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 Highway to hell

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Sacha M. Kwon

Pokéfan des Évolués

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MessageSujet: Highway to hell   Dim 19 Jan - 1:20

Nuit du 6 mai 2011.

« Monsieur Kwon. » Un grincement désagréable rugit. La cage s’ouvrit sous la pression de l’autorité. A ce moment, j’aurais dû souffler, être rassuré. Une personne venait me sortir de là. Et pourtant, je ne ressentais aucune émotion bienveillante. Seulement de la haine. De la haine contre moi. Comment ai-je pu être aussi crétin... Genetic avait détruit des vies. Le nombre de morts recensés lors de l’effondrement de Genome ne représentait pas la moitié de ces vies. Wyatt était mort. Ross traumatisé. Cet homme m’a soutenu pendant six ans. Il m’a appris à affronter mes problèmes, à me battre, à faire le deuil du décès de ma mère. Et en échange, je l’ai trahi. Indio avait cinq ans. Cinq ans putain ! Dire que j’avais la haine contre moi ce n’était rien. Je me dégoûtais. Ross m’avait dit de me tenir éloigné de Genetic et aujourd’hui j’étais un de leurs soldats. Je rejoignais le hall alors que le flic demanda à Riley de le suivre pour signer un document. Sans que je ne puisse l’entendre, je le vis s’adresser à elle. Connard. « Je vous conseille de le raisonner. Il a déjà été jugé pour des faits similaires et son casier est bien rempli. La prochaine fois nous saisirons le procureur. »

Une personne objective aurait dit que je n’étais pas responsable. Qu’au moment même où j’avais demandé à être un agent, j’ignorais tout. Est-ce que je me sentais mieux pour autant ? Non.

Alors j’en revenais à me poser cette question : pourquoi ? Pourquoi est-ce que j’ai fait ça ? Jeremy. Plus le temps passait et plus je lui découvrais des secrets. Il fallait que quelqu’un veille sur lui. Je n’étais pas non plus entièrement opposé aux idéaux défendus par Genetic. Je croyais qu’ils étaient capables de nous aider, d’aider les mutants, ceux qui se détestent notamment. Et surtout, si la mutation venait à être révéler et que le monde manquait de tolérance, il nous faudrait nous défendre. De plus, j’ai pensé qu’il était dans mon intérêt d’être proche de mes ennemis. Et pour finir... Milo. Uniquement lui.

Je me dirigeais dehors en attendant Riley. Je n’étais toujours pas calmé. Au contraire. J’aurais pu m’en prendre à n’importe quel homme dans la rue. Une femme ou un enfant aurait fait l’affaire. Je me fichais de l’éthique. Tout ce dont je semblais avoir besoin c’était d’expulser ma colère. J’avais l’envie de frapper contre quelqu’un ou quelque chose. Tout ce que je cherchais, c’était me faire du mal. J’aurais dû rester parmi ces paumés. Je ne valais pas mieux qu’eux. Je n’étais qu’un con. Rien n’était pensé pour me prendre en pitié. Je n’en demandais aucune, certainement pas. Il n’y avait aucune dureté dans mon estime, seulement la vérité. Mon demi-frère a perdu son fils. Mon mentor aussi. Aujourd’hui, je suis de ceux qui sont responsables de leurs morts.

Rarement j’avais eu cette expression si méchante. J’avais passé mon temps en cellule replié sur moi-même, muet, à observer les menottes. J’aurais aimé que ces chaînes me retiennent plusieurs jours. Le regard de ma sœur m’oppressait. Il accentuait mon dégoût. Je la répugnais elle aussi.

Je retrouvais l’adolescent perdu et borné que j’ai été. Celui qui ne savait exprimer que la violence. Et Riley me ferait ses remontrances, me menaçant que la prochaine fois, elle me laisserait me démerder avec la justice. Ce qu’elle ne ferait jamais. Puis, elle essaierait de comprendre pourquoi je suis comme ça, essayant de faire preuve d’empathie envers son petit-frère qu’elle aimait si sincèrement qu’elle l’aimerait envers et contre tout. Je ne méritais pas ça. Je méritais que ceux qui ont perdu un fils, un ami, un frère, viennent défouler leur rage sur moi. La merde que j’étais ne considérait même pas mériter cette attention.

Je suis qu’un enfoiré Riley, y a rien d’autre à dire.

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Riley B. Clark


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MessageSujet: Re: Highway to hell   Dim 19 Jan - 10:18

C’est rare que ton téléphone sonne au milieu de la nuit. Rare que tu l’entendes sonner et rare que tu décroches. Pourtant cette nuit, tu le fais. Tu ne t’inquiètes pas, lorsque tu ne reconnais pas le numéro. Les faux numéros sont si courants que tu t’attends à devoir raccrocher presque immédiatement et à retourner dormir. Mais ce n’est pas la voix d’un illustre inconnu demandant à parler à Ahmed qui te réveille. La voix de Sacha t’interpelle. Le ton n’est pas le ton usuel et quelque chose en toi se réveille. Une inquiétude, une nervosité, une peur sans pareille. Le ton n’est pas enjoué, presque en colère, agressif et tu ne comprends pas. Bien sûr que Sacha a le tempérament pour se battre avec le premier venu. Tu sais que son casier n’est pas si vierge que cela, mais cette nuit te frappe comme étant celle la plus violente. Que lui est-il arrivé ? L’angoisse te ronge et lorsque tu raccroches, tu ne perds pas une seule seconde pour t’habiller.

Sans hésiter, tu prends les clefs de la voiture de tes parents, sans laisser de mots pour prévenir. Ils ne sont pas bêtes, ils sauront. Et la nuit est encore courte, tu as le temps de revenir sans qu’ils ne remarquent quoique ce soit. Le temps. Il te paraît pourtant si long pour aller à la prison. Le trafic n’est pas dense, à cette heure-ci et tu te déplaces à la vitesse demandée sans trop de soucis. Mais à tes yeux, ce n’est que trop long. Ton inquiétude se transforme bien vite en colère. Une colère à laquelle tu deviens si accoutumée que tu ne cherches même plus à la contrôler. Toi qui étais si calme auparavant, n’arrivais plus à maintenir le monstre. Et tu te surprenais souvent à ne plus le vouloir. Tant que tu arrivais à maintenir les apparences, à ne pas montrer ta monstruosité à tes parents, tout irait bien. Les mains serrées sur le volant, tu t’arrêtes à un énième feu rouge. Tes phalanges sont blanches sous la pression exercée et tu sens une douleur paralyser tes doigts, mais tu t’en fiches. Sacha est derrière les barreaux et tu ne comprends pas pourquoi. Tu ne comprends pas comment il n’a toujours pas appris de ses erreurs. Comme s’il en redemandait à chaque fois. Tu as envie de faire demi-tour, de le laisser se démerder. Tu as envie de le laisser croupir jusqu’à une heure plus convenable. 24h, 48h, suffisamment longtemps pour lui faire comprendre. Mais ce n’est pas toi. Et Sacha … Sacha t’est bien trop précieux pour que tu laisses ses passages intempestifs en cellule de garde à vue le pourrir. Si la garde à vue peut pourrir quelqu’un … tu n’en sais rien. Tu n’as jamais visité la prison en tant que criminelle.

Frein à main enclenché et levier placé sur arrêt, tu ne perds pas de temps et tu sors de la voiture immédiatement après avoir arrêté le moteur. Tu souffles et tu entres au commissariat et tu te souviens immédiatement de la procédure à suivre. Le prix à payer est cher et tu sens presque ton argent quitter tes mains. Presque la totalité de tes pourboires en deux ans. Tu peux dire adieu à ce nouvel appartement que tu désires tant. Mais c’est Sacha et tu n’en tiens pas rigueur. Lorsque tu l’aperçois, ton inquiétude noie ta colère. Et les paroles de l’officier te font paniquer. Sans dire autre mot, tu te diriges vers Sacha que tu accueilles avec froideur et silence. D’un regard tu lui intimes de te suivre. Tu ne sais pas quoi lui dire. Et sous la colère, tu as peur de dire la mauvaise chose. Tu vois bien qu’il n’est pas comme d’habitude. Tu vois sa propre colère dans son regard et tu ne sais pas ce qui l’apaisera. Tu ne l’as que trop rarement vu dans cet état. Et tu n’as que trop peur de le perdre pour oser dire quoique ce soit. Et pourtant, pour une fois, tu ne peux pas te taire.

« Alors c’est reparti ? » Tu ne caches pas ton irritation, mais tu essayes de ne pas l’agresser. Tu ne veux pas envenimer les choses. Mais tu ne sais pas quoi faire. Et tu t’en veux. « T’as décidé de redevenir un petit con ? Tu crois que ça va arranger tous tes problèmes ? » Frappant du pied, tu ouvres la voiture et jette ton sac à l’intérieur. Tu n’y entres pas cependant. La discussion n’est pas terminée et tu ne veux pas conduire aussi agitée. Tu sens le vent se lever et ton ventre serré te fait savoir que cela vient de toi. Furieuse contre toi pour te laisser aller à ce point et contre lui pour te faire réagir comme ça, tu croises les bras sur ta poitrine et tu t’adosses à la voiture. Tu essayes désespérément de reprendre ton calme, de ne pas laisser les émotions t’envahir. Et las, tu passes une main dans tes cheveux. « Expliques moi pourquoi, Sacha. Je ne comprends pas. » Tu es prête à le supplier. Prête à tout pour qu’il accepte de te parler. De soulager ton angoisse. Que s’était-il passé ? « Parle-moi. »
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Sacha M. Kwon

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MessageSujet: Re: Highway to hell   Dim 19 Jan - 13:25

Riley s’est présentée au commissariat. Encore une fois. Qu’est-ce que je pourrais lui reprocher ? Absolument rien. Malgré tous les ennuis que je lui ai causés, elle continuait de se tenir à mes côtés alors que je persévérais à lutter contre ce qui m’animait mais que je ne désirais pas. J’étais rongé par la culpabilité, le cœur détruit par les sentiments les plus néfastes qui soient. Et alors que Riley amorçait un dialogue avec moi, je demeurais passif. Puis, jetant un œil à la vitre de sa voiture, j’entrevis le reflet d’un mec ingrat. C’était moi. « Putain ! » Cette vision fit naître un excès d’agressivité et ma main se referma sur elle-même pour s’entrechoquer contre la carrosserie de la voiture. Mon pied avait fouetté le pneu arrière dans un même geste. Riley me faisait face. J’étais excédé par son envie de faire ce qui était bien. Je ne voulais aucune compassion, aucun amour. Finalement, j’aurais dû contacter mon père. Il m’aurait fermement tenu par l’épaule, me rejetant comme un vulgaire bâtard – ce que j’étais réellement – dans sa voiture. Personne ne devait salir sa réputation, pas même ses fils. J’aurais préféré qu’on me traite ainsi.

Ma sœur ne dissimula pas sa déception. Cette situation résumait une longue période de mon passé. Une période de colère et de souffrance conjuguée avec de trop rares instants de tendresse. Chaque homme avait besoin de l’amour d’une femme. Riley avait su m’apporter cet amour après la disparition de ma mère. Elle savait que ce manque m’empêcherait de m’épanouir et de me développer sereinement, surtout après avoir goûté à l’affection d’une mère aimante. Alors elle fit tout son possible pour combler mes carences. Amie, sœur et mère, trois rôles qu’elle avait endossés, sans jamais faillir, sans jamais se plaindre et pourtant, elle n’en tirait aucun bénéfice si ce n’est de faire partie de ma famille – ce qui revenait à penser que la pauvre était exploitée selon moi.

Pourquoi ? Encore cette question. Celle qui permet de comprendre et de réagir. La détresse de Ross m’atteignait plus que la perte de Wyatt en elle-même. Pour Indio, je n’admettais pas qu’un enfant meurt si jeune. Il a été tué dans des circonstances infâmes. Celui qui jugerait ces circonstances comme un accident mériterait de crever la gueule ouverte la seconde suivante. Plus j’y pensais et plus ma rancœur se développait. Riley était à ce moment précis la seule personne qui me permettait de ne pas me noyer dans la folie. Je n’avais pas le droit d’être triste. Ross s’était battu pour me faire comprendre que le chagrin n’était pas un sentiment exclusivement réservé aux faibles. Des années de suivi psychologique pour aboutir à ce résultat ? « Tu veux savoir pourquoi Riley ? » Mon ton se fit plus sévère que jamais. « Cet attardé m’a bousculé, sans s’excuser, en pensant qu’il pouvait me regarder de haut. » Et il fut puni pour ces raisons. J’appréciais déjà moyennement qu’une personne me bouscule, y voyant tout de suite une déclaration de guerre, mais ajouté au manque de respect et la prétention de ce type... Il réussit à me fâcher. Je l’ai donc corrigé pour en faire un être plus humble et poli. Se frotter contre un inconnu était pourtant un fait quotidien à Los Angeles. Je lui avais délibérément menti toutefois persuadé qu’elle saurait lire dans mes pensées. Je trouvais un prétexte futile pour me battre alors que celui contre qui je voulais user de mes poings c’était moi.

Il n’y avait rien qui puisse me faire sortir de cet enfer. Pas même l’oreille attentive d’une sœur. Je devais être présent pour Elias ainsi que pour Ross mais comment le pourrais-je ? Je serais le pire des salopards de les réconforter alors que mes employeurs sont des meurtriers. Il ne s’agissait pas de faire de moi une victime, ni de concentrer les problèmes sur ma personne. J’étais déchiré entre mon amour pour les uns et mon amour pour les autres. Il semblerait que j’avais fait mon choix, celui de Genetic. Il ne me restait qu’à l’assumer et admettre que cette décision sacrifiera jusqu’au dernier de mes amis. J’ai toujours été une pourriture derrière ce sourire enjôleur.

Restons-en là Riley. N'en demande pas plus. Si vraiment tu m'aimes, arrête de me torturer. Je ne pourrais pas te regarder et te dire qu'Indio est mort. Je ne pourrais pas te dire que le neveu que je venais de rencontrer a été tué, que la souffrance de Ross m'anéantit et que je me sens comme le pire des traîtres aux yeux de tous. Ils sont tous en deuil, effondrés alors que je me tenais encore debout. Si j’aurais pu échanger ma place contre celle d’Indio ou de Wyatt, je l’aurais fait. Mes amis m’auraient pleuré, aujourd’hui, j’étais certain qu’ils cracheraient sur ma tombe. Il était trop tard pour les regrets, Ross m’avait prévenu, Sonny aussi et je ne les ai pas écoutés. Comme toujours, il a fallu que j’en fasse à ma tête et que je prenne la mauvaise direction. J’ai essayé d’être quelqu’un d’honorable, vraiment mais je suis irrémédiablement attiré par la magie noire. Et le pire, c’est que je ne voulais pas qu’ils me pardonnent. Pourquoi est-ce qu’ils le feraient ? Cela amplifierait ma répulsion. Qu’est-ce que je peux faire ?

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Riley B. Clark


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MessageSujet: Re: Highway to hell   Dim 19 Jan - 22:13

Plus tu le regardes et plus tu réalises à quel point tu as eu tort. Ce n’est pas Sacha. Ce n’est pas le petit con que tu connais depuis toujours. Tu ne sais pas qui c’est, mais ce n’est pas ton frère. Tu as un homme face à toi, un homme instable, perdu et tu es démunie. Contrôler Sacha lorsqu’il est en chaleur et entouré d’hommes ? Tu ne sais que trop bien faire. Contrôler Sacha lorsqu’il commence à provoquer les gens et cherche la bagarre ? Un jeu d’enfant. Mais contrôler Sacha lorsqu’il est dans cet état, tu ne sais pas. Et une partie de toi ne veut pas savoir. Ce qui s’était passé avait été assez violent pour que ce grand gamin devienne celui qui est à présent face à toi et tu as peur de savoir que c’est. Tu as tellement peur que tes entrailles se serrent un peu plus tandis que le vent se renforce et tu sens tes forces se vider petit à petit. Seconde par seconde.

Tu le regardes frapper la voiture de ton père, mais tu ne dis rien. Sacha contre une voiture, tu sais que la voiture gagnera. Même si tu sais qu’il serait capable de continuer jusqu’à se briser les poings. Et lorsqu’il s’adresse enfin à toi, son ton te laisse supposer que tu n’auras pas de réponse. Tu n’auras pas ce que tu souhaites. Parce qu’il ne veut pas te parler. Et même si tu sais que ce n’est pas contre toi, tu le prends mal. Comme un coup de poing dans le ventre. Une trahison. Tu sais pourtant, qu’il sait qu’il peut te faire confiance. Tu sais qu’il sait que tu seras toujours là pour lui. Qu’il ne pourrait jamais te perdre, peu importe ses actes. Alors pourquoi t’évite-t-il ? Tu caches tes émotions derrière ton masque de froideur et tu attends. Tu ne sais pas ce que tu attends, réellement, mais tu attends. Parce que c’est tout ce que tu peux faire. Attendre de te calmer, afin que le vent cesse de souffler. Attendre qu’il se calme aussi, même si tu sais que cela n’arrivera sûrement pas de sitôt. Et pourtant tu ne sais rien, parce que tu ne le connais pas.  Tu ne le connais plus et quelque chose en toi à peur de savoir si c’est arrivé ce soir, ou si c’est arrivé avant. Tu as peur d’apprendre qu’il a changé sans que tu t’en aperçoives. Tu as tellement peur d’avoir manqué quelque chose dans sa vie, que tu sens ton masque glisser.

Désespérément, tu lui attrapes le bras pour le rapprocher de toi et tu prends son visage entre tes mains pour mieux le voir. Pour mieux savoir. Mais tu ne trouves aucune réponse dans ses yeux. Simplement de la colère. Une colère que tu n’arrives pas à placer. Est-elle dirigée contre toi ? Contre lui ? Contre quelqu’un d’autre ? C’était si frustrant de ne pas savoir. Si frustrant de ne pouvoir lire dans ses pensées.  « Qu’est-ce qui t’es arrivé ? Même toi n’aurai pas agressé quelqu’un pour une bousculade. » Et tu es tellement certaine de ce que tu avances, que tu as également peur de t’être trompée sur toute la ligne pendant toutes ces années. Tu as l’impression que c’est tout ce que tu fais ce soir : tu as peur. Mais tu te sens incapable de prendre le taureau par les cornes. Tu es incapable de le forcer. Parce que certes tu as peur, mais tu as surtout peur de le perdre et si tu es bien incapable de faire quelque chose, c’est bien vivre sans lui. « Je comprends, si tu ne veux pas en parler. Mais dis-moi au moins si tu es en sécurité. Dis-moi que ce qui s’est passé ce soir, ne risque pas de te mettre encore plus dans la merde. »
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Sacha M. Kwon

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MessageSujet: Re: Highway to hell   Lun 20 Jan - 0:54

Elle n’avait pas bronché. Pas un mot, ni un mouvement. Mon émotivité n’avait d’égale que sa patience. Elle profita de cette qualité en guise de réponse à ma colère. Riley demeurait l’une des rares personnes à comprendre que je recherchais le conflit. Par tous les moyens, de toutes les façons. J’avais besoin qu’elle hurle, il fallait que je la mette dans un état d’énervement semblable au mien même si ses chances d’atteindre mon niveau étaient minimes. Elle ne rentrerait pas dans mon jeu. Elle était bien trop maline pour ça.

Son silence avait néanmoins des limites. Son amour l’aveuglait, ne la faisant pas toujours réagir comme il le faudrait. Elle se risqua alors à quelques sagesses. D’abord à travers un geste d’affection. Mes sourcils se reposèrent à la chaleur de ses paumes, mes paupières se déclinèrent en ressentant sa délicatesse et l’espace de ces quelques secondes durant lesquelles je baissais les armes, Riley s’apercevrait que l’autorité de ses caresses était en état de me rendre docile.

Et j’ai tout gâché. Une fois de plus.

« Pourtant, c’est exactement ce que j’ai fait. » Lui soufflai-je dans un sensible murmure proche de l’humanité. Et aussi vite, mes mains prièrent les siennes de se retirer. Je débloquai mon visage de son emprise mais comme enchainé au sol je m’éternisais près d’elle. Et si j’égorgeais le premier venu de sang-froid, devant elle, maintenant, est-ce qu’elle continuerait de proclamer mon innocence ?

Si Riley ne saisissait pas ma détresse, peut-être que la solution était de changer ma cible. « Arrête. » Lui sommai-je subitement. « Arrête d’être gentille avec moi Riley ! Arrête de me prendre par la main, de t’inquiéter pour moi ! » J’avais envie que ça cesse. Sa compassion, sa douceur... Elles me provoquaient des maux de tête à faire crier la peine que j’éprouvais. Je me reculai englobant mon front de ma main gauche pour respirer plus librement. A quoi je pensais à ce moment précis ? A lui faire du mal. A savoir quels mots seraient assez blessants pour qu’elle me gifle. Riley était venue me porter son aide. Imaginez un ours enragé. Un ours en colère, qui a mal car une épine lui fait endurer une atroce douleur à sa patte. Imaginez Riley espérant secourir cet ours. Vous pensez qu’elle en serait capable sans être blessée ? Vous imaginez cet animal la laisser s’approcher sans penser à la balafrer ?

Je détournai à nouveau mon regard sur elle. J’étais devenu plus las. « Regarde-moi... Regarde comme je te réponds... Tu prends mon visage dans tes mains et je te rejette. » Ca n’était qu’un regret de plus désormais. « C’est assez clair pour toi ? » Horriblement franc, mon regard la transperça. Blesser la personne que j’aimais le plus au monde, voilà à quoi j’en fus réduis. La perdre elle serait possiblement l’électrochoc qui me ressusciterait. Mon cœur et mon instinct, l’un existe alors que l’autre n’est qu’une projection espérée, malgré leur paradoxe, semblaient être d’accord. Une parfaite harmonie dans un contexte déchirant.

« J’en ai ma claque que tu me chaperonnes. » Concluai-je sur un ton méprisant. Lui laisser le temps de riposter lui offrirait un répit. Je n’admettrais pas qu’elle se batte parce que je lui en laissais l’opportunité. Il fallait qu’elle se sente ridicule et inutile. Il fallait que je la persuade qu’elle n’avait pas la moindre emprise sur moi. Plus aujourd’hui. Ainsi, je m’assurais de la heurter plus encore et avec un son plus rude, prononcé comme une sentence irrévocable, je lui infligeai ces quatre derniers mots : « Fous-moi la paix. »

Des mots que je regrettais aussitôt...

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MessageSujet: Re: Highway to hell   Mer 22 Jan - 21:51

C’est une torture, que d’être aussi près de lui. De là, tu aperçois les quelques restes du Sacha que tu connais tant, ce Sacha que tu aimes autant que tu le détestes. Tu le vois dans les traits de son visage qui ne s’adoucissent qu’un instant, sous tes gestes de tendresse. Tu le vois dans le regret qui s’affiche dans son regard, le temps d’une seconde. Mais sa posture est une posture de rejet et tu ne t’attends pas à autre chose lorsqu’il se dégage de ton emprise. Tu le laisses faire, pour éviter le conflit. Un conflit qu’il désire, mais qu’il n’obtiendra pas. Tu n’es pas femme de conflit, tu es femme de peu de mots, femme sur la touche qui préfère observer. Et Sacha le sait. Et tu sais, qu’il tentera par tous les moyens, de te faire sortir de tes gonds. Tu es sur la pente raide et tu le sais également. Il ne suffit que d’un mot. D’une phrase. Mais tu respires. Et tu retardes le moment fatal.

Qui est-il ? Qu’est-il devenu ? Mot après mot. Gifle après gifle. Ce n’est pas une trahison, ce n’est pas un coup de poing, c’est un coup de poignard. Ton regard ne peut se poser ailleurs que sur lui. Comprend-il seulement la douleur qu’il t’inflige ? Oui. Et ta douleur ne fait que s’amplifier lorsque tu comprends que tout est volontaire. Tout est pesé. Tout est prémédité. Et quelque chose se brise en toi. Quelque chose de si profond que tu ne peux l’identifier, mais tu le sens disparaître. Tu as toujours eu confiance en Sacha. Toujours su qu’il ne te ferait jamais aucun mal volontairement. Tu as toujours été là pour lui. Et l’humiliation est terrible. Tu sens quelque chose couler sur ta joue, le choc est si profond qu’il te faut lever la main et la poser sur ton visage pour que tu comprennes que tu pleures. Lorsque tu la laisses retomber à tes côtés, tu te redresses et tu lui tournes le dos.

Tu te sens pathétique. Ridicule. Et tu l’es. Pleurer pour si peu est risible. Mais ce n’est pas ce qui te touche le plus. Depuis le temps que tu sais que tu es pitoyable, cela ne te fait plus grand-chose, du moins, pas présentement. L’humiliation que tu ressens, cependant, te blesse plus que tu ne peux l’admettre. Tu sens la colère monter, tu sens ton cœur pomper ton sang à une vitesse vertigineuse, tu sens l’adrénaline se déverser dans tes veines et tu sens le vent souffler de manière anormale, l’air devenir irrespirable.

Une partie de toi espère qu’il s’étouffera.

Lorsque tu te retournes à nouveau pour lui faire face, il n’y a plus trace de larmes sur ton visage, ni de tendresse et d’inquiétude dans ton regard. Il voulait le conflit. Il voulait l’affrontement. L’autre partie de toi sait que tu le regretteras, mais encore une fois, comme si souvent dans votre relation, tu cèdes. La gifle part avant même que tu puisses contrôler ta force. « Tu te sens si petit que tu crois que tu ne mérites personne autour de toi ? » Les mots cinglent sans que tu ne puisses les peser, mais tu ne montres aucun regret. Tu n’en ressens aucun. « Félicitations, tu viens de rejeter la seule personne qui ne te jugera jamais. Sois petit Sacha. Deviens insignifiant et laisse tout le monde t’oublier, parce qu’après tout, tu ne mérites que ça. » Tu ne penses pas ce que tu dis, mais tu le dis quand même. Et tu le dis avec colère, une colère proche de la haine. Il t’a poussé à bout. A trahir ce que tu es au plus profond de toi. Tu lui en veux et tu laisses déferler toute ta rancœur. « J’ai passé la majeure partie de ma vie à te soutenir, j’aurai continué à le faire. Mais puisque tu veux la paix, je te la donne. Casse-toi Sacha. Sors de ma vue. Sors de ma vie. Et ne reviens jamais. »

Ta colère disparaît pour laisser sa place au désespoir. A cette peur terrible qui te tiraille les entrailles. « CASSE-TOI !!! » Tu hurles à pleins poumons et le vent siffle à tes oreilles. Comme pour cacher le son de ton supplice. Celui qui conjure à Sacha de ne pas t’écouter.
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Sacha M. Kwon

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MessageSujet: Re: Highway to hell   Ven 24 Jan - 13:43

Il y eut cette larme. Symbole du chagrin. Elle avait parcouru des années de fraternité. Je pris conscience que rien, absolument rien, n’avait su raisonner mon agressivité. Je m’étais employé à heurter ma sœur, à ce qu’elle copie ma rancœur. Je ne saurais expliquer pourquoi. Il fallait seulement que quelqu’un me déteste autant que je me détestais à cet instant. A défaut d’avoir un miroir que j’aurais fracassé, Riley fut celle que j’avais choisie pour être réceptacle de ma fureur. Il fallait que ce soit elle et personne d’autre. De tous les êtres sur Terre, elle était la seule sur qui je ne lèverai jamais la main. Mais la réciproque n’était pas vraie.

Il y eut cette gifle. Symbole de force. De toute ma putain d’existence, c’est bien la première fois où je ressentis instantanément les effets bénéfiques d’être corrigé. J’étais à nouveau ce petit mec déviant à la recherche d’une figure d’autorité. Riley jouait cette figure. Le visage détourné, l’expression toujours aussi haineuse, je ne pouvais plus me permettre d’affronter son regard après ça. La honte m’étouffait et surtout, ma capacité pourrait me faire agir contre ma volonté. C’était la première fois que Riley me frappait. C’était bien qu’elle se décide enfin à exprimer sa frustration. Je savais qu’elle m’aimait bien plus que quiconque mais je devais admettre que d’une certaine façon je lui ai pourri sa vie autant que je l’ai embellie. Aujourd’hui, je lui donnai cette occasion de me dire « merde ». J’aurais préféré qu’elle s’arrête là, malheureusement, dans la famille, il nous a toujours été difficile de savoir quand s’arrêter.

Il y eut ce cri. Symbole du désespoir. Pars, ne reviens jamais. Des mots difficiles à entendre et encore plus difficile à appliquer. Des mots plus douloureux encore que la claque. Lorsqu’elle me demanda de partir, je compris en réalité l’inverse. Et je m’y opposai sans le moindre doute. « Non. » Rétorquai-je succinctement.

J’étais assez mature pour voir que nous avions eu besoin de nous infliger ça. Moi parce que je me sentais mal dans ma peau et plutôt que de m’en prendre à moi-même, plutôt que de faire une connerie irréversible, j’avais préféré offenser Riley. Elle parce qu’elle ne méritait pas d’être traitée comme ça. Au contraire, c’était à moi de prendre soin d’elle, de lui apporter réconfort, affection et sécurité. Ce que je ferai mais pour l’heure, ma tension n’avait pas rechuté. Il serait ingrat de la prendre dans mes bras alors que j’avais refusé qu’elle me touche. Je ne pouvais pas me risquer à ce qu’elle me repousse physiquement. Je ne pourrais le supporter. Sauf si, au contraire, cela attiserait mon envie de la reconquérir.

Mes poings s’étaient contractés avant de se relâcher complètement. C’était fini. Je respirais de nouveau grâce à elle. Elle m’avait retiré mon épine même si le poison subsistait toujours en moi. Je le ressentais dans chaque organe, dans chaque parcelle de ma peau. Comme prévu, Riley ne s’en était pas sortie indemne. Comme à chaque fois lorsqu’elle me venait en aide, elle sacrifiait une partie de son âme.

Au final, tout ce mal était juste. Il était le juste retour d’un trop d’amour.

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Riley B. Clark


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MessageSujet: Re: Highway to hell   Sam 22 Mar - 20:02

Le vent s’apaise et ton cœur se brise un peu plus. Ta colère et ton désespoir s’éteignent, mais tu sais que ce n’est que provisoire. Tu sens la fatigue t’envahir soudainement et tu es obligée de te tenir à la voiture pour ne pas tomber. Ta tête tourne et ton estomac se retourne te donnant une nausée difficilement contrôlable. Ce n’est pas la première fois que le contrôle t’échappe, mais c’est la première fois depuis longtemps  que tu n’essayes pas de le retrouver immédiatement. Tu te sens vide, immensément soulagée, comme si toute l’énergie que tu viens de libérer t’avait enlevé un poids des épaules. Lorsque tu te tournes vers Sacha, tu sais que tu l’aurais frappé si tu en avais eu la force, si tu n’avais pas eu ce moment de faiblesse. Tu l’aurais frappé, comme il avait frappé cet homme. Tu l’aurais insulté. Tu aurais crié. Encore et encore, jusqu’à t’en briser la voix. Pour la première fois de ta vie, tu te rends compte d’à quel point Sacha t’es important. Tu te rends compte que sans lui, ta vie n’aurait aucun sens. Et tu lui en veux. Tu lui en veux parce qu’il sait et qu’il l’a fait exprès. Tu le détestes, tu le hais. Tu le hais tellement tu l’aimes.

Las, tu passes une main sur ton visage et tu t’empêches de pleurer. Tu en as assez de verser des larmes. Tu en as assez de laisser les gens te marcher dessus. Tu en as assez d’être faible. Et pourtant, face à lui, tu le seras toujours. Parce que ta famille est ta faiblesse et tu le sais depuis toujours. Le silence t’assourdit. Le bruit des conversations environnantes, le bruit des voitures qui passent te semblent trop loin pour que tu puisses les considérer comme des bruits. Tu n’entends que le silence dans ta tête. Hormis cette terrible voix qui ne cesse de te juger, qui ne cesse de te faire ressasser chaque parole, chaque geste, chaque pensée. Tu es tellement habituée à l’entendre, que tu sais l’ignorer. Et le silence t’alourdit. La légèreté d’il y a quelques secondes n’était déjà plus qu’un souvenir.

Sacha est resté. Tu vois ses poings se desserrer, mais tu n’es pas soulagée. Chaque minute qui passe te rappelle qu’il a voulu que tu réagisses de cette manière. Chaque seconde te rappelle qu’il a cherché à te briser. Chaque battement de ton cœur te rappelle qu’il a obtenu ce qu’il voulait. Le pire est que tu lui pardonnes, pour la simple et bonne raison que c’est Sacha.

Poussant un soupir, tu croises les bras sur ta poitrine. « Explique-moi ce que je suis censée faire, Sacha. Parce que je ne sais pas … Je ne peux pas te voir dans cet état et ne rien faire. » Tu fais passer une mèche de cheveux derrière ton oreille, puis tu souffles. « Je ne peux pas. » Le répéter t’est nécessaire. Tu as besoin qu’il comprenne, qu’il sache. Il peut te détruire de toutes les manières possibles et tenter de te reconstruire après, cela ne t’empêchera pas de continuer à t’inquiéter pour lui, de continuer à l’aimer, à vouloir le protéger. Contre qui ? Contre quoi ? Tu ne sais pas.

Tu sais simplement que tu l’aimes. Et au fond, ce n’est pas Sacha qui te détruit. C’est toi-même.
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Highway to hell

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