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 You talkin' to me ? [Terminé]

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Remington Pillsbury

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MessageSujet: You talkin' to me ? [Terminé]   Mer 9 Oct - 5:00

5 Mars 2011 – Matinée

Un samedi matin comme un autre. Un réveil aux aurores, un coup d’œil à la marmotte qui dormait encore à côté dans le lit, puis je m'étais levé vaquant à mes occupations, lui laissant toute la place. Je commençais par un jogging dans le quartier. À un moment, je croisais un homme dont la chevelure quelque peu en bataille et l'allure me firent penser que j'oubliais quelque chose. Je ne percutais pas dans l'immédiat et poursuivis ma route. Ce fut en attendant qu'un feu piéton se mette au vert que je me rappelais enfin. Ces trois derniers jours, j'avais été pris par le travail. J'avais du faire un rapport sur Mendès, sur sa première mission. Et dans le lot j'avais complètement oublié d'appeler une certaine personne. Mais après tout, cela ne faisait que trois jours, c'était un délai raisonnable pour une personne qui n'avait pas apporté de précision sur la date de l'appel. Je pouvais décider de l'appeler dans un ou deux mois, si c'était vraiment urgent, il me devancerait et ferait le premier pas.

De retour à la maison, j'enchaînais sur une douche puis je pris un rapide petit déjeuner avec Sonny qui se réveillait enfin. Je ne mangeais guère le matin, et encore moins quand j'avais fait du sport auparavant. Je me forçais un peu pour ne pas tomber en cours de journée. Après quelques remarques sur son heure tardive de lever -tard pour moi mais tôt pour elle – la discussion s'orienta sur le programme de la matinée. Je n'avais rien de prévu même si j'avais quelque chose en tête. Elle pouvait prendre la voiture pour se rendre à l'université. Quelques recommandations pour sa sécurité et je la laissais partir après un dernier baiser. Je n'aimais pas vraiment qu'elle reste accrochée à tout ce qui entourait le Domaine, Genome ou Genetic mais je ne pouvais pas non plus l'enfermer au risque de l'étouffer. Alors je laissais faire en ce qui concernait le premier sujet même si les deux suivants provoquaient des disputes.

Une fois qu'elle eut disparu au bout de l'allée, je pris le temps de me servir un verre de jus de fruits avant de partir à la recherche de mon téléphone portable. Quand je l'eus en main, je cherchais un nom dans la liste de mes contacts et j'enclenchais l'appel, mettant le portable sur haut parleur. Quand enfin mon interlocuteur décrocha, je ne lui laissais pas le temps de parler. Il avait mon numéro depuis quelques semaines, il devait donc savoir qui était à l'autre bout du fil. « Tu voulais me parler je crois. Rejoins moi à la sortie de la ville dans 30 min. » Je lui indiquais alors rapidement laquelle qu'il n'aille pas dans la direction opposée. « Prends ta moto Sacha, elle te sera utile. » J'appuyais ensuite sur le bouton pour raccrocher.

Voilà qui était fait. Trois jours auparavant le jeune homme avait exprimé son souhait de me parler. Je ne savais pas de quel sujet. Quand j'étais rentré à la maison ce soir là, je n'avais rien dit à Sonny. Je ne pouvais pas lui dire qu'au cours d'une mission, j'avais croisé son meilleur ami et que sa présence, ainsi que celle de deux autres personnes, avaient failli tout faire foirer. Je pris le temps de finir mon verre, puis je récupérais mes affaires de moto et la sortis du garage. Direction la sortie de la ville. La première fois que nous avions passé une journée ensemble, c'était au bord d'un lac pour pêcher. Cette fois, je fixais le rencart. Un peu d'adrénaline ne nous ferait pas de mal. Surtout si le sujet dont il voulait aborder avec moi ne me plaisait pas.

Vingt minutes plus tard, j'arrêtais la moto près du panneau de sortie de Los Angeles. Je retirais mon casque, m'appuyant contre l'engin et j'attendis. Il ne restait guère plus de quelques minutes avant l'heure du rendez-vous, en espérant qu'il ne soit pas en retard. Je ne l'attendrai pas éternellement de toute manière et ferai une virée en solo le cas échéant.

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Sacha M. Kwon

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MessageSujet: Re: You talkin' to me ? [Terminé]   Dim 13 Oct - 19:47

Tout avait commencé dans un rêve coquin entre Remington et moi. Une intimité violée par l’intrusion de Malone qui apprécia peu de voir son fiancé partagé le lit de son plus proche ami. Malgré tout le chahut que cette scène entraina, je réussis à ce que Sonny regagne sa douceur. Et puis, vaguant entre conversations et confidences, je pris conscience des tourments de ma meilleure amie concernant son mariage, son bébé et son futur époux. Je n’eus malheureusement pas le temps de m’entretenir avec lui avant ce jour. Ma rencontre avec Elias, le trek dans la forêt californienne avec Micah, le voyage à Washington, autant de projets qui m’empêchèrent de jouer mon rôle d’ami. A aucun instant, je n’avais oublié mes promesses mais ayant moi-même de nouveaux soucis, Sonny approuverait parfaitement que mes priorités changent. Croisé Remington quelques semaines plus tard fut par conséquent une véritable aubaine. Je saisis l’opportunité pour lui faire savoir que je souhaitais lui parler. Il s’engagea à m’appeler, ce qu’il fit, trois jours plus tard. « Allô ? » C’est tout ce qu’il m’entendit dire. La suite était un programme dans lequel je n’avais pas un mot à réciter. Un lieu, une heure et une condition : prendre ma moto. Oh, il s’agit bien d’un ordre de sa part même s’il avait eu la délicatesse d’y mettre les formes. Il raccrocha sans même attendre confirmation. Son côté tueur-à-gage, précis, qui ne laisse aucune alternative, me laissa légèrement insatisfait. « Bonjour Sacha. Comment vas-tu ? Je vais bien merci et toi Remington ? Je vais bien aussi, la routine : les meurtres, le mariage, le bébé et j’en passe. » J’en fus réduis à simuler un dialogue imaginaire. Désespérant. Voici une conversation dite normale. Ah oui, j’oubliais, je fais partie d’un nouveau monde depuis quatre mois dans lequel la normalité n’a plus sa place.

Je m’équipai de tout l’attirail du parfait motard. Blouson en cuir, gants et casque, je fus prêt à dévaler les rues de Los Angeles pour rejoindre mon corbeau en dehors de la ville. J’avais pris l’initiative d’organiser une partie de pêche lors de notre premier tête-à-tête alors pour ce deuxième rendez-vous d’amoureux, Remington choisit le plan. De mon côté, le plan était simple : lui parler. Sur quels sujets ? Je ne les avais pas encore identifiés avec exactitude. Comment ? Là aussi le métier est délicat. Prendre le risque de parler avec Remington sur des thèmes aussi sensibles pour lui c’est comme avouer être un homosexuel juif à Hitler. Ça n’allait pas lui plaire du tout. Possédais-je assez de légitimité pour donner mon opinion ? Oui. En tant que témoin du futur époux et meilleur ami de la future épouse. Surtout quand celle-ci me casse les couilles dans mes fantasmes, là, je suis contraint d’intervenir.

Des miles plus loin, j’arrivai à destination. Il était déjà là. Bordel. Comment le saluer ? Comment introduire cette conversation avec Sonny ? Je me posai sur le bas-côté derrière lui, me séparai de mon casque que je gardai dans ma main gauche et rompis le contact. Allez Sacha, fais pas ta pédale, fonce. Un dernier élan de motivation et je m’avançai vers lui. Pourquoi m’avait-il demandé de venir en moto au fait ? « Mon corbeau ça ne va pas du tout. » J’étais lancé, rien ne pouvait me faire changer d’avis. « Les cheveux faut couper. Je ne peux pas te laisser comme ça. » Il y avait des affaires plus urgentes à régler et en voyant ce caprice capillaire, rien ne pouvait être plus impératif. « T’es tueur-à-gage, t’es sexy, t’es moderne, t’es intriguant. Tu dois avoir une coupe courte avec quelques pics sur le dessus maintenus par du gel. Là ça ressemble plus à un alcoolique dépressif au chômage. » Et sans même le laisser réagir, je me retournai sur son bébé. « Elle est magnifique ! » Je m’attardais dessus, m'accroupissant parfois et détaillant chaque recoin du deux roues. Ou comment gagner du temps.

Qu’est-ce que je craignais au fait ? Qu’il m’en veuille ? Qu’il se fâche ? De le blesser ? Absolument rien de tout ça. J’avais plutôt peur de sa réaction vis-à-vis de Sunny. Soit car elle parle de son couple à son meilleur ami, soit car elle se plaint à son meilleur ami après en avoir parlé à son copain. Dans le deux cas, ça peut vexer l’autre moitié du couple. Mais rien à foutre de ça. Il y a des points sur lesquels nous n’étions pas d’accord Remington et moi et je suis persuadé qu’il y en aura beaucoup d’autres. Exceptionnellement, il y avait parfois des situations où je me sentais extrêmement proche de lui comme au restaurant pour défendre Sunny, comme sa relation avec son enfant – et je ne citerai pas ce rêve cochon où notre proximité était à son paroxysme. Que nous soyons d’accord ou non, dans les deux cas, notre objectif demeurait le même : le bonheur de Sonny. Et c’est avec cette idée en tête que je décidais de l’affronter. Je ne dis pas que par sa faute, Sonny était malheureuse. Jamais. Mais quand ma meilleure amie vient squatter mon rêve et s’effondre en larme, je m’inquiète naturellement.

Mon corbeau et moi nous apprivoisions toujours. Lui-même avait dit que la confiance viendrait avec le temps. Je n’allais pas lui mentir, ni agir de façon irréprochable pour tendre vers cette finalité en lui révélant par exemple que j’avais pris son parti lorsque Sonny me révéla qu’il n’arrivait pas à créer de lien affectif avec le bébé. Il ne le saura probablement jamais et je doute être la personne vers laquelle il se tourne pour m’exposer cette difficulté. Je comptais naïvement sur ma nature et advienne que pourra. Il savait déjà que je n’étais pas son ennemi mais simplement le meilleur ami de la femme qu’il aime. Il m’a rencontré à trois reprises avant aujourd’hui, dans trois situations complétement différente. Il avait connu le Sacha marrant qui ne lui avait guère plu. Il avait connu le Sacha plus réfléchi qui avait semblé gagner quelques points. Il y a trois jours, il a vu jouer le Sacha à la fois emmerdeur et impulsif, prêt à se battre pour sa famille. Il avait de quoi cerner ma personne aujourd’hui. En ce qui le concerne, mes sentiments à son égard n’ont pas changé. Il est toujours distant avec moi, impassible mais doucement il se révèle, doucement il me fait comprendre pourquoi il est comme ça et sa confiance il m’en prête un peu plus à chacune de nos rencontres. Il reste le garçon intriguant du restaurant italien, celui que j’avais essayé de draguer. Ah tiens, ça c’est une anecdote qui plaira sûrement au bébé !

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Remington Pillsbury

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MessageSujet: Re: You talkin' to me ? [Terminé]   Mar 15 Oct - 16:15

La moto arrêtée sur le bas côté de la route, je patientais. Plus que deux minutes et il serait en retard. Il restait peu de temps mais il lui en restait tout de même. De mon côté, cela m'offrait un temps de réflexion. Je me demandais quelles étaient les motivations de Sacha pour me parler. Le sujet devait avoir une réelle importance. Je l'espérais pour lui car il m'avait bien cassé les pieds durant ma dernière mission. Si ça n'en valait pas la peine... Je me trouverai un autre témoin pour le mariage, et Sonny un nouveau meilleur ami. Mon raisonnement était simple, efficace. Ma fiancée ne savait même pas que j'avais quitté la maison pour donner un rencart au jeune homme. Sans doute me pensait-elle occupé à bricoler dans la maison ou dans la dépendance.

Est-ce que j'étais vraiment capable de le tuer sans mission, alors qu'il était très lié à celle que j'aimais ? Un bruit familier me parvint, n'apportant pas de réponse à cette question. C'était une moto en provenance de la ville qui ralentit pour s'arrêter à proximité de la mienne. Mon regard azur dévia sur ma montre. Il était à l'heure. Bon point. Je l'observais alors qu'il descendait de sa monture. Un chouette engin au passage, il fallait le reconnaître quand on avait la chance d'en admirer un. Ma tête se pencha très légèrement, tout en l'observant – la machine, non Sacha – puis je me remis droit quand je remarquais du coin de l’œil qu'il se mettait en mouvement pour venir dans ma direction. Déjà, il m'affublait de ce surnom stupide qu'il me donnait. Je n'avais rien d'un corbeau, j'étais un lynx. À la limite, le lynx sautait sur le volatile et le bouffait, le lien s'arrêtait là entre les deux.

Bref, passons sur ce surnom que le jeune homme affectionnait tout particulièrement même si de mon côté, j'émettais des réserves quant à son utilisation. Surtout dans un lieu public même si je ne me préoccupais guère de ma réputation. Il entrait dans le vif du sujet. Nouveau bon point, je détestais tourner autour du pot avec certaines personnes. Qu'est-ce qui n'allait pas ? Peut être que Sonny avait de nouveau décliner ses propositions de prénom car elles étaient trop farfelues. Peut être qu'il avait eu une superbe idée qu'elle avait tuée dans l’œuf, devinant ma réaction. Toutes mes hypothèses tournaient soit autour de Sacha, soit autour de Sonny. Sur le coup, je n'en émettais aucune en ce qui me concernait si bien que je marquais un temps d'arrêt quand il aborda le sujet.... De mes cheveux.

Je n'étais pas une personne très expressive de nature. Mon comportement était plutôt neutre, je m'en foutiste et je me détachais de tout. Mais là... J'avais l'impression d'avoir en face de moi un extraterrestre qui ne comprenait rien au monde dans lequel il venait de débarquer. J'ouvris la bouche mais en fait, aucune réplique ne vint. Je ne m'y attendais pas du tout. Et parler chiffons ou serviettes, même si ce n'était ici que de coiffeur, ce n'était pas dans mes habitudes. J'avais marqué un temps d'arrêt mais déjà mon cerveau se remettait tout doucement en route alors qu'il reprenait la parole. Tueur à gage occasionnel, mon métier avait quelque peu changé depuis la dernière fois que j'en avais parlé. Sexy, moderne, intriguant... S'il le disait, peut être que je l'étais. Ce n'était sans doute pas pour rien qu'il avait rêvé de nous même s'il n'y aurait jamais de « nous ». Plus il parlait, et plus j'avais l'impression de me retrouver dans une publicité pour grandes marques. Il regardait trop la télévision, ou plutôt les études de cinéma ne lui réussissaient pas du tout. Tellement pas qu'il passa du coq à l'âne et se désintéressa de moi pour admirer ma moto.

Je poussais un léger soupir. Il faudrait me rappeler de tourner sept fois ma langue dans ma bouche, ou de passer sous un autobus la prochaine fois que je ferais le premier pas pour rappeler cet homme. Je le laissais à sa contemplation durant quelques secondes. Le silence me convenait. Je ne comptais pas répliquer de toute façon en ce qui concernait la longueur de mes cheveux. Au moins, j'avais le loisir d'observer son comportement, chacun de ses gestes. Et même si je faisais mine de ne pas m'intéresser à lui, préférant jouer avec ma gourmette, je n'en restais pas moins attentif et à présent, que la stupéfaction était passée, c'était mon tour d'entrer dans le vif du sujet.

« C'est dommage, j'avais l'intention de faire une coupe à la Kurt Cobain. Ou peut être à la Klaus Meine comme dans les années 80, tu vois le genre ? » Probablement que non pour le second. Je m'en foutais, ce n'était pas le sujet principal de la discussion. « Tu avais à me parler il y a trois jours. Je portais une casquette sur la tête, j'en déduis que ce n'était pas de mes cheveux. Ce n'est pas non plus de mon boulot sauf si tu veux que ta monture rentre sans son cavalier. » Je pouvais me montrer direct avec lui après tout, nous avions partagé l'intimité d'un rêve. « Donc qu'est-ce qui ne va pas avec Sonny ? » Pourquoi s'adresser à moi directement si ce n'était pas en rapport avec elle ? Peut être que c'était une sorte de sociabilisation mais vu que ce mot m'était assez régulièrement étranger, je cherchais forcément autre chose comme explication, une qui serait plus rationnelle à mes yeux.

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MessageSujet: Re: You talkin' to me ? [Terminé]   Lun 21 Oct - 16:33

Quel lâche ! Mais tout homosexuel qui se respecte n’avait pas le droit de laisser passer une faute de goût si importante. Il existe le code du travail, le code de l’action sociale et des familles et le code des homos. Et dans notre bible, un article énonce : « chaque homosexuel a le devoir d’informer et, outre mesure, de conseiller, toute personne ayant un aspect négligé. » J’entends encore dans la rue que l’homosexualité provoquera la fin du monde. Je crois surtout qu’elle provoquera la fin des belles choses. Remington n’était pas sensible à ça. L’apparence, le superficiel... Il m’avait fait réfléchir à ces notions. Sonny le savait. Nous n’avions pas non plus les mêmes références. Mon esprit pouvait schématiser quelque chose avec Kurt Cobain mais le second... Je fis une grimace embarrassée repliant mes lèvres sur elles-mêmes et haussant les sourcils en déployant timidement ma tête de gauche à droite comme si un mécanisme s’était enclenché suite à sa question.

Comme je ne l’avais pas fait, mon corbeau entra dans le vif du sujet. Aucune supercherie, il m’obligea à aller à l’essentiel. Il aborda de lui-même Sonny. « Ok... » Ruminai-je dans un soupir vaincu. « Mais je maintiens ma position sur ta coupe. Tu perds quelques points de charisme. » Comme dans les Sims. Il fallait qu'il sache que je ne blaguais pas à ce sujet. Même s’il n’était pas dans ses priorités. « Alors écoute-moi bien parce que ça risque d’être un peu long. » Il se rappellera sûrement l’épisode de la partie de pêche. Cette fois en plus, je n'avais pas programmé. « Je comprends pourquoi Sonny est tombée amoureuse de toi. Tu as débarqué avec tout ton mystère dans un moment où elle avait besoin d’un tuteur, d’une personne sur laquelle s’appuyer. Et je comprends que tu sois tombé amoureux d’elle. Derrière ses airs de femme de caractère, elle demeure une jeune femme naïve, fragile et innocente. » Oula... Je ne sais pas où je vais mais j'y vais... Ça n'a aucun rapport direct avec mes intentions mais je devais bien commencer quelque part. Mais d'une certain façon c'était utile. Je ne souhaitais pas qu'il croit que je remette en doute ses intentions, ni son amour pour Sonny. Voyons comment je peux rattraper ça maintenant... « Mais en tombant amoureux l’un de l’autre vous acceptez... Tolérez la famille et les amis de chacun. Et ça vaut surtout pour le mariage. Les choses auraient été différentes si Sonny n’éprouvait pas le besoin d’être entourée. Mais elle n’est pas comme toi, elle est même le contraire de toi. C’est pour ça que vous fonctionnez si bien tous les deux. Toi t’es triste et t’es bizarre alors qu’elle est heureuse et normale... Enfin la plupart du temps. » Bien rattrapé Sacha ! Même si l'ouverture part de travers. C’était son droit d’être seul avec la femme qu’il aimait à son mariage. Mais il n’avait pas le droit de l’imposer. Il n’avait pas le droit de priver Sonny de ses proches. Pas ce jour précisément. Moi j'étais un emmerdeur alors à moins de me mettre hors jeu, je continuerai de lui interdire. « Y a assez de problèmes dehors pour s’en créer entre nous. » Ah oui, va falloir que je redise la même chose à Kensie et Jeremy. Et faudrait que je prévienne Elias comme ça les choses seront posées. Quant à Milo... C'est différent. « C’est ton droit de ne vouloir personne à ce mariage mais tu ne tromperas personne en faisant croire que c’est le cas de ta femme. Alors Sonny et toi allez préparer une liste d’invités sinon je préviendrai toute la communauté gay et votre mariage n’aura absolument rien de secret. En sachant que tu ne souhaites pas attirer l’attention sur toi, ça devrait suffire comme chantage. Et dernière chose : ne me fais pas croire qu’il n’y a absolument personne dans ta vie que tu aimerais avoir à tes côtés ce jour-là. » J’essayais de mettre toutes les chances de mon côté, jouant même sur l’affectif. Remington n'avait pas l'habitude d'être frustré, qu'on lui dise non ou que quelqu'un s'interpose, il avait l'habitude de mener sa barque en solitaire sans se sociabiliser... C'est ce que j'avais déduis de notre dernier tête-à-tête. J'allais lui apprendre et lui faire découvrir les contraintes et les atouts d'avoir des amis. Tout ce que je faisais c'était dans l'intérêt de Sonny mais également, et même s'il aura peut-être du mal à le percevoir, dans son intérêt.

J’ai terminé ? C’est vrai ? « C’était un peu fouillis mais je m’en suis pas trop mal tiré pour un discours improvisé. » Pas tellement improvisé. Je connaissais le sujet de la dissertation mais j’ignorais quelle approche était la meilleure. Alors j’avais décidé de dire un peu tout et n’importe quoi. A Rem de faire le tri. Concrètement, je lui ordonnais de laisser Sonny inviter ses proches au mariage. J’aurais gagné un maximum de temps en me contentant de ça. Beaucoup de bla-bla au final. Il n’empêche que j’avais fini par lui dire et d’ailleurs la fin de mon discours avait pris un ton bien plus sûr et plus déterminé. D'un autre côté, il lui fallait quelques explications sur pourquoi j'en arrivais à ce point. De plus, Remington et moi tentions toujours de nous décrypter l'un l'autre. Plus je parlais, plus j'exprimais ce que je pensais, ce que je ressentais, plus ça lui permettait de cerner mon personnage. Mon but était aussi qu'il comprenne le sens de ma réflexion, qu'il comprenne mes orientations et ma position. Tout comme moi j'essaierais de comprendre sa nature. Une nature qui m'échappait toujours tant que je ne pourrais pas deviner ses réactions.

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MessageSujet: Re: You talkin' to me ? [Terminé]   Lun 28 Oct - 20:15

Moins de cinq minutes. Ce fut le temps qu'il fallut pour nous décider à entrer dans le vif du sujet. J'avais orienté la discussion pour aller plus vite, écartant quelques hypothèses qui me paraissaient guère probables. Une seule retenait mon attention et elle tournait autour de Sonny. Je ne me préoccupais de personne d'autres en même temps, ce qui voulait dire que nous aurions rapidement fait le tour des sujets de discussion avant d'aborder le bon. J'ignorais délibérément la dernière remarque sur ma coupe de cheveux pour me concentrer sur le jeune homme. À parler de point de charisme, cela aurait pu me donner l'impression d'être dans un jeu vidéo. Sauf que nous n'étions pas dans l'un d'eux et cet univers ne m'intéressait pas du tout. C'était une perte de temps pour adolescents qui tentaient de trouver quoi faire de leur vie.

Combien y avait-il de chances que je m'endorme si le discours de Sacha me paraissait trop long ? Quelques unes, qui auraient eu une certaine importance si je manquais de sommeil. Ce qui n'était pas le cas alors j'écoutais. Tout d'abord je ne compris pas cette référence au tuteur. Que voulait-il donc dire avec cette phrase, que Sonny avait vu en moi l'image d'un père pour l'aider et la guider ? Nous n'avions pas tant de différence d'âge que cela. Seulement neuf ans, ce n'était rien comparé à d'autres couples. Sacha se trompait qui plus est. Ce n'était pas le fort caractère que j'avais vu en premier chez elle, mais cette naïveté, mêlée à une certaine douceur. Elle avait été si naïve de se glisser dans mon rêve en espérant en sortir indemne. Je poussais les gens dans leurs retranchements en général. J'étais toujours à la recherche de ce caractère bien trempé qui faisait qu'une personne valait peut être le coup que l'on s'attarde sur elle quelques minutes. Comme Sacha qui reprenait déjà, s'orientant tout doucement sur une pente glissante.

Je croisais les bras sur ma poitrine quand il commença à parler de mariage. Allons donc, qu'est-ce qui n'allait pas encore de ce côté. Certes, nous n'avions pas fixé de date mais je supposais que Sonny savait pourquoi. Mon métier ne nous mettait pas à l'abri que je serais bien présent le jour prévu. Ça serait bête que je sois en mission étant donné que j'étais le futur marié non ? Je pensais que Sacha faisait référence à la date du mariage qui n'était pas encore fixée. Ce fut pire ce à quoi je m'attendais. Triste et bizarre moi ? Mais je lui en foutrais... Il mériterait presque je lui chope la tête pour venir éclater son crâne sur le guidon de la moto. Ce n'était pas suffisant pour me contrarier même si son discours me donnait des idées de comment me débarrasser de lui. Si je ne compris pas où il venait en venir en affirmant que nous étions deux opposés Sonny et moi, je finis par le comprendre avec la suite. Il était bien question du mariage, mais ça ne s'arrêtait pas là.

Les invités. Vaste sujet. Je ne savais pas d'où il sortait toutes ces informations. Je me demandais si c'était Sonny qui était allée le trouver pour lui faire part de ses craintes. J'étais contrarié intérieurement. Je pensais que tout était clair entre elle et moi. Que si quelque chose ne lui convenait pas, elle oserait m'en parler pour que nous en discutions et tentions de trouver une solution. Comme pour son prêteur sur gages. Je l'avais remboursé et elle était tranquille à présent de ce côté. Mais là, une histoire d'invités... S’immiscer dans ma vie comme le faisait Sacha, en m'ordonnant presque de consulter ma fiancée pour établir une liste de mariage. Il trouvait que c'était fouillis. « Va te faire foutre Sacha. » Improvisation la plus totale. Première réaction à chaud qui franchit le seuil de mes lèvres d'un ton beaucoup trop calme.

Je n'avais plus les bras croisés. Il n'était plus question de patienter bien sagement en l'écoutant. Ni même de faire croire que je tentais de me protéger contre ses mots avec une position qui faisait penser à une défense. « Je ne sais pas si tu es le messager envoyé au sacrifice ou si tu te proclames porte parole de ta meilleure amie... C'est peut être ton mode opératoire dans ton monde mais ça ne l'est pas dans le mien. Je n'aurais pas cette discussion avec toi. Sonny est assez grande pour venir m'en parler si ça la tracasse. » Elle l'avait bien fait un soir d'octobre au sujet de Jayden. Il n'y avait pas que l'orage qui avait éclaté cette nuit là. Ma colère aussi. Également des sentiments tous nouveaux qui avaient réussi à faire surgir la bête qui sommeillait en moi. « Tu crois quoi, que me menacer de faire venir toute la communauté gay va m'intimider ? Fais donc, dis leur de venir, tu serais étonné de ce qui se passerait en retour. » Je n'en exprimais pas davantage, ayant une idée en tête que je ne partageais délibérément pas avec lui. J'étais triste et bizarre après tout, il serait bien capable de suivre mon raisonnement pour songer à la même pensée que moi s'il m'avait bien cerné, non ?

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MessageSujet: Re: You talkin' to me ? [Terminé]   Ven 1 Nov - 15:33

Que j’aille me faire foutre ? Je ne demandais que ça moi ! Une réplique que je me gardai bien d’exprimer à voix haute. L’instinct de survie. Je commençais à comprendre ce qu’il fallait dire et ce qu’il fallait éviter de dire. Bon, là, actuellement, dans cette situation, ça ne se voyait pas, mais je savais que ça se passerait mal. Je le savais. Et je lui expliquai une fois qu’il fit sa tête-de-mule que j’étais le seul responsable. « Oh non, c’est moi qui ai pris l’initiative. Sonny m’a dit de ne rien faire de stupide. » Et donc j’ai fait quelque chose de stupide. C’est ainsi que la Terre tourne.

Inutile de dire que la tension monta. Même le Dalaï-Lama la ressentait. Bon, je ne sais pas où il vit mais je ne l’ai jamais croisé dans la rue alors ça doit être assez loin. Rem aurait aimé que Sonny vienne lui en parler directement. Je le comprenais parfaitement. Il aurait aimé que je dise à Sonny de voir ça avec lui. J’aurais dû aussi. Et il n’avait pas apprécié que je lui pose un ultimatum. D’ailleurs, sa réponse me fit bien comprendre comment ça pourrait se terminer si j’osais inviter quelqu’un. « On ne doit pas avoir la même fin en tête... » Moi, j’imaginais une belle orgie. Rem imaginait un beau bain de sang. Deux tableaux complètement opposés à l’image des deux protagonistes présents. Non, on n’avait rien en commun. Je ne pouvais pas croire qu’il réagisse ainsi. J’étais donc crédible alors que mes menaces n’étaient pas sérieuses. Je n’inviterai personne, j’avais bien compris que mon rôle se limitait à se pointer et donner les alliances. Tout ce que je faisais en plus, c’était le bonus « chieur » du témoin. J’ai toujours dit à Sunny que je respecterai leur volonté. Aujourd’hui, je comprenais que Remington était capable d’avoir des sentiments et d’exprimer des émotions. C’est un grand pas, j’ai toujours pensé que c’était quelqu’un de complètement indifférent, que rien n’atteignait. Ou alors, c’est simplement de la jalousie. Comprendre que sa fiancée est capable de chercher un soutien vers une autre autorité masculine... Il en avait peut-être pris un coup dans sa virilité.

Et en même temps c’était normal sa réaction. Je lui ai quand même dit qu’il était bizarre et triste. J’aurais pu m’abstenir. Il devait quand même s’en douter. C’est pas pour autant que c’est un garçon méchant. Bon il tue des gens aussi c’est vrai mais il sait se tenir. Je dirais que c’est quelqu’un de soucieux qui respecte ses contrats et qui fait donc preuve de professionnalisme. Au final, je ne savais même pas s’il avait du plaisir à tuer. Il faudrait que je lui pose la question, ça m’intéressait vraiment. Est-ce qu’il a déjà hésité ? Est-ce qu’il a déjà regretté ? Qu’est-ce qu’il pense et ressent au moment où ça arrive ? Est-ce qu’il en discute avec Sonny le soir ? Ah oui Sonny... « Quant à Sonny, tu ne peux pas lui en vouloir d’avoir un meilleur ami à qui elle se confie. Et tu ne peux pas lui retirer ça. C’est quand même impressionnant comment tu te braques d’un coup et en ayant cette conversation avec toi, je comprends mieux pourquoi elle s’est tournée vers moi. Elle ne m’a pas dit pourquoi, je ne lui ai pas demandé, je le suppose en voyant ta réaction. » Certes, Sonny s’y était mal pris, j’avais merdé encore plus derrière en discutant avec Rem. Cependant, la vraie question c’est de savoir pourquoi Sonny est venue se confier à moi. « Et puis surtout, garde à l’esprit qu’à aucun moment elle n’est venue se plaindre de toi. C’est moi qui ai creusé. Le mariage la rend heureuse, j’ai simplement appuyé sur le point qui m’interpellait. Lorsqu’elle m’a dit que nous ne serions que trois, j’ai immédiatement pensé que ça ne lui ressemblait pas. » Je voulais qu’il rejette sa colère sur moi et je fis tout pour qu’il comprenne que j’étais celui qui avait déterrer le problème. Je ne mentais pas. Sonny ne s’est jamais rendue chez moi spontanément pour me faire part de ses contrariétés. Cependant, je n’oubliais jamais que les rares personnes qui l’entouraient lui étaient très chères. Bon, il ne fallait pas non plus qu’il s’emporte trop contre moi... « Ah euh... Juste une précision. Il est de notoriété publique que les gays sont plus sensibles que les hétéros et savent mieux écouter les filles. » Voilà, on ne peut pas en vouloir à un homosexuel d’être homosexuel. C’est comme reprocher à un noir d’être noir. Ce serait stupide... Mais tellement drôle. S’il y a un truc que les hommes hétérosexuels ne peuvent pas comprendre c’est bien la psychologie féminine. On dit que les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus non ? Les gays viennent des deux planètes. Ce sont des hommes doués pour comprendre les femmes et combler leurs attentes en matière d’écoute. C'est peut-être ça que Remington avait du mal à assimiler pensant qu'il suffirait à lui seul à être le confident de Sonny ? Et ben non désolé. Si tu veux que Sonny se développe correctement faut lui laisser son petit homosexuel. En plus c'est Sonny... On ne sera pas trop de deux...

« De toute façon, ce n’est pas tant pour le mariage que je voulais t’embêter. » Dis-je pour amorcer un sujet qui me tracassait depuis quelques semaines. « J’ai un service à te demander. » Et ce n’était probablement pas le meilleur moment pour le lui demander. Cependant, je comptais sur sa maturité pour me filer un coup de main. Dans le sens inverse, je n’aurais pas hésité une seule seconde. « Est-ce que tu pourrais retrouver quelqu’un pour moi ? » Dans le cadre de son travail, Remington devait bien retrouver la trace de quelques personnes. Il n’était pas détective privé mais je suis sûr qu’il est compétent ! Avant d’ajouter quoique ce soit, je me montrai poli. « S’il-te-plait ? » Allez, on va essayer de le prendre en pitié. Un peu de compassion devant ce sourire gêné que je lui donne. Un sourire digne d’un enfant de dix ans qui sait qu’il a fait une bêtise et qui implore le pardon de ses parents. S’il me connaissait assez, il ne serait même pas étonné. Et moi si je le connaissais assez, il accepterait.

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MessageSujet: Re: You talkin' to me ? [Terminé]   Lun 4 Nov - 17:12

Il existait un monde que je ne comprenais pas. Il était régi par la stupidité. Également par un instinct suffisamment élevé de non survie. Si on devait citer un exemple représentatif d'un habitant de ce monde, cela serait sans nul doute un habitant qui se mettrait à courir à découvert dans la rue en criant joyeusement « tuez-moi, je suis là. Qu'est-ce que vous attendez, je suis là ». Et dans ce monde de stupidité, il y avait un roi comme tout monde digne de ce nom. Ici, il s'appelait Sacha Kwon, une sorte de mixte entre un roi  et un bouffon, dans le bon sens du terme bien évidemment. Je ne savais pas ce qui clochait chez lui, s'il avait eu un  problème à la naissance et qu'on lui avait retiré une partie de son cerveau pour l'empêcher de raisonner avec lucidité, en se protégeant alors qu'il flairait le danger. Lui ne le flairait pas. Pire, il mettait les  deux pieds dedans, s'y jetant avec toute sa conviction et sa conception de ce que la vie devrait être. Il ne possédait pas de signal d'alarme, assurément, nous n'avions pas la  même fin de scène en tête pour le mariage. Lui devait songer à une partouze géante en compagnie de sa communauté gay. Il devait supposer que de mon côté, je songeais à un bain de sang, que je m'amuserais à sortir une arme pour tirer une balle dans la tête de chaque convive. Je devais reconnaître... Qu'il se trompait lourdement s'il pensait une telle chose. Je ne songeais pas à un bain de sang s'il mettait ses menaces à exécution, simplement à une annulation du mariage, ce qui le toucherait car il devrait rendre des comptes à sa meilleure amie sur son comportement. Alors que si je tuais, c'était moi qui devais rendre des comptes. Hors de question. Alors oui, nous n'avions pas la même fin en tête, et je souhaitais qu'il suive mon conseil d'aller se faire foutre. Je faisais des efforts pour Sonny, je devais reconnaître que j'en avais fait également pour moi. Sauf que j'étais capable d'avancer d'un pas dans sa direction avant de décider de rebrousser chemin et de reculer de trois ou quatre. Rien n'était jamais acquis avec moi. S'il ne le savait pas encore, il ne tarderait pas à le découvrir.

Et voilà qu'il recommençait avec son attitude chevaleresque à défendre sa meilleure amie. Je n'avais rien dit à ce sujet, je n'avais jamais interdit à Sonny de discuter avec ses amis. Je grognais seulement quand il s'agissait de Genome, ce parfait groupe d'amateurs dont je n'avais pas hésité une seule seconde à balancer le nom de la tête à Anthony. Ce n'était pas dans mes habitudes d'agir de la sorte, je préférais en général rester dans mon coin, mais cette fois là, Aaron O'Hara l'avait bien cherché. S'il lui arrivait quelque chose suite à ce que j'avais fait, ça ne serait qu'un juste retour des choses, un boomerang qui reviendrait dans sa direction et qui le frapperait en pleine figure seulement car il n'avait pas voulu me laisser sortir de ses locaux, remettant la parole d'une de ses membres en doute. Si je savais que je pouvais faire confiance à quelques personnes, j'avais eu une nouvelle preuve ce jour là que le monde était hypocrite. Rares étaient les personnes à qui on pouvait parler et c'était encore plus rare celles à qui l'on confierait sa vie. Je confierai la mienne à Brennen sans hésiter. Est-ce que Sonny en ferait de même avec Sacha ? J'avais le souvenir de ce croche pied qu'il avait fait au restaurant, mais s'il devait tenir une arme et abattre une personne de sang froid pour la défendre, en serait-il capable ? Je ne savais toujours pas de quoi il était capable de ce côté là, pour le moment il n'avait fait que me montrer son côté paroles, encore et toujours des paroles.

Je ne focalisais même plus ma contrariété vers lui. Je décrochais lentement de ses propos. Tant qu'il serait question de mariage, autrement dit rien de vital à mes yeux, je n'écouterai plus rien. Encore moins son explication, sur les gays plus sensibles que les hétérosexuels. Pourquoi pas si ça pouvait lui faire plaisir, ce n'était pas une question d'attirance sexuelle mais seulement de personnalité et de perception d'autrui selon moi. Bref, je refermais déjà le sujet du mariage, bien décidé à ne plus l'aborder et ce, même quand je rentrerai à la maison. Je restais sur ce que j'avais dit. Si quelque chose ne convenait pas à la demoiselle, elle n'avait qu'à venir m'en parler. Je ne l'avais jamais mordue jusque présent, seulement tenté en étant métamorphosé en lynx. Ma part animale était beaucoup plus agressive car mon côté humain se refusait à lui faire du mal envers et contre tout, même quand j'étais en colère contre elle.

Ah tiens, un changement dans le discours de Sacha. Mon attention qui avait mis les voiles revint jusqu'au port pour se recentrer sur lui. Il m'avait littéralement fait chier en me parlant mariage alors que ce n'était pas le vrai but de la discussion... Quand je disais qu'il était le roi de ce monde de stupidité. Il parlait à tort, prenant le risque de me braquer – ce qu'il avait réussi très légèrement à faire –  puis il revenait à la charge comme si de rien n'était pour me demander un service. À peine gonflé le mec. Je fronçais les sourcils face à sa demande, restant de marbre face à sa politesse un peu trop bien jouée à mon goût. « J'ai l'air d'être une agence de renseignements ? » Niveau communication, je n'étais pas un expert dans le domaine. Je détestais les bavardages inutiles. Je payais des fouines de l'Agence pour avoir des renseignements, très rarement pour mes besoins personnels, me contentant du travail fait en amont pour trouver des informations sur les personnes que je devais exécuter. Ensuite, je pistais et ne lâchais plus ma proie jusqu'à ce qu'elle rende son dernier souffle. « Pourquoi je t'aiderai à retrouver quelqu'un alors que tu commences par m'emmerder avec cette histoire de mariage. » Je n'étais pas du genre rancunier, en général, me contentant de me servir de certaines choses pour les retourner et en tirer profit. « Utilise tes talents d'acteur et ton argent pour payer un détective privé plutôt que de tenter de m'amadouer avec ton air de gamin, ça prend peut être avec Sonny pour qu'elle accède à tes caprices, ça doit sûrement prendre avec toi quand elle fait la même chose, mais pas avec moi. J'ai passé cet âge là. » Cet âge où l'on a vingt ans et que l'on se croit encore en partie dans l'adolescence, retombant en enfance pour s'amuser. Je n'avais même pas souvenir d'être passé par cette période. J'avais profité de mes vingt ans... Mais pas de la sorte.

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MessageSujet: Re: You talkin' to me ? [Terminé]   Ven 8 Nov - 20:10

Ça se passait mal. C’était un euphémisme. C’était une catastrophe. Et le sujet mariage se clôtura beaucoup plus vite qu’il s’était ouvert. Il n’y avait absolument rien que je ne pouvais faire, rien que je ne pouvais dire sans m’attirer ses foudres. C’était loin de suffire pour m’arrêter, par contre, ressentir son agacement de ne pas saisir pourquoi sa future épouse ne se confiait pas à lui me fit rebrousser chemin.

La suite n’améliora point notre rapport. Et Rem eut une réaction allergique à ma sollicitude. Non, je ne le connaissais pas. J’avais eu une fausse idée de l’homme qu’il était et ma voix plus posée prouva que je n’étais pas prêt à me battre. « Rem, je te demandais simplement un service. » Une fusion entre la surprise et la déception. Cependant, je ne souhaitai pas détailler. Je n’essaierai pas de comprendre pourquoi est-ce qu’il me répondit avec tant de militantisme. Il y avait dans sa réponse un dégoût de ma personne : « acteur » – de sa bouche, cela s’exprimait comme un défaut – « amadouer », « air de », « gamin », « caprice »... Il me rejetait comme la peste alors que je n’avais jamais caché ma personne. Et oui, j’ai vingt ans et ma maturité va de mèche avec mon âge. C’est évident. Et Sonny, c’était la même chose. C’était une jeune femme, un petit bout de femme et pas une vieille sage au comportement irréprochable. Qu’il soit agacé, exaspéré, je pouvais le comprendre mais qu’il soit aussi détestable dans son attitude... Lors de notre partie de pêche, lors de notre dîner, ma bêtise n’avait pas eu cet impact... En tout cas, il n'avait pas exprimé tant de mépris ou bien il l'avait bien dissimulé. Alors, qu'est-ce qui avait changé ? Peut-être parce que le fond était bien plus sérieux comme sujet.

Avant cela, il m’avait demandé pourquoi. Poser cette question prouva que nous n’étions plus sur les mêmes attentes. Sûrement que nous ne l’avons jamais été... Je ne savais plus rien. Ça aurait changé quelque chose que je lui demande directement ? Parce qu’à l’entendre le problème c’était de l’avoir emmerdé avec cette histoire de mariage avant. Donc c’était de ma faute. La prochaine fois, je demanderai et ensuite je ferai chier.

« Son nom est Alexander Lucianni. » Et je me contentai d’en rester là. Il était catégorique : il refusait. Mais au moins, il connaissait son nom. Et parce que je suis optimiste, je continuerai de croire que si l’occasion se présentait de me tendre la main, il le fera, même s’il n’y mettra pas toute sa volonté et qu’il ne le fera jamais spontanément. J’avais perdu mon sourire mais je ne me ruinerai pas le moral pour lui. Il n’avait pas – encore ? – assez d’importance dans ma vie pour me toucher.

« Pourquoi ici ? » Lui demandai-je en faisant le tour de l’horizon du regard. Qu’avait-il en en tête ? Une balade romantique en moto ? Un pique-nique ? Oh, pourvu qu’il ne souhaite pas s’arrêter dans un de ses bars de motards embrumé par la fumée des cigares pour faire une partie de billard. C’est généralement le lieu où les homosexuels ne sont pas les bienvenus. Sans pouvoir dire pourquoi, j’imaginai très bien Remigton fréquenter ce genre d’endroit. Il serait assis, comme un loup solitaire, au bar, ruminant le jour où Sonny a décidé de nous présenter. Le mot accident n’avait jamais trouvé autant de sens que cette soirée là.

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MessageSujet: Re: You talkin' to me ? [Terminé]   Dim 10 Nov - 19:46

Nous aurions pu être deux hommes insouciants, se donnant rendez-vous à la sortie de la ville pour une balade à moto. Seulement profiter du paysage autour de nous et braver le danger en dépassant quelques limitations de vitesse. Nous aurions pu être ceci si la discussion entre nous avait démarré différemment. Je ne savais pas s'il y avait un thème plus approprié qu'un autre à aborder. Sacha avait juste choisi  le mauvais dès le départ. Le mariage. Ce sujet me touchait personnellement non dans le sens qu'il était capable de  m'émouvoir à m'humidifier les yeux mais plutôt dans le sens où je considérais que ce que je ressentais et que ce nous voulions – ou ne voulions pas – Sonny et moi ne regardaient que nous. Alors effectivement je m'étais braqué rapidement comme il m'arrivait de le faire. Je n'en perdais pas pour autant mon sang froid sinon le jeune homme n'aurait déjà plus été de ce monde. Prendre la vie d'une personne seulement par contrariété, cela ne se produisait pas tous les jours, surtout pour mon profil et la catégorie de personnes à laquelle j'appartenais.

Une fois que le mal fut fait, nous pouvions changer de discussion mais il était déjà trop tard. Je renvoyais donc Sacha dans ses pénates, en rajoutant un peu au passage une couche pour clairement lui faire passer l'envie d'insister si jamais c'était ce qu'il comptait faire suite à mon refus. Il n'y avait pas de discussion possible de mon côté, pour des raisons différentes que le mariage cette fois. Après le côté personnel, voilà que nous étions sur un plan beaucoup plus professionnel. Du moins en ce qui me concernait car de son côté, je ne savais pas trop comment il voyait les choses. Je n'étais pas dans sa tête et je ne voulais pas y pénétrer pour avoir un aperçu. Ce qu'il montrait à l'extérieur me convenait amplement. Je pouvais chercher plus loin mais décidais de ne pas le faire à l'heure actuelle. J'avais donc décliné ce qu'il présentait comme un service à rendre. Que comptait-il me donner en échange ? Car c'était ainsi qu'était régi le monde, par des transactions. Tout se monnayait même si la monnaie n'avait pas forcément la couleur de l'argent.

Mettre un nom sur une personne donnait un air un peu plus humain. Le jeune homme espérait peut être toucher mon humanité et me faire changer d'avis. Alexander Lucianni. Ce nom me disait quelque chose mais je n'avais aucune certitude. Il me semblait que c'était un membre de l'Agence, que j'avais déjà entendu prononcer son identité. Mais allez savoir si je ne me trompais pas. Los Angeles comptait plusieurs millions de personnes. Des Alexander Lucianni, il y en avait peut être deux ou trois rien que dans cette ville. « Bon courage pour tes recherches. » Ce fut tout ce que je dis. Aucun phrase pour dire que je verrais ce que je pouvais faire, pour lui dire que je le tiendrai au courant si ce nom était prononcé devant moi. Je restais le plus neutre possible. Cette histoire ne me concernait pas. Et si j'étais prêt à me mouiller pour Sonny, ce n'était pas le cas pour tout le monde. Je ne compromettrai pas ma sécurité pour un jeune acteur en devenir, si jamais il arrivait à faire parler de lui un jour. Je me fichais d'être un proche ou de côtoyer une personnalité renommée. C'était même déconseillé dans mon métier d'agir de la sorte.

Pourquoi ici ? Cela aurait du être la question qui aurait du franchir ses lèvres dès son arrivée. Dans sa logique, ce n'était que le troisième thème à aborder. Il était temps, ou peut être trop tard. Je jetais un regard autour de moi tout comme il était en train de le faire. L'heure était encore matinale, il y avait peu de circulation. Pas de zone urbaine, nous étions également un peu à l'écart. Tout était propice à une situation particulière. Il ne s'en doutait donc vraiment pas de la raison de mon choix ? Apparemment pas sinon il ne m'aurait pas  posé la question. « J'ai supposé que tu voudrais en apprendre davantage sur ce que tu as  vu l'autre jour... ce n'est pas contre toi personnellement, j'assure seulement mes arrières. » Nous  allions voir si le cheminement de mon raisonnement prendrait la même direction dans son esprit. Je ne l'avais pas expliqué clairement mais ce que j'étais en train de lui dire c'était que selon comment tournerait cette rencontre, il me serait plus facile de le faire taire ici plutôt qu'en ville. Devait-il prendre ceci comme une menace de mise à mort ? Ça y ressemblait en tout cas. « Sonny n'est pas au courant de cette rencontre et je ne compte pas lui en parler. » Autrement dit, si elle viendrait à apprendre ce qui s'était dit ce jour là, cela ne viendrait certainement pas de moi. Je ne demandais pas à Sacha de se taire, chacun était libre de prendre sa propre décision après tout. Il fallait juste agir en conséquence ensuite.

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MessageSujet: Re: You talkin' to me ? [Terminé]   Sam 16 Nov - 16:52

Je m’étais résilié. De toute façon ce n’était qu’un connard obstiné avec lequel je ne pouvais pas parler. Le seul moyen de sauver la journée c’était de le laisser m’emmener sur son terrain. Alors je revins sur une question très simple : pourquoi ici ? Quelle serait l’animation de la journée ?

A cela, Remington me fournit une explication peu claire. S’il m’était possible de schématiser la première partie de sa réponse, j’avais beaucoup plus de difficultés à identifier la suite. Ce n’est pas contre toi personnellement ? J’assure mes arrières ? Qu’est-ce qu’il voulait me dire ? « Euh ouais. Ouais ça peut être chouette. » Je réfléchis encore à savoir si ‘chouette’ est un qualificatif approprié. En fait, je n’étais pas certain de comprendre la proposition de Remington. Globalement tout ce que j’en saisis c’était qu’il allait tuer une personne et me rendre complice de ce meurtre. Mais ce n’était qu’une interprétation. N’importe qui de sensé aurait été mal à l’aise. Et y avait moi. « Mais si vraiment tu tiens à me fais plaisir, je préfèrerais savoir depuis quand et pourquoi. » Admettons que Remington soit un boulanger. Un ami boulanger. Personnellement, le regarder faire son pain : je n’en ai rien à battre. Par contre de savoir depuis quand il le fait et pourquoi il a souhaité devenir boulanger, ça, ça m’intéresse.

Dîtes, c’est moi ou mon corbeau m’aime toujours ? C’est qu’il essayait d’anticiper mes besoins. Et puis, il faut lire entre les lignes. Au fond, ça lui faisait plaisir de me faire plaisir. Comment dire... Il me tendait la main. A sa manière. Et dans son cas c’est assez particulier. Mais psychologiquement, c’est comme s’il acceptait de m’intégrer dans une partie de sa vie. En l’occurrence sa vie professionnelle. Le boulanger souhaite me montrer comment il fait son pain parce qu’il pense que j’en avais envie. Si je poussais la réflexion encore plus loin, je devrais me demander dans quel but ? Parce qu’il serait stupide de croire qu’il fait ça pour moi. Remington ne faisait jamais rien s’il n’y gagnait pas quelque chose en retour. Chacun sa logique je ne le jugerai pas là-dessus. Lui c’était ça et moi je m’interdisais de coucher avec les vierges. Et j’en revenais à ce qu’il m’avait dit. Assurer ses arrières. En quoi assurait-il ses arrières ? Ça devenait tout à coup très flou et puis... Il y eut ce tilt.

Je me braquai sauvagement. « Attends. Si c’est encore un test pour savoir si je suis digne de confiance, je vais être claire : je ne tuerai personne simplement parce que tu me le demandes. » Ca revenait peut-être à briser le microscopique pourcentage d’affection qu’il avait pour moi mais comme je l’ai déjà dit je ne me plierai pas en quatre pour lui, surtout après avoir vu comment il m’avait envoyé baladé. Fallait être complètement taré pour agir de la sorte – et pour le coup l’adjectif taré est aux antipodes du compliment. Et puis elle était où la logique ? Regarde, je tue quelqu’un, c’est bon je peux faire partie de ta tribu ? Ce n’était pas vraiment m’accepter que de me voir agir différemment de ma nature. J’allais peut-être vite en besogne, mais au moins, le message était transmis et il saurait que ma connerie avait des limites.

Je tentais de faire un effort et de comprendre sa pensée et même avec ça, j’y étais toujours opposé. En admettant deux minutes que je dise vrai, la relation serait complètement faussée. Il m’aura contraint à agir contre mon gré dans l’objectif de voir ce que j’avais dans le ventre. Sur le principe, je ne suis pas tout à fait contre tant que ça m’amuse. Mais contrairement à lui, j’avais trop de respect pour la vie pour la considérer comme un jeu. Il se mentirait d’ailleurs à lui-même en pensant qu’il peut me faire confiance parce qu’il m’a demandé de tuer. Ah et dernière chose : je ne suis pas réputé pour être obéissant. Ça me fait penser à ses gangs dans les collèges... Vous savez ces groupes d’étudiants : les bêta, kappa, alpha... Des associations qui fonctionnent comme une entreprise avec en prime les bizutages. C’est comme si Rem avait besoin que j’agisse comme un tueur-à-gage pour me considérer comme l’un des siens. Si je vais jusqu’au bout de ma pensée, je devrai lui demander de faire de la figuration dans la série. Ce n’était pas vraiment mon trip et puis je n’ai jamais aimé être affilié à quoi que ce soit.

Je faisais peut-être fausse route, et sous l’impulsivité je m’étais imaginé un futur qui n’aura peut-être jamais lieu mais Remington était un homme si difficile à cerner que je pouvais m’attendre à certaines surprises de sa part.

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MessageSujet: Re: You talkin' to me ? [Terminé]   Sam 23 Nov - 23:21

Il existait une phrase célèbre que beaucoup utilisait. Tous les chemins menaient à Rome. Ce n'était pas le cas pour Sacha. Son cerveau lui faisait prendre des routes étranges qu'il était impossible de suivre sans qu'il ne réussisse à gagner la capitale italienne. Chaque être humain était particulier, c'était ce qui faisait un tout, une personnalité. Sacha était vraiment unique dans le genre. Il me sortit un chouette tel un soldat qui brandit son épée, partant en guerre sans savoir pour quelle raison il s'y rendait. En ce qui le concernait, j'avais l'impression qu'il prenait mes propos comme une invitation. Comme si j'allais lui en révéler davantage sur la mission que je poursuivais la dernière fois que l'on s'était vus. Il y eut une petite alerte dans ma tête. Une envie irrésistible de lui dire : T'es qui là ? Comme si nous étions assez intimes pour que je me permette de lui faire découvrir un peu plus en détails ma face cachée. Nous n'étions pas si proches. J'allais devoir trouver un moyen efficace et surtout très concis pour le lui faire comprendre.

Depuis quand et pourquoi... Quoi donc ? Je tentais de rembobiner rapidement, cherchant à trouver la route qu'il venait d'emprunter. En vain. C'était de plus en plus dur de nous comprendre. Je pouvais tenter un « chéri, de quoi tu me parles ? ». Sauf que j'étais prêt à parier qu'il s'arrêterait à chéri et n'entendrait pas la suite de ma question. J'avais envie de soupirer, presque de dépit face à cette incompréhension grandissante entre nous. Mes menaces étaient perçues comme des invitations. Ô joie. « Je n'ai rien à te dire à ce sujet, tu comprends mal mes propos. » Pendant qu'il y était, le jeune homme pouvait également aller nous chercher des tasses de thé et des petits biscuits, comme si c'était normal que l'on aborde cette discussion. On ne s'en sortirait pas sauf si un traducteur venait à tomber du ciel par le plus grand des hasards.

Celui-ci ne vint pas. Je tentais donc une nouvelle approche en évoquant Sonny et le fait qu'elle n'était pas au courant de cette rencontre. Cette fois, il allait bien percuter, non ? Certes il le ferait un peu à la bourre... Bon... Ok, j'allais renoncer. Il était impossible que l'on finisse par se comprendre. J'avais plus de chances d'être sur la même longueur d'ondes avec Bilbon Sacquet ou un quelconque autre hobbit. Pourquoi un hobbit d'ailleurs ? Ne me demandez pas. Je ne savais pas pourquoi j'avais cette référence en tête ! Ce type allait me rendre chèvre. Il ne me manquerait plus que des cornes surgissent sur ma tête et ça serait le ponpon.  « Ce n'est pas un test... Tu le fais exprès ou quoi ? » J'en perdrais presque mon latin. Il ne comprenait pas les allusions indirectes. Autant me montrer direct dans ce cas... « Ce que je dis, c'est que si tu fouines trop dans mes affaires professionnelles, je n'aurais aucun scrupule à te tuer. » Voilà, c'était un peu plus clair à présent dans sa tête ?

Menacer le meilleur ami de ma fiancée... La situation aurait du être inversée. C'était à lui de tester le futur marié sauf que dans mon monde rien ne suivait un cours normal comme on avait l'habitude de le voir. Chaque mot prononcé laissait régulièrement une trace amère derrière lui. J'étais sûrement allé trop loin, comme souvent. S'il lui venait à l'idée de rapporter cette discussion à Sonny, j'allais avoir droit à des questions. Les réponses seraient pourtant simples. Il était interdit de se mêler de mes affaires avec l'Agence. Si Sonny l'avait compris, j'osais espérer que Sacha y parviendrait également. Ils étaient un peu pareils après tout, enfin pas physiquement. Mais de les voir tous les deux se trémousser en écoutant une musique qu'ils adoraient ne me paraissait pas invraisemblable. Même si ça me donnait l'envie de partir en courant rien que de l'imaginer. J'avais d'autres aspirations. « Tu veux savoir comment je te tuerai ou on clôt le chapitre pour aller faire une virée ? » Menacer pour ensuite inviter. C'était paradoxal, c'était seulement moi. Il était difficile de me suivre parfois et cet instant n'échappait pas à la règle.

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MessageSujet: Re: You talkin' to me ? [Terminé]   Sam 14 Déc - 17:57

Ah. J’étais parti trop loin dans mon raisonnement. Beaucoup, beaucoup trop loin. Cela me faisait penser à ma mère lorsque j’étais enfant et que je m’excitais sans raison valable. Elle me répétait sans cesse : « arrête de t’énerver sans savoir. » Combien de fois j’ai pu l’entendre essayer de me calmer en me disant « arrête de t’énerver sans savoir. » Je fantasmais un futur qui avait peu de chances d’aboutir. Et là encore, ça c’était produit. Idiot que j’étais, à rouspéter pour rien, influencé par ma bêtise.

Remington rétablit la vérité. Il ne me demandera pas de faire son boulot pour me lier à son secret. Bien au contraire, il tenait à m’en éloigner. « Ah c’est juste ça ? » Soulagement quand tu nous tiens. « Fiuuuu ! Pendant un moment j’ai eu peur je dois l’admettre. » Communication. C’était la base pour entretenir une relation saine. Est-ce qu’il agissait simplement par prévention ? Ou bien ai-je pu, à un moment ou à un autre, le laisser penser que j’avais l’intention de rédiger un rapport sur son travail ? C’était sûrement dû aux évènements de la colline. Remington et moi avions des façons de penser très différentes. Jamais je ne pourrai prétendre savoir ce qu’il pense. Il est indéchiffrable ! Encore plus que les mathématiques. Et d’ailleurs, sa dernière proposition le démontrait bien. « Quoi, tu y as déjà réfléchi ? » C’est encourageant. Ça veut dire qu’il a déjà pris un temps pour réfléchir à la façon dont il me tuerait. Remarquez, moi j’ai déjà pris un temps pour savoir comment il faisait l’amour alors l’un ou l’autre... « Je préfère la virée... » M’empressai-je alors d’ajouter.

Nous fîmes donc demi-tour pour rejoindre nos bécanes. Sur le court chemin nous séparant de nos deux roues, je lui fis part de ma réflexion inédite, très certainement au grand damne de son être. « J’ai remarqué que certaines personnes que je côtoie ont un passé commun. » Et qu’ils sont mutants. Sonny et Jeremy entre autres. J’avais différents exemples mais celui-ci demeurait le plus fort. Mais je pouvais aussi lier Wyatt et Ross, Capucine et Elias, Alexander et Ezekiel et j’en oublie. Ou alors, je passais tellement de temps à regarder des films et des séries que j’eus subitement le sentiment de vivre dans un scénario. « C’est comme si nous dépendions tous des uns des autres sans le savoir. » Imaginez un gigantesque puzzle dans lequel nous représentions chacun une pièce. J’avais besoin d’éclaircir ma pensée. Plus j’en ajoutais, plus Remington saurait où je voulais en venir. Je ne souhaitais pas creuser davantage le fossé entre nous avec de nouveaux quiproquos. Il me sembla nécessaire de me justifier sans qu’il ne réponde quoi que ce soit. « Comment dire... C’est une multitude de coïncidences qui deviennent suspectes. Je ne crois pas au destin ni à la fatalité mais j’ai le sentiment que nous sommes tous les pions d'un grand jeu d’échec. » Ah oui, j’aimais beaucoup cette image du jeu d’échec. Surtout avec Genetic. C’était une guerre dans lequel nous avions tous notre place et notre rôle. Je poursuivis. « A nous de décider quel type de pion nous sommes. Je serais curieux de savoir comment tu te définirais. » Un cavalier ? Seul, chevauchant sans peur, attaquant tout ce qui se place en travers de son chemin ? Une tour ? Protectrice, impassible, secrète, qui défend sa reine ? Un roi ? Maître de tous les autres pions, un leader anticipant les mouvements du plateau ? Est-ce qu’il allait me le dire ? Me mentir ? Ou y réfléchir sans rien ajouter. Ça, ça lui ressemblerait bien. Il n’aime pas parler. Qu’à cela tienne, j’étais assez doué pour entretenir une conversation à nous deux tout seul.

Je souris soudainement bloqué par ce que je disais alors que mon regard foulait le sol. « Je suis en train de me foutre la trouille à trop réfléchir. » Il valait peut-être mieux se contenter de rouler sans penser. Regarder l’horizon, faire un concours de vitesse, risquer de se tuer, peu importe, quelque chose qui me ressemblait plus comme jouer au con, goûter à la liberté et ressentir l’orgasme provoquée par le rugissement du moteur. « Allons faire un tour. » Et cette phrase sera probablement celle qu’il préférerait.

Je ne saurai probablement jamais ce qu'il serait. Une tour, un fou, un cavalier, un roi ou un simple pion... ? Il pourrait correspondre à plusieurs de ces pièces. Et moi, je suis incurablement intrigué par les mecs dans son genre : secret et dangereux. Si vraiment je devais faire un choix, je choisirais le cavalier : il a chevauché sa bécane et nous avons pris la route. Et pour une fois, j'arrêtais de penser pour me laisser entraîner par les délires de la vitesse. C'était bien plus simple ainsi alors ça en était fini des questions, de résoudre des problèmes qui ne me concernaient pas.

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You talkin' to me ? [Terminé]

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