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 I feel so close to you right now [Terminé]

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Sacha M. Kwon

Pokéfan des Évolués

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MessageSujet: I feel so close to you right now [Terminé]   Sam 7 Sep - 11:42


    24 janvier 2011 – 19h08



Il y a un peu plus d’an, Jeremy a débarqué à Los Angeles. Il était seul, perdu dans l’univers particulier de L.A. Toutefois, il existait une personne assez familière chez qui il trouva refuge : moi. Pendant six mois, nous avons cohabité jusqu’à ce qu’il se sente prêt à prendre son envol. En juillet 2010, après que mon meilleur ami soit parti, j’ai tué un étranger. Il était haineux, en colère et je n’ai rien fait pour le calmer. Mon pouvoir s’est activé et j’ai moi-même été pris d’une rage folle. Je l’ai planté, sans le moindre remord. Au contraire, je me délectais de lui ôter sa vie. L’affaire s’était conclue par de la légitime défense. Deux mois après ce drame, j’ai rencontré deux filles qui auront un impact certain dans ma vie. Tout d’abord Luna. Une jeune femme que j’ai découverte blessée et apeurée. Pour cette raison, je l’ai naturellement invitée à rester cachée et lui ai offert l’hospitalité le temps qu’elle se remettre d’aplomb. Puis Sonny. Une autre jeune femme pleine de ressources mais qui manquait de contacts. A des degrés différents, j’ai essayé de les soutenir pour qu’elles puissent reprendre confiance en elles et devenir plus fortes. Tout comme je m’y étais employé pour Jer’.

Le 27 novembre 2010 fut une date décisive. Pour la énième fois, je suis allé chez Ross. A cause de son amnésie, ce dernier me révéla malgré lui ma véritable nature : celle d’être mutant. Il me suffit d’entendre ça pour donner du sens à ces phénomènes qui ont perturbé ma vie. Puis, Ross me mit en garde contre Genentech et ses laboratoires secrets. Il m’expliqua que nous n’étions pas seuls, que d’autres mutants parcouraient les rues. Parfois, s’ignorant et d’autres fois, dangereux. D’ailleurs, je suis tombé sur l’une d’entre eux au réveillon de Noël. Ingrid. Elle fait naître des flammes le long de ses bras. Sonny est capable de s’introduire dans les rêves et de les modifier. Ross a le pouvoir d’envoyer les rayons lasers avec ses yeux ! Remington se métamorphose en lynx et Lana est une sorte de miroir émotionnel. Un don plus ou moins proche du mien. Mais ce n’était qu’une façade. Nous sommes encore bien plus nombreux que je ne l’avais imaginé. Et je m’en rendis compte lors des évènements du 31 décembre. J’ai toujours du mal à expliquer comment s’est arrivé. D’ailleurs, je ne le pourrai probablement jamais. Je me souviens seulement qu’Eli a été blessée et que j’ai tenté de la défendre. Je me souviens de cette mutante qui est morte en m’hypnotisant. Lorsque j’y repensais, je ressentais de l’agressivité montée en moi. Alors, je faisais en sorte de me tempérer en passant à autre chose. Tout ça n’est encore qu’une partie de l’iceberg. J’avais rejeté Alex après qu’il m’ait confié ses sentiments. Je me suis senti trahi par cet aveu. A mon retour de France, je reçus une lettre de sa part. Il me supplia de le laisser vivre ne serait-ce qu’un temps pour qu’il réfléchisse à ça. Depuis, je n’ai aucune nouvelle.

Depuis un an, j’ai fait des rencontres. Beaucoup. Pas forcément avec des mutants ; ou peut-être que si mais que je l’ignorais. J’ai couché pour la première fois avec une femme la semaine dernière. Voilà, c’est exactement à ça que je ressemble. Je suis gay mais je suis capable de coucher avec le sexe opposé. J’aime l’imprévu, j’aime surprendre, j’aime le hasard. J’ai toujours été dynamique, à bouger tout le temps dans ma vie d’étudiant. Cette vie qui avait pris une allure assez folle, surtout depuis un an. Mais si je raconte toutes ces histoires c’est car, malgré tout, il y a quelque chose qui n’a jamais bougé en un an. Une chose à laquelle je me raccroche en permanence : le volley. Alors, lorsque c’était l’heure de s’entraîner, j’étais automatiquement euphorique. Le volley me vide la tête. Ce sport me sauve littéralement. Comme une issue de secours dans un bâtiment en feu. Il m’évite de devenir fou et me permet d’évacuer tout ce que j’accumule dans la vie courante. Paradoxalement, si ce sport me fatigue physiquement, il me repose avant tout l’esprit. J’ai besoin de pratiquer le volley, c’est vital.

« Hey ! Mes chéris ! » M’exclamai-je en entrant dans le vestiaire. Alors eux... Ils sont ma joie. Mes équipiers. Ils me ressourcent, me font rire, ils tiennent une place très particulière. Ils sont comme des amis mais seulement avec les avantages. On se faisait mutuellement confiance, on s’entraidait sans jamais rentrer de façon indiscrète dans la vie des autres. Je ne les avais pas vus depuis le début du mois ayant malheureusement manqué quelques entraînements dû à mon voyage en France. Alors j’étais tout excité en les retrouvant. Et eux aussi. L’un se jeta sur moi m’enlaçant et me soulevant, criant mon nom, comme une bande de potes ne s’étant pas revus depuis des années. Je ris face à leur enthousiasme. L’un me demanda comment j’allais. « Ça va. Et vous ? » L’autre plaisanta sur mon manque de couleurs dû à ces vacances. Un autre encore me demanda comme était la France. « C’est... Différent. Je suis content d’être de retour. Mais les français sont plutôt... Chaleureux. » Sous-entendu : je me suis plutôt bien amusé. Sans que je le voie, l’entraîneur entra dans la pièce et s’introduisit en demandant si j’avais ramené des souvenirs. Mon sourire s’élargit. « Moi aussi je suis content de vous revoir coach. Oui, je vous ai acheté à tous une petite tour Eiffel en porte-clés. C’était un africain qui vendait ça pas très cher... » Bon, je n’en mettrais pas ma main à couper mais au vu de sa couleur de peau, cet homme n’était certainement pas sibérien. Je remettais à chacun un porte-clés. Milo n’était pas là. En retard ou absent ? Peu importe. J’étais toujours en colère après lui suite à notre dernier match. Ce jour-là, il s’est produit quelque chose d’étrange. On m’a embrassé. En soit, ça n’avait rien d’extraordinaire. Tout Los Angeles m’a déjà embrassé. Seulement cette fois-ci, l’homme ou la femme qui l’avait fait était invisible. Personnellement, ça m’émoustillait plutôt qu’autre chose ce petit jeu. Je miserais plutôt sur un homme compte tenu de la force avec lequel il m’avait empoigné. Sans oublier la barbe... Je n’eus le temps d’y penser plus alors que l’entraîneur nous somma de nous rendre sur le terrain. « Je vous rejoins ! » Je retirai mon jean ainsi que mon tee-shirt pour changer de tenue.

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Milo Sanchez


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MessageSujet: Re: I feel so close to you right now [Terminé]   Mar 10 Sep - 10:22

    Ce n'était pas toujours évident de concilier le boulot et le sport. Milo n'avait pas forcément d'horaires fixes. Si à 17h, il y avait encire 10 personnes dans sa salle d'attente, il ne pouvait pas les mettre dehors pour aller s'entraîner. Il essayait bien d'avoir des horaires, mais les patients en décidaient parfois autrement. Ou bien, il se retrouvait avec un cas difficile, qui lui demandait de passer plusieurs coups de fil pour leur avoir des examens rapidement. Et étant donné le prix des soins, il ne pouvait pas non plus faire n’importe quoi et envoyer ses patients passer une batterie de tests tous plus onéreux les uns que les autres. Voilà pourquoi son travail de médecin généraliste était si important. Il était finalement le premier maillon de la chaîne médicale, celui qui auscultait, qui diagnostiquait, qui décidait si oui ou non, la personne avait besoin d'aller à l'hôpital ou d'être adressée à un confrère spécialiste.

    Il était aussi le réceptacle de la vie intime des gens, de leur mal être ou de leurs problèmes. Il savait que telle femme était trompée, que tel homme était volage, il apprenait des choses sur de lourds secrets de famille. Il pouvait aussi être le témoin de violences conjugales ou pire, de violences sur des enfants. Et là, il n'était pas facile d'être sûr que c'était une de ces affaires sordides et qu'il fallait donner l'alerte. Et passer cela sous silence était criminel. Il écoutait patiemment les doléances des gens. Leurs problèmes. Il devenait psy sans le vouloir. Mais son principal intérêt était de repérer les mutants dans cette populace et de les signaler.

    Ce soir, il termina plus tard que prévu et dut se dépêcher de foncer vers la salle d'entraînement, déjà sûr d'être en retard. Heureusement qu'il avait préparé ses affaires le matin même avant de commencer sa journée, au moins, il n'aurait pas de détour à faire par chez lui. Il aurait aimé prendre une douche, avant, même s'il en prenait une naturellement après, mais il devrait s'en passer.

    Quand il pénétra dans le vestiaire, l'équipe était déjà sur le terrain. Il marqua pourtant un temps d'arrêt en voyant Sacha qui finissait de s'habiller. Sacha avec qui il s'était violemment disputé il y a quelques semaines, Sacha qu'il avait embrassé sous couvert d'invisibilité, assouvissant ainsi une pulsion, un fantasme, en pensant qu'ainsi, il cesserait d'être obsédé par ce gamin. Et découvrant ainsi qu'il s'était lourdement trompé. Il se fit violence pour ne pas le regarder avec trop d'insistance, pour ne pas ressentir une pointe de désir lui vriller les reins. Sacha était parti en voyage ensuite, et il avait pu respirer... Même si il lui avait manqué. Il n'était pas prêt de se sortir de cette situation.

    Il pouvait continuer de lui battre froid. Sacha penserait qu'il n'avait toujours pas digéré cette prise de tête lors du dernier match qu'ils avaient fait ensemble. Comment pourrait-il se douter que son embrasseur invisible était le gars avec qui il s'était disputé et qui lui parlait à peine ? Impossible qu'il ne s'en doute. Milo devait avoir un comportement normal pour ne pas éveiller les soupçons. Et continuer de bouder pour ça ne serait pas faire preuve d'une grande maturité, n'est-ce pas ? Alors il prit un air dégagé, avant de lancer :

    « Tiens un revenant ! C'était bien la France ? »

    Une question qu'on avait déjà du lui poser 100 fois au moins. Mais Milo faisait des efforts pour enterrer la hache de guerre. C'était primordial. La situation ne pouvait plus durer ainsi. Il avait songé à quitter le club... Pourquoi pas ? Au moins, il n'aurait plus Sacha sous les yeux. Mais cela aurait paru suspect. Il n'avait qu'à faire ce qu'il faisait depuis tant de temps : faire semblant, jouer la comédie... Il était doué pour cela non ? Même si à chaque fois, cela le minait davantage.

    Il posa son sac sur le banc et commença à se déshabiller, comme si de rien n'était. Il déboutonna sa chemise, retira son jean pour enfiler la tenue de l'équipe. Sacha était toujours là. Malgré son air dégagé, Milo n'osait pas le regarder, prenant le prétexte d'être en retard et de devoir se dépêcher pour ne pas se confronter à Sacha. Et si le jeune homme avait des soupçons ? S'il avait fait le lien entre la dernière personne vue, soir Milo, et le baiser fougueux et impérieux qui avait suivi derrière ? Impossible... mais ce qui était le plus troublant, c'était qu'il n'avait pas paniqué, qu'il ne s'était pas débattu. N'importe quelle personne normale aurait eu la peur de sa vie, en ne comprenant pas ce qu'il se passait non ? Conclusion : Sacha n'était pas normal. Et si se faire embrasser par l'homme invisible ne l'avait pas traumatisé, il n'y avait que deux explications : ou il était cinglé et légèrement déviant pour aimer ça... Ou il savait que les mutants existaient, si bien que ce genre de phénomènes ne le surprenait pas plus que cela. Et s'il savait cela... En était-il un lui aussi ? De quoi aiguiser la curiosité de Milo et le pousser à se montrer plus gentil avec Sacha, dans le cadre de sa mission, bien évidemment...

    « Au fait... Pour la dernière fois... La dispute tout ça, je n'étais pas dans mon assiette. »

    Des sortes d'excuses, sans en être totalement. Milo avait du mal à s'excuser, surtout que Sacha était aussi fautif que lui, mais mieux valait crever l'abcès.
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Sacha M. Kwon

Pokéfan des Évolués

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MessageSujet: Re: I feel so close to you right now [Terminé]   Dim 15 Sep - 17:29

Une sensation de sérénité prit racine en moi. Le vestiaire, bien que constituant un endroit quelconque et manquant de charme à mon goût, était une salle qui m’avait vu grandir. D’un innocent ourson réussissant la moitié de ses passes j’étais devenu un fier ours au smatch rusé. Les souvenirs se révélèrent alors dans chaque coin de la pièce. Celui d’une équipe qui se motive avant d’affronter ses adversaires, celui d’un entraîneur qui détermine son plan d’action à ses poulains et celui d’une famille exclamant sa joie après une victoire ou, a contrario, déçue par une défaite au goût insupportable. Si l’échec n’est jamais plaisant à assumer, au volley, elle demeurait intolérable chez moi. J’usais de mauvaise foi et manquais de fairplay excluant formellement qu’un autre puisse être plus fort que moi. Le volley était mon sport de prédilection, ma plus grande joie et ma plus grande fierté et j’ambitionnais d’être le meilleur. Si ma carrière d’acteur ne décollait pas, le volley serait ma seule opportunité de devenir quelqu’un. Je n’étais bon qu’à ça...

A peine ma tenue enfilée, une voix commune m’extirpa de mon inquiétude. Milo débarqua, me demandant des nouvelles de mon voyage. Avait-il oublié notre dernière rencontre ? Il s’exprima comme si un siècle s’était épuisé depuis. Ou bien avait-il fantasmé des explications qui nous rendraient notre relation des premiers instants ? J’avais découvert un partenaire de jeu idéal, un garçon charmant, intriguant et évidemment sexy. Mais cet engouement se détruisit à peine deux mois écoulés. Sans comprendre ce qui l’animait, Milo avait perdu toute sa force ainsi que sa conviction. Et le plus terrible fut de n’avoir aucune influence sur lui. J’aurais aimé qu’il se ressaisisse par ma voix. Malheureusement, cela eut l’effet inverse. Plus le match durait, plus Milo perdait en confiance. Et je me suis emporté. Milo n’accepta pas ce ton et lui aussi s’était impatienté. « Oui... Mouvementé. » Répondis-je avec une pointe d’hésitation. Bonne humeur suspecte. Mais cela ne m’empêcha nullement d’être honnête. Le travail avait pris la majorité de mon temps et tout ce qu’il me restait je l’avais consacré aux sorties. Milo se plaça à côté de moi sans me jeter un regard. Il se dévêtit. « Et Agréable... » Précisai-je alors, hypnotisé inopinément par le corps parfaitement sculpté de mon coéquipier, à tel point que j’en négligeai le sujet. Merde, de quoi blablations-nous déjà ? Le voyage en France ? Désolé, ça ne m’évoque rien, laissez-moi baver. Non Sacha, reprend-toi ! Milo est intouchable. Je secouai discrètement ma tête et m’éloignai de lui.

Mon binôme me retint préférant mettre à plat nos discordes avant que je ne regagne le terrain. Il ne me donna pas de nouvelles explications, il ne s’excusa d’ailleurs pas. Il fut simplement plus tempérer. « Ça va. C’est oublié. » Non, non, non. Ce n’était ni oublié, ni pardonné mais j’étais doué pour dissimuler mes sentiments profonds. Après tout, c’était la base pour un acteur. Je souris légèrement pour ne pas trop en faire et je m’éclipsai sans rien attendre en retour. Comment Milo pouvait-il repérer mon manque de sincérité ? D’une façon très simple. En règle générale, je réclamais soit un câlin de réconciliation, soit une poignée de main.

Sur le terrain, certains équipiers avaient commencé l’entraînement. Milo n’avait pas tardé à nous rejoindre et l’entraineur nous interpella tous pour organiser cette séance. Après quelques étirements, il avait prévu de s’échauffer avec quelques exercices très basiques et de terminer par un match amical à trois contre trois. Je ferai équipe avec Milo et Zack. De quoi m’enthousiasmer. Comment puis-je gagner si le coach m’enchaîne à ce boulet ? Tant pis, je devrai faire avec... Ou sans plutôt.

La confiance entre Milo et moi étant rompue, je me séparai de lui tout le temps de l’entraînement ce qui pouvait d’ores-et-déjà lui mettre la puce à l’oreille sur mes intentions. Ce qui avait été très étrange dans notre engueulade c’est qu’à aucun moment mon pouvoir ne s’était animé. Pourtant, Milo s’était exprimé de façon claire sur ses sentiments. Conclusion : soit Milo dissimulait sa véritable nature comme personne ; soit je contrôlais enfin mon pouvoir ce qui ne pouvait pas arriver avant des mois selon Ross. En y réfléchissant, j’ignorais tout de son histoire. Je pris deux minutes pour l’observer. Milo. Son nom de famille est Sanchez ce qui, j’imagine, sous-entend qu’il a des origines. Il est médecin, il a vingt-six ans et ses smatchs sont redoutables. Lorsqu’il affronte un adversaire inconnu, il se dirige instinctivement vers la gauche pour récupérer la balle car il pense que dans 89 % des cas, l’adversaire tentera de le surprendre. Il s’étire si intensément lors de ses services qu’il est possible d’apercevoir son nombril. Il n’est jamais rasé et son regard exprime toujours un trait de tristesse. Alors que mon esprit se focalisa sur lui, l’un de mes camarades cria mon nom pour m’avertir qu’un ballon me fonçait dessus.

Spoiler:
 

Défense réussie ou non, je me fis engueuler par l’entraineur qui m’ordonna de me concentrer sur le jeu. Il ajouta que je n’étais plus en vacances en France. Je ne rétorquai rien, me laissant enguirlander comme un enfant. C’était le coach, je n’avais rien à dire, simplement obéir et m’excuser – ce que je ne fis pas.  L’entraînement fini, il était temps de passer à une activité plus stimulante.

Le match se fera en deux sets gagnants de vingt-cinq points. Le coach siffla le début du match. La balle était aux adversaires pour servir. Le premier point fut très succinct : je réceptionnai délicatement le service alors que celui-ci s’adressait à Milo, passai la balle à Zach au filet, frappai à pleine puissance pour attaquer et remportai le premier point. Sacha est de retour, je voulais que tout le monde le sache. C’était aussi une technique pour intimider nos concurrents. J’étais déterminé à leur mettre une raclée. Quant à Milo, je n’éprouvais toujours aucune confiance envers lui. Son seul tort était d’avoir été parfait dès les premiers jours. Ce match promet une nouvelle fois de belles étincelles...

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MessageSujet: Re: I feel so close to you right now [Terminé]   Dim 15 Sep - 17:29

Le membre 'Sacha M. Kwon' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

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MessageSujet: Re: I feel so close to you right now [Terminé]   Ven 27 Sep - 15:23


    Apparemment, les choses ne seraient pas simples. Sacha ne faisait pas la gueule, mais il répondait de façon laconique et sans l'enthousiasme qui le caractérisait d'ordinaire. Sérieusement, il ne pouvait pas enterrer la hache de guerre ? Ce n'était qu'une petite prise de bec sans conséquences. Il n'allait pas en vouloir toute sa vie à Milo pour avoir perdu un match quand même ! Il fallait peut-être réviser l'ordre de ses priorités et de ce qui était grave, ou non, dans la vie. Et surtout, ce qui agaça Milo fut de constater que cela le touchait que Sacha se montre aussi distant avec lui. C'était complètement idiot, parce que justement, s'il était froid, et bien cela ne tenterait pas Milo. Il pourrait ainsi tirer un trait sur son obsession pour ce gamin et continuer de faire semblant qu'il était un mec hétéro, viril et prêt à fonder une belle grande famille pour la gloire des Sanchez. Ainsi, il ne risquerait pas de tout foutre en l'air pour les beaux yeux d'un minet versatile.

    Sauf que voilà, les choses n'étaient pas si simple et le colombien lui-même ne comprenait pas ce qui le poussait à chercher ainsi à se rabibocher avec Sacha. Il savait juste que d'être ainsi dédaigné ne lui plaisait pas alors que la raison lui hurlait que c'était au contraire, une aubaine et qu'il aurait du sauter dessus au lieu de tenter une réconciliation. Bon sang, il avait envie de le coller contre le mur et de l'embrasser de nouveau. Mais là, ce ne serait pas invisible, ce serait un fait assumé et il n'était pas du tout prêt pour cela. Si tout le monde savait que Sacha était gay et que ça ne posait pas de problèmes aux mecs de l'équipe (et il n'y avait bien qu'eux qui ne faisaient pas chier Sacha avec ça), ce n'était pas le cas de Milo. Et ne le serait sans doute jamais.

    Il évita soigneusement le regard de Sacha alors qu'il se changeait, ne remarquant pas que sa réponse n'était pas destinée à décrire la France mais plutôt le corps athlétique du jeune médecin. Il sentait pourtant le regard de Sacha sur lui, si bien qu'il se dépêcha de s'habiller. C'était bizarre de se faire reluquer par un autre mec, même si une part de son inconscient se demandait si ce qu'il voyait était au goût de Sacha. Il fallait l'avouer, Milo était dans la catégorie beau gosse à qui rien ne manquait. Beau, sportif, intelligent, cultivé, friqué. Un excellent parti pour une future épouse qui se devrait d'être exemplaire et de savoir enfanter des mutants.

    A cette pensée, il se renfrogna légèrement.

    Avant que Sacha ne parte, il tint à lui demander si ils pouvaient tirer un trait sur cette dispute grotesque. Sacha répondit que c'était oublié. Vrai ou pas, Milo dut s'en contenter, avant qu'il ne sourit et ne s'éclipse vers le terrain, bientôt suivi du jeune médecin. Il n'était pas rassuré, ni à l'aise. Sacha s'était montré trop distant et tempéré dans sa réponse. Pas assez... Ben pas assez Sachesque quoi. Mais il n'eut pas loisir de s'interroger davantage à ce sujet qu'ils étaient déjà interpellés par le coach qui leur donnait les instructions en vue de l'entraînement futur. Qui allait se terminer par un petit match amical. Où Sacha allait devoir faire équipe avec Milo. La première fois depuis la catastrophe du beach volley. Milo s'était montré mauvais, déstabilisé par ce qu'il pouvait ressentir pour Sacha, préoccupé... Depuis, il n'avait eu aucun soucis. Il s'était reprit aux entraînements. Il avait toujours formé un beau duo avec Sacha, ils se complétaient à merveille. Mais après ce qu'il s'était passé, ils allaient devoir retrouver leurs marques.

    Et cela commençait mal alors que Sacha faisait tout pour se tenir éloigné de son binôme. Génial. Rien n'était oublié ou pardonné finalement. Il avait la rancune tenace et Milo lui en voulut de se montrer aussi puéril. Sérieusement, qu'est-ce qu'il avait qui plaisait au colombien ? Qui l'avait poussé à l'embrasser, à franchir ses propres limites, ses tabous ? Le match allait être long dans ces conditions. Mais Sacha ne devait pas être en pleine forme alors qu'il se prenait la balle en plein visage, lancée avec force par ceux d'en face. Tiens donc, monsieur avait la tête ailleurs ? Lui qui était si irréprochable, au point d'en vouloir à mort à un de ses équipiers d'avoir fait pareil. Pourtant, Milo tint sa langue, ce n'était pas le moment d'envenimer les choses.

    Mais quand le matche commença, qu'il vit Sacha se précipiter pour prendre le ballon à sa place, faisant la passe à Zach pour ensuite smasher et marquer le point. Milo lui lança un regard furieux, alors que Zach semblait se demander dans quelle galère on l'avait envoyé. Et au fur et à mesure du jeu, Milo put comprendre que Sacha n'était pas décidé à jouer avec lui, sabotant leur travail d'équipe. Quand il n'avait pas le choix, il s'exécutait, mais sinon... Quand la balle fut envoyée vers lui, Milo plongea... Tout comme Sacha. Et les deux hommes se télescopèrent assez violemment. Le choc fut rude, alors que Milo sentait son crâne vibrer après être entré en collision avec celui de Sacha. Étourdi, il entendit le coach hurler.

    « Bon sang, Sacha, Milo, qu'est-ce que vous foutez ? »

    Évidemment, le coach n'était pas dupe. Milo se ressaisit et foudroya Sacha du regard. Et perdit son calme alors qu'il empoignait le jeune homme par le col, le repoussant violemment :

    « J'peux savoir ce qui te prend ? T'es pas foutu de faire abstraction de tes rancœurs pour jouer correctement ? Alors quoi ? On n'a pas le droit à l'erreur avec toi ? On n'a pas le droit à un petit coup de fatigue ? Monsieur Kwon est si parfait qu'il est au dessus de tout ça. Bravo Sacha, très mature comme réaction et comme façon de penser. Si t'as un soucis avec moi, dis le clairement, fais pas semblant que tout va bien, je te pensais pas hypocrite ! »

    Et pourtant en termes d'hypocrisie, Milo en tenait une couche. Ne pouvant révéler ses secrets ou ses états d'âme, il ne pouvait que faire semblant. Toujours. Mais là, le vase venait de déborder.
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Sacha M. Kwon

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MessageSujet: Re: I feel so close to you right now [Terminé]   Sam 28 Sep - 15:17

« Aïeee. » Me plaignis-je alors que ma tête était entrée en collision avec celle de Milo. Je me frottai le front pensant naïvement que cela calmerait les maux. J’eus légèrement mal sur le coup et être la proie des sermons de l’entraineur par-dessus me procura une sensation d’injustice. C’était comme quand j’étais gamin : je me perchais en haut d’un arbre et si j’avais le malheur de tomber et de me blesser, j’étais certain de m’en prendre une. Mon père me rabâchait : « si tu ne veux pas te faire mal, tu ne fais pas de conneries sinon ne viens pas te plaindre. » Mon tempérament casse-cou le désespérait chaque jour un peu plus. Il me traitait régulièrement d’idiot. Ma mère demeurait beaucoup plus douce et diplomate – ce qui n’était pas une réelle difficulté face à mon père –, essayant inutilement de me faire apprendre de mes erreurs. Et le jour suivant, je recommençai. Fallait que jeunesse se fasse !

Des conneries j’en ai faites. Enormément. J’en fais toujours et je suis intimement persuadé que j’en ferai encore beaucoup. Peut-être que chez moi cette faculté ne cessera jamais. J’ai vingt ans et je suis parfaitement d’accord pour dire que j’ai la maturité d’un garçon de cet âge. Alors lorsque Milo s’énerva après moi, je choisis de jouer mon rôle jusqu’au bout. « Le gamin sait marquer des points lui. » Rétorquai-je malicieusement. Avec un calme olympique, je haussai vivement les sourcils pour le narguer. Et TAC ! Cette fois, j’avais décidé d’être plus intelligent en le provoquant pour le faire sortir de ses gonds... Bon le qualificatif intelligent n’était peut-être pas le plus adéquat finalement. Je me délectai de le voir si agacé et le fait de me foutre de lui, ouvertement, avec ma répartie démontrait mon plaisir. Si mes camarades ne prenaient pas parti dans cette confrontation, ils ne purent s’empêcher de rire face à ma réplique.

« WO ! Vous vous croyez où là ?!? » L’entraineur n’était pas du même avis. Il accourut et s’interposa avant que la situation ne devienne impardonnable. Il se positionna face à Milo me tournant ainsi le dos. « Qu’est-ce qu’il te prend Milo ?!? » S’il y avait une chose que notre instructeur ne supportait pas c’était la violence physique. Les tensions, les rivalités avaient un goût de surpassement pour lui mais il y avait une limite à ne pas franchir et Milo venait d’y mettre les pieds. Je me fis une nouvelle fois un plaisir non dissimulé à pousser mon camarade dans ces derniers retranchements. « Faut pas lui en vouloir, il est énervé parce qu’on gagne, ce n’est pas dans ses habitudes. » Peste moi ? Ro... Si peu. Disons que quand quelqu’un entrait dans mon collimateur, il en prenait pour son grade. J’avais la rancune tenace et particulièrement injuste pour Milo... « Avec moi, tous les deux ! » Quelles étaient sympathiques ces retrouvailles. Après s’être arrêté dans un vestiaire, notre mentor nous mena face à un mur à la façade particulière... « Sacha tu grimpes, Milo tu l’équipes et tu l’assures. » De l’escalade ? Quel en était l’intérêt ? « C’est pas juste ! Pourquoi c’est moi qui me tape le mur ? C’est lui le nul ! » Je pointai Milo avec mon index. Le coach prit une mine agacée. « Parce que c’est toi qui n’as plus confiance en Milo. Et tu ne discutes pas Sacha, tu n’es pas irremplaçable. Ah oui ! J’oubliais... Pour rendre la tâche plus intéressante... » Il  sortit de sa poche un bandeau pour cacher les yeux. « Voilà. Là tu n’as plus d’autres choix que de te fier à Milo. Il sera tes yeux. » Et je n’aurai aucun autre choix que celui de l’écouter. L’entraineur se tourna vers Milo. « Quant à toi, prends-en soin, je sais que c’est un emmerdeur mais j’y tiens un minima. » Il lui confia le bandeau. « Dernière chose, vous ne quittez pas la salle tant que Sacha n’a pas réussi à atteindre le sommet. » Il n’ajouta rien, pas même un encouragement. Dès l’instant, je pris conscience que je dépendrai fortement de Milo. Un sentiment d’insécurité me parcourut l’échine jusqu’aux épaules. Comment faire confiance à ce type ?

J’étais coincé, ligoté. Une fois que Milo me posera ce bandeau sur les yeux. Je serai dans l’obscurité la plus intégrale. Il allait me décorer du harnais de sécurité, faire les nœuds, me guider avec les prises... Est-ce qu’il savait comment s’y prendre ? Est-ce qu’il connaissait le résultat attendu ? Est-ce qu’il aurait l’humilité de me demander conseil s’il se questionnait ? Le coach commençait à me les briser avec ses exercices. Je ne pouvais pas lui reprocher son ingéniosité mais qu’il me choisisse sans arrêt comme cobaye... En fait, ça sous-entendait forcément que j’étais son préféré. L’exercice m’aurait paru moins risqué avec un autre équiper. Milo et moi venions tout juste d’avoir un conflit et devoir me soumettre à lui n’avait absolument rien d’excitant dans ces circonstances.

Néanmoins, je ne lui laisserai pas ce plaisir de croire que je me sentais prisonnier.  « Plus jamais tu essayes de lever la main sur moi Milo. » Mon seuil de tolérance avait atteint sa limite. Nous pouvions ne pas être d’accord, nous pouvions entrer en conflit, nous pouvions nous engueuler violemment mais en aucun cas je ne l’aurais frappé ni-même bousculé. A contrario, Milo m’avait sauvagement soulevé par le col. Qu’il s’agisse d’une tentative d’intimidation ou d’un pur manque de self control de sa part, rien n’était assez légitime pour accepter sa conduite et maintenant il en était averti. A la fois ordre, menace et conseil, ma voix se fit claire et sans équivoque. Tout comme mon opinion sur lui. Grâce à cette altercation, je vis quel genre d’homme il cache. Personnellement, à moins de chahuter gentiment avec un ami, je ne concevais pas de me battre avec une personne que j’appréciais. Si Milo n’a pas la moindre culpabilité à recourir à la force c’est que ses sentiments pour moi sont de l’ordre de la haine. Cependant, une question rôde : pourquoi mon pouvoir ne s’est-il pas activé ?

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MessageSujet: Re: I feel so close to you right now [Terminé]   Mer 2 Oct - 14:46


    Ce n'était pas dans ses habitudes de péter les plombs comme ça. Milo n'était pas quelqu'un de violent, il préférait discuter que de se servir de ses poings. Alors grands dieux, pourquoi venait-il de se ruer sur Sacha ? Pourquoi une réaction aussi virulente envers ce gamin qui ne méritait sans doute pas qu'on le prenne autant en considération ? Qu'il snobe Milo à l'entraînement, qu'il lui pique ses balles, voilà qui avait de quoi agacer... Qu'ils se percutent parce que monsieur avait décidé d'être chieur jusqu'au bout en ne laissant pas Milo jouer à son poste, c'était puéril, mais cela ne méritait sans doute pas un tel emportement. Il ne le regretta pourtant pas alors qu'il invectivait le jeune homme, devant tous leurs équipiers et devant le coach qui ne comprenait sans doute pas les enjeux de cette dispute, mais ne pouvait pas laisser deux de ses joueurs se tabasser sans rien dire. Bonjour l'ambiance dans l'équipe après ça ! Sacha eut pourtant le culot de répondre, comme un gosse, s'attirant un regard de mépris de la part de son aîné qui soupira lourdement devant cette répartie absolument grandiose. Que les autres rient de cela ne faisait qu'exaspérer davantage Milo.

    « C'est le mien que tu vas prendre si t'arrêtes pas tes conneries. »

    Milo avait parlé d'une voix basse et sourde. Mais l'intervention du coach l'empêcha de mettre sa menace à exécution. Aurait-il frappé Sacha si personne n’était intervenu pour mettre le hola et empêcher Sacha d’envenimer les choses ? Même lui l'ignorait. Cela l'aurait défoulé, mais il s'en serait voulu. Pas de le frapper, il le méritait pour se remettre les idées en place, mais de perdre ainsi le contrôle. Milo était toujours dans le contrôle. Toujours dans les meilleurs, toujours dans les leaders. Et là, Sacha mettait à mal tout cela. Il supportait mal qu'un gamin de 20 ans vienne le critiquer, remette en cause sa façon de jouer au volley. Pour qui se prenait-il pour juger ?

    Le coach remplaça Sacha dans son champ de vision. C'était pas forcément mieux d'avoir son visage rougi par la colère et l'exaspération à quelques centimètres de celui de Milo. Milo qui retrouva pourtant son calme en un instant. Et voilà qu'il était accusé... Et Sacha qui y allait de son petit commentaire. Crétin... Milo se retint de répliquer, parce qu'à ce jeu là, il n'était pas certain d'en sortir grandi tant il avait envie d'insulter Sacha vertement. Sauf qu'il ne voulait pas s'abaisser à son niveau, aussi se contenta-t-il de l’ignorer superbement. Pis le coach l'aurait empêché de répliquer de toutes façons, alors qu'il entraînait les deux joueurs vers... un mur d'escalade. Wow, c'était quoi le délire là ? Il annonça alors que Sacha allait grimper tandis que Milo allait l'assurer. Franchement, il était bon le coach, mais ses petites trouvailles pour renforcer le respect, la cohésion, commençaient à sentir le vieux pâté. Sacha râla comme un gosse de 8 ans qui était puni et trouvait la punition injuste. C'est pas juste, c'est lui, c'est pas moi... Et nia nia nia. Pathétique, franchement.

    Le coach apprit alors à Sacha le but de l'exercice, que Milo avait plus ou moins deviné. Ingénieux, mais franchement, il n'avait pas envie de se décarcasser pour regagner la confiance de Sacha. Si ce petit crétin s'avisait de l'emmerder, il allait lui en faire voir sur son mur d'escalade en une basse, mesquine et délectable vengeance. Surtout que Sacha se retrouvait avec les yeux bandés, devant entièrement se fier en son partenaire. Marrant comme cela lui semblait totalement insurmontable, alors qu'ils avaient été si liés dans le jeu avant que Milo n'ai un petit incident de parcours qui le mettait directement dans les boulets. Une fois, une malheureuse fois. Et Sacha en faisait une généralité. Il allait falloir grandir un peu. Enfin, sauf s'il finissait comme une crêpe sur le sol si Milo en décidait ainsi. Bon d'accord, le colombien ne vivrait sans doute pas très bien avec cette mort sur la conscience. Le coach demanda à Milo de s'appliquer, avant d'ajouter qu'ils ne sortiraient pas de là tant que Sacha ne serait pas arrivé en haut.

    « Génial. »

    Le coach les abandonna. Il y eut un moment de flottement. Sacha rompit le silence en mettant son coéquipier en garde.

    « La prochaine fois, j'essaierais pas, je réussirais si tu continues à te conduire comme un sale gosse de 7 ans. Ça te remettra peut-être les idées en place. Ta tête est tellement enflée que tu pourrais sans doute atteindre le sommet sans avoir à grimper. »

    Sacha ne savait pas ce qu'était la modestie. Il se pensait le meilleur de l'équipe, la coqueluche. Et bien Milo allait le faire redescendre sur terre.

    « Maintenant, t'es gentil, t'arrêtes de débiter des conneries et tu te concentres sur l'ascension, j'aimerais bien ne pas passer la nuit ici. »

    Milo se glissa derrière Sacha et lui banda les yeux, avant de s'emparer du harnais et de l'enfiler au jeune acteur. Surtout, ne pas s'attarder sur certaines parties de l'anatomie ainsi mises en valeur de façon évidente. Il avait déjà fait de l'escalade, à l'école, pendant les cours de sport, mais cela remontait à quelques années quand même et ce n'était pas son activité favorite. Sérieux, avec les yeux bandés, jamais Sacha n'arriverait en haut, c'était du délire.

    « T'as déjà fait ça ? »
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Sacha M. Kwon

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MessageSujet: Re: I feel so close to you right now [Terminé]   Sam 12 Oct - 12:37

Ce n’était pas dans mes habitudes de rester si calme. Je n’étais pas réputé pour ma sagesse, ma sérénité et mon sang-froid. Ses qualités allaient au-delà de mes capacités psychiques. Et pourtant... Et pourtant, je réussis à rester modéré. Une autre personne serait déjà signalée aux urgences. Je me conduis même d’une façon taquine, moqueuse à l’encontre de celui qui m’avait bousculé. Les rôles étaient chamboulés, inversés. Néanmoins, tout n’était pas si contrasté. Au final, je trouvais la solution pour embêter toujours plus mon binôme. Depuis un mois, notre relation se brisait. Il fallut une erreur répétée, une première dispute et cette superficialité qui nous animait disparut au profit d’une rancœur. Alors au fond, que ressentions-nous l’un pour l’autre ? Amitié ? Affection ? Tolérance ? Haine ? Rivalité ? Déception ? Tant de qualificatifs qu’il m’était impossible de ranger. Il me menaça de son poing et je sortis mon plus grand sourire dans l’objectif de l’exaspérer. Je ne le craignais nullement. En fait, j’aimais le voir dans cet état. Si dangereux, si explosif, si chaud... Il avait cette ardeur dissimulée qui faisait ressurgir des instincts animaliers chez moi. Cependant, le cadre n’étant pas approprié à ce genre de pensée, je ne laissai entrevoir rien de tout cela.

Notre entraîneur intervint, s’interposa et nous lança un challenge. Faire de l’escalade les yeux bandés. Revenir de France pour me farcir une ascension... La prochaine fois je n’apporterai pas de porte-clés pour le coach. Quant à Milo, il n’était guère plus emballé que moi. Mais ce nouveau défi n’était pas m’a priorité. J’avais besoin que mon équipier sache quelle chance il avait eu. Je préférai l’aviser de ne jamais plus recommencer. J’aurais aimé en rester là, qu’il s’excuse, que je puisse me remettre en question également, qu’il me fasse culpabiliser en étant conciliant. Malheureusement, il campa sur ses positions. Je fis donc de même gardant à l’esprit sa moquerie pour la retourner contre lui.

Aucun de nous deux ne souhaitait faire ce que le coach nous avait ordonné. Mais Milo s’arrangea tout de même pour me mettre le bandeau puis le harnais. Je fis l’effort de le laisser me décorer. J’avais horreur de ça. « Non. » Je n’ai jamais fait ça avant. Non, je n’arrivais pas à changer de sujet comme si une amorce de dialogue était faisable entre nous.

Et alors, ni une ni deux, j’arrachai mon bandeau avant que mon équipier me conduise devant le mur. « Et tu as raison, ma tête est tellement enflée que je ne vois pas non plus l’intérêt de grimper. » Dis¬-je en m’éloignant de lui. C’était ses propos, je n’avais fait que les reporter. Pourquoi faire des efforts ? Je m’allongeai donc sur un tapis de gym épais me plaçant sur le côté comme si je m’apprêtais à m’endormir. « Alors autant rester ici en attendant que ça se passe. Préviens-moi quand je serai en haut. » Un caprice digne d’un enfant de sept ans comme Milo l’avait si justement souligné. Une erreur de sa part puisqu’en bon emmerdeur que je suis, j’ai décidé de jouer ce rôle jusqu’au bout. Sa seule chance de me voir atteindre le sommet était de me tirer à la force des bras ce qui était impossible puisqu’il avait besoin que j’accroche ma corde aux différents crochets. Milo pensait sincèrement que j’allais abdiquer ? Baisser les armes ? Il ne voulait pas passer la nuit ici, j’allais le contraindre à rester avec moi. J’escaladerai ce mur lorsque je l’aurai décidé et pas avant.

Je doutais de la réaction de Milo. En fait, je ne le saisissais absolument pas. Il était probable qu’il se fâche une nouvelle fois, qu’il hisse le drapeau blanc et tente un compromis avec moi, qu’il tente même une réconciliation, qu’il s’allonge et attende que le temps défile sachant que ses chances étaient proches du zéro, qu’il se plaigne à l’entraîneur – qui lui répondra que ce ne sont pas ses affaires – bref, impossible de prévoir la suite. Serait-il capable de quitter le gymnase sachant qu’il se ferait renvoyé ? Le pauvre Milo était pris au piège. Il avait énormément de possibilités et paradoxalement si peu. Les cours de volley ne devaient ressembler à aucun de ceux qu’il avait connu. Et je n’étais pas tellement fier d’être si enquiquineur. D’ailleurs mon visage si narquois avait laissé place à un dosage plus froid. J’étais soudainement devenu plus calme comme si j’avais pris conscience qu’il ne s’agissait plus d’un jeu. La tête posée sur mon bras replié, je restai immobile pensant à Milo, à notre relation et à comment elle pouvait être si bipolaire. Dans une relation, il faut être au moins deux ce qui signifie que j’étais certainement en partie responsable de ce remue-ménage. Ça m’intéressait peu au final de savoir qui est le plus fautif, ce que je cherchais à comprendre c’est comment ? Pourquoi ? Et plus j’y pensais, plus je me dis que la solution était que Milo et moi échangions notre regard l’un sur l’autre. Je ne lui ai jamais dit qu’il demeurait l’un des meilleurs joueurs de volley que j’ai rencontrés. Je ne lui ai jamais avoué que j’étais rassuré de l’avoir dans mon équipe. Je ne lui ai jamais confié que je me sentais en danger face à lui. Ni moi, ni personne dans mon équipe ne l’avions encore félicité pour ses performances. Le coach l’avait sûrement fait mais aucun de nous n’avions défendu et complimenté ouvertement sa réelle valeur au sein de notre équipe. Elle était peut-être là, l’origine de ce foutoir...

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MessageSujet: Re: I feel so close to you right now [Terminé]   Mar 29 Oct - 10:51

    Milo faisait une tête d'enterrement, mais il se disait que plus vite cela serait fait, plus vite il pourrait se sauver de là. Il avait envie de prendre l'air, il se sentait étouffé dans cette atmosphère lourde... trop lourde. Qu'est-ce que Sacha lui reprochait exactement ? Son comportement puéril n'était-il du qu'à cet égarement quelques semaines plus tôt ? C'était de la folie... Il ne pouvait pas se montrer aussi rancunier envers Milo. Ce n'était qu'un jeu. Hélas, Sacha n'avait jamais fait d'escalade. Les choses allaient être un peu plus compliquées que prévues. Mais quand le jeune homme retira le bandeau, Milo sut qu'en plus, ce petit con n'allait rien faire pour arranger les choses.

    Le colombien soupira de façon ostensible et très agacée. Seigneur, retenez-le d'étrangler ce gamin égoïste et capricieux ! Sous le regard furieux de Milo, Sacha se coucha sur un tapis de gym, absolument pas décidé à faire ce que désirait le coach. De colère, Milo donna un coup de pied dans le matériel. C'était moins satisfaisant que la tête de Sacha, mais moins susceptible de lui faire avoir des problèmes également. Ils ne pouvaient pas partir sans monter. Le coach le saurait et ils seraient virés. Sacha devait bien en avoir conscience.

    « Si tu n'as pas une vie bien remplie, ce n'est pas mon cas, j'ai d'autres projets, plus agréables, que de passer la nuit avec toi. »

    Mensonge. Enfin, sa vie professionnelle était bien remplie. Mais côté vie privée... il n'avait rien de prévu. A part s'afficher avec de jolies filles, il ne se passait rien de folichon. Et en réalité, son subconscient, lui, aurait adoré passé la nuit avec Sacha, mais sûrement pas en boudant chacun de son côté sur un tapis de gym. L'espace d'un instant, des images d'étreintes passionnées, totalement fantasmées défilèrent dans sa tête, mais il les chassa bien vite en sentant la frustration monter. Finalement, il se laissa tomber sur le sol, dos appuyé contre le mur d'escalade. Il étendit une jambe devant lui, l'autre demeurant pliée et accueillant son bras. Il posa sa tête contre le mur et ferma les yeux, tentant de reprendre un semblant de contrôle et de trouver une solution pour se sortir de ce guêpier. Il était pourtant doué pour manipuler les gens non ? Alors pourquoi est-ce que cela ne fonctionnait pas sur Sacha ? Pourquoi avait-il la sale impression que le jeune homme pouvait faire n'importe quoi de lui ? C'était à n'y rien comprendre... Milo n'avait jamais été violent, n'avait jamais eu autant envie de frapper quelqu'un. Son accès de violence lors de l'entraînement était disproportionné. Il ne perdait jamais son calme. Mais quand il s'agissait de Sacha, c'était plus compliqué.

    La vérité c'est qu'il était frustré. Que le seul mec qu'il ai vraiment désiré, le rejetait aussi durement. A cause de Sacha, il avait prit conscience qu'il ne pourrait jamais avoir une vie normale, qu'il épouserait une femme et lui ferait des enfants simplement pour assurer la pérennité de son nom, mais jamais il ne trouverait la moindre satisfaction dans ce genre d'existence morne. Une pensée qui avait de quoi le plonger dans une profonde dépression. Il en voulait à Sacha de cette prise de conscience. Il lui en voulait d'être si libre, de pouvoir assumer son homosexualité, de mener la vie qui lui chantait, sans se soucier des conséquences. Il en était jaloux, envieux. Et son rejet le rendait furieux. De même que sa basse opinion de lui. C'était ridicule, c'était qu'un gosse... Et pourtant, comment ne pas se remémorer ce baiser volé... En vouloir davantage.

    Milo finit par rendre les armes. Sacha ne serait pas le premier à faire un pas vers lui. Et il était censé avoir davantage de sagesse au vu de son âge, non ? Voilà, briser le silence et ne pas camper sur ses positions était un signe d'intelligence. Autant s'en convaincre alors qu'il mettait de côté sa fierté.

    « Très bien. Puisqu'on est coincé tous les deux ici, attendant ton bon vouloir, je peux savoir ce que tu me reproches exactement ? Parce que franchement, j'ai du mal à imaginer que c'est simplement parce que j'ai déconné la dernière fois. »

    Et Sacha ne savait même pas à quel point...
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Sacha M. Kwon

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MessageSujet: Re: I feel so close to you right now [Terminé]   Mer 30 Oct - 10:45

Et si je m’endormais, là ? Maintenant ? La nuit se passerait-elle sans encombre ? Je ne lui donnerais pas la chance de m’approcher, de m’influencer pour me convaincre qu’il faut grimper. Celui qui manipule s’arrange pour vous faire penser que vous agissez en toute liberté, consciemment, que vous êtes l’unique garant de vos décisions. En réalité, tous les choix opérés seront le fruit de sa perversité. Dès lors, je savais qu’une fois en haut, il aurait décidé pour moi et que je n’aurais rien gagné. Tout ce délire reposait sur une seule hypothèse : il fallait suspecter Milo d’être un calculateur et un menteur. Est-ce qu’il serait prêt à tout pour sa liberté ? Comme changer de stratégie ? Je l’observai s’asseoir, adosser contre notre ennemi commun d’un air abattu. Il me demanda pourquoi. Qu’est-ce que je pouvais lui répondre ? Il cherchait à comprendre...

Et si je lui laissais sa chance ? Jeremy m’avait dit que j’étais trop exigeant parfois, qu’il faudrait que j’apprenne à calmer mes attentes. Il m’avait fait la remarque en plaisantant, gentiment, se plaignant seulement de la dureté avec laquelle je le traitais. Cela n’empêchait pas la sincérité de sa critique. Elle était légitime. « Je n’en sais rien. » Je me relevai légèrement, m’appuyant sur mon bras gauche. J’étais incapable de lui dire pourquoi je me comportais si injustement. S’il savait qu’il avait le droit à un traitement de faveur. Rancœur ? Jalousie ? Déception ? Est-ce que l’une de ces raisons était au moins valable ? Si j’étais capable d’adopter l’attitude d’un enfoiré, je pouvais tout aussi bien admettre mes fautes. Ce que je fis face à la diplomatie de Milo. Il n’avait plus envie de se battre et moi non plus. S’il voulait m’apprivoiser, il devra se montrer plus doux, plus sensible presque même fragile. Trois qualités qu’il révéla à ce moment, se sentant peut-être faible alors que je le voyais plus fort. « Je suis d’une nature extrêmement impulsive et je suis incapable de me contrôler depuis... » Arrête-toi Sacha. Je me ressaisis instinctivement, m’empêchant de poursuivre ma phrase. « J’ai exagéré. » Résumai-je avant de laisser passer un dernier mot dans une voix intimidée. « Désolé. » Il devait être soulagé mais je doutai qu’il me laisse m’échapper ainsi. C’était trop facile.

Assumer mes erreurs ne suffirait pas à changer la situation. Milo devait jouer lui aussi. M’avançant vers lui à quatre pattes, je me rangeai à sa gauche les jambes croisées en tailleur. Je me rapprochai de lui comme s’il était un proche ami, fixant son regard avec curiosité. « Je crois que j’ai besoin de passer plus de temps avec toi. J’aimerais te faire confiance mais comment le pourrais-je si j’ignore qui tu es ? » Les premiers mois, tout avait été parfait. Nous étions en symbiose. Sincèrement. Aujourd’hui, c’était l’inverse. Nous étions opposés. Alors, j’éprouvais l’envie et le besoin de l’avoir plus près de moi. Intrigué et décidé, j’avais envie de découvrir son être. Après tout,il est celui que je surnomme mon coéquipier, mon binôme. Nous ne pouvions pas poursuivre ainsi et avec ce qu’il s’était passé, il était impensable pour moi d’avancer sans avoir à l’esprit cette colère qu’il persistait à garder invisible.

Quant à lui, qu’est-ce qu’il imaginait pour la suite ? Que je monte ce mur et que tout repartirait comme avant ? Me connaissait-il assez pour savoir que cette escalade n’améliorera pas ma confiance ? Il a débarqué depuis trois mois et personne dans l’équipe n’est capable de le définir. Oh, je suis quasiment sûr qu’en creusant, il y aura une emmerde. Il y a toujours une emmerde. Mais je suis prêt à prendre le risque. Il n’y a rien de drôle sinon. Je pouvais très bien rester dans mon coin, faire la gueule, attendre et passer à autre chose le lendemain. Je pouvais aussi m’excuser, lui sourire – sincèrement – et jouer de nouveau comme lors de notre première fois. En fait, j’étais capable de tout et de n’importe quoi. Moi-même ne pourrais prédire ce dont j’avais envie. Je suis un garçon qui fonctionne à l’instinct, au moment venu, spontanément en fonction de ce que je ressens et pense sans tenir compte d’une ligne de conduite particulière. Si Milo voulait me comprendre, il devra avoir conscience de ça.

Milo avait un choix à faire, un choix que je lui imposais. S’il voulait retrouver notre entente et notre complicité, il devra me cèder une place plus importante dans sa vie...

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MessageSujet: Re: I feel so close to you right now [Terminé]   Dim 3 Nov - 20:02


    A quoi bon tempêter ? Cela ne ferait que braquer davantage Sacha qui semblait enclin à faire chier son monde. Enfin surtout Milo. Le jeune homme regrettait de s'être emporté pendant l'entraînement au point de violenter Sacha. Il avait perdu son sang froid et cela ne pouvait que lui attirer des ennuis. La preuve en était de leur présence ici. Ils se retrouvaient en tête à tête, obligés de faire équipe s'ils voulaient rentrer. Sauf que Sacha n'en avait rien à faire de passer la nuit ici. Ce qui n'était pas le cas de Milo. Ce dernier décida d'envisager un nouveau moyen d'aborder le problème. Il laissa tomber son agressivité, fatigué de lutter contre Sacha et se décida à se montrer un peu plus doux... Plus las aussi. Il n'était pas vraiment heureux que le jeune homme l'ai ainsi prit en grippe. C'était sans doute plus pratique de se faire détester par Sacha, cela réglait les problèmes de Milo concernant sa sexualité, l'éloignant de la tentation. Sauf que voilà, il n'arrivait pas vraiment à se faire à l'idée que Sacha pouvait se faire une mauvaise idée de lui, le prendre pour un connard, un arrogant et un incapable. Milo avait sa fierté... Et c'était encore plus difficile d'être dévalorisé aux yeux de quelqu'un dont l'avis comptait énormément...

    La réponse de Sacha à son interrogation ne l'aida pas vraiment. Super... Sacha lui faisait la misère sans savoir pourquoi. Très logique. Mais le jeune homme était peut-être un émotionnel... Qui avait des réactions épidermiques plus que réfléchies. C'était bien la veine de Milo tiens. Sauf que là, il ne pouvait pas faire grand chose pour arranger la situation et convaincre Sacha de monter ce foutu mur. D'ailleurs pourquoi est-ce que c'était Sacha qui devait grimper et Milo assurer ? Et bien parce que Sacha devait avoir confiance en celui qui l'assurait, au cas où il louperait une prise. Milo serait celui qui l'empêcherait de s'écraser sur le tapis. Non mais sérieusement, comment pouvait-on seulement imaginer que Milo ne ferait pas attention à l'intégrité physique de Sacha ? Même en lui en voulant, il ne ferait pas le con en le laissant tomber ! Que Sacha puisse le penser était blessant.

    Et indiquait qu'il connaissait bien mal Milo.

    Face au silence de Milo, Sacha continua en avouant être d'une nature impulsive et être incapable de se contrôler depuis... Depuis quoi ? Milo ne le saurait jamais alors que le jeune homme décidait qu'il en avait assez dit et s'excusait du bout des lèvres.

    « C'est sincère cette fois ? Parce que si tu t'excuses pour encore me reprocher des trucs après, ce n'est pas la peine. »

    Il marqua une pause, avant d'adoucir un peu ses paroles, conscient qu'il risquait de braquer Sacha alors que celui-ci semblait enclin à enterrer la hache de guerre.

    « C'est bon. J'aurais pas du m'énerver toute à l'heure et te bousculer. Ce n'est pas mon genre en plus, mais je supporte mal l'injustice. »

    Et c'était totalement injuste de l'ignorer, de lui piquer les passes ou de refuser de lui faire. Surtout quand Sacha avait fait croire juste avant que tout était OK entre eux. Milo ne pouvait pas lui reprocher le mensonge, il ne faisait que cela à longueur de temps : mentir, dissimuler. Il avait été élevé comme cela et dans ce but... Sacha rampa alors vers Milo qui le regarda approcher avec méfiance, se demandant ce qu'il lui voulait maintenant. Il s'installa tranquillement en le dévisageant, avant de lui annoncer qu'il avait besoin de passer du temps avec le colombien, qu'il ne pouvait pas lui faire confiance en ignorant qui il était. Le médecin se tendit légèrement, peu enclin à s'épancher.

    « Tu ne dois pas faire confiance à beaucoup de gens dans ce cas. »

    Sérieusement, qui acceptait de se livrer aussi facilement ? Milo n'était pas du genre bavard quand cela le concernait. Sacha n'avait pas besoin de le connaître pour lui faire confiance.

    « Tu sais qui je suis. Tu sais que je viens de Colombie, que je suis médecin, que j'aime le volley. Qu'est-ce que tu voudrais savoir d'autre ? »

    Milo était sincèrement intrigué. Que voulait Sacha de lui enfin ? Savoir son plat préféré ? La musique qu'il écoutait ? Les films qui l'avaient fait pleurer ? Discuter de sa sexualité ? Sur deux points, Milo ne pouvait pas être sincère : sa sexualité justement. Et le fait qu'il était un mutant. Des zones d'ombre qui devaient le rester. Mais il pouvait essayer de donner le change pour aplanir les choses avec le jeune acteur.

    « Je ne suis pas doué pour ça Sacha. Pour m'épancher. En même temps, on ne me l'a jamais demandé... On ne m'a jamais demandé de me livrer pour me faire confiance... »
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Sacha M. Kwon

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MessageSujet: Re: I feel so close to you right now [Terminé]   Dim 10 Nov - 16:39

Milo changea de registre et il eut parfaitement raison. En bon empathe, je répondais, en règle générale, en employant le même ton que je percevais chez mes interlocuteurs. Alors, s’il avait pour ambition de m’adoucir et de m’apprivoiser il devra adopter un comportement similaire. Je peux être extrêmement farouche aussi bien qu’être docile. Et je faillis rebasculer vers l’agressivité avant que Milo ne confie son tort. Il avait vécu mon énervement comme une injustice. Il n’aurait pas pu trouver qualificatif plus juste. Je me contentai de baisser le regard ne pouvant qu’approuver son jugement.

Témoin et désireux de continuer sur cette voie, je rampai dans sa direction collant ma tête à une distance qui aurait pu être gênante de la sienne. Je lui fis part de mon souhait d’être plus intime et ce dans l’objectif de retrouver notre coopération d’antan. Je n’hésitai pas à lui soumettre ma réflexion disant explicitement que j’aimerais saisir l’occasion de passer du temps avec lui. Mais qu’est-ce que cette demande renvoyait à Milo ? Qu’est-ce qu’il en avait interprété ? « Ah ! Tu te trompes. Je n’ai pas besoin de connaître les secrets d’une personne pour lui faire confiance. Mais savoir qu’elle n’essaiera pas de s’en prendre à moi serait un bon départ. » L’océan était sans limite entre l’ami intime et l’inconnu. Concernant Milo, j’avais plus le sentiment de nager près du territoire de l’étranger. J’aimerais m’échouer près d’un autre continent. Nous avions tous les deux des regrets, à différents niveaux, mais j’avais atteint un stade où des excuses, aussi sincères soient-elles, ne suffisaient plus. « Tu as toujours été discret. Peut-être par ma faute. Je sais que je prends de la place dans l’équipe et je ne t’ai peut-être pas permis de t’épanouir et je peux admettre ça... Avant ça ne me posait pas de problème parce que tout se passait bien mais aujourd’hui... C’est différent. » Ajoutai-je tout en réfléchissant. Impressionnante la maturité hein ?

Malheureusement, Milo ne sembla pas favorable à ce projet. Il me dit que j’en savais assez, sous-entendant qu’en connaître plus n’arrangera pas le souci. « Tu ne te limites pas à une origine, une profession et un loisir Milo. » Il était bien plus que ça. Il avait un passé, un présent et très certainement des projets. Est-ce qu’il me prenait pour un abruti ou bien pensait-il qu’avoir ces trois données devrait me satisfaire ? Ma voix suintait de déception lorsque je précisai : « Et j’ignorais que tu étais Colombien. » Si avec ça il ne comprenait pas mon sentiment. Au final, je finis par penser qu’il n’en avait pas envie tout simplement. Que notre relation actuelle lui convenait parfaitement.

Et à mon tour je me trompais. Milo me confia qu’il n’a jamais rencontré ce genre de demande. « Oui, je comprends. Les gens n’ont pas d’autres choix que de te faire confiance s’ils veulent guérir. Mais moi, je te le demande. » Le cadre était différent évidemment. Je n’étais pas son patient et il n’était pas mon médecin. Seulement pour un médecin il devait être plus évident d’écouter les problèmes de ses patients que d’aborder les siens. On manque bien souvent de recul et d’objectivité lorsqu’il s’agit de soi. Heureusement, ce n’est pas ce que je lui demandais et au vu de notre historique je serais probablement gêné d’en arriver là dans l’immédiat.

Puis, un sourire élargit mon visage. Prenant du recul sur la situation, je fis part de mon amusement à Milo : « Habituellement, c’est le genre de chose qui se fait naturellement. » Discuter, passer du temps avec quelqu’un, l’apprécier... Mais non avec Milo il avait fallu lui en parler avant, en débattre, y fixer des objectifs et en plus avoir son accord. C’était tout de même particulier mais étrangement pas gênant. En fait, j’étais assis à côté de lui et je redevenais le jeune homme enjoué et souriant que j’étais comme si je m’adaptais progressivement à sa personne. Me mordant la lèvre inférieure, toujours avec ce même sourire, je le mis en garde. « Par contre, ça ne veut pas dire que j’ai changé d’avis pour l’escalade. » Je m’assurai que cette conversation ne fasse pas naître de faux espoirs. Et puis maintenant, il savait que s’il s’était montré conciliant ce n’était pas pour se sortir de là. Il y avait un esprit de défi derrière mon affirmation. Monter serait lui donner la victoire. J’allais bien omettre de lui préciser qu’il avait toujours la possibilité de m’appâter, de me faire changer d’avis pourvu que j’y trouve un intérêt. Mais ignorant ce qu’il avait à m’offrir, je doutai qu’il puisse trouver un assez beau trésor pour me pervertir. Je l’ai déjà vu en sous-vêtement, j’étais donc servi de ce côté-là et une partie de jambes en l’air était complètement impensable. Dans la mesure où seul le sexe est un enjeu assez intéressant, Milo pouvait d’ores-et-déjà aller nous chercher des duvets pour dormir. J’espérais secrètement être surpris, que la situation soit plus pimentée, mais il fallait déjà voir si Milo cernait assez bien mon personnage pour comprendre mon fantasme camouflé par mon entêtement.

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MessageSujet: Re: I feel so close to you right now [Terminé]   Dim 1 Déc - 17:08

    La proximité de Sacha ne mettait pas spécialement Milo à l'aise. Difficile de sentir un mec qui vous faisait de l'effet se coller quasiment contre vous, avec une attitude de petit chaton en quête de câlins. Mais le repousser aurait été intriguer Sacha. Aucune raison qu'un mec n'en repousse un autre parce qu'il était trop prêt, à moins qu'il ne soit gêné par ce contact, n'est-ce pas ? Et comme Milo n'avait jamais montré d'homophobie... Cela aurait été le pompom. Et cela pouvait aussi mettre la puce à l'oreille d'ailleurs. Parfois, les homophobes les plus virulents étaient les refoulés qui n'acceptaient pas cet état. Si Milo avait longuement nié, essayant de se convaincre du contraire, ou évitant de trop s’appesantir dessus, son baiser avec Sacha avait été un déclic. Un déclic violent et bouleversant. Et quelque part, il en voulait même à Sacha de cela, alors que c'était lui qui s'était jeté sur lui, sous couvert d'invisibilité, avec une lâcheté qui lui faisait honte rétrospectivement.

    Enfin, maintenant qu'ils étaient calmes tous les deux, qu'ils étaient seuls et qu'ils étaient bloqués là le temps que Sacha cesse de faire son chieur et décide de grimper, autant faire contre mauvaise fortune bon cœur. Milo était suffisamment intelligent et manipulateur pour comprendre où allait son intérêt. Attaquer frontalement Sache ne faisait que buter davantage ce dernier. Il fallait changer de tactique. Et cela fonctionna, alors que le jeune acteur baissait se garde et se montrait plus doux et plus raisonnable. Il confia même à son partenaire qu'il aimerait passer davantage de temps avec lui pour apprendre à le connaître. Naturellement, c'était là une demande qui ne pouvait que renfrogner Milo. Il avait quelques secrets qui se devaient de rester bien gardés. Jamais il ne pourrait être lui-même, avec personne. Pas même avec son père, n'était-ce pas d'une tristesse pathétique ?

    Il tenta donc de détourner Sacha de cet objectif là, sans vraiment de succès. C'était que c'était têtu un Sacha quand même. Bien qu'il apprenne à Milo qu'il n'avait pas besoin de tout savoir pour faire confiance. Milo tourna un regard surpris vers le jeune homme alors qu'il ajoutait qu'il devait savoir qu'on ne s'en prendrait pas à lui.

    « Pourquoi je m'en prendrais à toi ? »

    Bon d'accord, il avait quelque peu pété un câble plus tôt, mais c'était la faute de Sacha qui jouait au con et cela avait fait sortir Milo de ses gonds.

    « Hormis quand on me cherche évidemment. Si tu m'avais dit que tu ne pardonnais rien, au lieu de dire que c'était OK pour mieux me pourrir sur le terrain, je n'aurais pas eu de geste violent envers toi. Cela ne l'excuse pas, je sais. Mais j'ai moi aussi mes limites. »

    Et bien non, le Docteur Sanchez n'était pas un bonze tibétain qui était incapable de s'énerver. Cela arrivait rarement, d'accord, mais la preuve était qu'il n'avait pas un self control à toute épreuve et c'était un amer constat qui ne le ravissait pas. Sacha continua, parlant alors de la place de chacun sur le terrain, dans l'équipe, admettant qu'il tirait énormément la couverture vers lui, une chose qui n'avait pas d'importance jusqu'à ce qu'il y ai ce clash. Un sourire amusé se dessina sur les lèvres de Milo.

    « T'es acteur, non ? Normal que tu ai un ego démesuré et un besoin d'attirer l'attention. »

    Une petite boutade, rien de bien méchant, ni de cassant. Une trace de leur ancienne complicité ? Milo y œuvrait en tous les cas. Après, il fallait espérer que Sacha ne serait pas soupe au lait.

    « Je n'aime pas les feux de la rampe. Mais je pense effectivement, que chacun doit pouvoir trouver sa place. Si déjà, tu arrêtes de m'ignorer quand on joue, ce sera un bon départ. »

    Mais Milo était un bon joueur. L'un des meilleurs de l'équipe, sans doute sous exploité, parce qu'il ne cherchait pas à tout prix à vendre ses qualités. Un tort sans doute. Le coach laissait les joueurs gérer, en fonction de leurs qualités. Ils devaient se gérer également, apprendre à se connaître. Et Milo ne laissait pas grand monde entrer dans sa sphère personnelle. Là encore, il était assez réfractaire aux essais de Sacha. Sacha souligna d'ailleurs que le résumé de Milo était un peu trop réducteur et trop rapide... Et surprit Milo en avouant ne pas savoir qu'il était colombien. Cela semblant le peiner d'ailleurs.

    « Je pensais que tu le savais... »

    Ou que c'était évident. Ne l'avait-il jamais précisé ? Possible qu'il n'ai négligé, pensant que cela était facile à deviner. Ou du moins, qu'il était sud américain. Mais à bien y réfléchir, jamais personne n'avait cherché à le connaître non plus. Il avait toujours instauré une distance de sécurité. Sacha était sans doute le premier à ne pas s'en contenter.

    « Les gens viennent me voir en tant que Docteur Sanchez. Ils n'ont pas besoin d'en savoir davantage. La blouse impose une distance naturelle. »

    Mais personne n'avait cherché à connaître Milo. Et cela l'effrayait que Sacha soit le premier, qu'il pousse le colombien dans ses retranchements. Pourquoi vouloir en savoir davantage ? Pourquoi Sacha ne se contentait pas de ce que Milo avait à lui offrir ? Même si c'était peu, c'était évident. D'ailleurs le jeune acteur ne manqua pas de faire remarquer que normalement, c'était naturel. Quand deux personnes se rapprochaient et devenaient amis, oui sans doute. Sauf que des amis, Milo n'en avait pas. Déjà, il ne se mêlait pas au commun des mortels, il leur était supérieur, cela limitait les relations sociales. Sacha était quoi ? Humain ? Mutant ? Milo pouvait-il se permettre cet écart ? Il en avait terriblement envie. Sacha rompit le charme en ajoutant qu'il ne monterait pas en haut du mur, il n'avait pas changé d'avis. Milo haussa les épaules.

    « Tu comptes me retenir en otage ici jusqu'à ce que tu ai ce que tu veux ? »

    Oui, c'était probablement le plan. Milo décida alors d'y aller au bluff, même si, quand il parla, son cœur battait la chamade :

    « Tu sais que je pourrais penser que cet entêtement à vouloir passer la nuit avec moi pourrait être de l'intérêt pour ma personne ? »

    Tout le monde savait que Sacha était gay. Personne ne savait que Milo l'était, pas même Sacha. Mais s'intéressait-il au colombien ? Pourquoi rester buté et refuser de grimper alors qu'ils s'étaient expliqués et excusés ? Cela n'avait pas de sens. Que voulait Sacha de Milo finalement ? Derrière son apparente décontraction, le médecin sentait son cœur tambouriner comme un fou en attente de la réponse de Sacha. Et que ferait-il d'une réponse positive franchement ?
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MessageSujet: Re: I feel so close to you right now [Terminé]   Jeu 2 Jan - 0:57

Nous n’étions qu’à deux dans le gymnase. L’entraînement était terminé et chacun avait regagné son foyer. Tout le monde sauf Milo et moi. Nous avons été les cancres, les mauvais élèves et évidemment puni pour avoir perturbé le cours. Pour moi, c’était quelque chose d’habituel. Par contre, en ce qui concerne Milo, il avait plus la bouille du sage petit garçon. Mais je ne considérais pas cela comme une punition. Fallait bien trouver un avantage à aller au coin sinon il n’y avait rien d’éducatif là-dedans. Au final, nous étions plus dans une ambiance permanence – un peu moins festive tout de même – que celle des heures de retenue. Milo et moi blablations, nous avancions, très doucement. Loin de se faire confiance, nous n’hésitions pas à nous justifier sur pourquoi avoir eu ce comportement. Mais les choses étaient plus agréables en comprenant que l’un et l’autre nous assumions nos torts. Il savait que j’étais un petit con et moi je savais qu’il pouvait mordre. Et ça me plaisait. Il y avait même cette phrase, légère, que Milo a dite sur mon besoin de reconnaissance. Il me fit décrocher un rictus et une part de tension s’évapora. Je me replaçai à sa gauche, adossé tout comme lui contre notre bon camarade : le mur.

Milo et moi trouvions de quoi nous entendre. Il me demanda d’arrêter de l’ignorer. J’allais l’écouter et même aller au-delà de ce qu’il attendait. Pourquoi ne pas officialiser cette complicité à travers une histoire d’amitié concrète ? C’était beau de s’entendre sur le terrain sans en demander plus mais malheureusement ça avait ses limites pour moi. C’est comme ça que je justifiais ma loufoque et subite idée de sortir avec lui. Ce qu’il y avait de plaisant avec la folie c’est qu’elle ne nécessitait pas d’avoir recours à une explication. Mais peut-être qu’en vrai il y avait un raisonnement derrière. Il tenait, ou non, la route selon l’esprit logique de chacun mais il existait. Pour Milo, la question d’apprendre à se connaître lui avait paru tordue. Qu’est-ce qu’il cherche à savoir ? Curiosité malsaine ou sincère envie de se rapprocher de moi ? Ça devait se bousculer dans sa tête. Pourquoi maintenant ? Qu’est-ce qu’il entend par apprendre à se connaître ? Il y avait une marge entre connaître ses goûts et connaître la taille de son pénis. Bref, si j’avais balancé des doutes dans son esprit, je l’avais fait en toute innocence. Et je lui trouvais même une raison en évoquant l’obligation pour les personnes qu’il rencontrait à lui faire confiance. Milo me répondit que la blouse y faisait pour beaucoup, ce à quoi je pensai tout naturellement que j’aimerais bien le voir avec sa blouse et son stéthoscope.

J’avais fini par dire que je ne monterai pas sur le mur. C’était pourtant la demande de l’entraîneur et si vraiment j’appréciais Milo et que je voulais repartir sur de bonnes bases, je devrais m’y appliquer sans imposer ma loi. Disons que c’était ce qu’il y aurait de plus cohérent avec l’ambiance. Milo sembla le prendre comme un défi. Il était naïf. Il connaissait pourtant mon goût pour le jeu. Et j’avais bien envie de le mettre mal à l’aise. « Si c’est le cas, je crains que tu ne sois pas en mesure de répondre à mes souhaits. » Autrement dit, tente et tu verras. Seulement, il savait tout comme moi que j’avais gagné avant même de commencer et surtout que j’étais celui qui décidais. J’appréciais d’avoir ce pouvoir entre mes mains. C’était jouissif de savoir qu’il restait coincé par ma volonté. C’est ingrat mais j’ai de quoi me justifier : je suis un sale gosse. Voilà, c’est dans ma nature, je dirais même mon sang, et donc c’est un fait contre lequel il m’est impensable de lutter. Milo n’était pas non plus torturé. Au pire, il s’ennuyait, mais il n’avait pas l’air de passer un mauvais quart d’heure. Très sincèrement, ce n’était pas mon cas.

Il  fallait bien qu’il trouve un moyen de s’échapper. Il tenta un pur coup de folie. Il n’y avait pas d’autres mots pour décrire sa supposition. Il fantasma une histoire d’intérêt pour sa personne. Mais qui a dit que je m’en cacherais ou que cela me gênerait de l’affirmer ? Je pourrais m’en défendre avec beaucoup de pureté. Mais c’est bien connu, la meilleure défense : c’est l’attaque. Et face au coup que je m’apprêtais à lui porter, Milo n’était pas prêt de se relever. « En parlant d’intérêt, j’ai apprécié la fougue de ton dernier baiser. » Et unique. Bon sang, il ne m’avait pas embrassé depuis ! Est-ce que je m’y étais mal pris ? C’est vrai que j’ai été surpris les premières secondes mais après je me suis quand même vachement bien rattrapé. Qu’il se rassure, embrasser c’est là où je suis le moins doué. Il verra.

J’avais assez joué à faire semblant. Milo est celui qui m’a embrassé. Il est l’homme invisible. Je n’en aurai jamais la preuve mais je sais que c’est lui. Sa barbe m’avait picoté et lorsque les gars parlent de filles dans le vestiaire, il s’enterre toujours dans un mutisme suspect. Le fait de l’exprimer et de l’accuser directement éloignait encore plus mes doutes. Nous nous étions disputés et je lui avais dit d’aller se faire foutre. Je suis incapable de prévoir ses réactions et en fait, je n’affirmerais pas qu’il soit gay. Néanmoins, je ne bluffais pas. J’avais réfléchi à la question bien avant, l’observant pendant ces deux mois sans qu’il le sache et lorsqu’il me provoqua gentiment en me disant que je m’intéressais à lui, j’ai cherché à inverser la situation. Instinctivement, je l’ai remis face à ses actes. J’avais joué au garçon ignorant, à la limite de la stupidité, qui n’avait pas été embrouillé par cet évènement paranormal alors que quelqu’un de normal aurait été traumatisé. Non moi, au contraire, j’y avais pris beaucoup de plaisir. Et puis si ces derniers mois m’avaient appris une leçon c’était bien que chaque individu révélait son lot de surprises. Milo en avait bien d’autres à son actif mais ça je les découvrirai bien assez tôt. Non là, j’avais besoin de voir s’il assumait son geste et si oui, comment il l’expliquait. J’espérais qu’il le fasse, qu’il ne soit pas lâche et même qu’il m’embrasse à nouveau. Mais ça, c’était dans mes fantasmes. J’attendais la bonne réplique : « de quoi tu parles ? ». Ou peut-être qu’il me prendrait au sérieux mais que j’étais loin d’imaginer les enjeux et alors il me demanderait de n’en parler à personne. « Je sais que c’est toi. » Lui dis-je en adoptant une attitude aussi convaincue que convaincante avec un sourire que je sais bien faire, fier et joueur, qui vous tape sur le système.

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MessageSujet: Re: I feel so close to you right now [Terminé]   Dim 12 Jan - 17:55

    Un muscle se contracta sur la joue du médecin quand Sacha lui rétorqua qu'il n'avait pas de quoi combler ses désirs. En réalité, si, il pouvait le faire, mais cela revenait à faire voler en éclats des années de dissimulation et de prudence. Et il ne pouvait pas se le permettre. Sacha était une passade, un objet de désir passager. Il n'allait pas bousiller sa vie pour un coup de cœur éphémère. C'était ridicule. Ce genre de sentiments étaient à proscrire. Il le savait pourtant, il l'avait apprit depuis sa plus tendre enfance. Ce n'était pas une bonne idée de se retrouver ainsi enfermé avec Sacha. Il était coincé, et devait satisfaire les caprices de l'acteur qui semblait bien parti pour ne pas le lâcher avant d'avoir ce qu'il voulait. Et que voulait-il ? Juste connaître Milo ? Pouvoir lui faire confiance ? Cela demandait malheureusement que Milo lui donne quelque chose... Qu'il se livre un peu et ce n'était pas possible.

    Parfois, il était fatigué de devoir mener ainsi un double jeu... Médecin généraliste... Médecin à Genetic... Hétérosexuel tombeur de ces dames... Homosexuel frustré et malheureux. Autant de facettes qui allaient finir par le rendre fou. Il était tentant de tomber le masque, une fois. De dire la vérité et advienne que pourrait. Mais jamais il n'en aurait le courage. Pas au risque de déplaire à son père. Ou le décevoir.

    Et pourtant, il joua avec le diable en lançant sa dernière phrase. Son ultime question. Un coup de bluff peut-être. Un désir inconscient de pouvoir se libérer d'un poids. Quelle mouche l'avait donc piqué ? Il espérait peut-être désarçonner Sacha. L'entendre répliquer un truc avec humour et ainsi balayer les espoirs, les doutes, les fantasmes de Milo. Malheureusement, il en fut pour ses frais quand Sacha ne répondit pas à la question, mais lança une bombe qui paralysa Milo. Il s'était figé, son visage perdant toute couleur et devenant inexpressif sous l'effet du choc. Un mécanisme de défense depuis longtemps appris. Ne rien laisser paraître. Le changement était subtil.

    Mais comment Sacha pouvait-il savoir que c'était lui l'embrasseur invisible ? Il était sûr et certain de ne pas avoir été vu ! Il était certain de n'avoir laissé aucun indice ! Comment, avait-il pu deviner ? Ou même seulement le supposer quand l'hétérosexualité de Milo ne faisait aucun doute au nombre des jolies femmes qu'il avait pu avoir à son bras... C'était impensable. Il en conclut que Sacha bluffait lui aussi. Et devait guetter avidement sa réaction. Venait-il de se trahir d'ailleurs ? Le choc avait été tel qu'il n'avait pas pu jouer la comédie. Bien sûr, le colombien aurait pu s'en défendre, lui demander de quoi il parlait, se moquer de lui en lui rétorquant qu'il prenait ses rêves pour la réalité. Il pouvait mentir, encore.

    Il se contenta de garder le silence pourtant.

    Son regard se baissa vers le sol, alors qu'il réfléchissait furieusement à ce qu'il devait faire pour sauver les meubles. Sa raison le poussait à se défendre, à dire que c'était n'importe quoi. Mais une partie de lui, fatiguée des faux semblants, avait juste envie de rendre les armes et d'avouer. Quelque part, il était soulagé que Sacha l'ai identifié. Mais aussi horrifié devant ce nouvel élément qui allait singulièrement compliquer sa vie. Il n'y avait vraiment pas d'échappatoire. Devant son silence buté, Sacha enfonça le clou, affirmant être sûr et certain que c'était lui la dernière fois.

    « Tu as l'air bien sûr de toi. »

    Alors Milo redressa la tête, fixant Sacha du regard. Son visage était impassible, mais dans ses yeux clairs, on pouvait lire un ouragan d'émotions contradictoires... La lassitude, le doute, l'amertume... L'espoir.

    « Tu me fais quoi là, Sacha ? Tu bluffes ? Tu prêches le faux pour savoir le vrai ?A quoi bon répondre, puisque tu as ta propre opinion. Et je sais que quand tu as une idée en tête, il est impossible de t'en faire changer. »

    Il se tut, ne détournant pas le regard, malgré l'envie de fuir loin de là. Mais il était peut-être temps de tenter quelque chose d'inédit : faire confiance. Mais pas si facilement.
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MessageSujet: Re: I feel so close to you right now [Terminé]   Sam 18 Jan - 0:08

Lorsque j’étais enfant, je réglais toujours mes problèmes en donnant des coups de poing. Lorsqu’un camarade m’embêtait, je le tapais. En grandissant, je n’avais pas changé. Dès que je me sens vulnérable, pris au piège, je dois absolument contre attaquer. Néanmoins, j’avais gagné en subtilité. Je m’efforçais d’employer les mots plutôt que la force physique. Bien souvent, je craquais et rappelais mes vieux démons. D’autres fois, je réussis à avoir le dessus sans même retrousser mes manches. Dans ce cas, c’était une double victoire. C’était exactement ce qui venait de se produire avec Milo.

Quelque part, sa naïveté était touchante. Il pensait me coincer et m’embarrasser devant son assurance. Il oubliait que j’ai passé ces trois dernières années à jouer avec les hommes, à faire semblant, à simuler un rôle et à mentir. Mes relations avec les femmes n’étaient pas aussi complexes, beaucoup moins prises-de-tête à vrai dire mais c’est parce que je les trouvais moins intrigantes. Milo savait parfaitement jouer de ses charmes et il avait raison de le faire. C’était un beau parleur mais il n’avait pas de mauvaises intentions. Tout chez lui était séduisant. Il était physiquement parfait et surtout son esprit renfermait énormément de mystères. Sauf que je n’allais pas me laisser berner par ses beaux yeux. Et tout de suite, je me rétractai pour lui révéler un secret que je n’aurais jamais dû. D’une certaine façon, il avait réussi son jeu.

Étonnamment, il fit preuve d’un sang-froid exemplaire. Il dévora mon regard, ému ou en colère ? Impossible de le décrire. Tout ce que j’arrivais à ressentir c’était un bouleversement. A cet instant, un lien s’était créé. Je ne m’attendais pas à ce qu’il ait cette réaction. Il ne niait pas. Il n’avouait pas. Il me dit simplement que j’étais trop borné pour changer d’idées. Il avait raison. J’avais foi en mon instinct.

Je m’étais mis en danger en pensant l’avoir. Je lui ai dit que je savais qu’il m’avait embrassé. Il l’avait fait mais en étant dans un état d’invisibilité. Cela ne m’avait pas effrayé ni même questionné. Et lui non plus. Les circonstances dans lesquelles ce baiser avait eu lieu aurait dû nous alerter. C’était marrant de voir comme ce baiser primait sur son pouvoir. Je veux dire, implicitement, nous savions tous les deux qu’il était mutant. Si Milo m’avait embrassé sans avoir recours à sa capacité, je n’aurais eu besoin de faire preuve d’autant d’aplomb. Qu’il fasse ça en se cachant provoquait chez moi un état d’excitation mais également d’énervement. « Bluffer ? Comment pourrais-je bluffer sur un baiser ? Ce n’est pas le genre d’expérience que tu inventes. » Le défiai-je.

« Tu n’es pas le seul à avoir un don. » Second round. Le pouvoir. C’était dangereux d’aborder le sujet. Ross et Sonny bataillaient pour que j’arrête d’en parler au premier venu. Et comme je suis un garçon très obéissant... Mais si Milo avait un pouvoir, il avait autant à perdre. « Tu t’es planqué derrière ton invisibilité en pensant te protéger. Tu as eu tort. Il existe des certitudes plus fortes qu’un regard. » Je marquais un temps d’arrêt par compassion. Je voulais qu’il assimile chaque mot, qu'il comprenne que je n'étais pas n'importe qui. Puis, dans un murmure, je finis par me demander : « Qu’est-ce que tu as à cacher Milo Sanchez... » Je n’avais pas prononcé ces paroles comme une question directe mais comme une réflexion personnelle. C'était comme une enquête dans laquelle je cherchais à comprendre le mobile du suspect.

J’avais tout fait pour le perturber. D’abord le baiser, ensuite le pouvoir... Entre mutation et sentiments, je m’élançais impulsivement dans une relation dangereuse. Mais je me maudissais. Je me maudissais de lui parler de don. J’étais prêt à sacrifier ma sécurité pour avoir le dessus, pour m'amuser. Et le pire dans cette histoire est que je n’étais même pas effrayé ; au contraire. J’étais bien plus dérangé que ce que je pensais : trop sûr de moi, trop joueur et tôt ou tard, j’allais le payer.

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MessageSujet: Re: I feel so close to you right now [Terminé]   Dim 26 Jan - 21:28

Alors que Sacha avait deviné l'instigateur du baiser volé, Milo se sentit... vulnérable. Soulagé de ne plus avoir ce secret là à étouffer avec Sacha, mais également fragile alors que le jeune homme savait quelque chose de lui qu'il tentait de cacher. Ce n'était pas très agréable de se sentir ainsi démuni. Il n'avait pas l'habitude de ne pas contrôler la situation et là, elle lui échappait complètement. Comment rattraper le coup ? Nier aurait été sans doute vain, Sacha avait sa conviction, il n'aurait pas parlé de cela sans être sûr de son coup. La question était de savoir comment il en était arrivé à cette conclusion, Milo était persuadé de n'avoir laissé échapper aucun indice. Alors quoi ? S'était-il trahi par des gestes, des regards ? Il ne pensait pas...

Sacha ne parlait même pas du fait de se rendre invisible, cela ne semblait pas important. De deux choses l'une : ou il connaissait déjà l'existence des mutants et en côtoyait même. Ou il en était un lui-même. Qu'il en soit un arrangerait Milo, au moins, il ne se pervertirait pas avec un être inférieur. Maigre consolation. Ressentir du désir pour un autre homme était déjà un crime pour son père. Il ne passerait jamais l'éponge là dessus. Mais Milo en avait marre d'étouffer ses désirs, d'étouffer sa sexualité. Les femmes ne le comblaient aucunement... Il lui manquait quelque chose et cela le rendait complètement fou. Il avait tenu des années.

Et voilà que son fragile contrôle était rompu.

Sacha monta sur ses grands chevaux, s'attirant un regard aiguisé de la part de son partenaire.

« Bluffer sur la personne qui a pu te le donner. Pourquoi penser à moi ? De toutes les personnes que tu connais, pourquoi moi ? »

La suite saisit Milo. Sacha parlait de pouvoirs comme si de rien n'était. Il avait un sacré culot. C'était audacieux. Ou incroyablement stupide. A moins qu'il ne fasse confiance à Milo pour ce coup là. De toutes façons, en quoi Milo pourrait s'en servir contre lui ? Ah s'il savait que son homosexualité n'était pas la seul secret que le colombien entretenait. Genetic serait intéressé par un nouveau mutant... Mais serait-il capable de vendre Sacha ? Non. Il n'avait même pas besoin d'y réfléchir, la réponse s'était imposée à lui. Il ne vendrait pas le jeune homme, pas parce qu'il avait de la sympathie pour lui (à défaut de reconnaître des sentiments), ni même parce qu'il pouvait dévoiler la sexualité de Milo, mais parce que Sacha était... son fruit défendu. Son jardin secret. Son plaisir coupable. Il voulait le tenir loin de son autre vie. Quelque part, il pressentait que sa vie basculait, qu'il pouvait avoir un aperçu de ce que pourrait être sa vie si elle était normale.

Il resta muet, alors que Sacha reprenait, enfonçant le clou en parlant de l'invisibilité de Milo, expliquant que cela ne protégeait pas des certitudes. Cela aurait du. Cela aurait vraiment du. Quel était le pouvoir de Sacha ? Peut-être que c'était grâce à ce don qu'il savait ?

« Et quel est le tien ? »

De don bien sûr. Malgré la situation qui semblait quelque peu désespérée pour le médecin, sa curiosité ne pouvait rester au placard. Il avait été trop formaté pour cela, trop conditionné pour ne pas saisir l'occasion. Même si cette découverte resterait pour lui seul. Le murmure de Sacha le toucha de plein fouet, même s'il ne lui était pas destiné. Il ne comprenait pas et ne pouvait pas comprendre. Ce qu'il avait à cacher ? Tellement de choses... Sacha n'avait aucune chance de deviner le tout, mais concernant le baiser... Concernant les penchants de Milo...

« C'est vrai, tu sais si peu de choses sur moi. »

Il émit un petit rire, entre arrogance et désespoir, un peu moqueur, grave.

« Cela semble si facile pour toi de t'afficher avec d'autres hommes, de balancer à tout le monde ton homosexualité, tu l'assumes totalement, tu te fous du regard des autres, tu encaisses les vacheries et les préjugés. Je t'admire pour ça. Et je t'envie de cette liberté... Comment l'ont pris tes proches ? Tes parents ? Tu ne peux pas comprendre, tu ne connais pas ma famille. Ils n'accepteront jamais ma « déviance » sexuelle. Je m'affiche avec les plus belles femmes, je les séduits avec une facilité déconcertante et je ne ressens rien pour elles... Mais je sauve les apparences. Puis, je suis arrivé ici. Et t'es venu tout bouleverser. »

Il soupira. Après avoir été si secret, si taciturne, si mystérieux, il se lâchait, faisant part à Sacha de cette souffrance constante, mais aussi de son ressentiment vis à vis du jeune homme. Sacha n'y était pour rien, mais voilà, c'était par lui que la faiblesse était arrivée.

« Ce baiser aurait du assouvir une obsession. Après, j'aurais été tranquille. Mais cela n'a fait que confirmer ce que je craignais. »

Il ferma les yeux, sa tête contre le mur, l'air blessé, terriblement vulnérable désormais. Démuni. Une porte s'était ouverte. Quelque chose avait changé. Ce qu'il refoulait sortait enfin et plus rien ne serait comme avant...
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Sacha M. Kwon

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MessageSujet: Re: I feel so close to you right now [Terminé]   Mar 28 Jan - 23:07

Pourquoi lui ? Je ne détenais pas la moindre preuve. Seulement mon instinct. Mais je trouverai bien une excuse dans mon chapeau magique. Je réfléchis quelques secondes, ne dissimulant pas mon hésitation. « Hmm... » Je balayai du regard la pièce. Et j’eus un flash. La réponse sautait aux yeux, elle était là, juste à côté de moi. « Tu es beaucoup trop sexy pour être hétéro. » Malin ça. Il devra s’en contenter. Il devra se dire que ma logique n’était pas la sienne, qu’il pourrait ne jamais expliquer mon raisonnement. Sans doute que sa barbe aurait fait une bien meilleure pièce à conviction mais c’était moins drôle. Fier de ma justification, la croyant imparable, mon visage exprima un sourire symbolisant ma satisfaction. Un sourire si malin qu’il en serait agaçant... Pour lui. Pour être honnête, ce n’était pas mon discours mais celui de la gente féminine. Combien de fois j’ai entendu une fille dire que les gays étaient parfaits : beaux, intelligents, amusants, sensibles. On l’a tous entendu un jour. Une discussion entre deux amies : « il est super ce mec, t’en penses quoi ? » demande la première. « Laisse tomber, il danse trop bien, il est forcément gay. » répond la deuxième. Je n’inventais rien. Heureusement, ça fonctionnait uniquement dans ce sens. Moi par exemple, jamais je ne dirais : « il est génial lui, il est forcément hétéro. »

Après ce moment léger, j’abordai un sujet beaucoup plus sérieux : celui des pouvoirs. En prétendant savoir que Milo était celui qui m’avait embrassé, je finirais inévitablement par parler de son pouvoir. Même si pour moi cela avait moins d’importance. Sa question était naturelle. Je connaissais son don, il voulait savoir le mien. « Certains disent que j’ai le don de m’attirer des ennuis. » Rétorquai-je une nouvelle fois avec le sourire aux lèvres. Je préférai garder le mystère et surtout avoir une longueur d’avance sur lui. Il ne savait pas de quoi j’étais capable et je pouvais m’en amuser encore. De plus, je savais ce qu’il était en train de faire. Il essayait de détourner la conversation. Il essayait de me faire parler, d’enchanter mon égocentrisme pour que je l’oubli. Raté. Je revins alors à la charge, lui faisant part de ma réflexion sans gêne. Qu’est-ce qu’il cachait ? Je ne me faisais aucune illusion quant à sa réponse et pourtant...

Milo se dévoila. Pas entièrement, pas trop, juste assez pour répondre à ma question. Il commença par me confier qu’il admirait mon courage, celui qui me permettait non seulement de m’accepter mais également de survivre aux jugements des autres. Je m’autorisais à être libre. Et cette liberté, Milo en rêvait secrètement. Il demanda ensuite quelle avait été la réaction de mes proches pour me persuader que la sienne n’était pas prête à entendre sa véritable nature. Par conséquent, il était forcé de « s’afficher » avec des femmes sans éprouver le moindre désir pour elles afin de répondre aux attentes de sa famille. Puis, il a débarqué à L.A. Il a débarqué dans ma vie. Il dit que j’avais tout bouleversé... Ces derniers mots firent naître une sensation étrange. Je retins malgré moi ma respiration alors que mon cœur réagit. C’était fort mais je ne laissai rien paraître. Il finit par me dire que j’étais un test. Le baiser que nous nous étions échangés, au fond, il espérait en être dégoûté.

J’aurais aimé lui donner de belles paroles. J’avais tant de choses à lui dire. Des sagesses de ma propre expérience. Mais Milo n’était pas une personne que je pouvais traiter de façon superficielle. Et sans savoir pourquoi, j’étais persuadé qu’il se passerait d’entendre des discours tels que : « si ta famille t’aime réellement, ils t’accepteront ». Cette discussion lui faisait mal, je le sentais et je n’avais pas besoin de mon pouvoir pour le comprendre. Il se trompait, j’étais capable de savoir à quel point c'était difficile, à quel point c’était une souffrance de se cacher, à quel point c’était une torture de faire semblant. J’aurais voulu le prendre dans mes bras, lui toucher la main mais j’en étais incapable. Bien qu’il semblait éliminer les barrières, je ne pouvais pas lui infliger ça. Je ne pouvais pas le soumettre à un désir auquel il n’était pas prêt. Ce serait cruel.

« Désolé. Je n’ai rien prémédité, je te le promets. » Dis-je dans un premier temps pour plaisanter. Dans ce genre de situation, instinctivement, j’avais besoin de rire avant que la gêne ne soit trop grande. Cela permettait de dédramatiser la situation même si elle méritait qu’on y porte de l’attention. « J’aimerais te poser une question. » Je n’avais jamais été aussi doux avec lui, si prévenant et protecteur. Je ressentais son état de vulnérabilité et je détestais ça. Je ne supportais pas de le voir comme ça. J’avais conscience qu’il n’était pas dans sa nature de s’autoriser à se confier. J’avais conscience que cela avait remué beaucoup de ses certitudes et je ne voulais pas qu’il le regrette. « Est-ce que tu es heureux ? » La question était si simple. Si simple et paradoxalement elle pouvait engendrer beaucoup de douleurs. Qu’est-ce qu’il m’avait pris de lui dire ça ? Je n’osais plus le regarder. J’avais peur d’affronter son regard, peur de ressentir ce qui l’animait. Je voulais seulement lui apporter l’écoute qu’il attendait, être ce type qu’il n’attendait pas mais qui été là, avec lui, dans ce gymnase.

C’était un moment privilégié et j’avais peur de le gâcher.

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MessageSujet: Re: I feel so close to you right now [Terminé]   Mer 5 Fév - 13:19

Si Milo s'était attendu à une réponse sincère de la part de Sacha, il en fut pour ses frais. Il soupira, légèrement agacé. N'importe quoi ! Tous les mecs sexy n'étaient pas gay (heureusement d'ailleurs, sinon les femmes n'avaient plus qu'à aller se pendre). Et bien sûr, Sacha était bien content de sa petite pirouette. Peu convaincu, le colombien lui lança un regard noir.

« Je me contenterais de ce bobard. Pour le moment. »

Enfin non, ce n'était pas vraiment un mensonge, parce qu'effectivement, Milo était beau gosse et attirait les filles comme une lumière des papillons. Et les mecs, bien que de façon moins prononcée. Heureusement, Sacha ne se décida pas à poursuivre dans cette voie, mais plutôt dans celle des pouvoirs. Milo était doublement découvert... Homosexuel et mutant. Ah bravo, joli travail. Si Cristobal l'apprenait... Il passerait un sale quart d'heure. Rien que d'imaginer la déception dans le regard de son père lui retournait l'estomac. Mais au moins, Sacha était mutant aussi, cela allégeait un peu la faute. Sa réponse réussit à amuser Milo dans l'abysse de son désespoir. Il était partagé. Il avait le cœur léger de ne plus cacher cela à Sacha, mais également l'âme alourdie par le poids de ses fautes et sa trahison envers son père.

« Ils n'ont sans doute pas tort. »

Il se tut un instant, mais Sacha n'en dit pas davantage. Milo eut un claquement de langue agacé.

« Tu as aussi celui de ne pas répondre aux questions et d'être horripilant. »

Mais malgré cela... Milo se laissa aller. Pour la première fois depuis... Toujours ? Il osa confier ce qu'il avait sur le cœur. Il se livra, comme jamais encore, pas même à son père. Son père ne savait pas qu'il préférait les hommes. Mais Sacha ne savait pas qu'il œuvrait pour Genetic. Un point partout, balle au centre. Tous ses secrets n'étaient pas dévoilés, et il n'avait pas l'intention de le faire. Sacha, lui non plus, ne se livrait pas entièrement, ne répondant même pas aux questions légitimes de son coéquipier.

Coéquipier... Ce mot résonnait bizarrement dans l'esprit de Milo. C'était trop réducteur. Ce n'était plus adéquat désormais. Pas plus qu'amis. Ils étaient quoi au juste, maintenant qu'ils étaient liés par les secrets ? Il n'en avait aucune idée. Et après ? Demain ? Milo retournerait-il dans sa vie comme si de rien n'était ? Jouerait-il de nouveau au volley avec Sacha, seulement complices ? Les choses pouvaient-elles être aussi simples ?

Non, bien sûr que non.

A la fin de sa confession, Milo sembla accuser Sacha de tous ses maux. Sembla seulement. Il ne pouvait pas lui imputer la faute, même s'il avait été l'élément déclencheur de sa prise de conscience et de sa souffrance. Une souffrance savamment masquée jour après jour... Cachée dans les bras de femmes pour lesquelles il ne ressentait rien. Il ne rêvait pas de leur poitrine et de leur intimité moite, mais devait s'imposer d'autres images pour pouvoir les entreprendre comme il le fallait. Et cela, depuis qu'il avait Sacha dans l'esprit. Depuis le baiser... Quelle folie il avait commise là ! Il aurait mieux fait de ne jamais cherché à savoir. Si seulement il avait le pouvoir de remonter le temps...

Sacha y alla d'une petite blague pour essayer de détendre l'atmosphère, sans succès auprès de Milo, malheureusement. Il avait le regard grave et désespéré de celui qui a tout perdu. Il avoua vouloir encore poser une question.

« Vas-y. Mais je vais peut-être décider de faire comme toi et ne pas y répondre. »

Une accusation, sous couvert de boutade. Quoique, son ton n'était pas vraiment léger et propice à la plaisanterie. Mais il n'y avait pas d'agressivité non plus, pas même d'animosité. De la lassitude plutôt. Le ton doux de Sacha l'empêchait de monter sur ses grands chevaux. Et puis, le combat était perdu, il était un soldat en pleine rédition. La question, toute simple qu'elle fut, fit l'effet d'un coup de tonnerre dans un ciel bleu. Milo se figea. Il ne voulait pas répondre à ça... Il ne voulait même pas y réfléchir. Parce que s'il le faisait... Il en viendrait à la conclusion qu'il ne savait même pas ce qu'était le bonheur, que jamais cela n'avait été un but à atteindre, ni une philosophie de vie. Il saurait qu'il avait été le parfait petit soldat créé par son père... Son père qui ne cherchait pas son bonheur, ou du moins, qui pensait que d'en faire sa copie conforme lui suffirait à l'être.

Sauf que Milo ne trouvait pas l'épanouissement dans la chasse aux mutants.

Qu'il ne le trouverait jamais en épousant une jolie fille, mutante bien sûr, intelligente, mais pas trop fouineuse, qui épouserait les idées des Sanchez et qui, surtout, saurait faire de beaux enfants... mutants. Il ne serait jamais heureux en cachant sa sexualité. Ni en se montrant plus dur et impitoyable qu'il ne l'était, juste pour faire plaisir à son père.

Et pour sa propre survie, même s'il l'ignorait, encore incapable d'accepter que son père était prêt à tout. Absolument tout.

Le silence fut la seule réponse de Milo pendant un laps de temps qui parut une éternité.

« En quoi cela a-t-il de l'importance ? Qu'est-ce que ma réponse t'apportera ? »

Qu'en ferait-il en réalité ? Quel intérêt avait Sacha de poser cette question ? Juste par... amitié ? Par compassion ? Ou bien en ferait-il quelque chose ? Déciderait-il de remédier à ce manque de bonheur chronique ? Se mettrait-il en tête de se faire l'ange gardien de Milo et de venir pimenter un peu son quotidien et surtout, lui donner une leçon de vie ?
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Sacha M. Kwon

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MessageSujet: Re: I feel so close to you right now [Terminé]   Ven 7 Fév - 13:39

Je m’étais comporté comme une fouine me faufilant aux travers de ses questions. Cela avait été un jeu, un amusement alors que lui semblait le prendre un peu plus sérieusement. Il aurait aimé savoir pourquoi je l’avais soupçonné si consciemment. Et pourtant, ce que je lui rétorquais était cette vérité qu’il attendait. Milo était seulement incapable de s’imaginer que mes preuves relevaient d’une absurdité. Quant à mon don, il cautionna cette aisance avec laquelle je me fourrais dans des situations indélicates. Il m’attribua également deux autres compétences : celui d’éviter les questions et d’être, je le cite : « horripilant ». Je ris alors. Il avait tout à fait raison, le nier serait une surcharge de mauvaise foi. S’il savait le comble de cette histoire, il serait désespéré. Malgré ça, il demeurait assis à côté de moi. C’est qu’il devait m’aimer malgré mes défauts. Comme il savait qu’il sera prisonnier du gymnase toute la nuit, il aurait pu rejoindre le vestiaire pour aller se reposer. Evidemment, j’aurais trouvé une raison pour aller l’emmerder là-bas. Milo ne pouvait pas se passer de moi, il aimait que je sois avec lui, tout simplement.

Mon équipier ne décrocha aucune satisfaction à ma plaisanterie. J’espérais que cette question fermée et paradoxalement ouverte, se faisant indéniablement poser la question de l’épanouissement, le fasse réagir. Il m’avait prévenu qu’il n’y répondrait probablement pas pour se venger de mon comportement. Ce qu’il fit mais pas de la même façon. Il y avait eu beaucoup de silence jusqu’à ce qu’il se décide à parler. J’ignorais quels ressentis l’avaient tourmenté pendant ce temps mais sa première question me fendait le cœur et au fond de moi, je me répétais la même chose : « en quoi cela a-t-il de l’importance ? » J’étais choqué, interpellé, inquiet, apeuré, bref, il m’avait coupé le souffle. Milo ne considérait donc-t-il pas le bonheur comme une aspiration ? J’ai toujours pensé que chaque être humain espérait être heureux. Milo venait de détruire cette opinion, mais encore, ce sentiment n’était rien à côté de mes craintes le concernant. « Il ne s’agit pas de moi ou de mon intérêt. Je n’en ai aucun en fait. Je déteste te savoir comme ça. Te taquiner c’est facile, surtout que tu rentres dans mon jeu facilement mais te faire du mal... Même si c’est inconscient... Je ne suis pas là pour ça. » Aussi égocentrique et égoïste que je puisse être, ou bien qu’il estime que je suis, ma seule ambition était de l’aider. Je n’en tirai aucun profit. J’étais peut-être nul dans ce rôle et peut-être que mon écoute laissait à désirer, je n’en savais rien, je n’étais pas très doué pour réconforter les gens. J’étais meilleur pour amuser la galerie. J’étais le bon pote qu’on vient voir parce qu’on a envie de rire mais lorsqu’il s’agit d’aborder des choses profondes... Tout le monde se passe volontiers de ma personne. « Si la réponse n’est pas spontanée c’est qu’elle doit être douloureuse. » Clôturai-je.

Il y eu ensuite ces quelques secondes lourdes de silence. Je ne savais pas ce qu’il attendait de moi précisément et j’estimais qu’il était bien plus éducatif qu’il réponde à ses angoisses par lui-même, comme un adulte. Je l’orienterai selon mon expérience et mon caractère, selon ma vision de la bonne conduite mais c’est à lui de faire ce qu’il convient pour lui et non pour son père. « Si je comprends bien, je ne suis pas prêt de rencontrer ma belle-famille ? » Ris-je en tapotant légèrement mon épaule contre la sienne. C’était ma seule force à vrai dire : détourner une situation dramatique en une scène plus légère. Nous imaginer en couple était une farce mais nous projeter dans un repas dominical chez les Sanchez... Ça devrait m’amuser bien plus que Milo. Par contre l’inverse était tout à fait possible. Si j’invitais Milo à un repas chez les Kwon, il verrait ce que c’est d’être accepté malgré sa différence, il verrait l’amour d’une famille unie – même si comme toutes, nous avons nos doutes et nos déchirements. J’étais même à parier que mon homosexualité ne serait pas mentionnée une fois au cours du repas parce que c’était quelque chose d’acquis. Ils me demanderaient simplement si j’ai trouvé chaussure à mon pied au même titre que Spencer ou Sean. Est-ce que je pouvais lui infliger ça ? Le frapper en plein figure d’un modèle de ce que doit être une famille pour moi ? Oui. Je le ferai parce que Milo souffrira inévitablement s’il veut évoluer. « Je ne dirai rien à personne. Je te le promets. » La question ne s’était peut-être pas posée pour lui. Cette confiance qu’il m’avait offerte, je ne la gâcherais pas. J’avais pas mal de défauts mais pas celui de trahir les confidences. Plus qu’une confidence, c’était un véritable secret. Le genre a bouleversé une vie s’il venait à être révélé. Je me sentais capable de l’assumer et je voulais qu’il sache que j’étais fiable comme personne.

Il était temps que je stoppe cette torture. Je ne me sentais pas encore assez proche de lui pour le faire parler, lui dire mon avis. Si ça avait été le cas, j’aurais exprimé mon mécontentement, mon énervement et l’impulsif que je suis lui aurait dit qu’il n’était qu’un con et ses parents des enfoirés. Qu’il profite donc de cette sagesse, j’avais été serein bien que les intestins noués par ses regrets. Des regrets qui ne m’appartenaient pas mais dont je me sentais proche. Jamais je n’avais été dans une telle situation, à cacher ma nature, à me demander ce qu’il convenait de faire ou de me taire pour satisfaire les idéaux de ma famille. Néanmoins, chaque sujet se rapportant à l’homosexualité, comme par exemple le coming-out, me touchait inévitablement. « Je crois que tu as amplement mérité que je te rende ta liberté. » Pour ce soir seulement. Un homme comme lui, on n’en croise pas tous les jours. Je ne le lâcherai pas sans en savoir plus.

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MessageSujet: Re: I feel so close to you right now [Terminé]   Sam 8 Fév - 20:04

Que répondre ? De nouveau, Sacha arrivait à déstabiliser Milo. Mais la réciproque était également vraie. En décrétant qu'il ne grimperait pas à ce foutu mur et ne le ferait que quand il l'aurait décidé, après avoir cuisiné Milo, Sacha ne s'attendait sans doute pas à ce que les choses tournent ainsi. Il n'avait sans doute pas deviné que derrière le beau gosse, riche, médecin, qui semblait avoir tout pour être heureux, se cachait un être infiniment plus complexe qui ne savait pas comment gérer sa sexualité, qui n'en avait même pas le droit. Quelqu'un de fragile... Que Sacha en profite, il n'était sans doute pas prêt de revoir Milo dans cet état là. Le colombien se reprendrait vite et se maudirait de s'être montré aussi faible devant un autre, fut-ce Sacha. Le regretterait-il ? Ça, c'était une autre histoire... Est-ce qu'il regrettait ce rapprochement avec Sacha. Non. Si l'on oubliait tous les éléments extérieurs, il ne pouvait pas regretter. Il avait peut-être gagné un allié, un ami... A défaut d'autre chose, puisqu'il s'imposait lui-même certaines barrières.

Mais que devait-il comprendre quand le jeune homme lui avouait détester le voir dans cet état là ? Qu'il tenait à lui ? Que malgré leurs prises de becs, leurs différents, Sacha tenait à lui ? S'intéressait à lui ? Oui, c'était ce qui filtrait de ses paroles, qui semblaient sincères. Il ne voulait pas le blesser, ni le mettre en difficulté. Comment aurait-il pu deviner qu'une simple question puisse mettre Milo dans un tel état ? Ils venaient de milieux, de familles, très différentes. Et quand Sacha décida de changer de sujet, Milo acquiesça à sa conclusion, qui était on ne peut plus juste.

Il n'y avait rien d'autre à dire.

Sacha décida alors de enter un autre trait d'humour. Il s'attira un regard grave et songeur de la part de Milo qui ne pouvait vraiment pas en rire. Il lui suffisait d'imaginer Cristobal et Sacha... Non, totalement irréel... Et surtout, Sacha risquait sa peau. Cristobal pouvait détruire un obstacle comme in claque des doigts. Sans forcément avoir recours à des moyens physiques. Mais il avait le bras long. Si Sacha avait soupçonné le quart de qui était Cristobal, il n'aurait pas pu en rire. Mais une autre notion lui sautait au visage : Sacha qui parlait de belle famille... Pour plaisanter ? Ou bien Milo lui plaisait assez pour qu'il s'imagine en couple avec lui ? A cette idée, Milo ressentait une drôle d'émotion, sur laquelle il préférait ne pas s'attarder. A chaque jour suffit sa peine, chaque chose en son temps, mieux valait ne pas trop spéculer.

« Pour ton bien, il ne vaut mieux pas. »

Il avait répondu avec douceur et gravité. Doucement, il reprenait ses esprits et le contrôle de ses émotions. Cela se voyait sur son visage et dans son regard. Une nouvelle distance prudente s'installait, sans pour autant qu'il ne se retranche totalement et se coupe de Sacha. Le jeune homme lui confia alors qu'il ne dirait rien à personne. A quel sujet ? Pouvoirs ? Homosexualité ? Tout sans doute et c'était très bien ainsi. Cette fois, Milo se permit un petit rire.

« Tant mieux, je n'aimerais pas devoir te tuer. »

Il sourit légèrement en lui adressant un petit clin d’œil. Voilà, Milo était redevenu Milo. Terminées les confidences. Mais cela faisait du bien et il savait que les choses avec Sacha n'en resteraient pas là. Parce qu'il commençait à connaître le jeune homme et sa façon d'agir. Ils allaient retrouver leur complicité et même l'approfondir. De façon normale. Dans une vie qui n'était pas. Sacha décida alors qu'il était temps d'en terminer. Milo lui jeta un regard surpris. Il se releva alors.

« Super. Mais ça m'étonne de toi, j'aurais pensé que tu en aurais profité pour passer la nuit avec moi. »

Bizarrement, c'était plus facile de parler de ce sujet maintenant. Il n'y avait plus d’ambiguïté après plus... Et finalement, les deux sportifs décidèrent enfin de faire l'exercice imposé par le coach. Sacha ne rechigna pas et Milo ne le lâcha pas, lui intimant d'une voix ferme et assurée quoi faire pour arriver au sommet sans embûches et les fois où Sacha n'atteignait pas la cible, Milo l'assurait, l'empêchant de se retrouver quelques mètres plus bas. Ils avaient confiance l'un en l'autre désormais et ce n'était pas grâce à l'escalade mais à l'entêtement de Sacha et des confessions volées dans un instant hors du temps.

Et les choses ne seraient plus jamais pareilles.
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