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 Aie confiance… crois-en moi…[terminé]

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Sonny Malone

La Fille de vos Rêves… ou de vos Cauchemars

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MessageSujet: Aie confiance… crois-en moi…[terminé]   Mar 3 Sep - 9:33

2 mars

J’avais encore mal dormi. Ma capacité avait encore fait des siennes et s’était activée sans que je ne puisse la maitriser. Cette fois, j’étais passée de rêves en rêves, sans être capable de me fixer sur un seul. Quand le réveil avait sonné, j’avais peiné pour me lever, bien plus que de coutume. Je ne savais pas si Remington s’était rendu compte de ce qui s’était passé étant donné que je ne l’avais pas vu… il se levait régulièrement avant moi, surtout avec son nouveau travail. Et le mercredi, je commençais tard, alors il n’était pas rare que je dorme encore quand il se levait pour aller bosser. Je m’étais forcée à me lever, à ne pas me rendormir alors que j’avais l’impression que j’avais veillé depuis deux jours. Mais je voulais aller en cours. Je refusais de vivre dans la peur, d’angoisser plus que de raison. Et surtout… Mon essai envoyé au LA Times avait retenu leur attention. Ils m’offraient la possibilité, une fois par mois, d’écrire une chronique ! Une chronique ! Sur la vie à LA, sur les conseils qu’on pourrait donner… J’avais opté pour un ton humoristique qui apparemment avait plus au rédacteur en chef. Bon, je partageais la colonne avec quatre autres étudiants eux aussi sélectionnés. Moi j’aurais droit à la case du dernier vendredi de chaque moi, mais il n’était pas impossible que le meilleur emporte un poste fixe, c’est-à-dire avec une chronique toutes les semaines. Je ne savais franchement pas si j’étais faite pour ça, mais j’avais retrouvé le goût d’écrire et de bosser, alors je ne voulais pas perdre cet élan.

Je m’étais donc forcée à aller à la fac et à prendre mes cours sérieusement. J’avais un but, et j’allais m’y tenir… même si c’était sacrément difficile. Je tins bon toute la matinée, envoyant des sms à Rem et à d’autres, parfois sans réponse. Au déjeuner, je ne pus résister à un café. Le bébé ne risquait rien avec un seul café et moi, j’en avais besoin. Je n’avais qu’un cours l’après-midi, de la psycho… compliqué à suivre, surtout vu mon état. En plus, c’était des statistiques… Il faudrait que je demande de l’aide à Wyatt parce que moi, dès que ça touchait aux maths, j’étais totalement larguée. D’ailleurs, je n’attendis pas…

Citation :
Tu m’as entrainée là-dedans, assume, je comprends rien au cours de stat. HEEEEEEEEEEEEEEEELP. Si tu pouvais trouver un peu de temps pour m’expliquer ça, je t’en serais presque éternellement reconnaissante. Et d’ailleurs t’es où là ?
A tous les coups, il était à l'autre bout de l'amphi... Mais enfin l’heure de la délivrance arriva. Il était encore tôt, et il faisait beau. Je mourrais d’envie d’aller dormir, mais je voulais passer faire quelques courses, histoire de ne pas laisser Rem tout faire à la maison. Alors j’étais passée chez le boucher et à l’épicerie tenue par un mexicain, pas loin de la fac. Le plus simple pour moi fut alors de traverser Central Park. Le sac en bandoulière et mes courses dans les bras, je pris donc les chemins recouverts de gravillons, profitant des rayons du soleil sur ma peau. Je n’avais pas dit à Remington que j’avais un nouveau travail. Bon, il ne payerait pas du tout les frais du quotidien, du moins sous sa forme actuelle. Peut-être que si je me démarquais des autres, j’aurais un salaire complet. Mais je voulais lui faire la surprise. Le jour où ma première chronique serait publiée, j’achèterai le journal, et je l’abandonnerai distraitement sur la table du salon et je mettrai un programme super nul à la télé. Il prendrait son air blasé, soupirerait et lirait le journal. Et il verrait un article signé Sonny Malone. Ou Sonny Pillsbury. Ça dépendrait de quand ce serait. J’avais déjà tout en tête et cela me permettait de tenir. Et ce soir, je cuisinerai de la bavette. Oui, j’y arriverai. Je voulais montrer à Rem qu’il ne s’était pas fiancé à une bonne à rien.

Je pensais à tout cela, alors que je passais près du coin où je m’étais assoupie, me projetant dans le cauchemar de Rem. A cette pensée, je ne résistais pas à l’envie de sortir mon portable et de prendre en photo la fontaine, devant laquelle j’arrivai quelques minutes après. Je l’envoyai à Rem avec un petit mot.

Citation :
Une petite balade qui me rappelle des souvenirs mon cœur. J’aime cette fontaine. A ce soir.
L’espace d’un instant, je m’imaginais me marier ici. Juste ici, avec les arbres fleuris, et la fontaine en arrière-plan. Ce serait parfait en réalité, car c’était ici que tout avait commencé. Que nous nous étions physiquement rencontrés, que nous nous étions embrassés, que je l’avais giflé pour la première fois… Oui, mais je doutais que Rem apprécie de faire cela devant les passants de Central Park… Tant pis. Je repris ma route quand je commençai à me sentir mal, un peu plus loin. J’avais l’impression de peser une tonne et qu’un voile tombait devant mes yeux. La terre se mit à bouger… à moins que ce ne soit qu’une impression… Je ne me rendis même pas compte que je venais de lâcher mon sachet de courses. J’eus la sensation que mes forces m’abandonnaient… Par pur réflexe plus qu’autre chose, je m’appuyai contre un arbre, fermai les yeux, et me laissai glisser le long du tronc en espérant que ça passe…

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Milo Sanchez


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MessageSujet: Re: Aie confiance… crois-en moi…[terminé]   Dim 8 Sep - 16:36

    Plus il observait Sonny Malone et plus il avait envie d'aller enfin lui parler. Non pas qu'il trouve sa cousine particulièrement sympathique ou intéressante, mais épier ses faits et gestes pendant son temps libre, de loin, comme un espèce de pervers, le gênait quelque peu. Ce n'était pas vraiment glorifiant, et surtout, il n'apprenait pas grand chose sur elle. Hormis qu'elle était toujours en couple avec son Remington, qu'ils allaient se marier et que son bébé continuait à bien pousser. Mais concernant sa condition de mutante, il n'avait rien. Et cela commençait à faire long. Il était patient, mais quand il n'y avait aucun résultat, c'était à s'arracher les cheveux. Plusieurs fois, il avait eu envie de la rejoindre, de se présenter, de parler tranquillement. Parfois, dans un fantasme qu'il ne pouvait pas réaliser, il lui demandait carrément si elle était mutante. Cela aurait été plus facile, mais pour la subtilité de l'approche... On repassera.

    Cette fois encore, il la suivait de rien. Il devait être doué pour filer les gens, parce que depuis le temps, jamais encore Sonny ne s'était aperçue qu'il était là, jamais bien loin, mais insaisissable. Et pour la suivre, il ne se servait pas de son don. Il ne comptait que sur sa propre discrétion, développée pendant de longues années dans la maison familiale pour le faire. Et il semblait avoir de bonnes prédispositions. A moins que Sonny soit particulièrement étourdie et peu attentive à son environnement. Ce n'était pas vraiment une hypothèse à exclure. C'était une jeune femme de 20 ans, qui avait encore des comportements d'enfant par moment.

    C'était assez facile de la retrouver. Milo avait ses horaires de cours, il suffisait souvent de se promener près de la fac quand elle avait terminé et d'ensuite la suivre. Dans le flot des élèves, elle ne le voyait pas. Il arrivait que cela rate, naturellement. Elle pouvait rester à la fac pour aller à la bibliothèque, réviser dans le parc avec ses amis... Mais aujourd'hui, elle quitta à l'heure, entraînant Milo dans son sillage, passant à la boucherie et chez l'épicier, faisant ses courses tranquillement. Il la suivit alors qu'elle entrait dans Central Parc. Il ne pouvait pas se plaindre, le temps ici était plus que clément. Il n'était pas autant dépaysé qu'il l'aurait pensé, même si la vie était bien différente de celle qu'il avait eu en Colombie. Los Angeles, c'était la richesse, les apparences... Une ville de paillettes et de stars.

    Sonny marqua un temps d'arrêt, sortant son portable pour prendre une photo de la fontaine apparemment et sans doute envoyer un message alors qu'elle tapotait sur son téléphone. C'était bien le vice de ce siècle ça, le portable. Il suffisait de regarder les étudiants qui sortaient de la fac pour voir qu'ils avaient tous le nez dans le portable et ne faisaient plus guère attention à ce qui les entourait. Si Milo avait son propre i-phone, il n'avait pas toujours le nez dessus. Mais il n'avait pas le même âge non plus... Et dire que Sonny et Sacha avaient le même âge... Et qu'ils se connaissaient même. Comment le monde pouvait-il être aussi petit ? Quel choc pour Milo quand il avait vu Sacha débarquer chez la jeune femme... Ce n'était vraiment pas le moment de penser au jeune homme, cela avait tendance à largement déconcentrer Milo. Il ne savait pas ce qu'il voulait avec Sacha, ni où il en était.

    Enfin si, il savait ce qu'il voulait, comme il savait que c'était totalement impossible. Le plus simple aurait sans doute été de se barrer du club, d'en trouver un autre, de renoncer au volley au pire... S'éloigner de la tentation constante qu'était le jeune homme. Parce qu'il appréciait Sacha et il était difficile de se montrer froid et distant avec lui. Il avait tendance à se détendre avec lui, à être celui qu'il ne se permettait jamais d'être dans le cadre de sa mission. Sacha était une parenthèse, mais également une attraction dangereuse. Milo avait déjà perdu le contrôle avec lui une fois, sans que cela n'ai de graves conséquences... Hormis pour son propre équilibre.

    Il secoua la tête pour s'éclaircir les idées, alors que la frustration lui tiraillait le bas ventre. Il s'aperçut alors que Sonny s'était encore arrêtée, mais cette fois, elle avait lâché ses courses au sol, un sac étant à moitié renversé. Elle semblait se sentir mal... Sérieusement, assister à ça et ne rien faire, ce n'était pas de la non assistance à personne en danger ? Elle s'appuya contre un arbre et se laissa glisser. Finalement, Milo en profita, se dirigeant vers l'endroit où elle se trouvait pour se porter à sa hauteur, s'accroupissant.

    « Hé, quelque chose ne va pas ? »

    Il sourit légèrement, comme pour la rassurer :

    « Je suis médecin. »

    Et ton cousin accessoirement... Mais il se présenterait après.
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Sonny Malone

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MessageSujet: Re: Aie confiance… crois-en moi…[terminé]   Mar 10 Sep - 19:04

J’en avais plus qu’assez. Je voulais que tout ça s’arrête et que ma grossesse se passe bien. Etait-ce trop demandé ? Comme si mon organisme mal en point ne suffisait pas, j’avais désormais mon pouvoir qui n’en faisait qu’à sa tête et personne à qui demander de l’aide. Enfin… Peut-être que je pourrais demander à Anne si elle avait eu ce genre de symptômes. Elle n’était pas médecin, mais c’était une scientifique. Et une mutante enceinte. Peut-être que je pourrais lui demander…  toutefois, ça me gênait. Elle allait finir par croire que je ne l’appelais que lorsqu’il y avait un problème… comme après ma rupture avec Remington ou son coma.

Toujours était-il que cet arbre était le bienvenu. J’étais fatiguée, mais je refusais de me plaindre ouvertement. J’avais choisi de mener cette grossesse à son terme. Certes, je ne me serais pas attendu à ce que mon corps me lâche comme cela, mais je n’ignorais pas que cette grossesse ne serait en rien normale. Parce que Rem et moi n’étions pas comme les autres et ce, dans tous les sens du terme. Et en plus, j’avais décidé d’être forte. De ne plus faire mon calimero, comme le disait Rem. Mais là, j’aurais donné tout ce que j’avais pour me coucher dans un bon lit. Le repas à préparer, la conversation à tenir comme si de rien n’était, tout cela me semblait très loin. Avec un peu de chance toutefois j’aurais le temps de rentrer et de me reposer un peu avant que Rem ne rentre du boulot. Je l’espérais, parce que sinon, il allait s’inquiéter.

Il fallait que ça passe… il fallait que ça passe. Voilà ce que je me répétais, alors que j’étais assise par terre, les genoux repliés contre ma poitrine et les yeux fermés, le front plissé. Puis j’entendis une voix. J’ouvris alors les yeux et tombai nez à nez avec un jeune homme. Plus âgé que moi mais plus jeune que Remington. Quelque chose comme vingt-cinq ans ? Il avait des yeux marron très sombres… presque noirs. J’eus alors une très étrange impression de déjà-vu… c’était comme si je l’avais déjà rencontré… ou peut-être que j’étais juste sonnée.

« J’ai eu un vertige, ce n’est rien… »

J’avais envie de lui dire : « ça se voit non, que je ne vais pas bien, espèce d’abruti ! », mais… ce sourire désarmant… Non vraiment, s’il m’était familier, je ne parvenais pourtant pas à me rappeler où j’avais déjà pu le voir. Et il avait quelque chose d’apaisant, je ne pouvais me l’expliquer. Un médecin ? Oh… j’aurais de la chance dans mon malheur ? Pourtant, j’étais poissarde… J’étais avec un médecin… il ne pouvait rien m’arriver, n’est-ce pas ?

« Pardon mais… vous n’êtes pas un peu jeune pour être médecin ? J’ai des cachets dans mon sac, pour les chutes de tension. Je pense que ça doit être ça, je suis fatiguée… »

Mon sac ne gisait pas très loin, mais je ne me sentais pas encore capable de bouger. Par contre, mes sacs de courses eux… dire que ça devait être le repas du soir…

« Vous croyez que je vais avoir le temps de préparer un rôti ? Je ne sais même pas combien de temps de cuisson il faut… Vous pourrez m’aider à me relever dans deux minutes, s’il vous plait ? »

Bon, je commençais déjà à raconter n’importe quoi. Ça ne me changeait pas plus de mon état habituel, je ne devais donc avoir rien de grave. Je dépliai doucement mes jambes, jusqu’à les étendre dans l’herbe et j’appuyai ma tête en arrière contre le tronc. Machinalement, je portai ma main droite à mon ventre, comme de plus en plus souvent, même si sous mes doigts, mon bébé ne bougeait pas encore.

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MessageSujet: Re: Aie confiance… crois-en moi…[terminé]   Ven 27 Sep - 14:25

    Un vertige. C'était évident, mais restait à déterminer la cause. Cela arrivait à certaines femmes enceintes qui avaient tendance à être en hypotension. A moins qu'elle ne soit juste très fatiguée et que la chaleur n'arrange rien à son état. Elle n'était pourtant pas encore très avancée dans sa grossesse. Quelque chose dans son expression changea quand Milo lui annonça qu'il était médecin. Naturellement, cela incitait à la confiance, quoi de mieux quand on avait un petit malaise que de se retrouver entre les mains d'une personne compétente ? C'était fou comme certains titres avaient un pouvoir magique sur les gens. Pourtant, Sonny s'étonna que le jeune homme qui lui faisait face soit médecin, au vu de son âge. En théorie, il aurait tout juste du terminer ses études. En pratique, cela faisait déjà 4 ans qu'il exerçait.

    « Si, mais j'ai commencé mes études très jeune. Rassurez-vous, je suis diplômé depuis 2007. »

    Elle l'informa alors avoir des médicaments pour ses hypotensions, majorées par sa fatigue.

    « Alors ce n'est pas la première fois que cela vous arrive ? »

    Il regarda autour de lui et tendit le bras pour récupérer le sac de la jeune femme. Il hésita un bref instant, avant de la regarder :

    « Je peux ? »

    Fouiller dans son sac et récupérer le précieux médicament et peut-être quelques informations au passage. Il n'osait pas chercher de lui-même sans son accord, si elle voyait cela d'un mauvais œil, son approche serait réduite à néant. Il se devait de gagner sa confiance et sa sympathie pour la suite des opérations. Mais elle semblait davantage s'inquiéter du rôti du soir, lui demandant quelques conseils culinaires.

    « Internet est l'ami des cuisiniers amateurs. »

    Il avait répondu un peu distraitement, pas vraiment préoccupé par le sort de ce fameux rôti qui semblait si important pour la jeune femme. Ce n'était qu'une enfant par bien des côtés. Vingt ans tout juste, encore étudiante, avec des rêves plein la tête et pourtant, bientôt maman. Elle avait des préoccupations de jeune fille. Elle s'appuya contre l'arbre, posant sa main sur son ventre légèrement rebondi comme le faisait 99% des femmes enceintes qu'il avait pu croiser.

    « Il faut surélever vos jambes pour remonter votre pression sanguine. Donc dans l'idéal, ce serait bien que vous vous allongiez par terre et posiez vos pieds contre le tronc de l'arbre. Je vais vous aider si vous voulez. Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous laisser comme ça. L'éthique et la déontologie ainsi que le serment d’Hippocrate me l'interdisent. »

    Il sourit après avoir parlé d'une voix douce. Son léger accent rendait sa voix chantante et chaleureuse, apportant le soleil de l'Amérique du Sud avec lui. Sonny, même si elle était née loin de la Colombie, ne pouvait pas vraiment renié ses origines latines. Ses cheveux noirs, ses yeux sombres, sa peau mate... Elle était encore plus typée que Milo. Que savait-elle au juste de la famille de sa renégate de mère ?

    « Pour quand est-ce ? »

    Il jeta un regard entendu à son ventre. En général, les femmes adoraient parler de ça. Et il la savait heureuse de porter cette enfant, donc potentiellement prolixe à son sujet.
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Sonny Malone

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MessageSujet: Re: Aie confiance… crois-en moi…[terminé]   Sam 28 Sep - 7:32

Mais il avait quel âge ? Diplômé depuis 2007 ? Mais… tous les médecins que je connaissais étaient vieux. J’étais où moi en 2007 ? Pas ici en tout cas. Et j’étais loin d’être diplômée.

« Vous avez une bonne crème antirides. »

Bien, c’était idiot mais dire des bêtises me rassurait. Cela prouvait que tout allait bien. Ce n’était qu’un petit vertige, j’étais épuisée à cause de mes nuits de plus en plus pénibles. Il faudrait que je trouve une solution, pour que mon don cesse de s’activer de la sorte. Il me pompait mon énergie et ce n’était pas sain. Ni pour moi, ni pour le bébé. Mais pour l’heure, je devais faire ce qui était en mon pouvoir, à savoir prendre mes cachets. J’informais alors mon médecin tombé du ciel de la présence de médicaments dans mon sac.

« Non, pas vraiment. Ma tension n’est pas très bonne, je fais souvent des chutes de tension. Mais ça s’était calmé, c’est juste que je n’ai pas assez dormi cette nuit… »

J’essayais quoi là ? De rassurer un médecin ou de me rassurer moi ? Ou de ne pas passer pour une future mère monstrueuse qui ne prenait pas soin de son enfant. Il demanda s’il pouvait prendre mes cachets. Quelle question, je n’allais pas dire non à un médecin. Et puis je n’avais rien de compromettant dans mon sac.

« Allez-y, y a juste un peu de bazar. »

Un peu seulement. Mon portefeuille, mes clés, un paquet de mouchoirs, des stylos, un petit carnet, un élastique pour les cheveux… et mes cachets quand même. En fait, mon sac était à l’image de mon cerveau : un vrai bordel. Il y avait trop d’affaire dedans, comme de pensées dans ma boite crânienne. Et je n’étais pas douée pour le rangement, qu’il soit matériel ou mental. S’il fallait encore une preuve, voilà que je lui parlais de rôti. Je venais de faire un malaise et je pensais à la cuisson d’un rôti. Je voulais juste être capable de réussir quelque chose. Un rôti, normalement, tout le monde sait faire ça ?

« Vous avez raison. Au pire je commande chez un traiteur et je fais croire que c’est moi qui l’aie préparé… Je ne suis pas certaine que ce soit crédible malheureusement. »

J’avais l’impression de le déranger. Je reprenais doucement mes esprits et je respirais plus calmement, caressant mon ventre. J’avais hâte de le sentir. Mais il était encore trop tôt. J’avais pourtant l’impression que cela faisait des siècles que j’étais enceinte. Je le regardai d’un œil perplexe. Il voulait me faire faire des choses vraiment bizarres. Si ça tombe, il n’était pas médecin et il se moquait juste de moi… Mais bon, être ridicule, j’avais l’habitude. Alors au pire, ça ne changerait pas la manière dont on me voyait, et au mieux, je reprendrai plus vite des forces. Alors, accompagnée des gestes de ce mystérieux inconnu, je m’installai dans l’herbe, comme il me le conseillait. La douceur de ses gestes et de son ton ne firent toutefois que confirmer l’étrange impression que j’avais eue plus tôt. J’avais véritablement l’impression d’avoir déjà vécu cela. Du moins une scène approchante. Mais où ? Et avec qui ? Ça ne me revenait toujours pas, mais j’avais vraiment cette drôle de sensation. Comme une… familiarité. Et ce sourire… Pourquoi avais-je une cervelle de moineau ?

« Vous… avez un accent. Colombie ? »

Et là, je percutais. Il ressemblait à Cristobal. Le médecin qui avait pris soin de moi quand j’étais tombée dans les escaliers. Mon oncle… Il m’avait parlé de ma mère, sans pouvoir éclaircir cette zone d’ombre de son passé. Mais je n’avais plus de nouvelle de lui depuis… eh bien, depuis qu’il m’avait révélé notre lien de parenté.

« Je connais quelqu’un qui vient de Colombie… »

Bref, Cristobal n’était pas un jeune homme de vingt-cinq, vingt-six ans. Et il était gynécologue. Je doutais que cet homme-là le soit. En tout cas, moi, ça me dérangerait qu’un homme comme lui soit gynécologue et mette les doigts… bref, chassons cette image. Il m’aida sur ce point sans le faire exprès. Alors que j’appuyais mes pieds contre l’arbre, je lui répondis.

« Juillet. Ce bébé est comme sa mère, il aime les vacances. J’ai le temps de devenir énoooooooooorme. »

Je mimais un gros ventre au-dessus de moi. Ça me contrariait quand même un peu.

« Pourtant, j’ai essayé de négocier avec lui pour qu’il ne me fasse pas prendre trop poids. Son père n’est pas un gros mangeur et moi je suis interdite de sucre alors je ne vois pas pourquoi il grossirait. Une quinzaines de centimètres… Non mais vous qui êtes médecin, vous pouvez m’expliquer comment un bébé d’une quinzaine de centimètres peut m’avoir donné un ventre comme ça. »

Je me rendis compte que je parlais encore trop et à un parfait inconnu. Il fallait vraiment que j’arrête. Je lui jetai alors un regard plein d’excuse.

« Navrée… Vous pensez que je peux me relever ou je dois rester comme ça ? »

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Milo Sanchez


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MessageSujet: Re: Aie confiance… crois-en moi…[terminé]   Mer 2 Oct - 14:19

    Milo retint un petit ricanement amusé quand Sonny lui fit remarquer qu'il avait une bonne crème antirides.

    « Une bonne hygiène de vie, c'est le secret. »

    Il se demandait si elle avait toujours ce genre de réflexion un peu à côté de la plaque ou si c'était à cause de son malaise que son cerveau était un peu moins irrigué et que donc, elle disait quelques bêtises. En réalité, Milo était loin d'avoir atteint le trentaine, même si, parfois, sa vie tumultueuse et secrète lui donnait l'impression qu'il avait déjà vécu 50 ans. Il n'était pas aussi insouciant que les jeunes de son âge. Il donnait le change, faisait semblant d'être épanoui et heureux, mais ce n'était pas vraiment le cas, malheureusement. Comment l'être quand on ne vivait pas en harmonie avec soi-même ? Impossible.

    Il réintégra pourtant son rôle de médecin en demandant à Sonny si cela arrivait souvent, ce qu'elle confirma en lui annonçant ses problèmes d'hypotension et son manque de sommeil.

    « Simplement cette nuit ? »

    Derrière l'intérêt professionnel, il y avait une curiosité bien plus personnelle, bien que Sonny ne pouvait pas deviner pourquoi ce médecin inconnu pourrait éprouver de l'intérêt pour elle. Il ne savait pas encore comment il allait dévoiler leur lien, préférant s'adapter à la tournure que prendraient les événements que d'établir un plan qu'il ne pourrait pas suivre forcément. Il s'empara alors du sac de Sonny, demandant la permission de fouiller, ce qu'elle lui autorisa en le mettant en garde contre le fouillis qui régnait dans le sac à main.

    « C'est un sac à main de femme quoi. »

    Il avait dit cela sur le ton de l'humour. Il était un brin misogyne, mais ce n'était pas évident de le détecter derrière son sourire désarmant et son expression chaleureuse. Milo fouilla donc dans le léger bazar de sa cousine, récupérant la boite de médicaments pour la tension. Cela lui permettait d'en apprendre encore davantage sur elle, naturellement. Et pendant ce temps, elle lui parlait de son rôti, s'inquiétant du temps de préparation et de sa réalisation alors qu'elle était par terre et légèrement à l'ouest. Milo répondit d'un ton léger, rassurant la jeune femme qui renchérit en parlant de traiteur.

    « Vous n'êtes pas un cordon bleu ? »

    Si le fait de présenter l’œuvre d'un traiteur comme la sienne n'était pas crédible, c'était que Sonny n'était pas la parfaite petite cuisinière. Milo lui conseilla alors de surélever ses jambes, s'attirant un regard perplexe de la part de la jeune femme qui s'exécuta pourtant avec son aide. Bizarre que personne ne lui ai jamais dit que lever ses jambes après un malaise permettait de faire remonter la tension. C'était qui son médecin ? Un incapable sans doute. Sonny fit alors remarquer qu'il avait un accent et mit précisément le doigt sur sa nationalité.

    « Impressionnant. Peu de personnes identifient aussi précisément mon accent. »

    Sonny ajouta qu'elle connaissait quelqu'un venant de Colombie. Sans doute Cristobal. Il était temps d'improviser.

    « Ah tout s'explique alors. Qui connaissez-vous ? »

    Les deux Sanchez n'étaient sûrement pas les deux seuls colombiens de Los Angeles. Mais il ne fallait pas que Sonny puisse s’apercevoir qu'elle était surveillée par Cristobal, puis par Milo. Une rencontre au hasard donc. Après tout, il était plus que plausible que Cristobal n'ai parlé à son fils que de sa cousine, sans lui donner sa description physique. Il embraya alors sur le bébé, Sonny lui apprenant que l'accouchement était pour juillet. Et apparemment, la prise de poids semblait préoccuper Sonny qui fit part de ses états d'âme à Milo. Un parfait inconnu.

    « Interdite de sucre ? Auriez-vous développé un diabète gestationnel ? »

    Il sourit quand elle lui demanda comment un minuscule bébé pouvait la faire grossir autant.

    « Et ce n'est que le début. Sans vouloir vous affoler. »

    Il y avait une lueur malicieuse dans le regard du jeune homme. Sonny s'aperçut alors qu'elle parlait trop, s'en excusant, avant de lui demander si elle pouvait se relever.

    « Vous vous sentez comment ? »
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Sonny Malone

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MessageSujet: Re: Aie confiance… crois-en moi…[terminé]   Ven 4 Oct - 18:48

Une bonne hygiène de vie ? Ça voulait dire quoi ? Manger équilibré et faire du sport ? Ce n’était guère réjouissant, du moins à mon sens. Mais enfin il était médecin, il n’allait pas me dire que son idéal de vie était de se vautré dans le canapé avec une bière et un paquet de chips. Non, un médecin, c’est censé être une personne sérieuse, responsable, attentive… tout ce que je n’aurais jamais pu être. D’ailleurs, même s’il n’était pas censé travailler, il semblait réellement prendre son rôle à cœur, m’auscultant plus ou moins en plein air.

« Non, ça fait plusieurs nuits déjà. Mais j’ai déjà eu des troubles du sommeil, il faut juste que… Enfin, j’avais réussi à régler le problème une fois, j’y arriverai de nouveau. »

Après tout, quand mon don était apparu, j’avais mis un certain temps avant de retrouver un cycle de sommeil normal. En fait, il avait fallu que je me mette véritablement au tir à l’arc. Cela m’aidait à me concentrer, à focaliser mon esprit sur une seule chose à la fois. A oublier tout le reste et à contrôler l’orientation de mon pouvoir tout comme je guidais ma flèche. Peut-être qu’il faudrait que je m’y remette sérieusement. Ça impliquait de trouver la motivation, mais si cela pouvait me permettre de dormir un peu plus normalement. Je fus tirée de mes pensées quand il me demanda s’il pouvait prendre mes cachets dans mon sac. Je préférais le mettre en garde sur le bazar qu’il allait y trouver.

« Ouais, mais puissance dix avec moi. »

Heureusement que Rem n’avait jamais mis le nez dans mon sac. En fait, je serais prête à parier que tout le contenu se serait retrouvé à la poubelle. C’était agréable, finalement, de tomber sur un médecin qui avait le sens de l’humour. A chaque fois que j’avais vu des docteurs, c’était pour des choses graves ou sérieuses. Aucun n’avait jamais pris le temps de plaisanter avec moi. Je lui jetais un regard gêné.

« Non, je n’ai pas hérité du talent de cuisinière de ma mère. Mais j’ai la chance d’être tombée sur un homme un minimum débrouillard aux fourneaux alors on est sauvés ! »

Est-ce qu’un médecin ça sait cuisiner ? C’était une véritable question. Après tout, il était de notoriété publique qu’ils ne savaient pas écrire, il suffisait de voir les ordonnances. Mais est-ce qu’ils savaient cuisiner ? Je n’étais tout de même pas la seule personne au monde à être une bille en cuisine ! Je n’avais pas hérité ce talent de ma mère. J’avais pris sa chevelure, son teint halé, ses yeux noirs et sa voix. Ce fut d’ailleurs ceci, associé à la douceur dont il faisait preuve, et qui me rappelait mon oncle, que je fis le rapprochement avec la Colombie. Ma mère n’avait jamais parlé de son passé là-bas. Elle ne voulait pas parler de ce pays, ni de sa famille. Elle ne m’avait jamais dit qu’elle avait des frères. C’était Cristobal qui m’avait appris cela, avant de disparaitre sans donner la moindre nouvelle. Le jeune homme sembla surpris que je reconnaisse sa nationalité. S’il connaissait le mélange de gêne qu’il y avait chez moi, il ne se poserait pas ce genre de questions.

« Ma mère, bien qu’elle parlait rarement la langue, juste pour m’apprendre, mais sa façon de prononcer ces mots, sa voix chantante… Je ne l’oublierai jamais. Et mon oncle, par la même occasion. C’était plus prononcé chez lui, parce qu’il y a vécu plus longtemps. Vous venez d’où ? Je ne suis jamais allée en Colombie, mais j’ai commencé à chercher des informations quand j’ai compris qu’une partie de ma famille y vivait. »

Et en parlant de famille, il orienta la discussion vers mon accouchement. Je savais ce qu’il faisait. Je n’étais pas dupe. Il voulait juste détourner mon attention pour que je me calme et que mon organisme se remette. Mais autant jouer le jeu. Pouvoir parler sans faire fuir l’autre c’était agréable. Et puis, il était médecin, donc tout ce qui touchait à la santé, la génétique, tout ça, ça le concernait. Et il était tenu au secret professionnel.

« Hey, mais vous êtes vraiment médecin en fait ! Oui, apparemment j’ai un début de diabète. Le médecin qui me l’a diagnostiqué dit que ce n’est pas grave du moment que je fais attention. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire. »

Et même en faisant attention, j’allais prendre du poids, c’était injuste ! Je ne voyais pas pourquoi je devais faire des efforts et me priver alors que j’allais prendre au moins cinq kilos encore ! Ce qu’il me confirma. Il fallait que j’arrête de parler, il allait finir par me prendre pour un clown si ce n’était pas déjà le cas. Et pour être un peu plus présentable, il fallait que je me remette sur mes deux jambes, comme tout être humain civilisé.

« Ça va, je vous assure. »

Qu’il le veuille ou non, je me redressais avant d’épousseter mon pantalon… et de récupérer mes courses au passage. Les tenant d’un bras, je lui tendis ma main droite.

« Navrée pour ça, vous avez certainement mieux à faire. Je m’appelle Sonny, au fait. Pas très colombien comme prénom, hein ? En tout cas, ça va beaucoup mieux, je vous remercie de votre aide. Je devrais vite ranger mes courses, mais je vous dois bien un café… ou ce que vous voulez. Ravie d’être tombée sur vous en tous cas. »

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MessageSujet: Re: Aie confiance… crois-en moi…[terminé]   Mar 29 Oct - 10:50

    Sonny était une jeune fille bavarde et qui semblait encline à faire confiance et s'ouvrir aux autres. Même si elle s'étonnait de la jeunesse de Milo pour être médecin, elle accepta ses explications qui n'en étaient pas vraiment, avant de répondre à ses questions, assez précises. Elle dormait mal, mais ce n'était pas la première fois que cela lui arrivait, il y avait des antécédents. C'était assez normal de mal dormir durant la grossesse, même si en général, les insomnies intervenaient plus tardivement.

    « Mais cette fois, vos hormones sont à l’œuvre. Il se pourrait que ce qui a fonctionné la dernière fois ne marche pas cette fois. »

    Il ne voulait pas la décourager, mais il fallait quand même se montrer honnête. En plus, en étant enceinte, elle ne pouvait pas prendre n'importe quel médicament et faire n'importe quoi. Son corps était déréglé, il fallait faire avec. Il apprit qu'elle avait des médicaments pour ses hypotentions dans son sac et il demanda l'autorisation de fouiller dans le fameux sac pour les trouver. Autorisation donné, non sans une petite mise en garde concernant le bazar. Mise en garde qu'il prit avec humour et qu'elle devait sans doute empirer. Cela dit, quand il mit le nez dedans, ou plutôt la main, il comprit que sa cousine était en effet bordélique.

    Mais il en fallait plus pour le décontenancer et il trouva les fameux cachets, alors que Sonny s'inquiétait de son futur plat. Là encore, il préféra utiliser un ton décontracté. Cela semblait faire son effet sur la jeune femme, la détendant au passage. Et il avait besoin qu'elle abaisse ses défenses pour qu'il puisse se glisser dans son existence et devenir son ombre. Il n'avait pas de limite de temps pour s'acquitter de cette mission, mais cela commençait à faire long. C'était l'occasion ou jamais. Il ne pouvait pas la laisser filer et il ne pouvait pas la gâcher en prenant les mauvaises décisions.

    « Ah, malheureusement, aujourd'hui, les hommes ont intérêts à apprendre à se débrouiller un minimum... »

    Dit avec humour mais c'était une vérité. Après tout, les femmes se revendiquaient de plus en plus indépendantes et par le fait, n'étaient plus de parfaites petites femmes au foyer. Beaucoup ne savaient plus cuisiner, coudre... Toutes ces choses qui étaient si commodes pour un homme. Et puis, les hommes se mariaient tard, se mettaient en couple plus tardivement. Entre le moment où ils quittaient le foyer parental et celui où ils rejoignaient un foyer marital, il se passait des années où il fallait bien se débrouiller pour ne pas mourir de faim. Sans compter que désormais, les couples n'étaient plus forcément mixtes... même si Milo préférait ne pas penser à cela. Pour lui, il n'y aurait aucune échappatoire.

    Sonny avait fait le rapprochement entre la nationalité de Milo et celle de Cristobal et elle enchaîna tout naturellement sur ce sujet. Le médecin sentit son rythme cardiaque accélérer sa cadence alors que se jouait un moment crucial dont la jeune fille n'avait même pas conscience. Elle évoqua sa mère, muette sur ses origines, mais dont la voix chantante ne l'avait jamais quittée. Il nota alors l'emploi du passé.

    « A vous écouter, on dirait qu'elle n'est plus... »

    Peut-être se trompait-il et interprétait-il mal ses paroles. Pia était-elle décédée ? Pas aux dernières nouvelles, mais allez savoir ce qui avait pu se passer en l'espace de quelques mois.

    « Vous envisagez de vous rapprocher de votre famille ? »

    Une autre information intéressante.

    « Bogota. »

    C'était assez facile de la faire parler en réalité. Il n'avait pas besoin de l'interroger. Elle était prolixe en informations de tout genre. Et il sembla gagner ses galons de médecin quand il parla de diabète gestationnel.

    « Seriez-vous gourmande ? »

    Apparemment, cela lui était difficile de devoir faire attention. Était-elle assez mûre pour avoir un enfant ? Il se posait la question. Son père lui avait parlé de l'amant de Sonny, un homme qui semblait complètement aux antipodes de l'adolescente frivole. Il ne comprendrait jamais rien à l'amour. Il s'enquit alors de l'état de sa cousine, il le rassura. Elle se leva alors et il fit de même, par mimétisme et au cas où elle se sentirait mal. Mais elle avait reprit des couleurs. Elle lui présenta sa main et il s'en saisit, la serrant avec douceur mais fermeté alors qu'elle se présentait. Il marqua un temps d'arrêt, comme si ce qu'elle avait pu lui dire l’interpellait. Un talent de comédien indéniable.

    « Je n'ose pas y croire... »

    Il retira sa main, comme ayant beaucoup de mal à croire en sa chance et suscitant sans doute beaucoup d'interrogations chez la jeune femme.

    « Je pense qu'un café sera le bienvenu... L'homme que vous connaissez.. Il ne s'appellerait pas Cristobal Sanchez par hasard ? »

    Et il n'ajouta rien, la laissant mariner dans son jus en se posant toutes sortes de questions. Un peu de suspens, cela ne faisait pas de mal et il avait un plaisir coupable envers la théâtralité.
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MessageSujet: Re: Aie confiance… crois-en moi…[terminé]   Lun 4 Nov - 21:07

Se taper un malaise en plein central park alors que les courses venaient d’être faites ? Il n’y avait que moi pour faire ça. Par contre, j’étais étonnamment chanceuse dans mon malheur. Parce que faire tout cela et tomber sur un médecin – d’origine colombienne qui plus était – ça n’était pas donné à tout le monde. Par contre, je n’étais pas très rassurée de ce qu’il me disait. Mes hormones entraient en ligne de compte désormais. Est-ce que tout cela avait une incidence sur ma capacité ? Visiblement, la bonne réponse était oui. Est-ce que j’arriverais à contrôler mon don seule ? Je commençais à en douter. J’avais du mal à me débrouiller seule de toute manière. Suffisait de voir la cuisine. Dire que j’avais voulu faire un effort pour surprendre Remington. Là… bref, peut-être que j’aurais le temps de préparer quelque chose. Je souris à sa remarque. Pauvre Rem… vingt-neuf ans de célibat, à s’occuper de lui tout seul… Là, on allait se marier et il allait encore devoir se charger de la cuisine.

Ma mère, elle, savait cuisiner. Comme mon père savait jouer de la guitare. Et moi… avec un peu de chance, mon fils ou ma fille hériterait des talents de ses grands-parents et de son père, et pas de ma maladresse. Cela me faisait toujours de la peine de penser à eux. Mon père disparu et ma mère fauchée par une voiture, sans que j’aie pu lui parler une dernière fois. Ils me manquaient atrocement tous les deux, surtout maintenant que j’allais me marier et avoir un bébé. Ils ne seraient pas là pour moi. Ils ne me regarderaient jamais fièrement, ils ne rencontreraient jamais leur petit-enfant. Et ils n’étaient plus là pour me guider. Je ne l’avais pas dit explicitement, mais le jeune homme avait compris. Cette mort m’avait vidée. Je me souvenais de ces jours et ces nuits de souffrances, durant lesquels je ne dormais et ne vivais presque plus. De la gueulante de Rem pour me faire sortir de ma torpeur.

Je secouais tristement la tête, n’arrivant pas encore à le dire : « ma mère est morte ». Prononcer ces mots, ça les rendait affreusement réels. Et puis généralement, on ne raconte pas à n’importe qui qu’on a perdu un parent. Les gens n’aiment pas savoir ce genre de choses. A la question « est-ce que ça va », il fallait toujours répondre « oui ». Histoire de convenance. On souriait aux gens, on riait, cachant la vérité au fond de soi, ce secret douloureux que les autres étaient incapables de comprendre, parce qu’ils ne le vivaient pas. Ils vous regardaient comme un monstre, parce que vous aviez le malheur de ressentir des choses qu’ils ne saisissaient pas… Bref. Est-ce que j’envisageais de me rapprocher de ma famille ? La vraie question était : laquelle ? J’étais en train d’en construire une avec Remington, mais le reste… De ma famille de cœur, il ne restait que quelques vies éparpillées. De ma famille biologique… Quelques cousins à New-York et je ne comptais pas vraiment aller par là. Du côté de ma mère, je ne les connaissais pas. A part mon oncle, mais il avait disparu aussi vite qu’il était entré dans ma vie. Et Remington n’était pas prêt à lui faire confiance à l’aveuglette.

« La famille dont j’ai besoin est ici, rassurez-vous, je ne suis pas toute seule. »

Non, même si j’étais une jeune fille de vingt ans enceinte, je n’étais pas une future mère célibataire, abandonnée par ses proches et par le père du bébé. Pas comme ma mère qui semblait avoir été abandonnée par tous ses parents. Je me demandais d’ailleurs d’où elle était originaire, en Colombie ; Peut-être de Bogota, comme cet homme, qui pouvait savoir ? Quoique je n’étais même pas sûre de pouvoir situer géographiquement cette ville. Par contre, mon interlocuteur, lui, il l’était. Il avait su poser un diagnostic rien qu’en discutant avec moi. Par contre, il aurait pu se passer de son commentaire.

« Mais je faisais du sport ! »

Alors oui, j’étais un peu gourmande. Oui, j’aimais le sucre. Mais flut, je n’étais pas obèse et je n’avais pas les artères bouchées ! Et je n’étais pas non plus impotente. Je le lui prouvai d’ailleurs en me relevant et en reprenant les règles de politesse les plus élémentaires. Mais alors qu’on se serrait la main, je vis sur son visage que j’avais dit quelque chose d’apparemment incroyable ; je me sentis bête un instant et je lui souriais, alors qu’il me serrait toujours la main. Quand il me lâcha enfin, je ne pus m’empêcher de lui demander.

« En quoi vous n’osez pas croire ? Je sais que j’ai un prénom assez étrange, et j’ignore complètement ce qui est passé par la tête de mes parents quand ils l’ont choisi mais… »

Ce ne serait pas la première fois qu’on me ferait une réflexion dessus. Même si ce n’était franchement pas pire que Sugar ! Au lieu de me répondre, il accepta l’idée d’un café. Voilà, le café, c’était garant de la paix dans le monde. Tout le monde aimait se retrouver autour d’un bon café. Bien que je n’y aie plus droit. Par contre, la suite me cloua le bec. Et c’était assez rare pour être souligné. Il connaissait Cristobal ? Il connaissait celui qui m’avait révélé être mon oncle avant de disparaître ? Je devais ressembler à un poisson rouge là, à ouvrir et à refermer la bouche. Est-ce qu’un tel hasard était possible ? Après tout, pourquoi pas… celle que j’avais considérée comme ma meilleure amie durant des années s’était révélée être la sœur de l’homme avec qui je sortais depuis quelques temps, homme que mon meilleur ami avait essayé de draguer… il fallait que je m’arrête là. Tout concordait… Un colombien… Cristobal qui m’avait dit qu’il était père, qu’il avait un fils un peu plus âgé que moi… et ce sourire… Voilà où je l’avais vu ! Il avait le même que Cristobal, ce sourire qui avait réussi à m’apaiser quand je m’inquiétais pour Rem, et la fois où j’étais tombée dans l’escalier et que je m’étais inquiétée pour mon bébé, encore tout petit.

Je ne savais pas combien de temps je restai muette comme cela, hésitante, quelques secondes ? Quelques minutes ?

« Vous êtes son fils, n’est-ce pas ? Il m’a dit qu’il avait un fils… Il m’a dit qu’il était mon oncle… le frère de ma mère… »

J’appréhendais, j’aurais même été incapable de dire si j’avais envie qu’il me le confirme ou qu’il nie. Parce que cela impliquerait qu’il soit mon cousin. Un cousin dont je ne savais rien, quelqu’un qui avait peut-être connu ma mère et dont elle ne m’avait jamais parlé. Dire que j’avais appris sa mort justement parce que j’essayais de la contacter à propos de Cristobal.  Est-ce que c’était mon cousin ? ou est-ce que je me montais le cou pour rien ?

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MessageSujet: Re: Aie confiance… crois-en moi…[terminé]   Dim 1 Déc - 15:56


    Ah dommage. A priori, Sonny n'était pas plus enclin que cela à explorer les origines de sa mère et donc toute la famille qu'elle avait abandonné en Colombie en fuyant les siens et en ne respectant pas la volonté des siens. Pia avait gravement fauté. En plus d'être une humaine inutile, elle s'était révélée une inutile désobéissante, qui avait pensé pouvoir se jouer des siens, de sa famille, de son père et de son frère en  prenant la suite et en vivant sa vie en Amérique, avec un homme sans aucun talent. Si Sonny avait des pouvoirs, ce serait vraiment une chance et peut-être un moyen pour Pia d'expier ses fautes, même maintenant qu'elle n'était plus. Cela lui donnait finalement une utilité. Mais Si Sonny s'avérait aussi décevante que sa mère ? Quel serait son sort finalement ? Milo et Cristobal n'en avaient jamais parlé, mais le jeune homme se demandait si elle ne serait pas rapatriée et enfermée. Comme sa mère avant elle. A moins qu'elle ne soit simplement éliminée ? Cette perspective lui donnait quelques sueurs froides. Ils pouvaient aussi cesser de s'intéresser à elle et la laisser retourner dans la médiocrité.

    Mais si elle, elle n'avait aucun pouvoir, ce ne serait peut-être pas le cas de son bébé. Une génération de plus, certes, mais et alors ? Il restait du sang Sanchez chez cet enfant à naître. Cristobal et Milo pouvaient encore se rabattre sur lui. Mais ils devaient aussi prendre en compte le paramètre Remington. Et d'après l'aîné des Sanchez, ce n'était pas juste un grain de sable dans l'engrenage. Mais quelqu'un de vraiment potentiellement dangereux, dont il fallait se méfier. Et jamais Milo n'aurait prit le risque de ne pas prendre en compte les conseils de son père. D'ailleurs, Cristobal lui manquait. Ses conseils... Notamment. Il n'avait jamais été totalement coupé de son père. C'était la première fois. Même pendant ses études, il avait gardé le contact. Là... Il était livré à lui-même. Et il se perdait. Parce que quand Cristobal était là, il devait jouer son rôle, ne pas perdre de vue qu'il n'avait pas le droit d'exprimer sa sexualité. Le père au loin, les tentations étaient plus nombreuses et il était plus aisé d'y céder.

    Il devina chez Sonny, outre ses problèmes d'hypotension, un problème de diabète gestationnel Elle regrettait de ne pouvoir se nourrir de sucres autant qu'elle le voulait et quand il lui demanda si elle était gourmande, elle s'offusqua en précisant qu'elle faisait du sport.

    « Oh je n'en doute pas, je ne voulais pas vous vexer ! Malheureusement, le diabète gestationnel touche n'importe qui. »

    L'offenser ne faisait nullement partie de son plan. Sonny se releva alors, fatiguée de jouer les impotentes sur le sol et Milo l'imita. Il ne pouvait pas la quitter ainsi, pas sans tenter un rapprochement et quand l'occasion se présenta, il ne la loupa pas, jouant parfaitement la surprise, attirant ainsi l'attention de la jeune femme, sans aucune difficulté. Elle mordait à l'hameçon et c'était parfait. Le colombien distilla parfaitement les informations, laissant la jeune femme réfléchir et tirer ses propres conclusions. C'était d'ailleurs passionnant d'observer son visage pendant cette réflexion. Elle était en train de rassembler les pièces du puzzle et il pouvait presque suivre le cheminement de son esprit rien qu'en la regardant. Comique.

    Sonny trouva alors pourquoi ce jeune homme lui était familier. Elle avait croisé Cristobal, ils avaient discuté. Il avait appris à la jeune femme leur lien de parenté et cerise sur le gâteau, il avait parlé de Milo. Elle exposait ses déductions, mais ne semblait pas totalement sure d'elle, ne sachant pas réellement comment elle devait faire avec cette révélation. Un grand sourire s'épanouit sur le visage de Milo, un sourire lumineux et sans aucun doute, complètement craquant. Quel acteur !

    « Oui ! Je suis le fils de Cristobal et donc ton cousin ! C'est incroyable, jamais je n'aurais pensé pouvoir te rencontrer ainsi. Il m'a parlé de toi, je suis ravi de pouvoir faire ta connaissance. »

    Il avait prit un ton plus chaleureux et intime. Ils étaient de la même famille, c'était normal de se rapprocher après tout, non ? Pourtant, Milo fit mine de se rembrunir, comme subitement inquiet :

    « J'espère que cela ne t'ébranle pas trop et que tu es toujours partante pour un café ? »
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MessageSujet: Re: Aie confiance… crois-en moi…[terminé]   Sam 14 Déc - 18:18

Je n’aimais pas être jugée. Après tout, personne n’aimait cela. Moi, encore moins que les autres, surtout avec tout ce qui s’était passé. Anne et Ross vis-à-vis de Genome, Kensie vis-à-vis de Remington… Personne ne me faisait confiance ? Et le pire, c’était que moi-même je doutais de mes capacités. Alors qu’on me juge… cela me braquait et ne m’aidait absolument pas. J’avais tout gâché au début de ma grossesse. Involontairement, certes, mais j’avais mis ce bébé en danger. Et aujourd’hui, mes problèmes de santé se multipliaient, comme pour mettre à mal encore plus ce petit être. L’homme s’excusa, autant passer outre. Je préférais me relever et retrouver une posture plus… civilisée.

Par contre la suite… Nous aurions dû nous en tenir là : un parfait inconnu qui vient en aide à une parfaite inconnue, qui se serrent la main et qui disparaissent de la vie l’un de l’autre. Alors pourquoi avions-nous joué le jeu de la politesse et de la civilité ? Pourquoi avions-nous parlé ? Et surtout de choses aussi personnelles ? Pourquoi ces liens se tissaient dans mon esprit ? J’avais rencontré Cristobal alors que j’étais tombée dans les escaliers. Il m’avait rassurée sur ma grossesse, il m’avait fait passer ma première échographie. Puis je l’avais de nouveau rencontré en décembre, alors que Remington était dans le coma. Il s’était occupé de moi et m’avait révélé notre lien de parenté. Je n’avais jamais cherché à en savoir davantage par le passé. Je savais que ma mère avait souffert et j’avais toujours respecté son silence. Mais les choses depuis, avaient changé. J’étais seule à Los Angeles, sans famille, à part Remington, à mes côtés. Alors un jour, j’avais trouvé le courage de décrocher le téléphone pour contacter ma mère et lui demander des explications… C’était le 1er janvier dernier, et j’avais appris qu’elle était décédée depuis plusieurs jours, et que je ne l’avais pas su. Depuis, je n’avais plus cherché à remuer le passé, laissant toutes ces cachoteries stagner. Mais aujourd’hui, un homme se dressait devant moi…

Il souriait. Il avait un sourire magnifique, plein de chaleur, comme ma mère pouvait en afficher. Il semblait si ravi de cette rencontre et moi… moi je ne savais qu’en penser. Je n’avais pas percé le mystère Cristobal, surtout qu’il ne donnait plus signe de vie depuis un moment alors qu’il devait suivre ma grossesse. Mon cousin. J’avais donc d’autres cousins que ceux qui vivaient à New-York… C’était si… étrange comme rencontre. Il se mit à me tutoyer, à abolir les barrières sociales qui pouvaient exister entre nous. Il faisait comme si j’étais de sa famille depuis des années alors que…

Est-ce que je voulais toujours prendre un café ? Euh… bonne question, je n’en savais plus rien. Remington avait des doutes sur Cristobal… mais Remington n’était pas là… Qu’est-ce que je voulais moi ? Est-ce que j’allais prendre le risque de perdre un membre de ma famille ?

« Un café si tu me dis ton nom. Et où est Cristobal. Il avait dit qu’il s’occuperait de moi et de ma grossesse, et il m’a laissée. »

Il m’avait brièvement parlé de son fils, Milo. Si cet homme qui se prétendait mon cousin m’en donnait un autre, je saurais qu’il me mentait. Mais quel aurait été l’intérêt ? J’hésitais un instant à envoyer un sms à Remington, pour lui dire ce que je m’apprêtais à faire. Je l’imaginais déjà débarquer à toutes jambes. Il voulait que je sois prudente… Mais qui irait inventer un tel bobard ? Et s’ils étaient de ma famille, ils ne me voudraient pas de mal, n’est-ce pas ? Quoique… ils en avaient fait à ma mère.

Ma prise sur mon sac de courses se resserra. J’avais besoin de réponses maintenant. Remington savait que j’étais à Central Park si jamais quelque chose se passait…  Je fis un signe de tête pour lui désigner le sentier et je me mis à marcher, me tenant tout de même à bonne distance de lui.

« Si tu es bien le fils de Cristobal, il a dû te parler de ma mère. Il tenait à elle, d’après ce qu’il m’a dit. Alors pourquoi s’est-elle enfuie de Colombie ? Tu sais ce qui s’est passé ? »

Peut-être même l'avait-il connue ? Il devait être un tout jeune enfant si c'était le cas, je n'arrivais pas du tout à me rendre compte...

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MessageSujet: Re: Aie confiance… crois-en moi…[terminé]   Dim 12 Jan - 17:17

    Il la sentait sur la défensive. Elle était confuse suite à cette révélation, semblant hésiter entre l'envie de fuir et celle de se montrer civilisée et d'en apprendre davantage. Il devait vraiment jouer serré. Mais il ne faisait que cela depuis qu'il avait accepté d'entrer en contact direct avec Sonny. Il était un funambule qui se tenait en équilibre précaire, prêt à tomber. Sauf qu'il ne pouvait pas se permettre de tomber. L'échec n'était pas une option. Il décocha un grand sourire chaleureux à la jeune fille, ainsi qu'un regard presque suppliant, comme s'il craignait vraiment que sa jolie cousine ne le fuit alors qu'il se réjouissait tellement de la retrouver enfin. Elle n'aurait pas à cœur de décevoir un si charmant garçon, n'est-ce pas ?

    Sonny finit par accepter, mais non sans quelques conditions. Le sourire de Milo ne vacilla pas alors qu'il plantait ses yeux bleus dans ceux de la jeune femme.

    « Milo Sanchez, fils de Cristobal Sanchez. Ce qui fait de moi ton cousin. »

    Il répétait calmement ces informations, pour que Sonny lui fasse confiance et se détende un peu. La partie n'était pas gagnée d'avance, loin de là.

    « Il a du partir pour des raisons personnelles. Je suis désolé qu'il soit parti sans te prévenir, mais en vérité, je ne sais pas moi-même où il est. »

    Et cette fois, ce n'était pas un mensonge. Il avait l'air vraiment contrit et il avait noté que Sonny avait lancé le reproche de la défection de Cristobal alors qu'il avait fait une promesse. Il conserva cette information dans un coin de son cerveau. Il allait devoir travailler là dessus également. Sonny se mit en route et Milo lui emboîta le pas. Elle semblait s'être retranchée derrière une certaine réserve. De la prudence peut-être. C'était bizarre. Elle faisait plus confiance à un inconnu qu'à son cousin. Drôle de réaction. Elle revint à la charge, demandant des renseignements sur sa mère... Il hésita.

    « C'est un test pour savoir si je suis bien ce que je prétend être ou tu ignores réellement le passé de ta mère ? »

    Un moyen de gagner du temps, peut-être d'éluder à la question le temps qu'il réfléchissait à un mensonge plausible. Pour le coup, Sonny pouvait deviner qu'il avait noté le distance qu'elle affichait soudain avec lui, de même que sa méfiance. Sa réponse était on ne peut plus normale.

    « J'ai l'impression que tu aurais préféré que je reste un inconnu... Il y a un problème ? Si tu ne veux pas qu'on se voit, je m'en irais, je ne veux rien t'imposer... »

    Il avait prit une voix un peu triste. Normal quand on rencontrait sa cousine et que celle-ci semblait soudain sortir les griffes. Il ignorait pourquoi. Et cette fois, ce n'était pas de la comédie. Au moins, il en apprendrait plus sur les sentiments de Sonny vis à vis de sa famille colombienne. En espérant qu'elle saurait la gentillesse d'accepter qu'il reste. Si elle l'envoyait paître, il devrait trouver une astuce pour rester avec elle ou au moins la revoir.
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MessageSujet: Re: Aie confiance… crois-en moi…[terminé]   Lun 13 Jan - 20:28

Une famille, c’était ce que j’avais toujours voulu, toujours désiré au plus profond de moi. Mais cette rencontre si hasardeuse, si surprenante, si… illogique, cela faisait beaucoup, même pour moi. J’avais rencontré mon oncle – sans savoir à l’époque qui il était – alors que j’étais tombée dans les escalier, mettant mon bébé en danger. J’avais su qui il était alors que Remington était dans le coma après avoir fait deux arrêts cardiaques. Et quand j’avais voulu en savoir plus sur lui… j’avais appris le décès de ma mère. Et aujourd’hui, je rencontrais mon cousin alors que j’avais fait un malaise. J’avais le don pour rencontrer les membres de ma famille ! Je ne savais pas pourquoi, mais j’avais peur, comme un doute lancinant. Et si c’était une ruse de Genetic ? Après tout, ils en étaient bien capables ! Mais son regard me troublait. Son sourire si semblable à celui de Cristobal ne me permettait pas de douter de son affirmation. Mais je n’avais jamais pu réellement me renseigner sur son père…

Il s’appelait bien Milo, comme Cristobal me l’avait dit. Là, je n’avais plus aucune raison de douter de leur lien.

« Je suppose, oui. Sauf que moi je ne connais ton existence que depuis trois moi. Depuis combien temps sais-tu que j’existe ? »

Je ne savais même pas que ma mère avait des frères et un neveu. Comment l’aurais-je su, elle ne parlait jamais de sa vie avant papa ? Pour moi, la liste de mes cousins se résumait à ceux que j’avais à New-York, du côté paternel. Je n’aurais jamais soupçonné l’existence d’une famille du côté de ma mère. Sans compter que Remington à l’époque m’avait intimé la plus grande prudence vis-à-vis de Cristobal, bien qu’il ne le connût pas. Alors si je devais être prudente envers le père, je devais également l’être envers le fils, non ? Surtout qu’il m’avait abandonnée sans rien me dire, alors qu’il connaissait ma situation.

« Et ça ne t’inquiète pas plus que cela ? »

Quelle relation avaient-ils pour que cela leur semble normal ? Qu’est-ce que c’était que ce genre de père qui abandonne sa famille sans prévenir ou donner de nouvelles ? Ce n’était pas cela, la famille que je voulais. Ce n’était pas ce dont je rêvais, ou ce que j’avais connu. J’avais quand même besoin d’en savoir plus car j’avais l’impression qu’il ne me mentait pas. Je me remis donc en marche, en gardant tout de même mes distances et continuant à l’interroger pour être sûre,  ce qu’il ne manqua pas de remarquer. Sa question me stoppa dans ma progression. On ne se connaissait pas et il lisait en moi comme dans un livre ouvert. Cela en était troublant. Je le fixai, incrédule, avant de me remettre en marche en évitant soigneusement son regard.

« J’en ai marre qu’on me cache la vérité sur ce qui s’est passé. Si je suis une Sanchez, si je suis vraiment ta cousine, pourquoi on me cache cela ? »

Est-ce que j’aurais préféré ne pas savoir ? Peut-être, cela aurait été plus simple. Est-ce que je voulais qu’il s’en aille ? Là, c’était plus compliqué. Je ne savais plus ce que je voulais, et ce, depuis un moment déjà.

« C’est pas ça, je…. J’ai perdu beaucoup trop de gens pour accepter qu’on me laisse une nouvelle fois. Je suis en train de me construire une famille, je n’ai pas le droit de m’attacher à n’importe qui. Surtout que je suis loin d’être naive, les gens ne nous veulent pas forcément du bien ! »

Je soupirais, avant de laisser mon regard vagabonder au loin. Je ne savais effectivement plus où j’en étais. Dans un seul souffle, je reportai de nouveau mes yeux sur lui.

« J’ai perdu beaucoup avant d’arriver ici. Et on me cache des choses. C’est juste que… je n’aime pas ça. J’ai besoin de stabilité, maintenant plus que jamais. Je ne veux pas spécialement que tu partes, je veux juste pouvoir… avoir confiance et avoir une famille. »

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MessageSujet: Re: Aie confiance… crois-en moi…[terminé]   Ven 17 Jan - 14:54

    Il prit un air grave, alors qu'il semblait fouiller dans sa mémoire depuis combien de temps il connaissait l'existence de sa ravissante cousine. Plus que trois mois, mais il ne l'avait pas toujours su non plus.

    « Quelques mois seulement. »

    Il avait toujours su qu'il avait une tante qui s'était sauvée, échappant au joug de sa famille et à leur sentence, mais de là à savoir qu'elle avait épousé un américain et avait eu une fille avec lui, il y avait un monde. Il était jeune quand on lui avait révélé l'existence de Pia, et ses fautes. Il était adulte quand ils avaient apprit qu'il y avait une fille. C'était ici, à Los Angeles. Cristobal avait retrouvé la trace de Pia et en remontant la piste, il s'était avéré qu'il y avait une fille. Sonny. Quel drôle de nom d'ailleurs.

    « Nous avons apprit l'existence de l'autre sensiblement en même temps. »

    Nouveau sourire charmant à désarmer la plus terrible des furies. Ah si les dames avaient su que ce sourire charmeur qui leur donnait l'impression qu'elles étaient désirées n'était qu'une façade et que Milo se moquait de leurs charmes... Enfin, en l'occurrence, avec sa cousine, cela n'avait pas du tout la même connotation, évidemment ! Quand elle demanda où se trouvait Cristobal, Milo avoua son ignorance, ce que Sonny trouva étrange.

    « Pas vraiment. Il est adulte et moi aussi. Je sais qu'il va bien. Il a des affaires personnelles à régler. »

    Cela ne souffrait pas de discussion. Milo n'était pas inquiet, mais il ne pouvait pas tout révéler à sa jolie cousine à ce sujet. Sa voix était aimable, mais ferme. Son ton un brin désinvolte, pour qu'elle ne s'inquiète pas inutilement. Ils se remirent en marche et Milo ne put s'empêcher de noter la distance que Sonny avait instauré entre eux en apprenant son identité. C'était fou ça ! Elle était prête à faire confiance à un inconnu, mais pas à son cousin ? Les liens du sang n'étaient-ils donc rien pour elle ? Que lui avait apprit Pia ? Il ne pouvait pas tenir cette femme en très haute estime étant donné ce que sa famille lui avait dit de cette renégate sans talents. Pas étonnant que la notion de famille ne soit pas la même pour l'américaine que pour le colombien. En même temps, c'était facile d'aimer sa famille quand on avait tout pour soi et qu'on ne les avait jamais déçu. Milo était le fils prodigue : beau, intelligent, talentueux, nanti d'un don... La seule ombre au tableau était sa sexualité, soigneusement cachée. Parce que là, famille ou pas, on ne lui ferait pas de cadeaux... Et malgré cela, il ne savait se montrer objectif avec Pia, alors qu'il était à même de comprendre. Aveuglement né d'un solide endoctrinement. Affligeant.

    Sonny finit par lui avouer qu'elle en avait assez des secrets, puisqu'elle appartenait à la famille, elle avait le droit de savoir. Cela risquait de s'avérer délicat... Elle ne comprendrait pas que Pia ai été reniée. Il demeura silencieux, jugeant qu'il valait mieux ne pas répondre à la question. Déjà elle avouait ne pas vouloir être abandonnée alors qu'elle se construisait sa propre famille.

    « T'attacher à n'importe qui ? »

    Il eut un petit rire malicieux.

    « Attends de me connaître, tu verras que je ne suis pas n’importe qui ! »

    Cela pouvait paraître prétentieux, mais de la façon dont c'était dit, cela sonnait surtout comme de l'humour, pour la détendre un peu.

    « Mais tu as raison d'être prudente et méfiante. »

    Surtout qu'il faisait partie de ces personnes qui ne lui voulaient pas forcément du bien. C'est qu'elle était attendrissante cette petite, en avouant sa peur de perdre des êtres chers, d'être déçue. Ses confessions étaient émouvantes. Milo en ressentit-il des remords de se jouer d'elle ? Non. Les remords ne servaient à rien et surtout pas à accomplir sa mission. Il fit taire sa conscience, il était doué pour cela.

    « Tu sais, notre venue en Amérique et ta découverte ne sont que des hasards. Personnellement, je pense que nous ne sommes pas toujours maîtres de nos actes et que c'est la providence qui entre en jeu et réunit certaines personnes, que cela soit pour un bien ou pour un mal... Mais renoncer à une occasion de connaître certaines personnes, par peur de se tromper, je trouve cela dommage. Cela fait rater de belles opportunités. On ne peut être certain de rien. La prudence est de mise, mais pas au risque de passer à côté de sa vie, tu ne penses pas ? »

    Il ne la regardait pas, parlant de ces convictions en avançant. Il avisa le sac de courses de Sonny, alors qu'il était à sa hauteur.

    « Laisse-moi porter ça, tu veux bien ? »

    Formulé ainsi, on pouvait penser qu'il serait vexé qu'elle refuse. Il pouvait se montrer galant quand même.

    « Apparemment, tu as connu des déceptions... J'ignore ce que tu as vécu pour avoir ce genre de discours, mais cela m'attriste pour quelqu'un de si jeune. »
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MessageSujet: Re: Aie confiance… crois-en moi…[terminé]   Ven 17 Jan - 20:29

Comment une famille pouvait être aussi éloignée que la mienne ? J’avais une représentation tellement différente, mais entre ce que j’espérais et la réalité, il y avait un monde, et je le découvrais tous les jours. J’avais une famille de l’autre côté de la frontière. Dire que j’avais envisagé de fuir en Colombie quand Rem et moi nous étions séparés. Etait-ce un signe du destin ? Celui-ci semblait nous jouer de drôles de tours. Il avait découvert mon existence en même temps que j’avais appris la sienne. Et aujourd’hui, le hasard nous avait réunis.

« Il faut croire que nous ne sommes pas cousins pour rien. »

Je tentai un petit sourire. Peut-être que nous avions beaucoup plus en commun qu’un sang. Peut-être que nous étions liés. Et puis, avoir un cousin aussi séduisant, prévenant et médecin, je pouvais tomber bien plus mal ! Mais nous étions adultes, nous avions nos vies, alors… est-ce que cela changerait foncièrement les choses ? Avions-nous une place dans la vie de l’autre ? C’était certainement une question qui ne trouverait pas de réponse aujourd’hui. Surtout que nous avions deux caractères différents. Il était bien plus adulte que moi, il n’avait pas besoin de savoir où était son père, alors que moi… eh bien j’avais encore eu une réaction de gamine à dire vrai, de petite fille perdue sans son papa et sa maman. Mais son sourire, son visage si doux me faisait me sentir un peu plus en sécurité. J’avais la sensation que jamais il ne me ferait de mal volontairement, mais j’avais peur de m’attacher encore pour rien.

Je le fis rire d’ailleurs, et je ne pus m’empêcher d’en faire autant face à son aplomb. C’était vrai que ce que j’avais dit n’était pas très sympa à bien y réfléchir. Mais par chance, il ne s’en offusqua pas réellement et je me sentie presque fière – aussi inexplicable que cela puisse paraître – lorsqu’il me dit que j’avais raison d’être prudente. Je n’avais pas de grand frère, pour veiller sur moi et avoir l’œil qui pétille quand je faisais quelque chose de bien. Ça, c’était une réalité qui m’avait manqué dans ma vie. Il comprenait. Il ne pouvait donc pas être un parfait inconnu puisqu’il comprenait.

Ses paroles me frappèrent. Je les buvais comme une berceuse, comme si c’était un vieux sage qui me prodiguait une antique vérité. J’acceptais ses mots, parce que j’y croyais. J’avais vécu cette providence, cette évidence qui réunit des êtres qui n’auraient jamais dû se connaitre. Cette providence avait eu lieu le 13 septembre 2010, quand j’avais rencontré Remington. Et il me l’avait rappelé : j’avais oublié toutes mes craintes ce jour-là. Mon blocage relatif au sexe n’avait rien entravé de ma relation, je m’étais donnée à lui sans avoir la moindre peur, sans que je ne puisse ni ne veuille rien y faire. Milo avait raison. Milo avait totalement raison. Je serais passée à côté de tellement de chose si j’avais fui au lieu de courir à cette fontaine. Est-ce que j’allais fuir aujourd’hui ? Non, ce ne serait pas logique.

« Tu es peut-être trop sage pour être réellement de ma famille en fait. »

Il se proposa alors, tout en marchant, de prendre mon sac de courses. Instantanément, je me rapprochai de lui pour le lui donner. Une fois que cela fus fait, je ne m’écartai pas, poursuivant mon trajet prêt de lui, sans réellement le regarder. Ce fut pire quand il évoqua mes déceptions. S’il savait… s’il savait le nombre de proches que j’avais perdus. S’il savait que j’avais dû fuir mon pays. S’il savait le nombre de personnes mortes dans mes bras. Mon regard s’assombrit.

« La providence… dès qu’elle te donne quelque chose de bien d’un côté, elle te le reprend de l’autre. J’attends un bébé et je perds ma mère. Je me fais des amis extraordinaires et ma meilleure amie de toujours me déteste. Je te passe les détails. Mais j’ai eu de bons moments aussi. J’ai eu la chance d’avoir des parents super, et des cousins avec qui j’ai fait les quatre cents coups. J’ai des gens sur qui je peux compter ici, un futur bébé et un futur mari. »

Nous approchions d’un stand, où nous trouverions certainement des boissons chaudes, quand je me dis que peut-être, ce serait bien de maintenir un lien, même artificiel entre nous.

« Je n’ai pas de médecin attitré. Tu prends encore des patients ? Et… tu aurais un obstétricien à me conseiller ? »

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MessageSujet: Re: Aie confiance… crois-en moi…[terminé]   Dim 26 Jan - 20:35

Milo rendit son sourire à la jeune femme qui semblait enfin se détendre ou du moins accepter la présence de Milo à ses côtés et leur lien de parenté. Naïve Sonny... Adorable petite ignorante qui craignait d'accorder sa confiance et qui pourtant, s'ouvrait comme un une fleur au soleil dés lors qu'on trouvait les bons mots. Elle prêchait la prudence, mais ne l'était pas fondamentalement. Mais elle n'avait pas grandi dans un climat de danger et de complots, éduquée par des manipulateurs, calculateurs... Finalement, sa répartie n'aurait pu être plus erronée. Ils étaient cousins, mais n'avaient pas vraiment de points en commun. Sonny était la fille d'une moins que rien, une traîtresse, elle avait grandi an Amérique, petite fille choyée et ignorante. Milo était le fils d'un grand homme, d'un mutant éclairé, qui œuvrait pour la cause mutante et avait éduqué son fils pour prendra sa suite, ne lui cachant rien. Deux enfants aux parcours bien différents, aux chemins sinueux qui se croisaient.

Et cela allait changer la vie de Sonny, bien qu'elle l'ignorait.

Devant la méfiance de Sonny, il déploya des trésors de persuasion et il sentit qu'il l'avait touchée, à son regard sur lui. Oui, il se faisait vieux sage en cet instant, mais il avait capté son intérêt et abaissé ses défenses. Ah jolie Sonny, si tu pouvais seulement appliquer tes conseils à toi-même et ne pas te laisser abuser par un beau visage et un accent chantant... Mais c'était trop tard désormais, Milo avait entrouvert une porte et pouvait maintenant s'insinuer tranquillement dans le cœur de la jeune femme si avide de famille. Sa remarque fit rire le jeune homme.

« Oh, la sagesse ne serait donc pas une de tes qualités ? »

Le regard clair de Milo pétillait de malice. Galant, il récupéra le sac de courses de Sonny. Déjà parce qu'elle était une femme et qu'il avait quelques principes, la galanterie étant toujours appréciée de la gente féminine, même s'il agissait par hypocrisie et en plus, elle était enceinte, autant lui éviter de porter des choses lourdes. Il décida de rebondir sur quelque chose qu'elle avait dit et qui l'intriguait. Des déceptions, des désillusions. Elle n'avait que 20 ans, c'était jeune pour être désabusée. Elle consentit à répondre, parlant des pertes qui venaient contrebalancer les bonheurs... Une vie pour une vie... C'était quelque chose qu'il avait souvent constaté lui-même. Pas forcément personnellement, mais dans son travail. Il côtoyait beaucoup la mort et était toujours subjugué par certaines vérités immuables, par des mystères impossible à lever. Elle gagnait des amis et les anciens s'éloignaient. Elle avait eu des parents aimants, des cousins adorables et elle était fiancée et enceinte. Sa vie aurait pu être pire. Au moins, elle avait eu deux parents... Un équilibre. Pour Milo, les femmes n'étaient pas des être très intéressants. Il était macho, fondamentalement, mais jouait les gentleman, ayant compris depuis longtemps quel était son intérêt. Mais au final, il méprisait le sexe faible.

« Tu sais, certains diraient que c'est pour maintenir un équilibre... Quand une vie apparaît, une autre doit s'en aller. Je sais que cela ne console pas quand ça nous tombe dessus, mais c'est un phénomène que j'ai pu observer souvent. Entre autres. »

Il esquissa un sourire.

« Une date est prévue pour le mariage ? »

A moins que ce ne soient que des fiançailles, sans date arrêtée ensuite, cela arrivait parfois. Mariage avant ou après le bébé ? Si c'était avant, ils avaient intérêt à se dépêcher un peu. Ils arrivèrent devant un stand, mais avant qu'il ne commande, Sonny lui demanda d'être son médecin. Il lui lança un regard surpris, mais de façon positive.

« Oui, j'en prends encore. Ce serait un plaisir de te suivre. Pour l'obstétricien, le remplaçant de mon père est excellent. »

Il marqua une pause avant de lâcher, songeur :

« Cela ne te dérange pas que je sois ton médecin ? Il y en a qui n'aiment pas que ce soit de la famille justement. »

Il se faisait l'avocat du diable. Être le médecin de Sonny, c'était accéder à tout son dossier médical, en apprendre plus sur elle et peut-être déceler un signe d'une possible mutation qui en ferait une Sanchez. Une aubaine, donc.

« Cela dit, j'espère qu'on ne se reverra pas que quand tu es malade, ce serait dommage. »

Elle qui avait peur de l'abandon, il tenait à la rassurer. Il ne venait pas d'apparaître dans sa vie pour en repartir aussitôt. Et il ne voulait pas d'un lien superficiel. Il voulait davantage, une vraie relation de cousin/cousine, voire grand frère.

Du moins, c'était ce qu'elle devait croire...
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MessageSujet: Re: Aie confiance… crois-en moi…[terminé]   Jeu 30 Jan - 21:20

« Moi ? Sage ? Je crois que c’est la dernière de mes qualités ! »

Et il suffisait de regarder mon ventre rond pour s’en persuader. Etait-ce sage de tomber à ce point amoureuse d’un homme ? Etait-ce sage de tomber enceinte un mois après l’avoir rencontré et de garder le bébé ? Etait-ce sage d’accepter ce qu’il faisait, jusqu’à l’épouser ? Etait-ce sage de se balader seule alors qu’une traque était lancée contre nous ? Etait-ce sage que de discuter avec le fils d’un homme que m’a mère m’avait caché et qui suscitait la méfiance de Remington ?

J’étais loin d’être sage, mais mes incartades m’avaient apporté tellement de petits et de grands bonheurs. Et qui pouvait dire non à une famille ? Avec Milo, j’avais enfin l’opportunité de renouer avec une partie de mon histoire et de mon passé dont j’ignorais tout. J’avais toujours grandi dans une grande famille et cela était aussi l’occasion de retrouver cela et d’offrir cette vie à mon enfant. Il y avait peu de chance qu’il ait un jour des frères et sœurs, il n’aurait pas non plus de cousin ou de cousines… mais il aurait des tontons… C’était mieux que rien. Et puis étrangement, c’était facile de discuter avec lui, même si je ne m’étendais pas sur les drames profonds de ma vie. Nous ne nous connaissions pas suffisamment pour cela et chaque chose viendrait en temps voulu. Pour l’instant, il s’agissait seulement de faire connaissance, de nouer un lien dont on nous avait privés, alors qu’il aurait dû être tout naturel. Et lui parlait très sagement, comme s’il avait déjà cent ans. Une vie pour une vie… je n’aimais pas du tout cela, cet équilibre tragique qui semblait régir nos vies, mais c’était cela. Mon enfant contre ma mère. Mes frères et sœurs du Domaine contre mes nouveaux amis à Los Angeles. Mes parents contre Remington…

« Non, pas encore, il y a pas mal de démarches à faire et le travail de mon fiancé nous empêche de prévoir longtemps à l’avance. Mais ça devrait bientôt se faire. J’aimerais vraiment qu’on soit trois à porter le même nom… »

C’était important pour moi de m’appeler Pillsbury et que mon fils ou ma fille porte également ce nom. Cela nous liait, à jamais, et je l’acceptais entièrement, tel qu’il était. Porter son nom c’était ma manière de lui dire que je l’aimais et que je serais toujours à ses côtés. J’existais en partie grâce à lui. Il serait mon avenir, même si je ne pouvais pas tourner le dos à ma vie d’avant…. et à ma vie de maintenant, et Milo en faisait partie. Je lui demandais d’ailleurs d’être mon médecin. Je n’en avais pas d’attitré et c’était pénible d’avoir toujours affaire à quelqu’un de différent à chaque problème. J’avais besoin de stabilité désormais, dans tous les domaines de ma vie. Je soupirai de soulagement quand il accepta et lui adressai un sourire empli de gratitude. Je serai entre de bonnes mains au moins, pour ce qui était de ma santé. Par contre, la suite me déstabilisa un peu… Peut-être avait-il mal pris ma méfiance…

« Non, non, au contraire. Je… je ne veux plus avoir affaire à des étrangers. Et cela nous permettra de nous revoir. »

Et s’il était de ma famille, il ne me ferait jamais de mal. Il veillerait sur moi et sur ce bébé à qui il était lié. Et secrètement, je nourrissais l’infime espoir qu’il soit comme moi… Qu’il soit « différent » lui aussi. Si tel était le cas, et en tant que médecin, il pourrait peut-être m’aider et être un soutien de poids… Mais avant que je ne lui révèle cette part de moi-même, il se serait écoulé bien du temps…

« Je suis une catastrophe ambulante malheureusement… »

Je riais mais c’était vrai. Alors il ne me reverrait peut-être pas malade, mais blessée, sans le moindre doute. Au moins, il ne m’abandonnait pas. J’espérais vraiment qu’il ne fasse pas comme son père, et qu’il reste à mes côtés. Il était ma famille, et j’en avais assez de perdre des gens… Nous prîmes enfin place à une table, devant des boissons, et nous nous mîmes à discuter, d’un peu tout est rien, riant de temps en temps. Je vivais un petit moment d’insouciance et de liberté, me liant lentement et doucement avec mon cousin… On s’attarda un peu, de plus en plus à l’aise même si nous n’abordions que des sujets légers et futiles. Quand vint l’heure de nous séparer, on s’est promis de rester en contact, échangeant même nos numéros de téléphone. Je rentrais le cœur léger et j’espérais qu’on se reverrait le plus vite possible.

Fin

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