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 Hi mister jailer

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Gillian Johnson


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MessageSujet: Hi mister jailer   Ven 10 Jan - 14:15

14 mars 2011

La sirène criarde d’une ambulance retentit dans la nuit. Les paupières encore fermées sur les brumes d’un demi-sommeil, Gillian échappa un grognement. Elle enfouit son visage dans le traversin du lit et, comme une ado snobant l’heure du réveil, elle le rabattit par-dessus sa tête afin d’étouffer le ronronnement de la ville, là, dehors. Pendant une poignée de secondes, elle n’entendit plus alors que le bourdonnement de ses propres oreilles. Cinq, peut-être six secondes de sérénité encore, avant que la machine infernale ne se remette en route et que les synapses de son cerveau se reconnectent entre elles. Sa première pensée cohérente fut de se demander où elle était. Elle ouvrit les yeux et aucune des formes indistinctes se découpant dans la pénombre ne lui parurent familières sur l’instant. Elle ne reconnaissait pas l’odeur de cette pièce ni les murs qui l’entouraient… Tâtonnant dans le noir, sa main finit pourtant par buter contre un interrupteur et quand elle l’actionna, la lumière crue émanant du plafonnier redonna soudain un sens à son impression de mal-être. En fait, elle savait parfaitement où elle se trouvait. En plein cœur de l’antre d’Alejandro Ciccelli.

L’énigmatique brune aux yeux bleus se redressa et s’assit sur le bord du lit. Elle jeta un œil à l’horloge digitale posée sur la table de chevet tandis que sa main droite venait masser l’arrière de sa nuque. 22h48. Elle avait dû s’assoupir sans s’en rendre compte. Le livre qu’elle feuilletait avant ça était encore ouvert par terre, là où elle l’avait laissé tomber. Elle ne le ramassa pas. Son regard se tourna vers la fenêtre grillagée où l’on apercevait un mince bandeau de ciel, noir comme l’ébène. Ici on ne voyait pas les étoiles. Los Angeles était une ville de lumières. En apparence tout du moins, car depuis qu’elle y avait remis les pieds, Gillian était incapable de voir autre-chose que sa souillure. Elle avait dans la bouche un goût amer, mélange de dégoût et de colère avec lequel elle se débattait depuis une quinzaine de jours maintenant. Depuis qu’on lui avait ravi ce qu’elle avait de plus cher et que Cristiani avait fait d’elle sa mignonne petite marionnette. Cette pensée la fit grimacer. Il ne fallait pas qu’elle s’engage sur cette voie. Penser à tout cela la rendait folle. Prendre l’air, c’est cela dont elle avait besoin, pour s’empêcher de tourner en rond comme un fauve en cage dans cette piaule minable.

Elle attrapa son blouson de cuir, vérifia que son paquet de cigarettes était bien au fond de sa poche, et quitta la chambre qu’elle occupait sans plus de cérémonie. À cette heure, les couloirs des étages supérieurs de l’immeuble étaient calmes. Les « filles » de Ciccelli étaient toutes dehors, au tapin, et on ne les reverrait pas avant le petit matin. Quand Gillian atteint le rez-de-chaussée en revanche, le brouhaha animé de l’Araba Fenice vint aussitôt lui chatouiller les oreilles. Une douzaine d’hommes aux gueules toutes plus suspicieuses les unes que les autres étaient occupés à boire une bière et quatre autre s’étaient rassemblés autour d’une table de billard. Un soir comme un autre dans le repaire des malfrats en somme. La tête baissée, comme si de cette manière elle pouvait passer inaperçu à leurs yeux, Gillian traversa alors la salle. Elle avait presque atteint la porte quand un bonhomme la dépassant de deux têtes se planta en travers de son chemin. Tony Alberici. Elle le connaissait, c’était un des gros-bras qui passait son temps à lui coller aux basques pour s’assurer qu’elle ne mette pas les voiles.

_ Tu cours où comme ça ma jolie ?

_ M’en griller une, c’est tout. J’ai pas besoin d’un chaperon, grinça-t-elle en esquissant un mouvement d’épaule pour échapper à la grosse main qu’il essaya de poser sur elle.

_ T’es mignonne mais ça c’est moi qui en déciderai. Allez, avance.

Ça avait l’air de le faire marrer en plus ce con. Gillian lui lança un regard noir mais elle ne chercha pas à discuter. Une fois à l’extérieur, la fraîcheur de la nuit sur son visage lui fit plus de bien encore que ce qu’elle avait imaginé. Elle ferma les yeux une seconde pour en profiter, inspirant profondément les odeurs de la rue, puis elle laissa Tony sur le pas de la porte et fit quelques pas sur le macadam avant de poser ses fesses sur le capot d’une voiture garée devant l’établissement. C’est seulement à ce moment qu’elle tira une cigarette de son paquet et l’alluma d’un coup de briquet. Putain, elle allait avoir besoin d’une sacrée dose de nicotine pour supporter ces conneries encore longtemps !
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Alejandro Ciccelli

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MessageSujet: Re: Hi mister jailer   Mer 15 Jan - 22:54

[HRP = Désolé pour l'attente ^^']

J’étais en rendez-vous d’affaire au QG de l’agence quasiment toute la journée. La réunion tarda, s’éternisa. Suite à l’obtention de la coopération de Genome, il nous restait un dernier épineux problème à régler. Anthony n’était pas peu fier d’avoir doublé Genetic, mais il se méfiait de toujours de Tussle. L’objectif de ce rassemblement était de mettre au point le moyen de l’évincer, comme prévu. Je lui avais fait part des dernières informations que j’avais obtenues au sujet de ce gestionnaire un peu trop encombrant, ainsi qu’au sujet de son prédécesseur, qui lui, était plus à même de favoriser nos affaire. Holster était un homme intelligent. Nous osions espérer que nous ne nous étions pas trompés et que la coopération se déroulerait mieux avec celui-ci. La décision était prise, Anthony exigerait le remplacement de Tussle par Holster, et ce, dès demain !

La séance fut levée. Il était près de 22h quand je quittai les locaux de l’Agence pour rentrer à mon domicile. Un rapide coup d’œil à mon mobile afin de m’assurer qu’il n’y avait pas d’affaire urgente à régler, et direction l’Araba Fenice.

Je coupai le moteur devant l’établissement. Mon téléphone sonna. Je répondis en Italien. C’était de nouveau Anthony qui me demandait de me rendre à l’agence à la première heure le lendemain. Le temps que je termine ma conversation et que je descende de mon véhicule, une jeune femme s’assis sur le capot. Je fis un signe de tête à Tony qui ne lâchait pas la demoiselle des yeux, puis fit claquer la portière.

« Bien le bonsoir, Miss Johnson ! » la saluai-je courtoisement, paré de mon plus bel accent italien. Il ne me fallu qu’un rapide coup d’œil pour m’apercevoir qu’elle était à cran. Elle donnait l’impression d’avoir été tirée du lit, ou alors au contraire, de n’avoir pas dormi.

Anthony me l’avait confiée. Ce petit bout de femme était capable de bien des choses un clavier entre les mains. D’ailleurs, nous avions eu un mal fou à suivre sa trace, qui ne faisait que disparaître continuellement à travers tout le pays. Il allait sans dire qu’elle serait très utile à l’Agence si elle acceptait de coopérer. De toutes façons, elle n’avait guerre le choix. Anthony était quelqu’un de très persuasif, il voulait s’assurer de sa loyauté, et savait comment l’y contraindre.

Depuis que la jeune femme était arrivée dans mon établissement, nous n’avions eu que peu d’occasion de nous croiser. J’avais chargé mes hommes de veiller sur elle, et c’était Louisa, ma « fille » la plus dévouée, que j’avais faite missionner pour tout ce qui était des « affaires de bonnes femmes. » C’était une idée de Thalya, ma fille, la vraie.

« Vous avez l’air éreintée. »  Simple réplique de rhétorique, histoire d’engager la conversation. Je me doutais des raisons de sa contrariété. Cependant, elle n’était pas vraiment ce que l’on pouvait appeler captive. Elle était libre d’aller et venir comme bon lui semblait, tant qu’elle n’échappait pas à ma vigilance. Je la jaugeai du regard avant d’ajouter : « S’il y a quelque chose que je puisse faire pour vous ? En mon absence, vous pouvez demander ce que vous voulez à Tony. »  Je lançai un regard en direction du gorille qui se tenait devant la porte du bar. C’était un homme loyal et serviable, il n’était pas facile à semer. Je savais que je pouvais compter sur lui pour surveiller ma nouvelle protégée.


[HRP2 = et si j'ai écris des conneries, hésite pas à me le dire Wink]
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Gillian Johnson


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MessageSujet: Re: Hi mister jailer   Sam 18 Jan - 16:49

Toute occupée qu’elle était à ruminer sa mauvaise humeur, Gillian ne remarqua pas tout de suite que le capot sur lequel elle venait de s’assoir était encore chaud, signe que la berline n’avait pas été mise à l’arrêt depuis bien longtemps. Ainsi, quand la portière claqua dans son dos et qu’une voix ô combien désagréablement familière l’apostropha, elle ne put réprimer un sursaut et un simple coup d’œil par-dessus son épaule suffit à la faire décamper de son perchoir. À croire qu’elle le faisait exprès. Parmi toutes les voitures garées dans cette foutue rue, évidemment, il fallait précisément qu’elle choisisse de poser son séant sur celle de l’homme qui la retenait captive entre ses murs. Alejandro Ciccelli. L’indéfectible bras-droit d’Anthony Cristiani, parrain de la pègre et premier responsable de sa descente aux enfers. Gillian crispa la mâchoire malgré elle en entendant le qualificatif qu’il lui prêta – miss ? sérieusement ? – mais elle se retint de faire un commentaire là-dessus. Elle savait de quel bois étaient faits les hommes de pouvoir tel que lui. Derrière ses manières de gentleman attaché aux traditions de son pays, Ciccelli restait un prédateur de la pire espèce. Un loup dont la silhouette bourrue et le visage ridé par les vicissitudes de la vie ne devait pas faire oublier qu’il était capable de sauter à la gorge de quiconque oserait se mettre en travers de son chemin. D’une certaine manière, il lui rappelait son père… Une raison d'autant plus convaincante de s’en méfier comme de la peste.

_ Je vais très bien merci, répondit-elle sur la défensive pour démentir les propos de son interlocuteur qui lui trouvait mauvaise mine.

Malgré cela, la jeune femme ne trompait personne. Le tic nerveux qui agitait sa cigarette au bout de ses doigts était aussi témoin de son état que l’expression à la fois revêche et craintive rivée à son visage. Elle voulut d’ailleurs faire un pas en arrière pour s’éloigner du capo mais buta malencontreusement contre le parechoc arrière de la voiture garée dans son dos, lui donnant l’allure d’une chatte sauvage acculée dans un coin. Sans aucun espoir d’échappatoire. Elle échappa alors un petit bruit, comme le feulement d’une lionne irritée, et se força à reprendre constance en tirant une bouffée sur sa cigarette. Au cours de ses pérégrinations à travers les cinquante-et-un états du pays elle avait pourtant rencontré des gens peut-être plus dangereux encore que Ciccelli, des camés prêts à vous trancher la gorge pour dix dollars ainsi que des truands que n’importe quel psy aurait qualifié de sociopathes, mais c’était différent. À cette époque c’était elle qui menait la danse, elle qui avait quelque-chose à mettre dans la balance, et en cas de pépin il y avait toujours Eli pour veiller sur elle. Son amour. Sa vie. Elle ne savait plus ce que c’était que d’être forte sans lui. Elle avait oublié.

_ C’est plutôt ironique que vous disiez ça quand la seule chose que je désire vraiment est précisément celle que vous ne m’accorderez pas…

Elle savait ce que son impertinence pouvait lui coûter face à un homme qui tenait son existence entre ses mains mais l’amertume était trop forte pour qu’elle puisse la contenir toute entière en elle. Elle avait besoin que ça sorte, d’une manière ou d’une autre, de préférence sans que cela ne fasse trop de vagues non plus. Gillian n’avait de toute façon jamais été le genre de femme à s'attarder en parlotte sur elle-même et elle préféra changer brusquement de sujet.

_ Les informations que je vous ai données sur ce O’Hara vous ont été utiles ? Vous ne m’avez pas dit pour quoi c’était, pas que ça m’intéresse particulièrement mais si je pouvais au moins avoir la certitude de servir à quelque-chose je suppose que ça serait toujours ça de pris.
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Alejandro Ciccelli

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MessageSujet: Re: Hi mister jailer   Lun 27 Jan - 23:48

Malgré toute la délicatesse dont j’estimai avoir fait preuve, la jeune femme eut un sursaut à mon approche. J’avais l’impression d’avoir affaire à un pauvre petit agneau que l’on aurait jeté dans la fausse aux lions. Ce qui n’était pas faux, au vue de la situation. Mais que voulez-vous ? les forts règnent, les faibles obéissent, ou meurent. Ainsi va le monde. Il vaut mieux savoir se ranger du côté des forts.

« Pardonnez-moi. Je ne voulais pas vous effrayer. » lachai-je, un sourire enjôleur aux lèvres, dans le but de la mettre à l’aise. J’étais un gentleman, pas un monstre tout de même. Je savais encore comment bien me conduire avec les dames et je n’avais aucune raison de jouer les tortionnaires avec cette douce créature, tant qu’elle ne montrerait pas signe d’agressivité, ni de résistance.
Du moment qu’elle coopérait, je me devais de veiller sur elle, le temps qu’Anthony le jugerait nécessaire.

Certes, elle était comme un animal captif, sur la défensive, prête à se défendre contre toute agression. Elle devrait se faire à sa condition avec le temps. Biensûr, je concevais qu’elle ne m’apprécie pas, pour les raisons qu’elle me balança au visage, entre autre, cela m’était complètement égal, je ne lui en demandais pas tant. J’esquissai un nouveau sourire courtois face à tant d’amertume, contrastant avec un regard froid, dépourvu de compassion. « Il faut savoir rester réaliste mia Bella ! » en clair, mon ton traduisait que ce n’était même pas la peine d’essayer de discuter. Quand bien même j’aurais voulu accéder à sa requête, ce qui était à mille lieues de me traverser l’esprit, ce n’était pas en mon pouvoir. Le décideur, c’était Cristiani.

Cela m’amusait. J’avais l’impression qu’elle cherchait à tester les limites de mon autorité. Ne pousse pas trop loin ma jolie, ou tu pourrais très vite le regretter. La patience n’étant pas une de mes vertus premières, je n’étais pas du genre à faire dans le sentimental. La pitié, m’était inconnue. J’avais beau avoir une profonde considération pour la gente féminine, le sexe n’entrait pas vraiment en ligne de compte lorsque l’on me manquait de respect.
Je ne faisais pas ça par plaisir, c’était mon rôle. J’étais le bras droit d’Anthony, j’avais des affaires à faire tourner. Elle était là car elle était un élément utile à l’agence, sous ma responsabilité, voilà tout.

Elle changea finalement de sujet, abordant judicieusement un sujet plus « professionnel ». Mon regard s’anima d’une lueur étrange tandis qu’elle mentionnait O’Hara. Je n’avais pas de souci à me faire devant l’Araba Fenice, je ne risquai pas que l’on me marche sur les plates bandes. Les indésirables qui venaient fourrer leur nez dans mes affaires payaient généralement le prix fort. Cependant, on n’était jamais trop prudent, j’étais bien placé pour le savoir :  « Je vous serais gré, dans votre intérêt, si vous tenez un tant soit peu à la vie, d’éviter de mentionner ce genre d’informations en pleine rue à l’avenir. » j’avais franchi le mètre qui nous séparait, disant cela d’un ton doucereux. Je saisi son visage entre mon pouce et mon index avant d’ajouter sur un ton calme ne présageant rien qui vaille :« Certaines personnes seraient prêtes à n’importe quoi pour vous soutirer ces renseignements, s’ils savent ce dont vous êtes capable. Il serait regrettable qu’il arrive quelque chose à votre joli minois. » Et ça, ce serait dans le meilleur des cas. Je la lâchai aussitôt. C’était un avertissement. Si elle ne savait pas encore où elle était tombée, il fallait vite qu’elle l’apprenne.

L’information, c’était mon business, j’étais expert en la matière, le meilleur ! J’obtenais toujours ce que je voulais savoir, peu importe la méthode employée pour y parvenir. D’ailleurs, elle avait déjà eu l’occasion de s’en rendre compte. J’étais craint et respecté pour cela. Mais il n’y avait pas que l’Agence sur le terrain, bien que notre réseau soit, et de loin, le plus influent, le plus étendu. L’information devait rester exclusive, je ne pouvais pas me permettre la moindre fuite.

« Oui, votre utilité nous est certaine, c’est pourquoi vous êtes ici. Je me porte garant de votre vie et de votre sécurité. N’abusez pas de ma patience, et ne vous mettez pas intentionnellement et inutilement en danger. Et souvenez-vous, je suis le seul à qui vous devez vous fier. »
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Gillian Johnson


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MessageSujet: Re: Hi mister jailer   Dim 2 Fév - 17:58

Gillian était mal à l’aise. Elle avait beau se forcer à garder la tête haute et à arborer un air dégagé, intérieurement elle était loin d’éprouver un tel aplomb. Tout cela était encore nouveau pour elle. Avoir été arraché de force à sa vie passée avait été une expérience assez traumatisante en soi comme ça, mais elle l’était d’autant plus qu’elle n’avait aucune idée de dans quoi elle avait véritablement mis les pieds. Elle avait été catapultée au milieu de ces gens et de leurs intrigues et pourtant elle ignorait toujours qui ils étaient. Qui ils étaient vraiment. L’Agence. Les réalisateurs de rêves. Des gens dangereux, savamment organisés autour d’un leader aussi ingénieux qu’implacable, de ça elle en était parfaitement consciente au moins, mais cela ne représentait que la partie émergée de l’iceberg. Ce qui se trouvait en-dessous l’inquiétait bien plus. Depuis deux semaines il lui semblait entendre la voix de son père résonner en boucle entre ses deux oreilles : "Jamais, jamais tu ne dois révéler ce que tu es vraiment !". D’une certaine manière, malgré la façon dont ils s’étaient quittés, elle lui avait sagement obéi pendant toutes ces années. À part à Eli, elle n’avait confié son secret à personne. Elle avait fui, jour après jour, jusqu’à croire qu’elle avait fini par réussir à enterrer son passé derrière elle. Grossière erreur. Il n’y avait pas d’échappatoire à ce qu’elle était et Anthony Cristiani n’avait fait que le lui rappeler.

Il n’était pas le seul d’ailleurs. Gillian se redressa à l’approche du capo. Elle tenta de donner contenance à son maintien mais ferma les yeux quand elle le sentit attraper le bas de son visage. L’espace d’une seconde, un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale. Elle eut envie de hurler. De lui cracher au visage de la lâcher, qu’il n’avait pas le droit de poser ses sales pattes sur elle, qu’il pouvait peut-être la retenir contre son gré mais que jamais elle ne lui appartiendrait. Au lieu de quoi, elle déglutit sa peur et son dégoût avant d’oser à nouveau soutenir son regard. Elle se détestait aussi faible et elle détestait encore plus en avoir aussi cruellement conscience, mais elle ne pouvait rien faire. Elle n’avait aucune envie de crever et elle pensait à Eli. La culpabilité qu’elle éprouvait à l’idée de l’avoir mêlé à tout ça la déchirait même si elle savait ce qu’il lui dirait s’il était présent à cet instant. Que ce n’était pas sa faute. Mais il était bien là le problème : c’était sa faute. C’était à cause de ce qu’elle était capable de faire qu’ils en étaient là aujourd’hui. Elle avait voulu jouer, elle s’était crue intouchable et elle avait perdu. L’Agence n’était pas le seul loup dont elle devait se méfier à présent. Ils l’avaient ramené à Los Angeles et ce simple fait la terrifiait. Elle avait peur de finir comme ses parents biologiques, écrasés comme de vulgaires insectes dans la paume des puissants parce qu’ils avaient osé se détourner de leur ligne de conduite.

Quand Alejandro la relâcha, la jeune femme se rendit compte qu’elle avait retenu sa respiration pendant tout ce temps et laissa alors échapper un soupire. Elle savait ce qu’elle encourait si les mauvaises personnes apprenaient la teneur de son don. Dans ce monde c’était un pouvoir qui ouvrait bien des portes, elle avait pu s’en rendre compte par elle-même, mais qu’il lui dise qu’il était la seule personne à qui elle pouvait se fier, c’était l’hôpital qui se foutait de la charité ! C’était trop pour elle. La colère avait pris le pas sur la peur et ce fut à son tour de se coller à quelques centimètres à peine de l’italien. Sa voix n’était plus qu’un grondement sourd mais elle avait retenu la leçon et elle parla juste assez fort pour que lui seul l’entende.

_ Comment est-ce que vous pouvez me dire ça ? Vous et vos petits copains êtes précisément la cause de ce merdier dans lequel je me retrouve jusqu’au cou ! Je vous avais rien demandé et je suis sûre que vous vous portiez à merveille avant mon arrivée. Mais soit ! Dans ce cas allons à l’intérieur et faites-moi l’honneur d’éclairer ma lanterne. Parlez-moi des autres. Dites-moi à quoi j’ai à faire et de qui il faut se méfier. Que je sache au moins sur quel foutu champ de bataille vous m’avez entraîné.
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Alejandro Ciccelli

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MessageSujet: Re: Hi mister jailer   Sam 8 Fév - 0:39

Elle avait du cran la petite ! Mais il fallait qu’elle apprenne les règles de mon monde si elle vouait rester en vie assez longtemps. Je détenais le réseau d’informations le plus important de la ville. Je la récoltais, l’analysais et la diffusais précautionneusement et méticuleusement à qui de droit. Le circuit de diffusion était strict et contrôlé, maîtrisé, et je ne tolérais aucune fuite, même par inadvertance. Il était rare que j’accorde une seconde chance.

Dans son cas, la seule raison pour laquelle je me montrais magnanime, c’était uniquement parce Anthony avait besoin de ses services. A la première incartade de sa part, je ne me priverais pas de lui rappeler qui était le maître des lieux ici.

Je l’avais remise à l’heure, gentiment et poliment. C’était la première, et ce serait la dernière fois. J’espérais m’être montré suffisamment clair afin de ne pas avoir à réitérer l’explication, dans son propre intérêt, bien entendu, puis reprenais une distance convenable

Je terminai sur une note plus positive que j’agrémentais d’une certaine bienveillance, qui ne fut malencontreusement pas bien accueillie. Ce fut elle qui réduisit l’écart qui nous séparait cette fois-ci. Le message était passé et assimilé. Fort bien. Si elle espérait m’atteindre d’une quelconque manière par le venin qu’elle s’évertuait à me cracher au visage, c’était un échec cuisant. Je trouvais même sa petite crise risible. Elle pouvait se débattre de toutes ses forces, hurler, pester, protester autant qu’elle voudrait, rien n’y changerait. J’avais l’impression de voir ma fille faire un caprice. J’esquissais un sourire amusé et je rétorquais en tournant les talons vers le bar : « Vous nous manquiez. »

Je lançai quelques mots en italien à l’intention de Tony quand j’atteignis le seuil de mon antre. Elle avait de la chance, j’étais dans un bon jour et j’avais décidé de lui accorder sa requête. Je saluais chaleureusement quelques habitués puis me dirigeais vers le comptoir du bar, attendant que ma charmante pensionnaire daigne me rejoindre. Puis je l’intimais de me suivre direction la porte estampillée « Private Room ». Je lui ouvris la porte, galanterie oblige, puis baragouinait quelques mots d’italiens au barman, lui signifiant que je ne voulais pas être dérangé. Je fermais la porte derrière moi. « Asseyez-vous, faites comme chez vous. » Le bureau était assez grand, les meubles étaient en bois sombre et sobre. Deux fauteuils en cuir se dressaient devant le bureau impeccablement rangé. Je me dirigeais vers le grand buffet, ouvris le mini bar « Vous prenez quelque chose ? » avant de me servir un verre de whisky.

« Vous savez Miss Johnson, moins vous en savez, mieux ça vaut pour vous. Un secret ne peut le rester que si un minimum de personnes sont au courant. Les informations que vous nous fournissez sont confidentielles. Vous êtes donc tenue au secret. Vous comprenez donc, que, dans votre intérêt, tout comme dans le mien, il vaut mieux qu’elles le restent afin de ne pas tomber entre de mauvaises mains. Vous ne recevrez d’ordre que de moi, ou de Cristiani directement. Il va donc de soit, que vous ne divulguerez ce que vous verrez, ni entendrez qu’à Anthony ou moi-même, et personne d’autre. Même pas à un autre membre de l’Agence. C’est compris ? »

J’allais m’installer derrière mon bureau après m’être envoyé une gorgée de whisky. « Il va de soit que si l’information que vous êtes sensée être la seule à détenir, me revenait par une autre personne que vous, je serais contraint de déduire qu’il y a eu une fuite dans le processus, un bug dans la matrice. Ce n’est pas à vous que je vais apprendre comment on élimine un bug indésirable, n’est-ce pas ? »

« Anthony est persuadé que vous êtes un élément indispensable à l’Agence, que votre don est précieux et il vous offre l'opportunité et la liberté de l'utiliser à bon escient. J’espère qu’il ne sera pas déçu. »


[HRP: Désolé, je tâtonne encore avec le perso, j'espère que c'est pas trop pourri ^^']
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Gillian Johnson


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MessageSujet: Re: Hi mister jailer   Ven 14 Mar - 20:58

À la seconde où elle referma la bouche, Gillian sut qu’elle était allée trop loin. Elle avait laissé les paroles de l’italien l’atteindre et lui faire perdre son sang-froid et maintenant elle allait avoir tout le loisir de le regretter. Elle s’attendait déjà à sentir sa main l’empoigner brusquement au-dessus du coude puis à ce qu’il la traîne derrière lui à l’intérieur. Là, il pourrait tranquillement lui passer un savon mémorable sans personne pour s’en offusquer ! Elle en était tellement persuadée que la réaction de Ciccelli la prit en vérité totalement au dépourvu. Le rictus mi amusé mi moqueur qui fit tressaillir le coin de ses lèvres était déjà assez perturbant en soi, puisqu’il ne lui semblait pas avoir prononcé quoi que ce soit de drôle, mais plus dérangeante encore fut la petite phrase qui lui échappa. Elle leur avait manqué. Tout simplement. Gillian papillonna bêtement des yeux face à une déclaration pareille. Elle resta plantée sur place comme un piquet tandis que son interlocuteur s’éclipsait vers l’entrée du bar pour échanger quelques mots d’italien avec son sbire. Manqué ! Ça ne manquait pas d’ironie cette histoire, pour sûr ! Ciccelli était certainement très satisfait de son petit effet mais la brune, elle, se remit très vite de sa surprise. Peu importait qu’il la traite comme une enfant après tout, si ça pouvait lui faire plaisir elle était prête à encaisser ses railleries, mais il était hors de question qu’elle lâche l’affaire. Alors que la silhouette bourrue du capo pénétrait dans l’Araba Fenice, la jeune femme s’empressa alors de jeter le mégot de sa cigarette dans le caniveau et s’engouffra dans son sillage.

Le bureau d’Alejandro Ciccelli était à l’image de son propriétaire : sobre mais sophistiqué, austère et intimidant. Il y régnait une atmosphère studieuse, presque religieuse, qui imposait le respect à elle seule. Gillian se rappelait la première et dernière fois qu’elle y avait mis les pieds, ce fameux soir où il lui avait expliqué les règles du jeu qu’elle n’avait dorénavant plus le choix que de suivre à la lettre. Un souvenir désagréable, qui l’espace d’une demi seconde lui picota la nuque. Pourtant elle chassa vite cette impression passagère quand le capo l’invita à s’assoir. Elle n’en fit rien, se contentant de croiser les bras sur son ventre, adoptant une attitude clairement sur la défensive, mais alors qu’elle s’apprêtait également à décliner le verre qu’il lui proposait, elle se ravisa.

_ La même chose que vous.

Après tout, un remontant ne lui ferait pas de mal. Elle en avait bien besoin et la nicotine avait laissé un goût âpre dans sa bouche. L’autre cause de réjouissance fut que l’italien n’eut pas besoin d’elle pour revenir à la conversation qu’ils avaient laissée à l’extérieur. Bien que ce fut pour tenir des propos aussi nébuleux que précédemment. Gillian ne chercha pas à lui couper la parole cependant, même si la tentation fut grande à plusieurs reprises. Elle attrapa le verre qu’il lui tendit, le regarda aller s’installer derrière son bureau et écouta sagement son joli laïus pétri de fausse condescendance. Elle ignorait quelle idée il se faisait des activités qu’elle menait avant de croiser la route de l’Agence mais, vu la teneur de son discours, le pauvre était complètement à côté de la plaque.

_ Cristiani, me laisser la liberté ? Je ne crois pas, non. Ça doit être une question de perspective, mais de là où je me tiens ça ne porte pas ce nom-là. Et puis je ne vois pas pourquoi vous remettez en cause ma capacité à garder des informations confidentielles pour moi. Bavasser à tout-va n’est pas dans mon intérêt et ça ne l’a jamais été. Vous croyez que je suis arrivée où j’en suis en allant raconter ma vie au premier venu ? Vous êtes loin d’être les premiers dont je doive garder les petits secrets et ça, ça n’a rien à voir avec mon don.

Qu’il joue au chat et à la souris avec elle passait encore, mais qu’il remette en question son professionnalisme elle ne l’acceptait pas. Il touchait un point sensible. Il y avait sûrement de l’orgueil de sa part là-dedans, mais tant pis, au moins c’était chose dite. Il y avait autre-chose, cependant, qui brûlait les lèvres de la jeune femme. Elle ne savait juste pas comment aborder le sujet sans attirer les projecteurs sur une partie de sa vie qu’elle n’avait aucune envie de partager avec qui que ce soit en-dehors d’Eli, auquel elle n’avait jamais rien caché. Ses doigts se mirent alors à pianoter nerveusement contre son verre et au bout de quelques secondes elle se résigna finalement à se jeter à l’eau.

_ Genetic… Vous connaissez ce nom ? C’est une succursale d’un groupe pharmaceutique à Los Angeles. Je sais qu’à une époque ils ont fait des recherches sur le gène mutant. Vous… Vous avez déjà eu affaire à eux ? Vous savez s’ils sont toujours en activité ? Et qu’elle est la politique de l’Agence vis-à-vis d’eux si c’est le cas ?
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Alejandro Ciccelli

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MessageSujet: Re: Hi mister jailer   Dim 30 Mar - 22:06

Je tendis l’un des deux verres de whisky à la jeune femme qui avait préféré rester debout, soit ! Puis j’allais m’asseoir à mon bureau.

Je pris le temps de mettre les formes afin de lui expliquer le fond de ma pensée, en rapport avec ce contre quoi j’avais commencé à la mettre en garde dehors, tout en étant intraitable sur les règles du jeu, à savoir : que les informations ne devaient circuler que dans un seul sens. Et pour cela, je devais m’assurer que notre petite prodige ne fasse pas de vagues. Il y avait des yeux et des oreilles partout. Je me méfiais de tout et de tout le monde, même jusque devant ma porte. Si nous avions réussi à mettre la main sur cette nenette, je ne doutais pas que d’autres la convoitent également, et j’étais très bien placé pour savoir qu’il était possible de soutirer n’importe quelle information, même au mec le plus aphasique récalcitrant. Tout n’était qu’une question de méthodes. Elle se berçait d’illusions si elle croyait que le simple fait de vouloir tenir sa langue la préserverait des plus mal intentionnés d’entre nous.

Je remarquai à son emportement soudain, que j’avais touché une corde sensible. Liberté ? Qui a parlé de lui laisser la liberté ? Elle divaguait la pauvre fille ! Je ne l’interrompis pas cependant. Je portai mon verre à mes lèvres, amusé. J’étais suffisamment magnanime pour lui permettre de terminer d’exposer sa naïveté avant de reposer délicatement le verre sur la table et de répondre sur un ton sardonique :

« Intéressant ! Rappelez-moi comment vous êtes arrivée ici ? » un sourire en coin étira mes lèvres. J’estimais ne pas avoir besoin d’argumenter d’avantage. Mon regard était éloquent. Nous tenions son mari afin de la faire coopérer. Je la laissais imaginer de quoi nous étions capable avec les traîtres.
Elle avait réussi à nous filer entre les doigts un certain temps, certes, mais elle n’avait pas été assez précautionneuse pour nous échapper, ce qui lui avait coûté sa liberté. Qui sait ce que lui coûterait sa prochaine négligence ?

Puis vinrent d’autres questions, de curieuses questions. Je la fixais de mes prunelles sombres, sans sourciller, tout en laissant planer le silence face à ses interrogations. Un instant, pouvant passer pour une éternité. Je la dévisageai affichant un air énigmatique. Je m’accoudai sur le bureau, croisant les mains au dessus de mon verre, la fixant par-dessus mes lunettes rondes :

« Genetic vous dites ? »  commençais-je d’un ton posé et calme comme si j’entendais parler de cette organisation pour la première fois. « Moi non, mais vous oui, visiblement. »  une lueur inquiétante illumina mon regard, je la fixai avec intensité. « Quel genre de recherches ? »  
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Hi mister jailer

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