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 En cette danse où se joue le hasard [Terminé]

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Ezekiel Styn


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Dim 27 Oct - 18:13

Ne pas se rendre malade ?... C'est exactement ce qu'Ezekiel faisait, car il avait été pris à défaut, il avait commis une erreur et il ne supportait pas quand ses actes blessaient un ou plusieurs personnes qu'il estimait. Elle avait beau le rassurer, il aurait systématiquement ce grain de sable, pour rester dans l'ambiance venant gripper ses rouages. Oui, elle a été désagréablement surprise, comme toutes les personnes avant elle. Déçues, apeurées, perplexes, moqueuses, distantes, et voilà maintenant que désagréablement surprise venait s'ajouter à la liste de ce que les personnes croisant sa route pensaient de lui.

Il se contenta d'opiner quand elle lui demanda de ne plus recommencer, un peu à l'image d'un enfant pris sur le vif après une bêtise. Il ne peut s'empêcher de grimacer à la dernière phrase prononcée, l'air las.

Un drôle de personnage oui ... On me le dit souvent malheureusement. Mais bon, ce n'est pas le pire que j'ai pu entendre donc ça va.. Enfin, à vous de commencer pour le poème, tâchons de penser à autre chose...

Ezekiel laissa Calista fouiller dans son Mary Poppins de sac pour en retirer un des nombreux carnets où les étiquettes permettaient de les différencier. Pensant qu'elle lui ferait la lecture de son œuvre, ce n'est que quelques secondes plus tard qu'il réagit alors qu'elle lui tend à la bonne page le carnet.

- Oh, ne me surestimez pas Calista, je n'ai jamais eu la prétention de juger une œuvre, moi qui suis déjà bien incapable d'être reconnu comme auteur. Le simple fait que vous ayez joué le jeu, et pris la peine de le faire me comble.

Il prit alors le carnet, et sourit en voyant le nombre de rimes. 32 vers, pour une pensant ne pas manier les mots, il n'était pas donné à tout le monde d'en faire autant.

Il s'installa du mieux qu'il put sur le sable, et se mit à lire attentivement la prose qu'il avait sous les yeux. Tout au long de la lecture, il ne dit pas un mot, ne trahit aucune émotion, comme une gargouille au sommet d'une cathédrale dardan son regard de pierre sur ce qui l'entoure, sans manifester la moindre émotion.

Plusieurs minutes passèrent, avant que son visage ne se tourne, et le regard fixer Calista.

- A ce stade là, je dirai que ce n'est plus de la modestie, mais de l'aveuglement. C'est absolument magnifique ce que vous venez d'écrire là, j'en serai presque jaloux !! Ces métaphores entre notre rencontre, l'océan et son immensité, l'imaginaire, c'est splendide. Un naufragé sauvé par une jolie Capitaine, voilà qui ferait une belle histoire à conter vous ne trouvez pas ?

Assurément, Ezekiel laissait enfin transparaître ses émotions, car il avait attendu de lire la totalité du poème avant de s'en faire un avis. Et il n'apprécia que d'autant plus cette femme en la voyant manier ainsi les mots.

Il se tourna vers elle et sortit le crayon dont il ne se séparait jamais. On ne savait jamais quand l'inspiration pouvait tomber, autant anticiper au cas où !!

Je vous propose d'en faire de même Calista, et si vous me le permettez, j'écrirai sur votre carnet, qui m'a l'air d'être un meilleur support que ma malheureuse et défunte serviette en papier. Je vais essayer de continuer à vous parler, mais je risque d'être un peu moins bavard vu que j'écrirai en même temps. Vous savez ce qu'on dit sur les hommes, ils ne savent pas faire deux choses à la fois !!

Il fit tourner le crayon entre ses doigts, avant de le poser sur une page vierge du carnet, à côté de celle remplie par la prose de Calista.

Spoiler:
 


Ezekiel allait redonner le carnet à Calista, mais retint son geste, Il laissa passer quelques secondes avant de se remettre à écrire, la main plus hésitante.

Spoiler:
 

A peine eût-il levé son stylo qu'il lui donna aussitôt le carnet, ne tenant visiblement pas à se relire. Il  expira longuement, comme s'il s'était mis tout seul une pression difficilement supportable.

Bien qu'encore humide à certains endroits, il se rhabilla alors que Calista lisait son carnet. Son bouclier de tissu ne lui servirait pas à grand chose, mais il se sentait mieux ainsi. La logique attendra.
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Calista Freeman


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Lun 28 Oct - 11:32


Les minutes semblent soudainement s'étirer, ou bien ce n'est que le fruit de son imagination. Curieux comme le temps peut filer dans les moments les plus agréables et trainer en longueur lorsque l'on se trouve dans une situation d'attente. La jeune femme n'ose pas regarder Ezekiel, d'un autre côté elle aimerait pouvoir déchiffrer les émotions qui passent sur son visage sauf que l'idée de lire à son tour la déception l'effraie. Le pire étant que ce qu'elle pense de ses propres vers n'a rien à voir avec de la modestie. Il s'agit bel et bien d'un manque de confiance en elle. Ce n'est pas si facile de croire en soi quand presque toute votre vie les gens qui vous étaient le plus proches se sont évertués à vous rabaisser. Les propos de son voisin de plage la tirent de ses pensées. Elle tourne timidement la tête vers lui, surprise et un peu rassurée par ce qu'elle entend. Elle ne sait pas trop quoi répondre à cela, modeste oui pour le coup sans doute et incrédule encore plus.

Les mots lui manquent en tous cas et elle se contente de sourire avec douceur en hochant la tête lorsqu'il propose de réécrire le sien. Au moins puisqu'il le note sur son carnet, elle pourra le conserver en souvenir. Cali demeure silencieuse pour laisser l'écrivain se concentrer. Il lui semble indélicat de lui faire la conversation tandis qu'il écrit. Elle-même n'arriverait jamais à aligner deux phrases en prêtant l'oreille à une discussion en même temps. Elle l'observe un peu, pensive, puis finir par tourner la tête pour ne pas le mettre mal à l'aise. Le regard noisette se perd sur l'immensité océane. Elle contemple le va et vient des vagues, les mouvements des quelques baigneurs venus profiter comme eux de l'endroit. Finalement elle ferme les yeux, savourant le contact de la brise sur son visage et se laissant porter par le chant marin. La jolie brune repense aux moments qui viennent de s'écouler, aux regards si troublants d'Ezekiel, à ce qu'elle a ressenti un peu plus tôt quand elle s'est retrouvée contre lui. A nouveau dans son imagination les bras du jeune homme se referment autour d'elle. Son cœur bat plus fort, sa raison néanmoins la rappelle à la réalité. Lorsque ses paupières s'ouvrent à nouveau sur le monde qui l'entoure, elle perçoit un mouvement sur sa droite. Ses mains saisissent machinalement son carnet rendu par l'écrivain. Tandis qu'il se rhabille, elle se plonge de son côté dans la lecture. Son cœur refait des siennes, charmé d'une nouvelle manière. Si certaines sont sensibles à la plastique, aux muscles, aux ambitions ou à la situation, la meilleure façon de séduire Calista Freeman est de savoir manier les mots. Et dans ce domaine, le jeune homme n'a clairement rien à envier à d'autres.


- C'est… vraiment très joli. Vous avez beaucoup de talents, je vous souhaite qu'un jour il soit reconnu.

Encore troublée par les vers, elle baisse à nouveau les yeux vers le carnet. Un sourire un peu mystérieux se dessine sur ses lèves tandis qu'elle caresse du regard l'encre couchée sur le papier. Elle se tourne une nouvelle fois vers Ezekiel.

- Je suis impressionnée en tous cas, il ne vous a fallu que quelques minutes pour écrire quand j'y ai passé des heures de mon côté. Je me disais… On pourrait peut-être passer au tutoiement. Qu'en dites-vous? Enfin, qu'en dis-tu?

L'assistante repense à ses mots et à la tournure de leur conversation avant l'échange de poèmes. Cet air si triste et si piteux qui était le sien après sa maladresse. Elle s'en veut un peu d'en avoir fait toute une histoire.

- Vous… tu sais, il y a longtemps que je n'avais pas passé une après-midi aussi agréable. Je suis contente que la mer livres nous ait mis sur la même route. Peut-être que ce n'est pas un hasard, il n'y a pas que dans notre passion commune pour la lecture que nous trouvions écho chez l'autre. J'aimerais beaucoup qu'il y ait d'autres moments comme celui que nous avons partagé. Du moins… si je ne dois pas t'écrire un poème à chaque fois.

Elle lui sourit avec une pointe de malice dans le regard. Ses joues un peu trop roses trahissent le trouble qui est sien. C'est vrai que cela fait une éternité qu'elle ne sait pas sentie aussi légère, presque libre même si cela a quelque chose d'effrayant aussi pour elle. Et puis il y a ces petits papillons dans son ventre quand il est près d'elle. Elle a beau s'efforcer de les ignorer parce que c'est plus facile, il n'empêche qu'elle n'a pas envie de le quitter et encore moins de ne plus le revoir.

- Est-ce qu'il y a quelque chose que tu aimerais faire à présent, profitant du temps que nous avons encore à passer ensemble?

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Ezekiel Styn


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Lun 28 Oct - 20:27

Son poème initial était un peu plus court que celui de Calista, mais il avait pris la liberté de coucher sur le carnet quelques rimes de plus sur leur journée actuelle. Non pour flatter son ego d'avoir fait un poème plus long, non sûrement pas, mais c'était sa façon à lui d'exprimer le mieux ses sentiments du moment. La gêne d'être arrivé en retard, peu présentable, la honte d'avoir sali sa jolie robe, le chagrin de lui avoir menti, même pour des desseins pardonnables, et à demi mot ou presque, le charme dans lequel il était tombé depuis cette première rencontre.

Il était tellement balourd pour ce dernier sentiment, qu'à défaut de savoir le dire, il avait suffisamment lu d'ouvrages romantiques pour savoir l'écrire. Et puis, le contexte s'y prêtait bien : un océan à perte de vue, le sable fin, un soleil à son zénith, une lingerie exqu... Ezekiel secoua un peu la tête pour chasser cette idée de la tête. Il s'égarait, et quand il s'égarait, ça n'allait pas du tout !!

Une fois complètement habillé, Calista semblait terminer la lecture, et il fut ravi d'entendre qu'elle appréciait sa plume. Au moins les deux derniers vers ne l'avait pas fait fuir. Si elle en avait saisi le sens, elle ne le montra pas pour autant, aussi Ezekiel resta un peu plus méfiant de la suite des événements.

- Pour la première partie, je dois vous avouer que contrairement à mon habitude, je ne l'ai pas fait d'un seul jet, mais j'ai voulu le peaufiner. Je ne vous certifierai pas que c'est celui que j'avais écrit initialement au mot près, mais l'idée générale est présente, et je n'ai pas trop eu de mal pour le retranscrire. Pour la seconde partie, hé bien, même si cela ne faisait pas partie du défi, c'est ... c'est un peu ma façon à moi de vous présenter mes excuses pour la déception tout à l'heure, pendant que nous nagions. Je suis vraiment désolé.

Son regard trahissait la sincérité de ses propos, mais vu la situation, il ne saurait en être autrement. Seulement après avoir répété ce qu'il avait bien dû déjà faire plusieurs fois au cours de la dernière heure, à savoir s'excuser, il ne réalisa seulement qu'après sa proposition de passer au tutoiement.

- Oh, je, pourquoi pas, si ça .... - il marqua une demie seconde d'arrêt pour ne pas se tromper - te convient oui. Je ne sais pas si j'aurai pu dire ce que je viens de dire avec le "tu" cela dit, j'aurai bafouillé comme un nouveau né !!

Ezekiel sourit maladroitement, se grattant la chevelure comme un tic nerveux. Il avait du sable de mer plein la tignasse. L'océan n'avait pas que du bon. Alors qu'il se frottait les mains entre elles, Calista reprit la parole, et son sourire s'élargit alors qu'elle semblait faire table rase de tous ces faux pas passé, et pour Ezekiel cela était inédit.

- Vous êtes .... rha tu es aussi d'une très agréable compagnie Calista, et je vais remercier Ovide et Fitz d'avoir permis de nous rencontrer. *sur le ton de la fausse confidence, il baissa légèrement le ton de sa voix* Je vais éviter de remercier Cthulhu, je doute qu'il apprécie l'attention !

Ezekiel rit de sa propre blague, bien plus détendu qu'il y a 10 minutes encore. Après cet éclat, il reprit plus sérieusement.

- Je crois en ce Destin, qui, si on s'y accroche un peu plus, nous permet de vivre de belles choses. Je ne sais pas ce que l'avenir nous réserve, mais je me sentirai bien plus heureux et joyeux si nous faisions le plus long bout de chemin possible toi et moi. Et promis, je te ferai grâce d'un poème à chaque fois que l'un de nous aura envie de voir l'autre.

Ezekiel se sentait plus léger, comme après une bonne heure de massage du dos, des bras, du cuir chevelu et des jambes. Une sorte de boule au ventre, de poids mort aux pieds qui lui lestaient sa bonne humeur, et qui ont été enseveli dans le sable pour laisser ce gaffeur poissard plus libre que jamais. Il souriait, un peu bêtement certes, à cette femme qui le lui rendait bien, avec ce sourire presque hypnotique et mystérieux. Voilà quelles étaient les armes de la gente féminine. Et il n'avait aucune protection contre cela.... d'ailleurs, voulait-il seulement se protéger d'elle ?... Il connaissait la réponse au fond de lui. Et comment lutter alors qu'elle proposait de continuer la journée avec lui ?

- Hmm... hé bien, j'ai vu une petite foire non loin d'où nous nous sommes rencontrés et mangés, je ne sais pas si tu l'as vu en arrivant. Il n'y a pas grand chose attention, mais j'ai vu un carrousel et je me suis dit que ...

Ezekiel s'arrêta, réalisant ce qu'il était en train de dire. Calista devait avoir plus ou moins le même âge que lui, et il doutait qu'elle veuille se ridiculiser au milieu d'enfants à monter sur un cheval qui montait et qui descendait.

- Euh, je ne sais pas pourquoi je te propose ça, je ne pense pas que l'idée de chevaucher un cheval de bois te ravisse non ?

Il était un peu dans l'expectative, ne sachant plus trop comment réagir alors qu'il avait lancé l'idée. Il fouilla dans sa mémoire, et se souvînt d'une chose.

- Euh... Il y a aussi un marchand de barbe à papa, si tu veux manger un truc sucré. A toi de voir, carrousel, barbe à papa, ou les deux. Et c'est moi qui régale pour l'un et/ou pour l'autre !
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Calista Freeman


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Mar 29 Oct - 13:33

Calista se sent un peu plus légère à nouveau à présent que la tension liée au mensonge de son interlocuteur s'estompe un peu. Il semble aussi plus à l'aise de son côté bien qu'il se confonde une fois de plus en excuses. Elle secoue la tête, lui souriant comme avant que les choses ne dérapent pour signifier que c'est oublié, du moins de côté avant que sa mémoire défaillante ne se charge du reste. Le tutoiement est un peu étrange au début, elle s'est acclimatée au vous. A ses yeux Ezekiel n'est plus un simple inconnu, il apparait donc comme approprié de faire tomber cette mince barrière entre eux. Elle a le sentiment de pouvoir être elle-même auprès de lui, espérant que la réciproque est vraie. Il confirme au moins passer un bon moment aussi, ce qui aux yeux de l'assistante représente déjà beaucoup.

Les mots de l'écrivain à propos du Destin, la troublent d'avantage encore, comme si ce n'était pas suffisant que ses yeux l'hypnotisent, que sa sensibilité et sa maladresse ne la laissent pas de glace, qu'il sache manier les mots et soit si gentil… Il serait malhonnête de nier qu'entendre cela lui fait plaisir. Son petit cœur tout guimauve fond toujours plus. Malgré tout il reste cette partie raisonnable, celle où demeurent les blessures du passé, les déceptions, les peurs, qui s'acharne à la garder solidement ancrée les pieds sur terre. Après tout à quoi bon se précipiter? Ils ont tous deux le désir de passer encore du temps ensemble, les choses évolueront d'elles-mêmes d'une façon ou d'une autre.


- Une foire?

Elle tourne la tête dans la direction indiquée. Non, elle n'a pas vu de manèges en passant. Enfin… le plus probable est qu'elle l'ait vu mais oublié une fois plongée dans sa lecture. Cela lui arrive si souvent ! Est-ce que l'idée de faire un tour de manège avec un homme qui lui fait déjà tourner la tête l'enchante ? Y a de grandes chances, oui. D'un autre côté, ce n'est pas exactement l'image qu'elle se ferait d'une balade à cheval avec Ezekiel sur un fier destrier blanc. L'idée de se poser avec lui sur le carrousel est néanmoins séduisante. Le regard de la jeune femme glisse vers la tâche sur sa poitrine et elle se mord la lèvre.

- Je ne suis pas très présentable c'est dommage, sinon oui l'idée me plait bien. Elle soupire faiblement. Au diable les autres, ils penseront ce qu'ils voudront. J'ai bien envie de faire ce tour à la foire avec toi.

Son air est devenu plus joyeux, un peu comme si elle retombait en enfance. Elle range son carnet et ses affaires avant de se relever et d'épousseter les grains de sables sournois qui se sont collés au tissu humide.

- J'espère que tu n'as pas trop honte de t'afficher avec moi dans cette tenue. La bonne nouvelle c'est que tous deux nous ne connaissons pas grand monde à L.A.

Cali lui sourit avec douceur, elle aime être soignée il est vrai, ne faisant pas pour autant toute une affaire du paraître. Elle marche aux côtés du jeune homme jusqu'à la jetée où se sont installés quelques manèges, stands de tirs et marchands de confiseries. La musique enjouée des forains est reconnaissable entre mille. Quelques enfants entraînent leurs parents vers l'attraction de leur choix. La brune les remarque à peine, plus concentrée sur celui qui avance près d'elle.

- Je ne suis pas montée sur un manège depuis une éternité. La dernière fois, je devais accompagner Emy…

Le nom de sa fille est sorti naturellement, trop. Parfois il lui arrive encore de se réveiller en pensant à elle, au petit déjeuner qu'elle prendra, à l'heure de l'école avant de réaliser que toute cette vie s'est arrêtée. Elle s'immobilise soudain, son regard balayant les familles présentes. Son cœur qui donnait l'impression de vouloir voler jusque-là redevient fait de plomb et compressé comme dans un étau. L'assistante n'a aucune envie de gâcher ce moment, elle a encore envie de croire qu'on peut lui rendre ses ailes. Dans la cité des Anges, ce devrait être possible. D'un autre côté, si Ezekiel veut comprendre qui elle est, il lui faut cette pièce importante du puzzle. Elle aperçoit un muret sur sa droite et va s'y assoir, baissant un peu les yeux.

- Il est une partie de mon histoire que je ne t'ai pas encore contée. J'ai été mariée, cela tu ne l'ignores pas, nous avons eu une fille. Elle s'appelait Emily, elle était ma joie, ma vie, ma mission sur Terre, ma raison de me lever chaque matin et de sourire. Il y a eu… cet… accident tragique par ma faute et… Elle est morte, il y a plus de dix-huit mois de cela. Un soupir déchirant s'échappe de ses lèves. Il reste ce grand vide en moi, ce non-sens qui parfois m'empêche d'avancer.

Finalement, elle relève les yeux vers lui. L'azur qu'elle retrouve apaise un peu sa peine. Son sourire reste empreint d'une certaine tristesse.

- Pardon, je n'ai pas envie de nuire à notre bonne humeur respective et notre plaisir d'être ensemble. Forcément les manèges, les enfants m'ont ramené son souvenir et je pensais plus honnête de te parler d'elle, de te laisser mieux comprendre qui je suis et qui j'ai cessé d'être. On a tous notre passé, nos cicatrices. Les miens sont souvent lourds à porter, il vaut mieux que tu le saches avant de décider de me revoir ou pas après cette journée.

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Ezekiel Styn


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Mer 30 Oct - 14:30

Ezekiel opina quand elle s'interrogea sur la présence d'une foire aux alentours. Il fallait bien trouver un avantage à être arrivé en retard après avoir fait la route à pied. L'odeur des sucreries et la musique joyeuse l'avait l'espace d'une seconde distrait, mais il avait rendez-vous, et ne s'était pas détourné de son objectif. Une bonne gaufre au sucre ou au chocolat - encore mieux ! - ne l'aurait pas déplu cela dit.

Il suivit du regard celui de Calista, dardant ses yeux sur le décolleté taché. Il grimaça un peu, détachant son regard au bout de quelques secondes, les joues rosissant légèrement.

- Vous .. Tu es très bien comme tu es je t'assure. Et oui, au diable ce que pensent les autres, ils ne nous connaissent pas, nous ne les connaissons pas, le tout est que nous nous amusions non ?

Il la laisse se relever, souriant, avant d'hausser un sourcil à sa remarque. Il en écarquilla même les yeux.

- Honte ? Honte d'être en ta compagnie ? Tu voulais dire fier c'est ça ?... Je pense bien faire des envieux en me baladant avec toi, en tout cas, j'envierai celui à tes côtés si j'étais un passant.

Quittant la plage pour l'allée la bordant, il frotte ses pieds pour remettre ses chaussures, et reprend la route mains dans les poches, appréciant la compagnie et la chaleur du soleil. Quelques minutes à peine suffisent pour entendre les premiers carillons et musiques sortant des interphones, et les narines frétillent aux odeurs des gourmandises sucrées.

- Ils savent y faire ces forains, j'en ai l'eau à la bouche rien que de sentir tout ce qu'on peut y manger pas toi ?

Toujours ce sourire aux lèvres, il tourne la tête en entendant Calista évoquer le prénom d'Emy. En voyant ce visage rayonnant quelques secondes auparavant devenir grave, il sut immédiatement qu'un lourd secret entourait cette Emy. Il resta silencieux, de peur de commettre un impair une fois encore, accompagnant un pas en retrait la jeune femme jusqu'au muret, restant debout face à elle.

Alors qu'elle décide de se confier, le coeur du jeune homme se serre. La pauvre.... Avoir donné la vie, et qu'on la lui reprenne si tôt, ce devait être une épreuve insupportable pour un parent, peut-être même plus pour une mère. Et ce mari, ce père, qui n'a même pas daigné la soutenir, oui, définitivement il le détestait déjà.... Il n'aurait aucun scrupule à utiliser sa malédiction sur lui, encore, et encore, pour que tout ce qu'il entreprend échoue. Il se sentit faible, mû par l'empathie qui l'entourait alors qu'elle se rejetait la responsabilité de la mort de sa fille. Il plia alors ses jambes, les écartant un peu pour tenir en équilibre, la tête plus ou moins à hauteur de celle de Calista.

- Mes mots vont bien te paraître creux Calista, mais je suis navré pour l'épreuve que tu as vécue, et que tu vis encore. Même si je ne connais pas les circonstances de cette accident tragique, tu le dis toi-même, c'est un accident, tu respires la bonté et l'amour, ne t'accable pas plus que la perte de ton enfant occasionne. Ces injustices, aussi cruelles soient-elles, arrivent malheureusement, et il faut avancer coûte que coûte, au moins par respect pour ta fille qui devait aimer voir sa mère heureuse.

Ezekiel lui prit les mains dans les siennes, lui caresssant des pouces la tranche. Son regard était triste également, accompagnant la douleur de ce souvenir douloureux. Il n'avait jamais connu ça, mais d'une certaine façon, il comprenait à quel point perdre un être cher devait être déchirant. Alors son propre sang .... La vie était si injuste, des pourritures à qui tout réussissait, et des âmes pures que le malheur pouvait accabler de la pire des façons qui soit.

Que pouvait-il faire de plus, il n'en savait rien à cet instant. Calista coupa net à ses réflexions, en s'excusant d'avoir plombé l'ambiance. Ezekiel secoua un peu la tête, lui adressant un sourire réconfortant.

- Calista, ce que je vous ai dit tout à l'heure tient toujours. Décidément, ce que je T'ai dit ! Jamais je ne me suis senti aussi bien avec une personne, et je crains plus que ce soit toi qui te lasses de moi, que l'inverse vois-tu. J'ai aussi mes secrets, mes complexes, mes peurs. Permets moi d'alléger un peu ton fardeau, j'ai les épaules un peu plus larges que les tiennes, comme quoi la vie à la ferme n'est pas si mal que ça !!

Toujours accroupi, il massa son épaule gauche avec sa main droite pour attester ses dires. Ce qui lui dit perdre l'équilibre, et il se retrouva sur les fesses, à rire de sa bétise.

- Oh, ne bouge pas, j'ai une idée, je reviens tout de suite !

Se relevant d'un bond, il s'éloigna d'un pas, avant de se retourner de nouveau vers Calista.

- Oui, ne pars pas Calista, c'est bien la dernière chose que j'aimerai que tu fasses.

S'éloignant d'un pas rapide, il disparut de la vue de la jeune femme au milieu des badauds.

Quelques minutes plus tard, à l'endroit où il l'avait quittée, Ezekiel revient avec la plus grosse barbe à papa des environs, probablement la fusion de plusieurs individuelles, pour former une boule géante tenant sur un baton tout aussi grand.

Derrière ce magma de sucre, une tête se décala sur le côté, pour regarder vers le muret, un bout de barbe à papa collé sur le bout de sa lèvre, trahissant sa gourmandise. Serait-elle toujours là pour admirer le chef d'oeuvre à la fraise ?
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Calista Freeman


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Jeu 31 Oct - 16:21


Et tandis qu'il rive sur elle ses prunelles d'un bleu si intense, la jeune femme a bien du mal à ne pas ouvrir la boîte de Pandorre. C'est vrai, il est si tentant de pouvoir enfin déverser toutes ces choses qu'elle s'obstine à garder en elle, la peine, le vide, la culpabilité, la peur, la solitude… Pourtant ce n'est pas si facile, Calista n'est pas du genre à se livrer facilement. Là où elle a grandi on n'exprime pas ses émotions et malgré le travail avec sa psy, elle a encore du mal à mettre des mots sur des maux. Puis il faut être honnête, elle n'aime pas provoquer la pitié chez les autres. Elle a encore moins envie qu'Ezekiel la voie de cette manière. Ses paroles et sa gentillesse l'apaisent. Elle n'a jamais pensé à vrai dire qu'Emily pourrait vouloir qu'elle soit heureuse. Elle était si petite quand l'accident est arrivé, un âge où on n'appréhende pas encore la mort et où l'innocence préserve des plus gros chagrins. Cet âge merveilleux où un bisou maternel suffit à faire envoler le moindre bobo. Sa fille y sera éternellement figée, à jamais préservée des mauvaises expériences et privée des plus grandes joies qu'apportent l'existence.

Quand les doigts du jeune homme saisissent ses mains, le cœur de l'assistante a un raté. Comme par magie la peine et les questions s'estompent légèrement. Son âme semble soudain compartimentée, avec d'un côté la déchirure et de l'autre les sensations nouvelles qui en juste une après-midi n'ont cessé de grandir en elle. Pour une fois elle a envie de faire taire les angoisses et les doutes, de mettre les remords de côté pour vivre le moment présent. Les mots sont si doux à ses oreilles qu'elle redevient plus légère. Elle voudrait parler, c'est vrai, trouver quelque chose d'aussi beau à dire. Quelque chose de plus fort que "merci d'être là". Pour tout dire, elle n'ose pas. Peut-être est-ce encore trop tôt, peut-être a-t-elle peur de gâcher cette journée, de casser le lien qui se tisse doucement entre eux deux. Alors elle reste juste là, à se nourrir du contact de ses doigts sur ses mains, de ses regards qui sans avoir besoin de mots trouvent échos dans les siens. Elle espère que cela suffira, qu'il comprendra, qu'il saura que sa simple présence lui fait un bien fou et que le dire ce serait comme briser la magie.

Lorsqu'il se relève, le visage de Cali se crispe un peu. Elle se radoucit en l'entendant dire qu'il ne veut pas la voir partir. Elle attend donc sagement sur son muret en se demandant ce qu'il mijote. La réponse ne tarde pas à venir et elle ne peut s'empêcher de sourire comme une idiote en voyant venir à elle une tête de barbe à papa géante vêtue comme un écrivain de sa connaissance. La frimousse si charmante de celui qui la tient apparaît de nouveau, faisant pouffer de rire la jeune femme. Elle lève son index à hauteur de sa propre bouche, la tapotant.


- Je crois que la barbe à papa a sournoisement attaquée tes lèvres. A mon avis c'est une tentative désespérée pour te faire accuser de gourmandise. Mais ne t'en fais pas, le rose te va bien.

Elle se relève tout sourire et vient pincer entre deux doigts un morceau de nuage sucré pour y goûter à son tour.

- Tu crois qu'on en viendra à bout à nous seuls?

En savourant la confiserie, elle repense à Emy qui avait aussi toujours les yeux plus gros que le ventre quand il s'agissait de sucreries, comme tous les enfants. Contre toute attente, ce souvenir n'est pas douloureux, il est joyeux au contraire. Ezekiel a réussi à lui faire penser qu'il est grand temps de profiter des bonnes choses de la vie et que se morfondre ne ramènera pas son enfant ni n'effacera le vide qu'elle a laissé. Si elle n'était pas aussi trouillarde, probablement qu'elle le lui avouerait. La jolie brune a trop peur que tout s'arrête si elle commet une maladresse. Elle n'est pas décidée à laisser filer son coin de ciel bleu, aussi bleu que les yeux du poète sans le sou.

- Allons faire un tour à cette fête. Ils se remettent en marche, chipant tour à tour un bout de la barbe à papa si énorme qu'elle fait des envieux. Parle-moi un peu du petit garçon que tu étais. Il t'arrivait d'aller dans ce genre d'endroits? Quels étaient tes rêves alors, tes goûts? Je ne veux pas des moments douloureux pour une fois, parlons plutôt des souvenirs joyeux. Je suis certaine que nous en avons tous les deux. Et en parlant de souvenirs… Elle tourne la tête vers lui un instant pour plonger ses yeux dans les siens. Merci de faire de cette journée un moment mémorable.

En l'écoutant lui répondre, elle regarde autour d'eux les quelques attractions et stands.

- Je ne suis pas très manège à sensation où on nous met la tête à l'envers… Par contre j'aime bien la vitesse. Et toi? Tu as visité un peu L.A.? Il y a des endroits où tu aimerais te rendre? J'adorerais pour ma part découvrir la villa Getty. Tu connais?

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Ezekiel Styn


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Ven 1 Nov - 15:31

Il n'avait pas dû chercher bien loin pour trouver son bonheur. Il n'avait eu qu'à suivre dans les travées les enfants avec des sucreries, et aller en direction de ceux qui en avaient encore le plus. La logique des douceurs, ça il connaissait.

Tout en marchant d'un pas assuré, il réfléchissait encore à ce que Calista lui avait dit. La pauvre, on se dit toujours que ces choses tragiques n'arrivent qu'aux autres. Quand cela touche un être qui compte à nos yeux, on crie à l'injustice, en se demandant pourquoi cette personne. Le destin pouvait être généreux comme impitoyable.

Un an et demi déjà, et son regard portait encore le deuil de son enfant. Comment pourrait-il en être autrement. Ezekiel n'avait jamais été marié, ni même parent, mais à n'en pas douter, il aurait été tout aussi meurtri de perdre un être qu'il avait conçu. Mais son inexpérience dans les paroles réconfortantes lui faisait craindre de faire pire que mieux vis à vis d'elle, à plus la blesser que la soulager un peu de son chagrin. Il aimerait tant l'aider pourtant !!

L'idée de partager un petit moment sucré lui était paru comme une évidence. La couleur rose bonbon, le plaisir de piquer des petits bouts de barbe à papa ici et là, avoir les yeux plus gros que le ventre, voilà un autre plaisir simple qu'il voulait partager avec elle.

Une fois devant le stand, il expliqua la situation au vendeur, lui donnant un billet de 10$, pour qu'il fasse des miracles avec sa machine à barbe à papa. Le résultat avait dépassé toutes ses espérances, et les enfants envieux avait demandé la même chose tout de suite après. Finalement, le  forain ferait une sacrée rentrée d'argent à 10$ la barbe à papa.

Toujours est-il que non sans une certaine appréhension, il revint sur ses pas, craignant toujours que Calista en ait profité pour partir, et rester avec sa tristesse et sa solitude. La voir toujours adossée contre le muret lui arracha un sourire, et il mangea un bout de barbe à papa pour fêter cela.

Il rit même quand elle lui annonça l'attaque de la sucrerie.

- Oui, le forain m'a dit qu'il ne lui restait plus que des barbes à papa géantes carnivores, ce fut une lutte de tous les instants pour la rester jusqu'ici sain et sauf. Quand à en venir à bout tous les deux, il le faudra bien, c'est elle, ou nous ....

Il opina gravement, comme si un ultimatum barbapapesque venait d'être lancé. Il la mit entre elle et lui, la laissant piquer dedans à sa guise, ne se gênant pas pour en faire de même. Quand Calista lui posa des questions sur sa jeunesse, il leva à moitié les yeux au ciel, réfléchissant.

- Oh, euh... hé bien, enfant j'étais ... j'étais un garçon assez volontaire, résolument optimiste, mais à qui il ne lui arrivait rien de bon. Comme j'ai pu te le dire, je suis né au mauvais moment au mauvais endroit. Un rêveur qui vit dans une ferme où le plus grand mérite est de traire une vache sans en renverser une goutte, tu te doutes que je vivais en décalé avec ce qui m'entourait. Et puis .... il m'arrivait souvent des bricoles, des gaffes, des problèmes, quasi tout le temps involontaires, ce qui faisait que on me fuyait plus qu'on restait près de moi. Mais bon, c'est comme ça ....

Ezekiel haussa les épaules. il regrettait d'avoir eu une enfance solitaire, mais quand on a vécu que ça, peut-on regretter l'inconnu ?

- Mes meilleurs joies étaient donc celles où je m'évadais, je m'inventais derrière un arbre des histoires, des combats épiques contre des dragons invincibles - bon pas tant que ça vu que j'arrivais à gagner !! - des explorations vers l'inconnu au bout des terres de notre ferme, à me rouler dans la poussière pour échapper à mes ennemis tout aussi imaginaires. Les objets, et les idées dans ma tête ne me jugeaient pas elles. C'est assez reposant finalement.

Il tourna ensuite la tête vers Calista.

- Et puis, voilà que je rencontre une demoiselle qui malgré un coup de tête, un retard, un mensonge, une, non deux taches sur sa robe, ne me fuit pas ... Plus d'imaginaire ici, plus de chimères que mon esprit invente pour me faire la discussion et me tenir compagnie. Elle se confie à moi, et je me confie à elle, avec nos mots et nos maladresses respectifs. Tu vas rire, mais je pense que tu la connais !

Il lui fit un clin d’œil malicieux, avant de prendre un énorme bout de barbe à papa au point de ne pas réussir à tout mettre en une fois dans la bouche.

- Ça, c'est un rêve qui devient réalité, je n'avais pas vécu un aussi bon moment que depuis la fois où j'ai tendu la main à mon père pour dire que je quittais cet enfer. Alors rajoute une barbe à papa géante, et je suis un homme comblé !! Merci à toi Calista, merci...

Il souriait toujours à l'évocation de ce passé si proche, et commun. Il passait vraiment une excellente après midi. Il réfléchit à l'évocation de cette villa, Getty ...

- Non navré, la villa Getty ne me dit rien, qu'est-ce donc ?... Tu sais, je suis arrivé il y a peu ici, et malheureusement, mes finances ne me permettent pas de faire 1/10ème de tout ce que j'aimerai faire ou visiter en ville. Mes économies vont surtout dans les besoins de première nécessité, et pour mes loisirs, je fréquente les endroits gratuits, ou pratique le jogging en plein air. Je ferai donc un très mauvais guide de ville ! Si tu as des endroits sympas à visiter absolument, je suis tout ouïe par contre !! Je t'avouerai que le jogging tous les matins au campus universitaire, va vite me lasser. Tu fais du sport toi ?

Il regarda rapidement de haut en bas Calista, et jugea qu'elle devait faire attention à ce qu'elle mangeait, et/ou faisait un minimum d'exercice pour s'entretenir. Certaines personnes étaient obèses génétiquement, mais la plupart dans ce pays s'empiffraient sans se soucier de leur santé. C'était regrettable.

- A toi de me parler de toi, dooooooonc, tu dois me répondre aux questions suivantes : Quels sports fais-tu donc, quelle est ta couleur préférée, si tu devais te réincarner en animal, lequel serait-ce, et .... si tu devais être un vêtement ?!

Il rit aux questions stupides qu'il posait, mais c'était aussi difficile d'y répondre !

- Parle moi aussi de tes souvenirs joyeux, que je vois quel genre de chipie Mademoiselle Calista était plus jeune !
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Calista Freeman


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Dim 3 Nov - 10:57

En se régalant de la barbe à papa carnivore qui finalement n'a pas l'air la plus gourmande des trois, Cali écoute l'homme qui l'accompagne lui décrire l'enfant qu'il était. Elle a compris à demi-mots que tout comme elle il n'a pas eu une enfance facile. Pourtant elle espérait faire ressurgir de bons souvenirs. Elle réalise un peu plus combien ils se ressemblent par certains côtés et elle est touchée une nouvelle fois droit en plein cœur. Elle sourit lorsqu'il se tourne vers elle.

- Non, je ne vois absolument pas de qui tu parles. Elle a l'air sympathique cette personne, tu me la présenteras?

Ses traits ont alors quelque chose de malicieux. Un rêve qui devient réalité? Oui, c'est aussi ce qu'elle ressent bien que différemment sans doute d'Ezekiel. Rien que pour cela elle aimerait pouvoir lire dans ses yeux ce qu'il éprouve, histoire de savoir s'ils sont aussi à l'unisson. D'un autre côté, c'est bien plus grisant de l'ignorer. Cela laisse la porte ouverte à tous les espoirs et à d'autres rêves encore plus fous. Si elle lui parle de la villa Getty, ce n'est pas tout à fait anodin. Depuis qu'elle est installée à L.A., l'assistante rêve de visiter cet endroit. Elle a repoussé jusqu'à maintenant, trouvant toujours de fausses excuses pour se dérober. Là elle a une petite idée derrière la tête.

- Il s'agit de la reproduction de la villa de Pison, le beau-père de Jules César. Le musée abrite une incroyable collection d'antiquités romaines, grecques et étrusques. J'aimerais énormément aller le visiter, et plus encore que tu m'accompagnes si cela te tente. A présent que tu t'es un peu familiarisé avec le monde d'Ovide, nous pourrions faire ce voyage dans le passé tous les deux. Par contre j'y mets une condition non négociable ! C'est moi qui t'inviterai cette fois.

Cali est consciente que la situation financière de son nouvel ami est bien plus délicate que la sienne. Elle se doute aussi qu'il refusera tout net qu'elle propose de l'aider ou de payer pour lui chaque fois qu'ils feront une chose ensemble. D'un autre côté, il est hors de question pour elle qu'il se prive de quoi que ce soit pour pouvoir l'inviter quelque part alors qu'elle a bien plus les moyens que lui de le faire. Ah les hommes et leur fierté mal placée ! Quelle importance qui paie quoi tant que l'on passe un moment agréable ensemble ?

- Je ne suis pas la plus grande sportive j'imagine, même si j'aime bien nager et courir. J'ai fait du tennis en double dans mon ancienne vie, même si ma technique laisse clairement à désirer… Ma couleur préférée est le bleu, plus précisément le turquoise. Je pense que je me réincarnerais en chien, parce qu'ils sont aimants et loyaux. Et pour le vêtement… Une robe de mariée je dirais, pour partager le plus beau jour de la vie d'une femme et baigner dans l'océan d'amour qui rythme cette journée. Quitte à n'être portée qu'une journée autant qu'elle soit la plus inoubliable de toutes ! Et toi?

Les questions de l'écrivain l'amusent beaucoup, et cela permet de se découvrir d'une manière originale. Les choix en disent énormément sur qui nous sommes. Ils avancent à présent parmi les stands animés, tir à la carabine, jeux d'adresse, manèges à sensations. La barbe à papa a fondu légèrement, et l'estomac de Cali demande déjà grâce.

- Oh non, je n'étais pas du tout une chipie. J'étais sage, je le suis restée, trop même sans doute. Je crois que j'ai grandi trop vite, entre la perte de ma mère survenue quand j'étais petite et le comportement très… dur de mon père. L'émotion qui a le plus marquée mon enfance c'est la peur, la douleur aussi et la solitude. Je craignais ses colères et je les provoquais trop souvent sans le vouloir. Il buvait beaucoup et il pouvait être très méchant quand il était ivre. Mais je n'ai pas envie que ces moments-là entachent celui que nous vivons.

Elle regarde autour d'eux en souriant, cherchant à chasser ses vieux démons pour un temps. Auprès d'Ezekiel elle se sent bien. Elle pose de nouveau ses yeux sur lui en lui souriant.

- Et si tu me montrais tes talents en équitation? Je vois là-bas des montures fougueuses qui n'attendent que de nous emporter loin. Puisque nous avons peu de souvenirs d'enfants, retournons en arrière ! Nous allons nous en créer ici tous les deux, qu'en dis-tu?

La jeune femme se presse jusqu'au carrousel et avant de laisser le temps à Ezekiel de réagir, elle leur achète deux billets. Après lui en avoir tendu un, la cavalière choisit un destrier de bois à la robe couleur caramel. Elle tend la main vers celui qui l'accompagne.

- Je me charge de la barbe à papa carnivore si tu veux. Je ne voudrais pas qu'elle te dévore en chemin. A moins que tu veuilles la dévorer toi.

Le laissant choisir s'il veut la garder ou non, elle s'installe un peu mieux sur sa monture. Un doux sourire un peu enfantin éclaire son visage. Elle ne se souvient pas être jamais montée sur un manège autrement que pour accompagner Emy. Elle se tenait alors près d'elle et pas sur un cheval comme aujourd'hui.

- Je te présente Zéphir, mon tout nouveau compagnon d'aventures. Alors, dis-moi quel endroit magique tu aimerais visiter aujourd'hui Ezekiel ? Vers où va nous porter le vent d'ouest ? Camelot? Babylone ? Akhenaton? Persépolis ? Atlantide ou pourquoi pas les merveilleuses forêts de la Lothlorien ?  Ou un tout autre lieu auquel tu penses toi ? Je te suivrais au bout de monde s'il le faut, à toi de choisir notre destination.

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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Lun 4 Nov - 12:27

Ezekiel ne put s'empêcher de rire alors qu'elle faisait mine de ne pas comprendre son allusion. Taquin, il décida de jouer le jeu, et réfléchit un instant.

- Elle a un emploi du temps assez chargé, mais elle peut se libérer le lundi je crois. Je suis persuadé que vous entendrez comme robe et ketchup !

A peine terminé sa phrase, qu'il attaque sournoisement la barbe à papa sur le flanc ouest, affaiblissant les défenses de la carnivore peu encline à se laisser dévorer ainsi. Mais face à deux omnivores gourmands, le combat était inégal.

Il écouta attentivement Calista décrire cette villa, qu'il ne connaissait absolument pas. Cependant, la façon qu'elle avait de la décrire avait suscité sa curiosité. Les Etats Unis n'avaient pas la même Histoire, le même passé fouillé que l'Europe, et pouvoir visiter un bâtiment de la sorte l'intéressait grandement. Il ne put réprimer une légère moue quand la question finances fut évoquée.

- Ça me ferait également grand plaisir d'aller visiter cette villa avec toi, mais je suis gêné d'être dépendant de tes finances. Non que je la joue macho à ce que l'homme doive tout payer, mais plus généralement, je ne veux pas t'être redevable de la sorte, même si je pense que tu me le proposes sans arrière pensée. On m'a tellement martelé plus jeune que tout salaire mérite travail, que j'ai fini par y croire, et même partager ce point de vue. Donc si têtue comme tu seras, tu ne me laisseras pas le choix, je t'offrirai quelque chose d'autre en retour, avec le même plaisir que tu m'inviteras à cette villa. C'est ma condition non négociable.

Tandis que la barbe à papa vient de perdre la moitié de sa superbe, il sourit en écoutant les réponses de Calista aux questions farfelues qui lui étaient venues en tête quelques secondes auparavant. Il avait laissé son esprit vagabonder, et surtout, il ne savait pas vraiment - à part les questions tabous !! - ce qui pouvait se demander à une jeune femme dont on était pas insensible au charme.

- Je vois que tu as répondu avec honnêteté à mes questions diaboliques, alors dans ma grande mansuétude, je vais te rendre la pareille ! dit-il d'une voix volée à celle d'un noble d'un ancien temps, avant de reprendre son timbre habituel. Je suis assez sportif oui, je fais à de rares exceptions près mon jogging quotidien, et un peu de musculation, comme des tractions et des pompes, ou soulever encore des poids avec les bras. Je ne suis pas à la recherche de la plastique parfaite, mais je me dis que ça peut toujours être utile de savoir utiliser autre chose que sa tête à faire des rimes. Sinon, crois le car c'est la vérité, mais ma couleur préférée est également le bleu, et j'aimerai me réincarner en loup ou en chien. Un canidé en tout cas.
Quand au vêtement, hmmm.... Je ne vais pas dire nuisette car je passerai pour un pervers, alors je généraliserai en disant pyjama. Histoire d'avoir le plaisir des grasses matinées, des réveils joyeux et de profiter du cocooning à tout moment de la journée, au gré des envies.


Les stands défilaient un à un, le couple n'y jetant qu'un œil curieux mais fugace. Aux néons clinquants et clignotants, se mêlaient cris d'enfants, joie d'adultes aussi, quelques pleurs ici et là d'un gamin qui n'a probablement pas eu la friandise qu'il avait attendu toute sa vie, mais qu'il oubliera d'ici quelques minutes. Quand Calista évoqua son passé douloureux, Ezekiel la comprit un peu plus. Si sa timidité, sa maladresse et son absence d'expérience était dû en grande partie à cause de sa malédiction - sans compter une famille en inadéquation avec ses valeurs - perdre sa mère et se retrouver avec un père violent n'avait pas dû être facile à vivre tous les jours, surtout quand on était une femme. Il ne jugea pas bon de faire preuve de trop de curiosité sur ce pan de sa jeunesse.

- Ton passé est une partie de toi Calista, et a fait ce que tu es devenue. Que tu m'en parles est une preuve de confiance, et ça n'entachera pas la formidable journée que je suis en train de vivre, au contraire. Je n'ai pas perdu ma mère, mais je n'ai pas eu de parents aimants. Les choses matérielles et lucratives avaient bien plus de valeur pour eux que l'amour d'un fils parmi tellement d'autres enfants.

Ils arrivèrent enfin devant le manège qui n'attirait que les enfants, dont les parents s'agglutinaient tout autour pour surveiller, et patienter en attendant que le tour se termine.

Ezekiel était en train de fouiller ses fonds de poches pour payer les deux tickets, que Calista avait déjà pris les devants et les acheta. Alors qu'elle lui tendit un ticket, puis sa main, Ezekiel se saisit de l'un, puis serra l'autre dans une moue réprobatrice.

- J'avais dit que je payais la barbe à papa ET le manège je te rappelle ! Pour la peine je garde la barbe à papa en otage ! Je te vois venir à la dévorer en solitaire et me narguer pendant que je galope pour te rattraper en vain !! Et tu verras à quel point je suis bon cavalier non mais !!

Toujours en lui tenant la main, Ezekiel aide Calista à grimper sur son cheval. La libérant enfin, presque à regret, il prit le haut de selle de sa monture, juste à côté, et grimpa dessus avec une certaine agilité. Il avait déjà eu l'occasion de monter à plusieurs reprises à cheval au Nevada, et sans être un cavalier émérite, il pouvait humblement se qualifier d'émérite.

Seulement, un cheval réel, et un cheval en bois dont la selle devait être cirée avec du lustrant pour bien briller, étaient deux choses bien distinctes. Là où il s'attendait à trouver une selle qui agrippe, il glissa de l'autre côté, retombant sur ses fesses lourdement. Se relevant avec toute la dignité qu'il lui était permis d'avoir dans ces moments de solitude là, accompagnés des rires des personnes présentes, il brandit un peu plus haut la barbe à papa, et grimpa avec bien plus de précaution sur sa monture plus fougueuse qu'il ne l'aurait cru.

- A défaut de mon charisme et ma fierté, j'ai au moins sauvé la gourmandise !

A l'évocation de tous ces lieux magiques et enchanteurs, Ezekiel réfléchit. Le choix était cornélien, et il ne voulait pas tourner en rond (même si le manège ne ferait que cela, mais passons). Massant son menton, il eut juste le temps de s'accrocher à la barre empalant son cheval avant de trouver la destination.

- Allons à Brocéliande ma mie, allons rencontrer Merlin et pourfendre la fée Morgane. Le périple sera périlleux, mais le jeu en vaut la chandelle ! Brandissant sa barbe à papa comme un chevalier le ferait avec son épée, il clama haut et fort un : Taïaut ! Sus à l'ennemi, mort aux barbes à papa carnivore !

Croquant à pleines dents dans son épée ou presque, il savait qu'il était ridicule, à n'en point douter, mais il riait le premier de ça pour le coup. Il était sur un carrousel, il était en charmante compagnie, il se sentait bien, presque entier aurait-il dit, et ce n'était pas les regards perplexes et emplis de pitié qui arriveraient à ébranler cela. Il regarda Calista, lui tendant son arme rose, avant de lui dire entre deux rires :

- J'ai bien conscience d'avoir l'air d'un gland, mais tant mieux, je suis Merlin après tout !!

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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Mer 6 Nov - 9:27

Loin des chaînes du passé, Calista vit enfin le présent sans entraves. Assise sur son cheval de bois, elle tire un peu sur sa robe qui est remontée à cause de la position. Elle comprend pourquoi les femmes nobles avaient pour habitude de monter en amazone. Féminité et équitation ne font pas toujours bon ménage. Du coin de l’œil, elle aperçoit son compagnon de voyage qui glisse et tombe sur le sol. Cela lui arrache un sourire, loin d'être moqueur non il est plutôt attendri. Ezekiel a dit que les autres avaient pour habitude de fuir sa maladresse, de la juger pesante. Elle la trouve touchante au contraire, comme si cela faisait partie intégrante de l'homme. Ne dit-on pas que lorsque l'on aime quelqu'un on chérit aussi ses défauts ? Il se redresse et s'accroche à la bride de sa monture d'une main plus sûre. Autour d'eux quelques enfants s'émerveillent ou s'impatientent.

La musique joue et le manège se met en marche. Zéphyr commence à monter puis descendre, comme s'il galopait pour de vrai. Un doux sourire ne quitte plus les lèvres de la belle cavalière qui regarde toujours vers celui qui l'accompagne. Et loin de tourner en rond sur son carrousel, elle s'imagine filant vers la forêt de légendes, berceau de magie.


- Alors nous chevaucherons jusqu'à la fontaine de Barenthon où Viviane et Merlin se rencontrèrent pour la première fois en espérant ne pas croiser de lions ou d'esprits maléfiques. C'est là dit-on qu'il lui a enseigné sa première leçon de magie. Nous irons voir miroiter les eaux du lac qui fit la légende d'un des plus grands chevaliers de la Table Ronde, Lancelot. Peut-être qu'il acceptera de nous conter son histoire et son amour pour Guenièvre, sa fuite du Val sans retour.

Sans y penser, elle ferme les yeux comme pour mieux s'évader vers cette légendaire contrée qui inspira tant de merveilleuses histoires. Elle se voit parfaitement avancer main dans la main avec son nouvel ami parmi les arbres, gardiens des secrets de ces lieux enchantés. Cali n'aurait d'yeux pour aucun autre que son chevalier blanc. Il faudrait tout de même qu'elle veille à ce qu'il ne manie qu'une épée de bois, ce serait plus sage. L'assistante rouvre finalement les paupières, se reprochant elle-même cet esprit si rêveur qui la conduit bien souvent sur les sentiers de l'imaginaire. Il ne faudrait pas qu'elle se perde un jour. Adressant un sourire un peu désolé au jeune homme, elle s'excuse à demi-mots pour son esprit emporté.

- Tu dois me trouver un peu idiote non, de trouver prétexte à la rêverie ? Je passe tant de temps le nez dans les livres que j'ai parfois tendance à me perdre dans des songes.

Elle caresse le bois verni de sa monture, encore un peu pensive. Le manège tourne et tourne encore, comme dans son imaginaire la brune ne voit qu'Ezekiel.

- Tu sais que je ne suis jamais montée à cheval pour de vrai ? Je me demande ce que cela fait de galoper cheveux au vent, en harmonie avec l'équidé. Si tu pouvais vivre à une autre époque, laquelle choisirais-tu ? J'aurais aimé traversé les âges et goûter aux plaisir de l'Antiquité, au faste de la Renaissance. Vivre les grandes ères de notre monde, l'évolution de l'humanité.

Le carrousel ralentit, annonçant la fin de ce tour. Il finit par s'immobiliser, les enfants réclament un autre voyage avec plus ou moins de résultat et parfois quelques larmes. Calista descend quant à elle de Zéphyr qui trouvera probablement très bientôt un autre cavalier. En mettant pied à terre, elle éprouve un léger vertige à cause du tournis. Elle n'aurait sans doute pas dû abuser autant du sucre. Avant qu'elle ne se retourne, le jeune homme est auprès d'elle. Elle lui sourit d'un air rassurant avant de quitter le manège en sa compagnie. Il lui tend la main pour l'aider à descendre. Elle ne se fait pas prier pour la saisir, trop heureuse de ce nouveau contact et alors qu'ils retrouvent la terre ferme elle n'a nulle envie de la lâcher. Il faudra bien pourtant, alors elle frôle sa main de son pouce avant de se faire en plongeant sans même s'en rendre compte son regard dans le sien.


- Finalement je suis bien à cette époque, surtout en cet instant.

La brune s'immobilise sans quitter l'écrivain des yeux. C'est un de ces moments où l'on peut se passer de mots, où l'on voudrait être maître du cours du temps pour pouvoir le stopper à loisir. Sauf qu'il n'est nullement figé et qu'un enfant impatient la bouscule pour monter au plus vite sur le cheval de son choix.

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Ezekiel Styn


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Dim 10 Nov - 0:39

Alors que le manège s'était élancé, il regarda son cheval de bois. A part Calista, il était le seul adulte, au milieu des enfants qui parfois lui coulaient un regard étonné, mais vite délaissé pour profiter de l'amusement de galoper comme un petit prince, ou une aventurière princesse. Il tourna la tête vers Calista, dont la tenue ne se prêtait effectivement pas à une chevauchée, et détourna vite le regard vers une partie de l'anatomie qu'il n'était pas censé voir en pareilles circonstances.

Il tata le flanc de sa monture, souriant :

- Hey, je n'ai pas révélé ton nom avec ma compagne d'aventure. Calista, je te présente .... Luck !! Il n'y avait que lui pour compenser ma maladresse et éviter que je me rompe la nuque au premier galop ! Luck, voici Calista et Zephyr. Excuse le, il n'est pas très bavard quand il ne connaît pas les gens.

Une fois les présentations terminées, il fit mine de taper avec ses étriers, et partir au galop en se penchant sur le cheval.

- Ne nous rends pas ridicules Luck, tu n'arrives pas à les semer ! Je t'ai connu plus en forme dis moi, tu as dû manger trop de foin avant le départ, tu es incorrigible.

Il se redressa un peu alors que Calista racontait les histoires qui entouraient la forêt de Brocéliande, de Merlin l'Enchanteur aux légendes arthuriennes. Il garda le silence quand elle marqua un temps, et se contenta de l'admira en train de fermer les yeux. Cette femme était la douceur incarnée, il ne voyait nulle malice en elle, et il songeait qu'elle avait la même naïveté envers autrui, et la même bonté à distiller sans compter. Elle serait magnifique en reine d'autrefois, dans un apparat simple mais qui saurait la mettre en valeur. Quiconque la verrait serait conquis par l'aura qu'elle dégagerait. Il aimerait être son champion, son protecteur envers et contre tout, mais sa malédiction lui rendrait la vie plus compliquée qu'elle ne l'aiderait à régner avec bienveillance sur son royaume. Mais comme tout cela serait un rêve idéal, peut-être pourrait-il espérer un peu de chance cette fois-ci ?...

Il se rendit compte qu'il la fixait sans détour quand elle reprit la parole, et Ezekiel reprit un peu ses esprits.

- Idiote, pourquoi serais-tu idiote d'avoir des rêves, des pensées joyeuses et simples ? Les gens trop terre à terre loupent bien des choses au contraire, et être rêveur a parfois du bon. Ce n'est sûrement pas moi qui vais te blâmer de te réfugier dans l'imaginaire pour prendre du bon temps, j'ai fait tout le long de ma vie !

Ezekiel lui sourit de nouveau, jamais à dire vrai il n'avait autant sourit à la même personne aussi longtemps. Il inspira un grand coup, appréciant l'instant à sa juste valeur, et croqua dans la barbe à papa pour l'entamer un peu plus encore. Il se pencha ensuite vers Calista - sans tomber cette fois, il avait bien retenu la leçon - et lui tendit le concentré de gourmandise rose.

- Tu aimerais monter à cheval ?! Je l'ai fait assez souvent au Nevada, c'était indispensable pour surveiller et protéger le bétail. Je pourrais t'apprendre à l'occasion, même si ta première impression sur ce cheval n'a pas dû te rassurer ! Mais à ma décharge, Luck est un peu cabotin, il aime bien me ridiculiser devant les jolies dames.

Il toussota un peu comme pour accentuer la nullité de son excuse, mais rit un peu, sans donner l'impression qu'il ne pensait pas ce qu'il disait. Ses yeux d'ailleurs trahissait sans nul doute à quel point il était tombé sous le charme de la femme qui chevauchait à ses côtés.

- Hmm ... Une époque.... J'avoue que l'Antiquité me plairait bien, avec ce panthéon divin, et les croyances qui tournaient autour. Pour la Renaissance, c'est plus le manque d'hygiène qui me rebuterait. On a toujours une image du faste comme tu dis, surtout dans les films, mais quand j'ai lu que Louis XIV ne s'était lavé que 3 fois dans sa vie, et avec du vin, ça fait froid dans le dos non ?

Il eut un petit spasme incontrôlé en songeant à quel point l'odeur de saleté devait être insupportable pour son entourage. Mais à l'époque, le roi était le roi, et surtout, tout le monde faisait ainsi ... Difficile de l'en blâmer.

Le manège ralentit puis s'arrêta, et armé de sa barbe à papa, il descendit pour aider Calista, et lui tendit la main en souriant. Vu sa tenue, la chose n'était pas aisée tout en conservant une robe qui cachait le minimum syndical, mais avec son aide, elle y parvint fort heureusement.

Leurs mains se tiennent un peu plus que la nécessité le commanderait, et c'est avec une pointe de regret que la chaleur de leurs doigts s'éclipsent. Déjà les nouveaux cavaliers en herbe se bousculent, et Luck et Zephyr sont pris d'assaut, et seront sûrement rebaptisés par la même occasion.

Ezekiel saute la petite marche séparant le manège du béton, et opine aux propos de Calista.

- Je ne voudrai en cet instant être nulle part ailleurs qu'ici.

Ce qui le poussa à faire cela, il n'en savait rien. Un instinct, une impulsion, une envie soudaine ? Peut-être les trois en même temps. Toujours est-il qu'il reprit la main de Calista au creux de la sienne, et s'éloigna ainsi du manège qui reprenait sa course.

- Un jour nous ferons du cheval à deux Calista, et je t'apprendrai à monter. Nous irons dans un endroit où nous ne serons pas dérangés par la vie urbaine, et nous ferons face à la Nature, petits grains de sable que nous sommes. La Liberté dans toute sa splendeur, voilà ce que je vais essayer de t'offrir. Je t'en fais la promesse.

Ezekiel regarda le ciel un instant, imaginant probablement les steppes que les cow boys devaient parcourir quelques siècles auparavant. La vie devait être rude, sans pitié, mais se retrouver au milieu de l'immensité de paysages à couper le souffle, ça n'avait pas de prix.

L'heure tournait, et l'après midi était déjà bien entamée. C'était toujours ainsi quand on ne s'ennuyait pas, et le temps avait filé à la vitesse de la lumière.

- Je te raccompagne jusqu'à la porte de ton immeuble si tu veux, en tant que protecteur gaffeur attitré, je ne peux pas prendre le risque de te laisser seule dans cette jungle urbaine où mille dangers rodent à chaque coin de rue ! Mais si tu as peur que je sache où tu habites, je me contenterai quand même avec l'excellente journée que nous passons ensemble.

Et puis, il avait toujours sa main dans la sienne, et aucun paysage en cet instant ne valait cette fugace étreinte.
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Calista Freeman


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Dim 10 Nov - 21:55

Elle n'en finit pas d'être surprise auprès de cet homme, et ce toujours de la plus agréable manière. Cali ne ressent pas le besoin de cacher qui elle est vraiment, comme si pour une des premières fois de sa vie quelqu'un pouvait l'accepter telle qu'elle est. D'habitude elle garde son jardin secret pour elle seule. Oh bien sûr, il reste cette appréhension dictée par des années de brimades. Pourtant chaque fois les mots d'Ezekiel balaient de la moindre crainte jusqu'au plus infime petit doute. Et le sourire n'en finit plus d'éclairer son visage chaque fois qu'il lui parle ou qu'elle le regarde.

- Cela me plairait énormément oui, si tu n'as pas peur que je sois trop mauvaise élève. Je ne sais pas si l'on trouve des ranchs tout près de Los Angeles. Il existe des vignobles alors pourquoi pas des élevages de chevaux... Je me renseignerai.

L'assistante s'y verrait presque déjà, lui et elle trottinant paisiblement sur fond de soleil couchant à dos de leur monture. Ma pauvre Calista, songe-t-elle, tu es décidément trop romantique. Elle a bien du mal malgré tout à ne pas laisser son imagination gambader vers les scénarios possibles la mettant en scène avec cet homme au regard si troublant. Elle s'accroche comme elle peut à la réalité qui, avouons-le, n'a pas tant à envier aux plus jolis rêves. Leurs chevaux ne sont que de bois mais ils sont bel et bien tous les deux à partager leurs goûts, leurs préférences. Sa remarque sur le manque d'hygiène lui arrache un petit rire.


- J'avoue que je ne me représentais que le côté fastueux de cette époque. Je tiens un peu trop à la propreté oui sans doute pour me sentir à l'aise à la cour de Louis XIV. Au moins à l'Antiquité, on utilisait les thermes.

Redescendus dans le monde des adultes, ils marchent un peu côte à côte. La jeune femme sent la main de l'écrivain venir reprendre la sienne. Loin de s'en offusquer, ce nouveau contact si chaud au creux de sa paume fait battre son cœur un peu plus vite. Elle se fait l'impression d'être à nouveau collégienne aux prises avec les balbutiements de ses premiers émois. Pour être honnête, elle n'a aucun souvenir de son premier baiser ni de celui qui lui a donné. Cela pourrait tout aussi bien être la première fois qu'elle tombe amoureuse tant ce qu'elle ressent à cet instant est intense. Il lui parle d'une balade à venir et il y a aussi ce musée qu'ils aimeraient tous deux visiter. Des occasions autant prétextes à se retrouver que motivées par l'envie de découvrir de nouvelles choses ensemble. C'est étrange comme, bien qu'elle ne le connaisse que depuis peu, il lui apparaît comme une évidence de le revoir. Elle sourit, heureuse comme elle l'a rarement été dans sa vie tortueuse. Oui, Calista se nourrit de ce bonheur si simple que d'être auprès de lui, sentir ses doigts bouger autour des siens, le voir lui sourire en retour et deviner les constellations qui peuplent ses yeux qu'elle voudrait ne jamais quitter.


- J'aimerais beaucoup oui. Je n'ai connu que la ville néanmoins j'aime les petits coins de verdure.

Il est des choses qu'elle n'ose pas dire encore, parce qu'elles lui font peur. Et puis certains moments comme celui-ci se passent d'explications. Il suffit de se laisser porter par la brise si douce, voler un peu plus haut sans redouter la chute pour une fois. Même si elle finit par arriver, la gravité se rappelle à vous. Lira-t-il la détresse dans son regard alors qu'elle se tourne vers lui ? Devinera-t-il que même s'il commence à être tard elle n'a aucunement l'envie de rentrer chez elle ? Ne devrait-elle pas se dérober et chercher un moyen de rester plus longuement à ses côtés ? Être raccompagnée cela signifie se quitter. Et s'il ne voulait plus la rappeler ni la revoir ? Ce ne serait pas la première fois qu'elle entend de vaines promesses. Et pourtant son petit cœur tout chabada semble décidé à croire en Ezekiel. Elle esquisse un sourire d'un coup moins radieux, moins épanoui en hochant la tête.


- Prenons un taxi alors sauf si tu préfères le bus, bien que je n'ai aucune idée de la ligne à prendre d'ici. C'est très gentil à toi de proposer de me raccompagner. C'est à côté du boulevard Jefferson. Cela ne t'éloigne pas trop de chez toi au moins ? Je ne voudrais pas que tu te retrouves perdu ou à l'opposé de là où tu vis.

Sans même s'en rendre compte, l'assistante serre un peu plus fort la main dans la sienne. Une façon peut-être de s'accrocher encore à lui, elle n'a aucune envie que leurs chemins se séparent déjà. Il faudra bien s'y faire. Elle n'est pas du genre capricieuse et l'écrivain a peut-être mieux à faire de sa soirée. Cette idée l'attriste un peu pourtant. Ils finissent par trouver un taxi, leurs doigts sont contraints de se séparer ce qui attise un peu plus la peine qu'elle ressent à cet instant. Elle devrait se réjouir pourtant ! Elle a passé la plus incroyable des après-midis et même si elle se termine, elle est plus riche ce soir du temps qu'ils ont passé ensemble. Assise sur la banquette arrière, la brune indique son adresse au chauffeur avant de se caler contre le dossier. Elle tourne la tête vers Ezekiel.

- Tu conduis ? Je n'ai pas de voiture, dans les grandes villes on s'en passe très bien.

Elle se moque du trajet en tous cas, si ce n'est qu'elle espère qu'ils tomberont dans des embouteillages histoire qu'il dure le plus longtemps possible. Elle n'a d'yeux que pour le passager près d'elle, détaillant les traits de son visage. Elle compte bien les graver dans sa mémoire et que cette maudite ne s'avise pas d'essayer de l'en empêcher !

- Je te remercie encore pour ce délicieux moment que nous avons passé ensemble. J'espère que nous aurons l'occasion de remettre cela prochainement. Tu as mes coordonnées de toute façon.

En baissant le regard, elle aperçoit sa main posée sur la banquette, une belle et grande main d'homme. Une main qui raconte aussi la rudesse du travail à la ferme. Cali hésite avant de venir y déposer la mienne très doucement. Elle a comme une boule qui lui noue l'estomac.

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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Jeu 14 Nov - 23:06

- Je te rassure, ou pas d'ailleurs, mais je ne suis pas le Robert Redford qui murmurait à l'oreille des chevaux. J'ai appris sur le tas quand j'étais plus jeune, et côté chute j'ai eu mon lot avant de savoir enfin galoper. Mais on a tout notre temps, et s'il le faut je marcherai à côté de toi et de ton cheval, tu ne risques pas de tomber ainsi.

Et puis se disait-il plus égoïstement, cela lui permettrait d'être plus proche d'elle, voir de lui tenir la main, pour qu'elle ne chute pas évidemment ! Même à lui-même il ne savait pas se mentir.

Il découvrait ces nouvelles sensations, que le commun des mortels vivait bien 15 ans avant lui. Il avait plus chaud, transpirait un peu sous sa chemise alors que sa main venait rejoindre celle de Calista, pour la serrer un peu. Il aurait compris qu'elle retire sa main, pour lui faire comprendre que toute bonne journée soit-elle, elle restait amicale. Mais il avait franchi ce cap de la timidité, car il se dit que Calista serait peut-être la seule femme à l'accepter comme il était, tout en incarnant l'idéal féminin tel qu'il se l'imaginait : compréhensive, douce, timide, et dont le charme et la classe naturelle ne faisaient que parfaire un tableau déjà idyllique.

Et quel ne fut pas son soulagement alors qu'elle raffermit cette prise si simple, et si lourde de sens. Ils avaient vraisemblablement franchi une nouvelle étape dans la complicité qui les liait, bien que ni l'un ni l'autre n'oserait l'avouer franchement. La timidité n'avait pas que du bon après tout. Mais après tout, était-ce là le plus important ? Ils n'avaient de compte à rendre à personne, et ils vivraient ce qu'ils avaient à vivre à leur rythme, à leur manière.

Ezekiel redoutait cependant de décevoir Calista par son inexpérience, cette méconnaissance quasi absolue à décoder les signes positifs ou négatifs, les moments où il faut s'armer de courage pour sauter le pas de ceux où il vaut mieux faire profil bas. Son esprit fonctionnait à 200 à l'heure, où les scénario défilaient les uns après les autres, de l'utopique au catastrophique. Aucun sens logique ne parcourt le cerveau du pauvre égaré, la passion ayant en un claquement de doigt englouti la raison qui dictait ses pas depuis si longtemps. Que lui arrive-t-il ?... Est-ce cela, le bonheur d'être à deux ?... Il aurait loupé ce tsunami émotionnel depuis tout ce temps ? Comment peut-on préférer la solitude quand le cœur prend les rennes, il n'en savait plus rien à présent. Il ne savait d'ailleurs plus rien du tout.

Tant de journées où il trouvait le temps trop long, où les livres n'arrivaient pas à balayer l'ennui qui s'instillait dans ses heures creuses. Et voilà que celle-ci file à toute allure, comme pour lui faire échapper ce moment d'accalmie et de félicité qui lui avait tant fait défaut plus jeune. Ingratitude ! Pour une fois dans sa vie multi-millénaire le soleil ne pouvait-il pas ralentir sa course ?! La seule chose qu'il pouvait encore offrir était de la raccompagner, ne sachant ni où elle habitait, et voulant prolonger ce rendez-vous parfait même dans ses imperfections.

- Le bus est plus économique, même si à l'aller j'ai eu quelques démêlées avec. Je ne suis pas rancunier pour autant, mais j'ignore totalement quel bus prendre pour aller du côté du boulevard Jefferson. Oui, car je suis bien incapable de situer le boulevard Jefferson en fait.

Ezekiel rit de son ignorance, légitime après tout, il n'était encore qu'un "presque plus touriste" de Los Angeles, et il serait même presque capable de se perdre dans son propre quartier. Encore que, l'odeur des différentes drogues lui permettait de savoir à côté de quel appartement il se trouvait. Très utile la nuit quand l'éclairage commun ne fonctionnait pas !

- Ne t'embête pas de savoir où je vis, je n'ai jamais à cœur de rentrer chez moi, le plus tard sera le mieux. Et si je dois marcher un bout de temps, hé bien je marcherai un bout de temps, ce n'est pas ça qui me fera peur !!

Ezekiel jeta un regard rapide sur cette petite main venant un peu plus serrer la sienne. Il sourit gauchement, bien que son visage respirait le bonheur sincère. L'attente n'en est que plus légère, et finalement si tous les taxis venaient à se mettre en grève en cet instant précis, il s'en féliciterait. Mais sa malchance chanceuse devient une chance malchanceuse alors qu'un taxi s'arrête près d'eux, les obligeant à se séparer de quelques centimètres faisant office d'un gouffre de solitude.

Une fois installés chacun de leur côté, Ezekiel écouta la question de Calista et y répondit dans la foulée.

- Oui j'ai mon permis, mais je n'ai pas de voiture, trop chère à l'usage et à l'entretien pour quelqu'un comme moi. Et puis tu as raison, Los Angeles est très bien desservi côté transport en commun pour rejoindre d'un bout à l'autre la ville sans trop de difficultés.

Ezekiel regarda les rues défiler les unes après les autres, au son étouffé de la radio qui diffusait un morceau de rock des années 70. Cela changeait des boum boum contemporains, où la platitude des paroles semblait être compensé par des grosses voitures en arrière plan, et des bimbos dénudées qui se trémoussaient sans raison. Encore une logique qu'il ne comprenait pas. Un peu dans ses pensées, il se sentit rougir alors qu'elle le remerciait de cette journée. Mais c'était à lui de dire cela !!

- Oh .... Tu sais, c'est la première fois, non vraiment, la vraie de vraie toute première fois que je passe pareille journée en compagnie d'une femme. Tout est nouveau pour moi, je dois te paraître plus gauche encore que je ne le suis déjà de base. Je compte bien m'améliorer pour toi en tout cas !

Détournant un peu le regard, il comptait bien tenir cette résolution coûte que coûte, tant le jeu en valait la chandelle. Et quand sur sa main il sentit de nouveau ce contact si nouvellement familier se poser doucement, cela ne lui fit que renforcer plus encore cette conviction. Si elle voulait faire un bout de chemin avec lui, il se plierait en quatre pour la rendre heureuse, car à travers le bonheur qu'il verrait dans ses yeux, c'est le sien qu'il nourrirait, tout en lui faisant oublier cet abruti d'ex-mari.

Calista lui indiquait qu'ils n'étaient plus très loin de la destination, et alors qu'il allait ouvrir la bouche pour la complimenter, il sentit son corps partir en avant, alors le véhicule venait se percuter une autre. Les deux avaient mis leurs ceintures, et si Calista ne fut que brutalement secouée par le choc, Ezekiel se cogna la tête contre l'arrière du siège conducteur, s'ouvrant le front comme un boxeur après un crochet du droit.

L'accident n'était pas grave, un simple accident comme il en arrive des dizaines chaque minute aux Etats Unis, mais en se touchant le front, les doigts d'Ezekiel sentirent ce liquide chaud et poisseux venant rougir le bout de ses doigts.
Blessure sans grande gravité, plus impressionnante visuellement que dangereuse en soi, mais Ezekiel soupira en croisant le regard de Calista.

- Positivons, je pense qu'il nous offrira la course pour le coup .... Tu vas bien, c'est surtout cela qui compte.

Il la détailla de haut en bas, à la recherche d'une éventuelle blessure, avant de la fixer de nouveau.
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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Sam 16 Nov - 10:05

Un doux sourire ne quitte quasiment plus ses lèvres depuis qu'elle est en sa compagnie. Elle n'a jamais reçu ni entendu autant de compliments et de choses gentilles en si peu de temps. Cali mentirait en disant que cela n'est pas plaisant, son côté modeste fait qu'elle est aussi parfois un peu mal à l'aise, surtout parce qu'elle ne sait pas bien quoi répondre ou comment réagir. Pour cette fois en tous cas, elle se contente de secouer la tête.

- Ne change rien, je t'apprécie exactement tel que tu es. Tu es d'une compagnie vraiment plaisante comme je le disais et je ne te trouve pas aussi gauche que tu le penses. Et puis je suis également maladroite et réservée, je suppose que c'est une des raisons pour lesquelles nous nous sentons bien l'un près de l'autre. Nous sommes semblables par de nombreux côtés, plus facile ainsi de se comprendre.

Elle jette un œil à la route, à ce qui les entoure en essayant de se repérer pour savoir où ils en sont du trajet. La brune ressent un mélange d'appréhension et de tristesse en sachant qu'ils approchent de son point de chute. Le moment de se dire au revoir sera trop vite arrivé. Elle n'en a pas envie bien qu'elles espère et même croit qu'ils se reverront dans un avenir plus ou moins proche. Cela ne dépend pas que d'elle évidemment, enfin elle est convaincue qu'Ezekiel aussi voudra réitérer un moment ensemble. Le bruit du coup de freins puis du choc métallique des deux voitures s'encastrant, la jeune femme se retrouve poussée vers l'avant. Sa ceinture heureusement l'empêche de se faire mal, elle ressent juste une petite douleur d'avoir été compressée par cette lanière subitement. Cela lui vaut une belle frayeur en tous cas, plus de peur que de mal heureusement pour elle. Son visage se tourne vers l'écrivain à ses côtés et elle constate qu'il s'est ouvert l'arcade. Comme souvent pour ce genre de blessure, la plaie se met à saigner assez abondamment. Cela reste impressionnant surtout lorsque l'on ignore que c'est généralement bénin.


- Ça va, mais toi tu t'es ouvert.

Elle fait une moue ennuyée, presque comme si elle souffrait avec lui. Ses doigts cherchent à l'intérieur de son sac pour en extirper le paquet de mouchoirs en papier. Elle en prend un et délicatement l'appuie sur la blessure, tamponnant un peu le sang qui ruisselle sur le visage du charmant jeune homme. Le conducteur du taxi se confond en excuses et se gare un peu plus loin puisqu'ils sont arrivés à destination. Elle laisse à Ezekiel le soin d'appuyer le mouchoir sur sa blessure le temps de descendre du véhicule. Probablement parce qu'il a entendu l'un des clients en parler, le chauffeur décide de ne pas leur facturer la course et les laisse là sans doute pour rattraper au plus vite cette perte d'argent après avoir vérifié que son outil de travail n'était pas trop amoché.

- Je ne peux pas te laisser rentrer comme ça... Tu veux monter un peu histoire que je désinfecte ta plaie et que j'y mette un pansement ?

S'il objecte pour ne pas la déranger, elle insistera. Elle se sentirait trop mal de le savoir retournant à son domicile seul dans cet état même si ce n'est pas grands choses. Son côté maternel qui parle probablement... Tandis qu'ils gravissent les marches du perron sa main cherchant dans une des poches du sac le trousseau de clés, la jeune femme réalise qu'elle est en train d'amener un homme chez elle. Et si la perspective de le quitter déjà lui rendait le cœur lourd tout à l'heure, elle se sent à présent mal à l'aise à l'idée de laisser celui qui lui plaît tant pénétrer dans son intimité aussi tôt. Certes cela n'a rien de prémédité, elle va juste le soigner néanmoins elle éprouve une indéniable nervosité. Elle ouvre la porte principale de son immeuble avant de s'y glisser avec son invité de fortune à sa suite.

- Je vis au second étage. Ça saigne toujours ?

La brune délaisse l'ascenseur comme à son habitude pour grimper les escaliers à pieds. Devant sa porte, elle glisse une autre clé dans la serrure pour déverrouiller son appartement. Elle laisse Ezekiel entrer puis met le trousseau dans la serrure de l'autre côté, meilleure façon avec sa petite mémoire de ne pas l'égarer. Après un couloir, ils débouchent dans le salon qui fait aussi office de salle à manger et est ouvert sur la cuisine. L'endroit est meublé avec élégance, des tons neutres pour les meubles, des touches de couleurs dans les dégradés de bleu avec les rideaux, les coussins et quelques tableaux aux murs. Des portraits d'Emily finissent d'égayer les murs, on voit plus rarement sa mère poser avec elle même si on la reconnaît sur certains clichés où elle a l'air heureuse bien qu'intimidée par l'objectif. Il émane de la pièce une atmosphère douillette. Une large bibliothèque attire l’œil sur la grande collection d'ouvrages rangés sur les étagères, les classiques selon Calista dont presque tous les ouvrages de Jane Austen, de Shakespeare ou de grands poètes britanniques comme américains.

- Tu peux t'installer sur le sofa si tu veux ou sur une chaise selon ta préférence. Je vais aller chercher de quoi m'occuper de ta blessure.

Elle accroche son sac dans l'entrée avant de se diriger vers une porte entrouverte qui donne sur la salle de bain. Il lui faut quelques secondes pour retrouver où elle a rangé la trousse de premiers secours. Elle y récupère le nécessaire, se lave les mains avant de retrouver l'écrivain. La jeune femme s’installe près de lui, elle humidifie le coton avec de l'antiseptique afin de nettoyer la coupure, effaçant par la même occasion les traces de sang. Elle procède avec une infinie douceur, évitant de se laisser trop happer par le regard si troublant d'Ezekiel.

- Cela ne pique pas trop ?

En bonne infirmière, elle vérifie si le sang coule encore, appuyant sur la plaie au besoin pour que cela s'arrête. Une fois fini elle dépose un pansement et sourit à son patient.

- Voilà, cela devrait aller. Est-ce que tu veux boire quelque chose tant que tu es ici ? Je peux te proposer café, thé, chocolat, jus de fruits, ou eau gazeuse. Je dois avoir un peu de soda également, ou du vin si tu préfères... Aucun alcool fort en tous cas. Je ne reçois pas beaucoup. Ah si ! J'ai du rhum, j'aime en mettre dans certains plats.

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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Mar 19 Nov - 9:18

Ezekiel aurait-il eu le temps de voir défiler sa vie ? Probablement pas vu la force toute relative de l'accident. Un accrochage - un peu plus puissant cela dit - comme il y en a tous les jours, à toute heure, dans toutes les villes de ce monde. Néanmoins Ezekiel fut surpris malgré la ceinture de se cogner contre l'arrière du siège conducteur, avant de constater que la sangle était lache, témoignant du peu d'efficacité si l'accident avait été plus grave.

Il songeait parfois - et cet instant en était un - comment avec tout ce qui lui tombait dessus, il arrivait encore à être en vie, et en un seul morceau. Comme si son existence se résumait à la lutte entre un diablotin moqueur, et un ange gardien dépassé par les événements, faisant ce qu'il pouvait.

Toujours est-il que son œil gauche clignait pour repousser le sang qui se mettait à couler juste au dessus, ce que ne tarda pas à confirmer Calista quand elle lui dit qu'il s'était ouvert. Ses doigts étaient déjà rougis quand Calista se mit à tamponner avec un mouchoir sa plaie, et Ezekiel s'immobilisa. Il loua les sacs des femmes, boite de Pandore à trésors pour n'importe quelle situation délicate. Mais aussi parce qu'on s'occupait de lui. Sa mère avait abandonné très vite l'idée de lui soigner ses bobos quasi quotidien , et Ezekiel s'était résigné dès son plus jeune âge à gérer ce genre de tracas seul. Il était rarement malade, à part une rhume ou une grippe tout au pire, mais souvent blessé, et des petites cicatrices ci et là témoignaient des affres de sa jeunesse chaotique et cahoteuse.

Tout en tenant la mouchoir fermement sur sa plaie sanguinolente, Ezekiel descendit, et rougit un peu malgré le sang perdu quand elle lui proposa de monter chez elle.

- Oh, non non Calista, ne t'ennuie pas avec cela, je trouverai bien sur la route un médecin, ou un hôpital qui désinfectera la plaie et il n'y paraîtra plus, c'est gentil.

Très gentil, et peu habitué à ce genre d'attentions, il était un peu perdu sur comment réagir de la meilleure manière qui soit. Il était habitué à son quotidien parsemé de blessures en tout genre, pas elle. Normal qu'elle s'inquiète, mais son insistance eut raison de sa timidité.

- Bon, d'accord alors, juste le temps d'essuyer la plaie, et je ne te dérange pas plus longtemps.

Il le suivit un peu géné jusqu'au perron de son immeuble, se contentant d'appuyer en silence sur son mouchoir désormais couleur carmin. A sa question, il éloigna un peu le mouchoir de son arcade, tapotant délicatement pour constater qu'il continuait de s'imbiber toujours.

- Oui, mais beaucoup moins je dirai. Peut-être parce qu'il ne doit me rester qu'un demi litre dans le reste du corps. répondit-il avec un mi-sourire, avant de suivre dans les escaliers Calista jusqu'au second étage, évitant de darder son regard vers le charmant fessier qui traçait une ou deux marches plus haut la route devant lui. Au moins cette fois-ci il n'aurait pas rougi !

C'était avec une réelle gêne de ne pas être là où il devrait normalement être qu'Ezekiel pénétra dans le domicile de Calista. S'il suivait à la trace cette dernière, il ne put s'empêcher de détailler l'agencement des lieux. Comparé à son propre appartement - pour peu qu'il puisse appeler cela un appartement - tout était de bon goût, simple et délicat comme sa propriétaire. Cette fois-ci, il eut la pudeur de regarder discrètement les portraits accrochés au mur où elle posait avec sa fille, une beauté innocente partie bien trop tôt. On pouvait sentir cependant un bonheur simple d'un temps passé, et Ezekiel sourit en voyant bien souvent l'air mal à l'aise ou timide de Calista sous le feu des projecteurs.

Il remarqua la salle au trésor, où récits, épopées et romans se disputaient pour être celui qui attirerait le plus le regard du futur lecteur. Tout était rangé consciencieusement, et Ezekiel stoppa net sa course alors que Calista lui parla de s'asseoir. Il en avait oublié sa blessure l'espace d'un instant, et il s'en serait voulu à vie s'il avait taché de sang un de ses livres.

Il opta pour la chaise, plus facile pour Calista de soigner sa plaie, et éviter de tacher le tissu du sofa. Il en avait déjà assez fait pour la journée. Il la regarda s'éloigner, balayant l'appartement du regard dans un silence religieux. A son retour, il se fit de nouveau immobile, comme un enfant soigné par sa maman pour une bétise d'écolier.

Il la regarda faire, réprimant comme il pouvait son sourire un peu enfantin entre deux grimaces de douleur piquante.

- Je devrai survivre. C'est gentil en tout cas de t'occuper de moi.

Il ferma les yeux alors qu'elle apposait sur la plaie le pansement.

- Me voilà fin prêt pour affronter de nouveau le monde ! Oh, euh, ce que tu as d'ouvert, ne sors pas quelque chose rien que pour moi. Un jus de fruits ira très bien, je ne suis pas très alcool non plus. Comme tu as pu voir, je suis suffisamment maladroit à jeûn pour me risquer à être pompette !

Il lui sourit sincèrement en se touchant légèrement le pansement, alors qu'elle s'éloignait pour aller chercher son jus de fruits, et la boisson de son choix pour elle.

- Quelle chance tu as d'avoir une bibliothèque à disposition, et elle m'a l'air bien garnie en plus. Je t'envie ! Il parlait plus fort pour qu'elle l'entende, avant qu'elle ne revienne et ne lui tende son verre, qu'il accepta d'un signe de tête en remerciement.

Quand elle lui proposa d'aller la voir de plus près, il accepta avec grand plaisir. Il la suivit vers la pièce d'à côté, avant de sourire devant ce puits de culture qui s'offrait à lui. Il y en avait de tous les genres, des auteurs classiques aux héros fantastiques, de l'épistolaire au poétique.

Il avait l'air fin avec son pansement au dessus de l'oeil, à observer livre après livre avec des yeux ouverts comme des soucoupes. Il but distraitement une gorgée de son jus de fruits, avant de tourner la tête avec un sourire non feint vers son hôte.

- Tu as un très joli appartement, je pense que je ne te ferai jamais visiter mon ... "chez moi" après avoir vu cela, j'aurai trop honte. dit-il en imitant les guillemets avec ses deux index et majeurs. J'espère rapidement trouver quelque chose de mieux, histoire que je puisse à mon tour t'inviter à découvrir où je vis. Le plus vite sera le mieux.

Il n'en pouvait plus de vivre dans ce coin miteux de la ville, entouré par la misère du monde où les gens semblaient s'y complaire sans chercher à en sortir. Il avait multiplié les réponses aux petites annonces de boulot de courte durée, et il pouvait à peine payer son loyer mensuel. Il ne comptait pas vivre ainsi éternellement, sans même être intéressé par la richesse.

- Demain je postulerai au L.A Times, pour ce qu'ils voudront, si écrire me permet en plus de mieux vivre, je ne vais pas hésiter une seconde. Avec un peu de .... chance, la bonne blague se dit-il un peu de bonne volonté, on arrive à tout n'est ce pas ?!!

Dieu comme il n'avait pas envie de partir, mais il s'était invité par la force des choses chez elle, et elle était sûrement génée de le voir violer d'une certaine façon son jardin intime.

- Merci pour m'avoir soigné en tout cas. Je pense que ma chemise est bonne à jeter après ce qu'elle a vécu aujourd'hui. Le sol, le sable et le sang, pauvre morceau de tissu ! Tu veux peut-être que je te laisse maintenant que je ne me vide plus de mon sang ?... c'était bien sans la moindre conviction qu'il prononça ces paroles, mais il se devait de poser la question. Et puis, ce n'est pas comme si nous n'allions plus nous revoir, nous avons du cheval et un musée à visiter.

Au moins se consola-t-il sur l'évocation d'une future rencontre, si ce rendez-vous venait à s'achever ici.
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Calista Freeman


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Mer 20 Nov - 15:46

La jeune femme jette les cotons sales et autres papiers à la poubelle dans la cuisine. Elle sort ensuite deux grands verres ainsi que des bouteilles de nectar d'abricot et de jus de pomme du réfrigérateur. Elle emmène le tout au salon, laissant son invité choisir ce qu'il préfère. Chacun étant servi, elle se rassoit à ses côtés et prend une gorgée de sa propre boisson.

- Ce sont des ouvrages que j'ai amassé au fil des années. On retrouve principalement les auteurs classiques et ceux que je préfère. Si tu veux en emprunter aujourd'hui ou une autre fois surtout n'hésites pas.

Elle le laisse observer d'un peu plus près sa collection en sirotant son jus d'abricot. Cali lui sourit tandis qu'il complimente son intérieur. Finalement elle se sent un peu plus à l'aise. Ce n'est pas aussi gênant que cela de le voir évoluer dans son espace d'autant qu'il lui inspire vraiment confiance. De nos jours laisser entrer chez soi quelqu'un qu'on connaît depuis peu n'est pas très recommandé. Enfin elle n'est pas d'un naturel très méfiant, à tort d'ailleurs souvent. Elle s'amuse à faire tourner le verre quasi vide entre ses doigts fins tout en écoutant Ezekiel évoquer son propre logement un peu dépité. La jolie brune est consciente d'être chanceuse d'avoir une situation confortable et elle aimerait pouvoir aider son nouvel ami. Il lui vient une de ses idées farfelues qu'on regrette souvent avant même de l'avoir énoncé. Voilà pourquoi elle se garde d'abord d'en parler, tournant et retournant le problème dans sa petite tête. Ses lèvres se pincent en une moue contrite avant de s'ouvrir comme si elle hésitait à dire quelque chose, se pinçant finalement pour garder le silence encore quelques instants. Il semble vouloir prendre congé, remettant au goût du jour cette pointe de chagrin qu'elle a ressenti tout à l'heure lorsqu'ils allaient devoir se quitter.

- Tu peux rester encore un peu si tu n'es pas pressé. Je pourrais nous faire à dîner et on discuterait ou regarderait un film...

A mesure que l'idée tourne et tourne encore, elle devient de plus en plus raisonnable et donc effrayante. Elle imagine ce que cela donnerait si l'écrivain s'installait sous son toit, passer la gêne des premiers jours elle pense qu'elle retiendrait surtout le plaisir de sa compagnie. Au moins elle pourrait le voir chaque soir, mais n'est-ce pas là dangereux ? Cela aurait aussi l'avantage de briser cette solitude qui lui pèse bien souvent. Même si factuellement ils ne se connaissent pas depuis longtemps il a déjà mérité sa confiance et elle se sent bien auprès de lui. Elle prend une grande inspiration avant de finir par se lancer.

- Je suppose que tu vas trouver l'idée un peu folle, je me disais... J'ai une chambre d'ami et de l'espace comme tu peux le voir. Tu pourrais venir t'installer ici, tu n'aurais qu'à me payer chaque mois ce que tu verses pour ton loyer actuel pour les frais et les charges. Et quand tu te seras trouvé un revenu régulier si tu préfères louer ton propre appartement rien ne te forcerait à demeurer ici. Je sais déjà que tu vas m'objecter que tu ne veux pas t'imposer ou me déranger. Vois cela comme une sorte de collocation, tu auras accès aux livres et moi je me sentirais moins seule ici.

Calista se demande si elle n'a pas l'air trop ridicule en lui faisant cette offre. Elle n'a pas envie de donner l'impression de vouloir s'imposer dans sa vie. Bien sûr l'idée de le voir chaque jour, de pouvoir discuter, échanger sur leurs lectures respectives, avoir quelqu'un à qui parler de son travail lui semble terriblement tentante. Pour autant le jeune homme aspire peut-être à plus d'indépendance et elle-même ne souhaite pas voir les choses évoluer trop vite. Tout est déjà si nouveau tant leur complicité qui se tisse que par les émotions si vives qu'il lui inspire.

- Prends-le temps d'y réfléchir si tu préfères, ce n'est qu'une proposition et je ne serais pas contrariée si tu refuses. Pareil pour le dîner, tu es le bienvenu si tu as envie de rester sinon nous nous reverrons prochainement comme tu le mentionnais. Tu continues à me tenir compagnie ou bien tu rentres chez toi ?

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Ezekiel Styn


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Jeu 21 Nov - 21:29

Ezekiel attrapa son jus d'abricot gentiment servi par Calista, avant de jeter un nouveau regard émerveillé par la bibliothèque de Calista. Ce n'était pas là où il était qu'il aurait pu se targuer d'amasser pareil mine d'aventures et de plaisirs, et ce même s'il en avait eu la possibilité. Il ne doutait pas un instant que son appartement aurait été saccagé, et ses ouvrages pillés, brûlés ou dégradés par les haineux de la littérature. Il avait encore la vie devant lui pour parvenir à glaner ce que Calista avait réussi à faire elle.

-Je serai ravi de pouvoir lire tout cela, mais je crains fort que là où je vis, tes livres ne soient pas en sécurité. Et je m'en voudrai trop s'il leur arrivait quelque chose. En tout cas, c'est gentil de m'avoir proposé.

Ezekiel lui sourit avant de boire une gorgée, et de s'inquiéter de l'heure qui tournait. Pour un second rendez-vous, il y avait des hauts et des bas, ou plutôt des bas et des hauts. Les extrémités n'avaient pas été franchement réussies, et dont il était la cause ou la conséquence, alors que le milieu bien meilleur, excellent même si on occulte le mensonge océanique. Arriver en retard et finir en sang chez la femme qui l'a ensorcelé, il y avait mieux comme technique de séduction !

Et c'est peut-être cela qui l'avait tant plus chez elle. Calista semblait l'apprécier pour ce qu'il était, lui et son naturel gauche, sans qu'il n'ait à se forcer à paraître, pour qu'elle soit touchée par son être. Son charme, sa douceur et sa gentillesse avaient achevé de le faire fondre complètement.
Aussi quelle ne fut pas sa surprise quand elle lui proposa de rester à dîner ce soir, et passer la soirée ensemble. Un sentiment de plaisir pur se bousculait avec la gène de s'imposer une fois encore. La journée l'avait peut-être fatiguée, et voilà qu'elle se proposait de cuisiner pour lui. Ça ne se faisait pas !

- Euh ... l'idée me plait énormément oui, mais je ne veux pas m'imposer un peu plus encore tu sais. Et il est hors de question que tu te mettes à cuisiner seule alors que je resterai les bras croisés à attendre. Aussi je te propose d'être ton commis pour la soirée, avec la seule exigence que tu me tiennes à distance de tout objet tranchant !

Ezekiel rit, alors qu'il était on ne peut plus sérieux intérieurement. Il avait déjà suffisamment versé de sang sur son visage et sa chemise pour rajouter un peu d'hémoglobine sur le repas qu'ils allaient préparer.

- Alors chef Calista, que préparons-nous pour notre repas du soir ?!

Une vague d'enthousiasme se dessinait sur son visage au pansement, d'autant plus amusant quand on pouvait y voir des petits lapins et nounours sur celui-ci. Opinant au choix de Calista, il lui laissa le soin de sortir les divers ingrédients, ne voulant pas empiéter sur ce territoire inconnu qu'était la cuisine.

Puis le temps se figea. Un sorte d'immobilisme qui glace le cœur et pétrifie les membres. Ezekiel lavait les légumes quand il écouta Calista proposer son idée. Ses mouvements ralentissaient progressivement, de moins en moins sûr que son cerveau analyse correctement ce que ses oreilles captaient. L'eau coulait sur ses mains désormais sans mouvement. Au bout de quelques secondes qui durent paraître interminables à l'un comme à l'autre, Ezekiel parvint à tourner la tête en direction de Calista, l'air totalement désemparé. Il ouvrit la bouche, bien incapable pourtant de prononcer la moindre parole intelligible. Tapotant sur le robinet, il réussit à éteindre l'eau qui coulait toujours. Même en perdition, il avait toujours ses réflexes écologiques.

Attrapant son verre, il but cul-sec son jus d'abricot, avant de le reposer sur le plan de travail. Il avait bien compris, il n'y avait pas d’ambiguïté, de sous entendus, de mauvaise interprétation ou il ne savait quoi encore. Elle ne rit pas ensuite, elle ne se moqua pas de lui en voyant la tête qu'il faisait après qu'elle ait parlé, non, rien de tout cela, elle lui proposait bien de déménager pour vivre chez elle.

Ezekiel ne savait pas comment réagit face à cette nouvelle inconnue. Il avait déjà vécu avec sa famille, si on pouvait appeler cela une famille, mais jamais avec une personne "étrangère". Certes, il partageait énormément de points communs avec elle, en l'espace de deux rendez-vous, mais était-ce bien raisonnable ? Il imaginait bien le diablotin moqueur se frotter les mains, s'imaginant toutes les crasses qu'il pourrait faire maintenant qu'Ezekiel ne serait plus seul.

Elle lisait en lui, car oui, il allait objecter qu'en tout état de cause, il allait déranger, ou s'imposer. Il oscillait entre raison et passion, raison et passion, raison et passion ... Satané dilemme, entre ce souci de ne pas lui faire du mal indirectement, et cette envie irrésistible d'être proche d'elle, de la voir tous les jours, parler, lire, rire, partager des moments anodins mais si importants à ses yeux.

- Je .... je ne sais pas quoi te dire Calista ... C'est si .. soudain et inattendu.

Ezekiel marqua un nouveau silence, en proie à des pensées confuses. Passion ou raison, passion ou raison, oui, il y avait un point sur lequel passion et raison s'accordaient : Plus de mensonge. Il en avait fait la promesse. Et il lui faisait confiance pour savoir garder un secret.

- Je vais être honnête avec toi Calista, rien ne me ferait plus plaisir que d'habiter ici avec toi. Quitter cet endroit où je vis est une chance inouie, mais surtout vivre non loin de toi est inespéré. Je te paierai ce que je paye là bas - même si ce n'est pas grand chose - et ferait ma part pour les tâches courantes, voir plus car c'est bien la moindre des choses. Je respecterai ta vie privée et me ferait aussi discret que possible quand tu voudras être seule.

Ezekiel opinait avec vigueur, comme pour convertir ses dires en serment inviolable. Il n'était pas à l'aise du tout avec cette situation inédite, et il ne connaissait pas les règles communes à une collocation comme elle l'appelait. Comme il pouvait maudire son inexpérience dans ce domaine parfois !

- Je dois te dire certaines choses avant que tu "n'acceptes mon acceptation" si je peux m'exprimer ainsi. Je te propose que nous mangions tranquillement devant le film de ton choix, et ensuite nous discuterons un peu, tu veux bien ?...

Son ton avait presque celui d'une supplique. Il voulait surtout retarder l'échéance pour deux choses : Trouver le courage et la force d'avoir les mots justes en lui révélant ce qu'il n'avait jamais révélé à personne auparavant, et prolonger le plaisir de sa compagnie un peu plus encore. Car qui savait comme elle réagirait une fois qu'il lui aura tout dit...
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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Sam 23 Nov - 10:02

La jeune femme se réjouit à l'idée qu'il reste manger. Par contre elle n'a aucune idée de ce qu'elle peut préparer pour leur repas. Elle n'est pas très au fait de ce qu'elle a dans le réfrigérateur ou les placards bien qu'elle les ait rempli le matin même. Tandis qu'Ezekiel la suit dans la cuisine, elle ouvre le premier afin de chercher l'inspiration parmi les produits frais. Il faut trouver quelque chose qui se prépare assez rapidement et qui malgré sa simplicité soit bon. Vivant seule, elle ne croule pas sous les provisions. Par chance elle a fait ses courses le matin comme tous les lundis.

- Vu l'heure, je te propose des pâtes aux petits légumes accompagnées de jambon blanc. C'est assez simple en soi, je ferai mieux une prochaine fois mais étant donné que je travaille demain j'aimerais éviter de me coucher trop tard.

Et puisque son invité propose de relever les manches, elle lui tend une courgette, deux carottes et un oignon en le chargeant de les laver et éplucher. C'est le moment qu'elle choisit pour lui faire sa proposition. Le silence de l'écrivain en réaction l'angoisse. Elle regrette presque aussitôt d'avoir parlé bien qu'elle l'ait fait pour lui rendre service au départ. Pour se donner une contenance et ne pas laisser paraître son stress, elle sort le nécessaire à la préparation du plat.

- Je sais oui. Peut-être que l'idée n'est pas bonne même si elle me semble tout à fait valable pour les raisons que j'ai exposé. Je ne te propose rien de plus qu'un toit contre le loyer que tu paies déjà. Je n'aime pas l'idée que tu vives dans un endroit qui te déplaise tant et qui ne semble pas très sûr.

Pour éviter de lire dans ses yeux la gêne, elle se charge de râper les légumes et d'émincer les oignons pour éviter que le maladroit ne se blesse à nouveau. Calista manque de laisser échapper le couteau de cuisine lorsqu'il avoue que l'idée de vivre près d'elle est séduisante. Son cœur recommence à faire des siennes en s'emballant et il lui faut faire un terrible effort pour ne pas se retourner et lancer un regard vers lui. Elle se concentre sur la cuisine en essayant d'ordonner ses idées. Finalement elle sourit à son invité.

- Je ferai de même, mais tu sais je n'aime pas beaucoup la solitude. Je ne te fais pas cette proposition à contrecœur au contraire. J'y ai réfléchi avant de me lancer. Je suis certaine vu nos caractères respectifs et nos goûts communs que la cohabitation se passera bien. Ce sera même plus confortable sans doute pour tous les deux, nous aurons chacun notre chambre donc notre espace. Je travaille le samedi, tu auras l'appartement toute cette journée pour toi seul si tu as envie ou besoin de faire certaines choses dans ton coin. Le bureau est installé dans la chambre d'ami en plus, je n'utilise que rarement l'ordinateur pour envoyer quelques mails à ma famille. Au pire je pourrais même le faire pendant ma pause au travail. Ainsi tu pourras t'en servir pour écrire si tu le souhaites.

Après le doute passager qu'elle a ressenti en voyant les réserves du jeune homme, la brune songe réellement que l'idée est viable voir la solution à leur problème respectif. Elle ne ressentira plus le manque d'entrain en regagnant un appartement vide chaque soir en sortant du journal. Lui sera moins maussade en vivant dans un cadre plus agréable. Et même concernant l'idée de la collocation, elle se figure que ce ne sera pas si difficile à mettre en place. Ce sera probablement un peu étrange pour commencer, le temps que chacun rôde ses habitudes. Les prunelles sombres de Cali se rivent dans celles si troublantes de l'écrivain. Elle se demande ce qu'il a de si important à lui révéler. Il a éveillé sa curiosité et sa phrase soulève bon nombre de questions auxquelles lui n'a pas envie de répondre pour le moment. Elle préférait savoir mais va devoir se résigner à l'idée d'apprendre quel grand mystère se cache derrière tout ceci à la fin de la soirée.

- Si c'est ce que tu souhaites, je le respecterais évidemment. Tu veux bien te charger de mettre la table pendant que je finis de cuisiner s'il-te-plaît ?

La jeune femme ne le propose que pour le tenir occupé puisqu'il a insisté pour participer. Elle lui indique où se trouvent les assiettes, les verres et les couverts, le laissant disposer le tout sur la table tandis qu'elle fait mijoter les petits légumes. Elle met ensuite l'eau salée à bouillir pour les pâtes avant de le retrouver au salon en amenant le pain ainsi que la boisson.

- Bon, si nous trouvions ce que nous allons regarder en dînant ? J'ai peur que ma collection de dvds soit beaucoup moins impressionnante que ma bibliothèque.

Elle s'agenouille devant le meuble télé et ouvre le placard du bas où sont rangés les films. Même s'il lui laisse le choix, l'hôtesse ne se voit pas imposer deux heures de programme déplaisant.

- Tu as une préférence ?

Cali ne cite pas les dessins animés bien qu'ils soient nombreux. Elle en avait commencé une collection pour Emy, la plupart sont signés Walt Disney. Autant éviter également les adaptations des romans de Jane Austen qui sont rarement appréciées par le public masculin. Elle sort donc les boîtiers de Pearl Harbor, La vie est belle de Roberto Benigni, La ligne verte, Memento, V pour Vendetta. L'avantage avec elle, est que même quand elle les a déjà vu, elle redécouvre chaque fois un film comme si c'était la première. Elle se relève et dépose les dvds sur un coin de la table. Je te laisse choisir, je reviens. Emportant finalement les assiettes avec elle dans la cuisine, elle les pose sur le plan de travail et verse les tagliatelles dans l'eau bouillante. Elle remue les légumes pour ne pas qu'ils accrochent.

- Tu aimes le parmesan ? Je te laisse mettre le film, je pense que tu arriveras à trouver comment se lancent la télévision et le lecteur.

Elle garde un œil malgré tout sur ce qu'il fait au salon en surveillant en parallèle ses cuissons. La brune dresse ensuite le jambon dans chacune des assiettes. Elle y ajoute pâtes et légumes, du parmesan pour elle et pas pour Ezekiel qui ne raffole pas de fromage. Les plats sont ensuite disposés sur la table.


- Et voilà, bon appétit. Tu peux lancer le film.

Calista lui sourit avec douceur avant de leur servir un verre d'eau chacun et d'attraper sa fourchette.

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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Sam 23 Nov - 23:50

Ezekiel soupira alors qu'elle acceptait le "marché". Un soupir mêlé de soulagement et de stress à la fois. Fort heureusement, elle lui donne l'opportunité de s'éloigner un peu, et s'occuper l'esprit par une tâche simple, et c'est de bon cœur qu'il prépare la table pour deux. Bonne nouvelle, il ne casse rien en route et déjà son esprit mémorise ce qui se cache dans chaque tiroir, car aussi invraisemblable soit-il, il se peut qu'il vive ici ...

Son avant bras n'avait pas picoté pourtant, et cela l'inquiétait. Car il fallait une sacrée dose de chance normalement pour qu'on en vienne à lui proposer pareille offre. A moins que sa révélation d'après film ne vienne mettre fin prématurément cette douce utopie ?

Une fois la table préparée, il regarda s'affairer en cuisine celle qui lui avait fait passer une journée inoubliable. Il ne se gène pas pour la regarder sans détour, à quoi bon lutter contre l'inéluctable ; même les livres ne lui font pas autant d'effet, c'est dire .... Alors qu'elle le rejoint pain et boissons dans chaque main, la prochaine étape fut le choix du film. Se penchant à son tour à côté de Calista, il regarda les différents DVD classés dans le meuble. Elle opte pour les sortir du meuble et les pose sur un coin de la table, probablement pour plus de facilité à choisir.

Ezekiel se relève à son tour, et suit Calista pour balayer les différents films mis à disposition.

- Une préférence, oh non, j'aime un peu de tout en général. Oh, tu as V for Vendetta, j'adore ce film. Quel charisme ce héros ... Et quelle verve ! Ça te dit de regarder cela avec moi ? Le passage avec les dizaines de "v" dans sa prose est tout bonnement sublime.

Alors qu'elle n'est visiblement pas contre sa proposition, Ezekiel ouvre la pochette du DVD et y insère non sans appréhension la galette dans le lecteur. Pas de "pfiiiit" annonciateur d'une panne, il peut respirer de nouveau. Il parcourt les menus et se place sur l'onglet démarrer le film, où il n'y aura plus qu'à appuyer sur "Play" pour le lancer. Se retournant à la question de Calista, il sourit un peu géné :

- Non désolé, je ne suis pas particulièrement fan du fromage, sans pour moi donc s'il te plait.

Calista revient avec les assiettes, et Ezekiel se rend compte que finalement, il n'a quasi rien fait. D'un air désolé, il appuie sur la télécommande, et le film se lance.

- Bon appétit Calista, et merci pour ce repas. Merci pour tout d'ailleurs.

Face à elle, il lui sourit, un sourire sincère, et s'avance un peu pour attraper sa main l'espace d'un instant, et la relâcher pour lui permettre de prendre ses couverts, faisant de même de son côté.

Le repas est simple, mais délicieux. En cuisine, c'était souvent ce qui était simple qui portait le plus ses fruits. Dans l'esprit d'Ezekiel en tout cas. Pas besoin de faire dans l'ultra sophistiqué pour le regaler, et ce qu'il avait dans son assiette en cet instant venait de le prouver une fois encore.

Ezekiel ferma les yeux au passage ou V fit sa magnifique tirade à Nathalie Portmann, s'imprégnant de chacun des mots. Il murmura juste après à Calista :

- J'aimerai tant avoir cette facilité, ce charisme, où chaque mot est pesé, chaque intonation mesuré. Cela force le respect...

Quand le générique apparut enfin, les assiettes vides depuis un bout de temps, il ne réalisa pas à quel point le temps était passé vite. Se levant, il débarrassa la table sans laisser le temps à Calista de le faire. C'était bien là la moindre des choses.

- Je vais faire la vaisselle, reste assise.

Il lava consciencieusement les plats et couverts, prétexte inavoué pour ordonner ses idées car l'instant fatidique arrivait. Il ne pouvait plus reculer à présent. Il fit une moue alors qu'il posait sur la surface en inox le dernier plat, et se retourna vers Calista avant de revenir au salon suivi d'une longue inspiration.

- Bien, par où commencer ... Il passa sa main sur le visage, un peu défait. Comment Diable allait-il évoquer cela sans paraître pour un débile, ou pire encore subir une brimade de sa part ?...

- Je n'en ai parlé à personne avant Calista, même pas ma famille, car personne ne me croirait de toute façon, et je ne suis pas persuadé qu'une fois que j'aurai terminé, tu puisses me croire également. Je ne t'en voudrai pas, mais j'ai promis de ne plus te mentir, et je compte bien tenir cette promesse. Il inspira de nouveau longuement, cherchant à puiser du courage dans cette bouffée d'air. J'ai comme une ... malédiction qui me poursuit. Je ne vois pas de fantômes ou ce genre de choses là, mais depuis tout petit, aussi loin que je puisse me rappeler, je suis frappé de malchance. Ce n'est pas que de la maladresse, ou du "pas de bol" que tout le monde a plusieurs fois dans sa vie, non, c'est presque tout le temps chez moi.

Ezekiel regarda un instant Calista droit dans les yeux. Cru ou pas, il était sincère à la façon dont il parlait, ou la fixait.

- Tu as pu remarquer que je ne suis pas trop à me plaindre, et je continue à avancer avec ce que j'ai, coûte que coûte. Mais si j'ai pu douter tout à l'heure pour ta proposition, c'est pour deux choses. La première est mon inexpérience dans ce genre de choses, et il ne sera pas rare que je puisse gaffer contre ma volonté sur ce qui pourrait te paraître logique au demeurant. Mais c'est surtout parce que je ne tiens pas à ce que ma malchance te touche indirectement. Regarde aujourd'hui, m'as-tu vu ?... J'ai loupé mon bus, je suis tombé avant d'arriver en retard à notre rendez-vous, j'ai perdu mon poème, j'ai taché ta robe, puis mon pantalon, nous avons eu un accident, je me suis ouvert l'arcade... Je ne compte plus les journées où ce genre d'accumulations arrive. Mais .... mais ce n'est pas le plus étonnant dans tout cela.

Cette fois-ci, Ezekiel fixa de nouveau Calista, mais ne détourna pas le regard quand il reprit la parole. Il était tendu, mais décidé à tout lui dire.

- Quelque soit ta décision après ce que je vais te dire, je te demanderai juste de n'en parler à personne. Je respecterai ton choix, si tu veux que je m'éloigne de toi, mais je t'en conjure, ne rends pas ma vie plus difficile qu'elle ne l'est déjà en en parlant à ton journal, ou à je ne sais qui d'autre, d'accord ?

Il attendit son accord avant de poursuivre.

- Je peux .... comment dire .... "voler" la chance de quelqu'un d'autre, pour une durée limitée, et lui donner ma malchance. De ce que j'ai pu voir, ça ne dure au mieux qu'une heure, et je ne peux pas le faire trop souvent dans une journée, mais je t'assure que ce n'est pas un délire sorti tout droit de ma tête. Je ne l'utilise quasi jamais, alors que je pourrai tellement me faciliter la vie en me rendant plus chanceux. Mais ça m'est insupportable de me dire que je "maudis" un innocent juste pour mon confort personnel.

Ezekiel finit d'un trait le verre d'eau devant lui, avant de se gratte nerveusement la nuque.

- Je sais que pour un deuxième rendez-vous, et surtout après avoir proposé que je vive chez toi, c'est dur à entendre, et c'est pour cela que je te dis tout cela avant que je n'emménage. Tu as bien évidemment le droit de ne plus vouloir de moi ici, et je ne t'en voudrai pas sois en certaine. Mais je ne suis pas fou Calista, juste désemparé face à quelque chose qui me dépasse complètement....

Il avait abattu ses cartes, à elle de jouer à présent...

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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Lun 25 Nov - 13:28

Le choix de film lui convient parfaitement, elle a volontairement évité de ne sortir que des dvds romances de sa collection histoire que son invité ne se sente pas obligé de subir ce genre s'il ne l'apprécie pas. En grande romantique, la jeune femme aime voir décliner les sentiments amoureux sous leurs formes les plus diverses que ce soit sur grand écran, au travers de la musique ou de la littérature. Elle a même dans sa chambre la reproduction d'une toile de Klimt intitulée Le baiser. Et même si V pour Vendetta a pour toile de fond une jolie histoire, le film est bien plus profond. Il souligne la bravoure de certains qui se battent pour défendre la liberté quand d'autres s'acharnent à vouloir enchaîner le genre humain.

- Oui, avec plaisir. Je ne l'ai pas revu depuis bien longtemps.

C'est donc attablé devant l'histoire d'Evey et William que les deux comparses partagent leur dîner. Bien que l'action se passe sur l’écran, l'hôtesse a du mal à ne pas lancer régulièrement des regards dans la direction d'Ezekiel. Il vaut bien à ses yeux tous les spectacles du monde et par ailleurs elle tient à s'assurer qu'il ne manque de rien, qu'il passe une agréable soirée. Sans compter qu'elle demeure intriguée par la révélation qui clôturera sans doute ce moment passé ensemble. Elle se demande ce qu'il a de si grave à lui annoncer. Quand il se tourne vers elle pour lui murmurer quelques mots, la brune se fait la réflexion qu'à ses yeux il n'a pas grands choses à envier à ce V question charisme et verve. Du moins l'un comme l'autre fonctionnent très bien sur elle-même. Peut-être n'est-elle pas impartiale et cependant si tel est le cas ce serait aussi la preuve qu'il possède suffisamment de charmes, d'atouts pour parvenir à gagner son cœur. Cali lui répond donc sur le même ton.

- Je t'assure que tu en possèdes aussi et si toutefois tu considères que vous n'êtes pas sur un pied d'égalité dans ces domaines, tu as d'autres qualités tout autant dignes d'éloge.

Elle tente de se reprendre histoire de ne pas ressembler à une midinette faisant les yeux doux à un beau footballeur. Remuant un peu sur sa chaise, elle trouve soudain un intérêt irrépressible pour ce qu'il se passe dans le film. Cela lui offre l'occasion d'éviter de se perdre pour de bon dans ce regard si bleu qui aimante le sien. Alors que le générique de fin défile, son invité prend l'initiative de s'occuper de la vaisselle La jeune femme se sent donc un peu coupable de rester sans rien faire pendant qu'il se charge de nettoyer. Elle se relève et va arrêter le dvd, le rangeant dans son boîtier avant de le remettre à sa place avec les autres. Elle jette un regard vers la cuisine, n'osant pas trop s'y inviter bien qu'elle soit chez elle. Calista s'installe finalement sur le sofa, essayant de raviver les souvenirs intenses de leur journée. Il faudra qu'elle s'empresse de tout consigner par écrit. Elle ne supporterait pas l'idée que ses souvenirs s'envolent une fois de plus, pas ceux-là ils sont bien trop précieux !

La voix de l'écrivain la tire de ses pensées et elle tourne la tête vers lui. Son visage trahit une certaine appréhension en l'entendant employer un ton si soucieux. La brune choisit de le laisser s'exprimer sans l'interrompre bien que son air grave lui donne furieusement envie de trouver les mots pour l'apaiser dès maintenant. Elle écoute avec attention, tâchant d'appréhender ce dont il lui fait part puisque cela revêt une haute importance aux yeux du jeune homme à ce qu'il semble. On ne peut pas passer autant de temps à lire, à se réfugier dans des contrées imaginaires, à lever le nez en l'air pour se perdre dans ses songes et ne pas croire en la magie. Bien que jusqu'à présent la demoiselle n'ait jamais connu quoi que ce soit de vraiment extraordinaire dans son existence, elle aime croire que la magie l'entoure, une magie juste différente de celle que l'on décrit dans les livres.  Est-ce qu'Ezekiel est réellement maudit ? Elle aurait du mal à l'affirmer, l'important malgré tout reste que lui paraisse en être convaincu. Par contre ces sous-entendus sur le journal la blessent légèrement. Elle se doute qu'il lui fait confiance puisqu'il lui livre une sorte de secret, le fait qu'il puisse ne serait-ce qu'imaginer qu'elle irait le rapporter à d'autres par contre est assez douloureux. Jamais elle ne pourrait le trahir d'une quelconque manière que ce soit, d'une part parce qu'elle est quelqu'un de droit et d'autre part parce que pour rien au monde elle ne voudrait le blesser ou le décevoir. Son visage trahit peut-être l'ombre de tristesse qui traverse son esprit. Elle ne se laisse pas pour autant égarer, la minute est trop grave pour qu'elle se perde dans ses pensées. Elle suit donc toute la tirade de son invité, sans oser l'interrompre vu ce que cela lui coûte de dévoiler toutes ces choses à son sujet. Finalement sa détresse finit par chasser les mots maladroits qu'il a employé plus tôt et quand il évoque la possibilité que Calista change d'avis, cette dernière se lève du sofa et avance jusqu'à lui. Sans même y réfléchir, elle prend les mains de l'écrivain dans les siennes en un geste d'apaisement.


- Je ne pense pas que tu sois fou. Je ne vois pas vraiment d'explication logique à ce que tu décris, mais je sais que tout n'est pas affaire de logique dans la vie et je sais que tu es quelqu'un de spécial. Tu l'es juste encore plus que je ne l'imaginais.

Ses pouces caressent le dos des mains que les siennes tiennent. Elle lui sourit avec douceur, elle n'aime pas le voir si inquiet.

- Ton secret sera bien gardé avec moi, je t'en fais la promesse. J'ignore s'il existe une malédiction qui fait pleuvoir sur toi les coups du sort par contre il est une chose dont je suis certaine. Tu n'incarnes pas la malchance à mes yeux, je n'ai jamais eu autant de chance dans ma vie que celle de croiser ton chemin. Je veux bien endurer quelques catastrophes avec toi si tel est le prix à payer pour profiter de ta compagnie. Alors si tu le désires, tu peux t'installer dans la chambre d'ami dès cette nuit ou demain. Pourquoi ne pas dormir ici vu l'heure ? Tu pourrais récupérer tes affaires au matin. Je vais te confier le double des clefs comme cela tu pourras aller et venir à ta guise. Tu seras autant chez toi que moi dans cet appartement désormais. D'accord ? Tu veux que je te fasse visiter le reste de l'appartement? Ce sera vite fait et comme ça tu verras ta chambre surtout.

Son regard se laisse emprisonner par le sien un instant, elle espère avoir chassé pour un temps ses sombres pensées et ses peurs quant à ce qu'il sait faire et si elle est capable ou non de l'accepter tel qu'il est.

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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Lun 25 Nov - 18:55

La télévision avait cessé de diffuser ses images, et aux tirades du héros mort en vainqueur, le monologue de l'homme avait comblé le silence qui s'était instauré fugacement.

Comme il aurait aimé avoir l'assurance de cet homme masqué, n'ayant plus peur, faisant face avec force, avec ce charisme irrésistible dont le verbe imposait le respect. En attendant ces pieux rêves, il restait Ezekiel, avec ses mots, ses angoisses, et sa maladresse. Il jouait carte sur table pour la première fois de sa vie, et un œil extérieur n'aurait probablement pas compris pourquoi il se révélait aussi soudainement à une personne qu'il n'avait vue que deux fois dans sa vie. La raison froide répondrait certainement qu'il était temps d'assumer ce qu'il était, et d'avancer quitte à chuter. C'était ainsi que l'on se forgeait une carapace suffisamment résistante pour affronter le prochain grain. La passion elle, plus douce et folle, clamerait que cette femme était l'incarnation de la chance qu'il n'avait jamais eu pendant presque trois décades, et que s'il ne se trompait pas, il échouerait en lui omettant ce pan de vie si envahissant.

Alors il s'était jeté à l'eau, avait tant bien que mal vidé son sac, ses émotions, ses angoisses, avec l'incapacité parfois de trouves les mots justes, ceux qui concordaient parfaitement avec sa pensée. Mais quand il eut terminé, ce silence d'une, de deux secondes tout au plus où seuls les pas de Calista résonnèrent fut l'un des plus longs qu'Ezekiel eut à vivre. Le contact de ses mains contre les siennes en fut d'autant plus surprenant, car il n'avait pas l'assurance qu'elle le comprenne vraiment. Qui pourrait comprendre pareils propos digne d'un aliéné ?...

Elle se mit à parler à son tour, le rassurant visiblement, et d'une certaine manière elle y parvenait. Elle savait toucher autant la peur de sa raison, et la détresse de sa passion. Un peu comme le parallèle de la vie qui ne tient qu'à un fil. On s'engage sur cette ligne d'incertitudes, voyant le bout du chemin en se demandant comment diable peut-on réussir à y parvenir sans tomber avant.

La confiance était l'une de ces règles, et quand Calista prononça le dernier mot, Ezekiel sut qu'il pouvait la lui donner. "La confiance ne se donne pas, elle se mérite chaque jour". Certes, mais elle avait bien gagné quelques jours d'avance pour le coup....

Sans trop réfléchir, non, sans réfléchir du tout, Ezekiel serra contre lui Calista, l'entourant de ses bras en passant sa tête contre la sienne. Nul autre geste que cette étreinte, nulle autre chaleur que celle de ces deux corps un peu plus proches, alors qu'Ezekiel sentait l'odeur personnelle de Calista mêlée à l'iode de l'océan. Conscient de leur proximité, il recula ensuite pour ne garder que ses mains autour de celles de la jeune femme.

- Merci Calista, pas pour ton offre de me faire loger ici, pas pour le secret que tu comptes garder, non, merci, avec un grand "M", celui qu'on offre presque jamais, celui qu'on espère plus pouvoir donner un jour, celui qui récompense un tout, un ensemble.

Les yeux de l'homme brillaient, et ce n'était pas les lumières du salon ou de la cuisine qui en étaient la cause. Il aurait bien dit que les oignons l'avaient fait pleurer, mais le timing était mauvais. Une poussière dans l’œil ? L'appartement était bien trop propre. Alors il ne dit rien, ça n'avait jamais tué personne de toute façon. Et elle aurait il le pensait du moins la délicatesse de ne pas relever ses yeux légèrement embués.

Ezekiel fit mine de regarder tout autour de lui, gêné quand même par la situation qu'il avait finalement lui-même généré, et accepta de bon cœur la proposition de Calista :

- Fais moi visiter oui, et comme tu me le proposes, j'accepte avec plaisir ton offre de dormir ici ce soir, je t'avoue être bien fatigué, la journée fut riche en émotions !

Il se regarda un instant, avant de grimacer

- Je n'ai par contre par d'habits de rechange, et mes habits actuels sont trop sales pour que je dorme avec dans tes draps. Je suppose que tu n'as rien de masculin dans tes affaires, ou à ma taille du moins ? Je ne suis pas certain que je rentre dans une nuisette !

Il rit de sa bêtise, avant de suivre Calista dans la visite du reste de son logement.

- Après une bonne douche, je dormirai en caleçon au pire. L'avantage de la Californie, il fait toujours chaud ! Et l'homme de la ferme n'est pas un frileux de surcroît !

Il n'avait pas lâché la main pendant toute la visite, non qu'il pensait la perdre, mais il ne voulait pas défaire même symboliquement le lien nouveau qui venait de renforcer ceux tissés tout au long de la journée.

Elle avait, comme pour ce qu'il avait déjà vu à son arrivée, très bon goût dans la décoration. C'était à l'image de l'occupante, et il était flatté de découvrir cette autre forme de jardin intime. Il espérait - pour elle surtout - qu'ils ne tombent pas tous deux sur quelque chose d'embarrassant, car sa visite n'était pas prévue à l'origine, et Calista n'avait donc pas eu le temps de faire un peu de rangement.

Il regarda ensuite sa chambre, et voyait déjà le gouffre entre son taudis actuel et son confort futur. Il fit un grand sourire, avant de se tourner vers Calista.

- Une nouvelle vie s'offre à moi, et je suis accompagné de la plus belle des façons...

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Calista Freeman


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Mer 27 Nov - 11:03

La surprise de sentir les bras d'Ezekiel entourer sa taille et l'attirer un peu plus contre lui fait vite place à un émoi encore plus vif. Le cœur de la jeune femme semble vouloir furieusement sortir de la poitrine où il est emprisonné. Pour quoi faire ? Elle l'ignore mais suppose qu'il veut rejoindre celui qui cogne de l'autre côté. L'étreinte est furtive, elle a à peine réalisé ce qu'il se passe, à peine le temps de fermer les yeux pour profiter de ce nouveau contact, à peine le temps de se décider elle aussi à nouer ses bras autour de l'écrivain que déjà tout prend fin. Elle se retrouve un peu gauche et en plein désarroi, entre l'envie de goûter  mieux à cet échange et la peur qu'il soulève en elle. Après quelques secondes d'un silence pesant au cours duquel Calista ne sait ni quoi dire, ni que faire ou penser, son invité reprend la parole leur offrant à tous deux une porte de sortie. Cela commence à faire beaucoup d'émotions, de découvertes pour une seule et même journée. Heureusement que la main qui serre la sienne lui donne encore un peu de force. Elle réfléchit à toute vitesse quand il évoque le besoin d'affaires de rechange.

- J'ai peur de ne pas avoir ce genre de choses non, peut-être un vieux sweat trop grand de mon université... Si tu veux tu n'auras qu'à déposer tes affaires devant la porte de ta chambre tout à l'heure. Je les mettrais en machine avant de me coucher puis au sèche linge au petit matin en me levant. Ainsi tu auras des vêtements propres pour sortir demain.

Elle se dirige jusqu'à un meuble du salon, ouvrant un tiroir pour y récupérer le double des clefs de l'appartement.  La brune les lui remet en détaillant laquelle est pour la porte d'entrée et laquelle pour celle qui ouvre leur logement ainsi que celle pour la boîte aux lettres. La visite commence par sa propre chambre, ce qui éveille une gêne manifeste chez la propriétaire de l'endroit. Le lit est fait, la pièce rangée. Elle comprend un dressing, une coiffeuse et deux tables de chevet en plus sur l'une desquelles sont disposés des livres ainsi qu'une lampe et un réveil. Curieusement Cali ne s'attarde pas dans cette pièce et enchaîne sur la salle de bain moderne à deux vasques, un panier pour le linge sale, quelques armoires et étagères où sont disposés des produits de beauté, très peu de maquillage, un miroir et quelques bougies. Elle en profite pour lui indiquer où sont rangées les serviettes. Ils terminent par la chambre d'ami où va pouvoir s'installer l'écrivain. La pièce comprend en plus du lit, des tables de chevets et du bureau avec l'ordinateur, une vaste armoire.

- Voilà ton nouveau chez toi. Je te ferai de la place demain soir dans l'armoire et dans le bureau. N'hésites pas surtout, je veux que tu te sentes bien ici. Tu peux te servir de tout, télé, dvds, nourriture...

Elle répond à son sourire, plongeant une fois de plus son regard dans le sien. Les mots qu'il prononce la touche à nouveau et elle serre un peu la main dans la sienne. La jeune femme a du mal à réaliser qu'il va vraiment s'installer ici. L'idée lui inspire une grande joie et quelques appréhensions il faut bien le reconnaître. En plus elle accuse de plus en plus le coup de la fatigue de cet après-midi si riche.

- Je crois qu'il est temps de te laisser te reposer et de faire de même. Je suis ravie de cette journée et de savoir que tu vas rester ici. Merci pour ces moments partagés, nous  allons avoir beaucoup d'occasions d'en vivre d'autres désormais. Tu veux prendre la salle de  bain en premier ou bien je commence ?

Comme elle s'y attend, il la laisse passer d'abord, par galanterie sans doute ou parce qu'il sait qu'elle doit se lever tôt le lendemain. Elle le remercie donc et lui rappelle de laisser ses vêtements devant sa porte avant qu'elle ne se couche s'il veut qu'elle les lave pour lui. Elle précise qu'il peut aussi se servir seul de la machine s'il préfère. L'assistante quitte ensuite sa chambre pour rejoindre la salle de bain. Ses affaires sont accrochées au porte-manteaux derrière la porte. Elle se glisse sous la douche histoire de débarrasser sa peau et ses cheveux du sable et du sel. Elle se sèche avant d'enfiler sa tenue pour la nuit et son peignoir. Calista repasse devant la chambre d'ami histoire de vérifier si le jeune homme y a déposé son linge pour elle. Elle s'immobilise devant la porte, retenant son geste avant de frapper. Elle n'a pas envie d'ennuyer Ezekiel ou de s'imposer. D'une voix suffisamment forte pour qu'il l'entende de l'autre côté elle s'adresse donc à lui.

- Passe une bonne nuit.

Elle reste là un instant, à contempler la peinture blanche qui recouvre le bois en repensant aux derniers événements. Toutes ces émotions qui se disputent la part belle en elle, c'est assez incroyable et même difficilement déchiffrable. Il est probablement grand temps d'aller se coucher. Demain est un nouveau jour, même si elle n'est pas pressée que cette journée-ci se termine. Les suivantes s'annoncent probablement sous un heureux présage, pour autant celle-là restera sans doute à jamais unique aux yeux de la brune.

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Ezekiel Styn


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MessageSujet: Re: En cette danse où se joue le hasard [Terminé]   Jeu 28 Nov - 11:09

Il se doutait que niveau garde robe masculine, surtout après une rupture pas forcément facile, elle ne risquait pas de pourvoir à ses besoins. Il lui était déjà arrivé de ne pas mettre tous les jours des vêtements propres, surtout quand on vit à la ferme, mais la donne était ici radicalement différente. Il ne voulait pas à ses yeux passer pour un négligé, un type peu soucieux de son hygiène, et l'incommoder par dessus le marché. Les déodorants efficaces 24 ou 48h non stop ne devaient fonctionner que sur des sujets cryogénisés, ça n'était pas possible autrement !

- Oh, hé bien, si ça ne te dérange pas de me prêter ton sweat quelques heures le temps que mes affaires sèchent, je ne dis pas non. Ce n'est que temporaire, j'irai chercher mes affaires dès demain chez moi.

Une fois le marché passé, il suivit sans la lacher dans tous les sens du terme pour la visite des lieux. La chambre de la jeune femme fait plus office de formalité, mais Ezekiel ne s'en formalise guère. On n'aime généralement pas montrer cet endroit, où intimité et rêves ont la part belle. Quand il vit la salle de bains, il eut un air presque émerveillé, un sourire radieux aux lèvres.

- J'avais presque oublié que ce genre de pièces existaient ... Là où je suis, la pièce d'eau est commune, et personne n'a le même sens de l'hygiène que toi, je te laisse imaginer comme le plaisir de se laver devient une corvée quotidienne.

Affichant une moue dégoûtée à l'évocation de ce passé qui ne sera bientôt plus qu'un mauvais souvenir, il poursuit ensuite la visite des lieux pour arriver dans sa propre chambre. Une moue admirative se dessine alors qu'il balaye la pièce du regard.

- Tu me gâtes là, vraiment. Je ne m'attendais pas à profiter de tant de confort. Quand on part d'aussi loin cela dit, le moindre détail a son importance. Je sens que je vais me plaire ici, mais à dire vrai, je n'en doutais déjà pas avant que tu me fasses visiter. Un vrai coq en pâte !!

Il pivota pour se retrouver face à Calista, et lui prit la deuxième main de la sienne. Son air redevint un peu plus sérieux, comme si rajouter de la solennité aurait plus d'impact.

- Comme convenu, je tiens absolument à tout partager sur la vie quotidienne ici. Nourriture, ménage, finances, loisirs, bref tout ce qu'une collocation je suppose doit avoir pour bien fonctionner. N'hésite surtout, surtout, surtout pas à me demander des choses à faire, car je n'ai jamais auparavant fait de collocation, et l'évidence pourrait m'être inconnue. J'ai suffisamment de bon sens pour savoir l'essentiel d'une bonne cohabitation, mais si je fais mal, ou pas assez, ne te gène surtout pas pour me le dire, je ne vais sûrement pas me vexer, et au contraire ferai tout pour m'améliorer.

Il y tenait vraiment, à ce marché, que Calista ne se sente pas génée à lui dire ce qu'il y a à dire. Après tout elle était chez elle, avait la gentillesse de l'héberger chez elle, aussi il allait devenir Ezekiel Chevalier Servant. Et hors de question qu'il se débine. Il allait devoir trouver du boulot le plus rapidement possible, et il allait s'y mettre dès demain !! Un regain d'énergie se diffusait en lui, comme une drogue d'optimisme coulant dans ses veines pour lui donner une bouffée de bonne humeur pure.

- Oui oui tu as raison, tu travailles toi demain, je t'ai suffisamment retenu et je ne veux pas que tu aies des soucis dans ton boulot si tu y vas en mode zombi. Merci à toi surtout d'avoir croisé mon chemin, et de me donner la chance d'un avenir bien plus radieux.

Ce constat le frappa d'ailleurs. Avec elle, il avait de la chance une fois esquivés les pépins quotidiens. Etait-elle ce morceau de puzzle manquant à son existence, le lien, le fil conducteur lui permettant de comprendre pourquoi était-il né avec cette malédiction. A moins que ce ne soit qu'une simple coïncidence, un passage idyllique qu'il espérait le plus long possible avec quelqu'un. Il n'était pas devin, et ferait tout son possible pour que les mains qu'ils tenaient en cet instant ne s'éloignent jamais de lui, tant qu'elle aurait envie de les voir recouvertes par les siennes. Revenant un peu plus à la réalité, il lui posa une question pratique mais ô combien essentielle.

- Tu me diras outre ta chambre bien sûr, les endroits où je ne dois pas aller. J'entends par là tiroirs, meubles, ou je ne sais quoi d'autre, pour éviter que je tombe sur quelque chose qui puisse toi, et/ou moi être génant. Tu as pris tes habitudes je n'en doute pas ici, et je ne veux pas les perturber avec mes gros sabots !! Enfin, ça n'a rien d'urgent, file prendre ta douche, hors de question que je passe avant toi !

Alors qu'elle se dirigeait vers la salle de bains, Ezekiel rentra dans la chambre d'amis, sa nouvelle chambre en fait, et la regarda un long instant sans bouger. Il allait adorer cet endroit, c'est certain.
Après s'être étiré en baillant il se déshabilla en ne gardant que son caleçon, et plia ses vêtements sales, avant de retirer ses chaussettes au dessus. Il n'allait quand même pas lui demander de toucher ses chaussettes sales ! Il regarda le bureau et eut une idée, avant de poser le linge sale plié devant sa porte.

Une bonne dizaine de minutes passa avant qu'il ne l'entendit lui souhaiter une bonne nuit. Il lui répondit sur le même ton pour qu'elle l'entende également.

- Passe une douce nuit également Calista, et que ton sommeil soit réparateur pour ta journée de demain.

Pour ne pas susciter de gène à son égard, il attendit qu'elle rentre dans sa chambre et ferme sa porte avant de s'engager dans le couloir menant à la salle de bains, et prendre une douche absolument délicieuse.

Une fois de nouveau dans sa chambre, il n'alla pas se coucher de suite, s'asseyant sur la chaise du bureau. Il sortit discrètement une demi-heure, et vérifiant que la chambre de la jeune femme était éteint, glissa sans bruit un papier sous sa porte.

Le lendemain matin, quand elle le découvrira à la lueur du soleil naissant, elle pourra y lire :

Papier plié soigneusement en deux:
 

Alors qu'elle se dirigeait vers la cuisine, elle vit son petit déjeuner préparé, il n'y avait plus qu'à faire chauffer son café, les tartines étaient déjà coupées et la confiture juste à côté, un jus d'orange pressé dans le frigo.

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En cette danse où se joue le hasard [Terminé]

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