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 Never say goodbye, because saying goodbye means going away and going away means forgetting [Terminé]

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Wyatt PC

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MessageSujet: Never say goodbye, because saying goodbye means going away and going away means forgetting [Terminé]   Dim 13 Jan - 15:45

To live would be an awfully big adventure



~ 29 Janvier 2011 – Début de soirée ~

Janvier touchait à sa fin. Un mois déjà que la nouvelle année était passée avec son lot de souhaits espérés, de vœux formulés, de tant de choses que l'on aimerait mais qui ne tenaient pas leur réalisation qu'au fruit du hasard. Nous étions pour beaucoup dans ce que l'on voulait accomplir, le problème c'était qu'on renonçait souvent avant même de commencer. Moi le premier et j'en avais pris conscience depuis peu. Même pas eu besoin d'avoir une consultation chez un psychologue pour établir ce constat. Le temps défilait rapidement, beaucoup plus vite que nous le souhaitions. Je commençais seulement à m'en rendre compte depuis mon séjour en France. L'impression était bizarre. C'était comme si j'avais fermé les yeux à l'âge de l'enfance et qu'une fois rouverts, j'avais vieilli de quelques années. Je ne savais pas trop comment l'expliquer. Mais n'avez-vous jamais eu l'impression de vous réveiller d'un coup à un moment de votre vie et d'avoir cette sensation que vous n'existiez pas avant ? Du moins mentalement, parce que votre corps d'enfant était bien là, à faire des bêtises que les adultes prennent plaisir à raconter alors que vous grandissez.

Ce séjour en France était comme une renaissance, l'occasion de redémarrer une nouvelle année en tirant un trait sur la précédente. Il fallait dire que j'avais drôlement merdé l'année d'avant. Cela avait commencé le jour où j'avais mis mon poing dans la figure de mon père. Un geste instinctif, de colère et de douleur, que je regrettais encore. Depuis ce jour là, je n'avais fait que déraper et je m'étais perdu en route. Par moment, j'avais cru me retrouver, redevenir moi mais ce n'était qu'illusion. Je changeais, une partie au fond restait la même mais tous dans mes gestes et mes paroles avaient prouvé le contraire. Il n'y avait qu'à dresser un bref bilan pour s'en rendre compte : mon engagement chez Genetic, l'homme que j'avais tué, ma tentative de suicide, cette soirée au bar qui avait été désastreuse suivie de la rupture, les résultats de mes examens si catastrophiques que Anne devait avoir honte d'avoir un beau fils pareil. Heureusement, pour contrebalancer, il y avait eu de bons moments, des rencontres inespérées, des retrouvailles. Mais si je faisais un bilan en mettant les bons et les mauvais moments de chaque côté sur une balance, il fallait que je m'avoue que 2010 avait penché du mauvais côté. Sur bien des points que je ne renouvellerai pas pour 2011.

Voilà douze jours que j'étais rentré sur Los Angeles. Le mois que j'avais passé en France avait été difficile car je n'avais jamais été séparé de mon père auparavant. Pas si longtemps en tout cas. Et même si j'avais eu la présence de mes grand parents, d'être seul sans tous mes proches m'avait permis de grandir sur quelques points. Enfin, il fallait l'espérer car avec moi, rien n'était jamais réellement déterminé. J'avais fait quelques rencontres qui m'avaient permis d'y voir plus clair sur ma propre personnalité. Également sur mes aspirations. D'ailleurs l'une des premières choses que j'avais fait une fois de retour à la maison, cela avait été d'annoncer que je voulais me réorienter. Les sciences, ce n'était pas pour moi. J'aimais bien mais pas au point d'en faire mon métier et les résultats des examens de décembre le prouvaient. Alors depuis, j'entreprenais les démarches nécessaires auprès de l'université pour changer quelques matières pour le nouveau trimestre. Je doutais de valider mon année avec un trimestre de retard, sauf si j'excellais pour le rattraper mais au moins j'aurais un aperçu pour la prochaine rentrée. Ainsi qu'une confirmation que c'était bien ce que je souhaitais faire.

La nuit était tombée, le ciel était dégagé et on pouvait admirer cette mer d'étoiles au dessus de nos têtes. Je pris le temps de le faire durant un bon moment, me promenant, la musique sur les oreilles. Je passais à proximité de Central Park, le longeant et continuant ma route. L'air rêveur, presque perdu à regarder ce qui se passait au dessus de ma tête, je percutais un passant et m'excusais aussitôt. Oui ce n'était pas bien. Oui j'étais désolé. Promis je regarderai où j'irai. Oui ma génération devait refaire son éducation. Je souris gentiment à l'homme que j'avais percuté avant de monter le son de la musique et de reprendre ma route, mais prenant soin cette fois de ne pas trop lever le nez en l'air. C'est alors que j'aperçus ce bâtiment qui m'était familier. Il abritait de nombreux souvenirs, aussi bien des bons que des mauvais. Je m'approchais et le contournais pour arriver à la porte de derrière. Mes doigts tournèrent la poignée. Il y eut un déclic. Certaines choses ne changeaient pas. Je pénétrais à l'intérieur du bâtiment et gravis les marches de service au pas de course.

Je me retrouvais sur le toit. Au moins d'ici, je ne percuterai plus personne si je voulais admirer les étoiles. Mes doigts effleurèrent la rambarde de sécurité. Je me penchais un peu en avant pour regarder ce vide qui se dressait en dessous. Puis je fis demi tour et grimpais sur un des cubes en béton, d'ailleurs je ne sais pas ce qu'il y avait en dessous, et je m'allongeais sur le dos. Mes mains se joignirent derrière ma tête. Je restais là, à admirer ce ciel étoilé, la musique sur les oreilles, et seul au monde.  « All that I am, all that I ever was, is here in your perfect eyes, they're all I can see. » Tellement seul au monde que je me permettais de chanter, le seul public présent, étant les étoiles.
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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: Never say goodbye, because saying goodbye means going away and going away means forgetting [Terminé]   Dim 13 Jan - 19:51

Bien qu'ayant toujours vécu à Los Angeles, je ressentais le stupide besoin de voir la neige. Un peu comme si ces petits morceaux de glace allaient recouvrir d'une fine pellicule blanche le champ de bataille que représentait ma vie. Je ne me plaignais pas, loin de là. Dans l'ensemble, j'aimais bien ma vie. J'avais passé de bons moments avec mes amis, je possédais encore quelques souvenirs de famille et c'était l'important. Seulement, tous ces instants, bien que merveilleux, ne suffisaient pas à nous réconforter lorsque l'on se retrouvais seule. Peut être devrais-je proposer une soirée entre filles à Sonny, histoire de ne pas passer mon week end toute seule. Quoique... Non, ce n'était pas forcément une bonne idée. Elle était enceinte et lui proposer une virée un samedi soir ne le faisait pas vraiment. Emy ? Bof, nous n'étions pas encore assez proches pour me permettre de l'appeler à la dernière minute et lui proposer un tel plan. Dans la mesure où je venais de faire la liste des seules personnes qui me côtoyaient par plaisir, je devais me résigner. Ce soir, je resterai seule avec moi même et vu le ciel dégagé donné par le velux, la neige ne serait même pas au rendez-vous.

Un regard autour de moi me fit prendre conscience que ma chambre était un véritable bordel. Des vêtements sales jonchés le sol et ma pile de bouquins s'était déversée de tout son long. Cela ne me ressemblait pas, mais qu'importe ! Je n'avais aucune envie de me taper du rangement ce soir et encore moins de mettre le nez dans mes cours. Sans vraiment comprendre ni comment, ni pourquoi, je me retrouvais dehors. Un petit tour me ferait sûrement du bien. Je ne savais pas où j'allais, mais je m'y rendais. C'était agréable de marcher, sans réfléchir et de laisser ses pas nous guider. Personne ne m'attendait et je n'avais aucune obligation. J'étais libre d'aller où bon me semblait et de rentrer quand je le désirais. Je n'avais aucun compte à rendre. Ouep... J'étais libre. Libre, mais seule quand même. Bon stop ! Il fallait que j'arrête de me rabâcher ma solitude. Ça ne servait strictement à rien !

Alors que je m'arrêtais dans la rue pour me forcer à arrêter de penser, mes yeux analysèrent mon environnement. Qu'est ce que je foutais là, sérieux ? Cela n'avait vraiment aucun sens et il n'y avait aucune raison de revenir ici. J'aurai encore préféré me retrouver devant un stade de football ou un club d'échec plutôt que d'être ici. Au moins, au stade, j'aurai peut pu me rincer l’œil. Par contre, pour le club d'échec, je cherchais encore un intérêt. Bref. Je ne pouvais que constater que mes pas m'avaient ramenés au lycée. Certes, ça n'avait pas été une période facile pour diverses raisons, mais j'avais réussi à m'en sortir. J'étais sortie de l'âge ingrat avec quelques honneurs et ce n'était pas pour me déplaire.

Après tout ce chemin, je pouvais au moins m'accorder un tour du souvenir. Repenser à mes grands jours au sein de ce lycée qui se résumaient le plus souvent à des engueulades, des embrassades ou autres petites bêtises. Mais... Il y avait un endroit, ici, qui était plus symbolique que les autres : le toit. C'était en haut que j'avais techniquement découvert ma capacité. En haut que j'avais retrouvé Wyatt après cette histoire au Blue Lake. Qu'était-il devenu ? Après toutes ces rencontres hasardeuses dans les rues de Los Angeles, je n'étais encore jamais tombée sur lui. Était-ce un mal ? Je n'en étais pas certaine. Était-ce un bien ? Pas sûr non plus. Mais au moins, je n'avais pas à le voir tous les jours en me demandant sans cesse comment réagir avec lui.

Gravissant les marches les unes après les autres, je m'aperçus que la porte était ouverte. Décidément, ils n'apprendraient jamais de leurs erreurs. Les adultes... Dire qu'ils voulaient qu'on prenne exemple sur eux. Ça craignait. Pourquoi interdire l'accès au toit s'ils ne verrouillaient jamais cette foutue porte. Un sourire moqueur se dessinait sur mon visage alors que je m'approchais de la rambarde pour constater cette hauteur. Combien de fois m'étais-je amusée à apprécier cette distance ? Combien de fois m'étais-je amusée à me jeter dans les airs pour atterrir sans la moindre égratignure ? Après comptage, pas tant que ça. Peut être que... Je vérifiais qu'aucun promeneur passait par là, prête pour une petite pointe d'adrénaline. Finalement, ma soirée ne serait peut être pas aussi minable. Mais un bruit de voix me fit sursauter. Je n'étais pas seule. Qui osait m'empêcher de m'envoyer en l'air ? Je me dirigeais vers le son avant de me figer.

- « Oh. Mon. Dieu. Putain, j'ai été un connard de dictateur dans une ancienne vie pour avoir un karma aussi pourri ou quoi ? Quelqu'un doit vraiment me détester là haut ! »
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MessageSujet: Re: Never say goodbye, because saying goodbye means going away and going away means forgetting [Terminé]   Lun 14 Jan - 16:34

Une... Deux... Trois... Quatre... Cinq... Six... Il me semblait que le compte était bon. Je venais enfin de trouver au bout de plusieurs minutes les étoiles qui représentaient la constellation du cancer. C'était une des rares que je connaissais. Je parvenais toujours à la trouver peut être parce que c'était mon signe astrologique et par conséquent la seule qui m'intéressait réellement. Il fallait par contre une plus grande imagination pour réussir à voir un crabe dessiné par ces étoiles. L'imagination y était pour beaucoup et la mienne superposa celle du crabe par dessus les étoiles. Les deux pinces avant... Les deux yeux... Il était moins évident de se représenter les deux dernières étoiles sur le corps d'un crabe. D'observer ainsi les étoiles avait le mérite de m'occuper l'esprit mais également de me l'apaiser. Je me demandais si j'aurais la chance de voir une étoile filante. Je n'avais jamais eu la chance d'en apercevoir de toute ma vie, on disait qu'il fallait faire un vœu si elle venait à arriver. Lequel ferai-je ? J'en avais bien un mais il était tellement réalisable que je n'osais même pas le formuler en pensée.

Mon observation des étoiles se poursuivit encore durant un moment. Je fredonnais toujours les chansons qui défilaient dans mes écouteurs. Et celle que j'écoutais actuellement était belle, mais triste également. « I'll sing it one last time for you then we really have to go. You've been the only thing that's right in all I've done. » Je m'interrompis. Il me sembla entendre comme un bruit de parasite dans l'écouteur. Non, c'était plutôt une voix. Mes doigts se posèrent sur mon lecteur et j'appuyais sur le bouton pause, tournant la tête dans la direction d'où la voix provenait. Un coup me fut porté en plein cœur, je me demandais même s'il ne venait pas de manquer un battement. Ce n'était pas possible. Il devait y avoir une erreur. Ou je devais rêver. Mes yeux se reportèrent quelques secondes sur les étoiles me demandant même s'il n'y avait pas eu une étoile filante qui était passée sans que je le remarque et qui avais entendu le cours de mes pensées. Non c'était ridicule. J'étais ridicule. Et ma présence était non désirée d'après ce que je comprenais. Les mots étaient durs à entendre, guère surprenant en même temps. Sauf que je n'étais pas préparé, mais alors pas du tout.

Mes yeux se fermèrent un bref instant. Je pris sur moi avant de finalement les rouvrir, me redressant pour me mettre assis sur le bloc en béton. « Bonsoir Capucine. » Sans doute aurais-je pu trouver mieux en formulation. Peut être même aurais-je été capable de trouver pire. Venant de moi, cela n'aurait été guère étonnant. Nous étions dans la pénombre, malgré cela je remarquais des reflets roux à ses cheveux. Ils n'étaient plus blonds et la première remarque que je me fis, c'était que cette couleur lui allait bien. Je ne pus m'empêcher de l'observer un peu. Dans un premier temps pour m'assurer que ce n'était pas un mirage que j'avais sous les yeux. Puis dans un second temps pour m'assurer qu'elle semblait bien aller, qu'elle n'avait pas trop maigri, que le traitement qu'elle avait pris ou prenait toujours faisait effet et ne lui ôterait pas la vie. A cette pensée, j'eus un nouveau pincement au cœur, refoulant les pensées négatives. Capucine était bien réelle, elle se tenait devant moi. Elle était vivante et je pouvais lui parler même si ma présence n'était pas voulue.

« Je suis désolé. Je peux te laisser le toit et revenir plus tard si tu veux. » Il était hors de question pour moi de proposer d'aller sur un autre toit. Parce que malgré tout ce qui s'était passé, c'était le notre. Celui qui avait provoqué notre rencontre, celui duquel j'avais voulu sauter, celui où elle m'avait sauvé. Il avait son histoire, c'était notre histoire. Ce n'était pas pour rien que je l'avais choisi et sans doute n'était-ce pas pour rien qu'elle était venue également. La seule chose qui n'était pas prévue, c'était qu'on choisisse le même soir et la même heure. Combien y avait-il de chances pour que cela se produise. Une chance sur trois cent soixante cinq jours à laquelle il fallait ajouter une chance sur vingt quatre heures. J'étais incapable de faire le calcul de tête mais la probabilité pour que nous nous retrouvions tous les deux sur le toit du lycée en même temps était mince. C'était peut être le fruit du hasard. Le destin. Ou comme elle disait un quelconque dieu au dessus de nos têtes qui avait décidé cette rencontre pour nous.

J'ôtais un écouteur de mon oreille. « Tu peux aussi empirer ton karma et écouter la musique avec moi. C'est Run de Snow Patrol. Il paraît que Gary Lightbody a écrit cette chanson après avoir trompé sa petite amie et qu'elle l'ait quitté. » Je tendais le bâton pour me faire battre, j'en avais conscience. Mais si cette rencontre était le fruit d'un mauvais karma, je trouvais dans le fond que le mien était bon. J'en prenais mon parti, même si je ne m'étais pas préparé à la revoir si tôt. C'était en quelque sorte inespéré.
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MessageSujet: Re: Never say goodbye, because saying goodbye means going away and going away means forgetting [Terminé]   Mar 15 Jan - 17:45

C'était généralement au moment où nous nous y attendions le moins que la vie nous mettait au défi de sorte à tester notre courage et notre volonté de changement. Ce soir était l'un de ces soirs où le destin, le hasard ou que sais-je encore avait décidé de m'envoyer une épreuve de plus et de toute évidence, je me sentais à la hauteur pour la passer avec brio. J'aurai très bien pu quitter le toit de ce lycée sans que Wyatt ne se doute de mon passage, mais force était de constater que mon subconscient n'était pas d'accord avec cette attitude de lâche. Habitant tous les deux à Los Angeles, il était inévitable que nos routes se recroisent un jour, alors aujourd'hui ou demain, quelle était la différence ? Wyatt avait énormément compté dans ma vie et ça, je ne pourrais jamais le changer. Aujourd'hui encore, malgré notre grand fiasco, j'éprouvais une profonde affection à son égard et la plus grande reconnaissance. Il avait essayé de m'aider lorsque toute ma vie basculait vers mon cauchemar appelé cancer, mais j'étais bien trop orgueilleuse, trop fière pour me rendre compte qu'il m'était impossible d'y arriver seule. Mon attitude nous avait détruit et même si je me refusais de me rejeter toute la faute sur mes épaules, je devais admettre qu'il m'en fallait supporter une bonne majorité. Qu'en était-il aujourd'hui ?

La surprise passée, je me rendis compte de mes propos et devais reconnaître que pour une séance de retrouvailles, je n'apparaissais pas sous mon meilleur jour. A m'entendre, il devait supposer que je le détestais encore. Si seulement, il savait à quel point je m'en voulais. Si j'avais accepté son aide lorsqu'il me l'avait proposé, qui sait... Nous serions peut être encore ensemble. Nous aurions continué nos études pour passer nos examens avec succès après avoir révisé durant mes séances de traitement. En rentrant chez nous, nous nous serions affalés dans le canapé en se regardant en chien de faïence pour savoir qui de nous serait de corvée de cuisine avant de s'y mettre à deux et la nuit, je me serais endormie dans ses bras en ayant la certitude qu'il m'aime. C'était un beau rêve, mais... la réalité était toute autre.

Malgré mon entrée en matière un peu brusque, je fus étonnée de constater que Wyatt était resté parfaitement calme. Il ne semblait pas le moins du monde troublé par ma présence sur ce toit. Me suivait-il ? A cette question stupide, je me balançais une énorme claque mentale. Idiote ! Tu étais arrivée ici après lui alors que tu ne savais même pas où tu allais et que tu n'avais prévenu personne. Sérieusement, je faisais pitié parfois. Malgré ce petit accrochage avec moi, je ne pouvais détourner le regard de lui. Il ne semblait pas aller trop mal si ce n'était que je le trouvais beaucoup plus pâle que dans mon souvenir. Les bras croisés sur ma poitrine, j'attendais jusqu'à ce que l'un de nous ose rompre le silence. Mais que dire dans pareilles circonstances ? Existait-il une formule toute faite pour ce genre de situation ? Je n'eus pas l'occasion de me poser davantage la question qu'il le fit de lui même. Ses mots me stupéfièrent.

- « Non, tu n'as pas à partir. De toute façon, tu étais là le premier et je n'avais rien à y faire. »

Il avait autant le droit que moi de se trouver ici et je me voyais mal le virer de sa place. Je n'étais pas aussi mauvaise tout de même, si ? Peu importait. Là n'était pas la question. Deux options s'offraient à moi : soit je tournais les talons sans prendre la peine de m'enquérir des nouveautés dans la vie de Wyatt, soit je prenais le temps de rattraper le temps perdu. Qui m'attendait de toute façon ? Je pouvais bien rester encore un peu. Mon ancien ami et ex petit ami dû s'apercevoir de mon hésitation car il me proposa d'écouter de la musique avec lui. Il n'y avait aucune animosité dans ses propos si bien que je me laissais tenter.

- « D'accord, pourquoi pas ? Je n'ai rien d'autre à faire. »

Je pris l'écouteur qu'il me tendait avant de me joindre à lui sur un cube de béton. Allongée, la tête perdue dans les étoiles au son de la musique, j'essayais de comprendre la situation. Qu'étions nous en train de faire ? Écouter de la musique, certes, mais après ? Je doutais que les choses soient redevenues comme avant aussi facilement. Ce n'était pas possible, ce n'était pas logique. Aussi je pris sur moi de commencer la terrible conversation. Il avait fait un effort en me proposant de rester avec lui, je pouvais moi aussi me montrer gentille.

- « Au fait... Désolé pour tout. Je n'aurais jamais dû te traiter ainsi. Tu n'y étais pour rien, tu ne méritais pas ça. »
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MessageSujet: Re: Never say goodbye, because saying goodbye means going away and going away means forgetting [Terminé]   Mer 16 Jan - 11:18

Deux mois auparavant, on se séparait. Il y avait un mois et demi, je rechignais à partir en France pour rester avec mon père et avec cette volonté inavouée de retrouver Capucine. Quinze jours auparavant, je revenais sur Los Angeles en ayant pris conscience que je désirais vraiment la retrouver. Il y avait comme une dimension irréelle à toute cette période qui venait de s'écouler. Même en tentant de prendre du recul sur le moment, je ne réalisais pas encore vraiment et j'avais du mal à y croire tellement c'était dingue que le hasard ait pu nous conduire sur ce toit au même moment. Nous étions tous les deux allongés sur ce cube de béton, reliés par un fil d'écouteurs et écoutant la musique. Mon regard était de nouveau posé sur cette constellation du cancer. Les six qui la composaient étaient peut être ma bonne étoile. Je savourais ce moment en silence, profitant de cette musique dans mon oreille et de cette présence à mes côtés.

Il viendrait un moment où la musique s'arrêterait. Il viendrait un moment où il faudrait descendre de mon petit nuage pour remettre les pieds dans la réalité. Il faudrait un moment où il serait temps de discuter. Encore quelques minutes avant que les choses se corsent, c'était tout ce que je demandais, que je puisse graver au fond de moi un nouveau souvenir heureux au cas où les choses tourneraient mal. Mes paupières se fermèrent. Ce fut elle qui se décida à briser le silence, en s'excusant. Je gardais les yeux clos, l'écoutant, n'esquissant pas une réaction. Quelques secondes s'écoulèrent sans que je ne bouge, comme si je n'avais rien entendu. Mes doigts finirent par se porter sur l'écouteur que je retirais de mon oreille. Mes yeux s'ouvrirent mais ne cherchèrent pas ceux de Capucine.

« Sur le moment je le méritais, je me suis mal comporté également. » J'avais conscience d'avoir fait ma forte tête ce soir là dans le bar. « Je regrette les proportions que ça a pris. Un joint et un pouvoir qui dérape, dans l'exemple de la séparation stupide, on ne peut faire mieux je crois. » Un vrai gamin. Ma route était encore longue pour arriver à l'âge adulte et à cette prise de recul que ''les grandes personnes'' étaient capables d'avoir. J'en prenais conscience, je commençais tout doucement à rectifier le tir, grandissant même si je gardais encore mon côté turbulent et joueur. Il n'était pourtant pas temps de jouer à cet instant. Je le savais, et je ne le souhaitais pas non plus. C'était peut être mon unique chance et si je la laissais passer, je n'en aurais peut être pas d'autres. C'était un poids également, une pression sur mes épaules que je ressentais et qui contrebalançait avec cet espoir qui m'animait. C'était difficile d'être amoureux. C'était difficile d'être adulte. C'était difficile de combiner les deux.

« J'aimerais revenir en arrière, ne pas avoir réagi ainsi. Je n'ai pas été à la hauteur alors que tu avais besoin de moi. » Si je n'avais pas foiré ce soir là, nous aurions pu continuer. J'aurais fait des pieds et des mains pour l'aider financièrement même si elle ne le désirait pas. J'aurais déserté la maison familiale pour passer un maximum de temps à ses côtés, savourant chaque instant en ayant conscience que sa maladie pouvait me l'enlever. Je l'aurais aimée comme je n'avais jamais aimé personne et que je n'aimerai jamais une autre femme. Tellement de suppositions à cause d'un simple « si ». Tellement d'espoirs auxquels se raccrocher mais qui pouvaient également se révéler dangereux.

Je me décidais à me redresser, prenant appui sur mes coudes. Ma tête se tourna en direction de Capucine. Si elle cherchait mon regard, cette fois je l'affronterai, ne restant pas comme un idiot à fixer les étoiles comme si je ne faisais qu'entendre sa voix sans remarquer sa présence à mes côtés. « Le pire, c'était que je ne voulais pas mal faire, je t'aimais comme un dingue. Et je t'aime toujours autant. »
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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: Never say goodbye, because saying goodbye means going away and going away means forgetting [Terminé]   Dim 27 Jan - 15:50

L’adolescence était cette période de changements, de mutation qui nous permettait de trouver la personne que l'on voulait devenir. Certes avec plus ou moins de succès, mais l'important restait d'y arriver un jour ou l'autre. On quittait son identité d’enfant, et cela pouvait être douloureux selon les cas. Il fallait faire le deuil de son enfance et appréhender le monde de façon nouvelle, différente de ce monde tout beau, tout rose que l’on s’était imaginé. Plus tard, je ne deviendrai pas cette princesse que je comptais devenir à mes 4 ans. Je ne serais pas non plus cette actrice de renommée internationale qui sauterai sur tous ses acteurs préférés. Ce temps là était révolu et il fallait s'en accommoder aux risques de finir ses jours dans un hôpital psychiatrique ou avec de multiples injonctions pour couverture. Bref... Tout ça pour dire que mon passage vers l'age adulte avait été difficile et peut être n'était-il toujours pas parfaitement terminé. Seulement, je faisais tout pour m'améliorer et présenter des excuses à Wyatt semblait être la meilleure conduite qu'un adulte adopterai.

Il était inutile de tourner autour du pot, nous connaissions tous les deux les torts qui m'étaient imputables et je ne les reniais pas. En effet, j'aurai dû le laisser m'aider et lâcher prise ou au moins, le laisser s'expliquer, mais à ce moment là, je ne voulais pas l'écouter. Il était indéniable que je m'étais comportée en véritable peste. Alors, je décidais de rester brèves en m'excusant dans les grandes lignes. Je n'osais le regarder dans les yeux, surtout que je n'entendais aucun bruissement de vêtement de sa part, preuve que lui non plus ne cherchait pas mon regard. Une fois mes petites excuses balancées, je décidais d'attendre. Quoi ? Aucune idée. Wyatt était un garçon imprévisible, même si je doutais qu'il me rejette cette fois. Pourtant, rien ne vint. M'avait-il seulement entendu ?

Soudain, enfin un geste. Puis vinrent les paroles. Il semblait être dans la même optique que moi et je me sentais rassurée. Au moins, mes excuses ne se seraient pas perdues dans la nuit sur ces cubes de béton.

- « Je ne peux qu'approuver sur notre stupidité, même si nous avons droit à quelques circonstances atténuantes. Toi avec ton père et moi avec Aaron... On partait déjà avec un sacré handicap. »

Même si les deux hommes avaient pris leurs décisions pour notre bien, du moins c'était ce que j'espérais, on ne pouvait pas dire que leurs décisions aient été un succès. Se faire passer pour un oncle alors qu'on était le père d'un enfant ou un simple humain alors qu'on était le chef d'une organisation mutante... A se demander finalement comment Wyatt et moi avions pu aussi bien finir.

Wyatt continuait de se flageller alors qu'il n'y était pour rien. Il était encore plus jeune que moi, comment pourrais-je lui lancer la pierre alors que moi même je n'avais pas su gérer la situation ? Il avait fallu que je m'enlise pour me rendre compte que je ne pouvais pas tout faire toute seule. Nous avions forcément besoin de quelqu'un dans notre vie. Un parent, un ami, un amoureux. Peu importe, mais vivre seule n'était pas la solution.

- « Tu n'y pouvais rien. Quoique tu aurais voulu faire, je t'aurai repoussé car je pensais y arriver seule. Je ne voulais pas t'imposer ma maladie et en la reniant, je lui ai laissé la place pour me détruire... nous détruire. Je me croyais plus forte qu'elle, mais, une fois toute seule, j'ai réalisé à quel point j'étais insignifiante devant elle et que je ne pourrais pas la combattre sans quelqu'un à mes côtés. »

Il se redressa me regardant droit dans les yeux. Je ne cherchais nullement à me dérober, je n'avais aucune raison de me cacher ou de regretter le passé, car nous ne pouvions plus rien changer. Nos actes, nos paroles ne peuvent être modifiés et nous venions de nous pardonner mutuellement. Par contre, une chose n'avait pas changé : son amour pour moi. Là, par contre, je ne m'y attendais pas et de la manière dont il me le disait, il ne faisait aucun doute que je le ferais souffrir. Ou non. Je ne savais pas. Je ne savais plus. Tout était mélangé dans ma tête et dans mon cœur. Où en étais je ? Oui, il m'était déjà arrivée de penser à ce qu'aurait été ma vie aux côtés de Wyatt si cette occasion de nous pardonner arrivait. Oui, il avait été mon premier amour. Mais ces deux mois avaient fait plus de dégâts que je ne l'aurais imaginé. Je n'arrivais pas à comprendre comment, mais un autre s'était aventuré dans mon cœur. Bien sûr, aujourd'hui, il n'avait plus lieu d'être puisqu'il ne voulait plus entendre parler de moi, mais... Bêtement. Tristement. Il restait présent dans ce cœur. Je ne saurais l'expliquer.

- « Je ne sais pas quoi dire... Je ne pensais pas que tu penserais encore à moi après tout ce qui s'est passé en fin d'année. J'ignore même si, aujourd'hui, je suis encore cette blonde qui est tombée du toit de ce lycée et dont tu es amoureux... »

Qu'il était difficile de parler de sentiment ou du moins qu'il était difficile d'être celle qui rejette l'autre. Il y a quelques jours à peine, je m'étais retrouvée à la place de Wyatt et j'en souffrais encore. Comment faire pour l'épargner ? Je quittais le bloc de béton pour m'approcher de la rambarde sur laquelle je déposais mes bras. Les alentours étaient si calmes, il n'y avait personne. Seules les étoiles et la lune seraient témoins de mes paroles.

- « Si tu savais tout ce qui a pu se passer en deux mois... Au départ, j'ai essayé de survivre, mais je me suis vite rendue compte que je n'étais pas grand chose et que personne ne remarquerait mon absence. Sonny, Aaron ou toi vous vous seriez peut être dit que j'avais quitté Los Angeles pour échapper à Genetic alors qu'en fin de compte, je serais morte au détour d'une ruelle. »

Je fis une courte pause pour déglutir avant de reprendre.

- « Mais lorsqu'on m'a tendu la main, ce n'est finalement pas cette maladie que j'ai renié, mais mon ancienne existence. Les mutants, Genome, Genetic... J'avais une chance de disparaître et cela aurait pu fonctionner si je n'avais pas eu peur de quitter L.A. Comme, en plus, il n'y avait aucune raison que nous nous revoyons ou que nous reprenions là où nous nous sommes arrêtés, j'ai commencé une nouvelle vie loin de tout ça. Même si j'ai récemment repris contact, par des rencontres hasardeuses, avec Sonny et Emy, je ne me sens pas prête de revenir en arrière, car cela reviendrait à occulter tout ce qui s'est passé entre temps. C'est pourtant cette courte période de 2 mois qui m'a permis de prendre du recul et de constater le bordel que j'ai su créer. Enfin, tu comprends ce que je veux dire ? »
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MessageSujet: Re: Never say goodbye, because saying goodbye means going away and going away means forgetting [Terminé]   Mer 6 Fév - 9:52

En m'ouvrant totalement pour m'excuser des torts qui m'étaient imputés et pour exprimer ce que je ressentais toujours, refusant de s'estomper, je m'accrochais à un espoir. Celui qu'il y avait encore quelque chose de possible entre Capucine et moi. Une porte s’entrebâilla tout doucement alors qu'elle m'avouait qu'elle ne pouvait pas combattre sa maladie sans quelqu'un à ses côtés. Je supposais qu'il était encore trop tôt pour parler de rémission, que le mal la rongeait toujours de l'intérieur. Est-ce qu'elle continuait à prendre son traitement et à suivre des séances de chimiothérapie ? J'avais eu vent qu'elle n'avait plus son travail, perdu son appartement... Se soigner coûter extrêmement cher. Je doutais donc qu'elle ait continué mais j'étais prêt à tout pour qu'elle vive si elle me laissait une chance. Je ne me préoccupais pas de l'argent, j'étais même prêt à vider mes comptes et à demander de l'aide à mon père. Si seulement j'avais une chance de la rendre heureuse...

Cette constellation du cancer que j'avais pris un instant plus tôt comme une représentation de ma bonne étoile s'effrita soudainement quelque peu. Je ne sais pas ce qui primait le plus sur mon visage : la stupéfaction ou l'incrédulité. Peut être une déstabilisation. Oui, c'était ça, j'étais déstabilisé par la phrase que venait de prononcer Capucine. Ne plus penser à elle en seulement deux mois. Sérieusement, elle supposait que c'était possible vu ce que je ressentais et qu'il me suffisait d'une erreur pour tout oublier et tirer un trait ? Elle me connaissait très bien et pourtant j'eus l'impression d'avoir face à moi une étrangère durant quelques secondes. Mon père m'avait menti durant dix huit ans. Il m'avait caché une vérité et je lui en avais vraiment voulu. Malgré sa terrible erreur, je ne l'avais pas rayé de mon existence. Je continuais à l'aimer et je lui avais même pardonné ce qu'il avait fait. C'était logique, très rationnelle pour moi, c'était même inscrit dans mon caractère. On ne raye pas une personne de son existence sur un simple coup de baguette magique. Ça serait comme si elle n'avait jamais existé ni jamais compté pour nous...

« On ne change pas radicalement en si peu de temps, tu es toujours cette personne... » Au pire, on se perdait en cours de route. Pour changer, il fallait certes traverser des épreuves qui nous marquaient mais... Une fois de plus c'était comme auparavant avec le fait d'oublier quelqu'un, je ne croyais pas qu'on puisse changer en l'espace de deux mois, du moins si tout ce qui s'était passé avant était sincère. Capucine m'entendit-elle seulement ? Elle se leva pour descendre du bloc de béton et s'approcher de la rambarde. Je bougeais pour m'installer sur le bord du cube de béton et je l'écoutais. J'eus un pincement au cœur. Comme elle se trompait, son absence s'était faite sentir et aurait continué à se remarquer. Sa disparition avait laissé un vide dans mon cœur, notre séparation m'avait touché, je refusais d'en parler avec des personnes qui m'étaient proches. Si je ne l'avais pas croisée cette nuit par hasard sur ce toit, j'aurais tout fait pour tenter de la retrouver, même si cela aurait voulu dire retourner chez Genetic et prendre le risque de me frotter à Aleksandra ou à Owen. Cela se serait révélé dangereux, mon père ne m'aurait pas probablement laissé faire mais je n'en aurais fait qu'à ma tête. Juste pour elle parce que je l'aimais.

Elle reprit la parole et cette fois, la constellation explosa en mille morceaux. Il n'y avait pas de bonne étoile, j'aurais du m'en douter. Le contraire aurait été trop beau. Renier son ancienne existence, cela m'incluait... Nouvelle vie... Pas prête de revenir en arrière... Mes épaules s'affaissèrent un peu. J'eus l’irrésistible envie de pleurer et pourtant aucune larme ne venait. Elle me demanda si je comprenais ce qu'elle voulait dire. Comment pouvait-elle oser me poser cette question alors que je lui avais fait part de mes sentiments. J'étais sous le choc. J'avais encore en tête ses paroles qu'elle avait prononcé sur ce toit le jour de ma tentative de suicide. Ce n'était que du... vent. Une simple tactique pour me garder en vie, prononçant des mots pour que je m'accroche alors qu'elle ne l'avait vraisemblablement pas pensé. Machinalement je mis en boule le cordon des écouteurs et mon poing se referma dessus ainsi que sur le baladeur.

« Je ne comprends pas non... » Je réussis à murmurer ces cinq petits mots. Je me levais à mon tour pour me rapprocher de la rambarde. Tout était confus dans ma tête. Certaines phrases sortaient du lot me frappant de plein fouet. Pas la combattre sans quelqu'un à ses côtés... Une main tendue... Commencer une nouvelle vie... Un raisonnement faisait son chemin et plus il progressait et plus j'avais envie de vomir. « Tu as rencontré quelqu'un d'autre... ? » Cela me coûta de poser cette question. Je me mordis la lèvre pour empêcher la peine de prendre le dessus. Mes bras s'appuyèrent sur la rambarde et je regardais durant quelques secondes le vide qui s'étendait en dessous Plusieurs mois qu'il ne m'avait pas paru aussi attirant. Sans crier gare ma main s'ouvrit et je laissais filer mon baladeur et les écouteurs, les regardant tomber avant de disparaître dans le crépuscule de la nuit. Je fixais un point invisible dans le noir, là juste en bas, à quelques mètres. « Est-ce que tu m'as seulement jamais aimé pour tirer un trait sur moi aussi rapidement sans me laisser une chance... »
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MessageSujet: Re: Never say goodbye, because saying goodbye means going away and going away means forgetting [Terminé]   Sam 2 Mar - 23:04

Wyatt tentait de me convaincre faiblement que j'étais restée la même malgré les épreuves endurées en fin d'année. Comment pouvait-il le savoir alors même que nous venions à peine de nous revoir ? Comment pouvait-il ne serait-ce que comprendre ce par quoi j'étais passée alors même qu'il n'était pas présent lors des faits ? Je ne lui reprochais pas son absence, car il avait eu raison de me laisser après mon comportement, mais il ne pouvait prétendre me connaître sans examen préalable. Personne, hormis Élias, ne pouvait mesurer ma véhémence contre ce cancer. Même si à la base, j'étais à deux doigts de me laisser emporter, il avait su m'insuffler le courage de me relever. Si un inconnu pouvait recueillir une cancéreuse, celle-ci ne devait-elle pas tout mettre en œuvre pour récompenser ses efforts ? Je l'avais ressenti ainsi et aujourd'hui, le simple fait de penser à lui me donner le courage nécessaire pour continuer d'avancer quand bien même celui-ci ne voulait plus de moi à ses côtés.

- « Si tu le dis... », répondais-je sans grande conviction.

Je souriais tristement en essayant de me montrer aussi amical que possible. Je ne désirais pas faire de Wyatt un ennemi. Au contraire. Je n'envisageais pas spécialement de reprendre ma relation avec lui telle que nous l'avions laissé en novembre, j'ignorais même si je désirais quelqu'un dans ma vie à l'heure actuelle. Le souvenir d’Élias était bien trop présent pour que je laisse un autre homme entrait dans ma vie au risque de le faire souffrir. Mieux valait rester honnête dès le départ en lui avouant qu'un autre homme avait su prendre une place importante dans mon cœur durant cette période d'absence. Wyatt méritait au moins ça, même si cela pourrait le faire souffrir.

La sentence était tombée. Il ne comprenait pas. Quoi de plus normal ? Il aurait été fou de ma part d'espérer qu'il comprenne ma situation sans même qu'il ait pu la vivre à mes côtés. Je restais muette, attendant patiemment ses reproches qui allaient sûrement suivre, sans chercher une seule seconde à y répondre. Je n'étais pas là pour me battre. Il allait souffrir mais que pouvais-je y faire ? Je n'allais tout de même pas lui jurer fidélité toute ma vie sans savoir s'il était la personne destinée à rester auprès de moi. En novembre, il m'avait bien prouvé qu'il ne saurait gérer certaines situations. A juste titre, bien sûr, mais nous avions coupé les ponts et il n'y avait aucune raison de penser qu'un jour, nous nous retrouverions. J'avais continué ma vie tant bien que mal. J'ai suivi mon cœur du début à la fin et même si pour Wyatt, la séparation fut courte, un autre homme avait su y prendre une place. Je ne l'avais même pas contrôlé. Il était impossible de contrôler de tels sentiments.

- « Si on peut dire. Quelqu'un m'a recueilli alors que j'étais à la rue, prête à tout laisser tomber. Il m'a aidé dans les moments difficiles, a pris soin de moi. Une routine s'est installée entre nous et malgré toutes nos différences, nous partagions la même peine : nous étions tous les deux seuls, sans famille, sans amis... C'est naturellement que nous nous sommes rapprochés. Seulement, vers la fin... Je me suis rendue compte que c'était un peu plus fort que de l'amitié. Mais apparemment, il ne partage pas mes sentiments. Il m'a repoussé et lorsqu'il m'a vu fouiller dans ses affaires, il m'a demandé de partir... Il serait tellement simple pour moi de te dire qu'on peut reprendre comme si rien ne s'était passé, mais il a été là. Et ce ne serait pas très honnête envers toi de te faire miroiter une relation parfaite alors que j'ignore moi même où j'en suis. »

Encore une fois, je me sentais prête à essuyer les reproches de Wyatt, même s'il ne s'agissait là que d'une explication de ce qu'avait été ma vie durant ces deux derniers mois. Je ne pouvais lui mentir, réécrire l'histoire. De toute manière, Emy et Sonny étaient au courant et les secrets finissaient toujours pas sortir. La main de Wyatt s'ouvrit pour laisser s'échapper son baladeur. Je voyais l'objet s'enfoncer dans l'obscurité et ne tentais même pas un seul instant de le retenir, car je savais que l'instant allait être crucial. Les mots tombaient une fois encore et je ne cherchais en aucun cas à m'excuser de mon comportement. Pour ma part, je ne voyais aucune faute. Nous étions séparés, donc il n'y avait aucune tromperie. Je pensais sincèrement ne plus jamais le revoir et je n'allais tout de même pas l'attendre le reste de ma vie. Même si j'aimais parfois croire en l'existence des âmes sœurs, cette vision était cruellement naïve. Ce n'était que des concepts que nous balançaient la télé, les adultes et les contes de fée. La réalité était beaucoup plus cruelle et j'en avais eu un aperçu assez cinglant.

- « Je t'ai aimé et je pense que tu tiendras toujours une grande place dans mon cœur peu importe ce que tu pourras dire ce soir. Et c'est parce que je t'aime que je préfère te dire la vérité. Peut être aurons nous une autre chance plus tard, peut être que non. Je l'ignore. Je te fais seulement part de mon état actuel. »

Je m'appuyais davantage sur la barre tout en pliant les coudes avant de le regarder. Je n'aimais pas lui faire de la peine, mais je n'avais pas le choix. Après l'épisode Élias, je préférais prendre du recul avec les hommes pour me concentrer sur ma guérison. Une fois cette étape passée, peut être que je m'accorderai assez de temps pour envisager une nouvelle relation. Mais pour le moment, je voulais sauver ce qui restait encore de moi.

- « Pour le moment, j'ai surtout envie d'avancer, d'en finir avec ma maladie. J'en suis déjà à ma deuxième tournée de chimiothérapies car la première a tout bonnement échouée. Même si c'est rare, je nourrissais l'espoir d'en finir rapidement. Mais... Je n'ai pas eu cette chance. Là je termine la deuxième et je n'ai même pas envie d'en connaître le résultat car la possibilité d'un échec est toujours présente. Combien de temps encore ? Y arriverais-je seulement un jour ? Comment finirais-je ? Voilà les questions que je me pose aujourd'hui. C'est là, la seule réponse que je puisse te donner ce soir. »
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MessageSujet: Re: Never say goodbye, because saying goodbye means going away and going away means forgetting [Terminé]   Jeu 21 Mar - 11:31

Au cours de mon existence, qui était relativement courte par rapport à un adulte d'un certain âge comme mon père ou Anne, il m'était arrivé de nombreuses fois d'être malade et de ne pas me sentir bien. Pour la première fois, je pouvais ressentir ce qu'une femme enceinte endurait au début de sa grossesse. Les nausées.. L'envie de vomir sans pouvoir rien y faire ni lutter contre. Enfin, chez moi, ça ne s'exprimait pas réellement de la sorte, j'avais juste les sensations de nausées. Puis un vertige terrible qui s'empara de moi quand Capucine répondit à la question fatidique. Présenté ainsi, on aurait pu croire que cet homme était juste un ami. Presque pu en réalité car la suite me provoqua un léger haut le cœur que je réprimais tant bien que mal. C'était un coup de massue qui s'abattait sur ma tête. Quand j'avais appris pour sa maladie, j'avais tout fait pour qu'elle accepte mon aide. Elle avait décliné préférant se débrouiller par ses propres moyens. Et là de savoir qu'elle avait accepté l'aide d'un étranger et qu'elle s'en était remise à lui... Je découvrais une nouvelle Capucine. Cette fille qui se tenait à mes côtés sur ce toit était-elle réellement celle qui par le passé avait été ma meilleure amie puis l'amour de ma vie ? J'avais peine à y croire vu la manière dont elle s'était accrochée à cet homme en si peu de temps. C'était peut être une sorte de syndrome de Stockholm qu'elle ressentait même si là il n'y avait aucun ravisseur. Sauf que si, cet homme en était un, il avait kidnappé le cœur de la femme que j'aimais...

Mes doigts s'étaient ouverts pour laisser tomber le baladeur du haut du toit, le laissant disparaître dans l'obscurité. Celle-ci gagnait du terrain et prenait lentement le chemin de mon cœur pour l'étouffer. Je doutais. Pas de ce que je ressentais, je n'avais jamais été aussi sûr de moi de ce côté là et il avait fallu un éloignement et quelques rencontres en France pour en prendre complètement conscience. Pour grandir un peu aussi mais il semblait qu'il était trop tard. Alors le doute s'installait et une autre question qui me torturait fut posée. Aussitôt que je l'eus posé, je redoutais déjà la réponse. Pourtant j'étais en droit de savoir. J'en avais besoin, non pas pour espérer me sentir mieux ensuite car plus rien ce soir là ne refermerait la brisure que mon cœur venait de subir. J'avais juste besoin de la vérité pour m'accrocher. Et même si celle-ci raisonna dans ma tête en écoutant la réponse de la jeune femme, mon cerveau refusait de la croire. Menteuse. Je t'ai aimé.. Je t'aime alors je te dis la vérité. Menteuse. Tout n'avait été que tissus de mensonges.

Mes coudes prirent appui sur la rambarde et ma tête vint se caler contre la paume de mes mains. A ces propos, d'autres me revenaient en mémoire. Des phrases qui résonnaient et qui étaient sur le point de me rendre dingue. Je t'aime à en mourir... On passera notre vie ensemble.. On s'était promis de ne plus se quitter... Capucine avait repris la parole mais je ne l'écoutais pas vraiment. Le temps qu'elle parle, je ne bougeais plus et ce ne fut qu'une fois qu'elle eut terminé que je me redressais. Mes doigts serrèrent la rambarde. Le vide ne m'avait jamais paru plus attirant qu'à cet instant. Si je sautais cette fois, elle ne me rattraperait pas. Parce que la fois précédente n'avait été qu'un vaste mensonge et cette fois quoiqu'elle pourrait me dire, je ne croirai pas en ses propos. Je ne la croirai plus jamais. Elle avait joué avec mon cœur comme un chien joue avec sa balle qu'il finit par délaisser quand le jeu ne l'amusait plus pour passer à un autre jouet qui attirait davantage son attention. Une larme roula le long de ma joue alors que mes paupières se fermèrent un bref instant.

Non. Je ne lui offrirai pas ce spectacle. D'un geste rageur, le dos de ma main droite passa sur mon visage pour essuyer cette larme. Ce signe de faiblesse, signe que mon cœur était en morceaux non parce que plus rien n'était possible entre nous mais parce que les mensonges prenaient possession de moi. J'avais envie de hurler mais rien ne sortait. L'ancien Wyatt aurait déjà cogné dans quelque chose. Cela aurait été un homme en face de moi, il aurait déjà pris un coup. Mais c'était fini tout ça. J'apprenais à contrôler mes pulsions même si c'était difficile. Je n'étais plus au lycée, la moindre erreur pouvait me coûter gros. Je pris une profonde inspiration. Mes doigts lâchèrent la rambarde mais je n'eus pas le courage de me tourner vers Capucine pour la regarder en face. « Tout ce que tu as accepté de cet inconnu, c'est tout ce que je t'offrais... J'aurais du comprendre depuis le début pourquoi tu refusais mon aide... Bon courage Capucine. J'espère que tu trouveras les réponses à tes questions et le bonheur auprès de cet homme ou d'un autre. » Quant à moi.. Est-ce que j'allais vraiment prononcer les paroles que j'étais sur le point de dire ? Est-ce que je me rendais compte à quel point je ne les pensais pas et que je les regretterai par la suite ? « J'aurais aimé n'avoir jamais été présent ce jour là quand ton pouvoir t'a arrêté à quelques mètres de moi. Je n'aurais jamais du t'ouvrir mon cœur pour te permettre de me le briser. Bonne chance. » Ou plutôt goodbye ? Je tournais alors les talons pour me diriger vers la porte du toit. Je n'aurais jamais du revenir sur celui-ci. Je pensais y avoir des bons souvenirs mais en fait, ce n'était que le mauvais qui ressortait. Plus jamais je ne reviendrai sur ce lieu, et ça c'était une promesse que je tiendrai.
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MessageSujet: Re: Never say goodbye, because saying goodbye means going away and going away means forgetting [Terminé]   Dim 7 Avr - 15:22

Tenter d'expliquer mon état d'esprit à Wyatt n'était pas chose aisée car je savais que ce terrible aveu le ferait souffrir. Ce n'était pas ce que je voulais, mais il le fallait. Si je retournais auprès de lui sans lui parler d’Élias et qu'il venait à apprendre la vérité un jour, ce serait pire que la douleur de ce soir. Je devais lui rendre sa liberté. Nous nous étions manqués, voilà tout.

Comme je m'y attendais, sa première réaction fut la déception. Il me fit comprendre que ce qu’Élias m'avait offert était ce qu'il avait voulu m'offrir. Il n'avait pas compris ce que j'essayais de lui raconter. Lorsque nous étions ensemble, je pensais pouvoir tout gérer, être assez forte pour tout supporter. Je n'aurai jamais cru que ce serait aussi difficile. Je me voyais encore travailler, continuer mes études en parallèle. Bref, vivre ma vie comme avant. Et c'était quand le contrôle m'avait échappé que je m'étais rendue compte que je ne pouvais pas tout gérer. Seulement, ce jour là... Wyatt était déjà parti. Tout ça à cause d'un joints et de nos caractères bien trempés.

Même en essayant de m'en sortir seule, je continuais de m’enfoncer. Seule une intervention extérieure avait pu m'en sortir. Je m'étais seulement laissée entraîner sans vraiment chercher à comprendre ce qui arrivait réellement. Je vivais l'instant présent car à chaque jour suffisait sa peine. J'aurai cru que Wyatt aurait pu comprendre, mais sa peine était la plus forte. Peut être qu'avec le recul... Quoiqu'il fallait le vivre pour ça et même si la lutte n'était pas finie, tout laissait à penser que ce soir serait la dernière fois que nous nous rencontrions.

- « Merci... Je te souhaite aussi une belle vie... »

Il n'y avait aucune once d'ironie dans ma voix, aucune méchanceté. Il s'agissait d'un souhait sincère car il le méritait. J'espérais pour lui qu'il pourrait sortir de toute cette histoire d'organisation puisque avec le recul, tous nos soucis venaient bien de là. J'avais pu lui fermer les portes de Genetic, certes avec un mensonge, dans l'unique but de le protéger et de le rapprocher de sa famille.

Par contre, j'aurai préféré ne pas entendre ses dernières paroles. Malgré la méchanceté cachée derrière, je ressentais surtout sa peine et c'était ce point qui me faisait souffrir. Je ne répliquais pas. Je me contentais de baisser la tête, attendant que la porte claque derrière lui. Lorsque le son arriva à mon oreille, j'inspirais profondément afin de retenir les larmes qui me montaient aux yeux. Reconnaissant l'absurdité de la mesure, je me laissais aller. De toute manière, personne ne les verrait et personne ne m'attendait. J'étais libre de rester sur ce toit toute la nuit si je le désirais. D'ailleurs, je me dirigeais sur le morceau de béton sur lequel Wyatt et moi étions allongés pour retrouver cette position. Ainsi, allongée, les yeux perdus dans la voûte céleste, j'essayais d'imaginer une vie simple, sans soucis. Ce genre de vie existait-elle ? Loin de la maladie, des mutants, avec une famille, un travail au contact des gens. Je prenais sans aucune hésitation.

- « Vu toutes les emmerdes que j'ai eu, je dois bien avoir atteint le nombre de points clients pour l'obtenir, non ? »

Comme si quelqu'un allait me répondre... Alors que je souriais tristement de ma propre bêtise, une étoile filante traversa le ciel étoilé et je décidais de voir dans ce signe, le début d'une nouvelle vie.
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Never say goodbye, because saying goodbye means going away and going away means forgetting [Terminé]

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