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 L'amour n'excuse pas tout [Terminé]

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Capucine Rider


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MessageSujet: L'amour n'excuse pas tout [Terminé]   Lun 17 Déc - 21:02

Le 22 janvier 2011


J'étais préoccupée... J'avais une idée derrière la tête depuis deux jours, mais jusque là je n'avais pas osé la mettre en pratique. Alors, je me contentais de réfléchir en pesant les pour et les contre, seulement cela ne dépendant pas de moi. Si mon idée fonctionnait, Élias serait certainement le plus heureux des hommes et me remercierait de mon audace, mais si j'échouais, je ne donnais pas cher de ma peau. Notre légère dispute était passée comme une lettre à la poste, seulement, là, l'affaire était tout autre. En mettant en œuvre mon plan, je dépassais les bornes de la vie privée et la partie dont je parlais était la plus douloureuse et la plus intime de la vie de l'avocat. Pourtant, il me semblait si triste depuis ce fameux soir. Même s'il tentait par tous les moyens de détourner mon attention de ce problème, il m'était difficile de ne pas comprendre l'impact qu'avait eu ce coup de téléphone. Élias ne pouvait continuer sa vie sans voir son fils tout comme je ne pouvais concevoir qu'Indio puisse vivre sans son père. Sarah ne pouvait pas être une aussi méchante personne et condamner son fils à ce traitement.  Si elle l'aimait réellement, elle devait bien comprendre que l'éloigner d’Élias ne serait pas dans son intérêt. Je ne comprenais pas son raisonnement. Elle n'avait pas le droit. Je devais faire quelque chose pour que cette tristesse quitte les traits de mon ami, mon confident, mon...

Un bruit se fit entendre dans le couloir et aussitôt, je fermais la fenêtre internet sur laquelle j'étais. Il ne fallait pas qu’Élias soit au courant de mes plans alors même que je n'étais pas encore tout à fait décidée sur son exécution. Au moins, en ayant tous les éléments, si je me décidais, je n'aurais pas à faire les recherches. Je me précipitais dans la cuisine, histoire de remplir mon rôle de petite femme d'intérieur à la perfection et me mis à mettre la table. La porte claqua et j'entendis Élias s'avancer un peu plus dans l'appartement et déposer ses affaires. Je me retournais et affichais mon plus beau sourire pour cacher ma nervosité.

- « Je ne vois aucune coupure supplémentaire, aucun bleu... Je peux parier sur le fait que tu ais passé une bonne journée ? »

Ses blessures étaient en voie de guérison, mais il faudrait encore un peu de temps pour qu'elles disparaissent totalement. Élias ne m'avait pas reparlé du fou furieux et n'avait pas non plus parlé d'aller voir la police, ni quoique ce soit. Le lendemain, je l'avais conduis jusqu'au travail prétextant un passage obligatoire par la bibliothèque et le soir, nous devions nous retrouver pour un cinéma. Ce soir là fut une bonne soirée. Nous étions tous les deux et rien, ni personne ne s'était mis entre nous.

- « Aucun problème à l'horizon ? »

Question posée comme si de rien n'était, mais je ne me sentirais pas apaisée tant qu'il ne m'aurait pas rassuré sur ce point.
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: L'amour n'excuse pas tout [Terminé]   Mar 18 Déc - 16:05

Il y a bien cet arrogant avocat qui pense qu’un sourire d’un blanc immaculé peut suffire à faire pencher la balance une fois sa jolie plaidoirie articulée. Il n’a peur de rien ce prétentieux, il pense sincèrement pouvoir me griller sur une histoire de clonage ? Ce n’est absolument pas mon domaine de prédilection – tout ce qui est médecine de toute façon : pas pour moi – mais quand bien même je suis écœuré par ce que les parties racontent en procès, je ne laisserai pas son client cloner sa défunte femme dans le but de réaliser le rêve de cette dernière : procréer.
C’est insensé et j’ai la ferme intention de lutter. Moi qui ai en horreur les juristes qui prennent les tribunaux pour des cours martiales ; je n’arrive pas à faire autrement dans cette affaire ;

J’ai les nerfs à fleur de peau. Je sens l’explosion de ma tête se pointer la moitié du temps – heureusement elle rebrousse toujours chemin avant – et l’autre moitié est occupée par un risque d’implosion. Honnêtement je n’arrive pas à me décider sur la finalité que je préfère ;
Plus sérieusement, j’ai tendance à tout garder pour moi – comme on dit – mais qui voudrait de tels problèmes ? Chacun en a assez des siens. Les ennuis et tourments tournent sans arrêt dans mes pensées ce qui doit provoquer ces migraines insupportables !
A mon avis voilà la raison pour laquelle je prends mon travail encore plus à cœur ou du moins, j’ai l’impression qu’il me bouffe plus qu’avant.
Et puis il y a Sarah et sa décision horrifiante de briser tout lien entre mon fils et moi, il y a cette tension avec Capucine en ce qui concerne notre proximité, il y a cette peste de Mary-Jane pour laquelle je fais des cauchemars plusieurs heures par nuit…
Je suis épuisé et mes journées ressemblent à des errances infinies qui ne peuvent déboucher que sur une fin méritée, qui n’arrive jamais.

« …Oui excellente journée ! »

Dis-je avec le plus d’enthousiasme possible lorsque Cap m’examine d’un coup d’œil expert. Personne ne m’a agressé fort heureusement, j’en ai terminé avec ce type violent il n’y a plus de raisons que je le croise ;
Pour ce qui est du reste, je n’ai pas à lui en parler. Comme dit plus haut, ces faits m’appartiennent si difficiles soient ils. Pour moi, parler ne soulage pas, c’est une façon de se plaindre qui vous humilie pour les fiers, vous fait un brin de plaisir pour les geignards qui aiment qu’on s’occupe d’eux…non je ne lui imposerais pas ça.

« Hum ? Non non pourquoi ? Tout va bien pour toi ? »

Sa question m’apparait comme un soupçon que j’écarte vite néanmoins. Ce n’est pas parce que j’ai l’impression de porter tous les malheurs du monde sur mes épaules que ça se voit ! Voyons ;
Je continue d’afficher ce beau sourire préparé, bien anticipé, et j’entre dans l’appartement une fois débarrassé de mon blouson.

« Tu as passé une bonne journée ? Si ça ne t’embête pas je vais passer sous la douche avant qu’on mange, j’ai une migraine têtue et je suis sûr qu’un peu d’eau froide la calmera ! »

Pas de raison. Ceux qui prétendent que le froid éloigne ces foutus maux de têtes sont des menteurs ! Ça n’a jamais marché chez moi mais l’impression de légèreté, d’apaisement ressentie pendant que l’eau s’écoule sur la peau et surtout le crâne, ça permet une minute de douceur dans la journée ;
Après avoir obtenu sa réponse je rejoins l’étage d’un pas décidé.

En rentrant ici j’ai la nette sensation ;
De retrouver une agréable paix ;
Rien ne m’alarme, appréhension ou intuition ;
Naïvement je ne soupçonne pas ce que tu as fait…

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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: L'amour n'excuse pas tout [Terminé]   Ven 21 Déc - 21:25

L'hésitation d’Élias à répondre à ma question me fit comprendre facilement que sa journée avait été difficile, éprouvante et quand bien même si physiquement, son corps ne présentait aucune cicatrice, ses traits tirés suffisaient à m'en persuader. Il m'était difficile de le voir ainsi, seulement, je ne pouvais qu'être spectatrice. Du moins... pour le moment. Lorsque l'on savait ce qui blessait l'autre, ne fallait-il pas l'aider à résoudre le problème ? Ne devait-on pas s'évertuer à rendre la chose possible en utilisant tous les moyens à notre disposition ? Je le croyais et j'étais prête à franchir le pas malgré cette petite voix qui me conseillait de rester prudente et de garder mes distances sur cette partie de la vie d’Élias. Je n'avais aucun droit, aucun statut qui me permettait de le faire, mais qu'importe, l'avocat souffrait terriblement depuis que Sarah l'avait menacé de lui retirer son fils définitivement. Ce n'était pas juste. Les deux hommes ne méritaient pas de subir cette situation qui leur serait imposée.

- « Mouais... Si tu le dis. »

C'était une manière comme une autre de lui montrer que je n'étais pas dupe. Je lui laissais le choix de me dire ce qui le tracassait, mais j'étais à peu près certaine qu'il ne le ferait pas, craignant sûrement de me déranger. Pourtant, j'essayais de lui prouver qu'il pouvait compter sur moi, qu'il pouvait avoir confiance en moi. Certes, il m'avait vu dans un état de faiblesse incroyable au début de notre « relation », mais aujourd'hui, je voulais l'aider, l'épauler. C'était mon seul désir. Je me sentais concernée par son bonheur et je souhaitais être la femme qui ferait naître ce doux sourire sur ses lèvres.

Non convaincue de sa réponse, je le relançais sur le sujet, mais une fois encore, il me renvoyait à ma place. A partir de ce moment là, il était évident qu'il ne dirait rien. La communication était rompue, même si j'espérais pouvoir le retravailler un peu tout à l'heure lorsque nous serons lovés sur le canapé devant la télé. Petit rituel sympathique qui nous permettait parfois de nous permettre quelques confidences. Nous verrons bien et je décidais de prendre le parti de ne rien lui dire non plus afin de lui montrer que c'était donnant/donnant. J'aurai pu lui sourire à mon tour, mais il n'aurait pas été sincère.

- « Non plus... »

Alors que je terminais de mettre la table et de vérifier la cuisson, Élias me fit part de son désir de se mettre sous la douche avant de manger. Pourquoi pas, même si je commençais sérieusement à m'inquiéter. Ses migraines devenaient de plus en plus récurrentes et leur intensité semblait s'accroître. N'était-ce que de simples migraines ou le signe d'un mal beaucoup plus grand ? Peut être serait-il temps pour lui d'aller consulter...

- « Tu ne veux pas prendre un cachet avant ? Peut être que cela pourrait te soulager avant d'aller sous la douche. Enfin tu fais comme tu veux de toute façon, le repas peut attendre. »

Même s'il me jouait la comédie, je n'avais aucune envie de le brusquer ou de l'empêcher de faire ce qu'il souhaitait quand il voulait. Il y avait peu de chance que le repas brûle entre temps, donc nous étions libres de nous arranger comme nous le souhaitions. Surtout que s'il décidait de se mettre tout de même sur la douche me permettrait d'avancer un peu sur mes recherches ce soir. Je venais de commencer, mais j'avais tellement envie de régler le problème que je devenais impatiente. Je voulais trouver ce que je cherchais. Je n'avais pas arrêté d'y songer toute l'après midi depuis que j'étais rentrée du travail. A tel point que la mise en pratique était arrivée peu de temps avant le retour d’Élias. Si je n'avais pas mis autant de temps à me décider, j'aurai pu avancer davantage. Peut être même terminer le plus gros et ne plus sentir cette attraction vers ce coin de l'appartement. Je devais lutter pour ne pas regarder l'endroit précis et alarmer l'avocat sur le sujet. Il fallait être méticuleuse, diplomate et patiente. Le seul soucis était que je n'avais aucune de ces trois qualités...

Je sortais néanmoins les cachets contre le mal de tête et versais un verre d'eau. Le boire ne l'empêcherait pas de prendre sa douche dans quelques instants.

- « Allez, cul sec et on ne discute pas »
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: L'amour n'excuse pas tout [Terminé]   Lun 24 Déc - 14:02

Bon, j’aurai essayé après tout. Capucine me connait parfaitement bien, en tout cas c’est celle qui, ici, me connait le mieux. Elle n’est pas dupe et malgré mon sourire enthousiaste – autant que faire se peut – elle ne se laisse pas prendre au piège ;
Comment voulez-vous que je me sente bien ? Comment voulez-vous qu’après ces crises et autres coups de théâtre traversés avec et devant elle, la jeune rouquine me pense en pleine forme ?
N’y a-t-il pas un peu de malice alors, dans la formulation de sa question ? Remarque, si elle est suffisamment naïve elle peut bien penser que je suis capable de passer une bonne journée…mais il se trouve que ce n’est guère le cas. J’ai énormément de mal à profiter, ne serait-ce que sourire ou accorder une formule de politesse. A qui que ce soit. Autant vous dire que dans le milieu professionnel ce genre de comportement passe très mal ;
Mais c’est plus fort que moi. C’est dévorant. Chaque seconde qui s’écoule est un fossé entre Indio et moi, chaque regard déplacé me parait écho d’années éloignés l’un de l’autre… je ne supporte pas ce que je traverse et cette sensation d’impuissance – pas nécessairement justifiée mais bien présente – est tuante ;

« …Je t’assure, ça roule ! Pourquoi ça n’irait pas ? »

La touche de sarcasme dans la fin de ma remarque me surprend moi-même. Je n’avais, je crois, pas l’intention de le dire sur ce ton là. Qu’importe désormais c’est dit après tout, on ne revient pas en arrière. J’espère simplement que Cap ne le prendra pas mal et que cette ambiance de faux sourires va prendre fin ;
Je n’ai pas à lui cacher mes états d’âme, c’est d’autant plus impoli qu’elle voit parfaitement que je suis mal. Mais c’est plutôt pour la protéger, pour lui éviter mes plaintes et autres gémissements. Ce n’est pas ce que je voulais lui offrir en lui permettant de vivre ici…
Malheureusement je sens cette sale atmosphère tendue se pointer et j’ai bien peur que l’on finisse par être désagréable l’un pour l’autre. Ainsi je prends la décision de m’exiler un moment sous la douche, peut être que ça me rendra aimable en plus d’apaiser ma migraine.
La belle me retient avec une histoire de médicament et je m’empêche de soupirer.

« C’est le genre de mal de tête qui persiste malgré la prise d’un médoc, je pense que la douche… »

Est un choix plus judicieux ;
Mais pas elle. Alors qu’elle me tend le verre je retire ma main de ma nuque douloureuse et grimace à la vue du cachet qui crépite dans l’eau. Cela suffit à m'écœurer je ne sais même pas si j’arriverais à manger ! Mais n’exagérons rien, je dois bien pouvoir avaler ce truc, si dégueulasse soit-il.

« Euh ; merci. Capucine je, c’est très gentil mais je ne veux pas que tu subisses ma contrariété ou ma migraine. Essaye de penser à toi ce soir et bien sur dès que je deviens trop pénible : hausse le ton ! Je crois que j’étais un enfant obéissant ; de souvenirs. »

Dis-je en levant les yeux au ciel – esquissant même un sourire sincère – assez fier de pouvoir faire un brin d’humour. Rien de transcendant mais plaisant. Finalement le mur de glace qui se dresse entre deux personnes de mauvaise humeur – une seule suffit vous me direz – va peut être s’écrouler au stade des fondations et la soirée va être agréable comme tout ;
Confiant, je repose le verre et file sous la douche pour fermer les yeux, déposer ce voile sombre et rassurant, trompeur et menteur, mais si nécessaire à l’instant.

Une fois encore j’ose espérer ;
Malgré nos heurts récents ;
Que les douleurs seront maitrisées ;
Et que le vainqueur de la soirée sera notre attachement…

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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: L'amour n'excuse pas tout [Terminé]   Mer 26 Déc - 11:41

Après ce mois et demi passé ensemble, il ne m'était pas très difficile de le deviner. Quelques expressions, intonations me permettaient d'y arriver et ce soir, je pouvais constater les deux. Le fait qu'il me tienne éloignée de sa vie, de ses soucis me blessait dans la mesure où il faisait tout pour m'aider dans ma maladie. Il se battait à mes côtés, mais me refusait le droit de combattre pour lui. Qu'étais-je censée faire alors ? Devais-je le regarder, jour après jour, se débattre seul avec ses soucis en ne m'occupant que de l'entretien de l'appartement ? Si c'était la vie qu'il comptait m'offrir alors je préférais y mettre un terme dès aujourd'hui. Je ne pouvais le savoir aussi malheureux et faire comme si de rien n'était. Sarah avait vraiment bien réussi son coup. En utilisant Indio, elle s'assurait de garder la main mise sur Élias. Pourtant, ce dernier n'avait aucune envie de retourner vers elle, ni même de vivre dans la même ville. Pourquoi s'acharnait-elle de la sorte ? Voulait-elle le récupérer ? Je ne voyais que cette option et elle avait trouvé le meilleur moyen pour y parvenir. Ce n'était bien sûr pas la meilleure des solutions, mais à la guerre, tous les moyens sont bons.

- « Non, pour rien. Ce n'était qu'une simple question... »

Une simple question qui lui montrait que je n'étais pas dupe pour autant. Seulement, il n'avait aucune envie de me parler, de partager ses doutes, sa souffrance, alors il était inutile d'insister. Je ne pouvais qu'assister, impuissante, à son mal être. Je ne pouvais que lui donner une aspirine pour son mal de tête et j'espérais qu'il la prendrait. Je voulais qu'il me laisse au moins faire ça. J'en avais besoin. Une aspirine n'était pas grand chose. Il pourrait prendre sa douche juste après, ce n'était l'affaire que de quelques minutes. Or, je sentais qu'il allait la refuser aussi j'anticipais son refus en tendant un verre avec ce qu'il fallait dedans. Ce fut le cas ! Mon regard montrait que je ne le lâcherai pas. Il allait l'avaler de grès ou de force !

- « Ça ne coûte rien de la prendre. »

Je pouvais me montrer aussi têtue que lui et quand j'avais une idée en tête, je ne l'avais pas ailleurs. Il prit le verre pour s'exécuter et me dessina un tableau de ce qu'allait être notre soirée. C'était une manière de me dire que ce soir, nous serons chacun de notre côté. Cela me déprimait plus qu'autre chose, mais je fis en sorte de ne pas lui montrer. Seulement, s'il avait aussi développé le don de lire en moi, il comprendrait que tout ceci n'était qu'une façade. D'habitude, il y avait un geste tendre, une parole gentille... Ce soir, il me donnait l'impression d'être une étrangère.

- « D'accord. Je te laisserai seul. », terminais-je avec un sourire aussi faux que les siens.

Je le laissais filer sous la douche, me détournant pour rincer le verre. Il était inutile de lui laisser le mauvais goût dedans tout le long du repas. Après avoir baissé le four, je regardais l'endroit qui retenait toute mon attention. La manière dont il était rentrée, cette conversation tendue, presque froide ne me convenaient pas du tout. Je devais faire quelque chose et... Élias était occupé sous la douche. J'avais quelques minutes pour obtenir les informations que je désirais. Sans réfléchir une seule seconde de plus, je me précipitais jusqu'à la mezzanine pour fouiller dans l'endroit où se trouvait la clé de toute cette histoire. Il me fallait l'adresse de Sarah et son numéro de téléphone. Toutes les coordonnées qui me permettraient de l'aider et de ne pas être uniquement le parasite de l'appartement.

Je n'avais pas prévu qu'il y ait autant de paperasse et le temps de déchiffrer tout ce qu'il y avait, Élias serait déjà sorti. Je sortais les papiers à pleine main et y jetais un regard. Et là ! Je la trouvais. J'avais entre mes mains ce que je recherchais et aussitôt mon cœur fit un bond d'un mètre dans ma poitrine. Il me fallait un papier, un post-it et quelque chose pour écrire. Vite ! J'allais me lever lorsque mon regard croisa deux pupilles noires. Furieuses....
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: L'amour n'excuse pas tout [Terminé]   Mer 26 Déc - 17:45

Comment peut-elle ?
Le pantalon à peine enfilé, les cheveux loin d’être secs et la serviette posée négligemment sur les épaules, je m’approche du lit – donc de mon coin chambre – accolé à la douche pour y apercevoir une Capucine que je ne connaissais pas ;
Je crois pouvoir prétendre connaitre la jeune rousse dans ses airs joyeux ; dans ses moments difficiles aussi, à cause de sa maladie ou simplement de quelques aléas de la vie très compliqués à accepter ; je connais la Capucine joueuse ; j’ai eu un poignant aperçu de la Cap sulfureuse… mais jamais je ne pensais pouvoir croiser un jour le chemin de Capucine voleuse !
Fouineuse, irrespectueuse !
Mon t-shirt rejoint le sol car mes mains ne sont plus en mesure de le retenir et mes sourcils se froncent tandis que je cherche. Désespérément.
Qu’est ce qui peut bien la pousser à fouiller dans mes affaires ?

« …Qu’est ce que… ? Cap mais…qu’est ce que tu fais ? »

En fait la question n’est là que pour la forme. Je n’ai pas l’intention d’attendre que mademoiselle délinquante prenne le temps de m’expliquer ; ne manquerait plus qu’elle me mente en plus. La totale confiance que j’avais pour elle a disparu aussi rapidement que la colère et la peur mêlées m’ont envahi ;
Je suis tellement déçu et je crains d’être si blessé ! Que veut-elle ? J’ai besoin d’une explication bordel car si je n’ai rien à cacher d’un point de vue légal, je considère juste avoir le droit de dissimuler des choses qui me concernent intimement ; c’est légitime !
J’approche alors pour attraper ce qu’elle a dans les mains, ce qui traine ci et là autour d’elle et me montre clairement qu’elle a lu des documents…qui concernent mon divorce, mon rôle parental, Indio.
La stupeur s’installe un instant, emplissant mon regard et agitant mes mains tremblantes avant que je rejette tout ces papiers sur le sol dans un claquement féroce.

« De quel droit ?! Qu’est ce que tu fous ? Je peux savoir ? Ce sont mes affaires, tu sais ça ?! Il y a un problème peut être ? Tu voulais…tu ; tu cherchais quelque chose ? Hein ? Mais réponds moi Capucine si tu te permets de jeter un œil à mes affaires, tu ne crains sans doute pas de m’avouer tes intentions ! »

Honnêtement je n’ai pas la moindre idée de ce qu’elle pouvait faire là. Seulement voilà, le sujet évoqué dans ces documents me tient tellement à cœur, l’humiliation d’être si mauvais père et le regard coupable et inquiet de la voleuse prise en flagrant délit qu’elle m’offre… tout est fait pour que mes nerfs explosent et que ma rage s’exprime sur elle ;
Je n’en ferais rien. Capucine n’est pas comme ça, elle ne fouillait pas…elle va bien sur me contredire et tout rentrera dans l’ordre…

Mais alors qu’elle cherche ses mots sans doute pour se faire pardonner, mes yeux glissent sur les mots douloureux de Sarah dans quelques courriers, sur le prénom de mon fils écrit à quelques endroits en coin de page, mon cœur se resserre sur ce passé chaotique et pourtant douceureux, ma peine et le manque d’amour explose et se rétracte indéfiniment au rythme de mon pouls affolé…
Je suis si mal. Je perds mon sang froid.
Comme retombé dans la source des problèmes, comme soudainement recouvert de cette réalité que je voulais ignorer, je me sens accablé et coupable, plus que jamais, comme si Capucine elle-même était juge de mon incompétence ; la sentence s’annonce terrible.

Je ne sais plus attendre. Je souffre, j’ai peur, je lui en veux. A elle, à Sarah, à Indio ! A la Terre entière, j’en veux à tous ceux qui font ma vie car j’en veux à ma vie d’être tout sauf ce qu’on peut rêver. J’en veux à ces êtres merveilleux qui m’entourent si peu nombreux soient-ils car leur présence devrait faire de moi un type bien que je n’arrive pourtant pas à être…
En plus grand des mauvais perdants, je reproche à un tas d’innocents d’être responsables de mon affliction

« T’es dégueulasse de faire ça ; c’est à moi ! Tu entends ? Ce sont mes affaires, mes problèmes, c’est mon fils ! Je ne pensais pas avoir besoin de t’interdire quoique ce soit ! T’as pas le droit, sors d’ici ! »

Maladroitement assis sur le lit ;
Papiers en mains et larmes à l’œil ;
Je veux à cet instant te bannir de ma vie ;
La déception que tu provoques alourdi mon premier deuil...

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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: L'amour n'excuse pas tout [Terminé]   Mer 26 Déc - 18:47

A cet instant, je ne pouvais que me remémorer les sages paroles de Sénèque qui prônait l'idée selon laquelle la déception était bien moins pénible quand on ne s'était point d'avance promis le succès. Tel était mon erreur. Une erreur qu’Élias ne me pardonnerait pas si facilement, je pouvais le lire dans son regard. Malgré les kilomètres les séparant, il aurait été fou de penser qu'un père ne puisse aimer son fils au point de le protéger de toutes les intrusions. Aujourd'hui, j'étais cette intrus qui n'hésitait pas à fouiller dans ses affaires pour récupérer les coordonnées de son petit garçon à Chicago. Une quasi inconnue, mutante, qui pourrait le mettre en danger avec toutes ses histoires et organisations. A l'heure actuelle, j'étais la femme à abattre et qu'importait mes mots, rien n'y changerait. Je voyais à ses yeux qu'il ne m'écouterait pas. Il n'avait pas réellement envie de comprendre.

Ses mains se saisirent des feuilles que je tenais avant de les balancer violemment sur le sol. J'avais peur. Il me faisait peur. Il me semblait bien n'avoir jamais été autant effrayée de toute ma vie, malgré tout ce que j'avais pu vivre auparavant. Jefferson, le Blue Lake, tout ça n'était rien comparé à sa rage. Il vociférait, me demandant une nouvelle fois ce que je comptais faire avec ces informations. Ne me connaissait-il pas suffisamment pour penser que je ne lui voulais rien de mal ? Je ne l'avais jugé quant à son rôle de père, je l'avais même encouragé à quitter Los Angeles si tel était son désir pour rejoindre Indio. Il me semblait avoir tout faire pour devenir une alliée, une personne sur qui il pourrait compter, mais force était de constater qu'il n'avait pas confiance en moi. Cela datait-il seulement de ce soir ou avait-il déjà nourri quelques doutes à mon encontre ? Malgré cette cruelle interrogation, je ne pouvais le laisser dans l'ignorance. Il devait comprendre mon inquiétude et mon amour pour lui. Je devais me battre pour rester à ses côtés. Je me levais prête à lui faire entendre raison, à expliquer le pourquoi de mon acte.

- « Je sais que j'aurai dû te le demander à toi, mais tu sembles si mal dès qu'on aborde le sujet de ton fils. Depuis qu'elle a appelé, tu n'es plus que l'ombre de toi même et, je sais pas, je pensais l'appeler ou lui écrire dans le seul but de t'aider, pour lui dire qu'elle ne pouvait pas te retirer Indio. »

Ces paroles sortaient de ma bouche, mais un mur semblait s'être dressé entre nous au point qu'elles ne pouvaient lui parvenir. Ne restait-il pas une seule once de confiance en moi, chez lui, pour me croire ? Jusqu'ici j'avais tout fait pour lui plaire. Toutes ces semaines, tous ces jours passés ensemble, ne représentaient-ils rien pour lui ? Je ne saurais dire tant je ne parvenais plus à le comprendre, à lire en lui. Je ne pouvais que sentir son énervement, sa colère contre moi pour ne pas dire sa haine. Peut être qu'en me rapprochant, en le prenant dans mes bras, il se calmerait. Oui, à tous les coups, il était seulement triste et ceci n'avait été que la goutte d'eau faisant déborder le vase après cette rude journée. Élias n'était pas si méchant.

La suite semblait vouloir me prouver le contraire car il était tout simplement en train de me jeter à la porte. Je ne pouvais le croire. Il savait très bien que s'il le faisait, je serai à la rue, seule et sans rien. Il ne me ferait jamais ça. Or, son regard ne montrait aucune hésitation. Il était impitoyable et ne voulait subir aucune contestation à ce sujet. Mon cœur rata un battement et je cru un instant que j'allais défaillir. Pourtant, je restais immobile, me contentant de le regarder, bien qu'un étrange bourdonnement ait pris possession de mon ouïe. La culpabilité s'était effacée pour laisser la place à cette horrible souffrance.

- « Je m'excuse. Je n'aurai pas dû, mais, mais je ne peux plus te voir ainsi. C'est trop douloureux. Crois moi s'il te plaît ! »

Je venais de lui prendre la main pour tenter de réparer ce lien qui nous avait unis dès le départ. Il n'était pas trop tard, du moins j'osais y croire. Je ne pouvais perdre à nouveau quelqu'un d'aussi important pour moi. Si lui aussi me lâchait, ce serait une preuve de plus que l'amour, l'amitié ne servaient qu'à nous faire souffrir. Je croyais en lui. Il ne pouvait pas m'abandonner. Pas après tout ce qu'il avait fait. Pas maintenant. Pas après m'avoir rendue amoureuse de lui.
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: L'amour n'excuse pas tout [Terminé]   Mer 26 Déc - 20:03

Mais pourquoi ? Pourquoi faut-il qu’elle soit si généreuse ? Pourquoi faut-il qu’elle ait ce cœur immense et cette compassion pour mes douleurs ? Pourquoi faut-il qu’en quelques semaines à peine Capucine et moi sommes devenus si proches, alors que mon âme est emmurée derrière des dizaines de remparts tous plus colossaux et indestructibles les uns que les autres !
D’un simple sourire, d’un battement de cil et de quelques mots chaleureux, la jeune femme a su percer mes défenses et voici qu’elle nous expose tous deux à des conséquences irréparables ;

Jamais je ne pourrais rendre heureux ce petit bout de femme. Je n’ai jamais eu la prétention de le croire, disons simplement que je visais un idéal pour atteindre un niveau correct de bien être…j’ai été si naïf, si stupide. Je ne peux supporter qu’on touche mon passé !
Que ce soit l’évocation d’Indio, la discussion sur le divorce, les souvenirs de noël passé avec eux ou encore l’existence de malheureux gamins, je ne peux le supporter. Mon cœur n’est pas assez solide et je le sens violenter mon torse de ses coups répétitifs, loin d’être réguliers. Je vais succomber, j’ai besoin d’elle, j’ai besoin de ma petite Cap mais rien que l’idée de l’avoir ici à mes côtés est une main tendue pour me damner ;

« J’ai pas dit que j’te croyais pas ! Cesse de hurler ma tête va exploser ! C’est juste que…c’est très simple ce…ça ne te regarde pas. Je n’ai pas de doute quand à tes bonnes intentions mais dis toi bien que tu ne fais que m’anéantir un peu plus…ça ne te regarde pas. Ça ne te regardera jamais. C’est mon fils, ce sont mes erreurs, tu n’y peux rien Capucine je t’en prie ne t’en mêle pas… »

J’essaye d’adoucir mon ton mais mes nerfs tendus sont prêts à se déchirer à la moindre émotion trop intense et provocatrice. Je respire fortement, gonflant mes poumons de courage et autre stupidités pour croire une seconde que je pourrais supporter tout ça ;
Je me penche au dessus des documents restés sur le sol et je serre la mâchoire pour ne pas lire ce que je vois pourtant. Mes yeux auraient plus de mal encore à se poser sur elle.
Je ne suis pas étonné. Plus on aime, plus on souffre. Indio est toute ma vie. Capucine…est sans doute la deuxième personne la plus chère à mon existence. Et après ? Que fait-on quand ceux qu’on aime sont soit victime de nos conneries soit les causes de notre déchirement ?
Toujours installé sur le lit, la main refermée sur les papiers, je pose l’autre sur mon visage pour le cacher et sans plus aucune retenue exprimer toute ma désolation. Ma honte.

« …pourquoi j’ai haussé le ton ? Cap, pourquoi j’ai crié ? »

Dis-je en me relevant soudainement. Cette fois je la regarde bien que mes joues tendent à rougir alors que je repose le tas de paperasse aux pieds du lit.
Ma question est réelle et sincère, j’attends une réponse. Pourquoi est-ce que je ne peux pas aborder les choses comme l’homme charismatique et réfléchi que je suis ? Pire, je suis un excellent orateur, un homme capable de garder son sang froid face à un type qui l’a roué de coups moins de 24 heures plus tôt pour continuer de lui reprocher des tords avec arrogance et dureté. Pourquoi cet avocat que je suis dans les tribunaux, cet orateur irréprochable et méticuleux que je suis au travail et même en dehors, ce citoyen investi mais suffisamment détaché pour ne pas être happé par la société ne peut-il pas se contrôler face à une si petite erreur de la part de sa…son amie ?
Capucine n’a commis aucune erreur. Le faux pas, dans cette histoire, c’est ma capacité à être si renfermé sur moi-même que le jour ou une brèche s’étire le long de la coquille, l’implosion est inévitable ;

« Mets-toi à l’abri de ma connerie. Je ne te ferais jamais le moindre mal… mais tu ne peux qu’être mieux, ailleurs. Va-t’en. »

D’un geste vif et précis j’attrape ma veste pour en retirer le portefeuille et je me lève, immédiatement après avoir empoigné les billets, pour venir les lui glisser dans la poche. Qu’elle n’ose pas me les rendre ;

« …Prends soin de toi. »

Quelle parole sonnerait juste ;
Je t’aime, je te hais ;
Tout rimerait de manière fruste ;
Et puis l’essentiel, au fond, tu le sais…
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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: L'amour n'excuse pas tout [Terminé]   Mer 26 Déc - 21:27

Alors que je lui hurlais mes excuses et ma douleur, son regard changea pour récupérer une once de chaleur. Cependant, son visage était si grave qu'il ne pouvait rien sortir de bon de sa bouche et j'avais raison. Après m'avoir demandé de me calmer, il me mettait devant un peloton d'exécution pour me fusiller. Ceci n'était qu'une métaphore, bien sûr, mais la souffrance était comparable. Comment pouvait-il me dire que je l'anéantissais en me regardant dans les yeux ? Qui serait assez cruel pour sortir une telle chose alors qu'il semblait évident que la personne en face est amoureuse ? Mon monde s'écroulait lentement, mais sûrement et chacun de ses mots réduisait à néant cet équilibre que j'avais essayé de rétablir depuis mon arrivée ici. Je rompais le contact, le trouvant soudainement stupide. Je n'aurai jamais dû me laisser attendrir par son histoire, je n'aurai même jamais dû le laisser m'emmener chez lui. Si j'étais restée à ma place dès le départ, je n'aurai pas eu à subir ce poignard dans mon cœur. Finalement, je préférais le « Elias » qui faisait peur. Il aurait pu me tuer par accident et, ainsi, je n'aurai pas eu à ressentir toute cette souffrance.

Je ne pouvais le regarder, même si j'entendais parfaitement sa voix. Il me demandait pourquoi il avait élevé la voix. Comme s'il ne le savait pas... C'était ridicule, voir risible de me poser la question, alors que toute la paperasse était encore étalée autour de nous, que tout ce qui devait être dit l'avait été. A croire qu'il n'y avait plus rien à sauver. A croire que ce lien si précieux s'était rompu à cause de cette stupide erreur, mais force était de constater qu'il y avait déjà des fêlures. Tout ceci n'était qu'un prétexte, un simple prétexte pour rompre ses promesses. Aurait-il le courage de me demander de partir ? De quitter sa maison à tout jamais ou me faudrait-il prendre la porte toute seule ? Quoiqu'il en soit, les blessures étaient trop profondes pour être réparées et je n'attendais pas à ce qu'il lutte pour nous. Il n'avait pas confiance en lui, alors comment pouvait-il avoir confiance en moi et surtout en nous ? Lutter seule aurait été vain, je m'inclinais devant sa lâcheté.

- « Tu sais très bien pourquoi... », murmurais-je.

Je pouvais sentir son regard sur moi, mais je ne lui accordais pas la faveur du mien. Je prenais sur moi de ne pas montrer mes larmes, de rester courageuse en attendant le tranchant de la guillotine. Car, oui... Ses prochaines paroles allaient sûrement me tuer. Et ce qui devait arriver arriva. Finalement, je continuais à bien le connaître. En effet, j'arrivais à prévoir le moment où il allait rompre alors même que nous n'étions pas encore ensemble. Seulement ses mots faisaient un mal de chien. J'aurai pu quitter l'appartement avant qu'il ne les prononce, mais je n'étais pas lâche. J'avais attendu ma sentence, droite comme un « i ». Je n'étais pas certaine que mon visage soit aussi impassible que je l'aurai voulu, mais je ne pleurais pas. C'était déjà un bon point. Je ne comptais pas lui donner ce plaisir de m'atteindre.

Par contre, une vague de colère se répandit dans mon corps lorsque je le vis se saisir de son portefeuille pour me donner de l'argent. C'était quoi ça ? Une indemnité de licenciement ? Une prime pour bons et loyaux services ? N'étais-je, en fin de compte, qu'une employée, une vulgaire opportuniste qu'il suffisait de payer pour la voir s'en aller ? Il glissa les billets dans ma poche avant de me murmurer à l'oreille de prendre soin de moi. Essayait-il de me faire mal ? N'était-ce qu'une simple vengeance pour ce que je venais de lui faire ? Quelle différence ? De toute manière, je ne voulais plus vivre ici. Je ne voulais plus jamais le voir. Je le détestais. Je le haïssais de me faire ça alors que je l'aimais.

Mes mains se posèrent sur sa poitrine et le repoussèrent. Je ne voulais plus qu'il soit aussi proche que moi, je ne supportais plus de le regarder, de l'écouter, ni même de respirer son parfum. Je sortis les billets qu'il venait de glisser dans mon pantalon pour les jeter sur son lit.

- « Garde le ton fric ! Il ne m'a jamais intéressé et la seule chose que je désirais de toi semble avoir disparu à tout jamais. En fin de compte, tu aurais mieux fait de ne pas me recueillir ce jour là... Cela nous aurait évité tout ce gâchis. »

Je tournais les talons, le plantant pour prendre un sac et commencer à rassembler mes affaires. Il pouvait me suivre, me supplier de le pardonner, de rester pour la nuit ou autres, je ne reviendrais pas sur mon idée de quitter cet appartement. Il n'était qu'une déception de plus.
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: L'amour n'excuse pas tout [Terminé]   Mer 26 Déc - 22:23

Certaines choses ne s’expliquent pas. Ce n'est pas qu’elles ne peuvent trouver argumentation plausible ou compréhensible. Elles ne s’expliquent pas. Elles sont fondements, bases, piliers. Ces choses inexplicables le sont éternellement, à jamais. Ce n’est pas un problème, ce n’est pas un code à déchiffrer. Personne ne pourra. Ce n’est ni question d’intelligence ni question de sagesse ou de connaissance.
Certaines choses ne s’expliquent pas. C’est à la fois plus fort que tout ce qui vous entoure, vous compose et vous est nécessaire, à la fois plus minable et dérisoire que la pire des bassesses. Ces maudites choses sont adorables. Ces trésors sont poisons.
Certaines choses ne s’expliquent pas ;
J’aime mon fils. Et c’est ainsi que les évènements se déroulent suite à ça.

« Je veux juste que tu ne manques de rien. »

Dis-je alors que Capucine balance les quelques billets qui s’échouent sur le lit ou le sol. Ses pas la conduisent à ses affaires, dans le salon, et je reste le visage baissé sur le billet de vingt dollars qui est tombé juste devant moi.
Tout dans mon comportement, mes propos, mes réflexions et jusqu’au fond de mes idées n’est qu’humiliation, désordre et égoïsme. C’est si douloureux, d’en avoir conscience. De continuer dans ce sens qui petit à petit vous tue mais ce n’est qu’une piètre façon de repousser le moment le plus douloureux de tous ;

Je pourrais tout simplement abandonner. Lâcher prise. Ouvrir mes bras et pleurer mes sentiments. A quoi bon ? Pauvre petit Climber. Papa avait tellement raison, sans lui je ne suis rien. Dès que j’ai voulu me détacher de son ombre les problèmes se sont enchainés. Prenant allures futiles et gouts discrets, ils sont habilement venus m’encercler et me contraindre à être cet enfoiré ;
Capucine ne comprendra jamais. Les maux qu’elle a subit étaient douloureux. Les maux que je porte, moi, ne sont que reflet de peur et autres sensations risibles ;

Il faut bien que je réussisse à m’en persuader : une gamine de vingt ans n’a rien à gagner de moi. Qu’elle parte bordel, vite, mais qu’elle dégage ! Allez ! Je risque de la retenir !
Mes poings se ferment à en faire craquer mes phalanges et ma mâchoire grince sous l’impuissance de son départ mais je me contiens. Encore. Comme j’ai toujours su le faire. Je contiens ce que je ressens. Toujours. Plus fort que tout. Je la laisse ;
Jusqu’à ce que la porte se referme.

Absence et culpabilité ;
Remords et désolation ;
Aucun doute : tu as bien fait ;
Je ne suis que destruction
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MessageSujet: Re: L'amour n'excuse pas tout [Terminé]   

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L'amour n'excuse pas tout [Terminé]

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