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 The hardest part

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Kaidan Johnston


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MessageSujet: The hardest part   Mer 5 Mar - 9:03

   

16 Mai 2011, fin d'après-midi

Respirer.
Respirer encore et encore, lentement et profondément. Respirer entre chaque patient, respirer devant chaque enfant, toujours hanté par ce drame récent. Je ferme les yeux entre chaque allée, je les ouvre pour saluer. Présent de corps, absent d'esprit malgré toute la volonté que je pouvais mettre au travail. Je le voyais encore, ce petit bout d'homme, haut comme trois pommes, courir vers son père captif d'une obscur organisation et cet amas pierre chuter au-dessus de sa tête lui ôtant la vie. Quand était-ce déjà ? Je jetai un coup d’œil vers mon portable, attristé, nous étions déjà le 16 Mai. C'était il y a deux semaines à peu près. Deux semaines déjà...
Je fait un faux mouvement, encore cette blessure au bras. Un petit « souvenir » de cette journée. Heureusement, ce n'était pas gênant dans mon travail, cela l'était plus dans la vie de tout les jours et encore, je savais me débrouiller sans. On m'avait bien prescrit des médicaments à l'hôpital pour atténuer la douleur post-opératoire mais je refusais de les prendre. Je ne pouvais pas. Et pourtant ils étaient là, en évidence sur mon bureau, à peine touchés. Parfois je les regardais en me demandant si je devais les jeter, les garder ou me faire violence pour les prendre mais comme je ne savais pas quoi faire, alors ils restaient là tandis que je souffrais. C'était ma pénitence. Quelque chose que je m'infligeais pour tout ce que je n'avais pas su faire. Aider Ross, aider le père, sauver le gamin. Ma faute, tout était de ma faute. Si seulement j'avais réagit plus tôt, si seulement j'avais su quoi faire, peut-être que le gamin serait sain et sauf auprès de son père ? Mais avec des « Si » on refait le monde. Ce qui était fait était fait, nul retour en arrière n'était possible. Je voulais, non, je devais m'en convaincre. Absolument.

« Êtes-vous sûr que tout va bien ? » Chaque jour j'avais droit à cette question que ce soit de la part de ma secrétaire Lisa, de certains patients réguliers ou même de mon frère au téléphone qui avait eu écho de la nouvelle. « Mais oui ! Pas d'inquiétudes ! » Rétorquais-je alors dans un grand sourire, un faux évidemment, faux comme j'en avait rarement eu au cours de ma vie. Non je n'étais pas bien, il n'y avait qu'à voir mon visage pour le comprendre. Pâle et creusé, je dormais peu depuis l'incident et je ne mangeais que très peu. Pourtant, en tant que médecin, j'avais déjà vu la mort sous bien des aspects : en tant que docteur, en tant que proche, les morts violentes, paisible, douloureuses, lentes, etc... Chaque fois c'était un coup dur, un véritable échec personnel dont je devais me remettre. Cependant, la vie reprenait toujours le dessus … mais pas cette fois. C'était d'un enfant dont il était question. Un gamin ! J'étais révolté ! Et plus j'y pensais, plus je me haïssais comme un complice, un coupable. Un passif qui avait laissé faire l’impensable sous ses yeux. Je me dégoûtais.
Alors je travaillais plus dur pour me sentir utile, pour compenser, pour oublier aussi. J'avais beau avoir un bras douloureux, le moral plus bas que terre, j'étais selon moi toujours en mesure de continuer le travail. Les avis extérieurs avaient beau me clamer le contraire, je m'en foutais. Royalement.

L'après-midi se déroulait sans accro majeur, juste un peu plus sérieusement que d'ordinaire. Des patients l'avaient noté tandis que d'autres hésitaient à poser la question, certains s'en foutaient. Puis vint un homme avec son enfant, un petit garçon blond comme souvent à cet âge là – je ne lui donnait pas plus de 6ans. À peine l'avais-je vu que mon cœur s'emballa. Une tachycardie. Je m'adosse contre le mur, Lisa, ma secrétaire, sort aussitôt de son bureau après avoir entendu la réaction du père. Elle me regardait, attristée, me répétant de nombreuses fois que tout allait bien. Elle savait. Elle savait que ma petite crise puisait ses origines dans la catastrophe du 30 Avril, sans chercher à creuser plus loin. Quelques doutes pour nourrir ses suspicions, je restais silencieux quant à la nature réelle des événements. « Allez prendre l'air » me disait-elle « Vous en avez besoin ! Vous ne vous reposez jamais !», « c'est pour vôtre bien ! » ajoutait-elle à chacune de mes protestations. Je n'ai guère eu le choix que de sortir, elle avait été tellement convaincante que j'en venais à partager son avis ! Sortir était peut-être une bonne idée et respirer. C'était ça dont j'avais le plus besoin : respirer. Me changer les idées, ne plus me laisser ronger. C'est alors que je me retrouvais à errer dans Los Angeles, sans réelle destination. Passant devant une boutique, je remarquai brièvement mon reflet : le tee-shirt noir et attelle, le jean, les baskets, les cheveux en pétard, les yeux bien cernés et une bonne barbe de trois jours que j'avais oublié de raser. Aucun regard pour se retourner, j'en déduisais que ma figure ne faisait pas trop tâche dans le paysage. C'était toujours bon à prendre, les gens en avaient vu d'autres, des gueules cernées.
Je continuais ma route vers le centre-ville, jusqu'à m'arrêter soudainement au milieu du trottoir. Un enfant pleurait, perçant la foule de son cri. Le coeur se remet à battre frénétiquement, mes yeux se ferment. Respirer profondément, lentement. Sentir le monde accélérer autour de soi. Oublier la frénésie la ville. Se sentir hors du temps. Et une voix pour m'appeler, une voix familière, de plus en plus proche, qui semblait provenir de mon dos.
Finie la torpeur, retour à la réalité.

Je souriais. Il le fallait.

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Sacha M. Kwon

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MessageSujet: Re: The hardest part   Dim 16 Mar - 16:27

Belle journée. Aujourd’hui sera une belle journée aussi ordinaire soit-elle. Aucun rebondissement, une journée typique pour un jeune garçon lambda. Ce fut-là ma première conviction en me dégageant du lit ce matin. Et mon chiot, Pikachu, un beagle que j’ai adopté il y a une semaine environ, enthousiasma immédiatement mon réveil en me sautant dessus. Posant mes deux genoux sur la moquette, je m’abaissai d’abord pour lui caresser le crâne puis je me relevai avec lui dans les bras afin de le serrer contre moi, le visage enjoué. « Pikachuuuuuuu ! » M’exclamai-je pendant que le molosse tenta de me lécher le visage. Je tendis les bras le soulevant par mes mains afin de l’en éloigner. « Non non nooonnn. » Je n’étais pas de ces dresseurs qui acceptaient de se faire astiquer. Sauf si un homme s’y tentait évidemment. Sa queue remuait encore plus vite qu’un plumeau chassant la poussière et sa langue pendouillait hâtivement comme émoustillé. Pikachu était mon premier chien. Mon père avait toujours refusé d’en avoir un. Alors je découvrais chaque jour un peu plus cette étrange bestiole que beaucoup d’êtres humains désignaient comme le meilleur ami de l’homme. Cela remettait une de mes croyance à sa place puisque j’ai toujours pensée que le meilleur ami de l’homme était le sexe. A voir si ma vision de « qui est le meilleur soutien pour l’Homme ? » changera durant les mois à venir en présence de cet animal bien pot-de-col.

Je le fis sauter par terre et, après une douche de trente minutes, je cherchai de quoi me vêtir pour la journée. J’optai pour un short long imitation jean avec une chemise blanche. Il n’y avait plus qu’à sortir Pikachu pendant que dehors, le beau temps régnait. Loin de mon quartier, ma promenade pourrait durer des heures. J’aimais l’extérieur bien plus que l’enfermement. Il n’y avait donc aucune bizarrerie à ce que je me pointe là où on ne m’attendrait pas. Et je n’oubliais pas mon emprisonnement d’un mois à Genetic qui me faisait savourer encore plus la liberté.

C’est donc en toute innocence que je me baladais en plein Los Angeles avec mon chiot. Je suivais la direction du vent, prenant sans cesse des tournants au hasard. Ce même hasard qui me conduit sur le même trottoir que monsieur Johnston Kaidan, mon médecin bien-aimé. Je criai une première fois sans qu’il ne semble m’entendre. Puis une deuxième, toujours inaudible d’apparence. C’est qu’il me vexerait presque à ne pas se retourner. Je m’approchai encore plus près répétant une troisième fois son nom. J’eus le sentiment d’être un de ces patients usant que tout médecin rêvait d’éviter. J’espérai qu’il ne me considère pas ainsi, d’autant que j’ai passé plus de temps à raconter des bêtises qu’à être malade lors du peu de rendez-vous que nous avons eus. Une chance pour moi que de ne jamais tomber malade. J’attendis que ma connaissance se retourne pour le décrypter. « Ah j’aime bien la barbe. » Lui dis-je en guise de bonjour. Et ce sourire accaparant mon visage se réduit en observant un autre détaille de son visage. « Ouh la… Par contre les cernes, faut faire quelque chose. » Lui recommandai-je expressément. Devais-je m’inquiéter d’un possible état d’anxiété ? Un manque de sommeil ?

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