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 I'm back in one piece...I think. [terminé]

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Jeremy Stenson


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MessageSujet: I'm back in one piece...I think. [terminé]   Dim 22 Sep - 18:01

26 février 2011 au soir

Ma cible, Aaron O’Hara. Deux jours à le traquer, en planque, en attendant qu’il pointe le bout de son nez à son domicile. Hélas, ce n’était pas à lui que nous avions eu affaire, mais à sa cousine et à Calloway. La mission n’avait pas pris la tournure escomptée. J’avais réussi à limiter les dégâts et nous n’avions fait qu’un seul prisonnier sur les deux… enfin, je crois. J’avais perdu connaissance après m’être mangé un méchant coup de casque de moto dans la gueule. Je m’étais réveillé à Genetic quelques longues heures plus tard. Dans le cabinet du docteur Sanchez. Le sédatif que j’avais reçu avait mit un certain temps à se dissiper. Après sa consultation et son rapport médical, je lui faussais compagnie. Au vu de mon état, j’étais dispensé de faire mon rapport pour ce soir. Il ferait jour demain. J’avais refusé de me faire raccompagner chez moi, préférant rentrer par mes propres moyens. Je m’étais arrangé avec la secrétaire pour emprunter une voiture de fonction et j’avais foncé à toute allure à l’appart. A UCLA. La boule au ventre.

Je tournais la clef dans la porte, puis pénétrais dans les lieux. Tout était resté tel que nous l’avions laissé deux jours plus tôt. La fresque toujours inachevée sur le mur, la peinture avait séché dans le pot, emprisonnant les pinceaux. Des chaussettes trainaient toujours à côté du canapé. Rien ne semblait avoir bougé de place. J’en déduisis que Max n’était pas revenue, et quelque part, c’était un soulagement qu’elle n’ait pas pris de risques inconsidérés. J’inspectais le dessous des meubles, le moindre recoin de l’appart à la recherche de micros et/ou caméras. Je les avais vus poser des mouchards chez O’Hara, j’avais une vague idée des endroits où ils auraient été susceptibles de les mettre s’ils avaient voulu me surveiller. Je ne trouvais rien dans le salon, la cuisine, ni ma chambre. Je finissais par la chambre de Max.
Elle était en bordel, normal. Il y avait des dessins éparpillés partout, j’en ramassais un. Elle m’avait dessiné en train de dormir, la fourbe ! Je ne l’avais pas encore vu celui-là… Elle était vraiment douée, elle avait toujours été plus douée que moi dans le domaine artistique. C’était une artiste. J’esquissai un sourire. Le temps s’était arrêté, mes pensées convergeaient vers elle. Ses dernières paroles me revenaient en tête. Un « Je t’aime » à moitié avoué dans un demi-sommeil. Une boule se forma dans ma gorge, mon sourire se crispa, mon palpitant s’emballa. Non, ça ne m’était pas destiné. Je refusais catégoriquement cette évidence. Ça n’en était pas une d’ailleurs. J’avais mal compris. C’était pas possible. Elle était… ce n’était pas ça qu’il y avait entre nous ! Non ! bien-sûr que non ! ça n’avait rien à voir !
Je fixais le dessin d’un regard vide, sans le voir. Je ne voyais que Max face à moi, à cet instant, dans cette chambre, deux jours plus tôt. Les mêmes émotions m’envahirent à nouveau. Son visage, ses yeux, ses cheveux…j’avais envie de la prendre dans mes bras, de la serrer contre moi. Je lâchai le dessin, avant de quitter la pièce, retournant prestement dans ma chambre, prendre quelques affaires. Je passai devant le miroir de la salle de bain auquel je jetai un bref coup d’œil. Mon reflet m’interpela. J’avais une sale gueule : des cernes violacés, creusant le dessous de mes yeux, une barbe naissante, le sang avait coagulé sur ma lèvre inférieure fendue, ma mâchoire était douloureuse. J’avais un gros pansement sur l’arcade gauche, recouvrant les deux points de sutures qui m’avaient été faits. Je retirais le bandage enroulé autour de ma tête pour le maintenir en place. J’avais d’ailleurs l’impression qu’elle allait exploser cette saleté ! J’avais du sang sur ma chemise, je décidai de la virer, découvrant le bandage serré sur mes côtes fêlées. Je décidai de prendre une douche, de me raser, de me changer. J’optai pour un jeans, le premier t-shirt qui me passa sous la main, un pull, des baskets. J’étais pressé. Pressé de la retrouver.

Je voulu me téléporter à l’hôtel, afin de gagner du temps. Je n’avais pas bien mémorisé la chambre, mon mental dérivait constamment, je n’arrivais pas à me concentrer. J’avais mal au crâne. Et je crois que j’avais trop usé de ma téléportation pour aujourd’hui. Fait chier !

Je fourrai tout mon barda dans un sac à dos, puis quittai l’appart. Je partais à pieds. Trop risqué de prendre la voiture de fonction jusqu’à l’hôtel. Je surveillai mes arrières afin de m’assurer de ne pas être suivi. Ma tête me lançait.

J’arrivai à l’hôtel, je ne passai pas par la réception et montai directement à la chambre. Je m’arrêtai derrière la porte, la main sur la poignée. Je n’avais pas la clef. Je l’avais laissée à Max.
Et si elle s’était barrée ? Et si elle s’était faite chopée par un autre agent ? Le cœur battant, j’appuyai sur la poignée, la porte s’ouvrit à mon grand soulagement. J’entrai subrepticement, puis la refermais derrière moi, laissant tomber mon sac à dos au sol. Je me retournai avec une appréhension non dissimulée, la cherchant avidement du regard.

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MessageSujet: Re: I'm back in one piece...I think. [terminé]   Mar 24 Sep - 17:43

Ma conscience me rattrape. Pour repousser ses assauts, j’attrape une clope et m’empresse de l’allumer. Boxer, tee-shirt, pull, cigarette, assiette transformée sans la moindre gêne en cendrier, je suis une véritable cliché. Je fais glisser le briquet entre mes doigts avant de me rendre compte que ce n’est pas le mien. Jeremy a beau ne pas être là, il est partout. Je balance l’objet à l’autre bout du lit comme je balance mes pensées. Manque de pot, ça doit rebondir contre les murs, ces trucs-là, parce que je me les reprends en pleine gueule. Est-ce qu’il va bien ? S’il lui arrive un truc, je ne serais pas mise au courant de toute façon. C’est un grand garçon, il s’en sortira. Ça peut pas se passer autrement. Sonny et Esteban m’ont envoyé un message pour me prévenir au sujet de la traque. Ils m’ont demandé d’être prudente. Je n’ai pas répondu. Je n’en ai pas eu le courage. C’est comme une trahison, quelque part. Je ne m’inquiète pas pour Sonny. Remington la protègera. Jeremy ne la mettrait pas en danger, de toute façon. Mentalement, je me refais pour la cent douzième fois de la journée la liste des partisans de Genome que je connais. Aaron, Anne, Ross, Wyatt, Soraya, Adam, Holly, Kensie. Les autres ne sont que des visages. Je sais  qu’il y a une petite médecin, un truc dans le genre. Une rouquine qui s’occupe des blessés, aussi. Une nana qui gère l’intendance. Je me demande quand même, lequel ? Lequel va se retrouver face à Jeremy ? Il va sans dire que je suis de son côté, à lui. Pourtant, je culpabilise. Un peu. Ce devrait être incompatible mais ça ne l’est pas. Si Jeremy ne revient pas, je trouverais le responsable. Quitte à mentir et à tricher, à trahir ceux qui m’ont sauvé la vie. Stop. Je divague. Inutile de penser à ça. Il va bien.

Je tire longuement sur ma cigarette et tente de me concentrer à nouveau. Assise en tailleurs sur le bord du lit, Néo roulé en boule contre ma jambe, je me penche sur un sujet tout aussi épineux. Comment approcher un avocat renommé quand on est tout sauf sociable. En plus, il a l’air chiant comme la pluie. Il suffit d’examiner son emploi du temps : ce type est réglé comme une horloge. Je vais devoir le mettre à nu, vérifier certaines suppositions et écorcher le vernis qui l’entoure. On a tous des secrets. Il en a forcément. J’évite de penser au pourquoi du comment. On m’a confié ce job, je l’exécute. C’est aussi simple que ça, il n’y a pas à tergiverser.

Néo relève brusquement la tête, oreilles dressées en pointe. Je lâche ma clope dans mon cendrier de fortune et me relève, à l’affût du moindre bruit. Je suis tendue à l’extrême. Mes doigts glissent sous un pull qui traîne sur la table de nuit dans un but bien précis. Ils entrent en contact avec mon arme et se resserrent contre la crosse. Mieux vaut prévenir que guérir. Je ne suis déjà plus dans l’angle direct de la porte d’entrée.
J’apprends vite.

Je vois la poignée s’abaisser lentement. Mon cœur s’emballe. Quelque chose de brûlant dévale mes veines, m’empêchant de réfléchir. Ne pas sortir le flingue tant que je ne sais pas qui c’est… Ne pas sortir le flingue. La porte s’ouvre, j’amorce un geste pour me placer en position de tir avant de réagir.

« Jer’, putain ! »

Je gueule. La pression de mes doigts se relâche et je récupère ma clope tout en avançant vers lui. Mes gestes, trop brutaux, ont fait glisser le pull sans que je m’en rende compte. Je bloque. Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Le soulagement a vraiment été de courte durée. C’est sans doute ce qu’on appelle communément un ascenseur émotionnel. Ce que je vois ne me plaît pas de tout. Ça me fout en rogne sans que je parvienne à expliquer pourquoi. Si je mets la main sur l’enfoiré de sale chien qui lui a fait ça. Quoi ? Rien à foutre que ça ait été pour sauver sa putain de liberté, je m’en bats les reins mais d’une force !

Je me mords la lèvre inférieure pour éviter de pousser une gueulante non justifiée.

« T’as vraiment une sale gueule. » je lâche ça d’un ton que je veux neutre. La tension qui vibre dans mes mots révèle une certaine anxiété, une colère mêlée d’inquiétude. J’évalue les dégâts : cernes, lèvre fendue, point de suture à l’arcade, l’air totalement… L’air quoi ? L’air d’un mec qui vient de se faire rouler dessus par un camion, et qui se sent en plus responsable de l’accident.  « Ça va ? » Question con, bonsoir. Je brûle d’envie de demander le nom du responsable pour aller lui faire cracher ses dents. Je n’ai pas le droit. Accord tacite. Je suis sûre que, dans tous les cas, Jeremy ne me dirait rien. En conséquence, je ne sais pas quoi dire, pas quoi faire, ni encore moins comment réagir. J’ai pas le mode d’emploi pour ce genre de situation. J’aimerais éviter le moindre faux-pas. Autant, je ne me gêne généralement pas pour être une emmerdeuse et lui en foutre plein la gueule, autant, pour cette fois-ci, je préfère marcher sur des œufs et m’adapter à son comportement sans lui imposer le mien. Je connais Jeremy. Je sais qu’il s’en veut. Il n’a jamais été ce genre de personne. Il a toujours été plus droit, plus gentil et attentionné aux autres que je ne le suis. Qu’est-ce-que ferait une personne normalement constituée dans cette situation ? Je repousse cette idée. Nous n’avons jamais été tout à fait normaux. Ça ne m’aide pas vraiment à savoir ce qu’il se passe sous son crâne en ce moment, ni même à deviner ce dont il a besoin. J’attends, un peu à l’affût qu’il laisse échapper le moindre indice.


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MessageSujet: Re: I'm back in one piece...I think. [terminé]   Mar 24 Sep - 21:04

Mon sac à dos n’eut pas le temps de toucher le sol qu’un beuglement chaleureux et rassurant rugissait déjà du fond de la chambre. Ce n’était pas le lieu qui incombait pour que je me sente chez moi. Le simple fait de la retrouver me suffisait. Je pris ça comme un « bienvenue » et fus heureux et soulagé de la voir, fidèle à elle-même, avec toute la grâce, la légèreté et la féminité qui la caractérisaient. Là où d'autres diraient qu'elle n'avait aucune d'allure, moi, je la trouvais terriblement sexy.

Le pull qui tomba de la table de nuit détourna un instant mon regard, dévoilant une arme à feu. Je la détaillais rapidement, mais vu d’ici, je n’étais pas sûr que ce soit celle que je lui avais laissée avant de partir. Peu importait. Elle se planta devant moi, et je devinai à son regard qu’elle venait de faire l’inventaire de mes blessures de guerre, du moins, celles apparentes sur mon visage…
Je la connaissais suffisamment bien pour déceler dans ses yeux et dans la moue que formait sa bouche, qu’elle contenait sa colère. Je savais aussi par expérience qu’elle était imprévisible et je redoutais le moment où elle allait exploser. Ça me refroidissait un peu. Je me raidis. Je n’avais pas envie de parler de ça maintenant. Je m’en étais tiré sans trop de dégât. On ne pouvait pas en dire autant de tous les acteurs qui avaient pris part à cette petite sauterie. J’avais fait mon job, avec le minimum d’états d’âmes… enfin… Si Max n’avait pas été de Genome, j’en aurais peut être eu un peu moins…ou pas…

Finalement, elle critiqua juste ma sale tronche. « T’as remarqué toi aussi ? » j’esquissai un sourire gêné, mais soulagé. Ce genre de situation m’embarrassait tout autant qu’elle. J’aurais sans doute préféré qu’elle agisse comme d’habitude, qu’elle m’envoie une vanne à travers la gueule… Ah ! C’était ce qu’elle venait de faire. Mais ça sonnait faux. J’avais l’air si pitoyable que ça ? Et encore, je pouvais m’estimer heureux ! je n’avais rien comparé à ma coéquipière, à qui j’avais logé une balle dans l’épaule !

Une chance que j’entretienne cette relation si particulière avec Max… j’avais envie de ne porter aucun de mes cent cinquante masques ce soir. J’étais éreinté, écorché vif, je n’avais pas la force de lutter contre qui que ce soit, j’avais juste envie de me laisser aller et d’oublier… d’oublier le visage de celui qui par ma faute, devait moisir dans les sous-sols de Genetic à l’heure qu’il était… alors que moi, j’étais là, à me la couler douce, dehors. Je m’écœurais. Mon regard fuyant me trahissait, et le sien à mon égard… raviva le malaise que j’avais éprouvé deux jours plus tôt, rajoutant un poids supplémentaire à ma culpabilité.
Je savais qu’elle comprenait, que je n’avais pas besoin de me cacher, de m’isoler, qu’elle ne me jugeait pas. Elle était la seule avec qui je pouvais me laisser aller en toute confiance, même si je n’aimais pas faire ça. De toutes façons, elle connaissait toutes mes faiblesses. Je ne pouvais rien lui cacher…

Tout se mélangeait dans ma tête. Elle se faisait du souci pour moi… je n’étais pas dupe ! En même temps, je ne pouvais pas nier que j’en serais devenu dingue aussi qu’il lui soit arrivé quelque chose… Et puis il y avait ces mots, qu’elle avait prononcés ce matin là, dans son sommeil… même si je m’évertuais à les ignorer, ils me bouffaient. S’en souvenait-elle seulement ? Est ce que ça avait vraiment une importance en fin de comte ? Ce n’était que des mots. Ca ne voulait absolument rien dire. Elle était mon alter-ego, ça ne changerait pas pour moi. C’était comme ça. C’était notre normalité. Nous n’avions pas besoin de nous parler pour nous comprendre… la preuve ! Quoi que… Je n’en étais plus très sûr…

Mes pensées me faisaient mal au crâne, j’avais beau les chasser, elles revenaient toujours, ces saloperies ! Est-ce que ça allait ? Je levai de nouveau les yeux sur elle. L’intonation de sa voix n’était pas naturelle. Elle était aussi mal que moi finalement, peut être pas pour les mêmes raisons mais ça me rassurait de m’en rendre compte. J’avais eu peur que quelque chose ai changé entre nous.
Je la dévisageai, comme si je la redécouvrais. Sa présence me réconfortait, m’apaisait. Mais ce que je ressentais m’effrayait et me faisait vibrer à la fois. Paradoxalement, c’était ça que j’étais venu chercher. C’était pour elle que je me battais et que je me retenais de sombrer. C’était pour ça également que je n’avais pas pu sortir de sa vie. A deux reprises… Je n’en avais jamais réellement eu envie. J’avais été incapable de renoncer. Et à cet instant, j'en étais fier ! Égoïstement, faisant un doigt d’honneur à mon intime conviction qui me dictait que s’attacher aux gens me conduirait à ma perte, dans le meilleur des cas, à la leur, dans le pire … Mais je continuais pourtant de me voiler la face. Parce que je ne savais pas faire autrement. Et Max n'était pas "des gens"... elle, c'était différent.

Mon regard parcourait les traits de son visage dont je connaissais les moindres courbes par cœur, ravivant mon envie de caresser sa joue, de glisser mes doigts dans ses cheveux… avant de se river sur ses yeux. Elle attendait une réaction de ma part… sans doute. Elle était incapable de faire le premier pas. Elle n’avait jamais vraiment su réagir dans ce genre de situations. La sociabilité n’avait jamais été son fort, même si l’intention y était, comme maintenant. J’avais toujours été le plus entreprenant et le plus tactile de nous deux, et j’avais du tenter un certain nombre d’approches avant qu’elle ne me tolère. J’étais assez fier d’y être parvenu. J’esquissai un petit sourire, réduisais d’un pas l’espace qui nous séparait afin la prendre dans mes bras.

« Maintenant oui. » lui chuchotais-je à l’oreille, enfouissant ma tête encore douloureuse dans ses cheveux.

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MessageSujet: Re: I'm back in one piece...I think. [terminé]   Dim 29 Sep - 22:08

Il y a quelque chose de cassé dans son esquisse de sourire. Quelque chose de douloureux dans sa réponse.  J’hausse les épaules, nonchalante et maladroite. Il n’a pas besoin de le dire. Il ne va pas bien. Ça n’a rien à voir avec ses blessures physiques, c’est beaucoup plus profond. Jeremy a perdu quelque chose là-bas, à faire ce qu’il faisait. Comme s’il n’avait pas déjà suffisamment morflé. Je contiens ma colère.

Et puis, c’est quoi ce regard ? Pour une fois, j’ai besoin d’un traducteur. Ou alors, je fais semblant de ne pas comprendre parce que ça me fout mal à l’aise. Il a vraiment dû flipper. Putain, qu’est-ce qu’ils lui ont fait ? Ou alors, il s’est imaginé que j’allais me barrer, que je ne serais pas là à son retour, que j’allais changer d’avis, et, me tirer dans rien dire. Je n’ai pas le droit de lui en vouloir de ça. Je suis cette personne. Je ne peux pas, je ne veux pas, exiger sa confiance. Simplement, ça me fait mal de lire tout ça dans ses yeux et d’imaginer ce qui a pu lui passer par le crâne. Jeremy a beau dire ce qu’il veut, il a besoin de repères fixes. Est-ce aussi mon cas ? Et si on arrêtait les faux semblants, juste pour voir. Oui, c’est devenu mon cas. Parce que je me suis laissé avoir. J’ai ravalé ma méfiance au fur et à mesure. Je l’ai laissé entré, petit à petit. Il est mon point fixe. Ma folie et ce qui m’empêche de sombrer totalement. Quelque chose qui me rattache encore à la réalité. Tout n’est pas foutu tant qu’il est là. Je veux bien continuer à m’accrocher encore. Je ne regrette pas. Je ne regrette rien. Peu importe la merde dans laquelle ça me fout, ça vaut le coup.

Jeremy annihile la distance entre nous et me serre contre lui. Je ferme les yeux. Ce que je ressens est beaucoup trop grand, trop violent. Sans que j’ai eu le temps d’y réfléchir, ma main se colle contre sa nuque. Mon cœur cogne douloureusement. Trop vite. Trop fort. Je respire à nouveau. C’est comme si les choses avaient retrouvé leur place. Comme si quelque chose avait jusque là manqué.
Putain.
Il m’a manqué.
Putain, putain, putain, putain. C’est pas normal, ça ! Ca va à l’encontre de toutes nos règles. Putain. Fais chier. Merde. La barbe. Je devrais me barrer, filer de l’autre côté de la planète sans dire un mot. C’est bien ce que j’ai fait en décembre. C’est bien ce que je suis, non ? Je suis la fille sur qui on ne peut pas compter. Celle qui n’en a rien à foutre des autres et qui ignore royalement la moindre de leurs attentes. Du genre qui n’affronte rien et qui préfère prendre la poudre d’escampette plutôt que d’endosser la moindre foutue responsabilité. Jeremy remet en question tout ce que je crois être. Envolées mes jolies petites certitudes, si rassurantes. Sauf que, quand il me dit que là, ça va, parce qu’on est ensemble, moi, je le crois. Aussi simplement que ça. Aussi stupidement que ça. Je ressens ses mots puisqu’ils trouvent écho en moi. Oui, maintenant ça va. Parce qu’il est rentré. J’émets une vague « Hum. » pour dévoiler mon approbation. Au bout de mes doigts, la cigarette se consume lentement. Je sais que je ne partirai pas. Ma place est ici.

« T’as du prendre un sacré coup sur la tête quand même. » marmonné-je. Oui. C’est gratuit, parfaitement. C’est juste pour nous rappeler à l’un comme à l’autre ce que nous sommes. Pourtant, je veux bien l’admettre, je ne suis pas aussi moqueuse que d’ordinaire. Je m’adapte. Il y a même une douceur sous-jacente. Bien camouflée, mais présente.

Je voudrais le protéger. Effacer les traces sur sa peau. Guérir les blessures qui, invisible à l’œil nu, risquent de le marquer pour longtemps. Il n’y a pas grand chose qui ait de l’importance pour moi. Encore moins nombreuses sont celles pour lesquelles je suis prête à prendre des risques. Je ne sais que trop bien tout ça. Mais, Jeremy est mon double. Ça ne s’explique pas. Selon le principe bien connu des vases communicants, ce qui lui tombe sur le coin de la gueule me tombe aussi sur le coin de la gueule. Je me battrais, s’il le faut. Je ne compte plus fuir ou me voiler la face quand à ce qu’il peut vivre. Ça ne m’effraie plus autant, d’essayer d’être là pour quelqu’un tant qu’il s’agit de lui. Tout n’est pas beau et pur. Notre relation n’est ni éthérée, ni dénuée d’égoïsme. Elle est veinée de nos faiblesses. Rien n’est lisse entre nous. C’est imparfait. Ça nous ressemble d’autant plus.
Je viens coller mon front contre le sien, inspirant lentement, profitant de son odeur et du calme relatif de son retour. Je reconnais l’odeur de son gel douche mais n’en tire aucune conclusion. Je profite simplement de l’instant. Et, je fais fi du reste.

« Les blessures. C’est pour te donner un genre, façon mec viril ? » Foutage de gueule. J’esquisse un sourire. C’est ma façon de lui dire que je suis contente qu’il soit rentré. Je ne laisse pas s’installer le silence trop longtemps. Peut-être qu’il m’effraie un peu en ce moment. C’est aussi sans doute ma seule façon de montrer que je suis toujours là, que ça n’a pas changé. « J’suis pas fan de ton nouveau style. J’ai vu mieux. » Je délaisse sa nuque et fais courir mes doigts sous ces cernes, à proximité de son arcade, l’effleurant à peine. Je ne retiens pas une moue contrariée. Un pincement de lèvres. Je glisse ma main dans son cou, pouce sur sa joue.

« Tu repars pas tout de suite, hein ? »

Enfin quelque chose de totalement sincère. Je fais alors quelque chose de très stupide et de très spontanée. Je l’embrasse. Parce que j’en avais envie dès l’instant où il a passé le pas de cette putain de porte.
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MessageSujet: Re: I'm back in one piece...I think. [terminé]   Mar 1 Oct - 7:54

Nous étions restés plantés là, quelques instants, comme deux cons, aussi mal à l’aise l’un que l’autre avant que je me décide à réduire la distance qui nous séparait pour la prendre dans mes bras. Ma réponse était on ne pouvait plus sincère. C’était idiot, sans doute, voir même cliché, rien à foutre, c’était vrai. Mon malaise se dissipait, laissant place à cette émotion violente qui commençait à m’être familière, hormis le fait que j’avais l’impression qu’elle gagnait en intensité à chaque fois. Et si c’était… Non, c’est rien ! Je me voilai la face encore une fois. Sa main sur ma nuque me réconforta et ne fit qu’attiser cette sensation un peu plus encore. J’avais le sentiment que nous entrions en résonance, ce qui rendait l’approbation de mon alter-ego superflue.

J’esquissai un sourire moqueur dans son cou. Elle ne croyait pas si bien dire ! J’en avais même pris plusieurs des coups dans la gueule ! Mais ce n’était pas ce qu’elle me reprochait.
Non.
D’ailleurs, je ne le ressentis pas comme tel. Ce n’était pas agressif. J’avais saisi l’allusion. Je pouvais même lui retourner la remarque, car son comportement à elle, n’était pas exactement celui auquel j’avais été habitué. Nous étions faits sur le même moule tous les deux, nous en avions bavé, toute notre vie, avions juré de ne jamais nous attacher… quand ça arrivait, elle, avait tendance à disparaître, à prendre ses distances, à fuir loin, je ne lui en avais jamais voulu, je l’acceptais comme elle était et je comprenais ce besoin qu’elle avait. C’était sa normalité, sa façon de me rappeler à l’ordre aussi, car mine de rien, ses fuites intempestives m’équilibraient quand j’avais tendance à dépasser les limites.
Moi, j’avais tendance à tout envoyer bouler, à devenir plus froid, voir même blessant, afin de pousser l’autre à se détourner de moi, c’était une autre manière de fuir quand je ne pouvais le faire physiquement…
Il n’y en avait pas un pour rattraper l’autre ! et pourtant… nous étions tous les deux… nous nous étions toujours retrouvés, aucun de nous n’avait pris la fuite cette fois, même si j’avais tenté de le faire deux jours plus tôt. Quelle connerie ! Mais ce n’était pas une fuite. J’avais vraiment peur pour elle, je voulais la protéger quitte à y laisser ma peau. J’étais obnubilé, irrationnel. Même si je ne l’admettais pas, au fond de moi je savais très bien ce ça signifiait. Aujourd’hui, je ne voulais pas fuir, je ne voulais pas qu’elle parte. Je voulais la garder près de moi car j’avais pris conscience que du fait que je ne pouvais pas la protéger à distance, et puis… ce n’était pas que ça… il me manquait quelque chose quand elle n’était pas là.
C’était contraire à tous nos principes, et elle le savait aussi bien que moi. Sauf que j’avais l’impression que, contrairement à moi, elle avait ouvert les yeux sur ce que je refusais de voir. Parce que j’avais peur que si je l’admettais, ça ne m’échappe, ça disparaisse, que plus rien ne soit comme avant. Je savais cependant que je m’enlisais chaque fois un peu plus, de mon propre chef qui plus est ! Oui je suis tombé sur la tête, et j’ai la trouille, t’as pas idée ! mais ça, je ne pouvais pas le lui dire.

Elle se dégagea un peu, juste ce qu’il fallait afin de poser son front contre le mien. Je n’avais pas envie de la laisser s’éloigner d’avantage. Son regard mutin me fit chavirer une fois de plus, alors qu’elle se foutait ouvertement de ma gueule. Je souris aussi, même si je n’étais pas aussi combatif qu’à l’accoutumée. « C’est ça ! » admis-je sur un ton légèrement moqueur.
Je ne trouvai rien d’autre à redire à ça, car je n’avais pas envie de lancer un débat sur la question de qui de nous deux était le plus balafré. De toutes façons, elle ne me laissa pas le temps de répliquer et elle aurait remporté le match haut la main. Je ne lui avais jamais rien dit au sujet des cicatrices que j’avais remarquées sur son corps. Celle en forme de lune sur son ventre, ce cercle sur son épaule faisant penser à une blessure par balle, qui était encore vive d’ailleurs, lorsque nous nous étions faits cette promesse sur les cendres du Domaine. J’avais noté tout ça. Je n’avais jamais posé de questions, je pensais ne pas en avoir le droit, je n’avais pas voulu raviver la douleur qu’elle avait du endurer. J’avais attendu qu’elle m’en parle d’elle-même, mais je savais intérieurement qu’elle ne le ferait pas, car je réagirais très certainement comme elle était en train de le faire pour moi. Imaginer ce qui avait pu lui arriver, qu’elle avait souffert alors que je n’avais même pas été là pour elle, me rendait malade. Et pire, si elle s’était vraiment prise une balle un jour, il valait mieux pour le fumier qui lui avait fait ça, qu’il ne croise jamais mon chemin. Je ne laisserais plus jamais une chose pareille se produire. Plus jamais !

L’éclair qui traversa mon regard à cet instant, faisait écho au le sien alors que ses doigts constataient l’ampleur des dégâts sur mon visage.

« Ca va. C’est rien. » dis-je, détournant le regard. Je savais exactement ce qui lui trottait dans la tête. Même pas t’y penses Max ! Le méchant dans l’histoire, c’est pas lui, c’est moi ! Le prix que j’avais payé était bien dérisoire comparé à ce que ce mec allait endurer maintenant. Je n’avais aucune idée précise de ce qu’ils allaient lui faire. Techniquement, Genetic était sensé aider les mutants. Si c’était vraiment pour les aider, pourquoi employaient-ils ce genre de méthodes ? Pourquoi les enfermaient-ils ? Trop de questions, trop de doutes… mon père m’aurait-il menti ? je ne savais plus où j’en étais…et pour l’heure, je n’avais pas vraiment envie de savoir… j’étais las de tout ça. Je voulais juste oublier le monstre que j’étais pour ce soir. Oui, j’étais égoïste. Je ne pensais qu’à moi. Non… même pas ! Je n’avais envie de penser qu’à toi. Qu’à toi et moi. Tes doigts sur ma nuque et ma joue brûlaient ma peau. J’accrochai de nouveau ton regard, je n’arrivais plus à respirer. Je n’en pouvais plus. Oh que non ! je ne voulais pas repartir. Je voulais que le temps s’arrête, là tout de suite, maintenant. Je soupirais dans un sourire.

Je suis tombé sur la tête, tu l’as dit !
Je suis fou.
Je ne vais pas bien.
Mais avec toi je suis bien.
Je t’appartiens.
Fais-moi tout oublier !
S’il te plait !


Je retins ma respiration, luttant intérieurement contre le feu qui me consumait pour formuler une réponse, « N… » Elle ne me laissa pas le temps, répondant au désir brûlant qui m’habitait, à ma bouche avide de ses lèvres, de son odeur, de sa peau. Je l’attirai à moi, caressant son visage, laissant glisser mes mains dans son dos, la serrai plus fort contre moi, ressentant à peine la douleur de mes côtes fêlées. Rien à foutre !
Elle me faisait vibrer bien plus encore, m’enivrait, annihilait ma douleur, mes peurs, chassait mes idées noires. Je ne pensais à plus rien d’autre qu’elle. Mon désir était plus fort, mon cœur tambourinait dans ma poitrine menaçant de rompre à tout instant. Je me fis plus pressant, cédant à ma folie. Mes lèvres quittèrent les siennes, un bref instant, afin de se perdre le long de sa joue, dans son cou, tandis que mes mains glissaient déjà sur ses hanches, avant de remonter en caresses, le long de son dos, cherchant le contact de sa peau sous ses vêtements, voulant les faire sauter au plus vite. J’avais envie d’elle, de me perdre avec elle, de me livrer à cette folie avec elle, encore et encore, de dissiper sa colère, ses craintes, de la rendre heureuse, d’être heureux. Plus rien n’avait d’importance.

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MessageSujet: Re: I'm back in one piece...I think. [terminé]   Dim 6 Oct - 22:00

Je fais claquer ma langue sur mon palais pour marquer mon désaccord. Non, ça n’est pas rien. Je déteste les bleus sur son visage autant que les points de suture que je distingue sur son arcade. Le sujet est clos par avance, on ne s’entendra pas dessus. Je resterai sur ma position, lui sur la sienne. Et, ce n’est pas parce qu’il se la joue mec borné que je vais céder le moindre centimètre sur ce terrain là. Je ne lui demande pas d’être d’accord, mais qu’il ne me demande pas de l’être. Je ressens ce que je ressens, c’est tout. Les concessions, ce n’est pas mon truc. La seule chose que l’on puisse faire, c’est enterrer le sujet  et éviter de le ressortir. C’est juste que je n’avais pas réalisé qu’il allait vraiment y risquer quelque chose. Je le savais, oui, mais, le fait n’avait probablement pas été correctement analysé par mon cerveau. Il n’y a pas d’autre explication. J’ai l’impression de me prendre un revers de réalité en plein gueule. C’est toujours différent de ce qu’on a pu imaginer. L’angoisse, le soulagement, et la colère que je ressens ne sont pas raisonnables. J’ai pourtant l’habitude de tout rationaliser. On peut crever à tout moment, selon des facteurs aléatoires. Ça fait partie de la vie. Inutile de s’en inquiéter autre mesure, d’y prêter trop d’attention. Là, ça m’effraie. Mes émotions sont contradictoires, viscérales, puissantes.  Surtout, ne pas penser à ce qui aurait pu arriver. Se contenter de la réalité, de ce qui est. Jeremy est là, maintenant, presque entier.
N’est-ce pas ?
Nos regards s’accrochent avec la facilité de ceux qui se connaissent très bien. Je l’interroge, tendue. Est-ce qu’il va repartir ? De toute façon, je ne veux pas. Cédant à une impulsion, je l’embrasse, coupant court à sa réponse. Il est là. C’est tout ce qui compte. Les barrières cèdent. Chaque fois un peu vite, chaque fois un peu plus fort. J’ai le cœur qui cogne et les mains qui tremblent de ce trop-plein de quelque chose qui prend toute la place.  

On ne tâtonne plus. On ne se cherche pas d’excuse en jouant à se provoquer pour faire céder l’autre. Il n’y a aucune trace d’hésitation dans son attitude. Pas plus que dans la mienne. Ses mains qui glissent dans mon dos me font frissonner. Ses lèvres dans mon cou m’arrache un soupir sonore, un presque gémissement. Bordel, je ne suis pas de ces filles-là. Je ne gémis pas, je grogne. Je domine, je ne me donne pas. Je sais parfaitement garder le contrôle de mes actes et de mes pensées. L’autre n’a toujours que l’impact que je lui autorise à avoir. Question d’égo et de distance. Est-ce-que ça a la moindre importance ? Clairement, non. J’en ai rien à foutre. Il sera toujours temps de se poser des questions plus tard, voire jamais. Je m’en fous. Je me fous de tout ça. Il n’y a qu’une seule chose qui compte à cet instant précis.

Gênée par mon mégot, je m’en débarrasse en le jetant en direction du cendrier. Je le rate, évidemment. Remercions les fabricants de cigarettes d’avoir inventé ce papier qui s’éteint seul. Pas besoin de s’en préoccuper. Pas le temps. Pas l’envie. Le désir exacerbe chacun de mes sens, du toucher jusqu’au goût. J’ai faim de sa peau et de ses mains sur moi. Le sang qui bat dans mes tempes, l’urgence ressentie. Je décolle légèrement mon buste pour lever les bras, pressée. Nous envoyons valser d’un coup mon pull et mon tee-shirt. Qu’ils aillent se perdre je ne sais où, je m’en moque. La pièce n’existe plus. Je ne la vois plus. D’un coup de bassin, je le force à reculer contre la porte et me colle contre lui, un sourire mutin accrochée aux lèvres. J’ai une idée géniale : qu’on envoie le monde entier au diable. Que Genetic aille voir ailleurs si on y est. Que Genome se démerde avec ses problèmes. Que mon contrat bien chiant se contente d’attendre demain. De toute façon, ça ne pèse pas bien lourd face au moment présent. D’autorité, je récupère ses lèvres dans un baiser qui m’engage complètement. Lèvres, langue, mains, hanches…

Je vibre à chacun de ses gestes. Tout ça est plus grand que moi même si ça n’appartient qu’à nous. J’ignorais jusque là qu’on pouvait à ce point entrer en résonnance avec quelqu’un. Je ne savais pas ce que c’était, vouloir quelqu’un à ce point parce qu’il s’agit de cette personne-ci et pas d’une autre. C’est si fort que ça pourrait m’étouffer. Ça m’effraie, ça me terrorise. Ça devrait. Plutôt que de m’enfuir, de faire demi-tour, j’ignore ce sentiment. J’en ai rien à foutre de ça, rien à foutre de moi, rien à foutre du monde. C’est une forme de fuite. Je m’y abandonne sans le moindre complexe ni la moindre distance.

Mes doigts glissent contre son ventre, faisant remonter ses vêtements. Ils sont de trop aussi. Je ne compte pas attendre pour remettre les deux équipes à égalité. Je m’y emploie, pressée. Jeremy laisse échapper une grimace alors que ses propres vêtements vont tenir compagnie au sol de cette chambre miteuse. Je recule mon visage, soudainement plus tendue, plus méfiante. Je n’ai pas besoin de dessin. La colère reflue, plus violente que tout à l’heure, plus difficile à contenir. Je baisse les yeux, comme pour cacher quelque chose. « Si j’avais été là, je l’aurais tué. » Je me contente de souffler ces mots mais, ils claquent dans l’air avec une sècheresse assumée.

Je ne suis pas certaine que ce soit des mots en l’air. Est-ce que ça me serait si facile ? Est-ce que j’hésiterai seulement ? Je ne peux pas m’empêcher d’être convaincue que les choses se seraient passées différemment. Des flashs stupides me traversent l’esprit. J’imagine ce qu’il aurait pu advenir. J’imagine que j’aurais pu le perdre. J’imagine le visage de cet enfoiré de responsable mais, c’est le sourire d’Alex qui se superpose à cette image. La haine m’enveloppe tout entière, ce monstre tapi au creux de mon ventre. Il rugit pour faire entendre sa voix. Je sens sur ma peau le picotement familier qui signe ma perte de contrôle ainsi que l’activation de mon don.

« Putain ! » lâché-je. Dans le même temps,  je me détache brusquement. Je refuse que Jeremy m’approche. De mémoire, il n’a jamais subi les effets de la ma capacité, je n’ai pas l’intention qu’aujourd’hui, cela change.  Je croise les bras contre ma poitrine, plus par instinct de conservation que pour une quelconque pudeur dont je n’ai jamais été dotée, et recule de quelque pas. Au cas où, il n’ait pas compris, je lui fais les sous-titres, légèrement hargneuse, principalement apeurée. « Me touche pas. »

C’est pas contre lui que je suis en colère même s’il semble en faire les frais. Je suis en colère contre moi-même. Je m’en veux. Putain de don à la con. Je suis douée pour le passer sous silence, d’ordinaire. Douée pour éviter ce genre de situation embarrassante que ne m’est arrivé depuis plusieurs années. J’ai foutu en l’air ce super plan de fuite et d’oubli du monde. C’est frustrant. J’inspire profondément, expulse lentement l’air de mes poumons, droite comme un i, tendue à l’extrême. Je me mords l’intérieure des joues pour faire passer ma colère et reprendre le contrôle. Je sais éteindre ce truc. J’ai toujours su comment faire ça. Au bout de quelques respirations, je réussis à passer ma capacité sous silence. Je relève les yeux vers Jeremy. Désolée. En colère. Lâche. Frustrée. Égoïste. Fidèle à moi-même.

« Je l’aurais tué, Jer’. » Demi-vérité. Je l’aurais traqué, je l’aurais détruit psychologiquement, je l’aurais torturé. Puis, je l’aurai achevé. Ou peut-être pas. Peut-être que je l’aurais laissé crever dans un coin, lentement et douloureusement. Je ne suis pas capable de l’admettre à haute voix. D’assumer ma monstruosité.Mon pouvoir menace à nouveau de se déclencher. Je recule d’un autre pas.  Je soupire lentement. Je me mords la joue, puisque cette douleur là, que je m’inflige, j’ai le mérite de pouvoir la contrôler. Il est la seule raison qui me raccroche encore un peu à cette chienne de vie. « J’veux pas qu’il t’arrive un truc à toi aussi. » J’ai besoin de le dire à haute voix, avec clarté, même si mes yeux restent rivés sur ces rideaux verts hideux. Je sais pas pourquoi je me confie alors que d’une même façon, je ne veux pas être un frein. J’veux pas être un poids, une victime, une raison de s’inquiéter. C’est tellement égoïste. S’il lui arrive quoi que ce soit, j’donne pas cher de moi. Je pourrais dégager sans scrupule ce restant d’humanité. Je bousillerais tout.

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MessageSujet: Re: I'm back in one piece...I think. [terminé]   Mer 9 Oct - 0:27

Son désaccord n’était franchement pas une surprise et je ne cherchais pas spécialement à la convaincre. Je ne voulais pas discuter, je ne voulais pas me battre. C’était juste une manière de clore rapidement ce sujet sensible. Pour l’heure, j’avais d’autres projets en tête, et autre part aussi d’ailleurs, l’envie de débrancher mon cerveau, de ne plus penser à rien d’autre qu’à nous, qu’à me perdre avec elle.

Il suffit que nos regards se croisent un instant pour que nous entrions en symbiose tous les deux, cédant l’un comme l’autre à notre impulsion. Je sentais sa peau frémir sous mes doigts, sous mes lèvres dans son cou, lui ôtant un gémissement qui ne fit qu’attiser un peu plus mon désir. Elle m’aida à la débarrasser du trop plein de vêtements qui lui couvraient le haut, avant de me plaquer contre la porte. Elle exauçait mon souhait. Docile, je me laissais faire.
Son sourire mutin m’hypnotisait, je répondis par une moue espiègle, semblable à la sienne, laissant glisser mes doigts le long de son épaule, de sa taille, sur ses hanches. Je la serrai de nouveau contre moi puis, l’embrassai avec fougue.
Je frémis, sentant ses mains sur mon ventre, réprimai à peine une grimace lorsqu’elle effleura mes côtes, oubliant aussitôt cette douleur incongrue qui n’avait pas sa place dans l’instant présent, puis, pressé, l’aidai à virer mon excédant de fringues devenues trop encombrantes. Au moment où j’allais de nouveau m’emparer de ses lèvres, elle se recula. Mon esprit ne parvenant pas à analyser ce qui était en train de se passer, je fis une nouvelle tentative avant de me rendre compte que son regard me fuyait, qu’elle s’était raidie, comme si quelque chose venait de se briser. J’avais du mal à rationaliser, interrompu en plein trip. Merde ! qu’est ce qui se passe ? qu’est ce que j’ai fait ?

Le ton qu’elle employa me fit l’effet d’une gifle. Quoi ? Il me fallu quelques secondes, le temps que le sang irrigue de nouveau mon cerveau afin que je percute ce qu’elle était en train de dire, et surtout, pourquoi ? pourquoi elle revenait sur ça maintenant ?

Un « Chhh » que je voulais apaisant, à peine soufflé au milieu de ma respiration saccadée, je posai délicatement une main rassurante sur sa joue, déposai un baiser sur son front. J’avais du mal à comprendre ce qui avait ravivé ce sentiment de colère, si j’avais fait quelque chose qui l’avait contrariée… ou si elle faisait simplement une fixation.
Je savais exactement ce qu’elle ressentait. Mon regard se posa sur son épaule. Je m’étais fait la même réflexion la fois où je l’avais découverte, où elle m’avait avoué qu’un enfoiré lui avait tiré dessus. Je ne pouvais pas lui en vouloir, ni la contredire à ce propos. Moi aussi j’avais eu une envie de meurtre ce jour là ! Le pire dans tout ça… c’était que j’y étais… le jour où c’était arrivé… Je sentais qu’il ne me fallait pas grand-chose pour que ce vieux démon remonte à la surface…
« Je sais », répondis-je dans un soupir à peine audible afin de le faire taire celui-là, puis je tentai de la reprendre délicatement dans mes bras, mais en vain. Elle se dégagea brusquement.

J’avais du mal à appréhender ce qui lui prenait tout à coup. Je fis un pas dans sa direction, mais elle me dissuada de l’approcher d’avantage. Ce regard, je le connaissais pas cœur. C’était celui de l’animal sauvage et blessé que j’avais eu tant de mal à apprivoiser. C’était la première fois qu’elle me repoussait… depuis que…
Merde ! Merde ! Merde ! Ca me faisait chier qu’elle en fasse tout un plat ! Mais d’un autre côté, je comprenais. Je crois. Ou alors, j’avais merdé, quelque chose m’avait échappé, j’avais déconné. Nous avions du aller trop loin, trop vite. Putain ! Mais merde !

Mon regard trahissait mon incompréhension, je lisais la peur dans le sien. Ses sous titres ne firent qu’accentuer mon malaise et mon sentiment de culpabilité. Je cru d’abord que sa réaction avait un rapport avec notre folie du moment et tous ces sentiments tordus qui nous habitaient, ou que sais-je encore. J’étais complètement à côté de la plaque. L’idée qu’elle déclenche son pouvoir contre moi ne m’avait même pas effleuré l’esprit. J’avais eu la chance de n’en avoir jamais fait les frais jusqu’à maintenant, et même si je l’avais déjà vue à l’œuvre à plusieurs reprises, j’étais loin de me douter qu’elle était en train de lutter contre ça, là, tout de suite.

Moi aussi j’avais peur… de ce que je ressentais, de ce que je lisais dans son regard, de ce qu’elle allait m’avouer ou faire, de faire un faux pas, peur de la perdre. Je savais que nous jouions avec le feu, chaque fois plus dangereusement, mais je ne craignais plus de me brûler, au contraire, je crois que j’aimais ça et pire ! j’en redemandais. Peut-être à tort ? Ce que je redoutais maintenant, c’était que la flamme s’éteigne. J’avais franchi le point de non retour. J’avais mal dans la poitrine, mon souffle était en suspend. Je ne savais pas quoi faire. J’étais désarmé, exténué, je ne voulais pas lutter, pas maintenant. Je n’en avais pas la force, ni l’envie. J’essayais de déceler un signe dans son attitude, une explication rationnelle et objective, quelque chose… mais j’étais aveuglé. Elle me rendait dingue, j’étais devenu accro sans même m’en rendre compte ! Et là, j’étais en manque. Je l’aimais. Pathétique hein ? Oui, mais c’était ça. Je crois. J’avais beau me voiler la face, je le savais, même si je n’étais pas encore prêt à l’admettre.
« Max… » Commençai-je sans réfléchir. Les battements de mon cœur m’assourdissaient. J’étais perdu. L’indicible évidence me sautait aux yeux à cet instant, plus effrayante que jamais, l’air me manquait, je paniquai. Qu’est-ce que je fous, bordel !

Par chance, elle rompit de nouveau ce silence insoutenable. Ses mots résonnèrent dans l’air comme un nouveau coup de fouet. Toujours la même phrase…Cette colère froide… cette manière qu’elle avait de respirer afin de se calmer, cette lutte quelle semblait mener contre elle-même…ça faisait bien longtemps que je ne l’avais pas vue dans cet état ! Mais quel con je fais putain !

Cette colère viscérale, j’étais mieux placé que quiconque pour la comprendre. Non seulement je la connaissais pour l’avoir observée au Domaine : Maxime et son pouvoir destructeur qui avait tendance à se déclencher lorsqu’elle était en colère, entre autre, Alex en avait fait les frais à l’époque… Elle aussi avait pris cher ce jour là… mais aussi pour l’avoir déjà ressentie moi aussi, à diverses reprises, comme la fois où elle s’était prise cette balle, ou encore la fois ou cet enfoiré d’O’Hara l’avait entrainée au casse pipe face à ce mutant dégénéré qui dévorait ses victimes…

Je pourrais donc bien dire ce que je voudrais, ça n’y changerait rien. J’étais pareil. Je détournai le regard, esquissant un sourire mi gêné, mi amusé. Je ne me moquais pas d’elle, mais de moi-même. « C’est drôle, c’est exactement ce que je m’étais dit si je retrouvais l’enflure qui t’as tiré dessus. » soupirais-je.

Finalement, nous étions aussi cinglés l’un que l’autre. Je ne savais pas si c’était rassurant, mais même mes pensées les plus effrayantes trouvaient de l’écho chez mon double !
Je posai de nouveau les yeux sur elle. J’avais envie de lui dire qu’il ne m’arriverait rien, pour la rassurer, mais c’était naze, stéréotypé à souhait, ça sonnerait faux, et ce serait mentir. Je ne pouvais pas le lui garantir, autant fermer ma gueule !
Je ne savais que trop bien ce qu’elle ressentait. Cette trouille permanente était devenue mon lot quotidien, avant même que je me rende compte que j’avais enfreint mes propres règles. C’était ce qui me bouffait moi aussi, non pas qu’il m’arrive un truc, ça je m’en battais les couilles ! mais qu’il lui arrive quelque chose à elle, parce que… parce que… pour les mêmes raisons… elle me tirait les mots de la bouche ! voilà !

« Je sais. » c’est tout ce que je trouvai à dire. J’avais conscience d’être agaçant avec mes « je sais », mais c’était ce que j’avais trouvé de plus juste, de plus vrai. Elle avait déjà formulé ce que je pensais aussi au fond, je n’avais rien de plus à ajouter, si ce n’était :

« Je t’ai fait une promesse Max. Et je la tiendrais, coute que coute. Peu importe ce qui arrivera… et même une fois qu’on en aura fini avec tout ça… On s’en sortira… Ensemble… »

J’avais promis bien plus que de retrouver le fumier qui avait décimé toute notre famille ce jour là, même si je ne l’avais pas formulé. C’était à ce moment là aussi, que j’avais commencé à réaliser qu’elle comptait pour moi, plus qu’elle ne le devait. J’avais d’abord cru que mon esprit avait déraillé, à cause de la douleur provoquée par ces évènements, puis j’avais continué de me voiler la face, encore et encore, parce que j’étais lâche. Mais ce sentiment profond ne s’était pas dissipé avec le temps, bien au contraire.

J’avançais d’un pas, précautionneusement, afin de ne pas la braquer, même si je sentais que quelque part, elle ne m’avait pas complètement claqué la porte au nez.

« Max… Je… »
Je fis un pas de plus, respectant cependant la distance nécessaire à son espace vital. Je savais a quel point c’était important pour elle, surtout dans la situation présente, même si j’en avais rien à foutre de prendre trente ou quarante piges d’un coup. Je n’avais pas peur. Pas de ça en tout cas.
« Je n’ai plus que toi. » ce n’était pas exactement ce que je voulais dire. Ca ne voulait pas sortir, mais ça avait le même sens pour moi. « Et je ne veux pas te perdre non plus. »
Je ne savais pas si je n’aurais pas mieux fait de lui dire ces trois foutus mots tout compte fait. Mais je trouvais ceux là plus justes, plus vrais, plus fort. Enfin, pour moi, ils l’étaient. C’était tordu comme raisonnement…un peu comme moi… comme nous en fait.

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MessageSujet: Re: I'm back in one piece...I think. [terminé]   Ven 15 Nov - 10:11

« Tsss. Arrête, tu ne sais rien du tout »

Mes mots ont claqués avec une sècheresse désagréable. J’aurais pu le gifler, ça serait revenu au même. Je m’en veux sans m’en vouloir. Je ne sais pas comment vivre tout ça, ni comment l’expliquer. J’ai toujours été acerbe, désagréable, tranchante. Je sais me servir de mes mots avec la même hargne et la même violence dont j’enrobe mes poings. Je baisse les yeux, j’évite soigneusement son regard. J’ai conscience d’être en tort et d’avoir une réaction totalement injuste mais aucune envie de l’admettre à voix haute. Il n’est pas responsable de tout ce beau merdier. S’il n’est au courant de rien, c’est bien parce que je ne prends pas la peine de m’expliquer. À quoi servirait-il qu’il fasse l’effort de demander quand il sait que je mettrais toute mon énergie dans un silence buté.

Une promesse ? Les retrouver, les tuer. Ce n’est pas son rôle ! Il ne comprend pas, il ne peut pas comprendre. Est-ce qu’il a oublié que la seule chose que je lui ai demandé, ce jour là, c’est de ne pas m’empêcher de le faire. Je me souviens très bien de la façon qu’il a eu de me tourner le dos, comme pour se protéger de ma réponse. Je lui ai balancé mon briquet et j’ai hurlé qu’il n’était qu’un crétin, que je n’avais plus que lui. Qu’il était tout ce qu’il me restait alors qu’il ne devait pas me tourner le dos. Dans ma tête, cette scène a gardé toute sa vivacité. Depuis ce jour là, il ne m’a plus vraiment tourné le dos… Moi je l’ai fait. Je suis partie…  Ses mots me heurtent alors qu’ils devraient m’apaiser.

Je ne sais pas faire ça. Je ne sais pas comment gérer ça. J’ai jamais su. Il y a des gens pour qui protéger, aimer, et prendre soin d’un autre est naturel. Je suis novice en la matière. J’agis toujours à distance, avec précaution sans me tâcher les mains avec un quelconque attachement. C’est beaucoup plus simple quand je ne me sens pas impliqué. J’ai tout foiré. On a tout foiré. Le jour où on a dérapé pour la première fois, ça a signé notre perte. On n’a pas cessé de se mentir depuis, de faire comme si rien n’avait changé. Si, ça a changé quelque chose. Peut-être qu’on se mentait déjà avant, peut-être que ça a toujours été là. J’arrive juste plus à l’ignorer. J’ai le cœur qui bat trop vite et trop fort. Je suis trop impliqué. J’vais le foutre en l’air. Il comprend pas ou il fait mine d’ignorer tout ça. C’est pas volontaire, c’est pas comme si j’avais envie de le bousiller. Je sais juste que ça va arriver. C’est comme ça, à chaque fois systématiquement. Tu vois, moi, je détruis ce que je touche. Je ne suis faite que pour ça.

Mais putain… J’suis une égoïste. Et, je ne sais pas ce que je veux. Il y a deux jours, j’ai piqué une crise de morveuse capricieuse parce qu’il me foutait dehors et là, quoi ? J’fais genre que la meilleure solution ce serait que je me barre. C’est quoi ce délire ? T’as le cerveau en miette, ma pauvre fille. Tu dérailles complètement. Putain, ressaisis-toi, bordel ! De quoi j’ai tellement peur ? Qu’il lui arrive un truc, que je le foute dans la merde, que je le blesse en me contentant d’être moi, qu’il se rende compte de ce que je suis et qu’il me plante là, comme une conne. J’ai peur de tout. De rien. J’sais pas. De moi. De lui. De ça. C’est n’importe quoi. Purement et simplement n’importe quoi. J’étouffe. Je perds pied.

Un frisson remonte le long de ma colonne, n’ayant cette fois, rien d’agréable. Mon estomac se rebelle contre ma propre connerie. J’ai la tête qui tourne, un peu. J’entends qu’il fait un pas vers moi. Instinctivement, je braque mes yeux vers lui, plus précisément sur ses pieds. Je ne suis pas prête à croiser son regard. Il faut pourtant bien le faire lorsqu’il prononce mon prénom. Je suis faible quand il me regarde comme ça, je perds tout bon sens. Je fous ma raison à la poubelle. La preuve, je ne fais pas l’effort de reculer pour maintenir la distance entre nous, je le laisse approcher. Ses mots… C’est comme une vague de chaleur qui m’enveloppe et me rassure. Un cocon dans lequel je pourrais venir me réfugier. C’est aussi un gouffre sous mes pieds, c’est aussi sauter dans le vide en espérant que l’autre sera au rendez-vous pour vous empêcher de vous écraser comme une merde sur le sol. C’est faire confiance.

Jeremy me fait confiance.
Il a tort.

« C’est ce qui me fait peur. » J’ai lâché ça d’une toute petite voix, émaillé, éraillée, rocailleuse. Comme si j’avais cent ans et pas vingt-et-un. Je déteste l’idée de lui infliger ça. Je ne sais pas comment expliquer. Je ne sais plus rien. J’ai pas menti. Je serais là quand il aura besoin de moi, je le protègerais coûte que coûte. Je suis de son côté. Il est ma famille, mon double, mon choix. Dans ma tête, il n’y a que des mots en anglais qui résonnent. I’m no good to you. Je refuse d’abandonner notre langue maternelle même si celle-ci ne me permet pas de m’exprimer comme je le souhaiterais. « Je suis pas quelqu’un de bien, Jer’. Y’a plus rien à sauver chez moi. » C’est dit. Le vide menace de me dévorer. Jeremy est mon miroir, je suis forcée de constater la réalité de mes mots. Je n’ai plus rien à offrir à part ma violence et ma vengeance. Je fais semble d’être vivante, tout le temps. Et, si j’arrive pas à partir, c’est qu’il n’y a encore qu’avec lui que la vie ressemble à quelque chose d’agréable et de significatif. Quand ce sera fini, comme il dit, et si je ne suis pas morte, il ne restera probablement plus grand chose de ce que j’ai été. « Je les tuerais tous Jeremy. Mais, je ne veux pas que tu t’en mêles. »

Je recule d’un pas. J’ai froid. Je viens d’admettre qu’ils sont plusieurs. Je viens d’admettre que j’en sais plus que lui. Je ne pense même pas à m’allumer une clope. Je baisse les yeux. Alex me revient en mémoire. Ce petit fils de pute a gagné. « Lâche » se répète en écho dans ma tête. Il a raison, je suis lâche. J’ai de plus en plus froid. Je crois même que je tremble un peu. Mes muscles commencent à me faire mal, tous à la fois. Je sais ce qui est en train de se passer pour l’avoir subi plusieurs fois en pleine nuit. Je refuse que Jeremy soit témoin de ça. Je ne veux pas ajouter le qualificatif « faible » à la longue liste de mes défauts.

Je fronce les sourcils pour feindre l’agacement alors que ce n’est que ma respiration qui s’emballe. Je n’ai qu’une seule échappatoire : filer dans la salle de bain, me recroqueviller et attendre que ça passe. Sans un regard pour mon double, écœurée par mon propre comportement, je tente de me faufiler jusqu’à la toute petite pièce de douche. S’il savait à quel point je suis désolée… S’il savait tellement de choses…

« Fous-moi la paix, putain ! »

J'ai crié pour m'enfuir.
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MessageSujet: Re: I'm back in one piece...I think. [terminé]   Dim 17 Nov - 12:00

Je ne rétorquai rien. J'encaissai la gifle verbale sans broncher, mais ne baissai pas les yeux. Je ne posai pas de question, mais j'attendais des explications. Qu'avais-je donc manqué ? Est-ce que je me fourvoyais sur un point ? Non, je ne pensais pas. Ou alors elle ne me disait pas tout. A moins qu'elle n'ai juste décidé de m'envoyer me faire foutre. C'était une éventualité tout à fait envisageable avec elle.

Je l'observai, victime une nouvelle fois d'un ascenseur émotionnel que je contins avec difficulté. Elle fuyait mon regard. Çà ne lui ressemblait pas. Elle assumait d'habitude quand elle me rentrait dedans, même à tort. Où était passée la teigne ? Même si le ton y était, la hargne aussi, elle manquait de convictions. Elle ne me la faisait pas, ça faisait des années que je la pratiquais ! Quelque chose la perturbait, je le sentais.

Je lui rappelai la promesse que je lui avais faite. Je n’avais pas oublié moi non plus. Retrouver l'incendiaire et le tuer. Je t'avais promis de ne pas t'en empêcher si tu mettais la main dessus la première. Même si je n'avais pas pris soin de le préciser. Mais je m'étais promis à moi-même de le retrouver avant toi afin de t'éviter de te salir les mains. J'étais sensé avoir plus de facilités grâce à Genetic... du moins, du temps de Reynolds. Mais je ne désespérais pas. J'avais une piste me menant tout droit à un informateur en Argentine. Bientôt, ce ne serait plus que de l'histoire ancienne. Je savais d'avance que tu m'en voudrais pour ça. Mais que ce soit toi ou moi, justice serait faite, pour toi, moi, et notre famille. C'était tout ce qui comptait.

Et puis, je n'étais pas entré dans son jeu. Je ne m'étais pas braqué, je ne l'avais pas envoyée chier. J'avais compris qu'elle luttait contre sa capacité, donc je ne lui tenais pas rigueur pour son agressivité. J'avais tenté de me rapprocher avec précaution, comme un con, pensant pouvoir la calmer. Mais il me manquait des données.

Je n'avais pas bien compris ce qu'il se passait dans ma tête à cet instant et je ne savais pas bien ce qui m'avait pris d'un coup de lui balancer ça, comme ça. Et sa réponse me fit l'effet d'une gifle bien plus violente que la première, ou plutôt d'un coup de poignard. Mon cœur manqua un battement, je manquai d'air. Je me figeai sur place, un voile passa devant mes yeux, un frisson désagréable me parcouru l'échine, et j'eus l'impression d'entendre une petite voix sardonique me lancer "pas d'attache hein ?" avant de hacher ce qu'il restait du truc inerte me servant de cœur. Le sol commençait à se dérober sous mes pieds. Je regrettai déjà d'avoir assumé mes paroles. Je savais que j'aurais mieux fait de la fermer et de continuer à faire l'autruche.
Ses mots faisaient écho en moi et étaient emprunts d'une triste justesse. Oui, je l'entendais. Elle venait de me renvoyer toutes mes craintes à la figure en me rappelant cruellement à l'ordre. Je savais tout ça. C'était entre autre parce que j'avais peur, que j'étais terrorisé, que je passais mon temps à fuir la vérité. Mais je n'y pouvais rien. Je ne contrôlais rien et je ne pouvais pas m'en empêcher. Même si je ne voulais pas le voir, c'était là. Je ne savais pas quand, ni comment c'était arrivé. J'avais refusé de le croire et je m'étais encore moins imaginer l'avouer. Ma première réaction avait été de fuir quand tu m'as dit que tu m'aimais Max. J'aurais pu...disparaître, ne pas revenir te chercher, j'y ai pensé, si tu savais. Ce que j'ai vu là bas, ce que j'ai fait... si tu n'avais pas été là... je ne serais peut être pas revenu. Pas entier. J'aurais sans doute perdu une partie bien plus grande de ma santé mentale.
Je n'avais pensé qu'à une seule chose à mon réveil. Et ça avait été bien plus fort que la peur de tes mots, que tu t'attaches, que je ne sois pas à la hauteur...
Même si la peur, elle était toujours là, elle me dévorait encore les tripes quand elle me la balança à la figure. Ça faisait mal et je sentais que la chute allait être vertigineuse si elle ne me retenait pas.

D'autres mots résonnèrent au loin, me faisant cette fois-ci l'effet d'un électrochoc, ravivant avec violence les battements de mon cœur qui menaçait à présent d'exploser. Je m'étais juré d'être là. Toujours. Quand elle aurait besoin de moi. Quoi qu'il arrive. Elle pourrait me gifler autant qu'elle voudrait, me briser, me piétiner, rien n'y changerait. Même si elle ne partageait pas mes sentiments tordus à son égard.

"J'en ai rien à foutre de ça ! ne dis pas n'importe quoi !" lâchais-je avec hargne cette fois-ci. "Me fait pas rire ! Arrête ! Tu crois que je suis quelqu'un de bien moi ? Qu'est ce que tu crois qu'il y a encore à sauver chez moi !" ajoutai-je sèchement. Je viens d'envoyer un pauvre type moisir au fond d'une geôle à Genetic ! Tu trouves ça glorieux ? Le seul semblant de gloire que je pouvais me tirer, c'était d'avoir laissé filer cette gonzesse, et ça, je te le devais !
Qu'est ce qu'elle me jouait là bordel ? Je m'emportai. Froidement. Je regrettai, je ne voulais pas m'énerver. Mais s'en était trop. Elle me poussait à bout, dans mes derniers retranchements. Je ne voulais pas exploser, mais je n'arrivais plus à me contenir. Je détournai le regard à mon tour, quelques secondes seulement, le temps de la réflexion. Il y avait autre chose qui m'avait poussé à réagir, ce n'était pas tellement qu'elle me fasse le coup de "je ne suis pas assez bien pour toi" qui n'avait, soit dit en passant, aucun de sens pour moi. Qu'est ce que j'en avais à foutre ? elle était mon alter-ego, elle était aussi tordue et brisée que moi, ce n'était pas vraiment une surprise ! Mais qu'elle me sorte qu'il n'y avait plus rien à sauver, ça je le refusais catégoriquement. Je l'avais toujours refusé, parce que ce n'était pas vrai ! et elle le savait très bien ! Le simple fait qu'elle se trouve ici, avec moi, lui faisait perdre toute crédibilité. Même si elle mettait tous les moyens en œuvre pour tout saboter. Nous savions tous les deux que ce n'était pas vrai. Je ne la laisserais pas faire, même si je devais m'en prendre plein la gueule. C'était hors de question !

"Quoi ?" Je ne comprenais pas. De quoi parlait-elle ? "Qui ça tous ?" Il avait d'abord été question de Genome, puis de l'incendiaire du Domaine, c'était ces gens là qu'elle englobait dans le "tous" ? elle était en train de débloquer sérieusement ou bien ?

Je pris sur moi, une fois de plus. Son comportement n'était pas normal. Quelque chose clochait depuis mon arrivée. Peut-être même d'avant. Elle ne me regardait toujours pas. Elle n'assumait pas. Que s'était-il passé durant mon absence ? quoi qu'il en soit, ça sentait la merde, mais je ne la laisserais sombrer toute seule. Tu sautes, je sautes. C'est comme ça ! Ça, ça ne changera pas. "Max ?"

Elle tenta de se dérober en fuyant vers la salle de bain, je lui barrai la route, l'effleurant à peine. "Mais qu'est-ce qui te prends à la fin ?" Je consentis dans un premier temps à lui laisser faire son caprice lorsqu'elle me hurla dessus, je commençai à m'écarter, en proie à l'hésitation, puis je me ravisai dans la seconde qui suivit. Non. Je ne voulais pas la laisser fuir. Pas tant que les choses ne seraient pas claires. Elle voulait mettre fin à nos conneries, parfait ! qu'elle le fasse ! Mais il ne s'agissait pas de ça ! Pas que... Elle me cachait autre chose, j'en étais persuadé. Elle était mon double. J'avais beau comprendre la plupart de ses réactions, pour celle-là, il allait me falloir un décodeur. Je lui saisi le bras, puis les épaules. "Non !" je ne te foutrais pas la paix, pas cette fois ! Mon ton était ferme et déterminé. Les yeux rivés sur son visage, je cherchais son regard, l'obligeant à me faire face. "Regarde-moi !"Je n'avais pas l'intention de la lâcher avant d'avoir obtenu une réponse, quelle qu'elle soit : "Tu vas me dire ce qu'il y a ?"
Si elle voulait se débarrasser de moi, il allait falloir qu'elle se montre plus persuasive.

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MessageSujet: Re: I'm back in one piece...I think. [terminé]   Dim 17 Nov - 21:28

Je ne sais pas ce qui prédomine chez moi quand tu te mets à hurler. Je ne sais pas si c’est la peur, l’angoisse ou ma colère contre le monde entier. Quel regard suis-je en train de te lancer quand tu cries ces mots là ? C’est justement ça bordel, Jer ! Que t’en aies rien à foutre ! Que tu me laisses te foutre en l’air ! Je suis un putain de poison et t’es la dernière personne au monde que je veux bousiller. Je veux pas t’entraîner dans ma chute, putain. J’emprunte des chemins trop sombres, desquels je ne reviendrais pas indemne, pas entière. Je refuse que ça t’affecte. Et puis ça n’a rien à voir avec nos blessures d’avant. Je sais qu’on est pareils toi et moi, qu’on l’a toujours été. Cabossés par la vie, on a avancé clopin-clopant en se jurant de pas s’attacher à qui que ce soit parce que perdre les gens, ça fait un mal de chien. Je ne compte plus nos cicatrices, nos blessures, nos défauts, no manques et nos failles. Mais ça ne change rien. Là, il ne s’agit pas de mon caractère de merde. Je vais trop loin dans cette autodestruction méthodique qui me permettra de les achever un à un. Je vais trop loin pour te laisser me suivre.

Toi, t’es pas comme ça. Tu peux me balancer à la gueule qu’il y a plus rien à sauver chez toi aussi. Ça me donne envie de te gifler. Je m’abstiens. Tu piges rien, vraiment. Tu crois que parce que tu bosses pour Genetic, t’es aussi pourri qu’un Harwell ? On dit qu’on ne doit jamais juger les gens sur leur fréquentation, parce que Judas, lui avait des amis irréprochables. L’inverse est tout aussi vrai. Tu peux baigner dans leurs conneries, ça ne te salira pas. Je te connais pas cœur, depuis si longtemps. Je sais ce qui se trouve derrière tes masques et tes pirouettes. Jeremy, tu n’as rien à voir avec eux. T’es quelqu’un de bien. Judas, c’est moi. Si je ne devais sauver qu’une personne sur cette planète de merde, ce serait toi. Sans aucune hésitation. Pourquoi tu vois pas la différence ? Pourquoi tu veux pas comprendre que je suis plus qu’un ramassis de tissus cicatriciels et de violences ? Mes restes d’humanité, je passe mon temps à leur cracher dessus. Je me les arrache un à un dans un processus d’automutilation. Il faut que je sois plus forte, moins sensible, plus déterminée.

Je suis en train de faire une connerie. Juste une connerie de plus. Cette certitude me frappe de plein fouet au moment où je t’annonce que je les tuerais tous, mais sans toi. Je sais ce que c’est, d’avoir le sang de quelqu’un sur les mains. Je sais ce que c’est d’être incapable de voir son reflet sans vouloir briser le miroir en éclats. Je connais les cris poussés par un homme lorsqu’on le torture. Je sais tout ça, et je ne l’oublierai jamais. C’est parce que je sais que je refuse de te voir mêler à ça. Tu ne t’en remettrais pas. Qu’au moins un de nous deux s’en sorte. Que toi, tu t’en sortes. Moi, c’est déjà trop tard. Il y a un monstre qui me dévore petit à petit. Et cette haine au fond de mon ventre qui rugit, menaçante. Je ne devrais pas te dire tout ça. Je devrais t’en protéger. Alex a raison, finalement. Je suis lâche. Lâche et égoïste. Incapable, encore, de lui tirer une balle en pleine tête.

Il faut que je me casse. Ce besoin me colle à la peau, bloque ma respiration et pousse le moindre de mes muscles à se contracter. J’ai mal sans pouvoir dire où, sans pouvoir dire pourquoi. Il me semble que je commence à trembler et je dois me mordre la joue pour m’éviter de hurler. Dans ma tête, ça résonne. Je fous tout en l’air, toujours, comme d’habitude. Je ne veux rien affronter. Je refuse que tu me voies comme ça, aussi faible et lamentable. Je peux pas rajouter ça à ce que je te fais déjà endurer.  Tu comprends pas ? Tant mieux ! En toute honnêteté, quelque part ça m’arrange. T’as qu’à faire l’autruche et faire comme si tu ne voyais rien…

J’amorce ma fuite. Juste pour pouvoir me cacher, me recroqueviller sur le sol de cette salle de bain miteuse en attendant que le malaise passe et que l’angoisse s’atténue. J’entends ta voix mais je peux pas répondre. Pas maintenant. Je n’en ai pas la force ni l’audace. Si je te regarde, ça va se fissurer en moi et je ne tiendrais pas. Je ne sais pas ce qui me prend. Je ne sais pas ce qui m’arrive. Je sais juste que j’ai de plus en plus de mal à respirer. Il y a comme un poids dans ma cage thoracique, une lourdeur qui écrase tout et m’entraîne vers le fond. Laisse-moi passer, s’il te plaît. Je te le demande beaucoup moins gentiment. Tu esquisses un mouvement en arrière. J’inspire un peu mieux. J’avance. Mais non. Non ? Je sens tes mains sur mes bras, mes épaules. J’entends ta détermination. Je me débats à peine, amorçant un mouvement vif et sec pour me dégager avant de céder. Je n’ai plus de force. Lâche. Lâche. Lâche.  La voix d’Alex se répète en boucle à l’intérieur de mon crâne. J’ai la haine. J’ai son regard imprimé dans la rétine, son putain de sourire. Je l’avais à ma merci, au bout de canon de mon arme. J’aurai pu tout régler et je n’ai rien fait. Lâche. Lâche.
En arrière fond, j’entends les cris de cet autre homme que j’ai incendié, au sens propre du terme.
Et Chuck, le premier. L’innocent connard, mort par ma faute et celle d’O’Hara. Le début de la descente aux enfers…

Je sais pourquoi je fais tout ça. Je n’ai pas à me le reprocher.
Il faut que je sois plus forte.
Il le faut.

Pourtant là, tout ce que j’ai envie de faire, c’est de vomir mes trippes, d’avaler un litre de rhum, de m’écorcher les poings et les genoux contre un sac de frappe ou un autre être humain.  
Je sais plus qui je suis. J’me suis paumée en cours de route et j’me retrouverai jamais. Max est morte en même temps que les autres. Je secoue la tête. J’peux pas te regarder, je peux pas ! Le poids dans ma poitrine se fait plus douloureux et je suffoque. J’essaie d’aspirer de l’air mais mon système respiratoire s’est arrêté. Je vais mourir. Ici. Je vais crever. Cette sensation m’étreint et me transperce de part en part. Le monstre aura fini par avoir raison de moi. Mon corps ne m’appartient plus, je ne le sens plus. Je ne suis plus que douleur. Mes yeux me brûlent.

Dans ce brouillard absolu, il y a ta voix à laquelle je m’accroche brusquement. Je peux pas te dire ce qu’il y a parce que je comprends pas moi-même. Je trouve ton regard. J’ai les yeux humides et secs, brûlants, qui me piquent. Est-ce que tu arrives à voir, juste à travers ça, à quel point je suis en miettes ? Je suis terrifiée, honteuse. L’air revient dans mes poumons. Je me mords la lèvre inférieure de toutes mes forces. Cette douleur là, je la contrôle. Elle me permettra peut-être de reprendre le contrôle, de réunir mon corps et ma tête dissociés. Je ne sais plus ce que je fais. J’agrippe mes deux mains à tes bras, crispée, tendue. Tout est encore trop douloureux. Je me replie sur moi-même, sans te lâcher, jusqu’à ce que je sente le sol sur mes fesses. Sans réfléchir, je rapproche mes genoux de ma poitrine. Là… Ça fait moins mal. Je respire mieux. Un peu. Je crois. La crise n’est pas passée. Elle est toujours là, latente, prête à me bondir dessus. Tout est flou. Tout est hostile. Je n’ai pas lâché tes yeux. Je ne t’ai pas lâché. J’ai besoin de ce contact.
Besoin.

« J’ai fait des trucs moches. » Un chuchotement. Douloureux. Un aveu. « Je vais devoir en faire d’autres. » Le pire, c’est même pas ça. Le pire c’est ton regard. Le pire, c’est cette culpabilité qui est si différente de celle que j’attendais. Le pire c’est que je ne regrette pas tout. Que j’ai trouvé un exutoire à ma violence. Je ne suis pas quelqu’un de bien. « Il faut que je sois plus forte que ça si… » Pause. J’ai besoin de reprendre ma respiration. Pause. Non. Je n’arriverais pas à te le dire.
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MessageSujet: Re: I'm back in one piece...I think. [terminé]   Mer 20 Nov - 22:52

J’avais réagit sous le coup d’une impulsion, un déclic, quelques mots qui m’avaient mis hors de moi. Je ne voulais pas entrer dans ce jeu là, j’étais fatigué et j’avais besoin de tout sauf de m’engueuler avec Max. Mais il avait fallu qu’elle me cherche, qu’elle me pique, qu’elle me blesse passait encore, mais je ne pouvais décemment pas la laisser dire qu’il n’y avait plus rien à sauver chez elle ! Tout mais pas ça ! CA me foutait en rogne ! et ça voudrait dire que j’avais échoué, depuis toutes ses années ! Foutaises !

Évidement, fidèle à elle-même, elle avait tenté de se dérober, après avoir hésité, je l’en avais empêchée. Il allait falloir qu’elle m’explique maintenant ! Je l’avais rattrapée au vol, voulant la forcer à me faire face. Elle cessa quasiment de se débattre au moment même ou je l’avais empoignée, à peine un mouvement pour tenter de se dégager, tremblante sous mes mains. Ce n’était pas la hargne, ni la colère que je lui connaissais habituellement, c’était différent… est-ce que je lui faisais peur ? Non, je ne le croyais pas. A moins que ce ne soit ce que je venais de lui dire ? Elle m’avait dit bien pire ! Allons ! Et puis, c’était comme-ci, elle tenait à peine debout. Elle secoua la tête quand je lui intimai de me regarder, je me retins de la bousculer pour l’y contraindre car, pour le coup, c’était elle qui commençait à me foutre les jetons.

Je l’observai avec appréhension. Tout se passa très vite. Elle semblait manquer d’air, s’était raidie et quand j’accrochai enfin son regard, mon sang se glaça, je me mordis l’intérieur de la lèvre. Je ressentis son malaise jusqu’au fond de mes tripes. « Max ! » laissai-je échapper avant de serrer les dents pour m'empêcher de céder à la panique, raffermissant ma prise afin l’empêcher de tomber. Max ! Max ! Max ! Merde ! tu me fais quoi là ! Je balisai. Même si aucun mot ne franchissait mes lèvres, mon regard me trahissait. A moi aussi, l’air me manqua. Cette saloperie de frisson désagréable, ressenti quelques instant plus tôt, s’intensifia. Et puis, je me mis à réfléchir à toute vitesse, à analyser ce qu’il était en train de se passer. D’abord son pouvoir qui s’était déclenché, maintenant ça, un malaise… Merde ! Merde ! Merde ! Non ! Pas ça ! je jetai un rapide coup d’œil à ses veines, elles avaient l’air normales. Je ne savais rien d’autre sur ce foutu virus ! Je n’en savais pas assez pour le diagnostiquer ! et puis, j’étais pas toubib bordel de merde ! Pitié Max ! ne me fais pas ce coup là ! Bien qu’elle n’y puisse pas grand-chose, quand bien même son malaise serait du à ça.
Qu’allais-je faire si elle l’avait choppé ? L’emmener à Genetic n’était pas une option. Non ! Hors de question ! Merde ! Réfléchis ! Ca peut la tuer ce truc… Ma culpabilité latente me rattrapa. Non ! Non ! Non ! je m’y refusais. Je m’étais démené afin qu’ils ne mettent pas la main sur elle, je n’allais pas la leur livrer sur un plateau d’argent aujourd’hui !
Il fallait que je me calme. Que je réfléchisse posément, que je respire. Ce n’était vraiment pas le moment de paniquer ! Elle avait besoin de moi, je n’avais pas l’intention de la laisser crever ! Je ne me le pardonnerais jamais ! Je deviendrais cinglé ou j’en crèverais, probablement ! Mais ça, c’était le cadet de mes soucis. S’il fallait piquer du Sérum à Genetic, je le ferais, sans hésiter !

Elle vacilla, me tirant de ma torpeur. Je réagi un peu brusquement, plaquant une main dans son dos afin de l’empêcher de s’écrouler tandis qu’elle s’agrippait à mes bras. Je l’accompagnai au sol, l’aidant à s’asseoir délicatement. Elle se recroquevilla sur elle-même. Je la laissai faire, sans poser de question susceptible d’accentuer son malaise. Pas tout de suite. J’attendis qu’elle se calme qu’elle retrouve son souffle. Patiemment.

Puis, quand sa respiration se fit plus régulière, j’attrapai ses doigts d’une main, laissai glisser l’autre de son dos à son épaule, dans une caresse, avant de tendre le bras pour chopper le dessus de lit afin de la couvrir. Elle était encore tremblante. Elle rompit le silence tandis que je lui ajustai la couverture sur les épaules, un faible chuchotement qui sonnait comme un aveu. Je m’arrêtai, plongeai de nouveau mon regard dans le sien, croisant mes doigts avec les siens, écoutant sagement ce qu’elle avait à dire, sans la brusquer. C'était comme tenter d'apprivoiser un animal sauvage, apeuré. Je l'avais déjà fait de nombreuses fois auparavant, mais l'exercice était toujours aussi difficile et périlleux quand elle se braquait.
Même si de multiples questions me brûlaient les lèvres : Quel genre de trucs ? Est-ce que tu as déjà fait ce genre de malaise avant ? Depuis combien de temps ? Bref ! un interrogatoire bien chiant et je savais pertinemment qu’elle m’enverrait chier avec toutes mes questions. Je décidai de fermer ma gueule. Mais il fallait que je sache, à un moment ou à un autre. Je lui laissai le temps. J'étais patient. Elle savait qu’elle pouvait tout me dire, absolument tout. Et je sentais que le morceau qu’elle peinait à cracher, c’était du lourd.

Elle parlait d’être plus forte, par rapport à quoi ? à qui ? Même s’il pouvait y avoir de multiples raisons pour qu’elle veuille l’être. Je savais aussi qu’il y avait de grandes chances qu’elle s’inflige ça d'elle-même. On était assez forts et assez tordus tous les deux pour se torturer l’esprit tous seuls. Peut être même qu'elle était pire que moi. Mais il y avait autre chose. J’avais un mauvais pressentiment. J’avais l'impression de marcher sur des œufs et je n’aimais pas ça. Avec prudence, je l'incitai à poursuivre, calmement à voix basse : « si... ? » tout en l’interrogeant du regard.

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MessageSujet: Re: I'm back in one piece...I think. [terminé]   Lun 25 Nov - 22:03

Je tombe. Je vacille. Je perds pied.

Je m’enfonce dans ce gouffre sans fond, prisonnière d’une chute sans fin. Mes hurlements s’éteignent dans ma gorge, étouffés par le poids trop lourd qui écrase ma poitrine, mes poumons. Il n’y a plus d’air. Je vais mourir. Lâche. Le noir qui m’entoure me semble palpable, pesant, oppressant. Il appuie sur ma peau, écrasant les muscles, mes os, mes tendons, les ligaments. La voix résonne, gonfle, prend de la hauteur, prend toute la place. Elle est partout. Lâche. Je n’entends que ça. Murmure amplifié en hurlement moqueur. Je n’entends presque que ça.
Je m’accroche à ta voix, à toi. Ta main dans mon dos me heurte, c’est comme une brûlure contre laquelle je ne me débats pas. Ça me rappelle que je suis encore vivante. Je glisse contre le sol, je t’entraîne. En bas, toujours plus bas. Tout est flou. Ça me serre la poitrine. À cet instant, rien ne me semble plus difficile que de respirer. J’essaie. Dans ce combat qui m’épuise,  je lutte contre moi-même. Je suis cassée, dissociée. Il y a moi. Il y a l’autre. Et nous cohabitons. Je dois laisser l’autre prendre plus de place, même si ça me bouffe, même si ça m’angoisse, même si, au final, je disparais dans un ailleurs que je ne connais pas. Je me perds petit à petit sur un chemin sinueux, sombre, boueux.

Combien de temps me faut-il pour réussir à regagner un peu de consistance. La couverture que tu poses sur mes épaules me râpe la peau tout en me rassurant. Je grimace. Faible. Je suis encore trop faible. Cette idée me tord les trippes. Mes yeux et ma gorge me brûlent. J’ai toujours su, dans le fond, que je n’appartenais pas totalement à ce monde-là. À l’écart, solitaire, observant la vie s’activer autour de moi comme s’il s’était agit d’un spectacle sordide au sein duquel je n’avais pas ma place. Frustrée de ne pas exister, fière de ne pas être commune. Depuis tout ce temps, tu es bien la seule personne à m’avoir vue. T’as, en quelque sorte, traversé les limbes, pour me tirer vers autre choses, me sortir de ma torpeur et de mon inconsistance. Parce que toi, Jeremy, t’es toujours là…

J’ai conscience, si tu savais à quel point, que je t’entraîne dans ma chute. Que chaque coup que l’on me porte t’affecte également. Je voudrais te protéger de ça. Mais, je refuse de te perdre. Égoïstement. Lâchement. Tu es mon point d’attache et ma raison de me battre. Si ce n’était pour toi, je ne serais pas là. Je les traquerais, je les mettrais à genoux, et je les brûlerais vif. Un à un. Consciencieusement. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien d’eux, ni de moi. Mon aveu m’arrache un rictus amer. Je serre tes doigts, inconsciemment, naturellement. Ce geste ma paraît tellement évident. Je me déchire en plusieurs morceaux, j’arrache des lambeaux de ce que je suis où point de ne plus savoir. Quand tu m’invites à parler, j’hésite. Un instant seulement, je détourne les yeux avant de retrouver ton regard. Face à un choix. Jusqu’à quel point fais-tu partie de moi ? Je peine à déglutir. La douleur décroit, les tremblements s’apaisent sans disparaître. Tout ça, toute cette faiblesse à laquelle tu viens d’assister. Tout ça, ça reste en moi. Latent. Prêt à ressurgir dès que je baisserais ma garde.

Maintenant que tu l’as vu, je ne peux plus faire comme si ça n’existait pas…

Je ne sais plus comment reprendre le fil de mes idées. Comment renouer avec ce que je voulais dire. Je porte la mort dans mes veines. Tout ça est en moi et me dévore. « En France, je les ai trouvé. » Ma main reste mêlée à la tienne. Je ne te retiens pas, te laissant l’opportunité de fuir. J’attends quelques secondes, laissant le temps s’étirer entre nous, au cas où tu désires m’interrompre. Si je commence à parler, rien ne sera pareil. On ne pourra plus faire semblant ou fermer les yeux sur ces choses-là. J’ai l’impression que par mon aveu, je vais te voler quelque chose d’important. Que je vais détruire une partie de toi.

Je tourne la tête, incertaine de la marche à suivre, de la décision à prendre. Je ne sais plus. Un frisson me tombe dessus. J’inspire lentement. Mes yeux me brûlent. Ils sont secs. Je suis incapable de verser la moindre larme sur ce que j’ai fait, ce que je ferais, ce que je deviens. C’est ainsi.  Une nouvelle fois, je recherche tes yeux. J’ai besoin d’y lire ta réaction autant que j’ai besoin que tu perçoives dans les miens, que je ne mens pas. La vérité, nue et laide. C’est tout ce que j’ai à t’offrir. L’horreur de ce que je suis capable de faire.

« J’ai trouvé l’un d’eux. Je l’ai torturé et tué. » Ma voix est monocorde. Est-ce bien de moi que je parle ? Comment puis-je prétendre à cette distance objective alors qu’il y a moins de deux minutes, je m’effondrais sur le sol ? Je n’en sais rien. « Ça m’a mené à quelqu’un d’autre, tout aussi responsable. J’ai trouvé Alex. Notre Alex, l’étincelle qui a foutu le feu. Je l’avais au bout de mon arme. » Son putain de sourire, son orgueil détestable et son regard détruit. « Je n’ai pas pu. » Ce discours. Cette accumulation de faits me semble étrangère. Un peu comme si je racontais une histoire qui ne me concernait pas alors qu’elle résume une grande part de ce que je suis. Ça a l’air de couler sur moi sans jamais m’atteindre. Ça en a seulement l’air.

Je guette ta réaction. Le moment fatidique. Je respire presque normalement. Il y a toujours cette douleur dans ma poitrine, comme une plaie béante qui n’arrêterait pas de saigner. C’est peut-être cet excédant de sang à l’intérieur qui me brise et écrase mes poumons.

« C’est pour ça qu’il faut que je sois plus forte. » Encore, et toujours. C’est pour ça que Remington m’entraîne. C’est pour que parfois, il y a tant de bleus sur mon corps. C’est pour ça que j’avance. Est-ce que tu peux l’accepter ? Est-ce que tu peux m’y aider ?

« La meilleure chose à faire pour toi, serait de t’en aller maintenant. »


Je le pense sincèrement.

Je crois à ses mots mais je suis incapable de te regarder en les prononçant. Parce qu’ils sont un mensonge, une absurdité. Le gouffre m’avalera si tu t’en vas. Mais je tiendrais le coup. Je tiendrais le coup jusqu’à ce que j’ai réussi à les abattre les uns après les autres.
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Jeremy Stenson


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MessageSujet: Re: I'm back in one piece...I think. [terminé]   Mer 27 Nov - 13:03

Le temps s’était arrêté. Pas exactement comme je l’avais souhaité. J’avais le sentiment d’avoir été le pire des égoïstes de ne pas avoir été foutu de voir que Max n’allait pas bien. Je m’étais rivé sur ma petite personne, pensant être au plus mal, mais quel sinistre abrutit ! A côté d’elle, j’allais bien. Et je n’étais pas encore au bout de mes peines !
J’en avais même oublié mon mal de crâne lancinant, la sentant s’effondrer sous mes doigts. Mes maux n’avaient plus aucune importance. Ils n’en avaient jamais vraiment eu en fait, pour moi, en tout cas, je ne pouvais pas en dire autant d’elle. C’était ce qui l’avait fait vriller, visiblement. Comme si ce qui m’atteignait, l’atteignait aussi, indirectement. Ça me rappelait quelqu’un tiens… quelle ironie ! Ça aurait du me mettre la puce à l’oreille plus tôt. Ce que j’avais été lent à la détente ! Quel crétin !

Maintenant j’avais peur. Peur pour elle. Peur qu’elle ai chopé cette saleté de virus, peur de ce qui lui arrivait, de faire un faux pas, de ne pas être à la hauteur. Et pourtant, il le fallait. Je préférais ne pas y penser et faire comme je l’avais toujours fait, depuis le tout début. J’improviserais, c’était ce que je savais faire de mieux. Et jusqu’à aujourd’hui, ça avait fonctionné. Même malgré la hargne et la haine qu’elle vouait à la terre entière, moi, j’avais eu de la chance, elle m’avait accepté. J’avais toujours refusé de m’arrêter à la carapace de teigne, qu’elle arborait avec fierté. Certes, au départ, c’était un défi stupide que je m’étais lancé, quand j’avais vu qu’elle envoyait chier tout le monde. Moi, y compris. J’avais du m’acharner pour qu’elle me laisse l’approcher, j’avais persévéré, et j’avais découvert, au fil de l’eau, que c’était bien plus qu’un jeu ou qu’un simple défi stupide, que nous avions bien des points en commun, plus que je ne l’aurais cru. Je m’étais impliqué, sans m’en rendre compte, parce que je la comprenais. Je la considérais comme mon double aujourd’hui. C’était venu, comme ça, naturellement. Elle faisait partie de moi, c’était indéniable. Elle me disait ne pas être assez forte, soit ! Quelle qu’en soit la raison, si elle en avait besoin, je le serais pour deux.

Je prenais considérablement sur moi afin de ne pas céder à la panique provoquée par l’idée qu’elle puisse être porteuse du virus. Non pas parce que j’avais peur pour ma pomme, ça, rien à battre ! Mais si elle était effectivement malade, il allait falloir réagir vite afin que je puisse lui procurer du sérum.

Je l’incitai à poursuivre ses aveux, moi-même épaté par le calme dont je faisais preuve. J’avais l’impression que c’était plus facile lorsque je me concentrais sur elle. La tension était palpable et j’entrevoyais la lutte qu’elle menait avec elle-même, dans son regard, à travers ses doigts qui se resserraient sur les miens. J’avais même l’impression de ressentir ce quelle ressentait, un peu. Mais j’étais loin du compte. Puis sa prise se desserra au moment elle se décida à cracher le morceau. Je restai là, à la fixer, le temps que ses mots fassent sens dans mon esprit. Nous n’avions jamais ré-abordé ce sujet latent depuis cet épisode en France, mis à part les allusions qui avaient fusées aujourd’hui. Ce sujet si douloureux qui nous bouffait tous les deux. Il était temps de crever l’abcès.

« Comment ? » Je ne cherchais pas à dissimuler ma surprise. «  Tu les as retrouvés ? » Parce qu’ils étaient plusieurs ? Oui, j’avais bien entendu. Ce n’était pas tant le fait qu’ils soient plusieurs qui me surprenait le plus, c’était surtout le fait qu’elle les ai retrouvés avant moi. Comment c’était possible ? Comment avait-elle fait ? Ils étaient donc meilleurs que nous à Genome pour traquer des gens ? Alors que ça faisait des mois que je menais mes recherches de mon côté ! en vain. Bon, certes, avec les pieds et poings liés par cette harpie de Cooper, c’était beaucoup plus difficile qu’escompté. J’avais cette frustration indicible de ne pas avoir avancé.

Elle détourna la tête, ce qui ne présageait rien de bon. « Pourquoi tu ne m’as rien dit ? » laissai-je échapper dans un soupir. Je retins ma respiration, comprenant ce que je lisais dans son regard, la vérité, rien que la vérité. Ses paroles m’assénèrent un coup, brutal. Un voile passa devant mes yeux. Je la voyais, sans la voir, mon regard navigant sur son visage sans jamais se fixer. C’était tout ce dont j’avais voulu la préserver. Je n’allais pas la blâmer et je n’avais aucun mal à me mettre à sa place, car même si j’étais contre toute forme de violence, moi aussi, je l’aurais très certainement fait, sans hésiter. Je ne saurais dire si le deuxième coup qu’elle m’assena fut plus violent encore que le premier. Qu’est ce qui était le plus horrible ? D’apprendre que le diable l’avait poussée à devenir son bourreau ? ou de découvrir l’identité du diable en personne ? Je me figeai. « Qu…quoi ! » quelque chose se brisa en moi. Alex ? Ce gamin que je considérais comme mon petit frère, qui me suivait comme mon ombre ? Non ! Impossible ! Pourquoi aurait-il fait ça ? Les coups s’enchainaient plus vite que je n’avais le temps de les encaisser. Elle l’avait eu au bout de son arme ? Je clignai des yeux, abasourdi. Non, ce n’était pas possible ! J’avais le sentiment de me noyer, d’être aspiré par les ombres d’un cauchemar duquel je ne parvenais pas à m’extraire. Je t’en supplie Max ! Dis-moi que ce n’est pas vrai ! Les mots étaient bloqués au fond de ma gorge, je m’étouffais avec. J’étais désemparé, désabusé. J’avais le sentiment de me vider de toute contenance. Quand ? Quand était-ce arrivé ? Pourquoi n’étais-je pas au courant ?

Puis j’entendis sa voix au loin. Elle disait vouloir être plus forte, je comprenais maintenant. Alex, ce gamin, était comme nous… il faisait partie de notre famille… c’était notre frère putain ! Comment avait-il pu faire ça ! Et à cause de lui, Max… Pourtant si ! Max ne me ment pas. Je la crois sur parole. Je suis forcé d’admettre l’inadmissible.

Enfer !


Je n’eu même pas besoin de finir de suivre le fil de ma pensée que je sentais déjà la colère déchirer mes entrailles et prendre soudain toute la place, s’emparant de moi pleinement. Les ruines du Domaine s’imposaient à mes yeux, ces décombres calcinés, ce petit miroir d’enfant que j’avais retrouvé appartenant à Lina, cette douleur insupportable que j’avais ressentie ce jour là, qui m’avait laissé une plaie béante qui ne s’était toujours pas refermée, à côté de celles laissées par tous les proches qui m’avaient été arrachés. Cette douleur et cette souffrance que nous partagions Max et moi. Je resserrai ma prise sur ses doigts. Son contact me maintenait encore à la réalité, à l’instant présent, contenant ma rage qui menaçait d’exploser.

Ils étaient tous morts ! Par la faute d’Alex ?!!! Cet immonde petit fils de pute ! Comment avait-il pu faire ça ! Aussi bizarre que ça puisse paraître, mettre un nom et un visage sur le coupable me procurais étrange un soulagement. Et pourtant… J’aurais préféré qu’il s’agisse d’un autre, comme s’il aurait été plus facile de reporter toute ma haine sur un parfait inconnu. C’était malsain. Frère ou pas frère, il allait payer pour ce qu’il avait fait ! La colère et la rage m’aveuglaient, me rendaient fou, réveillant un monstre assoiffé de vengeance qui ne semblait connaître aucune limite. Mon regard avait repris consistance et s’était durci petit à petit. Je me jurais de le tuer de mes mains.

La voix de Max me rappela à la raison. Si elle n’avait pas été là, j’aurais définitivement vrillé et je serais parti en Argentine, sur le champ, trouver cet enfoiré et le forcer à se mettre à table afin d’aller dénicher moi-même ce salopard d’Alex et lui faire payer le prix fort ! Pour le Domaine, pour notre famille, pour Max.

Max… Non Max ! tu n’as pas à assumer ça ! Pas toute seule ! Je ne suis pas complètement con ! Je vois bien dans quel état tu es ! Et ce maudit virus ! Elle était en train de se détruire et je ne supportai pas de la voir comme ça. Et elle me demandait de… partir ?!! J’avais lâché sa main, brusquement. « Tu te fiches de moi ! » balançai-je sèchement sur un ton plus accusateur que je ne l’aurais voulu. Mon regard brillait encore de cette lueur inquiétante, j’avais balancé ça de but en blanc, sans prendre de gants, ni de temps pour réfléchir. Je pense que si je lui avais collé une gifle ça aurait eu plus ou moins le même effet.
Max, tu crois sincèrement que je suis du genre à te laisser moisir ici ? T’es pas sérieuse ! Si tu crois ça, c’est que tu n’as vraiment rien compris ! Je fermais les yeux, inspirai profondément afin de retrouver un semblant de sérénité. Je devais prendre sur moi et enfouir ma colère profondément, afin de la déchaîner sur qui de droit. Ce n’était ni le lieu, ni le moment et ce n'était pas à elle d'en faire les frais. Je devais me recentrer sur elle. Elle avait besoin de moi, là, tout de suite, maintenant. J’expirai profondément.

Je rouvris les yeux, me rapprochai d’elle, glissant ma main contre sa joue, la calant dans son cou, cherchant son regard : « Max, écoute-moi. J’aurais fais la même chose, t’entends ! T’as pas à assumer ça toute seule. On est deux je te rappelle ! » Son contact m’apaisait. Je posais mon front contre le sien : « Pourquoi tu ne m’en as pas parlé ? » demandai-je dans un murmure. « C’était ma famille à moi aussi ! J’ignore comment tu l’as trouvé, mais il est hors de question que je le laisse te détruire toi aussi ! Max, fait pas la con ! laisse-moi t’aider ! A deux, on est plus forts ! » Je cherchai son regard en quête de sa réaction. De toute façon, c’était sans équivoque dans mon esprit, qu’elle le veuille ou non, depuis le début, il en était ainsi. D’ailleurs, à bien y réfléchir, quelle ironie du sort ! Elle ne faisait que me renvoyer mon propre reflet, sauf qu’elle avait une longueur d’avance. Moi aussi j’avais voulu la préserver, voulant régler ça tout seul, mais je n’avais pas été assez rapide. Comment avait-elle fait ? qui l’avait mise sur la voie ? Je m’en voulais, j’en voulais à Alex, j’en voulais à ceux qui l’avaient conduite à lui, j’en voulais à la terre entière. Elle n’avait pas idée à quel point. Un mélange de sentiments violents et contradictoires m’habitaient et je peinais à contenir les tremblements qu’ils provoquaient chez moi. J’étais toujours écorché vif, un peu plus encore maintenant, peut être. Mais tant que tu es là, avec moi, je pourrais tout endurer. Je déposai un baiser sur son front. Max, j’ai plus que toi, tu le sais.

Elle ne répondit rien, je savais qu’il était inutile d’insister. Il ne valait mieux pas. Dans notre intérêt à tous les deux. Je la pris dans mes bras. Je ne sais plus combien de temps nous sommes restés assis ainsi au pied du lit, blottis tous deux sous la couverture.

Les jours qui suivirent, je gardais un œil sur elle afin de voir si elle développait d’autres symptômes en rapport avec le virus. Ca n’avait rien à voir. J’en étais soulagé, enfin… si on peut dire, car le mal qui la rongeait était tout aussi destructeur, si ce n’était plus.

Afin d’alléger son fardeau, je décidai de ne pas lui parler de la piste que j’avais trouvée menant en Argentine. Je voulais régler ça seul, dans un premier temps. Cette vengeance, nous devions l’accomplir tous les deux, elle avait déjà un tour d’avance sur moi.

Max avait l’air d’aller un peu mieux quand tout bascula pour. J’avais commis l’imprudence d’approcher Reynolds, porteuse du virus, qui malgré le sérum, me contamina. J’expliquai à Max que je devais m’absenter quelques temps, à cause d’une mission de la plus haute importance. Je n’avais pas eu le courage de lui dire la vérité car je savais pertinemment qu’elle n’en aurait rien à foutre de devoir garder ses distances. Mais je ne pouvais pas lui infliger ça. Je ne pourrais plus jamais me regarder dans le miroir si je la contaminais. Et puis j’étais parti régler son compte à un des incendiaires du Domaine avant de me retrouver en quarantaine à Genetic. J’échangeai quelques sms avec Max, les premiers temps, trouvant chaque fois une excuse pour repousser l’échéance de la vérité. Puis, ne supportant pas de lui mentir, et encore moins de m’obliger à garder mes distances, craignant de ne pas être capable de tenir sur le long terme, je finis par ne plus répondre à ses messages. Et c’était encore pire. J’ai perdu une autre partie de moi et de mon humanité le jour où j’ai décidé de rester loin de toi, pour te protéger de moi.

FIN

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"I'll be here...
I'll be waiting...... for you... so......
If you come here......
You'll find me......
I promise."

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