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 To win, to lose, to remember...

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Calista Freeman


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MessageSujet: To win, to lose, to remember...   Mar 29 Oct - 10:53

Depuis combien de temps n'a-t-elle pas mis une robe de soirées? Des mois probablement, du temps où elle devait s'apprêter pour servir de faire-valoir à son ex-mari avocat volage. C'est curieux comme aujourd'hui cette vie-là lui semble loin. Après une longue inspection de son dressing, la jeune femme opte pour une robe noire au bustier brodé de fils dorés. C'est une imitation évidemment, pas de haute couture elle n'en a pas les moyens. Une paire de chaussures et une pochette assorties, elle pourrait presque se prendre pour Cendrillon, la citrouille en moins. Avec un peu de chance elle n'égarera pas son soulier sur les marches en filant à minuit. Il est peu probable que son prince soit présent à cette soirée de gala de toute façon.

C'est le conservateur du L.A. Times en personne qui lui a remis une invitation pour cette occasion spéciale, un gala de charité dans un prestigieux casino. Les gains récoltés seront presque intégralement versés à la Leukemia & Lymphomia Society. Le journal pour lequel travaille Calista est un des grands sponsors de cet évènement. Les participants seront des grands noms de la ville, quelques célébrités et donateurs habitués de la fondation, des médecins de tous bords travaillant pour la recherche ou aidant les malades en plus de ceux qui auront pu se procurer une invitation en échange d'une promesse de dons. Certains viendront surtout se montrer, d'autres comme l'assistante seront présents avant tout pour soutenir cette cause.

Le taxi la dépose devant le casino. Des inconnus se pressent déjà à l'entrée, arborant costumes ou robes élégantes. La brune se sent un peu intimidée, pas vraiment à sa place. Elle prend une grande inspiration, se souvenant qu'elle est là pour une bonne cause et bien décidée à faire un chèque. Quand on a la chance de ne manquer de rien et qu'on est en bonne santé, il est naturel de penser à ceux qui sont plus en difficulté. Elle tend son carton d'invitation aux messieurs chargés de filtrer les entrées puis se glisse à l'intérieur. C'est la première fois qu'elle pénètre dans un casino, elle n'en a vu qu'à la télévision. Les jeux d'argent ne l'attirent pas vraiment, elle n'a même aucune idée des règles du poker ou autres consorts. On lui remet des jetons en échange du montant de son don. Elle s'engage comme chacun ici à remettre ses gains pour l'œuvre à sa sortie. L'heure est venue de se lancer dans l'arène. Son regard un peu perdu se pose partout autour d'elle, cherchant un visage familier, un endroit où elle pourrait se fondre dans le décor. Elle opte pour une table, celle avec la roulette. Le fonctionnement doit être assez facile à appréhender. Cali s'installe près d'un homme séduisant aux cheveux blonds. Elle lui sourit tandis qu'il pose son regard sur elle avant d'observer les autres joueurs et surtout ce qu'ils font…

Absorbée par son étude du jeu, elle finit tout de même par sentir le regard de son voisin de table posé sur elle. Elle tourne le visage vers lui de nouveau, cette façon de la contempler lui est assez familière. Cela ressemble à ces trop nombreuses fois où quelqu'un s'étonne de ne pas être reconnu, à moins que ce soit le fruit de son imagination? Bon… Qui peut-il bien être? Un collègue de travail?  Plutôt que de le vexer, elle va tenter un coup de poker même si elle ne se souvient absolument pas de lui, ce qui n'a rien d'étrange connaissant sa mémoire capricieuse. Après tout, cela reste dans le ton de la soirée.


"Bonsoir, nous nous sommes déjà croisés quelque part non?

Elle s'empourpre en réalisant que c'est une technique commune pour aborder un homme charmant. Etant donné le physique de son voisin, on a dû la lui faire souvent. Mais là ce n'est vraiment pas le cas de l'assistante !

- Ne vous méprenez pas, ce n'est pas une tentative maladroite pour vous aborder… Vous travaillez au L.A. Times peut-être? Si vous étiez un ancien croupier cela m'arrangerait d'avantage, je n'ai aucune idée de comment je suis censée écouler ces jetons… Le but du jeu c'est de gagner le plus d'argent pour la bonne œuvre qui nous rassemble tous non? J'ai peur que ce soit mission impossible pour moi, au moins ils recevront l'argent que je vais perdre.

Elle lui adresse un sourire aimable bien qu'intimidé. Calista espère ne pas le déranger, étrangement briser la glace de cette manière lui apporte un certain réconfort. Elle se sentait bien seule et désorientée ici. Mais peut-être que l'inconnu ou le non inconnu ne le verra pas du même œil et sera pressé de changer de table pour se débarrasser d'elle.

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Keaton T. Wetherford

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MessageSujet: Re: To win, to lose, to remember...   Sam 2 Nov - 12:26

21 Mars 2011 – Soirée

Une envie irrépressible de se cacher. Fermer les volets, tirer le rideau pour s'assurer davantage qu'aucune lumière ne filtrerait. Verrouiller la porte. S'allonger sur un lit, fermer les yeux et tout oublier, comme si on avait la capacité de disparaître pour ne plus jamais revenir affronter la réalité. L'oublier pour ne pas y faire face et espérer que, lorsqu'on déciderait à revenir et à ouvrir les paupières, le monde aurait changé et que tous les soucis se seraient envolés. J'aurais aimé pouvoir faire une telle chose. Au moins l'essayer pour arrêter de faire semblant. Continuer à avancer, esquisser des sourires faux, esquiver les discussions dérangeantes, en résumé faire comme si de rien n'était, voilà à quoi se résumait ma vie depuis quelques jours. J'étais parfois dans le déni, souvent dans le regret et la douleur. Les émotions jouaient avec mon corps comme si elles étaient toutes réunies dans un grand bocal et qu'il allait y avoir un tirage au sort. Qui l'emporterait parmi toutes et surtout laquelle serait le numéro complémentaire qui pourrait me faire gagner le gros lot ?

Aucune. Rien ne pouvait me faire oublier, pas même cette soirée où je me trouvais. J'aurais aimé ne pas m'y rendre. Je ne comptais pas le faire bien que j'avais reçu une invitation. En fait, c'était Tammy qui l'avait reçue. Elle faisait des dons chaque année et la Leukemia & Lymphomia Society faisait partie de la liste. Elle n'était pas présente, c'était donc ma responsabilité que de représenter notre famille. J'étais médecin qui plus est, on ne s'étonnerait pas de ma présence et on supposerait que je me sentais vraiment concerné par cette cause.. Y aller seul ou accompagné. Douce amertume que j'avais eu en lisant conjoint invité. Je n'avais plus personne avec qui me rendre à cette soirée. Seulement une adolescente de quinze ans que je ne pouvais emmener car elle était trop jeune pour fouler le sol d'un casino. J'aurais aimé y aller avec Kate. Elle aurait approuvé la démarche, aurait reconnu la générosité de ma famille et mon bon cœur. Mais Kate et moi n'étions plus et à ses yeux, je n'avais plus rien du prince charmant. J'étais même pire que la grenouille la plus visqueuse qui puisse exister sur cette terre. Mon image était cassé à ses yeux, j'étais responsable et je l'avais même poussé au delà des limites pour que tout s'arrête, non dans le but de la briser complètement mais qu'elle se remette plus rapidement de notre rupture. Quant à moi, j'accusais le coup, ne sachant pas si je m'en remettrais un jour d'avoir tout fait foirer, surtout si toute cette histoire me privait de ma fille.

Je reposais mon verre vide sur un plateau. Une coupe de champagne que j'avais vidé presque d'une traite. L'alcool aidait temporairement dans de nombreuses situations. Me saouler et me mettre minable le temps d'une soirée mondaine, ce n'était pas la solution idéale. Je déclinais le verre suivant, préférant accorder davantage d'importance aux jetons que je tenais en mains. Le montant du don que j'avais fait au nom de la famille Beckett. Le même chaque année, pas le plus élevé de tous mais assez conséquent vu la fortune de ma famille. Je pris place autour d'une table, celle de la roulette. Laisser faire le hasard pour accroître mon don, c'était préférable pour cette soirée. Mon esprit n'était pas assez serein pour jouer au poker et bluffer. Je dressais les jetons sur le tapis devant moi quand je sentis une présence féminine prendre place sur le siège à côté du mien. Je terminais ce que je faisais avant de tourner la tête pour lui adresser un sourire de politesse en guise de salutation.

Ce visage ne m'était pas inconnu, il me semblait même familier mais d'une autre époque. Celle de mon passé, loin de Los Angeles. Chicago. Il me semblait que cette rencontre datait du moment de mes études. Il n'y avait pas eu qu'une rencontre mais plusieurs. Quelques discussions même. Mais impossible de remettre un nom sur ce visage, c'était rare que ça se produise, que j'oublie le nom d'une personne que j'avais côtoyée. C'était pourtant le cas ce soir, cela ne me revenait pas. Mon esprit était sûrement parasité par mon moral qui me jouait des tours depuis quelques jours. C'était peut être seulement un oubli du passé et cela n'avait donc rien à voir avec mon état d'esprit. Je dus paraître trop insistant dans ma façon de l'observer. La jeune femme tourna de nouveau la tête vers moi et nos regards s'accrochèrent. Je cherchais encore, ne songeant pas à lui adresser la parole pour combler les pièces manquantes. Je me trompais peut être, j'avais un doute à présent mais sa question le balaya. Je lui semblais également familier. Nous nous connaissions donc.

Elle n'aurait pas donné d'explications, je n'aurais pas fait de rapprochement avec une tentative pour m'aborder. Cela ne m'avait pas effleuré l'esprit, il n'était plus réceptif pour ce genre de choses. Nos mémoires nous faisaient défaut, la sienne davantage que la mienne. Travailler au L.A Times moi ? Éventuellement, je pourrais postuler, je n'avais plus d'emploi à l'hôpital, mais Genetic et mon métier de médecin au sein de ce groupe me prenaient une grande partie de mon temps. Et ce qui en restait, je le consacrais à Ingrid et à m'apitoyer sur mon sort en le cachant. « Bonsoir, je ne travaille pas pour ce journal non désolé. » Personne ne me connaissait dans cette soirée, je n'étais pas obligé de sauver les apparences, sauf peut être face à cette femme. Mais étrangement, je n'en éprouvais pas l'envie. J'avais trop joué au fil des années et durant ces derniers mois our garder un masque impassible sur mon visage. « Je suis un bien piètre joueur, vous avez plus de chances avec moi de tout perdre que de gagner. » Et ce c''était valable dans la vie de tous les jours. J'avais un don pour tout faire foirer, en profondeur même et sans retour en arrière possible. Il ne fallait pas que je laisse cette partie de ma vie prendre le dessus, au moins pour quelques minutes. Elle ne concernait pas cette femme. « Il me semble que nous nous connaissons mais que notre rencontre remonte à quelques années. Chicago durant nos études si je ne me trompe pas. Pardonnez-moi mais je ne me souviens plus de votre nom. » Je tendis une main dans sa direction pour la saluer. « Keaton Wetherford, médecin à mes heures quand je ne viens pas dans un casino perdre mes dons en un temps record. » Je réussissais presque à faire preuve d'un peu d'humour. L'espoir n'était plus mais il n'était pas non plus complètement mort et une étincelle vivait toujours, quelque part au fond de moi.

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Calista Freeman


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MessageSujet: Re: To win, to lose, to remember...   Lun 4 Nov - 10:10

Mauvaise pioche ! La jeune femme se sent un peu stupide pour changer. Mais honnêtement un collègue de travail ou quelqu'un croisé au journal est la plus plausible des éventualités dans la mesure où elle ne sort pas beaucoup de chez elle sauf pour s'y rendre ou pour aller à la bibliothèque. Revient alors l'angoisse de décevoir en ne remettant ni un nom, ni un souvenir sur un visage. A sa grande surprise, l'homme n'a pas l'air de s'en offusquer. Sa mémoire est à peine moins embrumée que la sienne à ce qu'il semble. Au nom de sa ville natale, Calista penche légèrement la tête sur le côté visiblement intriguée. Elle fouille dans sa petite tête passoire en dévisageant un peu son voisin de table. Il est médecin, cela exclue donc qu'il soit une connaissance de son ex-mari. Il n'est pas le docteur qui la suivait là-bas, ni le pédiatre d'Emy. Non, elle ne voit vraiment pas d'où ils se connaissent.

- Je suis bien originaire de Chicago oui. Vous croyez que nous nous fréquentions là-bas ? Vous m'avez peut-être vu une fois ou deux en consultation, non ?

Il serait gênant de parler à quelqu'un qui l'a vu à demi nue. Rien qu'à cette idée, la brune rougit. Elle est assez pudique, même devant son médecin traitant. Enfin ce serait dommage d'oublier la raison de leur présence. Au moins il n'a pas l'air décidé à fuir, avec un peu de chance elle pourra profiter un peu de sa compagnie.

- Je m'appelle Calista au fait, Calista Freeman puisque vous ne remettez pas mon nom.

Le sien ne lui dit rien en tous cas. Elle espère secrètement qu'il ne se souviendra pas plus d'elle qu'elle de lui, parce qu'elle ne supporte plus de devoir sourire d'un air désolé tandis que l'autre ne comprend pas comment il a pu être oublié. C'est une expérience fort désagréable qu'elle a souvent vécu. Et comme de bien entendu, de cela elle se souvient parfaitement, du malaise qu'elle ressent et qui s'instaure entre elle et son interlocuteur dans ces moments là.

- Je dirais que pour une fois perdre sera pour la bonne cause. Vous venez souvent au casino ? Je crois avoir vaguement compris qu'il faut ici miser sur un chiffre mais je ne saisis pas cette histoire de pair, impair, noir, rouge... C'est en rapport avec le chiffre qui sort oui, mais doit-on miser plus, miser moins dans ces cas-là ? Non, vraiment je suis perdue.

Cali se sent gauche une fois de plus. Certes il ne devrait pas y avoir de honte à avouer qu'on n'a jamais mis les pieds dans ce genre d'endroit ou qu'on ne s'est pas une seule fois assise à une table de jeux. Néanmoins les règles ne doivent pas être compliquées, ce serait un monde tout de même qu'elle n'arrive pas à les assimiler seule.

- Vous êtes venu à L.A. pour l'occasion, en vacances ou bien vous avez quitté Chicago ? Pardon si je me montre indiscrète. J'avoue que je suis un peu nerveuse et me voilà qui m'accroche à vous comme une naufragée à sa bouée de sauvetage. J'ai un peu honte.

Et comme pour mieux appuyer ses dires, ses joues s'empourprent encore. Elle cherche des yeux n'importe quoi ou n'importe qui pour sauver ce pauvre homme qu'elle malmène de sa pénible compagnie. Aucun visage connu, du moins dont elle se souvienne. Un serveur passe près d'elle avec des coupes de champagnes et d'autres verres aux boissons aussi mystérieuses que colorées. Elle en saisit une en souriant à celui qui tient le plateau d'un air aimable en lui glissant un merci timide. Certaine que son verre ne peut pas contenir d'alcool elle y va franchement en avalant la première gorgée. Cruelle erreur ! La boisson est fortement alcoolisée et lui arrache une moue horrifiée en plus de lui brûler la gorge.

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MessageSujet: Re: To win, to lose, to remember...   Jeu 7 Nov - 17:54

Son souvenir était enfoui quelque part en moi, reposant au fond d'une boite que j'avais soigneusement refermée depuis une petite dizaine d'années. Son couvercle avait été ôtée une première fois avec le retour inattendu de Kate dans ma vie, tel un ouragan traversant une parcelle de terres sans qu'on ne puisse le stopper. Ce premier retour avait été positif même s'il avait été rapide. Kate allait m'offrir le plus beau cadeau que je pouvais espérer dans ma vie, un enfant. Du moins si c'était effectivement le mien dans un premier temps, et ensuite si elle acceptait que je m'approche de ce bébé pour l'aider à s'en occuper. J'eus un léger pincement au cœur en pensant à Lou et à la jeune femme. Je pris sur moi pour me reporter sur ce second souvenir qui resurgissait. La boite venait de s'ouvrir une nouvelle fois, et il désirait en sortir très lentement. Je ne m'étais pas trompé sur le lieu de notre rencontre, c'était bien Chicago. Ainsi elle se rappelait donc à son tour m'avoir rencontré ? J'en fus pour mes frais. Cette jeune femme ne semblait avoir aucun souvenir. Elle pensait même que j'avais été son médecin. Alors, je décidais de creuser un peu plus en profondeur, cherchant cette étincelle qui permettrait à mon souvenir de s'enflammer pour être complètement ravivé.

« Je n'étais pas votre médecin si ça peut vous rassurer. Sauf si vous me dites que vous avez grandi très vite en quelques années car je suis pédiatre de formation. » Je venais de la surprendre en train de rougir. Dans un contexte différent, avec un état d'esprit qui aurait été tout autre, j'aurais peut être songé à sourire de cette situation embarrassante, cette idée que j'aurais pu déjà voir cette femme à moitié nue dans une salle de consultation de l'hôpital de Chicago. Je réussissais encore à faire un peu d'humour au passage mais non à un tel point. De plus, je ne la connaissais pas, ou du moins plus car des années s'étaient écoulées depuis notre rencontre. Profiter de la situation pour en jouer un peu et m'amuser au passage aurait été bien bas. Et ce n'était pas mon genre d'agir de la sorte face à une inconnue. Elle me permit de mettre un nom sur ses traits fins, je lui en fus reconnaissant même si je ne réussissais de nouveau pas à faire un rapprochement. Je ne savais pas ce qu'il valait mieux, démarrer sur de nouvelles bases ou tenter à tout prix de se rappeler. En réalité, la réponse je l'avais en moi pourtant je ne souhaitais pas la voir.  Alors je déviais lentement la discussion, amorçant une ouverture menant sur la raison de notre présence en ce lieu.

Venais-je souvent au casino ? « Très rarement. » Une ou deux fois par an, c'était suffisant pour me procurer ma dose de hasard et d'argent dépensé inutilement. « Je vais vous faire une confidence mademoiselle Freeman. » Du haut de mon siège, je me penchais légèrement sur le côté pour me rapprocher d'elle, l'incluant comme si j'allais lui révéler un secret lourd à porter et qui ne devait pas être entendu par des oreilles indiscrètes. Il ne fallait pas donner l'occasion d'en tirer profit à nos dépends ! « Je suis complètement perdu également, alors je compte miser un peu au hasard et si la chance sourit, cela voudrait dire que j'étais seulement prédestiné à gagner ce soir pour une bonne cause. » Mais également cela voudrait dire que je réussissais à faire quelque chose de bien sans le mettre en l'air au passage. J'étais de nature optimiste, pourtant ces derniers mois, je me laissais envahir par une sombre noirceur qui venait obscurcir régulièrement mon horizon auparavant dégagé et dans lequel on pouvait se perdre à perte de vue.

La curiosité avait pris possession de la jeune femme. Ni l'un ni l'autre nous rappelions plus en détails notre rencontre. Elle prit les devants, m'interrogeant et espérant peut être que j'apporterais des réponses à ses questions pour lui permettre d'y voir plus clair. « J'ai quitté Chicago et je vis à Los Angeles depuis quelques années déjà. » Je ne rentrais pas dans les détails doutant que ça puisse l'intéresser de connaître la date exacte de mon départ de Chicago, les différentes villes du pays que j'avais traversé durant plusieurs mois pour finalement décider de jeter l'ancre dans la ville des anges. J'avais également connu des réorientations de carrière mais qui s'en souciait quand on ne se rappelait pas de la personne ? J'étais de mon côté incapable de dire quel métier elle exerçait. Je supposais qu'elle travaillait pour le LA Times vu sa supposition émise précédemment mais rien ne pouvait le confirmer.

Et puis, je venais de me rembrunir un peu alors qu'elle avouait s'accrocher à moi telle à une bouée de sauvetage. Je l'observais en silence, suivant chacun de ses mouvements alors qu'elle s'engouffra dans la première issue de secours qui lui passa sous le nez, c'est à dire une coupe de champagne. Je saisis à mon tour une coupe quand le plateau passa à ma portée. Par contre, je me montrais sage et restais raisonnable, ne levant pas le verre pour y tremper mes lèvres. Au contraire, je me saisis du sien pour le lui retirer des mains alors qu'elle venait de le vider beaucoup trop rapidement. « Je ne veux pas vous juger Calista mais votre bouée de sauvetage vous conseille de ne pas vider les verres si rapidement pour votre santé. Je ne suis pas très fiable et risque de me dégonfler à tout moment pour sombrer avant vous, mais je vous en prie, faites attention à vous. » Je ne savais pas pourquoi je prononçais ces paroles. Je n'avais pas de souvenirs clairs de cette femme ce qui revenait à dire qu'elle était une inconnue pour moi. Pourtant, je tentais de la protéger, la mettant en garde sur ce qui pourrait arriver si elle se laissait tenter par le diable qui embrouillait l'esprit. Il n'y avait pas d'explication à mon comportement, il était d'une absurdité sans nom car comment pouvais-je veiller sur une parfaite inconnue par gentillesse alors que j'étais incapable de prendre soin de moi. Une contradiction humaine, voilà ce que j'étais.

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Calista Freeman


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MessageSujet: Re: To win, to lose, to remember...   Sam 9 Nov - 10:46

La jeune femme se remet de son manque de chance ou de déduction après avoir encore dans la bouche le goût fruité et fort en alcool de ce qui doit être un cocktail. Le verre lui est retiré des mains, elle tourne la tête vers son voisin de table en réalisant qu'il doit en plus d'une sotte, la prendre pour une ivrogne. Parfait ! La soirée s'annonce rudement bien. Les degrés d'alcool un peu trop vite ingurgité et la gêne qu'elle ressent donnent à ses joues une teinte rosée. Elle va pour se confondre en excuses et s'expliquer sur cette méprise avant de réaliser que cela ne ferait sans doute qu'aggraver les choses. Pourquoi faut-il qu'elle soit toujours si maladroite et si peu assurée en présence d'inconnus ? Une vaste question. Il ne lui reste pas grands choses à faire si ce n'est rassembler le peu de dignité qu'elle a encore et d'essayer de se reprendre un peu. Elle adresse un sourire timide au pédiatre alors que la voix du croupier la rappelle au jeu. Calista saisit deux jetons entre ses doigts, vérifiant la valeur indiquée dessus à la peinture dorée. Tout le monde autour fait sa mise en plaçant les siens sur un chiffre. Elle se penche en avant et dépose ses deux jetons sur le 9, le jour de la naissance d'Emy.

- Si jamais vous abusez trop du champagne, je promets de vous mettre moi-même dans un taxi pour rentrer chez vous.

Elle lui adresse un nouveau sourire en se redressant sur sa chaise. Les conversations vont bon train autour d'eux. A d'autres tables des exclamations admiratives saluent la chance d'un joueur. La salle est bondée, au moins l'association devrait récolter nombre de gains.

- Vous vous plaisez ici ? Vous retournez à Chicago parfois ? Je trouve la ville très agréable et vivante. Je suis à Los Angeles depuis quelques mois seulement. Le Times m'a recruté pour travailler ici, mais je ne suis pas journaliste.

Son regard se pose sur la roulette où la petite bille est lancée en pleine course. Elle saute de case en case comme si elle fuyait dieu sait quoi. Après quelques tours elle ralentit, hésitant sur le chiffre où pouvoir se poser. Les inconnus autour de la table semblent tous si accaparés par cette minuscule sphère argentée. L'assistante est bien moins enthousiaste, gagner ou perdre ne fait pas réellement partie de ses préoccupations. Le neuf ne sortira pas cette fois en tous cas. Le croupier rassemble les gains qui n'iront à personne pour ce tour avant de lancer le suivant. Cali mise à nouveau deux jetons sur le neuf avant de regarder ce que fait le médecin à côté d'elle.

- J'avoue que j'ai du mal à comprendre en quoi ce jeu est divertissant. Si l'on veut voir le hasard à l’œuvre il suffit d'ouvrir les yeux car il fait partie de nos vies, jour après jour comme moi m'asseyant ici à vos côtés. Je suppose que les cartes sont un peu plus palpitantes, la façon de jouer, les choix des participants déterminent la partie presque autant que les probabilités. Pour autant, cela ne m'a jamais attiré. Vous jouez au poker monsieur Wetherford ?

Il y a fort à parier que non, dans le cas contraire il serait probablement à une de ces tables actuellement, à moins qu'elles soient déjà toutes bondées.

- Ce ne doit pas être facile de soigner les enfants, surtout les plus petits qui n'ont pas les mots pour décrire de quoi ils souffrent. C'est une vocation un peu surprenante pour un homme, non que j'apprécie les clichés. Qu'est-ce qui a motivé votre choix ?

La bille n'est décidément pas avec elle ce soir. Une dame en face a plus de chances et s'empresse d'empiler les jetons devant elle avant de faire une nouvelle mise. Machinalement, la brune replace la sienne sur le 9 un peu comme ces gens qui s'entêtent à jouer toujours les même numéros sur leurs grilles de loto. Elle cherche des yeux un autre serveur et lui commande un verre de jus de fruits puis se tourne avant qu'il ne parte vers son voisin.

- Vous voulez quelque chose ?

Le laissant s'adresser ou non au serveur, elle regarde le croupier lancer le prochain tour de roulette.

- Vous êtes ici de par votre profession ou en tant que donateur ? Qu'est-ce qui vous a attiré vers cette cause tout particulièrement ?[/color]

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Keaton T. Wetherford

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MessageSujet: Re: To win, to lose, to remember...   Sam 16 Nov - 15:52

Mes prunelles se posèrent quelques secondes sur ce liquide gazeux que contenait mon verre. Je n'avais pas envie d'abuser de cette boisson. Je me savais également capable de me laisser porter sans m'en rendre compte. Et même si je supportais plutôt bien l'alcool, viendrait un moment où mon esprit serait trop embrumé pour penser rationnellement. Je n'avais pas envie de me saouler, peut être qu'en apparence, je le laissais supposer. Un peu trop pour que la jeune femme me promette de m'appeler un taxi pour m'aider à regagner mon domicile. Je n'avais pas envie de rentrer. C'était un peu contradictoire car un peu plus tôt dans la soirée, je n'avais pas non plus envie de me rendre à cette soirée. L'humeur était changeante, tout comme l'état d'esprit. Un petit rien suffisait à le faire basculer d'un côté comme de l'autre. La seule chose que l'on attendait de nous pour l'instant, c'était de miser. Alors ce fut ce que je fis à mon tour, déposant deux jetons sur le chiffre 22. Le croupier attendit encore un peu, puis la roulette se mit à tourner sous nos yeux. Je jetais un œil discret sur le chiffre qu'elle avait choisi. Hasard ou non, assez rapidement nous saurions si l'un de nous allait gagner.

« Je n'y suis jamais retourné depuis mon départ. Cela fait onze ans. » Nous avions un peu de temps pour discuter. Je ne me préoccupais pas cette bille qui défilait sous nos yeux, nos voisins de table lui accordaient déjà tellement d'importance. « Ma vie est ici et depuis peu je partage mon temps avec Le Cap. » Cette ville d'Afrique du Sud où se trouvaient mes racines et que je connaissais depuis peu. Un instant mon esprit dévia vers les vastes plaines africaines, le soleil couchant se reflétant sur les immeubles de la ville. Il me sembla presque percevoir devant moi Moïra et Tammy qui me souriaient. L'image fut brève et vite balayée par un retour vers la réalité. Une exclamation sur une table voisine. Il venait d'y avoir un heureux gagnant. « Si ce n'est pas indiscret, quelle est votre profession ? » Un raisonnement logique m'aurait amené à songer qu'elle était journaliste. Calista avait pourtant anticiper, niant l'être et éveillant ainsi ma curiosité. Mes lèvres se portèrent sur ma coupe de champagne. Je les trempais à peine, mon regard se fixa sur la bille. Ce n'était pas cette fois là que je gagnerais. Elle non plus. Peu importait de toute façon.

À peine les gains étaient-ils distribués qu'il fallait déjà miser de nouveau ou céder sa place autour de la table. Une nouvelle fois, je posais deux jetons sur le même chiffre, toujours le 22. J'étais né un vingt et un juin. Ce chiffre n'avait rien à voir avec ma naissance. Sa signification était toute autre. Une date de naissance mais ce n'était pas la mienne. Je n'eus pas le temps de me rembrunir en me rendant compte de ce que j'étais en train de faire. Je misais sur le jour de naissance de Kate. Je m'accrochais à ce ridicule chiffre comme si elle était encore présente dans ma vie et que tout était possible entre nous. Je n'avais vraiment la tête à rien, si j'en doutais encore, à présent tout se confirmait. « Appelez moi Keaton je vous prie. » Cela me conviendrait, tant que ça ne serait pas Keat et ce cruel rappel de la réalité et de l'une de celles qui l'employait. « Le poker est un jeu qui requiert toute notre concentration et je n'en ai malheureusement pas assez pour ce soir. Il m'arrive de jouer mais c'est rare. » J'avais trop joué avec le feu ces derniers temps et je m'étais même brûlé. Il était temps de revenir sur quelque chose de plus conforme, du moins si on pouvait la nommer ainsi. Également une discussion qui m'empêcherait de broyer du noir. Ce n'était peut être pas celle que la jeune femme venait d'aborder qui  m'aiderait, loin de là.

Je bus d'une traite le restant de ma coupe de champagne avant de la reposer sur la table. Je me rendis à peine compte qu'une main se tendit pour la récupérer. J'étais aux côtés d'une parfaite inconnue. Je me confiais rarement sur moi. Alors comment pouvais-je lui expliquer mon choix de la pédiatrie sans en révéler trop à mon sujet ? Je pouvais tenter une pirouette pour m'abstenir de répondre, je me savais capable d'une telle chose et je supposais qu'elle ne se formaliserait pas. Ou je pouvais tout simplement répondre honnêtement,  sans rien cacher ou  au moins en révéler  un minimum. « Disons que j'ai voulu embrasser cette vocation pour remercier une personne qui m'a tendu une main un jour. » Ce n'était pas complètement faux. J'entrais à peine dans l'adolescence quand j'avais perdu ma mère. Je ne connaissais pas mon père, on m'avait placé dans un foyer et c'était là bas que j'avais fait la rencontre d'une pédiatre qui s'occupait des orphelins bénévolement. Sans s'en rendre compte, elle m'avait fait aimer son métier et c'était tout naturellement que  j'avais pris médecine pour me spécialiser en pédiatrie. J'aimais les enfants qui plus est, cela n'avait donc jamais été une corvée pour moi, pas même quand j'étais à l'orphelinat, me bagarrant avec les plus âgés pour défendre les plus jeunes ou seulement car je me révoltais contre ce don que  je venais de me découvrir.

Le second tour de roulette tomba à l'eau.. Il fallut miser une nouvelle fois. Encore et inlassablement le 22. Je répondis à l'invitation de la jeune femme en réclamant un café, bien sucré de préférence même si je ne me faisais guère d'illusions qu'il le serait. Je grimaçais légèrement. Je n'étais pas un gentil pédiatre présent de lui même pour  une noble cause même si j'aurais sûrement accepté d'accompagner Tammy si elle avait été présente ce soir là. « Je représente ma famille ce soir.  Cette causse tient tout particulièrement  à cœur à ma sœur mais elle vit désormais en Afrique du Sud. Alors je perpétue la tradition. Elle a un cœur énorme, davantage que le mien. Je crois que vous l'auriez appréciée si elle était présente ce soir. Tout le monde l'aime. » Car elle était une personne dévouée, sincère, qui faisait toujours de son mieux sans jouer sur plusieurs plans comme j'avais pu le faire. Elle était un phare qui guidait le pèlerin perdu dans la nuit sauf que ce phare s'était éteint depuis qu'elle vivait sur un autre continent. Et je dérivais depuis.

« Je ne sais pas si on doit continuer à miser vu notre chance... Pourquoi le 9 ? J'ai remarqué que cela fait trois fois que vous posez vos jetons dessus. » Tout le monde était accaparé par cette bille qui tournait pour la énième fois. Sauf peut être nous. Je ne voyais pas la roulette ralentir. Je n'entendais pas le si particulier de la bille qui saute de case en case, donnant des espoirs à certains avant de les anéantir. Mon attention était concentrée sur Calista. Je ne vis donc  pas quel chiffre fut décidé par le hasard cette fois.

Oui : La bille se pose sur le chiffre 9. Calista remporte ce tour.
Non : La bille se pose sur le chiffre 22. C'est Keaton qui rafle la mise.

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MessageSujet: Re: To win, to lose, to remember...   Sam 16 Nov - 15:52

Le membre 'Keaton T. Wetherford' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

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MessageSujet: Re: To win, to lose, to remember...   Lun 18 Nov - 9:03


L'homme se prête finalement de bonne grâce au jeu des questions. Aux yeux de son interlocutrice, le temps passe plus agréablement lorsque l'on a l'occasion de discuter. Cela évite de se focaliser sur les minutes qui s'étirent trop lentement, ou sur le fait qu'on n'a pas grands choses à faire dans un tel lieu. Si ce n'était pour une bonne cause, elle n'aurait probablement jamais mis les pieds ici. Puisqu'il n'est pas retourné à Chicago depuis un moment, ils se connaissent donc depuis plus longtemps. Elle ne remet toujours pas son visage, possiblement parce qu'ils ont mûri tout deux et surtout parce qu'elle possède une bien piètre mémoire. Calista répond à son tour à l'interrogation qu'il soulève.


- J'assiste le conservateur du L.A. Times, au service des archives.

Comme à son habitude, elle est sur le point d'expliquer avec entrain en quoi consiste son travail avant de se souvenir que le classement et la répertorisation de documents ne sont pas des passions que le commun des mortels partage avec elle. Autant éviter d'ennuyer un peu plus cette charmante personne qui a déjà le courage de supporter sa compagnie et son ignorance en matière de jeu. Il a un peu d'avance sur elle dans ce domaine question connaissances, au moins en matière de poker. Par chance, la roulette ne se révèle pas si difficile à appréhender. Il suffit de miser et de laisser le hasard décider qui gagne. Certains diraient qu'il n'existe pas de hasard, que tout est régi par d'obscures lois dans l'univers dont nous n'avons pas encore percé les secrets. En bonne rêveuse, la jeune femme aime bien croire au hasard même si elle préfère voir autour d'elle la manne du destin. Alors que la conversation s'oriente vers le travail de Keaton, elle croit bon de ne pas faire montre de davantage de curiosité.

- Tant que vous aimez ce que vous faites, je pense que c'est l'essentiel. Il est tellement plaisant de partir travailler le pas léger plutôt que contraint d'affronter une nouvelle journée. Et puis, même si c'est probablement naïf de ma part, je préfère penser que ceux qui soignent nos enfants les aiment aussi.

Son voisin de table évoque à sa demande les raisons de sa présence à ce gala. Il semble qu'il soit issu d'une grande famille, du moins elle le suppose. Ils sont certainement des donateurs habitués de ce genre de causes. La brune a toujours trouvé élégant de la part de certains qui ont tout de penser à ceux qui ont moins de chance. Même si quelques grands noms donnent surtout pour se faire de la bonne publicité, on trouve heureusement des âmes généreuses par nature. Si elle devine bien ce qui se cache entre les lignes, la sœur de cet homme doit en faire partie.

- Et que fait-elle là-bas ? Je suppose que le pays doit être magnifique. J'avoue que ce n'est pas la destination première qui me viendrait à l'idée si je devais planifier un voyage, même si je suis certaine de manquer des paysages extraordinaires. Vous avez donc passé beaucoup de temps là-bas ? Vous n'avez pas été tenté d'imiter votre sœur et d'y poser vos valises tout comme elle ? Je n'ai pas encore eu la chance de voyager si loin dans ma vie. J'aimerais pourtant.

Miser devient presque machinal au bout du compte. Elle se contente de tenter sa chance sur le 9, un chiffre qui a embelli sa vie pendant trois années et qui lui rappelle des souvenirs aussi joyeux que douloureux parfois. Il semble que le pédiatre l'aie noté contrairement à elle qui n'a pas prêté attention à sa façon de jouer. Il faut dire qu'elle oublie assez vite ce qu'elle fait et voit, même parfois quand elle se concentre pour l'éviter.

- A cause de ma fille, elle est née le 9 septembre. Cela fait deux 9, une date qui a marqué ma vie. Depuis c'est un peu devenu mon chiffre.

Elle se garde de préciser qu'Emily est morte, elle n'a pas envie de plomber l'ambiance de cette soirée. Occupée à répondre et prise dans les souvenirs enfouis, elle n'entend pas le croupier déclarer que son nombre remporte la mise. C'est le bruit des jetons qui la ramène à la table de jeu. Cali écarquille grand les yeux en réalisant qu'elle vient de gagner, aussi surprise qu'incrédule.

- Il semble que la persévérance soit récompensée ici. Vous croyez que je dois les rejouer ou bien me contenter du fait que j'aurais une plus grosse mise à offrir que mon don de départ ?

Elle n'est pas venue ici pour jouer et s'en passera très bien à vrai dire. Regarder les autres faire lui suffira surtout si son compagnon de casino continue à rythmer la conversation avec elle. Les jetons entassés à son niveau font une pile honorable. Elle n'en revient toujours pas d'avoir eu de la chance.

- Et vous, comment vous procédez pour miser ? Vous choisissez un chiffre au hasard ou vous en jouez un qui a une signification également ?

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MessageSujet: Re: To win, to lose, to remember...   Dim 24 Nov - 15:23

Cette jeune femme avec qui je discutais depuis quelques minutes avait éveillé ma curiosité au sujet de sa profession. Je ne connaissais pas grand chose au journalisme. Je supposais qu'il devait exister une multitude de métiers qui s'y rattachaient et dont on ne soupçonnait même pas l'existence. Celui qu'elle exerçait me surprit agréablement. J'avais déjà entendu cette fonction pour un musée mais non pour un journal. En y réfléchissant bien, vu la taille du L.A Times, ce n'était guère surprenant en fin de compte une telle fonction. « Vous êtes en quelque sorte la gardienne des souvenirs de cette ville. » Et même au delà car le journal ne devait pas rapporter uniquement des faits qui se situaient à Los Angeles. Une trace écrite de notre passé.. Il devait en exister une quelque part, racontant la mort de ma mère. Je me demandais s'il y avait également une mention d'un événement étrange comme celui qui avait eu lieu ce jour là, avec la découverte de mon pouvoir. Je ne saurais probablement jamais si je n'entreprenais pas des recherches. Peut-être que s'il existait des preuves, Thomas les avait fait disparaître. Il faudrait que j'interroge Tammy à ce sujet, un jour que la situation s'y prêterait quand je l'aurais au téléphone.

La discussion tourna autour de nos professions respectives puis s'orienta sur cette soirée à laquelle nous participions. Inévitablement, je me devais de parler de ma sœur. Calista me faisait penser un peu à elle. Cette même douceur dans le regard, ne semblant pas juger les personnes, se contentant de les écouter tout en leur prêtant une oreille plus attentive qu'ils ne le méritaient. Tammy était un exemple à suivre même si elle était plus jeune que moi. « Elle travaille à l'ambassade américaine à présent. Mais elle a grandi en Afrique du Sud. Nous y avons une maison familiale dont je n'ai pu profiter que très peu de temps. Deux mois en fait. » Le temps de s'y rendre pour tenter de recoller les morceaux avec Kate, avant de revenir précipitamment sur Los Angeles pour retrouver Ingrid. « J'aime ce pays de ce que j'ai pu y découvrir mais il fallait que l'un de nous revienne aux États-Unis pour s'occuper des affaires familiales. Cela m'a paru naturel que ça soit moi. » C'était trop compliqué à expliquer, trop long également. Et je ne souhaitais pas que Calista me prenne pour un fou si je venais à parler de mutation. Je comptais sur cette discrétion que je semblais deviner chez elle pour ne pas poser des questions dérangeantes. Car en y regardant d'un œil extérieur, ma vie était celle d'un homme que l'on n'hésiterait pas à mettre dans un institut psychiatrique jusqu'à ce qu'il revienne à une vie beaucoup plus... Rationnelle.

Jusqu'à alors, chaque mise que nous faisions ne donnait aucun résultat. Je profitais d'un nouveau tour pour interroger la jeune femme sur la signification du chiffre neuf. La date de naissance de sa fille. Je ne pus m'empêcher de me poser la question. Est-ce que je ferai la même chose une foi que Lou serait née ?  Certainement. Je n'en doutais même pas. « La naissance d'un enfant doit être un événement impossible à décrire je présume. » Il marquait les parents à jamais. C'était le moment où l'on prenait conscience que l'on donnait vraiment la vie à un petit être qui dépendrait de nous pour les années à venir, et qui aurait besoin de nous autant qu'on aurait besoin de lui. Je tenais à assister à la naissance de ma fille mais avec tout ce qui s'était passé dernièrement, je doutais que Kate veuille de moi à ses côtés quand le jour viendrait. Elle était trop en colère contre moi et me détestait à présent... Voilà que la boule au ventre me revenait rien qu'à cette pensée.

Elle n'eut pas le temps de s'installer pour me ronger une nouvelle fois. Les jetons furent glissés sur le tapis dans notre direction, plus précisément vers Calista. Je jetais un œil sur la roulette. La bille s'était arrêtée sur la case neuf. Je ne m'y attendais pas. Elle encore moins vu l'expression que je pus lire sur son visage. Dans le fond, je fus heureux qu'elle remporte la mise. Elle saurait quoi en faire. Pas tant que ça car elle me demanda conseil. Rejouer ou garder les jetons pour accroître son don de départ. « Que vous dit votre conscience ? » Je ne souhaitais pas être celui qui prendrait la décision pour elle. Je ne voulais pas non plus influer dessus. Alors je répondis simplement à sa question par une autre question. Je calculais rapidement le montant qu'elle avait gagné en comptant les jetons devant elle. Si jamais elle décidait de les jouer et perdait, j'étais en train de me dire que je pourrais toujours mettre la différence de ce qu'elle perdrait pour augmenter mon don de départ. Tout le monde y serait gagnant et ce qui comptait, c'était que l'association récolte un maximum de fonds après tout.

Le serveur revint à cet instant, déposant un verre de jus de fruits et un café près de nous. J'attendis qu'il s'éloigne pour répondre aux nouvelles questions de la jeune femme. « Je ne pensais pas que je jouerai un chiffre en particulier jusqu'à ce que je me rende compte que je mise à chaque fois sur le 22. C'est le jour de naissance de la mère de ma fille. Elle doit accoucher dans deux mois. » Et nous étions fiancés jusqu'à il y a peu de temps. Je me rembrunis à cette pensée. Je saisis ma tasse de café d'une main, regroupant mes jetons de l'autre. « Cela vous dirait-il de m'accompagner pour aller marcher un peu ? J'ai besoin de prendre un peu l'air. Vous pouvez refuser, je comprendrais sans me vexer. Je me doute de ne pas être le convive le plus agréable de la soirée. »

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MessageSujet: Re: To win, to lose, to remember...   Mer 27 Nov - 10:03

Gardienne des souvenirs, la formulation arrache un nouveau sourire à l'assistante. C'est en effet une jolie façon de décrire sa profession. La majorité des gens à vrai dire se contente de l'imaginer comme une tâche barbante. Calista adore ce qu'elle fait, même si elle aimait tout autant évoluer dans une bibliothèque. Les livres et les articles ont bien souvent ce qu'il lui manque à elle : de la mémoire. Elle écoute son voisin de table lui parler un peu mieux de sa sœur. Elle leur envie cette complicité, ce lien familial qui les unit. Côté famille, elle n'a que sa tante. La jeune femme n'a jamais été proche ni de son père, ni de ses frères. Elle a très peu de contacts avec eux. La culpabilité l'a travaillé quelques fois, elle s'imaginait être responsable de cette distance entre eux. Finalement il a juste fallu apprendre à composer avec, ou plutôt sans.

- Vous avez l'air de beaucoup l'aimer. On devine la fierté et l'attachement lorsque vous parlez de votre sœur. Ce doit être une sacrée expérience de quitter tout ce que l'on connaît pour aller vivre à l'autre bout du monde. J'ignore si j'aurais été assez courageuse pour faire ce qu'elle a fait. D'un autre côté il doit être fascinant de découvrir de l'intérieur une autre culture. Les touristes ne voient généralement que l'aspect carte postale d'un pays. C'est autre chose je suppose lorsque l'on s'y installe. Vous n'être pas trop chagriné de devoir être ici et loin d'elle ?

La brune n'a pas cherché à se dérober en parlant d'Emy. Elle tait juste l'aspect triste de son histoire. Le pédiatre est sans doute confronté bien souvent à la maladie et même quelques fois à la perte d'un patient. Seulement là c'est une erreur qui a causé la mort de ce petit ange. Non, elle ne souhaite vraiment pas remuer toutes ces choses ce soir. Autant se focaliser sur le bonheur qui a été sien d'accueillir sa fille dans sa vie.

- C'est la plus grande joie qu'il m'ait été donnée de connaître oui. Ce que l'on dit est vrai, on a beau souffrir affreusement pour expulser ce tout petit être, passer des heures en salle de travail à espérer que vienne enfin la délivrance, dès lors que l'on pose ce minuscule bébé sur votre poitrine alors là... On oublie tout, la fatigue, les larmes, la douleur... Il n'y a plus que ce petit visage fripé, ces petites mains toutes mignonnes, ces pleurs qui sont la plus merveilleuse des chansons. On fait la connaissance de cet enfant qu'on a attendu pendant des mois, à qui l'on a parlé, que l'on a imaginé, à qui l'on a préparé une chambre avec amour et enfin il est là... Pardon, je me suis emportée visiblement. Je vous souhaite de connaître ce grand bonheur un jour, même si les pères vivent l'aventure bien différemment.

Après ce coup de chance qu'elle encore du mal à réaliser, Calista observe ces tours de jetons alignées devant elle. Ce serait vraiment dommage de tout perdre d'autant qu'elle ne s'attendait pas à gagner. Sa conscience lui dicte de tout remettre à l'association et de laisser aux autres les aléas du hasard. On ne risque pas d'appeler deux fois la chance à sa table au cours d'une même soirée.

- Je crois que je vais être raisonnable, je ne suis pas vraiment joueuse je le confesse.  

Keaton lui annonce qu'il sera bientôt père. Un sourire ravi éclaire le visage de son interlocutrice. Elle comprend mieux alors pourquoi il relevait tout à l'heure l’expérience de la naissance.

- Je vous félicite dans ce cas et j'en profite pour vous souhaiter le plus grand bonheur pour cette petite famille à venir.

La jeune femme prend une gorgée de son jus de fruits avant de reporter son attention sur son voisin. Elle a remarqué l'air étrange qui est passé sur les traits du pédiatre. Mieux vaut ne pas poser trop de questions selon elle, elle n'a pas envie de l'attrister davantage ou de le mettre mal à l'aise.


- Je vous accompagne avec plaisir. L'ambiance ici n'est pas vraiment faite pour moi j'en ai peur et je vous trouve de bonne compagnie au contraire.

Elle se relève, se demandant comment elle est censée récupérer tous ces jetons. Une hôtesse vient à son secours, lui proposant de les mettre sur son plateau. Elle l'accompagne jusqu'à la table où sont installées d'autres hôtesses chargées de récupérer les gains et dons pour l’œuvre de charité. En quelques minutes, l'affaire est réglée. Cali se retourne en cherchant du regard son compagnon pour la soirée. Elle avance vers lui.

- Voilà, je vous suis.

Ils remontent des marches qui donnent sur un patio désert. La nuit est un peu fraîche et les convives sont probablement affairés autour des tables de jeux. La brune réajuste son étole sur ses épaules, levant le nez vers le ciel étoilé. On voit peu d'astres à Los Angeles à causes des lumières de la ville. Elle devine néanmoins leur présence timide.

- Est-ce que votre sœur va venir vous voir pour la naissance de sa nièce ?

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MessageSujet: Re: To win, to lose, to remember...   Lun 9 Déc - 22:07

Depuis août dernier, je vivais dans un monde qui m'imposait son rythme. Lentement, je comprenais que plus je tentais de m'en éloigner et plus il m'ancrait solidement pour que je ne me dérobe pas, m'entraînant vers des profondeurs dont je ne soupçonnais pas leur nature à chaque fois. Au milieu de tout ce tumulte, cette rencontre avec Calista apparaissait comme une sorte de bouée, qui me sauvait le temps d'une nuit. J'avais l'impression que cela faisait une éternité que je n'avais pas fait une simple rencontre, seulement pour le plaisir d'échanger, sans être jugé et sans que cela porte à conséquences. Je devais m'avouer que cela me faisait du bien, que j'appréciais cette soirée même si une partie infime de ma conscience me disait que je ne devrais pas. La partie majoritaire prenait le dessus, la réduisant au silence et je me prêtais à ce petit jeu des confidences sans avoir l'impression que cela porterait à conséquences. Ainsi, j'acceptais d'en dévoiler davantage sur le lien qui nous unissait Tammy et moi.

« Je la connais depuis peu mais elle est devenue rapidement un pilier de ma vie. » Une nouvelle fois je restais vague. Je ne connaissais Tammy que depuis quelques mois mais quelle importance à présent vu le lien qui nous unissait. Il était également bien trop compliqué d'expliquer pourquoi notre père m'avait abandonné à ma naissance. L'ignorance valait mieux parfois qu'une cruelle vérité. « Elle me manque ça serait mentir que d'affirmer le contraire. Nous avions pris l'habitude de boire un verre et de discuter en regardant  le soleil se coucher. Je ne pensais pas l'avouer un jour mais même ses silences me manquent. » Et ces derniers chez Tammy voulaient bien souvent exprimer beaucoup de choses. C'était même pire quand elle ne parlait pas car je me doutais qu'elle pensait quelque chose.. Elle ne savait juste pas comment l'exprimer ou compter sur ma perspicacité pour lire entre les lignes. Il y avait toujours des silences quand nous nous téléphonions mais ils n'avaient plus la même porté qu'avant. Un océan nous séparait et il faisait son possible pour éloigner une famille.

J'en avais une en Afrique du Sud mais je n'oubliais pas pour autant celle qui se situait sur le sol américain et plus particulièrement dans cette ville.. Kate composait toujours ma famille malgré toutes mes bêtises.. Et prochainement, cette famille compterait un nouveau membre. J'écoutais attentivement Calista alors qu'elle évoquait plus en détails l'expérience de la maternité. Bientôt, ce serait le tour de Kate de vivre cette expérience. Elle serait magnifique dans son rôle de mère, jen n'en doutais pas une seule seconde. Quant à moi, même si je vivais la situation d'un point de vue extérieur, je me sentais impliqué et j'avais hâte de tenir pour la première fois notre fille dans mes bras. C'était sûrement irréaliste mais j'osais espérer qu'elle ressemblerait à sa mère, qu'elle aurait ce même tempérament de feu qui lui permettrait de ne pas se faire marcher sur les pieds et d'aller toujours de l'avant malgré les obstacles qui se dresseraient sur sa route tout au long de sa vie. Et il y en aurait vu que ses parents étaient tous les deux des mutants. Il y avait de fortes probabilités qu'elle le soit également. Les chances étaient même plus élevées que cette bille qui s'était arrêtée sur l'un de nos numéros.

Pour la marche à suivre, je conseillais à Calista d'écouter sa conscience avant de lui annoncer que le numéro que je jouais était celui de la date de naissance de la mère de ma fille. La jeune femme me félicita. Cela me mit un peu de baume au cœur. Durant quelques secondes, j'eus l'impression que tout allait bien même si un voile traversa mon regard. Était-ce mal que de vouloir oublier ses soucis le temps d'une soirée ? Je lui proposais de quitter la table de jeu pour marcher un peu, n'ayant pas le cœur pour continuer à jouer. Parfois j'avais l'impression d'étouffer. C'était le cas à cet instant. Il me semblait que la température de la salle avait augmenté de quelques degrés. Cela me rappelait étrangement mon séjour forcé à Genetic à cause du virus. Et ce n'était pas un bon souvenir car j'avais failli y rester.

Je rangeais les jetons dans ma poche et bus mon café alors que Calista faisait le nécessaire pour offrir ses jetons en don. Je reposais ma tasse sur le plateau d'un serveur quand elle me rejoignit. Lui adressant un petit sourire, on se avança en silence jusqu'à arriver sur un patio. Le bourdonnement régulier des discussions entre convives fut laissé derrière nous. Mes yeux se levèrent en direction du ciel. Contrairement à l’Afrique du Sud, on avait du mal à y voir les astres qui le parsemaient. Pourtant, j'appréciais cette vue. C'était toujours  mieux que les quatre murs d'une chambre à Genetic. Et depuis plusieurs années que je vivais dans cette ville, j'avais appris à l'apprécier. Le silence ne me pesait pas, ce qui n'était peut être pas le cas de la jeune femme qui relança la discussion. « J'espère. Mais pour être honnête j'en doute. On aimerait contrôler le cours de notre vie et décider mais parfois des obligations nous rappellent que l'on ne peut pas.. » Et dans le cas présent, il y avait tellement de choses à tenir compte. Genetic... Moïra... Genome... Cette Agence désormais qui faisait de plus en plus parler d'elle... Tammy était beaucoup plus en sécurité au Cap, et je devais préserver celle-ci. Je me tournais vers Calista pour la regarder attentivement. « Est-ce que vous avez déjà eu l'impression que tout vous échappait malgré des efforts inconsidérés pour garder la tête hors de l'eau ? C'est exactement ce que je ressens depuis quelques temps. Mon cœur réclame ma sœur pour la naissance de ma fille mais ma tête la refuse. » Il n'était pas question d'une banale dispute entre frère et sœur comme il pouvait en exister. L'enjeu était beaucoup plus important que tout ce qu'on pouvait imaginer quand on ne connaissait pas toutes les lignes de nos histoires.

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MessageSujet: Re: To win, to lose, to remember...   Jeu 12 Déc - 9:28

Les gens ont souvent l'habitude de s'ouvrir avec facilité à la jeune femme. Peut-être cela vient-il de sa douceur ou simplement de son écoute, du fait qu'elle ne semble pas juger ni vouloir se montrer intrusive. A moins que ce ne soit dû à son empathie. A ses yeux en tous cas il n'y a rien d'anormal dans ce fait. Les autres se confient alors elle prête une oreille attentive. Elle a plus de mal par contre à se dévoiler, non pas qu'elle se cache. Sa personnalité est juste un peu secrète, elle n'aime pas s'étendre sur son passé, ses blessures. Même quand elle vient à en parler elle le fait toujours avec pudeur. Keaton évoque un peu sa vie, ses relations. La brune suit le cheminement de ses réflexions et le découvre doucement. Elle évite de le questionner au sujet des points qui lui paraissent obscurs, comme le fait qu'il ait découvert tard qui était sa sœur. Ses lèvres s'étirent en un sourire doux lorsque l'homme souligne le fait que même les silences de cette dernière lui manquent. L'image a quelque chose de poétique, de mystérieux aussi. Son imaginaire se représente cette relation comme précieuse et unique, rien que pour cela elle n'essaiera pas d'en savoir plus.

Une fois dans le patio, le visage levé vers la voûte étoilée, leurs voix se font moins fortes. Ils ont laissé derrière eux l'agitation de la soirée et le calme de la nuit se prête davantage aux confidences. Le regard du pédiatre sur elle lui fait tourner la tête dans sa direction au moment où il l'interroge. Elle devine une certaine pointe de tristesse dans sa voix, ou de la détresse ? Son regard noisette se fige dans les yeux bleus de son interlocuteur. Elle semble pensive et sa main se lève pour venir saisir une fine mèche de cheveux. Elle la fait tourner entre ses doigts, ce geste a quelque chose de rassurant pour elle.


- Je connais bien cette sensation oui. Enfin vu ce que vous décrivez c'est peut-être différent... Son regard se tourne à nouveau vers les étoiles comme s'il était plus facile de leur parler à elles de tout ce qu'elle garde au plus secret de son être. Je sais ce que l'on éprouve lorsque l'on perd pied, que l'océan de soucis paraît si vaste qu'on craint de ne plus jamais atteindre la rive, que l'on est si usé, fatigué par les épreuves supportées qu'on n'est même pas certain d'avoir la force de nager plus loin. On regarde la prochaine vague de désespoir fondre droit sur nous en se demandant si ce sera celle qui aura raison de notre naufrage. Puis on s'étonne après avoir bu la tasse que cet instinct de survie nous ait une fois de plus pousser à regagner la surface. Finalement ses yeux se reposent sur l'homme à ses côtés, elle lui adresse un sourire doux qui se veut apaisant. Mais Keaton chaque tempête a une fin, parfois elle nous conduit vers un nouveau chemin riche en découvertes et en joies. Et surtout, on se rend compte qu'on était bien plus fort qu'on ne le pensait, on se découvre un peu, on gagne en assurance.

Ses doigts fins continuent de tourner lentement, enroulant puis déroulant la chevelure brune autour d'eux. Son attention est toujours concentrée sur le pédiatre pourtant. A la faveur de la lune, l'atmosphère, la lumière, lui donnent des airs mélancoliques, comme s'il portait sur ses épaules le poids du monde. Cali aimerait beaucoup pouvoir l'aider.

- Est-ce la paternité que vous angoisse ? Je pense que c'est le lot de nombreux futurs pères. Personne ne naît parents vous savez ? On le devient, on apprend. Les femmes ont juste un instinct pour cela, mais pour les hommes cela vient aussi avec le temps. Par exemple, c'est vrai ce que l'on dit sur le sommeil. Mon ex-mari dormait toujours profondément, rien ne pouvait le réveiller sauf les pleurs de notre fille. Je ne doute pas que ce sera pareil pour vous. Et puis étant donné votre profession, je suis certaine que vous en savez déjà beaucoup sur les enfants. Je comprends votre tristesse à l'idée que votre sœur soit loin de vous. Vous n'avez pas d'autre famille proche qui pourrait vous épauler ? Celle de votre femme peut-être ?

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MessageSujet: Re: To win, to lose, to remember...   Sam 4 Jan - 7:36

L'eau avait toujours eu un effet reposant sur moi. C'était sans doute pour cette raison que je la prenais souvent en exemple. Elle était malléable, se prêtait aisément aux petits jeux des métaphores. Et si elle pouvait aider à se détendre, au contraire, elle était tout autant capable d'ensevelir une personne, la plongeant dans des profondeurs d'où elle ne reviendrait jamais. Tout m'échappait depuis quelques temps, c'était impossible à expliquer. Alors il ne me restait que cette image pour m'aider à exorciser tout ce qui me travaillait. La jeune femme semblait comprendre. Ce qu'elle me décrivit était ce que je ressentais, ce que je vivais quotidiennement. Plonger, boire la tasse, remonter pour respirer, avant de nouveau plonger. Pouvait-on réellement regagner le rivage à chaque fois ou y avait-il un moment durant lequel notre volonté dirait stop, d'arrêter de se battre. Je n'avais pas l'impression de gagner en assurance après chaque épreuve que je traversais. Encore moins de me sentir plus fort. Je n'avais pas cet instinct de survie comme me l'avait si bien dit Cooper. S'il y avait un danger, je n'hésitais pas à aller à sa rencontre si ça pouvait sauver les miens à mon détriment. Mais tout ce que je réussissais à faire à chaque fois, c'était cumulé. Non pas les sauvetages mais les conneries.

Cette boule au creux de mon ventre était revenue. Peut-être n'était-elle  jamais partie et je remarquais seulement sa présence depuis la dernière fois que mon attention s'était focalisée dessus. « Je crains plutôt qu'il soit trop tard pour beaucoup de choses. » Comme réparer toutes les erreurs que j'avais commises. La paternité était loin d'être une angoisse. Au contraire, c'était ce qui me permettait de tenir, une bouée à laquelle je pouvais me raccrocher tant qu'on me la laissait. Si elle venait à s'éloigner de moi, ou à éclater, je n'aurais vraiment plus rien cette fois pour m'empêcher de couler. Trop d'erreurs avaient été commises. Les risques sur Los Angeles étaient trop grands pour Tammy et Moira, pour que je le les laisse venir. Mon raisonnement était un peu pathétique. Le danger pouvait provenir de n'importe où, à n'importe quel moment. Je pouvais être réveillé en pleine nuit par un coup de téléphone m'annonçant que ma nièce s'était faite mordre par un serpent, ou qu'un félin se serait approché trop près de la maison. Je laissais mes peurs me submerger, prendre possession de moi. Le pire, c'était que j'en avais conscience. Je continuais à rester passif, attendant comme un déclic. Celui qui ferait office d'électrochoc pour que je me reprenne complètement.

Un frisson me parcourut à l'évocation de Kate. Ma femme... Sans le vouloir, Calista venait de me porter un coup et j'en ressentais toute la douleur qu'il me procurait, comme si une main derrière s'amusait à appuyer dessus pour qu'elle ne disparaisse pas. « Je suis sa seule famille et j'ai tout gâché. » Kate n'avait personne d'autre à qui se raccrocher. Sa sœur était morte. Quant à ses parents, c'était le froid glacial de l’antarctique qui circulait entre eux et elle. J'aurais du être un point de repère, celui sur qui elle pouvait en toutes circonstances. J'étais sans nul doute l'heureux élu qui lui faisait le plus de mal. Comment j'avais fait pour arriver là, mais surtout pourquoi je continuais sur cette pente malgré tout. « Je ferais mieux d'y aller. Ma fille ainée doit m'attendre. Peut-être que nous aurons l'occasion de nous revoir à une autre soirée de charité. Merci pour cette discussion Calista. » Elle m'avait permis d'extérioriser un peu tout ce qui me travaillait. Je ne savais pas si nous allions nous revoir dans un futur proche. Peut-être que lors de notre prochaine rencontre, j'aurais de nouveau cette sensation, celle de la connaître sans me souvenir exactement des détails de nos précédentes entrevues. Ce n'était peut être qu'une illusion créée par mon esprit. Je n'avais aucune explication à ce sujet et ce n'était pas ce soir que le voile serait levé.

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Calista Freeman


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MessageSujet: Re: To win, to lose, to remember...   Mer 8 Jan - 10:42

La jeune femme a soudain la désagréable sensation d'avoir été indélicate. Elle ne connaît après tout que bien peu de choses sur la vie du pédiatre. Ce ne serait pas la première fois qu'elle commet une bourde. Il s'assombrit et se replie légèrement sur lui-même, cela ne lui échappe pas. Cali se sent aussitôt honteuse et mal de lui avoir causé de la peine sans le vouloir. Un sourire d'excuses se dessine sur ses lèvres, son air est soudain chagrin.

- Je suis navrée, je ne voulais pas gâcher votre soirée. Vous avez tort toutefois, si je peux me permettre. Il n'est jamais trop tard pour bien faire. La seule chose qui soit irréversible c'est... la mort. Vous êtes vivant, votre compagne aussi. Bientôt l'enfant sera là.

Déjà il semble décidé à prendre congé. Elle ne peut pas le blâmer vu la circonstance. Pourtant elle n'a pas envie qu'ils se quittent de cette manière. Non elle ne souhaite pas le voir s'éloigner le cœur lourd. La brune sait trop bien quel effet cela fait de se retrouver seule avec ses mauvaises pensées. Elle voudrait juste lui insuffler un petit espoir, une lueur dans le noir vers laquelle il pourra se tourner. Mais réussira-t-elle ?

- Je ne sais vraiment que peu d'éléments sur vous Keaton, et probablement que je vais passer pour la dernière des optimistes en disant cela. Il y a toujours un espoir, une chance de bien agir. Ne vous résignez pas, au contraire battez-vous pour ce qui compte à vos yeux. Ne laissez pas le bonheur vous échapper à cause de vos erreurs, réparez-les.

Son sourire est plus franc et plus assuré cette fois. Doucement elle tend la main dans sa direction afin de lui dire au revoir. Si jamais il accepte de serrer la sienne, sa poigne sera légère. Le regard noisette plonge dans celui de son interlocuteur.

- Merci à vous de m'avoir tenu compagnie. Je vous souhaite le meilleur à vous, ainsi qu'à toute votre petite famille. Prenez soin de vous Keaton et peut-être à une prochaine fois. »

Calista le regarde s'éloigner non sans éprouver une pointe d'inquiétude pour lui. C'est tout de même étrange de se soucier autant du sort d'un presque parfait inconnu. Le tumulte de la soirée lui revient. Après un moment passé seule, il lui faut se mêler de nouveau à la foule. Elle salue quelques visages connus et se décide à quitter la soirée à son tour. Elle a fait après tout son don, un plus gros même que ce qui était prévu au départ grâce à un coup de chance. De retour chez elle, après avoir troqué sa robe de soirée contre une nuisette et pris une bonne douche pour se détendre, la jeune femme couche sur son carnet les grandes lignes de sa rencontre. Quand la mémoire lui fait défaut, celle de l'encre qui noircit le papier l'aide à ne pas oublier. A cet instant en tous cas elle est bien loin de se douter des circonstances qui la remettront sur la route du pédiatre. Non, elle ne se doute pas une seule seconde de tous les événements qui vont venir bouleverser sa petite vie tranquille en si peu de temps.
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To win, to lose, to remember...

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