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 Pain is in my heart

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Sonny Malone

La Fille de vos Rêves… ou de vos Cauchemars

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MessageSujet: Pain is in my heart   Ven 17 Jan - 17:39



2 mai - matin

Mon plat avait refroidi… La table n’avait pas été débarrassée… les couverts n’avaient pas servi… et moi j’avais dû dormir à peine quatre heures en deux nuits. Tout avait été prêt pour accueillir mon fiancé et son meilleur ami. On aurait dû dîner comme une famille. Mais les heures s’étaient écoulées, et rien… ni personne. Je m’étais dit qu’ils ne devaient pas faire attention à l’heure, aussi avais-je appelé Remington. Mais rien. La nuit était tombée. Toujours rien. Puis le jour était venu et personne. Je ne saurais pas dire combien de fois j’avais tenté de le joindre mais rien à faire. J’imaginais le pire et je savais que cela avait un rapport avec son travail. Forcément. Il nous pourrissait la vie celui-là ! Mon cœur battait trop vite, j’avais mal au ventre, à ce ventre rond de six mois qui portait peut-être un orphelin. Aussi, le 1er mai, je me ruais à travers la ville, parcourant les hôpitaux. L’un après l’autre. Mais aucune trace de Remington. Rebelote le lendemain matin. Il était très tôt, si tôt par rapport à laquelle je me levais habituellement. Je venais de m’assoir sur un banc, à l’extérieur de l’une des cliniques de la ville, soupirant et laissant mes larmes couler quand mon téléphone se mit à sonner, révélant le nom de Kensie sur l’écran. J’inspirai profondément et tentai de répondre d’une voix la plus posée possible.

Etait-ce parce que je n’allais moi-même pas bien que je compris que son ton et ses mots cachaient quelque chose ? Je n’aurais su l’expliquer, mais j’avais l’impression que sous sa voix faussement enjouée, il y avait un secret, une chose non révélée… Elle voulait que je vienne auprès d’elle. Mon regard se perdit un instant dans le vide. Je cherchais Remington en vain. Et même si cela me faisait mal de l’admettre, il pouvait tout aussi bien surgir comme une fleur de n’importe quel coin de rue, ou ne jamais revenir, sans que je ne puisse rien y faire. Rien du tout. Alors que je pouvais être là pour Kensie. Et peut-être que la voir me permettrait d’oublier quelques instants la terreur qui était mienne.

« J’arrive, tu es chez toi ? Je peux être là dans un quart d’heure. »

J’avais pris la voiture de Remington pour faire mon périple, au moins, j’évitais la foule du métro dans mon état. Je démarrais, faisant rugir le moteur et imaginant très bien le regard lourd de reproches qu’il me jetterait. Kensie. Il fallait que je me concentre sur elle, sur ma meilleure amie. Je ne pus m’empêcher de repenser à ce temps où nous vivions toutes les deux sur le campus, où on allait en pyjama l’une chez l’autre pour regarder des séries dans le lit avec du popcorn, en planifiant de sales coups à jouer aux voisins. Aujourd’hui, je vivais dans une maison avec un homme et un futur bébé, et elle en collocation avec sa sœur et Emy… et cela était un très mauvais calcul. Tiens… d’ailleurs, Emy lui avait-elle raconté la mésaventure que nous avions eue à l’UCLA ? Je le lui demanderais en temps voulu.

Je garais la voiture près de l’entrée de l’immeuble où elle vivait désormais, me rendant compte que je n’y avais jamais mis les pieds. Nous nous retrouvions toujours sur le campus ou en ville, mais jamais chez nous. J’arpentais les couloirs, les découvrant sans passion. Puis je me retrouvai devant sa porte. Allez Sonny, ta meilleure amie est là, souris… c’est ça, souris. Je sonnais et tentai d’afficher un visage de circonstance. Quand elle ouvrit enfin, je fis un large sourire.

« Salut, je suis ta voisine et j’ai entendu que tu regardais Grey’s anatomy… Ah non, je te l’ai déjà faite celle-là. Tu me fais visiter même si je ne suis plus la fille sexy de notre rencontre ? »

Un fil. Juste un fil auquel se raccrocher. Je me raccrochais à elle, et j’espérais que ce fil ne se briserait pas.

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Kensie F. Lockwood

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MessageSujet: Re: Pain is in my heart   Sam 18 Jan - 15:11



Tic toc. Je n’avais pas d’horloge dans ma chambre, mais j’avais le bruit de la trotteuse coincé en tête. Je voyais les minutes passées et avec elles, les heures. Le soleil s’était couché et se lèverait sans que je n’aie fermé les yeux plus d’une seconde. Quelques heures auparavant, il aurait suffi que je cligne des yeux pour m’endormir. A présent, c’était à peine si je pouvais le faire. Emy était dans sa chambre et semblait avoir plus de chance que moi à ce sujet. J’espérais que c’était le cas. J’espérais qu’elle avait réussi à trouver le sommeil. J’espérais de tout mon cœur qu’elle avait réussi à trouver la paix, au moins pour quelques heures.

Lumière éteinte, je faisais passer mon téléphone de main en main, sans jamais lâcher la fenêtre du regard. Tic toc. Ce n’était pas un cauchemar. Depuis la mort d’Adam, je n’avais pas fermé les yeux et je continuais d’entendre le tir qui avait eu raison de lui. Je n’avais plus de larmes à pleurer, mais quelque chose en moi se brisait un peu plus à chaque fois que je l’entendais. A chaque fois que je revoyais le visage d’Adam après qu’il se soit écroulé à côté de moi. Je savais pourquoi. Et pourtant je n’arrivais même pas à être en colère contre lui. Tout était contre moi. J’avais osé lui donner le bénéfice du doute. J’avais osé penser qu’il partirait sans faire d’histoire – ou au moins sans tirer sur personne. J’avais osé oublier qui il était. Tout ça parce que Sonny lui faisait confiance. Un haut le cœur me fit me pencher en avant, mais rien ne sorti de ma bouche, pas même de la bile. Depuis quand n’avais-je pas manger ?

Penser à Sonny me rappelait que je ne l’avais pas encore appelée. Emy avait perdu son meilleur ami et je n’avais pas appelé la mienne. Une partie de moi ne le voulait pas. La voir ne ferait que me rappeler que son fiancé, le père de son enfant, venait de tuer Adam. Sous mes yeux. L’autre partie de moi ne voulait qu’elle à mes côtés. J’avais essayé d’être forte auprès d’Emy, mais être forte toute seule était mission impossible. Sans plus y réfléchir, j’appuyais sur le 4 de mon téléphone, mais la vue de l’horloge interne me fit hésiter. Il était tard et elle devait sûrement être en train de dormir. Je m’attendais à tomber sur sa messagerie et m’apprêtais à laisser un message, mais c’est sur sa voix que je tombais. Un soulagement auquel je ne m’attendais pas me donna presque envie de pleurer en l’entendant. Elle était en vie. Même si sa voix posée était aussi fausse que mon ton enjoué, j’étais soulagée. Et je ne voulais pas m’inquiéter de son problème au téléphone. Pas alors que je l’appelais à une heure pareille, pour l’inviter à l’appartement. 15 minutes. Où était-elle pour pouvoir être là aussi vite ? A peine avait-elle raccroché que j’oubliais la question. Mon égoïsme ne se souciait que de savoir qu’elle serait bientôt là. Et mon inquiétude me fit porter mes ongles à ma bouche. C’était quoi cette voix ?

Glissant mon téléphone dans ma poche, je sortais de ma chambre, en faisant attention à ne pas faire de bruit. Kelly devait dormir et Emy ne donnait plus signe de vie depuis que je l’avais mise au lit. Je ne voulais pas les réveiller. Je ne voulais pas les inquiéter. Arrivée à la cuisine, je posais mes mains sur le comptoir et laissais l’air traverser mon nez pour se réfugier dans mes poumons. Ca faisait mal, mais ça me rappelait que j’étais en vie. Et je fermais les yeux, pour les rouvrir immédiatement, sous la détonation. Il faudrait que j’aille à l’hôpital, histoire de soigner mon nez, mais c’était bien le cadet de mes soucis pour l’instant. Aaron devait être sur le chemin du retour, s’il n’était pas déjà arrivé. Il faudrait que je le voie. Aujourd’hui. Demain. Le plus tôt possible. J’avais beau lui avoir parlé hier – avant-hier ? Quel jour étions-nous ? – ce n’était pas suffisant.

Un quart d’heure devaient avoir passé sans que je ne m’en rende compte, parce que la sonnette me surpris. Et je me précipitais vers la porte d’entrée. Autant pour voir Sonny que pour l’empêcher de sonner une deuxième fois. Je savais que je ne ressemblais à rien, que mon nez devait encore avoir enflé, j’avais oublié de mettre de la glace, mais je m’en fichais. J’ouvrais la porte pour m’apercevoir que son sourire était aussi faux que sa voix tout à l’heure. Je laissais mon regard l’inspecter de la tête aux pieds. Elle ne semblait avoir aucun problème physique, si on oubliait qu’elle était en cloque. Alors qu’est-ce qui n’allait pas ?

Je laissais un maigre sourire s’afficher sur mon visage et la prenait par le poignet pour la forcer à entrer avant de poser mes lèvres sur les siennes dans un baiser qui n’avait aucune signification autre que j’étais simplement heureuse de la voir. Et je l’entourais de mes bras. « Cuisine à ta droite, salon/salle à manger à ta gauche, chambres, salle de bain et toilettes dans le couloir derrière moi. » Je ne voulais pas risquer une vraie visite pendant que les filles dormaient « Les DVDs de Grey’s Anatomy sont sous la télé, y a des pop-corns dans un placard et tu sais que tu seras toujours la plus sexy à mes yeux. » Même avec le gosse du meurtrier d’un ami dans ton bide. Je fermais les yeux et laissais une larme que je ne pensais pas avoir, couler. La détonation qui retentit dans ma tête me les fit rouvrir immédiatement et je m’écartais de Sonny. « Ca va ? T’avais l’air flippé au téléphone. » M’inquiéter pour elle était tout ce que je pouvais faire pour ne pas m’effondrer dans ses bras et pleurer toutes les larmes de mon corps. J’avais besoin d’être sa meilleure amie, plus que je n’avais besoin de ma meilleure amie.
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Sonny Malone

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MessageSujet: Re: Pain is in my heart   Sam 18 Jan - 21:08

J’avais besoin de me raccrocher à quelque chose, à quelqu’un, à elle. J’avais l’impression – sans avoir la moindre preuve – que mon monde était en train de s’écrouler. Mais je devais garder la tête haute. M’écrouler, ça, je savais faire, et si mes craintes se confirmaient, je risquais de me retrouver dans un pire état que lorsque j’avais découvert la mort de ma mère. Néanmoins, je voulais m’illusionner. Je voulais croire que je me trompais, que ma vie était toujours sur les rails, et Kensie était l’un d’eux. Je tentai alors un brin d’humour quand elle ouvrit la porte mais une nouvelle fois, mais comme d’habitude, mes mots étaient sortis bien trop vite, bien avant que mon cerveau ne percute.

Ma Kensie, elle semblait blessée, comme si quelqu’un lui avait mis un coup de poing en plein visage. Son nez était gonflé, rougi et surtout, elle semblait comme éteinte. Et cela n’était pas normal. Car Kensie était le feu, l’étincelle, la vie. Mais peut-être que je ne voulais pas le voir, que je voulais vivre dans ce monde merveilleux où jamais rien de mauvais n’arrivait. J’avais besoin de cela, d’un bon gros mensonge, d’une utopie. D’un rêve ? Après tout il était quoi ? A peine passé cinq heures du matin. Peut-être que nous dormions encore. Peut-être que je me réveillerai dans mon lit. Allez, à quoi bon faire semblant, moi-même je n’y croyais pas. La réalité était notre cauchemar permanent. Je ne posais même pas de question sur son état. Je faisais une bien piètre amie mais j’avais si peur que la réalité s’impose à moi que je voulais me leurrer, ne rien voir, encore quelques secondes. Je me laissais entrainer à l’intérieur et acceptais son baiser sans chercher à le fuir. Entre nous, c’était ainsi, la marque de notre amitié, notre salut. Quand elle me prit dans ses bras, je resserrais brièvement mon étreinte, comme si j’avais à la fois peur de la briser et peur qu’elle ne m’échappe. Et je me rendais compte à cet instant que j’avais été une menteuse. Je l’avais encouragée à partir, pour s’adonner à la danse. La vérité était que si elle partait, surtout maintenant, je ne m’en remettrais pas. Aujourd’hui, elle était le fil qui me maintenait debout, qui me permettait de continuer et d’accepter les minutes de cette journée qui s’écoulait.

Mon regard suivi machinalement ce qu’elle me montrait. En réalité, je n’imprimais rien du tout, mais elle avait l’air d’être bien ici. Et elle n’était pas seule. Ça, c’était une chose extraordinaire. Elle n’était pas seule. Et cela me rassurait. Mes yeux se reportèrent sur elle, et j’eus un sourire tendre quand elle me révéla l’emplacement des popcorns, des DVDs et qu’elle prétendit que j’étais sexy… Tu parles, avec un ventre de six mois ! Mais nous étions là, à encore être capables de dire des bêtises, même si le cœur n’y était pas.

Elle me lâcha d’un coup et je ressentis comme un grand vide en moi. Ma gorge se serra quand je compris qu’elle n’était pas dupe, que je n’avais pas réussi à faire semblant devant elle. Je dus attendre quelques instants… J’étais incapable de mettre des mots sur ce qui me terrifiait. D’une part parce que c’était Rem et que je savais que je ferais du mal à Kensie si je lui en parlais. D’autre part parce que je m’inquiétais peut-être pour rien. Et surtout parce que j’avais pertinemment conscience que je m’effondrerai en larmes si j’en parlais. Et par conséquent, je ne pourrais pas  être là pour elle, alors qu’elle en avait visiblement besoin.

« Je n’ai pas beaucoup dormi ces derniers temps… Mais peu importe, je dormirai la nuit prochaine ! »

Oui, je tentais d’éluder la question. Oui, je fuyais, comme d’habitude. Je n’avais pas envie d’être courageuse. Je pris la main de Kensie dans la mienne et l’attirai vers le canapé, la forçant à s’assoir  avec moi car je savais que si je n’étais pas en état – du fait de la fatigue et de la grossesse – de rester debout bien longtemps, elle ne l’était guère plus. Ma main libre se posa sur sa joue et mon pouce caressa doucement sa peau.

« Si moi j’ai une drôle de voix, toi, quelqu’un t’a fait du mal. Kensie… L’heure qu’il est… ton visage… Qu’est-ce qui s’est passé ? Tu as mangé quelque chose au moins aujourd’hui ? »

J’étais prête à lui préparer quelque chose, même si la simple odeur risquait de me donner la nausée. Elle me paraissait si faible, si fatiguée… c’était l’hôpital qui se foutait de la charité, mais je me fichais de moi, il fallait qu’elle se vide de ce qu’elle cachait, qu’elle soulage son cœur.


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MessageSujet: Re: Pain is in my heart   Dim 19 Jan - 2:35

J’avais raison. Voir Sonny me rappelait que Remington avait à nouveau frappé. Mon incompréhension était de retour. Comment pouvait-elle lui faire confiance ? Comment pouvait-elle aimer un homme pareil ? Un assassin ? Le meurtrier d’Adam. J’avais tellement besoin de penser à autre chose. Tellement besoin d’oublier. J’en avais envie de boire et de danser, mais boire ne résoudrait rien et danser m’était impossible dans mon état actuel. J’avais besoin qu’elle me parle. J’avais besoin qu’elle me laisse m’occuper d’elle. Mais quelque chose me disait que son état avait tout à voir avec lui. Je le voyais sur son visage. C’était lui. Qu’avait-il fait d’autre ? Tuer Adam n’était pas suffisant ? Il fallait qu’il fasse du mal à Sonny aussi ? Elle était enceinte, elle avait besoin de dormir et cet enfoiré l’en empêchait. Comment ? Je ne voulais pas le savoir. Savoir qu’il était responsable de la détresse de ma meilleure amie était suffisant pour me mettre en rogne. Raviver la colère que j’éprouvais contre lui et contre moi. Il avait appuyé sur la gâchette, j’avais fuie. Mais je me taisais, je la laissais me traîner vers le canapé et je laissais mes yeux se fermer, lorsque son pouce me caressa la joue. Quelques fractions de seconde seulement. Le temps que la détonation retentisse dans ma boite crânienne. Et je les rouvrais soudainement. A l’instant même où elle prenait le rôle de la meilleure amie qui voulait tout entendre. Mais le pouvait-elle ?

Je laissais nos regards se croiser, lui montrais volontairement l’étendue des dégâts. J’avais besoin de parler à quelqu’un. Quelqu’un qui n’avait pas participé à ce cauchemar. Quelqu’un qui ne savait pas et qui me dirait que je n’avais pas agi comme une lâche. J’avais besoin de pleurer, mais je n’en avais pas envie. J’avais besoin de tellement de choses au fond, que je ne savais même plus quoi faire. J’avais besoin de lui dire qu’Adam avait été tué. Par son fiancé. Par le père de son enfant. Par l’homme qui m’avait sauvé la vie. Mais je ne le pouvais pas. Je ne pouvais pas me résoudre à le faire. Je ne voulais pas être celle qui lui dirait que nous avions tous raison de nous méfier de lui. Parce que je n’avais pas eu raison. Parce que j’avais osé lui faire confiance. Une fraction de seconde. Le temps qu’il lui a fallu pour mettre fin à la vie d’Adam. Adam. Les yeux embués de larmes que je ne pleurerai pas, je baissais la tête.

« Je … je sais pas. Je sais pas, peut-être. J’ai dû boire de l’eau tout à l’heure. Je sais pas. » Passant une main sur mon visage je ravivais la douleur de mon nez. J’avais besoin de réfléchir, de me rappeler que j’étais en vie. « Genetic nous a attaqué. Le QG est en ruines … Adam est mort … » Et je posais ma main sur ma bouche pour bloquer un sanglot. « Dean, Soraya et Wyatt. Un gosse de cinq ans. Ils sont tous morts ! » J’avais l’impression d’étouffer. L’envie soit damnée, le besoin avait repris le dessus et comme je l’avais prédit, je m’effondrais. J’avais tenu bon pour Emy, mais je ne le pouvais plus. Sonny savait à quel point j’étais attachée à eux. Elle les connaissait tous. Et comme Emy, elle avait été proche de Wyatt. J’aurais voulu le lui apprendre d’une autre manière. J’aurais voulu être plus forte.

Les larmes coulaient sans s’arrêter, mais je me retenais de sangloter. Je ne pouvais pas réveiller les filles. Je devais garder le contrôle. Un minimum de contrôle. Ne pas laisser le désespoir m’envahir. Et pourtant … « Adam est mort et c’est de ma faute. Je n’ai pas essayé de le sauver. Je l’ai laissé là, avec une balle dans le ventre, à se vider de son sang, mais je ne pouvais pas … Sonny je ne pouvais pas revivre ça ! » De désespoir, je cherchais à nouveau son regard. J’avais besoin qu’elle comprenne. Je ne pouvais pas revivre la mort de Bryton. Je ne pouvais plus. Moi qui commençais à faire mon deuil, avec des années de retard, revivre son meurtre encore une fois m’aurait rendue folle. Mais la culpabilité me rongeait les veines, la colère me rendait malade et le désespoir me noyait les entrailles. « Ils sont tous morts et moi je n’ai qu’un nez cassé. » Impulsivement, je lui prenais le poignet et je commençais à serrer. Sans comprendre pourquoi. « C’est pas juste. » Mais depuis quand y a-t-il une justice dans ce monde ?
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MessageSujet: Re: Pain is in my heart   Dim 19 Jan - 19:20

Nous avions vécu tellement de choses, tellement d’épreuves elle et moi. C’était à se demander si nous avions réellement eu des moments de répit, car ils étaient passés en un battement de cil. Si moi je m’inquiétais pour une chose qui n’existait peut-être pas, elle, en revanche, elle avait bien enduré une épreuve. Une épreuve à la fois physique et mentale. Nous aurions dû travailler ensemble. Nous aurions dû être en équipe, si la vie en avait décidé autrement. Si je n’avais pas quitté Genome. Si je n’avais pas été enceinte. J’aurais certainement été auprès d’elle ce soir. J’aurais été là pour supporter ce qu’elle avait affronté, même si j’ignorais toujours ce dont il s’agissait. J’ignorais si j’étais assez forte pour tout entendre, j’ignorais si j’étais assez forte pour trouver les mots, mais pour l’instant, ce n’était pas moi qui comptait, mais elle. Elle avait besoin d’extérioriser ce qu’elle gardait au plus profond de son être et qui menaçait de la déborder. Mon rôle consistait en cela : la laisser ouvrir les vannes et ne pas me laisser submerger par le flot. Elle devait se sentir en sécurité, elle devait comprendre qu’elle n’était pas seule, aussi, je ne la brusquais pas, me contentant d’être là, de la guider tout doucement, lentement, vers la confession.

Quand elle m’avoua m’avoir seulement bu de l’eau, je me levai, prenant la direction des placards. Il fallait qu’elle mange, qu’elle reprenne des forces, et ce n’était pas en buvant de l’eau que cela fonctionnerait. Mais au moment oui je venais d’ouvrir le placard contenant le popcorn, ses mots me percutèrent de plein fouet. Je fus comme paralysée, mon bras suspendus en l’air, les yeux écarquillés... J’en aurais perdu les eaux, cela ne m’aurais même pas étonnée. Je me retournai d’un mouvement sec. Genome attaqué ? Des morts ? Genetic les avait trouvés et c’était eux qui l’avaient mise dans cet état. Ils avaient détruit le domaine, ils avaient gâché Halloween, ils nous avaient traqués jusque dans les couloirs de la fac et maintenant, ils avaient réduit Genome à néant ? J’avais dit à Ross qu’ils nous trouveraient ! Nous… non, je n’avais pas le droit de dire cela, puisque je les avais laissés.

J’avançai, au ralenti, alors qu’elle reprenait son récit. Un pas après l’autre, un nom après l’autre. Dean était mort. Premier coup… mon ami, celui qui avait dit qu’il me protégerait, mon bébé et moi, mort. Deuxième coup… Soraya, avec qui j’avais échangé des conseils sur le tir à l’arc…

Coup fatal.

« Non ! »

Ma main se colla sur ma bouche et mes yeux s’emplirent instantanément de larmes. Pas ce petit con ? Ils n’avaient pas osé me prendre ce petit con, mon frère ? Je n’entendis même pas sa phrase sur un gosse ou je ne sais pas quoi. Dean… Wyatt… Wyatt… c’était lui qui m’avait récupérée quand j’avais découvert la pièce de Remington. C’était parce qu’il m’avait posé un lapin que je m’étais réconciliée avec le père de mon enfant. Lui encore qui m’avait soutenue… Ma main remonta jusqu’à mes yeux. Je ne voulais plus rien voir, plus rien vivre de cette journée, de cette vie. J’éclatai en sanglots, respirant bruyamment. J’oubliai presque tout autour de moi. Je n’étais pas chez moi, nous n’étions pas seules, mais j’étais incapable de récupérer un rythme respiratoire régulier. Le seul fil qui me raccrocha à la réalité, ce fut sa voix. Ses mots me paraissaient lointains, mais ils parvenaient jusqu’à moi.

Je compris. Immédiatement. Ma main se baissa, et mes yeux rougis et gonflés rencontrèrent les siens. Après Bryton, elle avait dû de nouveau affronter sa crainte et sa terreur la plus profonde. Je n’étais plus à quelques centimètres d’elle, incapable de dire quoi que ce soit. Quand elle m’agrippa fermement et douloureusement le poignet, je me laissai tomber à genoux devant elle, et la pris dans mes bras, la serrant contre moi, ses genoux s’enfonçant dans mon ventre sans que je n’y prête attention.

« J’ai un nez aussi moche que le tien sans y avoir été… Kensie… Je suis contente que tu n’aies qu’un nez cassé. Qu’est-ce que j’aurais fait s’ils t’avaient arrachée à moi ? Tu ne pouvais pas le soigner. Tu ne pouvais pas le sauver. Mais en te sauvant toi, tu m’as sauvée, parce que je ne sais pas ce que j’aurais fait sans toi. Dean… Wyatt… je ne sais déjà pas comment on va s’en tirer mais on est ensemble. Si en plus tu n’étais plus là, je…”

Ma voix se brisa dans un sanglot. J’étais triste, j’avais mal, et surtout, j’étais en colère. J’aurais dû être là-bas, avec eux… Genetic avait recommencé, comme au temps du Domaine. Ils m’avaient pris mes frères et sœurs. Où s’arrêteront-ils ?

« On les vengera Kensie. Je ne sais pas comment, je ne sais pas quand, mais je te jure qu’on les vengera. J’ai passé l’éponge une fois, mais maintenant c’est fini. Je les empêcherai de dormir, je vais les hanter jusqu’à ce qu’ils en deviennent dingues, et on les tuera. On les tuera. »

Ma voix était glaciale. J’étais plus que sérieuse et déterminée. Il me suffisait d’un nom de membre de Genetic, que je le côtoie un peu, histoire de m’imprégner de son aura et je le retrouverai, avec mon don, je le torturerai. Dès que mon bébé sera né, ils nous le paieront, au prix fort.

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MessageSujet: Re: Pain is in my heart   Lun 20 Jan - 11:08

Sa réaction fut comme un coup de poing en pleine poitrine. Je n’arrivais plus à respirer. Je revoyais Emy, dévastée. Je n’avais pas été présente pour la mort de Wyatt, mais je savais qu’il était mort en sauvant quelqu’un. Maigre consolation. Wyatt était mort en héros, mais il était mort et sans la voir, je sentais et j’entendais la détresse de Sonny. Et ça me faisait encore plus mal. J’aurai donné ma vie pour sauver l’un d’eux. J’aurai donné ma vie pour tous les sauver. J’aurai donné ma vie pour ne pas avoir à lui annoncer la nouvelle, pour ne pas être celle qui lui faisait aussi mal. Parce que je ne voulais plus jamais, plus jamais, faire de mal à Sonny. C’était pour ça que je n’avais pas persévéré face à Remington. C’était raté. Comme si l’annonce n’avait pas été suffisante, voilà que je lui serrais le poignet de manière incontrôlable. Comme si mes muscles avaient une conscience qui leur était propre. J’étais incapable de desserrer les doigts. Incapable de faire fonctionner mon bras. Elle se laissa tomber devant moi et je sentais son ventre contre mes genoux, lorsqu’elle me prit dans ses bras. Je grimaçais, je ne voulais pas faire de mal au bébé non plus. Je ne voulais plus faire de mal à personne.  

Chacune de ses paroles ne faisait qu’empirer la situation. Parce qu’elle croyait que c’était Genetic qui avait tué Adam. Parce qu’elle croyait que je m’étais sauvée. Et je ne pouvais pas lui dire le contraire. Je ne pouvais pas parler. Je ne pouvais lui révéler la vérité. Je ne pouvais pas être celle qui … Je ne pouvais pas lui dire que c’était Remington qui avait tué Adam. Je ne pouvais pas lui dire que je l’avais poursuivie. Je ne pouvais pas lui dire qu’il avait armé son flingue dans ma direction. Qu’il aurait tiré si le bâtiment ne s’était pas effondré. Je ne pouvais pas lui dire. Je ne pouvais pas lui faire de mal. Je ne … Je ne pouvais pas lui dire que Jeremy avait essayé de m’emmener chez Genetic et que je l’avais brûlé. Elle connaissait tout le monde. Et je n’étais pas capable de lui révéler tout ce que j’avais appris. J’étais incapable de tout.

Mais lorsqu’elle continua, sa voix me fit l’effet d’un électrochoc. Après tout ce qui s’était passé, entendre Sonny parler d’une telle manière, l’entendre dire de telles choses ne m’était pas supportable. La vengeance n’engendrerait que la vengeance et il ne fallait jamais commencer. Nous n’étions pas les seuls à avoir perdu des équipiers, des amis, de la famille. Nous n’étions jamais seuls. Secouant la tête, je m’écartais d’elle pour me laisser tomber à genoux également, pour être à son niveau, pour mieux la voir, pour mieux me faire entendre. « La vengeance ne les ramènera pas Sonny. » Je parlais d’une voix si basse que j’avais peur qu’elle ne m’entende pas. « Ca ne ferait qu’empirer les choses. » J’en avais envie aussi. Dieu seul savait que j’avais envie de tuer Remington. Dieu seul savait que je ne l’avais pas fait pour elle. Et je ne pouvais pas appuyer mon propos par cet exemple. « Ce n’est pas Genetic qui a tué Adam. » Reniflant, je laissais mon doigt caresser sa joue. « C’est Genetic qui a tué les autres, mais Adam ? » J'inspirais douloureusement. « Adam a été tué par l’Agence » Je ne pouvais pas donner le nom de Remington. Mais je pouvais donner le nom de l'Agence. Une nouvelle vague de larmes coula sur mes joues. Je n’avais pas fermé les yeux, mais j’avais entendu la détonation et j’étais si fatiguée. Si épuisée de l’entendre.

Je ne quittais pas Sonny du regard. Je ne pouvais pas la lâcher un seul instant. Parce que j’essayais de lui faire comprendre ce que je ne pouvais pas lui dire. Elle ne pouvait pas se venger. Il y avait eu suffisamment de morts comme ça. Et je ne pouvais pas venger Adam. Parce que le venger signifiait tuer l’homme qu’elle aimait.  
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MessageSujet: Re: Pain is in my heart   Mar 21 Jan - 18:34

J’avais tellement de mal à réaliser… Ce petit con était mort… alors que je l’imaginais déjà apprendre à mon fils ou à ma fille à faire une tonne de bêtise qui m’auraient fait enrager. Et je voyais déjà son sourire satisfait sur son visage. Mais il ne rencontrerait jamais mon enfant. Il ne lui apprendrait jamais à me rendre dingue. Il ne ferait plus jamais de blague pourrie. Mes frères et sœurs du Domaine, ma mère, Maggie, Dean, Wyatt…. Combien d’êtres allais-je encore perdre ? Combien de morts autour de moi ? J’avais besoin de ma meilleure amie, besoin de la sentir vivante entre mes bras. Je ne voulais plus perdre de proches et surtout, je désirais plus que tout que Genetic paye enfin.

Qu’avaient-ils à gagner à tuer des gosses ? Se sentaient-ils plus virils ? Ils avaient vraiment besoin de ça ? Mais merde à la fin, on n’était que des gamins ! Il fallait qu’ils payent, il fallait que quelqu’un les fasse souffrir comme ils nous torturaient. J’étais restée en retrait, pour soit disant protéger ma famille. Mais ma famille venait d’en prendre un coup, et je ne devais pas me leurrer, ma fille ou mon fils ne serait jamais en sécurité tant que cette guerre et ces assassins ne seraient pas stoppés. Pour mon enfant, pour Kensie, pour Wyatt, il fallait agir, il fallait que je prenne part à cette lutte qui ébranlait Los Angeles.

Je sentis le corps de Kensie glisser. Elle se mit à genoux, au sol, comme moi. Je la regardais et je ne doutais pas un seul instant que si mes yeux étaient rougis par le chagrin, mes pupilles devaient être d’un noir de jais. J’étais déterminée, cette fois, ils avaient fait trop de mal à ma famille. Je grimaçai lorsqu’elle m’affirma que cela ne les ramènerait pas. Que croyait-elle ? Que j’étais naïve à ce point ? Bien sûr que non, ils ne reviendraient jamais. Je le savais bien, mais les responsables auraient payé et c’était tout ce qui comptait.

« Empirer ? Ça ne peut pas être pire Kensie. Ils ont détruit encore un refuge, ils ont tué les nôtres. Si on ne les arrête pas… »

Qui pouvait dire jusqu’où ils nous traqueraient ?

« Kensie, jusque sur le campus… Harwell… je me suis battue avec lui à la fac même, ils ne s’arrêteront pas si on ne fait rien… »

Est-ce que nous étions vraiment en train d’avoir ce débat ? Maintenant, à cette heure-ci, dans ces conditions ? Je ne comprenais rien à son revirement. J’aurais cru qu’elle serait la première à vouloir réagir, qu’elle voudrait détruire leur QG, comme ils avaient détruit le sien. Et que racontait-elle ? Genetic, pas Genetic ? Je plissai les yeux, ne prêtant même pas attention à son doigt qui caressait ma joue, cela ne m’apaiser aucunement à cet instant précis.

« Mais qu’est-ce que tu racontes ? »

L’Agence ? Mais c’était quoi cette nouvelle invention maintenant ? Genetic, l’Agence, on était où là ? Je ne comprenais rien, je ne voulais pas comprendre de toute façon. J’avais mal, mal et ça emplissait tout mon être qu’une fois encore Genetic me prenne ceux qui comptaient pour moi.

« Mais c’est Genetic qui a mené l’attaque, c’est ce que tu as dit ! Kensie j’en ai marre ! Je veux que mon enfant soit en sécurité, je veux que tu sois en sécurité, il faut qu’on fasse quelque chose, je ne sais pas quoi mais il faut absolument qu’on fasse quelque chose. Ils ont incendié le domaine où j’ai grandi, où il n’y avait que des enfants mutants, et ils ont remis ça ! Je ne sais pas ce qu’on peut faire, mais on ne peut pas rester les bras croisés ! »

Et comme s’il était d’accord avec moi, le bébé donna un coup violent dans mon ventre. Kensie l’avait peut-être senti, en tout cas, moi, je savais bien qu’il n’était pas content.

Je pleurais, comme une idiote, alors que cela ne servait à rien. Je voulais juste vivre en paix, seulement en paix…

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MessageSujet: Re: Pain is in my heart   Mer 12 Mar - 16:54

Chacun de ses mots était un nouveau coup de poignard. Un coup que je devais ravaler, une blessure que je devais cacher, une douleur que même celle qui élançait mon nez ne pouvait égaler. Elle ne m’entendait pas. Elle m’écoutait, mais elle ne m’entendait pas et comment le pouvait-elle ? C’était un tout nouveau puzzle que je lui présentais. Un puzzle qui lui avait été caché par Remington et que Genome venait seulement de découvrir. Elle n’était au courant de rien et cela avait été stupide de ma part, de penser que Connard lui aurait dévoilé son affiliation. Je lâchais un nouveau sanglot, sans le vouloir et je fermais les yeux pour ne pas qu’elle voit tout le mal qu’elle me faisait. Le coup de feu fut si réel que je me roulais en boule sur le sol et plaquais mes mains sur mes oreilles. « Stop ! » Un murmure, un simple murmure, mais j’aurai pu le crier, rien n’aurait changé.

Tremblante, j’ouvrais les yeux au moment même où ma sœur sortait du couloir. Le claquement de sa porte avait été suffisant pour me faire paniquer et la réalisation ne fit que me faire trembler encore plus. Un vent de colère balaya toute la peur et la tristesse que je pouvais ressentir. Je bouillonnais de rage et si je n’étais pas encore scotchée au sol, je l’aurai baffée. Si j’avais eu un briquet dans la main, je l’aurai attaquée. Si j’avais eu la force de crier, j’aurai hurlé. Si j’avais pu faire quoique ce soit, je l’aurais fait, mais je ne pouvais que reprendre mon souffle.

Son regard croisa le mien et je vis l’incompréhension, l’inquiétude dans ses yeux avant qu’ils n’aillent se poser sur Sonny à côté de moi. « Claque la porte plus fort, la Chine t’as pas entendue ! » Sèche, agressive, emplie d’un venin que je ne pensais pas posséder, ma voix traduisait ma colère de manière plus efficace que mon langage corporel ou mes mots. Corps encore tremblant, je me relevais et forçais Sonny à m’imiter. « Kensie, qu’est-ce qu… » « Pas maintenant ! » Doigt levé pour lui intimer de se taire, je prenais la main de Sonny dans ma main libre et l’entraînais dans le couloir.  « Kensie ! » « J’ai dis, pas maintenant ! » Je savais qu’il fallait que je lui parle, qu’il fallait que j’arrête de toujours la repousser quand les choses allaient mal, mais je devais surtout rester éloignée lorsqu’elle me foutait en rogne, où les choses finiraient mal.

Lâchant la main de Sonny, je la suivais dans ma chambre. Elle était rangée, pour une fois, c’était déjà ça. J’étais libre de faire les cent pas, libre me torturer les mains, libre de donner l’impression d’être comme un lion en cage. Je sentais encore mon cœur cogner dans ma poitrine et l’adrénaline continuait de me faire trembler. Je n’arrivais plus à réfléchir, je n’arrivais plus à saisir les morceaux d’informations de ma mémoire pour pouvoir les donner à Sonny. Je ne pouvais rien faire d’autre que des allers et retours, sans me rendre compte que les larmes ruisselaient sur mes joues. Terrorisée. J’étais terrorisée et je continuais de repousser la personne qui pourrait me rassurer. Je crevais d’envie de me précipiter dans les bras de Kelly, mais l’élan d’affection finirait en dispute et Sonny avait besoin de réponses. Des réponses que je n’arrivais pas à lui apporter parce que je n’arrivais pas à réfléchir.

Prenant mon nez entre mon index et mon pouce, je serrais le plus fort possible dans l’espoir que la douleur me calme. Cela ne me fit qu’exprimer ma douleur dans un « Putain » théâtral. « Adam est mort. » Et je m’arrêtais net. Cette phrase me brisait le cœur, mais elle me ramenait à la raison et je me laissais glisser contre le mur, jusqu’à ce que mes fesses touchent le sol.

« Genetic ne s’arrêtera jamais, non. Et tant que Genetic existera, Genome fera tout pour leur mettre des bâtons dans les roues. On existe pour les saboter. Mais il n’y a pas qu’eux qu’il faut éliminer. » Je soufflais pour me donner du courage. « Ca remonte à quelques mois. Je ne sais pas quand, exactement, j’étais malade à ce moment-là. » Je tournais mon regard vers elle, pour m’assurer qu’elle se souvenait de cet épisode. L’épisode où j’avais failli mourir pour la deuxième fois en deux mois. « Un mec a proposé un marché : l’antidote pour des services. Il dirige une organisation qui s’appelle l’Agence, une sorte de mafia, je sais pas, un truc pas net quoi. Emy et Adam s’en sont sortis grâce à ça. » Un rire noir s’échappa de ma gorge. Ils avaient sauvé Adam, pour le tuer quelques mois plus tard. J’avalais un nouveau sanglot. « Kelly et moi aussi. Et c’est pour leur rendre service qu’Emy s’est retrouvée à la fac. » Je ne connaissais pas les détails de l’histoire, mais je savais qu’Emy et Sonny avaient manqué de mourir là-bas. Je n’avais pas besoin d’en savoir plus.

« Quand Genetic a attaqué, l’Agence était présente aussi. » J’appuyais mon regard sur Sonny. Je ne pouvais pas lui dire que Remington en faisait partie. J’avais besoin qu’elle le comprenne d’elle-même. « Quand leur homme s’est révélé, il n’a pas eu l’air de vouloir trop d’histoire. On était trop obnubilé par Jer … l’agent de Genetic qui nous attaquait pour vraiment se soucier d’un homme qui ne faisait que demander s’il pouvait partir. Sauf qu’au moment de partir, il a sorti son flingue et a tiré sur Adam, puis sur moi. J’ai évité la balle de justesse, mais Adam a été touché au ventre. » Mes yeux étaient toujours sur Sonny, mais je ne la voyais plus. Je ne voyais plus que la scène qui se déroulait dans ma tête. « Tu me connais. Je pouvais pas … » Je m’étranglais rien qu’en me revoyant courir après Remington. « J’ai laissé Capucine s’occuper d’Adam et le protéger de Jeremy. » Les noms étaient dévoilés et je m’en voulais. Bien moins que pour la mort d’Adam, mais je m’en voulais quand même. « Je lui ai couru après. Il m’a évitée quand j’ai voulu le plaquer et je suis tombée. Il m’avait enjoue, je l’ai brûlé à la main pour lui faire lâcher son arme. J’ai essayé de la récupérer et il m’a frappé avec son pied, d’où mon nez. Il allait tirer quand le bâtiment a commencé à s’effondrer. Jeremy a essayé de m’aider. Mais en sachant qu’il voulait m’enlever, j’ai préféré me retourner contre lui. » Je passais une main sur mon visage pour sécher mes larmes, ravivant la douleur de mon nez au passage.

« J’ai laissé Capucine seule pour me battre contre quelqu’un que je ne pouvais pas tuer. J’en avais envie, Sonny. J’en crève d’envie. » Je clignais des yeux et la scène s’évapora, ne me laissant plus que la vue de ma meilleure amie, enceinte du meurtrier d’Adam. « J’aurais voulu le faire brûler, comme j’ai laissé brûler Carl et Santos. Je veux qu’il meurt, qu’il paye ! » Je levais la voix, petit à petit, mais elle se brisa sur le dernier mot. « Mais ça ne peut pas venir de moi. » Je la suppliais du regard. Je la suppliais de comprendre ce que je ne disais pas. Je la suppliais de m’entendre.
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MessageSujet: Re: Pain is in my heart   Jeu 20 Mar - 11:59

La voir ainsi m’effrayait. Apprendre la destruction de Genome et la mort de… leur mort m’avait mise dans une rage que j’avais oubliée. Mais Kensie… Elle semblait si abattue, comme s’il n’y avait même plus une once de colère en elle pour la maintenir debout. La différence, et je ne devais pas l’oublier, c’est qu’elle, elle avait vécu cela. Elle avait été aux premières loges, elle avait été au cœur de la tempête. Moi… j’avais passé la nuit chez moi. Morte d’inquiétude, mais en sécurité. Peut-être que les choses et mes réactions auraient été différentes si j’avais été là, et que moi aussi j’avais vécu les choses en direct et non dans un récit après coup. Quand j’avais perdu ma mère, j’avais été à bout de force, incapable de réagir… Je ne supportais pas de voir Kensie dans cet état. Je ne voulais plus jamais être abattue comme je l’avais été, et voir ma meilleure amie ainsi, c’était plus que je ne pouvais supporter. J’aurais presque pu la secouer si quelqu’un ne nous avait pas interrompues…

Je la reconnus immédiatement. Kelly. Elle et Kensie se ressemblaient bien plus qu’elle ne voulait l’admettre. Je n’eus pas le temps de la saluer, ni même d’ouvrir la bouche pour être honnête. J’entendis Kensie… D’un côté, cela me rassurait de constater qu’elle avait encore de la colère en elle et qu’elle n’était pas morte à l’intérieur… de l’autre, je savais aussi que ce n’était pas Kelly qui devrait endurer cela. Je me reconnue encore… J’avais déversé ma colère et ma peine sur Remington avant de faire mon deuil. ll fallait croire que cela faisait partie du processus normal… La tornade blonde s’éveilla, mais différente. Elle m’agrippa la main et m’obligea à me redresser, tout comme elle, avant de m’entrainer dans l’appartement que je ne connaissais pas encore. J’adressai un regard, que j’espérais rassurant à Kelly. Je ne serais certainement pas la mieux placée pour aider Kensie, mais j’allais rester avec elle quelques heures, le temps qu’elle s’apaise un peu, ou parvienne à dormir.

Une fois dans son antre, elle me lâcha, pour se défouler… Elle allait finir par abimer le plancher à ce rythme. Mais je la connaissais assez pour savoir que cela ne servirait à rien de se mettre en travers de son manège. J’en profitais pour regarder un peu son univers. C’était différent de sa chambre sur le campus. Et surtout… c’était rangé. Alors qu’en temps normal, nous nous faisions concurrence en termes de bazar. Une collocation entre nous et cela aurait été l’apocalypse.

« Tu ne peux pas te sentir bien, c’est rangé… »

Je mourrais d’envie de la voir balancer ses affaires à travers la chambre, de la voir enlever ses tiroirs et les renverser par terre. Qu’elle crache sa souffrance, qu’elle fasse tout sortir. Mais je n’étais pas aussi douée que Rem pour faire sortir les gens de leurs gonds. Je la laissais même faire lorsqu’elle tenta de se faire du mal pour oublier. Qu’aurais-je pu faire ? La gifler ? Elle n’attendait certainement que cela pour penser à autre chose qu’à sa peine. Oui, Adam était mort. Tout comme Dean, Soraya, Wyatt. Oui, ils étaient morts et ils ne reviendraient pas. Mon « frère » n’apprendrait jamais à mon enfant à faire un milliards de bêtises pour foutre ses parents en rogne. Jamais. Cela était dit, et il ne pouvait en être autrement. En silence, je fis quelques pas vers elle, alors qu’elle venait de s’assoir par terre. Voilà qu’elle reparlait de Genome et Genetic. Les saboter, oui… je les avais rejoints pour participer à leur projet avant de lamentablement me planter. Aujourd’hui, je les comprenais plus que jamais. Moi aussi, j’avais envie de leur couper l’herbe sous le pied à ces salauds, je voulais qu’ils se sentent à leur tour traqués et que plus jamais ils n’aient l’impression d’être en sécurité.

« On sera là oui… »

On ? Alors que je n’en faisais plus partie ? Pourquoi avais-je dis cela ? Peu importait, surtout face à la suite. Une autre menace ? Parce que Los Angeles gouvernée par un membre de Genetic ça ne suffisait pas ? Je tentai de ne rien montrer, mais l’incompréhension devait se lire sur mon visage. Je fis encore un pas. Elle me parla de sa maladie… un très, très mauvais souvenir. J’attendais la suite, incapable de parler et angoissée par cette révélation qui ne venait toujours pas. Je fermais les yeux un instant, tentant de digérer les infos qu’elle me donnait au compte-goutte.

« Qui c’est ce mec ? »

Et cette Agence ? Et c’était quoi ce nom en plus ? On dirait un truc pour mannequins. Ils avaient l’antidote et avaient fait… « chanter » Genome ? C’était ce que je comprenais en tout cas. Au moins, cela avait sauvé Emy, Kelly et surtout Kensie.

« Emy cherchait ce type bizarre pour le compte de « l’Agence » ? Tu sais ce qu’ils lui voulaient ? Et tu es sûre ? Parce qu’Owen était là, et aux dernières nouvelles, il bosse pour Genetic… »

Punaise, Sonny, ferme-la. Ce n’était pas du tout le moment. La pauvre essayait de me parler et mon cerveau n’en faisait qu’à sa tête… comme d’habitude, certes, mais tout de même. Je parvins à sceller mes lèvres pour la laisser terminer son histoire… Et ça ne me plut pas du tout. Donc Genome avait été attaquée à la fois par l’Agence et Genetic ? Mais…

« Ça n’a aucun sens… pourquoi l’Agence aurait aidé Genome et se serait servi de ses membres pour faire… « Ça » maintenant ? »

Pourquoi me regardait-elle ainsi ? D’accord, ça devait être pénible de m’entendre penser à voir haute, mais j’étais comme ça, je n’y pouvais rien. La suite fut pire… si c’était possible. J’essayais de suivre la farandole des noms qu’elle donnait.  Jer’, agent de Genetic… non, non, ça ne pouvait pas être le mien, il m’avait mise en garde et m’avait dit de rester loin de Genome et Genetic, alors il ne serait pas hypocrite, salop et menteur au point de faire partie des ennemis qui avaient incendié le domaine selon Anne. Et le gars de l’Agence… il avait essayé de la tuer elle ? D’une main, je m’appuyai contre le mur et me laisser tomber tout doucement, gênée par mon ventre rond. C’était horrible, mais je m’en fichais d’Adam. Elle avait failli mourir… Et cette folle avait couru après le tireur…

« Kensie, tu… wowowow, Jeremy et Capucine ? Attends, j’t’en prie. Dis-moi que c’est une coïncidence ces prénoms et que ce ne sont pas ceux qu’on connait ? »

Qu’est-ce que Capucine foutait là-bas ? Je croyais qu’elle avait quitté Genetic… M’avait-elle menti ? Avait-elle rejoint Genome malgré Wyatt ? Et Jeremy, non… non ….

« Kensie, qu’est-ce qui t’a pris, ce type… »

Aurait pu te tuer, et effectivement, la suite de son récit me le confirma. Il y avait beaucoup trop d’info, trop de détail… Je ne le sus pas, mais j’en manquais d’importants, qui m’auraient permis de tisser des liens destructeurs… Mais entre tous les prénoms, le choc, cette histoire de plus en plus compliquée, je n’imprimais plus. Je m’étais collée à elle et mon bras passa autour de ses épaules. Je l’attirai contre moi, au creux de mon coup quand elle me confia que Jeremy – notre Jeremy qui m’avait pourtant mise en garde ? –avait voulu l’emmener… Je n’avais déjà plus beaucoup de nouvelles de Sacha, alors si en plus ils m’avaient pris Kensie… Son corps se tendit, alors je glissai devant elle. Il y avait une flemme dans son regard, une flamme que je n’avais jamais vu, pas même lorsqu’elle me parlait de Bryton. Trop d’émotions, trop d’extrêmes… je ne savais pas. Je lui pris alors le visage entre les mains.

« Kensie… arrête… on ne peut pas toujours venger ceux qu’on aime. J’aurais voulu tuer ceux qui ont foutu le feu chez moi ? Mais je peux pas. J’voudrais tuer les responsables de la mort de Wyatt… mais je ne peux pas. Ils payeront, tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre. Peut-être pas comme on l’aurait voulu, mais ils payeront, tous… En attendant, aucun de ceux qu’on a perdu n’accepterait de te voir dans cet état. Je suis sure qu’Adam te botterait les fesses. Faut que tu te reposes Ken’, et que tu continues. C’est ce qu’il faut pour les venger. Ne te laisse pas envahir par la colère, avance, reprenez la lutte, montrez leur que vous êtes là… c’est encore la meilleure chose à faire, après que tu te sois reposée… D’ailleurs j’ai besoin de dormir moi aussi… »

Je lui fis un geste pour lui indiquer le lit. Nous étions exténuées toutes les deux, par les heures de veille et la souffrance, nous ne tiendrions pas à ce ryhtme.

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MessageSujet: Re: Pain is in my heart   Lun 24 Mar - 0:05

Ses mains sur mes joues m’enfermaient dans un cycle de pensées qui me détruisait. Je la revoyais auprès d’un Remington blessé après qu’il ait pris une balle pour me sauver. Je revoyais une image d’elle, dans un rêve dont je n’arrivais plus à me souvenir les détails, en train de me gifler. J’entendais l’annonce de sa grossesse, puis de ses fiançailles. Je revoyais Remington tirer et Adam tomber. Et je voyais dans son regard qu’elle ne comprenait pas. Bien sûr qu’elle ne comprenait pas, c’était si vague, si flou. Il y avait tellement de pièces à ce puzzle que j’avais l’impression d’en avoir perdu en chemin, sans espoir de les retrouver.

A chacune de ses interruptions j’avais pris soin de l’ignorer, de ne pas répondre, parce que je ne savais pas. Je ne savais plus. Je n’avais pas de réponses. Je n’avais que ce coup de feu qui continuait de résonner dans ma tête, comme un cri dans une église, un gong au sommet d’une falaise. Un bruit que seule ma douleur parvenait à couvrir. J’étais fatiguée. Epuisée. Ereintée. J’avais touché le fond et Sonny, au lieu d’être la lueur au bout du tunnel, ne faisait que m’aider à creuser pour m’enfoncer un petit peu plus. Parce que je n’arrivais plus à distinguer ma meilleure amie de la fiancée d’un meurtrier. C’était la même personne, bien sûre, mais je n’arrivais plus à oublier le dernier détail. Fermer les yeux m’était impossible, mais la voir de si près me brisait le cœur. A cours d’option, je passais mes bras autour d’elle et nichais ma tête dans le creux de son cou, comme elle m’avait forcée à le faire quelques instants auparavant. Je n’arrivais même plus à me souvenir des moments d’insouciances passés avec elle à la résidence universitaire.

J’avais tellement de choses à répondre, que je ne savais pas par quoi commencer. J’avais tellement envie de lui dire que « ce type » était son futur mari, mais cela n’apporterait rien de bon et je ne pouvais pas être celle qui lui dirait. Je n’en avais pas la force. Je n’avais plus de force, plus de courage. Je n’avais plus que le courage des lâches : le silence, la fuite.

« Je ne connais pas les détails de la mission d’Emy, je sais simplement qu’elle devait retrouver quelqu’un. Genetic cherchait sûrement la même chose. Ce que c’était ? Aucune idée. La seule chose qui m’importe, c’est que vous ayez survécus. »

Doucement, je m’écartais d’elle et rivais mon regard sur mes genoux, où je réunissais mes mains pour commencer à jouer avec mes mains. Je devais avoir l’air d’une gamine comme ça, une petite fille de cinq ans qui n’ose pas avouer à sa mère qu’elle a fait une bêtise. Putain, c’était le bon temps ça. Avoir peur d’avouer qu’on avait volé un bonbon au magasin. Elle était passée où l’innocence ? Elle était passée où, la joie de vivre ? L’insouciance ? J’étais pitoyable et j’en avais marre. Marre d’être déprimée. Marre d’être en colère. Marre d’être inutile. Marre de voir tous mes amis mourir. L’excès de colère me fit tendre la main jusqu’à ma table de nuit pour y ramasser le briquet posé dessus. J’étais à deux doigts de l’allumer. A deux doigts de perdre le contrôle. A deux doigts de me lever et de tout foutre par terre, de tout casser. A la place, je serrais mon briquet contre ma paume et je retenais le hurlement qui menaçait de sortir de ma gorge.

« Quant à Jeremy et Capucine, je suis désolée, Sonny, mais c’était bien eux. » Le ton sur lequel elle avait posé cette question me confortait dans l’idée que je ne devais rien dire à propos de Remington. Je ne pouvais pas empirer les choses. Je ne pouvais pas la mettre dans le même état que moi. Je ne pouvais rien faire. J’étais impuissante et je ne décolérais pas. Jusqu’à ce que je me répète ses dernières paroles. Plus je les retournais, plus ma colère s’effaçait pour laisser place à la confusion. Mon cerveau épuisé n’arrivait peut-être plus très bien à suivre, mais le retournement de situation me donnait le tournis. A peine quelques minutes auparavant, Sonny voulait se venger et voilà qu’elle me disait le contraire. Quand est-ce que nous avions échangé nos rôles ? Allait-elle bien ? Non, bien sûr qu’elle n’allait pas bien. Elle était fiancée à un tueur, enceinte de lui et fiancée à lui pour couronner le tout. Sans compter qu’elle était cliniquement folle, mais ce détail était celui qui me faisait l’aimer encore plus. Et de nos jours, qui ne l’était pas ?

« Bien sûr qu’il me botterait les fesses. Ils me botteraient tous les fesses. Mais je ne peux pas dormir. Je ne peux pas fermer les yeux sans entendre le coup de feu. » Un sourire triste aux lèvres, je me relevais et lui tendais ma main pour l’aider à se remettre sur ses pieds avant de la guider jusqu’à mon lit et de l’y asseoir dessus. Si elle n’avait pas été enceinte, j’aurais peut-être tenté une approche, mais … non. J’avais la nausée rien que d’y penser. J’avais besoin d’oublier, mais comment ?  Ni boire ni danser ne me donnait envie. Baiser restait la meilleure solution, mais la seule personne qui avait réussi à me faire oublier jusqu’à mon prénom était une connasse de Genetic répondant au nom de Dakota et il n’était pas question que je tombe dans son lit une troisième fois.

« Dors, toi. Je vais essayer de joindre Aaron, en attendant. Il faut que … » Je laissais ma phrase en suspend le temps de la dévisager quelques secondes, puis, je la terminais dans un murmure. « Il faut que je lui parle. » Ce n’était pas vraiment un mensonge. Je lui avais déjà tout dit et il était inutile que je l’appelle, Genome parlant, mais j’avais besoin de sa casquette d’ami. Sonny était ma meilleure amie, la première vers qui je me tournais, mais Aaron … Aaron comprenait.

Je posais mon briquet sur ma table de nuit avant de piocher mon téléphone dans ma poche. « Tu as besoin de quelque chose ? Pyjama ? Doudou ? Musique ? Par pitié ne dit pas un corps chaud pour te tenir compagnie. Tu es la plus belle fille de l’univers, mais tu ne me fais aucun effet au zizi féminin. » Merci, Kensie, pour cette tentative d’humour foireux.

Je lui montrais mes dents dans un faux sourire, pour lui montrer que je plaisantais – même si elle le savait déjà – avant de déposer un baiser sur sa joue. Simplement parce que je le pouvais. Simplement pour la remercier d’être là.

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MessageSujet: Re: Pain is in my heart   Mer 26 Mar - 14:11

Ne pas trouver les bons mots pour rassurer ma meilleure amie et lui faire comprendre qu’il fallait s’accrocher et continuer malgré tout, cela me rendait dingue. Je me sentais totalement impuissante face à son désarroi. J’étais là, si proche d’elle et en même temps à des années-lumière. Comme s’il y avait un fossé infranchissable entre nous. Un fossé que nous ne parvenions plus à franchir. Pas de pont, pas de sentier pour le contourner. Nous avions donc le choix : continuer à nous parler de part et d’autre de ce fossé, alors que les mots se perdaient et s’effritaient dans la distance et le vent. Ou plonger. Avec un peu de chance, il y aurait suffisamment d’eau pour amortir la chute. Ou alors il y aurait des pierres et on s’écraserait comme des crêpes au sol. Qui pouvait prévoir ?

Pour l’instant, j’étais tout juste bonne à la prendre dans mes bras. Je n’avais pas de solution à lui proposer, je n’avais pas de réponse à mes questions. J’ignorais de quoi demain serait fait. J’étais épuisée, elle aussi et nos deux cerveaux combinés ne fonctionnaient même pas assez pour équivaloir à celui d’un gosse de cinq ans. Pourquoi ne vivions-nous pas dans un dessin animé ? Normalement à ce moment-là, nous aurions eu droit à une petite musique et à une belle chanson remplie d’espoir. Et avec un peu de chance, on aurait même appris que nous avions une bonne fée en marraine qui venait juste de nous retrouver et qui nous offrirait un miracle. Même si en réalité, c’était d’un million de miracles que nous avions besoin. Et que de toute manière, un nouveau méchant au rire gras aurait surgi de nulle part alors que tout serait redevenu parfait dans le meilleur des mondes. Je voulais vivre dans un dessin animé… Là où il n’y avait pas de mission et où il n’était pas question de survivre… survivre, était-ce le plus important ? Peut-être… mais si au moins on pouvait connaître les plans de Genetic… Mais non, encore une fois, nous ne vivions pas dans un monde idyllique où tout est rose et tout gentil. Nous ne savions rien, nous avions presque tout perdu. Rideau et fin de l’histoire.

Je tentai de ne pas bouger quand elle s’empara de son briquet. Je n’avais plus de réactions aussi violentes et pathétiques qu’autrefois face aux flammes, mais je n’aimais toujours pas cela. Plus loin je serai du feu, mieux je m’en porterai. Mais pas Kensie. C’était son élément, elle en avait besoin, alors je ne devais pas fuir, ni passer pour un bébé qui avait peur d’un vulgaire briquet. Ma meilleure amie contrôlant le feu. Si cela n’était pas de l’ironie tragique ou un humour malsain de quelques joueurs s’amusant avec nos vies, c’était à n’y rien comprendre. Par bonheur elle n’en fit rien. Par contre, la suite fut comme une claque. Jeremy. Mon “ frère ”, celui qui m’avait dit de me tenir loin de Genome et de Genetic… Il était des leurs ? Il avait grossi le rang de nos ennemis ? Après ce qu’ils avaient fait au Domaine ? Après ce que je lui avais révélé ? Mais quel hypocrite. Et Maxime ? Elle savait pour lui ? Elle m’avait caché ça alors qu’on l’avait hébergée. Putain, voilà qu’ils me dégoûtaient. Et Capucine ? Je savais qu’elle avait rejoint Genetic à une époque, mais pas qu’elle avait rejoint Genome… alors que signifiait sa présence sur les lieux ?

“ J’arrive pas à le croire. Ils nous ont… depuis le début…Jeremy a vécu sur le campus, je ne sais pas s’il y est toujours mais si un jour tu as besoin de quelqu’un pour aller lui casser la gueule, tu m’appelles. ”

Est-ce que je serai prête à le balancer à Genome ? Oui. Oui, maintenant que je savais qu’il nous avait tous menés en bateau. Maintenant que je savais qu’il avait approché Wyatt alors que… ça me mettait en rage. Pourquoi m’avoir soit disant éviter de me faire prendre par Genetic s’il était des leurs ? Pourquoi me protéger moi et en laisser crever autant d’autres ? Je ne méritais pas plus que Wyatt d’être sauvée. Et dès lors quelque chose germa en moi. J’avais une dette. Envers Wyatt, Dean et Genome. Je ne méritais pas plus qu’eux d’être encore en vie. Et si… si je me joignais de nouveau à eux ? Non… non, c’était idiot après ce qu’il s’était passé avec Rem… Remington… D’ailleurs je ne savais toujours pas où il était et s’il était encore en vie. Voilà pourquoi j’étais dans un si pitoyable état. Voilà pourquoi je n’avais pas dormi depuis des heures et que j’étais dans un tel degré d’angoisse. J’étais morte de fatigue. Kensie aussi et il fallait qu’on se repose. C’en était presque une question de survie. Elle ne pouvait pas dormir ? Mais il le fallait pourtant. Comme une petite fille, je me laissais faire quand elle m’aida à me relever et qu’elle “ m’obligea ” à m’asseoir sur le lit, alors qu’elle restait debout. Je la regardais, sans vraiment comprendre. Aaron, oui… normal qu’elle doive lui parler, après ce qui était arrivé. Moi, je n’osais toujours pas lui parler depuis le fiasco de la dernière fois. Je souris et laissai échapper un petit rire en l’entendant. C’était ainsi que je l’aimais, à raconter n’importe quoi. Ceci dit, il était vrai que j’avais appris à ne m’endormir qu’avec un corps chaud près de moi, et que je n’arrivais pas à vraiment me reposer depuis quelques temps à cause de cela.

“ C’est dommage, je suis sûre que je t’aurais bien épuisée pour que tu tombes de sommeil. ”

Tentative d’humour encore pire. Le baiser qu’elle me déposa sur la joue m’empêcha de dire autre chose de stupide. Je fermai brièvement les yeux avant de la regarder du coin de l’œil. Allait-elle s’en remettre ? Allions-nous nous en remettre ?

“ J’ai besoin de rien, ça ira. Réveille-moi juste dans… une heure ou deux si je ne suis pas levée d’ici là. ”

Je la regardais s’éloigner, avant de me coucher sur le dos… et de me retourner encore et encore pour trouver la place adéquate. Mais ce n’était pas mon lit, pas mes coussins. J’avais appris la mort de tant de monde, j’avais appris l’existence de traitre, j’avais vu ma meilleure amie s’effondrer et mon fiancé ne donnait toujours pas de nouvelles. Ce fut un sommeil agité et très peu réparateur qui s’empara de moi pour quelques précieuses minutes, il m’en faudrait vu le reste de la journée qui allait m’attendre…

…………………………………………………..

7 mai

Tous les jours je prenais des nouvelles de Kensie. Elle finirait certainement par le prendre pour une stalkeuse et demander un périmètre de sécurité pour que je ne l’approche pas, mais j’avais besoin de savoir comment elle allait, parce que je ne pouvais pas la perdre. J’avais failli perdre Rem. Peut-être même qu’en quelque sorte, je l’avais perdu, tout comme j’avais perdu mes rêves rompant nos fiançailles. Je ne savais plus trop. Mais je m’étais fait une promesse le 3 mai : être forte. Cela passerait par un entrainement physique et la reprise du tir entre autres, mais aussi et surtout par m’assumer. Je m’étais pris une claque. Je devais cesser de compter sur les autres pour prendre soin de moi. Je devais au contraire mener ma vie et suivre mes idéaux. Et assumer. Tout assumer. Et je n’étais pas idiote. J’avais compris que Rem était à Genome… Kensie n’avait rien dit mais tout concordait. Et s’il avait fait du mal à Genome, je ne le protègerais pas. Je ne l’abandonnerai pas, ça, il en était hors de question, parce que je savais qui il était, je savais la vérité à son sujet. Mais c’était une affaire entre lui et Genome. Moi, par contre, j’en avais une autre à conclure. Je savais qu’on m’en voudrait toujours d’avoir amené Rem à Genome, je savais qu’on me jugerait certainement responsable de l’attaque qui avait été menée, je savais que s’il avait bien été sur les lieux, on me le ferait payer. Mais je voulais les rejoindre. Je voulais faire payer Genetic, je voulais me battre à leurs côtés, ou au moins les aider à se relever. Je les avais laissés tomber et j’avais honte. J’avais une dette de la taille du Mont Rushmore envers eux et je comptais bien m’en acquitter. Je n’en parlais pas à Rem, d’une part parce que visiblement tout ce que je faisais lui était totalement indifférent en ce moment, mais surtout parce que cela ne le regardais pas. C’était pour moi que je voulais le faire. Alors j’avais pris la décision de passer de nouveau chez Kensie. Et dès qu’elle ouvrit la porte, je lui souris, m’acquittai des questions d’usages (comment vas-tu, blablabla…) avant de rentrer dans le vif du sujet.

“ Mon cœur est à Genome. Je sais que j’ai merdé au plus haut point, et je sais que je merde encore, mais je veux aider. Même si je n’ai plus le droit de mettre les pieds dans les locaux, même si je suis exclue de toutes les réunions ou décisions, je m’en fiche. J’ai une dette envers Genome, une grande partie des êtres qui comptent le plus pour moi sont liés à Genome. J’ai oublié ce que cela signifiait la dernière fois. Mais maintenant je suis là, bien réveillée. Genetic doit payer. Cette Agence aussi. Et oui, je sais ce que cela implique… ”

Sous-entendu, j’ai compris que Rem y était et que Rem en fait partie, mais toi le sais-tu et m’accepteras-tu quand même ?

“ Ma vie privée n’interviendra plus dans les affaires de Genome, quoique cela implique. Même si le groupe entre dans une guerre qui ne m’arrange pas, je ne referai pas la même erreur. Et je sais que venant d’une fille enceinte c’est certainement risible, mais j’ai fait mon choix seule et en toute connaissance de cause. Ma vie privée, je l’ai laissée sur le pas de ma porte dans je suis partie. Ici, je suis ton amie, et je veux savoir si j’ai la possibilité d’être un jour de nouveau ta partenaire. ”

Là, je m’attendais à tout. Coup de colère, rire au nez, claque…

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Pain is in my heart

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