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 I'm fine, and you ? [Terminé]

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Elias J. Climber

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MessageSujet: I'm fine, and you ? [Terminé]   Lun 3 Déc - 18:02


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19 janvier 2011


« Je te ferais la peau espèce de… ! »

Je vous épargne la vulgarité des insultes et autres blasphèmes de ce trépignant bonhomme. Son avocat, mon client, moi-même et lui n’en sommes qu’à la première déposition devant greffier et si je me fie à mon expérience, je crois que nous allons tout droit au procès avec un tel énergumène.
Histoire de diffamation, franchement, les gens n’ont rien d’autre à faire que de bêtement s’insulter ?
En quittant le bâtiment je promets avec indulgence et lassitude à mon concurrent que je ne tiendrais pas compte du comportement agressif de son client. Il a de la chance de faire face à moi, et pas à un des avocats du cabinet Fish&Cole qui ne cessent de tourner autour du pot pour vous faire tous les reproches du monde sans penser un instant au fond de l’affaire !
Quelque peu épuisé je prends en vitesse le chemin de l’appartement.
Capucine doit m’attendre et comme chaque soir, j’ai hâte de la retrouver. Devant quel film minable allons-nous rire ? Qu’a-t-elle concocté comme festin ? A-t-elle passé une bonne journée ?

Plongé dans mes pensées je n’ai nullement surveillé mes arrières. Je suis d’une nature méfiante, sur la défensive. Constamment. Oui mais voilà, la fatigue mêlée à quelques joyeuses idées – ce qui ne me fait pas de mal – j’étais un peu ailleurs durant le trajet du bus.
Quand les portes s’ouvrent je sors naïvement, jetant un regard curieux à ma montre en commençant à avoir faim. Logique, je n’ai pas pris le temps de déjeuner à midi. Je ferais attention de ne pas sauter sur l’assiette qu’aura préparée la rouquine pour ne pas paraitre suspect ;
Si elle sait que je saute des repas, la petite femme de maison qu’elle est risque de sévir !

Mais bien vite je déchante.
Ces moments arrivent de manière inattendue – ce qui les rend plus brutales, violentes – et généralement le soir. C’est mieux aussi pour le côté dramatique.

Je sens une ferme main m’agripper l’épaule et me balancer contre le mur de la petite ruelle, à vingt mètres de l’immeuble. En tournant sur moi-même je cherche à fixer l’agresseur histoire de ne pas me faire avoir une seconde fois mais à peine ai-je le temps de poser mes yeux sur sa grande silhouette que son poing vient rencontrer ma joue ;
La pommette éclatée, je vois trente-six chandelles et deux coups suffisent à me faire tomber à genoux. Après quoi, je ne compte plus.
Quatre, cinq, peut être davantage, je ne sais le nombre de choc, je sais simplement que l’assaut ne dure pas plus de cinq minutes – ce qui est suffisant croyez-le – car je jette un nouveau regard à ma montre, une fois certain d’avoir entendu le lâche partir en courant ;
Je donnerais ma main à couper qu’il s’agissait de la partie adverse !
Le bougre m’aurait suivit jusque dans le bus ;

Une main contre l’estomac, l’autre solidement accrochée à ma mallette, je me relève en titubant, m'aidant du mur qui me sert d'appui le temps de reprendre mes esprits. J’ai du mal à me tenir debout, comme si son pied contre mes côtes les avait éclatées. Pour sûr, ce n’est pas le cas. Je ne serais certainement pas déjà debout à rejoindre l’ascenseur ;
A bout de souffle et évidement choqué, je me laisse deux secondes pour me ressaisir.
Un revers de la manche contre la joue pour essuyer le sang de ma joue et de ma lèvre, une inspiration, un essai de sourire, je replace mon blouson correctement et entre dans l’appartement…

Relaxe. Ici tout va bien. Et la porte est fermée.
Sans perdre de temps je lance un joyeux « bonsoir » le plus sincère possible et je retire mon blouson pour le pendre à l’entrée. Je me demande à quoi je ressemble, à vrai dire je n’ai pas pensé à m’arranger suffisamment. Sans doute trop scandalisé par ce qu’il vient de m’arriver, je n’ai pas pensé à tout.
Déjà les plaies sur le visage continuent de saigner – j’aurai préféré qu’elles s’arrêtent sagement – ma chemise est débraillée et je ne vous parle pas de mes cheveux.
Bref. C’est avec un air candide que je m’approche de Capucine en souriant.

« Bonsoir toi ; comment vas-tu ? »
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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Lun 3 Déc - 19:47

Une journée de plus qui s'achevait. Cela aurait pu être une journée comme les autres si je n'étais pas sortie ce matin avec une bonne idée en tête : me trouver un boulot. Cette idée me trottait dans la tête depuis des semaines et là je ressentais clairement le besoin de me retrouvais une vie sociale. Certes, ce ne serait pas extraordinaire au départ, mais il me fallait voir du monde en dehors d'Elias. Je ne pouvais éternellement me reposer sur lui. J'en avais bien conscience. Je voulais mettre un peu d'argent de côté pour être en mesure de me payer mes fringues, mes produits. Le strict nécessaire. Non pas que je manquais de quoique ce soit auparavant. Mais comme je me sentais mieux depuis quelques temps, l'idée avait germé dans ma petite tête de rouquine. Et mes anciens amis devaient se souvenir que lorsque j'avais une idée, je ne l'avais pas ailleurs....

Donc je me retrouvais derrière les fourneaux à faire le repas du soir. Je mettais toutes les chances de mon côté pour mettre Elias dans de bonnes conditions. La dernière fois que j'avais évoqué avec lui la possibilité de reprendre un boulot, il avait tiqué... Je sentais bien sa réticence à me laisser aller dehors et c'était d'autant plus flagrant depuis que je m'étais faite agressée dans la rue. Rajoutée à ça, la crise à cause de ma capacité, c'était à se demander si je n'avais pas un bracelet électrique à la cheville. Je pouvais sortir, là n'était pas le problème, mais le matin, en croisant Elias, il me demandait ce que je comptais faire de ma journée et même question le soir. Il était mignon de s'inquiéter autant, mais je ne voulais pas qu'il oublie que je pouvais me gérer toute seule. Malgré mes coups durs, je m'étais toujours relevée et je ne comptais pas changer de ce côté là. Depuis qu'il connaissait mon passé et que nous avions opéré un rapprochement, cette inquiétude s'était accrue.

Cela faisait deux semaines que nous nous cherchions un peu. Cela restait bon enfant. Un ou deux regards qui voulaient en dire long, de petits pincements aux fesses pour nous mettre de bonne humeur, mais sinon aucun passage à l'acte à proprement parler. J'ignorais si nous le voulions réellement. Personnellement, je ne savais pas. Je ne pouvais nier l'attraction qui me poussait dans ses bras, mais j'avais peur que notre amitié s'en retrouve gâcher si ça ne marchait pas. Puis, il y avait la différence d'âge. Ce n'était pas grave en soit, mais pour certains, je n'étais qu'une gamine et une gamine au bras d'un avocat, ce n'était sûrement pas bon... Même si j'avais la majorité sexuelle, j'avais la moitié de son âge. Bref.

J'entendis la porte de l'appartement s'ouvrir et les bruits d'un avocat qui rentre chez lui. Tant mieux, j'étais dans les temps. Il ne lui restait plus qu'à prendre sa douche pendant que cela mitonnait tranquillement dans la cocotte. Je me retournais, tout sourire pour l'accueillir, mais quand je vis la scène, je demeurais immobile. Mes yeux balayèrent son visage ensanglanté et ses vêtements tout froissés. Qu'est ce qu'il avait foutu encore ? Les bras ballants, je ne pu m'empêcher de dire le fond de ma pensée.

- « Rassure moi... Tu te fous de moi là... T'as vu ta tronche ? »

Observant la gravité de certaines blessures, je m'approchais de lui rapidement. J'allais prendre le torchon pour déposer sur l'une de ses plaies, mais vu l'état du torchon, il valait mieux éviter... Je lui pris la main pour l'emmener directement dans la salle de bain. Sans aucune autre forme de procès, je le fis asseoir sur la chaise.

- « Qu'est ce qui s'est passé ? Qui t'as fait ça ? Tu n'as rien de cassé ? »

La peur que ce soit Genetic, Genome ou d'autres mutants commençait à grandir en moi. C'était tout de même étrange que cela se passe quelques semaines après ma révélation et le jour où je me décide à réellement sortir de l'appartement...
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Mar 4 Déc - 10:13

Ouais, j’ai eu trop d’espoir.
En descendant le peu de marches qui mènent au canapé et donc qui me conduisaient fatalement devant Capucine, j’ai prié un instant pour pouvoir dissimuler la douleur ressentie. Mais premièrement je n’ai su que plisser les yeux sous les lancements au niveau des côtes, deuxièmement il y a ces petits détails vestimentaires, preuves indéniables que j’ai passé un sale quart d’heure avant d’arriver ;
Tant pis. J’aurai essayé ! Je ne voulais pas inquiéter Capucine mais l’air qu’elle affiche et ce ton qu’elle m’adresse en disent long sur l’échec de mon imposture.

Résigné je hausse alors les épaules en essayant de la rassurer, autant que faire se peut. Aujourd’hui je sais que la demoiselle a vécu de nombreuses difficultés, partagé des conflits, et enduré de graves blessures. Ce n’est donc pas les quelques marques que je porte qui doivent l’inquiéter ! Mais je sais aussi qu’une simple goutte de sang sur un visage apprécié est fort désagréable…

« Ce n’est pas bien grave Cap’, j’ai pu marcher et je vois – presque – correctement. »

Une pointe d’ironie, ça termine de détendre l’atmosphère. Ah non ? Du tout. La rouquine m’attrape avec une autorité qui ne se discute pas et, doucement, je me laisse guider jusqu’à la salle de bain à l’étage. Je veux bien admettre que ces blessures sont anodines mais la douleur est bien présente et le bouleversement doit sans doute être la cause de ces vacillements ;
Ouf. On est mieux assit.
Je relève les yeux vers la jeune femme qui encore une fois s’occupe merveilleusement bien de moi et j’insiste pour la calmer un peu.

« Ça va Capucine ! Je t’assure que ça va. Je ne suis pas certain de l’identité de mon agresseur. Je soupçonne le défendeur de mon affaire du moment… Aïe. »

Forcément, je suis douillet.
Disons que je n’aime pas bien qu’on me touche là ou je suis blessé. J’ai toujours peur qu’on aggrave mon cas et quand bien même j’ai totale confiance en Capucine, j’ai ce réflexe de froncer les sourcils et de détourner le visage.
On est obligé d’appliquer un truc qui pique là-dessus ? A mon avis, ça va cicatriser tout seul et en un rien de temps !

« Allez calme-toi. Ce n’était personne…d’important. Je m’occuperais de ça demain mais là je t’avoue que, j’ai faim. Déjà. Et pas très envie de parler justice. »

Ça va de soit.
J’attrape alors sa petite main qui s’approche – dangereusement – de mon visage et je la serre entre mes dix doigts. Délicatement. C’est touchant de la voir inquiète. Je n’irais pas jusqu’à dire que je suis content de m’être fait refaire le portrait, loin de là de plus mon invitée est toujours attentive avec moi, mais ce contact sur ma peau…
Trop de souvenirs. Trop récents. Trop dangereux.
Il a été convenu que nous ferions attention. Oui c’est la peur de briser notre amitié en mille morceaux qui nous empêche d’aller plus loin. De succomber. Il ne faut pas céder ce serait puéril et plein de mauvaises conséquences ;
Vous me direz nous n’en savons rien. Peut être avons-nous peur…de ce que nous ignorons.
Allez savoir.

« J’ai bien organisé mon travail, géré mon temps et étudié mon affaire, à tel point que ce type s’est mis dans une colère noire. Je crois qu’il espérait s’en sortir…ça arrive. La déception quoi. Mais dis moi comment tu vas, tu ne m’as pas répondu. »

D’un geste assez énergique, vif, je l’attire à moi de sorte à ce qu’elle s’installe sur mes genoux. Bien entendu je ne la retiens pas, c’est simplement pour être plus près et, c’est utile pour converser voyons.
J’enroule mon bras autour de sa taille et lève le menton en signe interrogateur. Je n’abandonnerais pas : je veux savoir comment elle se porte. Capucine n’est pas le genre à se tourner les pouces pendant une journée. Elle sort régulièrement et s’active dans l’appartement, je suis certain qu’elle a des choses à me raconter.

« Je t’écoute. »

Feignant l’attentif magistrat ;
Je te regarde avec sourire et jeu ;
N’aie pas peur des coups que je reçois ;
Rien n’est plus essentiel pour moi que nous deux…

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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Mer 5 Déc - 17:40

Qu'il était difficile de regarder une personne qui nous était chère rentrer dans un tel état. Qu'il m'était difficile de rester à ne rien faire, si ce n'est constater les dégâts et ressentir cette impuissance devant tel spectacle. J'aurai pu me montrer plus douce pour tenter d'apaiser ses douleurs. J'aurai pu montrer ce que je pensais réellement devant ses blessures, lui faire part de cette inquiétude qui me rongeait dans le cas où il ne franchirait plus la porte de cet appartement. Mais non... Je me contentais de l'engueuler et intérieurement, je m'en voulais. S'il ne tenait qu'à moi, sa tête reposerait déjà contre ma poitrine et mes bras l'entoureraient dans le seul but de le protéger de ses soucis et de ses ennemis parce qu'aujourd'hui, il était tout pour moi. Il était le seul qui me permettait de ne pas me laisser aller. Il me donnait le courage d'affronter la maladie, les coups bas de la vie. Il était toujours là pour moi et je voulais être là pour lui. Non pas pour le remercier pour tout ce qu'il avait fait car toute une vie ne serait pas suffisante. Juste parce que c'était lui.

- « Presque... Ce... Non rien laisse tomber. »

Il était inutile de lui faire remarquer que la situation était loin d'être amusante puisqu'il faisait tout pour ne pas m'inquiéter. Or, il était trop tard pour cela. Si je me laissais entraîner dans ce genre de débat, j'allais me montrer encore plus alarmée que je ne l'étais à l'heure actuelle. La seule chose qui méritait que l'on se fasse du soucis était sur la manière de le soigner. Pourrais-je tout faire ou ne fallait-il mieux pas l'emmener à l'hôpital ? S'il avait des côtes cassées ou un traumatisme crânien, je ne pourrais rien faire pour l'aider. Appeler Wallas ? Ceci pourrait être une bonne idée si je n'avais pas fait des pieds et des mains pour sortir de Genome suite à l'affaire Jefferson. Pourtant.... Ce serait la meilleure solution. Il était plus à même de dire si les blessures d'Elias étaient importantes ou non.

Je l'emmène jusqu'à la salle de bain et le fait asseoir sans lui demander quoique ce soit. Il avait beau être le plus âgé, l'adulte, je ne lui laisserai pas la possibilité de me tenir à l'écart. Je saisissais ce dont j'avais besoin pour déjà arrêter le saignement de son arcade sourcilière. Lui faudrait-il des points ? Pour le moment, je me contentais de nettoyer dans le but d'apprécier les dégâts. Plus peur que de mal. Les points ne seraient pas nécessaires et heureusement pour nous, car je me voyais mal me saisir d'un nécessaire à couture pour réparer.

- « Désolé... J'ai dû mal à croire qu'une seule personne ait pu te faire ça. Peut être que.... »

Je ne terminais pas la phrase tant la fin me semblait impossible, horrible, mais je pouvais voir dans son regard qu'il comprenait où je voulais en venir. Aussitôt, il me demandait de me calmer et de minimiser son agression. Il me demandait l'impossible puisque je voulais terminer de nettoyer pour y mettre un pansement. Il m'en empêcha en se saisissant de ma main pour la caresser. Mes yeux se fermèrent instinctivement pour apprécier cette chaleur et cette tendresse. Elias reprit la parole pour me parler de son affaire en cours dans le seul but de m'apaiser avant de repartir sur ma journée. J'allais lui demander de ne pas changer de sujet lorsqu'il fit en sorte que je me retrouve sur ses genoux.

Ses yeux me regardaient et je pouvais y déceler une pointe d'inquiétude également. Ne pouvait-il pas penser un seul instant que ma journée aurait pu se dérouler comme toutes les autres ? Il aurait pu croire ce soir que je n'avais rien fait de spécial si ce n'est m'occuper de l'appartement ou de mes cours.

- « Mieux que toi de toute évidence ! Car je fais en sorte d'éviter les ennuis. Je ne rentre plus tard, je fais attention à ce qui m'entoure et je ne quitte plus les grands axes. Tu devrais essayer ! Je suis certaine que ça te ferait du bien. Allez viens ! On va dîner avant que le repas ne brûle, mais avant... »

Je m'étais discrètement saisi d'un pansement et sans qu'il ne le remarque, je l'avais ouvert pour ensuite, lui coller délicatement sur son arcade. Je n'y avais pas été fort, cela devait davantage ressembler à une caresse qu'à un placage de pansement. Suite à cela, je l'embrassais sur la joue avant de me lever pour descendre dans la cuisine. L'odeur était alléchante et le visuel était tout aussi sympathique. Le goût serait-il au rendez vous ? Quoiqu'il était difficile de dire non à un bon bœuf bourguignon. Ce n'était certainement pas un plat très répandu en Amérique, mais mon père en raffolait. Elias en avait-il déjà mangé ?

- « Bon appétit », lui dis-je en tendant son assiette.

Nos doigts se touchèrent... Un frisson me parcouru le long de la colonne vertébrale et des souvenirs me revinrent en mémoire. Ce n'était vraiment pas le moment surtout que je sentais le rouge me monter aux joues.
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Mer 5 Déc - 20:04

Il semblerait que la petite Capucine ait confiance en moi. Je réalise en le narrant que mon récit est surprenant ; quasi incroyable. Je ne suis pas sûr que nombre d’avocats ait vécu un tel moment de douleur, de solitude que ce que j’ai enduré ce soir. Bien entendu on met des gens en colère, la plupart du temps j’inflige surtout de la tristesse.
Ce n’est pas de ma faute. Ce n’est pas contre eux. Mon métier est de défendre les intérêts d’une personne, quelle que soit la nature de la partie adverse, leurs gains ou leurs pertes. Je ne suis là que dans un but professionnel et ma manipulation habile des jurés, ma judicieuse et soignée maitrise des mots n’est qu’un tout que j’appelle travail
Peut être qu’à force d’entendre le prononcé des sentences, les décisions des juges, de croiser le regard des victimes lésées ou des coupables durement condamnés, je me suis endurci ?...Ai-je perdu un brin d’humanité en endossant le rôle du défenseur ‘accidentel’ désigné par le hasard en quelque sorte, suis-je en train petit à petit de perdre ma sensibilité, ma compassion envers les autres ?

Enfin, la rouquine ne contracare pas mon histoire d'objections et sa présence me rassure quand à mes ressentis d'homme tout à fait normal. Certes je suis d’allure ultra professionnelle et froide, et heureusement, cela me protège. Mais je ne perds pas mes failles humaines, je ne le ressens que trop bien quand la jeune femme est si proche de moi…

« Bien joué ! » Dis-je une fois que le pansement est appliqué contre moi arcade, dans un sourire enfantin. « Tu as raison passons à table ; »

C’est toi qui je vais bouffer sinon…
Je la laisse s’éloigner et jette un coup d’œil dans le miroir au dessus du lavabo pour admirer les dégâts. Beh oui, depuis que je suis rentré, depuis que je me suis fait agressé, je n’ai pas eu cette chance d’admirer ma pauvre mine ;
Bon. Ça pourrait être pire !
Je descends alors en essayant de mettre ce léger traumatisme de côté et me concentrer sur mon appétit. Culinaire. Précision ;

« C’que ça sent bon, qu’est ce que tu nous as fait ? »

Je dépose la serviette contre ma cuisse avant de tendre la main pour rapprocher mon verre ; c’est que nos peaux se frôlent. Provocatrices ; hasardeuses ; perfides.
Je détourne immédiatement le regard en sentant – moi aussi – une légère honte de ressentir du plaisir et j’essaye de trouver le plus vite possible un sujet de conversation. Une phrase à balancer. Une blague à raconter. Une remarque ironique comme je sais si bien les articuler mais…
C’est finalement le téléphone qui me vient en aide. En réalité ce coup de fil vient assombrir définitivement la soirée mais au moment ou je décroche, je l’ignore encore. Évidement.

« Excuse-moi. » Un clin d’œil désolé à Capucine, je porte l’appareil à mon oreille. « Oui ?...Oh Sarah…bonsoir. Pas de soucis, qu’est ce qu’il y a ? Un problème ? »

Mon ton devient immédiatement lourd de panique et de soucis. Il est rare que mon ex-femme m’appelle. L’heure tardive n’ajoute rien de réconfortant à cet appel inattendu et comme pour mieux supporter le poids d’une éventuelle mauvaise nouvelle, je vais chercher l’aide du canapé pour me soutenir.

« Qu-qu’est ce que tu racontes ? C’est ridicule et, tu dis n’importe quoi ! Je l’ai eu au téléphone l’autre jour !...je n’sais plus…cinq jours peut être. Huit ? Tu cherches la petite bête ne dis pas de conneries j’t’en prie ! Indio adore venir et me parler et… Sarah !!! Tu n’as pas le droit ! C'est n'importe quoi ! Tu ne peux pas me mettre dos au mur avec une telle décision à prendre ! Allo ? Allo ?! »

Le pire, dans tout ça, c’est que de son point de vue – ou avec un avocat suffisamment mielleux pour vous convaincre – elle n’a pas tord. La mère du petit.
Quand mon fils vient ici – ce n’est arrivé que deux fois, je rappelle que je suis à L.A depuis quinze mois – il est très heureux. Surexcité. Enchanté de passer du temps avec moi. Il m’aime et malgré son petit âge il a tant conscience de l’anormalité de notre relation que de son injustice. Il en profite, beaucoup, trop, à tel point que chaque contact avec moi – même téléphonique – provoque chez lui une pseudo dépression
Alors maintenant ; en plus de le voir peu souvent, je lui fais du mal quand je le vois ?
Sa mère veut couper court à notre lien. Sinon, je n’ai qu’à retourner à la maison

« …Bordel ; pfff…pardon Cap je, je n’ai pas très faim… »
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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Mer 5 Déc - 21:06

Si je devais qualifier mon rôle au sein de cette nouvelle demeure, celle de maîtresse de maison serait la plus appropriée. En effet, je m'occupais de tout ce qui concernait l'agencement de l'appartement et ce en faisant en sorte qu'Elias se sente bien chez lui. Son travail était suffisamment stressant pour lui demander de m'aider dans les tâches ménagères et quand on regardait mon emploi du temps, il était plus que faisable de tout faire correctement. Après tout, cela faisait plus d'un mois que nous fonctionnions ainsi et je n'avais vu aucun dysfonctionnement. C'était même devenu une routine de m'occuper de lui et cela ne me dérangeait nullement. Il était évident que je n'étais plus la même qu'avant. Il fut un temps où mon comportement actuel m'aurait donné des envies de meurtre. J'étais indépendante, fière et casse couille sur les bords. Aujourd'hui, ce n'était plus le cas. Je me sentais mieux car j'avais ce sentiment de faire partie d'une famille. Certes, Elias n'était qu'une seule personne, mais je savais intérieurement qu'il remuerait ciel et terre pour me retrouver si je venais à disparaître. C'était rassurant. Je comptais au moins pour une personne.

- « Du bœuf bourguignon ! C'est une recette française que j'ai trouvé sur internet. J'en faisais à mon père il y a quelques années. C'est super bon et rien qu'à l'odeur... J'en ai l'eau à la bouche »

Soudain, nos doigts s'effleurèrent. Une légère gène s'installa sur mes joues alors qu'Elias détourna le regard. Il ne faisait aucun doute sur le court de nos pensées, mais depuis ce baiser, ce rapprochement nous faisions notre mieux pour nous contrôler. Du moins, pour ne pas parler de l'éléphant rose au milieu de la pièce. Je n'étais pas sans savoir ce que je ressentais, seulement, il y avait des choses difficile à admettre. J'ignorais où se situait Elias dans tout ça. Ressentait-il également cette attraction ? De toute évidence, mais en était-il au même point ? N'étais-je pas en train de me faire des idées ? Dans la mesure où Elias était le seul homme que je côtoyais, peut être avais-je tendance à l'idéaliser et à fantasmer sur une pseudo relation.

Mais pas le temps de s'attarder puisque le téléphone se mit à sonner. Je ne bougeais pas, laissant Elias s'en charger. Qui pourrait chercher à me joindre de toute manière ? A part l'hôpital, personne ne savait où me joindre et je préférais que cela reste ainsi. Alors qu'Elias retournait dans le salon, je remettais sa part dans la cocotte pour la maintenir au chaud. Il était inutile que cela refroidisse et j'en fis autant avec la mienne. J'étais capable d'attendre quelques minutes qu'il finisse. Par contre, je sentis un pincement au cœur lorsque je l'entendis prononcer un prénom féminin qui n'était pas le mien. Ce fut pire encore lorsque de l'inquiétude se fit entendre dans sa voix. Qui était cette Sarah ? Il ne semblait pas outrée qu'une femme le dérange à cette heure et était même prêt à lui apporter son aide. Une collaboratrice ? Une secrétaire ? Une amie ? Une petite... Non. Quand même pas.

Elias s'éloignait de moi pour se mettre dans le salon. Je ne devais pas tirer de conclusions trop hâtives et de toute manière en quoi est ce que cela me concernait ? Elias ne m'appartenait pas. Il était libre de faire ce que bon lui semblait et de voir qui il voulait. Je devais mettre un terme à cette stupide idée d'un « nous ». Cependant, je ne pouvais m'empêcher d'écouter ce qui se passait à quelques mètres de moi. Ce n'était pas ma faute et je n'écoutais pas aux portes dans la mesure où il n'y en avait aucune. Quoiqu'il en soit, la bonne humeur d'Elias s'était envolée. Je pouvais l'entendre s'agiter à côté et je compris enfin que Sarah était l'ex femme de l'avocat. Que cherchait-elle à faire ? Voulait-elle réellement enlever le peu de temps qu'Elias avait avec son fils ? Ce n'était pas humain. Un enfant avait besoin de son père. On ne pouvait pas lui retirer ça !

Pour autant, ce n'était pas à moi d'intervenir. Qui étais-je pour le fils d'Elias ? Et à tous les coups, cette Sarah m'utiliserait comme argument pour obtenir la garde exclusive du petit garçon. Quelle co****** ! J'entendis Elias raccrocher et pester contre ce dragon avant de me dire qu'il n'avait plus faim. Le pauvre. Ce n'était vraiment pas le bon soir pour une telle nouvelle. J'arrêtais les plaques électriques et me rendis auprès d'Elias. Au lieu de me mettre à ses côtés, sur le canapé, je me mis derrière lui et plaçais doucement mes mains sur ses épaules. Je me faisais la plus délicate possible afin de ne pas raviver ses douleurs et le massais. Ce n'était pas grand chose, mais je savais que cette petite attention lui ferait du bien. Le voyant aussi abattu, inquiet, je me sentais mal pour lui.

- « Tu as eu une journée difficile. Tu veux en parler ? »
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Jeu 6 Déc - 12:42

Je ne sais plus quelle sensation je suis sensé éprouver à cet instant. Beaucoup de colère boue dans mes veines alors que j’entends encore la voix de cette femme que j’ai tant aimée m’annoncer qu’il valait mieux, dans l’intérêt de notre unique enfant, éviter qu’il me revoie…
Je suis son père. Je suis son modèle. Je suis la moitié de sa vie sachant que l’autre reste sa mère ! Si nous avons vécu une pénible déception amoureuse et humaine, doit-on priver un enfant de la moitié de sa nature ? Il a grandit à nos côtés à tous les deux pendant trois ans. Ces trois petites années ou un enfant prend ses marques dans la vie, durant lesquelles on lui donne ses bases selon notre vision des choses, notre conception de l’existence…je suis important pour lui. J’en suis persuadé.
Le fait de se voir peu souvent est une épreuve difficile pour lui comme pour moi mais il y a plus de positif là dedans que de mal ! Pourquoi ne voit-elle pas ça ???! Pourquoi refuse-t-elle de reconnaitre que le divorce implique un problème de lien mais que la visite chez un père reste essentielle ?
Je la déteste. A cet instant, je la déteste au plus haut point.

Il y a aussi énormément de honte.
Tout ça n’existerait pas s’il n’y avait pas eu ce souci entre elle et moi. A-t-on été uniquement égoïste et capricieux à vouloir nous séparer ? Nous avions bien pensé aux conséquences sur Indio. Nous savions quel genre de traumatisme allait peser sur ses épaules. Nous le savions trop bien ; les parents de Sarah sont séparés depuis qu’elle a dix ans.
Mais nous l’avons fait quand même. Nous avons affirmés après maintes discutions que pour notre fils, le mieux était de lui épargner les disputes incessantes. Ce manque de tendresse, ces absences de mots doux. Il est seul avec sa mère – parfois seul avec son père – mais dans ces moments là il reçoit tout leur amour et nous avons favorisé cette solution ;
Prétexte ? Mauvaise excuse ? Stupidité ?
C’est fort possible. Je n’ai pas le recul nécessaire pour le juger.

Devenir père fut la plus belle aventure de ma vie. Devenir mauvais père, fut, et est encore, la plus affligeante des peines ;

Alors plus de colère ou plus de honte ? La peine quand à elle est présente à chaque instant de ma vie. Inutile de donc de la mentionner, elle fait partie de moi ;
C’est la honte la plus forte ce soir. Je ne vis pas seul, je n’ai plus l’appartement pour moi pour pouvoir déverser ma rage et mes maux. Je suis avec Capucine et si sa présence ne m’apporte que du bien, elle amplifie énormément mon déshonneur, mon humiliation.
Quel détestable parent je fais…qu’est ce que Sarah à raconté à mon garçon ?...

« Oh Cap… ! »

Quand ses fines mains atterrissent sur mes épaules j’ai un sursaut – merci l’effet de surprise – pourtant bien vite je me laisse agréablement faire, malgré mes envies de la remercier et de lui laisser passer la soirée la plus plaisante possible ; sans que mes problèmes ne viennent jusqu’à gâcher son intimité ;
Mais que voulez-vous. J’ai l’impression que les choses sont ainsi depuis des années ce qui est bien loin d’être le cas : Capucine prend merveilleusement soin de moi. Je crois que c’est réciproque, je fais du moins tout pour. Je suis tantôt son gamin qui doit se couvrir en sortant, tantôt un père qui rentre dès qu’il peut en ramenant quelques courses alors qu’elle a tout rangé ici, parfois encore je suis l’amant qui dès qu’il a passé la porte, se retrouve chaleureusement enlacé comme si seul l'amour nous permettait de tenir loin de l’autre plusieurs heures d’affilées...
Elle est incroyable, ma petite rousse.

« Je…il n’y a pas grand-chose à dire et je n’ai pas l’intention de t’embêter avec ça. Ça ne vaut pas le coup…en plus tu n’as rien mangé ; tu crois que je ne t’ai pas vue ?! »

J’essaye d’esquisser un sourire en levant les yeux dans le but de deviner son joli visage mais le rictus est fade et le regard démuni de toute gaieté.
Il faudrait qu’elle passe une bonne soirée. La jeune femme – comme je l’ai déjà dit – a subsisté à énormément de d’ennuis et surpassé beaucoup d'obstacles, inutile qu’elle supporte les miens. En même temps, si nous ressentons les mêmes choses pour l’autre – rien n’est moins sûr – je peux imaginer qu’elle ne veut pas attendre bras croisés que je me remette.
A sa place, je ne lâcherais pas l’affaire. Il n’y a qu’une façon pour que je sois bien : c’est qu’elle le soit également.
Je dépose alors mes doigts contre les siens qui sont toujours sur mes épaules et je laisse mon dos rejoindre le fond du canapé. C’est agréable. Très agréable.

« Je ne sais pas ce qui lui prend. Elle raconte…des aberrations. Elle parle de reformer notre famille – ce qui est clairement impossible – ou de ; de couper les ponts. Avec moi. Elle veut en fait qu’Indio ait un père aussi présent que les pères dignes de ce nom ; ou qu’il n’en ait plus… »

Tes mains sont libératrices ;
Mon cœur se déverse alors un peu ;
L’avocat renfermé laisse parler ses cicatrices ;
Ça lui fait tellement de bien d’être, avec toi, deux
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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Jeu 6 Déc - 17:48

Aucune douleur physique n'était plus intense que celle de l'impuissance ressentie devant la souffrance d'un être cher. Il souffrait et je n'étais pas en mesure de lui apporter mon aide. Que pouvais-je faire si ce n'était le réconforter ? Rien... Je troquais donc mon statut d'invitée pour celui de l'oreille attentive dans le but d'alléger quelque peu sa peine. Les mains sur ses épaules, je me sentais prête à le détendre en commençant par un doux massage. J'ignorais les conséquences de son altercation de toute à l'heure, aussi je prenais toutes les mesures nécessaires pour ne pas le brusquer davantage. Ma démarche fut chaleureusement accueillie et je sentais déjà ses muscles se détendre. Il était amusant de constater à quel point notre relation comportait de multiples facettes et ce n'était pas pour me déplaire. Je me montrais tendre et aimante dès lors qu'il s'agissait de prendre soin de lui comme une femme le ferait, tout en me montrant assez sévère pour qu'il m'écoute, prenant de ce fait la casquette de mère poule. De toute, c'était bien celle de femme que je préférais. Simplement, parce que j'avais cette impression d'être son égale et surtout d'être la seule à connaître ses petites manies comme le fait de fuir une situation compliquée en s'asseyant derrière le piano ou encore, de relever ses manches de chemise une fois dans l'appartement parce qu'il déteste ça.

Ainsi, je lui proposais de me raconter ses soucis pour lui montrer qu'il pouvait aussi se reposer sur moi. Mes épaules ne semblaient peut être pas aussi fortes que les siennes, mais je voulais l'aider et la volonté n'aidait-elle pas à faire des miracles ? Seulement, une fois encore, il me laissait en dehors de ses problèmes et je ne pu m'empêcher de ressentir un pincement au cœur. A croire que je ne pouvais lui être utile autre part que dans son appartement. Par contre, il se mit à s'inquiéter pour moi et ça, je ne pouvais l'accepter. Il tentait de sourire pour m'amener à sourire également, malheureusement, je ne pouvais rire. Intérieurement, il était triste, alors je l'étais aussi. Ses mains se posèrent sur les miennes et je le sentis se rapprocher de moi. Mais nous n'étions pas assez proches à mon goût. Sans pour autant faire le tour du canapé pour me blottir dans les bras, je me mis à genoux derrière le canapé et nouais mes bras autour de son cou dans un geste d'appartenance, laissant mes mains sur sa poitrine et notamment son cœur. Même si j'étais certaine d'y avoir une place à l'intérieur, je ne la trouvais pas assez grande à mon goût. Jamais contente cette Capucine Rider. Mon front vint se coller doucement dans son cou pour lui cacher ce trouble qui montait en moi sans que je puisse l'en empêcher.

- « Tu n'as pas faim... Je n'ai pas faim... Nous sommes liés... Ne l'as tu pas compris ? »

Je dissimulais davantage mon visage dans le coussin du canapé au cas où il lui viendrait à l'idée de me regarder. Je me sentais un peu honteuse de lui imposer mes états d'âme en ce qui le concernait. Même si je ressentais ce besoin maladif d'être près de lui, il demeurait libre de ses mouvements et de ses sentiments. Je me devais de conserver ma place bien gentiment. Elias était destiné à des femmes de l'acabit de Sarah. Je n'étais qu'une petite gamine dont il s'occupait. Je ne devais pas me prendre pour plus que ce que j'étais. Il dû comprendre mon mal être car il se mit en charge de me raconter son problème du soir. J'en fus heureuse. Du moins, au début car lorsque je sus de quoi il retournait, la solution au problème s'imposa immédiatement à mon esprit. Cette réponse, je la lui avais déjà suggéré quand je lui avais avoué toute mon histoire sur ma capacité.

A cette pensée, j'en eus le cœur lourd. Même s'il était difficile de l'accepter, il s'agissait de la meilleure solution pour leur famille. Elias avait besoin de son fils, tout comme son fils avait besoin de lui. Quand bien même il ne pourrait pas vivre avec sa mère, il pourrait néanmoins habiter dans la même ville pour qu'il puisse voir son gamin plus souvent. Seulement, cette décision reviendrait à l'éloigner de moi. Moi qui savait ce qu'était de vivre sans l'un de ses parents, je ne pouvais concevoir d'être la raison qui poussait Elias à rester. Je n'étais pas une bonne raison. Je ne devais pas en être une. Je resserrais mon étreinte contre lui dans un geste d'appartenance alors que j'allais prononcer les pires paroles de ma vie.

- « Tu... Tu devrais aller vivre à Chicago... Qu'est ce qui te retient ici ? Ton boulot ? Tu peux exercer n'importe ou dans le pays, j'imagine... Ton appartement ? Tu peux en trouver un autre la bas. Tu ne crois pas que pour le bien de ton fils, tu pourrais te rapprocher de lui ? Ainsi, tu ne serais pas aussi triste de ne pas le voir aussi souvent que tu le voudrais. »

Mes mains se crispèrent sur sa chemise alors que je faisais tout pour placer un sourire sur mes lèvres. Il était inutile de l'embarrasser avec mes sentiments d'abandon et d'amitié.

- « Il te manque... Je le vois. Tu ne te rends peut être pas compte, mais tu te comportes avec moi comme un père. Seulement, je ne suis pas ton enfant. Au lieu de t'occuper de moi, ne devrais-tu pas t'occuper de ton fils ? Car même si j'apaise un peu ta culpabilité, celle-ci ne s'envolera que si tu y vas... Du moins, c'est ce que je pense... »
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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Jeu 6 Déc - 22:12

Ma vision des choses est assez claire. Bien que les soucis en train d’obstruer mes esprits soient lourds d’incertitude, d’ambigüité et d’hésitation, ma vision reste nette. Précise. Tout simplement car je n’ai pas la capacité de penser autrement à ces problèmes.

Dans un premier temps, la vie avec Sarah.
Mon ex-femme et moi ne pouvons vivre ensemble. Les derniers mois passés avec elle ont été cauchemardesques, pour elle comme pour moi. Les disputes, les coups-bas, les insultes, les cris ou les non-dits, tout était extrêmement difficile à supporter. J’ai beaucoup souffert et j’ai bien conscience qu’elle a enduré les mêmes tortures ;
Hors de question d’envisager à nouveau une vie à deux. Pour le coup j’en suis sûr : ça n’apporterait rien de positif à Indio. Je préfère qu’il ait le manque d'un de ses parents à temps plein, qu’un amas de disputes en continue…

Le second temps, le plus important, perdre Indio.
Si je ne peux l'aimer pleinement – comme Sarah le proposait en retrouvant notre vie de couple – je dois donc le perdre, à jamais ? Du moins tant que madame prendra pour lui ses décisions familiales ?
C’est là aussi tout bonnement impossible. Inacceptable ; insupportable…je ne survivrais pas à ça. Je me sais beaucoup plus renfermé, écorché vif et enclin aux tendances dépressives depuis que ma vie a été renversée par ce divorce. Bien qu’il fut choisi. Car j'ai déjà perdu mon gamin une fois.
Le petit est plus que ma chair et mon sang. Il est un passé, un espoir, un regard personnel, un héritage, un nom, une fierté… j’ai besoin de lui. Je ne peux pas faire sans. Ce serait comme, me couper le cœur en deux, tout en entrainant une part de mon âme dans une obscurité fatale, irrémédiablement mortelle

Comment, alors que mes pensées sont littéralement noyées sous ces deux opulentes contrariétés, réussir à envisager une autre solution que les deux que m’a imposées la mère du petit à l’instant ? Sa façon de le dire, son ton, sa partialité, l’injustice de ses idées, l’abus clairement assumé dans son comportement ;
Tout chez elle ce soir m’a empêché de percevoir les choses différemment.
Mais Capucine, ma petite rouquine, est toujours pour moi…

« Mais… »

Ce qu’elle raconte est, inconcevable. Je ne suis pas certain que les raisons qui me poussent à dire ça soient essentielles, le plus surprenant : c’est que je n’y ai pas pensé moi-même. Qu’est ce que cela signifie ? Que je n’aime pas mon enfant ?
Bien sur que non. Mais j’ai si peur. J’ai si mal. Je suis en train, très doucement, avec une prudence qui m’enferme sur un appartement, une profession prenante et une passion discrète, de bâtir une vie ici. A Los Angeles.
Je ne pourrais survivre à un nouveau départ ; au commencement d'un nouveau chapitre.
Je veux terminer celui-ci. Qu’importe en fin de compte la chute de l’histoire, je veux pouvoir la rédiger intégralement. Le début c’était il y a quinze mois. Et j’ose espérer ne pas avoir atteint la fin du premier paragraphe encore. Je m’attache à cette ville, je m’attache à ses habitants, que ce soient ceux qui m’agressent le soir – par exemple – mes clients, les jolies filles – pourquoi pas ? – et quand je sens ces petites mains glisser sur moi ;
Capucine.

« Je, je n’peux pas ! Ce n’est pas si facile de trouver un travail je, j’ai mon propre cabinet ici je ne vais pas tout abandonner ! Et puis Chicago, je ne m’y suis jamais senti chez moi tu sais. L.A a une âme particulière, c’est… »

Embarrassant. Ce qu’elle raconte. Je rejette sur elle mes frustrations paternelles ? Je ne le pensais pas. Mais désormais qu’elle m’éclaire sur le sujet, je fronce les sourcils et renferme ses petits doigts dans les miens. Est-ce un reproche ? Pas réellement. Presque. Une façon de me dire attention, tu ne prends pas la bonne voie. Attention, en passant par là, tu oublies quelqu’un. Attention, tu as un fils, tu as une vie ailleurs…quitte cette ville.
Je me redresse alors en me défaisant de ce fait de son étreinte et je renferme mon visage entre les mains.

« Je sais très bien ce que je dois faire. Et il y a, ironie du sort, pas grand-chose que je puisse faire justement… »

Une abjecte façon de se rassurer ;
Une manière d’un peu plus me renfermer ;
Je n’ai pas besoin d’être guidé ;
Pas le courage de recommencer… ?
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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Jeu 6 Déc - 23:00

Il était évident qu'Elias aimait son fils et je ne comptais pas dire le contraire. Il me fallait seulement lui faire comprendre qu'il ne pourrait pas vivre sans lui dans la mesure où il ressentait déjà un mélange de tristesse et de culpabilité. C'était tout à fait compréhensible et je n'avais aucune intention d'être un obstacle à leur bonheur. Indio méritait d'avoir un père, tout comme Elias méritait de vivre avec son fils. Sarah ne pourrait comprendre ma relation avec son ex-mari. Il valait mieux pour moi m'effacer pour qu'un jour, Elias puisse sourire sans qu'une pointe de tristesse ne vienne souiller son regard. Si on pesait le pour et le contre, je ne lui apporterai que des ennuis. Du fait de mon jeune âge, les gens ne cesseraient de se demander ce qui le pousse à m'entretenir et surtout, ils se demanderaient si nos liens n'étaient pas plus que de la simple amitié. Ce serait légitime. Je ne pouvais le nier, mais nous faisions tout pour ne pas nous laisser déborder par nos sentiments. Enfin... Peut être étais-je la seule à ressentir cette attraction...

Elias trouvait toutes les excuses possible et imaginables pour rester à Los Angeles. Pour quelles raisons agissait-il ainsi ? Une petite partie de moi espérait qu'il le faisait pour moi, mais je devais sûrement me tromper. Encore une fois, je prenais mes rêves pour la réalité. A croire que je voyais en Elias, le prince charmant que toutes les petites filles rêvaient de rencontrer une fois adulte. Je devais avouer qu'il remplissait bien son rôle pour le moment. Il était à la fois doux, tendre, mais également fort. A plusieurs reprises, il m'avait déjà prise dans ses bras et je me sentais si petite, si fragile que je m'étais contentée d'apprécier ces moments. Dommage que je ne sois pas plus vieille... Il n'aurait fait aucun doute que les choses auraient pu être différentes.

Soudain, il se leva, quittant le cocon que je lui offrais. J'avais dépassé les limites. De quel droit ingérais-je dans sa vie ? Il était censé être l'adulte et prendre les meilleures décisions pour sa vie. Finalement, de nous deux, j'étais celle qui pouponnait l'autre. Je faisais le tour du canapé pour m'y installer et le regardais se torturer inutilement. La solution me paraissait pourtant simple. Après un mois, je ne pouvais concevoir posséder un tel pouvoir sur ses décisions.

- « J'espère que... Je ne suis pas une des raisons qui te retiennent ici, car je ne le supporterai pas. J'ai grandi sans ma mère, mais parce qu'elle est morte dans un accident de moto. Ma vie ne s'est pas arrêtée pour autant, seulement, j'ai toujours ressenti un manque là... », dis-je en désignant mon cœur.

Je le regardais droit dans les yeux en pesant chacun de mes mots.

- « Indio a la chance d'avoir son père vivant et de toute évidence, il te manque. Si tu ne peux pas aller à Chicago, Sarah ne pourrait-elle pas venir sur Los Angeles. Je ne dis pas qu'il vous faut partager l'appartement, mais peut être devrais-tu l'inviter sur Los Angeles... Même s'il ne t'en veux pas, Indio a besoin de toi. »

Moi aussi. Mais ça, je ne pouvais le lui dire. Je ne pouvais me montrer égoïste quand le bonheur d'un petit garçon était en jeu. J'étais une grande fille et il était plus que temps d'apprendre à me gérer seule. Je ne pouvais garder Elias pour moi. Même s'il se montrait fort dès qu'il s'agissait de relation avec les autres, je sentais qu'il n'aurait jamais le courage de me pousser vers la sortie. Pourtant, c'était dans l'ordre des choses, non ? S'il n'avait pas le courage de me demander de partir, j'allais devoir prendre les devants et ce, même si ça me coûterait de le faire. Je me levais pour me planter devant lui.

- « Si on y regarde bien, tu as trois choix. Soit Sarah vient ici et vous tentez de vous arranger avec le petit. Ce serait la meilleure solution. Soit tu vas à Chicago, même si tu n'aimes pas la ville, tu auras Indio. Soit tu restes ici au risque de le perdre et tu sentiras toujours ce vide ici. »

Cette fois, je déposais ma main non pas sur mon cœur, mais sur le sien. Elias était un homme de cœur et il lui serait difficile de ne pas choisir son fils si cela revenait à l'abandonner définitivement. Il devait certainement y avoir une autre solution. Je l'espérais.
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Ven 7 Déc - 9:18

Capucine souhaite réellement ne pas faire partie de la liste des excuses qui me retiennent en ville ?
Je pensais qu’elle tenait avec un peu plus d’égoïsme à notre lien. Il faut croire que je suis réellement le premier des égocentriques insensibles.
Suis-je capable de laisser mon fils à sa mère, de baisser les bras, de renoncer à une discussion de plus, à une dispute de trop ? Et ce, pour rester auprès de cette fille que concrètement je ne connais pas plus que ça…je la connais depuis une poignée de jours, nous avons partagés de beaux moments de complicité qui s’apparentent à de l’amitié ; mais je ne sais même pas ce que nous sommes l’un pour l’autre.
Il y a peu je découvrais une partie de sa personnalité ‘fantastique’. La rouquine me parlait de nous séparer, car c’était insensé de rester tous les deux ! Je n’ai pas voulu. Quelques jours après, voilà qu’elle me répète ça : je dois quitter L.A.

La ville ne m’acceptera donc jamais ? Je n’ai vraiment aucun avenir ici ? Pas la moindre chance de m’épanouir ? Je ne parle même pas de trouver l’amour, ces fantasmes sont bons à un certain âge seulement…
Je me sens rejeté. Même par elle. Mon amie. Ma protégée. Ma capucine.

« Mais qu’est ce que je peux faire ?! »

Dis-je en haussant malgré moi le ton. Je n’ai pas envie de m’en prendre à elle, surtout pas à cause de Sarah et ses conneries ! Mais j’ai les nerfs qui menacent d’exploser ; j’ai mal sur la plaie au dessus de mon œil, au coin de la lèvre et sur l’abdomen ; j’ai mal au cœur et je ne ressens que trop bien le vide dont parle Capucine.
Je suis mal. Je ne contrôle pas bien mes réactions ni le ton autoritaire et impatient de ma voix.
Sa réponse pourtant ne tarde pas et est, ma foi, très logique.
Trois choix. Bon sang j’ai l’impression d’être tombé dans un mauvais jeu ou tous les choix qu’il me reste sont ceux du perdant qui doit, devant les spectateurs avides de drame, tirer un lot qui quoiqu’il advienne, sera mauvais car les beaux cadeaux sont pour celui qui est passé devant…
Je secoue la tête après avoir regardé sa petite main contre mon torse.

« Je ne peux pas partir. »

Abandonnant le canapé – et repoussant doucement la belle – je me lève, portant une main à mes côtes, et prends le chemin de la mezzanine. Une bonne douche ne peut pas me faire de mal. Il me faut du concret, du tangible, voyons à quoi ressemble mon ventre si j’ai une marque ou non, voyons si je peux retirer ce ridicule pansement et faire disparaitre grâce à l’eau chaude les quelques nœuds qui me malmènent encore le dos et les épaules.
Je suis tendu comme tout. Chaque mouvement est douloureux et chaque pensée déchirante.

Comme le mauvais époux qui fuit le sermon d’une femme inquiète, comme l’adolescent capricieux qui veut fuir une autorité parentale certes légitime mais très gênante, comme le mauvais perdant qui tourne le dos à ses camarades qu’il apprécie tant pour ne pas avoir à observer leur regard victorieux ; je passe derrière la vitre qui sépare la douche de ma chambre et ouvre ma chemise pour admirer les potentiels dégâts.
L’hématome est déjà bien formé, plutôt rougeâtre au centre et bien foncé tout autour. Quelques tâches montrent même les agglomérats de sang. Un peu plus et la peau se déchirait comme un vulgaire papier trempé sur lequel on exercerait une petite pression ;
Mais la chance fut de mon côté tout à l’heure. Si je puis dire. Le pied de l’agresseur n’a pas du atterrir là avec assez de précision.

Ah…Capucine.
Les trois choix sont réellement tout ce que j’ai. Mais ils sont tous impossibles. Impensables. Irréalisables en l’état car je ne supporterais pas de partir d’ici. De cette ville qui devient petit à petit mienne. De ce cabinet que j’adopte enfin. De ces rues larges et bondées qui me font râler. De cet ascenseur dans lequel je croise trop souvent notre pénible voisine. De cet appartement, dans lequel je me sens plus chez moi depuis que la demoiselle l’habite que lorsque j’étais seul ;
Je n’accepterais pas d’être séparé d’elle.
La présence de Sarah à L.A serait menaçante pour nous. Quand à mon absence c’est pire encore, elle mettrait un terme à notre aventure…
Mais abandonner Indio ?

Plaçant une main contre mes yeux ;
Je laisse s’échapper une larme damnée ;
Au fond le choix sera toujours douloureux ;
Il s’agirait de perdre une personne aimée…
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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Ven 7 Déc - 11:48

Cela faisait plus d'un mois que nous partagions cette colocation. Nous étions passés par de nombreuses épreuves, mais celle-ci était sans aucun doute la pire de toutes, car elle signifiait la fin de cette magnifique histoire. Je ne pouvais continuer à vivre auprès d'Elias au détriment de son fils car il était évident qu'il ne le supporterait pas. Je ne pouvais continuer à le voir aussi triste à chaque qu'il penserait à la chair de sa chair... Indio était encore un enfant et il avait besoin de son père, tout comme Elias avait besoin de lui. Plus je parlais avec l'avocat, plus j'avais cette impression qu'il restait pour moi. Je ne le voulais pas. Il ne pouvait décemment pas me mettre ce poids sur les épaules. C'est alors qu'il me demanda ce qu'il devait faire. Malheureusement, la décision ne m'appartenait pas. Je ne pouvais que lui énoncer les trois hypothèses qui se présentaient à lui.

Je pouvais sentir la colère qui émanait de lui, même si elle ne m'était pas destinée. Je pouvais la comprendre et j'acceptais même d'en subir les conséquences si cela lui permettait de se sentir un peu mieux. La main sur son cœur, je me contentais de rester impassible sachant pertinemment que si je montrais mes vraies émotions, il ferait le mauvais choix. Car oui... J'étais un mauvais choix. Mes convictions vacillèrent lorsqu'il me fit savoir qu'il ne pouvait pas partir. Il y avait tellement de souffrance dans sa voix que je me sentais prête à me jeter à ses genoux pour le supplier de rester avec moi, dans cet appartement. Je pouvais aisément imaginer la scène, tellement l'envie de le faire me semblait importante. J'aurai aimé qu'il sache à quel point ces mots me blessaient, me déchiraient les entrailles pour qu'il éviter de penser que je le rejetais. Le comprenait-il ? Je n'en étais pas certaine puisqu'il tournait déjà les talons pour prendre le chemin de la salle de bain.

- « Alors reste avec moi... », murmurais-je à moi même.

Assise sur le canapé, je restais immobile, attendant que l'eau se mette à couler. Pourquoi ? Tout simplement, parce qu'à ce moment là, j'étais certaine qu'Elias ne verrait pas les larmes couler sur mes joues. Contenir cette tristesse me rendait folle, mais ce stratagème était nécessaire. Lorsque le bruit salvateur se fit entendre, la réaction fut immédiate. Mes bras vinrent former un cocon sur ma tête pour cacher ces larmes de honte. Pourtant, je ne pouvais me permettre une trop longue « pause ». Pour tenter de stopper les chutes du Niagara et me changer les idées, je me mis en tête de ranger la cuisine avant de préparer mon lit. Cela ne prit même pas cinq minutes si bien que je me retrouvais encore les bras ballants. Finalement, mieux valait peut être se coucher. Ainsi, je n'aurai plus à parler avec Elias d'un sujet aussi désagréable que son départ. Pourtant... Je me voyais mal m'endormir tranquillement après de telles émotions. J'avais besoin d'un petit coup de main.

Elias n'aimait pas spécialement boire, mais il gardait quelques bouteilles au cas où il recevrait des invités chez lui. Ce n'était sûrement pas une bonne idée, mais un verre ne pouvait pas me faire trop de mal, non ? Tant pis, j'en avais trop besoin pour m'en passer maintenant que la bouteille de whisky se retrouvait dans ma main.

- « A la tienne Indio. Même si on ne se connaît pas, j'espère que tu apprécieras mon cadeau... »

D'une traite, j'avalais mon verre et ressentis cette vive brûlure le long de ma gorge au fur et à mesure que l'alcool s'y écoulait. Pfiouuu... Il était fort ! Ou peut être avais-je réellement perdu ma capacité à endurer l'alcool. Il est vrai qu'alcool et médicaments ne faisaient pas bon ménage aussi avais-je accueilli les bras ouverts une meilleure hygiène de vie. Je reposais le verre dans l'évier et me couchais. Sauf qu'au lieu de m'aider à rejoindre Morphée, je ressentais une vive excitation. Ou peut être était-ce seulement un rêve... peut être était-ce ma façon de fuir la réalité en me réfugiant dans les rêves. D'ici, j'étais libre de dire et faire ce que je souhaitais. Je pouvais virer ce pantalon pyjama et ce pull informe pour enfiler cette petite nuisette bleue électrique que j'avais vu dans cette boutique de lingerie. Je pourrais monter les marches de la mezzanine et me diriger vers le lit d'Elias pour lui avouer tout ce que je n'avais pas pu lui dire tout à l'heure. Ce rêve était magnifique. Si magnifique dans la mesure où il me semblait bien réel.

En effet, je pouvais ressentir cette sensation soyeuse contre ma peau et cette douce chaleur qui m'envahissait lorsque j’apercevais Elias. La lumière était encore allumée malgré le fait qu'il soit dans son lit. Je le regardais droit dans les yeux, consciente qu'il me voyait de là où j'étais. Peut être me parlait-il, peut être que non. Cette fois, c'était à moi de parler. J'étais libre de le faire car nous étions dans mon rêve. Je m'approchais de lui doucement avant de monter sur son lit. Telle une panthère, je me mouvais d'une manière honteusement féline avant de me stopper à quelques centimètres de son visage. Il me fallait lui dire. Ces petits mots avaient besoin de sortir.

- « Ne pars pas... J'ai besoin de toi. »

Puis, je l'embrassais. Décidément, ce rêve était magnifique. Magnifiquement réel, mais tellement bon.
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Ven 7 Déc - 17:26

D’habitude lorsque l’écoulement de l’eau parcourt mon corps, de ma tête aux pieds, que je ferme les yeux en redressant le visage comme pour encore mieux ressentir cette chaude et apaisante caresse, mes pensées semblent suivre cette chute et rejoindre le sol. Je ne sais quels abysses. Les oubliettes. Au moins le temps d’une douche ;
Mais pas ce soir. Quand mes paupières se closent et que j’inspire profondément tout en actionnant le jet d’eau, les premières images qui m’apparaissent sont directement liées à mes tourments. Elles sont ces ennuis. Ces amours. Ces problèmes.
Je revois Indio essayer d’attraper les biscuits ranger dans l’étagère du haut, je devine la silhouette de Capucine qui m’offre ses plus beaux sourires et je suis contrains de secouer la tête pour dissiper ces maudits songes, mirages.
Je n’ai pas besoin que mon inconscient – subconscient ou appelez ça comme vous le voulez – me rappelle que j’aime ces deux personnes. Je ne le sais que trop bien.

D’habitude lorsque l’écoulement de l’eau parcourt mon corps, mes meilleures sensations, connaissances et sentiments me reviennent.

C’est peut être le cas ce soir aussi. Seulement mes bonheurs sont aussi ce qui me fait le plus de mal ; ce n’est pas ce dont j’ai besoin maintenant. Je coupe donc l’eau après avoir nerveusement fais courir le savon sur ma peau et je me sèche en vitesse pour enfiler un boxer sombre.
Je n’ai aucune envie de me coucher, car si cela me donne l’impression de fuir la réalité, c’est aussi le moment ou je vais amèrement la retrouver.
Dans mon lit, en cherchant le sommeil, je fais face à ces cruelles idées.

Je ne saurai dire avec exactitude le temps que j’ai passé bras croisés à fixer le plafond. Depuis mon lit je devine les meubles de cuisine, les étagères du haut. Je sais que quelques mètres plus loin se trouve Capucine, bien que je n’entende pas le moindre bruit.
Peut être a-t-elle baissé au maximum le son de la télévision. Peut être termine-t-elle silencieusement de manger. Peut être encore, si déçue par ma réaction et blessée par mes soucis, broie-t-elle du noir qui jamais ne devrait entacher sa vie ;
Les trois hypothèses qu’elle a étalé tout à l’heure tournent un moment dans ma tête avant que mes idées se focalisent sur elle.
Je pensais ne lui apporter que de l’aide mais il faut accepter la vérité, l’évidence : entre cette histoire de don, les menaces qui semblent planer au dessus d’elle, les emmerdes de mon ex-femme et toutes ces petites futilités qui nous séparent… l’âge ? Je croyais que c’était superflu de s’arrêter à ça mais broyer du noir vous rend plus pessimiste que vous ne pouvez déjà l'être.

« Qu…Cap ?! »

Je ne l’ai pas entendu monter, je ne l’aperçois qu’au moment ou elle se place devant mon lit. J’aurai pu imaginer des tas de raisons qui l’ont poussée à monter me rejoindre – une envie de discuter, de s’excuser, de me rassurer, de se rassurer sur mon état entre autres – mais un détail m’empêche de réagir autrement qu’avec méfiance : sa tenue… ?
Disons que j’évite de surveiller ce qu’elle porte même si j’apprécie toujours les vêtements qui la mettent en valeur, mais je n’avais jamais croisé cette nuisette. Elle a tout d’un déshabillé de séduction et j’avoue que l’air bête bouche ouverte que j’affiche exprime merveilleusement bien la qualité et la beauté que j’ai sous les yeux ;

« Capucine ! »

Inutile apostrophe mais c’est tout ce que j’arrive à formuler ;
D’un geste rapide je ramène sur moi la couverture pour couvrir mon torse nu, me sentant quelque peu pudique face à cette rouquine affamée… il est clair que dans un autre contexte, un peu moins ambigüe et avec une entente sur nos intentions réciproques plus libertines, la situation aurait été sublime
Mais j’ai du mal à comprendre l’attitude de la demoiselle. La première fois qu’elle m’a embrassé, elle était embarrassée comme tout et a clairement fait comprendre que c’était une erreur. La seconde fois c’était de ma faute et c’était, amical ?

Cependant à cet instant, quand ses lèvres viennent capturer les miennes, que je m’allonge sans même le réaliser pour mieux l’attirer à moi alors que ma langue vient subtilement attirer la sienne : le baiser à tout d’un échange charnel et voluptueux.

« Capucine… » Pour la troisième fois ; « A-attends ; qu’est ce que tu fais ? »

Je peine à cesser de l’embrasser, de jouer de ses lèvres alors que nos souffles se mêlent avidement, impatients. Pourtant je réussis à reculer assez mon visage pour retrouver son regard et, une main posée contre sa joue, l’autre sur sa hanche, je secoue la tête lentement.
Un arrière gout alcoolisé que je ne reconnais pas immédiatement me fait froncer les sourcils et je l’aide à s’assoir – pour éviter qu’elle ne reste quasiment allongée si près de moi. C’est bien trop tentant.

« Est-ce que ça va ? Tu as les joues...rouges. »

Mon bras s'étend et je viens effleurer sa pommette tandis que je penche mon buste en avant, pour me rapprocher. Moi je tentais de mettre de la distance il y a deux secondes ? Bien entendu mais ; comment réagir, comment contrer ça, comment combattre l'envoutement même ?...

Ma perspicacité impose de l’inquiétude ;
Je penche le visage, encore enivré par ton baiser ;
Qu’est ce qui explique telle attitude ;
De la part d’une fille si avisée
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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Ven 7 Déc - 18:10

De ma place, je pouvais sentir le regard d'Elias glisser sur mon corps comme une caresse. Tout dans son expression montrait que le spectacle lui était agréable quand bien même il relevait la couverture. Il avait besoin de moi, tout comme j'avais envie de lui à cet instant. Tout m'était permis puisque mes rêves ne représentaient aucun danger pour notre relation. Aucun jugement. Aucune remarque désagréable. Aucune conséquence. Je pouvais laisser libre court à mes fantasmes. Indio et Sarah n'étaient qu'un vague souvenir au loin puisque l'avocat était à moi. J'emprisonnais ses lèvres avec les miennes alors que je m'allongeais sur lui. Mes mains caressaient tout ce qui se trouvait à leur portée : cheveux, torse, bras. Je ne lui laissais pas le choix. Pour cette fois, je me montrais d'un égoïsme sans pareil. Je ne voulais qu'il ne pense qu'à moi, que ses mains ne caressent que moi, qu'il ne prononce aucun autre prénom que le mien et enfin... que ses lèvres soient les miennes à jamais.

Seulement, il me repoussait et me demandait ce que je faisais. Pourquoi ne jouait-il pas le jeu ? Pourquoi ne comprenait-il pas qu'il n'avait pas le choix ce soir ? Pour autant, j'appuie davantage ma joue contre sa main pour sentir davantage sa caresse. Ses mains... Elles semblaient si douces et à la fois si fortes. Avec un air coquin, je mordillais doucement l'un de ses doigts pour lui confirmer mes attentions. Il avait beau me parler, je ne trouvais aucun intérêt à lui répondre. Je décidais de notre destin. Peut être pas dans la vraie vie, mais dans mes rêves, j'étais maîtresse de tout. Suite à cela, je me retrouvais à califourchon sur lui alors qu'il relevait son buste. Nos bouches se retrouvèrent à nouveau à quelques centimètres. Mes yeux admirèrent la beauté de ses traits. L'attraction qui me poussait à rester auprès de lui se faisait de plus en plus forte et je me laissais envahir par cette douce chaleur. Mes mains dessinèrent des arabesques invisibles sur son torse dans le but de faire descendre une bonne fois pour toute ce drap inutile. Je me sentais bien...

- « Reste avec moi... Ne pars pas pour Chicago... Je saurais te rendre heureux... », murmurais-je à son oreille.

Après cela, je lui mordais l'oreille, alors que mes mains opéraient une descente vertigineuse vers la limite de son boxer, comme pour lui montrer qu'il était superflue. Il n'y avait pas que son boxer qui était superflue.... Aussitôt mes mains allèrent sur les bretelles de cette charmante nuisette pour en faire glisser les bretelles. Je n'étais pas sans savoir que cette vision faisait tourner la tête au mec. Les filles en jouaient de temps à autre pour accroître leur désir. Tout ceci était un jeu de séduction avant que nos corps ne soient scellés une bonne fois pour toute. Cela sonnait comme une évidence. Seulement, je ne voulais pas faire le travail moi même. J'avais besoin de sentir qu'il me voulait également à ses côtés. Pas comme sa fille. Pas comme une simple amie, mais en tant qu'alliée dans la vie.

- « Embrasse moi... »

Cette demande ressemblait davantage à un ordre qu'à une supplique. J'avais pourtant besoin de savoir s'il ressentait les mêmes envies que moi à cet instant. Notre lien était devenu si fort en un mois et quelques jours, il était normal de rêver de son colocataire, non ? Peu importait. Je me sentais bien dans ce rêve. C'était tout ce qui comptait. Si seulement, je pouvais ne jamais me réveiller !
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Ven 7 Déc - 20:57

Aguicheuse, ensorceleuse, Capucine entre dans le rôle parfait de la séductrice – ou le rôle de la séductrice parfaite ? – alors que je me sens douloureusement tiraillé entre plusieurs sensations, déchiré entre maints ressentis.

Bien sur, je suis troublé.
Attisé par cette succulente demoiselle trop peu vêtue je sens mes muscles se gonfler comme les plumes d’un pan qui veut attirer à tout prix l’attention de la plus belle des dames, comme un paladin certifiant sa qualité physique et intellectuelle, prouvant ses innombrables atouts pour disposer de l’unique, pour conquérir la jeune fille de ses rêves. Mon regard est consumé par un feu avide, bourré d’appétit. Bientôt incontrôlable.
Mais il y a aussi cette gêne. Énorme. Je ne sais pas où me mettre car ma raison m’arrache de la passion qui me succombe pour essayer de me rapprocher de la réalité ; si violente et rude puisse-t-être cette méthode.
Je peux même parler d’une autre émotion qui m’enserre le cœur. L’envie de savourer les ambitions de Capucine est celle qui occupe le plus de place dans mes pensées ; l’embarras en prend un peu moins. Mais quelque part, là, dans un minuscule coin de mon esprit, s’invite une inquiétude.
Qu’est ce qui lui prend ? Si céder à cette tentation n’était pas un problème, nous aurions depuis déjà plusieurs jours laisser nos corps s’unir avec ravissement…

« Mais enfin je t’ai dit que je n’avais pas l’intention de quitter la ville…Cap… »

Cette façon de m’aguicher est-elle une technique, un plan, une tactique pour me convaincre de ne pas retourner à Chicago ? Ça ne ressemble pas à Capucine. Admettons que je ne la connaisse pas assez – même si je pense le contraire – mais c’est elle qui m’a soufflé de rejoindre Indio là-bas il y a moins d’une heure !
Je suis perdu et…bon sang ; ces lèvres. Cette peau si douce. Ce parfum enivrant. La courbe délicieuse de son cou à son épaule. L’étincelle de son regard. La naissance de ses cuisses contre lequel s’échoue une nuisette décidément de trop

Alors que nos lèvres se retrouvent avec une farouche appétence – car je réponds par faiblesse à sa requête – que ses mains dansent contre moi dans une liberté choquante – mais tellement plaisante – je me sens répondre à son baiser langoureux, y mettre toute mon ardeur et mon affection. Paradoxalement, mes mains s’agrippent à ses épaules feignant de vouloir l’éloigner de moi ;
Vaine tentative ? Hypocrite comédie ? Je ne sais plus comment contrôler certaines réactions déraisonnables de mon corps et motiver les autres plus avisées. Judicieuses.
…malheureusement mon étreinte solide sur ses fins bras, sensée la repousser, se met à la déplacer à tel point que je la fais tomber sur le dos du côté droit du lit et je me laisse entrainer au dessus d’elle tel un cadavre dépourvu de force…
Je cède ?

Avant que mon buste ne soit complètement contre le sien, mes bras reprennent du service pour lui épargner un peu de mon poids et après lui avoir offert un séduisant sourire, je laisse une main s’emparer de son poignet pour le capturer. Autorité, domination ; moi aussi je suis capable de jouer, de profiter. Ainsi mes lèvres viennent s’en prendre au contour de sa discrète mâchoire avant de descendre à son cou, frôlant sa jugulaire, telles de perfides tortionnaires.
Le souffle déjà court, bouillant de l’intérieur, je soupire mon impatience en soufflant contre ses lèvres que je retrouve avec une tendresse contradictoire à la force que j’impose à ma prise sur sa main.
En fait la puissance dont je devrais imprégner ma volonté et ma raison s’égare dans mes pulsions charnelles, bestiales ;

« Ce…c’est... » Mal. Pas bien. Dangereux ou irréfléchi. C’est surement ce genre de chose que je tente d’articuler mais l’onctuosité de sa bouche me kidnappe à nouveau et je suis contrains d’exprimer un léger râle de frustration pour y mettre fin. « Non Capucine on ne peut pas ! »

Je me repousse brutalement ;
Je te veux, je m’en veux ;
Tu m’attires, me plais, c’est évident ;
Mais ce petit jeu est pour nous dangereux


__

HJ : Une relecture s'imposera je crois...
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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Ven 7 Déc - 21:53

Enfermée dans mes rêves, Elias me confirmait ses intentions de rester à Los Angeles auprès de moi. Le doute n'était plus permis, car il était évident que l'avocat ne prononcerait jamais ces mots dans la réalité. Il ne pourrait jamais renoncer à son fils, la chair de sa chair, pour l'inconnue que j'étais. Il ne me restait plus qu'à en profiter. Je me laissais aller à cette douce passion, cette enivrante étreinte dans le simple but de le laisser me posséder. Mes doigts couraient sur son corps, tout comme les siens parcouraient le mien. Nos lèvres ne pouvaient se quitter très longtemps, trop dépendantes de celles de l'autre. Lorsque ses mains se posèrent sur mes épaules, je me surpris à nouer mes bras autour de son cou comme pour lui intimer l'ordre de ne pas rompre ce contact. Mais il était fort, bien plus fort que moi... Je me retrouvais bien vite sur le dos, prisonnière de son emprise. Allongée en dessous, je me contentais de le regarder avec ce petit sourire victorieux. Je pouvais lire dans son regard qu'il était lui aussi tombé du côté sombre de la force et ce n'était pas pour me déplaire.

Alors qu'Elias se saisissait de l'un de mes poignets, mes jambes enserrèrent sa taille pour rapprocher un peu plus nos corps. Je rajoutais le petit sourire séducteur pour lui montrer qu'il n'était pas le seul à jouer. Il voulait se la jouer dominateur, je me sentais prête à disputer cette place. Pourtant, il me fit rapidement regretter ce petit affront en laissant courir ses lèvres contre mon cou. Je me cambrais sous ce traitement honteusement agréable. Je laissais même échapper un gémissement avant qu'il ne reparte à la conquête de mes lèvres. Ma main libre courait le long de son dos et s'accrochait à ses robustes épaules. Elias tenta de me dire quelque chose, mais les mots étaient devenus obsolètes en cet instant. Il n'était plus temps de parler, il nous restait plus qu'à agir, à savourer cette fugue sexuelle. Malheureusement, les bonnes choses avaient toujours une fin et Elias semblait décidé à mettre un terme à mon fantasme. Mais... Mais... Maiiiiiiis euuuuuhhhh !!! Je décidais ! C'était mon rêve ! Quel rabat joie ! Ne pouvait-il pas rester ce beau prince qu'il était censé être ? Pourtant, l'avocat se retirait déjà pour se placer à mes côtés. Comme si j'allais lui laisser le choix de me faire ça !

- « Et moi, je dis le contraire ! Tu ne vas quand même pas faire la loi dans mes rêves ! D'habitude, t'es plus consentant ! Allez zou, à poil ! »

Aussitôt dit, aussitôt fait... Mes mains saisirent cette nuisette qui devenait de plus en plus superflue et dévoilais, sous les yeux ébahis de l'avocat, mon corps de déesse. Même s'il m'arrivait parfois de ne pas aimer mon corps, je devais reconnaître que là, je me sentais tellement bien que ça m'importait peu. Elias répondait favorablement à mes avances, il venait de me promettre qu'il ne s'en irait pas et même, si je rêvais tout ça, c'était suffisant. Il me donnait l'impression d'être la plus belle femme du monde. Tous les petits tracas qui m'empêchaient de réaliser ce fantasme n'existaient pas dans ce monde. Je pourrais très bien demander Brad Pitt qu'il sonnerait à la porte dans la minute !

Désormais nue, je lui sautais dessus et me collais contre son corps. Ce dernier semblait aussi incandescent que le mien et le cadeau que renfermait son boxer m'indiquait que mes attaques étaient appréciées à leur juste valeur. Ma poitrine se colla contre son torse alors que ma main se frayait un chemin jusqu'à la limite de son dernier rempart. Pour autant, cette petite curieuse ne déballa pas directement sa surprise. Elle se contenta de tâter la chose comme s'il s'agissait de la deviner. Sauf qu'ici, j'étais certaine qu'il ne s'agirait pas d'un livre...

- « Fais moi l'amour... »
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Sam 8 Déc - 14:57

WTF ? Je ne fais que mimer depuis mes lèvres ma réaction de surprise quand ses mots me parviennent. J’ai besoin d’une ou deux secondes pour me les répéter intérieurement et être certain d’avoir bien entendu. Mais je crois que c’est ça : Capucine parle de rêve. 'Plus consentant d’habitude ?' Wow wow wow !
Cette fois je ne comprends plus. Comment réussir à accepter que la demoiselle en train de m’allumer – autant dire ce qui est – est en fait en train de rêver ? Non, pour être plus correct encore : elle se croit dans un rêve. La rouquine pense projeter certaines de ses envies dans un songe et je ne vois pas de quelle façon ceci est possible. Une forme de somnambulisme ? C’est facile ! Vous ne trouvez pas ?
« Pardon, je vous saute dessus mademoiselle mais ce n’est pas bien grave puisque je rêve ! »
Non décidément, c’est impensable qu’elle se croie endormie…ça fait partie de, ses capacités ? A-t-elle un don qui permet ce genre de chose ? Ça ressemble pourtant davantage à un mauvais effet secondaire qui m’inquiète de plus en plus ;
Sans que cela ne calme mes ardeurs, si vous voyez ce que je veux dire.

Alors que je me tanne pour admettre – du moins supposer – que Cap se pense vraiment dans un rêve, je perds du temps. Il ne faut pas plus d’une fraction de secondes pour que la miss retire sa nuisette et m’offre…tout le loisir de dévorer sa beauté. Des yeux pour le moment et ; bordel il faudrait que ça s’arrête !
Et si elle finit par réaliser qu’elle ne dort pas, ce serait un drame ! Jamais la Capucine consciente ne ferait ça j’en suis certain ! Nous nous sommes empêchés à plusieurs reprises de céder, ça parait assez logique qu’en sommeil elle se l’autorise mais je ne peux la laisser confondre mirage et réalité

« Mais ! »

Un mouvement de recul m’oblige à généreusement rencontrer la tête de lit alors que les jambes de l’excitée m’encerclent. J’ai intérêt à faire attention, nous ne devons certes pas céder mais je ne peux m’autoriser la moindre violence ! Pourtant si je ne réagis qu’avec douceur…je sais d’ores et déjà que je vais perdre cette bataille.
Mon corps ne cesse de la réclamer, de plus en plus fort, de plus en plus vite et mes mains viennent répondre aux siennes en devinant un sein, en supposant les cuisses, les doigts entamant déjà de s’immiscer entre elles, conquérants ;
Je suis perdu. Et ça n’a rien d’amusant !

Il suffit – heureusement ? Pour mon plus grand malheur à la fois – d’une douleur. Vive. Brutale. Un mauvais pincement, un maladroit positionnement, son genou mord ma plaie contre le matelas et la pression suffit à déchirer la peau ;
Le papier détrempé de tout à l’heure, souvenez vous. Le sang agglutiné là ou le pied de l’agresseur a atterrit fait office d’eau et le geste endiablé de Capucine vient remplacer l’action de deux mais écartant les pans de la feuille.
Je plisse les yeux en étouffant un râle – plaisir et douleur mêlés, étrange son – et ramène une main en vitesse contre mes côtes par réflexe. Inutile. Ceci dit cette pénible sensation m’arrache un instant à la jouissance procurée par la belle et j’en profite pour la faire de nouveau basculer sur le lit, d’un joli jeu de jambes.
Il faut savoir exploiter au mieux une telle opportunité ;

« Arrête Capucine ça suffit. On ne peut pas tu le sais très bien et, réveille toi ! On ne peut pas se permettre !...En plus j’ai mal. »

Comme un gamin bougon – foutrement frustré à la voix hésitante – je me lève, le visage froncé, et je rejoins la salle de bain pour m’asperger le visage d’eau fraiche, indispensable, avant d’observer la légère blessure. Je saigne, mais c’est plus que raisonnable. Je n’ai quasiment plus mal, c’était sur le coup.
Une grande inspiration et…non, il m’en faut deux ou trois.
Inspirer ; expirer ; ça ressemble plus à un aspirer ; soupirer. Mais à quelques détails près, ça revient au même !
Que dois-je faire désormais ? Elle ne m’a pas suivit, est-elle calmée ?

Après réflexion une fierté malsaine m’envahit ;
Je reste lésé et embêté par ton comportement ;
Ce serait bien sur facile et plaisant d’agir ainsi ;
Mais trop grave de profiter de ton – vivant – assoupissement…


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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Sam 8 Déc - 22:49

Elias me résistait et je ne comprenais pas les règles de ce nouveau jeu. Pourquoi ne faisait-il pas en sorte de combler tous mes désirs sans se débattre. Il y avait réellement un problème. De plus, un curieux mal de tête commençait à naître. Je n'étais pas censée avoir mal... Peut être que je désirais tellement continuer ce rêve que cela avait quelques conséquences. La douleur était encore gérable donc, je prenais le risque de le pousser à l'extrême en sautant sur l'objet de mes désirs : Elias. Il tenta de se soustraire de mon emprise et de protester, mais je déposais un doigt sur ses lèvres avant de laisser courir mes mains sur son torse. Je remarquais cependant que ses protestations se faisaient moins nombreuses. D'ailleurs, ses mains commençaient à se mettre en action puisqu'elles effleurèrent tour à tour des endroits qui suggéraient bien la suite des événements.

Le voir ainsi, totalement soumis à son désir, je ne pu m'empêcher de me rapprocher de lui. Malheureusement, en faisant cela, j'avais oublié qu'il était blessé... Je venais de tout gâcher. Aussitôt, je me sentis repousser sur le côté et ne pouvais que regarder Elias m'ordonner de me réveiller... Plaît-il ? Je n'ai pas bien saisi le sens de votre phrase. Mais je n'eus pas le temps de poser la moindre question qu'il se dirigeait déjà vers la salle de bain. Se pourrait-il que... Je regardais ma main caresser les draps et me rendait peu à peu compte de ce que je venais de faire. Oh punaise ! C'était quoi cette blague ? Pourtant, tout me semblait si étrange. Les images me semblaient plus floues et cette sensation de chaleur qui me parcourait ne pouvait être le fruit d'un rêve. Je ne comprenais pas. Me repoussait-il réellement ou irréellement ? En fin de compte, peu importait car les deux réponses ne me convenaient pas.

Je reprenais ma nuisette pour l'enfiler et après quelques secondes de réflexion, je me gardais de le rejoindre dans la salle de bain. Après tout cela, il n'avait certainement pas envie d me voir débarquer et... Je ne le pourrais pas. Oh my God ! Je voulais mourir sur place. Où était passé l'éclair censé me foudroyer ? Pourquoi la honte ne m'écrasait-elle pas ? Elle aurait tous les droits de le faire, car j'avais fait la pire des bêtises, mais si c'était effectivement une bêtise, pourquoi ressentais-je toujours le besoin de sentir les mains d'Elias sur ma peau. Les quelques caresses laissées sur mon corps semblaient être marquées au fer rouge sur ma peau et leur souvenir était tout simplement... exceptionnel. Je me surprenais à en vouloir davantage. J'enfouissais ma tête dans son oreiller pour cacher mon visage honteux. Mauvaise idée, car ses draps renfermaient son odeur. Après quelques inspirations, je m'obligeais à me relever. Quelle dure épreuve ! Néanmoins, pas impossible.

Surtout qu'il n'était pas préférable que je reste dans les parages au retour d'Elias. Cela laissait présager une longue conversation assez gênante. Mieux valait s'éclipser... Je me levais difficilement et m'apprêtais à regagner ma propre couche. Mauvais timing. Elias revenait déjà dans sa chambre. Je restais près de l'escalier, prête à fuir, mais je m'arrêtais lorsque je vis sa blessure. Il m'était impossible de détacher le regard de celle-ci et une vague de honte et de culpabilité me submergea. C'était ma faute. Je... Il était blessé et je lui avais sauté dessus. Mes deux mains vinrent se mettre devant ma bouche.

- « Je suis désolée... Je... Je suis désolée. »

Sur ces mots, je me retournais pour détaler dans les escaliers. Je ne pouvais soutenir son regard après ce que je venais de faire. Si je devais en plus rajouter tout ce que j'avais osé lui avouer. Ce n'était vraiment pas possible. Je ne pouvais plus me cacher derrière la plaisanterie maintenant qu'il savait qu'il m'arrivait de rêver de lui de cette manière. Je le désirais. Je ne pouvais plus le nier. Il me fallait partir. J'avais besoin d'air. Je chopais mon jogging que j'enfilais en quatrième vitesse et prenais mon manteau avant de prendre la porte. Mon esprit avait besoin d'air et si Elias venait me voir pour en parler.... Non, je ne voulais pas en parler. Je ne pouvais pas lui en parler. Je claquais la porte.
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Dim 9 Déc - 18:24

Dans ce genre de situation, dans un contexte si catastrophique pour le maintient d'une amitié, la sauvegarde d’une relation : il faut réflexion. Il faut raisonner avec le plus de recul possible pour correctement analyser la situation, ne pas s’emballer.
C’est évidemment très compliqué lorsqu’on est au cœur du problème. Du nœud. J’ai quitté le lit il y a moins de trente secondes et je reste bouleversé par ce qu’il vient de se passer ; ça ne m’empêche pas d’avoir une seule et unique envie : déficeler ce dangereux entrelacement d’émotions, résorber cet amas de problèmes qui viennent mettre à mal notre histoire ;
Je ne laisserai pas une hallucination, un rêve – quoique ce soit – gâcher ce que nous avons construit jusqu’ici. Je ne sais toujours pas ce que je suis pour Capucine, ce qu’elle est pour moi, mais ça n’efface pas la certitude qui me pousse à retourner dans la chambre : nous sommes.
Nous sommes quelque chose. Quelqu’un. L’un pour l’autre.
Nous définirons quoi et comment dans un prochain temps voulez-vous ?

« Ce ; oh la blessure ? Ce n’est rien je…Capucine ! Attends ! »

Il faudrait savoir. Je la repousse et finalement lui demande de rester ? Ça peut certes paraitre contradictoire mais je sais ce que je veux. Si elle a des excuses à me fournir quand à son comportement aguicheur je suis prêt à l’entendre, j’ai besoin d’explication je crois, mais je refuse de voir cet air apeuré et coupable sur son visage !
L'hématome ouvert contre mes côtes est imposant et d’une couleur peu appétissante, mais elle n’ignore pas que le plus gros de cette blessure a été infligé par un type fou furieux il n’y a pas quatre heures, non par elle !
Après un soupir douloureux j’attrape le marcel noir posé sur la chaise et le bas de survêtement pour la traquer sans attendre ;
En claquant la porte derrière moi je réalise qu’aucun de nous n’a eu la finesse d’esprit de s’équiper de chaussures mais c’est un mal pour un bien : elle n’a pas du aller très loin ;

« Capucine ?...Cap… ! »

Après avoir dévalé les trois étages – m’assurant que l’ascenseur était inoccupé pour ne pas bêtement la louper – je la retrouve assise à l’entrée du bâtiment, juste avant la porte froide et cinglante qui mène au parking.
Elle a l’air tellement confuse. Honteuse. Blessée.
L’air frais de la nuit qui s’engouffre dans les jointures mal serrées des portails et autres sas du lieu ne fait que rendre l’image plus amère. Cruelle.
Ce n’est pas ce dont j’ai envie.

« …allons Capucine, tu n’as pas à réagir comme ça tu…tu n’as pas à me fuir. J’ai cru comprendre que tu étais, dubitative, quand à la réalité de ce que nous faisions et ; je peux comprendre. Nous sommes fatigués il suffit de peu pour penser que…tes sensations ont provoqué ton comportement. Ce n’est pas si grave… »

M’asseyant à côté d’elle, j’essaye de ne pas me faire trop insistant. Du regard ou de la proximité. Je me contente de poser mon dos contre le mur frais de l’immeuble et je fixe l’extérieur, le visage tourné sur la gauche. Comme s’il y avait à regarder ; ma foi.
J’inspire et hausse les épaules, esquissant un discret sourire. Pour moi-même. Pour qui veut. Rien n’est si diabolique, en fin de compte.

« Je m’en veux de t’avoir repoussée. C’est, enfin mon corps il...tu sais Cap tu es vraiment quelqu’un de formidable. Tu es une jeune femme magnifique, ce qui brille dans tes yeux, ce qu’il y a dans ton cœur…tu es le genre de personne rare, précieuse. J’ai eu si peur de ; de céder et de vulgariser notre relation… »

Je secoue la tête, conscient que mes mots n’ont pas de sens ou pire, un sens qui pourrait être mal interprété. Je tente donc de me rattraper, de mieux expliquer ce que je ressens avant qu’elle ne prenne la parole ;
A vrai dire je ne sais même pas si elle m’écoute, je ne la surveille pas. Je parle, doucement, coupé de temps en temps par un sifflement d’air entre les couloirs.

« C’est un comble. Je suis ton sauveur, je l’étais du moins quand je t’ai donné un toit. Mais pour moi, l’ange, c’est toi. Je ne t’ai pas vraiment sauvée ; mais toi, tous les jours, tu me délivres d’un quotidien chaotique et sans intérêt. Je crois ne pas avoir de plus grande peur que celle de te perdre… »

Je me relève alors, me faisant pitié. C’est ainsi, je suis sensible, impulsif, pas toujours réfléchi ou jamais au bon moment. Mais il y a des choses que je dois dire. Car il y a des choses que Capucine doit savoir. Je l’aime. D’une façon ou d’une autre, quelle que soit la couleur de mes sentiments, le parfum de ma passion, la fibre affective est réelle, forte et troublante.

« Je ne voulais pas te vexer, te blesser. Je pensais juste comprendre que tu te croyais ailleurs et…et si tu me plais énormément, j’ai eu peur. Rentre Capucine il fait froid. »

Une main tendue ;
Un sourire maladroit ;
Je ne jugerais jamais ton vécu ;
Je ne vois que l’amour que j’ai pour toi…


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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Dim 9 Déc - 20:37

Où allais-je ? Dans quel états errais-je ? Deux questions cruciales dont il me fallait trouver les réponses rapidement. Or, je rencontrais déjà des difficultés sur la première dans la mesure où hormis Elias, je ne connaissais plus personne. Bien sûr, je me rappelais l'adresse d'Aaron de même que celle de Genome, seulement, je n'aurai jamais l'impudence, l'impertinence de m'y rendre. Pourquoi ? Tout simplement parce que je n'y avais pas ma place. Je n'étais pas l'une des leurs et ce mois, passé à ignorer ma capacité, n'était pas un hasard, mais un choix. Quand bien même j'aurai parlé à ce dealer de l'existence d'un monde à part, placé sous le signe de l'évolution, cela ne voulait pas dire que je l'embrassais pour autant. Certes, j'avais apprécié connaître de quoi j'étais capable, les raisons de cette évolution, mais au fond, qu'est ce que cela m'avait apporté ? Cet apprentissage m'avait conduit dans les rangs de Genetic où j'étais devenue quoi ? Une sorte de soldat ? Je n'avais pas d'autres mots pour qualifier mon rôle là bas. Je m'étais entraînée, battue et tout cela pourquoi ? Je me le demandais bien car la seule chose que j'en retenais était la capacité des hommes à se blesser, mutiler et tuer. Rien de plus.

Pour la seconde, par contre, je constatais très vite que je m'étais enfuie de l'appartement sans chaussures... Je ne pouvais sortir ainsi vu la température extérieure et je ne pouvais remonter pour aller les chercher sans tomber sur l'avocat. Il me fallait bien admettre que ma course était finie. En colère contre moi même et emplie de cette tristesse, je laissais échapper un cri dans ce hall sombre et froid avant de me laisser tomber sur les marches, près d'un des murs. Je me contentais de regarder la porte tout en me tapant la tête dans le but de m'assurer que ceci n'était pas un simple cauchemar. Force m'était de constater que ce n'était pas le cas. J'étais seulement en enfer et cette mauvaise soirée continua lorsque Elias me rejoignit. En plus de jouer les excitées avec lui, je l'avais obligé à me courir après alors qu'il était blessé. J'étais la reine des imbéciles, des cruches et autres petits noms affectifs de ce genre. Tuez moi !

Il se laissa tomber à son tour sur les marches et aussitôt, je me rapprochais de mon mur pour garder cette distance. Non pas parce que je le craignais, mais, après tout ça, c'était la meilleure des attitudes à avoir quand bien même il me disait que je n'avais pas à le fuir. Je le devais. Pour son bien, je le devais. Que se passerait-il si une envie subite de lui sauter dessus me reprenait ?

- « Pas si grave... Pas si grave ? Tu te moques de moi ? Je t'ai littéralement sauté dessus et tout ça pourquoi ? Parce que je n'arrive pas à réprimer ce besoin d'être auprès de toi. Je ne comprends pas ce que c'est, mais c'est bel et bien là, en moi. J'ai déjà été amoureuse et ce que je ressens là, je ne l'ai jamais ressenti auparavant. Peu importe, la distance que l'on mettra entre nous, mon corps désire ardemment le tien.

Voilà que je me mettais en colère. Contre qui ? Elias ? Moi ? Contre ce que je ressentais ? Les trois à la fois sans aucun doute. Car mes sentiments étaient le lien qui nous unissait. Non pas qu'Elias ne m'aimait pas, mais tout dans ses mots et dans son attitude laissaient supposer que nous n'étions pas au même degrés. A croire que j'étais la seule à me faire des idées sur notre relation. Relation... Comme si tout était aussi simple que ça. Je m'enfonçais. Là était la triste réalité.

Tous ses mots, ses compliments me donnaient raison. Il m'aimait bien, mais pas comme moi, je semblais l'apprécier. Le célèbre avocat me sortait le baratin habituel afin de calmer les ardeurs d'une fille avec qui il ne pourrait avoir un avenir. Après les compliments, voilà qu'il essayait de me faire croire que je lui étais indispensable. « Le délivrer de son quotidien chaotique » ? En faisant quoi ? Le ménage et la cuisine ? Finalement, aucune des paroles d'Elias ne semblait trouver grâce à mes yeux. Tout simplement parce que ça ne pouvait être réel. C'était totalement absurde et le fait que ça arrive après cet incident prouvait bien que ce n'était qu'un tour de passe passe pour me remettre sur les rails.

Il a eu peur... Il a eu peur de moi... Voilà, la seule vérité. Voilà tout ce qu'il fallait retenir de cette triste soirée, mais soit ! J'acceptais ma défaite. J'acceptais ma faute et mes sentiments qui, de toute évidence, étaient de trop. Maintenant, il me demandait de rentrer.

- « Tu n'as rien à te reprocher, c'était et c'est ma faute. Rentre toi, tu dois te lever tôt en plus... Moi, je vais rester un peu ici. »
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Lun 10 Déc - 13:57

Mais qu’est ce qu’elle me chante ? Pourquoi ? Comment se fait-il que je n’ai rien vu venir ?!
La soirée fut riche en émotions et pas nécessairement les meilleures. Ce type qui quitte la salle d’audience et qui me suit jusque dans les bus pour venir me dégommer dans une ruelle sombre ; ce coup de fil de Sarah qui vient de prendre pour mon fils et moi l’une des plus tragiques décisions de nos vies ; Capucine qui s’immisce dans mon lit en prétextant être dans un rêve pour pouvoir laisser champs libre à ses désirs
Pour couronner le tout, alors que je pousse toutes difficultés loin de moi, alors que je tourne la page sur tout ce qui semble être des contraintes et que je décide de n’ouvrir les yeux que sur elle ; que mon cœur chasse tout ce qui est autre et se focalise sur la demoiselle qui inlassablement rend ma vie plus gaie ;
Voilà qu’elle parle d’amour, qu’elle semble me reprocher les sentiments – que je n’exprime qu’à moitié – et me chasse presque du couloir.

« …mais, mais tu !...T’es pas possible ! Je te dis que t’es mon ange gardien et… ! Pfff t’as raison, reste là et réfléchis. Si ça te fait plaisir. »

Je suis en colère. A mon tour. Pourquoi rester calme et indulgent hein ? Puisque mademoiselle s’enflamme, puisqu’elle semble avoir des choses à me reprocher, je peux aussi lui faire comprendre que je ne suis pas d’accord ;
En fait…je suis déçu. Je suis blessé. Je pensais m’être ouvert. En si peu de temps, à une personne que je connais si mal, je me suis ouvert si grandement…comme jamais je ne l’avais fait. Je suis renfermé voire pudique, je n’ai confiance en rien ni personne et ; et je suis après quatre semaines de fréquentation à raconter à Capucine qu’elle est aujourd’hui la seule chose qui me rend différent d’un dépressif ! Différent de ce que j’étais avant de la rencontrer ! Différent de…
C’est pour elle que je reste !
Rien à faire face à Mademoiselle qui a tout vécu, mademoiselle qui a des pouvoirs, mademoiselle "j’ai été amoureuse alors je sais ce que je ressens" !
J’ai mal. Mal d’avoir dit ce que je ressentais et qu’elle ose le balayer d’un revers de gueulante sans fondements ;

Je sais que je suis loin d’être parfait comme hôte. Comme ami. Je n’ai jamais prétendu l’être. Ni parfait ni même normal, et ensuite ? Je fais ce que je peux…si elle n’est pas contente…

« Alors bonne fin de soirée. »

Sarcasme ou sincérité, on ne sait plus trop. Le ton de ma voix peut sous entendre les deux, je m’amuse tant d’ironie que je sais parfaitement la fondre dans mes propos ; mon éloquence.
D’un pas lent mais décidé je retourne jusqu’à l’appartement. Je laisse la porte entrouverte bien qu’elle n’aurait qu’à tenter de l’ouvrir pour être sûre que je la laisse entrer. Mais je préfère, ce sera plus clair ainsi.
L’appartement est autant mien que celui de Cap. C’est comme ça. Ses caprices ne me feront pas changer d’avis.

Une fois seul à l’intérieur, un nostalgique pincement m’enserre le cœur, comme si Cap était partie…alors qu’elle va revenir. C’est évident ! ça ne peut pas s’arrêter de cette façon. Quelle que soit la réelle nature de ce qui nous unit, ça ne peut pas finir ainsi. Ça n’a pas le droit ;
Je ravale mes premières larmes avec amertume et après avoir fais trois fois le tour de l’appartement je monte rejoindre mon piano. Lui il est fidèle. Lui il me comprend. Il partage et donne sans reprendre ;
Mes doigts le caressent doucement, je fais mon possible pour oublier les sulfureuses images de la Capucine incandescente et je joue tranquillement. Égoïstement. Feignant que rien ni personne dehors n’est en mesure de me blesser.
Pourtant ce soir, j’ai reçu plus d’un coup.

~ ♪

Tu ignores à quel point je t’aime ;
Nous sommes peut être trop différents ;
Notre histoire sonne pourtant comme un poème ;
Mais promis, je saurais un jour devenir transparent…

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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Lun 10 Déc - 16:52

Il s'agissait là de notre première dispute et jamais je n'aurai imaginé qu'elle puisse être aussi douloureuse. J'essayais de lui faire comprendre par tous les moyens que j'étais attirée par lui, qu'il m'était impossible de vivre sans lui et il me prenait seulement pour son ange gardien. Autant m'appeler Mimi Mathy ou Gemini Cricket tant qu'il y était ! A en croire ses mots, il voulait me donner le rôle secondaire de sa vie sans pour autant me l'accorder dans les gestes. Il n'était pas claire et je n'étais pas d'humeur à me faire balader, même par lui. Je voulais qu'il s'en aille et sans me retenir, je lui fis comprendre. Pour une fois, il ne pouvait rien faire pour me « sauver » puisqu'il était la cause de mes tourments.

Malgré le haussement de voix d'Elias, je demeurais impassible et totalement immobile. Je savais ce que je voulais, mais lui semblait l'ignorer. Ce n'était pas à moi de m'excuser, ni quoique ce soit. Mieux valait pour lui que je reste stoïque plutôt que de lui dire ce que je pensais réellement. Il crût bon de remuer le couteau dans la plaie en me souhaitant une bonne fin de soirée et je me retenais avec grande peine de sortir dans la rue pour lui échapper. Effectivement, je préférais me retrouver pieds nus, toute seule, dans la nuit plutôt que de continuer à l'écouter. Pourtant, je ne bougeais toujours pas. Je regardais l'extérieur, fixement, peut être avec une pointe d'envie.

Les pas de l'avocat s'éloignaient et bien vite, il n'y eut comme bruit que les sifflements de l'air qui traversaient les sas de l'immeuble. Je ronchonnais dans mon coin contre ce crétin d'Elias qui comprenait rien à rien, contre cette sa**** de Sarah qui avait gâché notre soirée et contre cet abruti d'Elias encore une fois qui avait une famille quelque part. Notamment un fils qui ne désirait qu'une seule chose : le revoir. Pourtant, il ne passait pas son temps avec lui, mais recueillait de parfaites inconnues. Où était la logique dans tout ça ? Pour quelles raisons faisait-il tout cela s'il ne m'aimait qu'en simple ange gardien. Ne pouvais-je pas avoir un rôle un peu plus important ? De toute évidence, non. C'était trop lui demander.

Les minutes s'écoulaient et ma colère ne me quittait pas. J'ignorais combien de temps il me faudrait pour me calmer, mais malgré le froid, elle me tenait chaud. Que pouvais-je faire à cette heure ci de toute façon ? Pas grand chose. Surtout que je me voyais quand même mal sortir de l'immeuble sans chaussure... Peut être pourrais-je aller les chercher et ressortir après. Mouais... J'en doutais car Elias m'aura ouvert la porte et je ne le voyais pas me laisser repartir aussi facilement. Bref, demain est un autre jour comme on dit. Il sera toujours temps de voir comment la situation aura évolué.

Je remontais les marches lentement, non pressée de revoir cet indécis. Une fois dans le couloir, une crainte s'imposa à mon esprit. Et s'il n'ouvrait pas la porte ? Je me stoppais net devant cette pensée cruelle, méchante, mais néanmoins fondée. Elias avait tous les droits de me mettre à la rue et ce, quand il le voulait. Je m'avançais encore un peu lorsque j'entendis le piano. Pour que celui-ci se fasse entendre avec autant de distinction, la porte ne pouvait qu'être ouverte. Effectivement, elle l'était. Je déposais ma main sur la poignet et m'arrêtais. Il fallait que je sois réellement sûr de mon choix, car je n'avais pas le droit à l'erreur. Pourrais-je tenir ma place ? Me contenter de le regarder de loin et de ne rien dire si un jour, je le voyais flirter avec une autre ? J'entrais sur la pointe des pieds de un, pour ne pas le déranger et de deux, pour me faire oublier. Je me laissais tomber sur le canapé et décidais de montrer mon dos à la mezzanine avant de rabattre la couverture jusqu'aux épaules.
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Lun 10 Déc - 19:16

♫ […] There are just words
This is my contribution
Unfit for evolution
Silly and pure

There is a sound
Under the darkest winter
I am sure
I rest assure
… ♪

« Merde ! »

Bordel de p*tain de… ! C’est de sa faute ! C’est exclusivement et entièrement de sa faute je suis certain qu’elle a fait exprès de… !
J’inspire profondément, soulevant mon torse de tout son poids pour le laisser lourdement retomber. Lentement. Mon visage se décrispe un peu et mon regard s’accroche à la tâche de sang étalée sur la touche originellement blanche. Pure. Ivoire.
Capucine a été adorable à prendre soin de moi quand je suis rentré blessé. Ce n’est pas de sa faute si le pansement appliqué a lâché d’autant plus que je ne me suis pas laissé faire et qu’elle a du insister – faire preuve d’astuce – pour pouvoir me coller ce truc sur l’arcade sourcilière ;
Je n’ai pas à lui en vouloir… Jouer du piano ne m’a même pas vraiment détendu ;
Étonnant. C’est bien la première fois.

Ne l’ayant pas entendue rentrer je dévale les escaliers pour rejoindre la cuisine en passant par le salon, la main contre l’œil pour éviter de semer mon hémoglobine de partout. Ce serait bête, l’appartement brille tellement elle s’en occupe ;
Si je me masque en partie la vue, je finis par apercevoir sa silhouette sur le canapé et je rabaisse automatiquement mon bras pour la fixer, l’air bête. Je pensais que son caprice durerait plus longtemps. Ma foi, comme elle veut. C’est chez elle après tout.
J’évite de trop m’interroger sur les raisons qui la poussent à ainsi me torturer et j’attrape un bout de papier absorbant pour nettoyer le plus rapidement possible mon superbe instrument.
Pourtant quand je repasse devant le canapé – oui je sais ce que vous vous dites, c’était inévitable – je ralentis mes pas et prends sur moi avant d’ouvrir la bouche.

« Tu…si tu as faim tu ; enfin on n’a pas mangé alors tu te sers comme tu veux et…je vais me coucher. Bonne nuit Cap. »

Super. Ça nous avance vachement ; mais pourquoi doit-on avancer ? Et quand bien même ce serait pour une envie d’arranger les choses avec elle, je ne sais pas quelle direction prendre. Je ne comprends pas ce qu’elle attend. Ce qu’elle veut. Si elle a conscience des hypothèses qui se présentent à nous et celles qui justement ne se présentent pas. Ne peuvent pas se présenter…
J’essuie avec le dos de la main l’arcade encore humide et j’esquisse un maladroit sourire en indiquant la mezzanine. Comme si elle ne savait pas où je dors…

Lassé, épuisé plutôt, je commence à monter les escaliers, le regard dans le vide. J’ai l’impression d’avoir oublié des centaines de choses, d’en avoir fait des tas d’autres en trop, de vivre à la fois dans un monde supra logique et à la fois dans un univers absurde ;
Enfin l’un ou l’autre, dans tous les cas je me sens stupide et torturé. Après tout c’est peut être une juste punition. Ma vie est un amoncellement de bêtises et d’erreurs, petit à petit, il faut payer ;
Mais !
Je fais demi tour et retourne à la porte que je ferme à clé, rouvre, referme, mets le trousseau dans ma poche avant de finalement le tendre à Capucine.

« Tu ne ressors pas ? Je ; je peux fermer ? Mais si tu veux…je les laisse là ! Sur le bureau. C’est, mieux. »

Je voulais être ton sauveur ;
Mais il s’avère que l’ange, c’est toi ;
Jamais je ne serais ravisseur ;
Si j’ai fait des fautes, pardonne-moi…


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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Mar 11 Déc - 17:15

Normalement, il n'y avait pas plus déstressant que le piano. Les notes qui s'égrenaient avec douceur auraient dû me calmer, m'apaiser, mais elles me rendaient davantage nostalgiques. Si la soirée s'était déroulée comme elle aurait dû se dérouler, je n'aurai pas ressenti cette tristesse et ce besoin incontrôlable de voir mes parents. Je n'arrivais pas à comprendre l'attitude d'Elias vis à vis de son fils. Tout portait à croire qu'il l'adorait. Tout en lui prouvait qu'il l'aimait du plus profond de son cœur. Si je n'étais pas la cause qui le retenait ici, quelle était-elle ? Son boulot ? Son appartement ? Sérieusement... Ces deux paramètres ne devraient même pas être pris en compte car il pourrait très bien exercer son métier à Chicago et ce ne devait pas être les appartements qui devaient manquer. Je ne le comprenais pas... L'avais-je seulement déjà compris ? C'était une question à prendre en considération dans la mesure où nous ne nous connaissions que depuis un peu plus d'un mois. Jusqu'ici, mon comportement avait été irréprochable et ce soir, nous nous étions disputés. Je me sentais triste et plus seule que jamais.

Perdue dans mes pensées, je n'avais pas remarqué qu'Elias s'était arrêté. Je ne l'avais pas entendu descendre et s'arrêter à quelques pas de moi. Je me contentais de l'écouter me proposer de dîner. Je devais reconnaître que c'était un premier pas de sa part et le fait qu'il ne mette aucune pointe d'ironie dans sa voix me donnait l'impression qu'il était sincère. Seulement, manger seule serait encore plus déprimant.

- « Je n'ai pas faim. Bonne nuit à toi aussi »

J'essayais de me montrer la plus douce possible, mais il n'y avait aucune envie dans ma voix. Non pas que je me montrais agressive, ni quoique ce soit, seulement, la tristesse était bien plus présente que je ne l'aurai voulu. Je laissais échapper un soupir et rabattais la couverture sur ma tête. A cet instant, je l'entendis remonter les marches avant de stopper. Je tendais l'oreille, dans le bête espoir qu'il me demande de venir dans ses bras, avant de l'entendre toucher à la porte. Que faisait-il ? Je relevais la couverture pour le regarder ouvrir, fermer, mettre les clés dans sa poche avant de se tourner vers moi. La suite fut horrible.

« Tu ne ressors pas ? Je ; je peux fermer ? Mais si tu veux…je les laisse là ! Sur le bureau. C’est, mieux. »

Un coup de poignard en plein cœur. L'ironie, la méchanceté semblait l'avoir rattrapé car j'avais la nette impression qu'il me montrait la porte. J'étais couchée, sous la couverture et il me demandait si je comptais ressortir ? Sérieusement... Le signe était plus qu'évident. Je restais bouche bée devant cet état de fait. Bien sûr, cela faisait plus d'un mois que je squattais son canapé, je lui avais sauté dessus ce soir et maintenant, on se faisait la tête. Tout portait à croire qu'il était temps pour moi de plier bagage. Où irais-je ? Aucune idée... Mais je me débrouillerai. Je n'étais plus à ça près. Mon regard se perdait sur le sol, le temps que je prenne une décision avant de le regarder droit dans les yeux. Je tentais de lui sourire, mais celui-ci ne pouvait qu'être douloureux.

- « Je reste pour cette nuit, si tu le veux bien... Je m'en irais demain matin... »
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   Mar 11 Déc - 20:31

Les malentendus et autres quiproquos sont courants entre deux personnes qui se connaissent peu. C’est vrai, comment peut-on parfaitement appréhender un sourire, traduire un plissement trop sévère des yeux ou interpréter une parole lorsque la personne à qui l’on s’adresse n’occupe notre quotidien que depuis une poignée de jours ;
Poignée qui a mes yeux est loin d’être négligeable. Du moins jusqu’à ce soir.
Jamais je ne m’ouvre tant. Jamais je ne m’ouvre si rapidement. Capucine est particulière, dans un sens positif ou non, je n’en sais rien après tout on dirait que ce soit tout fout l’camp.
Les confusions et autres désaccords sont courants entre deux personnes qui se connaissent peu…ou deux personnes qui se connaissent trop ?
La rapidité de notre attachement, la célérité de notre affection envers l’autre, cet espèce de dévouement ambigüe et désormais dangereux doit jouer dans la tension qui règne ce soir.
C’est allé trop vite, ça devait se casser la gueule. C’est ainsi que je perçois la chose et croyez-le, ça ne m’enchante guère.

Alors avec une nervosité visible, je m’acharne sur la porte que je laisse finalement ouverte. Si je la ferme à clé je montre à la fois que je suis ici chez moi, que je décide donc de l’heure d’ouverture et fermeture des lieux, mais que je décide aussi des horaires de sorties – et entrées – de la rouquine. Je n’ai pas l’intention de me comporter tel un kidnappeur ;
Je ne veux que son bien. Si parfois j’aimerais la posséder, Capucine est une jeune femme libre…tout ce qu’il y a de plus libre.
Ce que je tente de lui faire comprendre passe soit très mal – j’ai probablement mal formulé mon intention – soit trop bien et ses désirs de s’échapper de mon antre, de retrouver une autonomie méritée la submergent même si elle s’autorise un repos ici cette nuit.

Je ne sais quoi répondre. Pour être honnête je ne sais comment traduire sa réaction, encore une fois je suis perdu. Ce faux sourire messager d'une indéniable souffrance est peut être perçu et analysé, mais aucune conclusion certaine ne me vient en tête !
J’hésite entre deux parfaits opposés.
- Cap veut partir et me prévient qu'elle profitera de mon hospitalité cette nuit encore pour ne pas errer dans le froid ;
- Cap veut rester et elle comprend dans ma remarque que je la fous dehors. Ce qui n’est pas du tout le cas ! Bien entendu car je souhaite le contraire.

« Si je le veux bien… ? Mais enfin tu es ici chez toi et ; tu comptes aller où ? Ça ne me regarde pas je sais je suis désolé mais…non, ça ne me regarde pas excuse-moi je…tu, rentres dans la journée de toute façon ?...N’est ce pas ? »

Mes doigts libres s’agitent entre eux dans une réaction émotive difficilement contrôlable alors que ceux qui tiennent les clés essayent de rester discrets pour ne pas faire retentir ces dernières trop bruyamment.
Alors que mon regard navigue inutilement de mes pieds à l’escalier, en passant par le visage de la demoiselle le plus rapidement possible, je me mords la lèvre et la douleur semble être plus intense encore que celle émanant de mes blessures sérieuses subies ce soir ;

« Je me sais égoïste et impulsif mais crois-moi j’ai encore plus peur pour toi que pour notre lien…j’ai probablement brisé quelque chose ce soir à cause de ma crainte mais s’il te plait ne fais pas de folies, sois prudente et, restes ici…tant que tu n’as pas un endroit sûr ou aller. S’il te plait. Supporte-moi encore un peu. S’il faut je t’aiderais à trouver et j’accepte même de t’avancer un loyer si tu veux quitter cet appartement mais ne sois pas irréfléchie…ne m’imites pas… »

Dans un sourire nerveux je m’avance ;
Je tends la main pour attraper la tienne ;
Vas-tu nous accorder une autre danse ;
Ou faire prématurément de notre aventure une histoire ancienne… ?
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MessageSujet: Re: I'm fine, and you ? [Terminé]   

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