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 Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]

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Capucine Rider


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MessageSujet: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Dim 18 Nov - 21:51

5 janvier, 18h

Aujourd'hui était un jour comme un autre. Je me levais tranquillement pour préparer le café pendant qu'Elias prenait sa douche. Je le forçais à manger un voir deux toasts avant de le voir partir pour le reste de la journée. C'était l'instant que je détestais le plus. Je me retrouvais seule dans cet immense appartement silencieux. Il ne me restait plus qu'à allumer la télé ou l'ordinateur pour mettre les informations ou de la musique. Là, ma journée commençait. Ménage, cours à travailler, passage par la bibliothèque si cela était nécessaire tout en prenant garde de tomber dans les bons horaires, chimiothérapie aussi. Mes journées étaient en fin de compte bien remplies. Ajouté à cela mes petits coups de fatigue intempestifs m'obligeant à faire une pause, je ne chômais pas.

Là, j'étais partie pour faire des courses. Pour le dîner, je comptais faire des lasagnes car c'était le plat préféré de l'avocat. En ce moment, il était sur une affaire qui lui causait du soucis et il avait du mal à laisser ses soucis au pas de la porte. J'espérais que ce petit repas l'aiderai à se détendre et à oublier ses soucis le temps d'une soirée. Je comptais même louer un ou deux dvds pour nous tenir compagnie. Une comédie et un film d'action sûrement. Ainsi, il aurait le choix. Oui, cette journée promettait d'être encore une belle journée tranquille.

Alors que je m'engouffrais dans une ruelle moins fréquentée en vue de raccourcir mon chemin, je tombais sur un rendez-vous. Le genre de rendez-vous qu'il vaut mieux éviter si on tenait à sa vie. Je m'arrêtais, n'osant plus faire un geste. Si je retournais sur mes pas, je courrais le risque de me faire remarquer et mieux valait ne pas tourner le dos. Si je continuais d'avancer, c'était les problèmes à coup sûr. Donc, la meilleure solution restait de ne pas bouger et de faire la statut. Quelle belle statut me direz-vous ! Et vous aurez raison ! Tout ça aurait été parfait si celui qui semblait être le client n'avait pas braqué un pistolet sur son vendeur. J'avais vraiment le don pour me mettre dans ces galères. La prochaine fois, quitte à faire des kilomètres, je ne prendrai que les grandes rues !

J'étais tétanisée. Non pas que ce soit la première fois que je voyais une arme à feu, seulement, c'était la première fois où je ne pouvais compter sur ma capacité pour m'en sortir. Elle devait bien être là, quelque part puisqu'elle faisait partie de moi. Pour autant, j'avais tout fait pour la repousser. Je ne l'avais pas utilisée depuis l'affaire Jeffersson et je ne savais ce qu'elle valait aujourd'hui. Je devais partir sans me faire repérer. Or, ce fut un luxe que je ne pouvais me payer car un chat venait de bondir à mes côtés me poussant à lâcher un cri. Saloperie ! Aussitôt, je mettais mes mains en évidence et avançais doucement.

- « On se calme. Je ne faisais que passer. Je n'ai rien à faire dans vos affaires alors je vais m'en aller.  »

Mais pouvais-je sérieusement laisser l'autre tout seul alors qu'il y avait de grande chances pour qu'il se fasse tuer ? D'un côté, c'était un dealer... Mais de l'autre, c'était tout de même un être humain et partir comme ça sans se retourner n'était pas une preuve d'humanité... Putain, fais chier. Je ne pouvais compter que sur moi même et il ne me restait plus qu'à prier pour que ma capacité décide à se mettre en marche convenablement.
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MessageSujet: Re: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Lun 19 Nov - 17:46

5 Janvier, 17h47

Bon, ma dernière vente de la journée. Enfin. Ça s'est plutôt assez bien passé aujourd'hui, mais je déteste me promener avec trop d'argent sur moi. C'est sûr qu'à la moindre fouille, c'est direction la prison rien qu'avec ce que je vends, mais au moins... On ne risque que des problèmes de la police. Avec trop d'argent, par contre, on peut avoir déjà bien plus de problèmes....

Mais enfin bon. Je me suis occupé de l'Université ce matin et j'ai tout mis chez moi ensuite, donc je n'ai pas grand chose sur moi. Cet après-midi, c'était la vente à domicile. J'ai une liste de noms d'habitués ou de nouveaux, je vais les voir, on fait l'échange et chacun rentre chez soi. Mais par contre, qu'est-ce que c'est long... Heureusement que le salaire en vaut le coup.

Bref. Je tourne à gauche, j'arrive dans cette ruelle pas trop fréquenté. Sale, évidemment, avec des poubelles et des bouts de papier par terre. Une bonne vieille rue américaine made in Hollywood. Mon acheteur est là, adossé au mur. C'est un type d'environ un mètre 60, lunettes, cheveux courts, veste en cuir et en jeans. J'arrive devant lui.

"-Yo, t'as ce qu'il faut?"


Le mec me tend un sac en papier sans répondre. Bizarre, ce type. Un peu trop tendu. J'aime pas ça... Je recompte rapidement les billets...

"-Mec, ça ne va pas le faire. Il manque environ la moitié de la somme..."


Ma voix se bloque. Le type vient de sortir un flingue. Je vérifie rapidement ce qu'il a écrit dessus, histoire de vérifier si ça n'est pas un faux... Desert Eagle .44. Merde. Deuxième fois en moins d'un mois qu'on essaye de me tuer.

"-Tu vas me filer tout ce que t'as gagné maintenant. Et vite."


A tous les coups, ça doit être un voleur de dealeur. J'ai entendu parler de ces dingues, qui piquent l'argent des vendeurs et qui les refroidissent après, en disparaissant avec l'argent. Putain, j'ai vraiment pas envie de mourir aujourd'hui. Je prends mon portefeuille en réfléchissant rapidement à un plan pour me tirer vivant de ce merdier. Et là j'entends un cri.

Je me retourne en même temps que le type, qui heureusement ne m'a pas tiré dessus par surprise. C'est une fille qui a poussé ce cri, à cause d'un chat qui s'enfuit. Cheveux sombres, yeux bleus, teint pâle... Elle est plutôt mignonne. Elle nous regarde, s'avance, lève ses mains et balance :

- « On se calme. Je ne faisais que passer. Je n'ai rien à faire dans vos affaires alors je vais m'en aller. »


Je la regarde avec un air mi-dégoûté, mi-surpris. Elle est sérieuse? Elle croit vraiment qu'elle va s'en tirer comme ça? Et surtout... Et moi alors? Je peux crever tranquillement?
Mais au moins, ça a l'air d'avoir déstabilisé un peu le mec. Il la fixe avec un air surpris. Dommage qu'il pointe toujours son flingue sur moi...

J'arrête de sortir le portefeuille de ma poche et je lui balance :

"-Arrête de jouer au con, mec. Si tu me touches, tu auras plus d'emmerdes que tu ne pourras l'imaginer. Ya même quelqu'un pour te balancer aux flics, alors range ton truc et tire toi."


Hum, joli coup de bluff, David. Ça pourrait même l’énerver encore plus; mais curieusement, face à ce flingue, j'ai pas beaucoup d'imagination.
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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Jeu 22 Nov - 12:54

Je prenais mon air de petite fille apeurée, espérant ainsi endormir la vigilance du braqueur pour pouvoir m'approcher. Qui irait soupçonner le petit ange que j'étais d'avoir un plan machiavélique, diabolique et totalement suicidaire en tête ? Sûrement pas cet abruti vu son regard pervers qui laissait glisser sur moi au fur et à mesure que je me rapprochais. Et voilà que l'autre s'y mettait aussi. Quoique je remarquais une pointe de dégoût dans son attitude suite à mes mots. Je pouvais comprendre, mais d'un côté, j'étais prête à le laisser dans sa merde pour le punir. Il s'était foutu lui même dans ce pétrin en participant à un tel trafic. Il n'avait que ce qu'il méritait dans un sens. Mais non ! Parce que j'étais une gentille dans l'âme, que j'avais cette putain de conscience, je me devais de sauver son ptit cul de dealer au risque de me faire moi même trouer. Et il avait le culot d'être dégoutté par mon attitude ?

Plus je réfléchissais à ça, plus je sentais la colère monter. Tant mieux, celle ci m'était utile pour ne pas perdre de vue l'objectif : désarmer l'abruti. Par contre, le dealer se mit en tête de me donner un rôle dans cette affaire, histoire de me foutre dans la merde. J'y voyais une opportunité. Proche d'eux, je commençais à me tourner vers le dealer, tout en gardant un œil sur l'arme. Si je pouvais m'approcher suffisamment pour le faire léviter, ce serait cool. Je commençais à m'en prendre au dealer.

- « Mais tu vas la fermer ta gueule ? Tu t'es foutu dans la merde tout seul et tu penses que je vais courir le risque de me faire trucider parce que t'es pas foutu de te trouver un boulot honnête ? Les gens comme toi ne méritent pas mieux et il y aurait sûrement moins de victimes. »

Alors que je faisais semblant de m'enflammer, je m’aperçus que j'étais arrivée à bonne distance. Il ne me restait plus qu'à me concentrer, tout en donnant l'impression d'écouter les reproches du type. L'attention du braqueur était tellement accaparée par cette dispute qu'il ne comprenait pas ce que j'avais en tête. Il attendait la réplique. Je tentais de visualiser l'arme dans ma tête, la situation dans laquelle elle était. Je la sentais, lourde, retenue par la main de son propriétaire. Je sentais mes yeux se plisser devant la difficulté de cette tâche. Quelques mois auparavant, cet exercice ne m'aurait posé aucun problème. Seulement, aujourd'hui tout était différent. J'étais devenue si faible et je laissais ma capacité dépérir. Pourtant, ce soir, elle pourrait me sauver la vie. Peut être nous sauver la vie.

Allez Capucine ! C'est pas le moment de lâcher ! Je pouvais entendre l'autre répliquer, mais je n'en avais que faire. Je devais rester concentrée sur ma tâche car sans concentration, tout espoir était perdu. Tout reposait sur moi en quelque sorte et ça m'angoissait. Serais-je à la hauteur ?

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MessageSujet: Re: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Jeu 22 Nov - 12:54

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MessageSujet: Re: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Ven 23 Nov - 20:34

Tiens, c'est curieux. Au lieu d'énerver mon ex-client, ça a énervé la fille. Bon, c'est vrai que je suis en train de la foutre dans la même merde que moi, mais il y avait une bonne raison... J'espérais qu'il se casse, l'autre malade, qu'il ait peur de ce que je lui ai dit... Alors que là, il reste comme un con, à attendre la suite de la dispute qui commence entre nous deux... C'est pas possible, j'étais parti pour vendre ma came et je me retrouve à me faire braquer tout en me faisant engueuler....

Quoique, ces reproches ne me touchent pas trop. Depuis que je travaille dans ce boulot, j'ai largement eu le temps de faire des examens de conscience. Moi je vends juste la came, c'est tout. C'est pas moi qui les forcent à se défoncer comme des malades, ces types, c'est eux les responsables. Les marchands de voiture, les fabricants de tabac... eux aussi, ils sont responsables de la mort de millions de gens. Mais eux, ils ont juste l'avantage que leur produit a été considéré comme légal, et donc personne ne leur en veut dans la rue... C'est la seule différence entre ces types et les dealeurs; après, au niveau de la consommation dans les villes, c'est à peu près la même chose.
Mais il y a quand même un truc qui me met hors de moi, c'est son attitude. Elle se prend pour qui, celle-là, à commencer à s'en prendre à moi et à me traiter comme le dernier des enculés? Le mec avec son flingue, et même elle qui voulait me laisser me faire refroidir, ils valent mieux que moi peut-être? Énervé, j'ai alors commencé ma réplique que semblait attendre l'autre ahuri qui voulait mon fric :

"- Non mais toi ta gueule! Tu te prends pour qui à débarquer et à donner des sermons à la con? Tu...."

Pour la deuxième fois en moins de 5 minutes, ma voix s'est bloqué dans ma gorge. La fille, discrètement, sans qu'on y fasse attention le mec et moi, s'était rapproché de nous. Et rien qu'en plissant les yeux, elle est parvenue à faire bouger le flingue du mec.
Pas de grand chose, par contre, il s'est juste secoué dans sa main et à commencé à monter. Mais le mec a réagi en serrant le flingue dans sa main et en le braquant sur la fille, qui a semblé avoir un gros coup de fatigue. Le flingue n'a plus bougé alors.

"-Putain, c'est quoi ce bor..."

C'est à ce moment là que j'ai décidé de passer à l'action. Le mec ne me regardait plus et ne braquait plus son flingue sur moi, j'ai alors décidé de prendre mon couteau dans la poche de mon sweat, le plus vite possible. Je l'ai déplié en appuyant sur le bouton au niveau de la fin du manche, et j'ai essayé de frapper le bras du type, celui qui avait le flingue. Je ne voulais pas le tuer, mais il fallait qu'il lâche ce flingue, à tout prix. Sinon, ce type risquerait de vraiment devenir dingue et serait capable de vraiment tuer cette fille. Et après, j'y passerais sans doute...

Et je me pose une question tout en essayant de le frapper: cette fille, est-ce qu'elle a des pouvoirs elle aussi?

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MessageSujet: Re: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Ven 23 Nov - 20:34

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MessageSujet: Re: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Sam 24 Nov - 13:37

L'arme me semblait si lourde que je ne pu que la faire tressauter dans la main du braqueur. Celui-ci se rendit rapidement compte que quelque chose n'allait pas et le fait que je me sois rapprochée entre temps n'était pas en ma faveur. C'est tout naturellement qu'il pointa son arme sur moi et soudainement, je ressentis les joies d'un flash-back. Horrible flash-back. Je me revoyais au Blue Lake bataillant pour sauver ma vie et celle de Wyatt. Je le revoyais blessé par cette balle meurtrière, sentir son sang couler entre mes mains qui tentaient désespérément d'arrêter l’hémorragie. Je m'entendais encore le supplier de ne pas me laisser, de ne pas m'abandonner. Même si tout ceci était bien loin dans le temps, j'avais cette impression que tout se reproduisait tel un cercle vicieux. Jusqu'où toute cette violence nous mènera ? L'Humanité avait-elle encore un espoir de survivre ou ne faisait-elle que dépérir d'heure en heure ?

Mes jambes faiblissaient à vue d’œil, mais je faisais tout pour tenir le coup alors que le dealer plantait son couteau dans le bras de l'autre. Des cris, un juron, le bruit d'une arme qui tombait au sol et des bruits de pas qui s'éloignaient en courant. Je ne faisais plus attention à ce qui se passait autour de moi, trop concentrée à ne pas me laisser envahir par cette vague de vertiges. Ce n'était vraiment pas le moment de tomber dans les pommes. Je valais mieux que ça ! Quoiqu'il en soit, l'arme était à mes pieds. J'aurai pu la saisir et m'en servir contre le braqueur, mais le tuer ne m’apporterait que des ennuis. Il ne restait donc plus qu'une chose à faire. Je pris un mouchoir dans ma poche pour me saisir de cet instrument meurtrier avant de me diriger vers une benne à ordure. Mieux valait ne pas laisser ces petites choses traîner n'importe où, surtout lorsqu'on se retrouvait en face d'un inconnu apparemment dangereux. Je devrais peut être la garder le temps que l'autre s'en aille. Avais-je quelque chose à craindre de lui ? Je le regardais droit dans les yeux, hésitant toujours à jeter l'arme. Quelle conduite adopter ?

- « Je la jette si vous rangez ce couteau et que vous me promettez de ne plus vous en servir en ma présence. N'essayez pas non plus de me mentir car je le saurai. »

Tant de détermination dans ma voix devrait l'amener à réfléchir sur la suite des événements car même s'il avait eu la chance que son couteau vienne à bout de l'arme avec les autres, ce ne serait pas mon cas. Je savais très bien comment ces petites bêtes fonctionnaient. L'entraînement au sein de Genetic m'aura tout de même aidé à développer d'autres capacités que la lévitation. D'ailleurs, j'allais devoir recommencer avec cette dernière si je voulais éviter que d'autres situations comme celles-ci me prennent pas surprise.

- « Que décidez-vous ? Je ne compte pas passer ma soirée dans cette ruelle malodorante. J'ai mieux à faire. »

Je le fixais intensément pour lui montrer que j'étais loin de plaisanter. Je ne ressemblais peut être qu'à une petite morveuse d'une vingtaine d'année, or, j'étais tout à fait capable de le refroidir. Je l'avais déjà fait et je n'hésiterai pas à recommencer si ma vie était menacée. Ma vie me semblait plus importante que la sienne. C'était ce qu'on appelait l'instinct de survie et le mien semblait plus développé que la moyenne après tout ce que j'avais pu vivre ces derniers mois.
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MessageSujet: Re: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Lun 26 Nov - 18:31

Merde. J'aurais dû ramasser en premier ce flingue. Pas pour m'en servir contre cette fille, mais parce que si une situation comme celle-là se reproduisait, je me sentirais mieux avec un flingue de ce calibre qu'avec un pauvre couteau, même si, d'après ce qui venait de se passer, je n'étais pas trop mauvais avec.

Je réalise à peine que je viens de planter un couteau dans quelqu'un, et pourtant je pense que tout est gravé dans ma mémoire. La sensation des muscles, d'un os aussi. Le flingue du mec qui tombe par terre. Son expression de douleur. Le regard qui me jette. Moi qui enlève le couteau, le sang qui part et qui tâche mon sweat. Le mec qui crispe son visage de douleur. Qui me regarde, moi et la fille, avec une tête teinté de peur. Qui s'enfuit en se tenant le poignet.

Je l'ai laissé partir, et j'ai regardé avec un air fixe mon couteau plein de sang en réalisant ce que je venais de faire. Je venais de planter un mec. Pour me défendre, mais je venais quand même de le faire. Après quelques secondes immobile, où mon cerveau réfléchissait, tournait en boucle et ressassait toujours cette information, je me suis retourné. Et c'est alors que j'ai vu cette fille, qui tenait l'arme avec un mouchoir et qui me regardait droit dans les yeux.

- « Je la jette si vous rangez ce couteau et que vous me promettez de ne plus vous en servir en ma présence. N'essayez pas non plus de me mentir car je le saurai. »


- « Que décidez-vous ? Je ne compte pas passer ma soirée dans cette ruelle malodorante. J'ai mieux à faire. »


Je l'ai regardé, toujours choqué mais quand même un peu lucide. Bon. J'espère que j'ai pas échangé un braqueur contre un autre, même si elle a l'air plus jeune. Mais elle a l'air déjà plus dangereuse et... je sais pas... déterminé? que l'autre. Mais dans tous les cas, je me sens pas de taille à affronter un autre malade armé. Je lui lance avec une voix que j'espère ferme :

"-Ok, pas de problèmes. Mais toi, tu jettes ce flingue, hein?"

J'ai pris un mouchoir dans ma poche, et j'ai essuyé mon couteau en réfléchissant sur ce que je devrais faire après. Me casser? Lui parler? J'en savais rien. Mon mouchoir n'était pas très efficace pour nettoyer le couteau, mais le plus de sang était parti. J'ai alors rangé, avec les mains qui tremblaient un peu, mon couteau dans ma poche et j'ai jeté mon mouchoir par terre. L'autre fille n'a pas bougé en attendant, le flingue toujours en main, comme une menace.

Après avoir rangé mon couteau, j'ai décidé de lui poser la question. Tant pis si elle me prend pour un dingue, il fallait que j'en ai le cœur net, et ça serait sans doute la seule occasion de la lui poser, en admettant que je la revois un jour. Peut-être que je ne suis pas le seul, après tout.

"-Heu excuse... Tu viens de faire un truc avec le flingue à l'instant, non? Il a bougé tout seul dans la main de ce type. T'as un espèce de... pouvoir, toi aussi? Un truc genre de... lévitation?"


Je me mords la lèvre. Et merde David. C'est nul. Là, même toi tu trouves que tu as l'air d'un dingue avec le cerveau en vrac. Espère que cette fille ne pense pas la même chose.

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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Ven 30 Nov - 17:40

Excepté cet homme et moi, la rue était déserte et la foule qui se frayait un chemin sur les accès principaux ne pouvait voir ce qui se déroulait ici. Elle ne pouvait se rendre compte de la peur que je pouvais éprouver à me trouver là. A leurs yeux, cette rue ressemblait à toutes les autres ruelles glauques de Los Angeles où s'amoncelaient bennes à ordure ou autres encombrants. Ils étaient assez intelligents pour passer là où le danger était moindre, contrairement à moi. Quoiqu'il m'avait semblé lire dans les journaux qu'une personne était décédée des suites d'un pot de fleur tombé du quatrième étage. Il était assez choquant de voir à quel point la vie ne tenait qu'à un fil. Si cette personne avait été retardée de quelques secondes, elle aurait pu éviter le pot de fleur. Si je n'avais pas été si pressée de rentrer chez Elias, je n'aurais pris ce raccourci. Je ne me serais jamais retrouvée au milieu de cette affaire et je n'aurais pas été obligée d'utiliser ma capacité. Désormais, je me sentais vidée, presque frêle devant cet homme qui semblait très bien utiliser son couteau. Tenir cette arme était ma seule chance de ne pas me faire poignarder comme l'autre, c'est pourquoi je n'étais pas pressée de la jeter dans cette benne à ordures.

Le regard du dealer se porta sur moi, puis sur l'arme que je tenais. Je tentais de l'intimider par mes paroles comme je l'avais si bien appris chez Genetic. Les menaces étaient aisées à reproduire, mais les accomplir étaient une toute autre histoire que je ne voulais pas essayer. Quoiqu'il en soit, j'étais déterminée à me battre jusqu'au bout. Je ne voulais pas mourir. Je ne pouvais pas. Elias m'attendait. Je lui avais promis des lasagnes et je comptais bien tenir cette promesse.

La réaction du type était amusante. J'avais cette impression de me retrouver dans une cour d'école où l'un des enfants demandait à l'autre de faire quelque chose, alors que ce dernier lui répondait : « toi d'abord ». J'espérai que ce petit jeu ne se prolongerai pas jusqu'à la fin de la nuit. Si une personne passait au moins dans la ruelle, tout serait vite réglé. Il ne fallait qu'une seule personne pour que ce cauchemar se termine. Immobile, je le regardais, avec attention et prudence, nettoyer son couteau et le ranger. Un léger soupir s'échappa de mes lèvres alors que je sentais mon corps se détendre petit à petit. Il n'était peut être pas le type le plus recommandable sur Terre, mais au moins, il semblait respecter sa parole. A voir s'il la tiendrait jusqu'au bout. Quand je pus voir ses deux mains vides, je laissais s'échapper le chargeur dans la benne, avant de retirer la balle qui se trouvait dans la chambre et de jeter le reste dans un autre coin... Je n'étais pas experte en arme, mais elles pouvaient se révéler utile à certains moments. Même si je ne les aimais pas, en combat, elles restaient nécessaires. On ne pouvait jamais savoir ce sur quoi on allait tomber avant d'y être. Mieux valait rester prudent et la sortir lorsqu'un cas de force majeur se présentait. Personnellement, je préférais les couteaux. Beaucoup plus facile à manier et moins meurtriers lorsqu'on savait s'en servir correctement.

- « Voilà... »

Que rajouter de plus ? Nous n'allions tout de même pas faire les présentations, quitte à aller boire un verre après ce qu'il venait de se passer. Personnellement, je n'avais qu'une envie : me tirer d'ici le plus rapidement possible et oublier tout ça. Seulement, il se retrouvait en plein milieu de la ruelle, me bloquant légèrement le passage pour continuer ma route. Non pas qu'il n'y ait pas possibilité de passer à côté de lui, juste que je me retrouverai trop près de son couteau à mon goût. Surtout qu'il ne semblait pas en avoir fini avec moi. Que me voulait-il ? N'avait-il pas une autre livraison quelque part très loin ?

De ma place, je me contentais de le regarder d'un air neutre. A tous les coups, je devais avoir une tête de tueuse ou de dégénéré tellement cette situation me prenait la tête. Elle se complexifia davantage lorsqu'il me fit part de son impression sur l'arme à feu. Effectivement, je l'avais taquiné un peu avec ma lévitation, mais j'espérai qu'il n'aurait rien vu dans la mesure où elle n'avait pas porté ses fruits. Damned ! Dans quel pétrin m'étais-je encore fourré ? La meilleure méthode était de feindre. C'était ma seule porte de sortie. C'est alors qu'il me donna une information cruciale : « toi aussi ». Putain, j'étais tombée sur un mutant. Mais sérieux ! Il y avait un congrès ou quoi ? Qu'est ce qu'ils avaient tous à se ramener à Los Angeles ?

Tout dans son attitude montrait qu'il n'avait pas l'habitude d'en parler. C'était limite triste pour lui. Peut être n'avait-il jusque là jamais rencontré quelqu'un comme lui... Si je n'avais pas eu Wyatt à mes côtés, jamais je n'aurai pu m'en sortir.

- « Euh... Je ne vois pas de quoi vous voulez parler... J'ai effectivement cru voir quelque chose avec l'arme, mais je... Je ne sais pas comment l'expliquer. Mais vous dites vous aussi.... Est-ce que ça veut dire que vous... savez faire des trucs comme ça ? Peut être que ça vient de vous... Non, ce n'est pas possible. Ça ne peut pas exister. On a dû fabuler tous les deux... »

L'innocence était la meilleure arme. Avec ce petit laïus, soit il me ferait comprendre que je suis moi même une mutante, ignorant de ce fait que je le savais déjà, soit il croirait qu'il avait une autre capacité... Du moins, il s'agissait des hypothèses où il me croirait.
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MessageSujet: Re: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Ven 30 Nov - 23:09

Ouf. Au final, elle a vraiment jeté le flingue dans la poubelle. Même si elle n'a pas l'air en ce moment d'une personne stable mentalement, au moins, elle fait ce qu'elle dit. Je vais peut-être réussir à rentrer chez moi, au final. Elle n'a pas envie de me descendre elle, au moins.

Malgré ce petit point positif, c'est vraiment une sale soirée. Déjà, ça n'a pas l'air d'être elle la responsable du flingue, donc elle n'a pas de pouvoirs. Donc il n'y a personne pour m'expliquer ce bordel. Et en plus, maintenant, elle doit me prendre pour un dingue, vu la tête qu'elle a tiré quand j'ai dit que j'avais des « pouvoirs ». Pauvre dealeur, à force de vendre, il a dû consommer et devenir barjo... Moi-même, j'en suis même pas sûr... Si ça se trouve, je suis vraiment devenu barge... mon cerveau déconne totalement, si ça se trouve...
Ou alors, tout ça c'est vrai. Et le flingue qui bouge, ça viendrait de moi alors ? Peut-être. J'en sais vraiment rien. En fait, maintenant que j'y pense, je ne sais même pas si j'ai vraiment un pouvoir. C'est sûr, je dois avoir un truc, pour m'en être sorti l'autre fois... mais je sais juste que ça a (peut-être) un rapport avec la musique. Est-ce que je peux en avoir plusieurs ? Non, je ne pense pas. J'ai rien contrôlé du tout, là. Mais la dernière fois, ça a fait la même chose, de toute façon...

« -Ouais... Je crois que j'ai un truc avec de la musique mais... ça n'a rien à voir avec les objets... »

Je me passe la main sur le visage. Je dois vraiment être mort. A me dire et à lui dire que j'ai des supers pouvoirs, et tout... Rien qu'avoir posé cette question et lui répondre comme si de rien n'était, ça montre que je ne vais pas bien. Elle doit vraiment me prendre pour un dingue. Elle a dû me poser cette question pour rentrer dans mon délire, pour pas que je devienne violent, si ça se trouve...
Mais en même temps, je doute que quelqu'un puisse se sentir bien, ou sain d'esprit dans une situation pareille. On doit être beau, tiens. Alors que la nuit tombe, après s'être faits braqués, dans une rue sale et mal fréquenté, à parler de supers pouvoirs. C'est vraiment n'importe quoi.

« -Non, c'est con.... complétement... Je dois délirer. On a dû tous les deux rêver, c'est tout. Ce malade a dû juste trembler avec son flingue, et je pense direct à des supers pouvoirs... Désolé pour la question. C'était n'importe quoi. »

Je me dégonfle au final, j'insiste pas du tout. Mais bon, j'en ai marre. Marre de cette rue. J'ai pas envie de passer encore plus pour un fou. Je veux juste rentrer chez moi. Pas envie de lancer un débat sur les supers pouvoirs pour voir qui est le plus perché. Puis au final, ce que je dis, ça doit être vrai. Ce type devait être un camé un peu plus malin, c'est-à-dire avec le cerveau moins défoncé, que les autres. Il devait être en manque. Il a dû trembler, c'est tout, et ne pas s'en rendre compte. Il a ensuite dû se retourner vers cette fille pour... j'en sais rien. Un de ses délires.
Même si, quelque part au fond de moi, il y a une voix qui dit « David, tu loupes quelque chose, insiste », je ne l'écoute pas. Ma journée est finie, ma semaine est pleine en aventures, je rentre chez moi et j'oublie toute cette histoire de dingues.

Je vais vers l'endroit où je me suis fait braqué. Je prends le sac en papier que l'autre malade a laissé en s'enfuyant. Je recompte les billets. Cinquante dollars. Tout ce bordel pour ça, au final... Je mets les billets dans mon portefeuille et je laisse le sac en papier par terre. Je me retourne, et je dis à la fille, qui n'a pas bougé :

« -Désolé pour t'avoir mis là-dedans, au fait. Bonne soirée quand même. »


Que rajouter d'autre? Rien, je pense. Je soupire, je me dirige vers la sortie de la rue, et je commence à allumer ma clope. Direction mon appart. J'ai besoin d'une bonne nuit de sommeil. J'ai besoin d'oublier toute cette soirée de dingues.
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MessageSujet: Re: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Lun 3 Déc - 18:45

Le doute n'était plus permis puisqu'il m'avouait clairement qu'il pouvait faire quelque chose avec la musique. A l'entendre, je pouvais également en conclure qu'il n'avait pas l'habitude de ces choses là. Il ne devait pas avoir l'habitude de rencontrer des gens comme lui, non pas que je sois une experte en la matière, mais c'était plus facile. Lorsque l'on apprenait cette dure réalité, aussitôt, tout devenait différent. Si aucun autre mutant ne découvrait ce phénomène en même temps que vous, vous vous retrouviez seul, perdu. La question sur une prétendue « folie » se posait forcément. Devais-je aller voir un médecin ? Allez chez les fous ? Il ne faisait aucun doute que ces questions passaient dans l'esprit de chaque mutant à la découverte de leur capacité et c'était tout à fait normal. Mais le plus dur était certainement d'accepter cette anormalité. Après 3 années, j'avais moi même du mal à m'y faire. Non pas que je n'y croyais pas, mais elle me donnait l'impression d'être anormale, d'être un monstre et ce même si on essayait de me convaincre que ce n'était pas le cas.

Plus je regardais cet homme, plus je ressentais de la compassion envers lui. Il ne m'était rien, sa profession me répugnait et pourtant, j'avais envie de l'aider. C'était à n'y rien comprendre. Alors que je faisais tout pour demeurer invisible, j'avais ce poids sur mes épaules. Un poids que normalement, je ne devrais pas ressentir. Il y a même pas un mois, je pouvais affirmer que je n'étais pas ce genre de fille. J'aurai pu laisser cet homme crever devant moi sans lever le petit doigt. Vraiment ? Je ne savais plus. Je ne savais plus quoi en penser. Je me contentais de l'écouter sagement, tentant par tous les moyens de paraître intéressée mais à la fois non concernée par la situation. Il fallait encore que je réfléchisse sur la manière d'aborder la chose, que je mette en balance les avantages et les inconvénients d'un tel marché avec lui. Mais en y réfléchissant... Que pouvais-je faire pour lui ? Je n'étais pas chercheur, ni professeur de biologique. Je n'étudiais même pas la matière. Je n'étais qu'une petite mutante aux maigres connaissances.

- « Oui avec l'adrénaline, la peur et tout... Ça n'a aucun sens... »

Je répondais de manière mécanique, comme si la conversation portait sur des moules à gâteaux. Quel intérêt y avait-il à parler de moules gâteaux ou de capacité ? C'était le genre de chose auxquelles on ne pensait pas spécialement et qu'on n'échangeait pas avec n'importe qui. Je pouvais d'ailleurs lire dans ses yeux qu'il se prenait pour un fou. Je le vis ramasser le paquet laissé par le braqueur et en constater les fruits. Purée... Quel abruti. Ne pouvait-il pas se trouver un travail plus décent ? En plus, il n'était même pas foutu de ramasser le papier pour le mettre dans la benne... Vraiment antipathique ce type. Je ne voyais vraiment pas pourquoi je ressentais le besoin de l'aider. Néanmoins, il s'excusa du désagrément. Il n'avait peut être pas un si mauvais fond alors.... Punaise, ma fille... T'es vraiment indécise !

- « Faites attention et bon courage... Vous en aurez plus besoin que vous ne croyez... »

Je savais que je n'aurai rien dû rajouter. Un mec avec un minimum de jugeote comprendrait le sous entendu que je venais de laisser échapper. Erreur ? Inattention ? Ou volonté d'aider ?
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MessageSujet: Re: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Sam 8 Déc - 21:56

Je m'arrête. Même si j'ai envie de me tirer, même si la dernière chose dont j'ai envie c'est de me retourner et de parler à cette fille, ce qu'elle vient de me dire me stoppe et me force à me retourner, ma clope allumée à la main.

- « Faites attention et bon courage... Vous en aurez plus besoin que vous ne croyez... »


Et merde. Ma petite voix avait raison. Au final, j'ai même pas eu besoin d'insister pour que cette fille me prouve qu'elle n'était pas nette. Ça veut dire quoi, sa phrase? Qu'est-ce qu'elle veut dire par là? Je suis en danger? A cause de ce que je viens de lui dire, sur les supers pouvoirs que j'aurais peut-être? On traque les gens comme ça, comme dans les comics?
Non... Elle doit parler de mon boulot, c'est sûr. Juste un petit truc pour m'encourager, une forme de politesse peut-être... D'accord, très maladroite. Mais alors, le "vous en aurez plus besoin que vous ne croyez", ça veut dire quoi? Je suis sensé me sentir menacé? Elle veut me dénoncer aux flics? Non, si c'était une flic dans le civil, elle aurait eu un flingue, je pense. Et puis elle aurait gardé celui de l'autre malade, au lieu de le jeter dans la poubelle, pour m'amener au poste ou pour appeler ses petits copains.

Alors voilà la question à 3 millions : qui c'est cette fille? Et bien sûr, la réponse, j'ai aucune chance de la trouver si je me casse.

Bordel. J'en ai marre. Je m'en fous de cette réponse. J'ai qu'à me tirer. Après tout, je n'ai pas à lui demander ce qu'elle voulait dire par là. Elle n'a pas l'air de vouloir me dénoncer. J'ai pas envie de discuter avec elle. Et j'ai l'impression qu'on a tous les deux besoin de repos, et de sortir de cette foutue ruelle. Le mieux, même, ça serait qu'on parte tous les deux dans notre coin, et qu'on s'oublie pour toujours.
Pourtant.... Je ne sais pas. Ya un truc qui me retient. A cause de son attitude. Maintenant que ma tête n'est plus bloquée sur le moment où je plante ce type, je me rends compte que il y a des trucs qui ne collent pas avec son comportement. Son espèce de vertige, juste après que le flingue ait bougé. L'espèce d'impression qu'elle me cache quelque chose, aussi, à cause de ce qu'elle vient de dire et depuis qu'on a commencé à se parler. Et enfin, le fait qu'elle ne se soit pas tirée en courant, au moment où le braqueur s'est cassé.

Je regarde ma clope, qui commence à se consumer dans ma main. Je tire un peu dessus, et j'expire la fumée qui s'envole dans l'air froid. Et puis je regarde cette fille droit dans les yeux.

"-T'as quelque chose à me dire, toi, non?"

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MessageSujet: Re: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Dim 9 Déc - 21:42

Alors que j'aurai pu me taire et rentrer tranquillement chez moi, je venais de laisser échapper un sous entendu assez lourd sur ses doutes. Et tout ça pourquoi ? A cause de ce stupide sentiment de pitié à son égard. Tout ça parce qu'il n'avait pas son Wyatt attitré, je me sentais obligée de le prévenir au sujet de ce monde évolué. Il ne faisait aucun doute que si mes intentions avaient été mauvaises, il n'aurait pas fait long feu. Un type dans son genre ne manquerait à personne. Au contraire, on trouverait toutes les excuses possibles et inimaginables pour dire que ce n'était pas un meurtre, mais bel et bien un trafic de drogue qui aurait mal tourné. Bref, tout ça pour dire que je m'étais mise dans la merde toute seule comme une grande. Chapeau bas, Capucine !

Pourtant j'amorçais déjà un retrait stratégique vers la sortie de la ruelle, espérant qu'il ne relèverait pas cet instant de faiblesse. Y croyais-je réellement ou n'était-ce qu'une manière de me laisser du temps pour me préparer mentalement à l'affrontement qui se préparait ? La seconde hypothèse semblait la plus probable et si les rôles avaient été inversés, j'aurai réagi tout comme lui. Tellement probable que je me retournais vers lui avant même qu'il n'ait ouvert la bouche. Je le voyais me regarder droit dans les yeux et me demander avec détermination si j'avais quelque chose à lui dire. Sa question me fit doucement sourire. Que croyait-il ? Que j'allais déballé mon sac pour ses beaux yeux ? Il allait devoir y mettre du sien s'il voulait apprendre quelque chose de concret. A ses yeux, je ne devais être qu'une gamine sans intérêt, un insecte parmi d'autres. Pourtant, sur cette question, il n'était rien. Il aurait beau m'ordonner de lui révéler la vérité sur ces capacités que je ne cillerai pas pour autant. Une arme me faisait plus peur que son ignorance.

- « Peut être... Ou peut être pas... Ceci n'était qu'un avertissement donné de bonne foi. Que vous le suiviez ou non m'est totalement égal. Seulement, il y a des choses sur lesquelles on ne peut plaisanter. Surtout à Los Angeles... Tout le monde n'est pas aussi gentil que moi, si tant est que je le sois réellement... »

Les mains dans les poches, je le regardais. Il était plus grand, plus fort, mais je ne ressentais aucune menace de sa part. Son attitude devant son couteau ensanglanté était une preuve qu'il ne gérait pas la violence. Je ne me prétendais absolument pas maîtresse de ce domaine, mais malheureusement pour moi, j'avais assisté à bien pire que ceci. Malgré cette crainte de ne pouvoir rentrer chez moi, je n'était nullement effrayé par l'homme. Si ma capacité avait été efficace, le pistolet se serait envolé et l'affaire aurait été réglée bien plus vite. J'aurai également pu me montrer plus violente en pratiquant ces figures que j'affectionnais tant auparavant, mais sans entraînement, j'aurai plutôt couru le risque de me ridiculiser. Allez stop. Il me fallait me concentrer sur mon dealer.

- « Ceci est loin d'être un jeu et vous devriez vous montrer plus prudent à l'avenir lorsque vous parlerez à un inconnu de ce que vous êtes capable de faire. Vous pourriez très bien finir en rat de laboratoire ou en soldat. Le monde de la drogue n'est rien comparé à celui dans lequel vous voulez entrer. Vous sentez vous capable d'encaisser ou préférez vous que je m'arrête et retourner à votre petite vie tranquille ? »

Je lui laissais encore le choix de faire marche arrière même si je lui avais avoué les points les plus importants. Ceux-ci ne représentaient que des mises en garde que chaque mutant devrait recevoir avant de faire le terrible choix d'en savoir plus ou de rester dans l'anonymat. Quel sera le sien?
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MessageSujet: Re: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Lun 10 Déc - 21:02

Eh bah. Je m'attendais à ce qu'elle me lance qu'elle était une policière en civil, qui me laissait tranquille parce que je l'avais aidé à lui sauver la vie... même si c'était impossible que ça arrive, c'était déjà plus plausible que ce qu'elle vient de me sortir. Qu'il existe vraiment un monde avec des supers pouvoirs, et qu'on en ait tous les deux, par exemple. Elle ne l'a pas dit clairement, mais elle l'a bien sous-entendu.

Je reste quelques secondes silencieux, en laissant ma clope se consumer dans ma main. Normalement les gens, à ce moment là, éclatent de rire et balancent la vérité, content de leur petit effet avec leur blague. Mais sur le visage de cette fille, il n'y pas l'ombre d'un sourire. Elle est sérieuse. Incroyablement sérieuse. J'imagine qu'elle débloque totalement alors? Non, elle a l'air trop sûre de ce qu'elle dit. Je souffle d'un coup. Putain de merde, on a vraiment tous les deux des pouvoirs alors. Quel truc de dingues.

Je ne sais pas trop quoi lui répondre du coup. D'un côté, soit elle me balance toute la vérité, même si, vu sa tête, ça n'a vraiment pas l'air d'être un bon truc à savoir qui risquerait de m'apporter pas mal d'emmerdes, du genre mortel cette fois. Même si j'ai pas mal de soucis avec mon boulot, on a quand même peu de chances de se faire descendre si on est prudent, même si ce soir est un mauvais exemple.

De l'autre... Franchement, c'est un truc incroyable qui m'arrive dessus. Des pouvoirs! Carrément! Et puis de toute façon, autant savoir dans quoi on va mettre le pied, non? A moins que je décide de ne plus jamais approcher d'une quelconque forme de musique, je ne pense pas qu'un jour, j'arriverais à bien cacher mon truc. Et j'espère savoir ce qui risque de me tomber dessus au moment où quelqu’un le remarquera.
Ou encore, j'aimerais savoir à quoi je vais maintenant devoir faire attention. Bref, apprendre des réflexes pour rester en vie. Et puis au niveau des emmerdes, après tout... Un truc de plus ou de moins à prendre en compte.... Ça a l'air de ressembler au monde de la drogue, au final. Il y a des gros risques, mais le jeu en vaut la chandelle. Et puis franchement, qui dirait non si on lui offrait la possibilité d'entrer dans un monde avec des supers pouvoirs, à part les mecs blasés des séries télés?

"-Ok... S'il te plaît, dis moi ce que tu sais. Il y a beaucoup de gens comme nous? T'as dit que c'était dangereux "surtout à Los Angeles". On est partout dans le monde alors? Ya des gens qui en veulent à notre peau aussi? Il y a même une... guerre?

-Ah oui et aussi, on devrait bouger d'ici non? Il commence à faire nuit, et le coin risque de vraiment craindre dans le noir..."

Effectivement, même si ça serait plus discret de parler de ça ici, où on est sûr que personne n'irait écouter vu l'aspect de la rue et le manque d'éclairage, on ne sait jamais sur qui on peut tomber. Sur deux types qui possèdent des supers pouvoirs et qui en parlent, dans le meilleur des cas. Ou sur d'autres camés violents voulant leur dose, dans le pire.
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MessageSujet: Re: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Dim 16 Déc - 14:12

J'aurai pu tout aussi bien éclater de rire après ces terribles révélations pour lui faire croire à un bobard, mais, malheureusement, il n'y avait rien de risible devant les événements liés à la mutation. Il fut un temps où je me sentais invincible d'être capable de faire ce qui, a priori, ne devrait pas exister. Il m'était déjà arrivé d'en abuser pour obtenir une petite vengeance personnelle ou pour obtenir ce que je voulais. Dans ces cas là, il ne s'agissait que d'un vol de pâtisseries ou de petit coup en traître pour faire fuir la concurrence féminine, rien de comparable aux actes perpétrés au Blue Lake ou même dans les ruelles de Los Angeles. La mutation n'était pas à prendre à la légère. Surtout ici, dans cette ville, même si je ne doutais pas de la capacité de Genetic à se créer des contacts influents à l'extérieur. Qui sait jusqu'où elle a la main mise. La seule chose qu'il fallait retenir était qu'il n'était pas bon d'être un mutant, car un jour ou l'autre, ça nous tombait dessus et nous ne pouvions que subir les décisions des autres.

Je le regardais droit dans les yeux m'attendant à une réaction de la part de mon interlocuteur qui se faisait désirer. Plusieurs choix s'offraient à lui : partir en courant, trop effrayé par la nouvelle, me traiter de folle et se rire de moi ou assimiler l'information et prêt à être exposé au musée dans la section statues modernes. A son visage, je penchais pour cette dernière. Le chemin que traçait l'information jusqu'à son cerveau était assez amusant à constater et peut être qu'il aurait pu être plus rapide sans une consommation de drogue. Il était tout de même supposé avoir découvert sa capacité et là il semblait débarquer dans la troisième dimension. A sa décharge, c'était tout de même le cas.

Soudain la princesse se réveilla et me sortit un flot de questions auxquelles j'étais à peu près prête à répondre jusqu'à ce qu'il me propose d'aller autre part... Autre part ? Où ? Pensait-il que nous courrions moins de danger dans une grande rue, un café ? Surtout que je me voyais mal aller chez lui et que je ne comptais pas l'approcher d'Elias. Je n'étais pas du genre à ramener ce type de travail à la maison.

- « Intéressant... Tu as peur du noir et des pauvres types qui pourraient se ramener alors que tu as, si j'ai bien compris, une capacité offensive. Bien sûr, je ne dis pas qu'il ne faut pas se méfier d'eux, mais si tu les crains, eux, tu risques de mouiller ton pantalon rien qu'en m'écoutant raconter le minimum vital. Après, je vois difficilement quel lieu serait plus sûr qu'ici pour une telle discussion. Nous avons une vue dégagée sur l'entrée et la sortie de la ruelle, nous sommes près des bennes et il n'y a personne cachée à l'intérieur. Il n'y a aucune fenêtre sur les murs des bâtiments et je doute qu'un mutant à l'oreille fine se cache sur le toit. Ah oui, bien sûr, pour notre sécurité à tous les deux, il vaut mieux que chacun ignore où l'autre habite. »

J'espérais qu'en agissant ainsi, il prenne conscience des dangers qui le guettaient. Jusqu'ici je pensais avoir été suffisamment alarmante et sûr de moi pour me faire respecter. Un œil extérieur s'amuserait à constater que c'était la gamine qui inculquait son savoir à l'adulte. Je n'étais, certes, pas n'importe quelle gamine, mais il pouvait tout aussi bien me prendre de haut alors qu'il était totalement ignorant sur la question. S'il voulait mon aide, pourquoi pas, mais je ne désirais pas le voir débarquer à n'importe quel moment dans ma vie au risque de mettre Elias en danger.

- « J'ignore le nombre total, mais oui, nous sommes beaucoup. Je ne les connais pas tous et je n'ai aucune intention de te révéler leur identité. Je les connais parce que certains... événements nous ont amené à nous croiser. Après, ce n'est pas un phénomène lié à la ville, mais à notre ADN, donc effectivement, ça touche le monde entier géographiquement parlant. Pour ce qui est du risque pour notre peau, pour le moment, je dirais que tout dépend du camps que tu choisis et des gens que tu rencontreras. Bien sûr, tu as une minuscule chance de ne croiser aucun mutant ou tout au moins, de ne pas vous remarquer, mais, à Los Angeles, cela semble plus compliqué. »

Je lui laissais quelques secondes pour assimiler avant de reprendre :

- « Maintenant à moi de te poser une question... Que penses-tu de l'explosion d'un gymnase l'année dernière, de la radiation d'un lac en une nuit en août dernier ou encore d'un tueur en série de type cannibale en fin d'année dernière ? Tu pensais réellement être le seul ? »
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MessageSujet: Re: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Lun 17 Déc - 18:07

Non mais putain. Elle se prend pour qui, celle-là? Non je n'ai pas peur du noir, non je ne mouille pas mon pantalon... Je sais juste qu'on est à Los Angeles, et je suis prudent. Elle connait peut-être son monde de mutants, mais moi, je connais le monde qu'il y a dehors, quand la nuit tombe et que les gens honnêtes ou les gamines ne sortent plus dans ces genres de rues. Le malade qui nous braquait dans cette rue il y a 5 minutes, yen a plein dans Los Angeles, voir des bien plus dangereux que lui. Et on a beau bien pouvoir voir, à peu près avec ce noir, n'importe quel type passant ici, si il est armé, on sera tout autant dans la merde que si on ne le voyait pas. Bon ok, même si elle est trop confiante, le fait de ne pas dire nos adresses, ça se tient. On n'est jamais trop prudent, et j'ai aucune envie que cette fille sache où j'habite. Mais pour le reste... Je ne l'ouvre pas parce que j'ai besoin de ce qu'elle va pouvoir m'apprendre. Si elle veut qu'on continue de parler ici, d'accord, mais on va devoir faire court. J'ai aucune envie de rester dans le coin.

Donc voyons voir, David... Selon elle, on est beaucoup, et dans le monde entier. C'est mauvais signe. Ça veut dire que si on est plein, on est extrêmement prudent, vu que les histoires de mutants, ça court pas les rues. Et donc, qu'on est extrêmement recherchés, quelque soit le lieu, et qu'on a tous peur de ce qui nous recherche. Va falloir faire extrêmement gaffe si tu veux pas qu'on te remarque.
Ensuite, on dirait qu'il y a vraiment des camps, et surtout à Los Angeles. Bon, bah on verra bien où on ira, ou si on reste dans son coin. Va falloir bien se renseigner sur eux tous. De toute façon, je gagne pas assez pour pouvoir me tirer de Los Angeles et pouvoir recommencer une vie ailleurs. Et si on est aussi surveillés ailleurs... ça ne changera pas grand chose, de toute façon.

Pour ces histoires, par contre... J'en avais entendu parlé, oui, mais j'y avais jamais fait gaffe. Je lis rarement les journaux, c'est toujours la même chose. Le monde va mal, blablabla... En général, j'apprenais les trucs qui arrivaient près de chez nous avec des discussions entre potes. Et puis à chaque fois, je cherchais pas, ça avait à chaque fois une raison à peu près logique. Et puis, vu que j'ai découvert mon truc il y a à peine un mois, j'ai pas du tout fait le lien avec ces événements là. Surtout que les théories des complots, j'y crois jamais, c'est pas mon truc. Mais par contre... Mais merde, si ce qu'elle est en train de dire, c'est...

"-Wow attends... T'es en train de dire que tous ces trucs... ça a un lien avec les mecs comme nous? Il y en a qui peuvent sérieusement faire péter des bâtiments, rendre des trucs radioactifs ou péter un câble et se mettre à bouffer les autres?"


Des mecs aussi puissants ou dingues, ça existe? Merde... Je commence à comprendre pourquoi elle me dit de rester discret. Croiser des malades pareils, ça doit pas donner envie d'aller voir d'autres mutants. J'ajoute :

"-Et surtout, pourquoi ils ont faits ça? Ils voulaient montrer leurs pouvoirs à tout le monde, comme ça, pour prouver qu'ils existaient? Ou bien ils se battaient entre eux?"


Si c'est la première raison... Putain, je me fais aussi discret que possible. J'ai pas envie de prouver des trucs aux gens, moi. Ou peut-être que si, mais sans se mettre à détruire et à tuer des gens pour ça... rien qu'à y penser, ça me donne envie de vomir. Mais la deuxième n'est pas mieux. Si ils sont prêts à se battre dans des lieux publics et à tuer d'autres gens qui n'ont aucun rapport... Au final, j'aurais pas envie de rejoindre un camp, mais de rester planqué chez moi, à espérer qu'on ne me remarque jamais.
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MessageSujet: Re: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Dim 23 Déc - 22:23

Après tous ces mois à cultiver l'art du secret au sein de Genetic, les informations clés sur la mutation étaient dévoilées dans cette ruelle sombre et malodorante. Peut être n'était-ce pas la meilleure des choses à faire. Peut être n'était-ce pas le meilleur endroit pour aborder ce sujet. Et pourtant, j'étais bien placée pour savoir que sans ces informations capitales, l'espérance de vie d'un mutant était raccourcie. Si par cette bonne action, je pouvais le tenir éloigner de cette guerre entre les diverses organisations, alors tout n'aura pas été fait en vain. Peut être qu'en restant dans l'anonymat, je pouvais aider les miens dans une moindre mesure. Leur faire comprendre que faire un choix entre Genome et Genetic ne mènerait au final qu'à une seule fin : la souffrance et la mort. Cette lutte était stérile car aucun ne pouvait gagner. D'un côté, il y avait l'organisation et l'argent et de l'autre, le feu qui anime cette volonté. Il ne pouvait y avoir de gagnant. C'était une bataille sans fin.

Pour cet homme, je ne devais être qu'une gamine, tout juste bonne à faire faire des bonds à une arme. S'il savait ce par quoi j'étais passée, son regard sur moi serait tout autre. Même si je me cachais derrière cette attitude enfantine, cet humour un peu déplacé et décalé, une part d'ombre avait élu domicile dans mon esprit et mon cœur. J'avais évolué, mais peut être pas dans le sens que j'avais imaginé en grandissant auprès de mes parents. Mais les circonstances et mes choix m'avaient conduites jusqu'ici et je ne pouvais baisser la tête indéfiniment devant ces monstres en mal de pouvoir. Je devais me battre, moi aussi, mais à ma manière cette fois. Je lui énonçais les grands événements qui avaient été relatés dans la presse. A tous les coups, il en aurait forcément entendu parlé et certains lui montreraient à quel point, ce sujet ne se prêtait pas à la plaisanterie. De ma place, je pouvais voir le chemin emprunté par les informations pour arriver à son cerveau jusqu'à ce que ça fasse tilt. Il venait de comprendre et semblait clairement dépassé.

- « Cela m'étonne que tu n’aies pas fait le rapprochement alors que tu es spécial, toi aussi... Pour le gymnase passe encore, mais qu'un site devienne radioactif en une nuit aurait dû te mettre sur la voix sur le fait que tu n'étais pas seul. Certains ont des pouvoirs que tu ne peux imaginer et dès que tu les regroupes... Ça finit en massacre. »

Je fis une pause pour avaler ma salive avant de reprendre en essayant de garder un air détaché.

- « Je ne connais aucun mutant qui souhaite révéler sa véritable nature. Il ne serait pas bon pour nous de nous découvrir, on ne sait comment les êtres humains normaux réagiraient. Cela pourrait rapidement tourner au lynchage. Nous sommes peut être évolués, nous ne sommes pas invincibles... Je ne saurais dire combien sont morts dans cette lutte rien qu'à Los Angeles, mais crois moi, il n'est pas bon de se faire découvrir par un de ces groupes. Si tu te fais repérer, si quelqu'un t'approche comme on m'a approché... Fuis. Car il est dur de leur échapper une fois embrigadé à cause de ce culte du secret. »

Je m'avançais doucement vers un carton et après m'être assurée de sa solidité, je m'asseyais. Autant être confortable pour aborder la suite. Ce n'était pas un sujet facile et je devais me montrer la plus précise possible pour qu'il comprenne bien tous les enjeux. Bien sûr, la décision lui appartiendrait au final. Libre à lui de chercher ensuite l'une ou l'autre de ces organisations pour les intégrer. Seulement, s'il le faisait, ce serait en connaissance de cause. Il se rendrait compte que c'était trop cher payé de connaître le pourquoi de cette évolution en se mettant sous leurs ordres. Nous n'étions pas des soldats. Cette guerre ne devrait même pas exister. Nous étions différents des êtres humains normaux et normalement, cette différence aurait dû nous rapprocher. Mais non... Car tout comme un être humain normal, le mutant était avide de pouvoir et l'était peut être même davantage.

- « Ça fait longtemps que ta capacité s'est déclarée ? »
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MessageSujet: Re: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Jeu 27 Déc - 21:54

Eh bah oui, j'avais presque raison. Quand des mutants se réunissent c'est pour se foutre sur la gueule, et ils l'ont faits pas mal de fois en plus. Putain. Tu m'étonnes qu'elle ne voulait pas m'en parler. En plus que ça la fait passer pour une dingue devant moi, bien sûr, même si c'est moi qui a commencé. Mais c'est surtout que si j'étais un type complétement marteau qui voulait en cogner d'autres... Je pense que j'aurais fait la même chose. Mais je pense que je me serais tiré si le type se serait mis à insister.
Ce que je me demande, c'est si les capacités pourraient être améliorées. Après tout, si il y a des types plus forts que d'autres, ça doit être à cause de l'entrainement, ça ne doit pas venir comme ça, d'un coup. Donc ça veut peut-être dire qu'on peut se battre contre ces types, si on bosse assez. Mais bon, pour le moment, je suis plutôt loin de pouvoir penser à tout ça. Faut d'abord que je comprenne ce que j'ai, comment ça marche... Et après, on verra si je peux l'améliorer.

En tout cas, selon elle, il y a vraiment une différence entre les gens comme nous et les autres. Elle exagère quand même. Des lynchages? Putain, on n'est plus au Far-West quand même! Même si les gens sont des gros enfoirés dans la moyenne, ils oseront jamais buter un autre, à moins qu'on les menace. Mais avec les mutants qu'il a dehors, ça peut très bien arriver. Après tout, si ils ont déjà tués, ils peuvent très bien recommencer, et pas seulement des types ordinaires. Ouais, je sens que je vais faire comme elle vient de me dire : ne rien dire à personne, rester dans son coin, ne pas se faire repérer par ces groupes. Pas envie de crever, même si ça fait vraiment ermite comme programme.

Je tire une taffe sur ma clope, qui est déjà presque finie à force de brûler dans le vide, avant de répondre à sa question.

"-Aucune idée. Un mois je crois, un peu plus. En fait, je sais pas trop comment ça marche, donc je vois pas trop depuis quand ça a commencé..."


Je devrais peut-être pas parler de ça, par contre. Après tout ce qu'elle vient de me dire... La prudence, tout ça... Si ça se trouve, un jour, on risquerait de se retrouver dans deux camps différents. Et dans ce cas là, il vaudrait mieux qu'elle en sache le moins sur moi, si on doit se battre.
Mais c'est quoi cette pensée, David! Cette fille est en train de t'aider, putain! Tu deviens parano on dirait! Prends pas tout ce qu'elle dit au pied de la lettre, et ne devient pas un foutu hypocrite. Si elle te demande un truc, tu lui réponds, point. Et ça marche dans les deux sens.

"-Par contre... Est-ce que les pouvoirs, c'est la même chose pour tout le monde? Genre il y a une technique pour que ça marche, faut un entrainement spécial pour qu'ils agissent le mieux?"


Je pense pas trop qu'elle sait quelque chose, vu qu'elle a l'air de n'avoir jamais rejoint aucun groupe, mais autant demander. Après tout, si je croise un de ces types... Il faudrait que je sache me défendre autant que possible, mais sans forcément le tuer. Déjà ça fait beaucoup de problèmes, mais surtout... Je ne suis juste pas prêt pour faire un truc pareil. C'est pas mon genre. Je jette mon mégot et je sors une autre clope de ma poche.

"-Au fait, tu fumes?"
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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Sam 29 Déc - 14:18

Je n'étais pas contre de révéler des informations sur sa véritable nature, mais il ne pouvait m'en vouloir d'être curieuse à son égard. Il ne faisait plus aucun doute qu'il possédait, lui aussi, une capacité, mais en quoi consistait-elle ? Capacité défensive ou offensive ? Non pas qu'il m'était totalement antipathique, seulement je préférais prévenir que guérir. De nous deux, j'étais, certes, la plus informée, mais pas forcément la plus forte et cela m'angoissait quelque peu. Il avait évoqué la musique quelques instants plus tôt et il pouvait tout aussi bien être une sorte de sonar sur patte que de balancer des bourrasques d'ondes sonores... Dans le deuxième cas, je préférais ne pas me mettre sur son chemin et ma déformation professionnelle voudrait que je le prenne en traître par derrière ou la voix des airs. Ne jamais attaquer de front pour limiter les dégâts car cela ne conduirait qu'à la mort. Cette manière d'agir pouvait être interprétée comme une forme de lâcheté, mais l'important était de remplir la mission, non ? Peu importait les moyens employés et, en temps de guerre, tous les moyens étaient bons pour parvenir à ses fins.

Mon gars ne semblait pas très enclin d'en révéler davantage sur son cas ou peut être était-il complètement dans l'ignorance. Je ne savais qu'en penser dans la mesure où ma propre capacité avait été facile à deviner. Tomber du toit d'un lycée et rester en suspension à quelques centimètres du sol était un assez bon indice vis à vis de la lévitation. Devais-je lui proposais mon aide ? Je n'étais pas certaine que ce soit la meilleure idée de l'année puisque cela reviendrait à le revoir et donc à laisser certaines informations sur mon compte traîner je ne savais où... Surtout qu'il me parlait déjà d'entraînement pour que sa capacité agisse mieux.

- « Chaque capacité est différente en elle même, mais de ce que j'ai pu voir, la concentration et l'état émotionnel sont deux facteurs clés. Il faut du temps et bien sûr de l'entraînement, mais c'est comme tout, ça s'apprend. Ensuite, l'état physique et la fatigue entre en compte également, mais laisse moi deviner... Lorsque aa capacité s'est révélée, étais-tu en colère ou peut être effrayé ? Tu devais avoir besoin d'aide et... pouf... Elle est apparue comme par magie, non ? », demandais-je avec le petit geste d'explosion avec les mains.

Cette conversation me rappelait mes propres questions. Cela ne remontait qu'à un peu plus d'un an et pourtant, cela me semblait si lointain. Tous ces mois passés au sein de Genetic à m'entraîner, à comprendre ce que j'étais pour continuer d'avancer m'avaient en réalité perdu. J'espérais tant connaître le but de tout ça, pourquoi cela m'était tombé dessus, mais au final, il n'y avait aucune réponse à cette question. C'était tombé sur moi et c'était tout. Je devais vivre avec maintenant ou du moins, essayer.

Perdue dans mes souvenirs, je revins sur terre lorsque le mec me proposa une cigarette. J'hésitais. Je n'étais pas une grosse fumeuse, mais il m'était déjà arrivée de m'en griller une dans les moments de stress. Ce soir était un moment de stress et j'aurai pu me laisser tenter, seulement, je devais pas oublier que c'était déconseiller pour les personnes comme moi qui suivaient un traitement.

- « J'ai arrêté, mais merci. »

Je le regardais s'en allumer une autre, comprenant qu'il était assez éprouvé par ce qui venait de se passer. Que ce soit l'attaque ou mes révélations, sa soirée avait été rude et s'il n'avait personne à qui se confier, cela devait être éreintant.

- « J'espère que je ne vais pas le regretter, mais... Je pourrais t'aider... Je ne sais pas encore très bien comment vu que j'ai très peu d'éléments sur ta capacité. Mais certains exercices qu'on m'a enseigné pourraient peut être marcher. Je ne donne aucune garantie sur le résultat, mais ça vaut ce que ça vaut. Si tu n'as personne avec qui en parler, je préfère que ce soit moi plutôt qu'un de ces groupes. Je pose néanmoins une condition... Que ce soit maintenant ou plus tard, ne parle de moi à personne. Même si un de ces groupes arrive à te convaincre d'être des leurs. Mieux vaut prévenir que guérir avec les mutants. »

Il pouvait très bien me prendre pour une fille totalement paranoïaque, je n'en avais rien à foutre. Je préférais encore passer pour une folle que d'être enfermée dans une pièce de Genome ou de Genetic.
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MessageSujet: Re: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Jeu 3 Jan - 22:11

Je hoche la tête sans rien ajouter et j'allume ma deuxième clope, assis par terre. En général, les fumeurs disent, quand ils sont au courant que la personne ne fume pas, que c'est bien de ne pas fumer, que le type devrait continuer comme ça... Personnellement, je ne l'ai jamais dit à un non-fumeur. J'ai toujours trouvé ça hypocrite, de dire ça et ensuite d'en griller une juste devant le mec.
En tout cas, il y avait bien des trucs de base à entrainer selon elle, les émotions et la concentration. Presque comme dans les comics tiens... Sauf que c'est réel, ce qui rend le truc beaucoup plus effrayant. Mais le fait qu'on puisse améliorer ses pouvoirs est plutôt une assez bonne nouvelle. Dès que je serais chez moi, je commencerais à essayer tout ça et à ralentir un peu mon boulot.

"-Ouais, je crois que c'était dans un moment comme ça... Un mec a voulu me tabasser un soir, dans une rue, et j'ai réussi à le faire partir alors que j'étais à moitié mort, un truc impossible normalement. Et lorsque je suis rentré chez moi et que j'ai enlevé mon casque... Le trou noir."


J'ai pas précisé que j'avais refusé de vendre de la drogue à ce mec et que c'était pour ça qu'il avait voulu me tuer. Mais vu sa réaction face aux dealeurs, le mieux c'était de ne pas lui donner raison, pour qu'elle continue de me donner de l'aide. En y repensant, je ne savais même pas si ce mec était encore vivant ou si il s'était fait tué par ma faute. La seule bonne nouvelle, c'est qu'aucun flic n'était encore venu chez moi pour me poser des questions à propos de ce soir là. J'espère que ça continuera.

- « J'espère que je ne vais pas le regretter, mais... Je pourrais t'aider... Je ne sais pas encore très bien comment vu que j'ai très peu d'éléments sur ta capacité. Mais certains exercices qu'on m'a enseigné pourraient peut être marcher. Je ne donne aucune garantie sur le résultat, mais ça vaut ce que ça vaut. Si tu n'as personne avec qui en parler, je préfère que ce soit moi plutôt qu'un de ces groupes. Je pose néanmoins une condition... Que ce soit maintenant ou plus tard, ne parle de moi à personne. Même si un de ces groupes arrive à te convaincre d'être des leurs. Mieux vaut prévenir que guérir avec les mutants. »


Ça, par contre, c'était exactement ce que j'osais pas demander. Avoir quelqu'un qui puisse m'aider à contrôler mon truc... Même si il y avait des chances que ça ne marche pas, c'était mieux, beaucoup mieux que rien. Et justement, je préfèrerais m'entrainer avec elle qu'avec l'un des groupes qui se battaient entre eux à mort. Et pour la condition... Je la respecterais du mieux que je pourrais. Cette fille venait de me sauver la vie, de me convaincre que je n'étais pas dingue, et me proposait de m'aider à contrôler ce que j'avais quand même! Mais après, je ne savais pas ce qui pourrait m'arriver mais de toute façon, je ferais tout ce que je peux pour ne rejoindre aucun groupe.

"-Franchement, je ne pense pas que je pourrais regretter vu que je pars de rien! Pas de problèmes pour ta condition aussi, vu le bordel que ça a l'air d'être avec les autres mutants, je comprends que tu veuilles être discrète... Pour s'entrainer, on se contactera comment? Par téléphone?"


Sur le coup, j'ai pensé à Batman et à sa lampe dans le ciel. Putain David, même si t'as eu une dure journée, concentre toi, et ne commence surtout pas à penser à des conneries.
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Capucine Rider


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MessageSujet: Re: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Dim 6 Jan - 11:36

Alors que je faisais des suppositions sur la révélation de son pouvoir, mes yeux examinèrent ses moindres faits et gestes. Il n'avait aucune raison de me mentir, mais dans la mesure où il s'agissait d'une capacité, mieux valait être prudent. Certes, je n'avais aucune mauvaise intention à son égard, mais il aurait pu croire que je me renseignais pour mieux le piéger plus tard si nos chemins nous menaient à l'affrontement. Sauf que... cette vie était finie pour moi. Je ne ressentais plus aucune attirance vers cette manie de devenir une sorte de héros. Bien souvent, les héros étaient blessés, soufrés et devaient faire de nombreux sacrifices. S'ils ne voulaient blesser leurs proches, ils se voyaient obligés de cacher leur identité lorsqu'ils se battaient ou de rester seuls. Je me voyais mal mettre une culotte rouge au dessus d'un collant bleu avant de me gominer les cheveux et je me sentais seule depuis trop longtemps. Non les héros, ce n'était pas pour moi.

Je l'écoutais me raconter son expérience et fit le lien entre le casque et le phénomène puisqu'il avait dit que la musique avait eu un effet sur lui. Si encore j'arrivais à savoir quelle sorte d’événement cette musique avait produite, je savais que je pourrais mieux l'aider. Je n'avais pas le même matériel que Genetic, je n'avais pas non plus les connaissances requises pour faire une analyse complète, mais petit à petit, nous devrions comprendre son fonctionnement.

- « C'est plutôt commun chez nous. La partie trou noir n'est pas obligatoire, mais bien souvent il se manifeste grâce à ou à cause d'une vive émotion, c'est selon ta vision des choses. Pour ma part, il s'est révélé quand j'en avais besoin et que je m'apprêtais à m'écraser sur le sol après une chute d'un bâtiment. Ça peut avoir ses avantages comme ses inconvénients. »

Voilà comment aborder son cas dans les grosses lignes. Je ne comptais pas faire un exposé détaillé de ma capacité, non pas parce que je n'avais pas confiance en lui, mais seulement parce qu'il n'y avait rien de plus à en dire. De toute façon, si je lui proposais mon aide pour découvrir de quoi il retournait avec sa capacité et la contrôler, il arriverait bien un jour où mon cas sera mis sur le tapis. De plus, si je venais à l'entraîner, cela me pousserait également à m'entraîner. Je ne pouvais rester aussi faible, ce soir en était une preuve. Si jamais je venais à être attaquée une nouvelle fois, j'aimerai bien avoir la possibilité d'envoyer l'arme dans les airs. Histoire de ne pas mourir bêtement ou de protéger ceux qui m'étaient cher.

L'homme semblait étonné par ma proposition. Bah quoi ? Je n'étais pas un monstre non plus. Certes, je n'appréciais pas son petit business, mais si ça lui permettait de ne pas se faire tuer par une des organisations ou de devenir une arme meurtrière, ça me convenait. Il fallait bien que je fasse quelque chose de mon trou, non ? Je ne pouvais cautionner toute cette violence et au lieu de nous affronter, nous devrions au contraire faire cause commune. Les divergences entre Genome et Genetic ne devaient être aussi insurmontables. Au lieu de se déchirer, ils feraient mieux de travailler ensemble pour aider les nôtres. Stupide course au pouvoir !

- « Bonne question... Je pense que des téléphones prépayés devraient faire l'affaire. Ainsi, on peut les utiliser instantanément en cas de problème et on risque moins de se faire repérer qu'avec nos propres numéros. Oui... ça devrait le faire. Plus qu'avec une annonce dans le journal car le temps de la parution, tu pourrais être déjà mort. »

Je sais, j'en rajoutais un peu, mais là, c'était plus un amusement qu'autre chose. Il fallait être prudent, comprendre qu'il fallait rester discret sans pour autant s'interdire de vivre. Vu sa profession, j'avais peu de chance qu'il fasse des trucs stupides et se fasse repérer. Rien de plus discret qu'un dealer. J'étais bien tombée sur ce point.
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MessageSujet: Re: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Mar 15 Jan - 15:53

Je tirais une taffe sur ma clope. Bon, son pouvoir s'est activé au même moment que moi. Gros coup de stress, et hop! Le pouvoir s'active, même si il a l'air différent selon les gens. Mais si ça se trouve, ça s'active comme ça chez tout le monde. Par contre, ce qu'elle faisait à sauter d'un bâtiment... elle n'a pas l'air de vouloir en parler. Mais bon, chacun ses secrets, comme moi par exemple avec mon deal qui a mal tourné. Et puis de toute façon, je pense que je devine quand même ce qu'elle a voulu faire en sautant de ce bâtiment.

En tout cas, en une seule soirée, j'avais appris pas mal de choses grâce à elle. Peut-être trop d'ailleurs, mais c'est fait, tant pis. Déjà, les supers-héros, ça existe. J'en suis un. On traque les gens comme nous. On veut les tuer. Et on le fait très bien entre nous aussi. Et je vais m'entrainer avec une, moi aussi. Ça fait raide, en aussi peu de temps. Ah oui, et j'ai planté quelqu'un, aussi. Pour une nouvelle année, ça commence plutôt fort.

En parlant d'entrainement avec elle, l'idée des téléphones prépayés était par contre une assez bonne idée; c'était assez surprenant qu'elle en ait eu l'idée. Cette fille doit être elle aussi habitué aux affaires louches. Moi aussi, j'utilise ça avec des potes ou des clients pour se donner des rendez-vous, pour se fournir ou pour vendre. Ça marchait plutôt pas mal, c'était discret et difficilement traçable. Il faudrait juste que j'en prenne un nouveau avec elle, qu'on se donne nos numéros, et on pourrait se contacter sans se faire repérer. Mais pas ce soir en tout cas, plus tard. Putain, la dernière chose dont j'ai envie, c'est d'aller faire la queue dans un magasin. En plus, j'ai toujours le sang de cet autre type sur moi et un couteau dans ma poche. Si jamais quelqu'un le voyait, je pense qu'il verrait vite le rapprochement. Et même si personne ne le voit, ils verront forcément le sang... Et plus suspect que ça, tu meurs. Je tire une dernière taffe avant de jeter ma clope et de me relever.

"-T'inquiètes pas, je ferais gaffe pour qu'on ne me repère pas. On se donne rendez-vous dans un ou deux jours vers ici pour prendre nos portables, hors de la rue? Comme ça,on sera tranquilles pour prendre ça, et on sera sûr que l'autre type ne pourra pas revenir nous faire notre peau...."


Moi aussi, je commençais à devenir parano. Après tout, il n'y avait sans doute aucune chance que ce mec revienne, après ce qu'il venait de faire, pour se venger. Déjà, il devrait attendre super longtemps, j'aurais plus mon fric sur moi dans deux jours, et il a bien dû voir qu'on était quand même supers louches, ce qui devrait pas donner envie d'aller nous attaquer. Et en toute logique, il ne risquerait pas d'aller voir les flics, sinon il risquerait de se faire coffrer lui aussi. Mais d'après tout ce qu'elle venait de me dire... Être parano, ça serait sans doute le meilleur moyen de rester en sûreté.
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MessageSujet: Re: Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]   Mer 27 Fév - 17:06

Stupide, bête, abrutie, crétine, godiche, idiote, imbécile et tous leurs synonymes ne seraient pas suffisants pour exprimer mon incroyable capacité à me foutre dans les emmerdes. Après cet incident, j'aurai pu rentrer tranquillement chez Élias, mais il avait fallu que je l'ouvre pour raconter à cette pauvre âme sans défense les sombres secrets de Los Angeles. Qui était-il pour que je prenne le risque de ravager ma vie tranquille ? Cette vie que je recherchais depuis si longtemps et que je venais enfin d'obtenir. Quoiqu'il en soit, je ne pouvais plus reculer. Je lui avais promis de m'occuper de lui, de lui montrer comment contrôler sa capacité, lui expliquer les endroits à éviter et peut être même à lire les signes d'une attaque entre mutants. Il y avait tellement de choses que j'ignorais par où commencer. J'aurai tout le temps d'y réfléchir jusqu'à demain. Du moins si le mal de tête qui commençait à poindre me lâchait assez rapidement. A tous les coups, ce devait être les retombées de ma capacité. Rien d'étonnant dans la mesure où je ne l'avais utilisée depuis des mois. J'espérai ne pas trop morfler...

Je mis un point d'honneur à expliquer à David qu'il valait mieux rester discrets. Je n'en fis pas des caisses non plus dans la mesure où son teint pâle et l'expression qu'il affichait m'indiquèrent clairement que l'information avait atteint son cerveau. Tant mieux. Il n'aurait plus manqué que je tombe sur un suicidaire ou un orgueilleux. Quoique l'un n'empêchait pas l'autre, même si le cocktail devait être assez explosif. Je lui montrais d'un signe de tête le bout de la rue.

- « Entendu. Là bas, demain à 18h. »

Mon regard glissait en même temps le long du mur à la recherche d'un trou assez mince pour y glisser un mot au cas où. Bingo !

- « S'il y a un problème où quoique ce soit, on laisse un mot ici avec le jour et l'heure du prochain rendez vous. On continue jusqu'à ce qu'on y arrive même s'il vaut mieux régler ça au plus vite. Ça te va ? »

Il devait sûrement me prendre pour une folle furieuse. J'aurai également pu le laisser se débrouiller s'il ne venait pas au rendez vous du lendemain. Je n'aurai eu aucune obligation envers lui après lui avoir donné cette chance. Eh ben non ! Je prévoyais aussi un plan de secours... Une vraie frappadingue !

- « Sur ce, je dois partir. A demain et je compte sur votre ponctualité. »

Je lui lançais un clin d’œil sans pour autant lui offrir un sourire, preuve que j'attendais réellement à ce qu'il soit ponctuel. C'était la moindre des choses ! Puis je tournais les talons, quittant enfin cette rue avant de faire une promesse que je serais susceptible de regretter.
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Il y a des soirs où on ferait mieux de rester couché [Terminé]

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