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 I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]

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Maxime M

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MessageSujet: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Jeu 28 Mar - 21:55



22 janvier 2011


Elle a encore merdé, elle le sait. Elle n’est pas revenue immédiatement vers lui en posant ses bagages à Los Angeles. Pour de multiples raisons, elle a attendu, fait le tri dans sa tête. Elle a pris le temps de cloisonner ses émotions, de sceller ses démons pour qu’ils se contentent de la dévorer de l’intérieur dans le silence et l’obscurité la plus profonde. Dans l’ignorance et l’indifférence. Tout de même… Elle aurait pu lui envoyer un mail, un texto, n’importe quoi pour qu’il ne s’inquiète pas trop. Même s’il la connaît depuis tout ce temps, il méritait au moins ça. Un signe de vie. Quelque chose comme « Pas morte en France, rentre bientôt. » Mais Maxime n’a jamais su faire ce genre de chose. Par égoïsme ou incapacité à se dévoiler. Par orgueil ou manque de confiance en elle. Pour tout, et aussi, pour rien de ce tout. Ce n’était pas vraiment important, quelque chose en elle lui disait que Jeremy la pardonnerait comme il l’avait toujours fait. Parce qu’il l’avait toujours comprise et acceptée sans l’enfermer dans ses propres attentes. D’un geste un peu trop sûr d’elle, Maxime appuya sur la poignée de l’appartement.

Celle-ci résista. La porte était close. Son cœur se serra.

Si elle avait été du genre à croire aux signes du destin, elle aurait fait demi-tour. Mais, elle était pragmatique. Elle rajusta son sac sur l’épaule et sortit les clés de la poche de son jean. Ce geste, elle l’avait fait tant de fois sans y penser. Aujourd’hui, ça lui semblait important. La clé ne rencontra pas d’obstacle. Il n’était donc pas là. Tant pis… Peut-être encore au boulot. Elle rentra dans l’appartement et se contenta de refermer la porte. Tout lui semblait plus en ordre que quelques mois auparavant, quand elle semait fringues, paquet de cigarettes, cendrier remplis, feuilles, fusains et autre joyeuseté partout. Par habitude, elle largua ses baskets n’importe où dans l’entrée. Le rangement n’était pas son fort et ne l’avait jamais été. Les menaces de Rem ces derniers jours n’y avaient rien changé. Maxime était imperméable à toute forme de rangement différente de son bordel désorganisée. Et tant pis si elle n’y retrouvait plus rien et qu’elle râlait après ses clés, encore foutues elle ne savait où. Sa veste atterrit sans douceur sur le dos d’une chaise et elle fila cherche un cendrier avant d’allumer une cigarette. Même l’odeur avait changé. Elle manquait de nicotine.

Maladroitement, la jeune femme retira également ses chaussettes qui allèrent, quant à elle, se perdre derrière le canapé. Voilà qui était mieux. Elle alluma également la télé pour acquérir un fond sonore sans intérêt, auquel elle ne prêterait même pas attention. Dans la poche de son jean, elle sentit le poids de son téléphone portable. Elle hésita un instant à lui envoyer un message. « Tu fous quoi ? », « Je suis rentrée », et « Tu passes chercher chinois ? » se bousculaient dans son esprit. Elle n’en fit rien, délaissant son bijou de technologie sur le bureau. Sans aucune gêne, elle extirpa un coca du frigo et enfourna une pizza dans le four.

L’endroit lui paraissait vide quand il n’était pas là. Assise sur le plan de travail minuscule, ses jambes battaient le rythme d’un morceau aux sonorités rock qui passait à la télé. Jusque là, chacun de ses gestes lui avaient évité de réfléchir. Les dernières semaines avaient été compliquées. Elle voulait juste les oublier. Maxime éteignit sa cigarette dans l’évier, puis, leva le regard vers la pendule. 19h43. Quand est-ce qu’il rentrerait, histoire de mettre un terme à la pesanteur ambiante ? Histoire qu’elle arrête de se forcer à esquiver toutes les questions qui tournaient dans sa tête. Quand il serait là, elle en était persuadée, ça irait. Elle respirerait plus facilement, elle aurait moins l’impression de se noyer. Peu importait ce qu’ils feraient de leur soirée, elle savait que ça irait.

Et s’il rentrait tard ?

Et si… S’il rentrait accompagné ?

D’un geste vif, la française se ralluma une cigarette. S’il rentrait accompagné, elle ferait de la soirée de sa compagnie un parfait cauchemar, suffisant pour qu’elle ne refoute pas les pieds ici. Pas chez eux. Cet endroit ne devait être qu’à eux. Oui, elle était égoïste et possessive quand il s’agissait de Jeremy. C’était de leur faute à tous les deux.

Elle finit par entendre un clé tourner à vide dans la serrure. Puis, le grincement singulier, familier et rassurant de la porte. Maxime se figea, bloquant inconsciemment sa respiration. Attentive, elle écouta. Combien de pas ? Combien de voix ?
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Jeremy Stenson


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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Lun 1 Avr - 13:23

Jeremy avait passé sa journée à UCLA. Il avait traîné ses baskets en amphi où il n’avait écouté que d’une oreille distraite le maître de conférences. Il allait plus souvent à la fac ces derniers temps afin de préparer ses partiels, mais il y allait sans grande convictions. Il aurait préféré rester à Genetic pour pouvoir fouiner dans les dossiers, mais il n’en avait eu que peu l’occasion dernièrement, et ça l’agaçait. Rien n’allait aussi vite qu’il voulait et ça le rendait nerveux.
Il envisageait même de passer par cette chipie de MJ qui avait accès à bien plus de choses que lui pour enfin trouver quelque chose à se mettre sous la dent. Cette perspective ne lui plaisait pas trop car il savait que ce serait trop lui faire plaisir que d’avoir besoin d’elle et qu’elle n’hésiterait pas à l’emmerder ou à le faire chanter par la suite. Mais il était tellement dans un cul de sac qu’il était prêt à prendre le risque.

La sonnerie retentit, il était 17h30, il plia ses affaires, retournant toujours cette idée saugrenue dans sa tête, pesant le pour et le contre, pas du tout convaincu que ce soit l’idée la plus lumineuse qu’il ai eue. Il savait qu’il ne pourrait pas retourner au bureau avant la semaine prochaine, et rester à jouer les étudiants modèles les bras croisés, pendant que ces salopards qui avaient incendié le domaine se pavanaient en liberté, le rendait fou. Il fallait qu’il fasse quelque chose, n’importe quoi qui lui donnerait l’impression d’avancer. Il eut une pensée pour Max, se demandant où elle était, et si elle avançait dans ses recherches de son côté. Son cœur se serra.

Il chassa vite cette pensée. Son carton à dessin sous le bras, il prit le bus jusqu’au QG de Genetic. Il salua la secrétaire à l’accueil qui le détailla des pieds à la tête. Contrairement à d’habitude quand il venait bosser, il portait un sweat à capuche sous sa veste en cuir, un jeans et des baskets qui lui donnaient plus l’air d’un ado étudiant que d’un agent. Il du lui sortir son badge pour qu’elle le laisse monter et rejoignit son bureau. Il voulait récupérer un dossier pour potasser chez-lui. Dans les couloirs, il tendit l’oreille et entendit deux personnes parler de Reynolds. Il ralentit le pas mais il n'apprit rien de très intéressant qu'il ne savait déjà. Il espérait qu’elle revienne et qu'elle le reprendrait sous son aile, car au moins avec elle, il était plus libre de ses mouvements. Elle lui faisait confiance et lui confiait de « vraies » missions, ne le considérait pas comme un simple bleu à qui l’on confiait toutes les tâches ingrates que l’on ne voulait pas faire. Mais elle avait visiblement, définitivement quitté Genetic. Il ne s’attarda pas, de peur de devoir se justifier de sa présence auprès de son supérieur hiérarchique s’il le croisait. Il prit le dossier qu’il avait mit de côté puis quitta les lieux.

19h50, il mit la clef dans la serrure d’un geste machinal, elle tourna dans le vide. Surpris, il tendit l’oreille et entendit le son de la télé en marche. Son cœur s’accéléra. Il n’y avait qu’une seule personne qui possédait le double de ses clefs. Il poussa la porte qui grinça singulièrement. Il remarqua des chaussures jetées en vrac dans le petit hall d’entrée avant de fermer la porte derrière lui. Le poids de sa journée moisie sembla soudain moins lui peser quand il devina qui était son invitée surprise. Un petit sourire apparu sur ses lèvres et il ne prit pas la peine d’enlever ses baskets. Il laissa tomber son carton derrière la porte et s’avança dans le salon tout en enlevant sa veste en cuir.

Elle était là, fidèle à elle-même, débarquant de nulle part, sans prévenir, assise sur le plan de travail de la cuisine. Il s’avança vers elle avec un grand sourire et déposa sa veste sur le dossier de la chaise voisine de celle où la jeune fille avait déposé la sienne quelques instants plus tôt. Il ne pu s’empêcher de lui lancer une vanne :

« C’est marrant, pas plus tard que tout à l’heure j’me demandais si t’avais pas paumé les clefs. »

Il connaissait la jeune fille pour son goût prononcé pour le rangement et sa tendance à égarer certaines choses comme les clefs. Après qu’elle soit partie, il avait retrouvé des affaires à elle un peu partout dans l’appart. Mais ça ne le dérangeait pas, loin de là. Ca faisait partie d’elle, et au contraire, ça l’amusait. Même s’il aurait été peiné pour le coup qu’elle perde vraiment les clefs de l’appart.

« Mais ptêtre que t’as perdu ton portable ? » lui demanda-t-il sur un ton taquin, juste pour l’emmerder parce qu’elle n’avait pas appelé ni envoyé de textos depuis des lustres.
Même s’il savait pertinemment qu’elle n’était pas du genre à prévenir ou à prendre rendez-vous et il ne voulait surtout pas qu’elle change. Il était content de la voir débarquer pile au moment où il ne s'y attendait pas tandis qu'il recommençait à broyer du noir. Ca lui éviterait de s’apitoyer sur son sort. Avec elle, il retrouvait ce pour quoi il se battait, son goût de vivre et son envie d’avancer.
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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Lun 1 Avr - 18:32

Tap, tap, tap… Elle n’entendait que les pas d’une seule personne. Un poids en moins déjà. Et puis il apparut, seul toujours. Maxime put relâcher l’air de ses poumons et se remettre à respirer calmement. L’émotion perçait dans ses yeux et un bourgeon de sourire fleurit sur ses lèvres tandis qu’elle le détaillait du regard. Jeremy était fidèle à lui même jusque dans son sourire. Il ne semblait ni surpris, ni en colère. Il l’acceptait juste, comme s’il était normal qu’elle débarque chez lui, foute son bordel et tape dans son frigo. Ça y’est, je suis rentrée.. Jusqu’à ce qu’il arrive, Maxime n’était pas totalement chez elle. Cet endroit, s’il n’y était pas, n’avait pas grande importance ou signification. Sa présence rendait à la pièce ses couleurs et ses sonorités familières. Là, maintenant, elle était chez-elle. En sécurité, et loin de tout. Elle porta la cigarette à ses lèvres et en tira une longue bouffées, sans pour autant détourner son regard de Jeremy. Elle poussa un léger soupire amusé en l’entendant se moquer. Perdre ses clés ? C’était bien un truc qu’elle était capable de faire, elle qui laissait tout traîner n’importe où et oubliait la moitié de ses affaires un peu partout.

- Au pire, je serai passée par la fenêtre. Ça t’aurait fait la surprise, répliqua-t-elle sur le même ton.

N’importe qui l’aurait blâmée. Si ce n’avait été lui, elle était sûre qu’une malaise ce serait installé. Elle imaginait la scène en d’autres lieux, avec d’autres protagonistes et n’y voyait que rancune, malaise, question sans fin, ignorance et distance. Une distance qui n’existait pas entre eux. Jeremy agissait comme si elle était partie la veille. S’il avait été blessé par son geste, il n’en montrait rien. Il l’accueillait. Et derrière ces mots, elle entendait quelque chose comme « Bienvenue à la maison. Je t’attendais. » Ça la réchauffait et l’émouvait. Tout allait mieux, maintenant. Presque bien.

Et, même si elle savait que c’était faux, temporaire, et qu’elle ne pourrait jamais s’y tenir, elle songea quelques instants qu’elle pourrait bien ne plus jamais repartir. Que ça lui suffirait : lui, elle, et une pizza dont l’odeur emplissait maintenant la cuisine. Douce illusion. Bulle irréelle. Bulle de savon. Explosée, la bulle. Son portable. Maxime grimaça à outrance. Aoutch. Oui, d’accord, il avait raison. Elle n’avait pas d’excuses mais ne lui ferait pas le plaisir de l’admettre. Il aurait été trop fier et trop content de son coup.

- Ah non, il doit être quelque part par là-bas, fit-elle en haussant les épaules, l’air de rien, affichant ce même petit sourire mi-moquer mi-je-râle-parce-que-j-aime-bien. La sonnerie de four retentit alors et elle se laissa glisser sur le sol, laissant sa cigarette à l’abandon sur le rebord du cendrier. Mais t’as vu, j’ai fait à manger ! Je t’en prie, fais comme chez toi, prends un coca dans le frigo, ajouta-t-elle en haussant les sourcils à l’extrême.

D’accord, peut-être qu’elle se moquait un peu de lui mais tout était dû à ce soulagement qu’elle ressentait, à ces émotions grisantes qui l’emportaient. Pas besoin d’alcool ce soir pour qu’elle soit joviale à sa façon taquine et moqueuse. Elle se sentait bien et un peu maladroite. Elle attrapa un torchon, ouvrit le four, fit une première tentative pour en extraire la pizza. Se brûla. Jura en donnant un coup de pied dans le maudit appareil.

- Putain de merde ! Stupide four à la con ! Sa vulgarité ne l’avait pas quitté. Furibonde, elle se dirigea vers le robinet pour passer ses doigts meurtris sous l’eau. Voilà exactement POURQUOI elle ne cuisinait pas. C’était trop dangereux, trop chiant, trop long et rien que faire cuire une pizza était en soi un combat. Combat que ce foutu four avait visiblement gagné. Son éclat de colère passé, elle releva les yeux vers Jeremy, ses doigts toujours sous le filet d’eau froide et se surprit à lâcher un éclat de rire avant de le mettre en garde, sans aucun sérieux. Te fous pas de moi, c’est pas drôle. De toute façon c’est de ta faute, si t’avais racheté des cookies j’aurais pas eu à m’approcher de ce four à la con, et j’aurai pas perdu une main !

Toutes les mauvaises excuses étaient bonnes à prendre. S’il s’avisait de se moquer, elle se jurait de lui balancer de l’eau à la figure. Ou mieux, de déclencher cette espèce de douchette étrange qu’ont les américains pour faire la vaisselle. Elle était à peine rentrée et commençait déjà à foutre un bordel monstre. Pétrie de défauts, égoïste et vulgaire comme elle l’était, Jeremy était toujours là. Repère inébranlable. Elle ne l’aurait pas dit si facilement, mais elle avait secrètement conscience qu’il valait mieux qu’elle, qu’elle ne le méritait pas, et que lui, méritait bien mieux que son comportement puérile et égocentrique.
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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Mar 2 Avr - 15:11

Elle était là, le regard pétillant. Il pu discerner son petit sourire même s’il n’était que très peu affiché. C’était ce petit sourire si singulier qu’il avait appris à déchiffrer avec le temps qui lui mit du baume au cœur et l’apaisa. Elle était rentrée et avec elle, toutes les émotions malsaines et le stress qui l’animaient venaient de se dissiper, temporairement, il le savait, mais ça n’avait pas d’importance. Seul le moment présent comptait, peu importe ce qui avait pu se passer avant, et ce qu’il se passerait ensuite. Comme si le simple fait qu’elle soit là allait tout arranger, tout résoudre. Elle apparaissait pile quand il commençait à perdre pied, comme si elle avait deviné qu’il avait besoin d’elle. Elle était son garde fou, sa bouffée d’air pur. Quand elle était là, il se sentait plus serein, plus détendu, plus lui-même.

Elle répondit à sa taquinerie par une plaisanterie à laquelle il répondit du tac o tac :

« J’aurais bien voulu voir ça ! »

Il lui tendait la perche tout en sachant pertinemment qu’elle en était capable en plus. Il aurait sans doute eu du mal à expliquer ça à son propriétaire, si elle avait cassé un carreau pour rentrer. Il s’imaginait la scène dans sa tête. Le pire, c’est que ça l’aurait un peu embêté de devoir se justifier mais finalement, pas plus que ça, alors que la plupart des gens auraient sans doute piqué une crise d’hystérie.
Il pouffa légèrement de rire avant d’ajouter, des fois que ça lui vienne à l’idée la prochaine fois :

« Ou t’aurais pu appeler sinon, ça aurait marché aussi. Tu sais avec ce super machin technologique appelé téléphone portable que t’as balancé là-bas ! » se moqua-t-il gentiment tout en lui tirant la langue et en lui agitant son propre mobile sous le nez.

Il détourna le regard vers le four en sentant l’odeur qui commençait à embaumer la pièce et à se mêler à celle de nicotine. Elle descendit de son perchoir pour aller sortir la pizza tout en lui faisant remarquer qu’elle avait fait à manger et qu’il pouvait faire comme chez lui. Il ne le prit pas mal, bien au contraire. Pour lui c’était une évidence que Max était comme chez elle, chez eux. Il ne se posait même pas la question. Il trouvait ça normal et se prit au jeu. Il était même content qu’elle ai eu cette initiative, il aurait eu la flemme de faire quelque chose à manger d’autant plus il ne se souvenait plus avoir acheté une pizza. Il n’avait pas vraiment eu la tête à ce qu’il faisait ces derniers temps. S’il avait été seul, il serait sans doute ressorti s’acheter un truc tout prêt à manger.
Il s’exécuta et se pris une canette dans le frigo.

« Wow ! t’es une dingue !» s’exclama-t-il d’un air faussement admiratif pour souligner l’exploit, connaissant les talents de cuisinière de Max, même si mettre une pizza au four n’était pas sorcier. Il était d’humeur taquine ce soir. Il s’attendait à un retour de bâton pour son ironie et anticipa en lui adressant son plus beau sourire angélique comme si cela pouvait suffire a lui éviter une insulte ou une claque. Ne sait-on jamais !

Mais elle n’eut pas le loisir de se venger tout de suite. Elle se brûla et pesta de toutes ses forces contre le four. Le sourire du jeune homme s’effaça quelques secondes. Il ne se précipita pas sur elle, même si l’idée lui avait traversé l’esprit. Il la laissa faire son petit manège et en profita pour sortir lui-même la pizza du four avec une manique, la posa sur le plan de travail puis s’approcha doucement de Max tout en décapsulant sa canette. Ce n’était rien de bien méchant, une simple petite brûlure de rien du tout. Son sourire réapparu et il s’enquit d’une remarque :

« Je me disais aussi, t’as pris un sacré risque là ! une chance qu’il t’ai pas sauté à la figure ! » Il accompagna son petit éclat de rire avant qu’elle ne se retourne et ne s’insurge contre lui, ce qui n’effaça en rien son sourire. Il posa la canette, essaya de lui prendre la main sous le filet d’eau pour l’examiner tout en lui lançant sur le même ton sérieux qu’elle :

« C’est rien t’as encore l’autre, au moins tu pourras pas me frapper avec celle-là ! et puis les doigts ça repousse ! »

Mais elle ne le laissa pas faire et lui jeta de l’eau à la figure avant de s’emparer de la douchette après avoir ouvert l’eau à fond.

« Oh non ! Tu ne vas pas faire ç… ! » commença-t-il sur un ton réprobateur.
Mais il n’eut pas le temps de finir sa phrase, comme si Max était du genre à l’écouter pour ce genre de conneries. Il s’était prit la première giclée d’eau dans la gueule mais il évita la douche. L’eau se répandit sur le sol carrelé de la pièce. Il avait disparu avant que le jet ne l’atteigne.

Il réapparu derrière Max, appuya sur le robinet pour éteindre le jet. Puis, d’une main il attrapa la jeune fille par la taille, l’attira contre lui afin de l’empêcher de se dégager trop facilement, et de l’autre, il se saisit du bras armé de la douchette en prenant soin de l’orienter vers eux deux au cas où il lui prendrait l’envie de rallumer le jet avec sa main brûlée, laissée libre. Ainsi, il ne serait pas le seul à être aspergé.

Il la tenait contre lui, les battements de son cœur s’étaient accélérés au même titre que l’adrénaline qui venait de s’emparer de lui. Ils s’amusaient comme deux gosses avec un tuyau d’arrosage dans un appartement. Quoi de plus normal ! Et le bordel monstre qui régnait à présent dans la cuisine ne semblait pas inquiéter Jeremy. Il n’en avait strictement rien à foutre et ne semblait pas prêt non plus à arrêter le jeu pour autant. Il avait retrouvé son insouciance et sa joie de vivre, alors au diable les futilités. Il voulait profiter du moment présent, de ce moment qu’ils partageaient tous les deux, même si ça pouvait paraitre bizarre vue de l’extérieur. De toutes façons ils n’étaient que tous les deux. C’était leur moment à eux, leur façon de se retrouver.

Son visage était tout proche de celui de la jeune fille et il lui murmura à l’oreille :
« Tu sais, les gens normaux prennent leur douche dans la salle de bain d’ordinaire. »

C’était une provocation et il savait qu’elle répondrait car elle ne pourrait pas s’en empêcher. Comment ? il n’en savait rien, et c’était ça qui était excitant. Rien n’était jamais couru d’avance avec Max. Elle était d’humeur joueuse, il l’avait deviné, mais il n’était pas à l’abri du revers de la médaille, il le savait. Mais il prenait quand même le risque, car lui non plus, il ne pouvait s’en empêcher. Elle avait donné le ton, il l’avait suivie. Il avait retrouvé sa camarade de jeu, son alter ego, il n’avait pas de mot pour la décrire ni pour décrire ce qu’elle provoquait chez lui. Elle lui faisait perdre la raison, ou la lui rendait justement, il ne savait pas trop, et là tout de suite, il s’en foutait. C’était elle et lui, lui et elle, c’était sa seule certitude, et c’était tout ce qui comptait pour le moment. Le reste n’avait pas d’importance.
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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Mar 2 Avr - 21:32

Deuxième remarque concernant le téléphone portable. Malgré le sourire qu’il affichait et la puérilité rafraîchissante de son attitude, elle s’interrogeait vaguement. Une part de lui lui en voulait peut-être d’être une conasse égoïste. Ou alors, il cherchait juste à prendre le dessus sur elle et à remporter une petite victoire en la faisant s’excuser. Jamais, grands dieux jamais, elle ne lui ferait un tel plaisir ! Elle préférait encore s’étouffer avec son égo mal placé. Maxime plissa les yeux et joua le jeu de l’innocence.

- J’suis pas trop branché technologie alors je t’ai envoyé un pigeon voyageur
, affirma-t-elle en haussant les épaules, mais il a du se paumer en chemin !

Maintenant qu’elle était blanchie de tout soupçon, elle pouvait se laisser aller à esquisser un sourire. C’était si facile. Elle n’avait pas à se forcer ou à prétendre, les mots, les actes lui venaient naturellement. De toute façon, comme elle le lui signala, elle avait cuisiné. En conséquence, il ne pouvait donc pas se permettre de lui en vouloir sans faire offense à son estomac. Par contre, ça ne l’empêcha pas de se moquer. De se moquer - que dis-je ? – de se foutre ouvertement de sa gueule plutôt. Maxime aurait bien répondu, mais elle avait une pizza surgelée qui réclamait des soins imminents et de toute façon, elle était trop occupée à savourer l’instant présent. Rien ne valait les pitreries de ce sale gosse. Elle n’avait même pas envie de siffler un « Oh, ta gueule ! » affectueux. Elle n’en eut pas le loisir car, dans sa précipitation, le four, électroménager machiavélique, s’en prit honteusement à elle et l’attaqua sauvagement. Rien à voir avec sa maladresse ou son manque de savoir-faire. Tout était de la faute de ce foutu four qu’elle insulta copieusement et rageusement avant de filer vers le robinet et de glisser sa main sous l’eau.

Jeremy n’en perdit pas une miette et ne manqua pas l’occasion de continuer de la taquiner. Il ne lui laissait même pas le temps de répliquer. C’était fourbe. Lui sortir son visage d’ange tout en se jouant d’elle et en enchaînant les remarques. Digne de lui. La réponse ne tarda pas à surgir. Elle lui envoya une giclée d’eau au visage, ce qui déclencha clairement les hostilités. La douchette aurait du être l’étape suivante si Jeremy n’avait pas honteusement triché. Maxime lâcha un éclat de rire franc en constatant les dégâts sur le sol de la cuisine. Elle s’en foutait. Elle était à nouveau une gamine, à peine sortie de l’adolescence, qui ne pensait plus à rien et surtout pas aux conséquences de ses actes. Elle aurait bien le temps plus tard.

- C’est de la triche, putain, Jer’ ! lança-t-elle, hargneuse et choquée, alors qu’il réapparaissait déjà derrière elle, coupait l’arrivée d’eau et posait sa main sur sa taille et l’attirait à lui. Lui bloquant le souffle. Peut-être pas dans cet ordre là mais tout s’était enchainé et elle ne retenait que la dernière séquence d’action.

C’était de la triche. Elle était sûre qu’il en avait pertinemment conscience. Ils se connaissaient trop bien pour qu’il ignore l’effet qu’il produisait sur ses sens. Elle avait chaud, son cœur s’accélérait, la poussant à sérieusement envisager de rallumer le jet d’eau. D’autant plus qu’elle sentit son souffle lui chatouiller la peau alors qu’il murmurait une provocation au creux de son oreille. Jeremy n’avait rien d’un ange contrairement aux apparences. Il était démoniaque, malicieux, taquin, indépendant, fragile, têtu, joueur, et parfaitement conscient de ce qu’il faisait. Innocent ne faisait pas partie de la liste d’adjectifs qualificatifs. Enfoiré songea-t-elle en se mordant la lèvre. Il savait à quel point il lui avait manqué. Elle sentait son corps contre le sien qui n’avait rien oublié, comme en attesta le frisson qui parcourut son échine. Quand est-ce que tout avait dérapé entre eux ? À partir de quel moment exactement avaient-ils empruntés ce chemin ? Elle n’en éprouvait aucun remord, aucun regret. Ne prenait pas le temps de se poser la question. Sa peau contre la sienne, ses lèvres, ses caresses. Elle n’avait pas oublié. Tout s’était ancré en elle, ou y avait toujours été. Et, ça, ce « ça » sans nom qui existait entre eux, ne demandait qu’à s’exprimer. Il n’y avait que lui pour faire cela. Il était de toute façon le seul à pouvoir l’approcher sans qu’elle n’enfile un parfait masque d’indifférence et de distance.

La fierté l’emporta temporairement cette fois-ci sur le désir.

- Tu sais, souffla-t-elle en inclinant la tête vers lui, généralement, les gens normaux sont nus quand ils prennent une douche.

Sans s’annoncer, elle relança le robinet. La brusquerie de sa main ayant monté la pression à son maximum, si bien que la douche arriva plus tôt que prévu. La française avait calculé ses gestes, et fermé les yeux une demi-seconde avant le raz-de-marée. Tant pis pour la cuisine et son sol. Cet appartement était de toute façon devenu trop propre, trop calme. Il était temps d’y remédier.

- Ça, c’est pour t’être foutu de ma gueule ! clama-t-elle en haussant la voix, réprimant un fou rire. Pour le reste, il lui faudrait faire vite si elle ne voulait pas qu'il pare son attaque. Et ça, poursuivit-elle en se contorsionnant aussi rapidement qu’elle le pouvait pour attraper la canette de coca, pratiquement pleine, qu’il avait honteusement abandonné, c’est pour avoir triché. Dans le même temps, elle effectua un demi-tour, s’agrippa à son tee-shirt (au cas où il aurait l’idée de refaire son petit tour de passe-passe) et lui renversa sur le crâne. Maxime en reçut probablement autant que lui, mais tant pis. Ça valait le coup.

Elle riait à s’en tordre le ventre. Ça lui faisait un bien fou. Elle avait le sentiment que tout était à sa place. Surtout eux. Juste eux. Ils n’avaient besoin de personne d’autres. Si, autre femme il y avait dans la vie de Jeremy, elle n’en avait rien à faire. Jamais elle ne pourrait s’immiscer. Jamais, elle ne la laisserait faire. Jamais. Le sol de la cuisine était définitivement trempé, tout comme les locataires de l’appartement. Ça n’avait aucun sens, c’était ridicule. Mais, ça sonnait incroyablement juste. Ça avait du sens parce que, justement, ce n’était pas censé en avoir.

Maxime n’avait pas lâché le tee-shirt de Jeremy, elle glissa sa main en-dessous, à plat sur sa peau. Quitte à s’électriser et à se brûler. Elle avait encore envie de rire. Sans préavis, elle planta ses yeux dans les siens et céda aux palpitations de son cœur. Elle l’embrassa. Un baiser sucré, caramélisé, qui avait le goût et la simplicité du bonheur. Suffisant pour lui donner foutrement envie de mettre leurs provocations à exécution. Son seconde main rejoignit la première, histoire d’ôter ce vêtement qui lui semblait clairement être de trop dans leurs retrouvailles.

Tant pis pour la pizza. Elle avait autre chose en tête et sous la peau.
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Jeremy Stenson


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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Jeu 4 Avr - 7:27

Les deux vannes sur le téléphone trahissaient sans doute son impatience d’avoir des nouvelles de la jeune fille, ou plutôt de la voir. Mais il ne l’avait pas fait dans le but de lui reprocher quoi que ce soit, où alors c’était purement inconscient. Il savait qu’elle n’était pas du genre à se laisser fliquer et il ne voulait surtout pas le faire. Elle était libre d’aller où bon lui semblait, de disparaître du jour au lendemain et de faire ce qu’elle voulait tout autant que lui. Leur liberté n’avait d’égal que la confiance mutuelle qu’ils s’accordaient.

Il ne répliqua pas au sujet du pigeon voyageur et se contenta d’afficher un sourire entendu. Cette excuse bidon lui convenait. Il n’avait pas besoin qu’elle se justifie.
Et pour en revenir à son arrivée impromptue, c’était le genre de surprise qui le réjouissait. C’était d'autant excitant qu’inattendu et c’était ce qu’il aimait chez elle.

L’attaque du four machiavélique, qui était bien entendu, de mèche avec Jeremy, ne lui cloua le bec que quelques instants avant que les hostilités ne soient officiellement déclarées. Jeremy avait usé sa carte bonus pour échapper à l’offensive la plus violente et ne pas se retrouver trempé de la tête aux pieds. Du moins, dans la phase A du plan d’attaque. Il avait pris l’assaillante à revers et celle-ci protestait énergiquement l’accusant de tricheur.

« Comme si tu le connaissais pas ce coup là ! »

Il n’en était pas à son premier coup bas et il adorait surprendre Max avec ça. Il adorait débarquer dans sa piaule sans prévenir et sans gêne au temps du domaine. Disparaître inopinément pour l’emmerder était aussi un de ces jeux préférés. C’était vrai que ça lui conférait un avantage certain, certes. Mais personne n’avait dit qu’il n’avait pas le droit de se téléporter.

« Et qui a dit que c’était interdit ? » lui souffla-t-il à l’oreille sur un ton amusé.

Il resserra son étreinte sur son bras pour prévenir de la douche imminente, signe de riposte fort probable de la part de Max. Mais il avait l’impression qu’elle ne se débattait pas vraiment. Il l’avait connue beaucoup plus hargneuse par le passé quand il l’enquiquinait. Cette fois encore, il y avait ce quelque chose entre eux qui changeait la donne, qu’il ne ressentait qu’avec elle et qu’elle devait ressentir aussi. Cette chose était palpable dans l’atmosphère qui les entourait. Cette chose qui les avait déjà conduits à jouer à ce jeu dangereux là dernière fois. Cette chose qu’il n’identifiait pas. Lui non plus n’avait pas oublié. Ca faisait également partie de lui depuis bien longtemps. Il ne se rappelait pas quand la dérive avait commencé. Peut être bien qu'elle y avait toujours été.

Cette pause dura une infime seconde pendant laquelle il baissa sa garde, desserrant le bras armé de la douchette, sans pour autant le lâcher, tandis qu’elle répondait à sa provocation par une autre. Jeremy n’était qu’un homme… à cette simple évocation son corps s’embrasa avant qu’il ne se prenne une douche froide qui ne lui paru pas assez froide d’ailleurs. Ce fut plus la violence du jet qui le surprit qu’autre chose. Son égo s’en pris un coup au passage. Il resserra sa prise sur le bras de Max et tenta cette fois de la désarmer tandis qu’elle explosait de rire. Il la lâcha et se précipita de nouveau sur le robinet avant que les voisins du dessous ne soient tentés de monter pour dégâts des eaux si celle-ci s’infiltrait. C’était sa seconde de lucidité. Il était détrempé et son sweat semblait maintenant peser plusieurs kilos sur ses épaules. Il songea à le virer. Il n’eut pas le temps d’anticiper l’arrivée du coca pourtant annoncée par une réplique revancharde. Son seul réflexe aurait été de « tricher » encore une fois, mais elle l’avait agrippé par le pull. Il se prit la boisson pétillante dans la gueule, mais se jeta sur Maxime, bien décidé à lui faire payer cet affront, bouillonnant intérieurement :

« Mauvaise joueuse ! » râla-t-il.

Elle n’était pas à court de ressources, mais il n’avait pas dit son dernier mot. Il lui attrapa encore une fois le bras armé et le retourna contre elle. Il ne serait pas le seul touché dans la bataille, il était bien décidé à lui faire profiter pleinement du collant du coca. Une autre partie de la canette se déversa sur Maxime avant qu’il ne parvienne à lui faire lâcher son arme dont le fluide gazeux finit de se répandre sur le sol. Ils avaient l’air fins tous les deux, trempés de la tête aux pieds, et maintenant tous collants et pétillants.

Elle explosa de rire à nouveau. Ce rire cristallin lui rappelait toutes les fois où il avait obtenu la satisfaction d’avoir réussi à la faire sortir de sous son masque de sauvageonne renfrognée et indifférente. Cette fois ne faisait pas exception. Même s’il s’en était pris plein la gueule, c’était sa petite victoire personnelle et il en était fier.

Elle était aussi trempée que lui et son t-shirt lui collait à la peau, laissant apparaître les formes de son corps svelte. Il savait que s’ils continuaient, il ne résisterait pas au désir qui s’était emparé de lui, qu’elle avait freiné d’une douche froide mais qui recommençait à le consumer de l’intérieur. Il était encore suffisamment lucide pour réfléchir pour le moment.
Un sourire facétieux sur le coin des lèvres, il posa ses mains sur les hanches de la jeune fille, se collant de nouveau à elle. Elle ne l’avait pas lâché. S’il ne faisait rien, il allait céder, il le savait. Non pas qu’il n’en avait pas envie, bien au contraire. Le jeu en valait la chandelle, mais il n’en avait pas fini avec elle. D’autant plus qu’il voyait clair dans son jeu et il discernait le plan démoniaque qu’elle était en train de mettre à exécution. C’était la phase B du plan. Elle le prenait au pied de la lettre, fourbe qu’elle était ! C’était lui qui avait mis le feu aux poudres en la provoquant avec son histoire de douche. Ca dérapait. Il assumait. Ca l’amusait même. Alors comme ça, elle avait l’air décidé à les y conduire tous les deux. Qu’à cela ne tienne ! Il était joueur.

« Haha ! rigole bien ! tu vas pas t’en tirer comme ça ! »

Elle avait décidé de lui faire subir l’épreuve du feu. Il frissonna en sentant sa main sur sa peau, sous son sweet imbibé. Il croisa son regard et du fermer les yeux pour ne pas se noyer dans ses yeux. Son insidieuse ivresse l’envahissait encore. Il n’y avait qu’elle pour lui faire cet effet là. Le souvenir de ce moment refaisait surface. Il avait envie de recommencer, de la sentir contre lui, de sentir son souffle sur sa peau, de la caresser, de l’embrasser. Elle le devança. Il répondit à son baiser timidement dans un premier temps, voulant savourer l’instant doux et sucré et il voulait rester prudent car il était à deux doigts de s’avouer vaincu. C’était pas humain de lui faire ce coup là. Elle n’avait pas idée de ce qu’elle était en train de provoquer. Ou peut être que si, justement. Elle le savait, et elle le faisait en toute connaissance de cause. Elle en était bien capable ! Elle allait le rendre fou.
La seconde main sur son torse lui fit l’effet d’une décharge électrique et le frisson remonta jusqu’à son échine. Il pressa un peu plus ses lèvres contre les siennes tandis qu’elle semblait vouloir l’aider à se débarrasser de son sweet devenu trop encombrant. C’était un moment de répit dont il devait profiter pour respirer, pour relancer les hostilités avant la bataille finale qu’il lui laisserait gagner, à moins qu’ils ne la gagnent ensembles vue qu’ils semblaient animés par la même finalité.
Il s’essuya le visage avec son pull au passage avant de l’envoyer quelque part dans la pièce. Maintenant, elle ne pouvait plus le retenir avec ça. Elle avait trouvé le prétexte pour les conduire à l’eau, mais il n’y avait pas de douche sans …

« Et c’est moi le tricheur ? J’vais te passer un savon tu vas voir ! »

Il avait attrapé le savon pour les mains sur le rebord de l’évier, d’un geste vif, il arracha le bouchon avant de l’asperger avec tout en riant. Il n’en avait pas encore terminé avec ses gamineries. Ca lui permettait aussi d’étouffer un peu le feu qu’elle lui avait mis, temporairement, de tenir parole quand aux menaces qu'il lui avait proféré, et puis c’était trop tentant.
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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Jeu 4 Avr - 22:05

Mauvaise joueuse ? Evidemment qu’elle l’était. Surtout quand une certaine personne se permettait de tricher aussi ouvertement ! Tout mutant qui se respectait le savait, elle en aurait mis sa main au feu : utiliser ses pouvoirs pour gagner un jeu revenait à tricher. Sauf qu’ici, comme il le lui avait rappelé, il n’y avait pas de règles, aucune loi n’avait été édictée. La liberté régnait. Du n’importe quoi à l’état pur. Une escalade de puérilité et de non sens qui n’obéissait à aucune logique si ce n’était la leur. Les sourires et les rires se succédaient au même rythme que les taquineries et les provocations silencieuses. Ça avait le goût des jeux interdits, des bêtises d’enfants, de l’inconséquence. Enfants terribles. Pour la première fois depuis des semaines, elle se sentait pleinement vivante et entière. Loin de tout, dans cet endroit sans lieu propre qui n’appartenait qu’à eux, que lui seul savait inventer. Quelque part où elle pouvait être elle-même et respirer librement. Elle n’allait pas s’en tirer comme ça, disait-il. Elle n’y comptait pas du tout. Mais plutôt que de lui faire le plaisir de l’admettre, elle l’embrassa.

Il l’avait bien cherché. Ou bien c’était elle. Peu importait. L’un ou l’autre, ou les deux, le résultat demeurait identique. Elle était comme une machine survoltée dont les instruments s’emballeraient, une boussole qui aurait perdu le nord. Son palpitant déraillait complètement au même titre que le désir qui courait sous sa peau. Il la faisait vibrer, perdre pied, et exister. Il aurait suffit de si peu pour qu’elle cède totalement à cette impulsion. Elle frissonnait tout en ayant la sensation d’être brûlante. Suffisamment pour décider que le sweat du jeune homme était décidément de trop entre eux. Redécouvrir sa peau sous ses doigts était à la fois naturel, familier et grisant. Aucun mot ne pouvait transposer fidèlement ce qu’elle ressentait. C’était plus fort que le langage.

Pendant quelques secondes, elle en oublia le champ de bataille dans lequel ils se trouvaient, mais il la ramena à la réalité. Triche ? Qui, quand ? Ah, ça… Maxime se contenta de hausser les épaules, afficha un demi-sourire narquois. Elle était plutôt fière de sa connerie et l’assumait totalement. Temporairement. Tant qu’il ne s’agissait pas de devoir en parler comme des adultes responsables de leurs actes ou s’expliquer sur son geste, bien évidemment. Le vivre suffisait amplement. Mettre des mots sur ce qui existait entre eux aurait tout gâché. Quelque part, elle avait la fierté de croire qu’ils étaient au-dessus de ça. Ailleurs, elle pensait aussi que mettre tout ça en mots aurait tout détruit. Alors, elle protégeait jalousement tout ceci comme un secret.
Lui passer un savon ? Elle éprouvait une certaine insatisfaction à avoir vu ce moment se rompre si vite. Pure caprice.

« Quoi ? » demanda-t-elle instinctivement. « Putain ! » Maxime aurait mieux fait de la fermer. Elle aurait dû réfléchir, ne pas se laisser aller aussi facilement, et être plus forte que lui. Comme d’habitude, il avait réussi à la berner. Voilà où elle en était avec toutes ces bêtises : du savon partout. Par réflexe, elle tenta de reprendre l’arme des mains de son opposant, ou tout du moins de le faire dévier le plus possible de sa cible. Entre deux rires, l’odeur lui parvint aux narines. Senteur amande-vanille des bois de quelque part dans le lointain. « J’vais puer la fille, bordel ! » singea-t-elle, empruntant un ton aussi choqué possible, peinant à garder son sérieux. « J’te jure que tu vas me le payer, Jer’ ! »

Si Jeremy reçut peu de savon, le sol et Maxime en eurent plus que leur quota. Puisque qu’il semblait impossible d’inverser la tendance, la française se jeta sur la liquide vaisselle. Aux grands maux, les grands remèdes. Hors de question qu’il s’en sorte dans un meilleur état qu’elle. Elle tira sur le bouchon pour le déverrouiller et se lança dans une opération de vengeance. Mieux valait encore sentir la fille que le produit à vaisselle ! L’exercice était périlleux. Il s’agissait d’attaquer tout en s’assurant de s’agripper plus ou moins à sa victime pour qu’elle évite de se volatiliser. Dans le même temps, elle devait réussir à éviter plus ou moins les attaques de Jeremy et ses probables tentatives pour lui voler son arme. Joyeux bordel dans la cuisine. Equilibre parfait. Dans cette lutte enfantine, Maxime finit, elle ne sut trop comment par ouvrir la porte du frigidaire en manquant de glisser sur le sol, mousseux désormais. Dans sa presque chute, sa main avait lâché son arme. À tâtons, elle récupéra la première chose venue dans un environnement froid. Quelque chose de lisse et de doux tomba qui sous ses doigts. Sans réfléchir, elle se saisit de l’emballage cartonné et recula d’un pas, se heurtant au passage à quelque chose de non identifié, probablement un meuble, son angle, ou une poignée et jura. Elle se reprit vite pour lancer une menace, joueuse et puérile, provocante et malicieuse :

« Je t’avais prévenu, non ? Tu peux toujours demander grâce si tu veux, j’me sens d’humeur clémente. »

En position de tir, elle commença à balancer des œufs en direction de Jeremy, s’esclaffant lorsqu’elle ratait sa cible. Pauvre appartement. Pauvres voisins. Dans les familles d’accueil qu’elle avait éculées, on lui avait toujours dit de ne pas jouer avec la nourriture. Cela lui avait semblé logique. Jusqu’à maintenant.

Du grand n’importe quoi. Tout était susceptible de se transformer en armes et de voltiger en direction de l’autre. Ils n’étaient pas réunis depuis un quart d’heure que le monde semblait s’être mis à tourner à l’envers. Irrationnels. Déraisonnables. Stupides… Heureux ? Peut-être que c’était ça qu’elle ressentait. Très vite, un seul œuf survécut. Il ne fallait pas qu’il manque sa cible. Elle le soupesa dans sa main et la glissa dans son dos. Sa précision au lancer laissait à désirer. Opter pour une autre tactique semblait être le bon choix.

« Pouce ! » Bonjour la diversion mature et responsable. « Ok, d’accord, t’as gagné ! » lâcha-t-elle avec une bougonnerie toute feinte alors même que réprimer son sourire était difficile. Maxime misait sur le bon fond de Jeremy pour qu’il morde à l’hameçon. Elle mima la mauvaise foi et fit mine d’enlever rageusement son débardeur avant de le jeter au visage du jeune homme. Un point partout. Espérons que la diversion soit suffisante. « Enfin t’as gagné… » Elle roula des yeux vers le plafond et profita de cet accalmie soudaine pour reprendre sa respiration. Son cœur palpitait à toute allure. « Ou pas ! »

Elle vivante, jamais elle n’admettrait une défaite ! Jamais, elle ne baisserait les bras. Hors de question. La cuisine avait beau être petite, Maxime tenta de prendre de l’élan avant de s’élancer contre Jeremy, arme au poing. Elle glissa jusqu’à lui plus qu’elle ne courut. Merci aux sinistres imbéciles qui avaient eu l’idée franchement lumineuse de balancer savon, liquide vaisselle et eau, sur le sol. Le parfait mélange !

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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Jeu 4 Avr - 22:05

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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Ven 5 Avr - 15:41

Le chaos s’installait un petit peu plus dans l’appartement que les deux jeunes gens s’évertuaient à mettre sans dessus dessous. Ils s’amusaient comme des gosses, sans se soucier des répercutions de leurs actes, ni de leurs conséquences, sur le mobilier tout du moins.

Pour ce qui était du résultat que cela produisait sur Jeremy, dire que ce jeu était anodin n’était pas tout à fait vrai, même s’il ne l’avouerait jamais. Ne pas avouer, ne pas en parler était le maître mot. Les règles avaient été définies comme cela dès le départ sans qu’ils aient eu besoin de les poser. A quel moment c’était arrivé ? Il s’en foutait, ça avait toujours été. Ca s’était fait comme ça et il savait que discourir sur le sujet romprait le charme car, elle comme lui, n’étaient pas capables de trouver les mots justes. Tout simplement parce qu’il n’y en avait peut être pas. Ca avait toujours été leur façon de fonctionner et ils se comprenaient très bien comme ça. Ca n'allait pas changer maintenant. Surtout pas !

Il préférait ne pas se poser de questions, ni trop calculer ses coup d’avance. Maxime était, de toutes façons, trop imprévisible, et c’était bien mieux ainsi. C’était ce qui rendait l’instant puéril et le jeu plus stimulant, ou aucun des deux joueurs ne voulait s’avouer vaincu, surtout pas la jeune femme. Il la connaissait depuis suffisamment longtemps pour savoir qu’elle combattrait jusqu’au bout car elle était encore plus têtue que lui. L’issue était sans doute courue d’avance, mais il entretenait l’illusion qu’il maîtrisait encore la situation.

C’est uniquement dans cette optique qu’il avait décidé de faire redescendre un peu la pression, en l’aspergeant de savon. Il ne pouvait décemment pas la laisser gagner comme ça. Et il avait lui aussi cette saleté d'égo mal placé qui lui dictait encore certains de ses actes. Maxime était sa plus grande faiblesse, il avait beau le savoir, elle faisait partie de lui, mais il ne voulait pas s’avouer vaincu, pas tout de suite, ça aurait été trop facile.

Elle pesta de nouveau. Il explosa de rire tandis qu’elle s’insurgeait au sujet de la merveilleuse odeur fruitée du savon pour les mains.
Rire de bon cœur lui faisait un bien fou. Il retrouvait cette sensation d’innocence, d’insouciance et de légèreté qui l’habitait au temps du domaine. Comme si les lourds évènements de ces derniers mois n’avaient pas existés, excepté cette chose qui les avait davantage rapprochés. Même le bordel qu’ils étaient en train de foutre faisait partie d’un imaginaire lointain. Cela faisait partie du jeu, mais n’avait pas de réelle consistance et encore moins d’importance.

Pendant qu’il se tordait de rire, la jeune femme s’était jetée sur le liquide vaisselle afin de rivaliser à arme égale avec son adversaire. Ils se livrèrent à un combat ridicule de fluides savonneux. Le réservoir de Jeremy se vida plus vite que celui de Maxime, mais il ne parvint pas cette fois à s’emparer du sien. Elle lui fila agilement entre les doigts et glissa jusqu’au frigo qui lui, plus sympa que le four, lui permis de ne pas s’étaler par terre. Elle s’était accrochée à la poignée et la porte s’était ouverte. Elle était à court de munitions, du moins c’est ce que cru Jeremy l’espace d’une seconde. Il la vit plonger la main dans le frigo et il comprit qu’elle ne s’arrêterait pas là, d’autant plus qu’elle lui proposait ses grâces à présent.

« Quoi ! tu veux que je te supplies ? » Il afficha de nouveau un petit sourire moqueur avant d’ajouter « Et puis quoi encore ! »

Elle se mit à le canarder d’œufs. Il en arrêta un de la main. Enfin, "exploser" serait peut être plus approprié. Il bondit contre le placard pour éviter les projectiles, ouvrit la porte et se saisit d’une boîte qu’il lui suffit de dégainer pour que le couvercle saute et qu’une trainée de poudre de chocolat se répande dans la pièce, accompagnée de son petit nuage de fumée. Le t-shirt de Maxime se teinta de brun et l’odeur chocolatée se mêla à cette des fruits synthétiques du savon et du coca. Quel doux mélange !

Sa boîte à lui était vide, elle, il ne lui restait plus qu’un seul œuf. Il était prêt à esquiver quand elle demanda un « pouce ! ». Il la vit planquer sa main armée dans son dos et la connaissant, il devina aisément la ruse même si elle tentait de lui faire croire qu’elle le laissait gagner. A d’autres !

« Prends-moi pour un con ! » lâcha-t-il d’un ton railleur.

Il amorça prudemment un pas dans sa direction, bien décidé à la désarmer avant qu’elle n’ai le temps de le lancer, à moins qu’il ne trouve un autre projectile pour riposter. Elle le coupa dans son élan en enlevant son débardeur collant et maculé de chocolat coagulé. Un nouveau coup bas qui le déstabilisa, ravivant le feu qu’il avait réussi à contenir par ces enfantillages. Elle lui envoya son maillot au visage et se jeta sur lui. Le temps qu’il se débarrasse du t-shirt, il se prit la jeune femme de plein fouet. Il avait eu la bonne idée de ne pas prendre la peine d’enlever ses baskets en rentrant et c’est sans doute ce qui lui permit de la réceptionner sans se vautrer lamentablement avec elle, même s’il perdit légèrement l’équilibre.
Elle cria victoire et il sentit un liquide froid et visqueux lui couler le long de la tempe. Il resta interdit un moment, se sentant profondément ridicule, et surtout il était blessé dans sa fierté de s’être fait avoir par un coup d’une telle bassesse !
Le calme ne dura pas et comme le dit si bien le proverbe, il précéda la tempête. L’adrénaline s’empara à nouveau de Jeremy, mêlée aux battements désordonnés de son cœur. Il la détestait affectueusement. Il prit une profonde inspiration et pesta entre ses dents serrées :

« Oh putain ! j’vais te tuer ! » proféra-t-il, le visage fermé cachant difficilement un petit sourire qu’il ne parvenait à réprimer.

Il la souleva comme un vulgaire sac à patates, tenta de traverser à la hâte les quelques mètres qui les séparait de la chambre et de la salle de bain adjacente, la tenant fermement, des fois qu’elle tente de le faire lâcher prise en se débattant comme une tigresse. Il en avait vu d’autres et iil avait décidé de tenir bon, même si elle lui faisait les pires vacheries.

« Si c’est ça que tu veux… ! »



Lancé de dés :

Oui : Jeremy atteignit la salle de bain avec Max sur l’épaule. Il la déposa dans le bac à douche restant planté devant la porte pour l’empêcher de sortir.
« C’est le moment de faire disparaître les preuves ! » lui dit-il affichant un air malicieux.

Non : Elle se débattit et ils s’écroulèrent tous les deux quelque part entre la cuisine, la chambre et la salle de bain.
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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Ven 5 Avr - 15:41

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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Dim 7 Avr - 11:40

Ce fut plus fort qu’elle. Maxime éclata d’un grand rire sonore. De l’œuf lui coulait entre les doigts mais le projectile avait atteint sa cible : le crâne de Jeremy. La bataille avait pris fin et elle avait vaincu ! Quelle sensation plaisante que celle de la victoire. Lui, s’était comme figé. À en juger par la forme qu’avait pris sa mâchoire, il n’était pas totalement ravi de la tournure des évènements. Tant pis, elle en profiterait pour deux ! Complètement grisée par la réussite de son coup, elle ne put s’empêcher de fanfaronner, convaincue que si la situation avait été inversée, il ne l’aurait pas loupée non plus.

« Veni, vidi, vici. » lança-t-elle, marquant une pause entre chacun de mots pour bien les dissocier et créer son petit effet. Elle se comparait à César par cette petite citation. Il n’y avait aucune honte à perdre contre un personnage tel que lui, non ? Son compère ne semblait pas de cet avis, il semblait même n’avoir toujours pas récupéré de sa défaite. Elle poussa le vice en posa sa main sur joue, le barbouillant d’œuf et de chocolat en poudre au passage. « Cadeaux ! » Le geste de trop ? Non, même sans ça, la suite des évènements aurait été identique. Il pesta. Incroyablement beau, en cet instant, inconscient de l’être. Inconscient, tout court. Elle joua les offusquées en soufflant bruyamment. « Qui c’est le mauvais joueur maintenant ? Comme j’ai gagné, c’est toi qui va te taper… »

Le ménage. C’aurait dû être la fin de sa phrase s’il ne lui avait pas coupé le souffle en se saisissant d’elle, la jetant sur son épaule. Qu’est ce qu’il foutait encore ? Maxime aurait voulu râler, mais pour tout dire, elle était bien trop occupée à rire et des soubresauts lui secouaient les côtes et les épaules. En conséquence, ses menaces et bougonneries habituelles risquaient fortement de ne pas être prises très au sérieux.

« Bordel, repose-moi ! Jer’ !» On avait jamais vu un vaincu se comporter ainsi en temps de guerre, non ! Ils n’avaient même pas attendu que les accords de paix soient signés pour se rebeller et relancer l’attaque. N’importe quoi ! « Lâche-moi de ton plein gré, ça t’évitera une nouvelle défaite ! » déclara-t-elle avec hargne, sans pouvoir s’empêcher de continuer à rire.

Très peu désireuse de voir ce qui l’attendait, Maxime se débattit épisodiquement. Elle gesticula dans tous les sens, lui asséna quelques coups, le mordit à l’épaule, essaya de lui chatouiller les côtes, tendit la main pour lui pincer les fesses mais rien n’y fit. Il la tenait fermement et ce fut à peine s’il tituba sous ses assauts. La cuisine s’éloignait au fur et à mesure. Maxime y jeta un dernier coup d’œil. Un carnage ! Une véritable catastrophe. Une armée de maternelle en atelier de cuisine n’aurait pas fait mieux. On aurait dit que des gosses avaient été livrés à eux même lors d’une fête avec pour seul consigne de créer un gâteau d’anniversaire. Des ingrédients, ils n’avaient dû retenir que les œufs et le chocolat en poudre. La cuisine disparu à sa vue, remplacée par la chambre puis par… Il n’allait quand même pas oser ! Si, évidement qu’il allait oser, cela coulait de source. Rien ne saurait calmer un enfant terrible mettant ses talents au service d'une gaminerie.

« Non ! » Véritable cri désespéré du cœur. Maxime tenta de s’accrocher à l’encadrement de la porte mais ses mains, huileuse en raison des œufs, glissèrent sans trouver nulle prise. Pas la peine d’essayer d’émouvoir Jeremy, il ne cèderait pas. De toute façon, elle n’avait apparemment aucune crédibilité quand elle cherchait à agiter un drapeau blanc. Qu’il soit factice ou non, là n’était pas question. Ses pieds regagnèrent enfin le sol et elle se retrouva prise au piège dans la douche, Jeremy lui bloquant le passage. Quel enfoiré ! Maxime baissa son visage pour dissimuler son sourire et feindre un air buté et colérique. Faire disparaître les preuves ? Eux encore se contentaient de porter un mélange de d’eau, de coca, de savon, de liquide vaisselle, d’œuf et de poudre en chocolat. « Bonne idée. » lâcha-t-elle. Le problème pour Jeremy était qu’à vouloir l’empêcher de sortir, elle constituait un obstacle entre lui et le pommeau de la douche. Elle releva les yeux, moqueuse et joueuse. « Sauf qu’il va falloir m’expliquer comment tu comptes t’y prendre, là. À moins que tu ne comptes lâchement t’enfuir », ajouta-t-elle en arquant un sourcil.

Provocation jouant sur son égo pour qu’il évite de s’éclipser. Puisqu’il fallait être trempé des pieds à la tête, il le serait aussi. Double sens ? Peut-être. L’atmosphère avait, une fois de plus, légèrement changé et elle ne se gênait pas pour le détailler du regard, du dessin de sa silhouette au sourire sur ses lèvres. Elle tenta d’accrocher ses yeux quelques secondes. Un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale, prêt à la saisir toute entière. Funambule sur un fil. Tomber serait tellement grisant si c’était avec lui. Maxime inspira lentement pour reprendre le contrôle. Elle y penserait plus tard. D’un geste vif, elle se saisit de la nouvelle arme et alluma l’eau.


Spoiler:
 

« Vengeance » hurla-t-elle en laissant traîner les voyelles plus que de raison. Elle sentait l’eau glacée qui l’éclaboussait, se mêlait au savon et commençait à mousser copieusement. Jeremy avait le choix. Il pouvait entrer dans la douche et relever la température du thermostat ou fuir une nouvelle fois, au détriment de son égo. Dans ce dernier cas, Maxime en profiterait pour s’enfuir également et repeindre les murs de son appartement en rouge ketchup ou jaune mayo. Le risque qu’il opte pour une solution tout autre restait élevé mais elle trouverait toujours de quoi se venger, de quoi riposter. Tant qu’il était là pour jouer au chat et à la souris, pour inverser sans arrêt les rôles, tout irait bien.
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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Dim 7 Avr - 11:40

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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Dim 7 Avr - 14:12

Le bordel qui régnait dans la cuisine était bien le cadet des soucis de Jeremy et le … ménage ? Ce mot venait subitement de disparaître de son répertoire de vocabulaire. Comme un gosse qui ne pense à rien d’autre qu’à s’amuser, il n’allait pas s’arrêter en plein milieu de la partie pour ce genre de futilité, même si Maxime avait tenté de le rappeler à la réalité pour le narguer. Il avait d’autres plans pour elle, et le premier consistait bien sûr à se venger s’il ne finissait pas consumé avant par cette chose latente qui refaisait surface à intervalles réguliers, qu’elle s’évertuait à raviver la bougresse ! et qu’il ne contiendrait plus longtemps.

Au son de la mélodie de ses rires, il amorça une nouvelle attaque et couru le plus vite qu’il pu vers la salle de bain. Elle le chatouilla, le mordit, lui pinça les fesses, tenta de s’accrocher au cadre de la porte, mais il tint bon. Une chance que le trajet fut court !

Ce petit sprint l’avait échauffé, ce qu’il mit sur le compte de l’exercice physique tout comme l’accélération des battements de son cœurs et sa respiration devenue légèrement inconstante.

Il l’avait coincée dans la douche, mais la vengeance n’était pas encore complète. Il hésitait maintenant quand au châtiment qu’il pourrait lui infliger, mais il avait du mal à ordonner ses pensées. D’autant plus qu’il l’avait déposée devant le pommeau de douche, un détail en somme !

Elle avait baissé la tête et faisait sa mauvaise tête mais il lui faudrait ruser plus que cela pour arrêter Jeremy. Il se déchaussa au moment où elle lui demandait comment il allait s’y prendre pour faire disparaître les preuves. Elle n’avait pas besoin de titiller son égo, il comptait bien le lui démontrer tout de suite et n’allait pas s’enfuir. Mais elle avait vu juste dans sa provocation, maintenant qu’elle lui soumettait l’idée, il était encore plus déterminé à ne pas s’arrêter en si bon chemin. Elle le défia du regard, il lui répondit par un sourire signifiant un truc du genre « Tu va voir !».

Il mit un pied dans la douche. Il savait qu’il jouait avec la limite qu’il avait repoussée jusqu’à maintenant. Il perçu quelque chose dans le regard de Max qui le fit vibrer. Il maintint son regard sans ciller. Il luttait pour repousser le moment où il allait laisser cette chose s’emparer complètement de lui malgré les souvenirs qui dérivaient dans son esprit et l’enflammaient d’avantage. Il s’approcha encore, tendit la main pour atteindre le pommeau de douche mais elle fut plus rapide que lui. Elle l’agressa encore une fois. Le contact de l’eau glacée sur sa peau brûlante l’électrisa et elle cria une nouvelle fois victoire.

Il devait être un peu masochiste sur les bords, il ferma les yeux, resta un instant sous le jet, acceptant son sort tout en affichant un petit sourire satisfait. Il profita de ce répit qu’elle lui accordait pour se rincer la tête et virer l’œuf et le chocolat qu’elle s’était amusée à lui étaler sur le visage. Puis il rouvrit les yeux et l’attira contre lui. Elle ne pourrait pas éviter le jet d’eau si elle continuait de le tenir braqué sur lui. Le liquide vaisselle et le savon moussaient abondamment. Il frissonna de nouveau, sentant la peau de la jeune femme contre la sienne, ce qui le fit s’embraser de plus belle, lui faisant presque oublier la froideur de l’eau.

« D’accord, tu as gagné. » mentit-il de manière outrageusement éhontée tandis que sa manœuvre consistait à effacer toute trace de victoire car il ne s’avouerait jamais vaincu, même s’il fallait le reconnaître, Maxime s’était battue comme une vraie diablesse et lui avait mis sa misère. Cependant il ne le lui avouerait pas tout de suite, sauf si elle devinait son petit manège.
Sa victoire à lui, consistait à profiter de cet instant de bonheur idéal qu’il ne pouvait partager qu’avec elle. Personne d’autre ne pouvait lui faire vivre ça. Elle était la seule et l’unique à le rendre vivant, à le faire chavirer, à l’enivrer. Plus que tout, il la désirait.

Il lui sourit de son sourire le plus enjôleur et sans doute le plus sincère, puis déposa un baiser brulant dans son cou tout en remontant le thermostat de l’eau à une température raisonnable.
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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Dim 7 Avr - 21:58

Au lieu de râler, de l’insulter et de la menacer, Jeremy resta statique et ferma les yeux comme s’il se mettait à savourer l’eau glacé sur sa peau. Comme toujours, il la surprenait et la poussait à ressentir des choses qu’elle pensait incompatible avec son mode de vie. Ses paupières closes et son sourire énigmatique avaient quelque chose d’apaisant. Envolés la guerre et les cris, envolée l’envie de gagner à tout prix. Elle voulait juste rester là, à le regarder. À savourer sa présence. Il rouvrit les yeux mais ne rompit pas le charme pour autant. Il l’attira contre lui. Elle frissonna. L’eau glacé la fit hoqueter et le petit rire qu’elle laissa s’échapper tenait plus de la nervosité que de l’envie de relancer les hostilités. Une fois de plus, il l’avait totalement désarmée. C’en était presque agaçant tant il le faisait avec facilité. Son sourire, sa peau contre la sienne. Il ne manquait que son odeur, actuellement camouflée par un mélange chaotique de produit divers et variés. Dommage. Elle aimait son odeur. Peut-être que s’il la laissait se nicher dans son cou, elle la retrouverait, cette odeur rassurante, enivrante, qui lui faisait tout oublier. Est-ce que l’eau glacée la laverait de tous ses crimes ? Effacerait-elle ses blessures, la balle de son épaule, la cicatrice circulaire qui barrait son ventre ? Non, probablement pas. Mais, elle pourrait repousser quelques temps encore ses vieux démons, ceux qui la dévoraient depuis quelques temps maintenant. Elle pourrait faire semblant de les ignorer. Un répit. C’était tout ce qu’elle demandait.

Elle avait gagné. Ah oui, vraiment ? Parce que, tout de suite, elle n’en avait plus vraiment l’impression. Cet aveu sonnait étrangement et Maxime plissa les yeux comme pour le jauger. Devait-elle le croire sur parole ? Elle en doutait sérieusement. « Juste comme ça ? » demanda-t-elle, troublée. « Je t’ai connu plus combatif. » Elle aurait su répondre à n’importe quoi mais pas à ça. Les mots lui échappaient. Désarmée. Encore. Toujours. Foutu Jeremy qui pouvait à sa guise la manipuler et la mener par le bout du nez. Il savait comment faire, l’avait toujours su. Quelle manigance cachait-il encore ? Et son sourire, que dissimulait-il ? Elle soutenait son regard, par habitude et par nature mais quand il se pencha sur elle pour capturer son cou, elle se sentit brûler. Pour ne pas succomber au vertige, elle serra plus fortement ses doigts autour du pommeau de douche et se mordit la lèvre. Jeremy visait juste. Entre son cou et sa clavicule. Un endroit stratégique chez elle.

Où s’arrêtait le jeu ? La frontière était floue, peut-être trop. La température de l’eau remonta doucement. Elle laissa glisser sa main sur la hanche de Jeremy, puis dans son dos, collant son front à son torse. S’il la manipulait pour gagner la partie, tant pis. Mais qu’il lui laisse quelques secondes de bien-être et d’oubli. Avant lui, d’autres l’avaient touchée, goutée, prise dans leur bras. Mais, pas comme ça. Le moindre de ses gestes, ses sourires, ses caresses, tout ça sonnait juste, provoquant un écho chez elle. Les autres ne comptaient pas, n’avaient aucun sens. Brusquement silencieuse, elle écouta les battements de son cœur, se concentrant sur leur musique. Pendant quelques secondes, elle eut une certitude, elle qui n’en avait aucune : elle était à sa place. Ici. Maintenant. À moitié habillée sous le jet tiède d’une douche. Collée contre celui qui avait toujours été son double.

« T’es bien plus fort que moi. » Aveu à peine murmuré. Il l’avait toujours été, lui qui savait lâcher prise et s’excuser. Plus humain qu’elle, plus tolérant, moins agressif, moins violent, plus doux, plus sociable, plus compréhensif. Meilleur. Silencieuse toujours, elle glissa vers lui son autre main et lui tendit le pommeau de douche. En sommes, elle rendit les armes. Pour tenter d’alléger la soudaine gravité du moment, Maxime déclara d’une voix rauque, un peu tremblante malgré tout « Cadeau. C’est pas si drôle que ça de gagner contre toi. C’est trop facile. » Mentit-elle.

Maxime leva les yeux vers lui et soutint son regard sans plus aucun défi. Sans son masque de froideur, sans ses tentatives pour prendre le dessus, sans provocation orgueilleuse. Plus nue qu’elle ne l’avait jamais été. Plus sincère aussi. Plus fragile.

Je suis fatiguée de me battre. Ferme la porte de cette douche et serre-moi contre toi…

Les mots ne sortaient pas. Elle n’avait jamais su dire ces choses-là. Il suffisait d'un geste de la part de Jeremy, d'une caresse, d'un mot, d'un baiser. N'importe quoi. N'importe quoi et elle craquerait, cèderait à cette impulsion viscérale qui la poussait à désirer sa peau contre la sienne. Un désir de vie.
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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Lun 8 Avr - 21:37

Maxime paru surprise par ce soudain revirement de comportement, peut être s’attendait-elle à un nouvel assaut dans la lignée de ceux qu’ils s’étaient échangés jusqu’à maintenant, mais le jeu prenait une toute autre tournure... plus mature. C’était un des autres traits de caractère de Jeremy qu’elle lui connaissait et qu’elle était la seule à accepter sans poser de questions, que personne d’autre ne comprenait. Contrairement à elle, même s’il avait aussi ce côté têtu et un égo mal placé, l’ambivalence de ses sentiments le rendait parfois tout aussi imprévisible qu’elle, à sa manière. Il était constamment animé de sentiments et d’émotions contradictoires et il agissait et réagissait en fonction de celles qui prenaient le dessus. Son esprit combatif était toujours présent, mais autre chose semblait vouloir tout à coup le mettre en sourdine.

Il n’avait pas de réplique à lui soumettre, ni même d’explication à formuler. En guise de réponse à ses interrogations, il l’embrassa sans le cou, avec douceur et il senti sa beau brûlante au contact de ses lèvres. Il y avait de grandes chances pour qu'elle cède, c'était ce qu'il cherchait.
Elle, elle l’avait désarmé depuis un moment déjà. Il savait qu’il ne gagnerait pas à ce jeu-là contre elle, car elle avait toujours été plus forte que lui, plus hargneuse, plus teigneuse et plus têtue aussi. Elle avait toujours le dernier mot, et s’il ne lâchait pas prise à un moment donné, le combat pouvait durer une éternité étant donné qu’elle ne savait pas s’arrêter. Il jouait pour le plaisir, mais ce n’était pas son objectif de prendre le dessus d’une quelconque manière que ce soit au contraire. Il aimait la provoquer, la taquiner, lui donner de l’élan pour la voir partir au quart de tour, elle était comme ça Max, impulsive et joueuse, c’était ce qu’il aimait chez elle. Même si elle s’acharnait à dissimuler ce qu’elle était réellement, il la voyait au-delà des apparences qu'elle se donnait, sans la juger ni la condamner, car au fond, il la comprenait mieux que quiconque. Ce n’était pas pour rien qu’il la considérait comme son alter ego.

Ce qu’il préférait, c’était arriver à comprendre et à interpréter les signes, à connaître ce qu’il y avait sous son masque qu’elle ne portait quasiment plus avec lui, à parvenir à la calmer, à apaiser cette colère et cette haine qui l’habitaient en permanence. C’était le défi qu’il s’était fixé la première fois qu’il l’avait vue, il lui avait fallu du temps et de la patience pour qu’elle lui accorde sa confiance et bien plus encore. Y penser lui donnait le vertige, tout comme la main qui glissait en ce moment même le long de son dos. Sa peau frémissait sous les doigts de la jeune femme. Elle colla son front contre son torse. Il la sentait s’abandonner un peu plus sous ses baisers et ses caresses. Il continuait de l’embrasser le long du cou, remontant en douceur jusqu’à son oreille, quand elle lui murmura ce qu’il prit pour une capitulation. Elle reconnaissait qu’il était le plus fort, voilà qui aurait du flatter son égo, cependant ça ne résonnait pas sur ce ton là aux oreilles de Jeremy.

« Pas vraiment. » avoua –t-il dans un souffle.

Elle était celle qui lui conférait cette force mais également sa plus grande faiblesse. Il le lui avait déjà avoué quelques mois plus tôt. Il s’était damné à essayer de mettre de la distance entre eux afin de la protéger des magouilles dans lesquelles il trempait. Quelle connerie ! Il n’avait jamais pu se résoudre à se détacher, même si sa raison lui avait intimé le contraire. C’était plus fort que lui et ça ne s’était pas arrangé avec les récents évènements.

Max alia le geste à la parole et rendit les armes. Il lui prit le pommeau des mains et, toujours avec ce petit sourire aux lèvres, il l’accrocha au socle contre le mur.

« Vantarde ! » lâcha-il sans raillerie avant d’abdiquer officiellement à son tour. Il cédait tandis qu’il croisait une nouvelle fois son regard, lourd de sens. Ils désiraient la même chose, partageaient le même je ne sais quoi qui les avait déjà conduit sur ce terrain glissant la dernière fois. Au diable la raison, les questions, les explications. Il voulait profiter cet instant d'ivresse et de bien-être hors du temps, avec elle. Il la serra plus fort contre lui et l’embrassa de nouveau avec fougue, comme s’il avait entendu le fond de ses pensées. Elle n’avait pas besoin de les formuler.

Plus tard dans la soirée, l’appartement était redevenu calme. Il subsistait des traces de la bataille qui avait éclaté dans la cuisine. Un carrelage maculé de coca, de liquide vaisselle, d’œufs écrasés, de chocolat coagulé, une pauvre pizza refroidie oubliée dans un coin, bref, un beau désastre ! La salle de bain n’était pas bien mieux, de la flotte partout, des vêtements trempés abandonnés n’importe où, jusque dans la cabine de douche. La chambre adjacente à la salle de bain semblait être restée une zone de paix. Jeremy caressait tendrement l’épaule de Max, lovée contre lui. Ils savouraient encore ces instants de félicité. Elle lui avait manqué.

Le ventre du jeune homme brisa le silence.

La trêve était toujours en vigueur, mais pour combien de temps encore ?
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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Ven 12 Avr - 21:56

Tout est flou. Plus rien n’existe. L’eau continue de ruisseler sur leurs corps mais Maxime ne la sent plus. Ce n’est plus qu’un détail sans intérêt. Chair, peau, lèvres. En un baiser, Jeremy efface les doutes et les dernières barrières de retenue. Ses doigts font disparaître les blessures, estompent les cicatrices, déclenchent un incendie. Au bord du gouffre, il la ramène en arrière, la ramène à la vie. S’enfonce dans le précipice avec elle. Gagner ou perdre. Gagner et perdre. Je m’en moque. Je m’en moque. Si tu savais comme je m’en moque. Tout se mélange. Je, tu, il. Passé, présent, futur et subjonctif. Conjugue-moi à tous tes modes. Sur un mot de toi, je disparais, renais, m’effondre, m’écrase, me relève et flamboie. Quand plus rien n’existe, les pensées se dissolvent, évanescentes. Ne reste alors que le corps pour te dire ce que mes lèvres scellent toujours. Les mots n’ont jamais rien valu. Ils sont pauvres, maigres, insignifiants et trompeurs. La réponse de ton corps vibrant contre le mien et tes regards en abysse sont les seuls serments que je saurais accepter. On s’entraîne dans cette chute. Inconscients. Illogiques. Déraisonnables. Incapables de faire marche arrière. Ivre de l’autre. Indissociables. Fuis-moi tant qu’il est encore temps mais ne m’abandonne pas. Ces putains de montagnes russes qui donnent le vertige. Cette impossibilité de te lâcher. Garde-moi. Protège-moi. Etouffe-moi.

Bien sûr que si, tu as toujours été plus fort. Jeremy, tu tisses entre tes doigts cet endroit qui n’existe pas et n’appartient qu’à nous. Comme un oasis de liberté et de sécurité, un foyer chaleureux où les mots n’ont pas lieu d’être. Tu es mon évidence. Mon autre, autant que mon moi.
Mon éternité qui ne dure qu’un instant.
Fugace.
Durant lequel tout semble faire sens et avoir sa place.
L’absolu, sans concession ni demi-mesure.

Et ce retour à la paix, au silence tendre. Les yeux à demi-clos, elle s’était lovée contre Jeremy avant de somnoler, bercée par les caresses sur son épaule. Pour rien au monde, ils ne justifieraient leurs actes. Parler aurait été trop risqué, brisant le cocon fragile qui les entourait. Rien ne semblait pouvoir les atteindre. La pénombre laissait pourtant entendre qu’il fallait être prudent, marcher à pas de loup, respecter le secret qui s’était installée, au risque que l’un des deux ne fuient. Plus probablement, elle. Quoi qu’il put en être capable, sur un coup de tonnerre.

La réalité les surprit quand l’estomac de Jeremy se révolta, se lançant dans une symphonie de la faim. Maxime sursauta presque, comme prise en faute. Elle étendit paresseusement ses bras de par en par de Jeremy et s’étira. Indolente et nonchalante, à la manière des chats. Son bâillement silencieux se fit le témoin de son état de délassement. Les avant-bras croisé sur la poitrine de son double, elle lui lança un regard à moitié accusateur. Après tout, il la dérangeait, sans aucun scrupule, et l’empêchait de profiter de cet instant de paix.

« Tu pourrais quand même faire l’effort de respecter la feignasserie des autres. » Maxime fit claquer sa langue contre son palais, désapprobatrice et hissa son visage vers le sien. « Aucun respect. Je t’ai déjà dit que t’étais chiant ? » Réflexion purement rhétorique. Elle devait lui avoir dit un milliard de fois, et pas nécessairement de façon aussi polie. Elle déposa un baiser à la commissure de ses lèvres, plus douce et démonstrative qu’elle ne l’était d’ordinaire. L’instant s’y prêtait simplement. La trêve était toujours d’actualité. « J’vais chercher la pizza. »

La faim s’était rappelée à leur bon souvenir. Elle avait de toute manière une urgente envie de pisser qui la forcerait à se lever à un moment ou à un autre. Considérations bassement physiques après tant de lyrisme. Maxime attrapa un tee-shirt qui ne couvrait que relativement mais qui devrait faire l’affaire. La nudité ne la dérangeait pourtant en rien. Elle s’extirpa paresseusement du lit et fit un passage rapide aux sanitaires avant de se diriger vers la cuisine. Cuisine devant laquelle elle s’arrêta en levant les yeux vers le plafond. Bon dieu de bon sang de bordel merde. Y avait-il eu un tsunami ? Elle désespéra en constatant l’état du sol mais ne put réprimer un sourire. Incroyable le bordel monstre, qu’à deux seulement, ils étaient capable de créer. Ses pieds nus parvinrent à conserver un certain équilibre sur le sol glissant et Maxime glissa la pizza dans le micro-onde (sans couvercle, évidemment) en tentant d’ignorer le champ de bataille environnement. Puis, suivant un instinct stupide, elle fit quelques pas en arrière, laissant ses traces de pas partout et empoigna son téléphone portable.

Elle envoya un sms à Jeremy, manquant d’insulter les touches du clavier tactile quand celles-ci ne répondaient pas parfaitement à ses attentes.

Je suis rentrée. Tu m’as manqué.

Subitement, elle effaça toutes les lettres et recommença.

Si tu tiens à goûter à cette pizza, il vaudrait mieux que tu bouges avant qu’elle n’ait mystérieusement disparu. Hésitation. PS : Je suis rentrée.
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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Sam 13 Avr - 10:15

Douce ivresse infiniment sublime, instant de bonheur irréel et fragile, happé par le doux parfum si familier de l’âme sœur, partager l’euphorie dans laquelle rien n’est dit, tout est permis, se dissoudre, s’abandonner, sombrer en toute quiétude, se libérer et vivre ! Laisser place à l’extase et l’apaisement, avoir le sentiment d’avoir fait un doux rêve duquel on ne veut pas s’extirper, ne pas avoir envie de revenir à la réalité, vouloir que cet instant se prolonge encore et encore, être en sécurité, se sentir enfin complet et comblé, te sentir contre moi et ne penser à rien d’autre, profiter, être bien…

Et il avait fallu que la faim se manifeste et vienne tout gâcher. Le grondement de son ventre avait remis en route le cerveau de Jeremy qu’il avait enfin réussi à débrancher depuis des mois. Somnolent à moitié, il sursauta légèrement. Foutu instinct de survie !
Son cœur se remit à tambouriner comme s’il avait été pris en flagrant déli de laisser aller. Il avait peur que le charme ne se brise et qu’il ne lui reste plus qu’un doux souvenir agrémenté d’une pointe d’amertume de s’être si vite envolé. La fragilité de l’instant était telle qu’il avait peur que la moindre perturbation ne vienne le briser et ne le fasse disparaître ce qui provoquerait chez lui à cet instant, un profond sentiment de frustration, tout comme celle que pourrait ressentir un gamin à qui l’on aurait retiré prématurément le plus beau cadeau de noël de ses rêves.

Inconsciemment, il bloqua sa respiration. Son ressenti semblait s’être insinué jusqu’à Maxime qu’il avait sentie se raidir également, en parfaite symbiose. Sans s’en rendre compte, ni même se l’être formulé ne serais-ce qu’en pensés, il appréhendait sa fuite.

Elle s’étira, telle un félin, et l’accusation qu’elle proféra à son encontre le soulagea. Il se détendit et soupira en souriant. Il ne trouva rien à redire à ça. Il aurait bien feignassé encore un peu aussi, maudissant lui-même son ventre de lui rappeler qu’il n’avait presque rien mangé à midi et qu’il était inconcevable de le priver également du repas du soir. Comme si les besoins physiologiques pouvaient avoir une quelconque importance à un moment pareil !

Il détailla dans l’obscurité le visage de la jeune fille qui le surplombait. Il était emprunt d’une douceur à peine discernée qu’il ne lui connaissait que trop peu, qu’il chérissait et lui était réservé, il le savait, ou du moins, il espérait secrètement en posséder l’exclusivité. Il préférait ne pas imaginer Maxime avec un autre, cette idée remettrait trop de choses en questions et le dérangeait viscéralement. Il se sentit fondre encore une fois, plus vulnérable que jamais. Elle ne se rendait pas compte de l’emprise du pouvoir qu’elle exerçait sur lui.

« Ouai ! Mais surement pas autant que toi ! » renchérit-il dans un sourire tandis qu’elle déposait un baiser sur ses lèvres.

Il la saisit par la taille, entrepris de la faire basculer sur le côté, lui dérobant un autre baiser mais elle se dégagea simplement afin de satisfaire leur appétit. Elle se leva, il la suivit du regard. Elle était féline, emprunte d’une certaine sensualité, marquée par les rudes épreuves qu’elle avait traversées. Aucun détail n’avait échappé à l’œil expert du français. Il regrettait de ne pas avoir été là quand c’était arrivé, animé par son côté protecteur, comme s’il aurait pu y changer quelque chose ou encaisser les blessures à sa place. Maxime était comme sa propre chair, et même plus à ses yeux. Il avait peu de considération sur ce qui pouvait bien advenir de lui-même, mais ne tolérait pas que quelqu’un la fasse souffrir. La vie ne lui avait pas fait de cadeau et il s’était juré inconsciemment, (ou consciemment d’ailleurs, car c’était une évidence), de faire tout ce qui était en son pouvoir pour la rendre heureuse.

Elle enfila un de ses t-shirts qui trainait par là. Il la suivit du regard jusqu’à ce qu’elle disparaisse dans l’encadré de la porte, se laissa retomber sur le dos, porta ses mains à son visage, s’interdisant d’analyser les pensées désordonnées qui dérivaient dans sa tête au risque qu'elle ne lui reflètent ce qu'il refusait d'admettre. Il s’étira et fut soudain pris d’une envie de s’allumer une clope. Malgré la flemme de bouger son auguste postérieur, il se redressa et se leva, en quête d’un caleçon, son paquet de clopes était dans la poche de sa veste, restée dans le salon bien entendu, et il ne se voyait pas demander à Max de le lui envoyer bien qu’elle aurait probablement partagé cette idée avec lui. Elle aurait été en droit de l’envoyer chier et il ne voulait pas relancer les hostilités si vite. Il lui fallait d’abord émerger de sa léthargie.

« Bip bip ! » retentit la sonnerie de notification des sms sur son portable tandis qu’il semblait re-découvrir l’ampleur des dégâts que des gamins avaient commis dans la cuisine.

« splotch »

« Et merde ! » grogna-t-il alors qu’il venait de marcher dans l’espèce de flaque multifluides difficile à éviter pour atteindre le salon, et la poche de sa veste par la même occasion.
Qui pouvait bien lui envoyer un texto à cette heure-ci ?

« M’en fous, ch’ui pas là » marmonna-t-il dans sa barbe, suivant les traces de pas laissées par Max quelques minutes plus tôt.

« Ding !» marqua la sonnerie du micro-ondes qui annonçait l’imminence du repas.

Il fouilla dans sa veste, sortit son paquet de clopes, en porta une à ses lèvres, chercha son briquet au fond de sa poche, celui-ci s’était encore fait la malle, il trouva son mobile à la place. Vue qu’il l’avait dans les mains, la curiosité l’emporta, ne serais-ce qu’une seconde, pour savoir qui lui envoyait un message aussi tard. Il y avait neuf chances sur dix pour qu’il ne daigne même pas le lire en fonction du destinataire qui avait osé le déranger dans son intimité. Il appuya sur le bouton afin d’allumer l’écran et fut surpris de voir que le message provenait de Max. Il la chercha du regard, et lui lança avec malice :

« Je crois que je viens de recevoir ton pigeon voyageur ! »

Tout en lisant son message, il farfouilla de nouveau dans ses poches en quête de ce foutu briquet. Puis, ne le trouvant pas, il laissa retomber l’appareil de haute technologie dans sa poche, ensuite, il se hissa dans le dos de Maxime, ôta sa cigarette de ses lèvres avant de l’enlacer tout naturellement, d’un geste qu’il avait fait maintes fois et qui la faisait si délicieusement rager du temps du domaine où elle supportait encore difficilement les approches tactiles de Jeremy.

« Sans blague ! J’avais pas remarqué. »

Il enfouit son visage dans son cou au cas où il lui prendrait, cette fois aussi, l’envie de râler et de l’envoyer bouler, y déposa un baiser avant d’ajouter sur un ton à la fois suave et espiègle :

« Ca explique le raz de marrée qui s’est mystérieusement produit ici… » fit-il, montrant d’un signe de tête le bordel qui régnait dans la cuisine. Ses propos avaient un double sens bien entendu, c’était voulu. Quel con ! Il tendait le bâton pour se faire battre alors que son estomac criait toujours famine et qu’il n’avait toujours pas remis la main sur cette saleté de briquet ! Mais c'était plus fort que lui.
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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Mer 17 Avr - 15:47

Je suis particulièrement fière de mon texto. Ça m’amuse, même si mon attitude doit plafonner aux quatorze ans d’âge mental. Je suis une ado. Jeremy me transforme en ado. En être humain. Et merde, faut que je remédie à ça dans les minutes à venir ou ma réputation certifiée pure sang de teigne va en prendre un coup. Remarquez, on peut voir les choses sous un autre angle. C’est ce qu’il y a de bien avec les changements de points de vue et les théories de l’absolue relativité, on peut tricher sur nos intentions. Exemple : je pourrais tout aussi bien jouer les gamines pour endormir la méfiance de Jeremy avant de l’abattre d’un coup sec derrière la nuque, façon ninja. Autre exemple : peut-être que je cherche simplement à jouer avec ses nerfs et à le surprendre, parfaitement consciente qu’il est plus qu’habituée à mes coups de gueule et à mon caractère de merde. Voilà comment je peux regagner mon titre d’héroïne : SuperGrognasse. Je ne porte pas de collants par dessus mon slip, ni de super talon haut rouge et bleu. Mon truc c’est plutôt les jeans et les tee-shirts piqués à mon colocataire.

Il faut que je mange. Mon cerveau doit avoir totalement disjoncté. J’ai faim. Ça doit être pour ça que je suis aussi mollassonne, en mode gros chat apprivoisé. La preuve en ait que je me surprends à sourire quand j’entends Jeremy ronchonner. J’éprouve un plaisir mesquin à l’entendre râler. Aurait-il marché dans une flaque ? Bien fait pour lui. Je le trouve tellement plus sincère dans ces moments-là. Râleur en caleçon. Gamin qui se plaint. J’aime aussi assez le fait qu’il soit indisponible pour les autres. Je suis assez d’accord, de toute façon. C’est pas une heure pour envoyer un texto. Qu’on nous foute la paix jusqu’à au moins demain midi. Voire demain quatorze heures trente. Pourquoi cette heure-là ? J’en sais rien. J’ai faim. Quand est-ce que cette foutue pizza va-t-elle enfin être réchauffée ? Je m’impatiente et l’idée de la bouffer froide m’effleure l’esprit. Mon pigeon voyageur ? Je lui tire la langue dans une grimace des moins élégantes possibles. « Tu vois je t’avais dit qu’il s’était paumé en chemin. » Mon âge mental vient de perdre encore une ou deux années. Chiotte. Il faut que j’avale un truc. Je me campe devant le micro-onde, bien décidé à le faire se presser par la seule force de mon esprit.

Mais, ô, que vois-je au bout des lèvres de Jeremy ? Une cigarette… Mon envie de fumer remonte en flèche et je constate que mon pauvre paquet a subit les dégâts de notre guerre. Merde. Pour la première fois de la soirée, je regrette presque ce bordel intersidéral qui m’a coûté toutes mes clopes. Si je les mets au micro-onde, ou que je les passe au sèche cheveux… Peut-être que… Non, mauvaise idée. D’un autre côté, survivre sans nicotine n’est simplement pas envisageable. Jeremy devient tout d’un coup foutrement sexy. Je veux dire, encore plus qu’en temps normal. Du moins, les quelques fois où il ne joue pas à me taper sur le système nerveux et où je suis d’assez bonne humeur pour me laisser aller à l’admettre. Deux facteurs rarement présents au même moment. Il m’enlace. Je me laisse faire. La première fois qu’il a eu ce geste, je me rappelle avoir envoyé ma tête en arrière et l’avoir menacé de lui péter le nez s’il s’avisait de recommencer. Comme si le fait que je sois hargneuse allait l’arrêter. Il avait recommencé. Plusieurs fois. Non sans écoper parfois de quelques claques, coup de poing, tirage de cheveux, morsure, griffures, au choix. Ses souvenirs m’arrachent un sourire et je suis contente qu’il ne puisse pas le voir à ce moment-là. Je ne veux pas oublier tout ça. Notre passé. La façon dont on a finit par s’apprivoiser. Je ne veux pas oublier que peu à peu, j’ai entrevu un espoir. Peut-être qu’il existait des gens en qui on pouvait avoir confiance. Pas des gens. Une personne. Une seule…

Bon, elle en est où cette pizza ? Je la sors enfin du micro-onde et entreprend d’en couper une part au couteau. Mes deux mains gauches ne sont pas franchement un atout dans ma quête de nourriture mais j’ai bon espoir de réussir à extraire ma part de cette foutue pizza !

Ma patience s’effrite, je sens que je m’agite. D’autant plus que le bougre se fout ouvertement de ma gueule. Je m’apprête à l’envoyer copieusement chier mais il me devance et tente de me désamorcer. Je réagis mollement en lui balançant un coup de coude, sans pour autant le repousser. La sensation de sa proximité a quelque chose de doux. Je me sens… bien ? Est-ce bien là le mot adéquat ? Peut-être… Qu’il reste encore un peu. Mais qu’il me laisse râler… « Tu te démerderas pour couper ta part. » dis-je en portant la mienne à ma bouche, sans pour autant lui laisser suffisamment d'espace pour accéder à notre plat de ce soir. Bonté divine, sacro saint dieu de la bouffe, ce que ça fait du bien. Pas meilleur qu’une clope mais tout de même. Et là, dans mon oreille, j’entends cette phrase qui me laisse pantoise.

Jeremy, Jeremy, Jeremy…
Tu peux pas t’empêcher de chercher la merde, n’est-ce pas ?

Je savoure lentement ma bouchée, en prends une autre rapidement, sans avoir la moindre réaction. Mon estomac d’abord, la réplique ensuite. Je pose soigneusement ma part sur le côté, et entreprends d’en couper une seconde que je destine à mon double. Je sais qu’il se méfie de moi à cet instant précis. Il me connaît trop bien pour ne pas se douter de ce qui lui pend au nez. Ma seule chance est qu’il soit surpris par mon manque de réaction. Après une seconde bataille contre la pizza - bien plus courte que la première, à croire que je m’améliore -, je me retourne face à lui. Avec douceur, j’extirpe la cigarette de ses lèvres, en profite pour lui voler un baiser (tactique fourbe numéro deux) et loge mon butin derrière mon oreille. Elle est à moi, je me la réserve pour plus tard. Je la mérite bien parce que je me trouve particulièrement sympathique ce soir. Ce qui n’est pas le cas de Jeremy. Je passe ma main libre autour de sa taille pour me rapprocher plus encore (tactique fourbe toujours.). Je profite au passage de son contact contre moi, je sais maintenant que ça ne va pas durer. Je fais mine de lui tendre la part de pizza qui lui revient de droit. Il meurt de faim, lui aussi. Un éclat malicieux s’allume au fond de mes yeux et je n’arrive pas à réprimer un sourire mauvais. Jeremy a sans doute repérer ma manœuvre. Il faut que j’agisse vite. Et paf.

Oui, Oui, Oui !!!
Paf la Pizza dans la tronche de Jeremy. C’est un nouveau jeu très en vogue et que je trouve personnellement très drôle. Suffisamment pour rire, en tout cas. J’étale la sauce tomate sur sa joue.

« Oups, j’ai raté ta bouche ! »

Quel dommage, hein ? Je ne m’en veux même pas un tout petit peu. Je ne regrette pas du tout. Il l’a bien mérité.
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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Ven 19 Avr - 9:51

Au diable le briquet quelques secondes, le temps de charrier Maxime parce que c’était trop tentant. Risqué, mais tentant. Cependant, à trop jouer avec le feu, il finirait par se brûler, il en avait conscience, mais ça faisait partie du jeu. Sinon, ils n’auraient pas été eux.
Elle n’avait pas repoussé Jeremy lors de sa nouvelle tentative d’approche comme il s’y était un peu attendu. Peut être que ce qu’il venait de se passer entre eux y était pour quelque chose ? Non, c’était impossible ! Ca ne devait pas interférer. Rien ne devait changer. Le français était en proie au doute, mais il continuait de faire comme si de rien n’était. Il l’avait embrassée dans le cou afin de prendre les devants car elle devait réagir, c’était O-BLI-GE ! Il avait besoin de ça pour retrouver son équilibre, s’assurer que tout était toujours à sa place, qu’elle était toujours elle, qu’il était toujours lui. C’est pourquoi il n’avait pu s’empêcher de la taquiner pendant qu’elle se débattait avec la pizza. Elle le rabroua, lui intimant qu’il fallait qu’il se démerde tout seul s’il voulait manger. Premier point positif. Il fallait pour cela qu’elle lui libère l’accès au plan de travail, mais elle n’était pas décidée à lui laisser ce loisir, surtout après la perche qu’il lui avait tendue. Enfin bref… voilà ce qu’il attendait.

Elle n’eut pour seule autre réaction, qu’un léger coup de coude. Jeremy prévoyait un enchaînement de combos qui ne vint pas tout de suite. C’était trop étrange qu’elle ne saisisse pas l’opportunité qu’il lui offrait, trop occupée à découper la pizza. Trop louche pour être honnête. Il la savait imprévisible, c’était justement pourquoi il restait sur ses gardes. Elle était bien capable de feindre le déni pour mieux contre attaquer ensuite. Secrètement, il l’espérait.

Elle lui piqua sa clope. Ca y est, elle réagissait enfin ! Tout était en ordre. Il se sentit soulagé, vira les quelques doutes qui s’étaient sournoisement insinués en lui. Le deuxième round pouvait commencer, il était prêt.
Elle se retourna, lui vola un baiser qui le surpris légèrement mais pas autant que le fait que ce soit elle qui entreprenne de réduire encore la distance qui les séparait. Jeremy la fixa droit dans les yeux afin d’essayer de discerner à quel jeu elle était en train de jouer. Il s’attendait à tout.

Sentir son corps contre le sien, ravivait ce sentiment non identifié, ce bien être partagé, les caresses, ces échanges de douceur, la trêve était-elle toujours de rigueur ? Il en doutait, il l’avait lui-même rompue plus ou moins volontairement.
Puis il y eut la part de pizza qu’elle lui destinait, cet éclair dans ses yeux, le sourire si singulier qu’elle affichait quand elle préparait un mauvais coup…Trop tard…la garce ! Elle ripostait fort !

« Ptain ! Tu fais chier !... » bougonna-t-il d’un ton faussement las. Dissimulant à peine le petit sourire satisfait qui venait de poindre sur ses lèvres.

Même si se prendre un morceau de pizza n’était pas vraiment la réponse qu’il espérait. Cétait Maxime, son alter-ego, toujours aussi imprévisible et puérile. Tout était juste et à sa place.

« C’est pas du jeu ! » râla-t-il, saisissant rapidement la part de pizza des mains de son double tandis qu’elle s’amusait à lui étaler la sauce tomate sur la joue.

Jeremy ? mauvais joueur ? point du tout ! Non seulement elle venait de lui piquer sa clope, ça à la rigueur, il s’en foutait, il partageait et il y en avait encore dans le paquet qu’il avait laissé sur la chaise. Par contre, il avait la dalle et il devinait qu’il n’allait probablement pas pouvoir manger (tranquillement) ce soir. Il s’enquilla la part de pizza. Il avait faim, il n’allait quand même pas gâcher.

Ca la faisait marrer, il l’avait cherchée et n’avait obtenu que ce qu’il méritait quelque part, même si sa fierté lui disait que la réponse était quelque peu disproportionnée. Il n’avait pas l’intention de la laisser s’en tirer à si bon compte. Il glissa sa main dans son dos, la serra un peu plus fort contre lui, afficha un sourire narquois et lâcha entre ses dents :

« Moi je vais pas te rater par contre ! »

Il tenta d’attraper le reste de la pizza. Une lutte acharnée s’engagea.

Lancé de dés :

Attaque précise : Jeremy parvint par un tour de force à s’emparer de la pizza et à la flanquer sur Max.
Attaque imprécise : Max se débat comme une tigresse, elle empêche Jeremy de mettre son plan à exécution, et ils se retrouvent tous les deux avec de la Pizza partout.
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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Ven 19 Avr - 9:51

Le membre 'Jeremy Stenson' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Précision attaque' :
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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Lun 29 Avr - 19:45

JE fais chier ? Sérieusement, quel culot ! L’hôpital qui se fout de la charité mon pauvre garçon. Rétablissons les faits, tu veux bien. TU viens m’emmerder quand je bouffe, te foutre de ma gueule, me tendre une perche aux allures de pont bien solide et après tu te plains ? Râle autant que tu veux, je m’en fous. Je suis fière de ma connerie et je l’assume totalement. Mais, comme je suis bonne joueuse, je le laisse me piquer ma pizza et l’engloutir en deux bouchées. Un jour, il faudrait qu’on fasse un concours tous les deux sur qui peut engloutir le plus rapidement un maximum de nourriture. Je suis sure que je gagnerai. Probablement en trichant, mais il ne sera pas écrit dans les règles qu’un coup dans les tibias est prohibé. Je le sais parce que je dicterai les règles. Question de principe.

« « C’est pas du jeu » ? Ah oui, ça, c’est un putain d’argument. Tellement bien construit que je trouve rien à répondre, chapeau. Je m’incline. » Non, je ne me moque absolument pas. L’ironie est un mode de communication comme un autre. « Ceci dit, la sauce tomate te va incroyablement bien au teint. » D’ailleurs, comme je l’en ai barbouillé allègrement. Il en reste sur mes doigts et c’est son cou qui en pâtit. Je les essuie sur sa peau. Il n’est plus à ça près. Qu’est-ce-que je risque de toute façon ? Qu’il me gueule dessus ? Je m’en accommoderai. Qu’il me fasse la tronche ? Pour si peu, ça ne durerait pas bien longtemps. Je baisse la tête et glisse la cigarette entre mes lèvres. Il faut que je fume. Parfois, la confiance que j’ai en lui m’effraie et frôle la prétention ou la folie. Je sais qu’on ne peut compter sur personne et que les êtres humains sont égoïstes et imprévisibles. J’en suis consciente car je le suis également. Jeremy est arrivé à me faire croire qu’il serait toujours là, comme un pilier à ma vie bancale. Quoi qu’il arrive, il sera là. À chaque fois que cette certitude m’étreint, ça me fout le vertige et je me traite de pauvre conne. J’ai pas le droit de lui demander ça et, pourtant, je le fais continuellement sans avoir à le dire clairement. Je suis une connasse, une véritable connasse, doublée d’un caractère de merde et d’une incapacité maladive à faire la vaisselle, le ménage ou parler de moi. Franchement, je le plaindrais presque.

Dans cette minuscule cuisine où je suis en sécurité, je tends la main pour attraper mon briquet, en espérant qu’il sera suffisamment sec pour accepter de fonctionner. Je ne sais pas s’il a senti mon angoisse mais Jeremy m’attire davantage contre lui. La tête basse, je savoure et baisse presque la garde. Je savoure en m’invectivant. Il faudrait que je fuie. Je sais. Que je m’éloigne avant de le détruire. De tout foutre en l’air. J’ai un talent fou pour ça. J’agite le briquet et fait roule la pierre une première fois. Pas de flamme. Merde. Il est foutu ? Je vais pour une deuxième tentative quand il se met à parler. Le bougre. Je lâche le briquet et tente de faire volte-face. Je le pousse, je lui écrase le pied mais je ne suis pas suffisamment lourde ou vive pour que cela ne l’affecte plus que ça. D’un bras, il m’empêche de réagir convenablement et chope la pizza. Merde, merde, merde ! Je sais ce qui m’attend. Dans un sursaut d’énergie je mord le bras qui me retient en espérant le faire céder. Insuffisant.

« Va chier ! »

La pizza me tombe sur la gueule.
J’ai du formage dans les cheveux, de la sauce tomate de la tête aux épaules, un ingrédient non déterminé a tâché ma cigarette et notre dîner de ce soir vient de terminer sa course sur le sol toujours pas nettoyé.
J’ai toujours faim.
Et, maintenant, je suis de mauvais poil.

D’un coup d’épaule ferme, je me dégage et recule d’un pas. Je le fusille littéralement du regard. « Balance-moi que je suis de mauvaise foi et je te fais cracher ta glotte ! » Je menace, je montre les crocs, et j’envisage sérieusement de lui jeter à la tronche tout ce qui se trouve à porter de mains mais pas par gentillesse ou par jeu. Il m’agace. Il m’énerve. Il me soule.

Il est hors de question que je daigne lui sourire ou radoucir mon expression.
Non.
Bordel, j’ai dit non.
J’ai lu quelques part que lorsque notre corps ne répond plus à la demande de notre esprit, c’est les prémisses de la folie. Je ne veux pas lui sourire, je veux l’engueuler et pourtant je sens le coin de ma bouche qui s’étire. Et si j’envoyais une assiette dans le mur ? Est-ce-que ce serait un message assez fort ? Voilà, je souris. S’il m’approche, par contre, je jure de lui en coller une. Quoi ? On se rassure comme on peut.

« Sérieusement, tu m’emmerdes. » Je voulais lui balancer ça avec toute ma hargne de teigne. Au final, si ma voix tremble, ce n’est pas de colère mais parce que j’ai envie de rire. Et j’ai même plus d’œuf à lui jeter. J’ai l’impression qu’on a utilisé quasiment toute les munitions possibles dans cette cuisine. Il faut que je trouve un truc pour me venger et vite. « Non, mais vraiment. Tu fais chier. J’ai faim. » Je continue à râler, j’ouvre un tiroir, en extirpe une boîte d’allumettes et peut enfin fumer. Je vérifie au passage le contenu du meuble : couteaux, fourchettes, petites cuillères. Je sais qu’on est un peu cinglés mais nous ne sommes pas stupides au point de faire un duel de petites cuillères ou de se jeter des couteaux. De toute façon, c’est bien connu, faut pas laisser les gosses à proximité des objets tranchants.

Si je n’avais pas ri à moitié. J’aurais pu lui faire croire que je faisais la gueule et exiger réparation en l’envoyant cherché à manger. Je doute qu’il aurait accédé à ma requête. Il m’aurait plutôt copieusement envoyé me faire foutre par un nain transylvanien. Ceci n’étant pas une expression mais la concrétisation de mon imagination tordue. Ça me prend parfois, il ne faut pas s’inquiéter.
Le temps que je l’engueule, la tension est un peu redescendue. Je me hisse une nouvelle fois sur le plan de travail, un peu trop près du robinet à mon goût mais, j’aime vivre dangereusement.

« Très bien Jeremy. » J’annonce d’entrée la couleur de ma voix éraillée et je le fixe. « Tu ne sauras pas quand, tu ne sauras pas où mais sache que je me vengerais et que ma patience sera sans limite quand il s’agit de faire de ta vie un enfer. » Oh là. Je m’enflamme tout en restant parfaitement sérieuse. « À la fac, au boulot, quand tu sortiras voir tes potes, dis-toi bien une chose. Je peux surgir à tout moment pour me venger. » Est-ce que je suis seulement crédible ? Pour qui me connaît, probablement pas. Tant pis, ça a eu le don de le concentrer sur ce que je dis et non sur ce que je m’apprête à faire. Lentement, je descends de mon perchoir et le contourne tout en le fixant dans les yeux, comme un boxer jaugeant son adversaire à la montée sur le ring. « Tu vas payer Jeremy, tu vas le payer très, très, cher ! » Je laisse passer un silence, je hausse les épaules. « Et comme tu le sais, je suis pas très patiente ! » J’ai presque hurlé cette dernière phrase en m’élançant dans le salon. J’ai un parcours précis. Salon – Chambre – Salle de bain – Placard – Mousse à raser.

Arme à la main.
Il va morfler.
Chez moi, la vengeance est un plat qui se mange chaud. Et s’il ne pointe pas le bout de son nez, je jure d’aller sauter sur son lit, d’en foutre partout et de lui pourrir sa chambre.

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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Mer 1 Mai - 19:20

Max se foutait ouvertement de sa gueule. Comme c’était étonnant ! Le sourire du français se crispa légèrement, il serra les dents, grandement démangé de lui faire ravaler ses paroles sur le champ. Cependant, sa bonne humeur ne s’en trouvait pas entachée. Il chercha à répliquer, mais fidèle à elle-même, la jeune femme enfonça le clou plus profond avant qu’il n’ai le temps d’en placer une. Elle cherchait la merde au moins autant que lui, elle n’allait pas être déçue du voyage ! Il pris sur lui, préparant sa vengeance. Il ne la lâchait pas du regard, un regard à la fois espiègle et sournois, son petit sourire en coin figé sur son visage tandis que Maxime s’amusait à lui étaler de la sauce tomate partout. Oh ! comme il allait le lui faire payer ! Il en jubilait presque d’avance.

Il profita de la diversion offerte par le briquet pour mettre sa vengeance à exécution. Elle se débattait, le mordit même ! Ce n’était pas la première fois, il en avait vu d’autres ! Elle vociféra. La pizza atteignit sa cible. Victoire ! Elle pesta une nouvelle fois, le fusilla du regard. Il se recula afin de se trouver à une distance sécuritaire au cas où elle se transformerait soudain en berserk puis afficha une mine satisfaite avant d’exploser de rire.

Il savait qu’elle allait lui en vouloir, elle était mauvaise comme une teigne. Mais il y avait quelque chose qui faussait son jeu. Elle avait beau jurer, l’insulter, il y avait une sorte de sourire qui semblait ne pas vouloir s’effacer de son visage, tout comme lui tout compte fait. Même si elle lui faisait les pires vacheries, cela faisait partie du jeu, et c’était son jeu préféré. Il ne pouvait pas s’empêcher de rire.

Elle continuait de râler. Lui aussi il avait faim et il n’en faisait pas tout un plat ! Il finit par calmer son fou rire, même si son sourire ne le quittait pas. Tant pis. Il retourna piocher une clope dans le paquet qu’il avait laissé sur la chaise quelques minutes plus tôt, récupéra les allumettes qu’elle avait négligemment jetées sur le plan de travail et alluma sa cigarette tandis qu’elle le fixait avec gravité. Des menaces ? Ca en avait tout l’air. Cependant il ne parvenait pas à reprendre son sérieux. Pour éviter de pouffer de rire et de discréditer son petit discours, il tira sur sa clope, afin de jouer le jeu. Elle était descendue de son perchoir, l’avait contourné et le fixait de nouveau dans les yeux. Un frisson lui parcouru l’échine quand elle lui annonça qu’elle allait lui faire payer très cher son affront. Il soutint son regard et ne pu s’empêcher de lâcher un :

« J’aimerais bien voir ça ! » d’un ton mielleux. Il n’attendait que ça.

Elle se mit à crier avant de s’élancer à travers le salon. Il la suivit du regard jusqu’à ce qu’elle disparaisse sur le seuil de la chambre. Jeremy sentit son sang ne faire qu’un tour et son taux d’adrénaline grimper en flêche. Il ne savait pas ce qu’elle avait en tête, mais il savait que s’il ne bougeait pas rapidement ses fesses, elle était capable de foutre l’appart à sac. Il écrasa sa clope dans l’évier puis se lança à sa poursuite tandis qu’elle le défiait depuis la salle de bain.

Il arriva en courant devant la porte ouverte de la salle de bain. Il y avait encore les traces d’un autre jeu auquel ils s’étaient adonnés plus tôt . De la flotte partout sur le carrelage probablement rendu glissant, des fringues détrempées abandonnés là, et maintenant, Max était armée de la mousse à raser. C’était amusant qu’ils se retrouvent de nouveau à jouer dans cette pièce, à croire que la jeune femme affectionnait tout particulièrement cet endroit. Cependant, même si la pensée lui avait traversé l’esprit, il s’abstiendrait de tout commentaire sur le sujet pour le moment.

« Je trouvais aussi que cette pièce était encore trop clean… C’est tout ce que t’as trouvé ? »

La provocation n’était peut être pas la meilleure arme dont il disposait. Mais il ne pouvait s’emparer du gel douche ou de quoi que ce soit d’autre tant qu’elle se tenait entre lui et une arme possible sans prendre des dommages au passage. Il avait bien une idée derrière la tête, mais il attendait de voir ce qu'elle lui réservait pour agir.
Pour l’instant, il y avait un point partout. Elle avait crié victoire sur le premier round, et il menait pour l’instant sur le deuxième. Par contre, ils n’avaient toujours rien mangé à part un petit bout de pizza chacun.

« Je suis pas sûr que ce soit très comestible ce truc ! » ajouta-t-il.

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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Jeu 2 Mai - 13:30

Je souris et jette un œil aux alentours. C’est vrai. La catastrophe que nous formons a fait pas mal de dégâts ici aussi. Je n’y ai pas prêté attention en entrant, trop pressé de me dégoter la mousse à raser, et tout à l’heure, j’avais la tête ailleurs. Deux secondes… Mais c’est qu’il me provoque, le merdeux ! Mes yeux se plissent instinctivement, se muant en deux fentes aussi félines qu’agressives. Je ne devrais même pas m’étonner de ce comportement. Jeremy est comme ça. Même s’il est en mauvaise position, son égo le pousse à jour les coqs de basse court ou les paons fanfaronnant. Ça ne prend pas avec moi. Je suis armée, lui pas. Point final. Même si, il me faut l’admettre, l’idée qu’il conserve son petit air de vainqueur m’horripile. Il pourrait avoir la décence de faire semblant, d’essayer de me convaincre de cesser mes conneries.
Sauf qu’alors, il ne serait plus lui-même.
Et qu’il me connaît trop bien.
Nous sommes deux gosses turbulents et nos jeux n’appartiennent qu’à nous.

La cigarette calée entre mes lèvres, j’expire la fumée et tout se trouble. Cet air de dominer sans avoir les cartes en jeux n’en pas propre à Jeremy. À son image se superpose celle d’Alexandre. Enfant du domaine. Traître. Alexandre à genoux clamant que je n’aurais pas le cran de lui tirer une balle dans la tête. Alexandre me défiant de sa position. Mes doigts se crispent sur le pulvérisateur et je dois faire un effort pour me rappeler que je ne suis plus là-bas. Je ne suis plus en France. Ces vieux démons qui me rongent peu à peu, je les enferme. Je ne suis plus là-bas et c’est Jeremy qui me fait face.
Je suis en sécurité. Tout va bien.
Pour quelques heures encore, je décide que rien ne pourra m’atteindre.
Je m’applique à sourire et à lui rendre la pareille.

« Et toi, à part ton sourire narquois et tes beaux discours, t’as de quoi te défendre ? » Mon souffle est un peu court et j’espère qu’il mettra ma mauvaise condition physique en cause. Malgré des progrès certains, je manque encore d’endurance et de force. Jeremy reprend la parole et sa voix achève de me ramener à notre présent. Mon mégot finit sa course dans le lavabo. « La faute à celui qui a ruiné la pizza. » Et, comme il m’a tenté. J’appuie sur le pulvérisateur en direction de son visage. Je ne sais pas si j’atteins ma cible ni si je suis parvenu à lui faire ravaler son sourire, avec, peut-être en prime, un peu de mousse à raser.

Encore une fois, je m’échappe en le contournant. J’ai toujours été un être de fuite, le courage n’a jamais été ma vertu principale. Certains pensent qu’il y a une certaine élégance, une grâce dans le fait d’être volatile et insaisissable. De l’intérieur, je peux vous dire la vérité. Ce n’est qu’une question d’angoisse et fragilité. La volonté de ne pas être rattrapé par quelque chose : les autres, son passé, le néant, ou tout simplement soi-même. Je n’existe pas réellement. C’est un fantôme. Je me hisse avec facilité sur son lit et entreprend de sauter dessus comme une gamine, ma bombe toujours dans la main. Mes pieds mouillés laissent des traces sur les draps. Le sommier grince sous mon poids, le matelas joue le rôle de trampoline. Je suis presque vivante. Je n’existe que pour ça, qu’à travers ça. Qu’il est fin, ce fil qui me rattache au monde réel et m’extirpe de ma propre démence. Fin, mais tenace.

Je continue de sauter. Je m’autorise même à rire. Et, je cède à ma vengeance. En tournant sur moi-même, je pulvérise de la mousse un peu partout. Celle-ci, légère, se pose se le lit, les murs, l’oreiller.

« Tu vas super bien dormir ce soir, non ? » Dans sa direction, je dresse fièrement mon majeur. « Tu me prives de bouffes, je te prives de sommeil. Ca me semble équitable, pas à toi ? »

La liberté a un prix : celui du bordel qu’il faudra ranger demain. Peut-être qu’il va me détester. Je lui tends la main et l’invite à monter sur le lit. Je sais qu’il peut se défaire de cette expression d’enfant grandi trop vite. Je sais qu’il est capable d’atteindre cet endroit où rien n’a d’importance en dehors de notre bulle. Malicieuse, j’incline une nouvelle fois la bombe en sa direction et je presse. Rien ne sort. Panique à bord. Mes yeux s’arrondissent, et malgré mon rire constant, je parviens à lâche un : « Merde. »

C’est le moment où il faudrait normalement que je me remette à courir, que j’aille trouver un terrain neutre pour ne pas risquer un retour de flamme. C’est ce que j’aurais sans doute fait si mon pied n’avait pas glisser sur la mousse.
Si je ne m’étais pas étalée sur le lit, mon coude cognant contre le mur et m’arrachant un cri.

Entendre le voisin tambouriner contre le mur. Et gueuler :

« C’est pas bientôt fini ce bordel ? »

Répondre instinctivement :

« Oh ta gueule ! »

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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Ven 3 Mai - 19:29

Les deux enfants terribles se défiaient mutuellement du regard. Jeremy bloquait la seule issue possible de la salle de bain et Maxime était armée de mousse à rasér. Une arme redoutable entre les mains de la pire chipie qui soit !

Le français était patient. Il attendait le moment où elle allait enfin se décider à lui pourrir le reste de la salle d’eau, ou bien connaissant la furie, ce n’était pas le mobilier qu’elle viserait. Ce serait au premier qui bougerait le petit doigt, même si Jeremy avait un avantage considérable, ce qui lui conférait cette arrogance éhontée et lui revaudrait certainement le titre de tricheur. Qu’à cela ne tienne ! Il adorait tricher et si elle avait su se téléporter, elle ne s’en serait pas privée !

Le regard de Maxime se voilà derrière la fumée de sa cigarette, elle semblait hésiter. Il n’était pas sûr d’avoir bien vu, ça n’avait duré que quelques secondes, mais il avait eu l’impression de ressentir une véritable haine et non pas celle qu’elle feintait de déverser depuis le début du jeu, sauf que ça ne prenait pas avec lui, c’était différent. Ils avaient une façon bien à eux de se détester mutuellement. Là, c’était autre chose. Sa véritable haine de teigne. Il fut pris d’un doute. Avait-il dit ou fait quelque chose qu’il n’aurait pas du ? Il essayait de lire entre les lignes, il était devenu expert avec les années, mais pas infaillible. Il ne pouvait lire que ce qu’elle lui laissait entrevoir. Son sourire se figea par habitude de dissimulation de sentiments ostentatoires. Il savait que ça ne servait à rien avec Max, mais elle lui foutait le doute malgré le sourire qu’elle s’évertuait d’afficher pour les mêmes raisons que lui.

« T’en fais pas pour moi ! » répondit-il pour sa défense avec une arrogance nettement moins marquée. Il l’avait plus ou moins calculée depuis le début.

Il tentait de faire comme si de rien n’était. Une nouvelle riposte verbale ne se fit pas attendre. Voilà qu’elle lui rejetait la faute d’avoir ruiné le repas du soir. Bravo ! Belle mentalité ! Au moins aussi puérile que celle de Jeremy ! C’est pas moi c’est toi ! Il retrouva son sourire taquin avant de répliquer :

« Pardon ! ….Celui ? … » il laissa échapper un petit rire moqueur puis poursuivit :
« C’est facile de tout me remettre sur le dos ma belle ! ... ceux serait plus juste. Je tenais pas spécialement à avoir un soin à la tomate ! » il pesa volontairement certains mots qui feraient mouche, il n’en doutait pas une seconde.

« Cela dit, le gruyère fondu te va à ravir ! »

Ce furent les mots de trop, il le savait, mais il n’avait pas pu s’en empêcher. Elle pressa sur la gâchette, la mousse atteignit furtivement sa cible avant que celle-ci ne s’évapore. Jeremy réapparu derrière Max qui s’élançait déjà dans la chambre, son arme de destruction massive à la main.

« Merde ! Tu fais chier ! » jura-t-il tandis qu’elle le provoquait de plus belle depuis la chambre.

Il ne réitéra pas son petit tour de passe passe, c’était trop tard. Elle était déjà en train de sauter sur le lit et de pulvériser de la mousse partout. Il s’épaula contre l’encadré de la porte, les bras croisés et observa son petit manège. Elle était sexy dans son t-shirt qui dissimulait juste ce qu’il fallait, lui donnant un petit côté fantasmatique. C’était comme ça qu’il aimait la voir : vivante !

« Tu me prives de sommeil ? » C’est pas parce que t’as ruiné le plumard que ça va m’empêcher de dormir ! ? Tu manques un peu d’imagination !» répondit il avec malice. Il avait appuyé ce mot car c'était une évidence qu'elle reste dormir là. Elle était chez elle ici, ça allait de soi.

Elle finit par ranger son doigt effronté et l’invita à la rejoindre sur le lit. C’était le genre d’invitation qu’il pouvait difficilement lui refuser, même si elle avait une arme à la main. Toujours sen proie à sa contemplation, Jeremy hésitait entre la désarmer et contre-attaquer. Comme il mettait trop de temps à se décider, elle le visa une nouvelle fois, mais elle était à court de munitions.
Il profita de l’instant pour s’élancer sur le lit. Elle tenta de déguerpir mais s’était visiblement pris les pieds dans les draps, la mousse à raser ou il ne savait quoi. Elle s’étala avec grâce et volupté, laissant échapper un son mélodieux inondant la chambre, ainsi que l’oreille délicate des voisins, quand son coude embrassa le mur.
Jeremy s’était jeté sur elle armé d’un oreiller couvert de mousse, récupéré dans sa course, bien décidé à achever la malheureuse quand la voix de baryton du voisin s’éleva au delà du mur. Elle semblait venir d’un autre monde, étrangère à la bulle dans laquelle s’étaient enfermés les jeunes gens. Même la langue était différente. Car dans cet univers qui leur était propre, la langue commune était celle qu’ils parlaient au Domaine.

Le français se mordit la lèvre afin de réprimer un fou-rire. Maxime répondit avec sa diplomatie naturelle. Jeremy tenta de lui faire les gros yeux mais ne parvenait pas à reprendre son sérieux. Résultat : crédibilité nulle ! Avec un grand sourire, il plongea son regard taquin dans celui de Max, releva la tête en direction du mur et ajouta d’une voix forte à l’intention du voisin insidieux :

« Oui j’la fais taire tout de suite ! »

Il reporta son attention sur son alter ego afin d’allier le geste à la parole. Sa main empoignant l’oreiller se desserra de son étreinte, ses lèvres impétueuses lui subtilisèrent un baiser. Son cœur s’emballait de nouveau. Il mettrait ça sur le compte de la montée d’adrénaline provoquée par leurs chamailleries ainsi qu’une réaction normale à la provocation qu’elle lui avait lancée. Car après tout, c’était elle qui l’avait incité et ce n’était quand même pas de sa faute si elle était tombée à court de munitions !
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MessageSujet: Re: I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]   Lun 6 Mai - 21:34

Lui et moi, nous marchons un fil. On joue les funambules. Je le sens dans son regard, son sourire et sa façon de me parler. On va finir par se casser la gueule, c’est une certitude. Reste à deviner de quel côté on finira par tomber. Il suffirait d’un rien pour perturber notre alchimie, pour rompre l’équilibre. On doit être un peu stupides et suicidaires sur les bords, je miserais même sur la mention « complètement barrés » parce qu’on persiste. On joue avec le feu sans en avoir peur. Bien au contraire, je crois qu’on joue dans l’attente de se brûler. Il parle d’imagination et j’ai un doute durant quelques secondes. A-t-il conscience de la perche qu’il me tend ? Je suis sûre que oui. Jeremy est le genre de personne à mesurer ce qu’il dit, à contrôler son sourire et à manipuler les mots pour se faire entendre sans en avoir l’air. Une façon, je suppose, de laisser décider l’autre sur la façon dont il peut interpréter ses propos. Et, là, je les interprète comme une provocation. Parce que c’en est une. Je ne fabule pas, ce n’est pas dans ma tête. Il joue les équilibristes.

Le geste par lequel je réponds me semble sans équivoque.
Mais, mon orgueil est piqué au vif. Répliquer est une nécessité.

« Tu me mets au défi ? » Mon sous-entendu est évident, non ? Mais, pour l’instant, ce qui m’intéresse davantage qu’un second round, c’est de lui faire bouffer de la mousse à raser. Rapport au fromage fondu qui est encore accroché à ma tignasse. Je dois me venger, c’est une question d’honneur. Je lui tends la main, l’invite. Je tente une attaque mais le matériel est défaillant. Je jure.

Tout s’enchaîne alors trop vite. Le résultat est tout de même douloureux. Je m’éclate le coude contre le mur, et en prime le voisin nous gueule dessus. Jeremy en profite pour se récupérer une arme et je me dis que sérieusement, mon alter ego est sans gêne. Je souffre le martyr (oui, au moins ça), je suis désarmé et plutôt que de me filer un coup de main, il ne pense qu’à m’achever. C’est diabolique et mesquin. J’aurais fait exactement la même chose.
J’envoie chier le voisin importun en ignorant la douleur qui m’élance. Hors de question de montrer le moindre signe de faiblesse. Je crois que Jeremy essaie de me faire passer un message avec son regard mais son sourire le contredit. Ah. Il doit vouloir m’engueuler mais n’y parvient pas. Dans ma tête, j’essaie de réfléchir à toute vitesse. Mon cerveau ne fonctionne pas si mon estomac grogne. J’ai faim. Qu’est-ce-que je pourrais faire ? Tiens, je vais chante, non hurler, l’hymne national français dont je ne connais que le premier couplet – très imparfaitement – et le refrain –plutôt correctement -. Là, ce type aura des raisons de gueuler. J’inspire profondément, à moitié morte de rire, prête à mettre mon plan machiavélique à exécution quand Jeremy promet de me faire taire.

J’aimerai bien voir ça, est ma première pensée.
Juste après, je me rappelle qu’il est en possession d’un oreiller plein de mousse, prêt à l’abattre sur ma tronche. Ça craint. J’ai plus rien à proximité pour me défendre, le second oreiller est de l’autre côté. Merde. Je crois que je n’ai plus qu’à subir mon sort sagement ou à lui envoyer une droite. Même si je suis plutôt violente, j’ai pas envie de faire ça. Par ailleurs, supplier ou demander grâce n’est pas non plus mon genre. Il ne me reste qu’à accepter et serrer les dents. Puis, me venger. Ça sonne comme un plan.

Je croise son regard et me fige. Quelque chose ne colle pas, je le vois. Il lâche prise. Contre toute attente, il m’embrasse. Enfoiré. Qu’est-ce-que je peux faire contre ça, moi ? Non, j’ai déjà dit que je ne lui mettrai pas de droite ! Mon palpitant se met à dérailler. Encore. Je suis comme au bord d’un précipice qui m’effraie et me transporte. Ma main glisse sur ses côtes, remonte sur sa poitrine et vient se nicher dans son cou. Je n’ai aucune volonté. Je suis incapable de mettre fin à un baiser, c’est ridicule. C’est de sa faute. Sa peau, son odeur, ses lèvres. Je frisonne tout en ayant chaud. Il me désarme. Ça me soule qu’il produise cet effet. Finalement, l’une de nous se décide à s’écarter. Mutine, je le provoque tout en me rapprochant. « Je ne suis pas sûre que ce soit le moyen le plus efficace pour me faire taire. » Comment ces mots peuvent-ils sortir de ma bouche et s’adresser à lui ? Ah oui, j’oubliais, ça fait des mois que j’ai arrêté d’essayer de comprendre ce qui peut bien se passer. Trop prise de tête. Je passe ma jambe autour de sa hanche et m’arrange d’un mouvement souple pour inverser nos positions. Je l’embrasse et me colle à lui. Ah, si je pouvais me fondre dans ses bras et ne plus exister. C’est une idée complètement conne, j’en ai parfaitement conscience. Mais, on ne choisit pas ses émotions et c’est ce que je ressens. Rien. Personne. Jamais quoi que ce soit n’est parvenu à briser ma carapace aussi complètement. Quand je dis que je suis désarmée… Il y a quelque temps, j’avais encore des principes. Un surtout : ne pas s’attacher aux gens avec qui on couche. Raté. Je foire totalement, je crois.
Avant que ça ne dérape totalement, je délaisse ses lèvres et m’autorise à sourire, une main sur son torse, l’autre agrippée au second oreiller que j’ai réussi à m’approprier durant cet interlude. Je sens que je suis à deux doigts de merder. Si je prends le temps de le menacer, il va s’éclipser. Je garde mes yeux braqué sur lui alors que je lui administre un coup d’oreiller plein de mousse.

Je suis pire que lui.
Je sais, je suis une connasse.
Et, je me marre.

« En garde, gredin ! Vous avez été reconnu coupable d’avoir ruiné la pizza royale et condamné à la mort par asphyxie ! »

C’est n’importe quoi. J’ai faim. Pour de vrai. Au lieu de simplement le dire, il a fallu que je relance les hostilités. C’est tout à fait logique. Cohérent. Pour couronner le tout, je me suis lancée dans un combat perdu d’avance. Je suis hargneuse mais la force est de son côté. Jeremy a de plus, un avantage de taille puisqu’il peut se téléporter comme bon lui chante. Ca risque cependant de finir par l’épuiser. Nouveau coup d’oreiller. Des plumes volètent et j’éclate de rire.
J’hurle dans un rire « Et j’emmerde ton voisin ! » mais, j’ai la décence de m’exprimer dans notre langue. Il doit me rester quelques neurones.
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I belong to no place but to you. You're my home. [Terminé]

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