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 What the F**** are you doing here ! [Terminé]

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Jeremy Stenson


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MessageSujet: What the F**** are you doing here ! [Terminé]   Jeu 23 Jan - 23:52


3 mai 2011 – 3è jour en enfer


Je supportais depuis trois jours déjà, sans broncher le fait qu’une infirmière vienne me momifier quelques parties du corps. Je n’osais même pas imaginer ce que ça aurait donné si je n’avais pas eu le réflexe de me rouler par terre ! J’étais brûlé au second degré aux endroits où mes vêtements avaient fondu sur ma peau, sur la cuisse, à l’épaule et au niveau du ventre. Le reste étaient des brûlures sans gravités qui ne laisseraient pas ou peu de traces avec le temps. Je n’avais donc rien de grave, mais le docteur Sanchez avait tenu à me garder en observation quelques temps, soit-disant pour surveiller l’évolution de mon état, afin de prévenir en cas de surinfection. « Je veux voir le docteur Sanchez. » déclarai-je alors que l’infirmière était en train de serrer le bandage autour de mon épaule après avoir désinfecté les plaies. « Si c’est trop serré vous me dites. » je fis un signe négatif de la tête, de mauvaise grâce. « Le docteur Sanchez est en consultation ce matin. Il n’a pas que vous comme patient vous savez. » Je grimaçais. J’en avait rien à foutre, je voulais juste son accord pour me tirer de là. « Quand-est ce que je pourrais sortir ? » « Détendez-vous mon ptit. C’est le médecin qui vous le dira. En attendant, reposez-vous. » Elle termina son labeur, et je pu ré-enfiler mon bas de pyjama, le seul truc confortable que je pouvais porter. Ces cons-là avaient découpé mes fringues. Je n’avais plus rien à me mettre pour me tirer de là. Elle déposa quelques médicaments sur ma table de nuit avant de quitter la chambre.

Je m’appuyai délicatement contre la tête de lit que j’avais faite relever afin de pouvoir être confortablement installé en position assise, puis soupirai. Je laissai mon regard se perdre dans le vague, pas de fenêtre... L'enfer ! Je n’avais rien à faire ici, et les moments où j’étais seul, je ne pouvais m’empêcher de ressasser ce qu’il s’était passé. J’avais déjà préparé mon rapport, mentalement et je me le répétai inlassablement, afin de ne rien oublier. J’avais commencé à le rédiger sur un bout de papier qu’on m’avait refourgué quand j’avais demandé de quoi écrire, pour m’occuper. C’était tout ce que j’avais trouvé à faire afin éviter de me retrouver seul, avec moi-même, à comparaître devant le tribunal de ma conscience. Car celle-ci m’attendait au tournant, guettait la moindre de mes failles afin de laisser les remords s’insinuer en moi, ébréchant un peu plus le peu d’humanité qu’il me restait. Cette garce m’assaillait par vagues, comme maintenant. La culpabilité me rongeait, toujours plus. Je revoyais ce mec, baignant dans son sang. Je n’avais rien fait pour l’aider. J’avais décrété qu’il était trop tard pour lui. Mais j’étais qui moi pour juger de la vie ou de la mort d’un pauvre type putain ! Puis des flashs s’entremêlaient, se mélangeaient, me submergeaient. L’odeur du sang m’enivrait, m’écœurait, me donnait la nausée, j’en avais plein les mains, j’en avais le goût dans la bouche. Ça avait éclaboussé un peu partout. Un corps gisait à mes pieds et je ne réagissais pas, le vide s’était emparé de moi, le sol s’était dérobé sou mes pieds, et je sombrais, petit à petit, toujours plus profondément. Un autre flash, toujours du sang, une silhouette floue gisait dedans. Une boule me prenait la gorge. Je suffoquai. J’allais me noyer, m’étouffer si je ne trouvais rien à quoi me raccrocher. Ma respiration s’était arrêtée. La douleur dans ma poitrine était insupportable, j’avais envie de mourir.

Un bruit me sortit de ma torpeur, me fit sursauter. Le visage livide, je me tournai vers la porte. Mon cœur manqua un battement. Je ne savais pas si je devais me réjouir ou non de sa présence ici. J’aurais voulu lui dire quelque chose, faire comme si de rien n’était, comme je le faisais tout le temps, mais rien ne me venait. Je restai sans voix. J’avais l’air d’un mec blessé, au visage fatigué, marqué par le contrecoup des évènements, mon expression était douloureuse et je n’avais à ma disposition aucun masque derrière lequel me cacher cette fois.

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MessageSujet: Re: What the F**** are you doing here ! [Terminé]   Ven 24 Jan - 16:02

Trois jours. Trois jours qui ont bouleversé une partie de ma vie. Voilà comment les évènements se sont déroulés.

Après l’attaque de Genome, j’ai regagné Genetic comme la majorité des agents. Je n’avais qu’un seul objectif : retrouver Jeremy. Après avoir fait le tour des lieux, je me résignai à le chercher à l’infirmerie. J’avais peur de l’y trouver, peur de le voir dans un état critique et lorsque je l’ai vu allongé sur un des lits, Milo se tenant près de lui, mon sang ne fit qu’un tour. Je me précipitai avant que Milo ne m’intercepte, m’assurant que Jeremy allait bien. Néanmoins toujours malade, je ne pouvais pas le toucher. Il avait été sévèrement brûlé à quelques endroits. Heureusement, sa tête avait été épargnée. Malgré tout l’amour que je lui porte, je n’aurais pu marcher à côté de lui s’il avait été défiguré et moche.

Milo m’examina à mon tour. Même si les dégâts étaient moindres, il avait fallu qu’il s’occupe de moi. Je crois qu’en fait, il prenait plaisir à me peloter. Il devait aimer me foutre quasiment à poil pour toucher ma peau et admirer mon corps. Se changer dans les vestiaires lors des entraînements de volley-ball ne devait plus le satisfaire.

J’étais resté au chevet de mon ami toute la journée du 1er mai, me faisant réfléchir à ce que j’allais faire désormais. Comment pourrais-je l’abandonner ? J’ai regagné mon appartement le soir et... Je ne me suis pas senti chez moi. Cela faisait plus d’un mois que je n’avais pas mis les pieds à la maison et aujourd’hui j’avais le sentiment d’être intrus à ces lieux. Je compris que ma place n’était plus ici, plus après tout ce que j’avais vécu. Je suis retourné à Genetic, demandant à ce que Rufus s’entretienne avec moi. « Je veux en être. »

Le 2 mai, j’avais eu ma réponse. Genetic m’accueillait parmi ses membres. Dès cet instant, tout a changé. J’avais arrêté d’être comédien. Je m’étais risqué à être poursuivi en justice pour ne pas avoir respecté mon contrat mais les scénaristes n’avaient pas envie d’aller jusque-là. Ils s’assuraient que je ne puisse jamais figurer sur un écran. Je leur épargnais ces efforts. J’étais décidé à ne plus devenir célèbre. Finalement, et à cette pensée j’eus un léger sourire, Remington m’avait bien surestimé en prédisant que je jouerais dans un film de seconde zone diffusé dans les cinémas les plus discrets d’aujourd’hui.

J’avais donc été pas mal occupé ces deux premiers jours. Aujourd’hui, j’espérais retrouver une énième fois Jeremy. Je le vis adossé et bien triste. Pourtant, je souris sans m’en cacher. Non par sadisme, mais il allait bien et c’était le plus important. En tout cas d’apparence. « Tu as bonne mine chaton. » Faux. J’aurais dû lui ordonner d’arrêter de tirer cette tronche, que c’était très mauvais pour la peau. Mais j’imaginais bien qu’il se fichait de mes conseils beauté actuellement. Je m’approchai de lui, le visage rassuré, heureux contrairement au sien qui semblait être bercé par des craintes. Que lui dire ? Par où commencer ?

« Alors ? Quoi de neuf ? » Lui demandai-je innocemment, un grand rictus étirant mes lèvres. Il n’y avait pas de quoi être heureux mais Jeremy et moi avions toujours souhaité que l’un réconforte l’autre avec sa bonne humeur. Je ne serais pas le premier à déroger à la règle même si l’époque était plus dramatique. J’avais conscience de ce qui le tourmentait. Je n’étais pas dans sa tête, je n’avais pas toutes les données mais je savais. J’avais décidé de ne pas entrer là-dedans même si j’avais conscience qu’une discussion sérieuse serait fatale. C’était une façon pour moi de jauger son état, il était le premier à fuir les problèmes, à faire l’autruche, à se cacher derrière son beau sourire, ses blagues à la con. Mais cette fois, il semblait être différent. Je n’étais pas là pour l’engueuler, pour le culpabiliser ou lui faire connaître un regret de plus. J’étais là pour le soutenir et seulement pour ça et mon attitude prouvait mes bonnes intentions.

J’étais un pion de Genetic désormais et lorsque je regardais l’état de mon meilleur ami, je ne pouvais qu’être sûr de ce choix.

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MessageSujet: Re: What the F**** are you doing here ! [Terminé]   Dim 26 Jan - 22:36

J’avais l’impression d’avoir rêvé quelques jours plus tôt quand j’avais cru voir Sacha ici. J’étais stone ce jour là. Je ne sais quelle drogue ils m’avaient refilée, mais j’avais été dans les vapes toute la journée. C’était sûrement à cause du fait que je sois peu coopératif quand à l’idée de mon séjour à l’infirmerie. J’avais fait des rêves étranges. J’avais rêvé de Sacha, Milo, c’était… un rêve ? je préférais ne pas essayer de me souvenir tout compte fait.

Sacha était bel et bien sur le pas de la porte. Il était seul. C’était étrange. J’étais abasourdi et de ce fait, je n’avais pas encore trouvé le temps de me reconstituer un des nombreux masques que je portais toujours. Il ne manqua pas de relever d’ailleurs. « Te fous pas de ma gueule, on dirait qu’un camion citerne m’est passé dessus ! » répondis-je avec un sourire forcé qui paraissait on ne peut plus faux. J’étais un peu déboussolé. C’était bien la dernière personne que je pensais croiser ici. Depuis quand les pensionnaires étaient-ils libres de se balader sans surveillance ? Même moi j’avais toujours une infirmière au cul ces temps-ci ! Milo avait-il obtenu grâce pour Sacha ? Tant de questions m’assaillaient l’esprit.

« J’peux pas en dire autant de toi ! » c’était cadeau, c’était gratuit. Dissiper le malaise à tout prix, en lui envoyant une vanne. Quoi de plus normal !

J’observai Sacha. Puis un détail retint mon attention. Son badge. Devinant ce que cela signifiait, je fermai les yeux, prenant une profonde inspiration, avant de détourner de nouveau le regard vers le mur opposé. Je sentais la colère s’emparer de moi. Dit-moi que c’est pas vrai Sacha ! je serrais les dents en entendant sa question. J’avais envie de hurler. Pourquoi ? Pourquoi t’as fait ça ? Je t’avais dit de te tenir éloigné de Genetic ! Merde ! Ma main se crispa sur le drap recouvrant mon bas de pyjama en coton noir, tout ce qu’il y avait de plus classique. Je l’envoyai valser avant de pivoter et de laisser tomber mes jambes sur le flanc du lit. « J’ai même pas le droit de fumer dans ce trou à rats. J’ai une infirmière qui me colle aux fesses dès que je bouge le ptit doigt ! C’est un tyran ton Milo un peu non ? » râlai-je avec un sourire en coin. Mon regard s’était considérablement assombri. Reste zen Jer, accorde lui le bénéfice du doute. Il l’ont peut être contraint. Oui, ça doit être ça !...

Je n’avais pas de t-shirt, mais en même temps, avec les straps que j’avais sur le torse, je n’en avais pas franchement besoin, je n’aurais pas froid. Je pris sur moi, difficilement, puis me recomposait un visage un peu plus neutre, prenant soin d’éviter de croiser son regard.

« J’ai envie d’aller faire un tour ! pas toi ? » ce n’était pas vraiment une question. Outre le fait que je jugeai que d’avoir une discussion sérieuse ici n’était foutrement pas une bonne idée, j’étais toujours porteur de cette saloperie de virus, même sous sérum, je restais contagieux. Et je ne voulais pas refiler cette merde à Sacha. S’il restait trop longtemps dans cette pièce close avec moi, il y avait de grandes chances pour qu’il le choppe. Il devait bien y avoir un moyen d’aller faire un tour dehors ! Et puis prendre un bol d’air frais me ferait le plus grand bien. J’en avais besoin.

Je sautai sur mes pieds, passai devant Sacha en prenant garde de me tenir à une distance raisonnable de lui, je jetai un œil dans le couloir, attendis qu’il n’y ai personne puis je fis signe à mon complice de me suivre.
Au bout du couloir, il y avait une issue de secours. Je priais pour qu’elle donne sur l’extérieur, ou au moins sur un escalier de service. Ca me rappelait notre enfance, quand j’entraînais Sacha dans mes conneries sous l’oeil réprobateur de son frangin. Je m’arrêtai devant la porte « Après toi ! » lui intimai-je. Il valait mieux que ce soit lui qui l’ouvre.
C’était bel et bien une porte donnant sur un escalier de service conduisant juste qu'au poste de surveillance du 1er étage. Après avoir décliné notre identité, nous fûmes autorisés à rejoindre les étages supérieurs, et nous pûmes accéder à l'extérieur par le Rez-de-chaussée. Nous prîmes les escaliers de secours puis grimpâmes jusqu’à une passerelle un peu plus haut, là où nous ne risquerions pas de nous faire surprendre, où j’étais presque sûr que notre conversation ne serait pas épiée. De plus, dehors, il y avait moins de risque de contagion pour Sacha.

Je m’accoudai à la rambarde, regardant loin devant moi, gardant le silence pour le moment. J’étais mitigé entre l’envie de l’engueuler et de le laisser s’expliquer. Parce que ça me mettait hors de moi de le voir là, avec ce badge. Mais j’étais qui moi, pour le juger ? Moi qui bossais ici depuis plus d’un an et demi maintenant. J’avais tout fait pour le préserver de tout ça. Ca nous avait valu de belles engueulades, dignes d’un vieux couple. Il n’avait sans doute jamais compris mon mutisme. Aujourd’hui, un voile s’était levé. Il avait finalement fini par découvrir ce que je lui avais caché depuis tout ce temps. Pour son bien. Je ne savais pas encore s’il avait tout percuté, si sa considération à mon égard avait changé. Il avait l’air de jouer notre jeu. Mais je savais que c’était faux. Quelque chose s’était brisé. Forcément. Il n’était pas sorti indemne de ce qu’il avait traversé. Je n’étais pas con.
J’aurais donné n’importe quoi pour avoir une clope à cet instant.

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MessageSujet: Re: What the F**** are you doing here ! [Terminé]   Jeu 30 Jan - 21:28

Aïe. Le moral de Jeremy était dans le même état que sa santé. Il faisait des efforts, mais nous ne pouvons pas être amis pendant vingt ans sans savoir quel sourire cachait un mal être. Malgré ça, lui et moi savions à quel point il était plus facile de relativiser, d’ironiser. Il usa d’une bonne image pour se décrire et me donna là de quoi répliquer. « Un ? J’aurais dit au moins deux. » Je ris spontanément me moquant de lui. Il avait beau être mal en point, mon chaton était toujours aussi beau mec.

Il m’attaqua alors en disant que je n’étais pas au top de ma forme non plus. Je ne le contredirais pas. « Si tu trouves que ça c’est grave, attends de voir ce qui est arrivé au mec contre qui je me suis battu. » Coupé en deux. Littéralement. Ou horizontalement devrais-je dire. Dean avait été déchiqueté par l’effondrement alors que je tirais son corps de là. J’ai énormément de chance de ne pas m’être trouvé à sa place. Lorsque j’ai vu que je n’avais qu’une moitié, j’ai pensé que Genetic ne s’en satisferait pas même si c’était la partie supérieure. J’aurais peut-être dû, cela m’aurait peut-être permis de négocier ma liberté à temps partiel. De toute façon, l’issue aurait été la même pour moi. Quant à Dean, je ne ressentais pas le moindre remord, pas une once de culpabilité. Il était dangereux, ce type était fou et nuisible. Je n’allais certainement pas pleurer sa perte, au contraire, je préférais le savoir sous terre plutôt qu’à Genetic.

A ce moment, il y eut quelque chose de dérangeant. Jeremy semblait se contrarier soudainement. Qu’est-ce que je pouvais lui dire ? Comment ? Je l’ignorais. Je fis alors comme si de rien n’était, comme si cette situation était normale, comme si nous étions tous les deux autour d’un verre alors qu’il avait de plus en plus de mal à cacher son énervement. Il gigota, suspendant ses jambes sur le côté du lit et me fit part de son agacement. Le manque de nicotine, le harcèlement de l’infirmière, la prudence de Milo... « Mon Milo ? T’es gentil mais tu fais attention à ce que tu dis si tu ne veux pas que je sois le troisième camion citerne. » C’est vrai que Milo savait que Jeremy était mon meilleur ami. C’est aussi vrai que je lui ai demandé d’avoir une attention particulière sur lui. Il ne me l’avait pas refusé et visiblement, Jeremy se sentait trop épié. Rien à faire, au vu de son état il n’est pas en droit de se plaindre.

Une fois de plus, mon jeu d’acteur me fut d’un grand secours. Et pourtant, malgré ma réponse, ce fut la première fois où je n’étais pas dérangé par un pronom possessif. Ce n’est pas comme si je n’avais pas eu de rapports avec des hommes depuis des mois. Ce n’est pas comme si le peu de fois où j’avais essayé, j’ai été bloqué physiquement car Milo hantait mes pensées et m'empêchait d'avoir le moindre contact physique avec un autre. Jeremy n’en savait rien, la seule information qu’il détenait c’était que nous nous étions embrassés. Moi qui prônais la confiance entre amis. Enfin, il n’y avait rien à dire sur Milo, il ne s’est rien passé entre nous. Jeremy savait que je n’aimais pas qu’on m’attribue quelqu’un comme s’il m’appartenait. Ma réaction lui sera sans doute normale. A moins que mon ton sec et ma froideur ne le fasse interpréter autrement...

Jeremy me demanda alors de partir avec lui. C’est drôle, il me dit qu’il en avait envie. Il n’en avait pas envie pour moi. Il en avait avant tout besoin. Il ne pouvait plus rester ici, dans un endroit aussi confiné, sur ce lit sur lequel il était allongé depuis des jours. Jeremy ne peut rester au même endroit trop longtemps. D’ailleurs, c’est peut-être pour ça qu’il avait le don de se téléporter, ça collait plutôt bien avec son caractère. Cette pensée figea un sourire, encore un. « J’allais te le proposer. » Nous désirions tous les deux être ailleurs, et, sans se le dire, nous savions où exactement : à l’extérieur. L’air nous manquait, surtout à Jeremy. Il serait plus simple de rafraichir nos têtes, de souffler un bon coup et de ressentir les effets bénéfiques et curatifs des courants d’air.

Nous atteignîmes bien rapidement l’extérieur. Jeremy m’avait fait passer devant afin que je ne sois pas en contact direct avec sa maladie. Maladie de merde ! Je prenais beaucoup de risques à être avec lui, à venir le voir. Milo m’avait demandé d’être sage et de ne pas le toucher. C’est une qualité que je devais lui reconnaître. Il était capable de percevoir quelles étaient mes limites. Il ne m’avait pas interdit de voir Jeremy, ni même demandé mais seulement de garder une assez bonne distance. J’appréciais cela. Je l’avais écouté, j’étais exactement à la place qu’il m’avait recommandé parce qu’il savait quel ordre me donner tout en respectant ce que j’étais. Je lui obéissais et il y avait peu de gens qui pouvaient en dire autant.

Mon chaton s’était accoudé comme un prince qui rêvait. A quoi est-ce qu’il pensait ? Je me sentais loin de lui et pourtant, je n’étais qu’à quelques mètres. « Attrape ! » Lançai-je soudainement. C’était un petit cadeau, bien emballé, avec un beau nœud. Un nœud rose car je savais que c’était sa couleur préférée. Ou c’était le bleu, je ne sais plus. A l’intérieur, se trouvait un paquet de cigarettes et un briquet. Je savais ce que ça provoquait d’être enfermé et de ne pas avoir droit à ses addictions.

J'espérais qu'il comprenne ce que ce paquet signifiait.

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MessageSujet: Re: What the F**** are you doing here ! [Terminé]   Jeu 30 Jan - 23:16

J’avais tendu le bâton pour me faire battre, avec ma connerie de camion citerne, Sacha ne me loupa pas, je ris avec lui. J’aurais voulu rire de bon cœur car il n’y avait qu’avec lui que je pouvais partager ce genre d’humour décalé. Nous savions l’un comme l’autre que quelque chose avait changé, que rien ne serait plus jamais comme avant. Mais nous ne pouvions nous empêcher de débiter des âneries. Même si mon cœur n’était pas à la fête, je lui étais reconnaissant d’être là. Il comblait soudain ce grand vide qui menaçait de m’engloutir, comme s’il avait su que j’allais perdre pied, alors que je ne lui avais rien demandé. Quelle ironie pas vrai ? Moi, moi qui voulait ne rien devoir à personne, ne pas m’attacher, moi qui croyait être assez fort pour avancer seul, et me relever, encore et toujours. J’étais à milles lieues de tout ça ! Je me sentais pitoyable, vulnérable.

Je tentais de garder la tête haute, cependant, de sauver les apparences qui déjà ne paraissaient même plus. J’avais attaqué Sacha afin de détourner son attention. Je m’attendais forcément à un retour de bâton, mais pas de ce genre là. S’il s’était battu, j’en déduisis qu’il avait peut être été à Genome lui aussi. Un frisson désagréable me parcouru l’échine au son de sa voix, juste avant que je ne vrille complètement, emporté par la colère lorsque je me suis rendu compte de son appartenance à Genetic. J’avais essayé de noyer le poisson, de faire diversion. Je lui avais balancé une vanne sur « son » Milo, sans vraiment réfléchir, sans penser à mal, dans un premier temps. Je ne savais pas vraiment quel genre de relation il entretenait avec lui. J’avais bien vu comment ils se regardaient, et puis il y avait ce que j’avais surpris ce jour là. C’était leurs affaires, pas les miennes. Je m’en tapais un peu. Tant que Sanchez ne jouait pas sur ses sentiments pour l’attirer dans un piège... Et si c’était lui qui l’avait incité à rejoindre les rangs de Genetic ?

Sacha me remit à ma place. C’était justifié. Ce n’était pas mes affaires, ça ne me regardait pas. J’esquissai un sourire jaune avant d’ajouter dans un souffle, en passant devant lui : « Tu peux y aller, tu sais, je suis plus à ça près !» Ca sonnait un peu comme un aveu. Quelque chose me contrariait, s’il s’en doutait, maintenant il en aurait la certitude.

Il ne se fit pas prier quand je l’entraînais dehors. Les grands esprits s’étaient rencontrés comme on dit. Je profitai du temps que nous mîmes à rejoindre l’extérieur pour prendre de nouveau sur moi. Mais je ne pouvais m’empêcher de ruminer mes sombres et sinistres pensées. Ils avaient Sacha maintenant. Même s’il avait l’air d’être là de son plein gré. Je ne savais pas. Je ne savais plus. J’étais paumé. Plus rien n’avait de sens. C’était le bordel dans ma tête.

Accoudé sur la barrière, je pris ma tête dans mes mains, tentant une nouvelle fois de faire le vide dans ce qui me servait de caboche. Je me mordis l’intérieur de la joue pour me la fermer et j’attendis, patiemment, que Sacha rompe le silence. Ce qu’il fit. Je me retournais juste à temps pour attraper le paquet qu’il m’avait jeté. « C’est une demande en mariage ? » répliquai-je pour la blague, tout en dénouant le nœud rose. « Ma couleur préférée en plus ! t’aurais pas du ! » me moquai-je. Je me demandais quel genre de connerie il avait bien pu m’emballer. Je fus surpris de découvrir un paquet de la marque de clopes que j’avais l’habitude de fumer. Je virais le papier que je fourrais machinalement dans la poche de mon bas de pyjama, prenant soin de ne pas marquer de temps d’arrêt qui laisseraient présupposer ma surprise. Sacha connaissait mon addiction, et cette délicate attention me touchait, bien que je ne le lui montrais pas. J’ouvris le paquet dans la foulée, dégainai une cigarette que je portai à mes lèvres, je l’allumai avec une agilité déconcertante. J’avais fermé les yeux, j’inspirai profondément la fumée comme si je retrouvais enfin mon souffle. En expirant la fumée dans le vide, je lui adressais un « merci » des plus sincère en français, cette langue si chère à mon cœur que je ne partageais d’ordinaire qu’avec Max. Je commençai à me détendre, mais une boule me serrait la gorge. Sacha était là, il était venu de lui-même me soutenir, alors que moi, j’avais toujours refusé de me reposer sur lui. Je me souvenais cette poignée de main, lourde de sens, échangée quand nous nous étions engueulés chez lui suite à la soirée chez Bryan. Je me sentais coupable.

« Alors ?... » commençais-je, tirant de nouveau sur ma clope, cherchant à dissimuler au mieux ma gêne. « J’en déduis que si t’as pas de gorilles au derche, c’est que t’as rejoint le navire ?... ou alors, c’est que t’es foutrement balaise pour leur fausser compagnie ? » terminais-je avec un sourire moqueur visant à dédramatiser la situation, tout en me tournant vers lui. C’était une question, mais la réponse, je la connaissais déjà. Je ne savais pas par où engager la conversation, je préférais avancer prudemment. Il devait avoir des milliards de questions, peut être même qu’il m’en voudrait, va savoir ! Et il aurait de quoi !

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MessageSujet: Re: What the F**** are you doing here ! [Terminé]   Ven 31 Jan - 22:27

« En quelque sorte... » S'il espérait trouver une bague de fiançailles, il serait déçu. Jeremy proclamait à qui voulait l'entendre qu'il était mon meilleur ami et, comme tout bon meilleur ami qui se respecte, qu'il serait prêt à tout pour moi. Même s'il en plaisantait, je ne pouvais m'empêcher de me poser la question. Est-ce qu'il serait capable de m'épouser ? Si je lui demandais pour une vraie raison par exemple. Admettons pour changer de nom ou qu'en sais-je...  Est-ce qu'il serait cap, par amitié, d'être mon mari ? Si c'était pour me sauver la vie ? Et si le curé, le prêtre, le rabbin ou Dieu nous disait : " vous pouvez embrasser le marié " en serait-il capable ? Encore une fois, je me laissai entraîner par mon imagination, le sourire au coin.

Evidemment, il n'était pas question d'une demande en mariage mais, comme je le lui avais répondu, cela y ressemblait. En effet, il s'agissait de fidélité, d'une promesse. Ces cigarettes démontraient qu'à partir d'aujourd'hui, je serai là. Je serai là pour combler ses manques, je serai là pour prendre ses coups à sa place, je serai là pour le relever et anticiper ses besoins. Je n'avais aucune rancœur contre lui. Certes, depuis son arrivée à Los Angeles, il n'a fait que me mentir. Mais qu'est-ce que je pouvais espérer d'autre ? Qu'il me parle de mutation dès le lendemain de son emménagement ? Ils m'ont tous tenu à l'écart de Genome et Genetic pensant que cela m'empêcherait de me retrouver en plein milieu du champ de bataille. On ne peut pas vraiment dire que ce soit une réussite. J'étais impliqué au même titre qu'eux dorénavant.

Jeremy remarqua la couleur du ruban. Je savais bien que sa couleur préférée était le rose ! Un soupir amusé s'extirpa alors que je l'observai déballer son précieux. Il ne se fit pas prier pour l'utiliser la seconde suivante. Avec une dextérité sans égale, il avait déjà maintenu une cigarette entre ses lèvres et provoqua la petite flamme pour allumer son addiction. Il m'adressa un remerciement dans une langue qui ne m'était pas inconnue. « De... Rien. » Lui répondis-je avec satisfaction tel un bon élève fier de donner la bonne réponse à son professeur. Jeremy m'avait appris quelques mots en français et j'eus l'occasion de pratiquer la langue, et d'autres organes d'ailleurs, française lors de mon escapade début janvier.

J'attendis la suite avec impatience. Enfin nous entrions dans le vif du sujet : ma présence à Genetic. J'aurais pu très bien m'en défaire, Jeremy étant le premier arrivé, il aurait dû être le premier à s'expliquer. Mais j'allais répondre à ces question, j'allais lui dire pourquoi. « Et bien... » Je fis traîner quelques secondes d'incertitude alors qu'un courant d'air vint nous frapper un peu plus fort. Je me rapprochai de Jeremy et comme il l'avait fait avant, je m'accoudai sur la rambarde pour faire face au paysage. « Par où commencer... » J'étais sûr de mon choix mais je ne trouvais pas les mots pour l'exprimer. Je me montrai hésitant. « Quand tu as un don comme le mien, crois-moi, tu veux tout faire pour savoir comment le contrôler à défaut de le supprimer. Je l'ai fait pour moi Jeremy. C'est fatiguant de voler des sentiments qui ne t'appartiennent pas. Et si Genetic me permet de comprendre pourquoi j'ai ce don, comment je peux faire pour le manipuler, comment je peux m'en servir comme d'un atout... Je dois essayer. » J'étais agacé, agacé qu'on juge mon attitude, qu'on s'imagine que je dois agir d'une façon et pas d'une autre comme si pour moi tout était joué d'avance et qu'on connaissait mon histoire. J'ai toujours dit que j'évoluais selon mes idées, mon expérience et je n'attendais pas que quelqu'un me dicte ma conduite. « Je trouve ça trop facile de faire deux cases. Les gentils et les méchants. La situation me paraît bien plus compliquée et franchement Jer, je suis comme tout le monde. Je vois mon intérêt en premier lieu. Ça va sûrement en décevoir plus d'un, dont toi, mais si je veux évoluer, je dois m'en donner les moyens. »  Rarement, j'eus de discours si sérieux. Mais il fallait que Jeremy comprenne que ce choix ne faisait pas suite à une pulsion comme souvent. « Ça ne signifie pas que je trahirai ce que je suis. Je ne ferai jamais de mal à mes proches, en tout cas, pas volontairement, même si Genetic me confrontait à ce choix. » J'hésitai encore à lui dire que sa présence y était pour quelque chose. Je ne souhaitais pas lui ajouter ça sur les épaules, cette culpabilité de dire qu'à cause de lui, j'ai rejoint ce groupe tant détesté.

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MessageSujet: Re: What the F**** are you doing here ! [Terminé]   Lun 3 Fév - 1:41

Une vanne en appelait forcément une autre. Je lui avais tendu une perche, il ne manqua pas de la saisir. Je ne m’attendais pas à quelque chose en particulier, juste à une connerie, comme nous avions l’habitude de nous en faire. Sacha avait toujours eu de petites attentions pour moi. Ca m’avait un peu dérangé au début, puis j’avais fini par m’y faire. Sur ce coup là, je lui étais profondément reconnaissant d’avoir pensé à m’apporter ma drogue. Je le remerciais, le plus sincèrement du monde, et il m’extirpa un grand sourire en faisant l’effort de s’exprimer dans ce que je considérais être ma langue. J’avais oublié que j’avais essayé de lui apprendre quelques mots, à l’époque où j’avais squatté chez lui.

Je laissais la nicotine s’inoculer lentement dans mes veines via mes poumons, me procurant une sensation d’apaisement, avant de lancer l’épineux sujet de conversation. Comme toujours, j’essayais d’aborder les choses avec une once de légèreté, un air détaché, afin de ne pas montrer qu’elles me tenaient à cœur. Sa présence en ces lieux me troublait autant qu’elle me rassurait. Sa réponse tarda à venir, ce que j’étais bien placé pour comprendre. Je ne m’attendais pas à ce qu’il me réponde de but en blanc. A vrai dire, je m’attendais plus à ce qu’il me retourne la question, qu’il m’assomme de reproches. Je lui demandais des comptes, moi, alors que je lui avais menti pendant tout ce temps. J’étais un peu gonflé ! Nous avions des choses à nous dire, ça allait de soit. Peut-être pourrais-je jouer franc jeu avec lui dorénavant ? concernant Genetic tout du moins.

J’attendis patiemment, tout en tirant sur ma clope jusqu’à ce qu’elle se soit entièrement consumée. Je jetai le mégot dans le vide au moment où il consentit à vider son sac. Ce refrain, je ne le connaissais que trop bien. Contrôler l’incontrôlable, comprendre l’incompréhensible, espérer l’inespéré, voilà ce qui m’avait poussé moi aussi à rejoindre Genetic. Cet aveu que me faisait mon ami d’enfance trouvait chez moi un douloureux écho. Je me contentai de garder le silence, de fixer un point loin devant moi, d’éviter son regard. Je n’avais rien à redire à ça, je n’avais rien à démentir. C’était ce que je cherchais également. Il repris la parole, justifiant son choix, son intérêt personnel et les moyens nécessaires pour le satisfaire sans même que je le lui demande. Je me serais contenté de la première partie de son explication s’il s’était arrêté là. J’esquissai un sourire en coin, baissai la tête. Peut-être allait-il penser que je me foutais de sa gueule. Non, pas exactement. C’était de moi-même que je me moquais. Quelle ironie ! Il me renvoyait le reflet presque exact de mes pensées. J’avais l’impression de m’entendre quelques mois en arrière. Il était en train de glisser le long de la même pente que moi. Une pente dangereuse et glissante, de laquelle je n’étais pas sûr de pouvoir me relever. J’avais envie de lui dire qu’il se trompait, qu’il était en train de faire la plus grosse connerie de sa vie. C’était ça ? le rôle d’un ami ? Mentir, pour le protéger ? encore et toujours ? C’était ce que j’avais toujours fait. C’était ce qu’il m’avait reproché la dernière fois. S’il l’avait décidé, que pourrais-je y changer ? je n’avais moi-même écouté personne. Pas même Max. Qui j’étais pour lui dire qu’il faisait fausse route ?

Je regardais en bas à présent. J’observais la circulation des voitures, des piétons…

« Sais-tu seulement dans quoi tu viens de mettre les pieds ?  Sais-tu seulement que tu ne seras plus jamais libre de tes mouvements, de tes pensées ? que tu seras probablement épié, que tu devras obéir à leurs ordres, même si cela va à l’encontre de ton éthique ? » ma voix était monocorde et semblait dénuée de toute émotion. C’était l’expérience qui parlait, la désillusion. Ca faisait un an et demi que j’étais là. Pour les mêmes raisons que lui. J’avais été amené à faire des choses dont je ne me serais jamais cru capable un an en arrière, dont je n’étais pas fier. J’avais fait enfermer plusieurs innocents, participé à des complots, laissé mourir un pauvre mec, participé à presque tous les affrontements qu’il y avait eus entre Genome et Genetic… J’avais du sang sur les mains aujourd’hui. C’était mon choix, car au fond de moi, malgré tout ça, je continuais d’y croire, car je n’avais rien d’autre. Je l’avais fait pour les personnes à qui je tenais. J’avais tout fait pour épargner le Domaine, Max et Sacha. Mais tous, avaient fini par se retrouver aspirés par cet enfer. D’abord le Domaine, puis Max… maintenant Sacha… J’avais le sentiment d’avoir échoué. Je me sentais coupable de n’avoir pas su les préserver, les tenir à l’écart de toute cette merde. Ca ne faisait qu’alourdir le poids de ma culpabilité et qu’attiser ma haine et ma colère envers la terre entière.

« Dis-moi juste que Sanchez n’a rien à voir là dedans. » répondis-je sur un ton on ne pouvait plus froid, tel un blizzard transformant le courant d’air tiède venu nous caresser le visage en une morsure glaciale. Plus de masque. Je levais la tête vers lui, le regard sombre, vide, un regard qu’il ne m’avait probablement jamais vu. Hormis ce jour là, quand il avait absorbé mes émotions à la fête de Bryan. Cette envie de tuer de mes mains le connard qui l’avait poussé à prendre d’une telle décision s’insinuait en moi. Sauf que contrairement à la dernière fois, cette émotion était d’une intensité nettement supérieure. Le sentiment était plus profond, malsain. Ce n’était pas un accès de rage comme cette fois là, c’était une colère froide, bien plus dangereuse, bien plus intense. J’en étais capable, ce n’était pas juste une impulsion, une envie de meurtre que le commun des mortels pouvait avoir, mais qu’il ne mettrait jamais à exécution. Dans mon cas, c’était violent, j’avais franchi le point de non retour, j’en étais réellement capable, le savais, je l’avais déjà fait. Et je recommencerais s’il le fallait. Moi, qui m’étais juré de ne jamais faire usage de violence… Qui aurait pu croire que je puisse en arriver là ? Cette haine me bouffait, me détruisait jour après jour. Je ne pouvais plus me regarder dans un miroir sans me faire horreur. Il n’y avait qu’une seule chose qui me retenait de céder complètement à cette folie, qui me maintenait au bord du gouffre, par un seul fil. Un fil fragile, que je ne pouvais même plus approcher. J’en devenais dingue.

Je ne voulais pas qu’il advienne la même chose de Sacha. Il méritait bien mieux que ça !

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MessageSujet: Re: What the F**** are you doing here ! [Terminé]   Lun 3 Fév - 15:26

Je n'attendais pas à ce que Jeremy hausse le ton. Il ne pouvait pas le faire. Ce serait comme si un fumeur vous reprocherait de fumer. Hypocrite et injuste. Alors sa seule possibilité était de comprendre pourquoi. Pourquoi me mettre à la cigarette moi qui me suis contenté pendant des années de pratiquer le tabagisme passif ? Quel intérêt y trouvais-je ? Je lui répondis, avec des arguments qui ne concernaient que moi, sans l’impliquer, sans lui dire que j’avais pris exemple sur lui. La vérité c’est que s’il ne fumait pas, je n’aurais jamais touché à cette drogue. Mais ça, je me réservai de le lui dire car il n’avait pas à supporter cette charge. Il n’avait pas à être responsable de mes conneries. Il ne détenait pas – encore – l’autorité parentale et il ne s’est jamais permis de me traiter comme s’il était mon tuteur. Nous étions d’égale à égale.

Il aurait préféré que je me tienne éloigné de Genetic. Il aurait aimé me préserver mais il était trop tard. Alors, il me mit en garde me posant tout un tas de questions dans l’unique but de savoir si j’avais pris en considération toutes les répercussions. Il ne montra ni déception, ni colère mais peut-être de la lassitude. Est-ce qu’elle m’était destinée ? Je ne répondis rien. En fait, ces menaces ou avertissements n’avaient aucun effet. Ross et Sonny m’avaient mis-en-garde eux aussi. Je ne remettais pas en doute leur jugement, ils avaient toute ma confiance là-dessus et c’est pourquoi ma décision paraissait encore plus surprenante et incomprise. J’ai fait mon choix en connaissance de cause et il fallait que Jeremy l’accepte.

Ce mutisme dont je fis preuve le guida dans ses pensées. Des pensées qu’il m’était impossible de suivre et sans que je ne sache comment, il incrimina Milo. En une fraction de seconde, son comportement s’était assombri à un stade où je ne pouvais plus le regarder. Il m’oppressait comme jamais. Milo ne m’avait jamais demandé de rejoindre Genetic. D’ailleurs, il en était encore plus inquiet que Jeremy. J’eus alors conscience que mon meilleur ami ne soupçonnait pas véritablement Milo. Ce qu’il se passait à cet instant, c’est que Jeremy cherchait à mettre un visage sur la colère qu’il éprouvait. Il lui était impensable de s’en prendre à moi. Milo devenait alors la cible idéale. Il fallait que j’agisse, je ne pouvais pas cautionner cet état dans lequel Jeremy s’investissait. « Milo ? Non ! Mais les quelques dizaines de beaux garçons que j’ai croisés ici ont sûrement une part de responsabilité. » Rétorquai-je en plaisantant. Malheureusement en vain. Mon meilleur ami n’avait plus envie de rire. Ma blague de petit homosexuel débridé ne lui fit pas décrocher un sourire. Je n’avais pas besoin de voir ses yeux pour comprendre que la colère l’animait. Je n’étais pas enthousiaste à l’idée de lui parler sans affronter son regard mais une fois de plus ma capacité à voler les sentiments s’imposa comme une limite qu’il m’était trop dangereux de dépasser. Jeremy attendait une réponse franche. « Il a peut-être joué un rôle inconsciemment. » J’étais néanmoins incapable de déterminer lequel. Je ne souhaitais pas me pencher plus sur la question, sachant très bien quelle conclusion je finirais par en tirer. Je dis alors la première chose que je ressentis en évoquant le prénom de Milo. « Je l’aime bien... » Jeremy en était averti à présent. Milo n’était pas n’importe qui, il n’était pas un de ces quelconques garçons avec qui j’ai flirtés. Il n’était ni mon petit-ami, ni même un ami. Il appartenait à une catégorie qu’il m’était impossible de qualifier, d’ailleurs, c’était la première fois de ma vie que je parlais d’un garçon en ces termes.

J’ignorais ce que ces quatre mots provoqueraient chez Jeremy. C’est un type de sujet que nous n’avons jamais abordé. Nous n’en avons jamais eu l’occasion à vrai dire. Il pourrait très bien s’en décharger, soit parce qu’il estimerait que ça n’appartenait qu’à moi et n'y verrait pas sa place, soit parce qu’il serait gêné. Ou bien au contraire, il serait capable de s’intéresser et de s’engouffrer dans cette brèche que je venais de lui ouvrir en toute conscience. Sacha se prendre d’affection pour un homme, tomber amoureux ? Ce n’était pas vraiment l’idée que mes proches se faisaient du personnage. Sacha faire partie de Genetic ? Impossible. Et pourtant...

Il aurait pu être difficile d’aborder Jeremy. Il aurait fait peur à n’importe qui. Sauf à moi. Des années d’amitié nous liaient, et ça, jamais nous ne l’oublierons. « Tu te souviens de cet été où tu avais volé un jeu vidéo dans un magasin ? Le vigil t’avait repéré et tu t’es mis à courir pour lui échapper. Il a commencé à te poursuivre avant qu’il ne s’aperçoive que je ne vole un autre jeu et que je me tire dans la direction opposée. » Le passé. Nous étions bien loin de ces enfantillages aujourd’hui, mais cette nostalgie était mon seul atout. Il fallait que je lui fasse voir ce qu’il y avait de bon. « On s’est toujours mis en danger pour sauver l’autre. J’ai été habitué à fonctionner comme ça avec toi. Nos mères étaient meilleures amies, elles agissaient exactement de la même façon l’une envers l’autre et jamais je ne les ai vues douter. Elles n’ont jamais eu de regrets. » Tout ce que Jeremy voyait c’était ma nouvelle appartenance à Genetic. Il en avait oublié que la seule personne à laquelle j’étais fidèle, c’était lui. « Ca fait plus d’un an maintenant que tu as frappé à ma porte et tu as passé tout ce temps à me mentir. Que ce soit par obligation, par devoir, par nécessité ou pour me protéger : je m’en fiche. Tu l’as fait. S’il y a bien une chose que je sais sur toi Jeremy, c’est que tu n’es pas un menteur. Tu détestes ça et ça te détruit. » Toute cette réflexion n’appartenait qu’à moi. Je le jugeais sans crainte avec ce que je pensais de lui. J’aurais pu dire qu’il n’avait aucun secret pour moi, que je le connaissais comme le fin fond de ma poche. « J’ai le sentiment que tu portes des responsabilités qui ne sont pas les tiennes. Tu ne peux pas protéger tout le monde Jeremy, j’ai rejoint Genetic comme j’ai volé ce jeu. En mon âme et conscience. » Qu’est-ce qu’il lui est arrivé ? Où est passé ce gars avec ces blagues de merde et son optimisme sarcastique ? Il fallait que je le réveille. « Si déjà tu savais prendre soin de toi, ce serait un grand pas. » Le piquai-je alors espérant que ce tacle le fasse réagir. « De toute façon, c’est moi l’ainé donc tu n’as rien à dire. Tu me dois respect et obéissance. » Je sortis l’argument suprême. Celui dont j’avais abusé maintes et maintes fois. « Puis je sais que la seule chose qui t’inquiète c’est que je monte en grade plus vite que toi. Ce qui va arriver, fatalement. » Terminai-je en parfait combo.

Je pris quelques instants de répits. Nostalgie, sincérité, humour... C’était à peu de choses les trois mots clés qui nous définissaient. « Maintenant que le mal est fait, tu peux peut-être changer ta stratégie et me faire davantage confiance. » Une nouvelle attaque, à encaisser, impossible d’y riposter. « Tu pourrais commencer par me dire pourquoi un enfant du Domaine a rejoint Genetic. » Alors que d’après Sonny, Genetic était responsable de l’incendie du Domaine. ‘Un enfant du Domaine’... C’était un coup bas jouant sur l’affect de Jeremy. Je n’en étais pas très fier mais Jeremy est le genre de gars qu’il faut bousculer pour obtenir des aveux. Puis, je n’avais pas d’assiettes alors j’ai fait avec les moyens du bord. Quelles ont été ses motivations ? Quelles sont les raisons qui l’auraient influencé à trahir sa famille d’adoption ?

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MessageSujet: Re: What the F**** are you doing here ! [Terminé]   Mer 5 Fév - 1:07

Une tension palpable et pesante s’installa, bien plus oppressante encore que le vide susceptible de nous happer au bord d’une falaise. J’en étais responsable, c’était plus fort que moi, j’avais les nerfs à fleur de peau, j’étais mal dans ma peau et la moindre contrariété me mettait hors de moi. Le regard de Sacha me fuyait. Ma respiration s’était considérablement ralentie, presque arrêtée. J’étais suspendu à ses lèvres, n’attendant que son verdict afin de relâcher la pression. Sacha me connaissait bien. Trop bien. Même s’il était rare que nous ayons ce genre de discussions sérieuses et que je me mette dans ce genre d’état. Ca n’était jamais arrivé. Jamais à ce point là. Je m’étais toujours contenu parce que même à mon meilleur ami, je ne montrais jamais mes émotions. J’étais comme ça. Sauf que là, je n’étais plus vraiment moi-même, je n’étais plus qu’une ombre, un réceptacle de colère et de haine que je peinais à contenir.

Sa réponse me parvint enfin sur un ton léger, qui, même si elle n’était pas satisfaisante à mes yeux, désamorça quelque peu cette chose qui me dévorait les entrailles. Je me détendis, légèrement, mais pas suffisamment pour feindre un sourire. Il me fallait du temps. Le temps de digérer, de me calmer, de me raisonner, afin de me convaincre que rejeter la faute sur un autre n’était pas l’idée la plus lumineuse que j’avais eue de la journée. A trop tout vouloir analyser, j’en venais à me faire des nœuds au cerveau. Tout seul. J’avais l’impression d’être pire qu’une gonzesse ! Et pourtant…

L’aveu de Sacha sonna comme une enclume indigeste tombant lourdement dans le creux de mon estomac. Mon regard me trahissait. Je détournai les yeux, furieux, m’obligeant à focaliser mon attention sur un point, n’importe où devant moi. J’inspirai avec difficulté, me mordit l’intérieur de la joue, tandis que mes mains, tremblantes de rage, dégainaient une nouvelle fois le paquet de cigarette. Je m’en allumais une autre, expirai la fumée puis répétais machinalement après lui : « Tu l’aimes bien. » sur un ton sarcastique et sec. Ca veut dire quoi ça ? Je m’abstins de le regarder. Je n’avais pas envie de voir cette expression de gêne ou de béatitude sur son visage, s’il en affichait une. Ce genre de sentiment m’était complètement inconnu. Je ne voulais même pas essayer de comprendre ! J’en étais incapable. Je ne savais pas pourquoi le fait qu’il s’attache à ce mec me mettait autant en colère. Ah si, attend ! Milo Sanchez, fils de Cristobal Sanchez, un pro-Genetic en puissance. Je ne savais que très peu de choses sur eux. Je ne leur faisait pas confiance, et l’expérience m’avait appris que tous les membres hauts placés de Genetic n’étaient pas tous fiables. Dans quelle merde tu t’es encore fourré Sacha ! Je serrais les dents.

Nous étions différents sur ce point. Sacha avait toujours été plus impliqué, plus ouvert, plus limpide et plus franc sur l’expression de ses sentiments, de ses émotions. Nous étions diamétralement opposés, mais ça ne me donnait pas le droit de lui poser d’autres questions là-dessus. Parce que c’était sa vie privée, je n’avais pas à interférer.
Ca ne me regardait pas, d’une part...

Et…
En fait…
Si ça me regardait !

Maintenant qu’il s’était foutu dans la merde jusqu’au cou ici, avec moi ! Ca me regardait ! J’avais envie de pester, de déverser toute ma hargne, de lui dire ce que j’en pensais, que c’était complètement stupide ! qu’il était en train de foutre sa vie en l’air ! mais à quoi bon ? Il allait m’envoyer me faire foutre, et il aurait raison. Je me mordis l’intérieur de la joue jusqu’au sang, afin de fermer ma gueule. M’énerver contre lui ne servait à rien. Sa décision était prise, c’était trop tard, je ne pouvais plus rien y changer. Il ne pouvait pas faire machine arrière de toutes façons. J’avais horreur de me retrouver devant le fait accompli. Mais c’était sa vie. Celle qu’il avait choisie, que ça me plaise ou non.

Une idée saugrenue était cependant en train de naître dans mon esprit dérangé. Il fallait que j’aie une petite discussion en tête à tête avec Sanchez. Je n’avais aucune confiance en lui et s’il s’avisait de faire le moindre coup tordu, je ferais en sorte qu’il n’oublie jamais le nom de celui qui lui ferait bouffer ses dents !

Devant mon absence de réaction, ou de commentaire, il passa du coq à l’âne, embraya sur notre enfance. Je ne vis pas tout de suite où il voulait en venir. C’était une anecdote sur une des conneries que nous avions faites. J’avais oublié. A cette époque, nous étions insouciants. A cette époque… j’avais encore une vie normale.

Sacha était la seule personne encore vivante aujourd’hui, à avoir connu ma mère biologique, en dehors d’Anne. Il avait une meilleure mémoire que moi, j’avais occulté une bonne partie de ses souvenirs heureux, qui pourtant me paraissaient cruellement douloureux aujourd’hui. Je me souvenais vaguement que nos mères avaient été proches, du moins, par déduction. C’était pour cela que nous avions continué de nous voir, Sacha et moi. Mais je ne me souvenais plus d’elles, de leurs visages. Ils étaient flous dans mon esprit. Ces souvenirs ravivèrent une blessure profonde qui n’avait jamais cicatrisé avec le temps. Puis ce flash me sauta une nouvelle fois aux yeux, cette marre de sang, dans laquelle je l’avais trouvée en rentrant de l’école. Ces images hantaient mes pires cauchemars, elles avaient pris la place sur tout le reste. Je ne parlais jamais de ça, d’elle. A personne. Pourquoi ?

Pourquoi me racontait-il ça ?

J’étais troublé, je cauchemardais éveillé. C’était comme s’il venait de rejoindre mon enfer, de me poignarder dans le dos, ravivant les démons qui me dévoraient depuis lors, et qui gagnaient chaque jour plus de terrain. Ma mère me manquait, cruellement. On me l’avait arrachée. Je n’avais jamais su qui ? pourquoi ? L’air me manquait, les yeux me brûlaient, me piquaient, mais aucun liquide lacrymal ne s’écoula. J’avais eu une absence, j’avais perdu le fil de ce qu’il me disait. Je raccrochais avec peine les wagons alors qu’il disait savoir que je n’étais pas un menteur.

Un sourire douloureux étira mes traits. « Tu ne sais rien ! » lâchais-je dans un souffle à peine audible, la voix cassée, pas suffisamment forte pour le sommer d’arrêter de me torturer. Je n’en pouvais plus. Je n’avais pas envie de sa compassion, je n’avais pas envie de parler de ça, de moi, de mes démons. "Arrête !"marmonnais-je entre mes dents serrées.

Puis ce fut la goûte d’eau qui fit déborder le vase. Il avait touché juste, en beaucoup de points, alors que je ne lui avais jamais rien dit. Il venait de prononcer son jugement. J’appréciais Sacha, car justement, il n’avait jamais porté aucun jugement sur moi jusqu’à maintenant. Aujourd’hui, il m’avait mis à nu, sans aucun détour et sans me demander mon avis. Il m’attaquait dans mon intimité la plus profonde, il avait dépassé la zone de sécurité et sautait à pied joint dans mon espace vital. Je n’étais pas prêt pour ça. Pas comme ça. Pas maintenant. « Bravo, monsieur le juge ! »  m’entendis-je prononcer à voix haute sur un ton on ne pouvait plus ironique après qu’il en eu terminé avec ses considérations à mon sujet. Je ressentais son analyse comme une agression et inconsciemment, mon mécanisme d’auto défense venait de s’enclencher, se manifestant de prime abord par un rejet.

« C’est ça, t’as raison ! Protéger tout le monde ? de quoi tu parles ? » je jouais au con, c’était puéril et plus fort que moi. J’affichais un sourire moqueur cette fois-ci, complètement faux. C’était si facile de tout détruire et de tout envoyer bouler d’un revers de la main, bien plus facile que d’accepter, de discuter, d’admettre… Je savais que je jouais avec le feu, que je n’avais qu’à pousser un peu pour le faire sortir de ses gonds. Mais il continuait de me piquer, ne faisant qu’attiser mon stupide esprit de contradiction.

« Si toi tu savais prendre soin de toi, tu ne serais pas là ! » répondis-je avec hargne, une lueur mauvaise s’était allumée dans mon regard. J’étais en train de vriller, il m’avait poussé dans mes derniers retranchements.

« Ben voyons ! Vas-y ! je te regarde ! Va donc montrer à Romanov ce que tu sais faire, essaye donc d’amadouer l’autre pétasse de Cooper, ou même Holster !  Tiens ! » mon ton était cassant et sec, même si je savais qu’il était en train de déconner, je ne pouvais m’empêcher de me montrer agressif. « tu voudras que je t’envoie des oranges quand tu moisiras au fond d’une cellule, hein ? »  lançais-je avec ironie « Si je suis pas mort d’ici là !»

Il continuait sur sa lancée de blagues vaseuses à quoi je répondais du tac au tac cette fois-ci : « Ouai, c’est ça ! j’vais changer de stratégie, je vais laisser le grand Sacha jouer les super héros de Genetic, mener sa guerre tout seul et changer la face du monde !  D’ailleurs, maintenant que t’es là, la guerre va s’arrêter en fait ! Ils aurons plus besoin de moi et je pourrais prendre des vacances aux Bahamas !»  je le défiais du regard avant d’ajouter avec insolence : « Merci Sacha ! »  en prenant soin de bien peser mes mots. Puis il y eut une nouvelle parole de trop. Mon visage se referma, mon regard s’assombrit de nouveau : « Laisse le Domaine en dehors de ça tu veux ! »  

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MessageSujet: Re: What the F**** are you doing here ! [Terminé]   Jeu 6 Fév - 18:09

Rendez-le moi. Rendez-moi mon pote. Qui que tu sois, je t'en supplie. Dis-moi ce qui lui est arrivé. Je pouvais tout dire, jouer n'importe quel accord, Jer ne semblait pas entendre le même son que moi.  Chaque parole le berçait dans sa folie. Il n'existe pas d'autre mot plus vrai que celui-ci pour définir l'état de Jeremy. A tel point qu'il me faisait peur. Il s'excitait poussant de plus en plus loin ses ressentiments. J'étais responsable de ça ; le mieux aurait été que je m'enterre dans un mutisme sans fin. Je ne savais plus quoi faire, me posant comme seule question : comment ? « Tu cherches quoi Jeremy ? Le conflit ? » L'interrompis-je alors qu'il venait une énième fois de m'envoyer chier.

Rien ne fonctionnait. C'était un échec complet et j'eus l'impression de le perdre. Pire que ça, que par ma faute, je lui donnais des raisons de s'emporter. C'est comme si je ne le connaissais plus. Comme si je ne l'avais jamais connu. J'étais paralysé, incapable de rétorquer quoi que ce soit me sentant brusquement soumis à son jugement. Habituellement, les attaques se font sur le ton de la légèreté. Les reproches de Jeremy sonnaient comme une vérité. Il y avait quelque chose tout à fait crédible pour lui et totalement injuste pour moi. Pourquoi me renvoyait-il ça à la figure ?

En quelques secondes, il lâchait absolument toute sa colère sur moi. Est-ce qu'elle était accumulée ? Est-ce qu'elle était due à un événement déclencheur ? Depuis combien de temps est-il en colère après moi ? Des tas et des tas de questions s'embourbaient dans ma tête. C'était désagréable, autant que ces cris. Je voulais qu'il arrête, qu'il cesse de s'en prendre à moi. Si encore je comprenais pourquoi il me faisait subir ça, j'étais prêt à l'encaisser.

Je n'avais pas vraiment de choix. Je devais m'occuper de lui. « Je ne comprends pas pourquoi tu te mets dans cet état. » J'étais devenu plus doux, chose rare, mais là il ne s'agissait pas que je devienne aussi agressif que lui. « Tu m'en veux ? Tu culpabilises ? Il est où le souci ? » L’assommai-je alors. J'avais besoin de savoir. Concrètement. Sinon, je pouvais aussi lui sauter à la gorge et choper sa putain de maladie qui m'empêchait de le secouer comme j'aurais aimé le faire. « Et arrête de me chercher parce que je vais t'en décoller une mon pote. » Je m'efforçai d'accrocher mon regard à un endroit pour éviter le sien. Jouer le punching-ball, je pouvais le faire pour lui, mais certainement pas si je devais mettre ma fierté de côté. Jeremy sait quelle violence se cache en moi, il sait que je peux allier les mots aux actes. Il attend peut-être que ça. Que ses franches années de camaraderie se terminent en une violente bagarre entre nous. Il avait peut-être envie de tout foirer dans sa vie. Ou bien, secrètement, il demandait de l'attention, il avait besoin d'assimiler de nouveaux faits.

Jeremy était peut-être dans un instant décisionnaire de sa vie. Je me devais d'être là pour lui. J'espérai réussir à l'arrêter. Faire partie de Genetic ne m'avait pas changé, j'étais le même. Je ne me sentais pas invincible ni audacieux. Pas plus qu'habituellement. Au contraire. En y réfléchissant, j'étais dans une mauvaise position, Genetic ne me faisait certes pas confiance et attendait du résultat. Ils attendaient une loyauté. Quel prix avait-elle ? Jer avait la réponse à cette question lui. Il était à Genetic depuis assez longtemps pour savoir. Est-ce que c'était ça qui le rendait si fou ?

Il avait su semer des graines développant un terrain infini de doutes dans mon esprit. Mes certitudes avaient été ébranlées par sa faute ! Cependant, je ne le laisserai pas faire. C'est aussi parce que nous sommes tous les deux obstinés dans nos conneries que nous sommes si proches lui et moi. Nous aurions pu jamais nous revoir après l'enfance. Pourtant, des tas de lettres avaient été envoyées et je sais qu'il attendait les miennes autant que moi j'espérais recevoir les siennes. C'était un investissement considérable sur le long terme mais l'amitié, comme l'amour, n'a pas de prix et le temps, il faut savoir le prendre pour écouter l'autre. Je n'ai pas jugé Jeremy sur son appartenance à Genetic mais lui semblait ne pas en être capable. Il pourrait tuer quelqu'un que je cacherais son corps. Je le voyais souffrir et mis-à-part de modestes mots, je ne pouvais rien lui offrir. Ce mec était une partie de moi et s'il sombrait : je sombrais.

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MessageSujet: Re: What the F**** are you doing here ! [Terminé]   Ven 7 Fév - 14:12

Je n’étais que l’ombre de moi-même, au cent deuxième dessous, j’étais en train de me noyer et je m’évertuais à mordre la main que l’on me tendait. Parce que je n’y croyais pas. Je n’y avais jamais cru.
Je déraillais. Rien n’allait plus. Depuis un moment. Depuis que j’avais été contaminé par ce virus. Et peut être bien avant même. Ma santé ne s’était pas dégradée grâce au sérum qui avait limité mes symptômes, mais ma santé mentale avait pris un coup. Ce truc me dévastait, me bouffait de l’intérieur, avait presque complètement achevé de remplir mon esprit de pensées négatives. J’étais persuadé que rien ni personne ne pouvait me sauver. Qu’est ce que je cherchais au juste ? J’en savais plus rien mon pauvre. J’étais vidé, lessivé, tout comme mon regard à cet instant. J’avais juste envie de mourir. Sacha, si tu savais… J’aurais préféré mourir là bas, plutôt que de devoir continuer à vivre comme ça.

J’avais déversé toute ma hargne sur lui, parce que j’avais encore le sentiment d’être impuissant à sauver les gens que j’aimais. A quel moment allait-il me traiter de tous les noms lui aussi ? Me lancer des menaces, cruelles et blessantes ? Me renier ? Ca n’allait sans doute pas tarder à arriver, parce que je le provoquais, malgré moi. Et là, j’aurais tout gagné. La fatalité m’aurait rattrapé et me donnerait raison, encore une fois. Voilà pourquoi je ne m’attachais pas aux gens. J’en étais incapable. Je ne savais pas y faire. J’étais le seul responsable de la spirale infernale dans laquelle je m’étais fourré. J’avais tout gâché. Tout ! Absolument tout.

Je serrais les poings. J’avais envie de hurler. Non je ne t’en veux pas Sacha ! Et toi t’es encore là ! Alors que je suis le plus grand connard de la terre ! Tu te soucies encore de moi ! Mais tu ne vois donc pas le monstre que je suis ? Je m’en voulais à mort, de n’avoir jamais su être l’ami sur lequel il aurait pu compter, de ne pas avoir été là ce jour là, ma mère serait peut être encore en vie s’ils m’avaient trouvé, mon père n’aurait pas pris le risque de se faire tuer pour me retrouver, le Domaine n’aurait peut être pas brûlé si j’étais resté botter le cul de ce petit connard d’Alex, Max n’aurait pas autant souffert à cause de moi, à cause de lui, nous n’aurions pas été obligés de commettre ces atrocités, et je n’aurais jamais impliqué Sacha dans toute cette merde ! Qui n’avais-je pas encore blessé ? A qui le tour ?

Je devenais complètement cinglé. Il fallait que j’arrête les conneries. Sacha me menaça de m’en coller une. Je laissai échapper un rire nerveux et répondis-je sur un ton complètement désinvolte : « Ouai, fait donc ça ! Comme ça t’achèveras de foutre ta vie en l’air ! » à cause de moi. Reflet de mon état d'esprit actuel. Oui, ce truc foutait ma vie en l'air, comme si j'étais pas assez doué pour me détruire tout seul ! Ca pouvait passer pour du foutage de gueule, de l’insolence, ça en avait l’odeur et la couleur, mais j’étais au bord du désespoir.

Je détournais le regard, m’accoudais de nouveau contre la rambarde, peinant considérablement à retrouver un semblant de masque de neutralité. Je n’arrivais même plus à me protéger moi-même de mes propres émotions. J’étais trop écorché vif pour revêtir n’importe lequel de mes multiples masques, ils ne tenaient plus. J’avais une boule dans la gorge, les yeux me brûlaient. J’étais nerveux, je ne tenais pas en place, j’avais envie de fuir loin d’ici. Mais pour aller où ? Chez moi ? A UCLA ? Pour me faire jeter par Max ? Cette pensée m’acheva. Je pris ma tête dans mes mains. Je n’avais pas le droit de craquer, je n’avais pas le droit de m’effondrer. Pas ici, pas maintenant. Personne ne devait savoir, personne ne devait connaître mes faiblesses, surtout pas ici, sur le grand échiquier où nos vies se jouaient à chaque instant.

« Je crois que je vais devenir fou Sacha. » lâchai-je enfin sur un ton que je ne contrôlais plus, reflétant ma douleur. Aveu à peine déballé, que je le regrettais déjà, amèrement. Je ne lui avais jamais fait part d’aucun de mes profonds états d’âmes. Jamais. Qu’est ce qui me prenait de le faire maintenant ? Je ne me reconnaissais plus. Je ne savais plus qui j’étais, ni pourquoi, pour qui j’oeuvrais. Plus rien n’avait de sens. J’avais bousillé presque tous les trucs dans lesquels je croyais. J’étais complètement paumé. Qu’est ce que je voulais au juste ? Tout et son contraire. Et c'était bien ça le problème.

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MessageSujet: Re: What the F**** are you doing here ! [Terminé]   Ven 7 Fév - 20:16

Ces sept mots, je les avais pris au sérieux. Je n’ai même pas douté une seconde. Tout se jouait maintenant. Nier, ne pas le prendre au sérieux serait le condamner. Je croyais ce qu’il me disait. Je pensais sincèrement qu’il devenait fou, au sens premier du terme. Ce qui m’ennuyait c’est que je n’imaginais pas Jeremy avec une camisole. Ça ne lui irait pas. Il n’avait pas une tête à en porter. Ça me dérangeait.

« Ok... » Me résignai-je. J’étais ému, ma voix s’essoufla. J’avais peur, extrêmement. C’était un  sentiment fort qui prenait mon cœur en otage. C’était encore moins facile à vivre quand ça le concernait lui. J’avais trop laissé. Cette discussion aurait dû avoir lieu il y a bien des mois mais j’avais cru le préserver. Ross avait abordé tous mes problèmes : le décès de ma mère jusqu’à mes excès de colère en passant par mon homosexualité. Jer n’avait eu personne à qui se confier. Tout ce qu’il a vécu, il n’a jamais pu l’exprimer. Personne n’a jamais pris le temps de l’aider à se développer en tant qu’homme. Et ses problèmes : il a appris à les enfouir au fond de lui jusqu’à ce soir où tout ce qui ressortit, c’était de la folie.

Jeremy avait eu enfin la force de dire ce qu’il se tramait. Je ne pouvais pas flancher, il comptait sur moi. Il avait fait de moi son soutien. « Pas question que ça arrive. On va faire ce qu’il faut pour que ça s’arrête. » C’était plus fort qu’une promesse. C’était vital pour lui, nécessaire pour moi. En tant que meilleur et plus ancien ami de Jeremy, c’était mon devoir. Je n’avais plus aucune crainte désormais. Je fis preuve d’une plus grande assurance, sûr de mes projets même si je ne parierais pas sur le résultat. Je n’étais pas resté les bras croisés, dans mes angoisses, à paniquer et culpabiliser parce que je ne savais pas quoi lui répondre. Cette situation que Jeremy vivait, je ne l’ai connue que trop de fois. « Tu vas consulter un pro. J’ai vécu cet enfer et je ne serais pas l’homme que je suis s’il n’y avait pas eu Ross, parfaitement neutre, qui m’a accompagné toutes ces années. » Dis-je avec un ton aussi convaincu que convaincant.

Je ne lui laissais pas le choix. Evidemment, je ne pourrais pas le forcer et le traîner jusqu’à un divan mais son avis : je m’en tapai comme du dernier coup avec lequel je me suis envoyé en l’air. Qu’on soit parfaitement clair, Jeremy était incapable de savoir ce qui était bon pour lui. Il disait la même chose de moi et il avait peut-être raison mais de nous deux, c’était lui qui vrillait complètement alors que j’avais plutôt l’impression de contrôler ma vie. Genetic me retirera peut-être ça, ou bien Jeremy avait un trop grand cœur pour être un agent. « En ce qui me concerne, je ne te lâcherai pas. Si ça doit prendre des années alors allons-y pour vingt de plus. » De toute façon, Jer faisait passer le temps plus vite. J’avais déjà des exigences le concernant. Je savais ce que je voulais faire avec lui mais je ne me fermerai pas à d’autres projets. Il était trop important pour moi.

J’aurais aimé pouvoir poser ma main sur sa nuque mais je fus rattrapé par la réalité. Jer était malade. Je me posais alors cette question. Est-ce que cette infection avait pu avoir des répercussions sur son esprit ? Est-ce que Jer est victime de ses expériences ou bien de ce poison ? Est-ce qu’il est responsable de sa propre folie ou a-t-il subi des dommages indépendamment de sa volonté ?

« Est-ce que tu es d’accord avec ça ? » J’avais besoin d’évaluer son degré de participation. C’était sûr que rien ne pourrait se mettre en place s’il ne faisait pas le nécessaire. Et s’il ne l’était pas, quel autre choix avais-je ? Est-ce que Jer était dangereux au fond ? Je n’en avais pas le sentiment. En fait, avant ce soir, je pensais connaître ses limites mais cette rencontre avait remis en question mes croyances. Néanmoins, mon affection ne changeait pas.

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MessageSujet: Re: What the F**** are you doing here ! [Terminé]   Dim 9 Fév - 23:05

Ok…Ok… « Ok ! » répétai-je après lui. C’était tout ce qu’il trouvait à répondre ? Ok ? Ok quoi ? Je soupirais. Je me sentais con. Qu’est ce qu’il m’avait pris de dire ça ? Pourquoi ? Même si c’était un réel ressenti, moi-même je ne savais même pas ce qui me rendait aussi dingue. Était-ce toutes les merdes que j’avais accumulées au fil des années ? Ou bien la culpabilité de mes dernières erreurs qui me rongeait bien plus encore ? ou encore…le fait que je n’ai plus aucune nouvelle de Max… Cette dernière réponse semblait me peser plus que toutes les autres, elle déclenchait chez moi de profonds sentiments contradictoires qui se livraient la bataille navale du siècle, ruinant les navires les uns après les autres. Que resterait-il à la fin ? Y en aurait-il un au final qui réussirait un véritable coup de poker ?

Quoi qu’il en soit, je n’avais pas envie de me justifier. Je redoutais les questions de Sacha après ça. J’espérais qu’il n’en pose pas. Qu’il me dise que tout irait bien, qu’on allait s’en sortir et improviser car c’était ce qu’on avait toujours fait. Voilà ce que j’attendais qu’il me dise ! Le silence était pesant. Insupportable. J’avais envie de fuir. De me téléporter loin d’ici. De disparaître un temps. Le temps qu’il oublie ce que je venais de dire. Et puis faire comme si de rien n’était, faire comme quand on était gosses et qu’on se disait quand, le jeu de l’oie, les petits chevaux, le monopoly ou n’importe quel jeu auquel nous avions joué, ne prenait pas la tournure que nous voulions « On dit que ça ne se serait pas passé » et on recommençait la partie, depuis le début. Comment ça ? on ne peut pas faire la même chose avec la vie ? Ça aurait été trop beau de pouvoir faire table rase du passé, et de tout recommencer.

Puis Sacha rompit le silence. Sa réponse me fit l’effet d’un ascenseur émotionnel. Il me dit les mots que je voulais entendre, dans un premier temps. Je m’apprêtais à l’en remercier à ma manière, quand je percutai qu’il m’avait pris au sérieux… Le con ! Je m’arrêtai soudain de gigoter quand je l’entendis parler d’un pro, d’un psy qui plus est, et surtout mentionner le nom de Ross.
Ross…C’était étrange que je connaisse moi aussi un psy de ce nom là. C’était d’autant plus étrange que je constate que toutes les personnes de mon entourage étaient liées entre elles, d’une manière ou d’une autre. A croire que Los Angeles n’était pas une ville assez grande, et que tout le monde se connaissait ! Le pire, c’était qu’il avait l’air on ne peut plus sérieux ! Je fais donc si peine à voir ? C’est à cause de mes blessures ? Merde ! Depuis quand tu me prends au sérieux Sacha ? J’esquissai un sourire moqueur, la tête toujours baissée, je laissai tomber mes bras croisés sur la rambarde et posai mon front sur mes avants bras. Je déraillais. Mais je ne voulais pas qu’il s’inquiète pour moi. Je ne voulais pas qu’il le voit. Je ne voulais pas m’expliquer, me justifier. Je n’avais pas de mots pour ça de toutes façons. Car même moi, je ne comprenais pas. Des palpitations violentes secouaient ma cage thoracique. Il m’avait pris au sérieux… J’avais besoin de tout, sauf de ça. Comment me sortir de là ? T’es pas sérieux Sacha ! Si ?

Si, il l’était. Le con ! Voilà qu’il me ressortait son serment d’allégeance et qu’il voulait rempiler pour vingt ans de plus ! Je savais ce que ça voulait dire. Je ne savais pas si je devais m’en réjouir, ou avoir peur de ce que cela signifiait. J’avais une piètre estime de moi-même et j’estimais ne pas être quelqu’un de suffisamment bien pour mériter sa bienveillance, et d’encore moins stable pour lui rendre la pareille. J’avais toujours été nul pour ça. J’étais égoïste. Je n’aimais pas ressentir ça. Je ne savais pas gérer ça, je n’avais jamais su. Je ne savais pas quoi dire. Cet aveu provoquait une boule douloureuse dans ma gorge, me mettait la pression, ne faisait qu’accentuer mon besoin de fuite. Car j’étais comme ça. Je fuyais les émotions que je ne savais pas gérer. C’était plus facile que de les affronter ou de les accepter. Il fallait que je me reprenne, que je me ressaisisse. Je n’avais pas le droit de me laisser aller, ni de flancher. J’étais bien plus fort que ça ! Et même si je ne l’étais pas, il fallait que je fasse semblant, le temps de le devenir vraiment.

Je me redressai finalement puis laissai échapper un rire. « Arrête ! j’vais finir par croire que je le suis vraiment. » répondis-je avec ironie. Je saisis une nouvelle clope dans le paquet afin d’occuper mes doigts et de dissiper les tremblements dus à ma nervosité. Après avoir pris une profonde inspiration de nicotine et de fumée, je plongeai mon regard dans le sien, décidé à le soutenir. Il le fallait. Je ne devais pas me laisser abattre. « D’accord avec quoi ? » j’expirai la fumée, et avec elle je tentais de virer une partie de mon malaise afin de reprendre consistance à travers elle. Je faisais des efforts considérables pour prendre sur moi, afin de le rassurer sur mon état, mais je ne pouvais effacer ni mes traits tirés, ni ma tronche de mec qui s’était fait rouler dessus par un camion citerne. Arriverais-je seulement à le duper ? Pas sûr. « Avec le fait que je vais devoir me farcir ta tronche pendant les vingt prochaines années ? » lâchai-je sur le ton le plus léger que je pu, voulant me la jouer désinvolte afin de dédramatiser la situation, comme on le faisait tout le temps, même si je n’étais pas très crédible à cet instant.
C’était notre norme, mon point de repère. C’était ce que j’aimais dans notre relation, le fait qu’on ne se prenne pas la tête. Ces moments de légèreté m’étaient précieux. Il n’y avait qu’auprès de lui que je trouvais ce réconfort. Il était ma bouée de sauvetage, et il me maintenait la tête hors de l’eau quand plus rien n’allait nulle part et que j’avais tendance à couler. Je lui devais mon salut à mon arrivée à LA, et à maintes autres reprises d’ailleurs. Encore aujourd’hui, il était là, alors que j’étais en train de perdre pied. Je ne voulais pas que ça change. Pas encore.

J’avais accepté la main qu’il m’avait tendue ce jour là. Je savais ce qu’il attendait de moi. Mais je ne pouvais pas changer en si peu de temps. Peut-être arriverais-je à me confier un jour. Mais pour cela, il faudrait déjà que je sache moi-même quoi confier.
Au moins maintenant, je n’aurais plus rien à lui cacher au sujet du fait que je bosse pour Genetic. Même s’il était encore loin d’imaginer tout ce qui se tramait ici bas. J’allais devoir garder un œil sur lui, afin qu’il ne tombe pas entre de mauvaises mains et…

Soudain, le puzzle se reconstitua dans ma tête. Il avait choisi d’intégrer Genetic, délibérément. Il m’avait donné les raisons qui l’avaient motivé. Bien qu’il me dise que Sanchez n’avait rien à voir là dedans, je n’étais pas totalement convaincu. Mais un autre doute m’assaillit, suite à ce qu’il venait de m’avouer.

« Me dit pas que t’es venu là à cause de moi. » lançais-je avec un sourire, comme s’il s’agissait d’une mauvaise plaisanterie.

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MessageSujet: Re: What the F**** are you doing here ! [Terminé]   Mar 11 Fév - 23:43

J'aurais aimé lui répondre différemment. J'aurais aimé lui dire en rigolant que je comprenais mieux la présence de ces hommes en bouse blanche à Genetic. Lui demander ce qu'il me léguerait si la démence s'occupait de son cas. J'aurais même été capable de lui indiquer l'itinéraire de l'hôpital psychiatrique le plus proche pour rire parce que c'était Jeremy et que ma relation avec lui ne ressemblait à aucune autre. Et justement, je perdais tout recul lorsque nous étions ensemble. A ce moment précis, je n'étais pas l'ami qu'il a toujours connu mais un étranger bien trop sage.

J'aurais pu nier ce que je craignais. Ne donner aucune profondeur à son discours ; faire comme si sa seule folie était d'y croire. Assurément, j'aurais dû agir de cette façon car c'est ce qu'il attendait de moi et je ne voulais pas le décevoir. Lequel de nous était le plus perdu ? Jeremy me donnait l'impression d'être noyé par ses pensées. Le souci, pour moi, était que je me sentis obligé de plonger pour aller le chercher. La mer aussi déchaînée soit elle, ne pouvait m'en empêcher. Rejoindre Genetic était tout à fait représentatif de cette dangereuse et solide fidélité.

« Oublie. » Concluai-je désespéré. Je me résignai à ne plus rien lui dire. C'était la toute première fois qu'il me décevait si profondément au point de ne plus vouloir lui parler. Il préférait que toute notre relation soit un mensonge alors que je lui avais faire comprendre que je n'aimais pas ça. Faire comme si tout allait toujours bien comme ces jeux auxquels nous jouions quand nous étions que des gamins. Oui c'était chouette mais la vie n'est pas un jeu, on ne s'amuse pas avec. J'ai été honnête mais il ne l'entendait pas. Il n'était pas sensible à mon désarroi alors que mon seul but était de l'aider. J'avais espéré qu'il soit capable de m'écouter. Au minimum, je lui aurais demandé d'essayer mais Jeremy avait des œillères. Moi aussi j'aurais préféré déconner, nier nos problèmes et avancer sans les résoudre. Non, je ne prenais aucune plaisir à avoir cette conversation. J'étais déchiré entre l'envie de lui faire du mal et poursuivre ma requête et arrêter là. Lui offrir ce refuge que je représentais pour lui. Et j'avais peur de le perdre, j'avais ce sentiment que dans les deux cas, cette issue sera fatale. Si je ne perdais pas son amitié, j'avais peur de perdre mon ami. Et si mon ami survivait, j'avais peur que notre amitié éclate. Alors, qu'est-ce que je fais ?

Il a cette autorité sur moi, il le sait, mais décida de ne pas en jouer. Au contraire, il fit une blague. « Hey ! Tu aurais pu tomber sur pire que moi Jeremy Stenson ! » Me défendis-je spontanément. C'est nettement mieux ainsi, à plaisanter. Évidemment que ce rapport avec lui me plaisait davantage. Elle nous infligeait beaucoup moins de mal. J'avais fait ce que j'avais estimé être juste, le mettre en garde et même si la conversation a ce sujet était finie, Jeremy savait dorénavant qu'il ne pouvait plus parler de ça avec moi. Non parce que je ne le voulais pas mais parce que mon jugement ne lui plaisait pas et qu'il n'était pas capable de se confronter à ça. Il était injuste qu'il me mette dans une case en espérant que j'y reste enfermé toute ma vie. C'était exactement ce qu'il me fit ressentir. Que je sois sa marionnette. Que j'agisse selon ce qui lui plaisait.

Il me posa alors cette question à laquelle je ne souhaitais absolument pas répondre. Cette question qui résumait absolument tout ce qu'il venait de se passer, aussi bien notre relation que son état d'esprit. Si je lui disais non, je lui mentirais mais je le préservais. Autrement dit, j'agissais dans son intérêt. Et si je décidais de le mettre face à ce qu'il avait toujours fui, je lui assurais une culpabilité supplémentaire mais devenais égoïste. A chaque millième de seconde, ma réponse changeait du tout au tout. Je n'avais qu'un mot à dire mais ce simple mot de trois lettres était dangereux pour lui comme pour moi. Oui ou non. Marionnette ou pas ?

« Je suis désolé. » Désolé de ne pas avoir agi comme tu l'aurais imaginé. Désolé d'être différent de celui que tu aimais. Désolé de t'encombrer de cette nouvelle culpabilité. J'étais même désolé d'avoir à être désolé. J'étais toujours ce gamin fier de s'afficher à tes côtés, prêt à tout pour être digne de ton amitié.

J'avais conscience que cet aveu aurait des conséquences indésirées mais contrairement à lui, je l'aimais beaucoup trop pour lui mentir.

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MessageSujet: Re: What the F**** are you doing here ! [Terminé]   Mar 18 Fév - 22:13

Je ne savais plus où j’en étais, j’étais au cent deuxième dessous, dépourvu de tout self contrôle et Sacha était arrivé comme un cheveu sur la soupe, et avait sauté dans le plat, à pieds joints ! Je lui avais laissé entrevoir une faille, comme un con !
Il s’y était insinué, voulant sans doute bien faire. Je n’étais pas prêt, et je m’en voulais à mort de lui avoir dit ça. Mais quel con je faisais ! C’était à croire que j’aimais me faire du mal et tendre le bâton pour me faire battre. Quel imbécile !
Cette chose qui me bouffait les entrailles avait gagné du terrain suite à mon aveu stupide, et mon malaise s’était accentué d’un cran. J’avais tenté de rattraper le coup, mais en vain. Je n’étais pas crédible, et je le savais. Je ne voulais pas lui demander de me croire sur parole non plus, ce serait mentir et il n’était pas dupe.

J’aurais pensé que le voir jeter l’éponge me soulagerait, paradoxalement, il n’en fut rien. Son silence ne me plaisait pas, ne lui ressemblait pas. Je savais ce qu’il attendait de moi, mais je n’y arrivais pas. Moi-même, je ne savais pas ce qui me mettait dans cet état. Il y a tant de choses, tant d’horreurs, que j’ai vues, que j’ai faites, si tu savais Sacha ! J’étais un monstre, et je devais continuer de vivre avec ça. C’était douloureux de vivre. J’en avais le vertige, et en ce moment, je n’avais plus aucun repère, plus rien à quoi me raccrocher. Avec Max, c’était plus simple, je n’avais pas besoin de lui dire quoi ce soit. Il suffisait d’un regard pour que nous nous comprenions. Mais j’étais privé de mon garde fou, plus rien ne tournait rond dans mon monde.

Je tentais une nouvelle plaisanterie, sans grandes convictions, dans l’espoir désespéré de retrouver un semblant de sérénité, de légèreté ou que sais-je encore ? Même moi, je ne savais pas ce que je voulais. L’instant d’avant, j’aurais voulu le voir fuir Genetic à toutes jambes, ce qui était pour moi, la chose à faire la plus sensée. Maintenant, j’avais ce sentiment égoïste de vouloir qu’il reste, même si les mots qui sortaient de ma bouche disaient tout le contraire. Je reprenais le jeu auquel nous avions l’habitude de jouer, parce que j’en avais besoin, égoïstement. Il me renvoya dans mes buts, selon les règles que nous avions établies, me donnant un semblant de satisfaction. Il était entré dans le jeu, mais le cœur n’y était pas. Je le savais. Laisse moi encore un peu de temps Sacha.

Puis, la lumière s’était faite dans mon esprit, venant ébranler ce mince espoir qu’il m’avait redonné. Une peur agrémentée d’angoisse s’empara soudain de moi, un frisson désagréable me parcouru l’échine lorsqu’il prononça ces trois mots qui résonnèrent comme un écho lointain dans mon esprit. Mon sourire disparu aussitôt, mon regard se vida, j’entendis quelque chose se briser dans mon fort intérieur.

Pourquoi ?

L’air me manqua, le sol se dérobait sous mes pieds, j’entendais cette petite voix qui me susurrait à l’oreille « Fuis », mais mes jambes refusaient de bouger. C’était tout juste si elles me maintenaient encore debout. Ma gorge était serrée, je manquais d’air, mes yeux me brûlaient et je sentais comme un grand vide s’emparer de moi et m’attirer vers un gouffre sans fin.

Pourquoi ?

Ce n’était pas à moi de fuir. C’était à lui. Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’il ne le faisait pas ? Pourquoi est ce qu’il avait fait ça ?
Non ! Dis mois que c’est pas vrai Sacha ? t’es complètement cinglé ou quoi ? T’as pas fait ça !

Je refusais de le croire. J’aurais voulu lui hurler dessus, mais je n’arrivais même pas à extérioriser ma colère, confinée à l’intérieur par la culpabilité assommante qui prenait déjà le dessus. Tout ça était de ma faute ! Je n’avais pas été assez vigilant, je n’aurais jamais du re-débarquer dans sa vie il y a un an. Comme pour Max, j’avais tout fait foirer ! j’aurais du me barrer bien avant et couper les ponts, oui, c’est ce que j’aurais du faire avec lui aussi. Putain ! Pourquoi fallait-il toujours que ça finisse comme ça ? La prochaine étape ce serait quoi ? Ce flash lugubre qui me hantait éveillé à présent, me sauta une nouvelle fois aux yeux. Toujours cette marre de sang, seul le protagoniste qui y gisait différait. Bordel de merde ! Pourquoi j’suis pas foutu de me tenir à mes beaux principes ! Pas d’attache hein ! Et merde !

Pourquoi ?

Je posais brusquement une main sur la rambarde pour me retenir de vaciller. Je détournais le regard, toujours aussi vide, que je rivais sur le mur, je tirais une nouvelle fois sur ma clope d’une main tremblante, puis m’appuyai contre le garde corps. Mon visage s’était décomposé. Je me murais dans mon silence, ne parvenant pas à articuler le moindre mot, même si celui-ci résonnait encore dans mon esprit :

Pourquoi ?

J’avais peur de connaître la réponse à cette question.

_______________________________________________________________

"I'll be here...
I'll be waiting...... for you... so......
If you come here......
You'll find me......
I promise."

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Sacha M. Kwon

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MessageSujet: Re: What the F**** are you doing here ! [Terminé]   Dim 23 Fév - 14:29

« Je suis en bonne santé et je suis heureux. » C'était comme perdu d'avance. Il ne voyait rien de ma force d'aujourd'hui. Seule ma faiblesse de demain comptait. C'est comme s'il se fichait que je sois avec lui. Il n'y avait qu'une pensée qui l'obsédait, qui le torturait mais laquelle ? Je vis sa main fragile et nerveuse. Son corps, son esprit, son cœur... Absolument tout était endommagé. Il fut temps que j'intervienne, que je le sorte de ce cauchemar car je le sentais se perdre. J'espérais être un repère dans toute cette obscurité mais Jeremy me faisait me sentir comme une zone d'ombre supplémentaire. Il ne le fit pas consciemment, c'est moi qui le ressentais ainsi. Nous ne devrions pas être comme ça. Il me dissimulait encore des secrets, j'en devins persuadé.

Peut-être que la culpabilité le malmenait et pourtant s'il devait se battre contre quelqu'un, ce serait contre moi. Contre ma folie, ma stupidité, mon ignorance, bref, tout ce qui me caractérisait. Il devrait commencer par arrêter de penser que j'ai rejoint Genetic à cause de lui mais pour lui. Il se peut même qu'au fond, son absence n'aurait rien changé car j'étais réellement fatigué de mon don et ce que je lui avais affirmé sur les raisons m'ayant poussé à adhérer aux ambitions de Genetic était vrai. Je comprenais chaque jour que notre monde, le monde mutant, était plus redoutable que d'apparence. Si je ne voulais pas être une des victimes de ce monde, il fallait que j'agisse dans mon intérêt. Regardez comment Jeremiah était affolé lors de l'attaque de Genome. Sa situation était pitoyable et ridicule. Il se faisait malmener par tout le monde et captait que dal. Soit tu niques, soit tu te fais niquer et pour une fois, j'ai décidé de ne pas me faire baiser. Et si cela finissait quand même par arriver, au moins, je comprendrais pourquoi. Il était temps de bouger mes pions sur l’échiquier et de commencer une nouvelle stratégie plus offensive. Vos amis prétendent vous protéger mais je vais vous dire un secret : dès que vous avez connaissance de votre mutation : vous êtes dans la merde. Finalement, la présence de Jeremy avait été une raison hypocrite. La seule personne pour laquelle j'ai décidé d'être membre de Genetic c'est moi. Je devais arrêter de mentir.

Ce fut extrêmement compliqué pour moi de le voir dans cet état. J'avais rejoint Genetic et il était trop tard pour le regretter. Au fond, je pensais que la cause de ses maux était ailleurs. Je n'avais aucun doute sur le fait que porter ce badge ne lui plaisait pas. Cependant, je n'ai fait qu'agir comme nous l'avions toujours fait. C'était dangereux et en même temps très protecteur. Le risque est une valeur forte et régulière pour nous. Mais lorsqu'il est encouru à deux il semble plus facile de le surmonter. A force de réflexions, je finis par conclure que je n'étais pas son coupable. Je refusais de croire que je lui avais infligé ça. Peut-être qu'il était énervé après moi, je pouvais l'admettre mais pas à ce stade.

Qu'est-ce que je pouvais dire d'autre ? Je désespérais peu à peu de trouver les mots justes, les mots qui convenaient. J'aurais pu passer par toutes les températures : lassitude, colère, joie mais celle qui prédomina fut la tristesse. L'attitude de Jeremy m'impactait plus fortement, chaque seconde s'écoulant. Tout mon corps se mit dans un état de stress et mes iris voguèrent sans relâche. Je cherchai toujours ce discours qui l'interpellerait et menotterait ses contrariétés. J'ignorais même s'il en avait après lui-même ou après moi. J'ignorais tout. Il ne dicta pas un son. C'était vraiment pas sympa car je n'avais rien pour m'appuyer. Et je demeurais passif, pétrifié par ses moindres gestes, à l'affût d'une parole. Je lui aurais hurlé de se reprendre, d'arrêter ses conneries mais tout ce que je fis fut un pas vers lui. Un pas incertain, apeuré mais héroïque.

Et j'espérais qu'il me regarde et qu'il comprenne. C'est con, j'ai même songé à aller le chercher pour le serrer contre moi. J'en avais besoin, tout comme j'en avais eu besoin lorsqu'il a débarqué chez moi il y a plus d'un an. J'irais le chercher jusqu'aux Enfers... C'était notre pacte. Un pacte de sang qui eut lieu lorsque nous étions enfants. Je m'en souviens très bien en dépit de ces onze années. Je m'étais ouvert la paume de la main avec des fils barbelés. Je pleurais comme une fillette, hurlant ma petite douleur. Je priais pour que ma mère m'entende et soit près de moi pour me soigner mais Jeremy et moi nous étions éloignés de sa maison. Il est venu et il a souri. Je séchais mes larmes en lui disant que ce n'était pas drôle. Il a alors posé sa main sur le fil coupant et s'est entaillé la main lui aussi. Il n'a pas pleuré. Il a joint sa main à la mienne en disant que dorénavant nous serions liés par le sang à vie. Il me dit aussi que si l'un était blessé, l'autre le serait également et qu'ensemble nous irions jusqu'aux Enfers s'il le fallait. J'ai arrêté de pleurer. Je ne pouvais qu'être admiratif de son courage et de son amitié.

« Allez viens... » Je fronçai délicatement les sourcils, haussant légèrement les épaules. J'en étais presque à le supplier avec une voix aussi capricieuse que désespérée. C'était comme si je retournais à mes sept ans et que je harcelais mes frères pour jouer avec moi. « J'ai besoin de toi, je ne veux pas que tu me lâches. » Pourquoi j'eus besoin de le lui dire ? Il n'en avait jamais été question, ni dans ses paroles, ni dans ses actes. Mais ça me terrifiait. De plus en plus. Je croyais qu'être à Genetic cimenterait les fissures de notre amitié. J'eus, au contraire, le sentiment que cela n'avait fait qu'approfondir la faille...

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MessageSujet: Re: What the F**** are you doing here ! [Terminé]   Ven 28 Fév - 23:01

Le couperet était tombé. Un voile noir était passé devant mes yeux. J’avais perdu la notion d’espace et de temps, rongé par la culpabilité jusqu’à l’os. J’étais écorché vif, et trop vulnérable pour me protéger à cet instant, incapable de maintenir mon impassibilité légendaire. J’avais pourtant une sainte horreur de me montrer sous ce jour, estimant que mes émotions n’appartenaient qu’à moi. Sacha ne connaissait pas encore cette facette de ma personnalité. Je le cachais trop bien d’habitude et j’avais réussi à le préserver jusqu’à maintenant. Sauf que cette fois, c’était au dessus de mes forces. La dernière chose que je pouvais faire pour sauver les apparences, serait de fuir à toutes jambes loin d’ici. Mais il me fallait d’abord encaisser le coup, qui me fit l’effet d’un coup de poignard, un de plus, venant ajouter une plaie supplémentaire à celles qui maculaient déjà mon être.

Je m’étais adossé contre la rambarde afin de trouver un semblant soutien et d’équilibre, car mes jambes, ces saletés, avaient menacé de m’abandonner lâchement et refusaient de m’obéir, comme sciées par une faux invisible. Je me concentrais sur la clope que je portais de nouveau à mes lèvres, et qui, paradoxalement, me procurait ma bouffée d’oxygène, me donnant encore l’illusion d’apaiser mes tensions et mes tremblements nerveux.

Mon silence mettait Sacha mal à l’aise et l’incita à se justifier, comme s’il avait besoin de me rassurer, remuant sans le savoir, le couteau dans la plaie. Je compris chacun des mots qu’il prononça, mais je ne les entendis pas. Pas de la même manière que lui, en tout cas. Il ne se rendait pas compte de ce que ça voulait dire pour moi. Il leur avait offert sa vie ! Sa liberté bordel de merde ! et tout ça pour quoi ? Pour me faire son serment sur l’amitié ? Mais ça rime à quoi Sacha ? tu te rends compte de ce que c’est complètement stupide et absurde ? Je ne suis qu’un moins que rien ! Tu peux pas sacrifier ta vie pour moi Sacha ! Merde !
Je me tirais des balles. Ça me rendait malade, me filait la nausée, me foutait la pression, me flanquait les jetons. En conséquence, j’étais incapable de lui dire tout ça. Je n’avais pas envie de discuter de ça. Il en avait déjà bien assez dit. Je ne voulais pas en entendre d’avantage, n’étant pas encore prêt à changer mon fusil d’épaule. Je n’étais pas à la hauteur de ses attentes. Je ne le serais probablement jamais. Je ne m’en sentais pas capable, tout comme j’étais incapable d’affronter son regard à cet instant. Il ne pouvait plus rien tirer de moi en l’état actuel des choses. J’étais braqué, bloqué, presque tétanisé, et la seule raison qui me maintenait encore ici, devant lui, était sans doute un truc complètement stupide, due à une sorte d’estime indéterminée que je lui portais. Je ne savais pas trop ce que c’était en vérité, et je n’avais pas bien envie de savoir. Était-ce du à notre amitié d’enfance ? Va savoir ! Il était le seul avec Max, pour qui je refrénais ma lâcheté, même si ce n’était pas l’envie qui m’en manquait dans le cas présent.

Je fixais le mur droit devant moi, sans vraiment le voir. Je portai une nouvelle fois la clope à mes lèvres dans un mouvement mécanique puis stoppai le cours de mon geste lorsque je distinguai du mouvement sur ma gauche, sentant Sacha se rapprocher de moi. Mon malaise s’accentua. Car en plus de me stresser avec ses déclarations à la con sur l’amitié, j’avais peur qu’il se mette d’avantage en danger si d’aventure il lui prenait l’envie de me toucher. Il était bien capable de faire fi du virus ce con là ! Tout comme Max… D’ailleurs... Est-ce que ce rapprochement était sensé me rassurer ? Pas vraiment…
Contre toute attente, il me supplia. Je fermai les yeux afin de contenir les larmes qui menaçaient de faire leur apparition, me brûlant les yeux. Non ! Pas ça ! Je ne suis pas comme ça ! Qu'est ce qu'il me prend ?!... J’étais en train de craquer nerveusement. Pourquoi suis-je aussi faible ?
J’expirai une partie de la fumée dans un soupir saccadé puis menaçai de m’étouffer avec le reste. « Tais-toi ! » soufflais-je dans un murmure à peine audible. Je ne l'implorais pas cette fois-ci. S’en était trop pour moi. J’étais déchiré par la dualité qui m’habitait encore une fois, avec d’un côté, un moi qui me disait de me barrer dans demander mon reste, et de l’autre, un qui m’intimait de ne pas lui infliger ça. Les deux se livraient une lutte acharnée.

Je toussais, puis lui tournais le dos afin d’écraser mon mégot sur le rebord de la rambarde avant de le jeter dans le vide. C’était une autre forme de fuite selon moi, à défaut de pouvoir le faire vraiment, dans l'imédiat. Et puis, je ne pouvais pas laisser mes saloperies de larmes me trahir. J’avais encore une once de dignité à préserver. Jamais de la vie !

J’étais lassé, exténué de lutter contre moi-même, contre mes états d’âmes, contre Max, contre Sacha, contre mes démons, contre tout ça. Sacha venait de me pousser dans mes derniers retranchements, je tenais encore bon afin de ne pas m’effondrer dans la seconde, par je ne savais quel miracle, mais je ne pouvais pas lutter éternellement. Je n’étais hélas, qu’un homme, brisé, vanné, et j’avais besoin de souffler, de faire retomber la pression que je m’imposais en restant enfermé entre les murs de Genetic, où je ne m’autorisais aucun relâchement afin de ne leur montrer aucune faille. Sauf que j’avais atteint ma limite. Si je devais exploser, je devais le faire à l’abri des regards, et ce n’était ni l’endroit, ni le moment pour ce genre de choses. L’évidence et la facilité me rattrapèrent. Je portai brièvement une main à mon visage afin d’essuyer l’humidité naissante à mes yeux, puis me retournais dans un même mouvement, le regards rivé sur le sol, prenant bien garde de ne pas croiser le sien et de rester à bonne distance de lui lorsque j’entrepris de le dépasser pour descendre les escaliers de service. « Genetic ne tourne pas autour de moi tu sais ! » lâchais-je au passage, d’une voix basse, monocorde et sans timbre, marquant une courte pause après l’avoir dépassé de quelques centimètres, regardant droit devant moi afin qu’il ne puisse voir mon visage. Puis je repris mon chemin, d’un pas décidé, sans me retourner. S’il s’avisait de me suivre, je ferais usage de ma capacité pour me téléporter loin d’ici.


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MessageSujet: Re: What the F**** are you doing here ! [Terminé]   Dim 2 Mar - 17:58

Qu'aurait été t-il bon de dire ? Qu'aurait été-il bon de faire ? Je me posais sans cesse ces questions. Et je ne leur trouvais aucune réponse.

Je me retrouvais face à quelqu'un qui me rejetait. Plus je tentais de m'approcher de lui, plus il s'éloignait. Plus j'essayais de le comprendre, plus il devenait une énigme. Finalement, je ne pouvais que me soumettre à sa colère. Le laisser partir sans broncher fut ce que je fis de mieux pour nous. Pourtant, le voir s'en aller fut ce qu'il y avait de plus douloureux surtout après lui avoir demander de rester. C'était comme un amour à sens unique, où j'avais perdu ma propre fierté tout ça pour aider ce pauvre con. Mais je continuais de l'aimer malgré tout, malgré cette humiliation, malgré ses nerfs agressifs, malgré cette folie.

Je lui demandais alors d'arrêter. Je le priais, à ma manière, qu'il cesse cette pression qui se renforçait à chacun de mes mots. Il était mon meilleur ami, l'un des garçons les plus importants de ma vie et je ne savais même pas comment l'aider. Pire que ça, j'avais fait l'inverse de ce qu'il attendait. Jeremy m'a totalement mis à l'écart et le fait d'être venu à Los Angeles n'avait rien changé au fond. J'avais naïvement pensé que notre amitié irait au-devant de tout. Je continuais de le croire, même s'il m'abandonnait comme un moins que rien sur ce palier en me disant que Genetic ne tournait pas autour de lui. Je le vis s'effacer, espérant qu'il revienne. J'attendis, deux minutes, puis cinq, puis dix... Il ne reviendrait pas... L'espoir blesse plus qu'il ne fait vivre... Dans ce cas, il me rendait surtout pathétique... Mais c'était fini, je ne le harcèlerai plus. Plus après cette scène de couple. Et j'appréhendais notre prochaine rencontre. J'ai peur que rien ne soit plus jamais comme avant...

Rarement Jeremy et moi nous étions pris la tête. Comme dans toute relation amicale normale et saine, nous étions passés par quelques querelles qui se comptaient sur les doigts d'une main mais jamais elles n'avaient eu cette intensité. Une chose est sure, c'est que s'il revient vers moi, et il reviendra parce que je le connais malgré ses délires, il n'y aura pas de pardon sans un câlin. C'était le minimum que j'exigeais et c'était bien payé...

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