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 I don't know anything about us. [Terminé]

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Elias J. Climber

~ In the arms of cactus angels

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MessageSujet: I don't know anything about us. [Terminé]   Mer 1 Mai - 17:03

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I don't know anything about us

it's a cold
By Lollipops ©



19 février 2011


Charme. Non charisme. Oui, mais c’est du charme. Je suis quoi alors ? Un grand séducteur malgré moi ? Enfin, si, j’ai été et il m’arrive encore d’être charmeur mais là n’est pas la question. Ce don, ce bordel de truc de sa mère qui…hum. Ce pouvoir, cette capacité que Kate a essayée de m’expliquer est – si j’ai tout compris – une sorte d’aura séduisante. Ah non, pas vraiment. Fascinante ? Rien que ça. Ça aide mon égo, je ne vous dis pas…

Je fais partie de ces mutants quelle horreur. Quelle horreur ? Mais Capucine en est une ! Remarque, son don est différent à tout point de vue, il a quelque chose de classe, d’utile, d’honnête. Rien à voir avec l’espèce d’hypocrisie qui se dégage de moi.
Je m’écœure, me perds, me trompe et ne sais absolument plus comment aborder les gens. Que conclure de mes relations ? Des avis que l’on me donne ? De ce que j’inspire à autrui ?
Qu’en est-il de Capucine…

C’est hier soir que j’ai croisé Kate. Bon sang, il faudrait ne plus y penser. Je ne veux d’ailleurs pas me souvenir de tout ça. Ses mots blessants, nos cris, ce visage inquiétant, cette atmosphère sulfureuse dans ce p*tain d’ascenseur. J’en frissonne encore.
Depuis que je suis rentré, l’ambiance à l’appartement est on ne peut plus froide. Décidément pour une fois que je suis pleins de bonnes intentions, de désirs d’arranger les choses, d’arrondir les angles et de voir ma belle sourire alors que mon fils joue devant nous : tout se casse la gueule.
Inconsciemment j’ai instauré un cafard entre ces murs. Indio n’a fait que râler jusqu’au couché et même ce matin, je n’arrive plus à m’approcher de ma petite amie pour l’embrasser, et c’est à peine si je lève le nez quand le téléphone sonne.

La peur, le dégout, la démesure de ce que j’ai appris hier, la crainte de moi-même, pour eux deux surtout. La demoiselle et le petit sont tout pour moi, et pourtant, qu’ai-je à leur offrir si ce n’est mensonge ? Quelle protection leur assurer quand tout le monde qui m’entoure n’est qu’éphémère, leurre et piège ?
Toute cette remise en question n’arrange vraiment rien et quand je reviens à l’appartement après avoir accompagné mon bout de chou à l’école, je n’ai toujours pas salué correctement Capucine.
Doucement je m’approche, reconnaissant que je n’ai rien tenté jusque maintenant. Bon, il faut se lancer.

« …eh ! Tu as mangé un bout ? Tu dois partir pour quelle heure déjà ? J’peux peut être te déposer. »

Ça commence bien, non ? Je lui souris, déplace un bol pour le mettre dans l’évier mais, comment expliquer ce qui suit ?
Alors qu’elle allait probablement juste déposer un baiser sur mes lèvres ou ma joue, je détourne le visage en vitesse, comme si le bol ne pouvait pas attendre ! Évitant son regard, je m’applique à la tâche – stupide car tout est déjà rangé maintenant – et j’attends.
Si je prends la parole elle va gueuler, mais si je ne fais rien ?
Je me retourne alors, dans un soupir. Comme si c’était à moi, de râler.

« C’est, j’suis pas bien ça va passer. » Dans un raclement de gorge je décide de tourner la page de cette impolitesse et poursuis. « Alors, je t’emmène ? »

Nous sommes là, toi et moi ;
Mais que ressens-tu vraiment ?
Que suis-je ? Pourquoi ?
J’ai rarement été aussi méfiant…
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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Mer 1 Mai - 20:07

Depuis que nous étions ensemble j'avais toujours, au plus profond de moi, la peur de le perdre. Elle me hantait et ne me quittait pas. Le seul fait de le savoir séparé de moi me faisait mal au cœur… Je ne pouvais au jour d'aujourd'hui imaginer ma vie sans lui… Elle serait tellement vide. Où irais-je ? Que ferais-je ? J'étais encore si jeune. Je pouvais recommencer ma vie, mais n'en avais aucune envie. C'était pour cela que ce soir… Cette nuit… Je tentais de le serrer dans mes bras. Je le voyais si distant, si renfermé que je me demandais si ce n'était pas la dernière fois… Je profitais de ces derniers instants de bonheur avant que l'on me les enlève. Demain. Je serais fixée. Je ne pouvais le confronter ce soir. J'avais besoin de temps. Mauvais pressentiment ou simple peur de le perdre ? J'espérais vraiment que c'était la peur. Cette peur sourde qui me dévorait les entrailles et que je refoulais sans cesse, passant le plus de temps avec lui. Mais le fait était qu'elle était toujours là… Quand je mangeais, et quand je buvais. Quand je dormais et que je rêvais inlassablement de lui… De nous...

Ce matin, je la sentais monter en moi, s'insinuer de manière perfide et glaciale dans le seul but d'emprisonner mon cœur et ma raison. Je ne savais plus quoi penser. Je ne pouvais même plus respirer… J'essayais de jouer et de répondre à Indio comme si de rien n'était, mais le cœur n'y était pas. Quelque chose s'était passé et Élias demeurait silencieux... Froid... Distant... J'embrassais la petite tête blonde avant qu'elle ne parte à l'école et voyais son père me tourner le dos sans daigner me regarder. Était-ce encore le prélude d'une dispute ? La matinée de la veille restait dans nos esprits, mais il m'avait semblé que tout s'était arrangé. Apparemment, je m'étais trompée. En même pas deux heures, il avait réussi à me massacrer la journée. Si nous n'habitions pas ensemble, j'aurai été capable de me recoucher pour déprimer tranquillement. Seulement, j'avais déjà raté la journée d'hier et je n'étais pas du genre à déprimer... Si ? Bref...

Je préparais mon sac et entendis bien vite mon homme - futur ex qui sait - rentrer. Je m'attendais à tout... La peur me pétrifiait tandis qu'il avançait dans ma direction. Lorsque sa voix résonna, j'ignorais si je devais me sentir soulagée devant sa proposition ou terrifiée. Pour être fixée, je m'avançais vers lui pour déposer mes lèvres sur les siennes. Malheureusement, il détourna la tête et je le soupçonnais de l'avoir fait exprès. Tout était clair. Son soupir eut raison de ma patience et j'allais tout envoyer valser lorsqu'il prit la parole. Il n'allait pas bien... Sérieux ? Il pensait que je ne l'avais pas remarqué ? Mes émotions et mes sentiments étaient multiples : colère, tristesse, impuissance, abattement... Devais-je accepter son offre de me conduire ? Je n'en étais pas certaine !

- « Non, t'embête pas... Ça va aller. »

Je me hissais sur la pointe des pieds et déposais sur sa joue un baiser pour lui montrer que je ne lui en voulais pas.

- « On se voit ce soir ou préfères-tu rester seul ? »

Je mettais mon manteau avant de prendre mon sac, tout en attendant sa réponse. Soudain, mon portable m'annonçait un message. Qui pouvait m'écrire à cette heure ci ? Je sortais l'engin et vit le message. Ce n'était pas important. Je répondais un truc vite fait et regardais à nouveau Élias.

- « Désolée. Donc tu veux faire quoi ce soir ? »

Deuxième bip... Punaise... Je laissais tomber, préférant écouter la réponse de l'avocat. L'autre pouvait attendre!
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Mer 1 Mai - 20:55

Forcément, j’ai agit avec maladresse et grossièreté, comment pouvait-elle le prendre ? Elle n’allait pas m’offrir un grand sourire, faire preuve d’indulgence et de compréhension, de tendresse et d’amabilité face à mon air dépité. Vous savez quoi ? Elle le fait. Certes ce n’est pas au summum de la bonne humeur mais ce baiser qu’elle dépose sur ma joue – sans que celui-ci je ne puisse l’esquiver – est une preuve de bienveillance de sa part. De tolérance.
Ce contact de ses douces lèvres sur ma peau a un effet positif malgré la noirceur qui m’habite. Je relève les yeux pour les poser dans les siens, première fois de la journée, et timidement je souris.

« Ça ne m’embête pas, c’est pour te rendre service, simplement. »

Comme si j’étais responsable d’un quelconque crime, je parle avec discrétion et embêtement. En fait je suis fautif, fautif de ce comportement fermé, distant. Et je m’en veux, si je ne peux m’excuser j’espère au moins qu’elle le voit. A sa question suivante j’ouvre la bouche, pour répondre aussi gentiment que possible : oui je veux la voir ce soir. Mais ce sera seulement si elle, le désire également.
Pas le temps. Je n’ai pas le temps de répondre, son téléphone s’agite. J’attends deux secondes, qu’elle puisse regarder le message, puis je reprends mon début de phrase.

« Eh bien ce soir je me disais que… »

Ok. Second message. Même personne si je n’m’abuse, elle ne change pas de conversation pour lire le texto. Contrarié, pas aidé par mon état d’esprit du moment, je pousse un nouveau soupir et cette fois lorsque Capucine relève les yeux vers moi : je l’attends. Dur, sévère, furieux.

« Ça m’aurait plu oui, mais si c’est pour que tu passes ton temps à répondre à…je n’sais qui… » Dis-je en dénonçant le téléphone d’un geste nerveux du bras. « Je préfère être seul. Merci. »

Oui c’est un peu franc, sans doute trop, mais je n’ai pas envie de mesurer mes propos. Je fais peut être face à une demoiselle qui, si elle est parfaitement adorable, ne sait même pas pourquoi elle dort avec moi. pourquoi me dit-elle qu’elle m’aime, pourquoi m’embrasse-t-elle ou se donne-t-elle la peine de s’occuper de mon fils ?!
Cap l’ignore, mais moi je le sais : c’est mon pouvoir. C’est ma déformation génétique à moi, qui la rend si attachée à ce que je suis. Non…à ce qu’elle croit que je suis.
Cette conversation le soir de son anniversaire me revient à l’esprit. Ma déclaration si aimante, si sincère…était-elle fausse ? Si les gens ne me voient pas comme je suis au fond, qu’est ce que moi je vois ? Mon don influe-t-il sur ma vision des autres ?

Je prends mes distances et remarque bien sûr que mes propos la touchent. Inévitable. Si je comprends bien ma capacité, c’est malgré elle que Capucine se sent amoureuse de moi. Elle ne sait pas tout ça, mes mots sont donc clairement tranchants pour elle…Je m’en veux. Mais je déteste tout ce qu’il y a ici, à cet instant.
Ce regard amoureux et blessé qu’elle pose sur un homme qu’elle n’aime pas ! Pas comme elle le croit. Tous ces objets, ces noms sur les dossiers, ces souvenirs dans ma tête, tout un monde qui s’écroule. Qui n’est que faux, mensonge. Je me hais, je veux partir, me fuir, mais je ne pourrais qu’épargner ma présence aux autres. Moi, je dois me subir. Forcément.

« Ne cherches pas à comprendre cette animosité. Je t’ai dit : je ne suis pas bien. Si tu ne veux pas que je te dépose alors ne te mets pas en retard. »

Je me retiens de parler de son admirateur. Mais si, ce type qui l’appelle régulièrement, ou la contacte avec plus de sournoiserie : par messages. Désolé mon gars, j’étais là cette fois !
Outré par ce comportement adolescent de ma petite amie face à ce collègue de boulot, probablement aussi jeune qu’elle, je sens la colère monter en moi à la simple pensée que c’est lui qui a écrit. Or, je n’en ai pas la moindre preuve.

J’enfile brusquement mon blouson ;
Et prépare toutes mes affaires à emmener.
Je ne sais pas si je préfère que tu dises non ;
Quoiqu’il advienne il faut que je quitte ce foyer.

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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Jeu 2 Mai - 17:05

Devant l'attitude désagréable d’Élias et les assauts de mon portable, je me demandais si ce n'était pas la Sainte Capucine aujourd'hui... S'étaient-ils donnés le mot pour me pourrir la journée dès le matin ? Quand bien même je répondais aux SMS en même temps, j'étais encore capable de l'écouter, même si celui-ci en doutait. D'ailleurs, il ne cherchait pas à comprendre et se contentait de m'engueuler. Qu'avais-je pu faire ? Qu'avais-je pu dire pour qu'il soit dans cet état ? Cette mauvaise humeur datait de la veille et je n'avais pas spécialement cherché à l'asticoter dessus, préférant le laisser se calmer. S'il avait voulu en parler, je ne l'aurai pas rejeté. Bien au contraire ! Je ne savais pas quoi faire et je me sentais impuissante. Il était inutile de m'en prendre à lui, de m'énerver comme il le faisait puisque je savais qu'il n'allait pas bien. Sauf que cette situation me rendait triste...

La tête baissée, je fixais le sol comme une petite fille prise en flagrant délit de bêtise. J'étais pourtant innocente dans l'affaire. Encore une fois, il me fit part de son mal être sans rien m'expliquer, sans même s'excuser. Il me traitait comme un chien et encore un chien aurait eu plus d'égard. J'étais déçue et je n'allais pas restée avec lui puisque je représentais apparemment un de ces problèmes.

- « Je vois ça, mais je n'y suis pour rien... »

Je pris mon sac et m'avançais vers la porte. La main sur la poignée, je m'apprêtais à m'en aller, mais stoppais net. Il était inutile de remuer le couteau dans la plaie, seulement, j'avais besoin de lui dire cette pensée qui me traversait l'esprit. Elle nous ferait du mal à tous les deux pour la journée, mais elle était nécessaire et pourrait nous sauver.

- « Je vais finir par attendre le jour où nous arrêterons de nous disputer. »

Je le regardais dans les yeux une dernière fois, blessée, et quittais l'appartement pour affronter cette horrible journée. Elle ne pouvait que l'être puisque mon couple n'arrivait pas à se stabiliser. Que pouvais-je faire pour arranger les choses ? L'immeuble derrière moi, je me mettais en route jusqu'à retrouver Thomas au coin de la rue. Qu'est ce qu'il foutait là celui là !

- « Les SMS ne suffisaient pas ? Il fallait en plus que tu viennes me chercher ? En plus, ça a encore plus foutu en rogne mon mec... C'est malin ! »

- « Tu étais malade hier et je passais dans le coin, alors j'en ai profité pour venir te chercher au cas où tu souhaiterais encore sécher. Me regarde pas comme ça ! Et puis, ton mec... S'il se met en colère pour un ou deux SMS, c'est qu'il n'a pas confiance en toi et sans confiance, il n'y a pas d'amour ! »

Je regardais en coin le jeune homme sans pour autant lui montrer que ses mots m'avaient touchés. Élias n'avait pas confiance en moi ? Était-ce l'une des raisons qui l'avait mise de mauvaise humeur ? Qu'est ce que je pouvais savoir de ce qui se tramait dans l'esprit d'un mec de 37 balais ? Seulement, pas le temps de réfléchir davantage, nous étions arrivés au salon de thé. Nous nous changions rapidement avant de nous mettre au travail, mais j'en étais incapable. Je me trompais dans mes commandes, dans mes tables. Je renversais même un plateau. J'étais bonne à rien et je me sentais nulle. Devant ce constat affligeant, je sentais les larmes me monter aux yeux, m'obligeant à m'éclipser jusqu'aux toilettes. Une fois la porte refermée derrière moi, elles roulèrent le long de mes joues. C'était stupide de me mettre dans des états pareils, j'en avais bien conscience. Pleurer ne résoudrait pas le problème si tant est que je connaissance l'origine de celui-ci. J'avais besoin d’Élias... De MON Élias...

Ce fut toute tristounette que je pris un sopalin pour essuyer mes yeux, puis me rinçais les mains. Je me laissais encore quelques secondes de répit avant d'y retourner. Du moins c'était ce que je pensais avant que Thomas n'entre dans la pièce.

- « Tu es chez les dames, ici. »

Ma voix était un peu dure, mais je ne pouvais faire autrement. Et là... ce fut le drame. Sans vraiment comprendre comment ou pourquoi, je me retrouvais dans ses bras.

- « Je ne peux plus te voir encore malheureuse. Capucine... Je... Je... »

- « Chuuut, ne dis rien. Je ne veux rien entendre. Tu vas tout gâcher !»

- « Je t'aime... »

Je tentais de me soustraire à son étreinte, mais il était trop fort, trop accroché. Je voyais ses lèvres se rapprocher dangereusement des miennes et là, ce fut le déclic. Je ne voulais pas. Je ne pouvais pas. Les seules lèvres que je désirais goûter étaient celle d’Élias. Embrasser un autre homme... Non... Ce n'était pas possible !

- « Lâche moi ! Nooon ! Thomas, lâche moi ! »
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Jeu 2 Mai - 18:37

Cette journée est pourrie. Autant que la précédente. Et toutes celles d’avant en fait ! Bordel de ; c’est n’importe quoi. Quelle que soit la personne qui se trouve en face de moi, avec qui je partage conversation, travail ou intimité, elle est victime d’un truc que je ne contrôle pas. Si j’avais encore de quoi faire de l’humour je dirais que mon charme naturel a déjà cet effet sur autrui…mais ce n’est pas l’heure de balancer des blagues lourdes et arrogantes.
L’aura que je dégage – et ce sera son nom, l’aura – est nuisible. Tout est faussé dans ce que je ressens pour les autres car eux même ont envers moi un comportement erroné. Je ne dis pas que tout est mensonge…il est possible que certaines émotions soient simplement intensifiées par ma capacité, mais comment le savoir ? Comment déceler la différence ?

Pareillement à hier soir, dans l’ascenseur qui me servait de cage, la panique me prend. Je suis tellement perdu, tout est si flou, incertain. Je suis angoissé comme jamais et une fois que Capucine a articulé ces terribles mots que j’entends d’une oreille à peine, je me laisse glisser, lentement, le long du meuble cuisine. Mes mains viennent à mon visage et mon souffle saccadé fait pitié ; heureusement, je suis seul.
Qu’est ce que je peux faire ? Dire la vérité fut une idée, mais puisqu’une fois au courant, ma belle ne pourra pas arranger les choses, j’ai préféré l’épargner. Tu parles d’une solution hein, notre couple démarre seulement et pourtant avouons qu’il foire déjà.
Les pires pensées me traversent alors l’esprit. Et si, en fait, c’était mieux ainsi. Si ce début d’histoire, ce départ de notre vie à deux n’en était justement qu’au début parce qu’en fait, il est à interrompre ?

J’attends environ une heure. Une heure à broyer du noir, à pleurer ou frapper dans ce qui me passe sous la main. L’appartement se retrouve vite dans un merdier sans nom que je pourrais aggraver, mais la secrétaire me rappelle qu’il est l’heure. J’ai rendez-vous avec un client et figurez-vous que pour arranger les choses : il vit non loin du salon de thés…
Petit espoir. Doux optimisme. Une issue ? Au moins pour sauver cette journée, pour le reste, on improvisera ?
Je décide de prendre la route et de m’arrêter dans ce bar. Salon de thés. Pareil, ou presque. Le client patientera, je dois absolument voir la demoiselle et essayer de calmer le jeu. Sans rien dire, ça risque d’être impossible mais l’intention serait-elle prise en compte ?
Moins de dix minutes plus tard, j'entre dans l'établissement.

« Bonjour… »

Discret hochement de tête à l’intention des accrocs au thé, aux quelques employés. Cap ne doit pas être très loin, si elle accepte de discuter un instant, on en a peut être pas pour longtemps. Ouais, je panique. Normal non ? J’ai merdé ce matin, je merde depuis hier soir…si on évite de dire qu’en fait, je merde depuis toujours. Depuis que ce truc que je ne maitrise pas se mêle de ma vie. Depuis cette aura.

Refusant de m’assoir sous les conseils d’une jeune femme – probablement une collègue de Capucine – je continue d’avancer, à pas lents. Mais la miss est introuvable. N’est-elle pas venue ?...Pourtant elle n’est pas le genre à manquer aisément le boulot. Je prends une inspiration profonde pour essayer de me détendre : ça va aller. Pas de raisons, on a déjà essuyé plusieurs tempêtes et ce, avant même d’être en couple !
Au moment où je rouvre les yeux, elle apparait. Elle sort des toilettes et ses yeux la trahissent malgré son faux air professionnel. Elle a pleuré. Bon sang, elle pleure encore un peu. Je m’approche et interromps mes pas aussi nettement.
C’est qui celui là ?

Ses bras s’enroulent autour de la délicate silhouette, ses mains se font protectrices, étouffantes à la fois. La jeune femme se laisse faire, au début.
Ma mâchoire se serre et je ne peux m’en empêcher, je sens les larmes me monter aux yeux. Soit. Le don est un vrai piège, une p*tain d’illusion. Je vis dans le faux, dans l’erreur…ça fait combien d’années que ça dure ?!! Déchiré par le spectacle face à moi, je retiens ma colère. Ça ne servirait à rien, Capucine a peut être un chevalier servant plus stable et moins excentrique que le vieux débris que je suis. La rage pour ne pas éclater est transformée en plus de larmes encore et je passe un revers de manche sur mes yeux pour y voir plus clair ;
Ce n’était peut être pas une bonne idée.
Ils se mettent à parler, il a l’air si sincère, si attaché à elle…combien d’épisodes de leur aventure ai-je manqué ? Est-elle avec lui depuis qu’elle bosse ici ? Depuis qu’elle a quitté l’appartement il y a quelques mois ?

Un demi-tour serait judicieux, une sorte de fuite, d’abandon. Mais je n’y parviens pas. Je reste figé et m'oblige à contempler leurs corps si rapprochés. Capucine ne s’est pas rendu compte qu’elle ne m’aime plus. Ou pire encore, elle ne m’a jamais aimé ? Je ne dois pas oublier que lorsque j’ignorais encore tous des mutants, mon don faisait déjà partie de moi. Logiquement. Alors depuis que nous nous connaissons, toutes les bases sont à revoir ? Le fondement même de notre relation est à benner, il faudrait tout recommencer à condition de pouvoir retirer de mon corps cette aura merdique !

Au moiment ou il essaye de l’approcher, Cap se met à…se débattre ? Elle refuse ? Elle ne veut pas !!!
Je n'en crois pas mes yeux mais mon corps intervient, bientôt rejoint par une voix solide, pesante, intransigeante. Et la limite est dépassée.

« Je crois que tu n’a pas compris. »

Rapidement je me suis approché ;
Froidement, j’ai armé mon poing ;
Puissamment je me suis appliqué à frapper ;
Lourdement il tombe, son visage entre ses mains.



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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Jeu 2 Mai - 20:06

Qu'est ce qu'il me faisait celui là ? Genre, il me déclarait sa flamme dans les chiottes... Il n'y avait pas d'endroit plus romantique pour s'exprimer que celui-là. Il méritait la palme de l'originalité, mais pas du respect des sentiments de l'autre. J'aimais ce salon de thé. J'aimais les gens qui y travaillaient, mais il ne fallait pas déconner non plus. J'avais prié Thomas de ne rien dire et il avait choisi d'ignorer son conseil. Je lui avais demandé de me lâcher et maintenant, il me retenait contre lui et maintenant, il s'apprêtait à m'embrasser de force ? Où allait le monde. Je tentais de me tortiller dans le but de repousser, mais il me fallut un coup de coude bien placé pour lui faire lâcher prise. Aussitôt, je me précipitais sur la porte pour retrouver du monde. Sérieux... Qu'est ce qu'ils avaient aujourd'hui ???

A peine dehors, les mains de Thomas revenaient à la charge, m'enlaçant avec cette pseudo tendresse. Il essayait même de m'emmener à nouveau dans les toilettes. Que cherchait-il ? Je ne voulais pas faire d'esclandre devant les clients, mais je ne devais pas tout accepter quand même ! Devant mon insistance, il se décidait enfin à me lâcher pour me convaincre à mi voix de lui laisser une chance. Il voulait me rendre heureuse. Quelle fille ne serait pas touchée devant une telle déclaration ? Moi, apparemment. Peut être que si je n'avais pas rencontré Élias, j'aurai pu me laisser prendre, mais Élias était dans ma vie. Certes, ces derniers jours n'avaient pas été faciles, mais c'était comme ça. Par contre, lorsqu'il essayait à nouveau de m'emprisonner dans ses bras, je ne pouvais l'accepter. L'étau se resserrait dangereusement, mais j'étais prête à me battre s'il le fallait ! Il n'y avait plus de gentille petite Capucine qui tenait !

Cependant, ce n'était pas mon poing qui allait à la rencontre de la figure de Thomas, mais celui... d’Élias ??? Dos au mur, je me contentais de regarder la scène tout en ayant l'impression de ne plus être dans mon corps. Étrange comme sensation... Thomas était allongé par terre, la main sur son visage et gémissait. J'aurai dû aller à son secours, mais d'un côté, il l'avait mérité ! Sa lèvre était fendillée, mais rien de bien méchant à première vue. Par contre, quand mon regard se porta sur l'avocat, je ne lisais qu'une seule émotion dans ses yeux : la colère. Il me faisait peur... Je ne l'avais jamais vu ainsi et... il m'effrayait. A croire que je ne m'étais jamais retrouvée en plein no man's land lors d'une guerre entre mutants ou à la merci d'un cannibale... Il allait falloir que je me reprenne en main si je ne voulais pas rester une éternelle demoiselle en détresse. Surtout que maintenant, ce même regard s'était posé sur moi. Je n'avais rien fait si ce n'était me défendre... Allait-il me réserver le même sort ?

- « Calme toi, Élias... Tu me fais peur... »

Son souffle me semblait court à croire qu'il retenait une colère enfouie depuis trop longtemps. Aujourd'hui, je ne me sentais pas en sécurité à ses côtés. C'était bien la première fois ! Hier soir, je me sentais rejetée et là, je me sentais... en faute... Alors que je n'avais rien fait.

- « C'est ça, fais ta minette devant ton mec ! Mais ça te fait kiffer de débarquer habillée, comme une... ça et de me chauffer ! »

Quoi ??!!! Plaît-il ? Pouvait-on m'expliquer ce qui se passait car, même présente, je ne comprenais pas un traître mot de ce qu'il racontait. De ma place, je pouvais néanmoins apercevoir la veine frontale d’Élias jouer la lambada... Cela ne laissait présager rien de bon !

- « C'est faux ! Je ne t'ai jamais... »

Je n'eus même pas la force de continuer vu le regard d’Élias. Allait-il tuer Thomas ou me tuer ? Je n'étais pas prête à attendre la réponse. J'en avais marre de ce gamin et de ce fou furieux.

- « Oh et puis, allez au diable ! »

Suite à ces mots, je tournais les talons, les laissant se regarder dans le blanc des yeux. Pour ma part, j'en avais assez vu et je préférais sauver ma peau ! Je montais les marches deux par deux pour me rendre plus vite dans ma chambre et fermais la porte à clé. Simple mesure de précaution... En espérant que celle-ci serait inutile!
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Ven 3 Mai - 9:14

L’adrénaline, l’impulsivité, l’agressivité et la perte de sang froid. Toutes ces choses qui ne s’excusent pas, mais qui ont irrémédiablement leur rôle, leur responsabilité derrière certains actes.

J’ai frappé ce garçon. Je l’ai même sévèrement cogné. Je n’ai pas visé et heureusement le nez à été épargné. Il suffit d’un mauvais angle – ou bon angle, dépend du point de vue – et ce morceau de cartilage peut aisément céder sous le moindre impact. Si la blessure avait été grave, j’aurai pu paniquer et encore moins réfléchir sur le comportement à adopter.
Il se relève, la lèvre en sang, et prend la parole presque en même temps que Capucine.
Hors de moi, dans un état second, je peine à comprendre ce qu’ils disent l’un et l’autre. Je sais simplement que le visage de la jeune femme est différent de celui que je connais. Elle semble morte de peur – tu m’étonnes, il allait abuser d’elle ! – je refuse d’associer sa stupeur à ce que je viens de faire…
La belle s'échappe, comme deux abrutis nous sommes figés là. Lui et moi.

« T-t-t. Restes là, et je te conseille d'être tranquille. »

Une main solide sur son épaule pour le repousser jusqu'au mur alors qu’il tentait de rejoindre l’escalier, un regard évocateur, un hochement de tête échangé. Il croit quoi ce gamin ? Moi en tout cas, pas un mot de ce qu’il a voulu faire croire. Espèce de tordu, si Capucine me fait des infidélités ce n’est certainement pas avec un type à qui il manque la moitié des cases ! De plus, venir chauffer un collègue de travail aussi vulgairement qu’il le sous-entendait ? Mon don me fait prendre du recul sur bien des choses, mais le caractère de Cap, ses principes et ses valeurs : rien n’a changé.
Normalement cet emplâtre ne devrait rien faire de nuisible. Les flics tout ça…je l’entends déjà rassurer la patronne en affirmant que ce n’est rien. Bien. Il a compris le message. Qu’aurait-il pu faire si nous sommes deux – sans oublier les témoins sympathiques – à affirmer qu’il s’en prenait à une demoiselle sans défense ?

Une fois en haut des escaliers, face à cette porte, je m’arrête. Le manque de souffle me vient alors d’un coup, comme si une vanne s’était ouverte , que toute ma nervosité et mon épuisement se déversaient soudainement dans mes poumons ; dans ma tête.
Un début de migraine se ramène aussi vite, mes yeux se plissent et je plaque une main contre le mur. Inspirer ; expirer. Ça va aller. Le pire est fait non ? La tension depuis hier, la dispute de ce matin et cet accrochage dans le salon de thés ! Je crois qu’on a assez donné comme ça…discuter calmement me parait une solution – enfin – envisageable. Quitte à tout lui dire ?
Je frotte mon poing légèrement douloureux et, après une inspiration de plus, je frappe à la porte de la petite chambre.

« Capucine ?...Je m’excuse…je ne voulais pas t’inquiéter, j’ai eu peur que ce garçon te fasse du mal. Cap ? Tu peux ouvrir s’il te plait ? »

Cette chambre dans laquelle on s’est aimé ;
Cette pièce qui a accueilli nos sentiments avoués.
Ma main tremble et se pose sur la poignée ;
Mais comment avancer chérie, tu t’es enfermée.
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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Ven 3 Mai - 11:39

Cette journée devenait un vrai cauchemar au fur et à mesure qu'elle avançait. Je savais bien que fuir le problème n'était pas la solution à emprunter, mais il fallait bien reconnaître que les combats entre coqs en mal de testostérone n'étaient pas très intéressant. Pourtant, j'en étais la cause principale, j'aurai dû rester pour les engueuler, les séparer ou faire quelque chose au moins, mais c'était trop me demander. J'en voulais à Thomas de s'être comporté ainsi et de sous entendre que j'avais tout fait pour le séduire tout autant que j'en voulais à Elias d'avoir réagi violemment. Je craignais que sa réaction ne soit tout simplement le fruit de sa colère du matin. Il avait dû se retenir de frapper quelques chose ou quelqu'un et là, il y avait seulement vu une opportunité... Qu'est ce que j'allais dire à la patronne ? Face au pâtissier, je ne faisais pas le poids ! Il était plus ancien que moi et vu les problèmes qui me collaient à la peau, il n'était pas vraiment dans son intérêt de me choisir. P*t**n de journée !

Assise au bord du lit, la tête dans les mains, j'entendais des coups à la porte. Lequel avait réussi à étendre l'autre pour me rejoindre ? C'était Elias. Elias qui s'excusait. Elias qui me demandait d'ouvrir la porte. Je n'étais pas certaine de le vouloir... Même si sa voix était calme, qui me disait s'il n'avait pas cru Thomas plutôt que moi ? Comment savoir après son comportement de la veille et du matin ? Tout laissait à penser qu'il n'avait pas spécialement envie d'être avec moi, alors pourquoi aurait-il changé d'avis ?

- « Pourquoi ? Depuis hier, tu me rejettes... Je suis obligée de te prendre par surprise pour avoir le droit de t'embrasser et tu t'en prends à moi et mon portable quand un débile me harcèle ! Pourquoi j'ouvrirai la porte alors que tout montre que tu n'as plus envie d'être avec moi ? Tu veux me frapper moi aussi ? »

Je me rendis compte de m'être avancée durant mon petit speech qu'au moment où mes fesses rencontrèrent le parquet. J'avais envie de me blottir dans ses bras, mais cette fureur dans ses yeux... Je ne l'avais jamais vu dans un tel état, même pas la veille après avoir fait ma connerie. J'en avais marre de cette situation merdique ! Je voulais retrouver l'homme qui m'aimait sincèrement, que j'aimais tout autant. Celui qui était rentré à l'appartement hier soir n'était pas cet homme. Son regard était vide, son visage inexpressif. Si encore j'avais eu droit à une explication, je ne serais pas dans cet état, mais il n'avait pas assez confiance en moi pour se confier. Alors pourquoi j'ouvrirais cette satanée porte ?

- « Qui me dit que tu es sincère ? Tu as des problèmes depuis hier et tu... me laisses au bord de la route. Tu ne me crois pas capable de comprendre ou de t'aider, alors qui me dit que tu n'as pas pris au sérieux les accusations aussi folles soient-elles de Thomas ? »

Pourtant, malgré mes interrogations, les réponses m'importaient peu. J'avais besoin de lui... Je tournais la clé pour déverrouiller la porte et me décalais sans pour autant me lever. Soit il me prenait dans ses bras et il m'expliquait, soit il me faudrait une ambulance... J'espérais pour lui qu'il allait faire le bon choix. Je levais les yeux pour le regarder et attendais. J'étais pathétique à cause de lui...
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Ven 3 Mai - 13:13

Ça commence mal. Cette porte fermée à clé annonce clairement une nouvelle dispute. Ce n’est pas par hasard que Capucine s’est enfermée, et je ne peux croire que c’est uniquement pour se protéger du fou furieux qui s’en est pris à elle il y a deux minutes. Surtout que quand je frappe non seulement elle tarde à réagir mais en plus ; elle n’ouvre pas.
Le petit discours qui sort de sa bouche par la suite confirme absolument toutes mes appréhensions. Ce n’est pas une surprise, mon comportement depuis la veille est intolérable et incompréhensible, je ne peux pas lui reprocher de douter comme ça. De me questionner, de s’interroger.
…Mais comment je fais désormais pour arranger les choses ?

« Cap…Capucine ne dis pas ça voyons, jamais je ne te ferais du mal ! »

Et pourtant, ce n’est pas comme si je ne l’avais jamais fait. Il y a des choses que l’on voudrait constamment pouvoir éviter mais qui sont essentielles à une vie normale. Eh, quand on aime quelqu’un on finit toujours par le blesser. Quoique, moi je l’ai fait au commencement de notre relation, et je le fais encore aujourd’hui. Nous ne sommes qu’au début de notre histoire… Pourquoi faut-il que tous ces cris soient poussés ? Ses larmes sont-elles obligées de rouler sur son doux visage ?
Je retiens un soupir désolé en posant mon front contre la porte. Apparemment elle n’a pas finit, autant que Capucine vide ce qu’elle a sur le cœur. Si c’est moi qui doit expliquer mon comportement, faire des excuses et raconter la soirée d’hier : j’ai besoin de connaitre son point de vue.

L’évocation de ce Thomas est odieuse, mais je laisse couler. Elle doit tout dire, maintenant. Enfin non, si je réussis à entrer dans cette pièce il est fort probable que d’autres accusations lui viennent. J’espère simplement – avec naïveté peut être – que l’essentiel de son sac a été vidé ;
A moi ?
Le verrou s’ouvre et je n’ai qu’à pousser doucement la planche de bois pour que la voie soit libre.
Assise à même le sol, meurtrie, la jeune femme m’observe avec crainte et espérance. C’est sûr, elle aimerait que je dise quelque chose. Quelque chose que malheureusement, je ne peux deviner.
Je reste un moment figé là, puis je me décide à faire un pas de plus pour pouvoir fermer la porte.

« Ne me crois jamais capable de te frapper. Je ne voulais pas être violent, c’était plus fort moi. » Facile à dire. Mais je veux qu’elle en soit persuadée : jamais je ne lèverais la main sur elle ! D’ici qu’elle me croie…pas gagné. « Et bien sûr que non : je n’ai pas pris les mots de ce type au sérieux. Je te connais, et si on a tous un jardin secrets, des regrets et des sentiments qui n’appartiennent qu’à nous…tu n’es pas ce genre là. »

Je pourrais sourire, si son visage n’était pas si peiné.
J’ai maintenant abordé les deux points les moins importants de ses accusations. Ma violence à son égard : pas question qu’elle y pense ! Quand à ce Thomas c’est encore pire. Il est si insignifiant que nous n’avons pas besoin d’en parler. Le sujet est clos. Je lui dois peut être des excuses, mais dans la mesure ou il s’en est ignoblement pris à Cap : qu’il aille se faire voir.

…le plus dur est à venir. Bon. Hier soir. Mon attitude a changé en quelques heures à peine. Il a fallut que je crois Kate et tout a été bouleversé. Vraiment tout. De manière équivoque. Je ne sais même pas expliquer les doutes qui me traversent, accepter ce don et ses conséquences, envisager des solutions pour nous… Alors la question reste entière : Je fais quoi ?!!

« Je ne te rejette pas…je ; suis dans une période difficile. Il y a des réalités qu’on ne capte que tardivement et ça remet tout en question. » Je pousse un nouveau soupir face aux futilités qui s’échappent d’entre mes lèvres. « C’est ; compliqué Capucine. Je ne sais pas comment l’expliquer : mais je ne te rejette pas. Je t’assure. Si je ne te dis rien ce n’est pas que je doute de l'aide que tu peux m'apporter…c’est que moi-même, je ne pige rien ! »

On n’avance pas ; mais alors pas du tout. Je ne peux pas à mon tour abuser d’elle. Me jeter contre sa silhouette, la prendre dans mes bras et lui jurer que je serais là pour elle quoiqu’il arrive serait stupide. Je ne suis peut être pas celui dont elle a besoin. Mais comment le lui faire avaler sans la brusquer, la blesser ou la décevoir ? Une telle révélation va impliquer un doute. Capucine risque de comprendre que je ne crois pas les sentiments qu’elle me porte, ce qui est le cas…
Ce serait trop douloureux. Je me mets à sa place ; elle ne sait rien de mon don. Elle ignore de quoi il s’agit, de toutes ces failles que ça impose ! Si c’était elle qui me disait « tu ne le sais pas mais en fait, tes sentiments pour moi sont peut être chimériques » je ne m’en remettrai jamais…

« Écoute, Capucine, je suis sincèrement désolé. Je n’aurais pas du avoir cette attitude ici, hier soir non plus. Excuse-moi, s’il te plait…je vais prendre sur moi et résoudre ça dès que possible, je te le promets. »

Ce n’est pas à moi de me plaindre, de souffrir ;
Mais crois-moi, te voir comme ça me détruit.
Mes larmes ne sont qu’une infime partie de ce qui me déchire ;
L’inconnu et l’impuissance chahutent trop fortement nos vies…

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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Sam 4 Mai - 9:52

Mon cœur battait à tout rompre en attendant de le voir devant moi. Même si cela était difficile à croire, sa colère s'était évaporée si rapidement que je doutais qu'il soit réellement calmé et un homme, dans ces conditions, était capable de tout. Il suffisait de voir la lèvre abîmée de Thomas pour en être persuadée. Malgré ça, je continuais à croire en lui, à croire qu'il était un homme bon et aimant, mais depuis hier... Je n'étais pas certaine d'être en face de l'homme que je connaissais depuis le mois de décembre. Je le laissais assurer sa défense devant les griefs prononcés et il me rassura au moins sur deux choses : d'une part, il certifiait qu'il ne me ferait jamais de mal et d'autre part, qu'il n'avait prêté aucune attention aux dires du pâtissier. Le problème n'était pas résolu pour autant, mais il s'agissait des points principaux qui donneraient une chance à notre couple.

Il restait la troisième accusation : son comportement incompréhensible. Je voulais qu'il m'explique ou tout au moins qu'il me dise quel domaine cela concernait. S'il était tenu au secret professionnel, bien sûr que je ne comptais pas le torturer pour lui faire avouer. Pourtant, il devait me répondre. J'avais besoin de savoir. Je méritais de le savoir dans la mesure où cela affectait notre couple. Seulement, ses explications demeuraient obscures. Il essayait de me rassurer en me disant qu'il ne me rejetait pas, mais que faisait-il en ce moment même ? N'était-il pas en train de m'évincer ? Le pire était qu'il se trouvait en face de moi, il me parlait, mais je me sentais désespérément seule. A croire que nous n'étions plus un couple...

- « Je t'ai révélé des parts peu reluisantes de ma vie et je constate que.... ça n'a servi à rien. Si cela avait eu un lien avec ton travail, j'aurai pu comprendre que tu ne puisses rien me dire. Mais tout porte à croire que ce n'est pas ça. Sinon que veux-tu que je dise si ce n'est que tu m'écartes ? »

Je faisais une courte pause pour que son cerveau traite les informations. Il devait comprendre que sa vision actuelle de notre couple ne pouvait fonctionner.

- « Qui te dit que je ne suis pas en mesure de comprendre ou de t'aider un minimum. Au moins, tu aurais mon soutien, car je ne sais même pas contre quoi tu te bats. »

Je le laissais réfléchir après avoir vidé mon sac. Il devait comprendre que nous devions avancer ensemble et non, chacun de notre côté. Nous avions besoin l'un de l'autre et jouer les cowboy solitaire ne nous mènerait nul part si ce n'était à notre perte. Mais sa réponse était loin d'être satisfaisante. Je ramenais mes genoux contre ma poitrine et laissais ma tête se reposer dessus. Mes bras venaient former une coquille autour de cette tête qui allait exploser. Les secrets... Les secrets allaient nous détruire. Notre écart d'âge, la mutation ne seraient donc pas les causes de notre rupture.

- « Je ne sais pas si je pourrais le supporter... Ce secret pourrait être tout et n'importe quoi. Il pourrait prendre la forme d'une femme plus adulte, plus belle et plus capable que moi. Je n'ai rien à t'apporter si ce n'est mon aide et mon écoute, mais même ça, je ne peux même plus le faire. Donc... Je te suis inutile. Je ne suis que la gamine qui squatte ton appartement, qui profite de toi. Tu m'enlèves même le rôle d'amante... Je ne suis qu'un poids... »
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Sam 4 Mai - 12:10

Elle ne comprend pas. C’est évident, je n’ai rien dit et ce silence est terrible, pour elle comme pour moi. Que puis-je avouer à Capucine ? Rien qui ne la blesserait pas. Je n’arrive pas à savoir s’il vaut mieux continuer d’être ainsi muet, malgré tout le mal que ça fait à notre couple, ou s’il est préférable de mettre à nu mon problème. Dans le doute…je n’agis pas.
Le merdier ambiant reste là, tenace, collant, dégoutant, et je ne suis pas capable d’arranger les choses. C’est comme ça. Mettez-vous à ma place ! J’ai un truc à révéler, un truc qu’en fait, je ne connais pas, et il est fort probable que ce même truc soit tuant ! Qu’il soit la fin de notre histoire, qu’il soit le coup de grâce.
Oui lâchement, je préfère regarder notre amour s’enliser dans ces secrets dévastateurs plutôt que d’être directement celui qui achève ce que l’on construit.
Je vous entends d’ici me souffler que rien n’est moins sûr, que peut être mes aveux ne feront pas perdre espoir à Capucine, qu’elle pourrait supporter ce que j’ai à dire…mais j’ai peur. Trop peur pour lui avouer ma rencontre de la veille et les nouvelles qui vont avec.

« Mais Capucine ! Tu veux savoir contre quoi je me bats alors que je l’ignore ! Enfin en partie !...Je ; c’est moi. Je me bats contre moi-même. Ce que je suis ! Je ne sais plus rien de l’homme que je prétends être, que tu crois connaitre…je suis complètement à la ramasse, je te l’accorde, et je ne sais pas comment m’en sortir. D’accord ?! »

Un peu plus énervé, à bout de nerfs, de patience aussi, je laisse ma voix changer doucement pour quelque chose de plus dur. Ce n’est pas contre elle et j’imagine qu’elle le voit. Mes mains s’agitent avec nervosité contre mon blouson, puis dans mes poches, reviennent à mon visage pour le frotter sans douceur et je finis par soupirer. Encore.
Pire qu’une énigme à résoudre, plus poignant et douloureux qu’un piège d’où il faut s’échapper, j’ai l’impression d’avoir toutes les cartes en main mais de ne pouvoir les lire. Je suis la clé du problème, la solution rime avec moi, mais je ne vois rien…je suis dos au mur, face au vide. Qu’importe. Les deux en même temps probablement.
C’est tuant.

« Cap…ne dis pas n’importe quoi ; eh ! »

C’en est trop, tout ce bordel ne peut pas lui donner de telles idées ! Pourquoi ne se contente-t-elle pas d’être, comme moi, dans le flou. Faut-il vraiment qu’elle ait ce genre d’hypothèses dramatiques !? Bien sûr. N’importe qui agirait ainsi, imaginerait le pire. Doucement, timidement, je m’agenouille face à elle. Une certaine distance entre nos corps me permet de ne pas être trop envahissant, trop menaçant
Je sens qu’elle a peur, qu’elle a eu peur en tout cas et je refuse d’être à ses yeux une menace. Je suis là baissé à son niveau, et j’essaye d’attirer ses beaux yeux jusqu’aux miens.

« Il n’y a aucune femme. Tu entends ? Il n’y a personne d’autre que toi, là. » Une main contre mon torse, je souris un peu et reprends. La sincérité doit nous sauver…c’est ce qu’on avait décidé. « Tu n’es pas un poids et tu le sais. Tu m’as sauvé il y a plusieurs mois déjà, j’ai besoin de toi Capucine. S’il te plait crois-moi, je t’aime. Je n’ai pas l’intention de te perdre…je ne choisis pas ce malaise il faut juste que je l’accepte, peut être. T’en parler serait dangereux. Est-ce que tu peux comprendre ? »

Je me penche vers toi légèrement ;
Te tends la main avec appréhension.
On ne peut pas rester indifférents ;
Il faut affronter à deux cette plaie qu’est mon don.

« Je te le jure, chérie, dès que je trouve une solution ou un moyen de t’expliquer tout ça je ferais tout pour que ça s’arrange. »
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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Sam 4 Mai - 21:31

Alors que je tentais de lui faire comprendre que je pouvais tout entendre, il se mettait à élever la voix. Même si cette colère n'était pas dirigée contre moi, je me doutais d'être à l'origine de sa lassitude. Si je n'étais pas dans sa vie, il n'aurait pas à s'encombrer de moi. Il n'aurait pas à se montrer violent ou dur... Je le regardais alors qu'il me faisait enfin savoir qu'il se battait contre lui, à croire qu'il s'était perdu entre temps. Où s'était-il égaré ? Pourquoi ne pouvais-je pas l'aider ? Ce sentiment d'impuissance me tenait par la gorge et m'étouffait. J'étais en train de le perdre en même temps qu'il se perdait. Était-ce à cause d'une autre femme ? Était-ce pour cette raison que je me sentais rejetée, presque menacée ? J'avais besoin de savoir... Ne voyait-il pas que ce secret me tuait, nous tuait ? J'en venais à craindre l'existence d'une rivale !

Il essayait tant bien que mal d'écarter mes peurs et mes peines d'un revers de main, mais je devais avouer que ce n'était pas suffisant. S'agenouiller devant moi ne lèverait pas non plus ce voile menaçant au dessus de nos têtes. Fatiguée, je le regardais dans les yeux, attendant une parole, un propos qui ferait toute la différence. Il me faisait savoir que j'étais la seule femme présente dans son cœur, qu'il avait besoin de moi et me demandait si je comprenais.

- « Non, je ne comprends pas... Si tu as besoin de moi comme tu le dis, pourquoi me mettre de côté. Je sais qui tu es. Je pense d'ailleurs être celle qui te connaît le plus, actuellement. Si tu es perdu, pourquoi ne me laisses-tu pas t'aider ? Je ne vois pas en quoi te retrouver serait dangereux... »

Je parlais sérieusement, sincèrement. Toute cette histoire ne devait pas être aussi compliquée qu'il voulait bien le laisser croire. Que devais-je faire ? Pouvais-je réellement fermer les yeux et continuer à vivre alors même qu'il me refusait d'entrer pleinement dans sa vie ? Cette main qu'il me tendait était tentante, mais devais-je l'accepter ? Ce ne fut qu'au moment où il me faisait la promesse de m'expliquer les choses quand il en saurait plus que j'acceptais cette main tendue. La seule idée de le quitter me paraissait si douloureuse qu'il m'était impossible de mettre un terme à notre histoire. J'en étais parfaitement incapable et j'en avais bien conscience. Pourtant, il y avait ce secret qu'il tenait à garder pour lui... Que devais-je en conclure ? Était-ce uniquement pour cette fois-ci ou y en auraient-ils d'autres ? J'avais peur pour notre avenir, mais lui poser un ultimatum ne serait pas la solution.

Je me laissais guider jusqu'à son torse pour enfouir mon visage dans son blouson. J'appréciais la chaleur de son étreinte, de ses bras même si ceux-ci n'étaient plus aussi réconfortants qu'auparavant. La tendresse était, certes, nécessaire dans un couple, mais elle ne faisait pas tout. La confiance était un autre pilier de l'amour et aujourd'hui, elle nous faisait cruellement défaut.

- « Qu'allons nous faire maintenant ? »

Question certainement un peu trop générale pour qu’Élias comprenne où je voulais en venir, mais elle était on ne pouvait plus réfléchie. Par cette question, je souhaitais bien évidemment parler de toute de suite. Ne devait-il pas aller travailler ce matin au lieu de venir au café ? Ensuite, pour nous, devions nous suivre notre plan de vivre sous le même toit s'il devait me cacher des choses ? Pourra -t-il réellement faire en sorte de mettre ses problèmes de côté sans me les agiter sous le nez ?

- « A te perdre, je me perds aussi. J'ai peur pour nous, notre couple... »
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Dim 5 Mai - 15:21

- « Non, je ne comprends pas... Si tu as besoin de moi comme tu le dis, pourquoi me mettre de côté. Je sais qui tu es. Je pense d'ailleurs être celle qui te connaît le plus, actuellement. Si tu es perdu, pourquoi ne me laisses-tu pas t'aider ? Je ne vois pas en quoi te retrouver serait dangereux... »

« …je ne te laisse pas m’aider parce que tu serais blessée, Cap. » Ne l’est-elle pas déjà ? Je secoue la tête pour repousser cette idée : ce serait pire. « Plus blessée encore qu’à l’heure actuelle. Ce n’est pas… ! Pas pour les raisons qui peuvent habituellement pousser un homme à dire ça mais crois-moi, ce serait plus dur si je m’ouvrai. Plus dur pour nous deux. »

Car j’ai beau prendre conscience de l’incertitude de ses sentiments à mon égard à cause de l’influence de mon don, je ne l’ai jamais clairement formulé. Le lui apprendre reviendrait à me l’avouer franchement. Ce serait si brutal, si effrayant. Et puis on ne dit pas à une femme qui nous aime que ses ressentis sont probablement faussés ;
Je ne supporte déjà pas cette idée, comment être celui qui lui retire son cœur ? Ses émotions propres, sa personnalité. J’ai influé sur ce qu’elle ressent, au plus profond d’elle-même, sentimentalement, j’ai trompé ses réactions et faussé sa vision des choses. Peut être que tout cet amour pour moi n’est que vent, que si je la mets devant ce terrible fait : tout s’écroulera ! Capucine retrouverait alors ses propres émotions, il n’y aurait plus de voile brillant sur mon visage. Juste moi. Moi qu’elle n’aime sans doute pas…

Mais je l’aime, je l’aime tellement. Je ne peux me résoudre à détruire ce qu’elle m’apporte. Aussi ingrat soit ce comportement.

Mes mots semblent avoir atteint son indulgence. Ses traits se radoucissent et je sens même sa respiration se stabiliser. Est-ce que je dois cela à mes talents d’orateur ? Ou y a-t-il, dans les phrases énoncées, une qui l’a touché en particulier ?

Si je décide, violemment, puissamment d’altérer mon don, de l’étouffer, je suis loin d’être certain des résultats. Il y a si peu de changement entre ces instants ou je pense à fortement le repousser et les moments ou je l’oubli pour me faire entier à Capucine, c’est comme si toute ma volonté ne pouvait rien y faire. Regretter ce que je dégage ne change rien, c’est ce que je suis…si on veut.
Toujours est-il que sa main me parvient, sa petite silhouette entre mes bras se blottit et je soupire, ayant retrouvé un peu d’oxygène. L’agonie est moins atroce, ces secondes durant lesquelles je m’applique à la cajoler m’insufflent assez de courage pour espérer, un jour, réussir à tout arranger.

« J’ai peur aussi. Je sais que je te demande beaucoup et je suis gonflé de te faire subir tout ça, mais je ne vois pour le moment pas d’autre solution. Fais moi confiance c’est…ce qu’il y a de mieux. » Oui, j’ai besoin qu’elle me fasse confiance. Si sa foi en moins pouvait être exclusive, ce serait sans doute moi affligeant. Cependant, pour que j’inspire espoir à Capucine, je ne peux pas tout lui demander sans rien en retour… « Mes craintes ce sont confirmées, ce qu’une scientifique avait supposé c’est certifié. Ne m’interroge pas, s’il te plait ! Je, te mets dans la confidence parce que je serais ignoble de jouer avec tes nerfs, ta patience et le reste, mais ne m’en demande pas plus. Car moi-même j’ignore l’essentiel. »

Et voilà, chérie ;
Je suis également un mutant.
Que penses-tu de ceci ?
Reste à venir le plus déprimant…

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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Dim 5 Mai - 19:55

J'essayais réellement de comprendre Élias, mais ses propos étaient si incompréhensibles, si flous que je m'y perdais moi même. Que pouvait-il redouter pour me mettre ainsi à l'écart ? Comment cette perte de lui même pouvait-elle me blesser ? Cela n'avait pas de sens ! Ce secret nous détruisait et il ne semblait pas le remarquer. Que pouvais-je faire si ce n'était me taire et accepter cette situation inconfortable?De toute évidence, Élias n'avait d'autre choix à me proposer. Je me contentais de soupirer et de saisir cette main tendue pour me blottir contre lui. Ainsi, j'aurai peut être le sentiment de lui appartenir encore un peu, de capter son regard quelques instants encore avant que celui-ci ne s'éteigne. Il disait m'aimer, mais je n'en étais plus aussi certaine. Peut être avait-il prévu de rompre avec moi aujourd'hui, mais la prestation de Thomas l'avait obligé à jouer les protecteurs. Il m'avait vu effrayée, fragile si bien que ses plans se trouvaient peut être repoussés. Toute cette situation me rendait paranoïaque ! Pourquoi avais-je cette cruelle impression qu'une autre femme s'était emparée de son cœur ?

Alors que ses mains se donnaient la mission de me réconforter, ses mots, au contraire, m'inquiétaient. Il avait peur... Peur de quoi ? Peur de qui ? En quoi étais-je liée ? Non.... Je ne pouvais le concevoir. Mais les propos qui suivirent eurent vite fait de me convaincre. Je m'agenouillais à ses côtés pour le regarder droit dans les yeux, mes mains sur chacune de ses joues. Il était comme... moi. Élias était un mutant et il allait devoir vivre avec cette malédiction/bénédiction jusqu'à la fin de ses jours. J'étais à la fois heureuse et terrifiée pour lui, mais c'était cette dernière qui prévalait. Une scientifique.... quand même pas... Si ? Une bouffée d'effroi s'empara de moi au point de me faire reculer d'un bon mètre.

- « Ils t'ont trouvés ? Est-ce ma faute ? Qui sont-ils ? Genome ? Genetic ? »

J'essayais d'assimiler toutes les informations, mais seuls les plans de fuite me venaient à l'esprit. Je n'avais pas peur de mourir, ne croyez pas cela. J'avais peur pour Élias. J'avais peur d'avoir amené tout cette merde d'évolution sous son toit. Maintenant, il devait quitter son boulot, son appartement avec son fils et partir loin, très loin d'ici. Même si Genetic n'était pas présente que sur le continent américain... J'avais merdé ! J'avais apporté le malheur chez un homme qui ne méritait pas ça. Voilà pourquoi il ne voulait pas m'en dire trop. Je l'avais foutu dans le pétrin et il ne voulait pas que je me sente coupable.

- « Désolé, désolé... Je suis sincèrement désolée. Mais, mais... Je vais t'aider à fuir ! Oui c'est ça ! D'abord, il faut aller chercher Indio, puis, changer d'identité et faire ta valise ! »

Maintenant, je me retrouvais debout à faire les cent pas dans cette petite chambre devant un pauvre Élias. La fatigue, la peur de ce matin n'était rien par rapport à ce que je ressentais, là. Il aurait dû m'en parler avant. Il le savait depuis quand ? Depuis hier soir, non ?

- « Vous auriez déjà dû partir hier soir ! Tu n'as pas besoin de comprendre cette capacité. Elle n'est que secondaire et elle ne définira jamais qui tu es. Et surtout, ne crois pas les gens qui te diront qu'ils en savent plus que toi car c'est la tienne. Si tu ne l'as pas ressenti avant que je foute ce bordel dans ta vie, c'est que tu peux vivre sans tout comme je peux vivre sans la mienne. La mienne, tu l'as vu, ne sert aujourd'hui qu'à amuser un gamin de 4 ans ! »
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Dim 5 Mai - 21:22

Il ne fallait rien dire. Bordel ! Il fallait garder ce secret, taire toutes ces connaissances qui me viennent de Kate. Tous les éléments de cette affaire sont dangereux, non seulement pour Capucine et moi individuellement, mais aussi pour notre couple. Surtout en fait. Mon don est une foire aux sensations et la femme qui m’a appris tout ça est une médecin que j’avais promis de ne plus jamais voir !
De plus – quel abruti de première – j’ai parfaitement oublié l’histoire des organisations mutantes. J’ai essayé d’en savoir un maximum sur elles, quand Kate m’a permis de me renseigner un peu. Son petit jeu de question par question, c’était relativement intéressant. Au final je ne sais pas si j’ai gagné ou perdu car en apprendre un peu plus – vraiment pas beaucoup – m’a littéralement fait péter les plombs.
La preuve.
Aujourd’hui je ne sais plus ce qui attire Cap chez moi, ce qui la rattache à moi, ce que nous sommes et ce que nous devons faire. C’est le bazar total !

« …Quoi ? Qu…qu’est ce que ? Oh non, rassure toi. Cap ! »

Rien à faire, elle s’affole. Elle me fait flipper même ! Je secoue la tête vivement pour essayer de lui montrer qu’il y a malentendu. Ce n’est pas ça !...Kate n’irait pas…me vendre…à ses supérieurs

Je déglutis difficilement ce nouveau sursaut, cette nouvelle panique qui s’ajoute à toutes les autres. Comme si nos problèmes n’étaient pas assez nombreux. La jeune femme me fait clairement douter en s’affolant comme ça. Elle noircit davantage le portrait que je me fais de ces fameuses organisations et j’en viens à imaginer qu’ils aient pu me repérer, m’espionner, qu’ils pourraient être intéressés par mon don ou vouloir me faire faire des tests ! Qu’ils sont criminels, profondément, que c’est leur motivation principale avant même la recherche scientifique…
Indio !!!

« Arrête ! Arrête, tu ; tu m’fous la trouille ! Personne ne m’a ‘trouvé’ Capucine je t’en prie cesse de courir partout. » Je me lève, les mains en direction de son petit corps agité dans l’espoir de l’apaiser. De la faire s’installer sur le lit. « …Respire, ça va aller. Je ne t’en dirais pas plus mais enregistre : j’ai seulement la preuve d’être…je… » Je détourne le regard en sentant mon cœur se serrer. Bizarre, je pourrais être heureux de devenir un mutant, non ? Il me faudrait vingt ans de moins pour ça. Je me déteste. « …j’ai, une capacité. C’est sûr. Point. Je ne pense pas avoir besoin de partir, ça s’est révélé à moi voilà tout. S’il te plait ; détends toi. »

Je m’assois à ses côtés, une main fermement posée sur son épaule pour doucement la masser. Si elle pouvait accepter que je lui dissimule l’existence de mon pouvoir ; maintenant qu’elle sait que j’en possède un. C’est sans doute une torture d’être mise de côté. Je n’ai pas le choix. Ça ternirait tout, absolument tout. Il n’y aurait plus que doutes et confusions. Si je devais lui expliquer ma capacité, Capucine comprendrait que mes craintes sont justifiées…je ne peux pas nous imposer ça.

« Je ne veux pas te repousser j’ai juste…peur de te faire du mal. Ne dis pas non, on ne connait rien de ce truc qui m’habite et tant que je ne le comprendrais pas je, j’ai pas le droit de jouer avec toi. »

Comprends le mal que je ressens ;
Réalise que je suis juste prudent et honnête.
Je sais que tu détestes mon comportement ;
Mais je préfère être lâche qu’être notre perte



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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Mar 7 Mai - 10:52

Alors que j'envisageais déjà la fuite d'Elias avec son fils loin, très loin de Los Angeles, je sentis ses mains se déposer sur mes épaules. J'essayais de me concentrer, de comprendre ce qu'il tentait désespérément de me dire, mais la peur de le perdre par ma faute était impressionnante. Je me laissais guider jusqu'au lit où il me faisait asseoir et continuait sur sa lancée. Sa révélation tombait comme le couperet d'une guillotine et je ne savais quoi dire. D'une part, j'étais heureuse dans la mesure où il était comme moi, que l'on avait un autre point commun. C'était totalement fou puisque même si les mutants étaient nombreux dans cette ville, nous ne nous étions pas trouvés à cause de ce gêne. Mais d'un autre côté, j'étais triste pour lui. Lui qui aspirait à une vie normale venait de voir que celle-ci ne l'était pas tout à fait et ne le serait peut être plus jamais. Moi qui avait souhaité de mener cette vie tranquille, ne pouvait que le comprendre.

Cette capacité s'était révélée à lui... Comment ? En quoi consistait-elle ? Pourquoi demeurait-il aussi secret ? Craignait-il que je trouve un moyen de la contourner au cas où un affrontement se présenterai entre nous ? Non, je ne pouvais l'imaginer. Il ne me ferait ça, il ne me verrait jamais comme une ennemie sauf si je m'en prenais à Indio. Heureusement pour nous, là n'était pas mon intention ! Pourtant, il avait bien peu de quelque chose pour vouloir me protéger de la sorte. Une menace devait forcément planée au dessus de sa tête et il ne souhaitait pas me voir impliquée pour que je ne sois pas blessée. C'était la seule hypothèse qui venait à l'esprit. C'était la seule solution à ce problème et je pouvais lire sur ses traits qu'il n'était pas prêt à me révéler d'autres informations. Tant pis... Je mènerai mon enquête moi même. Je ne comptais pas l'abandonner, même s'il me le demandait, car il devait penser à Indio. Si Elias disparaissait, qui allait s'occuper du petit garçon ? J'occultais volontairement Sarah ne la trouvant pas digne de confiance alors même qu'elle était la mère du petit.

- « Ne crois-tu pas que me cacher ce qui entoure cette révélation risque de me faire du mal ? Si... Si jamais il t'arrivait malheur alors que j'aurai pu t'aider, te... sauver... jamais je ne me le pardonnerai. »

Je figeais mon regard dans le sien pour lui montrer clairement la détermination qui m'habitait.

- « Tu es toute ma vie maintenant. Si tu m'abandonnais... J'ai.. Je n'y arriverai plus... »

Je voulais lui faire comprendre que mes sentiments à son égard n'étaient nullement feins. J'étais sincère et j'étais prête à tout accepter de lui. Il pouvait bien frapper Thomas une deuxième fois, me cacher des choses si celles-ci ne lui faisaient pas courir un risque, peu m'importait. Je le défendrai quoiqu'il arrive car je l'aimais. Il m'avait aidé dans ma maladie, je pouvais me montrer patiente jusqu'à ce qu'il m'explique la situation. S'il n'avait besoin que d'un peu de temps, j'étais prête à le lui donner.

- « Tu me promets que tu ne risques rien ? Et là, pèse bien tes mots... Je n'accepterai aucun mensonge de ta part à cette question. Je te laisserai le temps qu'il faudra pour que tu m'expliques tout, mais jure moi qu'il n'y a aucun risque que toi ou Indio soyez en danger. Promet le moi... »

J'aurai voulu que cette tirade sonne davantage comme une menace, mais elle ressemblait plutôt à une supplique. J'avais besoin d'être rassurée et lui seul pouvait me confirmer que tout irait bien.
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Mar 7 Mai - 15:33

C’est difficile d’imaginer ce à quoi peut penser Capucine. Je ne crois pas manquer de perspicacité, pour autant, j’ai tellement de choses en tête, des idées, des hypothèses, des problèmes et des confusions : je n’arrive pas à éclaircir ce qu’elle peut supposer.
Ses connaissances en l'espèce sont minces. Elle sait – et voit bien – que je lui cache quelque chose. Elle peut comprendre à mes traits que je crains de lui révéler ce secret. Pour elle, Indio ou même moi. Cap vient d’apprendre que je possède un don qui s’est mystérieusement révélé et je lui répète, inlassablement, que je ne peux pas en dire plus sans nous faire du mal.

Donc, la première chose à laquelle elle va logiquement penser c’est…eh merde. Je n’en sais rien. Voilà. C'est loin d'être aussi simple. Être à sa place doit être insupportable mais je vous assure que la mienne n’est guère plus amusante.

Je secoue la tête, puis acquiesce, soupire en détournant la tête pour finalement revenir à son regard. Je ne sais plus quoi faire. J’en ai peut être trop dit, trop pour maintenant me taire. Faut-il que je lui dise tout ? Stupide question. Premièrement je ne souhaite pas tout lui avouer, deuxièmement : comment pourrais-je lui parler de faits que moi-même j’ignore ? En commençant par les effets de mon don. Par exemple.
Non non et non. Je reste buté et fermé là-dessus. J’ai ma décision : je ne lui expliquerais pas en quoi tout ça est dangereux…pour ce que nous sommes.

« …Écoutes ; personne de dangereux ne m’a approché. Je n’ai eu contact avec aucune menace. D’accord ? Maintenant te promettre que je ne risque rien : je ne peux pas ! A partir du moment où j’ai compris être un mutant, j’ai l’impression que j’étais instantanément en danger. Un peu comme toi tu dois te sentir menacée, surtout avec ce que tu as vécu. »

Mais ça ne répond pas à sa question. Voyons, comment formuler ça. Sans mensonge. Sans détour.

« Ce que j’ai décidé de te cacher ne représente aucun risque pour moi seul. Ça représente un risque pour toi et moi. Chérie…les dégâts auront lieu quand ce ne sera plus un secret. Je sais c’est…c’est compliqué mais crois-moi tant que je ne sais pas comment aborder les choses, le plus prudent, c’est de rester muet. »

Je m’en veux tellement. J’essaye de la serrer contre moi, ravalant l’amertume et les regrets que j’ai au fond de la gorge.

« N’ai pas peur que mon silence soit nocif. Il est tout ce que j’ai pour le moment, pour nous protéger. S’il te plait, je suis sérieux. Tu ne dois pas chercher à savoir. J’ose bien espérer que des solutions vont se présenter et dans ce cas là, je t’avouerais tout ! »

Trouver des solutions ;
Ça parait foutrement idyllique.
Mais arrêter mon don ;
Fut envisagé par une scientifique…

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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Mer 8 Mai - 11:55

Il était rageant de savoir que votre propre compagnon vous cachez des choses et ce, en tout connaissance, de cause. Ce sentiment d'impuissance vous tenait par les tripes et se propageait dans chaque parcelle, chaque cellule de votre corps. Vous ne pouviez qu'assister à la scène et vous taire en essayant de vous accrocher à cette confiance que vous placiez en l'autre. Seulement, il s'agissait de mutation et laisser Élias se débattre seul avec cette nouvelle capacité ne m'enchantait guère. Oui, j'avais peur pour lui, car je me souvenais que trop bien de ce que j'avais pu ressentir le jour de la découverte. Je me rappelais que trop bien de cette nouvelle vision de soit, d'avoir cette impression de n'être qu'un monstre, une bête de foire. Le fait qu’Élias me mette de côté dans cet instant clé de sa vie n'aidait pas à me rassurer et je ne comprenais pas. Il avait la chance de connaître quelqu'un pour passer cette épreuve avec lui et il ne semblait pas mesurer cette chance. Bien au contraire, il la rejetait. Son comportement était incompréhensible.

Et... Je ne savais pas, mais je sentais que quelque chose n'allait pas. Il avait évoqué une scientifique qui lui avait permis de découvrir cette capacité et celui-ci semblait tout faire pour ne pas en parler. Qui était-elle ? Faisait-elle partie d'une organisation ? Genome ? Genetic ? Voilà que je recommençais. Je m'affolais peut être pour rien, peut être à juste titre. Qu'en savais-je puisque Élias demeurait muet ? Il voulait que je lui fasse confiance, mais il ne connaissait rien de ce domaine. Même si beaucoup d'informations m'échappaient, je savais qu'il ne fallait pas prendre ça à la légère. Je n'aimais pas cette situation... Je n'aimais pas la position dans laquelle il me mettait.... Tout ceci était insupportable.

Il essayait de me calmer, de me faire croire qu'aucune organisation ne l'avait approché mais j'avais peine à le croire. Comme si un scientifique sur la mutation se trouvait à chaque coin de rue. Il me répétait sans cesse que s'il parlait, ce serait dangereux pour nous... Preuve qu'il n'était pas tout à fait tranquille sur ce point. J'en devenais malade. Il tentait de me prendre dans ses bras, mais je m'y refusais. Je préférais encore me lever et lui tourner le dos pour ne pas lire ce secret sur son visage. Devant ma réaction, Élias essayait de me rassurer une nouvelle fois tout en me faisant la promesse qu'il m'avouerait tout le moment venu. Et si ce moment venait à jamais se présenter ?

- « J'essayerai d'attendre aussi longtemps que je le pourrais. C'est la seule promesse que je peux te faire. »

Je faisais en sorte de rester forte car jouer les pauvres petites filles pleurnicheuses ne le pousserait pas à me faire confiance, à me demander de l'aide. Il me fallait devenir plus forte, plus mûre dès maintenant. Si je voulais être quelqu'un de confiance, il était temps de dire adieu à mes instincts de gamine. C'était une promesse que je me faisais.

Je me retournais vers Élias pour le regarder droit dans les yeux pour lui montrer que je pesais bien les mots qui allaient suivre :

- « Mais je n'attendrai pas éternellement. »

Cela faisait si mal de prononcer ces mots et je n'osais imaginer ce que ressentait Élias. Seulement, il le fallait. Je ne pouvais pas rester ainsi toute ma vie. Être mise à l'écart, être au courant après une inconnue... Nous étions un couple ou non et là, en l'espèce, nous n'en étions pas un.
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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Mer 8 Mai - 22:25

Ce que je lui demande, c’est insultant.
Je ne vais pas revenir sur mes choix maintenant, surtout que la demoiselle fait preuve d’un courage et d’une indulgence incroyable. Je suis ému, touché, reconnaissant de ce qu’elle fait. J’ai rarement vue Capucine aussi adulte, responsable et…amoureuse. On ne fait pas ce genre de sacrifice ni d’acceptation si ce n’est par amour.

Doucement j’acquiesce, sans savoir exprimer à quel point je lui suis redevable. Quelle femme…n’est ce pas ? Malheureusement ce n’est pas le moment pour de douces déclarations d’amour ; quoique. Que doit-on faire alors qu’elle m’accorde son temps, son cœur et sa patience ?
A sa seconde remarque, je relève les yeux vers elle. Évidemment. Pas éternellement. J’en ai bien conscience et à vrai dire j’espère pouvoir tout lui avouer, le plus rapidement possible !

« …J’comprends. Je vais tout faire pour trouver Cap…si ça devient trop long je ; je ne te tourmenterai pas indéfiniment, je t’avouerai tout. Laisse-moi juste, un peu de temps… »

Combien ? J’imagine qu’il faut quelques mois. Non seulement pour réussir à maitriser mon don mais pour répondre aux questions qui tournent autour de notre couple. Ce qui nous menace, notre histoire, nos sentiments.
Dans un soupir épuisé, je constate que de toute façon je ne saurais pas entretenir une relation correcte avec Capucine si je lui cache des choses. Je ne supporterais pas qu’elle m’observe en menteur, qu’elle me soupçonne de plusieurs fautes ou qu’elle imagine les pires capacités ! Il faut que dans quelques jours…une semaine, deux maxi ! Je puisse lui apprendre la vérité.
Sur moi. De son côté alors, elle pourra sans doute me dire, la vérité…sur nous.

« Si seulement je savais. Comment éviter que le don soit actif ? Comment le stopper quand je le crois en route ? Comment…comment régler son intensité et comment l’empêcher d’interagir avec ; ma vie. » Doucement je souris, en essayant une nouvelle fois de la prendre contre moi. « Je ne suis pas un menteur et, je ne suis pas une mauvaise personne. Je me trouve dos au mur et tout me parait étrangement inconnu. Enfin, sauf toi… »

Mon index glisse doucement sur son épaule. La belle ne m’est pas inconnue ; physiquement du moins. Ses émotions, ses humeurs. Admettons. Même ses ressentis je les connais, car Capucine n’est pas hypocrite dans ce qu’elle exprime : ses sensations elles-mêmes sont trompées et la jeune femme n’a absolument aucun contrôle sur l’influence de ce mal que je dégage.

« Tu as l’intention de rester ici ? Parce que ; enfin l’appartement c’est toujours ton chez toi. Si tu veux. Maintenant je comprendrais si tu ressens le besoin d’un break. Ou juste de vivre ailleurs. »

Je ne veux pas davantage t’obliger ;
Il est clair que j’en ai assez fait.
Je voudrais que tu puisses décider ;
Au moins pour les autres sujets…


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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Jeu 9 Mai - 11:47

La menace qui pesait sur notre couple était réelle. Alors que la découverte d'un don chez Élias aurait dû au contraire nous rapprocher, elle nous éloignait. Il préférait vivre cette expérience seul, me mettant sans appel sur le côté de la route. Serait-ce seulement pour cette fois ou cela se reproduira -t-il ? Lui qui voulait tout savoir de mes problèmes, je constatais que la réciprocité ne fonctionnait pas. Dire que nous en étions qu'au tout début de notre relation. Tous ces problèmes, tous ces cris, tous ces pleurs... Quand tout ceci cessera-t-il enfin ? Ne pouvions nous pas passer une journée ensemble sans nous disputer ? Apparemment, non. L'amour ne faisait pas tout, je le comprenais plus que jamais.

Élias comprenait que je ne pouvais attendre indéfiniment ses réponses et pourtant lorsqu'il prit la parole, à aucun moment, il n'évoqua une quelconque séparation. Il comptait me révéler toutes les informations qu'ils possédaient, mais il avait besoin de temps. Soit, j'étais prête à lui en donner un peu. Mais combien ? Je doutais de pouvoir attendre bien longtemps dans cette situation. Une semaine ? Deux ? Un mois ? Plus ? Sûrement pas... Me forcera-t-il à lui poser un ultimatum ?

- « D'accord... Mais ne tarde pas trop. »

Ces derniers mots pouvaient sonner comme une menace, mais non... Il s'agissait davantage d'une supplique. Je ne voulais pas avoir à gérer une autre rupture en aussi peu de temps et j'aimais sincèrement, profondément cet avocat mystérieux. Je ne le quitterai que si ses secrets perduraient et s'accumulaient. Même si chacun avait droit à son jardin secret, il était inacceptable de cacher des informations d'une telle importance. Il savait pour moi. Certes, je ne pensais pas lui révéler de cette manière, mais je me serais sentie obligée de lui dire vu le sérieux de notre relation.

Immobile au milieu de la pièce, je le laissais m'approcher et me serrer dans ses bras avant de se mettre à poser des questions. Je les connaissais bien car je me les étais posées au tout début. Puis, j'ai appris à utiliser cette capacité, en m'entraînant à chaque fois que je le pouvais et aussi longtemps que mon emploi du temps et mon état me le permettaient. Je le laissais poursuivre, n'ayant pas la prétention de pouvoir répondre à ses interrogations et vis jusqu'où il voulait en venir. Essayait-il vraiment de détourner mon attention en me caressant de la sorte ?

- « Je pense savoir qui tu es et même si, dans tout ça, je suis la seule qui ne t'es pas inconnue, il est indigne de toi de vouloir utiliser le sexe pour changer de sujet. Je ne te poserai plus de question alors inutile de jouer à cela. »

Ok... Je reconnaissais que ce n'était pas sympa de ma part de réagir ainsi, mais c'était plus fort que moi. Je ne pouvais lui permettre de se servir de cet acte d'amour comme d'une monnaie d'échange. Sinon notre couple était perdu d'avance. Je venais peut être de refroidir ses ardeurs et il posa la question essentielle pour le salue de ce « nous » que nous essayions de construire.

- « Je ne sais pas... Même si je t'aime, je ne sais pas si j'aurai la force de te regarder chaque jours te débattre, seul... Je me sens si.... impuissante, inutile. Je ne l'avais jamais ressenti avec une telle force ! Mais d'un autre côté, j'ai peur de te laisser au cas où une scientifique passerait par là. Elle, elle peut être à côté de toi pour t'aider... Moi non et je me sens coupable de penser ainsi alors que tu te poses toutes ces questions sur ta capacité. »

Pourquoi fallait-il que ce soit aussi compliqué, aussi dur de nous aimer ? Était-ce la faute de nos âges, de nos parcours, de nos milieux différents? Je n'en avais aucune idée, mais la douleur était bien présente.

- « Que dois-je faire ? »

Je laissais retomber ma tête sur son épaule et passais mes mains autour de lui. Cet amour, cette tendresse, je ne l'inventais pas. Elle existait réellement et si nous tenions à ce « nous », nous nous devions de le protéger.
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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Jeu 9 Mai - 19:42

Utiliser…le sexe. Ahem. Me servir de cet argument pour embobiner Capucine ? Euh, loin de moi cette idée. Je tenais simplement à souligner que je doute de tout – vraiment tout – que me parait péniblement lointain et mystérieux, obscur.
Sauf elle.
Elle n’a pas compris. Disons qu’elle a mal interprété mais ça ne change rien : elle, je la connais. J’ai foi, j’ai parfaitement confiance en Cap. Évidemment qu’elle doit avoir des secrets, comme tout le monde, et je ne lui reprocherais jamais de garder des parts impénétrables de son existence.
Puis-je pour autant considérer que ce que j’ai décidé de lui cacher fait partie de ce jardin secret dont chacun a le droit ?

« Je ne veux pas jouer je…erf… »

La suite de ses propos n’a rien de rassurant. Dire que je pensais voir venir une touche d’espoir ou, sans abuser, un peu d’optimisme.
J’ai révélé plusieurs points que je ne voulais pas avouer, j’ai pris le risque de trop en dire et de nous mettre en danger ! Ça ne suffit pas. je le vois bien. et malgré tous ses efforts, la belle ne parvient pas à m’accorder ce délai. Ce doute. Soit. Alors je fais quoi, maintenant ?
Quand elle évoque Kate – en se souvenant ou non du nom de ladite scientifique – je ne peux m’empêcher de froncer les sourcils avec déception. Comment ça, « si une scientifique passerait par là » ?

« Chérie mais ; enfin il n’y aura personne. Je suis seul et je resterais seul pour chercher les données qu’il me manque je, je n’ai pas l’intention de côtoyer qui que ce soit. »

Ils ont tous l'air trop dangereux, foutrement timbrés !
Ouais. Mais ça va peut être devenir obligatoire. Comment puis-je avancer dans mes recherches si personne ne me vient en aide. Capucine même en sait plus que moi, sans que je n’aie eu besoin de lui parler de la spécificité de mon pouvoir

J’ai revu Kate par accident. Et je ne l'ai même pas raconté. Pas parce que je veux lui cacher, cessez de me prendre pour un menteur ! C’est simplement un des détails qui la mettrait sur la voie de mon de mon secret en général. C’est trop délicat, en plus, de converser sur le médecin sachant que Cap m’en a fait un horrible portrait. Elle me prendrait pour un fou ? Un maso ? Un infidèle ?
En plus d’un affabulateur, non merci !

« Tu dois faire…tu dois faire ce que tu veux. Cap. Je ne veux pas que nos sentiments… » Si incertains soient-ils, « …notre histoire et tout ce qu’on construit ; je ne veux pas que ça te force à supporter mon comportement actuel. Je ne t’impose rien de plus que mon secret, qui est déjà énorme. Tu fais ce que tu veux…tu seras toujours la bienvenue à l’appartement. »

Si elle reste là, ou je n’sais où, si elle ne me revient pas, ne sommes-nous pas au début de la fin ? Je n’aurai jamais pensé que déjà, les complications se pointeraient. Il y a toujours des embrouilles, c’est comme ça, c’est inévitable, mais je n’ai jamais aussi mal vécu une discorde. Jamais. J’ai mal, sans Capucine ce sera invivable !
Si c’est trop dur pour elle, je ferais mon possible pour survivre en son absence. Je me souviens juste que la dernière fois, j’ai cru crever chaque joue passé sans elle.
Quelle merde.

« Quelle que soit ta décision, gardons…gardons contact je, j’ai besoin de toi. S'il te plait. »

Est-ce que tous ces différends,
Ces secrets ou ces hésitations ;
Mènent à un aboutissement,
Un terme à notre passion ?...

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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Sam 11 Mai - 23:14

Comment pourrait-il trouver les réponses à toutes ses questions seul ? C'était impossible où ce domaine lui était totalement inconnu. Non... Pas totalement, mais les quelques informations que j'avais pu lui révéler n'étaient certainement pas suffisantes. Il avait besoin d'aide et de toute évidence, pas de la mienne. Il parlait d'une scientifique et, même si un horrible pressentiment grandissait en moi, je préférais évincer mes conclusions peut être un peu trop hâtives. Si cette personne n'était pas celle que je pensais, comment s'étaient-ils rencontrés et surtout, depuis quand la connaissait-il ? Tous ces doutes m'envahissaient les uns après les autres au point de servir d'étau à ma tête.

- « Bien... »

Que pouvais-je ajouter d'autre ? Quoique je dise, quoique je fasse, il me sortirait soit une réponse toute faite du style « je n'ai besoin de personne », soit il mettrait son silence sur le compte de son secret. Il n'y avait plus rien à faire si ce n'était abandonner la discussion. De toute évidence, il n'avait aucune envie de m'en parler et semblait prêt à se taire pour de bon. Je lâchais un soupire d'impuissance avant de m'asseoir lourdement au bord du lit. La tête entre mes mains, je fixais le sol tandis qu'il me posait une question cruciale : Comment allions nous faire maintenant ? Personnellement, je n'en savais que dalle. D'ailleurs, je lui faisais part de mon sentiment sur la question, de mes doutes, dans l'unique espoir qu'il trouve la solution. Mais elle ne vînt pas. Encore une fois, il me laissait le choix, me donnant l'impression qu'en fin de compte tout ceci lui était égal. De même que son invitation à revenir dans son appartement sonnait comme une invitation, à croire que je n'aurai jamais cette place de maîtresse de maison. C'était triste à dire, je le savais, mais j'aurai aimé qu'il fasse preuve d'un peu plus d'égoïsme envers moi.

La suite de ses paroles me donnait envie de rire jaune. Il voulait néanmoins garder le contact avec moi au cas où je ne déciderai pas de lui revenir. Que devais-je en conclure ? Il pourrait accepter le fait que l'on ne soit plus un couple, mais pas de ne plus me voir ? Quel masochiste celui là !

- « Je ne sais pas. D'un côté, tu me dis que je peux faire ce que je veux, même si ça inclut la rupture et d'un autre, tu veux garder le contact... C'est à en devenir fou ! »

Je le regardais dans les yeux avant de reposer mon front contre sa poitrine. C'était trop dur de voir cette gêne, cette souffrance sur ses traits. Je ne pouvais que constater que la situation ne lui plaisait pas tout comme moi, mais sa passivité me désarmait.

- « Tu dis que tu m'aimes, mais te rends-tu compte qu'à aucun moment, tu ne m'as convaincu que tu voulais réellement que je reste auprès de toi. Certes, tu me laisses le choix, seulement... J'aurai aimé que tu te montres un peu plus égoïste. »

Je laissais mes mains glisser le long de son dos pour revenir de chaque côté de mon corps avant de me détacher de lui. Je le contournais toujours sans pouvoir le regarder en face et me dirigeais vers la porte. La main posée sur la poignée, je pris une profonde inspiration.

- « Tu as ton appartement avec ton fils et j'ai cette chambre. L'un sera évidemment toujours le bienvenue chez l'autre... Mais il faut croire que c'est la seule vérité aujourd'hui. »

Je levais le regard pour lui adresser un petit sourire triste avant d'ouvrir la porte. Tout avait été dit ou, en l’occurrence, bien caché. Il était temps de revenir à la réalité.

- « Je dois retourner travailler. Tu claqueras la porte quand tu partiras... »

Dire que je ne lui proposais même pas de le raccompagner jusqu'à la sortie. Bien sûr que non... Pourquoi le ferais-je ? Tout laissait à penser que la fin avait sonné à cause de moi qui n'avait pas suffisamment confiance en lui et Élias qui... restait marqué par son échec avec Sarah. Si une femme de son âge avait réussi à autant merder, il était normal que sa confiance en moi soit limitée. Enfin bref... nous verrons bien ce que l'avenir nous réservera. Pour le moment, ma réalité avait besoin qu'on lui serve du thé et des gâteaux. Du moins, c'était ce que je croyais jusqu'à ce que mes yeux se posent sur un individu qui n'avait rien à faire ici : Thomas...
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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Lun 13 Mai - 12:07

Tout est vrai. Dans ses mots, tout sonne juste.
Je l’observe tandis qu’elle m’esquive, nous sommes là dans cette pièce qui n’est rien, je lui dissimule toute une partie de ma nature alors qu’elle essaye de m’ouvrir les bras. De me proposer son aide. De me montrer, de me rappeler que nous sommes deux !

La situation est désarmante. C’est ridicule, grotesque. Je pensais savoir si fortement ce que je voulais…je croyais tellement en nous, son simple me visage me prouvait que nous étions solides, puissants, invincibles ! L’impression de pouvoir tout faire et tout surmonter je l’ai ressentie durant ces quelques jours ou Capucine et moi étions un couple. On s’est tout avoué sur nos sentiments et l’histoire promettait d’être belle ; sa maladie a reculé, nos âmes se sont enlacées. Que demander de plus ?
Il a fallut que la base même de notre amour soit ébranlée. La sincérité de ce que l’on éprouve pour l’autre, la justesse de ses émotions à mon égard…Foutu don !

Je ne suis plus sûr de rien et j’en paie le prix. Lourdement. Cap est si mal, mon comportement tant injuste et mes doutes trop tenaces.

Je veux crier, je veux m’accrocher à elle pour lui répéter inlassablement que je l’aime. Que je n’ai jamais été aussi sérieux ni certain de mes désirs, que je ne veux plus connaitre l’appartement sans sa présence ! Je veux pleurer, je veux hurler la douleur que provoquent ses propos et m’effondrer à ses pieds pour qu’elle daigne m’accorder une once de crédulité. Je veux partir, l’emmener avec moi de force s’il le faut, démarrer la voiture et nous éloigner de cette réalité affligeante.
Oui ça ne peut être la faute que du lieu. Ce salon de thés, ce quartier, cette ville, ce pays ! Nous partirions loin, extrêmement loin, aussi loin que nécessaire pour que l’on se retrouve. Pour que toutes ces incertitudes et ces défiances soient égarées en chemin…pour que seul notre amour persiste. Le vrai. L’unique. Sans aucune modification surnaturelle…
Mais c’est impossible.

Je reste figé, bêtement, le regard horrifié, les mains tremblantes. Capucine semble finalement plus décidée que moi. Ce mal être que j’impose avec mon don et mon secret est trop insupportable pour qu’elle reste à attendre. Trop insoutenable pour qu’elle soit indécise et lâche. Trop cruel, pour qu’elle agisse comme moi.

« Cap… »

Faiblement je relève une main, puis quand la porte s’ouvre je quitte le lit sur lequel j’étais installé. Je ne peux pas la laisser partir, pas ainsi, pas en laissant cet épilogue être notre dernier échange de la journée, je refuse ! Je ne peux pas tolérer ce mélodrame prendre toute la place dans nos vies, il suffit de le vouloir ! On peut avancer !
Ce que j’ai demandé à la demoiselle était beaucoup trop lourd pour que ces jeunes épaules le supportent. Je déglutis ma connerie et m’approche d’elle dans un pas mal assuré ;
Mais elle n’est pas seule.

« On peut discuter en paix ?! »

Dis-je sans réfléchir à l’attention du gamin entreprenant de tout à l’heure. Qu’est ce qu’il veut cet abruti ? S’assurer que Capucine va bien ?! A-t-il oublié que c’est lui, qui vient de l’agresser ?
Je peine à reprendre mon souffle mais quand la fine silhouette à mes côtés se déplace, je me souviens : Capucine ne doit pas bouger. Pas partir. Elle ne doit pas m’abandonner !

« Je, j’ai pas l’intention de partir, pas maintenant, pas si on en reste là ça ne rime à rien ! Tu veux que je sois égoïste ? Moi j’essaye d’être généreux et compréhensif ! Je ne vais pas te supplier de me revenir, de vivre chez moi si tu ne t’y sens pas bien. Ces décisions doivent t’appartenir je suis trop mal de déjà t’imposer mon silence et je…je pensais que tu n’avais pas besoin de me voir te le demander. »

J’essaye d’attraper son bras, en douceur, pour être certain qu’elle ne va pas rejoindre la clientèle dans un soupir lassé. Je suis l’adulte, je suis sensé mieux savoir gérer tout ça, je suis sensé pouvoir la conseiller. Être à la fois dur et logique, autoritaire avec nous, tendre avec elle, intransigeant avec moi !
Tout ce que je parviens à faire malheureusement, c’est d’être mal. Pour nous. Séparément ou ensemble, je ne vois que la douleur dans ses yeux, la déception dans ces gestes, et l’abandon.

« Bien sur que, je te veux chez nous. On est ensemble…on, on a affronté l’hôpital l’autre jour tu te souviens ? On a affronté nos propres démons après Noël, on doit désormais se battre contre ma connerie. Soit. Mais ne m’abandonne pas…restes avec moi si le cœur t'en dit. Ne te force surtout pas pour me faire plaisir ou me punir je, j’ai… Il faut agir pour toi et je te jure que quoiqu'il arrive je vais rattraper mes bêtises… »

Cet espion nous écoute encore ;
Jubile d’assister à nos démons.
Me plaçant face à toi je l’ignore ;
Et cherche à renforcer mes raisons.


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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Lun 13 Mai - 16:18

Il était là, tapis dans l'ombre que pouvait lui procurer l'escalier. Ses yeux me regardaient avec insistance et instantanément, je me sentais endosser le rôle de la proie. Ce frisson malsain qui longeait ma colonne vertébrale, cette incapacité à rompre ce contact visuel à cause de cette peur grandissante. Ce petit sourire qui avait pris possession de sa bouche alors qu'il écoutait notre conversation. Notre malheur l'amusait... Il se délectait de notre souffrance, à se demander s'il n'était pas prêt à ramasser les restes de ma personne, une fois mon cœur brisé par cette éternelle incompréhension qui régnait entre Élias et moi. Je ne pouvais pas sortir. Je ne voulais plus sortir. Je ne voulais plus voir ces yeux me regarder avec cette envie pernicieuse. Je me voyais obligée d'exécuter un pas vers l'arrière comme s'il s'agissait d'un félin dangereux, menaçant prêt à fondre sur moi. Peut être qu'il valait mieux claquer la porte et se barricader pour qu'il cesse de nous importuner.

Alors qu’Élias lui demander de s'en aller par moyen détourner, je me heurtais à sa poitrine pendant un autre pas de recul. Plus il y aurait de distance entre Thomas et moi, moins je sentirais cette pression étouffante en moi. Pourquoi avait-il fallu qu'il réagisse ainsi ? L'avais-je, malgré moi, encouragé à se conduire de la sorte ?Certes, il m'arrivait de m'habiller sexy et, encore, de nos jours, on pourrait appeler ça « normalement », mais je ne pensais pas donner cette impression. Quoiqu'il en soit, je ne pouvais redescendre comme cela. Je retournais dans ma chambre, farfouillais dans mes affaires à la recherche d'un pull. C'était complètement stupide de ma part, surtout qu'il faisait plutôt bon dans le bâtiment, mais son regard... Il m'avait glacé. J'enfilais rapidement ma trouvaille : pull col roulé noir. Voilà ! C'était parfait !

Élias me rappela à son bon souvenir en m'expliquant sa façon de voir les choses. En un sens, il avait lui aussi raison, seulement.... cela n'empêchait que je n'étais qu'une jeune femme. Il énonçait ses qualités que je devais lui reconnaître, mais il m'avait déjà mise en garde, à plusieurs reprises, sur son côté jaloux en me parlant de Sarah. Or, ce dernier ne s'était jamais réellement présenté avec moi. Même si la jalousie pouvait être un fardeau, elle était aussi la preuve que l'on tenait à l'autre. Raaaaaa, je m'y perdais à force ! Je tentais de ne pas le regarder pour me forger ma propre opinion sur le problème qui nous opposait. J'écoutais ses mots, si vrais, si touchants que j'en avais mal. Je me souvenais de cette période où nous avions dû nous séparer et je m'étais sentie si mal, si seule que je m'étais promise de ne plus jamais la revivre. Si je ne faisais pas ou si je ne disais pas quelque chose, le pire allait se reproduire. Je ne voulais plus être toute seule. Je ne voulais pas rester ici avec ce serpent à mes côtés.

Devant cet état de fait, je me retournais en un éclair vers Élias pour me pendre à son cou. Ma tête contre son cou, je pouvais respirer son parfum qui avait le don de me calmer. Je pouvais sentir les battements affolés de son cœur contre sa poitrine, ses bras m'emprisonner avec force contre lui. Non... Je ne pouvais pas partir. J'étais liée à lui pour le meilleur et pour le pire.

- « Emmène moi avec toi... Je ne chercherai pas à savoir, mais ne me laisse pas, ici, toute seule. »

S'il existait un endroit où je me sentais en sécurité, c'était bien dans ses bras. Là était ma place et nul part ailleurs. J'essayais de me calmer pour ne pas l'inquiéter, mais mon regard tomba à nouveau sur cet intrus.

- « T'as pas fini de nous espionner ! T'as rien à foutre là ! Dégage ! »

Je m'étais éloignée de mon cher et tendre pour crier contre ce serpent dont la présence était indésirable. Le garçon sembla s'offusquer de mes paroles et après nous avoir jeté un regard noir, il cracha sur le bas de la porte pour mieux redescendre. Je regardais le crachat glisser lentement le long de la porte, tétanisée par cette réaction. Je ne pouvais plus rester ici.

- « Je ne peux plus rester ici. »
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: I don't know anything about us. [Terminé]   Lun 13 Mai - 20:05

Qu’est ce qui lui passe par la tête ? A quoi pense ce type ? Que peut-il bien se dire et que trouve-t-il de si intéressant chez nous ? Entend-il nos propos ? Est-il…non ! Il est en train d’écouter et il se régale de notre dispute ?
Merde ! Bordel de… ! Ce n’est pas une dispute d’abord, on discute. Nuance. A une lettre près. Nous sommes simplement très angoissés et perturbés par le contexte, mon don, mon secret et la peur des révélations. Nous ne nous battons pas et si ce tordu trouve ça amusant de nous regarder pleurer, je vais vraiment lui remettre les idées en place !
Le pire, c’est qu’en fait ce n’est pas nous qu’il regarde. Moi, il n’en a rien à carrer. Dans un sens ça pourrait me soulager mais si ce n’est pas moi qu’il espionne si sadiquement, c’est parce qu’il trouve Capucine bien plus passionnante.
Salop ! Espèce de…p*tain c’est difficile de rester calme. Puis, ce n’est pas comme s’il m’aidait à me calmer : le voilà qui crache.
Wa. Intelligent en plus.

« Tu ne vas pas rester ici. »

Dis-je à la belle alors qu’elle vient de me faire la même constatation. Mais je préfère en rajouter une couche et même, lui montrer le côté autoritaire de ma décision : elle ne restera pas là. Pas une minute de plus.
Bon allez, une minute. Les soixante secondes que je prends pour la câliner tendrement car le pervers est enfin parti. Je laisse mes mains caresser ses fins bras, mon menton se poser sur son crâne dans un soupir désolé et je ferme les yeux. L’espace de quelques secondes à peine parce que je ne veux pas baisser ma garde. Me déconcentrer. S’il revient : je l’éclate. Il a intérêt de s’en méfier.

Mais il faut bouger. On ne peut pas rester . Notre affaire n’est pas arrangée, mon secret toujours présent et encombrant, de trop dans notre histoire, et Cap a sans doute encore beaucoup de mal à accepter mon comportement. Permettez néanmoins : chaque chose en son temps. Elle m’engueulera plus tard, me fera part de ses craintes et de ses appréhensions si elle le souhaite je serais tout à elle. Quand nous aurons quittés les lieux.
Je l’entraine dans la chambre pour ne pas la laisser trop près de la porte – sait on jamais – et je commence à chercher ses affaires, si elle en a ici. Aujourd’hui la demoiselle est revenue à l’appartement, j’imagine qu’il ne reste pas dans cette chambre des tonnes de trucs ! Ce serait plus pratique en tout cas, si c’était question de deux sacs à tout casser.

« On s’en va chérie, je ne te laisse pas là. Permets-moi de prendre à nouveau une décision pour nous deux mais tu t’en vas. Je t’aiderais à trouver du boulot si tu veux ; en attendant tu as tout ce qu’il faut à l’appartement on n’a pas besoin de subir ça. »

Je réalise que je m’emporte un peu. Je lui explique que je veux être généreux et compréhensif – genre le mec parfait quoi – et voilà que je l’empêche d’avoir sa liberté ? Sa sécurité financière ? Son milieu professionnel, son travail ? C’est dégueulasse hein.
Du coup je me retourne vers elle en me mordant la lèvre. C’est simplement pour la protéger…la vie est faite de risques c’est évident, mais là le danger est concret. Visible. Alarmant ! Pourvu qu’elle soit d’accord avec moi…

« Je…J’suis désolé c’est moche. Mais je vois bien que tu es effrayée et c’est tout à faire normal ses intentions sont… » Eurk. Je la reprends contre moi en retenant ma haine. Non, autant transformer cet excès de colère en une émotion bien plus agréable. Je dépose un baiser au coin de ses lèvres avant de reprendre. « Je ne supporterais pas qu’il t’arrive quelque chose, je suis à deux doigts de lui refaire le portrait alors…s’il te plait partons, je te promets qu’on reprendra la discussion ensuite si tu veux, mais ne restons pas ici. Récupère tes affaires et on descend. Tous les deux. »

N’essaye même pas de t’éloigner ;
Je pourrais bien m’emporter.
On va sortir mains liées ;
Et retourner affronter nos contrariétés.

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I don't know anything about us. [Terminé]

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