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 Help ! [Terminé]

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Dunney H

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MessageSujet: Help ! [Terminé]   Sam 25 Sep - 21:14

Le patron de Genetic était repassé en mode "automate" depuis plusieurs jours. Ce n'était pas par ennui: il avait plusieurs tonnes de travail, et autant de détails à gérer. Ce n'était pas non plus une accumulation excessive de travail qui avait provoqué cet état comateux. Il était toujours aussi insomniaque et se portait comme un charme. Non, le seul problème, c'était qu'il avait l'impression de ne rien contrôler.

Il s'en sortait pourtant bien en ce moment, et avait toujours autant d'emprise sur son environnement, mais il ne faisait aucun choix. Depuis plusieurs jours, il se laissait porter par les évènements sans s'étonner de rien. Chaque chose était à sa place et en son temps. Il ne freinait rien, n'accélérait rien, ne bloquait rien, et toute cette activité passive et évidente l'oppressait. D'où sa mentalité de limace errante.

Et encore, une limace dépourvue de sens de l'orientation et d'instinct de survie, parce qu'il avait réussi à se perdre suffisamment pour se retrouver sur le port. Et dans un port, on avait toutes les chances de trouver de l'eau. Oh, il savait nager bien sûr, quoique barboter serait un terme plus exact, mais il n'en avait pas moins une peur panique des profondeurs. Perdre pied le rendait croyant. Poser le pied sur une embarcation quelle que soit sa nature lui donnait de l'urticaire et un mal de mer épouvantable, quand bien même le truc flottant ne bougerait pas d'un iota.

Bref, il était maudit par les flots et se devait pour sa santé physique et mentale de se tenir loin des embarcadères, des plongeoirs, des piscines et des flaques d'eau. Les fleuves et rivières ne le supportaient que s'il traversait à pieds secs. Ainsi fut-il très désagréablement surpris en regardant autours de lui pour la troisième fois de la journée, quant il se découvrit en territoire ennemi.

Il y avait des bateaux partout.

Pire, il y avait de l'eau partout.

Et au milieu de cette armée menaçante, il y avait des gens qui aimaient la mer. Des complices. Des collabos. Il était cerné.

Reprenant la moitié de son calme (sa conscience étant tout aussi terrorisée que lui), il observa la zone avec attention. C'était définitif, il ne savait pas du tout où il se trouvait, mis à part que cet endroit devait se situer quelque part sur la côte Ouest. Et encore, peut être était-ce une mer intérieure inconnue du public, ou un lac gigantesque. Là n'était pas la question: il y avait de l'eau, et un repli stratégique aurait pu être une bonne solution si seulement il avait su par où fuir.

Son instinct lui disait de s'éloigner de l'eau.

Problème: il voulait non seulement s'enfuir, mais aussi regagner ses pénates, tant qu'à faire, et malheureusement rien ne lui garantissait que sa maison serait sur la route de sa fuite dans le cas ou il tenterait d'échapper à l'Ennemi. Il prit donc une grande inspiration et se mit en quête de panneaux indicateurs pouvant le guider jusqu'au seul asile de sécurité valable: son domicile.

C'est en cherchant désespérément un repère en forme de flèche qu'il remarqua un bateau. Normal, dans un port, mais sur ce bateau il y avait le messie. Enfin presque: quelqu'un qu'Holster connaissait. Peut être. Vaguement. Quelqu'un qu'il était sûr d'avoir rencontré un jour. Quelqu'un qui pourrait le renseigner. Quelqu'un qu'il ne connaissait peut être pas en fait, mais qui allait quand même le renseigner parce qu'il avait une bonne tête.


- "Excusez-moi, vous pourriez m'indiquer le chemin le plus court jusqu'à l'aéroport le plus proche?"
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Help ! [Terminé]   Dim 26 Sep - 17:46

Depuis la catastrophe survenue lors de la fête de fin d’année dans le gymnase de l’Ucla, l’atmosphère était très tendue à la maison. Wyatt avait découvert que son oncle possédait une capacité alors qu’il lui avait toujours caché. Le psychologue avait tenté de lui expliquer les raisons de ce non-dit mais ce fut sans succès. L’adolescent s’était refermé comme une huitre. Depuis, il ne lui adressait plus la parole. S’il y avait une chose que Ross ne supportait pas, c’était le silence instauré par son fiston. Lui qui était un adepte du dialogue pour régler les problèmes, il se trouvait complètement dépassé et ne savait plus quelle attitude adopter. Il avait bien essayé deux ou trois trucs mais Wyatt était resté de marbre. Il était devenu comme un étranger. C’était insupportable et pourtant Ross le supportait. C’était qu’il l’aimait son fils et que pour rien au monde il ne souhaitait couper les ponts. Aussi, l’homme s’accommodait, très mal certes, de cette situation invivable. Il était en partie responsable de cet état et il s’en voulait énormément. Comme le lui avait conseillé Luna, il aurait du parler à son fils avant…

C’était trop tard désormais. Le mal était fait, il n’avait plus qu’à assumer les conséquences de ses actes. Tout cela contrariait profondément Ross qui n’était pas loin de déprimer. Il n’avait plus du cours à dispenser à l’Ucla. Aussi devait-il se forcer pour sortir de chez lui. L’envie n’y était pas vraiment mas la belle journée d’été qui s’annonçait l’avait décidé. Aujourd’hui il irait faire du bateau. Le bon air de l’immensité marine lui ferait le plus grand bien.

Cela faisait plusieurs semaines qu’il n’avait pas mis les pieds sur son yacht. Une fois dessus et après avoir rangé les victuailles achetées pour la journée, il entreprit le nettoyage intérieur et extérieur. Il y avait de quoi faire. La dernière fois qu’il avait voulu passer la journée sur son bateau, le temps s’était mis contre lui. L’océan était devenu impraticable. Il avait du renoncer à passer la journée en mer. Cependant, elle n’avait pas été fichue car il avait fait la connaissance d’une charmante jeune femme, artiste peintre et poète à ses heures. Elle aimait Baudelaire tout comme lui. Il se remémora alors le poème dont ils avaient discuté et le déclama à voix haute tout en frottant le pont.

- Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer. »
Tu te plais à plonger au sein de ton image
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur,
Au bruit de cette plainte indomptable et…


Son récit fut interrompu par un homme demandant son chemin. Sa mine se déconfit lorsqu’il identifia le petit poucet du jour : Dunney Holster. Celui par qui le malheur arrivait ! Depuis les derniers événements catastrophiques, Ross l’avait complètement oublié. Il avait eu bien d’autres chats à fouetter. Ross était venu sur son bateau pour faire le vide dans sa tête, se retrouver seul face à la mer.

Avec Dunney sur le quai, à quelques mètres de lui, ses aspirations s’en voyaient très contrariées. S’il y avait une personne qu’il ne souhaitait pas rencontrer actuellement, c’était bien lui.

- Je ne suis pas un bureau de renseignements. Débrouille-toi tout seul !

Certes, il savait qu’il était amené à le revoir pour cette histoire ridicule de mariage, mais il n’était pas au programme du jour. Ross se détourna de Dunney et se remit à frotter le pont avec une énergie insoupçonnée. Une façon de déverser son mécontentement en essayant d’oublier… Devenir amnésique aurait été d’un grand secours à l’équilibre mental de l’écossais. Ross se surprenait à envier Timothy, un de ses patients souffrant d’amnésie.

*Ross, faut arrêter là, tu vas finir par devenir fou si tu continues sur cette pente. Faut te ressaisir mon vieux.*

Ok, mais le cœur à ses raisons que la raison ne connaît pas. Difficile aussi de mettre en pratique tous les bons conseils connus parfaitement du psychologue.

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MessageSujet: Re: Help ! [Terminé]   Lun 27 Sep - 18:30

Le bureau de renseignements tant espéré ayant nié sa nature de borne d'information, le propriétaire de Genetech était perplexe. Comment pouvait-on refuser d'aider une personne qui demandait poliment son chemin? A plus forte raison, comment refuser d'aider une personne qu'on est sensé connaître un peu pas beaucoup pas du tout ? D'autant qu'il était maintenant certain de connaître l'individu. La preuve, celui-ci l'avait tutoyé. Donc, le collabo le connaissait. Mais visiblement il ne l'aimait pas.

Ce n'était pas gravissime en soi. Beaucoup de gens le détestaient. Seulement ceux là avaient au moins le respect de le vouvoyer dans leur haine et de toutes façons n'étaient pas assez proches pour qu'il se rappelle de leur visage. Certes, c'était lui qui les éloignait, mais il ne voyait pas vraiment l'intérêt de les inviter chez lui. Bien sûr, il fallait savoir reconnaître l'ennemi, mais comme il se méfiait de tout le monde la notion armé/désarmé lui suffisait. En général. Au sein de son petit univers personnel. Loin de tout liquide menaçant. Étant actuellement entouré d'ennemis potentiels, en connaître au moins un ne pouvait lui être que bénéfique.

Au sens conventionnel du terme, l'individu désagréable n'était pas armé. Il disposait bien d'un moyen de pression, alias l'eau et un bateau, mais n'en avait fort heureusement pas connaissance et ne risquait donc pas de lui proposer sournoisement une ballade en mer, voire une partie de pêche impromptue. Et ce genre de suggestion ne se faisant innocemment que vis à vis de personnes qu'on apprécie, lui même était donc hors de portée.

C'est ça, il était hors de portée. Il avait les deux pieds sur le quai et était donc parfaitement en sécurité malgré la proximité de l'Ennemi. Ou du moins il essayait de s'en convaincre, planté là sur le quai et s'accrochant mentalement à la stabilité de celui-ci comme une moule à un rocher. Il aurait bien suivi le conseil du complice de l'Ennemi (car c'était un conseil et non un ordre sinon il y avait surchauffe), mais il n'avait pas de plan de fuite valable pour le moment et préférait donc ne pas tourner le dos à l'Ennemi pour le moment. D'ailleurs, peut être que l'inconnu familier l'avait enjoint à faire demi-tour uniquement pour qu'il sous-estime la sournoiserie de l'Ennemi.

*Paaranoïaa*.

Hors de portée pour le moment, donc, mais n'ayant aucune envie de faire demi-tour. Le fuite s'annonçait d'autant plus ardue que, planté devant le machin flottant, il risquait de s'attirer les foudres du propriétaire du machin flottant en question. Propriétaire déjà d'assez mauvaise humeur, mais qu'il valait mieux ne pas trop contrarier en tant qu'unique ennemi reconnaissable parmi les adorateurs de l'Eau.

D'ailleurs, c'était qui ce propriétaire de bateau?

Ce n'était pas un employé, il n'aurait pas osé le tutoyer. Ni un partenaire financier pour les mêmes motifs. Et le Maire l'aurait prévenu s'il avait fait de la chirurgie esthétique, quoiqu'il ne soient pas en très bons termes depuis quelques temps. Depuis son mariage en fait...

...

*Oui, il s'agit de ton mari. Maintenant ferme la bouche et enfuis-toi avant qu'il te demande une bague hors de prix ou, pire, une procédure de divorce*.

...

Il s'était marié à un type qui aimait l'eau. La stupéfaction prenait le pas sur la peur. Comment avait-il pu se marier à quelqu'un d'aussi peu compatible avec lui même? *Y'a rien d'autre qui cloche d'après toi?* Bon, c'était un mec, mais il pouvait y avoir un tas de raisons de se marier à un homme (en excluant l'amour éternel et inconditionnel bien sûr, inutile de tomber dans la guimauve) et l'intérêt financier arrivait en tête de liste. Sauf qu'il n'avait pas besoin de fric donc ça devait pas être ça. Il y avait aussi la possibilité d'exploiter son conjoint, mais s'il avait fait partie de ses employés, il s'en serait souvenu.

*Ou sinon, il y a aussi le caprice, le coup de tête sur un coup de sang après avoir bu un coup et un peu trop, tu te souviens?*

Oui, il se souvenait. Il n'en avait plus vraiment envie mais après une à deux minutes à fixer Ross, c'était normal que son nom finisse par lui revenir, bien qu'il ait occulté ce problème de toutes ses forces. Il avait complètement oublié l'Imbroglio "mariage" jusque là.


- "J'avais oublié qu'on était marié... tu voulais une alliance si je me souviens bien ?"

Euh, il avait parlé à voix haute là? Jesus-Marie-Joseph, pourvue qu'il n'ait pas parlé tout haut, l'autre le détestait déjà suffisamment. Il ne savait plus pour quoi mais il lui semblait que ça avait à voir avec d'autres problèmes, comme Reynolds ou sa fille. Mais plutôt Reynolds. En tout cas, il était sûr d'avoir déjà fait une gaffe. Pour un peu, il venait de la réitérer.

Et évidemment, il était trop tard pour demander un miracle.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Help ! [Terminé]   Sam 2 Oct - 21:05

Ross avait tourné le dos à Dunney en espérant qu’il passerait son chemin. Affairé à frotter le pont de son bateau, une foule de souvenirs remontaient à la surface, et pas les meilleurs. C’était bien connu, les bons souvenirs s’effaçaient de la mémoire lorsqu’on avait les idées noires....

... La mort de sa meilleure amie, le vécu douloureux de certains de ses patients, ses amours contrariés, la solitude, ce stupide mariage avec le dirigeant de Genetic, la catastrophe survenue au gymnase, Wyatt découvrant que son oncle était un mutant et qu’il appartenait à Genome. Les blessures physiques importantes furent insignifiantes comparées au choc psychologique. Depuis, Wyatt en voulait terriblement à Ross. Il ne comprenait pas pourquoi son oncle lui avait menti et vivait cette découverte comme une trahison. Celui qu’il aimait le plus au monde lui tournait le dos et il n’avait pas de solution pour gommer le mal qu’il lui avait fait malgré lui. Ross avait voulu protégé son fils en lui épargnant bien des déboires. Il était évident qu’il avait complètement échoué.

C’était lourd de conséquences pour Wyatt et pour lui-même. L’écossais ne savait plus trop où il en était. Toutes les raisons qui l’avaient poussé à ne pas être honnête avec son fils, toutes les bonnes résolutions n’avaient plus lieu d’être. Il comprenait désormais qu’il avait eu tort sur toute la ligne. Il comprenait la réaction de son fils enfermé dans un certain mutisme mais il ne pouvait pas l’accepter. Comment accepter que son propre fils lui tourne le dos et se comporte avec lui comme si il était un étranger ? C’était impossible. Il savait que son fils souffrait de cette situation mais il n’avait aucun remède pour le guérir. Comment faire pour que son fils lui accorde la confiance et l’admiration qu’il lui vouait avant ? Ross n’avait pas la réponse…

La voix de Dunney le sortit de ses tristes pensées. Sur le quai, le dirigeant de Genetic n’avait pas bougé d’un millimètre. Il n’en crut pas ses oreilles en entendant les mots « mariage » et « alliance ». Son sang ne fit qu’un tour.

- Bravo ! Tu repasseras pour la discrétion…

Ross regarda autour de lui en espérant que personne n’était à proximité ou n’ait entendu ce que venait de dire Dunney. Il croisa les doigts pour qu’aucun journaliste ne soit dans les parages. Il n’avait aucune envie de voir son portrait entrelacé aux côtés de Dunney à la une d’un journal relatant les potins mondains ; les caricaturistes, à coup sûr, s’en donneraient à cœur joie pour les ridiculiser et les lecteurs friands de cette presse à scandale seraient ravis d’avoir un nouveau sujet de conversation. Ceci n’était encore rien comparé aux autres problèmes découlant de cette information.

Si ce mariage était étalé au grand jour, il y avait de fortes probabilités pour que Ross soit relevé de ses fonctions de professeur ; les administrations n’aimaient pas que leurs « pions » fassent des vagues. Inutile aussi de préciser que certains de ses confrères se feraient un plaisir de lui casser du sucre sur le dos dans le but de récupérer des patients. Quant aux membres de Genome, qu’allaient-il en penser ? Comment Aaron pourrait-il continuer de lui accorder sa confiance ? La crédibilité du psychologue en serait anéantie. Mais le pire de tout serait de devoir affronter le regard de Wyatt. Jamais il ne lui pardonnerait ! Ce mariage avait beau être une vulgaire farce, Ross aurait tout les peines du monde à faire entendre la vérité. Qu’avait il fait au bon dieu pour avoir autant la poisse en ce moment ? Ross n’était pas un homme méchant, il avait des défauts mais il ne méritait pas que le sort s’acharne ainsi contre lui. Lui qui était venu sur son bateau pour faire le vide et être tranquille, la présence de Dunney anéantissaient ses aspirations.

*Essaie de positiver*

Facile à dire, facile à conseiller mais difficile à mettre en pratique. Sa journée était fichue, alors autant qu’il mette à profit la présence de son mari. Puisqu’il se trouvait là, il pourrait peut-être revoir avec lui, calmement si cela était possible, l’histoire du contrat de mariage. Depuis sa visite dans le bureau d’Holster, il n’avait pas eu de nouvelle. L’écossais n’avait pas relancé le patron de Genetech car il avait été très occupé par des problèmes bien plus graves et plus vitaux d’un bout de papier. Il était temps de savoir ce qu’il en était car il n’avait pas l’intention de rester marié des lustres à cet individu qui n’avait aucun point commun avec lui. Même avec tout un tas de points communs, c’était un homme, et cela suffisait à l’écossais, hétérosexuel, pour réfuter ce contrat.

- Puisque tu es là, au lieu de rester planter sur le quai, monte plutôt à bord.

Il fit signe un signe de la main à Dunney l’invitant à prendre la passerelle qui le mènerait sur le pont du yacht. Il le conduirait ensuite dans le salon, à l’abri des oreilles et regards indiscrets. Certes, le fait de voir Holster monter sur le bateau de McGregor risquait de faire couler de l’encre mais ce ne serait que des suppositions faciles à démentir.

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MessageSujet: Re: Help ! [Terminé]   Lun 4 Oct - 19:33

Bon, apparemment sa gaffe n'était pas trop grave. Peut être. En tout cas elle n'avait pas eu de conséquences aussi graves qu'immédiates et par conséquent, s'il entrevoyait vaguement des ennuis se profiler loin dans l'avenir, savoir sa petite personne hors de danger pour le moment ne pouvait que rassurer Holster. Après tout, rien ne lui garantissait que son époux était de son côté. Tout lui hurlait le contraire en fait. D'abord parce qu'il ne se serait jamais marié par amour, et ensuite parce qu'un mariage d'intérêt impliquait quelqu'un de pragmatique. Et un sale caractère parce qu'il n'aurait pas pu supporter une innocente à longueur de journée. Pas plus qu'un homme innocent d'ailleurs, mais il n'avait pas vraiment prévu de se marier à un représentant du genre masculin, à la base.

Ceci dit, il n'avait rien prévu du tout à en croire sa conscience, mais comme il ne se tournait pas instinctivement vers les cœurs purs, il pouvait s'attendre à quelqu'un de pire que lui. Il y avait peut être une infime chance pour que Ross soit un brave garçon qui ne ferait pas de mal à une mouche... Mais justement, elle était infime, cette chance, alors il valait mieux être méfiant. Une méfiance d'autant plus nécessaire qu'il avait bel et bien gaffé, à en croire Ross, par manque de discrétion.

Ce qui signifiait qu'il y avait nécessité de discrétion. Au moins, il avançait un peu: les mariages d'alliance entre lignées étaient toujours publics. Certes, Ross ne ressemblait pas à un seigneur et se marier à lui n'aurait sûrement pas augmenté sa renommée. Mais avec quatre ou cinq verres d'alcool dans le nez, il avait très bien pu se monter un film en prenant Ross pour quelqu'un d'autre... *Ta prétendue résistance à l'alcool me pardonne, mais tu n'avais bu que trois verres* Hé bien avec trois verres, donc, il avait parfaitement pu imaginer absolument n'importe quoi, sauf l'alliance.

Restait à savoir pourquoi il fallait cacher cette histoire. Forcément, se marier à un inconnu, comme ça, c'était pas la meilleure publicité pour un tas de trucs. Mais un mariage, c'était fait pour servir à quelque chose. C'était un statut officiel, juridique, social, peut être pas conjugal mais presque. Alors à quoi servait un mariage si on ne le marquait pas sur sa feuille d'impôts et qu'on ne le disait à personne? *A moins que vous ne soyez en instance de divorce et que vous n'ayez aucune envie que cette tragique séparation fasse la une des journaux, peut être?*

Non, il n'était pas d'accord avec lui même: ça ne collait pas. Un mariage, si précipité soit-il, n'était pas une mauvaise chose en soi et le divorce était la pire des solutions. Oh, il n'avait pas d'image médiatique à protéger, ni de dignité humaine à défendre en particulier. Il n'avait juste pas envie qu'on sache qu'il s'était marié de façon irréfléchie. Il n'aimait pas, en général, qu'on tiennent ses actes pour des caprices et qu'on le soupçonne de ne pas réfléchir aux conséquences, surtout si c'était vrai. C'était parfois le cas, mais personne n'avait à le savoir. Du coup, reconnaître publiquement avoir fait une erreur et l'avoir signée devant témoins "ad vitam aeternam" n'était pas pour lui plaire.

- Puisque tu es là, au lieu de rester planter sur le quai, monte plutôt à bord.

Le message était très bien arrivé jusqu'aux oreilles, et de là jusqu'au cerveau. Le voyage s'était déroulé sans encombre, et plusieurs neurones étaient venus accueillir le nouvel arrivant peut être pas avec joie mais du moins avec professionnalisme. C'était après que ça se corsait. L'information était là, mais le cerveau ne savait pas quoi en faire. tout se passait comme si le message était atteint d'une maladie incurable et contagieuse. Aucun neurone ne voulait traiter cette information, et Dunney avait l'impression que son cerveau entier s'écartait le plus possible de la proposition la plus malvenue qui soit. Celle de monter sur un objet flottant. Qui tanguait un peu. Et qui n'avait pas la moindre raison de ne pas couler dès qu'il aurait mis le pied dessus.

Pourtant, il fallait qu'il réagisse. La politesse voulait tout d'abord qu'il accepte ou décline l'offre. Et ensuite, il fallait qu'il agisse en conséquence (s'enfuir ou renoncer par avance à son costume dans le cas ou quelque chose le pousserait à -glups- sauter à l'eau). S'il s'enfuyait, il pouvait faire une croix sur sa mémoire et il n'aimait pas l'idée de rester marié à quelqu'un sans connaître toutes les pièces du puzzle. S'il restait, il devrait monter sur cet engin du diable et peut être manquer la noyade, ce qui lui déplairait encore plus mais ne le ferait pas passer pour un fou.

Du bout des lèvres, il marmonna un assentiment et posa un pied sur la passerelle. Jeta un regard à la mer qui le narguait d'en bas. Se demanda s'il était encore temps de trahir sa parole et de partir en courant. Se rendit compte qu'il n'osait pas retirer son pied droit de la passerelle et se décida à monter vraiment sur le bateau. Il paniquait complètement mais ça ne se voyait pas trop pour la simple et bonne raison qu'il n'affichait aucune expression. Il était complètement paralysé, et il se laissa guider sans broncher sur le pont qui bougeait (mômaaan) mais au moins ne se déformait pas. Argh, mauvaise idée, maintenant il s'imaginait que le pont s'enfonçait sous ses pieds.

C'est avec un soulagement relatif qu'il s'assit quelque part dès que cela fut possible et sans en avoir demandé la permission, sur un objet à peu près confortable à définir. Comme il n'avait pas l'intention de se relever pour vérifier sa nature exacte, il décida de fixer son regard sur Ross pour oublier le bateau. Raté, Ross bougeait aussi, mais au moins il avait essayé. Restait à présent à formuler des mots malgré l'envie de vomir que lui donnait le mouvement mou du yacht. Il ouvrir la bouche, la referma, et au deuxième essai parvint à articuler une phrase correcte.


- " Vous voulez bien me rappeler pourquoi vous avez signé le contrat? Je ne me souviens plus très bien de vos intérêts..."

Il n'avait pas besoin de préciser qu'il ne se souvenait plus des siens non plus, ce qu'il voulait c'était savoir s'il pouvait se fier à Ross, rien de plus. Quand au vouvoiement... C'était en option. Il se sentait plus à l'aise avec la distance que cela impliquait, et il n'avait pas vraiment envie de se montrer familier avec un traître potentiel qui, il devait absolument le garder à l'esprit, était déjà un ennemi naturel puisqu'il aimait la mer. Lui même n'en revenait toujours pas de s'être marié à un tel individu, même sous l'influence de l'alcool.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Help ! [Terminé]   Ven 8 Oct - 22:35

Si le dirigeant de Genetic n’avait pas été présent, Ross aurait pu faire le vide. La journée en mer lui aurait été bénéfique. Son bateau était un peu comme une source de régénérescence. Il s’y rendait assez souvent quand il rencontrait des difficultés. La solitude, au milieu de l’océan, agissait comme une cure thermale et lui redonnait le punch qui lui manquait. Certes, actuellement, il lui faudrait plus d’une sortie en mer pour retrouver sa sérénité. Mais, alors là, avec Holster sous le nez, il devrait doubler, si ce n’est tripler, son « traitement » marin !

Holster avait manqué de discrétion mais visiblement ça ne lui faisait ni chaud ni froid. Par contre, Ross, généralement maître de ses émotions, avait du mal à garder son calme. Les derniers évènements y étaient pour beaucoup. Depuis, il avait des difficultés à trouver le sommeil et lorsqu’il s’endormait enfin, des cauchemars hantaient ses nuits. Le matin, il se réveillait avec la fâcheuse impression de n’avoir pratiquement pas fermé l’œil. Le manque de sommeil réparateur pesait sur son moral déjà bien entamé, entraînant un comportement inhabituel. Même lui avait du mal à se reconnaître. Il se sentait démuni et ses propres réactions ne cessaient de le surprendre.

Extérieurement, il aurait pu se fondre dans une exposition de sculptures, mais intérieurement, l’Etna en éveil faisait pâle figure. Droit comme un piquet sur le pont de son bateau, L’écossais guettait la moindre réaction d’Holster.

*Qu’il monte à bord, qu’il s’en aille, mais qu’il se décide, mer*e*

En attendant que Dunney consente à lui répondre, il se cramponnait à son balai brosse comme à une bouée de sauvetage. Il y a des instants dans la vie qui passent, ou plutôt qui ne pas passent pas, comme si le temps avait stoppé sa course sans arrêter la vôtre - Ces instants qui font que vous basculez dans état léthargique avec la désagréable sensation de n’être plus rien si ce n’est un spectateur de votre insignifiance -

Rien encore, Dunney ne dit rien. L’effet second annulant l’effet premier, Ross pestait intérieurement. Il était sur le point de laisser exploser sa rage quand Holster daigna enfin réagir. Il s’engagea sur la passerelle et monta à bord avec une certaine appréhension. Le fait de ne montrer aucune émotion, de ne pas parler et de s’asseoir sans demander son reste était un comportement bien connu du psychologue. Le dirigeant de Genetic n’aimait pas le bateau et il avait sans doute peur de l’eau. Cette petite analyse facile eut pour effet de décompresser légèrement Ross. Il était surpris de voir un homme comme Dunney avoir une phobie ; ça l’amusait presque. Si la situation avait été autre, il en aurait souri mais l’heure n’était pas à l’amusement

Son conjoint en vint au fait sans détour : le contrat. Ce fameux contrat de mariage signé dans des circonstances plus que floues. Le vouvoiement était surprenant quoi qu’en y pensant, ce n’était pas si étonnant ; après tout, les deux hommes ne se connaissaient pas. Même s’ils avaient appris à se connaître ce fameux soir de beuverie, ils avaient oublié… C’était sans doute mieux ainsi. Ross était incapable d’expliquer pourquoi il avait signé. Il y avait réfléchi de longues heures mais aucune lumière n’était venue éclairer sa mémoire défaillante. Il se rappelait bien quelques bribes de la soirée relatives à des instants marquants comme : la conviction d’être avec une femme et pas n’importe laquelle, sa meilleure amie, Nicole ; la certitude d’avoir bien rigolé et d’avoir trop bu. A part ça, il ne se souvenait de rien et il était dans l’incapacité d’expliquer sa signature en bas du contrat.

Voyant que Dunney avait des nausées, Ross s’éclipsa quelques secondes et revint avec un verre d’eau.

- Tiens, prend ça, c’est très efficace contre le mal de mer. Pourquoi j’ai signé ce fichu contrat ? Si je le savais…

La sexualité : Jamais de la vie, Ross était 100 % hétéro. L’argent : Ross n’en manquait pas et il n’avait pas envie d’en avoir plus. Le pouvoir : si ça en faisait perdre la tête à certains, ce n’était pas son objectif. La descendance : Ah tiens ! Ross se souvenait vaguement avoir abordé les soucis rencontrés avec les enfants. Mais bon, ce n’était pas en se mariant tous les deux que ça réglerait quoi que ce soit pour leurs enfants. Il avait eu beau se triturer les méninges, l’écossais ne voyait absolument aucun intérêt dans cet engagement officiel. Au contraire, il n’y voyait que des inconvénients : Son fils, les membres de Genome, les collègues de l’université, les confrères, les amis, la famille, la gente féminine, ne comprendraient pas cet acte insensé, inimaginable, irresponsable, inconcevable… Tous autant qu’ils étaient, si ils le découvraient, risquaient de lui tourner le dos, de le renier, de le lapider… De belles scènes en perspective quoi ! Ross n’aurait plus qu’à aller vivre sur une île déserte.

- Ce que je sais, par contre, c’est que ce contrat doit resté secret. J’espère que tu n’as pas fait la gaffe de tout à l’heure en public !?

Espoir, interrogation et mise en garde. Ross souhaitait fortement que son imbécile de mari n’ait parlé de ce contrat à personne. Il lui en demandait la confirmation car il avait un grand besoin d’être rassuré ; il n’avait aucune envie d’affronter ce type de problème actuellement. Après tout, ce n’était qu’un bout de papier, mais aux yeux de tout le monde ça ne passerait pas ainsi. L’idée que Dunney ait pu abordé ce sujet avec d’autres personnes rendait l’écossais nerveux. Il regarda autour de lui pour s’assurer qu’il n’y avait pas des oreilles qui traînaient.


- D’ailleurs, tu ne devais pas t’occuper de le faire annuler ?

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MessageSujet: Re: Help ! [Terminé]   Lun 11 Oct - 17:09

Un remède! Quel qu'en soit l'origine, Dunney lui aurait certainement sauté au cou s'il n'avait pas l'habitude irrémédiablement ancrée en lui de toujours agir comme si tout lui était dû. L'origine du médicament verre d'eau reçut donc pour tout remerciement un hochement de tête et la possibilité de l'avoir empoisonné. Ce qu'il n'avait pas fait puisque son mal de mer s'était apaisé (très légèrement, il fallait toujours être de mauvaise foi) après le verre d'eau. Peut être que son mari était son allié après tout...

Mieux valait ne pas trop rêver, déjà il ne savait même pas pourquoi il avait signé le contrat. il ne fichait de lui ou quoi? Personne ne signait un contrat de mariage par caprice! A part lui, mais lui justement c'était un cas à part puisqu'il agissait pas caprice tant que ses intérêts n'étaient pas menacés. Ross, lui, ne pouvait pas ignorer totalement ses propres motivations, sinon à quoi servait ce contrat? Pas qu'il ne s'en accommode pas (il pouvait tirer son parti de n'importe quelle situation et en était fier) mais il fallait bien qu'il y ait une raison à cet état de fait. Rien n'existait sans raison, fut-elle tirée par les cheveux à la limite du scalp, et le contraire était plutôt inquiétant.

Mais pour l'heure, à défaut d'explications claires et concises (un idéal irréalisable), il devait rassembler le maximum d'informations. Par exemple, que le mariage était définitivement secret pour Ross, au point que celui ci semblait presque terrifié à la seule idée d'être découvert. Heureusement pour ce dernier, il n'y avait pas la moindre chance pour que son mari ait lâché le morceau: Holster était en plein déni depuis un moment et vivait exactement comme si rien ne s'était passé, d'où sa maladresse lorsqu'il avait été forcé de prendre en compte son statut conjugal.

- "Oh, ne vous en faites pas j'avais oublié que j'étais marié alors je pouvais pas en informer qui que ce soit. Je parle rarement de secrets dont je n'ai même pas connaissance, voyez-vous ?"

Oui, Ross le tutoyait. Mais Holster n'avait jamais tutoyé quelqu'un à titre familier. Affectif à la rigueur. Il n'allait pas s'adresser à sa fille comme à n'importe qui, et vouvoyer sa maîtresse lui aurait paru absurde s'il en avait une. Mais pour tous les autres, une bonne prise de distance ne faisait jamais de mal. En plus, il aimait voir certaines personnes le tutoyer puis, face à son obstination polie, adopter le vouvoiement aussi naturellement qu'on s'assoit lorsqu'il y a une chaise disponible. Ce qui était rarement le cas dans son bureau mais là n'était pas le sujet de la discussion.

En attendant, il continuait de passer en revue tous les types d'alliances qui n'étaient pas publics. Il y avait bien les pactes d non-agression entre les pays mais Ross ne disposait sans doute pas d'une armée capable de concurrencer la sienne. Ceci dit, il pouvait disposer d'un moyen de pression suffisant pour nécessiter un pacte. Le groupe illégal qui lui donnait du fil à retordre, par exemple. Maintenant, comment avait-il pu avec ou sans aide éthylique organiser un mariage de non-agression? Ça n'avait pas de sens de toutes façons, puisque le mariage n'impliquait que deux individus et que quand bien même son conjoint serait par le plus grand et le plus improbable des hasards un membre influent de Caryotype, il n'en était pas le chef incontesté et ne le défendrait donc que personnellement contre une éventuelle invasion "organisée", c'est à dire chaotique, de leur part.

Bah, il était inutile de mêler le travail à tout ça: visiblement ça n'avait rien à voir. Oh ça l'occupait bien sûr. Cela lui permettait de se distraire de sa situation (à flots contre son gré, et à quai mais quelle différence) mais pas de faire avancer les choses.


- D’ailleurs, tu ne devais pas t’occuper de le faire annuler ?

Il manqua de s'étouffer avec le peu d'eau qui restait dans le verre et qu'il s'apprêtait à finir. ça... Il ne s'y attendait pas du tout. Mais alors vraiment pas. Autant il aurait pris avec un certain relativisme l'exigence d'une bague en platine, d'un appartement coûteux et d'une carte bleue supplémentaire, autant celle de la rupture de contrat ne lui était même pas venue à l'esprit. Un contrat, c'était un contrat. Et on pouvait toujours s'arranger avec les contrats tant qu'on ne s'avisait pas par mégarde de les rompre, tandis qu'avec les contrats brisés, le responsable était toujours évident et perdait généralement assez gros. Alors, annuler le mariage...

- "Ben... pourquoi ?"

Il avait parlé spontanément. Avec une distinction que même sa fille aurait trouvée franchement bancale. Pas que sa fille soit particulièrement indulgente en matière d'élocution, ni qu'elle ait elle même une façon de parler particulièrement rustre, mais elle avait beau ne pas respecter les règles, elle les connaissait. Et du coup elle savait presque mieux que lui ce qui se disait, ce qui ne se disait pas, et ce qui pouvait passer à la rigueur dans des cas précis.En l'occurrence, elle aurait cependant plus critiqué sa lenteur d'esprit que son vocabulaire. Mais il avait besoin d'informations pour comprendre. D'autant plus que toute cette histoire lui paraissait illogique au possible.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Help ! [Terminé]   Ven 29 Oct - 20:04

Ross avait donné un médicament dilué dans de l’eau à Dunney. Ce n’était pas par charité mais uniquement pour éviter à ce dernier de se trouver mal et de renvoyer son dernier repas. L’écossais n’avait aucune envie de nettoyer les dégâts, surtout ce genre de salissures ! Quant au contrat, il avait beau se triturer les méninges, il n’y trouvait aucun intérêt. Avec les effets de l’alcool, ils s’étaient peut-être tapés un petit délire tous les deux. Pourtant, l’écossais supportait assez bien de boire, il s’était déjà pris des cuites mais jamais il ne lui était arrivé de se retrouver le lendemain avec une amnésie aussi importante. Il ne se souvenait de presque rien, des détails insignifiants qui ne pouvaient donner lieu à aucune déduction. L’homme n’avait jamais eu l’intention de se marier un jour avec une femme et là, il se retrouvait marié à un homme. C’était complètement irrationnel ! En attendant, il était lié à cet Dunney qui n’était même pas fichu d’avoir le pied marin sur un bateau accosté.

Cet homme disait avoir oublié qu’il était marié et ne pas avoir, de ce fait, divulgué l’information. Ross avait du mal à le croire et il se demandait comment il était possible d’oublier un tel contrat. Certes avec les derniers événements survenus, l’écossais lui-même avait mis de côté cette affaire mais il ne l’avait jamais oubliée. Ross posa un regard dubitatif sur Dunney. Sa façon de parler, ses mots, sa façon d’être et ce vouvoiement ridicule ; tout le laissait penser qu’il se fichait sérieusement de lui, qu’il le prenait pour un idiot. Sachant que son mari était le dirigeant de Genetic, il n’y avait rien de surprenant, c’était même très logique car ça collait très bien avec le personnage.

Ross préféra ne pas répondre à sa question stupide mais il ne put s’empêcher de râler.

- Arrête de me vouvoyer. Dans la chambre d’hôtel, dans ton bureau, tu me tutoyais. T’es devenu noble depuis ?

Sans doute croyait-il que le fait de tutoyer rapprochait un peu trop à son goût les individus, aussi, insistait-il sur le vouvoiement pour se donner une certaine constance ou instaurer une sorte de distance de sécurité. Si c’était valable pour marquer le respect ou mettre une barrière entre certaines personnes, cela n’avait pas lieu d’être dans ce cas. Entre les deux hommes, ce n’était pas une barrière qui existait mais la muraille de Chine au moins. Ce n’était pas un tutoiement, déjà employé à maintes reprises qui allait l’abattre.

- A moins que t’ais peur de quelque chose….

Après cette observation faite sur un ton légèrement ironique, Ross ne s’attarda pas plus sur ce point qui, somme toute était sans importance. Il voulait le vouvoyer, et bien qu’il le fasse, lui continuerait de le tutoyer. C’était anodin et il se demandait pourquoi ça l’agaçait tant. L’écossais, d’ordinaire maître de ses émotions, avant bien du mal à ne pas s’emporter.

Si Dunney faillit s’étouffer à l’évocation de l’annulation du contrat, Ross faillit lui bondir dessus de rage. Comment osait-il demander pourquoi ? C’était l’évidence même pourtant ! Là, le psychologue n’avait plus de doute, Holster se moquait de lui ouvertement en prenant un air innocent comme s’il ne comprenait rien à la demande. Innocent, lui ? Il fallait cesser très vite ce petit jeu sinon l’écossais ne répondrait plus de rien.

- Tu te fous de moi ou quoi ? Ragea-t-il en lui lançant un regard glacial digne du pôle sud.

Ross avait été très clair lorsqu’il s’était rendu dans les locaux de Genetech et c’était Dunney qui avait lancé en premier, dans la chambre d’hôtel, l’idée de rompre ce contrat Il fallait que le dirigeant de Genetic cesse son petit manège et qu’il se comporte en homme responsable. Etait-ce trop lui demander? Ross n’en avait aucune idée. Ce dont il était sûr : il ne supporterait pas très longtemps d’être mener en bateau sans connaître la destination ; et avec son irritabilité actuelle, il était probable qu’il pète un câble. Ce n’était pourtant pas la solution et ce n’était pas ainsi que ce fichu contrat disparaitrait à jamais de sa vie.

Pour canaliser son énergie et ne pas employer celle-ci à commettre un meurtre, il était urgent de bouger.Ross tourna les talons et se rendit dans la cabine de pilotage. Il démarra le moteur et appuya sur le contact qui permettait de rentrer la passerelle télescopique dans la coque. Une chose de faite, il n’y avait plus qu’à lever les amarres.

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MessageSujet: Re: Help ! [Terminé]   Lun 29 Nov - 21:31

Que de bons souvenirs... Il aurait préféré que Ross ne lui rappelle pas le vocabulaire qu'il avait employé auparavant, ni surtout les lieux qui y étaient associés et auraient pu prêter à confusion s'il y avait eu un témoin. Il n'était pas "devenu noble entre temps", il avait toujours été noble. Ce qui avait changé, c'était la façon dont il considérait son conjoint : si ce dernier avait à un moment ou un autre été un allié dans leur galère commune, il était devenu un ennemi dès l'instant ou il l'avait contraint à monter sur ce machin flottant.

Quel que soit le prix de cette coque de noix, il n'avait aucune confiance dans cet engin qui, pour être une machine sûrement très élaborée, n'en était pas moins situé sur de l'eau profonde. Dans ces circonstances, la prise de distance que constituait le vouvoiement était la seule chose qui l'empêchait encore de perdre le contrôle. C'était bien assez d'avoir fait une seule crise de nerf devant témoins, il ne pouvait pas se permettre de montrer à nouveau ses faiblesses.

Problème: Ross avait décidé d'être gamin à sa place. Visiblement il refusait d'admettre la situation. Il n'argumentait pas, n'expliquait rien, se contentant de tout rejeter en bloc. Cela lui rappelait le fils de deux de ses employés qui, à leur décès, l'avait accusé de tous les maux par téléphone interposé. Ses accusations étaient tellement puériles et déplacées qu'il avait envoyé paître le jeune homme et sa crise existentielle. Il avait récemment appris que ce dernier avait été recruté par le groupuscule illégal dont il ne se souvenait toujours plus du nom. Enfin, ce n'était qu'un problème mineur de toutes façons. Cela le détendait presque de penser à d'autres problèmes que son conjoint.

Il commençait à desserrer les dents lorsque sa petite bulle de pensées quasi-relaxantes vola en éclats par un bruit plus inquiétant que tout autre. Pas un bruit d'explosion, d'éboulement ou d'arme à feu. Un bruit de moteur. Le bateau démarrait. Cela signifiait beaucoup de choses, et la première était qu'ils allaient bouger. Qu'ils allaient peut être, et même sûrement, sortir du port. Qu'il allait se retrouver en pleine mer avec un mari furieux et bien capable de le pousser à l'eau.

Sa première idée fut d'appeler un hélicoptère. Tout bêtement. Cela faisait longtemps qu'il avait dépassé la centaine de preuves que le ridicule ne tuait pas et mieux valait en faire trop que pas assez. Problème de cette option : la mise en œuvre risquait de s'avérer délicate dans la mesure où il n'avait pas son portable. D'ailleurs, s'il l'avait eu, il n'aurait jamais eu à s'adresser à quelqu'un sur le port. Quoi qu'il ne soit pas sûr que qui que ce soit parmi ses cartes routières attitrées ait l'indulgence de ne pas se moquer de lui s'il appelait depuis moins de vingt kilomètres de L.A. Et rien ne lui garantissait qu'il était aussi loin de la ville.

Bref, il n'aurait peut-être pas appelé quelqu'un à l'aide mais se serait sûrement servi de l'appareil s'il l'avait eu sous la main. Ce qui n'était pas le cas puisque le casse-pieds avait eu le malheur de sonner dans la matinée et avait fait le tour des corbeilles de l'étage avant de se retrouver sur son bureau. En parfait état de marche. Il n'y avait pas à dire, ses employés étaient quand même efficaces sur certains points. Pas fichus d'attraper deux ou trois cibles précises dans une soirée étudiante mais bien utiles quand même. Évidemment sur le coup il n'avait pas été aussi élogieux, il avait juste résisté à la tentation de renvoyer le mobile à la poubelle, ou de l'envoyer contre le mur, ou par la fenêtre. Et même après cette preuve irréfutable de son self-contrôle, il n'avait aucune envie de remercier le sadique qui lui avait restitué son téléphone. C'était uniquement maintenant, dans un ****** de bateau sur le point de partir, qu'il admettait son éventuelle utilité.

Seconde idée : sauter à l'eau. Mauvaise, très mauvaise idée. Certes, le bord n'était pas encore très loin. Certes, s'il voulait le faire, c'était le moment. Mais il ne voulait justement pas le faire. Ne serait-ce que pour ses chaussures qui seraient définitivement foutues. Sa coiffure aussi. Sa chemise. Lui même. Loin ou proche du rivage, l'eau était profonde et il n'avait aucune envie de mesurer la distance en nombre de tasses à boire.

Troisième et dernière idée: convaincre son mari de couper les moteurs et de l'escorter jusqu'à la rive. Là encore : problème d'application. Le mari en question étant légèrement irritable, il risquait de ne pas être sensible à ses arguments, surtout si ceux-ci se limitaient à "j'ai peur, fais demi-tour". En d'autres circonstances, il lui aurait peut être forcé la main. Très certainement en fait. Mais là, il avait l'impression de le connaître suffisamment pour savoir qu'il n'y arriverait pas sans mettre la dose, et il n'avait aucune envie de lui faire un lavage de cerveau juste pour redescendre à terre.

...

Hum, si, il en avait envie. Cette idée le tentait même pas mal : il voulait descendre et les moyens à mettre en œuvre ne l'inquiétaient pas tant que ça. La santé mentale de Ross, il s'en fichait. Même : il aurait peut-être enfin la paix si celle-ci était suffisamment mise à mal. L'inconvénient majeur d'une telle opération n'était donc pas les obstacles logiques ou éthiques qu'elle soulevait, mais plutôt l'obligation d'exprimer clairement sa pensée, ce dont il n'était pas sûr d'être capable pour le moment. S'il arrivait à ne pas bégayer ce serait déjà pas mal.

Première étape : rejoindre Ross. Il aurait du mal à le convaincre de quoi que ce soit s'il n'était pas à proximité, avec ou sans coup de pouce mental. Une fois sur place, il posa une main sur la barre comme pour la bloquer.

- "** Coupez le moteur. Tout de suite. ** "

Avec coup de pouce en l'occurrence, sauf qu'il n'était pas capable d'ajouter autre chose. En même temps l'obligation de ne même pas penser à la phrase "J'ai peur, je veux descendre !" compliquait un peu les choses. Il avait beau se douter qu'un homme qui aimait la mer n'allait pas la craindre si facilement, il préférait ne prendre aucun risque de se retrouver avec quelqu'un d'aussi paniqué que lui sur un bateau. D'ailleurs, il hésitait à répéter cette seule phrase de peur que son état d'esprit interfère avec la suggestion. Il ne savait pas seulement si c'était possible mais il ne tenait pas à le vérifier. Surtout du point de vue que ça l'était sûrement et que quelqu'un avait dû un jour en faire les frais. Il ne s'en souvenait pas du tout mais il était certain que c'était arrivé un jour ou l'autre et que cela justifiait ses mesures de sécurité. Il voulait juste descendre.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Help ! [Terminé]   Sam 4 Déc - 20:48

Ross regarda Dunney d’un air sidéré, presque désespéré. Il n’y avait rien à tirer de son époux aujourd’hui…. Comme les autres jours d’ailleurs ! Depuis leur première rencontre, le dirigeant de Genetic se montrait sous des angles différents mais aucun n’était arrondi. Ce n’était pas fait pour apaiser les tensions. Ces angles tranchants piquaient au vif la susceptibilité de l’écossais. D’ordinaire calme, conciliant, compréhensif et maître de lui, Ross avait du mal à se reconnaître. Avec les derniers événements, ce n’était pas surprenant. La vie de cet homme plutôt tranquille était complètement sans dessus dessous. Le mutisme persistant de Dunney mettait les nerfs fragilisés du psychologue à dure épreuve.

- Il se fout de moi ! Constata-t-il en marmonnant, dents serrées, dans sa barbe avant de tourner les talons.

Le psychologue avait un besoin vital : Faire le vide dans sa tête pour éviter de péter un câble. Pour lui, une grande virée en mer était le meilleur des remèdes. Il se fichait pas mal de savoir si la balade plairait ou non à son invité de marque, en fait il n’y pensait même pas. L’heure était à l’égoïsme ; il ne pensait qu’à une seule chose : prendre un bon bol d’air iodé pour se calmer. Ce bel objet flottant était bien plus qu’un bateau ; avec l’océan, il était sa soupape de sécurité, son alarme coup de poing sur laquelle il pouvait déverser toute sa hargne pour maîtriser l’incendie.

La passerelle télescopique ne faisait plus le lien entre le bateau et la terre ferme. Le moteur vrombissait et ne demandait qu’à ronronner pour entraîner le yacht vers des eaux plus profondes. Ross s’apprêtait à revenir sur le pont pour demander à un matelot de larguer les amarres. Dunney ne lui en laissa pas le temps. Il l’avait rejoint dans la cabine de pilotage en ordonnant, main fermement posée sur la barre, de couper le moteur. Comme un robot télécommandé, le psychologue s’exécuta et coupa le moteur sur le champ. Ross se rendit compte de son geste téléguidé seulement quand le silence se fit pesant. Il réalisa que c’était illogique, une chose anormale s’était produite. L’écossais posa un regard noir sur Dunney et le dévisagea comme si c’était un extra terrestre. Certes, il savait parfaitement que le dirigeant de Genetic était un mutant mais il n’aurait jamais pensé qu’il utiliserait sa capacité pour une chose aussi futile que de couper le moteur d’un bateau.

En un autre lieu et à un autre moment, Ross n’aurait sans doute rien fait si ce n’était de faire remarquer qu’il n’avait pas à toucher les commandes sans sa permission. Mais là, aujourd’hui et maintenant, par cette action, Dunney l’obligeait à renoncer à sa sortie en mer et l’empêchait volontairement de se ressourcer, c’en était trop ! Le visage du psychologue se ferma pour ne laisser paraître aucune émotion, ses pupilles se dilatèrent et un rayon laser optique vint toucher le dos de la main qui traînait encore sur la barre de direction du yacht. C’était un fin rayon bien dosé pour brûler la peau au troisième degré ; juste ce qu’il fallait pour faire mal et faire lâcher prise.

- T’es sur MON bateau. Que ça te plaise ou non, c’est moi qui commande. OK ?

Ross n’attendait aucun assentiment de la part de Dunney et il avait bien l’intention de faire ce qu’il avait prévu avant son arrivée. Il prit son portable, sortit de la cabine et passa un coup de fil au gardien du port dont le poste se trouvait à quelques mètres de son emplacement pour lui demander de lever les amarres. Que son époux soit d’accord ou pas, c’était bien le dernier de ces soucis. S’il ne voulait pas faire un tour en mer, c’était son problème et en aucun cas il lui donnerait un coup de main pour quitter l’embarcation. Il était hors de question d’aider son dictateur de mari à l’origine de tous ses ennuis.

- Personne ne te retient ! Libre à toi de sauter. Tu sais nager j’espère ? Lança-t-il avec sarcasme.

Si Ross n’avait pas de principes, il aurait bien jeté l’empêcheur de tourner en rond par-dessus bord sans se soucier de savoir si il savait nager. L’idée était tentante mais si le dirigeant de Genetic coulait à pique, ce serait la catastrophe. Pas pour Genetic mais pour le psychologue qui, n’étant pas un tueur, ne pourrait plus vivre avec un mort sur la conscience. A noter tout de même qu’il serait sans doute capable de tuer si on s’en prenait à son fils.

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MessageSujet: Re: Help ! [Terminé]   Jeu 9 Déc - 19:45

Quel c*n. Y'avait pas d'autre mot, vraiment. Ross avait coupé les moteurs, mais cela ne l'empêchait absolument pas de les rallumer, et que lui même ait toujours la main sur la barre n'y changeait pas grand chose. En plus, Ross avait raison : il était chez lui. Sur son territoire. Et Dunney, lui, était par voie de fait en territoire ennemi. Il l'aurait été sans que Ross soit propriétaire du bateau, et même sans qu'il soit là, mais cela ajoutait encore quelques ténèbres à l'obscurité profonde qui lui tenait lieu de pronostic pour les 20 prochaines minutes. Il était mal barré.

Si on récapitulait, il avait un mari. Le mari en question était caractériel et aimait l'eau, il n'avait aucun motif de signature pour leur contrat de mariage, et il ne voulait pas le prolonger. De son côté, Holster haïssait l'eau, et ne voulait pas divorcer même s'il savait qu'il avait signé par ébriété avancée. A ce léger désaccord s'en ajoutait un autre, plus urgent: ils se trouvaient tous les deux sur un bateau prêt à partir et il ne voulait pas se retrouver en pleine mer. Or, son conjoint n'avait aucunement l'intention de le laisser partir. Techniquement il refusait juste de l'aider mais pour Holster cela revenait au même. Non-assistance à personne en proie à une peur panique. Peut être que ça ne valait pas un jour de prison mais pour lui c'était hautement condamnable. Il faudrait qu'il envisage de suggérer à quelqu'un de proposer une loi pour ça. Les détails, il y penserait une autre fois, pour l'instant il devait être convaincant et argumenter nécessitait toute sa concentration.


- "C'est votre bateau, nous sommes d'accord sur ce point, mais dans la mesure où vous m'y avez invité je me trouve sous votre responsabilité et vous êtes tenus de m'assister en vertu des règles d'hospitalité."

Oui, parler d'hospitalité sur un bateau était peut être un tantinet exagéré mais après tout il ne savait pas combien de temps Ross pensait prendre pour sa promenade. Et s'il ne tenait pas à y assister, il valait quand même mieux prévoir un maximum de choses. Notamment, dans le cas où il se retrouverait pris en otage, il devrait pouvoir exiger un confort matériel minimum soit... rien du tout, il n'allait pas envisager un truc pareil parce que c'était non seulement inconcevable mais aussi tout sauf optimiste. Il n'aimait pas l'eau. Il ne voulait pas rester sur l'eau. Et par conséquent il ne resterait pas sur ce bateau. Point. Il allait supplier Ross de le libérer et tout irait bien. Même si ce dernier devenait sarcastique et n'avait franchement pas l'air avenant.

- "Non, je ne sais pas nager. Tant qu'on y est, j'ai même une profonde aversion pour tout ce qui est liquide : les seuls concepts de nage, d'immersion, ou de navigation m'écœurent. Et dans l'idée de poursuivre sur ma lancée, j'ajouterais que personne ne sait que je suis ici et que si vous voulez me noyer dans la joie la bonne humeur et les cordages ben c'est le moment."

Il ne devenait pas suicidaire, il raisonnait par logique de conscience lambda : s'il est possible à la plupart des individus de tuer sous le coup de la colère, ils n'en éprouvent pas moins généralement un certain dégoût vis-à-vis du meurtre en lui même et à l'idée de devenir un meurtrier. Du coup, mentionner cette éventualité comme un acte réfléchi, et non une faute ou une erreur commise par accident, peut provoquer un fort sentiment de nausée du fait de la méthode cynique et amorale que cela implique potentiellement. Enfin, chez la plupart des personnes : si quelqu'un essayait sur lui, il y avait de fortes chances que ça le tente plus que ça ne le dissuade. De plus, il trouvait ce stratagème idiot, malaisé, et imprécis chez toute autre personne que lui puisqu'on ne pouvait pas être sûr que la cible ne soit ni sadique ni suffisamment mégalomane pour se figurer un droit de vie et de mort sur ses concitoyens.

Après réflexion, peut être qu'il devrait réclamer les droits minimum des prisonniers et des otages en fin de compte. Peut être qu'il en aurait besoin, parce que Ross n'était pas un adversaire politique ou commercial. Juste un type normal. Qui risquait d'assez mal prendre la suggestion du crime, s'il ne le prenait pas tout bêtement au mot. Il n'aimait pas du tout l'idée que son meurtre soit classé "crime passionnel". Il n'aimait pas le seul concept de sa propre mort, en fait. Ni la notion d'angoisse prolongée pour une durée indéterminée en raison d'un c*n de mari qui ne veut pas avoir le pied terrestre comme tout le monde. L'eau était décidément responsable de tous les maux.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Help ! [Terminé]   Mar 28 Déc - 23:39

L’invitation à monter à bord avait été faite dans le seul but d’éviter les oreilles indiscrètes et les commérages. L’état d’esprit dans lequel se trouvait Ross ne l’amenait pas à être conciliant. L’attitude hautaine de Dunney et son vouvoiement ridicule qu’il ne cessait d’employer ne faisaient qu’agacer un peu plus le psychologue. Aujourd’hui et encore plus à cet instant précis, il n’en avait que faire des règles d’hospitalité. Dunney avait sans doute oublié qu’il l’avait chassé de son bureau comme un malpropre parce que Monseigneur ne contrôlait plus la situation.

- Mais bien sûr… Observa-t-il ironiquement avec amertume.

Concernant la responsabilité et l’assistance à autrui, il n’avait aucune leçon à recevoir de la part de son époux. Ross campait de plus en plus sur sa position : le dirigeant de Genetic se moquait de lui ouvertement. Il devait cesser son petit numéro s’il ne voulait pas voir Ross entrer dans une colère noire. Les circonstances étaient déjà bien assez difficiles comme ça ! Mais pourquoi ne quittait-il pas le bateau ? Tout bêtement parce qu’il ne savait pas nager et par-dessus cela il avait peur de l’eau. C’était bien ce qu’il avait cru comprendre mais il avait mis de côté cette éventualité. Dunney, cet homme puissant, crevait de peur dès que ses pieds ne touchaient pas la terre ferme. C’en était presque comique mais Ross n’avait pas du tout envie de rire. Si cet échange infructueux continuait sur la même voie, ce serait Ross qui ne contrôlerait plus rien. Alors qu’il s’en aille, qu’il se jète à l’eau, qu’il se noie, qu’il reste, mais qu’il lui fiche la paix.

- Hors de question ! Vociféra-t-il pour couper court à cette discussion surréaliste.

Malgré les déductions logiques et les suggestions d’Holster, il n’était pas question de l’éliminer. L’idée était certes savoureuse et règlerait bien des problèmes, mais elle devait restée à l’état de rêve. Un autre, à sa place, aurait sauté sur l’occasion sans attendre mais avoir un mort sur la conscience, c’était tout simplement inconcevable pour le psychologue. Non seulement, il ne se voyait pas tuer mais encore moins emprisonné pendant des lustres. Ross était, certes, très remonté mais ce n’était pas un tueur. Pourquoi fallait-il qu’il garde un minimum de bon sens en toute situation ? Sans doute parce que son métier lui avait appris à tirer profit de situations négatives. En observant son conjoint, il lui vint une idée qui calma un peu ses tensions. Ce n’était pas très brillant mais cela valait le coup d’essayer.

- Si tu fiches la paix à mon fils, je te laisse quitter ce bateau. Bien entendu, son renvoi de chez Genetech viendra uniquement de toi. Je te laisse trouver le prétexte… pour ça, tu es très fort me semble-t-il.

C’était du chantage mais pour Wyatt, Ross n’en avait que faire. Il était prêt à tout pour ne pas le voir embrigadé par Genetic. Il n’avait même pas honte car il estimait faire ce qui était en son pouvoir pour protéger son fils. Connaissant la fierté de Dunney, il n’était absolument pas certain qu’il accepterait. Il y avait beaucoup d’intérêts en jeu. C’était l’occasion de vérifier les priorités de son mari. Allait-il faire fi de sa phobie par orgueil et refuser tout en bloc ? Allait-il capituler pour sauver sa peau ? Allait-il négocier ? Au point où les deux hommes en étaient, tout était possible. Il n’était pas exclu non plus que Ross agisse en contradiction avec ses convictions…

Ross venait d’attraper les cordages lancés par le gardien du port. Après un salut de remerciement, il revint dans la cabine de pilotage. Il ne restait plus qu’à appuyer sur le bouton pour lever l’ancre et laisser le bateau s’éloigner doucement du quai.

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MessageSujet: Re: Help ! [Terminé]   Lun 10 Jan - 19:06

Finalement il avait suivi, comme n'importe qui. Comme n'importe quel fichu bougre comme il en manipulait des tonnes. Mais ce n'était pas n'importe qui pourtant ! C'était son mari, et il se laissait mener si facilement par la suggestion inversée. Il avait du mal à le croire. Bien sûr cela le rassurait de voir que Ross n'était pas un psychopathe et qu'il ne le tuerait pas. Qu'il ne lui ferait pas de mal même, après l'idée qu'il lui avait mise en tête. Mais c'était aussi remarquablement vexant d'être marié à une poupée de chiffon que n'importe quel bluffeur pouvait guider à sa guise. Que lui y parvienne, passe encore. Mais que des techniques aussi basiques que celle qu'il venait d'utiliser fonctionnent aussi, là ça n'allait plus du tout. Il avait suffisamment d'ennemis à gérer sans que ceux ci aient un moyen de l'atteindre et avoir des proches aussi faibles... La seule idée lui déplaisait. Il avait éduqué sa fille précisément pour qu'elle ne se laisse pas berner par n'importe qui. Du coup, elle ne le croyait pas non plus certes, mais au moins elle n'aurait pas réagi si vivement à la suggestion inversée : elle savait jouer la comédie suffisamment pour faire trembler de peur celui qui s'y serait essayé. Tandis que Ross, lui, paraissait beaucoup trop impressionnable pour tenir le poste de conjoint plus de quelques jours. En un sens, heureusement que personne ne savait rien : il n'osait pas imaginer ce qui serait arrivé si Reynolds avait mis le grappin sur un pantin tel que lui.

Il dut dévier légèrement son opinion lorsque son conjoint s'essaya au chantage. Un peu maladroit et pas très crédible mais il fallait encourager ce genre d'initiatives. S'il devait faire avec un amateur de bateau pourvu de sentiments jusqu'à la fin de ses jours, autant que ce dernier sache au moins se défendre et le chantage était un bon chapitre de l'éducation qu'il se proposait d'offrir à Ross. Il ne l'aurait pas choisi en chapitre numéro 1, mais après tout c'était une introduction comme une autre à l'art de la manipulation. Et puis, il avait affaire à quelqu'un de presque honnête, donc aucun symptôme de motivation n'était à négliger.

Les termes du chantage étaient simples : virer le jeune Callahan pour partir du bateau. C'était clairement du bluff : même s'il ne l'aidait pas à partir il ne pourrait pas le maintenir longtemps sur sa coque de noix, surtout étant donné sa morale persistante qui l'empêchait ne serait-ce que de sous-entendre être capable de lui faire du mal. Quand on veut inquiéter les gens, on commence par prouver qu'on est en mesure de les faire souffrir et si on a (honte à soi) un cœur en bon état de fonctionnement on le cache aussi bien que possible ! A défaut d'être réellement diabolique, il fallait toujours feindre de l'être pour parvenir à ses fins. La leçon serait longue, quelle idée aussi de se marier à un novice...


- "Vous ne pouvez pas me garder éternellement sur ce bateau, vous savez. Et je pourrais tenir au jeune Callahan plus qu'à ma santé immédiate. Ceci dit vous avez de la chance : ce garçon n'a aucune motivation. Il est bon comédien, mais son enthousiasme risque de ne pas durer longtemps. Enfin de toutes façons ce n'est qu'un stagiaire, et je n'avais pas vraiment envie de l'engager ensuite. Il fréquente des gens qui pourraient lui poser problème pour une carrière acceptable. Si encore il avait une pleine maîtrise de lui même, il pourrait mettre ses talents en valeur mais il est beaucoup trop insolent pour que je veuille le garder."

Il parlait comme à lui même, mais chacun de ses mots était destiné à dévaloriser le travail (bâclé et bancal) de Ross en matière de chantage. Au passage, il avait pas mal menti : la motivation et l'ambition de Wyatt Callahan faisait presque peur à voir. C'était certes un élément peu contrôlable, mais bien trop puissant pour qu'il y renonce. Simplement il l'engagerait en secret chez Genetic et plus simplement dans l'une de ses couvertures. Au jeune Callahan de se débrouiller ensuite pour cacher tout cela. Il avait aussi pris soin de parler en termes de fréquentations, ce qui ne manquerait pas d'offusquer l'éthique si chère à son mari, mais il fallait qu'il l'accepte tel qu'il était. De deux choses l'une : soit il le prenait pour une insulte envers sa personne mais ne pourrait pas dire grand chose, soit il s'inquiéterait pour son fiston qui frayait peut être avec des gens peu recommandables. Et tout cela ne pouvait lui faire que du bien, l'objectif étant toujours de l'amener sur la voie du mensonge et des faux-semblants.

- "J'espère que cela vous convient, parce que je ne peux rien vous proposer de mieux. Les droits du travail défendent les licenciement abusifs voyez-vous. C'est une contrainte mais il paraît que nous sommes des monstres prêts à virer n'importe qui sous n'importe quel prétexte, et par conséquent il est nécessaire de protéger les pauvres salariés contre la menace du chômage. Le coût du remplacement de la main d'œuvre qualifiée n'a bien sûr pas la moindre valeur. Il est tellement plus agréable de perdre de l'argent pour le seul plaisir de briser des vies."

Il se moquait ouvertement de Ross, et il l'assumait. Une image de grand méchant patron lui collait encore au costume et cela commençait à l'agacer. Parce qu'il savait que si Ross voulait voir son fils ailleurs, c'était parce qu'il n'avait pas confiance. Parce qu'il se souvenait vaguement, à présent, que Ross lui avait dans des circonstances encore floues flanqué d'une étiquette "ne pas approcher, cet individu est un monstre dépourvu de morale". Ce qui n'était pas tout à fait faux mais en principe il n'en avait aucune preuve. Et puis, il avait quand même une morale en cherchant bien. Elle ne se portait pas sur les mêmes sujets que la Morale (celle avec la majuscule), mais elle existait quand même.

Oh et puis l'important, c'était encore qu'il quitte ce fichu bateau.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Help ! [Terminé]   Dim 23 Jan - 21:44

Ross n’était pas le genre de personnage à faire du chantage. Il n’y avait même jamais pensé car, d’une part, il trouvait cette méthode répugnante, d’autre part, il n’en avait jamais eu l’utilité. Ce furent les circonstances qui le poussèrent à s’essayer à cet exercice. Fort maladroit, pour ne pas dire complètement ignorant dans ce domaine, devant un homme tel que Dunney, il ne fit pas vraiment illusion, pas du tout même. Il s’en rendit compte en écoutant les dires de son époux qui détournait fort adroitement son objectif.

Il avait raison le bougre ! L’écossais ne pourrait pas indéfiniment le forcer à rester sur son bateau, à moins qu’il ne décide, sur un coup de tête, de partir faire le tour du monde. C’était une idée tentante qu’il aurait l’avantage de l’éloigner un bon bout de temps de tous les tracas du moment, mais cela ne réglerait rien. Dans l’état actuel des choses, cette idée était irréaliste. Ross avait d’autres priorités, bien plus importantes à ses yeux ; notamment le bienêtre de son fils qui était au centre de la discussion.

- Ok, t’as raison sur ce point. Admit-il à regret.

Par contre, Dunney se trompait complètement sur Wyatt, où alors ce n’était que de l’esbroufe pour tenter de noyer le poisson. Ross connaissait bien son fiston et quand il avait une idée en tête, il ne faisait pas dans la demi-mesure. Jusqu’à il y a deux mois environ, Wyatt se montrait déjà très astucieux pour obtenir ce qu’il voulait, mais depuis la catastrophe du gymnase, il avait changé. Ross avait l’impression que plus rien ne le touchait, qu’il se moquait de tout et qu’il était prêt à faire n’importe quoi. Il redoutait que son fils se lance des projets que la morale réprouve. Le psychologue était certain d’une chose : son fils voulait lui faire payer ce qu’il considérait comme une trahison. Rien de tel pour le motiver à faire n’importe quoi !

Aussi, Dunney pouvait toujours dire qu’il ne voyait pas en Wyatt une bonne recrue, Ross ne le croyait pas. Tout comme l’écossais, le jeune homme était un vrai pitbull ; il ne lâchait pas prise facilement. C’était une qualité qu’il était fier de posséder et d’avoir développé chez son fils. Elle permettait à tout être humain d’arriver à ses fins quelques soient les obstacles à franchir. Parfois, il se demandait tout de même si c’était vraiment une qualité. En y pensant, la ténacité pouvait aussi être aussi un gros défaut, surtout lorsqu’on faisait mauvaise route. Chez un adolescent qui n’avait pas encore la maturité nécessaire pour savoir où se trouvait la limite à ne pas dépasser, c’était plutôt risqué. Ross était persuadé que son fils était prêt à tout ; il espérait tout de même que l’éducation reçue remontrait un jour ou l’autre à la surface, mais quand ? En attendant, l’écossais devait protéger Wyatt quoi qu’il en soit mais le fait que Dunney dépréciait ouvertement son fils, et par déduction logique, lui-même, le fit sortir de ses gonds.

- C’est bon ! Lança-t-il en tapant du poing avec hargne sur le bouton qui permettait de lever l’ancre.

Ca ne lui convenait pas du tout. Ross ne croyait pas Dunney. Cet homme était très intelligent (presqu’autant que lui XD) et il savait fort bien que Wyatt était une précieuse recrue. Il ne lâcherait pas son fils aussi facilement qu’il voulait le laisser croire.

- Tu veux jouer, alors on va jouer… Dit-il sur un ton menaçant.

Un rictus narquois se dessina sur le visage blafard du psychologue lorsqu’il actionna allègrement les commandes permettant au bateau de quitter le port à une vitesse normalement interdite.

Jusqu’à présent Ross avait réussi, tant bien que mal, à se contenir, mais là il explosait. Il avait envie de faire subir à son époux les souffrances morales qu’il endurait depuis quelques temps. Mieux, ou pire, il avait envie de le torturer. Il devait cesser de le prendre pour un idiot fini, pour un moins que rien. Oui, Ross avait sa fierté et même si il savait la mettre de côté quand il le fallait, désormais, il ne savait plus. Son instinct mâle prenait le dessus ; ce n’était pas bon pour lui ni pour celui qui se trouvait sur son chemin.

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MessageSujet: Re: Help ! [Terminé]   Sam 29 Jan - 19:55

Il avait sous-estimé Ross. Il ne fallait jamais avancer toutes les cartes jouables dès le début des négociations. En même temps, il n'y avait en l'occurrence qu'une seule carte : Callahan. Le sale mioche qu'il avait rencontré hors-travail et qui avait donc eu "l'amabilité" de ne pas oublier son deuxième prénom. Il l'avait donc appelé par ce dernier avec une insolence relativement vexante. Et pourtant, Holster ne l'avait pas remis à sa place. Ou plutôt il l'avait fait mais de manière si nuancée que le gamin avait toutes les raisons de prendre ses aises et aucune de s'estimer en danger. Sans même réfléchir, il avait considéré que le môme avait sa place à Genetic et que rien d'autre n'importait. Ni ses manières... ni son ascendance. Car il avait parfaitement lu le dossier, sans la moindre discrétion d'ailleurs tant il avait été surpris d'y voir ce lien de parenté. Pourtant, il avait choisi de passer outre.

Fin du résumé de situation initiale, retours à la réalité, à savoir son mari qui semblait enfin comprendre les règles du jeu... à ses dépends. On pouvait menacer Holster avec beaucoup de choses, et la plupart avaient pour seul effet un sourire crânement planté en plein milieu du visage que de tels amateurs s'attendaient à voir se décomposer. Il avait déjà réclamé une clope à un apprenti-terroriste militant pour la cause des ruines antiques juste pour pouvoir en écraser le mégot sur le canon de son arme, et sans se soucier de ce qui pouvait pousser un défenseur de temples à le menacer lui plutôt qu'un autre. Au final, rien ne lui était jamais arrivé de suffisamment grave pour qu'il veuille vivre une vie saine et dépourvue de malhonnêteté. Seulement malgré ça, il était toujours un trouillard. Un lâche. Un animal apeuré, face à l'eau. Et Ross disposait du moyen de pression ultime. Bon comédien ou pas, il n'y avait rien à faire dans ces cas-là : il paniquait.

Ross était plus crédible qu'au début de leur discussion. Beaucoup plus effrayant aussi. En un sens, il était meilleur parti maintenant qu'il semblait apte à se faire craindre. D'un autre côté, c'était lui qui en faisait les frais. Évidemment, il fallait que ce traître décide d'utiliser son peu de connaissances en intimidations sur lui. En plus, ça ne servait à rien puisqu'il ne pouvait réellement rien faire de plus. Il avait accepté les conditions de Ross sans trop de difficultés et il ne voyait vraiment pas ce qu'il pouvait lui proposer d'autre. Un divorce, peut être ? Non, non et mille fois non. Il ne devait pas céder sur ce point. Pas maintenant qu'il était certain que son époux était parfaitement capable d'endosser un rôle s'il le voulait bien.

Le bateau filait vers la mer.

Et lui, il ne voyait pas quoi faire. Si bien qu'il n'eut pas vraiment conscience de se précipiter vers un angle et de s'y recroqueviller comme un enfant. Tout au plus se rendit-il vaguement compte qu'il fermait les yeux pour ne plus voir la mer et serrait les dents. Tout ça passerait. Au pire, il pouvait bien mourir. Après tout, il l'avait presque envisagé en montant sur ce bateau. Et il l'avait implicitement accepté. Alors il n'y avait aucune raison pour qu'il ne fasse pas dignement face aux évènements. Dignement. Non il s'en fichait de la dignité. Et de tout. Il voulait juste partir. Que tout ça cesse. Il voulait se réveiller sur son bureau et se demander pourquoi il n'était que minuit.

Mais ce n'était pas possible. Il savait très bien qu'il n'était pas minuit et qu'il avait retrouvé sa nature insomniaque depuis un bon moment. Et il savait qu'il n'aurait jamais de lui même rêvé de son conjoint. Donc il serrait les dents. Tout ça allait passer, ils ne pouvaient pas naviguer éternellement. Ils allaient forcément retourner vers le continent à un moment ou un autre. Ou alors il ferait une crise cardiaque avant. bonne idée, tiens, la crise cardiaque. Sauf qu'il ne pouvait pas le provoquer par simple volonté. Il avait quelques vagues notions de fonctionnement du corps humain et le cœur n'obéissait pas au cerveau, il en était sûr. Peut être qu'il s'évanouirait s'il ouvrait les yeux ?

Après vérification, c'était une très mauvaise idée. Maintenant il ne parvenait plus à les fermer sans imaginer l'océan menaçant tout autour d'eux. Il ne pouvait plus que les garder ouverts, et voir réellement cette étendue sombre et dangereuse. Au moins, le bateau ne tanguait pas. Mais il n'avait pas envie de se remettre debout pour autant. Il aurait suffi d'un mot pour que tout ça cesse. Un seul. Mais il était incapable de parler. Et de toutes façons il était beaucoup trop paniqué pour utiliser sa capacité. La gorge nouée, il lui aurait aussi été impossible de négocier son salut s'il l'avait seulement envisagé. Que tout ça cesse. Que ça s'arrête.


- " Vous êtes dangereux. En fait."

Il se serait collé des baffes s'il n'avait préféré garder ses deux mains collées au pont, mais tout de même : il parvenait à parler et au lieu d'utiliser sa capacité pour se sortir de là ou de tenter de négocier ... Il le complimentait ! C'était ridicule. Inutile. Et stupide. Il redevenait vraiment un amateur dès qu'il perdait le contrôle. Tout son talent résidait dans le bluff, la comédie, et le persuasion. Sans ça, il n'était plus rien. Rien qu'un pauvre type qui voulait presque crever. Mais son mari avait dit qu'il ne le tuerait pas. Oh ça non, en effet. Ce ne serait pas nécessaire : c'était lui qui allait sauter si ça continuait. Sauter dans les rangs ennemis, couler, mourir au combat et avoir la paix. Beau programme. Mais il n'en avait ni le courage ni la lâcheté. Il n'était pas assez fier ni assez humble pour cette solution.

Sans plus penser du tout à ce qu'il faisait, il se mit à rire nerveusement. Il devait être en train de devenir fou, peut être. Après tout il était déjà paranoïaque, il ne devait pas suffire de grand chose pour qu'il franchisse le limite. Marmonnant des paroles incompréhensibles adressées principalement à sa sœur aînée, à son chat et au Maire de Los Angeles, il ne réalisa pas que tout s'effaçait autours de lui. Comme si ses propres yeux s'interposaient entre lui et l'image de l'océan.

Quelque part, en pleine mer, un fou tentait de se persuader qu'il suffisait de fermer les yeux pour oublier le monde.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Help ! [Terminé]   Mar 1 Fév - 16:33

- Moi ? Dangereux ! S’étonna-t-il en premier lieu sans s’attarder sur son hôte indésirable.

Ross n’était pas dangereux, même la mouche était son amie. Il ne fallait cependant pas le pousser à bout et le pire de tout, s’en prendre à son fils.

- Peut-être… Ajouta-t-il en laissant planer le doute par un petit sourire en coin à la limite du sadisme.

L’idée de faire le coup de la panne lui effleura l’esprit, juste pour savoir comment Dunney se dépatouillerait. Mais d’une part, ce n’était pas très original et de l’autre part, il n’avait nullement l’intention de draguer un homme auquel il était déjà marié, nullement l’intention de draguer un homme qui n’aimait pas la mer, nullement l’intention de draguer quelque homme que ce soit.
Dunney était recroquevillé comme un gamin apeuré, blotti dans un coin, pâle comme un linge immaculé. Il faisait presque peine à voir. Il était étonnant de voir Ross se satisfaire de la situation. Se satisfaire n’était pas le mot exact, en fait, il s’en fichait tout simplement. A la limite, si son époux était passé par-dessus bord, il aurait peut-être réagi, mais là, non. Il n’avait aucune raison de s’inquiéter pour cet homme. Une phobie était rarement à l’origine d’une crise cardiaque, au pire il récolterait une bonne jaunisse qui aurait pour bénéfice de lui redonner des couleurs.

La bateau avait quitté le port et filait à vive allure sur une mer d’huile. Le vent bruissait dans tous les interstices de l’embarcation, composant une rengaine dépourvue d’harmonie. La coque claquant sur les vaguelettes rythmait cette étrange musique la rendant presque hypnotique.

**Vas-y mon gars, respire le grand air**

Cette pensée était destinée aussi bien à Dunney qu’à Ross, ce couple improbable qui n’aurait jamais du exister si deux tarés ne l’avait pas imaginé l’alcool avait été prohibé.

Ross s’était mis sur la pointe des pieds comme s’il voulait voir au-delà de l’horizon. Ses mains effleuraient à peine le volant de direction, laissant le bateau voguer au hasard des courants. Fascinant de concentration et fasciné par l’immensité de l’océan, Il oubliait tout : les galères, son fils, les conneries comme les bons moments, les peines et les rires. Il était l’ombre de son ombre au point de ne plus se rendre compte des dangers que présentait la mer. Il laissait filer le bateau sans se soucier de la destination. Seule la vitesse comptait et le portait. Il donnait l’impression d’être en lévitation. Sa rage s’était évaporée, son invité n’existait plus, lui-même n’existait plus. Ross était dans un autre monde. Son corps était sur le yacht mais son esprit était ailleurs. Mais où était-il ? Dans une salle de cinéma à regarder un film catastrophe captivant non pas par la mise en scène, ni les effets spéciaux ou même le jeu des acteurs, mais captivant de par sa nullité. Le genre de film qu’on regardait désappointé, espérant tout de même que quelque chose se passerait enfin, déçu à chaque minute de ne rien voir de mieux que la scène précédente, se disant qu’il n’était pas possible de faire un film aussi plat et se demandant encore comment il avait obtenu une bonne critique. Mais attention : interdiction de critiquer les critiques sous peine de voir défiler des films encore plus mauvais.

Houlà ! Où était l’écossais ? Parti piquer mentalement, un roupillon dans la soute ? Même pas. Le monde extérieur n’existait plus. Il y avait seulement un homme sur un bateau, un adversaire oublié dans un coin, quelques bouées, un bateau de sauvetage, le vent et la mer. Si personne ne reprenait les commandes, le naufrage était assuré. Le bateau continuait sa route, à gauche, à droite, droit devant, droit vers des rochers…. Voir un engin pareil dériver à toute vitesse, c’était tout simplement terrifiant. Le pire fut le silence qui suivit le bruit assourdissant de tôle froissée, déchirée… Le calme avant la tempête ? Le yacht s’était immobilisé, à moitié perché sur des pics rocheux en pleine mer. Le choc avait projeté l’écossais contre le fond de la cabine de pilotage avant de lui faire perdre l’équilibre et de le heurter à l’avant de la cabine, là où se trouvait les commandes ; un boomerang aurait aimé être à la place de Ross à ce moment là. La douleur ramena le navigateur à la réalité.

- Et mmmerrrde ! Lâcha-t-il après avoir fait, du regard, un rapide tour du propriétaire.

Alors qu’il se trouvait au milieu de nulle part, Il était plus inquiet pour son bateau endommagé que pour lui. Il n’était pas matériel mais son yacht était sa bouée de sauvetage. Il y était très attaché car il avait été le témoin d’heures et de jours merveilleux. Grâce à lui, Ross arrivait toujours à garder une certaine sérénité, son fils aussi d’ailleurs. Quel gâchis ! Quelle plaie !

- Merde, merde et merde… répéta-t-il furieux en tapant du poing sur le tableau de bord.

Dans ces cas là, fort heureusement très rares, Ross manquait cruellement de vocabulaire. Il était également dépourvu d’esprit d’analyse et de réflexion, incapable de prendre une bonne décision. Il était en colère après lui, il s’en voulait de s’être laisser aller à n’importe quoi.

**Quel con je fais**

Il avait besoin d’un peu temps pour se ressaisir, recouvrer toutes ses facultés et faire le nécessaire pour se sortir de là. Dix minutes ? Une heure ? Avant la nuit peut-être ? Avant la nuit sûrement ! Il n’était pas homme à se laisser abattre si facilement. Cela dit, depuis deux mois, il encaissait coup sur coup et sa résistance était mise à dure épreuve. Il restait à savoir s’il était comme le roseau ou comme le chêne.

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MessageSujet: Re: Help ! [Terminé]   Mer 2 Fév - 21:13

Il n'y avait rien autour de lui. Il savait que c'était un doux mensonge de le croire vraiment, mais il ne pouvait se résoudre à abandonner cette délicieuse impression de fausse sécurité qui l'envahissait chaque fois qu'il décidait que c'en était trop. Chaque fois qu'il laissais les rênes à un lui-même dépourvu de fierté mais qui savait exactement quoi faire pour aller mieux, chaque fois qu'il se soumettait avec difficulté au simple bon sens, c'était la même chose. Le déni, continu, soutenu par la volonté de ne pas laisser se briser ses certitudes. Et avec, le silence. Le noir. Le calme. Ce sentiment de sérénité trompeuse qu'il craignait plus encore que la mort, mais qui lui permettais, lorsqu'il finissait par se résoudre à cette extrémité, de tenir debout. Ou assis en l'occurrence. Cela lui permettait tout simplement de ne pas devenir fou. Mais, paradoxalement, cet état était ce qu'il savait être le plus proche de la folie. Il avait l'impression qu'il suffirait d'un rien pour qu'il perde la raison, comme s'il était au bord d'un gouffre rempli de chaos liquide qui ne demandait qu'à l'entraîner au fond de ses propres tourmentes.

Et malgré ça, toujours cette illusion de quiétude. Malgré l'eau, malgré ses propres troubles qui l'effleuraient pour l'instant sans l'atteindre, il se sentait si bien. Il suffisait qu'il n'ouvre pas les yeux, qu'il n'écoute rien, pour que tout s'arrange. Seulement ce n'était qu'une solution transitoire. Il allait devoir ouvrir les yeux. Entendre les vagues lui susurrer leurs crimes à venir et sentir l'odeur de la mort salée, le mépris de l'immensité sombre face à laquelle sa nature de pauvre mortel contradictoire et insignifiant lui revenait en pleine conscience. Il aurait presque souhaité revenir en arrière, et continuer à arpenter le vide reposant qui constituait sa barrière mentale la plus puissante. Mais il ne pouvait plus. Déjà il sentait à nouveau son corps assis, ses vêtements trempés de sueur, produit pur de sa crainte et de son délire. Déjà, il sentait à nouveau l'odeur salée qui lui donnait l'impression de se noyer dans un air épais duquel sa respiration ne s'accommodait qu'avec réticence. Déjà, il avait à nouveau peur.

Il ouvrit brusquement les yeux. Et cette fois ci il ne parvint pas à les refermer.

Ils étaient en pleine mer. C'était une bonne raison pour hurler en soi mais cette information n'était pas nouvelle et il n'avait pas hurlé jusque là. Ce n'était pas le moment pour s'y mettre. Plus tard, quand tout ça serait fini, il irait crier avec un temps de retard s'il s'en sentait encore l'envie. Mais pour l'instant, mieux valait rester silencieux. La situation était de ces scénarios critiques durant lesquels, quelle qu'envie qu'on ait de prendre ses jambes à son cou ou même de se suicider pour que tout cesse, la raison forçait l'individu à endurer et à réfléchir. Chercher un moyen de s'en tirer. Ce n'était pas une logique rationnelle, sans quoi elle aurait été balayée avec le reste depuis le début. C'était l'instinct de survie le plus basique, si profondément inscrit dans la vie en elle même qu'il était impossible de s'en défaire. Au mieux, les hommes parvenaient à l'oublier aussi longtemps que leur existence se révélait supportable. Il suffisait de trancher ce fil étrangement solide de lois rassurantes pour que revienne du fond des âges la première pensée du premier être vivant : je ne veux pas mourir.

L'Autre n'en était pas à ce stade. Il en était même remarquablement loin, puisqu'il se plaignait. Il se sentait encore probablement dans un monde logique où il y a toujours une solution à tout. Un monde dans lequel on ne peut pas finir aussi bêtement, parce que c'est ridicule et qu'en plus on n'est même pas sûr qu'il soit possible de finir "comme ça". Lui, il savait, il sentait que tout pouvait finir de n'importe quelle façon et l'individu social qu'il avait devant lui ne lui inspirait qu'un vague intérêt mi-amusé, mi-méprisant. Il n'avait plus le contrôle de toutes façons. Il n'y avait donc aucune raison de se soucier de son cas, qui qu'il soit. Après tout, cet homme n'avait aucune importance. Lui non plus. d'ailleurs, mais lui il voulait s'en sortir. Qu'importe la raison, il voulait vivre. Vivre et dominer le monde. Deux aspirations simples.

Deux idées qui achevèrent de le réveiller tout à fait. Il n'allait pas mourir. Pas tant qu'il ne s'avisait pas de sauter désespérément à l'eau. Pas tant qu'il y avait de la nourriture à bord. Pas tant que son mari ne le tuait pas, et il avait juré de ne pas le faire. Il avait respecté sa promesse, en un sens : il ne lui avait rien fait de mal. C'était lui qui avait eu peur au point de s'approcher pour la quatrième fois de sa vie de la folie. Au point d'envisager la mort. La sienne et celle de Ross. Il ne savait pas exactement à quoi il avait pensé. Ne lui restait que cette sensation de bien être mêlé d'angoisse, de crispation et de détresse. Des sensations qu'il ne voulait pas analyser, que personne au monde n'avait le droit d'analyser. Un comportement dont il ne parlerait jamais plus à personne, et qu'il s'efforcerait de ne jamais reproduire. Il devait rationaliser encore un peu plus. L'eau faisait partie du monde, il devrait bien l'affronter tôt ou tard.

Il se força à se lever.

L'eau était l'ennemi, soit. Justement, on lui avait toujours dit de regarder l'ennemi en face. Il regarda autour de lui. De l'eau, rien que de l'eau. Il avait toujours peur. Il aurait toujours peur. Mais il pouvait donner l'illusion qu'il n'en était rien. Comme pour tout. Il se força à recomposer son masque de douce confiance en soi et d'ambition à peine voilée. Il aurait presque pu sourire, si la crainte avait été moindre. Il se fichait de donner le change cette fois ci : que Ross croie qu'il allait mieux ne faisait pas partie de ses plans à court terme. Il voulait juste jouer un jeu dont il connaissait les règles. Un jeu auquel il jouait depuis maintenant plusieurs années. Montrer de la volonté, quand bien même il n'aurait aucune volonté, et cacher le reste le temps de prendre une décision efficace. Réfléchir comme s'il n'était pas impliqué, pour ainsi parvenir à se détacher de toute faiblesse humaine.

Ils étaient seuls, perdus au milieu de l'océan. Ross ne savait pas où ils étaient, ou alors il jouait très bien la comédie. Et lui même ne disposait d'aucun moyen pour savoir où ils étaient. Ils ne devaient pas être excessivement loin du port, mais n'en connaissaient pas la direction. S'ils tentaient de le retrouver, ils risquaient de s'en éloigner stupidement, réduisant ainsi leurs chances d'être repérés par un hélicoptère de secours ou bien .. Un hélicoptère, voilà ce dont il avait besoin. Sauf qu'il ne pouvait appeler personne puisqu'il avait laissé son portable sur son bureau. Restait la possibilité que son mari ne soit pas aussi borné que lui et ait le sien.


- "**Donnez-moi votre téléphone portable, vous n'avez pas envie de vous occuper de ça.**"

Il valait toujours mieux donner aux gens des raisons d'agir, sans quoi ils ne se laissaient pas persuader sur le long terme, voire pas du tout pour peu qu'ils soient entêtés. Et l'expérience lui avait appris que les nobles principes ne constituaient des raisons valables pour personnes. Il avait essayé, trois ou quatre fois, l'héroïsme ou l'altruisme. Hé bien ça ne fonctionnait pas du tout. Tandis que l'égoïsme et la fainéantise, l'orgueil et la cupidité marchaient presque à tous les coups. Autant de raisons de convaincre Ross qu'il a la flemme de prendre les choses en main plutôt qu'essayer de lui faire avaler l'idée saugrenue que son hôte est plus intelligent que lui. Jusqu'ici, très peu de gens s'étaient laissés convaincre de sa divinité et ils ne constituaient pas des serviteurs très intéressants.

Bon, il le lui filait ce téléphone ou bien il en avait pas ?
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Help ! [Terminé]   Mer 9 Fév - 23:44

Son bateau perché sur un pic rocheux en pleine mer et lui complètement déboussolé : pour un navigateur, il la fichait mal, très mal. Il était mal, il se sentait mal, il avait mal physiquement et moralement.

Dans tous les sens du terme, Ross ne savait plus où se situer. Il avait envie d’exploser, de crier, de hurler comme un loup au fond des bois, enragé. Il avait envie de pleurer sur lui-même et sur toute la misère du monde comme s’il en était responsable. Il se trouvait nul, plus nul qu’un enfant dépourvu de repères, se dépréciant un peu plus à chaque minute. Il avait envie de rire de cette situation qui aurait pu faire un bon plan dans un film comique ayant pour titre « Quand la boussole s’affole ». Deux hommes mariés l’un à l’autre, ennemis de choix ou d’anchois… Rocambolesque… C’était cela : Les deux hommes étaient comme deux harengs fumés avec des yeux de merlans frits complètement paumés.

A combien de miles était la côte ? Trop loin pour l’atteindre en nageant. Lancer un SOS ? Evidemment, il y avait pensé, mais après vérification, la radio était en panne. Ross n’était pas assez bricoleur pour pouvoir la réparer. L’écossais jeta un œil sur le second occupant de l’embarcation espérant, un très court instant, qu’il pourrait faire quelque chose ; impossible, l’hôte indésirable était pétrifié par la peur jusqu’à ce que le yacht stoppe brusquement sa course effrénée et que plusieurs minutes s’écoulent. Miracle, le zombie réagissait enfin en se mettant debout sans trop de difficultés. Aurait-il vaincu sa phobie ou était-ce l’instinct de survie qui le poussait à se relever ? Dans le doute, la fierté aidant, Ross se devait de réagir aussi. Il était hors de question de montrer ses faiblesses à son ennemi. Il était hors de question que ce dernier soit le premier à les sortir de là. Ross ne voulait, en aucun cas, lui être redevable.

- Y’a plus qu’une chose à faire, prendre le canot de sauvetage pour retrouver la terre ferme. Dit-il avec assurance en se dirigeant vers la petite embarcation de secours.

Il fallait juste souhaiter qu’elle n’ait pas trop souffert du choc. Au pire, il y avait toujours les gilets de sauvetage et les bouées mais Ross ne se voyait pas nager sur une distance inconnue et certainement semée d’embûches et de dangers salins sans compter avec la tombée de la nuit qui sonnerait sans doute le glas si les deux hommes s’aventuraient à rentrer à la nage. Ross se surprit à prier pour que le canot de sauvetage soit en bon état et que le moteur fonctionne. Il n’avait aucune envie de ramer. Même s’il en avait envie, il doutait d’en être capable ; depuis le choc, il sentait tous ses muscles sclérosés et chaque mouvement lui demandait un certain effort. Alors, ramer, très peu pour lui. Heureusement, Dunney semblait désormais en état de prendre les commandes.

Sans s’y attendre, Ross sortit son téléphone portable de sa poche et le lança à son hôte. Pourquoi n’y avait-il pas pensé plus tôt ? Pourquoi l’avait-il donné à Holster ? Il ne saurait le dire. Il avait agi comme s’il avait été téléguidé. Ross observa son époux d’un air soucieux en se demandant s’il n’avait pas un don télépathique ou quelque chose dans ce style.

-- Pas sûr qu’il y ait du réseau dans le coin…. Observa-t-il avec une certaine résignation.

- Pendant ce temps, je vais vérifier le canot de sauvetage. On ne peut pas passer la nuit ici, c’est trop dangereux. Si, en plus, le mauvais temps s’y met, je ne donne pas cher de notre peau.

Ce n’était qu’une supposition mais c’était une éventualité à ne pas écarter. Il était étrange de constater la vitesse à laquelle un être humain pouvait passer de l’état d’acteur à l’état de spectateur et vice versa. C’était dans ces moments là qu’un homme se sentait petit, tout petit, insignifiant. Quoi qu’il en soit, même minuscule, l’homme tenait à sa peau et ferait tout pour s’en sortir. Il ne devait pas se laisser aller, son fils avait encore besoin de lui.

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MessageSujet: Re: Help ! [Terminé]   Sam 26 Fév - 19:53

Son idée aurait été très bonne s'ils ne s'étaient pas trouvés en pleine mer, et aurait certainement été très efficace dans n'importe quel endroit qui ne nécessitait pas une telle aide. En général, là où il y avait du réseau, il y avait aussi des panneaux indicateurs. Bien cachés parfois, mais présents tout de même en cherchant bien. Son initiative était donc lamentable. En plus, il avait déployé de l'énergie afin de parler intelligiblement et intelligemment...pour rien. Parce qu'il dut se rendre à l'évidence : Ross avait raison. Il n'y avait pas de réseau. Adieu l'hélicoptère, place à l'assistance conjugale dont Holster se serait bien passé. Il préférait largement une aide intéressée qui, une fois rémunérée, perdait toute propriété de redevance, à une aide désintéressée qui l'enchaînait eu cercle des dettes sociales.

Il eut l'idée premièrement de refuser. Dire à son mari de partir tout seul avec sa coque de noix et de lui envoyer un hélicoptère de secours était une possibilité tentante, mais bien trop risquée. Parce que la bonne conscience des gens avait des limites, et qu'il ne connaissait pas son mari suffisamment pour connaître la frontière à ne pas dépasser. Il y avait des gens qui ne pouvaient pas abandonner leurs semblables à leur sort. Il en avait d'autres qui, une fois perdus de vue les mourants, se lavaient les mains de toute responsabilité. Il ne pensait pas que Ross appartienne à cette seconde catégorie, mais rester sur place signifiait exprimer un refus qui pouvait très bien être considéré comme la volonté inébranlable de mourir en pleine mer. Il avait trop l'habitude qu'on respecte ses excentricités pour prendre ce risque. Mais monter sur un bateau ? Sur un petit bateau, dont le pont était en contact direct avec l'Ennemi ?

Il faudrait bien y arriver pourtant. Comme Ross l'avait fait remarquer, le temps ne resterait pas éternellement au beau fixe et l'ennemi ne tarderait pas à quitter sa torpeur tranquille pour prendre l'apparence menaçante qu'il lui avait toujours connue. Il imaginait sans peine la surface aux mouvements lents qui commençait à s'élever, le vent qui aidait chaque vague à s'avancer un peu plus vers lui. L'eau était calme, mais dès qu'il serait seul elle se dresserait contre lui. C'était Ross qui l'en empêchait pour le moment, parce qu'il était son allié. L'Océan ne savait pas viser. Mais dès qu'il serait seul...

Il courut après son mari, qui ne se rendait visiblement pas compte du danger dans lequel il le mettait en partant ainsi. A moins qu'il s'en rende compte, justement, et qu'il veuille le laisser là ? Non, il avait dit qu'il ne le tuerait pas. Ce n'était pas le moment de prêter à d'autres les intentions dépourvues d'humanité qu'il était le seul à avoir. Ceci dit, n'était-il pas en présence d'un allié de l'ennemi ? Les associés de l'eau n'avaient aucune raison de se soucier de sa vie. S'il voulait survivre, il devait rester avec cet homme, quoi qu'il arrive et surtout quoi que l'autre puisse faire pour l'éloigner. Il se rendit compte en s'arrêtant de courir qu'il claquait des dents. Il ne faisait pas si froid pourtant. Sans doute un effet de son imagination. Ross était là.

Et maintenant quoi ? Annoncer sa décision de venir ? C'était ridicule. Il n'allait pas quémander le droit d'accompagner son traître de mari comme un gentil chien bien dressé non plus. Il était Holster, le chef incontesté d'une organisation qui apparaîtrait un jour dans l'histoire de l'humanité en tant que le premier groupe de pionniers concernant le gène mutant. Il était l'actionnaire principal d'une multinationale très rentable. Il était le maître chanteur de la plupart des personnalités importantes de cet État et même d'autres. Il ne craignait pas de mourir. Et il allait supplier Ross de ne pas le laisser seul ? Oui, il le ferait. Il l'aurait fait s'il ne lui était pas venu une idée encore plus irrecevable que la précédente (l'affaire du téléphone mobile). Il eut l'idée d'utiliser sa capacité.

Contraindre Ross à lui venir en aide lui était déjà venu à l'esprit, mais il avait rejeté cette éventualité pour des raisons pratiques. À présent, la situation n'était plus la même. Il était toujours terrorisé, mais il était capable de parler. Capable de persuader. Oh, il n'allait pas obliger Ross à lui faciliter la traversée. C'était beaucoup trop hasardeux. Non seulement il pouvait résister, et Holster n'était pas vraiment en état de mener un bras de fer mental, mais il pouvait aussi, par simple maladresse, le faire tomber à l'eau. Ou même intentionnellement d'ailleurs. Bref, c'était bien trop risqué. En, revanche, il allait le convaincre de le laisser sur place et de lui envoyer du secours.


- « ** Vous. Allez me laisser ici. Je suis un homme insupportable. Dont vous ne souhaitez pas vous charger. En revanche. Vous préviendrez. Toute instance.. Qui vous paraîtra appropriée. De ma situation. C'est. La meilleure chose à faire. Pour vous. Et pour moi. ** »

Il avait du mal à articuler, et prenait de grandes inspirations entre chaque morceau de phrase. C'était le mieux qu'il pouvait faire. Il n'y avait plus qu'à espérer que l'effet dure suffisamment. Au pire... Hé bien il serait porté disparu, et pas mal de gens en seraient ravis. Il n'avait pas particulièrement envie de leur faire plaisir, mais il ne pouvait pas s'imaginer quitter la sécurité d'un pont large pour un autre bateau encore plus effrayant, et ne voulait pas être dépendant, fût-ce durant de courtes minutes, de qui que ce soit. Pour toutes ces raisons, il resterait sur place. Seul. *Complètement stupide*. Bah, ce ne serait pas la première fois qu'il choisirait l'option la plus irrationnelle. Tout allait de travers en ce moment. Avec un peu de chance, peut être que tout ça lui remettrait les idées en place. Il commençait à devenir négligent dans son travail. Il dormait plus aussi. Et il passait beaucoup moins de temps à harceler ses employés.

Tout ça était de mauvais augure, et il ne parvenait pas à s'en inquiéter convenablement. Il ne pensait qu'à l'eau, oubliant son identité. Dans l'état actuel des choses, il ne servait à rien. Et puis il n'y avait pas de réel danger au fond. Ou tout du moins tentait-il de s'en persuader. C'était beaucoup plus simple de se figurer qu'il agissait ainsi par calcul. Tellement plus facile que d'admettre qu'il était terrifié au point de ne rien vouloir faire, même pour sauver sa propre peau.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Help ! [Terminé]   Lun 7 Mar - 22:28

Comme Ross s’en doutait, il n’y avait pas de réseau. Le téléphone portable ne servait donc à rien. C’eut été pourtant une bonne solution pour sortir les deux hommes de la galère dans laquelle ils se trouvaient. Ils n’avaient plus qu’à compter sur eux-mêmes. Personne ne s’inquiéterait de leur disparition avant au moins vingt quatre heures. Ne pas paniquer ! Il fallait garder son calme, examiner la situation et trouver le meilleur moyen pour se sortir de ce bourbier. Ross avait jeté un œil sur Dunney qui ressemblait plus à un zombie qu’à un homme. Sa phobie de l’eau lui faisait perdre ses moyens. Vraiment ! Il était mal barré avec un type pareil. L’écossais ne devait compter que sur lui-même. Comme il l’avait annoncé, il était allé vérifier le canot de sauvetage. Le moteur n’avait pas l’air d’avoir subi de dommages.

- C’est bon ! Le bateau de secours et le moteur n’ont pas l’air d’avoir souffert du choc !

Enfin une bonne nouvelle ! Il le_r permettrait de regagner le port plus rapidement que s’ils devaient ramer. Pour ce qui était de ramer, Ross était certain de ne pas pouvoir compter sur Dunney. Il se demandait même s’il aurait la force de monter sur ce petit bateau. Il avait peur de l’eau et se retrouver sur une minuscule embarcation n’était pas être très encourageant, même si il tenait à sa peau. Lors de ses études, il avait appris qu’une phobie pouvait être vaincue si la personne était face à la situation qui le terrorisait. Cependant, l’immersion dans cette situation angoissante pour le sujet devait se faire en douceur. Là, Dunney était plonger directement dans son cauchemar ; il n’avait pas eu le temps de s’acclimater petit à petit. Il risquait de paniquer et Ross n’avait aucun moyen chimique à sa disposition pour l’assommer le temps de l’embarquer sur le canot de sauvetage. L’affaire s’avérait périlleuse car la panique faisait faire des gestes incontrôlables et risquait de mettre en danger non seulement la personne phobique mais également toute autre personne en sa compagnie. Au pire, il pourrait l’assommer mais c’était une solution qui réprouvait ; il y aurait recours en dernier lieu.

Une autre idée germa dans son esprit : Et si il laissait Dunney sur le bateau ? Ainsi, il n’aurait pas à batailler pour faire monter son mari à bord de la petite embarcation et il gagnerait un temps précieux. Sans ce boulet, l’écossais pourrait rejoindre la côte tranquillement, prévenir les secours, faire remorquer son yacht et rentrer chez lui. En y regardant de plus près, c’était vraiment une très bonne idée. Pourquoi n’y avait-il pas pensé plus tôt ? Peut-être qu’inconsciemment, l’écossais ne voyait pas Dunney rester seul à bord, au milieu de l’océan, sans aucun moyen de communication ; il pouvait devenir fou de désespoir et finir par mettre fin à ses jours. La mort du dirigeant de Genetic règlement bien des problèmes. Plus de contrat de mariage, la possibilité de voir Genetic repris par une personne moins égocentrique et un compte en banque gonflé par une partie de la fortune de Monsieur Holster. Doux rêve ! Concernant le dernier point, ce n’était pas si évident. Lorsqu’un des époux mourraient, les banques ne faisaient pas long feu pour bloquer tous les comptes prétextant protéger les intérêts des héritiers. En cas de décès, ce fichu contrat de mariage risquait de surgir de nulle part ! Dans ce cas, non seulement les comptes d’Holster seraient bloqués mais ceux de Ross également. Il n’y avait plus à tergiverser, Dunney devait, coûte que coûte resté en vie.

Tout en réfléchissant, le psychologue avait mis à l’eau le canot de sauvetage, pris son sac dans lequel il mit de l’eau, quelques victuailles et un ciré. Il enfila un gilet de sauvetage et en lança un à Dunney.

- Tiens, ça peut toujours servir. Bon alors, tu viens ? Demanda-t-il impatiemment avant de préciser :
- Tu pourrais rester là et te mettre à l’abri dans le salon en attendant les secours… mais ça m’étonnerait que tu tiennes le coup !

Un petit sourire moqueur se dessina sur les lèvres de Ross. La frousse qui habitait le big boss de Genetic était assez comique tout de même. Celui qui était réputé n’avoir peur de rien ni de personne, se trouvait dans un état psychologique lamentable. Quelque part, il était plaisant pour le psychologue, de constaté encore une fois qu’un homme, quel qu’il soit, avait toujours un talon d’Achille.

[Edit pour ajouter ce qui suit]

Le psychologue mit à l’eau le bateau de secours et descendit l’échelle pour embarquer. Il vérifia que le bateau était bien étanche ne prenait pas l’eau. Pendant ce temps, Dunney était resté silencieux et n’avait pas bougé de sa place.

- Bon je vois que tu n’es pas décidé à bouger. Je ne peux plus attendre. La nuit va bientôt tomber. J'ai pas envie de crever là moi.

S’il voulait s’en sortir vivant, il devait regagner la côte avant la nuit. Il ne pouvait plus attendre le bon vouloir du dirigeant de Genetic qui commençait à lui taper sérieusement sur les nerfs. Il détacha les cordes qui reliaient l’embarcation au Yacht et mit le moteur en marche. Avant de quitter le lieu du naufrage, pour couvrir le bruit du moteur, il cria à Holster :

- Arrivé au port, je te ferai envoyer les secours. Il y a de la nourriture dans le réfrigérateur et de la boisson pour vivre au moins une semaine, ça devrait être suffisant. Au pire, tu pourras toujours te servir des fusées de détresse si tu aperçois un bateau au loin.

Sur ces mots, Ross prit place dans le bateau de secours et laissa son mari sur le Yacht. Il n’avait plus qu’à retrouver la direction de la côte et il serait sorti d’affaire. Le coucher du soleil l’aiderait dans l’orientation et il ne devrait pas mettre plus de trois heures pour rejoindre la terre ferme. Une fois au port, il préviendrait les secours comme il l’avait dit. Dunney n’avait plus qu’à prendre son mal en patience, seul au milieu de l’océan.

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