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 Un + Un = Trois [Terminé]

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Maxime M

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MessageSujet: Un + Un = Trois [Terminé]   Mer 22 Mai - 21:40

13 février 2011, début de soirée

Je suis comme une godiche plantée devant la porte de l’appartement. Bordel. Qu’est-ce-que j’ai fait ? J’aurais peut-être dû réfléchir un peu plus. C’est une énorme responsabilité et je ne suis pas très douée avec les responsabilités. Fuir me convient mieux. Je récapitule mentalement les raisons pour lesquelles il ne faut pas que je m’entête : je n’ai qu’un petit job « officiel », je vis chez Jeremy – même si j'envahie bien plus l’espace que lui, c’est quand même son nom sur le bail -, l’Agence peut m’envoyer à l’autre bout de la planète quand ça leur chante ou m’envoyer en mission pour plusieurs jours d’affilés, et surtout, j’ai déjà bien du mal à m’occuper de moi-même. Me lever le matin, occuper mes journées, et maintenir un équilibre précaire entre mes insomnies, mes angoisses incontrôlables et mon semblant de vie normale. Je vis très bien cette situation mais je ne me vois pas l’imposer à un être sans défense totalement dépendant de moi. On ne peut pas dépendre de moi, je suis trop instable. Mais si je fais marche arrière, c’est comme si je le tuais de mes propres mains. J’peux pas faire ça et ce sentimentalisme soudain n’est pas vraiment compréhensible. Ça ne me ressemble pas. Tout comme le fait d’hésiter. Alors, j’emprunte ma tête de gamine butée des mauvais jours et j’appuie sur la poignée de la porte.

Quand je rentre, j’ai un rituel bien précis. Je dégage mes pompes avec une grande douceur et une immense élégance. Traduction : je m’en débarrasse en secouant les pieds et elles atterrissent quelque part dans l’entrée, générant la majorité de temps un bruit sourd en heurtant le mur ou tout autre obstacle se trouvant fortuitement sur leur trajectoire. Je pose ensuite mon bordel  par terre et je glisse une cigarette entre mes lèvres avant de jeter ma veste –ou la sienne, ça dépend – sur le dos d’une chaise, le canapé, ou sur le sol. Choisissez la réponse qui vous convient. Ce soir n’échappe pas à la règle malgré cette petite boule d’inquiétude qui me noue le ventre. Jeremy est devant l’ordinateur à faire je ne sais pas quoi, et, exceptionnellement, je ne me jette pas violemment sur la canapé dans le but de n’absolument rien faire si ce n’est dessiner, manger, ou larver (domaine dans lequel je peux parfois exceller). Il a laissé trainer son briquet à côté de lui, ce qui m’étonne vu sa capacité à le paumer systématiquement. C’est drôle la facilité avec laquelle je me suis habituée à être ici. J’ai pris mes aises. C’est de sa faute. Il ne me dit jamais rien.

« Salut. » fais-je en allumant ma cigarette et en me plantant à côté de lui, chose que je ne fais jamais et qui devrait, normalement l’interpeller. « Tu fais quoi ? » Oui, je pose des questions connes puisque, si je le veux, je peux regarder l’écran et que de toute façon, je m’en fous, il fait ce qu’il veut. Mais, non, je suis plantée sur son visage et je sens qu’il est à deux doigts de se foutre de ma gueule ou de me lancer une vanne. Je tire sur ma cigarette.

« J’ai trouvé un boulot. »
Je noie le poisson. « J’ai commencé il y a trois jours et je ne me suis pas encore faite virée. C’est un exploit. »

Comment est-ce que je peux lui dire ça ?
Je m’énerve d’être aussi conne parfois, sérieusement. Ce n’est pourtant pas bien difficile. Dans le bordel que j’ai laissé dans l’entrée. Il y a un sac et une caisse. De la caisse s’élève un bruit étrange. Un miaulement aigue et long. Il ne peut pas ne pas l’avoir entendu. Je hausse les épaules. Maintenant, il sait.

« Et du coup, maintenant, on a un chat. »


Oui, « on ». Faut bien quelqu’un pour s’en occuper quand je ne serais pas là. Je lui tends ma cigarette en me disant que, peut-être, qu’il va avoir besoin d’une dose de nicotine pour assumer mes conneries. Je vais ouvrir la petite caisse et j’en sors un chaton de trois mois et demi, aux poils roux et aux yeux bleus. Ce chat n’a qu’un seul défaut qui lui a presque valu d’être euthanasié. Il n’a que trois pattes.  
Et, accessoirement, en jouant, il m’a griffé tout l’avant-bras mais j’ai décidé de le pardonner pour cette fois-ci. Je pose la bestiole par terre et celle-ci court se réfugier dans la boîte, probablement impressionné par son nouvel environnement.

« Je vais le dresser à pisser sur tes vêtements quand tu me feras chier. »

J’ai l’art et la manière de présenter les choses de façon à obtenir un oui.

Chat pas si moche que ça, moins une patte arrière
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Jeremy Stenson


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MessageSujet: Re: Un + Un = Trois [Terminé]   Jeu 20 Juin - 15:31

L’appartement était étrangement silencieux quand Max n’était pas là. Seul le bruit des touches de clavier que je pianotais retentissait par instant, accompagné d’un clic de souris ou deux.

J’expirais la fumée de ma cigarette quand le bruit singulier de la poignée de la porte d’entrée vint rompre le silence installé dans la pièce, accompagné du son que firent les chaussures de mon alter-ego en rencontrant le mur.

J’adorais ses entrées discrètes et prévenantes ! De cette manière, elle me laissait le temps de fermer discrètement les fenêtres de recherche que je consultais à propos d’un des objectifs que j’espérais atteindre bientôt et dont je voulais la préserver. Non pas que je veuille spécialement le lui cacher, mais si elle savait, elle m’empêcherait d’y aller, ou pire, elle insisterait pour m’accompagner ! Je voulais le faire seul. Pour elle. Pour nous. Pour notre vengeance.

En quelques clics, je repassais sur ma boîte mail contenant des mails tout ce qu’il y avait de plus ordinaire. Le dernier en date étant un mail de Sacha. J’avais paramétré le navigateur pour ne pas garder l’historique des pages que j’avais visitées, ni les cookies, des fois que Max utilise l’ordi et tombe intempestivement sur mes recherches, et même, c’était une habitude que j’avais prise. Déformation professionnelle. Il valait mieux ne pas laisser de traces !

Je tirais une dernière fois sur ma clope, écrasais le mégot dans le cendrier posé à côté de la souris et me tournais vers celle qui venait de se planter à côté de moi après avoir usé de mon briquet. Je la dévisageais suspicieusement. Salut ? C’était quoi ce plan ? Même pas une vanne rien ? Ca ne lui ressemblait pas ce comportement, il y avait de la connerie dans l’air !

J’expirais une nouvelle fois. Sur mon visage se dessinais un petit sourire moqueur à travers la fumée qui se dissipait déjà.

« Salut !... trois fois rien, j'glandais. » mentis-je avec aplomb.

Puis elle déballa son sac, enfin, une partie tout du moins. Je ne comprenais pas bien où elle voulait en venir. Je savais qu’elle avait du mal à garder un taf à cause de son sale caractère, mais elle y mettait de la bonne volonté, à sa manière. Elle persévérait à en chercher un tandis que d’autres auraient déjà lâché l’affaire. Tout comme moi, elle tenait trop à son indépendance, ce n’était donc pas moi qui la blâmerais pour ça. Tant que nous avions un toit sur la tête et de quoi manger, le reste n’avait pas d’importance. Le jour où ça ne serait plus le cas, on aviserait… Comme on l’avait toujours fait. L’avenir m’importait peu. J’étais incapable de me projeter dans le temps car je le redoutais, ne sachant pas de quelle nouvelle horreur demain serait fait, et si on y survivrait. Je me contentais de vivre le moment présent et ça me convenait pour l'instant, gardant notre objectif commun en tête, celui de faire payer aux responsables de l'incendie du domaine!

« Effectivement ! quel exploit ! Laisse moi deviner, ton patron est muet, aveugle et sourd c’est ça ? » me moquais-je gentiment, avant d’être coupé dans ma connerie par un...

« Miaouuu ! »

Comment ça Miaou ? Mon regard fit la navette entre le hall d’entrée et Maxime qui venait de me déclarer que cette pauvre bête était maintenant nôtre. Car oui, le « on » m’incluait forcément ! Je restais hébété un instant, le temps qu’elle me refile sa clope et ne se dirige vers le carton contenant la boule de poils de carotte.

« Tu te fiches de moi ! »

Elle avait déjà du mal à s’occuper d’elle-même, je n’arrivais pas à imaginer qu’elle puisse s’occuper d’un chat. Et avec mon boulot de merde qui faisait que je pouvais disparaître plusieurs jours en mission, qui s’en occuperais s’il lui prenait encore l’idée à elle aussi de disparaître sans prévenir ?

Elle le sorti du carton et je pu à peine le voir que déjà il s’y réfugiait de nouveau. Je me levais de ma chaise, m’avançais vers elle, tout en tirant sur sa clope, puis je la lui rendit avant d’ajouter :

« C’était en cadeau avec ton nouveau boulot ? » plaisantais-je avec ironie.

Elle me répondit qu’elle comptait le dresser afin de m’emmerder si je la faisais chier… Comme si c’était mon genre de faire ça ! Toutefois, je ne doutais pas une seconde de ses intentions. Elle en était bien capable ! Comme si elle avait besoin du renfort d’un chat pour ça d'ailleurs ! Bon, c’était vrai qu’elle ne pissait pas encore sur mes affaires…

« Ah ouai ? » répondis-je n’y croyant qu’à moitié, non pas qu’elle tente de le dresser, mais que la bête écoute était une autre histoire.

Je n’étais pas du tout chaud pour avoir un animal à la maison. Il allait envahir notre espace vital, nous imposer des contraintes, et nous détestions tous les deux les choses contraignantes. Quelle mouche l’avait piquée ? Si elle comptait le dresser, ça sous-entendait qu’elle s’en occuperait ? qu’elle n’allait plus se barrer pendant plusieurs mois ? J’avais des toutes là-dessus et je savais que je me ferais avoir si je cédais. Ca sentait le coup fourré à plein nez !

« T’as de l’espoir ! ces bêtes là, c’est indomptable ! »

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MessageSujet: Re: Un + Un = Trois [Terminé]   Jeu 20 Juin - 22:09

« Et handicapé, en plus ! » m’exclamé-je. « S’il me soule, je peux lancer son fauteuil contre un camion en marche. » C’est absolument faux, mais je préfère entrer dans son jeu plutôt que de le laisser avoir le dernier mot. Dans la foulée, le chat exprime son mécontentement. Ou bien sa joie d’avoir une nouvelle famille. Ou encore sa déception d’être tombé sur nous. Peu importe, il m’évite d’avoir à employer la méthode douce. La messe est dite, j’annonce la grande nouvelle. On a un chat. Oui, moi aussi ça me surprend. Est-ce que je me fous de lui ? Je réponds à haute voix, en haussant les épaules : « Ca m’arrive, oui » Mais pas, là.  Je réplique à tout ce qu’il dit au lieu de lui opposer un silence buté. C’est le signe incontestable de ma nervosité, et ce n’est pas comme ça que je vais réussir à obtenir gain de cause.  Pas en le provoquant de cette façon. Ni en clamant que je vais dresser le félin à pisser sur ses affaires.  Instant de lucidité. J’ai peut-être adopté la mauvaise tactique. Je tire sur ma cigarette, fraîchement rendue tout en réfléchissant. Jeremy n’a pas l’air ravi. C’était à prévoir. Je n’aurais pas non plus sauté de joie à sa place.  D’un autre côté, il est suffisamment curieux pour s’être approché de la caisse de transport. Je décide de prendre ça pour un signe encourageant. « Tu te trompes, il est déjà dressé à l’attaque. Il sera aussi efficace qu’un chien de garde ! » fais-je en montrant ma blessure du guerre sur l’avant bras. Je me fige, mais il est déjà trop tard.

Merde.

J’avais pas dit que je devais changer de technique ? Parce que l’opération « Convainquons Jeremy d’un truc dont je ne suis même pas sûre » semble foutrement compromise. Je rebaisse mon bras, parfaitement consciente de mon erreur. J’inspire profondément en prenant mon air le plus sérieux possible. C’est stupide, je sais. Je suis incapable d’avoir un chat. Le problème c’est que mon esprit a décidé que je ne pouvais laisser celui-là se faire euthanasier. Plus Jeremy résiste, plus je m’entête dans ma connerie. Je veux un chat. Je veux ce chat. Pourquoi ? Mais j’en sais rien, moi ! Parce que c’est mignon, doux, stupide, chiant, contraignant, et plein d’autre trucs surement. Aucune idée, en fait. C’est juste comme ça. Ça m’est tombée dessus. Je n’ai pas envie de chercher plus loin.

« Jeremy, prends les choses du bon côté, il peut pas être aussi emmerdant que moi… » Mon propre sérieux me surprend. Je progresse dans mon argumentation. Ça s’améliore. « En plus, c’est ni repris, ni échangé ces trucs-là. J’ai déjà acheté la litière, regarde, dans le sac, là-bas ! » Tu vois que je peux être responsable ? Ouai, moi non plus, j’en suis pas totalement convaincue. « Bon, j’vous présente ? »

Je me lève, termine ma cigarette en vitesse accélérée et écrase le mégot. J’espère que la nicotine m’aura rendue plus forte. Je reviens sans pouvoir m’empêcher de dissimuler un sourire de mioche. J’agis encore de façon inconséquente, comme une gamine irresponsable. Le pire, c’est sans doute que je me le permets parce que Jeremy est là pour me modérer, ou, à défaut, réparer les dégâts. Tout ça me fait du bien. On se raccroche à ce qu’on peut. Avec précaution, je m’approche de la caisse, m’accroupit, et fait sauter les attaches sur les côtés. Je prends quelques secondes pour regarder Jeremy, histoire de faire durer le suspens et d’attiser sa curiosité. Avec un peu de chance, ça le mettra dans de bonnes dispositions. Il est évident que je garderai le chat même s’il me dit non. Mon choix est fait. Cependant, ce serait quand même vachement plus sympa si mon alter ego cédait, ne serait-ce que pour pouvoir partager les responsabilités (y compris la litière) avec lui. Tout doucement, je soulève le dessus de la caisse. Terré au fond, le chaton émet un miaulement plaintif à fendre le cœur de ceux qui en ont un.

« Je te l’accorde, il a un miaulement pourri, mais il va grandir et devenir un homme. » J’attrape la bestiole rousse entre mes mains et la tend vers lui alors qu’elle se débat. « Jeremy, je te présente Lechat. » Lechat n’a que trois pattes. Je ne soulève même pas ce détail qui n’a fait que solliciter davantage mon envie de sauver cette bestiole. « Le pauvre, en plus, il est roux. T’imagine, les autres chats vont le maltraiter si on le garde pas. Tu ne veux pas être responsable de ça !» Argument bidon, au top. Je souris, amusée par ma propre connerie, persuadée d’avoir Jeremy à l’usure. J’approche la bestiole de mon visage, juste en dessous de mon menton et m’emploie à ouvrir grand les yeux. C’est fourbe, il ne mordra probablement pas à l’hameçon mais je joue le jeu de la tentative d’attendrissement. « T’es d’accord pour le garder alors ? On peut changer son nom si tu veux, j’aimais bien chat pourri aussi ! » S’il me fait un sourire, c’est que je suis sur la bonne voie. Et, qu’on se le dise, il finira par sourire.
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MessageSujet: Re: Un + Un = Trois [Terminé]   Lun 24 Juin - 22:26

C’était plus fort que moi, c’était tellement gros que je n’avais pu m’empêcher de répondre du tac o tac, lui lançant une vanne dont j’étais persuadé me prendre le retour de force. Étonnamment, elle ne démentit pas et entra dans mon jeu. J’avais une chance sur deux. En contrepartie, elle ne manqua pas de saisir la première occasion de me renvoyer la pareille. Un point partout. J’esquissais un sourire en coin, ironique bien entendu. J’acceptais le point, mais je ne lui laisserais pas emporter la partie.

Ce qui était étonnant, c’était qu’elle n’adoptait pas son attitude butée de teigne comme quand elle était persuadée d’avoir raison ou de vouloir quelque chose avec certitude. Un détail en somme qui ne me trompait pas sur la pilule qu’elle essayait de me faire avaler et dont elle n’était pas elle-même convaincue des bienfaits.

J’avais daigné me rapprocher afin d’assister à son argumentaire, ainsi qu’à l’exhibition de ses blessures de guerre. Si elle voulait me convaincre d’avoir un chat pour le plaisir de me faire lacérer les bras à coup de griffes, c’était mal barré. Je m'abstint cependant de tout commentaire, malgré qu’une remarque cinglante me brûla les lèvres. Comme si elle n’avait pas assez de blessures de guerres ! Mais c’était mal venu de lui rappeler ce genre de choses, je pris donc sur moi et fermais ma gueule.

Elle reprit la parole avec un air plus sérieux et je ne pu m’empêcher de sourire brièvement. Je levais les yeux au ciel.

« On sait pas ! Lui il a tout à apprendre encore ! » répondis-je en montrant la boîte d’un signe de tête.

J’avais plus ou moins réussi à apprivoiser une teigne, je ne me sentais pas de tenter l’expérience avec une autre. Cette comparaison me vaudrait certainement une brimade, mais elle me tendait la perche en même temps !

Je le sentais pas du tout, le coup du chat, et j’avais l’impression qu’elle essayait de se convaincre elle-même autant que moi. De quoi essayait-elle de me convaincre au juste ? Elle ne me demandait pas mon avis, puisque la connerie, elle l’avait déjà faite et elle me mettait devant le fait accompli. Mon sourire s’effaça. Ca ne me plaisait pas, ça me faisait chier même !
Je n’avais rien contre la bestiole, mais contre tout ce que ça impliquait derrière. Je ne voulais pas faire mon rabat joie, mais ça m’emmerdait d’avoir un truc qui me soit dépendant. C’était pas le moment, c'était très égoïste de ma part, mais je n'avais pas besoin de ça !

Je suivais son doigt du regard quand elle désigna la litière qu’elle avait déjà achetée puis elle alla chercher la bête. Il fallait que je mette les points sur les i tout de suite :

« Non ! mais…. » amorçais-je avant qu’elle ne parte chercher la boule de poils avec un visage de gamine trop fière de sa connerie.

Je ne savais pas pourquoi je ne parvenais pas à finir ma phrase. C’était pourtant pas si compliqué de dire ce que je pensais. Je ne me gênais pas d’habitude… Je me mordis l’intérieur de la lèvre et tentais de laisser ma raison reprendre le dessus sur ce sentiment moisi qui était en train de la mettre en sourdine :

« Max ! soit raisonnable ! »

Elle me lança un regard complice qui me cloua le bec. Elle s'adressait directement au gamin en moi qui ne demandait qu’à s’exprimer et à dire « aller, rien à foutre », et à la suivre dans sa connerie. Je retint mon souffle le temps qu’elle ouvre la boîte. Le chat émit un miaulement déchirant et il semblait avoir le même regard suppliant que Max quelques minutes auparavant.

« f’chier ! » pestais-je entre mes dents.

Non, je n'étais pas complètement insensible ! Et elle le savait la bougresse ! Elle me présentait Lechat à présent et me le tendait à bout de bras. J’essayais de rester impassible, mais j’avais mal accroché mon masque. Sa vanne sur le fait qu’il soit roux m’arracha un sourire que je m’empressais de gommer aussitôt. Je détournais le regard afin de reprendre le fil de ma réflexion et de ma détermination : Non, c’est non !

« J’en assume la responsabilité ! On ne peut pas avoir de chat !... On n’est jamais là ! … » essayais-je de la raisonner.

Puis elle tenta une tentative ridicule d’attendrissement. Je soupirais et fermais les yeux. J’avais envie de rire et je me trouvais pitoyable de ne pas être foutu de lui dire non. Qu’est-ce qu’elle pouvait m’agacer ! En fait non, je m’énervais tout seul de me sentir aussi faible face à elle. Ce que je pouvais être con parfois !
C'était marrant, j’avais l’impression de faire cette constatation assez régulièrement en ce moment…

« C'est marrant, vous avez comme un air de famille tous les deux ! » répondis-je en rouvrant les yeux et en riant à moitié.

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MessageSujet: Re: Un + Un = Trois [Terminé]   Mar 25 Juin - 20:24

Raisonnable : qui agit avec parcimonie, qui est convenable, acceptable. Je connais la définition, certes, mais je ne vois pas comment l’appliquer à la situation. Ceci n’a strictement rien à voir avec un quelconque entêtement de ma part. Je ne vois simplement pas en quoi le fait d’avoir sauvé la vie d’un chaton voué à l’euthanasie est déraisonnable. D’un point de vue extérieur, je fais preuve d’humanité, non ? Inutile de souligner que c’est en grande partie par égoïsme, pour répondre à mes traumatismes, ou ce genre de conneries. La psychologie me les brise, la mienne encore plus. Je n’ai pas envie de savoir. Je préfère me contenter d’accepter les conséquences. Ou de faire comme si… Et puis merde. Je n’ai de comptes à rendre à personne.

« Raisonnable, ça  a l’air chiant comme truc. » souligné-je, en haussant les sourcils.  « Depuis quand, tu l’es, toi de toute façon ? »  Je ne veux pas entendre sa réponse, tout compte fait. Si c’est pour qu’il me sorte qu’un de nous deux doit bien être un peu adulte de temps en temps… Même s’il ne le dit pas, je sais qu’il le pense. Je sais que je suis casse-couille. Je sais que ça l’emmerde. Je n’arrête pas pour autant. « Ça ne te va pas. »

Mon jugement est sans appel. Je concentre mon attention sur notre nouveau colocataire et entame les présentations. Un juron s’échappe de ses lèvres. En réponse, un sourire se glisse sur les miennes. Je peux presque voir l’ange et le démon, bien installés chacun sur de ses épaules, en train de le conseiller. Oh, un sourire ! Ah non. Jeremy se ressaisit, l’adulte caché en lui semble avoir gagné la manche. Dommage.  À ses arguments parfaitement cohérents, j’oppose la persuasion d’une tentative d’attendrissement. Je n’ai rien à lui opposé sur ce sujet parce qu’il a raison. Comme je n’ai pas envie de lui faire le plaisir de l’admettre, je change de sujet. Il ferme les yeux. Je maintiens ma position malgré les protestations du félin.

On est jamais là. Lui, et son boulot. Et, moi. Surtout moi. On ne peut pas compter sur moi ou sur ma présence. Il ne m’en a jamais fait le reproche. Sans doute ne s’en donne-t-il pas le droit puisqu’il est le premier à avoir quitté le navire. Cela ne signifie pas… Je ne sais pas comment expliquer. J’imagine que même s’il ne dit pas les choses, cela ne veut pas dire qu’il ne les ressent pas. Je ne peux pas promettre de ne jamais repartir. Rectification, je ne peux pas promettre quoi que ce soit. Ce serait contre ma nature. De toute façon, ça irait à l’encontre de ce que l’on est, l’un comme l’autre. Ses yeux se rouvrent. J’attends le verdict plus ou moins implicite. Le soulagement ne vient pas. Je repose la bestiole par terre. Lechat ne trouve rien de mieux que d’aller inspecter le sac en plastique à l’aide d’un coup de patte, pour ensuite sursauter et filer se réfugier dans sa caisse de transport à toit ouvert.

J’observe Jeremy, capte son attention en levant l’index avant de le pointer sur la bestiole.

« Je regrette, j’ai rien à voir avec ça. Il est trop stupide. »  Il m’amuse, c’est vrai. Il n’en reste pas moins que je doute fortement de la santé mental de cet animal. Je me relève, prenant soin de m’étirer avant de déclarer : « Il tient ce côté de toi, je pense. Tu sais, le côté totalement à la ramasse. » Suis-je moins nerveuse ? Bonne question. D’un geste, j’attrape le sac en plastique. « Surveille-le le temps que je prépare sa litière. Je vous laisse faire connaissance.  J’suis sûre que vous avez un tas de truc à vous raconter.»

Ma tactique manque de subtilité. J’ai surtout besoin de m’activer pour éviter de réfléchir aux conséquences de ma connerie. Peu importe les arguments que mon double pourrait bien avancer, je me les suis déjà tous énumérés. Aucun ne m’a fait faire marche arrière. Dans la cuisine, je m’accorde cinq minutes de réflexion supplémentaire tandis que je passe un coup d’éponge sur la litière neuve, la sèche, et y installe les granulés. Le chat a-t-il un rapport avec mes angoisses ? Le sang qui tâche mes mains même lorsque je viens de les laver ? Mon besoin de sécurité, aussi paradoxal soit-il ? J’ai peut-être quelque chose à me prouver…  Je ne sais pas. Je ne sais rien du tout. Je n’ai pas envie de savoir. Je préfère, comme toujours, me voiler la face et qu’on me foute la paix ! J’ai une illumination en versant les croquettes spécial chaton dans un bol. Je pose le paquet sur le sol et file vers l’entrée. Jeremy a rallumé une cigarette que je lui vole, le temps d’inspirer une longue bouffée de courage, avant de la lui rendre.

« Ce chat, il est comme nous. » Si, je te jure. C’est ça, ma révélation. On y est. J’emprunte ma tête des mauvais jours, façon gamine butée qui n’est pas prête de lâcher le morceau. Je fronce légèrement les sourcils. J’ai les lèvres pincées par la concentration et l’obstination. « Te fous pas de moi. Je suis sérieuse. Il accumule les défauts. Il est roux, et ça, c’est pas négligeable. Il n’a que trois pattes. Il a pas de parents. Et comme personne veut de lui et qu’il est pas tellement adapté à la société, il a pas de perspective d’avenir si ce n’est l’euthanasie. Pas cool. Du coup, ici c’est mieux. Il a toutes les qualités requises pour rejoindre notre club des bras cassés. » Mon petit laïus m’a auto tapé sur le système alors j’imagine pas l’effet qu’il a sur lui. En fait, je m’en fous. Il n’a qu’à assumer ça, ça le regarde. Je n’explique pas vraiment pourquoi j’insiste à ce point. Est-ce qu’il va vraiment me forcer à dire les choses à voix haute ? Pourquoi est-ce qu’on ne pourrait pas se contenter d’aviser comme on l’a toujours fait ? Allez Jeremy, vient on prend le chat à l’essai. Ça me soule, je sus fatiguée, j’ai juste envie de prendre une douche, de me roule en boule et de zoner sur le canapé. J’ai pas envie de me prendre la tête. « Alors, faut qu’on lui trouve un nom. T’es d’accord ? »
Parce que si tu ne l’es pas, je ne sais pas si je serais capable d’aller au bout de ma connerie. Je pourrai lui dire ça. L’admettre. Sauf que tant de vulnérabilité de ma part me foutrait en rogne, me ficherait de mauvais poil et merde ? Voilà. Merde. « Laisse tomber. J'vais me démerder. » Le premier qui dit mauvaise foie ou sale caractère, je l'empale.

Je cherche le truc roux des yeux. Pas dans la caisse. Pas le nez dans mes chaussures. Pas dans l’entrée.

« Bordel, il s’est barré où, ce con ? »
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MessageSujet: Re: Un + Un = Trois [Terminé]   Mar 25 Juin - 23:15

Raisonnable… et c’était moi qui disait ça en plus ! Ca sonnait carrément faux et elle ne manqua pas de me l’envoyer en pleine figure.
C’était une simple phrase de rhétorique mais j’avoue que j’aurais du mieux choisir mes mots. Au lieu de tourner autour du pot, un petit mot de trois lettres catégorique aurait été plus explicite. Allez savoir pourquoi il refusait systématiquement de sortir quand j’ouvrais la bouche.

Je grimaçais. Il n’y en avait pas un pour rattraper l’autre et je ne valais pas mieux qu’elle. J’étais mal placé pour lui faire la morale, je le savais. Mais mon égo déplacé me soufflait de répondre quelque chose quand même.

« Ca n’a rien à voir ! » répondis-je pour la forme.

De mauvaise fois en plus ! Et puis merde ! Elle était chiante aussi ! Elle me connaissait trop bien et elle me prenait par les sentiments. Sauf que j’avais pas la tête à ça. J’avais pas non plus envie de me prendre la tête avec elle. En fait, ça me saoulait, parce que je connaissais déjà le dénouement de cette histoire tout autant qu'elle.

« C’est vrai que toi tu es plus subtile ! »  répondis-je pour l’emmerder.

Elle ne manqua pas de me renvoyer une bâche à travers la gueule, elle semblait avoir retrouvé plus d'assurance.

« C’est exactement ce que je disais ! Subtile ! …vraiment ! »

Vexé ? que neni ! Il m’en fallait plus quand même ! Mais je ne lui permettais pas de me parler sur ce ton là. Elle me le colla entre les pattes prétextant préparer la litière dans la cuisine. Comme si j’avais des choses à raconter à un chat ! J’avais déjà pas grand-chose à raconter aux êtres humains…

« Au moins ça ! »  bougonnais-je.

Je faisais mon chieur mais au fond, le mioche en moi était plus que tenté de jouer avec la boule de poils de carotte à trois pattes. Mon regard se posa sur la boîte d’où une petite tête rousse m’épiait et ne semblait pas vouloir sortir de sa cachette, sans doute trop intimidée par cet environnement inconnu. J’hésitais. Je jetais un œil en direction de la cuisine, Maxime ne regardait pas par ici. Je m’accroupis devant la boîte et tentait d’attirer Lechat en agitant les doigts devant lui.

« Aller viens ! »  murmurais-je.

Sans succès. Il se terra un peu plus dans le fond de sa boîte. Je n’insistais pas, me relevais et retournais chercher mon paquet de clope laissé devant l’ordi. Il sortirait bien quand il aurait faim... ou pour pisser sur nos mes affaires ? Je m’en rallumais une quand Maxime resurgit dans le salon afin de me la piquer. Ca commençait à devenir une habitude ! Elle me la rendit après avoir tiré une taffe.

Elle tentait un ultime argumentaire et je la retrouvais bien là. La teigne était de retour ! Je plongeais mon regard dans le sien, un petit sourire se dessinait sur mon visage.

« Mais encore ! »  répondis-je amusé en tirant sur la clope.

Je ne l’interrompis plus, écoutant attentivement son petit speech et continuant de la fixer avec une expression énigmatique, mi amusée, mi sceptique. C’était amusant et troublant de voir à quel point ça lui tenait à cœur et surtout, ce qui m’intriguait d’avantage, c’était qu’elle tente absolument de se justifier, chose qu’elle ne faisait jamais d’habitude. Bon, certes, j’habitais là aussi... enfin, c’était même chez moi à la base, mais c’était un détail qui ne comptait pas vraiment. A mes yeux, elle était autant chez elle que moi, même si théoriquement, il n’y avait que mon nom d’écrit sur le bail.
Elle employait les grands moyens, comparant l'histoire de ce chat à notre propre histoire... j'avais saisi le message...
A quoi bon discuter puisque sa décision était déjà prise ?

A la question sur le nom du chat, je répondis calmement, avec détachement :

« Et si je ne le suis pas tu vas faire quoi ? »

Je posais la question plus pour l’enquiquiner qu’autre chose. Piquée au vif, elle prit ma remarque au pied de la lettre et m’envoya chier. Voilà, c’était réglé.

Nous n’étions pas responsables, ni elle, ni moi. Nous nous contentions de survivre et ensembles, nous ne nous en sortions pas si mal, de mon point de vue. A deux ou à trois, est ce que ça allait vraiment changer quelque chose ? ce n’était qu’un chat ! Ca avait l’air de lui faire plaisir de s’occuper d’une boule de poils boiteuse. Finalement ce n’était peut être pas une mauvaise chose de le garder. De toutes façons, quoi que je dise, elle n’en ferait qu’à sa tête, comme toujours...
J’étais faible.

Je terminais ma clope, allais l’écraser dans le cendrier sur le bureau et trouvait Poil de Carotte sur le chemin, derrière le canapé. Je le choppais par la peau du cou :

« ViensiciFoutlecamps c’est pas mal comme nom… non ? »

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MessageSujet: Re: Un + Un = Trois [Terminé]   Jeu 27 Juin - 6:35

Et si tu n’es pas d’accord. Je me démerderais. Point.

Ma réponse fuse, elle est teintée d’orgueil et de fierté. Ces deux qualités sont véritablement mal placées chez moi. À un moment ou à un autre, je ne serais pas suffisante. Un chat, ça sait se débrouiller seul, d’accord. Mais, j’aurai pas le cœur de le laisser à la rue. Il faudra bien que quelqu’un s’en occupe si je ne suis pas là. Peut-être que je pourrais le laisser au boulot. Ou à Wyatt ? Non, Wyatt serait fichu de le passer au micro-onde. Qu’en pense la boule de poil ? Non. Où est la boule de poil ? Bordel, il est pas là depuis plus de dix minutes qu’il m’a déjà filé entre les doigts. Pour preuve de mon sens des responsabilités, j’extirpe une cigarette de mon paquet et l’allume au lieu de chercher la bestiole.

Je suis de mauvais poil. À cause de Jeremy. Ma réaction est profondément injuste et peu évoluée, j’en ai bien conscience. Je devrais plutôt m’en vouloir à moi et au bordel qu’il y a dans ma tête. C’est plus facile de faire l’autruche. Plutôt que de faire le ménage dans mon cerveau, je planque les choses dans les placards, sous le lit, sous le tapis. Je fais comme si je ne voyais pas que quelque chose cloche chez moi. Je continue à me lever le matin et à prétendre que rien ne va de travers, que rien n’a changé.
J’avise.
Je fais avec.
Je gère les problèmes un à un, quand ils se présentent. Si je suis incapable de les résoudre, je les ignore. C’est aussi simple que ça. En tout cas, ça fonctionne depuis des années et je n’ai jamais eu à me plaindre. Les autres ceci dit…

Blasée par mon propre comportement, je choisi de me réfugier dans un des mes endroits préférés. Je me blottis souplement dans le coin du canapé, jambes relevées sous mon menton, clope et cendrier dans les mains. Voilà, je passe en mode feignasse butée. Quand j’éteindrai ma cigarette, j’effectuerai un mouvement en direction de la télécommande pour faire du bruit dans cet appart’ trop silencieux pour moi. Après, j’irai passer trois quart d’heures sous la douche. Et le chat ? Quoi, le chat ? Je lui ai sauvé les miches, obtenu un sursis et un nouveau toit. J’ai fait ma part du marché, à lui de trouver ses marques ici et de faire céder le locataire officiel des lieux. De toute façon, la réaction de Jeremy a réussi à entamer mon enthousiasme forcé. En parlant de loup, j’entends sa voix, et lève la tête dans sa direction. J’affiche une expression impassible, baptisé également « tête des mauvais jours » ou « J’te fais un peu la gueule en sous-marin, sans trop en avoir l'air». Il a retrouvé la boule de poil, maladroite et rousse. S’il essaie de m’arracher un sourire, ça ne marche pas. Je leur crache ma fumée de cigarette à la gueule.

C’est un comble. Je fais mon cirque pour que Jeremy accepte notre nouveau pensionnaire et, quand enfin il fait un pas dans ce sens, j’ai autant de réaction qu’un mur de prison. Parfois, je suis une connasse. C’est un effort qu’il fait. Je dois garder ça en tête. Un jour, j’apprendrai à réagir en fonction des autres et non pas seulement en fonction de mon instinct et de mes émotions. Je pouffe à l’évocation du prénom proposé et manque de m’étouffer avec la fumée. Bien fait pour ma gueule. Je tousse. J’attends d’avoir récupérer ma gorge avant de parler.

« C’est pas mal. Ça risque d’être un peu long par contre, non ? Quand il fera une connerie et qu’on voudra l’engueuler. » J’esquisse un sourire. Il faut que je l’admette. Je suis un peu contente. Un peu triste aussi. Un peu fatiguée. Un peu beaucoup de choses. « Y’a moyen d’avoir un surnom ? » Je coince la cigarette dans ma bouche et allume la télévision. Pour ne pas la regarder. Le volume est relativement bas, pour une fois. « On peut aussi l’appeler « J’sais pas »  mais la blague risque d’être lourde à la longue… » J’abandonne le cendrier pour me redresser, les coudes appuyés sur le dos de canapé. « Attends, remontre-moi sa tête, ça va m’inspirer ! » Je me déride. Un peu trop facilement. Je déteste être si lunatique. « C’est ça, il a une bonne tête de casse-couille. » affirmé-je avec un grand sourire. « On à qu’à l’appeler Junior. Jeremy Junior. » C’est un coup bas. Une petite mesquinerie que Jeremy sénior ne tardera pas à me faire payer. « J’veux pas un nom bateau. Ni un nom super stylisé qui est censé être tout beau, tout mignon. Ni un truc mièvre. Et, j’veux un droit de veto. » Je suis exigeante. Peut-être un peu trop. À nouveau, je me laisse couler dans le canapé sans cesser d’observer Jeremy et la bestiole.

Ça me plait de les voir tout les deux. Je n’ai pas besoin de me justifier à ce sujet.

« De toute façon, peu importe le nom qu’il aura, je suis sûre qu’on ne l’appellera jamais comme ça. » Ce serait trop facile, sinon. Pauvre bête. Dans quel endroit est-elle tombée ? « S’il te lacère les doigts, je suis pas responsable. »
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MessageSujet: Re: Un + Un = Trois [Terminé]   Mar 2 Juil - 22:23

Le temps que j’aille écraser ma clope, jouant au rabat joie, elle s’était lovée à sa place favorite dans le canapé, la mine renfrognée. Ca y est, elle faisait la gueule, c’était une certitude. Elle avait retrouvé ses airs de teigne. C’était peut-être complètement idiot, mais ça me rassurait. Elle était redevenue elle-même.

Quand à moi, j’étais mitigé. Je n’aimais pas qu’on me mette devant le fait accompli et juste par principe, j’aimais protester énergiquement et réagir au contraire de ce qu’on attendait de moi dans ces cas là, juste pour faire chier. Mais là, c’était un peu différent. C’était Maxime d’une part, même si je ne l’admettrais jamais, mon libre arbitre était mis à mal quand il s’agissait d’elle et de ses caprices. De plus, ça impliquait trop de paramètres que je ne maîtrisais pas. Et elle avait décidé de m’en rajouter un de plus. Comme si avoir une bête sauvage et indomptable à la maison ne suffisait pas…

Bref… mon côté adulte responsable m’emmerdait tout autant. Faisait chier aussi celui-là ! Comme si je ne me prenais pas déjà assez la tête comme ça. Chez moi, j’aimais pouvoir lâcher prise et ne pas me poser de questions. J’avais assez de prise de tête entre le boulot, la fac et le reste ! Du coup, osef les responsabilités, je décidais de donner sa chance à Vienicifoutlecamp, ou encore jsaispas, ou encore… peu importait son nom en fait. Pour le reste, j'aviserais le moment venu, comme je le faisais toujours. Et si en plus ça faisait plaisir à Max… Non, ça n’avait rien à voir. J’aimais bien les chats. C’était juste ça ! Et elle m’avait pris par les sentiments à l’égard de la bestiole, c’était aussi simple que ça.

Max se dérida au sobriquet ridicule que j’avais attribué à la pauvre bête et daigna se tourner vers moi tout en allumant la télé sur un jeu télévisé sans grand intérêt. D’ailleurs, son attention se porta sur la boule de poils puis sur moi. Elle me demanda de lui montrer sa bouille. Je jouais le jeu. Tenant toujours le félin par la peau de cou, je le lui collais sous le nez alors qu’elle venait de s’accouder sur le dossier du canapé et laissais échapper un sourire avant d’entendre le merveilleux nom qu’elle venait de lui trouver. A ce moment là, mon sourire se figea, mais je ne me démontais pas pour autant.

« T’as raison, mais si on doit lui trouver un nom de casse-couilles, Max serait plus approprié tu trouves pas ?  ou Teigne…» répondis-je non sans masquer une certaine arrogance.

A charge de revanche ! J’en profitais pour lui coller le chat dans les bras et sautais par-dessus le canapé avant de m’affaler à ses côtés. Je lui chipais la télécommande puis zappais machinalement.


« Si on l’appelle jamais par son nom, on n’a qu’à pas s’emmerder à lui en chercher un, si ? »

Je continuais à zapper sans vraiment m’attarder sur aucun programme en particulier quand monsieur le chat vint renifler la télécommande. Je m’arrêtais sur un épisode des Simpsons que j’avais déjà vu plusieurs fois tandis que Max déclinait toutes responsabilités en cas de griffures


« Pourquoi il ferait ça ? hein ? » répondis-je en regardant la bestiole et en lui gratouillant le dessus de la tête du bout des doigts.


« On n’a qu’à l’appeler Poils de carottes, ou Carotte tout court, ça lui irait bien. » ajoutais-je, sans me soucier du laisser-aller que j’affichais tandis que je le caressais derrière les oreilles. Je ne lui avouerais jamais mais…Qui pouvait vraiment résister à un chaton qui se mettait à ronronner de toutes ses forces ?

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MessageSujet: Re: Un + Un = Trois [Terminé]   Jeu 4 Juil - 22:36

« Dis-toi que si on l’appelle Max, on sera deux à vouloir faire de ta vie un enfer.  Tu veux vraiment courir le risque ? J’te promets qu’il se contentera pas de pisser sur tes affaires. » Sa réplique était de bonne guerre mais je n’aime pas le laisser avoir le dernier mot. Lui ou un autre d’ailleurs. Quoi qu’avec les autres, j’ai plus de facilité à lâcher prise et à ignorer royalement l’existence de la personne en question. Bref, revenons-en à nos chatons. Ou plutôt à notre chaton qui n’a toujours pas de nom et qui vient de se retrouver dans mes bras. Enfin, qui l’était, parce qu’à peine arrivé qu’il est déjà en train de gigoter et d’essayer maladroitement de grimper sur mon épaule pour voir ce qui se passe en haut. Une chute plus tard, il décide d’exploser quelque chose de plus à son niveau : le canapé, et non son dossier. Il y a peut-être quelque chose à sauver dans cette boule de poil, finalement. Jeremy nous rejoint souplement et entreprend de zapper à répétition. J’entends, plus que je ne vois, les émissions sur lesquelles il ne s’arrête pas.

Il marque un point en soulignant qu’on s’emmerde pour pas grand chose. Je hausse les sourcils, presque convaincue. « Ben, ici, on l’appellera peut-être comme on veut mais il lui faut un nom officiel pour le véto, au moins. » Je tire tranquillement sur ma cigarette alors que le chat vient de poser sa patte dans mon cendrier. Je le pousse gentiment et récupère mon bien. « Ils l’avaient appelé Felix, au centre où je bosse. Mais j’aime pas. » J’en profite pour établir une liste de ce que je ne veux pas comme prénom et pour m’enfoncer un peu plus dans le canapé. Qu’il est bon de ne rien foutre. Sérieusement.

Le chaton s’enquiert de la télécommande et récolte des caresses. Juste pour me faire chier, il ronronne. « Petit con ! » C’est dégueulasse. Je suis outrée ! D’ailleurs je ne tarde pas à faire partager mon indignation. « Putain, il te préfère déjà à moi ! L’arnaque ! Ça fait trois jours que je le nourris, que je joue avec et que je le laisse gambader librement. J’lui sauve la vie et c’est à TOI qu’il va faire des câlins. J’suis pas d’accord ! » M’offusqué-je en en rajoutant un peu. En guise de représailles, je me redresse et d’un geste de la main, fait basculer la bestiole sur le côté. Le chaton s’étale, encore tout pataud. Alors qu’il essaie de se redresser, je lui attaque gentiment le ventre et écope de ses griffes sur ma main, ainsi que de ses dents contre mon doigt. Avec tout ça j’en ai oublié la proposition de Jeremy. « J’aime pas Poil de carotte. C’est cliché. Fais un effort. »

Mais en même temps, je n’aime rien. Ça me soule déjà de chercher un nom. Pourtant je souris, cessant d’emmerder notre nouveau colocataire. Je crois que je vais beaucoup m’amuser à le faire chier. C’est en passe de devenir un de mes loisirs préférés. Je cale mes pieds sous les cuisses de Jeremy sans m’en rendre compte et pose ma tête contre mes genoux. Moi être fatiguée.

« Vendu ? » J’aime bien ce nom. « Sale traître ? Quoi, c’est des noms qui lui conviennent bien… » Je râle pour la forme avant de passer en mode pilotage automatique. « Tu-soules-le-chat ? Farfelu ? Oasis ? Glue ? Pot-de-Colle ? Morveux ? Casse-couille ? Abracadabra ? J-ai-pas-eu-d-idée-sympa-alors-il-a-pas-de-nom ? » La machine est lancée. Le pire étant que ça m’amuse. Je tressaute à chaque nom, comme si une idée lumineuse avait traversé mon esprit. Je joue. « Pizza ? Simpson ? Donut ? Greemlins ? Crapaud ? Tartanpion ? Pas-de-Bol ?  Non, non plus ? » Je ris un peu avant d’écraser ma cigarette et de foutre le cendrier par terre. Oui, c’est parfaitement sa place, sur le sol, alors qu’il y a un chaton dans l’appart’. J’attrape d’ailleurs la boule de poil, effectue un demi-tour sur canapé (exercice qui me vaudra un jour d’obtenir un césar), avant de m’installer confortablement. Je cale ma tête sur les jambes de Jeremy, mon dos est plaqué sur le canapé alors que me jambes n’ont rien trouvé de mieux à foutre que d’aller sur le dossier. J’ai l’art et la manière de me poser n’importe comment. Je repose le chaton sur mon ventre mais, il repart déjà à l’aventure vers Jeremy. Favoritisme. Je ne suis pas sûre que je vais beaucoup l’aimer, tout compte fait.

« Chat pourri ? Miaou ? Chaussette ? Blaireau ?  Rah ça me gonfle. Zappe un peu, on va trouver l’inspiration dans la télévision. »

Et voilà, les emmerdes commencent déjà.

« Au pire, on peut toujours l’engraisser et le manger. Auquel cas, je te propose de l’appeler casse-dalle ? Ou non, je sais ! » Eurêka ! Jeremy s’attend sans doute à une connerie de ma part. Il n’a pas tort en un sens. « On l’appelle canard, parce qu’il casse pas trois pattes à un canard. Bordel, je suis vraiment fatiguée, je crois. Ah ben voilà ! Mais oui !!! On à qu’à l’appeler Bordel !!! Ou problème avec un P majuscule. »

Je me marre et me cache la tête entre mes mains. Comme une gamine.
Bonjour, je m’appelle Maxime et j’ai dix ans, peut-être même huit.
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MessageSujet: Re: Un + Un = Trois [Terminé]   Ven 5 Juil - 22:38

« Bof ! J’suis plus à ça près ! » soupirais-je à ses menaces, ne prenant même pas soin de masquer mon sourire.

Maxime avait vraiment un sale caractère, foutait du bordel partout, ne rangeait rien, m’envoyait chier à longueur de temps, me piquait mes fringues, mes clopes et j’en passe, mais je ne m’étais jamais senti aussi bien que depuis qu’elle était revenue faire de ma vie un enfer. Je ne la laissais pas en reste cela dit, car niveau caractère de merde, j’étais pas trop mal équipé non plus !
J’avais retrouvé mon alter-ego et nos chamailleries incessantes faisaient partie du jeu, rendaient mon quotidien plus vivant et plus supportable. J’étais sans doute ce que l’on pourrait qualifier de masochiste. Ouai… sans doute. Je n'allais pas me plaindre.

Donc un ou deux chats à la maison, ça ne changeait pas grand-chose.
Rien d’intéressant à la télé. Pas d’inspiration pour la bête à trois pates, aucun nom ne semblait convenir à miss intraitable. Je ne regardais l’écran que d’un œil, grattouillant la boule de poils qui daigna enfin se laisser approcher et se mit même à ronronner, ce qui fit rager Max au passage. Ca m’amusait. Je laissais échapper un petit rire moqueur puis lancais sur le ton de la plaisanterie :

« Fait lui un procès à ce ptit fumier !»

Elle l’attaqua, il se défendit en la griffant alors qu’elle râlait encore contre le nom que j’essayais vainement de lui trouver. Normal.

« Lui il avait l’air d’aimer. » lançais-je avec désinvolture tout en recommençant à zapper tandis qu’elle callait naturellement ses pieds sous mes cuisses. Ca faisait partie des habitudes que l’on avait déjà du temps du domaine du coup je n’y faisais pas spécialement attention. Max avait un penchant pour les poses improbables dans le canapé, ou partout ailleurs tout compte fait. Malgré le fait que j’y sois habitué, elle arrivait parfois encore à me surprendre.

A « Vendu ? » je lui lancais un regard en coin, sceptique qu’elle ai accepté ma proposition. Non, je me méprenais, elle cherchait encore. Chaque nouveau nom était de plus en plus farfelu. Toujours affligé de mon sourire en coin, je secouais la tête en soupirant. Elle accéléra le rythme avant de changer une fois de plus de position et de prendre ses aises comme si je faisais partie du mobilier. Je la laissais chercher tandis que monsieur-le-chat tentait de revenir vers moi. Il semblait m'apprécier ce qui m'amusait d'avantage et ne semblait pas plaire à mon alter-égo. Visiblement, il prenait ses aises lui aussi. Voyant Max s’énerver, je stoppais la progression de l’animal d’un revers de la main à laquelle il s’accrocha toutes griffes et toutes dents dehors. Je le refoutais sur le ventre de Maxime d’un habile mouvement de poignet afin de lui faire lâcher prise puis lui attaquais le ventre à mon tour avant qu’il ne me choppe de nouveau la main.

Elle recommença son énumération de noms improbables avant de râler pour que je zappe.

« T’as qu’à l’appeler Rex ! t’auras l’impression d’avoir un chat de garde. Il a l’air doué pour l’attaque ! » bougonnais-je.

Je m’exécutais, de mauvaise grâce. Il n’y avait toujours rien d’intéressant à la télé. L’idée de le manger m’extirpa un sourire. Quelle bonne idée ! J’allais approuver tandis qu’elle s’exclamait de nouveau comme si elle avait trouvé l’idée du siècle. Je baissais les yeux sur elle, ne la prenant pas du tout au sérieux, attendant de voir quelle connerie elle allait encore me sortir.
La vanne me sidéra. Je restais figé un moment avant de pouffer de rire et de poser la télécommande après avoir zappé une ultime fois, mimant la direction de la porte.

« Non ! je regrette ! là tu sors ! »

Je libérais ma main des griffes du tigre miniature puis changeais de cible, plantant mes doigts gentiment dans les côtes de Maxime.

" I didn't say it would be easy, Neo. I just said it would be the truth." révéla la télé en fond.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Un + Un = Trois [Terminé]   Dim 7 Juil - 23:10

« Comme si j’avais besoin d’un chat de garde… » Ou autrement dit, merci, mais je sais très bien comment me défendre. J’prends même des supers cours avec Remington pour m’améliorer. Mon corps s’en souvient parfaitement car ce type n’y va pas de main morte. Dire que je croyais que Soraya ne me ménageait pas. Rien à voir avec l’entraînement que je dois me taper, sous les ordres d’un type que j’ai régulièrement envie d’étrangler. Rien que d’y penser, je grimace. « Toi par contre, il pourrait t’être utile. Paye-le en croquette ! » C’est moche de se moquer, comme ça… Vraiment. Mais, qu’est-ce que c’est bon ! Juste pour voir la tête qu’il tire.

Le chat n’a toujours pas de nom. Dans ma quête du prénom parfait, mon humour atteint des summums de connerie concernant mes propositions. Je perds sans doute toute crédibilité. Pourtant, je m’en fiche. C’est Jeremy. Je peux me permettre d’être une sale gamine. Il est, à vrai dire, la seule personne avec qui je m’autorise ce genre de comportement. Même avec Wyatt, j’ai encore certaine réserve et je ne parviens pas à me lâcher totalement. Dans l’espace de notre petit appartement, je peux être libre. Il n’y a personne pour nous juger. Quand je jette mes chaussures dans l’entrer, je balance peut-être aussi un peu de ma méfiance. Ici, c’est bien. Nous n’avons à rendre de compte à personne. Le monde peut bien tambouriner à la porte, il n’est pas question qu’on lui ouvre.  J’aime ça. Je me sens à ma place.

Comment ça, je sors ? Hey, je viens de penser justement que non, j’suis trop bien installée. Je lève les yeux vers lui sans faire le moindre mouvement. J’emprunte un air narquois qui quinte la suffisance.

« Crève ! J’bougerai pas mon cul de ce canapé ! » Jeremy n’en a évidemment rien à foutre de mon ton péremptoire. Il m’attaque de la façon la plus fourbe et traître qui soit : les chatouilles. Je réagis par un hoquet de surprise et me tortille en riant pour échapper à ses doigts. Surpris, le chat s’esquive d’un bond (presque réussi) sur le dossier du canapé. Dans ma position, toute riposte est difficile… Je ramène instinctivement mes jambes vers mon menton, cherche également à me débarrasser des mains de mon agresseur quand une phrase m’interpelle à la télévision. Un regard dans cette direction m’indique que Matrix est bien en train de passer sur je ne sais quelle chaîne de la télévision américaine. « Attends, putain ! » Pfff. Comme s’il allait m’écouter. J’aimerais réussir à paraître sérieuse parce qu’en vérité, je me marre en prononçant ses mots. Il m’agace, me fait rire. Tête à claque. « Mais, tu fais chier. » fais-je en me débattant. On dirait deux chiffonniers en plein dispute pour la télécommande. C’est bien pire que ça. Nous n’avons pas besoin de raison pour emmerder l’autre. Souplement, je me bascule sur le côté avant de me mettre à genoux sur le canapé. J’ai plaqué mes mains dans les siennes pour éviter toute riposte de sa part, au moins pendant les trente prochaines secondes.  Je reprends mon souffle sans cacher mon sourire.

« Neo ! » Non, je ne suis pas en train de dérailler complètement, je ne suis pas non plus totalement cinglée. Ceci dit, il y a fort à parier que ça ne tardera pas à m’arriver. Je profite de cette accalmie pour passer mes jambes devant moi. « Pour le chat ?  » C’est nom qui me plait assez. Je m’habituerais potentiellement à un autre si toutefois… « Mais vas-y, si t’as mieux à proposer, je t’en prie ! » Du défi et de la provocation.

Brusquement je lâche ses mains dont le contact me brûle presque systématiquement. Sa peau m’appelle. À mon tour de l’attaquer et de le chatouiller. Voilà, Jeremy, ce qu’on gagne à jouer au con. Va falloir en payer les conséquences et je ne me contenterais pas de lui arracher un ou deux éclats de rire. Je pousse sur mes jambes pour les glisser dans son dos et m’en servir comme levier. La guerre est déclarée.

« Mais, bouge de là ! »
Précisé-je, à moitié en riant, au cas où il n’aurait pas compris mon intention de le foutre par terre.
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MessageSujet: Re: Un + Un = Trois [Terminé]   Mar 9 Juil - 22:28

Non pas que j’estimais que Maxime n’était pas capable de se défendre, j’avais balancé l’idée du chat de garde en toute connaissance de cause, juste pour la taquiner et sa réplique ne se fit pas attendre, elle me renvoya l’ascenseur. J’esquissais un sourire amusé.

« Tss ! j’lui dois rien du tout moi ! J’sais m’défendre tout seul ! »

J’attaquais le chat du doigt, il n’était pas encore très habille de ses mouvements, même si ses griffes piquaient quand même un peu quand il atteignait sa cible, en l’occurrence ma main.

« Regarde-le ! Comme terreur j’ai connu mieux ! »

Je n’avais pas d’idée de nom pour Mini Rex et toutes les propositions que je faisais étaient systématiquement rejetées. Je lui laissais donc le privilège de mettre son cerveau en surchauffe, et effectivement il y avait du mal de fait à en juger par la connerie qu’elle venait de me sortir.
Je lui intimais de sortir par pure moquerie sachant pertinemment qu’elle ne bougerait pas son séant de là et qu’elle allait répliquer gracieusement. Je me fichais un peu de sa réponse en fait, sachant qu’elle serait aimable, comme d’habitude. Je l’avais cherchée et n’y coupais pas mais j’avais anticipé ma contre attaque avant qu’elle n’ouvre la bouche. Je fus satisfait de lui tirer un hoquet de surprise.

Tigrou, flairant l’embrouille s’y prit à deux fois pour atteindre le dossier du canapé. J’en profitais pour la ré-attaquer. C’était trop facile, elle était à ma merci, mais j’aimais bien l’emmerder, et quelque part c’était une sorte de vengeance de m’avoir pris par les sentiments afin de m’imposer Gros Minet. Je savais qu’elle se vengerait, tôt ou tard. J’ignorais ses supplications, enfin… si on pouvait les qualifier de telles… J’avais fini par poser la télécommande car je sentais que sa riposte allait devenir plus musclée. Elle réussit à se dérober. Je tentais de la maintenir à distance, paume contre paume, elle se redressa. Elle m’appelait Néo maintenant ?

« Quoi ? »

Ah oui ! On cherchait toujours un nom pour le félin. Je jetais un œil derrière Maxime et m’aperçu que Neo était effectivement dans sa cabine en train de discuter avec Tank : « I gotta tell you, I’m excited to see what you’re capable of…if Morpheus is right and all ! »

Si j’avais une meilleure idée à proposer ? Pas le moins du monde, Néo c'était pas mal en fait... mais juste parce qu’elle me défiait, j’allais répondre pour la faire chier. Je fis mine de réfléchir :

« Mmhh… Poil de Carotte ça lui irait quand même vachement mieux !  Je croyais que tu voulais pas de chat de garde !» répondis-je avec ironie, alors que Néo, le vrai, venait de suivre un entrainement de dix heures en arts martiaux et commençait à affronter Morpheus. « Adaptation. Improvisation. But your weakness… is not your technique. »

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J’affichais un sourire à la fois angélique et provocateur. Au moment ou la musique de la scène de combat culte du film commença, elle se jeta sur moi pour assouvir sa vengeance tandis que Néo, le chat, alla se réfugier sous un meuble. J’éclatais de rire :

« Tu fais peur au chat ! »

Elle tenta de me virer du canapé, en me poussant avec ses jambes alors que j’étais confortablement installé. Bizarrement, là, elle n’était plus fatiguée ! Maxime la teigne, le retour quatre ! En même temps, je l’avais provoquée, certes, mais ce n’était pas une raison… Mon âge mental avoisinait à présent le sien. Si c’était la guerre qu’elle voulait…

« Mais biensûr! …» répondis-je sur un ton trop aimable pour être honnête accompagné d’un sourire carnassier.

Je pris appui sur une de ses jambes, me redressais brusquement, posais un genou sur le canapé et l’attaquais de nouveau. Si elle croyait qu’elle allait me virer si facilement, elle se foutait le doigt dans l’œil !

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MessageSujet: Re: Un + Un = Trois [Terminé]   Mer 17 Juil - 20:59

« Mais pourquoi, je te demande ton avis alors que t’as des goûts pourris ? » fais-je en roulant des yeux vers le plafond. « Poil de carotte, c’est le meilleur moyen de lui tracer un avenir de merde. Il lui faut un nom de guerrier ! » Parce qu’avec tout ce que ce félin a déjà traversé, il mérite au moins ça. Aussi, beaucoup parce que ça me plaît d’avantage d’avoir un chat qui s’appellerait Spartacus plutôt que Caliméro. Jeremy me prend au dépourvu en répliquant un truc au sujet des chats de garde. Il pointe du doigt mon incohérence. Merde. Qu’il aille de faire voir ! C’est pas son visage d’ange qui va prendre avec moi, je sais parfaitement qu’il me provoque, comme le prouve l’expression sur ses traits. J’ai envie de rire et de gueuler qu’il me fait chier. Je n’ai pas besoin d’y réfléchir pour savoir qu’ici, les deux ne sont pas incompatibles. J’attaque. Le chat s’en remettra. Dans un sourire, je lâche un « Tu m’emmerdes, Jer’. »    De quoi, je fais peur au chat ? Parce qu’il s’en soucie maintenant ? Il espère m’amadouer ? « Il faut bien qu’il s’habitue au bordel ambiant. Ça fait partie de son entraînement ! »

Je riposte, lui ordonne de dégager son postérieur du canapé et tente de l’en déloger comme je peux. Je veux qu’il finisse par terre juste pour pouvoir me vanter d’avoir gagné cette partie. Jeremy consent à bouger. J’hausse les sourcils parce qu’il se fout forcément de moi, n’est ce pas ? Je cherche l’embrouille. Son sourire pue l’arnaque mais j’y réponds instinctivement. Non. Il est pas sérieux. Putain ! Deuxième round. Je réagis un peu plus rapidement mais je souffre toujours d’un désavantage dû au terrain. « Mais j’étais tranquille, t’es chiant ! ». Voilà que je râle en laissant traîner ma voix plus que de raison sur les voyelles. Je suis une gamine qui se plaint. Une sale mioche irresponsable. Il ne vaut pas mieux. En d’autres temps, nos chamailleries auraient été totalement innocentes. Seulement, maintenant, j’ai l’impression que nos conneries planent dans l’air. Sa proximité est toujours ambiguë. Du moins, c’est ainsi, que je la ressens. Son odeur… Mes yeux se ferment un instant dans cette guerre de chatouilles où l’on s’arrache l’un à l’autre des rires et des hoquets de surprises.

Je n’ai qu’une seule certitude.
Je veux que rien ne change.
Jamais. S’il te plaît… Même si le monde continue de s’auto-détruire dehors, je voudrais qu’il ne passe pas les portes de cet appartement. Qu’on reste ainsi. Mi-adultes, mi-enfants. Jamais totalement quoi que ce soit sans être aussi son contraire.
C’est à cause de truc au fond de moi. Je crois que j’vais presque bien lorsqu’il est là. J’ai douze ans, mais, je suis libre et insouciante. Ça vaut beaucoup. Je ne m’arrête pas sur cette sensation par peur qu’elle ne m’échappe, volatile, si je m’essaie à l’appréhender et de la comprendre.

« Temps mort ! » Puisque je ne peux pas obtenir la victoire à la loyale, j’opte pour la tricherie. Au lieu de chatouiller ses côtes, je le pince. J’en profite pour m’échapper du canapé avec une élégance folle, c’est à dire en roulant par terre,  et filer récupérer le chat sous le meuble. La bestiole a les yeux grands ouverts, et je peux pas m’empêcher de me dire qu’il a l’air ahuri. Je sais, c’est pas très sympa, mais je maintiens ma ligne de conduite. Le rouquin va devoir s’habituer à la folie ambiante. Ceci dit, j’ai foi en lui. Il en est capable. Il a du potentiel. « Ouai, enfin, pour le courage, on repassera. » Je me moque gentiment en l’attrapant par le cou. Avec précaution, je m’approche à nouveau de canapé et jauge Jeremy du regard. Si j’avance, est-ce qu’il va m’attaquer ? Je décide de le menacer. « Fais gaffe, si tu me soules, je te le balance à la tronche. J’suis sûre que c’est une arme géniale. »

La situation ayant été mise au clair, j’avance et me laisse tomber sur le canapé. Fatiguée mais portant encore les traces de ce jeu de gosses. J’ai les cheveux ébouriffés à force de gesticulations, le souffle court et les joues rougies par le rire. Je pose le chat sur le canapé et le caresse. « On l’appelle comment alors ? » J’interroge Jeremy des yeux, à la recherche d’un accord définitif et parfaitement intelligible. J’attrape d’autorité son bras pour le passer autour de moi. La fatigue, la douce folie de l’instant, ou je ne sais quelles autres émotions me poussent à faire n’importe quoi. Je pose un baiser sur sa joue. Juste comme ça, parce que là, tout de suite, j’en ai envie. Je glisse contre lui, baisse la tête vers la bestiole. « J’ai pas envie de dormir toute seule ce soir… » Pourquoi ? Parce que je ne veux pas que les cauchemars me rattrapent. J’ai pas les épaules pour les supporter ce soir, j’ai pas envie de les affronter et de finir, tremblante, à enchaîner les cigarettes et à m’acharner à contrôle ma respiration et les battements de mon cœur. « Il aura le droit de dormir avec nous ? »

C’est plus facile de dire ça que de quémander le droit de me glisser entre ses draps. Comme quand on était gosse et qu’il squattait parce que, je suppose, la solitude était de moins bonne compagnie que moi… Sauf que là, c’est moi qui ai besoin de lui. Ou bien, peut-être que je m’en rends seulement compte. Juste ce soir. Demain, je regagnerai ma chambre et je me battrai. Demain.
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MessageSujet: Re: Un + Un = Trois [Terminé]   Jeu 18 Juil - 16:24

Des gouts pourris ? Mon sourire s’élargit.


« C’est une question de point de vue ! »
répondis-je pour ma défense.

J’étais conscient de l’emmerder, et je n’en étais pas peu fier. Satisfaits de notre bêtise, nous continuâmes à nous chamailler comme deux gamins qui se battraient comme des chiffonniers sur le canapé, à celui qui arriverait à plaquer l’autre ou à le faire plier sous le supplice des chatouilles.

Ces jeux innocents, (ou pas d’ailleurs, on s’en foutait), avaient toujours été. D’un point de vue extérieur, on n’avait pas vraiment évolué sur ce point, et je pense que nous serions d’accord tous les deux pour nous en féliciter. D’ailleurs, je ne voyais pas pourquoi ça changerait maintenant, même si on avait tendance à déraper de plus en plus souvent !

Inconsciemment, je savais que le simple fait de chercher sa proximité n’était pas complètement anodin et nourrissait chez moi quelque chose d’encore plus ambigu qu’auparavant. Même si j’avais toujours été le plus tactile de nous deux, et que ce n’était pas nouveau que j’aille au contact pour l’emmerder, la prendre dans mes bras, ou bien encore squatter sa piaule et même son lit.

C’était con à dire, même si c’était le bordel dans ma tête, j’aimais ce jeu ambigu et innocent. Ces enfantillages m’apaisaient toujours, me détendaient et m’aidaient à supporter mon lourd quotidien. Je cultivais avec Max ce jardin secret et il nous était précieux. C’était ce que nous avions de plus précieux. Nous n’avions pas besoin de l’expliquer ni de le justifier. Juste le vivre suffisait et ça m'allait bien comme ça.

Je me foutais bien de sa demande de temps mort qu’elle serait la première à enfreindre. Elle me la faisait suffisamment souvent celle là. Comme je ne m’arrêtais pas, elle me pinça.

« Aïe ! »

Je la laissais s’échapper. Elle disparu derrière le canapé et se redressa armée du chat. Oui, armée était le mot juste !

Je fis volte face, secouant la tête de dépit en soupirant, tandis qu’elle me menaçait. Le pauvre Neo devait commencer à se rendre compte qu’il avait atterrit chez les fous. Le pire, c’était que je la croyais sur parole, je ne la mis donc pas au défi de le faire. J’avais un brin de lucidité du haut de mes treize ans d’âge mental. Le chat pourrait ne pas faire le grand saut tout de suite, il n'était pas encore prêt.

« Everybody falls the first time. » répétais-je en synchro avec le film qui continuait de tourner sur l’écran.

Spoiler:
 

Elle me repassa devant et se laissa tomber sur le canapé avec la boule de poils dans les bras. J’en fis de même et me callais au fond du dossier moelleux, les yeux rivés sur la télé, le visage formant une moue réprobatrice.

Elle me questionna sur le nom du chat, j'étais prêt à céder, je n'avais pas d’autre idée et puis Néo, c’était un peu classe comme nom. Elle n’avait pas besoin de me prendre une nouvelle fois par les sentiments en prenant mon bras pour le passer autour de son cou. Histoire de simuler l’indifférence, je répondis avec un détachement mal feint, sans quitter l’écran des yeux :

« Va pour Néo alors ! »

Fatigué de devoir porter mon masque anti tout, je l’avais en partie laissé à l’entrée de l’appart. Ici, je pouvais être Jeremy, le vrai, je pouvais être entier avec mon alter-ego.

Elle déposa un baiser sur ma joue, les bribes de masque restantes tombèrent. Le contact de ses lèvres me brûla la peau, mon regard surpris se posa sur Maxime qui se blottit contre moi. Saisi par cette étrange sensation qu’elle me procurait, je resserrais mon étreinte sur son épaule tandis que je lisais sa demande entre les lignes, même si elle ne la formulait pas franchement. Je n'étais pas dupe, quelque chose la tracassait… à moins que… peu importait. Quelle que fut la raison… Comme si elle avait besoin de demander… Comme si je pouvais le lui refuser…

« C’est un peu bidon l’excuse du chat quand même ! » répondis-je, chuchotant presque sur un ton bienveillant.

C’était un "oui" façon Jeremy. Dans un élan d'instinct protecteur, de bienveillance, ou appelez ça comme vous voudrez, je déposais à mon tour un baiser sur son front et nous terminâmes la soirée à larver devant Matrix.

Néo, le chat, eut le droit de se coucher au pied du lit.

Fin

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Un + Un = Trois [Terminé]

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