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 Soirée Karaoké ... [Terminé]

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JT Stone

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MessageSujet: Soirée Karaoké ... [Terminé]   Lun 30 Aoû - 20:52

[Pour lire en ambiance]




Mercredi, The Spinning Hit Kick fait comme tous les mercredis sa petite soirée karaoké. Le genre de petite soirée de décompression générale se déroulant dans une ambiance festive. On y boit, on y rit, on s'y amuse, on vit.

Un mercredi de plus dans une longue vie, un mercredi de plus à se demander où l'on va, où l'on pourrait aller et de quelle manière la vie pourrait être et rester bien plus agréable. Dans cette ambiance de fête il faut toujours quelqu'un qui ressasse ses échecs, et la morosité de sa vie. La vie en société pour certain n'est qu'un masque, une façade, pour ne pas montrer sa profonde blessure ou sa trop grande faiblesse. L'homme, le barman qui se trouve sur la scène et fait vibrer les cœurs des jeunes filles en fleur et des jeunes hommes qui n'ont pas encore manifestés leurs désirs et fait leur choix, il est de ces hommes de façade, il est de ceux qui ne trouvent plus de chemin pour les mener. Il à beau se dandiner, faire des grands sourires, sa vie n'est qu'un vide immense. Seulement onze années de mémoire, une abération. L'énigme qui l'anime se fixe sur sa capacité à ne pas vieillir, à ne pas avoir de cicatrices, à cette faculté étrange de récupérer des blessures ... ne pas en parler sous peine d'être pris pour un phénomène de foire, ou pire, un fou.

Alors tous les mercredis il se lâche ... embrassant à qui mieux mieux, les garçons et les filles qui lui sourient et lui laisse des pourboires toujours plus gros. On lui pardonne même de ne pas chanter de manière exceptionnelle. Il ne fait pas de grosses fausses notes, c'est déjà ça. Demain, la gueule de bois passée il espère pouvoir emmener à l'hôpital une coquette somme ... 500/600 dollars peut être. Ce sera toujours ça pour payer les frais de la gamine ... Betsy aura au moins encore un peu de temps à profiter des essais clinique. Demain il dérogera un peu à la règle de bonne entente qu'ils se sont fixés, pas de cadeau. Demain est un jour spécial, c'est leur anniversaire de rencontre ... il lui à offert un ours en peluche. Un petit écart à une règle mais un écart quand même, il va se faire gronder c'est sûr.

La soirée se passe sans trop d'encombres, les pourboires fusent, les clients vont et viennent. Les embrassades se font plus pressantes, et deux des baisers furtifs lui donnent satisfaction. Un jeune dandy qui découvre sa personnalité, J.T le connait bien, c'est un habitué du café, un jeune coq qui aime étaler son argent et sa réussite et une jeune étudiante en droit ... fille à papa pourrie gâtée. Le plus collant gagnera le corps de ce barman pour la nuit.

La vie est simple, on drague, on s'expose, on couche même sans sentiments, ça donne du temps, un toit pour la nuit, un peu de plaisirs, et une petite somme dans la poche. Ce café est dans un coin bien tranquille, pas de grands frissons, pas de déviances ... peu de bagarres. Colin la propriétaire; depuis la venue de J.T dans son équipe; à pris décision de ne pas embaucher de videur, son barman d'amour étant tout à fait apte à remplir cette fonction quand nécessité fait foi.

La soirée atteint son apogée ... les nuits et les fêtes sont longues dans ce coin du pays. La vie est belle ? Vous ne croyez pas ?

Les verres se vident et se remplissent à un rythme soutenu, les rires fusent, les corps s'entrecroisent, les mains se touchent, quelques lèvres se frôlent. J.T connait la partition, il joue de son sourire pour forcer la main et les verres continuent leur manège incessant. Il sourit et sourit encore montrant de l'intérêt pour chaque personne qu'il sert ... c'est la technique de la chasse au pourboire. Soit un bon vendeur et aime ton client.

Dans un bref instant pendant la soirée, on le surprendra à s'arrêter, respirer un grand coup, le regard perdu vers on ne sait quel horizon ... comme s'il cherchait la force de continuer sa grande scène, sa triste comédie. Et puis revenir comme si cet instant de calme ne s'était jamais passé. Ses deux amoureux du soir sont très difficiles à départager, il vole de baiser furtif vers lui pour retourner vers elle en plein service. Qui l'emportera, l'homme ou la femme ... la soirée est loin d'être achevée, il a encore le temps de choisir son aimé du soir.

Ce sont des vraies et profondes réflexions ... la vie est d'une telle complexité.



[HRP = c'est un peu short mais je ferai mieux, c'est le temps de se remettre dans le bain]
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MessageSujet: Re: Soirée Karaoké ... [Terminé]   Mar 31 Aoû - 20:07

Le jour ou il reviendrait chez lui sans repartir dans l'heure, peut être qu'il sera possible de considérer que Dunney Holster est enfin devenu maître du monde. Mais pour l'instant, il s'efforçait de ne pas faire de bruit en revenant, mangeait parfois et repartait aussi sec. Ce rituel était le plus souvent motivé par le zèle (travailler durant ses heures de bureau, quelle idée vraiment) ou la crainte pure et simple de croiser sa chère et infernale héritière.

Ce soir là, il n'avait même pas eu une pensée pour sa fille. Il n'était même pas rentré chez lui. Il avait seulement marché un certain temps, vite, sans direction particulière, et surtout sans penser à rien. Il avait mangé dans un restaurant de spécialités choisi au pifomètre (la baraque la plus proche et la plus snob à la fois) pour ensuite reprendre sa promenade rapide vers n'importe-où-pourvu-que-c'est-loin-de-chez-moi-et-de-mon-bureau-et-de-mes-problèmes. Un lieu très connu de tous les dépressifs dont il ne faisait pas partie. Il avait juste fait une crise.

C'était gérable.

En fait non, ce n'était pas gérable du tout. Il était dans un pétrin sans nom, et les évènements s'enchaînent sans qu'il ait la moindre emprise sur le cours des choses. C'était rare. Et c'était grave. Beaucoup plus grave que de perdre du fric, se faire harceler par une chercheuse ou embaucher un individu suspect pour mettre un terme à un problème moins grave que celui qui le préoccupait en ce moment. Il n'avait pas le contrôle, et ça le rendait malade.

Quand il commença à faire froid, il entra dans le premier bâtiment venu. Par chance, ce n'était pas la résidence d'un particulier mais un établissement commercial. Il passerait sa soirée là. La musique lui rappelait vaguement ce bar dans lequel toutes ses emme*des avaient commencé. Bon, peut être pas toutes mais une bonne partie quand même. Ceci dit, il n'écoutait pas beaucoup de musique alors si ça se trouve ça n'avait rien à voir. D'ailleurs, il n'était pas parvenu à écouter l'ignominie sonore du "Sweet Night" très longtemps, tandis que celle ci lui était désagréable mais pas insupportable.

Bah, l'ambiance ne pouvait de toutes façon pas vraiment aggraver son humeur. Il s'imaginait très bien trimballant un nuage noir menaçant au-dessus de la tête. Un nuage qui lancerait des éclairs aux gens qui regardaient d'un peu trop près son costume qu'ils ne pourront jamais se payer, et qui se mettrait à pleuvoir si son état s'aggravait finalement. Peut être qu'il faisait vraiment une déprime en fait? Non, quand même pas. Mais il était quand même toujours au bord d'une autre crise de nerfs.

Il était planté dans l'entrée depuis deux bonnes minutes quand il se décida à traverser la salle d'un pas de corbillard pour aller s'asseoir près d'un comptoir. Tiens, un bar! Qu'est-ce qui lui avait pris d'entrer là ou il y avait un bar? Pour lui rappeler tous ses soucis, il n'y avait pas de meilleur moyen. Enfin, de toutes façons à cette heure il n'y avait probablement rien d'autre d'ouvert. Et puis le lieu était plutôt... agréable, à bien y regarder. Donc, il n'avait aucune raison de broyer du noir. Il était sur le point de réclamer un whisky quand il se souvint que c'était ce breuvage qui l'avait marié à un pantin irascible.

Bon, il y avait du vin aussi. Et la fatigue, et il n'avait pas mangé avant de boire. Mais tout avait commencé à partir d'un verre de whisky, et il n'avait vraiment pas envie d'y repenser.


- " Je voudrais une limonade s'il vous plait."

Avec la politesse dont il avait fait preuve, on ne pouvait pas lui refuser. Peut être que quelqu'un remarquerait qu'il n'avait plus vraiment l'âge de boire une limonade mais après tout il avait bien gardé la mauvaise habitude de voler des crayons à ses collègues alors une preuve d'immaturité de plus ou de moins n'y changerait pas grand chose.
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MessageSujet: Re: Soirée Karaoké ... [Terminé]   Mer 1 Sep - 2:20

Le même rituel, la même rengaine, la même incompréhensible nécessité de faire bonne figure dans ce monde borné à se cacher sous des faux semblants, une image de soi faussée et un bien piètre intérêt porté aux autres. Telle est la règle de survie dans ce bas monde. Il est de ces jours où l'on se dit qu'on aurait mieux fait de rester au lit, il est de ces nuits où l'on se dit qu'on aurait mieux fait d'aller au lit. Il est de ces soirée où l'on aimerait se coller devant la télé à regarder encore un programme où l'on nous prend pour des débiles et se lamenter sur son sort de téléspectateur en grignotant une pizza commandée par téléphone.

Lui, est barman, il survit au milieu des gens qui sont bourrés de faux semblants, il survit au monde tout court. Et c'est pas parce qu'il ne le sait ou ne s'en souvient pas, qu'il ne peut pas prendre quelques secondes pour réfléchir et se douter de sa capacité. Lorsqu'on est comme lui, on se pose la question ... qui ne semble pas vieillir, qui cicatrise comme Oprah gagne des millions, peut ne pas mourir ? Serait ce possible ? La question ne se pose pas en cet instant, il est débordé. Le bar est prit d'assaut ... et il faut bien que quelqu'un serve ces alcooliques patentés.

Un gars entra dans le bar ... ça flashait un max, l'homme semblait perdu au milieu de ce peuple tant sa dégaine respirait le bon gros bourgeois en manque de sensations fortes. Son costume qui devait au bas mot coûter aussi cher que l'ensemble des costumes des hommes présents dans le bar, ce costume donc faisait tâche. Vraiment, qu'est ce qu'un mec aussi beau gosse (si si quand même) aussi bien fringué et friqué pouvait bien avoir envie de se perdre dans ce bouge. Stone attendit la commande et manqua de s'en étouffer.


- " Je voudrais une limonade s'il vous plait."

Le ton était de ceux qui avaient l'habitude de commander ... un ton froid mais poli, un ton épuré.

- " Une limonade ? Certes ... "

Stone la lui servit, et regarda l'homme à la curieuse commande. L'air décontenancé devant une telle incohérence.

- " Je vais quand même me permettre de vous offrir au choix, un bon vin, un petit whisky ou une vodka ... disons que c'est le plus naturel pour se détendre ici. Et ça fera moins tiquer que de vous voir avaler une limonade surtout pour le prix qu'elle coûte. A ce prix un bon scotch sera nettement plus valorisant. Enfin c'est que mon avis."

Il n'attend pas vraiment la réponse, si ce client accepte sa proposition il lui fera signe et s'en va servir des bières pressions qu'il pose sur la plateau de Mandy, la jolie serveuse au sourire ravageur et aux formes alléchantes.

Il s'en ira dialoguer de l'avancée technologique en micro informatique avec un client à la droite de l'homme à la limonade.


- " Il parait que d'ici 2030 on pourra sauvegarder toutes nos pensées sur un ordinateur ... nous rendant virtuellement immortel. Personnellement ... c'est moyen. Me retrouver prisonnier d'un ordi ... ça me filerai des boutons."

Le gars à la gauche de l'homme à la limonade lui parlera de vins et de vignobles bordelais maudissant les frenchy d'avoir ce talent.

- " Franchement le vin c'est tout un art, et les français l'ont bien compris, un bon vin accompagnant un plat moyen relèvera ce plat et on trouvera la bouffe tellement bonne qu'on sera prêt à payer de fortes sommes. Le vin te change un repas, et le vin français peut être un peu plus que les autres. J'ai commandé sur internet une centaines de bouteilles d'un petit château de la Gironde et c'est un régal, un petit vin sans ambition mais super bon. Je t'en ferai goûter à l'occasion."

Un autre client se plaindra que la vie est dure, qu'il souhaiterai se balancer du pont s'il en avait le courage. Il explique au barman que sa femme est une trainée et qu'elle couche avec plein de gars ... et le barman de sourire.

- " Si elle rentre à la maison, c'est qu'elle tient un peu à toi. Regarde t'as plein de nanas là ... fais toi plaisir avec l'une d'entre elles. J'ai du coucher avec la moitié de ces filles, et je suis certain qu'y en a une qui te rendra le sourire quelques temps. Faut jamais se miner le moral. La vie c'est pas ta femme et ton boulot, ouvres les yeux."

Il pose son regard sur l'homme à la limonade avec un grand sourire.

- " Alors ma proposition vous intéresse ?"

Il aurait voulu continuer mais Mandy vient de se faire attraper par un client complètement beurré et il souhaite (sans son accord) la déshabiller sur place. Stone saute par dessus le bar, se coupe au verre qu'il écrase en prenant appui, et se dirige vers l'empêcheur de servir en paix pour d'une simple clé de bras le diriger vers la sortie.

- " Ecoute bonhomme, tu veux pas que ça se passe mal ... aussi tu vas décuver gentiment et je t'appelle un taxi. Et t'évites de revenir."

Mandy se précipite vers son barman so sexy et essaye de le forcer à accepter qu'elle le soigne de sa vilaine coupure à la main. Stone d'un air gêné tentera de mentir.

- " Mandy chérie, je sais pas à qui est ce sang, mais pas à moi, la preuve."

Joignant le geste à la parole, aucune cicatrice sur sa main. Il nettoie le sang sur sa main, s'excuse auprès des clients qu'il a pu bousculer en sautant par dessus le bar pour intervenir.

- " Allez pour me faire pardonner, je vous offre votre prochaine boisson."

Il espère que personne n'a remarqué son manège, que chacun croit en sa version. Il noit le poisson, comme si de rien n'était. Remontant ses manches pour cacher les quelques gouttes qui ont tâchées sa chemise et servant ses clients tout en reprenant les conversations multiples dans lesquelles il était engagé. Passant d'une à l'autre sans trop se soucier de perdre le fil. Barman ... être barman offre cette capacité de pouvoir parler à plusieurs personnes et d'arriver à peu près à ne pas trop se perdre dans les conversations. Après tout il faut quand même que celles ci ne soient pas trop sérieuses sinon ce sera la galère.

Il porte énormément d'attention aux personnes assises ou accoudées à son bar ... il aime ces gens, mais surtout les pourboires qu'ils lui laisse. Faut pas déconner non plus, l'argent ne fais peut être pas le bonheur mais y contribue largement. Quand on lui pose des questions personnelles, il esquive d'un sourire ou d'un geste gentil. Et puis recommence son cinéma auprès des nouveaux clients. Une danse, une danse dont il est le principal instrument. Oui on peut dire qu'il danse littéralement autour de ses clients, leur permettant de parler en toute tranquillité de choses plus ou moins personnelles, de consommer et de se sentir un peu vivant. C'est la partie de ce métier qu'il aime. On se confie à lui.

C'est comme le pauvre gars que sa femme cocufie, si celui ci savait que Stone est de ceux qui s'amusent avec sa femme, il en pleurerait. Stone offre un baiser à son amoureux du soir, puis à son amoureuse. Picorant et bécotant les deux en passant porter un verre. La vie est belle pour lui, il est plutôt beau gosse et en joue beaucoup.

Il revient devant son homme à la limonade histoire de faire parler celui ci ... un client qui reste dans son coin, c'est un client qui ne consomme presque pas, donc des pourboires en moins..


- " Je me posais la question, que fait un homme aussi classe que vous dans un tel endroit ? Vous cherchez quelqu'un ou quelque chose ? Y a t'il quelque chose que je puisses faire pour vous aider ?"
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MessageSujet: Re: Soirée Karaoké ... [Terminé]   Mer 1 Sep - 10:46

Il aurait voulu boire limonade sur limonade sans trop déranger, mais il faut croire que c'était trop demander. Bien sûr, on lui servit une limonade : il l'avait demandée, il la payait, on n'allait pas refuser de le servir. Mais évidemment, il fallait que ce barman critique son choix. Whisky, vin, vodka... Quelle coïncidence, justement les boissons dont il ne fallait pas lui parler en ce moment. Cependant, quand bien même le barman serait un émissaire d'Odin ayant pour seule destinée celle de lui casser les pieds, il serait incapable de le prouver. Donc, il ferma sa gueule. Tout au plus esquissa-t-il une grimace à l'évocation du scotch.

Oui, il se faisait arnaquer en achetant de la limonade dans un bar à alcools. Mais il se ferait aussi arnaquer s'il achetait autre chose. C'était le jeu. Et c'était ce qu'il avait dit à son compagnon de beuverie il n'y avait pas si longtemps: dès qu'on pose son cul à un bar, on sait qu'on va se faire plumer, alors se plaindre est hors de propos. Bon, il ne l'avait pas dit comme ça. Il avait sans doute été moins vulgaire, et plus philosophe, mais là il n'était pas d'humeur à jouer de nouveau les théoriciens de comptoir.

A son grand bonheur, le type qui l'avait servi avait beaucoup de boulot, et son agitation perpétuelle était distrayante. Il tenta d'imaginer un lui virtuel, parcourant la Toile et survivant à son existence mortelle. Il n'aimerait pas ça. La vie avait une fin, ce n'était pas pour rien. Si on lui refilait l'immortalité, même en admettant que d'autres l'aient aussi, il était persuadé qu'au final il s'ennuierait comme un pou sur une boule de bowling et du coup l'idée de visiter un monde virtuel pour l'éternité le fatiguait par avance. Il cherchait un moyen d'échapper à une éventuelle campagne mondiale pour la virtualisation du monde entier quand un bout de conversation lui fit avaler de travers.

Ce morceau de conversation parlait de vins.

Quoiqu'ils en disent, ce n'était pas le problème. Lui, il s'en fichait que les français sachent mieux faire le vin. C'était le genre de conversation qu'on se devait de pouvoir tenir s'il le fallait, mais pas le genre de conversation qu'il jugeait intéressante. Seulement maintenant elle lui rappelait sa discussion avec un type anonyme pour échapper au ridicule de la piste de danse, la connerie monumentale qu'il avait faite en droguant un autre type qu'il ne connaissait pas beaucoup plus, et surtout son état d'ivresse avancée qui l'avait envoyé chez le maire demander un ordinateur, des feuilles, et sa signature.

Il entendit vaguement une histoire d'infidélité qui ne l'intéressa pas et continua de siroter sa limonade comme le gamin qu'il était. Au moins, avec Ross, ils étaient d'accord sur un point: aucun des deux ne respecterait le contrat, aucun ne serait fidèle ni prévenant, et s'ils avaient l'occasion de se tirer dans les pattes ils le feraient probablement. En tout cas Ross le ferait, après la façon dont il l'avait viré de son bureau. Et lui-même n'avait plus vraiment envie de le protéger contre Reynolds. Qu'elle le séduise et le brise, il n'en avait plus rien à faire.

- " Alors ma proposition vous intéresse ?"

Non, sa proposition ne l'intéressait pas. En tout cas, pas dans les termes qu'il lui avait énoncés. Il ne voulait pas de vin, pas de scotch, pas de vodka. Il ne voulait pas se saouler, même sans risques. Il voulait juste se reposer un peu, écouter ce que les gens disaient et oublier temporairement ses problèmes du moment avant de commencer à se battre. Mais il n'eut pas le temps de le dire avant que le barman ne bondisse après un ivrogne pour lui faire quitter le bar. Si ça se trouve, il avait quitté le Sweet Night de cette façon et il ne s'en souvenait même pas.

Par contre, il était sûr de ne pas avoir blessé le barman,ce soir là, même involontairement. Il l'avait peut-être un peu poussé du doigt, mais c'était uniquement parce qu'il l'avait confondu avec le mobilier... Ce qui signifie qu'il devait être complètement arraché. Enfin, ce barman-là était plus énergique que le zombie hyperactif du Sweet Night. Plus apprécié aussi, vu la façon dont sa collègue s'était précipitée pour le soigner. Certes, il venait de la sauver d'une situation embarrassante, mais il lui semblait que sa prévenance était tout de même un peu poussée, pour une simple égratignure. Ceci dit, il n'avait jamais été dans une situation similaire à celle de ce garçon, donc il ne pouvait pas déterminer si la réaction de "Mandy" était ou non appropriée.

Lui, quand bien même il aurait remarqué la scène, serait resté cloué à son siège et aurait laissé la fille se débrouiller. Peut être avait-il trop l'habitude de tester les gens, mais l'autonomie et le cran étaient nécessaires à l'efficacité de ses employés, et du coup il avait tendance à se désintéresser de toute personne qui ne montrait pas ces qualités en particulier. Reynolds était plus qu'autonome, elle n'avait pas besoin de l'entreprise du tout. Et elle avait un cran à déterrer les morts. Un cran qui lui causait aujourd'hui des soucis mineurs qui, en s'ajoutant au reste, le plaçait dans une situation instable, comme un funambule amateur qui aurait oublié de tendre son fil.

- " Allez pour me faire pardonner, je vous offre votre prochaine boisson."


Cool, tant mieux pour lui. Pendant ce temps-là au moins, on n'essaierait pas de lui imposer un verre à 42°, et il pourrait continuer à regretter amèrement d'avoir engagé Reynolds, épousé Ross et protégé ce dernier contre le problème précédent. Pourtant, si c'était à refaire, il le protègerait encore, par acquis de conscience. Elle était redoutablement efficace parfois. *Merci beaucoup*. Et polie en plus. Rectification: il était redoutablement efficace, poli et génial. Pas question de sombrer dans le dédoublement de personnalité. *Et le narcissisme c'est pas trop grave ?* En tout cas, c'était moins grave que la schizophrénie. Na.

- " Je me posais la question, que fait un homme aussi classe que vous dans un tel endroit ? Vous chercher quelqu'un ou quelque chose ? Y a t'il quelque chose que je puisses faire pour vous aider ?"

Son nuage mental envoya immédiatement des éclairs en direction du barman, mais ceux-ci ne l'atteignirent pas. Décidément il ne voulait pas le lâcher celui là ? Il n'en voulait pas de son scotch! Ah, c'était pas pour lui proposer de l'alcool. Bon, reviens le nuage. Sage, Orage, sage. S'il voulait quelque chose, donc. Oui, il voulait que le monde entier lui fiche la paix mais il n'était pas au bon endroit pour exiger une telle faveur. Quant au barman, il n'avait pas besoin de son aide. En tout cas pas personnellement, et pour le boulot... Ben il avait la flemme, là. Ce qui ne le dispensait pas de fournir une réponse.

- " Je suis ici par hasard, et mon costume n'a rien à y voir. En tant normal, je cherche toujours des gens ayant certaines capacités mais là je suis pas d'humeur à vous embaucher, à moins que vous n'ayez envie de devenir un espion pour mon compte. Et vous pouvez m'aider en me resservant une limonade, ou n'importe quelle boisson non-alcoolisée pour me permettre d'oublier ma dernière cuite et le bazar qui s'en est suivi.

Bon, il n'y avait pas que l'alcool pour le faire parler: le déprime aussi fonctionnait bien. Enfin il y avait peu de chances que ce garçon le prenne au sérieux de toutes façons. Au moins, il ne manquait de tueurs en ce moment, c'eût été délicat s'il avait proposé publiquement ce genre de job alors qu'il essayait juste de noyer ses pensées dans les bulle de sa limonade. Qui était maintenant finie. Plus qu'à espérer que monsieur-je-me-mêle-de-tout lui apporte bientôt un jus de fruit ou n'importe quoi d'autre.
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MessageSujet: Re: Soirée Karaoké ... [Terminé]   Jeu 2 Sep - 3:40

La soirée commençait à prendre fin, comme à l'habitude certains clients, des habitués commençaient à se placer autour du bar. Certains jouaient même des coudes pour se placer au plus près.

Il restait quelques commandes en cours, et J.T apporta la commande offerte au client super-smart à l'humeur morose et à la politesse faussée, du moins lui semblait il pour la dernière.


- " Comme vous ne souhaitiez pas d'alcool, je me suis permis de vous offrir un Berry Bear, un cocktail de fruits rouges et de cidre sans alcool. Et comme promis c'est offert."

Stone terminait de laver les verres tandis que les habitués continuaient de se rapprocher du bar. Un petit coup de chiffon sur un couteau, un petit coup sur le bar et Stone se retourna avec un grand sourire aux lèvres.

- " Stone raconte nous comment t'es arrivé ici ... y en a qui connaissent l'histoire, mais beaucoup n'en savent que des bribes. Allez sois pas vache raconte nous ... même pépé et son jus de fruits il va écouter avec plaisir ... j'en suis certain."

Un irlandais d'accent, de carrure et ivre de surcroit s'était permis de taper l'épaule de l'homme à la limonade qui était devenu l'homme au jus de fruits. L'homme souriait à presque grandes dents vers Holster, presque puisqu'il lui en manquait au bas mot la moitié tandis que Stone d'un air gêné regardait son client qui n'avait rien demandé avec un sourire qui souhaitait dire "désolé".

- " Tu vas voir papy c'est digne d'un film." L'irlandais se calma lorsque Stone posa son bras sur le sien et le fixa avec mécontentement. L'irlandais recula et laissa un peu d'espace à Holster.

J.T saute sur le premier tabouret à sa portée et s'y place dans une position qui pourrait s'apparenter à pose de yoga ... en très exagéré. D'une voix monocorde il demanda à tous le silence afin de s'expliquer. Il regarda chaque personne de l'assemblée dans les yeux avant de conter son histoire.


- " Pour vous l'histoire de votre vie débute vers 3/4 ans, lorsque vous êtes capables d'assimiler et de commencer à vous souvenir. Ce ne sont que des brefs instants déformés par le temps mais c'est déjà ça. Moi ma vie à débutée y a 11 ans, sur le sol poussiéreux d'une vieille usine désaffectée. J'avais une vieille chemise, mon vieux manteau, un vieux jean rapiécé et sur mon polo blanc ... plusieurs trous et des énormes tâches de sang sans pour autant avoir la moindre blessure."

- " Ouais mais ça c'est presque le scénario de Bourne Identity ..." rétorqua un client qui pris un coup dans les côtes de la part de l'Irlandais.

Il s'arrête un instant, vérifie que chacun de ses convives est fixé sur l'histoire, se sert un verre de vin, l'avale goulument et attend quelques secondes le temps que ses clients ne commencent à s'impatienter de ce silence.


- " Je n'avais que quelques menues affaires en poches ... un portefeuille usé contenant 10 livres sterling et 50 dollar ... une vieille photo jaunie, une social security card de 1936 et plusieurs lettres signés de la couronne britannique me présentant comme un loyal sujet de sa majesté, seul soucis c'est que certaines de ces lettres ont 30/40 voir 50 ans même. Certainement des lettres de recommandations pour mon père. J'avais également en poche ..."

Il s'arrête encore au grand dam des clients ... ferme la porte du bar et atténue les lumières. Mandy et les autres serveuses passent le balai et commencent à faire un peu de ménage pour finir la fermeture. Stone se rend derrière son bar et sort des chopes de bière qu'il tend à chacun de ses clients, et s'active pour fournir au monsieur costard un autre cocktail toujours sans alcool.

- " J'avais en poche quelques médailles ... après renseignements pris sur internet voici le listening de ce que j'avais en ma possession. 2 Order of the Baths, qui sont des médailles pour services rendus à la couronne. Il y avait une Distinguished Service Order qui était remise aux officiers pendant le temps de guerre, une Order of merit, une british empire medal et la plus haute des distinctions, une Victoria Cross. Vous pouvez les voir ici."

Il fouilla quelques secondes sous le bar et disposa sur le comptoir une boite en métal avec ces fameuses décorations. Certaines semblaient avoir souffert du temps qui passe. Il caressa le métal d'un air rêveur puis rangea sa boite à sa place.

- " Vous vouliez une histoire vous l'avez. A demain bande de vauriens."

Il conduisit ses clients à se diriger vers la sortie et murmura à Holster.

- " Si vous étiez un minimum sérieux dans votre proposition, je suis toujours d'avis d'écouter une telle proposition. Je ne compte pas être barman toute ma vie et je ne sais pas quelles sont les capacités que vous recherchez mais je suis sûr que j'en possède qui me permettront de travailler pour vous. Si ça paye mieux que ça ... je suis intéressé."

Il souriait, l'œil pétillant face à cet homme qui avait balancé cette phrase devant les clients ... et s'il était vraiment sérieux. S'il l'était cela pourrait tant faciliter la tâche pour soigner Betsy ... s'il était sérieux il fallait écouter.
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Mary Jane Holster


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MessageSujet: Re: Soirée Karaoké ... [Terminé]   Sam 4 Sep - 19:52

[+ mouaa]

Le mercredi, beurk. Mary Jane n’aimait pas ce jour de la semaine, et encore moins le soir de ce jour. Allez savoir pourquoi ? Ce mercredi là, elle était seule dans la grande maison vide. Il n’y avait rien à la télé. Le chat n’était pas là. Son père n’était pas là. Ca faisait plusieurs jours qu’elle ne l’avait pas vu, ni même entendu. C’était à croire qu’il faisait tout pour éviter sa fille. Oh, ce n’était pas que sa compagnie lui manquait car lorsqu’il était présent, ils ne partageaient pas de bons moments familiaux comme dans toutes les familles soudées. Non sa compagnie ne lui manquait pas, elle la sécurisait. L’absence était synonyme d’abandon et Mary Jane détestait se sentir rejetée. Broyer du noir n’était pas son truc. Elle était une Holster, elle ne voulait pas se laisser déborder par des émotions absurdes. Elle préférait de loin s’énerver, rejeter la faute sur les autres ou encore se faire remarquer. Tout ça, juste pour qu’on sache qu’elle était bien vivante, qu’elle existait tout simplement. Pour combler le vide et éviter de plonger dans un marasme paralysant elle devait sortir, voir des gens. Ce qu’elle fit sans plus attendre, après avoir revêtue une robe noire qui moulait les formes harmonieuses de son corps. Son père étant absent, elle ne pouvait pas emprunter sa voiture après lui piqué les clés. Elle avait appelé un taxi pour l’emmener dans un pub qui faisait karaoké. Chanter ! Ca c’était une bonne idée. La demoiselle adorait chanter.

Lorsqu’elle arriva dans le bar, elle demanda un verre d’eau à la première serveuse qu’elle croisa, avant d’aller s’asseoir. L’employée lui jeta un regard étonné et suspicieux. Elle était sans doute étonnée par la commande et intriguée par l’âge réel de Mary Jane. Du haut de ses seize ans, vêtue comme une femme du monde, elle en paraissait au moins dix huit. Ses doutes furent levés (ou pas) quand la jeune cliente lui tendit un billet de vingt dollars. Ah ! L’argent ! Il n’y avait pas mieux pour avoir ce qu’on voulait ! Mary Jane avait été à bonne école et elle avait bien appris sa leçon. « Si on ne te donne pas ce que tu veux, achète-le ! » C’était, en gros, ce qu’elle avait compris en voyant son père faire.

C’était la première fois qu’elle mettait les pieds dans cet établissement. Pour éviter de trop se faire remarquer et de se faire virer parce qu’elle n’avait pas l’âge requis, la jeune fille s’installa dans un coin de la salle, à une petite table où trônait un écran d’ordinateur éteint. C’était à se demander ce qu’il faisait là ! Mais non, elle ne se posa même pas la question. La serveuse lui apporta un grand verre d’eau et s’en retourna en pestant de ne pas avoir été remercié. Pourquoi devrait-elle la remercier ? Elle était payée pour faire le service et en plus la jeune Holster lui avait donné un bon pourboire. Pour un malheureux verre d’eau, normalement gratuit, il ne fallait pas en demander plus.

Mary Jane fixa son attention sur le contenu du verre comme si c’était la huitième merveille du monde. L’éthanokynésie était sa capacité. Encore mal maîtrisée, dès qu’elle avait cinq minutes à perdre, elle s’entraînait. Ce grand verre d’eau l’inspirait bien ce soir. Elle se concentra sur le liquide en espérant bien le changer en un petit vin blanc doux et sucré. Pourquoi faire cela ici, à la vue de tous ? Bah pourquoi pas ? Les clients étaient bien trop occupés à discuter, à draguer ou à boire plus que de raison pour remarquer une gamine seule dans un coin. Il se passa bien deux bonnes minutes pendant lesquelles la jeune fille ne quitta pas le verre des yeux. Elle le saisit d’une main gracieuse et le porta à ses lèvres. Elle fit la grimace. Le résultat n’était pas celui escompté. Le petit vin blanc doux et sucré ressemblait à un jus de raisin ouvert depuis trop longtemps. Loin de se décourager, elle recommença l’expérience. Cette fois, c’était mieux. Ce n’était pas encore ce qu’elle souhaitait mais le liquide avait le goût d’un bon jus de pommes juste pressées. Elle s’en délecta de deux petites gorgées avant de jeter un œil distrait sur l’assemblée.

Sa distraction fut de courte durée. La vue de son père assis au bar la ramena à la dure réalité. Pourvu qu’il ne la voit pas ! Elle s’enfonça un peu plus dans le coin de la salle en se servant de l’écran comme protection. Si sa première réaction fut d’avoir eu une petite montée d’adrénaline, la perspective d’espionner son paternel la faisait jubiler. Peut-être allait-elle découvrir qui il était vraiment ? En y réfléchissant bien, elle ne le connaissait pas, ou si peu. Ce n’était pas au travers d’ordres, de refus, et de chassés croisés entrainant des disputes incessantes qu’elle pouvait savoir qui il était vraiment, si tant était qu’elle le saurait un jour.

Un jeune homme s’adressa à la jeune fille à ce moment là..

- Fiche moi la paix ! Lança-t-elle sans même le regarder.
Voilà maintenant qu’un alcoolique se jetait sur une serveuse. Pas moyen d’espionner tranquillement.

La pauvre quand même. Heureusement, le barman réagit rapidement. Un bel homme, très bel homme qui, sans le savoir capta l’attention de la jeune Mary. Elle ne manqua rien de ce qui se passa : le saut par-dessus le bar dans le style James Bond (ridicule), la blessure à la main (maladroit), le blocage et l’expulsion musclée de l’agresseur (costaud), le sauvetage de la serveuse complètement béate devant son libérateur, la guérison miraculeuse et la dissimulation de cette dernière (menteur).


*Il est des nôtres* Pensa-t-elle en souriant du coin des lèvres. Elle pensait à cet air de chanson complètement débile qui entraînait les gens à boire. Elle repensait à la scène qui venait de se dérouler dans le bar. Elle essayait d’analyser mentalement la capacité du messie d’un soir, une capacité étonnante, intéressante, très intéressante…. Tout ceci la ramena à Holster père qui avait certainement vu le petit manège du serveur. Il avait souvent l’œil là où il ne fallait pas. Il était très doué dans ce domaine. A croire que le maître de l’empire Genetech était doté d’un détecteur de capacités intégré. Oups, pourvu qu’il n’ait pas remarqué sa fille au fond de la salle planquée derrière un écran ! Non, apparemment, il continuait de discuter plus ou moins avec le serveur sans se préoccuper du reste.

Le jeune dragueur revint à la charge plusieurs fois. Encore un qui voulait passer la nuit en bonne compagnie. Mary Jane, ce soir, n’avait que faire de ses tentatives d’approches et le rembarrait à chaque fois. Elle était bien trop absorbée par l’espionnage de son paternel. Il était calme, un peu trop calme même. Mais bon, il avait l’air d’être comme à la maison, indifférent ! Quelque part, ça la rassurait un peu car ça voulait dire qu’il était comme ça avec tout le monde, elle n’était pas la seule dont il se fichait. Oui, sauf que, Mary Jane n’était pas tout le monde…

La fin de soirée pointait le bout de son nez. Les clients commençaient à partir. Mary Jane n’avait pas vu le temps passé, ni de karaoké d’ailleurs ! Elle serra les lèvres. Comment pouvait-elle faire pour quitter la salle sans se faire remarquer ? Son père n’avait pas l’air de vouloir bouger et le barman lui tenait la jambe. Quoi qu’elle décide, elle allait se faire griller, c’était sûr ! Bon après tout, que risquait-elle, une bonne engueulade avec son père, ce ne serait ni la première ni la dernière. Elle décida de se lever, d’emmener son verre et d’aller le rejoindre au bar d’une allure gracieusement assurée.


- Salut p’pa. Qu’est-ce que tu fais là ? Demanda-t-elle comme si tout était normal et sans se poser la question de savoir si elle interrompait ou non une discussion. La jeune fille n’en avait rien à faire, c’était elle avant tout. Pour une fois qu’elle pouvait passer devant tout le monde par surprise, elle n’allait pas se gêner. Elle jeta un regard en coin au barman. Une petite touche de provocation pouvait se lire dans ses yeux d’un air de dire « et oui, je passe avant toi bonhomme ».
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MessageSujet: Re: Soirée Karaoké ... [Terminé]   Sam 4 Sep - 21:08

N'ayant plus de limonade sous la main, il essayait maintenant de se noyer dans son "Berry Bear". Un nom d'ours en peluche porté par un cocktail. Un cocktail sans alcool pour enfants mais un cocktail quand même, et un cocktail ne se nommait pas n'importe comment. Enfin, si, mais un nom pareil ça faisait vraiment pas sérieux. *Parce que tu es sérieux, toi?* Parfaitement, lui il était sérieux. Parfois. Rarement. Quand il dormait. Peut être. Et flûte, il était capable de faire semblant devant pas mal de gens mais face à sa conscience il était difficile d'affirmer qu'il ne pensait que de façon pratique, ou même qu'il se montrait logique ne serait-ce que de temps en temps.

Enfin, il fallait bien qu'il y ait un inconvénient à la richesse et au pouvoir, et cet inconvénient s'appelait conscience, sans majuscule. Il n'allait pas montrer du respect pour un simple fragment de lui même, désagréable qui plus est. *Tu l'as bien fait pour ton nuage* Sauf qu'Orage était un cas particulier: il avait beau être imaginaire, il était plutôt sympathique. *Un nuage noir domestique qui n'existe pas. Tu sombres dans la folie, Dunney* Tiens, sa conscience l'appelait Dunney sans qu'il ait bu une goutte d'alcool. Étrange, comme dirait l'ange.

Ange qui passa en jouant de l'accordéon quand un parfait inconnu l'appela, pour une raison ou une autre... pépé. "pépé avec son jus de fruits", pour être exact. Et lui, il en resta soufflé jusqu'à ce que le barman le regarde d'un air désolé. Il pouvait être désolé! Un mec qui a le culot de plaisanter sur l'âge du demi-dieu Holster ne devait pas exister en ce bas monde, y compris dans le plus paumé des bars, et toute personne qui autoriserait une telle aberration méritait au moins la peine capitale! *C'est bien, au moins tu redevient mégalo, c'est déjà ça. Plus qu'à retrouver le moral*


- " Tu vas voir papy c'est digne d'un film."

Il n'était pas venu au monde pour voir ou entendre un film, il était venu au monde pour en devenir le dictateur suprême et il n'avait pas l'intention de laisser ce maraud sous-entendre l'existence erronée de petits enfants en âge de mourir pour son royaume comme devrait le faire tout sujet de Son Empire et ce jusqu'à ce que son âme aille coller une baffe à Dieu le Père... * ou se fasse humilier en règle par Satan l'Innommable, ça marche aussi*. Ah, effectivement, il y avait aussi cette éventualité. Le diable avait quand même la réputation d'être assez fort et était, il l'admit à regret, probablement plus fort que lui, ce qui mettait un terme à ses ambitions post-mortem. Restait son objectif premier: devenir Maître du Monde.

*Non*

Tout était contre son arrivée au Pouvoir ultime, y compris lui même. C'était pas du jeu. Enfin, il lui restait son jus de fruit, et quelqu'un lui racontait une histoire pour qu'il dorme bien. La vie était belle. D'ailleurs l'histoire lui rappelait quelque chose, mais il ne parvenait pas à savoir quoi. Alors, une lettre de la Reine, destinées à un père du même nom que lui... Ah oui, ça correspondait à un Dossier. Un de ces Dossiers qu'il lisait et classait pour le boulot. Il n'avait aucune envie de refaire face à ses responsabilités maintenant, alors il décida d'occulter de détail et d'écouter l'histoire comme s'il l'entendait pour la première fois.

Seulement, à la fin de l'histoire, il dut reprendre ses esprits d'adulte trempé dans les ennuis jusqu'au cou. Pas parce que le bar fermait, mais parce que "Stone" était intéressé par le job qu'il lui avait imprudemment proposé dans un élan de sincérité infantile. Pour la deuxième fois de sa vie, il remercia Hermès de n'avoir pas eu besoin de tueurs à ce moment là. Au moins, il n'avait pas à donner d'explications embarrassantes. Ceci dit, le travail d'espion nécessitait quand même un petit speech sur le métier, les règles de Genetic, tout ça tout ça... Sans compter quelques informations sur les mutants et des maux de têtes en perspective.

Il avait la flemme d'expliquer les évènements de ces dernières années à Stone. Ce n'était pas une question de compétence: il avait bien vu que ce type avait quelque chose puisque toute autre personne que lui se serait blessée en broyant un verre sous sa main. C'était juste que maintenant que sa fièvre mégalo était passée, il se sentait certes mieux mais pas bien pour autant. Il était totalement amorphe. Au point qu'il doutait de pouvoir quitter son siège bien que la fermeture ait été annoncée. Cela n'aurait pas été un problème si la seule issue à une conversation hasardeuse n'était pas selon lui la fuite, malheureusement non praticable à cet instant pour cause de motivation fantôme.

Il était dans un état larvaire que même un cataclysme n'aurait pas ébranlé. Par exemple, sa fille (censée dormir à la maison, ou à la rigueur se saouler avec ses copains délinquants) venait d'arriver devant son champ de vision, en robe moulante, et il ne haussa pas un sourcil. Pourtant, son cerveau faisait parfaitement le lien logique: sa fille était sortie sans sa permission dans une tenue qui n'était pas de son âge avec l'intention avérée de se saouler, ou quelque chose d'approchant. Mais ça ou une sorcière qui viendrait danser la valse avec une table, pour l'instant, il s'en avait cure. Ce n'est que par réflexe qu'il répondit à fille, mécaniquement.


- "J'essaie d'échapper à une explication sur le génotype humain et mon travail bien que "Stone" ici présent soit volontaire pour un poste actuellement vacant que je pourrais sans doute le convaincre d'occuper pour un salaire fixe. Ce faisant je sabote mon boulot, ce qui n'a aucune importance puisque je souhaite actuellement dormir pour les prochaines 24h afin de prendre du recul vis-à-vis de mes dernières bourdes. Et toi ?

C'était probablement la première fois qu'il s'adressait à sa fille de cette façon. La première fois qu'il admettait avoir réellement fait une bourde. Et la première fois aussi qu'il refusait une victoire facile, comme embaucher quelqu'un de compétent. D'ordinaire, il se montrait distant avec Mary, rejetait la faute sur n'importe qui d'autre que lui, et se fichait du moyen utilisé tant qu'il avait des résultats. Là, il refusait les résultats parce qu'ils impliquaient d'utiliser le moyen de la parole, et il ne voulait pas parler. Il voulait végéter, finir lentement son jus de fruit à la rigueur, mais avant tout ne rien faire.

Même si ce Stone et son histoire lui rappelaient désagréablement un dossier, des informations et des responsabilités : celles du Patron de Genetech et de Genetic. Celui qu'il n'avait plus envie d'être pour le moment.
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MessageSujet: Re: Soirée Karaoké ... [Terminé]   Sam 4 Sep - 22:06

[Pourquoi le ciel tombe sur notre tête]

Comme Jesus sauvé des eaux par Noé et le cafetier de génie qu'est Spirou sans Fantasio .... le gars au costume super serré, les clients, l'histoire, la copine et le copain, le verre cassé, l'ivrogne éjecté ... le gus au costume qui propose un boulot à J.T d'une manière déconcertante, et la fille. Pardon LA FILLE !!!!

*OMG*

Un moteur de fusée dans une carrosserie de Bentley ... vous pouvez être sûr d'une chose, le mec et son costume et son boulot n'ont mais strictement plus aucune existence légale dans ce monde depuis que les yeux de J.T se sont posé sur la mini mini qu'elle est plus mini que le string de Vincent McDoom ... ça part en sucette cette méthode analogique de réfléchir et mettre des images sur ses réflexion. Y a pas à dire mais l'image devient ridicule alors que le son était à peu près potable.

Donc le cerveau de J.T avait ,naturellement de la manière la plus animale qu'un mâle puisse avoir en son instinct, détourné le regard vers cette superbe créature et cette magnifique jupe mini qui dévoilait un corps superbe et des cuisses dans lesquelles il n'avait qu'une hâte ... s'y délecter de baisers et caresses.

Elle était admirablement bien foutue et terriblement désirable. Et papy et sa limonade n'avaient plus la moindre qualité d'existence aux yeux du barman trop mimi et super gentil et tellement sexy que la pauvre Mandy se retournait pour maudire la gamine.

Dans sa tête à lui, ça donne un rendez vous en tête à tête qui ne dure pas très longtemps, un baiser langoureux et des mains très malicieuses et baladeuses. Le désir illumine ses yeux ...


[Détail des pensées de J.T en musique]

Le soucis c'est que tout le désir et l'envie de la serrer retombe brusquement quand la phrase, la seule qu'il ait entendu de la jolie princesse est :

- Salut p’pa. Qu’est-ce que tu fais là ?

Et celui ci de lui répondre l'air complètement absorbé par son Cocktail.

- "J'essaie d'échapper à une explication sur le génotype humain et mon travail bien que "Stone" ici présent soit volontaire pour un poste actuellement vacant que je pourrais sans doute le convaincre d'occuper pour un salaire fixe. Ce faisant je sabote mon boulot, ce qui n'a aucune importance puisque je souhaite actuellement dormir pour les prochaines 24h afin de prendre du recul vis-à-vis de mes dernières bourdes. Et toi ?

D'un air absolument digne d'une parodie sentimentale de Terminator. Stone ne savait plus quoi penser, et pour la première fois depuis ces 11 dernières années ... il était resté coi, interloqué, les yeux perdu dans ses pensées dont il n'arrivait plus à entendre les braillements. Comment devait il réagir, agir, penser, que dire ? Stone était absolument ... stone.

La seule chose qu'il put effectuer, presque machinalement c'est la création de deux Berry Bear et de les disposer devant le père et la (gloups) fille. En reposant les yeux sur celle ci, il déglutit encore un peu plus, s'apercevant qu'elle ne devait pas être bien vieille, et pour ainsi dire, un peu trop jeune. Comment avait elle pu rentrer et rester ?


*Et merdouille ... on s'en fout.*

- " Offert par la maison. Mademoiselle je suis charmé de vous rencontrer. Je me présente J.T Stone pour vous servir."

Il se mit en quête de finir sa vaisselle, ne souhaitant pas déranger les retrouvailles parentales ...

- " Mandy si tu veux rentrer tu peux, je finirai."

Et repartit dans son nettoyage de plan de travail, voulant détendre un peu l'atmosphère, il se mit à chantonner ... les premières notes lui rappelant un peu trop la mise en musique de ses pensées, il se dépêcha de trouver un autre air, une autre chanson et vient d'apprendre une grande leçon, quand on fait les choses d'instinct on fait des gaffes.

- " And tease them all by sucking on your thumb
your so much cooler when you never pull it out
cuz you look so much cuter with something in your mouth"

Il lève la tête au ciel regardant très fixement le plafond qui soudain pour lui devient une espèce de cachette galactique, l'air dépité se maudissant d'avoir les ambitions et les neurones, si mal positionnés, dans son caleçon.
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MessageSujet: Re: Soirée Karaoké ... [Terminé]   Dim 5 Sep - 15:46

En s’approchant du bar pour rejoindre son père, Mary Jane s’attendait à essuyer des reproches et se préparait mentalement à lui rétorquer deux ou trois phrases cinglantes à sa manière. Bah oui quoi ! Qu’est-ce qu’il faisait là au lieu d’être à la maison avec sa chère et adorable fille. Comment ça, elle n’était pas adorable ? Bon, ok, la demoiselle n’en faisait qu’à sa tête. Elle ne perdait pas une occasion de lui en faire voir de toutes les couleurs. De le contredire même si elle était d’accord avec lui. Ces derniers temps, elle était plutôt sage non ? Elle ne s’était pas embarquée dans des virées tumultueuses avec ses potes, elle n’avait pas cassé ou brûlé des voitures, elle n’avait pas fumé de joints depuis un petit moment, elle n’avait rien volé à autrui, ou presque. Elle avait juste emprunté la voiture de son père une ou deux fois et quelques billets trouvés dans les poches de sa veste. Il n’avait qu’à pas laisser trainer ses affaires lui aussi ! C’était lui l’adulte. C’était à lui de montrer l’exemple. De toutes façons, il était plein aux as, deux ou trois billets en moins ne lui feraient pas un trou dans son budget.

Cela étant, son père ne réagit pas comme elle le craignait. Non, au contraire il lui répondit le plus calmement du monde. Il lui répondit en faisant même deux longues phrases. La demoiselle n’en revenait pas. Son père lui avait « parlé » comme n’importe quel humain digne de ce nom. Il lui avait même donné une explication. Alors là, c’était prodigieux. Elle était tellement surprise que ses yeux s’écarquillèrent d’étonnement.


*Euh…. C’est mon père ça ? C’est pas possible ! Il a un jumeau caché qui a pris sa place ? Il a fumé la moquette ou quoi ? Ou est la caméra cachée ?*

Elle jeta un regard en direction du verre vide se trouvant devant lui. Qu’avait-il siroté toute la soirée pour être dans cet état ? Il n’avait pas l’air saoul pourtant ! Deux verres se posant sur le bar interrompirent les réflexions intenses de la jeune fille. Son regard suivit les mains, les avant-bras, les bras pour remonter jusqu’au visage du barman. C’était le James Bond du soir qu’elle avait trouvé beau de loin. Il y avait des mecs qui étaient beaux de loin mais loin d’être beaux. Là, ce n’était pas le cas, même de près, c’était un beau mec, un bel homme, il n’y avait rien à jeter, en apparence en tout cas. Rien à voir avec les ados boutonneux qui tournaient autour d’elle et qu’elle ne manquait pas de rembarrer sans prendre de gants.

Le barman, lui, était un homme, un vrai. Il lui adressa des mots qu’elle entendait rarement de la part des garçons de son âge et il voulait être à son service, c’était cool ça ! Il lui faisait penser un peu à William. Un employé occasionnel de son père. Il devait avoir à peu près le même âge. Elle le trouvait trop beau aussi. Seulement, cet homme ne s’intéressait pas à Mary Jane comme elle le voulait. Ce n’était pas faute de faire ce qu’il fallait, de déployer tous ses charmes et d’être toute gentille avec lui. Elle n’avait pas encore dit son dernier mot. En attendant, un autre homme, autre que son père, se trouvait devant elle. Il semblait s’intéresser à la jeune fille. Génial ça, c’était juste ce qu’il fallait pour attirer son attention et tester son potentiel de séduction.


- Merci J.T.

Mary Jane disant merci, c’était à noter d’une pierre blanche. Elle lui lança un petit sourire espiègle et se grandit en se tenant la plus droite possible. Elle n’était pas folle la guèpe, un homme de cet âge n’allait sans doute pas s’intéresser à elle plus de cinq minutes. Ce profil était encore plus motivant. Arborant des effets de jambes, des mouvements de mains gracieux, l’adolescente s’attachait à ne pas trop regarder J.T. pour ne pas ressembler à une fan complètement excitée devant son artiste préféré, Elle mettait tout en œuvre pour ressembler à une femme. Y arrivait-elle ? Rien n’était moins sûr mais elle s’y employait avec application. C’était le moment de répondre à son père en le toisant innocemment.

- Je m’ennuyais toute seule à la maison.

Mary Jane fit une moue boudeuse puis se délecta d’une petite gorgée du breuvage offert par Stone. Il n’y avait pas d’alcool, dommage, mais il était très bon quand même. Elle en bu une autre gorgée et s’essuya les lèvres du bout de la langue.

- Alors, comme ça tu veux embaucher le barman… Pour me préparer plein de bons cocktails comme ça ?

Chassez le naturel, il revient au galop. L’enfant capricieuse montrait le bout de son nez.
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MessageSujet: Re: Soirée Karaoké ... [Terminé]   Dim 5 Sep - 20:14

Il n'était pas saoul. Au moins, ça il en était certain : il n'avait bu qu'une limonade et un mélange de jus de fruits ce soir. Pourtant, la situation lui rappelait l'état dans lequel l'avaient mis quelques verres une éternité auparavant. Peut être que ça ne faisait pas si longtemps mais cette soirée lui paraissait à présent lointaine. Il n'aurait pas su expliquer pourquoi, mais cela l'arrangeait. Comme si son état ce soir là avait quelque chose de brûlant aujourd'hui encore. Une plaie à vif, qu'il valait mieux ne pas toucher.

Cette soirée n'avait pas grand chose à voir avec la situation présente, donc il devait y avoir un fil conducteur. Qu'il cherchait instinctivement avec une naïveté de gamin. *La curiosité est un vilain défaut, tu vas te brûler les ailes*. Ce n'étaient ni le lieu, ni les personnes, ni les propos tenus qui avaient fait office d'interrupteur. C'était son état à lui. Il était en situation de tout approuver sans réfléchir, et ce n'était absolument pas une bonne chose. Même s'il venait de se faire offrir une boisson pour la seconde fois de la soirée.

C'était à croire que le barman voulait faire faillite. Certes, trois jus de fruits n'allaient pas le ruiner mais cela faisait tout de même trois consommations non rémunérée qui ne permettraient même pas de fidéliser le client puisqu'il s'agissait de deux parfaits inconnus qui ne risquaient pas de revenir un jour. Ce n'est que lorsque Stone congédia sa collègue qu'il réalisa pourquoi Orage pleuvait à verse en grondant le tonnerre tout en lançant ses éclairs en direction du barman. Il faisait du gringue à sa fille.

Fille qui semblait faire tout son possible pour le charmer de son côté, et qui l'avait remercié - remercié, alors qu'elle l'envoyait, lui, sur les roses dès qu'il tentait de lui offrir quelque chose. Bien sûr, il "tombait à côté de la plaque" et n'était "pas fichu de trouver un cadeau potable" mais c'était tout de même bien la première fois qu'il voyait son petit cyclone faire preuve de gratitude envers qui que ce soit. Enfin, son comportement vis-à-vis de lui n'avait pas changé au moins. La preuve, elle répondit à sa question en sept mots, pas plus.

Elle s'ennuyait. Est-ce qu'il se passait un jour sans qu'elle s'ennuie ? Il avait beau être insomniaque, il n'arrivait pas au niveau d'activité que sa fille atteignait, ni par conséquent au niveau de lassitude qu'entraînait sa brève curiosité pour l'intégralité de ce monde. Il avait bien essayé de la faire inscrire à des activités, mais elle avait toujours envoyé paître les émissaires qu'il envoyait à cet effet, et il avait du renoncer à l'occuper de cette façon. Au final, elle s'occupait très bien elle même, en mauvaise compagnie certes mais au moins cela faisait longtemps qu'elle n'essayait plus de faire de lui une nounou attentionnée. Alors, forcément, sa réponse le surprit un peu. Beaucoup. Suffisamment pour qu'il marmonne entre ses dents une constatation qui devait ressembler à celle ci :

- " Bien la première fois que tu ferais l'effort de passer par la maison "

Après cette remarque formulée de mauvaise grâce, il se replongea sans son jus de fruits, bien décidé à redevenir un zombie heureux et presque souriant dépourvu de cervelle. C'était sans compter sur le barman qui se mir à fredonner une chanson tout en rangeant son matériel. Une chanson qu'il craignait être dédiée à son héritière, ce qui le fit immédiatement recracher sa gorgée de Berry Bear pour entendre Mary s'adresser à lui.

- Alors, comme ça tu veux embaucher le barman… Pour me préparer plein de bons cocktails comme ça ?

Mais pourquoi elle lui faisait la conversation, elle voyait pas qu'il avait envie de parler autant qu'un clou de se faire planter ? Remarque, tant qu'elle parlait avec lui elle n'était pas e,n train d'allumer le barman, donc il valait sans doute mieux lui fournir une réponse. Sauf qu'il n'allait quand même pas dire à sa fille qu'il cherchait au pauvre type à l'air sympa pour aller se faire embaucher dans les rangs d'une organisation illégale. Déjà ça ne se faisait pas. Ensuite parce qu'elle était bien capable de trouver l'organisation en question et de les aider. Enfin, la priorité restait de l'éloigner de Stone et il était désormais bien réveillé, hélas.

- " Non. D'ailleurs je serais plus tranquille s'il restait à distance de toi et de tes affinités pour l'alcool, tu es encore mineure je te rappelle "

Il n'avait toujours pas digéré le soir ou elle avait réussi à la saouler. Pas à cause de la gueule de bois qui s'en était suivie (et pourtant son chat savait à quelle point c'avait été douloureux) mais à cause du coup porté à son ego. Se faire saouler par un adversaire, c'était un risque à prendre et il se débrouillait toujours pour ne pas se laisser avoir de cette façon. Mais se faire saouler par sa propre fille était légèrement plus humiliant. En attendant, il fallait qu'il trouve rapidement quelque chose à expliquer à sa fille avant qu'elle ne devine quel job il avait proposé à Stone. C'était pas gagné.
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MessageSujet: Re: Soirée Karaoké ... [Terminé]   Lun 6 Sep - 7:28

Douce beauté digne des plus grandes représentations divines. Douce béatitude quand au spectacle des jambes magnifiquement galbées ondulant dans des effets erotico-cosmiques. Doux appel de la moiteur torride d'une chambre embuée par l'appel de deux corps langoureux dansant véritablement l'un contre, l'un avec l'autre. Facéties et jeux coquins sous des draps de satins ... jusqu'à ce que

- " Non. D'ailleurs je serais plus tranquille s'il restait à distance de toi et de tes affinités pour l'alcool, tu es encore mineure je te rappelle "

Forcément, là, l'esprit même le plus pervers s'imagine dans une cage aux lions, en plein milieu d'un cirque et ... en tenue d'Adam. Bon Los Angeles égal Californie égal maturité sexuelle à 18 ans ... mais contrario à certains autres états il n'est pas interdit de séduire, embrasser ... et puis une petite relation platonique ne serait pas un mal pour le coureur de jupons et caleçons qu'était Stone. Un mignon petit rêve d'une relation stable qui n'est pas basée que sur le sexe, ça pourrait aussi être une bonne expérience.

Suite à sa petite chansonnette improvisée n'étant pas forcément du meilleur effet, surtout en la présence du père de la jeune fille, qui ne doit pas forcément être idiot et à du un minimum faire le rapprochement entre les jeux de regards de Stone et de sa fille et ... la chanson.

C'est malin, la voici qui joue du corps dans un appel à la séduction ... c'est peine perdue et du temps perdu jeune fille, votre corps à déjà fait tilter le cerveau du brave homme. Et ce passage délicat de sa langue sur ses lèvres ... quelques milliers d'années plus tôt il se serait jeté sur vous pour reproduire LA scène de "la guerre du feu".

Les relations ont l'air d'être bien tendues entre le père et la fille, lui trop placé sur son propre empire et son nombril et elle qui ne veut (peut être) qu'un peu d'affection et qui se rebelle pour démontrer qu'elle y à droit (il imagine, mais qui pourrait lui donner le mauvais rôle à cette bien jolie petite.)

Lé début de nuit risquait d'être fort intéressant, et si la proposition de travail était VRAIMENT sérieuse, il n'y avait pas à pousser mémé dans les orties, il fallait foncer.


- " Au mieux, nous pourrions nous revoir ultérieurement afin de discuter plus amplement des modalités et de l'emploi en lui même. Après tout la présence de votre bel ange mérite mieux qu'une négociation sur une offre d'emploi qui comme je vous l'ai dis, m'intéresse fortement. Tout ce qui peux me permettre de quitter mon modeste studio et ce boulot me convient."

Voilà c'était dit. Reste à espérer que ce fut entendu.

- " Non. D'ailleurs je serais plus tranquille s'il restait à distance de toi et de tes affinités pour l'alcool, tu es encore mineure je te rappelle "

Allons bon, papa devient enfin un père respectable en plaçant une barrière entre J.T et le bel ange. Il fallait se mettre la petite dans la poche à défaut du lit.

- " Allons une créature aussi féérique qu'est votre enfant ne saurait posséder ce vice sans avoir un message à faire passer. "

Un petit clin d'oeil malicieux dispensé à la belle et il continue son ménage comme si de rien n'était sifflotant le même air qu'il avait déjà chantonné, mais vous savez combien c'est difficile de changer d'air quand on en à un dans la tête. Espérant que cet air siffloté soit passé inaperçu il allume la platine qui charge le premier disque à l'intérieur.

Pas de bol ... mais vraiment pas de bol dans cette soirée.


[Appel du pied a peine caché]

Promis, il pourrait promettre sans tricher que ce n'est vraiment pas ce qui devait servir à faire une petite musique d'ambiance innocente. Et va faire l'innocent dans ce cas là. Surtout en repensant au jeu de séduction déjà mis en place. Les pions ont déjà trop bouger, certaines pièces se sont trop installées dans l'échiquier et le mat est en préparation. Impossible de faire marche arrière. Ce serait être petit bras. Et puis elle doit avoir quoi, 16/17 ans, encore deux ans à tout casser avant de faire d'elle une vraie femme. Et même s'il ne le sait pas officiellement, il ne peut que se douter que lui ... il a tout le temps ou presque.

Il n'a plus qu'à attendre la réponse de son futur patron et plus si affinités.

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MessageSujet: Re: Soirée Karaoké ... [Terminé]   Lun 6 Sep - 20:22

Si son père ne lui avait pas pris la tête parce qu’elle se trouvait dans ce bar, le voilà qu’il lui faisait la remarque de ne pas être souvent à la maison.
*Gnagnagna* maugréa-t-elle intérieurement. Il était gonflé de lui dire ça alors que lui non plus n’y était pas plus qu’elle, voire moins.

- Tu peux parler… rétorqua-t-elle froidement en levant les yeux au ciel afin de lui retourner le reproche.

Encore une fois, c’était à lui de montrer l’exemple. Il n’était pas là, alors elle non plus, na ! C'était à lui d'éduquer sa fille. S’il n’était pas fichu de le faire, il n’avait qu’à pas faire de gosse. Mais qu’avait-elle fait au bon dieu pour avoir un père pareil ? Elle ne méritait pas ça. Si ? Bah non, Mary Jane était persuadée être une petite fille modèle sauf que, à cause de son paternel, elle devenait un vrai petit diable. Si elle agissait comme elle le faisait, c’était uniquement pour attirer son attention. Et lui, ce grand dandy de bonhomme, il ne voyait rien, il ne comprenait rien. Les réactions de la jeune fille étaient des plus normales.

Bref… Le mieux était de l’ignorer et de reporter son attention sur le barman. Lui, au moins, il était prévenant. Il s’intéressait à elle. C’était sans compter sur ce qu’allait répondre son père. Comment osait-il parler d’elle devant un parfait inconnu ? Non seulement il étala ses rapports avec l’alcool mais il en rajouta une couche en lui rappelant son âge ! Grrr Mais quelle nécessité avait-il de dire ça ? Il voulait montrer qu’en bon père de famille, il donnait un semblant d’éducation à sa fille.


- N’importe quoi !

Il était vrai qu’elle était mineure et qu’elle aimait bien l’alcool, mais elle ne se prenait pas une cuite tous les jours. Abuséééé. Pour qui la faisait-il passer ? Et lui alors, il n’était pas le dernier à se bourrer la gueule. Il avait beau être adulte, il se comportait comme un gamin de 12 ans. Il était incapable de faire la différence entre un être vivant et une peluche avec qui il prenait un malin plaisir à lui arracher les poils. C’était une image évidemment, mais c’était l’image qu’elle avait de son père quand il n’était pas fichu de se rendre compte qu’il était blessant. Evidemment encore, Mary Jane ne pouvait pas imaginer que son père se délectait à faire souffrir les autres. Elle détestait son père mais c’était son père. Un père, pour sa fille, ne pouvait pas être foncièrement mauvais ; c’était inconcevable. Plus tard, elle ouvrirait peut-être les yeux.

La demoiselle faillit lui dire ses quatre vérités mais elle se ravisa. Il était préférable de passer très vite à autre chose. JT était derrière le bar et elle ne devait pas se montrer hystérique devant lui. Les filles qui s’énervaient, qui râlaient ou qui pestaient n’attiraient pas les garçons, sauf si ils étaient maso. De plus, la colère rendait moche. Elle ne voulait pas se montrer ainsi devant ce bel homme. Au contraire, elle voulait l’attirer.

Le barman venait de qualifier la jeune fille de créature féérique. Elle, une fée ! Bah oui pourquoi pas, c’était flatteur ! Oui mais non, elle n’était pas idiote, il en faisait un peu trop et ça ressemblait à du blabla de dragueur de bas étages. Elle fit une moue dubitative avant d’entrouvrir la bouche de stupéfaction. Il avait tout compris ! Non elle n’avait pas ce vice et oui elle voulait faire passer un message. Jusqu’à présent elle n’avait jamais réfléchi à la raison qui la poussait à boire. Il n’y avait pas à dire, ce J.T. se montrait fin psychologue.

Le petit clin d’œil malicieux adressé à la jeune fille la fit fondre. L’adolescente se retint de ne pas sauter de joie. Il était de son côté, elle n’avait pas de doute là-dessus. Par contre, la regardait-il comme une femme ou comme une gamine maintenant qu’il savait qu’elle était mineure ? La différence d’âge, car il devait avoir au moins quinze ans de plus qu’elle, lui importait peu. Pour tout dire, c’était plutôt stimulant voire excitant. Si J.T. mordait à l’hameçon, ce serait une occasion de plus de se prendre du bon temps et, oh délice suprême, de faire rager son père, il le méritait bien après tout !

Le regard espiègle de la demoiselle passa de son chevalier servant à son père.


- Je ne sais pas ce que tu lui proposes comme job, mais tu devrais l’embaucher comme conseillé. Assura-t-elle en hochant légèrement la tête positivement.

Conseillé spécialisé en décodage comportemental de M.J. Un nouveau métier était né sauf que le paternel risquait de ne pas comprendre le message. Il avait l’air tellement apathique ce soir ! Alors, autant en profiter pour lui secouer les puces à sa façon. Oubliant les dernières recommandations de son père, Mary Jane contourna le bar et se posta près du barman. Il était plus grand qu’elle. Elle inclina légèrement la tête pour capter son regard. Une douce lueur d’enchantement pouvait se lire dans ses yeux. D’une innocence insolente, elle lui demanda:


- Il faut que je sache…

Elle était sur le point de lui poser tout un tas de questions indiscrètes comme : avait-il une petite amie ou un petit ami, une femme, des enfants, quel âge avait-il, etc… Elle n’en fit rien. Elle ne voulait pas passer pour une gamine curieuse qui voulait tout savoir sur tout. Pour se donner une certaine constance, elle posa ,un quart de seconde, une main délicate sur celle du serveur.

-… Ca veut dire quoi J.T. ?
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MessageSujet: Re: Soirée Karaoké ... [Terminé]   Mer 8 Sep - 19:21

Il y avait des lettres qui sautillaient derrière le barman en rouge clignotant. On notait deux E, deux N, un I et un M. Ennemi. Ce type qui draguait ouvertement sa fille ne méritait pas de vivre et il s'arrangerait pour qu'il ne vive effectivement pas plus d'une semaine supplémentaire s'il continuait à charmer son héritière. Et que l'héritière en question soit tout aussi charmeuse n'y changeait rien. Personne ne touchait à sa fille. Personne ne regardait sa fille. Personne ne disait du mal de sa fille et surtout personne n'essayait d'allumer sa fille sans se faire ruiner et humilier définitivement.

Il voulait du travail? Qu'il en cherche ailleurs. Loin. Très loin. Le plus loin possible de Mary Jane. En plus, il admettait de son propre aveu être dans la dèche, donc non-indépendant, donc vivant à ses crochets s'il le laissait faire. Bien sur, il avait besoin d'un espion. Et il voulait en savoir plus sur la façon dont il avait broyé ce verre sans se blesser. Mais il n'avait aucune envie d'engager ce beau-parleur qui tentait maintenant de psychanalyser sa fille.

- " Allons une créature aussi féérique qu'est votre enfant ne saurait posséder ce vice sans avoir un message à faire passer. "


On n'analysait pas un Holster. Jamais. En tout cas pas sans séquelles qu'il mettait un point d'honneur à rendre graves. Il ne supportait pas que quelqu'un puisse comprendre sa façon de fonctionner et à la seule idée que ce clochard à domicile minable mais fixe puisse comprendre sa fille mieux que lui, il enrageait. *Jaloux* Parfaitement.

- Je ne sais pas ce que tu lui proposes comme job, mais tu devrais l’embaucher comme conseiller.

Et en plus il tombait juste. Il ne restait plus qu'à trouver une date. Samedi serait sûrement un très beau jour pour sa mort. Celle du barman bien sûr, la sienne il n'avait pas l'intention de la précipiter de quelque manière que ce soit. En attendant, il devenait urgent d'éloigner Mary Jane de cet individu pire que dangereux. Seulement il savait qu'elle ne l'écouterait pas s'il lui disait simplement de rentrer.

Il n'avait aucun contrôle sur elle. Ça n'avait rien de nouveau, c'était juste problématique dans cette situation précise. Puisqu'il ne pouvait pas protéger directement sa fille, le mieux était encore de neutraliser le fin psychologue qu'il avait devant lui. Et la seule chose qui pouvait l'intéresser plus que les beaux yeux de sa progéniture, c'était une offre d'emploi.


- " Malheureusement le poste à pourvoir n'est pas celui de conseiller. Je préfère m'entourer de gens qui savent faire fonctionner leurs neurones, mais aussi tout leurs autres talents pour parvenir à leurs fins et rien ne me garantit que j'ai affaire à ce genre de perle rare."

Déjà, il était au moins sûr de ne pas voir ce playboy débarquer chez lui pour lui dire de changer le papier peint, d'acheter une nouvelle brosse à dent ou, pire que tout, comment élever sa fille. Il ne pouvait tout simplement pas entendre quelqu'un critiquer l'éducation qu'elle avait reçu sans exprimer son mécontentement d'une façon ou d'une autre. Cela s'était traduit par quelques licenciements pour ses employés indiscrets et par un coquard pour le professeur de danse classique qu'il avait tenté d'imposer à son petit ange quand elle avait huit ans et qui lui avait suggéré en remplacement des cours de maintient. Ceci dit, tous les problèmes ne pouvaient se régler par un coup de poing maladroit. Stone, par exemple. D'autant que sa fille faisait maintenant mine de s'intéresser à lui.

- "De toutes façon, l'emploi que je pensais vous proposer n'est pas de ceux que je détaille devant des personnes non concernées; donc si vous tenez à vous faire employer il faudra venir au siège de Genetech et demander un entretient d'embauche comme semi-indépendant. Mais vous pouvez demander autre chose que semi indépendant : je serais ravi de ne jamais vous revoir... faire du gringue à ma fille."

C'était sorti tout seul. Une sorte de cri du cœur. En même temps il était normal qu'il défende sa petite tornade contre les méchants messieurs qui pourraient lui vouloir beaucoup trop de bien à son goût... non? *Si, c'est parfaitement normal. Humain, même*. Mouais. Il était peut être normal mais certainement pas humain. Nephilim peut être, mortel à la rigueur, mais juste humain, non.
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MessageSujet: Re: Soirée Karaoké ... [Terminé]   Sam 11 Sep - 1:16

Ha la douce mélodie d'une discussion fort aimable et généreuse entre membres d'une même famille ... si seulement il savait ce que cela signifiait. Stone est perplexe de ce genre de comportement et comme tout bon barman, il aime à lire les gens. Ils ont tous quelques manières qu'ils ne peuvent pas dissimuler, et être un bon barman aide à lire et profiter de ce qu'on lit pour mieux vendre et l'alcool entrainant toujours d'autres confidences. Un bon barman est un physionomiste, un bon vendeur, un psychologue et un psychiatre.

Ces deux personnes qui survivent à la soirée sont un bon terrain d'entrainement, la fille un peu immature et voulant déplaire au maximum au père en arborant des tenues indécentes et se mettant dans des situations embarrassantes pour son géniteur ... et accumulant bêtises sur bêtises et le père imbu de sa petite personne, et si fier qu'il n'oserait jamais avouer combien il aimerait pouvoir avoir une vraie communication avec sa fille, une véritable entente saine et équilibrée, mais trop fier il se laissera entraîner dans une pseudo guerre psychologique en refusant tout net ce qu'il aimerait. Ces deux là sont l'exemple de la complexité de l'être humain dans toute sa splendeur. C'est fascinant, troublant et intéressant.

De piques en piques la confrontation fait rage avec comme arbitre et punching ball moral ce cher Stone qui s'amuse de la situation. Sous ses allures de grand playboy gentil et courtois il aime les discutions houleuses et assister à ce genre de spectacle, n'ayant pas la mémoire de cette expérience avec les siens, il se construit autour de ce comportementalisme de base. Il aurait du être psy, ça rapporte mieux.

Entre deux non dit le père jouait son rôle, mais dans de trop courtes circonstances, ce qui déplaisait fortement à la miss qui ne s'en laissait pas compter pour pouvoir faire bouillir son paternel.

Elle était passée derrière le bar, jouant de toute sa féminité et de son air enfantin à la fois ...

- Il faut que je sache…

Elle passa doucement et rapidement sa main sur celle de Stone, sa moue et son air enfantin dans les yeux ... ce geste eut pour réponse un tressaillement léger, mais pas forcément invisible.

-… Ca veut dire quoi J.T. ?

IL avait craint un instant que l'effrontée ne lui demande s'il avait une copine, un copain, des gosses et les autres broutilles de la curiosité malsaine d'une enfant, mais il n'en fut rien, elle ne s'était intéressée qu'au prénom, peut être ne souhaitant pas poser les autres questions de peur d'être déçue des réponses ou simplement pour éviter de trop jouer à l'enfant.

- " Ma chère, ces deux initiales sont les prénoms de mon père visiblement, puisque je possède le Jr dans le nom complet, donc je subodore que ce sont bien les prénoms de mon père, et signifient Jonathan Theodore, d'où une préférence pour J.T que je trouve plus discret et moins long.

Il avait presque failli souffler qu'il n'aimait que les corps à corps longs ... mais déjà que les yeux du père de la fille étaient à deux doigts de se transformer en armes létales à longue portée, il n'allait pas en rajouter.

- " Malheureusement le poste à pourvoir n'est pas celui de conseiller. Je préfère m'entourer de gens qui savent faire fonctionner leurs neurones, mais aussi tout leurs autres talents pour parvenir à leurs fins et rien ne me garantit que j'ai affaire à ce genre de perle rare."

Il ne se souvenait pas de tout sauf de ces onze dernières années, mais il sentait fortement qu'il pouvait être une de ces fameuses perles rares. Après si l'on prenait en considération les distinctions qu'il avait en sa possession et à son nom, il devait avoir été un SAS, les fameux commandos d'élite du royaume uni. Donc un gage de sécurité en matière de débrouillardise, de combat, d'infiltration et si en plus on le combine à son don qui le rend phénoménal, il devait être une sacrée perle rare.

- "De toutes façon, l'emploi que je pensais vous proposer n'est pas de ceux que je détaille devant des personnes non concernées; donc si vous tenez à vous faire employer il faudra venir au siège de Genetech et demander un entretient d'embauche comme semi-indépendant. Mais vous pouvez demander autre chose que semi indépendant : je serais ravi de ne jamais vous revoir... faire du gringue à ma fille."

Il est bien évident en reprenant la proposition telle qu'il lui avait fait l'offre en milieu de soirée, que ce genre de détail ne se faisait pas devant une jeune fille aussi charmante, enjôleuse et comploteuse que sa fille, et il marquait clairement les limites de leur collaboration. Un poste, un salaire mais une condition qui risquait de faire tiquer la belle enfant. Il devait aussi se douter que Stone ne voulait pas de mal à sa fille, bien au contraire ... et ce n'est jamais pour faire plaisir à un père que de voir ceci, Stone le comprenait parfaitement mais il était évident qu'il ne le promettrais pas, la jeune fille pouvant à tout instant débarquer dans sa vie et le père ne s'y trouvant pas. Il griffonna sur deux bouts de papiers son numéro de portable, un qu'il laissa sur le bar à l'attention du père.

- " Si vous avez une consigne à faire passer, ou si vous souhaitez parer ... que sais je, mais par prudence mieux vaut que vous ayez ce numéro."

Il venait de terminer le ménage rudimentaire, regarda l'heure à la pendule, vérifia que le flic en poste à proximité était toujours présent, et malheureusement oui, il l'était, présence obligatoire aux devants des bars et des boîtes des grandes villes, aux heures de fermetures. Et se dirigea vers le bar et ses deux derniers clients.

- " Par contre il va me falloir vous demander de partir, la réglementation en vigueur est très stricte et je ne saurai y déroger. Il me faut fermer ce bar aussi je viendrai dès que faire se peut à Genetech pour l'entretien d'embauche. Au plaisir donc de vous revoir monsieur.

Il prit les mains de la jeune fille, y glissa le papier avec son numéro. Puis dans un grand sourire, il posa un discret baiser sur la joue droite de la jeune fille.

- " Mademoiselle, ce fut un plaisir de faire votre connaissance. Si je puis me permettre juste une petite chose, votre père éprouve une profonde tendresse et un grand amour pour vous, et même si sa fierté fera refus de le dire, il s'inquiète beaucoup pour vous. Je n'ai par contre pas le grand plaisir de connaître votre prénom, aussi j'oserai croire que vous me le direz."

Il reconduisit les deux vers la porte, faisant un salut au flic en faction pour lui montrer la mise en fermeture du bar.

- " Au plaisir de vous revoir tous les deux. Passez une bonne nuit."

Avant de fermer la grille et dans un dernier sourire s'enfoncer dans la rue sombre.
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MessageSujet: Re: Soirée Karaoké ... [Terminé]   Sam 11 Sep - 23:00

Son père n’avait pas l’intention d’embaucher J.T. comme conseiller et il lui précisait ne pas vouloir en discuter devant des personnes non concernées. « Ces personnes » étaient représentées par Mary Jane Hoster ! C’était toujours pareil avec lui, il suffisait que sa fille suggère quelque chose pour qu’il refuse. C’était à croire, et elle le croyait vraiment, que son père ne l’aimait pas. Il faisait tout pour la contredire, la contrecarrer, l’embêter, l’ignorer !

*J’te déteste* pensa-t-elle en lançant un regard en coin vers son père.

Il voulait toujours avoir raison, elle aussi. Il était têtu, elle aussi. Ils étaient immatures tous les deux... Décidément, beaucoup de points communs chez ces deux membres de la famille Holster. Des points communs qui les positionnaient aux antipodes. L’immaturité aurait pu être un lien entre ces deux personnages, mais ce n’était pas le cas, loin de là. La jeune fille s’appliqua à contrôler ses émotions pour ne pas exploser de rage devant J.T.

Mary Jane avait lu comme une pointe de jalousie sur le visage de son père. Ses paroles confirmèrent son impression. Jaloux de quoi ? De sa fille ! Etonnant, très étonnant. Elle ne pensait pas une seconde avoir un père jaloux, jaloux d’elle surtout. Elle se dit alors qu’il enviait le barman vers qui elle dirigeait tout son charme. A noter que ça n’avait rien à voir avec un esprit incestueux mais, à son avis, il était jaloux de ne pas avoir de minettes de l’âge de sa fille courir après lui. Cela dit, elle n’avait jamais vu beaucoup de filles ou de femmes tourner autour de son père, mise à part l’hystérique de Reynolds. Cette femme, Mary Jane ne pouvait pas la voir en peinture. Elle la détestait purement et simplement. Heureusement, son père avait l’air de s’en foutre royalement. Il ne l’employait pas pour ses beaux yeux mais pour ses talents professionnels. Il fallait préciser qu’il n’était pas homme à ramener ses conquêtes à la maison. L’avis de la fille Holster était uniquement basé sur ce qu’elle avait pu remarquer dans les locaux de Genetech.

Bref, il était jaloux si ça lui chantait, après tout, elle s’en fichait. Non elle ne s’en fichait pas car ça l’encourageait dans son attitude aguicheuse envers le barman. Ce n’était pas difficile de s’intéresser au serveur, il était si beau. Mieux, il lui plaisait sacrément. Si ça n’avait pas été le cas, en voyant la tête de son jaloux de père, elle aurait fait abstraction du physique et continué son petit numéro. Bien sûr, elle faisait comme si elle ne s’apercevait de rien en gommant la présence du paternel. La douce mélodie de la vengeance l’enchantait. Elle ne s’en lassait pas, mieux elle jubilait.

Mary Jane était pendue aux lèvres du bel homme, à défaut de son cou, le temps de sa réponse. Il lui parlait tellement bien ! Elle avait le sentiment d’être considérée comme une femme et, pas de doute, ça lui convenait parfaitement. Enfin quelqu’un qui l’appréciait à sa juste valeur !

Mary Jane redescendit de son petit nuage quand J.T. leur demanda de partir. Comme si elle sortait d’un doux rêve, elle regrettait d’être réveillée aussi brutalement. Il la mettait à la porte sans détour. Ses lèvres s’entrouvrir pour verbaliser sa réprobation mais s’arrêtèrent à mi chemin lorsqu’il lui prit les mains en lui glissant un bout de papier. Elle faillit fondre en sentant le souffle chaud du bel homme sur sa joue. Mary Jane était trop contente de voir qu’il ne la virait pas à cause de son comportement mais à cause de la loi.


- Tout le plaisir est pour moi. Dit-elle d’une voix admirative en esquissant un sourire enjôleur.

Son sourire s’estompa quand il parla de son père. Elle n’était pas d’accord et ne put s’empêcher de contester son analyse comme une gamine révoltée.


- Tu parles ! Ca se voit que tu ne le connais pas !

Non il n’éprouvait aucune tendresse pour sa fille et encore moins de l’amour. Et non, il ne s’inquiétait pas pour elle, mais pour lui. JT avait tout faux ! C’était ce que pensait Mary Jane en se dirigeant vers la sortie. Elle pensait maintenant que le barman avait essayé de se mettre la fille dans la poche pour convaincre son père de l’embaucher. Ayant constaté que les rapports entre les deux ne l’aideraient pas dans sa démarche, il avait modifié sa stratégie à la dernière minute en passant de la pommade au patron de Genetech.

Cétait souvent comme ça, les gens ne s’adressaient à Mary Jane que par intérêt. C’était une des raisons qui la poussaient à sortir avec des bandes de copains qui ne savaient pas qui elle était. En sortant du bar, elle bouscula le flic qui prenait trop de place. Elle le toisa sans dire un mot puis elle ouvrit la main contenant le bout de papier avec le numéro de téléphone de J.T. De rage, elle le jeta parterre et pressa le pas pour s’éloigner de l’hypocrisie et de la dictature, nommées respectivement Jonathan Théodore Stone Junior et Dunney Steeve Holster.
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MessageSujet: Re: Soirée Karaoké ... [Terminé]   Mar 14 Sep - 18:55

Son numéro, il n'en avait rien à faire. Personnellement, il comptait le donner à n'importe quel mendiant, ou à un môme s'ennuyant par un dimanche après midi pluvieux. Bref, il espérait bien que ce type regrette de lui avoir laissé son numéro, ne serait-ce que par principe. La véritable vengeance viendrait après, quand il se serait calmé et qu'il serait capable d'élaborer un plan suffisamment vicieux et douloureux.

D'autant plus douloureux que chaque regard que Mary Jane lançait au bellâtre serait facturé en triple, ce qui l'amenait à un plan d'action sur quatre mois. Mouais, en fait c'était pas le moment, d'autant que le bar était officiellement fermé et qu'il était préférable pour des clients d'en sortir rapidement à moins d'être étiqueté petit(e) ami(e) officiel(le) du patron ou de la patronne. Enfin, il aurait été ravi de partir n'eut été la certitude de revoir ce triste personnage mettre un jour les pieds sur la moquette propre qui recouvrait son lieu de travail.

En principe, se dire au-revoir ne prend pas beaucoup de temps. Sauf quand on a des mots doux de dernière minute à faire passer. Si ç'avait été un gamin de son âge, il aurait serré les dents mais accepté le phénomène. Seulement là, c'était un adulte qui retenait sa fille et il n'avait aucune envie de voir cette dernière décider de passer la nuit sur place. Oui, parce que les adolescents aujourd'hui savaient ce qu'ils voulaient, ou en tout cas en étaient persuadés, et ce n'était pas pour améliorer son humeur.

Entendre l'éloge de ses sentiments paternels le surprit, un peu, mais il ne desserra pas les dents pour autant. La barman n'avait pas eu assez de temps pour l'analyser, il ne se basait que sur des suppositions. Heureusement d'ailleurs: le seul fait de s'imaginer en papa-gâteau dégoulinant de guimauve et de roses en sucre glace lui donnait envie de se tirer une balle dans la tête.

Bon, il exagérait peut être: il n'avait parlé que de s'inquiéter pour elle, et cette phrase était exact dans son sens strict. Il n'allait quand même pas laisser son héritière devenir n'importe qui. Qu'elle coule son Empire, bah, l'Empire en question survivrait sans doute, se trouverait d'autres sponsors... Mais qu'elle s'entiche de n'importe qui et devienne une personne médiocre, ça, il n'en était pas question.

Une phrase exacte donc. Mais qui sous-entendait quand même une demi-tonne d'affection (au bas mot) et quelques litres de bonne volonté, de gentillesse, d'altruisme même. Heureusement, sa fille prit sa défense contre ces accusations erronées. Au moins une personne sensée qui ne lui prêtait aucun sentiment surnuméraire, ne lui faisait pas bêtement confiance et ne l'admirait pas à tort comme certains faibles d'esprit qui le prenaient presque pour le messie. *Et après je m'étonne encore que tu sois mégalo*.

Sa fille avait tout dit, il ne leur restait plus qu'à sortir. Il fourra son numéro dans la poche (toujours avec l'intention de sélectionner soigneusement la personne à laquelle il le confierait) et suivit Mary Jane à l'extérieur. Pour l'y voir jeter un bout de papier ressemblant comme deux gouttes d'eau à celui qu'il venait de destiner mentalement au premier nécessiteux venu.

Sa première réaction fut de jeter un regard vers la porte close. Mais il n'était pas judicieux d'aller forcer ladite porte pour coller une beigne à un individu bien plus en forme que lui physiquement, même si ledit individu avait eu le culot de laisser son numéro à la chair de sa chair. Il regard donc à nouveau son héritière qui fulminait sans voir le regard insistant d'un honorable volatile en uniforme, bousculé par ses soins. Le flic, il s'en fichait.

Non, le plus étonnant, c'était qu'elle jette le numéro du mec qu'elle venait d'allumer pendant un certain temps avec beaucoup de sérieux. Bien sûr, cela signifiait (youpi youpala tralala) qu'elle n'était pas ou plus réellement intéressée par cet enfoiré bientôt torturé par ses soins zélés avec un damier, un joli clapier, une cheminée... Il préférait s'arrêter là, inutile de se mettre soi même une musique ridicule en tête.

Bref, c'était la meilleure chose qui puisse arriver mais aussi la plus incompréhensible. Sa fille n'était tout de même pas assez volage pour draguer un inconnu juste pour tester ses limites, si? Ou alors elle faisait ça, comme beaucoup d'autres choses, pour le mener à bout... Non, il devait cesser de tout ramener à lui quand même, et puis on n'allumait pas les gens pour en embêter d'autres, c'était... irrespectueux? Il ne lui avait jamais parlé de respect. Immoral? Idem. Ridicule? Ça, oui, mais vu sa propre capacité à s'humilier tout seul comme un grand... N'empêche que ça restait un mystère de type "dans uns sombre, sombre crypte" .

Et comme il n'aimait pas les mystères, il essaya de rattraper sa fille pour comprendre un peu ce qui lui passait par la cervelle. C'était perdu d'avance mais autant essayer...

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