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 Simple visite de routine... [Terminé]

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Morgan J

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MessageSujet: Simple visite de routine... [Terminé]   Mer 15 Sep - 20:34

Je n'aime pas les uniformes. Non seulement je trouve ça laid, mais en plus ceux qui les portent affichent généralement au passage l'air sérieux qui convient à l'emploi, le visage de rigueur, et ce genre d'attitude frigide me déplait. Beaucoup. Comme j'ai tendance à tester les limites de ces visages figés, je suis régulièrement mis en garde-à-vue pour troubles de l'ordre public (comprendre: digne représentant de la loi retranché dans les confins de son impatience et de son irritabilité par mes soins).

Aujourd'hui, je ne suis pas là pour remplir pour la centième fois le questionnaire administratif de rigueur qui est une punition en soi. Une trentaine de feuilles contenant tout un tas de questions et des réponses à cocher. L'enfer fait questionnaire. A croire que cette punition qui n'est même pas d'intérêt général a été faite pour moi: je hais la paperasse. Tout ce qui est officiel m'insupporte. C'est bien simple, j'ai même séché toutes mes photos de classe depuis l'âge de sept ans.

En même temps, je n'étais pas photogénique. Et puis, je ne voulais pas figurer avec les enfants de ma classe, c'était banal et je ne les aimait pas. J'aurais voulu me faire photographier avec ceux de la classe supérieure et on m'avait dit que c'était pas possible. Alors, en signe de protestation, j'avais "oublié" de me rendre à la séance photo de ma propre classe.

Enfin, ce ne sont pas mes prouesses passées qui font que je suis là (quoique...) mais une inquiétude grandissante: cela fait une semaine que je ne me suis pas fait coffrer pour un motif fallacieux. Vous avez bien compris, sept jours durant lequel aucune des têtes de pipe que j'énerve si facilement n'a jugé bon de m'offrir une nuit tout confort dans la première cellule venue avec questionnaire à la clef. C'est pas normal.

Oui parce que, quand même, je suis louche par nature. Il ne se passe pas une journée sans que je bénéficie d'une vérification d'identité (et pourtant vous devez savoir que la Californie n'est pas particulièrement connue pour être la terre sainte des messieurs casqués et autres shérifs). Du coup, je me demande s'il ne se serait pas passé quelque chose. Un meurtre, un incident diplomatique, n'importe quoi qui les occupe au point de me ficher la paix.

Je suis donc venu directement sur place voir de quoi il retournait. Vraiment je suis trop gentil. Je rend au préposé à l'accueil son regard glacial et m'assoit au milieu de passage. Quelle idée aussi de mettre un préposé à l'accueil dans un endroit comme celui ci. Pas le moindre citoyen lambda ne porte plainte directement ici, et en règle générale peu de gens étrangers au services mettent les pieds dans ce bâtiment. Les cellules sont ailleurs.

Je n'ai donc rien à faire là, et j'en suis ravi. Sincèrement. En plus, je suis placé bien en face de la porte, et je vois distinctement chaque uniforme qui entre. Plus qu'à attendre mes casse-pieds préférés, ceux qui ne peuvent pas me voir en peinture...
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Mary Jane Holster


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MessageSujet: Re: Simple visite de routine... [Terminé]   Mer 15 Sep - 22:00

- Lâaaaaachez mouuuaaaaaa ! Bande de sauvaaaaages… Aaaaïiiiiiiiie mais lâchez moi, vous me faites maaaal…. Tout ça parce que vous avez un uniforme, vous vous croyez tout permis ! …..! Lâchez-moi ! J’vais porter plainte.

Oh rage… oh désespoir...
Non non, ce n’était pas du désespoir, seulement de la rage. J’avais la haine contre ces deux flics qui m’avaient passée les menottes. Je n’avais rien fait de méchant, je n’avais pas mes papiers et j’avais juste refusé de les suivre au poste. Tout le long du chemin, j’avais protesté et fait part de mon mécontentement à ma façon. Leurs oreilles allaient s’en souvenir longtemps ! Je n’allais pas m’arrêter de si tôt et c’est en hurlant que je fis mon entrée dans le commissariat. Je me débattais en remuant les bras comme je pouvais et j’essayais de leur donner des coups de pieds. Seulement, les deux hommes étaient bien plus forts que moi. C’était peine perdue, mais ça m’énervait d’être impuissante, alors, je continuais d’hurler tant que mes cordes vocales me le permettaient.

L’entrée dans le commissariat fut, le moins qu’on puisse dire, fracassante…
Le plus jeune des deux flics, un blondinet aux yeux bleus, surnommé par ses collègues Pablo, me força à m’asseoir sur le banc qui se trouvait là. Il devait se douter que je filerais à la moindre inattention de sa part. Pour cette raison, il détacha une des menottes pour la passer à son poignet et prit place à côté de moi. Je me levais aussitôt pour me mettre face à lui en tirant sur le lien qui nous unissait bien malgré moi.


- Ca vous amuse d’emmerder les jeunes ? Vous feriez mieux d’arrêter les violeurs et les tueurs… Sauf que ça, évidemment, c’est plus difficile. Vous ne voulez pas vous mouiller… C’est ça, vous êtes TOUS des poules mouillées ! Une bande d’incapables.

J’étais dans une telle rage que je ne contrôlais pas tout ce que je disais. Après tout, ils le méritaient bien. Il n’avait pas à me traiter comme ça. Je n’étais pas une meurtrière. En plus, je détestais qu’on me force à faire ce que je ne voulais pas. Qui voudrait passer sa journée au commissariat ? Pendant que je vociférais, je regardais un peu autour de moi en espérant que quelqu’un viendrait à mon secours. Le flic à l’accueil avait l’air complètement blasé, un autre buvait son café comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, écouteurs sur les oreilles…

- Vous n’êtes bons qu’à faire des pauses toute la journée ! Vous êtes tous des c…

Détournant mon regard du fainéant de service pour le reporter sur le blondinet, je croisais celui d’un jeune homme. Je fus surprise de le voir là, assis tranquillement. Je connaissais ce garçon, enfin, « connaître » n’était pas le terme approprié, mais j’avais passé une sacrée soirée en sa compagnie : concert, feu de camp sur la plage, guitare, chansons, alcool, vitrine cassée, déguisement, délires, fuite… Sa présence me coupa dans mon début de citations d’insultes choisies spécialement pour l’occasion.

- Lotus ?

Je me souvenais de ce surnom que je trouvais bizarre pour un garçon. Je m’étais même posée la question de savoir d’où ça pouvait venir. Je ne m’étais pas interrogée très longtemps car il y avait eu bien d’autres choses plus alléchantes à faire pendant cette fameuse soirée. Je venais de prononcer le surnom du garçon, presque normalement, la voix juste un peu éraillée d’avoir trop crié.
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MessageSujet: Re: Simple visite de routine... [Terminé]   Ven 17 Sep - 17:15

D'ordinaire, on n'emmène pas les gens arrêtés, ni même (surtout) suspectés ici. Les seules exceptions sont les heureux détenteurs d'un moyen de pression financier, politique ou tout bêtement hiérarchique. Si le chef est ramassé ivre mort sur la voie publique, par exemple, il est évident qu'il n'ira pas cuver en cellule de dégrisement comme n'importe qui, parce que c'est le chef. Seulement la petite boule de nerf qui vient d'entrer par la grande porte ne ressemble pas vraiment à une "personnalité".

Certes, elle crie, s'égosille même, et gesticule en menaçant (fort) les deux représentants de la justice en ce bas monde cet état qui la tiennent chacun par un bras. Les menottes, et la sécurité utilisée me rappellent vaguement le protocole d'arrestation pour crimes graves. Or, les criminels graves ne passent pas souvent par l'accueil avant d'être enfermés pour-le-bien-de-tous. En plus, cette fille me rappelle quelque chose. Allez savoir quoi, mais je suis persuadé qu'elle est sympathique.

Enfin, bon, la sympathique demoiselle en question passe maintenant aux généralités préconçues sur les porteurs de l'uniforme. Certes, la police est composée à 99% de gens que ma seule tignasse offense plus que la pédophilie religieuse, mais il reste quand même 1% de gens aussi barrés que moi qui ont dans l'idée qu'être flic, c'est aider les gens et ne méritent certainement pas d'être inclus dans le lot des moutons aveugles. Y'en a même qui payent leur tournée, je le jure, j'en ai déjà vus.

Visiblement, elle, elle n'a que faire de quelques réfractaires à l'Ordre. Elle ne voit que la masse (ce qui est tout à fait normal lorsque la masse en question vous menotte) et n'a pas l'intention de chercher les exceptions pour s'excuser auprès d'elles. Soit, après tout je suis peut être le seul à les avoir cherchés, et bien que je pense en avoir trouvé la plupart il est probable que la majorité des gens ne fassent pas la différence entre un con en uniforme et un fou en uniforme.

Ce qui est dommage puisque les fous sont sympa, parfois. Attention, je ne dis pas qu'il faut être fou pour être sympa, la preuve cette fille n'est sûrement pas folle et pourtant je sais qu'elle est sympa. Et je sais toujours pas pourquoi. C'est d'autant plus embêtant qu'elle m'a vu. Et reconnu. Et appelé par mon surnom le plus courant. Pour que ça lui vienne aussi spontanément, je n'ai pas du lui donner d'autre nom.

Bon, j'utilise cette plaisanterie sur mon caractère chaque jour que dieu fait, mais il doit bien y avoir moyen de me souvenir... Son visage me dit quelque chose. Enfin, façon de parler, techniquement je me parle à moi même et son visage n'est pas en train de chanter l'hymne national, mais il me rappelle quelque chose, vraiment.

Un concert de malade.

Ou ai-je vu un concert de malade pour la dernière fois? Ce n'est pas une personne que j'aurais bousculé dans la foule, elle ne saurait pas mon nom. Donc, ça devait être après. Et la dernière fois que je suis resté après un concert... j'en suis revenu avec une écharpe. Maintenant je me souviens de la soirée mais toujours pas du nom de la fille. Enfin c'est pas important, si ça se trouve elle l'a pas dit.

En attendant, les deux flics me regardent (je suis toujours assis par terre) avec l'air de se demander s'il faut m'embarquer aussi. Visiblement, le monde entier attends que je me lève. Soit, je me lève. Et je souris aux deux zigotos au passage. Je suis sûr qu'ils ont bien cherché ce qui leur tombe sur les menottes en ce moment même.

- "Salut Machine, content de voir que tu te souviens de moi."

Oui enfin bon, elle se souvient juste de mon (sur)nom mais j'avais pas grand chose d'autre à dire là. Et puis, personne ne semble me voir à part elle alors faut bien que j'en profite pendant que je ne passe pas pour une plante verte. Ou une plante noire. Ou quelque chose d'aussi peu intéressant que ça. Les deux gardiens de Machine n'ayant jamais eu affaire à moi (ils auraient vite passé leur chemin sinon), ils sont dans un échange de regard en train de se poser une question existentielle profonde: doit-on ou non embarquer ce phénomène et si oui en cellule ou avec la fille? Courageusement, je décide de mettre fin à leur dilemme de mon plein gré, avec un grand sourire et un regard de chiot abandonné.

- "Je peux venir avec vous ?"
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MessageSujet: Re: Simple visite de routine... [Terminé]   Ven 17 Sep - 21:13

Effet Lotus…
Ma première réaction fut de rester bouche bée. Le jeune homme disait était content de voir que je me souvenais de lui, en m’appelant « Machine ». Je ne savais pas trop comment le prendre.

Il paraissait évident qu’il ne se souvenait pas de moi. Etait-ce bien le garçon que j’avais vu le soir du concert et de la virée qui s’en suivit ? Ce jour là, je l’avais trouvé bien plus sympathique qu’à l’instant présent. Qu’il ne se souvienne pas de mon pseudo, ok. - D’ailleurs, je ne sais plus si je lui avais dit - Qu’il ne se souvienne pas de moi, ce n’était pas grave, je mettais l’amnésie sur le compte de l’alcool. M’affubler d’un sobriquet tel que Machine, alors là par contre, ça ne passait pas du tout. C’était bien la première fois qu’on m’appelait comme ça. J’étais plus vivante qu’un objet quand même ! Je fronçais les sourcils en lui lançant un regard noir.

Les flics durent bénir tous les saints de ne plus m’entendre vociférer car il se passa bien cinq secondes avant que je ne recouvre l’usage de la parole.


- Mouais c’est ça, on lui dira…

Dégoutée mais fière, je détournais le regard. Le blondinet venait d’être rejoint par son collègue. Les deux policiers avaient l’air presque aussi surpris que moi mais sans doute pas pour les mêmes raisons. Ils n’avaient pas dû remarquer le jeune homme avant qu’il ne se lève, et même si ils l’avaient vu, ils avaient été très occupés par une espèce de tigresse enragée, à savoir : moi. Ils devaient se demander ce que ce garçon faisait là et s’ils ne devaient pas l’embarquer. Leurs intenses réflexions furent écourtées - Heureusement, sinon on y aurait passé la journée – par la demande surprenante du jeune homme.

Effet Lotus 2…
J’étais également surprise par une telle demande mais il ne pouvait le voir. Depuis sa « méconnaissance » je l’avais ignoré et lui tournait le dos pour éviter de croiser son regard.


*Il est à la masse ce type*

Je ne pouvais pas comprendre qu’on veuille suivre les flics pour rien. A moins que….
*Il en connaît un qui se trouve dans l’arrière boutique et ne peut s’y rendre sans être accompagné. Si ça se trouve c’est le fils du commissaire. Ou alors, c’est un indic qui a tout un tas de choses intéressantes et inintéressantes à rapporter moyennant quelques billets ou une liberté non méritée. Autre option, il s’ennuie et s’occupe comme il le peut. Il n’a pas d’argent pour aller au cinéma, alors il va au commissariat, là où il se passe toujours quelque chose, un vrai spectacle*. Ou encore :

- T’es dingue ma parole ! Observais-je en me retournant vers Lotus.

Oui je le savais, c’était l’hôpital qui se foutait de la charité, mais c’était ce qui me vint à l’esprit en observant Lotus. A le voir avec un grand sourire et un air de chien abandonné, je n’avais pas de doute. Ce type était complètement barré...

Enfin pas de doutes, pas tout à fait. D’autres questions se profilaient à l’horizon : était-il sous l’emprise de quelques substances illicites ? Etait-il simple d’esprit ? Etait-ce simplement de la provocation ? Etait-ce les trois à la fois ?
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MessageSujet: Re: Simple visite de routine... [Terminé]   Sam 18 Sep - 17:15

Machine n'a pas l'air ravie de me voir. Il faut dire que non seulement les circonstances ne sont pas particulièrement favorables à une agréable discussion, mais en plus je ne me souviens plus de son pseudo, et je n'ai pas la moindre idée de ce qu'elle avait pu utiliser. Pour ma défense, j'ai été très occupé ce soir là et je ne me souviens du nom de personne. J'ai piqué la guitare d'un (mini) punk pour jouer deux ou trois trucs, j'ai suivi le groupe, et j'étais tellement grisé que rien ne me paraissait important.

Je ne me souviens donc pas, et il faudra faire avec. En plus, voilà que Machine/Maya/Sainte-Marie-priez-pour-nous me trouve "dingue". Certes, j'y ai un peu aidé. Certes, peu de gens demandent ouvertement à la police de les enfermer. Mais tout de même, si elle se souvient un tant soit peu de moi elle doit déjà savoir que je ne fais jamais comme le reste du troupeau non ?

Bon, mettons qu'elle ait oublié. Attend-on logiquement d'un individu qui s'assoit dans un hall en face des portes de la police qu'il agisse de façon ouvertement rationnelle par la suite? Techniquement, de toutes façons je suis rationnel: j'ai décidé de passer les prochaines heures dans ce bâtiment et le faire en compagnie de Machine/China/Choupichoune me paraît tout à fait envisageable. Elle a beau être menottée (d'ailleurs elle ne pourra pas le rester longtemps sur une simple suspicion) et me mépriser depuis quelques minutes, je reste certain que sa compagnie est charmante.

Seule ombre au tableau: une paire d'andouilles qui ne semblent absolument pas décidées à bouger, pas plus qu'à répondre à ma requête. Je crois que je les ai traumatisés, ils doivent me prendre pour un masochiste qui fantasme sur l'uniforme. C'était pas vraiment le moment. D'ordinaire je suis ravi qu'on me prête des intention que je n'ai pas (j'aime me moquer des gens) mais là c'est juste... même pas drôle. Et en plus, ils sont littéralement pétrifiées, comment voulez vous vous moquer d'une statue?

Ils ne sont même pas mignons.

Je les aurait bien guidés le temps qu'ils reprennent leurs esprits mais je ne connais pas bien ce bâtiment. En général, je visite plutôt les cellules ordinaires, standard, et par conséquent je ne sais absolument pas ou ces deux cervelles de piaf avaient l'intention initiale de conduire Machine/Magdaly/My love. Dont je ne me souviens toujours pas du pseudo malgré mes multiples essais intérieurs. Bon ben dans le doute ce sera My love, peut être qu'elle le prendra moins mal.

Je commence à en avoir quand même un peu marre d'attendre. Je ne connais pas le bâtiment, mais justement cette histoire me donnait la possibilité de visiter un peu, et voilà que deux coincés me retardent ma petite séance de tourisme. En plus je suis sûr que j'aurais pu en profiter pour aller déranger deux ou trois personnes, peut être même squatter le bureau du chef... Ouais nan je rêve un peu là.

Quoique vu comment les anges gardiens de My love sont tétanisés, ils ne réagiraient sans doute même pas si j'essayais de mener la marche.

- "Bon, on va dans quelle direction? Parce que moi je connais pas le bâtiment vous savez, et je pense que My Love non plus donc le chemin jusqu'à... je ne sais pas où m'est réellement inconnu! La seule chose que je pense pouvoir trouver du premier coup, c'est un bureau au hasard. Et j'ai rien contre les bureaux, mais en général y'a des gens dedans. Qui bossent. Le prenez pas pour vous mais je vois pas comment on peut bosser tout seul dans une pièce fermée... Sinon, vous comptez bouger un jour? J'ai pas envie qu'on vous érige un monument, ou en tout cas pas ici ça gênerait la circulation. On pourrait y aller ?"

Gagné: ils ont bougé! Enfin, le blondinet a bougé, l'autre ne remue toujours pas un poil de nez. Bon, il a juste un peu tourné la tête, mais peut être qu'on va enfin se déplacer? J'espère bien, parce qu'avec le discours que je viens de faire d'une traite ils ont intérêt à me payer de retour. Je leur demande même pas d'aligner trois mots, juste de faire quelques pas...
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Mary Jane Holster


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MessageSujet: Re: Simple visite de routine... [Terminé]   Sam 18 Sep - 21:31

Je n’obtins aucune réponse à mes questions. En même temps, que pouvait répondre le jeune homme après avoir été traité de dingue ? Je restais étonnée devant autant d’impassibilité. N’importe qui aurait rétorqué je ne savais trop quoi mais n’aurait pas laissé passer. Lui, non, rien. Pas un mot, pas un mouvement indiquant un quelconque mécontentement. Il avait l’air de s’en foutre complètement. Rien ne semblait l’atteindre.

Lotus avait manifestement d’autres préoccupations comme de visiter le bâtiment abritant le commissariat. Je n’avais encore jamais vu quelqu’un intéressé par ce genre de tourisme. Mais bon, même si il était dingue, ça ne me faisait pas peur. Depuis toujours j’étais attirée par des gens décalés et je n’étais pas la dernière à l’être non plus. Avec un père et une mère comme j’avais, il ne pouvait en être autrement. Finalement, son attitude m’intriguait et attisait ma curiosité.

Le blondinet à qui j’étais attachée bien malgré moi daigna se lever. Il commença à vouloir m’entraîner vers la porte du fond, guidé par son collègue qui n’avait pas fait cas de la présence de Lotus. C’était incroyable ! Un type leur parlait et ils faisaient comme si il n’existait pas. Quoi de plus intolérable que l’indifférence ? Je ne supportais pas ça ! N’importe qui avait le droit à un minimum de considération ou de mépris, mais avait le droit à quelque chose. Je décidais de donner un petit coup de main à ce jeune homme. Il voulait se faire embarquer, alors j’allais lui faciliter la tâche.

Le flic tirait sur la menotte pour que je le suive. Je refusais en me laissant tomber au sol, bien décidée à ne plus bouger.


- Non, je ne vous suivrais pas. J’ai le droit de passer un coup de fil d’abord. Et si vous voulez me mettre derrière les barreaux, il faudrait l’embarquer lui aussi.

Je pointais mon doigt en direction du jeune homme. Le blondinet de service me répondit que je pourrais téléphoner quand il le déciderait. Il m’indiqua aussi qu’il n’avait pas l’intention d’embarquer Lotus qui n’avait rien fait. Bah voilà ! Il suffisait d’un uniforme pour se sentir tout puissant. Je n’écoutais qu’à moitié et continuait sur ma lancée. Je me relevais pour faire face à Lotus et lui administrait une gifle dont seules les filles avaient le secret.

- Tiens, ça t’apprendra à vouloir me voler !

C’était tout ce que j’avais trouvé pour l’accuser et décider les flics à répondre à la demande de Lotus. Mais bon, il l’avait mérité aussi, il n’avait qu’à se souvenir de mon pseudo. Quand je disais que je ne supportais pas l’indifférence, c’était pour tout le monde pareil. Le collègue du blondinet se dirigea vers Lotus et le prit par le bras en lui indiquant qu’il allait suivre le même chemin que moi, direction la cellule de garde à vue, le temps d’y voir un peu plus clair dans cette histoire de dingues.

Serait-ce l'effet Lotus n° 3 ?
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MessageSujet: Re: Simple visite de routine... [Terminé]   Mer 22 Sep - 19:40

Fausse alerte, je suis bel et bien une plante verte pour cette paire de demi-neurones esseulés. Moi qui croyaient qu'ils étaient en train de m'écouter, de réfléchir à mon cas... En fait, leur neurone commun était en train de nier de toutes ses forces l'obstacle qui leur barrait la route et maintenant qu'ils ont réussi ils sont en train d'emmener My love superman sait où. C'est un peu bête quand même, j'aurais vraiment aimé visiter ce bâtiment. Je pousserais bien un gros soupir mais les plantes, vertes ou noires, ne respirent pas bruyamment.

- Non, je ne vous suivrais pas. J’ai le droit de passer un coup de fil d’abord. Et si vous voulez me mettre derrière les barreaux, il faudrait l’embarquer lui aussi.

Belle initiative, My love, mais pour le cas où tu ne l'aurait pas remarqué ils ont réussi le tour de force suivant: ne pas me voire, ne pas m'entendre, contourner une plante verte (alias moi) et oublier le détour dans la seconde. Le tout avec un seul neurone pour deux, ce qui est quand même une performance. Donc, ton coup de fil ils te laisseront le passer d'ici quelques mètres; quant à moi le problème ne se pose même pas puisque je ne suis qu'une hallucination collective qu'il n'y a pas lieu de prendre en compte lorsque l'on tient à rester sain d'esprit.

Mon esprit ne craint plus grand chose en ce qui me concerne, mais mon corps, quoique, ne l'oublions pas, fantomatique au possible, reste soumis aux lois physique. Se prendre une gifle, ça fait mal. Se prendre une gifle par une fille, ça fait très mal, allez savoir pourquoi elles semblent avoir un talent particulier. Je ne peux m'empêcher de laisser échapper un "ouille" et de porter ma main à ma joue. Ma carrière de fantôme et celle de plante verte s'en trouvent gravement compromises mais ça n'a pas d'importance dans la mesure ou je reste quantité négligeable pour le neurone divisé qui accompagne la main gauche de My love (la droite étant malheureusement pour moi parfaitement libre).


- Tiens, ça t’apprendra à vouloir me voler !

Ainsi s'achève la carrière de Lotus Planteverte, décor amateur du commissariat de Los Angeles. J'observerais bien une minute de silence si je n'était pas très occupé à afficher l'air le plus béat possible. C'est un réflexe pur et simple: quand on vous accuse, essayez d'avoir l'air con et les gens douteront immédiatement de leurs présomptions à votre égard. Ceci étant une technique à n'utiliser que lorsqu'il n'y a pas de preuves bien entendu, sinon on vous prend pour un demeuré et on vous envoie à l'asile comme peine alternative. Je n'ai pas fait de droit mais je me suis quand même renseigné un peu, pour moi même.

En tout cas, je suis maintenant le centre de l'attention de tous, préposé à l'accueil y compris (c'est dire) grâce à l'intervention inopinée de My love. Je ne lui ai jamais rien volé. Je pourrais nier, mais ce n'est pas mon genre. Je ne l'ai jamais fait quelles que soient les circonstances, je ne vais pas commencer maintenant. Je pourrais aussi entrer dans son jeu et lui proposer de régler ça à l'amiable une autre fois, mais ça lui ferait plaisir et après le peu de conversation que nous avons entretenu je dois avouer que je n'ai pas envie de jouer le rôle qu'elle me donne...

Seulement je n'ai toujours aucune envie de nier, donc autant en rajouter. En bon apprenti acteur, je feint de saisir soudainement de quoi elle parle (alors qu'en fait je n'en ai toujours aucune idée) et une lueur de compréhension et de malice s'allume dans mes yeux. Ce qui ne sert à rien puisque tout le monde regarde ma tignasse. Ma théorie se vérifie encore: tout individu en uniforme considère un système capillaire abondant comme une offense personnelle. Enfin, là ils me regardent parce que je suis sensé être un voleur.

- Ah, ça! Ecoutes... je savais pas qu'il était à toi. J'avais bien quelques doutes, à cause des paillettes, mais il était tard et un string ressemblant à un string... enfin tu peux pas porter plainte puisque je l'ai remis à sa place. Pas loin. Quelque part. T'y tenais vraiment à cette horreur ?

Et je suis fier de moi. Il ne faut jamais m'accuser, à tort ou à raison, de quoi que ce soit. Tous mes camarades le savent. Parce qu'à chaque fois, j'en rajoute et je me débrouille pour ne pas être le seul à me ridiculiser. Pour être honnête, ce n'est pas une improvisation: un joueur de basket m'avait déjà accusé de lui avoir piqué des fringues au vestiaire et je lui avais rétorqué que son string m'allait beaucoup mieux qu'à lui. Soit dit en passant, ses chaussettes mauves avaient en fait atterri au fond du casier voisin mais je n'avait pas envie de le lui faire remarquer. A ce moment là, c'était une improvisation, je ne fais que la réutiliser. Je suis donc toujours fier de moi et les policiers me regardent maintenant attentivement.

Question à 2 $ : doit-on l'embarquer pour propos choquants ou pour vol? Mince, au vu de leur perplexité je crains qu'ils ne choisissent l'option trois: ignorer le gugus pour la troisième fois et s'occuper du vrai problème d'état, j'ai nommé My love. Oui, c'est sans doute pas un problème d'état mais elle est quand même plus importante que moi et quant on sait le zèle avec lequel tous les uniformes m'enferment dans la joie, c'est quand même quelque chose. Mais j'ai pas envie qu'ils m'oublient, moi.

- Je peux t'en acheter un autre sinon ?
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Mary Jane Holster


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MessageSujet: Re: Simple visite de routine... [Terminé]   Ven 24 Sep - 21:23

Les flics avaient deux de tension ou alors ils étaient complètement blasés. J’avais hurlé mon mécontentement en entrant dans le commissariat et aucun d’entre eux n’avaient réagi. Je m’étais jetée parterre pour réclamer mes droits et ils n’avaient pas sourcillé. Un jeune homme était assis et personne ne s’était demandé ce qu’il faisait là. Il ne passait pas inaperçu quand même ou alors ils étaient tous aveugles ! Lotus avait émis le souhait de visiter l’immeuble. Drôle d’idée, mais pourquoi pas ? Chacun son truc. A cette demande particulière et unique, les représentants de l’ordre auraient du se jeter aux pieds du jeune homme, le remercier d’avoir enfin un admirateur. Ca ne devait pas être tous les jours qu’une personne s’intéressait à eux ou du moins à leur bâtiment.

De voir qu’ils ignoraient complètement Lotus, ça m’énervait. Ce n’était pas normal d’être aussi indifférents, aussi méprisables. Ils faisaient comme si il n’existait pas. J’avais donc fait en sorte de leur mettre la preuve sous le nez en le pointant du doigt. Je l’avais même accusé d’une chose qu’il n’avait pas commise après l’avoir giflé. Lotus n’avait pas du comprendre ce qu’il lui arrivait !

Quand il avoua l’objet du délit, ce fut à mon tour de ne rien comprendre. Les traits de mon visage trahirent ma stupéfaction et mon écœurement. Ce n’était pas le string qui me dérangeait – j’en avais plusieurs dans ma garde-robe même si je ne trouvais pas ça très confortable, c’était le mieux sous des vêtements moulants - mais les circonstances sous-entendues. Un esprit tordu ou pervers interprèterait la situation de façon douteuse : comme si je m’étais retrouvée nue parmi d’autres filles au milieu de garçons, ou pire ! Comme si j’avais participé à une partouse…

Même si je ne le montrais pas, j’étais plutôt pudique et certainement encore un peu trop jeune. Libertinage modéré ok, luxure non. Participer à une telle débauche me dégoûtait. Je ressentis comme un début de nausée.

Ce petit malaise fut remplacé par une envie de rire. En prenant un peu de recul c’était plutôt drôle. Très drôle en pensant à la tête que faisaient les policiers en entendant des propos de Lotus qui ne s’arrêta pas pour autant. Il finit même par me demander si je voulais qu’il m’en achète un autre.


*Ce type est vraiment dingue* pensais-je en éclatant de rire.

Je crois bien que c’était la première fois que je rencontrais un garçon comme ça. Il avait l’air de se moquer de tout et de tout le monde, donc de moi. Je ne savais pas trop pourquoi, mais Lotus me plaisait bien. Enfin si je le savais un peu. J’étais souvent attirée par des gens décalés, en marge de la société, des personnes pas comme Monsieur Tout le Monde quoi. Si j’arrivais à faire connaissance avec lui, j’avais le sentiment qu’on pourrait bien s’entendre tous les deux. En tout cas, on pourrait se payer de belles tranches de rigolade. Je décidais alors de rentrer dans son jeu.


- T’as plutôt intérêt !

Autoritaire et malicieuse à la fois, je lui lançais un défi en espérant qu’il le relèverait. J’imaginais déjà Lotus dans une boutique de sous-vêtements féminins, se triturant les méninges pour choisir LE string qui tue.
J’avais oublié le lieu où je me trouvais. Le blondinet se chargea de me le rappeler en tirant sur la menotte pour m’emmener dans la cellule. Je saisis le bras de Lotus afin qu’il soit entraîné avec moi. Son escorte se trouvait dans l’obligation de suivre également.


- C’est mon p’tit ami. Vous n’êtes pas sans cœur au point de séparer un couple quand même ! Il faut absolument qu’il reste avec moi, sinon je vais faire un tel tapage que vous allez devenir sourd avant d’être vieux. Dis-je à l’attention des deux policiers qui ne devaient rien comprendre à la situation.

Bon gré, mal gré, ils nous jetèrent sans ménagement dans la cellule qui se trouvait à l’arrière du bâtiment, trop heureux sans doute, de se débarrasser momentanément d’une peste et d’un illuminé. Une chance, il n’y avait personne d’enfermé à l’intérieur. Ce n’était pas un palace mais il y avait des bancs en bois. C’était toujours mieux que le béton froid du sol. Les mains enfin libérées, je frottais mon poignet qui avait souffert du contact avec la menotte en métal. Il n’y avait pas été de main morte le blondinet ! Je jetais un regard furibond dans sa direction avant de me retourner vers Lotus.

- Je peux te poser une question ?
Qu’est-ce que tu fichais dans ce hall ? T’attendais quelqu’un ou tu voulais vraiment visiter les lieux ? T’as pas une tête d’admirateur de flics pourtant !
Au fait, pourquoi « Lotus » ? J’aime bien cette fleur, elle est jolie. C’est pour ça que tu as choisi ce pseudo ? Tu aimes les fleurs toi aussi ? C’est pas courant chez les garçons !

Je n’avais pas attendu qu’il réponde à ma première question, trop pressée d’en apprendre un peu plus sur lui. C’était souvent comme ça avec moi. Lorsqu’une personne attirait mon attention et attisait ma curiosité, je n’étais pas avare de questions. Je devenais très curieuse. Ca plaisait ou pas, je m’en fichais. J’avais besoin de savoir.
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MessageSujet: Re: Simple visite de routine... [Terminé]   Sam 25 Sep - 22:24

Finalement, c'est elle qui entre dans mon jeu. Les gens qui ont suffisamment d'autodérision pour supporter mon humour ravageur (si si) et particulier ne sont pas particulièrement nombreux. Je suis fan. En plus, elle me renvoie même la balle en me sommant de lui racheter un string. Encore faudra-t-il que j'en trouve un acceptable, c'est-à-dire qui puisse me plaire (parce que j'achète pas ce que j'aime pas) et lui plaire (parce que c'est quand même elle qui va le porter ou le jeter et pas moi). Ceci dit, j'ai le temps puisqu'elle ne m'a pas donné de délai.

A propos de délai, j'ai lu quelque part que les anciennes héritières nobles européennes, qui n'aspiraient qu'au veuvage, avaient un jour trouvé de bon ton d'exiger un délai avant le mariage, d'où la tradition des fiançailles de rêves suivies du mariage raté et de la tentative d'empoisonnement rituelle précédant le divorce. Hé bien ce délai est une chose qui n'existe plus à notre génération. La preuve: je viens de découvrir que j'étais en couple avec My love, en même temps que le reste du monde apparemment, et personne ne s'en étonne.

D'ailleurs, au lieu de perdre du temps à s'étonner, les uniformes nous traînent ensemble jusqu'à la cellule (de luxe) la plus proche et la ferment à clef. Certes, ils ne nous ont traînés ensemble que parce que My love m'a attrapé par le bras et entraîné avec elle par voie de fait. Mais on est quand même ensemble du coup. Ensemble dans une cellule aussi grise que les autres quoique pourvue d'un banc en bon état mais ensemble quand même. Mais je n'ai pas le temps de m'extasier devant le mobilier car ma nouvelle prétendue petite amie a décidé d'entreprendre un interrogatoire en règles et je me dois d'y répondre.

Ceci dit, il y a d'autre priorités. D'abord, me lever. J'ai beau admirer ce sol ouvragé, je craint à son air glacial que celui ci ne tolère pas une aussi grande proximité. Ensuite, assimiler les questions, ce qu'elles signifient, donner à l'information le temps d'arriver jusqu'à mon cerveau encore secoué par la beauté du sol... Et enfin, trouver quoi répondre.

- Alors en fait Lotus, c'est... pas pour la fleur, navré. Ce serait plutôt pour le papier toilette, j'ai toujours eu un caractère de c*iottes et un jour quelqu'un a précisé la marque. Quant à mon squattage du hall... C'était juste un élan de curiosité. Je suis un indicateur d'activité de la Police: quand ils ne peuvent pas me coffrer, c'est qu'ils sont très occupés, et en l'occurrence j'aurais voulu savoir pourquoi, mais je ne crois pas qu'ils comptent me le dire. Maintenant, à mon tour: pourquoi t'ont-ils arrêtée? Comment dois-je t'appeler? Et quelle couleur tu veux pour le string ? Si tu veux je peux continuer à t'appeler My love, mais j'ai juste envie de vérifier si je connaissais ton pseudo.


Maintenant que j'ai accompli mon devoir, je peux passer à une activité plus instinctive: tester pour la première fois le confort des bancs de cette cellule de luxe. Hélas, ils ne sont pas aussi agréables à occuper que je l'espérais. Je ferais bien une sieste mais j'ai envie de savoir le pseudo de My love, et je tiens à ne pas faire d'impair en matière de string. C'est très important de bien choisir un string. J'ai beau les porter aussi souvent que des talons aiguille (c'est à dire une fois par mois en moyenne), je sais que c'est important pour pas mal de gens. Relativement vital même, mais mes sources prosélytes exagéraient peut être un peu.
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MessageSujet: Re: Simple visite de routine... [Terminé]   Mar 28 Sep - 22:03

J’allais d’étonnement en étonnement.
Lotus ne releva pas mon petit défi. Dommage ! J’avais déjà imaginé la tête des vendeuses en le voyant entrer. Lotus, à mon avis, n’avait rien à voir avec les clients habituels des boutiques de sous-vêtements. J’aurais été curieuse de savoir comment il se serait débrouillé. J’aurais bien aimé voir ça mais ce n’était pas demain la veille qu’il allait m’offrir un string. Le petit jeu était terminé. Je fis une moue boudeuse trahissant ma déception.

Lotus ne releva pas non plus quand j’annonçais aux flics qu’il était mon petit ami. J’avais espéré une réaction de sa part, un désaveu ou une surenchère… Bah non, rien ! A croire qu’il était sur une autre planète à ce moment là. Deuxième échec.

Une fois dans la cellule, Lotus s’intéressait plus à la décoration qu’à moi. J’étais brimée par tant d’indifférence. J’avais bien fait de lui refiler une baffe tout à l’heure. En même temps, je me disais que ce n’était pas très malin car je me retrouvais coincée avec lui dans la même cellule. Je ne pouvais pas partir. J’étais obligée de supporter sa présence. Je décidais alors de mettre à profit cette promiscuité et de l’asséner de questions. S’il ne répondait pas, il y avait de fortes probabilités que je pète un câble car je ne supportais pas qu’on m’ignore. Il en mit un temps avant d’ouvrir la bouche… Grrr… mais il finit par répondre à toutes mes questions sans détour. Ce n’était pas trop tôt !

Il disait avoir un caractère de chiotte. Je ne savais pas trop comment il interprétait ce qualificatif mais si c’était pour son mauvais caractère, ça tombait bien, moi aussi. Ca ne m’inquiétait pas et si tant est qu’on fasse plus ample connaissance, je finirais bien par le découvrir.


- Bah moi je préfère rester sur ma première idée, la fleur de lotus.

Il n’avait évincé aucune question mais le must : il me posait des questions. Enfin ! Il s’intéressait à moi. Que ce soit bidon, je m’en fichais. Le principal était l’attention portée sur ma petite personne. Le bouquet final fut qu’il n’avait absolument pas zappé l’histoire du string. J’avais le sentiment que j’allais bien rigoler avec lui. J’étais relativement épatée par autant de rebondissements en si peu de temps.
Effet Lotus n° 4 ?


- J’avais juste pas mes papiers. C’est pour ça qu’ils m’ont embarquée. C’est n’importe quoi mais bon… Au moins ça m’a donné l’occasion de te revoir. On s’était bien marré la dernière fois, tu te rappelles ? Mon pseudo c’est M.J. C’est pas très original quand on sait que je m’appelle Mary Jane… Mais tu peux continuer à m’appeler My Love, ça me va bien je trouve. C’est vrai que je suis un amour…

Oui bon, c’était un petit mensonge mais ce n’était pas complètement faux. Persuadée qu’il risquait de ne pas me croire, j’ajoutais :

- Si si, je t’assure, je suis un ange quand je peux faire ce que je veux, où je veux et quand je veux. Et toi, à part Lotus, tu t’appelles comment en vrai ? Maintenant que notre sort est lié par cette cellule, tu peux me le dire…

Je fixais le visage du jeune homme de mes prunelles noires en m'approchant de lui avec candeur. Mes lèvres dessinèrent un petit sourire espiègle comme si je présentais un échantillon de ma pensée. J’avais envie de faire des bêtises. Je ne savais pas encore quel genre de facéties pourrait m’amuser et je comptais sur Lotus pour m’aiguiller. Allait-il déchiffrer mon appel codé ? J’attendais de voir si, celui qui ne cessait de m’étonner, allait comprendre.

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MessageSujet: Re: Simple visite de routine... [Terminé]   Ven 1 Oct - 19:21

Mais c'est qu'elle insiste avec sa fleur de lotus! Je sais même pas à quoi elle ressemble moi cette fleur... Faut dire que les dessins sur papier hygiénique sont rarement ressemblants. Enfin, si ça l'amuse de m'imaginer un caractère en forme de petite fleur jolie, légère, fragile et rare je ne vais pas l'en empêcher. J'aurais du mal d'ailleurs. Et puis, elle se rendra bien compte par elle même que je suis loin d'être fragile et que ce n'est pas un courant d'air qui me fera changer de place. Pour que je bouge un orteil contre ma volonté, il faudrait à la fois des nerfs d'aciers et une force honorable.

Ceci dit, je ne crois pas que l'objectif de My love soit de me déplacer. D'ailleurs elle s'appelle Mary Jane. Pseudo: MJ. C'est définitif, j'ai jamais entendu ce nom là. Je peux donc déculpabiliser totalement et continuer à l'appeler My love. Non seulement ça lui va bien, mais en plus j'aime pas les noms composés et puis elle est d'accord alors je ne vais pas me faire prier. Enfin, si, je pourrais me faire prier. Mais j'ai la flemme et puis ça serait pas sympa dès le.. deuxième jour. C'est la deuxième fois que je la rencontre.

Elle veut faire ce qu'elle veut, quand elle veut? Quelle coïncidence, j'aspire également à la liberté... De loin. Je suis capricieux, ça c'est vrai. Et du coup je fais un peu n'importe quoi, envers et contre tout. Ceci dit, je sais pertinemment que ma liberté s'arrête à celle des innocents et à la force de certains individus moins libres que moi mais mieux endoctrinés. A notre époque, militer contre l'esclavage semble absurde, et pourtant je crois que c'est la seule cause pour laquelle j'accepterais de m'engager sincèrement corps et âme. Après tout, l'esclavage a beau n'être qu'officieux, il existe toujours.

On a juste réussi à faire en sorte que les gens se sentent en sécurité. Et a leur faire oublier de se battre. Pas que je me batte beaucoup plus que le reste du monde, remarque: je ne fais que constater.

- Et toi, à part Lotus, tu t’appelles comment en vrai ? Maintenant que notre sort est lié par cette cellule, tu peux me le dire…

Quel ton dramatique... Tu ne veux pas qu'on se coupe une veine non plus histoire de rendre ça plus solennel? Sauf que j'ai pas de couteau sacrificiel, ni de couteau tout court. J'ai bien mes ongles mais bon. Voilà. Déjà ils sont pas très précis. Et puis ça ne se fait pas de griffer les gens quand on est un petit garçon bien élevé. Je suis un chien mal élevé mais je ne tiens pas à ce qu'on le voie trop donc j'ai appris les thèmes éducatif traditionnels. C'était distrayant.

Je ne peux pas m'empêcher de jeter un bref coup d'œil à mes mains. Oui, mes ongles sont toujours dessus, je n 'espérait pas vraiment qu'ils aient disparu. Un problème comme celui là, ça ne s'en va pas si facilement. Je n'ai pas besoin de continuer à les observer pour savoir qu'ils sont toujours de la même nature. Je ne sais pas comment mais je le sais. C'est intuitif. Aussi intuitif que la pensée suivante: "mince, j'ai oublié de répondre à la question".

- Je m'appelle Morgan. Reese. Jayden. Le deuxième prénom passe heureusement à la trappe dans pas mal de dossiers d'inscription. Du coup je peux m'en servir pour me faire une sorte de fausse identité à moitié vraie quand j'en ai besoin.

J'étais sur le point de commencer à raconter ma vie, mes amours, mes emme*des à My love quand le blondinet (alias la statue vivante, le retour) revint vers la cellule en claquant bien des talons pour qu'on l'entende arriver, qu'on constate sa discipline toute militaire et surtout qu'on se taise. Est-ce qu'il est au courant que l'armée n'aurait certainement pas voulu de lui? En attendant, My love me regarde à peu près comme me regardaient certains camarades d'école quand ils avaient la même idée tordue que moi en même temps. Enfin, je ne sais pas si on a jamais eu vraiment la même mais quand quelqu'un la prononçait les autres approuvaient aussitôt, comme s'ils n'avaient jamais pensé à rien d'autre.

Je me tourne vers le plus beau rêve d'Adolf et lui fais un de mes plus beaux sourires. Qu'on ait eu la même idée au pas, moi je m'ennuie. Donc, je ne vais pas laisser ce verrou de prison professionnel mourir sa petite journée tranquille. Je constate qu'il porte avec lui un téléphone mobile, probablement relatif aux droits que My love a exigé récemment. Je jette un oeil à My love.

Puis, je me jette à genoux devant la porte de la cellule, et accessoirement devant la blonde qui s'apprêtait à annoncer les raisons de sa présence (aussi claires qu'un lac de montagne ou qu'un ciel d'azur par un beau matin de mai mais dans l'armée on annonce toujours ses raisons parce que c'est le protocole). Mon attitude est volontairement suppliante.

- Colonel, je vous en conjure, donnez-moi la permission de vous ôter vos bottes! Elles sont tellement brillantes, tellement noires et tellement semblables à vous. Je vous jure que j'en prendrais soin et qu'elles me rappelleront toujours votre magnificence, votre éclat, votre amour, et que jusque dans la tombe je les chérirai!

Blondichou ne regarde même pas ses bottes. Snif. J'suis déçu. Moi qui aurait voulu qu'il s'inquiète un minimum pour ses bottes cirées. Je n'ai même pas beaucoup menti: ces bottes lui ressemblent beaucoup. Quand on les regarde, on ne voit que son propre reflet. Ces bottes n'ont rien de personnel, elles n'ont pas d'âme. Et lui non plus n'en a pas, pour être aussi stoïque. Il se contente de passer le mobile à travers la grille et d'annoncer qu'il reviendra dans une heure pour le récupérer.

Dès qu'il nous tourne le dos, je lui fais ma plus belle grimace et cesse immédiatement me jouer les serpillières serviles. Mon postérieur a beau être parfait, le maintenir à une altitude plus élevée que ma tête n'est pas très classe. Je ne peux pas m'empêcher de rire en me relevant. Je n'y ait pas été assez fort. Mais je suis sûr qu'il y un moyen de faire réagir Blondichou, c'est obligé. Et j'aurais forcément une seconde chance.

- Je peux me boucher les oreilles pour que tu puisses appeler si tu veux. Ou alors on peut faire un plan pour filer d'ici malgré la porte et aller acheter un string avec Blondichou. Sans, ce serait mieux bien sûr mais s'il vient ça sera légal.. Ou alors on peut faire des blagues téléphoniques, mais faut savoir qui on appelle sinon c'est pas drôle.
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MessageSujet: Re: Simple visite de routine... [Terminé]   Ven 1 Oct - 22:26

Le jeune homme n’insista pas sur l’origine de son surnom. De toute façon, il aurait pu insister dix ans, je serais restée sur ma position. Je préférais penser à la fleur qu’au papier hygiénique. Certes, c’était très utile et je ne pourrais pas m’en passer, mais franchement, quelle idée de comparer un caractère à une marque !

Entre le moment où j’avais posé ma question et celui où il répondit, il se passa un temps interminable. Je commençais à penser que Lotus était à moitié sourd. Je le regardais assez perplexe en me demandant si il comprenait tout ce que je disais. Je ne lui avais pas demandé quelque chose de difficile pourtant ! Heureusement que je n’avais pas lancé une conversation sur un thème précis, car dans ce cas, j’aurais peut-être attendu deux bonnes heures avant que mes mots ne remontent jusqu’à son cerveau.

C’était bien gentil tout ça mais si nous devions passer plusieurs heures dans la même cellule et que Lotus n’était pas foutu de soutenir une conversation, j’allais m’ennuyer comme un rat mort. L’ennui et moi, on n’était pas copain. Je détestais m’ennuyer. Si ça m’arrivait, si je n’allais pas me coucher, je m’empressais de trouver quelque chose pour m’occuper. Quoi de mieux que de s’occuper à faire des bêtises ? Rien. Si je ne m’amusais pas à mon âge, je ne m’amuserais jamais.

Quand j’observais les adultes, ils étaient toujours pressés, souvent de mauvaise humeur, ils râlaient pour un rien, ils cherchaient la petite bête là où il n’y en avait pas, ils s’arrangeaient pour se créer des problèmes quand tout allait bien… Bref, les adultes étaient trop rabat joie à mon goût. Je n’étais pas pressée de grandir et j’espérais de tout cœur ne jamais leur ressembler.

Ce qui me plaisait chez Morgan, car son vrai prénom était Morgan, c’était qu’il ne ressemblait pas à tout le monde. Il était plus vieux que moi mais ne se prenait pas au sérieux. Il aurait fallu être aveugle pour ne pas remarquer que ce garçon avait un truc hors du commun. Je ne saurais dire pourquoi, mais il me plaisait bien. Sa désinvolture et sa tignasse, qui devait provoquer des infarctus instantanés chez les coiffeurs, y étaient pour quelque chose. J’aimais les gens décalés et Lotus en faisait partie.

Mes impressions furent confirmées une nouvelle fois lorsqu’il se jeta aux pieds de Pablo en le suppliant de le laisser ôter ses bottes. Quelle drôle d’idée ! L’avantage était que cette idée loufoque me fit rire. Voir Lotus, les fesses en l’air, implorant le grand dieu des flics débiles, était comique. Le policier, égal à lui-même, ou plus précisément égal à une larve insignifiante, n’avait pas bronché. La tête qu’il fit, ou plutôt qu’il ne fit pas, était des plus risibles. Je pris le téléphone portable qu’il me tendit sans dire merci en riant encore de son attitude.

Le blondinet répartit comme il était venu et je reportais mon attention sur mon compagnon de cellule. Il était prêt à se boucher les oreilles pour ne pas entendre ma conversation. Je fus agréablement surprise par son savoir vivre. Wouaah ! Un gentleman !
Effet Lotus n° 5 !


- Pas de problème, j’vais juste passer un coup de fil à l’avocat de mon père pour qu’il nous fasse sortir de là.

J’étais toute émoustillée à l’idée qu’une personne, en ce bas monde, montrait de la déférence à mon égard sans qu’il y soit forcé. Morgan était un garçon à multiples facettes. Je n’avais encore jamais rencontré quelqu’un comme lui jusqu’à présent. C’était trop bien. Avec lui, je ne risquais pas de m’ennuyer. Je ne téléphonais pas de suite car d’autres choses avaient capté mon intérêt.

- T’as vraiment un plan pour qu’on se tire d’ici ? Ca serait mieux car si j’appelle l’avocat, à tous les coups il va prévenir mon père, et lui j’veux pas le voir. Sinon, tu voudrais appeler qui ?

Pour les blagues téléphoniques, je n’étais pas contre, mais je commençais à en avoir assez d’être enfermée. J’avais posé la question juste pour faire comme si ça m’intéressait pour éviter de contrarier le jeune homme qui montrait tant d’égard envers ma petite personne. Par contre, j’étais curieuse de connaître son plan diabolique car je n’avais aucune idée de comment on pouvait franchir les barreaux et s’enfuir sans être vu. J’étais également impatiente de sortir du commissariat pour aller acheter un string. L’idée d’être escortés par Pablo était aussi très alléchante mais en y réfléchissant un peu, ça me rappelait trop mes escapades où j’étais contrainte d’être accompagnée par le toutou de mon père, prénommé Owen.
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MessageSujet: Re: Simple visite de routine... [Terminé]   Dim 3 Oct - 18:08

Son père a un avocat. My love est donc bien une affaire d'Etat. Ceci dit, elle ne peut pas être le problème-urgent-de-la-mort-qui-tue qui occupe la police puisqu'elle n'a été arrêtée qu'aujourd'hui, et sur une simple histoire de documents. Évidemment, certaines affaires de documents sont également des affaires d'État très importantes qui nécessitent le plus grand secret et une force armée pour les protéger. Seulement personne ne demanderait aux flics de protéger un secret de ce type et de toutes façons ce n'est pas de ce type de documents qu'il s'agit en l'occurrence. Enfin je crois, en tout cas My love le dit et je la crois, elle, sur ce point.

Personnellement, j'ai pas encore de plan bien arrêté mais ça va venir, suffit de bien chercher. Puisque My love ne veut pas appeler l'avocat, on va bien devoir se débrouiller de toutes façons. Remarque, on pourrait aussi faire une blague téléphonique à l'avocat, voire au papa de My love. Ça pourrait être amusant. Enfin, peut être qu'elle ne veut même pas l'avoir au téléphone. Si elle ne veut déjà pas lui demander de l'aide dans notre situation, c'est que la leur doit être assez tendue.

Pourtant, en général, les riches héritiers sont éduqués de façon à ne jamais s'opposer à leurs parents, et ils reprennent la dynastie sans faire trop de chichis tant qu'aucun grain de sable (exemple: moi) ne vient enrayer la machine à perpétuer la tradition. Il y a bien quelques exceptions qui découvrent le monde et se rebiffent contre leur avenir tout tracé mais ils sont rares et cela est généralement dû à une négligence de la part des éducateurs, la plus grave consistant à inscrire le bambin dans des écoles banales comportant des élèves normaux.

Enfin, ce n'est pas à moi de m'intéresser au problème. En plus, moi je suis plutôt content que son conditionnement ait foiré: du coup elle est avec moi et c'est plutôt distrayant. On va bien trouver un scénario à nous deux. C'est d'autant plus important que je tiens à gagner la prochaine bataille contre notre statue vivante locale j'ai nommé Blondichou, le vaillant flic qui se prenait pour une majorette. Ouais je suis pas sympa avec lui, mais il avait qu'à pas m'ignorer d'abord. Faut toujours s'occuper des chiens et des enfants en bas âge, on lui a jamais appris ça ?

- Bon, l'objectif c'est que Blondichou ouvre cette porte. Il peut le faire soit si l'un de nous nécessite des soins d'urgence (mauvaise idée), soit s'il doit intervenir pour qu'on ne s'entretue pas (mais il peut très bien prétendre ne pas avoir vu et nous laisser nous battre), soit si on arrive à le convaincre de nous laisser sortir.

Tout le problème est là: comment convaincre quelqu'un qui ne vit que par les règlements et dont vous enfreignez la vie joyeusement? La réponse est simple: il n'y a pas moyen. Quoi que ni moi ni My love ne sommes vraiment en situation d'illégalité. Notre position est tout juste irrégulière, et elle peut aisément le devenir. Peut être que si on joue les enfants sages? Mouais, on a affaire à un bloc de glace quand même. Et puis, j'aime pas jouer la comédie autrement que par caprice.

Seulement là, c'est pas en jouant au petit chien fou que je pourrais sortir d'ici. Parce que ç'a beau être une cellule de luxe elle est aussi ennuyeuse que les autres. Aussi froide aussi. Et la compagnie de My love a beau être charmante, je préfèrerais jouer avec elle ailleurs. Oui: jouer. J'ai décidé que je jouerais cet après midi, que ce soit en commissariat, en cellule, ou ailleurs. Même si on m'envoie en première ligne sur un front dangereux je continuerais à faire joujou. Peut être pas longtemps, certes. Mais je ne vais pas devenir sérieux jusque parce que le reste du monde à décidé de l'être!

- Au pire, on pourra essayer de forcer la serrure, mais le mieux ça serait de convaincre Barbie. Quand c'est à moi que ça arrive je me contente de prendre un air con et ça marche parfois, mais tout le monde ne fait pas l'amalgame imbécile-innocent, et je suis pas sûr que Blond-képi ferait preuve d'indulgence, même si on lui propose de nous accompagner. On peut toujours essayer hein, mais faut un plan de rechange.

Je ne suis pas à court d'idées. Loin de là. Mais mes idées habituelles n'auront aucun effet sur lui. Pourtant j'aurais été ravie de l'inviter pour une valse, ou de jouer la carte du pauvre petit garçon repentant et délaissé qui a une vie pas facile du tout, ou de lui proposer un paiement en nature en échange de ma liberté... Sauf qu'il n'est pas mignon, pas sympa, probablement cœur de pierre et que je ne voudrais pas engager My love dans des conneries plus grosses que moi qui pourraient lui rester en travers de la gorge. Après tout, j'ai encore aucune raison de lui faire des crasses.

Ceci dit, je préfèrerait quand même qu'on n'en vienne pas à forcer cette pauvre porte timide qui est certainement contre la violence et qui ne nous a rien fait. . . bon, en fait je m'en fiche de cette porte. J'ai juste pas envie de mettre mes ongles dans sa serrure. Bien sûr, il est impossible de les casser. Bien sur, ça fonctionnera certainement. Mais ils n'ont pas toujours été comme ça, et j'ai encore une peur panique de me faire mal, sans doute à cause de leur précédente fragilité. On se moque des filles mais ça fait vraiment mal de se casser un ongle! Et même quand on sait que c'est plus possible, c'est normal d'être encore inquiet à l'idée d'en coincer un dans un mécanisme inconnu.

- Sinon, on a encore le temps de faire une blague à ton père et a son avocat, ou d'appeler à l'aide à l'ambassade en se faisant passer pour des otages européens, ou d'enregistrer des numéros roses dans le répertoire, ou de commander une pizza... On peut faire un tas de trucs avec un téléphone.
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MessageSujet: Re: Simple visite de routine... [Terminé]   Lun 4 Oct - 22:34

J’écoutais avec attention les solutions proposées par Morgan. Il était génial ce garçon, il avait plein d’idées, toutes aussi alléchantes les unes que les autres. Je ne savais plus quoi choisir. J’avais aussi quelques idées dont une qui pourrait sans doute lui plaire. Par où commencer ? Procédons par ordre et élimination.

Le téléphone : le blondinet me l’avait passé pour une heure. Il m’avait fait une fleur sur ce coup là car normalement je n’avais le droit qu'à une seule communication. Alors autant profiter de l’aubaine et passer plusieurs coups de fil.

Au cas où on ne nous laisserait pas quitter le commissariat pour x raisons, il fallait que j’assure mes arrières et ceux de Morgan. J’aurais bien appelé l’avocat de mon père mais, il y avait juste un tout petit problème, je ne connaissais pas son numéro. Je n’avais plus qu’à me faire violence en téléphonant à mon père. J’étais obligée d’admettre qu’Il était le seul à pouvoir me sortir de là. Je composais son numéro une première fois mais sa messagerie s’enclencha au bout de cinq sonneries. Il devait être occupé ou il n’avait pas entendu ou il ne voulait tout simplement pas répondre car le numéro lui était inconnu. J’essayais encore une fois, sans succès.


- Jamais là quand j’ai besoin de lui ! Tiens, j’vais lui envoyer un sms.

Tout en pianotant sur le clavier du téléphone, je lisais à haute voix ce que j’écrivais. Morgan devait être au courant de ce que je lui préparais.

1er sms : Monsieur Holster, une jeune fille de taille moyenne, brune aux yeux noirs, est au commissariat et prétend être votre fille. Elle n’a pas ses papiers et elle est accusée d’outrage et de violence sur agents. A partir du moment où nous l’avons arrêtée, elle n’a pas cessé de hurler et de se débattre, blessant ainsi un des policiers chargés de la surveiller. Nous avons eu beaucoup de mal à la maîtriser et avons été dans l’obligation de lui passer les menottes…
2ème sms : Elle dit avoir 18 ans et s’appeler Mary Jane. Son compagnon de cellule, un garçon étrange aux cheveux longs nommé Lotus, l’appelle My Love. Aussi permettez-moi de douter sérieusement de son identité. Afin de savoir qui elle est, vous êtes prié de nous rappeler au plus vite. Ce sera plus facile d’échanger nos impressions oralement.
3ème sms : Elle refuse de vous parler et nous ne pouvons pas la forcer car nous ne voudrions pas avoir de problème avec vous. Nous espérons ne pas trop vous déranger, mais nous devons suivre la seule piste qu’elle a bien voulu nous donner, à savoir vous Monsieur Hoster. Nous attendons votre appel au plus vite.
4ème sms : Dernière précision : Si il s’avère qu’elle est votre fille, nous vous demanderons de bien vouloir passer au commissariat afin de rapporter ses papiers et de payer sa caution ainsi que celle de son ami, qui lui, n’a rien fait de particulier si ce n’est être là au mauvais moment.
5ème sms : En rappelant le numéro qui s’affiche sur votre portable, précisez bien que vous voulez parler uniquement à Monsieur Pablo Blondichoularve de la Porte Close. C’est le nom du policier en charge de cette affaire. Merci. A très bientôt.

J’avais envoyé les cinq sms à la suite, ce qui ferait cinq bips. Si avec ça mon paternel n’entendait pas, c’était qu’il était devenu sourd ou qu’il avait perdu son portable. S’il ne rappelait pas, il faudrait trouver une autre solution pour sortir de cette prison.

Il y avait aussi la possibilité qu’il ne rappelle pas simplement parce qu’il se fichait complètement de moi. Oui ça c’était un fait certain, il n’en avait rien à faire de sa progéniture, mais il y serait bien obligé de s’en occuper pour ne pas voir son nom traîner n’importe où. Cela ferait mauvais genre si le grand public apprenait que Monsieur Dunney Steeve Holster ne s’occupait pas de sa propre fille. Le grand Holster, le puissant dirigeant de Genetech voulait entretenir son image de marque. Alors, égoïstement, il ne pouvait pas laisser passer. J’osais espérer qu’il rappellerait dès qu’il aurait pris connaissance des messages.


- Lotus, quand le téléphone sonnera, tu répondras et tu te feras passer pour un flic. Ne me dis pas non, c’est TON idée.

J’étais toute excitée à l’idée de ce qui allait se passer. J’étais très curieuse de savoir comment Morgan allait jouer la comédie. J’espérais qu’il allait mener mon père en bateau ou partir dans un délire qui ne ferait rire que lui et moi.
Je passais devant Morgan et me collais, dos à la grille. Le temps que mon père prenne la peine de rappeler, je visionnais le répertoire et vit un numéro de téléphone qui m’avait tout l’air d’être une ligne rose. Ca ne m’étonnait pas du tout. Les flics n’étaient pas les derniers à profiter de ce genre de services qui étaient gratuits pour eux puisque c’était une ligne professionnelle. Je mis le haut parleur assez fort pour que tout le monde puisse entendre. Une voix féminine, sensuelle et polissonne répondit.


Citation :
- Bonjour Pablo, je suis ravie que tu me rappelles. Je m’ennuyais de toi tu sais. C’était sublissime la dernière fois. Ta voix est tellement sexy… Elle me fait vibrer. Mmmm. Pablo, tu ne dis rien… Parle-moi s’il te plait… C’est bien toi au moins ? Pablo ? Pabro ? Paaablooo ?
Je ne pouvais pas répondre avec ma voix de fille, alors je refilais le téléphone dans les mains de Morgan pour qu’il parle à la place de Pablo. Si ce dernier n’était pas sourd, il ne tarderait pas à montrer le bout de son nez. En même temps, je me collais contre le côté gauche de Morgan en imitant la voix de la fille du téléphone rose. Je répétais plus ou moins ce qu’elle disait en massant doucement l’épaule et le haut du dos de Morgan :

- Bonjour Lolo, je suis ravie que tu sois là. Je m’ennuyais tu sais. C’était sublissime la dernière fois. Mmmm. Lolo, parle-moi s’il te plait… Loloooooooooooooo ?

Un sourire malicieux aux lèvres, j’attendais de voir la réaction de mon compagnon de cellule. Remarquez que Pablo et Lolo se terminent par la même syllabe, si le blondinet de service ne se montrait pas, il faudrait définitvement trouver une autre solution. Papa ? Bah encore faudrait-il qu’il rappelle celui-là !
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MessageSujet: Re: Simple visite de routine... [Terminé]   Ven 8 Oct - 19:20

My love a finalement décidé d'appeler son pôpa. C'aurait été une bonne idée si ce dernier avait été joignable, enfin ce n'est pas non plus comme si j'espérais grand chose de ce côté là. Elle n'a pas l'air de beaucoup apprécié son paternel, j'en veux pour preuve la série de SMS qu'elle lui a envoyé. Elle aurait pu appeler à l'aide, mais non. Elle préfère jouer la comédie. Son message est assez réaliste si on excepte le nom de Blondichou. On ne choisit pas son nom bien évidemment mais il y a des limites au ridicule: ce type aurait pu porter plainte si ses parents lui avaient refilé un nom comme celui là.

En même temps, le prénom ne vaut pas mieux. Pablo, qui voudrait s'appeler Pablo? A part quelque excentriques et autres masos, personne. A propos de nom, celui du pôpâ de My love me rappelle quelque chose. Mais je ferais mieux de l'oublier pour le moment parce que je suis sensé être un flic et que les flics et moi n'avons pas les mêmes habitudes dans la plupart des domaines. Par conséquent, dans mon identité temporaire, je ne connaît sans doute pas ce monsieur sinon en tant qu'individu suffisamment influent pour exiger un traitement de faveur envers sa fiffille.

En attendant, My love est en train d'appeler un numéro qui, au vu de la voix qui répond, doit être payant. Et au vu de ce qu'elle dit, le numéro en question doit avoir une certaines couleur. Je pencherais pour celle qui se trouve ente le rouge et le blanc. Non je n'ai jamais appelé de numéro rouge, blanc ou médian mais... on va dire que la peu de charmes de Blondichou est une preuve suffisante pour affirmer que cette voix au bout du fil n'est pas celle de son épouse. Quant à sa maîtresse, je ne crois pas qu'il soit du genre à en avoir une. Seulement je ne sais pas vraiment si je pourrais me mettre à sa place.

Et c'est un problème puisque My love vient de me refiler le portable, probablement dans l'intention que je joue le rôle de Blondichou. Si ça se trouve, ce n'est pas lui qui utilise ce mobile mais ce n'est pas ça qui va me faire renoncer à ma distraction principale. Et puis, il n'avait qu'à pas nous donner un mobile avec ce genre de numéro aussi: il le savait qu'on allait faire des conneries avec! A la réflexion il ne le savait sans doute pas. Son esprit étriqué ne doit pas être en mesure de comprendre qu'on puisse être derrière les barreaux et continuer à plaisanter avec notre seul espoir de sortie immédiate. Il n'empêche qu'en tant que flic il doit soupeser toutes les éventualités. Comme je l'ai dit il y a à peine une minute: on peut faire un tas de choses avec un portable... il doit bien en connaître quelques unes.

Ceci dit, je vais avoir du mal à jouer ce rôle si My love me déconcentre. Elle a décidé de me faire un massage, ce qui n'est pas une mauvaise chose en soi, mais elle a aussi décidé d'imiter la fille du téléphone. En version bien réelle. Je n'ai rien contre les filles aguicheuses, mais je préfère quand elles s'en prennent à d'autres personnes. Peut être parce que ça ne me fait aucun effet autre que de me rendre mal à l'aise, ou me faire rire. En tout cas, j'espère qu'elle plaisante.
Mouais, je vais jouer mon rôle et on verra ça après. Pour le moment, je dois faire en sorte que ce numéro ne puisse plus jamais appeler sa ligne préférée.

- Je t'entends bébé, pas la peine d'en faire toute une histoire. Tu sais que t'as une voix atroce? On dirait qu'une hyène t'as refilé son rhume. Enfin, c'est pas pour que tu chantes que je t'appelle. J'ai très envie de venir te voir, et j'ai des amis qui seraient ravis de jouer avec nous, tu veux bien? On sera tous en uniforme pour l'occasion. S'il te plait...

Je n'écoute même pas ce qu'elle dit, elle doit chercher un moyen d'éconduire "Pablo" sans trop se mouiller. Ces filles là font rarement autre chose que du téléphone, alors je lui ai sans doute fait peur. C'était le but en même temps mais je m'en voudrais presque de gâcher ses heures de boulot. Si ça se trouve, elle n'a même pas le droit de rencontrer ses clients. D'ailleurs, elle vient de raccrocher. Mais ça, ce n'est pas mon problème: maintenant, je dois comprendre ce qui a pris à My love d'imiter cette fille au bout du fil.

Et me*de, la téléphone sonne. Je maudis le type qui a choisi cette immonde sonnerie digne d'une créature d'outre-monde jusqu'à la troisième génération et décide de répondre. C'est ce qu'on a convenu après tout, mais il va quand même falloir que je vérifie qu'elle ne s'intéresse pas à moi, et ce genre de responsabilités me fatigue par avance. Remarque, du coup je suis dans un état d'esprit parfait pour mon second rôle de l'après-midi: stressé, agacé, je vais sans doute être désagréable et ce sera très crédible. Quoi qu'en fait nan, je suis sensé avoir peur pour mon poste. Ça veut dire que je vais devoir être servile? J'aurais du refuser de prendre la communication moi.

- "Il y a eu erreur, ma fille est (heureusement pour elle) sagement occupée à faire ses devoirs chez nous. J'ignore qui est la jeune fille qui vous pose problème mais ce n'est pas la mienne, débrouillez-vous avec."

Il raccroche. Je n'ai même pas pu dire un mot! C'est une bonne chose, je ne sais pas comment j'aurais pu jouer les faux-jetons, mais quand même... Même pas une seconde de comédie. J'suis déçu. En plus, apparemment My love s'est trompé de numéro, ou alors elle a réussi à faire croire à son père qu'elle travaillait et il y croit encore, ou alors son père est un gros enfoiré. Je penche pour la seconde option, mais je suis mal placé pour juger tout ça. D'ailleurs, je n'en ai pas la moindre envie. Je veux juste m'extirper de cette situation. Que j'ai choisie, certes, mais à ce moment là, c'était plus simple de composer avec My love. Quoi que rien ne m'oblige à relever son comportement.

- A en croire le père, "Mary Jane" fait ses devoirs chez elle et tu n'existes pas. Il est fou ou bien il t'en veut ?
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MessageSujet: Re: Simple visite de routine... [Terminé]   Lun 11 Oct - 18:54

En imitant la voix de la fille du téléphone rose, je m’étais collée au flanc de Morgan et pratiquais un petit massage. Je ne savais pas trop si il appréciait car il ne fit aucun commentaire et ne me repoussa pas. Choueeette ! Alors je continuais pendant qu’il répondait au téléphone. J’arrêtais de le tripoter pour éclater de rire quand il compara la voix de la fille à une hyène enrhumée. J’imaginais bien sa tête d'ahurie à l’autre du bout du fil. Elle ne devait pas comprendre ce qui lui arrivait et n’était sans doute jamais tombée sur un garçon comme ça. A la fin elle a du savoir que c’était une blague car elle raccrocha sans laisser le soin, à Lotus, de terminer sa phrase. En attendant, moi, j’avais bien rigolé, pas assez mais c’était déjà ça.

- Bah dis donc, elle est pas marrante. Genre dévergondée mais aucun humour, y’a vraiment que le fric qui l’intéresse… Je levais les yeux au ciel et fit part de mes pensées en fronçant les sourcils d’un air suspect et faussement sérieux.

- Si ça se trouve c’est une vieille de 90 ans, toute rabougrie, qui a juste une jolie voix et qui arrondit ses fins de mois parce qu’elle a une retraite de misère. J’ai déjà vu un truc dans le genre dans un reportage. Il parait que c’est très courant en plus. Soit elles sont vieilles, soit elles sont trop moches, soit elles sont aigries et méchantes. Non mais tu te rends compte ? Y’a des mecs qui prennent leur pied avec des filles pareilles…»

Quant à Pablo, dont j’avais presque crié le prénom, il ne montra aucun signe de vie. Soit il ne savait plus où se mettre et s’était caché dans un trou de souri, soit il était trop loin pour entendre, ce qui était quand même très étonnant, soit il s’était tout bêtement absenté du commissariat. Si seulement ça pouvait être la même chose pour les autres flics, Lotus et moi aurions le champ libre pour s’évader. Mais bon, il n’était pas possible de vérifier à moins de crier au feu pour voir combien ils étaient.

*Tiens, une idée à retenir au cas où mon père ferait aussi le mort*

En parlant du père, le téléphone d’où j’avais envoyé les sms sonna. Il en avait mis un temps ! Cela dit, le dit numéro était occupé avec la fille du téléphone rose. Je montrais une certaine impatience et guettais le moment où Morgan allait répondre. Bah j’attendis pour rien car il ne dit pas un mot. Après tout, ce n’était peut-être pas mon père qui rappelait car Lotus avait l’air déçu. A mon tour d’être déçue, mon père, car c’était bien lui qui venait d’appeler, avait dit que je faisais mes devoirs. Pas déçue parce qu’il avait raconté n’importe quoi mais déçue qu’il n’ait pas cru à mes sms. J’y avais été un peu trop fort avec le nom du flic qui, en y pensant, était complètement ridicule. J’aurais du réfléchir à deux fois, mais c’était tellement amusant d’affubler le flic de ce nom de famille impossible. J’étais en colère après moi et après mon père aussi. Y’a pas de raison, je n’avais pas à tout supporter.


- N’importe quoi ! Il sait très bien que je ne fais jamais mes devoirs… Celui là, le jour où il se bougera les fesses pour moi, il pleuvra des lingots d’or ! Bref, et maintenant on fait quoi ? J’ai pas l’intention de moisir ici moi !

Je commençais à m’exciter toute seule dans la cellule. Moi enfermée contre mon gré, j’étais comme une lionne en cage. Je n’étais pas claustrophobe mais je n’aimais pas qu’on me force à faire ce que je ne voulais pas. Je me mis à crier à qui voulait l’entendre et je piétinais comme une gamine capricieuse que j’étais quand je n’avais pas ce que je voulais.

« HEEEEYYYY, y’a quelqu’UUUNNN ? Put**n répondez là dedans !
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MessageSujet: Re: Simple visite de routine... [Terminé]   Dim 17 Oct - 20:42

Evidemment qu'elle est pas marrante la dame: elle travaille. Et au travail ça ne rigole pas, non mais! Oh, on pourrait penser que ce travail en particulier laisse échapper quels écarts à la sacro-sainte règle ultime de l'Emploi, mais il faudrait tellement d'optimisme que ça me fatigue déjà. De toutes façons, qui serait assez naïf pour espérer une once d'humour de la part d'une traîne-misère sous-payée, donc déprimée, ou d'une respectable épouse qui s'ennuie ferme, ou - comme le suggère My love - d'une ancêtre essayant tant bien que mal de s'acheter sa pâtée quotidienne?

Quelques personnes, pas plus. Je n'ai pas envie de faire un calcul aussi pathétiquement sérieux. Et oui, je me rend parfaitement compte que des individus du genre humain appellent volontairement ces personnes non pour se moquer d'elles mais bien pour acheter, et au prix fort, leurs services de piètre qualité. Même moi je me rend compte que c'est du bas-de-gamme, c'est dire: d'ordinaire toute tentative féminine d'attirer mon attention provoquer chez moi la même gêne proche de la pitié, et là c'était encore pire. J'ai conscience de n'être pas beaucoup moins ridicule, mais c'est plus fort que moi: moins je me sens concerné et plus je me marre. Or, je ne me sens pas concerné par grand chose, à part moi même et les mâles au physique avantageux.

Par ailleurs, je viens d'apprendre de Mary Jane ne faisait jamais ses devoirs. Pas bien ça. Son père a vraiment raté son lavage de cerveau. Ou alors il a été assez con pour croire qu'elle prendrait sa suite et travaillerait d'arrache-pied pour cela de son plain gré, sans influence aucune. Ce qui est sûr, c'est que c'est un bel enfoiré. Signaler à sa fille qu'elle devrait faire plus souvent ses devoirs de cette façon - en la laissant en prison - c'est quand même un peu exagéré. J'ajouterais bien "odieux" mais bon, il a du croire à une blague (avec le nom que My love a indiqué pour Blondichou) et donc on ne peut lui en vouloir qu'à moitié. Mais rien que la moitié de ma rancune pour un type pareil, c'est déjà pas mal.

My love n'a pas de patience. Il aurait suffi d'attendre patiemment le questionnaire et on aurait été dehors avant le fin de la journée. Mais non, il faut qu'elle hurle. Alors que c'est la pause et que si quelqu'un nous entends, c'est quelqu'un qui a perdu à la courte paille et est donc de très mauvaise humeur. A moins qu'ils soient trop débordés pour avoir laissé quelqu'un dans les environs ? J'aime pas ça. Quand la police est occupée à ce point c'est qu'il y a de très gros problèmes. Du genre trop gros pour que quelqu'un comme moi soit au courant mais dont tout le monde sauf moi est parfaitement conscient.

Mouais, revenons à My love, qui beugle parce que son père ne s'occupe pas de sa petite personne. Remarque, je ne suis pas sûr d'avoir envie qu'il devienne responsable si c'est pour me tuer d'un lingot sur la tête. Quoi, c'est con comme mort, d'avoir le crâne fracassé par une pluie de lingots d'or! En plus ça casserait les vitres, raserait les plus petits bâtiments, bousillerait l'échelle de valeur de l'humanité et détruirait l'économie mondiale. Bref, mieux vaut ne pas l'envisager, on tombe très vite dans un schéma post-apocalyptique qui me va trop bien au teint, et je tiens à contraster encore et toujours avec le reste du monde.

Je soupire, et me dirige vers la porte. Cette serrure ne me plait pas. Elle a l'air solide. Genre acier blindé, un truc dans lequel on évite de mettre une simple barrette à cheveux de peur de la bloquer à jamais et de ne plus pouvoir sortir même avec la clef. Mes ongles ne sont pas aussi fragiles qu'une barrette à cheveux, mais il me faut quand même deux grandes inspirations avant de poser la main sur cette porte.

En fait, c'est un simple loquet. N'importe quelle barrette à cheveux aurait pu l'ouvrir et moi, comme un con, j'ai été y risquer l'ongle de mon index gauche. La police doit avoir sacrément confiance en son personnel pour sécuriser ses cellules aussi peu. Enfin, c'est vrai que cette cellule ne sert pas à n'importe qui, et qu'elle est au beau milieu du bâtiment principal de la police donc on ne manque théoriquement pas de surveillance. C'en est presque inquiétant en fait. Qu'il n'y ait personne je veux dire. Tout ça me ramène à mon tableau noir foncé d'après-guerre.

Quoi qu'il en soit, la porte est ouverte, ce qui devrait contenter My love. Et moi, je vais voir s'il reste quelqu'un dans les couloirs, les bureaux... Trouver quelque chose de vaguement humain qui m'assure que la vie existe encore. Rien que de très normal, quoi.
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MessageSujet: Re: Simple visite de routine... [Terminé]   Dim 24 Oct - 20:00

J’avais bien rigolé avec la blague faite à la dame du téléphone mais le coup de fil de mon père m’avait mise en colère. Je ne pensais plus qu’à une chose : sortir de cette cellule qui puait la misère. J’avais beau hurler, personne n’entendait. Ces abrutis de flics n’étaient pas là ou ils faisaient semblant de ne rien entendre. J’étais énervée et le calme de Lotus m’énervait encore plus. Son calme couronné de son silence avait le don de m’exaspérer. Pourquoi ne disait-il rien ? Pourquoi restait-il aussi calme ? Pourquoi… pourquoi ne réagissait-il pas ? Grrr. J’étais comme un lion en cage et j’arpentais la petite pièce d’impatience.

- P*tain ! Faut qu’on sorte de là. On ne va pas moisir ici quand même !

Je ne savais pas si c’était mon attitude ou si c’était la défaillance des policiers incapables de faire leur boulot qui le faisait souprier, mais au moins, ça le fit réagir. Enfin ! Ce n’était pas trop tôt. Il lui en avait fallu du temps pour se bouger les fesses. Sans doute était-ce le temps qui lui était nécessaire pour trouver une solution. Pas rapide le gars, mais au moins il avait le mérite d’avoir essayé. C’était bien connu, les garçons étaient souvent plus lents que les filles.

Mon agacement se calma quand je vis qu’il réussit à ouvrir la porte. J’étais même plus que calmée, j’étais abasourdie par la puissance de ses ongles. J’en avais vu des trucs bizarres chez les cobayes de Genetic mais je n’avais encore jamais vu un truc pareil. Non seulement j’étais surprise par cette capacité particulière mais j’étais encore plus surprise d’apprendre qu’il était comme… comme moi en fait. Ce genre de rencontre avait toujours un effet particulier sur moi. Ca me rendait aussi heureuse qu’inquiète. Heureuse de savoir qu’il existait des personnes douées d’une capacité, encore libres de leurs mouvements ; inquiète en pensant que ces gens libres étaient des cibles potentielles pour l’organisation de mon père. Inquiète aussi de savoir comment j’allais m’y prendre pour lui dire de se méfier.

Morgan avait utilisé son don devant moi, une fille qu’il connaissait à peine. Je pourrais très bien être du côté de mon père et il n’en coûterait pas cher de sa peau si c’était le cas. Il ne pouvait pas savoir que j’étais contre lui.


- T’es complètement dingue ! T’es inconscient ou quoi ?

Au lieu de le remercier d’avoir ouvert la grille, je l’engueulais presque d’être aussi imprudent. Attention, je l’engueulais gentiment car j’étais inquiète à l’idée qu’il se fasse embarquer et qu’on lui fasse subir tout un tas de tests qu’il n’apprécierait sans doute pas. J’avais juste oublié de préciser que mon mécontentement était en rapport avec sa capacité. Il risquait de ne plus rien y comprendre. Pas le temps de s’éterniser plus longtemps, il fallait filer.

- Bon allez, cassons nous avant que les flics ne se réveillent.

Sans attendre, je sortis de la cellule en passant devant Lotus. Je m’apprêtais à traverser le couloir comme si de rien n’était. Au pire, si on rencontrait un policier, on pourrait toujours lui raconter un bobard. Avant de m’engager, je reculais d’un pas pour me mettre à la hauteur du jeune homme à qui je fis un bisou sur la joue.

- T’es trop toi !

Un petit compliment à ma façon pour remercier Lotus de nous avoir libérer.
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MessageSujet: Re: Simple visite de routine... [Terminé]   Dim 21 Nov - 16:16

J'aurais préféré que My love ne soit pas aussi attentive aux gestes que j'ai exécutés pour ouvrir la porte. Je me doute qu'elle m'aurait posé une ou deux questions si elle avait eu l'impression que je l'avais ouverte comme par magie, mais je suis sûr que j'aurais pu m'en sortir facilement, en disant que j'avais un truc pointu sur moi... Pas très crédible je dois l'admettre: il est évident au vu de ma tignasse que je ne suis pas fan des épingles à cheveux. Oui, j'ai déjà essayé d'en faire un chignon: non seulement ça prend du temps mais en plus ça ne me va pas. Tant qu'à avoir l'air d'une fille je préfère avoir des couettes.

Ou sinon j'aurais pu dire qu'elle était déjà ouverte. Sauf que bottes-cirées avait pris soin de bien la fermer bruyamment et il était difficile d'ignorer le clac sonore qu'il a du mettre des années à peaufiner. Ce type est un acteur en fait, il devrait se faire engager dans un rôle de gros méchant ça marcherait du tonnerre. En plus je suis sûr qu'il serait mieux payé en tant que sbire du mégalomane en passe de devenir maître du monde ou comme Ze mégalo en personne qu'il ne l'est actuellement à son poste de policier. Il aurait même plus de liberté puisqu'il pourrait terroriser ses collègues (ceux qui jouent les petits innocents et petits héros).

Certes, il y perdrait la valeur de la justice fidèlement servie, la satisfaction d'un salaire stable payé par le gouvernement et le droit quotidien de verbaliser joyeusement ses congénères. Mais au vu du plaisir sadique qu'il a pris à nous enfermer, My love et moi, je suis sûr qu'il apprécierait de tels rôles à leur juste mesure. Ceci dit, peut être qu'il a déjà essayé (d'où son talent) et qu'il a préféré être une terreur plus réelle, plus ancrée dans la vie des gens. Un acteur prend toujours le risque d'être aimé en dehors du film, et Blondichou recherche clairement l'aversion du genre humain. Le cinéma n'est donc pas fait pour lui.

Ce qui ne m'empêche pas d'être grondé en règle pour mon comportement inconscient. Je proteste: j'étais parfaitement conscient que mon ongle risquait de se coincer et de me river à cette porte pour le meilleur et pour le pire jusqu'à ce qu'une scie à métaux nous sépare ou jusqu'à ce que la mort s'en charge en maugréant que c'est pas son boulot et qu'on lui demande vraiment n'importe quoi. Plus raisonnablement, je savais que je ne risquais rien de plus que de raccourcir l'une de mes lames personnelles au prix peut être d'une petite cicatrice supplémentaire à l'index droit. Les gens ne les remarquent jamais, ces cicatrices. Ou alors ils croient que je dessine sur mes mains.

D'ailleurs, je dessine effectivement sur mes mains. Bon là ça c'est effacé parce que j'ai pas eu cours de géopolitique depuis deux jours, mais hier j'avais encore trois lignes de pointillés sinueuses (une noire, une rouge et une bleue) sur les doigts et des noms de musiciens sur le dos de la main. Forcément avec ça, les micro-traits blancs qui ornent les alentours de mes Ongles (avec majuscule, s'il vous plait) peuvent apparaître comme décoratifs. Mes mains sont des œuvres d'art. Mais ce ne sont pas mes mains qui me sauvent du sermon. Plutôt la nécessité immédiate de fuir une cellule que nous n'avions pas le droit d'ouvrir avant qu'on découvre le forçage de serrure et qu'on nous accuse arbitrairement d'en être responsables. Certes, nous le sommes. Enfin, je le suis. Mais leur est-il bien nécessaire de le savoir? Je ne pense pas. My love doit être du même avis puisqu'elle m'embrasse la joue avant de sortir nonchalamment de notre pièce attitrée pas-si-luxueuse-que-ça.

Minute: elle m'a embrassé la joue? Beaucoup trop proche. Ce n'est pas qu'elle ne soit pas gentille mais je ne peut pas me permettre de laisser une jeune fille, si amusante soit-elle, s'attacher à moi plus que de raison. Non, je ne surévalue pas mon charme, je veux juste ne prendre aucun risque. Sauf que là, en pleine fuite organisée, c'est un peu difficile d'aborder le sujet donc on en reparlera. Un jour. Et puis flûte, de toutes façons elle ne tombera pas amoureuse de moi si facilement alors je peux bien oublier de me prendre la tête deux minutes. C'est simple, il suffit de la suivre et de jouer la même comédie qu'elle: celle de deux adolescents libérés après une garde-à-vue. ... Je suis pas un adolescent. D'accord. Mais je joue la comédie quand même donc ma phrase est à moitié exacte. Quant à l'autre moitié, de toutes façons personne ne l'a entendue, et puis on va arriver dans le hall.

- Essaie d'avoir l'air choquée, comme si tu venais de vivre l'aventure la plus éprouvante de ta vie. Sinon ils considèrent que tu es récidiviste et ils vérifient tout. 'Fin quand ils sont là mais on peut pas savoir s'il reste des gens avant d'y être.

Pour ma part, j'essaie d'afficher un air bienveillant. Le scénario est simple: une jeune fille est mise en garde à vue relativement à ses papiers qu'elle n'avait pas sur elle. Comme c'est une jeune fille de bonne famille elle ne s'y attendait pas et est encore sous le choc quand son petit ami ou son grand frère vient la chercher. Personnellement je préfèrerait qu'on me prenne pour son grand frère mais comme on s'est fait passer pour un couple à la base My love risque de continuer sur cette base là. A la limite, ça ne me dérange pas vraiment tant que ça reste un jeu. Et vlan, je m'inquiète encore pour un truc définitivement improbable. Je ferais mieux de m'intéresser au guichet de l'accueil pour voir si une chose en forme d'humain l'occupe encore.
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MessageSujet: Re: Simple visite de routine... [Terminé]   Mar 23 Nov - 20:50

J’étais toujours époustouflée de voir comment les autres arrivaient à garder leur calme alors que moi je m’excitais comme une puce. Ils ne devaient pas être tout à fait normaux ! Il y avait des situations qui ne pouvaient pas laisser indifférents. Evidemment, je ne me remettais pas en question. Je pensais que le fait de ne pas réagir était un manque de prise de position ou un manque d’intérêt évident. Faire l’autruche n’était pas une façon de faire. Quand quelque chose n’allait pas, il fallait le dire, le crier haut et fort, faire en sorte que ça s’arrange… ou pas. Je m’employais à être ainsi et j’en étais fière. Bien sûr j’étais plus avare en compliments mais lorsque j’en faisais un, il était sincère en général.

Dans la cellule, j’étais comme un lion en cage pendant que Lotus restait de glace. Il ne réagit et ne dit rien quand je le traitais d’inconscient. Il ne protesta même pas. Ma surprise me lança sans voix ; je le regardais avec de grands yeux en me demandant si il avait bien entendu ce que je venais dire. Si il avait entendu, il n’avait peut être pas compris ? Il avait peut-être des neurones mal connectés ou deux de tension, ou les deux à la fois ? C’était bien ma veine de tomber sur un garçon de cette trempe ! J’avais le chic pour attirer les cas sociaux.


*On n’est pas sorti de l’auberge*

Ce fut ma dernière pensée avant de le voir s’activer sur la serrure et ouvrir la porte vers la liberté. De cette action, toutes mes mauvaises pensées envers Morgan s’envolèrent pour laisser place à une certaine admiration.
Serait-ce l’effet Lotus n°5 ?

Oui bon, je l’avais embrassé sur la joue spontanément pour le remercier mais aussi parce que j’étais trop contente qu’il réagisse enfin. Et puis, finalement, il n’était peut-être pas aussi débile que je le pensais. Non seulement il avait réagit mais il prit l’initiative de suggérer un petit scénario pour sortir du commissariat comme si de rien n’était. C’était un jeu de comédie qui me plaisait bien. Faire celle qui était choquée, il n’y avait rien de plus simple pour moi. J’approuvais d’un sourire malicieux puis je rentrais dans mon rôle aussitôt. Mon front se fronça, mes yeux se plissèrent et mon regard larmoyant me donnait un air de chien battu, J’affichais l’expression parfaite de la jeune fille de bonne famille profondément blessée. Pour en rajouter une couche, je m’accrochais au bras de Lotus faisait mine d’être ébranler par une telle aventure.


- C’est pas un peu trop ? Demandais-je à mi-voix à mon complice du moment en continuant de longer le couloir.

Arrivés dans la pièce principale, là où nous étions en arrivant, il n’y avait pas âme qui vive. Ah si, il y avait une fliquette derrière le comptoir qui nous jeta un regard blasé. Tant mieux, ce n’était pas celui qui avait assisté à mon entrée fracassante. Pour l’heure je bénissais les tours de garde car même si je ne le montrais pas, j’avais peur d’être arrêtée avant d’avoir franchi la porte. Je n’avais aucune envie de passer plus de temps de ce commissariat miteux. Comme je ne pouvais même pas compter sur mon père pour me faire sortir, si j’étais reprise, je risquais de moisir ici. La fliquette nous souhaita une bonne journée en décrochant le téléphone qui sonnait. La voie était libre et je ne me fis pas prier pour accélérer le pas en tirant presque sur le bras de Lotus auquel je m’étais accroché, pour qu’il aille plus vite. J’étais, à ce moment précis, partager entre la peur et l’excitation : la peur d’être rattrapée avant de faire ouf et l’excitation de réussir à s’évader.
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MessageSujet: Re: Simple visite de routine... [Terminé]   Mer 8 Déc - 19:38

My love vient de me poser une question piège : oui, elle en fait trop. Pas à un point qui nuirait à sa crédibilité, ça non. Elle est beaucoup trop douée en tant que comédienne pour qu'une petite exagération, même conséquente, puisse troubler la perfection de sa petite tragédie. D'ailleurs, je me demande ou elle a appris à être aussi convaincante. C'est vrai quoi, il y a des gens qui se rendraient criminels pour disposer de telles capacités. Capacités qui, comme chacun sait, ne servent pas à devenir acteur mais à obtenir ce que l'on veut. En amour, en politique, en commerce, même dans la musique il faut savoir convaincre les gens. Pour trouver un emploi et pour le garder. Pour la vie quotidienne aussi: mentir aux gens sans craindre un retour de flamme, éduquer correctement ses enfants, se faire faire le ménage par ses invités... C'est utile pour tout, vraiment tout. Et elle, elle n'en sert juste pour sortir discrètement, me faisant profiter de son talent sans lequel j'aurais eu droit à l'Interrogatoire habituel.

Je lui en suis reconnaissant, dans le fond. Je connais des garçons et des filles qui auraient été ravis de se faire sortir de prison par une demoiselle comme celle-ci. Ce n'est pas que je n'aime pas être redevable, je suis même un squatteur-né qui ne voit pas le moindre inconvénient à vivre aux crochets des autres les trois quarts du temps. Non, le vrai problème c'est qu'elle à l'air tellement choquée que j'aurais presque envie de la prendre dans mes bras pour la consoler, comme les parents qui calment leurs enfants après les cauchemars. Pareil. Sauf qu'elle a presque mon âge, ce qui n'est déjà pas normal, et qu'elle joue la comédie. Et je sais qu'elle joue la comédie, qu'elle ne ressent rien de ce qu'elle montre et que ce n'est plus une enfant. Mais même. Je dois avoir un instinct gravé en moi portant l'étiquette "protection des petits de la meute". Avec un sens très large au mot "petit". Assez large pour que des gens de mon âge ou plus s'y trouvent. Ou ne s'y trouvent pas, je ne considère pas non plus l'ensemble de l'humanité comme relevant de ma responsabilité.

Point positif : la petite moue d'enfant perdue et effrayée a très bien fonctionné sur la préposée à l'accueil. Oui, l'occupant du siège a changé entre temps : que voulez vous il faut bien que chacune de ces créatures puisse avoir la joie de jeter un ou deux regards noirs dans la journée, et comme ce poste est le seul à garantir de telles opportunités il est tout à fait normal, et même sain qu'ils se ruent dessus. Je l'affirme : cette attitude est saine. Elle est saine dans la mesure où cela évite certains débordements tels que des regards noirs adressés hors du contexte d'arrivée massive de citoyens mécontents. Lors d'un interrogatoire, ça peut être fatal. Lors du dépôt d'une plainte, ça peut aussi poser problème mais là ils s'en fichent. Tout ça pour dire que limiter les regards noirs au siège du préposé à l'accueil est parfaitement sain et même salutaire pour des gens qui, comme moi, visitent plus les cellules que le hall. Que les gens de biens subissent leur colère et que nous, délinquants, ne soyons jamais inquiétés, c'est tout ce que je demande.

Quoi que non, je demande aussi à ce que My love me lâcheuu! Mademoiselle au-revoir-bonne-journée ne peut plus nous voir alors quelle importance si on n'a plus l'air d'un couple ou d'autre chose? A moins qu'elle n'ait vraiment été éprouvée par toute cette histoire. Je ne me suis pas vraiment posé la question après tout. C'est déjà arrivé que des gens fassent les fiers pour ne pas montrer à quels points ils sont fragiles face aux évènements. C'est même plutôt fréquent, mais elle n'a tellement pas l'air faible. J'ai l'impression qu'elle casserait des blocs de pierre à main nue s'ils avaient le malheur de se trouver sur son chemin et à côté de ça j'ai maintenant cette même fille stoïquement accrochée à mon bras comme si elle avait peur de le lâcher. Elle s'y accroche même un peu fort, ce qui fait que je m'arrête de marcher aussi sec et lui fait un grand sourire. On n'est pas loin du commissariat, mais on est hors de vue et hors de portée. On a réussi. Et je suis beaucoup trop enthousiaste pour me souvenir de lui dire de me lâcher.

- T'es la meilleure actrice que j'aie jamais vue, c'est passé comme une rame de métro tu te rends compte ? On nous a même pas posé de questions ! Tu joue souvent la comédie pour arriver à un truc comme ça? Nan parce que franchement c'était parfait, plus que parfait même, t'avais l'air... noble. Ouais, noble et choquée, et tu faisais plus jeune que ton âge aussi. Une sacrée performance.

J'avais pas l'intention de dire noble, c'est sorti tout seul. Allez savoir pourquoi c'est la première chose qui m'est venue à l'idée pour qualifier l'aisance avec laquelle elle restait digne dans son rôle d'adolescente victime d'une erreur judiciaire. D'autres auraient eu l'air juste pathétiques, mais pas elle. Elle, même fragile elle reste fière. J'ai l'impression qu'elle tient beaucoup à sa fierté d'ailleurs. Tout mon contraire, mais je l'aime bien cette petite. Même si je ne devrais pas l'appeler petite vu son age mais elle avait quand même l'air tellement fragile au moment de notre sortie... enfin je me fais sans doute des idées. Cette princesse a autre chose à faire de me permettre une longue analyse de profil, surtout que je suis pas son psy. Je suis sensé faire de l'histoire, et je suis certain de ne pas m'être trompé de filière.

- T'étudies où sinon? Et tu voudrais aller où pour ton string, parce que je dois toujours t'en acheter un ! 'Fin si tu préfères que ce soit un cadeau surprise je peux aussi le chercher moi même mais faudra que tu me dises où je peux te retrouver et... bah, ça se demande pas normalement...

J'évite de croiser son regard. Après tout, on ne se connaît pas et elle n'a pas à me donner d'adresse. Elle doit même avoir été mise en garde contre les individus qui réclament des informations comme celle-là. Je suis vraiment nigaud d'avoir supposé cette méthode. En plus, j'ai toujours pas abordé le thème "au fait je suis gay" alors que je devais le faire ! Certes, je ne fais jamais rien de ce que je devrais, ni même de ce que dois faire, mais c'était quand même un minimum important là ! Je suis visiblement inapte à quelque activité que ce soit, à se demander si un diplôme d'incapable pourrait me servir. Au moins ça décorerait, puisque je ne suis même pas fichu de faire plante verte.
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Mary Jane Holster


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MessageSujet: Re: Simple visite de routine... [Terminé]   Jeu 9 Déc - 21:08

- Yyyyyyessss !

Ca y était, on avait réussi ! C’était génial, jubilatoire. J’étais contente et fière de moi. Je sautillais sur place de joie en secouant le bras que je tenais toujours. Hors de la vue des flics, Morgan s’arrêta net. Il me félicita sur mon jeu d’actrice. Enfin une personne qui reconnaissait mon talent à sa juste valeur. Bien sûr qu’il m’arrivait de jouer la comédie ! Un tel talent ne venait pas tout seul, il fallait s’entraîner et s’entraîner encore pour parfaire les moindres détails. Tout n’était pas inné. Mais bon, ce n’était pas aussi souvent que ça, juste quand c’était nécessaire pour obtenir ce que je voulais. Les compliments de Morgan me firent plaisir, très plaisir. Je ne dissimulais pas ce que je ressentais. J’étais ravie et je le gratifiais d’un joli sourire mais je ne répondis pas à sa question. Il n’avait pas besoin de savoir si je jouais souvent la comédie. Il le découvrirait bien assez tôt si on continuait à se voir. Ca semblait bien parti puisque Morgan commençait à s’intéresser à moi en me posant des questions.

- Bah moi j’étudie le graphisme et la musique. Ca va t’étonner mais j’adooooore chanter.

Pourquoi ça l’étonnerait ? Bah j’en savais rien, j’avais dit ça comme ça sans réfléchir. Il avait peut-être décelé chez moi la puissance vocale que je possédais quand j’étais entrée dans le commissariat. Je savais chanter, un peu, et je savais très bien hurler. *Je devrais peut-être rejoindre un groupe de rock tiens !* Bien entendu, je ne précisais pas que j’étais encore au lycée. Il me prenait pour étudiante et je le laissais croire. Pour moi, ça voulait dire qu’il pensait que j’avais 18 ans au moins.

- Pour le string, franchement, je préfère que tu m’en fasses la surprise.

Après avoir indiqué mon désir sur un air très solennel en hochant la tête avec conviction, je laissais échapper un début de rire en pensant à cette histoire rocambolesque. En plus, je ne portais pas de string très souvent. Ce sous-vêtement avait du être inventé par un homme qui n’avait jamais essayé sa création. On ne pouvait pas dire que c’était très confortable. La minuscule largeur de tissus qui vous rentre dans les fesses, qui, si elle est mal positionnée, vous fait tortiller du cul comme une chatte en chaleur ; tout ce petit stratagème pour tenter de la remettre en place l’étoffe rebelle, franchement ce n’était pas ce qu’il y avait de mieux ! A part sous une tenue moulante, et encore, n’était-il pas préférable de copier les écossais ? Alors, qu’il me fasse un cadeau surprise, ou pas, ça m’était complètement égal. Je trouvais juste marrant l’idée d’imaginer Morgan faisant cet achat et curieuse de voir ce qu’il choisirait pour moi.

- Et toi ? Tu fais quoi ? T’as quel âge ? T’habites où ? Tu vis seul ?

Voici une petite série de questions dont j'étais très friante. Quand je trouvais quelqu’un de sympathique, comme j'aimais qu’on le fasse pour moi, je m’intéressais à lui de près, de très près, de trop près parfois. Oups, ne nous égarons pas. Pour l’instant, j'avais juste envie d’en savoir un peu plus sur mon compagnon de cellule. J'avais aussi une petite idée derrière la tête que je précisais avant même que Lotus ne réponde.

- J’peux venir dormir chez toi ce soir ? J’veux pas rentrer chez moi….

J’avais lancé ma question sur un air léger mais le ton, pour finir, était suppliant et plaintif. Cela ressemblait presque à un SOS. Après l’intervention expressément nulle de mon paternel, je voulais me venger. Il n’avait pas levé le petit doigt pour me sortir de prison, alors, en ne rentrant pas à la maison, ça le ferait réfléchir et il regretterait de ne pas s’être déplacer... peut-être !
L’espoir fait vivre n’est-ce pas ?


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