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 We were a good team.[terminé]

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Elias J. Climber

~ In the arms of cactus angels

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MessageSujet: We were a good team.[terminé]   Ven 7 Mar - 9:36

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" Il y a mourir dans "je t'aime" il y a je ne vois plus que toi. Mourir au monde, à ses poèmes, ne plus lire que ses rimes à soi.
Un malhonête stratagème, ces trois mots là n'affirment pas. Il y a une question dans "je t'aime", qui demande, m'aimes-tu toi ? " Cap & Elias 14/05
   

   
We were a good team.

   

   Depuis le temps que je la tiens, la photographie est bientôt chiffonnée. Froissée. Paradoxalement, je la trouve de plus en plus belle et le regard de mon fils de plus en plus vivant. Je plisse les yeux quand l’image se dédouble, me concentre comme je peux avant de détourner le regard pour attraper mon verre et le vider aussitôt.
Quand je reviens sur le portrait d’Indio, il bouge. Je suis complètement ivre, bien conscient cependant qu’il suffirait d’arrêter de remplir ce verre et de ne plus le porter à mes lèvres. Sauf que ce petit jeu n’a pas de fin. J’y ai pensé, pensé et repensé des dizaines des fois depuis que Capucine est partie – quarante-huit heures environ – mais ça ne m’encourage pas. Cette petite voix insistante ne parvient pas à me convaincre, quand bien même son raisonnement semble le plus logique ;
Abandonner la vie sera peut être ta dernière chance de voir Indio.

Et après ?
J’ai attrapé un bloc note et un crayon en début de soirée. Les deux bouteilles qu’il me restait ainsi que le verre ont tôt fait de nous rejoindre. Moi et mes idées. J’ai commencé à gribouiller et désormais je réalise avoir écris. Ces mots n’ont aucun sens et surtout pas le moindre intérêt !
Puisque je n’ai plus d’épaules sur lesquelles pleurer, que je n’ai jamais voulu m’apaiser contre Capucine, que j’ai complètement gâché une des soirées de Calista et son petit ami avant de me foutre en l’air pendant deux jours : j’écris. Au moins je n’emmerde personne. Et personne n’est là pour me juger.

-----
Hey buddy ;
Il y avait du monde pour te dire adieu. Il y avait trop de monde à mes yeux. Maman a beaucoup pleuré. Moi aussi, je crois. Je ne me souviens pas très bien tu sais, je suis fatigué. Je ne sais plus si je dors, ni comment. Les médicaments sont souvent efficaces mais je déteste dépendre de ces produits douteux. L’alcool ? Ne me regarde pas comme ça, c’est différent. Ça m’aide à me détendre et puis c’est de coutume dans la famille, de se consoler avec un bon whisky.

Il y avait tellement de gens pour ton enterrement. Tu te souviens de ton oncle ? Non bien sûr, tu ne l’as pas assez vu. Mais il a une bonne tête, j’trouve. Pour un bâtard. J’aimais bien imaginer que vous seriez proches, c’est un vrai gamin. Ça ne pouvait que fonctionner.

Il y avait Capucine aussi. Tu sais ? Oui tu sais. Tu nous as vu c’est ça ? Tu te demandes pourquoi j’étais si distant ? J’étais pas bien. Tu ne peux pas imaginer ce que c’est de perdre un enfant, mais je t’assure, c’est insupportable. Je n’étais pas bien et depuis, j’ai fait d’autres conneries. Indio, si tu savais, j’ai été ignoble avec Cap. Je sais que tu l’aimes bien ! Ne me fais pas la morale, ce n’est pas ton rôle ! Je l’ai toujours trouvée trop jeune, trop belle, trop forte pour moi. C’est tout. Quand t’es parti mon cœur s’est brisé. Alors le morceau qui appartenait à Capucine est tombé, je n’ai pas su le rattraper parce que je courrais après le tiens ! Comme un con, t’as vu. Parce que le tiens, je ne pourrai jamais le récupérer. Il aurait fallut que je m’en rende compte, que je te laisse partir pour la sauver, elle.

T’es pas le seul à avoir un père débile ! Et t’as pas le droit de m’insulter. Moi aussi j’ai un père qui craint, de toute façon.
Je l’aime Indio tu sais. Et c’est dégueulasse d’aimer quelqu’un qui n’est pas fait pour soi.

-----


« Merde. P*tain ! »

Voilà que je tâche mon courrier. Connerie de whisky. Je pose violemment mon verre et me lève pour aller chercher de quoi éponger le liquide sur la table. En approchant de l’évier je marque une pause, m’appuis sur le meuble et soupire en fermant les yeux. La tête qui tourne, c’est super désagréable mais ça ira, ce n’est pas la première fois. Depuis que je sais être un mutant, j’ai l’impression que toutes mes migraines concernent mon don ;
Sauf que quand je suis seul, il ne fonctionne pas. Si j’ai tout compris. A moins que j’essaye de convaincre des murs ou de séduire des chaises !!!

Ça tourne plus vite, plus fort. J’ai chaud et je tire sur ma chemise, incapable de détacher le moindre bouton comme dépourvu de force et d’habileté. Je parviens à me ressaisir en m’humidifiant le visage avec un peu d’eau et je me concentre au maximum pour tirer sur le vêtement. Trois boutons cèdent, mais l’effet désiré n’arrive pas. Au contraire. J’ai encore plus chaud, ça m’a fatigué.
Je fais quelques pas, atteins la porte que j’ouvre dans l’espoir de bénéficier d’un courant d’air. Rien ? Je beugle une incivilité quelconque, reviens dans l’appartement pour choper une bouteille que je porte directement à mes lèvres : faut bien que je me déshydrate ! Puis, ne me demandez pas pourquoi, je la balance contre le mur en face de moi. Elle explose en mille morceaux sur lesquels à mon tour, je m’écroule.

Perte de connaissance ;
Quelques écorchures.
Le voisin demande assistance ;
Il ne faudrait pas que ça dure.

   
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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Ven 7 Mar - 16:10

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" Il y a mourir dans "je t'aime" il y a je ne vois plus que toi. Mourir au monde, à ses poèmes, ne plus lire que ses rimes à soi.
Un malhonête stratagème, ces trois mots là n'affirment pas. Il y a une question dans "je t'aime", qui demande, m'aimes-tu toi ? " Cap & Elias 14/05

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Le temps s’écoulait trop lentement ou trop vite selon les circonstances. Dans les moments heureux, il se pressait alors que dans les périodes de douleurs, il s’amusait à traîner. A croire que nous voir souffrir était son loisir préféré. Je déambulais depuis deux jours et me faisait réprimander de ne pas être plus cool. Ils ne savaient pas. Je ne pouvais pas leur dire et ce, même s’ils se foutaient de moi. Ce n’était pas méchant, ils essayaient de m’inclure dans leur petite bande et c’était sympathique de leur part. Mais il fallait avouer qu’être déprimée et déprimante n’aidait pas à tisser des liens avec autrui. Une semaine depuis mon arrivée... Il n’en avait guère fallu de plus pour me retrouver sans mec et sans appartement. Pas de quoi s’en vanter, ni sourire.

Néanmoins, ils m’avaient à la bonne. Ils avaient pu remarquer ma motivation, mes capacités et mon endurance. Ma tutrice me trouvait douée et n’hésitait pas à me prêter ses fiches de révision ou à me donner des conseils pour m’aider dans mes révisions à côté. Car… Je n’étais qu’une stagiaire. Pour recevoir le statut d’ambulancière, il me fallait passer l’examen et le réussir. Je ne m’en inquiétais pas dans la mesure où cet objectif occupait mes journées. Je n’avais et ne voulais rien d’autre. Tout était bon pour ne pas penser à lui. Cela faisait trop mal et me laissait un goût amer. A mon âge… C’était un comble !

Il était tard. La journée avait été longue encore et pourtant, je redoutais le moment où mes collègues me fouteraient dehors. Il ne restait plus que quelques minutes avant que l’heure fatidique n’arrive. Qu’allais-je faire ? Prendre une douche avant de quitter les lieux, me prendre un sandwich ou un kebab sur le chemin avant de retrouver mon garde meuble ? Rien de glorieux. A tous les coups, je passerai le reste de la soirée dans mes fiches de révision pour oublier cette solitude qui enserrait mon cœur. Et pourtant, quelqu’un là haut avait dû m’entendre car une alerte fut lancée et c’était pour nous. Aussitôt, je m’engouffrais à l’intérieur de l’ambulance, tandis que ma tutrice se mettait au volant. Une bouffée de soulagement me prenait. Si c’était assez grave, cela me prendrait peut être toute la soirée. Ce serait merveilleux même si pour ça un innocent devait passer un sale quart d’heure.

J’ignorais où nous nous rendions, mais le quartier ne m’était pas inconnu… Au contraire. En plus, le véhicule s’arrêtait au bas de son immeuble. Putain… Je sortais aussi vite que possible en cachant le trouble qui me gagnait et m’emparais du matériel nécessaire. Sans le savoir, ma supérieure appuyait cruellement sur le bouton d’ascenseur menant à l’étage de mon cauchemar. Et quel cauchemar ! Il était l’origine de mon appel… La voisine me reconnaissait et s’approchait de moi pour me demander où j’étais. En quoi cela la regardait-elle ? En l’ignorant, je suivais ma chef qui me regardait étrangement.

- « Un souci ? »

- « Je ne savais pas que t’avais un mec. »

- « J’en ai pas.

A mon ton, elle comprenait qu’il ne valait mieux pas approfondir le sujet. De toute façon, ce n’était pas le moment d’évoquer mes histoires de cœur. Bon ! Que devais-je faire pour l’achever ? Euh… le soigner… Qu’avait-il fait ? L’odeur était un bon indice ! Elle nous renseignait que Monsieur avait fait des excès. Je restais à côté, confiant les instruments à ma supérieure qui posait les questions de base à un inconscient. Elle vérifiait la réactivité de ses pupilles en même temps. Pour le moment, je la laissais gérer. J’avais déjà bien trop à faire avec moi-même. J’évitais de regarder les alentours de peur que la vue de l’appartement me rende malade. Cependant, il y avait urgence et on avait besoin de moi. On me donnait la tâche de lui prendre sa tension. Genre… Je m’exécutais tandis que ma boss regardait les alentours, certainement à la recherche de médicaments ou autres produits de la mort.

La tension prise, je me retrouvais avec un morceau de papier entre les mains. C’était quoi ça ? Une lettre ? Je la lisais… Erreur… Enorme erreur… Même s’il avouait m’aimer, il disait également que j’étais trop jeune, pas faite pour lui et qu’il choisissait son fils décédé, même si cela signifiait mon abandon. Il avait fait son choix. J’avais essayé de l’aider. Je m’étais occupée de tout pour lui faciliter la vie et lui a… avec… Je ne pouvais lui pardonner. C’était trop dur. Je reposais la feuille dans le fourre tout de l’entrée, là où mes clés d’appartement avaient été abandonnées.


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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Sam 8 Mar - 15:11

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   Le calme absolu. Parfait. C’est si calme et paisible que les sombres voix de la réalité ne m’atteignent pas. Je ne sais plus ce que je suis, où je me trouve ni pourquoi. J’ai oublié l’espace de quelques secondes de paix que mon fils n’était plus de ce monde, que la femme que j’aime me déteste autant que je me hais, qu’actuellement mon corps décide de se rendre.
Mais ça ne dure qu’un trop court instant.

C’est d’abord la pénible odeur d’alcool associée à un terrible mal de tête. Mes paupières déjà closes se crispent davantage pour tenter, en vain, de soulager ces maux qui reviennent un à un. Ma respiration s’intensifie, devient plus bruyante et ne fait qu’aggraver ma migraine tandis que les coupures ci et là sur mon avant bras et mon visage s’invitent à la fête. Je me suis écroulé dans les débris de verre pour ajouter quelques médiocre notes de plus à la mélodie de ma décadence ;
Puis le cœur se réveille. Je ne suis donc pas mort, mais la douleur redevient insoutenable. Encore.

Quand j’ouvre les yeux et que mes sens reprennent du service peu à peu, je vois passer quelques personnes. Sans les reconnaitre. Assez logique, je ne vois que leurs pieds, leurs genoux. Les pas cadencés frappent le sol à m’en faire souffrir et je me recroqueville dans un grincement des dents. Qu’ils m’achèvent ou cessent ce carnage !
Je tente de me remémorer ma journée, cette furtive apparition de Capucine dans mon champ de vision durant je ne sais plus quelle foire à l’extérieur, non loin du quartier. Elle n’avait pas l’air mal, mais si agressive, violente. A l’idée seule de l’approcher j’ai deviné le poids de sa rancœur, la force de son aversion à mon égard.

« Il a un morceau de verre au-dessus du nez, si tu peux t’en occuper pendant qu’on monte le brancard. Ok ? La voisine dit qu’il faut peut être prévenir une demoiselle qui normalement vit ici mais... on verra après. »

Un ton très attentionné. Compréhensif, prudent mais autoritaire. Presque maternel. Je fais un effort pour ouvrir les yeux à nouveau en déglutissant les douleurs qui me viennent par vague sans jamais se lasser. Je déplace mes jambes lentement et entends alors les morceaux de la bouteille crisser sous mon pantalon.
Je vais peut être rester là, en fait. Je n’arrive pas à bouger, imaginer me lever s’apparente à un exploit que je ne suis pas prêt d’accomplir. C’est possible d’être si faible ? Qu’est ce qu’il s’est passé merde, j’ai fait un malaise ? Ça craint.

« Ça va aller ; je vais bien, si vous pouviez juste me ramener à l’intérieur et… »

Je suis pris de furieux frissons alors que la migraine s’intensifie. Mais je ne suis pas au bout de mes peines.
Alors qu’on se penche au dessus de moi – pour m’aider à rentrer dans l’appartement j’espère – voilà que j’ai des hallucinations. Capucine. Ou est-ce l’heure de ma mort et elle a eu le temps d’arriver juste pour me dire adieu ? Aura-t-elle eu le temps de me pardonner avant que je quitte cette vie ?
Les larmes me montent aux yeux en se contentant de les remplir alors que j’attrape sa main.

« J’peux pas mourir maintenant… » La fière continue tranquillement son œuvre de la même façon que la secouriste s’applique machinalement à la tâche. « …j’ai des choses à lui dire. »

Elle doit le savoir, elle qui a prit ton apparence !
C’est une amie ou une mauvaise plaisanterie ?
J’ai envie de lui accorder ma confiance ;
En espérant qu’elle te fasse venir ici.
...

« Capucine ? »


   
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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Sam 8 Mar - 22:32

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Mon esprit était en mode pause, préférant ne pas s’attarder aux multiples sentiments amenés à me submerger incessamment sous peu. En effet, j’avais pleinement conscience qu’il s’agissait d’Élias, qu’il souffrait de la mort de son fils, qu’il regrettait (peut être) d’avoir fauté avec moi, mais il m’était difficile de passer outre. J’avais passé mon temps à m’occuper de tout en espérant qu’il se tourne vers moi, qu’il me permettrait de porter ne serait-ce qu’un dixième de son fardeau. De mon côté, j’essayais d’être la moins pénible possible pour lui alors que lui… Il ne pensait pas à moi… à nous. Quelle claque !

Ma tutrice me donnait ses instructions et les remplir étaient mon seul objectif. Seulement voilà… Elle parlait de la jeune femme qui habitait ici. J’en concluais qu’il s’agissait de moi dans la mesure où l’état d’Élias ne laissait rien présager qu’il avait retrouvé quelqu’un en aussi peu de temps. Quoique ! Il avait peut être ramené sa pouffe… Je me décidais à regarder l’appartement. Effectivement… Personne n’était venu lui rendre visite depuis mon départ. Quel carnage !

- « Pas la peine. La jeune fille dont la voisine parle c’est moi. C’est mon ex. »

Ma tutrice me regardait d’un œil interrogateur, non pas pour connaître les détails croustillants de notre histoire, mais plutôt pour me demander silencieusement si je tenais le coup. Avais-je réellement le choix ? Je faisais mon boulot et j’essayais de le faire correctement. Même si au départ, j’aimais la sociologie, cela n’avait rien à voir avec ce que je faisais aujourd’hui. Pour le moment, je ne faisais que suivre et regarder la majeure partie du temps, mais j’avais vraiment l’impression d’être utile, d’aider les gens sur lesquels on intervenait. C’était gratifiant et vivifiant.

Soudain Élias se mit à bouger. Il était à nouveau conscient et semblait vouloir rentrer chez lui. Il avait fumé ou quoi ? Comme si après un tel malaise, il allait tranquillement retourner dans son appartement pour terminer sa bouteille… Il n’avait pas vu sa tête ! Cela ne donnait pas envie de le laisser ainsi. Chuuut ! Il me fallait faire taire cette partie de moi car de toute évidence, elle ne servait à rien. Si on mettait de côté nos erreurs, il ne regrettait pas notre relation certes, mais ne voyait aucun avenir pour nous. Alors, mieux valait rester à ma place, continuer à faire mon boulot afin de ne pas me faire de faux espoirs.

Élias ne voulait pas mourir. Encore heureux ! J’ignorais où il en était, mais s’il ne s’était pas supprimé après la mort d’Indio durant ma présence, pourquoi l’aurait-il fait après ? Par culpabilité ? J’en doutais et je préférais ne pas trop y réfléchir. Il me saisissait la main, m’obligeant à le regarder directement dans les yeux. Il avait des choses à « lui » dire. De qui voulait-il parler ?

- « Doit-on appeler quelqu’un ? Sarah peut être ? Tu veux que j’appelle Sarah pour qu’elle te rejoigne à l’hôpital ? »

Je me sentais perdue et plus je réfléchissais, plus la douleur s’amplifiait. Cette coquille que je m’étais construite commençait à s’effriter. Bientôt elle céderait et les dégâts seraient certainement irréparables.


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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Dim 9 Mar - 13:05

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   P*tain elle a carrément la même voix. Ok je comprends mieux et j’y vois plus clair malgré l’horrible et constante sensation de chuter, alors même que je suis allongé sur le sol. Le parfum de l’alcool se fait plus fort et les gestes de la secouriste de plus en plus déplaisants. Je ressens correctement la douleur bien qu’encore dans le vague, le malaise ne faisant que s’atténuer. Disons que j’ai repris conscience, que mon cerveau lutte comme il peut pour retrouver l’intégralité de ses facultés mais si j’avais plus de recul ou si je n’étais que spectateur de cette scène, je saurai qu’il faudrait quelques heures de sommeil et un bon médoc pour me remettre.

La secouriste me parle donc et, si je ne m’attarde que sur sa voix dans un premier temps, je commence à discerner le fond de ses propos. Sarah ? Pourquoi parle-t-elle de Sarah ?

« Capucine ? »

Pourquoi est-ce qu’elle ne répond pas ?
Je tente de prononcer une troisième fois son prénom mais une quinte de toux m’en empêche et je me roule en boule, visage contre terre – ou la gueule dans l’alcool et les débris de verre pour être plus exact – pour espérer reprendre mon souffle dans cette position fœtale. Je vais vomir je crois, si on ne m’éloigne pas de cette odeur nauséabonde. De plus, les récents problèmes qui m’ont poussés à me mettre dans cet état me reviennent à l'esprit et n’arrangent en rien le malaise qui me saisit.

Lentement et grâce au soutien de la jeune femme, je parviens à m’assoir mais il me faut la présence du mur pour me tenir, comme un enfant qui apprend tout juste à maitriser cette position. Ça ne durera pas longtemps et bientôt ma vision redevient flou, les bruits sont de nouveau mystérieux et pénibles alors que je sers plus fortement la main de Capucine.
Oui c’est elle, j’en suis certain. Quelle autre secouriste parlerait de mon ex-femme ?

« Non pas Sarah, s’il te plait. Pas Sarah. Je veux juste retourner à l’intérieur mais, Cap, j’ai parlé à Indio... » Je tousse en plaquant le dos de ma main contre mes lèvres et me ressaisis. « …Il est d’accord avec toi, j’suis qu’un pauvre type mais il sait aussi que je t’aime. Je lui ai dit tu sais, je lui ai dit que même si notre couple n’est pas ‘normal’, moi je t’aime. »

On me soulève – non sans mal – et si je me débats un instant sans trop savoir qui sont mes adversaires, je finis par baisser les bras. Allongé, je me sens mieux, et ici le whisky semble absent. Je sombre durant le trajet malgré l’attention de la secouriste qui fait de son mieux pour que je ne perde pas connaissance une deuxième fois.
Quand on arrive à l’hôpital, je ne reconnais aucun visage. Des hommes, une brune, des murs blancs et un éclairage trop fort que j’en ferme les yeux en repliant un bras sur le visage.

« Cap ?!! Laissez-moi parler à Capucine ! »

Même les inconnus cherchent à nous séparer ;
Je veux simplement voir tes beaux yeux.
Que tu sois distante et mauvaise, ok ;
Mais ne pars pas sans me dire adieu.


   
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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Lun 10 Mar - 0:03

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Elias prononçait mon prénom à plusieurs reprises comme si, par cette seule évocation, il voulait fuir quelques démons. En effet, celui-ci faisait naître chez celui ou celle qui le prononçait des sentiments positifs en règle général, mais, aujourd’hui, après avoir franchi le seuil de ses lèvres, il ressemblait davantage à une supplique. Que cherchait-il derrière ce nom ? Un oubli ? Un pardon ? Je ne pouvais lui offrir ni l’un, ni l’autre. Le premier parce qu’il m’était impossible d’effacer ce qui avait été fait et qui ne cesserait de nous hanter, de nous détruire. Nous ne pouvions pas oublier car ce serait trop lâche, trop facile de rayer ce qui nous déplaisait. Nous valions mille fois mieux que ces personnes qui se cachaient derrière leurs sourires hypocrites en montrant à la société entière un couple factice ne reposant que sur le mensonge et ce, même si notre couple en subissait l’ultime conséquence. Elias et moi nous aimions et nous aimerions toujours, cela ne faisait aucun doute. Même en ce moment où je concentrais mes efforts pour repousser mes sentiments envers lui. Nous n’étions pas parfaits, loin de là, mais c’était justement nos imperfections qui nous rendaient parfaits l’un pour l’autre. Lui, en crétin maladroit. Moi, en cœur d’artichaut rancunier. La maladie était facile à diagnostiquer, mais en trouver les remèdes ne serait pas chose aisée.

Mes yeux faisaient la navette entre Elias et ma supérieure, espérant recueillir les informations nécessaires afin d’adopter l’attitude adéquate. Cette situation se déroulait durant mon temps de travail, mais il s’agissait d’Elias. Bien évidemment, il me fallait suivre les directives de ma tutrice quitte à aller à l’encontre des exigences de mon… ex-partenaire. Surtout que ce dernier délirait. Il m’avouait avoir discuté avec son fils décédé et que celui-ci l’avait réprimandé. Suite à cela, Elias disait m’aimer. Cela aurait été si beau dans d’autres circonstances. Ces mots auraient pu tout changer s’ils avaient été prononcés à temps. Tout aurait été différent s’il s’en était souvenu avant de commettre l’irréparable.

- « Tais-toi. Reste tranquille. Nous t’emmenons à l’hôpital. «

Des phrases courtes. Neutres. Je ne pouvais guère faire mieux. On aurait pu penser que cet aveu réglerait toute l’affaire. Après tout, il m’aimait, je l’aimais. Si nous ne nous basions que sur ces faits, il n’existait aucune raison nous empêchant de nous remettre ensemble. Seulement, voilà… Elias était saoul, en plein malaise. Son erreur restait profondément ancrée dans ma tête et dans mon cœur et je ne parvenais pas à la dépasser. Certaines femmes dans mon cas arrivaient à pardonner et à continuer leur vie aux côtés de leur homme. Comment faisaient-elles alors qu’elles avaient perdu confiance en l’être aimé ? Je ne pouvais passer mes journées à me demander s’il recommencera à chaque épreuve mise sur notre route. Mon attitude deviendrait rapidement ingérable et la seule chose qui ressortirait de ce nouvel essai serait certainement la souffrance.

Le chemin jusqu’à l’hôpital ne fut pas aussi compliqué que j’aurai pu le penser. Elias se tenait tranquille jusqu’à sa prise en charge par les médecins. Notre mission était accomplie. Mes yeux continuaient de suivre le brancard sur lequel il était installé et je ne pouvais m’empêcher d’être inquiète. Ma supérieure s’en rendit compte et même si elle s’attendait à ce que je refuse, elle me proposait de me ramener. Je ne pouvais pas m’en aller comme si de rien n’était. Il s’agissait d’Elias et même s’il m’avait souffrir, j’avais vécu à ses côtés des moments merveilleux. En quelque sorte, je lui devais bien ça.

Je me dirigeais vers le hall quand j’entendis la voix de mon avocat. Les pauvres infirmières ne savaient pas quoi faire devant l’attitude revêche de ce patient. Je m’approchais silencieusement du vacarme et me contentais d’observer la scène dans l’embrasure de la porte. Il n’était pas dans mon intention d’empêcher ou de freiner le personnel médical dans leurs soins, mais ainsi, peut être que ma présence l’apaiserait. Mes yeux le regardaient fixement alors qu’il se débattait. Allait-il me remarquer ? Je n’en voyais pas réellement l’utilité car quoiqu’il dise, il ne s’en souviendrait pas au petit matin. Je ne pouvais accorder aucun crédit aux mots qui seraient prononcés cette nuit.



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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Lun 10 Mar - 12:16

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   Impliquées dans leur boulot, les infirmières me donnent la pénible impression de n’être qu’un objet de plus. Un corps, vivant certes, mais ce n’est qu’une belle machine après tout. Elle fonctionne à peu près bien à ceci près que mon taux d’alcool dans le sang est inquiétant. Les rares égratignures dues aux débris de verre sont sans gravité ; un large pansement placé sur le haut de mon nez me dérange, à part ça...
A part ça je vois des paires de mains gantées – qui retirent le peu d’humanité qui existe dans cette pièce – s’affairer avec des tas de bricoles parfaitement inutiles pour mon cas. J’en suis persuadé : je suis juste très fatigué. Je ne dors pas depuis deux jours, j’ai le ventre vide et j’ai légèrement abusé du whisky. Ce n’est quand même pas ma faute si c’est mon préféré.
Quand elles échangent quelques mots – sans m’adresser le moindre regard alors que, pardon, mais je suis réveillé – je comprends qu’une nuit devrait amplement suffire.
Qu’est ce que je disais ? Je n’ai rien !

« Faut-il prévenir quelqu’un pour vous raccompagner demain matin monsieur Climber ? Vous m’entendez ? »

Eh, je suis ivre, pas fou. J’acquiesce pour lui signaler dans un premier temps que je l’entends, que je comprends. Pourtant au moment d’ouvrir les lèvres pour expliquer que j’appellerai un taxi demain matin, rien ne sort. Je tousse, encore, fronce les sourcils sous l’effet de secousses provoqué par ce semblant d’étouffement.
Quelle merde. Je me racle la gorge et secoue la tête, à défaut de pouvoir m’exprimer autrement.
Finalement, le temps qu’elles terminent de me préparer pour la nuit, se débarrassant des cotons imbibés de sang ainsi que de leurs gants, je retrouve un brin de contenance.

« …Un taxi. Un taxi ça ira. »

La seule qui daigne m’adresser la parole me fait signe qu’elle a compris et me souhaite une bonne nuit avant de quitter la pièce. En passant près de Capucine, elle s’applique à répéter que mon état n’est pas grave, que j’ai besoin de décuver sérieusement et qu’il m’est interdit de conduire avant 24 bonnes heures. N’attendant aucune réaction de la jolie blonde, elle se retire, probablement attendue dans de nombreuses chambres. Sa nuit à elle n’est pas terminée.
Qu’en est-il de la nôtre ?

J’aperçois enfin la silhouette adossée contre la porte. Je la fixe en silence – pas sûr de pouvoir parler aisément, ce serait ridicule autrement. Mais la réalité me rattrape rapidement et l’envie de la remercier est plus forte que ma fierté. Je tends la main en espérant qu’elle s’approche, du moins qu’elle se fasse attentive. C’est maintenant : merci. Juste lui dire merci, deux petites syllabes qui me coûtent énormément d'énergie ;

« Merci. »

Tu n’as fait que ton travail ;
C’est ce que tu vas dire ?
Pathétique premières retrouvailles ;
Mais te voir me suffit pour sourire.

« J’ai kof, j’ai encore plus mal vécu cette séparation. Tu crois que la prochaine me tuera ? »

   
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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Lun 10 Mar - 14:24

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Un malhonête stratagème, ces trois mots là n'affirment pas. Il y a une question dans "je t'aime", qui demande, m'aimes-tu toi ? " Cap & Elias 14/05

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Allongé, Elias se laissait ausculter, manipuler, soigner par les blouses blanches, non sans broncher de temps à autre. Elias ne serait pas Elias s’il ne se rebellait pas un minimum dans les moments où une personne s’occupait de lui. Etait-ce par fierté ? A moins que ce ne soit de la gêne… Il n’avait jamais été du genre à exposer ses problèmes, bien au contraire. Cela s’était parfois même retourné contre lui. J’aurais tellement aimé l’aider quand il en était encore temps. Aujourd’hui, cela me semblait si dur, si impossible. Le simple fait de le voir sur ce lit d’hôpital, aussi abattu, aussi seul, ne parvenait pas à apaiser ma peine. Je ne saurai dire s’il me serait possible de lui pardonner, un jour.

Les infirmières parties, la chambre se retrouvait dans un silence à couper au couteau. Nous ne pouvions que nous regarder, à croire que les mots étaient inefficaces pour exprimer cet amour que nous nous portions, cette peine que nous partagions et ce sentiment d’échec qui nous éloignait l’un de l’autre. Cette main tendue dans ma direction me semblait si lointaine, si… inutile. Comme s’il pouvait me récupérer en agissant comme un poivrot. Comme s’il suffisait pour lui de se mettre plus bas que terre pour lui revenir, en faisant table rase du passé. Deux jours s’étaient écoulés depuis la révélation et non, ces deux jours n’étaient pas suffisants pour oublier non seulement sa trahison, mais aussi la manière dont il l’avait révélée.

Pourtant, mon cœur était dans un étau et souffrait que mon corps ne puisse couvrir la distance qui nous séparait. Je détournais même le regard lorsqu’il se mit à me remercier. Les bras croisés, je me recroquevillés sur moi-même pour m’empêcher de flancher. Après un raclement de gorge, j’essayais de minimiser mon intervention.

- « Laisse tomber. Je n’ai fait que mon travail et encore… C’est ma supérieure qui a tout fait. Je ne savais pas que c’était toi jusqu’à ce qu’on te trouve. »

Pourquoi ? Si j’avais su qu’il s’agissait d’Elias au moment de partir, aurai-je réellement demandé à ne pas intervenir ? Je préférais ne pas trop me poser de question maintenant que les choses étaient faites. C’était plutôt des prises de tête pour rien dans ces cas là.

Toujours appuyée sur l’encadrement de la porte, je le regardais prendre à la légère la situation. Bien évidemment qu’il s’agissait d’humour, même si cet humour était limite. Seulement, voilà. Je n’avais pas envie de rire. Ce n’était pas le moment. Surtout que ses paroles pouvaient sonner comme un affreux chantage.

- « Comment pourrais-je le savoir ? Tout dépend de la prochaine femme que tu rencontreras. »

Je n’étais pas devin certes, mais Elias avait le droit de savoir ce qui se déroulait dans ma tête. La dernière fois, j’avais tout bonnement quitté l’appartement sans prendre le temps de me disputer avec lui. Il ignorait ce qu’il me traversait l’esprit, ce que je ressentais parce que j’avais tout fait pour le fuir.

Je quittais ma zone d’observation pour fermer la porter derrière moi sachant pertinemment que la conversation ne serait pas des plus faciles. Il était hors de question d’avoir un public. Je prenais la chaise qui reposait dans un coin et l’approchais du lit tout en gardant une distance de sécurité. Je ne voulais pas qu’il me touche.

- « J’ignore ce qui t’es passé par la tête. Je sais que tu es triste d’avoir perdu Indio, mais cela n’explique pas ton attitude. Regarde-toi… En continuant ainsi tu vas finir alcoolique et c’est tout ce que tu y gagneras. Que penserait Indio s’il te voyait ? Je ne comprends pas… Et je me refuse à penser que c’est à cause de mon… départ. Nous ne sommes plus rien depuis des jours et cela ne semblait pas vraiment t’inquiéter. Tu aurais pu continuer ta vie et tu m’aurais vite oubliée. C’est ce qui aurait dû se produire. Mais non…. Tu t’es mis à boire comme un trou. Pourquoi ? »





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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Mar 11 Mar - 14:39

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   Prochaine femme ? Ai-je rendez-vous avec quelqu’un ? Je me passe une main sur le front que je masse brièvement mais le fait de toucher ma tête attise ma migraine et je ne suis pas certain de pouvoir le supporter. Je finis par mettre de côté cette pique de Capucine – que je ne parviens pas à déchiffrer maintenant tant je suis ravagé – et je me concentre sur la suite de ses propos.

Ce qu’en penserait Indio ? De mon attitude ? Pas grand-chose. Il était si jeune, il prétendait m’admirer et je voyais tant de naïveté dans ses yeux. Il se serait contenté de penser que les « grands » agissent ainsi, que mon comportement est le modèle qu’il veut suivre. Et il aurait eu bien tort, c’est évident.
Mais pour bien remettre les choses dans l’ordre : j’agis comme ça parce qu’il est parti ! Il n’aurait jamais pu constater cette autodestruction de son père car elle survient après son décès. Il est mort et je ne peux que constater ma stupidité, le vide énorme qui s'est installé, mon incapacité à le sauver et même avant ça, l’absence que j’ai causé dans sa courte existence.
Tout a mal commencé pour ce gamin. Son père s’est tiré et quand Indio m’a retrouvé, je l’ai conduis à la mort.

Mes yeux s’emplissent silencieusement de larmes. Lourdes larmes. Elles s’écoulent vite, gênées par les suivantes qui viennent déjà les bousculer. Je déglutis difficilement mais refuse de bouger. Qu’elles coulent, ces connes. Je ne pourrai rien y faire de toute façon, j’ai déjà essayé, mes larmes ne sécheront jamais.

« Je ne me pardonnerai jamais d’avoir été incapable de sauver Indio. Et ce soir j’ai voulu arroser mon erreur de plus : je suis impardonnable en ce qui te concerne. Ça faisait beaucoup, c’est tout. »

Notre couple bat de l’aile depuis la mort du petit. Je l’ai bien senti, j’ai partagé ce trouble avec Cap. Mais elle ne peut pas nier que mon comportement ce soir est du à notre histoire. Je ne lui reproche rien, son départ était parfaitement logique. Cependant j’ai pu fermer les yeux tant que l’appartement restait le nôtre ; désormais il est vide. Abandonné des rires de mon gamin et de la voix de celle que j’aime.
Si je ne peux ramener le premier, j’ai carrément tout fait pour que la seconde disparaisse. L’envie de s’en prendre au responsable est trop tenace quand on traverse pareil enfer : me frapper était une option compliquée, j’ai donc opté pour le whisky, pour prendre la cuite de ma vie.

J’ai vidé bon nombre de bouteilles durant les derniers mois de mon mariage. Je fais partie de ces hommes qui, pour mieux se cacher ou s’aider à assumer, se refuge dans la boisson. Pourtant je ne bois pas régulièrement, au contraire. Je me passe sans mal de l’alcool et je prendrai avec plaisir une limonade bien fraiche si vous n’avez rien d’autre comme apéritif à proposer !
Sauf quand je vais mal. Quand je me sens responsable, quand je suis perdu au milieu des lignes du piteux roman qu’est ma vie.
Comme aujourd’hui.

« Tu dois te reposer, il est tard. »

J’hésite avant de replacer ma main sur le lit ;
Il n’est pas nécessaire que nous nous battions.
Je mérite clairement de rester seul cette nuit ;
Hanté par ces erreurs qui deviennent obsessions.

« …Au fait !...J’t’ai vu ce matin, non ? Il y avait une fête ou, je n’sais quoi… »


   
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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Mar 11 Mar - 15:21

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  Les choses étaient claires et désormais avouées. Notre couple était terminé, brisé et il n’y avait que peu d’espoir pour qu’il renaisse un jour de ses cendres. Les sentiments pouvaient bien rester, ils n’étaient cependant pas suffisants. Des actes avaient été commis. Des mots avaient été prononcés. Plus rien ne saurait redevenir comme avant. L’époque de l’insouciance était belle et bien terminée, avec un ou deux de mes rêves de petite fille naïve. Il m’était désormais impossible de croire que cette relation n’était pas vouée à l’échec. Les propos d’Élias dans sa lettre étaient eux aussi d’une limpidité sans nom qu’il serait aberrant de continuer à espérer… à l’aimer. Il était né trop tôt ou moi trop tard et si la vie avait à plusieurs reprises tentait de nous ouvrir les yeux, nous pensions être assez fort pour la battre. Seulement… Comment combattre un ennemi invisible, omniscient et tout puissant ? Nous devions nous faire une raison et c’était justement ça le plus dur.

Élias reprenait en avouant qu’il ne se pardonnerait jamais la mort de son fils, alors même qu’il n’y était pour rien. Qu’aurait-il pu faire face à des assassins surentraînés ? Il était trop dur avec lui-même et il était frustrant de ne pouvoir lui faire comprendre que peu importait son choix, à ce moment là, il n’aurait probablement jamais pu sauver Indio. Quant à mon cas… Il était inutile de revenir dessus. Je me retirais de l’histoire pour ne plus avoir à en parler. Cela ne servirait à rien, si ce n’était nous faire souffrir mutuellement.

- « Je ne veux plus en parler. Tout ce que je sais à l’heure actuelle c’est que tu ne peux pas rester comme ça. Tu ne peux pas te saouler à longueur de journée en t’apitoyant sur ton sort. Si Indio pouvait te voir de là où il est, ne crois tu pas qu’il serait déçu, malheureux de voir à quel point tu es tombé bas ? Tu l’aimais quand il était vivant. Aime le aussi dans sa mort en imaginant sa réaction. Et si tu ne le fais pas pour lui, fais le pour moi. Tu me le dois. Je n’ai aucune envie d’être appelée à ton appartement pour constater ton décès. J’ai vu trop de monde mourir sans pouvoir faire quoique ce soit. On a pu te récupérer ce soir, mais la prochaine fois, rien ne dit que ce sera le cas. Alors… Ne me fais pas ça. Même si nous ne sommes plus ensemble, tu dois vivre. »

Mes mots étaient durs, peut être trop, mais ils étaient nécessaire. Élias devait comprendre qu’il n’était pas glorieux de se laisser mourir à petit feu. S’il existait un moyen pour les morts de voir ce qu’il se passait effectivement sur Terre, Indio devait être effondré de voir son père aussi malheureux. Faire porter une telle responsabilité sur les épaules d’un enfant, même si ce n’était qu’une hypothèse, c’était horrible.

Par contre, je souriais amèrement lorsqu’il s’adressa à moi comme à une gosse de cinq ans. Je détournais le regard, peinée par ces quelques mots. Cela résonnait comme si nous existions encore. Sauf qu’il n’avait pas le droit. Contrairement à lui, je me battais, j’essayais d’avancer quand bien même ce serait difficile de me retrouver seule.

- « Peut être, mais je suis assez grande pour prendre mes propres décisions, seule. Tu n’as plus le droit de t’inquiéter pour moi, car contrairement à toi, je ne me détruis pas. »

En disant ces mots, je me levais pour reculer la chaise contre le mur avant de me rasseoir. Dormir ici ou chez « moi », cela reviendrait au même finalement. Soudain, Élias évoquait le petit festival sportif qui avait eu lieu un peu plus tôt dans la journée. Forcément, dans ce genre d’évènement de quartier, il était obligé de tomber sur les personnes que l’on ne voulait justement pas voir.

- « Oui, je t’ai vu aussi. Et ? », fis-je le regard fuyant, tentant en vain de contrôler ma voix.

Je faisais en sorte de lui cacher mon ressentis. Il était déjà dans un sale état pour que j'en rajoute une couche en lui précisant à quel point je pouvais être malheureuse. Qu'il sache que je m'endormais tous les soirs en pleurant ne serait en rien une délivrance. Cela finirait par passer... Cela finissait toujours par passer, même si certaines blessures mettaient plus de temps à cicatriser. Celle qu’Élias me laisserait serait certainement aussi indélébile que celles laissées par mes parents. Je n'en étais pas à mon premier abandon. C'était la vie et je devais vivre avec, aussi dur que cela puisse être, car abandonner n'était jamais la solution.



 
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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Mar 11 Mar - 16:35

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   Le comble.
C’est Capucine – qui pour me provoquer s’est puérilement jetée sur un livreur –  qui se permet de me faire la morale. Je savais pertinemment qu’il n’y aurait pas moyen de me faire pardonner, les "désolés" que j’ai prononcé n’ont servi à rien. Je me devais de les articuler cependant, car je les pensais. Et je les pense toujours. Coucher avec une autre était un faux pas qui ne rime à rien, car je n’ai jamais rien reproché à Capucine. Le trouble dans notre couple n’était que moi. Moi et cette nouvelle épreuve qu’est la disparition de mon fils.
J’ai tout cassé, sans doute dans l’espoir de bouleverser si violemment ma vie que les choses finiraient par s’arranger. Un illogisme qui me dépasse aujourd’hui. Pourtant c’est ce que j’ai fait, j’ai trompé Capucine, j’ai frappé un mec et enfreins quelques lois. Devinez quoi ? Ça n’a rien arrangé du tout, au contraire…
A moins que la solution soit le résultat d’un processus à long terme ?

Je n’y crois plus. Je ne crois plus en rien, je peine à croire la demoiselle quand elle me demande de faire attention "pour elle". Elle ne me doit plus rien, je ne vois pas pourquoi je devrais lui rendre des comptes.
Si j’ai envie de me foutre en l’air, ça ne la regarde pas ! J’ai envie de crier, de lui ordonner de ne pas se comporter comme l’adulte qu’elle n’est pas. Ce serait mesquin et stupide, car Cap peut faire preuve d’une maturité qui défi sans mal la mienne ;

Je déteste simplement ce que je vis, absolument tout ce qui m’arrive. Par ma faute ou par le p*tain hasard du destin.

« Et ? Et, rien. Je voulais lancer un autre sujet de conversation, pour que tu restes un peu plus longtemps…mais ne t’installe pas, vraiment. J’appellerai un taxi demain matin, tout rentrera dans l’ordre. Si tu vas bien, c’est tout ce qui compte. »

Elle va insister ? Chercher à me persuader de ce mensonge gros comme une maison ? Croit-elle que je n’ai pas vu ses yeux briller alors qu’elle s’esquivait ? Je lui manque, parce qu’on s’aime. Certes ça n’implique pas que l’on partage ces sentiments, que l’on vive sous le même toit et qu’on imite tous les amoureux plus grotesques les uns que les autres !
Je l’aime plus que tout, et nous sommes séparés – en partie parce que je suis con.

Mon père n’a jamais sincèrement aimé ma mère, il l’a trompée. Pourtant elle n’a jamais pu se passer de lui. Ils sont restés ensemble malgré l’absurdité de leur relation, conscients de l’absence de sentiment. Ils ne l’ont pas fait pour moi, pas mon père en tout cas. Pourquoi ? Juste parce qu’il est tombé sur la femme la plus indulgente qui soit ;
Sans oublier que ma mère était une jolie fille. Et qu’en vieillissant elle a gardé un charme certain.

Je secoue la tête pour quitter cette parenthèse nostalgique.

« Cap. Je ne sais pas pourquoi j’ai…enfin j’ai fait n’importe quoi en quittant L.A l’autre jour. C’était comme si je voulais absolument être quelqu’un d’autre, comme si j’pouvais accéder à une autre existence et fuir ainsi le décès du petit…c’était débile et ça ne m’a défoulé que sur le moment. Course poursuite avec les flics, violence et grossièreté. Je ne l’ai pas fait pour te faire du mal, je n’ai pensé qu’à moi. » Je fronce légèrement les sourcils, comme si je me découvrais moi-même. « Tu vois, je n’suis pas qu’un homme jaloux. Je suis égoïste, alcoolique et bientôt fou. »

Difficilement je me redresse dans le lit. Ce constat de mes imperfections est désolant. Il faudrait que je prenne la fuite, que je quitte cette chambre et m’échappe comme la dernière fois ; c’est ce qui me ferait le plus de bien. Néanmoins cela risque d’être compliqué : premièrement je suis incapable de sortir d’ici, encore moins de prendre le volant. Deuxièmement, la voix de ma raison se réveille en même temps que ma gueule de bois.
Nous devons affronter nos démons. Même si le nôtre porte mon prénom.

« Je vais essayer de contacter mes parents, c’est Sarah qui les a mis au courant. Je vais tenter de, d’arranger les choses avec eux. Je reprendrai sans mal le boulot tu te doutes, maintenant que je n’ai plus personne à retrouver après. Ni toi ni Indio, j’veux dire. » Toujours pas correctement assis, je fais le dernier effort jusqu’à ce que mes muscles abandonnent en me laissant dans une position plutôt avachi. « En ce qui nous concerne je, tu, on pourrait en discuter ? ...Ne dis rien ! Ne dis pas que tu me détestes et que tu ne pourras pas me pardonner parce que je le sais, mais je sais aussi que tu m’aimes. »

Et ce sentiment est partagé.
On ne peut pas rester séparés.
Après tout ce que j’ai enduré ;
Je mesure l’importance de t’aimer.

   
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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Mar 11 Mar - 18:06

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Elias pouvait se comporter comme un véritable couillon quand il s’y mettait. Après tout ce que nous avions vécu en aussi peu de temps, il se permettait une fois de plus de me mettre de côté. Il s’agissait pourtant de la même erreur qui nous avait coûté notre couple. A croire qu’il n’avait pas retenu cette leçon cuisante. Monsieur consentait à me donner congé. Je venais à peine de lui dire que j’étais assez grande pour prendre mes propres décisions. Désespérant !

- « Élias… Ta gueule. Si tu ne veux pas que j’aggrave ton cas, ne dis plus rien et contente toi de dormir. »

Ma position sur la chaise avait changé du tout au tout. En effet, mes coudes étaient posés sur mes genoux, mes mains jointes en une forme de prière devant ma bouche. Je me retenais de fondre sur lui tel un aigle sur sa proie pour lui foutre deux, trois baffes. Il était saoul, ce n’était pas sa faute d’être aussi con en ce moment, mais quand même ! Il y avait des limites ! Ne pouvait-il pas se mettre deux secondes à ma place ? Ne pouvait-il pas comprendre que, dans cet appartement, j’avais eu peur qu’il soit réellement blessé ? Qu’il puisse même aller jusqu’à commettre l’irréparable dans les jours qui vont suivre ? Que j’avais mal à en crever de le voir ainsi et d’être séparée de lui ? Je faisais des efforts pour ne pas être désagréable alors que lui… Il n’hésitait pas à se montrer grossier et détestable.

Il continuait dans la provocation alors que je lui avais demandé de ne pas en parler. A ses aveux, ses excuses, je me repositionnais au fond de ma chaise, les bras croisés, dans une attitude on ne pouvait plus renfermée. Je me donnais pour mission de ne pas pleurer et quelle mission ! Il ne me facilitait pas la tâche. Mais bonne nouvelle ! Il n’avait pas voulu me faire souffrir en se barrant plusieurs jours et en couchant avec une autre femme ! Alléluia ! Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes !

Portant une main à ma bouche, une larme roulait sur ma joue. Je l’essuyais rapidement comme pour effacer cette erreur. Élias cherchait à me rassurer sur ce qui allait se passer dans les prochains jours, mais pour couronner le tout, il savait exactement ce que je ressentais.

- « Pourquoi en discuter puisque tu sembles savoir ce que je ressens… Peux-tu me dire quand tu prévois mon retour ? Histoire que je regarde si ça correspond avec mon emploi du temps. »

Cette situation me tuait. Il me donnait l’impression de ne pouvoir réagir ainsi, mais ça ne me donnait pas le droit d’être aussi blessante. Je me raclais la gorge pour reprendre une certaine contenance avant de poursuivre plus calmement.

- « Tu étais tout pour moi. Le simple fait de vivre à tes côtés, te faire la cuisine le soir et passer du temps à discuter. M’endormir dans tes bras… Tout ça me suffisait. Et puis, nous avons perdu Indio. Bien évidemment, ma peine ne peut être comparée à la tienne, mais ce jour là, j’ai aussi perdu des amis et… Wyatt. Quand j’ai vu ta peine, je n’ai pas voulu d’imposer ma tristesse et j’ai espéré que tu reviendrais vers moi. Tu es parti plusieurs jours, mais je gardais espoir. Puis nous avons baisé ensemble. Pendant quelques minutes, j’ai cru que ça s’arrangeait entre nous et là… Tu as soulagé ta conscience. Ce n’était pas pour moi, ce n’était pas par respect. C’était seulement pour que tu te sentes moins coupable. »

Je déglutissais rapidement et reprenais la parole avant qu’il ne dise quoique ce soit.

- « Depuis, chaque femme croisée dans la rue pourrait être cette garce. Je ne cesse me demander si ce n’est pas celle-ci ou celle là et ça fait mal… Alors oui, je t’aime encore car je ne peux pas faire taire mes sentiments d’un claquement de doigts malgré ma tristesse et ma solitude. Mais voilà… Je ne reviendrai pas vers toi car notre couple me laisse un goût amer. Même nos beaux moments sont souillés et je ne veux plus laisser entrer quelqu’un dans ma vie comme je l’ai fait avec toi. Ça fait trop mal… »







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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Mar 11 Mar - 19:52

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   Ok, je veux bien la fermer. Ce que je raconte ne mérite pas la moindre écoute, mes mots sont mélangés, mes idées parfaitement brouillées et la connexion entre les émotions qui me transpercent et ma capacité à m’exprimer est totalement nulle.
J’acquiesce, tel un élève studieux qui reconnait la prééminence de son institutrice. Épargnez-moi vos idées sur le fantasme de la maitresse, s’il vous plait. Je n’ai pas franchement la tête à ça.
Je la ferme, parce que ce que je dis pourrait être retenu contre moi. Sans déformation professionnelle, j’ai juste peur de ce qui peut sortir d’entre mes lèvres et les choix de Capucine qui en découleraient.

Oui, elle a raison. Je dois admettre que Capucine voit juste en parlant de soulager ma conscience, c’est exactement ce que j’ai fait. Est-ce vraiment mal ? Quelque part, j’ai voulu me décharger mais j’ai également voulu jouer l’honnêteté…un peu tard. Certes. Mais mieux vaut tard que jamais dit-on et si je devais encore garder pour moi ce lourd fardeau, ce serait plus insupportable encore. Tant pis, donc, il faut assumer parait-il.
L’évocation des autres femmes, ces autres qui pourraient potentiellement être l’amante que je me suis offert, lâchement, me dérange énormément. Je manque de m’étouffer car avaler cette écœurante vérité reste complexe.
Quand je me ressaisis les mots me manquent.

J’ouvre la bouche – termine de m’étouffer – et replace ma lèvre supérieure sur l’inférieure. Il n’y a rien que je puisse dire, je ne le comprends que maintenant. Je ne pourrai rien faire pour Capucine, pour l’aider à panser cette blessure. C’est une femme bien, une femme amoureuse. Une femme amoureuse qui vient d’apprendre que celui pour qui se cœur bat a commis l’inexpiable.
C’est simple, si je me mets à sa place la souffrance serait incommensurable.
Les secondes s'écoulent, interdites.
...

Plaçant le plus solidement possible mes mains contre le lit, je me penche en avant, lentement. Aller, encore un petit effort. Je fais glisser mes jambes pour les dégager de la fine couverture et le sortir du matelas. Ma respiration s’accélère et ma vision se trouble quelque peu mais ça ne fait rien. Ce n’est rien à côté de ce qu’elle endure.
Dès que je suis assis face à elle, je pousse sur mes bras pour que mes pieds rejoignent le sol.
Aoutch
La chute est éprouvante mais je reste conscient.

« Ça va, t’en fais pas. » Dis-je alors que la demoiselle ne peut évidemment me laisser à terre. Une fois debout, je retire mes mains de ses épaules avec une certaine gêne. Elle n'accepte pas que je la touche, je ne vais pas m’imposer. « Je ne supporte pas d’être allongé là dedans parce que, j’suis pas le seul à aller mal. Je peux te le dire cent fois, je suis désolé, je sais que ça n’effacera rien. Qu’est ce que je peux faire ? S’il n’y a pas de remède j’en inventerais un. On peut affronter ça, n’est ce pas ? »

Qu’est ce que je vais faire sans elle ? Pour se remettre Cap ne devra pas rester dans le coin. Elle a beau sous-entendre qu’elle va veiller de loin sur ma santé pendant que je me suicide à petit feu, ce ne sera pas gérable. Ni pour elle, ni pour moi. Si son désir est de refaire sa vie, loin de moi, d’oublier ce que je lui ai imposé : elle devra fuir. Me fuir. Quitter le quartier, et pourquoi pas la ville ?
Son évocation de Wyatt me revient alors. Mon prénom vient s’ajouter à la liste des gens qui lui ont fait faux bond. Sauf que je suis toujours dans sa vie à l’heure actuelle, mais pour combien de temps ?

« Dis-moi qu’il te faudra du temps, que, que t’as besoin de preuves et de me faire souffrir aussi, mais dis-moi quelque chose. Ne parle pas d’impossible…je refuse d’y croire. »

C’est plus qu’une réclamation ;
Ça ressemble à une prière.
Je quémande ton pardon ;
Pour l'impardonnable adultère.


   
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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Mar 11 Mar - 23:46

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" Il y a mourir dans "je t'aime" il y a je ne vois plus que toi. Mourir au monde, à ses poèmes, ne plus lire que ses rimes à soi.
Un malhonête stratagème, ces trois mots là n'affirment pas. Il y a une question dans "je t'aime", qui demande, m'aimes-tu toi ? " Cap & Elias 14/05
 

 
We were a good team.

 

  Trouver les bons mots n’était pas facile. D’une part, il me fallait être honnête avec Élias quant à notre avenir, commun ou non, et à ce que ce « nous » représente à mes yeux aujourd’hui. D’autre part, il était à l’hôpital, blessé et embrumé par l’alcool même s’il tentait d’en combattre les effets. Élias n’était qu’un homme et avait définitivement perdu cette image de chevalier débarquant sur son blanc destrier pour sauver la demoiselle en détresse. J’étais effectivement en détresse, mais je devais me raccrocher à quelque chose et non plus, quelqu’un. Mon échappatoire était ma formation de secouriste. Elle était mon salut et je savais que cette direction était la bonne, cette fois. C’était ma mission et elle ne me ferait pas défaut, contrairement aux personnes qui étaient si versatiles.

Mais même en ayant un objectif, un réel désir de devenir quelqu’un, cela n’aidait pas à repousser la solitude qui enserrait notre cœur. Je me considérais comme une personne forte qui ne s’abaisserait pas au suicide et pourtant… L’idée m’avait tout de même traversée l’esprit. Je n’en étais pas fière, mais dans les moments d’intense fatigue et de désespoir, elle se faisait un plaisir de se manifester pour me tourmenter. J’avais réussi à la combattre, à lui échapper, mais je ne pouvais dire qu’elle ne me rattraperait pas un jour. Mon renoncement était-il une preuve de faiblesse ? De lâcheté ? Pour l’instant, je préférais y voir une preuve de ma force.

Mes ressentis déversés, la description de mon Enfer personnel depuis la destruction de Genome faite, je laissais mon visage se cacher dans mes mains. Je m’en voulais de ruiner ses espoirs – si ceux-ci existaient. Que pourrions-nous devenir après un tel échec ? Les draps d’Élias se froissaient, m’obligeant à regarder dans sa direction. Il essayait de se lever. Je ne bougeais pas, trop fatiguée, trop lasse pour faire quoique ce soit, même si mon esprit me murmurait que ce n’était pas une bonne idée. Il avait raison. Élias s’effondrait. Aussitôt, mon corps bondissait dans sa direction pour amortir sa chute ou tout au moins de l’aider à se relever. Je n’avais pas réussi à le relever psychologiquement, je pouvais au moins l’aider physiquement.

Ses mains se posaient sur mes épaules et aussitôt, un frisson me parcourait. Ce n’était pas un frisson agréable, chaleureux comme autrefois. Non… Il s’agissait plutôt de dégoût, d’aversion. Pourtant, je ne le détestais pas à ce point. Du moins, je n’en avais pas conscience. Élias s’en rendait compte car, aussitôt, il me lâchait. Debout, devant moi, il s’excusait à nouveau. Je ne pouvais le regarder dans les yeux et préférais fixer un point au loin. J’avais beau l’écouter, ses « désolé » n’enlevaient rien à ma douleur. Il avait commis une erreur, une seule petite erreur et m’avouait qu’il m’aimait. Cela devrait suffire, non ? Non… Mon cœur ne pouvait supporter une telle pression et ne pouvait voir l’avenir. Il m’était impossible de savoir si cette histoire aurait raison de nous ou non. Il me suppliait de lui pardonner, même si cela prenait du temps, même si pour cela je devais le faire souffrir. En ce moment, c’était lui qui me faisait souffrir et cette fois, mes larmes coulaient sans que je ne puisse les retenir, ni même l’envie de le faire. Je m’accordais également le droit de m’appuyer sur son torse. Comme autrefois. Mais la sensation de chaleur, de bien être avait disparu. Je me contentais de pleurer, faisant le deuil de cette petite part de nous décédée.

- « Je n’ai aucune envie de te faire souffrir, mais… Tu es parti… Je suis dans tes bras et tout a disparu... Seule la tristesse demeure présente. J’ignore si je serai capable de te pardonner un jour, donc nous ferions mieux de tout stopper avant de nous blesser davantage. Je n’arrive pas à passer au dessus de ça. Je ne sais pas comment font les autres femmes dans ce genre de situation, j’ignore la marche à suivre pour te retrouver. »

Le constat était difficile à faire, mais cela allait devenir pire avec la conclusion.

- « Tu as été voir Calista pour parler de la mort d’Indio… Tu as serré une autre femme, certainement plus âgée que moi, dans tes bras. Je ne peux m’empêcher de penser que ce qui cloche, en réalité, c’est moi… Je… Je ne suis pas assez évoluée et comme tu le dis dans ta lettre, laissée dans ton appartement, tu me trouves trop jeune. Inconsciemment, tu as peut être besoin de plus. Je ne te suffirais peut être jamais et, un jour, tu recommenceras, sauf que… Je ne peux… Je ne peux pas passer ma vie à me demander si tu es avec une autre ou non. Tu dis m’aimer, mais ce jour là aussi tu m'aimais. Comment savoir ? »

Je me sentais partir dans des réflexions toutes plus intenses les unes que les autres. La crainte de devoir compter le nombre de marque de rouge à lèvres laissées sur ses cols de chemise, les nombreux morceaux de papiers en tout genre sur lesquels des numéros de téléphone seraient inscrits me submergeait. Je me reculais d’un pas tout en me prenant la tête entre les mains. Les yeux écarquillés je voyais un avenir sombre où Élias me tromperait sans vergogne, me laissant à mon simple rôle de femme d’intérieur. Cette vision était horrible. Elle me glaçait le sang. J’en tremblais de ne pouvoir rien faire contre ça. Il n’y avait plus d’amour. Plus de complicité. Il ne restait plus que mon cœur brisait en mille morceaux.

- « Je t’ai perdu… »


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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Mar 11 Mar - 23:46

Le membre 'Capucine Rider' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Mer 12 Mar - 13:57

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   «Je suis dans tes bras et tout a disparu... »

Ces mots sont sans doute les plus douloureux que j’entends aujourd’hui. Cette nuit. Je ne sais pas quelle heure il est mais le sombre voile qui s’est installé sur ma vie depuis des jours et des jours me laisse penser que je ne verrai plus le levé du soleil.

Alors qu’il n’y a plus le moindre centimètre entre nos corps, que nos respirations soulèvent nos bustes en quasi parfaite synchronisation : il manque l’essentiel. Il manque l’alchimie qui fait de deux personnes un couple. Cette légère différence, ce petit plus qui change absolument toute la vision des évènements, cette particularité chaleureuse et subtile, délicate. Il manque au tableau la concrétisation de nos sentiments.
Si l’amour pouvait prendre forme, ce serait comme un flot de lumière. Un halo qui entoure solidement les amants et les protège de toutes nuisances. L’émanation qui se dégage de chacun d’entre nous brille, certes, mais elle se contente de heurter celle de l’autre. Frileuses et sceptiques, elles s’attirent juste assez pour mieux repartir.

Capucine a raison, nous pourrions bien mimer des amoureux, aucune étincelle ne naitrait désormais.

Nous nous détachons donc, conscients que cette proximité est vaine. Pire encore, elle est douloureuse. Je pose un regard découragé sur le visage de la demoiselle qui poursuit sa plainte. Ce n’est même pas un procès qu’elle me fait, c’est une observation qui finira bientôt par lui donner le rôle du coupable.
L’envie de me révolter est puissante, mon pouls accélère et la sensation de malaise est si proche. Masi je ne fais rien, que puis-je dire pour la rassurer ?
Il n’y a aucun moyen pour le meurtrier de ressusciter la victime.

« Mais, Capucine je ne suis pas ce genre d’homme ! Je ne t’avais jamais trompée et, c’est arrivé une fois, une malheureuse fois je t’en prie. Ne nous condamne pas pour une erreur, si terrible soit-elle. Je ne vois pas pourquoi je deviendrai le plus salaud des compagnons, coureur de jupons ! C’n’est pas moi et…et je n’étais pas moi ce jour là. »

Je ne peux m’empêcher d’aboyer tous les arguments qui me passent par la tête, même les plus risibles. Je ne mens pas et je constate une fois de plus à quel point me sortir de cet enfer sera compliqué. Rien ne peut justifier ce que j’ai fait ! Je n’étais pas soul, je n’étais certainement pas forcé et j’avais bien conscience de l’effet dévastateur qu’aurait cet agissement sur Capucine.
Mais je n’étais pas moi-même. Je cherchais à être un autre !

« Et non je…non je ne t’aimais pas ce jour là. Je n’aimais rien ni personne, j’étais au plus mal, si loin de nous. Voilà ma faute, Cap. J’ai fermé les yeux sur mes sentiments durant quelques jours, j’ai tout fait pour oublier que je t’aimais. Mais ça m’a rattrapé, je suis rentré…ça n’annule pas ce que j’ai fait, mais il faut que tu comprennes…j’ai fait tout ce qui pouvait me détruire. Nous détruire. Car sans nous je ne suis rien. »

J’ai l’impression que la chambre bouge, que les objets s’agitent, sans doute pour se moquer de moi. Je me ressaisis et tente de capter son regard.

« Sauf que, j’suis pas prêt pour te perdre. »

Mais les objets bougent réellement ;
Sous la peine ressort ta nature de mutant.
Je frémis devant ce spectacle déconcertant ;
Et tente de t’approcher, méfiant.

« …s’il te plait, calme-toi. Regarde ce que tu fais. C’est pas bon, tu vas être épuisée, et si quelqu’un nous voit ! Capucine ? »

   
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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Mer 12 Mar - 15:18

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  En bon avocat, Elias plaidait sa cause, mais voilà… Les arguments qu’il me donnait ne m’étaient pas inconnus. Ils avaient été méthodiquement listés dans mon esprit et ce, depuis mon départ de l’appartement. Tout ce qui aurait pu expliquer son comportement et nos retrouvailles avaient été pleinement soupesés. Malheureusement, les « contre » n’étaient pas anodins. La semaine dernière, c’était à peine s’il avait conscience de mon existence et, ce soir, il me hurlait son amour ? Que s’était-il passé après que la porte ne se soit refermée derrière moi ? J’aimerai bien le savoir, surtout que je me souvenais de ce moment… J’avais essayé de le faire réagir en me montrant en petite tenue au livreur et rien… Aucune réaction de la part d’Elias. Devant cette attitude lointaine et glaciale, je m’étais ensuite dépêchée de me rhabiller avant de prendre mes affaires sans qu’il ne bouge le petit doigt, sans qu’aucune parole ne franchisse le seuil de ses lèvres. Alors pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi comme ça ?

Il continuait à vouloir m’expliquer, mais ses mots étaient aussi coupants qu’un rasoir sur mes veines : il ne voulait plus m’aimer ce jour là. Elias était pleinement conscient du mal qu’il nous causait et il avait tout de même choisi de se plonger dans cette fugue sexuelle. C’en était trop. Trop fort. Trop douloureux. Trop éprouvant. Je me sentais partir dans cet espace qui m’effrayait tellement et dans lequel je m’étais interdit de tomber. Celui où il m’était impossible de contrôler cette douleur. Celui qui me renvoyait en pleine face que tout le monde finissait par m’abandonner. Elle déferlait telle une vague et m’emportait avec elle, m’engloutissant, m’étouffant sans aucun remord, ni répit.  

Je ne contrôlais plus rien. Que ce soit mes sentiments ou ma capacité, ils étaient emmêlés les uns aux autres et, c’était trop dur de les repousser. J’étais épuisée de devoir faire semblant. Epuisée de devoir me battre alors que tout s’échappait de mes mains. La voix d’Elias me parvenait et je pouvais sentir sa présence. Je percevais même l’inquiétude dans sa voix. Et alors ? Il tentait une approche dans le but de me calmer sûrement, mais je me reculais pour mieux m’échapper de son emprise. Elias n’avait plus le droit de me toucher ou de me réconforter. Il l’avait perdu depuis plusieurs jours déjà. Le simple fait que je sois là était déjà un exploit et il me précipitait à lui pardonner, à le reprendre et quoi ? Faire comme si de rien n’était ? Et en plus, il avait le culot de me demander de me calmer ?

- « Tu savais… Tu savais ce que tu nous faisais ce jour là… Et, tu dis n’être pas prêt à me perdre, ce soir. Pourtant quand je suis partie, tu n’as rien dit, rien fait qui aurait pu me laisser penser que tu regrettais réellement ton acte. Au contraire… Tu m’as baisée avant de me poignarder. Tu m’as limite souhaitée une belle vie avec le livreur. C’était il y a deux jours. Deux jours seulement… Et la lettre ? Celle que tu as écrite à Indio ? Elle date de quand ? Celle où tu dis que nous ferions mieux de ne pas nous remettre ensemble… Tu ne deviendras peut être pas un salop, mais jusqu’à ce soir, c’est ce que tu es pour moi. »

Je prenais une profonde inspiration tant pour faire cesser mes larmes que pour remettre les quelques objets en lévitation à leur place avant de poursuivre.

- « Tu me demandes de te dire si nous avons une chance de nous remettre ensemble, voir même de te pardonner. Mais si les choses étaient inversées… Serais-tu capable de le faire ? Pourrais-tu m’affirmer là maintenant que tu reviendrais vers moi ? »

Les bras croisés contre ma poitrine pour me soutenir, pour contenir toute cette souffrance, j’attendais sa réponse même si elle me semblait évidente. Elias était un homme jaloux, possessif. Il ne pourrait jamais me regarder de la même manière si un autre venait à poser ses mains sur mon corps. Désolée de ce qui arrivait. Désolée de ressentir autant de regrets. Après tout, je n’étais qu’une fille de 20 ans amoureuse d’un homme de 37 ans et pourtant, j’avais l’impression que ma vie était finie. A quoi bon vivre de nouvelles rencontres, de nouvelles expériences si celles-ci avaient le pouvoir de nous mettre plus bas que terre ? Je continuais de me lever le matin parce que j’étais trop lâche de mettre fin à mes jours. Voilà, la terrible révélation.

- « Je t’aimais tellement… », finissais-je par dire.

Je préférais parler au passé. Elias savait que mon cœur lui appartenait toujours malgré cette unique erreur et il le resterait certainement toute ma vie. Mais il était trop blessé, meurtri pour lui accorder le pardon. Si je revenais vers lui comme ça, aussi facilement, quel message cela renverrait-il de moi ? Que je suis une bonne poire ? Qu’il saura comment faire si jamais il venait à recommencer ? Ma fierté était également blessée et même si je savais que je ne devais pas l’écouter, elle pouvait se montrer très persuasive.

- « Si j’acceptais de revenir vers toi et je ne dis pas que je peux le faire maintenant… Qu’est ce qui me garantie que tu ne recommenceras pas ? Si je te pardonne une fois, tu te diras peut être que je le ferais une deuxième fois, une troisième fois jusqu’à ce que ça n’ait plus aucun sens de me demander… Pour quoi je passerai ? »

 



 
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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Mer 12 Mar - 18:05

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   Quand Capucine est partie, j’étais dans le même état d’esprit que durant mon excursion. Une dose de résignation supplémentaire, je savais qu’elle franchirait la porte sans chercher à m’écouter. Je n’ai donc rien dit, hormis cette accablante vérité.

Ce soir la demoiselle me reproche d’avoir voulu oublier en me comportant égoïstement, elle me reproche mon infidélité, de l’avoir baisée avant de lui dire la vérité. Elle me reproche de n’avoir rien ajouté quand elle a pris la décision de rompre en quittant l’appartement : et elle a raison, à tout point de vue. Mais je ne vois pas ce que j’aurai pu faire de mieux l’autre jour. L’erreur était commise, il était trop tard pour réparer quoique ce soit. Les mots auraient été superflus tant elle avait mal, je préférais m’expliquer plus tard…avec du recul ?
Je n’envisageais pas, cependant, que nous serions si tôt réunis et dans un pareil contexte. Mais qu’est ce que ça change ? Mon appartement ou un hôpital, le fond de la conversation aurait été identique.

« Je suis désolé : ce n’est pas comparable. J’étais papa…aujourd’hui je ne le suis plus. D’accord ? »

Bêtement, je laisse ma tristesse cédé la place à ma colère. Une impression de protection, fausse et totalement inutile. Mais je me sens plus fort en haussant le ton qu’en pleurant. Et puis passer ses nerfs sur un sujet stupide permet d’oublier – encore – que mon fils est mort.
Je détourne le regard alors que les objets se rangent et je soupire en reculant. J’ai besoin de m’assoir. La migraine s’est enflammée dès que j’ai levé la voix et la pièce se remet à tourner autour de moi.

Que veut-elle que je lui dise ? Que non, je n’aurai pas supporté qu’elle couche avec un autre ? C’est toujours le cas ! Nous sommes peut être séparés, ça ne me soulage en rien de mon étouffante jalousie. Je ne peux tout de même pas lui dire ça, elle serait capable de me baffer.
C’est pourtant ce que je ressens. Je refuse l’idée qu’un autre l’approche. Ce connard de livreur était en plein boulot, il n’aurait rien fait. J’ai surveillé du coin de l’œil, mais je n’avais pas à m’inquiéter. Elle voulait peut être que je m’en prenne à lui comme un enfant ? J’ai passé l’âge. Si elle veut voir ailleurs…ce serait son choix.
Ça remettrait clairement en cause l’existence d’un nous. Je peux lui accorder ça et, je dois le reconnaitre, nous allons un peu vite. Ce que j’ai fait ne se pardonne pas. Pas si vite, pas comme ça.

« Tu m’aimais ? »

J’ai compris, ça va. Cap ne veut plus assumer oralement les sentiments qu’elle éprouve. Soit. J’acquiesce avec dérision en m’accrochant au matelas, p*tain de vertige.

Alors que la belle reprend la parole, j’imagine le tableau qu’elle dépeint : elle qui s’occupe de l’appartement, ménage et gestion de documents, repas du soir, organisation de sortie entre quelques heures de cours ou de travail. Un Elias hautain et épuisé qui rentre, tard, pour se régaler de ses plats et se la taper en dessert. Sans hésitations. Les journées éprouvantes méritent que l’on soit consolé. Par elle, par celle-ci, par l’autre, la nouvelle, l’ancienne.
C’est ça, qui nous attend ? Est-ce que je deviens infidèle ? C’est la première fois que je trompe la personne avec qui je suis, mais pas la dernière ?

« Rien. Rien ne te garanti que je serai fidèle, exactement comme quand on a commencé à se fréquenter. Tu ne pouvais pas savoir, si ? Qu’est ce qui a changé ? On ne peut jamais savoir ! Les sentiments ne font pas tout. Tu pourrais toi aussi un jour, dans une situation spéciale, un coup de foudre ou de folie, fréquenter un autre. En éprouvant ou non des choses pour moi. On ne sait jamais. Je ne sais même plus ce que vaut vraiment la parole… »

Je te promettrai que ça n’arrivera pas ;
Mais tu sais aussi bien que moi ;
Que les serments sont de mauvaise foi ;
Et qu’éventuellement le destin frappera.

« …Ne précipitons rien. Ce serait malsain. Tu as besoin de recul et de te retrouver seule, loin de moi en tout cas. C’est difficile à dire, mais protège toi de moi. »

   
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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Mer 12 Mar - 21:16

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  Mes questions pour comprendre ce revirement de situation ne trouvaient aucune réponse auprès d’Élias et elles ne faisaient que l’agacer. Il s’énervait, élevait la voix, me renvoyant en pleine face qu’il avait perdu Indio. Comment l’oublier… Il me suffisait de regarder Élias ou simplement de penser à lui pour que cet état de fait me revienne à l’esprit. Peut être étais-je trop dur de réagir de la sorte. Peut être devrais-je tout simplement lui dire que je ferais mon possible pour retrouver ce que nous avions et m’écraser. Je n’étais qu’une petite blonde naïve sans grande expérience, alors… Je lui demandais ce qu’il ferait si les situations avaient été inversées, mais une fois encore, il ne me répondait pas.

Je laissais échapper un terrible constat qui pouvait mettre un point final à notre relation. Parler au passé dans une telle conversation n’était pas de bon augure. Au fond de moi, j’espérais peut être qu’il dise ou fasse quelque chose qui écraserait une bonne fois pour toute mes peurs. Seulement, tout avait été dit… Tout avait été fait… Il n’y avait effectivement aucune garantie pour qu’une telle épreuve ne se reproduise pas dans l’avenir. Élias ne pouvait me promettre de m'être fidèle jusqu’à notre mort, si tant est qu’on finisse nos jours ensemble. Tout comme je ne pouvais lui promettre de lui revenir. Nous étions dans une impasse. Notre couple était… à l’agonie. Surtout qu’une fois encore, il me repoussait.

- « Tu… veux que je m’éloigne, mais… C’est justement parce que nous nous sommes éloignés que tu as… »

Finalement, c’était moi qui essayais de me battre pour que nous ne nous perdions pas de vue. Je ne parlais pas de revenir définitivement à l’appartement, mais pouvoir se voir, m’assurer qu’il ne se réfugiait pas dans l’alcool. Mais… Encore une fois, il m’abandonnait soit disant pour mon bien. Élias ne voulait pas se montrer égoïste avec moi, me donnant la sensation que je n’étais pas spécialement importante. J’étais à ses côtés ce soir alors que j’aurai très bien pu l’abandonner aux urgences. J’essayais de discuter avec lui et… Rien. Je croyais que j’aurai le choix de la marche à suivre, mais Élias semblait une fois encore avoir décidé pour nous deux.

Je n’avais plus rien à dire. Je ne savais même pas ce qu’il conviendrait de dire. Mais qu’importait ! Une infirmière entrait dans la chambre pour constater les dégâts. Elle apercevait son patient éveillé et énervé et une intruse démontée. Je ne lui laissais même pas l’occasion de me mettre dehors, je m’en allais sans un mot, sans un regard pour lui. Qu’allais-je faire maintenant ? Mon reflet dans une vitre m’apprenait qu’un détour par les toilettes était plus que nécessaire. L’image n’était pas nette – heureusement, à mon avis – car j’étais hideuse. J’en eus la confirmation devant le miroir. Je me débarbouillais autant que possible avant de prendre le temps de réfléchir, de respirer. Dire que je n’avais même pas pris la peine de manger ce soir. J’allais devoir partir à la recherche d’un distributeur. A moins que la cafétéria ne fonctionne encore… Ce serait étonnant, mais après tout, l’espoir faisait vivre.

Finalement, j’avais eu raison d’insister car la cafétéria était également ouverte la nuit. C’était une bonne chose car même si mon estomac me semblait lourd, je ne pouvais me permettre de louper un repas. Manger seule était difficile, surtout dans un milieu ouvert à la vue de tous. J’avais cette curieuse impression d’être minable, pathétique de ne pas partir après cette discussion houleuse. Élias avait bien signifié qu’il ne voulait plus me voir auprès de lui. Même s’il ne voulait pas que ce soit définitif, il l’avait dit. L’avocat ne souhaitait pas m’avoir dans ses pattes. Peut être voulait-il dire adieu à sa maîtresse. Un petit rire jaune sortit de ma gorge, attirant l’attention d’un couple assis à quelques mètres de moi. Leurs regards étaient assez évocateurs… Ils me prenaient pour une folle. Je l’étais peut être…

Mon « repas » avalé, je décidais de retourner voir Élias. Je n’avais pourtant rien à lui dire de plus, ni envie de sentir ses bras autour de moi. J’avais seulement besoin d’être dans la même pièce que lui, de m’assurer qu’il allait bien. La chambre était calme, l’infirmière était partie et Élias s’était assoupi. Pouvais-je rester ? Je m’en foutais. J’avais le droit de faire ce que je voulais tant que le matériel n’était pas cassé. Me faufilant sans un bruit à l’intérieur, je m’avançais vers lui. Il dormait… J’observais son visage tranquille. C’était le même que j’avais aimé. Le même front… Le même nez… Les mêmes lèvres… Ces lèvres qui m’avaient tellement embrassées ces derniers mois. Elles savaient comment me faire plaisir et j’adorais quand elles prononçaient mon prénom avec amour. Quand elles me laissaient croire que j’étais la seule qui comptait à ses yeux. Je fermais les yeux avec force et retrouvais ma place sur la chaise abandonnée dans un coin. Passer la nuit ici ou « chez moi » revenait à la même chose. Au moins dans cette chambre, je ne m’inquiéterai pas à propos d’Élias… De ma place, je le regardais et écoutais sa respiration. C’était un bruit apaisant, m’amenant à somnoler légèrement.


 



 
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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Jeu 13 Mar - 9:03

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   Il n’y a rien à ajouter. La conversation est terminée. Je l’ai trompée, pour diverses raisons mais aucune ne justifie l’acte. Point. Je suis fatigué, la migraine redouble en intensité alors que je bascule sur le lit pour m’allonger sans quoi je risque de me retrouver parterre une deuxième fois.
Je n’ai pas envie d’être plus bavard, je viens de dépenser toute l’énergie qu’il me restait en discutant avec Capucine et ce n’était peut être pas une bonne idée. Je veux certes arranger les choses entre nous – je crois – mais je suis bourré ce soir et certainement pas remis de notre récente rupture. Entre autres...
Le combat ressemble à une cause perdue. Pourquoi lutter ? Je me souviens des propos de Calista, vaguement, tandis que mes paupières lourdes se ferment sans que je n’aie réellement conscience de la présence d’une infirmière ou du retrait de Capucine.

Il faudrait que je continue d’avancer, que je me batte au nom de mon fils. Sans déconner, comme s’il se rendait compte de ce que je peux faire, de là où il est. "Au nom de" ça veut dire quoi d’abord ? Que je dois prétexter avoir eu un enfant, ne pas avoir été capable de l’élever ni de le protéger quand il a eu besoin de moi, pour vivre ? Pour faire mes choix, prendre les décisions importantes de ma vie ?
Je me recroqueville dans ce lit froid en cherchant à étouffer le coussin que je prends dans mes bras. La douleur est si vive, la puissance des maux qui me torturent ne désemplie pas, mon mal est incurable.

Frissons, tournis, convulsions.
Sombres pensées, délires et palpitations.
Morphée fini quand même par venir me chercher quand je m'allonge sur le dos de sorte que tout le monde puisse voir la honte orner mon visage.

Les minutes passent lentement. Soucieuses de notre état ou patientes et indulgentes, elles me permettent de récupérer un minimum alors que le calme et l’atmosphère faussement sereine enveloppent tendrement la demoiselle qui somnole sur sa chaise.
Mais les images qui hantent mes pensées ne m’autorisent pas un sommeil profond ni parfaitement réparateur. Je commence à m’agiter en envoyant valser l’oreiller, puis le drap alors que perlent quelques gouttes de sueur sur mon front. Ma mâchoire se contracte dans un gémissement et j’ouvre subitement les yeux, tremblant.

« Indio ! »

Il n’est pas là. Il ne sera jamais plus installé à mes côtés, ni endormi dans la pièce à côté. Le réveil est brutal, la réalité intolérable mais je n’ai pas d’autre choix que de consentir. Je tire sur l’absurde vêtement que l’on m’a enfilé tout en refusant de replacer mon dos contre le lit. Craignant sans doute, bêtement, que les lames de mes songes me transpercent à nouveau si je me rendors.
Éveillé cependant, mon esprit n’est guère en meilleur état.

« Excuse-moi, j’ai fait un cauchemar. »

Pas vraiment. Puisque je revivais, encore et toujours cet instant tragique. J’entends encore le toit s’effondrer, couvrant la voix du petit sous les décombres poussiéreux. Je tressaillis et m’efforce de me concentrer sur le présent. Sur l’instant. Rien d’autre. Comme si rien n’avait existé avant, et que l’avenir ne m’importait aucunement.
Cap est encore là ? Je déplace mon regard sur la droite pour croiser le sien, pour trouver dans cette sombre chambre un peu d’humanité. De chaleur.

« Enfin c’n’était pas un cauchemar, je ne sais même pas si j’ai dormi. Si, j’ai dormi ? Tu veux la couverture ? Je n’en ai pas besoin…tiens. »

Merci de ne pas m’abandonner ;
De continuer à constamment veiller.
Rien ni personne ne saurait me sauver ;
Mais tu n’imagines pas le bien que tu me fais.

   
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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Jeu 13 Mar - 12:10

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" Il y a mourir dans "je t'aime" il y a je ne vois plus que toi. Mourir au monde, à ses poèmes, ne plus lire que ses rimes à soi.
Un malhonête stratagème, ces trois mots là n'affirment pas. Il y a une question dans "je t'aime", qui demande, m'aimes-tu toi ? " Cap & Elias 14/05

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Je ne comptais pas m’endormir mais force est de constater que la fatigue avait eu raison de moi. A croire que cette chaise n’était pas aussi inconfortable qu’elle voulait bien le laisser paraître ou alors peut être était-ce dû à la présence d’Élias. Le voir dans ce lit, endormi, anéantissait toutes mes peurs, mes inquiétudes le concernant. Il était en vie et ne pouvait, sur le moment, faire aucunes stupidités. Tout irait bien pour cette nuit, je pouvais me laisser aller dans les bras de Morphée. Mais demain ? Et le surlendemain ? Pourrais-je un jour cesser de m’inquiéter pour lui ? J’en doutais et ça me faisait peur. J’avais peur de ne pouvoir me détacher de lui quand bien même notre relation serait vouée à l’échec. Car je me souvenais très bien de cet homme maladroit, malmené par la vie et torturé à l’idée d’être un mauvais père aux yeux de son fils. Aujourd’hui, il avait perdu Indio, mais… il m’avait. Pour combien de temps, je l’ignorais dans la mesure où il me conseillait de le fuir.

Le repos fut de courte durée. Un cri résonnait dans la chambre et, dans la précipitation, je me vautrais royalement par terre, envoyant la chaise valdinguer par la même occasion. Que se passait-il ? Pourquoi Élias avait-il crié ? Qu’avait-il dit d’ailleurs ? Indio ? Oh… Ce n’était qu’un cauchemar… Je prenais quelques instants pour me remettre de ce réveil brutal en restant assise par terre pour prendre plusieurs inspirations. J’ai cru, pendant un court instant, qu’il s’agissait de Genetic. Genetic… Je les aurais presque oublié ceux-là. Ils représentaient une menace et… Je ne pouvais pas l’oublier. Je ne le devais pas car toutes les personnes qui me côtoieraient pouvaient se retrouver en danger, par ma faute. Comment avais-je pu l’oublier ?

Je me passais une main sur le visage alors qu’Élias s’excusait. Je lui faisais un geste pour lui montrer que tout allait bien avant de remettre la chaise dans le bon sens. J’ignorais combien de minutes s’étaient écoulées durant notre petite sieste, mais quoiqu’il en soit, ce n’était pas assez. Si le temps pouvait s’arrêter, ce ne serait magique. Élias, quant à lui, semblait plus réveillé. Il passait un peu du coq à l’âne, en évoquant succinctement son cauchemar avant de passer à la couverture qu’il était prêt à me passer. Je la prenais même s’il ne faisait pas réellement froid. Déjà nous étions dans un hôpital, mais en plus, j’avais conservé mon uniforme.

- « Merci… »

Néanmoins, je m’enveloppais de celle-ci et retrouvais ma place sur cette chaise. Devais-je lui demander de me raconter son cauchemar ? Dans la mesure où Indio avait été évoqué, ce n’était certainement pas une bonne idée. Pourtant, il fallait bien rompre ce silence gênant.

- « Quand je suis revenue, tu étais endormi, donc oui… Vu tes cernes, c’était nécessaire… »

Comment ne pas parler des sujets qui fâchent ! Il suffisait seulement de sortir de la merde en priant pour que l’autre ait un sujet plus intéressant à évoquer. Personnellement, je ne savais pas jusqu’où je pouvais aller dans mes questions. Le temps où je pouvais lui parler de tout et de rien sans craindre de le mettre en colère ou triste était bel et bien révolu.







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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Jeu 13 Mar - 15:05

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   Mes cernes ?
A tenter de devenir quelqu’un d’autre, d'oublier ce que j’ai été, ce que je suis et ce que je pourrai éventuellement devenir, j’en ai désappris ma propre tête. J'en ai relativement pris soin, puisque - si on oublie l'excursion - j'ai repris le boulot. Rapidement. Mais cela n'empêche pas mes traits d'être tirés. Je me contente d’acquiescer, sans grande conviction.

Je ne sais plus ce qui est nécessaire ou non. Mon corps a peut être besoin de repos mais le sommeil me tourmente chaque jour un peu plus. On m’a dit qu’avec le temps, la douleur s’estomperait, se ferait plus discrète. J’ai bien compris que c’était une question d’abdication, de renoncement. Puisque je ne peux pas faire revenir mon fils, la vie va poursuivre son chemin. Mais ce qu’on ne m’a pas signalé, c’était le défilé incessant des ces images, de ces sensations les plus traumatisantes de toute mon existence.
Quand je ferme les yeux et que j’offre une trêve à mon corps, mes pensées sont plus torturées que lorsque je suis conscient ! Tout me revient si précisément, si distinctement. Les sons et les odeurs, les battements de mon cœur durant la scène, la crispation de mes muscles. Tout est à nouveau là, dans ma tête, comme si j’y étais !

Et éternellement, je laisse Indio mourir. Incapable de le sauver.

« Je n’veux pas me rendormir. Je lutte jour et nuit pour repousser mon calvaire et quand j’atteins mes limites, quand la fatigue est trop forte, l’impression de soulagement est bien éphémère. Je n’ai pas le temps de m’endormir que déjà, tout me revient. Et c’est pire encore, dans mon sommeil je suis seul, si près de lui, si réellement présent dans cet immeuble et tout aussi incompétent que ; »

Mes sanglots étranglent mes paroles. Je déglutis en baissant les yeux. Je ne voulais pas en parler, pas à elle, pas ici. Personne ne doit savoir, trop de monde est déjà au courant ! Je veux garder jalousement ces souvenirs et ma douleur, comme si elle représentait les derniers fragments de l’existence du petit.

Il est à moi. C’est mon fils.

Je laisse quelques larmes s’écraser sur le matelas et ma jambe avant de relever le visage dans un reniflement fragile. La crise va se poursuivre ainsi, sans arrêt ? Il n’y aura jamais de fin, c’est impossible, je le sais déjà. Comment surmonter cette catastrophe ? Comment Calista a-t-elle dit qu’il fallait s’y prendre ?
Si je pouvais me repasser la visite à son appartement comme on repasse un dvd, pour réécouter ses mots, les apprendre pour espérer trouver la solution !

« Je, hem, parlons d’autre chose. Tu as pu dormir ? Toi aussi tu as l’air fatiguée. » Aussitôt je reprends la parole, plein d’anxiété. « Enfin non, tu es très bien évidemment ! C’est juste, tss. » Puisque ma tentative de rattrapage est nulle et sans intérêt, je hoche la tête en direction de la petite télévision accrochée sur le mur en face de moi. « Tu veux voir un truc ? »

Non je n’ai pas l’intention de dormir.
J’aimerai que tu viennes te blottir contre moi ;
Que tu m’aides à moins souffrir.
C’est bien tard pour être prêt à ça. N’est ce pas ?

   
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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Jeu 13 Mar - 21:53

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  Les démons d’Élias devenaient de plus en plus nombreux au fil du temps. A une certaine époque, qui n’était pas si lointaine, j’espérais l’aider à les affronter un à un. J’avais réussi à convaincre Sarah pour l’installation d’Indio dans l’appartement de son père. Au final, cette entreprise avait été couronnée de succès puisqu’elle-même avait emménagé à Los Angeles. Élias avait pu passer quelques semaines avec son fils. Mais depuis ce drame, je ne pouvais m’empêcher de me demander si le destin n’avait pas rapproché ces deux êtres pour mieux les séparer par la suite. C’était horrible de penser ainsi, mais… Ce qui était arrivé à Indio était si injuste. Il n’avait rien à voir avec cette guerre et pourtant, il avait payé le prix fort. Je ne pouvais imaginer la souffrance d’Élias bien qu’il m’ait été donné de vivre l’expérience inverse. Bien que la mort de ma mère fût inattendue, celle de mon père avait été préparée. Des personnes s’étaient occupées de moi après ce drame… Élias n’avait personne à part Sarah, Calista, Sacha et moi. Du moins, à ma connaissance… Sarah n’était pas en mesure de l’aider. Calista s’occupait déjà de l’homme qui n’avait pu sauver Indio ce jour là. Sacha n’était pas assez proche pour une telle situation. Si bien qu’il ne restait plus que moi. Alors, comment l’abandonner à son triste sort après avoir fait la liste des personnes qui tenaient à lui et constater que peu de monde serait présent pour lui ?

Son explication me fendait littéralement le cœur et je me retenais avec peine de m’approcher de lui pour le prendre dans mes bras. Ce serait simple. Doux. Cela aurait pu n’avoir aucune conséquence si nous étions encore ensemble aujourd’hui. Seulement voilà… J’étais partie et retrouver une telle proximité sans même savoir si j’étais prête à lui pardonner pourrait lui envoyer un faux message d’espoir. Je restais assise sur ma chaise. Passive. Inutile devant sa peine et ça me tuait. La tête baissée, bien trop lâche pour affronter ses larmes, j’écoutais son histoire jusqu’au bout. Finalement, sa voix se brisait, l’empêchant d’aller plus loin. Si seulement j’avais pu être avec eux ce jour là… Tout aurait pu être différent. Adam ne serait peut être pas mort, Indio aurait pu grandir en paix et avec Élias, nous aurions pu être heureux. A croire que les happy end n’arrivaient que dans les films.

J’acquiesçais doucement lorsqu’il évoqua la possibilité de changer de sujet. Il reportait son attention sur moi me reprochant à son tour de manquer de sommeil. Il ne pouvait en être autrement quand on y réfléchissait. Si mes collègues m’appréciaient c’était principalement pour ma « motivation ». Pour eux, le nombre d’heure passé à la caserne était le reflet de mon ambition et de ma volonté d’avoir mon diplôme. Ils ignoraient que je fuyais la solitude s’emparant de moi à chaque retour au garde meuble. Ils ignoraient que ma vie n’était pas aussi rose qu’ils le pensaient. Pour eux, j’étais une petite Barbie qui souhaitait prouver à sa famille qu’elle pouvait devenir quelqu’un. Certains se moquaient gentiment de mes entraînements en parlant de dopage ou du risque de me casser un ongle. Mais voilà… Ils ignoraient que le cancer avait failli m’avoir. Ils pensaient me connaître, mais leur savoir sur mon compte résidait sur ce que disait mon dossier et leurs préjugés. Je ne pouvais leur en vouloir car je ne faisais rien pour rétablir la vérité. A quoi bon ?

- « J’ai eu beaucoup de boulots ces derniers jours… Les entraînements me prennent aussi du temps, mais je gère. Tu n’as… plus à t’inquiéter pour moi. »

Pourquoi s’inquiéterait-il alors qu’il vivait pire ? C’était stupide de dire ça ! Il valait mieux pour lui de panser ses blessures, d’aller mieux avant de se soucier des autres. Ce n’était pas dans son état qu’il pouvait faire quoique ce soit de toute manière.

Finalement, il me proposait d’allumer la télévision. Je hochais des épaules pour lui signifier que je n’étais pas contre le fait qu’il l’allume, mais que j’ignorais tout du programme. Après tout… Je n’avais plus de télé depuis mon départ. Seulement, pour mieux voir, je devais changer de place. Je me levais avec la chaise et la positionnais à côté du lit. Bien évidemment, je ne me serai jamais invitée à l’intérieur, surtout qu’il était toujours dans un sale état, mais rien ne m’empêchait de l’approcher. La couverture sur les épaules, je me cale correctement sur ma chaise et regarde les programmes défiler. Qu’il choisisse le programme. Pour ma part, cela ne ferait pas grande différence. Mes yeux étaient trop obnubilés sur sa main restées immobiles sur le lit. Elle n’était qu’à quelques centimètres… Je n’avais qu’à lever la mienne pour la saisir… Et pourtant, ce simple geste me semblait impossible. Je sentais son regard sur moi, puis sur nos mains. J’étais grillée. Je devais lui parler, lui dire ce que j’essayais de faire.

- « J’aimerai te prendre la main… C’est pourtant un geste simple et… Si je ne suis pas capable de ça c’est que… je ne te mérite pas. J’aimerai être là, t’aider dans ce drame, être présente et je ne suis pas foutue de te prendre la main pour te réconforter. Ce que je peux être minable. »

Je plongeais mon visage dans mes mains, souhaitant cacher la honte qui me submergeait. Je me sentais horrible de mettre une telle distance alors qu’il… avait commis une seule erreur. Cette main ne m’était pas inconnue. Elle m’avait soutenue lorsque l’oncologue avait demandé à Élias de me conduire à lui. Elle m’avait apportée tant de bonheur depuis notre rencontre. Mais aujourd’hui… Je la voyais explorer le corps d’une femme imaginaire. Elle ne m’appartenait plus totalement. J’avais perdu son allégeance.
 



 
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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Ven 14 Mar - 12:41

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   « […] Tu n’as… plus à t’inquiéter pour moi. »

Je déteste cette censure qu’elle exprime en étant persuadée d’être logique. Notre rupture n’est pas qu’un état de fait à mes yeux, il ne suffit pas de décréter subitement que tout ce que nous avons pu ressentir et partager est désuet, oublié.
Je n’ai plus à m’inquiéter pour elle parce que nous ne sommes plus ensemble ? Parce que j’ai d’autres ennuis ? C’est une des pires conneries que j’ai pu entendre ! Je suis un type logique, et je ne vois dans sa déduction que de la gaminerie. Bien sûr que je m’inquiète : je l’aime. Et quand bien même j’aurai des doutes sur l'exactitude de ce sentiment, je connais suffisamment la demoiselle désormais pour m’inquiéter quand je vois qu’elle n’est pas au meilleur de sa forme. Ose-t-elle prétendre qu’elle ne s’inquiéterait pas pour moi si les rôles étaient inversés ? Sous prétexte que notre couple n’existe plus dans les formes ?

Oui j’ai un deuil à faire et cela s’annonce laborieux. J’ai même tenté de mettre les autres soucis de côté durant quelques jours pour me focaliser là-dessus. Résultat ? Je me suis créé encore plus d’ennuis, sans parfaitement réussir à me concentrer sur le plus important d’entre eux.
Ok Capucine a préféré me quitter, c’était mérité. J’ai trahi sa confiance, elle doit se sentir salie et humiliée. Soit. Mais la décision de la rupture n’engendre pas une suppression immédiate et irréversible de tout ce qu’il s’est passé avant entre nous ;

Une fois encore je sens qu’un fossé nous sépare. Avons-nous déjà été sur la même longueur d’ondes ? Je commence à douter fortement. Qu’est ce qui nous unissait ? Une attirance indéniable, beaucoup de douceur, des services à une époque ou nous sombrions tous les deux…la liste s’achève ici ?

Devant les niaiseries qui défilent dans le petit écran, je suis contrains de choisir par défaut. Un policier semble-t-il, où les avocats mènent à moitié l’enquête avec le flic chargé de l’affaire. C’est débile. Je replace lentement mon dos dans le lit, incapable de solliciter plus longtemps mes muscles harassés.
J’ai beau m’accrocher aux images fictives qui défilent, je fini par croiser le regarde de Cap. Je n’aurai peut être pas du, je la sens si gênée que je hausse les sourcils prêt à lui demander ce que j’ai – encore – fait ? Le film lui déplait sans doute autant qu’à moi. Je n’y peux rien s’ils ne proposent que de la merde.

- « J’aimerai te prendre la main… C’est pourtant un geste simple et… Si je ne suis pas capable de ça c’est que… je ne te mérite pas. J’aimerai être là, t’aider dans ce drame, être présente et je ne suis pas foutue de te prendre la main pour te réconforter. Ce que je peux être minable. »

« Mais, qu’est ce que tu racontes ? Je te rappelle que tu as tout fait pour être là. Je t’ai tourné le dos. Ne te sens pas fautive s’il te plait. »

Mais pourquoi ne prend-elle pas cette main ? La question ne se pose pas, c’est évident. Elle était largement capable de m’aider depuis le début du cauchemar, elle a tout entrepris pour me tendre la main, la mienne est restée immobile, avant de se retirer.
Si aujourd’hui elle ne peut s’abandonner à me réconforter physiquement, en déposant ses doigts sur les miens, c’est parce qu’une circonstance s’est ajoutée. La jeune femme doit prendre en compte mon infidélité. Quelles que soient mes excuses, si on considère mes raisons comme telles, c’est beaucoup trop compliqué de pardonner. Le geste qu’elle désire effectuer serait malsain, ce serait nous fourvoyer.

« Tu n’es pas minable. Tu es fière. Et forte. Et c’est admirable…je ne veux pas paraitre prétentieux ni arrogant, mais je sais que tu m’aimes. Tu m’as tant apporté en quelques mois. J’ai causé notre séparation, c’est de ma faute. J’ai probablement perdu des tas de marches dans ton estime, mais je doute que tu aies déjà oublié ce que tu ressens pour moi. c’est pour ça que tu souffres. Tu voudrais être là, comme tu l’as toujours été. Mais je t’ai trompée depuis et c’est simplement dégueulasse. »

Je dépose ma main sur la sienne, dans un mouvement bref. Aussi vite je la retire en acquiesçant. Persuadé d’une chose :

« C’est moi qui ne te mérite pas. Ne te sens pas mal de perdre l’envie de me soutenir entièrement. Ça va aller… »

Pour toi, pour moi ? Pour nous.
Nous n’avons pas le choix ;
Il va falloir se remettre debout.
Il faut vivre. A deux, ou pas.

   
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MessageSujet: Re: We were a good team.[terminé]   Jeu 20 Mar - 13:40

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  Elias cherchait encore à me dédouaner pour ce qui s’était passé entre nous, mais intérieurement, j’étais toute aussi coupable que lui. Coupable parce que mes deux hommes étaient dans les locaux de Genome et que je n’avais rien fait pour les aider. Coupable parce qu’en rentrant et en apprenant le drame, j’avais préféré lui laisser de l’espace pour qu’il puisse combattre sa douleur. Coupable parce que mon attitude a causé cet éloignement entre nous et donc, cette erreur que je lui reprochais aujourd’hui. J’étais certainement la plus grosse hypocrite de toute la ville et les paroles d’Élias ne pourraient en rien me décharger. Je me plaignais ce soir de ne pouvoir saisir cette main qui m’avait protégée, soutenue quand la mienne s’était refermée. Sans moi, Élias serait plus heureux. Il ne saurait rien du monde mutant, ne serait pas connu d’eux et il aurait encore Indio. J’étais néfaste pour son bonheur et pas assez mature pour lui pardonner une faute que j’avais aidé à provoquer. Qui resterait ? Qui serait assez cruel pour continuer à s’acharner sur un homme aussi doux, gentil et à l’âme exceptionnelle ? Cette terrible constatation était douloureuse, mais elle tournait désormais dans mon esprit.

Je n’étais pas fière, ni forte. Élias n’avait raison que sur un point : je l’aimais toujours. Mais même cet amour ne pouvait empêcher la propagation d’un frisson inconfortable lorsqu’il me toucha la main. Il dû s’en rendre compte car elle ne s’attarda pas. Était-ce la fin ? Quoiqu’en y réfléchissant, mon départ, suite à cette nouvelle, avait été plutôt clair, même si je ne parvenais toujours pas à me convaincre que nous ne formerions plus un « nous ».

- « Tu mens… Ça ne peut pas aller… En même pas deux jours, tu es déjà à l’hôpital et… Que se passera –t-il si nous arrivons trop tard la prochaine fois ? »

Je sentais la colère gonfler en moi, accompagnée par ma peine de constater cette situation merdique.

- « J’ai mal à en crever depuis deux jours. Je regrette de ne pas avoir été plus présente avant que tu ne t’en ailles pour… Et… Et… C’est ma faute aussi… Je le regretterai toute ma vie, car elle est devenue si noire, si dure sans toi. Je suis seule et chaque minute est une torture. J’ai beau m’occuper à la caserne, répondre aux questions et aux blagues, mais… Je suis morte. Je t’aime et je t’aimerai toujours sans nul doute même si cela me fait souffrir. Et pourtant, je me bats… Pour toi. Parce que tu m’as donnée une chance de vivre en me sortant de la rue et en m’aidant quand j’en avais besoin. Tu as été là… Pas moi… Du moins, pas autant que j’aurai dû et si je ne me suis pas encore suicidée c’est pour ça. Sinon… Je ne prendrais même pas la peine de supporter cette souffrance une seule seconde de plus. »

Il aurait été tellement plus simple de me suicider. Tous mes problèmes auraient été résolus, toutes mes craintes se seraient envolées. J’ignorais s’il m’attendait un Paradis ou un Enfer, mais peu m’importait car je n’aurai pas eu à vivre ainsi et c’était déjà un cadeau en soit.

Après ces révélations, je ne pouvais le regarder dans les yeux. Il devait comprendre que je n'étais pas la femme forte qu'il s'imaginait. Ce n'était pas non plus la fierté qui me poussait à me lever chaque matin. Je n'étais qu'une petite chose faible qui luttait contre ses ténèbres sans réel espoir de pouvoir s'en sortir. La seule chose qui pourrait la libérer totalement de ce poids serait la mort. Si ce n'était pas bas comme attitude. Non... Je n'étais pas une femme forte, déterminée. Je n'étais plus rien. J'avais perdu la seule personne qui aurait pu me rendre heureuse. Cette personne que l'on rêvait de trouver pour ne plus lâcher parce qu'une vie sans elle serait encore pire que la mort. Elle nous illuminait, tout semblait tellement beau, tellement simple avec elle. J'avais perdu cette personne. J'avais perdu Élias.  



 
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