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 Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...

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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Dim 16 Jan - 20:26


scotch, you're my only love


Je pris mon porte-feuille et je me dirigeai vers la porte de mon bureau en maudissant Esteban Calloway, ce traître...
Il avait osé me lancer un ultimatum, me mettre au pied du mur... C'était soit sortir avec lui parce qu'apparemment, il avait besoin d'une soirée "entre hommes", soit prendre le risque de le voir filer. Oui, il m'avait menacé de quitter Genome. Je savais bien qu'il ne le ferait pas mais ça voulait dire ce que ça voulait dire : il voulait absolument que je sorte avec lui ce soir. Je n'en avais pas la moindre envie.
Une semaine que j'avais éparpillé ses cendres dans le bois où nous nous étions retrouvés un été, en vacances. Je savais qu'elle avait aimé cet endroit autant que moi. Alors j'avais voulu qu'il soit à elle et qu'elle soit ce bois à part entière. Pour l'éternité. Je repassais sans cesse le film de cette soirée dans ma tête et je n'arrivais toujours pas à comprendre. Enfin, si, je comprenais pourquoi elle morte morte : à cause de moi. J'aurais tout donner pour prendre la sienne.
Je sortis de mon bureau et je déambulai dans le couloir lentement, comme si les secondes que je perdais là ne seraient pas rattrapées dans ce bar... Comme je me fourvoyais complètement ! Esteban était aussi tenace que moi. Un brin de folie en plus peut-être. Alors s'il avait décidé que nous allions passer la nuit dehors à faire la "fête" entre potes, alors j'allais être contraint de le suivre dans cette aventure... Je tentais de me dire que ça ne pouvait qu'être une bonne chose pour moi, un moyen de reprendre le pas sur la vie et de recommencer à vivre.... sans elle... En avais-je seulement le droit ? Peut-être bien que non. enfin, je ne me le donnais pas, ce droit.
Mais j'avais encore le droit de faire plaisir à un ami. Parce qu'au fur et à mesure, c'était ce qu'était devenu Esteban : un véritable ami. Nous nous étions rapprochés ces derniers temps et depuis la mort de ma soeur, il avait été là. J'avais découvert une nouvelle facette de lui, un côté grand frère insoupçonné jusqu'alors. Au départ, je l'avais repoussé un peu, les deux premiers jours, m'enfermant dans ma solitude et mon mutisme. Mais il était tellement revenu à la charge que j'avais fini par laisser faire. Et je commençais maintenant à trouver ça normal. Alors peut-être que cette soirée n'était pas une mauvaise idée. Je n'étais pas sorti de Genome depuis une semaine déjà, je devais changer d'air...

Il m'attendait à l'entrée, un grand sourire affiché sur son visage, un sourire qui m'agaçait un peu : il semblait vouloir dire "tu vois mon pote, t'as pas pu résister à une beuverie et une soirée drague entre potes". Mouais... C'était à peu près le programme de la soirée, j'en étais certain. Je n'allais pas draguer, non. Je n'avais pas la tête à ça. Mais noyer mon chagrin et ma vie lamentable dans une bonne bouteille de whisky n'était pas un mauvais plan. Alors j'allais le suivre, ce type bien content de lui, content d'avoir réussi à faire sortir la souris de son trou, et passer ma soirée à l'observer séduire les plus belles femmes de Los Angeles tout en me saoulant comme le pauvre type que j'étais.
Au moins, je savais que j'allais sûrement trouver de quoi en rire au cours de la soirée. Je lui offris mon regard le plus sérieux, tentant de prendre une contenance sincère et peut-être même légèrement menaçante, avant de lui lancer :

« Ecoute-moi Calloway, ce soir, je suis là pour te regarder te pavaner, on est bien d'accord ? Et c'est toi qui paies la première bouteille, sinon je te jure que je retourne vite fait dans mon bureau. »

Je souris légèrement face à lui. C'était tout ce dont j'étais capable actuellement mais c'était sincère. Ce type, je l'appréciais vraiment. Il me connaissait et était là donc pour l'instant, c'était largement suffisant à mon goût.
Et puis s'il payait la première bouteille, je n'allais sûrement pas rechigner à payer la seconde... Peut-être même la troisième si la soirée s'allongeait jusqu'à devenir la nuit entière...


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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Ven 21 Jan - 18:33

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Ce qu’Aaron pouvait être grincheux quand il le voulait. Tout ça pour une petite menace et un léger sourire victorieux. Juste pour à cause de ces deux détails insignifiants. Au moins, il était venu, et Esteban ne cachait pas satisfaction. Aaron avait besoin de sortir, de cesser de ruminer dans son bureau sans daigner mettre le nez dehors autrement que pour pisser. Et lui, il avait besoin de sortir pour éviter de continuer à ressasser sa propre situation. Il avait besoin de quelqu’un d’objectif pour le remettre sur le droit chemin parce que ses pensées faisaient n’importe quoi et qu’il était quasiment sûr d’avoir perdu la raison. Le but de cette soirée était donc qu’Aaron la lui redonne. Qui mieux que le créateur de Genome aurait pu lui ôter de la tête l’hypothèse de sentiments envers Anastasia Jaye, employée de Genetic.

- D’abord, je me pavane pas, j’ai tout simplement la classe, tu devrais le savoir.

Et pour ponctuer ses propos, il fit volte face pour laisser Aaron admirer sa tenue. Il avait fait un effort, son jean était en bon état et il portait un tee-shirt blanc dont le col était en V. Certes, il aurait aussi pu se raser et domestiquer ses cheveux. Mais selon lui, ce style nonchalant lui allait à merveille.

- Ensuite, maintenant que t’es là, ce serait bête de repartir sans avoir bu un verre. Surtout que j’ai choisi un bar irlandais en référence à tes racines.

Ceci dit, il lui fit un léger signe de la tête pour l’inviter à la suivre. Une musique traditionnelle se fit entendre alors qu’ils passaient la porte pour entrer. L’endroit était déjà bien animé et certains, au vu de leur euphorie, avait du commencé la soirée plus tôt que d’autres. Esteban avisa une banquette un peu à l’écart et s’empressa de s’y installer. Il piqua sans attendre dans les cacahuètes offertes par la maison et interrogea Aaron tout en faisant signe au serveur pour attirer son attention :

- T’as mangé un truc au moins avant de venir ?


Sous-entendu, il vaudrait mieux parce que je compte boire et que je n’aime pas boire seul. D’ailleurs, il allait sans doute lui falloir une bonne quantité d’alcool pour vaincre l’air renfrogné de son compagnon et aborder le sujet Anastasia. Allait-il l’aborder de toute façon ? Cela en valait-il la peine ? Après tout, il ne s’était rien passé entre eux… Ce n’était pas comme s’il y avait quoi que ce soit, d’ailleurs hein ? Non, mais de qui se moquait-il ? Bien sûr qu’il y avait quelque chose, un Problème, avec un P majuscule, s’il vous plaît. Comme le fait qu’il pense quasiment 24h sur 24 à elle, et passe le plus clair de son temps à ses côté, et peut-être aussi cette stupide, vraiment très stupide envie de l’embrasser qui le prenait dès qu’elle posait ses grands yeux bleus sur lui.

Rien que d’y penser, les papillons se remettaient à gronder dans son ventre. Le jeune homme reprit une poignée de cacahuètes, alors que le serveur arrivait enfin pour leur demander ce qu’il voulait. D’un mouvement de sourcils, il fit comprendre à Aaron qu’il pouvait choisir. Il payait mais n’y connaissait rien en alcool irlandais malgré sa fâcheuse tendance à prendre des cuites monumentales avec Bobby. Cette dernière allait d’ailleurs sûrement beaucoup lui en vouloir de ne pas avoir été convié à leur petite soirée mais tant pis. Elle n’aurait fait que l’influencer dans le mauvais sens concernant Anya.

- Choisis un truc bien fort, ajouta-t-il en accrochant un magnifique sourire sur son visage.

Il attendit que le serveur reparte et engouffra les dernières cacahuètes de sa poignée.

- Alors comment ça va, Ronron ?

Pathétique mise en bouche pour éviter le sujet principal.
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Dim 23 Jan - 17:21

« Calloway, Calloway, Calloway... Tu me déçois... Règle numéro un : "Manger, c'est tricher" ! Tu devrais le savoir pourtant en tant que grand pratiquant... » dis-je en secouant la tête d'un air blasé. Irrécupérable ce type : jamais il ne comprendrait... Que j'étais peut-être meilleur que lui à ce jeu ! « Je propose de commencer par une très bonne bouteille de scotch : premièrement parce que c'est en début de soirée qu'on est encore capable de déguster ce qui est appréciable et deuxièmement parce que TU paies la première bouteille. » Et là, je souriais avec ma tête de vainqueur, celui qui avait réussi à piéger vilement son ami.

Je me rendis compte qu'au fil du temps, Esteban était devenu un véritable ami. Un type sympa qui venait me voir sans arrêt dans mon bureau depuis ma migration à temps complet là-bas. Il avait fini par s'incruster totalement dans ma vie et nous étions passés de potes qui rigolaient bien ensemble à amis. Amis qui pouvaient discuter de beaucoup de choses : nous n'avions jamais eu de réelles discussions sérieuses mais j'avais l'impression que c'était possible.
En tout cas, j'étais finalement content d'être là, d'être sorti de mon trou pour prendre un peu l'air. Et puis, boire un peu était un excellent moyen d'oublier et c'était ce que je comptais faire ce soir : oublier la misérable vie qu'était la mienne et effacer pour ce soir ce sentiment immonde d'être un meurtrier. J'avais l'impression d'avoir encore du sang sur les mains et de tuer à chaque fois Aby. Je revoyais chaque nuit la scène et chaque fois, ça s'intensifiait. J'avais besoin de chasser tout ça de mon crâne et pour ça, l'alcool était sûrement le meilleur ami de tous, l'ami fidèle qui vous promettez à chaque fois une cuite mémorable... pour les autres puisqu'il se chargeait bien gentiment d'effacer votre propre mémoire. Exactement ce qu'il me fallait sachant que ce cher Esteban allait lui aussi se retrouver avec un trou noir à la place des souvenirs alors...
Le serveur revint avec la bouteille avant que je ne réponde à la question épineuse et obligatoire posée par Esteban. Tant mieux. Je la débouchai tranquillement et versai le doux breuvage dans les deux verres que nous avions sur la table. Quelques glaçons s'y trouvaient déjà : parfait. Je poussai le verre de Calloway vers lui et m'emparai du mien pour boire une toute petite gorgée : juste une mise en bouche pour me faire la première idée de convenance sur le produit. Résultat : mes papilles dansaient la nouba et mon cerveau me disait de boire plus vite que mon acolyte parce que cette bouteille était délicieuse. Je bus donc une nouvelle gorgée, sans attendre. Puis je posai mon verre : en plus d'être bon, ce scotch m'avait donné la force de blablater sur mon malêtre actuel. Il fallait que je m'en procure vite, au moins deux ou trois bouteilles.

« Je vais bien. Aussi bien que ça peut aller dans de telles circonstances. Je suis en état de m'activer à Genome donc c'est bon signe je suppose. Et puis, je ne reste pas inactif donc je me dis que je reprends du poil de la bête. »

Faux, faux et archifaux ! Si j'étais en pleine activité depuis ce drame, c'était uniquement un moyen pour moi de ne pas penser à tout ça. Et m'occuper ainsi faisait que je ne ressentais plus rien dans ces moments-là : je me contentais uniquement d'axer mes pensées sur le boulot et de devenir en quelque sorte un robot. Ça m'allait très bien parce que comme ça, au moins, j'étais efficace dans mon boulot et, une bonne quinzaine d'heures par jour, j'oubliais. La nuit venue, c'était tout autre chose par contre... Mieux valait ne pas évoquer tout ça. Je voulais m'amuser ce soir.

« Et toi mon grand ? Parce que tu me parles pas assez de toi quand tu viens prendre le thé dans mon bureau : tu sais bien que j'aime savoir ce que tu fais de ta vie... » lui dis-je en empruntant un ton assez soutenu, mimant assez mal la vieille commère anglaise : Miss Grant, la femme qui avait fait ce cours étrange sur l'évolution physique de l'espèce humaine. C'était exactement son accent qui avait déclenché ma conversation sarcastique avec mon voisin : Esteban Calloway...

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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Dim 30 Jan - 18:08

Esteban arrêta sa poignée de cacahuète à quelques centimètres de sa bouche. Manger, c’est tricher. Non mais qu’est ce que c’était que cette connerie ? Bobby ne lui avait jamais parlé de cette règle ! Non, en fait, personne ne lui avait jamais parlé de cette règle et il avait bien l’intention de continuer à ignorer son existence. Il enfourna donc sa bouchée, et sans prendre la peine de la terminer, répliqua :

- Jamais entendu parler de ça, c’est pas écrit dans ma bible des ivrognes. Et on en reparlera quand t’auras vomis des trippes dans la douleur !


Promesse accompagnée d’un clin d’œil malicieux.

Le scotch arriva à point nommé et Aaron ne perdit pas de temps pour les servir. Esteban leva son verre vers son acolyte et le fit tinter contre le sien.

- A notre soirée !

C’était toujours mieux que de porter un toast au fait de noyer son désespoir dans l’alcool, ou encore à ces enfoirés de Genetic qui faisaient littéralement de leurs deux vies un véritables enfer, à n’en pas douter. Sur ce, il dégusta sa première gorgée de scotch, savourant comme un trésor la brûlure du breuvage dans sa gorge tandis que ses papilles s’extasiaient sur le goût raffiné de la boisson choisie. Le jeune homme eut une moue approbatrice en faisant tourner le liquide dans sa prison de verre. Jolie couleur, goût à se damner et effets qui seraient sans aucun doute des plus rapides. Que demande le peuple ?

Tout en observant les autres clients du bar, Esteban écouta l’état des lieux lamentable de la vie d’Aaron. Il ne pouvait pas l’en blâmer alors que celui-ci faisait tout pour faire bonne figure. Il n’avait connut Abby que de manière superficielles. La petite princesse de Génome avait toujours été pour lui quelqu’un d’agréable, dotée d’un sens de l’humour surprenant et d’un courage grandiose. Il avait toujours été persuadé qu’il aurait le temps d’apprendre à la connaître au fil des années. Mais la vie les avait pris de cours en lui renvoyant en plein visage qu’elle n’attend pas pour être vécue.

- C’est sûr que de se perdre dans le boulot en oubliant toute vie sociale est le meilleure moyen de se remettre en selle ! fit-il en en rajoutant un peu.

Esteban se moquait sans pour autant condamner l’attitude d’Aaron. Ce n’était pas son genre. Non, lui, il avait été le type qui s’était incrusté dans le bureau sans lumière d’Aaron pour parler de tout et de rien, mais principalement de Génome. Sachant pertinemment qu’il ne pourrait rien faire pour l’aider à supporter cette épreuve, il s’était contenté d’être un soutient, de ramener des sandwiches et des cafés sans en avoir l’air. Mais le temps était venu de passer à l’action et de le faire sortir de son trou !

Et Aaron jouait très bien le jeu puisqu’il prit même un air guindé pour lui renvoyer la question. C’était qu’il avait de l’humour en plus le garçon !

- Si je ne te parle pas de moi, c’est parce qu’il n’y a jamais ce petit nuage de lait sur mon Earl Grey !

Evidemment, ça ne pouvait être que ça.

Même si, personnellement, il préférait ce qu’il y avait actuellement dans son verre. Il le reporta d’ailleurs à ses lèvres pour siroter quelques gorgées supplémentaires.

- Que veux-tu que je dise, mon petit ? J’ai eu mon diplôme, au fait. Il faut fêter ça non ? Il leva son verre vers son vis à vis pour trinquer une nouvelle fois, pressentant que ce tintement ne serait pas le dernier de la soirée. Et je me suis marié aussi, avec une mexicaine sans papier, je me suis dit qu’il fallait au moins expérimenter ça une fois dans sa vie. Mais on a divorcé deux jours après, elle a gardé le chat et moi le cactus. Equitable, non ?

Du Esteban dans toute sa splendeur, du grand n’importe quoi. D’ailleurs, il se demandait si un mariage blanc n’aurait pas été moins compliqué que sa véritable situation.

- Non sérieusement… Échafauder des plans pour te faire sortir de ton bureau me prends beaucoup trop de temps pour que je puisse faire autre chose de ma vie !

Il marqua un temps d’arrêt et prit une autre gorgée. S’il continuait à ce rythme, il lui faudrait moins d’une heure pour régurgiter tout ce qu’il avalerait.

Etait-il temps de lâcher la bombe ? Non, pas encore… Il ne voulait même pas penser à la petite blondinette au service de Genetic. Trop compliqué.

Discrètement, Esteban indiqua à son ami deux jeunes femmes d’une vingtaine d’années en pleine conversation près de bar. Vu la manière dont elles étaient vêtues, elles n’étaient pas venues ici pour faire simplement la conversation entre copines.

- Des filles en chasses ? J’te présente ?
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Sam 19 Fév - 21:38

Ça m'avait manqué. Vraiment. Esteban avait un don, un autre don, c'était certain. « Tu me montreras ton cactus et je te dirai si t'as vraiment gagné au change. »

Voyant le regard insistant de Calloway, je ne pus que comprendre. Il avait les yeux grands ouverts, le regard d'un enfant à qui l'on présentait un jouet et il faisait des va-et-vient avec son regard entre notre table et le bar. Je jetai un bref coup d'oeil.
Deux délicieuses créatures ne demandaient qu'à attirer l'attention de ces messieurs. Et nous étions assez nombreux dans ce bar. Je remarquai même que d'autres hommes s'étaient retournés vers les deux déesses. Oui, déesses. Déesses de l'amour à n'en pas douter : leur tenue ne pouvait qu'attester de leur manque de chasteté. Mais qui s'en plaignait ? Absolument personne.
Finalement, j'y jetai un nouveau coup d'oeil, juste pour me faire une idée : j'allais simplement analyser leur morphologie à des fins scientifiques. L'expérience, c'est la science ! Peut-être que j'allais expérimenter cet aspect de la science avec l'une d'elle ce soir... L'une des deux nymphes portait ne robe blanche, tout à fait légère. L'été était propice à la légèreté, tout comme, je n'en doutais pas, l'ouverture qu'offrait la damoiselle en question. La robe blanche était ample mais suffisamment saillante au niveau de sa poitrine et de son tour de taille : de tels atouts ne se discutaient pas. Elle possédait une superbe crinière brune retombant sur ses épaules où la robe ne tenait que par de fines bretelles.
Un éclair blond, un sourire, un rire... Je ne voyais plus cette fille brune. A la place, mon esprit ne voulait m'envoyer que des images du passé. Passé proche en l'occurrence. Je me souvenais alors de Donovan dans sa sublime robe de bal blanche... Ses courbes parfaitement dessinées, son décolleté promettant tellement de choses tout en ne deévoilant rien (ah, l'attrait du mystère et de l'inconnu)... et son rire, celui qu'elle s'était évertuée à employer toute la soirée. Et puis surtout, il y avait eu ce baiser... Enfin, ce presque baiser interrompu par Harwell...
J'avais compris ce soir-là que Holly Donovan, créature belle à se damner, somptueuse tentatrice, était bien plus que ce que je ne l'avais cru à mes yeux. J'avais eu peur pour elle ce soir-là, j'avais eu peur de la perdre... Et j'avais perdu Aby au final... Donovan... Elle nous avait suivis jusqu'à Genome, pour nous aider, puis elle avait disparu. Je ne l'avais pas revue depuis. Enfin si, je l'avais aperçue à l'enterrement d'Aby... Ou peut-être que j'avais imaginé sa présence... De toute façon, je devais tirer un trait sur cette fille. J'étais trop dangereux pour elle... Je ne pouvais pas me permettre de lui faire courir le moindre risque tout simplement parce que je la désirais ardemment...

Je me tournai à nouveau vers Esteban avec un sourire feintant l'envie : ces filles étaient sublimes mais j'en avais malheureusement déjà une qui squattait ma cervelle. Je remarquai alors que le regard d'Esteban était celui à qui l'on proposait un jouet... Mais un jouet qui ne représentait qu'un attrait minimal... D'habitude, à la vue d'une sirène assez avenante comme l'indiquait la posture de ces deux demoiselles, notre cher Calloway la regardait comme l'on regarde une friandise qui procure un plaisir sans nom une fois sur le bout de la langue. Une friandise qui met vos papilles dans tous leurs états...
Et là, nada. Il était un peu moins avide de femme que d'accoutumé. Bizarre... Peut-être qu'après tout, je n'étais pas le seul à être différent depuis ces événements tragiques. Je m'étais tellement focalisé sur moi, mes sentiments, mes remords... Je n'avais même pas eu l'idée de regarder les autres.

« J'en prendrais bien une part mais ça me semble trop facile : regarde un peu autour de nous... Nous sommes les deux seuls beaux mâles de la salle et elles sont visiblement très ouvertes ces donzelles... Il manquerait cette dose d'incertitude, ce besoin d'aller jusqu'au bout de la séduction, de se battre à fond... Là... C'est déjà prêt et emballé : il n'y a plus qu'à emporter... »

Je bus une nouvelle gorgée. Divin. Un vrai délice. Oui, il était tout à fait possible de prendre son pied avec une vraie bouteille de scotch. Une des choses de la vie que m'avait apprise mon grand-père paternel alors que j'étais encore tout jeune. C'était peu avant son décès. Il m'avait conduit dans sa réserve personnelle et avait débouché une bouteille si vieille que j'en avais été étonné. Il en but la moitié, me laissant l'autre. Je l'avais écouté me dictant tout son savoir sur le scotch pur irlandais et je ne savais plus très bien où ça c'était arrêté : je m'étais réveillé dans la chambre le lendemain matin. Voilà toute l'histoire de ma première cuite...

« Dis-moi Calloway, c'est quoi cette vilaine ride soucieuse qui se fraie un chemin entre tes sourcils ? »

Il était vraiment bizarre ce soir...

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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Jeu 17 Mar - 20:16

La réplique d’Aaron fut comme un coup de poing lancé dans son estomac. Trop facile… Et alors ? Lui, il aimait bien quand c’était simple et sans lendemain. Ou en tout cas sans prise de tête. Esteban était un épicurien, il aimait la vie et en profiter dans tous ces aspects. Mais l’irlandais aux belles paroles l’avaient coupé dans son élan. La séduction, l’incertitude… Non, c’était des conneries tout ça, des machins bon pour s’étourdir de réflexions vaines. Et puis il manquait de subtilité, il n’aimait pas les détours.

- Moi, j’aime les choses simples, bougonna-t-il, le regard perdu dans l’ambre de son scotch.

Pas comme avec Anya… La petite jeunette de Genetic qui lui foutait des papillons dans le ventre et des frissons dans la colonne vertébrale. Il fronça les sourcils. Il fallait qu’il arrête de penser à elle. Il ne s’était rien passé entre eux et rien ne se passerait jamais d’ailleurs. C’était clair ? S’envoyer une de ses jeunes femmes aux mœurs légères ne revenait pas à la tromper puisqu’ils n’étaient pas ensemble.
Pourtant, il imaginait déjà son regard sévère, ses lèvres pincées et son visage tendu par l’effort qu’elle ferait pour se contenir. Et puis, elle lui lancerait probablement une petite remarque glaciale et courtoise, comme si elle était une étrangère. Quelque chose du genre : « Mais tu fais ce que tu veux Esteban. » Peut-être qu’elle ne le regarderait même pas en prononçant ses mots.
Étrangement, il n’envisageait même pas la possibilité qu’elle puisse n’en avoir strictement rien à faire…

Aaron le tira de ses pensées. Il haussa les épaules d’un air bourru avant de vider son verre d’une traite et de se resservir, proposant d’un geste de la main de remplir le verre de son ami.

- Je me suis foutu dans la merde.

C’était sorti tout seul en lui brûlant les lèvres. Les mots avaient été chuchotés rapidement, comme un secret dont on aurait peur qu’il tombe dans des oreilles indiscrètes. Esteban ne l’avait pas planifié, ou en tout cas, il ne pensait pas qu’il se confierait si tôt dans la soirée. Cela lui semblait trop difficile. Il n’osait même pas relever les yeux, fixant obstinément un point de la table.
Pourquoi était-ce si douloureux de mettre le sujet sur le tapis ? Parce qu’il savait pertinemment qu’Aaron le ramènerait à la raison. Sauf que soudainement, Esteban n’était plus très sûr d’en avoir envie. Mais c’était sans doute l’alcool qui commençait à lui faire perdre le sens des réalités.

- J’crois que je suis tombé amoureux d’Anya

Il avait lâché la bombe.

D’un geste vif, il reporta son verre à ses lèvres pour avaler une grosse gorgée.

- T'en reveux? demanda-t-il pour faire passer la nouvelle autant que pour changer très peu subtilement de sujet. Comme nous le disions, aucun tact, aucune diplomatie. Un garçon brut de décoffrage.
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Mar 22 Mar - 16:31

Je le savais ! Je le savais pourtant bien que manger c'était tricher et qu'en plus, ça pouvait être néfaste et très mal venu en certaines occasions !
Je n'aurais jamais du me laisser tenter par les cacahuètes de la table pile au moment où Esteban avait choisi de bider son sac. J'avais donc failli m'étouffer avec ces putains de cacahuètes ! Je comprenais pourquoi l'arachide était un problème. C'était fourbe et dangereux !

Je tendis mon verre pour qu'il le remplisse sans dire un mot. Le liquide coula dans une sorte de silence fracassant. Le bar était peuplé et légèrement bruyant mais, tout d'un coup, le monde environnant n'existait plus et le silence pesant à notre table envahissait tout l'atmosphère. Je vidai le verre fraîchement rempli d'une traite. Quel gâchis pour une si bonne bouteille mais j'en avais besoin : Esteban était mon ami et je devais faire le maximum afin de rester calme et sensée...

« Bordel Esteban ! Elle est mineure !! Et elle est ta mission ! GENETIC ! T'as pas oublié j'espère ?! » et voilà, c'était sorti. Sans trop de fracas. Avec juste la dose minimale possible pour moi. Je remplis à nouveau mon verre avant de descendre une gorgée rapidement.
Je faisais tourner mon verre entre mes mains, fixant le liquide s'agitant au grès des ac coups. Je levai alors les yeux vers Esteban pour le fixer une nouvelle fois, plus calmement. J'avais eu besoin d'exploser dès le départ pour me sentir mieux par la suite. Vider le trop pleins avant de démarrer en quelques sortes.

« T'as failli me tuer avec tes conneries. Attends que j'aie fini de manger la prochaine fois que tu t'amuseras à m'annoncer une nouvelle comme ça... » Et pour une nouvelle... Bon sang, qu'est-ce qu'il avait foutu ? Et puis "amoureux", ça n'était pas un mot que j'avais eu l'habitude d'entendre de la bouche d'Esteban. Comment une gamine de 17 ans avait-elle réussi à le rendre aussi... aussi... "Amoureux" ? Peut-être qu'il croyait être amoureux parce qu'il avait passé du temps avec elle et qu'il aimait la protéger ?

« Et puis comment ça amoureux ? Si ça se trouve, tu te trompes : t'as pas l'habitude de converser aussi longtemps avec une jeune femme. En général, tu aimes quand ça va vite, tu viens de me le dire. Mais comme là t'as appris à la connaître, tu confonds peut-être attachement et amour... Roh putain Esteban... »

Je bu une autre gorgée. Finalement, avec cette histoire, j'en oubliais mes problèmes et c'était une bonne chose.
Enfin, un nouveau problème surgissait quand même tout d'un coup devant mes yeux : je voyais une jolie blonde avec un regard bien trop grave et chargé de haine... Ce même regard qu'Holly avait arboré face à Harwell... Si j'avais pu me douter une seule seconde de ce qui lui était arrivé...
Les problèmes d'Esteban allaient surpasser les miens pour c e soir et, malgré sa connerie monumentale, je l'en remerciais.

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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Lun 4 Avr - 10:22

Le calme avant la tempête. Esteban aurait bien voulu rembobiner la cassette pour effacer ce qu’il venait de dire. En plus, Aaron avait failli s’étouffer avec une cacahuète, juste histoire d’augmenter le sentiment de culpabilité grandissante. Parce que oui, Esteban ne pouvait que plaider coupable et pourtant, il n’avait rien demander, il n’avait pas voulu tomber am… Il s’en serait bien passé. Ce genre de sentiments ne servaient qu’à compliquer les situations et foutre un bordel monstre dans la tête des gens. Inutile, parfaitement inutile. Mais, cette chaleur quand il pensait à elle, ce sourire stupide qui s’affichait sur ses lèvres lorsqu’il avait le malheur de penser à elle… Il ne pouvait pas lutter contre, il ne pouvait pas le regretter. Et ce même si, c’était une grosse erreur.

D’ailleurs, ledit sourire béat commençait à pointer le bout de son nez lorsqu’Aaron se décide enfin à faire ressortir sa colère, insistant par la même occasion sur les mots « mineure » et « Genetic ».

- J’risque pas de l’oublier, ça,
marmonna-t-il en s’envoyant une nouvelle slave de scotch.

La chaleur de l’alcool remplacerait peut-être le froid qui s’était installée à l’évocation de l’impossibilité de toute relation avec Anya.

- J’ai pas l’intention de me mettre avec non plus hein ?

Il avait l’impression de parler dans le vent là. Aaron paraissait s’être légèrement calmé mais avoir passé le stade de la colère et du déni, il en venait aux négociations.

-Hey ! J’suis pas non plus qu’un coureur de jupon ! J’ai des amiEs aussi ! Par exemple Bobby, ou Emy, et certes, l’idée de les mettre dans mon lit m’as peut-être traversé l’esprit une fois ou deux mais là c’est différent. Ce m’amuse pas non plus, je joue pas.

Lui non plus, n’en revenait pas de ce qu’il venait de dire. Il n’avait pas envie de se justifier en lui parlant des papillons et de sa constante envie de la tenir dans les bras. Cela aurait été ridicule, il se serait senti comme un ado boutonneux qui après son premier baiser, va tout raconter à ses copains. Merci pour l’égo !

- Je… Sa phrase resta en suspend et Esteban appuya ses coudes sur la tables pour se pencher en avant. J’te fais pas une mauvaise blague. J’suis vraiment dans la merde.

Surtout que Kate avait compris qu’il tenait à Anya. Elle allait sans doute faire le rapprochement avec Genome et… Qui sait ce qu’elle allait faire ? Que pouvait dire de quoi était capable cette femme ? C’était peut-être le moment de mettre ça aussi sur le tapis, il ne restait plus qu’à espérer qu’Aaron avait le cœur solide et qu’il ne ferait pas d’infarctus en apprenant qu’Esteban avait accumulé les bourdes.

- Et pendant que l’heure est aux révélations. Il lui reremplit son verre, espérant que l’alcool atténuerait le choc. Il y a deux ans, je suis sortie avec une femme. Esteban fouilla la table des yeux. Non, c’était bon, il n’y avait pas d’objets tranchants à proximité. Et bah, il s’est avéré qu’elle … Comment te dire ça ? Ben, qu’elle fait partie de Genetic et que c’est elle qui s’occupe d’Anya et qu’elle nous a peut-être un peu vu ensemble ?

Il venait de signer son arrête de mort là non ?

- J'aurais peut-être du t'en parler avant, hein?
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Lun 11 Avr - 14:59

Cul sec cul sec cul sec...
C'était le seul moyen dont je disposais pour ne pas tuer de mes propres mains mon acolyte préféré. Il fallait que je reste calme et maître de moi-même. Il ne fallait pas que je le mette à mort directement, je devais essayer de le comprendre... Et s'il m'en parlait, c'était certainement pour que je l'aide, que je le soutienne, que je le rassure et que je lui trouve une solution, une solution qui visiblement lui faisait cruellement défaut à l'heure qu'il était...
Oui, je bus le verre qu'il venait de me servir cul sec. Je sentais que le whisky faisait son effet. J'étais peut-être un bon ami à défaut d'être un frère lâche... a défaut d'être un leader efficace, à défaut d'être un homme... Je devais agir comme un ami et non comme le leader pitoyable de Genome que j'étais... Je devais soutenir Esteban, ce grand empoté qui savait emballer les femmes d'un tour de bras mais qui était incapable d'affronter tout ce qui devenait trop sérieux... Je devais l'aider à mettre à lat ce qu'il ressentait, pourquoi il agissait toujours ainsi... Oui, je devais l'aider à faire ce que j'étais incapable de faire pour moi-même : affronter la réalité ! Tout en me resservant un verre, verre qui allait sûrement être la limite entre l'état quasi normal et l'état d'euphorie due à l'alcool, je tentais d'être calme et attentif à ses problèmes :

« Esteban... Tu aimes le danger... COMMENT DIABLE TE DEMMERDES-TU POUR TOMBER DANS LES BRAS DES PIRES FEMMES QU'IL SOIT ! »

C'était raté pour la diplomatie... Alors je bus une bonne gorgée de mon verre. J'allais reprendre la parole mais je préférai finir mon verre en réalité. Reprenant la bouteille, remettant à flot le verre de Calloway et remplissant une nouvelle fois le mien, je constatai que nous venions de mettre à mort une bouteille de 25 ans d'âge en seulement quelques minutes. Je regardai alors la bouteille avec amour : je commençais finalement à entrer dans l'euphorie... « Désolée ma grande... nous allons achever l'une de tes filles maintenant... S'il vous plait ! » Une superbe serveuse passa par là, prit notre commande et se dirigea vers le bar... Une autre tournée. Esteban se tassait un peu plus, comme s'il espérait m'échapper en se glissant sous la table : erreur ! La bouteille arriva très vite, aussi vite que ce que la serveuse m'enleva ma carte bancaire des mains. Cette cuvée était moins excellente mais nous n'étions plus en état d'apprécier la douceur d'un grand whisky donc c'était parfait !

« Mais en même temps je te comprends... Les femmes de caractère... donovan est si... Mais je ne peux pas... Je n'ai pas le droit de la prendre juste pour moi... Elle mérite pas ça... Et Harwell ce connard... Rien qu'à l'idée qu'il.... Raaaah... »

Je bus une nouvelle gorgée rien qu'en pensant à tout ce qu'Holly avait bien pu endurer alors qu'elle était entre les sales pattes de ce connard d'Harwell... Ça me tuait littéralement... C'était une affaire bien trop ignoble pour mon esprit ce soir... Et puis Esteban avait besoin de moi pour... pour... Il avait besoin de moi pour tenter de régler ses problèmes... Quel était son plus gros problème d'ailleurs ? Sa petite copine blonde, mineure et chez Genetic ? Le fait d'avoir deux petites copines blondes de chez Genetic ? C'était trop de questions d'un seul coup...

« Bon mon grand... C'est quoi le problème qu'on doit traiter en priorité ? »

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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Mar 12 Avr - 19:59

Bonne question, comment faisait-il pour tomber à chaque fois sur l’ennemi? Il devait être écrit « grand dadet naïf » sur le front, ce n’était pas possible autrement. Esteban aurait du trouver ça dramatique, d’ailleurs, deux minutes auparavant, il s’apitoyait sur son sort et se sentait pris au piège dans une impasse. Désormais, il ne put réprimer un sourire à la remarque d’Aaron et lâcha même un petit éclat de rire. Bon sang, ce qu’il était ridicule ! Un cœur d’artichaut qui ne s’entichait jamais des bonnes nanas ! Il leva son verre en direction d’Aaron et lui lança :

- Tu l’as dis tout à l’heure, trop facile, c’est pas drôle !

Son rire se calma lorsque son compère leva la main pour réclamer une autre bouteille. Esteban mima une expression de deuil et s’empara d’un geste vif de la serviette en papier. Ensuite, il déposa celle-ci délicatement sur la bouteille défunte et se signa, à la manière des catholiques.

- Tu veux dire un mot en son honneur ? Repose en paix ma grande !

Aaron reprit la parole mais Esteban n’écouta pas plus loin que Donovan. Donovan…Donovan… Ca lui disait quelques chose mais quoi déjà ? Donovan…. Peut-être qu’une petite gorgée l’aiderait à se rappeler, soyons fous ! Le scotch ne lui piquait même plus la langue mais déversait toujours une chaleur agréable dans sa gorge. Cette chaleur du remonter jusqu’à son cerveau et le dérouiller un peu car alors que l’irlandais prononçait le mot « priorité », Esteban ouvrit de grands yeux et tapa du plat de la main sur la table, faisant sursauter leurs verres.

- Holly, bien sûr ! Holly Donovan, la blonde canon qui nous a filé un coup après que… tu sais quoi… Ah ouai ! A voir ta tête c’est bien d’elle qu’on parle. Une blonde encore ! Aaron, moi je te le dis ! Les blondes auront notre peau à tous les deux ! Trinquons !

Il se rappelait d’elle maintenant, elle l’avait pas mal aidée après l’incendie et elle était restée jusqu’au bout pour aider autant qu’elle le pouvait malgré la fatigue et ses propres blessures. Elle l’avait impressionnée mais ils n’avaient pas vraiment eu le temps de discuter réellement. Ils s’étaient contentés l’un comme l’autre de se donner des indications et de se renseigner sur la situation des mutants qu’ils avaient récupérés. Une fille courageuse, une battante… Mais..

- Noooooooooooooon ! Attends, tu craque pour la petite blonde Ronron ? Mon petit Ronron ?

Esteban marqua une pause, perdu l’espace d’une seconde dans les méandres de ses pensées abyssales. Oui, il pensait souvent avec de grands mots lorsque l’ivresse pointait le bout de son nez.

- Elle fait pas partie de Genetic au moins hein ? parce que sinon, on fait vraiment la paire tout les deux ! Et puis c’était quoi cet air dépité, elle avait l’air super cette fille ! Pourquoi tu tires la tronche?
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Mer 13 Avr - 14:38

Non non non. Moi, je ne fricotais pas avec l'ennemi ! Et ça ne changerait jamais. Jamais ! J'avais des principes, principes qui consistaient à ne pas se rabaisser chez l'ennemi, à ne pas tenter de s'accoquiner avec le diable et ses démons : je laissais ça à ce cher Esteban qui semblait s'en satisfaire pleinement. Au détriment de Genome, certes, mais au moins il s'épanouissait dans un domaine. Épanouissement qui venait avant la frustration d'être trop "proche" de l'adversaire.
Pauvre Calloway...

« Non, elle est pas de Genetic. Elle est juste parfaite ma blonde alors ne tente pas de me rabaisser vers ton niveau de vil traître à ton rang ! »

Oui, elle était parfaite. Parfaitement sublime. Et c'était bien ça le problème : je ne voulais pas l'abîmer. J'avais déjà cassé ma soeur alors je ne pouvais pas me permettre de lui faire du mal à elle aussi. Ça m'avait pourtant semblé être une bonne idée quand nous étions simplement deux étudiants de la fac qui se tapaient sur le système. Mais quand les deux étudiants s'étaient transformés en deux mutants ayant été abîmés par Genetic, j'avais changé d'avis. Elle avait eu son lot de galères. elle n'avait pas besoin du monstre que j'étais en plus.
A supposer qu'elle voulait encore de moi après tout ça.
Je bus mon verre d'une traite.
Encore.
Je me resservis.
Encore.

« Je tire pas la troche d'abord. Je me fais juste une raison et c'est pas fait pour être joli à voir. Et d'ailleurs, je m'en fous si ma tête te plait pas parce que t'as pas à me trouver à ton goût... Je suis de Genome mon gars, pas de Genetic.... »

Une gorgée. C'était vrai qu'elle était sublime Holly avec ses longs cheveux blonds et soyeux, son odeur enivrante et son décolleté ravageur. Je me souvenais encore de la craquante petit robe blanche qu'elle portait ce soir-là. Je me souvenais du regard qu'elle avait posé sur moi et de mon envie folle de l'embrasser. Je n'avais jamais eu autant envie d'elle que ce soir-là, avant que tout ne dérape.
Et dans le vestiaire, quand nos corps s'étaient frôlés... Si Harwell n'était pas venu foutre la merde, elle m'aurait complètement possédé. Toute la nuit.
Sauf que tout ne s'était pas passé comme prévu et elle m'avait vu. Elle savait qui j'étais, de quoi j'étais capable et surtout, ce que j'avais fait. Et je ne l'avais pas revue depuis. elle ne voulait plus me voir et je ne voulais pas la tuer elle aussi donc ça restait un parfait compromis.

« Le soir du gymnase, j'étais avec elle quand j'ai croisé Harwell... Elle le connait figure-toi : elle aussi a été enlevée par Genetic et c'est ce connard qui s'est chargé de la faire déguster son séjour du début à la fin. Si je le chope celui-là, je le fais payer pour tout ce qu'il a fait pendant des heures... » Je relâchai mon verre : je m'étais rendu compte que je l'avais serré trop fort, comme Holly ce fameux soir. « Je ne peux pas avoir cette fille Calloway. Comme toi avec les femmes fatales de Genetic. Bien que je ne vois pas trop ce que tu leur trouves : trop jeune ou trop vieille. Mais chacun ses goûts, pas vrai ? »

Mes goûts à moi étaient clair désormais : Holly Donovan ou personne. ce serait donc personne. Je ne pouvais me lier à personne. Aby en était morte et ça faisait déjà trop.

« A notre vie amoureuse désastreuse ! » J'avais levé mon verre avant de le boire d'une traite.
Encore.
Nouveau verre.
Encore.

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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Jeu 14 Avr - 9:55

Esteban porta ses deux mains sur son cœur, mimant d’être blessée par les remarques moqueuses de l’irlandais. Il jouait la comédie. La dérision était la meilleures des armes dans ce genre de situation. Mieux valait en rire qu’en pleurer. Il y penserait plus tard, il se prendrait la tête plus tard.

-Non, elle est pas de Genetic. Elle est juste parfaite ma blonde alors ne tente pas de me rabaisser vers ton niveau de vil traître à ton rang !
- Touché

Et puis parfaite? Parfaite, c’était un grand, un très très très grand mot. Et parfait c’était chiant. Donovan ne lui avait pourtant pas paru chiante. Esteban regarda Aaron se resservir d’un air outré. Il enchaînait les verres sans même lui proposer de lui suivre. Il prenait de l’avance, le fourbe !

Sans perdre plus de temps, Esteban vida son verre d’une traite, grimaça, et se resservit.
Pas question de perdre face à l’autre irlandais là. Il serait trop content et n’hésiterait pas à se pavaner sur sa grande capacité à tenir l’alcool alors que lui, n’était qu’un petit joueur. Esteban ne lui ferait pas ce plaisir. Et en plus, l’alcool avait des effets bénéfiques sur son moral du jour. Automédication.

Et puis pourquoi il buvait autant d’abord ? Sa blonde faisait-elle partie de Genetic ?

Je tire pas la troche d'abord. Je me fais juste une raison et c'est pas fait pour être joli à voir. Et d'ailleurs, je m'en fous si ma tête te plait pas parce que t'as pas à me trouver à ton goût... Je suis de Genome mon gars, pas de Genetic....

Coulé.
A en croire la difficulté qu’ils avaient à tenir une conversation cohérente et à faire des associations de pensées logiques, ils commençaient tout deux à être un peu ivre. Un peu… Un peu, ce n’était pas assez.

– Attends, il y a un truc que je pige. Ta blonde est parfaite, elle est pas mineure, elle fait pas parti de Genetic et… T’es là à te souler là gueule avec ta tête de constipé. Il y a truc de louche, c’est quoi le problème ? Il marqua une pause, réfléchissant visiblement à tout les raison probable. C’est un homme, c’est ça hein ? fit-il le plus sérieusement du monde, en pouffant de rire. Bien évidemment.

Ils finirent par trinquer à leur vie amoureuse désastreuse et Esteban but lui aussi d’une traite son verre. En se resservant, il constata que la bouteille descendait beaucoup plus vite que la précédente, et se fit la remarque que s’ils continuaient à ce rythme, ils finiraient tous deux la tête dans les toilettes en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Glamour, n’est ce pas ?

- Harwell est une sale enflure et il va morfler quand on lui mettra la main dessus.


Ce n’était pas des paroles en l’air. Cet raclure avait torturé les jumeaux O’Hara et était responsable de l’incendie à l’Ucla. Et par conséquent, de la mort d’Abby. Le rayer de la surface de cette petite planète ferait du bien au monde entier.

- Maiiiiiiiiiis, tu marques un point ! Je peux pas avoir Anya pour plein de raisons valables, toi, je vois pas ce qui t’empêche d’aller rejoindre ta parfaite petite blonde. Et vu l’air béat que t’avais tout à l’heure, t’es sacrément mordu. Bordel qu’est ce qui te retient ?

D’ailleurs si Aaron persistait, Esteban avait dans l’idée de lui piquer son portable pour appeler lui même mademoiselle Holly Donovan pour lui faire part de l’état critique dans lequel elle foutait son ami.

- Pffffff, je devrais me mettre aux mecs… j’aurais moins d’emmerdes.

Oui, c’était sorti de nulle part. Ah ! Les voix du cerveau alcoolisé son impénétrables !
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Jeu 14 Avr - 11:19

« C'est pas un homme d'abord... » pestai-je pendant qu'il continuait à parler parler parler. Alors moi je buvais buvais buvais. Quelle bonne idée. Non, en fait, quelle très mauvaise idée. Je sentais une certaine chaleur envahir tout mon crâne dès que j'avais le malheur de secouer un peu trop vite ma tête. Là... tout doux. Doux doux doux comme ce whisky : je savais bien qu'après une première bouteille délicieuse, la seconde le paraîtrait tout autant. « Harwell... » Je répétais bêtement ce qu'il disait en m'imaginant en train de resserrer mes mains autour de son cou en attendant que sa tête change de couleur tandis que la vie s'échappait de son coeur...
Après tout j'étais un meurtrier maintenant...

« Ma petite blonde n'a pas besoin de tout ça. » dis-je en levant les bras lentement au ciel. Je bus une nouvelle gorgée. « Je suis pas quelqu'un de bien pour elle. Elle est trop bien. Elle a trop besoin de vivre. Et moi... Et.. moi... » ... et moi j'étais un assassin. Rien qu'en pensant à Harwell je m'imaginais le tuer froidement et sans remords. J'avais tué Aby et toutes les autres victimes du gymnase. J'étais dangereux et elle ne méritait pas ça. Oh non, elle méritait le bonheur, elle méritait la vie. Elle méritait de vivre et pas de mourir comme ma soeur...

« Tu sais ce que j'aime chez cette fille ? C'est son sourire qui mêle la satisfaction de m'avoir vaincue à un côté sexy irrésistible. Et tu vas savoir ce qui me tue ? C'est l'idée qu'elle puisse le perdre ce sourire... »

Je me souvenais parfaitement de notre dernière entrevue avant le gymnase : un choc électrique. Elle avait électrisé toute la pièce rien qu'en y entrant et ça n'avait strictement rien à voir avec cette capacité que je lui avait découverte au gymnase. Non, c'était son odeur, sa voix, sa peau que j'avais frôlé et son souffle dans mon coup tandis qu'elle m'avait défié en me murmurant au creux de l'oreille. C'était là que j'avais compris que je n'aurais pu résister à la tentation, quel qu'en aurait été le prix à payer. Et puis il y avait eu le gymnase, et il y avait eu Harwell. Son beau sourire avait disparu et ses yeux s'étaient emplis d'une rage que je n'avais encore jamais vu dans ses yeux...

« Je ne l'ai plus vu ce sourire du moment où on a croisé Harwell au gymnase. Je ne veux pas lui ôter ce sourire en la voulant à mes côtés égoïstement. Ce n'est pas possible. Et puis pour toi, ta gamine... Elle vit déjà le pire alors un peu de bon ne lui fera pas de mal... »

J'avais le contre-coup mauvais de l'alcool : le moment euphorique avait laissé place à des regrets et une furieuse envie de tout casser. Il fallait que je passe à autre chose et vite si je ne voulais pas exploser là, tout de suite. « T'en fais pas mon grand ours en peluche, on va te trouver un beau jeune homme majeur et surtout, sans ce gène de merde ! Tu vas le trouver l'amour de ta vie : il sera l'homme fort et tu pourras exprimer ta vraie nature de petite chose toute faible. DEFI RELEVE ! »

Je fis semblant de regarder autour de moi pour cherchant : très mauvaise idée. Je dus appuyer tout mon poids sur mes deux mains que je venais alors de poser sur notre table. Le whisky jouait au traître et ça ne présageait rien de bon. Non, rien de bon.

« Je crois que je ne me sens pas en forme. C'est bien l'homéopathie qui prône de soigner le mal par le mal ? » Et je bus mon verre d'un coup avant de m'en resservir un et de resservir Esteban par la même occasion : la bouteille était vide. Nous venions de boire à nous deux un litre cind de whisky et j'avais toujours aussi soif...

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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Jeu 21 Avr - 13:43

Esteban faisait de son mieux pour suivre Aaron et boire autant que lui. Le problème était que cette bouteille descendait beaucoup trop vite et que les effets s’en trouvaient, par conséquent, bien augmentés. A combien de verres en étaient-ils chacun ? Il ne savait même plus. Beaucoup. Plein. Beaucoup plein même. A cette pensée, Esteban ne put s’empêcher de glousser bêtement. Ah les effets de l’alcool sur le cerveau humain ! On ne peut rien contre !

- N’empêche que la petite Donovan, ça lui mettrait ptetre le sourire jusqu’aux oreilles que tu te la fasses hein ?

Quelle délicatesse ! Enfin, il ne pouvait pas faire mieux dans l’état actuel des choses.

- Et tfaçon Anya, elle est trop jeune. D’accord, elle est très… très….très intelligente ! Et mature aussi. Et teigneuse, mais c’est ce qui fait toute son charme, on s’ennuie jamais avec elle. Si tu savais comme elle est belle quand elle s’énerve, c’est trop marrant. Mais hey, c’est toujours moi qui gagne hein ? Faut pas croire !


Il soupira. Cela ne servait à rien d’évoquer sa petite blonde. Evidemment qu’il adorait la taquiner, la faire tourner en bourrique. Il aimait l’éclat de son regard quand elle était furibonde, sa façon de céder tout en essayant toujours d’avoir le dernier mot, son rire, son attitude. Tout.
Et dire qu’elle n’avait que dix sept ans. Et qu’elle était de Genetic.

- La vie est mal faite ! gémit-il, en achevant une nouveau verre.

Il fallait qu’il l’oublie. Et puisqu’aucune femme ne semblait pouvoir être à la hauteur d’Anastasia Jaye et qu’il tombait toujours sur l’ennemi, il irait voir ailleurs. Chez les hommes.
Esteban avait lancé cette idée en l’air sans trop y réfléchir. Il aurait peut-être du tourner sa langue cette fois dans sa bouche avant de parler. C’était son père qui disait toujours ça. Sa mère, elle, le poussait à exprimer avec son propre vocabulaire ses ressentis et émotions. Il tenait sans doute plus d’elle pour cela. Surtout quand il avait bu !

- DEFI RELEVE !

Quoi ? De quoi ? Quel défi ?

- T’as perdu les deux pauvres neurones qui te restaient ?

Oui, c’était ce à quoi l’irlandais avait le droit car il fallait prendre en considération que les 80% de son cerveau était occupé par le sourire de Donovan. Donovan… C’était pas dans un film ça aussi ?
Aaron tenta péniblement de se relever et chancela. Son principal spectateur ne peut s’empêcher d’éclater d’un profond rire dont la discrétion laissait à désirer. Imitant son confrère homéopathe, Esteban s’envoya un dernier verre avant de se lever. Sa tête tourna. Ou plutôt non, le sol dansa sous pieds comme si soudainement le planche s’était transformé en vagues.
En s’appuyant sur le rebord de la table, il en fit le tour et s’accrocha d’un bras au cou d’Aaron. Entres poivrots, ils se devaient de se soutenir dans cette rude épreuve qu’était la posture verticale.

- Je t’adore mon Ronron, toi ! T’es un VRAI pote ! Et ça, ça s’est rare !

Et il lui planta un énorme baiser , bien sonore, sur la joue. Pour le remercier de sa sollicitude.
Du doigt, Esteban lui montra un petit groupe de motard et entreprit les investigations :

- Il est pas mal le blondinet non ? Peut-être un peu maigrichon mais bon. Pas celui de gauche, hein ? Jte parle de celui de droite, parce que celui de gauche, il a le nez d’un boxer après un troisième round et sa gueule me revient pas !


Esteban éclata de rire. Silence, certains regards s’étaient tournés vers eux.

- Euh… Ronron, j’ai parlé fort là non ?
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Jeu 21 Avr - 15:53

« Premièrement j'ai au moins dix neurones qui fonctionnent bien. Deuxièm... »

J'eus la bonne idée d'écouter Esteban. Il avait repéré l'homme de sa vie apparemment mais l'homme de sa vie ne semblait pas tout à fait d'accord.
Je regardai alors dans la direction que Calloway m'avait indiqué et je ne pus qu'ouvrir la bouche, la refermer, puis l'ouvrir à nouveau sans émettre le moindre son. D'accord, j'étais fortement alcoolisé, beaucoup trop, mais j'avais encore de quoi comprendre que le froncement de sourcils qui se rapprochait de nous n'était pas un signe amical. Je déglutis. Deux fois, parce que ma gorge devenait toute sèche d'un seul coup et que je n'arrivais pas à aligner deux mots. Non, je n'arrivais même pas à sortir un son de ma bouche.

Aux grands maux les grands moyens.
Avant toute chose, je pris donc la résolution de me servir un dernier verre pour me désaltérer. Je n'y pouvais rien, j'avais cette soif tiraillante qui m'empêchait de faire quoi que ce soit.

« T'as parlé fort mais c'est pas le problème... Soit il faut que j'aille voir un docteur pour mes yeux, soit en fait les types se dirigent vers nous. De toute façon, je crois que l'histoire de médecin fonctionne dans les deux cas... »

Je me raidis et n'eus plus besoin de m'appuyer sur Esteban pour rester debout. Cinq types vêtus de cuir de la tête aux pieds avançaient vers nous en grimaçant : soit ils avaient mal en bougeant les jambes, soit ce que je prenais pour des grimaces étaient en réalité des airs menaçants. Je ne pus retenir un rire bruyant : dans ma cervelle moisie à l'alcool, c'était une grimace tordante que je voyais. Je donnai un coup de coude à Esteban.

« Regarde le plus grands des trois, il tente de nous la jouer "souris au clown mon petit"... »

Les types étaient face à nous le plus grand m'attrapa par le col et me souleva littéralement du sol. Il n'avait pas apprécié, pas du tout même. Et moi, comme le gros con que j'étais, je rigolais toujours. Pourquoi ? Parce que malheureusement, je n'avais pas peur. Pas encore...

« On va voir qui va ressembler à un clown d'ici cinq minutes. » Il se mit à rire et ses copains firent de même. Moi, d'un coup, je m'étais arrêté.

« Alors mes mignons, est-ce qu'on vous a déjà dit que l'accouplement entre mecs c'était pas une chose naturelle ? Il va falloir vous donner une petite leçon apparemment... »

« - Je suis diplômé en biologie et je tiens à préciser que les fourmis ont des relations homosexuelles quand les naissances commencent à être trop élevées et comme techniquement on est bien trop d'êtres humains sur terre, l'homosexualité est la solution. C'est pour ça que tu passes ton temps habillé en latex avec tes petits copains, ou je me trompe ? »

L'instant d'après, j'étais au sol, le souffle coupé par une droite dans l'estomac...


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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Ven 22 Avr - 8:49

Esteban avait un mal fou à garder son calme. Il pouffait misérablement comme si le fait que cinq personnes musclées et passablement vexés par sa petite remarque ne faisait pas partie de sa réalité. Il les voyait bien avancer vers eux mais il était comme détaché de cette situation. Un spectateur qui aurait regardé la scène de loin. Et il riait, il riait jusqu’à s’en faire des crampes.
Il lui semblait impossible d’arrêter ce fou rire, d’autant plus qu’Aaron en rajoutait une couche avec son histoire de clown !

- Ahah, un clown, ouai c’est exactement ça en plus !


Il ne prit même pas conscience du danger imminent lorsque gros-bras prit la parole et se mit à s’esclaffer. Non, il comprit ce qui allait se passer quand un des motards envoya une droite à Aaron en plein dans son estomac. Esteban cessa de faire l’idiot et se raidit instantanément. Il s’apprêtait à rendre le coup quand un des sous-fifres de gros-bras le saisit par l’épaule et le poussa. Esteban manqua de perdre l’équilibre et remercia mentalement l’architecte d’avoir placé un mur juste derrière lui. Puis il l’insulta d’avoir eu cette idée à la con en voyant un poing fermé arriver direction sa mâchoire à vitesse grand V.

Il se plia en deux sous l’effet du coup et fit signe aux loubards qu’il avait comprit la leçon. Il passait le dos de sa main sur son menton douloureux et grimaça. Cet enfoiré n’y avait pas été de main morte. Les motards reculèrent d’un pas, se délectant visiblement de leur victoire, échangeant de grasses plaisanteries au sujet de la faiblesse des « ces deux gamins ». Si Esteban n’avait pas été aussi soul, son égo en aurait pris un coup.

Appuyé d’une main sur la table, il tendit la main à Aaron pour l’aider à se relever. Tout en leur resservant deux verres, il chuchota à l’oreille d’Aaron :

- On se les fait. J’suis sûre qu’on peut ratatiner ces fillettes sans même tricher.

Il entendait par là : sans utiliser leurs capacités. Après tout, Aaron et lui s’entraînaient régulièrement, et même si Esteban rechignait souvent à se déplacer jusqu’à la salle de sport, il n’était pas mal bâtit et s’entretenait tout de même. Du plat de la main, il fit glisser le verre de scotch vers son ami et se retourna vers les motards.

- C’était pas très fair-play, vous nous avez pris par surprise !


Et puis ils étaient cinq contre deux. L’effet de groupe qui tend à nous faire penser qu’on est plus fort que ce que l’on est en réalité. Il espérait que cela jouerait en leur défaveur.

- Bon allez, les filles, on va pas se crêper le chignon pour ça,
Esteban s’envoya une bonne gorgée de scotch, histoire de se donner du courage. Allez Minnie, j’te paie un verre !

Et sans plus de façon, il lui balança son reste de scotch au visage. Ce n’était pas digne d’une telle boisson de finir sa course sur le visage fragmenté de gros-bras, mais cela avait eut le mérite de l’aveugler au vu des insultes que le type proférait. Esteban se jeta littéralement sur lui, les poings serrés et lui asséna une droite sur le nez.

Le hic ? Cet autre type, tout en cuir vêtu, façon Village People, qui lui tomba directement sur le dos pour le tirer en arrière.
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Ven 22 Avr - 12:05

« Deal. »

Sans tricher. Bien sûr qu'on en était capables... Avec moins d'alcool dans le sang. Le whisky jouait les fourbes et me laissait croire que j'étais invincible, c'était l'image que ma cervelle me renvoyait de moi-même. En réalité, là où je voyais un type prêt à se battre se trouvait un poivrot tenant tout juste sur ses deux jambes dont les yeux restaient à moitié ouverts. Whatever.
Esteban avait reçu un coup aussi, maintenant, on était prêts à rendre. Il avait voulu offrir un verre à "sa copine" du soir et l'autre n'avait pas apprécié. Moi, je me marrais comme un gamin. C'était tellement tordant que j'en avais mal au ventre. Non, le mal de ventre, c'était l'armoire à glace qui en était la cause. Merde. Je perdais déjà le fil de mes pensées. Whatever again.
Esteban se retrouva sans que je comprenne les bras tenus derrière le dos par la copine de chambre du premier type. J'étais un ami loyal et dévoué, surtout lorsque l'alcool y était pour quelque chose. Je me dirigeai en vacillant vers mon camarade de boisson, de mission et d'un peu tout en fait pour lui prêter main forte. Je me postai face à Esteban, regardant avec un grand sourire le type derrière lui. Je ne sentais malheureusement pas la présence des quatre autres dans mon dos : l'effet œillères de l'alcool...

« Mon grand, désolé pour toi mais je crois que c'est mon pote qui préfère être derrière : tu comprends, il est encore novice dans le domaine alors il veut quand même avoir le rôle de l'homme. Toi en revanche, je suis sûr que tu es habitué au rôle de la folle...
- Marcus, j'en fais quoi de lui ? Un steack ou des boulettes ? dit une voix derrière moi.
- Tu l'as entendu Esteban, c'est lui qui parle de boulettes... Pas moi !
- Laisse-le moi Danny. »

Je sentis une main me pousser dans le dos. Je me rattrapai sur le torse d'Esteban et lui sortis mon plus grand sourire ravageur avant de lui souffler : « en fait, ils sont jaloux je crois. »
Je me remis sur pied illico et me jetai dans le tas. Un tas constitué de quatre type de la taille d'un ascenseur made in Genetic. Traduction : cause perdue. Je fus balloté dans tous les sens avant d'atterrir minablement sur la table de billard à plat ventre, le triangle à boules en plastique noir percutant violemment mes côtes me coupant au passage le souffle.
Est-ce que j'avais compris ? Non. En fait, tout ça, ça me rendait vivant. Enfin, c'était une idée, une illusion donnée à mon cerveau par tout ce liquide brun ingéré plus tôt. Et je n'avais malheureusement pas peur. Ces types ne me faisaient pas peur et là, ça n'avait rien à voir avec l'alcool : je n'avais plus rien à perdre puisque j'avais déjà perdu Abigaël. Je me relevai avec difficulté pour reprendre mes tentatives désespérées. Je voyais Esteban en mauvaise posture et je n'aimais pas ça. Pas ça du tout même.

« Pas de triche Esteban, promis ! »

Je courus alors dans le tas et sautai sur le dos d'un des types pour entamer un rodéo endiablé...

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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Sam 23 Avr - 9:04

Eclater de rire quand on était en train de se battre avec un tas muscle était une très mauvaise idée. Esteban aurait du le savoir mais non, il s’esclaffa tout de même en entendant la moquerie d’Aaron. Il tournait les paroles du type en dérision. Cet instant d’égarement lui valu un bon coup de poing dans les côtes. Objectivement, cela lui fit un mal de chiant mais l’alcool anesthésiait ses sens et rendait le coup moins violent. La tête lui tourne un peu mais il se ressaisit rapidement et se penchant brutalement en avant pour faire basculer celui qui le tenait. Un truc qu’Adam lui avait appris, une question de poids et d’attraction dont il ne comprenait rien mais qui avait le mérite, ce soir-là, de le débarrasser d’un adversaire qui finit sur le dos.

Malheureusement, ce type devait être beaucoup moins alcoolisé parce qu’il se releva vite. Trop rapidement aux yeux d’Esteban.

- Mais faut pas être jaloux comme ça, on est des types super généreux.

Il esquiva un coup mais vacilla lamentablement et se rattrapa de justesse contre la table. Leurs verres s’écrasèrent sur le sol. Heureusement qu’ils les avaient fini avant de commencer la partie !
Une fois de plus, ce manque de concentration lui valu de se faire bousculer par un des types et jeter violemment dans la mêlée. Esteban ne différenciait plus les types en cuir et à vrai dire cela ne l’intéressait pas.

- Y en aura pour tout le monde !

Les coups pleuvaient dans tout les sens. Il avait parfois l’impression d’être un fétu de paille. On le projeta contre un tableau et il sentit le cadre s’enfoncer dans son dos. Il aurait un joli bleu demain matin, probablement. Du coin de l’œil, il vit Aaron se faire éjecter sur une table de billard puis revenir en force en lui promettant de ne pas tricher. Esteban se rua sur l’un des assaillants l’attrapant par la taille comme s’il était un catcheur professionnel et s’écrasa contre un autre motard.

Il avait la sensation de bien se défendre et de donner plus de coups qu’il n’en recevait. La réalité des faits était différente. Esteban brassait beaucoup d’air et manquait souvent sa cible, il gigotait dans tout les sens pour s’attaquer au premier venu. D’un œil extérieur et sobre, la situation devait paraître cocasse et plutôt ridicule. Le jeune homme s’en moquait. Se battre le revigorait. Il se battait contre cette vie pourrie qui avait mis Kate et Anya sur sa route. Contre Harwell. Contre tout ce qui n’allait pas dans sa vie et les ratatinait. Il exilait ses problèmes, les oubliait en se concentrant sur la bagarre. Rien d’autres ne comptait et il devait bien admettre que malgré les coups dans l’estomac, il exultait.

-On aurait du faire ça plus tôt Ronron ! J’avais oublié ce que c’était !

Se battre pour se battre. Pas pour sauver sa peau, pas pour blesser l’autre ou le mettre en état de nuire non, juste pour une raison futile. Cesser d’être responsable et adulte. Cesser de faire ce qui doit être fait. Se lâcher. Pour le sport.

- Hey Minnie, tu me le files ton numéro de portable alors? Tfaçon, j'en voudrais pas, tu frappes comme une nana!


Il sentit une douleur fulgurante à l’arcade, il dut probablement se mordre ou bien perdre une dent car un goût métallique et désagréable avait envahit sa bouche. Ce n’était que des éléments secondaires. Entres deux échanges, Esteban tentait encore de fanfaronner misérablement lorsque soudain un coup de sifflet lui vrilla les tympans.

- J’ai appelé les flics, déclara calmement le barman. Vous feriez mieux de foutre le camp.

Merde.

Il éclata de rire.
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Sam 30 Avr - 15:51

J'eus l'impression de tournoyer des heures sur le dos de ma monture, le sourire aux lèvres, contents de m'amuser un peu. En réalité, je n'avais tenu que quelques secondes avant d'être étalé misérablement au sol. Je ne me relevai pas de suite, cherchant simplement à comprendre ce que je faisais par terre.
J'entendais Esteban qui riait aussi comme un demeuré puis le barman... Police...
Oops.
Esteban riait toujours et moi aussi. Je me relevai avec difficulté et constatai avec satisfaction que nos assaillants se tiraient rapidement. Ils avaient pris leurs vestes et avaient pris la poudre d'escampette en moins de deux. J'avais dans l'idée que nous les avions fait fuir avec nos poings mais c'était surtout la menace du barman qui avait été efficace. Whatever.
Je rejoignis Esteban avec un grand sourire. Son visage était ensanglanté et il commençait à enfler sérieusement. Il se tenait légèrement penché sur un côté et semblait avoir mal malgré son air ahuri. Je regardai alors mon reflet dans un miroir publicité à l'effigie d'une bouteille de scotch : j'avais exactement la même dégaine que mon acolyte. Mon arcade gauche était ouverte et saignée franchement, ma lèvre inférieure était fendue et mon T-shirt était maculé de sang, d'alcool et de tout ce que j'avais pu ramasser lors de mon séjour sur le sol, après mon rodéo endiablé.
C'était pas beau à voir.

« Esteban, je crois qu'on devrait appeler Bobby. Parce qu'Adam il va pas aimer tout le rouge de mon T-Shirt et de ta gueule. En plus, les flics vont arrivés alors on doit peut-être partir. »

Je chancelai en me dirigeant vers le comptoir. J'étais saoul comme un âne et ça me faisait rire. Pathétique. Je sortis de mon porte-feuille deux billets de cent dollars et les tendis au barman :

« Désolé pour les dégâts, hein. En tout cas, votre bar est chouette et votre scotch super. On reviendra.
- Absolument pas mon p'tit. Mais je prends l'argent pour remplacer la table cassée et la chaise que l'un de vous a pris sur la tronche. »


Je retournai vers Esteban en me demandant qui avait pris la chaise. Moi, je ne m'en souvenais pas en tout cas. Je sortis mon portable et cherchai le numéro de notre Bobby adorée. Elle allait peut-être moins rigoler que nous d'ailleurs...

« Bobby ? Bobby de chez Allo Bobby Bobo ? C'est Aaron et Esteban par ici à l'appareil ! On a eu un petit soucis au cours de notre mission spéciale whisky et eux... Je crois qu'on a besoin d'une couturière comme toi. En plus, on peut pas prendre la voiture parce qu'on a trop bu, tu vois, il était tellement bon ce whisky que on l'a sifflé puis on s'est faits sifflés par les autres connards après ... Enfin tu vois ? Tu peux nous rejoindre ? »

Je lui avais expliqué où nous étions...

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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Sam 30 Avr - 21:42

- Oui ! Faisons ça, c’est une bonne, une très bonne idée ! Bobby saura quoi faire!

Il s’appuya d’un bras sur son compagnon de beuverie et le suivi jusqu’au comptoir, il ajouta cinquante dollars à l’addition, c’était tout ce qu’il avait sur lui et c’était la moindre des choses. Il laissa le soin à Aaron d’appeler leur jolie rousse tout en beuglant derrière lui :

- Allô Bobby BOBOOOOO, Bobby viens voir comment que je suis pas beauuuuuuuuuuu ! Allô Bobby Bobo ! Bobbyyyyyyyyyyyyyyyyyyy, i Love you Bobby and if it’s quite all right, i need you Bobby to waaaaarm a lonely night!!!!! Hey Aaron? C’quoi la suite? J’me rapelle pas! I looooove youuu Bobby!!!!

Oui, après avoir réinventé un classique de chanson enfantine, il s’attaquait à un remix de Gloria Gaynor de son crû ! Et le pire dans tout ça, était sans doute qu’il se croyait très malin ! En tout cas, cela le faisait beaucoup, beaucoup rire. Tant bien que mal, Esteban se hissa finalement sur l’un des tabourets en observant le barman qui, quant à lui, le regardait avec un mélange de dépit et de lassitude. Il arborait l’attitude du mec qui a l’habitude de voir des poivrots plus imbibé d’alcool que ne l’aurait été une éponge.

- On pourra pas revenir alors ?

- Non ?

- Mais pourquoi ?
répondit-il en s’affalant à moitié sur le comptoir, les yeux mouillés comme ceux d’un enfant à qui l’on aurait refusé un jouet. Il est trop cool ce bar, et j’suis désolé pour… la baston tout ça ! Mais ce n’est pas ma faute vous savez ? C’est les blondes ! Oui les blondes ! Elles auront ma peau ? Et si je vous demande pardon à genou, vous vous voudrez bien qu’on revienne. En plus, mon copain là, il est IRLANDAIS ! Ouep ! Un vrai de vrai ! Suffit de le regarder, il a une bonne tête de leprechaun, non ? … Non ?

Esteban éclata d’un grand rire tout en appuyant sa joue sur son bras en observant toujours le barmaid qui avait visiblement décidé de ne plus lui prêter attention.

- Allez… Barmaid, un petit dernier pour la route, un tout petit ? fit-il en réduisant lentement l’espace entre son pouce et son index pour indiquer la quantité d’alcool qu’il était en train de négocier. Même pas un minuscule ? Pour la route ?

Pour toute réponse, l’homme lui lança une serviette en papier en lui demandant de se relever. Apparemment Esteban était en train de mettre du sang sur le bois poli. Il n’avait même pas remarqué. Docilement, il appuya sur sa blessure de guerre tout en grimaçant. Maintenant que l’adrénaline l’avait quitté, il sentait la douleur. Enfin, à moindre échelle vu la dose d’anesthésiant qu’il avait ingéré au préalable.

Esteban continua d’asticoter le barmaid jusqu’à l’arrivée de Bobby, dès qu’il vit sa petite tête de rouquine passé le pas de la porte et se leva d’un bond. Manquant au passage de s’affaler misérablement sur le sol !

- Bobby ! T’as loupé la baston du siècle ! Ils étaient CINQ avec des muscles de bras gros comme mes cuisses, et les deux et on les as RETAMES !!! Oh t’aurais du voir ça !!!! Par contre, j’ai pas eu le droit au verre du guerrier ! Est ce que tu pourrais expliquer au monsieur que…. J’ai soif !

Il marqua un temps d'arrêt.

T'es fâché? Pourquoi t'as ta tête de : "Bon Dieu Esteban je vais te refaire le portrait avec mes ongles mêmes pas manucurés"?
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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Sam 30 Avr - 22:34

Bobby raccrocha après avoir articulé un petit « j’arrive » mécanique. La jeune femme demeura interdite durant de longues secondes, immobiles, outrée, et encore à demi endormie.

« C’était qui ? » bredouilla une voix fatiguée dans son dos

Avec une lenteur calculée, la bouche toujours ouverte, la rousse se tourna vers son petit ami, étendu dans leur lit, son corps nu à peine dissimulé par le drap bouchonné qu’elle avait vivement écarté. Elle fixa Wayne sans rien dire et, alarmé par son silence, ce dernier se redressa, ne lui épargnant plus aucune partie de son anatomie. Les sourcils froncés, il continua de soutenir son regard, lui laissant le temps de s’exprimer, ne sachant pas vraiment sur quel pied danser.

« Cet… espèce de… »
« Qu’est-ce qui s’passe ? » demanda Wayne en s’extirpant du lit pour venir la rejoindre, frottant ses yeux encore gonflés de sommeil
« Aaron et Esteban sont dans un bar en ville… complètement ivres si j’me fie au charabia que ma servi ton grand copain ! Esteban me chantait une chanson débile... »
« Oh alors c’est MON grand copain maintenant » ricana Wayne, soulagé qu’il ne s’agisse que de cela

Il attrapa son visage entre ses mains dans l’idée de lui voler un baiser, mais la rousse l’écarta en tiquant d’irritation, avant de se détourner. Elle s’écarta pour se diriger vers la porte et appuyer sur l’interrupteur, les diverses lumières de leur chambre ne lui suffisant pas pour s’habiller.

« Rien d’grave au moins ? » se renseigna Wayne, les mains sur ses hanches alors qu’elle s’agitait
« Apparemment il y a de la casse si. Ce qui ne m’empêchera pas de leur en coller une bonne à tous les deux ! Non mais franchement ! Comme si j’n’avais que ça à faire ! Aller les chercher au beau milieu de la nuit ces deux abrutis illettrés » marmonna-t-elle, en attrapant un long pull rose aux manches longues qu’elle enfila sur son corps dénudé avant d’attraper le short en jean qu’elle avait porté dans la journée
« Tu veux que j’y aille ? »
« Bah bien sûr ! Propose ça une fois que j’suis habillée » s’agaça la jeune femme en boutonnant son vêtement avant d’entreprendre d’attacher ses longs cheveux puis d’enfiler des chaussures dans lesquelles elles seraient à l’aise « Et puis tu sais très bien que tu ne peux pas resté près d'Aaron. Surtout s'il a bu, il va être complètement desinihbé... Mon Dieu j'espère qu'Esteban porte encore ses vêtements... »

Elle se tourna ensuite vers son petit ami qui lui souriait encore d’un air mi moqueur, mi attendri. Bobby se calma aussitôt, sans savoir si c’était à mettre sur le compte de la lassitude ou parce que son empathe de copain venait d’utiliser son pouvoir sur elle.
Poussa une exclamation chagrinée, elle écarta les bras en faisant la mou et il s’approcha immédiatement pour venir la consoler. Comme précédemment, il apposa ses deux mains sur les joues de sa petite amie et déposa un baiser sur le bout de son nez, avant de descendre vers ses lèvres. Ils s’embrassèrent à pleine bouche pendant quelques secondes avant qu’elle lui assène un petit coup de poing dans le bas ventre.

« J’dois filer, TES amis m’attendent. Si je ne suis pas revenu dans 3h, rejoins-moi dans les bois où un oiseau t’as fais dessus, je serai en train d’enterrer leurs corps préalablement découpés en tranches... Prends-moi une laine, les soirées peuvent être fraiches »
« Oui mon adjudant » gloussa-t-il en la regardant attraper son sac à main et ses clés de voiture « Sois pas trop dure avec eux... »
« Plutôt mourir »
« Je t’aime »
« Si tu m’trompes pendant que je suis en taule, je t’émascule » lança-t-elle en refermant la porte sur son passage

Elle traversa le bâtiment au pas de course, l’agacement faisant peu à peu place à l’inquiétude. Et si jamais un des garçons lançait un pari stupide à l’autre pendant qu’elle était sur la route ? Si l’un d’eux décidait finalement de prendre la route ?
Bobby estimait Aaron assez responsable pour se maitriser mais parviendrait-il à canaliser Esteban ? Elle avait prit un bon nombre de cuite avec lui, pleuré dans ses bras parce que son vernis était écaillé et il avait pleuré aussi… On ne pouvait pas se fier à un type qui pleure parce que votre vernis est écaillé ! Il fallait qu’elle fasse vite. Et quand elle serait assurée qu’ils n’étaient pas trop en morceaux, elle leur ferait passer l’envie d’un jour boire ne serait-ce qu’une bière.

Satisfaite, elle referma la portière de son imposant 4X4 et utilisa son GPS pour trouver l’adresse du bar irlandais où s’étaient rendus les garçons. Elle le trouva assez rapidement et descendit de voiture en vitesse, soulagée d’apercevoir la voiture sur le parking. Ils étaient certainement encore à l’intérieur.
Elle les repéra immédiatement après avoir passé la porte. Sûrement grâce à son détecteur de gros lourds stupides… Celui qu’elle avait depuis le lycée et s’était développée pour devenir un modèle breveté imparable. Esteban s’avançait justement vers elle d’une démarche malhabile, le regard un peu vitreux, puant l’alcool à plein nez. D’ailleurs, Bobby ne se gêna pour le lui faire savoir en plissant le sien d’une manière incommodée.
Quel crétin... Elle allait lui en foutre du verre du guerrier. En plein tronche ! Il restait un peu de place, les types avec qui lui et Aaron s’étaient battus visiblement en avait laissé juste pour elle.

« Fâchée ? » répéta-t-elle en laissant un sourire faux étirer ses lèvres pleines « Je ne suis pas fâchée, Esteban Calloway, sombre crétin irresponsable et alcoolique, je suis FURIEUSE ! »

Pas complètement cela dit et, à la vue du visage déjà violacé de son ami, elle s’était un peu dégonflée. Le visage d’Esteban, lui, en revanche, avait bien gonflé. Sans prévenir, elle attrapa son menton à deux doigts et l’examina plus attentivement en l’obligeant à se pencher vers elle puisqu’il la dépassait d’une bonne tête.

« Suis mon doigt » ordonna-t-elle en passant et repassant son index devant le visage meurtri du grand brun qui était partagé entre l’agacement, l’incompréhension et l’amusement. Bourré quoi… « Stupides ! Vous êtes stupides ! » s’agaça Bobby en le relâchant pour chercher Aaron du regard

Sentant le danger arriver, il se tassa sur le siège où il était installé et tenta de se faire oublier. Typique !

« J’espère que vous avez une commotion cérébrale tous les deux ! »
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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Mar 3 Mai - 12:45

Lorsque je vis Bobby, je me ratatinai sur mon siège. Je savais que finalement, l'idée n'était pas si bonne : elle était toute rouge et c'était facile à voir parce qu'elle était rousse, et que les rousses, elles pouvaient pas cacher leurs rougeurs sous leurs tâches de rousseurs... Elle était furieuse et Esteban, ce débile, ne semblait pas le comprendre. Tant qu'elle s'acharnait sur lui, ça roulait pour moi. Mais d'un coup, j'avais l'impression de décuver, juste par la présence flamboyante de notre amie.

Finalement, l'écrasement pour disparaître ne marchait pas. Elle m'avait repéré et je devais rendre les armes : on ne pouvait pas lutter contre une Bobby Bobo en furie, c'était couru d'avance et surtout, engager un combat état suicidaire. Je descendis donc lentement de mon siège et me dirigeai vers le doigt pointé vers moi, les épaules basse, un air de gamin pris en faute sur le visage.

Je boitais et me trainais plus que ce que je marchais mais je préférais me débrouiller par moi-même plutôt que de rendre Bobby encore plus furieuse : je n'étais pas en état d'assister à une scène digne des plus grands films d'horreurs. Je voulais paraître presque dans mon état normal alors je mis une certaine distance de sécurité entre elle et moi tout en me dirigeant vers Esteban : l'union faisait la force après tout.

« On est désolés Bobby, c'est juste que les autres types n'étaient pas très contents d'entendre Esteban les citer dans la liste de ses futures conquêtes. »

Elle nous fixait toujours avec le même air et moi, je n'osais même pas ciller, de peur de la voir bondir. Je voulais baisser les yeux aux sols mais je ne devais pas lui donner une occasion de gueuler encore. Il fallait que je trouve un moyen d'atténuer le choc. Il fallait que je trouve de quoi masquer l'horreur.

« Tu sais, ils nous sont tombés dessus mais heureusement, on a pas utilisé notre pouvoir. On a préféré se laisser taper dessus plutôt que de risquer quoi que ce soit. Et en plus, on leur a même rendu leurs coups à la loyale. »

Echec.
Mieux valait que je la ferme finalement. Alors, je baissai finalement les yeux et me mis pour mon plus grand malheur à sourire : la bouteille de whisky cassée était là, sous mes yeux, et elle me rappelait à quel point avoir mal était une bonne chose.
J'avais fait une grosse connerie mais je m'étais senti vivant. Esteban avait eu une bonne idée en nous conduisant ici et je ne regrettais rien. J'avais mal mais c'était bon : je vivais dans une sorte de bulle depuis sa mort et ne ressentais plus rien alors là, ça allait mieux. C'était tout à fait paradoxal mais tant pis.

Je relevai la tête vers Bobby, mon grand sourire collé sur la visage : je voulais qu'elle m'engueule comme le gamin que j'étais, c'était drôle...

Quoi ? J'étais encore saoul, voilà tout...

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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Mar 3 Mai - 21:34

Bobby avait beau leur dire qu’ils étaient stupides, Esteban ne pouvait pas s’empêcher de pouffer régulièrement de rire. Lui, il ne se trouvait pas stupide mais se sentait au contraire très malin. Il avait tout compris ! La baston c’était l’avenir de l’homme ! Il se sentait libre et se demandait comment il n’avait pas pu voir avant les effets positifs d’une bonne bagarre entres mecs couplé avec une bonne bouteille de scotch. Il était peut-être un sombre crétin irresponsable et alcoolique, pour reprendre l’expression, mais il était vivant. Et heureux dans une certaine mesure.

Elle finit néanmoins par le délaisser pour aller s’occuper d’Aaron et Esteban s’amusa à la déranger pendant qu’elle faisait son examen, en essayant d’attraper son index au vol. Du moins c’était son intention, mais à peine avait-il fait un geste que le regard de Bobby le fit changer d’avis. Elle serait capable de lui briser l’index s’il continuait.

Entendant Aaron raconter leurs exploits, Esteban passa un bras autour des épaules de son compère en ponctuant ses propos de petits hochements de têtes. Il s’empressa même d’ajouter :

« - A la loyale ! Et on est quand même doué tu sais ? Et puis on a ptetre pas l’air en forme, mais t’as pas vu la tête de ces types, ils sont repartis dans état encore pire que nous ! »

Le barman eut un petit rire moqueur qu’Esteban préféra tout bonnement ignorer. Oui, il brodait peut-être un peu la vérité. Ou bien peut-être que l’alcool avait déformé son sens de la réalité ou encore qu’il soignait son égo de mâle dominant en évitant d’être totalement ridicule.

« - Par contre ! reprit-il en écartant la serviette en papier de son arcade sourcilière, je crois qu’il me faut des points de sutures là ? Ce pique un peu. »

Et tout en laissa tomber sa tête contre l’épaule d’Aaron, il gratifia Bobby d’un sourire léger. Aussi léger que la manière dont il se sentait encore. Il était superman, musclor, flash gordon et tout les super-héros du monde en même temps. Esteban se sentait grand, fort, invincible et génial. Moralité : le Scotch irlandais était très bon pour l’estime de soi.

Puis, comme s'il venait de se rendre compte d'un truc très important, Esteban se redressa.

« - Hey!!! Il est où Wayne? »
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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Mer 4 Mai - 7:10

Bobby les observa tour à tour discourir, sceptique, un sourcil haussé dans une expression inquisitrice. Est-ce qu’ils réalisaient qu’ils hurlaient plus qu’ils ne parlaient et qu’ils postillonnaient dans sa direction en prime ? Esteban Calloway, ce grand dragueur irrécupérable avait-il conscience d’avoir une haleine aussi peu fraiche et la tête d’un steak avarié ?
Bobby en doutait. Mais Bobby n’avait pas envie de se perdre dans une description détaillées de tout ce qui clochait chez les deux amis de son petit ami avec qui elle aurait juré sur l’honneur n’avoir aucun lien quel qu’il soit si on le lui avait demandé…
Mais l’amusement qui l’avait vaguement traversé tout de même au fil de leurs justifications douteuses s’évapora dès que le prénom de Wayne fut cité. Le mutant n’aurait pas pu commettre plus grossière erreur.

« Wayne m’attends sagement dans notre petite chambre et se remet très bien de son petit séjour en solitaire, c’est gentil de t’y intéresser » sourit-elle avec animosité « Il m’aurait bien accompagné, mais il avait peur d’aller se jeter une seconde fois du haut d’un toit après coup parce que vous êtes deux déchets égoïstes trop envahissants pour lui… Et je compte bien faire un tri dans son répertoire très bientôt » ajouta-t-elle, mesquine, avant de pousser un long soupir découragé

Ce n’était pas le moment d’accabler Aaron à qui cette remarque était destinée en réalité. Elle avait eu quelque chose d’approchant sur le bord des lèvres depuis des jours sans jamais oser se lancer. Après tout, contrairement à ce qu’il devait se dire sans oser le confesser à personne, il n’était pas responsable de la mort d’Aby, pas plus que des sentiments qu’il pouvait éprouver depuis l’incident. Il n’était pas responsable du départ précipité de Wayne de leur base et du fait que, par conséquent, la rouquine avait dû traverser cette épreuve seule. Et avait pleuré comme un bébé devant ce gros prétentieux de Ross dans un moment de faiblesse.
De toute façon Wayne était rentré à présent et ça ne servait à rien de ressasser tout cela.

« Non mais à quoi vous pensiez tous les deux ? » reprit-elle d’une voix plus lasse qu’agacée à présent, son regard alourdi par la fatigue se posant sur l’un puis sur l’autre, avant de revenir sur le premier « Vous avez conscience que les choses auraient pu très mal tourner ? Pour vous comme pour ces types ? »

Mais aucun d’eux ne semblaient décidé à répondre à ses accusations. Mais la jeune femme n’était pas certaine que ce soit par honte ou gêne quelconque. Ils avaient la tête d’adolescent surpris dans le couloir en train d’embrasser une fille et qu’on réprimande pour cela.
La tête de deux garçons très fiers d’eux qui luttent pour ne pas glousser de plaisir…

« Je suis sérieuse ! Si jamais l’un de vous avait… fait une grosse bêtise… Esteban, ravale moi ton sourire ou j’te jure que j’te casse une autre dent » gronda-t-elle en pointant son index vers lui

Sa ruse sembla marcher et le grand brun fut pris d’un doute. Il porta timidement sa main à sa bouche pour vérifier que toutes ses dents étaient place pendant que sa collègue reprenait son discours moralisateur.

« Et si jamais l’un d’entre vous avait été blessé et dû être transporté d’urgence à l’hôpital, hm ? L’autre aurait pris les clés de sa voiture pour s’enfuir en état d’ébriété ? Aaah bravo les gars ! Et si jamais on vous avait sédatés puis qu'ils avaient trouvé quelque chose de "suspect" dans votre sang, qu’est-ce que vous auriez fait, hein ? Tu sais que c’est comme ça qu’on fonctionne Esteban ! Le sédatif d’abord, les questions ensuite »

C’n’était pas forcément le genre de détails qu’Aaron avait besoin de connaître mais elle ne s’en préoccupa pas plus que ça. D’ici demain, il aurait oublié comment ses congénères étaient traités en arrivant dans le service géré par Bobby et Esteban en l’absence d’Adam.

« Et puis que j’vous y reprenne à parler de pouvoir au milieu d’un bar » ajouta-t-elle à voix basse, jetant un coup d’œil prudent vers le barman qui les fixait justement d’un air passablement irrité qui la laissa pensive quelques secondes « Bon ! Filez-moi vos portefeuilles » ordonna-t-elle en se tournant d’abord vers Aaron qui sursauta et s’exécuta maladroitement

Elle se tourna vers Esteban qui, lui n’avait pas bougé et arborait une moue méfiante, ses deux mains plaquée sur sa poche, comme pour protéger son bien. Ils se jaugèrent du regard un moment et il finit par pousser un grognement et capituler.

« Je vais régler vos consos et pendant ce temps, vous allez gentiment m’attendre près de la voiture. La mienne » précisa-t-elle avant qu’ils ne tentent vaguement de protester. Mais une fois encore, elle les fit taire d’un regard « Au pas de course ! Et si vous vous avisez de mettre du sang sur ma carrosserie, je vous arrache les yeux ! »

Elle les observa s’éloigner maladroitement, Aaron s’appuyant sur Esteban et ce dernier en faisant autant. Lamentable…
Bobby s’occupa alors d’aller récupérer les clés de voiture des garçons que le barman avait fort heureusement pensé à leur confisquer après quelques tournées et régla la somme qui lui était due. Il la prévint qu’ils étaient persona non grata ici et elle promit de le leur rappeler avec grand plaisir demain à l’aube, quand ils se tordraient de douleur dans leur lit, au milieu de leur vomi et qu’elle leur passerait un tube d’ABBA à fond.

Après trois minutes passées à l’intérieur et avoir repoussé les avances du barman, elle rejoignit les garçons à l’extérieur. Evidemment, ils s’étaient dirigé vers une vois ture qui n’était pas la sienne et n’avait même aucun point commun avec elle, occupé à chanter l’hymne national irlandais. Enfin quelque chose qui y ressemblait vaguement pour Esteban. Et elle n’en était pas certaine mais il lui semblait qu’Aaron en pleurait, vautré sur son ami qui le soutenait tant bien que mal en chantant d’une voix de basse ridicule, la main sur le cœur.
N’empêche qu’elle ne pu s’empêcher de rire en les voyant. Un rire léger qui lui fit un bien fou mais qu’elle fut obligé de faire disparaître en s’approchant.
Ils ne la virent pas arriver, trop concentré qu’ils étaient sur leur chanson qu’ils ânonnaient, les yeux fermés, ce qui donna à Bobby toutes ses chances de faire ce qui la démangeait depuis qu’elle était arrivée. Ils reçurent chacun une bonne claque à l’arrière du crâne qui les fit pousser des exclamations scandalisées. Cela dit, ils se remémorèrent bientôt qu’ils n’étaient pas en position de trop se plaindre et se contentèrent d’afficher des airs mi coupable, mi agacés.

« Ma voiture est là-bas mes mignons » leur signifia-t-elle en désigna son 4X4, garé à plusieurs mètres de là « Et elle a un super kit de couture à l’arrière. On va s’occuper de ton arcade d’abord, Playboy et puis je jetterai un coup d’œil à ta jambe… grand farfadet » sourit-elle, espiègle, en se tournant vers l’irlandais « On trouvera une pharmacie sur le chemin pour tout le reste »
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: Raise your glass ! and let me the scotch's bottle...   Ven 6 Mai - 15:19

« T'as tout cassé notre hommage au pays des hommes forts ! »

J'étais réellement indigné. Nous avions pourtant presque terminé, la main sur le coeur, la larme à l'oeil, le frisson dans l'échine... Non ! C'était beau, c'était puissant et Bobby Bobo avait tout cassé ! Il allait falloir tout recommencer du début.
J'étais encore tout choqué de ce qu'elle avait osé faire : nous frapper, nous interrompre en pleine symphonie... C'était une injure au peuple irlandais ! Il fallait venger ce peuple qui était celui de mes parents et donc par héritage incontestable, mon peuple d'avant ma naissance !
J'allais continuer en lui expliquant ce qu'elle avait fait de mal mais quand j'eus croisé mon regard, j'avais tout oublié : elle me faisait peur la bougresse ! Elle était redoutable, une vraie machine : elle pouvait vous contrôler d'un seul regard. Elle avait ce petit truc qui vous rappelait que vous veniez de commettre la pire bêtise du monde. J'étais un gamin pris en faute.

Je pris Esteban par le bras et l'entrainai avec moi vers la voiture que Bobby nous désignait : j'avais oublié que la toute petite femme qu'elle était conduisait un monstre comme ça.
Je me penchai vers mon complice tout en gardant un oeil sur notre Bobby : elle ne devait pas entendre, c'était un complot d'abord ! Il fallait que nous soyons sur nos gardes, j'en étais certain ! Elle allait nous arracher les yeux et les donner à manger aux corbeaux présents dans les déserts pas trop loin. Ou... Ou elle allait nous arracher les tripes et les faire sécher au soleil sur la route... Beurk.

« Calloway, je crois bien qu'on va devoir remettre notre grand hommage à plus tard parce que là, Bobby bobo va se transformer en Bobby pas beau à voir... J'ai peur qu'elle... Tu sais... Qu'elle nous coupe quelque chose et qu'elle s'en serve pour faire des trucs de rousse chelous... Alors on se met droit et on l'écoute. Au début en tout cas, jusqu'à ce qu'on reprenne le pouvoir ! » cuchotai-je à mon acolyte.

J'étais fier de mon plan et de ma perspicacité : j'étais fort ! J'avais lu dans les cartes de Bobby, j'en avais la certitude.
Nous nous postâmes à côté de la voiture, tentant tant bien que mal de prendre appui sur le capot pour feinter le parfait équilibre : mes jambes se dérobaient parfois sous mon poids mais je portais des œillères me donnant l'impression d'une parfaite contenance. Mais bien sûr !

Quoi ma jambe ? Les informations arrivaient dans ma cervelle avec un train de retard. Pourquoi avait-elle dit qu'il fallait la soigner ? J'y jetai un coup d'oeil et me rendis compte que je n'avais plus beaucoup de tissu intact, mon jean était déchiré et du sang l'avait tâché. Merde. Est-ce que je venais tout juste d'avoir mal ou était-ce juste le fait de voir la blessure ? J'avais du tomber sur du verre briser pendant mon rodéo...

« C'est l'autre petit joueur, quand j'ai rodéodé sur son dos, il a pas aimé. Pourtant, il avait plus l'air d'un animal complètement débile qu'autre chose, tu sais ? »

Le mieux était encore et toujours de la fermer...

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