ? Il a bien dû vous le dire ! Il suffirait que vous m’en parliez pour que je corrige ça et qu’il puisse venir vers moi au lieu de faire chaque fois des kilomètres pour allez vous parler ! Et imaginez une minute que vous ne soyez pas là pour une raison ou une autre ! Alors qu’est-ce qui se passerait s’il n’a personne d’autre pour le comprendre à ce moment, hm ? Ce serait presque de la non assistance à personne en danger ! » s’agaça Bobby, une pointe d'angoisse dans la voix

    Au fond, Ross devait bien se douter que c’était de Wayne qu’elle voulait réellement parler et non de lui…
    Elle savait que, juste avant de partir, Wayne avait passé un coup de téléphone au psychologue pour obtenir quelques conseils. C'était même sûrement lui qui lui avait conseillé de prendre le large, le temps que la situation se calme dans l'enceinte de Génome. Aujourd'hui il était seul, elle ne savait pas trop où, peut-être en danger. Et c'était la faute de cet idiot de Ross qui refusait de lui parler !

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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Pas de répit ! [Terminé]   Dim 3 Avr - 18:13

Ross fit une moue dubitative lorsque Bobby affirma qu’elle n’était pas une vulgaire commère et qu’elle savait se taire. Si la jeune fille avait abordé le sujet autrement, il n’aurait pas fait de manière et aurait répondu à sa question. Seulement là, il avait l’impression d’être mis sur la sellette et ça ne lui plaisait pas du tout. Comme elle le disait, elle le saurait bien assez tôt et serait sûrement déçue. Le don de Ross n’était pas vraiment extraordinaire et il n’avait rien de très bizarre. Il espérait que sa curiosité la pousserait à faire des recherches car, pendant ce temps, elle le laisserait tranquille. C’était tout ce qu’il voulait actuellement.

Il arqua un sourcil quand elle ajouta qu’elle avait le droit de savoir ; de plus, elle se trompait en affirmant que la vie des autres partisans était entre les mains du psychologue. Pour qui se prenait-elle ? Pour qui le prenait-elle ?

La jeune fille oubliait un détail important : les grandes décisions émanaient, sauf urgence, d’un consensus entre les principaux acteurs de l’organisation. Suite à cela, les membres étaient avertis individuellement de l’éventuelle mission à effectuer et des objectifs à atteindre. Si aucune tâche ne leur était confiée, ils avaient la possibilité de proposer leur service ou tout le loisir de se consacrer à d’autres occupations. Bobby était très impliquée dans ses fonctions, elle oubliait qu’il y avait une vie en dehors de Genome. Elle faisait son travail consciencieusement mais cela ne lui conférait pas tous les droits et encore moins celui d’empiéter sur l’espace vital du psychologue.

- Que vous trouviez ça gros ou pas, c’est votre problème. Ca ne me gène pas que vous ne me fassiez pas confiance… On ne peut pas s’entendre avec tout le monde, vous savez ! Je vous rappelle tout de même que vous êtes ici de votre plein gré et que si vous n’êtes pas satisfaite, personne ne vous oblige à rester.

Ross impliquait la direction de Genome mais il parlait pour lui uniquement. Cette jeune fille avait le don de lui taper sur les nerfs. Ce serait sans doute une perte pour l’organisation mais ce ne serait pas la première ni la dernière. Les jeunes mutants étaient souvent instables et ils éprouvaient parfois le besoin d’aller voir ailleurs afin d’avoir des points de comparaison et de pouvoir faire des choix.

Il était vrai qu’il n’était pas bénéfique de laisser les gens dans le flou. L’écossais partageait l’avis de la jeune fille mais il n’était pas aussi catégorique. Il existait des situations où il était préférable de ne pas tout dire. Un médecin ne dira jamais à son patient qu’il est condamné à court terme, il restera relativement vague quant à l’échéance pour ne pas annihiler tout espoir de guérison et aussi car il n’en a pas lui-même la certitude. Le corps humain et l’esprit qui l’habite possèdent des ressources inconnues permettant parfois de tromper un diagnostic établi dans les meilleures conditions.

- Le flou peut être rassurant aussi. Tout dépend du point de vue où l’on se place.

Plus que la conviction, c’était la fierté qui le faisait parler. Ross ne voulait pas donner raison à la jeune fille qui profitait de l’occasion pour entrer dans le vif du sujet : Wayne. Le psychologue n’était pas dupe, il s’était demandé combien temps elle laisserait passer avant d’en venir à son petit ami. Malgré sa lassitude, il écouta avec attention ses revendications. Il comprenait ce qu’elle ressentait mais il ne pouvait pas lui donner satisfaction. Il était hors de question de dévoiler ce que Wayne lui confiait pendant ses séances de psychothérapie. Bobby était pleine de fougue et prenait à cœur ce qui concernait son petit ami ; c’était louable mais elle faisait fausse route. Ross tenta de lui expliquer que tout n’était pas aussi simple qu’elle le pensait.

- Ce n’est pas une question de confiance Bobby. Il faut savoir que lorsqu’une personne consulte, c’est qu’elle souhaite s’en sortir sans faire souffrir ses proches. Il y a certaines choses dont on ne peut pas parler à ceux qu’on aime. Pourquoi me direz-vous ? Tout simplement parce que, la plupart du temps, la personne ne sait pas les raisons qui la poussent à agir autrement. Elle souhaite les découvrir pour comprendre et faire ce qu’il faut pour se sentir mieux. Alors, quand elle éprouve de l’affection pour quelqu’un, elle ne veut pas lui en parler pour ne pas l’inquiéter, elle se sentirait doublement coupable : coupable de son ignorance et coupable de la souffrance infligée. La culpabilité ne fait qu’empirer le mal-être et ce n’est vraiment pas le but recherché. Sachez simplement que les personnes proches sont les plus mal placées pour régler ce genre de difficultés. De par leur implication sentimentale, elles sont rarement capables d’avoir un regard extérieur permettant une bonne analyse de la situation pour trouver ce qui pousse un individu à agir à l’encontre de son bonheur.

Après ces généralités, Ross marqua une petite pause. Il avait l’impression de donner un cours avec la désagréable sensation de ne pas arriver à faire passer le message.

- Bref ! Vous voyez, quand vous vous demandez ce que vous avez fait de travers, c’est une réflexion à laquelle Wayne ne souhaiterait peut-être pas répondre. Soit parce qu’il n’a pas envie de vous blesser, soit parce que vous n’avez rien fait de travers. Dans ce cas, il pourrait avoir le sentiment que c’est lui qui a fait quelque chose de mal puisque ce n’est pas vous, et toutes ces suppositions risqueraient de le tourmenter.

L’écossais avait donné un exemple concret à la jeune fille mais il n’était pas convaincu qu’elle saisisse vraiment ce qu’il voulait lui faire comprendre. Après avoir parlé calmement, il précisa le fond de sa pensée sur un ton plus ferme afin d’être convainquant.

- Wayne, malgré ce que vous en pensez, vous fait confiance ; la preuve est qu’il est toujours avec vous. Il souhaite s’en sortir seul, alors, faites lui confiance également. Cessez de le harceler avec des questions auxquelles il n’a, sans doute, pas toutes les réponses. Cessez de vouloir tout savoir sur tout, de vouloir tout régler, fichez-lui la paix !

Sous-entendu : *Fichez-moi la paix également*.

Malgré la fatigue accumulée, Ross avait fait un gros effort de pondération jusqu’à présent. Il était souhaitable que Bobby ne pousse pas le bouchon trop loin si elle ne voulait pas voir l’écossais se mettre vraiment en colère.

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MessageSujet: Re: Pas de répit ! [Terminé]   Lun 11 Avr - 10:24

    Bobby avait parfaitement conscience d’agir comme une imbécile face à Ross. Qu’elle tienne ce genre de propos à son père refusant de la laisser aller en soirée pendant l’adolescence passait, mais en l’occurrence, elle n’était pas face à un proche et était censé avoir dépassé le stade de la puberté à l’heure actuelle. Mais quand elle se tenait face au psychologue et l’entendait discourir de cette manière pompeuse, elle ne pouvait s’empêcher de se sentir comme une gosse que l’on réprimande et ne parvenait plus à se maitriser. Elle régressait de quelques années, montait sur ses grands chevaux et perdait son sang froid.
    Oh bien entendu, ses angoisses par rapport à Wayne étaient en partie responsables également, mais c’était surtout la manière dont Ross avait de la traiter qui la rendait aussi insupportablement casse-pied. C’était à cause de lui si elle avait l’air d’une idiote capricieuse et injuste alors qu’il paraissait si serein, sûr de lui... Pourquoi fallait-il toujours qu’il parle comme un dictionnaire ? Qu’il la prenne de haut de cette manière et lui étale son savoir au visage ? C’était pire qu’un soufflet et elle se sentait toujours humiliée et folle de rage après une rencontre avec le mutant.

    Et cette fois n’échappa pas à la règle. La conversation aurait pu être beaucoup plus posée si Ross ne l’avait pas directement provoquée et ne lui avait pas demandé de se lâcher. Il réclamait ce qu’il avait semé et le faisait d’une manière bien perfide… Et sortait vainqueur.
    Bobby ouvrit la bouche pour l’interrompre lorsqu’il se lança dans un discours assommant sur la notion de dépression et de culpabilité. Elle savait parfaitement tout ça, il ne lui apprenait absolument rien ! Ils étaient équipés d’ordinateur et d’une connexion Internet stable, elle avait eu tout le loisir de se renseigner sur la question en quatre ans !
    Elle s’était même inscrite sur à un forum de soutien il y a un moment, pour essayer d’obtenir quelques réponses et d’y voir plus clair. A cette époque, Wayne et elle étaient simplement amis, ce qui ne l’empêchait pas de se sentir concernée et de s’inquiéter pour le jeune homme.

    Mais Ross enchaina en lui servant un exemple plus concret et surtout plus personnel. Il parlait enfin de son petit ami et pas d’un dépressif quelconque.
    Cela dit, ces remarques ne permirent pas de faire disparaître la moue boudeuse voir accusatrice qui s’était peinte sur le visage juvénile de la rouquine qui continuait à le fusiller de son regard perçant. Ses carreaux immense devait la décrédibiliser un peu dans sa démarche d’intimidation mais peu importe…

    « Je ne lui ficherai pas la paix » rétorqua-t-elle simplement, avant qu’un pesant silence chargé de tensions ne s’installe entre eux

    Lui ficher la paix ? Et puis quoi encore ! Jamais elle ne lâcherait l’affaire, elle aurait l’impression de baisser les bras et d’abandonner le jeune homme. Arrêter de poser des questions, de se battre et d’harceler Ross reviendrait à faire comprendre à Wayne qu’il pouvait bien faire ce qu’il voulait de son point de vue.
    C’était comme le trouver baignant dans son sang dans la salle de bain et refermer la porte dans un « désolé, je te laisse en paix ». C’était de la non assistance à personne en danger, Bobby en était une fois encore convaincue. Elle ne pouvait pas arrêter d’essayer de faire tomber les barrières qui la séparaient de la vérité toute crue. C’était au-dessus de ses forces, elle en avait besoin.
    Il fallait qu’elle trouve le moyen d’aider Wayne pour racheter ses fautes. Il fallait qu’elle le sauve. Si elle n’y parvenait pas, elle ne pourrait jamais se sauver elle-même…

    « Et puis vous savez comme moi que Wayne n’a pas besoin de me parler pour savoir que son comportement me blesse. Je ne peux pas m’empêcher de me sentir coupable et je lui en veux à lui aussi quand il fait ce….genre de chose. Il le sait parce qu’il le sent ! » tiqua-t-elle, agacée « Ce n’est pas un patient comme les autres et vous le savez aussi bien que moi ! Alors peut-être que vous devriez le traiter différemment des autres ! Peut-être que vos méthodes habituelles ne fonctionnent pas avec lui ! Est-ce que ça vous a traversé l’esprit ? Est-ce que ça vous ait déjà arrivé de vous remettre en question ? HM ? »
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MessageSujet: Re: Pas de répit ! [Terminé]   Mar 26 Avr - 20:51

La patience de Ross était grande mais elle avait ses limites. Bobby venait de les atteindre. Non seulement elle l’accusait silencieusement de son regard perçant mais elle lui tenait tête avec une arrogance qu’il supportait difficilement de qui que ce soit. A cet instant, l’écossais faillit exploser. Il serra les poings pour canaliser la rage qui montait en lui. Il souffla et laissa planer un long silence pendant lequel il se resservit du thé. Il lui fallait bien ça pour tenter de faire le vide et reprendre le contrôle de ses émotions. C’était sans compter avec la fatigue et l’acharnement de la jeune fille qui se remit à parler… parler… à analyser et à critiquer.

Le psychologue avait tenté d’expliquer, il avait même donné un exemple concret. Malgré tout, Bobby campait sur ses positions. Elle était sûre d’elle, trop ! Elle pensait connaître Wayne mieux que lui-même. Elle disait « savoir » ce qu’il ressentait. Comment pouvait-elle être aussi catégorique ? Ce n’était pas parce qu’elle était sa petite amie qu’elle comprenait tout, le pouvait-elle d’ailleurs ? C’était improbable. Cette jeune fille était trop impliquée sentimentalement pour avoir les idées claires, pour ne pas se tromper. Personne ne pouvait connaître une personne mieux qu’elle-même ; même ceux qui demandaient un soutien psychologique. Ces derniers avaient seulement besoin d’un guide. Théoriquement, ce guide était en possession des clés nécessaires ouvrant les portes fermées par le temps passé. Bien des guides s’étaient égarés avec leur groupe en faisant du hors pistes. Ils connaissaient pourtant la montagne sur le bout des doigts ! Mais il existait toujours la possibilité du petit grain de sable venant enrailler la machine bien huilée. L’imprévu qui déroutait le plus expérimenté des accompagnateurs ; au mieux ils s’en accommodaient pour éviter le pire. C’était ce que Ross s’efforçait de faire avec les patients dits « difficiles ».

La psychologie n’était pas une science exacte, elle ne résolvait pas tout, ça se saurait ! Cette spécialité n’était pas aussi simple que des mathématiques. Un plus un ne faisait pas systématiquement deux ; cela pouvait faire un ou trois, sans compter les décimales. Les méthodes habituelles, il n’y en avait pas vraiment. Comme la rouquine l’avait souligné, Wayne n’était pas un patient comme les autres. Elle oubliait simplement que chaque patient était unique. Aussi ses petites remarques sur les méthodes, les particularités et autres, elle pouvait se le mettre quelque part ! Ross n’avait pas besoin de conseils qu’il connaissait déjà.

- C’est bon ? Vous avez fini ? Puisque vous êtes si forte et que vous savez tout, pourquoi perdez-vous votre temps à me poser des questions ? Demanda-t-il avec un agacement non dissimulé. Sans attendre de réponse, il poursuivit :

- Vous me faites perdre mon temps également. J’ai essayé de vous expliquer mais vous ne voulez rien entendre. Le fait d’être sa petite ne vous donne aucun droit. Il ne vous appartient pas ! Il n’a pas de comptes à vous rendre et moi encore moins.

L’écossais avala son thé d’une traite, posa la tasse sur la table et soupira de soulagement. Si avec ça, Bobby n’avait pas compris, elle ne comprendrait jamais. Dans ce cas, il devrait se faire une raison, il l’aurait encore sur le dos un bon bout de temps. Il serait peut-être judicieux d’arrêter les hostilités ? En temps normal, l’homme aurait ajouté quelques mots réconfortants à l’intention de la jeune fille. Après tout, elle s’inquiétait pour son petit ami, c’était louable et humain ! Mais là, elle avait dépassé les bornes et il n’avait aucune envie d’être sympa. Plus tard peut-être…

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MessageSujet: Re: Pas de répit ! [Terminé]   Sam 30 Avr - 18:22

    Elle fixa Ross sans ciller une seule seconde, les lèvres pincées à l’extrême, jusqu’à en blanchir le contour, ses yeux bruns lançant des éclairs. Ses mâchoires étaient scellées et elle tremblait de rage. Et peut-être de fatigue également.
    Depuis quelques instants, sa colère s’évacuait en effet dans ses propos cinglants et hargneux, la vidant un peu plus à chaque seconde. Elle faisait place au doute, laissait remonter ses angoisses à mesure qu’elle s’évaporait dans l’air à présent électrique de la pièce. Le psychologue faisait tomber toutes ses défenses et pompait son énergie en s’entêtant de la sorte.
    Tout ce qu’elle demandait, c’était quelques réponses !
    Quelques réponses pour la sortir de ce flou qui l’engloutissait depuis plusieurs jours. Depuis que l’incendie s’était déclaré et que les premiers blessés étaient apparus sur le pas de leur porte.

    Elle lui faisait perdre son temps ? Eh bien temps mieux ! Qu’est-ce qu’il avait de mieux à faire de toute manière ? Boire du thé ? Dormir ? Pourquoi pourrait-il se reposer alors qu’elle-même devait courir d’un bout à l’autre de Génome pour faire le suivi de ses patients, s’assurer que tout allait pour le mieux pour tout le monde malgré les circonstances et notamment Wayne, pourtant a des kilomètres de là.
    Et qui s’assurait qu’elle-même allait bien ? Qui lui demandait si elle avait pu fermer l’œil ces derniers temps ou même s’intéressait de savoir si elle avait avalé quoi que ce soit depuis quatre jours ? Certainement pas cet imbécile de Ross avec ses réponses toute faites et son air supérieur. Wayne le lui avait demandé, bien sûr, mais elle avait été forcée de lui mentir pour ne pas l’inquiéter. Parce qu’il avait assez de choses gérer comme ça.

    Elle avait envie d’hurler à l’écossais qu’il ne comprenait rien à rien, qu’il était complètement à côté de la plaque ! Elle ne pensait pas que Wayne lui appartenait, tout ce qu’elle voulait c’était le protéger. Le protéger des autres et de lui-même.
    Il n’avait pas d’idées suicidaires, c’était un garçon épanoui, qui avait certes vécu des drames, mais avait su les dépasser. C’était les autres le problème ! Avec leurs états dépressifs, leurs petites vies mornes dont ils se plaignaient sans cesse, leurs pseudo drames, qui venaient lui parasiter l’esprit et le cœur.
    Est-ce que c’était un crime de vouloir l’éloigner de tous ces imbéciles cruels ? Si c’était le cas alors tant pis, elle assumait tout à fait ses choix ! Elle savait ce qu’il lui fallait, ce qui était bon pour lui ! Elle était prête à sacrifier son propre bonheur, à le laisser s’éloigner d’elle pour qu’il aille mieux.
    Et cet empoté de psychologue à la noix venait sous-entendre qu’elle faisait preuve d’égoïsme, qu’elle était trop possessive, trop curieuse. Ca n’avait rien à voir !

    Elle voulait le lui dire, mais les mots restaient bloqués dans sa gorge serrée par la rancœur. Du moins, essayait-elle de s’en convaincre. En réalité, c’était l’émotion qui l’étreignait. Le doute, la peur. La peur de mal faire, de mal s’y prendre en réalité avec Wayne, la peur de se retrouver seule, de perdre son seul point d’appuie, sa seule valeurs sûre à Génome et dans sa vie. Ross venait d’appuyer juste là où ça faisait mal.
    Et elle le détestait pour ça. Elle voulait qu’il retire ce qu’il venait de dire, qu’il la rassure.

    « Je vous déteste » sanglota-t-elle soudain, ses yeux envahis par des larmes qui n’avait pourtant rien à voir avec la colère
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Pas de répit ! [Terminé]   Sam 7 Mai - 20:35

Ross avait tenté de lui faire passer quelques messages mais visiblement Bobby n’avait pas saisi. Elle avait sans doute mal interprété ses dires. Ce n’était pas très surprenant car l’écossais n’avait pas fait preuve d’une grande clarté et encore mois de subtilité. La fatigue et la tension de ces derniers jours n’arrangeaient rien.

-Tant mieux ! Lâcha-t-il sans réfléchir.

Ross allait enfin avoir la paix. Sous le coup de l’énervement, cette pensée avait franchi la barrière de ses lèvres sans le vouloir. Bobby n’avait jamais montré un quelconque attachement à Ross mais il n’avait rien contre elle, il la trouvait même charmante. Elle faisait son boulot consciencieusement et ne rechignait pas à en faire plus que ce dont elle était chargée. Le seul problème était son entêtement à vouloir tout savoir sur tout et surtout sur son petit ami. A chaque fois qu’ils se croisaient, elle était plutôt souriante. Ils échangeaient quelques mots de courtoisie sauf quand la curiosité de la jeune fille la poussait à parler. Elle savait ce qu’elle voulait et faisait tout pour l’obtenir. C’était une qualité que le psychologue appréciait ; elle permettait à un être humain de s’en sortir mieux que ceux qui en étaient dépourvus ; cependant si cette qualité était mise en avant sans réfléchir, elle pouvait devenir un handicap.

Se borner à faire ou à dire quelque chose alors que ce n’était pas mûrement réfléchi pouvait s’avérer négatif voire catastrophique. C’était ce que venaient de faire Bobby et Ross. Ce dernier regretta aussitôt son manque de contrôle.

- Et merde... Dit-il en voyant Bobby se mettre à pleurer.

Elle ne lui avait encore jamais fait ce coup là ! Il pensait tout de même qu’elle était réellement affectée par la situation. L’écossais n’avait pas à répondre aux interrogations de Bobby sur Wayne. Ce jeune homme était son patient, il ne dérogerait pas à ses principes. La jeune fille pouvait dire ou faire ce que bon lui semblait, il ne se laisserait pas attendrir, il n’en avait pas le droit. Cependant, le psychologue était un homme avant tout. Il s’en voulait de l’avoir malmenée, Bobby ne méritait pas ça. Habituellement, il n’aurait jamais agi de la sorte. Il ne fallait pas oublier qu’il venait de passer quatre jours intenses, chargés en émotions ; il pouvait bénéficier de circonstances atténuantes. Sauf que Bobby ne le verrait sans doute sous cet angle. Une vraie tête de mule qui lui faisait penser à Wyatt. Ils iraient bien ensemble ces deux là !

Son fils était encore dans une chambre de soins, il était sorti d’affaire mais le médecin restait réservé quant aux problèmes pulmonaires qui pourraient survenir ultérieurement. Ross leva les yeux vers Bobby, elle était à peine plus âgée que son fils. Les larmes qui coulaient sur les joues de la jeune fille réveillèrent la fibre paternelle. Il s’approcha d’elle et la prit dans ses bras en posant une main sur l’arrière de sa tête, l’invitant à se blottir contre lui.

- Je suis désolé Bobby. Les mots ont dépassé ma pensée. Je crois qu’on est épuisé tous les deux.

Ainsi, il espérait la consoler et lui apporter un peu de chaleur humaine qui manquait cruellement dans cette pièce depuis quelques temps.

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MessageSujet: Re: Pas de répit ! [Terminé]   Dim 8 Mai - 9:56

    C’était la troisième fois que ça lui arrivait en quatre années. La troisième fois qu’elle se mettait à sangloter comme une idiote devant quelqu’un d’autre que son reflet dans le miroir de sa salle de bain, son petit sanctuaire.
    Il y avait d’abord eu Shane Jones, le soir de la disparition de ses parents. Mais cette fois, elle n’avait ressentit aucune gêne à se laisser aller dans les bras du policier venu lui porté secours. Elle venait de perdre ses parents et elle serait sans doute devenue folle s’il ne l’avait pas prise contre lui comme il l’avait fait.
    Et puis il y avait eu Wayne. A l’époque, ils n’étaient pas encore en couple, de simples amis. Des amis très proches cela dit, à qui on prêtait déjà une aventure dans les couloirs de Génome. Le mutant venait de passer plusieurs jours dans le coma après une chute de trois étages. Enfin dans ces cas là, Bobby n’était pas sûre que l’on puisse parler de chute, mais peu importait. Pour une fois, elle s’était laissée aller à pleurer en sa présence, se souciant bien peu que ses sentiments ou ses larmes l’affecte. Elle avait eu besoin de lui montrer qu’il n’avait pas fait que briser ses os sur le bitume, il avait broyé son cœur. Encore. Il était trop faible pour réellement la serrer contre lui comme Ross le faisait en ce moment, mais ça lui avait suffit. Elle s’était contentée d’être allongée dans le lit à ses cotée et s’écouter son cœur battre sous sa poitrine bandée.
    Et maintenant, il y avait Ross.

    Ross qu’elle assurait détester et avec qui elle n’avait jamais vraiment su s’entendre. Et ce n’était pas parce que leurs caractères étaient incompatible, c’était parce qu’elle ne pouvait pas s’entendre avec quelqu’un qu’elle ne connaissait pas et refusait de lui laisser entrevoir qui il était vraiment.
    Enfin depuis quelques minutes, elle commençait à cerner le personnage partiellement, ses barrières ayant été effritées par la fatigue qu’il devait ressentir autant qu’elle. C’était sans doute à cause de cet état d’épuisement dans lequel elle se trouvait qui l’avait fait craquer si facilement. Et c’était peut-être cette même lassitude qui avait conduis le psychologue à la prendre dans ses bras.

    Au fond, peu importait les raisons de ce revirement plutôt étrange de situation. Elle se sentait bien, contrairement à ce que sous entendait ses larmes. Bobby se sentait étrangement soulagée. Le contact des bras protecteur de Ross autour d’elle valait mieux qu’un café revigorant ou qu’un bon lit douillet. Elle se sentait comprise, elle se sentait protégée. C’était de ça qu’elle avait réellement besoin, pas de quelques heures d’un sommeil peu reposant.

    Ses bras fins passé autour de la taille du mutant comme un étau, elle se laissa aller à pleurer contre son épaule alors que les siennes étaient soulevées par ses sanglots régulièrement. Des pensées idiotes lui traversaient l’esprit de temps en temps comme : est-ce qu’il allait le répéter à quelqu’un ? Qu’allait-on penser d’elle ? Est-ce qu’il allait être fâché si elle mouillait son vêtement ?
    Elle n’essaya pas vraiment de les chasser. Elle préférait être contrariée par ce genre de pensées que par l’idée que Wayne allait peut-être refaire une bêtise en étant loin d’elle.

    Après un temps indéfini, elle s’écarta des bras de Ross et mit fin à leur étreinte. Elle ôta ses lunettes et essuya ses yeux en reniflant bruyamment, n’osant pas encore regarder son ainé dans les yeux. Elle commençait à ressentir un peu de gêne maintenant qu’ils n’étaient plus serrés l’un contre l’autre. Et en même temps, une petite voix qui ressemblait justement à celle du psychologue lui soufflait qu’elle n’avait pas à se sentir mortifiée de craquer de cette manière ; c’était humain et elle en avait besoin. Peut-être que lui aussi au fond.

    « Vous devez me prendre pour une idiote à vous incendier comme ça pour finalement venir pleurer sur vous… C’est comme vous avez dis, je suis juste un peu fatigué » chercha-t-elle tout de même à se justifier « Rien à voir avec une quelconque bipolarité, j’vous assure, doc’ » ajouta-t-elle en riant nerveusement, osant enfin croiser le regard du quarantenaire en se mordillant nerveusement la lèvre inférieure

    Elle avait envie de le remercier mais ne savait pas comment s’y prendre. Après l’avoir traité comme elle l’avait fait, après tous les mots et regards cinglants qu’elle lui avait adressés, la petite rouquine ne savait pas trop comment un simple « merci » pourrait rattraper le coup. Pourtant, elle lui était reconnaissante pour ce qu’il venait de faire et il fallait qu’il le sache. Sans pour autant qu’elle s’abaisse trop, elle avait sa fierté après tout !

    « Je pense que je vais en rester là avec mon interrogatoire. Pour aujourd’hui » ajouta-t-elle d’un ton entendu

    Quel meilleur moyen de le remercier pour son écoute et ses gestes réconfortants qu’en lui laissant un peu de répit. Mais rien qu’un peu.


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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Pas de répit ! [Terminé]   Mer 11 Mai - 20:33

L’étreinte réconfortante dura plusieurs minutes. Ross laissa Bobby sangloter sans rien dire. Il n’était pas mécontent de ne plus entendre la jeune file parler et de ne plus avoir à lui répondre. Il ne s’en réjouissait pas pour autant, il s’en voulait même. Il aurait du se montrer un peu plus attentif aux signes avant coureurs de cette dépression. Entendant ainsi le contraire de pression et non le synonyme de déprime.Les larmes étaient souvent nécessaires pour évacuer la colère, la peine et l’angoisse. Il était rarement bon de ne pas extérioriser les sentiments négatifs car ils finissaient par remonter à la surface un jour ou l’autre, après avoir fait des dégâts intérieurs. Il était préférable de craquer pour repartir ensuite sur un bon pied. Tous les patients de Ross avaient craqué au moins une fois dans son cabinet. C’était parfois violent et difficile à vivre pour le consultant mais également pour le psychologue. Bien entendu, il s’efforçait de garder une certaine distance mais après avoir nagé dans le vécu d’une personne, il n’était pas évident de rester insensible. C’était même impossible à moins d’avoir une pierre à la place du cœur.

Ross faisait partie des psychologues pensant que les larmes étaient nécessaires pour libérer le corps des tensions accumulées Plutôt que de réprimer ou de tenter de maîtriser ses larmes, il était préférable de se laisser aller. C’était même une bonne chose car cela indiquait que le psychisme s’exprimait et se défendait. Bobby pensant visiblement le contraire, le psychologue fit une petite grimace de désapprobation.

- Mais non Bobby, vous êtes loin d’être idiote. Juste un peu têtue. Et je sais bien que vous n’êtes pas bipolaire. Vous êtes entière. Vos larmes signifient simplement que vous prenez les choses à cœur et que vous n’abandonnez pas. Dit-il avec indulgence.

En parlant, le psychologue pensait à l’exemple du petit enfant privé d’affection et livré à lui-même. Il continuait de crier mais cessait totalement de pleurer. Quand les larmes se tarissaient, c’était que tout espoir était abandonné.

- Dommage pour moi. Conclut-il sur le ton léger de la plaisanterie.
Puisque la jeune fille avait décidé de mettre fin à son interrogatoire, l’écossais se sentait déjà beaucoup mieux.
- Sage décision Bobby. Approuva-t-il.

Si la jeune fille avait continué sur sa première idée, il l’aurait sans doute abandonnée à son triste sort, le regrettant ensuite. Ross n’était pas de nature cruelle mais il ne fallait pas abuser de sa patience et éviter d’être trop curieux. Il tenait à son petit jardin secret. Soulagé, il reprenait doucement le chemin de la socialisation et avait envie de faire partager un peu de ses connaissances.

- Savez-vous pourquoi les femmes pleurent plus que les hommes ? Parce que les larmes d’émotion sont concentrées en protéines et en hormones dont la prolactine. Cette hormone, responsable de la production de lait, étant présente en plus grande quantité chez les femmes ; certains scientifiques affirment que c’est la réponse à cette question. Je suis assez d’accord avec eux.

En discourant, l’homme avait débarrassé la table de sa tasse de thé et de ses dossiers. Il se dirigeait doucement vers la porte. Malgré l’apaisement, il était éreinté et il lui semblait que son corps pesait une tonne.

- Je vais prendre une douche bien chaude et aller dormir une ou deux heures. Vous devriez en faire autant. Dit-il en quittant la pièce dont il laissa la porte grande ouverte.

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Bobby D.

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MessageSujet: Re: Pas de répit ! [Terminé]   Jeu 12 Mai - 6:33

    « Je vais rester encore un peu ici » répondit-elle en lui adressant un franc sourire

    Le premier vrai sourire depuis qu’ils se connaissaient certainement. Un sourire de connivence qui lui fit du bien à l’âme. Elle le regarda s’éloigner après qu’il le lui ait rendu et finit par retourner se laisser tomber sur la chaise qu’elle avait quittée quelques temps plus tôt.
    Elle se sentait toujours fatiguée, mais à présent, c’était une fatigue plus saine qui l’accablait. Elle avait l’esprit plus tranquille, se sentait plus légère, comme débarrassée d’un poids.
    Depuis l’incendie, elle n’avait pas encore pris le temps de réellement pleurer la perte de ses amis. De pleurer Aby qui ne reviendrait pas, de pleurer pour Aaron qui avait perdu sa sœur et se retrouvait à présent seul, comme elle l’était depuis que Wayne avait quitté l’enceinte du bâtiment.

    Elle avait envie de l’appeler à présent. Pas pour se rassurer mais simplement pour entendre le son de sa voix et l’entendre lui dire une fois encore que les choses allaient s’arranger, qu’elle devait laisser le temps faire son œuvre et apaiser ses maux.
    Cette fois elle le croirait vraiment, elle ne ferait pas simplement semblant.

    Pourtant, Bobby ne se jeta pas sur son téléphone portable. Elle déposa ses lunettes de vue sur la surface lisse de la table puis croisa ses bras avant de venir enfuir son visage dans le creux formé. Elle ferma ses yeux brûlants de fatigue et se laissa aller à ressasser sa conversation avec Ross.
    Ross qui lui avait confirmé être l’un d’entre eux. Ross qui commençait peu à peu à gagner sa confiance et son respect. Oh bien sûr, elle comptait encore lui poser un maximum de questions, jouer avec ses nerfs et ne le lâcherait pas avec Wayne, mais à présent, elle savait que leur relation était censé être comme ça. Come celle qu’elle entretenait avec son propre père avant sa disparition. Ca lui paraissait naturel…
    Elle lui taperait sur le système, il ferait preuve de patience jusqu’à ce qu’elle atteigne sa limite et alors ils donneraient de la voix. Mais au fond, la rouquine savait qu’elle pourrait compter sur lui, sur son soutien, et peut-être encore sur ses bras pour se décharger un peu.
    Elle ne le voyait pas comme un psy, elle le voyait plus comme une figure paternelle. Celle qui lui manquait.

    Peu à peu, les pensées de Bobby devinrent plus brouillonnes, jusqu’à ce qu’elle sombre dans un sommeil réparateur. Le repos bien mérité du guerrier.

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Pas de répit ! [Terminé]

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