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 Fear cuts deeper than swords... [Terminé]

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Capucine Rider


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MessageSujet: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Sam 24 Nov - 22:58

Le 5 janvier au soir, après la rencontre avec David


La soirée avait été éprouvante. Ce qui ne devait se résumer qu'à une ou deux courses en vue de préparer le dîner s'était transformé en véritable prise d'otage avec interrogatoire sur la mutation. J'espérai ne plus avoir à croiser cet homme de ma vie, car il ne faisait aucun doute qu'il voudrait toujours en savoir plus. Avec un tel sujet, il était normal de se faire accaparer lorsque l'on se faisait remarquer. J'aurai dû être plus vigilante, voir ne pas utiliser ma capacité du tout. Si je voulais rester dans l'ombre et à l'abri de l’œil avide des autres mutants, je devais me faire toute petite, limite invisible. Ainsi, je pourrai vivre une longue vie, heureuse, loin de toute cette violence, car c'était ce qu'apportait la mutation. Les hommes s'étaient trouvés un autre moyen de se faire souffrir et ils avaient tendance à l'utiliser de manière abusive. Vivre comme si je n'étais qu'une simple humaine m'aidait à ne pas devenir un monstre. L'épisode Jeffersson avait au moins eu le mérite de m'ouvrir les yeux sur ce que je m'apprêtais à devenir et définitivement, je n'étais pas ce genre de femme de glace.

Fatiguée, débraillée, j'entrais dans l'appartement, prête à allumer la lumière. Le geste fut inutile dans la mesure où cela avait déjà été fait. Alors que je pensais avoir le temps de me remettre de mes émotions avant que Elias ne rentre, c'était loupé.  Aussitôt, je me recoiffais et remettais autant d'ordre que possible dans mes vêtements. J'affichais un sourire de circonstances tout en suspendant mon manteau à une patère. Il ne fallait pas faillir devant lui.

- « Désolée d'être en retard. Il y avait un de ces mondes ! Ça n'en finissait pas, je croyais que je ne m'en sortirai jamais. »

Sur ce point, il était vrai que le déroulement de la soirée aurait pu être totalement différent. J'aurai pu finir soit dans un poste de police, soit dans une chambre d'hôpital ou au pire des cas dans le tiroir d'une morgue. Il ne fallait plus que j'y pense. Je devais m'occuper l'esprit. Je devais préparer le dîner et ce serait déjà bien. Comment faisait-on des lasagnes déjà ? C'était quoi la recette ? Réfléchis. Réfléchis. Réfléchis. Tu peux le faire. Avec un petit peu d'efforts et de bonne volonté, il ne se rendra compte de rien. Pourtant, cela faisait bien cinq minutes que je restais immobile à regarder le fond de l'évier. Je n'étais plus dans l'appartement, mais mon esprit était bel et bien retourné dans cette ruelle glauque et ne pouvait se concentrer sur rien d'autre que de l'arme qui me visait.

Ce n'était pourtant pas la première fois que j'assistais à un tel spectacle. Pourquoi réagissais-je ainsi ? Cela n'avait pas de sens ! J'étais formée au combat pour parer à ce genre d'éventualité alors pourquoi n'arrivais-je pas à encaisser comme après le Blue Lake ? Ce n'était tout de même pas comparable ! Ce soir n'était rien ! Reprends toi, nom d'un chien ! Soudain, je sentis quelque chose sur mon épaule qui me fit sursauter. Je me retournais et constatais qu'Elias m'avait rejoint. Je pouvais lire de l'inquiétude dans son regard aussi tentais-je de sourire pour cacher mon trouble, mon mal être et ma peur. Avait-il essayé de me parler ? Peut être. Je me sentais si loin de lui à cet instant alors qu'il était tout près. Aussitôt, je détournais le regard. Comment pourrais-je tout lui expliquer sans évoquer ma mutation ? C'était impossible.

- « Retourne dans le salon. Je me charge de tout. »
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Dim 25 Nov - 9:07

Bon sang, j’ai rarement vu un juge expédier aussi rapidement un procès. Pourtant tout a été respecté dans la procédure des plaidoiries et les droits des parties, c’est peut être une simple impression due à mon trop grand investissement dans cette affaire de meurtre ;
De toute façon l’avocat ne pouvait que se battre pour le sursis le plus mince et au vue de la ‘non collaboration’ de son client, il n’a pas pu faire grand-chose. De mon côté du coup je n’ai eu qu’à rappeler les préjudices moraux et financiers endurés par la femme de la victime.

Quelque peu travaillé par ce drame, comme à chaque fois que j’ai à en défendre un – que mon client soit victime ou coupable – je prends le temps de souffler un peu devant le tribunal, m’offrant un verre bien mérité avant de retourner à l’appartement.
Je n’aime pas rentrer tard, Capucine est déjà seule si longtemps du matin au soir ;

Pourtant quand j’arrive devant la porte je me vois dans l’obligation de sortir les clés pour la déverrouiller. C’est assez rare maintenant ; la demoiselle est très souvent chez nous à une heure pareille.
Sans pour autant m’inquiéter j’allume le salon avec quelques lumières tamisées ci et là – n’aimant pas l’agressivité de certains néons – et je me dirige dans la salle de bain. Après un bon quart d’heure je fais le tour de la cuisine et me souviens alors qu’il était nécessaire de faire deux trois courses, la jeune femme s’y est peut être prise un peu tard et c’est pour cela qu’elle n’est pas encore de retour. Je m’arrange quand même pour ranger ce qui peut l’être – il faut dire que grâce à elle tout est tellement en ordre – avant de me jeter nonchalamment sur le canapé pour m’accorder un temps de pause.
En l’attendant.
Mais les minutes tournants je m’inquiète assez vite et pour m’occuper l’esprit je monte la mezzanine et m’installe sur le bureau afin de lire et relire certains dossiers compliqués.
Ça a parfaitement marché car j’ai un instant oublié que j’attendais quelqu’un et quand la porte s’ouvre, un sourire ravi s’étire sur mes lèvres. La voilà !

« Bonsoir ! »

Dis-je en dévalant les quelques escaliers pour venir la saluer. Un simple regard me suffit seulement pour remarquer que quelque chose ne va pas. J’ai tendance à vite m’inquiéter pour les personnes auxquelles je tiens alors je modère mes impressions. Inutile de paniquer si ce n’est rien ; la paranoïa c’est pas pour moi.
Je ramène avec elle les courses en cuisine et fais mon possible pour ranger les choses en hâte. Je veux pouvoir être là si la miss a besoin de moi…il semblerait que non. Du moins, qu’elle n’en ai pas envie et je me contente de plier les sacs en me retournant face à l’écran télé resté allumé ;
Qu’est ce qu’il peut y avoir comme ânerie dans cette boite à …mais que fait-elle ?
Cette fois réellement craintif et même angoissé pour Capucine, je m’approche et dépose une main chaleureuse sur son épaule.

« Cap, est ce que tout va bien… ? »

L’effet de surprise que ma venue provoque me laisse supposer qu’elle était plongée dans de tenaces pensées. Qu’est ce qui peut ainsi la couper du monde et l’emporter dans des réflexions si prenantes ? Ce n’est pas son genre de trainer, de rêvasser. Or pour le coup, elle s’est carrément immobilisée devant l’évier et l’inquiétude de mon regard trouve parfait reflet dans le sien ;
Bon sang, quelque chose ne va pas. Quelque chose s’est passé et je n’étais pas là.

« Écoute je peux te donner un coup de main tu n’es pas obligée de tout faire toi, surtout que tu me parais…ailleurs. Que se passe-t-il ? »

Apparemment mon aide n’est pas la bienvenue, et ça ne peut être complètement conscient ou volontaire de sa part. A-t-elle besoin d’être seule ? Je peux respecter ça, je suis le genre à prôner la solitude pour me remettre de quelques coups durs ; mais j’aimerai avant tout savoir si ce qu’elle a – vécu, vu ou quoique ce soit – n’est pas trop grave. Je ne veux pas attendre bêtement qu’une plaie s'agrandisse en elle ;
J’ai peur.
J’attrape alors ce dont elle s'empare pour interrompre ce manège. Je veux bien la laisser cuisiner si ce n’était que ça. Mais si c’est pour éviter de me montrer un problème, de m’impliquer dans une sale affaire, qu’elle ne compte pas sur moi. Je ne vais pas la laisser seule ;
J'explique alors doucement.

« Arrête ; on a le temps pour faire le plat. Rien ne presse. Dis moi d’abord ce que tu as. Je te sens mal inutile de tourner autour du pot…je suis là. Viens t’assoir et explique moi. D'accord ? »

Dans ces difficiles moments ;
Je réalise que je ne suis pas ;
Malgré mon rôle d’ami important ;
L’être le plus délicat et attendu qui soit…
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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Dim 25 Nov - 12:24

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Si j'allais bien ? Non, loin de là. Cela faisait des semaines que je tentais d'oublier mon passé, mais ce soir, un spectre m'avait bel et bien rattrapé. Il s'était même invité dans cet appartement où je me sentais en sécurité au point d'avoir peur d'une main amicale posée sur mon épaule. Elias s'inquiétait, je le voyais dans ses yeux, son attitude. Mon sourire factice ne semblait pas le rassurer le moins du monde aussi essayais-je de l'envoyer dans le salon. Pas parce qu'il me dérangeait. Pas parce qu'il ne pouvait pas comprendre. Seulement, parce que je serai bien capable, dans un élan égoïste, de tout lui révéler, quitte à le mettre en danger. Je m'occupais les mains en prenant les choses qui traînaient, tentant de lui faire croire que j'étais réellement occupée à préparer le dîner. Seulement, il n'était pas dupe et me demandait d'arrêter cette piètre mascarade.

Debout, en face de moi, Elias semblait déterminé à me faire avouer ce qui s'était passé. Ses yeux cherchaient les miens que je lui refusais. Je me contentais de regarder sur le côté, tentant de réfléchir à un moyen de m'en sortir sans l'impliquer. J'avais peur. Si peur de le perdre à cause de ce que j'étais. Cette peur me tétanisait alors que je constatais un léger tremblement de mes mains. Il fallait que cela cesse, je ne pouvais laisser cette peur me gagner plus longtemps. J'étais saine et sauve, n'était-ce pas le plus important ? Quand bien même ce genre de chose viendrait à se reproduire, je devais me convaincre que je reviendrai à chaque fois. Que rien, ni personne ne viendrait perturber cette petite vie que je m'étais construite auprès d'Elias. Elias qui était si gentil. Elias qui était si réconfortant et protecteur.

Je décidais enfin d'affronter son regard et, aussitôt, une vague de chaleur pénétra dans mon corps, me poussant à aller vers lui. Je me blottis tout contre lui, comme s'il était la solution à mes problèmes et qu'il ferait fuir cette obscurité qui cherchait à me happer.

- « Serre moi contre toi, s'il te plaît... Serre moi fort. »

C'était indescriptible. Je ne saurai comment expliquer ce qui se produisait en moi. Alors que mon corps tremblait, il y a quelques instants encore, je le sentais se détendre, comme si ces bras avaient été créés pour me protéger. Cette peur, tenace, relâchait son étreinte pour laisser la place à cette douce chaleur.

- « Le soir où nous nous sommes rencontrés, j'étais brisée et tu m'as sauvé. Je ressens la même chose aujourd'hui que ce jour là. J'aimerai pouvoir tout te révéler, mais... »

Ma voix se brisa devant les conséquences de cet acte. Je le serrais davantage dans mes bras et cachais ma tête contre son torse dans le but d'échapper à son regard interrogateur.

- « La seule chose que je peux te dire c'est que j'ai cru ne plus jamais revenir ici. J'ai... J'ai eu peur de ne plus te revoir... J'ai assisté à un échange dans une ruelle alors que je rentrais à l'appartement. L'un des deux avait une arme et souhaitait prendre sa commande tout en gardant son argent. Je me suis faite repérée et... il a pointé son arme sur moi... L'autre a planté son couteau dans le bras du braqueur pour lui faire lâcher prise. »

J'aurai dû être perturbée, bouleversée à l'évocation de ce souvenir, mais curieusement, je ne l'étais plus. A croire que cette étreinte formait une barrière chatoyante contre cette obscurité saisissante. Je me sentais à l'abri, comprise et aimée. Mon mal être et ma fatigue s'étaient également envolés. Les conséquences de cette horrible soirée s'étaient évanouies d'elles mêmes. Peut être qu'en parlant à Elias, j'avais pu accepter la situation et passer outre. Peut être était-ce cela le secret. Il est vrai qu'après le Blue Lake, je ne m'étais réellement sentie mieux qu'après avoir revu Wyatt, en vie. Mon esprit voulait bien passer à autre chose seulement lorsqu'il réalisait que ce que je craignais de perdre était toujours là. Une sorte de St Thomas d’Aquin...

- « Pourquoi n'est ce que dans tes bras que je me sens mieux ? »
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Dim 25 Nov - 18:00

Ces mots articulés apparaissent comme un ordre pour mes bras ; un honneur pour mon âme.
Sans rien calculer de plus j’ouvre alors mon corps pour l’accueillir tout contre moi et l’enfermer dans une bulle que je m’efforce de faire aussi agréable qu’invulnérable, protectrice que chaleureuse. Ce ne sont certes que deux bras. D'un avocat à peu près adroit. D’un homme relativement malhabile. Mais deux bras qui se sentent irrémédiablement faits pour être ainsi déposés contre cette délicate silhouette.
Si je pouvais être certain que mon geste est utile à quelque chose, ne serait-ce qu’un peu, je serais réellement satisfait ; rassuré.
Pourtant cette envie soudaine d’être soutenue exprimée par Capucine me confirme que quelque chose ne va pas, ce qui renforce clairement mon anxiété.

« Je suis là… »

C’est tout ce que je suis en mesure d’assurer, après tout. Que puis-je promettre d’autre ? Malheureusement pas grand-chose. J’ignore ce qu’elle a. J’ignore de quoi je dois la protéger et quand bien même je le saurai, comment devrais-je m’y prendre ?
La jeune femme et moi sommes très proches, la complicité qui nous lie est venue en très peu de temps. Cependant, j’ai toujours cette pénible impression de ne pas être à la hauteur. Quelle que soit la mission à exécuter, je ne me sens pas capable de pouvoir satisfaire les attentes de cette demoiselle ;
Parce que je ne saurai faire assez bien, simplement. Elle mérite mieux. Tellement mieux.
Ceci dit, ça ne m’empêche pas de faire mon possible ; quand elle entame alors de me raconter ce qu’il s’est passé, son visage dissimulé contre mon torse, je fronce les sourcils et l’écoute attentivement. Gravement.

« …Tu…oh je suis tellement désolé. Tu n’aurais jamais du sortir seule, surtout pas si tard. Tu n’as rien, tu es sûre ? »

Avant tout je dois vérifier qu’aucune blessure – autre que psychologique – n’a souillé son être. Je me détache alors d’elle et l’observe, on ne peut plus inquiet. Elle a vite fait de me rassurer néanmoins et je me calme en inspirant un bon coup. Ça va aller, après tout, c’est terminé.
Je la récupère contre moi après nous avoir fais descendre les deux marches qui mènent à l’immense canapé. Ici, nous serons bien. Je m’installe donc et m’assure que Cap est confortablement blottie contre moi. J’aime la sentir là, si près, si douce.

« Ah oui tu te sens mieux dans mes bras ? Je ne sais pas pourquoi mais l’essentiel c’est que ça marche, non ?! Peut être que…c’est parce qu’ils y mettent tout leur cœur. »

Amusé je lève les yeux au ciel et essaye de surveiller l’humeur de mon hôte. Elle a l’air d’aller mieux ? Oui, la belle rouquine semble déjà moins crispée et renfermée. Ce n’est peut être qu’une façade cependant ; Capucine sait cacher ses ressentis pour épargner les autres ; je ne le sais que trop bien. Mais si je me fie à ce que je ressens là, elle a l’air déjà apaisée.
Caressant son dos, son bras, je nous accorde un temps de tendresse terriblement plaisant. Trop ? Déplacé ? Malsain ?
Je m’apprête à tout interrompre au moindre signe de gêne de sa part ; c’est évident je n’ai pas l’intention de l’embarrasser.

« Si tu ne veux plus en parler, je comprendrais. Cette histoire est terminée alors inutile de te remémorer tout ça…à condition qu’ils ne t’aient rien fait ; d’accord ? »

Je veux m’assurer que personne ne l’a touché. Elle a été menacée et c’est déjà horriblement frustrant de le savoir sans l’avoir vécu, sans avoir pu intervenir pour l’aider ! Je m’en veux, d’avoir été absent. Je suis absent, trop souvent, et c’est dangereux ;
Preuve en est ce soir.
Je l'enlace, coupable, désolé.

« Je suis là, plus rien ne t’arrivera… »

Comme une envie de me persuader ;
Je fais tout pour te consoler ;
Rien de mal ne devrait t’arriver ;
Tu es bien trop précieuse pour être tourmentée…



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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Dim 25 Nov - 21:09

Une fois sur le canapé, je mettais mes jambes en travers d'Elias, de sorte à être au plus près de lui. Ses bras me tenaient fermement pour me rassurer quant à leur présence, tout en faisant preuve d'une certaine délicatesse. Il n'avait pas besoin de dire un seul mot, le seul fait qu'il soit là faisait tout. Mes mains qui s'accrochaient désespérément à sa chemise tout à l'heure se détendaient au fur et à mesure qu'il me prodiguait ses caresses sur mon dos et mes bras. Ils nous étaient déjà arrivés de nous retrouver dans les bras l'un de l'autre, mais pas de cette manière. C'était plus fort. Plus profond. Tellement simple et pourtant si nécessaire. Je n'éprouvais aucune gêne à me retrouver ainsi contre lui, je trouvais même cela plutôt normal. Ce n'était qu'un de ces instants de pur tendresse.

Elias tentait par tous les moyens de remettre une ambiance légère en me faisant comprendre qu'il faisait tout pour que je me sente bien à ses côtés. C'était le cas. Les ténèbres de cette soirée semblaient se retirer devant cette force tranquille que représentait l'avocat. En plus de manier les mots comme des armes, il savait combattre mes peurs par ses gestes.

- « J'ignore comment ils font ça, mais en tout cas je les en remercie. »

A ces mots, je me nichais davantage contre lui. Sa chaleur était rassurante. Son parfum apaisant. Il ne serait pas impossible que je m'endorme dans ses bras rien que pour prolonger ce sentiment de sécurité. Si Elias ne m'avait pas ramené à la surface avec ses mots, cela aurait très bien pu se produire. Je pouvais sentir son besoin de me rassurer quant à cette nouvelle épreuve. A tous les coups, il voulait s'assurer que je ne garderai aucune séquelle pour moi.

- « Il ne m'a fait aucun mal. Il n'a pas eu le temps. Le dealer a dégainé son couteau rapidement lorsque l'arme est arrivée sur moi. Il a lâché son arme avant de s'enfuir en courant. »

Il était si facile de lui raconter ce qui s'était passé. Si facile que je m'étonnais de ne pas revivre la scène avec la même angoisse éprouvée tout à l'heure. Sûrement parce que j'étais à l'abri dans l'appartement, qu'Elias était là et qu'il m'avait promis de me protéger. Certains pourraient rire de cette promesse, mais je la prenais extrêmement au sérieuse, car je savais qu'il la tiendrait. Pourquoi ? Parce que j'étais prête à faire la même chose pour lui. Je n'étais peut être plus apte à combattre comme au bon vieux temps, mais dès que ma maladie sera vaincue, je pourrais retrouver mon niveau et protéger ceux qui étaient chère à mon cœur. Je me sentais si bien au point de ne plus faire attention à ce que je disais.

- « Ça passera... Ça passe toujours... et ce n'est rien comparé... au massacre du Blue Lake... », dis-je à moitié endormie.

Ma respiration se faisait plus lente, plus profonde. Les bras d'Elias provoquaient sur moi le même effet que les bras de Morphée. Finalement, cette soirée avait tout de même eu quelques conséquences puisqu'elle m'envoyait au pays des songes aussi tôt. Sûrement, le fait d'utiliser ma capacité que j'avais trop longtemps négligée. Je m'endormais sur les derniers mots de cette voie si douce.

« Je suis là, plus rien ne t’arrivera… »
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Lun 26 Nov - 14:35

Comme si les courbes avaient été découpées pour s’assembler. Comme si chaque recoin était conçu pour accueillir l’autre. Comme si nos deux tracés, nos respectifs contours étaient fait pour s’ajuster. Parfaitement combiné l’un contre l’autre, tendrement installé.
Je cajole la jeune femme que mes bras enserrent avec autant de douceur que de possessivité et je laisse bientôt mon front venir se poser sur son crâne. Le visage au creux de mon torse, tous ses membres recroquevillés sur le nid que je forme, elle s’abrite ici et je laisse mon corps exprimer toute la tendresse que je voudrais être capable de traduire par les bons mots. Les correctes paroles. Les efficaces décisions.
Même sans posséder d’appartement, je voudrais pouvoir être son chez elle.

Ainsi positionnés sur le confortable canapé, nous avons la possibilité de correctement parler. Avec sérieux. Attention et compréhension. Je crois savoir être à l’écoute, une grande part de mon métier consiste en l’indulgence, l’entendement de mes clients. Je peux prétendre savoir faire mais la chose ici est bien différente en ce point : Capucine est très importante pour moi ;
Ce n’est pas le professionnel qui l’écoute – malgré certains réflexes dus à la prononciation des mots dealer et arme entre autres – mais bien un ami. Au moins un ami…
Je fronce les sourcils, caresse son avant-bras avec plus de vigueur, d’intensité à mesure de son récit en signe de compassion. De pardon, encore. Je m’en veux tant.

« …Bien…d’accord. Je n’aurais pas supporté qu’il t’arrive quelque chose et je m’excuse tu ; tu n’aurais pas du sortir si tard… »

Ma nuque et le bas de mon crâne viennent retrouver le dossier du canapé ; bel appui. Reposant. Quasiment soporifique. Je n’ai eu que quelques minutes pour m’inquiéter et pourtant je me sens vidé. Ce fut intense, éprouvant.
Les regards alors s’évadent quelque peu. Les battements des cœurs se calent enfin définitivement et mes paupières semblent céder quand…quoi ?
Je relève immédiatement le visage, sourcils froncés, en me répétant ce qu’elle vient de dire.

« Blue Lake ?...Que… ? »

Mais quand je me penche pour pouvoir trouver ses yeux, je ne vois qu’un visage éteint par le sommeil, fermé par la fatigue. Je ferme alors la bouche pour éviter de déranger la rouquine et je la coince dans mes bras, la soulevant un peu. Eh, n’a-t-elle pas tout d’une princesse ?
Il faudrait que je la mette dans son lit. Que je recouvre sa fine silhouette des couvertures et que je descende les stores pour la protéger de toutes ces lumières artificielles dérangeantes. Mais ce qu’elle vient de dire m’intrigue, me dérange.

J’ai déjà entendu ou lu Blue Lake. Un article de journal probablement et si je m’en rappelle cela signifie que le sujet était scandaleux, du moins marquant. Il y a de forte chance pour que ce soit un fais divers ou l’étouffement pas bien net de quelque chose que les médias et responsables ont voulu rendre discret
Mais quel est le rapport avec Capucine ? En quoi est-elle liée à ça ?
Je déteste ce que je ressens. Plus impuissant que jamais, je me sens aussi inculte ! Pourquoi n’ai-je pas cherché à en savoir plus quand j’ai lu cet article ou entendu ce reportage ?
Tout simplement parce que ma Capucine n’était à l’époque pas concernée. Enfin, je ne la connaissais pas. Nos vies, nos ressentis n’étaient pas noués

Quelques soupirs plus tard, Morphée finit par avoir raison de moi. Je ne me souviens pas de cette affaire Blue Lake et l’heure se fait tardive. Nous n’avons même pas mangé…pour tout avouer je n’ai pas bien faim.
Déposant délicatement la belle sur son lit que j’ouvre en évitant toute maladresse, je passe par la cuisine pour sortir le nécessaire du petit déjeuner. Ainsi tout sera prêt dès qu’elle aura envie d’avaler un morceau.
Enfin, je vais me coucher, sans trouver le sommeil immédiatement je ne vous le cache pas…cependant mes yeux abandonnent moins d’une heure après et un enchevêtrement de mauvais pressentiments m’emportent ;

Que lui est-il arrivé ;
Ce soir ou lors de cet évènement ;
Je voudrais pouvoir l’aider ;
Mais je me sens rejeté de son bouleversement…

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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Lun 26 Nov - 16:33

Les rayons du soleil caressaient doucement mon visage de leur lueur étincelante. Assise sur ma balançoire, je regardais sagement ma mère tailler les rosiers rouges en chantant une comptine que je ne connaissais que trop bien. Emportée par sa gaieté, je me mis également à chanter.


« Gros milles feuilles, tarte aux pommes fraîches
Grand bol de crème dont on se pourlèche,
Belle oie sauvage qui s'envole dans la plaine,
C'est là un peu de mes joies quotidiennes.

Gaie robe clair, coiffure en nattes,
Doux flocons blancs sur mon lit écarlate,
Les fleurs d'Avril en bouquet qui reviennent.
C'est là un peu de mes joies quotidiennes.

Quand le chien mort, quand l'abeille pique, quand ça marche mal,
C'est simple je pense à mes quotidiennes et tout alors va très bien. »

Tandis que ma mère venait d'abandonner son sécateur pour danser avec moi en faisant la ronde, le vent s'était levé. Le temps de terminer la chanson, de gros nuages étaient apparus dans le ciel au point de nous forcer à nous abriter dans la maison. Par la fenêtre, nous pouvions observer le déluge qui se déroulait à l'extérieur. Inconsciemment, je la tenais car l'orage ne présageait rien de bon. Il était arrivé si vite que s'en était effarant. Un grondement sourd se fit entendre au loin alors que le téléphone se mit à sonner. Qui cela pouvait-il être ? Papa ? Non, ce n'était que le patron de ma mère qui lui demandait où se trouvait un papier. Je la vis donner des instructions jusqu'à ce qu'elle se mette à pousser un petit cri. Le papier était toujours en sa possession, alors qu'il en avait besoin maintenant. Avec le déluge, il pouvait bien attendre quelques heures, non ? Lorsque je vis ma mère mettre son blouson, je compris que ce n'était pas possible. Elle me promettait de revenir rapidement pour me faire un chocolat chaud. Il est vrai que papa ayant pris la voiture, elle n'avait plus que sa moto comme moyen de locomotion. Un étrange pressentiment me poussait à la retenir. Il ne fallait pas qu'elle s'en aille. Pas maintenant. Pas sous cette pluie. Ce papier pouvait bien attendre demain. Je suppliais ma mère de ne pas me laisser toute seule, mais celle-ci me demandait d'être courageuse. Elle me disait que l'orage ne pourrait rien me faire si je restais dans la maison, sagement à faire mes coloriages ou à jouer à la poupée. Oui, mais elle ? Je la vis passer le pas de la porte sans pour autant m'envoyer un baiser de loin que je rattrapais avant de me le coller sur la joue. Puis j'entendis la porte claquée et le bruit de la moto qui tournait au coin de la rue.

J'attendais. J'attendais. Mais elle ne revenait pas. Seul mon père revint à la maison, la mine grave. Il avait quelque chose à me dire. « Maman ne reviendra pas » Je me sentais partir. J'avais mal. Pas seulement au cœur, mais aussi dans ma chair. Le décors changea radicalement. Je n'étais plus dans la maison qui m'avait vu grandir, mais dans un appartement. Ah oui, j'étais chez Elias. Mais quelque chose n'allait pas. Le décors avait changé, mais cette sensation de douleur ne s'éteignait pas. Bien au contraire, elle se faisait davantage présente. Je pouvais la sentir parcourir le moindre de mes nerfs, chacun de mes muscles y était exposé. C'était insupportable. Je me mordis le poing tentant de retenir un gémissement de douleur. Je n'en pouvais plus. Je bougeais pour me mettre sur le côté, mais ne trouvais nulle position capable de la calmer. Pire, je ne pouvais que constater mes draps mouillés de sueurs. J'avais chaud. J'avais froid. Je suffoquais. Je devais sortir. A tout prix. Prenant mon courage à deux mains, je me hissais hors de ce lit. Sauf qu'il ne s'agissait pas d'un lit mais bel et bien d'une prison. Emmêlées dans les draps, je tombais lourdement sur le sol, non sans laisser échapper une plainte.

Je me mis sur le dos dans le but de retrouver mon souffle, perdu après cet effort surhumain et constatais que quelque chose n'allait pas. Certains objets étaient en lévitation... La télécommande, mon portable, un ou deux magazines et un verre s'envoyaient en l'air. Curieux mélange. Quoique l'un d'eux en ait eu rapidement marre de cet exercice. Le verre tomba sur le sol, se brisant en mille morceaux. Haletante, je ne pouvais que constater les dégâts.
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Mar 27 Nov - 12:33

Les bruits qui entourent notre sommeil peuvent bien sur nous réveiller, mais pas seulement. Souvent quand je subis une fatigue particulièrement sévère, peu de choses sont capables de me tirer de mes rêves. Les bruits pourtant sont présents et s’ils sont suffisamment forts pour être entendus, ils agissent autrement ;

Alors que le scénario de ce rêve étrange se poursuit sagement, que je commence à comprendre que je tiens Capucine contre moi et que je lui raconte une partie de ma vie – allez savoir si c’est vrai ou si le Elias de mes rêves a eu une autre existence – un bruit sourd nous fait sursauter. Soudain le mur derrière nous se retire, tombe, ce n’était pas celui de l’appartement il est beaucoup trop sombre, trop épais, massif. La demoiselle se met à pleurer et je fais de mon mieux pour la rassurer mais rien n’y fait elle commence à hurler, à se débattre, de drôles de paroles sortent de sa bouche et je me sens amèrement blessé. Au cœur.
Je lui en veux, je perçois ses mots comme des insultes sans être capable de les détailler et au moment ou je veux ouvrir la bouche pour la remettre à sa place, laissant la colère parler plutôt que ma douleur, le lustre – qui n’existe que dans ce bizarre rêve – se décroche et me tombe dessus.
J’ouvre les yeux.

En secouant la tête je passe une main nerveuse sur mon visage que j’essaye de réveiller. Pas le temps cependant de penser à ce cauchemar stupide car je comprends après une fraction de seconde que je n’ai pas imaginé le bruit d’éclat de verre. Mais si ce n’était un lustre, qu’est ce qui est tombé ?
Aussitôt je pense à la rouquine et je bondis du lit pour la rejoindre ; l’obscurité de la nuit m’empêche de constater les hallucinants dégâts et je me contente de me précipiter jusqu’à l’interrupteur de la cuisine pour pouvoir observer la belle sans risquer de la réveiller…en supposant qu’elle dorme encore.
La lumière dévoile alors le joyeux boxon et le surnaturel qui me saute aux yeux me fait faire un pas de recul.

« Bon sang de… ! ...merde ! »

Ça arrive à tout le monde d’avoir peur ; non ? Je ne saurai dire si la surprise m’a effrayé ou si je me suis pensé fou mais les faits sont là, j’ai tellement reculé que j’ai rencontré la poignée du frigo pendant que mon crâne saluait le congélateur au dessus ;
Me frottant alors avec énergie pour dissiper la douleur – me concentrer sur ce que je vois sera bien assez fatiguant – je fixe Capucine au milieu de tout ce chahut. N’a-t-elle pas peur ? Trouve-t-elle ça normal ?
Mon envie première est de la rejoindre pour la mettre à l’abri mais bien vite, j’oublie. Non je n'ai pas à la sauver car on dirait qu’elle s’excuse. On dirait, qu’elle comprend tout ça. Pire encore, on dirait qu’elle en est responsable...

« Qu’est ce qu’il se passe Cap… ? Regardes ceça vole… »

Forcément à être trop terre à terre et rationnel, ce genre d’évènement est mal digéré. Je prends une généreuse claque en me répétant que je ne dors plus, que cet appartement est bien le mien et que la demoiselle a bien conscience de tout ce qu’il se produit sans pour autant avoir l’air de le découvrir ;

Désormais impliqué dans ton manège ;
Tu vas devoir réussir à me calmer ;
Je déteste cet extraordinaire sortilège ;
Que tu sembles avoir jeté dans notre maisonnée…


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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Mar 27 Nov - 17:07

Il me fut impossible de faire le moindre geste en direction du verre pour tenter de le rattraper. Il était trop tard. Le bruit occasionné par son brisement s'était répercuté dans tout l'appartement, signant mon arrêt de mort, car il ne faisait aucun doute qu'Elias avait entendu. Je prenais sur moi pour me relever dans le but de me mettre dans un coin, mais ne pouvais que retomber mollement sur le sol. Mon corps ne pouvait répondre à cette requête dans la mesure où il était bien occupé à faire léviter les petits objets à sa portée. Je n'aurai jamais dû utiliser ma capacité sans un quelconque entraînement. Désormais, je ne contrôlais tout simplement plus rien., je ne faisais que subir ma capacité. Plus je faisais en sorte que la lévitation cesse, plus elle se renforçait. C'était à n'y rien comprendre.

De ma place, je pu entendre les bruits de pas qui convergeaient vers la cuisine avant qu'une lumière éblouissante, meurtrière m'obligea à me protéger les yeux. Le temps de m'habituer à elle, je pu voir le visage d'Elias. Elias qui reculait. Elias qui avait peur. Il m'avait découverte. Il venait de comprendre que je n'étais pas normale, que je n'étais qu'un monstre de la nature, une simple bête de foire. Il m'était impossible de décrire la souffrance que je pouvais ressentir devant ce visage qui me craignait. Je lui avais pourtant bien vu des expressions : tristesse, colère, souffrance, mais aussi la joie, l'affection, la taquinerie... Sa peur m'avait été jusqu'ici refusée et je la voyais pour la toute première fois alors que je la provoquais.

Toujours par terre, dans un ultime effort, je poussais sur mes bras pour me reculer contre le mur, avant de les mettre sur ma tête à la fois pour me cacher, mais aussi pour faire taire ce vrombissement qui me déchirait les tympans. Au loin, je pouvais entendre Elias qui me demandait de constater cette lévitation. Que dire ? Lui demander d'aller se recoucher comme s'il n'avait rien vu ? Lui dire que tout ceci n'était qu'un rêve et qu'il ne se réveillerai que demain ? Bien sûr que non. L'avocat n'était pas aussi bête pour m'accorder cette faveur sans la moindre explication.

- « Dégage ! Remonte dans ta chambre ! Ne regarde pas... Ne me regarde pas... », terminais-je en sentant les larmes couler le long de mes joues.

Comment foutre en l'air une amitié et tout perdre en l'espace d'une soirée en trois mots : dissimulation, mensonge et trahison. Elias avait invité un monstre chez lui et je ne l'avais jamais prévenu sur la personne que j'étais. Je n'y avais même jamais réellement songé. Je pensais que je pourrai rester ici, jusqu'à ce que nos chemins soient séparés tout naturellement, mais il fallait croire que la fin était bien plus proche que ce que je pensais.

- « Je suis désolée. Je t'en prie Elias... Pardonne-moi. »

Je renforçais ma prise sur ma tête dans le but de me protéger d'un éventuel coup ou je ne sais quoi. Il ne me restait plus qu'à attendre le moment où il me mettrait à la porte sans aucune autre forme de procès. Mais en faisant cela, je ne pouvais m'empêcher de continuer à implorer son pardon tout en m'excusant. Arrivera -t-il à m'accepter telle que je suis ou me jeter dehors avec ce même regard effrayé.
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Mar 27 Nov - 17:41

Je ne comprends pas. Je ne peux pas expliquer ce que j’ai sous les yeux. Et c’est dévorant. C’est alarmant, inquiétant, affligeant. Je ne conçois pas une seconde faire face à une réalité que je n’avais jusqu’alors jamais soupçonnée. Comment se peut-il que ces objets planent librement dans mon appartement ?
Mon angoisse impose une respiration beaucoup plus accélérée, saccadée, douloureuse dans mes poumons étouffés par la peur et la surprise à la fois. Je me tiens le crâne blessé, le torse affolé. J’ai l’impression d’être aussi mal et perdu physiquement que psychologiquement. Je voudrais pouvoir croire à un rêve mais si on se fie à l’histoire du pincement je ne dors pas : les coups que j’ai pris dans les côtes et sur la tête ont été très perceptibles ;

Mais si je suis dans un état de bouleversement certain, dans un désarroi, une panique naïve, je ne peux me contenter de trembler. Capucine, là-bas contre le mur, recroquevillée, souffrante, me parait plus abandonnée que jamais.

« Qu-quoi ? Capucine pourquoi tu… ? »

Pourquoi me parle-t-elle sur ce ton ? Rattrapé par mes sentiments j’entame un pas pour me rapprocher d’elle dans le but de rapidement la rejoindre, la prendre dans mes bras et la consoler. Ses mots peuvent être durs, ils ne me blesseront pas. Je vois bien qu’elle est mal.
Mais aussi vite que je m’étais décidé à avancer voilà que j’interromps tous mes gestes, effrayé par…un coussin. Il ne doit pas être très dangereux, je le reconnais, mon sursaut est ridicule mais laissez-moi préciser que ce truc est à hauteur de mon visage ! Prenant sur moi dans une expiration lourde je le contourne et poursuis ma traversée du salon…
Heureusement qu’il n’y pas dans la cuisine une exposition de couteaux de compétition, je ferais moins le malin. Je continue d’esquiver les différents objets qui volent en prenant la rouquine dans ma ligne de mire pour me focaliser sur l’expression de son visage de plus en plus alarmante ;
C’est cet attachement unique pour elle qui me pousse un instant à ignorer tout ce qu’il se passe autour de moi. De nous. J’occulte de mes pensées les aberrations dans le salon et me retrouve enfin à un pas d’elle.

« …ne restes pas par terre, s’il te plait je, de quoi dois-je te pardonner ? Est-ce que tu sais ce qu’il se passe dans le… ! »

Je sursaute une fois de plus quand une des télécommandes vient frôler mon épaule. Fichtre, mieux vaut ne pas être cardiaque mais si j’avais un peu plus de recul – ou si j’arrive un jour à avaler ça – je dirai que ça vaut toutes les attractions du monde.
Plaçant ma main contre l’objet avec douceur je le repousse et me concentre à nouveau sur la demoiselle. Pas question qu’une guerre soit déclarée entre nous à cause de quelques accessoires de l’appartement ! Quand bien même elle serait liée à ça, quand bien même Capucine pourrait se dire responsable, je ne suis pas stupide. Je vois bien qu’elle s’en veut, qu’elle ne contrôle pas tout…
Je frissonne au moment ou c’est mon t-shirt qui semble bouger tout seul. J’observe alors d’un œil méfiant ses rebords qui montrent une envie de s’éloigner et je les replace contre moi pour les calmer.
Mais qu’est ce que c’est que ce cirque franchement ?...

« Je ne t’en veux pas mais…est-ce que tu as le pouv…la capacité de tout remettre à sa place ? Sur le sol du moins ? Je voudrais juste, que tu m’expliques. »

Dans un sourire nerveux ;
Je me débarrasse si possible de mes frissons ;
Je m’approche de toi dans un dernier geste courageux ;
Et essaye de te convaincre que je ne ressens aucune aversion…

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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Mar 27 Nov - 20:45

Mon attitude agressive envers Elias n'était que la traduction de ma crainte qu'il ne me déteste en voyant ce dont j'étais capable. Je voulais qu'il garde au fond de lui l'image erronée qu'il avait de moi. Une Capucine toujours joyeuse, souriante et taquine. Pas la Capucine monstrueuse qui mentait et cachait la vérité sur sa vie passée. S'il venait à apprendre tout ce que j'avais fait jusqu'à ce mois de décembre, je ne donnais pas chère de ma peau. Il me détesterai et m'abandonnerai comme tous les autres avant lui et c'était tout à fait normal. J'aurais dû me douter qu'une chose comme celle-ci finirait par me perdre. Tout se savait un jour ou l'autre.

Je le voyais s'approcher vers moi, mais un coussin l'arrêta dans sa progression. Je le vis reculer. Il avait peur. Ce n'était qu'un coussin, mais ça lui faisait peur. Cela aurait pu paraître risible dans d'autres circonstances, mais si ce simple oreiller l'effrayait que devait-il penser de l'abomination à l'origine de ce spectacle ? Pourtant, il continuait d'avancer vers moi. Je me recroquevillais davantage prête à me sentir soulevée pour me faire expulser. Je continuais de m'excuser et d'implorer son pardon, espérant sincèrement que mes paroles l'atteignent. Je ne voulais pas partir. Je ne voulais pas le quitter. Je ne le pouvais pas. J'avais besoin de lui. Pas de son appartement. Pas de son fric. Mais de lui tout simplement. J'avais besoin d'un ami, de quelqu'un qui croyait en moi, qui avait confiance en moi. Je ne voulais blesser personne. Seulement vivre ma vie.

Je l'entendais me demander si j'étais à l'origine de ce phénomène étrange, si je savais ce qu'il se passait ici. Bien sûr que je le savais.

- « C'est ma faute... J'arrive pas à déconnecter. »

Je le regardais, suppliante, espérant vainement qu'il ait la solution à ce problème. Mais comment imaginer qu'il puisse trouver un tel miracle ? Quoiqu'il en soit, mon attention portée sur Elias provoqua une levée de son tee shirt. Il fallait que cela cesse. Il fallait que je la stoppe. Mon mal de tête empirait à mesure que les secondes s'écoulaient. Je ramenais ma tête entre mes genoux, me balançant d'avant en arrière lorsque je réalisais qu'il y avait du sang sur le parquet. Je vis une nouvelle goutte tomber et s'écraser sur le sol. Une main portée à mon nez m'apprit que ce sang était le mien. Je m'épuisais. Qu'allait-il se passer si je ne m'arrêtais pas ? Elias me demandait si c'était possible, mais malgré mes essais, rien n'y faisait.

- « Non... Je n'ai plus aucun contrôle sur elle. Elle ne veut pas s'arrêter... J'ai peur... Je ne sais pas comment l'arrêter et j'ai si... mal. »

Mon cerveau me donnait l'impression d'être torturé au fer rouge ou tout simplement plongé dans de la lave en fusion. Je relevais la tête et me la cognais contre le mur dans l'espoir de la faire cesser. Je plongeais une dernière fois mon regard dans celui d'Elias. N'ayant plus la force de combattre la douleur, ni même de crier, je murmurais dans un souffle.

- « Aide moi... »
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Mer 28 Nov - 10:03

Déconnecter. Rompre la connexion entre deux choses. Au sens propre. Le figuré donnerait plus un : être à des années lumières de la réalité. Être ailleurs. Non ? Pourquoi est ce que je polémique comme un crétin sur ce qu’elle me raconte de toute façon ?!
Je ne comprends qu’une seule chose ; ce qu’il se passe ici me dépasse. C’est moi qui suis déconnecté en fait. Je ne peux pas expliquer, anticiper ou correctement appréhender ce que je vois, ce que je dois faire pour arrêter tout ça ou encore pour aider Capucine. Je suis perdu, sur le point de devenir fou tant ce bordel provoque une excitation cardiaque, un affolement général.
Pourtant je ne cèderais pas davantage à la panique. Pour elle. Pour ma Capucine.
Tous les signes de la jeune femme dénoncent une souffrance indéniable et, passant devant ma frayeur, une colère boue en moi. Contre mon impuissance. Contre ce qui lui fait ce mal ; quoique ce soit.

« D’accord je…on va trouver autre chose ne pleures pas ; ne pleures pas ma belle… »

Je n’ose pas toucher davantage les objets en lévitation, je lutte pour continuer de les ignorer et les derniers mots de la rouquine finissent par me convaincre. Je dois avant tout l’aider. Qu’importe le reste, je n’ai qu’une seule priorité.
Je m’agenouille alors près d’elle et comme si je sentais qu’un geste précipité n’allait rien arranger, je tends le bras avec le plus de délicatesse possible. Compte tenu de mon état de panique, je tremble un peu, mais bientôt les doigts et la paume de la main entourent chaleureusement son petit avant bras.
Tout à l’heure dans mes bras, elle a dit se sentir bien. Capucine. Comme tout à l’heure alors, je m’approche, sans la détacher de son mur, ignorant autant que possible le sang au sol, et je l’englobe de ma présence. Mes bras font barrières à tout ce qui n’est pas nous et nos respirations se retrouvent pour orchestrer des battements de cœur plus posés pour tous les deux… elle n’est pas la seule à aller mieux lorsque nous sommes proches ;
Doucement les objets retrouvent le sol, leur place, et je reste là figé contre elle, me contentant de quelques caresses sur son bras, mon visage frôlant le sien avec affection.

« Je suis là, il faut te détendre, oublies tout ça…je suis là. »

Comment lui faire comprendre que je suis utile, que je suis son protecteur, son sauveur, que je suis celui qui vais – continuer de – prendre soin d’elle alors que ce qu’elle vient de nous faire vivre ne me concerne pas. Je méconnais ce que j’ai vécu et je suis loin – très loin – d’imaginer qu’il y a une explication scientifique ; qu’il y a d’autres personnes capables de choses extraordinaires ; que la lévitation d’objets n’est pas le seul don ; que Capucine peut elle-même défier les lois de l’apesanteur…
Et pourtant mes paroles ont rarement été si sincères. Entières. Honnêtes.
Je suis là pour elle. Quoiqu’il arrive. Quelles que soient mes possibilités pour l’épauler, même si elle me jure que je ne peux rien, Cap ne m’enlèvera pas ça : je suis là.

« Prends moi dans tes bras, accroches toi à moi, je ne te lâcherais pas. »

C’est un gage de confiance ;
Une façon de prouver ce que je ressens ;
Défaits toi de toute méfiance due à mon ignorance ;
Pour toi je serais , tout le temps, indéfiniment…
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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Mer 28 Nov - 11:00

Exténuée par cette violente poussée, je me contentais d'assister à la scène telle une spectatrice extérieure à tous ces événements. Je ne pouvais plus combattre cette douleur lancinante. Je me laissais emporter lentement, mais sûrement vers d'obscurs abysses. Je pouvais entendre la voix lointaine d'Elias qui tentait par tous les moyens de me rassurer. Il cachait sa propre peur, son incompréhension dans le seul but de m'aider. Il était là, tout près, je pouvais sentir son odeur, sa chaleur, mais aussi sa main sur mon bras. Je me laissais porter par ces douces sensations et permettais à ma tête un peu de repos contre son épaule. Il était là. Il ne me repoussait pas. Il m'aidait. Il ne m'assimilait pas à un monstre. Autant de phrases laconiques qui tournaient et retournaient dans ma tête m'offrant de ce fait un moment d'apaisement.

Je pouvais entendre sa voix me chuchoter des mots de réconfort à l'oreille. Il me proposait d'oublier. Comment le pouvait-il lui même ? Comment pouvait-il rester aussi calme après tout ce qu'il venait de voir ? Se pouvait-il qu'il... ? Non, cela ne se pouvait. Je ne pouvais concevoir qu'il puisse être au courant de tout ceci. Pas après cette expression qui ne cessait de me hanter depuis que je l'avais vu sur son visage. Arriverais-je à l'oublier ? J'en doutais. Pendant une fraction de seconde, Elias avait eu peur de moi. Quoi de plus normal... Je n'avais pas toujours fait les bons choix dans ma vie. J'avais fait des choses dont je n'étais pas très fière. Si Elias venait à en apprendre certaines, me dénoncerait-il à la police ? Quoiqu'il n'était pas juge, mais son métier d'avocat ne lui interdisait pas de se forger une opinion sur les meurtriers... Car c'était ce que j'étais depuis plusieurs mois. Si je lui avouais que j'avais déjà ôté la vie à un homme et que par la suite, je n'avais jamais éprouvé le moindre regret... Sa vision de moi changerait-elle ? A tout jamais, ça ne faisait aucun doute.

Je constatais que mon esprit se faisait de plus en plus clair. La douleur semblait se retirer pour laisser la place à une fatigue déconcertante. Mais j'étais bien. Je me laissais porter par cette douce chaleur qui semblait émaner d'Elias. Ses bras autour de moi me protégeaient de ma folie et repoussaient toutes ces pensées noires sur un hypothétique abandon.

- « Promets moi de ne jamais m'abandonner. Peu importe ce que j'ai pu faire. Promet le moi. Ne m'abandonne pas. », disais-je faiblement.

Il me fut impossible d'aller au fond de ma pensée et peut être était-ce mieux ainsi. Si je lui disais que je ne le supporterai pas, il se sentirait davantage obligé de me garder auprès de lui. Or, je ne voulais pas être un fardeau. C'était pourtant ce que j'étais dans un sens. Aujourd'hui, je ne lui servais pas à grand chose. Je m'occupais certes de l'appartement, mais ce n'était pas comme s'il n'y était pas arrivé avant que je ne vienne habiter chez lui. Il n'avait pas non plus besoin que je lui fasse la cuisine puisqu'il avait survécu jusqu'ici. Je ne lui étais d'aucune utilité. J'étais malade et anormale. En quoi pouvais-je représenter une bonne affaire ? Il pourrait très bien me vendre à un cirque comme bête de foire. Il y gagnerait un bon paquet d'argent, je suppose.

Ce fut à ce moment là qu'il me proposa de m'accrocher à lui. Mais le plus important fut qu'il ne me lâcherait pas. Était-ce une promesse ? Je l'espérai du plus profond de mon cœur. Je laissais ma main gauche glisser le long de son bras pour la laisser retomber sur son épaule alors que la droite remontait le long de son torse pour s'accrocher à son tee shirt. Au départ, cette dernière se faisait fébrile, mais plus la présence d'Elias se rapprochait, plus elle resserrait son emprise sur le tissus. La douleur s'était définitivement enfuie, ne laissant la place qu'à cette douce chaleur.

- « Merci... Merci... Merci », me contentais-je de répéter.

Merci de rester auprès de moi. Merci pour tout. Merci d'être toi. Le rythme de mon cœur avait ralentis et ce moment d’accalmie me permit de jeter un regard autour de nous. Tous les objets avaient repris leur place initiale. Je ne sentais plus cette pression en moi me signalant que ma capacité était encore active. C'était fini. La crise s'en était allée. Mes yeux se posèrent ensuite sur le tee shirt d'Elias, taché par mon sang... Et là, la pensée philosophique du soir sortit de ma bouche.

- « J'ai tâché ton tee shirt... »

Ce n'était pas grand chose. Il suffisait d'un coup en machine et il n'y paraîtrait plus rien. Seulement, ce fut la seule chose logique qui me semblait bonne à dire. Que pouvais-je dire d'autre ? Quelque chose du genre : « Ça t'a plu ? » n'aurait certainement pas été chaleureusement accueilli.... Par contre, ce que je pouvais accueillir chaleureusement c'était ses bras et sa présence qui semblaient guérir tous mes maux. Elias était mon remède.
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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Mer 28 Nov - 20:24

J’ai beau me tenir là au plus près d’elle pour faire le serment d’être toujours présent, de toujours être une oreille amie, des bras ouverts, un cœur compatissant ; la jeune femme a ce besoin imminent de me le réclamer. Encore. Ses paroles et leur gout récurrent renforcent la détresse contre laquelle elle lutte depuis que je suis arrivé ; sans doute même avant. C’est comme s’il fallait doublement insister, répéter mes engagements et en faire une officielle promesse pour la rassurer définitivement ; pour l’apaiser comme elle l’entend ;
Et j’accepte. Je ne la décevrais pas, j’ai implicitement promis que je serais toujours là, je peux bien y mettre les formes cette fois et rendre la chose plus formelle…
En acquiesçant je me laisse une seconde pour admettre ce grand besoin de promesse de la part de Capucine et j’active mes caresses sur son bras en esquissant un sourire entendu ;

« Je te le promets ; Capucine. »

Peu importe ce qu’elle a pu faire.
Cette touche d’anticipation, de prudence qu’elle pose là est bien sûr suspecte. En fait c’est plus que ça, ça sous entend que la miss a des choses à se reprocher, des choses qui pourraient la discréditer à mes yeux, des choses que je pourrais lui réprimander, des choses qui pourraient…altérer le jugement que je lui porte ?
C’est impossible. Je n’y crois pas. Ma petite Capucine est quelqu’un d’extraordinaire, forte comme personne et la chaleur qu’elle a placé dans mon cœur depuis un mois est irremplaçable.
Je décide de placer les frayeurs de la demoiselle sur le compte de sa fatigue et d’un certain manque de confiance. Oui si elle est forte, elle est à la fois fragile, très sensible et honnêtement au vue de son état actuel mon hypothèse est parfaitement plausible ;

« Ne me remercies pas…ça va aller. »

Je déteste qu’un gage d’amour…ou d’amitié, soit perçu comme un service que l’on doit rendre. Capucine ne me doit rien, je n’attends rien d’elle, je reçois déjà énormément de sa venue ici, de son arrivée dans ma vie, tout ce que je veux c’est lui être utile. Le jour ou ce ne sera plus le cas ; je ferais tout pour m’effacer.
C’est la première fois depuis ces quatre semaines mais je réalise enfin qu’un jour ou l’autre, la belle et moi seront bien contrains de nous séparer. De ne plus vivre ensemble. J’ai promis et je serais toujours là pour lui venir en aide, je ne veux pas pour autant devenir un poids ;
La prudence a toujours fait partie de mes maitres mots. Ne l’ai-je pas un peu négligée ces derniers temps ?

« Hum ? Oh ce, on s’en fout ce n’est qu’un t-shirt et…tu saignes ! Capucine je vais t’emmener aux urgences il faut; tu es déjà faible il ne faut pas déconner ! »

Je me parle plus à moi-même qu’à elle, il est clair. Je cours jusqu’à mon blouson et attrape une paire de chaussures en oubliant un peu que j’ai un bas de survêtement et un pauvre marcel noir en guise de tenue. Mais les contextes d’urgence ne permettent pas la préparation esthétique !

« Ne bouges pas je vais t’aider ! »

Dans la précipitation je déborde de maladresse ;
N’est ce pas plutôt une façon d’éviter de trop penser ;
Tu es tant ma force que ma plus grande faiblesse ;
Mais par tous les moyens je veux te préserver…

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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Mer 28 Nov - 21:26

Le monde est plein de mystères. Cependant, même les phénomènes les plus troublants sont insignifiants s'il n'y a pas quelqu'un pour les voir, une personne pour constater, un ami pour se sentir concerné. Le destin de l'être humain ne se façonne pas par à-coups, il s'élabore au fil des jours... Le plus infime des événements, même s'il est insignifiant, même si on ne s'en souvient pas et qu'on pense n'en garder aucune trace tisse un lien qu'on ne peut rompre. Elias était cette personne. Il était l'ami dont j'avais besoin pour que ce passé qui m'effrayait tant ne me rattrape pas. Il était l'ancre qui m'empêchait de me perdre dans cette obscurité que constituait la mutation. Si je devais trouver une image pour caractériser notre relation, je choisirai certainement la lumière au bout du tunnel. Combien de fois m'avait-on dit de ne pas aller dans cette direction si mes pieds ne touchaient plus le sol ? Je ne saurai dire, mais aujourd'hui était bien la première fois où j'étais certaine de vouloir courir après cette lumière.

Tandis que je le remerciais d'être aussi présent pour moi, il m'arrêta, me promettant que tout irait bien. Je le croyais. Les mots pouvaient se montre à la fois dangereux, mais aussi salutaires. Dès qu'ils sortaient de la bouche, on ne pouvait plus les reprendre. On ne pouvait pas faire comme si on n'avait rien dit. Les Hommes s'enfermaient dans les mots sans réaliser qu'ils se laissaient enchaîner. Les mots étaient vivants. Ils étaient des armes ou des remèdes. Et parfois les mots scellaient les destins entre eux. Mon destin était scellé à celui d'Elias désormais. Il ne faisait plus aucun doute que je ne pouvais me passer de lui. Le pauvre. Il allait devoir me supporter jusqu'à la fin de sa vie. Il n'aurait jamais dû me faire cette promesse car il allait devoir la tenir et je comptais bien la lui rappeler chaque jour que Dieu faisait.

Pour le moment, je me contentais de constater le sang sur son tee shirt. Hormis la fatigue et l'état de faiblesse, je me sentais plutôt bien. J'étais même prête à me recoucher après m'être nettoyée la figure. Etais-je en train d'éviter la conversation qui allait naître entre Elias et moi ? Pas sûr dans la mesure où lui même pensait à autre chose. Je le voyais s'affairer à mettre son blouson et ses chaussures, prêt à me porter à l'hôpital. Il me fallait quelques secondes pour réaliser ce qu'il comptait faire. C'était une erreur.

- « Elias... Non... Pas d'hôpital, ce n'est rien. Ce n'est qu'un saignement de nez, il n'y a pas de quoi s'alarmer. »

Assise par terre, je me contentais de le regarder, mais malgré mon immobilité, quelque chose se produisait en moi. Je ne saurai comment le définir, mais je me sentais frigorifiée. Cette douce chaleur qui m'avait enveloppé tout à l'heure lorsqu'il m'avait serré dans ses bras s'en était allée. Était-ce normal ? Sûrement. Je me posais de drôles de questions tout de même. Pour autant, je ne pouvais rester par terre.

- « Par contre, tu peux m'aider à me relever. Ce ne serait pas de refus car mes jambes ne semblent pas très coopératives. »

A ces mots, Elias m'aida à rejoindre le lit. Je n'avais nullement besoin qu'il me porte comme une princesse ou une demoiselle en détresse, même si pour cette dernière, je ne pouvais que cocher la case. Il ne me restait plus qu'à m'appuyer sur lui, prête à lui expliquer la situation qui venait de se dérouler sous ses yeux.

- « Je sais que tu dois avoir de nombreuses questions et je le comprends. J'ignore si je pourrais donner des réponses à chacune d'entre elles car moi-même, il m'arrive d'être perdue. Ce soir, en est la preuve. Je ne suis pas tout à fait... normale. J'ai un don, une capacité qui me permet de faire léviter les choses. Tout ce que je sais sur le pourquoi c'est que c'est un gène. On naît avec ou pas. S'il m'avait été possible de choisir, tu peux être certain que j'aurai tout fait pour éviter d'être ainsi. »
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Jeu 29 Nov - 11:49

Qu’un saignement de nez ? Non mais elle se fout de moi ! C’est…un simple saignement de nez. Mais j’ai de bonnes excuses pour être à ce point paniqué. Premièrement et malgré son courage, sa résistance et sa capacité à ne pas montrer ses faiblesses, Capucine est une jeune femme malade. Malheureusement. Ce saignement n’est donc pas recommandé dans son état et pour terminer, ce que je viens de voir me donne absolument toutes les raisons de prendre des décisions impulsives et pas nécessairement logiques ;
J’ai décidé.
Pourtant l’intervention de la miss me laisse le temps de correctement analyser le contexte et en effet, je me vois mal débarquer aux urgences en hurlant que ma colocataire saigne du nez à cause d’une incantation, d’un lancé de sort ou je ne sais quel sortilège tordu ; moi qui n’ai jamais cru en rien de surnaturel que ce soit des simples mauvais signes en passant par les rêves prémonitoires… je viens de m’avaler un sacré vaccin.

« Mais tu as l’air si faible…c’n’est pas bien prudent de te laisser comme ça ; viens là. »

Dis-je en la soulevant. Commençons par le commencement, je l’installe sur son lit, passe une main sur sa joue, son front, efface les gouttes de sang au dessus de sa lèvre dans un premier temps puis je m’installe à ses côtés. Pas besoin de lui demander de m’expliquer, elle sait parfaitement que j’ai besoin d’un minimum de justification. Je m’apprête déjà à ne rien croire mais il faut que je sache, il faut au moins que j’ai sa version des faits. Si la mienne s’arrête à la folie, soit, mais je veux pouvoir comparer les données ;
Bon sang…
Le monde magique ou improbable des mutants de films fantastiques nous a rattrapé. Je ne peux que soupirer de consternation, d’effroi, de surprise.

« Un gène… »

Je dirais plutôt une gêne ouais.
Les informations sont difficilement ingurgitées, comme prévu. Mais c’est toujours mieux que ce vide béant qui s’est ouvert dans mes pensées avec la simple étiquette « danger » accolée. Désormais je peux y ajouter don, lévitation, gène, Capucine…
Comment sait-elle que ça vient d’un gène ? En a-t-elle parlé à quelqu’un ? Connait-elle d’autres personnes victimes de ce truc ? Des médecins ont prouvés ces anormalités ? Est-ce un secret d’Etat ? Quelques brigades militaires sont forcément au courant ! Non ?

Je n’arrive pas à formuler tous ces doutes et je ne suis pas certain d’avoir envie de connaitre leur réponse. De plus, la demoiselle me fait comprendre qu’elle ne sait pas tout là-dessus. Je la crois. Je ne perdrais pas confiance en elle parce qu’elle m’a caché ça. Oui, elle m’a caché sa capacité, ce qui est énorme, et après ? Je ne lui ai jamais demandé de me décrire toute sa vie, son parcours, son passé pour pouvoir vivre avec moi ;
Finalement je me laisse tomber dos sur son lit. Je n’ai pas peur de la rouquine, mais j’ai désormais peur de l’extérieur. Des autres. Je n’ai jamais été bien à l’aise en public – je me demande si quelqu’un peut vraiment l’être – mais ce que je viens d’apprendre, si tardivement, c’est bouleversant.

« Comment est-ce possible ? C’est un secret bien gardé j’imagine ; vous ; vous qui avez des dons de ce genre, vous le savez depuis quand ? Je…non ça ne me regarde pas. Excuse-moi. Je t’avoue que j’ai, peur. Un peu. »

Un sourire toutefois ;
Un geste amical de la main ;
Pour encore te serrer contre moi ;
Et te montrer que cela ne change – presque – rien
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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Ven 30 Nov - 18:59

Mon état de santé n'était peut être pas des plus glorieux, mais je savais encore où était mes limites. Ce saignement de nez n'était rien comparé à la douleur que j'avais pu ressentir quelques instants plus tôt. Désormais, elle était partie et, intérieurement, j'espérai qu'elle ne reviendrait pas de sitôt. J'allais devoir me montrer plus prudente avec cette capacité. Non seulement, elle aurait pu me coûter la vie dans cette ruelle, mais, en plus, elle prenait la forme d'une crise m'ôtant toute force. Je n'en pouvais plus et j'espérais ne pas avoir à me bagarrer avec Elias pour lui montrer la stupidité de la situation. Comment arions-nous expliquer aux médecins ce qui s'était passé ? Il était bien entendu impossible de leur révéler la vérité. Même si certains étaient au courant de la chose du fait qu'ils possédaient ce gène destructeur, je devais me montrer vigilante. Il ne manquerait plus que je ramène Genetic à la porte d'Elias...

Je me laissais porter par l'avocat jusqu'au lit sans broncher. J'avais cette impression d'être une petite fille lorsqu'il agissait ainsi avec moi. Il faisait tout pour ne pas me brusquer et il prenait soin de moi bien que je ne lui ait confié aucune mission de ce genre. Il ne pouvait me sauver de tout. Je sentais tout de même ce besoin impérieux de le rassurer. Il m'était difficilement de le voir si inquiet.

- « Je vais mieux, je te le promets. »

Je tentais de sourire doucement pour lui montrer que le danger s'en était allé loin, très loin de l'appartement. Avais-je réussi à apaiser ses craintes ? Peut être. Peut être pas. La seule chose dont j'étais sûr était la multitude de questions qui devaient tourner dans sa tête. Lorsque l'on voyait pour la première fois que ce genre d'événements existait, il était difficile d'y croire. On se demandait généralement si nous ne devenions pas tout simplement fou. A en croire l'attitude d'Elias, j'optais pour cette hypothèse. Je l'avais moi même essayé lorsque ma capacité s'était révélée à moi. Seulement, je ne pouvais me croire folle car j'étais tout de même tombée du toit de mon lycée et en étais ressortie indemne. Rien qu'avec ça, je ne pouvais douter que quelque chose se tramait autour de moi. De plus, tomber devant un mec avec une tête de poisson rouge, ça ne se produisait pas tous les jours, surtout lorsque le dit « poisson rouge » vous poursuivait en parlant de mutation ou d'évolution. C'était fou ! Mais c'était l'explication la plus convaincante et la seule. J'allais devoir faire la même chose avec Elias aujourd'hui.

- « Oui... Certains voient ça comme une mutation, une sorte d'évolution. J'ignore pourquoi je me retrouve dans cette histoire, mais je suppose que mes parents avaient ce qu'il fallait dans leur ADN. En combinant les deux, ça m'a rendu comme ça. »

Je fis une courte pause avant de le regarder droit dans les yeux pour lui poser la question qui m'obsédait.

- « Tu as peur ? »

Du moins, ceci était l'explication d'une petite étudiante en sociologie qui, même si elle voulait en savoir plus sur ses capacités, ne voulait pas perdre son humanité. Mon don n'était pas mauvais en soit et je supposais que tous les autres ne l'étaient pas. Ce n'était que la manière dont les gens s'en servaient qui pouvait poser quelques problèmes. Personnellement, que pourrais-je faire avec mon don de lévitation ? Il m'était déjà difficile de soulever un objet aujourd'hui, alors je n'osais même pas penser à un être humain. Pourtant, j'en étais capable. Je l'avais déjà fait. Les temps avaient bien changé depuis cette époque.

Je sentis Elias s'allonger sur le lit en proie à toutes ses interrogations. Je le regardais en coin, n'osant lui demander s'il me voyait autrement. Forcément. Cela ne faisait aucun doute, mais... Avait-il peur de moi ? Il devait se demander des milliers de choses alors que je n'en avais qu'une seule. Je le laissais prendre un peu les choses en main, trouvant qu'il était préférable pour lui de poser ses questions afin d'obtenir les réponses nécessaires à sa compréhension. Et sa première était... normale.

- « J'ignore depuis quand ce gène s'est répandu. Je ne connais pas le premier cas et n'en ai jamais entendu parler. Mais d'après ce que je sais, un mutant découvre sa capacité lorsqu'il subit un choc ou quand il en a réellement besoin. »

Je me laissais tomber à mon tour à ses côtés, glissant ma tête dans le creux de son épaule. Mon regard fixait sans réellement le voir le tableau qui se trouvait à ma hauteur.

- « Pour ma part, mon don s'est révélé quand je suis passée par dessus la rambarde du toit de mon lycée. Je tombais et je pensais que j'allais m'écraser sur le sol. J'avais peur. Je fermais les yeux et la chute me semblait interminable. C'est en ouvrant les yeux que je me suis rendue compte que je m'étais arrêtée à quelques centimètres du sol, indemne. Je ne pouvais en croire mes yeux, mais le fait que quelqu'un assiste à la scène m'a forcé à ouvrir les yeux sur cette capacité. Je ne suis pas seule dans ce cas là, mais nos dons sont divers et variés. Certains peuvent faire des choses incroyables, d'autres c'est moins conséquent. Si encore, l'homme était naturellement bon, cela ne poserait pas de problème. Sauf que... ce n'est pas le cas. »
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Ven 30 Nov - 20:05

J’ai peur. Oui je ne le cache pas, pas à Capucine en tout cas. Que puis-je lui cacher, à elle ? Elle qui vient clairement de m’ouvrir les yeux sur une partie du monde que je n’imaginais pas. Que je n’aurais jamais imaginé tout seul. Cette fille vient de me dévoiler un secret assez terrible, pire encore, elle a partagé ce moment avec moi. Elle en est l’auteur. Elle a l’air tout aussi victime de ce vécu, de ce gène qui fait d’elle ce qu’elle est ;
J’ai peur. Et s’il y a une personne à qui je ne crains pas de l’avouer ; c’est elle. Ces trois petits mots peuvent vous faire rougir, vous faire honte, ils peuvent impliquer que vous êtes sensible voire faible. Mais pas devant la rouquine. Je me sais plus fragile à certains moments que d’autres. Je me sais parfois solide. Existe-t-il un humain capable de ne jamais ressentir la peur ?
J’ai peur. Et Capucine sait pertinemment que ce ressenti ne vient pas d’elle.
Je n’aurai jamais peur de mon amie

« C’est un peu comme…dans les films. Le pouvoir du héros se déclenche la première fois lorsqu’il frôle la mort et alors par magie, il est épargné. »

Je décroche mes yeux du plafond pour les tourner en sa direction avec étonnement. Pourquoi je raconte ça ? Pourquoi est ce que je viens planter là une touche de fantaisie si stupide alors que nous parlons avec beaucoup de sérieux ?!
Sans doute parce que le sujet de conversation ne m’apparait pas complètement réel, justement. Inconsciemment mes idées se sont fait plaisir à courir jusqu’à mes souvenirs cinématographiques ou de petite télévision pour me donner les quelques brides d’informations dont je dispose ;
Mais concrètement, j’ignore tout. De tout ça. J’ai l’étrange et triste impression que Cap et moi-même venons de deux mondes différents ;
Comme si une barrière de plus venait de se hisser entre nous.

La demoiselle me raconte alors comment elle a su pour sa capacité. Comment elle a découvert qu’elle possédait le gène. Comment du moins elle a su être si…peu commune.
Écarquillant les yeux je bois ses paroles, plongé dans son récit, je me dissipe juste sur la fin le temps de croiser mes bras derrière la tête et je reste bouche bée une seconde ou deux. Finalement, je m’accroche à ses dernières paroles. Pas rassurantes mais bizarrement plus réelles. Plus proches de moi.
Ouais, cette vérité représente un danger que je n’ose même pas supposer. A nouveau je me fie à mes modestes – et erronées – connaissances qui me viennent des rares films fantastiques que j’ai vu et je ferme les paupières secouant la tête ;
Il ne peut y avoir tant de pouvoirs dévastateurs. Ça se saurait. Forcément ! Et il ne resterait plus grand-chose de notre petit monde ; non ? J’extrapole ? Je flippe, voilà tout.

« L’homme est naturellement égoïste. C’est un arrière instinct de survie mais…Capucine, tu as déjà croisé de mauvaises personnes ? Je veux dire, des gens dotés de, de ce gène surnaturel, qui font le mal ? Rassure-moi, ils ne t’ont rien fait… ? »

Sait-on jamais. C’est un peu le scénario de base – mais logique – de ces films là. Oui j’y tiens à mes références artistiques parce que figurez-vous qu’en dehors des légères informations de Capucine, je n’ai que ça ! Et de ce côté-là, mon imagination peut sans mal concevoir le genre d’interventions des gens du mauvais côté.
Quand quelqu’un possède quelque chose de rare, d’unique, qu’il y a histoire de secret et de non-dit, d’innocents et de pouvoir, il y a forcément les méchants. Et leurs actes.

Mon bras vient alors se loger contre le dos de la belle et je laisse mes doigts courir lentement sur sa hanche.
Je n’aurai jamais l’occasion de tout savoir. Ça me parait impossible. Mais cette confiance qu’elle m’accorde, c’est touchant. Je lui en suis reconnaissant et je voudrais qu’elle me voie autrement que comme le peureux témoin de sa crise ;
Je veux être un réel soutien.

« C’est incroyable…enfin, si ma capacité à trouver le sommeil a été ébranlée, ça ne t’empêche pas toi de te reposer. Ferme les yeux. Repose-toi…l’essentiel c’est que tu te sentes mieux. Demain sera un autre jour ; hum ? »

J’aimerai en être persuadé ;
M’assurer que je n’ai fait que cauchemarder ;
Mais je suis bien trop ancré dans la réalité ;
Pour tirer un trait sur l’existence que tu viens de me réveler…

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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Sam 1 Déc - 1:16

Je n'aurai jamais imaginer qu'il me serait aussi difficile de lui expliquer cette partie de ma vie. Bien sûr, il aurait été préférable que tout ceci reste caché pour toujours afin que je puisse goûter aux joies d'une petite vie tranquille. Il ne me semblait pas demander l'impossible et pourtant, force m'était de constater qu'à chaque fois, ce passé me rattrapait. Tous mes efforts pour lui échapper ont échoué et aujourd'hui, je me retrouvais encore dans une situation délicate. Le regard d'Elias sur moi allait-il changer ? Aurait-il peur de moi, de ce dont j'étais capable de faire ? Il ne me restait plus qu'à lui expliquer et attendre son verdict avec impatience et crainte.

Par contre, la réaction d'Elias me fit doucement sourire. « Par magie » Etait-il en train de m'imaginer en sorcière sur un balai parcourant les nuages à la recherche d'une proie à envoûter ? Me voyait-il chanter « I put a spell on you » dans le simple but d'obtenir sa confiance une bonne fois pour toute malgré cette légère anomalie génétique ? Possible... Je ne savais pas à quoi il pensait en ce moment et cela m'effrayait. S'il ne me disait rien, comment pouvais-je savoir ce qu'il en était ? Ses traits m'apparaissaient soucieux et je m'en voulais d'en être la cause. Après tout ce temps, je ne pensais pas lui faire vivre une telle tragédie. Car nous étions en pleine tragédie. Surtout lorsque je me mis à lui raconter ma propre histoire et de mes doutes concernant la nature même de l'homme. L'avocat m'écoutait sans m'interrompre et me faisait part de ses impressions sur la question.

Seulement, il ne pu s'empêcher de s'inquiéter pour moi alors que je me trouvais au moment même, dans ses bras, indemne. Au souvenir de certains événements, il me fut difficile de ne pas montrer mon trouble. Je ne prétendais pas avoir vécu l'enfer de la guerre. J'étais bien consciente qu'il devait exister des combats bien plus destructeurs que ceux auxquels j'avais assisté. Mais j'étais dans l'obligation d'admettre que j'avais pu voir la part d'ombre cachée de l'homme.

- « Les mutants finissent toujours par se retrouver. A croire qu'ils sont liés, attirés les uns vers les autres quand ils sont géographiquement proches. Et, j'ai... »

Je ne pouvais aller plus loin dans mon idée car je l'impliquais dans quelque chose qu'il ne pouvait comprendre. Cette lutte incessante entre Genome, Genetic et peut être d'autres factions n'était pas à prendre à la légère. Je me relevais pour m'asseoir, sentant que je ne pouvais rester aussi proche de lui.

- « Quand j'ai appris pour ma capacité, je me suis faite approcher par un homme. Il savait que j'avais ce don et m'a proposé de travailler pour lui. Il m'a dit qu'il répondrait à toutes mes questions et que je bénéficierai d'un entraînement pour la contrôler. Même si au début, je me suis méfiée de lui, j'ai fini par m'y rendre. J'ai abandonné mon tuteur, mes amis et je me suis donnée à fond dans cette nouvelle... vie. J'ai tout fait pour évoluer rapidement, si bien qu'on me donnait des petites missions. Rien de bien méchant. Beaucoup de repérage, de surveillance. Bref, rien de dangereux. Ils m'ont appris à gérer ma capacité, mais aussi à me défendre, à utiliser une arme. Dans ce milieu, on comprend vite que c'est... nécessaire. »

Je marquais une nouvelle pause pour lui montrer que le pire restait à venir. S'il m'acceptait toujours chez lui après toutes ces révélations, je ne risquais plus rien car j'aurai dit les pires choses que j'avais faites dans ma courte vie.

- « C'est devenu réellement nécessaire en août dernier. Il devait y avoir un échange. La partie adverse avait un des nôtres et nous avions été obligés d'en prendre un des leurs. Normalement, j'aurai dû rester en retrait. Ce qui ne devait être qu'un simple échange a tourné au massacre. Un des leurs a tiré sur l'un des nôtres et la guerre a commencé. Si mon... copain, à cette époque, n'avait pas couru pour aller rejoindre ses amis, qui faisaient parties du camp adverse, dans le but de les protéger, nous n'aurions même pas été blessés. Nous nous sommes retrouvés à combattre notre propre camp. Il a été sérieusement touché par balle et j'ai eu plusieurs côtes de fêlées. Mais ce n'était rien car... ce soir là, j'ai tué un homme. »

Eh oui. La si charmante Capucine, la Capucine si souriante n'était en fin de compte rien de plus qu'une meurtrière. Comment allait-il accueillir la nouvelle ? Au moins, s'il l'acceptait, je n'aurai plus rien à craindre pour la suite.

- « Je ne l'ai pas tué de sang froid. Il s'approchait de Wyatt et il allait lui faire du mal, alors... J'ai tiré... Ça s'est passé au Blue Lake... Le site est désormais contaminé, donc tu peux voir ce dont nous sommes capables. Finalement, j'ai dû laisser Wyatt à ses amies et je me suis retirée. Mon voisin et ami a fini par m'emmener à l'hôpital. Ils ont trouvé quelque chose et ont eu besoin de faire d'autres examens et c'est là qu'on m'a diagnostiqué mon cancer. Ça aussi c'est génétique. Finalement, j'ai repris ma place et je me suis perdue dans mes petits boulots et mes missions. La dernière a bien failli me coûter la vie... »

Sur ce, j'abaissais légèrement mon tee shirt pour lui montrer la marque que Jefferson avait laissé dans ma chaire. Cela faisait un bon mois, donc la plaie était cicatrisée, mais la marque était toujours bien présente.

- « Tu te souviens de cette histoire de tueur en série cannibale ? Je devais l'arrêter, mais les choses ne se sont pas passées comme prévues. Je suis partie avec un partenaire et nous avions pour ordre de le ramener. Or, nous n'étions pas les seuls à être sur les lieux. Le côté adverse était là et tout a dégénéré. La copine de mon partenaire l'avait suivi et fut blessée. Donc il a prit la tangente avec elle. En l'attaquant, seule, je me suis retrouvée prisonnière de son emprise. Il m'a mordu et cassé le bras... Je devais le ramener car après le Blue Lake, je ne pouvais me permettre un nouvel échec. Seulement, je me suis prise une fléchette tranquillisante et je me suis effondrée. A mon réveil, j'étais... dans les locaux du camp adverse. Comme certains visages m'étaient connus, ils m'ont soigné, mais j'ai demandé à partir le plus vite possible. Je ne pouvais rester là bas... Je ne pouvais rentrer chez les miens... Donc j'ai erré jusqu'à tomber sur toi. Ou dans tes bras devrais-je dire. », terminais-je avec un sourire triste.

Triste parce que j'avais pu voir en quelques minutes tout ce que j'avais pu faire et ce n'était pas glorieux. Je n'osais regarder Elias dans les yeux. Je n'osais plus dire un seul mot, craignant de le brusquer à me jeter dehors. Finalement, je devrais peut être prendre les devants...

- « Je partirai demain matin à la première heure... Je ne veux pas te causer plus d'ennuis. »
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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Sam 1 Déc - 14:31

C’est trop. Trop d’informations d’un seul coup. Je ne sais pas si Capucine réalise ce qu’elle est en train de faire mais j’ai énormément de mal à trier ce que j’apprends et plus elle parle, plus je me sens étouffé par un amas de faits dont je ne sais plus quoi faire ;
Toujours allongé sur son lit je fixe son visage avec force, incapable de déplacer mes yeux, peut être sont-ils figés, en tout cas ils évitent les siens. C’est sur sa bouche que je m’accroche comme si lire sur les lèvres de la jeune femme en même temps que de l’écouter m’aidait à assimiler les informations reçues. Mais ce n’est pas vrai. Ça ne m’aide pas. Ce n’est que plus bordélique, incroyable.
Quelque part, j’aimerais m’assoir et poser ma main sur ces mêmes lèvres pour la faire taire. Stop. Je ne veux pas savoir. Je ne veux pas être mêlé à ça. Je ne veux pas que ça existe…
Depuis sa petite vingtaine d’années, Capucine relate les faits les plus marquants qu’elle a traversés en rapport avec cette histoire de capacité. En l’écoutant, j’ai l’impression que c’est toute sa vie ;

J’essaye de schématiser ce que j’assimile pour y voir plus clair mais je ne veux pas manquer la moindre miette de son récit. Je suis curieux. Je suis concerné par elle. Je refuse d’échapper à l’une de ses aventures ;
Mais pourquoi ? C’est elle. C’est la petite Cap. Je ne peux pas fermer les yeux devant ce qu’elle explique, quand bien même c’est dramatique
Elle ne cesse de confronter ces deux « clans ». Deux groupes. Mais qu’est ce qui sépare et oppose ces gens ? Ont-ils tous des dons ? Si oui, pourquoi se battent-ils ? Quelle est la cause de chacun ?! Il existe une guerre en ce bas monde que la plupart des gens ne soupçonnent pas ?!!!
Comment une demoiselle si pure, si naïve, si innocente et généreuse peut-elle être mêlée à ça ? Comment a-t-elle pu laisser des gens décider pour elle ? La mener comme un simple pantin !
J’en veux à ces gens que je ne connais pas. J’en veux à la belle…de ne pas être, juste ma Capucine.

« Tu veux…partir ? Mais je ; tu ; c’est chez toi ici tu sais ! Tu n’as pas à partir et… ! »

Je m’interromps en fronçant les sourcils une fois assis à ses côtés. J’ai pensé qu’elle voulait partir pour m’épargner. Pour moi – même si ce ne serait pas m’aider que de fuir. Mais ce n’est peut être pas sa raison ; sa motivation.
La rouquine a évoqué un garçon et je n’ai pas besoin de connaitre les détails de leur histoire. Un premier amour ? Sans doute. Une force les liait irrémédiablement. Cette histoire de don. Cette petite guerre. L’horreur a tendance à rapprocher les gens et à souder avec une force gigantesque les âmes, les cœurs ;
J’acquiesce alors, bête, ridicule, et me lève du lit.

« L’appartement te sera toujours ouvert. Si un jour, tu as de nouveau besoin de moi. »

Je ne sais plus quoi penser ;
Capucine est un agent secret ? Un pseudo militaire qui a participé à maints plans violents pour obéir à je ne sais quels supérieurs sous prétexte qu’ils ont acceptés de l’aider avec son pouvoir ? Agissant dans l’illégalité la plus totale, elle et ses petits amis ont pris autant de risques que commis d’infractions et je ne veux même pas imaginer la scène du meurtre qu’elle a perpétré…
Je me frotte le visage avec nervosité dans le but de me tirer de ce cauchemar sans doute et je rejoins la cuisine pour finalement m’asperger d’eau.

Ma petite Capucine. Loin, très loin de ce que j’ai pu imaginer la concernant. De toute façon mon imagination n’a fonctionné que quelques jours. Deux ou trois je dirais. Après quoi, j’ai décidé de ne pas m’interroger. De ne pas me torturer les méninges. Elle pouvait être ce qu’elle voulait avant ce début du mois de décembre. J’avais décidé de l’héberger, de l’aider avec mes modestes tentatives de secours. Le reste n’importait pas ;
Cette nuit pourtant, alors que son passé m’est dévoilé, je n’arrive pas à l’accepter.
De quel droit ? Qu’est ce que cela change à ce que l’on a déjà partagé ?
Appuyé contre l’évier je soupire ma consternation et m’accorde deux minutes. Je ne l’entends pas. Est-elle sortie ? Non elle est toujours sur ce canapé qui lui sert de lit. Je reviens à elle l’air grave et je secoue la tête doucement ;

« …Une histoire pareille, mérite sans doute d’être gardée secrète. »

Je m’approche en tenaillant mes mains l’une dans l’autre dans des gestes contrariés, et je finis par m’immobiliser tout près. La dominant d’un piteux regard, je ne porte néanmoins aucun air réprobateur. Qui suis-je ? Pour la juger : personne. Pour la côtoyer en revanche, je crois toujours posséder ce titre d’hôte, de logeur.
Le rôle d’ami quand à lui s’il m’est cher, je ne suis plus certain de l’avoir. Comment ai-je pu penser que Capucine n’avait pas eu la chance d’avoir amis ; amants ? Son entourage doit lui manquer, ses connaissances et ses camarades. Quels que soient leurs crimes, je la veux heureuse. Elle.

« Je te suis reconnaissant de m’avoir raconté parce que ; je ; j’ai l’impression de compter un peu. Cap…je ne te demande rien. Ni de m’en dire plus, ni de t’éloigner. Tu sais très bien que tu as toute ma ‘bénédiction’ quoique tu fasses. Je…te pense toujours quelqu’un de bien. »

Le regard plissé, je relève le visage en direction de la mezzanine et je hausse les épaules. Nonchalamment. Mes bras retombent le long de mon corps et je fais face à une sorte de fatalité, de déterminisme inévitable ;
On ne fait pas toujours comme on veut. On fait surtout ce que l’on peut. Qui sait ce qu’un autre aurait fait à sa place ? Sans doute guère mieux.

« Quelque part…moi aussi j’ai fait des, conneries. C’est peut être même pire, personne ne m’a jamais menacé d’une arme. Moi ou celle que j’aimais. Je…je suis papa d’un petit garçon. Indio a cinq ans aujourd’hui. Je ne l’ai pas vu depuis, six mois bientôt et, il ne montre jamais aucune rancœur. Il est très courageux il…il montre qu’il tient à moi malgré tout et tu sais, il suffirait de peu, il suffirait d’un vol à Chicago, peut être d’une conversation pour reformer sa famille mais je… »

Ramenant une main à mes yeux j’inspire un brin de courage et replace mon regard sur la rouquine ; un sourire nerveux au coin des lèvres.
Peut-on se permettre de plaindre un enfant quand on est coupable de son malheur, de ses pleurs ? Quand on a délibérément choisi de jouer avec son cœur, de mettre des centaines de kilomètres entre un père et son fils, quand on ne sait plus vivre avec la mère de son enfant ?

« …Enfin l’Homme est égoïste quoi. On revient toujours à ça ! C’est comme ça mais…ce que je veux dire, c’est qu’on a tous des regrets. Tu as vingt ans, tu es adorable, et tu es mon invitée. »

Ne te sens pas obligée de partir ;
L’invitation dissimule supplication ;
Si tu t’en vas ce serait me laisser mourir ;
Dis moi que nos erreurs ne nous privent pas d’affection...

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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Dim 2 Déc - 12:12

Je ne pouvais mesurer l'impact de mon récit sur son visage, tellement cette vérité m'était difficilement avouable. Celle que j'étais avant, celle qui était morte dans cette rue n'existait plus. J'essayais de le faire comprendre à Elias, à demi mots, mais je ne pouvais prétendre avoir le droit de lui cacher telles informations dans la mesure où ma présence serait susceptible de lui apporter des ennuis. Si Genetic ou Genome débarquaient, il me serait impossible de le protéger. Cette hypothèse semblait tordue et infaisable, seulement une petite voix ne cessait de me répéter que cela avait été trop simple. Je voyais mal de telles organisations laissaient leurs membres s'en aller aussi facilement. Même si la mort n'était pas la chose la plus aisée à simuler, il arriverait bien un moment où je me ferai repérer. J'aurai dû quitter Los Angeles. Je ne le savais que trop bien, mais plus je restais auprès d'Elias, plus sa présence m'était nécessaire. Je me sentais liée à lui.

Seulement, je lui avouais cette cruelle vérité de la pire manière qui soit. Je n’omettais aucun élément et ceux-ci s’enchaînaient tellement vite que l'étiquette de meurtrière et de chasseuse me fut donnée en l'espace de quelques minutes. L'image qu'il avait de moi avant cet aveu devait être très loin désormais. Une fois mon histoire terminée, je ne pouvais concevoir qu'une seule réaction de la part de l'avocat. Mieux valait le précéder. Je lui avais causé suffisamment de soucis pour lui imposer le fait de me mettre à la porte. Je lui signifiais mon intention de partir au matin et j'allais m'excuser pour le dérangement lorsqu'il m'affirma que j'étais chez moi. Je ne le comprenais pas. Comment pouvait-il réagir de la sorte après tout ce que je lui avais dit ? Mais il nuança très vite ses propos comme s'il voulait me laisser le choix. Pour moi, il ne faisait aucun doute que j'avais envie de rester, mais le pouvais-je ?

- « Tu ignores ce dont ils sont capables... Il suffit de me regarder pour constater à quel point ils peuvent être dangereux. Au départ, j'étais une jeune fille sans histoire. J'avais de bonnes notes, des amis, des petits copains... Mais j'ai dû changer pour découvrir ce que j'étais censée être. Bien sûr, tout ceci était mes choix et j'aurai pu tout éviter. Je pensais trouver des gens... comme moi. Ainsi, je n'aurai plus eu cette impression d'être monstrueuse. Mais au final, je suis devenue un monstre. »

Je le regardais droit dans les yeux avant de lâcher la conclusion.

- « Un avocat et un monstre sous le même toit... Je doute que ce soit dans tes intérêts. »

A ces mots, je le vis quitter la partie salon pour rejoindre la cuisine. De ma place, je pouvais entendre l'eau s'écouler dans l'évier. Je soupirais devant tout ce gâchis. Les coudes sur les genoux et ma tête enfouie dans mes mains, j'attendais. Cette attente était insupportable, seulement, il aurait été malvenu de ma part de le brusquer davantage. Il revînt dans la pièce, comprenant que tout ceci devait demeurer secret. Il était devant moi, me regardait et je ne pouvais lui offrir mon regard. C'était trop dur. Je me sentais fautive, coupable de lui avoir raconter la vérité. Je me contentais de regarder le sol.

Au fur et à mesure de ses mots, je sentais la distance qu'il mettait entre nous. Même s'il me répétait qu'il ne m'abandonnerai pas, qu'il serait toujours là pour moi, ses mots sonnaient faux. Peut être le pensait-il réellement, mais l'envie n'était pas forcément là. Je n'étais pas du genre à m'imposer lorsque les gens voulait me voir partir. Je l'acceptais, même si cela me faisait un mal de chien. Il n'était pas ma propriété. Je n'avais aucun droit de possession sur eux. Je devais me faire à cette idée qu'en une soirée, j'avais brisé la seule personne qui comptait pour moi à ce jour.

Devant mon silence, Elias semblait ressentir le besoin de justifier sa pensée en m'avouant que lui aussi avait fait des erreurs. Le connaissant, je doutais qu'il ait déjà pointé une arme sur quelqu'un. Il me le confirma et me parla de sa famille. Je savais qu'il avait un petit garçon, même s'il en parlait peu. Puis, il me rassura quant à mon statut d'invité. Pourtant, je devais revenir sur le sujet précédent.

- « Peut être devrais-tu faire ce voyage plus souvent... Avoir un père... C'est important. Et même si tu ne peux plus vivre avec sa mère, tu pourrais habiter dans la même ville que lui... Chicago, c'est grand. »

Je lui laissais le temps de voir où je voulais en venir.

- « Tu n'as plus à t'inquiéter pour moi, tu as déjà fait tellement. Mais ma présence n'est pas bonne pour toi. Peut être est-il même déjà trop tard. Je ne supporterai pas qu'il t'arrive quelque chose. »
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Dim 2 Déc - 17:45

Qu’est ce que je viens de dire ? Ne comprend-elle pas ? Ne saisit-elle pas l’importance que représente notre petite histoire, notre lien, notre amitié à mes yeux ? Ne voit-elle pas que malgré l’impact violent de la découverte que je fais cette nuit, je suis là à lui ouvrir les bras ?
Son ton perplexe m’impose un doute. Je dois vraiment être naïf. A côté de la plaque. Ce ne serait pas la première fois à vrai dire mais ce n’est jamais bien agréable de le réaliser.
Capucine et moi sommes différents ; très différents. Je pensais que nos bons moments partagés étaient preuves d’entente et de franche complicité. Ce n’était peut être pas le cas en fin de compte. Peut-être que j’ai apporté de l’aide à cette demoiselle mais que mes apports ont des limites.
Tout à une fin, n’est ce pas ?

Blessé et toujours aussi perdu, je l’écoute en sentant mon visage se décomposer. Alors voilà, elle préfère que je parte, que je répare – ou bricole – mes erreurs passées plutôt que de me donner à elle dans le but de l’aider ?
Je ne sais plus quelles sont les bonnes manières. Quel est le bon comportement. L’attitude du ‘bon père de famille’ si chère au référence juridique, je ne l'ai plus. Tout ce que je sais, c’est ce dont j’ai envie : lui venir en aide. Encore un peu. Elle a beau m’écarter de cette réalité à laquelle elle appartient, elle ne pourra complètement m’éloigner. Puisqu’elle est . Puisque je suis au courant maintenant. Puisque je tiens beaucoup à elle…et que rien de cela ne changera…

« …mais, que veux-tu qu’il m’arrive ? Je ; la vie est faite de risques Capucine. Je ne pense pas en courir davantage parce que tu es là. Je suis en revanche certain que sans toi ce ; ce sera plus dur. »

Je crois que je suis en colère. Je lui en veux.
D’avoir un don ? De me l’avoir caché ? D’avoir bêtement cru que je comptais ? Non, même pas. Je lui en veux d’agir ainsi pour la première fois. La rouquine a toujours accueilli mon soutien, accepté mon aide avec joie. Je n’oublierais jamais ses doigts qui s’agrippent à moi avec espoir alors que je la croise dans la rue… je n’oublierais pas ses regards de reconnaissance. Son rire. Ses remerciements explicites ou subtils.

Mais cette nuit, Cap s’est fermée. De quoi a-t-elle peur ? Que je souffre de cette vérité ? Qu’est ce que cela change à hier ? Pas grand-chose. Je n’ai pas l’intention d’agir différemment avec elle sous prétexte que j’en sais un peu plus. Non au contraire, ça me rapproche d’elle je crois…
Mais c’est la demoiselle qui semble vouloir changer d’attitude.
Doit-on se perdre ?

« Je n’ai plus à m’inquiéter ? Mais…Capucine. Je ne contrôle pas ce genre de sentiment figure toi. Je m’inquiéterais toujours pour toi, t’es importante, tu comprends ? Si tu penses qu’il vaut mieux mettre un terme à notre colocation je… Soit ; mais où comptes-tu aller ? Je refuse de te savoir à la rue et je n’ai pas peur des risques que tu évoques. Je n’ai pas peur. Laisse-moi veiller sur toi, si ça t’apporte quelque chose. Où est le mal ? »

Je ne veux pas entrer en conflit ;
Je veux que tu aies toujours le choix ;
Mais pourrais-je faire taire mes ressentis ;
Quand les plus passionnés se tournent vers toi… ?
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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Dim 2 Déc - 21:05

Elias semblait persuader que rien ne pourrait lui arriver à cause de mon monde. Comme il se trompait. Il n'avait pas vu tout ce que j'avais pu voir. Il ignorait ce dont nous étions capables quand nous cherchions à nous détruire. Je n'avais jamais osé demander le nombre de mort au Blue Lake, mais dans la mesure où le lieu avait été fermé au public, nous étions bien au dessus du simple règlement de compte entre bande. Nous étions organisés et nous mettions tous les moyens en œuvre pour gagner nos combats. Stratégie, armes, rien n'était laissé au hasard. Nous pourrions presque être assimilés à des militaires. Nos capacités étaient étudiées et nous étions choisis en fonction de nos qualités.

Ce fait établi, je ne pouvais m'empêcher de ressentir un doux sentiment de bonheur. Il avait besoin de moi. Il voulait que je reste auprès de lui. Ne comprenait-il pas que c'était réciproque. Je ne demandais qu'à rester, je le désirais plus que tout au monde. La seule pensée de le quitter me causait mille tourments. Même le fait de me retrouver à la rue ne me faisait pas autant peur que le fait de le laisser derrière moi. Ces trois semaines avaient été les meilleures depuis bien longtemps. Je remonterai même jusqu'au jour où j'avais retrouvé Wyatt sur le toit du lycée. Trop longtemps.

Elias m'avouait que j'étais importante pour lui, qu'il s'inquiéterait toujours pour moi et qu'il n'avait pas peur. Je me sentais perdue, tiraillée entre sa sécurité et mon envie égoïste de le garder auprès de moi. J'étais inquiète, soucieuse. Si celui-ci venait à se mettre au travers des agents de Genetic pour me protéger, il pourrait être blessé, voir pire. Je ne pouvais lui faire courir ce risque. Je n'en avais pas le droit. Sentant la colère le gagner, je me jetais dans ses bras pour mettre davantage de poids dans mes mots. Lui faire comprendre qu'il méritait cent fois mieux la vie que j'allais lui offrir. Pourtant, à son contact, je sentis une vague de chaleur, d'émotions fortes qui m'emporta. Je ne pouvais lutter contre elle.

- « Même si je ne demande qu'à rester ici, avec toi, je ne sais pas si je peux me le permettre. Tu ignores ce dont ils sont capables. Même mon propre camp pourrait se retourner contre moi. Ils ont tous les moyens de nous faire disparaître. Ils ont réussi à étouffer l'histoire du Blue Lake. Ils... sont puissants. Je ne suis rien. Même avec la capacité, je ne serai pas en mesure de te protéger contre eux. S'ils te font du mal, je ne pourrais le supporter. Tu es trop important pour moi. »

Je pouvais sentir son souffle contre ma nuque alors que mon oreille était collée à son cœur. Cette douce musique avait le don de m'apaiser. Je ne voulais pas que ce cœur cesse de battre. Mon emprise sur lui se resserra davantage lorsque j'imaginais une scène où les agents de Genetic débarqueraient dans l'appartement pour nous séparer. Elias serait soit emmené, soit abattu de sang froid et moi, ils me disséqueraient peut être. Qu'en savais-je ? Cette vision était extrême, je le reconnaissais, mais je ne pouvais croire qu'ils me laisseraient indemne et vivre ma vie tranquillement. Cela n'allait tellement pas avec les attitudes et façon de penser de Romanov et Newark. Je devais bien avouer que ces deux femmes étaient assez flippantes dans leur genre. Je préférais ne pas trop les contrarier. Je décollais ma tête de son torse pour pouvoir le regarder droit dans les yeux.

- « Je ne pourrai pas supporter s'il t'arrivait quelque chose par ma faute. »
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Elias J. Climber

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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Lun 3 Déc - 10:26

Je voudrais pouvoir mettre des mots sur ce que je ressens. Je voudrais pouvoir tout clarifier grâce à une ou deux phrases parfaitement représentatives de ce qu’il se passe au fond de mon cœur pour que malgré ses mises en garde, Capucine comprenne qu’il n’y a rien à faire.
Je veux l’aider. Je ne sais pas de quoi ces types sont capables ? Mais je veux quand même penser que je peux l’aider. Croyez bien que mon imagination peut sans mal combler mes lacunes et me dicter les horreurs qu'ils peuvent réaliser. Et après ? Le pire qu’ils puissent faire serait me tuer dans d’atroces souffrances ;
A-t-on besoin de dons pour faire ça ? Un humain banal, tel que moi, peut très bien faire ça s’il est assez siphonné de l’intérieur. Ça s'est vu. Ça se voit tous les jours. Je n’ai pas plus peur d’eux que des criminels que je croise régulièrement dans les couloirs des tribunaux…
Quand la belle se place contre moi, je l’enlace dans un soupir douloureux.

Pourquoi tout à l’air si dur tout d’un coup ?
J’ai rencontré la demoiselle alors qu’elle était sans le moindre abri, à la rue, dans un état de santé affolant. Je suis resté à ses côtés jusqu’à l’hôpital, j’ai attendu avec impatience et compassion le diagnostic des médecins, je n’ai pas hésité une seule seconde à faire mon possible pour elle, très naturellement je lui ai proposé de profiter de mon appartement le temps qu’elle le voudrait, nous nous sommes si bien entendus, rapprochés…
Tout ce qui aurait du être compliqué ne fut que logique et simplicité. Comme si les deux âmes que nous sommes se sont reconnues et ont clairement favorisé notre entente. Notre colocation. Tous nos moments.
Ce soir pourtant, tout est compliqué. Tous ces partages sont balayés d’un revers d’aveu et je ne trouve plus rien de sensé dans ce que nous racontons.

« CapCap... Capucine ! Laisse-moi encore décider quels risques je prends ; laisse-moi s’il te plait faire ce choix ! S’ils me font du mal, s’ils s’en prennent à moi parce que je t’ai aidée, je n’aurai pas tout perdu. Tu comprends ? »

Elle est touchante. En fin de compte je ne suis pas le seul à être paumé. La rouquine pense agir dans le but de me protéger, elle pense intervenir dans mon intérêt. C’est exactement ce que j’essaye de faire pour elle ;
Nos regards se croisent alors que mes bras s’activent dans son dos et je rapproche mon front du sien pour davantage nous lier, la consoler.
Depuis combien de temps n’a-t-on pas eu tant de tendresse pour moi ? D’inquiétude, d’attention, de prévenance ? Ému et fatigué de devoir lutter contre cette jeune femme qui est aujourd’hui l’une des personnes rares que j’aime, je me replace sur le lit sans la détacher de moi ;

« Si je te laisse partir, j’ai l’impression qu’il va t’arriver quelque chose. Si je te laisse partir, je saurais que tu n’as pas d’endroit où te cacher. Te blottir. Mets toi à ma place… je me sentirais tout aussi coupable que toi. On est dans le même cas. Si tu restes tu as peur pour moi, si tu pars, j’ai peur. Sauf que si tu pars les risques qui te menacent ont de réelles chances d’aboutir ! Si tu restes, on n’en sait rien…gardons le bénéfice du doute. Je t’en prie… »

Pour une fois, ça me parait clair. Ce n’est peut être qu’une impression malheureusement mais je ne me laisse pas le temps d’analyser mes propos. Je place un regard attentif sur son visage pour être certain que mes mots ont eu un sens pour elle et je la serre, encore un peu, dans mes bras.
Notre relation a une saveur particulière. Un parfum que je ne connaissais pas. Je ne sais quel adjectif lui attribuer. Je ne comprends pas quelle direction nous prenons. Tout est flou mais le paradoxe réside dans la certitude d’un sentiment grandissant. Fort. Beau.
Je tiens à elle. Je ferais ce qui l’arrange mais je ne me priverais jamais de la couver, d’être là pour elle.

« Ne sois pas impulsive. Tu as le temps de réfléchir…prends le. Prends ce temps. Fais attention à toi. Je suis là si tu as besoin de quoique ce soit. Mais la précipitation ne serait pas judicieuse. Je crois. »

Après tout ce n’est que mon avis. Il y a toujours ce mur entre nous. Cette notion de capacité. Ce monde très différent de celui que je pensais connaitre. Je ne peux donc me permettre de guider la demoiselle, de mener ses choix, de souffler ses décisions. Tout lui appartient. Je ne veux être qu’un atout, un plus, certainement pas un poids.

Mes pensées s’arrêtent de tournoyer, un frisson parcourt mon dos le long de la colonne et je me redresse, tremblant, alors que mes yeux se perdent dans les siens. Ce sont eux les coupables, eux qui ont mis fin à mon raisonnement et qui m’attirent ; qui m’attirent jusqu’à ce que déjà, nos nez se frôlent.
Je ne saurais dire si les choses se passent vite, ou lentement. Elles se passent, c’est bien tout ce qui compte.
Nos souffles s’emmêlent avec exaltation et les regards aguicheurs se ferment pour laisser aux lèvres tout le loisir d’exprimer leur fascination, leur attirance, leur passion.

Alchimie parfaite de nos cinq sens ;
Onctuosité salvatrice ;
Laissons l’ardeur mener cette danse ;
Incontrôlable et sulfureux caprice

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MessageSujet: Re: Fear cuts deeper than swords... [Terminé]   Lun 3 Déc - 12:20

Elias semblait prêt à tout pour me convaincre de rester auprès de lui. Je ne pouvais que le remercier pour ça, mais avais-je pour autant le droit de céder à cette douce tentation ? Je n'en étais pas certaine et pourtant, ses mots étaient si plaisants à entendre et à la fois si cruels. Cruels dans le sens où il me devenait impossible de me soustraire à son étreinte. A croire que nos deux corps avaient été spécialement conçus pour accueillir celui de l'autre et nos âmes créées pour nous réconforter mutuellement. Elias avait, tout comme moi, déjà été blessé par la vie. Même s'il ne m'en parlait pas, je pouvais le voir. Je pouvais parfois lire cette tristesse dans son regard lorsqu'il était perdu dans ses pensées et je ne pouvais rien faire pour l'aider. Il devait certainement me prendre pour une gamine, faible, malade, incapable de comprendre ses problèmes d'adulte alors que je ne souhaitais que ça.

J'appréciais cet instant de paix, de sérénité et d'autant plus lorsque nos fronts furent collés l'un à l'autre. Mes mains se crispèrent davantage sur son tee shirt pour m'assurer de sa réelle présence. Je ne pouvais le regarder dans les yeux sans trahir ce bien être qui m'envahissait. Un souvenir me revint en mémoire. Un souvenir qui fut gênant sur le moment, mais dans lequel la honte s'était envolée aujourd'hui. Ce souvenir n'était autre que ce baiser échangé sur la mezzanine. Je pouvais revoir la scène avec exactitude. Je ressentais cette même attraction qui me poussait vers lui et je me sentais stupide de l'avoir repoussé par la suite. Je voulais goûter une nouvelle fois à ses lèvres. Il ne me suffisait qu'à mettre mes deux mains sur sa nuque, bannir cette distance entre nous afin de ravir ses lèvres. Me rejetterait-il ? Peut être.... Mais l'envie de m'exécuter était tellement forte que je m'en moquais éperdument.

La suite de sa pensée m'interpella davantage. Il me suppliait de rester et après tout ce qu'il venait de dire, je sentis cette barrière de détermination s'effondrer. Il m'avait eu. Je me laissais emporter par cette vague et je ne me sentais nullement capable de la combattre. J'étais foutue. Je craquais. Par mon renoncement, je signais peut être notre arrêt de mort, mais peu importait. Nous étions ensemble et c'était ça, le plus important. Désormais, je ne pouvais vivre sans lui. Il devait obligatoirement faire parti de ma vie que ce soit en simple ami ou colocataire. Je sentis que j'étais sur le point de pleurer, mais je tentais désespérément de me retenir. Ce n'était pas des larmes de tristesse, mais bien de joie. Cela ne faisait aucun doute.

J'allais pour lui répondre, mais une fois encore, il me demanda de ne pas être impulsive et d'y réfléchir une nouvelle fois. C'était tout réfléchi. Je ne pouvais plus partir maintenant. J'étais prisonnière de ce sentiment, j'étais dépendante de lui. Je n'arrivais pas exactement à comprendre ce que c'était. De l'amour ? Pas tout à fait. Je ne ressentais pas la même chose qu'avec Wyatt. C'était plus... Plus fort ? Non, ce n'était pas le bon mot... Fallait-il réellement que je trouve un mot pour qualifier la situation au risque de ne pas profiter pleinement de ce moment ? Cela n'en valait pas la peine. Encore moins quand les lèvres d'Elias se déposèrent sur les miennes. Pur instant de bonheur.

Mes bras se nouèrent autour de son cou et je rapprochais mon corps du sien. Il n'y avait plus à réfléchir sur ce qui était et devrait être. Plus de bonne décision à prendre. La décision était prise de toute manière. Je ne pouvais partir car cela serait pire que la mort elle même. L'une de mes mains se réfugia dans ses cheveux alors que je mettais un peu plus de passion dans ce baiser. L'autre caressait son dos et descendait lentement et dangereusement au creux de ses reins. Si l'un de nous ne reprenait pas très vite ses esprits, il se pourrait bien que... Le pouvais-je ? Non la réelle question était : le voulais-je ? Elias était mon ami, mon colocataire (même s'il était le vrai propriétaire des lieux) et il était aussi plus âgé... Était-ce judicieux pour nous deux d'aller aussi loin ? Pas sûr. Suite à cette constatation, je mis un peu moins de passion pour calmer nos ardeurs avant de mettre fin à ce doux baiser. Je laissais nos fronts collés pour garder cette proximité tandis que mes mains reprenaient une place plus décente. Mes jambes tremblaient légèrement. Le baiser en était-il la cause ou n'était-ce qu'un effet de la fatigue qui me gagnait ?

- « Je... Je crois que nous devrions reprendre nos esprits... Je... euh... Je ne sais pas ce que je ressens et j'aimerai le savoir avant de... Dis moi que tu as pensé à ça aussi, sinon je meurs de honte sur l'instant. »

Je retirais mon front du sien pour le déposer contre son torse, en priant qu'il ait eu le même genre de pensées que moi. Sinon, j'allais vraiment passer pour une cochonne, une obsédée, etc... Je me sentais gênée mais également contente de lui avoir avoué où mes pensées avaient vagabondé.

- « Par contre, enfin si tu le veux bien... On pourrait dormir, et je dis bien dormir, ensemble cette nuit... non ? »
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