..../...................../.....................................................................



 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Welcome to my life... [Terminé]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Elias J. Climber

~ In the arms of cactus angels

avatar

Messages : 3641

All about you
Your secret life:
Disponibilité:

MessageSujet: Welcome to my life... [Terminé]   Mar 13 Nov - 20:23


❝Capucine & Elias❞[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
« L'amitié ne rend pas le malheur plus léger, mais en se faisant présence et dévouement, elle permet d'en partager le poids, et ouvre les portes de l'apaisement. »


1/01/2011 – 1 heure 02.


Nouvel an, nouvelles résolutions, nouveau départ ?
Je n’ai jamais cru à ces sottises. Depuis quand avons-nous besoin d’une date commune pour tous, d’un même et seul élan, nous lancer dans des honnêtes et estimables décisions sensées révolutionner nos quotidiens et nos démarches de vie ? S’il y a des bases à revoir, des fondements à retravailler, de nouvelles lignes de conduite à suivre, soit ! Mais pourquoi attendre ce fameux premier janvier pour les exécuter ? Se prendre en main ne nécessite qu’une bonne claque et une dose de volonté énorme, beaucoup de courage. Rien à voir avec le calendrier ;
Si je dois considérer que ma vie prend un tournant inattendu auquel je veux pourtant fortement m’accrocher, m’investir et me donner, ça date du mois dernier.

Le repas fut succulent mais je n’en doutais pas. Capucine s’avère être une excellente cuisinière capable de me surprendre à chaque fois que je goute l’un de ses petits plats. Je fais mon possible pour l’aider – en achetant tout prêt sur la route du retour – afin d’alléger son travail ici. Chez moi. Chez nous.
Près de trois semaines que nous partageons l’appartement. Déjà ? Seulement ? Je ne saurai dire ce que j’en pense vraiment. Je n’aurai du moins qu’un mot : satisfaction.
On ne peut pas être un cœur froid et fermé toute notre vie. Il y a parfois des rencontres, des déclics, des prises de conscience ou tout simplement un souffle d’humanité plus captivant que les autres.
Ramenant mon assiette à l’évier, j’esquisse un sourire reconnaissant.

« …Sincèrement délicieux, encore merci. C’est mon plus beau réveillon depuis quelques années. »

Sans mentir. En même temps ce n’était pas bien compliqué de faire plus réussi. Mais ça compte pour moi.
En retournant près de la table que je termine de débarrasser, je laisse glisser sur la jeune femme un regard curieux. Interrogateur. Capucine avait tout d’une demoiselle terrassée, abandonnée par la vie. Aujourd’hui encore je peux sentir comme une absence, un vide, un manque. Un démantèlement continu de ce petit bout de femme, une douleur invulnérable qui l’entoure avec une sadique sympathie ;
Je n’ai pas conscience de l’aide que je peux apporter. Que j’apporte déjà ? Que je devrais lui donner. Je ne sais pas comment faire, la seule chose qui m’a paru logique et sensée fut de l’accueillir. Mais ne se meurt-elle pas encore plus vite, à mes côtés ?

Elle me parait si fragile mais est indéniablement si forte à la fois. Défiant les injustices du sort elle se démène avec un talent certain pour toujours m’apparaitre en forme, joyeuse, très loin d’une quelconque fin…
C’est en la voyant allumer l’eau et prendre du produit vaisselle que je secoue la tête et me sort de ces pensées.

« Mais… ! Laisses je vais m’en occuper tu en as assez fait. Capucine…eh tu écoutes ! »

Têtue avec ça !
Je ne peux m’empêcher de sourire, tel un véritable enfant, un joueur invétéré, un emmerdeur de première. Aussi. J’ai pu l’être. Non, je l’ai été. C’est certain. Mais cet espiègle gamin est mort depuis des années laissant sa place à un lassant juriste ; hum ?
Je laisse mes doigts venir subtilement pincer sa hanche dans le but de la chatouiller et je m’éloigne rapidement pour ne pas subir de possibles représailles. Ceci dit, en passant, je trempe la main dans l’évier qui s’empli d’eau et l’arrose de quelques gouttes alors qu’elle allait sans doute prendre la parole.

Bonne année, bonne santé ;
A toi Capucine, qui le mérite tant ;
Ne laisse jamais s’échapper de tes pensées ;
Nos sourires enfants, innocents…



Revenir en haut Aller en bas
Capucine Rider


avatar

Messages : 1517

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Mar 13 Nov - 20:25

I wish you a merry christmas
I wish you a merry christmas
I wish you a merry christmas
And a happy New Year

Cette musique tournait et retournait dans ma tête depuis mon réveil le 31 décembre m'obligeant à faire tout ce qui était en mon pouvoir pour rendre ce passage vers la nouvelle année exceptionnelle. Cette année était importante dans la mesure où j'espérais qu'elle se passe mieux que la précédente. J'avais besoin de cette date pour tourner une bonne fois pour toute la page sur certains événements qui avaient rendu ma vie impossible. Bien sûr, je fermais également la porte aux bons moments passés, aux personnes que j'avais pu rencontrer ou retrouver, mais au final, n'étaient-ils pas mieux sans moi ? Ma sortie avec chacun d'eux n'avait pas été des plus classe aussi je leur faisais le cadeau de ne plus ingérer dans leur vie. Le chapitre était désormais clos. Je ne suis plus la Capucine Rider, membre de Genetic, serveuse et danseuse à temps partiel, étudiante en sociologie à l'UCLA et petite amie. Je n'étais plus que Capucine Rider, étudiante en sociologie et cela me convenait parfaitement.

Cette petite vie calme et tranquille, je la devais à un seul homme : Elias Climber. Après tout ce qu'il avait fait pour moi, je ressentais le besoin de lui être utile à mon tour. Grâce à ce sentiment, il n'était plus question de me morfondre et de pleurer sur mon sort. J'avais une tâche, un objectif en attendant de pouvoir reprendre un boulot et ma vie s'en retrouvait transformée. Ainsi, il ne me restait plus qu'à faire le ménage, mettre une belle nappe, quelques décorations ici et là, avant de me charger du repas. Mes talents ne cuisinière n'égalait pas les repas fait par les traiteurs, mais il était plus agréable de manger des petits plats faits maison, non ? Du moins, c'était ma façon de voir les choses et vu son assiette vide, il devait la partager.

- « Il faut vraiment que je te sorte, alors ! Car si ce petit repas obtient un tel titre dans la même période, j'ose même pas imaginer ce qu'était les autres. », terminais-je en lui tirant la langue.

Après tout ça, il ne restait plus qu'à ranger et s'endormir en étant persuadée que la vie allait changer en bien. Plus rien ne m'était impossible. Aujourd'hui, j'étais seule maîtresse de mon destin et c'était reposant, limite rafraîchissant. Je me dirigeais vers l'évier dans la mesure où le lave vaisselle avait décidé de tomber en panne la veille. C'était toujours dans ces moments là que ces petites bébêtes nous plantaient, sinon ce n'était pas drôle. Elias m’amenait son assiette et il me semblait normal de la nettoyer avec la mienne. Il avait travaillé toute la journée et vu que je me sentais une comme une invitée ici - même s'il n'arrêtait pas de me rappeler que je pouvais faire comme chez moi ici – cela me paraissait normal. C'était la moindre des choses. Pourtant, il essayait bien de me piquer l'assiette des mains. Je m'y accrochais et l'objet se baladait entre nous au fur et à mesure de nos attaques. Je ne me laissais pas faire jusqu'à ce qu'il me chatouille.

- « Eh non ! Tu triches ! »

Je me pris les quelques gouttes d'eau et pris ceci pour le début d'une guerre. Je n'avais pas dis mon dernier mot et je comptais bien me venger. Après tout, ne disait-on pas que la vengeance est un plat qui se mange froid ? Aussitôt, je tournais le robinet vers le froid avant d'ouvrir la petite douchette à vaisselle. J'étais parée !

- « Tu vas voir ! Foi de Capucine, ce soir, l'avocat est au menu ! »

Puis je l'allumais ! Qui ça ? Elias ou la douchette ? Les deux peut être...


Elias, Elias, t'es un as ;
De pique ou de cœur ;
Je ne peux faire l'impasse ;
Sur ce doux bonheur...

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Elias J. Climber

~ In the arms of cactus angels

avatar

Messages : 3641

All about you
Your secret life:
Disponibilité:

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Mar 13 Nov - 20:34


Pardon ? Un avocat ne triche pas, il est simplement plus intelligent et réfléchi que les autres, ce qui lui permet d’agir de façon très judicieuse. De toujours s’en tirer. De dépiter tous ses adversaires dans les règles de l’art, leur ôtant tout argument de plainte recevable.
Alors que je vante pour moi-même les qualités d’un juriste expérimenté – avec abus ne vous inquiétez pas, tous les avocats ne sont pas comme moi ; uhu – je perds une seconde la jeune femme des yeux ; ce qui me sera fatal. En effet pendant que je m’éloigne de quelques pas de recul, pensant me retirer suffisamment loin de ses petites mains potentiellement vengeresses, voilà que Capucine use d’une arme on ne peut plus déloyale !
J’ai juste le temps de tendre le bras devant moi dans l’espoir d’articuler un non dissuasif qu’une giclée d’eau gelée m’arrive dessus, s’étalant en biais sur mon torse de mon cou à ma hanche.
Bordel de… ! Il semblerait que la guerre soit désormais inévitable ;

« Ghu ; tu n’as peur de rien ma parole…viens ici ! »

Trempé pour trempé, quand bien même je pourrais recevoir encore plus d’eau, l’essentiel est de pouvoir désarmer la demoiselle ! Mieux encore, si je pouvais m’emparer du traitre outil pour réaliser ma vengeance…à moins que je sois indulgent et que je me contente de l’immobiliser ;
Voyons ce que je suis capable d’effectuer dans le feu de l’action !
Mes yeux se ferment par réflexe pour ne pas recevoir le second jet de plein fouet mais j’ai pu repérer à temps la posture de mon ennemie et je réussis à attraper ses poignets, suffisamment fermement pour que nous luttions quelques secondes pour gagner le seul arsenal pour l’instant disponible…le fourbe retourne lâchement dans l’évier, éteint heureusement, et je ne consens pas à libérer mon otage qui serait bien capable de prolonger le combat de manière coquine ;
Je la soupçonne de malice ? Oh que oui, et j’adore ça.

« Et maintenant ? Hum ? Fallait pas m’attaquer très chère, tu savais bien que je ne pouvais être que vainqueur ! »

Habilement je laisse passer une jambe derrière les siennes pour la faire chuter, mais n’ayez crainte je la tiens, et je nous installe sur le canapé dans une ironique douceur puisque si mes gestes sont attentionnés, je continue de faire d’elle ma prisonnière ;
Je hausse un sourcil, taquin, provocateur, et attends qu’elle admette la chose suivante : je suis le grand gagnant de ce rapide combat… enfin, en admettant qu’il soit terminé. Bien sur.

« …je t’écoute, si tu as un argument, une excuse ou défense assez solide pour me convaincre de te lâcher… »

Alors que l’eau reçue plus tôt continue d’imbiber nos vêtements avec une subtilité ambigüe, je la rapproche de moi, sans doute trop impliqué dans mon jeu, le sourire espiègle et narquois, pour mieux la dévisager, scruter ses beaux yeux et admirer ses réactions ;
Mes gestes sont aussi forts qu’aimables, exprimant toute la distraction ressentie mêlée à l’attachement naissant. Puissant.

Parle moi, encore ;
Fais-moi comprendre que tu es bien ici ;
Par ta voix ou même ton corps ;
Rassure moi sur tes ressentis ;


Revenir en haut Aller en bas
Capucine Rider


avatar

Messages : 1517

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Mar 13 Nov - 20:35

Touché, coulé ! Le commandant Elias sombrait sous la flotte envoyée grâce à ce merveilleux instrument qu'était la douchette pour la vaisselle. Tout le monde devrait en avoir une pour que des situations comme celle-ci arrive. Sérieusement ? Rien de tel que ce genre d'affrontement pour resserrer les liens. Je ne craignais pas de paraître gamine devant Elias dans la mesure où ces petits instants semblaient lui plaire aussi. Son travail n'était pas facile et si ce genre de taquinerie lui suffisait à lâcher un peu la bride chez lui, j'étais prête à jouer et même à en remettre une couche. Après tout, en même pas un mois, nous étions devenus assez proches et ce n'était pas pour me déplaire. En ce moment, je ne voulais que m'amuser et profiter de la vie. Tout un programme pour une nouvelle année !

Elias entrait dans mon jeu et semblait prêt à ne pas me laisser gagner. Tant mieux, je n'aimais pas quand la victoire était trop facile. Je préférais massacrer lentement, mais sûrement mes adversaires. Elias n'y ferait pas exception malgré mon estime pour lui.

- « Et la marmotte met le chocolat dans le papier d'alu ! Si tu veux m'avoir, viens me chercher ! »

A peine avais-je sorti cette provocation qu'il bravait déjà mes attaques pour venir à ma rencontre. Je tirais sur la douchette, mais me rendais vite compte que celle-ci ne laissait pas une grande marge de manœuvre. J'allais mûrir !!!!!! Très vite, mes poignets furent maîtrisés au point de diriger le jet sur moi. Je me retrouvais trempée de la tête au pied. Toute dégoulinante, je riais aux éclats tout en essayant de me défaire de son emprise. Alors que je fais en sorte de diriger le jet une dernière fois sur Elias pour le déstabiliser, celui-ci retournait dans l'évier.

- « Hey !!! Mais non ! Reviens ! »

Je regardais, dépitée, la douchette lâcheuse avant de reporter mon attention sur l'avocat. Il me regardait droit dans les yeux comme pour me signifier que la partie était terminée sur ma défaite. Que nenni ! Je refusais ! Essayant toutes les positions pour me libérer, il criait déjà sa victoire haut et fort.

- « Rêve ! T'auras jamais le dessus avec moi. Attends que je trouve la solution et je te ferais ramper devant ma magnificence. Mouahahahaha »

Mon rire diabolique était si pitoyable que je rigolais de plus belle. Soudain, je me sentais glisser sur le sol à cause d'un coup en traître de cet avocat déloyal avant de me retrouvais sur le canapé, coincée sous sa personne. Une goutte d'eau descendit le long de son front, atteignant sa joue, son menton avant de tomber sur le coin de mes lèvres. Il me demandait mes arguments... Soit ! J'allais jouer le jeu !

- « Si tu ne me laisses pas gagner, je deviendrai une horrible garce prête à mettre le sel dans le pot à sucre et le sucre dans le pot à sel... Je pourrai également mettre de la crème chantilly sur ta main avant de te chatouiller le nez pour que tu puisses t'en mettre partout.. Tu vois le genre ? De plus, j'invoque le conflit d'intérêt dans la mesure où le juge de cette affaire n'est pas objectif. »

Je le vis se rapprocher de moi. Génial ! C'était l'instant où jamais ! Dans la posture où il était, monsieur s'était mis en position de déséquilibre. Je fis un mouvement pour le désarçonner et le mettre à terre avant de prendre la position qu'il occupait quelques instants plus tôt. Je menais la danse maintenant ! Mes deux mains sur ses poignets situés de chaque côté de sa tête, j'abaissais ma tête pour lui murmurer à l'oreille.

- « Verdict ? »
Revenir en haut Aller en bas
Elias J. Climber

~ In the arms of cactus angels

avatar

Messages : 3641

All about you
Your secret life:
Disponibilité:

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Mar 13 Nov - 21:09

Déchainée. Je n’aurai pas d’autre adjectif plus précis pour qualifier l’attitude de Capucine à cet instant. Et c’est un réel plaisir. Si parfois je devine de la nostalgie, de la souffrance dans son joli regard tourmenté, jamais elle ne me laisse percevoir parfaitement ces notes sombres de son existence.
De mon côté, je suis suffisamment renfermé pour savoir que l’on à tous droit à notre intimité. Je respecte cette idée de secrets personnels et je ne l’ai donc jamais interrogée ;
Ce genre de moment ou je me sens impuissant est frustrant, embêtant, mais très vite je fais la bêtise d’oublier tout ça car la jeune femme est là pour me faire retrouver le sourire. En retrouvant elle-même le sien. Comme si une force intérieur et insoupçonnée lui donnait à chaque fois le cran de dépasser ses maux ; de remballer les soucis, passés comme présents.
J’admire la pureté de son courage et sa capacité à être toujours plus joviale, enjouée et riante malgré les cicatrices qu’elle portera j’en suis sûr, à jamais.

« Ramper ?! Moi ? Ramper devant toi ? On n’a pas avalé le même repas je crois, c’est toi qui rêves complètement ! »

Puisque mon adversaire fait preuve d’arrogance et de prétention avec une facilité déconcertante, je suis contrains d’employer les grands moyens pour lui faire comprendre qui est le chef. Je ne pensais pas nécessairement avoir besoin d’en arriver là mais, ça m’amuse. C’aurait été dommage de louper tel instant à vrai dire !
Savourant la victoire de cette première manche, j’affiche un sourire très explicite quand à ma satisfaction d’avoir si brillamment pris le dessus. Bien sur j’en rajoute, je joue le flamboyant gagnant comme si c’était mérité ou même estimable.
Du jeu. Rien que du jeu. Une liberté terriblement plaisante que je ne me lasse de déguster.

« Mais…tu n’as pas le droit de faire tout ça ! Et en plus ce n’est pas bien malin puisque tu vis ici, ça deviendrait problématique pour nous deux et… ! »

Dans un râle étouffé je me retrouve dos contre le sol et, avant même d’avoir rouvert les yeux, je sens Capucine se placer sur moi. Ses fins doigts entourant mes poignets à leur tour, le sourire espiègle changeant de visage pour embellir sournoisement le sien et le ton assuré s’échappant de ses lèvres, non plus des miennes : je dois peut être lui accorder la deuxième manche.

« Euh…je dirais que…tu restes dans une position de faiblesse. Je ne sais pas si tu imagines le tas de muscles sur lequel tu t’installe de façon si imprudente, mais tu ferais mieux de te méfier. »

Mon air vaincu ne dure pas longtemps comme vous pouvez le constater. Bien que physiquement j’ai l’air de lui être soumis, mon visage audacieux rayonne d’impertinence. Mutin, provocateur, je déplace une jambe en lenteur contre les siennes pour la faire bouger et je déplace ma tête sur le côté. Insistant sur ce comportement railleur ;

« Allez reconnais-le, je crois que tu n’as pas les armes pour lutter davantage… »

Derrière l’humour, l’évidence ;
Quelles sont tes réelles capacités ;
As-tu d’autres compétences ;
Pour prétendre me dompter


Revenir en haut Aller en bas
Capucine Rider


avatar

Messages : 1517

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Mar 13 Nov - 21:50

N'importe qui serait entré dans cette pièce aurait compris de travers la situation. Il ne s'agissait aucunement d'une histoire de coucherie ou de drague entre nous. Nous étions à dix milles lieux de tout cela. En fin de compte, nous n'étions que deux grands enfants désireux de péter leur câble le même soir. Pour moi, c'était encore admissible. Pour Elias, ça le foutait mal. Il était beau le grand avocat ! Dommage qu'une tierce personne ne soit pas présente pour faire une photo. J'aurais pu lui faire du chantage et j'aurais gagné ce petit duel haut la main et les doigts dans le nez. Quoi qu'il en soit, il était temps de reprendre l'ascendant. A peine l'avais-je déséquilibré que je reprenais la position de dominant. Et puis quoi encore ?

- « Ce droit, je le prends ! Et tu ne pourras pas m'en empêcher », terminais-je avec ce petit sourire sadique qui se voulait angélique.

Aussitôt, je lui demandais son verdict. Et quel verdict ! C'était une honte ! D'autant plus que mon esprit pervers se chargea de faire une connexion que j'aurai aimé ne pas reconnaître. N'importe quoi. Je me donnais une claque mentale, histoire de me remettre sur le droit chemin et de reprendre le fil de la réelle discussion.

- « Des muscles ? Où ça ? »

J'étais une vraie peste. Une garce, une vraie saleté qui ne comptait pas se laisser démonter par un homme plus âgé. Je me retrouvais comme avant... Avant la maladie. J'en éprouvais une grande satisfaction. Puis, l'avocat me demandait de reconnaître sa victoire, mais mon orgueil m'y refusait. Il était hors de question de baisser la tête devant cette injustice honteuse. L'heure de la révolution avait sonné.

- « T'es nul comme juge ! Restes avocat, ainsi tout le monde gardera la tête sur les épaules. Mais examinons de plus près ces soit disant muscles. Si t'es juge, je me déclare femme médecin comme Dr Queen ! »

A ces mots, je me mis à le toucher au niveau des côtés et des abdominaux pour le chatouiller. Elias ne voulait pas admettre que je l'avais battu, alors j'usais de moyens peu recommandables pour obtenir cette victoire. Tous les moyens étaient permis durant la guerre... Cependant, sa jambe venait de se replier entre les miennes. Que faisait-il ? A quoi pensait-il ? Pourquoi n'avais-je pas reçu le don de télépathie ? Cela aurait été tellement plus simple que cette lévitation. Quoique même si j'avais été télépathe, je n'aurais sûrement jamais tenté de l'activer. Pas dans mon état. J'ignorais ce qui pouvait se passer et si je venais à trop forcer, les conséquences pourraient être dramatiques. Je ne pourrais plus vivre de moments tels que celui-ci. Je serais redevenue la « moi » du passé. Je ne le voulais pas. Il fallait que je ferme une bonne fois pour toute cette partie de moi pour la mettre dans une sorte de boîte de Pandore. Je n'étais qu'une simple humaine, une petite étudiante qui vivait l'instant présent. Tout en continuant à le chatouiller, je lui demandais :

- « Dis que je suis la plus belle, la plus intelligente, la plus drôle, la plus forte et que j'ai su dompter le fauve que tu es. »
Revenir en haut Aller en bas
Elias J. Climber

~ In the arms of cactus angels

avatar

Messages : 3641

All about you
Your secret life:
Disponibilité:

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Jeu 15 Nov - 12:11

Juge contre médecin ? Ce pourrait être un débat intéressant si on oublie un instant que celui qui prend la décision finale et rend le jugement reste le juge et ne peut donc, techniquement, pas représenter l’une des parties. En revanche si on accorde un brin de vérité au jeu de Capucine histoire de se détendre et d’oublier la morne réalité, il y a un autre souci qui me saute aux yeux.
Femme médecin ? Quelle femme médecin saute sur son patient pour faire courir ses mains sur lui de manière si désinvolte, si assumée et profiteuse ! A moins que je sois victime d’un esprit tordu que je ne soupçonnais pas – enfin, rien qu’un peu – j’ai tendance à penser que nous plongeons petit à petit dans une ambigüité…ma foi, pas dérangeante. Mais je ne trouve pas le terme approprié ;
Mes ressentis du moment sont des paradoxes. Gaieté, frustration, plaisir, limites, saveur, barrière…
Difficile de s’y retrouver mais il faut bien que mon hôte parsème une fois de plus mes esprits de sa douce naïveté pour m’extirper de ces pensées sans intérêt ; assaillis par ses mains je lutte contre mon rire et essaye de me défaire de son attaque en traitre.

« J’ai un doute quand à…la méthode de travail de…docteur Queen ! »

Saleté ! J’ai bien cru que j’allais devoir abandonner…ou me relever une fois pour toute et l’emporter avec moi en opposant ma masse musculaire – j’insiste – à ses frêles petits bras. Seulement une partie de moi, large partie, n’a pas envie de voir le jeu s’interrompre si rapidement. Je ne saurai poursuivre l’amusement si je l'arrête, je préfère donc feindre la défaite et laisser les rênes de la soirée dans les jolies mains de Capucine ;
Ceci dit je peux rester le perdant et faire le rebelle en même temps ! Ce qu’elle me demande est…non non, je ne pourrais jamais dire de telles choses, elle serait trop flattée.

« Surement pas ! Je te déconseille de me donner ce genre d’ordre car s’attaquer à Elias c’est s’assurer d’une cruelle vengeance ! »

Ben voyons. J’ai l’air effrayant, je sais. Mais qu’elle ne s’amuse pas à me sous-estimer la petite blonde car il se pourrait bien que je me fasse surprenant. Elle aime les surprises ? Je serais curieux de voir sa réaction après l’exécution de ce qui me passe à cet instant en tête…
Ahem. Gardons notre sang froid !
Epuisé de me battre contre les chatouillements déplacés qu’elle opère, je me redresse doucement, sans avoir besoin d’utiliser mes bras car je m’en sers en même temps pour attraper les siens. De nouveau ses mains sont miennes et je me retrouve assis, tout contre elle, nos jambes mêlées et nos doigts liés.
Nos regards amusés se défient, sachant parfaitement que le premier qui tentera une attaque risque de renverser la situation mais…mais quelle situation ? A nouveau je me mets à rire, sans la lâcher pour autant. Ne me prenez pas pour un débutant. Ne jamais laisser les mains d'une femme libres lorsqu’elles sont si proches de vous ;
Non ?

« …Il va falloir faire un marché apparemment ; il faut faire une trêve car je suis trop fort pour toi mais je ne veux pas te laisser perdre. »

Je ne pouvais pas non plus reconnaitre que nous sommes trop fort l’un pour l’autre de façon identique. C’est plus marrant d’être prétentieux vous ne trouvez pas ? De la voir gentiment s’énerver, de la voir de nouveau enflammée par cette excitante soirée...ça me plait tant ;

« En plus je suis trempé…toi aussi. »

Un regard indiscret ;
Un sourire complice ;
Je voudrais s’il te plait ;
Que tu reste tel délice
Revenir en haut Aller en bas
Capucine Rider


avatar

Messages : 1517

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Jeu 15 Nov - 20:10

Mes mains s'agitaient sur divers points stratégiques pour amener Elias à déclarer sa défaite. Je voulais lui faire admettre que malgré ses gros muscles, la petite blonde que j'étais n'était pas si insignifiante. J'étais dangereuse.... Ouais non, là, je voulais bien admettre que j’exagérai. Le fait de le voir se dandiner et de se retenir de rire me donnait encore plus envie de le mettre au supplice. Plus encore, lorsqu'il essaya de parler en même temps. Pourtant, j'étais bien consciente qu'il n'aurait aucun mal à me désarçonner. Certes, je pouvais lutter contre lui, mais question force... Je devais reconnaître qu'il me battait largement. D'un autre côté, il semblait consentant à ce que ce petit jeu perdure. Fétichiste l'avocat ?

Je le provoquais davantage en lui demandant de réciter mes louanges. Il refusait... Monsieur se rebellait ? Ce n'était pas prévu dans le scénario ! Mes mains se faisaient de plus en plus entreprenantes, descendant sans que je m'en rende vraiment compte de plus en plus bas au point d'atteindre le début de son pantalon. Quand je me rendis compte de mon comportement, je me mis à buguer suffisamment longtemps pour qu'il me prenne les poignets en otage. Son torse se rapprocha de ma poitrine et nous nous retrouvâmes proche. Très proche. Trop proche. Je continue de sourire, mais mon esprit se retrouvait dans une sphère oubliée depuis bien longtemps. Avec mes traitements, ma libido en avait prit un sérieux coup et là... Je ressentais une once de... De quoi ? De désir ? Ce n'était vraiment pas bon ! Ces derniers temps, je ne comprendrai jamais mon corps.

Elias se mit à rire avant de me proposer un marché tout en me rabaissant une nouvelle fois. Seulement, là, mon esprit était aux abonnés absents. Je n'étais absolument pas concentrée sur la conversation, mais plus par ses lèvres qui se retrouvaient à quelques centimètres des miennes, de son torse musclé qui dominerait le mien sans problème. Il me suffisait de faire un léger geste en avant pour que nos bouches se scellent en un baiser. J'allais devoir dire quelque chose. Ou tout simplement faire semblant de bouder. C'était une solution comme une autre et effectivement, je dis ma moue boudeuse de petite fille qui venait de se faire gronder.

- « M'en fout, je me rattraperai sur autre chose. La force ne fait pas tout... Je t'aurai un jour ! Je t'aurai. Fais gaffe à tes arrières... »

La menace était lancée et j'étais totalement sérieuse. Si je perdais cette manche, il allait morfler lors de la prochaine. J'envisageais déjà plusieurs coup tordus à lui faire aussi efficaces que le coup du sel et du sucre. Après, je reconnaissais que le niveau n'était pas très élevé, mais on faisait ce qu'on pouvait avec ce que l'on avait. Puis, Elias me fit remarquer que nous étions trempés. Certes. Était-ce réellement un problème ? De toute évidence, oui pour lui.

- « Puisque cela semble te gêner, je te laisse la salle de bain en premier ! », dis-je sans pour autant me lever.

Il allait pourtant bien le falloir, sinon j'allais me retrouver le cul par terre parce qu'il m'aurait jarté. Autant anticiper, non ? Bah non. Ce ne fut que lorsque la sonnette retentit que je me décidais à bouger. Qu'est ce que c'était ? Qui pouvait bien venir à cette heure, le jour du premier de l'an en plus ! Je laissais Elias s'en charger car après tout, c'était son appartement et personne ne savait où j'habitais à part l'hôpital. Je me rendis dans la cuisine pour ranger un peu tout en tendant l'oreille vers la porte. Une voisine qui voulait nous emprunter du sel pour descendre quelques verres de téquila. Je regardais la voisine et comprenais de suite de quoi il retournait... La voisine en question avait une robe ras la salle de jeux et faisait tout pour montrer ses flotteurs à Elias. De plus, si j'avais gagné un dollars à chaque battement de cils, je serais millionnaire à l'heure actuelle...

Madame voulait du sel ? Elle allait être servie. J'intervertissais les deux étiquettes sucre et sel des pots et me ramenais dans l'entrée. Dommage, Elias ne se ferait pas avoir de sitôt... Il me faudrait faire des courses avant.

- « Bonne soirée. Au revoir », fis-je avant de lui claquer la porte au nez.

En me retournant, je pu constater la tête d'Elias.

- « Bah quoi ? Noël, c'était la semaine dernière et ce truc avait tout l'air d'être périmé. Je t'ai rendu service ! »
Revenir en haut Aller en bas
Elias J. Climber

~ In the arms of cactus angels

avatar

Messages : 3641

All about you
Your secret life:
Disponibilité:

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Jeu 15 Nov - 20:50

Bon sang !
Il semblerait que j’ai réussi à faire baisser les bras à ma redoutable adversaire. Oui, maintenant qu’elle déclare forfait en faisant cette petite tête abattue, regard baissé et yeux boudeurs, je peux bien reconnaitre qu’elle m’aura donné du fil à retordre. Comme on dit.
Je secoue la tête alors en feignant celui qui est soulagé de s’en sortir – presque – indemne…mais une pénible pointe de regret me reste en travers de la gorge. J’aurai du mieux supporter les chatouilles ou les boutades de Capucine, ça aurait peut être empêché cette interruption anticipée de nos amusements ;
C’est trop tôt, pour s’arrêter.

Je n’en ai pas envie. Indio – ou plutôt sa mère – n’a pas donné signe de vie en réponse à mes ‘bonne année’ joviales. Je m’inquiète, tout en sachant qu’elle fait la fête avec lui, sans me faire partager une seule once de ce moment important de l’année ; c’est du moins mon prétexte.
Je n’en ai pas envie. Elle est trop souriante, là, trop enjouée, trop parfaite, la jeune femme. Si on s’arrête, est ce que cette veillée touchera à sa fin ?
Je n’en ai pas envie…ses lèvres si proches des miennes, son souffle savoureusement haletant, son teint légèrement rosé par l’ambiance décontracté et captivante que nous avons installée ;
Je n’ai pas envie.

Je suis grotesque et c’est en me frottant la nuque avec une douleur difficilement dissimulée que je me relève. La jolie blonde a raison, il faut savoir s’arrêter et commencer par prendre le chemin de la salle de bain me parait être un bon début de retour au calme.
On s’est bien amusé ; elle est géniale, la petite Capucine. Peste et agaçante à souhait, mais géniale !
Mais alors que je passe devant la porte en essayant de décoller de mon torse ma chemise, la sonnette retentit.
L’un de nous à des connaissances suffisamment aimantes pour finalement nous souhaiter poliment la bonne année ? Je fronce les sourcils, méfiants comme souvent, et je salue la voisine. Enfin voisine... je crois qu’elle habite deux étages en dessous, trois paliers plus loin. Mais je veux bien lui accorder un doute quand on sait que logiquement en cette soirée, la plupart des gens sont de sorties ;

« Bonne année à vous, merci beaucoup. Oui, du bonheur…c’est ça. »

Dans un sourire nerveux que j’essaye pourtant d’afficher le plus crédible qui soit, je me retourne vers Capucine comme dans l’espoir de trouver un soutien, une aide, un appui.
Elle veut du sel ? Bien, je pense pouvoir faire ça et refermer la porte en évitant de passer pour le plus crétin des avocats mais ;
J’ai là une momentanée colocataire quelque peu…terrible. Diabolique. Féroce ?
Alors que la porte se referme dans un claquement, que l’une de mes voisines doit me croire avec une amante à peine majeure, que je montre un visage complètement paumé, la dangereuse demoiselle fait éclater là toute sa magnificence et ; j’ai beaucoup de mal à sourire.

Bien sur, qu’elle a été drôle. Forcément, que j’aurai du rire. Évidement, que j’ai de l’humour et suis sensible au sien. Oui mais voilà, si seul son humour me faisait de l’effet, nous pourrions nous contenter d’être deux clowns en ce soir ;
Pourquoi alors faut-il que je sente son parfum m’enivrer, son regard me capturer, son charme si naturel et délicieux me paralyser tandis qu’en seule réaction, mon corps tout entier semble attiré.
Un faux rire, une étincelle, un mouvement.

« Oui tu…merci…Capucine… »

Plus que deux pas et je suis là ;
Le seul attrait serait prétexte grossier ;
J’ai déjà pour toi tant d’émois ;
Un geste, un dernier, nous voilà collés… ?

« Ahem ! Je; j'vais sous la douche. A tout de suite ! »
Revenir en haut Aller en bas
Capucine Rider


avatar

Messages : 1517

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Jeu 15 Nov - 21:46

A peine avais-je claqué la porte que je m'attendais presque à ce que la voisine re-sonne. Elle semblait prête à tout pour se faire sauter par Elias. Bien qu'elle m'ait déjà vu dans le bâtiment, elle ne s'était jamais demandée ce que je pouvais faire ici ? Pensait-elle réellement qu'Elias resterait- seul ce soir alors que c'était le nouvel an ? Certaines n'étaient vraiment sans aucune gêne. Si je m'écoutais, je serais bien capable de la courser dans les couloirs pour lui tirer la tignasse à celle là ! Quelle sans gêne, n'empêche ! Garce ! Pé***** ! Co****** et tous les mots vulgaires se terminant par -asse, elle les méritait amplement. Non pas que je considérais Elias comme ma propriété, mais tout de même. Quant à lui... Si une belle plante s'amenait dans un paquet cadeau ainsi à sa porte, était-il capable de s'envoyer en l'air, avec moi, dans la même pièce ? Je le regardais du coin de l’œil, priant pour qu'un jour comme celui-ci n'arrive jamais. Pourtant, Elias ne restera pas célibataire toute sa vie rien que pour mes beaux yeux... Il y aurait bien des fois où je serais obligée de sortir. Et s'il venait vraiment à rencontrer l'amour ? Comment ferais-je ? Aussitôt, je remarquais que notre cohabitation ne pourrait durer indéfiniment. Cette pensée m'attristait.

Elias se contenta de me remercier d'un air pincé. Apparemment, il ne semblait pas en colère de ma réaction, mais il ne s'en amusait pas non plus. Avais-je mal réagi ? Sûrement. J'allais devoir faire des efforts pour que l'avocat ne passe pas ses vieux jours tout seul, avec une sale gamine capricieuse sur le dos. Chacun à sa place et tout le monde sera content !

- « De nada ! », dis-je tout de même en tournoyant sur moi même.

Je faisais mine de ne pas m'inquiéter devant sa réaction pour que celui-ci finisse par se détendre. Il préféra fuir dans la salle de bain. J'avais vraiment merdé. Que pouvais-je faire ? Courir après la voiture volée et la lui ramener ? Peut être... Elle était de son âge. Elle était en bonne santé. Pas trop moche. Bien proportionnée. A tous les coups, elle le branchait. Seulement, à cette heure, je me voyais mal trouver une chambre de libre et me promener toute seule dans les rues... Ce n'était pas très prudent. Surtout avec le nouvel an.

De ma position, je pouvais entendre la douche se mettre en marche. Il était peut être de se bouger et de faire quelque chose. Je me chargeais donc de la vaisselle, en prenant garde de ne pas tomber à cause de l'eau sur le sol. Je nettoierai tout ça plus tard. Je n'étais pas d'humeur à allumer la télé et regarder les stupides bêtisiers de fin d'année ou encore voir les gens s'amuser. La fatigue devait commencer à pointer le bout de son nez car je me sentais un peu triste. Sans que je comprenne comment, je me trouvais sur la mezzanine. Dans cet espace se trouvait la chambre d'Elias, mais surtout le piano.

Je m'asseyais sur le petit banc et pianotais au hasard lentement. Je prenais le temps de laisser mourir chaque notre. Je lui laissais également quelques secondes de silence comme si je lui rendais hommage de m'avoir donné ce joli son. Je n'avais jamais appris le piano. Je n'avais pas eu l'occasion à vrai dire, ni même ressenti l'envie. Mais maintenant que cet instrument majestueux se retrouvait sous mes yeux, un certaine attirance était née en moi. Je continuais mon petit jeu jusqu'à ce que je vis Elias sortir de la douche avec un serviette autour de la taille. J'aurai dû me retourner, m'excuser et fuir de la mezzanine comme toute bonne colocataire, mais il fallait croire que je ne l'étais pas.. Après avoir passé quelques secondes à le détailler, je me retournais, rouge de honte.

- « Désolé. Je ne voulais pas... »

Punaise, mais ferme là ! Ne lui offre pas ta culpabilité sur un plateau d'argent !

- « Je vais descendre, je crois »

Oh oui... Car vu les pensées qui tournaient dans ma tête, ce n'était vraiment pas bien de rester ici. A quelle date était prévue ma prochaine chimio pour qu'elle sédate une fois de plus ma libido ressuscitée. Je n'allais quand même pas sauter sur Elias ! Je n'étais qu'une gamine pour lui. Une gamine paumée dont il a eu pitié. Je n'allais pas tout foutre en l'air pour ça, quand même?
Revenir en haut Aller en bas
Elias J. Climber

~ In the arms of cactus angels

avatar

Messages : 3641

All about you
Your secret life:
Disponibilité:

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Jeu 15 Nov - 22:53

Incompréhension ; frustration ; insatisfaction.
Qu’est ce qui provoque ces ressentis perturbants ? Pourquoi est-ce que je me sens à la fois redevable, confus et contrarié alors qu’aux dernières nouvelles c’est moi qui lui aie donné l’asile, qui aie tenu à ce qu’elle se sente ici comme chez elle et qui savoure chaque moment passé à ses côtés !
Oui, mais quand bien même j’ai souhaité – et souhaite un peu plus à chaque instant – la présence de Capucine chez moi, une grandissante gêne s’épanouit en parallèle ; l’espace prospérant qu’elle prend dans mes pensées commence à m’interroger réellement, à m’embêter, et cette sensation pénible m’accompagne jusque sous l’eau fraiche de la douche ;

L’écoulement du liquide quasiment et volontairement froid ne permet malheureusement pas de m’apaiser. L’oreille tendue je surveille le moindre signal que pourrait produire mon portable, les quelques bruits certes discrets mais réels de la jeune femme me rappellent que j’ai cette contrariété à son égard que j’aimerai expliquer et cet amas de questionnements ridicules et déroutants termine de remémorer que ma vie ne rime, en fin de compte et comme depuis déjà plusieurs années, à pas grand-chose
Mais le piano, lui, a toujours été fidèle. La musique, elle, a toujours été la plus belle. Naïves, doucereuses, mélodieuses, les notes exécutées par Capucine sont les premières que j’entends de la part d’un autre que moi ; ou Indio. Il aime jouer là-dessus, personne à part nous n’avait laissé courir ses doigts sur les touches.
A sa façon, la demoiselle rencontre l’instrument. A leur façon, ils se saluent. A sa façon, il l’accepte.

Je n’ai que quelques pas à faire – après avoir bien attaché ma serviette – pour me retrouver à trois mètres d’eux. Le visage penché sur le côté, l’esquisse d’un sourire au coin des lèvres, je fais taire la pudeur et rassure bien vite l’apprentie musicienne d’un geste de la main ;
Qu’importe ce que je peux éprouver à longueur de journée, en fait. Quand je pose sur elle mon regard, je me sens soudainement apaisé. Vidé, reposé, épuré.

« Non…continues. Ça ne m’embête pas ; t’as le droit. Le piano. »

Pas foutu de formuler une phrase correcte, j’illustre mes propos en agitant la main devant moi de façon à pointer du doigt mon trésor. Bien sur, elle a le droit. Je l’ai dit et je le répète, cet appartement doit être son chez elle. J’imagine assez les difficultés qu’elle a du traverser et traverse encore, inutile qu’elle ait l’impression de squatter chez quelqu’un. Je veux que, quel que soit la durée de son séjour, ce nid soit aussi le sien.
Le piano en faisant partie, ma confiance était sienne, il n’y a pas de problème. Si ?

« …Q-quoi ?! Oh je vais me changer t’en fais pas ! »

Lui tirant la langue, moqueur, je me place derrière le paravent servant de séparation entre ma chambre et la douche italienne. Il n’y a pas d’autres murs que ceux qui entourent l’appartement – et celui qui tient la mezzanine – ici. Quelques recoins, de grands espaces surtout, de la luminosité malgré les meubles sombres. En bref l’étage est une seule et même pièce comprenant douche / chambre / salle de musique. Si on veut.
Ceci dit depuis Capucine je m’arrange pour que nous ayons de l’intimité et, une fois que j’ai enfilé des vêtements propres, je la rejoins. M’installant à ses côtés sur le large banc devant l’instrument à cordes, je continue de sourire.

« Tu sais jouer quelques morceaux ?...Ce n’est pas compliqué ; si tu veux je te montrerai… »

Souviens-toi de ce regard ;
Pas un échange, un partage ;
Tu étais exténuée sur ce trottoir ;
Je t’ai ouvert un coin de ma cage
Revenir en haut Aller en bas
Capucine Rider


avatar

Messages : 1517

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Jeu 15 Nov - 23:49

Tentant de repousser ces pensées pas très catholiques, mon regard se pose sur le mobilier du bas. D'ici, je pouvais apercevoir la cuisine où notre jeu de gamins avait commencé. Là où Elias s'était rapproché de moi pour me saisir les poignets. Stop ! Passons à autre chose. Au canapé... Ce canapé où Elias m'avait montré sa puissance, sa dominance en se posant sur moi. Mais stop ma vieille ! T'es folle ou quoi ? T'imagines s'il venait à apprendre ce que tu pensais réellement ? Tu le mettrais dans l'embarras et de toute manière, c'était totalement ridicule. Il avait le double de mon âge et nous n'avions sûrement pas les mêmes objectifs. Au pire, il finirait sa vie en célibataire endurci, mais au mieux, il voudrait peut être se remarier et avoir des enfants. Qu'en savais-je ? Notre cohabitation ne pouvait qu'être temporaire !

Alors que je pensais à ce que serait mon avenir, j'eus une pensée pour Wyatt. Il fut un temps où j'espérais avoir un avenir en commun avec lui. Nous aurions pu avoir une vie merveilleuse. Seulement, il y a eu le cancer. Des erreurs et de l'incompréhension des deux côtés. Je n'aurai jamais dû le traiter ainsi, l'obliger à rester éloigner de tout ça alors qu'il n'avait qu'une envie : m'aider. J'ai voulu mener cette bataille seule, sans lui, comme s'il s'agissait d'une chose que je pouvais gérer. Mais on ne pouvait pas gérer le cancer. On lui survivait dans le meilleurs des cas. Son âge faisait qu'il ne pouvait pas comprendre et me soutenir comme il le fallait. Lui non plus n'était pas au mieux de sa forme. Rester ensemble malgré tout n'aurait pas été bénéfiques pour nous deux. Nous nous serions simplement détruits mutuellement.

Elias avait su m'aider. Plus qu'il ne pouvait l'imaginer. En plus de m'offrir un toit et de me nourrir, il m'offrait sa compagnie. Quand son travail le lui permettait, il tentait de revenir plus tôt pour éviter que je me sente seule. Il ramenait de temps en temps de quoi manger le soir pour que je ne fasse pas la cuisine.Toutes ces petites attentions qui faisaient qu'il était lui et qu'il m'appréciait un minimum. Même s'il m'avait invité sur un coup de tête, je supposais qu'il ne regrettait pas totalement sa décision. Sinon, j'osais imaginer qu'il m'aurait foutu à la porte. D'ailleurs, j'étais dans l'espace où sa chambre se trouvait alors qu'il prenait sa douche et il m'invitait à continuer de jouer au piano.... Malgré son accord, je gardais ma position.

- « Je m'en souviendrai... Quand tu auras enfilé des vêtements », fis-je d'un ton rieur.

Il me rassura quant à son intention de se changer. J'en étais soulagée et non pas parce qu'il était repoussant... Vu l'état dans lequel je me trouvais, ce serait plutôt le contraire. Je l'entendais se déplacer avant d'entendre des bruits de froissement. Il s'habillait. Je me retournais et restais devant le piano sans en toucher le clavier. Pourquoi ? Sûrement parce qu'Elias savait en jouer alors que je n'avais jamais eu l'occasion d'en toucher un pour faire de la musique. L'avocat me rejoignit, puis me demandait si je connaissais des morceaux.

- « Je suis une pure novice... Ma mère en faisait quand elle était encore en vie, mais mon père n'a pas pu le garder. Ça lui rappelait trop de souvenirs... Enfin bref ! Si je ne sais pas jouer, je peux au moins t'écouter ! »

Un clin d’œil fut lancé et mes yeux devaient briller d'excitation à l'idée de l'écouter jouer. Autant utiliser le banc pour les bonnes raisons. Alors que les premières notes tombèrent, je sentis mes yeux se fermer. Le son était si pur que s'en était jouissif. C'était simple, calme et doux, sans fioritures. Un vrai plaisir ! Alors que je rouvrais les yeux, je déposais ma tête sur son épaule.

- « Cette musique me rappelle curieusement notre rencontre. C'est à la fois triste et beau, pleins d'espoirs... Je te suis reconnaissante pour tout ce que tu as fait. Je ne te le dis pas souvent et pourtant... Il le faudrait »
Revenir en haut Aller en bas
Elias J. Climber

~ In the arms of cactus angels

avatar

Messages : 3641

All about you
Your secret life:
Disponibilité:

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Ven 16 Nov - 10:16

Ce n’est pas souvent. Que dis-je, c’est même extrêmement rare que Capucine évoque si légèrement, si simplement quelques brides de son passé. Effectivement, si j’étais en mesure d’avoir le recul nécessaire, je réaliserais que ça ne fait pas un mois que la jeune femme et moi partageons l’appartement. Comment, en quelques semaines à peine, peut-on se sentir à la fois si proche et inconnu ?
J’ai beaucoup de questions à lui poser. Énormément de curiosité. Elle m’intrigue, m’attire, me peine et m’amuse. Je voudrais qu’elle ne s’arrête pas de me parler, et pourtant j’aimerais déposer mes doigts sur ses lèvres pour qu’elle cesse de se blesser en ravivant ces souvenirs indéniablement douloureux ;
Poliment alors, je me contente de hocher la tête. Sans retirer le sourire de mon visage car si l’évocation de sa mère est sans doute très blessant, le fait d’apprendre qu’elle jouait du piano me parait heureux. Joyeux.
Et si, comme ta mère, tu apprenais à apprivoiser l’instrument ?...

« Oh je, oui…je suis loin d’être un pro tu sais, j’ai appris seul et, voyons… »

Mieux vaut laisser les notes et les accords s’exprimer. Ça reste sans doute maladroit aux yeux d’un vrai musicien, mais je me suis toujours senti plus fort derrière le piano que sans. Sauf dans une cour de justice, et encore. Les vibrations des cordes de ce monstre de la musique me font frémir de plaisir et je suis du regard mes doigts qui dansent sans réellement les surveiller ; juste en les admirant ;
Cet objet me rend à la fois plus fragile et plus fort. Plus intime, plus nu, plus pur et si solide. Inébranlable. Massif.

Je me contente du piano, épargnant à Capucine ma superbe voix pour apprécier la douceur de la mélodie choisie, neutre. C’est un air que j’apprécie, qui ne me blesse ni ne me fait particulièrement du bien. C’est en fait un morceau que je joue régulièrement en attendant de trouver celui qui me permettra d’exorciser le souci du moment.
Alors que je termine dans un arpège frivole, je réponds à Capucine avec un sourire compatissant ; complice et aussi touché que touchant.

« …Ne t’en fais pas ; il y a des tas de façon de dire merci. J’apprécie la tienne. Délicate, subtile, sobre…une vraie Capucine ! »

Je détache ma main du clavier pour venir glisser mon index contre son petit nez. C’est une politesse enjouée mais distinguée, un rayonnement continu, jamais brulant, juste chaleureux, plaisant. La demoiselle est une richesse, un bijou, je la perçois comme une lumière à couver sans jamais l’étouffer ;
Comme si je veillais sur ces quelques braises fragiles dans l’espoir que grâce à mes attentions, un jour, elles s’embrasent pour de bon et que Capucine puisse luire de toute sa beauté ;

« Tu m’apportes également beaucoup. J’ai, toujours eu du mal à dire les choses mais saches-le, tu, m’es très chère. »

Le souvenir de tes pas malhabiles, brisés ; ce regard suppliant, pourtant fier et fort, pressant, si inquiétant ; ce souffle de voix coupé, endommagé ; cette âme en détresse qui ne demandait qu’à se battre et ne pouvait que mourir… je ne l’oublierai jamais.
Je ne ressens aucune gloire, aucune dignité à t ’avoir aidé ce jour là. Tout n’était qu’évidence, logique, amour. C’est dans mes bras que tu t ’es écroulée et que le lien s’est créé, soudé, immédiatement, instinctivement. Rien ni personne n’aurait pu alors me priver de toi.
Tu n’es pas un but, une mission, une médaille. Tu es clarté dans ma torpeur.

« Alors surtout, ne te sens jamais redevable. »

C’est si important pour moi ;
Que tu te sentes ici chez toi ;
De mes biens jusqu’à mes humbles bras ;
Tu trouveras près de moi, toujours un toit…


Revenir en haut Aller en bas
Capucine Rider


avatar

Messages : 1517

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Ven 16 Nov - 21:05

Elias était un homme étonnant, au visage expressif, à l'esprit et au cœur toujours à l'écoute des autres. Du moins, mes déductions en arrivaient à ce constat dans la mesure où son métier était un premier indice et sa façon de me traiter, le deuxième. A notre rencontre, je subissais ma vie qui n'était qu'une longue suite d'échecs, tant professionnels que sentimentaux. Perdue, noyée, je m'étais échouée dans ses bras à bout de force et sans une once d'espoir. Il m'était totalement inconnu. Pourtant, je n'avais que lui. Désespérément, je m'étais accrochée à son bras, tel un chiot se débattant dans sa toile de jute pour tenter d'échapper à cette mort cruelle que lui réservaient ses maîtres. La Faucheuse m'avait tendrement ouvert ses bras que je refusais. Ce ne fut qu'à cet instant que je réalisais ma crainte de l'affronter.

Il aurait pu m'abandonner à l’hôpital, mais il était resté à mes côtés, serrant ma main tendrement. Pour quelles raisons avaient-il accepté de me prendre à sa charge ? A ce moment là, je n'avais pas compris qu'il se sentait peut être aussi seul que je l'étais. Certes, il était en bonne santé, il avait un travail et habitait dans un bel appartement. Mais que valait toutes ces choses s'il nous était impossible de les partager avec autrui ? J'avais bien conscience que ma solution pouvait paraître simpliste, mais c'était la seule que j'avais trouvé et je n'étais pas décidée à en trouver une autre à cet instant. Elias avait joué les modestes en parlant de ses talents de musicien, car à peine les notes s'étaient égrenées dans la pièce que je ressentais une certaine sérénité m'envahir. Tentant une fois de plus de le remercier pour tout ça, il trouva encore le moyen de me complimenter sur ma manière d'être.

- « Demande à la voisine avant de dire ça, car je ne suis pas certaine qu'elle me qualifierai de « subtile » ou de « délicate »... », fis-je amusée par cette douce plaisanterie.

Je ne pouvais nier qu'Elias avait l'art et la manière de faire des compliments aux femmes. Cela pourrait lui être utile s'il se décidait à se remettre en selle pour se trouver une femme. Pas n'importe qui aussi. Il méritait de trouver quelqu'un de bien, une femme qui saura l'aimer tel qu'il était. Un homme fort, amusant, matcho sur les bords, mais d'une gentillesse inégalable. Il n'était pas parfait – cela lui ferait trop plaisir que je l'avoue – seulement, il était attachant lorsqu'on avait la chance d'apercevoir ce qu'il y avait sous cette carapace de ténor du barreau.

Mon cœur s'arrêta de battre l'espace d'un instant lorsqu'il m'avoua que je lui étais très chère. Une douce vague de plaisir se déversa en moi avant de laisser la place à la gêne. Il ne faisait aucun doute que si je m'engouffrait dans cette voix, sur ce chemin à ses côtés, il ne faisait aucun doute que nous finirions par en souffrir tous les deux.

- « Arrête où je vais finir par prendre la grosse tête. »

Je l'embrassais sur la joue avant de quitter ma place sur le banc. Je fis quelques pas dans la chambre posant mon regard ici et là, ne prêtant qu'une attention limitée à ce qui m'entourait. Car la seule que je pouvais ressentir était cette attraction naissante, dangereuse et si douce à la fois. J'aurai pu m'y noyer sans hésitation si les circonstances avaient été différentes, mais la crainte que tout recommence, que ce passé tortueux me rattrape était trop présente. Je ne pouvais redevenir ce corps sans âme, déambulant dans la rue à la recherche de quelque chose ou de quelqu'un qui serait capable de l'extraire de sa misérable condition.

Tandis qu'il me demandait de ne jamais me sentir redevable envers lui, j'esquissais un sourire avant de me retourner vers lui.

- « Tu auras beau me le dire des centaines de fois, cela ne changera rien à ce que je ressens. Ne crois pas que ça me rebute, je le fais avec plaisir. Parce que c'est toi. »


Tu veux une révélation
Une sorte de révolution
Tu es ma révélation
C'est ma seule accusation

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Elias J. Climber

~ In the arms of cactus angels

avatar

Messages : 3641

All about you
Your secret life:
Disponibilité:

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Ven 16 Nov - 21:45

Tss ; si Capucine veut me faire croire qu’elle n’est que cette gamine pleine d’humour, d’insolence et de vie alors j’aurai le regret d’affirmer que je ne la crois pas. Elle ment. Lourdement. J’aimerai pourtant avoir la possibilité d’assurer que la jeune femme n’est que joie et insouciance. Ce serait tellement plus beau, normal, mérité pour elle.
Mais il y a tant de failles, de particularités touchantes, de forces insoupçonnées issues de douleurs infinies, de couleurs d’âme et de saveurs de personnalité rares qu’elle a gagnées de son histoire unique. Chaotique. Si émouvante à la fois…
Est-ce malsain de percevoir dans ce dédale de malheurs, une once de douceur ? Est-ce interdit, d’en être curieux, attiré ?
La voisine n’a vu que ce que Capucine a tenu à montrer. Moi je vois ce que j’arrive à peu près à deviner. Qui a eu un jour, l’honneur de poser son regard dans la véritable et unique demoiselle Rider sans que celle-ci ne trompe les reflets qui y brillent vraiment ?

« On ne prend pas la grosse tête quand on est si petite que toi, rassure toi ! »

Dis-je dans le simple but de la taquiner. Quoique. En ce qui la concerne j’en suis certain, elle ne saurait avoir les chevilles qui enflent ni la tête qui éclate. Capucine connait la valeur de la vie. Ses yeux le disent, ses sourires également. Fermée et malgré elle si sincère, elle ne peut le nier. C’est quelqu’un de bien, comme il y en a trop peu.
Je suis – pour le coup – fier. De la connaitre, d’avoir son, amitié ? Sa reconnaissance. J’en suis privilégié.
Après ces notes d’humour déposées là pour détendre les lignes sérieuses que l’on impose tout de même au fur et à mesure de notre conversation, j’observe la blondinette se lever et je la suis du regard, glissant sur le banc.

« … »

Si ma bouche s’entrouvre, aucun son ne s’en échappe. Je baisse mes sombres pupilles pour les déposer sur le matelas et je souris. Timide, touché, fermé. Les choses sont dites, inutiles d’insister non ? Je suis content de pouvoir parler si aisément avec Capucine, mais l’essentiel ne réside pas dans les mots, ici, ce sont les faits. Les actes. La vie, tout bonnement, qui s’écrit.
Finalement pour briser cette fine couche de glace dressée par la pudeur de nos cœurs, je tapote contre le tabouret en lui demandant de m’y rejoindre. Le choix lui appartient, bien entendu ! Mais, ça me plairait bien qu’elle vienne oui. Peut-elle, comme moi, se sentir rassurée près de l’instrument ?

« Alors, tu veux apprendre ?...Je ne te force pas et, non pardon, il est tard tu veux peut être dormir ! »

Suis-je bête, elle a besoin de repos. De beaucoup de calme et de sommeil. Si la jeune femme est forte et m’impose un respect honnête, certain, je ne veux pas négliger son bien être. Je me lève alors pour éviter qu’elle ne s’oblige à me faire plaisir. Le piano ne bougera pas, il sera là demain. Après demain aussi. Et les jours suivants de même… idem pour moi. Je serais toujours là, pour elle.
Puisqu’il n’est pas nécessaire de contraindre la jolie miss à tester le piano et que je ne veux pas qu’il y ait de gêne, je tente de revenir à la blague. La rigolade. Oui mais moi, ça fait des années que je ne suis plus un pro de l’amusement !
En passant à côté d’elle je fais mine de rien, air détaché, et d’un mouvement rapide je m’empare de sa petite épaule pour la jeter – en l’accompagnant en fait – sur le lit.
Eh, elle est dans ma chambre après tout, la sale gosse !

« Ouuups… je ne t’avais pas vu, tu me pardonne ? »

Je me mords la langue ;
Stupide, joyeux, nouveau ;
Et discrètement mon cœur tangue ;
Pour ce chapitre de vie si beau.
Revenir en haut Aller en bas
Capucine Rider


avatar

Messages : 1517

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Sam 17 Nov - 0:14

Petite, petite... Je n'étais pas si petite ! A trois centimètres près, j'aurais eu la taille idéale pour faire du mannequinat, alors flût, zut et crotte de bique. Cet avocat de pacotille n'allait quand même pas faire la loi dans cet appartement, même si son nom figurait sur l'acte de propriété. Il avait Capucine Rider en face de lui. Ce n'était pas rien ! Heureusement pour lui que je n'étais pas à ses côtés pour le frapper, sinon il aurait morfler. J'aurai pu facilement couvrir la distance qui nous séparer. Cependant, mon attention était portée sur ces drôles de pensées fabriquées par mon esprit. Je ne pouvais me permettre ce genre d'attitude, surtout avec Elias. Envisager une relation entre nous était stupide, ridicule. Cette situation ne pouvait qu'être temporaire de tout manière. Jouer de la sorte ne pouvait qu'avoir un temps et notre différence d'âge faisait taire toute possibilité de rapprochement.

Le silence était tombée dans la pièce, creusant une distance incommensurable entre nous, accentuée par ma fuite. Que dire ? Que faire pour que tout redevienne aussi léger qu'avant ? Elias me fit signe de le rejoindre sur le banc près du piano, mais je m'y refusais. Il souhaitait m'apprendre à jouer avant de se rétracter après avoir constaté l'heure. Je n'avais montré aucun signe de fatigue et pourtant, il s'inquiétait de mon bien être. Or, j'avais passé ce mois à renverser une bonne fois pour toute cette faiblesse qu'il avait pu apercevoir le jour de notre rencontre. J'avais fait toutes mes tâches sans rechigner, sans montrer un seul instant de faiblesse. Vu tout ce que j'avais vécu auparavant, il m'était aisé de cacher mes douleurs.

Perdue dans mes pensées, je ne vis pas tout de suite l'approche en traître d'Elias. J'aurai dû m'en apercevoir car la situation devenait plus qu'ambiguë. Je me retrouvais étendue sur son lit, presque à sa merci, à croire qu'il ne lui suffisait plus qu'un signe de ma part pour qu'à tout jamais, cette distance soit détruite. Pouvais-je l'accepter ? Le voulais-je au moins ? Je n'en étais pas certaine. Je ne savais même pas ce que je ressentais et ça me cassait les couilles. Je ne pouvais pas faire ça dans la mesure où j'avais trop de choses à perdre et même si j'ignorais si tout ceci n'était qu'un jeu pour lui ou la réalité, je préférai dire « STOP »

- « Je ne suis pas certaine d'être à ma place, ici. C'est ta chambre, ton lit... Je ne devrais pas être là. »

J'essayais de lui faire comprendre avec tact qu'il ne fallait pas aller plus loin, si à tout le moins, il y pensait. Il ne me restait plus qu'à prier pour qu'il se moque de moi et de mes idées pas très catholiques ou me rassurer sur ses intentions. Car il ne faisait aucun doute que j'avais peur qu'il se montre plus qu'entreprenant au point de ne pas me laisser le choix... Non, ce n'était pas le genre d'Elias. Il avait été si gentil avec moi qu' il ne pourrait pas me prendre de force. A moins que tout ceci ne soit qu'une comédie pour arriver à ses fins. Mais STOP ! Tu ne vas quand même pas imaginer qu'Elias puisse te faire du mal !

Je me relevais et me retrouvais contre Elias. Il se trouvait entre l'escalier menant au rez de chaussé et moi et il m'était impossible de le contourner. Je n'osais le regarder droit dans les yeux de crainte qu'il n'y voit une invitation à commettre l'irréparable. Tout ce que je pouvais constater était sa grande taille, sa musculature qui se dressaient telles un mur infranchissable.

- « Je vais me coucher... Bonne nuit... », dis-je d'une petite voix.

Constatant qu'il ne s'était pas écarté, je me décidais enfin à croiser son regard. Erreur fatale. Je ne saurais en dire la provenance, mais une vague déferla en moi. Tout crainte se dissipa en un instant. Comment pouvais-je l'expliquer ? Le stress de la situation s'était évaporé et la seule chose dont j'avais besoin était d’annihiler ces quelques centimètres. Je l'embrassais. Doucement. Tendrement. Timidement. Je faisais une connerie. Réalisant ceci, je détournais la tête, mettant fin à notre baiser. Je me reculais et prenais mes distances. Je tentais de le contourner pour pouvoir fuir si cela allait trop loin.

- « Je suis désolée. Je ne sais pas ce qui m'a pris. C'est ridicule. Je crois qu'on ferait mieux de se coucher, mais chacun dans SON lit, d'accord ? »

En expliquant comment se déroulerait la suite des opérations, il ne pouvait ignorer mon envie de mettre fin à tout ceci. Donc s'il voulait que l'on partage le même lit, il le ferait contre mon grès. Un avocat appellerai ceci, un viol, non ? Pitié, faites que je retrouve Elias, mon ami.
Revenir en haut Aller en bas
Elias J. Climber

~ In the arms of cactus angels

avatar

Messages : 3641

All about you
Your secret life:
Disponibilité:

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Sam 17 Nov - 10:02

Le déroulement des évènements a du m’échapper. Les intentions respectives de chacun de nous se sont croisées sans se comprendre, se contentant d’émettre un choc violent pour enfin se détourner. Les émotions quand à elles, si clairement explicites et couvertes de tendresse, sont le jardin secret de Capucine que je n’oserai pénétrer. Elle non plus d’ailleurs, n’est pas en mesure de faire un pas sur les troubles qui s’emparent de moi ;
Et pourtant les regards se fuient, l’esquisse des sourires s’efface bien rapidement et le malaise que l’on pensait juste imaginer prend une réelle existence. J’ose espérer que tout ce mal instauré ne provient que de deux imaginations fatiguées et malmenées par des ressentis plus puissants qu’elles ; ce serait la seule excuse acceptable. Rassurante.
Mon geste n’était là que pour rire, mes intentions clairement innocentes et mon rôle d’hôte tout ce qu’il y a de plus bienséant.
Pourquoi pose-t-elle ce regard sur moi ? C’en est blessant et je me retrouve là, bêtement, entre elle et l’escalier sans mesurer la situation.

« Non je…j’sais bien, c’était… »

Pour rire. C'est loupé.
J’ai surestimé ma capacité à pouvoir être amusant. Et je m’en mords péniblement les doigts. Le visage qu’elle affiche est douloureux car si je ne m’abuse, c’est de la peur qui émane de ses yeux. Suis-je le genre d’homme dont on se méfie ? Ai-je quoique ce soit d’effrayant ? De part mon physique ou mon comportement, il me semble avoir toujours tenu à paraitre le gentilhomme par excellence ;
Le doute s’installe. Ridicule. Absurde. Je reste figé dans mes interrogations sans but ce qui pousse la jeune femme à me passer devant pour rejoindre le salon et ;
Le contact suave de ses lèvres, l’affaissement de sa respiration contre les miennes, mon regard qui se ferme ; à quoi joue-t-elle ?!

« Ce…oui tu…dois te reposer…bonne nuit Capucine. »

Si c’est moi qui instaure l’embarras ambiant alors il faut que je cesse immédiatement. Je ne suis pas capable de dire si c’est elle qui s’invente tout ça, si c’est mon corps qui me dicte mes bêtes réactions ou si c’est nous. Elle et moi. Le couple atypique et improbable que nous formons, qui se cherche. En vain.
Je m’écarte alors d’un large pas sur le côté, si large que dans un bruit léger mon dos rencontre le paravent près du lit.
Qu’elle s’en aille. Qu’elle fuie tout ce qui pourrait la gêner, l’inquiéter, l’effrayer. Quand bien même je serai cette source de terreur, je veux qu’elle soit au mieux ;
Jamais je ne forcerais touché, parole ni même présence. Elle est libre, c'est ce que j'ai toujours voulu qu'elle comprenne. Ou ai-je échoué ?...

« Si tu as besoin de quoique ce soit je…suis là… »

Tu ne m’as pas tout dit ;
De tes exactes espérances ;
De tes véritables envies ;
Auxquelles tu ne laisses nulle chance
Revenir en haut Aller en bas
Capucine Rider


avatar

Messages : 1517

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Sam 17 Nov - 12:08

L'ambiance légère et drôle s'était définitivement envolée pour ne laisser la place qu'à la gêne et la crainte. Je ne pouvais pas tout mettre sur le dos d'Elias dans la mesure où j'avais été la première à venir ici alors qu'il prenait sa douche. J'avais été la première à l'embrasser, trouvant que cette distance entre nous était ridicule. Et là, je me permettais de jouer les vierges effarouchées quitte à le blesser et à le rendre coupable d'une chose dont il ne serait pas capable. La honte me montait aux joues et devant son attitude perdue, je me sentais de moins en moins à ma place. Devais-je fuir la conversation ou le rassurer sur mes intentions, mes pensées ? Quel était la meilleure chose à faire dans pareille circonstance ?

Alors qu'il s'effaçait pour me laisser la voix libre vers l'escalier, je me sentis atrocement bête. J'avais peut être foutu en l'air cette belle complicité qui nous unissait. Quelle idiote ! Allais-je finir par agir normalement avec les autres ou ferais-je sans cesse des erreurs qui m'obligerait à finir ma vie, seule, avec mes 46 chats. Quitte à partir de cette chambre, je voulais lui faire comprendre que je ne lui en voulais pas et que je souhaitais m'excuser pour ce comportement illogique.

- « Je suis désolée... Tu n'y es pour rien. C'est moi. Je... »

Je fis un pas dans sa direction pour lui prouver mes dires. Je devais lui montrer que cette crainte n'avait plus lieu d'être suite à ses réactions. Je devais bien comprendre qu'il ne me ferait jamais de mal. J'aurai d'ailleurs dû le comprendre depuis un mois déjà. Le pauvre... Il était sûrement tombé sur la plus mauvaise colocataire qui soit. Assez proche pour le toucher, mais tout en gardant cette respectueuse distance, je lui caressais la joue.

- « Je suis désolée », répétais-je pour le convaincre de ma sincérité.

Ne pouvant me retenir davantage, je me rapprochais au point de nouer mes bras autour de sa taille et de déposais ma tête contre son torse. J’espérais ne plus voir cette expression sur son visage, surtout si c'était moi qui la provoquait. Je voulais que ce froncement de sourcils s'en aille et que le sourire qu'il me réservait revienne sur ses lèvres.

- « Je ne sais pas ce qui m'a pris, mais je pense à de drôles de choses depuis que nous sommes sortis de table. Je... Je n'arrive pas à croire que je vais te dire ça, mais j'ai l'impression que ma libido est revenue. Ou du moins, elle a montré le bout de son nez. Alors, j'ai pensé à une chose stupide qui gâcherait notre relation présente et ça, je ne le veux pas. »

Je lui avais tout dit. Je préférais encore me rendre ridicule plutôt que de laisser un malentendu entre nous. Je restais dans cette position quelques instants avant de relever la tête pour que nos yeux se croisent.

- « Je me sens bien avec toi et ça fait bien longtemps que cela ne m'était pas arrivé. J'ai besoin de toi plus que tu ne saurais l'imaginer. Tu ne m'as pas seulement offert l'hospitalité. Tu m'as aussi donné ton amitié et c'est mon bien le plus précieux aujourd'hui. »
Revenir en haut Aller en bas
Elias J. Climber

~ In the arms of cactus angels

avatar

Messages : 3641

All about you
Your secret life:
Disponibilité:

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Sam 17 Nov - 15:03

Décidément ce n’est pas un mythe : je ne comprends rien aux femmes. Je connais sans doute bien ma mère, très bien mon ex-épouse et mieux mes anciennes collègues que les inconnues, mais même ! Les femmes, en règle générale, adoptent une attitude que je ne suis pas capable de comprendre. Franchement incompétent en matière de traduction des comportements féminins, donc, j’ai toujours l’impression qu’elles luttent les unes contre les autres pour gagner le titre de plus surprenantes.
Quand se décideront-elles à être logiques ? Sensées ? Cohérente ?
Vous me direz les surprises ont du bon parfois, il arrive qu’elles soient positives. En l’occurrence, Capucine ne prend pas la direction du salon comme je m’y attendais. J’étais persuadé que j’allais broyer du noir toute la nuit sans comprendre d’où vient ce fossé creusé entre nous, mais non, elle s’avance vers moi et se fait soudainement familière.
N’y avait-il pas une gêne ? Je suis perdu. En bien.

J’aimerai pouvoir lui répondre que je ne lui en veux pas. Que ce n’est rien. Que l’incompréhension et les quiproquos peuvent s’immiscer même entre deux proches personnes ! Alors nous, qui nous connaissons depuis une vingtaine de jours, il est normal que l’on subisse de temps à autre un malentendu ; ce n’est pas si grave.
Mais je reste muet. Paralysé par la douceur de ses doigts sur ma joue, l’insistance de ses paroles, l’agréable saveur de son étreinte…
J’aurai besoin d’un décodeur. Aussi bête que cela puisse paraitre, j’aimerai qu’on m’explique ce qui lui passe par la tête. M’en veut-elle ? A-t-elle bien eu peur ? Ou est ce de la pitié qu’elle manifeste en me prenant ainsi dans ses bras ? Recherche-t-elle un soutien ? Dois-je faire de mes bras un chaleureux cocon pour que nous y oubliions, tous les deux, nos insignifiantes interrogations… ?

« …oh…c’est, ok. »

Non, je ne m’attendais pas à ça. Pas du tout !
Je dépose mon menton contre son crâne et enlace enfin la demoiselle qui me fait ces aveux probablement bien gênants. C’est d’ailleurs une marque de complicité, de confiance, qu’elle ose ainsi me parler, non ? Non en fait elle essaye juste d’atténuer ces tensions entre nous et pour se faire, elle est obligée de tout me raconter. Si je comprenais implicitement, discrètement ses ennuis ! Ce n’est malheureusement pas le cas, je l’oblige à tout me dire et…
Et ce qu’elle dit est très émouvant. Attendrissant.
Je caresse son dos d’une main tandis que l’autre s’agrippe à son vêtement et je retrouve un sourire complaisant.

« …tu vas m’faire rougir tu sais ça ?! »

Après être certain que l’ambiance est revenue à la distraction, après avoir laissé le temps à nos regards de se croiser avec amusement, je peux reprendre. Ce que j’ai à dire est sérieux et important – d’après moi – mais je veux qu’on maintienne une atmosphère calme, sereine.

« Notre…amitié…m’est très précieuse aussi, je ne voulais pas ; je suis désolé si j’ai créé une sensation désagréable ; je ne voulais pas que tu te sentes mal ou quoique ce soit…rien ne peut gâcher ce que l’on a, ce que l’on est. J’espère. »

Je la relâche alors et ramène une main contre ma nuque, dans un soupir fatigué. Fatigué des stupides réflexes qui me forcent à me sentir redevable, coupable ! Je fais pour elle tout ce que je peux, jamais un mot ou un geste déplacé – il me semble – toujours dans son intérêt, je partage mon appartement et mes biens comme si tout appartenait à l’un comme à l’autre. Et c’est le cas. Alors pourquoi en venir à se sentir responsable de toutes les contrariétés ?

« Allez, oublions ! Je m’excuse, je ne pensais pas être si beau que ça, au point de… »

En levant les yeux au ciel j’étouffe un rire moqueur suite à ma dérision et je me laisse tomber sur le lit, assis au bord, devant la demoiselle. Les choses ont été mises au clair, désormais elle peut aller se reposer. Bien que le salon ne soit pas la chambre la plus intime et agréable qui soit, je n’ai que ça à lui donner…

« Merci pour ta sincérité. Je me sens mieux, je craignais que tu m’en veuilles. »

Ce n'est pas normal ;
Cette peur de te blesser ;
C'est indécent, mais bien total ;
Ce désir de te combler...
Revenir en haut Aller en bas
Capucine Rider


avatar

Messages : 1517

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Sam 17 Nov - 21:01

Alors que je me confondais en excuses, Elias me fit comprendre à sa manière que l'affaire était close. Pour autant, je ne pouvais me résoudre à taire les raisons qui m'avaient poussées à réagir de la sorte, craignant que celles-ci ne resurgissent dans les jours prochains. Même si celles-ci étaient gênantes à déclarer, Elias méritait bien cette sincérité de ma part. De plus, le sexe n'était plus un sujet tabou dans notre société et il ne devait pas l'être entre nous. Ses bras m'entourèrent, m'offrant chaleur et réconfort. Son souffle fit danser légèrement mes cheveux tandis que des frissons de bien être parcouraient ma colonne vertébrale. Il n'y avait aucune ambiguïté, uniquement cette amitié pure et sincère qui, je l'espérais, n'aurait pas à souffrir de mes erreurs.

Je tentais de lui faire comprendre que son amitié m'était mille fois plus importante que n'importe quel autre bien. Ni les vêtements, ni les bijoux, ni même l'argent ne pourraient le remplacer. Inconsciemment sûrement, il m'offrait un réconfort insoupçonné au premier regard. Plus nous passions de temps ensemble, plus ce sentiment se faisait présent. Rien de plus normal dans la mesure où, selon mon humble avis, je lui devais tout simplement la vie. Il m'apportait son soutien et ça, ça n'avait pas de prix. Après ces aveux, il ne faisait aucun doute que je pouvais tout lui dire. Même les choses les plus gênantes. Car derrière cette petite plaisanterie, je pouvais sentir sa tendresse grâce à cette main qui parcourait mon dos en un geste réconfortant.

Nos regards se croisèrent, mettant un terme, une bonne fois pour toute, au malaise que j'avais créé quelques instants plus tôt. Une plaisanterie fut lancée comme pour me faire regretter de m'être confiée alors que c'était au contraire, pour m'empêcher des dire des choses qui pourraient gêner davantage. Elias m'avoua que notre amitié lui était également importante et que celle-ci perdurerai aussi longtemps que nous la protégerons. Notre étreinte prit fin et aussitôt, je me sentis comme abandonnée alors qu'il n'était qu'à quelques centimètres de moi. Il me suffisait de tendre la main pour le toucher à nouveau. Étrange... 

- « Non, j'aurai dû savoir que je ne risquais rien avec toi, mais il faut croire que mon passé me rattrape de temps à autre. Ne pas savoir en qui je peux avoir confiance, s'il ne s'agit pas d'une mise en scène pour s'en prendre à moi. Cette vie là, je n'en veux plus. Je ne veux pas redevenir l'ancienne Capucine. Tu m'as donné l'occasion de renaître dans une vie censée. Il ne me reste plus qu'à m'y habituer. »

Le pouvais-je ? Peut être... Il n'était pas facile d'oublier et oublier que l'on détenait une capacité, un pouvoir ne devait être possible que par le biais d'une amnésie. Pouvait-on créer une amnésie pour certains faits indésirables ? Là, il s'agissait davantage de fiction que de médecine. Elias se cacha une fois de plus derrière une plaisanterie avant de se laisser tomber sur le lit avec un petit sourire moqueur. Tssss ! Quel sale gosse ! Je me détournais de lui, faisant mine de regagner le chemin du salon pour lui sortir :

- « Il vaut mieux pour toi que je redescende avant que je ne te fatigue avec mon appétit sexuel. Car je suis insatiable dans ce domaine... »

Je fis un léger mouvement de bassin comme pour l'inciter à considérer la marchandise qu'il venait de perdre. L'humour bon enfant était revenu entre nous et c'était toujours aussi agréable. Si nous pouvions en rire, la partie était gagnée d'avance. Je l'entendis me remercier et avant de descendre la première marche, je m'arrêtais. La main posée sur la rambarde, je lui souriais gentiment.

- « Tant mieux. Bonne nuit. », fis-je avant de m'éclipser.

Arrivée en bas, je me sentais frigorifiée. Etais-je en train de tomber malade ou était-ce simplement la fatigue qui se faisait plus menaçante ? Peu importait. Je me mis en pyjama avant de déplier le canapé pour y retrouver mon lit. La lumière éteinte, j'écoutais l'appartement. Cette curieuse habitude s'était peu à peu installée dans mon petit rituel et j'en avais besoin pour pouvoir m'endormir paisiblement. Ainsi, j'étais sûre que tout allait bien dans le meilleur des mondes.
Revenir en haut Aller en bas
Elias J. Climber

~ In the arms of cactus angels

avatar

Messages : 3641

All about you
Your secret life:
Disponibilité:

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Sam 17 Nov - 23:33

Ses pas l’éloignent définitivement – pour cette nuit – de moi et je peux me laisser retomber sur le lit dans un soupir de soulagement. Oui je me sens soulagé ; certaines barrières ont menacé de nous séparer mais elles sont déjà en cendre à l’heure actuelle et c’est reposant. Sincèrement. Je n’aurai pas supporté qu’il y ait un malaise entre Capucine et moi. On ne peut pas vivre avec quelqu’un qui nous dérange, ça me parait clair.
Un sourire joueur étire mes lèvres quelques instants quand je revois la silhouette fort alléchante de la demoiselle qui s’est permise de me narguer en se retirant de la mezzanine et je finis par secouer la tête. Chassant ces images si agréables, si déplacées.
Une décision vient de tomber. En ce premier janvier, comme si la date frappante était voulue. Que je n’oublie pas ce qui a été conclu… Rien ne doit briser cette amitié à laquelle la demoiselle tient. Rien, aucune tentation mesquine, physique ou charnelle. C’est un obstacle à la parfaite réussite de notre relation et, résigné, je dois accorder raison à mon...amie
L’amitié est une forme d’amour ; l’amour une forme d’amitié ?

Je me redresse pour m’arracher à ces interrogations stupides et je retire les vêtements de trop pour me glisser sous le drap. La nouvelle année commence. Je n’aime pas le chiffre onze ; mais je ferais avec.
Alors que les plus chanceux, les plus aimés ou juste les plus joyeux continuent de célébrer cette première journée de l’année, les bras de Morphée tardent à m’accueillir. Silencieusement j’attends. Douloureusement, je ressens.
Torturé par des tonnes d’idées qui s’entremêlent de manière folle à cause de la fatigue grandissante, je ne vois pas le portable s’éclairer pour signaler un message. Un signe d’Indio aurait pu être une bonne nouvelle, mais à cette heure ci, il est plus probable que ce soit un collègue magistrat, un courrier publicitaire…

___

La nuit d’un homme à qui la vie se résume à peu de choses est aussi vide de plaisir que ses journées. Aussi pleine de préoccupations également. J’ai beaucoup bougé si j’en crois les nœuds dans les draps et me m’asseyant sur le bord du matelas, frottant ma nuque douloureuse de nervosité, je me souviens que toutes ces petites futilités que chacun peu rencontrer dans une existence sont venues cette nuit m’obséder ;
Et si elle décidait, petit à petit, de me couper de notre fils ? Une fois pour toute ?! Si ce travail, prenant, passionnant et dévorant était tout ce qui m’empêchait d’avoir une vie personnelle intéressante et stable ? Si l’influence de mes parents m’avait enfermé dans un étau pourtant indispensable ?
Si tout ce qui fait de moi ce que je suis aujourd’hui n’était qu’erreur ? Je n’aurai jamais droit à une deuxième chance et si par miracle on me l’accordait, je me retrouverai affligé, ne sachant par quoi commencer…

Ça suffit pour aujourd’hui. Je me relève avec toute la motivation qu'il me reste. Autant que faire se peut. Quelques étirement nécessaire au réveil musculaire et j’enfile un pantalon, la première chemise claire qui se présente et je m’approche du piano.
Je sais que Capucine dort, juste là en bas. Les rayons timides du soleil en cet hiver passent quand même à travers les rideaux baissés pour me laisser deviner sa fine silhouette allongée. Elle se repose encore, je ne vais pas faire de bruit ;
M’emparant alors du casque que j’installe sur l’instrument – électro-acoustique – je pense pouvoir séparer les notes de musique du monde des rêves de la jeune femme. Mais le faux contact est leurre et emporté par la certes douce mais chantante mélodie, je ne réalise pas immédiatement que les partitions virevoltent dans l’appartement. Pire encore, mes fredonnements sont audibles;

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Robert Downey Jr sings Joni Mitchell

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Capucine Rider


avatar

Messages : 1517

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Dim 18 Nov - 13:49

Les bras de Morphée m'emportèrent dans les contrées inexplorées de mon inconscient me donnant l'impression d'être sur le point de comprendre un élément essentiel avant de le perdre de vue. Mes rêves étaient tout simplement obscurs. Il m'était impossible de comprendre leurs significations ou ne serait-ce que trouver un lien entre une course sur des moutons arc en ciel et des instruments, qui au lieu de laisser s'échapper des notes de musique, offraient la place à des bulles de savon prêtes à m'engloutir. Ce dernier pourrait ressembler à un cauchemar, pourtant, les bulles ne m'effrayaient pas. J'étais même persuadée qu'elles étaient là pour me protéger... Allez savoir comment ! Peut être qu'une fois à l'intérieur, je pourrais déambuler au grès de mes envies sans risque de me faire blesser. Les éléments extérieurs n'auraient pu m'attendre, la bulle étant sûrement impénétrable pour qui que ce soit. Ou peut être étais-je en train d'interpréter des choses qui ne méritaient pas d'être interpréter. A quoi servait un rêve si ce n'est combler nos nuits ? A rien.

Tout à coup, une musique résonnait dans l'appartement. Les bulles s'étaient-elle effacées pour laisser la place à ces notes si douces ou était-ce mon esprit embrumé qui comblait le silence de l'appartement ? Lorsqu'une voix s'y mêla, il ne faisait aucun doute que cette musique était bien réelle. Cette voix... C'était Elias. Aussitôt, je me réveillais. Était-ce une manœuvre de me dire gentiment de me lever ? A en croire le casque sur ses oreilles, il n'était pas au courant que je pouvais l'entendre. Silencieusement, je me levais et monter les marches qui me séparaient de lui. Je l'écoutais, tout en restant en retrait de sorte à ce qu'il ne s'interrompt pas. J'attendais la fin de la musique avant de me placer derrière lui et de faire glisser mes bras de chaque côté de son cou. Ma tête contre la sienne, je lui murmurais :

- « Tu devrais chanter plus souvent. Surtout si c'est une nouvelle méthode pour me réveiller. Il n'y a pas mieux. »

Sa chanson était si triste que j'espérais qu'elle ne reflétait pas l'état de son moral. La journée ne faisait que commencer qu'il serait dommage de la gâcher. Surtout que nous étions samedi 1er janvier. Elias n'allait sûrement pas travailler, donc nous avions deux jours à profiter. N'était-ce pas une bonne chose ? Lui qui travaillait tellement, celui lui ferait du bien de se laisser aller et de ne plus penser à ses « petits » tracas d'avocat. Ses dossiers ne s'envoleraient pas en deux jours. Et puis... J'étais là.

- « Que dirais-tu si je nous faisais des pancakes avec un bon café pour le petit déjeuner ?Nous pourrions ensuite, flâner dans le parc. Ce serait un bon programme pour bien commencer l'année, non ? »

Si l'on devait qualifier mon rôle, l'étiquette de « femme au foyer » me serait clairement attribuée. Je m'occupais de l'appartement, d'Elias même si celui-ci évitait de me confier ses soucis. Je pouvais les remarquer, mais je ne le connaissais pas encore assez bien pour savoir s'il s'agissait d'un problème de travail ou autres. Ce n'était pas simple, mais je me faisais aussi présente que possible pour lui. Lorsque je sentais qu'il avait besoin d'espace, je sortais discrètement prétextant une course à faire. Notre situation pourrait paraître ambiguë, mais en fin de compte, elle était tout à fait normale. Tant que nous étions sur le même longueur d'onde, il n'y avait aucun risque d'en souffrir. Et ça, c'était la différence cruciale entre l'amour et l'amitié.
Revenir en haut Aller en bas
Elias J. Climber

~ In the arms of cactus angels

avatar

Messages : 3641

All about you
Your secret life:
Disponibilité:

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Dim 18 Nov - 18:34

Tout le monde chante. Certains plus souvent que d’autres il est vrai, mais on a tous plus ou moins les mêmes habitudes d’expression. Le chant est un très bon moyen d’évacuation. A l’instar du sport – que je pratique dès que j’en ai l’occasion – la musique est un exutoire efficace.
C’est du moins l’impression que ça me fait.
Tout le monde chante. Mais personne ne s’en rend vraiment compte. A moins de faire de la chanson sa profession. Je suis certain que la plupart des gens qui fredonnent sous la douche, en faisant le ménage ou dans leur voiture ne s’en rendent même pas compte ; c’est fréquemment inconscient et instinctif. Naturel.
Tout le monde chante…mais ne sait pas forcément chanter. Je n’ai jamais appris. Ni même à jouer du piano d’ailleurs. La voix cassée qui est mienne est loin d’être la plus puissante ou la plus agréable qui soit et j'en suis lucide. Je m’assure simplement une certaine justesse pour ne blesser aucune oreille et après…on ne choisi pas son timbre de voix. Je n’aime pas le mien mais c’est un peu comme les prénoms ? Personne n’aime le sien.

Toujours est-il que je m’en contente et m’en sers assez régulièrement. Je suis un solitaire, dans l’âme ou dans les faits, je suis seul la plupart du temps et j’arrive à l’accepter. Même à apprécier. Quand j’en ai le temps et suffisamment de force, je m’installe au piano et m’amuse à composer des morceaux malhabiles et timides, allant jusqu’à écrire un texte se calquant sur la mélodie ;
C’est très plaisant. Ça me détend, me permet une évasion séduisante…mais comme toutes les choses qui nous détachent de la réalité, j’oublie vite que je ne suis pas seul aujourd'hui et ne me rends même pas compte que le casque sur mes oreilles est inutile.
Je n’ai pas entendu Capucine monter les escaliers et c’est au moment ou je retire mes doigts des touches du clavier que ses mains se posent sur moi. Dans un sursaut je tourne un peu la tête pour la deviner et je me mords la lèvre, embarrassé.

« J’suis désolé je ne t’ai pas entendu et, je ne voulais pas t’imposer ça. »

Dis-je avec un air amusé bien que sincèrement embêté. Je ne voulais pas la réveiller et surtout pas avec ma misérable voix. Je m’accroche à son intervention pour vite changer de sujet et oublier mon concert mais ce qu’elle propose est ; inattendu.
Effectivement nous sommes le premier jour de l’année. C’est bien pour cela qu’il est tard – tout est relatif, il n’est pas neuf heures – mais je comptais néanmoins me rendre au bureau. Vérifier les messages, approfondir quelques recherches, m’avancer dans les plaidoiries…
Je vais être contrains de la laisser seule.

« Ce serait parfait pour le petit-déjeuner mais pour le parc on pourrait peut être se retrouver plus tard dans la journée, non ? J’ai du travail et je crois que je ne mérite pas le luxe d’une journée de repos…on peut se voir pour le café si tu veux…? »

C’aurait été tellement facile et plaisant de dire oui. Ok. Allons-y, offrons nous cette journée de paix et de complicité en laissant tous problèmes au placard. Mais je n’ai jamais fait ça ! En tout cas pas depuis trois ans et je crois que sans un bon coup de pied là ou vous pensez ; je ne parviendrais pas à m’autoriser un congé. Aussi court soit-il.

Mon travail est ma seule stabilité ;
Je suis pour toi si inintéressant ;
Je n’ai aucune envie de t’ennuyer ;
De déjà devenir lassant…

Revenir en haut Aller en bas
Capucine Rider


avatar

Messages : 1517

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Lun 19 Nov - 20:38

Elias s'excusait de m'avoir réveillé avec sa voix alors qu'au contraire, je lui demandais de le faire plus souvent. Décidément, je ne le comprendrai jamais. A croire qu'il faisait exprès de me contrarier de bon matin. Ce n'était pas très recommandé... Il avait de la chance que je me sois réveillée de bonne humeur et que ce ne soit pas la mauvaise période du mois, sinon j'aurai craqué. Et une Capucine qui craque, ce n'était pas bon. Ça faisait pleins de bêtises et ça se vengeait. Petite, mais coriace. Je savais même mordre s'il le fallait. Elias n'avait encore jamais vu cette Capucine, pourtant, j'en avais eu l'occasion plus d'une fois. Un jour, il la découvrira et il s'en mordra les doigts !

- « Tu ne m'as rien imposé. Je t'ai dis que j'avais aimé. Deviendrais-tu sourd ? »

Je lui fis un bisou sur la joue avant de m'éloigner, car la suite n'allait certainement pas lui plaire.

- « La vieillesse te guette après tout ! »

C'était mesquin, mais il n'avait pas à sous entendre qu'il ne m'imposerait plus ce spectacle. Si jouer au piano l'aidait à se détendre, il pouvait en jouer tous les soirs. Les jours où l'instrument me prendrait la tête, je n'aurai qu'à mettre des boules quies ou sortir tout simplement. Cela ne me dérangeait pas non plus. Après autant de temps passé seul dans cet appartement, je pourrai facilement comprendre que l'avocat ressente de temps à autre le besoin d'être seul, chez lui.

C'est d'ailleurs, tout naturellement que je lui proposais un bon petit déjeuner avant de se promener dans le parc à côté. Il serait dommage de rester enfermés toute la journée alors que le ciel était magnifique. Or, mes plans furent odieusement contrecarrés par l'emploi du temps d'Elias. Il souhaitait réellement partir travailler ?Mais nous étions samedi ! C'était le premier janvier ! Il n'allait tout de même pas me faire ça. Surtout que les autres avocats devaient sûrement restés avec leur famille. Ne voulait-il pas rester avec moi ?

Il ne faisait aucun doute que j'étais déçue. Seulement, je ne pouvais l'empêcher de faire ce qu'il voulait. Je n'avais pas le droit de me montrer capricieuse, même si j'en mourrai d'envie. Je ne savais comment me comporter avec lui finalement. Je pouvais le taquiner, tenter de le corrompre, mais le détourner de ses obligations, ça jamais. J'affichais un sourire douloureux sur mes lèvres pour tenter de le duper et commençais à prendre le chemin de l'escalier.

- « Je vais me dépêcher alors. Il ne faut pas traîner ! Tu ne dois pas être en retard ! »

Suite à ces mots, je m'en allais en sautillant pour donner l'impression que je m'en moquais, mais un poids dans mon cœur était apparu. Allez, un peu de tenue ! Je n'étais plus une gamine, je pouvais bien passer la journée seule. Allons, allons ! Haut les cœurs, compagnon !

Je me mis aux fourneaux et fis la pâte en un rien de temps. Ce n'était pas bien compliqué et après toutes les tournées que j'avais pu faire pour mon père, il ne faisait aucun doute que je pourrais les faire les yeux bandés. Je disposais tout ce qu'il fallait sur la table de la cuisine et attendis qu'Elias eut fini avec la douche. Une fois que l'eau s'arrêta de couler, je commençais à faire cuire les pancakes. C'était meilleur chaud tout de même!

- « Elias !!! C'est prêt !!! Dépêche toi ou ce sera froid !!! »
Revenir en haut Aller en bas
Elias J. Climber

~ In the arms of cactus angels

avatar

Messages : 3641

All about you
Your secret life:
Disponibilité:

MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   Mar 20 Nov - 9:44

La vieillesse ? Mais qu’est ce que la vieillesse au fond ? Pour nous ce n’est que comparaison entre espérance de vie et avenir, une espèce de lutte sans merci entre les jours qui défilent et ceux qui nous échappent à jamais. Vieux. Je suis vieux, depuis longtemps.
Pour moi l’avenir ressemble à un mur depuis déjà plusieurs années et j’ai vécu des milliers de choses. Que j’ai toutes superbement loupées. Je dois correspondre à ce que l’on appelle un vieux dans l’âme, je dois avoir en tête les mêmes idées que ces gens qui peinent pour marcher car leur corps usé ne savent plus comment les porter ;
Je n’en suis pas là physiquement. Fort heureusement. Je veux avoir encore un peu le loisir de pouvoir faire ce que bon me semble – dans les limites du plausibles – sans souffrir à chaque instant à cause de vieillissement des os, des muscles ou des nerfs. Mais ma philosophie s’apparente peut être à celle des ‘ancêtres’.
Qu’est ce que j’attends ? De la vie, plus rien. Du repos. Un pardon. Un avenir heureux pour mon fils. Tel un vieux, je n’espère plus rien pour ma personne qui me lasse et m’ennuie depuis trente sept ans maintenant.

« Méfies toi que je ne t’attrape pas petite peste ! »

Dis-je en balançant le premier stylo qui me passe sous la main en direction de Capucine. Bon, je le chercherai plus tard j’en aurai besoin pour rayer quelques notes de mes partitions.
Je peux bien supposer ne plus être tout jeune mais faire remarquer à mon hôte que cette remarque est mauvaise et déplacée ! C’est d’ailleurs pour cela qu’elle l’a formulé et je ne peux m’empêcher de sourire à ses bêtises. Heureusement qu’elle est . La demoiselle. Et je sais que d’un point de vue standard je ne suis pas encore vieux. Pas jeune pour autant. Mais pas vieux.
Pense-t-elle pouvoir me vexer avec cette fourbe pique ?
En levant les yeux au ciel je lui montre clairement qu’elle m’amuse – ce qui est un exploit et un plaisir – et je file sous la douche en la laissant s’afférer en cuisine.
Je ne sais jamais comment lui dire merci ou tout simplement comment lui dire qu’elle n’est pas obligée de tout faire pour moi…enfin. Un jour j’essayerai.

« …J’suis là. Hum…ça me donne faim ces odeurs. »

Que de jovialité, de motivation dans le comportement de la jolie blonde. Je me demande si elle prend sur elle pour se faire la plus agréable qui soit, de peur que je regrette mon invitation, ou si c’est dans son caractère. Si elle est cette joie de vivre.
Ou alors, il y a une raison particulière qui la pousse à se battre avec cette rage contre maladie et infirmité. Mais quoi ? C’est remarquable. Dans tous les cas.
Alors que je me frotte les cheveux encore trempés, je m’installe à table et attends qu’elle me rejoigne avant de toucher quoique ce soit.

« Capucine ; tu sais que nous ne sommes que deux ? Tu as vu tout ce qu’il y a là !? Enfin on pourra toujours y manger plus tard… »

J’entame donc mon petit déjeuner, un de plus en compagnie de la belle. Un de plus. Je n’avais pas le temps de m’attabler, avant.
Réalisant que mon quotidien a changé en à peine quelques jours, que si le travail est toujours aussi conséquent, étouffant, tous les instants que je passe à l’appartement sont géniaux. Des rires, de l’appétit, de la complicité, de la musique, des échanges et énormément de douceur. De tendresse.
Alors c’est donc vrai ? Pour qu’un foyer soit chaleureux et totalement plaisant, il faut qu’une femme y vive ?
Je secoue la tête pour moi-même et dépose mon bol sans avoir bu pour regarder la femme de ce nid. De notre nid, pour formuler avec une pointe d'humour ;

« …qu’est ce que tu vas faire aujourd’hui ? Je ; je m’étais pas posé la question quand au jour de l’an, ni pour noël d’ailleurs tu as bien vu. Mais…je pense qu’aller au bureau aujourd’hui ne sera pas très productif. Et puis je…vais te manquer. »

La réciproque est on ne peut plus vraie ;
Alors m’accepteras-tu dans ta journée ?
Bien entendu que tu le sais ;
Si je pars, tu vas beaucoup me manquer…
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé





MessageSujet: Re: Welcome to my life... [Terminé]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Welcome to my life... [Terminé]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
EVOLUTION :: CLIMBER'S PLACE-