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 I’m not pretending, no hope, no laugh, no glory, no happy ending…[Partie 1][terminé]

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Sonny Malone

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MessageSujet: I’m not pretending, no hope, no laugh, no glory, no happy ending…[Partie 1][terminé]   Ven 9 Nov - 22:35

1er janvier 2011

Cette année allait-elle faire oublier celle qui venait de s’écouler ? Les souffrances allaient-elles enfin s’estomper au profit de plus de bonheur ? Oh, Sonny avait eu son lot de joies cette année. Des amis fidèles, de nouvelles connaissances qui étaient parfois devenus plus que des amis : Sacha, Kensie, Ingrid, Maggie et tant d’autres. Et surtout, elle avait rencontré Remington, le lendemain de ses 20 ans. Et tout avait changé dès ce jour-là. Et aujourd’hui, elle était fiancée et attendait un enfant. Mais la part sombre de cette année 2010 avait été plus grande que tous ces bonheurs cumulés. Le Domaine où elle vivait avait été incendié. Ses amis étaient morts. Elle avait abandonné son pays et ses parents pour venir plus ou moins clandestinement aux Etats-Unis. Elle avait eu tant de mal à s’en remettre… Elle avait failli perdre son bébé, elle avait définitivement perdu également celle qu’elle considérait comme sa sœur de cœur, Jayden qui faisait planer une menace de mort sur la vie de son enfant. Elle avait failli perdre Rem, à tant de reprises… Quand elle lui avait appris qu’elle connaissait Jay, quand elle avait découvert sa face macabre et qu’elle avait tenté de se tuer, avec une arme et en se laissant mourir de faim, à petit feu. Quand elle lui avait annoncé sa grossesse, quand il avait fait deux arrêts cardiaques, quand elle l’avait forcé à accepter les soins de Ryan… Et là, deux jours plus tôt, elle avait tiré sur un homme. Deux fois. Et elle n’était pas dupe, son deuxième coup l’aurait achevé si une tierce personne ne s’était pas chargée de précipiter les choses. Et Rem s’était retrouvé à Genome pour être soigné. Encore. Elle l’avait veillé, se résolvant uniquement à le quitter pour aller se reposer dans les étages.

Tant de choses s’étaient passées. Il était grand temps que cette année s’achève pour qu’une nouvelle puisse voir le jour. Et profitant de l’hospitalisation de Remington à Genome, elle s’était enfin décidée à faire une chose qu’il lui avait demandée : appeler sa mère. Pas forcément pour elle, mais pour eux. Pour en savoir plus sur Cristobal Sanchez, cet oncle mystérieusement surgi du passé et qui prenait grand soin d’elle mais dont Remington se méfiait. Enfin, à dire vrai, ce jour là, Cristobal n’était qu’un prétexte. Sonny n’était pas quelqu’un de fort. Elle avait encaissé beaucoup jusqu’à présent mais elle avait besoin d’aide, elle avait besoin de ses parents, comme la petite fille qu’elle était encore. Elle avait besoin d’entendre leur voix qui lui dirait, même sans forcément savoir la vérité, que tout irait bien.

Alors elle avait laissé Rem, était retournée chez eux, chercher du linge propre puis elle avait décroché son téléphone et composé ce numéro qu’elle connaissait encore par cœur. Quand la sonnerie retentit, son cœur s’accéléra. Elle allait parler à son père ou à sa mère. Après presque 7 mois de silence…

« Le numéro que vous avez demandé n’est plus attribué… bip… bip…bip »

Sonny fronça les sourcils. Qu’importe, elle avait dû se tromper dans la nervosité du moment. Alors elle recommença et patienta.

« Le numéro que vous avez demandé n’est plus attribué… bip… bip…bip »

Quoi ? Ses parents auraient déménagé ? Alors que Sonny ne connaissait que cette adresse et ce numéro ? Ils seraient partis sans lui laisser un indice pour qu’elle puisse les recontacter ? Ce n’était pas possible, pas normal. Non… Ils savaient qu’elle pouvait les recontacter… ou alors ils l’avaient crue, quand, dans sa lettre, elle avait dit qu’elle ne devrait plus leur parler pour leur sécurité, comme pour la sienne. Mais les choses avaient changé maintenant. Genetic savait qu’elle était en vie et ils savaient où la trouver étant donné qu’elle s’était rendue à la soirée de Tussle avec Remington.

Alors Sonny chercha un autre moyen. Un mail. Sauf qu’elle reçut un message disant qu’il n’avait pu être envoyé au destinataire. Qu’est-ce que cela voulait dire ? Alors elle entra l’adresse de son ancienne maison dans le moteur de recherche et elle tomba sur une annonce qui lui fit l’effet d’une baffe en plein visage. Sa maison était mise en vente. Pas moyen de contacter le vendeur, uniquement l’agence. Pourquoi ? Mais pourquoi ? Tout passa dans le moteur de recherche, y compris le nom de ses parents et là… là… elle tomba dessus …

Citation :
« En ce mardi 7 décembre, une femme du nom de Pia Malone a été tuée sur le coup, renversée par une voiture arrivant à toute vitesse. Cette femme laisse un veuf, Ian Malone, déjà éprouvé par la mort de leur fille unique Sonny, 19 ans à l’époque, en juin dernier… »

Sonny ne put lire la suite, tout cela lui paraissait irréel. Elle n’arrivait plus à respirer, elle n’arrivait pas à se dire que cela était réel. Elle allait être mère, la sienne ne pouvait pas être morte depuis presque un mois. Elle l’aurait su, elle aurait dû le savoir. Elle aurait dû être là-bas, elle aurait dû être avec son père, le soutenir lors de l’enterrement, elle aurait dû être là pour lui dire au revoir. Elle ne lui avait pas dit au revoir. Bon sang, elle avait fui, elle ne l’avait pas vue une dernière fois et maintenant c’était trop tard.

Elle se leva, tourna sur elle-même cherchant quelque chose à quoi se raccrocher. Mais il n’y avait rien. Rien n’était logique et elle avait mal, rongée par la culpabilité et le chagrin. Les larmes commencèrent à couler et son premier réflexe fut d’appeler Remington, mais elle tomba sur la messagerie. Que dire à une messagerie ? Elle ne savait même pas ce qu’elle ressentait réellement.

« Ma mère est morte. Je … je… je ne sais pas quoi faire… »

Et elle raccrocha, c’était débile. Quelqu’un, il fallait qu’elle parle à quelqu’un. Sacha. Sacha la comprendrait. Sacha serait là. Alors elle l’appela à son tour alors qu’elle se laissait tomber par terre et qu’elle était prise de hoquet.

« J’ai besoin de toi… Je t’en prie, j’ai besoin de toi, je… je viens seulement d’apprendre que ma mère est morte et j’arrive pas à joindre ni mon père ni Rem. Ça ne va pas… aide moi. »

Sonny Malone ou l’art de laisser des messages pour faire paniquer les gens. Mais Sacha parvint à se faire entendre et il lui ordonna de ne pas bouger. Pour aller où de toute façon ? Sa maison était en vente, sa mère était morte et son père disparu. Elle eut juste à lui donner sa nouvelle adresse et à laisser les larmes couler pour lui laisser le temps d’arriver. La porte étant ouverte, il s’approcha immédiatement d’elle et lui lança un « Suis-moi », ferme et qui ne souffrait d’aucune discussion. Vidée de ses forces, Sonny se laissa attraper par la main, sans songer à l’interroger sur le fait qu’il lui manquait une dent et le suivit dans les rues de Los Angeles jusqu’à un endroit qu’elle connaissait très bien. Là où elle avait rencontré Remington et là où elle avait affronté un prédicateur. Central Park.

« Qu’est-ce qu’on fait là ? »

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Sacha M. Kwon

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MessageSujet: Re: I’m not pretending, no hope, no laugh, no glory, no happy ending…[Partie 1][terminé]   Lun 12 Nov - 0:07

Cette après-midi-là, en se contemplant à moitié nu dans la glace de sa salle-de-bain, la première pensée de Sacha fut dévouée aux évènements liés au 30 décembre de l’année qu’il venait de quitter. Il commença à se remémorer sous la forme de flashs les scènes dont il avait été le témoin et... Il lui manquait une dent... Il venait de le remarquer. Ça faisait presque quarante-huit heures maintenant. Avant aujourd’hui, il n’avait pas pris la peine de s’en inquiéter. Peut-être était-il temps d’agir. Non seulement parce qu’il avait été fiché comme clochard par tous les citoyens qu’il avait croisés ces deux derniers jours mais prioritairement car ce défaut incarnait cette tragédie intervenue au Central Park. Il devait réparer ce manque n’ayant ni la volonté, ni la force, de se rappeler, chaque jour que Dieu offrait, qu’il faillit perdre sa cousine à cause de sa stupidité. Avec pour unique vêtement sa serviette de bain enroulée fermement autour de sa taille, il quitta la salle d’eau sans attendre une seconde de plus pour rejoindre son salon et contacter son dentiste. Il tendit alors le bras pour attraper son téléphone mais ce dernier carillonna inopinément. Woah. L’espace d’un instant il oublia que ce truc fonctionnait dans les deux sens. Alors comme ça, le téléphone sert également à recevoir des appels ? Dingue. Quelques secondes lui furent indispensables pour se remémorer le fonctionnement de cet objet pourtant usuel alors que la sonnerie faisait des siennes. Il décrocha avant de perdre la personne qui le sollicitait.

« Allô ? » S’accommoda-t-il en calant le téléphone entre son épaule gauche et sa tête. L’ancien étudiant en cinéma espérait une nouvelle très modeste de la part de cet appel comme par exemple un proche qui lui souhaiterait une merveilleuse année. N’importe quoi qui soit positif et qui le ferait sourire. Ses ambitions se résumaient donc à ça ? Un simple sourire. Et oui. Compte tenu du bilan catastrophique de l’année passée, il n’estimait pas trop en demander. Plus que jamais, son moral dépendait de ce coup de fil. Les centièmes de secondes qui s’écoulèrent avant que son interlocuteur prenne la parole lui semblèrent une éternité...

« J’ai besoin de toi... » Une réponse aussi soudaine qu’imprévisible. Quatre mots qui suffirent pour alarmer le jeune adulte. Cette voix lui fut chaleureuse : Sonny. Elle le supplia, donnant comme raison le décès de sa mère qu’elle venait « seulement » d’apprendre. Il n’avait pas été préparé à une telle annonce et reprit le téléphone dans sa main gauche. Que cela signifiait-il exactement ? Pas le temps pour Sacha de se poser davantage de questions, pas le temps de réfléchir à quoi que ce soit, Sonny n’attendait qu’une seule chose : qu’il soit avec elle.

« J’arrive. »

Simple et ferme. En une poignée de secondes, il était habillé et parcourait à la hâte la cage d’escalier de son immeuble. Pour la bonne nouvelle, nous repasserons plus tard mais il n’allait pas se larmoyer quand sa meilleure amie était en pleine détresse. Sa seule idée fut de la rejoindre le plus rapidement possible et il ne pensa à rien d’autre. Absolument rien comme s’il avait été programmé comme un GPS. Los Angeles n’étant pas réputé pour la fluidité de son trafic, mister Kwon préféra se fier à son endurance et entreprit une course, quelques fois stoppée par l’utilisation de moyens de transport publics. Il débarqua chez Sonny telle une furie alors que son amie, chagrinée par la perte d’un proche, s’était étalée sur le sol.

* Il fout quoi Remington !?! *

Sonny avait clairement réclamé sa présence au téléphone mais n’ayant pas réussi à le contacter, elle se retourna vers Sacha. « Suis-moi. » ordonna-t-il sans prendre la peine de donner une attention, aussi insignifiante soit-elle, à celle qu’il prétendait être pourtant sa meilleure amie. Face à la mort, chaque être humain adopte un comportement à la fois personnel et commun. Sacha avait eu comme premier instinct un réflexe aux antipodes de celui utilisé par Sonny mais lui seul détaillera lequel.

Il emmena silencieusement son amie au Central Park lui tenant toujours la main comme à une enfant. Arrivé sur place, Sonny perdit patience et lui demanda ce qu’ils foutaient là dans une version plus aimable. « Tu as confiance en moi ? » Rétorqua-t-il alors qu’il tendit son bras gauche et lui offrit sa main. Son regard insistant exprimait une sincérité encore jamais dévoilée et même s’il pensait connaître la réponse de sa meilleure amie, il se dit que rien n’était gagné d’avance. Une nouvelle fois, il emprisonna la main de Sonny dans la sienne et l’emmena dans un endroit au beau milieu de Central Park où ils rejoignirent un homme. Derrière lui se tenait un immense ballon gonflable accroché à une nacelle. Une montgolfière. Voilà l’idée de Sacha. Après avoir réglé les détails financiers, Sacha grimpa dedans. « S’il-te-plaît. » Insista-t-il auprès de sa meilleure amie. Maintenant qu’ils avaient parcouru tout ce chemin, autant aller jusqu’au bout pour comprendre où Sacha voulait en venir, comment il expliquait cette mise-en-scène et surtout, en quoi cela aidera Sonny de faire un tour en ballon.

Une fois dans les airs, Sacha expliqua son attitude. « Il y a six ans, j’ai perdu ma mère dans un accident routier. Quand mon frère me l’a annoncé, la première chose que j’ai faite fut de monter sur le toit de notre maison parce que j’étais persuadé qu’elle rejoindrait les anges. » Amusé par la naïveté dont il avait fait preuve étant enfant, un fin rictus se déploya le long de sa joue. Son regard dispersé dans les cieux combinait nostalgie et amertume mais malgré ça, Sacha était heureux, cela se reflétait sur son visage. « Je voulais prendre de la hauteur en espérant la regarder gagner le ciel et lui dire au revoir. Mais elle n’était pas là. » Un souffle incontrôlé s’éclipsa de ses lèvres. « C’est drôle, quand j’y repense, je ne sais vraiment pas ce que j’attendais... » Sentant une infime tristesse s’installer en lui, il prit une pause avant de creuser une nouvelle fois ses souvenirs. « Malgré ça, je n’ai pas perdu espoir et je lui ai fait mes adieux. Je pensais que peu importe où elle irait, elle m’écouterait parce que je suis son fils et que rien n’y personne nous empêcherait de nous parler. Pas même la mort. » Il se tourna vers Sonny, lui faisant face maintenant. « A cette hauteur, je suis sûr que ta mère est encore quelques part autour de nous et qu'elle nous écoute en ce moment. Je te mentirais en affirmant que tout ira bien, mais pas en te disant que lui avoir parlé une dernière fois, ça m’a libéré... Alors dis-lui, dis-lui tout ce que tu ressens, dis-lui au revoir... » Ses mains enveloppèrent le visage de Sonny et symboliquement, il déposa un baiser sur son front avant de s’éloigner de quelques pas.

Il se posta à une distance calculée. A la fois éloigné pour offrir à Sonny l’intimité dont elle avait besoin mais également proche pour qu’elle sache qu’il se tenait derrière elle, prêt à l’aider si nécessaire. Cette-fois ci, il ne se contenta pas de la prendre stupidement dans ses bras comme a une certaine époque. Cette-fois ci, il avait une réponse à apporter. Egoïstement, il aurait préféré ne pas en avoir...

* Prends soin de la mère de Sonny, maman. *

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Sonny Malone

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MessageSujet: Re: I’m not pretending, no hope, no laugh, no glory, no happy ending…[Partie 1][terminé]   Mar 13 Nov - 18:06

Central Park. Lieu double. Lieu qui rappelait à Sonny de beaux souvenirs, tout comme de sombres épisodes. Aujourd’hui, il allait en plus devenir le lieu où elle était allée après avoir appris la mort de sa mère. Bon sang, elle était morte depuis presque un mois et elle, en parfaite fille indigne, elle ne l’apprenait que maintenant. Elle n’avait pas été là et ne se le pardonnerait jamais. Pas d’au revoir. Pas de dernière étreinte. Rien qu’une fuite. Et même cette venue ici, à Central Park, c’était une fuite. Que s’était il passé ? Qu’avait-elle fait pour que les choses tournent ainsi ? Jayden qui se retourne contre elle. Un nouvel an passé dans une infirmerie avec Remington mal en point. Sa mère qui meurt. Plus rien n’avait de sens. Pourquoi Sacha l’avait-il emmenée ici ? Que pouvait-elle y trouver alors qu’elle venait de perdre à tout jamais les bras et les baisers de sa mère ? Que jamais… Elle ferma les yeux un instant pour éviter un nouveau torrent de larmes.

“ C’est la réplique de Kaa, le serpent dans le livre de la jungle et c’est un traitre. ”


Elle l’avait déjà sorti à Remington celle-là. Mais Remington n’était pas là. Celle qui était sa deuxième mère n’était pas là. Celle qu’elle considérait comme sa sœur, son ex-meilleure amie n’était pas là. Il n’y avait que Sacha. Quelques semaines avaient suffi pour qu’il soit essentiel dans sa vie. Pour qu’il soit le frère qu’elle n’avait pas, Wyatt mis à part. Pour qu’il soit le premier qu’elle appelle après Remington. Pourquoi répondait-il présent comme cela ? Elle ne le méritait pas. Mais elle se laissa totalement faire, comme une belle marionnette. Bien sûr qu’elle avait confiance en lui mais elle doutait sincèrement que même avec toute la meilleure volonté du monde Sacha parvienne à lui faire retrouver le sourire. Rien n’allait. Rien n’irait jamais. C’était une vérité qu’elle devait intégrer.

Et quand elle vit enfin où il voulait en venir, elle se demanda s’il n’avait pas craqué. Un ballon ? Il voulait l’emmener en ballon ? Voler dans les airs alors qu’elle était au trente-sixième dessous ? Il n’y avait que Sacha pour penser à des choses pareilles… Lorsqu’elle lui tendit la main, elle soupira.

« Tu veux que je me suicide en sautant du ballon c’est ça ? »

Elle en riait, mais connaissant un certain épisode de sa vie, il ne fallait peut-être pas tenter le diable. Quoiqu’aujourd’hui tout geste inconsidéré aurait des conséquences sur une autre personne qu’elle-même. Elle ne pouvait pas faire n’importe quoi, parce qu’elle était responsable d’une vie. Mais elle accéda à la requête de Sacha et monta à son tour dans la nacelle, non sans être prise d’une étrange sensation en voyant la terre s’éloigner aussi vite. C’était un vertige presque euphorisant. Comme un appel à rejoindre cette terre en sautant et en sentant le vent gifler son visage. Cela faisait deux fois… deux fois que son instinct de survie lui faisait défaut au point qu’elle veuille tout laisser, jusqu’à sa vie. Sacha l’ignorait, mais cela lui était déjà arrivé. La fois où elle avait appris pour Remington. Jamais elle n’avait eu si mal auparavant. Et là, le même sentiment revenait à la charge. Un dégoût profond, pour elle-même, qui n’avait pas su, qui n’avait pas été là. Mais elle fut tirée de ses pensées par son ami qui lui confia la raison de cette échappée dans les airs. Elle détourna alors son regard pour le porter sur Sacha. Elle tourna aussi vers lui un visage profondément triste et compatissant. Leurs mères étaient mortes de la même manière, mais Sacha n’était encore qu’un enfant. Au moins, Sonny avait eu sa mère pendant son adolescence. Elle avait pu partager plus de choses avec elle que Sacha avec sa mère. Cela aurait pu la faire sourire, la mention des anges. Mais pas cette fois. Sonny était affreusement terre à terre pour ce genre de chose. Mais elle comprenait, et elle imaginait très bien son ami grimper jusqu’au ciel comme pour effleurer sa mère. Il semblait presque amusé. Comme si cela l’avait aidé. Mais comment cela pouvait aider de grimper sur un toit et parler dans le vide, avec juste le silence pour réponse ? Il était si convaincu et son histoire était belle. Et dans un sens, Sonny avait déjà battu la mort à son petit jeu, en allant dans l’esprit de Remington alors qu’il était dans le coma. Néanmoins, cette fois, la mort avait gagné. Cette fois, Sonny ne pourrait pas parler avec sa mère. Ses mots se perdraient dans le vent et les nuages. Seul Sacha les entendrait. Sa mère ne saurait pas à quel point elle s’en voulait.

Toutefois, il revint à la charge en lui disant qu’elle devait parler à sa mère. Faire comme si. Une dernière fois. Et il l’embrassa sur le front, comme pour consoler un enfant. Quand il se recula, Sonny se sentit seule. Elle savait qu’il était là, mais elle ne trouvait pas la solution. Elle se tourna alors et ses mains empoignèrent le rebord de la nacelle et ses yeux se levèrent vers le ciel bleu et glacial. Elle avait mal. Et elle essuya du revers de sa manche ses yeux humide. Les mots qu’elle laisserait au vent ne seraient pas entendus par sa mère, elle le savait. Mais si cela pouvait faire plaisir à Sacha, elle essayerait.

« Maman… »

Mais rien ne sortit de plus que cela. Elle reçut comme un coup de poing en plein cœur quand elle se rendit compte de ce qu’elle faisait. Et les larmes furent bloquées et refusèrent de couler. Sa mère était morte. C’était fini. Elle ne pourrait pas l’entendre, elle ne pourrait plus lui parler. Et tout était de sa faute alors elle se retourna, presque vidée de toute émotion.

« Sacha, c’est ridicule. Elle ne m’entendra pas, elle est morte. Quand j’ai quitté la France, j’ai quitté mes parents, sans leur dire où j’allais, parce que je suis différente et que j’avais peur pour eux. Je n’ai pas cherché à les recontacter. Et je n’ai même pas su que ma mère était morte il y a presque un mois. Aujourd’hui elle est six pieds sous terre et j’ignore où est mon père. Sacha, je suis enceinte et elle ne me verra jamais avec un ventre rond. Mon bébé ne connaitra jamais sa grand-mère. Elle ne me donnera jamais de conseils sur comment le tenir, comment savoir quand il a faim. Elle ne me mentira jamais en me disant que l’accouchement ne fera pas mal. Et je n’ai pas été là pour mon père. Tout est foutu et ce ne sont pas des mots qui changeront quoique ce soit… »

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Sacha M. Kwon

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MessageSujet: Re: I’m not pretending, no hope, no laugh, no glory, no happy ending…[Partie 1][terminé]   Jeu 15 Nov - 22:40

Trop engagé envers sa meilleure amie, les souvenirs du 30 décembre furent ponctuellement effacés de la mémoire de Sacha. Et revenir sur le terrain ne changea rien. Comment pouvait-il oublier ces horreurs dont il avait été l’un des nombreux témoins ? Cela paraissait inconcevable, surtout si tôt. Pourtant, le jeune adulte, aveuglé, n’était guidé que par l’envie de soutenir son amie dans cette dramatique épreuve. Il en oublia ses mésaventures comme si dans l’échelle de la tragédie, Sonny remportait haut la main la victoire. Tête en l’air, nous ne pouvions pas non plus affirmer qu’il avait une capacité mémorielle très glorieuse. Faire abstraction des évènements passés constitua un bref défi pour lui.

« Non. C’est la réplique d’Aladin lorsqu’il demande à Jasmine de le suivre sur son tapis volant. Rassure-toi, je ne chanterai pas la chanson. »

Il n’avait pas réservé un tapis mais c’était volant. Sonny était sacrément déboussolée pour ne plus reconnaître ses Walt Disney. Kaa, le serpent disait « Aie confiance » exactement. Néanmoins, tout comme l’invertébré, Aladin agissait en traître à ce moment de l’anime. Et à ce propos, Sacha se demanda pourquoi Sonny avait précisé le statut de ce reptile. Un message subliminal ? Sacha serait un imposteur alors ? Qu’est-ce qu’elle voulait dire ? Elle était perdue, à tel point qu’elle ne prenait plus en considération l’impact des mots. Jamais Sonny ne lui causerait du tort, au contraire, sur la palette des personnes qu’elle connaissait, elle l’avait choisi lui. Sacha en était reconnaissant, fier que son amie, celle qu’il a rencontrée il y a cinq mois, l’estime aujourd’hui comme une personne ressource.

La vie lui avait arraché sa mère alors non, sûrement qu’elle n’avait pas l’envie de réfléchir à ce qu’elle disait. Sacha le comprenait tout à fait, lui-même n’ayant pas été des plus doux avec ses proches lorsque sa mère l’a abandonné. L’abandon. C’est ainsi que Sacha l’avait vécu, l’avait ressenti. Comme quelque chose d’injuste, de dégueulasse. Comme si sa mère, la femme qu’il aimait le plus au monde, n’était qu’une traîtresse, une lâche, n’assumant plus son rôle. Celle qu’il regardait comme une déesse lui avait menti depuis sa naissance et n’était qu’en fait une simple mortelle. Evidemment, sa première réaction fut la colère, la période d’adolescence étant une phase compliquée dans le développement d’un enfant. Sacha fut en effet un garçon extrêmement violent. Envers sa famille, ses professeurs, ses amis. Il se transforma complètement. Il était aux antipodes du Sacha actuel qui contenait avec beaucoup de difficultés son côté sombre. Renfermé, indifférent, irrespectueux et provocateur. Il aurait pu finir d’une toute autre façon s’il n’avait pas rencontré Ross à cette époque. Il se souvint de ses bagarres, du nombre de fois où il passa ses nuits à l’hôpital en mauvais état. Il se souvint qu’à cause de ce comportement, Hannah était partie. Ou bien c’est lui qui était parti ? Tous les deux avaient pourtant de beaux projets, tellement modestes mais tellement humains. Il avait perdu énormément à cette époque.

La question de Sonny ne le fit pas rire. Mais alors pas du tout ! Surtout au regard du contexte qu’elle subissait. Il aurait dû le prévoir mais il avait assez confiance pour être convaincu que jamais elle ne passerait à l’acte. La grossesse devant l’en dissuader à elle seule. Alors ils s’envolèrent tous les deux. Encore un bel instant qu’ils partageront ensemble. Gagner le ciel apaisait considérablement Sacha. La vie semblait si misérable à cette hauteur. L’être humain était au monde ce qu’une fourmi était à l’être humain. C’était dans ces moments-là que le jeune garçon pouvait philosopher discrètement. Loin d’être un grand penseur, il appréciait malgré tout l’isolement et les réflexions sur les joies et les peines que la vie offrait. Il se limitait tout de même préférant l’agitation des fêtes et le bonheur du sexe à l’ennui des songes.

Influencé par ce cadre, influencé par le désir de se livrer à son amie, il se proposa plus fleur bleue. Une sensibilité qu’il avait toujours cachée, à tout le monde, excepté comme toujours le seul, l’unique, le grand Ross. Bizarrement, en discuter fut moins pénible qu’il l’aurait pensé. Il pouvait reconnaître que Ross avait fait un travail fabuleux avec lui. Sonny sembla réceptive à son témoignage. De la même façon que lui, il y a six ans, elle amorça un dialogue. Difficile de parler de dialogue dans ces conditions mais passons. Après simplement avoir dit « maman » elle s’arrêta et exprima le ridicule de la situation. En l’écoutant, Sacha se sentit idiot, un brin trop sentimental et il dut se rendre à l’évidence : Sonny n’est et ne sera jamais comme lui. Le pire dans cette histoire était sans nul doute ce sentiment d’échec qui l’humiliait. Erreur de jugement de sa part mais à cet instant il possédait beaucoup plus de recul qu’elle sur ce deuil même si Sonny est beaucoup plus mature que lui car elle détenait déjà cette conscience sur son environnement, une conscience que Sacha n’avait pas encore acquis.

Il avait donc été ridicule lorsqu’il s’était accroché à un dernier témoignage alors qu’il était seul. D’une certaine façon, il voudrait la secouer, lui dire qu’elle avait le choix d’être une conne pendant cinq minutes en s’adressant à un fantôme ou bien d’être une conne toute sa vie. Mais il jugea cela un poil trop sévère. Il pouvait aussi se faire passer pour victime, lui dire qu’elle n’avait pas le droit de faire ça, de le juger, mais il avait cette tendance à tout ramener à lui. Tendance qu’il tendait à inverser. Il pensait néanmoins cela bête de gâcher un instant qui aurait pu être bénéfique. Aurait pu, car il n’en avait aucune certitude bien que prétendant le contraire. Il ne lui aurait rien coûté d’essayer. D’un autre côté, n’avait-elle pas exposé ses peines, ses regrets, comme il le lui avait préconisé ? De toute façon, elle avait déballé son sac, il estima donc qu’il avait gagné.

« Ok... Ok. Je t’ai amené ici parce que je pensais que ça pourrait te soulager. Je me suis trompé et je m’en excuse. Je t’aime et te voir malheureuse sans que je puisse changer les choses m’est insupportable. Je ferai n’importe quoi pour toi. Allez viens... » Il ouvrit ses bras pour que Sonny puisse y trouver du réconfort. « Mais je pense tout de même que tu devrais aller la voir. » Et il n’en démordrait pas, il fallait que Sonny voit la tombe de sa mère. Cela lui semblait important dans le processus de deuil. Bien qu’il n’ait jamais écrit de bouquin là-dessus et qu’il n’en ait qu’une connaissance superficielle, il savait que l’être humain fonctionnait par étape lors d’un deuil. Cependant le jeune garçon pensait également qu’il n’était pas livré avec un mode d’emploi et Sonny venait encore de le prouver. Alors chacun agissait selon sa nature. Colère, déni, chagrin, hyperactivité, fuite, tellement de ripostes possibles face à la mort.

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MessageSujet: Re: I’m not pretending, no hope, no laugh, no glory, no happy ending…[Partie 1][terminé]   Sam 17 Nov - 12:46

Les choses allaient-elles cesser de dégénérer ? Sonny se posait de plus en plus souvent cette question. Elle avait espéré, pourtant, qu’avec ce qui s’était passé à Noël, les choses iraient de mieux en mieux. Si c’était le cas pour sa relation avec Remington, il n’en était rien en ce qui concernait le reste de sa vie. Il y avait eu Jayden, puis les événements du 30 décembre et là… cette nouvelle qui paraissait si irréelle et invraisemblable. Sa mère était morte, sa maison était vendue à de parfaits inconnus, ses souvenirs envolés nul ne sait où et son père, quelque part, seul. Et là, dans les airs, l’absurdité de cette situation lui sautait aux yeux. Elle avait envie de s’effondrer, et pourtant, elle n’y arrivait pas car une voix malsaine lui hurlait dans les tympans que c’était de sa faute et qu’elle n’avait pas le droit de pleurer. Pas le droit car elle les avait abandonnés. Elle leur avait imposé ce silence qui s’était installé depuis presque sept mois. De quel droit pleurerait-elle désormais ? Elle n’avait que ce qu’elle méritait.

Si perdue dans le mal qui la rongeait et dans cette sensation de perdre un à un les êtres qui comptaient pour elle, Sonny se rendit à peine compte du correctif de Sacha concernant les dessins animés. Et qu’elle se trompe n’était pas chose normale. Aladdin… n’avait-il pas trompé Jasmine dans le fond ? Est-ce que Sacha allait la trahir comme Jayden avait pu le faire ? Non, non, elle n’avait pas le droit de penser comme ça. Quels que puissent être ses preojets pour cette nouvelle année, Sacha n’avait pas hésité à les abandonner pour lui venir en aide et répondre à son appel au secours. Et puis finalement, Jasmine et Aladdin ont fini heureux et ensemble pour le reste de leurs jours. Bon, d’accord, Sonny et Sacha ne se marieraient pas pour régner sur Agrabah, mais peut-être qu’ils resteraient ensemble jusqu’au bout eux aussi. Peut-être.

Mais les certitudes de Sonny face à l’avenir avaient été considérablement ébranlées ces derniers temps et elle n’avait plus envie d’espérer des jours meilleurs. Et même si elle aurait voulu, du plus profond de son cœur, faire plaisir à Sacha et parler avec sa mère, elle n’y arriva pas. Elle ne s’en sentait pas le droit. Sacha, à l’époque, n’avait pas pu dire au revoir à sa mère et il avait trouvé cette manière. Elle, elle avait dit au revoir. Elle avait même dit « adieu ». Elle avait dit à ses parents qu’elle ne reviendrait pas, à cause des menaces, à cause de Genetic. Elle leur avait laissé croire qu'ils ne se reverraient jamais. Mais la différence avec aujourd’hui, c’était que jusqu’à présent, elle avait toujours détenu au plus profond d’elle même cet espoir de rentrer un jour. Et cet espoir avait grandi quand Remington lui avait assuré qu’un jour ils iraient en France. Une part d’elle avait cru qu’elle pourrait se cacher au détour d’une rue pour apercevoir son père et sa mère. Ou qu’elle pourrait avoir la force de sonner à la porte, de les prendre dans ses bras, de leur annoncer qu’elle allait être mère et qu’elle allait se marier. Ou qu’elle le serait déjà, car elle aurait les papiers nécessaires pour circuler entre les Etats-Unis et la France.

Rien de tout cela n’arriverait. C’était fini. Voilà ce qui était ridicule. Voilà pourquoi elle ne méritait même pas l’aide de Sacha. Elle avait dû être agressive dans sa manière de parler car le pauvre s’excusa. Pourquoi ? Parce qu’il essayait de l’aider ? Non, non, c’était elle qui n’y arrivait pas. Elle qui n’avait plus la force. Elle le regardait, tandis qu’il insistait pour qu’elle aille un jour dire à sa mère ce qu’elle ressentait. Est-ce qu’elle serait un jour capable de cela ? Elle ne pouvait le dire à l’heure actuelle. Quand il eut fini, elle observa ses bras grands ouverts. Et elle ne put y résister. Elle fit les deux pas qui le séparaient de lui et elle alla s’y blottir. Elle avait besoin de se dire qu’il y avait encore une présence qui resterait. Même si elle commençait à en douter. Non qu’elle n’eut confiance en Sacha, mais parce que tout fichait le camp.

« Je suis désolée Sacha. Je sais que tu fais ça pour moi, mais ça ne sert à rien. Rien n’ira. Je suis en train de perdre tout le monde. Ma mère, mon père, Kensie ne veut plus me parler parce qu’elle déteste Remington et Jayden… Les dernières choses qu’elle m’ait dites c’est qu’elle ne nous laisserait jamais en paix avec Rem et elle a menacé de s’en prendre à notre bébé. Je ne sais plus Sacha… je perds tout le monde… tout le monde. »

Et les larmes ne coulaient toujours pas. Et elle n’arrivait pas à être apaisée dans ce silence des cieux.

« Rem est … à l’hôpital, il a été blessé à cause d’un truc qui s’est passé il y a deux jours ici même. Et j’ai tiré sur quelqu’un. Sacha… depuis quelques temps, je ne sors plus sans une arme, j’ai peur de tout. J’ai peur de perdre Rem et de perdre encore quelqu’un. Et là, c’est ma mère… Je l’ai perdue stupidement, je n’aurais jamais dû disparaître comme ça, même si c’était risqué. J’aurais dû garder le contact. Toi tu avais le droit de pleurer ta mère et de lui parler. Moi je ne l’ai pas. »

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Sacha M. Kwon

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MessageSujet: Re: I’m not pretending, no hope, no laugh, no glory, no happy ending…[Partie 1][terminé]   Dim 18 Nov - 2:06

Peut-être par instinct, mais probablement plus par besoin, Sonny plongea tête première dans les bras de son meilleur ami. Elle présenta des excuses. Elle qui rejoignait chaque jour se faisant les abîmes de multiples souffrances. Sacha entoura de son bras gauche le dos de son amie et plaqua sa main droite contre son crâne. Serrée contre le torse de Sacha, le visage de Sonny fut plaqué contre le cœur de ce premier. Il n’était qu’un idiot, qu’un con de la faire culpabiliser. La pauvre était désorientée face à un ouragan de malheurs qu’elle cita à son meilleur ami : la disparition précipitée de ses géniteurs, la santé alarmante de Remington, son énigmatique dispute avec Kensie et les menaces d’une femme dénommée Jayden qu’elle introduisit. Humainement, s’en était suffisant pour rompre durement avec la plénitude et ainsi s’amouracher d’un tourment pleinement justifié dans sa situation. Elle trouva refuge contre le corps d’un garçon qui s’était promis de veiller sur elle. D’une certaine façon, l’objectif d’un refuge est d’abriter ses locataires tout en leur promettant sécurité et repos. C’était ce pour quoi Sacha fut missionné cette après-midi. Une sécurité essentielle pour Sonny aujourd’hui. Pour elle tout comme son enfant, ce petit-être qui n’avait pas encore eu la joie de voir le jour – ou la nuit. Elle exprima ses craintes et sa peur qu’une hystérique lui cause encore plus de dégâts qu’elle n’en était déjà la victime favorite. Sacha comprit alors que le décès de sa mère ne fut qu’un élément déclencheur mais le diagnostic était bien plus complexe puisque Sonny endurait un ensemble de tribulations. Elle demeurait en très mauvaise posture. Enceinte et exténuée, elle trouvait pourtant le courage de prendre soin de son âme-sœur et surtout de prendre soin d’elle-même. Sacha disait souvent à propos de Sonny en rigolant qu’elle était une femme forte parce qu’elle avait des origines colombiennes et il se rendait compte qu’il s'était trompé stupidement. Sonny n’était pas forte, elle était admirable.

« Hey... Hey. Ecoute-moi. Tout finira par s’arranger avec Kensie, Remington va se remettre de ses blessures et temps qu’il ne sera pas opérationnel, moi je serai là. Cette fille ne vous fera aucun mal à toi et au bébé, d’accord ? Je vais venir chez toi jusqu’au retour de Remington. » Dit-il sur un ton qui n’attendait pas d’accord. Il se révéla rassurant et prévenant mais il avait également acquis avec les années passantes une fermeté sur laquelle il n’était plus possible de débattre. Sonny avait perdu l’espoir, cette petite flamme qui nous poussait à nous dépasser. Mais Sonny avait la chance, ou la malchance, parce que jamais il n’aurait la prétention de garantir qu’il est un allié de choix, d’avoir face à elle un rêveur. C’est en s’adressant à elle que Sacha prit réellement conscience que Sonny portait la vie. Le « vous » fut d’ailleurs assez révélateur. Il adorait déjà ce gosse, sans même savoir comment il serait aussi bien physiquement que psychologiquement. Bon sang, c’était merveilleux ! Ça devait l’être ! « Tu ne m’as pas perdu et tu n’as pas perdu ton enfant. Tu ne perdras pas Kensie et tu ne perdras pas Remington. » Il s’engagea tête-baissée dans des déclarations qu’il ne pouvait pourtant pas affirmer. Il ne pouvait, en effet, prédire si Kensie reviendrait mais il devait se montrer convaincant et pour cela il devait être convaincu. Pour se faire, il ne se lia d’amitié avec aucune hésitation.

Enormément de questions s’entrechoquèrent dans son esprit encore en développement mais le jeune adulte privilégia l’action dans un premier temps. Il ne pourrait probablement pas respecter sa promesse, ayant pour obligation de se rendre en France dans quelques jours mais il ignorait l’état dans lequel Remington se trouvait et il ne pouvait prédire si les dates s’accorderaient. Sur ce sujet, Sonny avait précisément expliqué que son bien-aimé fut une des victimes des évènements du 30 décembre dernier. Alors eux aussi furent présents... Et pourquoi Kensie détestait Remington ? Les blessures de ce dernier étaient-elles graves ? C’était un bordel dans lequel s’entremêlaient plusieurs sujets que Sacha avait besoin d’organiser. La priorité revenait à Sonny, à son bien-être. « Non, je t’en supplie ne fais pas ça. Ne te punis pas. Tout ce que tu as fait c’était pour les protéger, n’est-ce pas ? » Il se rendit compte qu’il ignorait encore tellement d’informations sur Sonny. Comment pouvait-il se regarder dans la glace et prétendre être son ami ? C’était juste une blague ? « Sonny, tu te rends compte du mal que tu t’infliges ? Tu t’interdis d’être triste du décès de ta mère ! » Sa voix s’éleva car il n’acceptait pas ce comportement. Par ailleurs, cela le confortait dans sa philosophie de vie : vivre sans regret. Il constatait à quel point les remords étaient destructeurs. Il avait dû la brusquer car les mots tendres n’avaient aucun effet. Sonny s’était comme parée d’un bouclier ne lui autorisant pas à laisser ses réelles émotions s’exprimer. D’un autre côté Sacha en oublia sa capacité mais il devait prendre garde à ne pas plonger son regard dans le sien. Il avait déjà endossé un deuil qui ne le concernait pas et il passait volontiers sur ce coup-là. Garder Sonny près de lui leur assurait à tous deux de vivre cet instant normalement.

En se réveillant ce matin, jamais Sacha Kwon n’aurait pensé passer le premier jour de cette nouvelle année dans une montgolfière, en compagnie de sa meilleure amie endeuillée à la réconforter avec une dent en moins le rendant encore plus idiot qu’il ne l’était déjà. L’avenir, accouplement du destin et du hasard, était, il faut bien l'avouer, un drôle de phénomène.

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MessageSujet: Re: I’m not pretending, no hope, no laugh, no glory, no happy ending…[Partie 1][terminé]   Lun 19 Nov - 19:41

Cela faisait bien des fois où elle avait regretté qu’on ne l’eût dotée d’une boussole ou d’un mode d’emploi pour mener sa vie. Car nombre de fois, elle s’était perdue et sentie perdue. Il y avait eu tellement d’obstacles sur la route, elle avait dû prendre tellement de directions auxquelles elle ne s’était pas attendue qu’elle avait perdu son chemin principal. Depuis le mois de juin, elle errait sur des chemins de traverse sans savoir ce qui l’attendrait au bout. Normalement, elle aurait du poursuivre ses études en France, elle aurait finalement fini par sortir avec son meilleur ami. D’ici trois ans elle se serait installée avec un boulot, ils auraient vécu ensemble. Deux ans après ils se seraient mariés probablement, en présence de leurs parents et d’Anne. Ils auraient eu des enfants. Mais il y avait eu le 5 juin. Son Domaine avait brûlé, emportant sa vie et ses amis. Elle avait quitté le pays et s’était retrouvée sans rien à Los Angeles. Elle avait rencontré un homme qu’elle ne connaissait pas et à qui elle s’était immédiatement liée. Un homme avec qui cela avait été fort et sa route avait bifurqué. Tout s’était accéléré et elle courait en avant, sans aucune visibilité. Et aujourd’hui, elle s’était pris un mur en plein visage. Comme en novembre dernier quand elle avait découvert qu’elle aimait un meurtrier. Là, on lui avait pris sa mère et elle commençait à voir où menait le chemin qu’elle avait pris : vers une impasse.

Alors elle se cachait. Là, dans les bras de Sacha. Le seul lampadaire sur sa route. La seule façon d’éclairer un tantinet son chemin. Elle se sentit presque en sécurité lorsque Sacha posa une main sur son dos et sur son crâne, comme si elle ne pouvait plus tomber. Mais elle savait que c’était éphémère. Parce qu’il faudrait bien qu’il la lâche et là, elle ne savait pas ce qui se passerait. Et elle avait mal. Mal à force de penser à cet article de journal. Mal à force d’entendre seconde après seconde les invectives de Kensie et les menaces de Jayden qui tournaient en boucle dans sa mémoire. Mal de repenser à toutes les galères qu’elle et Remington avaient vécues. Alors elle fit ce qu’elle n’avait fait avec personne d’autre qu’avec Rem. Elle se concentra sur les battements du cœur de Sacha. Elle voulait que ce bruit lui emplisse la tête et chasse les mauvaises pensées. Il ne battait pas au même rythme que le sien ou que celui de Rem, aussi, elle ne parvint pas à se synchroniser sur lui. Mais elle se laissa envahir par le bruit.

Puis elle entendit son ami. Ses propos résonnaient dans son être, certainement à cause de la proximité physique qui les unissait à cet instant. Elle ne répondit rien aux promesses d’un futur meilleur, elle savait que ce n’était rien de plus que les formules consacrées dans ce genre de situation. Mais elle resserra son étreinte quand il lui promit de rester auprès d’elle le temps que Remington revienne, pour veiller sur elle et empêcher Jayden de débarquer. Elle ne savait pas trop quoi dire. Remington n’était pas vraiment à l’hôpital, il était à l’infirmerie de Genome. Elle pouvait y aller. Elle le savait. Mais en même temps… prendre la voiture lui était trop risqué et elle ne savait réellement où elle serait le mieux.

« D’accord », s’entendit-elle murmurer. En l’absence de Rem, la seule personne en qui elle avait toute confiance et dont elle avait besoin, c’était Sacha. Et il allait être là. Et c’était étrange d’ailleurs, cette assurance dans sa voix et sa résolution. Elle avait toujours cru qu’elle pourrait en faire ce qu’elle voulait, le faire céder en faisant sa petite moue. Mais là, elle comprit que non. Il ne céderait pas. Il ne bougerait pas. Il serait son roc dans la tempête. Et si elle avait été en forme, elle se serait emparée de la perche tendue par son ami. Sacha parlait d’elle et du bébé. Il voulait faire partie de la vie de cet enfant et si Sonny avait été pleinement elle-même à cet instant, nul doute qu’elle en aurait profiter pour lui imposer tous ses caprices de femme enceinte. Mais là, elle se contentait de croire que quelqu’un allait se battre à sa place et qu’elle pouvait rendre les armes quelques temps. Néanmoins, sans le savoir, il lui fit mal. Lorsqu’il parla de perte. Elle ne lui avait pas tout dit, et peut-être était-il temps de combler ces omissions.

« Sacha… Le bébé j’ai failli le perdre et j’ai déjà perdu du sang. Il s’est accroché mais j’ai des traitements à suivre car mon corps n’est pas assez fort. Faut que j’attende le mois prochain pour repasser des examens et être sûre que tout va bien. Et Kensie m’a clairement dit qu’elle ne voulait plus me revoir tant que j’étais avec Rem. Et je vais me marier avec lui. Alors elle ne reviendra pas. Et Jayden c’est… si compliqué. Elle était mon amie. Ma meilleure amie. On se connaît depuis 7 ans. Et elle a toujours recherché son frère qui était parti du jour au lendemain Ce frère c’est Rem. Et elle est furieuse. Furieuse qu’il ait choisi de vivre avec moi et d’avoir une famille sans elle. »

En disant cela, elle se rendait vraiment compte qu’elle devait battre Wyatt à plate couture au jeu de la vie de merde. Peut-être qu’elle le lui dirait à l’occasion, pour récupérer son trophée.

« Et Rem a failli mourir il n’y a pas si longtemps. Deux arrêts cardiaques. Un coma. Même lui je peux le perdre n’importe quand. »

Oui, donc confirmation pour le trophée de la vie de merde. Et les questions de Sacha, elle se les était déjà posées. Avait-elle réellement fait ce qu’il fallait pour les protéger ? Franchement, elle n’était pas en mesure de répondre à cette question. Elle faisait au mieux, mais il y avait toujours quelque chose qui foirait. Alors oui, il avait beau grogné, elle n’estimait pas avoir le droit de pleurer sa mère. Et il fallait qu’il comprenne pourquoi. Mais il y avait le pilote dans la nacelle et elle ne pouvait pas tout dire. Pourtant, il était temps. Elle lui avait caché trop de choses. Et elle finirait par le perdre lui, comme elle perdait les autres.

« Sacha, tous ceux qui m’approchent souffrent, tôt ou tard. Il faut que je te dise quelque chose. Il faut que je t’explique pourquoi je suis vraiment partie et cette histoire d’incendie et de tutrice. Mais je ne peux pas le faire ici. »

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MessageSujet: Re: I’m not pretending, no hope, no laugh, no glory, no happy ending…[Partie 1][terminé]   Jeu 22 Nov - 0:39

Amen. Il n’avait pas à batailler pour qu’elle tolère sa décision. A cause de son côté blagueur, Sacha craignait de manquer de crédibilité auprès de ses amis. Et pourtant, ce ne fut jamais le cas parce qu’il demeurait un jeune adulte respectable en dépit de ses bêtises. Sonny Malone l’estimait assez aujourd’hui pour qu’il soit son pilier, celui qui la fortifiait contre le désespoir. Il tenterait au mieux d’assumer ce rôle mais il n’y avait rien de noble à cela car ce n’était que le devoir d’un ami. Alors Sacha n’avait rien de spécial. Toutefois, cela s’apparentait à quelque chose de fantastique pour Sonny et le jeune garçon avait ses propres opinions sur le pourquoi. La française avait débarqué sur un territoire inconnu. Elle apprit à se recréer une vie affective, sociale ainsi que de nouveaux repères et ce qui était sensas’ c’est que quelques mois suffirent pour qu’elle trouve une place dans le cœur d’au moins trois personnes : Remington, Kensie et Sacha. Puis, à son plus grand malheur, le même schéma se reproduisait. Comme dans ses mémoires, Sonny voyait ses proches désertés un à un sans arriver à les retenir, à les sauver. Alors peut-être que dans son inconscient, Sonny s’était persuadée qu’elle perdrait son fiancé et ses nouveaux amis. Et sa réaction ne la rendait que plus humaine et attachante car malgré ses peurs, Sonny se battait pour se préserver. D’autres n’auraient pas eu cette moralité. D’autres auraient trouvé ressource en imposant une distance vis-à-vis de ces nouvelles rencontres. Sonny était assez intelligente pour tomber amoureuse, s’attacher à de nouvelles personnes et accepter de vivre une nouvelle vie.

Sonny, blottie dans des lianes qui se refusaient de la quitter, apporta plus d’éclaircissements sur les causes de toutes ses séparations. S’il interprétait correctement les dires de Sonny, Remington demeurait le centre de toutes ses discordes. Il ne le jugeait en rien, mais force est de constater qu’il jouait un rôle. Attention, comme il le pensait déjà, la priorité revenait à la santé de Sonny et au bébé. Alors quand il entendit parler de sang, de traitements et d’examens, il paniqua. Il était bien malheureux que Kensie fasse la tête mais si elle avait ses raisons personne ne pouvait aller à l’encontre. Quant à Jayden, la sœur de Remington, le problème sera rapidement réglé car cette fille mourra d’ici peu si cela permet à Sonny d’être plus tranquille. Il existe bien des tueurs à gage non ? Sauf si une somme généreuse permettrait à cette demoiselle de poursuivre de nouvelles ambitions. Sacha ferait n’importe quoi pour mettre en sécurité ses proches. Mais il nourrissait bien plus d’importance pour le bébé et la confidence de Sonny à ce propos le toucha. « Je commence à avoir peur... » Sacha prenait conscience de la dangerosité de la situation et il devait rapidement trouver des objectifs. « Nous ferons tout pour que cet enfant soit en bonne santé et s’il faut que je mette entre parenthèses ma carrière, je le ferai. De toute façon pour finir acteur dans des films de seconde zone projetés dans des salles peu fréquentées, je ne perds pas grand-chose. Ma priorité, c’est toi et le bébé. Alors je veux que tu oublies Kensie et Jayden pour le moment. Tu as une famille qui a besoin de toi, c’est ton devoir de te battre pour eux. » Notre père qui êtes aux cieux, faîtes que personne ne lui dise la même chose un de ces jours ! Il prenait les précautions pour que ça n’arrive jamais. Bien sûr le cas de Sonny était particulier n’empêche qu’à vingt ans, elle se retrouvait avec les responsabilités d’une adulte. Tout ce que lui racontait Sonny était démentiel. On n’a pas idée de se marier si jeune, c’est du délire ! Mais bon, si c’était son tripe... Enfin, il prendrait le temps de rediscuter de tout ça avec Sonny mais actuellement il préférait se mettre au clair avec elle. Non seulement il allait squatter chez elle mais en plus, il allait prendre soin d’elle comme si elle était sa fille. Se reposer et s’alimenter. Reprendre des forces. Discuter. Suivre son traitement. Se vider l’esprit. Bref, une remise en forme made in Sacha.

Mister Kwon continua la conversation sur son petit corbeau de la ferme préféré. Il suivit la même trame que Sonny. « Et Remington n’est pas mort. Il te supporte depuis des mois alors tu penses bien que cet homme est... Invincible. » Plaisanta-t-il soutenu par un fin sourire. Laisse tomber tes blagues Sacha, ce n’était vraiment pas le moment. Ou alors Remington faisait partie de la famille mutante lui aussi. Et son pouvoir serait de survivre aux arrêts cardiaques et aux comas. C’était peut-être délirant mais il ne faut pas se mentir : le pauvre cumulait et visiblement rien ne pouvait le faire crever. Il avait aussi sa bonne étoile nommée Sonny. Depuis que Sacha connaissait sa nature, plus grand-chose ne pouvait le surprendre mais Sonny avait d’autres révélations à lui faire. Cette fille était un dictionnaire à surprises ! Et il y en avait pour tous les goûts. Des bons et des moins bons. Jetant un coup d’œil à l’homme qui dirigeait la montgolfière, il demanda : « S’il-vous-plaît, vous pouvez nous faire redescendre ? » Une fois les pieds sur terre il le remercia et s’adressa de nouveau à Sonny. « On va chez moi prendre quelques affaires puis on retourne chez toi pour discuter. Ça te va ? »



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