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 Altercation réjouissante [Terminé]

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Snow P. Boomer


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MessageSujet: Altercation réjouissante [Terminé]   Ven 25 Oct - 19:34


I : L'humiliation


Un bon café, une pièce sombre, une douce mélodie dramatique où s'entremêlent cordes et cuivres, des corps qui frémissent, des cris, des larmes et du sang : voilà la journée rêvée de Snow. Malheureusement, il y avait toujours des troubles-fêtes pour gâcher ces précieux jours et réduire à néant tous les plans qu'elle avait minutieusement orchestré la veille. A commencer par son voisin d'en face, affreux personnage ventripotent approchant la quarantaine, qui chaque matin lui ruait dans les brancards en accusant son frère d'avoir drogué l'aînée de ses filles lors de leur pendaison de crémaillère. Il est vrai qu'en la voyant affublée d'une de ces mini-jupes qui ne laissent aucune place à l'imagination et grimée comme une diva des quartiers chauds Snow l'avait cru majeure mais - l'erreur est humaine - ce n'était pas le cas. Elle ne trouvait pas que cette jeune femme avait cherché le bâton pour se faire battre mais quand on y réfléchit, en ayant un père qui accumule les tares et collectionne les nains de jardin en céramique , elle l'avait bien mérité. Puis, ce fut la sexagénaire qui lui grilla la priorité à la queue du marchand de café ambulant sans lui présenter la moindre excuse, une autre de ces vieilles bigotes qui pensent que le droit d'aînesse a encore sa place en ce monde. il y eu ensuite le badaud du parc donneur de leçons qui lui préconisa de délaisser la nicotine et le goudron pour adopter la cigarette électronique, la serveuse ignorante qui n'avait pas mis le couteau du bon côté de l'assiette et la mère simplette qui avait laissé son braillard s'époumoner durant une généreuse demi heure pendant son rendez-vous hebdomadaire à la banque. Toutes ces personnes la confortaient dans l'idée que le meurtre n'était au final pas qu'un acte exagéré et que le droit à l'homicide volontaire sans lourdes peines était une chose à reconsidérer. Plus elle s'aventurait dans les normes et les pratiques courantes de cette gigantesque fourmilière, plus elle goûtait aux envies sanguinaires. Malgré cela l'être humain était son sujet d'expérimentation favori, il lui permettait de s'améliorer et alimentait ses fantasmes aberrants, voilà pourquoi elle ne partait pas jouer les ermites à l'autre bout du monde ; elle ne s'ennuyait jamais ou rarement. Et ce jour ci était un de ces moments de vie où rien n'allait comme elle le voulait, non pas à cause des petits imprévus auxquels elle avait dû faire face depuis son réveil mais bien parce qu'elle n'avait pas encore réussi à dénicher un camarade de jeu. Oui, elle s'évertuait à trouver une marionnette dont elle pouvait abuser avant chaque coucher de soleil, mais là, bien des heures s'étaient écoulées sans qu'elle n'eut réussi à distinguer de quoi se mettre sous la dent et tout cela avait tendance à raviver ses instincts de prédateur assoiffé.

Alors elle avait tourné dans les rues commerçantes à la recherche d'un partenaire idéal prêt à subir son petit manège sans être tenté par la fuite. Il ne lui fallait pas un benêt affable incapable de répondre à ses attaques autrement que par des sourires nerveux, non, il lui fallait une personne spontanée qui se défendrait bec et ongles face à ses provocations. Et cet individu elle crut le trouver au détour d'une rue, un homme en costume trois pièces aux allures de commercial propre sur lui qui était visiblement en train de s'essayer à la technique de la parade amoureuse pour personne en manque de débauche. Mais alors qu'elle diminuait la distance qui les séparait, son regard fut attiré par tout autre chose et, un bref instant, elle pensa que le destin n'était pas qu'une de ces croyances mystiques réservées aux illuminés. Quelques mètres plus loin, toujours égale à elle-même, se trouvait la petite tête de linotte d'Ivy, un beau rayon de soleil qui n'allait pas avoir de mal à enflammer le reste de sa journée contrariante. On ne peut pas dire que Snow l'appréciait à sa juste valeur, car justement elle estimait qu'elle n'en avait aucune, sa naïveté rehaussée par son manque de vocabulaire bien que justifiée par sa jeunesse avait le don d'attiser son côté malveillant. Depuis plus d'un mois, Snow avait décrété qu'elle deviendrait son jouet favori et rien, pas même Mademoiselle Cristiani, n'allait pouvoir l'en dissuader ; lorsqu'elle avait une idée bien ancrée dans son esprit tortueux il était impossible de l'en déloger. Avant de l'approcher et d'entamer une énième entrée en matière cinglante, elle décida de l'épier en se fondant dans le décor, difficile quand on est perché sur des talons qui nous font dépasser la majorité de la foule mais, elle comptait sur le flot humain qui inondait la rue pour se camoufler. Toute son attention portée ainsi sur ce petit morceau de femme négligée, elle la suivit sans perdre la moindre miette de ses occupations en se demandant bien ce qu'elle pouvait avoir à faire lors de ses moments de repos. La réponse lui sauta aux yeux assez rapidement quand elle la surprit la main dans la poche d'un touriste distrait. Il fallait bien reconnaître que sa technique de vol était relativement bien rodée mais elle manquait cruellement d'imagination, cela eut pour effet de suspendre sa marche un bref instant afin de soupirer tout le mécontentement qui venait de la submerger. Était-ce là un futur agent de terrain à la solde de l'Agence ? Elle en doutait même si la pauvreté de cette gitane excusait son étroitesse d'esprit.

Une fois que celle-ci s'écarta pour compter sa nouvelle richesse, Snow reprit sa route mais ce coup ci, elle ne tenta pas de se terrer dans la masse, elle vint à sa rencontre et s'empressa d'entamer la discussion - si l'on peut réellement appeler cela ainsi -. " Mais que vois-je ? Ne serait-ce pas mon analphabète favorite ? Personnellement, je n'ai rien contre, après tout peut-on vous reprocher de ne pas avoir connu le loisir d'une bonne éducation ? " Cette phrase d'accroche agrémentée d'une pointe de sarcasme fut accompagnée d'un visage austère qui n'inspirait rien d'autre qu'une gifle bien sentie. Sans attendre, elle s'approcha d'un pas supplémentaire en mimant un air d'étonnement quand ses iris verts clairs se posèrent sur son maigre larcin. " Oh Mademoiselle Mendès, est-ce là bien raisonnable ? Loin de moi l'idée de vous sermonner quant à votre manquement au devoir de fervente religieuse mais puisque nous abordons le sujet, je m'interroge sur le dieu que vous vous plaisez à prier. Oui, quelle réaction pensez vous qu'il devrait avoir concernant vos méfaits et ceux que vous perpétuerez au sein de notre organisation ? Il est vrai que la confession concède le divin pardon mais dans votre cas, n'est-ce pas acte d'hérésie ? " Un instant, un léger rictus étira le coin de ses lèvres pendant qu'elle se penchait vers elle afin de lui murmurer quelques mots de plus. " Au diable mes questions rhétoriques, vous comme moi savons pertinemment que les portes des cieux ne sont pas ouvertes aux souillons de votre acabit. " Snow se redressa alors tout en insérant sa main dans son large sac de marque et en sortit un porte-feuille de cuir sombre qu'elle lui présenta. " Prenez donc, ainsi, peut-être, pourrais-je retarder votre fourvoiement et participer à votre rédemption. " Avec ce dernier affront, il n'était pas exagéré de dire qu'elle s'était laissée emporter, mais elle pensait qu'il fallait encore qu'Ivy ait compris tous les mots qu'elle avait employé. Peu à peu, au fil de sa diction, elle s'était sentie revigorée, il n'y avait rien de tel qu'une altercation sur le thème de la religion pour bien finir une journée.
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MessageSujet: Re: Altercation réjouissante [Terminé]   Jeu 31 Oct - 21:44

9 mars

J’avais réussi ma première mission. Concrètement, ça n’avait pas changé grand-chose. Pillsbury me maltraitait toujours pour me forcer à me surpasser, je galérais toujours à payer le loyer. Mais j’avais marqué des points, je le savais. Sauf que j’étais inquiète. Madame Cristiani n’était pas venue au rendez-vous. Nous devions courir ensemble, quatre jours plus tôt. Elle avait dit qu’elle serait là, et elle n’était pas venue. J’avais signalé cela à Pillsbury mais tout ce qu’il avait trouvé à faire, ça avait été de me balancé à la figure qu’il avait des choses plus importantes que de s’occuper de notre histoire d’amour. J’avais vu rouge. S’il rabattait tout à une histoire de sexe, alors il n’avait rien compris à la vie. Je devrais à Madame Cristiani d’être encore en vie, et je la protégerais jusqu’au bout. Après coup, j’avais découvert le contenu du rapport que Pillsbury avait fait de ma première mission. On me l’avait lu devant les autres recrues. J’avais rarement vécu un moment aussi humiliant. Je n’avais pas baissé les yeux, j’avais encaissé chacun des mots prononcés. Même si la mission était un succès, j’étais déclarée incompétente, incapable de gérer une mission seule, idiote aussi. Ce n’était pas la première fois que j’étais ainsi humiliée. Et tant que je serais entre les mains de Pillsbury, ce ne serait pas la dernière. J’avais encaissé. Toutes les moqueries, tous les sarcasmes. J’avais réussi et j’allais leur prouver ce que je valais. Peut-être que Cristiani m’avais jugée indigne de courir avec elle après avoir lu le rapport. Je leur prouverais qu’ils avaient tort.

J’étais donc repartie de l’agence aigrie, en colère. J’avais enfoncé la casquette de mon frère sur la tête et les mains dans mes poches, avant de déambuler dans les rues de Los Angeles, percutant quelques passants au hasard. Quand je me décidai à rentrer chez moi, Marco, un petit Tzigane dont la famille vivait dans l’appart à-côté du mien m’attrapa par la manche, sur le perron de l’immeuble.

« Il est là pour le loyer…
- Merde. Merci Marco… Tes parents ont de quoi payer ce mois-ci ?
- Pas tout… »

Je lui fis un faible sourire avant de passer une main dans sa tignasse. C’était le jour du loyer exorbitant pour les taudis que nous habitions. Et là, ça craignait. Parce que je n’avais pas de quoi payer. Et la famille de Marco non plus. J’offris cinq dollars à Marco, pour qu’il aille s’acheter un truc à manger et je rebroussais chemin. Je savais que mon ogre ne bougerait pas, quitte à passer la nuit au pied de l’immeuble. Il me fallait donc trouver le complément du loyer et très vite. Je m’engouffrai alors dans les rues peu fréquentables de Los Angeles. La cité des Anges, mon cul ! Les ruelles des dépravés plutôt. Pourtant, ces rues-là me faisaient moins peur que les rues commerçantes ; Celles qui étaient décorées, toujours illuminées, remplies d’âmes et de va-et-vient. Parce que je n’aimais pas ces âmes qui y évoluaient. Tous des démons comme cette pouffiasse rousse avec qui j’en étais arrivée aux mains. Mais des démons qui roulaient sur l’or. Des âmes maudites. Mais dieu avait dit que nous ne devions pas rechercher la richesse, que cela menait à la damnation. Donc en leur piquant leur fric, je leur rendais service, non ? J’étais généreuse, je pensais au salut de ces âmes perdues, on ne pouvait pas m’en tenir rigueur… Je commençai donc mon tour de chapardages. Des touristes, des hommes d’affaires, des pimbêches rigolant comme des oies, et quelques portefeuilles atterrissant dans mes poches. Je ne regardais même pas combien je gagnais. Plus j’en prendrai, mieux ce serait car si j’arrivais à avoir du rab, je pourrai aider la famille de Marco. Dire que je n’avais pas encore touché ma prime pour la mission. Certainement à cause de Pillsbury. Elle m’aurait pourtant rendu un fier service là.

Au bout d’une quinzaine de minutes, je fendis la marée humaine pour aller me planquer dans une rue perpendiculaire, moins éclairée. C’était fou, dès lors que nous n’étions plus dans la ligne droite des gens, nous devenions invisibles. Ce fut alors que j’entrepris de compter combien j’avais gagné, et si je pouvais rentrer et affronter le proprio. Normalement, j’avais 223 dollars sous une planche de parquet de ma chambre. J’espérais juste pouvoir compléter. Je me concentrais sur les billets, les classant par couleurs et dessins pour que ce soit plus simple à calculer. J’y arrivais de mieux en mieux, mais je n’étais pas encore très rapide. Toutefois, ça avait l’air de faire un bon paquet.

Je commençais même à sourire quand j’entendis une voix qui m’écorchait les oreilles. Je levais des yeux noirs sur l’espèce de mec déguisé en femme. J’avais entendu dire qu’on les appelait des trans’. Et j’étais sûre que cette soi-disant femme en était un. Snow… dire qu’elle bossait à l’agence cette raclure. Ça me dégoûtait.

« Mes parents m’ont au moins trouvé un nom, ils se sont pas bornés à regarder par la f'nêtre le temps qu’il faisait. »

Saleté. En plus elle était encore tartinée de maquillage comme pour cacher les effets du mal touchant les habitants de Sodome et Gomorrhe. Quand je vis son regard sur mes billets, je repliai ces derniers pour les rentrer bien entre mes paumes. J’enrageai. Elle était en train de se foutre de mes croyances. Oui je faisais du mal, oui, j’enfreignais les commandements les plus sacrés. Mais que connaissait-il à la religion ? Ce monstre ? Ce déchet humain…

« J’irai en enfer, mais certainement après toi. »

Moi je ne me faisais plus d’illusion, je ne demandais même plus pardon à Dieu, je savais que je ne le méritais pas. Pas plus que cette femme.

« Elles le sont pas plus aux prostituées. Mais où que j’aille, ça peut pas être pire qu’ici, t'es certainement la plus belle œuvre du diable qui soit. »

Souillon, ce n’était pas la première fois qu’elle m’appelait comme ça. Et une autre m’avait déjà donné ce surnom, ça ne m’atteignait plus. Plus rien ne pouvait m’atteindre depuis que j’avais vu la honte et le dégoût dans le regard de mon père.  Je rangeais mes billets dans la poche intérieure de la veste trop grande pour moi que j’avais récupérée je ne savais plus où. Le temps que je la quitte des yeux, elle avait déjà sorti son propre portefeuille. Et je ne compris rien du tout au charabia qui sortit de sa bouche qui se posait dieu seul savait où. Pitié, Seigneur, ne posez pas votre regard sur elle.

D’un geste ferme, je lui arrachai le portefeuille des mains et je la bousculais, ne sachant même pas comment elle tenait sur ses échasses.

« J’en donnerai une partie à la quête de la messe, peut-être que ce Dieu qu'tu bafoues et dont tu t'moques aura pitié de toi et des êtres qui sont obligés de t'supporter. Avec un peu de chance, il t'rappellera et tu s'ras jugée. Garde moi une place en enfer, mais ne L’insulte pas. T'es méprisable et pathétique. Continue à vendre ton corps, un jour il sera couvert de pustules, je ferai peut-être semblant de prier pour ton âme. »

Je voulais partir de cette ruelle. J’avais la haine au ventre, et le pire, c’était qu’elle avait raison. J’avais convoité. J’avais volé. J’avais tué. J’avais déshonoré mon père et ma famille. Je ne contrôlais plus rien. En moins d’une seconde, je sortis mon couteau, pour le planter le long de la jugulaire de Snow.

« J’aurais pas l’absolution, mais j’rendrais un grand service au monde en t'vidant de ton sang comme une vulgaire poule. »
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Snow P. Boomer


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MessageSujet: Re: Altercation réjouissante [Terminé]   Sam 2 Nov - 20:35


II : L'acharnement


Quelles sont les causes de tous les fossés qui scindent l'espèce humaine ? Sont-ce les classes sociales, l'égocentrisme, la peur ? Comment était-il possible que dans une civilisation aussi avancée les êtres se renient et se bousculent sans la moindre considération ? Notre instinct grégaire allait-il nous mener à notre perte ? De grandes questions que tout le monde devait se poser au moins une fois, que ce soit parce que l'on est une victime, un porteur de bonnes paroles ou un marginal qui se préoccupe peu de ce qu'il se plaît à nommer "animaux". La cruauté des Hommes surpasse aisément la vision utopique d'un monde de paix, la naïveté encourage la manipulation et la différence nourrit une haine aveugle. Ivy était différente, Snow l'était aussi, peut-être était-ce à cause de cela que la gitane se sentait obligée de répondre à son offense, pour affirmer la fierté qu'elle tirait de sa singularité. C'était une erreur magistrale qu'elle répétait chaque fois que Snow l'abordait, pensait-elle réellement gagner un combat en exposant ainsi son caractère ? Il n'existait aucun combat si ce n'est celui qu'elle menait envers elle-même. Snow était une menace, certes, tous pouvaient s'accorder sur ce point, mais elle ne livrait pas bataille, elle jouait, voilà sa spécificité ; le monde qui l'entourrait n'était qu'un vaste terrain de jeu et Ivy n'était pas un adversaire, elle était un jouet. Elle n'attendait rien de la part de cette petite poupée de chiffon maculée de tâches et rongée par les mites si ce n'est du divertissement, ce qu'elle lui offrait chaque fois. Tout aurait été bien plus simple pour celle-ci si elle s'était contentée de se terrer dans sa petite boîte poussiéreuse sans tenter de défendre son authenticité, à la place de cela elle alimentait son appétence pour le jeu. Snow détestait tout ce qui était tout ce qui était porteur d'humanité, changer cela relevait de l'impossible, l'amour, la pitié et la compassion étaient des poisons qui infectaient les êtres de manière latente et se laisser guider par ses émotions relevait du masochisme. Elle pouvait ressentir des émotions, comme tous les autres elle était dotée d'un cœur encore capable de battre, mais elle interprétait ses sentiments d'une façon peu commune qui la plaçait au rang de malade mentale nuisible pour ses semblables. Sa mère, plutôt que de l'étouffer dans l’œuf, l'a laissé s'épanouir et devenir le monstre avide qu'elle est aujourd'hui car c'est le propre de l'Homme que d'espérer pouvoir un jour changer les êtres qui nous sont chers. Le seul moyen à ce jour de la voir se corriger serait de l'enfermer dans un lieu où il n'existe nul être humain et la priver de toute notion de réalité mais là encore les chances de réussite sont minces, qu'on se le dise, il serait plus commode de tuer le président des Etats-Unis avec un couteau à beurre.

Elle appréciait le comportement primaire de la jeune recrue et sa vision étriquée du monde, parfois il lui arrivait de se glisser dans la peau de cette pauvre bête blessée par la vie, non pas dans le but de la comprendre mais de l'analyser de l'intérieur, un exercice qui la séduisait et qui lui conférait quelques armes qu'un jour elle retournerait contre elle. Alors quand elle la surprit dans la rue passante, son cœur déborda de ce sentiment de joie qui, dans son cas, était altéré par l'esprit déviant qu'elle acquit dès qu'elle fut en âge de réfléchir de façon autonome et elle décida de mettre une fois de plus son âme à l'épreuve. Snow fut heureuse de constater l'effet qu'elle pouvait provoquer chez la petite Ivy, même si elle s'évertuait à jouer les fortes têtes, son regard trahissait toute la colère qu'elle éprouvait sur l'instant et cela à ses yeux valait bien plus que des mots. Après avoir entamé une discussion irritante qui, elle en était sûre, risquait de la pousser petit à petit dans ses retranchements, elle écouta le moindre de ses mots sans perdre une miette des expressions de son visage. Malgré un manque certain de sens de la répartie, ses mimiques multiples lui firent tout de même décrocher un maigre sourire, avait-elle réellement pensé qu'elle réussirait à la toucher en abordant le thème de la famille ? Ses géniteurs étaient logés à la même enseigne que les autres si ce n'est pire, si on lui donnait l'occasion de les tuer et que cela serve ses intérêts, elle le ferait sans une once d'hésitation. Alors la moquerie dont les faibles d'esprit dans son genre sont gratifiés ne l'atteignait pas plus que cela et elle n'envisagea même pas de relever cette insulte médiocre.

Snow fut plus qu'enchantée quand la tzigane répondit à ses remontrances quant à ses actes allant à l'encontre de ses croyances, elle lui donnait la preuve que le sujet ne la laissait pas indifférente, donc, que c'était une faiblesse à exploiter. Seuls ceux qui sont atteints par la culpabilité se sentent dans l'obligation de se justifier ou de se défendre. Son ignorance en matière de manipulation ne faisait que la desservir et malheureusement pour cette pauvre enfant des rues il allait bientôt lui être impossible de revenir sur ses pas. " A mon sens, l'enfer se trouve autour de nous mais libre à vous de vous embourber dans vos frayeurs d'ignare. Ne vous êtes-vous jamais dit que votre incompétence pouvait être due à cela ? " Les gens parlaient beaucoup trop même au sein de l'Agence, ne pouvant s'adonner aux badineries courantes ils se complaisaient dans la critique des autres membres, tout ce qu'elle avait eu à faire était de tendre une oreille attentive et tout ce qu'elle espérait était qu'Ivy parvienne à discerner cette nouvelle pointe de sarcasme. La comparaison qu'elle fit entre elle et une prostituée manqua de lui arracher un rire, soit elle était tombée bien bas dans les injures, soit elle n'avait pas compris sa fonction dans sa totalité. Une fois de plus, elle garda le silence lâchant cependant un soupir amusé quand elle la flatta en la qualifiant de "plus belle oeuvre du diable", ma foi elle n'était pas si loin de la vérité mais restait encore à savoir si elle était une création du démon ou le créateur lui même. Ivy était affligeante à protéger ainsi le butin qu'elle avait subtilisé aux badauds, encore plus quand elle accepta la liasse d'argent sale dans le porte-feuille que Snow lui tendait et totalement avec la phrase qui s'en suivit. De plus, elle avait tenté de la déstabiliser sans grand succès se qui s'était avéré absolument inutile, qu'allait-on bien pouvoir tirer de cette pouilleuse des bas quartiers ? Il n'y avait plus qu'à escompter qu'elle soit plus douée à la lutte qu'à la torture mentale. " Vous vous époumonez dans le vent très chère, je n'ai aucune propension pour la religion et votre semblant de menace quant au soit disant jugement dernier me laisse de marbre. Je ne pense pas non plus inspirer la pitié, je vous laisse ce beau rôle il vous va à ravir. Permettez moi à présent d'éclairer votre lanterne quant au poste que j'occupe au sein de notre belle et grande famille de meurtriers, je vends des corps, sur ce point vous avez raison, mais ce sont plutôt ceux des guenons ne parvenant pas à dépasser le quotient intellectuel d'une huître. Autrement dit, je vous conseille vivement d'améliorer vos compétences lors de vos entraînements car il se pourrait que vous sortiez prématurément de cette formation les deux pieds en avant ou les cuisses écartées. " Voilà qui était dit. Puisqu'elle l'avait menacé, pourquoi ne pas en faire autant ? Elle allait persévérer dans cette lancée en menaçant ses pairs mais elle n'en eut pas le temps, Ivy agrémenta sa colère d'une lame placée contre sa gorge, action des plus intéressantes. A défaut d'avoir un cerveau, elle comptait utiliser la violence, bien piètre avertissement que celui-ci. Snow se surprit à sourire et se mit à rire quand elle prononça quelques autres mots qui ne lui faisaient pas le moindre effet, quelle idiotie. " Un agent ne menace pas, il agit, voici la preuve flagrante de votre inexpérience en la matière. De plus, si vous m'assassiniez maintenant cela me donnerait raison et, en plus de cela, vous n'agiriez que sous le coup d'une colère égoïste, ne vous donnez pas bonne conscience en prétextant le soulagement que ma mort apporterait au monde, c'est d'une lâcheté consternante. Vous qui me reprochiez de bafouer votre dieu, qu'êtes-vous en train de faire ? " Le sourire avait totalement disparu à présent, il ne demeurait plus aucune expression sur son minois si ce n'est ce regard glacial qu'elle plantait dans le sien, elle la dévorait des yeux, excitée par la situation et de ce qu'elle allait bien pouvoir faire ensuite. " Que décidez vous ? Faut-il que je vous tienne la main afin que vous m'exécutiez ou allez vous enfin cesser vos enfantillages ? " Et pendant qu'elle prononçait ces derniers mots, elle leva l'une de ses mains en douceur pour la poser contre le poignet qui maintenait la lame sans tenter de l'écarter de son cou ou de renfoncer la pression qu'exerçait déjà celle-ci. Snow ne voyait pas en Ivy un véritable danger et même si ce trop plein d'arrogance pouvait la mener à la mort, elle considérait qu'elle n'avait de toute façon rien de plus à perdre.
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MessageSujet: Re: Altercation réjouissante [Terminé]   Lun 4 Nov - 18:30

Le mal rôdait. Partout. Il pouvait même se cacher derrière le plus angélique des visages. Tout comme le bien peut être décelé là où on ne le soupçonnait pas. C’était ce que disait le prêtre, c’était ce que disaient les histoires sacrées. Seulement, je devais admettre que depuis quelques temps, j’avais l’impression que le mal avait triomphé. Il était partout, à chaque coin de rue. Quant à trouver de la bonté chez cette garce de trans’, c’était impossible. Même avec la meilleure volonté du monde, cette chose ne pouvait pas avoir une once de bien en elle. Elle insultait Dieu. Je savais que ce que je faisais était mal, je n’étais stupide au point de croire qu’Il me pardonnerait. Et même s’il m’arrivait de douter de Son existence, elle n’avait pas le droit d’insulter les espoirs, l’amour, le guide de milliers de personnes. Cette chose me dégoûtait. Elle prenait de grands airs, mais qui était-elle ? Un monstre, un raté de la création. Comment des êtres pareils avaient le droit d’exister ?

Et non seulement elle insultait Dieu, mais en plus, cette garce avait osé lire mon rapport ? J’avais pas compris tout ce que cette bouche des enfers avait déversé comme horreur, mais j’étais sure d’une chose : cette marionnette du diable était au courant pour ma première mission et le rapport désastreux que Pillsbury avait fait contre moi et ce malgré le succès de la mission. Alors voilà à quoi ils s’amusaient. Ça se prétendait agents et ça ne valait guère mieux que des poules cancanant dans un poulailler.

« La mission a été un succès, je me fiche de la reconnaissance, j’ai fait mon boulot. Mais ça, vous pouvez pas l’comprendre, vous et Pillsbury. »

L’humilité, ce serait un mot qu’ils ne comprendraient jamais. Ils attendaient des autres qu’ils soient parfaits selon leurs critères à eux, ce qui était impossible. Et je savais que j’aurai beau réussir toutes mes missions, Pillsbury ne m’estimerait jamais, pour la simple raison que je ne répondais pas à son idéal de culture. C’était peut-être un bon agent, mais l’homme derrière… ce n’était qu’un con arrogant, ne voyant les choses que de son point de vue à lui. Il était bourré de préjugés, ne tolérait pas la moindre faiblesse qui fait qu’on est humain. Bref, en disant que c’était un con, j’avais tout dit. Et elle, elle ne valait pas mieux. Elle était un déchet, un vomi d’enfant malade, une chiasse d’octobre. Et encore, ça c’était naturel. Alors qu’elle…

Elle recommençait avec son blabla de poule de luxe précieuse. J’allais lui parler dans ma langue, elle allait voir un peu ce que cela faisait. Pauv’conne. Je captais quelques mots ici et là, et ils ne me plaisaient pas du tout. Mon estomac se noua. Je n’allais quand même pas lui vomir sur les pompes, elle serait encore capable d’apprécier. Mais intérieurement, je fulminais. Pas pour la pitié, par pour l’idée de mourir, non, tout cela, je m’en moquais. Mais qu’elle ose m’assimiler à une de ses trainées… je lui crachai au visage. Je n’avais ouvert mes cuisses que pour un homme, un seul. Et mon bouclier m’avait protégée des assauts de celui à qui on m’avait unie contre mon gré. Le péché de chair n’était pas mien et ne le serait jamais. Je ne vendrais pas mon corps…

« Je préfère crever la gueule ouverte que les cuisses écartées. Je préfère même perdre le peu qu’il me reste que de finir dans ta branche. C’est là qu’on met les minables et les ratés, comme tu l’as si bien dit. T’y es donc bien à ta place. »

Abrutie. Je voulais la tuer. Lui mettre les boyaux à l’air. Ça empesterait pendant des jours, une carcasse aussi pourrie de l’intérieur… Mais les gens feraient un véritable feu de joie autour de sa charogne. Et avant même que je ne m’en rende vraiment compte, ma lame se trouvait sur sa gorge. Un simple geste… Je l’avais déjà fait, et pour un homme envers qui je n’éprouvais même pas une telle rage. Mais là… tout serait si simple. Et au moins elle se tairait. Et le lui crèverais les yeux aussi, ces billes de rats d’égout.

« Mon dieu m’a déjà condamnée, et j’te crève pas justement parc’que j’suis un agent. Réussir sa mission, c’est ça l’boulot. J’me salirai les mains que quand on me l’demandera. Et le jour où ils voudront un volontaire pour t’faire la peau, j’srai la première. Parce qu’en plus gagner du fric pour te vider de ton sang, ce sera parfait. »

Seuls les fous n’avaient pas peur. Les fous et les êtres profondément seuls. Elle n’avait pas peur. Elle était donc tarée – ce qui ne faisait pas le moindre doute – mais surtout, elle était toute seule. Elle n’avait pas peur de perdre quelqu’un ou de laisser une personne chère seule. Agir égoïstement, privilégier son plaisir sans redouter de faire du mal à quelqu’un qu’on pourrait perdre… Elle ne connaissait rien de l’Amour ou de l’Amitié. Mon dieu n’existait peut-être pas, mais ça au moins, je l’avais appris. Elle jouait avec sa vie parce qu’elle n’avait rien ni personne à perdre. Et rien que pour cela, je la trouvais pathétique et pitoyable.

Et cette brebis galeuse fit alors le geste qu’elle n’aurait pas dû…

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MessageSujet: Re: Altercation réjouissante [Terminé]   Lun 4 Nov - 18:30

Le membre 'Ivy Mendès' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Oui/Non' :
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MessageSujet: Re: Altercation réjouissante [Terminé]   Sam 9 Nov - 15:08


III : La moquerie


Qu'est ce que cette jeune sotte espérait en se défendant de la sorte ? Croyait-elle vraiment que sa plaidoirie pouvait être prise avec sérieux ? Dans certains moments importants il fallait revenir sur terre et ouvrir les yeux, peut-être aurait-elle pu être entendue avec des interlocuteurs moins coriaces mais ce n'est pas face à n'importe qui qu'elle se trouvait. Non pas que Snow soit une personne à respecter ou le parfait exemple à suivre mais les mots qui parvenaient à ses oreilles n'étaient rien, ce n'est pas de cette façon qu'Ivy réussirait à en tirer quoi que ce soit, au contraire, elle cherchait le bâton pour se faire battre. Pauvre petite chose qui tentait de se démener en affirmant une force donc elle était dépourvue, elle se trompait totalement sur son ennemi, soit, ce n'était pas pour déplaire à Snow qui se délectait de son sort à venir ; l'ange déchu allait tomber de hauteurs vertigineuses et c'était tant mieux. La gitane  se tournait au ridicule en prolongeant le tête à tête qui avait pour unique but l'exacerbation de sa haine, elle n'apprenait rien du passé et ne se rendait pas compte qu'elle s'enroulait elle-même une laisse autour du cou. La rabatteuse n'était même pas sérieusement plongée dans ces piailleries inutiles, elle voyait bien plus loin, au delà de l'instant présent, elle tendait un piège dissimulé aux yeux de la colère et de cela Ivy en était remplie. A continuer ainsi ce petit manège le corde nouée autour de son cou délicat allait se resserrer tel un étau jusqu'à l'étranglement sans qu'elle ne puisse s'en libérer. Comment réagira-t-elle alors ? Peut-être qu'elle trouverait encore les ressources suffisantes pour se débattre une dernière fois et ensuite, ça en serait fini de la petite Ivy. Tout ce qu'elle souhaitait c'est qu'elle souffre, pleure, hurle à s'en briser la gorge, que son reste de fierté soit piétiné et admirer le spectacle de sa chute en lui riant au visage. Mais ce jour n'arriverait que lorsqu'elle aurait abattu toutes ses cartes et décidé de mettre un terme à son jeu. Ivy avait tout intérêt à s'entourer de proches sur qui déverser le fardeau de la honte sinon, au moment de sa déchéance, le suicide serait le seul réconfort qu'elle puisse trouver.

Qu'était-il donc passé par le tête de Mademoiselle Cristiani en recueillant sous son aile brisée cette petite impertinente ? Sans doute avait-elle un faible pour les yeux larmoyants et les jérémiades faussement dissimulées derrières des mots déformés, tant pis, sa jeune pouliche ne ferait pas long feu et elle devrait assumer les conséquences de son jugement erroné. C'est en morceaux qu'elle récupérera cette mendiante infâme, on ne retrouvera de son esprit chétif que de petits bouts indistincts éparpillés aux quatre coins d'un immense chaos. Rien au monde n'allait pouvoir l'empêcher de souiller davantage cette immondice au langage de charretier, elle implosera aussi facilement que l'on écrase une fourmis. Petit à petit elle s'embourbait dans l'imprudence sans réaliser l'impact que ses actes pouvaient avoir sur sa minable existence, qu'il était bon d'observer les personnes comme elle de haut, se sacrifier pour le vain espoir de vivre des jours de paix. L'espoir ne menait à rien si ce n'est à la désillusion, nous naissons pour mourir et Snow était là pour lui rappeler les atrocités qu'il fallait rencontrer pour obtenir le droit au repos. Elle allait avoir le loisir de voir, d'entendre, de sentir toute l'infamie dont elle était capable et jamais elle ne pourra s'en remettre, cela est une promesse.

Qu'est ce que Monsieur Pillsbury avait à voir avec leur discussion ? L'amalgame entre lui et elle était tout à fait inapproprié, il n'avait rien à faire là, sa nouvelle défense non plus, ce qui lui arracha un autre sourire ravi, cela prouvait qu'elle avait appuyé sur un ressentiment douloureux et qu'une fois encore elle avait réussi à gagner du terrain. Elle se fichait de la reconnaissance, très bien, dans ce cas pourquoi utiliser le mot "succès" plutôt que de dire "la mission est arrivée à terme", la contradiction dans cette phrase était désolante et l'accusation d'incompréhension de deux agents encore plus. " Me voilà rassurée, je pensais que vous aviez rejoint nos rangs pour notre philanthropie et le scintillement de la gloire. Cessez donc de geindre à l'oreille d'une sourd, vous gaspillez votre salive inutilement. " Ah ironie quand tu nous tiens. Une réponse qu'elle allait avoir du mal à assimiler c'est certain et que font les incultes dans ces situations ? Ils se jettent comme des déments dans les bras de la colère, Snow l'y poussait seulement un peu plus vite. Ça avait bien l'air de marcher puisqu'elle lui crachait au visage et vociférait d'énièmes insultes qui voltigeaient largement au dessus de sa tête, elle s'en amusa comme les autres fois sans que cela ne provoque son rire, le rictus satisfait quant à lui resta intact. Elle ne prit même pas la peine d'essuyer le postillon qui avait atterri sur sa joue. " Plait-il ? vous préférez ? Vos préférences importent peu vous m'en voyez profondément désolée. " Elle décida de ne pas relever les termes "minables" et "ratés", elle préférait encore faire preuve de fausse compassion, la répartie n'était pas toujours la méthode la plus sûre pour enflammer les discussions, la moquerie y parvenait avec le même puissance. Il n'y a rien de pire que de pas être pris au sérieux par un ennemi qui nous a préalablement fortement agacé. Cette pouilleuse pouvait toujours tergiverser avec vigueur, ça ne servirait à rien, elle allait parler dans le vide. En voici la preuve, quand elle reprit ses menaces ridicules Snow se mit à rire, un ricanement léger qu'elle simula à la perfection et qui s'amplifia au fil des mots qu'elle tentait d'aligner. Si tout ceci ne la mettait définitivement pas hors d'elles, peut-être qu'alors elle prendrait un peu plus son babillage en considération. Afin de pouvoir à nouveau s'exprimer d'un ton narquois, elle cessa progressivement son hilarité jusqu'à ce qu'elle s'éclaircisse la gorge en deux raclements. " Mais bien sûr Mademoiselle Mendès, vous êtes un agent et vous me tuerez. Soyez assurée que le montant de ma prime comblera votre découvert à la banque. Ce sera parfait. " Elle aurait presque pu y prendre goût, parler de la sorte juste en reprenant les mots qu'Ivy s'était évertuée à trouver pour lui faire peur. La mort ne l'inquiétait, la faucheuse emportait les pauvres comme les riches, tout l'argent du monde n'y changeait rien et quitte à mourir d'un moment à l'autre autant emmerder le peuple jusqu'à ce que le souffle manque. C'est vrai, la seule chose de grande valeur qu'elle possédait était sa vie, n'était-ce pas suffisant ? Encore que, même cela elle ne craignait pas de le perdre, rien ne la rattachait à cet univers prônant l'amour et l'amitié, de cette façon elle n'avait pas à subir, juste à contempler et vivre.

Snow se rassasiait des facéties que lui offrait Ivy, un véritable régal pour ce monstre sans cœur et sans pitié, elle observa le rouge lui monter aux joues, ses traits se tirer en une expression pleine d'amertume et ses doigts se serrer jusqu'à ce que leurs jointures blanchissent, la vue était spectaculaire. Ce qu'elle ne réussit pas à comprendre par contre fut ce qu'il se passe par la suite. Quand elle pose ses doigts contre le poignet de la gitane, sa main suivie de son corps tout entier fut projetée violemment vers l'arrière et son dos se heurta au mur qui retint sa chute en un claquement qui n'annonçait rien de bon. Tout cela fut si soudain qu'elle peine à penser de manière cohérente, seul le début d'un gémissement plaintif fut formulé mais il ne connut pas de fin, il s'estompa dans un long grognement dû à la pression exercée contre son buste et contre lequel elle forçait en contractant ses membres. Ce n'est qu'une fois la surprise passée qu'elle constata l'origine de ce plaquage agressif, le vide, du vide était en train de l'étouffer dans la ruelle et elle ne tarda pas à réaliser la nature de celui-ci. Elle était consciente de l'existence d'autres êtres aux gênes évolués mais elle ne se doutait pas que Mademoiselle Mendès en était porteuse, finalement une ressemblance venait d'être découverte. Le manque d'air stoppa immédiatement sa brève analyse, il fallait qu'elle inspire si elle ne voulait pas tomber inconsciente sur le pavé, c'est ce qu'elle essaya de faire et elle comprit bien vite son erreur. Même si elle avait inspiré lentement, l'air qui avait gonflé ses poumons rendit la pression exercée sur ses côtes presque insoutenable et cet oxygène qui lui manquait tant fut vite relâché en une clameur pénible. Le bouclier qui protégeait le jeune agent n'était pas loin de lui briser les os et s'il ne le faisait pas il la privait d'air, était-ce ainsi qu'elle devait mourir ? C'est triste à dire, mais elle s'en fichait, si elle devait rendre l'âme sur l'instant elle n'aurait aucun regret et pour une bête telle que Snow ce serait l'une des morts les plus douces que l'on pourrait lui réserver.
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MessageSujet: Re: Altercation réjouissante [Terminé]   Sam 9 Nov - 16:15

Je ne connaissais rien de Ses intentions. A l’église, le Père disait toujours qu’Il nous mettait à l’épreuve. Je trouvais qu’il m’y mettait souvent ces derniers temps. Là, le summum était atteint avec cette garce, cette créature démoniaque. Elle était le vice incarné, le mal dans ce qu’il a de plus absolu. Et je ne comprenais pas pourquoi il l’avait créée. Tout son être me révulsait, j’éprouvais du dégoût rien qu’à la toucher. Et ses paroles… pires que celles du Serpent. J’ignorais pourquoi je me battais encore contre elle. Peut-être parce qu’au fond de moi, j’avais envie de croire que le mal ne pouvait pas triompher. Mais plus les secondes s’écoulaient, plus je comprenais que tout cela n’avait été qu’un mensonge, des histoires racontées aux enfants dans les lieux sacrés.

Je plissais le nez quand elle ouvrit une nouvelle fois la bouche. Sa puanteur, tant corporelle que celle de son âme me gênait. Je me foutais de ce qu’elle pouvait bien raconter, même traduit dans un langage correct. Mon corps avait révélé cette envie profonde que j’avais de la détruire. Et j’espérais bien que ce jour viendrait. Oui, pour une fois je désirais le mal, et je n’en éprouvais aucune honte et aucun remord. Je savais que j’étais perdue depuis longtemps. Alors cette haine, je l’acceptais bien volontiers. Je crois bien que cela aurait été facile de la tuer. Je ne le fis pas par égard à Madame Cristiani. Je ne pouvais pas tuer ses agents comme bon me semblait. Pas après ce qu’elle avait fait pour moi. En revanche, je ne doutais pas que son attitude finisse par lui couter cher et qu’un de nos employeurs nous demande un jour de l’exécuter. Je le ferai. Sans la moindre petite espèce d’hésitation. Elle ne me prenait pas au sérieux. Et étrangement, si cela aurait dû m’énerver davantage, il n’en fut rien. Tout le monde me sous-estimait, ce n’était pas une nouvelle pour moi, et je ne le prenais pas mal. Au contraire. Qu’elle pense être en sécurité, cela n’en serait que plus facile. Comme là, un simple geste, et la grande Snow Boomer ne serait plus, juste à cause d’une jugulaire tranchée… Comme quoi, même le diable ne tenait qu’à peu de chose. Cette simple pensée parvint presque à atténuer ma colère. J’avais la certitude que tôt ou tard, elle payerait. Et cela me suffisait amplement. Sauf que si j’allais réussir à m’arrêter, ce n’était pas son cas. Elle fit ce qu’il ne fallait pas. Je sentis ses doigts de charogne sur mon poignet et quelque chose s’éveilla en moi. Une force sourde, profonde, violente, que je n’avais que très rarement connue mai que je reconnaitrais entre mille. La chose en moi… celle qui s’était manifestée quand ces types avaient tué ma mère et quand mon mari avait voulu me prendre. J’éprouvais une vive douleur qui m’arracha un cri. J’avais l’impression qu’on tirait sur ma peau, qu’on faisait pression sur mes muscles. Mais elle ne me touchait plus. Cette trainée ne me touchait plus.

J’ouvris les yeux et je la vis, comme écrasée contre le mur, comme une punaise qu’on écrase sous sa chaussure. Pour la première fois, j’éprouvais une sensation de puissance malsaine avec ce truc, comme s’il me suffisait de faire un pas vers elle pour que ce barrage invisible l’écrase et étale tout son sang sur le mur. Elle cherchait à comprendre, alors qu’il n’y avait strictement rien à comprendre. C’était comme ça… Ce truc en moi, il me défendait. Je ne savais pas d’où je le tenais, mais étant donné qu’il était en train de lui faire du mal, je commençais à beaucoup l’apprécier.

Je l’entendis hurler et mon visage se fendit d’un sourire malgré la douleur que cela occasionnait. Si seulement je pouvais, je ferais durer ce plaisir et cette torture encore des heures.

« J’suis pas un p’tit jouet sans défense. Et le pire, c’est qu’t’es tellement conne que ça va  t’amuser encore plus ce p’tit jeu. T’as pas peut d’mourir parc’que t’es d’jà morte et qu’tu l’sais. Eh bien c’est dégueulasse à dire, mais ça nous fait au moins une chose en commun. »

Je fis un minuscule pas vers elle, juste assez pour accentuer la pression sur son corps. Si seulement je pouvais entendre un os craquer, ce serait merveilleux. Juste un petit… et si au passage il pouvait perforer un organe vital, ce ne serait que du bonus. Je me sentais fatiguée, je respirais de plus en plus vite… je savais ce que cela voulait dire. Je soufflais un grand coup, la regardant fixement. Puis je reculai. Je tournai même le dos à cette garce, et je serais bien incapable de dire à quel moment précisément ce « bouclier » se relâcha. Je m’entendis juste lui dire :

« Trouve toi un autre jouet gamine. »

Je n’étais même plus en colère. Mon cœur battait vite, trop vite, et je savais que cela était dû à cette chose en moi. Mais je m’en fichais. Je n’étais plus en colère. Je l’avais vu sous son vrai jour. Celle d’une ordure, qui finirait bouffée par les chats de gouttière et qui se complaisait dans cet état. J’avais rien à lui prouver en fait. Elle était un ramassis de connerie et de merde assemblé en corps à peu près humain. Juste une enfant, cherchant à s’amuser pour combler le trou béant en elle et autour d’elle. Qu’est-ce que je me faisais chier avec cette fille ? J’avais les capacités de la tuer, je venais de la voir sous son vrai jour, celle d’une pauvre créature mortelle capable de souffrir. Plus rien à foutre d’elle, ses attaques ne m’atteindraient plus. Ce n’était pas possible. Ce n’était plus possible.
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MessageSujet: Re: Altercation réjouissante [Terminé]   Lun 18 Nov - 22:12


IV : Le trouble


La mort n’est pas si effrayante lorsqu’on prend le temps de la comparer aux souffrances d’une vie entière, les sentiments consument les Hommes, la peur les empoisonne et la colère les étouffe. A force de trébucher sur un destin imprécis et s’écorcher contre des principes dont eux seuls sont capables, quelle chose pouvait les libérer de leurs esprits étroits si ce n’est la grande, la belle et douce Mort ? Seraient-ils en paix si ils savaient à l’avance la date de péremption de leur courte existence ? Non, ils gâcheraient les jours restant à trouver le moyen d’éviter cette heure fatidique, car même s’ils avaient beau clamer haut et fort leur indifférence face au néant, dans leurs derniers moments ils se raccrochaient toujours à leur dernier souffle. Snow l’avait vu dans leurs yeux et leurs supplications, tous tenaient à leur vie misérable et leur cœur amoché. Voici ce qui la différenciait entre autre du commun des mortels. « Il faut mettre en place plusieurs traitements afin de déterminer sa pathologie. » avait-il dit, « Oui. » avaient-ils répondu, ces trois lettres l’avaient emprisonné durant plusieurs années afin de lui offrir la peur et l’empathie, ça n’a pas marché. La « maladie » dont elle est atteinte est incurable et ils auraient mieux fait de l’enfermer durant quelques mois, bien à l’écart des autres et lui administrer une dose létale de sédatif. Ils l’ont libéré sans prendre conscience de leur monumentale erreur, ils ont relâché un monstre dénué de toute conscience, un être de chair assoiffé d’horreur dont le seul but est d’accumuler les cadavres sur son sillage, seule la Mort pourrait l’en empêcher, malheureusement elle ne l’effrayait pas. Ivy pouvait toujours lui trancher la peau, déverser son sang, lui briser tous les os, la douleur n’était pas le remède à son comportement, rien ne l’était si ce n’est son extinction. Certainement en avait-elle une vague impression mais il allait falloir qu’elle se montre terriblement patiente pour voir ce jour arriver, et qu’elle survive dans son attente.

Il avait suffit d’un mot, peut-être d’un geste, d’un contact pour matérialiser l’émotion de cette petite idiote, cette chose invisible qui s’était développée autour de son corps frêle afin de la protéger. Magnifique démonstration qu’elle gravait dans sa mémoire et dont elle se servirait pour échafauder de nouveaux plans sournois. Prenait-elle du plaisir à voir ses traits tordus par le mal ? Si tel était le cas, peut-être qu’en fin de compte elle concéderait à la réévaluer et que sa cause n’était pas totalement perdue. Snow n’avait jamais réfléchis à la possibilité de former une tierce personne, partager les travers de son âme souillée ou les diverses façons d’éteindre l’espoir d’autrui. Ne serait-ce pas une bonne chose de façonner quelqu’un à son image en lui apprenant tout ce qu’elle savait sur les souffrances et supplices à infliger ? D’ailleurs, n’était-ce pas ce qu’elle faisait à cet instant précis ? Elle-même était née du malheur et de la destruction, on avait tenté de l’anéantir et de la ruiner mais elle s’en était sortie pour rebâtir sur des fondements inaltérables afin de devenir la femme qu’elle est aujourd’hui. En attaquant Ivy, elle lui offrait en quelques sortes le même destin, mais était-elle prête à payer le prix d’une existence comme celle-ci ? Abandonner croyances, amour, amitié, sentiments afin de terrasser toute personne susceptible de l’entraver dans son avancée. Elle ne pouvait qu’en douter.

Malgré son manque certain d’humanité, ça ne l’empêchait pas pour autant de saigner ou de ressentir son bouclier l’écraser contre la pierre froide, elle souffrait sans chercher à combattre cet étau obscur qui lui comprimait les côtes. Lorsqu’elle avança de quelques centimètres de plus, elle cru que ça lui briserait les os mais aucun craquement ne se fit entendre, aucun membre ne fut éclaté et son corps ne s’éparpilla pas dans la ruelle infréquentée, à croire que les nombreuses transformations qui avaient tant de fois malmené ses os les avaient consolidé. Lorsqu’elle s’écarta pour la libérer de cette étreinte douloureuse, elle pensa qu’elle aurait dû l’abattre pendant qu’elle en avait l’occasion, car plus aucune surprise de ce type ne pourrait alors la détourner de ses plans, Ivy venait d’abattre ses cartes bien trop tôt. Mains apposées contre son abdomen, elle inspira rapidement de l’air en un sifflement inquiétant suivit d’un souffle saccadé qui eut le don de la faire chanceler sans tomber. Jambes fléchies, buste penché, elle crut qu’elle allait répandre son déjeuner à ses pieds mais il n’en fut rien, elle se contenta de reprendre une respiration correcte et  récupérer toute sa lucidité.

Lorsqu’elle fut suffisamment en état pour se redresser et s’autoriser quelques pas en sa direction, elle ne tenta pas de la prendre en traître ou de la toucher, pas parce qu’elle avait appris la leçon mais parce que ce n’était pas encore le bon moment. Snow se contenta de se placer à ses côtés, un bras en maintient contre ses côtes sans véritablement la regarder, elle répondit calmement à ce qu’elle lui avait dit tantôt sans une once de colère ou de rancœur dans la voix. « En effet cela va beaucoup m’amuser de vous traiter comme une de ces choses fades et vulgaires. Au risque d’effriter votre perception, nous n‘avons strictement rien en commun, la vérité est toute autre car en réalité…je n’ai jamais vécu. C‘est ainsi que je suis née. » A quoi bon s’étendre sur ces détails sans importance si ce n’est pour attaquer la bête sous un autre angle. Elle en avait déjà suffisamment appris sur Mendès pour connaître quelques unes de ses faiblesses, à voir maintenant si elle en avait d’autres. Ce tête à tête n’était qu’une mise en bouche, le plat de résistance viendrait plus tard, quand elle l’aurait décidé.
Lentement, son visage aux traits fatigués se tourna sur le côté pour la regarder mais cette fois, celui-ci sembla dégager une douce mélancolie, de la tristesse même à en juger par les larmes qui s’accumulaient au bord de ses yeux rougis par la manque d’oxygène. Elle s’empressa d’ailleurs de les baisser en fixant un point incertain sur le veston de la jeune recrue. « Je ne peux me soustraire à mes démons comme vous ne pourrez jamais me briser, Mademoiselle Mendès. Je vous envie, vous et mon frère pour n’avoir à vous soucier que de sentiments, de quotidien et de valeurs, je ne connais rien de cela et je ne le connaîtrai sans doute jamais. Je comprends mieux pourquoi votre nom revient sans cesse dans nos discussions. » Avait-elle remarqué ? Ce déglutissement en fin de phrase et ce léger tremblement dans les mots ? Signes d’une gorge qui plie sous la tristesse d’un regret, après l’effort fourni et la fougue de l’acte elle comptait la toucher avec des mots, mais pas n’importe lesquels. Le frère entrait en jeu masqué sous du badinage hypocrite, mais qui pouvait s’en rendre compte ? Elle ?
Tout en lâchant un gémissement étouffé et simulé, elle écarta le pan de sa veste afin de piocher une carte froissée où étaient inscrit deux noms, deux numéros de téléphone et surtout une adresse. Elle la lui tendit sans la regarder tout en essuyant ses yeux humides du revers de l’index. « Ne vous méprenez pas je n’apprécie personne et je compte bien vous rendre la vie impossible mais le bonheur de Peyton passe avant toute chose. Je vous prie de ne pas vous jouer de lui, son coeur est bien plus pur que les nôtres... » Snow n’avait aucun problème, elle n’était ni triste ni soucieuse d’un frère qui n’existait pas, elle lui donnait une justification quant à son comportement, la sœur jalouse protégeant le seul être qui lui est cher. Sans doute allait-elle être perdue après tout ce qu’elles venaient d’échanger, suspicieuse également, mais la balle était à nouveau dans son camp. Ivy allait-elle réussir à dissocier les mensonges de la vérité ? Peut-être allait-elle refuser de prendre la carte de visite, dans ce cas Peyton ne signifiait rien pour elle mais dans le cas contraire…cela risquait d’être tout à fait stimulant.
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MessageSujet: Re: Altercation réjouissante [Terminé]   Dim 24 Nov - 10:41

C’était terminé. Cette greluche n’était rien d’autre que cela, une greluche que je pouvais écraser aussi facilement qu’une mouche. Elle n’était rien, et une fois que je le compris, ma colère s’évapora. Je pouvais la détruire, sans réelle difficulté, alors elle n’avait pas à avoir un impact sur ma vie. Je n’éprouvai même plus le besoin de débarrasser l’humanité de ce tas d’ordure sur pattes. Je n’étais peut-être pas intelligente, mais je venais de me libérer. Elle n’avait rien. Rien à protéger, rien à perdre. Elle était égoiste parce qu’elle était seule et pensait trouver le bonheur dans l’illusion. Elle prenait plaisir à torturer les gens car c’était la seule et unique chose qui lui donnait un tant soit peu l’impression de vivre. Et c’était le seul contact qu’elle avait avec les êtres humains. Elle avait besoin de leur contact, même si elle resterait à jamais incapable de l’avouer. Elle était incapable de ne pas faire de mal car elle ne pouvait pas être seule. Ce serait cela la vraie punition pour elle. Pauvre conne.

Moi, je ne lui ferai plus le plaisir d’être son jouet, car cela lui offrait une présence. Qu’elle soit donc seule. Qu’elle n’ait donc plus que son âme noire à torturer. Sur moi, ça ne prendrait plus, elle trouvera bien un autre malheureux à emmerder. Je ne la regardais même plus. Je savais qu’elle revenait à la vie. J’aurais pu la tuer, mais les mauvaises herbes ne crèvent jamais réellement. Je m’en fichais. J’en avais fini avec elle. Je n’aurais ni pitié ni haine. Elle n’était qu’une âme damnée.

J’étais fatiguée et endolorie par l’éveil de cette chose en moi. Je n’avais plus aucune envie d’être là. Je sentis pourtant un froid glacial et je compris tout de suite. Un chat se sauva à cet instant. L’odeur de la mort, très certainement. Je ne tournais pas la tête. A quoi bon ? Sa voix démoniaque atteignait mes oreilles. Encore son blabla pernicieux et inutile. Je ne ralentis pas mon rythme. Je ne levais même pas les yeux au ciel. Bien sûr qu’elle était née ainsi. Elle était l’enfant du Diable, un fumier putride dans un corps de femme. Elle aurait même pu me dire qu’elle était née rouge, avec des cornes et une queue que je l’aurais crue. Pourquoi ne pouvait-elle pas se taire. Avait-elle réellement peur de se retrouver seule ? peur de s’ennuyer et de partager le lot du commun des mortels. Pauvre petite. Je refusais de la regarder. Son visage était suffisamment ancré dans ma mémoire. Si je ne pouvais échapper à ses mots, ceux-ci ne firent que me confirmer mon mépris pour elle.

« Je me fous de te briser. Contrairement à toi, je n’y trouve aucun plaisir. Et j’plains ton frère. »

Rien à dire de plus. Elle fit un geste qui m’obligea à stopper ma marche. Je ne retenais pas un grognement énervé. J’arrachai la carte de sa main, nullement attendrie par ses larmes d’alligator… je crois que c’est comme ça qu’on dit. Je tentais de la déchiffrer sans lui jeter le moindre regard. Le pardon, l’amour, la main tendue… tout cela, avant et avec d’autres, j’y croyais. Avec elle par contre, je n’éprouvais rien. Elle reprit la parole et…

Peyton ?

Nos discussions ?

Parlait-elle de… et là je fis le lien. Peyton Boomer. Snow Boomer. Merde. Je n’arrivais pas à le croire. Je tentai de dissimuler sous un masque de froideur. Ils ne pouvaient pas être liés, pas eux. Peyton Boomer était bien différent d’elle, de cette monstruosité. Je savais qu’il avait une sœur dépravée, qui ne pouvait plus être sauvée, mais de là à ce que ce soit elle… Lui, il était compréhensif, présent. En un mot : humain. Je ne comprenais pas comment deux êtres aussi différents pouvaient venir du même arbre. Un fruit parfait et un fruit pourri. Et si j’appréciais Peyton, j’étais toutefois mécontente qu’il parle de moi à cette chose. Qu’il parle tout court à cette chose en fait. Il devrait se tenir loin d’elle au maximum, pour que sa pourriture ne l’atteigne pas. Mon cœur venait de battre un peu plus fort. Je relevais des yeux interrogateurs vers elle, avant de reporter en tremblant mon regard sur le papier.

Je parvins à lire le nom de Peyton – et celui de Snow et… leur adresse ? Et pourquoi me parlait-elle du cœur de Peyton ? Je savais qu’il était pur, je savais qu’il était quelqu’un de bien. Il était le seul garçon qui pouvait m’approcher depuis mon mariage. Que voulait-elle ? Si je respectais Peyton, il était hors de question que je mette les pieds dans l’antre du diable. Surtout si je risquais de tomber sur elle. Je levai enfin les yeux vers Snow, le visage fermé à sa comédie de mauvaise actrice.

« Pourquoi tu m’donnes ça ? Peyton il sait toujours où m’trouver. Il a un problème ? »

Je voulais dire, en plus d’avoir une sœur tarée ? J’avais rien compris à son charabia. Et pourquoi je voudrais « me jouer de lui » ?

« Tu l’as dit, on a rien en commun. Tu joues avec les gens, pas moi. Il mérite d’être heureux, à mon avis, il ne pourra l’être que si tu dégages de sa vie. Comment il peut être ton frère…Qu’est-ce que tu veux ? »

Il ne quitterait pas sa sœur, je le sentais. Je savais pas pourquoi. Il avait le cœur pur, comme cette ordure l’avait dit. Il ne se sauverait pas, trop occupé à essayer de la sauver elle. Ça me brisait le cœur, mais je ne pouvais pas le lui imposer. C’était sa vie, son destin, son choix. J’étais son amie, je devais juste être là pour lui. J’avais tellement de mal à réaliser, à croire ça… Peyton était quelqu’un de bien, alors qu’elle… la merde de l’humanité. J’espérais qu’il n’avait pas de problème.
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MessageSujet: Re: Altercation réjouissante [Terminé]   Mar 10 Déc - 0:19


V : La faiblesse


Les jeux auxquels elle s’adonnait valaient tous les sacrifices, aussi douloureux soient-ils. Peut-être en avait-elle besoin, ou bien était-ce seulement de cette unique façon qu’elle pouvait vivre, nul être était réellement capable de mener à terme le diagnostic de ce qu’elle représentait pour l’humanité. Un fardeau assurément, dont beaucoup de personnes voulaient se débarrasser, mais alors pourquoi aucun ne l’avait fait ? Pourquoi était-elle encore en train d’abuser de ses semblables et de les souiller alors que beaucoup avaient perdu la vie entre ses doigts ? Les énigmes planaient au dessus des Boomer et elle faisait bien attention à ce que celles-ci ne se dissipent pas, aucun secret ne devait être découvert, jamais.
Pour l’instant, elle ne savait pas avec exactitude ce qu’elle allait pouvoir faire d’Ivy, des plans avaient pris forme, perfides à souhait, destructeurs aussi mais il fallait encore qu’elle les peaufine en prenant en compte toutes les nouvelles informations qu’elle lui offrait si naïvement. Non, Snow ne sous-estimait pas Ivy, peu importe le niveau d’éducation ou les talents affûtés qui la caractérisaient, elle la jugeait à sa juste valeur en laissant de côté toute notion de fierté ou de rancœur. Car même si le sentiment de vengeance pouvait parfois l’envahir, ce n’étaient que des bribes d’émotions imaginées qui ne pouvaient pas exister, de ce fait cela n’obstruait pas le fil de ses réflexions. La gitane avait eu raison sur bien des points en l’insultant comme elle l’avait fait, bien que pour sa part ce ne fut pas des qualificatifs objectifs, ils reflétaient une part de vérité à son propos : elle aurait très bien pu être l’enfant bâtard du diable expulsé des entrailles du purgatoire. Personnellement, elle considérait cette comparaison comme l’une des plus belles flatteries que l’on ait pu lui faire au cours de sa brève existence, d’ailleurs, elle s’était battue pour préserver cette nature profonde qui la définissait.

La domination lui avait-elle fait du bien ? Était-elle soulagée maintenant qu’elle avait prouvé que Snow n’échappait à la loi de l’infériorité ? Après tout, qui ne serait pas comblé de bonheur en brutalisant l’origine d’une menace ? Cette harpie de Snow ne comptait cependant pas en rester là, non, car c’était maintenant que tout prenait du sens, maintenant qu’il fallait approcher plus près, maintenant qu’il fallait abaisser une autre carte importante : Peyton. Alors elle ne l’avait pas lâché, suivant son petit corps faible pour la rattraper et lui présenter tout un éventail de nouvelles saveurs émotionnelles qu’elle avait appris à mimer, à exploiter durant toutes les longues années où l’on avait traqué le moindre de ses torts. Bien sûr qu’elle se fichait de la briser, Ivy, malgré des origines troubles, un comportement gauche et une façon bien à elle de réfléchir, n’avait assurément pas les mêmes motivations ou les mêmes buts car elle n’était pas prête -pas encore du moins- à laisser libre cours à tout ce que pouvaient offrir la rage ainsi que la haine dans toute leur ampleur. Peut-être que Snow allait régler cette perception réduite si elle obtenait la preuve que cette fille des rues le méritait mais chaque chose devait être réglée en son temps sans précipitation, rien ne devait être gâché.
Quand celle-ci se stoppa pour chiper la carte qu’elle lui avait tendu, Snow ne se départit pas de cet air mélancolique qu’elle avait adopté pour quelques longues minutes encore, après tout, même si elle ne comprenait que très peu de choses sur les sentiments humains, elle ne souhaitait pas les singer ou les dénaturer; à cause de son obsession du contrôle sans doute.

Venait-elle de comprendre à présent de qui elle parlait ? Des petits signes, presque imperceptibles, l’intriguèrent. Il fallait l’avouer, le calme glacial d’Ivy redora quelques secondes l’image qu’elle lui renvoyait mais ce n’était pas encore assez, elle manquait de maîtrise. La voleuse, bien qu’elle se soit efforcée de le cacher au mieux, n’arrivait pas à éteindre totalement ce qu’elle éprouvait et le fait qu’elle demande si son frère avait des problèmes confirma son doute quant à son intérêt envers lui. Piégée ? Non, ce n’était ni une ruse, ni un traquenard, seulement une évaluation. Lentement, profondément, elle inspira comme pour récupérer une certaine contenance mais le mot « problème » lui fit serrer la mâchoire au point de faire grincer ses dents. «  Bien sûr, je m’en doutais, mais vous ne saviez pas où vous pourriez le trouver, maintenant oui. » Elle marqua un temps, semblant hésiter l’espace de quelques secondes sur les prochains mots qu’elle devait prononcer ou taire. « Alors vous ne savez rien ? Il ne vous a rien dit ? » Ses yeux humides se relèvent vers elle laissant son visage prendre l’expression de l’étonnement l’espace d’une unique seconde, à la fois comme si elle venait de vendre une part de secret fraternel bien gardé et aussi comme si le fait qu’elle ignore l’origine du problème de Peyton la surprenait. Peut-être que cela laissait penser que Peyton n’avait pas assez confiance en elle ou qu’à la manière dont il devait parler d’Ivy à sa sœur il paraissait étonnant qu’il ne lui ait touché aucun mot de ses problèmes. Alors que lui avait-il caché ? Ce n’était pas sous le visage de Snow qu’elle allait répondre mais encore fallait-il qu’Ivy se donne la peine de poser la question à la bonne personne.

Alors comme ça il ne pouvait être en paix que s’il se séparait d’elle ? Point de vue intéressant. Soit, s’ils n’étaient pas une seule et même personne il y aurait certainement de quoi y réfléchir mais malheureusement les deux entités partageait ce même corps et le même mode de pensée, ce qu’elle découvrirait un jour, peut-être. Une main toujours plaquée contre ses côtes, elle grimaça lorsqu’elle tenta d’approcher d’un nouveau pas en sa direction, le contre coup risquait d’être amer une fois rentrée mais elle n’était pas mécontente de sa journée. Sourcils légèrement froncés, visage penché en sa direction, elle répondit sèchement à ses derniers mots alors que son visage, lui, gardait ces mêmes traits malheureux qui ne semblaient pas vouloir disparaître. « Ai-je sollicité votre opinion concernant la relation entre mon frère et moi ? Je ne pense pas. Vous ne jouez pas avec les gens mais vous n’allez pas tarder à le faire, atterrissez Mademoiselle Mendès, vous êtes maintenant la propriété de l’Agence, ils vont vous former, vous entraîner au mensonge, vous modeler à leur image et vous donner le goût du jeu, vous en voudrez encore, toujours plus. Ne me dites pas que ça n’arrivera pas, vous n’avez pas la moindre idée de l’endroit où vous avez mis les pieds. Vous vous demandez encore ce que je veux ? Je veux que vous lui disiez adieu. » Ça avait le mérite d’être clair et elle ne semblait pas vouloir débattre sur ce sujet, c’était un souhait, un ordre sur lequel elle ne reviendrait pas et Ivy pouvait bien s’imaginer ce qu’elle pouvait lui réserver si elle refusait d’agir comme elle l’entendait. Était-ce un piège cette fois ? Ou une évaluation supplémentaire ? Allez savoir ce qu’il se tramait dans son esprit fou ou les horreurs que la perversion pouvait la pousser à commettre.
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Ivy M.

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MessageSujet: Re: Altercation réjouissante [Terminé]   Sam 21 Déc - 8:43

Cette fille perdue ne valait rien. Elle n’était rien. Rien de plus qu’une différence. Elle pouvait intriguer. Elle pouvait fasciner. Elle pouvait intéresser. Mais cela passerait vite, car si l’on grattait un peu, on ne trouvait que du vide et du banal. Elle était comme tout le monde. Elle cachait juste son néant derrière sa cruauté et son côté malsain. Elle ne me faisait plus peur. Ce que je redoutais en revanche, c’était son lien de parenté avec Peyton. Elle allait le souiller. Elle allait le pervertir. Il était fort, il était quelqu’un de bien, mais si j’avais bien appris une chose, c’était que le mal était le plus puissant. Elle allait le corrompre, et je savais que je ne pourrais rien faire. Le diable vivait à Los Angeles et il avait dévoilé son visage. Je n’avais pas les épaules pour le contrer. J’aurais pu la tuer, et débarrasser le monde de cette raclure et je ne l’avais pas fait. Peut-être parce que j’avais moi-même commis trop de péchés pour m’arroger le droit de la punir. Mais quand le Mal – c’est-à-dire l’Agence – me confierait la tâche de l’éliminer, alors je le ferai et la boucle serait bouclée. Je n’attendais plus le pardon, ni le paradis, mais j’aurais au moins cette satisfaction.

Et si seulement Peyton pouvait échapper à ce duel… J’étais affaiblie, à cause du réveil de cette chose qui m’avait une nouvelle fois protégée. Ce n’était pas quelque chose de normal, certainement une preuve que j’étais moi aussi un enfant du diable, mais il me permettait de rester en vie, et jusqu’à présent, il ne s’en était pris qu’aux êtres mauvais. Toutefois, je devais rester forte, pour comprendre ce qui arrivait à Peyton. Vivant aux côtés de Snow, il courait à chaque minute un réel danger, tant pour sa vie que pour son âme.

La carte que la garce m’avait tendue ne m’aidait pas à comprendre. Ses mimiques de mauvaise actrice des rues ne m’inspirait aucune compassion. Elle jouait. Et cela se voyait. J’avais l’habitude des gens, j’avais vécu dans une communauté, j’avais grandi entourée de frères, de sœurs, de cousins et de cousines. Je connaissais les émotions, je n’y étais pas étrangère. Pas comme elle. Ce qui me dérangeait, c’était surtout de ne pas deviner ses intentions. Pourquoi me parler de son frère ? Pourquoi maintenant ?

« Pourquoi ? »

Un simple mot, pour savoir ce qu’elle essayait de faire. Je n’avais jamais cherché à aller chez Peyton, on se croisait toujours dans la rue. Et il me trouvait toujours. Même si j’aimais sa compagnie et que je tenais à lui, je n’avais jamais voulu percer le mystère qui l’entourait. D’où venait-il ? Où vivait-il ? Ces questions n’avaient jamais eue de réponse. Je respectais ses silences, je les acceptais. Je ne cherchais pas, parce que je n’étais moi-même pas prête. Cette femme avait le don de m’énerver. Elle jouait avec mes nerfs, et si je n’avais pas l’impression d’avoir couru un marathon, je l’aurais étranglée pour lui arracher la vérité.

« Qu’est-ce que je devrais savoir ? »

Mon poing se serra. J’avais envie de la ruer de coups, mais je n’en aurais pas la force, je le savais, et ça me donnait envie de gerber. Je m’inquiétais pour Peyton, il était mon ami, et il ne méritait pas d’avoir des ennuis. Et il n’y avait rien à faire, je ne parvenais pas à lire dans ses pensées. Elle avait intérêt à cracher le morceau. Ou devrais-je aller le voir ? Je ne voulais pas entrer en force dans sa vie, mais s’il était en danger… Je ne savais plus quoi penser, je n’arrivais plus à réfléchir. J’aurais dû me reculer quand cette créature putride fit un pas vers moi. Pourtant je ne le fis pas. Peut-être que je pensais trop à Peyton. Ou peut-être que je m’étais habituée à son odeur nauséabonde. Je tentai toutefois une apnée quand elle ouvrit la bouche pour déverser son flot diabolique. Elle prenait même le droit de me sermonnais. Quel culot. L’Agence… seuls M’dame Cristiani et m’sieur Pillsbury me formaient, peut-être que j’allais rentrer dans un moule, sûrement même, mais je ne deviendrais jamais comme elle. Jamais.

Je fronçai les sourcils et une vague de colère m’envahit. De quel droit ? Comment osait-elle me dire ce que je devais faire ? Elle n’était pas ma supérieure et ne le serait jamais. Personne ne me donnait des ordres. J’avais même refusé ce droit à mon père en tuant mon mari. Alors ce n’était certainement pas avec elle que ça allait commencer.  D’un geste brusque, je plaquais ma main contre ses côtes. Elle semblait avoir encore mal, je n’allais certainement pas employer la douceur avec elle. Je fis un pas vers elle en appuyant sur son corps et en la regardant droit dans les yeux, même si elle me surplombait. J’étais très en colère, mais je parvenais à ne pas exploser. Je ne tremblais pas, et mon regard devait être froid et décidé, parce que moi je l’étais.

« T’as aucun droit sur la vie de ton frère. Pour qui te prends-tu pour décider de sa vie et de la mienne ? Tu comptes faire quoi ? J’vais pas laisser Peyton, j’abandonne pas les gens. Tue-moi, mais tu vas t’emmerder. Et toi et moi on le sait. Je suis ton jouet, alors tu ne me tueras pas. »

Je la poussai, du peu de force qui me restaient. Aucun sourire ne fendit mon visage. Aucun. Je n’avais pas gagné, il n’y avait rien à gagner. Elle utilisait son propre frère pour m’atteindre, pathétique. Je balançai vers elle sa précieuse petite carte. J’avais réussi à mémoriser l’adresse. Du moins, la forme des lettres et du chiffre, je devrais m’y retrouver avec ça.

« Je me colle pas à Peyton comme tu peux le faire. S’il a besoin de moi, il sait comment me trouver. S’il veut me voir, il me verra. S’il veut me dire ce que tu caches, il me le dira. T’as pas à me dire ce que je dois faire, ni à diriger sa vie. Rêve pour que je lui fasse mes adieux. »

Elle jouait, je le sentais. Elle ne vivait que grâce à cela. Toutefois, je ne distinguais réellement pas où elle voulait me conduire. J’étais morte d’inquiétude pour Peyton et mon cœur me hurlait de me précipiter chez lui pour connaitre la vérité. Mais ma tête me retenait. C’était ce qu’elle voulait, elle voulait que je me perde. Notre relation avec Peyton fonctionnait telle qu’elle était, avec la distance nécessaire, et je ne la romprais pas sous les ruses de cette immondice vivante.
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Altercation réjouissante [Terminé]

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