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 Tu n'es plus là... [Terminé]

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Capucine Rider


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MessageSujet: Tu n'es plus là... [Terminé]   Mer 15 Jan - 22:10

Le monde mutant était cruel. Les évènements au quartier général de Genome avaient peine à remonter dans ma mémoire, mais un élément ne pouvait m’échapper : Adam était mort à cause de mon incompétence. J’avais essayé de le sauver, de me bouger pour arrêter l’hémorragie. Rien à faire. Il avait perdu connaissance et puis, plus rien. Si ce n’était une douleur fulgurante au niveau de mon crâne. Jeremy m’avait une fois de plus plantée un couteau dans le dos. J’espérais pour lui qu’il ne recroiserai plus mon chemin, car il n’y aurait plus de mise en garde. Je serai sans pitié. Quoiqu’il en soit, je n’étais pas certaine de ma position avant d’ouvrir les yeux. Une cellule de Genetic ? Un laboratoire ? J’étais au moins certaine de ne plus être dans les locaux de Genome et encore moins chez moi… Un regard aux alentours m’apprenait que mon réveil se faisait à l’hôpital. Bien vite, les infirmières le remarquaient. Aussitôt un ballet de blouses blanches se succédait pour me poser des questions, prendre ma tension et autres petites réjouissances. Je demeurais vague dans mes réponses quant à ma présence sur les lieux et le sang sur mes vêtements. Ils mettaient ma confusion et mes absences sur le compte du coup reçu sur le crâne. Ils insistèrent tout de même sur le résultat de mes analyses sanguines car ceux-ci avaient révélés une forte dose de tranquillisant. A ces mots, je demandais immédiatement la durée de mon inconscience. Deux jours… Cela faisait deux jours depuis l’attaque.

Comme mon état physique me le permettait, je recevais l’autorisation de sortie. Je la prenais avec joie car il me tardait de retrouver Elias. J’avais besoin de lui. De ses bras. De sa chaleur. De son assurance que tout ceci était du passé. Je tentais d’appeler l’appartement et son portable mais je tombais sans cesse sur le répondeur. Après avoir laissé des messages et de longues heures d’attente, je me décidais à rentrer par mes propres moyens. N’ayant pas d’argent sur moi, je me résolvais à rentrer à pied. Je faisais attention à ne pas quitter les grandes rues afin d’éviter une mauvaise rencontre. Le chemin fut long et fatiguant, mais je savais qu’une fois rentrée, je retrouverai Elias.

Seulement, l’appartement était vide et tout semblait fermé depuis un moment… Elias… Elias ? Elias ! J’avais beau courir partout, il n’était pas là. Aussitôt, je m’effondrai par terre réalisant une hypothèse que je n’avais nullement envisagée. Elias était à l’évènement… Il… Il s’était peut être retrouvé à Genome et… Coup de poignard. Je n’avais pas imaginé une seule seconde qu’il ait pu être pris dans cette bataille. Il ne savait pas se battre, il n’était pas armé. Il était là bas et je n’avais rien fait pour le trouver. Il était là bas et je n’avais rien fait pour le sauver. Non… Je me refusais à croire qu’Elias n’était plus de ce monde. Je me relevais, chancelante, et m’emparais du téléphone pour appeler l’hôpital. Aucun Elias Climber de recensé. Ni en tant que patient, ni en tant que cadavre. J’appelais son bureau, mais pas de nouvelles. J’allais devenir folle. J’avais envie de mourir.

Qu’allais-je faire ? Si Jeremy s’en était sorti, il ne faisait aucun doute qu’il n’omettrait pas ma présence dans son rapport. La traque de Genetic à mon encontre n’était pas terminée. Elias était… absent. Je n’avais plus rien. Je regardais l’appartement et aussitôt, je le trouvais froid et angoissant. Pourtant, je ne pouvais me résoudre à quitter les lieux. Je montais les marches menant à la mezzanine, me saisissait d’un des tee shirt d’Elias qui traînait avant de l’enfiler. J’aurai pu prendre une douche, retirer mes vêtements couverts du sang d’Adam, mais je n’avais plus envie de bouger. Je m’allongeais en boule sur notre lit en serrant de toutes mes forces la seule photo de nous qui décorait notre maison. Il n’y avait plus qu’à attendre. Quoi ? Aucune idée. Mais quelque chose viendrait par la porte. Serait-ce l’inconscience ? La mort ? Ou Genetic ?
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: Tu n'es plus là... [Terminé]   Jeu 16 Jan - 19:03

"On apprend tout de ses souffrances

Moi j’ai su deux choses après toi :

Le pire est au bout de l’absence

Je suis plus vivant que je crois" ♪
Capucine & Elias

   

   
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Indio Indio Indio. Un prénom, plus rien qu’un prénom. Je ne me souviens plus pourquoi nous l’avons choisi. La consonance, l’originalité. Les goûts particuliers de Sarah, ma tendre indulgence. Nous l’imaginions déjà avant sa naissance, ces cinq lettres sonnaient étonnement bien. Ensoleillées, différentes, uniques.
Indio.
La joie ressentie lorsqu’il est arrivé en ce bas monde.
Et bientôt juste une inscription gravée, sur une triste tombe.

Lentement je me déplace jusqu’à la prochaine intersection où, en misant sur ma mémoire profonde, j’espère pouvoir retrouver la route. L’essentiel parait-il, est de connaitre sa destination. Après quoi force et persévérance vous y conduirons. Il ne faut pas désespérer, rien abandonner, et on fini toujours par tomber sur le lieu choisi.

Mais je ne sais pas où je vais. Je n’ai qu’une certitude : mes jambes me portent encore, les pleurs de mon ex-épouse ne m’ont pas achevé. Mon corps vidé se déplace toujours, certes avec peine, mais qu’importe.
Entre une superette et un imprimeur, je décide de m’engouffrer dans la ruelle sombre. Il est fort probable qu’inconsciemment, je me rende au seul endroit à NY qui m’inspirait jusqu’alors sérénité et bonheur.
Et maintenant ?

Chez Sarah je n’ai ni mangé ni bu. Je me suis contenté de prendre une douche, d’y pleurer une grande demi-heure. Puis je suis revenu à elle en mettant de côté ce qu’il me reste de cœur. N’être plus qu’un robot, un mécanisme qui réfléchi à la minute et ne conjecture plus rien. Il fallait prendre soin d’elle…puis elle m’a demandé de me retirer. J’étais vidé, lessivé. Tout ce qui me permet encore de respirer est l’idée qu’un jour, je pourrai oublier.

Arrivé – comme prévu – devant la porte de l’appartement, j’inspire un bon coup. Il faut juste ne pas y penser. Mettre de côté les souvenirs de cet enfant insouciant qui se précipite dans mes bras ou ceux de Capucine. Bannir de ma mémoire chacun de ses sourires, ses interventions toujours si maladroites et touchantes. Il faut se contenter de voir ici un appartement. Mon appartement. Quatre murs, quelques objets, vides de sens et de raison.

Remarquant que la porte est déverrouillée, je préfère frapper. J’ignore totalement l’état de santé de Cap, j’ignore même si elle est seule ici. Oh oui, elle m’a laissé plusieurs messages, ce qui m’a fortement rassuré : elle est au moins capable de téléphoner, les dégâts doivent être minimes.
Comment je sais qu’elle a été blessée si je n’ai rien écouté ? Mais le sadisme du destin ne va quand même pas épargner la femme que j’aime ! Voyons ! Réfléchissez-vous, de temps à autre ?
Je frappe donc, deux fois, puis une troisième et j’actionne la poignée.

Quel jour et quelle heure est-il ?
Pénible moment des retrouvailles.
Je nous considère encore plus fragiles.
Rassure-moi, avant que je m’en aille.


   
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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: Tu n'es plus là... [Terminé]   Jeu 16 Jan - 20:38

J’ignorais combien de temps s’était écoulé depuis mon retour. Des minutes ? Des heures ? Des jours ? Aucune idée et je m’en foutais. Mon corps ne souffrait pas réellement, mais mon esprit et mon cœur étaient tourmentés. Cette détresse me rappelait ma rencontre avec Elias et la douleur s’intensifiait. Je ne savais pas quoi faire. Je ne ressentais aucune volonté émaner de mon être. Je restais, là, allongée sur notre lit en serrant de toutes mes forces notre photo. Les larmes coulaient le long de mes joues et s’échouaient sur le dessus de lit. Il m’était impossible de les retenir.

Soudain, on frappait à la porte… Qui frappait sur une porte en bois alors qu’il y avait une sonnette à côté ? Qui frappait à la porte sans demander l’ouverture de la porte de l’immeuble par l’interphone ? Pour moi, il n’y avait qu’une possibilité : Genetic. Ils m’avaient retrouvée et s’apprêtaient à m’emmener avec eux. Allaient-ils me tuer ? Me torturer ? Peu m’importait. Du moment qu’ils m’empêchaient de penser à la perte de l’homme que j’aimais jusqu’à ce que je le retrouve. Jusqu’à maintenant, je ne croyais nullement au Paradis ou à l’Enfer, mais en cet instant, j’en avais besoin. Penser qu’une fois la mort arrivée, il ne restait plus que le Néant m’empêchait de respirer tant la douleur était écrasante.

Je retenais ma respiration alors que les pas raisonnaient dans le salon. Je me concentrais sur ceux-ci et me rendait compte qu’il ne devait y avoir qu’une seule personne. Cela était me paraissait étrange. Il était rare qu’ils envoient un seul agent pour récupérer un mutant. D’habitude, ils marchaient par paire. Peut être ne représentais-je plus une menace pour eux. Ils auraient bien raison. Je ne comptais nullement me battre. J’étais épuisée. Cependant, la présence ne me semblait pas menaçante. Que voulait-elle ? Avec difficulté, je me mettais sur mes pieds, et ne fit guère attention à mon reflet dans le miroir. Les yeux rouges, les traces de larme sur mes joues, les cheveux dans tous les sens et un air pitoyable. Mes vêtements ensanglantés finissaient de rendre cette vision assez glauque.

Doucement, je descendais les marches pour chercher du regard cet intrus. Choc. Il s’agissait d’Elias. Aussitôt, je plaquais une main sur ma bouche dans le but d’affaiblir le sanglot qui en sortait. Je me tenais de l’autre main à la barre, mais préférais néanmoins m’asseoir sur les marches pour m’éviter une gamelle supplémentaire. Il était là. Il était debout dans le salon. Mais était-il vivant ? Etait-ce un fantôme ? Une hallucination ? Un rêve ?

- « Est-ce vraiment toi ? »

Je me relevais, m’obligeant à rester forte, jusqu’à ce que je puisse le toucher. J’avais besoin de m’en assurer. Je ne craignais une déception. A quelques centimètres de lui, je tendais la main, retenant ma respiration avant de pousser un soupir de soulagement. Il était réel.

- « Tu es vivant… Tu es vivant… »

Je me collais contre lui dans l’espoir de ressentir cette chaleur qui m’avait tant manquée. Un immense poids quittait ma poitrine meurtrie et une fois de plus, je me mettais à pleurer. C’était des larmes de joie. Cependant quelque chose n’allait pas. Elias ne me semblait pas comme d’habitude. Son attitude désemparée, son visage tiré et toute cette tristesse que j’arrivais à capter.

- « Qu'est ce qu'il y a ? Tu es blessé ? »
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: Tu n'es plus là... [Terminé]   Ven 17 Jan - 13:54

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Le pire est au bout de l’absence

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Le spectacle de son allure me fait doucement frissonner. Je m’y étais préparé, souvenez-vous. Ainsi plutôt que de me mettre à hurler et à la palper intégralement pour m’assurer qu’il ne manque rien à son anatomie, je me contente de la fixer. Muet. Je suis si mal en réalité que l'effet de surprise ne m'aurait pas rendu plus bavard. Je n’ai plus envie de rien, savoir que Capucine est en vie et visiblement blessée mais entière, ça me suffit. Qu’ai-je besoin de plus ? L’essentiel s’est en allé. De toute façon…

De son côté la jeune femme a une réaction opposée à la mienne. C’est souvent comme ça. Nous avons des points communs, c’est évident, mais je crois que notre couple est davantage bâti sur une complémentarité. Bref : elle s’assure que je suis entier moi aussi. Bonne nouvelle pour elle, c’est le cas.

A sa question je secoue la tête pour nier. Je ne suis pas blessé, je crois. Quoique, je sens bien que mon épaule est douloureuse à chaque mouvement et ma tête va exploser, mais ça n’a rien d’original. Je suis un migraineux, plus si jeune que ça après tout. L’épaule c’est souvent.
Bizarrement l’inquiétude que je lis dans ses yeux me pousse – enfin – à constater les dégâts sur ma personne. J’effectue un rapide aller retour des yeux le long de ma silhouette et constate simplement quelques accrochages sur les vêtements. Comme si j’étais tombé, dans un endroit sale, poussiéreux, moite et irrespirable.

...
Je sursaute et lui attrape le poignet sans grande douceur pour retirer sa main de moi. Personne ne me touche. C’est très simple comme règle : personne. Pas même ma petite amie. C’est ce qu’elle est après tout, non ?
Mes yeux reviennent aux siens et de nouveau je secoue la tête pour balayer la moindre de ses interrogations. Je ne veux pas qu’elle me fasse subir un interrogatoire, je ne veux pas en parler.
Jamais.

« Je suis désolé je n’ai pas pu te répondre. Tu as été soignée ? »

Je déglutis de la voir si mal en point, d’avoir été absent ces derniers jours alors qu’il est clair qu’elle a besoin d’aide ! Ne serait-ce que médicale. Je laisse mes doigts se défaire de son avant bras pour remonter jusqu’à son épaule. A qui est tout ce sang ?...S’il était le sien, elle ne me paraitrait pas si…vivante.

...
Je sursaute à nouveau et plaque cette main trop curieuse contre mes yeux que je frotte, épuisé.

« J’n’ai pas réussi à dormir, je risque d’être désagréable. »

La vérité réclame d’être libérée ;
Mes muscles se bandent et mon cœur gémit.
J’ai tellement mal à l’idée d’en parler ;
Vivre pareille souffrance devrait être interdit.

« …Cap…ils ont…Indio est...Indio est mort… »

   
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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: Tu n'es plus là... [Terminé]   Ven 17 Jan - 21:28

Mon inquiétude était tellement grande que je ne me rendis pas compte qu'Elias ne bougeait pas. Il demeurait immobile, silencieux et son attitude m'angoissait davantage. Que s'était-il passé ? Etait-ce mon apparence qui l'effrayait ? Peut être le sang qui maculait mes vêtements cachés sous son tee shirt. Il pouvait s'imaginer les pires choses sur moi. J'avais déjà tué un homme...Au Blue Lake... je n'en étais pas fière, mais je n'arrivais pas à me sentir aussi coupable pour cet inconnu que pour la mort d'Adam. J'aurai pu le sauver. J'aurai du le sauver. Je me sentais si impuissante face à cet événement et j'aurai cru que vois Elias balayerait tout ça, mais... Il semblait perdu, à peine vivant. Il me ferait presque peur.

Je me décidais à le toucher quand sa main attrapa mon poignet. Je ne m'y attendais pas, surtout qu'il me serrait avec force. Qu'avais-je pu faire pour qu'il ait si peur de moi ?

- « Elias... Tu serres trop. Ça fait mal. »

Je ne comprenais pas ce qu'il lui arrivait et de toute évidence, il n'avait aucune envie d'en parler. Mais que pouvais-je faire pour lui ? Comment pouvais-je l'aider ? Il devait bien y avoir quelque chose, une parole qui l'aiderait à communiquer. Il ne semblait pas comprendre ma demande pour qu'il me lâche. Il me donnait l'impression d'être dans une autre dimension, à des années lumière de moi.

Son bras remontait sur mon épaule, lâchant un peu sa pression alors que ses yeux s'étaient arrêtés sur le sang.

- « Ne t'en fais pas. Les médecins m'ont laissée sortir. », fis-je timidement.

Soudainement, il portait sa main sur sa figure pour frotter ses yeux. Il était épuisé. Cela me semblait évident, mais pourquoi n'avait-il pas dormi ? S'inquiétait-il pour moi ? Pourtant, j'avais fait en sorte de l'appeler le plus rapidement possible.

- « Va te reposer, si tu veux. Tu veux prendre une aspirine avant ? Une douche ? Tu sembles avoir mal à la tête. »

Et s'en crier gare, il révélait cette cruelle vérité. Indio... J'avais oublié qu'Elias était avec son fils... Mort... Indio était mort... Ils s'en étaient pris à un enfant ? Quels.... Comment un être humain peut-il avoir autant de haine pour tuer un enfant ?

Les larmes me montaient aux yeux et même en essayant de toutes mes forces de ne pas les relâcher, elles se mirent à couler sur mes joues. J'étais désolée, si désolée qu'il ait à vivre une telle épreuve. Je ne pouvais comprendre cette douleur car je ne l'avais pas vécu, mais perdre mes parents avaient aussi créé un vide en moi. Il fallait que je fasse quelque chose. Seulement, la seule chose qui adoucirait sa peine serait de ramener Indio à la vie et ce n'était pas possible. Devant sa détresse, je ne pouvais m'empêcher de le prendre dans mes bras.

- « Je suis désolée... Je suis désolée... J'aurai aimé être avec vous... Je... Je suis désolée. Pardon... »

Ma présence n'aurait peut être rien arrangée. Je me serais peut être moi aussi faite tuée. Mais peu m'importait. Si cela avait pu sauver Indio, j'aurai fait ce sacrifice. Elias pouvait vivre sans moi, pas sans son fils.

- « Souhaites-tu que je fasse quelque chose ? Puis-je t'aider ? », demandais-je en resserrant mon étreinte sur lui.

Il devait sentir qu'il n'était pas seul. J'étais là et déterminée à prendre soin de lui. Ce ne serait pas facile, mais il avait besoin de moi.
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: Tu n'es plus là... [Terminé]   Sam 18 Jan - 16:24

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Le pire est au bout de l’absence

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C’est la deuxième fois que je le dis. La deuxième fois que je suis obligé de formuler les faits. L’horreur, mon cauchemar. La deuxième fois. Et pareillement à la première, je fais pleurer une femme que j’aime. J’aimerai toujours Sarah pour avoir été la mère de mon fils, il était notre dernier lien, la chose la plus forte et importante de nos vies. J’aimerai toujours Capucine également. Elle m’a sauvé, elle est ce détail qui maintient mon équilibre.
Je pensais si fort qu’en étant auprès d’elle, ma vie ne pourrait plus jamais basculer…
Mais Indio s’en est allé.

Malgré la douleur déjà bien présente, mon cœur me prouve être encore capable de se resserrer. Plus fermement, plus violemment. Je déglutis à nouveau, la mâchoire anormalement contractée, des larmes plein les yeux. On ne va quand même pas se tomber dans les bras pour pleurer toute la nuit, pas encore !
Je finis par reculer pour m’éloigner de la demoiselle. Évidemment elle me propose de l’aide, Cap pense pouvoir calmer ma peine, un minimum, en se montrant présente. Ou alors elle sait pertinemment que ça ne changera rien, mais c’est plus fort qu’elle. Sa gentillesse, sa générosité et sa compassion viennent m’étouffer dans un élan de pitié qui me révolte ;

« Non. Ça va. »

C’est tout ce que je peux articuler sans craindre de franchir la barrière de la civilité. De l’autre côté se dissimulent agressivité et déchainement, je ne peux lui infliger ça…quand bien même…à cet instant…j’en ai grandement envie. Ce n’est pas contre Capucine, ce n’était pas contre Sarah, ce n’est sans doute pas contre ces silhouettes que j’ai pu croiser : mais je les ai tous détesté. Je les déteste, là, maintenant, elle, eux, vous !

Retenant le flot d’insultes qui quittent mes esprits pour atteindre ma bouche, je me retire dans un soupir. Je rejoins la mezzanine, retrouve mon piano puis mon lit, que j’observe l’un comme l’autre avec un détachement glacial, impassible, impitoyable.
Je n’en ai rien à foutre de tout ça. Voilà. Je ne me sens plus ici chez moi. Je suis juste dans une profonde hallucination, un délire, une hantise. Un mauvais rêve qui s’accroche, qui m’obsède et me torture inlassablement.

Les minutes s’écoulent sans que je sache ce que la jeune femme a décidé de faire. Comment a-t-elle l’intention de supporter l’absence d’Indio ? Je sais qu’elle l’appréciait. Jamais elle ne pourra comprendre ma détresse, mais Cap est une demoiselle réaliste, logique, pleine de bon sens et si proche de moi…elle souffre forcément un peu !
Je ne l’entends pas. Soit elle est, comme moi, immobile et déchirée. Soit c’est moi qui ai décidé de ne plus rien ressentir. De mettre mes sens en pause, pour n’éprouver que ce mal intérieur et le pleurer depuis mon cœur.

Au bout de vingt minutes – que je n’ai pas vu passer – je suis submergé par un tourbillon de colère et de frustration, soulevées par mon chagrin.
J’attrape les documents déposés sur le piano et les balance du côté de la salle de bain ; je soulève le tabouret matelassé et l’envoi sur le lit, l’écoutant à peine percuter le mur avant de chercher un nouvel objet sur lequel rejeter ma sanction.

Il n’y a rien que je puisse faire ;
Je voudrais que cela cesse.
J’en veux à la Terre entière ;
La moindre respiration me blesse.
   
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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: Tu n'es plus là... [Terminé]   Sam 18 Jan - 23:10

L’impuissance est l’un des maux les plus douloureux qui soit. La volonté d’agir, d’aider l’autre dans l’espoir d’adoucir quelque peu sa peine était bien présente, mais c’était notre incapacité à extirper cette douleur qui nous rendait totalement inutile. Un parent ne devrait pas subir une telle épreuve car il ne devait pas survivre à ses enfants. C’était dans la logique des choses. Ainsi était la vie et trois jours auparavant, elle s’était montrée cruelle à l’égard d’un innocent. Sans pitié, elle avait repris ses droits et provoquait un mal incommensurable chez l’homme que j’aimais plus que tout. Je ne pouvais que le prendre dans mes bras en priant toutes les divinités existantes de me donner un peu de son fardeau. Mes prières restaient vaines et mes bras retombaient de chaque côté de mon corps quand Elias se reculait. Je ne pouvais pas l’aider. Je ne pouvais pas comprendre réellement l’enfer qu’il vivait. J’avais également eu mon lot de douleurs et de démons, mais rien de tel. La perte de mes parents n’avait pas été provoquée par des individus dénués d’âme.

- « Non. Ca va. »

Non, ça n’allait pas. Ca ne pouvait pas aller. Mais il aurait été malvenue de ma part de le brusquer. Je ne pouvais qu’attendre et le regarder s’enfoncer dans son désespoir. Cela faisait si mal de ne pouvoir rien faire. Cela faisait si mal de l’avoir mêlé au monde mutant. Peut être qu’en ne tombant pas sur lui au détour de cette ruelle, Indio serait encore en vie… Peut être qu’en n’étant pas un point d’attache pour Elias sur Los Angeles, il serait retourné vivre auprès d’Indio suite aux menaces de Sarah… Tout était de ma faute. Encore une fois, je portais malheur aux gens que j’aimais. J’étais maudite… Le mieux serait de partir, de quitter cet appartement pour le bonheur futur d’Elias, mais je ne le pouvais pas. Je ne pouvais pas l’abandonner alors qu’il était au plus mal. Quand bien même il me rejetterait, j’étais prête à tout accepter de lui.

Je le laissais monter sur la mezzanine, m’attendant à ce qu’il aille prendre une douche, se changer ou même jouer du piano… Mais il n’en fit rien. Je restais parfaitement immobile dans le salon, respirant à peine pour mieux l’écouter. Les minutes s’égrenaient rendant l’atmosphère plus lourde, plus triste. Les larmes continuaient de couler sur mes joues alors que mes yeux regardaient la chambre… Non, l’ancienne chambre de la petite tête blonde. Tous ses jouets, ses dessins étaient encore sortis, si bien qu’il serait aisé de croire qu’Indio allait revenir. Que tout ceci n’était qu’un cauchemar auquel nous survivrions.

Tout était calme jusqu’à ce que la tempête arrive. J’entendais Elias balancer des objets à travers la pièce dans une vaine tentative de libérer sa peine et sa colère. Sans vraiment mesurer les risques, ni la portée de mon intervention, je montais comme une endiablée les escaliers pour le soulager. Je ne pouvais pas faire grand-chose, je ne pouvais pas ressentir sa peine avec autant d’intensité, mais il devait savoir qu’il n’était pas seul. Je n’avais pas grand-chose à lui offrir, mais j’étais prête à tout pour l’aider dans cette épreuve. La seule chose que je pouvais lui apporter c’était ma présence et je la lui donnais en m’approchant de lui et en déposant avec force mes mains sur ses bras. Je ne pouvais le laisser tout casser quand bien même le mobilier m’importait peu. Il me fallait limiter ses gestes. J’agissais peut être en traitresse en intervenant par derrière, mais il aurait été encore plus dangereux de me mettre devant lui alors qu’il jetait tout ce qui lui passait par la main. Or, il n’était pas non plus très intelligent d’apparaître de cette manière. Je ne pu savoir ce qui se passait dans sa tête, mais quoiqu’il en soit, je me sentais basculer par-dessus la rambarde de la mezzanine. Je ne m’y attendais tellement pas que je n’eus même pas le temps de penser à utiliser mon pouvoir. La chute fut douloureuse. J’étais en vie, c’était déjà un bon point. Mais mes fesses en avaient pris un coup. Pas autant que la table basse qui s’était écroulée sous mon poids soit dit en passant. Heureusement pour moi, ma tête était tombée sur le canapé. Plus peur que de mal dirons nous.
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: Tu n'es plus là... [Terminé]   Dim 19 Jan - 21:35

"On apprend tout de ses souffrances

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Le pire est au bout de l’absence

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Capucine & Elias

   

   
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Les bibelots, objets décoratifs et autres meubles sont parfaits pour ce que j’ai à faire. Parfaits pour endurer ma rage et mon soulagement, pour supporter – ou non – l’effet du manque et de la frustration. Certains éclatent en morceaux pour ajouter au rythme des coups un peu de musicalité sans que jamais je décide de m’arrêter ;
Cadres, réveil matin, les cintres et les vêtements qui sont dessus, des bouquins, des souvenirs de rares vacances, l’album photos. Tout y passe. Si je pouvais soulever le piano aucun doute qu’il rejoindrait le lit et le bordel qui grandit derrière lui, une montagne de cadavres inutiles et bon pour la casse.

Ma respiration cadencée fait bientôt plus de bruit que ce remue-ménage, je n’entends plus que mon souffle bourdonner dans mes oreilles, la chaleur couvrir ma peau et remonter à mes joues, mes yeux s’emplir régulièrement de larmes sans que je ne les sente se dissiper. Bientôt je ne vois plus rien mais qu’importe ? Je n’ai pas besoin de viser pour balancer ces merdes au fond de la pièce !

Sauf que je ne suis pas seul avec ces objets. J’ai oublié Capucine. L’espace d’un caprice, d’une crise de colère, je l’ai retirée de ma mémoire elle aussi. Il n’y a plus que ma douleur, vous comprenez ?!! Il n’y a plus que ça et ce trou béant créé par l’absence d’Indio.
Alors allez savoir ce qu’il s’est vraiment passé. Si je l’ai confondu avec une babiole ou si j’ai eu conscience de l’avoir percutée…qui sait ? Moi pas. J’entends simplement son corps rencontrer et briser la table, arrêtant aussitôt mes gestes, le regard noir toujours fixé sur le lit.

...
Quelques secondes. Je l’entends bouger. Mon cœur reprend ses battements, pour me garder en vie probablement. Bien que je ne lui ai rien demandé. Mes bras se replacent le long de mon corps et mes épaules se décrispent légèrement, qu’ai-je fait ?
Sans réussir à être parfaitement inquiet, désolé ni même coupable, je descends doucement et l’observe. Elle est blessée, c’est ça ? Plus les jours passent et plus elle subit. Comme si les soins que j’ai pu lui porter à notre rencontre étaient en train de se retirer, jour après jour, petit à petit. Et que restera-t-il de la demoiselle ?
J’attrape mon blouson et l’enfile avant de rejoindre la porte.

« Ne dis rien. Je sais que tu vas vouloir m’aider, que tu penses pouvoir me soutenir. Moi aussi j’ai cru un jour, que tu étais tout ce dont j’avais besoin pour être heureux. Cap… J’ai réalisé que j’étais père quatre ans trop tard. Et si j’ai commencé à rattraper le temps perdu, comme j’ai pu, c’est maintenant impossible. Terminé. »

J’avale difficilement cette honteuse réalité et je relève les yeux avec le peu de courage et de dignité qu’il me reste, pour regarder celle que j’aime.

« Il n’y a plus rien que je puisse faire pour mon fils : je l’ai mis en danger, je n’ai pas su le sauver, pas plus que l’élever. Il est mort. Tu m’as donné confiance en moi, j’ai cru pouvoir m’améliorer et lui montrer combien je l’aime ! Lui montrer que je suis fier, et espérer qu’il le soit à son tour !...Sarah ne se remettra jamais, moi non plus. Je me sens coupable, je me sens trahi par… » Je lève les yeux au ciel quand une larme décide de quitter mon regard.
Inspirer.
Souffler.
« Tout est devenu insupportable. Je ne me supporte plus moi-même, je voudrais que ça s’arrête. Que mon cœur prenne sa retraite, que personne ne fasse attention à moi, je voudrais être seul et dormir. Mais je ne peux pas fermer les yeux et…laisse-moi partir je…j’ai besoin de partir. »

Tu vois, je délire complètement.
Peux-tu comprendre ma déchirure ?
Laisse celui qui n’est plus parent ;
Panser ou non sa plus profonde blessure.
   
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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: Tu n'es plus là... [Terminé]   Dim 19 Jan - 22:36

Comment s’envoyer en l’air sans prendre une once de plaisir… Seulement, je n’aurai jamais cru que cela aurait pu être aussi violent. J’avais bien conscience qu’Elias ne l’avait pas fait exprès et que je n’aurai jamais dû m’approcher de lui aussi subrepticement. Il était malheureux et ma présence ne représentait que peu de chose comparé à la perte d’Indio. Sa réaction prouvait parfaitement que j’étais inexistante à ses yeux. Cela faisait mal, mais c’était ainsi et je comprenais. Je n’étais pas sa femme, ni la mère de son enfant, encore moins une parente proche. Je n’étais que moi et ce n’était pas suffisant pour qu’il me regarde ne serait-ce qu’un instant.

Je n’étais pas encore debout qu’il était déjà prêt à quitter l’appartement. Pour aller où ? Pour faire quoi ? Non… Pas dans cet état. Et puis… Il ne prenait même pas la peine de s’excuser ou de s’assurer que je n’avais rien. Pour lui, il n’avait plus rien. Seulement, j’étais là… Il m’avait moi. Je ne comptais pas un tout petit peu pour qu’il reste quelques instants encore ? Apparemment, non. Sa tirade terminée, il baissait la tête pour quitter les lieux. Je n’en revenais pas. Finalement, la douleur physique que je ressentais n’était rien par rapport à cette fuite. Car c’en était une. Elias avait fuit cet appartement qui devait lui rappeler son fils décédé. Que pouvais-je faire maintenant ? Il était trop tard pour tenter de le suivre et quand bien même, je doutais de pouvoir le faire.

J’essayais tant bien que mal de me remettre sur mes pieds, m’assurer que rien ne s’était barré ou cassé entre temps. Je m’en sortais avec quelques égratignures et sûrement des bleus. Tant mieux, car je me voyais mal aller à l’hôpital une nouvelle fois. Comment leur expliquer en plus ? Il ne manquerait plus que le personnel s’inquiète de la fréquence de mes visites, surtout aux vues de mes blessures.

Je parcourais l’appartement du regard et ne trouvais rien d’autre à faire que ranger. Il était beau mon moyen pour aider Elias. J’étais d’un pathétique. Même pas foutue de l’aider dans cette épreuve. Je m’en voulais de ne pas connaître ces mots qui sauraient lui faire du bien. Peut être qu’une aide extérieure serait appropriée dans ce cas, même si je n’étais pas certaine que l’avocat s’y plierait. Il semblait tellement perdu dans son monde, loin de tout qu’il était peut être trop tard. Le sentiment d’impuissance que j’éprouvais tout à l’heure ne faisait que s’accentuer. Son poids m’écrasait. Allez stop ! Je devais cesser de ruminer et de m’apitoyer. J’avais du boulot pour ranger tout ce bordel et j’étais certaine que, même si ce n’était pas grand-chose, c’était au moins une tâche que je pouvais exécuter.

Je repliais les vêtements abandonnés, rangeais les dossiers à leur place et ramassais les débris des divers bibelots. Parmi eux, le cadre de notre photo. Une fissure semblait nous séparer et cette vision faisait mal. Ce n’était qu’une fissure, il me suffisait de trouver un autre cadre et puis c’était tout. Malheureusement, je ne pouvais m’empêcher d’y voir un funeste présage. Chut ! Courage ! Je redéposais la photo sur ma table de nuit avant de descendre les ordures. Mon regard se posa sur la table. Elle était bien abîmée… Je doutais que l’on puisse la réparer. Encore une chose de brisée ici.

Le ménage terminé, je me mettais derrière les fourneaux, même si cela était un bien grand mot. Je me contentais de faire des sandwichs et des crudités en espérant qu’Elias mange un peu. Je me mettais également à faire des cookies dans le but de m’occuper l’esprit. Il ne fallait pas que je regarde l’heure. Cette horloge maudite qui m’apprenait qu’Elias était dehors depuis plusieurs heures à faire je ne savais quoi. J’avais peur. J’aurai dû essayer de le rattraper. J’aurai dû tenter une approche, même s’il ne semblait pas avoir besoin de moi. Je n’avais vraiment besoin de personne pour me foutre le moral à zéro. Je montais dans la salle de bain et jetais les vêtements ensanglantés, histoire de retirer les dernières traces de cette catastrophe. Puis, voyant l’heure, je décidais de me coucher quand bien même il me serait impossible de dormir avant son retour. Je ne devais pas paniquer. Je devais avoir confiance en lui. Mais comment avoir confiance en quelqu’un qui s’était perdu lui-même ?
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Tu n'es plus là... [Terminé]

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