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 I hate you then I love you [Terminé]

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Dakota R. Cooper


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MessageSujet: I hate you then I love you [Terminé]   Lun 16 Sep - 15:42

15 mars

Putain mais comment elle a eu mon numéro !? Qu’est-ce qu’elle me voulait et pourquoi j’avais décroché ? Peut-être précisément parce que je ne savais pas qui j’allais avoir à l’autre bout du fil. J’avais reconnu sa voix dès ses premiers mots et j’avais raccroché. Depuis, mon téléphone n’arrêtait pas de sonner, et je refusais systématiquement de prendre la communication. Et tout était allé de travers après ça. Pourtant, j’étais partie pour réaliser une chose infâme mais qui m’aurais mise sur mon petit nuage. J’allais briser menu Pillsbury. Au départ, j’avais bien envisagé de contacter les autorités légales pour renvoyer en France sa petite copine, mais franchement, ça m’aurait demandé trop de démarches, et je n’allais pas me casser le cul pour un con pareil. Non, j’avais bien mieux. Les noms de Pillsbury et de Malone figuraient parmi la liste des mutants recherchés… Plus qu’intéressant, parce qu’il me suffisait d’envoyer une équipe les cueillir et je ne m’abîmerais même pas ma belle manucure. J’avais donc préparé un dossier avec leur adresse que je m’apprêtais à remettre à Tussle quand un excès de zèle me poussa à poursuivre l’analyse des mutants fichés. Mon cœur ne fit qu’un bond. Ma vue se troubla, mon être aussi, à la lecture d’un nom. Un nom que je ne connaissais que trop bien. Meade. Cinq lettres, neuf mois, deux ans de colère. Pourquoi voir son nom, pourquoi le savoir pisté par mes patrons me faisait cet effet-là ? Deux ans. Je le détestais. Je devrais m’en fiche qu’il soit sur cette liste. Non, correction : j’aurais même dû être soulagée. J’allais être vengée. Mais je n’y parvins pas. Balançant rageusement mes beaux dossiers sur le bureau, je filais en direction des toilettes, et je sortis une flasque pour en boire une gorgée. Ce fut à ce moment-là qu’elle m’appela pour la première fois. Résultat, j’ai bus trois autres gorgées de bourbon.

Quand je sortis, je n’avais plus la tête à rien. J’avais totalement oublié le dossier Pillsbury et j’essayais de me concentrer sur une multitude de petites tâches et sur des coups de téléphones pour mettre en relation je ne sais plus quel service avec un autre. Et mon portable qui sonnait et que je coupais sans cesse. Je ne voulais pas l’entendre. Je mangeai sur le pousse ce jour-là, comme tous les autres, en réalité. Une salade de maïs. Et le reste de l’après-midi se déroula comme tous les jours : passer des coups de fil, préparer des mémos, gueuler après Stenson… A ceci près que je raccrochais systématiquement mon téléphone à l’apparition d’un certain numéro.

J’avais besoin de m’occuper la tête, de ne pas penser à tous ceux qui m’avaient lâchée et aux ordres bafoués… Comme le fait que la vieille morue ait pu approcher d’Ingrid alors que j’avais donné des ordres très clairs. Des branleurs, voilà ce qui m’entourait ! Je me surpris à courir partout dans les locaux de Genetic, me jetant à corps perdu dans le travail, à cause d’un abruti qui avait encore fait une connerie. Ils me gavaient tous ! et celui-là aller prendre pour les autres. Après m’être défoulée contre lui, je tombais nez à nez avec Tussle. Il était furieux. Il hurlait… Il était rouge comme jamais et d’un geste brusque, il me poussa violemment contre le mur.

« Dégagez, je ne veux plus vous voir ! Vous êtes virée ! »

Quoi ? Qu’est-ce qu’il racontait ? J’avais fait tout mon travail. Il éructait… Virée de la mairie… virée de Genetic ? Il me poussa une seconde fois et disparut de mon champ de vision. J’étais totalement sonnée, je ne comprenais rien à ce qui se passait. J’avais fait mon boulot, je n’avais pas merdé. Alors… Et je vis Holster sortir, tête haute et sourire aux lèvres… J’avais peur de comprendre… Comment avait-il pu… Il  s’approcha près de moi, sourire carnassier aux lèvres…

« Vous n’êtes plus rien… je ne veux plus vous voir dans les parages. Je veux que votre bureau soit vidé dans l’heure. »

La foudre m’aurait frappée que je n’aurais pas eu si mal. Tous les sacrifices, tout le dévouement… foutu en l’air. Que s’était-il passé pour qu’on en arrive là en une seule journée ? Je restai un moment immobile, ne percutant même pas qu’Holster avait déjà mis les voiles. J’avais l’impression que je n’arrivais plus à respirer. Comme un robot, je regagnai mon bureau, tremblante intérieurement, froide extérieurement. J’hurlais sur un gratte papier qui se trouvait là, pour qu’il me ramène un carton. La tête haute et dans un silence religieux, je mis mes rares affaires personnelles à l’intérieur et je sortis. Je m’efforçais à garder la tête haute, le regard droit devant moi, et je traversais les couloirs de Genetic sous les regards de tous ces minables, le cartons dans les mains. Je les emmerdais. Je restais Dakota Reese Cooper avec ou sans eux.

16 mars au soir

Dégueulasse. C’était dégueulasse. Je n’avais pas dormi de la nuit. Ça me dégoûtait ce qui était arrivé. J’avais bu toute la nuit et toute la journée. Je n’avais plus la notion du temps et j’ignorais l’heure qu’il pouvait être. Il faisait noir, on m’avait virée et je regardais avec haine mon carton. J’étais à Genetic depuis mes quinze ans, je les avais servi avec brio, mon travail était parfait, et j’étais virée. Je percutais des cadavres de bouteilles en titubant. J’étouffais ici, il fallait que je sorte. Mon téléphone sonna une nouvelle fois. Je coupai. J’embarquai mon carton, une bouteille et je quittai l’appartement, trouvant du courrier sur le palier… Crétin de facteur, et la boite aux lettres ! Alors… facture… dettes… et une lettre. Qui pouvait m’écrire ?

Citation :
Mlle Cooper,

Nous ne nous connaissons pas mais nous sommes les parents adoptifs d’Adalia…
Pourquoi ils m’écrivaient ? L’assistance sociale m’avait dit que je n’aurais plus aucun contact avec la gamine pour son bien…

Citation :
… elle parle toujours de vous et a voulu vous écrire…
Elle savait écrire ? je pensais qu’à son âge, à part chialer et jouer à la poupée, un gosse ne savait rien faire. Je vis une deuxième feuille, avec de gros caractères. Immonde. Une écriture dégueulasse.

Citation :
Tu me manque, je penses pense à toi
Je refermais la lettre. La bonne femme m’avait dit : plus de contact, elle ne se souviendra pas de vous, elle est trop jeune… alors pourquoi elle m’écrivait ? Je ne faisais pas partie de sa vie, elle avait une famille. Tout le monde avait une putain de famille. Brennen aussi, à tous les coups ! Je froissai la lettre et la gardai dans ma main sans m’en rendre compte avant de m’engouffrer dans un taxi qui me conduisit à la marina.

Des jeunes y faisaient la fête. Qu’à cela ne tienne, je me joignis à eux avec mes amis Carton et Bouteille de téquila. J’avançai en percutant des danseurs et commençai moi aussi à me déhancher en buvant au goulot. Danser. Oublier. Ça me bottait. J’arrivai au bord du ponton et manquai de peu de tomber. Je regardai l’eau… puis mon carton.

« J’emmerde holster ! »

Et un bloc-notes sauta tout seul du carton à l’eau sous les applaudissements de quelques éméchés.

« Et j’emmerde Tussle qui n’est qu’un putain d’enfoiré ! »

Cette fois, ce fut une agrafeuse qui plongea.

« Et j’emmerde Genetic ! »

Tout le carton plongea et se noya dans l’eau alors que je buvais une nouvelle gorgée. Rien à foutre des règles de sécurité, rien à branler qu’on découvre leur existence puisque je n’avais plus rien à protéger.

« Et toi Adalia ! Une fausse mère au chômage, c’est tout ce que tu aurais eu ! »

Je froissai la lettre, ne la jetant toutefois pas. Et je me mis à danser en manquant de me casser la figure. Des gars hurlaient autour de moi et se frottaient à moi quand mon téléphone sonna. Cette fois je décrocha.

« Chuuuuuuuut, c’est ma chère maman ! Qu’est-ce que tu me veux ? Non, non je ne crois pas non… Tu plaisantes j’espère ? Mais va te faire foutre, j’ai aucune raison de te parler ! Pardon ? Non mais tu te fous de ma gueule ?! Non ! Non. Que je ne te parle pas comme ça parce que tu es ma mère ? C’est hallucinant ! j’appelle pas ma mère une femme qui virait ses filles de la maison pour s’envoyer en l’air avec le premier crétin qui passe et qui en plus les roue de coups ! Non j’exagère pas, c’est pas toi qui a emmené… JE L’AI EMMENEE A L’HOPITAL parce que ton amant numéro cinquante mille avait eu la main trop lourde. T’as perdu le droit de revendiquer le titre de mère très tôt. Et encore plus quand tu t’es débarrassée de moi. Ils t’ont payée combien ? Parce que je devrais les rembourser car me vendre a été la meilleure décision que tu as pu prendre. Ça a été la meilleure chose qui me soit arrivée ! »

Rageuse, je trottinais presque sur le ponton. Je haïssais ma mère, même si ce titre ne lui revenait pas. Elle avait disparu de la circulation voilà des années comme ma sœur, et la dernière fois que j’avais eu de ses nouvelles, Brennen m’avait quittée, elle m’avait balancé que de toute manière personne n’aimerait une femme comme moi et m’avait piqué trois mille dollars avant de disparaitre. Je hurlais au téléphone, marchant d’un pas vif, quand je fis un mauvais pas. J’entendis un CRACK et ma cheville se tordit.

« Putain ! non ! Merde, je me suis tordu la cheville ça te va ? Et j’ai foutu en l’air une paire à 250 dollars ! Ta gueule, je ne veux pas t’écouter, tu n’existes pas. Oublie ce numéro et oublie-moi comme tu sais si bien le faire ! Pardon ? Oui, je suis une sale garce et une trainée ! Et tu sais quoi, en plus j’ai même plus de boulot ! Oui, je ferai rien de ma vie mais je ferai pas des gosses pour les abandonner derrière ! Qu’est-ce que j’en ai à faire que personne ne m’aime, hein ! Oui, je suis bonne qu’à sauter et tu sais quoi ? c’est ce qui va se passer ! »

De rage, je balançais mon téléphone à la flotte et me tournai vers le premier imbécile venu.

« Eh toi ! Tu veux pas me sauter ? Parce que j’ai eu de putain de journées de merde et… aïe ! »

Putain ! mais j’avais mal à la cheville en fait ! Et là je sentis les mains du type passer sous ma jupe pour empoigner mes fesses.

« Hey ! Tu vois pas que j’ai mal ducon, attends deux minutes ! »

Et le type commença à s’énerver… Je le chauffais et je ne lui donnais pas ce qu’il voulait blablabla. Et il se fit plus pressent.

« OH ! Qu’est-ce que j’ai dit ? »

Il m’agrippa alors violemment, me forçant à lâcher ma bouteille et la lettre d’Adalia alors que sa bouche s’écrasa sur la mienne et que sa langue se fourra dans ma bouche. En temps normal, je lui aurais injecté une bonne dose de poison. Mais là… j’avais l’impression d’être arrivée exactement là où tout le monde avait prédit que je finirais.
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Keaton T. Wetherford

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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Mar 17 Sep - 18:34

11 Mars 2011

Tout avait commencé avec la parution du Los Angeles Times du onze mars deux mille onze. Ce matin là, j'avais ouvert le journal, me contentant de lire rapidement les gros titres en tournant les pages tout en buvant mon café. De la politique, de l'économie, de l'environnement, des faits divers. Puis un titre avait attiré mon attention, un article au bas d'une page qui aurait pu passer inaperçu. Le survolant dans un premier temps, j'avais fini par le lire plus en détails. Et j'avais manqué craché la gorgée de café que je venais de boire. Ce n'était pas possible. Il devait y avoir une erreur quelque part. Un canular ? J'y songeais, refusant de laisser naitre l'espoir qui germait dans mon cœur. Il me fallait des réponses et c'était à Genetic que je les trouverais. Alors j'étais parti en catastrophe, rejoignant les bureaux. Et quelques heures plus tard, j'eus confirmation : un antidote avait été découvert. Je pouvais espérer. Pour moi mais également pour Ingrid, Kate et tous ceux qui étaient contaminés. Le problème, c'était de savoir ce qu'il faudrait donner en échange pour se le procurer. L'article était clair, il s'agirait de négociations.

15 Mars 2011


La tension était à son comble dans la salle de réunion. Voici deux heures que nous y étions. Chaque membre du Cercle était représenté. Un peu plus tôt dans la journée, j'avais eu Tammy au téléphone. Je la tenais régulièrement informée de ce qui se passait à Genetic. Le téléphone était devenu notre principal moyen de communication depuis mon retour à Los Angeles et ce, malgré le décalage horaire. J'étais bien resté enfermé une heure dans mon bureau avant d'en sortir pour me rendre à la réunion. Nous nous étions mis d'accord avec ma sœur sur la marche à suivre en ce qui nous concernait. Il n'était pas question de monter au créneau, tout comme il n'était pas question non plus de s'écraser sans exprimer notre opinion. Durant les deux heures que dura la réunion, j'eus l'occasion de m'exprimer, de faire entendre la position du Cap. Il était question de l'antidote, tout comme il était question de cette traque contre les mutants et plus en particulier ceux de Genome. Quand enfin les décisions furent votées, il y eut des satisfaits, des contrariés et une personne en particulier qui exprima sa colère quand la porte s'ouvrit. Je m'étais levé de mon siège et je vis par l'embrasure de la porte après qui il en avait. J'observais la scène mais ne dis rien, laissant Tussle déverser sa colère et Holster exprimer son tout nouveau pouvoir retrouvé. Après tout, je ne faisais que me plier à sa décision de ne plus la croiser ni lui parler. Je discutais encore quelques minutes avec un des membres du Conseil puis je récupérais mes affaires et quittais la salle de réunion.

16 Mars 2011 – Matin


Je pliais le bras, refermant lentement mon poing et observant le pansement que l'on venait de me poser. L'antidote.... Depuis que le Conseil avait cédé aux exigences de Cristiani en destituant Tussle pour remettre Holster en place, le groupe avait droit au Graal qui pouvait sauver définitivement les mutants. Le sérum que nous avions n'était que provisoire et on savait tous qu'il ne durerait qu'un temps. On n'avait pas pu refuser l'option de l'antidote même si celui-ci arrivait au compte goutte. Le Cercle avait été clair. Les premiers à en bénéficier seraient ses membres et ses représentants. Ensuite, il y aurait les plus hauts gradés de Genetic et on descendrait ainsi jusqu'en bas de la pyramide. Nous avions la possibilité d'établir une liste de personnes prioritaires, des membres de notre famille. Je pris une feuille et j'y couchais quelques noms. Celui d'Ingrid en priorité. Puis celui de Kate. J'hésitais un instant et je finis par mettre celui de Dakota. Ce n'était pas Tussle qui la mettrait sur sa liste vu  le comportement qu'il avait eu la veille avec elle. Je tendis ensuite la feuille, réajustais la manche de ma chemise et quittais le laboratoire. Il n'y avait plus qu'à attendre, on me tiendrait informer des dates auxquelles l'antidote serait donné aux personnes de ma liste.

16 Mars 2011 – Soir

Depuis le matin et l'injection, j'avais l'impression que mon teint était moins blanc. En m'observant dans le miroir, j'avais pu constater que la couleur noirâtre de mes veines disparaissait lentement au fil des heures. Je me sentais un peu mieux. Ce n'était plus qu'une question de quelques jours avant que je revienne au maximum de ma forme. Au cours de la journée, j'avais discuté avec Ingrid, lui expliquant qu'elle allait devoir être patiente. Ce n'était plus qu'une question de jours avant que l'antidote ne lui soit donné. D'ici là, elle devait éviter de trop se fatiguer et ne risquer rien grâce au sérum. Je m'occupais de tout, il fallait juste me faire confiance et laisser un peu de temps.

Le soir venu, je quittais l'appartement pour aller faire un tour. C'était la première fois en presque deux mois que je me sentais libre mais surtout vivant. Tout naturellement, je pris la direction de Venice Beach. Durant un moment, je longeais la plage, regardant non loin de là les vagues s'échouer sur le sable. J'avais cru devoir renoncer au surf. D'ici quelques jours, j'allais pouvoir reprendre ma passion. Au moins une sur les deux de sauvées. Car ce n'était pas le cas de la pédiatrie. Je longeais à présent le port de plaisance, me rapprochant du ponton et perdu dans mes pensées. Je ne savais pas quoi faire en ce qui concernait la médecine. Arrêter définitivement ? Tenter de postuler dans un autre hôpital ? Me contenter de faire du bénévolat ? Je n'en avais aucune idée, il faudrait que je prenne le temps de réfléchir.

Je me rapprochais de plus en plus d'une fête sur le ponton quand un nom me fit lever la tête. Holster ? J'avais du rêver. Mais non, il me sembla entendre également celui de Tussle. Je me rapprochais du ponton quand je distinguais le nom de Genetic. Je ne reconnus pas la voix, elle était quelque peu brouillée avec les bruits de la fête. J'évitais deux jeunes quand il me sembla distinguer une silhouette familière. J'accélérais le pas pour tenter de la rattraper quand je fus happé par un petit groupe qui me stoppa dans mon élan. J'eus l'impression qu'il me fallut de longues minutes pour laisser derrière moi ces jeunes un peu éméchés. Beaucoup l'était d'ailleurs, je le remarquais à mesure que j'en croisais.

Enfin, je la vis dans mon champ de vision. Et je l'entendis distinctement demander au premier venu de la sauter. Que faire à part tourner les talons et la laisser se débrouiller en fin de compte ? J'étais sur le point de le faire quand j'entendis également son aïe. L'homme se montra un peu plus entreprenant, allant même jusqu'à l'agripper pour l'embrasser. J'arrêtais de réfléchir et m'avançais, posant une main ferme sur l'épaule du gars, l'invitant à se reculer. « Elle vous a demandé d'attendre il me semble. » Et moi, je cherchais pour me prendre un coup de poing en pleine figure. Je n'étais même pas certain d'être suffisamment en forme pour encaisser. Je ne savais même pas si mon pouvoir était revenu ou s'il était toujours bloqué. L'homme s'écarta de Dakota et me regarda d'un œil mauvais. Je le sentis prêt à bondir quand une voix s'éleva juste à côté.

« Laisse tomber Jacob, il est des nôtres. » Le jeune homme qui venait de parler se tourna aussitôt vers moi. « Keat, ça fait un moment que je t'ai pas vu. Tu reviens quand défier les vagues ? » Machinalement je répondis « Bientôt. » Je ne me souvenais plus du nom de ce gars. Je savais juste que je l'avais croisé plusieurs fois en surfant. Quand nous étions tous installés sur nos planches, attendant la bonne vague pour s'élancer, il nous arrivait d'échanger quelques mots. Je pouvais dire merci au surf pour ce coup. Il entraîna le dénommé Jacob dans son sillage, m'adressant un clin d’œil au passage, l'air de dire... Quoi donc ? Je me tournais ensuite vers la jeune femme. « Bonsoir Cooper. Besoin d'aide ? » Quel crétin de poser cette question mais trop tard elle était sortie. Et je rompais notre accord officieux de ne plus se parler.

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Dakota R. Cooper


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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Mar 17 Sep - 20:41

Plus de boulot, un talon cassé, un réveil qui serait très certainement plus que difficile… si je me réveillais d’ailleurs. Et maintenant un pot de colle à l’haleine super douteuse. Qu’est-ce que ça pouvait foutre, de toute manière ? Je n’avais plus rien et une cheville plus que douloureuse. Et l’oreille agressée par une voix que je ne voulais pas entendre. Une hallucination auditive ? Ah non, je voyais flou avec tout l’alcool que j’avais bu mais  il était bien là. Comme hier, alors que j’avais été humiliée. Des leurs ? Genre il connaissait ces débilos. Ça ne m’étonnait même pas. Bouc d’or avec des surfeurs dégénérés. Parfait ! J’arquai un sourcil. Besoin d’aide ? Il se foutait de ma gueule !

« Pas plus aujourd’hui qu’hier. »

Nous en avions fini aujourd’hui. Je ne foutrais plus les pieds à Genetic, on ne se croiserait plus jamais. Lui et sa vieille morue bibendum avaient gagné. Je n’avais même plus mon foyer. Lui il avait sa putain de famille, il avait tout ça, il avait une place au CA alors qu’il détestait et critiquait les méthodes de Genetic et moi dans tout ça ? Eh bien moi je n’avais plus rien... Même plus de sérum au passage. Eh bien je les emmerdais, j’allais contaminer plein de monde et voilà.

« Reste donc avec tes potes. Tu avais courcircuité mes ordres, tu m’as affaibli devant tous les employés. Tussle et Holster ont achevé le processus. Vous devez tous être contents ! Organisez donc une grande fête pour le départ de la pétasse. Oublie-moi. Ce sera facile maintenant. Au pire, dans un mois, tout sera fini. Oublie-moi et va profiter de ta vie. C’est la meilleure chose  faire. »

D’abord la Reynolds qui pouvait approcher Ingrid alors que j’avais donné des ordres, que je m’étais occupée d’elle. Et ensuite ça. Tout s’était cassé la gueule sans que je ne puisse rien maîtriser. Je secouai la tête et contournai Keaton pour fendre la foule. Je ne me rendis même pas compte que j’avais laissé derrière moi ma bouteille et la lettre d’Adalia. Et puis dans le fond, ce n’était pas plus mal. Pas de passé, plus d’avenir. Je n’avais plus rien à quoi me raccrocher. Au bout de quelques pas, mon visage se tordit sous l’effet de la douleur. Je n’étais pourtant pas du genre douillette. Je me mis à boiter, mais je ne voulais pas m’arrêter. Je m’interrompis juste pour enlever mes chaussures et les balancer à la flotte. Je ne savais même pas où je marchais. Enfin… où je titubais, pour être exact.

« Pousse-toi ! »

Homme, femme, je ne savais même pas ce que j’avais percuté. Je levai la tête, et passai les mains sur le visage, pour empêcher ces saletés de larmes de couler. Je refusais qu’elles coulent à cause de l’alcool. Je refusais de pleurer pour Genetic. Je leur avais donné dix ans de ma vie. Dix ans à subir des tests, à me plier en quatre pour eux. J’avais fait exactement ce qu’il fallait. Tout ça pour quoi ? Etre virée comme une malpropre au moindre changement de hiérarchie. Et comble de l’ironie… j’étais entrée dans cette chambre, j’étais tombée malade parce que ce crétin n’aurait pas supporté qu’il arrive quelque chose au ver de terre gluant qui lui servait de future fille. Résultat ? Il m’avait claqué à la gueule qu’il l’aimait et qu’il allait se marier avec elle. Je n’avais été qu’un parasite, un torchon sur lequel on s’essuie et qu’on oublie en un rien de temps. Et merde !

Quand ma cheville me fit trop mal, je m’arrêtai. Je m’assis sur le ponton de bois. J’étais encore sur un ponton moi ? Bizarre. Enfin, je n’avais pas vraiment les yeux en face des trous. Mes mains se crispèrent sur le rebord. J'étais seule. Encore. J'avais l'impression d'entendre de nouveau mon téléphone sonner tant j'avais redouté cela. Et mon regard se perdit en contrebas. L’eau. Le calme. Là-bas, il y avait le silence, la fin de tout. Derrière moi il y avait le bruit et un monde de branleur qui me faisaient chier. Mais le brouhaha m’échappait. Tout m’échappait. Je ne regardais plus que le vide et l’eau. J’allais mourir dans moins d’un mois. J’avais toujours su que je mourrai vers 25 ans… un mois de plus ou de moins… je me penchai un peu plus, et encore un peu plus.
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Keaton T. Wetherford

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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Mer 18 Sep - 17:36

J'aurais du tourner les talons aussitôt que je m'étais rendu compte que c'était elle. Il n'y avait que cette décision qui semblait raisonnable. Les autres à côté n'étaient que pure folie. Est-ce que je devenais fou au point de ne plus me rendre compte de ce qui était le plus sage et le moins risqué pour moi ? Je ne comprenais pas ce qui me poussait à agir ainsi, à intervenir alors que je n'étais pas concerné, qu'il me suffisait de fermer les paupières et de faire comme si je n'avais rien vu. C'était la faute à cette putain d'humanité. Une partie de moi ne pouvait pas s'en empêcher, luttant contre vents et marées au nom de l'humain. Lors de notre dernière rencontre, Dakota m'avait balancé que ce côté avait disparu. C'était loin d'être le cas, la preuve l'était à cet instant. J'aurais du me réjouir de son renvoi par Tussle. Cela résolvait tous mes soucis, alors pourquoi je venais de lui proposer mon aide ?

Je connaissais la réponse à ma question. La négation, il ne pouvait en être autrement entre elle et moi. Quand l'un disait blanc, l'autre disait noir. Il n'y avait jamais de nuance de gris et nos joutes verbales s'apparentaient à des luttes interminables menées sur un ring de boxe jusqu'à ce que l'un cède ou pousse l'autre à bout. Lors de notre dernière rencontre, elle avait cédé. Je n'avais pas été très gentleman sur le coup mais elle m'avait tellement agacé que je n'avais pas pu m'en empêcher. Je croyais en avoir terminé et pourtant ce soir j'étais là, face à elle, proposant une aide qui était rejetée une fois de plus.

Se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, c'était suffisant pour faire de moi le coupable idéal à ce qui lui arrivait. Je fronçais légèrement les sourcils. Je voulais bien admettre que j'avais contredit son ordre de tenir éloignée Kate d'Ingrid. Ma décision n'était pas contre elle, ni en faveur de Kate. Je n'avais vu que l'intérêt d'Ingrid, j'avais songé à sa santé avant tout. Je voulais qu'elle bénéficie des meilleurs soins mais qu'elle ait également près d'elle une personne en qui j'avais confiance. Le personnel de Genetic était professionnel mais je ne les connaissais pas. Je ne pouvais pas leur remettre les yeux fermés entre leurs mains la vie de celle que je considérais comme ma propre fille. « C'est pour Ingrid que j'ai fait ça, pas contre toi... » Je ne savais pas si elle était en mesure de comprendre pourquoi j'avais agi de la sorte. J'en doutais. Dans son esprit, j'étais de mèche avec Tussle et Holster, son renvoi était tout ce que j'avais voulu pour qu'elle disparaisse de ma vie. Elle croyait donc que l'on pouvait agir ainsi, sur un simple claquement de doigts. Certains devaient en être capables, ce n'était pas mon cas.

Je n'aimais pas ce que je percevais dans ses propos, ou plutôt ce qu'elle ne disait pas ouvertement. Comme si elle allait mourir dans un mois. Se faire virer par Tussle n'était pas la fin du monde, au contraire, c'était presque une bénédiction, du moins pour moi. Car bosser pour ce type qui n'avait aucun scrupule pour tyranniser l'être humain comme il le faisait... La jeune femme secoua la tête et me contourna. Je tendis le bras pour la retenir mais ma main ne rencontra que le vide. Trop tard, elle fendait déjà la foule pour s'éloigner. Quelle bonne femme insupportable. Qu'elle aille donc picoler encore davantage et qu'elle n'oublie pas de rencontrer le diable au passage. Sauf qu'elle avait oublié une bouteille qui gisait, juste là où elle se trouvait. Il y avait également une feuille froissée que je ramassais et dépliais. Sa lettre de renvoi ? L'écriture était enfantine. Je lus la première phrase avant de m'arrêter. Mes yeux se posèrent de nouveau sur la feuille, sur la signature. Adalia... Cette petite fille qu’elle avait voulu adopter mais dont les services sociaux avaient mis leur veto.

Je pliais la feuille et tournais les talons à mon tour. On me tendit un verre que je pris au passage. Je bus une gorgée tout en me faufilant entre les personnes. De la bière, voilà un bon choix de boisson. Sauf qu'on décida qu'une gorgée, c'était suffisant car quelqu'un me percuta et si je resserrais ma prise sur la feuille, le gobelet vint s'échouer sur le ponton. Je relevais la tête et je la vis à quelques mètres de là, s'asseyant sur le ponton. Et dire que j'aurais pu profiter de cette soirée pour boire avec quelques connaissances, reprenant goût à cette vie qu'on me rendait. « Vraiment agaçante quand elle s'y met... » Fichue femme. À cause d'elle, j'étais là en train de zigzaguer entre les personnes pour la rejoindre. J'arrivais à proximité d'elle quand je constatais qu'elle observait l'eau. Elle venait d'y voir un trésor ou quoi. Et elle se penchait. Encore un peu plus... Bon sang !

J'agrippais son bras pour la tirer vers l'arrière. « Arrête tes conneries Cooper ! » Je me laissais tomber à côté d'elle, m'asseyant sur le ponton. « Avant que tu ne demandes ce que ça peut me foutre que tu meurs ce soir, tu devrais lire ceci si ce n'est pas encore fait ou te rappeler ce qu'il y a d'écrit dessus. » Et sans douceur, je lui collais la lettre pliée d'Adalia dans la main, lui lâchant le bras au passage. Elle comptait pour cette gamine, il n'y avait pas besoin de lire les mots qu'elle avait couchés sur le papier pour s'en rendre compte. La simple existence de cette lettre le prouvait. « Mais si ce n'est pas suffisant, laisse toi donc couler... vas-y, il doit bien y avoir assez de personnes présentes pour te repêcher... dont moi le premier. Ça tombe bien, je n'ai pas eu l'occasion de barboter dans la mer depuis un moment. » Foutage de gueule au passage ? Pas exactement, je voulais seulement profiter de cette nouvelle chance que la vie nous offrait à tous avec cet antidote. C'était une bénédiction même si pour l'avoir, il avait fallu faire des concessions. L'être humain était plus important qu'une place dans la haute sphère après tout non ? Quel intérêt y avait-il à gouverner si on se retrouvait seul au sommet d'une pyramide alors que sa base s'affaiblissait et se mourait.

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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Mer 18 Sep - 18:58

Pourquoi était-il là ? Pourquoi est-ce que cela me faisait toujours mal qu’il soit là ? La réponse était simple. Je ne contrôlais rien. Le moindre de mes mouvements, le moindre de mes sentiments m’échappaient totalement quand il était dans les parages. Je le détestais parce qu’il me faisait mal sans que je sache comment. Les autres, c’était facile. De la haine pure et simple. Finalement presque impersonnelle. Mais avec lui. J’avais fait des choses stupides qui ne me ressemblaient pas du tout. Et je ne le voulais pas. Mais je ne pouvais rien y faire. Je ne savais ni pourquoi je réagissais comme ça ni pourquoi il s’acharnait à vouloir me parler. Il avait pourtant été clair. Tout n’avait été qu’un jeu pour lui. Il n’avait jamais rien ressenti.

« Pour Ingrid ? Alors que tu t’es barré en l’abandonnant pour aller baiser une femme ? Parce que c’est ce qui s’est passé, pas vrai ? Quand JE me suis occupée d’Ingrid, en janvier. T’étais en Afrique et j’ai appris que l’autre aussi. T’avais abandonné ta fille. C’est pas être père ça ! J’ai une mère comme ça ! C’est pas ça être parent ! Même moi qui serais la pire mère du monde je ne suis pas conne au point de ne pas percuter ça ! J’ai pris soin d’Ingrid ! Je l’ai entrainée avec son pouvoir, je lui ai appris à être une femme. J’ai envoyé une équipe pour la récupérer. Elle ne risquait rien à Genetic tant que je la protégeais. Rien tu entends ! Tu n’as aucune confiance en moi. Aucune ! Alors que j’ai tout fait pour sauver tes filles ! Comment je peux accepter ton aide quand tu me traites comme ça ? »

Pourquoi discuter de ça ? Pourquoi s’engueuler alors que de toute façon j’allais perdre parce qu’il n’avait d’yeux que pour sa précieuse Reynolds. Je détestais perdre, question d’orgueil. Mais face à lui, c’était différent. Pour la première fois de ma vie, j’avais besoin de me protéger. J’avais perdu trop en quelques jours. Ok, dans le fond, me protéger aurait dû être le cadet de mes soucis, mais oui, cette fois encore je préférais fuir. Si au moins les choses pouvaient cesser sans que j’aie mal… Du moins mentalement, car bientôt, j’aurai mal physiquement. Je n’avais pas reçu mon injection aujourd’hui. Ce qui voulait dire que les symptômes du virus allaient se développer en moi. Je savais comment il fonctionnait. J’avais reçu la première injection avant que la maladie ne m’est réellement touchée. Mais là… j’avais vu Wetherford sur ce lit d’hôpital. J’avais vu ses veines noires, son teint cireux, ses difficultés à respirer. J’allais connaitre tout ça. L’avantage c’est qu’au moins, je n’aurais pas tous les glandus de Genetic en train d’assister au spectacle de ma dégringolade. Et dans un mois je mourrai. Et dans la souffrance. Alors est-ce que ça valait le coup ? Je voulais dire… J’allais mourir. Mon corps allait devenir une pourriture ambulante. Pourquoi attendre ? Là, c’était si calme. Cette eau… Personne ne le remarquerait et ce serait fini. Comme c’était prévu. J’avais déjà fait un an de rab quand on y pensait, car qui aurait pu parier que j’atteindrais vingt-cinq ans ? Alors vingt-six… ce n’était même pas la peine d’y songer. L’eau était si…

Je fus soudainement tirée en arrière.

« HEEEEEEEEEEEEEEEY ! »

Oh non, mais pourquoi il était là ? J’ouvris la bouche pour lui hurler dessus puisqu’il n’y avait que cela qu’il comprenait quand il se mit à crier et à me foutre un papier dans la main. Je ne pus rien dire sur le coup. Mes doigts se crispèrent sur ma lettre mais je ne la regardai pas. C’était lui que je fixai. J’étais furieuse, j’avais mal. Il m’avait encore fait mal. Est-ce que ce n’était pas suffisant ? Il n’avait rien compris. Sa blondeur avait réellement dû lui griller ses quelques neurones. Ma vue se troubla. Je levai la tête et fermai les yeux laissant une larme m’échapper. Je me mordis la lèvre avant de plonger de nouveau mon regard dans le sien.

« Cette gamine a une famille. Tout le monde a une famille. Elle, toi… Et je suis malade. Je l’ai perdue parce que j’étais malade et je le suis encore. T’es con ou tu le fais exprès ? J’ai été virée. Et par Tussle et par Holster alors qu’est-ce que tu crois ? Bientôt je vais être dans l’état où tu… étais ? C’est terminé. Il faut que tu arrêtes de me retenir. Tu as été clair la dernière fois. Quand je t’ai demandé pourquoi tu m’avais retenue, dans ta chambre, tu m’as dit que je t’attirais. Rien de plus. Alors si ce n’est rien de plus, rentre chez toi. »

Ces gestes avaient pris une trop grande importance en moi. Quelque chose en moi s’était accroché à eux, à ces marques auxquelles je n’étais pas habituée. Mais ça n’avait été qu’un jeu. Juste un jeu pour lui. Et moi, je n’avais plus ni le temps, ni l’envie, ni la force de jouer. Je me souvenais de la première fois que ma mère m’avait laissée à Genetic. Je me souvenais aussi d’une fois où je lui avais hurlé de se barrer et de me laisser. Ce qu’elle avait fait. J’avais toujours été seule pour affronter les emmerdes. Pourquoi cela changerait ? Et je ne pouvais pas me permettre de m’accrocher s’il n’y avait rien du tout à espérer. Ce serait idiot, dangereux.

« On se fait du mal. Ce sera bientôt fini. Rentre chez toi. »
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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Jeu 19 Sep - 20:51

Pourquoi étais-je ici ? C'était un jeu dangereux, un risque de se brûler les ailes à chaque seconde qui s'écoulait. Cette femme m'agaçait autant qu'elle m'intriguait. Et il était rare qu'on me fasse perdre patience aussi rapidement et aussi souvent. En quelque sorte, elle faisait partie des privilégiés qui réussissaient à me faire sortir de mon calme légendaire, mais de quel type de privilégiés était-elle ? Je ne devais pas me préoccuper de l'opinion qu'elle avait de moi et pourtant, je ne pouvais m'empêcher de réagir quand elle me balançait une phrase dure en plein visage. Et cela ne manqua pas. Je m'étais barré pour aller baiser comme elle disait avec Kate. Connaissait-elle seulement le fond de l'histoire ? Savait-elle au moins que j'avais proposé à l'adolescente de m'accompagner en Afrique du Sud ? Je lui avais laissé le choix, c'était une erreur que je ne ferais plus. Aussi cool que je pouvais être, un parent devait parfois prendre des décisions que l'on jugeait difficile sur le moment, illogique mais qui en derrière tout ça, se révélaient être prises pour le bien être de leur enfant. Ou du moins pour tenter d'être le plus juste possible. Et on faisait des erreurs, c'était ça être parents. Je n'échappais pas à cette règle même si j'avais une certaine expérience niveau pédiatrie.

Je ne jugeais pas bon de répondre pour rectifier la vérité. L'opinion de la jeune femme à mon sujet était toujours très basse. Lui révéler qu'en janvier, nous étions plus ou moins, davantage plus que moins, séparés avec Kate ne changerait rien. Lui signaler que dès que j'avais su pour la disparition d'Ingrid, j'avais fait tout le nécessaire pour revenir dans les plus brefs délais, abandonnant ma famille derrière moi et ce, sans hésiter, fut également passer sous silence. Je n'étais pas un bon père aux yeux de Dakota, grand bien lui fasse. Je n'avais pas à me justifier auprès d'elle, j'avais conscience d'être loin d'être parfait et d'avoir des progrès à faire dans ce domaine. Et elle croyait deviner ce que je pensais. « Et toi, tu as confiance en moi peut être ? » Bien évidemment que non sinon on ne serait pas en train de se tirer dessus  à chacune de nos rencontres. Celles-ci allaient toujours plus crescendo et se terminaient violemment. C'était donc à ceci que se résumaient nos contacts. À ceci mais également à une perte de patience de ma part. Encore une fois.

J'avais rejoint la jeune femme sur le ponton quand j'avais compris qu'elle voulait se laisser tomber dans l'eau. Et je l'avais tirée vers l'arrière, lui balançant quelques phrases tout en la forçant à récupérer la lettre d'Adalia que j'avais ramassée. Cette gamine semblait l'adorer, pour je ne savais quelle raison. Cela prouvait donc qu'il y avait une facette d'elle qu'elle ne montrait pas, beaucoup plus supportable et moins chien de garde que son comportement habituel. Et elle était humaine... La larme qui coula le long de sa joue le prouvait. Sa légère hésitation avant d'affronter mon regard également. Nous étions là, assis côte à côte sur un ponton à s'observer. Qui ferait le premier pas pour attaquer l'autre une nouvelle fois ? Un drapeau blanc ? Une trêve au milieu de toutes ces joutes ? Ah non, elle me traitait de con, ce n'était pas vraiment une trêve en soi, seulement une ébauche.

Elle s'était fait une raison. Par son renvoi, sa vie était condamnée selon elle. Holster et Tussle ne la mettraient jamais sur leurs listes pour qu'elle bénéficie de l'antidote quand de nouvelles doses seraient disponibles. Il était même possible que l'un des deux l'ait fait rayée des listes pour le sérum. C'était donc terminé. Il fallait que je la laisse partir comme elle me le demandait et que je rentre chez moi. Dans un mois, peut être deux grand maximum, elle ne serait plus et je pourrais effacer son existence de ma vie. Je détournais le regard un instant, me perdant sur la masse sombre qui s'étendait juste en dessous. « Si encore je savais pourquoi on se fait du mal... » Mais je n'avais aucune réponse. Tant que je restais loin d'elle, tout allait bien. Quand elle entrait dans mon périmètre, tout échappait à mon contrôle. C'était usant mentalement, à chaque fois je me remettais en questions, je prenais des résolutions que je ne tenais pas vraiment. La preuve, c'était mes fesses posées sur ce bois. Elles auraient du se trouver ailleurs, mais pas là.

« Ok, tu as raison on se fait du mal. » Je voulais bien enfin l'admettre tant qu'il était encore temps. Cela raisonnait comme une ébauche d'adieu. « Je vais t'écouter pour une fois et rentrer. » C'était ce qu'il y avait de mieux à faire, pour préserver le fragile équilibre qui composait ma vie. Mes prunelles quittèrent l'eau et mon regard se tourna vers elle. « Une chose avant... Tu peux vivre si c'est ce que tu veux. Je... Ton nom figure sur ma liste. Tu peux continuer à avoir le sérum et quand le moment sera venu, tu auras aussi l'antidote. C'est peut être un acte de pitié ou juste mon côté bisounours et humaniste qui prend le dessus. Je te laisse faire ton choix pour la version que tu préfères. Allez j'y vais. » Et je commençais à esquisser un mouvement pour me lever mais ce ne fut pas ce que je fis. Le mouvement n'allait pas dans la bonne direction. Sans que je comprenne comment ni pourquoi, ma main effleurait sa joue alors que mes lèvres se posaient sur les siennes avec douceur. Je l'embrassais, non par jeu mais parce que j'en avais envie.

Et... Quand je me rendis compte de ce que je faisais, je m'écartais brusquement pour me remettre sur pieds. « Mais quel crétin... ! » Je commençais déjà à réaliser l'ampleur de ce que je venais de faire. Mes résolutions, mes promesses, tout venait de partir en fumée en quelques secondes car je n'avais pas su résister. Et si je restais sur ce que j'avais dit à Kate... «... Je vais perdre Lou. » Cette phrase prononcée à voix haute me fit l'effet d'une gifle. Je reculais d'un pas. Finalement de nous deux, c'était moi qui aurais du vouloir me noyer. Je ne ressentirais pas ce que je ressentais à cet instant contre ma personne. Plusieurs sentiments contradictoires qui me faisaient me sentir mal. « Pardon... Je.. » Je quoi ? J'étais désolé d'avoir cédé à cette envie et à cette attraction qui m’attiraient vers elle depuis notre première rencontre car je n'avais pas le droit. Comment pouvais-je être déchiré en si peu de temps alors que ça ne m'était jamais arrivé jusque présent et que je n'approuvais pas ce genre de comportements. J'étais vraiment con. J'avais faux sur toute la ligne. Et face à ce dégoût de moi qui m'envahissait lentement, je commençais à tourner les talons.

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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Ven 20 Sep - 20:52

Toute ma vie était devenue une véritable tempête en deux jours. Plutôt en quelques secondes. Tussle sortant, furieux et me virant. Holster en remettant une couche. Tout avait basculé. Et l’une des dernières personnes avec si j’aurais voulu le vivre était présente à mes côtés. Et j’avais dit la seule vérité qui soit. J’avais dit tout haut ce que nous sachions tout en refusant de l’admettre : nous nous faisions du mal. Il était l’une des rares personnes capables de me faire du mal. Et non, nous ne nous faisions pas confiance. Je ne lui avais pas répondu. A quoi bon ? Nous le savions. Nous étions bloqués, coincés. Chaque geste vers l’un se soldait par une fuite de l’autre. Et c’était sans fin ? Je le savais.

J’avais préféré partir. En temps normal, face à d’autres glandus, je ne fuyais jamais. Au contraire, je les pourchassais jusqu’à ce qu’ils baissent les yeux. Et je pouvais être pire qu’un roquet, j’en avais bien conscience. Sans compter que je détestais perdre. J’avais horreur de cela. Quitte à tricher, je ne perdais jamais. Mais là… Ouais, face à lui, ça n’avait plus la moindre importance. J’étais un monstre. Soit. J’acceptais ce rôle. Même dans les films, il y avait toujours un méchant. C’était moi. Et par définition, le méchant devait mourir à la fin de l’histoire. C’était ce qui allait arriver. Etrangement, j’étais très sereine par rapport à tout cela. J’avais l’impression que c’était la seule chose logique qui se produisait. Que c’était normal. Durant plus de vingt-cinq ans je m’étais battu. J’avais survécu avec acharnement. Là, je n'avais plus la force. Ou plus l’envie, je ne savais pas trop. Je n’éprouvais même plus de honte à baisser les armes.

Je ne comprenais pas pourquoi il s’acharnait. Adalia n’avait pas de place dans ma vie. Elle ne pouvait pas avoir de place. Et j’ignorais pourquoi elle en voulait une. Je l’avais tirée des pattes d’un crevard, certes. Mais quoi ? J’avais pas été sympa avec elle. Enfin pas spécialement. Dire que je l’avais portée. Beurk, j’en avais encore des frissons. Par contre, elle avait de beaux cheveux. Elle aurait pu faire une chouette fille. Bref, même si je gardais sa lettre dans la main, ce n’était pas le propos. Ça ne le serait jamais. Ce qui importait aujourd’hui, c’était d’arrêter de se battre. J’étais forte, mais pas avec lui dans les parages, que je le veuille ou non. Et j’avais besoin d’être forte. J’avais besoin de ne pas avoir mal. Et j’étais réellement et sincèrement prête à laisser gagner la morue. Si cela avait été un jeu. Mais ça n’en était pas un. Ça n’en était plus un. Il dut le comprendre à son tour quand il détourné les yeux et que pour une fois nous étions d’accord. Une occasion à marquer d’une croix blanche, tant je doutais que cela se reproduise un jour. Je ne répondis rien, n’hochai même pas la tête. D’accord sur un adieu. Pas de cri pour une fois.

Je fis toutefois une moue interrogatrice. Mon nom… sur sa liste ? Je parlais presque en même temps que lui.

« Encore faudrait-il qu’on me laisse rentrer à Genetic, j’ai été virée… »

Et accessoirement, j’étais donc au chômage. J’avais un diplôme en sciences politiques, mais qu’est-ce que j’allais bien pouvoir faire ? J’étais grillée à la mairie, enfin… je le supposais. Et de toute façon… Est-ce que je voulais vivre ? Peut-être. Ou pas. J’en savais rien, j’étais bourrée merde ! C’était pas le soir pour les questions existentielles et métaphysiques ! (et que je sois en état de penser ces mots, ça tenait du miracle !). Hey mais minute ?

« J’te fais pitié ? »

Bon, peut-être que là tout de suite, maintenant, c’était possible. Mais merde ! Je faisais pas pitié quoi ! Nos voix se chevauchaient, mais j’avais compris que c’était terminé. Il n’y avait rien de plus, donc il partait. CQFD. Je ne bougeai pas d’un pouce, même si mon cœur manqua un battement et que je loupai une inspiration quand je sentis un geste précis. Sa main sur ma joue. Je ne me rendis même pas compte immédiatement qu’il m’embrassait – ni même que je lui rendais son baiser, en me penchant non plus vers l’eau mais vers lui – m’enfin, j’étais ivre, on pouvait me pardonner. Non, ce que je ressentais, c’était sa main. Ses doigts effleurant ma joue. Comme lors de notre première rencontre et je ne comprenais pas pourquoi ce geste avait un tel impact sur moi. Il ne pouvait pas me gifler ou me cogner comme tous les autres ? Je savais gérer ça ! Bref, l’alcool qui noyait mon cerveau empêchait mes neurones de donner des ordres cohérents à mes lèvres.

Et tout à coup je basculais en avant et je ne me rattrapais que par miracle. J’avais l’impression de revivre une certaines scène, mais inversée. Lou.

« Tu as peur de perdre ta fille mais pas Reynolds ? »

Eh oh, merde Dak, depuis quand t’es psy ? Arrête de penser ! en plus, j'aurais dû penser à plein de blagues pourries sur un tel prénom... genre "Lou y es-tu ?" et j'en passe. Bah même pas. Bon... bah voilà, je le dégoûtais. Un torchon. Une serpillère. Une vieille cigarette qu’on jette sur le trottoir et qu’on écrase comme une merde. Voilà comment je me sentais. Mon regard se plongea de nouveau vers l’océan.

« Attends ! »

Putains de neurones mais merde ! Vous ne pouviez pas me dire de rester assise ? Non, je venais moi aussi de me relever, en me mordant la lèvre sous la douleur quand je m’appuyai sur ma cheville. Dakota… assise ! Ben, non, ça ne fonctionna pas. Je me retrouvais en train de trottiner derrière lui, de lui attraper le bras, et de l’obliger à faire face.

« Regarde-moi ! »

Je l’embrassai. Lentement. Jamais je n’avais embrassé aussi lentement. Aussi doucement. Je m’étais hissé sur la pointe de mon pied valide. Et ma main, comme la sienne avant, caressait sa joue. Je m’écartai à peine. J’étais bourrée, j’avais une excuse !

« Tes bouclettes vont repousser ? »

Merde, c’était pas ce que je voulais dire. Je recommençais.

« Je suis peut-être une pétasse, mais je veux pas que tu perdes Lou. Je ne veux pas non plus vivre si c’est juste de la pitié qui te pousse à me donner cet antidote. J’ai plus rien. Plus de boulot, plus envie de me battre et une cheville cassée apparemment. Je n’aurai pas ce dont rêve la plupart des gens. Et même ceux qui m’ont achetée ne veulent plus de moi. Je peux mourir et tu ne perdras pas Lou. Les choses seront simples. Mais si tu me rattrapes… »

Si tu me rattrapes, je n’y arriverai pas. Je serai obligée de vivre en n’ayant plus rien, en étant perdue et en te regardant avec Elle.
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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Mar 24 Sep - 18:03

C'était peut-être ce soir qu'il fallait lâcher prise et se dire adieu sans s'envoyer des absurdités en plein visage, des mots prononcés sous le coup de la colère car l'un comme l'autre nous ne pouvions pas nous en empêcher. C'était peut être ce soir qu'il était temps de tirer un trait, de s'éloigner l'un de l'autre sans se retourner, tout en oubliant. Un cadeau d'adieu, c'était en quelque sorte ce que j'offrais à Dakota en lui révélant que je l'avais mise sur ma liste pour qu'elle bénéficie un jour de l'antidote. Pitié ou altruisme, je ne me préoccupais pas de comment elle interpréterait mon geste. Je lui faisais confiance sur le sujet pour faire son choix qui irait à n'en pas douter à l'opposé de mes véritables intentions. Il en était toujours ainsi entre elle et moi, on ne se comprenait pas. Je lui avais offert mon cadeau d'adieu, je pouvais partir. Sauf que je ne le fis pas et ce fut un tout autre cadeau d'adieu qui suivit. Je ne compris rien à mon geste, à ce qui me poussait à poser mes lèvres sur les siennes, à caresser sa joue, à sentir ses lèvres qui ne s'écartaient pas mais répondaient à mon baiser.

J'eus un électrochoc en me rendant compte de ce que je venais de faire. Mais il était trop tard. Le mal était fait, j'avais rompu ma promesse. J'étais un con et encore le mot était faible. Et j'étais assez con pour trouver le moyen de m'excuser de mon comportement avant de tourner les talons sans me retourner. Pourquoi ? Ce simple mot, cette simple question, résonnaient dans ma tête alors que j'avançais pour quitter le ponton. Plus que quelques mètres et je gagnerai la rue. Je prendrais le premier taxi qui arriverait pour rentrer chez moi. Et là je déboucherai une bouteille de whisky pour tenter d'oublier. Je n'avais même pas entendu sa question, ni même qu'elle me demandait d'attendre. Je pestais mentalement contre moi. Les mots étaient limite de franchir mes lèvres et n'étaient retenus que par un miracle.

Puis je sentis un main agripper mon bras, me forçant à m'arrêter et à me retourner. Elle me demandait de la regarder. « Pour quoi f... » La question avait commencé à sortir sur un ton cinglant mais la fin mourut sans que je ne la prononce car elle déposa ses lèvres sur les miennes. Je devais reculer, il le fallait. Je n'avais pas le droit de répondre à ce baiser, ni même de laisser cette main caresser ma joue alors que j'avais eu le même geste juste avant. Pourtant, je n'eus aucun mouvement de recul, laissant ces gestes se produire et me condamnant davantage. Elle s'écarta et l'incompréhension se lut sur mon visage. « Mes bouclettes... ? » Je n'y croyais pas. Cette femme se rendait-elle compte des conséquences de ces deux baisers dans ma vie ? Apparemment non, elle préférait se préoccuper de mes cheveux, se demandant s'ils allaient repousser pour avoir une nouvelle occasion de me balancer ses vannes pourries dessus. Merde. Elle me faisait royalement chier. Ça ne lui suffisait donc pas de foutre en l'air le semblant d'équilibre que je tentais d'avoir dans ma vie, à croire que ça l'amusait ! D'ailleurs, c'était ce qu'elle allait me dire n'est-ce pas ?

Il n'en fut rien, au contraire. Elle montrait son côté humain en exprimant le souhait que je ne perde pas ma fille. Sauf qu'à côté de cela, elle enfonçait le clou sans même s'en rendre compte. Sa vie pour garder Lou. « C'est trop tard Cooper... » Je murmurais ces mots alors que nos bouches n'étaient encore qu'à quelques centimètres l'une de l'autre. « J'ai fait de moi-même une promesse à Kate que je viens de rompre en t'embrassant. » Je reculais d'un pas. Un fardeau s'abattait sur mes épaules. J'en comprenais toutes ses conséquences une fois que ça se saurait. « Mes filles sont tout pour moi, mais je ne peux pas accepter que tu meurs pour les garder. Ma conscience le refuse et j'ai prêté serment pour sauver des vies, non pour en voler. Tu aurais mieux fait d'exécuter ta mission et me tuer, tout aurait été beaucoup plus simple. » En maquillant ma mort, personne n'aurait su que ça aurait été un meurtre. Certes j'abandonnais ma famille mais il n'y aurait pas eu de promesses non tenues, et elle n'aurait plus eu à se préoccuper de cette attraction entre nous.

Je me détournais un instant, prenant ma tête entre mes mains comme si la solution miracle allait me parvenir. Sauf qu'elle refusait de se montrer car il n'en existait pas. J'avais encore l'occasion de fuir, elle ne me rattraperait pas vu sa douleur à la cheville, mais ce n'était pas non plus la solution. Je ne savais pas s'il en existait une et la seule qu'elle me proposait, je n'avais pas le droit de l'accepter et je la réfutais. « Fais chier. » Rares les fois où je perdais ma politesse pour laisser échapper un juron. Cela ne me soulageait même pas, je n'arrivais pas à réfléchir, même en faisant quelques pas sur le ponton. Au bout d'un moment, je finis par me retourner pour lui faire face à nouveau. « Fais voir ta cheville. » Il fallait bien commencer par quelque chose pour tenter de mettre un peu d'ordre dans tout ce bordel alors pourquoi pas ça. De toute façon, mon état d'esprit était tel qu'il ne fallait pas me demander d'avoir un sens de la logique qui tenait la route à cet instant. Je culpabilisais et ça, personne ne pouvait me l'enlever. C'était suffisant pour que je me comporte de la sorte.

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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Mar 24 Sep - 20:36

Je devais être sacrément bourrée. Ou sacrément traumatisée par la perte de mon boulot ; Certainement un mélange des deux. Je ne voulais plus éprouver tout cela. Brennen m’y avait fait croire et m’avait brisée. Depuis j’avais été bien ferme dans ma ligne de conduite : le sexe pour le sexe. Pas d’attache, que du plaisir. Jamais le moindre sentiment. Et ça marchait plutôt pas mal jusqu’à ce que cet abruti, ce saligaud d’idéaliste à deux balles n’entre dans ma vie. Et je me retrouvais là, comme une putain de greluche, à l’embrasser. A le retenir. Moi ! Retenir quelqu’un. On aura vraiment tout vu. Non, le sommet fut atteint quand je m’entendis prononcer que je préférais me sacrifier plutôt qu’il perde Lou. Mais c’était une gosse bordel ? Pourquoi s’encombrer de gosse ? Ça pue, ça chiale, ça devient des ados qui n’en ont rien à foutre de tout, boutonneux, pensant qu’à s’astiquer le manche ou à se faire sauter par le quaterback du lycée… Franchement ? Alors merde, pourquoi ces mots sortaient de ma bouche ? Pourquoi ça m’atteignait autant qu’il ait pitié de moi ? Je devrais n’en avoir rien à foutre, lui dire adios et on serait débarrassés de tout cela.

Le nom prononcé fut une vraie claque. Il m’aurait giflée que ça aurait fait moins mal. Je reculai en même temps que lui. J’écoutais à peine la suite et son discours de bisounours altruiste et dévoué à la vie. A gerber. Normalement les mecs ne se posent pas de questions. Ils baisent et voilà. Mais non, j’étais tombée sur le seul ahuri blond jusque dans les neurones.

« J’aurais bien demandé ma mutation à Washington mais j’ai été virée. »

Acerbe, ce fut tout ce que je trouvais à répondre. Genetic avait une cellule dans la capitale. J’aurais dû y aller quand il était encore temps. Partir loin d’ici. Peut-être que je pouvais encore le faire. Dégager. Aller loin. Je n’avais rien qui me retenait ici après tout. A part des souvenirs douloureux. J’étais partie de San Francisco sans éprouver le moindre pincement au cœur. Peut-être que quitter Los Angeles serait la solution. Mais quand et pourquoi ? Étudions toutes options : si Genetic ne me laissait pas remettre les pieds là-bas pour bénéficier du sérum, j’allais mourir sous peu. Alors quel intérêt de partir ? Par contre… Si jamais je bénéficiais vraiment de l’antidote, que se passera-t-il ? Où irais-je ? Et qu’est-ce que je ferai ? Peut-être que je devrais songer à mettre le grappin sur un vieux millionnaire sur le point de crever. Je trouverais bien à m’occuper. Son juron me sortit de mes pensées. Je réalisai soudain que je n’avais pas bougé d’un pouce. Que je lui montre ma cheville ? Me guérir, me soigner la cheville et puis quoi encore ?  Je levai les yeux au ciel avant de claudiquer vers une espèce de bite d’amarrage. J’y pris place en soupirant et tandis ma jambe. Je m’en fichais moi, qu’il me la remette en place ou pas.

« C’est pas ma cheville qui va te donner une réponse. Tu n’as pas à me sauver. De toute façon, je suis persona non grata là-bas et je doute qu’ils me laissent aller et venir pour recevoir l’antidote. Alors… je n’ai plus rien à perdre. Tu as peur de te sentir coupable si je ne reçois pas cet antidote ? Tu ne l’es pas. Je vais partir. Tu ne sauras même pas quand ça arrivera. »

C’était une sorte de cadeau d’adieu que je pouvais lui faire. Ouais, je baissais les bras. Je ne voulais pas me battre comme une lionne comme je pouvais le faire habituellement. J’étais fatiguée. Le fait est que j’avais des… putain, rien que d’y penser ça m’écorcher le cerveau. J’avais peut-être des sentiments pour lui, même si franchement je n’arrivais pas à comprendre pourquoi. La vérité c’était qu’on ne s’apporterait rien de bon. Il se fichait de moi. Il ne me sauvait qu’à cause de sa déontologie de merde mais au-delà de ça, j’étais juste un obstacle à ses projets. Et moi j’étais faible quand il était là. Ça me dégoutait de l’admettre, mais la vérité était là. Par contre, je n’avais vraiment aucune idée de ce que je pourrais faire en attendant de crever comme un rat d’égout. Et si je guérissais… Peut-être qu’une vieille mairie pourrait avoir besoin de moi. Mais ça me faisait chier sérieux. J’étais coordinatrice politique, ce n’était pas rien. Tout ça à cause d’un changement de hiérarchie.

« Pourquoi tu me retiens alors que tu devrais me chasser comme tous les autres ? »

Pourquoi j’avais posé cette question ? Je n’en savais rien. Pourquoi j’avais besoin de connaitre la réponse ? Je n’en savais rien non plus. Mais elle était sortie. Peut-être qu’il fallait profiter de cette trêve éphémère.
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Keaton T. Wetherford

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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Mer 25 Sep - 5:24

Demander sa mutation à Washington n'aurait pas été une mauvaise idée, il fallait le reconnaître. Si elle était partie à l'autre bout du pays, nous ne serions pas là ce soir encore à nous chamailler. Elle bosserait toujours pour Genetic. Et surtout, il n'y aurait pas eu ces deux baisers qui venaient foutre en l'air le fragile équilibre de ma vie. Elle n'aurait pas pu avoir un sursaut d'intelligence pour la demander avant cette mutation ? Bien sûr que non, c'était tellement plus intéressant de compliquer nos vies davantage qu'elles ne l'étaient déjà. L'être humain était vraiment complexe à comprendre et on ne dérogeait pas à cette règle. Surtout moi qui me montrais faible face à elle. Je ne savais plus comment agir et jurer ne m'aidait pas. Alors je me retranchais derrière une des seules choses que je savais faire, la médecine, lui demandant de me montrer sa cheville pour que je l'examine.

Il semblerait que je venais de sortir une absurdité vu ses yeux levés au ciel. Je la fixais sans pour autant détourner le regard, patientant jusqu'à ce qu'elle se décide à poser ses fesses pour me tendre sa jambe. Je m'accroupis à sa hauteur, m'apprêtant à prendre son pied entre mes mains quand elle jugea bon de reprendre la parole. J'arrêtais mon mouvement, levant la tête dans sa direction. Bon sang, mais elle était connectée au bordel qui composait mon cerveau. Qui disait qu'elle ne se trompait pas et qu'en réalité sa cheville ne m'aiderait pas à trouver une réponse ? Et la suite de son discours n'était pas mieux. « Je suis peut être un putain d'idéaliste mais dans le genre défaitiste, tu portes aussi une couronne. » Tellement persuadée qu'elle allait mourir et que je n'avais pas à la sauver. J'avais le choix d'aller dans son sens et de lui donner raison, sauf que je me le refusais.

« C'est là que tu te trompes. Je n'ai pas peur de me sentir coupable, je le suis déjà. T'y peux rien, c'est comme ça. Il ne fallait pas sauver ma vie, je t'en dois une et je compte bien te rendre la pareille. Appelle ceci comme tu veux, c'est juste quelque chose de normal pour moi. » Elle allait encore avoir envie de lever les yeux au ciel face à mon humanité, à ce côté altruiste qui me poussait à vouloir la sauver. Elle trouverait bien d'autres explications comme celle que je lui avais fourni juste avant. J'étais poussé par ma déontologie. Et dans le fond, toutes ces explications m'arrangeaient. C'était de la surface et cela empêchait de creuser un peu plus en profondeur. Je me décidais enfin à prendre sa cheville entre mes mains, posant mes doigts avec douceur dessus pour palper sa peau à différents endroits. Elle me laissa faire, on ne dit plus rien. C'était bien ainsi, on n'avait plus besoin de se forcer à parler pour prononcer des choses que l'autre n'avait pas envie d'entendre. Cela ne dura que quelques secondes, jusqu'à ce qu'elle juge bon de poser une question. Et quelle question à la con !

Je relevais brièvement les yeux. « Sers les dents. » Et aussitôt derrière, j'appuyais un peu plus fortement sur sa peau, bougeant très légèrement sa cheville et terminant mon examen. « Elle n'est pas cassée. Mets de la glace une dizaine de minutes plusieurs fois par jour, surélève ta cheville. Repose-toi, évite de marcher pour les prochains jours et surtout oublie les talons quelques temps. Je te prescrirai des anti-douleurs. » Je restais dans le domaine du médical, sentier beaucoup plus familier. C'était comme si je n'avais pas entendu sa question, ou que je refusais d'y répondre. Mes mains la guidèrent, l'aidant à poser son pied avec douceur sur le sol.

« Peut-être que j'ai toujours rêvé de me sentir comme si je pouvais sauver le monde, un peu comme dans la chanson de Bon Jovi ? » C'était une réponse comme une autre, loin d'être satisfaisante, et idéale si je souhaitais botter en touche. Je ne me relevais pas. « Je t'ai pourtant donné des éléments de réponses. » Au contraire, je m'assis à ses côtés, à même le sol. « Je t'ai dit, je sais ce que ça fait de ne pas avoir de famille, de n'avoir rien à quoi se raccrocher. J'ai parcouru ton dossier. Ta famille t'a chassée ? Holster et Tussle t'ont virée ? Pourquoi je devrais agir comme eux. Tu connais assez Genetic pour savoir la position du Cap. Je ne suis pas comme ça. Tammy non plus. Je devrais pourtant, ça résoudrait mes problèmes mais c'est contre ma nature. Alors je ne sais pas... » Elle en avait de ces questions aussi. Je n'avais même pas le temps d'y réfléchir pour lui apporter une réponse claire. Et ne pas esquiver, cela m'embrouillait encore davantage. J'étais vraiment dans la merde si je ne réussissais pas très vite à remettre de l'ordre dans ma tête. « Je te retiens peut être aussi pour la même raison qui fait que je perds tout contrôle quand tu es dans les parages. Tu perturbes ma vie tranquille et mon bon sens. Ta mort résoudrait mes problèmes mais seulement en surface. Je ne peux pas te laisser partir Dakota, j'y peux rien, c'est plus fort que moi. » Et pour que ça ne se produise pas, je ne voyais qu'une seule solution. Pas la meilleure, je le savais car ça n'arrangerait pas ma situation, bien au contraire, surtout quand Kate l'apprendrait. « Bosse pour moi. Le Cercle n'aura rien à dire pour le sérum et l'antidote. Tu guériras, tu auras toujours accès à Genetic. Tu pourras te racheter une conduite envers Tussle et le jour où il voudra te reprendre, tu pourras partir. La seule condition, c'est que tu serves les intérêts de ma famille sans la trahir jusque là. »

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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Mer 25 Sep - 10:16

« Mais vous jurez, monsieur Wetherford ! »

Déjà deux fois qu’il sortait un juron et se débarrassait enfin de son balai bien enfoncé dans le trouffion. Et je ne comprenais pas pourquoi ça me faisait sourire. Ça risquait d’exploser et de finir par des jets de noms d’oiseau en pleine figure, mais l’entendre enfin sortir de son image de monsieur parfait, propre sur lui, et le voir être juste… humain, ça me faisait sourire. En fait, il devait y avoir un phénomène de pleine lune ce soir, ou alors nos caractères venaient de s’inverser sur un point. Par contre, c’était plus qu’éphémère. Parce que déjà l’énorme guimauve revenait à la charge. Œil pour œil, vie pour vie si je comprenais bien. Mais pourquoi avait-il fallu qu’on se croise sur ce ponton ? Se serait-il seulement posé la question de savoir ce que je devenais si nous ne nous étions jamais revus ? Il se serait contenté d’aller bosser tous les jours et peut-être qu’il se serait dit un beau matin « tiens, mais… elle ne serait pas morte l’autre ? ». Ou peut-être qu’il se serait vraiment inquiété. Je ne savais plus.

Je baissais la tête. Une vie pour une vie. Une dette. Rien de plus. Je savais me contenter du « rien de plus » en temps normal. C’était même ce que je recherchais. Mais pas cette fois. Cette fois, ça voulait juste dire qu’une énième personne dans ma vie ne lui accorder pas plus de crédit que cela. « Il m’en devait une ». Point final. Je ne répondis rien. De toute façon, ça se solderait par un dialogue de sourds. Nous excellions dans ce domaine. Je tentais juste de me concentrer sur autre chose que ses doigts sur ma cheville. Ça me brûlait. Et pourtant il n’appuyait pas. Et des doigts qui me palpaient, il y en avait eu des tas. Mais là… Ma question sortit au bout d’un moment. On se détestait, on se criait dessus, on foutait nos vies en l’air, mais le fait est qu’on n’arrivait pas à se laisser crever l’un l’autre. J’avais été là lors de sa maladie, il avait été là quand on m’avait injecté le sérum pour la première fois.

« Sers les dents » ? C’était une réponse ça ? Avant que je puisse faire quoi que ce soir, ce crétin appuya sur ma cheville et la tordit. Et non je n’exagérais pas ! Tout mon corps se contracta et la douleur dut se lire sur mon visage. J’avais fermé les yeux, crispé les mâchoires. S’il ne l’avait pas fait exprès, ça y ressemblait en tout cas ! Mettre de la glace, me reposer. Je n’avais plus que cela à faire de toute façon. Par contre…

« Plus de talons ? Non mais tu plaisantes, je suis née avec des talons ! »

Et en parlant de cela j’espérais qu’Ingrid s’était entrainée, parce qu’elle était bien plus féminine avec des talons. Ça la grandissait et l’affinait. Merde putain, pourquoi je pensais à elle ?

« Ok merci »

Bon réfléchissons, qu’est-ce que j’avais en dehors de mes talons ? Peut-être mes ballerines bleues électriques et noires de Dior. Elles feraient bien l’affaire quelques temps. Je le laissai poser ma jambe à terre, je n’avais plus la force de me débattre comme lorsqu’il m’avait tenu d’autorité la main quand on m’avait injecté le sérum.

« N’importe quoi. S’il fallait choisir une chanson de Bon Jovi comme credo ce serait plutôt It’s my life. »

Tu parles, jouer les superhéros, faut être con. Les superhéros, y a qu’à voir Clark Kent ou Peter Parker, ne sont que des débiles profonds condamnés à être malheureux. Super plan de vie ! Je haussais un sourcil alors que je me penchais pour masser ma cheville. Quelles réponses ? Une vie pour une vie ? Bon, bah si c’était persisté et signé, nous n’avions plus rien à nous dire. Ah, bah visiblement si puisque monsieur s’assit de nouveau. Et il enfonça bien le clou.

« Ma famille ne m’a pas chassée, ma mère m’a vendue, nuance. Elle a juste oublié ensuite qu’elle avait une fille jusqu’à ce que je gagne de l’argent. »

Nuance super importante, bravo Dakota pour cette intervention inutile. J’avais baissé de nouveau la tête. En revanche, je la relevai aussitôt quand il m’avoua qu’il ne pouvait pas me laisser partir. On avait essayé pourtant. On avait tout fait pour bien s’éviter comme il le fallait. Le fait est que rien n’avait fonctionné. La suite me laissa sur le cul. Je restai un instant sans rien dire, le regardant comme s’il m’avait sorti… il voulait que je bosse pour lui ?

« Tu déconnes ? »

Merde. Bordel. Fais chier. Putain (et je sais que je vais être censurée). Les deux lobes de mon cerveau se mirent à carburer en même temps, et sous les effets de l’alcool, ce n’était pas évident. D’une part, mon côté ambitieux et professionnel me criait : « accepte, tu vas bosser pour un membre du CA, comme avec Tussle. Tu ne repars pas de rien. » Mais d’autre part, une autre voix me susurrait : « laisse tomber, bosser pour lui c’est la dernière chose à faire, que ce soit pour toi ou pour lui. »

Et c’était vrai. On se bouffait, on manquait de s’étriper à chaque fois. Et franchement, je ne supporterais pas de recevoir des ordres émanant de lui.

« J’accepterai aucun ordre d’Elle. »

Merde, il allait croire que…

« J’ai pas dit que j’acceptais ! »

Merde, pourquoi il sortait des propositions à la con comme ça ! Il n’aurait pas pu attendre que j’aie dessaoulé ? Là j’aurais joué le rôle de la Grande Dakota Reese Cooper, le cerbère de Genetic, le monstre quoi !

« Je ne veux pas revenir dans les bonnes grâces de Tussle. Il n’avait strictement aucune raison de me virer. Holster, je comprends, j’aurais fait pareil, mais Tussle. Je l’ai toujours servi. Mais je ne comprends pas. Tu dis que je pourrais partir, et aujourd’hui tu ne le veux pas. Qu’est-ce qui changera ? J’en sais rien, Keaton… »

Je plongeai ma tête dans mes mains un instant. C’était le brouillard total. Jamais je n’avais été perdue de la sorte.

« Je connais Genetic par cœur, c’est tout ce que je sais faire. Mais tu te rends compte de ce que tu proposes ? On n’arrivera jamais à bosser ensemble. Et on devrait se voir tous les jours. Je bousille tout. C’est pas toi qui l’as dit ? Qu’est-ce qui va se passer si on doit travailler chaque jour  dans le même bureau ? Et là, je suis bourrée, imagine le jour où tu voudras me donner un ordre sur un ton qui ne me plait pas. Si tu as l’impression d’avoir une dette envers moi et que c’est pour ça que tu m’offres ce boulot, laisse tomber, j’attends rien en retour. Parce qu’on fera quoi ? On fermera les yeux sur tout ? Sur le fait qu’on ait une vie ? … je sais pas pour toi mais moi ça me rendra malade de vous voir arriver tous les deux ou essayer de vous embrasser comme dans la salle de conférence. »

Voilà, c’était dit, c’était sorti et on n’en parlait plus.

« En plus, je refuse de gagner moins ou d’être aux ordres d’un autre membre du CA. Je ne fais pas de photocopie et pas le café non plus. Quant à ta famille… je peux protéger tes filles, je l’ai déjà fait. Tammy Beckett… je ne la connais pas bien, mais je n’ai jamais rien eu à lui reprocher. Mais c’est tout. Voilà à qui je peux être fidèle. Et je ne le serai que si tu jures de temps en temps. »
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Keaton T. Wetherford

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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Mer 25 Sep - 21:49

Je rêvais. Non, en fait je ne rêvais pas. Elle se moquait de mes jurons et de moi. Pire, cela amenait un sourire sur son visage. Deux jurons qui avaient franchi le seuil de mes lèvres et c'était suffisant pour lui donner l'impression que nous appartenions au même monde, du moins sur ce plan là car pour ce qui était de nos idéologies, nous n'avions rien en commun et on ne pouvait pas le nier. J'avais l'irrésistible envie d'en laisser échapper un troisième, du genre « je t'emmerde Cooper » mais rien ne sortit. Je préférais essayer de lui expliquer que je ne la laisserai pas mourir car elle ne m'avait pas laissé non plus mourir. C'était un juste retour des choses, il n'y avait pas plus logique comme explication, et ensuite je m'attaquais à l'examen de sa cheville. Je la torturais un peu au passage quand elle me posa une question quelque peu dérangeante. Puis je lui fis quelques recommandations pour améliorer l'état de sa cheville pour les jours à venir. Et il semblait que je lui demandais l'insurmontable. Je levais les yeux au ciel. « Continue ainsi et tu mourras sans talons. » Cette femme était désespérante. Si elle ne souhaitait pas m'écouter, pouvait-elle au moins accorder foi au médecin qui était en moi. Il semblerait qu'elle pouvait faire cet effort car elle finit par me remercier. Voilà, nous progressions.

Il n'y avait pas que sur ce plan là où nous faisions des progrès. En fait si, car même sur un choix de chanson, nous n'étions pas capables d'être d'accord. Un jour peut être que l'on arriverait à se mettre sur la même longueur d'ondes. Un jour peut être... Déjà, il fallait comprendre ce qui me poussa à poser mes fesses à côté d'elle et à tenter de lui expliquer pourquoi je ne pouvais pas la laisser partir. Mon explication était sûrement aussi embrouillée que moi. Il n'y avait pas d'explications. Et moi je déconnais complètement, allant jusqu'à lui proposer un job pour qu'elle continue à vivre.... Pour cette raison ou pour une autre que je refusais de formuler. Ma proposition était délirante et vu sa réaction, il semblerait que nous étions pour une fois d'accord sur un second point. Comme quoi, quand on le voulait. C'était peut être ça l'explication, je déconnais complètement. Allez, j'avais juste à hocher la tête pour lui donner confirmation. Je m'apprêtais même à le faire quand elle fit taire mes mots avant qu'ils ne sortent. Elle acceptait ?

Ah non.... Quoique vu sa phrase précédente, c'était tout comme non ? Si on ne comprenait rien à mon comportement, le sien n'était guère mieux. Peut être que nous devions essayer une autre langue, genre l'espagnol, ou le chinois. Ça serait peut être un peu plus clair niveau compréhension. Dans tous les cas, ça ne pouvait pas être pire. Je lui offrais un travail, je la laissais partir quand elle le souhaitait et voilà qu'elle me balançait qu'elle ne voulait pas tenter de gagner de nouveau sa place près de Tussle. Quelque part, cela me soulagea. Je détestais cet homme. Je lui en voulais pour tout ce qu'il avait fait et si un jour j'avais songé prendre sa vie, je savais que je n'étais pas comme lui et qu'il fallait que je joue sur un autre terrain. Et pourquoi elle me posait encore une question à la con ? « Je ne sais pas ce qui pourrait changer. Je te laisse juste le choix de partir quand tu veux. » Et si elle ne savait pas, je ne savais pas non plus car je ne pouvais pas prendre la décision à sa place.

Je fixais un instant l'eau. Nous étions chacun perdus dans nos pensées et cela aurait pu durer un petit moment de mon côté si elle ne s'était pas décidée à reprendre la parole. La jeune femme avait raison. Mon offre était absurde. Cinq minutes ensemble sans s'entretuer relevait déjà du miracle, alors que dire de plusieurs heures si on travaillait ensemble. Avant la fin de la première journée, l'un de nous serait retrouvé mort. Ou alors les locaux de Genetic auraient explosé à cause de nous. « Hum en effet, ça serait peut être le début de la troisième guerre mondiale. » Et pourquoi est-ce qu'elle se posait autant de questions en étant bourrée. J'étais un idéaliste, mais bon sang elle était un peu particulière à suivre quand elle avait bu, limite chiante. « Tu devrais arrêter de boire, ça te fait te poser trop de questions existentielles. » Quoique si elle n'avait pas été ivre, j'aurais eu droit à de l'agressivité à la place des questions. C'était un bien pour un mal, ou alors l'inverse. « Si mon ton ne te plait pas, tu pourras toujours t'exprimer pour le faire savoir. Si tu as raison, j'adopterai un autre mais si c'est toi qui es en tort, tu ravaleras pour une fois ta fierté. » Ce n'était pas la mer à boire, si ?

Nos phrases se chevauchaient et les suivantes furent quelques peu dérangeantes. « Je sais pas, j'en sais rien. Il y a peu de chances que tu nous vois tentant de nous embrasser quand elle saura pour ce soir de toute façon. » Parce qu'il allait falloir révéler à Kate la vérité. Dakota pouvait me proposer de garder cet épisode pour nous, j'étais incapable de le faire. J'avais fait une promesse, je l'avais rompue, il fallait que j'assume les conséquences car j'essayais d'être le plus honnête possible. Cela aurait été tellement plus simple si mon cerveau était capable de me dicter de me comporter en enfoiré jusqu'au bout, faisant comme si de rien n'était avec Kate tout en continuant à explorer cette attirance qui me poussait vers Dakota. J'étais con mais pas au point que mon esprit déraille complètement et me fasse perdre ma ligne de conduite. Je me dégoutais juste au passage du comportement que j'avais. Et le temps que je réfléchisse à tout ça, la jeune femme avait déjà repris.

La fin me laissa bouche bée. « T'es sérieuse ? » Et bien oui, apparemment elle l'était. Accepter de bosser pour moi si je jurais de temps en temps. Mais c'était quoi cette condition de merde ? Non parce que ça en était une. « Ok pour le salaire. » Ma famille détenait 5% de Genentech, l'argent n'était pas un soucis. « Ok aussi pour les photocopies, le café, je ne suis pas un assisté. » Si c'était le cas de Tussle, ce n'était pas ma vision des choses. « Ok aussi pour le reste. Les jurons viendront tout seuls quand tu me taperas sur le système. Il n'y a qu'à voir ce soir comme ça sort facilement... » En l'espace de quelques minutes, j'en avais sorti deux. Peut être davantage, je ne savais pas, je n'avais plus fait attention. Et qu'est-ce que je m'en foutais dans le fond de jurer ou non. Tant que ça ne sortait pas en pleine réunion du Cercle, c'était tout ce qui comptait. « Tu réalises que ce n'est pas un simple boulot de secrétaire que je te propose ? Je doute que Tussle laisse faire et ne tente pas de contre attaquer à un moment où un autre par n'importe quel moyen. J'ai vraiment besoin d'assurer la sécurité de ma famille. Il est hors de question qu'il recommence à faire pression sur nous comme il a pu le faire l'année dernière. J'ai besoin d'une personne efficace et sur laquelle compter pour m'aider alors si ça te va... » Je tendis une main dans sa direction. Ce n'était pas rien ce que je lui proposais là. Officiellement, on pourrait croire qu'elle serait ma secrétaire. Officieusement, elle devait m'aider pour assurer la sécurité de mes proches, de tous excepté Kate, ça je l'avais bien compris et je m'en chargerai. Si elle acceptait, il fallait espérer qu'elle ne tenterait pas de me trahir car je ne répondrai alors plus de rien et le côté bisounours s'envolerait complètement. Ma famille était tout pour moi et il était hors de question qu'on les touche. À présent la décision lui revenait de serrer cette main tendue en guise d'accord ou non.

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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Ven 27 Sep - 16:20

Pffffff. Mourir sans talons. Non mais ça craignait. Sérieusement, c’était en talon qu’on avait la classe, il n’y avait pas à négocier. Ça vous galbe, ça met la poitrine en avant, ça en impose avec le bruit des talons sur le sol. Saleté de cheville qui n’est pas capable de tenir ! Et vas-y que cela lui faisait plaisir de jouer au docteur. Fait chier. J’allais les porter ses chaussures plates ! Il le faisait exprès de toute façon, je le savais. Ou alors, il était encore plus pété que moi. La suite me conforta d’ailleurs dans cette idée. Voilà que le surfeur venait de me proposer un job ? Nous n’avions rien en commun, à part peut-être des parents merdiques. Et des réactions à la con quand nous étions en présence l’un de l’autre. Et nous n’avions aucune explication. Et ça commençait à me saouler. Enfin, j’étais déjà saoule, mais ce n’était rien en comparaison.

Moi ? Bosser pour lui ? Mais on allait s’entretuer, s’étriper, se crever les yeux. Et franchement, si ça impliquait que je sois en présence de la morue, c’était hors de question. Car si la grognasse ramenait ses miches et ouvrait sa boîte à camembert, elle entendrait parler du pays. Bref, je e voulais pas penser à elle. Travailler pour Wetherford. C’était un double suicide. En plus jusqu’à quand ? Il s’attendait à ce que je reparte auprès de Tussle. Pour me faire virer comme une pouilleuse à la prochaine difficulté ? Non merci ! Ce type était un minable, ingrat, et qu’il se noie dans sa merde. Je ne savais même pas si c’était possible ça, soit dit en passant.

« Je ne parle pas de mon côté. Je parle du tien. Pourquoi aujourd’hui tu n’es pas prêt à me laisser partir mais que tu le seras dans trois mois ou un an ? Tu mises sur le fait qu’on se gonfle et qu’on se balance des horreurs comme la dernière fois ? »

Parce que dans ce cas, à quoi rimait cette mascarade ? Ce n’était vraiment pas le soir pour les questions existentielles. Je n’irai pas auprès de Tussle. Mais est-ce que j’arriverai à bosser pour Wetherford… ça clasherait, c’était une évidence.

« On nous entendrait gueuler jusqu’au 6e sous-sol. »

Pourquoi je souriais comme une conne en pensant à cela ? Ça n’avait rien d’amusant ? Rien de rassurant. J’étais professionnelle. Et une fois n’était pas coutume, je doutais de l’être avec lui. Je tournai ma tête vers lui. Que j’arrête de boire ? Pitié, c’était la seule chose qui me faisait rester. La seule que j’avouerais tout du moins.

« Et toi tu devrais boire plus souvent. T’es chiant. »

Bah quoi ? Il l’avait cherché, non ? Rhooo, et il n’était pas drôle… vraiment pas drôle du tout. Voilà qu’il redevenait le gentil petit Keaton, bien sage, prêt à écouter et à discuter. C’était sympa cinq minutes, mais ce serait vite mortel. En fait, ce serait chiant si on s’écrasait ou si on explosait. Si j’acceptais cette offre, il faudrait véritablement qu’on trouve un équilibre qui serait des plus précaires. Ceci étant dit, si l’on mettait de côté le fait qu’on était incapable de restait dix minutes dans la même pièce sans que cela dégénère, on pourrait être une bonne équipe. Du moins sur le papier, bien sûr. Il était membre du CA. Du moins, représentant de Tammy Beckett pour Le Cap. Il avait donc autant d’influence que Tussle. Et il pouvait rallier des membres à sa cause. Bon, il était idiot de penser que Genetic pourrait fonctionner sans un décisionnaire unique, je ne croyais pas du tout à la gestion partagée. Il fallait être capable de décider, de donner une orientation. Devoir composer avec autant de membres du CA c’était… aberrant. Ils espéraient vraiment avoir toujours l’unanimité ? Je n’y croyais pas. Bref. Force était d’admettre qu’il avait de l’influence. Et de mon côté, je n’étais pas en reste. Je connaissais l’organisation, tous ses rouages internes. J’avais aussi des contacts avec les politiciens, les mails de tous les membres du CA, et même si je m’étais faite virée, je n’en terrorisais pas moins certains agents. En d’autres termes, je serai la main de fer, et lui le gant de velours.

« Ma fierté est très bien où elle est. Je peux être ton chien de garde, mais j’ai besoin qu’on me laisse mes armes. »

Et la fierté en faisait partie. J’allais montrer les crocs si je reprenais « ma place », et ça, il devrait s’y faire. Par contre, je ne garantissais pas de ne pas mordre une certaine personne si… Bref, encore un point à résoudre. Hors de question que j’assiste à des bécotages. Je lui lançai un regard blasé. A quoi bon essayer de le convaincre de la boucler ? Il était un bisounours idéaliste, bien sûr qu’il allait lui dire. Crétin. Il pourrait se contenter de lui dire qu’il m’avait embauchée. Déjà ça, c’était signer son arrêt de mort, alors lui raconter « tout » ce qui s’était passé ce soir… Ce type n’avait aucun sens de la survie.

« T’as vraiment besoin de moi vu que tu n’as aucun instinct de conservation. »

J’aurais rien dit. Sauf si Elle m’avait attaquée. Là évidemment, j’aurais répliqué. Mais ce ne serait que de la légitime défense ! Est-ce que j’acceptais son offre ? Franchement, je n’en savais rien. Rien de chez rien. J’étais sérieuse pour ? Ah oui, les jurons.

« Et pourquoi pas ? Lâche-toi un peu de temps en temps ! T’es pas obligé d’être toujours le mec méga sérieux qui fait attention à tout ce qu’il dit ! »

Ça devait être épuisant. En tout cas, il me garantit mon salaire et me confirma que je n’aurais pas à me coltiner les tâches ingrates des stagiaires. C’était un minimum et ça c’était bon à mes débuts à la mairie, plus maintenant.

« Putain, t’es déjà chiant. Y a plein de verres, tu veux pas en prendre un ? Si je te tape sur le système, tu peux dégager. T’aime pas te poser des questions ? Eh ben désolée, moi aussi j’m’en pose, figure toi ! »

Ça commençait bien mal cette affaire. C’était certain, on allait s’étriper. Et j’étais censée le protéger. Enfin, surtout sa famille. Il se sentit obligé de me le préciser encore une fois. Je n’étais pas conne, je savais que Tussle ne serait pas content et ferait tout pour reprendre sa place. Mais j’avais un avantage : je connaissais ses méthodes. Je savais aussi qu’il ne voulait pas se salir lui mains. Il s’en trouverait des nouvelles. Une nouvelle petite Dakota. L’avantage d’être un petit gabarit comme moi, c’était aussi que personne ne m’imaginait en garde du corps et souvent on sous-estimait ma force. C’est que l’être humain est con. Je regardais sa main un moment, avant de me pencher vers lui en tenant une de mes mèches de cheveux du bout des doigts.

« Hey ! Regarde bien ça, je suis brune, pas blonde. Je sais ce que Tussle va faire, je le connais très bien et je connais ses trucs. J’ai bossé pour lui, je te rappelle. Et je sais aussi qu’Holster va t’en vouloir de m’avoir réintégrer. Que tu le veuilles ou non, tu t’es opposé à un de leurs ordres et ils ne vont pas l’oublier. Tussle fera tout pour revenir, bien sûr que je le sais. Ses méthodes n’ont pas de secret pour moi. Je t’ai mis une branlée quand on s’est rencontré et j’ai un autre talent auquel tu as goûté. J’peux faire ce que tu me demandes. Même si c’est la pire décision qu’on pouvait prendre. »

Et ça, j’en étais convaincue. Je tendis la main vers la sienne. Une poignée de main que je fis durer. Je n’eus pas d’autre geste, je me contentai de cela. Je regardais nos deux mains. Est-ce que nous étions d’accord ? Alors qu’on n’avait rien en commun ? Alors qu’on se détestait autant qu’…

« Ceci dit, il va falloir que tu me fasses confiance. »

Je me penchais vers lui et l’embrassai à la commissure des lèvres.

« Et il va falloir qu’on arrive à faire gaffe à ça. »

Oui, arrêter de s’embrasser pourrait être une bonne chose. Je ne voulais pas être avec lui, je ne voulais plus avoir mal comme avec Brennen. Je n’étais pas faite pour ces choses dont on fait toute une histoire… le couple… non. Même si… non… et puis… il ne se lâcherait jamais même s’il avait envie de moi. A moins que coucher ensemble fasse enfin retomber la pression… Chiotte. Je lui lâchais enfin la main.

« Parait que je te dois une bière et une clope ? »
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Keaton T. Wetherford

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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Ven 27 Sep - 20:12

Il n'y avait parfois aucune réponses aux questions que l'on se posait, il fallait se contenter de cette situation, l'accepter. Mais cette emmerdeuse n'arrivait pas à faire avec. Et ensuite de nous deux, c'était moi le rabat joie. Voilà un doux euphémisme. Mes réponses ne la satisfaisaient pas. Dakota me le fit comprendre à sa manière en me relançant avec des questions. Certes, elles étaient pertinentes mais également de plus en plus dérangeantes. Elle m'emmerdait. En traduction dans mon comportement, cela donna lieu à un soupir limite exaspéré. Voilà, elle l'avait sa réponse, elle me gonflait. « Je ne sais pas. » Oui je me répétais et alors ? « Je me dis peut être que d'ici trois mois ou un an, je réussirai à te laisser partir sans te retenir car je me serais fait une raison. » Et si la réponse ne lui convenait pas, tant pis pour elle. On ne pouvait pas me demander d'expliquer quelque chose que je ne m'expliquais pas moi-même. Je refusais de la laisser partir et mourir, avec du temps, j'arriverai bien à changer cette ligne de conduite. Du moins, je l'espérais car dans le cas contraire...

Genetic ne survivrait pas à nos prises de bec. Il y aurait des explosions au sein même des locaux. Certaines personnes longeraient les murs pour nous éviter. Et effectivement, on nous entendrait jusqu'au sixième sous sol. Tiens, d'ailleurs j'allais devoir y faire un tour très prochainement. J'avais certaines choses à vérifier et cela passait par ma visite dans ce lieu où peu de monde avait accès. J'allais avoir le temps d'y songer dans les prochains jours, en entendant, je coupais court à mes réflexions et reprochais à la jeune femme de se poser trop de questions à cause de l'alcool. Dans tous les cas, ses neurones n'étaient pas atteints car la réponse fusa. Chieuse. Je ne le prononçais mais je devais l'avoir pensé tellement fort qu'elle avait du l'entendre vu le peu de distance entre nous. De toute manière, ma réaction se lisait sur les traits de mon visage, une fois n'était pas coutume. Et là, je me rendais compte que ce que je lui proposais était une mission suicidaire pour moi.

Je ne me rétractais pas, chacun avait son mot à dire sur sa vision des choses et comme d'habitude, nous n'étions pas d'accord. Si je comprenais bien, même en étant en tort, elle ne se la fermerait pas. Tout ça à cause de sa fierté mal placée. Je me disais déjà que je n'avais pas fini de lui claquer les portes au nez quand je perdrai vraiment patience. Car la virer de mon bureau, je doutais d'y arriver sauf si j'employais la force. Sa fierté l'empêcherait des faire quelques pas en arrière. Mais également des pas en avant vu qu'elle ne supporterait pas de nous voir nous embrasser Kate et moi. Je préférais me montrer honnête. Je doutais que ça se produise. Kate allait me tuer. Je ne savais même pas comment je pouvais faire ça. J'étais inquiet, surtout pour Lou. Cela me faisait mal l'idée que je puisse la perdre. Je pouvais décider de me taire mais ma conscience ne serait pas tranquille. Remarque, elle n'était déjà pas tranquille en ce moment. « En ce qui me concerne non, je suis prêt à me sacrifier. » C'était bien là tout le problème. Je préférais me détruire que me protéger. Elle avait raison, je n'avais aucun instinct de conservation sur le coup.  C'était une chose qui ne devait pas faire partie de mon vocabulaire.

Tout comme les jurons. Il était rare que j'en sorte et bizarrement, le taux augmentait quand elle était dans les parages. En plus, elle me prenait pour un gars super sérieux. Bon, effectivement peut être que je l'étais mais il y avait une raison. J'avais une foule de responsabilités sur le dos, une nièce et une sœur à protéger à distance, une famille à représenter au milieu d'un Cercle dont les membres attendaient le moindre faux pas de l'un des leurs pour le bouffer tout cru. On avait un exemple concret depuis peu avec le vote contre Tussle. Pourtant en dehors de ça, je savais me détendre, m'amuser et ne plus être aussi sérieux, il suffisait de me mettre une planche ou un skate entre les mains ! Je décidais de passer outre, ne répliquant rien et me contentant de confirmer le salaire qu'elle réclamait ainsi que ses autres conditions. Idem pour les jurons même si ma réponse ne lui plut pas. « Si je suis chiant, qu'est-ce que tu dois être... Toujours quelque chose à redire. » A cette allure, j'allais finir par lui trouver un surnom en rapport avec son comportement.

Mais trêve de bavardage, je récapitulais ce que j'attendais d'elle et lui tendis une main en guise d'accord. La jeune femme observait ma main. Je l'observais elle, patientant. Des secondes s'écoulèrent. Test pour mettre ma patience à l'épreuve ? Enfin, elle fit un mouvement mais non pour me serrer la main. Au contraire, elle me présenta une de ses mèches de cheveux. Mais pour quoi faire ? Je levais les yeux au ciel. Exaspérante jusqu'au bout des cheveux. Tentant même de me faire la moral sur la décision que je prenais. « Je ne vais pas contre leurs ordres, j'évite que Genetic perde un bon agent. » Voilà toute la nuance même si au passage cela m'écorchait sur le coup d'avouer qu'elle était un bon élément, sûrement le meilleur pour m'aider à contrecarrer les plans de Tussle s'il en avait contre ma famille.

« Quelle prétentieuse. Si j'ai pris une branlée, c'est parce que je refusais de me battre contre toi. Mais si ça suffit à te rendre fière d'avoir vaincu le « héros du Blue Lake » pourquoi pas. Peu importe. » Oui, peu importait vu qu'effectivement, nous étions en train de prendre la plus mauvaise décision. Je me rendis compte que nos mains se tenaient toujours quand je baissais le regard. Pour le relever aussitôt. « Je te ferai confiance si la réciproque l'est également. » Il y avait un long, voire même très long chemin à parcourir sur ce plan là. Se faire confiance mutuellement, cela voudrait dire accepter de baisser un peu sa garde pour confier sa vie à l'autre. Jusqu'à présent, nous avions toujours montré qu'on tendait plutôt à s'ôter la vie mutuellement, sauf cette fois là, où elle devait me tuer et qu'elle ne l'avait pas fait. Et puis... Et puis rien car ses lèvres se déposèrent à la commissure des miennes.  « Bordel Cooper, il serait temps de me donner raison. » Depuis le temps que je lui disais qu'il fallait arrêter ces baisers, elle allait enfin peut être m'écouter. Quoique... « Tu entends quoi par faire gaffe ? » il y avait une différence entre faire attention et arrêter. Je voyais déjà arriver la réponse, comme quoi j'étais vraiment blond et qu'il allait falloir que je songe à m'acheter un cerveau. Si c'était un truc du genre qu'elle allait me sortir, je n'allais pas pouvoir m'empêcher de sourire.

Nos mains se lâchèrent. Un accord était désormais passé entre nous. Personne ne le saurait, on pouvait donc reprendre nos routes jusqu'à ce que l'on se croise de nouveau à Genetic. « Une bière et une clope pour enterrer provisoirement la hache de guerre ou tu veux tenter de me saouler pour que je sois moins chiant ? » La réplique sortit toute seule sans que je ne la contrôle. Elle tentait peut être d'être sympa et comme d'habitude, quand ce n'était pas elle, c'était moi qui en rajoutais une couche. La troisième guerre mondiale en préparation... Et pourquoi j'avais un léger sourire sur le visage. C'était stupide, tout comme ce que je fis ensuite. « Tu me dois même une seconde bière pour avoir examiné ta cheville. » J'acceptais, je n'aurais pas du. « Mais pas ici sauf si tu veux te mêler aux surfeurs qui parleront un langage inconnu pour toi. Il doit bien y avoir un bar un peu plus loin. » Je m'étais redressé, me penchant ensuite vers elle. Ma main passa dans son dos, effleurant sa hanche pour l'aider à se relever. Je lui offrais un appui le temps d'aller jusqu'au bar sauf si elle décidait de me repousser pour s'y rendre à cloche pied. Ou décliner mon idée tout simplement. « Faut juste que je demande à Ingrid si tout va bien avant sinon tu vas encore me balancer que je suis un père indigne. » L'adolescente bénéficiait du sérum. Elle devait patienter pour l'antidote, son état était stable mais elle devait faire attention et se reposer. Et c'était là toute la difficulté quand on savait qu'elle était une jeune fille pleine de vie. « Merci... d'avoir été là pour elle en janvier. » Ma tête s'était tourné vers elle et nos visages se frôlaient presque.

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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Ven 27 Sep - 21:55

Au boulot, tu exécutes les ordres. Dans le privé, tu baises, tu te barres, tu oublies. Mes lignes de conduite avaient toujours été très claires. Ne te laisse pas marcher sur les pieds. Ne laisse personne te déstabiliser, reste maitresse de toi-même. Bordel, mais pourquoi je ne parvenais pas à les appliquer maintenant ? Pourquoi il foutait tout en l’air ? Et pourquoi il fallait qu’on s’enfonce un peu plus dans cette merde ? On savait qu’on allait droit dans le mur, mais non, il fallait qu’on fonce en plein dedans. Comme des crétins. Voilà, on était une belle paire d’abrutis ce soir-là. Et dans le lot, il y avait un crétin qui soufflait. Mais qu’il souffle donc, il croyait quoi, que ça allait m’empêcher de poser les questions qu’il faudrait bien se poser tôt ou tard ? C’était bien mal me connaitre.

« Tu te seras fait une raison. Ouais… »

Rien à répondre à ça. Qu’est-ce que j’aurais pu dire de toute façon ? Là, maintenant, on n’y arrivait pas. On était incapable de se lâcher. Et ça, ça faisait chier. Parce que je ne voulais plus être cette fille attachée à quelqu’un. J’avais déjà donné et je savais que cela n’était qu’une vaste fumisterie. Alors peut-être qu’en se côtoyant tous les jours, en vivant cette tension heure après heure, on craquerait et on finirait par se haïr. Je veux dire… vraiment.  Peut-être qu’il fallait miser là-dessus. Quitte à faire des dégâts autour de nous. Car je n’étais pas idiote, je savais très bien que tout professionnels que nous étions, on finirait par exploser au bureau et j’imaginais très bien les agents de sécurité venir nous séparer et nous mettre dehors. Bon, enfin, me mettre moi à la porte car je doutais qu’il touche à un cheveu blond d’un membre du CA. La preuve, on commençait déjà à se chercher des poux. Est-ce qu’il craquait déjà ? Son visage me le laissait penser mais si tel était le cas, alors il me décevait franchement. Aucune endurance. J’étais pourtant le meilleur test qu’on pouvait imposer aux agents. S’ils me supportaient et si je ne les faisais pas craquer, aucun bourreau ne parviendrait à leur sous-titrer la moindre information. S’il n’était pas capable de le reconnaitre, tout était réellement voué à l’échec.

« Et je perdrais mon job ? Rêve. »

Qu’il joue au superhéros à la con s’il le voulait. Mais sérieusement il se fourrait le doigt dans l’œil s’il pensait que j’allais le laisser risquer sa vie. Merde, il allait me payer mon loyer si j’acceptais. Et puis je ne l’avais pas épargné, prenant le risque de contrecarrer Tussle, pour que cet idiot se tue de lui-même ! Bordel, non ! Qu’il arrête cinq minutes de jouer au sauveur et qu’il se lâche un peu. Ça n’allait pas le tuer. On n’était pas à Genetic, il n’y avait aucun rôle à jouer là. Je n’étais plus cerbère et il n’était plus Hercule qui devait défendre la veuve et l’orphelin. Qu’il laisse tomber cette cape quelques minutes, qu’il dise des « j’t’emmerde » bien libérateurs.

« Parce que t’es pas Keaton Thomas Wetherford, membre du CA ici. Putain, respire, fais ce que t’as envie, et dis ce que t’as envie. Et si tu m’dis que je t’emmerde, alors oui, je te répondrai, parce que t’es pas mon supérieur, t’es un pauvre mec assis sur un ponton avec une pauvre fille. Point barre. »

Voilà pourquoi j’aurais toujours quelque chose à redire. Surtout qu’il fallait qu’il prenne la mesure du nid de serpents dans lequel il avait mis les pieds. Fallait être taré pour s’opposer aux pontes de Genetic. Et tout aussi cinglée de le suivre là-dedans. Mais j’avais l’excuse de l’alcool. Je plissai les yeux en entendant sa réponse.

« La flatterie ne marchera pas toujours, même si j’adore. »

Notre accord était scellé et c’était officiel : nous étions deux abrutis, débiles et stupides. Sonnez les cloches, faites retentir les sirènes, nous étions parvenus à un accord. Bon, si ça tombe, il ne tiendrait pas la nuit, mais c’était tout de même un pas de géant. En plus, il avait reconnu que j’étais un bon agent. Qu’il le pense ou qu’il ne l’ait dit que pour se débarrasser de mes commentaires, c’était toujours bon à prendre, et je saurais le lui rappeler. Tout comme je me plaisais à rappeler à son bon souvenir que face à moi il s’était écrasé au sol. J’étais peut-être un petit gabarit, n’empêche que…

« Mais t’es d’une mauvaise foi sans nom, Wetherford. Je te prends quand tu veux et tu verras, tu te retrouveras encore sur le cul avant d’avoir pu dire ouf. »

De toute façon, je le foutrai à l’entrainement d’office. La maladie lui avait rongé les muscles. Il allait devoir s’entrainer. Hors de question que je sois officiellement la secrétaire d’un mollusque.

« Dès que ma cheville sera en état, footing obligatoire. Je te foutrai ta branlée quand tu seras au meilleur de ta forme, que tu ne viennes pas contester en disant que tu étais encore convalescent. »

Bref, il fallait aussi qu’on apprenne à se faire confiance, et cela, ce n’était pas gagné du tout. On n’allait quand même pas faire ces jeux à la con pour apprendre la confiance ? Du genre « laisse toi tomber, je te rattrape ». On n’avait plus dix ans. Je ne répondis pas. La confiance ne se gagnait pas en un claquement de doigt.

« Je te donnerai raison le jour où tu arrêteras de dire des conneries. »

Auto-défense. Fallait pas attaquer. J’eus une mine dépitée.

« Putain, t’es con. Tu sais quoi, avec mon premier salaire, je vais t’offrir un cerveau tout neuf et pas encore atteint par ta blondeur. Faire gaffe… tu sais pas ce que ça veut dire, toi ? C’est comme la clope, t’arrive pas à arrêter, mais tu fais gaffe.»

Sous-entendu, soit tu diminues les doses, soit tu vas sur le balcon fumer en cachette. Bah là, c’était pareil. Y avait vraiment besoin d’une traduction ? Autant ne pas disserter là-dessus. Je n’avais pas spécialement envie de rentrer et je lui devais une bière, alors …

« Certainement les deux. Peut-être que je l’enterrerais si tu étais moins lourd. »

S’il n’en voulait pas, il n’avait qu’à le dire après tout ! Pis il souriait comme un con.

« Pardon ? T’as pris ton pied à me tripoter, arrête ton char ! »

Je levais les yeux au ciel. Ouais, par contre, je voulais bien qu’on bouge. Je n’aimais pas la plage. Et ces crétins aux neurones attaquées par l’iode, ils craignaient. Et… qu’est-ce qu’il faisait ? C’était quoi son délire, avec sa main sur moi ? Genre, on allait baiser là comme ça ? Ah oui, non, se relever. J’hésitai un instant, puis je passais mon bras autour de son cou, pour qu’il m’aide à me relever.

« Tu vois-tu adores te coller à moi. »

Juste pour lui éviter toute remarque moqueuse et inutile. Alors qu’on marchait plus ou moins élégamment, il se mit à parler d’Ingrid. Je ne savais pas si elle lui avait raconté notre dernière entrevue. J’avais tout fait pour couper les ponts avec elle, comme avec lui la veille. Quitte à lui dire des choses horribles et à lui faire du mal. Je dus lui répondre un faible « d’accord », sans songer à effectivement le traiter de mauvais père. Je n’avais plus rien voulu savoir dès que j’avais su que l’Autre s’était décrétée médecin de la gamine. La vérité était que je ne savais plus rien. Son merci me tira de mes pensées. Je tournai ma tête vers lui, et constatai qu’il en avait fait de même. Mon regard glissa de ses yeux à ses lèvres, avant de remonter. Nos souffles se mêlaient et je n’aimais pas cette sensation.

« Je ne voulais pas qu’elle soit perdue comme je l’ai été quand je suis arrivée à Genetic. J’avais son âge et plus de parents non plus. J’aurais aimé que quelqu’un me dise comment faire. Et j'allais pas la laisser mourir, tu ne me l'aurais jamais pardonnée. Alors de rien. »

J’étais sincère pour une fois.

« Je t’avoue que j’y ai pensé. Qu’elle pourrait être une bonne recrue. Mais je voulais surtout qu’elle ne se fasse pas dévorer et qu’elle comprenne qu’elle femme elle pouvait être, même si tu la considères encore comme une enfant. Elle va bien ? »

J’entendis alors des sifflements. Je détournais enfin le regard. Putain ! La bande de cons de surfeurs était là à nous mater !

« Et ce sont tes potes ces abrutis ? »

Ils allaient se prendre ma chaussure dans la tronche oui !
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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Sam 28 Sep - 17:20

J'aurais du parier que ma réponse ne la satisferait pas, qu'elle était loin d'être complète et qu'elle n'apportait aucune réponse. Je m'interrogeais sur ce qu'elle attendait de moi. Si c'était que je lui fasse une grande déclaration pour lui signifier que je ne pouvais plus me passer d'elle et que je ne supporterai pas de la perdre, elle pouvait toujours courir. Je ne ferai plus ce genre de choses. Il fallait se rendre à l'évidence, j'avais tenu de tels propos avec Kate et j'étais incapable de les tenir. Pourtant j'y croyais vraiment le jour où j'avais prononcé ces paroles. À croire que l'amour était un sentiment qui me dépassait complètement et qui n'était pas fait pour moi. Je devrais vivre reclus dans un monastère sans aucun contact. Il n'y aurait plus de promesses vaines ainsi même s'il n'y en avait plus du tout à l'heure actuelle. Alors si je laissais Dakota sur sa fin, j'étais désolé pour elle. Je n'avais vraiment rien d'autre à lui fournir comme explication sur ce que je ressentais.

Elle devait s'estimer heureuse, quand il ne s'agissait pas de sentiments, je voulais bien reconnaître certaines choses. Comme mon manque total d'instinct de conservation et je ne m'en cachais pas. J'étais prêt à me sacrifier s'il le fallait pour sauver mes proches. J'oubliais un détail. J'étais en train de pactiser avec le diable et celui-ci avait pour but de me garder en vie. Certes, elle ne le dit pas clairement, s'inquiétant pour son futur travail mais c'était tout comme. Si je mourrais, elle se retrouvait au chômage. Il fallait donc que je reste en vie pour qu'elle soit payée mais également car c'était sa mission de me protéger des menaces qui pouvaient planer autour de moi. La pire, ce n'était pas les autres mais elle, du moins à mon sens. Surtout qu'elle avait toujours quelque chose à redire à mes propos. C'était aussi usant que le fait que je sois chiant. Et si je comprenais bien, en dehors des locaux de Genetic, je ne serai pas son supérieur donc elle se donnerait le droit de répondre ce que bon lui semblerait. Ça promettait... Surtout que je n'étais pas certain qu'en dehors de Genetic, elle se comportait de la sorte avec Tussle. Je devais avoir droit à un traitement particulier. Et elle m'emmerdait. Qu'on se le dise car à force de me confronter à elle, j'allais avoir des cheveux blancs qui viendraient plus rapidement qu'en temps normal.

Je ne répliquais pas. Elle avait dit point barre après tout. Je faisais même l'effort de lui faire un compliment détourné au passage sur le fait qu'elle était un bon agent à la solde de Genetic. Et elle trouvait encore à redire à ceci répliquant que ça ne fonctionnerait pas toujours. Une emmerdeuse professionnelle. Il n'y avait pas d'autres mots pour la qualifier. Je me mordis l'intérieur de la lèvre pour que les mots ne franchissent pas le seuil de mes lèvres. J'avais déjà trop juré ce soir, il serait bon que je retrouve mon self contrôle, ou du moins une partie de celui-ci. Cela ne dura que quelques secondes car pour inverser les rôles, ce fut moi qui trouvais à redire à ses propos sur le fait qu'elle m'ait mis à terre le jour de notre rencontre. J'avais refusé de me battre contre elle, qu'elle le reconnaisse. C'était trop lui demander apparemment car d'après elle je faisais preuve de mauvaise foi. « Ma mauvaise foi équivaut à ta prétention Cooper. » Les deux devaient atteindre des sommets inégalés même si je trouvais que j'étais tout de même un plus réaliste qu'elle qui pensait pouvoir me mettre une raclée quand bon lui semblerait.

Non mais... « Tu crois que j'ai besoin de toi pour faire du sport ? » Je devais rêver. Comme si elle allait pouvoir m'imposer un footing quand elle serait en état de courir. Mais quelle femme horripilante ! D'ici quelques jours, si tout allait bien, elle pourrait à peine appuyer sur son pied que je serais déjà sur une planche de surf en train de défier les vagues. Elle me prenait vraiment pour un bureaucrate qui ne sortait jamais et s'engraissait enfermé dans son bureau à manger des beignets et boire des cafés. Entre le surf, le skate, le roller et le footing, je devais faire davantage de sports qu'elle. « Je déteste me battre mais ok, je ne ferai que me défendre. » Et on verrait lequel de nous deux aurait le dessus sur l'autre. Elle à vouloir toujours sauter à la gorge des gens pour les étriper ou moi refusant de me battre et me défendant car je préférais le pacifisme à la brutalité.

Ça serait peut être le moyen de se tester, de voir jusqu'où on serait capable d'aller dans nos prises de bec. Peut être également que ça nous aiderait à nous faire confiance car ce n'était pas du tout le cas à l'heure actuelle. Il fallait également qu'elle me donne de temps en temps raison et si je crus un moment qu'elle allait dans ce sens, je me méfiais et l'interrogeais, demandant des éclaircissements. C'était bien ce que je pensais. Elle ne me donnait pas raison dans le sens où il ne fallait plus qu'on s'embrasse mais qu'on fasse attention à l'avenir. Il y avait vraiment encore un long chemin à parcourir avant qu'on arrive à se retrouver sur ce qui semblerait être une même longueur d'ondes. La hache de guerre n'allait pas être enterrée de si tôt et non parce que j'étais le plus lourd des deux. « Elle s'enterrerait plus vite si tu étais aussi moins chiante. »

Est-ce que nos joutes verbales allaient durer tout le temps qu'on resterait ensemble ce soir là, c'était bien parti pour. « J'avoue, j'aime tripoter les pieds, j'en rêve à chaque fois que j'en vois. » Débile. Elle pouvait lever les yeux au ciel, je ne m'en préoccupais pas. Je faisais l'effort de répondre positivement à son invitation de bière et cigarettes, qu'elle me devait après tout, si on changeait de lieu. Et je passais un bras autour d'elle pour l'aider à se relever. « Si tu le dis... » Je n'avais pas envie de polémiquer sur le sujet, de rentrer dans un nouveau débat sans fin car nos corps se frôlaient et que je sentais ce bras autour de mon cou, cette hanche sur laquelle ma main était posée. Je la soutenais alors que nous quittions le ponton et nous étions loin de l'image d'un couple qui s'enlaçait amoureusement. C'était plutôt l'image du couple boiteux que l'on donnait de l'extérieur.

Tout en avançant, je lui signifiais que j'allais prévenir Ingrid avant de m'attarder davantage. Et je ne savais pas pourquoi, je jugeais bon de la remercier de s'être occupée de l'adolescente durant mon absence. Nos regards se croisèrent alors, si proches qu'un simple mouvement et on aurait pu s'embrasser. D'ailleurs je remarquais que ses prunelles glissaient sur mes lèvres. J'aurais pu lui balancer que si elle continuer à les regarder de la sorte, j'allais finir par croire qu'elle avait envie de me violer. Je ne sais pas pourquoi mais je m'abstins de tout commentaire qui aurait pu briser cette mini trêve entre nous. Car il semblait que ça en était une ébauche. Aucune agressivité dans nos propos, cela changeait. « C'est donc important que je ne sois pas contre toi. » C'était un simple constat, que j'interprétais à partir de ses propos. Aucune moquerie de ma part. Nous savions tous les deux que s'il était arrivé malheur à Ingrid, je n'aurais pardonné à aucun responsable de sa mort. Elle ne l'avait pas laissé mourir, donc elle ne voulait pas dans le fond que je me dresse contre elle.

Je l'avais mal jugée sur le coup. J'avais pensé à un moment qu'elle voulait faire d'Ingrid un bon petit soldat de Genetic, à son image. Elle voulait seulement la protéger. Pourquoi ? Elle disait détester les enfants mais ce comportement et ses réactions par rapport à la petite Adalia laissaient comprendre le contraire. Je me rendis compte que ça allait au delà, qu'elle agissait pour que les gamines ne vivent pas ce qu'elle avait vécu. Je savais qu'elle avait un côté plus humain et un bon fond ! Il valait sûrement mieux que je le garde pour moi par contre. « Ce n'est pas facile. Elle est si pleine de vie et moi je dois la freiner à cause du virus. J'aurais aimé qu'elle ait l'antidote avant moi mais ce n'était pas possible. J'espère que les prochaines doses arriveront bientôt. Elle mérite d'avoir un peu de sérénité dans sa vie après tout ce qu'elle a vécu ces derniers mois. » Il y avait eu la mort de ses parents. Quand j'étais revenu sur Los Angeles, j'avais appris la disparition de l'un des amis de l'adolescente. Et plus récemment, le garçon qui était resté avec elle alors que j'étais bloqué à Genetic était mort également. Cela faisait trop de choses sombres, il fallait éclaircir sa vie.

Je sortis mon portable de ma main libre pour pianoter un message que j'envoyais à Ingrid. « Elle n'a que quinze ans, elle mérite de profiter de la vie sans avoir à grandir trop vite comme nous. » Alors oui, peut être que je la considérais trop comme une enfant. Mais je ne souhaitais pas qu'elle se fasse voler sa jeunesse, l'âge où elle était censée être insouciante et n'avoir pas toutes ces préoccupations qu'elle avait en tête. Dakota allait-elle comprendre mon point de vue ? Son regard se détourna. J'en fis de même pour voir ce qu'elle observait. Je me rendis compte qu'il y avait quelques sifflements non loin de là. Puis je les vis, occupés à nous observer. Je baissais la tête, en souriant. Cela m'amusait, ce n'était pas son cas. Au même moment, mon portable bippa pour me signaler un message. Je jetais un œil sur l'écran sans le cacher. -D'accord mais alors je peux inviter quelqu'un à la maison et tu me feras des crêpes demain ? Ingrid ne perdait pas le nord malgré le virus. Je décidais de ne pas lui répondre dans l'immédiat, une question m'avait été posée avant. « J'en connais quelques uns mais connaissances serait plus le terme approprié que potes. Le monde du surf est petit mais c'est comme tout, il est éphémère. C'est étonnant que ça t'énerve qu'il nous siffle car on est proche alors que toute à l'heure tu demandais à l'un d'eux s'il ne voulait pas te sauter. Désolé de casser ton image. Je m'écarte. » La pression de mes doigts sur sa hanche se desserra mais je ne retirais pas mon bras d'autour sa taille. Je la laissais libre de ses mouvements. Je comprenais son agacement. La perception des autres sur elle semblait être quelque chose d'important. C'était dérangeant qu'ils croient que nous étions ensemble car je l'aidais à marcher alors qu'elle aurait pu se taper mieux si je n'étais pas intervenu. Tiens j'allais répondre à Ingrid le temps qu'elle se décide à bouger pour remettre sa réputation d'aplomb.

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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Sam 28 Sep - 20:03

Comment pouvait-on être aussi différent ? Nous n’avions rien en commun et les points sur lesquels nous parvenions à trouver un accord se compter sur les doigts d’une main. J’avais une telle envie de l’étriper que c’était vraiment insensé de m’embaucher pour le protéger. Je l’aurais tué avant ses ennemis déclarés. Comment est-ce qu’on peut éprouver une telle haine sans être capable de rompre définitivement tout contact ? S’il y avait un putain de philosophe quelque part, qu’il vienne donc disserter là-dessus, car je ne me l’expliquais pas. Le fait était qu’on ne se supportait pas. Ça crevait les yeux, le moindre mot nous faisait partir au quart de tour. Il bugguait avec son cerveau de blond sur « je ne sais pas » et en plus il n’admettait pas que je l’avais mis à terre sans tricher et que j’y parviendrai encore si je le désirais.

« Ma prétention ? Je m’entraine tous les jours, ce n’est pas de la prétention, c’est un fait. »

Et je ne mangeais rien de gras. Des céréales, des légumes, rien qui puisse appesantir mon corps. Parce que j’avais bien compris qu’avoir un sens de la répartie ne faisait pas tout dans ce monde de macaques décérébrés. Parfois, il fallait jouer des poings. Ça m’avait déjà tirée de pas mal de soucis d’ailleurs.  Purée, voilà qu’il râlait encore ! Il était borné ce n’était pas croyable !

« Eh bien démerde-toi et arrête de me faire chier ! On a bien vu ce que ça a donné quand tu es allé seul dans une salle d’entrainement. »

Abruti. Ce n’était pas moi qui m’étais assise pendant que l’autre courait que je sache ! S’il voulait se débrouiller tout seul, grand bien lui fasse, moi, je n’avais pas besoin de lui. Ou qu’il aille faire mumuse sur sa planche avec ses copains. Sport à la con. Je détestais la flotte, la plage, les grains de sable qui rentrent par tous les trous. Oui, qu’il aille sur sa planche, ça nous ferait des vacances à tous les deux. Bref. De quoi parlions-nous ? Pardon ? Plait-il ? Il venait d’accepter et de relever le défi ?

« Tu entres en guerre contre les pontes de Genetic et tu détestes te battre. T’as vraiment un grain. Et t’as vraiment besoin de moi pour te sauver les miches. »

De secrétaire, j’allais devenir garde du corps d’un bisounours. Je n’avais pas signé de contrat, mais je sentais que je m’étais fait avoir. Tout cela pour dire que nous prenions réellement des décisions insensées ce soir. Parce que se battre, ce serait le meilleur moyen de se tuer, dans un excès de zèle. Et le meurtre pouvait arriver plus tôt que prévu. Déjà parce qu’il ne comprenait rien de rien, et ensuite, parce qu’il ne pouvait pas se taire et stopper le flot de conneries qui sortait de sa bouche.

« Personne ne me changera. »

J’avais répliqué sur un ton cassant. Froid. Distant. Je n’étais plus dans le ton de la plaisanterie ou sur la réplique pour le pur plaisir de l’emmerder. Là, c’était sérieux. Je ne changerai pas, pour personne. Je l’avais fait une fois. J’étais devenue une toute autre Dakota. Fidèle (pouah !), posée, patiente. Tout ça pour quoi ? Un c’est fini balancé sans la moindre explication et un silence radio de plus de deux ans ? Non, on ne me changerait pas. Comprenant toutefois que mon blondinet risquait une nouvelle fois de ne rien capter, je préférai partir sur autre chose. Les pieds, voilà un sujet de discussion qui nous épargnerait certainement des pulsions meurtrières. Nous avions ensuite pris la direction du front de mer, afin de trouver un bar. Je devais avouer – même si je ne le ferai jamais à haute voix – que le fait qu’il me soutienne m’aidait pas mal avec ma cheville. Au lieu de cela, la discussion s’orienta vers Ingrid. Dire que la morue avait dû mettre le grappin sur elle et lui farcir la tête de ses chimères. Elle était comme les sirènes cette bonne femme : elle envoûtait par de belles paroles, mi-femme, mi-thon. Ne sois pas cruelle Dakota, concentre-toi sur Ingrid. Ça me faisait bizarre, cette manie qu’ils avaient dans la famille, de me remercier. Bon lui au moins, il n’essayait pas de me faire un câlin comme Ingrid sur la plage. Mais bon. Etrangement, j’appréciais que pour une fois je ne passe pas pour le monstre de service. Je me surpris même à ne pas essayer d’enjoliver la vérité. Je lui avouai que j’avais effectivement pensé enrôler Ingrid avant de laisser tomber cette idée, et je lui révélai aussi la raison de ma folie, celle qui m’avait poussée à entrer dans sa chambre alors qu’il faisait une réaction à un sérum test sans la moindre protection. Je n’avais pas agi pour éviter la mort d’un membre du CA. Tussle m’aurait félicitée plus qu’autre chose. J’avais fait ça parce qu’il m’aurait détestée d’avoir laissé Kate prendre le risque de contaminer Lou. Je restai un instant muette face à sa réponse, le regard hésitant mais toujours plongé le sien, comme si je cherchais la bonne réponse.

« Possible. »

Mince, Dak, ce n’était pas une réponse digne de toi ça ! Mais il devrait s’en contenter parce que moi-même je n’avais pas d’autre réponse à formuler. Peut-être que j’étais fatiguée de n’avoir que des ennemis. Ou peut-être qu’il y avait autre chose. Ingrid, pleine de vie, oui, ça, je ne le savais que trop bien. Elle avait encore des réactions de gamine par moment, ne comprenant pas forcément les implications de la maladie. Moi j’étais une égoïste, alors je continuais à vivre comme si de rien n’était, mais je supposais que ce n’était pas le genre de papa Wetherford que de prendre le risque de contaminer d’autres mutants même accidentellement. Par contre, ne pas vouloir qu’elle grandisse trop vite.

« Dès l’instant où on perd ses parents, que ce soit réellement ou symboliquement, on grandit, Keaton. Je crois que j’ai grandi dès la première fois où ma mère nous a foutu dehors ma sœur et moi parce qu’elle était trop occupée avec son mec du moment. J’avais sept ans. Ingrid mérite un peu de calme, mais elle est déjà grande. Protège-la, mais n’étouffe pas ça. Elle a un sacré caractère, qui sait si elle ne se braquerait pas. Je ne dis certainement pas qu’elle est comme moi mais il suffit de me voir face à ma mère quand elle essaie de me traiter comme un enf… »

Mes lèvres se scellèrent quand je pris conscience que j’abordais un terrain trop glissant car privé. Il n’avait pas à savoir cela de ma vie. D’autant que je n’en avais jamais parlé qu’à Brennen. Par « chance », un groupe de gros porcs prenait leur pied à nous mater. Ça me saoulait ça, qu’est-ce qu’ils voulaient ? J’entendis alors le blond revenir en force… Oui, Wetherford le Blond était de retour. De quoi il… mais c’était quoi son délire ? Voilà qu’il s’écartait, dégainant son portable… que je voulais m’en taper un ?

« T’es un abruti de première ! Tu comprends vraiment rien. »

Je lui mis un coup sur l’épaule avant de regarder le groupe de surfeurs une nouvelle fois puis de me tourner vers Mister Blond 2011.

« Tu crois que c’est qu’une histoire d’image et d’avoir peur que l’un d’eux veuille plus de moi parce qu’il me penserait avec toi ? »

J’agrippai son haut et brutalement je l’embrassai. Mes mains remontèrent jusqu’à son visage et mon corps épousa le sien alors que je l’embrassais comme jamais je ne l’avais fait auparavant. Même ma langue prit part à la danse cette fois. Ce fut le baiser le plus long et le plus approfondi que nous avions échangé. Et même si je l’avais instigué sur le coup de la colère… il n’était pas désagréable.

« Elle est belle là mon image, hein ? Je me fous royalement de ce qu’ils pensent de moi, compris ? Ils ne comptent pas pour moi. J’suis qu’une trainée, non ? Alors oui, ce genre de mec est exactement celui qu’il me faut comme ma chère mère me l’a si gentiment rappelé ce soir. C’est le seul type de mec auquel je peux prétendre, mais j’m’en fous d’eux ou de ce qu’ils pensent de moi ! Mais t’as raison, je devrais peut-être aller me faire sauter et réparer mon image, puisque la discussion de ce soir n’a visiblement servi à rien et que tu ne penses pas différemment de ces abrutis. »

Je le lâchai enfin, vexée et déçue. Dire que je lui avais dit la raison pour laquelle j'avais été contaminée. L'opinion qu'il avait de moi comptait, voilà qu'il me l'avait donnée. Il n’avait rien compris du tout. Fait chier. J’allai la prendre toute seule cette bière. Je commençai à marcher sur le ponton, la tête bien haute, vers le groupe de surfeur débiles. J’arrive pas à te laisser partir, tu parles !
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Keaton T. Wetherford

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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Sam 28 Sep - 22:13

Nous n'étions d'accord sur rien, on se contredisait tout le temps. Et pour couronner le tout, miss prétention avait un don de voyance. Que je la fasse chier, je pouvais comprendre, accepter, et tenter de me la fermer sans répliquer. Par contre quand elle disait une absurdité, il fallait absolument que je la rectifie. Et cela ne manqua pas quand elle parla de Genetic. « Mais d'où tu tiens que j'entre en guerre, réveille-toi. Tu ne sais même pas quelle position je tiens durant les réunions. Si tu n'es pas en mesure de savoir ce qui s'y passe, ferme là au lieu d'affirmer que je déclare la guerre. » C'était vrai quoi. De suite à réagir au quart de tour en affirmant que je partais en croisade contre Holster, Tussle ou un quelconque autre membre du Conseil. Elle n'avait pas idée de ce que je pouvais dire quand on se réunissait. C'était blasant toutes ces suppositions sans preuve, en se basant uniquement sur mon côté bisounours qui détestait la violence. Il y avait d'autres formes que les poings pour porter les coups. C'était les mots et j'étais assez doué avec ceux là, tout ceci grâce à mon passé et les années que j'avais passé à fouler les planches. Personne ne changerait rien à ça.

Tout comme personne ne pourrait la changer. Pas même moi ou un membre de sa famille. De toute manière vu son fichu caractère, on se brûlerait les ailes à s'attaquer à sa personnalité. Autant donc revenir sur un sujet plus neutre et sur lequel on n'avait pas l'irrésistible envie de s'entretuer. Alors on parla d'Ingrid et cette discussion fut intéressante. Je compris qu'elle ne souhaitait pas que je sois contre elle. Cela voulait donc dire que mon opinion comptait un peu à ses yeux même si les mots ne lui plaisaient pas la plupart du temps. Je lus l'hésitation dans son regard avant qu'elle ne botte en touche. Elle ne confirma pas vraiment mais ne nia pas non plus. Je rangeais ceci dans un coin de ma tête, ne relançant pas pour en apprendre davantage. Je n'aurais rien eu de concret de toute manière, l'interroger ça serait la faire se replier sur elle comme une huitre. Alors, on revint à Ingrid.

Pour une fois, nous discutions calmement et je m'avouais qu'elle avait raison. Quand j'avais perdu ma mère, je n'avais pas eu d'autre choix que de changer. Il avait fallu que je sache très vite ce que je désirais faire plus tard et que je me donne les moyens pour y arriver. Je n'avais plus personne pour prendre soin de moi, il ne me restait que mes études à l'époque, et je m'étais plongé dedans pour décrocher une bourse et entamer une fac de médecine. J'avais grandi trop vite. Dakota également à cause du comportement de sa mère. J'avais droit à quelques révélations et quand elle s'interrompit, je fis comme si de rien n'était pour ne pas la gêner ou qu'elle me tombe dessus, contrariée. « Ok... Je vais faire attention. De toute façon, tu ne te gêneras pas pour me le dire si je l'étouffe trop. » J'étais d'accord pour laisser vivre l'adolescente même si j'avais tendance à la surprotéger pour tout un tas de raisons qui étaient toutes aussi valables les unes que les autres. C'était vraiment difficile d'être parent, j'avais du mal à savoir où se trouvait le juste milieu pour avoir la bonne autorité ou la bonne souplesse dans mon comportement. Pourtant, j'en avais prodigué des conseils en tant que pédiatre. C'était juste un peu plus difficiles de les appliquer pour moi-même.

On fut interrompu par des sifflets en provenance d'un petit groupe de surfeurs. Ce que l'on pouvait appeler une trêve était terminée. Le comportement de Dakota, puis le mien ensuite firent que tout recommença à partir au quart de tour et en vrille. Je venais de faire une remarque, j'aurais mieux fait de garder mes commentaires pour moi. Le téléphone à la main, je m'apprêtais à répondre à Ingrid quand un nouveau mot doux me fut envoyé en pleine figure. Je ne comprenais vraiment rien. Et au passage, je me pris un coup. Qu'est-ce que j'avais encore dit ? Elle cherchait à se protéger, je cherchais à me protéger, tout allait au mieux dans le pire des mondes. Il n'y avait aucune raison d'en venir à la violence. Bien évidemment que non, je ne pensais pas que c'était juste une histoire d'image. Je l'avais compris juste avant. Mais comment voulait-elle que je réagisse à tout ça ?

La jeune femme prit la décision pour nous deux. Elle m'agrippa violemment et cette fois, tout explosa puissance dix, pire que les fois précédentes. Ses lèvres contre les miennes. Son corps se collant au mien. Ses mains sur mon visage. Les miennes autour de sa taille. Je répondis à son baiser, ma langue faisant connaissance de la sienne le temps d'un ballet. Je perdais le contrôle. Je débloquais complètement. J'étais sur le point de tout oublier à cause d'un simple baiser. J'aurais du réagir, la repousser aussi brutalement qu'elle m'avait attiré vers elle. J'étais engagé avec une autre femme. Pourquoi je n'y arrivais pas. Pourquoi tout s'entrechoquait dans ma tête et le bon sens ne reprenait pas le dessus. Pourquoi je foutais tout en l'air pour elle. Pourquoi j'étais entré dans cette salle d'entrainement ce jour là.

Que se serait-il passer si elle ne s'était pas écartée. Que se serait-il passé s'il n'y avait pas eu du monde à proximité. Il n'était plus question d'image quand nos lèvres se séparèrent. Du moins de mon côté. J’étais troublé. J'écoutais ce qu'elle me disait mais ses mots m'arrivaient comme s'ils traversaient au passage un épais brouillard. Ce baiser plus approfondi que les autres m'avait déboussolé. Et avant que je réagisse pour en placer une, elle m'avait planté en plein milieu du ponton, reprenant la route en sens inverse pour rejoindre le groupe de surfeurs. Elle n'allait tout de même pas faire qu'elle venait de dire. Elle était bien partie pour en tout cas, le bar se trouvait dans la direction opposée. C'était le moment où jamais. Je pouvais la laisser aller vers eux, tourner les talons et rentrer chez moi. C'était l'opportunité de tirer un trait sur tout ça, de tenter de revenir à une vie normale, avec moins de prises de tête.

Mon regard se pencha un bref instant sur le portable que je tenais toujours en main. Je n'avais pas répondu à Ingrid. C'était mieux, j'allais bientôt rentrer. Pourtant mes doigts se mirent à pianoter rapidement. - Ok pour les crêpes. Ok aussi pour inviter quelqu'un si ce n'est pas un mutant. Et sous entendu si vous ne faites pas de bêtises. Je ne l'écrivis pas. Ne pas l'étouffer et la laisser vivre. J'écoutais. Je rangeais ensuite mon téléphone au fond de ma poche et je me mis à mon tour en mouvement. Pas pour quitter le ponton. Non, l'idiot que j'étais allongeait le pas pour rattraper Dakota avant qu'elle n'arrive au groupe de jeunes gens. Et comme elle l'avait fait avec moi plus tôt, je l'agrippais par le bras, l'obligeant à se retourner. « C'est de ta faute. Je n'arrive pas à penser rationnellement quand tu es là. Ça me fait chier. Tu me fais chier. Et je sais que tu me détestes autant que tu m'aimes Cooper. » Pourquoi sinon est-ce que mon opinion lui importerait, pourquoi ne voulait-elle pas que je lui déclare une guerre ouverte faite de haine. Et pourquoi je venais de l'attirer contre moi et l'embrassais, déclenchant des sifflements du côté des surfeurs. Je ne les entendais pas. Et ce baiser, tout comme le sien juste avant n'avait rien de platonique. Je le regretterais sûrement par la suite mais je ne pouvais pas m'en empêcher. Au bout d'un moment, il fallut reprendre son souffle, je m'écartais à peine, ne la relâchant pas. « Tu me dois toujours une bière et une clope, tu ne te défileras pas si facilement Dakota.. »

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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Dim 29 Sep - 8:07

Mais il me saoulait monsieur je sais tout mieux que tout le monde. Ce n’était peut-être pas une guerre ouverte, mais il s’était opposé aux ordres de Tussle et Holster. Sans compter que mon ex-patron le haïssait cordialement. Alors qu’il le veuille ou non il y aurait une guerre froide. Quel con, il ne pouvait pas essayer de comprendre deux minutes ce que je lui disais ? Mais non, c’était un homme et blond de surcroit, c’était certainement trop lui demander.

« Parce que tu mènes même pas de partie d’échec grandeur nature ? Je serais presque déçue. »

Notez l’effort : je parvins à ne pas lui donner de doux nom d’oiseau cette fois. Au prix d’un effort surhumain. Ou alors il me prenait vraiment pour une attardée pas capable de comprendre la notion de guerre froide ou de guerre de position. Minable. Bref, autant parler d’Ingrid. Là, au moins, nous parvenions à avoir un semblant de discussion sans avoir envie de s’arracher la langue ou de se crever les yeux. Une fois n’était pas coutume, nous avions réussi à faire une trêve, à parler relativement normalement. Un peu trop d’ailleurs. Des questions trop intimes, trop secrètes, faisaient leur apparition. Il était encore bien trop tôt pour que ces points soient connus et prononcer à voix haute. Etrangement, il semblait le comprendre – pour une fois. Et il ne cherchait pas à poser des questions qui n’auraient eu pour effet que de nous faire exploser. Etions-nous de nouveau en train de trouver un terrain d’entente ? Est-ce qu’il était vraiment d’accord avec moi ? J’avais du mal à le croire mais il semblait pourtant que c’était ce qui était en train de se passer.

« Il y a une différence entre protéger et étouffer. Je crois que mine de rien, tu seras capable de gérer ça. Pour l’instant, elle a effectivement plus besoin d’être une enfant face à son père qu’une apprentie jeune femme. Mais ce jour viendra. »

Bon sang, j’avais un discours de vieille qui dispensait une morale surannée. Bordel. Moi on ne m’avait jamais protégée. Encore moins surprotégée. Je n’avais pas eu de vrais parents. Alors je n’avais pas la moindre idée de ce que pouvait être la jeunesse que Keaton désirait pour Ingrid. Je pouvais peut-être lui laisser une chance. Surtout qu’il serait capable de me balancer que de toute manière ça ne me regardait pas, d’autant plus que j’avais dit à Ingrid qu’on ne se reverrait plus. Je me demandais d’ailleurs ce qu’impliquait mon nouveau poste. Est-ce que j’allais devoir de nouveau faire face à l’adolescence ? Je n’aimais pas bien cette perspective. D’un autre côté, je ne pouvais pas m’empêcher de me demander si elle avait appliqué mes conseils.

Dans chaque cours d’école, il y a un petit qui joue à créer des billes de savon. Si je n’avais jamais trouvé cela transcendantal, ma petite sœur, elle, adorait ça. Elle disait que les bulles étaient un monde de paix, un monde de silence et de calme. Peut-être que nous vivions dans une espèce de bulle, en ce moment. Un espace fragile, pouvant se briser et disparaitre comme s’il n’avait jamais existé juste à cause d’un souffle de vent trop violent. Et dans chaque cours d’école, il y a toujours un garçon qui prend un malin plaisir à exploser la bulle. Il fallait croire que même dix ou vingt ans après, les choses n’avaient guère changé. La bulle venait d’exploser. Brutalement, méchamment. Irrémédiablement ? J’étais une trainée. J’étais une pauvre fille paumée qui se tapait le premier venu, c’était un fait. Mais là… là je n’assumais plus cette réalité. Parce que certaines choses avaient changé. Parce que je ne me reconnaissais plus depuis notre dernière entrevue. Parce que je lui avais dit certaines choses et qu’il n’avait pas su écouter. Et parce que si je me foutais de l’opinion de la plupart des clanpins du coin, même si ça faisait chier, la sienne comptait. Et là… Puisqu’il fallait mettre un terme à cette histoire, je le fis. Je l’embrassais fougueusement, pour bien lui faire comprendre que non, les surfeurs et ce qu’ils pensaient de moi n’avait aucun intérêt à mes yeux. Je leur livrais même un spectacle sur un plateau d’argent, bien qu’en réalité, je le faisais plus pour que mon blondinet comprenne. Mais enfin, le connaissant il allait comprendre de travers. Moi-même je n’étais pas certaine de ce qu’il fallait comprendre.

Nous étions donc là, comme deux imbéciles inconséquents, à nous embrasser violemment. Et contrairement aux fois précédentes, ce n’était plus  l’un embrassant l’autre. Nous nous répondions. Et même si cela m’écorcherait la gorge de le reconnaitre ouvertement… nous étions plutôt doués. On n’aurait pas dû l’être. Vu comme on se détestait, ça aurait dû être dégueulasse, baveux, ennuyant. Là c’était… bon à en perdre la tête. Et s’il ne m’avait pas blessée, si je n’étais pas portée par la colère et la désagréable sensation qu’encore une fois tout foirait et que j’allais me retrouver fondamentalement seule, j’aurais été incapable de prédire la suite. Je ne me serais sûrement pas arrêtée. Je serais peut-être allée plus loin avec lui. Nous étions déjà loin. Je savais qu’un point de non-retour avait été franchi. Même coucher ensemble ne serait pas pire ou aussi destructeur que ce qui venait de se passer. Je n’aurais pas dû avoir envie de lui. C’était… un vieux blond. Et je le détestais. Alors merde, pourquoi y avait-il eu cette explosion en moi ?

Je le plantais alors. J’étais une trainée ? Je n’accordais fois qu’à mon image ? Eh bien qu’il soit heureux, j’allais lui donner raison. Ce n’était pas ce qu’il voulait ? Ne m’avait-il pas dit qu’il était grand temps que je lui donne raison ? Alors voilà, il allait être content, je lui obéissais. Et peut-être que je l’oublierais pendant cinq minutes. Alors malgré la douleur que cette marche infligeait à ma cheville, j’y allais franco. Je n’avais plus rien à perdre de toute manière. Sauf que je fus entravée dans mon mouvement. Mon blondinet venait de m’agrippait et de me faire mal qui plus est. D’un geste brusque, il m’avait forcée à me retourner pour lui faire face, mais je n’avais plus envie de ça, de le regarder et de m’en prendre encore plein la tronche. Surtout qu’il ne connaissait pas les limites. On peut toujours se balancer des tartes à la gueule, du moment que les coups restaient en surface et que les blessures demeuraient superficielles. Là, ce n’était plus le cas. Et il aggravait son cas ! Voilà que c’était ma faute s’il avait oublié qu’un coton-tige permettait de décrasser les oreilles pour mieux entendre ! J’aurais vraiment tout entendu avec lui !

« Tu me fais chier aussi ! »

Et voilà que ça recommençait. Nos paroles se chevauchaient. Je ne souhaitais plus l’entendre, l’écouter. Mais tous ses mots me parvenaient sans que je ne puisse rien y faire. Je criais un « non ». Un non que j’aurais souhaité plus ferme, plus convaincu. Moins apeuré. Je ne l’aimais pas. Je ne pouvais pas l’aimer. Pas moi. Pas lui. Pourtant ce n’était pas un « non » assuré comme il aurait dû l’être. Mais un « non » comme lorsqu’on découvre quelque chose d’horrible et de terrible. Je ne pouvais pas l’aimer autant que je le détestais. J’avais décidé deux ans plus tôt que je n’aimerai plus. Je n’eus pas réellement le temps de réfléchir. Il m’embrassa. Et on devrait sérieusement songer à inventer des noms en fonction des degrés d’intensité des baisers. Parce que celui-là était aussi fort que le dernier. Aussi dérangeant et aussi troublant que le précédent. Et j’aurais dû le tarter, alors pourquoi est-ce qu’à la place mes lèvres accompagnaient les siennes ? Pourquoi est-ce que mes bras s’étaient enroulés autour de son cou ? Pourquoi est-ce que je n’entendais plus les sifflements ? Pourquoi est-ce que je m’abreuvais à son baiser comme un animal trouvant un oasis après des jours de soif ? J’en perdais le souffle, élément pourtant essentiel dans la gestion d’un baiser de cet acabit. Dès que nos lèvres se séparaient d’un millimètre, elles se cherchaient de nouveau. Jusqu’à ce que finalement Wetherford fasse preuve d’un certain instinct de survie en nous stoppant pour que nous puissions respirer. Mon souffle était haletant, comme après toute une nuit d’étreinte. Nous ne nous étions pas lâchés et il reprit la parole. Me défiler ? J’aurais pu en être capable. En fait, il était même à peu près certain que si nous faisions l’amour je tente de fuir avant le petit jour. A moins qu’il n’ait eu la présence d’esprit de fermer la porte à clé avant… C’était ça, ma défense.  Mais là, il m’interdisait de fuir. Il m’en empêchait. Personne ne s’opposait à moi. Encore moins pour me retenir. D’habitude, on m’ouvrait plutôt grand la porte.

« Empêche-moi de fuir… »

Putain, non, je n’aurais jamais dû demander ça. C’était faible, c’était pathétique. Merde… non, autre chose.

« Une bière et une clope… ça doit pouvoir se faire. »

Voilà que je passais en mode blonde à mon tour. Putain, c’était contagieux. Doucement, mes mains le lâchèrent. Je gardais juste un bras autour de sa taille pour pouvoir marcher jusqu’au bar en dépit de ma cheville. Le trajet se fit dans le silence. De toute façon, il n’y avait rien à dire de plus. Le moindre de nos geste ce soir voulait tout dire. Le bar grouillait de monde et personne ne fit réellement attention à nous. J’avisai une baquette libre, au fond de la salle et commandait deux bières. Je me mis ensuite à fouiller les poches de mon tailleur, sentant la lettre d’Adalia au passage, pour en sortir un paquet de cigarette. Je lui en tendis une avant d’en prendre une pour moi. J’avais bu comme un trou ces dernières vingt-quatre heures et j’avais dessaoulé en un rien de temps.

« Tu veux que je commence quand ? »

Peut-être valait-il mieux un traducteur.

« Le boulot. Tu veux que je commence quand ? Le plus tôt sera le mieux. Je tourne comme un lion en cage dans mon appart. Et la cage a sévèrement souffert depuis hier. J’ai même pas envie de rentrer chez moi… »

Même si après ce qui s'était passé ce soir, ce serait encore plus douloureux de le côtoyer tous les jours...
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Keaton T. Wetherford

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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Dim 29 Sep - 18:06

Il n'était plus question de jouer. Il était encore moins question d'une partie d'échecs grandeur nature. Les enjeux étaient importants, sans doute trop pour s'amuser à faire n'importe quoi du côté du conseil d'administration. La politique de Genetic allait au delà de ma vengeance personnelle contre Tussle. Avec du temps et du recul, je le comprenais. Je commençais à maîtriser ce côté au fil des mois. Tout comme je pensais de plus en plus que le grand danger dont mon père voulait me protéger n'était pas Genetic. Si ça avait été ce groupe, je supposais à présent qu'il n'aurait jamais révélé mon existence à Tammy. Du moment qu'il avait évoqué mon nom, il devait se douter que ma sœur partirait à ma recherche et que de fil en aiguille, cela me mènerait jusqu'au groupe et à cette place pour représenter notre famille. Je ne savais toujours pas ce qu'était ce danger qui me perdrait. Peut-être qu'il n'était pas question de mort dans la vision de Thomas. Seulement d'une perte de soi-même. C'était exactement ce qui se produisait à chaque fois que j'étais en contact avec Dakota. J'agissais à l'inverse de d'habitude. Je ne contrôlais plus mes propos et encore moins mes mouvements. Je répondais à ses baisers même si la seconde d'avant, j'avais l'irrésistible envie de l'étrangler. C'était paradoxal, incompréhensible. Je m'en mordrais les doigts dès cette nuit, une fois que j'aurais posé la tête sur l'oreiller. Jamais je ne réussirai à fermer l’œil en pensant à cette soirée et à Kate. Ma conscience était en train de se perdre en route et je ne trouvais rien de mieux que de la regarder filer comme si c'était normal.

Ça ne l'était pas pourtant. Je n'aurais pas du répondre à ce baiser. Je n'aurais pas du accepter que son corps se colle au mien. J'aurais encore moins du la rattraper pour rejeter toute la faute sur elle alors que tout était partagé. Et que la faute qui suivit, ce fut mon instigation et non la sienne. Je ne m'étais pas trompé dans ce que j'avais dit. Je le lisais dans son regard. Son exclamation balayait tout doute s'il subsistait encore. Elle me détestait, mais elle m'aimait également. Quant à moi, j'aurais du me contenter de cela. J'avais évoqué un sujet tabou, plus que dérangeant. J'avais enfin le fin mot de l'histoire. Il ne me restait qu'à partir. Je ne pouvais pas lui dire que je l'aimais. Je n'avais plus le droit de prononcer de tels mots, autant pour elle que pour Kate. Je condamnais mon comportement de salaud sans réussir pour autant à le faire taire. J'allais devenir dingue, complètement et à tel point qu'on finirait par m'enfermer dans un des sous sol de Genetic.

Je continuais pourtant à me laisser guider par cette folie. Je l'embrassais. Je sentis ses bras se nouer autour de mon cou. Et ses lèvres répondaient aux miennes avec la même fièvre. J'avais de la chance que l'antidote faisait son effet. Un baiser tel que celui-ci avant que je sois soigné m'aurait sûrement laissé presque à l'agonie, cherchant de l'air à transmettre à mes poumons. J'étais essoufflé, cherchant tout de même un second souffle alors que je m'écartais à peine. C'était le moment où il y avait toujours l'un de nous qui reculait et fuyait. C'était ainsi depuis notre rencontre, c'était une évidence pour tous les deux que cela continue. Pourtant je l'empêchais de s'éloigner, lui interdisant car même car elle ne m'avait toujours pas payé une bière et une clope. Sa demande me surprit. Que pouvais-je répondre à ça ? « Qu'est-ce que je suis en train de faire là.. » Ce baiser qui nous condamnait définitivement n'était-il donc pas un moyen pour l'empêcher de fuir ? Il avait du y avoir un transfert de neurones entre nos cerveaux. Celui qui jouait au blond pur et dur, c'était moi. Non elle.

On finit par s'écarter sans pour autant rompre le contact. Chacun avait un bras autour de la taille de l'autre, elle pour s'appuyer et moi pour la soutenir. Il n'y aurait pas eu cette cheville douloureuse, on n'aurait même pas songé à se comporter ainsi. Nous n'étions pas un couple après tout. Le silence s'installa entre nous jusqu'au bar. On avait dit trop de choses, commis trop de gestes. C'était de trop pour une soirée non prévue. Le silence était le pire ennemi. Quand nous étions occupés à nous prendre la tête, au moins il n'y avait pas de répit pour penser. Tandis que là, alors que l'on ne parlait pas, le cerveau se remettait en route. Plus il pensait et plus je me fermais doucement comme une huître. Je ne savais pas si je regrettais mais je m'en voulais. Machinalement, je l'aidais à s'installer sur la banquette, une fois dans le bar, et je m'assis également dessus.

Sa question me sortit de mes pensées. Je tournais la tête dans sa direction avec un air interrogateur. Il y avait peut être eu des phrases avant, je n'avais pas suivi. Je n'avais même pas souvenir d'avoir tendu le bras pour récupérer la cigarette que je tenais du bout des doigts. « Il va pourtant falloir te forcer à rentrer.. Ta cheville a besoin de repos. » Je devais être le seul à me souvenir des conseils que je lui avais donné pour se rétablir au plus vite. « Disons lundi matin. » Nous étions un mercredi, autrement dit, elle allait devoir passer quatre jours chez elle, enfermée dans sa cage. « Il est peut être préférable aussi que tu restes éloignée tant que je n'ai pas parlé à Kate. » Je le savais qu'on revenait à mon instinct de conservation complètement inexistant. Je m'interrompis alors qu'un serveur venait déposer deux bières devant nous. Je pris aussitôt la mienne pour en boire une longue gorgée. Et je me penchais vers l'arrière m'appuyant sur le dossier de la banquette. Je ne regardais plus Dakota. Mon regard était tourné vers le plafond, la bière dans une main, la cigarette dans l'autre. « Je ne sais même pas comment je vais tourner ça. Salut, je t'aime mais mon amour n'est pas assez grand car je n'arrête pas de fauter quand je suis avec une certaine femme, elle me perturbe et j'ai envie d'elle. Pardonne-moi d'être un salaud mais pitié ne me prive pas de ma fille. Tiens je devrais peut être tenter de le dire ainsi, je pense que je serais mort dans les secondes qui vont suivre. » Aussitôt je bus une nouvelle gorgée. Je ne cherchais pas à remuer le couteau dans la plaie à présent que je connaissais ses sentiments pour moi. Je savais juste que j'allais connaître des moments terribles dans les prochains jours et je n'avais personne à qui parler de ça. Si je téléphonais à Tammy, elle allait me raccrocher au nez. Maggie était partie en Europe avec son compagnon. Dwayne n'avait pas donné signe de vie depuis un moment. En fait, c'était la merde, je n'avais pas un seul proche de présent dans ma vie pour me soutenir dans la descente aux enfers que j'empruntais tout seul comme un grand.

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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Dim 29 Sep - 19:51

Parfois, on voit tout. On sent tout, avant que cela ne se produise, comme des intuitions décuplées. Sans qu’on puisse expliquer pourquoi, on sait que cela va arriver, comme si on était omniscient. Et bien ce seize mars était tout le contraire. Je ne voyais rien venir, j’étais complètement paumée, comme si un épais brouillard brouillait ma vue et les connexions de mes neurones. Alors que d’habitude les manigances politiques n’avaient aucun secret pour moi, il semblerait que cette fois l’échiquier m’échappait totalement.je faisais fausse route même dans le boulot, dans un domaine où j’excellais. Ça ne me plaisait pas et ce n’était pas peu dire. Et le même brouillard obscurcissait mon jugement en ce qui concernait ma vie privée. Il y avait quelque chose qui m’échappait. Et ça venait de lui. J’ignorais pourquoi, j’ignorais comment, mais il provoquait trop de choses en moi. Je perdais le contrôle, c’était comme si je n’étais plus qu’une énorme boule de pulsions. Et je n’aimais pas ce qu’il avait dit. Je ne pouvais pas l’aimer. Je ne savais pas aimer. Et puis personne n’aimerait une fille comme moi, c’était un refrain que j’avais entendu si souvent. Non, je ne pouvais pas l’aimer alors que je ne le connaissais pas, alors que j’avais envie de le tuer et qu’il me tapait sur le système et qu’il me rendait… comme ça !

Et pourquoi je l’embrassais ainsi ? Pourquoi je n’avais rien éprouvé de tel depuis… Je ne voulais dépendre de personne. Je ne voulais pas avoir besoin de quelqu’un. Alors pourquoi est-ce que j’avais besoin de cela ? Pourquoi avais-je l’impression que j’étais à la bonne place, là où je devais être alors que je n’avais qu’une seule envie : fuir. Fuir loin de lui qui me faisait du mal comme personne. Non… en fait… je ne le voulais pas. Je ne savais même plus. Il n’y avait qu’une seule personne au monde qui avait réussi à m’empêcher de fuir. Je ne comprenais toujours pas par quel miracle il avait réussi… avant de m’abandonner. Est-ce qu’il allait faire pareil ? Parce que c’était notre truc : nous fuir, nous abandonner, jusqu’aux retrouvailles. Et qu’est-ce qui me passa par la tête pour que je lui demande de me retenir ? Ma demande était débile. Pas idiote, non, profondément débile. J’aurais dû répliquer. Il finirait par se fatiguer, et il me laisserait partir, c’était toujours comme cela. Au lieu de cela, je ne répliquais rien. Je le regardais et une fois n’était pas coutume, j’avais peur. J’étais terrifiée par ce que je ressentais, par ce mot prononcé et que je refusais d’entendre. Au lieu de cela, nous prîmes la direction du bar, comme prévu, dans un silence pesant et encore plus dérangeant que nos cris. Car je prenais pleinement la mesure que cette situation n’avait rien de normale. Nous deux… comme ça… J’avais aspirée au silence. Cette fois, il me faisait mal. Nous avions…. Honte ? Certainement. Probablement. Je regrettais de n’avoir rien maitrisé, que des… sentiments aient émergés.

Une fois dans le bar, je rompis le silence. Il allait devenir glacial. Autant revenir sur un terrain que nous pourrions contrôler : celui du boulot. Je souhaitais reprendre le travail assez vite, pour arrêter de tourner comme un lion en cage chez moi, parmi les cadavres de bouteilles. Et il fallait que mon esprit soit occupé et que je puisse hurler sur des gens pour me défouler. D’ailleurs, il n’avait pas intérêt à m’ôter ce privilège. Parce que là, je ressortirai les griffes, foi de Dakota Reese Cooper. Je lui jetai un regard blasé. Me mettre au repos. Ça commençait bien mal cette histoire. Me forcer à porter des ballerines et à ne pas bosser. Ce type était fou.

« Lundi ? Non mais attends, qu’est-ce que je vais faire pendant quatre jours ? »

Il se fichait de moi ? Et là, je me pris une claque. Il aurait pu me gifler, ça aurait fait le même effet. Je me renfonçais dans la banquette, le regard fixant un point sur le mur d’en face. Hyper passionnant.

« Parce que tu crois que ça ira mieux quand tu lui auras parlé ? »

J’avais répondu sèchement, ne voulant pas le regarder. Le point sur le mur était bien plus intéressant. Si ça tombe, il allait changer de forme. Je préférais cela à entendre parler de l’Autre. Je ne voulais pas me cacher, merde. Si j’avais un boulot, j’avais un boulot et je le ferai. Et désolée pour blondinet, mais j’allais le lui claquer dans la tronche de la Reynolds si elle me prenait la tête. Je voulais bien faire des efforts, mais si elle voulait jouer, je répondrais.

Je ne pipai mot quand le serveur apporta nos bières. On ne trinquait pas. A quoi de toute façon ? A la plus grande connerie qu’on avait fait en passant cette soirée ensemble ? Je bus une gorgée. J’avais vraiment besoin de quelque chose de plus fort. Je fermais les yeux quand j’entendis ses propos. Il ne pouvait pas se taire ? Il l’aimait, mais il avait juste envie de me sauter. Mais il m’avait retenue. Plusieurs fois. Pourquoi il me parlait de cela ? Pourquoi il employait ces mots ? Je tirai une bouffée de tabac et laissai échapper un nuage de fumée.

« Dis-lui qu’une pauvre conne a tout gâché et que c'était la seule solution pour la maintenir en vie. Dis-lui que tu ne veux pas lui faire plus de mal que tu ne lui en fais déjà. Dis-lui que tu l’aimes et que tu aimes ta fille, que tu t’en veux de leur faire du mal mais que tu veux lui prouver que tu peux être un bon père à défaut d’être un homme parfait. Dis-lui qu'il ne se passera jamais rien au boulot, qu'elle n'assistera jamais à quoi que ce soit. Dis-lui que j’approcherai jamais ta fille, surtout. Dis-lui que tu ne m’aimes pas. Tu ne serais pas obligé de mentir comme ça. Ça passera peut-être. »

Je tirai une nouvelle bouffée. Mon regard s’était détaché du mur pour le fixer lui. Ce n’était certainement pas ce qu’il attendait, mais je n’étais pas son pote. Je n’étais pas là pour lui mettre une claque dans le dos en lui disant que tout irait bien. J’étais l’Autre. La seconde, celle qui foutait tout en l’air.

« Mon but c’était pas de te rendre malheureux ou de briser ta famille. »

Mon regard était voilé. Je m’efforçai de ne pas trembler, de garder un port de tête bien droit, mais ses mots m’avaient fait mal. Et je comprenais que s’il perdait sa fille, j’en serais la responsable. Il finirait par me regarder comme la coupable.

« Dis-lui que tu ne m’aimes pas. »
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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Lun 30 Sep - 16:49

Nous avions quitté le ponton, la fête et l'alcool pour nous retrancher dans un endroit plus calme. Un bar qui se trouvait le long du port de plaisance. Il y avait bien des clients mais c'était moins bruyant, plus propice à une discussion posée que le ponton où nos voix se chevauchaient, où le ton montait, allant crescendo jusqu'à ce qu'on commette l'irréparable pour ne plus entendre l'autre. Le silence du trajet, même s'il était court, avait été de trop. Cela avait suffit à chacun pour redescendre sur terre. On ne pouvait pas oublier ces baisers échangés, ces sentiments impossible à définir mais on pouvait tout de même se retrancher sur un terrain familier, celui du boulot. Elle me demanda quand je désirais qu'elle commence. Je lui répondis le lundi suivant, invoquant le repos pour sa cheville. Je ne savais pas si je me retranchais derrière un avis médical ou si je cherchais à l'éloigner de moi quelques jours, le temps de remettre de l'ordre. « Te reposer, regarder la télévision... Tu trouveras bien. »

J'avais failli rétorquer ma phrase habituelle pour cette soirée. Je ne savais pas ce qu'elle allait faire durant quatre jours. Après tout, ses hobbies ne me concernaient pas et puis j'avais d'autres préoccupations en tête, comme parler à Kate. Et pour le faire, il ne fallait pas qu'elle soit dans les parages. Sa réponse fut sèche. Je soupirais. « Je crois surtout que si elle te dit un mot de travers, tu déballeras tout juste pour lui clouer le bec. Je préfère qu'elle l'apprenne de moi. » C'était disons plus honnête de ma part même si mon comportement était tout sauf honnête. Je ne savais pas comment aborder la discussion. L'alcool m'aiderait peut être à libérer mes neurones et à me laisser aller. Je tentais une formulation qui avait un goût amer. Une autre gorgée de bière, les premières n'étaient pas suffisantes. Je me leurrais, je le savais mais j'espérais. Quoi je ne savais pas car il n'y avait pas de solution miracle.

Dakota crut pouvoir m'en apporter une. Je fermais les yeux en l'écoutant. Elle était prête à prendre la faute sur elle. Pourtant elle oubliait certains détails. Je n'étais pas obligé de l'embrasser pour sauver sa vie. Je n'étais pas obligé non plus de l'embaucher. C'était certes une mauvaise décision, sûrement la pire, mais je l'avais voulu. Une force venue du plus profond de moi m'avait poussé à le faire et je n'avais pas pu l'arrêter. Je risquais tout, plus rien ne serait jamais plus comme avant et je ne savais même pas ce qui me poussait à agir de la sorte. Ou alors j'étais complètement aveugle. « Merci mais je lui ai déjà sorti ce genre de discours. Cette fois, ça ne passera pas. » J'allais devoir me faire une raison. J'allais perdre Kate et ma plus grande inquiétude était de perdre ma fille également. Je me décidais à ouvrir les paupières pour tourner ma tête dans sa direction. Nos regards se croisèrent et on s'observa un instant.

J'eus un rire amer. « Je t'en prie Cooper, à d'autres. Je pense que tu es sincère à présent mais dès notre rencontre, tu m'as à moitié menacé de t'en prendre à mes proches. Je suis même prêt à parier que le mot qu'on m'a lu quand j'étais alité, tu as du en faire un du même genre pour elle. Je me trompe ? » Peut être en effet que je me trompais et que j'avais faux sur toute la ligne. Je restais pourtant convaincu qu'elle avait désiré me détruire. Au moins au départ, avant que les choses évoluent, que ses sentiments changent et qu'elle en vienne à risquer sa vie pour sauver la mienne. À partir de cet instant, je voulais bien croire qu'elle ne souhaitait plus me briser, mais avant j'émettais de sérieux doutes. « Mais si ça peut te rassurer, je suis tout autant responsable, voire même davantage. » Kate m'avait prévenu. Elle m'avait parlé des sentiments que Dakota éprouvait pour moi. Je n'avais pas voulu le voir au début, ensuite j'avais refusé d'y penser, et enfin je n'avais pas pu m'empêcher de jouer avec le feu jusqu'à ce que je finisse par me brûler.

Je tirais une bouffée sur ma clope, passant une main sur mon front comme si ça allait m'aider à mettre de l'ordre dans ma tête, ou plutôt à lever les voiles que je gardais obstinément baissés,  refusant de les voir. La jeune femme insistait pour que je dise à Kate que je ne l'aimais pas. Cette fois ce fut mon tour de lui adresser un regard presque blasé. « Je la connais, elle ne me croira jamais. » Et aussitôt je bus une autre gorgée, faisant un signe de loin au serveur de remettre deux bières. Puis je posais la bouteille un peu trop brusquement sur la table. « Ok, tu veux savoir comment ça va se passer ? » Même si elle ne le souhaitait pas, j'allais tout de même lui en faire part. « Imaginons que je lui dise que je ne t'aime pas, je vais me prendre en pleine tronche, pourquoi je t'ai embrassée, pourquoi je veux te sauver la vie, pourquoi je t'ai embauchée alors que je sais ce que tu ressens, et la pire de toutes les questions : si je suis seulement attiré par toi physiquement, pourquoi je ne t'ai pas déjà baisé pour qu'on n'en parle plus et voir si ça allait faire retomber la pression. T'y vois un peu plus clair sur ce qui se passe là ? » Si ce n'était pas le cas, qu'elle ne compte pas sur moi pour lui faire un dessin. « J'envie nos ancêtres, ils ne connaissaient pas de problèmes avec cette putain de monogamie. » Moi non plus d'ailleurs jusqu'à ce que je la rencontre. Je n'étais pas comme ça avant...  Pourquoi elle me rendait ainsi, je me reconnaissais de moins en moins.

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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Lun 30 Sep - 18:43

Notre accord avait été purement verbal. Si nous établissions un contrat d’embauche, il faudrait impérativement ajouter la clause « ne pas prendre Dakota pour sa psy ». Les états  d’âme des autres, c’était le cadet de mes soucis. Et les siens… ça me faisait surtout chier qu’il me parle d’elle, qu’il dise comme ça qu’il l’aimait. Je ne croyais pas en l’amour, mais putain ce que ça me faisait chier ! Et dire que j’allais devoir rester quatre jours chez moi, pour ne pas les déranger… ça aussi ça me faisait chier ! Il croyait quoi ? Que j’étais du genre à glander devant la télé ? J’irai me faire masser. Voilà, ça me ferait du bien et peut-être qu’ils sauraient défaire le paquet de nerfs que j’étais.

« Possible. Fort probable. Non c’est même sûr. »

Ça, je voulais bien le reconnaitre. On m’attaque, je mords, j’avais toujours fonctionné ainsi et ça n’allait pas changer. Même si ce n’était pas Keaton que je voulais briser, même indirectement, elle se prendrait des obus dans la tronche si elle me cherchait. Au passage, je me demandais si je haïssais quelqu’un autre à un tel degré. Bonne question. Probablement pas en fait. Je n’y pouvais rien, c’était viscéral.

Encore plus lorsque je sus qu’il lui avait déjà balancé ce discours. Ainsi, non seulement il l’aimait, mais il lui avait également dit qu’il ne m’aimait pas, que je n’approcherai pas de sa famille. Je finis ma bière d’une traite, l’esprit presque aussi morose qu’en début de soirée. Je fis pourtant un nouveau geste… avant de me prendre une nouvelle baffe en pleine tronche.

« J’avais une mission. Et tous les moyens étaient bons pour y parvenir, ça n’avait… presque rien de personnel, et crois-moi tu ne t’en plaindras pas quand ce sera pour toi et ta précieuse famille que je mettrai tout en œuvre pour réussir. Et presque personnel car je ne cache pas que plus je peux l’égratigner mieux je me porte. »

Je me renfrognais. Parler d’elle me foutait les nerfs en pelote et même s’il me détestait après cela, je ne voyais pas l’intérêt de lui mentir. J’étais une pétasse, il avait décidé de me laisser en vie, tant pis pour lui. Je n’allais pas me transformer en gentille petite fifille parce que je travaillais avec lui. J’étais qui j’étais, et il devrait faire avec. L’autre morue également.

« Comment ça ? Je sais que t’es aussi responsable, fallait pas me retenir. Et tu le sais. Mais pourquoi davantage ? Ceci étant dit, si tu veux porter toute la misère et toutes les conneries du monde sur tes épaules, fais-toi plaisir. »

Et moi, il fallait peut-être que je me calme. Mes barrières s’étaient de nouveau bien érigées. Peut-être pas encore complètement… Avant cette soirée, s’il m’avait balancé ça dans la tronche je lui aurais renvoyé ma bière dans son visage de bisounours, peut-être un coup de pied où je pensais, et j’aurais mis les voiles. Ça me faisait chier d’être incapable de me barrer comme je le faisais habituellement. Et je ne savais pas pourquoi je restais là, à l’écouter comme une pauvre cruche. Une nouvelle fois, je lui répétai de dire à sa pouffe qu’il ne m’aimait pas. Les femmes aiment savoir qu’elles sont les seules à plaire à un mec, non ? Alors ça passerait peut-être. Et puis merde ! Moi moins que quiconque j’avais la solution. Je la détestais, comment j’aurais pu savoir ce qu’il devait lui dire pour qu’elle le laisse voir sa fille ? Franchement, ce serait salaud de sa part de lui infliger ce genre de punition et ça ne ferait que confirmer la piètre estime que j’avais d’elle, mais qu’est-ce que j’en savais bordel ? Ceci étant dit… même s’il m’était déjà arriver de faire des parties à trois, si Brennen s’était tapé une autre femme, il y aurait certainement deux cadavres à l’heure actuelle. Et ça continuait. Elle ne le croirait pas… vive la confiance ! Bon, ok, ça, je retire. Est-ce que je voulais savoir ?

« Sans façon. »

Hey ! Mais ta gueule ! Même la télépathie il ne comprenait pas. Chiotte. J’écrasai ma cigarette dans le cendrier alors qu’il avait de nouveau ouvert les vannes.  Et pourquoi l’ouïe ne pouvait-elle pas fonctionner sur commande, avec un bouton on/off qui me permettrait de ne plus l’entendre. Mais je n’eus pas le choix. J’entendis tout. Mes doigts se crispèrent sur le mégot tout ratatiné quand j’entendis le « seulement ». C’était vrai ça, pourquoi on n'avait même pas songé à baiser ? Si ça tombait, ce n’était rien, juste une espèce … d’attraction déviante et malsaine. Même moi je n’étais pas convaincue mais lui ? Il aimait Kate mais je l’attirais. Il me retenait parce que je l’attirais… c’était tout… ça devait être tout. Non, je n’y voyais pas plus clair. Je ne voulais pas y voir plus clair. Ma mère avait été claire : personne ne pouvait m'aimer. Je faisais tout pour qu'on ne m'aime pas, il faudrait se battre contre moi pour que j'accepte de seulement envisager pouvoir être aimée. Parce que j'essayerais de fuir. Il craquerait, dans tous les cas.

« Tu crains. »

Le serveur nous apporta deux nouvelles bières, et je m’empressai de prendre une gorgée. C’était la merde. Je le savais, mais là, c’était encore plus profond que ce que je croyais. J’entendis alors une remarque qui me choqua. Enfin, pas la remarque en elle-même, mais le fait que pour une fois, ce ne soit pas moi qui la prononçais. Je tendis alors le bras pour prendre sa bouteille.

« Plus de bière pour toi, tu deviens comme moi et ça craint. J’ai mes raisons de ne plus croire en la monogamie, c’est parce que je crois plus à l’Amour dont on nous bourre le ciboulot depuis qu’on est gamin et j’ai de sacrées raisons pour ça. Et celui qui me fera changer d'avis devra être sacrément persuasif et savoir comment me retenir et m'empêcher de fuir... Maintenant si tu veux être un vrai polygame, pose-toi les bonnes questions : avoir deux femmes, c’est génial, mais est-ce que tu vas supporter qu’il se passe la même chose de l’autre côté ? »

Alerte rouge ! Pourquoi c’était moi qui disais ça ? Moi qui étais tout sauf monogame ! Je l’avais été, car effectivement, je crois que je n’aurais jamais supporté qu’il me trompe… non, même pas, si je devais être honnête avec moi-même, si je n’avais pas trompé Brennen, c’était parce qu’il me suffisait. Et qu’une fois que j’avais couché avec lui, les autres n’avaient plus aucune saveur. Mais il m’avait lourdée, me ramenant à la réalité. Pour moi, la monogamie était liée à quelque chose. A quelque chose de profond que je fuyais. Mais je savais que je n’aurais pas supporté de le partager. Et je doutais d’y arriver de nouveau maintenant.

« Et tu me payeras un nouveau téléphone pour la séance de psy. »
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MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Mar 1 Oct - 20:07

Un feu de cheminée. C'était un peu l'image qui pouvait représenter notre relation. Elle brûlait aussi intensément qu'un feu qui crépitait dans l'âtre, allant jusqu'aux attaques verbales et des mots prononcés plus hauts que les autres. Quand le feu se consumait, nous étions presque capable de discuter normalement autour d'un verre. Mais il suffisait d'une étincelle, un simple souffle léger sur les braises pour que le feu se ranime de plus belle. C'était de nouveau des attaques mais il pouvait brûler encore plus intensément et cela se traduisait par des baisers incontrôlés. Étions-nous réduit à ceci, à un simple triangle du feu qui menaçait de se déclencher à tout instant ? Cette source d'énergie qui activait le combustible et le comburant, terminant le triangle du feu, une nouvelle fois c'était Kate. Si Dakota se défendait qu'il n'y avait rien de personnel dans tout ce qu'elle avait fait, elle reconnaissait tout de même ses attaques contre la mère de mon enfant qui m'atteignaient au passage. Je comprenais pour différentes raisons qu'elle la détestait mais je ne pouvais pas la laisser faire.

« Tu mènes à bien ta mission mais tu la laisses tranquille, c'est clair ? » Je savais que ça ne l'était pas. Ça serait un sujet de discorde sans fin entre elle et moi. Je me retrouvais au milieu, entre ces deux femmes et je ne pouvais pas rester ainsi, à me contenter d'arbitrer, les regardant sans réagir. Si je ne disais rien, on en arriverait à la quatrième guerre mondiale avant même d'avoir terminé la troisième. Il y avait même une cinquième guerre mondiale qui se préparait. Elle aurait lieu entre Kate et moi. Cette fois, nous serions obligés de nous déchirer, et ça serait entièrement de ma faute, déjà vis à vis de Kate car c'était de mon côté que ça foirait sur toute la ligne. Mais ensuite du côté de Dakota. Je me sentais peut être trop coupable alors que les torts étaient partagés, pourtant je ne pouvais m'empêcher de prendre toute la culpabilité sur mes épaules. De plus, elle m'encourageait à le faire. « Pour rien. » Je ne répondais pas à sa question. Je n'avais pas envie d'y répondre.

Nous étions actuellement sur une pente descendante, surtout moi. Je n'avais aucune idée de comment tout révéler à Kate. Je n'avais aucun proche de présent pour en parler. Il ne me restait que Cooper. Certes, ce n'était pas le meilleur choix quand on la connaissait un peu. Nous étions tout de même dans le même bateau, elle pouvait au moins faire l'effort de m'écouter jusqu'au bout. Je savais à peu de choses près comment ça allait se dérouler. Je ne mettais clairement aucun mot, refusant de donner des éclaircissements. Si je n'étais pas con et que je commençais à comprendre certaines choses, il fallait espérer qu'il en serait de même pour la jeune femme. Je marquais une courte pause avant d'envier nos ancêtres. C'était vrai quoi, avant que l'on nous bourre le cerveau en nous inculquant la monogamie, la majorité des sociétés étaient polygames. Et je ne parlais même pas des animaux dont la fidélité était encore plus rare.

Peut-être qu'elle n'avait pas tort et que je craignais. Je déraillais complètement. Avant même que j'ai eu le temps de porter la bouteille à mes lèvres qu'elle me fut retirée des mains. Je fronçais les sourcils, l'interrogeant du regard. C'était un nouveau jeu qu'elle venait de trouver, celui de me mettre en rogne ? Il n'y avait pas besoin de me piquer ma bière, elle y arrivait très bien sans ça. Et pour couronner le tout, elle me sortait un discours à un dollar qui n'apparaissait pas du tout crédible quand c'était elle qui le prononçait. « Pourquoi je devrais croire en l'amour vu ce qui est en train de se passer ? Rends-moi ma bière. » La première sommation avait été prononcée. Que je n'ai pas la bière pour en boire une gorgée fut une bonne chose quand j'entendis la suite. Si j'avais bu, j'aurais sûrement avalé de travers. Un polygame volontaire moi ? Non mais, je n'avais jamais dit ça. Entre envier ses ancêtres qui se prenaient moins la tête que nous et vouloir suivre leurs traces, il y avait toute une différence. « Je préfère être célibataire que polygame. » Et c'était ce qui m'attendait très prochainement sauf si un miracle se produisait.

J'écrasais ma cigarette avant de poser ma main sur la bouteille de bière, recouvrant à moitié ceux de la jeune femme. « Tu peux toujours courir pour un téléphone. C'est quoi déjà que tu m'as dit ? Ah oui, je ne suis pas Keaton Wetherford, membre du C.A ici, juste un pauvre type buvant un coup avec une pauvre fille dans un bar. Tu as balancé ton téléphone à la flotte, tu te débrouilles pour t'en racheter un. J'apprends vite n'est-ce pas ? » Peut être pas car je répétais les mêmes erreurs mais au moins cette leçon était intégrée dans mon esprit. Je me rendis compte que mes doigts n'avaient pas bougé. Je retirais ma main, abandonnant la bière qu'elle m'avait confisqué. « Je reviens. » Je me levais assez brusquement. J'avais ressenti comme un léger picotement, une sensation dérangeante au contact de ma peau contre la sienne. Je voulais garder le contrôle, du moins j'espérais le garder. Il fallait que je m'éloigne un instant. Alors je pris la direction des toilettes et m'y engouffrait, manquant au passage de percuter une personne. Un peu d'eau sur le visage me ferait peut être du bien. Enfin, je ne savais pas mais ça me permettrait de remettre de la distance entre elle et moi avant de merder davantage, même si ce soir j'atteignais un sommet qui ne serait jamais inégalé.

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Dakota R. Cooper


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Disponibilité: 3 rps et une intrigue

MessageSujet: Re: I hate you then I love you [Terminé]   Mar 1 Oct - 22:01

Je me penchais vers lui, les bras bien posés sur la table, et je le regardais droit dans les yeux.

« Jamais. Qu’elle ne croise pas ma route et tout ira bien. »

S’il était sérieux, je l’étais également. Je haïssais cette Reynolds, et si j’étais capable de faire quelques efforts – ce qui voulait dire, ne pas l’éviscérer et ne pas décorer son laboratoires à l’aide de guirlandes faites avec ses propres boyaux – qu’il ne compte pas sur moi pour rester bien sagement à l’écouter sans réagir si elle me cherchait des poux. Oh oui, si elle avait un seul mot de travers, je lui rentrerai dans le lard avec pertes et fracas. En plus, j’étais sympa, je les prévenais ! Qu’on ne dise pas que j’étais mauvaise joueuse après cela. Par contre, lui, il me gavait, à souffler le chaud et le froid. Non seulement il redevenait chiant, mais en plus il disait des trucs bizarres et refusait de répondre. Non, c’était évident : on n’arriverait jamais à bosser ensemble. Je finirais tôt ou tard par le secouer comme un prunier pour qu’il réagisse. Alors que bordel de merde, je faisais un putain d’effort pour écouter ses états d’âmes à la con. Est-ce que j’avais une tête de psy ? Non ! Ou alors un psy comme dans un film porno qui baiserait sur le canapé pour aider à décoincer ses trous du cul de patients. J’avais envie maintenant… ça faisait combien de temps que je ne m'étais pas envoyé en l’air ? Merde, à disserter sur la polygamie ça me rappelait que… putain ! J’étais abstinente depuis… Oh la vache. Je ne voulais même pas calculer. Et en prime je lui tenais un putain de discours auquel ses neurones de blond ne captaient rien du tout. Mais fais chier Wetherford ! Tu peux pas être intelligent deux minutes ? Ouais, je sais c’est dur.

« Quand tu auras arrêté de faire l’enfant qui réclame son biberon. »

Il croyait qu’il me faisait peur avec son vieux ton à deux balles et son regard ? J’avais eu à faire à des cas bien plus impressionnants que lui, alors ça n’allait pas prendre avec moi. Et pour preuve, mes doigts se resserrèrent sur sa bouteille.  

« Putain tu me saoules, t’es rien qu’une contradiction blonde d’un mètre quatre-vingt. »

Je portai sa bière à mes lèvres. Au début de cette soirée, je voulais m’enivrer et danser. Au lieu de cela, je jouais au psy pour lui. Et ce n’était pas ma conception d’une bonne soirée, d’autant que ce crétin m’avait forcé à me poser des questions que je n’aimais pas du tout. Je reposais sa bière et voilà que déjà il essayait de la reprendre. Du moins, son geste laissait penser qu’il allait le faire. Mes yeux se reportèrent un instant sur ses doigts, avant de se river dans les siens. Et là, il venait de me mettre en rogne. Mais en vraie rogne. Puissance dix. Je penchais ma tête en avant, vers lui, pour qu’il imprime bien ce que j’allais lui dire.

« Tu me fais chier, Wetherford. T’es effectivement qu’un pauvre type et je suis qu’une pauvre fille dans un bar qui a fait l’effort de t’écouter parler d’une autre… encore une fois, alors que tu lui as balancé des horreurs à la tronche la dernière fois. Tu as merdé avec elle, tu te débrouilles pour lui parler et voir ta fille si tu veux que je la protège. J’apprends vite aussi, n’est-ce pas ? »

J’avais encore un goût amer de notre rencontre sur le toit. J’avais rarement eu aussi mal. Pour que je craque et lui envoie une dose de poison, il fallait vraiment que les choses aient déconné.  Et là, elles étaient de nouveau sur le point de partir en vrille. Peut-être que son cerveau de surfeur peroxydé s’en rendit compte. En tout cas, il partit comme s’il avait le feu aux fesses. Avant que je puisse dire quoique ce soit, il filait déjà vers les toilettes. Et on ne me plantait pas comme ça ! Il m’avait fait chier ce con !

Furieuse, je me levai et commençai à prendre la direction de la sortie. J’avais même ouvert la porte. Sauf que j’entendis la musique dans le lointain. Fait chier. Toujours avec ma douceur légendaire, je claquai la porte, sous un grognement du barman.

« Ta gueule ! Et tes chiottes dans 5 secondes, c’est une zone sinistrée, je te déconseille d’entrer. »

Il commença à s’énerver en me donnant du « ma p’tite dame ». Ma p’tite dame ? Non mais je n’avais pas quatre-vingts ans, pauvre gland ! Je lui jetai un regard noir qui fut suffisamment convaincant pour qu’il reste bien sagement derrière son comptoir. Comme à la grande époque, les clients me regardaient avec méfiance et certains s’écartaient. Surtout le type que Wetherford avait percuté, qui se plaqua de lui-même contre le mur. J’attrapai la bouteille de bière et ouvrit avec tendresse –ahem – la porte des toilettes.

« Si tu tiens pas l’alcool, faut pas jouer. Et si tu te barres parce que t’es trop lâche pour faire face à ce que je suis ou à ce putain de truc entre nous qui fait que je meurs d’envie de t’arracher la langue et de la donner à bouffer au premier clebs venu, faut pas prétendre me retenir. Je voulais danser moi ce soir. Je voulais oublier toute cette merde, mais t’as tout foutu en l’air et je sais ce que tu vas me dire : « tu me fais chier Cooper », toi aussi ça t’emmerde. Ça va être comme ça jusqu’au bout, si tu ne tiens pas la route, dis-le clairement. »

Il avait tout chamboulé et je ne le laisserai pas s’en tirer comme ça. Il avait changé des trucs en moi sans que je sois d’accord. Il fallait assumer jusqu’au bout. Je bus une nouvelle fois au goulot, avant de m’approcher, de le plaquer contre le lavabo et de lui mettre sa bière sous le nez.

« J’ai peut-être craché mon venin dedans, puisque tu es si convaincu que j’ai voulu te détruire. Tu veux que je bosse pour toi ? Alors je répète, il va falloir me faire confiance. Et que tu arrêtes de me parler de ta grognasse parce que je doute que tu veuilles connaitre le détail  de mes aventures. Et encore, ces plans cul n’ont jamais compté, alors imagine. Imagine deux minutes ce que ça fait. »

Je le défiai du regard, mon corps frôlant le sien, nos visages à peine séparés par la bouteille de bière. S’il fuyait parce qu’il me touchait ou s’il ne tenait pas l’alcool, ça n’allait pas être possible. Parce que moi aussi j’allais fuir et plus vite encore. Sauf que je serais sur la défensive et que j’allais mordre s’il avait le culot de me laisser fuir après m’avoir imposé tout ça et avoir foutu en l’air ma petite vie bien rangée.

« Si t’as peur de me toucher, on arrivera à rien. Alors… »

De ma main libre, j’agrippai la sienne et la plaquai contre ma fesse.

« T’es un pauvre type dans un pauvre bar avec une pauvre fille. »
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I hate you then I love you [Terminé]

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