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 Les actes sont-ils toujours l’expression de la pensée ? [Terminé]

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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Les actes sont-ils toujours l’expression de la pensée ? [Terminé]   Dim 20 Jan - 20:02

Aujourd’hui, 15 janvier 2011, Ross avait une consultation dont il se serait bien passé. Contre toute attente, Remington avait pris un nouveau rendez-vous avec lui. Certes, il n’aurait pas du être surpris puisqu’il lui avait dit à la fin de leur première entrevue qu’il reviendrait en janvier, mais Ross ne l’avait pas cru. Cet homme était de parole apparemment ! Le psychologue aurait très bien pu refuser mais son professionnalisme ne lui permettait pas. De plus le patient n’était pas un patient comme les autres. Il l’avait rencontré en dehors de son cabinet, il était le petit ami de la protégée d’Anne et il s’était retrouvé chez Genome.

Le psychologue ne l’avait pas reçu depuis la première consultation, il y avait de cela plus d’un mois. Les deux hommes s’étaient croisés lors de la randonnée mais il ne s’était pas adressé la parole. Les événements ne s’y prêtaient pas, pourtant Ross aurait aimé savoir ce qu’il faisait en ce lieu. La seule chose qu’il comprit était que Remington en avait après l’intrus Carl, et il était encore armé. Après l’épisode du Central Park, le jeune homme avait été ramené chez Genome par Sonny. Ross avait alors alerté Aaron afin qu’il s’assure du bien fondé de sa présence dans l’organisation. Il semblerait que cette dernière n’ait rien à craindre. Heureusement que l’homme avait été transporté dans un fourgon sans fenêtre ! Malgré tout, Ross restait sur ses gardes. Il se méfiait du jeune homme. Le fait qu’il soit en couple avec Sonny n’était pas une garantie à ses yeux. Il ne pouvait pas accorder sa confiance à une personne jouant facilement de la gâchette même s’il était de parole.

Lors de leur première entrevue, il s’était avéré que le jeune homme avait vécu de nombreux traumatismes. S’il ne parvenait pas à trouver l’équilibre indispensable pour vivre avec, il serait capable de tout. Les sentiments qu’il portait à Sonny n’empêchaient pas les réactions inadéquates et disproportionnées. Il n’y avait qu’à prendre l’exemple des hommes battant leur femme ! Ils étaient amoureux et pourtant ils ne pouvaient pas s’empêcher de les faire souffrir moralement et physiquement. Eux aussi avaient des circonstances atténuantes, mais elles ne les rendaient pas pour autant irresponsables. Ces hommes étaient dangereux ! Le cas de Remington était différent dans la forme, mais pas dans le fond. Son vécu guidait ses réactions. S’il advenait que Sonny le quitte par exemple, Ross était persuadé qu’il deviendrait un être abject et violent dont l’enfer, s’il existait, ne voudrait même pas. Avec un flingue en poche, il serait capable de tuer père et mère sans scrupule, convaincu d’avoir fait ce qui lui semblait juste. Peut-être tuerait-il Sonny aussi, pensant alors anéantir la responsable de sa souffrance ? C’était un point que l’écossais aimerait bien abordé s’il le lui permettait.

Quoi qu’il en soit, Ross pensait qu’un homme tel que Remington n’était pas irrécupérable. Doué d’une intelligence certaine, et le fait qu’il ait souhaité un second rendez-vous prouvait son envie de dépasser tout ce qu’il avait enduré. Le chemin à parcourir serait sans doute long pour parvenir à voir la vie sous un meilleur angle, mais avec de la bonne volonté, les chances de réussite n’étaient pas vaines. C’était dans cette optique que Ross acceptait de le recevoir. Ce n’était pas de gaité de cœur non plus car il pensait que Remington mettrait sur le tapis le fait qu’il n’ait pas accepté d’emblée sa présence au sein de Genome. Et devoir se justifier auprès de lui ne l’enchantait guère.

Remington était à l’heure. Ross le fit entrer dans son cabinet après l’avoir salué et lui fit signe de prendre place où il voulait.

- Alors Monsieur Pillsbury ! Prêt pour une longue thérapie ? Demanda-t-il simplement.


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MessageSujet: Re: Les actes sont-ils toujours l’expression de la pensée ? [Terminé]   Mer 23 Jan - 20:43

Treize jours de patience... Non pour obtenir un rendez-vous mais pour patienter jusqu'à ce que celui-ci arrive. Il avait été pris courant décembre pour mi janvier. Après que l'on soit revenu du Montana, j'avais songé à téléphoner pour l'annuler. Mais l'épisode de Central Park mais surtout ce qui suivit dans les locaux de Genome, me confirma dans le fait que je ne devais pas l'annuler. Je devais avoir une petite discussion avec mon psychologue préféré. Depuis ce deux janvier, je patientais donc, jetant de temps à autre un coup d'oeil sur le calendrier pour y noter la date. Pourtant, mon envie s'arrêtait là. Je n'étais pas obnubilé par ce rendez-vous. Je n'y songeais que lorsque je regardais la date. Et je ne le laissais pas prendre le dessus sur ma vie de tous les jours, refusant que l'impatience me gagne. J'avais passé l'âge de trépigner d'impatience en attendant que le père noël apporte mes cadeaux. Pour dire vrai, je n'avais pas souvenir d'avoir eu cette période de trépignement dans ma vie. Du moins, d'ausssi loin que mes souvenirs remontaient.

Enfin nous y étions, c'était le jour du rendez-vous. Sonny avait quitté la maison peu avant moi, direction les boutiques pour se livrer à une activité sportive appréciée de nombreuses femmes : le shopping. Pour l'occasion, elle avait pris la voiture, ce qui m'arrangeait dans le fond car cela m'offrait l'occasion de faire un petit tour en moto. Avant qu'elle ne parte, je lui avais simplement dit que j'avais également un rendez-vous et que je rentrerai un peu plus tard dans la journée. Je ne précisais pas qu'il n'y avait aucun rapport avec mon métier artistique. Je ne devais pas passer au journal avant quelques jours pour y apporter mes dernières illustrations. Une fois que la porte fut refermée derrière elle, je me demandais si je lui avait déjà évoqué ces séances chez le psy. « Ces » était un bien grand mot, ce n'était que la seconde et si la première avait pour unique motivation de me divertir, cette seconde avait un but bien précis. Il faudrait que je songe tout de même à en parler à Sonny un peu plus tard. On ne se cachait plus rien et elle était en droit de savoir que je voyais un psychologue, d'autant plus quand celui-ci se nommait Ross McGregor et qu'à cause de lui, j'avais failli ne jamais mettre les pieds hors de Genome.

Après un léger détour pour profiter des sensations qui nous parcouraient lorsqu'on se trouvait au guidon d'une moto, j'entrais dans la propriété McGregor pour me garer à proximité de la porte menant au cabinet. J'ôtais mon casque mais le gardais avec moi, consultant ma montre tout en me dirigeant vers la porte d'entrée. Je n'étais pas en retard. J'avais même encore quelques minutes d'avance. J'eus tout juste de poser mes fesses sur un siège de la salle d'attente que déjà mon cher psychologue ouvrait la porte de son cabinet, m'invitant à y entrer. Je me levais alors, passant devant lui sans un mot pour gagner la pièce. Il m'avait salué mais cette fois, contrairement à ma première visite, je ne desserrais pas les dents. Pas de ton glacial, je me contentais d'un simple hochement de tête en guise de salutation.

Ross m'invita à m'installer et je choisis le même fauteuil que la première fois, m'installant confortablement dans le fond de celui-ci. La question qu'il me posa alors que je m'asseyais me surpris pourtant je ne laissais rien transparaitre sur l'instant me contentant de parcourir la pièce du regard, prêt à noter des changements s'il y en avait eu depuis ma dernière visite. Mon petit manège durant quelques secondes, je prenais mon temps. Et je ne réfléchissais pas du tout à la question du psychologue. Pourtant, je l'avais entendue. Quand j'eus fini mon tour d'ensemble de la pièce, je me décidais enfin à lui répondre. « Longue thérapie ? Mon cerveau est-il donc en si mauvais état que vous prévoyez de vous remplir les poches sur mon dos ? » En réalité, la question d'argent ne me préoccupait pas du tout. Ce n'était pas ces séances chez le psychologue qui allaient me ruiner. Et de l'autre côté, je me doutais que Ross n'avait pas besoin d'un patient comme moi pour gagner sa vie.

Je me mis à l'aise, appuyant ma tête contre le dossier du fauteuil, la penchant légèrement vers l'arrière. Mon regard se fixa sur le plafond. Je n'avais pas besoin de guetter le moindre geste de mon hôte. Aucune sonnette d'alarme n'avait été tirée dans mon cerveau, m'ordonnant de rester sur mes gardes. Le regard toujours fixé au plafond, je repris la parole « Est-ce qu'il y a un thème justifiant la longueur de la thérapie monsieur McGregor, peut être mon côté dangereux dont il faut se méfier au risque de tenter de m'enfermer ? » Autant mettre les pieds dans le plat dès le départ. Je n'étais pas venue pour une visite de courtoisie. Je n'étais pas non plus présent pour une potentielle thérapie. J'étais en quête d'explications et cette fois Ross ne se défilerait pas. J'avais des informations supplémentaires depuis ma première visite et ses tours de passe passe de psychologue ne prendraient pas.

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MessageSujet: Re: Les actes sont-ils toujours l’expression de la pensée ? [Terminé]   Dim 3 Fév - 1:33

Oublier les règles de la politesse n’était pas dans les habitudes de Ross. Ceci laissait supposer qu’il n’était pas très à l’aise pour cet entretien, à moins que ce ne soit un petit stratagème pour tester son nouveau patient. Tout comme lui, Remington ne lui dit pas bonjour ; réaction logique. S’il avait pu le voir, Ross aurait été surpris de remarquer qu’il l’avait quand même salué d’un signe de tête. Comme quoi, le jeune homme passait outre ce genre de détails. Un bon point pour lui que le psychologue ne put relever du fait de sa cécité. Ross attendit alors que Remington s’installe. S’il avait parié, il aurait gagné. Le jeune homme prit place dans le fauteuil où il s’était assis lors de leur première entrevue. Il était comme la plupart de ses patients ; rares étaient ceux qui changeaient de place. En se posant là où ils s’étaient assis la première fois, c’était une manière de conserver ses repères, de marquer son territoire et de s’approprier un espace pour se rassurer.

- Je ne sais pas si votre cerveau est en mauvais état mais il me parait évident qu’il ne laissera pas sortir ce qui le malmène aussi rapidement que vous le souhaiteriez ! Mais si vous décidez de revenir régulièrement, alors oui, je vais me remplir les poches sur votre dos.

La dernière partie de la phrase était ironique tout comme l’affirmation de son patient. Ross n’attendait pas après Remington pour gagner sa vie. Heureusement, sinon il dormirait sous les ponts depuis longtemps. Ceci dit, contrairement au jeune homme, l’écossais ne s’installa pas à la même place. Après avoir pris un objet sur son bureau en tâtonnant, il s’assit dans le fauteuil situé à côté du jeune homme.

- Effectivement ! Votre côté dangereux est inquiétant mais ce n’est pas ce qui motive une longue thérapie. Il n’est que le résultat de causes encore ignorées pour ma part. La recherche de ces causes est assez longue en général. Et même si vous pensez les connaître, il serait extraordinaire que vous les cerniez toutes ! Et quand bien même c’était le cas, il serait étonnant que vous les abordiez naturellement. Ensuite, il faut essayer de trouver une explication à un comportement inadéquat pour tenter de le modifier.

Le fonctionnement d’un cerveau humain était tellement complexe qu’il n’y avait pas vraiment de règles. Ce qui était courant, c’était qu’il faisait en sorte que le corps ne souffre pas trop des déboires qu’il avait traversé. D’une personne à l’autre, ce « camouflage » provoquait des effets différents, inattendus et souvent indésirables. Ross se souvenait d’une patiente qu’il avait suivi pendant plus d’un an. Cette femme angoissait à l’idée de ne pas pouvoir faire ses courses et surtout de ne pas trouver de radis. Chaque semaine, elle en achetait plusieurs bottes qu’elle mangeait à chaque repas, y compris au petit déjeuner. Si par malheur elle n’en avait pas à sa disposition, elle pleurait, elle déprimait, elle s’agitait jusqu’à tout casser sur son passage. Pourtant c’était une femme d’une douceur exemplaire. Seulement, sans ses radis, elle perdait pieds, telle une droguée en manque. Pour quelles raisons ? Puisque Remington n'était pas du genre à faire de grands discours, Ross décida de lui parler de cette femme.

- Un jour, une de mes patientes, que je suivais depuis plusieurs mois, pénétra dans mon cabinet complètement paniquée en hurlant « Mes radis ! Je n’ai pas pu acheter mes radis ce matin. Aidez-moi ! Il me faut mes radis, j’ai besoin de mes radis… » Et là, ça a fait tilt ! J’ai compris la cause de son angoisse. Ce n’était qu’une question d’interprétation en fait. « Mes radis » devait être compris comme « Mère a dit ». Je vous passe les détails, mais tous ses problèmes venaient de sa mère bien trop autoritaire voire violente. En mangeant des radis, elle avait le sentiment d’obéir à sa génitrice « mère à dit ! » mais en même temps, elle avait une sensation libératrice , elle tuait ainsi celle qui l’avait faite souffrir. Si elle ne la tuait pas régulièrement, elle se sentait en danger. Après, il a fallu faire un travail sur elle-même pour qu’elle dépasse ce traumatisme.

L’écossais marqua une pause. L’histoire qu’il venait de narrer brièvement était presque un cas d’école. A postériori, l’explication était simple mais sans une bonne dose d’imagination, Ross n’aurait sans doute jamais trouvé car la jeune femme parlait de sa mère sans aucune animosité avant qu’il ne la pointe du doigt.

- Alors et vous ! C’est quoi votre botte de radis ?
Demanda-t-il en tournant la tête vers son patient, sans savoir si ses yeux rencontraient les siens.

Ayant déjà relevé l’intelligence de son patient, Ross espérait qu’il comprendrait où il voulait en venir. Et comme il n’était pas de ceux qui aimaient perdre son temps, peut-être aborderait-il ce qui le tracassait en premier lieu sans avoir à subir un interrogatoire. La question était : en était-il capable ? Si ce n’était pas le cas, Ross le pousserait dans ses retranchements en essayant de ne pas attiser son côté dangereux.

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MessageSujet: Re: Les actes sont-ils toujours l’expression de la pensée ? [Terminé]   Lun 11 Fév - 14:43

Est-ce que je reviendrai régulièrement dans ce cabinet ? A priori la première réponse était non. Pourtant, tout comme lors de la première visite, ma prochaine dépendrait de l'actuelle. La première fois c'était pour m'amuser. Aujourd'hui, je souhaitais obtenir des réponses. La fois suivante aurait une autre motivation ou n'en aurait pas du tout et n'existerait jamais. Rien n'était tracé, surtout pas une visite chez un psychologue. On venait pour quelque chose de précis, on repartait en ayant parlé d'autre chose, ne se souvenant plus de la raison première de notre venue. Ces médecins étaient peut être des docteurs de l'âme, aidant à l'apaiser. Mais quelques part, ils étaient également leurs plus dangereux ennemis. L'avancée ou le recul d'une thérapie dépendait de l'art des psychologues d'employer les mots. Ross McGregor détenait-il cet art ? Probablement, mais j'étais bien décidé à ne pas me laisser endormir facilement et à lui laisser prendre les rênes de la discussion.

Mes yeux quittère le plafond alors qu'il venait s'installer dans le fauteuil à côté du mien. Envie de promixcuité monsieur le psychologue ? C'était peut être le goût du risque qui le poussait à agir de la sorte, la recherche de l'adrénaline, de se prouver qu'il pouvait s'installer à côté d'une personne dangereuse sans risque que je l'agresse. C'était tout ce que j'étais à ses yeux de toute façon, une personne dangereuse. Alors pourquoi le choix de ce fauteuil ? Une autre explication était la folie. Les psychologues avaient pour réputation d'être plus fous que leurs propres patients, du moins certains d'entre eux. Je tentais une amorce, voir si le poisson prendrait à l'hameçon et s'il comprendrait que j'évoquais mon séjour chez Genome et mon départ qui s'était révélé quelque peu difficile. Il ne mordit pas, manœuvre habile de sa part ou totale ignorance de ce que je lui mettais sous le nez. Il esquissa habilement prenant le chemin de causes ignorées ou inexpliquées pour tenter de comprendre ma violence.

La fin de ses propos auraient pu me sidérer sur place si je n'avais pas l'habitude d'entendre des absurdités. De la part d'un psychologue, je rangeais ceci sur le compte de la normalité, cela devait leur être propre de sortir des bêtises plus grosses qu'eux. J'étais à deux doigts de sourire ironiquement. Je me retins et d'un ton très calme, beaucoup trop peut être, l'ironie devait tout de même perler dans l'intonation de ma voix, je lui répondis tranquillement. « Un comportement adéquat c'est quoi selon vous ? Celui que vous avez eu en parlant de moi à Aaron O'Hara ? » S'il ne répondait pas aux amorces, j'allais lui accrocher de force l'hameçon pour qu'il ne s'en sépare plus. Cet homme se permettait de juger mon comportement alors qu'il ne connaissait rien de ma vie. Il s'était permis de parler de moi au point que je n'avais failli pas partir de leur stupide base dont je n'avais rien à faire. Il ne manquerait plus qu'il me sorte qu'il pensait connaître mes priorités et qu'ils m'en citent quelques unes pour que je lui souris à la figure. Il ne me connaissait pas, il ne me connaîtrait jamais, il n'y avait que deux personnes qui avaient droit d'accéder à ma base de données intérieures. Et encore l'une des deux, je ne la cotoyais plus trop ces derniers temps.

Je me murais ensuite dans le silence. Finalement, je venais de changer d'opinion et je restais sur mes gardes en ce qui le concernait. Ne tends pas une main pour qu'on apprenne à te connaître Remington, ces rapaces de médecin te prendront le bras. Que des charognards. Et non content d'être ce genre de vautour cet homme se prenait pour un jardinier avec son histoire de radis dont j'avais que faire mais que j'écoutais pourtant d'une oreille. Je compris rapidement là où il voulait en venir. Je devinais déjà ce qu'il fallait lui répondre pour rentrer dans le moule et me rapprocher de cette histoire de légumes. Il voulait m'aider à percer le mystère de mon passé qui faisait que je me comportais ainsi mais il n'y avait rien à découvrir. Je connaissais déjà tout, je travaillais déjà dessus dans mon coin. Alors quand il me demanda quelle était ma botte de radis, ma tête se tourna dans sa direction. Et là je remarquais quelque chose d'inhabituel, sortant de l'ordinaire.

« A vous de me le dire monsieur McGregor, vous avez du avoir accès à mon dossier militaire, donc vous savez ce qui m'est arrivé. » Ce n'était pas la réponse qu'il devait attendre de moi s'il était assez malin pour percevoir que c'était plus profond que cela. Je ne mentais pourtant pas, ma carrière militaire avait été un déclic et une étape déterminante dans ce que j'étais devenu, pour les bons, comme pour les mauvais côtés. Je l'observais ensuite durant quelques secondes, mes yeux se promenant pour détailler plus en détail ce que j'avais remarqué quelques secondes auparavant. Je l'aurais peut être perçu avant si je l'avais observé alors qu'il était à son bureau ou en train de s'installer à côté de moi. « Pas trop dur d'avoir des problèmes de vue ? »

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MessageSujet: Re: Les actes sont-ils toujours l’expression de la pensée ? [Terminé]   Dim 17 Mar - 17:22

Où voulait en venir Remington aujourd’hui ? Ce dernier était venu le consulter pour tenter résoudre ses problèmes existentiels, non ? La première fois sans aucun doute, mais cette fois ci, sa visite avait peut-être un tout autre but. Et bien voilà, l’écossais était fixé. Non seulement Remington était dangereux mais en plus il était du genre rancunier. Il avait un compte à régler avec Ross depuis son passage chez Genome. Que ça lui plaise ou non, l’écossais aurait agi de la même façon quelle que soit la personne mise en cause. Ce jour là, c’était Sonny qui avait ramené Remington au quartier général de l’organisation. Lorsqu’il avait appris ce fait, Ross avait pesté contre la jeune fille qui n’avait pas respecté ses engagements. Il ne lui avait pas fait part de son mécontentement car il n’en avait pas eu l’occasion et Sonny avait disparu de la circulation en même temps que son vieux petit ami. Ross comprenait qu’elle l’aimait et qu’elle avait, avant tout, voulu le secourir mais il avait du mal à accepter son inconscience. Pourquoi ne l’avait-elle pas emmené tout simplement à l’hôpital ? En voulant protéger une personne, elle mettait en danger la vie de plusieurs. Ce jour là, Remington n’était pas responsable mais sa présence au sein de Genome était indésirable. Il était comme le ver dans la pomme. Un ver n’avait rien de dangereux à la base mais lorsqu’il se trouvait dans une pomme, il la pourrissait et pourtant ce n’était pas son intention première, c’était simplement pour se nourrir. C’était cela que craignait l’écossais, surtout que Remington était beaucoup moins inoffensif qu’un ver ! Alors oui, Ross avait eu un comportement adéquat ce jour là ! Il avait mis en garde Aaron afin de prendre les dispositions nécessaires dans le but de protéger l’organisation et ses membres. Remington n’appréciait pas sa démarche, peu importait, ce n’était pas le problème. Le souci premier du psychologue étant de ne pas laisser la pomme pourrir à cause d’un intrus.

Ross ne releva donc pas la première allusion de Remington sur son séjour à Genome. Il estima que ce n’était pas utile ; ce point n’avait rien à voir avec la psychologie du patient. Etrange personnage que celui-ci ! Il attendait que Ross réponde à ses questionnements. Que croyait-il ? Il n’était pas devin. Si le dossier militaire du jeune homme comportait les informations recherchées, l’écossais ne perdrait pas son temps à poser des questions. Il y avait de fortes probabilités pour que son patient s’amuse à tourner autour du pot afin d’éviter d’aborder ce qui le tourmentais réellement.

- Vous savez très bien que votre dossier militaire est à moitié vide. Certes, ce que vous avez vécu en Irak a été un révélateur et n’a pas arrangé les choses, mais ce n’est pas la cause première. Observa-t-il normalement.
- Je ne suis pas devin et ce n’est pas en jouant au chat et à la souris qu’on peut progresser. Ajouta-t-il avec un brin d’impatience dans la voix après que Remington ait souligné son problème de vue.

Remington était un homme intelligent, il était assez fort pour encaisser la vérité même si celle-ci faisait mal. S’il ne voulait pas en parler, le psychologue allait devoir montrer l’exemple et le pousser dans ses retranchements. Il n’aimait pas utiliser cette méthode ; d’une part parce qu’il n’avait pas à parler de ses propres problèmes à ses patients et d’autre part parce que cela pouvait s’avérer dangereux, aussi bien pour son patient que pour lui-même.

- A mon avis, votre mal-être remonte à votre enfance ou à votre adolescence ! Puisque vous ne semblez pas capable d’aborder ce point, je suis obligé de vous poser des questions génériques sinon nous n’avancerons jamais.

Laisser sous-entendre à son patient qu’il n’était pas capable de faire quelque chose risquait de titiller sa fierté. Comment allait-il réagir ? L’écossais était impatient de le découvrir. Mais avant qu’il ne réponde, il ajouta :

- Et si, ce n’est pas facile d’être aveugle. Etre toujours plus ou moins dépendant de quelque chose ou de quelqu’un, ce n’est pas évident à gérer. Il faut apprendre à vivre avec en mettant sa fierté de côté… Un athlète handicapé a dit un jour « Il ne faut pas penser à ce qu’on n’a plus mais à ce qu’on a ! ». J’en ai fait mon let-motiv et tout le monde devrait en faire autant. Ce n’est pas toujours évident, car on est tous un peu vulnérables, mais on y parvient si on a la volonté de vouloir s’en sortir.

Remington voulait-il s’en sortir ou préférait-il rester avec ses problèmes et se laisser dépasser par son passé plutôt que de penser au futur ? Etait-il trop fier ou manquait-il de combattivité pour aller de l’avant ?

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MessageSujet: Re: Les actes sont-ils toujours l’expression de la pensée ? [Terminé]   Ven 29 Mar - 8:48

Mince alors, par quel hasard un dossier militaire peut se trouver à moitié vide ? Un chargé administratif avait mal fait son travail, que c'était dommage. Ou une amie avait rendu un service dans l'ombre pour faire disparaître quelques traces afin de ne pas en révéler trop et me permettait de préserver une partie de ma vie en la gardant secrète et inconnue à beaucoup d'yeux. Ross n'avait pas tort, j'étais effectivement au courant que mon dossier ne contenait plus grand chose et je jouais de ce point pour tenter de le faire tourner en bourrique. Sauf que ce vieux psychologue était un peu plus intelligent qu'il ne le laissait paraître et qu'il voulait me forcer à dire que ce n'était pas la cause première. La cause première de quoi déjà ? Mon agressivité ? Ma dangerosité ? « C'est dommage monsieur McGregor, j'aime beaucoup le jeu du chat et de la souris. » Pas lui apparemment. Il ne restait plus qu'à savoir si je préférais être dans la position du chasseur fondant sur sa proie ou dans celle du chassé qui ferait tout pour retourner la situation en sa faveur. Les deux positions me plaisaient. J'avais malgré tout une préférence pour l'une d'entre elle.

Et voilà que c'était reparti pour un tour sur mon enfance et mon mal être. C'est qu'il faisait preuve de résistance et qu'il était tenace quand il le désirait pour tenter de me faire lâcher le morceau. Il semblait en plus penser que je n'étais pas capable d'en parler, alors que je l'avais déjà fait, Sonny savait tout de moi. J'avais déjà cerné les points qui me rongeaient de l'intérieur et sur lesquels je devais travailler pour avoir encore moins de failles. Mais une fois de plus, c'était l'attrait du jeu qui m'attirait quand je répondis au psychologue. « Allons-y pour les questions génériques. Certaines rapportent davantage de points que les autres si j'y réponds ? » Au diable ma fierté, je savais m'en passer selon les personnes qui se tenaient en face de moi. C'était comme lorsque Sonny m'avait attaqué plusieurs fois sur ma virilité. Je n'avais même pas bronché, ne m'étais pas énervé. Ma voix ne s'était pas élevée pour grogner. Non, je m'étais contenté de lui démontrer d'une autre façon que ma virilité n'était pas mise à mal. Avec Ross, le jeu, c'était la fierté, voyons voir comment nous allions le tourner et s'il réussirait à me faire échapper quelques informations.

Pour le moment c'était lui qui en laissait sortir en me confirmant qu'il avait bien des problèmes de vue. Je l'écoutais et la citation de son athlète attira mon attention davantage que le reste. Il en avait fait son leitmotiv qu'il était en train de me dire et il pensait que tout le monde devrait en faire autant. Sérieusement, il osait me sortir une telle phrase ? Je me redressais alors, posant mes avant bras sur mes cuisses et fixant le psychologue même s'il ne pouvait pas ou pouvait très peu me voir. « Il y a quelque chose que je ne comprends pas. Vous faites de la phrase de cet athlète votre leitmotiv. En gros il faut se tourner vers le présent et le futur plutôt que de rester sur le passé. Et pourtant vous voulez me sortir des questions débiles pour tenter de découvrir ce que j'ai vécu durant mon enfance. Vous voulez me faire revenir en arrière alors que j'ai déjà tiré un trait sur pas mal de choses depuis bien longtemps. Que cherchez vous à découvrir monsieur McGregor. Si je ferai du mal à ma femme, à mon gosse ? Si un jour viendra que je les tuerai dans leur sommeil ? » Mais quelle absurdité, jamais je ne ferai une chose pareille. Je l'avais déjà dit à la compagne de Ross, je ne toucherai pas à Sonny, au contraire je ferai tout pour la protéger. « J'ai conscience de ce que j'ai et également de la chance d'avoir Sonny même si vous pensez qu'elle a fait une erreur en me ramenant chez Genome. Dommage que vous ne lui fassiez pas confiance sinon vous sauriez que votre organisation n'a rien à craindre de moi. N'avez-vous jamais fait d'erreurs pour tenter de protéger vos proches monsieur le psychologue ? » Sonny en avait fait une et ça s'était retourné contre elle. Ils étaient tellement aveuglés par leurs craintes que personne n'avait songé à lui faire confiance une seule seconde en ce qui me concernait. Condamnée pour une erreur. Si on devait tous l'être, il n'y aurait plus beaucoup de personnes sur terre.

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MessageSujet: Re: Les actes sont-ils toujours l’expression de la pensée ? [Terminé]   Lun 1 Avr - 23:18

Rien de surprenant à ce que Remington aime jouer au chat et à la souris ! Ca collait très bien au personnage. Ce n’était pas le cas du psychologue qui n’avait pas de temps à perdre avec les fourberies vicieuses de son patient. Patient qui voulait lui faire croire qu’il prenait tout à la légère. Que nenni ! Son attitude était une façon d’éviter ce qui le touchait profondément. Combien de temps tiendrait-il en faisant comme si tout allait bien ? Si c’était vraiment le cas, il ne serait pas revenu le consulter. Alors, il serait temps d’annoncer la couleur sinon le psychologue ne pourrait rien pour lui. A moins que Remington ne soit revenu pour régler ses compter avec Ross suite à son passage chez Genome. Les deux sans doute. En y réfléchissant, il avait abordé le sujet mais pas que celui-ci. Savait-il au moins pourquoi il était là ? D’ailleurs, pourquoi Ross avait accepté de le recevoir ? Il aurait très bien pu refuser en prétextant être en arrêt maladie. A croire que l’écossais avait pitié de l’homme qui se trouvait dans son cabinet. Il avait l’air tellement paumé et bouffé par ses démons ! Et puis, quoi qu’il en pense, il était le petit ami de Sonny et rien que pour elle, il voulait y voir plus clair en espérant qu’elle n’avait pas tirer le mauvais numéro. Même s’il se méfiait grandement de Remington, en apprenant à le connaître, peut-être reverrait-il sa position vis-à-vis de lui. Si c’était bien une chose que Ross avait appris : c’était de ne jamais rester sur sa première impression sans chercher les raisons qui le poussaient à apprécier ou non une personne.

Le jeune homme persistait dans son ironie en demandant si certaines questions rapportaient plus que d’autres. D’un côté, sa désinvolture l’agaçait mais de l’autre ça l’amusait. Si Remington n’était pas aussi taciturne, il serait comique. Ross esquissa un léger sourire. Il ne croyait pas si bien dire ! Les réponses ne rapportaient pas de points mais certaines étaient plus importantes que d’autres. D’ailleurs, le patient venait de gagner des points sans le vouloir.

- Vous ne comprenez pas ? C’est étonnant de votre part. Observa-t-il sincèrement.
Après tout, Ross avait peut-être surestimé l’intelligence de Remington.
- Je vais vous éclairer alors. Déjà, cette devise n’est valable que pour soi-même. Vous savez ce que vous, vous avez vécu ! Moi pas. Si je souhaite vous faire revenir en arrière, c’est pour cerner un peu mieux votre personnalité et vous aider à accepter ce qui fait partie intégrante de votre vie. Et puis, cette devise ne règle pas le passé, elle permet surtout d’avancer. Pour être bien dans le présent et se tourner sereinement vers l’avenir, il faut retourner dans le passé et non pas y rester ! Nuance. En tirant un trait dessus c’est comme si vous vous amputiez d’une partie de vous-même. Ce n’est pas ainsi qu’on règle les problèmes. Certes, l’amputation est parfois nécessaire mais elle ne doit plus faire souffrir sinon elle ne sert à rien. Apparemment ce n’est pas votre cas sinon vous ne seriez pas ici. Je me trompe ?

Remington jouait les gros durs et les « je sais ce que je fais ». S’il le savait vraiment, il ne redouterait pas ce que le psychologue cherchait à découvrir. C’était certainement une façon de se protéger et de se rassurer. Au moins, il avait conscience de la chance qu’il avait d’avoir trouvé l’amour auprès de Sonny. Sur ce point, l’écossais n’avait aucun doute, Remington aimait Sonny et c’était réciproque. Ce n’était pas en la jeune fille qu’il n’avait pas confiance mais en son petit ami. Encore que, sa confiance en elle était quelque peu ébranlée par divers aspects ; par l’amour, d’une part, qui faisait faire des choses inconsidérées, par le manque de communication d’autre part. En effet, Sonny n’avait jamais parlé de Remington à Ross et si peu à Anne. Pour une jeune fille bavarde, qui avait toujours quelque chose à dire sur tout, son attitude n’était pas en accord avec son caractère. C’était à se demander si elle n’avait pas honte de cette relation et si elle n’avait pas un dangereux secret à protéger. Dans ces conditions, il était difficile de lui accorder une confiance aveugle. Effectivement, tout le monde faisait des erreurs surtout lorsqu’il s’agissait de protéger les siens. L’affectif se trouvant en plein milieu, il n’était jamais aisé d’agir rationnellement. Ceci étant de l’ordre du privé et n’ayant rien à voir avec la séance d’aujourd’hui, le psychologue ne répondit pas à la dernière question de son patient. Peut-être l’aurait-il fait s’il n’avait pas pris un air aussi condescendant.

- Bon alors allons-y pour les questions génériques… Débiles, comme vous dites. Quels étaient les rapports avec vos parents, les aimiez-vous ? Les aimez-vous encore ? A quand remonte votre premier souvenir d’enfant ? Pouvez-vous le raconter ?

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MessageSujet: Re: Les actes sont-ils toujours l’expression de la pensée ? [Terminé]   Mar 2 Avr - 18:45

Je réprimais une réplique cinglante, jugeant que ça n'en valait pas la peine. Quel mal y avait-il à ce que je ne comprenne pas l'ensemble de ses propos ? Je n'avais pas la science infuse. Je comprenais énormément de choses par moi-même mais il y avait toujours quelques points qui relevaient du mystère. C'était presque désolant que cette facette étonne le psychologue. Si j'avais le quotient intellectuel d'Einstein, je m'amuserais à dévorer tous les livres de psychologie qui me passeraient sous la main et j'établirais mes propres séances, me parlant tout seul pour au final m'envoyer tout droit à l'asile. Alors soit, que le psychologue éclaire ma petite lanterne, pour m'indiquer à quel moment j'avais raté une étape dans son raisonnement. J'écoutais son explication. Elle tenait la route mais de là à ce que je l'accepte sans broncher. Il y avait tout un monde entre les deux. Puis dans le fond, le problème ce n'était pas ça. Il n'avait pas tort dans ce qu'il disait mais quelque chose me bloquait. Quand il me demanda s'il se trompait, je laissais passer un silence de plusieurs secondes. De longues et interminables secondes même.

« Quelle assurance ai-je... Que si je parle, vous n'allez pas vous empresser de tout raconter à votre ami pour protéger votre fichu groupe. Je n'ai pas confiance en vous monsieur McGregor, et vous n'avez pas confiance en moi. Un point partout. Au moins votre compagne est plus intelligente que nous et même si elle me considère comme dangereux, elle m'a laissé ma chance... » Je ne savais pas si Anne lui avait parlé de la visite qu'elle m'avait rendu alors que nous étions séparés avec Sonny. Ce qu'ils se racontaient dans leur couple ne me regardait pas le moins du monde. Elle m'avait avoué que l'acte que j'avais commis à Halloween lui faisait peur, qu'elle ne l'acceptait pas mais qu'elle était consciente que j'étais le plus à même pour protéger Sonny. C'est ce que je faisais, je l'aimais autant que je la protégeais. Je ne l'incitais pas à renoncer à sa croisade contre les incendiaires du Domaine même si l'épisode de Genome du début du mois l'avait chamboulée et refroidie quelque peu dans sa détermination.

Sonny me faisait confiance. Anne ne me faisait pas confiance mais me laissait une chance de rendre sa fille heureuse. Quant à Ross... Et bien il agissait un peu en patriarche sur protecteur. Le patriarche d'une famille, d'un groupe... Mais se rendait-il seulement compte de l'état dans lequel il se trouvait. Dans la guerre que se livraient les deux groupes, il ferait une belle victime. Surtout avec sa cécité. Il suffisait à Genetic d'envoyer un manchot pour le tuer. Un membre de leur groupe avec deux mains gauches ferait l'affaire. Il lui suffirait d'être suffisamment silencieux pour le toucher. Et assez intelligent pour dissimuler ça en accident. Le pauvre aveugle n'a pas fait attention et a coulé dans sa piscine. Il a trébuché sur un meuble qu'il n'avait pas vu et sa tête a percuté le rebord d'un autre meuble. Tellement de scenarii possibles et faciles à mettre en place.

Mais bon, ça c'était son problème et non le mien. S'il réussissait à éclairer ma lanterne, je le supposais assez intelligent pour contacter une agence de surveillance pour mettre en place le dispositif nécessaire pour le protéger. Et pour lui servir également de baby sitter. Passons donc aux questions génériques. Peut être que j'aurais une révélation en y réfléchissant. Je bougeais une nouvelle fois, non que je ne me sentais pas à l'aise, mais pour me caler confortablement dans le fauteuil. La première question tomba. Les rapports que j'entretenais avec mes parents. « Ils sont morts quand j'avais quatre ans, comment voulez vous que je le sache. » répondis-je spontanément même si dans le fond, je savais qu'il ne parlait pas de mes géniteurs mais de mes parents adoptifs.

Ensuite, ce fut la question de l'enfance. Il posait souvent des colles à ses patients ? Spontanément, j'eus envie de répondre la naissance de Jayden qui m'avait marqué. Je ne le fis pas, ne souhaitant pas dévoiler ce pan de ma vie. Et puis en y réfléchissant mieux, il y avait quelque chose d'autre qui m'avait peut être marqué durant mon enfance. Mais quoi et que répondre surtout pour laisser planer le doute et qu'il s'imagine que je payais sa tête comme j'avais pu le faire lors de notre première rencontre. « Un dessin... Vous savez comme ceux que l'on voit quand on donne plein de feutres à un enfant. Sur la feuille, c'est plein de couleurs et ça respire le bonheur. J'étais le spécialiste des dessins colorés avec un joli soleil et des personnages respirant la joie de vivre. » Question suivante ?

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MessageSujet: Re: Les actes sont-ils toujours l’expression de la pensée ? [Terminé]   Mer 1 Mai - 23:20

Remington avait voulu tirer un trait sur son passé qui le faisait souffrir, pensant logiquement que cela suffirait pour aller de l’avant. Il se sentait peut-être un peu moins mal mais pas assez bien pour tout régler. Balayer les souffrances, les traumatismes et autres joyeusetés n’était pas le meilleur moyen pour ne plus y penser. Au contraire, en les accumulant au fin fond de sa mémoire, c’était comme si on préparait du vinaigre ; plus le temps passait et plus l’aigreur était prononcée jusqu’à ce que son acidité grignote les parois dans lesquelles étaient enfermés les mauvais souvenirs. Et là, l’explosion des ressentis s’avérait dangereuse. Pour contourner ces menaces, l’esprit humain était prêt à tout pour se protéger. Certains reproduisaient ce qu’ils avaient vécu, d’autres se transformaient en criminels, d’autres encore tombaient dans l’excès opposé. Comme tout le monde le sait, les excès, dans quelque domaine que ce soit, sont rarement bénéfiques
mais ils sont parfois le moindre mal. Quand aux plus faibles, ils endossent la responsabilité de ce qu’ils ont subi et se condamnent eux-mêmes à une triste vie ou à une mort certaine.

Remington n’était pas de ceux qui se laissaient abattre mais quoi qu’il en dise, il ne pouvait pas s’en sortir seul et il le savait. Sa fierté en prenait certainement un sacré coup mais au moins il avait l’intelligence de ne pas trop en tenir compte. Bien entendu, le jeune homme aurait aimé se débrouiller seul ; peut-être avait-il compté sur l’amour pour l’y aider tout en se rendant compte que ce n’était pas assez. Le fait d’admettre une défaite et d’avoir besoin de renforts pour gagner la guerre était un grand pas en avant vers la « guérison ». C’était ce que Remington souhaitait à la base. Ross en était presque convaincu sinon le jeune homme ne serait pas dans son cabinet. Le silence qui suivit la question de l’écossais le confortait dans cette idée. Cependant, le fait d’être membre de Genome faussait quelque peu les rapports praticien/patient. Il était difficile, aussi bien pour Remington que pour Ross d’esquiver ce point qui, malgré tout, les reliait en dehors de cette consultation. En tout cas, les deux hommes étaient d’accord sur un point : ce n’était pas la confiance qui régnait entre eux !

- Un point partout, oui ! Cela dit, je vous rappelle que je suis tenu au secret professionnel. Par contre, je ne vois vraiment pas en quoi vos problèmes personnels intéresseraient le groupe auquel j’appartiens. Effectivement, vous êtes une menace potentielle, je ne peux pas dire le contraire après vous avoir vu à l’œuvre. Alors, si je peux vous aider à y voir plus clair pour atténuer cette menace, ce serait un bien pour tout le monde.

Si Remington arrivait à extirper le mal qui le gangrénait de l’intérieur, il trouverait l’équilibre dont il avait besoin pour ne plus se comporter en machine à tuer. Ce serait un bien pour lui et pour son entourage. Mais tant qu’il jouerait l’imbécile et qu’il prendrait le psychologue pour un idiot incapable, rien ne changerait dans son comportement. Seul l’isolement éviterait qu’il ne fasse du tort à autre que lui-même et seule la mort serait une délivrance de cet esprit torturé. Il parlait de lui laisser une chance, mais s’en laissait-il une ? A répondre à côté de la plaque aux questions génériques et à faire celui qui ne comprenait rien, il gâchait cette chance à laquelle il semblait tenir pourtant. Que cherchait-il réellement à faire ? Cette nouvelle question commençait à turlupiner le psychologue. Les premières déductions de Ross étaient-elles complètement fausses ? Après tout, pourquoi pas ? Depuis quelques temps, les problèmes auxquels le psychologue était confronté venaient peut-être interférer dans l’exercice de son métier. Non, pas avec ses patients, ça ne lui était encore jamais arrivé. C’était l’aura maléfique de ce monsieur Pillsbury qui le faisait douter avec ses réponses qui ne laissaient rien entrevoir de son vécu. Il se payait la tête du psychologue et l’intonation de sa voix laissait sous-entendre que ça l’amusait. Ross commençait à perdre patience. S’il n’écoutait que son instinct, il donnerait un coup de pied au cul de Remington pour le faire sortir de la pièce. Heureusement que son intellect prenait le dessus !

- Pour ce qui est de vous laisser une chance, encore faudrait-il que vous ayez vraiment envie de la saisir…

Sur ces mots, l’écossais se leva et laissa son patient savourer sa petite victoire. Au jeu du chat et de la souris, Remington avait gagné. Pauvre homme ! Il oubliait que ce n’était pas en gagnant une bataille qu’on gagnait la guerre. Il ne faisait que gâcher ses chances d’être véritablement heureux un jour. L’écossais avait tenté de faire abstraction des événements extérieurs pour venir en aide au jeune homme, ce dernier avait trop de rancœur pour faire de même, tant pis pour lui. Mais bon, après tout, McGregor n’était pas le seul psy sur terre, peut-être que son patient trouvera un autre professionnel qui lui conviendra.

- Si vous n’avez rien d’autre à me dire Monsieur Pillsbury, je ne vous retiens pas. Si vous voulez revenir, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Sous-entendu qu’il était inutile de revenir si c’était pour faire mumuse. Ross se dirigea vers son bureau, sortit un paquet de cigarettes et s’en alluma une. Il n’était jamais évident d’admettre son incapacité à aider quelqu’un qui en avait besoin. Après, si le jeune homme souhaitait revoir sa position et lui en dire un peu plus, il était prêt à l’écouter, l'heure n'était pas encore écoulée.

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MessageSujet: Re: Les actes sont-ils toujours l’expression de la pensée ? [Terminé]   Ven 10 Mai - 19:31

Cette entrevue avait-elle réellement un sens et allait-elle aboutir à quelque chose ? Il n'y avait rien de programmé dans la vie. On pouvait faire des constats. Le manque de confiance entre Ross et moi était un constat. Aller au delà de celui-ci pour avancer était une donnée inconnue. Le fait qu'il pensait que mes problèmes personnels n'intéresseraient pas le groupe auquel il appartenait, c'était un leurre à mon sens. Des informations fournies ici et là, concernant même un passé, n'aboutissaient à pas grand chose mais si on les collait les unes aux autres, elles finissaient par former un puzzle que l'on reconstituait et qui prenait forme progressivement sous nos yeux.
Voilà pourquoi je n'avais pas la grande volonté de me livrer en ce qui concernait ma vie privée et mon passé. On me considérait comme une menace, ainsi soit-il. Tenter de me comprendre pour enrayer ce danger potentiel que l'on devinait en moi, je ne pouvais pas le permettre. Je refusais de me livrer. Je le faisais trop souvent ces derniers temps et ça me déplaisait parfois à un point que l'on ne soupçonnait pas car je gardais les apparences. Que Sonny réussisse à s'introduire derrière ma carapace, je le permettais. Pour le reste, c'était improbable.

C'était pour cette raison que je répondais à chaque fois à côté de la plaque aux questions du psychologue. Je brouillais les pistes. Il ne s'en rendait sûrement pas compte mais cet homme m'aidait en quelque sorte. Il me permettait de rester sur mes gardes, d'être toujours attentif. Il y avait également autre chose qui me permettait d'avancer. Psychologue malgré lui... Alors que ses efforts tombaient à l'eau quasiment à chacune de mes répliques. Est-ce que je souhaitais saisir la chance qu'on m'offrait ? Je ne répondis rien à cette évocation. Il n'y avait rien à dire en fait. Ce n'était pas une défaite, ni une victoire. Seulement un pas de plus sur le chemin qui constituait ma vie. Il n'y avait pas de guerre. Non faux, il y en avait une. Elle était contre moi-même. Ce n'était pas contre lui que je me battais. Ni contre l'Agence et les contrats qu'on me fournissait. Ce n'était pas non plus contre Sonny, ou Genome et Genetic. Il y avait une seule vraie bataille dans ma vie et chaque jour qui passait, m'en faisait prendre conscience.

Est-ce que j'avais quelque chose à rajouter ? Pas vraiment. En tout cas pas maintenant. Il était peut être temps de partir. Pour ne plus revenir si c'était encore pour m'amuser. Dommage, je commençais à prendre goût à ces entrevues. Ou pas. Je ne répondis rien sur le moment, observant le psychologue qui se levait pour s'allumer une cigarette. En pleine consultation ? Soit il était nerveux pour je ne savais quelle raison. Soit il considérait que notre entrevue était terminée si je ne revenais pas à de meilleurs dispositions. Ou alors, dernière option, c'était seulement un tic qu'il avait. J'avais fumé, j'avais arrêté facilement à la seule force de la volonté même si cela avait un peu accru ma consommation de graines de tournesol. Mais quand je fumais, c'était davantage par habitude que par réel besoin.

« Je n'ai plus rien à ajouter pour aujourd'hui monsieur McGregor. » Est-ce que je sous entendais qu'une prochaine fois, j'en aurai davantage à révéler sans tourner autour du pot. Peut être ou pas. « Je ne sais pas si je vais revenir, je verrai. Ça dépendra de mon humeur je pense. » Voilà que j'étais reparti dans la dérision, ne prenant rien au sérieux. Je me levais avec l'intention de prendre congés. L'heure n'était pas terminée, j'allais payer pour rien mais cela n'avait guère d'importance. Je commençais à me diriger vers la sortie mais je finis par m'arrêter, tournant le dos au psychologue et ne pivotant pas pour lui faire face.

«  En fait si je reviens, je risque de m'amuser de nouveau à répondre à côté de la plaque à vos questions. Dommage que vous ne m'ayez pas encore cerné monsieur McGregor, vous auriez compris que derrière ces réponses, je prends beaucoup plus de recul que je ne le laisse voir. Si on ne souhaite pas parler d'un sujet, cela ne veut pas dire qu'on n'y réfléchit pas pour faire le point et avancer. Vous n'êtes peut être pas aussi inefficace que vous le laissez percevoir en tant que psy. » Je haussais légèrement les épaules et sur ces quelques mots, je repris mon chemin en direction de la sortie, n'attendant pas particulièrement de réponse de sa part.

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MessageSujet: Re: Les actes sont-ils toujours l’expression de la pensée ? [Terminé]   Lun 13 Mai - 17:20

Remington n’avait rien à ajouter pour aujourd’hui, le contraire aurait été étonnant. Depuis le début de la séance il n’avait dit que choses qui ne pouvaient en rien aidé le psychologue à connaître un peu mieux son patient. Il avait certes un sérieux problème à résoudre mais trop d’inconnues constituaient l’opération ; à ce stade le résultat était impossible à trouver. L’écossais n’était pas devin. Qu’il revienne ou pas n’était pas ne faisait ni chaud ni froid à Ross. Si c’était pour continuer à jouer au chat et à la souris, ça n’avait vraiment aucun intérêt ; ce n’était pas ainsi que son patient progresserait dans sa quête, à moins que sa quête ne soit l’amusement.

- De votre humeur et de votre humour… Ironisa-t-il avec une certaine lassitude.

Ross n’appréciait pas ce genre de dérision qui ne distrayait que l’auteur. A vouloir évincer toutes les questions même les plus génériques, Remington dissimulait une peur qui le tenaillait ; inconsciente ou consciente, c’était à vérifier. Le psychologue avait du mal à le cerner. Cela dit, il était rare de cerner une personnalité en deux séances, si c’était le cas, tous les psychologues pointeraient au chômage. En tout cas, l’écossais était sûr d’une chose : l’homme portait un lourd fardeau dont il connaissait le contenu et il n’arrivait pas à s’en débarrasser. Peut-être se confortait-il avec ? Peut-être avait-il peur de se sentir démuni une fois le poids retiré ? Peut-être était-il incapable d’y faire face tout simplement ? Alors, si la dérision était une échappatoire, que bien lui fasse !

- Si vous revenez pour vous amuser, prévenez-moi, je mettrai un nez de clown pour être dans le ton. Dit-il en forçant un sourire.

Il disait prendre beaucoup de recul qu’il ne laissait pas voir. *Cause toujours tu m’intéresses* Ce n’était pas parce qu’il le disait qu’il le faisait. S’il le faisait réellement, il n’éprouverait pas le besoin de consulter un psy. Quant au fait de ne pas parler d’un sujet mais d’y réfléchir, alors là *Bravo Remington, je dormirai moins bête ce soir* Non mais que croyait-il ? Les questions posées étaient basiques mais pas anodines. De plus, elles étaient choisies en fonction du patient afin de lui permettre d’y penser entre deux séances.

- Regardez quand même où vous mettez les pieds. Conseilla-t-il amusé de son petit jeu de mot sur le recul.
- Et réfléchissez bien ! Bonne journée Monsieur Pillsbury. Bonjour à Sonny.

L’écossais attendit que le jeune homme ait quitté la pièce pour sortir dans le jardin. Après la cigarette, il avait besoin de s’aérer les poumons pour passer à autre chose. Remington lui faisait presque pitié mais ce sentiment n’avait pas lieu d’être dans sa profession.

- Drôle d’homme... Pas drôle en vrai ! Dit-il pour lui-même.

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Les actes sont-ils toujours l’expression de la pensée ? [Terminé]

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