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 Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif

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Anne W.

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MessageSujet: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Mer 28 Aoû - 13:25

Le 25 février

Tout avait changé. Si vite. Trop vite. Quelques heures auparavant, j’étais allongée, près de la piscine, sur une chaise longue à lire tranquillement. L’air était doux, les petits oiseaux gazouillaient et mon homme était à la maison. Ce dernier avait recouvré la vue après un incident lors d’une randonnée organisée par Genome afin de resserrer les liens entre les membres. Cela avait pris du temps, mais il était désormais guéri. Nous nous aimions et notre bébé grandissait dans mon ventre. Bref, nous vivions un putain de conte de fée. Sauf que ce conte de fée merveilleux se transforma en cauchemar suite à l’appel d’Aaron qui nous alertait sur la traque organisée par Genetic à l’encontre des membres de Genome. A ces mots, la seule image qui me venait à l’esprit était David contre Goliath. Encore fallait-il trouver la fronde pour vaincre notre bête noire.

La réunion, mise en place, ne fut pas très productive. Comment l’aurait-elle pu ? Nous n’étions pas entraînés, ne bénéficions d’aucun fond et nous n’avions pas assez d’arme pour affronter nos adversaires. Quand nous laisseront-ils vivre en paix ? A quoi est-ce que nous pourrions bien leur servir ? Ne pouvaient-ils pas pratiquer leur expérience sur des membres consentants ? De toute évidence, non… Mais qu’allions nous faire ? Il était impossible de vivre tous ensemble dans les locaux de Genome, cachés et quand bien même, je ne le voudrais pas. Ce n’était pas une vie ! Etait-ce le choix de Ross pour notre famille ? Impossible… Il avait détesté cette période en tant qu’aveugle, comment pourrait-il accepter cette vie de prisonnier ?

Après avoir effectué mes tâches, je retrouvais Ross dans une petite salle. J’ignorais à quoi elle servait. Peut être était-ce un bureau étant donné le mobilier. Appuyée contre la porte, je l’observais avec inquiétude. Il nous fallait discuter, mais en avais-je seulement l’envie ? Qui savait si cette conversation n’allait pas conduire à une dispute. Ce n’était vraiment pas le moment de se disperser.

- « Ross… Que comptes-tu faire ? »

J’aurai pu dire « qu’allons nous faire », mais je refusais de lui laisser l’opportunité de m’imposer quoique ce soit. Cette conversation allait nous permettre de mettre en relief les avantages et les inconvénients de chaque solution et après… Nous choisirions celle qui nous convenait le mieux et ce, même si elle différait de celle de l’autre. L’instant était grave, mais il fallait en parler.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Dim 1 Sep - 19:25

Il y avait deux problèmes de taille à surmonter. La traque lancée par Tussle et sa troupe et le virus contagieux touchant les mutants. Le petit rassemblement d’Aaron donnait une idée de ce que pensait l’assemblée. Entre vivre terrés comme des fuyards et la menace d’être contaminés, les membres de Genome étaient en fâcheuse posture. Il était inutile de vouloir affronter Genetic bien mieux armés. On avait vu ce que ça avait déjà donné lors des précédentes rencontres ! Même si Genetic avait enregistré des pertes, elles avaient sans doute été moindres que celles de Genome. De toutes les façons, il était hors de question de lancer une offensive avant de préparer sa défense. De plus, le but de l’organisation n’était pas de tuer mais de défendre les mutants. S’il n’y avait eu que ça encore ! Peut-être arriveraient-ils à élaborer des plans qui permettraient de vivre à peu près normalement ? Mais le virus touchant déjà plusieurs membres n’était pas fait pour aider. Anne et Ross s’étaient exprimés succinctement lors de la réunion. Dans l’urgence, ils n’avaient pas eu le temps d’envisager toutes les possibilités.

L’idée de venir financièrement en aide à Genome avait été évoquée par Ross auprès d’Aaron, mais il n’y avait pas que cet aspect à prendre en compte. L’écossais se voyait mal vivre enfermer vingt quatre heures sur vingt quatre dans les locaux de l’association. Il aimait sa liberté et c’était sans doute pour cette raison qu’il avait du mal avec le mot mariage. Mais bon, là n’était pas le sujet. Rester enfermé chez Genome quelques temps ne lui poserait pas de problème s’il en connaissait l’échéance. Seulement, il ne la connaissait pas et il ne voyait pas comment faire pour se dépêtrer de cette nouvelle situation. Et les membres malades ? Ils étaient isolés et à l’abri pour le moment, mais comme l’avait souligné Kensie et Meira, le fait de rester confiner dans un endroit augmentait les risques de contagion ; ce n’était pas une porte, même étanche, qui l’arrêterait ?

Ross en était à ce genre de réflexions lorsqu’il retrouva Anne dans une petite salle qui servait de bureau à qui en avait besoin. Une fois la porte fermée, la jeune femme n’y alla pas par quatre chemins. Elle semblait soucieuse, mais qui ne le serait pas en pareilles circonstances ? Pour tenter de la détendre, il s’approcha d’elle et plaqua ses mains, contre la porte où elle se trouvait, de chaque côté de son visage et lui vola un baiser.

- Te faire l’amour !  Ca au moins c’est productif et ça ne fait de mal à personne. Plaisanta-t-il en passant son bras autour d’Anne afin de l’inviter à s’asseoir sur un des deux fauteuils qui se trouvaient dans la pièce. L’écossais ne s’assit pas. Même s’il jouait les insouciants, toutes ces nouveautés le tracassaient. Pour le moment, il préférait rester debout ; ainsi il canalisait mieux ses appréhensions.

- Non mais sans rire, je n’en sais rien. Je pense à tous les membres de Genome mais je pense aussi et surtout à nous et à Wyatt. Tu nous vois enfermer ici pendant un temps indéterminé ? Moi pas. Et ce putain de virus, il faut trouver quelque chose pour éviter la contamination. J’ai pas envie que tu l’attrapes…
Sous-entendu, qu’il craignait aussi pour la vie du bébé.
- J’ai dit à Aaron, tout à l’heure, que je pouvais apporter une aide financière à Genome. Il est question qu’il revende un des bâtiments qui se trouve dans un autre état et qui ne sert à rien. Ca permettrait de mieux s’équiper mais bon,  ça ne règlera pas tout… Je pense aussi qu’un autre de ces bâtiments pourrait servir uniquement d’hôpital. On pourrait l’équiper d’un matériel médical et d’un matériel de recherches plus performants que celui qu’on a ici, et… transférer tous les malades là-bas.

Cette idée ne plaisait pas tellement à Ross, mais en cas de contagion, il n’y avait pas d’autres solutions que d’isoler les malades en attendant de trouver un traitement. La logistique pouvait se mettre en place facilement mais il fallait aussi penser à la suite. S’adjoindre les services d’un scientifique spécialisé dans les virus ne serait pas du luxe, mais il n’était pas évident d’en trouver un sans risque de se faire repérer ; dans l’idéal, il faudrait que ce chercheur soit un sympathisant de Genome. Pour cela, tous les membres pourraient être mis à contribution. Dans le lot, il y a bien une personne qui pouvait conseiller un chercheur.

- Tu ne connais pas quelqu’un qui pourrait nous filer un coup de main pour les recherches ? Peut-être que Meira en connaît un, ou Dean, ou je ne sais qui d’autres ? Faudrait qu’on les contacte.

Pour l’instant, il n’était question que de logistique et Ross avait déjà mal à la tête. Est-ce que les membres contaminés, les toubibs et les scientifiques étaient prêts à déménager ? Les malades n’avaient pas trop le choix mais les autres étaient en droit de refuser ; et dans ce cas, cet hôpital de substitution ne serait d’aucune utilité. Cela dit, il fallait être positif et penser que ça marcherait. En attendant, c’était l’écossais qui marchait de long en large et en travers dans la petite pièce.

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MessageSujet: Re: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Jeu 5 Sep - 18:59

Ma question était sérieuse. Après cette réunion, j’aurai cru que Ross aurait partagé les mêmes craintes que moi, qu’il aurait ressenti, lui aussi, cette menace au dessus de Genome avec plus d’intensité que les précédentes. Un mauvais pressentiment me tenaillait l’estomac. Mon angoisse, aujourd’hui, me semblait beaucoup plus réelle que celle éprouvait lors de l’échange au Blue Lake. Pourquoi ? Parce qu’à cette époque, nous avions quelque chose qu’ils voulaient. Aujourd’hui… Nous étions démunis face à eux. Ils avaient un sérum contre la maladie, les moyens financiers et matériels pour soigner correctement leurs malades, des moyens pour nous traquer et nous… Devant cette insouciance, il ne me restait plus qu’à lever les yeux au ciel pour montrer ma désapprobation.

Pourtant, tout dans son attitude montrait une certaine nervosité. Il me poussait à m’asseoir alors qu’il préférait arpenter la pièce. J’attendais jusqu’à ce qu’il me donne son véritable sentiment sur la situation. Cela ne devrait pas trop tarder à venir. Quelques secondes à peine, il se mettait à table ! Pas trop tôt la tête de mule ! Mais bon… c’était ma tête de mule. Si je nous voyais rester enfermer pendant une durée indéterminée ? Je pensais qu’il me connaissait mieux que ça. Surtout que le fait d’être enceinte ne me poussait pas à vivre cette expérience de colocation dans des locaux pas très adaptés à la mise au monde d’un petit être. Encore moins quand un virus se trouvait en ces murs.

- « Nous sommes d’accord. Moi non plus, je ne compte pas rester confinée éternellement et ce n’est même pas la peine d’envisager un accouchement ici. Je sais bien que certaines femmes dans le monde le font toute seule, dans des grottes poussiéreuses, sans instruments médicaux, mais je ne suis pas une adepte. »

Mais où alors ? Les hôpitaux allaient être difficiles d’accès si nous étions sur surveillance et des médecins qui savaient accouchés ne poussaient pas à chaque coin de rue comme les pâquerettes. L’idée d’expulser un bébé de la taille d’un ballon de foot de mon utérus dans un endroit non prévu pour l’expérience m’angoissait.

- « Je peux également aider financièrement… Je n’ai pas touché à la somme reçue après l’incendie du domaine. Si ça peut nous aider à mettre les membres à l’abri, je suis partante. Par contre, êtes-vous sûrs qu’il n’y a aucun moyen de remonter à Aaron ou Genome ? Il ne faudrait pas que cela fasse un domaine bis. Je veux dire par là qu’il serait malvenu de nous regrouper tous au même endroit où Genetic pourrait nous massacrer… »

Il fallait tirer des enseignements de notre expérience. Les derniers avaient été si cuisants que mon esprit en était encore traumatisé. Il m’arrivait encore de cauchemarder sur cette période et je ressentais cette angoisse que tout pouvait m’être enlevé sur un seul ordre de Tussle. Pourquoi ne pouvions-nous pas vivre en toute tranquillité ? Pourquoi Genetic avait-il été créé ? Sans cette organisation, il n’y aurait jamais eu besoin de créer Genome… Pas de combat… Pas de souffrance…

Je laissais de côté ce monde utopique et imaginaire pour écouter la question de Ross. Si je connaissais quelqu’un qui pourrait nous aider dans la recherche d’un antidote contre ce virus ? La plupart des chercheurs que je connaissais étaient des êtres humains normaux. S’il leur fallait apprendre l’existence de notre monde, il ne faisait aucun doute que le secret ne serait plus bien gardé. Par contre, je connaissais bien quelqu’un. Cette personne avait toutes les qualités et les connaissances pour aider notre cause.

- « Je connais une personne qui pourrait faire l’affaire… Elle a fait des recherches sur la mutation… Ses connaissances sur le système immunitaire sont également impressionnantes et je ne te parle même pas de celles concernant les virus… »

Je cherchais dans son regard une lueur de compréhension. Certes, je n’étais pas encore très à l’aise dans les laboratoires, mais il y avait urgence. Notre retard était impardonnable et rester inactive était égoïste de ma part. Je n’étais pas certaine de trouver un serum capable de guérir les malades, mais je me devais d’essayer. Et si je contractais la maladie ? Qu’arriverait-il à notre petit gars ? Ma famille pourrait souffrir de mon choix… C’était également de l’égoïsme. A croire que ma décision serait de toute façon mauvaise.

- « Ross… Je dois essayer… J’ai l’obligation d’essayer… »
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Mar 10 Sep - 21:08

La petite plaisanterie de Ross n’eut pas l’effet escompté, elle agaça Anne au lieu de la détendre. Il avait perdu une occasion de se taire. Mais bon, dans une situation dramatique, ne dit-on pas qu’il faut se presser d’en rire de peur d’avoir à en pleurer ? Ce n’était pas parce qu’il jouait les insouciants qu’il l’était. Au contraire, Genome était en fâcheuse posture et l’écossais ne voyait pas comment faire pour sortir de cette panade. Entre le virus et la traque lancée par Genetic, les membres de l’association étaient coincés. Personne n’avait envie de vivre comme des criminels, en cavale. Il fallait déjà isolés les malades pour éviter que le virus ne se propage. Pour cela, Anne était sur la même longueur d’ondes que Ross. Les moyens financiers réunis, il n’était pas difficile de transformer un des bâtiments appartenant à Genome en hôpital. Il n’y avait qu’à passer les commandes et voir avec Aaron comment organiser le transfert des malades. Cela pouvait se faire en quelques jours si tout le monde y mettait du sien. Evidemment, cet hôpital improvisé ne serait pas utile à Anne. Il était hors de question qu’elle prenne le risque d’être contaminée.

- T’inquiète Manouchka, tu n’accoucheras pas ici.
Dit-il pour la rassurer. Au pire, il l’accoucherait lui-même, il savait ce qu’il fallait faire pour l’avoir pratiquer quelques fois lors de visites en milieu hospitalier.

- Je ne pense pas que Genetic veut nous tuer, mais c’est vrai que s’il découvre notre QG, avec les têtes de turcs qui s’y trouvent, ça risque de faire des dégâts, et eux ne feront pas de détail s’ils trouvent de la résistance… T’as peut-être raison, faudrait qu’on se disperse… Enfin j’en sais rien, faudrait voir ce que les autres en pensent.

Passer entre les mailles du filet tendu par Genetic sans se faire repérer s’avérait bien plus complexe qu’il n’y paraissait. Ce n’était pas qu’une question d’argent sinon cela pourrait se régler assez facilement. L’épidémie qui se propageait dans le monde mutant était de loin le plus préoccupant des problèmes. Sans antidotes pour combattre la maladie, les morts se compteraient par milliers. Dans le L.A. Times un article était paru indiquant qu’un sérum avait été mis au point par Genentech. Même si ce n’était pas explicite pour monsieur tout le monde, il ne faisait aucun doute que ce sérum concernait le fameux virus. Décidément, non seulement Tussle ne lâchait rien mais il s’imposait aux yeux de tous, même de ses détracteurs. L’idée d’aller lui rendre visite dans le but d’obtenir des échantillons traversa l’esprit de l’écossais. Pour venir en aide aux mutants malades et surtout pour protéger sa famille, Roos était prêt à se dévouer. Seulement, c’était se jeter dans la gueule de loup sans la certitude d’en sortir vivant. Non pas qu’il craignait d’être tuer, mais d’être détenu contre son gré et de ne pas obtenir ce qu’il était venu chercher. Il devait réfléchir à cette possibilité tranquillement avant d’en parler à Anne. En attendant, il fallait faire le nécessaire pour trouver un sérum. Genome n’avait pas les mêmes moyens que Genetic, mais certains de ses membres chercheurs. Pour l’instant, ça n’avait rien donné mais avec l’aide d’un bon spécialiste des virus, il pourrait peut-être trouver un remède plus rapidement. Aussi quand Anne indiqua qu’elle connaissait une personne qui ferait l’affaire, l’inquiétude s’estompa chez Ross, une lueur d’espoir éclaira son regard et au fur et à mesure de son petit discours. Loin de lui l’idée qu’elle parlait d’elle. Le sourire naissant sur les lèvres de Ross se figea lorsque la jeune femme précisa ses pensées. Un petit temps d’adaptation fut nécessaire pour comprendre ce qu’il entendait.

- Tu crois que c’est possible ? Demanda-t-il inquiet.
- Mais… mais c’est dangereux Manouchka… Ajouta-t-il en s’approchant de la jeune femme.

Il ne mettait les qualités professionnelles d’Anne en doute, au contraire, il la savait très callée dans son domaine, mais il doutait que le virus se laisse facilement apprivoiser. Pour faire des recherches, elle allait devoir manipuler un tas de cellules vivantes ; sachant que la mutation ne touchait pas que l’homme, si le virus mutait pour devenir encore plus virulent, qu’adviendrait-il pour la femme de sa vie ? Il n’osait même pas y penser. Il prit les mains d’Anne dans les siennes et s’accroupit pour être à sa hauteur et la regarder dans les yeux.

- Tu n’es obligée de rien ! Je sais que tu es en pleine forme mais tu as déjà assez à faire ici pour ne pas t’en rajouter.
Allait-elle comprendre le message qu’il essayait de lui faire passer ? Pas sûr. Ce n’était pas dans la nature de Ross d’être égoïste mais, dans le cas présent, il pensait à la femme de sa vie et à lui avant les autres.

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MessageSujet: Re: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Mer 18 Sep - 19:39

Il ne fallait pas paniquer. D’une part, parce que nous étions prévenus maintenant et d’autre part, parce que cela ne nous mènerait nulle part. Certains membres étaient soucieux, voir inquiets des proportions que prenaient cette traque et si les plus vieux perdaient leurs esprits combatifs, nous étions perdus d’avance. Devant eux, nous nous devions de rester rassurants, optimistes quant à nos chances. Mais pour ceux qui connaissaient bien Genetic ou qui n’étaient pas naïfs, le danger était réel et pouvait se lire dans leur regard. Jouer la comédie était éreintant et devant Ross, je ne pouvais cacher mes propres inquiétudes, même si ce n’était pas juste pour lui dans la mesure où il devait être fatigué lui aussi. Cependant, le bébé ne cessait d’occuper mes pensées. Je craignais déjà pour sa vie sachant qu’il n’était pas encore né. D’ailleurs, l’accouchement m’inquiétait. Nous avions encore le temps de voir venir, mais qu’adviendra –t-il ? Allions nous devoir demeurer cachés jusque là ou tout simplement fuir en priant pour que Genetic ne nous attrape pas ? Je n’avais pas peur pour ma vie… Mais pour celle de ma famille. Heureusement, Sonny était au courant et se trouvait aux côtés de Remington. Je faisais bien assez confiance à ce dernier pour la protéger au péril de sa vie. Mais qui protégerai Ross ? Moi, même si je me sentais inutile ces temps-ci.

Ross me rassura quant à l’accouchement et préféra couper court au sujet de l’hypothétique découverte de Genetic de notre futur quartier général. Il avait raison… Certains à Genome avaient des comptes à régler avec nos opposants. Combien désiraient mettre la main sur Owen Harwell ? Ou sur Aleksandra Romanov ? Je ne saurais le dire, mais ils étaient nombreux.

- « Je te fais confiance pour exposer cette éventualité à Aaron. Je sais qu’il t’écoute et je pense qu’il vaut mieux prévoir tous les scénarios… Même les plus catastrophiques. »

Si tel était le cas, il me fallait envisager le cas où le virus me serait inoculé. Quels effets avait-il sur les bébés ? Devais-je réellement l’étudier et travailler pour trouver un sérum au risque de tomber malade ? Non, bien sûr que non, je n’étais pas obligée. On n’allait pas me mettre en prison si je choisissais de rester à l’écart. Malheureusement, ma conscience me murmurait que ce n’était pas bien, que je devais penser aux mutants qui se mouraient. Emy… Elle était si jeune… Elle ne méritait pas ça et je pouvais peut être y remédier. Néanmoins, je devais en faire part à Ross qui après quelques secondes d’espoir se mit à hésiter. Agenouillé devant moi, il tentait de capter mon regard pour me convaincre de… Continuer ? Abandonner ? Je ne parvenais pas à comprendre. Me laissait-il le choix ? Après tout, c’était principalement ma vie, mais je portais également son enfant…

- « Mais qui pourrait essayer d’y remédier si ce n’est moi ? Ce virus ne touche que les mutants et il est impossible de mettre un humain dans la confidence sans le mettre en danger. Chez les mutants, je ne connais personne, si ce n’est Dean et Ryan pour m’aider. Ryan est je ne sais où et Dean n’est plus que l’ombre de lui-même. »

Je pris la main de Ross entre les miennes.

- « Nos membres atteints sont mourants… Ross… Et si les places étaient inversées… Si j’étais malade et qu’un membre de Genome avait les capacités de chercher un sérum… Tu ferais quoi ? »
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Mar 24 Sep - 21:53

Les membres de Genome étaient des personnes relativement sérieuses. Ils pouvaient compter les uns sur les autres pour ne pas divulguer l’endroit où se trouvait leur quartier général. Par contre, il était difficile de s’assurer que personne n’ait été suivi. Jusqu’à présent, sans compter les dérapages fâcheux ayant eu lieu lors de rencontres musclées entre Genome et Genetic, les membres de l’organisation créée par Aaron étaient tranquilles. Depuis la traque lancée contre eux, ils allaient devoir se montrer extrêmement prudents. Encore fallait-il que tout le monde ait compris le message. Les responsables ne manqueraient pas de le rappeler aux plus inconscients. Ils devaient aussi se concerter pour décider des mesures restrictives à mettre en place afin d’assurer la protection des membres sur lesquels pesaient non seulement la menace du camp adversaire mais également celle du virus. Cette maladie très contagieuse était un fléau pour les mutants qui ne disposaient d’aucun remède. Genetic avait mis au point un sérum bloquant son évolution mais ils le gardaient pour eux, affirmant ainsi leur supériorité.

Les quelques spécialistes en génétique de chez Genome ne comptaient pas leurs heures pour tenter de trouver un remède ; seulement avec un laboratoire mal équipé et pas assez de chercheurs dans le domaine, ils risquaient de ne rien découvrir avant des mois voire des années. Combien de personnes allaient mourir d’ici là ? Adam, Emy, Kensie, pour ne citer qu’eux, étaient à un stade avancé de la maladie ; si rien ne leur était administré pour enrayer le processus, ils allaient mourir. Les problèmes matériels pouvaient rapidement se régler puisque Ross, ainsi qu’Anne et Aaron allaient récupérer des fonds. Fallait-il encore trouver la sommité qui aiderait dans la recherche ; cela risquait de prendre trop de temps. Ross, tout comme Anne, en était conscient. Il avait cependant du mal à accepter la prise de risques. Si la femme de sa vie était contaminée et que rien n’était trouvé, elle mourrait. Cette idée lui étant insupportable et il tenta de l’en dissuader de façon subtile. La connaissant, c’était perdu d’avance d’autant plus que la jeune femme avait raison. Si l’un de ses proches était malade, il ferait tout pour convaincre celui ou ceux qui étaient capables de mener à bien des recherches sans état d’âme.

- Je ferais ce qu’il faut si les rôles étaient inversés, évidemment… Admit-il à contrecœur en serrant doucement les mains qui tenaient les siennes.
- Mais l’idée de te voir mettre ta vie en danger me tort les tripes… Je ne veux pas te perdre Manouchka… Dit-il en posant une joue sur les genoux de la jeune femme, une main se glissant sur sa hanche.

C’était égoïste mais c’était ce que Ross ressentait sincèrement. Sa fierté mise de côté, il éprouvait le besoin de dévoiler ses appréhensions à celle qui partageait désormais sa vie. Anne avait sans doute les mêmes craintes que lui mais, en femme de cœur qu’elle était, rien ni personne ne la ferait changer d’avis. Si Ross était à sa place, il ferait de même. Il était alors inutile de lui faire part de sa désapprobation. Par contre, il n’allait pas rester les bras croisés.

- Pendant que tu seras au labo, moi aussi je ferais des recherches, à ma façon.

Il prendrait rendez-vous avec Emmet Tussle et irait le voir, non pas chez Genentech, mais à la mairie. Ce n’était peut-être que pure utopie de vouloir négocier avec celui qui tenait le monde mutant entre ses mains et qui avait Genome en ligne de mire, mais Ross devait tenter quelque chose. S’il réussissait à obtenir quelques doses de sérum pour protéger celle qu’il aimait ainsi que quelques membres de Genome, ce serait toujours ça de gagner. Il était conscient qu’il allait se jeter dans la gueule du loup, qu’il pouvait devenir captif, mais si cela permettait d’apporter un peu d’espoir aux malades et d’éliminer les risques de contagions, ça valait le coup.

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MessageSujet: Re: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Mar 1 Oct - 19:56

J’essayais de mettre Ross à ma place pour qu’il puisse comprendre l’inconfort de ma position. Je n’étais pas l’une des chercheuses les plus renommées de la planète, mais mes connaissances en la matière étaient assez vastes. Mes études étaient un commencement et mon travail au sein des locaux de Genetic m’avait aidé à analyser davantage le phénomène mutant. Il nous fallait persévérer et peut être trouverions nous quelque chose, un antidote capable d’anéantir, voire limiter les effets du virus. Ross était de mon avis et semblait comprendre ce qui me poussait à intervenir dans les recherches menées par Genome. Son inquiétude se lisait facilement sur son visage et dans son comportement. Sa tête sur mes genoux, j’entreprenais de caresser ses cheveux en un geste de réconfort. A moins que ce ne soit pour me rassurer moi-même sur la suite des évènements. Je l’aimais tellement et notre vie commune était tout ce que je pouvais désirer.

- « Et tu ne me perdras pas. Je t’aime et tu m’as donné tout ce qu’une femme pouvait rêver dans sa vie. Je n’ai vraiment pas envie de perdre cette famille que nous somme en train de fonder. Je ferais attention pour sauvegarder cela. »

Je me saisissais de sa main pour la déposer sur mon ventre en laissant la mienne sur la sienne. Cette douce chaleur qui en émanait était réconfortante. Je priais pour que tous ces évènements fâcheux ne viennent pas ternir davantage notre quiétude. Nous devions déjà restés cloîtrés dans les locaux de Genome pour une durée indéterminée en attendant de trouver une solution. Il fallait bien occuper notre temps efficacement et pour ma part, je ne voyais que ça. Par contre, Ross se destinait également à un travail de recherches. Sur quoi ? Le virus ? J’en doutais sincèrement et cela m’inquiétait qu’il ne m’en dise davantage.

- « C’est-à-dire ? »

Sa manière de me dire ses intentions ne me plaisait pas et curieusement, j’envisageais le pire. Du moins… Je savais pertinemment que je n’allais pas aimer sa réponse. Surtout que celle-ci se faisait désirer.

- « Ross…. Tu me fais peur… Que comptes-tu faire ? »

Je le forçais à me regarder droit dans les yeux en relevant doucement son visage. Mes pouces caressaient doucement ses joues dans le but de lui prouver qu’il pouvait tout me dire. S’il avait besoin de se sentir utile en cette période, nous trouverons quelque chose. Il y avait suffisamment de travail pour tout le monde et davantage pour lui, si nous devions acquérir et transvaser Genome dans un autre immeuble.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Dim 6 Oct - 20:26

La main d’Anne dans ses cheveux avec quelque chose de réconfortant. La jeune femme avait vraiment l’âme maternelle ! Ross se laissa aller quelques secondes et l’enlaça au niveau des hanches. Il aimerait que cet instant de tendresse suspende le temps et perdure jusqu’à ce que les problèmes du monde mutants disparaissent. Ce n’était malheureusement pas demain la veille que ça se produirait. Un soupir de satisfaction et de frustration suivit les paroles rassurantes de la jeune femme. Ross avait confiance en Anne mais pas du tout en ce virus. Personne ne savait comment le maîtriser et si personne ne cherchait à l’analyser pour le comprendre et le canaliser, il allait faire disparaître les mutants de la surface de la terre. Ce serait peut-être une bonne chose pour certains après tout mais ça irait à l’encontre de dame nature qui n’avait de cesse de faire évoluer les êtres vivants afin qu’ils s’adaptent aux modifications qu’ils engendraient consciemment ou inconsciemment. Le problème était que  certains hommes se croyaient au-dessus de tout ; ils étaient capables de faire n’importe quoi pour obtenir un semblant de pouvoir sur leurs congénères sans se préoccuper des dommages collatéraux.

Peut-être que ce virus n’était pas apparu par hasard finalement ? Constatant les dégâts, Dame nature préférait peut-être revoir sa copie et éradiquer les mutants plutôt que de les laisser faire n’importe quoi ?  Quoi qu’il en soit, Ross et Anne ne pouvaient pas se résoudre à rester sagement dans leur coin en attendant qu’on décide pour eux. C’était un des points sur lesquels ils étaient théoriquement d’accord. Cependant, quand il s’agissait de voir l’autre prendre des risques, c’était plus compliqué à gérer.

- Je souhaite de tout mon cœur que tu y arrives Manouchka, mais j’ai du mal à ne pas penser au pire. Je n’y peux rien, c’est comme ça... Je t’aime, tellement !
Dit-il en exerçant une délicate pression sur la cuisse et la hanche de la jeune femme.

Ah ça oui, l’écossais aimait la française. Il était complètement accro et l’indiquait par son geste. Il n’avait aucune envie de se détacher d’elle. Il n’envisageait plus la vie sans elle. L’ancien célibataire endurci avait encore du mal à y croire, mais il était obligé d’admettre que plus rien ne serait comme avant, que ce soit avec ou sans Anne. A choisir, il préférait avec, évidemment ! Lui aussi souhaitait préserver ce qu’il avait construit avec la jeune femme, il voulait même faire mieux.

- J’aimerais t’aider dans tes recherches mais je n’y connais rien... Je pourrais faire une analyse du virus mais ça m’étonnerait qu’il soit d’accord pour me raconter sa vie. Plaisanta-t-il pour faire référence à son métier en relevant la tête vers Anne qui le fixait en caressant ses joues.
- Je ne peux cependant pas rester les bras croisés en attendant. Je dois tenter de trouver une solution de substitution. Dit-il plus sérieusement.
- J’en ai une mais je pense que ça ne va pas te plaire. Ajouta-t-il en saisissant une de ses mains sur laquelle il déposa un baiser avant de se redresser pour faire face à la jeune femme.

- Je vais contacter Tussle et voir s’il y a un moyen de négocier quelques doses de sérum. C’est risqué, je sais, mais si je ne le fais pas, qui d’autre le fera ?

Il posait la question à Anne autant qu’à lui-même. Au sein de Genome, Ross ne voyait personne prendre un tel risque. Esteban peut-être, mais du haut de ses vingt cinq ans, il y avait peu de chances pour qu’Emmet le prenne au sérieux. Quant à Aaron, il ne l'envisageait même pas, il n'avait guère de diplomatie et ferait capoter l'affaire en moins de deux.

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MessageSujet: Re: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Mer 9 Oct - 22:42

L’inquiétude de Ross à mon égard était touchante. Je préférais ne pas lui faire de promesse quant à la recherche d’un antidote, car je n’étais pas sûr d’une part, d’en trouver un et d’autre part, de ne pas devenir moi-même une victime. Seulement, j’avais conscience du risque encouru et une femme avertie en valait deux, non ? Surtout que je ne comptais pas faire cette recherche dans mon coin. J’étais certaine qu’en avançant ensemble, en lançant les différentes possibilités, nous avancerons plus vite que si nous cherchions chacun dans notre coin. Nous avions besoin des connaissances et de l’expérience de tous les chercheurs de Genome. En aucun cas, cette course à l’antidote ne devait devenir une occasion d’être auréolé de gloire. L’individualisme n’avait pas lieu d’être quand la vie d’être humain était en jeu.

- « Je t’aime aussi. Je tiens trop à toi et à ce que nous sommes en train de construire pour prendre des risques inutiles. »

Mais en parlant de risques inutiles, je craignais que Ross en prennent plus que moi. Qu’avait-il en tête ? Comment comptait-il aider les membres de Genome, si ce n’était pour la recherche d’un antidote ? Par contre, lorsqu’il essaya de faire de l’humour, la peur me gagna. Ross n’était pas spécialement connu pour être un comique dans l’âme et, généralement, dès qu’il utilisait l’humour c’était juste avant de sortir une connerie. Où est-ce que ça allait merder, Ross ? Surtout qu’il essayait de noyer le poisson dans l’eau… La bouse qu’il allait me sortir promettait d’être énorme ! J’en étais à combien de mois de grossesse déjà ? Bientôt six… Bon, je ne risquais pas d’accoucher à la nouvelle. Quoique…. Il prenait tout de même pas mal de pincettes et savait d’ores et déjà que son idée n’allait pas me plaire. Alors pourquoi voulait-il la réaliser ?

Et là… Patatras ! La connerie tomba ! Et bon Dieu ! Elle était énorme ! Limite, j’étais prête à lancer moi-même l’accouchement pour la lui faire oublier. Non… Stop… Surtout ne pas juger l’homme que j’aimais pour son idée. Il pense faire le bien en pensant ainsi et mieux valait ne pas le descendre pour cette idée complètement débile. Roooo ! Stop, les jugements ! A l’intérieur de mon être, une lutte acharnée se déroulait entre mon amour pour lui et ma constatation sur son envie de mourir. Cette idée n’était pas seulement mauvaise… Elle était tout simplement débile ! Comme si Tussle en avait quelque chose à foutre de nous ? Il serait bien capable de nous enfermer dans une pièce avec le virus pour nous voir crever la gueule ouverte en bouffant ses apéricubes. Bref… Ne surtout pas juger !

- « Ross… Que veux Tussle d’après toi ? Que pourrait-il demander en contrepartie de l’antidote ? Si tant est qu’il suffise d’une seule dose pour guérir complètement un sujet. Imagine… S’il leur faut une dose tous les jours jusqu’à la fin de leur vie ? Tussle pourrait en vouloir toujours plus. De plus, je doute que l’argent l’intéresse. Alors quoi ? Qu’avons-nous à lui offrir si ce n’est la tête d’autres membres telle qu’Aaron… Toi… Ou autre ? Je t’en prie… Réfléchis bien et dis-moi que tu vois qu’il n’y a aucune issue de ce côté-là. »

Je tenais sa main fermement et j’essayais tant bien que mal de le convaincre que tout ceci n’était qu’une énorme erreur. Il était père et il allait le devenir à nouveau. Même si je désirais sauver la vie de nos membres malades, je ne voulais pas que cela se fasse au détriment de ma famille et Ross était ma famille.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Lun 14 Oct - 22:22

L’écossais avait confiance en la française, il savait qu’elle ne  prendrait pas de risques inutiles. Néanmoins, il se méfiait grandement de ce fichu virus qui touchait  les mutants. Pourquoi eux d’ailleurs ? Qu’avaient-ils fait pour mériter ce fléau ? La nature voulait-elle reprendre ses droits en éliminant ceux à qui elle avait donné un petit plus ? Anne était une battante et comptait lui mettre les bâtons dans les roues ! Ce n’était pas étonnant de sa part et c’était louable. L’écossais aimait ce trait de caractère chez la jeune femme mais dans le cas présent ça l’ennuyait. Il avait peut pour elle. Alors, dans l’éventualité où le virus attaquerait la femme de sa vie, malgré toutes les précautions prises, il devait trouver une parade. Le sérum mis au point par Genetic était la seule solution. Il se devait d’en obtenir pour apporter une certaine sécurité à Anne et pour éviter que les membres de Genome atteints ne meurent dans d’atroces souffrances. Cette idée n’était sans doute pas la meilleure mais il n’en avait pas d’autre ; elle ne plaisait pas à Anne mais elle n’émit aucune objection. Elle tentait de comprendre tout en le faisant réfléchir sur les perspectives de réussite. Rusée Miss Williams ! Elle commençait à bien connaître le fonctionnement de son homme ; si elle lui avait dit qu’elle s’y opposait ou qu’elle trouvait son idée complètement stupide, il se serait sans doute braqué sans peser le pour et le contre.

- Tussle est le spécimen typique du mégalomane. Etre maire de la ville ne lui suffit pas.  Il n’y a qu’à voir ce qu’il a fait à Halloween ! Je pense qu’il veut dominer le monde mutant… peut-être même devenir le maître du monde. Après, il n’est pas seul à la tête de Gen&Tech,  espérons que les autres n’ont pas les mêmes objectifs.


Comme le soulignait la jeune femme, l’argent n’intéressait pas le dirigeant de Genetic. Il voulait mettre la main sur les membres de Genome qui lui mettaient les bâtons dans les roues, l’empêchant de mettre à exécution ses sombres desseins. Même s’il ne l’avait pas dit ouvertement, Anne avait compris que Ross pensait pouvoir être une monnaie d’échange contre le sérum. Elle avait également mis l’accent sur l’insatiabilité de Tussle qui en demanderait plus. L’idée de l’écossais ayant germé au cours de la discussion, il n’avait pas encore examiné les points négatifs.  S’il pouvait se proposer comme monnaie d’échange, il ne pouvait pas entraîner Aaron et autres dans sa folie du moment. Le visage de Wyatt se dessina dans son esprit. Que penserait-il de tout ça ? S’il apprenait ce que son
père souhaitait faire, il serait capable d’en faire autant ; et ça Ross ne le voulait pas.

- T’as raison Manouchka, je vais y réfléchir.
Admit-il à contrecœur.

L’écossais n’aimait pas se sentir pieds et poings liés. S’il vivait seul, il foncerait tête baissée, mais ce n’était pas le cas. Il devait étudier la situation plus sérieusement pour trouver une solution de rechange.

- Dis-moi Anne, si tu avais un échantillon du sérum, tu pourrais le reproduire n'est-ce pas ?

Ainsi, pas besoin de mettre sur la sellette d’autres têtes que la sienne.  C'est alors qu'une nouvelle idée germa dans la tête de Ross. Peut-être pourrait-il missionner quelqu’un pour subtiliser le précieux remède ? Mais qui ? Il n’en avait pas la moindre idée. S’il avait des contacts avec la mafia ou des voleurs habiles, il pourrait y avoir recours, mais ce n’était pas le cas. Aussi ne manquerait-il pas de se rancarder auprès de certains membres de Genome. Si la réponse de la jeune femme était positive et que personne ne faisait l’affaire, il se dévouerait pour le bien de sa famille. Il ne se voyait pas rester les bras croisés à regarder les gens mourir autour de lui et à trembler à chaque fois que la jeune femme entrerait dans le laboratoire.

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MessageSujet: Re: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Mar 29 Oct - 18:07

Le plan de Ross était aussi fou que de combattre un dragon avec un cure-dent. Comment pouvait-il croire qu’un homme aussi assoiffé de pouvoir qu’Emmet Tussle le laisserait s’en aller après leur rendez-vous ? Ce n’était pas concevable, ce n’était pas logique. Surtout qu’une traque à l’encontre des membres de Genome venait d’être ordonnée. Lorsque Ross me dépeigna le portrait du dirigeant de Genetic, tout portait à croire qu’il ne fallait pas mettre un pied dans leurs locaux. Si une personne saine d’esprit telle que moi pouvait le comprendre, comment se faisait-il qu’un psychologue aussi reconnu par ses pairs passe à côté ? Etait-ce l’arrivée de la sénilité ? Non, quand même pas ! Je devais reconnaître que certains de ses choix étaient surprenants, mais là… Non, ce n’était pas de la folie, mais de l’inconscience pure et simple !

- « Raison de plus de ne pas s’approcher d’eux. Dieu seul sait ce qu’ils seraient capable de te faire... Nom d’un chien, Ross ! Ne le comprends-tu pas ? Tu n’es peut être pas le chef de Genome en tant que tel, mais tu en es au moins le bras droit. S’ils t’attrapaient…. Que deviendrait notre fils ? Sans toi… Je n’y arriverai pas. Nous avons besoin de toi… J’ai besoin de toi… »

J’épuisais tous les arguments possible et imaginable qui me venaient en tête pour le garder à mes côtés. A partir de maintenant, nous devions déjà nous séparer de notre maison par mesure de sécurité. Je n’étais pas prête à leur abandonner mon couple également. Ross m’appartenait. Il était égoïste de penser de la sorte surtout que cet homme attentionné, courageux et droit n’appartenait qu’à lui-même, mais c’était ainsi. Trop de choses, trop de personnes m’avaient été enlevées. Je ne pourrais supporter une perte aussi importante. Mon cœur ne pourrait le supporter… Et la naissance de cet enfant, bien que providentielle, ne serait pas aussi idyllique sans cet homme à mes côtés.

A l’entendre renoncer, mes arguments semblaient avoir fait mouche. Malgré moi, un soupir de soulagement m’échappa. Seulement, j’aurai été prête à le ravaler si cela avait été possible. Sa deuxième question était tout aussi alarmante. Comment pourrait-il mettre la main sur un échantillon de cet antidote détenu par Genetic ? En marchandant… Mais quel tête de mule cet écossais !

- « Non… Je le pourrais, mais si tu t’imagines obtenir une dose de sérum en te livrant pour me permettre cela, je refuse de le faire. Aie conscience que toute option qui inclut ta personne dans ou seulement près des locaux, du dirigeant ou des membres de Genetic ne sont pas envisageables. Je te demande beaucoup, je le sais…. Mais je ne peux pas. Je ne veux pas. Et si tu comptes mettre ta vie en danger, sache que je peux très bien le faire moi aussi… Tu es prévenu ! »

Du chantage… Ross me forçait à utiliser ce moyen pour assouvir mon désir égoïste. J’étais tombée bien bas… Je me détestais.
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MessageSujet: Re: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Jeu 31 Oct - 23:14

Ross savait que son idée ne plairait pas à Anne mais il ne s’attendait pas à une aussi vive réaction. Il aurait mieux fait de ne pas lui en parler avant de s’être penché sérieusement sur la question. Les dires de la jeune femme pointaient du doigt la folie passagère de l’écossais qu’il avait du mal à admettre. Genome avait besoin de lui, peut-être ; mais personne n’était irremplaçable, ce n’était pas une raison recevable. Elle toucha la corde sensible quand elle précisa qu’elle avait besoin de lui. Il réalisait alors que c’était réciproque.

- Justement… Moi aussi… j’ai besoin de toi ! Avoua-t-il avec retenue.

L’écossais n’était jamais très à l’aise avec l’expression de ses sentiments mais en cas d’urgence, ça sortait tout seul ; enfin presque, car à chaque fois, il avait l’impression d’être vulnérable et de ne plus maîtriser la situation. C’était sans doute le cas puisqu’il parlait sans réfléchir. De savoir Anne dans le laboratoire à étudier ce foutu virus lui faisait froid dans le dos. Elle ne s’y trouvait pas encore qu’il avait déjà une boule d’angoisse au creux de l’estomac. Si elle n’avait pas décidé, elle aussi, de prêter main forte aux chercheurs, sans doute n’aurait-il pas eu cette idée folle ! Il était alors prêt à se jeter dans la gueule du loup afin d’avoir la possibilité de freiner la maladie si malencontreusement Anne la contractait. Il n’était pas envisageable qu’elle meurt à petit feu sans qu’il n’ait rien tenté. Devant les arguments de la jeune femme, il aurait été complètement stupide de ne pas étudier plus sérieusement la question.

N’ayant pas expliqué les raisons de sa deuxième solution qu’il pensait brillante, Anne se renfrogna encore plus. Sur l’instant, ne comprenant pas l’agitation de la jeune femme ; il la regarda d’un air à moitié ahuri. Si elle continuait ainsi, elle risquait de faire une bonne petite crise de nerfs ! Ce n’était pas bon pour elle ni pour l’enfant qu’elle portait. Il leva légèrement la main, paume vers elle pour lui faire signe de se calmer. Ce n’était pas évident pour elle qui avait déjà tant perdu en France ; tellement peu évident qu’elle en venait à faire du chantage alors qu’elle savait parfaitement que c’était un moyen de pression auquel l’écossais cédait rarement. Ne supportant pas de la voir se stresser ainsi, il se rapprocha d’elle et la prit dans les bras pour la serrer doucement contre lui.

- Hey Manouchka, pas de panique ! J’ai dit que j’y réfléchirai, j’e n’ai pas dit que je le ferai. Il faut que je fasse quelque chose quand même ! Je pensais à engager quelqu’un pour dérober des échantillons du sérum chez Genetic. Tu ne crois pas que ce pourrait être une solution de rechange ?

Quelle que soit la décision qu’il prendrait, il se dit qu’il éviterait d’en parler à Anne. La situation était déjà assez difficile à vivre depuis la traque lancée par Genetic, il était inutile d’en rajouter. Il n’aimait pas lui cacher des choses, mais dans le cas présent, c’était une question de vie ou de mort. S’il réussissait à obtenir du sérum, tout le monde serait tranquillisé, lui le premier.

- Tu es encore en contact avec ce Smith que t’avais engagé pour le Blue Lake ? Il pourrait faire l’affaire non ?

Jamais il n’aurait pensé avoir recours à cet homme, mais n’en connaissant pas d’autre et ne voulant surtout pas missionner un adepte de Genome pour une mission aussi risquée, son nom était revenu à la surface de sa mémoire sans même y penser.

- Mais s’il te plait, pas de chantage ! Tu es la première à te mettre en danger en voulant bosser sur le virus.

Ross ne voulait pas lui ordonner quoi que ce soit mais il ne pouvait pas laisser passer cette menace qui n’en était pas vraiment une. Comme il venait de le dire, elle avait pris la décision de jouer avec la mort. Il était donc inutile d’en rajouter une couche. Il aurait voulu ne pas relever mais l’angoisse présente lui donnait envie de râler. Ne souhaitant pas se disputer avec la jeune femme, il venait de faire un gros effort pour rester impassible. Cette attitude n’était pas dans les habitudes de l’écossais, pas avec Anne en tout cas. A croire qu’il mettait de l’eau dans son vin pour éviter les frictions !

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MessageSujet: Re: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Sam 2 Nov - 21:00

J’en demandais trop à Ross. Lui-même craignait que mes recherches sur le virus ne débouchent sur une catastrophe. Je lui imposais cela alors que je lui refusais toute action pour obtenir une dose d’antidote. Ce n’était pas juste et pourtant, je trouvais les risques moindres dans mon cas. En effet, pour ma part, il n’y avait qu’une possibilité que je puisse contracter le virus alors que Ross comptait se jeter dans la gueule du loup sans avoir une infime certitude de pouvoir en ressortir libre ou même vivant. Que pouvions-nous faire d’autre ? J’avais cette horrible sensation que quoique nous fassions, nous aurions toujours torts. Étions-nous d’avance condamnés à disparaître les uns après les autres à cause soit de la propagation du virus, soit de la traque menée par Genetic. Etait-ce trop demandé que d’avoir une vie normale ? Je n’en pouvais plus. Je voulais fuir tout cela, mais en ayant la certitude que mon passé ne me rattraperai pas cette fois. Vivre aux côtés de l’homme que j’aimais. Construire et voir s’agrandir ma famille dans le bonheur. Et vieillir…. Vieillir aux côtés de cet homme merveilleux en me rappelant de tous ces bons moments passés en sa présence dans un rocking chair sur notre terrasse. Seulement, plus les jours passés et plus notre avenir me semblait bien sombre au point de faire du chantage à Ross.

- « Si… Bien sûr, ce serait une solution, mais qui ? Serais-tu capable d’envoyer des jeunes de Genome ? Nous ne sommes pas des soldats. L’entraînement ici est… insuffisant pour penser une seule seconde qu’une intervention de Genome puisse réussir au sein même de Genetic. Je vois bien que je détruis tes solutions les unes après les autres sans apporter de solution moi-même. C’est seulement parce que je n’en vois aucune. J’ai bien peur que nous ayons perdu d’avance et que ce n’est qu’une question de temps. Nous ne faisons que retarder l’inéluctable… », terminais-je en soupirant et en baissant la tête.

Nous n’étions pas assez forts pour combattre. De plus, nous manquions cruellement de moyens, d’entraînement et des effectifs. Comment pourrions-nous remédier à tous ces problèmes en si peu de temps ? Cependant, Ross mit le doigt sur quelque chose d’intéressant. Smith…

- « Tu as raison ! Ce serait la solution ! Smih a déjà travaillé pour Genetic et il connaît les lieux ou au moins ce qu’il y a derrière le hall d’entrée. Je ne l’ai pas rappelé depuis la dernière fois, mais je peux toujours essayé. Et quand bien même, il ne pourrait pas nous aider lui-même, peut être pourrait-il nous donner le numéro d’une personne qui le pourrait. »

A peine avais-je terminé ma réponse qu’il me réprimandait sur ma manière d’agir. Je le savais parfaitement que le chantage n’était pas la solution, seulement, je ne voyais pas d’autres solutions. Je ne voulais plus perdre ce qui m’était cher. Je ne voulais plus souffrir. S’il me fallait abandonner mon statut de mutante à Genome pour vivre avec ma famille sans risque, je serais plus que tentée.

- « Je sais et il n’y aurait qu’une solution pour nous combler tous les deux…

Je marquais une pause pour le regarder droit dans les yeux sachant pertinemment que cette idée ne lui plairait pas.

- « Fuyons. Fuyons tant qu’il en est encore temps. Nous pourrions vivre heureux loin de tout ça. Changeons d’identité et quittons Los Angeles pour Londres, l’Australie ou qu’importe ! Tant que nous sommes ensemble, en famille. »
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Mer 6 Nov - 22:51

Ross ne missionnerait jamais personne pour se jeter dans la gueule du loup sans avoir étudié avec soin la situation, mesuré les risques et calculé le taux de réussite. Dans sa folie passagère, il préférait donner de sa personne sachant que le résultat était plus qu’incertain. Il ne le faisait pas par héroïsme ; son instinct protecteur primait sur la raison. Il était prêt à devenir captif voire à mourir si cela permettait de sauver ceux qu’il aimait. Bien entendu, il préférerait ne pas avoir à se mettre en danger, mais ne l’était-il pas déjà ? Si Genetic avait une liste de mutants à pourchasser en priorité, il devait être en tête avec Aaron, Anne et Wyatt. Quelle famille ! La jeune femme avait raison, notre groupement ne faisait pas le poids contre l’organisation secrète protégée par Gen&Tech. Cependant il aimait croire que leurs actions n’étaient pas inutiles puisqu’elles dérangeaient grandement Genetic. Si Genome était le grain de sable qui permettait d’enrayer la machine, c’était mieux que rien. En dehors du fait qu’il aimait aider les personnes en détresse, ne pas laisser agir les adeptes de Genetic comme ils l’entendaient était l’objectif que s’était fixé l’écossais en rejoignant Aaron ; et aussi pour éviter que ce dernier ne fonce dans le tas avec l’impétuosité due à sa jeunesse et sa rancœur. Tout ceci était sans compter avec le virus qui faisait des dégâts parmi les mutants. Désormais, il fallait composer avec ! Il était évident que les membres de Genome se retrouvaient en fâcheuse posture ; la maladie fragilisait l’organisation qui n’avait pas les moyens de lutter. Triste constat qui fit soupirer l’écossais en même temps que la française.

Ross ne voulait pas se montrer pessimiste ; il pensait généralement que tout problème avait une solution. La preuve, Anne allait se lancer dans la recherche et lui-même allait tenter de se procurer des doses de sérum. Elle savait que le chantage ne marchait pas avec Ross mais, en femme intelligente qu’elle était, elle le faisait réagir et réfléchir. En d’autres circonstances, il se serait braqué ! Ce n’était ni le lieu, ni le moment de se laisser aller à des excès de colère. Trop de choses importantes étaient en jeu. Son idée d’avoir recours à une personne extérieure était née de cette petite provocation ; elle était sans doute la moins mauvaise qu’il ait eue depuis la réunion générale puisque la jeune femme approuvait.

- T’as raison, on va faire comme ça. Donne-moi les coordonnées de Smith, si tu veux, comme ça je m’en occuperais personnellement. On verra bien ce que ça donnera !

Finalement, Anne ne semblait pas plus convaincue que ça puisqu’elle avait aussi une autre solution à proposer. Qu’allait-elle sortir de son chapeau ? Quand elle se mettait en mode chercheuse, il en résultait souvent des choses inattendues ! L’écossais étant impatient de connaître la suite tout en craignant le pire. Le regard de la jeune femme plongeant dans celui de l’écossais indiquait sa détermination. Cela laissait présager une solution à laquelle il risquait de ne pas adhérer. Et voilà ! Elle voulait fuir Los Angeles et changer d’identité. Le visage de l’écossais se ferma. Comment une femme aussi intelligente pouvait-elle envisager de vivre comme un prisonnier en cavale ? Comment pouvait-elle espérer vivre heureuse en se comportant comme un prisonnier en cavale ? Pensait-elle vraiment embrasser la quiétude en se cachant, en craignant d’être repéré au moindre faux pas ? A croire que la folie passagère de l’écossais venait de se transférer chez la française.

- Non mais tu n’y penses pas, Anne ! Objecta-t-il en prenant doucement le visage de la jeune femme entre ses mains comme s’il voulait la faire redescendre de son petit nuage.
- Tu oublies qu’ils sont partout ! Où que nous irions, ils nous retrouverons. Nous nous sommes trop exposés pour qu’ils nous laissent en paix. Ou alors, il faudrait se transformer en ermite et n’avoir aucun contact avec le monde extérieur pour avoir une chance d’être tranquille. C’est trop tard Manouchka, nous sommes coincés ici. Constata-t-il en l’enlaçant avec toute la tendresse dont il était capable.

Non pas qu’il voulait la rassurer, il ne l’était pas lui-même, mais il souhaitait lui réaffirmer qu’il était là pour la soutenir et qu’il ferait le maximum pour que tout se passe le moins mal possible. Il n’était pas le genre d’homme à dire que tant qu’ils étaient ensemble rien ne pourrait leur arriver, mais il avait la faiblesse de croire que tant qu’ils regarderaient dans la même direction, ils avaient des chances d’être heureux. Le bonheur ne serait sans doute pas celui dont ils rêvaient, mais les difficultés qu’ils franchiraient côte à côte les souderaient plus qu’ils ne l’étaient déjà.

- On va faire comme on a toujours fait ! Continuez à se battre pour avec la liberté de choisir notre vie. Tant que nous sommes sur la même longueur d’ondes, même si tout ne dépend pas de nous il n’y a pas de raison pour qu’on n’y arrive pas.

Ce n’était que pure utopie mais sans espoir personne ne pouvait lutter.
- Et puis nous ne sommes pas seuls. Il y a Wyatt, tes enfants… notre enfant ! On ne peut pas les laisser évoluer dans un monde où l’espoir ne serait plus permis.

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MessageSujet: Re: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Jeu 7 Nov - 11:58

Envoyer une personne habituée à ce genre de situation était plus prudent, surtout si cette personne connaissait déjà les lieux. Les risques seraient minimes et quand bien même cela se terminerai en désordre, un homme tel que William saurait s’en sortir. Il était…. Pleins de ressources. Nous avions une chance de récupérer une dose de ce sérum si nous parvenions à le convaincre du bien fondé de cette action. Il allait falloir aligner les zéros, mais si cela pouvait éviter à Ross de se jeter dans la gueule du loup, j’étais prête à vider mes comptes. Et mieux valait appeler William le plus rapidement possible, car, sur ce coup là, je ne faisais absolument pas confiance à Ross pour rester tranquille.

- « Nous l’appellerons ensemble. Je veux entendre sa réponse de sa bouche et peut être que si je suis présente, il sera plus enclin à nous aider… »

Je commençais à le connaître mon écossais et il allait me trouver chieuse. Du moins, plus que d’habitude. Peut être était-ce la grossesse qui influait sur mes pires craintes et qui me forçait à devenir aussi protectrice envers ma famille. Ayant conscience de ce qui pouvait se passer lorsque Genetic était notre adversaire, la prudence était la seule à pouvoir nous garder en vie. Seulement, même en restant prudent, le malheur pouvait s’abattre sur nous. Quel choix nous restait-il ? Comment pouvions-nous faire pour quitter toute cette violence ? Quitter… Quitter… Plus ce mot tournait dans ma tête, plus il prenait de sens. Dans la mesure où nous étions impliqués jusqu’au cou et que nous étions assimilés aux ennemis numéros un, deux et trois de Genetic, il ne restait guère de solution. Nous battre ou nous enfuir. Il nous fallait rester honnête et lucides. Que pourrait faire un homme de quarante ans dont la capacité le rendait aveugle sur plusieurs mois et une femme enceinte de cinq mois ? J’envisageais cette hypothèse sérieusement et la présentais à Ross qui n’était pas d’accord.

Il évoquait les mêmes craintes que je nourrissais à propos de notre fuite. Genetic pourrait très bien nous retrouver par la suite, mais était-ce réellement ce qu’il souhaitait pour notre famille ? Vivre ainsi sans être capable de sortir dehors, de vivre dans notre maison ou de nous rendre à notre travail ? Comptait-il éduquer notre enfant dans ce bunker en l’effrayant dès sa plus tendre enfance d’un énorme monstre qui serait heureux de faire des expériences sur lui s’il l’attrapait ? Sa lutte contre Genetic était-elle plus importante que notre famille ?

- « Notre vie… Est-ce vraiment ce que tu envisages pour nous ? », fis-je en montrant des bras la pièce. « Tu parles de notre vie, mais ce n’est pas ce que je veux. Je veux pouvoir vivre dans ma maison, voir mon fils courir au square avec ses amis. Tu veux que nous nous battons, mais que peut faire Genome face à Genetic si ce n’est survivre en attendant l’extinction ? Nous ne faisons que retarder l’inéluctable et ce n’est pas une question d’espoir, mais de lucidité ! »

Je faisais une pause sachant pertinemment que la suite n’allait pas lui plaire.

- « Quand Genome a –t-il gagné ne serait-ce qu’une seule bataille contre eux ?  Vous aviez réussi à maintenir captif Holster et en fin de compte, ça n’a servi à rien et ils ont réussi en un claquement de doigt à vous le reprendre en enlevant la cousine d’Aaron. Pour eux Holster n’est rien de plus qu’un pion alors que nous, nous sommes trop attachés aux uns et aux autres pour faire ce qu’il faut. Il faut être réaliste… Nous sommes en sous effectif, sous entraînés et nous manquons de moyens alors qu’ils ont tout. Genome n’est rien de plus que les indiens qui se feront massacrés par les colons. »

Il me fallait conclure en reprenant ses propres termes et là… je ne pouvais parier sur sa réaction.

- « Pour finir, tu as raison sur le fait que nous ne sommes pas seuls. Wyatt qui est revenu du Blue Lake avec une balle dans l’épaule et qui a fait un tour à Genetic. Jeremy ! Qui est un membre même de Genetic et qui aux dernières nouvelles me déteste. Maxime…. N’en parlons pas et Sonny qui a quitté Genome même si elle haït Genetic. Seulement, son amour pour sa famille est plus fort que sa vengeance envers eux. Alors, je te le demande… Aime nous plus que tu ne les détestes... »
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Dim 10 Nov - 18:39

La jeune femme ayant certainement plus d’influence sur William Smith que lui-même, Ross acquiesça d’un signe de tête ; Ils appelleraient William Smith ensemble. Restait à espérer qu’il ne demanderait pas une somme astronomique pour cette mission. L’écossais avait de l’argent mais ses fonds n’étaient pas inépuisables. Il ne pouvait pas se permettre de tout dilapider, il lui fallait garantir ses arrières. Il ne voulait pas fuir mais si c’était la seule solution pour avoir une vie décente, peut-être reverrait-il sa copie. Dans ce cas, il aurait besoin de pas mal d’argent pour changer d’identité, obtenir des faux papiers et s’installer ailleurs ; recommencer une nouvelle vie était un luxe qu’il pouvait se permettre mais cela impliquait d’énormes contraintes pour lesquelles il n’était pas préparé. Vivre entre quatre murs n’était pas non plus à son goût. Tout comme Anne, il ne se voyait pas passer des mois voire des années dans les locaux de Genome, à trembler à l’idée de sortir. Il n’avait pas peur pour lui mais pour Wyatt, Anne et tous ceux pour qui il avait de l’estime et de la tendresse. S’enfuir ou être cloitré ne faisait guère de différence, si ce n’était l’isolement dans le premier cas. L’écossais était convaincu que l’union faisait la force.

- Moi non plus, je veux vivre dans notre maison. Moi non plus, je n’aime pas l’idée d’être obligé de rester enfermer dans ces murs, mais ici au moins, nous ne sommes pas seuls. On peut s’entraider.

L’écossais avait adhérer aux idées de Genome pour empêcher Genetic de répertorier les mutants et de faire des expériences sur ceux qui possédaient une capacité intéressante. Certes, les affrontements directs n’avaient pas été en leur faveur, mais la résistance était réelle et persistait encore.  L’association avait permis à de nombreux mutants de ne pas tomber dans les filets de Genetic ou de leur assurer une certaine protection en leur offrant un endroit où vivre en attendant mieux. Si Genome n’avait pas existé, l’organisation d’Holster aurait fait main basse sur le monde mutant et Ross et Anne ne seraient pas en train de discuter des possibilités d’une vie meilleure. Ils devaient se montrer méfiants, prendre beaucoup de précautions, mais ils étaient encore libres. Ils pouvaient encore prendre des décisions sans avoir de compte à rendre.

- Je sais que nos actions n’ont pas été couronnées de succès, mais elles ont permis de repousser des échéances et peut-être même d’en annuler certaines ! Avec ce que nous savions, nous ne pouvions pas les laisser agir sans rien faire, sinon nous serions tous asservis et nous n’aurions plus notre mot à dire. Le problème est que nous ne sommes pas assez nombreux pour être vraiment efficaces… Mais c’est trop tard Anne, on ne peut plus revenir en arrière. On doit continuer à se battre !

Si les hommes étaient moins peureux, s’ils n’étaient pas facilement manipulables, s’ils n’étaient pas attirés par l’argent ou le pouvoir, s’ils n’étaient pas égoïstes, il ne ferait aucun doute que les meneurs ne domineraient pas. Anne avait raison, c’était le pot de terre contre le pot de fer, mais Ross refusait d’être un simple spectateur et de ne pas pouvoir interagir dans le scenario. La dernière phrase de la jeune femme lui fit l’effet d’une douche glacée. Elle n’eut cependant pas l’effet escompté. Son amour pour elle et pour sa famille était bien évidemment plus fort que la haine qu’il portait aux agissements de Genetic. Comment pouvait-elle en douter ? C’était la seule raison qui lui faisait prendre des décisions extrêmes.

- Je refuse et je refuserai toujours de subir la dictature de qui que ce soit ! Je préfère mourir… et faire en sorte que ma mort ne soit pas inutile.

L’écossais était déterminé. Etre en cavale n’était pas une solution durable et en aucun cas une possibilité de vie sereine. Il ne voyait pas d’autres échappatoires que de continuer la lutte. Il était prêt à se sacrifier afin que sa famille vive dans de meilleures conditions. C’était la plus grande preuve d’amour qu’il pouvait donner. Personne ne le ferait changer d’avis !

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MessageSujet: Re: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Lun 11 Nov - 10:24



La discussion devenait intense et nos opinions divergentes nous amenaient sur un terrain que je n’aimais pas. Ne comprenait-il pas que nous courrions davantage de risques dans les locaux de Genome que si nous fuyons avec une nouvelle identité ? Si Sonny avait parlé de cette association à quelqu’un qui pouvait nous garantir que d’autres ne l’avaient pas fait auparavant ? Peut être que Genetic connaissait déjà notre position et n’attendait que le bon moment pour nous attaquer. Et là, que ferions nous ? Les mutants qui formaient les rangs de Genome ne maîtrisaient pas tous leur capacité et étaient pour la plupart des adolescents. Si une telle confrontation devait se produire, ce serait à nouveau un massacre. Le Blue Lake ne serait qu’une rigolade à côté puisque cette fois nous ne serions pas préparés à une attaque. Aucun plan, aucune directive donnés si ce n’était de nous cacher dans cet immeuble.

- « S’entraider à mourir ? Car c’est tout ce qui nous attendra au bout du chemin. Nous ne sommes pas une armée. Nous ne sommes qu’une bande de gamins avec des objectifs irréalistes devant eux. Même en faisant sauter leurs bâtiments avec des explosifs, ils se relèveront, car en coupant la tête du monstre, deux en sortiront. C’est une lutte sans fin à laquelle tu nous condamnes. »

Je voulais faire comprendre à Ross que ce n’était pas un caprice. Même si la cause de Genome était légitime, je ne souhaitais pas en faire pâtir ma famille. Je ne mettrais jamais cette dernière en danger pour défendre une cause qui n’aboutirait à rien de bon. C’était du suicide pur et dur ! Je ne pouvais cautionner un tel engagement dans mon état. Que voulait Ross ? Que j’aille sur le champ de bataille même si j’en étais au huitième mois de grossesse ? Si je ne me faisais pas tuer, il était certain que Genetic serait ravi de me mettre la main dessus. Ils me traiteraient bien jusqu’à l’accouchement pour faire main basse sur mon bébé. Était-ce ce que voulait Ross ? Voulait-il courir ce risque ou bien me laissait à l’arrière pendant que les autres se battaient et mourraient ? J’attendrais dans ces locaux que Genetic vienne me chercher, car dans ses propos, il n’y avait que ces deux solutions pour moi.

- « D’accord, super ! Allons-nous battre ! Je te promets de courir vers l’ennemi avec mon fusil de chasse dans la joie et la bonne humeur ! Et puis, avec un peu de chance, les balles ricocheront sur mon ventre. Notre enfant a de grandes chances d’être un mutant, c’est le moment ou jamais de lui apprendre à se battre puisqu’il y sera obligé par son père. Sa capacité pourrait même être intéressante au point de devenir un atout pour Genome dans cette guerre. Je pense qu’à l’âge de cinq ans tu pourras le manipuler à souhait en échange d’une sucette. »

Je devenais blessante, j’en avais conscience, mais c’était la seule solution pour que la raison lui revienne. Il m’avait promis de ne pas me laisser seule pour élever cet enfant et là… Il s’en foutait. Il ne voyait que sa cause pour Genome et le fait que notre famille puisse être en danger lui était indifférent. S’en serait presque risible si ce n’était pas aussi triste. Pour quelqu’un qui détestait Genetic, Ross McGregor leur ressemblait un peu et ses derniers mots mettaient un point final sur ses désirs. Quoique je dise… Quoique je fasse… Il ne changerait pas… Me considérait-il comme une dictature potentielle ? Si c’était le cas, que me faisait-il ? N’était-il pas lui aussi en train de m’imposer son choix ?

Je n’arrivais pas à croire qu’il me dise cela. Il préférait mourir plutôt que de vivre la fin de sa vie avec moi loin de toute cette violence… Ross McGregor ne se rendait pas compte de la peine, du coup de poignard qu’il venait de m’infliger. Il aurait pu regretter ses mots après les avoir dit, mais rien ne vint. Il les assumait pleinement.

- « Très bien… Que puis-je dire devant une telle détermination ? Rien du tout car tu ne m’écouterais pas. Puisque tu ne veux subir aucune dictature, je ne t’imposerai pas la mienne, mais sache que je ne subirai pas la tienne non plus. Je ne peux pas rester assise là en attendant que tu reviennes. Je te demandais d’être l’amour de ma vie, le père de notre enfant, mais… ça ne semble pas aussi important pour toi que pour moi. Plus de surprises, plus de chances, plus d’excuses, tu as été parfaitement clair dans tes intentions… »

Je me dirigeais vers lui, les larmes au bord des yeux. Qu’importe mes supplications, mes arguments, Ross avait choisi Genome et ça faisait mal. Une caresse sur sa joue ne suffirait pas à le faire changer d’avis. Un baiser sur l’autre ne le ramènerait pas auprès de moi. Pourtant, je me laissais aller à faire les deux, car je perdais le père de mon futur bébé.

- « Fais ce que tu dois faire pour Genome. J’en ferais de même pour mon enfant… Bonne chance. »
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Dim 17 Nov - 20:20

S’entraider à mourir ! A ces mots, l’écossais posa un regard d’incompréhension sur la française. Quelle mouche l’avait piquée ?  Comment pouvait-elle dire une telle chose alors qu’elle connaissait les raisons pour lesquelles Genome avait été créée. Oubliait-elle qu’elle avait été une des plus chevronnés pour rentrer en guerre contre l’organisation d’Holster ? Et si Ross n’avait pas été présent pour la tempérer, elle ne serait sans doute pas à ses côtés aujourd’hui. La douleur et la rage avaient guidé la jeune femme après l’incendie du domaine, il semblerait que désormais ce soit la peur et le déni qui la fassent réagir. Pourtant, elle savait que chacun  y mettait du sien pour porter secours aux mutants en proie avec leurs démons, avec Genetic ou avec le virus. D’un côté elle voulait apporter sa pierre à l’édifice en tentant de trouver un remède,  de l’autre elle voulait fuir. C’était à n’y rien comprendre. Constatant qu’elle se buttait, Ross soupira sans rien ajouter.

Il n’avait pas envie de se battre avec la femme de sa vie. Il la laissa parler, ou plutôt délirer. Où avait-elle été chercher qu’elle devait aller sur le front pour se battre ? La force n’était pas toujours la solution pour combattre l’ennemi. Comment pouvait-elle accuser le psychologue de vouloir faire de leur enfant un bon petit soldat ? Il ne l’avait jamais fait avec Wyatt. Il n’avait jamais forcé quelqu’un0 faire partie de Genome, au contraire !  Le sarcasme de la jeune femme devenait inapproprié, blessant. C’en était presque ridicule. C’était à se demander si elle ne faisait pas un mauvais trip après avoir fumer ou avaler une substance illicite. Que pouvait-il dire devant autant d’incohérences ? Il  tenta quand même de la ramener à la réalité.

- Anne, c’est bien toi qui veut t’enfermer dans le labo pour faire des recherches ! Je ne vois pas comment cela serait possible en s’enfuyant. Observa-t-il d’une voix posée alors qu’il bouillait à l’intérieur.

Oubliait-elle qu’elle était la première à lancer l’idée de reprendre la recherche pour contrer le virus ? Pourquoi ne comprenait-elle pas que Ross voulait lui assurer une certaine sécurité en se procurant le sérum ? Il avait beau argumenter,  Anne continuait à jouer sur les mots et semblait ne rien entendre. Elle refusait de voir la vérité en face : il était trop tard pour repartir à zéro.  De plus, elle faisait de mauvaises déductions. Après s’être assimilée à une dictatrice, elle affirmait que l’écossais préférait Genome à sa famille.

- S’il te plait, Manouchka, cesse de dire n’importe quoi ! Dit-il d’un ton suppliant et agacé à la fois.

Venant d’une femme qui avait consacré une bonne partie de sa jeunesse à protéger les autres, c’était hallucinant. C’était justement en continuant à mettre les bâtons dans les roues de Genetic qu’il pensait assurer une certaine sécurité à ses proches. C’était sans doute utopique, mais que pouvait-il faire d’autre ? Lâcher tout le monde et vivre comme un prisonnier en cavale en craignant à chaque instant qu’un ennemi tombe sur un membre de sa famille, n’était pas une option viable pour lui. Voyant les beaux yeux de la jeune femme embués par des larmes, le cœur de l’écossais se serra. Ross ne supportait pas de voir la femme de sa vie se mettre dans un tel état. Il expira profondément et l’enlaça tendrement. Si ce contact avait un effet apaisant sur l’écossais, il n’en était pas de même pour la française qui termina sur une phrase pleine d’ambigüité.

- Et tu comptes faire quoi ? Demanda-t-il en s’écartant légèrement mais en tenant toujours Anne par la taille.
- Parce que si moi je suis clair dans mes propos, toi tu ne l’es pas ! J’aimerais que tu m’expliques aussi comment tu comptes faire des recherches à l’autre bout du monde. Parce qu’il ne faut pas rêver !  Le virus n’a pas de frontières…  Genetic non plus… Alors, dis-moi, en admettant qu’on mette les voiles, tu comptes faire ça quand ? Ce n’est pas rien de changer d’identité…  Ca ne se fait pas en 24 heures ! Et dans ce genre de cas, c’est la rapidité qui compte pour augmenter les chances de ne pas être repérés. Et comment ferons-nous pour ne pas choper cette saleté de maladie ? Jusqu’à présent nous avons eu de la chance, mais nous ne sommes pas immunisés…

Comment pouvait-elle envisager de tout abandonner derrière elle avec autant d’incertitudes ?  En laissant les membres de Genome livrés à eux-mêmes, il y avait de gros risques qu’elle le regrette amèrement et qu’en plus elle culpabilise. Son intention était, à la base, louable mais absolument pas réfléchie pour Ross. C’était la raison pour laquelle il tentait une nouvelle fois de lui faire entendre raison.

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MessageSujet: Re: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Mer 20 Nov - 19:16

Ross ne comprenait pas ce que j’essayais de lui dire. Il était évident qu’il me serait impossible d’effectuer des recherches sur le virus en étant en fuite. Je venais de lui proposer un compromis qui le rassurerait sur ma sécurité et me rassurerait quant à la sienne : que nous quittions tous les deux Los Angeles. J’étais prête à ne pas étudier le virus s’il était prêt à abandonner Genome. De toute évidence, ce n’était pas aussi simple pour lui, car quoique je dise, il restait obnubilé par cette organisation menée par O’Hara. Il ne m’écoutait pas… Ou ne voulait pas me comprendre. A coup sûr, il mettait ceci sur mon état de femme enceinte et envisagé un accès de folie passagère.

- « Tu ne m’écoutes pas. Tu veux tellement rester à Genome que tu penses que je me sens capable de trouver un antidote en 24h. Même après des années de recherche, il me semble qu’à l’heure actuelle aucun chercheur n’a su isoler le gène mutant, alors ce virus… Je ne suis pas encore folle… »

Je ne le regardais pas car je lui en voulais. Que pensait-il ? Que cela m’amusait de devoir quitter cette ville, notre maison ? Que j’étais prête à l’attendre dans ces locaux alors qu’il avait en tête de courir lui-même dans les locaux de Genetic si aucun autre fou ne se dévouait ? Tout ce que je faisais c’était protéger ma famille de ces tortionnaires. Mon enfant avait le droit de connaître son père, de vivre une vie aussi normale que possible et devoir le faire grandir entre ces murs me répugnait.

- « Ensuite, je te signale que tu es le seul à mettre une échéance alors que pour le moment, je te propose seulement de quitter toute cette folie pour élever notre enfant au calme et en liberté. Je ne veux pas qu’il grandisse enfermé entre ces murs. Ce n’est pas pour lui donner cette vie que j’ai accepté de le garder et ce n’est pas non plus pour l’élever seule. Or comment avoir confiance en toi alors que tu envisages de rencontrer Tussle en personne ? Qui me dit qu’un jour, tu ne vas pas sortir d’ici et te faire attraper par ses agents ou tout simplement être en contact avec le virus ? Que pourrais-je faire ? Rien, car je porte ton enfant et que je vais devenir encore plus grosse et impotente. »

Je me décidais enfin à le regarder dans les yeux. J’avais envie qu’il se mette à ma place. Il était libre de ses mouvements et son état de célibataire endurci était encore présent à certains moments. Ne comprenait-il pas l’angoisse à laquelle il me condamnait ? Comment pouvais-je vivre ma grossesse tranquillement s’il avait de telles idées ? J’avais réussi à dépasser les trois mois, mais le stress n’était jamais bon pour le développement du bébé.

- « En voulant me garder ici, tu me confines dans ces locaux. Or, ce n’est pas ce que je veux. Soit, je reprends ma vie normale à Los Angeles, soit je mène une vie normale ailleurs, mais tu ne nous garderas pas enfermés des semaines, des mois si c’est ce que tu imaginais. J’ai besoin de mon travail… De ma maison… De ma famille… »
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Mar 26 Nov - 22:41

- Je sais bien que tu n’es pas folle ! Souffla-t-il en pensant qu’elle ne l’écoutait pas non plus.
Elle était tellement obnubilée par son idée de mettre les voiles qu’elle ne prenait pas le temps d’envisager ce que serait la situation loin de Los Angeles. Si l’organisation adverse s’en donnait les moyens, elle les trouverait facilement. Pourquoi ne comprenait-elle pas qu’il était trop tard ? Ross tenait autant qu’Anne à sa liberté. Ce n’était pas de gaité de cœur qu’il acceptait de vivre terré chez Genome, mais pour le moment il pensait que c’était la solution la moins pire.  Lui aussi aimerait retourner vivre dans sa maison mais avec ce virus qui traînait un peu partout, cela augmenterait considérablement les risques. L’écossais ne pouvait pas prendre une décision aussi radicale sans l’avoir examinée de près.  Il laissa la jeune femme expliquer son mécontentement et ses désirs.

- Je ne te suis plus Manouchka. De quelle échéance parles-tu ?

Parlait-elle des résultats de la recherche ? Si c’était cela, Anne avait mal compris ; il n’était pas stupide, il savait parfaitement que la découverte d’un anti-virus n’était absolument pas garantie. C’était justement la raison pour laquelle il voulait se procurer le sérum. Si les essais en laboratoire ne donnaient rien, le sérum apporterait une certaine sécurité. Ou alors, elle n’envisageait pas de quitter Genome au plus vite, et dans ce cas, il se demandait pourquoi elle se mettait dans un tel état. Elle parlait de protéger l’enfant qu’elle portait et qui était également le sien ; mais ce n’était pas en se retrouvant seule qu’elle réussirait. De plus, en fervent défenseur de la liberté, il n’était pas question d’enfermement à long terme.

- Tu sais très bien qu’il n’est pas question que nous vivions enfermés ici pendant des lustres ! Je ne comprends même pas pourquoi tu évoques cette éventualité. Il faut qu’on étudie calmement ce qu’il est possible de faire avant quitter Los Angeles. Il faut qu’on assure nos arrières un minimum sinon on court à la catastrophe en moins de deux. Et comme tu le soulignes très justement, ce n’est pas en étant enceinte jusqu’au cou que tu peux te permettre d’être en cavale. Ici, au moins, tu es à l’abri pour un certains temps.

Pour l’heure, Ross ne voyait pas d’autres solutions viables. Au fond de lui, Il savait qu’un jour ou l’autre Genetic leur mettrait le grappin dessus ; alors ici ou ailleurs, quelle importance ? En restant avec les membres de Genome, au moins ils pouvaient se protéger mutuellement contre la maladie et contre Genetic. Quoi qu’il en soit, il n’y avait pas vraiment de bon choix, ils devaient opter pour le moins pire.

- Une vie normale à Los Angeles ou ailleurs !
S’étonna-t-il.

Anne avait-elle subitement perdu le sens des réalités ? N’avait-elle plus conscience de ce qu’elle était et pourquoi ils devaient rester groupés ? Comme elle le regardait de nouveau droit dans les yeux, il posa délicatement ses mains sur les joues de la jeune femme.

- Je comprends que tu veuilles te protéger avant tout Manouchka, mais là, tu rêves ! Plus rien n’est normal. Nous ne sommes pas normaux et la traque lancée nous oblige à être plus prudents qu’avant. Comment peux-tu imaginer une seconde reprendre ton boulot, retourner à la maison et vivre en famille comme si Genetic n’existait pas ? Tu crois que moi je n’aimerais pas qu’il en soit ainsi ? Mais qu’on le veuille ou non, c’est comme ça ! Faut faire avec.

Ross avait employé un ton grave mais doux. Il espérait qu’elle se rendrait à l’évidence. Elle n’était pas la seule à vivre cette situation inconfortable. Il aimerait qu’elle comprenne que ce n’était pas une volonté de Ross.  Même s’il ne releva pas, certaines paroles le blessèrent ; il ne l’avait jamais obligée à faire quoi que ce soit ; elle avait toujours fait ce qu’elle avait voulu. Ce n’était pas Ross qui l’avait embrigadée chez Genome, elle n’avait pas à lui reprochaer des actes ou des décisions qui ne lui appartenaient pas. Dans la situation actuelle et avec ce qu’ils avaient traversé ensemble, certaines décisions devaient se prendre à deux. N’étant à la base pas d’accord, s’ils ne voulaient pas être séparés, chacun devait y mettre du sien pour trouver un compromis. Faire des concessions était inhabituel pour l’écossais mais il était prêt à faire un effort si la française en faisait de même.

- Bref ! Passons… Admettons qu’on quitte Los Angeles, ça ne sera pas possible avant deux ou trois mois pour moi.  Et toi ? Tu voudrais partir quand ? Tu voudrais aller où ?

Ross n’avait pas remis sur le tapis l’idée de récupérer le sérum ; non pas qu’il faisait l’impasse mais parce qu’il n’avait pas encore pris sa décision. Il avait  dit à Anne qu’il y réfléchirait à tête reposée et il le ferait. Par contre pour ce qui était de s’expatrier, même s’il n’était pas pour, il n’était foncièrement contre. Les accusations fondées ou non de la jeune femme n’étaient pas faites pour le faire changer d’avis. Anne avait lancé l’idée mais n’avait présenté aucun plan d’action. Il avait besoin d’informations complémentaires et d’arguments réalistes. Il avait besoin d’être convaincu !

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MessageSujet: Re: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Dim 1 Déc - 15:49

- « Je ne te suis plus Manouchka. De quelle échéance parles-tu ? »

- « De ton échéance de partir dans les 24h qui suivent. Je suis d’accord sur le fait qu’il faille un minimum de préparation et de précaution.»

Ross cherchait à m’embrouiller l’esprit et ce n’était pas forcément dans l’intérêt du bébé qu’il souhaitait rester à Los Angeles. Il nous fallait un plan pour quitter toute cette violence dans de bonnes conditions avant que le pire n’arrive, mais j’étais la seule à y réfléchir. L’écossais ne semblait pas une seule seconde envisager la possibilité de passer le reste de sa vie loin de toutes ces embrouilles de mutants. L’été dernier, après l’incendie, j’étais sans aucun doute la première à mettre ma vie en danger pour venger les miens. Seulement, aujourd’hui, ce n’était plus mon intention. J’avais Ross et ce bébé innocent. Cette famille que je n’espérais même pas avoir quelques mois auparavant et il était de mon devoir de la protéger contre la menace que représentait Genetic. Or, ils avaient lancé une chasse aux sorcières contre nous dans les rues de Los Angeles. Nous n’étions à l’abri ni chez nous, ni à notre travail. Que voulait faire Ross dans ce cas ? Le jour où ils trouveront le quartier général de Genome, car ils le trouveront, que ferons nous ? Ils finiront soit par nous tuer à cause de notre résistance, soit par nous capturer. Etait-ce réellement ce que voulait Ross pour nous ?

- « Je suis à l’abri un certains temps sauf que dans trois mois, je serais dans l’impossibilité de prendre l’avion et il est bien évidemment hors de question de faire de longs voyages avec un bébé de quelques jours. Et si nous attendons aussi longtemps, c'est-à-dire six mois après au minimum, Genetic nous aura sûrement mis la main dessus. Mais peut être attends tu justement que je sois dans l’impossibilité de me déplacer pour que je reste ici. En restant à Los Angeles, il n’y aura que deux fins pour nous : soit mourir en voulant se protéger quand ils viendront dans ces locaux – car oui, ils nous trouveront – soit ils nous utiliserons en tant que cobayes lorsqu’ils nous capturerons. Et ça… Tu le sais et je n’arrive pas croire que tu l’acceptes, car nous ne pourrons pas gagner s’ils mettent en œuvre tous les moyens qu’ils ont à leur disposition. »

J’essayais de lui faire comprendre que même s’il me gardait à Los Angeles, je ne jouerai pas son jeu. Si c’était pour terminer dans les cellules de Genetic, autant vivre ses derniers instants de liberté à l’air pur en continuant la vie que j’aimais, plutôt que de rester enfermée à Genome. Le résultat serait le même. Seulement Ross pensait que je reniais mon côté mutant.

- « Mais qu’on le veuille ou non, c’est comme ça ! Faut faire avec. »

Ouahhh. Genre, je ne pouvais même pas choisir ma propre voie ? La conversation était terminée parce que Monsieur McGregor le décrétait ? Il choisissait pour moi alors que ce n’était absolument pas ce que je voulais. A quoi bon restait enfermée si c’était pour me retrouver en cobaye ou dans un cercueil ? Même si le cercueil serait sûrement trop demandé à nos ennemis… Très bien, la conversation était terminée, mais ça ne voulait pas dire que je ne ferais pas ce que je voulais pour protéger ce bébé. Car ma vie, je n’en avais rien à foutre. Toutes mes paroles avaient été dites pour protéger Ross, ce bébé et moi. Puisque Ross n’était pas enclin à trouver une vie loin de tout ça, je devais penser au bébé.

Je me séparais de lui pour m’asseoir sur une chaise. J’allais devoir la jouer serrée si je ne voulais pas me faire prendre par Genetic, voir même les membres de Genome… Peut être que William pourrait m’aider plus que je ne l’aurai pensé. J’étais à peu près certaine qu’il arriverait à me trouver une personne capable de me fournir en faux papiers.

Soudain, Ross parla de l’éventualité de quitter Los Angeles. Aussitôt, je me méfiais. Après avoir montré une telle réticence à partir, ce revirement d’opinion ne me semblait pas sincère. Je n’avais absolument pas confiance en lui pour ça. Je l’étudiais et gardais le silence quelques instants. Il était inutile de me précipiter et lui dévoiler le plan qui se construisait dans ma tête, car si je lui avouais tout, il serait encore capable de me mettre des bâtons dans les roues.

- « A huit mois, nous ne pourrons pas prendre l’avion et vu les problèmes rencontrés au début de ma grossesse, il ne serait pas étonnant que j’accouche avant d'arriver à terme. Plus nous attendrons, plus nous courrons le risque d’être bloqués. Mais c’est toi qui vois. »

Cette conversation ne nous mènerait nulle part. Au contraire, elle me déprimait, car elle me montrait que je ne pouvais avoir confiance en lui. Après avoir montré une aussi grande mauvaise volonté à quitter Genome, je n’avais aucune raison de croire en ses bonnes intentions. Je m’occuperai moi-même de cette affaire et lui donnerai peut être au dernier moment la possibilité de partir avec moi ou de me rejoindre.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Lun 16 Déc - 22:08

Les desseins peu optimistes concernant les membres de Genome, les points de vue divergents du couple et l’intensité de la discussion finirent par embrouiller Ross. Il pensait qu’’Anne voulait quitter Los Angeles sur le champ ; option impensable sans qu’un danger imminent ne soit présent. Il souffla de soulagement en comprenant qu’il avait mal interprété les propos de la jeune femme. Il pourrait réfléchir et faire le point tranquillement : examiner les possibilités de récupérer des échantillons de sérum auprès de Genetic sans que ce ne soit trop risqué, mettre en ordre toute la paperasse, s’occuper des formalités administratives, et surtout trouver un endroit sûr pour sa petite famille afin qu’elle vive en toute quiétude. Sur ce dernier point, l’écossais était sceptique ; Genetic ayant lancé une traque intense contre les mutants et plus particulièrement contre les membres de Genome, son Conseil d’Administration avait certainement déployé bon nombre de forces pour resserrer les mailles de leurs filets. Même si l’écossais ne l’admettait pas ouvertement, la française avait raison. Pas besoin d’être devin pour savoir qu’un jour ou l’autre l’organisation adverse leur tomberait dessus. Le virus touchant une partie des membres de Genome ne faisait qu’augmenter et précipiter ce risque.

- J’espère que ce sera le plus tard possible…

Le psychologue avait du mal à se résoudre à abandonner toutes ces personnes qui avaient dépensé de l’énergie et pris beaucoup de risques pour contrer Genetic. Cependant, sa famille pesait plus dans la balance que tout le reste ; il avait déjà dit à Wyatt, après sa sortie du coma, qu’il était prêt à quitter Genome si nécessaire. Tiens, à son sujet, il allait devoir parler de ce nouveau projet à son fils. Il n’était pas question pour Ross de le laisser derrière lui.

- Faut que j’en touche deux mots à Wyatt aussi !

Ross espérait que le jeune homme ne lui mettrait pas les bâtons dans les roues ; ça n’arrangerait pas ses affaires s’il décidait de ne pas le suivre dans cette nouvelle vie. Il préférait ne pas penser à cette éventualité car il sera incapable de choisir entre la femme de sa vie et son fils adoré. Chaque chose en son temps ! L’écossais était buté mais il comprenait les inquiétudes justifiées de la française. S’il était à sa place, voulant protéger son enfant, il réagirait sans doute de la même façon. Il aimerait lui dire que tout allait aller pour le mieux mais ce serait lui mentir. Personne ne pouvait prévoir le jour de naissance d’un enfant sans que le travail ne soit déclenché.
Ross n’aimait pas voir Anne aussi contrariée. Il la rejoignit et se posta derrière la chaise où elle s’était assise ; il se pencha et l’entoura de ses bras, posant doucement son menton sur son épaule.

- Je sais que tu souhaites le meilleur pour notre bébé, Manouchka. Dit-il en refermant un peu plus ses bras.
- Si ça peut t’éviter des angoisses inutiles, tu pourrais peut-être partir avant moi ? Suggéra-t-il afin de lui offrir une autre alternative.

Après tout, il ne pouvait pas imposer ses propres choix à Anne. Ross serait très ennuyé qu’elle veuille partir avant lui mais il n’irait pas contre sa décision. Pour bien faire, il faudrait que le couple quitte Genome au plus tard fin avril, ce qui laisserait en gros deux mois pour tout préparer, et moins si Anne décidait de ne pas attendre Ross. Les jours qui allaient suivre promettaient d’être bien remplis, aussi bien en action qu’en émotion !

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Anne W.

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MessageSujet: Re: Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif   Jeu 2 Jan - 14:26

Ross avait beaucoup plus de mal à quitter Los Angeles que moi. Rien d’étonnant dans la mesure où il était établi dans cette ville depuis des années. De plus, son fils avait ses amis, ses habitudes ici, ce qui n’était pas négligeable. Nous ne pouvions pas partir du jour au lendemain, mais nous ne pouvions pas rester. Du moins, si nous avions encore un instinct de survie. La menace se rapprochait et la tension qui courait dans les couloirs de Genome n’était pas une illusion. Tout le monde savait ce qui allait se produire. Le tout était de savoir où allait se passer l’affrontement et  quand. Je hochais la tête lorsque l’écossais avoua qu’il devait en parler à Wyatt. C’était normal, même si la formulation était peut être maladroite. Si le jeune homme ne voulait pas, une fois de plus, quitter Los Angeles que ferait-il ? N’allait-il pas se servir de cet élément pour tous nous garder ici ? Je ne savais que penser et comme nos opinions divergeaient depuis le début, je préférais garder mes interrogations pour moi. Nous verrons bien en temps voulu, mais rien ne m’obligeait à attendre que Ross décide de se bouger.

D’ailleurs, ce dernier tentait de recoller un peu les morceaux en se rapprochant de moi. Essayait-il de me manipuler ? Je ne saurai le dire… Quoiqu’il en soit, il me fallait rester prudente quant aux réelles intentions de Ross. C’était triste à dire, mais je n’avais aucune confiance en lui pour ce qui concernait notre fuite. Sa manière catégorique de répondre qu’il n’abandonnerait pas Genome, sa mauvaise volonté à comprendre mes mots et le fait qu’il ait mis un point final à cette conversation avant de brusquement changer d’avis… Excusez-moi, mais ça ne jouait pas en sa faveur.

Il disait comprendre que je faisais tout cela pour le bébé et curieusement, j’attendais un « mais ». Un « mais » qui n’arriva pas. Ross me donnait seulement l’autorisation de partir avant lui. Quelle grande générosité… Si tu savais mon vieux que je ne t’avais pas attendu pour que l’idée germe dans ta petite tête de bourrique bornée ! Au moins, ses intentions étaient claires. Ross McGregor ne quitterai jamais Los Angeles, et ce même si sa vie ou celle de sa famille en dépendait.

- « Nous verrons bien ce que tu choisiras de faire. Je me chargerai d’organiser notre nouvelle vie dans les deux prochains mois. Pour moi, c’est une certitude… Maintenant, à toi de voir qui tu veux à tes côtés pour le reste de ta vie. »

Sur ces mots, je me relevais, m’arrachant à son étreinte, et quittais la pièce sans un dernier regard. Les hommes faisaient de belles promesses quand ils apprenaient que leurs compagnes étaient enceintes. Ils juraient qu’ils seraient là pour les aider, les soutenir et les protéger, mais finalement, tout ceci n’était que vaste foutaise. A croire que je n’aurai jamais ma « happy end ».
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Il n'y a rien au monde qui n'est un moment décisif

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