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 Already to paint my life in red [Terminé]

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Jayden B

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MessageSujet: Already to paint my life in red [Terminé]   Jeu 30 Aoû - 22:02

28 décembre 17h15

Au défaut d'être une vaste maison, la demeure des Blackwell ressemblait à une immense prison où l'ennuie était le pilier permettant aux murs de tenir en place. Depuis son retour d'Europe, Jayden ne pouvait s'empêcher de croire qu'il faisait bon vivre là-bas. Tout y était plus simple, plus ordinaire et plus excitant. Elle avait passé des auditions de violoncelle à Londres, Paris et Berlin. Un parcourt épuisant, mais vivifiant. Le froid y était tenace, plongeant chaque ville dans un état de léthargie profond. Pourtant, la jeune américaine y avait redécouvert ses souvenirs passés, notamment dans les grandes avenues de Paris, là où elle avait tenue pour la première fois la main de Sonny. Elle avait regretté d'y être allée sans sa meilleure amie, mais celle-ci n'avait nullement les moyens de retourner dans son pays d'origine et encore moins l'envie.

Jayden pouvait la comprendre. Il était toujours difficile de remettre les pieds dans un lieu que l'on a fuit comme la peste, un lieu où l'on s'est fait passé pour mort.

Les corbeaux battaient mollement des ailes dans un ciel gris. Ben Blackwell avait confisqué le 4x4 de Jayden pour toute la semaine. Il n'avait pas apprécié l'escapade de sa fille en Europe, surtout contre son autorisation. Mais la jeune musicienne n'était plus une gamine. Malheureusement, elle vivait encore sous le toit de ses parents et suivait donc leurs règles, à contre cœur. Elle descendit la rue, emmitouflée dans une longue écharpe en soie qui virevoltait au gré du vent. La jeune femme grimpa dans le premier bus et s'installa au fond du véhicule. Elle sortie de son sac à main un appareil photo numérique et fit défiler les photos.

L'Europe lui manquait. Le côté chic de Paris, ses vitrines de luxe et la bonne nourriture. L'art de la scène à Berlin et toutes ces statues colorés et excentriques qui trônaient dans les rues. La verdure de Londres et son élégance et ses raffinements aux heures du thé. Elle était partie avec quelques camarades de classes qui avaient eut tous des notes assez élogieuses pour tenter les concours d'entrée dans les plus prestigieuses académies de musiques d'Europe.
Bien sûr, ces 7 jours n'avaient pas été tous glorieux et remplis de charme. Jayden avait passé des auditions, un stresse qu'elle ne maîtrisait pas, malgré ses performances de la scène à Brodway et au théâtre de Los Angeles.

Au Etats Unis, elle grimpait déjà les marches d'une star. En Europe, personne ne la connaissait. Il était toujours plus facile de jouer avec un orchestre, d'être entraîné par la mélodie et la hardiesse de tous. De jouer face à un public admiratif, plutôt qu'un jury morose aux visages ternes et gris. Chaque membre du jury semblait tirer la tronche. Elle n'avait pas réussi à déceler ne serait-ce qu'une seule étincelles dans leurs yeux désintéressés. Jouer au beau milieu d'une scène, où seul le son de votre instrument raisonne aux quatre coins de la pièce, que vous avez l'impression d'être le plus minable des solistes, est l'une des choses les plus désagréables.
Jayden rangea sans ménagement son appareil photo dans son sac à main, puis se leva soudainement lorsque le bus s'arrêta. Elle descendit et lâcha un long soupir. Le bus disparut dans une brume qui semblait se lever de nulle part.

Jayden était frigorifiée. Non pas que la température de l'atmosphère tombait au plus bas, mais cette ambiance n'était pas là pour la rassurer. Depuis son retour à Los Angeles, la demoiselle ne faisait plus confiance à personne. Elle aurait bien voulu rester en Europe pour la seule raison de ne plus s’inquiéter. Depuis la soirée de Tussel, la jeune femme s'était remise en question. Visiblement le Maire n'était pas là pour les aider. Loin de là. Il agissait contre la volonté de tous et se moquait bien de savoir que vous n'aviez jamais rien demandé. Elle avait peur de voir un homme surgir de la brume, lui empoigner le bras et l'emmener loin d'ici pour lui faire quelques tests sur sa capacité.

Elle sortie son portable et envoya un sms à Remington. Ça faisait un temps qu'ils ne s'étaient pas revu et elle s'impatientait. Rendez-vous au petit port de la ville. Un endroit d'ordinaire charmant, qui avait totalement changé d'apparence avec la venue soudaine de cette maudite brume.
Jayden marcha de longues minutes pour finalement prendre place sur une vieille caisse en fer. La brume était si dense qu'on n'y voyait guère à plus de cinq mètres devant soi. Elle n'entendait que les clapotis de l'eau et le cri sinistre des mouettes dans le néant. Remington venait tout juste de signaler qu'il arriverait d'ici une dizaine de minutes.

Que pouvait-elle penser de lui à présent ? Que pouvait-elle bien lui dire ? Il avait subit de graves blessures vu qu'il s'était trouvé dans le coma quelques jours plutôt. La curiosité lui mordait les lèvres. Elle voulait savoir ce qui s'était passé, pourquoi s'était-il encore fourré dans de sales draps. Mais connaissant Remington, il n'allait certainement rien lui dévoiler. C'était agaçant de se sentir aussi peu soutenue, autant mise à l'écart. Il sortait avec sa meilleure amie et pourtant la demoiselle avait l'impression d'être délaissée de tous les côtés. Sonny ne lui faisait certainement plus confiance comme auparavant, vu que Remington lui même semblait encore très distant.

Depuis qu'elle était tombée malade, ou devrait-on dire, depuis qu'elle était en possession de cette capacité, Jayden voyait peu à peu son monde s'écrouler. Vers qui pouvait-elle se tourner ? A qui pouvait-elle encore s'accrocher. Elle voulait voir Remington, qu'ils mettent un terme à leur mission et espérait peut-être recevoir un peu plus de reconnaissance.

Une ombre se dessina dans l'épaisseur laiteuse de la brume. Jayden reconnut immédiatement la démarche solennel de son frère et se leva. Elle épousseta son jeans et lui accorda un sourire malingre quand enfin elle découvrit son visage.

« Remington. » dit-elle simplement.

Elle aurait voulu ajouter un 'comment ça va ?' mais celui-ci l'aurait peut-être mal pris. Après tout, il n'aimait pas montrer ses signes de faiblesses. Alors elle se contenta de lui sourire et de lui prendre la manche pour l’amener sur le ponton.

« Ça fait un bail qu'on s'est pas parlé. Un mois tout au plus. J'ai suivi tes conseils à la lettre tu sais. Maintenant je suis prête. »

C'est vrai, elle l'était. Elle n'avait plus peur de se débarrasser de Ben. Elle n'avait plus peur de l'affronter et sans le savoir son être félin avait beaucoup joué dans la maîtrise des armes et dans la souplesse et l'agilité de ses mouvements. Remington pouvait être fier de son élève, du chaton qu'il avait entraîné pour devenir panthère.
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MessageSujet: Re: Already to paint my life in red [Terminé]   Sam 1 Sep - 7:21

We're not indestructible, baby better get that straight. I think it's unbelievable how you give into the hands of fate... La musique avait pris possession du salon. Nous pouvions enfin qualifier cette pièce avec ce terme. Il était temps après une dizaine de jours à être qualifié de foutoir par mes soins. La veille encore, je l'avais nommé ainsi. Encore trop de cartons, trop de bordel, trop de choses à déballer. Alors j'avais entrepris de le ranger pour qu'on y voit un peu plus clair. Je n'avais pas tout fait d'un coup, prenant soin de ne pas attirer l'attention sur moi et restant le plus discret possible. Une heure par ci, une heure par là. Tout avait été rangé entre deux pauses, parce qu'il fallait que je me repose. Interdiction de forcer me disait mon infirmière personnelle. Sinon je serai privé de ses soins délivrés à des endroits que la décence interdisait de nommer. J'écoutais donc. Non pas que je m'écrasais comme on pouvait sembler le croire d'un point de vue extérieur, mais parce que c'était enfin redevenu calme entre nous. Les tensions avaient disparu depuis notre séjour forcé dans le Montana pour noël. Finalement, d'avoir été bloqué là-bas à cause de fortes neiges nous avait fait du bien. On s'était éloigné un peu de Los Angeles, de ces tensions qui étincelaient constamment autour de nous. Nous avions pu discuter, et cette fois j'avais tout révélé à Sonny, ne lui cachant plus rien de mon passé et répondant franchement à chaque question qu'elle m'avait posé.

There's no easy way out, there's no shortcut home. There's no easy way out, givin' in can't be wrong... Il y eut le son d'un portable, et celui d'un vibreur qui vinrent parasiter le son de la musique. C'était le mien. Il fallut trouver le courage de me lever du canapé pour récupérer le téléphone posé sur un meuble. Et ça ce n'était pas une mince affaire car je voulais l'ignorer. Je recevais peu de messages et à tous les coups, ça devait en être un de l'Agence. Nouveau contrat ? Peut-être, mais je ne le prendrai pas, me contentant de le sous traiter. Je ne l'avais jamais fait jusque présent, mais pour une fois, j'avais décidé de ne pas tout accepter. Je sentais au fond de moi que je n'étais pas remis complètement de cette blessure par balle. Ryan avait fait du mieux qu'il avait pu pour me soigner mais il me faudrait encore quelques semaines à rester sage, sans mettre ma vie en danger inutilement. Prendre soin de moi non pas pour mes beaux yeux mais parce que j'avais une famille à présent qui comptait sur moi.

« C'est Jayden... » En songeant à la famille, en voici une partie qui se manifestait et qui me demandait de la rejoindre au port. Pouvait-on dire que Jayden était ma famille ? Indéniablement. Pouvais-je la considérer comme un membre à part entière ? Là, j'avais un peu plus de mal. Nous étions frère et sœur, pourtant il n'y avait aucune confiance entre nous. J'avais accepté de l'aider, n'ayant pas vraiment le choix, elle aurait été capable de me mettre des bâtons dans les roues. Elle était ma sœur adoptive et pourtant je n'avais eu aucune envie de lui passer un coup de fil afin de la prévenir du déménagement, de notre installation ensemble avec Sonny. Et j'avais encore moins ressenti ce désir de lui annoncer qu'elle aurait bientôt un neveu ou une nièce. Pourtant de son côté, elle avait fait un effort, me laissant tranquille quand elle avait appris par le biais d'un message de Sonny que j'avais été dans le coma. Aucune demande pour venir me voir, aucune prise de nouvelle pour savoir si j'allais mieux alors qu'en retour je l'aurais envoyée promener. Sur le coup, je devais reconnaître qu'elle avait bien agi en ne se montrant pas envahissante et en sachant rester dans son coin.

Jusqu'à aujourd'hui et ce message que je venais de recevoir. Je ne pouvais pas décider de l'ignorer. Il y avait une dernière étape à entreprendre pour que je me libère de mon passé, et qu'elle se libère aussi du sien. Un pacte passé entre nous avec un seul et unique but commun : Ben Blackwell. Alors, même si je n'en avais pas foncièrement envie, il fallait que je la rejoigne. Et ce fut ce que je fis, prenant la direction du port à bord de ma porsche cayman. Aucune bêtise de prévue ce jour là, Sonny connaissait nos intentions, je lui en avais fait part, refusant de la laisser à l'écart. Il fallait au moins qu'elle sache sans avoir à entrer dans les détails. Elle m'avait laissé partir sans inquiétude dans le regard, sans cette crainte qu'il m'arriverait quelque chose comme mon cœur qui lâcherait de nouveau. Il n'y avait pourtant pas lieu de s'inquiéter. Plus les jours défilaient, et plus ils me donnaient raison pour prouver que mon cœur s'était parfaitement remis de ses deux arrêts cardiaques.

La voiture fut garée un peu à l'écart, sur un parking assez peu utilisé. Moins de chances de me la faire rayer ainsi. Et marcher ne me ferait pas de mal. Hélas, il était impossible de profiter du paysage. Le petit port était enveloppé par une légère brume. Étrange à cette heure de la journée mais guère surprenant pour cette période de l'année. Il n'y avait pas de neige à Los Angeles mais la ville connaissait parfois des conditions climatiques étranges. Depuis la soirée d'Halloween, des perturbations du climat ne m'inquiéteraient même pas car je les mettrait sur le compte de Genetic. Sur la capacité de ce groupe à savoir exploiter la puissance de leurs mutants. Comme celui qui avait créé les illusions dans la salle. On pouvait nous parler d'effets spéciaux, il y avait forcément un mutant derrière, tout n'avait pas pu être fait à l'aide de machine.

Je profitais d'être au grand air pour sortir mon paquet de cigarettes de ma poche. Début de semaine, il était quasiment plein. Parce que ce n'était qu'un paquet de vingt, parce que je fumais de moins en moins, et que soit, je le faisais dans le jardin, soit quand j'étais seul. Il y eut un léger cliquetis et une flamme naquit, sortant du briquet pour allumer le bout de la clope que j'avais glissé entre les lèvres. Le briquet et le paquet retrouvèrent leur place dans la poche de ma veste. Alors que je relevais le regard, je la vis, se tenant devant moi. Elle m'adressa un léger sourire auquel je ne répondis pas et prononça mon prénom. Je me contentais de la saluer d'un signe de la tête. Jayden avait un humour étrange. Un bail correspondait à un mois. De mon côté, un bail correspondait à onze ans de silence. Enfin bref, ce n'était pas le but de notre rencontre, de faire de l'humour. Très vite, elle vint droit au but et je lui en sus gré.

« Prête à dire adieu à ta petite vie de bourgeoise ? » Elle devait espérer qu'elle n'aurait pas tout à abandonner. Qu'elle pourrait toujours mener le même train de vie qu'auparavant, profitant de l'argent parental pour vivre dans le luxe sans avoir à se préoccuper de quoique ce soit. J'espérais pour elle qu'elle avait songé à tout ce qui se passerait ensuite. L'enquête sur la mort de Ben, l'effondrement de Ellen, les investigations de la police qui viendrait l'interroger plusieurs fois, cherchant une faille dans ses déclarations. Peut être que les comptes de Ben Blackwell seraient gelés le temps de l'enquête. Peut-être qu'elle serait déçue car la réalité ne ressemblerait pas à ce qu'elle avait rêvé.

« Il va falloir attendre un peu, je ne suis pas encore décidé pour la date. » Je tirais une bouffée sur ma cigarette, laissant échapper un petit nuage d'entre mes lèvres. Avec tout ce qui m'était arrivé dernièrement, il était vrai que je n'avais pas encore réfléchi à une date. Je n'avais pas non plus réfléchi au mode opératoire, ni envisager tous les cas de figure qui se présenteraient à nous pour trouver des parades et des voies de secours. « Tu es consciente que la police viendra t'interroger et te surveillera ensuite ? Quoiqu'il arrive, tu ne m'as jamais revu, tu n'as aucune nouvelle de moi et tu ne sais pas où je suis. » Et ce dernier point était réel, elle ne connaissait pas ma nouvelle adresse et ne pourrait pas la trouver dans un simple annuaire. Cette fois, j'avais pris soin de tout mettre sur liste privée pour nous protéger au maximum Sonny et moi. « Une fois que ça serait fait, on ne pourra plus se voir ni se contacter le temps que ça se tasse et qu'il boucle l'affaire, ils mettront probablement quelqu'un pour te suivre afin de s'assurer de ton innocence. »

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MessageSujet: Re: Already to paint my life in red [Terminé]   Lun 3 Sep - 8:15

Son visage se dessinait dans l’étrange brume qui les entourait. Toujours aussi froid, impassible, il n’adressa pas l’ombre d’un sourire. Tel un colosse de marbre, rien ne semblait pouvoir l’ébranler. La mer intrépide, le vent féroce, la pluie battante, il resterait stoïque comme un roc, comme il l’avait toujours été. Pourquoi changer ? Pourquoi ouvrir un cœur fait de pierre et se faire mal pour laisser passer les sentiments. N’éprouvait-il rien ? N’était-il pas sensible à la joie qu’éprouvait sa sœur ?

Elle voulait un regard compatissant, quelqu’un qui lui dise comment faire, qui la soutienne, qu’il puisse l’épauler dans ses choix multiples. Car plus les jours passaient, plus Jayden se sentait abandonnée. Sonny ne lui adressait plus la parole, trop préoccupée par ses petits problèmes sentimentaux et sa nouvelle vie bien remplie. Une pure égoïste, qui s’était prise d’attache pour le frère distant de Jayden. Leur amitié ? Peut-être envolée, disparut, déchirée à jamais. Car elle savait au fond d’elle-même, que malgré les efforts, rien n’était plus pareil. La distance et la jalousie ne font pas bon ménage. Jayden enviait Sonny, car elle avait réussi à dérober le cœur de Remington. Parce qu’elle avait volé son frère qui lui donnait tout l’amour du monde, un amour qu’il n’avait jamais partagé avec sa propre sœur. Qu’avait-elle fait pour qu’il la haïsse à ce point ? Qu’avait-elle dit ?

Ressemblait-elle trop à son père pour qu’il la rejette comme un vulgaire morceau de viande périmé ? Pourtant elle était loin de marcher dans les directives de son père. Jayden savait. Elle savait que Remington n’était là, que pour satisfaire un besoin qui le rongeait depuis trop longtemps : tuer Ben Blackwell. Une fois l’acte odieux commis, qu’en adviendra-t-il d’elle ? La rejetterait-il encore une fois, la laissant sur le bas-côté de la route ? Il retournerait comme un lâche, comme il l’avait toujours fait, vers ses priorités. Des besoins bien plus importants que Jayden. Mais à quoi bon s’attacher au personnage ? Il n’appartenait pas à son cœur, il n’appartenait à personne d’autre que Sonny. Maintenant elle le savait et ne pouvait plus faire marche arrière.

Elle ressentait de l’affection, de l’amour pour son frère, qui visiblement venait de naitre à petit feu depuis leurs retrouvailles. Elle l’avait détesté un temps, d’être revenu sans prévenir après de si longues années. Elle n’avait pas compris dans un premier temps, puis crut qu’il avait encore assez de cœur pour venir déposer de plates excuses. Mais en vain, il avait fait ce terrible effort de revenir sur son passé médiocre, pour les beaux yeux de Sonny. Et elle … Sonny avait osé revenir près de Jayden afin d’y rétablir un lien d’amitié, espérant berner Jayden et que sa petite vie parfaite soit comblée. Mais la musicienne n’allait plus se laisser faire. Elle allait pourrir leur vie, comme ils avaient pourri la sienne. Mais ça, elle n’y laissa rien paraitre.

Ils marchèrent silencieusement sur le perron, puis Remington décida enfin de prendre la parole. Il semblait ‘s’inquiéter’ pour sa sœur, mais ses propos sonnaient creux. Elle savait bien qu’au final, Remington était volontiers partant pour tuer Ben et laisser Jayden se démerder avec les autorités. Il avait prévu le coup. Mais il n’était pas totalement salaud… Prévenir sa sœur qu’elle serait surveillée, qu’elle ne pourrait compter que sur elle-même et qu’elle devrait couper court les ponts avec son frère. Voilà une bonne stratégie pour se débarrasser d’elle. Croyait-il que ça allait suffire ? Jayden avait tout prévu. Elle était intelligente et savait se débrouiller par elle-même. D’ailleurs, elle avait toujours dû s’occuper seule.

« T’inquiètes pas, j’ai déjà tout prévu. Je protègerai ma mère des interrogatoires. Je lui ai prévu une escapade dans un camping vraiment chic. Elle y trouvera son bonheur pour une semaine. Quant à Ben … Je déclarais sa disparition une fois les traces complètement effacées. Je ne sais même pas s’il exerce un vrai boulot … donc qui se soucierait de sa disparition à part sa fille bien aimée ? »

Plus elle y songeait, plus elle se disait que son père lui avait menti toute sa vie. Il cachait quelque chose, c’était évident. Pourquoi s’enfermait-il tous les soirs dans la cave ? Pourquoi fermait-il toutes les portes de la maison et qu’il interdisait sa fille à quitter le domaine après 22h ? Ben était une énigme à lui seul. Mais maintenant tout allait changer. Jayden le tuerait de ses propres mains, avec l’aide de Remington. Ils se débarrasseraient de ce parasite, de ce cloporte qui n’avait jamais levé le petit doigt pour les soutenir.

Toute sa vie, il aura été un pauvre mec incapable d’aimer ses enfants. Un homme méprisant l’espoir, un homme qui prenait un malsain plaisir à réduire ses progénitures en miettes, pour les dominer avec satisfaction. Jayden ne voulait pas simplement le tuer pour se libérer d’un poids lourd, ni même par acte de vengeance ou de haine. Non. Elle voulait le faire, car ainsi elle en ressortirait plus forte. Elle n’appellerait plus à l’aide, elle n’irait plus pleurer dans les jupons de sa mère comme une pauvre petite fille, elle ne chercherait plus l’amour imaginaire d’un frère.
Une fois sa mission accomplie, elle serait seule, forte, indépendante. Remington lui avait appris les bases. Elle saurait se débrouiller par la suite. Elle n’avait pas peur de l’argent, son compte bancaire était déjà bien rempli. Elle ferait sa propre montée dans le monde, gravirait les échelons et prendrait l’importance dont elle avait toujours souhaité. Que les regards se braques sur elle, qu’elle dévoile au monde sa véritable nature. La petite fille sage a disparu … place à la nouvelle Jayden.

Mais avant tout, il fallait continuer son premier rôle. La petite idiote qui craint tout, qui s’angoisse à l’idée d’être seule au monde, la petite fille qui se sent mal aimée et qui s’inquiète pour sa meilleure amie.

« Ça sera dur d’être seule … mais s’il faut le faire, je le ferai. Crois-moi, je sais être forte. Au fait, Sonny ça va ? Je n’ai pas eu de nouvelles depuis ton … accident. »

C’est vrai. Les deux filles n’avaient pas repris contact depuis belles lurettes. Quoi, un mois peut-être ? Même pas un texto pour souhaiter un joyeux noël. Est-ce qu’elle était véritablement en sécurité chez Remington ? Rien n’était sûr…
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Remington Pillsbury

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MessageSujet: Re: Already to paint my life in red [Terminé]   Mer 5 Sep - 10:52

J'étais un égoïste. Ma sœur et moi nous apprêtions à commettre un acte horrible. Je ne m'inquiétais pas pour elle même si je la mettais en garde sur ce qui se passerait une fois que notre père serait mort. Je ne m'inquiétais même pas pour moi même si je prenais des précautions pour qu'on ne retrouve pas ma trace. Ma seule préoccupation, c'était qu'il n'y ait pas de répercussion sur celle que j'aimais, que toute cette histoire reste loin et qu'on ne vienne jamais l'interroger. A cause de cette inquiétude pour sa sécurité, je me posais une question qui ne m'avait jamais effleuré l'esprit jusque présent : s'avérait-il nécessaire de tuer Ben Blackwell ?
Peut être pour soulager ma conscience et la libérer. Pourtant, une partie de moi me disait que j'étais capable de le faire sans arriver à cet acte horrible. Je pouvais me passer de tuer pour aller mieux. Un bien pour un mal ? Je me libérais de mon passé en continuant à avancer. Par contre, en pensant ainsi, ma réputation de tueur allait en prendre un coup. Le froid Remington Pillsbury ne souhaitant plus tuer son cher papa. Je ne me préoccupais pas de ma réputation alors de telles rumeurs pouvaient circuler...

Le problème, c'était Jayden. Après ma mise en garde, je savais que je serai très vite fixé sur sa détermination. Elle était intacte. Elle avait même prévu en couvrant les arrières pour que Ellen ne soit pas harcelée par la police. C'était la théorie ça. La police émettrait la supposition que Ellen avait pu prévoir le coup en payant une personne et tout en s'offrant un alibi pour être tranquille. « Ainsi, tu es toujours déterminée. »
Il y aurait eu le doute dans sa voix, je l'aurais poussée à renoncer. Après tout, elle pouvait s'offrir mieux comme avenir sans se salir les mains avec du sang. Je le lui avais même dit. Elle valait mieux que ça, elle pouvait faire carrière dans la musique. Est-ce que ça valait la peine de risquer sa passion pour tuer Ben ? Jayden semblait le croire. Je pouvais la comprendre même si au fond je ne la comprendrai jamais de n'avoir pas eu le courage de partir comme moi pour mener sa propre vie. Elle aimait trop le luxe, elle aimait trop sa petite vie de fille bourgeoise, côtoyant tout ce monde dont j'avais horreur. Lui demander de vivre dans un petit appartement avec très peu de revenus, elle n'en serait pas capable et se lamenterait, regrettant sa vie d'avant. Cette éventualité pouvait se produire, même si elle avait tout prévu. On ne savait pas ce que Ben avait décidé s'il venait à mourir. Geler ses comptes, qu'ils n'alimentent plus ceux de sa fille, tout était probable avec lui.

Que ferait Jayden ? Elle ne se tournerait pas vers moi. Je le refusais, il ne devait y avoir aucun contact entre elle et moi. Parce que sinon la police s'interrogerait sur le retour du fils prodigue, parce qu'elle apprendrait en fouinant un peu que j'avais subi un entraînement spécial à l'armée qui me ferait directement entrer dans les accusés potentiels. Si ça se produisait, je devrai faire appel à Brennen, pour qu'il me sorte une nouvelle fois d'une situation délicate, une de plus que j'aurais attiré pour ne pas changer. Alors non, pas de Brennen, et plus de Jayden durant quelques temps. Chacun vivrait sa vie, c'était ma seule condition pour que je continue de l'aider. A prendre ou à laisser. Et son baratin de se sentir seule, je n'y croyais pas une seconde. L'innocence et la douceur l'avaient quittée au moment où elle avait accepté de tuer Ben. Les numéros de petite fille perdue, qu'elle ne me les fasse pas, je n'étais pas dupe. Pourtant, je me devais de lui répondre.

« Sonny va bien. Elle a vécu quelques moments difficiles ces derniers temps à cause de mon accident. Normal si elle ne t'a pas donné de nouvelles, je lui ai mené la vie dure. » Je n'inventais pas une excuse pour expliquer le silence de Sonny. La relation entre ces deux là ne me regardait pas. Ma sœur faisait ce qu'elle voulait. Quant à ma future femme, je ne mettais pas le nez dans ses relations tant que ça ne la mettait pas en danger ou qu'elle ne m'en parlait pas d'elle-même. Nous avions déjà assez à faire avec notre propre vie sans avoir à nous mêler de celle des autres. « ça sera peut être pour courant janvier. Ou plus tard. Ça dépendra. » De quoi ? De pleins de choses : mon état, la préparation, mon envie du moment et plein d'autres facteurs qui entraient en compte et auxquels je réfléchissais.

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MessageSujet: Re: Already to paint my life in red [Terminé]   Ven 7 Sep - 8:29

Parmi les nombreux choix qui cernaient les songes de Jayden, Chelsa gambadait joyeusement dans son jardin, Remington était de retour à la maison, Sonny la retrouvait à faire du lèche vitrine, Ellen lui dicterait une recette de cuisine dans la bonne humeur. Et, quand tout ce beau tableau représentait assez la perfection d'une vie sans soucis, à ses côtés reposerait Ben, un sourire aux lèvres.

Douceur des songes, douceur, hélas trop vite enfuie, cruauté de l'aube qui, tel un poignard lumineux, l'éveilla douloureusement. Elle en avait assez de vivre une vie sans lendemain. Une vie sur laquelle elle ne pouvait compter sur personne. Car à chaque geste, à chaque parole, une épine s'enfonçait droit dans son cœur. Ben ne montrait aucune sympathie, aucun amour que devait donner un père. Il était abjecte et immorale. Elle avait réfléchie longtemps à quitter les lieux. Vivre sur ses seules ressources n'était pas un problème. Mais comment payer ses études ? Et puis, Ben avait laissé son fils lui filer entre les doigts, mais il en serait tout autre avec sa progéniture. Car après tout, Jayden était la fille de son sang. La chair de sa chair.

Qu'en était-il de Remington ? Un simple gamin traumatisé, perturbé. Il avait fuis un foyer aimant. Il s'était dérobé, mais Ben n'avait pas cherché à le retenir. Car il avait un autre bout de viande sous la main. Une chair plus tendre, plus docile, plus malléable. Jayden n'avait jamais pu pardonner l'acte odieux de Remington. Cette fuite, lâche et égoïste. Il se faisait passer pour le frère moralisateur, pour celui qui a vécu les pires choses que la vie pouvait offrir … mais il n'avait jamais su jusqu'où Ben avait été capable d'aller. Car bien qu'il n'eut jamais touché ses enfants, il agissait sur un élément bien plus fort, bien plus critique. La psychologie, le mental. Jayden était forte. Contrairement à ce que pouvait penser Remington sur son cas, elle s’avérait être certainement plus forte que lui psychologiquement. Commettre un meurtre, n'était pas une mission impossible, loin de là. C'était devenu un besoin, presque une obsession. Comme si Ben Blackwell avait formé son unique fille à agir de la sorte. De l'épuiser mentalement, jusqu'au point de la faire craquer. Qu'elle commette l'acte irréversible, inhumain, intolérable. Car tuer un être humain n'est pas sans conséquences...

Mais avait-elle encore une seule once d'humanité ? Elle était lasse de se comporter comme l'enfant prodige, la petite fille modèle que tous les parents rêves d'avoir. Elle voulait simplement extérioriser son côté félin, la bête sauvage qui sommeillait en elle. Jayden allait tout balayer d'un revers de la main. C'était décidé. Bienvenue, le côté sombre de Blackwell. Adieu, la mièvre gamine aux manières précieuses de petite bourgeoise. Elle laisserait tout de côté. Sa fortune partira dans le nouvel achat d'un appartement en plein cœur de Los Angeles, dans les armes et le simple but de se venger.

Elle n'était pas simplement brisée par son père, par l'attitude ingrate de son frère ou encore la trahison de Sonny. Non, elle en voulait mortellement à Tussle, à cette fichue compagnie de scientifiques qui avaient promis un remède. Un remède qu'elle attendait depuis si longtemps et dont elle n'avait jamais vu la couleur. Elle en avait plus qu'assez de se cacher, des mensonges, des traîtres, de cette manipulation incessante. Elle allait tuer Ben. L'éventrer, lui arracher les yeux, décorer sa cave des tripes et exploser son cœur dans un micro ondes s'il le faut. Mais elle avait besoin de se libérer, de changer d'air et d'être certaine que plus jamais on ne la manipulera.

Elle s'arrêta brutalement. Remington semblait ne plus être sûr. Il doutait, comme pour montrer qu'il avait encore un brin d'intelligence, de compassion pour sa sœur. Comme s'il voulait qu'elle ne subisse pas tout ça. Car au fond, il connaissait mieux l'ampleur des dégâts, il savait ce qu'un meurtre allait occasionner. Mais il ne voyait pas la nouvelle Jayden, il ne savait pas de quoi elle était capable, ce qu'elle pouvait encaisser. Non, car à ses yeux, elle restait toujours cette petite peste collante et soûlante.

Il ne l'avait jamais aimé, il la supportait. Elle le sentait à présent. Pourquoi ne pas lui glisser une lame sous la gorge, juste maintenant. Il n'avait rien. L'égorge vif, le jeter dans l'eau et on en parle plus. Sa soulagerait son cœur après tout... Elle n'y penserait plus et lui reposerait en paix, loin des tourments d'une vie qui semblait ne pas lui convenir. Mais elle n'en fit rien, elle en avait encore besoin.

« Quoi, tu te dégonfles ? Aurais-tu peur ? »

Elle leva un sourcil perplexe. Avait-il peur de se retrouver face à Ben ? Avait-il peur d'affronter toute sa jeunesse bousillé par un seul homme ? Un homme qui savait manier l'art de la parole pour vous enfoncer plus bas que terre. Un homme dominateur qui n'avait pas changé au fil des ans. Un homme qui cachait un lourd secret, si profond, qu'il en devenait lui même quelqu'un de mystique.

« Ton envie de tuer Benjamin Blackwell se serait-elle envolée ? Car si tu n'as plus l'intention, je peux le faire toute seule. Je suis assez forte pour encaisser le choc. Et puis, j'ai suivi ton entraînement à la lettre. Une balle dans la tête et Ben rejoint l’au-delà... Je ne veux pas attendre Rem … je veux le faire le plus tôt possible. »

Son regard devint dur et franc. Elle n'avait pas l'intention d'attendre à nouveau un long mois, avant de jeter le corps de Ben dans la rivière. Il disait courant janvier, mais elle savait pertinemment qu'il ne donnerait pas suite à cette affaire. Il irait se loger dans les bras de cette maudite Sonny, vivrait sa vie tranquille de couple et oublierait Jayden. Car il le faisait avec aisance et sans remords. Car il oubliait sa sœur aussi vite qu'un coup de vent. Mais elle n'avait pas besoin de lui sur cette affaire. Elle pouvait se débrouiller seule. C'est juste qu'à deux, ça aurait été plus amusant. Après, s'il ne voulait pas assouvir sa soif de vengeance, c'était son problème.

Tuer Ben n'était pas la grande aventure que Jayden s'était fixé, mais plus vite elle se débarrasserait de son corps, plus vite elle se sentirait libre de son passé.
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MessageSujet: Re: Already to paint my life in red [Terminé]   Mer 12 Sep - 19:46

Je m'y attendais. Je savais qu'en lâchant une phrase telle que celle que j'avais sortie, j'aurais droit à en retour à un regard d'incompréhension. Un visage quelque peu perplexe qui s'interrogeait pour comprendre le fond de mes propos. Jayden me demanda si je me dégonflais. Je n'avais aucune réponse à cette question. Simplement parce qu'elle allait au delà de tout ce à quoi je songeais. Entrer dans le bureau d'Anthony Cristiani, récupérer un dossier, l'ouvrir pour y voir le nom d'un inconnu qui était destiné à mourir. Ceci ne me posait aucun problème. Planifier un meurtre, voilà qui était en quelque sorte nouveau. Je n'avais pas souvenir d'avoir déjà tué une personne que je connaissais. Je n'avais pas souvenir d'avoir voulu la mort d'autrui en dehors de Ben Blackwell et de mes bourreaux en Irak. Et maintenant que l'opportunité m'était offerte, est-ce que je me dégonflais ? Ma petite sœur semblait croire que j'étais guidé par la peur. Une des plus grandes faiblesses de l'homme. Cette sensation était capable de nous paralyser à tout moment. Ou au contraire, à l'inverse, elle pouvait dévoiler et décupler une partie de nous que l'on ne soupçonnait même pas. Pourtant la frontière était si mince avec l'envie dans le second cas. Parce qu'en Irak, je n'avais jamais eu autant de désir que de tuer ces hommes qui m'avaient torturé et qui s'amusait chaque jour de ma captivité. Je les entendais discuter entre eux, je ne comprenais pas leur langue. Pourtant il y avait quelque chose dans leur regard qui avait fait monter la haine en moi. J'avais supposé qu'ils rigolaient pour savoir quelle nouvelle cicatrice ils allaient me faire. A quel endroit, par quel moyen. Après avoir vécu un tel enfer, je ne pouvais plus dire que j'avais peur. Je l'avais en fait cette réponse à la question de Jayden. Quand on affronte le pire, qu'on touche le fond, plus rien ne peut nous effrayer. Du moins je le supposais car ça devait dépendre des circonstances.

« Je suis paralysé par la peur, ça se voit non ? » Très légère ironie de ma part. J'eus un regard quelque peu moqueur en direction de Jayden mais il disparut bien vite. Elle semblait vraiment croire que je faisais machine arrière, supposant même à voix haute que mon envie de tuer notre père avait disparu. Si seulement elle savait... Elle était si petite à l'époque, d'abord juste un bébé et ensuite une enfant qui n'était pas encore en âge de comprendre. Je me doutais de ce qu'elle avait du endurer durant plusieurs années. Je n'imaginais pas quelle ampleur cela avait pris. J'y étais passé avant elle. La pression mentale du père Blackwell, je connaissais. Mon regard dévia un instant, pour ne plus rencontrer le sien qui était dur. « La première fois où j'ai eu envie de tuer Benjamin Blackwell, c'était le jour de ta naissance. » Je me souvenais encore de ce passage de mon existence. J'étais assis sur le lit d'hôpital à la maternité. Ellen m'avait mis Jayden dans les bras avant de s'absenter un court instant. Je me souvenais des yeux que le bébé qu'elle était alors avaient posé sur moi. Ses doigts qui s'étaient enroulés autour des miens. Si petits, si fragile. Et puis la phrase était tombée. A voix basse, pourtant j'avais eu l'impression qu'on m'avait enfermé dans une pièce et qu'on avait monté le son pour que je l'entende très distinctement. Ce fut la première fois que je défiais Ben Blackwell avec une telle détermination dans le regard. Il avait pourtant eu raison de moi quelques années plus tard puisque j'avais fini par partir sans me retourner. Mais cet épisode, jamais Jayden ne l'apprendrait.

« Tu crois que la théorie et un entraînement sont suffisants pour faire de toi une arme de combat ? Une situation réelle n'a rien à voir avec un entraînement, tant que tu ne l'as pas vécue, tu n'y es pas préparée. Accuse-moi d'être un donneur de leçon, je m'en tape. Je t'expose juste les faits. » Pour qu'elle y réfléchisse à deux fois avant de commettre l'irréparable. Qu'elle prenne conscience qu'elle ne sera plus jamais la même ensuite. Son âme sera noircie et il n'y aura plus rien pour venir expier ses fautes. Pas même un homme qui la rendrait heureuse ou même encore des gosses. Je ne me leurrais pas et je ne voulais pas qu'elle se leurre non plus. Mais bon, après tout le choix final lui revenait et si elle voulait se comporter en gamin se rendant dans une fête foraine et excité à l'idée de faire des tours de manège, c'était son droit. Elle ne pourrait pas accuser le mauvais frère que j'étais de l'avoir mis en garde.

« Janvier Jayden sinon ça sera sans moi. Tu vas me dire que tu es à un mois près ? » Je ne l'étais plus. Cela ne faisait qu'une vingtaine d'années que j'attendais cet instant. Un mois ne représentait plus rien à cette échelle. Au contraire, il ne pouvait être que bénéfique. Il était hors de question d'y aller à l'aveugle même s'il semblait que Jayden avait déjà prévu des portes de sortie. Elle avait pensé à l'après, sur le coup je reconnaissais qu'elle avait su y faire même si ça ne m'avait pas empêché de lui faire quelques recommandations. Pourtant avait-elle songé au moyen d'exécuter Ben Blackwell ? Elle ne m'avait toujours pas parlé de méthode. Et cela pouvait avoir son importance. Il serait en terrain familier. Sans doute même était-ce un homme qui vivait tout le temps en étant sur ses gardes. Il me semblait avoir souvenir qu'au delà d'une certaine heure, il avait tendance à ne plus supporter. Il interrogeait également systématiquement pour connaître tous nos faits et gestes. Notre père était un homme minutieux. Il avait déjà du prévoir qu'un jour viendrait où ses enfants décideraient de se retourner contre lui. Il ne s'attendait par contre sûrement pas à ce qu'on le fasse ensemble. Parce que j'avais disparu de la circulation voilà des années. J'avais brouillé les pistes pour qu'il ne me retrouve pas. Ce n'était même pas sûr qu'il ait tenté de le faire. Ça ne changeait plus rien de toute manière. « J'ai failli y rester cette fois. J'ai encore besoin de quelques semaines. » Aveu de faiblesse de ma part ? Peut être. J'énonçais une simple réalité. Je n'aimais pas quand je n'étais pas au maximum de mes capacités. Quand je bossais pour l'Agence, je planifiais au maximum. Pour ne laisser aucune place à l'erreur. Une seule et ça pouvait me coûter la vie. Je n'avais pas peur de mourir et pourtant, je refusais cette option. J'avais commis une erreur le 10 décembre. Il était hors de question que ça se reproduise.

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MessageSujet: Re: Already to paint my life in red [Terminé]   Jeu 13 Sep - 13:21

L’épais brouillard qui les entourait jusqu’à présent, se dissipait peu à peu dans les ténèbres. Un paysage lugubre se dessinait peu à peu dans la lueur blafarde des réverbères. De nombreux containers de couleurs cuivre aux couleurs verdâtre, étaient empilés sur plusieurs kilomètres de long, finissant pas se faire avaler par la pénombre. L’eau noire du port s’écraser docilement contre la coque de vieux bateaux de cargaisons et de quelques navires de pêche, se trouvant dans un piteux état.

A leur gauche se trouvait une montagne de filets de pêche, entremêlé et laissé à l’abandon, nourrissant ainsi les rats et les mouettes affamés. Seuls les hangars se dessinaient distinctement, éclairés par quelques lampadaires au sortir de l’âge industriel. Chaque porte était scellée d’un cadenas assez simple à fendre en deux à l’aide d’une pince de bonne taille. Le quai principal où se tenaient Remington et Jayden était vide. Aucune présence humaine, hormis un silence de mort et une ambiance glaciale. Le vent glissait sur le bitume sale, parsemé de déchets en tout genre. Plastiques, cannettes, cartons et vieux papiers se retrouvaient très vite entrainés dans la danse d’un léger tourbillon, les valsant l’un après l’autre dans les abysses d’une mer calme.

Cette situation pouvait paraitre insolite, mais pourtant elle ne l’était pas. Durant la journée, de nombreux dockers se tenaient là, chargeant les containers de cageots, de colis et d’autres produits dont ils ignoraient le contenant. Ils circulaient toute la journée sur cette plage de bitume, dans une cacophonie de métal, de moteur et de «bip » assourdissant. Ca grouillait de vie tant au dehors, qu’en dedans. Les bureaux accueillaient des secrétaires hypocrites et dépassées, ainsi que quelques patrons abusifs et peu scrupuleux. Les femmes de ménages fumaient leurs cigarettes près des hangars, tandis que les dockers s’époumonaient pour essayer de se comprendre vainement sous le bruit assourdissant des machines.

Mais là, tout était calme, plat, morne. La demi-lune se dévoilait dans un croissant presque parfait, après le passage d’un lourd nuage en court de voyage. Seuls les esprits semblaient animer la scène, dans une danse invisible au rythme du vent. Jayden frissonna et retira son regard des yeux perçants de son frère ainé. C’était étrange cette façon qu’il avait de la taquiner comme si la bonne entente les liait. Mais que pouvait-elle y faire ? Elle acceptait, avec un pincement au cœur. Car au fond, Jayden savait que Remington n’éprouvait rien, en vertu de ses bonnes paroles. C’était dur de l’accepter, mais il le fallait. A quoi bon s’acharner à déceler un amour fraternel, lorsque celui-ci s’était envolé il y a dix ans de ça ?

Mais ce qu’elle détestait par-dessus tout, c’était son arrogance et son mépris. Etait-il comme ça avec tout le monde ? Bon dieu ! Il pouvait se considérer comme baroudeur ou grand homme à l’âme solitaire, mais de là à cerner les gens de haut, ça devenait agaçant. Certes il avait tué, mais Jayden ne se sentait plus vraiment humaine depuis quelques temps. L’esprit félin semblait interagir avec son esprit humain, ce qui était ainsi dire une très mauvaise chose. Elle avait peur de se métamorphoser définitivement en chat et ne plus jamais pouvoir retourner sous une forme humaine. Mais ça, elle évitait d’en parler, surtout devant son frère. Bien qu’il possède une capacité similaire, parler de mutation était toujours un sujet tabou chez la jeune femme. Elle s’emportait constamment face à Sonny, alors devant Remington n’y pensons même pas !

Elle soupira puis jeta son attention dans le lointain. L’hiver n’était pas rude à Los Angeles, mais pourtant la jeune femme grelottait. Elle frotta énergiquement ses bras, tout en pensant à Ben. Et si elle commettait une erreur ? Et si Ben s’avérait être plus fort qu’il ne pouvait le laisser paraitre ? Car bien qu’elle croie le connaitre, Ben avait certainement plus d’un tour dans son sac. Une peur tentaculaire noua son estomac, la rendant nauséeuse. Jayden fit quelques pas en arrière et se dirigea vers le quai sans un mot, la main à la bouche, pour rejoindre le quai.
Se trouver à la lueur des lampadaires près des hangars lui paraissait plus sécurisant. Remington lui avait emboité le pas, sans rien ajouter à son précédent monologue. Ben Blackwell ne fut pas toujours le monstre que décrient ses enfants. Il avait adopté un enfant, dans l’optique de le guider dans la bonne voie, et lui donner tout l’amour du monde. Il s’était comporté comme un père exemplaire pendant de nombreuses années, mais pourtant Remington semblait impassible à toute forme d’amour ou de sensibilité de la part du père. L’attitude de Ben semblait plus l’exaspérer et le jeune garçon s’était renfermé dans son monde, le dessin et le mutisme. Puis vint la naissance de Jayden. Un heureux évènement dans la famille Blackwell, qui s’était faite à l’idée de ne pouvoir jamais procréer. C’était un véritable miracle, car les médecins avaient tous été catégoriques, Ellen ne pouvait pas avoir d’enfants.

Ce fut une surprise, un bonheur, mais aussi suspect. Jayden ne se rappelle pas des paroles de Blackwell sur son fils adoptif, mais elle avait toujours senti la haine de Remington. Comme si un fil conducteur s’était forgé entre eux, dès le premier contact. Ben s’était montré très attaché à sa fille dès les premières années. Elle était ses yeux, ses poumons, son cœur. Jayden était couvée d’amour, de bonheur et à cette époque, détester son père n’était même pas envisageable. Ils partageaient du temps ensemble, partaient en vacances en bord de mer, se perdaient dans les profondeurs du Missouri et partageaient tous deux la même passion ; la pêche.

Ces moments privilégiés étaient très rares, mais tellement agréables. Elle se rappelait toujours de ce père excité à l’idée de partir sur une grande étendue d’eau, avec ses deux enfants et sa barque et partager ses longues connaissances sur la faune et la flore. Jayden écoutait toujours d’un air rêveur, mais attentif. Remington quant à lui, tirait la tronche, mais s’exécutait toujours à pêcher le plus gros des poissons. Ben n’avait pas toujours été cruel avec son fils adoptif. Il était strict, sévère, mais s’était montré parfois gratifiant et aimant. Combien de fois avait-il félicité son fils pour les grosses truites qu’il pêchait ? Combien de fois, les repas de famille finissaient sous des éclats de rire à s’en tordre les tripes ? Mais ces moments devenaient de plus en plus rares, pour finalement disparaitre dans l’oubli.

Remington grandissait et murissait. Il avait ses propres rêves, ses convictions et sa propre façon de penser. Ben avait vu grandir une boule sombre, quelque chose qui le déplaisait, et pour s’en débarrasser, il devint un être abominable et abject envers son fils unique. Quand celui-ci quitta la demeure des Blackwell à tout jamais, ne laissant derrière lui qu’une chambre d’adolescent vide, Ben se tourna vers la frêle et petite Jayden. Elle avait l’impression d’avoir encore cinq ans devant lui, tenant son nounours entre ses mains, les lèvres tremblantes. Le regard agonisant, qui n’était pourtant pas dupe et qui allait encaisser les coups bas d’un père dévasté par la rage et la haine. Plus Jayden grandissait, plus il l’oppressait, la comprimait, la manipulait, pour en faire d’elle un bon petit pantin. Mais Jayden avait trainé toute son enfance sous l’ombre de son grand frère et sous la main bienveillante de Brennen. Ces deux jeunes garçons, malgré une amitié des plus solides, s’étaient coltinés « la morveuse », comme ils l’appelaient, toute leur enfance jusqu’à l’adolescence. Finalement, elle était devenue leur « pote », celle qui n’était ni une fille, ni un garçon. Celle qui n’était ni une sœur, ni une copine à prendre le cœur. Jayden était une forme flottante autour d’eux, une brise légère qui égayait leurs cœurs de soldats, de brutes, de petits mercenaires prêts à tout pour déjouer les méfaits de Ben Blackwell. Ainsi, Jayden connaissait la ruse, savait duper les gens et se servir de ses atouts.

Ben avait beau essayer, elle lui glissait entre les doigts comme un poisson. Ce fameux poisson dont il n’avait jamais réussi à piéger bout de son hameçon. Le poisson chat. Il avait beau lui mettre sa mère sur le dos, lui avoir détruit sa plus belle histoire d’amour, volé un frère, anéanti ses études et la faire prisonnière d’une richesse triste ; elle se relevait toujours, toujours plus forte.

« D’accord » murmura-t-elle à elle-même.

Un simple mot qui suffisait à mettre fin à leur relation branlante. Mais elle n’en resterait pas là. Car ignorante comme elle était, au fond de ses entrailles, elle voulait savoir ce que ça faisait. Ce qu’on ressentait après avoir tué quelqu’un qu’on aimait. Car malgré le fait que son côté félin la rongeait peu à peu de l’intérieur, elle en restait avant tout une humaine.

« Ok ! D’accord ! Pas de soucis, j’attendrais le mois de Janvier … » lança-t-elle sans conviction, mais sans pour autant être déçue. « Si tu as besoin de repos, alors repose-toi. Je préfère nous voir en forme ce jour-là. Ça serait trop bête qu’il nous échappe parce qu’on n’est pas motivé à 120% »

Une question lui mordait la langue. Elle ne savait pas trop comment la placer, ni quand, mais qu’importe. S’il était prêt à se confier, elle l’écouterait avec plaisir. Si au contraire cette question était trop indiscrète, elle enchainerait avec une autre. Après tout, elle n’était pas là que pour savoir quand ils allaient commettre ce meurtre.

« Dis-moi Rem … que t’est-il arrivé exactement en décembre ? Sonny m’avait juste dit que tu étais dans le coma. Je sais que tu n’aimes pas te montrer quand tu es en situation de faiblesse, c’est pour ça que je ne suis pas venue te voir… mais, j’aimerai savoir ce qui a bien pu te mettre à terre. Bon sang, tu es Remington Pillsbury non ? Que t’est-il arrivé ? »

Malgré son arrogance, sa prétention, ses ambitions, Jayden admirait son frère. Non pas parce qu’elle trouvait ça trop classe qu’il soit tueur à gages, loin de là, mais parce qu’il avait toujours su montrer une certaine maitrise dans les situations les plus délicates, sans jamais faillir. Alors savoir qu’il avait été mis à terre, puis sombré dans le coma … elle avait légèrement du mal à y croire.
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MessageSujet: Re: Already to paint my life in red [Terminé]   Mer 19 Sep - 20:24

Un silence plana durant un instant. Jayden semblait réfléchir. Mon regard se détourna alors pour se poser sur ce qui nous entourait. Le lieu était lugubre, terne, froid. Et avec ce léger brouillard qui recouvrait les quais, il n'était plus du tout attrayant. C'était un peu comme la discussion qui se déroulait entre ma sœur et moi. Je supposais qu'une discussion fraternelle devait être détendue, abordée d'un ton léger. Peut être même que des souvenirs d'enfance devaient remonter à la surface et qu'on devait en rire en se les rappelant. Nous étions si loin de cette image du frère et de la sœur, proches, et qui donneraient tout l'un pour l'autre. Je savais qu'en grande partie tout ceci était de ma faute. L'isolement et le silence faisaient partis de mes amis. Au lieu de m'ouvrir, au fil des années et à cause de la pression de Ben Blackwell, je m'étais replié sur moi-même, au point d'exclure complètement Jayden de ma vie onze ans auparavant. Et c'était tel que j'avais du mal à laisser échapper des émotions, surtout devant elle. Je ne sais pas ce qu'elle ressentait, peut être qu'à sa place, je me mépriserai, sûrement même. Sauf que je ne l'étais pas et mes sentiments étaient assez confus, balançant entre l'indifférence la plus totale et ce petit quelque chose qui faisait que je n'avais pas encore tourné les talons pour l'abandonner là, lui disant simplement que je la rappellerai le moment venu.

Je patientais. J'attendais qu'elle approuve ou réfute ma volonté d'attendre le mois de janvier pour nous occuper de Ben. Si elle acceptait, les choses suivraient leur cours. Et si elle refusait... Je ne savais pas, j'imaginais qu'on en resterait là, chacun reprenant sa vie de son côté. Les secondes s'éternisaient et au bout d'un moment, il me sembla entendre un d'accord. De nouveau, elle le répéta mais je sentis qu'il n'y avait aucun enthousiasme dans l'intonation de sa voix. Comment en être autrement alors que je lui demandais de patienter, que je freinais cette envie qui devait la tirailler au plus profond d'elle-même. Je me demandais un court instant si elle en rêvait la nuit, ou si ça venait l'envahir au point de ne plus arriver à en fermer l'oeil. Est-ce que ça l'obnubilait, j'aurais tendance à répondre par l'affirmative. Pourtant, il me semblait que quelque chose clochait dans le comportement de Jayden. Jusque présent, le peu de fois que l'on s'était vus, je n'avais pas réussi à mettre le doigt dessus. Je finirai bien par trouver, je n'aimais pas les mystères qui planaient autour de moi. Et celui-ci était assez important pour qu'il y ait un virement radical de position. En octobre, cela m'avait valu un coup de couteau dans l'épaule. Et maintenant, elle courrait presque pour en finir. Entre temps que s'était-il passé ? Que s'était-il développé en elle pour qu'elle change d'avis ? Autant de questions que je me posais et auxquelles je n'avais pas de vraie réponse car je refusais de les formuler à voix haute.

Mes mains s'enfoncèrent dans les poches de mon jean. Et à présent ? Apparemment, il fallait que je parle de moi. Sujet très épineux, il était vraiment rare que je parle de ma vie privée, de tout ce que je pensais et ressentais. Sonny était une exception, avec Brennen, elle était la seule avec qui je parlais sans m'amuser à détourner la conversation à chaque fois. Je me montrais honnête envers elle mais depuis noël, cette franchise avait prise davantage de place. On ne se cachait plus rien du tout, à quoi bon puisque au fond, l'un devinait ce que l'autre ressentait rien que dans sa manière de se comporter. Mais pour Jayden ? Elle ne me demandait pas grand chose, juste de savoir ce qui m'était arrivé pour que je tombe dans le coma. Déjà de trop ? Son avant dernière phrase me fit sourire. « Je ne suis qu'un homme et j'ai mes faiblesses. » Et ce, même si j'avais un comportement qui se rapprochait de celui d'un robot sans état d'âme. Même la meilleure des machines avait son point faible et on pouvait causer sa perte en la découvrant. Je connaissais la mienne. Plutôt les miennes. Avant j'en avais une seule, à présent j'en avais deux. Et sans doute que d'ici quelques mois, j'aurais trois faiblesses. Si avec ça je ne chutais pas davantage, ça serait à n'y rien comprendre.

« Je me suis pris une balle au cours d'une mission. J'ai perdu pas mal de sang et mon cœur a lâché deux fois. Que veux-tu, c'est la vieillesse qui se fait de plus en plus présente. » Finalement, je me décidais à lui répondre sans entrer dans les détails. Je préférais terminer sur quelque chose de plus léger, à savoir mon âge vieillissant même si en soi, je ne me sentais pas du tout vieux. Bien au contraire, en dehors de cet accident de parcours, j'étais en pleine forme, je faisais du sport régulièrement, m'entraînais. Et il allait falloir que je fasse un travail sur moi niveau mental pour écarter certaines choses qui risquaient de parasiter mon esprit en plein boulot. Déjà j'en avais conscience, c'était une bonne chose. Maintenant, arriver à bosser sur moi, ça en était une autre. Pourtant je le ferai, il était hors de question que quelque chose m'arrête et me fasse vivre dans le doute. « Mais ce n'est rien, juste une cicatrice de plus venant faire concurrence à la tienne. » Je m'en foutais en soi, je n'étais plus à ça près. Parce que je ne comptais plus le nombre de cicatrices qui parcouraient mon corps, et je ne songeais même pas à vouloir les faire disparaître. Elles faisaient parties de moi et me rappelaient par quoi j'étais passé.

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MessageSujet: Re: Already to paint my life in red [Terminé]   Dim 23 Sep - 19:32

Cette discussion devenait de plus en plus étrange et embarrassante. Elle ne savait plus vraiment comment réagir face à Remington. Il se montrait tellement distant, qu'il arrivait à créer un malaise dans une atmosphère déjà glauque et malsaine. Elle l'écouta pourtant attentivement. Toujours aussi taciturne, il semblait réfléchir à chaque parole posée, pour ne rien décelé de compromettant. Elle était quelque peu dépité, voire même blessé par l'attitude de son frère adoptif. Ils allaient agir ensemble, ils allaient accomplir un acte qu'ils attendaient depuis bien trop longtemps et pourtant Remington se montrait toujours aussi froid et peu confiant.

Il répondit tout de même à sa sœur, tout en lui faisant une petite remarque qui eut le don d'énerver la demoiselle. Remettre cette blessure sur le tableau, c'était vraiment bas. Il n'avait donc toujours pas digéré cette attaque. Mais que croyait-il ? Elle le pensait mort ! Jamais elle n'aurait deviné qu'il s'agissait réellement de Remington quelques mois plutôt. Jayden s'était tant démenée à retrouver la trace de son frère, que le voir se tenir devant elle et prononcer les mots « je veux tuer Ben », lui avait donné un élan de haine incontrôlé. Il ne lui faisait plus confiance et malgré tous les efforts qu'elle pourrait faire à l'avenir, la musicienne ne récoltera rien. Car il était buté, têtu comme une mule et qu'il était bien trop tard pour le changer.

Elle se mordit la lèvre inférieure, le considéra un bref instant sous la lumière blafarde d'un réverbère. Ils avaient parlé. Ils avaient mis en place le moment de leur acte meurtrier et Remington l'avait mis en garde sur ses intentions. Voilà, tout était dit, il n'y avait plus rien à faire ici. Alors, Jayden pivota sur ses talons, désolée par le comportement de son frère aîné. Si seulement il s'était montré plus chaleureux, plus amical, plus docile, alors elle l'aurait peut-être pardonné. Si seulement il lui avait porté un brin d'attention, un regard, mais il n'en fit rien.

Car elle le considérait comme sans cœur, comme un homme né dans le marbre et qu'elle ne pouvait décidément plus rien en tirer. Comment pouvait-il aimer ? Ou était-ce une illusion ? Il croyait éprouver des sentiments pour Sonny, mais au final se voilait la face et se cachait derrière une belle illusion qui mettait du baume au cœur dans sa vie tourmenté ? Sa vision se troubla, elle sentait les larmes se porter aux bords des yeux. Mais elle était forte, bien plus forte dorénavant, et n'allait pas faillir pour si peu.

Elle commença à marcher dans l'ombre, laissant Remington derrière elle.

« Bien … contente que tu te sois rétablis. On se dit au mois prochain. Mais sache que si tu traînes trop la chose, j'agirais seule ... »

Jayden n'était plus une enfant. Elle en était capable, elle pouvait tuer Ben à elle seule. Mais c'était l'occasion de faire un acte à deux, entre frère et sœur. C'était peut-être étrange comme concept, mais c'était certainement la seule chose dont la sœur Blackwell et le frère Pillsbury étaient capable de faire ensemble. Elle ne voulait pas rater le coche, mais si Remington se montrait réticent, alors elle ne voyait plus l'intérêt d'attendre. S'il se dérobait, alors elle jetterait l'éponge et disparaîtrait de sa vie à tout jamais. Du moins, en tant que sœur.
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MessageSujet: Re: Already to paint my life in red [Terminé]   Dim 30 Sep - 9:29

La discussion touchait à sa fin. Je le devinais. De toute manière, je n'avais rien à rajouter. J'avais posé mes conditions à Jayden. Je venais de lui faire part brièvement de ce qui s'était passé pour moi au début du mois. Que pourrais-je rajouter de plus ? Lui parler de Sonny, du bébé et de la demande en mariage. Je ne pouvais m'y résoudre à le faire. C'était un truc de filles ça. Et même si Jayden était ma sœur adoptive, je n'effacerai pas onze ans d'éloignement pour lui ouvrir mon cœur. Ni même la porte de ma vie tout simplement. Peut être qu'elle le sentait et que c'était pour cette raison qu'elle s'était détournée pour avancer de quelques pas. Je ne savais pas si elle était réellement contente que je sois rétabli. Après tout, elle m'avait elle-même enfoncé un couteau dans l'épaule, souhaitant ma mort, donc de là à être heureuse à présent que je sois vivant, je restais sceptique. Je n'arrivais pas à me détacher de cette méfiance vis à vis d'elle. Et j'avais bien conscience que c'était à cause de ça que nous ne serions jamais des frères et sœurs. Pas tant que je n'aurais pas tu cette méfiance.

« Fais comme bon te semble, tu n'es plus une gamine. » Et moi j'étais buté. Si j'avais décrété que ça ne serait pas avant telle date de mon côté, je ne bougerai pas d'un pouce avant qu'elle n'arrive. Nous étions deux dans l'histoire, j'étais supposé écouter son avis et également son envie, pourtant je n'en faisais rien. Trop égoïste sans doute. Sans chercher à croiser son regard vu qu'elle me tournait toujours le dos, je sortis le téléphone de ma poche. Et je pianotais rapidement sur l'écran tactile pour envoyer un message à Sonny. Un simple -Je rentre. Je savais qu'une fois à la maison, ça ne serait plus la même chose et qu'avec ma fiancée, j'accepterai de parler plus en détails de cette discussion. Juste en parler, car pour ce qui était de mes pensées en ce qui concernait Jayden... Je ne disais mot. Je n'avais pas pour but d'entraver leur amitié même si je demanderai à Sonny de rester prudente. Pourquoi ? Parce que je ne faisais pas confiance à ma sœur, et toute personne qui n'avait pas ma confiance, je m'en méfiais. Donc je restais sur mes gardes avec tout le monde, et je souhaitais que Sonny en fasse de même... Mais j'avais conscience que ça serait impossible. Ce n'était pas dans sa nature, elle était trop ouverte comparée à moi. Je poussais un léger soupir alors que le message était envoyé et que je reçus l'accusé de réception annonçant qu'il avait été transmis.

« A dans un mois Jay. Enfin s'il ne nous arrive rien entre temps. » Qui pouvait dire ce qu'il se passerait d'ici un mois ? Qui pouvait prédire que je n'aurais pas de contrat même si j'étais décidé à les sous traiter durant quelques temps ? Je savais qu'une mission de dernière minute, dans un contexte bien particulier, je ne pouvais pas la refuser. Tout ce que j'espérais, c'était que ça ne me tombe pas dessus. Un mois de vacances, c'était tout ce que je réclamais à l'Agence. Juste pour me laisser le temps de m'occuper de la maison, et aussi pour passer du temps avec Sonny, qu'on efface ce début de mois catastrophique. Je ne demandais pas grand chose mais j'étais tellement habitué aux imprévus que je m'attendais à tout.
Je tournais les talons à mon tour, laissant Jayden dans ses pensées. Le téléphone atterrit de nouveau au fond de ma poche. Puis je longeais le quai pour regagner le parking du port où j'avais laissé ma voiture. L'endroit était calme, lugubre, mais je me passerai bien volontiers de la brume. Je ne me retournais pas une seule fois, ne voulant pas savoir si Jayden était restée sur place ou si elle s'était décidée à me suivre de loin. Peut être qu'elle aurait aimé que je la dépose. Je ne savais même pas comment elle était venue. Cette pensée ne m'effleura même pas l'esprit alors que je fermais la portière et démarrait la voiture. Je la reverrai dans un mois et pour la suite... L'avenir le dira.

FIN


Spoiler:
 

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Would you lie with me and just forget the world ?


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Already to paint my life in red [Terminé]

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