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 Le temps de s'expliquer [terminé]

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Dean S.

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MessageSujet: Le temps de s'expliquer [terminé]   Lun 11 Fév - 23:23

Au douillet de mon matelas de plumes et des couvertures, je préférais la banquette de pierre dans l’embrasure de la fenêtre et sa dureté. Si je restais au lit, les murs resserraient leur étreinte, et la pesanteur du plafond m’oppressait. Si je demeurais au lit, ma chambre était une cellule, ma maison une prison. Tandis que la fenêtre ouvrait toujours sur les appels du vaste monde.

On dit souvent que la nuit porte conseil. Je me garderais d’approuver ces proverbes à l’avenir. Pendant de longues semaines, mon cerveau n’arrêtait pas de cogiter, d’essayer de tout remettre en question et d’analyser. Je me sentais mal d’avoir délaissé autant de gens derrière moi, d’avoir laissé ma vie dans un tas de merdes et de problèmes à faible importance. Cette vie ne me ressemblait pas. J’avais coutume de percer les mystères, d’être un homme d’ambitions. Pas une vague loque, qui se laissait mourir dans un canapé miteux. Le visage de la douce Clara me revenait sans cesse, m’obligeant à être le spectateur impuissant de cette scène.  Une grande avenue, bordée de restaurants en tout genre, Chinois, Vietnamiens, Italiens… Ou encore ce délicieux restaurant où j’étais entré avec Omar Gehry, au Philippe The Original ; un berceau du « french dip sandwich », dont le pain est trempé dans un sauce à base de jus. La légende même, disait que Philippe Mathieu, son inventeur, était français. Les cheveux au vent, son petit air de femme innocente, me fixait avec détermination et avidité. Je n’aurai jamais dût la mettre au courant. Jamais.

Je m’en mordais encore les lèvres, pensant aux paroles terrifiantes et puissantes que je lui avais soufflées. Tout ça, avant de fuir, lâchement. Je n’ai jamais revu Clara depuis. Aucunes nouvelles. Qu’est-elle devenue ? Je n’en sais rien. Mais je ne me faisais pas trop de soucis. C’était une fille intelligente et discrète. En rien elle ne ressemblait à ce dévergondé de Ryan McMilan, ce soit disant scientifique, insipide, qui se trouvait fier d’exposer au monde  la puissance de son pouvoir. En vérité, ce n’est pas sa manière de se comporter qui m’importunait, mais sa capacité en elle-même. J’en étais amèrement jaloux. Le don de soigner les gens … C’était un véritable cadeau du ciel ! Et cet homme ? Il n’en faisait strictement rien de bon.

Je secouais la tête, chassant ce visage déformé par la rage de mes pensées. Il fut aussitôt remplacé par Sonny. Sonny Malone. Une jeune demoiselle au visage typé cubain. Ses longs cheveux noirs qui lui glissaient sur les épaules. Ce sourire moqueur qui se coinçait entre ses fines lèvres. Des yeux plein de malice, qui lui donnait encore des airs de petite fille prête à partir dans des aventures extraordinaires. Une Wendy, qui rêve d’un monde imaginaire.

Mon cœur ne fit qu’on bond, m’obligeant à me redresser. Je soulevais la couverture, me dirigea machinalement vers la salle de bain et me regarda dans la glace du miroir.

« Bonjour Dean … tu as une sale tête ce matin. » dis-je d’une voix caverneuse.

Je pris un cachet et l’avala d’une traite, suivit d’un verre d’eau. J’enfilais rapidement une chemise, un jeans et me dirigea vers la cuisine d’un pas trainant. Plus je restais cloitré dans cette maison, plus je contemplais l’erreur monumentale que j’avais faite. Elle était bien trop grande, trop spacieuse pour une seule personne. Il aurait fallu installer une famille à la place d’un pauvre ivrogne, borné et associable.  Mais le cœur est parfois plus fort que les yeux. J’imaginais là, mon gamin courir entre les fauteuils et les canapés, renversant un vase de fleurs flétries. J’entendais ses rires raisonner dans toute la maison et sentait un bon rôti de poulet, accompagné de quelques légumes frais, tout juste cuisinés par ma douce et aimante femme. Mais tout ceci n’était qu’une utopie malsaine. J’avalais mon café rapidement tout en observant l’heure et le journal.

Mes pensées étaient focalisées sur la jeune Malone. Son visage hantait mon esprit et mon cœur semblait, fut-il, empli de remords. C’était une étrange sensation, lorsque l’on sait qu’un homme n’avait plus connu de contacts humains normaux depuis bien des mois. Qu’étaient devenues la compassion, l’amour, la tristesse et la joie ? Je mélangeais  tout et n’arrivais plus rien à dissocier. Je pris le volant du ranch rover et parti en direction du centre-ville. Le ciel était couvert d’épais nuages, qui semblaient annoncer une journée grisonnante et triste. On n’annonçait pas de pluie, mais simplement un temps maussade. Comme d’habitude, au sortir de l’autoroute, les bouchons. Pour passer le temps, j’écoutais la radio, observais le visage des automobilistes voisins qui s’énervaient et je lu mes messages. Finalement, au bout de 20 min, le flux reprit son cours, sans connaitre la raison de ce ralentissement.

J’arrivais au boulot à 9h00 comme à mon habitude. Une ambiance pesante se glissa sur mes épaules, à peine sorti de l’ascenseur. Un collègue de travail vint me taper l’épaule, comme pour compatir à une douleur commune. Je n’essayais pas de comprendre. En temps de crise, chacun devait compter sur lui-même. Je détestais cette idée, moi qui avais longtemps travaillé en équipe. Voilà, que le grand manitou se chargeait de nous dissoudre. Le mois dernier, Rose Ponssy et Darren Brook avaient fait leurs cartons, laissant derrière eux une atmosphère glaciale. Le big boss nous assurait que rien ne nous toucherait. Mais comment savoir ? Nous ne savons rien. Je n’avais pas peur d’être licencié, mais je n’étais pas pressé non plus. Pigiste au journal scientifique n’était pas gratifiant pour quelqu’un ayant fait des études aussi poussées, mais je ne cherchais aucuns mérites, ni même la gloire. Juste assez de temps pour aider Genome, et réussir à comprendre le mystère de l’évolution génétique.

Sonny m’accaparait. Je me surpris même à noter son nom au lieu d’un numéro de téléphone. Je quittais le bureau plus tôt que prévu, sous les jurons acerbes de mon directeur. Il avait une dent contre moi, c’était certain et je ne comprenais pas pourquoi Darren Brook avait pris ma place sur le départ. Je descendis jusqu’au Starbuck et prit un café accompagné d’un muffin.

« Ca fait longtemps qu’on vous a pas vu par ici Dean » s’exclama la gérante.
« Bah … beaucoup de travail ces derniers temps. Toujours pas de nouvelles de la miss ? » demandais-je la bouche pleine.
« Ah non ! Ca fait bien trois mois qu’elle nous a quitté ! Aucune nouvelle ! Il parait qu’elle est allée rejoindre un cousin à Boston. »

Je n’y croyais pas un mot. La jeune Amanda avait simplement disparue de la circulation. Elle m’avait avouée être mutante et craignait pour sa peau. J’avais promis une sécurité, de l’envoyer à Genome, mais bien trop tard. Genetic s’en était peut-être chargé, ou un autre groupe dont je ne connaissais pas le nom. Mon portable vibra. Je lu un message, une simple pub. En défilant dans mes contacts, je lu le nom de Sonny. La sensation de remords me prit à la gorge, manquant de m’étouffer. Mon cœur battait la chamade. Depuis combien de temps n’avais-je pas pris contact avec un mutant ? Un mois peut-être … Tant pis, j’appelle.

« Sonny ? C’est Dean Swofford. Je … » un long silence s’installa. « Je viens de sortir du boulot et je voudrais te parler. Serais-tu dispo ? On pourrait se rejoindre au Jones Coffee Roasters. Ce n’est pas loin de l’Huntington Memorial Hospital. »

Après avoir entendu son accord, j’attrapais ma veste, mon café et mon sac rempli de paperasse de journaliste. Je descendais la grande avenue et pris le métro. Au bout de quatre arrêts, j’arrivais à destination. Il s’agissait d’un petit café, reprit par une histoire de famille, dont les saveurs étaient particulièrement intéressantes.  Je levais la tête en direction de la devanture et affichais un sourire en coin. Le tintement de clochette retentit, dès l’instant où je poussais la porte. Sonny était déjà présente, assise dans un coin, sur une banquette confortable, couverte de coussins en soie rouge. Le bar était fait d’un bois sculpté et travaillé et une forte odeur de café régnait en maitre dans toute la pièce. Celle-ci était construite en long, laissant une table à côté d’un mur qui affichait un tas de tableaux divers. Chaque table était séparée par d’épaisses feuilles cirées de philodendrons. Je levais une main vers la jeune femme, afin de montrer à la serveuse que j’avais déjà une place de prévue.

Je me dirigeais vers elle. Plus je discernais les traits de son visage presque juvénile, plus mon cœur s’emportait. Enfin, je me tenais droit devant elle, le regard fixe et contemplatif. Je n’osais dire un seul mot, puis m’installa, déposant sac et veste sur le sol et mon café à moitié plein sur la  table ronde.

« Sonny … ça fait longtemps. »

Elle n’avait pas changé, hormis quelques rondeurs apparentes au niveau du ventre. Surprenant.
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Sonny Malone

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MessageSujet: Re: Le temps de s'expliquer [terminé]   Mar 12 Fév - 13:49

20 janvier

Du repos. Voilà ce qu’il lui avait fallu après les dernières péripéties. En réalité le repos avait été de courte durée. Si elle avait voulu rester avec Remington, le lendemain de sa transformation, il s’était en réalité fait une joie de la virer de la maison pour qu’elle ne sèche pas ses cours. Elle ne savait même pas s’il était au courant du nombre d’heures qu’elle avait manquées, au début du mois, ou du peu de notes qu’elle avait prises quand elle y allait. IL fallait dire qu’elle n’était pas réellement en état. Les choses s’amélioraient maintenant, même si elle mettait beaucoup moins d’entrain dans ses études qu’auparavant. La littérature ne lui semblait plus d’un grand secours. Elle ne l’avait pas aidée pour la mort de sa mère, ni pour ses problèmes à Genome. Et elle devait s’occuper de son futur bébé. Les mots, les écrits, cela semblait si… loin de la réalité et de ses complications. Mais en même temps, elle ne se voyait pas corriger des manuscrits toute sa vie. Et encore, les derniers, c’était Remington qui les avait corrigés, même pas elle. Pour l’instant, ce job avait le mérite de lui permettre de rester à la maison. Elle n’était plus obligée de courir entre deux tables en prenant soin de ne rien renverser maintenant qu’elle allait prendre du ventre. Et au moins, quand elle aura accouché, elle pourra continuer à travailler tout en s’occupant de son bébé. Pourtant, ce n’était pas ce à quoi elle aspirait… Mais tant qu’elle n’aurait pas trouvé sa voie, elle se contenterait de cela.

Tout cela pour dire qu’elle était allée bien sagement à la fac, la veille et ce jour-là. Et le matin elle avait eu droit à un cours d’analyse littéraire et l’après-midi, trois heures d’histoire intellectuelle française. Passionnant et palpitant. Enfin, dans le fond, ça l’était certainement. Elle avait adoré cela, en France, autrefois. Mais bon… Elle avait mangé à la cafétéria du campus ce midi. Toute seule. Elle ne disposait que d’une heure de pause, trop peu pour rentrer à la maison et déjeuner avec Remington. Elle s’était donc contentée d’une assiette de sauce aux pâtes (car oui, il y avait plus de sauce que de tagliatelles), avec une espèce de viande au goût de plastique. Repas qu’elle avait pris seule. Kensie n’était plus là. Kensie lui manquait. Capucine ne devait pas avoir les mêmes horaires. Encore une journée réjouissante en perspective. Elle avait regardé, presque envieuse, les tablées remplies, les étudiants qui se regroupaient et riaient à gorge déployée, prévoyant des fêtes ou parlant de choses légères. Elle n’appartenait plus à leur monde. Et certains avaient déjà remarqué son ventre. Pourtant, il était encore facile à cacher. Trois mois… Mais elle avait perdu tellement de poids que la moindre prise de kilos se remarquait aisément. Et on avait déjà commencé à la dévisager, comme si cela était monstrueux d’être enceinte à vingt ans. Le pire était certainement que ce regard, elle l’aurait jeté elle aussi sur une fille de son âge enceinte. Belle leçon.

Elle n’avait presque parlé à personne de la journée, à part quelques sms ici et là, mais sinon, elle était restée seule, dans les amphis pourtant remplis d’élèves. Etrange, cette sensation de n’être pas à sa place. Quand l’heure de fin des cours retentit, elle fut une des premières debout, prête à partir. Pourtant, quelque chose la stoppa dans son entrain. Son téléphone sonnait et affichait un nom dont elle n’avait pas entendu parler depuis un moment. Dean. En fait, si, elle l’avait vu, à Central Park, mais n’avait pas eu l’occasion de lui parler. Il fallait dire qu’ils étaient quelque peu… occupés ce jour-là. Et concrètement, ils ne s’étaient pas parlé depuis… quelque chose comme fin novembre, peut-être début décembre, elle ne savait pus réellement. Il l’avait appelée pour lui remettre une enveloppe vierge, contenant un dossier sur l’enfance de Remington. Sa part du marché qu’ils avaient conclu. Depuis, plus rien. Il valait peut-être mieux… Elle s’était saoulée – alors qu’elle était enceinte, même si elle ne le savait pas – et avait parlé à une peluche borgne devant lui. Elle avait dormi dans son canapé, avait pénétré ses rêves, découvrant sa blessure intime. Sa fiancée qui lui avait menti sur toute la ligne. Et au réveil, ils avaient été attaqués. Elle porta le téléphone à son oreille.

« Sonny ? C’est Dean Swofford. Je … Je viens de sortir du boulot et je voudrais te parler. Serais-tu dispo ? On pourrait se rejoindre au Jones Coffee Roasters. Ce n’est pas loin de l’Huntington Memorial Hospital. »

La parole était difficile, elle n’avait pas osé parler, avant qu’il soit arrivé au bout de son propos. L’Huntington memorial hospital… c’était à Pasadena ça, non ? Heureusement qu’elle avait la voiture, sinon, cela lui aurait fait une trotte en métro.

« Je viens de finir les cours, là. Je… D’accord, j’y vais, on se rejoindra là-bas. »

Pourquoi avait-elle dit oui ? Alors qu’elle pourrait rentrer calmement à la maison ? Peut-être parce qu’elle n’aimait pas les questions sans réponses. Alors elle se dépêcha d’envoyer un sms à Rem, pour le prévenir de son retard, lui disant qu’une vieille connaissance lui avait proposé un café et qu’elle lui raconterait tout en rentrant. Comment lui dire qu’elle allait prendre un café avec un homme ? Il serait capable d’être jaloux. Et de l’homme qui avait enquêté sur lui… non, elle lui expliquerait de vive voix une fois rentrée. Elle s’installa donc au volant de la voiture, mit le GPS en route et prit la direction de ce café. Etonnamment, elle se gara sans problème. Il n’y avait pas grand monde, ce qui était plutôt étonnant. Et la voiture ne jurait pas ici. Une gamine de vingt ans dans une Porsche, cela était normal dans ce quartier. Et elle entra dans le café. Il était plutôt agréable. Plutôt chic, cela contrastait avec la vision qu’elle avait de Dean. Et cela sortait du pub sordide où ils s’étaient rencontrés. Elle repéra une table tranquille, dans un coin en retrait du café et elle s’installa sur la banquette. Elle se débrouillait toujours pour avoir la banquette, plus agréable pour les fesses. Quand le serveur arriva, elle voulut spontanément commander un jus d’orange. Fichu bébé ! Elle n’aimait pas ça, elle refusait d’en boire. Vitamines ou pas vitamines. Mais elle ne pouvait pas prendre de café non plus, en ayant déjà bu un au matin.

« Un lait chaud à la vanille, s’il vous plait. »

Elle s’en contenterait. Elle ouvrit sa veste en cuir, dévoilant un tee-shirt marquant son ventre. Ses yeux se portèrent sur les autres clients, mais personne ne semblait la juger et elle attendit. L’odeur du café était un véritable supplice, mais elle devait résister à la tentation. Alors qu’elle portait sa tasse à ses lèvres, elle entendit le tintement de la clochette et vit entrer Dean. Il n’avait pas changé. Il était comme dans ses souvenirs. Elle lui fit signe. Il était bien habillé, chemise et jean. Bien coiffé. Il avait l’air fatigué aussi, mais cela lui allait plutôt bien. En tout cas, son visage n’était pas fermé ou en colère. Pourtant, il était à Genome… peut-être qu’il avait été mis au courant de la manière et de la raison pour laquelle elle avait claqué la porte. Elle allait vite le savoir. Elle jeta toutefois un regard envieux au café qu’il posait sur la table…

« Pas tant que ça en fait, mais il s’est passé tant de choses que ça paraît vraiment loin. Tu étais parti où ? Je veux dire, après ce qui s’est passé, dans ta maison ? Je croyais que tu étais parti de Los Angeles, mais tu étais là, quand Lancaster a fait son speech. Je t’ai vu… Il ne t’est rien arrivé ? »

Elle avait réagi de façon très égoïste ce jour-là, inquiète uniquement pour Remington. Elle ne s’était plus préoccupée des autres. Seul le père de son bébé comptait.

« Je suis désolée de ne pas avoir pris de tes nouvelles mais… les choses ont été… compliquées pour moi, au début du mois. J’ai eu des petits soucis et je n’étais pas bien. Je n’aurais pas été de bonne compagnie… »

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MessageSujet: Re: Le temps de s'expliquer [terminé]   Mar 12 Fév - 19:46

Son nez était une petite saillie inclinée, comme le nez d’un enfant, mais ses pommettes saillantes changeaient son visage en celui d’une femme. Elle n’avait pas changé, malgré les pénibles péripéties qui s’étaient écoulées ces derniers temps. Ses cheveux ondulaient sur ses épaules, dans un mélange de boucles noires et épaisses, lui donnant un air de jeune latino. Ses lèvres affichaient toujours ce sourire coquin, même s’il masquait des moments douloureux et pénibles. Ses yeux étaient plus sombres qu’à l’ordinaire, mais je mettais ça sur le compte du peu de lumière qui pénétrait le café. Son ventre n’était pas bien rond, mais assez pour laisser percevoir un début de grossesse. Peut-être le quatrième ou cinquième mois, à en juger la forme. Mais je n’étais pas doué pour les devinettes de ce genre.

Une musique d’ambiance, douce et reposante, se glissait dans mes oreilles, relaxant ainsi mon esprit tourmenté. Sonny égrenait son quotidien, m’indiquant qu’elle avait eu quelques soucis en début de mois, et que le reste du temps, une compagnie n’aurait pas été la bienvenue. Je contractais compulsivement les maxillaires, m’accrochant à l’idée que tout était de ma faute. Pourquoi me sentais-je ainsi coupable ? Peut-être parce que je l’avais embarqué dans une histoire dingue, contre ma volonté. Après tout, je n’avais pas prévu cette attaque. Ni même cette réaction impulsive du gros Russe millionnaire, prêt à tout pour garder son anonymat mutant. Je me raclais la gorge, puis resserra mes mains sur mon café.

« C’est un peu compliqué. C’est pour ça que je voulais te voir, pour t’expliquer. » dis-je d’une voix coupable.

Je baissais les yeux à présent, n’osant la regarder en face. Ça me faisait mal de l’avouer, mais je n’étais qu’un pauvre lâche. Je n’avais pas eu le cran de l’appeler en début de mois, surtout après notre rencontre à Central Park. Bien qu’elle fût en compagnie de Remington, que je jugeais brave, j’aurai pu au moins lui porter main forte. Mais Crow avait voulu jouer les héros, et si je n’étais pas intervenu, alors je ne donnerai pas cher de ce qu’il serait à ce jour. Je bus une gorgée du café Starbuck et interpella la serveuse au passage. Pour me montrer courtois et civilisé, je lui demandais d’apporter l’une de leurs délicieuses parts de tarte au citron.

« Je suis parti rejoindre un ami au Japon, pour qu’il me fasse des faux papiers. Au cas où il m’arriverait encore un sale coup. Ça n’a pas duré bien longtemps… J’avais en tête de retrouver un maximum de mutants et de les rallier à la cause de Genome. Mais en réalité, j’avais besoin de les mettre au courant, en garde, contre l’agissement de certaines personnes. Et quand j’ai entendu que Lancaster allait dévoiler au monde notre existence, je n’ai pas pu refuser la mission. » m’expliquais-je en baissant indéniablement la voix, lorsque la serveuse déposa la part de tarte sous mon nez.

« Suite aux évènements, j’ai essayé de reprendre le dessus sur ma vie. Acheter une nouvelle maison en banlieue, m’effacer de tous ces mutants et reprendre mon boulot de journaliste à plein temps. Mais c’est difficile de rester inactif. »

A l’aide d’une petite cuillère, je m’amusais à couper un bout de tarte de façon correcte. Si j’avais été seul, je l’aurai prise dans mes mains et l’aurai mangé goulûment. Mais bon, il parait que ça ne se fait pas. Pourtant, quelle plaie de devoir se servir d’une si ridicule petite cuillère. Je galérais tellement, que j’abolissais les bonnes manières et porta la part de tarte au citron à mes lèvres. Sonny semblait amusée, du moins c’est ce que je pensais constater. Je n’étais pas un porc non plus … mais manger ainsi, était bien plus efficace.

« Je ne te vois plus à Genome … qu’est-ce qui se passe ? » demandais-je juste après avoir déglutit avec gloutonnerie singulière.

En vérité, je ne croisais pas souvent Sonny dans les couloirs de Genome. Très rarement d’ailleurs. La plupart du temps, je restais cloitré dans le laboratoire, à chercher une solution miracle pour les divers problèmes des mutants qui venaient au centre, afin de chercher de l’aide et des soins. Je n’étais pas médecin, mais docteur en recherche. Ainsi, passer le clair de mon temps, le nez planché sur du papier et des machines ne me paraissait pas un ennui mortel. Il m’arrivait de croiser la jeune femme lors d’une réunion officielle, annoncée par Aaron. Ou bien encore devant la cafetière défectueuse … On s’échangeait des banalités, sans grand intérêt. Mais ça me permettait de souffler un peu, de voir un brin de jeunesse dans ce trou à rats. Je n’avais jamais voué à Genome un culte et me sentais libre de mes actes. Me casser du jour au lendemain était fort probable. Après tout, Aaron était très jeune et plein de fougue. Il agissait souvent sous les coups de fouet d’une colère qui circulait dans ses veines, lui donnant l’adrénaline nécessaire, juste de quoi lui permettre d’atteindre ses objectifs.

Je n’avais pas confiance en lui, mais il était bien le seul à me laisser squatter le laboratoire pour y faire des recherches libres. En toute honnêteté, je valorisais plus sa méthode, que celle de Genetic, qui me donnait la simple envie de rendre. Cependant, le peu de matériel qui prenait la poussière sur les étagères du laboratoire, ne me servait pas à grand-chose. Je me sentais terriblement seul là-bas. J’avais plusieurs fois demandé à Anne Williams de me tenir compagnie, ou simplement de devenir mon acolyte de recherches, mais celle-ci avait tout bonnement incliné mon offre, avec une amabilité de parade.

Tout seul, il n’était pas évident d’avancer. Mes investigations restaient infructueuses et me démoralisaient. Rien qu’à y repenser, les traits de mon visage se tirèrent vers le bas. J’essayais de prendre un peu sur moi, histoire de laisser place à un sourire rayonnant à l’adresse de Sonny, mais le nuage noir qui se trouvait au-dessus de ma tête, était trop lourd, me pompant trop d’énergie.

Finalement, je relevais les yeux vers elle, plongeant mon regard dans ses prunelles sombres, mais pétillantes. Après tout, une futur maman émane toujours une aura fraiche et requinquant !
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Sonny Malone

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MessageSujet: Re: Le temps de s'expliquer [terminé]   Ven 15 Fév - 17:24

C’était si étrange pour Sonny de se retrouver face à Dean comme si de rien était. Comme s’ils étaient des connaissances classiques… Alors qu’ils avaient tout de même vécu deux attaques ensemble et qu’ils savaient des secrets l’un sur l’autre. Pourtant, ils étaient tranquillement installés, au fond d’un café, à discuter, comme des personnes normales. De vieux amis se demandant des nouvelles… le plus naturellement du monde alors que rien n’était normal. Il avait enquêté sur son fiancé, elle savait quelle trahison sa femme lui avait infligée…

« Alors je t’écoute, c’est vrai qu’on s’est quitté un peu brusquement. »

Sous-entendu dans une ruelle désertique, pieds nus et compagnie. Et quand ils s’étaient revus pour que Dean lui transmette ses découvertes, cela n’avait été l’affaire que de quelques minutes, sans réel échange. Quant à Central Park, n’en parlons même pas. Là, les choses avaient changé. De l’eau avait coulé sous les ponts, comme on dit. Mais en réalité, beaucoup d’événements dramatiques avaient surtout eu lieu, permettant de relativiser les choses et de se poser les bonnes questions.

Elle fut toutefois assez troublée par sa façon de baisser les yeux, comme un enfant pris en faute. Elle avait la même manie quand elle savait qu’elle avait fait une bêtise. Mais voir Dean ainsi… Dean qui à l’accoutumée paraissait si sûr de lui, toujours au cœur de l’action. Oui, beaucoup de chose avaient changé. Et les personnes aussi. Quoique… peut-être pas elle, car lorsqu’elle l’entendit commander une part de tarte, elle eut spontanément envie de crier “ moi aussiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ” mais elle se retint. * Allons, Sonny, bientôt tu seras mère et tu interdiras à ton enfant de manger des sucreries avant le diner… * Bon, ça ce serait la version officielle, devant Remington, mais la vérité, c’était plutôt qu’elle se planquerait avec son enfant pour en manger discrètement. Elle s’efforça en revanche de l’écouter sincèrement. Ainsi il était parti au Japon. Long voyage. Pour des faux papiers, ça, ça pouvait être intéressant… très intéressant. En revanche, rallier des gens à Genome… Si Sonny pouvait admettre que ce qu’ils faisaient était important et apportait du bien, mais depuis ce qui s’était passé entre elle et eux, il lui était difficile d’encourager des êtres à les rejoindre. D’autant que même Dean avait voulu se mettre en retrait. Bon, il avait échoué, mais elle, elle avait un bébé à protéger, cela l’aiderait certainement à se détacher totalement de cela. Même s’il restait Kensie.

« Rester inactif… j’y arrive très bien moi, bizarrement. Mais ce n’est pas évident de changer de vie. J’en sais quelque chose. Tu as un nom de code où je peux continuer à t’appeler Dean Swofford ? »

Elle avait murmuré ces mots en se penchant vers lui, d’un air complice, comme craignant des oreilles espionnes. Mais une autre chose avait retenu son attention… Oh non, pas la part de tarte avec laquelle il se débattait. Dire qu’il essayer de manger ça avec la cuiller… mais ça se mange avec les doigts que diable ! Ce qu’il fit, lui arrachant un sourire amusé. Mais ce n’était pas cela. C’était plus… dangereux…

« Tu dis que tu connais quelqu’un qui fait des faux papiers… Tu sais, je songe sérieusement à faire les démarches pour avoir le droit de rester aux Etats-Unis. Surtout que je suis fiancée maintenant, mais… j’ai peur. Peur que ça ne marche pas, peut qu’on veuille me renvoyer. Je veux passer par la voie légale, mais si jamais ça foire… Tu crois que tu pourrais m’aider ? Je veux dire… à avoir des papiers ? »

Autant se renseigner… Aller voir un avocat pour régler ses problèmes de visa et de nationalité etc, elle y songeait depuis longtemps. Mais au cas où… si cela foirait… elle voulait être sûre d’avoir les moyens de rester à Los Angeles, avec Remington et leur futur bébé. Alors, peut-être que Dean accepterait de l’aider. Mais vraiment au cas où les choses n’iraient pas. Elle ne voulait plus prendre de risque inconsidéré maintenant.

En revanche, ce fut à son tour de baisser le regard, comme une enfant prise en faute, lorsque Dean mentionna Genome. Et jamais le lait à la vanille ne lui avait paru si digne d’intérêt. Elle fixait le blanc et la légère fumée qui s’en dégageait, portant à ses narines un parfum sucré. Elle allait encore se prendre un sermon, elle le sentait arriver. Parce que ce n’était pas bien de laisser des personnes extérieures à l’organisation y rentrer. Parce qu’elle les avait tous mis en danger. Parce que Remington était apparemment un homme dangereux. Blablabla. Dean n’était pas des plus sociables… Comment avait-il pu remarquer son absence ? Il était plus observateur qu’elle ne l’aurait cru. Mais Aaron ne lui avait rien dit. Garderait-il le secret ? Devait-il être gardé après tout ? Elle ne se sentait coupable d’aucune faute grave, elle avait agi comme ils l’avaient fait, en aidant quelqu’un… Même si Rem n’avait peut-être pas réellement besoin d’aide en fait.

« En fait je… Je ne fais plus vraiment parti du groupe. Nous avons eu des… divergences d’opinions, sur les personnes que nous sommes censées protéger. Pour faire court, à Central Park, j’ai vu les fourgons de Genome. J’ai aussi vu Esteban qui rapatriait des blessés. Rem avait pris des coups, je l’ai fait monter dans une des fourgonnettes. Mais j’ai eu tort. Aaron et Ross ne l’aiment pas et ont estimé que j’avais commis une grave erreur. On a dû montrer patte blanche pour quitter Genome. Aaron était prêt à nous garder prisonnier. Bref, je ne me voyais pas continuer avec un groupe qui n’a pas confiance en mes choix et qui fait des différences quand il s’agit d’aider des personnes. »

Elle avala alors une gorgée de lait chaud. Elle n’était décidément pas à l’aise avec le sujet Genome. Elle devait tourner la page et assumer la manière dont cela s’était terminé. Et surtout, Aaron n’était le seul à penser qu’elle avait mal agi. Ross, certainement, Anne. Et Dean ? Allez savoir… Elle croisa alors son regard. Il n’était plus fuyant, mais il n’était pas hostile. Elle avait confiance, étrangement. Mais il y avait autre chose. Elle en était à trois mois de grossesse… Comme l’ex de Dean. Car elle n’avait jamais oublié le rêve dans lequel elle était entrée et qu’elle avait façonné pour lui. Elle avait entendu leur discussion, elle avait entendu qu’ils auraient dû avoir un enfant.

Que faire alors ? Lui dire ? Lui cacher ? En même temps, cela se voyait… Mais elle ne voulait pas non plus remuer de trop douloureux souvenirs.

« J’ai réussi à me détacher de Genome parce que je vais avoir une famille à m’occuper. J’ai perdu ma mère, au début du mois. Je n’étais plus en état de me battre pour l’organisation. Mais surtout, je vais avoir un bébé. Car, non, je n’ai pas grossi parce que je mangerais trop de sucreries. Alors je crois que des combats à mener, je vais en avoir pour les prochaines années de ma vie… »

Un fin sourire se dessina sur ses lèvres, attendant la réaction de Dean. Savait-il d’ailleurs, qu’elle était de nouveau avec Rem ? Car il l’avait tout de même rencontrée alors qu’elle avait bu pour oublier… Sans y arriver le moins du monde. S’il était observateur, peut-être…

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MessageSujet: Re: Le temps de s'expliquer [terminé]   Ven 15 Fév - 22:43

A présent, mes yeux n'arrivaient plus à se détacher de son joli minois. C'était étrange de reprendre les vieilles habitudes de la vie quotidienne. Est-ce là, ce que vivent les gens normaux ? L'atmosphère était trop calme, trop sereine à mon goût et mon cœur battait si lentement, que j'en portais la main au torse pour vérifier son activité. Sonny semblait plus épanouie, reconstruite même, par rapport aux retrouvailles furtives de Central Park. Je n'espérais pas la retrouver en lambeaux, couverte de sang, le visage cramoisie, me suppliant de l'aide … loin de là. Mais il aurait été plausible d'arriver à de telles retrouvailles, dans un monde de mutants.

C'est ça. Nous vivons un monde à part, dans un autre espace temps et seuls les gens de notre espèce peuvent le comprendre. C'est dur, mais c'est ainsi, et je remerciais en quelque sorte Genome, de m'avoir tendu la main.

D'apparence solitaire et taciturne, je restais toujours à l'écart, mais ne me figeais pas dans une bulle inactive. Mon œil aux aguets, je restais le fin observateur que j'eus toujours été. Mon rôle de journaliste avait peaufiné cet avarice de décortiquer et analyser tout ce qui pouvait m'entourer. Le comportement de Sonny me fit sourire, lorsqu'elle se pencha vers mon oreille, me soufflant doucement, si je possédais un nom de code. Aucunement, je haussais simplement les épaules en signe de négation. Certes j'avais changé de nom, mais je l'utilisais essentiellement pour les grands voyages. Je n'avais pas l'intention de me retrouver avec les sbires de ce Russe mafieux sur le dos, encore une fois. Soudain, la demoiselle me fit mention de faux papiers. Elle semblait paniqué par l'idée de quitter les Etats Unis si sa demande pour être nationalisée Américaine serait rejeté. Je la regardait perplexe, puis pris une grande inspiration avant de prendre la parole.

«  Faire des faux papiers, il n'y a rien de plus simple. Mais savoir broder une histoire qui tient la route autour est plus compliqué. Et si je demande à mon ami de t'en faire, il me faudra une bonne explication. » répondis-je d'un ton laconique.

Je savais bien que Sonny n'était pas une américaine pur souche. Elle ne m'avait pas dévoilée ses origines, mais son accent la trahissait tout simplement. Elle avait beau faire des efforts, on reconnaissait la french touch à dix kilomètres à la ronde. C'était charmant à entendre et ça ne me déplaisait pas. De ce fait, je préférais ne rien dire, ni même ne rien demander sur ses origines ou son histoire. Elle n'avait pas à le faire d'ailleurs, à moins de le vouloir, dans ce cas, je me montrerai une oreille attentive. J'affichais un vague sourire, histoire de lui donner un brin d'espoir dans ce monde de barbares. J’espérais pour elle que ses démarches se passent au mieux et qu'elle puisse se marier sans soucis avec son fiancée. Faire des faux papiers, n'est jamais chose anodine, surtout lorsque les agents fédéraux vous tombent dessus.

J'engloutissais ma dernière bouchée de tarte au citron, me léchant convulsivement les babines comme un chien galeux. C'était peut-être pas très joli à voir, mais Sonny me connaissait assez pour comprendre que j'avais perdu depuis longtemps les bonnes manières. La ridicule cuillère qui se trouvait dans le creux de ma main, s'était vite retrouvé perdue au milieu d'une vulgaire assiette en compagnie de quelques miettes solitaires.

Quand je lui posais enfin la question, Sonny baissa immédiatement les yeux vers son lait à la vanille. Elle faisait cette moue d'enfant que l'on gourmande pour une faute honteuse. J'étais bien curieux d'entendre ce qu'elle avait à me dire. Sa réponse ne tarda pas. Elle fit mention de Remington, Aaron, Ross et Esteban. Bien … je ne savais pas trop quoi penser. Après tout, je ne pouvais rien lui reprocher, étant moi même très peu fiable à Genome. Aaron m'avait souvent reproché de me la jouer solo sur les missions, mais visiblement j'étais un membre important, pour rester encore au sein du groupe. Je n'approuvais pas franchement les idéaux du jeune homme, surtout lorsqu'il agissait sur un coup de tête.

Sur Remington, je ne connaissais pas grand chose. Certes, j'avais mené une enquête sur le personnage, mais que de choses futiles et propres à la commande qu'avait passé Sonny, quelques semaines plus tôt. Mais lorsque Sonny m'affirma distinctement qu'Aaron avait voulu la garder prisonnière, elle et Remington, je ne pus retenir un hoquet de surprise. Visiblement, Aaron n'avait pas changé. Toujours aussi impétueux et irresponsable. D'accord, je comprenais que laisser un membre de Genome partir dans la nature pouvait nuire au groupe, mais de là à les maintenir en cage ? Où va le monde ?

Mes poings se resserrèrent. Ma mâchoire se contractait et mes muscles se bandèrent comme un arc prêt à tirer sa flèche. Je n'étais pas en colère contre Sonny, car elle avait fait son choix, mais plutôt contre les paroles d'Aaron. Ainsi, si je voulais quitter Genome à mon tour, il agirait de la sorte ? Je ne me sentait pas redevable et encore moins membre de cette secte. Car si je comprenais bien, ils n'acceptaient pas n'importe quel mutant. Remington fut honteusement rejeté et ces agissements n'appartenaient pas à mes idéaux. Je pensais sauver un maximum de mutants à Genome, mais peut-être qu'au final, Aaron triait chaque présentant, sur leur dossier juridique ?

Certes Remington n'était pas tout beau tout blanc, mais le foutre à la porte pour le simple motif « je n'ai pas confiance en lui », me mettait hors de moi. Mon poing percuta avec une vélocité qui me surpris moi même, le bois brute de la table.
Une serveuse se retourna, me considérant gravement d'un regard noir. Je ne pris pas la peine de m'excuser, au diable les riches gens et leurs bonnes manies. Dean « le spartiate » refait surface …

«  Nom de … Aaron a fait ça ? Enfin du moins, il t'a clairement fait comprendre que tu n'étais plus la bienvenue à Genome ... Mais bordel, qu'est-ce qu'il a en tête ce gosse ? Moi qui croyais que ce groupe était basé sur des choses simples : aider les mutants à se reconstruire. J'ai l'impression que seule la science me rattache à eux … J'ai risqué ma vie pour les dernières missions et voilà que j'apprends qu'ils refusent de soigner un homme, parce qu'ils n'ont pas confiance en eux ? »

J'essayais de garder le plus de contenance possible, même si mes lèvres brûlaient d'envie de gueuler haut et fort mon état de colère. Mais je refusais catégoriquement de dévoiler le monde des mutants aux yeux des gens normaux. Enfin, de toute manière, on m'aurait pris pour un fou … Bizarrement, je croyais plus en Sonny qu'en Genome. La jeune femme m'expliqua ensuite, qu'elle avait perdu sa mère en début de mois et qu'elle allait bientôt fonder une famille, ainsi rester à Genome avec ces galères, ne l'enchantait pas le moins du monde. Je hochais la tête bêtement. J'avais cru comprendre qu'elle attendait un enfant, vu la rondeur de son ventre. Mais de qui ? En bref, ce n'était pas mes oignons, mais je l'imaginais mal avec ce Remington. Lui avoir un enfant ? Non impossible … quoique, je me revoyais là, Lexi et mon fils. Bon sang, cette étrange sensation me remonta à la gorge. Culpabilité, rage ou encore déception ? Je ne savais la nommer. Je déglutis péniblement et les traits de mon visage tombèrent plus bas que sol.

«  Tu fondes une famille … tu as raison. Il n'y a rien de plus beau qu'une famille. » dis-je simplement, d'un ton presque mélancolique.

J'aurai tout donné pour revenir en arrière. J'aurai donné ma vie s'il le fallait, pour voir Lexi et mon fils s'épanouir. Je me sentais encore une fois minable. Depuis le temps, j'aurai du faire le deuil, passer à autre chose. Mais c'était simplement impossible, car quelque chose était brisé en moi. Quoi ? Je ne saurais le dire. J'avais essayé pourtant. Aborder une femme, lui avouer ce que je ressentais, mais ça n'allait jamais plus loin. Car elles ne voyaient pas un homme qui voulait reconstruire une vie, mais plus une épave, courbée par un énorme chagrin qui lui pesait le cœur. Je restais silencieux. Soudain, ce café me semblait trop propre et peu confortable. J'avais l'impression de ne pas être à ma place.

« Un shoot s'il vous plait ... »

L'alcool. Ce poison qui circulait mes veines depuis trop longtemps. Celui qui avait détruit ma mère pour la laisser morte sur le carreau. Et voilà que j'en reprenais, croyant qu'il s'agissait du remède miracle. J'avais tort, je le savais. Mais personne ne pouvait me l'empêcher. Sonny peut-être ? Mais elle n'était pas là pour m'aider. C'était à moi de lui rendre service, en lui expliquant pourquoi elle avait subi cette attaque de front. Pourquoi elle avait failli perdre la vie dans une fusillade … Je lui devais bien ça, à cette future maman.
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MessageSujet: Re: Le temps de s'expliquer [terminé]   Mar 19 Fév - 16:41

Discuter tranquillement dans un café. Voilà longtemps qu’elle n’avait pas fait cela. Avec Ingrid, au début du mois, les choses avaient été compliquées. Elles s’étaient même presque déchirées, à cause des révélations d’Ingrid et de l’état de Sonny qui n’était alors pas prête à tout encaisser. Avec qui d’autre avait-elle pris un café pour discuter ? Personne, en y réfléchissant bien. Et ça craignait. Et parler tranquillement avec quelqu’un avec qui elle avait vécu des choses éprouvantes, ça aussi, c’était nouveau. Parce que son principal interlocuteur pour cela avait été Remington. Oh, elle ne s’en plaignait pas, mais peut-être que lui, ça le saoulait. Et se sociabiliser ne faisait pas de mal. Même si pour cela il fallait parler de choses plus ou moins désagréables. Et cela avait commencé avec la mention d’un japonais capable de faire de faux papiers. Elle n’avait rien dit à Dean de sa situation administrative. Comment expliquer de toute façon qu’elle avait été déclarée morte en France mais que par dieu seul sait quel mystère les douanes américaines n’avaient rien vu et lui avaient laissé son visa… Visa qui prendrait fin au mois d’août, alors qu’elle avait prévu de se marier et de s’installer définitivement avec Remington. Irait-elle jusqu’à prendre le risque de demander des faux papiers pour obtenir ce qu’elle voulait ? Oui. Assurément.

« J’en ai conscience. Mais je ne peux pas prendre le risque d’être expulsée. En tout cas, ce serait en cas de force majeure, si je n’ai vraiment aucune autre solution. Et je te dirai tout à ce moment là, je ne veux pas que tu aies d’ennuis à cause de moi. »

Après tout, si elle devait en arriver là, avouer la vérité à Dean ne serait pas grand-chose. Et quitte à lui faire prendre des risques, autant qu’il sache dans quoi il s’embarquait. Ce serait même la moindre des choses. Combien de ses proches prendraient des risques à cause d’elle ? Cela n’était pas juste, mais elle ne pouvait pas faire autrement. Là, elle devait se contenter d’un visage rassurant et d’un ami qui venait de se régaler avec une tarte au citron. Finalement, il était comme elle quand elle mangeait de la tarte : un vrai gosse. Mais ce ne serait certainement pas elle qui lui ferait la morale. Ce serait l’hôpital qui se moquerait de la charité. Et puis, quelques secondes après, elle allait à son tour réagir comme une gamine de cinq ans, en baissant les yeux, se sentant comme prise en faute… alors qu’elle n’en avait pas commise. Du moins, de son point de vue. Alors elle lui révéla ce qui s’était passé. Elle essaya de dire les choses le plus honnêtement possible, mais elle éprouvait encore un tel sentiment d’injustice que cela était difficile. Elle s’attendait presque à un nouveau sermon, elle était habituée à cela après tout. Mais certainement pas à cette violence. Car la table se mit à trembler sous l’impact de son poing s’abattant avec virulence dessus. Etait-ce vraiment si mal d’avoir voulu sauver son mari ? D’avoir cru en Genome ? Sauf que…

Sauf que Dean ne semblait pas en colère contre elle mais bien plus contre Aaron. Lui aussi semblait voir ses convictions vaciller. Les gens dans le café s’étaient retournés et les fixaient désormais, y compris la serveuse. Est-ce qu’ils allaient être foutus dehors ? Ce ne serait pas la première fois que cela arriverait. Le mois dernier par exemple… Le repas avec Remington et Sacha. Ils s’étaient retrouvés mis à la porte sans ménagement. Et là, ce serait à cause de Genome et pas d’un sale dragueur venu chercher querelle. Effectivement, Aaron et Ross triaient les personnes pouvant bénéficier de leur aide. Effectivement, la confiance semblait être quelque chose qui se monnayait. Mais Dean faisait une erreur sur un point.

« Ce n’est pas moi, qu’ils ont virée… Aaron me laissait partir sans problème et il a prétendu qu’il continuerait de me protéger. Mais il voulait que Remington demeure où tu sais en attendant d’avoir tout un tas d’info sur lui. Et partir sans lui, surtout à ce moment-là… C’était impossible. Ils n’ont plus confiance en moi. Ils me considèrent comme une pauvre gamine inconséquence. Je n’avais plus rien à y faire. Et en même temps, je n’ai jamais servi à grand-chose. »

Et il y avait cette famille qu’elle allait avoir. Refaire des missions, même simples avec un ventre rond, ce serait de la pure folie. Et Rem ne la laisserait certainement pas faire. Est-ce que Dean aurait laissé Lexi prendre des risques inconsidérés, même en sachant qui elle était vraiment. Peut-être qu’elle n’aurait pas dû en parler, car Dean parut troublé. Sonny aurait voulu faire marche arrière, ne rien dire. Elle le savait pourtant, qu’il avait en quelque sorte perdu un enfant. Pourquoi, depuis le temps, n’avait-elle pas appris à se taire ?

« Excuse-moi, je…. »

Mais elle ne put terminer sa phrase car déjà, il réclamait un verre. L’alcool. Elle n’avait pas bu une goutte depuis… Eh bien depuis leur rencontre en réalité. Il faut dire que ce jour-là, elle avait fait de sacrées réserves. Instinctivement, elle lui agrippa la main et la plaqua sur la table avant de river son regard dans le sien.

« Dean, non, ça ne sert à rien. Ça n’aidera pas et tu le sais mieux que quiconque. Tu as vu l’état dans lequel je m’étais mise quand on s’est rencontrés. J’avais mal comme jamais et j’avais bu des litres d’alcool pour essayer d’oublier. Ça a été tout le contraire. Tout le contraire… Et tu veux savoir le pire ? Quand je me suis mise minable… j’étais déjà enceinte. Je ne le savais pas mais ça ne change rien, je m’en voudrai toute ma vie pour ça, parce que j’ai mis mon bébé en danger. L’alcool ne m’a rien fait oublier, ça n’a fait qu’accentuer ma peine et ma douleur. Tout ça pour rien. Remington et moi on s’est remis ensemble, on va avoir un bébé et on va se marier. Ne bois pas Dean. J’ai besoin d’aide… Je ne supporterai pas de perdre encore quelqu’un… S’il te plait. »

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MessageSujet: Re: Le temps de s'expliquer [terminé]   Dim 24 Fév - 20:53

Besoin d’aide. On en a tous besoin. Mutants que nous sommes, nous vivons une vie intrépide, barricadée d’embuches, de coups bas, de montagnes à gravir, de nouvelles portes à ouvrir. Nous sommes confrontés aux actes innommables de gens avides de pouvoirs … Toute notre misérable vie, nous serons l’otage d’une voie sinueuse et branlante. Construire une famille, éprouver de l’attachement et de l’amour. Quelle belle utopie que voilà. Je souriais face à la nostalgie des fragrances de violette qui entourait mon couple, jadis, le plus heureux du monde. Lexi avait percée mon cœur, y semant une graine qui avait doucement germée pour donner naissance au plus somptueux des arbres, donc le feuillage était si dense et si verdoyant, qu’on y avait vu naitre les plus agréables souvenirs.

Mon sourire entaillait largement mon visage, pour s’éteindre aussitôt. J’avais promis de veiller sur Sonny au péril de ma vie. J’avais juré et baisser les bras maintenant était une affaire d’honneur à ne pas bafouer. Je ne connaissais que vaguement Remington. Ses maigres origines, qui correspondaient à un personnage sombre, solitaire et indépendant. Certes, aux premiers abords il faisait peur. Mais de là à lui claquer la porte au nez … je ne comprenais plus les intentions d’Aaron. Une discussion s’imposait. Mais quand ? Je gonflais mes poumons à fond, puis laissa échapper un long et silencieux soupire, qui se mourait dans l’atmosphère saturé en café. Mes doigts commencèrent à triturer la serviette en tissu, pour la déchiqueter en mille petits morceaux, éparses sur la nappe vermeille.

Je repensais doucement aux évènements qui s’étaient déroulés quelques semaines plus tôt. Cette attaque violente qui avait réduit ma maison à l’état de cendres, la soirée d’Halloween dirigée par ce Maire avilissant, puis Central Park … je voyais cette gamine, tenant son ventre entre ses mains, cherchant un abri pour sa survie et la sécurité de son enfant. Sonny avait de réels soucis. Mettre au monde un gosse lié par deux mutants n’était pas chose anodine. Dans quelles circonstances allait naitre l’enfant ? Les codes génétiques mutants des deux parents pourraient très bien en faire un monstre, un être difforme ou unique. Avait-elle réfléchie aux conséquences ? Et si Genetic apprenaient sa situation, ne mettrait-elle tout simplement pas la vie de son enfant en danger, en le mettant au monde tout simplement ? Mon esprit scientifique me travaillait. Je ne voulais pas la voir se monter des histoires, croyant pouvoir un jour vivre au calme. J’avais essayé, en vain. Malgré mes efforts, la distance que j’avais placée entre les mutants et moi, tout, tout m’avait rattrapé, brutalement, comme une grosse claque derrière la nuque.

Mais lui briser ce maigre espoir n’était pas mon rôle. Du moins, pas pour l’instant. Je la toisais d’un regard mélancolique, sortant de cette torpeur qui m’avait enveloppé soudainement. Je posais une main sur la sienne. Elle était si douce et si fragile. C’était presque bizarre, mais apaisant. Comme si par un simple contact, toutes les paroles rassurantes étaient dites. Comme si le lien d’une confiance solide s’était installé en quelques brèves secondes.

« Tu as raison. L’alcool a détruit ma mère, ma famille, il n’est que le résultat de cette vie instable et misérable que je mène depuis trop longtemps. Pourtant il m’aide à oublier pendant quelques heures … même si ces souvenirs douloureux me reviennent en pleine figure, à chaque fois plus violemment, me projetant à terre, comme un incapable. Mais Sonny, soit sûre d’une chose : je serai toujours là pour toi. Je te promets de t’aider au mieux, afin que tu puisses construire ton rêve. »

La serveuse déposa l’addition sur la table, m’obligeant à me délier de la main de Sonny. Elle nous dévisagea d’un air perplexe pendant quelques secondes, puis tourna les talons pour retourner à ses affaires. Après avoir plongé ma main dans la poche de ma veste, je sortis un billet de 20 dollars, faisant signe à la future mère que je payais. L’arrivée d’un nouveau membre dans une famille est toujours couteuse, alors autant qu’elle fasse des économies maintenant.

« Je pense que tu sais que pour nous les mutants, il ne sera jamais facile de vivre une vie tranquille. Et étant scientifique, je me pose des questions sur la naissance de cet enfant. Je ne pense pas qu’il soit raisonnable de rester à Los Angeles lors de ton accouchement. Genetic nous a dans le collimateur et je pense qu’ils n’hésiteront pas à kidnapper ton gosse pour de simples expériences. Remington et toi êtes sûrement l’un des rares couples mutants. Nous ne sommes pas la première génération, mais peut-être la première à vouloir comprendre comme ça fonctionne. Regarde un peu autour de toi … Tout ce qui s’est passé ces derniers mois. Ton enfant aura besoin de bien plus de protections que quiconque. J’exagère peut-être un peu trop, mais on n’est pas à l’abri de gens comme Tussle, qui n’ont aucun scrupule à enfermer des personnes innocentes dans des pièces, pour un simple test. Des gens y ont perdu la vie. »

L’effrayer n’était pas mon but. Mais Sonny devait rester méfiante, sur ses gardes et commencer à être moins crédule. C’est une enfant brillante et intelligente, mais ses jeunes années la pousseront à faire des bêtises, car personne n’est à l’abri de mauvais choix, surtout nous, les mutants. Je n’avais pas envie de la retrouver dans 8 mois, pleurant à chaudes larmes, car une organisation lambda lui aurait arraché son gosse des bras. Certes Remington serait là pour l’aider, veiller sur la chair de leurs chairs, mais il n’était qu’un homme … et un homme contre dix n’est rien.

« Je ne veux pas t’effrayer, même si mes propos sont assez … extravagants, mais c’est la réalité qui se trame à Los Angeles et tu le sais mieux que moi. Mais compte sur moi pour t’aider. Genome t’a peut-être laissé tomber, mais pas leur scientifique ! » dis-je doucement, accompagné d’un clin d’œil complice.
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MessageSujet: Re: Le temps de s'expliquer [terminé]   Mer 27 Fév - 12:32

L’alcool… C’était une belle merde franchement. Et Sonny en savait quelque chose. Elle n’aimait pas boire, elle n’éprouvait aucun plaisir en ingurgitant des litres d’alcool et elle avait vraiment honte des deux cuites qu’elle s’était prise. Deux en quoi… un mois ? La première avait eu lieu après l’accident d’Anne – accident dont elle était en partie responsable. Et la seconde, Dean la connaissait bien... Heureusement que Remington n’en avait pas eu vent, elle aurait été morte de honte. Lui, il ne buvait pas. Même du poulet au marsala il n’en prenait pas ! Que penserait-il d’elle ? Elle ne voulait plus succomber aux sirènes de l’alcool car le chant était trompeur. Les souvenirs certes disparaissaient… avant de revenir vous fracasser le crâne au réveil. Cela ne servait à rien que Dean se laisse aller et avale ces poisons… ils ne l’aideraient jamais. Et elle ne voulait plus voir partir les gens. Elle en avait perdus trop… Surtout qu’il était un des rares à ne pas la juger sévèrement… à la comprendre même, à partager son désarroi face à la décision d’Aaron. Qui aurait pu croire, vu comment leur relation avait débuté, qu’ils seraient du même côté ?

Et pourtant… Alors qu’ils s’étaient séparés avec une certaine tension et un manque cruel de confiance après la destruction de sa maison, ils étaient là, comme deux proches et la main de Sonny reposée entre celles de Dean. D’un point de vue extérieur, la situation aurait pu être ambiguë… mais elle ne l’était pas. Quelque chose s’était passé, quelque chose les unissait désormais. Pas réellement de l’amitié, mais une sorte de… besoin mutuel ? Comme une volonté de prendre soin l’un de l’autre.

« Merci… Mais ce serait bien que tu puisses réaliser les tiens aussi. J’interviens toujours sur des cauchemars, j’aimerais bien un jour contribuer à réaliser un rêve. Et je ne suis pas certaine de mériter ton aide ou que tu passes ta vie à m’aider. J’ai rien fait de bien pour mériter ça. »

Et c’était vrai… Apparemment, elle avait mis Genome en danger, elle avait caché la vérité lors de la randonnée et n’avait pas été d’une grande utilité lors de la révélation de central Park. D’ailleurs, Aaron ne l’avait même pas envoyée là-bas, elle n’était au courant de rien. Ce n’était que le fruit du hasard, pas de la confiance qu’on aurait pu lui porter.

Ils furent contraints de délier leurs mains, à cause de la serveuse. Le regard que celle-ci leur porta laissa Sonny de marbre. Elle pensait certainement qu’ils étaient ensemble et calculait déjà leur différence d’âge. Ce regard de jugement moral, elle le connaissait. Remington n’y faisait pas garde, mais on le leur jetait régulièrement et cela empirerait au cours des mois à venir… Qu’importe, elle se pencha pour sortir son portefeuille dans son sac mais Dean fut plus rapide.

« Merci. »

Il serait vraiment son protecteur ? Il se comportait vraiment comme tel. Mais pourquoi ? Pourquoi elle ? Qu’avait-elle fait pour qu’il veuille à ce point l’aider ? Même Anne n’était pas aussi proche d’elle que lui à cet instant. Etrange. La vie est un perpétuel mystère. Et un perpétuel combat… Elle voulut lui demander pourquoi il désirait tant prendre soin d’elle mais elle n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche car Dean lui fit part de ses craintes. Un combat, voilà ce qu’elle allait devoir mener pour les prochains mois et les prochaines années. Les propos qu’il lui tint la perturbèrent et la firent tressaillir. Sa peau se couvrit de chair de poule. Il était sérieux ? Genetic pourrait s’en prendre à son bébé ? On pourrait le lui enlever et faire des expériences sur lui ? Dean était sérieux ? Il fallait qu’elle parte… Mais où ? Où ? Genetic était partout ! En France, à Los Angeles… Où serait-elle en sécurité ? Et Rem… pourrait-il partir avec son boulot ? On lui avait déjà pris ses amis t sa vie, on n’allait pas en plus menacer la vie de son bébé ?! Déjà qu’une malade mentale l’avait ouvertement menacé… Elle ne laisserait personne toucher à son bébé. Jamais. Elle savait se défendre, elle savait tirer, elle l’avait prouvé. Et pour protéger sa famille, elle n’hésiterait pas.

« Je… je n’avais pas… je n’avais pas pensé à ça. Mais oui, ils nous connaissent… Genetic, ils savent que Rem et moi on est ensemble. Et… ils sauront… ils sauront qu’on va avoir un bébé. Je… Anne aussi est concernée, il faut… Qu’est-ce qu’on peut faire ? Je… Je devrai le déclarer à la naissance et le maire saura… Qu’est-ce que je peux faire ? »

Déjà avoir un bébé était une épreuve… mais en avoir un qu’on voudrait lui prendre, c’était pire. Et là, elle passa en revu toutes les armes dans leur cave et tous les moyens pour protéger leur maison. Il faudrait qu’elle en parle à Remington, qu’il installe une tonne d’alarmes et de pièges. Dean se voulait pourtant rassurant, lui réaffirmant qu’il serait là et l’aiderait. Mais est-ce qu’il le pourrait ? Lui-même était poursuivi, ce Nikolaï Popov… Elle avait glissé une main sur son ventre, à peine rebondi. Elle ne sentait pas encore son bébé mais sa vie était déjà menacée. Pourtant… ils avaient pensé à la possibilité qu’il soit mutant… mais pas qu’on veuille l’observer comme une bête de foire, ni même que leurs deux natures de mutant puisse provoquer des choses nouvelles. Elle avait le vertige, cela faisait trop… trop de choses, trop de danger. La tête lui tournait et elle était perdue.

« Rem a dit qu’il nous défendrait… Il a promis qu’il n’arriverait rien… je… »

Elle se leva alors, le regard complètement perdu. Pire que lorsqu’elle avait appris la mort de sa mère…Bon sang, elle avait perdu sa mère, elle ne pourrait pas perdre son enfant. Elle commença alors à tanguer.

« Je me sens mal… »

Presque comme la fois où elle avait failli le perdre, sauf que cette fois, elle ne perdait pas de sang. Mais cette peur qui venait de l’envahir était terrible et douloureuse.

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MessageSujet: Re: Le temps de s'expliquer [terminé]   Mer 27 Fév - 22:49

Merde … qu’est-ce que je venais de faire ? Au lieu de la rassurer, je venais de la stresser plus qu’autre chose. Ma volonté n’était pas dans l’optique de la rendre malade, bien en contraire … mais plutôt de la prévenir. Ne s’était-elle pas posé ce genre de questions durant sa grossesse ? Etonnant. Je ne bronchais pas devant l’affolement inquiétant de Sonny. Elle se leva brusquement, manquant de renverser son verre de lait à la vanille à moitié plein sur la table. Ses mains se plaquèrent sur son ventre et ses yeux s’écartèrent aussi ronds que des balles de tennis. L’horreur se lisait sur les traits fins de son visage. Son teint était blême, comme si elle venait de croiser un fantôme, ou peut-être un esprit maléfique de Genetic. Qui sait ?

La rassurer. Voilà quel était mon devoir. Mais pourquoi prenais-je ce rôle de père protecteur ? Je n’en savais rien. J’étais certainement dans une sale période, dans un moment de ma vie où j’avais besoin de m’accrocher à quelqu’un. Sonny m’avait fait du bien en réalisant ce rêve. Cette dure réalité qui m’avait flanqué une bonne tarte à la figure … mais pourtant, mon cœur s’était allégé depuis. Je regardais la future mère, le remords pesant sur le bout des lèvres. L’espace qui nous entourait semblait doucement s’effacer dans des ténèbres obscures et oppressantes. Je babillais des mots inutiles et incompréhensibles. Que devais-je faire ? Je n’étais pas doué pour les douces paroles, pour rassurer les cœurs fragiles. J’étais un guerrier, un spartiate, un homme de terrain qui bravait chaque jour ses peurs et ses angoisses. Lentement, je pris le poignet de Sonny et lui somma de se rassoir.

« Ne panique pas Sonny … je ne voulais pas t’effrayer. Mais juste te dire ce qui pourrait arriver. Je n’ai pas dit que ça arrivera. Peut-être que Tussle a d’autres occupations plus importantes que de kidnapper un gosse et faire des expériences. Peut-être même que ton gamin sera très ordinaire. Bien sûr, le mélange de tes gènes et ceux de Remington vont former quelque chose d’extraordinaire, mais peut-être qu’il n’en sera rien au niveau d’une capacité. Et puis souviens-toi … quand est-ce que ta capacité s’est- elle déclenchée ? Certainement pas quand tu étais qu’un pauvre nourrisson… »

Voilà, j’avais trouvé les mots parfaits. Du moins, je le ressentais ainsi. Il est vrai que déceler une capacité hors du commun chez un nourrisson était rarement évident. D’après mes nombreuses recherches, j’avais constaté que les dons s’éveillaient vers l’adolescence ou plus tard, lorsque l’individu subissait un choc émotionnel intense. Ceci dit, l’apparition des « pouvoirs » était assez aléatoire et tout dépendait d’un enchainement de causes et d’effets. Mais un nourrisson paraitrait aux yeux des mortels, même des meilleurs scientifiques, bien ordinaire …

« Oublions ce que je viens de dire … je t’ai fait venir ici pour une chose bien précise. Après t’avoir lâchée dans la rue, suite à l’agression des sbires de Popov, je me suis sentie terriblement coupable de ne pas t’avoir expliqué qui je suis réellement. Tu as dû te poser un tas de questions … et émettre des hypothèses certainement fausses. Je ne fais partie d’aucune mafia. Je ne suis ni un flic, ni un dealer, ni même un agent secret ou tueur en série. Un simple scientifique et journaliste. » dis-je contrit.

Oui, j’aurai voulu être tellement plus qu’un simple scientifique, qu’un mec banal qui passe inaperçu dans la rue, que ce genre de type que personne ne remarque. C’était plutôt intéressant lorsqu’il s’agissait de pénétrer des zones à risques et ne pas se faire repérer pour une mission, mais j’aurai tant voulu viser plus haut. L’armée me manquait en quelque sorte. Les risques aussi. Bien sûr, je prenais des risques en m’approchant des malades, en analysant des virus hautement virulents … mais était-ce aussi palpitant qu’éviter les balles ? Non. J’étais et je suis un homme d’action, un homme de terrain. La vie tranquille que j’espérais avoir ne m’était pas destinée. Peut-être qu’au final, il était bon que Lexi se soit pris un bus … C’était cruel comme pensée, mais tellement vrai. Aurais-je été un bon père ? Un bon mari ? Peut-être pas.

« Je suis un ancien militaire. Je me suis engagé en tant que soldat après mes études. J’ai découvert la passion des armes en Irak, et mon pouvoir par la même occasion. C’est pour ça que j’ai tout un tas d’armes chez moi. Et toujours une sur moi. » dis-je en tapotant discrètement mon talon. « Depuis que je fréquente des mutants, ma vie n’est plus aussi sereine qu’elle l’était avant. Et je doute fort qu’elle le redevienne. Je suis juste vigilant et tu devrais en faire autant. »

Et voilà … j’étais obligé de tout voir en noir. Allait-elle encore me figurer une crise de panique ? Je n’en savais rien, mais je restais perplexe. Sonny devait commencer à se contrôler. Du moins ses émotions. Ce n’était pas bon pour le gamin et ni pour son cœur. Lui adressant un large sourire de compassion, j’espérais lui montrer qu’elle pouvait avoir confiance et qu’il n’y avait pas que des gens avilissants dans ce bas monde.

« Tu devrais cesser de te faire du mouron. Tu as un atout majeur : Remington. »

Je ne savais pas grand-chose de lui, mais je l’avais vu se battre à Central Park. Il se débrouillait bien et vu les techniques de combat qu’il avait employé, j’avais deviné qu’il avait fait l’armée. Elle pouvait se reposer tranquille avec lui, du moins, je le pensais.
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MessageSujet: Re: Le temps de s'expliquer [terminé]   Ven 1 Mar - 21:08

Sonny ne savait plus où donner de la tête. Dean avait suscité en elle une tonne de questions auxquelles elle n’avait même pas pensées… Mais quelle mère elle faisait !? Pourtant, tout était devant ses yeux. Elle savait que Tussle était mauvais, pourquoi n’avait-elle pas pensé à cela quand ils avaient parlé mariage ? Quoique si, Remington l’avait évoqué. Mais le bébé ? Où est-ce qu’on déclarait un bébé aux Etats-Unis ? Encore une chose qui montrait à quel point elle n’avait pas réfléchi. A quel point elle était dépassée. Pourtant elle savait. Anne lui avait dit qu’ils ne pourraient jamais vivre en paix : au bout de dix ans, Genetic l’avait retrouvée… Qu’espérait-elle ? Qu’elle passerait entre les mailles de leurs filets ? Mais quelle idiote elle avait pu être… Et que faire maintenant ? Elle ne savait plus. Partir, rester ? Elle avait mal au ventre et ne parvenait plus à aligner deux pensées cohérentes.

Elle tremblait et elle se rendit à peine compte que Dean venait de lui prendre le poignet en la forçant à se rassoir. Son esprit était très loin… si loin et les paroles de son ami lui parvenait comme de très loin, comme un vieil écho perdu dans la montagne. Il tentait de la rassurer, mais elle était perdue. Elle avait pourtant tenu ces mêmes propos à Remington deux jours avant… La capacité n’était pas forcément quelque chose d’héréditaire… Ses propres parents n’étaient pas mutants et pourtant, elle avait le pouvoir de contrôler les rêves.

« Non, j’avais 16 ans… »

Et Rem, ça remontait à quelques années à peine. Ce fut tout ce qu’elle parvint à prononcer. La plupart du temps, la capacité apparaissait à l’adolescence. Les plus jeunes qu’elle connaissait… au Domaine peut-être. Et Wyatt. Mais jamais d’apparition d’un pouvoir à quelques mois. Est-ce qu’on leur ficherait la paix jusque là ? Peut-être…. Ou peut-être qu’on leur prendrait leur enfant pour précisément étudier les circonstances d’apparition de la capacité. Remington ne les laisserait pas faire. Elle ne les laisserait pas faire. Personne ne toucherait un cheveux de leur enfant de toute manière. Tant qu’il ne manifesterait auccun « don » hors du commun, il serait suivi comme un enfant parfaitement « normal », même si elle haissait ce mot. Personne ne l’approcherait. Même pas Genome, en dépit du respect qu’elle devait à Dean. Et si un jour une capacité s’éveillait en lui, elle demanderait d’abord conseil à Anne… les tensions seraient bien apaisées d’ici là.

Oublier ce qu’il venait de dire… ce n’était pas une mince affaire, elle en tremblait encore. Mais le temps que son cerveau se remette en place, Dean avait déjà changé de sujet. Retour vers le passé, quand sa maison avait été attaquée et détruite. La ruelle… ils étaient même pieds nus à ce moment là, avec des bouts de verre leur tiraillant la peau. Qu’avait-elle cru ce jour-là ? Elle ne savait plus trop. Dean lui avait dit qu’il était journaliste, mais le déploiement d’armes et de forces l’avait fait douter. Mais il voulait s’assurer qu’elle le croit.

« Un journaliste qui fourre son nez où il ne faut pas… J’espère que tu laisses les russes tranquilles…»

En revanche, ce qu’elle ignorait, c’était son passé de militaire. Lui aussi avait donc servi dans l’armée ? Et en plus, il avait fait l’Irak… Il n’était vraiment pas si différent que cela de Remington, du moins dans son parcours, car les mentalités divergeaient.

« Tu as fait l’Irak ? Et… tu ne connais vraiment pas Remington ? Le pire c’est que vous avez dû y être à la même période. Quoiqu’il était souvent au trou d’après ce qu’il m’a raconté. Pourquoi tu as quitté l’armée ? »

Elle savait pour Remington, sa capture, la torture, l’éveil de sa capacité, mais Dean ? C’était un homme de terrain et il avait toujours de bons réflexes d’après ce qu’elle avait pu voir. Qu’est-ce qui l’avait poussé à choisir le journalisme et la recherche ? C’était étonnant…

« Tout le monde me dit qu’il faut être prudent. Mais je n’ai pas été habituée à cela. Pendant quatre ans, j’ai vécu dans un endroit protégé où je pouvais être moi-même. Depuis que je suis arrivée à Los Angeles… c’est un enfer. Halloween, le Maire, ce Lancaster… Ils sont partout. »

Et elle était particulièrement faible. Elle ne maitrisait pas les rouages de l’administration, alors le Maire pouvait certainement tout faire, et par la même occasion, Genetic aussi. Dean voulait la réconforter, elle le savait… Dire que depuis quelques temps, elle avait rangé son arme… Il y avait fort à parier qu’elle sortirait de nouveau avec si Rem ne l’empêchait pas. Elle s’adossa sur la banquette et soupira un grand coup, avant de regarder Dean. Pouvait-elle réellement compter sur lui ? Il ne serait pas là vingt-quatre heures sur vingt-quatre et il avait aussi ses propres problèmes à régler.

« Oui, Rem se débrouille bien, j’avoue. Mais ça m’inquiète tout ça. Je n’ai pas l’impression d’être à la hauteur. Je veux dire… je dois déjà suivre un traitement alors… j’ai juste l’impression de mettre toujours ce bébé en danger, j’ai du mal à comprendre pourquoi il s’accroche. Je n’ai qu’à attendre, n’est-ce pas ? »

Puis elle se souvint d’une chose… deux jours avant, elle avait eu cette discussion avec Rem, à propos de la possible mutation de leur enfant…

« Tu as eu des nouvelles du fameux vaccin dont ils avaient parlé à Halloween ? Et… vu que tu as l’air d’avoir tes réseaux d’information… A part Genome, tu ne connaitrais personne qui pourrait nous aider si jamais j’ai des soucis liés à la mutation ? Je veux dire, des gens capable de nous apprendre à contrôler notre capacité ? Je ne pense pas que cela existe mais on ne sait jamais… »

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MessageSujet: Re: Le temps de s'expliquer [terminé]   Mer 6 Mar - 8:38

La nouvelle semblait la surprendre. Ancien soldat envoyé en Irak, j'aurai dû selon elle, connaitre son amant. Mais il existait plusieurs secteurs, plusieurs troupes, plus régiments. Je n'avais jamais entendu le nom de Remington et pour sûr je m'en souviendrais si c'était le cas. On m'envoyait toujours dans des coins insolites en compagnie de bons camarades. J'en avais perdu deux et je remerciait encore le bon Dieu de m'avoir épargné des balles en plein coeur. C'est durant cette période branlante de ma vie que mon pouvoir s'est déclenché. Tout est allé très vite et j'ai pris plus peur qu'aborder une joie certaine. Pour un scientifique de ma trempe, il était difficile d'accepter le surnaturel. Alors, au lieu d'accepter mon évolution, j'en ai fait une étude complète.

Après la guerre, j'ai passé des heures entières aux laboratoires de New York, à l'abri des regards indiscrets, me penchant sur mon cas, sur mon pouvoir. Au départ, mes recherches furent infructueuses. Nous n'avions pas assez de donnée, ni même assez de connaissances pour interpréter les gènes mutants. Puis j'ai eu l'occasion d'intégrer une équipe d'Elites dans l'un des meilleurs laboratoires de recherches génétiques de New York. J'ai pu utiliser un grand nombre de machines de pointes et enfin comprendre quel était le gène mutant, quelle était sa transformation et si celle-ci pouvait avoir des conséquences néfastes pour mes générations futures.

Mais bien vite, on me contacta. Un gars de Genome dont le nom m'échappe, et un membre de la compagnie Genentech. Dans un premier temps, j'avais refusé chaque proposition. Je sentais mal venir le truc. Pourquoi un intérêt soudain pour mes recherches, lorsque je venais de comprendre un point majeur dans l'évolution du génome humain ? Personne n'était venu me poser la main sur l'épaule quand j'avais découvert un ADN à quatre hélices. Puis vint l'accident de Lexi et les choses ont évoluées différemment...

- J'ai quitté l'armée car mon pouvoir s'est déclenché pendant un assaut et ça m'a rendu malade d'avoir gardé la vie, tandis que tous mes camarades sont restés sur le carreau. J'étais considéré comme "perturbé psychologiquement".

Sonny montrait ses craintes, ses peurs, son envie de fuir. Mais pour aller où ? C'était bien la grande question. Retourner en France n'était certainement plus une option. La mort de sa mère l'avait probablement affectée et si on la considérait morte là-bas, impossible pour elle de quitter l'Amérique. Mais cette histoire me chiffonnait. Comment pouvait-elle avoir un état civil ici, alors qu'on la considérait morte en Europe ? Une erreur informatique, ou administrative. Ce monde est absurde. Mais n'était-elle pas mieux dans un pays où elle était considérée comme morte, pour ainsi ne plus avoir aucun soucis, plutôt que vivre dans l'éternelle crainte à Los Angeles ? Je n'en savais rien.

Je restais silencieux devant l’inquiétude de la demoiselle. Je ne voulais pas l'effrayer d'avantages, et mes idées noires du moment n'étaient pas les bienvenues pour se glisser dans cette conversation. Soudain, mes yeux s'écarquillèrent lorsqu'elle mit l'histoire du vaccin sur la table. Je l'avais complètement oublié celui-là ! Tussle avait promis un vaccin contre nos problèmes de mutants à la soirée d'Halloween ... Mais était-ce vraiment efficace ? Etait-ce un subterfuge pour pister des mutants, suivre leur évolution, ou même tester un nouveau produit ? Car bien que Genetic soit plus performant que Genome dans le domaine de la recherche, leurs manières de procéder ne m'aspirait pas confiance.

- Pour être honnête, je n'ai rien à te dire sur le vaccin. Aucunes nouvelles depuis que Tussle l'a annoncé disponible à la vente en Octobre. Je pense qu'il s'agissait plus d'un "piège", pour attraper les plus faibles et du coup tester de nouveaux produits sur des mutants que l'on peut ainsi considérer comme volontaires. Ainsi Genetic doit en avoir moins gros sur la conscience. Ils ne sont plus obligé de kidnapper des gens pour tester leurs produits merdiques ...

En vérité, je n'en savais strictement rien. Mais cette idée était plus que probable. Ils étaient prêts à faire n'importe quoi pour une avancée majeur dans l'évolution génétique. Mais dans quel but ? S'il s'agissait de simplement comprendre, pourquoi ne pas faire du porte à porte chez les mutants et leur demander une simple prise de sang ? Non, au lieu de ça, ils utilisent des gens qui n'ont rien demandés, par le mensonge ou la force, et ces pauvres cibles ne ressortent jamais des locaux de Genetic.

- Je peux t'aider Sonny. J'ai étudié plusieurs cas de mutants à Genome. Une gamine qui n'arrivait pas à contrôler sa capacité. Puis un jeune homme qui arrivait à faire fondre le métal et une étudiante en médecine ... J'ai déjà aidé d'autres mutants, alors pourquoi pas toi ? Ça prendra du temps par contre, des séances où l'on devra se voir régulièrement pour que je puisse bien étudier ton cas. La manipulation des rêves est un pouvoir important et puissant. Si tu apprends à le contrôler, je pense que tu pourras en faire quelque chose de vraiment bien. Pour te protéger et pour aider les autres.

Je lui accordais un sourire réconfortant. Ces bonnes paroles n'étaient pas simplement là pour la soulager, lui enlever cette peur au ventre qui la tenaillait depuis quelques minutes, mais également pour lui prouver que j'étais là et que je l'aiderai quoiqu'il advienne. Nous n'étions pas de grands amis, mais peut-être pourrions-nous le devenir ? Ca ne me ferait pas de mal et à elle non plus. J'avais une dette envers elle, je l'avais placé dans un danger mortel à mon insu et je me sentais redevable. Comme si tout là-haut, on me poussait à devenir son ange gardien.
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MessageSujet: Re: Le temps de s'expliquer [terminé]   Dim 10 Mar - 11:04

L’armée, la guerre, tout cela était un monde à part pour moi. Un monde que je ne connaissais pas vraiment. Je n’en savais que des bribes, grâce à Remington. Tout ce que je savais de l’armée, c’est que cela avait été une voie dans laquelle Rem s’était embarqué, une voie douloureuse qui lui avait apporté un lot de souffrance et de cicatrices. Et des heures de trous et de tortures avant que son pouvoir ne s’éveille. Il avait tué tout le monde. Voilà. Le monde de l’armée pour moi, ça se résumait à cela. Maintenant, Dean s’y ajoutait. Et c’était vraiment étrange, ces coïncidences. Lui aussi avait donc découvert son pouvoir sur le champ de bataille. Les fameuses émotions fortes, les chocs psychologiques, les traumas. Voilà ce qui les déclenchait et les éveillés. Et encore une fois, ma relation avec ma capacité était bien moindre que les leur, à Dean et Rem. Je ne souffrais déjà pas particulièrement à cause d’elle, mais en plus, le choc qui l’avait fait émergée était moindre. Rien ne m’était arrivé. Pas de torture, pas d’acte de violence, juste un rêve… C’était ma meilleure amie de l’époque qui avait souffert. Elle avait été violée, je me contentais de revivre la scène en captant un de ses cauchemars. Ce n’était même pas moi qui avais eu mal. Juste de la fatigue et beaucoup de questions. Des doutes et des images que j’aurais préféré ne jamais avoir en tête.

« On est tous perturbés de toute manière. Qui peut se prétendre sain d’esprit dans cette ville ? Et surtout dans notre monde ? »

Et j’en avais peur, désormais, de ce monde. Moi qui clamais à qui voulait – ou pas d’ailleurs – l’entendre, que notre capacité faisait partie de nous et qu’il fallait vivre avec. Quelle belle connerie quand on y pense. Oui, c’était des parts de nous, mais nous devions payer un lourd prix en échange. Remington en souffrait, et notre bébé en souffrirait peut-être. Mais il n’y avait nulle part où aller. Non, nulle part. Aucune échappatoire. Ou peut-être le fameux antidote made in Genetic. Cela faisait longtemps qu’on en entendait plus parler. Pourtant, cela avait suscité une vague de peur mais aussi une vague d’espoir. Et depuis, plus rien. Mais peut-être que Dean en savait plus. C’est pourquoi je lui posais la question directement. Mais non, encore un cul de sac apparemment. Un de plus. Encore.

« Je ne sais pas. J’ai une… connaissance, qui était intéressée et qui est allée à Genentech. Elle n’a rien eu. Rien du tout. »

Jayden… elle était allée à Genentech pour recevoir l’antidote, mais elle n’avait trouvé qu’une porte close. A moins qu’elle m’ait encore menti. Parce que c’était son truc apparemment, les belles déclarations juste avant de poignarder dans le dos. J’en frissonnais. Il fallait que j’arrête de penser à elle, sinon je ne m’en sortirais jamais. Il fallait laisser le passé derrière et se concentrer sur l’avenir. Et Dean voulait m’aider. Non, décidément, je ne savais pas pourquoi, mais il y tenait. Et j’avais besoin d’aide, car j’allais donner la vie à un enfant qui n’aurait rien demandé et s’il était différent, il aurait besoin de toutes les bonnes volontés pour grandir et s’épanouir. Seulement, il n’avait pas vraiment compris mon souci. Je n’attendais pas qu’on m’apprenne à contrôler ma capacité… C’était pour lui, mon enfant. Si jamais il était différent, je voulais qu’on l’aide à grandir avec, comme Anne m’avait aidée. Je me fichais de moi. Je me fichais de mon don. Je voulais qu’on prenne soin de mon bébé. Je voulais ce qu’il y avait de meilleur pour lui.

« Je contrôle plutôt bien mon don, même si je ne sais pas si je peux m’en servir sans faire de mal au bébé. Et ce n’est pas vraiment le genre de questions que je peux poser aux médecins. J’espère juste que lorsqu’il grandira et développera éventuellement un don, quelqu’un sera là pour lui tendre la main et lui apprendre à maitriser cette part de lui si je n’y parviens pas. »

Je ne savais pas si j’avais encore beaucoup de chose à apprendre moi… sur ma capacité. En dehors des cauchemars qui m’aspiraient, je contrôlais bien le truc. Cela m’épuisait et me vidait totalement de mes forces mais que pouvais-je faire d’autre ? Et là… je ne savais pas… peut-être que je devrais éviter de m’en servir, pour ne pas faire du mal au bébé… Car il m’arrivait de perdre connaissance quand je poussais trop loin mes limites et cela risquait de lui faire du mal… Je ne le voulais pas. Je n’avais pas été la meilleure des futures mères au début de ma grossesse, il était temps qu’on ait une vraie relation lui et moi. Et que je le protège enfin.

« J’ai peur de mal faire. Que ce soit au niveau de la mutation qu’au niveau de la simple… maternité. Mais bon, il faut avancer pas vrai ? Et c’est gentil de vouloir t’occuper de moi. De nous. Pour l’instant, j’essaye juste de tracer ma route, sans me poser trop de questions. Grâce à Anne, j’ai eu un abri où apprendre à vivre avec ce que j’étais. Ça n’existe plus. A part Genome et hors de question que j’y remette les pieds. Enfin bref, maintenant que tu es de retour, tu as des projets ? Je veux dire… qui ne soient pas top secrets ? »

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MessageSujet: Re: Le temps de s'expliquer [terminé]   Lun 11 Mar - 14:09

Je tordais la cuillère entre mes doigts, mes yeux restant fixés sur le visage de Sonny. La lumière froide du soleil éclairait sa peau légèrement mate, la réchauffant ainsi des frissons de terreur qui s'étaient rependus jusqu'à la moelle de ses os. Visiblement, je n'avais pas compris sa précédente question, lorsqu'elle me répliqua qu'elle contrôlait plus ou moins bien sa capacité. Un sourire moqueur se dessina sur le coin des lèvres. Elle y croyait franchement ? Même moi, scientifique que je suis, j'avais du mal à comprendre l'intégralité de mon pouvoir. Je savais comment le réveiller, comment le contrôler et éviter les pertes de connaissance. Mais jusqu'où pouvais-je pousser mes limites ? Quelle était l'étendue de ma capacité ? Et si je rencontrais une personne qui pourrait avoir une influence sur mon don, quelles seraient les conséquences ? Il y avait bien trop de questions que l'on ne pouvait encore résoudre. Non pas qu'on manquait de temps, mais le simple fait que nos maigres connaissances sur le domaine ne nous permettaient pas encore de pousser l'info bien loin.

Je la dévisageais à présent. Elle ressemblait à une grande enfant qui se remettait en question, suite à un choix qu'elle aurait pris sur un coup de tête. Confuse, perdue, Sonny semblait devoir se raccrocher à quelque chose, ou quelqu'un. Remington ? Non. Il était son conjoint et parfois il est difficile d’entraîner la personne que l'on aime le plus dans une pente glissante. Les galères ça me connaît. C'est bien pour ça que j'avais laissé tomber l'idée de me reconstruire. Recommencer ma vie, fonder une famille, devenir un père aimant. J'avais balayé ces pensées agréables pour me concentrer sur un problème majeur, un problème qui touche plus d'une personne : la mutation. Car, bien que certains pensent qu'il s'agisse d'un véritable cadeau du ciel que l'on peut utiliser à toutes les sauces, il n'en est rien. Toutes lois ont leurs règles.

J'avais entendu dire qu'un virus s'était installé chez les mutants depuis peu. La cause de cette apparition ? Aucune idée. Etait-il virale ? Oui, très. J'osais à peine me rendre à l'hôpital pour ausculter la jeune malade et comprendre de quoi elle était atteinte. On m'avait simplement énoncé ses symptômes, pour le moins très inquiétant. Sonny avait peur d'être une mauvaise mère ? Mais qu'est-ce que le monde de la mutation nous réservait à nous tous ? Son enfant n'était pas encore né. Elle devait d'abord penser à elle avant tout. Si elle ne se torture pas, si elle ne sombre pas dans la dépression, si elle ne se mêle pas à des histoires dangereuses, alors automatiquement, son enfant se portera bien.

« Le monde des mutants est un milieu tellement vaste que je ne saurais te dire ce qu'il ne faut pas faire et ce qu'il faut faire. Suis ton instinct, mais essaie d'éviter les situations périlleuses. Si les événements te mène à une confrontation, fuis. Ne reste pas. N'essaie pas de vouloir aider les gens que t'aimes. Tu as un enfant maintenant … et tu dois le garder en vie, au risque de te perdre toi également … Accoucher d'un mort né, n'est pas une chose facile à digérer ... »

Certes mes paroles faisaient mal, mais si elle voulait que son gosse ne subit pas le coup fatal d'un gros stresse, elle devait éviter à tout prix de se fourrer dans des histoires de mutants. Je lui aurais volontiers dit de ne plus côtoyer de mutant jusqu'à la naissance de son enfant, mais dans ce cas, je pouvais quitter la table sur le champ. Et puis, nous sommes déjà très seuls en temps normal, donc se retrouver entre petit comité ne fait pas de mal. Il faudra juste qu'elle soit bien plus prudente qu'à l'ordinaire.

Soudain, elle me posa une question qui me fit lever un sourcil. Que voulait-elle dire par projets non 'top secret' ?

« Humm … je ne suis pas un agent du FBI non plus haha ! Ecoute pour le moment, je retape ma nouvelle maison, qui est d'ailleurs bien trop grande pour une seule personne. Je pensais quitter mon boulot au LA Times et intégrer une équipe de chercheurs dans un labo de recherches. Mais avec Genentech dans les parages, j'ai peur qu'ils me mettent le grappin dessus rapidement. Enfin, je continue à aider les jeunes mutants un peu comme toi, à contrôler leurs capacités pour qu'ils ne tombent pas dans les pièges de ce monde de dingue … »

Devais-je lui parler du virus qui touchait les mutants ? Devais-je lui dire que j'avais l'intention de mettre le doigt dessus et essayer de sauver des vies en danger ? Non. Ça l’inquiéterai encore plus et je voyais sur son visage, qu'elle était loin d'être sereine. J'avais aggravé les choses depuis notre discussion. Elle s'était installée à cette table, le visage rayonnant et moi, j'avais simplement taché ton tableau blanc de peinture noire. Je me sentais encore plus minable qu'avant.

« Humm … des choses banales quoi... » après un raclement de gorge, je la considérais un bref instant avant de reprendre.  « Sonny, je suis désolé. Je suis venu dans l'intention de t'expliquer des choses, mais pas dans le but de t'inquiéter. Et je vois bien que plus je parle, plus j'aggrave les choses... »
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MessageSujet: Re: Le temps de s'expliquer [terminé]   Mar 12 Mar - 19:36

J’étais une trouillarde. Je crois que je ne pouvais plus me voiler la face. J’avais peur et franchement, je devais faire pitié. Pourtant, je vivais dans une maison dont la cave était sacrement équipée. Nous avions des armes, les moyens de nous protéger. Mais le danger pouvait venir de l’intérieur. Il pouvait venir de nous. Et cela, c’était terrible. Parce que nous ne pouvions rien y faire. Même donner un vaccin à notre enfant s’il héritait de la capacité de Rem… parce qu’il n’y avait pas de vaccin. Tout cela n’avait été qu’une vaste fumisterie. Je me demandais combien de gens y avaient cru… combien avait espéré… Non que je l’attende, ce remède, je ne concevais pas la mutation comme une maladie… mais j’avais appris à accepter que pour certains, s’en défaire serait la meilleure solution. Je ne voulais plus voir Remington se tordre de douleur. Et je ne parviendrai pas à encaisser d’observer mon enfant souffrir en ne pouvant rien faire. Si je cohabitais bien avec mon don, maintenant, j’avais conscience que pour d’autres, cela s’apparentait à une souffrance et à un combat de tous les jours. Moi, je n’avais qu’à apprendre à vivre avec, dans les limites que mon don me donnerait, et que la grossesse m’imposerait.

Mais apparemment Dean ne pouvait pas me renseigner là-dessus, sur les incidences de mon don sur le bébé. Après tout, c’était normal, il n’avait pas un doctorat en gynécologie mutante. Il ne pouvait pas m’aider cette fois là et surtout, sur ce domaine là. Mais il semblait tenir à ça, à me venir en aide et j’étais bien mal placée pour la refuser. Je plissais le front en l’entendant me donner des conseils difficiles à entendre. Abandonner ceux que j’aime pour protéger mon bébé… Un sermon dissimulé par rapport à mon attitude à Central Park, quand au lieu de me cacher j’étais allée affronter Lancaster ? Je n’en savais rien, mais je savais qu’à l’époque, ça avait été plus fort que moi. Je n’avais pas pu laisser Rem se faire massacrer. Ça m’avait dépassé. Et si ça tombe, peut-être que mon bébé m’y avait poussée…C’était une excuse comme une autre. Mais ce fut pire lorsqu’il parla d’enfant mort né. Non… ça, ce n’était pas possible. J’avais déjà cru qu’il était mort, lorsque le médecin avait déclaré qu’il ne percevait pas les battements de son cœur, je ne supporterai jamais d’accoucher et qu’on me dise qu’il ne vivait pas. Mais abandonner tous les autres… C’était une décision qu’il m’était difficile de prendre. Je me contentai d’hocher la tête, sans pouvoir desserrer les lèvres. J’attendis que ce malaise passe et je me décidai à changer de sujet. J’allais pêter un câble sinon. Alors qu’il me raconte sa vie. Après tout… J’avais l’impression que c’était autant moi que lui qu’il voulait aider en réalité.

« Dean… tu dis que ta maison est trop grande pour un homme seul, mais que tu veux aider de jeunes mutants, tout en poursuivant tes recherches. Pourquoi ne pas tout combiner ? Je veux dire, tu pourrais peut-être faire de ta maison un refuge, comme Anne l’avait fait. Tu donnerais un toit à des jeunes comme moi et tu pourrais leur apprendre à contrôler leur don. Sans compter que tu pourrais observer la mutation au quotidien. Peut-être même que je pourrais aider… »

C’était peut-être débile comme idée, mais je croyais dur comme fer en la nécessité d’un abri où de jeunes mutants pourraient s’épanouir. Alors, certes, il y avait Genome et ses chambres, ses salles de vie et j’en passe, mais vu la sélection qu’ils semblaient opérer, je doutais que tous ceux dans le besoin y ait accès. En même temps… je disais cela, mais Dean voulait aussi peut-être être tranquille… tout le monde n’aime pas vivre en communauté. Et de quoi je me mêlais franchement ?

Il s’excusa alors de ses propos, de m’avoir effrayée… Il avait au moins eu le mérite de poser à voix haute des questions que je n’avais même pas effleurées, consciemment ou pas.

« Il fallait bien que toutes ces choses soient dites. On ne vit pas dans un monde de bisounours. Il nous était arrivé tellement de choses qu’il y a encore quelques temps, je ne sortais plus de chez moi sans une arme. Je sais que c’est une drôle décision que j’ai prise, de garder ce bébé, vu la situation, mais il faut que j’assume et que je lui donne le meilleur. Tu as bien fait, de me dire tout cela, c’est juste que je suis un peu perdue ces temps-ci. Je n’ai pas de projets, pas d’idée de ce que je vais faire de ma vie, je me contente de vivre au jour le jour. J’espère que toi tu auras des projets. Et que tu m’en parleras. Je suis certaine que tu peux faire beaucoup de choses. Et si jamais tu as besoin d’un coup de main… je pourrais peut-être aidée… dans les limites de mes capactiés et je te déconseille de me demander de retaper ta maison avec toi car rien que pour les peintures chez nous, c’est Rem qui doit s’y coller. »

J’avalais la dernière gorgée de lait, désormais froide en souriant. Car que pouvions nous faire à part donner le change ?

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MessageSujet: Re: Le temps de s'expliquer [terminé]   Mer 13 Mar - 19:38

L'idée me plaisait. Chercher des jeunes mutants se posant tout un tas de questions sur leur état, leur nouvelle manière de vivre, comment annoncer à leurs proches leur mutation, etc … Les aider, devenir leur instituteur, oui, je me voyais bien dans ce rôle. Mais en même temps, l'optique de devoir laisser ma maison ouverte à un tas de gosses, courant à toute hâte et usant de leurs capacités à volonté me faisait peur. Je n'avais jamais eu l'âme très charitable, et je me voyais mal les accueillir à bras ouverts. Pourtant, j'avais de l'ambition et j'avais envie de servir plus qu'à la recherche. J'avais toujours aimé aider les autres, même si mon tempérament de solitaire ne m'avait pas souvent poussé à le faire. Mon père m'avait toujours soutenu pour mon ambition à faire médecine, mais finalement, c'est ma mère qui m'a dévié de ce chemin. Qui a-t-il de plus solitaire qu'un chercheur en génétique ? Bien sûr, on fait parti d'une équipe, mais la recherche pousse néanmoins les gens à travailler seuls.

Peut-être était-ce là l'occasion de quitter ma bulle, d'ouvrir mon cœur et de tendre les bras vers l'avenir. Car s'occuper des jeunes mutants, c'est en quelque sorte, porter un nouvel espoir sur notre lendemain. Ils sont notre futur et cette nouvelle génération méritait de contrôler sa capacité, mieux que nous. J'observais Sonny avec une lueur particulière dans les yeux. J'avais l'impression d'être un gamin à qui on avait annoncé une bonne nouvelle, ou un projet si exceptionnel, que s'en était presque trop excitant. Plus j'y pensais, plus je me disais que ça allait être compliqué. Mais pourquoi se freiner à de simples formalités ?

« Oui pourquoi pas ? L'idée est plutôt bonne en soi. Il faudrait que j'y réfléchisse d'avantage. »

J'aimais ma solitude, mon petit nid douillet, mon cocon. Mais j'en avais marre d'entendre les portes claquer, résultat des courants d'air qui circulaient tels des fantômes dans les entrailles de ma maison. Je voyais bien que ce projet tenait beaucoup à Sonny. Elle en avait l'air touchée. Peut-être pour ça qu'elle proposait son aide. Un sourire se dessina sur mon visage fatigué, et je hochais finalement la tête, acceptant sa proposition.

« On verra. »

Finalement, je fus encore plus soulagé lorsqu'elle m'annonça d'un ton, toutefois laconique, qu'elle n'était en tout point vexée, ni même choquée par mes propos. Elle me disait clairement qu'elle n'avait pensée en rien à son avenir et qu'elle vivait telle une bonne vivante, au jour le jour. J'aurai tant voulu avoir cette esprit, fluide et presque futile. C'était agréable en quelque sorte de voir quelqu'un ainsi, car au final, elle ne stressait jamais pour des projets qui n'aboutissent pas comme elle l'aurait souhaité.
Sonny m'amusait. Par ses propos et par sa façon d'être. Je n'avais pas du tout l'intention de l'embarquer dans mon monde, dans ma façon de vivre et je ne voulais absolument pas la voir changer. En somme, elle était là pour moi et j'étais là pour elle. On s'aidait mutuellement, et c'était ainsi que ça devait continuer.

Je n'osais pas lui aborder le sujet du rêve, de son pouvoir, mais depuis quelques temps, une chose me trottait à l'esprit et j'avais beaucoup de mal à m'en dépêtre.

« Content de ne pas t'avoir choquée dans ce cas ! » dis-je avec un large sourire. « Mais dis moi Sonny, j'ai une petite question concernant ta capacité. Est-ce qu'il te serait possible de bloquer des rêves ? Ou du moins certaines images ? Car vois-tu, malgré ton intervention de novembre, je n'arrive pas à enlever Lexi de mes rêves. Enfin, du moins, tout se transforme en cauchemar. Au départ je pensais que ton pouvoir n'avait pas agit … mais je crois qu'il a effacé la partie rêve, qui s'est transformée en cauchemar. Ils deviennent de plus en plus intenses et j'ai vraiment du mal à trouver le sommeil ces derniers temps. Je ne t'accuse pas hein ! C'est juste que j'aimerai ne plus penser à elle … tourner la page, tout simplement. »

Peut-être fallait-il songer à me trouver une nouvelle compagne. Mais je ne pensais vraiment pas que ça pouvait régler le problème. Le pouvoir de Sonny s'était modifié, pour laisser entrer Lexi dans mes cauchemars. Et vu que mes pensées étaient encore focalisées sur elle, mes cauchemars s'étaient amplifiés, pour ne plus laisser aucune place aux rêves. Je me sentais beaucoup moins déprimé depuis ma rencontre avec Sonny, mais bien plus fatigué. J'espérais qu'elle puisse trouver une solution, ou me proposer une deuxième tentative. Mais avec son gamin dans le ventre, son amant et sa vie, je doutais fort qu'elle puisse avoir du temps à me consacrer.

« Non … laisse tomber cette idée. Tu es bien trop occupée et puis ça pourra attendre. Je n'ai pas envie que ça affecte ton enfant et puis je peux encore tenir quelques mois ! Tu sais que je suis un gaillard plutôt solide ! » dis-je dans un rire qui sonnait faux.

En réalité je n'en pouvais plus. Mais je ne voulais pas que Sonny se sente obligée, ni même qu'elle risque la vie de son enfant. Après tout, elle méritait amplement d'avoir un gosse en bonne santé.
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Sonny Malone

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MessageSujet: Re: Le temps de s'expliquer [terminé]   Jeu 21 Mar - 14:13

Finalement… je n’avais peut-être pas dit de bêtises. Ou en tout cas, pas une grosse bêtise. J’aurais adoré, si j’avais eu ma place à Genome, j’aurais adoré qu’Aaron me confie ce genre de tache. Aider les autres, les jeunes mutants à s’accepter, à contrôler leur capacité, à avoir des repères, comme Liam et Anne l’avaient fait pour moi. Mais le fait est que je n’étais plus à Genome et que finalement, ils ne donnaient pas de seconde chance. Peut-être que cette envie que j’avais eue, ce serait Dean qui la mettrait en place. Il avait l’air d’avoir les épaules assez solides pour cela. Et peut-être qu’ainsi, des enfants comme Ingrid ou même Kensie, auraient une main secourable qui leur serait tendue.

“ Ce n’est pas une décision à prendre à la légère. Tu aurais des responsabilités envers ces jeunes et ce ne sera pas facile tous les jours. Prends ton temps mais tiens moi au courant. ”

Je ne serais certainement pas d’une grande aide, mais c’était un projet ambitieux, dans lequel je croyais. Alors même si je n’y prenait pas part, ça m’intéressais de savoir si cela se ferait un jour. Ça aiderait des gens et cela aiderait Dean. Il avait besoin de se raccrocher à quelque chose, cela se voyait dans son attitude. Un besoin de trouver sa place ? Je n’allais pas faire de la psychologie à deux balles, ça serait ridicule. Mais bon, on a tous besoin d’un but dans la vie. L’errance ne réussissait pas à tout le monde. Moi j’avais tendance à me laisser dépérir quand je n’avais pas de but… Ce serait dommage que Dean réagisse de la même manière.

Mais la conversation dévia… enfin, la mutation et la capacité restaient au centre du problème mais cette fois, l’approche était différente. J’essayais de comprendre, de tout intégrer de son étrange demande. Bloquer des rêves ? Genre, est-ce que je pouvais être un bouton stop ? Je lui avais offert de dire au revoir à Lexi, il n’avait jamais été question que je bloque son souvenir. Mais apparemment, la discussion rêvée n’avait pas suffi. Qui pourrait oublier aussi facilement une personne aimée ? Une personne avec qui ont avait voulu fonder une famille et qui nous plantait un couteau dans le dos ? L’échec était prévisible, mais il n’en demeurait pas moins douloureux. Et apparemment, ça avait empiré. Je n’avais pas le pouvoir d’effacer les souvenirs, juste…. De me mêler des rêves. Je ne pouvais pas les faire naitre ni les faire mourir. Juste… les manipuler. Et lui devait faire son deuil. Et bon sang ce que je savais à quel point c’était difficile et pénible. Il suffisait de voir comment j’avais réagi à cause de ma mère. Mais rien ne l’aiderait à part du temps. Du temps et de la présence. Si je n’avais pas eu Remington auprès de moi, je n’aurais pas remonté la pente. Je n’eus pas le temps d’ouvrir la bouche – je prenais décidément trop de temps pour réfléchir, il faudrait que les connexions entre mes neurones soit plus efficace – et déjà il voulait passer à autre chose. Enfin, seulement dans les paroles, car dans les faits, tout disait qu’il n’était pas prêt.

Je pris le visage le plus amical dont j’étais capable. Je ne l’avais pas aidé… je n’avais pas réussi. Et il voulait quand même me venir en aide, c’était insensé… Sa demande en revanche était logique, et j’aurais aimé pouvoir faire quelque chose. Oui, j’aurais aimé. Mais je n’étais que moi. Et si j’avais eu un tel don, j’en aurais déjà fait bénéficier Rem. J’aurais chassé au loin ses cauchemars les plus profonds et les plus douloureux. Plus jamais il n’aurait rêvé des tortures subies. Plus jamais il n’aurait fait ce rêve, sur notre enfant se tordant de douleur à cause de sa capacité. Mais je n’en avais pas le pouvoir.

“ Je suis désolée, Dean. Mais…je n’ai pas le pouvoir d’effacer ou de bloquer les rêves. Je peux juste… changer sur le moment ceux dans lesquels je suis. Et ça demande une concentration de chaque instant. Si je n’active pas ce “ don ”, il ne se passe rien, aucune répercussion de mes interventions. Je ne peux faire que du ponctuel. Je ne pourrais pas bloquer tes rêves, à moins d’être là toutes les nuits et d’utiliser ce truc en moi… ”

Et ça je ne pouvais pas le faire. Parce que c’était physiquement impossible, cela m’épuisait trop et je ne voulais pas mettre la santé du bébé une nouvelle fois en danger. Mais ça m’ennuyait de ne pouvoir rien faire du tout. Quel genre d’amie j’étais ?

“ Je peux revenir, une fois de temps en temps, mais ça me demande beaucoup d’énergie et ça ne sera que ponctuel… Sinon je l’aurais fait. Il faut que tu en parles. De Lexi. De tout ce qui s’est passé. SI Rem ne m’avait pas forcée à tout lâcher, je me serai effondrée. Tu as… des gens à qui parler ? ”

Je devais avoir l’air ridicule… je lui parlais comme un gamin… Mais j’étais pieds et mains liées, incapable de le libérer de ses cauchemar. Mon pouvoir n’était pas vraiment du genre utile dans le fond. Il n’empêchait pas Rem de revivre ses tortures, Ingrid de visualiser la mort de ses parents, et Dean d’oublier Lexi.

“ Tu ne l’oublieras pas, mais la solution, c’est peut-être de trouver une personne qui te fasse rêver. Je veux dire, “ naturellement ”. Une personne ou un projet… Je doute qu’on puisse réellement t’aider. Au pire… A Genome, j’ai entendu parler d’une mutante capable d’effacer les souvenirs. Mais c’est radical comme solution… ”

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Dean S.

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MessageSujet: Re: Le temps de s'expliquer [terminé]   Dim 31 Mar - 21:05

Elle avait raison. Il était impossible d’effacer des souvenirs, même douloureux. Peut-être qu’avec un choc traumatique j’arriverai à faire en sorte d’oublier Lexi à tout jamais ? Mais cette idée était tout simplement bonne à jeter. Je désespérais au fond. Je devais aller de l’avant comme le disait si bien cette future maman. Me fixer des objectifs, rencontrer quelqu’un, voir si je peux enfin vivre une vie épanouie et ne plus me morfondre bêtement, pour me plonger dans le vice des drogues et de l’alcool. Car bien sûr, je n’avais pipé mot sur le sujet de la drogue. Je n’étais pas devenu l’un de ces junkies que l’on voit courir les rues de Los Angeles, mais de temps en temps un petit joins me faisait pas de mal. Ca me permettait d’oublier l’instant présent, ce qui me courrait après telle une bête acharnée. Ces herbes avaient le don de me libérer, de me laisser pénétrer doucement dans une torpeur agréable, où personne ne pouvait venir perturber mon état de zénitude. C’était soi-disant mal, mais je ne trouvais aucun mal à être bien. Enfin, il était toujours délicat de dire qu’on côtoie quelques dealers en ville, qu’on se fait même arnaquer une grosse somme d’argent. Non, là ce serait donner une piètre image … et je ne voulais pas que Sonny me voit comme au plus bas de l’échelle sociale. Je la regardais d’un air triste, contrit même, ne sachant pas quoi répliquer. J’aurai voulu qu’elle me dise qu’il était possible de jouer sur les souvenirs, de pénétrer au sein même du rêve et d’effacer à jamais le personnage de Lexi. Mais comme elle le disait, son pouvoir était ponctuel. Il agissait sur le rêve présent, et non sur les rêves à venir. Elle ne pouvait donc pas m’aider, malgré sa veine volonté. J’en étais déçu, mais j’essayais de ne pas le montrer. Après tout, ce n’était pas de sa faute. J’étais assez grand pour surmonter ça tout seul et oublier Lexi par mes propres moyens. Il fallait juste me bouger.
Mes doigts rassemblèrent machinalement les miettes de la tarte qui trainaient sur la nappe, pour former une ligne irrégulière près de la tasse de café. Je regardais autour de moi. La lumière du jour se tamisait doucement, laissant apparaitre plus distinctement la lueur orangée des lampes en forme de tulipes accrochées sur les murs. La petite fille au visage barbouillée de glace au chocolat me regardait avec ce petit air angélique, pour enfin glisser ses doigts malingres dans la main de sa mère. Un tintement de clochette et elle disparut dans la tiédeur de la rue. Aider des jeunes mutants à s’en sortir. Créer un refuge. Oui, pourquoi pas ? J’avais toujours rêvé de fonder une famille, devenir un bon père de famille et créer ce que mes parents n’avaient jamais pu faire pour moi. Des liens solides, soudés, et montrer l’image d’un père attentionné. En me voyant comme ça, il était difficile de voir un homme pouvant arborer les qualités d’un père de famille, mais c’est ce que j’avais toujours voulu. Alors pourquoi ne pas créer un semblant de famille mutante ? C’était peut-être déjà le cas avec Genome, mais vu ce que me racontait Sonny, j’en doutais fort. Une famille, une véritable famille, ne rejette pas l’un de ses membres par pure stratégie.« Tant pis. J’aurai essayé. »
Mes yeux fixèrent cette ligne de miettes de tarte. Je me sentais démoli, mais en même temps renaitre par cette merveilleuse idée. Bien sûr, ça ne serait sûrement pas facile. Je devrais demander de l’aide à bien des personnes et le hic, c’est que je vivais comme un Hermite depuis bien des semaines. Peut-être était-il temps pour moi de me retourner dans le monde actuel, laisser la drogue de côté, le malheur qui me surplombe et enfin m’ouvrir aux autres. Mais ça, serait certainement le plus dur. M’ouvrir aux autres … je n’avais jamais été quelqu’un de populaire. J’aurai pu l’être, mais je ne le voulais pas. Mais il était temps pour moi de jouer de mes atouts. Après tout, on m’avait souvent dit que j’avais un charme fou.
Mon amour n’avait appartenu qu’à Lexi et mon cœur se tordait de douleur à l’idée de rencontrer une autre femme. Mais il le fallait pour ma santé mentale. Après tout, l’amour c’est comme un jeans, il faut en essayer plusieurs pour trouver le bon. Alors peut-être que j’avais vécu quelque chose d’intense avec Lexi, mais que j’avais loupé quelque chose d’encore plus incroyable avec une autre habitante de cette planète. Je regardais Sonny avec un petit sourire en coin. « Tu as raison. Il faut que j’arrête de me morfondre, ça ne sert à rien. Je vais essayer de rencontrer quelqu’un, même si la tâche risque d’être rude. Je vais également fonder cette « maison pour ados mutants », même si ça me prendra du temps. Il faut que j’avance et que j’arrête de ressasser sans cesse le passé. Merci Sonny. »
Je me lève, attrape ma veste sous le bras et regarde l’heure.
« Il est temps pour moi d’y aller. J’ai un article à boucler pour demain et si je ne veux pas finir à dormir la tête sur ma paperasse, il faut que je sois au bureau dans 15 min. C’est toujours un plaisir de te voir Miss Malone, ou devrais-je dire, bientôt, Madame Pillsbury ? En tout cas je te tiendrais au courant si j’arrive à remonter la pente. »
J’empoigne la lance de ma sacoche, jette un coup d’œil furtif vers le bar et vers la rue. Le soleil est d’un rouge presque orange et se glisse lentement entre les blocs d’aciers et de verres, pour se mourir par-delà les eaux calmes d’un océan d’ordinaire agité.
« Si tu as le moindre soucis, tu sais comment me joindre et où j’habite.  Prends soin de toi. »
Elle se lève, je lui donne une accolade amicale et sors d’un pas pressé.
Surtout prends soin de toi Sonny …
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