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 Une discussion s'impose [Terminé]

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Dunney H

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MessageSujet: Une discussion s'impose [Terminé]   Ven 19 Avr - 20:39

15 janvier 2011

Voici quelque temps que Dunney avait décrété que pour la sécurité de sa fille et de lui-même, il était préférable pour eux qu'ils quittent le domicile familial. Il avait décidé de confier sa fille à la seule personne qu'il jugeait être digne de confiance, même s'il est assez déroutant pour une personne extérieure de voir que Dunney avait sollicité cette aide à une personne qu'il avait rencontrée le jour précédant cette décision. Bien que peu regardant en règle général sur les règles de bienséance, cela lui avait beaucoup coûté de devoir contacter Maggie aussi peu de temps après l'avoir rencontré. Sans doute avait-elle accepté sans hésiter, mais il se sentait vraiment comme un profiteur. Quoi qu'il en soit, la situation l'exigeait. Il ne pouvait décemment pas emmener sa fille enceinte avec lui ! Et il préférait éviter de la savoir seule, trop de liberté lui avait déjà valu un enfant qu'il espérait indésiré.

D'ailleurs lorsqu'il appris que sa fille avait fugué, cela ne l'avait guère surpris. Il avait espéré qu'elle se tienne tranquille, mais non, même lorsque sa sécurité était menacée, elle n'en faisait qu'à sa tête. Un peu comme son père, non ? Quoi qu'il en soit, même si cela l'avait mis dans une rage folle, il savait qu'elle n’était pas morte, disparu, ou quoi que ce soit d'autres. Elle avait beaucoup trop de ressources. Cependant, à cause de ce fâcheux incident,  il avait décidé de revenir plus tôt en Californie. Il fallait qu'il la retrouve pour remettre les points sur les i.

Néanmoins, sa venue ne s’était pas opérée tout de suite. Il avait pour commencer fait surveiller son immeuble pour savoir s'il pouvait ou non courir le risque de retourner dans son appartement pour prendre quelques affaires et avoir un lieu calme ou discuter avec sa fille. Après avoir reçu un rapport et un contre-rapport,  il s'est avéré que les deux détectives étaient soit complètement incompétent pour ne pas réussir à se détecter mutuellement, soit vraiment talentueux pour ne pas se faire remarquer par le détective adverse. Dans tous les cas, les deux rapports disaient que l'immeuble n’était pas surveillé, et qu'après les fouilles aucune camera, micro, ou autre outil qui faisaient intrusion à la vie privée du propriétaire n'avait été détecté. En faite, depuis son départ précipité, il semblait que le temps s’était figé, personne n’ayant pénétré dans l'immeuble. Il avait également installé des caméras et autres détecteurs de mouvement/chaleur humaine et rien d’anormal ne lui avait été parvenu jusqu'aux oreilles. Hoster était légèrement paranoïaque.

Il décida donc que le lieu était suffisamment sécurisé pour convoquer sa fille ici.
Le problème était qu'il ne savait pas du tout comment joindre sa fille. Les factures téléphoniques du numéro de sa fille qu'il recevait par email indiquaient que la ligne était complètement abandonné et bien entendu elle n'avait pas prit la peine de donner à Maggie la moindre indice sur l'endroit ou elle se trouvait.

Cependant, en faisant relever son courrier par un des détectives employés, il trouva parmi les multiples enveloppes de factures et lettres d'invitations pour des œuvres caritatives une lettre de bienvenue de la part d'un certain opérateur téléphonique pour une certaine Mary Jane Holster, avec le nouveau numéro de téléphone (bien entendu), ainsi que l'identifiant et le mot de passe de son compte électronique. Après s'être assuré que cette ligne était bien utilisée (elle l’était, et de manière intensive même), Dunney lui envoya un message tout en se plaignant mentalement que sa fille n'ait pas eu la décence de lui donner le nouveau numéro. Elle aurait pu demander à Maggie de faire suivre, c’était si dur que ça ?

Après cela, il regarda sur son écran l'historique des communications de sa fille, et prit note de faire faire une enquête sur les propriétaires des numéros qui revenaient le plus souvent.

Une heure avant le rendez-vous, Dunney pénétra pour la première fois dans l’appartement depuis maintenant 3 mois. Il était dans un état de chaos, mais de chaos ordonné. Il se souvenait de la disposition de tous les objets de sa maison, et même s'il y avait une odeur nauséabonde, cela le rassura. Il n'avait pas le temps de s'attarder à s’émouvoir ou à s'apitoyer sur son sort et procéda à une énième fouille de son appartement pour voir s'il y avait des micros ou autre et fit par la même occasion un ménage sommaire. Les restes de mégots, de bouteilles d'alcool et de junk food furent débarrassés.

A l'heure dite, il attendit. Il attendit encore cinq minutes avant de commencer à s'agacer sérieusement. Il était toujours ponctuel et il s'attendait à cette même ponctualité pour ceux avec qui il avait rendez-vous. Bon certes il n'avait pas demandé à Mary Jane si l'horaire lui convenait, mais il était évidemment que cela devait lui convenir. Il avait encore autorité sur sa fille et avec tout l'argent qu'il lui envoyait sur son compte, elle pouvait bien consacrer cinq minutes de sa vie pour son vieux père.
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MessageSujet: Re: Une discussion s'impose [Terminé]   Dim 21 Avr - 23:01

Mary Jane n’avait aucune nouvelle de son père et ne cherchait pas à en avoir. Pour cela, il aurait fallu qu’elle se mette en contact avec Maggie, seulement elle ne le voulait pas. Elle ne le pouvait pas ! Ce n’était pas parce qu’elle n’avait pas confiance en la jeune femme, mais elle préférait se montrer prudente. Elle avait trop peur qu’en faisant signe à Maggie, elle ne soit repérée par ceux qui l’avaient enlevée. Elle ne voulait pas se retrouver entre les mains de l’Agence et surtout entre celles de Remington, ce fou qui avait tiré sur elle sans raison. Depuis qu’elle s’était enfuie de l’hôpital, Mary Jane avait élu domicile chez Shante. Quand elle sortait de chez lui, elle faisait toujours attention à ne pas être suivie. En dehors de ses craintes, elle arrivait à faire ce que bon lui semblait. Par contre, elle n’avait toujours pas remis les pieds à l’hôpital. L’adolescente était persuadée que l’Agence avait mis un planton et que si elle rendait visite à Shalin, cette organisation lui tomberait dessus. Elle se faisait peut-être des films mais elle ne préférait pas tenter le diable. De toutes les façons, la fille Holster avait hérité, à son grand regret, des gênes de son père : elle n’avait pas vraiment l’instinct maternel. La seule chose qui la tracassait était que le bébé meurt comme son frère. « Jamais deux sans trois » disait le proverbe ! Elle croisait les doigts, même si elle n’était pas superstitieuse, pour ne pas être touchée une nouvelle fois par le deuil alors qu’elle n’était pas encore remise des deux premiers. La mort de Sacha l’avait bouleversée et celle de Morgan également. Elle pouvait toujours dire qu’elle se fichait complètement du jeune homme, c’était faux. Elle avait éprouvé beaucoup d’affection pour lui ; son décès l’avait marquée plus qu’elle ne l’aurait cru.

Tant de choses s’étaient passées depuis que Dunney avait quitté Los Angeles qu’il faudrait un roman pour tout raconter ! Aujourd’hui était, à son avis, un bon jour. Le soleil était au rendez-vous et donnait envie d’aller se balader. Ce qu’elle fit dès qu’elle fut prête. Chapeau sur la tête et lunettes de soleil sur le nez, Mary Jane errait tranquillement dans les rues de la ville, jetant un œil à droite et à gauche afin de vérifier que personne ne la suivait. Quand son téléphone portable vibra, elle était devant une vitrine en train d’admirer les vêtements exposés. Elle jeta un œil distrait sur le sms qu’elle venait de recevoir. En voyant le numéro, elle n’en cru pas ses yeux ! Elle regarda à deux fois afin de vérifier qu’elle ne rêvait pas. C’était le numéro de téléphone de son paternel. Mais, mais, mais… Comment avait-il fait pour avoir le nouveau numéro de sa fille ? Ah ouiiiiiii ! C’est vrai, quand son père voulait quelque chose, il faisait tout pour l’obtenir. A tous les coups, il avait embauché un détective privé ou fait jouer ses relations.

En lisant le contenu du message, elle eut la véritable réponse, le père Holster se trouvait chez eux. Il ne faisait nul doute qu’il avait pris le courrier et ouvert les lettres, mêmes celles destinées à sa fille. Il ne respectait même pas la vie privée de sa fille ! Quel père indigne ! Quel goujat ! En plus, il lui donnait rendez-vous. Bah voyons ! Il croyait quoi ? Que sa fille était à sa botte ? Elle n’était pas un de ses employés qui répondait présent quand on le sonnait. Mary Jane n’avait pas que ça à faire ! Pourquoi obéirait-elle à cet homme qui ne l’aimait pas ? Que faisait-il à Los Angeles ? Pourquoi voulait-il la voir d’’abord ? La curiosité de la chipie était désormais éveillée. Même si elle se serait passée de cette rencontre, elle voulait savoir ce qu’il avait à lui dire. Au fond d’elle, Mary Jane n’était pas mécontente que son père ait pensé à la contacter. Cela prouvait au moins qu’il pensait un peu à elle. Evidemment, elle n’en dirait mot, trop fière pour l’avouer.

Arrivée devant l’immeuble, la jeune fille regarda autour d’elle. Personne en vue ! Elle entra dans le hall et y resta dix bonnes minutes avant de se décider à prendre l’ascenseur menant à l’appartement. Elle savait que son père détestait les retardataires. Il était toujours ponctuel excepté quand il voulait faire mijoter ses interlocuteurs pour jouer avec leurs nerfs et les rendre plus vulnérables. Ca faisait trois mois qu’elle attendait le retour de son père, il pouvait bien attendre un quart d’heure ! Allez hop, il était temps de se montrer. Mary Jane glissa sa clé dans la serrure, pénétra dans l’appartement. Elle n’avait pas vérifié la présence de son père, elle savait qu’il était là. La fibre génétique ? Sans doute !


- Alors Dunney, ta retraite est finie ? Lança-t-elle en claquant la porte derrière elle.
- Tu t’ennuyais de moi, c’est ça ? Demanda-t-elle ironiquement en pénétrant dans le salon.
- Puréééeeee, ça sent le renfermé ! Observa-t-elle en posant les yeux sur son père.

Parlait-elle de la pièce ou faisait-elle une mauvaise allusion à Dunney ? Allez savoir ! Holster allait trouver sa fille changée depuis son départ. Il ne pouvait pas ne pas remarquer que son gros ventre n'existait plus alors qu'elle n'était pas censé avoir accouché.
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MessageSujet: Re: Une discussion s'impose [Terminé]   Jeu 25 Avr - 9:26

Les multiples détecteurs et caméras l'informèrent que l’ascenseur était utilisé. Mary Jane avait donc enfin décidé de venir, malgré les dix minutes de retard. Il actionna l'une des cameras et l'image fut renvoyée sur un écran plasma. Sa fille. En venant ici, il pensait savoir quoi lui dire : Pour commencer la menacer de lui couper les vivres si elle continuait de faire n'importe quoi, et enfin de lui demander de lui donner des nouvelles. En regardant son visage sur l’écran, il fut frappé par son changement. Elle semblait... plus... plus adulte.

Pour la première fois depuis ces quelques mois passés, il fut désolé pour elle. Désolé de l'avoir entraîné dans cette histoire, de l'avoir forcé à grandir aussi vite. Lorsqu'elle sortit de l’ascenseur, Dunney s'empressa d’éteindre son écran. Elle n'avait pas besoin de savoir qu'il avait fait de cet immeuble une véritable forteresse.

Il se leva de son bureau, et défroissa son costume. La dernière fois qu'ils s’étaient vu, il était complètement bourré et elle complètement enceinte. Il avait depuis retrouvé une certaine présentabilité et apparemment elle était mère de jumeaux, à en croire Maggie.
« - Alors Dunney, ta retraite est finie ? ». Elle n'avait pas changé. Il détestait qu'elle l'appelle par son prénom, il n’était pas son pote mais son père ! Un « père » ou un « papa » à la limite, mais pas « Dunney » !

Il sortit de son bureau pour aller dans le salon, dans lequel sa fille pénétra quelques secondes après.

- Bonjour Mary Jane. Je suis également ravi de te voir. Décideras-tu un jour à enfin respecter ton père ? Ne plus l'appeler par son prénom, ne pas fuguer, ne pas changer de numéro de téléphone et lui donner de tes nouvelles ?

Il ne souhaitait pas la brusquer, mais c’était sa manière de fonctionner. Faire des reproches et attaquer lui était étonnamment beaucoup plus facile que faire des excuses. Il l'observa et la détailla, bouillonnant intérieurement. Il décida de changer de sujet, pour sauver cette rencontre.

- Je viens d'arriver, mais j'ai décidé de rester ici quelque temps, effectivement. J'ai pas mal d'affaires en cours dans cette ville. Et ma retraite est loin d'avoir commencé, crois-moi. Mais assez parlé de moi, que deviens-tu ?

Il l'invita à s’asseoir sur le canapé, avant de lui servir un verre d'eau du robinet.

- Désolé, je n'ai rien de plus à te proposer. La plupart des trucs dans le frigo sont périmés.

Difficile de ne pas voir qu'elle avait perdu énormément de poids, peut-être un peu trop et trop rapidement ? Il ne souhaitait pas lui faire de commentaire, elle faisait ce qu'elle voulait de son corps. Et puis de toute façon, depuis quand elle prenait en compte ses remarques ? Cependant cette constatation lui fit penser à sa grossesse. Il sentait bien que quelque chose clochait dans la grossesse de sa fille, mais Maggie ne put lui en dire davantage par téléphone. Il allait devoir aller à la pèche aux informations avec la principale concernée...

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MessageSujet: Re: Une discussion s'impose [Terminé]   Sam 27 Avr - 1:22

Comme à chaque fois qu’elle en avait après quelqu’un ou qu’elle s’en fichait, Mary Jane oubliait volontairement les règles de la politesse. Dans un premier temps, son père ne manqua pas de soulever ce point subtilement. Il ne lui fit pas le reproche ouvertement, il se contenta de dire bonjour en ajoutant qu’il était ravi de la voir. Bah voyons ! A qui allait-il faire croire ça ? Pas à elle en tout cas ! Il y avait longtemps qu’elle ne croyait plus en lui de ce côté-là. De plus il ’avait dit son prénom en entier, et ça c’était mauvais signe. En effet, quand Dunney n’avait rien à reprocher à sa fille ou qu’il essayait de lui montrer un tant soit peu d’intérêt, il l’appelait Mary tout simplement. Bah voilà ! Ce à quoi elle s’attendait arriva. Son paternel lui fit la morale, en parlant de lui à la troisième personne. Il se prenait pour un roi maintenant ? Non mais, son exil ne l’avait pas vraiment arrangé. Il ne pensait qu’à lui, encore et toujours. Mary Jane haussa les yeux au ciel devant autant d’égocentricité. Elle se flagellait mentalement d’être venue à ce rendez-vous. Elle n’avait que faire des reproches de son père. Elle aurait mieux fait d’ignorer son sms et de continuer tranquillement son lèche-vitrine. Etant sur le point de faire demi-tour, elle écouta à peine ce qu’il dit ensuite. Qu’il reste, qu’il parte, qu’elles qu’en soient les raisons, elle s’en fichait complètement. Oui bon, elle ne s’en fichait pas tant que ça, mais c’était ce qu’elle laissait paraître. Seule sa question la fit réagir.

- Qu’est-ce que ça peut te faire ? Depuis quand ça t’intéresse ? Lâcha-t-elle en le défiant du regard.

Si Holster avait pris des nouvelles par l’intermédiaire de Maggie, MJ n’en savait rien. En tout cas, il s’était bien gardé de donner de ses nouvelles. La seule chose qui la rassurait et qui lui faisait dire que son père n’était pas mort, était qu’elle recevait régulièrement des virements sur son compte. L’argent était bien la seule chose que Dunney savait gérer. Pour le reste, il devait repasser !


- Ca fait des semaines que tu m’as abandonnée, que tu ne t’es pas soucié de moi…. et làààà tu débaaaarques sans crier gare et tu veux savoir ce que je deviens ! Ah aH AH ! Laisse-moi rire !

Un faux rire qui lui donnait plutôt envie de pleurer. Non elle ne pleurerait pas devant son père maintenant, ça le flatterait trop ! Puisqu’il l’invitait à s’asseoir, elle prit place sur le canapé. Elle regarda le verre d’eau que lui tendit son père en faisant une petit moue déçue. Un bon verre d’alcool ou du champagne, Ne serait-ce pas plus approprié ? Ce n’était pas l’envie qui manquait à Mary Jane de le dire mais connaissant d’avance la réponse, il était inutile de gâcher sa salive ; elle en avait besoin pour la suite de la conversation. Quoi que ! Sait-on jamais ?

- Les bouteilles de champagne que tu gardes précieusement pour les grandes occasions ne sont pas périmées, elles ! Se risqua-t-elle à dire en prenant finalement le verre d’eau qu’elle but d’un trait avant de le poser sur la table basse.

Elle observa son père en se disant qu’il était vraiment le dernier des nuls dans ce rôle. Il n’avait même pas remarqué qu’elle n’était plus enceinte. Avait-il oublié ? Ne voulait-il pas en parler ? Le fait de devenir grand-père le traumatisait-il tellement qu’il préférait faire l’impasse sur le sujet ? Difficile de le savoir ! Dunney n’avait manifesté aucun signe à ce sujet, pas un regard vers le ventre de sa progéniture, rien. Pas étonnant en même temps ! Holster ne voulait pas être père, alors grand-père… C’était sans doute encore plus inconcevable pour lui.


- Bref ! Si tu me disais pourquoi tu m’as faite venir ? T’as rencontré une femme ? Tu vas te marier ? Tu veux me déshériter ? Euh non pas ça, si c’était ça, tu ne m’en parlerais même pas. Aaaah, t’as peut-être revue celle qui m’a mise au monde ?

Mary Jane avait lancé des questions qui lui étaient passées par la tête sans vraiment y réfléchir. C’était une façon d’éviter de parler d’elle et d’en apprendre un peu plus sur ce que son père avait fait pendant sa retraite. Même si elle ne voulait pas montrer un trop grand intérêt envers lui, sa curiosité la poussait à en savoir plus. En dehors du fait qu’elle espérait secrètement que son père lui montre un peu d’affection, étant son unique héritière, elle était en droit de savoir si elle avait ou non de la concurrence !
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MessageSujet: Re: Une discussion s'impose [Terminé]   Sam 27 Avr - 11:49

A chaque fois que Dunney était très agacé, il parlait de lui-même à la troisième personne du singulier, comme pour se détacher de la situation. Convoquer sa fille lui avait paru naturel, comme pour s'assurer qu'elle avait encore ses deux bras et ses deux jambes, mais maintenant qu'elle se trouvait face à lui et qu'il avait constaté qu'elle avait effectivement ses deux bras et ses deux jambes, il avait envie d’expédier cette rencontre le plus rapidement possible. Malgré la distance et le temps qui passait, les deux Holster n'arrivaient pas tout à fait à semble t-il se supporter. Il serait faux de dire que malgré tous les bons sentiments de Dunney, Mary Jane seule faisait obstruction à la cette rencontre. Il est vrai que Dunney n’était un pas un exemple de tact, notamment avec sa fille. Il préférait parler de manière franche, sans passer par quatre chemins. Et apparemment ce n’était pas la technique adaptée pour sa fille. Il oubliait souvent qu'elle n’était pas un de ses employés. Employés qu'il n'avait plus, d'ailleurs. Alors qu'elle lui parla d'abandon, Dunney remarqua qu'elle n'avait pas répondu à sa question. Quoi, ça allait si mal que ça ?

- Écoute Mary Jane, je sais que j'ai été plus qu'absent ces derniers temps, alors que tu... avais peut-être besoin de moi.

C’était le maximum qu'il pouvait dire. Qu'elle le prenne en guise d'excuse, Dunney ne pourrait pas en dire plus. Il avait hésité sur les derniers mots, déjà car il refusait l'idée que sa fille puisse avoir besoin d'une quelconque aide de la part de quelqu'un. Elle avait le sang des Holster, elle était forte. Et puis franchement, sa fille avait déjà grandi auprès de lui pendant 10 ans avec le même niveau d'implication de la part de son père dans son éducation et elle en était pas morte.
Cependant, une petite voix lui soufflait que sa fille aurait peut-être aimé une figure paternelle pour l'aider à s'occuper de ses fils, à défaut d'avoir une figure maternelle, mais il la fit taire très rapidement, car c'est beaucoup trop lui demander. Mais il est vrai qu'il aurait au moins pu... essayer ? A cette pensée, il frissonna. Il n'avait jamais demandé à être grand-père et il ne le demanderait certainement pas sans au moins 3 grammes d'alcool dans le sang. Surtout de jumeaux ! Non mais franchement Mary Jane, tu fais exprès ? Les Holster n'avaient jamais eu de jumeaux ou de triplés aussi loin que l'on puisse remonter dans la généalogie des Holster et il en était de même pour la mère de Mary Jane. Cela ne pouvait venir que du père des gosses.

A cette pensée, il prit conscience qu'il ne connaissait même pas l'identité du père. Il y avait beaucoup trop de zone d'ombre autour de cette grossesse pour le maniaque du contrôle qu'il était. Mais vu comment sa fille était remontée contre lui, il préféra se taire pour le moment.

Alors qu'il lui servit de l'eau, Mary Jane trouva un autre prétexte pour l'attaquer. Dunney ne pouvait tolérer un tel acharnement sur lui-même, d'autant plus qu'il n'avait pour le moment rien fait de répréhensible. Alors qu'il avait décidé de ne pas parler de la grossesse de sa fille, il n'y tint plus.

- J'espère que tu n'as donc pas l'intention d'allaiter tes progénitures dans ce cas... dit-il de manière ironique.

Il ferma sa bouche pour ne pas dire de bêtise. Il n'arrivait pas à croire qu'il était... grand-père ! Il venait d'avoir quarante ans et comprenez qu'à quarante ans il a d'autres choses à faire que de tenir le rôle du grand papa gâteau. Il regarda sa jeune fille et essaya de désamorcer la situation, en partant du principe que si la jeune fille buvait après sa naissance, c'est qu'elle avait hérité de son absence de talent pour s'occuper d'un môme.

- Tu sais que si tu as du mal avec les mioches je connais d'excellents organismes qui peuvent s'occuper d'eux.

Il n'avait pas envie de passer par quatre chemins pour lui dire que si ses mômes l’empêchaient de vivre sa vie d'adolescente, cette méthode était plus qu'acceptable. Évidemment, Dunney ne proposerait jamais de s'occuper de ses.. petits-enfants sans être forcé.

Il revint ensuite au sujet de cette convocation. Sa fille lui avait clairement signifié qu'elle ne resterait pas plus longtemps pour ses beaux yeux. Il prit une feuille et un stylo et le tendit à sa fille, sans faire de cérémonie.

- Ce que j'ai fait durant mon séjour ne te regarde pas, coupa-t-il sèchement sa fille. Je veux le nom et l'adresse de la personne qui t’héberge pour commencer. Ensuite, le nom du père des enfants et son numéro. Je pense que mes demandes sont légitimes.

En faite il ne le pensait pas. Il en était persuadé. Il s'assit sur le canapé, en face de sa fille et patienta.
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MessageSujet: Re: Une discussion s'impose [Terminé]   Sam 27 Avr - 23:58

Mary Jane faisait ce qu’il fallait pour paraître forte, comme son père voulait qu’elle soit. Ce n’était pas pour lui obéir mais pour qu’il soit fier d’elle. En se comportant de la sorte, même s’il ne l’aimait pas, il ne pouvait pas oublier que sa progéniture n’était pas n’importe qui et qu’elle était capable de susciter l’admiration, comme lui. Dunney pensait-il vraiment que sa fille avait eu besoin de lui ? N’importe quoi ! C’était une grande fille, elle n’avait besoin de personne pour faire sa vie. Elle se débrouillait très bien toute seule. Oui sauf que ça c’était en théorie. En réalité, elle aurait préféré qu’il l’oblige à le suivre plutôt que de la laisser aux bons soins de Maggie. Elle était persuadée que si son père ne l’avait pas abandonnée, elle n’aurait pas été enlevée ni maltraitée par les membres de l’Agence. Elle n’aurait pas accouché prématurément et ne se serait pas retrouvée à fuir comme si elle était recherchée par toutes les polices du monde. En fait, tout ce qu’il lui était arrivée était de la faute de son paternel, comme d’habitude. Bien sûr qu’elle avait eu besoin de lui, mais il pouvait toujours courir pour qu’elle l’admette ouvertement.

Mary Jane fit des yeux ronds lorsque son père parla d’allaitement. Comment pouvait-il supposer une telle absurdité ? Jamais oh grand jamais l’adolescente n’avait envisagé cette option. Elle ne se voyait vraiment pas donner le sein à un bébé. Se faire sucer les tétons pour nourrir un petit… Beuuuuurk ! A cette pensée, une grimace de dégoût déforma les traits fins de son visage. Elle secoua la tête négativement en fixant son père. Il n’était vraiment pas normal dans sa tête. Si avait tout ça, son père ne comprenait pas qu’elle n’était pas une vache à lait, il ne comprendrait jamais.

- Bon alors, tu la sors ta bouteille ? Insista-t-elle.

S’il pensait s’en tirer avec son ironie sans qu’elle revienne à la charge, il rêvait tout debout. Mary Jane avait trop envie de se siffler quelques coupettes pour continuer la conversation qui prenait un tournant qu’elle redoutait. Même si elle n’avait pas le meilleur des instincts maternels, elle ne se voyait pas confier ses, non, son gamin à un organisme ; elle ne savait que trop ce que ça faisait de se sentir abandonnée.


- C’est hors de question ! Et puis toi t’es là pour t’en occuper si j’ai du mal. C’est par à ça que servent les grands-parents ?

Et toc ! Le père Holster venait de prendre un bon coup de vieux avec cette question.
*Et oui Dunney, t’es grand-père, que tu le veuilles ou non !* Un petit sourire narquois se dessina sur les lèvres de la jeune fille. Elle était ravie de le titiller avec ça. Il ne pouvait pas le lui reprocher ; elle ne faisait que mettre en évidence le fonctionnement normal d’une vraie famille. Sauf que la famille Holster n’avait pas grand-chose à voir avec une famille normale. La preuve ! Dunney coupa sèchement les interrogations de Mary Jane comme si elle lui demandait des choses incongrues. Qu’il ne lui raconte pas ses parties de jambes en l’air, ok ! Elle ne voulait pas connaître ce genre de détails de toutes les façons ; mais ne rien lui dire de ce qu’il avait fait durant les semaines passées, ce n’était pas normal. Elle n’était pas une étrangère, elle avait le droit d’en savoir un minimum.

- Pfffffffffffff

Elle était doublement déçue. Il ne voulait rien dire sur lui, par contre il voulait tout savoir sur elle. Sur ces points, elle savait qu’il ne la lâcherait pas. Qu’elle le veuille ou non, il lui tirerait les vers du nez. Son paternel était très doué dans l’art de convaincre quand il souhaitait obtenir quelque chose. La chipie n’en montrait rien mais elle n’était pas mécontente de se retrouver au centre de la conversation, cela prouvait au moins que son père lui portait un peu d’intérêt. Une question l’ennuyait beaucoup cependant ; si elle donnait l’adresse de celui qui lui avait offert l’hospitalité, elle aurait l’impression de le trahir. Elle tenta de faire l’impasse en répondant à la seconde question.

- Le père s’appelle Mor…

Mor… comme le début de Morgan et comme le mot « mort ». Une légère ombre de tristesse passa sur le visage de l’adolescente. Elle voulait oublier la disparition de son ex ami à qui elle avait demandé de lui faire un enfant. Et puis, si ça se trouvait, ce n’était même pas lui le père. Après tout, la conception avait eu lieu peu de temps après avoir eu une aventure avec un autre homme.

-…Euh… non, Elias ! Elias Climber. Se rattrapa-t-elle en se montrant convaincante.
- Et puisque tu veux tout savoir, il a 37 ans, il a un fils de 4 ou 5 ans, il est divorcé et il est avocat. Par contre, j’ai plus son téléphone. J’ai changé de portable depuis la dernière fois que je l’ai vu. Mais bon, si tu veux l’appeler, tu trouveras sans doute son numéro dans l’annuaire de Los Angeles.
Il ne restait plus qu’à espérer que Dunney ait oublié sa première question. Pour continuer de brouiller les pistes, elle enchaîna :

- Voilà, t’es content ? Tu sais tout ! Bon alors, on se le boit ce champagne ou t’attends qu’il se soit transformé en vinaigre ? Et tu ne veux pas savoir comment s’appellent les jumeaux ? Remarque y’en a un qu’est mort… mais bon…

Et là, le masque de la tristesse tomba sur le visage de la chipie. Elle qui avait une peur bleue de la mort avait été touchée par deux fois, le même jour. Cela faisait environ deux semaines que Sacha et Morgan avaient été enterrés. Difficile de ne jamais y penser ! Pourtant, Mary Jane faisait tout ce qui était en son pouvoir pour passer à autre chose. Mais comment voulez-vous qu’une fille de seize ans arrive seule à gérer une situation aussi dramatique ? A moins d’être inhumaine, il ne pouvait en être autrement. Des larmes commencèrent à perler dans ses yeux. Comme un petit chat apeuré, Mary Jane se recroquevilla sur elle-même, elle enfouit sa tête dans ses bras posés sur ses genoux repliés et se fit toute petite au fond du fauteuil comme si elle voulait disparaître de la vue de son père.
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MessageSujet: Re: Une discussion s'impose [Terminé]   Dim 28 Avr - 10:22

Obstinée, obstinée, elle voulait de l'alcool ? Elle n'avait qu'à le faire elle-même puisque Mère Nature, parmi tous les dons qu'elle pouvait transmettre à Mary Jane, lui avait donné celui de transformer n'importe quel liquide en alcool. Dunney s’était toujours demandé pourquoi ce don-ci, à cette gamine-là, c’était une horreur. Il avait du coup depuis longtemps renoncé à cacher ses réserves d'alcool pour qu'elle puisse être sobre. Bref, tout ça pour dire que Dunney n'avait absolument pas la tentation de lui donner du champagne.

Alors qu'il parlait des bienfaits d'un organisme de garde d'enfant, sa fille refusa catégoriquement de confier ses progénitures à une nounou ou autres, ce que Dunney ne comprit pas. Ah oui pardon, Mary pouvait confier ses enfants à Dunney. Lorsqu'elle énonça cette possibilité, il cilla.
Il n'avait vraiment pas que ça à faire que de s'occuper de deux marmots qu'il n'avait pas demandés, il ne savait même pas comment on tenait un bébé dans les bras. Il n'avait pas fait l’expérience avec la naissance de Mary Jane et le faire avec ses petits enfants n'entrait pas dans ses projets à court terme, ni même à long terme. Il fit mine d'acquiescer pour contenter sa fille, en prenant note de faire des recherches sous peu d'une nounou. Cette fois-ci il ferait davantage attention au recrutement, les organismes de service à domicile lui avaient déjà laissé un souvenir impérissable d'une certaine femme de ménage qui n’était d'ailleurs pas si compétente que ça dans le nettoyage.

Ils parlèrent ensuite du père des enfants. Il se doutait bien qu'elle n’était pas mariée (trop jeune pour), mais absolument pas qu'elle n’était pas en contact régulier avec le père. Il en fut estomaqué. Même avec la mère de Mary Jane alors qu'ils n'avaient rien qui les unissaient à par une nuit de baise, ils s’étaient entretenus régulièrement lorsqu'elle lui avait confié leur progéniture, avant qu'elle ne se fasse interner. Bon, sa fille l'ignore et il n'avait jamais pris la peine de le lui dire. Cependant son étonnement fit très vite place au sens pratique qui l'avait toujours habité et qui faisait de lui un homme d'affaire très redouté. En effet Dunney avait toujours pu contraindre ses interlocuteurs à faire ce qu'il désirait qu'ils fassent et en occurrence dans notre cas il souhaitait que le père prenne ses responsabilités.

- 37 ans tu dis ? Répéta t-il de manière froide. Je vais le traîner en justice pour détournement de mineur.

Surtout s'il est avocat, il devait certainement être au courant qu'entretenir des rapports sexuels avec une adolescente de moins de 16 ans est un délit, surtout si la différence d'âge entre les deux partenaires était supérieure à trois ans. Alors une différence de 22 ans, laissez-moi rire. Dunney allait briser sa carrière insignifiante s'il ne se montrait pas davantage coopératif dans l’éducation des enfants, ou plutôt comme il le pensait pour lui, si sa fille devait lui confier un peu trop souvent les gosses. Puisque sa fille ne souhaitait rien noter sur la feuille qu'il lui avait tendue, Dunney se contenta d'inscrire « Elias Climber » sur son carnet de notes.

En songeant à quel point cet aveu avait dû lui être pénible, il décida de reconsidérer sa demande de boisson alcoolisée. Il était conscient d'être un mauvais père, mais comprenez que sa longue expérience durant les négociations lui a fait prendre conscience que l'alcool était beaucoup plus efficace que n'importe quelle argumentation en béton armé pour parvenir à ses fins. Il soupira en sortant du salon. Oui s'il devait bourrer sa fille pour qu'elle lui lâche davantage d'informations sans qu'il n'ait à se fatiguer, il le ferait. Il pensait par exemple à l'endroit où elle séjournait actuellement, vu qu'apparemment elle ne devait pas l'être chez ce putain de pédophile. Il en fut secrètement soulagé, en ne se doutant absolument pas qu'elle pouvait avoir un hôte pire, style un dealer.

En revenant au salon, il sorti un unique verre. Il n'avait absolument rien à fêter, et puis pour être honnête il détestait l'alcool. Cela lui avait déjà mis dans des situations improbables, comme se retrouver marié à un homme. D'ailleurs on en était ou dans le procédure de divorce? Ca faisait longtemps qu'il n'avait pas un peu emmerdé son époux. Alors qu'il lui tendit la flûte de champagne, Mary Jane lui parla ensuite de la mort d'un des jumeaux. Son premier réflexe fut de se dire qu'elle n’était qu'une incapable sans cervelle qui devait se croire dans un jeu du style « Sims », mais il ne laissa rien paraître. Qu'est-ce qui clochait chez elle ?

- Comment cela s'est déroulé ? Articula-t-il avec difficulté. Il ajouta, pendant qu'il y était: Pourquoi as-tu accouché aussi prématurément?

Non, il n'avait pas forcement envie de connaître les noms des jumeaux. Il attendit que sa fille cesse son cinéma à deux balle. Elle n'allait certainement pas l'attendrir de cette manière.
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Mary Jane Holster


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MessageSujet: Re: Une discussion s'impose [Terminé]   Dim 28 Avr - 19:34

Mary Jane savait que son père allait encore trouver quelque chose à redire concernant la paternité de ses enfants. Il voulait traîner Elias en justice pour détournement de mineure. N’importe quoi ! Il allait dépenser de l’argent pour rien. Il oubliait que la jeune fille était consentante et qu’aucune plainte n’avait été déposée. De plus, ce n’était pas sept mois après qu’il fallait agir généralement. Si vraiment il avait voulu faire les choses en bonne et due forme, il s’y serait pris plus tôt non ? S’il pensait qu’en agissant à retardement, il ferait disparaître le bébé restant, il se mettait le doigt dans l’œil bien profond. D’un autre côté, l’idée de voir Elias à la barre des accusés n’était pas pour déplaire à la chipie. Ce serait marrant de voir l’avocat à la place de l’accusé. Il serait obligé de faire un test de paternité pour se dédouaner et ainsi Mary Jane saurait qui était le véritable père.

- Fais comme tu veux ! Mais j’te rappelle que j’ai 16 ans, qu’il n’en savait rien et qu’il ne m’a pas forcée quand même ! Dit-elle en haussant les yeux au ciel.

Elle n’avait pas besoin de son paternel pour être défendue dans cette affaire. Elle avait besoin de lui pour assurer son quotidien et payer une nourrice qui s’occuperait du bébé. De toutes les façons, il n’y avait pas urgence ! Le rescapé était toujours à l’hôpital dans le service de réanimation néo- natal. A leur naissance, les petits ne pesaient qu’un kilo cent. Etant de grands prématurés, ils avaient besoin de soins constants et d’assistance technique pour prendre du poids et se développer normalement. L’un des jumeaux n’avait pas survécu ; trop faible sans doute ! C’était dans le bureau d’Elias que l’adolescente avait appris sa mort. Un grand moment de solitude qu’elle préférait oublier. L’avocat pensait ne pas être le père et même si il le pensait il ne voulait pas endosser cette responsabilité. Pour ne pas passer pour le dernier salaud, il avait proposé d’aider la fille Holster si elle le souhaitait. Seulement Mary Jane n’avait pas besoin de son aide, elle avait besoin d’un peu de considération et de tendresse, et accessoirement d’un père pour ses enfants.

Les questions posées la plongèrent dans des souvenirs qu’elle aurait aimé oublier. L’accouchement avait été un vrai cauchemar ; encore heureux que Maggie se soit trouvée là et qu’elle avait fait venir Ryan, sinon l’adolescente aurait accouché seule au milieu d’étrangers qui n’en avait rien à faire de sa petite personne. La mort de Sacha, la mort de Morgan, l’accouchement, la menace de Remington, tous ces horribles souvenirs lui revenaient en pleine face. Ca faisait mal, très mal ! Difficile de ne pas être submergé par tant d’émotions négatives. Recroquevillée dans le fond du fauteuil, la tête plongée dans ses bras pour ne pas montrer à son père qu’elle pleurait, Mary Jane ne répondit pas. Elle devait d’abord se ressaisir. Holster n’était pas le genre d’homme qui se laissait attendrir par quelques larmes. Pourtant, ce n’était pas des larmes de crocodile. Elle aurait aimé que son père ait un geste tendre prouvant qu’elle ne lui était pas indifférente. Bah non ! Rien. Aucune marque d’affection, même pas un mot gentil pour tenter de la consoler. Comme d’habitude, elle devait se débrouiller seule. Rrrrrrah, comme elle lui en voulait d’être aussi… aussi… insensible, égoïste, incapable, incapable d’aimer. Rrrrah, comme elle s’en voulait d’avoir encore, au fond d’elle, un espoir de le voir changer… en mieux évidemment ! De longues secondes s’écoulèrent avant que Mary Jane ne relève la tête, s’essuie d’un revers de manche les yeux qu’elle posa sur la flûte de champagne tendue par son père.

Ce n’était pas trop tôt ! Un peu d’alcool pour se remettre de ses émotions n’était pas du luxe. Elle siffla le verre sans prendre le temps de respirer. Aaaah ! Ca faisait du bien par où ça passait. Une autre coupe ne serait pas de refus ! Elle posa la flûte vide sur la table basse et se leva d’un bond pour se rendre dans la cuisine. Elle y trouva la bouteille de champagne ouverte qu’elle s’empressa de saisir et de porter le goulot à ses lèvres pour en boire plusieurs gorgées avant de revenir dans le salon. En passant près de son père, elle lui marcha sur le pied, volontairement ou involontairement ? Allez savoir. Elle posa un regard faussement désolé sur son géniteur ; une façon comme une autre de s’excuser non ? Au fond d’elle, Mary Jane était dégoûtée. Dunney n’avait jamais été un père et il ne le serait jamais. Dommage ! Dommage pour lui, dommage pour elle, surtout pour elle. La chipie aussi avait le droit d’être égoïste. Un chien ne fait pas des chats n’est-ce pas ?


- Bon baaah, moi, j’y vais ! Lança-t-elle en redressant le menton pour montrer une certaine assurance qu’elle était loin de posséder en pareilles circonstances.

Comme savait si bien le faire Holster lorsqu’il était dépassé par les événements et qu’il n’arrivait plus à contrôler la situation, Mary Jane avait envie de fuir. Si Dunney ne la retenait pas, il n’était pas près de la revoir. Il allait devoir employer toute la persuasion dont il était capable s’il ne voulait pas voir sa fille franchir la porte de l’appartement sans se retourner.

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MessageSujet: Re: Une discussion s'impose [Terminé]   Dim 28 Avr - 21:43

Spoiler:
 

Dunney leva les yeux au ciel, comme à chaque fois que sa fille disait des inepties. Limite elle semblait bientôt défendre celui qui avait fait d'elle une mère adolescente et seule. Et pendant qu'on y est, elle n'avait plus qu'à lui dire qu'elle avait souhaité ces enfants, qu'elle avait souhaité se retrouver seule à assumer une vie fragile alors qu'elle n’était même pas capable de s'assumer elle même !

- La majorité sexuelle en Californie est de 18 ans. Et puisque tu en as 16 je suppose que vous aviez du vous... rencontrer lorsque tu en avais 15, dit-il doucement.

Et puis franchement, ce Climber était avocat, père, et avait plus ou moins le même age que lui. A défaut d'être intelligent il devait certainement connaître les lois américaines, puisque c’était son boulot. Dunney n'aurait jamais pu faire quoi que ce soit avec une personne du même age que sa fille. Rien qu'à cette pensée, il frissonna de dégoût. L'autre point que sa fille avait soulevé était qu'elle était consentante. Certes Dunney souhaitait faire d'elle une adulte avant l'heure – tout comme lui l'avait été-, mais faire d'elle une précoce sexuelle ne faisait décemment pas partie de ses plans. Et puis il n'avait vraiment pas besoin d'en savoir autant sur cette relation. Les faits étaient les faits et ils montraient que le père manquait fatalement à l'appel.

- Je m'en contre-fou! Mon avocat – l'excellent avocat qui m'a défendu dans pas mal d'affaire improbable – plaidera pour toi la folie, l'abus de faiblesse ! Les arguments ne manquent pas !

Il disait cela par expérience, il avait déjà fait condamner des adversaires avec des affaires montées de toutes pièces. Avec de l'argent, on peut tout faire dans ce pays. Et ce n’était vraiment pas l'argent qui manquait chez les Holster. Pendant que sa fille se dirigeait vers la cuisine, il sortit son smartphone ultra sécurisé qui lui permettait de passer des appels en cryptés. Il composa le numéro de téléphone de celui-ci :

- Bonjour, dit-il à la secrétaire. Je suis monsieur Holster. Dites à votre patron que je souhaite qu'il fasse une recherche sur un de ses confrères, Elias Climber. Oui, dites lui de faire faire une enquête sur lui, de trouver tout ce qui peut faire tomber cette sale ordure, s'il est incestueux, a trempé dans des affaires douteuses, renversé une vieille mémé, je veux tout savoir. C'est une affaire urgente. Demandez-lui de me recontacter le plus rapidement possible.

Il raccrocha suite à cela et regarda sa fille, qui semblait complètement déconnectée de cette discussion. Dunney ne sut pas quoi faire de plus. Mary Jane lui avait souvent reproché de ne pas s'impliquer de la vie de sa fille et maintenant qu'il le faisait elle semblait être embêtée qu'il ne la laisse pas tranquille. Il devait l'emmener voir un psy. Et elle lui avait marché sur le pied.

Il ne fit aucun commentaire, attendant qu'elle dise quelque chose. Rien ne vint, mis à part un regard moqueur. Lorsqu'elle prit enfin la parole, ce fut pour signifier son congé. Si, alors que Dunney s’était forcé à se montrer conciliant depuis le début de l'entretien il n'arrivait pas à obtenir un résultat satisfaisant, il devait donc se montrer plus agressif. Ça tombait bien, c’était son mode de fonctionnement habituel.

- Il est hors de question que tu franchisses le seuil de cette porte jeune fille. Même si je n'ai pas encore prévu de retoucher mon testament comme tu sembles pourtant le croire, j'ai encore énormément de ressource pour faire de ta vie un enfer, dit-il d'une voix sourde.

La menace. Seule la menace fonctionnait chez ses interlocuteurs. Il avait pensé, après trois mois d'absence dans la vie de sa fille que celle-ci avait davantage mûrie, qu'il pouvait se passer de ces méthodes avec elle, il s’était bien bercé d'illusion. Mary Jane Holster restera Mary Jane Holster, une adolescente pourrie-gâtée. Pendant qu'il disait cela, il fit les grands pas, dépassant Mary Jane, pour faire barrage entre la porte et elle. Il se retourna ensuite face à elle, et lui posa la question de manière différente :

- Que s'est-il passé durant mon absence pour que tu éludes systématiquement mes questions ?

Si sa fille lui avait souvent posé problème, elle n'avait encore jamais provoqué une telle colère en lui.
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MessageSujet: Re: Une discussion s'impose [Terminé]   Mer 1 Mai - 0:08

- J’m’en FFFFOUS de la majorité sexuelle! Ce sont des vieux cons qui font ces lois débiles… Ils ne s’occupent pas de savoir ce que les jeunes aiment ou n’aiment pas faire. Ils veulent juste être tranquilles. C’est quand même pas eux qui vont diriger ma vie dont ils n’ont rien à faire en plus… Ce ne sont que des chiffres ; les chiffres n’ont pas de coeur. Ca n’veut rien dire. Y’a bien des adultes qui font n’importe quoi et bien pire que les jeunes…. Rrooh puis j’en en ai MAAAARRE qu’on me rappelle toujours mon âge ! Tout le monde me fait la remarque… A croire que personne n’a d’autre argument à avancer. C’est pas ma faute si j’suis pas née avant quand même…

La dernière phrase fut prononcée comme un regret. Ce n’était pas de sa faute si elle était plus mature que la plupart des filles de son âge. Ce n’était pas de sa faute si elle paraissait plus âgée. Ce n’était pas de sa faute si ses envies ressemblaient plus à une jeune fille de vingt ans qu'une de seize ans ! Ce n’était pas de sa faute si elle préférait les hommes aux adolescents boutonneux qui ne pensaient qu’à remplir leur tableau de chasse comme un numismate collectionne les timbres. Holster n’écoutait même pas ce que sa fille lui disait. Elias n’avait pas agi seul, Mary Jane était des plus consentantes. Comment ne pas l’être devant un homme intelligent, doux et musclé comme un athlète participant aux jeux olympiques ? Bon ok, il était un peu compliqué dans sa tête, mais il assurait comme un dieu sous la couette. Comment ne pas être tentée par un si beau et bon dessert ! Un ado à côté ressemblait à un gamin souffrant de malnutrition et n’avait rien d’appétissant sexuellement parlant. Les gorgées de champagne n’étaient pas de trop pour digérer les inepties de Dunney. Il était prêt à plaider la folie pour sa fille ou l’abus de faiblesse ! Bah voyons. Dans l’histoire c’était Mary Jane qui avait abusé de la faiblesse de l’avocat en lui faisant son grand numéro de charme. Pour la folie, il pouvait repasser aussi, l’adolescente était loin d’être folle ; un peu déséquilibrée émotionnellement parlant, mais de la faute à qui hein ? Pas besoin de le préciser.

- Bah vas-yyyyyyy ! Dis aussi que je suis une attardée mentale pendant que t’y es. J’suis plus à ça près. N’empêche que tu serais trop content si je me retrouvais enfermer dans un asile psychiatrique… comme ça tu serais débarrassé de moi pour toujours !

Mary Jane n’avait plus rien à faire dans cet appartement. Elle n’avait plus rien à dire à son paternel. Même si elle avait des choses à lui communiquer, il ferait encore la sourde oreille et n’en ferait qu’à sa tête. Il voulait faire de sa vie un enfer ! Que bien lui fasse. Ce n’était pas ses menaces à deux balles qui l’arrêteraient dans sa volonté de partir. Sa vie était déjà un enfer de toute façon. Bah quoi ! C’est vrai : Pas de mère, un père qui n’en était pas un, pas de petit ami, très peu d’amis à part Maxime et Ryan, et peut-être Shante et Ingrid, un ex ami mort, un bébé mort, un autre à l'hosto ; des potes à la pelle qui n’apportaient rien de bien si ce n’était de lui faire oublier cette vie indigeste en faisant des conneries. La jeune fille en était à se demander sur qui elle pouvait compter réellement à part elle-même. A son âge, il était difficile de gérer une telle situation de rejet et d’insignifiance… Elle ne la gérait pas d’ailleurs ! Elle ne faisait que se débattre avec se petits poings pas assez musclés pour faire mouche à chaque fois qu’elle le voulait.

Dunney s’interposa pour l’empêcher de quitter l’appartement. Aaaaaaah, si ses poings avaient été plus forts, Mary Jane lui en aurait donné un bon coup pour avoir le champ libre. Pas folle la guêpe ! Même si ce n’était pas l’envie qui lui manquait, elle éviterait un tel geste de peur de ne plus pouvoir s’arrêter jusqu’à commettre un patricide. Oui parfaitement, à ce moment là l’adolescente avait envie de faire disparaître son père de la surface de la terre. Elle ne voulait plus avoir affaire à lui. Elle ne voulait plus le voir, elle ne pouvait plus le voir en peinture…. Il était tellement… tellement… rien de bon pour elle. Non en fait, il était quelque chose, il était nocif, un vrai poison ambulant. Le père ne voulait pas laisser passer sa fille. Ok...


- J’te détTESSSSSSTEEl. Hurla-t-elle en le fusillant du regard.
Elle fit demi-tour et se mit à courir ; elle monta les escaliers menant jusqu’à sa chambre dans laquelle elle s’enferma à double tour.
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Dunney H

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MessageSujet: Re: Une discussion s'impose [Terminé]   Lun 6 Mai - 15:13

Dunney ne fit aucun geste, ne bougea pas d'un cil pendant que sa fille déversait ce qui ressemblait à de la haine sur lui, comme si la situation allait de soi : sans doute devait-il le mériter. La seule phrase qu'il retint fut celle-ci « les chiffres n’ont pas de cœur » . Sa fille était un peu trop peace and love selon lui, pendant qu'on y est partageons nos corps, vivons en communauté,  partageons nos richesses, droguons-nous... Elle allait se faire bouffer toute crue dans ce monde cruel. Elle était trop jeune, beaucoup trop jeune. Et trop naïve. Et un peu chiante quand même. Il eut un pincement au cœur, sa fille était en train de lui échapper et il le savait. A l'énième « Je te déteste » qu'elle lui proféra dans sa très courte existence, il lui lança :

- Ce que tu n'as pas saisie, c'est que la seule personne en qui tu peux faire confiance c'est moi ! Cria-t-il à sa fille. Et il ne me reste plus que toi... dit-il pour lui-même.

Complètement désemparé, il ne fit aucun geste lorsque sa fille disparut dans ce qui était sa chambre. Il ne souhaitait plus paraître affecté, il trouvait qu'il avait déjà beaucoup trop donné dans le psychodrame pour aujourd'hui. Cette rencontre n'allait clairement pas dans le sens qu'il voulait, pourquoi s’évertuait-elle à ne jamais se comporter comme celle qu'il aurait aimé qu'elle soit ?

Il se détestait suffisamment de l'avoir entraîné dans cette histoire, se trouvait lâche d'avoir fui après le passage de Francine. Il se détestait maintenant de n'avoir pas su trouver les bons mots pour apaiser sa fille.  Il était évident qu'il ne tirerait plus rien d'elle et décida de lui laisser tranquille. Si elle souhaitait partir, elle le pouvait, sachant cependant qu'ils ne se reverraient plus avant un très long moment. Même si la rencontre d'aujourd'hui s’était déroulé sans danger notable, il estimait avoir pris un énorme risque et savait que revoir Mary Jane un peu trop souvent pouvait se faire remarquer par ses adversaires, adversaires qui n'hésiteraient pas à se servir d'elle contre lui, en admettant que sa fille accepte de le revoir, ce dont il doutait fortement. Sa fille avait par le passé montré qu'elle pouvait se débrouiller seule et puisqu'elle s’entêtait à vouloir continuer seule, il décréta qu'il lui laisserait tranquille.

Il décolla de la porte au bout d'un moment, reprenant conscience de lui-même et parti dans la cuisine... faisant les cent pas. Il avait souhaité quitter sa fille en bon terme, mais vu que c’était apparemment trop demander, il lui inscrivit, après avoir pesé le pour et le contre, son numéro personnel sur une feuille qu'il laissa clairement en évidence sur la table du salon. il ne pensait pas qu'elle le prendrait et en un sens il l’espérait, toujours dans l'optique de conserver le moins de contact avec elle pour qu'ils puisse mutuellement se protéger (ou s'ignorer), mais la zone d'ombre que sa fille persistait à garder concernant l’étrange naissance prématurée et la mort d'un des enfants faisait que même si elle ne souhaitait pas lui en parler, il préférait qu'elle puisse le joindre en cas de besoin.

Il leva les yeux et parcourut la pièce du regard, comme attendant un signe, un signe qui manifesta sous l'image d'une commode ouverte par sa fille, ou par lui-même, il ne le savait plus.  S'il avait fait preuve jusqu'à présent d'une sobriété exemplaire, il décréta qu'il était désormais temps de remédier à cela. Il n'y avait pas énormément d'alcool, la plupart étant entreposée dans une réserve qu'il ne souhaitait pas toucher. Cependant, il ne ferait pas le difficile, pas aujourd'hui. Il s'empara d'une bouteille de cognac et se versa un verre qu'il termina d'un trait. Puis un second. Et un troisième.  

Il eut l'idée de faire un tour en ville, pour laisser sa fille tranquille et lui laisser la possibilité de partir sans qu'ils ne se croisent et revenir dans une heure pour fermer l'appartement définitivement... il vissa ses lunettes de soleil au nez et, jetant un regard en direction de la chambre de sa fille, prononça bassement un « Salut » à l’égard de sa fille qui ne l'entendrait évidemment pas.
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