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 Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]

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Dakota R. Cooper


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MessageSujet: Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]   Lun 12 Nov - 18:56

4 janvier

Mais ils ont foutu un de ces bordels ! J’avais beau relire les rapports, je ne m’expliquais toujours pas comment ils avaient pu merder à ce point ! Je n’avais pas été sur les lieux mais un type du nom de Lancaster avait voulu révéler au monde entier l’existence de gens comme moi. L’un dans l’autre, je m’en fichais, je ne voyais pas trop où était le problème mais bon, ça n’avait pas plus à Tussle et vu son influence du moment, mieux valait ne pas naviguer à contre-courant. Et c’était lui qui me payait en un sens, donc… Bref, tout cela pour dire qu’il y avait eu un chantier pas possible et des pieds et des mains pour limiter les dégâts occasionnés. J’avais beaucoup bossé ces derniers temps et il fallait que je me dépense. J’étais donc partie m’entrainer dans les salles de Genetic. A quoi bon payer une salle de sport franchement ? J’avais tout sur place. Alors après avoir bien sué, je pris une douche rapide et je ne sais pas ce qui me pris, j’eus envie de voir la tête des loustics que certains membres avaient ramenés de leur expédition anti-Lancaster. J’avais cru comprendre que certains avaient des capacités qui intéressaient fortement mes supérieurs. Et qui pouvait prévoir, peut-être que parmi eux se trouvait une future recrue potentielle, comme cela avait été le cas pour moi. Si je pouvais déceler une prochaine recrue, je gagnerais peut-être du galon et ça c’était une perspective qui me plaisait. Mais il ne fallait pas trop en faire non plus. Car de patiente, j’étais passée membre et membre relativement bien placé depuis peu. Si je trouvais un poulain, il ne fallait pas qu’il me fasse de l’ombre et m’évince comme j’avais pu le faire… Après tout, j’étais passée devant certains membres plus anciens que moi dans l’échelle hiérarchique et je ne me ferai pas avoir aussi bêtement qu’eux.

Je descendis donc au 4e sous sol pour aller voir quel troupeau de brebis galeuses on avait bien pu nous ramener, et encore, parmi les moins dangereuses. Je n’avais pas peur d’aller et venir dans ces couloirs, je pouvais maîtriser quiconque viendrait me chercher des noises. Du haut de mes escarpins, je toisais un peu la faune environnante. Rien ne m’arrivait à la cheville et je doutais qu’on puisse faire quelque chose de tout ce groupe. Non mais il fallait les voir aussi… moi, j’avais la classe. Tailleur noir, chemisier blanc, eye-liner parfait, cheveux peignés… eux, ils faisaient juste pitié. Rien à sauver, si vous voulez mon avis. J’allais repartir complètement dépitée quand j’entendis des grommellements… Mais d’où venaient-ils ? Je n’arrivais même pas à savoir si c’était des pleurs ou quelqu’un qui râlait et cela m’intriguait. Dans les deux cas, il faudrait mater cette forte tête. Et je m’en ferais une joie.

Je m’approchai donc de la source du bruit… Et là, j’eus un mouvements de recul. Beurk. Une gosse… pourquoi une gosse ? Qu’avais-je fait pour mériter ça ? Je n’aimais pas les enfants… sauf que si en temps normal je me serais enfuie à toute jambe, courant encore plus vite que lors des soldes chez Minelli, là, quelque chose me retint. A vue de nez, je lui donnais à peine quinze ou seize ans… soit l’âge auquel je m’étais moi aussi réveillée dans les locaux de Genetic. Pourquoi je restais ? Je ne sais pas… à cet âge, c’est facilement malléable non ? Et puis, ça m’énervait, ce comportement. Cet endroit, c’était une chance. On ne se plaint pas, on ne râle pas. On accepte et on saisit sa chance. On me l’avait clairement fait comprendre à l’époque et j’allais faire entendre raison à ce moucheron.

« Et petit moucheron, pourquoi es-tu grognon ? Dans ma toile emprisonné, bientôt, tu seras… mangé ! »

Tout le monde connaît cette chanson non ? Et elle était très vraie dans le cas présent. Cette gamine, je pouvais la bouffer toute crue au petit-déjeuner si l’envie m’en prenait.

« Qu’est-ce qu’un moucheron blessé raconte dans sa barbe ? Tu parles toute seule ? Tu veux que papa-maman viennent te chercher ? Ou tu espères sortir d’ici toute seule ? Ecoute moi bien ma jolie, je te parle d’expérience. ça n’arrivera pas. Alors fait toi une raison. Ici, tu as une chance de devenir quelqu’un… ils peuvent t’aider à contrôler ta capacité. D’ailleurs, je me demande ce que c’est… Mutation en moucheron pris dans la toile de la vilaine araignée ? »
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Ingrid Amelia


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MessageSujet: Re: Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]   Mar 13 Nov - 12:19

Le chaos, le désespoir, la solitude.

Ingrid c’était réveillée dans cette infirmerie, plus sombre qu’un hôpital à son goût. Elle ne savait pas où elle était, elle ne savait pas ce qu’on avait fait d’elle, tout ce qu’elle avait remarqué, c’était qu’aucune des personnes qui lui gravitaient autour n’étaient pas familières. Elle était attachée aussi, comme si on voulait la retenir, comme si elle risquait de s’enfuir. Qu’avait elle fait ? Que s’était-il passé ? Elle ne s’en souvenait plus. Elle n’avait qu’un vague souvenir : Central Park et un coup de feu. Ah oui son bras. Elle avait alors essayé de voir sa blessure, elle était pansée.
« Eh oh ! » avait-elle alors crié.

Et on était venu lui expliquer qu’on l’avait sortie du chaos qui régnait là-bas, du champ de bataille, puis qu’on l’avait soignée et qu’on l’avait attachée car elle bougeait trop dans son sommeil et que sa capacité risquait de ne plus être contrôlable à cause des médicaments. Qu’ils ne savaient pas comment elle fonctionnait et que donc ils avaient pris des précautions. C’était vrai, elle était isolée des autres malades. Pourtant elle pouvait les voir. Plus proche d’elle, elle avait aperçu une grande femme brune plongée dans le sommeil, elle aussi attachée, mais avec beaucoup plus de ferveur qu’Ingrid ne l’avait été.

Enfin, on lui avait expliqué ce qui allait se passer à présent : on allait continuer les soins, puis on allait tester sa capacité et l’aider à la contrôler. On lui poserait aussi quelques questions. Elle coopérait, tout se passait bien, elle ne coopérait pas, ils trouveraient bien un moyen. Ainsi Ingrid avait fini dans une cellule, au quatrième sous-sol. Elle avait essayé de rester attentive à tout pour voir si elle avait un moyen de sortir mais sans un badge comme les petits employés avaient il lui serait impossible de faire quoi que ce soit. Et puis elle se rappelait ce que Keaton lui avait dit.
Elle devait faire attention, ils tenteraient peut être de l’utiliser. Elle n’avait jamais vraiment compris tous les enjeux de ces fameuses organisations, mais de fait, comme elle lui faisait confiance, elle avait décidé d’être docile. Cela ne l’empêchait pourtant pas d’avoir ses moments de faiblesses. Car oui, elle n’était qu’une ado, qui quelques mois auparavant vivait encore une vie presque parfaite, avec des parents aimants et suivant une scolarité sans faille. Certes, elle était étrange pour le commun des mortels car elle restait souvent toute seule dans son coin à lire, et elle était parfois sujette aux moqueries, mais Ingrid n’en restait pas moins une jeune fille de son âge à l’époque, qui vivait comme tout adolescent normal dans une famille saine.

Puis tout avait changé. Elle était orpheline, et c’est seuls repères n’existaient plus ici, au fond de sa cage. Les retrouverait-elle un jour ? Keaton, Maggie, Sonny, Andrew et Jayden ? Jayden qui était avec elle au parc lors de l’émeute, où était-elle ? Que faisait-elle ? Avait-elle aussi été capturée ? Ingrid ne comprenait pas tout. Son esprit était fermé et lorsqu’elle était tout seule, comme à l’instant décrit, elle fermait les yeux, son menton reposant sur les genoux de ses jambes repliées contre sa poitrine, et elle laissait son esprit vagabonder au travers de ses souvenirs. Et souvent, bien trop souvent il s’arrêtait sur l’image de la tombe de ses parents mais aussi celle de Morgan. Morgan, son meilleur ami. Elle n’avait même pas eu le temps de faire son deuil correctement. Et pour se protéger, elle n’en parlait pas, jamais, même pas à Jayden à Sonny ou encore à Jared, ses meilleurs amis. Elle gardait tout pour elle, et là, à présent qu’elle était toute seule, les larmes coulaient, simplement.

Elle pensait être seule, tranquille, pouvoir se libérer de ce poids sur son estomac sans que personne ne l’embête. Et pourtant, elle se trompait littéralement. Une voix féminine retentit. Une voix qu’elle n’aimait pas alors qu’elle ne savait pas à qui elle appartenait. Mais seule une vipère pouvait reprendre les paroles de Gollum. Ingrid ne réagit pas à cette provocation. Elle resta totalement impassible. Elle se contenta d’observer la jeune femme, plutôt jolie malgré ses grands yeux au regard étrange. Elle-même essuya ses propres yeux, encore humides de l’arme. Elle la laissa s’égosiller à chanter ce qu’elle voulait toute seule, ayant pour seule réaction celle de se tourner.

Elle était à présent de côté par rapport à la jeune femme, de sorte qu'elle ne pouvait à présent voir Ingrid que de côté, son visage caché par ses longs cheveux bruns.

« Le lac est beau, fraîche est son, c’est délicieux ! C’que nous voulons c’est du poisson fort bien gouteux ! » chanta alors Ingrid.

Si ce n’était que ça, elle aussi pouvait le faire et même derrière des barreaux.
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Dakota R. Cooper


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MessageSujet: Re: Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]   Jeu 15 Nov - 17:20

Alors, que faisait une gamine ici, dans les locaux de Genetic ? Une gamine qui pleurait en plus. Ce n’était certainement pas comme cela qu’elle allait s’en sortir. Pas ici, ils la boufferaient toute crue. Est-ce que j’avais pleuré moi en arrivant ici ? Non, même pas. En fait, je ne me rappelais même plus la dernière fois où j’avais pleuré. Ça devait faire un sacré bout de temps. Je n’ai même pas versé de larme quand ma mère et ma sœur ont oublié pour la première fois de me souhaiter mon anniversaire ou qu’elles ne sont même plus venues me chercher pour Noël. En réalité, mon point de repère ça reste le jour où ma mère m’a annoncé que j’allais vivre dans les locaux de Genetic à San Francisco toute seule. Ce jour là, elle m’avait regardé et m’avait balancé : « Chiale pas. Tu vas avoir un lit et à manger, qu’est-ce que tu viens de plaindre ? En plus, y a des gosses de ton âge, tu devrais être contente. » Et je n’ai pas pleuré. Oh, je ne leur en veux pas. Ni à elle, ni à ma sœur. Après tout, je leur dois en partie ce que je suis. Elles ont contribué à me rendre forte, à être quelqu’un qui avait une certaine influence. Non, elles m’indifféraient désormais. Elles devaient croupir dans un trou à rat, comme des chiennes alors que moi, j’avais un bel appart, de belles chaussures et je grimpais vers les sommets.

Bref, cette gosse n’avait pas intérêt à pleurer. Au moins, elle avait eu assez de jugeotte pour ne pas le faire en public. C’était déjà ça, mais il fallait qu’elle s’endurcir et qu’elle soit capable de voir quelle chance s’offrait à elle. Car oui, si elle était là, c’est qu’elle était intéressante. Et si elle se montrait maligne, elle tirerait beaucoup de ce séjour ici. Après tout, mon arrivée à Genetic avait été une bénédiction. Sans eux, je n’aurais jamais pu aller à l’université, je n’aurais jamais pu m’extraire du bourbier dans lequel vivotait ma mère. Mais si j’avais bien appris une chose, c’est qu’ici, rien n’est gratuit. Il faut jouer donnant-donnant. Sinon, ils se servaient violemment et vous restiez un minable. Donc même encore maintenant, ils faisaient toutes les expériences qu’ils voulaient sur moi et moi je gagnais un salaire d’enfer. Le tout pour cette gamine c’était de savoir ce qu’elle voulait. Faire partie des loosers ou accepter une vie qui la conduirait à la fac et à l’élévation sociale. Une vie « libre », ou une vie passée dans une cellule ou un taudis si elle quittait Genetic. Qui serait assez fou pour cracher sur la vie que j’avais eue ?

Je me demandais vraiment quelle capacité elle pouvait avoir et si elle savait qu’elle était différente. Moi, à mon arrivée, je l’ignorais, mais ils m’avaient appris à en faire un atout sur lequel je pouvais compter en toute circonstances. Son pouvoir était-il aussi dangereux que le mien ? Voire plus ? car ça, c’était une donnée à prendre en compte pour savoir jusqu’où j’allais la mener. Je refusais qu’elle me renverse et c’était un pari risqué. D’autant qu’elle était plutôt jolie et qu’elle pourrais aller très loin en apprenant à jouer de ses charmes. Mais pas en chouinant, alors ça, ce n’était pas possible.

Oh ! Un geste de rébellion, comme c’était… ridicule… ça n’allait pas suffire pour se débarrasser de moi. Plus on me résiste, plus je m’accroche, une vraie sangsue quand je l’ai décidé. Mais il fallait qu’elle comprenne que je l’endurcirais, de gré ou de force. Je pouvais le faire avec son aide, ou en la brisant. En revanche, j’eus un véritable sourire quand je l’entendis poursuivre les paroles de la chanson. Et un rire sortit de ma gorge. Là, elle m’épatait. Elle avait plus de répondant que je ne le pensais. Peut-être qu’elle était plus prometteuse que je ne le soupçonnais. Je m’approchai alors pour dégager du bout des doigts une mèche de ses cheveux qui me cachait son regard.

« Avec un peu de chance il y a du poisson dans les cuisines. Bien, voilà quelle attitude il faut avoir. Ne pleure pas. Jamais. Même quand tu crois être seule. Cela ne te mènera absolument à rien. »

Sans lui demander son avis, j’attrapai entre deux doigts son menton pour la forcer à me regarder dans les yeux.

« Ne baisse jamais le regard, tu laisserais l’autre gagner. Tu as un joli minois, moucheron, à toi de savoir si tu veux le souiller de larmes et rester un cobaye toute ta vie, ou si tu veux le montrer fièrement, apprendre à contrôler ta capacité et avoir la chance de devenir quelqu’un dans la vie. Tu es une femme, à toi de savoir faire tes choix. »

Et j’allais lui laisser – momentanément – ce choix. Pourquoi je m’occupais d’elle, franchement, je n’en savais rien. Peut-être qu’elle me rappelait trop mon arrivée à son âge. Ou peut-être que je voulais juste apporter une nouvelle recrue pour me faire bien voir. Penchons pour la seconde option sinon cela me rendrait trop humaine. Je la lâchai et lui tournai le dos. A elle de faire son choix… moi, grâce à Genetic, j’étais libre.

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Ingrid Amelia


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MessageSujet: Re: Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]   Ven 16 Nov - 20:59

Y a-t-il une bonne ou une mauvaise façon de se comporter lorsque l’on est enfermé dans une cage, lorsque l’on nous aide en nous étudiant. Fallait-il être impassible, et acquiescer à tout tel un pantin au risque de perdre son âme et toute volonté de sa battre ou au contraire fallait il se battre jusqu’à la mort pour obtenir notre liberté. Ingrid avait opté pour quelque chose entre les deux. Elle paraissait forte, et elle coopérait en face des employés, et lorsqu’elle était enfin seule elle se permettait de pleurer et de laisser libre court à ses pensées tristes. C’était ce qu’elle faisait actuellement, enfin jusqu’à ce que la jeune femme arrive.

Qui était-elle ? Comment était-elle arrivée ici ? Avait-elle subi la même chose qu’elle ? Avait-elle cru les mots de confiance qu’on lui avait glissé dans le creux de l’oreille ainsi qu’on l’avait fait avec Ingrid ? Lui avait-on aussi promis de l’aider, de la soigner, et de lui apprendre à parfaitement contrôler sa capacité ? Lui avait-on promis de la protéger, et l’avait-on étudié ? Autant de questions qui parcourraient l’esprit d’Ingrid, esprit embrumé et perdu.

Son premier réflexe fut de continuer les paroles de la chanson. Le fait était qu’Ingrid adorait le Seigneur des Anneaux. C’était un classique que tout bon fan de fantasy et SF devait connaître ! Et puis, elle savait que si elle faisait cela il y avait peu de chances que la jeune femme ne la déteste au premier abord. C’était vraiment ce qu’elle avait le moins besoin. Et puis une alliée de plus dans les locaux de Genetic ce n’était pas rien ! Cela pouvait toujours aider.

La jeune femme s’arrêta alors. Elle appréciait la réaction, comme prévu. Ingrid ne souriait pas, mais au fond, elle était contente. Au moins elle ne paraissait pas ridicule. Et du poisson, oh oui, comme elle aimerait en manger ! Mais était-ce le moment de faire part de ses désidératas ? Elle en doutait alors elle resta silencieuse. Cela ne lui ressemblait pas, quoi qu’elle soit timide dans l’âme, mais dans le cas présent dans une autre situation elle se serait mise à débattre du film.

Deux doigts vinrent alors se saisir de son menton. Ingrid n’eut d’autre choix que de tourner la tête, alors qu’elle venait de tourner le dos. Autant dire que la jeune femme contrariait ses envies, mais elle ne résista pas et la regarda dans ses yeux verts. Enfin il y avait une nuance de marron qui refroidissait son regard, mais Ingrid se focalisait sur ce vert qui lui rappelait l’eau ou la bouteille de bière. Un regard profond. Figé. Assuré.

« Alors ils peuvent vraiment m’aider à la contrôler ? Et à être quelqu’un ? Tu es passée par là toi aussi ? »

Ingrid était le plus neutre possible. Cependant elle laissait une lueur dans son regard. Cette lueur, fausse, qui faisait croire en son espoir. Celui de devenir quelqu’un de normal en contrôlant ce qui avait gâché sa vie. Car c’était indéniable, sa capacité était son démon. A cause d’elle, elle était orpheline. A cause d’elle, elle était solitaire. A cause d’elle, elle s’était retrouvée par deux fois dans des situations des plus horribles. A cause d’elle, elle se retrouvée piégée ici même.

« Tu as d’autres conseils Gollum ? »

C’était étrange comme ce surnom semblait bien lui allait. Devant Ingrid, elle était comme le maître Jedi avec son Padawan, mais cela n’avait-il pas un but précis ? Ne la manipulait-elle pas au final ? Si c’était le cas, elle risquait de se prendre le revers de médaille, car pour une fois, Ingrid avait décidé d’être à la hauteur de son intelligence, elle avait décidé de ne pas être le cobaye écervelé.
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Dakota R. Cooper


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MessageSujet: Re: Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]   Sam 17 Nov - 15:32

Mon petit moucheron allait-il battre des ailes pour s’envoler ou resterait-il englué dans la toile d’araignée, prisonnier à jamais de sa mauvaise humeur ? Je me posais sincèrement la question. Moi j’avais su tirer parti de la chance qui m’avait été offerte à l’époque. Si elle ne désirait pas en faire autant, je n’allais pas perdre mon temps avec elle. J’allais d’ailleurs faire demi-tour et la laisser pleurer sur son triste sort, puisque c’était ce qu’elle semblait vouloir. Moi j’avais d’autres chats à fouetter et je n’aimais pas les gamins, alors je n’allais pas perdre mon temps. Néanmoins, j’eus un sourire satisfait quand je l’entendis s’intéresser à ce que je lui avais présenté. Peut-être qu’elle aussi n’était qu’une gamine paumée qui n’aurait aucun autre espoir de faire des études et d’avoir son appart, de ne dépendre de personne. Je me tournai de nouveau vers elle et croisai les bras en la dévisageant avec assurance.

« Oui, ils peuvent t’aider. En fait, c’est même leur intérêt. Si tu joues le jeu ici, tu seras gagnante sur tous les fronts. Si tu ne joues pas le jeu, ils se serviront, de gré ou de force. »

Quant à ses autres questions, je me demandais s’il fallait que je lui réponde. Je ne voulais pas non plus que trop d’idées germent dans sa tête et viennent lui donner l’envie saugrenue de prendre ma place. J’avais la désagréable sensation que ce moucheron était très malin et qu’il faudrait manœuvrer serré. Elle avait un sens de la répartie qui laissait deviner qu’elle n’avait pas froid aux yeux et qu’elle réfléchissait. Bien, au moins, elle ne serait pas une poupée sans cervelle manipulée par les mecs plus tard. Si elle avait de la jugeotte, elle ne tomberait pas dans leurs filets. Et donc ainsi, j’étais Gollum à ses yeux. Etrange vision, mais si cela l’amusait, je voulais bien laisser passer.

« Des conseils à donner à un moucheron. Déploie tes ailes et vole. Pour répondre à ta question, je devais avoir ton âge quand je suis arrivée ici et qu’ils m’ont appris à contrôler ma capacité. Et crois-moi, tu n’aimerais pas y goûter, elle te laisserait un goût amer. »

Et pour cause, de l’arsenic dans l’organisme cela ne devait pas être très agréable. Mais elle… que cachait-elle ? Oh, je pourrais toujours aller demander aux médecins quelle était la capacité de cette gamine, mais ça serait aussi bien que ça vienne d’elle. Un membre passa alors près de nous et sans crier gare, je l’attrapai par le col.

« Eh toi ! Va nous chercher du poisson. Et du bon, et que ça saute ! »

C’est qu’il fallait que je nourrisse mon moucheron. Je la regardais de nouveau. Je ne parvenais pas à savoir quelle vie elle pouvait avoir au-delà des locaux de Genetic. Une fillette pourrie gâtée qu’il allait falloir que je matte et que j’endurcisse pour qu’elle comprenne qu’un jour on cesse de nous donner la becquée ? Ou était-ce un moineau égaré qui allait pouvoir changer de vie grâce à notre intervention ? Bref, je me demandais à quel point nous nous ressemblions elle et moi.

« Tu peux continuer à m’appeler Gollum. Sinon c’est Dakota. Et toi, tu as un autre nom que moucheron ? Parce que cela ne me dérange pas de t’appeler de la sorte. Maintenant crois-moi, si tu leur donnes ce qu’ils veulent, tu apprendras à te contrôler. Et si tu les satisfais, ta vie changera. Ils peuvent devenir de vrais mécènes tant qu’on ne les contrarie pas. Je vivais dans un taudis et je ne mangeais pas à ma faim. Et maintenant, je suis diplômée de l’UCLA et j’ai un boulot qui me permet de m’acheter ces superbes paires de chaussures. D’ailleurs, si tu veux en imposer dans la vie, il va falloir que tu fasses un effort côté look. Tu as le potentiel pour faire des ravages. Je t’apprendrai si tu le souhaites. »

Cette gamine serait-elle mon chef-d’œuvre ? Peut-être. En tout cas, si elle s’endurcissait, elle pourrait creuser son trou ici. Et si j’augmentais mes appuis, j’allais grimper encore un peu plus dans la hiérarchie. Nous serions gagnantes toutes les deux. Par contre, si elle échouait, cela ne ferait que me ralentir. Sauf si elle merdait totalement. Mais il fallait prendre des risques dans la vie. Bon et ce poisson, il arrivait ?
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Ingrid Amelia


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MessageSujet: Re: Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]   Sam 17 Nov - 22:22

« Si tu joues le jeu ici, tu seras gagnante sur tous les front. ». Ainsi Ingrid pouvait continuer sa coopération fictive. Après tout, si elle faisait au moins semblant elle aurait quelques bénéfices. Dakota le confirmait. Au vue de ce que Keaton lui avait dit elle se méfiait. Mais la méfiance peut passer par le jeu et le jeu par la maître de soi. C’était un challenge qu’elle relevait, avec la satisfaction de son interlocutrice. Elle semblait ravie qu’Ingrid s’intéresse à ce qu’elle lui disait. Comment pouvait-elle faire autrement, alors qu’elle était enfermée entre quatre murs ? N’était-il donc pas logiquement plus judicieux pour elle de faire en sorte que les gens l’apprécient ? Et c’était justement pile à cet instant qu’elle rêvait de voir Keaton, cette figure sûre qui lui manquait tant.

« Bien je les écouterai alors. »

« Déploie tes ailes et vole ». Une métaphore qu’Ingrid aimait. Elle s’imaginait comme une colombe. Si tel était le cas, il fallait qu’elle laisse son innocence de côté et qu’elle grandisse pour de bon. C’était ainsi qu’elle comprenait ces mots. Mais voilà, la jeune femme lui donnait des conseils et Ingrid s’ouvrait, elle voulait en savoir plus. Elle ne savait plus qui lui avait préconisé cela, mais elle se souvenait très du « fais toujours en sortes de connaître ton ennemi ». Plus que cela, les énigmes étaient la pire chose à poser à Ingrid. Elle se creuser la tête jusqu’à trouver. Et de fait, elle essayer de comprendre le « te laisser un goût amer dans la bouche ».

« Du poison ? »

Elle ne voyait pas ce que cela pouvait être d’autre. Et dans le même temps la jeune femme chopa un employé qui passait par là et lui ordonna d’aller leur chercher du poisson. L’estomac d’Ingrid fit alors un immense gargouillis de plaisir. Oui elle avait faim, et généralement la cuisine n’était pas trop mauvaise. Ou alors elle n’était franchement pas difficile. Quoi qu’il en soit, elle en revenait à Dakota. Elle l’observait pendant qu’elle commandait le type et elle se demandait. Elle était là à son âge, oui, mais comment s’était-elle comportée ? Comme une dure ? Ou bien une faible ? Avait-elle hurlé ou pleuré ? Avait-elle était froide et obéissante ?

Visiblement, elle avait su se faire apprécier, et Ingrid l’admirait presque. Elle se l’interdisait cependant car elle savait qu’elle pouvait être une personne mesquine. Elle ne la connaissait pas alors il fallait qu’elle continue à se méfier. Pourtant elle sourit lorsqu’elle fit une remarque sur son accoutrement. A vrai dire elle ne connaissait pas les vêtements qu’elle portait et n’avait jamais revu ceux qu’elle portait lors de la soirée de la Révélation.

« Je ne sais pas d’où sortent ces vêtements et de toute manière je ne vois pas de quoi tu parles. Moi du potentiel ?... Sinon oui, je m’appelle Ingrid… Enchantée Dakota. »

Elle avait successivement tiré sa chemise et tendu sa main pour serrer celle de la jeune femme en signe de bienveillance. Elle allait lui demander comment elle comptait la mettre au goût du jour lorsque le type revint avec deux plateaux qui semblaient bien garnis. Ingrid se dépêcha de faire de la place sur la petite table qu’elle avait dans sa chambre et il posa les plateaux dessus. Elle souleva alors les cloches et put humer la bonne odeur de truites.

« Humm ça sent super bon ! »

Le gars lui était repartit aussi vite qu’il était arrivé.

« Dakota, c’est toi qui lui fait peur ? » demanda alors Ingrid avec un sourcil en l’air.
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Dakota R. Cooper


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MessageSujet: Re: Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]   Lun 19 Nov - 19:21

Ma petite chose semblait prête à faire ses armes et à se confronter au monde. Un bon point. Je savais d’expérience que subir tous ces tests sans broncher n’était pas une mince affaire, surtout en pleine adolescence. On préfère aller se bécoter dans les coins sombre plutôt que d’être attachée à tout un tas d’appareils sophistiqués ou qu’on nous pompe du sang à tout bout de champ. Mais j’étais aussi la preuve vivante qu’on peut en tirer profit. Il suffisait d’en vouloir dans la vie. Et cette gamine était prête. Et elle en avait dans le ciboulot. Elle avait tout de suite fait le rapprochement entre l’amertume et le poison. Diablement intelligente cette petite !

« Poison, oui, c’est pour cela qu’il ne faut pas me décevoir. »

Quoi ? Ce n’était qu’une petite menace de rien du tout ce n’est rien. En restant ici, elle en entendra de pire, croyez-moi. En attendant, il était grand temps qu’on mange elle et moi. Elle surtout, car son ventre criait famine. Ensuite, il faudrait que j’en apprenne plus sur elle et surtout que je la rhabille car là, ça n’allait pas du tout. Et il faudrait que je lui apprenne à avoir confiance en elle car elle ne devinait pas le moins du monde quels atouts elle possédait et à quel point cela pourrait lui servir dans la vie. Il faut savoir se battre avec toutes les armes que la nature nous donne… et son minois ferait des ravages.

Mais je n’eus pas le temps de lui exposer mes certitudes car déjà on nous apportait à manger et je vis ma petite protégée se précipiter sur les plat pour sentir le doux fumet qui s’en dégageait. D’un coup d’œil, je signifiai au type qu’il était de trop. Qu’on me laisse seule avec ce petit matériau brute dont j’allais faire émerger un diamant.

« Et sans un mot, Ingrid. Je t’assure que toi aussi, tu arriveras à ce niveau. Une bonne place dans la hiérarchie, un air assuré et tu seras la reine. Enfin, la princesse, je ne compte pas te céder ma place aussi vite. Mais approche un instant. »

Je voulais qu’elle voit ce que je voyais en elle. Là, elle n’était qu’une gamine me serrant à peine la main, mais elle pouvait être plus que cela. Alors en la tenant par les épaules, je l’obligeai à se tenir bien droite face à un miroir, tandis que je restais derrière elle. Avec adresse, je me mis à glisser mes doits dans ses cheveux pour leur donner un minimum de formes, tout en les faisant tomber le long de ses joues. Puis je tirai en arrière les pans de sa chemise afin que celle-ci épouse un peu plus les formes naissantes d’Ingrid, alors que je défaisais le premier bouton.

« Avec des talons hauts et une touche de maquillage, des chemisiers à la bonne taille aussi, regarde un peu la femme que tu peux être, Ingrid. Tu ne vois qu’une enfant mais moi je vois déjà la femme en toi. Elle est là. Il ne tient qu’à toi que les autres la voient également. On va manger. Ensuite il faudra que je te ramène certains de mes vêtements pour faire des essais. »

Parce que la beauté intérieure, ce n’est rien de plus qu’un vaste mensonge. Personne ne s’y intéresse. Pour avoir le pouvoir, il fallait en imposer, et ce n’était pas avec ce pyjama de prisonnier qu’elle allait faire des ravages. Alors je pris la résolution d’en faire quelque chose de cette petite. Mais avant, il fallait qu’elle reprenne des forces. Ensuite nous en ferons quelque chose.

« J’avais quinze ans quand j’ai débarqué. Pas de pleurs, rien. De toute façon, ici, c’était le paradis par rapport à chez moi. Et tu as vu juste pour le poison, je peux en… sécréter. Donc tu t’en doutes, c’est plutôt dangereux. Les médecins et autres blouses blanches m’ont appris à maîtriser le phénomène. Ça prend un peu de temps mais maintenant, je décide. C’est moi qui décide quand ça se déclenche. Alors… que sais-tu faire, Ingrid. Comment vas-tu régner sur les autres ? »

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Ingrid Amelia


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MessageSujet: Re: Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]   Mar 20 Nov - 18:43

Gollum, un surnom bien trouvé quand elle confirmait qu’elle sécrétait du poison. C’était ce que lui inspirait ce personnage de fiction, et l’amertume qu’elle avait évoquée n’avait fait que confirmer ses doutes. C’était étrange, peut-être qu’Ingrid réfléchissait trop d’avance ? Mais parfois elle s’amusait à se demander ce que les personnes qu’elle rencontrait pouvaient avoir comme capacité selon leur personnalité, même s’ils n’en avaient en réalité aucune. Et quelque part, savoir que la fille qui lui faisait face pouvait sécréter du poison et tuer en un clin d’œil imposait un certain respect. C’était à la fois impressionnant et frustrant. Ingrid se sentait totalement impuissante. Quant à Dakota, elle était une menace et cela, Ingrid mettrait un point d’honneur à ne pas l’oublier. Histoire de ne pas finir empoisonnée par mégarde !

Pour le moment, il semblait qu’elle n’avait pas trop de souci à se faire. Etrangement, elle avait l’impression délicieuse ou non, que Dakota voulait la façonner à son image. Une impression d’être poussée à s’élever dans un monde qui ne nous appartient pas. Etait-ce ainsi que les princesses se sentaient à l’époque alors qu’on leur choisissait leur vie ? Car en cet instant, elle s’imaginait princesse et Dakota était la mère de la princesse. Enfin, elle fit ce qu’on lui demandait. Elle s’approcha et Dakota l’installa devant un miroir. Ingrid n’aimait pas son reflet. De une elle ne s’acceptait pas, de deux elle n’était pas dans son meilleur apparat et de trois, elle n’était pas le plus jolie des filles. Quoi que d’après ce que la jeune empoisonneuse avait l’air de dire, elle avait de nombreux atouts. Et bien elle ne les voyait pas c’était clair !

« Mais je ne sais pas me maquiller et encore moins marcher avec des talons ! Je vais me casser la figure au premier pas avec ma maladresse… »

Cela dit, ressembler à une vraie jeune fille bien féminine lui ferait plaisir. Elle se trouverait surement plus agréable à regarder et aurait surement plus d’assurance qu’elle pouvait en avoir. Même si au fond, elle ne voyait pas vraiment à quoi cela pouvait lui servir de ressembler à une vraie petite femme entre ces quatre murs. Elle ne le saurait probablement jamais puisqu’elle se laissa entraîner vers le repas. Son estomac criait tellement famine qu’elle en avait mal.

Elle écouta alors l’histoire de Dakota tout en humant l’odeur du poisson cuit et mijoté avec les petits légumes et les pommes de terre. Puis elle planta une fourchette de manière déterminée dans la chair tendre qu’on lui avait si bien présenté dans l’assiette. Elle enviait à Dakota son contrôle de sa capacité et à la fois elle le bénissait. Ca permettait d’éviter les erreurs. Elle ne le savait peut être pas, mais Gollum commençait à convaincre Ingrid de vraiment collaborer avec les médecins et tout autre personnel de Genetic qu’elle verrait. Elle allait même se soumettre aux caprices de son hôte histoire d’avoir une alliée au sein de l’organisation. Au final peut être qu’elle pourrait aider avec les connaissances qu’elle acquerrait ainsi.

« La braise. Mon corps devient aussi chaud que la braise sous le coup d’une émotion forte et parfois même des flammèches apparaissent au niveau de mes bras. Je ne veux pas régner sur le monde, juste contrôler cette capacité pour éviter de tuer à nouveau quelqu’un qui m’est cher. »

En disait-elle de trop ? En demandait-elle de trop ? Ingrid ne savait pas, mais elle disait ce qu’elle pensait, ce qu’elle avait au fond du cœur. Elle voulait arrêter de faire du mal car elle était fondamentalement gentille et non le contraire. Peut-être que Dakota ne le comprendrait pas, mais au moins elle lui avait fait directement comprendre.

« Tu dis que c’était long, mais comment ils t’ont aidé à contrôler ta capacité ? Ça a été douloureux ? »
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Dakota R. Cooper


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MessageSujet: Re: Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]   Ven 23 Nov - 20:35

Il faut parfois être un bourrin pour réussir dans la vie. Et parfois, il suffisait d’être stratège et j’espérais bien que j’avais du flaire sur ce coup là. Sinon, cela pourrait me coûter cher. Et je n’avais pas envie de tout perdre bêtement. Mais je sentais du potentiel chez cette gamine et étrangement je ne parvenais pas à être totalement égoïste sur ce coup-là en la laissant tourner dans sa cellule comme un lion en cage. Bon, ok, je comptais me servir d’elle pour être bien vue, mais cela se répercuterait positivement sur Ingrid. Si ce n’était pas de la générosité, alors je ne savais pas ce que c’était.

Mais s’il y a bien une chose que je n’aime pas, ce sont les gens qui se lamentent sur leur sort et baisse les bras. Eux, ils ne valent pas le coup, autant les laisser se dépêtrer dans leurs problèmes. Je m’étais battue pour arriver où j’en étais et cette gamine allait devoir en faire autant. Mais il fallait tailler et polir ce diamant brut. Elle ne sembla pas convaincue par son reflet dans le miroir. Soit, je lui prouverais qu’elle se trompait lourdement. De toute façon, j’avais raison, elle avait tort. C’était comme cela que ça marcherait et elle s’en rendrait vite compte si elle tenait à avoir une alliée au sein de Genetic.

« ça s’apprend, Ingrid. Tout s’apprend avec un peu d’entraînement. Dès demain je ramène ce qu’il faut et on va révéler la femme qui se cache derrière ces allures d’enfants. »

Elle avait quoi, 15 ou 16 ans, il était temps qu’elle découvre le pouvoir qu’elle pouvait avoir. Et j’allais la former, la guider, alors que moi, j’avais dû me débrouiller toute seule. Mais dès que je m’étais hissée sur des talons hauts et que j’avais réussi à faire cent mètres sans me tordre la cheville, je m’étais sentie prête à conquérir le monde. Et j’avais vite vu le regard des autres changer. Dès que l’on fascine, on tient sa chance. Personne ne me l'avais dit, je m’étais formée toute seule. Et pour l’instant, cela payait ses fruits. En attendant, je la regardais manger avec avidité. Mon moucheron avait faim.

« Peut-être est-ce plutôt toi que l’on devrait appeler Gollum vu comment tu manges ! Tu te souviens de la scène où il mord à pleines dents dans son poisson ? »

Moi en revanche, je ne mangeais pas, je grignotais. C’était nécessaire pour garder un corps en forme. Je ne m’accordais que très rarement des excès, même si cela m’arrivait de mordre dans un bon hamburger. Mais dans ces cas là, vous pouviez être sûrs que je serais dans une salle de sport jusqu’à ce que la moindre calorie soit éliminée. Je ne voulais pas perdre le contrôle. Je voulais gagner. Point. Donc en attendant, pas de pommes de terre, juste un peu de poisson et des légumes, cela suffirait.

Puis j’écoutais les propos d’Ingrid sur sa capacité. Elle était très intéressante. Elle était dangereuse. Et une capacité dangereuse et contrôlée, avec un corps parfait, ça vous mène vers les sommets. J’aurais pu noter le manque d’ambition de cette gamine mais ce fut autre chose qui attira mon attention.

« De nouveau ? Qu’entends-tu par là ? Et en parlant d’êtres chers… Ne t’attache pas trop, ce sont eux qui provoquent les plus grandes trahisons. Demande-toi où sont ces êtres chers et s’ils veillent suffisamment sur toi pour que tu sois ici … »

On ne peut compter que sur soit dans la vie, c’était dans son intérêt d’apprendre cette leçon au plus vite. Quant au reste, elle pouvait l’apprendre, avec un peu de bonne volonté.

« Se contrôler ça ne s’apprend pas en quelques jours. Il m’a fallu plus de deux ans pour décider de sécréter ou non le poison, c’est-à-dire de maîtriser mes propres réactions physiques. Et encore du temps pour gérer la violence du poison. Mais maintenant je contrôle tout et je ne dirais pas que cela a été douloureux. Non , ça a été fatigant. Mais tout ce par quoi je suis passée, ça en valait la peine. Tu as d’autres questions moucheron ? »

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Ingrid Amelia


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MessageSujet: Re: Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]   Dim 25 Nov - 12:29

Passer de la tristesse à la joie. Etait-ce vraiment faisable ici ? Non bien sûr que non, mais le contentement, la vie pouvaient revenir en quelques instants. Cela était possible, surtout avec une Dakota qui promettait une partie d’essayages le lendemain. Ingrid se méfiait, certes, car cette jolie fille l’effrayait quelque part, mais elle se disait aussi que si elle devenait son alliée elle pourrait peut-être mieux vivre son emprisonnement dans ces locaux. Car au fond, elle ne se voilait pas la face, qui autour d’elle connaissait Genetic ? Qui autour d’elle penserait à la chercher ici. Personne… Le seul être vivant sur cette terre qui pourrait la trouver résidait à présent en Afrique du Sud. Il valait donc mieux pour elle qu’elle se débrouille toute seule, et qu’elle grimpe dans l’estime des gens par n’importe quel moyen afin d’espérer un jour retrouver sa liberté.

« Chouette ! » s’exclama-t-elle alors pour montrer son engouement.

Ingrid n’avait pas besoin de feindre. Elle était réellement contente d’avoir l’opportunité de faire autre chose que d’aller voir les médecins, passer des tests et tourner en rond. Heureusement, elle avait obtenu des bouquins pour pouvoir lire de temps en temps, mais ça ne restait qu’une activité à caler dans ses nombreuses heures éveillées. D’ailleurs, elle dormait tellement peu qu’elle remarqua de gros cernes sous ses yeux qu’elle tâta devant le miroir.

« C’est moche » constata-t-elle alors.

Puis elles commencèrent le repas. Ingrid engouffrait sa nourriture à vitesse grand V pendant que Dakota picorait. Leur différence d’appétit était conséquente, mais l’adolescente n’y faisait pas attention. Jusqu’à ce que la jeune femme le lui fasse remarquer. Elle sourit alors, gênée et arrêta de manger. C’était peut-être impoli. D’autant que vu la ligne parfaite, voire un peu maigrelette de Dakota, ce ne semblait pas être la nourriture son premier souci. Et de toute façon elle commençait à parler de Gollum et d’une des scènes préférées d’Ingrid. Le seigneur des anneaux, elle l’avait bien vu une dizaine de fois, et pourtant elle ne s’en lassait pas et pire que cela, elle les connaissait presque par cœur.

« Oh oui bien sûr ! Une scène glauque mais tellement bien ! On comprend bien le personnage lors de cette scène, son côté pervers ressort vraiment bien, tu ne trouves pas ? »

Ce qui les entraîna sur une discussion beaucoup plus sérieuse. Les capacités. Dakota lui demandait la sienne, et elle avait beau réfléchir, elle ne voyait pas l’intérêt de lui mentir ou de refuser de parler, puisqu’elle faisait partie des employés et qu’il lui suffisait surement de prendre son dossier pour savoir. Elle enchaîna alors sur une réponse qui lui semblait claire. Bien qu’elle ne le soit au final pas totalement pour Dakota qui demandait des précisions.

« Un soir avec ma mère nous sommes rentrées à la maison et y’avait des cambrioleurs. L’un d’eux m’a pris en otage j’ai eu peur et ma capacité s’est déclenchée. Les flammèches sont apparues et le feu s’est propagé d’abord sur le cambrioleur qui me tenait puis sur les rideaux. Mon père était attaché à une chaise, ma mère a été assommée je pense et moi je suis tombée dans les pommes. Je me suis retrouvée à l’hôpital, orpheline. »

Laisser croire qu’elle était orpheline et que personne ne s’occupait d’elle pourrait peut-être aider Maggie, ou même Keaton si celle-ci l’avait prévenu. Elle ne savait pas, Ingrid avait espoir, et elle n’écoutait pas Dakota, car elle savait que ses proches ne la trahiraient pas vu le nombre réduit qu’ils étaient.

« Je suis ici à cause de ce qu’il s’est passé à Central Park… On m’a enlevée… Aleksandra m’a dit que c’était pour m’aider et me protéger. »

Elle n’ajouta rien de plus. Le ressentiment qu’elle avait, elle devait le garder, ne rien laisser paraître, rester neutre, et faire en sorte de comprendre tout ce qu’on voulait d’elle et tout ce qu’on voulait lui donner. Rester forte et ne pas se plaindre pour gagner confiance et liberté. C’était dur, mais elle pourrait s’abandonner dans un moment de solitude totale.

« Ton poison tue forcément ? Parce que pour apprendre à te contrôler tu as du tuer beaucoup de gens dans ces cas-là si ça t’a pris deux ans, non ? »

Ingrid espérait que son poison ne tuait pas forcément parce que savoir qu’elle était en face d’une tueuse la ferait vraiment flipper. Elle n’était pas de ce monde, et elle n’était pas violente, comment arriverait-elle à gérer ça en plus ? Savoir que chacun de ses mouvements serait épié et qu’une déception pourrait entraîner sa colère et donc l’envie d’utiliser son poison rendait les choses beaucoup plus délicates qu’elles ne l’étaient déjà. Ingrid ferait avec certes, mais elle serait plongée dans une dualité surement très dure à gérer.

« Sinon la question que je me pose c’est comment est-ce qu’on va m’aider à me contrôler, sachant que ma capacité réagit selon mes émotions. C’est impossible de s’empêcher d’être triste ou en colère tout le temps… »
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Dakota R. Cooper


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MessageSujet: Re: Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]   Lun 26 Nov - 21:12

Est-ce que cela valait la peine que je me décarcasse pour elle ? Peut-être. Sûrement. Et puis, en un sens, cela m’amusait comme perspective. Et autant prendre un peu de plaisir dans son travail sinon cela devient vite ennuyeux. Et je n’était pas du genre à aimer m’ennuyer. Je me lassais très vite. Et Ingrid m’amuserait quelques temps. Echange de bons procédés entre nous finalement. Et Ingrid sembla enthousiaste à l’idée de se la jouer pretty woman. Car c’était bien ce qui allait se passer. Dès demain, je ferai d’elle une véritable œuvre d’art. Là, elle n’était qu’une petite fille, mais bientôt… avec des vêtements plus cintrés, des formes mieux dessinées et surtout le maquillage approprié au niveau des yeux, Ingrid serait méconnaissable.

Je ne pus d’ailleurs m’empêcher de sourire lorsqu’elle commenta ses cernes. C’était certes disgracieux, mais il serait aisé d’y remédier. Et surtout, sa remarque traduisait une certaine préoccupation de son apparence. Elle y pensait et cela était bien. Il faudrait qu’elle y veille car elle détenait là un atout non négligeable. Et surtout, cela lui remonterait le moral après les phases de tests. Je savais à quel point on se sentait minable après être passé entre les mains des médecins. Minable et faible. On devient de vrais objets et de vraies loques. Ça, c’était dur. Je ne voulais pas l’inquiéter mais elle y passerait. C’était nécessaire, pour son bien aussi, même si cela semblait paradoxal. Au moins, si elle trouvait le moyen de se redonner fière allure après les test, cela l’aiderait. Elle gagnerait en assurance et n’aurait plus l’impression d’être regardée comme une bête de foire.

Pour l’heure, je préférais lui laisser un peu de naïveté. Elle découvrirait bien vite la réalité de ce monde. Moi aussi, j’avais eu peur au début. Et moi aussi j’avais mangé aussi vite qu’elle les premières fois. Je ne mangeais pas à ma faim avant. Là, j’avais tout. Tout à portée de main. Alors oui, les premiers temps, j’avais dévoré les plats. Tout m’était apparu comme une chance. Puis avec le temps, j’avais juste affiné mes armes.

Je souris. Cette gamine avait un enthousiasme à faire peur. Même sur une scène d’un film. Une scène bien dégueulasse en plus, où on voyait des dents moisies se planter dans la chair d’un poisson encore vivant. Beurk. Et pourtant. Moi aussi j’avais du ressembler à cela au début.

« Oui… Mais c’est un pervers affamé à qui on a volé la seule chose qui ait jamais compté pour lui. Il ne faudrait pas oublier cette partie de l’histoire. On lui a volé l’anneau et sa vie… »

Beaucoup de gens passaient totalement à côté de cet aspect là. Ils ne voyaient en lui qu’un monstre froid et fou. Mais il était aussi victime de la malfaisance des autres. Donc non, on ne pouvait pas dire qu’on comprenait « bien » le personnage en ne voyant que son côté pervers… Enfin bref, nous n’étions pas là pour parler de cinéma. La vie réelle était aussi riche en rebondissements en ce qui les concernait. D’autant qu’elle semblait cacher elle aussi quelque chose de tortueux et de torturé. Un gollum en puissance mon moucheron ? Peut-être. Je l’écoutais avec attention. Elle avait des crimes sur la conscience cette petite. J’en avais aussi, quand Genetic m’avait forcée à utiliser plusieurs fois ma capacité, pour voir quelle quantité de poison serait nécessaire pour tuer quelqu’un. Orpheline… En un sens, on pouvait dire que je l’étais. En revanche, ce qui me plaisait moins, c’était cette note de culpabilité que je pouvais percevoir dans sa voix. C’était peut-être dur ce qu’elle avait fait, mais il fallait savoir laisser le passé derrière soi, sinon, elle sombrerait.

« Ton instinct de survie a pris le dessus. Ce qui est fait est fait Ingrid. J’ai pas vraiment de parents non plus. Et ce n’est pas ça qui m’a empêchée de m’en sortir. »

Aller de l’avant, coûte que coûte. Courir, encore et toujours. Et finalement, si elle était orpheline, alors Genetic représenterait véritablement une chance pour elle. Ils financeraient ses études comme ils l’avaient fait pour elle, ils lui ouvriraient des portes si elle savait bien se comporter. Ingrid fournissait beaucoup d’informations.. beaucoup trop. Il faudrait qu’elle apprenne à être discrète et à tenir sa langue. Voyons, Central Park, oui, avec ces imbéciles qui avaient voulu dire à tout le monde qu’il existait des mutants. Comme si Genetic allait les laissait faire. Ils m’avaient donné du taff en plus. Mais surtout cette Aleksandra… Romanov avait mis la main sur mon petit moucheron. Et je n’aimais pas cela du tout.

« Je ne sais pas quel était réellement l’intention de cette femme. Mais une chose est sûre, elle n’a certainement pas agi dans ton intérêt. Est-elle venue te voir depuis que tu es là ? Est-elle venue t’aider et te guider ? A mon avis, non… Bref. Moi j’ai été vendue.. par ma propre mère. Donc crois moi, pour les gens comme nous, c’est une chance d’être ici, si on sait se montrer rusé. »

Mais cela avait l’air de réellement la travailler. Une conscience. J’en avais eu une, à une certaine époque, mais je n’étais pas convaincue d’en avoir encore une à l’heure actuelle. Ce sentiment de culpabilité, il s’était comme évaporé, petit à petit. Je ne faisais que me battre pour survivre après tout. Est-ce que je devais être honnête avec elle ou la laisser croire que je pouvais la tuer très facilement ? Je n’étais pas certaine de la marche à suivre.

« Non, il ne tue pas forcément. Il y a eu des « incidents » pour que j’apprenne à maitriser ça mais cela a rarement dégénéré. Mais j’ai rendu beaucoup de gens malades. Tout comme je me suis rendue malade. Quant à s’empêcher d’être triste ou en colère… Malheureusement si, cela s’apprend. J’ai arrêté d’être triste et en colère quand j’ai compris qu’on ne viendrait pas me chercher. Je sais que c’est long, mais cela s’apprend. »

Il y avait aussi une autre solution. Mon pouvoir se déclenchait sous l’effet de l’adrénaline et en fonction du rythme des palpitations de mon cœur. Donc moi aussi j’étais soumise aux émotions mais je trichais. Néanmoins, elle était jeune, et cela m’ennuyait… Non… je ne pouvais pas l’encourager à faire comme moi et à recourir aux médicaments et autres drogues.

« C’est un gros travail psychologique que tu vas devoir faire ma jolie. Mais si jamais tu n’y parviens absolument pas, nous verrons ce que nous pourrons faire. Mais crois moi, l’émotion, ça se gère. »

Même si cela fait mal . Néanmoins, plus tôt elle se forgerait une carapace, mieux cela serait pour elle. On n’était jamais assez protégé dans la vie.

« Est-ce que tu veux me montrer ce que cela donne ? »
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Ingrid Amelia


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MessageSujet: Re: Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]   Mar 27 Nov - 21:31

Pourquoi après lui avoir lancé des piques, Dakota voulait s’occuper de l’adolescente ? Pourquoi se préoccupait-elle de son apparence, de son intégration ? Autant de questions qui se bousculaient dans l’esprit d’Ingrid, autant de questions qui ne trouveraient surement jamais de réponse. Alors pour le moment elle profitait, elle restait naturelle et se montrait intéressée par toutes les propositions. Après tout, peut être que ce serait une belle expérience de vie ! Et puis si elle pouvait rendre son séjour ici plus agréable, elle estimait qu’il fallait sauter sur l’occasion.

Puis Dakota lui avait déjà enseigné une règle : savoir être opportuniste. Elle ne l’avait pas forcément dit explicitement, mais son comportement parlait pour elle. Ingrid savait lire quelques lignes dissimulées par ci par là, mais elle ne s’élancerait pas plus loin dans l’analyse du personnage, ce qu’elle savait déjà lui hérissait à moitié le poil. En effet Dakota lui inspirait le respect rien que de par sa capacité. Qui aurait envie de se mettre à dos quelqu’un qui peut faire circuler instantanément du poison en vous ? Personne. Du moins Ingrid l’espérait, et surtout elle n’était pas de ces gens là, elle en était certaine. Même si ces jours ici n’avaient fait que la rendre triste et lui rappeler à quel point que ce qu’il lui restait lui manquait, elle ne souhaitait pas encore mourir. Elle ne voulait pas qu’on lui vole son précieux à elle : sa vie.

Gollum, lui, n’avait pas eu cette chance. Son précieux, on le lui avait vilement dérobé, et il en avait perdu toute trace de générosité et de bon sang. Il était devenu une créature de l’ombre rongée par l’envie de retrouver son précieux. Réduit à l’était le plus primaire de l’homme, ou du hobbit en l’occurrence. Ingrid ne voulait pas finir comme ça.

« En fait ce que je n’ai pas dit c’est que Gollum est mon héros en quelques sortes. Parce que c’est grâce à lui que je me bats dans la vie. Je veux dire qu’il représente pour moi l’état le plus primaire dans lequel on peut tomber lorsque l’on perd le plus précieux à nos yeux. Le voir me rappelle qu’en se battant on peut rester nous-même malgré les pertes… Je ne suis pas claire hein… »

Parfois elle pouvait avoir une philosophie bien étrange. Mais avec ce qu’elle avait vécu, avec le meutre de ses parents, car c’est bien comme ça qu’elle qualifiait son acte, elle avait besoin de se rappeler qu’elle voulait rester humaine, et elle-même, à contrario de Gollum qui s’est laissé rongé. Et Dakota de se rendre compte qu’elle culpabilisait pour la mort de ses parents. Mais comment faire autrement. Ingrid était un nounours dans un monde de brutes. Et elle ne comptait pas changer, elle ne comptait pas avoir le cœur de pierre que semblait posséder Dakota, même si elle se disait qu’elle serait plus tranquille ainsi, qu’elle aurait moins de problèmes avec sa capacité et avec la souffrance qu’elle endurait.

Aleksandra semblait être de la même trempe. Et elle semblait aussi ne pas être dans les petits papiers de Dakota malgré ce qu’elle disait. Et d’un seul coup, Ingrid se sentit comme un objet que deux camps se battaient, et elle n’aimait pas ça. Elle n’aimait pas l’idée qu’on essaye de se la mettre dans la poche pour mieux l’utiliser en suite à des fins personnelles.

« Elle est venue me voir, elle m’a expliqué les choses, beaucoup de choses. Je ne sais toujours pas ce que e dois penser, mais elle m’a calmé et depuis je me fais plus à l’idée d’être ici. Et justement j’apprends à être rusée… Mais j’ai besoin de cours encore je crois ! »

Ingrid sourit. Dakota n’était au fond pas la file méchante qu’elle montrait en surface. Ce n’était pas possible. Dans le doute, elle préféra tout de même se renseigner plus en profondeur, et ce que lui dit la jeune femme ne la rassura pas forcément.

« Te rendre malade ? Ta capacité a des effets sur toi ? … »

Ca ne serait pas pratique dans ce cas-là. Avoir une capacité qui nous rend malade. La sienne au moins avait le mérite de ne pas faire trop de dégâts sur elle.

« Mais je ne veux pas devenir une coquille vide. Le monde doit paraître si fade après ! »

En effet, si contrôler sa capacité signifier oublier tout sentiments, elle ne voulait pas revivre ça. Elle se souvenait de l’effet que cela faisait depuis que Sacha avait capturé sa culpabilité et sa tristesse suite à la mort de Morgan et elle ne voulait pas que ça recommence. D’un autre côté, elle ne voulait pas non plus que ça capacité reprenne à ce point le dessus. Et son cauchemar recommençait. Dakota lui demandait de voir ce que donnait sa capacité. A l’entraînement, on lui avait demandé la même chose. Et Ingrid savait comment faire pour déclencher sa capacité, mais elle ne savait pas s’arrêter.

« Euh c’est-à-dire que je sais déclencher mais pas stopper ! Et je ne voudrais pas tout brûler… »

Ingrid hésitait, puis elle finit par se mettre en tailleur sur la chaise qu’elle venait de placer au milieu de la pièce. Elle ferma alors les yeux, et puis laissa défiler dans son esprit les images de ses parents puis de l’incendie, puis l’image de Keat à l’aéroport qui s’envole pour l’Afrique du Sud, puis celle de Morgan étendu mort, sur le sol goudronné de la route, puis le visage d’Andrew au volant de la voiture qui venait de le percuter, puis l’image de Sonny, sa grande sœur qui lui manquait, puis cette de Maggie, sa nounou d’enfer, puis Jayden, Dylan, et le soir de la Révélation.

Toute ces images créaient une vision une sensation, et un sentiment d’abandon qui déclencha la capacité d’Ingrid en peu de temps de concentration. Sa peau était rouge comme la braise et de la chaleur s’en échappait. Elle ouvrit les yeux et fixa Dakota. Elle respira un bon coup puis inspira et expira pour contrôler la puissance. Mais elle était fatiguée, car l’entraînement de l’après-midi avait été long et fastidieux. Mais au moins, elle se rendait compte que cela servait à quelque chose.
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Dakota R. Cooper


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MessageSujet: Re: Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]   Lun 3 Déc - 19:22

Leonard de Vinci et la Joconde, David et la Liberté guidant le peuple… Dakota Cooper et Ingrid… Oui, peut-être que cette gamine était bel et bien destinée à être son œuvre d’art, mon chef-d’œuvre, qui me ferait triompher. Oulà, oulà… il ne fallait pas que je m’emballe. Je fondais beaucoup d’espoir sur elle et cela n’était pourtant pas mon genre. D’habitude, je ne comptais sur personne. Je me servais des gens qui pouvaient m’aider, voilà tout. J’étais reconnaissante envers Tussle, mais ça s’arrêtais là. Je n’allais pas me contenter de cela. Je dépasserai le statut où il m’avait mise. Foi de Dakota.

Enfin, j’en ferai vraiment quelque chose si elle pensait ce qu’elle disait de Gollum et si elle arrêtait d’analyser le film. Elle avait raison dans le sens où Gollum était un héros lui aussi. Une vie brisée, fauchée en plein vol. Une vie volée. Qui avait le droit de le condamner pour cela ? Je savais ce que cela faisait d’être réduit à un état primaire. D’être seul et en souffrance. De vouloir se battre et d’être absolument prêt à tout pour regagner ce qu’on nous avait lâchement volé. L’anneau de pouvoir. Moi aussi j’allais gagner mon anneau de pouvoir. Il me suffisait d’être patiente et de perdurer dans mes efforts.

« Si tu es très claire, au contraire. Garde cette optique bien en tête surtout. Mais reste lucide. Il faut penser à tout ici. Tout le temps. C’est dans le dénuement le plus total qu’on est capable de juger de la valeur de quelqu’un. Celui qui laisse tomber et qui est condamné à n’être qu’un looser. Et celui qui va se battre pour atteindre son but. Les vrais gagnants sont là. »

Et à mes yeux, crâmer ses parents à cause d’un instinct de survie, ce n’était pas de la lâcheté. C’était la loi de la nature. Sa capacité l’avait sauvée, c’est qu’elle en valait la peine. Rien n’arrive par hasard. A elle de saisir la perche tendue et de l’utiliser à bon escient. Elle avait un pouvoir de vie et de mort sur ses victimes. J’aurais adoré avoir ce pouvoir. Voilà comment être respectée et se débarrasser de ceux qui veulent briser votre vie. Et j’empoisonnerais bien cette Aleksandra. Si elle croyait qu’elle pouvait toucher à mon jouet, elle se fourrait le doigt dans l’œil et profondément. Mais elle semblait déjà avoir mis le grappin dessus… Mais cela n’allait pas se passer comme cela.

« Oui, tu as besoin de cours. Dommage qu’elle n’aie pas jugé bon de te former. Dommage qu’elle t’aie laissé te débrouiller toute seule sans te donner les clés nécessaires. Tu n’auras qu’à lui demander de te former. Je ne passerai pas derrière elle. »

Hors de question. Si elle avait déjà formaté mon petit moucheron, il était souillé. Hors de question que je ramasse ses miettes. Mais je voulais tout de même savoir ce dont elle était capable, histoire de voir à quoi j’aurais affaire si elle décidait de rejoindre les rangs de Romanov. Choix idiot vu la conjoncture actuelle mais Ingrid restait une gamine influençable. Qui pouvait prévoir quel poison pernicieux elle avait déversé dans sa tête… Mais en attendant, mon petit moucheron avait des questions bien légitimes…

« Je crois qu’aucune capacité n’a aucun contrecoup. Nous devons tous payer le prix de notre différence. C’est donnant-donnant, alors oui, je suis un peu… affaiblie dirions-nous., quand je m’en sers. Mais que cela ne te donne pas des idées pour en profiter. Ça ne marchera pas… Quant à être une coquille vide et savoir se protéger et se préserver, il y a un monde. »

Je ne me considérais en effet pas comme une coquille vide. J'avais appris à ne rien regretter, à ne pas montrer quand ça n'allait pas, à ne pas me focaliser sur les échecs. Cela ne voulait pas dire que je n'éprouvais pas d'émotions. Je me concentrais juste sur les bonnes sensations. Il ne fallait pas se laisser dominer par ses émotions c'était tout. Il fallait les contrôler.

« Bon, même si tu préfères être formée pas la « grande Aleksandra », montre moi ce dont tu es capable. J’attends…. »

Je voulais tout de même savoir. Si vraiment cette gosse était talentueuse, je ferai ce qu’il faudrait pour la récupérer dans mon escadron. On ne laisse pas échapper les diamants bruts. Ingrid avait peur de ce qu’elle pouvait faire. Je peux comprendre, mais si elle avait peur du pouvoir, alors elle se ferait dévorer toute crue dans ce monde de fous. Plus tôt elle comprendrait qu’elle avait une arme de choix entre les mains mieux ce serait pour elle.

« Il faut que tu domptes ta capacité Ingrid. Et ne t’inquiète pas, au pire, il y a des extincteurs dans le couloir. Alors vas-y. »

Je refusais qu’elle baisse les bras. Elle n’avait pas le droit de baisser les bras. Pas ici. Et elle-même sembla le comprendre puisqu’elle changea de place. Je la laissais faire, qu’elle prenne ses marques et après tout, peu importait les moyens, pourvu qu’on arrive à la fin escomptée. Je ne la quittais pas du regard, même quand ses yeux se rivèrent dans les miens. Puis les choses évoluèrent… Je pus constater que son corps… changeait… de légères flammèches apparurent.

Combustion spontanée… tout cela était véritablement excellent. Je me mis alors à avancer vers elle et tourner autour de la chaise, en l’admirant sous tous les angles. Entre mon poison et sa combustion, nous ferions une fine équipe. Tellement de pouvoir et si peu de volonté et d’ambition, ceci était un gâchis sans nom. Et là, comme une imbécile, je tendis la main vers elle, me brûlant au passage. Instinctivement, je portai les doigts à ma bouche pour souffler sur la brûlure. Et je souriais.

« Tu es tellement puissante Ingrid. Tu peux t’arrêter maintenant. Tu peux faire tellement de grandes choses. Ingrid… réfléchis à tout cela. Imagine le jour où tu contrôleras absolument ton pouvoir. Tu seras en mesure de tout réaliser… allez, stoppe ça et dis-moi… Dans quelle équipe vas-tu jouer à partir d’aujourd’hui ? »
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Ingrid Amelia


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MessageSujet: Re: Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]   Mer 5 Déc - 19:23

Si elle enlevait le côté Genetic ainsi que son côté hautain et superficiel, Ingrid trouvait Dakota plutôt sympa. Ce qu’elle n’aurait jamais imaginé. Enfin trouver quelqu’un de sympa dans cette organisation. Ceci dit cette réflexion ne pouvait objectivement se construire sur un entretien de quelques minutes, ou même quelques heures. Ingrid n’avait plus confiance, en personne. On l’avait trahi, et ça elle ne l’oublierait pas. Elle qui avait tendance à être trop naïve, se promettait de faire en sorte de bien sonder les gens avait de leur accorder quoi que ce soit venant d’elle.
Ceci étant, la jeune femme était tout de même de bons conseils. Elle s’était présentée tel un grand méchant loup, mais au final, depuis le début, elle lui prodiguait de précieux conseils. Précieux… oui comme l’anneau de Gollum, comme la vie d’un être humain. Ce joyau que l’on veut garder à tout prix. Ingrid comprenait les propos de Dakota aussi elle acquiesça du chef pour le signifier. Après tout, elle ne savait pas quoi ajouter d’autre sur ce sujet. Elle avait raison, point c’est tout !

Mais on était à Genetic, aussi Ingrid ne fut pas surprise que la discussion dévie si rapidement sur les capacités. D’abord celle de Dakota, qui intimidait Ingrid, lui faisait peur même, puis sur la sienne, sa combustion spontanée, cette capacité qui avait provoqué la mort de ses parents. Elle se doutait bien que Dakota n’était pas le genre de personne qui compatirait à sa douleur et qu’elle trouverait le moyen de percevoir ce décès comme un fait bénéfique. C’était le cœur de pierre de la jeune femme qui parlait ainsi, elle en était convaincue. Qu’est-ce que cela pouvait être d’autre ? Du conditionnement ?

« Comment ça ? Elle me forme, enfin elle a donné l’ordre de me former. »

Neutralité, maître mot d’une vie saine entre ces quatre murs. C’était ce que se disait l’adolescente pour garder la tête froide et ne pas montrer ses émotions quant aux questions qui touchaient de près ou de loin Genetic. C’était comme s’il y avait marqué au fer rouge « Défense d’avoir d’exprimer le moindre sentiment au contact des Geneticiens » . Tiens, d’ailleurs, les gens qui travaillaient pour Genetic s’appelaient-ils vraiment des Geneticiens ?

Enfin pour être honnête, elle ne voulait pas avoir à faire à Aleksandra. Devant, elle faisait illusions, mais au fond elle ne l’aimait pas. Elle s’était jouée d’elle dès le début, et l’avait condamné à être enfermée entre ces quatre murs et à se faire tester.

« A la fois nous sommes capables de faire des choses qu’un être humain commun ne peut pas faire. Cela suppose donc que l’on utilise d’autres ressources que le corps humain n’est pas habitué à utiliser, il est donc normal qu’il se fatigue et qu’il y ait un contrecoups. Enfin, je le vois ainsi, ma logique est peut être totalement fausse… »

L’adolescente se posa alors sur une chaise, au milieu de la pièce et elle se concentra alors que Dakota l’incitait à lui montrer sa capacité. Ingrid contrôlait plus ou moins le départ, mais jamais la fin. Elle laissa donc ses sentiments l’envahir, sa tristesse, sa culpabilité, le manque de sa famille d’adoption, les décès qui la hantaient et tout ce qui pouvait l’aider à activité sa combustion. Puis ses bras et son visage devinrent rouge écarlate. Et surement le reste de son corps, mais ça, Dakota ne pouvait pas le vérifier puisqu’Ingrid était couverte, et lorsque le ressentit fut assez intense, des flammèches bleues apparurent sur ses avants bras. L’adolescente commençait à faiblir car l’apparition des flammèches était le stade le plus avancé de son don. Alors Dakota lui dit d’arrêter. Sauf que ce n’était pas si facile. C’était le principal problème de chaque séance qu’elle avait eu jusqu’à présent.

« Je ne peux pas arrêter, je n’y arrive pas… Ca m’épuise… Je ne sais pas comment faire … »

Ses mots commençaient à être saccadés, lorsqu’elle eut soudain une idée. Se concentrer sur Dakota. Sur ses mouvements, sur ses paroles, sur tout son être, et oublier le reste. Si elle oubliait ce qui déclenchait, alors la capacité s’apaiserait, elle en était certaine. Et elle eut la confirmation lorsque les flammèches disparurent pour laisser place au rouge cramoisi, puis enfin à sa peau claire. Le processus avait bien dû prendre une dizaine, voire une quinzaine de minutes.

« Tu as l’air de e pas apprécier Aleksandra… Que t’a-t-elle fait ? »

Ingrid ne répondait volontairement pas aux interrogations de Dakota car elle n’avait pas toutes les cartes en main. DE fait, elle ne pouvait pas dire dans quelle cour elle allait jouait, ni même si elle allait se prêter au jeu.

« Je ne veux pas utiliser ma capacité pour faire de grandes choses. Que pourrais-je bien en faire de toute façon sans que cela ne soit mal honnête ? »
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Dakota R. Cooper


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MessageSujet: Re: Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]   Sam 8 Déc - 16:48

Je n’aimais pas qu’on joue sur mes plates bandes. Et cette Aleksandra semblait avoir mis le grappin sur ma petite pierre précieuse. Non, je n’ai mais pas cela. D’un autre côté, si elle s’y intéressait aussi, cela voulait bien dire qu’Ingrid avait quelque chose de particulier, quelque chose dont on pouvait tirer parti. Je ne voulais pas laisser échapper cette chance d’apporter du sang neuf à Genetic et d’en récolter les honneurs, alors Ingrid avait intérêt à bien réfléchir avant de choisir un camp. Aleksandra était hors-jeu de toute façon, toute l’ancienne équipe de tête de Genetic était hors-jeu. Mais je tenais à m’en assurer et savoir jusqu’à quel point mon petit moucheron était pervertie par Aleksandra. Déjà, dans la tournure de la phrase d’Ingrid, j’avais une info capitale et une grande question en même temps. Romanov ne s’en occupait pas en personne, mais elle avait demandé qu’on s’occupe d’elle… Il fallait jouer là-dessus.

« D’accord, je vois le genre, elle te refile entre les premières mains qui passent sans se préoccuper de ton sort. Soit, si c’est ce que tu veux, je te laisserai après notre petit tête à tête. Dommage, j’aurais pu te mener loin et t’apprendre beaucoup… »

Et j’étais sûre que je serai une bonne prof ! Du moment qu’elle marchait droit et se pliait à mes décisions sans chouiner et sans contester, ça irait comme sur des roulettes. Il fallait s’endurcir, masquer ses sentiments dans cet endroit. J’avais lu Machiavel et j’avais beaucoup appris. Il aurait été fier de Genetic… Et moi j’étais fière de mon moucheron. Elle comprenait vite, elle avait parfaitement saisi la logique de leur corps et des contrecoups liés à la capacité, toutes ces choses qu’on m’avait expliquées quand je m’étais réveillée après avoir été malade comme un chien la première fois que le poison s’était activé en moi.

« Elle est totalement juste au contraire. Nous sommes exceptionnelles, Ingrid, ne l’oublie pas… »

Bon, moi plus que les autres, il fallait le dire. Mais ça se travaillait. Il fallait juste que je travaille précisément les contrecoups. Parce que vomir voire perdre connaissance après voir donné un baiser empoisonné, ce n’est pas ce qu’il y a de plus glamour. Un jour, je vomirai sur mes chaussures et ça, c’était hors de question. Mais je ne désespérais pas, un jour j’arriverai à garder ma stature et ma prestance. J’en étais capable. Je le savais. Tout comme Ingrid était capable de contrôler son pouvoir si elle s’entraînait dur et si elle apprenait à contrôler ses émotions. Une fois qu’elle se sera fait trahir deux ou trois fois, elle apprendra vite. En tout cas, elle savait déjà activer son pouvoir. Une bonne chose. Et assez puissant à en croire la rougeur et le picotement au bout de mes doigts. Un pouvoir de vie et de mort… c’en était presque jouissif.

Mais elle n’était pas encore assez forte pour s’arrêter seule apparemment. J’avais beau lui dire de stopper, petit moucheron était sûr de ne pas y arriver. Et revoilà une petite fille chouineuse alors que j’avais failli avoir une future femme pleine de promesses entre les mains. Bon, je n’allais pas la laisser tomber tout de suite. Je n’étais pas patiente du tout mais je devais admettre qu’à son âge, j’avais râlé aussi. Alors je continuais à lui parler.. et elle aussi. Je comprenais son manège… Se concentrer sur quelque chose d’autre que la douleur. Maligne. Et vraiment prometteuse. Si ce n’était cette idiotie de conscience morale… C’était si surfait, et si inutile.

« Il y a eu du changement ici, ma jolie. Les perdants sont en bas de l’échelle et crois moi, ton Aleksandra n’est pas bien placée du tout. Tu as une chance de changer de vie. Je ne sais pas quelle était la tienne avant Ingrid, mais voilà ce que moi je vois : une gamine que sa famille et ses amis n’ont pas su protéger, une fille qui a un potentiel énorme, tant du point de vue physique que du point de vue de l’intelligence. Qu’est-ce que tu veux comme vie ? Une vie dans laquelle tu ne contrôleras pas ton pouvoir ? Une vie où tu risquerais de brûler ceux que tu aimes ? Je ne crois pas… »

Mes talons claquant sur le sol, je tournais toujours autour d’elle… Mais les flammèches s’accentuaient. Je m’éloignais alors progressivement, sans cesser de parler.

« Etre honnête… Tu es bien placée pour savoir que la vie est injuste ma belle. Ce n’est pas en étant « honnête » qu’on arrive à quoi que ce soit dans la vie… »

Et là, sans prévenir, je m’emparai de l’un des extincteurs dans le couloir et je déversai de la mousse sur mon petit moucheron.

« Tu vas apprendre, crois moi… sinon tu te mangeras des jets à chaque fois… »
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Ingrid Amelia


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MessageSujet: Re: Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]   Lun 10 Déc - 18:52

Alors que Dakota s’attaquait au sujet Aleksandra, Ingrid se sentait soudain un peu comme un objet que l’on trimbale d’une pièce à une autre. Elle avait l’impression que ce serait la loi du plus fort, ou en l’occurrence de la plus rusée, pour savoir qui s’occuperait d’elle ou non, qui récolterait les honneurs ou non . Mais que diraient-elles d’Ingrid lorsque l’un et l’autre se seraient rendues compte qu’elle était aussi fourbes qu’elles, qu’elle aussi pouvait les trahir ? Car c’était une certitude, l’adolescente ne se laisseraient plus berner. D’ailleurs elle voyait clair dans le jeu de Dakota, et l’envie folle de ne pas la rattraper lui picotait les veines. Soit elle se la mettait dans la poche et ce serait probablement une bonne alliée, soit elle se la mettait à dos, elle ne lui donnait pas l’objet de son caprice et elle risquait les représailles, d’être fichée, plus que d’avoir la paix. La décision d’Ingrid était prise.

« Peux-tu me former ? »

Avec cette question elle apparaissait comme une future élève et montrait qu’elle lui faisait confiance. Elle espérait juste que Dakota verrait les choses ainsi.

« Après tout depuis quand sépare-t-on Gollum et son moucheron ? » ajouta-t-elle avec un clin d’œil.

Dakota les qualifiait d’exceptionnelles. Ingrid ne savait pas quel sens donner à ce mot. Devait-elle le prendre dans le sens mélioratif ou péjoratif ? Pour elle, avoir un don était quelque chose de plutôt sombre. Elle n’avait jamais réussi à faire le bien avec sa combustion. Au contraire… Et même si elle la maîtrisait, que pourrait-elle en faire ? Surtout sans la gâcher. Peut-être que Dakota pourrait la mettre sur la piste au fond. Et c’est pourquoi elle lui fit une démonstration. En peu de temps, Ingrid avait appris à maîtriser l’activation de sa capacité, ainsi que la douleur qu’elle provoquait. Elle sentait toujours cette sensation de brûlure dans ses veines, mais elle savait que ce n’était pas réel, ou presque pas. Elle pouvait résister, être forte et ne pas pleurer face à la douleur. Par contre pour ce qui était de la désactiver, c’était une autre histoire. L’idée était de se concentrer sur autre chose. En l’occurrence, sur les mots de Dakota. Alors elle lui posa des questions. Cette fille avait une manière de se tenir et de parler, assez hautaine, mais il fallait savoir en faire abstraction. Il fallait déceler les messages que son comportement délivrait.

Pour le moment, Ingrid ne voyait qu’une fille qui se camouflait des effets extérieurs, une fille qui voulait tout contrôler et une fille qui tournait en rond autour d’elle et qui lui donnait le tournis. Surtout, elle lui rappelait tout ce qu’elle ne voulait pas faire de sa capacité, et cela ne semblait pas l’aider à éteindre sa combustion. Alors Ingrid ferma les yeux. Quelle ne fut pas son erreur. Elle se prit un jet de mousse en pleine figure. Tout à coup, saisie, elle se redressa et toussa. L’odeur était immonde, et la sensation… et bien la sensation n’en parlons pas.

« Mais tu es folle ! Je pourrais l’intoxiquer avec ce machin ! Il y a d’autres moyens pour que je me maitrise et apprendre surtout ! Espèce de folle ! »

L’adolescente avait été surprise et après s’être redressée d’un bond, elle se laissait complètement emporter. La mousse avait une odeur de gaz et déjà elle toussait à pleins poumons. Et surtout elle regrettait ses mots. Qu’allait-il lui arriver ? Elle se contenta alors de baisser la tête et de prononcer un tout petit « désolée ».
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Dakota R. Cooper


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MessageSujet: Re: Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]   Mar 11 Déc - 17:11

La vie est une succession de choix. J’avais fait les miens, je les assumais et j’entendais qu’Ingrid en fasse de même. A elle de savoir quel modèle elle désirait pour la suite ? Une Romanov dépassée par les événements pour une Cooper plutôt bien placée. A elle de voir ce qu’elle voulait faire de sa vie, comment elle voulait qu’on la regarde, si elle désirait qu’on la respecte ou qu’on la méprise. Je souris, en entendant sa question. Je faisais un grand pas en avant aussi. C’était la première fois que je me retrouvais responsable de quelqu’un. Moi, responsable de quelqu’un, ça méritait quand même des applaudissements. Mais je m’en acquitterai avec joie de cette mission, elle était un pari que j’avais envie de gagner.

« Oui… »

Juste un murmure pour sceller notre pacte. J’allais la mener loin. Pas trop quand même, je tenais à ma place. Mais j’imaginais déjà le jour où je la présenterai à Tussle comme la relève de Genetic. Un parfait petit soldat dont on sera fier. Mon œuvre. Et mon moucheron apprenait vite. Est-ce que je m’attachais à elle alors qu’elle nous comparait à Gollum et son moucheron ? Peut-être. Enfin non. L’attachement, ce n’était pas pour moi. Mais j’avais un sérieux intérêt dans l’affaire.

Mais avant que je puisse la présenter au monde comme mon œuvre d’art et la preuve de mon talent de formatrice, elle devait apprendre à se contrôler. La honte sinon. Présenter une torche humaine incapable de s’éteindre… non, non, ridicule. Et hors de question que je sois ridiculisée en public. Je la présenterai au monde quand elle sera prête. Pas avant. On ne présente pas un brouillon, mais une belle copie. Et quelle copie que celle-ci !

Bon, ce n’était pas tout ça, mais son truc des flammèches me lassait. Donc un petit coup de mousse et d’extincteur et le tour était joué. Et je le ferai autant que nécessaire. On m’avait rendue malade jusqu’à ce que je me contrôle. C’était dur, mais nécessaire. Et je n’en voulais pas au médecin, alors franchement, les hurlements qu’elle poussait contre moi ne m’atteignaient pas le moins du monde. J’avais engueulé les médecins en des termes encore moins élogieux. J’attendis qu’elle ait fini de cracher ses poumons pour reprendre notre petite discussion.

« Ne sois pas désolée. Tu as le droit de crier contre les gens pour montrer que tu as du caractère, mais fais ça bien. Ne montre pas que tu as peur, je te l’ai déjà dit. Donc ton truc du « j’aurais pu m’intoxiquer », tu oublies ! Tu sais quoi… ne bouges pas de là, finis ton assiette, je reviens. »

Et je la plantais là sans rien dire, autant qu’elle s’y fasse et qu’elle apprenne à obéir sans se poser de questions. Si on commençait se poser des questions, c’était le début de la fin. Je me dépêchais donc d’aller en salle d’entraiment et surtout dans les vestiaires. J’y laissais toujours des vêtements de rechange. Et je n’étais pas très grande, avec un peu de change, cela irait à Ingrid. J’attrapais donc les affaires avant de rejoindre mon moucheron. Je posais devant elle, sur la table, un magnifique tailleur-pantalon et une paire d’escarpins noirs – des classiques que toute femme digne de ce nom devrait porter.

« C’est l’heure de ta transformation, moucheron. Tu ne peux pas décemment te promener dans cette tenue. Tu es une femme que diable. Alors enfile ça. TOUTE la tenue, jusqu’aux chaussures. Ça te change une femme ça. »

Un chemisier blanc, une veste et un pantalon noir. Au pire, on retrousserait les bords. Et les talons. Essentiels ! Ce ne sera qu’à ce moment que je pourrais voir ce qu’on fera de sa coiffure et quel maquillage la mettrait en valeur. Elle avait une belle chevelure, mais peut-être qu’une ondulation sur les pointes serait bien. Ou une queue de cheval. Il faudrait voir aussi quels type de bijoux. Rien ne devait être laissé au hasard. Absolument rien.
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Ingrid Amelia


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MessageSujet: Re: Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]   Mer 12 Déc - 6:56

Maintenant qu’Ingrid était enfermée, elle se devait de faire le nécessaire pour vivre au mieux ici, pour tirer profit de sa captivité. Ce n’était pas forcément le plus facile car cela nécessitait qu’elle aille contre ses principes et contre ses envies, voire même contre la personne qu’elle était. Mais elle ferait le nécessaire. Ces derniers mois l’avaient peut être moralement affaiblie, elle était plus malléable, plus encline au changement, mais elle était aussi plus forte. Las de tout, ou presque, elle se prêterait plus au jeu qu’elle n’aurait pu le faire encore au mois de juillet. Elle demanda donc à Dakota de la former. Quelque chose en cette fille était attirant. Sa prestance peut être, ou tout simplement étaient-ce quelques mots qui avaient suffi à convaincre Ingrid. Ces quelques mots d’humanité cachée qu’elle avait prononcé aussi vite qu’un coup de vent.

Dans un murmure, son aînée accepta. Une aubaine. Ingrid s’assurait un avenir au sein de la boîte à défaut d’un avoir un ailleurs. Et qui voulait dire un avenir ici, voulait dire une liberté. Il suffisait juste de ne pas se perdre en cours de route, ce qui serait surement beaucoup plus compliqué. A force de se cantonner dans un rôle on se fond dans celui-ci. Surtout lorsque l’on est jeune et encore bien innocent comme l’était Ingrid. Innocente et incapable de contrôler sa capacité, comme Dakota, qui avait insisté pour avoir une démonstration le découvrait. Celle-ci ne sembla d’ailleurs pas apprécier le côté flammèche, ou alors le côté ‘je ne me contrôle pas pour la désactivation du moins ‘ et elle activa l’extincteur sur Ingrid. Celle-ci se prit une espèce de mousse dans le visage et surtout tout le corps. Une mousse qui la fit tousser à s’en décrocher les poumons. Un geste que l’adolescente avait largement mal pris, ce qu’elle ne s’était pas empêchée de faire remarquer.

C’est alors que Dakota lui expliqua qu’elle avait le droit de crier, mais en le faisant bien ce qui comprenait ne pas montrer sa peur. Et là, Ingrid resta droite comme un ‘i’ la bouche à moitié ouverte. Crier sur les gens mais le faire bien… Et bien elle ne savait pas qu’il y avait une « bonne » manière de le faire, et là, pour le coup, elle attendait que la jeune femme s’énerve contre elle pour voir ce qu’elle appelait bien le faire. Ou qu’elle s’énerve sur quelqu’un d’autre en face d’Ingrid ça lui conviendrait aussi. Seulement, pour l’instant elle devait se contenter d’attendre Dakota en finissant son assiette. Ingrid n’avait plus faim, mais elle n’eut pas le temps de le dire que déjà la jeune femme était partie. Enfin, elle était grande, elle pouvait décider de ce qu’elle souhaitait faire, et pour le moment, se débarbouiller et ôter toute cette mousse serait un bon début.

Dakota revint quelques minutes plus tard. Elle avait été franchement rapide. Surtout, lorsqu’Ingrid constata ce qu’elle avait été faire.

« Tu vis dans ces locaux ? » demanda-t-elle surprise.

Puis elle détailla plus les habits. Un tailleur. Des talons. Jamaiiiis l’adolescente n’avait mis pareil vêtements. Ce serait une première et elle n’osait même pas les toucher. Pourtant, Dakota n’attendait que ça. Alors, avec un regard méfiant, elle prit les vêtements et s’enferma dans la petite salle de bain attenante à la chambre.

« Ca me va pile poil comment tu as deviné ? Mais ça fait bizarre… » finit elle par dire.

Ingrid se sentait toute serrée elle qui avait l’habitude de laisser ses bras découverts et de mettre sinon, des choses plus larges. Elle sortit alors, le tailleur bien mis, la chemise rentrée dans le pantalon, un peu transparente d’ailleurs. A ses pieds, les escarpins affinaient son pied et sa cheville. Le seul problème, elle ne savait pas marcher avec des talons, et la démarche était fortement catastrophique pour ne pas dire, chaotique.

« Je sais pas marcher avec ces trucs » se plaignit-elle. « C’est pas pratique de ressembler à une femme dis donc ! »

Peut-être devrait-elle utiliser un langage surfait aussi pour faire plus femme !

« Je ne serais jamais aussi classe que toi Dakota » finit elle par dire alors qu’elle venait d’atteindre le miroir et qu’elle se regardait dedans avec une grimace.
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Dakota R. Cooper


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MessageSujet: Re: Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]   Jeu 13 Déc - 14:13

Je ne saurais pas dire de quand date mon goût pour la mode et les chaussures. Ce n’était pas inné, on n’avait pas les moyens à la maison. Ma sœur et moi on se partageait les vêtements. On n’avait pas le choix. Je crois que ça date du lycée en fait, quand Genetic a commencé à s’occuper de moi, quand j’ai eu l’argent pour ce genre de choses. Quand j’ai compris aussi à quel point une paire de jambes bien épilées et un décolleté savamment étudié pouvaient apporter de pouvoir et d’influence. Oui, je devais avoir l’âge d’Ingrid quand j’ai changé et que je me suis peu à peu transformée en la femme que j’étais alors. Il était donc temps pour ma petite chenille de devenir un beau papillon. Un look parfait l’aiderait à gagner en assurance, pour moi, c’était une évidence. Et puisqu’elle avait fait le très bon choix de se placer sous mon autorité et mon savoir-faire pour être formée, nous allions commencer. Le temps était précieux, il ne fallait pas le gâcher.

« Il faut commencer du plus simple au plus complexe. Si tu ne gères pas encore ta capacité, tu peux contrôler ton apparence. Et crois-moi, c’est un pouvoir aussi radical que ta combustion. Imagine, tu as le pouvoir d’enflammer les cœurs, d’échauffer les esprits, d’embraser les… bref, tu m’as comprise. »

Alors oui, j’étais sérieuse, elle allait enfiler cette tenue que je lui apportais. La mienne, mais ce n’était rien. J’avais les moyens maintenant de me payer tout cela. Donc si cela lui allait, comme je le pressentais, je me rachèterais un autre tailleur, fin de l’histoire.

« Je ne vis pas ici, mais j’y passe beaucoup de temps, c’est vrai. Mais une chose qu’il faut absolument que tu intègres : une femme doit TOUJOURS avoir des vêtements de rechange. C’est primordial. Rien de pire qu’une tâche mal placée pour te saper ton autorité. Toujours une paire de vêtements et de chaussures ! Allez, vas enfiler ça. »

Je m’efforçais de ne pas lever les yeux au ciel en voyant l’air méfiant avec lequel Ingrid s’emparait des vêtements. Comme si c’était une bombe que je lui mettais entre les mains. Je le ferais peut-être un jour. Mais là, c’était une autre arme de destruction massive que je lui confiais. Je notais également sa pruderie. Elle n’avait même pas le courage de se changer devant moi. Hum… vierge. A n’en pas douter. Ça ira mieux quand elle se sera montrée nue devant un garçon. Pas la première fois, il ne fallait pas se leurrer. Mais l’aisance viendrait avec le temps et la pratique. Bref. Ce serait une autre leçon.

« Je sais tout Ingrid ! »

Qu’est-ce que je pouvais répondre à sa question ? ça fait bizarre. Bien sûr, vu sa tenue précédente, je voulais bien croire qu’avoir la classe lui faisait bizarre, mais il fallait que je vois le résultat. Si j’avais raison ou si je faisais fausse route. Et je la vis. Je portais mes mains à ma bouche, comme pour cacher le sourire qui illuminait désormais mon visage. Parfaite. Mon petit moucheron était parfait dans cette tenue. Et elle avait bien rentrée la chemise dans le pantalon. Bon, par contre, il faudrait retravailler l’équilibre parce que là, ça faisait peine à voir. Par contre, quelle horreur et quel sacrilège que celui que je venais d’entendre ! Pas qu’elle était moins classe que moi, ça, c’était un fait. Par contre, je lui fichais une claque à l’arrière du crâne.

« Ce ne sont pas des trucs, ce sont des chaussures, espèce de créature primitive ! Et aie un peu de respect ! Regarde les jambes que cela te fait ! »

Je tirais alors un peu sur le pantalon, puis sur la veste. Je regardais dans le miroir. D’autorité, j’ouvris un bouton à la chemise et je glissais mes doigts dans ses cheveux. Elle avait un trait joli visage. Elle pouvait vraiment tout faire avec.

« Pour draguer, les cheveux détachés. Par contre… »

J’attrapai sa crinière et entrepris de la lisser avec les doigts. Guère tendrement, je mimais une queue de cheval stricte qui dégageait son visage. J’observais son reflet. Puis d’un coup d’index, je fis tomber deux fines mèches de chaque côté, de sorte qu’elles chatouillent ses joues. D’une main, je fouillai dans ma poche et en sortis un élastique grâce auquel je nouai sa chevelure.

« Voilà l’allure professionnelle. Pas mal du tout. Il faudra qu’on t’apprenne à te maquiller par contre, parce que tu ne peux pas rester comme ça, sans vouloir te vexer. Il faut absolument mettre tes yeux en valeur. Mais avant, tu vas faire autant d’aller retour que nécessaire pour que tu sois capable de marcher avec ces chaussures. Vas dans le couloir et vas-y, et ensuite tu courras. Et pas de refus ! »
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Ingrid Amelia


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MessageSujet: Re: Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]   Jeu 13 Déc - 20:11

Dakota semblait diablement confiante lorsqu’il s’agissait du capital séduction d’Ingrid. La jeune fille réservée qu’elle était et surtout déprimée ces derniers temps. Comment pouvait-il en être autrement ? Enfin l’important c’était ce que pensaient les autres, et non ce qu’elle voyait parce qu’une vision personnelle est toujours subjective. Mais pour elle, l’apparence était quelque chose de surfait, elle arrivait donc difficilement à s’imaginer avoir du pouvoir parce qu’elle serait bien habillée et maquillée. Après, elle n’avait que quinze ans, elle le savait, elle était jeune et dénuée d’expérience. Alors pourquoi ne pas essayer ? Elle Observa alors le tailleur, il était beau, très beau. Ingrid ne s’imaginait pas porter cela, elle n’avait pas l’âge. Elle avait l’impression qu’il y avait un piège cependant elle se saisit des différentes pièces qui le composaient, ainsi que des chaussures aux énormes talons, et commença la séance d’essayages. Dakota avait tablé comme il fallait. Le tailleur lui allait pile poil.

Heureusement, Ingrid avait déjà vu des femmes dans cet apparat, aussi fut elle consciencieuse et rentra-t-elle la chemise dans le pantalon. Puis elle mit les chaussures, et sortit de la petite pièce en trébuchant. Tout ça n’était pas très glorieux, et elle en fit part à son mentor. Par contre que n’avait-elle pas dit ! Elle se prit une gifle monumentale parce qu’elle avait nommé les chaussures de Dakota « "choses ». Mais ça lui faisait mal aux pieds et elle se tordait la cheville tous les deux pas avec. Ce n’était pas ce qu’elle appelait de vraies chaussures.

« Avoir toujours une tenue de rechange à portée de main, c’est aussi avoir des chaussures plus confortables ? » demanda-t-elle alors sans avoir plus de réaction vis-à-vis de la baffe.

Parce que d’un côté, elle n’avait rien à dire, de l’autre elle savait que la jeune femme lui rétorquerait qu’on ne ronchonne pas pour rien lorsque l’on est une jeune fille autoritaire et bien éduquée. La poisse. Enfin, la jeune femme entra en action, ajustant le pantalon sur les hanches d’Ingrid puis la chemise aussi avant de s’attaquer aux cheveux. Et bien là, Ingrid était curieuse.

« Pourquoi lâchés pour draguer et tirés pour le professionnel ? Ne peut-on pas draguer dans le milieu professionnel afin d’obtenir ce que l’on veut ? J’aime pas avoir les cheveux attachés de manière si stricte… »

Elle savait que sa réflexion ne serait pas bien vue, mais elle n’arrivait pas encore à contrôler tout ce qu’elle voulait dire. Ici, c’était plus de la curiosité qu’autre chose, mais Dakota le verrait-elle ainsi ? En tout cas, ce qu’elle voyait bien c’étaient les gros cernes qui cadriaient ses yeux. En effet le maquillage serait nécessaire. Par contre, à peine voulut-elle protester contre les exercices de marche que Dakota lui imposait le silence. Bon c’était partit alors. Un pas, deux pas bam, elle trébuche. Et ainsi de suite durant deux longueurs de couloir. Elle en avait assez, ses pieds criaient la souffrance qu’ils ressentaient sans pouvoir pour autant arrêter de marcher. Elle observa Dakota, dans l’attente d’un mot ou deux qui signifieraient qu’elle pouvait s’arrêter. Mais rien.

« Ça va mieux non ? »

Mais elle fit encore quelques allers et retours. Marchant lentement puis plus vite à chaque aller et retour. Quand soudain elle s’étala de tout son long dans le couloir, son menton heurtant violemment le sol. Elle sentit le goût du sang dans la bouche. Erk, du sang. Elle s’était ouvert la lèvre. Qu’allait dire Dakota ? Allait-elle se faire engueuler ?
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Dakota R. Cooper


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MessageSujet: Re: Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]   Sam 15 Déc - 14:17

La vie est un spectacle. Le monde est une scène de théâtre. Nous sommes tous des acteurs portant des masques. Tous autant que nous sommes. C’est ainsi que les choses se passent. J’avais vite appris que l’apparence était reine. Il fallait cacher qui on était réellement. Si j’avais mal, je souriais. Si j’étais fatiguée, je paradais. Si j’étais heureuse, je me modérais. Alors, même si Ingrid n’avait pas confiance en elle, il fallait qu’elle fasse semblant. Les gens se laissent volontiers berner par une belle illusion. Ça les rassure. Bande de moutons…

Des chaussures plus confortables… Mon visage vint mourir dans la paume de ma main. J’étais affligée. Il n’y avait pas de place pour le confort quand on était en public. Show must go on. Une loi essentielle. Bon, je ne devais pas me fâcher contre Ingrid. Elle n’était qu’une enfant et elle débutait après tout. On ne pouvait pas lui reprocher de ne pas savoir faire ce qu’on ne lui avait jamais appris.

« Pour les premiers temps… et uniquement à titre temporaire, tu auras le droit de glisser une paire de ballerines dans un sac. Mais tu ne les porteras pas en public ! Tu es petite, comme moi, les talons ça te permettra de gagner en prestance. Il faut en imposer. »

De toute manière, même si elle souffrait, il ne fallait pas le montrer. C’était une faille dans laquelle les gens s’engouffraient avec sadisme. Bien sûr que ça me broyait les pieds parfois. Bien sûr que j’avais mal à en crever après les tests des scientifiques. Mais je ne me plaignais pas. Jamais. Sinon ils vous regarderaient comme une faible femme. Ce n’était pas ce que j’étais. Ce ne sera pas ce qu’Ingrid véhiculera comme image. Les êtres se délectent de la souffrance des autres, personne n’en tenait compte. Alors autant ne pas la révéler. Et visiblement, Ingrid apprendrait très vite. Vraiment très vite car elle me surprit une nouvelle fois en ouvrant la bouche. Tant est si bien que je lui obéis presque en défaisant la queue de cheval et en faisant retomber sa crinière libérée. Mon moucheron était une manipulatrice née. Une pépite. Un précieux trésor.

« Tu as parfaitement raison Ingrid. Les hommes sont des idiots. Certaines femmes aussi. Un sourire enjôleur, un regard un peu suggestif et oui, ils peuvent te manger dans la main. Mais il ne faut pas abuser de cela. Il faut que ce soit discret et malin. Afin qu’ils pensent que ce sont eux qui t’ont séduite et manipulée. Ils doivent toujours penser que l’idée vient d’eux et qu’ils ont eu ce qu’ils voulaient. Alors que pendant tout ce temps, c’était toi qui tirais les ficelles. »

C’était si étrange de me retrouver face à cette gamine. Presque moi en miniature. Ça avait de quoi filer les chocottes. Parce que je n’hésiterais pas à me poignarder dans le dos, alors elle pouvait très bien en faire autant. Finalement, il faudrait que je marche sur des œufs avec elle. Que je fasse attention où je mettais les pieds. Tout comme elle, mais si moi c’était au sens métaphorique, pour Ingrid, c’était du concret. Elle allait se fouler la cheville à ce rythme. Ce n’était pas mon problème et je lui fis comprendre en la fixant droit dans les yeux. Oui, je savais qu’elle en avait marre et qu’elle me demandait d’arrêter. Mais non, je ne céderai pas. C’était en trébuchant qu’on apprenait. En commettant des erreurs. A force d’essayer, elle saurait comment poser son pied, comment assurer sa cheville. Et effectivement, comme elle le constatait elle-même, ça allait beaucoup mieux. Elle avait un bon rythme de marche.

« Oui c’est bien m… »

Ah… peut-être pas en fait. Mon moucheron venait de s’écraser au sol. Et méchamment en plus. Cette leçon prendrait un peu plus de temps que prévu. Je m’approchai alors, passai à côté d’elle sans m’arrêter.

« Lève-toi. »

Je gagnai la « salle de bain » et m’emparai d’un gant de toilette que je passai sous l’eau froide. Puis je revins et me plantai devant elle. Sans rien dire je lui levai le menton et épongeai le sang qui coulait. Des coups elle en prendrait dans la vie, malheureusement. Mais elle était trop jeune pour cela.

« On va arrêter les acrobaties pour aujourd’hui. Tu vas avoir ta première leçon de maquillage. Camoufler les coups. Il faudra mettre de la poudre légèrement teintée dans le vert. Ça atténuera la rougeur. Mais tu seras quand même obligée de jouer avec deux niveaux de fond de teint. »

J’avais appris ça grâce à ma mère et à ses coups d’un soir. Quand on vous cogne fréquemment, vous finissez par en avoir marre d’inventer des excuses à donner à vos professeurs ou à vos camarades de classe. Donc vous apprenez à cacher.

« Comme c’est le bas de ton visage qui a été touchée, il faudra que tu accentues le maquillage sur les yeux, pour attirer le regard et détourner l’attention. »

Une fois qu’elle arrêterait de se blesser elle-même, il faudra qu’elle apprenne à se défendre, pour que personne ne puisse abîmer son visage.

« Il se fait tard moucheron. Et demain tu subiras certainement quelques tests encore, mais je viendrai. Je serai là. Je te ramènerai quelques vêtements aussi et du maquillage. Tu as besoin de quelque chose ? »
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Ingrid Amelia


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MessageSujet: Re: Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]   Mer 19 Déc - 12:12

Apprendre à faire illusion. C’était là une grande leçon, surtout pour quelqu’un d’aussi spontanée qu’Ingrid. Beaucoup de choses en elle avaient changé en quelques mois, mais il était une chose qui serait dur à effacer de sa personnalité : son honnêteté. Déjà, en face de Dakota, elle avait du mal à faire semblant. Elle paraissait naturelle, mais son comportement n’était pas trop contrôler, mais qu’en serait-il face à quelqu’un d’autre ou dans d’autres circonstances. Et surtout, avait elle vraiment envie de donner une fausse image d’elle ? Assurément. Du moins chez Genetic. C’était nécessaire. Donc, elle écoutait attentivement les conseils de son maître Jedi.

Et l’une des principales leçons était qu’il fallait être grande pour avoir de la prestance. Ce qui signifiait porter des talons. Ce qui revenait à avoir continuellement mal aux pieds. Affligeant. Tout comme l’était Dakota à l’évocation des chaussures confortables. Mais avoir mal pour avoir plus d’importance visuellement, Ingrid ne comprenait pas. Enfin, elle écoutait et appréhendait l’entraînement.

Heureusement, le répit continua encore un peu, le temps d’une leçon de coiffure. Et là, l’élève dépassa le maître. Si bien que Dakota, interloquée, laissa tomber les cheveux de l’adolescente. Ingrid se souvenait avoir lu une réplique similaire dans l’un de ces nombreux livres qu’elle s’amusait à lire entre deux cours. Vous savez, souvent dans les histoires d’horreur ou suspens, il y a toujours la « bip » qui essayer de manipuler tout le monde ; comme quoi ce genre de lecture peut aussi servir !

« Bien madame, c’est noté. Ne pas trop se servir de ses charmes. »

Elle verrait bien en situation de toute manière. Parce qu’Ingrid n’en doutait pas, au fond de chaque femme se cache une manipulatrice. D’ailleurs, elle était sûre que Dakota avait fait exprès de lui faire une fausse joie en parlant de sa coiffure. Ainsi elle ne pourrait se douter que l’entraînement avec les chaussures à talon viendrait. Fourbe, mécréante !

Elle n’avait donc pas le choix. Elle s’entraînait donc à marcher sans broncher. Elle se rappelait sa mère faire des allers et retours dans le couloir chaque fois qu’elle achetait une nouvelle paire de chaussures à talons pour se familiariser. Elle comprenait maintenant. Et surtout cela semblait fonctionner. Ou pas… dakota ne l’arrêtait pas, et finalement, au moment où elle pensait avoir choppé le coup de main… ou de pied, elle trébucha et s’éclata le menton contre le sol. Presque de manière indifférente, Gollum était passé à côté d’elle l’intimant froidement de se lever. Ce qu’elle fit.

Du dos de la main, elle essuya une partie du sang, avant que Dakota, concentrée, n’arrive avec un gant mouillé, froid. Elle voulut protester mais se rappela vite : ne pas montrer ses faiblesses. D’accord, elle subirait ce n’était pas très grave. Mais elle n’était quand même pas très douce. C’était rien comparé à la leçon de maquillage, car là, Ingrid n’y comprit absolument rien ! Sa mère se mettait du crayon et du rouge à lèvres et rien d’autre. Alors l’adolescente se contenta d’acquiescer en se disant qu’elle verrait bien lors d’une démonstration. Il était tard et elle n’était plus très motivée. Elle en avait marre, et surtout l’utilisation précédente de sa capacité lui avait pompé son énergie. Surtout en comptant qu’elle avait eu un entraînement plus tôt dans la journée, et que sa blessure au bras n’était pas encore entièrement fermée.

*Sortir d’ici* se dit –elle à elle-même en réponse à la question de Dakota. Néanmoins, il n’en fut rien, elle se contenta de faire un non de la tête.

« Merci pour ton aide. A demain. » ajouta-t-elle avec un sourire. C’était sincère.

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Jouer les pygmalions ou écraser un moucheron ? [Terminé]

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