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 La véritable amitié sait être lucide quand il le faut, aveugle quand elle le doit.[abandonné]

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Neema

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MessageSujet: La véritable amitié sait être lucide quand il le faut, aveugle quand elle le doit.[abandonné]   Mer 29 Mai - 22:10

7 Février

Il faisait froid, beaucoup trop froid pour un lundi où Neema n’avait, de surplus, pas le cœur à l’ouvrage. Elle avait fait l’erreur, ce matin, en voyant le soleil percer à travers ses rideaux, d’opter pour une jupe taille haute qui plongeait jusqu’au dessus du genou, et malgré l’épaisseur de ses bas, elle était glacée jusqu’au bout des orteils.
Au travail, ce n’était pas la joie : sa dernière culture bactérienne n’avait pas donné les résultats escomptés, la recombinaison génétique n’avait eu lieu que pour une unique colonie, ce qui était bien trop médiocre pour retenter l’expérience sans réaliser quelques ajustements. Et depuis qu’elle était rentrée de sa pause déjeuner, elle se cassait la tête sur d’énormes catalogues de laboratoire, tentant d’identifier le marqueur de résistance qui lui permettrait d’améliorer considérablement le rendement. Rien à faire, une caractéristique manquait toujours, rendant le potentiel marqueur inapproprié à l’utilisation qu’elle souhaitait en faire. Elle décida alors de prélever quelques bactéries de la colonie et d’analyser son maigre butin. Quelques tubes eppendorf plus tard, elle détenait le génome bactérien dilué, dans lequel elle ajouta deux gouttes de mix d’enzymes afin d’en faire de petits morceaux. A cet instant, Neema songea qu’il serait tellement plus simple d’utiliser sa capacité pour voir ce qui se tramait là dedans, mais mettant un frein à sa curiosité, elle suivi la ligne de conduite qu’elle s’était imposée et déposa sagement le matériel génétique dans les puits de l’électrophorèse. Patience ma grande, utiliser ta capacité hors de chez toi te portera un jour préjudice.

Pleinement consciente qu’elle devrait attendre plus d’une heure avant que les segments d’ADN aient assez migré pour pouvoir en tirer une quelconque information, elle décréta qu’un brin de soleil lui ferait beaucoup de bien, même au travers d’une fenêtre. Il était vrai qu’au second sous-sol, les lumières étaient aveuglantes, et, ayant une salle bien à part des autres, elle ne voyait personne lorsqu’elle travaillait. Elle acceptait cela avec perspicacité : oui, elle manipulait régulièrement des organismes vivants, elle les modifiait génétiquement et personne, pas même elle, ne pouvait alors prédire le risque encouru. La nature sait bien se défendre contre les petits fouineurs comme Neema, et une anomalie peut si vite survenir…

Elle lava ses mains - elle détestait l’odeur des gants et n’en portait que lorsque le danger était imminent - et ses bras avec minutie, brossa ses ongles un à un pour être sûre d’éliminer les bactéries qui pourraient s’être cachées sous l’un d’eux, et retira sa blouse avant de quitter le laboratoire. Arrivée devant la lourde porte de l’ascenseur, elle chercha son pass dans son sac à main, où il régnait un désordre incompréhensible vu la petite taille de celui-ci, mais ne le trouvant pas elle dût se résoudre à le déposer à terre et procéder, accroupie, à une fouille plus minutieuse.

Elle retrouva enfin ce foutu bout de carton, attrapa quelques pièces au passage, sûre qu’un thé détendrait les muscles de sa nuque endoloris par le stress de cette journée qui n’était définitivement pas la sienne, et laissa l’ascenseur la porter jusqu’au rez-de-chaussée.
Quand les portes s’ouvrirent et qu’un rayon de soleil effleura sa joue, toute la tension s’évacua comme par magie : elle oublia qu’elle avait soif, elle oublia qu’elle avait froid, elle oublia qu’elle avait toute une heure de libre et se dirigea avec précipitation vers l’extérieur, une cigarette déjà en main, prête à profiter de ce moment de volupté où plus aucune bactérie ne viendrait perturber ses pensées et où seule la caresse du soleil sur son visage n’enivrerait.

La jolie scientifique s'immobilisa brusquement en reconnaissant une silhouette familière, juste à temps pour ne pas provoquer l'ouverture automatique des portes du bâtiment. Dos à elle, à quelques mètres se tenait Shante, les jambes légèrement écartées, tenant avec nonchalance la fin de sa clope entre son pouce et son index. La première pensée de Neema fut bien sûr de s'interroger des raisons de sa venue, mais bien vite elle abandonna cette idée, songeant qu'au final, c'était la présence de son ami qui illuminerait sa journée. Elle jeta son sac par dessus son épaule pour libérer ses deux mains. A pas de loup, elle s'approcha en restant bien derrière afin de lui sauter dessus, et l'entoura vivement de ses bras, posant ses mains sur son torse et faisant éclater un fracassant baiser sur sa joue.

"Hey salut beau black, tu sais que ça me fait drôlement plaisir de te tomber dessus ?" plaisanta-t-elle à l'oreille de celui ci, d'un air des plus malicieux.
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Shante T. Cassidy

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MessageSujet: Re: La véritable amitié sait être lucide quand il le faut, aveugle quand elle le doit.[abandonné]   Ven 7 Juin - 16:37

Le réveil sonna et je lui tapais dessus avec toute la fatigue encore présente dans mes paupières. Enfin, je le frappai pas avec mes paupières hein, ce serait étrange d'ailleurs... Non, je portais la paume de ma main sur le bouton du truand. Encore heureux que personne n'est eut la mauvaise idée de foutre une ou deux punaise sur le bouton, imagine l'état... Mauvaise blague, et pourtant, blague qui marche à tout les coups, j'en suis presque sûr. Je me redressais, sortis les jambes de dessous la couette et m'étirais. En me frottant les yeux, je grommelais et incendiais cette bonne femme de l'accueil à Genentech là, cette secrétaire qui m'avait collé un rendez-vous... Non pas que je n'aimais pas les rendez-vous, mais c'était un truc stressant qui te faisait te dépêcher pour rien, enfin pour aller passer des tests à la cons dont je ne voyais ni les résultats, ni l'intérêt. Mais bon, ils n'allaient pas non plus m'ouvrir le cerveau pour voir hein ! M'eeeenfin, j'allais me débarbouiller sous une bonne douche bien chaude, mangeais deux-trois conneries et sortir de mon appartement. Je pris mes clés, refermais derrière moi et descendis les escaliers. En ouvrant la porte, une bourrasque humide et froide me glaça le bras et m'arracha un léger

Whaaaaaaaaaaaaat ?!

Fumier de soleil ! Escroc ! Il se montre, il fait genre qu'il réchauffe... Tu parles ! TRUAND ! Ce vile scélérat était un illusionniste qui n'avait aucun semblable sur toute la surface de la planète. Je rentrais aussi vite que j'étais sortie, c'est à dire pas vraiment rapidement... et je pris le premier pull qui passait sous ma main dans l'appartement. J'enfilais le vêtement rosâtre et redescendis à plus grande allure. Si le bus était à l'heure, je devrais être à temps pour le rendez-vous. Le chauffeur arriva en avance, un sourire niais accroché à son visage, il m'avait l'air d'avoir au moins fait quinze voir seize d'études celui là, le genre de gars pas très fin qui se contente de conduire le bus sans rien demander d'autres dans sa vie de miséreux. L'âme innocente en somme. L'homme candide qui sourit à chaque passager en hochant de la tête pour saluer. Il le fit pour moi et je lui rendis un sourire plutôt jovial, bah oui peut être qu'après tout, moi aussi j'étais candide et aussi niais que lui... Allez savoir ! Mais bon, je ne comptais pas finir mes jours en mode chauffeur de bus à Los Angeles hein, bien qu'il y est des villes beaucoup plus moisies que celle ci pour faire ce travail, mais quand même !

Enfin bref, je n'eus même pas besoin d'appuyer sur le bouton stop pour dire au chauffeur de s'arrêter à la prochaine station, une petite mamie un peu effrayante l'avait fait pour moi, magique hein ? La flemmardise à son paroxysme ! Genre le mec heureux de pas avoir à lever le bras pour appuyer sur un bouton, le monde est fou mais je suis plus fou que lui ! Quoi que, le monde tourne autour de lui même ET autour du soleil, le truc fait deux choses en même temps, balèze... Mais n'importe quoi, je raconte que des conneries, revenons en à mon bus, sinon je risque de louper l'arrêt et d'oublier de descendre... Alors voilà, on descend les trois petites marches du bus, on évite de se casser la binette sur le trottoir, on sort le bonnet de la poche de devant, on le colle gentiment sur sa tête en prenant bien soin de prendre la moitié de l'oreille (voir un peu plus si on est un peu inconscient) et on se dirige tranquillou-pillou en allumant une clope vers le grand bâtiment par là-bas.

Une fois rendu devant les portes du bâtiment assez sympa à regardé, je m'assis au sol pour finir ma clope. Idée qui se fit transpercer par la dague glacée du sol. C'était des coups à ce geler le cul de rester assis par terre, chapeau les clodos... Je me relevais donc, dos au bâtiment, fumant les dernières bouffées de saloperies que pouvait me refiler la cigarette. J'en pris une dernière grosse, mais avant de jeter les restes et d'expirer la fumée, un poids plume se jeta sur mon dos, m'enlaça et assassinat avec bisou comme on a rarement. Je toussotai en laissant partir la fumée et je reconnus l'identité de mon agresseur lorsque celle-ci s'exprima. Et, grand sourire aux lèvres et dans les cordes vocales, je m'exclamai.

Neema ma frenchie préférée!  Bah ça m'fait plaisir de servir d'amortisseur pour  toi. Tu vas bien ? Qu'est-ce que tu fous là ? Toi aussi tu viens passer des examens ?

Je laissai tomber la fin de la cigarette et la fis basculer complètement sur mon dos en lui décollant les pieds du sol, rigolant comme un con.
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MessageSujet: Re: La véritable amitié sait être lucide quand il le faut, aveugle quand elle le doit.[abandonné]   Jeu 20 Juin - 10:25

La voix de Shante apaisa Neema de façon presque instantanée ; il lui faisait toujours cet effet là. La première fois qu’elle l’avait vu, une vague de douceur l’avait emportée, et elle avait deviné que sa présence lui ferait beaucoup de bien, tant il était rare de rencontrer une telle personnalité, qui ne se prenait pas la tête pour des futilités. Le chemin de leur amitié était tracé : au fil de leur relation, elle découvrit un homme d’une générosité incroyable, qui savait écouter sans se contenter d’entendre, qui caressait secrètement des rêves bien plus fantasques que tout ce qu’elle aurait pu imaginer au premier abord. Les soirées s’étaient enchaînées, toutes plus agréables les unes que les autres. Neema se plaisait à lui apporter des petits plats et du bon vin, et ils refaisaient le monde de confidences, de francs éclats de rire et d’herbe, jusqu’au petit matin. Il était vrai qu’elle avait toujours eu plus de facilités à tisser des liens avec les hommes, mais souvent l’ambigüité s’était immiscée et l’un ou l’autre finissait frustré. Rien de tel n’aurait pu arriver avec Shante : elle avait toujours été franche avec lui, sans gène, sans sous-entendus, sans retenue. Et si les moments de tendresse n’étaient pas exclus de leur relation, car ils s’étaient mutuellement avoués leur propension aux câlins, elle avait conscience des limites à ne pas franchir. Lors de leur dernière discussion, elle ne savait même plus combien de temps s’était écoulé entre le repas et leur séparation : la tête lovée sur son torse, elle avait laissé ses ongles dessiner de douces caresses sur les avants bras du jeune homme fumant tranquillement, renversant de temps en temps sa tête en arrière pour réclamer une bouffée de ce poison délicat qu’elle ne consommait qu’avec lui.
 
Lorsque Shante toussota et la souleva dans les airs, elle perdit presque vingt ans : être secouée de la sorte fit éclater un rire mutin qui résonna pendant plusieurs secondes, les yeux clos par le plaisir de cet instant. Ses pieds retrouvèrent la terre ferme et elle le serra une dernière fois avant de le libérer de son étreinte, puis se redressa devant lui. Le visage de Neema prit alors une expression calme, se forçant même à paraître contrariée, alors qu’elle ne pouvait pas l’être le moins du monde face à lui.
 
« Je travaille ici je te rappelle ! Et je devrais t’engueuler, tu ne m’as pas téléphoné. » lança-t-elle en fronçant les sourcils et en pinçant les lèvres, boudeuse, sans toutefois parvenir à dissimuler le coin de sa bouche qui se relevait en un sourire gracieux, à peine elle eut croisé son regard. « Couillon » ajouta-t-elle affectueusement, en Français.
 
Elle en profita pour le regarder avec amusement. Elle eut l’impression qu’il avait un peu maigri, il avait bonne mine, et autour de ce grand sourire ses lèvres avaient un air des plus suaves. Un seul élément gâchait ce beau tableau : ce pull rose, quelle horreur. Elle y pensa bien fort mais garda cette opinion bien enfouie au fond d’elle. Il avait dut attraper le premier de la pile dans son armoire, en bon flemmard. Il pourrait être si canon s’il la laissait le looker. Mais ce n’était sans doute pas sa priorité, car même fringué comme un sac, il attirait les filles comme des mouches, et par dizaines.
Quelques secondes s’écoulèrent avant que Neema ne capte ce qu’il venait de lui annoncer : il était là pour des examens. Son sang ne fit qu’un tour et elle imagina immédiatement une cascade de scenarios catastrophiques responsable de sa présence en ces lieux : dans chacun d’eux, il était malade, une maladie rare, grave, ou même incurable. Elle ne pouvait par contre pas comprendre comment son ami aurait put lui cacher une telle information. Après tout, leurs conversations étaient souvent plus qu’intimes, et alors qu’elle lui racontait – presque – tout, elle se mit à douter qu’il fasse de même. Il était urgent qu’elle lui ouvre les yeux sur la sincérité de son attachement à son égard, sur la force de leurs liens, sur la discrétion de la jeune Française, afin de remédier à la bancale réciprocité de leurs confidences. Doute-t-il de pouvoir lui faire confiance ? Tentant de garder son calme et de cacher son inquiétude, elle ne put s’empêcher de le sonder. Dans son regard elle ne trouva pas un brin d’anxiété, ce qui frustra d’autant plus sa curiosité.
 
« Quel examen ? Tu as rendez-vous avec qui ? A quelle heure ? » lâcha-t-elle comme si ce flot de questions pouvait modérer son appréhension.
 
Neema rosit sans s’en rendre compte. Elle regretta immédiatement cet interrogatoire, car elle ne souhaitait en rien brusquer cet être qui lui était cher, et encore moins le mettre mal à l’aise. Baissant légèrement la tête, son regard se posa sur sa cigarette, et elle rebondit à la seconde.
 
« Excuses moi. Je t’accompagne. T’as encore 5 minutes ? »
 
Elle brandit sa blonde devant son nez, sourit et tourna le visage vers le soleil, les yeux clos, pour signifier son désir de savourer quelques instants ces douceurs, même si des questions flottaient encore dans l’air. Sa déesse intérieure criait un sombre avertissement, et même si Neema tentait tant bien que mal de l’ignorer, elle devinait que son esprit se livrerait à une guerre intérieure pendant plusieurs jours si elle ne parvenait pas à en savoir plus sur ce qui arrivait à son ami. Pas un seul instant elle ne réussirait à chasser l’angoisse qui l’assaillait.
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Shante T. Cassidy

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MessageSujet: Re: La véritable amitié sait être lucide quand il le faut, aveugle quand elle le doit.[abandonné]   Ven 5 Juil - 12:55

On rigolait tout les deux. Qui a dit que le bonheur et le fait d'être heureux étaient des choses difficiles à obtenir ? Remarque, je ne sais même pas si quelqu'un a vraiment dit cette phrase un jour, si quelqu'un a dit ça, fallait vraiment lui mettre une gifle à l'époque, tu sais genre au moment où il le dit, tu te mets bien en face, BAM gifle dans la joue, bien rapide avec un bon « Ferme la t'es un con », histoire de lui faire comprendre tu vois. Après on s'étonne que nos gamins sont jamais content, qu'ils demandent toujours plus, ceci cela, si on leur apprend dès le plus jeune âge à profiter de chaque instant et de ce que la vie nous offre, bah on finit comme Neema et moi. Heureux juste parce qu'on se croise devant un bâtiment. Bon, c'est sûr qu'on est peut être pas des exemples à montrer aux futurs générations, quoi que Neema... Moi non, moi c'est clair que non, voilà la gueule de l'exemple toi ! Quoi que... Si tu passes sur la partie drogue, tout est bien chez moi. Peut être passer un peu la partie tatouages aussi, hein.

Enfin bref ! Je reposais gentiment Neema sur le bitume et celle ci s'écrasa la tête contre mon dos le temps d'un gros câlin et vint se mettre devant moi. Pour sûr, les gens qui fumaient et qui marchaient autour de nous pensaient qu'on était ensemble, en couple quoi. Alors que pourtant, on s'était même pas embrasser, mais c'était assez fusionnel, très tactile et on était tout les deux super souriants. Autant te dire que si le soleil n'avait pas été là aujourd'hui, on aurait ensoleillé le quartier. En parlant de ça, il fallait que Neema face attention en souriant là, si le soleil ricochait dans la blancheur de ses dents, il pourrait m'aveuglait ! Je la taquinais souvent sur ses dents, comme quoi elle avait dû payer une somme astronomique pour les avoir aussi blanches.

Elle répondit alors à mes questions, les questions basiques quoi, la question conne par excellence tu sais, quand tu croises quelqu'un genre euh, dans un magasin de vêtement et que tu dis « Qu'est-ce tu fous là ? », ça vaudrait le coup des fois de dire « Bah là, j'viens faire de la natation », enfin tu comprends le truc ? C'est comme le « ça va » dont tout le monde se contrefout de la réponse. Mais tu la poses toujours, c'est machinale. Et puis généralement, tu réponds également par « ça va », autant rien dire ! Neema prit alors une tête fâchée, boudeuse, il manquait plus que la main sur la hanche et la petite tape sur le bras et tout aurait été bien. Mais sans la gestuelle et avec ce sourire en coin difficilement dissimulable, elle n'était pas crédible ! Cherchant ses yeux, je les trouvai et dans un sourire réchauffant elle ajouta a ses ''reproches'' un mot : Couillon. Prononcé avec son accent français, enfin non du coup, son non-accent français vu que c'était du français... Enfin t'as compris ce que je veux dire hein ?
Alors pour lui répondre, je fis glisser mon pied droit derrière mon pied gauche et lui fis une petit courbette, abaissant le torse et la tête, mon bras droit contre ma poitrine. Tout en disant en rigolant.

Mes excuses, Madame du fromage.

Je crains n'avoir dû piocher dans ma dizaine de mots que je connaissais de cette langue... Prononcé avec un français très très médiocre... Quelques secondes après, je la sentis partir, elle n'était plus joyeuse comme elle l'était quelques instants auparavant et tel que je la connaissais, quelque chose la travaillait. Je ne restai pas longtemps dans l'ignorance, elle ouvrit les vannes d’appréhension et trois questions jaillirent de sa bouche. Elle était donc certainement inquiète à propos de ma santé. Il était vrai que j'avais parlé d'examen et qu'un examen n'est que rarement positif. Alors je posai ma main droit rapidement sur sa tête, la décoiffai un peu puis posai mes mains sur chacune de ses épaules. Et, armé d'un grand sourire réconfortant, je la rassurai.

T'inquiètes pas pour moi, je sais même pas pour te dire la vérité. Je sais juste que j'ai rendez-vous ici dans quelques minutes. Je vais voir à l'accueil, parce que je sais pas avec qui ni pour quoi... Mais j'ai rien de grave, paniques pas.

Je lui fis un gros bisou sur le front, pris sa cigarette et la jetai par terre. Je lui tendis mon bras comme pour un bal de promo. Elle était ma cavalière et je l'emmenais danser à l'intérieur du bâtiment.

C'est pas beau une femme qui fume. C'pas la première fois que je te le dis en plus !

Dis-je en rigolant, amorçant la marche vers les portes du bâtiment. Puis un truc me revient à l'esprit, vas savoir pourquoi...

Ah si tiens, j'ai rendez-vous avec le docteur Sobieski, un truc comme ça, un truc russe qui ressemble à la marque de Vodka... ça doit pas être Sobieski. Mais ça y ressemble ! Hmmm... C'est peut être polonais en fait... Oh et puis merde, on s'en fou.

Je haussai des épaules et balançai ma main libre dans le vide.
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MessageSujet: Re: La véritable amitié sait être lucide quand il le faut, aveugle quand elle le doit.[abandonné]   Lun 22 Juil - 7:25

Le bonheur est un chemin parsemé de fleurs et de pierres. Des ombres souples et colorées que l’on regarde avec plaisir, des formes dures et aiguisées que l’on piétine avec douleur. La vie est pleine d’embûches qui font mal aux pieds, les malheurs jonchent inévitablement notre marche, tout le monde les rencontre. Mais, en même temps, il y a les fleurs qui bordent le chemin. Quand une pierre nous fait trébucher, nous devons nous pencher pour cueillir la fleur qui pousse à côté. Le bonheur se crée au fur et à mesure que nous avançons dans la vie, il suffit d’ouvrir les yeux. Ce n’est pas une entité absolue, mais une accumulation d’impressions heureuses. Et, en cet instant, elles étaient nombreuses : toutes les attentions et marques d’affection de la part de Shante touchèrent Neema en plein cœur. Mais malgré ses efforts pour la rassurer, elle n’est que plus ou moins convaincue. Il allait falloir se contenter de cela.

Lorsqu’il jeta sa cigarette, elle fit la moue en pinçant les lèvres et tordant la bouche sur le côté. Et même si ce geste l’agaça, elle ne broncha pas aux premiers instants, ravalant un grognement de mécontentement. Après tout, il suffisait de remettre la blonde dans son paquet, ce n’était pas si compliqué… Quel gâchis. Son ami était radical, intraitable, inimitable dans ses gestes comme dans ses dires. Et il avait souvent raison. Elle avait plusieurs fois songé à arrêter de fumer, mais jamais assez sérieusement pour mettre ces bonnes pensées en application. La jeune femme n’était pas du genre à se laisser diriger, et cherchait toujours à obtenir ce qu’elle désirait, par les méthodes les plus douces – souvent bien plus efficaces que la brutalité. Et alors qu’il lui tendait son bras, comme par défi, elle plongea sa main dans son sac, en tira une nouvelle cigarette et un briquet, l’alluma, inspira une première longue bouffée, puis une seconde, tout cela en ne quittant pas le visage de Shante du regard. Elle leva ensuite le visage en l’air et expira longuement la fumée, et dans le même temps laissa tomber à terre la cigarette à peine consumée. Satisfaite, la peau frissonnante, elle enserra de ses deux mains le bras du bel homme et lui emboita le pas vers l’intérieur du bâtiment.

« Merveilleuses références, dis donc… T'es sorti hier soir ? » le taquina-t-elle. Elle ne connaissait personne qui ait un pareil nom dans l’entreprise.

Le hall était désert. Ses talons claquèrent sur les larges carreaux lorsqu’il l’entraina vers l'autre extrémité de la large pièce. Quelques mètres avant d'arriver devant le guichet de l'accueil, elle se sépara de lui et partit sur la gauche. En passant derrière lui, elle pinça ses fesses entre son pouce et son index, discrètement et doucement, et se félicita toute seule de sa bêtise. Elle adressa à son ami un nouveau sourire rempli de malice avant de se faufiler dans un petit renfoncement où se trouvaient les distributeurs. En insérant les pièces, elle tendit l'oreille, mais impossible d'entendre un seul indice sur ce que faisait Shante, quelques mètres plus loin. Elle haussa les épaules, commanda un expresso bien serré et revint à petits pas vers lui. Il était statique, comme s'il l'attendait, et n'avait pas perdu son beau sourire. Elle décida de ne pas poser plus de question, l'ayant sans doute déjà assez embarrassé pour la journée, et repassa son bras autour du sien comme pour l'entrainer vers les ascenseurs des locaux. Lorsqu'elle porta le gobelet à ses lèvres, elle avala une trop grande gorgée et gémit en freinant des quatre fers : le bout de sa langue avait été brûlé par le café. Son visage prit une expression dépitée en relevant les yeux vers le jeune homme, et elle se précipita vers la poubelle afin d'y expédier l'horrible boisson.

« Mmh... Mais...» geint-elle, les yeux brillants.

La large porte du premier ascenseur s'ouvrit et ils furent emportés jusqu'au premier sous-sol. Le laboratoire où Neema travaillait était au second, et elle était bien loin d'imaginer ce qui se tramait en dessous.
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Shante T. Cassidy

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MessageSujet: Re: La véritable amitié sait être lucide quand il le faut, aveugle quand elle le doit.[abandonné]   Lun 2 Sep - 21:23

Ah ces femmes... Ah cette femme surtout ! Elle avait tout pour plaire, un visage a couper le souffle, une intelligence de scientifique, un caractère agréable et un peu chiant et un corps à avoir des accidents... Une des plus belles et agréable que je connaissais, pour sûr ! Elle était joueuse en plus, mais du genre mauvaise perdante hein. Il suffisait d'observer la scène qui venait de se passer dehors, devant les bâtiments de genentech, elle n'aimait pas perdre et ne voulait pas. Juste en regardant ce qu'elle venait de faire, on comprenait qu'elle avait fort caractère, non mais, allumer une nouvelle cigarette pour fumer deux fois dessus et la jeter, juste parce que j'avais écrasé la sienne juste avant... N'importe quoi ! Pour la peine et juste pour l'embêter, je dirigeais discrètement la fumée de ses bouffées dans ses yeux. Certes elle ne savait pas que c'était moi, mais ça devait l'agacer à coup sûr. Moi je rigolais comme un con en me moquant d'elle. Puis je la guidai tel un vrai gentleman vers l'accueil.

- Non même pas, et puis c'est pas ma faute si il a un nom à la con aussi lui... Elle... Le docteur... La docteur... Oooh putain ! l'autre là !

Dis-je en râlant après moi même, balayant les airs de la main. A l'accueil, elle me lâcha et alla se prendre un café à la machine à café (logique hein). Et, par surprise, par fourberie je dirais même, elle me pinça les fesses. Ce n'était pas douloureux non, mais surprenant. Je sursautai presque comme un idiot devant l'hôtesse d'accueil et tirais la langue à Neema, répondant de manière enfantine à son action encore plus enfantine ! Je me tournai alors vers la femme qui me dévisageait et revenait un minimum sérieux. La saluant, je l'informai avoir rendez-vous avec le docteur russe dont le nom m'échappait, j'essayais de la guider comme je le pouvais vers le nom exact de l'homme et elle me reprit d'un coup avec un nom qui ne m'était pas inconnu... Sotchinski. C'était ça ! Nous avions trouvé avec quel docteur j'avais rendez-vous et il s'agissait d'une femme. L'hôtesse me montra l'ascenseur et me donna un badge que je glissais autour de mon cou.

Je me décalais alors et attendis quelques secondes Neema qui arriva. Elle s'arrêta brusquement en buvant et grimaça comme je ne l'avais pas souvent vu faire. De mémoire, la dernière fois qu'elle avait fait une tête comme celle ci, c'est lorsque je lui avais fait goûter un truc indien ultra épicé. Elle se dépêcha de jeter le café dans la poubelle et revins vers moi, les yeux presque larmoyant. Alors je la passai mon bras autour de son cou et sortis un chewing gum du paquet de ma poche.

- Tiens Fromage, j'ai rien d'autre pour toi. Ah ah, ça me fait penser au poulet indien super fort que t'avais pas réussit à manger à la maison, tu te rappels ? T'avais la même tête ! Une petite tête d'enfant maltraitée, t'es trop mignonne quand tu fais cette tête.

L'ascenseur nous ouvrit ses bras vers la fin de ma phrase et nous avala d'une bouchée. Je gardai mon bras autour du cou de Neema, comme un vrai petit couple et regardai le badge de l'autre main.

- Oksana Sotchinski, tu connais ? J'ai rendez-vous avec elle au 3e sous sol apparemment... J'espère qu'elle est jolie tiens...

Je soupirais en haussant les épaules et appuyais sur le bouton du 3e sous sol. Reprenant ma discussion en regardant la lumière au plafond.

- Tu m'accompagnes ou tu dois reprendre le travail ? Silence de quelques secondes. Et non, j'ai pas peur des docteurs, crois pas.
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MessageSujet: Re: La véritable amitié sait être lucide quand il le faut, aveugle quand elle le doit.[abandonné]   

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