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 Toutes ces âmes en perdition, en mal de tout, elles débarquent dans mes chaudrons [TERMINE]

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Sonny Malone

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MessageSujet: Toutes ces âmes en perdition, en mal de tout, elles débarquent dans mes chaudrons [TERMINE]   Jeu 5 Juil - 11:46

2 décembre, tard le soir

Quand Capucine était partie pour son travail, la dernière fois que les deux jeunes filles s’étaient vues, Sonny avait eu tout le temps de penser aux propos que son « amie » lui avait tenus. Et à la petite démonstration que la jeune femme lui avait faite. Alors elle aussi, elle avait une capacité ! Et ne capacité intéressante puisqu’elle était capable de déplacer une éponge rien que par la pensée. Hélas, elle n’avait pas pu, en retour, lui faire une démonstration. Elle lui avait juste dit qu’elle contrôlait les rêves. Mais si Capucine ne lui donnait pas l’autorisation d’entrer dans sa tête, elle ne le ferait pas. C’était une zone privée et elle savait que cela ne plaisait pas à tout le monde que quelqu’un puisse violer cette sphère.

« Partir… fuir. J’ai essayé. Je l’ai fait en fait. Une fois, quand j’ai quitté mon pays. C’était pas pour venir courser les vedettes de ciné comme je l’ai prétendu. J’avais des problèmes en France et j’ai fui. Je ne sais pas si c’était une bonne idée. Je crois que oui. Par contre, j’ai failli quitter Los Angeles au début du mois. Et là, ça aurait été une erreur. Il n’y a pas de solution miracle. Mais dis au revoir aux gens que tu laisses. Tu pourrais être surprise. »

Mais voilà. Elle était partie à son autre boulot, après lui avoir parlé de Wyatt. Car le nœud du problème était là. Ces deux crétins s’aimaient, mais ils n’arrivaient pas à se comprendre. Et cela lui rappelait vaguement un autre couple. Mais pas de rapprochement abusif. Capucine avait mal, il fallait soit qu’elle se sorte Wyatt de la tête, soit que ces deux-là arrivent à se parler. D’ailleurs, il faudrait qu’elle touche deux mots à son frère, pour avoir sa version de l’histoire, et s’assurer qu’il allait bien lui aussi. Néanmoins, pour l’heure, c’était Capucine sa priorité. Et il s’était passé une chose dans sa vie à elle qui l’avait décidé à mettre en œuvre une idiotie.

Capucine lui avait dit que Remington lui pardonnerait si elle lui disait ce secret qui la tenaillait. Elle l’avait fait. Elle avait dit à Remington qu’elle était enceinte et qu’elle désirait le garder. Et pour quel résultat ? Elle avait failli faire une fausse-couche et s’était retrouvée à l’hôpital. Seule. Car Remington était partie. Il l’avait laissé toute seule, alors qu’elle avait eu la trouille de sa vie. Et elle était en colère. Tellement en colère. Et elle avait envie de faire quelque chose de stupide avec quelqu’un qui ne se foutrait pas d’elle et qui jouerait le jeu. Alors elle avait appelé Capucine et avait mis au point avec elle leur connerie à venir.

En ce jeudi soir, elle avait donc fourré dans un sac une bouteille de vin rouge et un tire-bouchon (sinon, elles auraient l’air bête) et un verre, ses cachets même si ça allait gâcher la fête mais Capucine devait en avoir elle-aussi, du sel et une espèce de piñata en forme de gros cœur rose à gerber. Sur les consignes de miss Rider, Sonny s’était aussi vêtue de noir de la tête au pied. Elle devait faire peur à voir avec son visage fermé depuis deux jours. Elle avait aussi une photo de Rem et un de ses tee-shirts qu’elle avait planqué chez elle un matin et qu’elle avait gardé en refusant de le lui rendre au cours d’un jeu des plus agréables.

Près d’une tombe,car les jeunes femmes s'étaient donné rendez-vous au cimetière de Los Angeles, un lieu lugubre pour deux âmes en peine, elle balança le tout et commença à accrocher la piñata à une branche d’arbre lorsqu’elle vit son amie.

« J'ai mal. Je ne veux plus avoir mal. Extirpons-les de nous. Ne les laissons pas gagner. »

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MessageSujet: Re: Toutes ces âmes en perdition, en mal de tout, elles débarquent dans mes chaudrons [TERMINE]   Jeu 5 Juil - 16:09

Comment m'étais-je retrouvée dans cette galère aussi vite ? Du jour au lendemain, j'avais quasiment tout perdu sans que je ne me rende compte que ma situation empirait. Mes petits boulots m'aidaient à payer les factures, mais il était difficile d'économiser. Qui aurait pu penser que la maladie coûtait chère ? Oui, bon question stupide. Seulement, je n'aurais jamais imaginé que cela aille aussi vite et que ce serait aussi dur. Le patron du club de striptease s'était rendu compte que ça n'allait pas et m'avait offert la soirée pour souffler un peu. Malgré mes protestations, il ne voulu rien entendre. Je lui en étais reconnaissante, mais il n'avait pas à s'inquiéter pour moi. Je me débrouillais. C'était difficile, mais je n'avais aucune dette et c'était le principal. Quand j'aurai vaincu ce cancer, je pourrais dire que je l'aurais fait toute seule, sans personne.

A peine avais-je su que j'aurais ce moment de liberté, j'appelais Sonny. Si elle était également disponible, nous pourrions faire ce que nous avions envisagé la dernière fois. Elle était libre et le plan fut mis en place. Je trouvais rapidement sur internet un rituel et fit savoir à Sonny ce qu'elle devait amener. Je fis les courses pour récupérer ce qui était nécessaire et c'est vêtue de noir que je me rendis à notre point de rendez-vous : le cimetière. Quel meilleur endroit qu'un cimetière pour effectuer un rituel vaudou ? J'entrais en ce lieu avec mon sac à dos et une batte de baseball. Il faut dire que les rues n'étaient pas très sûres ces derniers temps et je n'étais qu'une frêle jeune fille seule dans la nuit.

Je vis Sonny de loin accrocher ce dont elle m'avait parlé au téléphone. Son idée m'avait surprise sur le coup, mais au final, elle était parfaite et de circonstance. Nos deux cœurs étaient mourants, autant les enterrer une bonne fois pour toute ! Je hochais la tête lorsqu'elle me fit savoir qu'elle désirait elle aussi s'extirper Remington de son cœur. Pourtant, toute cette mascarade ne suffirait pas à nous les enlever. Ce n'était qu'un pas. Un minuscule pas qui nous mènerait à la délivrance, à la liberté. Plus jamais nous ne serons opprimés par ces mecs. Nous n'aurons plus à souffrir à cause d'eux. En effectuant ce rituel, nous montrons notre volonté de rompre avec eux. C'était un pas comme un autre.


- « Qu'ils souffrent autant que nous avons souffert et ce, jusqu'à la fin. »

Je cherchais dans mon sac la feuille avec le rituel pour n'oublier aucune étape. Autant faire les choses correctement.

- « Tu peux déboucher la bouteille et en verser dans un gobelet pendant que je forme un cercle de sel, s'il te plaît ? »

Je pris le sachet de sel que j'avais apporté et commença à tracer un cercle assez grand pour que Sonny et moi y soyons à notre aise.

- « Tu as une sale tête. J'imagine que Remington n'a pas bien pris la nouvelle, peu importe ce qu'elle est. »

Je finis de tracer le cercle et me relever pour la regarder.

- « C'est nul de sa part. On ne peut vraiment pas compter sur eux quand on en a besoin. Mais ça nous permet d'être plus forte. Quand toute cette merde sera passée, nous serons des survivantes, toi et moi. Nous aurons réussi toutes seules et le mérite n'en sera que plus important. Nous n'avons pas besoin d'eux. »
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Sonny Malone

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MessageSujet: Re: Toutes ces âmes en perdition, en mal de tout, elles débarquent dans mes chaudrons [TERMINE]   Ven 6 Juil - 9:20

C’était une idée idiote. Une bêtise de gamine qui ne servirait à rien et qui n’aurait pour résultat que de les rendre ridicules si jamais on les surprenait. Personne de sensé ne croyait plus, au 21e siècle, en la magie noire ou autres maraboutages vaudou. Pourtant, c’était ce que les deux jeunes filles allaient faire. Un rituel, un sort qui devait les libérer de leur amour douloureux. Sonny était plus que sceptique à ce sujet, peu de chance que ça les aide réellement. Mais c’était surtout symbolique. Et en parlant de symbole, elle n’avait plus son Teddy… resté chez Rem… Se vider la tête ça devenait vital. Alors elle aurait pu appeler Sacha, mais elle avait besoin d’une soirée fille. Ça ne s’expliquait pas et au moins, Sonny et Capucine s’aideraient mutuellement.

Et si l’illusion de leur faire du mal à distance, à Rem et à Wyatt, pouvait les soulager, alors soit, Sonny s’adonnerait à cette mascarade. Par contre, le coup de la pinata, c’était son idée et elle l’avait eu grâce à Anne qui l’avait fait cogner comme une folle contre un punching ball presqu’un mois auparavant. Et mine de rien, cela lui avait fait un bien fou et lui avait permis d’ouvrir les vannes.

Mais chaque chose en son temps. D’abord, le rituel. Et pour une fois, Sonny fut extrêmement attentive et disciplinée. Elle sortit, à la demande de Capucine la bouteille de vin, en remplit un gobelet et observa la jeune fille dessiner avec du sel un cercle d’incantation. En pleine nuit. Dans un désert de Los Angeles. Parfaitement normal. Elle aurait presque pu rire de la situation si Capucine n’avait pas misé juste. Une sale tête, hein ? Oui, à n’en pas douter. Et elle était en plus suffisamment meurtrie pour espérer que ce rituel ferait du mal à Rem comme son départ lui en avait fait. Oui, pour une fois elle voulait qu’il souffre.

« Pas vraiment, non… Il est parti. Enfin je crois. J’en sais rien en fait. Mais j’avais besoin de lui et il est parti et je ne suis pas sûre qu’il revienne. On ne peut vraiment pas compter sur les mecs quand il se passe quelque chose de grave et qu’on a besoin d’eux immédiatement ? Non, il faut toujours qu’ils réfléchissent, comme si ça réfléchissait un mec. Ça se saurait. »

Pas besoin d’eux, pas besoin d’eux. Elle était quand même enceinte et elle avait besoin de lui, même si elle ne voudrait pas le reconnaitre, pour se donner des allures de femme forte. Mais cela, elle le garda pour elle. Elle ne se sentait pas encore capable d’en parler à quelqu’un d’autre qu’au premier concerné. Ça viendrait, pas le choix de toute façon. Mais pas maintenant. Des survivantes hein ? Une cancéreuse et une fille de vingt ans en cloque, seules. La loose, plutôt. Mais Capucine était tellement motivée et déterminée. Bien plus que la dernière fois où elles s’étaient vues, et Sonny préférait la voir en colère et résolue plutôt qu’abattue et résignée comme la dernière fois, alors elle garda ses réflexions pour elle.

« Bon et maintenant, qu’est-ce qu’ils disent ? Parce que je n’ai pas de chaudron magique sur moi… Et je ne suis vraiment pas fan du vin rouge alors ne compte pas sur moi pour le boire. Et je n’ai pas de fléchettes pour les photos. Oh mon dieu, il ne va pas falloir danser à moitié nues quand même ? »

Non parce que là, ce serait le ridicule assuré. Et si le départ de Rem ne l’avait pas achevée, cette honte s’en chargerait. Parce que Sonny et la danse, ça faisait vraiment deux… ses bras, ses jambes, ses hanches, toutes les parties de son corps étaient parfaitement autonomes. Tant et si bien qu’il était impossible de les coordonner. Et non, ce n’était pas du tout exagéré.

« Faut réciter quelque chose ? »

Si seulement il y avait une potion magique pour devenir forte…. mais elle était prête à tenter le tout pour le tout.

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MessageSujet: Re: Toutes ces âmes en perdition, en mal de tout, elles débarquent dans mes chaudrons [TERMINE]   Lun 9 Juil - 16:35

Sonny n'avait vraiment pas l'air d'aller bien. J'ignorais si je pouvais me permettre de lui poser directement une question par rapport à sa relation. Nous avons beau nous côtoyer depuis plusieurs semaines jusqu'à devenir de véritables amies liées par un secret, seulement je nourrissais encore quelques interrogations sur ce que je pouvais faire ou dire et ce que je ne pouvais pas. C'était une question existentielle. Savoir jusqu'où allait une amitié naissante. Je tentais le tout pour le tout en posant ma question. Au final, je saurais où nous en sommes vis à vis de sa réponse. Comment savoir autrement sinon ?

La jeune femme se confia et sans le montrer, j'en fus heureuse. Non pas que Remington l'ait abandonné, mais qu'elle me fasse assez confiance pour me parler d'elle, de sa vie. Même si elle ne me donna pas de plus amples informations sur les raisons qui auraient pu pousser Remington à s'enfuir, je pouvais comprendre sa détresse. Il n'avait pas été là pour elle, tout comme Wyatt n'avait pas assez confiance en moi pour savoir que mes choix étaient entièrement pris en considération de ma maladie. Au début, cela ne me plaisait pas plus que ça de fumer, mais je ne pouvais nier que cela avait un effet bénéfique. Tout devenait tellement plus simple, moins douloureux. J'avais confiance que c'était une fuite encore une fois, mais lorsque je voyais ce qu'était devenue ma vie, je comprenais facilement les raisons qui me poussaient à fuir. Ce n'était pourtant pas la solution... Mais que faire d'autre ? Rester et se battre pour une faible chance de réussite ? Et après ? Quelle sera la prochaine étape ? Il y aura toujours de nouveaux défis, toujours d'autres batailles à mener. J'avais 19 ans et j'étais déjà épuisée, à terre. Il ne me restait plus qu'à attendre le jour où la faucheuse aura assez pitié de moi pour abréger mes souffrances.


- « Je suis d'accord. Tu es là pour eux, tu es prête à tout pour les aider, les relever et quand tu as vraiment besoin qu'ils te soutiennent, il n'y a plus personne. Ils préféreront, par exemple, écouter leur famille ou leurs amis proches sans chercher à comprendre ce qui t'a amené à faire ces choix. Ils... Ils te regarderont comme si tu n'étais qu'une étrangère et ils ne nous choisissent pas. Où se trouve le mec idéal dont tout le monde parle ? »

Oui... Je voulais remplacer Wyatt. Il était trop présent dans ma tête et j'espérais qu'en trouvant un autre amour, je pourrais enfin l'oublier. Je ne voulais plus penser à lui car cela faisait tellement mal si je me permettais de réfléchir à son absence. J'ai tenté ces derniers jours de repousser cette tristesse, mais aucun doute sur sa réelle présence. Plus elle se rapprochait, plus j'avais envie d'en finir avec tout ça. Plus je ressentais le besoin de fuir, de me perdre dans n'importe quelle relation futile pour ne plus penser à ce manque. Son absence me détruisait littéralement et la souffrance serait sans aucun doute plus violente que le cancer lui même.

Nous serons des survivantes. Si ce n'était pas le cas, nous n'aurions plus aucun soucis. J'essayais de remonter le moral à Sonny autant que je le pouvais, mais j'étais certaine que ce ne serait pas suffisant. Je n'étais moi même pas réellement convaincue par mes propres propos. Je me contentais de me rabâcher cette litanie tous les matins, de positiver pour ne pas sombrer définitivement. Si tel était le cas, autant abandonner tout de suite. Comment faire lorsque l'humeur était changeante telle que la mienne ? J'avais tellement de produits dans les veines que je ne savais plus si ce que je ressentais était réel ou non.

Sonny me ramena sur terre pour me demander ce qu'il fallait faire ensuite. Bonne question ! Je me saisis de la feuille et lut rapidement le mode d'emploi.


- « Il faut nous mettre au centre du cercle, avec le verre dans la main gauche. Tu as un objet de Remington ou une représentation ? »

Je pris dans mon sac, l'écorce de noyer, un gobelet et le briquet que j'avais apporté, avant de prendre le linge blanc qui dépassait du sac de Sonny et m'avançais au centre du cercle. Je m'assis dans l'herbe et attendis que Sonny en fasse de même pour vérifier que tout était en place.

- « Nous allons brûler l'écorce de noyer pour en recueillir les cendres dans le gobelet. Ensuite, nous mettrons nos objets dans le linge blanc sur lesquels nous déverserons les cendres. Puis, nous cracherons dessus avant de refermer le linge en faisant un nœud et nous l'enterrerons. Pendant l'envoûtement, il est préférable de penser à la personne à envoûter. Il faut également que l'on récite cette incantation trois fois... »

C'était totalement stupide comme idée au final, mais comme nous avions tout préparé et que Sonny m'accordait ce temps pour faire cette stupidité, autant aller jusqu'au bout. Je mis la feuille entre nous pour que Sonny puisse voir l'incantation. Je pris le briquet et commença à brûler l'écorce de noyer. Je voyais les cendres tomber lentement dans le gobelet et je restais là, presque immobile...

- « J'espère que ça va marcher... »

Je ne pouvais faire que ça... Espérer.
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Sonny Malone

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MessageSujet: Re: Toutes ces âmes en perdition, en mal de tout, elles débarquent dans mes chaudrons [TERMINE]   Ven 13 Juil - 8:07

Capucine était la première personne à qui elle parlait du départ de Remington. Alors certes, elle ne lui dit pas toute la vérité, notamment sur la raison véritable de son absence, mais elle était la seule à savoir que Sonny se sentait abandonnée. Il était seulement trop tôt pour qu’elle lui confie son secret. Pas maintenant, pas encore. Et puis, il y avait d’autres personnes à prévenir… sauf que seule Capucine avait répondu présente pour le moment. Et elle comprenait, ce sentiment de ne pas pouvoir compter aveuglément sur l’homme de sa vie. Elle ressentait les hésitations de Wyatt comme un abandon alors qu’elle était en situation d’intense fragilité. C’était vraiment trop leur demander non de comprendre, mais de pardonner quand elle faisait des choix pour elles ? Des choix douloureux mais qu’elles devaient faire ? Capucine avait besoin d’aide pour se battre, d’apaiser ses souffrances. Fumer lui avait permis cela. Sonny avait besoin d’avoir une famille. Garder son enfant lui permettrait cela.

« Je crois que c’est une chimère qu’on nous fait miroiter quand on est gamine pour qu’on se fasse avoir… Si on nous disait la vérité, les mecs n’auraient plus aucune chance de devenir des hommes… T’imagine, si on nous disait la vérité dès le début sur la lâcheté des mecs ? Si on nous disait que le prince charmant n’était qu’un mensonge ? Aucune fille saine d’esprit ne s’approcherait d’un homme. Personne n’est parfait. Je pensais juste… que Wyatt était parfait pour toi et que Rem l’était pour moi. Apparemment, ce n’était pas le cas. »

Mais après Remington, il n’y aurait plus rien. Du moins, plus d’amour. Il l’avait emporté avec lui. Pourquoi fallait-il que cela fasse si mal ? Pourquoi voyait-elle cette même douleur dans le regard de Capucine alors qu’elle essayer de paraître forte et déterminée à survivre à Wyatt ? Tout cela était une vaste mascarade, une plaisanterie de l’univers qui se jouait des humains comme de vulgaires pions. Alors en dignes pantins qu’elles étaient, il fallait qu’elles jouent la comédie.

Sonny accompagna le mouvement de Capucine en se plaçant au centre du cercle de sel, tout en lui montrant le tee-shirt de Remington. Elle le revoyait dedans, elle se rappelait presque de ses mains parcourant son corps pour le lui ôter. Non, stop, il fallait que cette image cesse de tourner en boucle dans sa tête. Un frisson la parcourut quand elle vit le briquet dans les mains de Capucine. Briquet. Feu. Angoisse. Le feu, c’était le mal, ce n’était pas libérateur. Le feu purgatoire, quel mensonge !

Mais s’il fallait en passer par là pour avoir un peu moins mal, alors soit. Elle s’assit sur l’herbe en face de Capucine et l’écouta très attentivement. Il fallait donc vraiment utiliser le feu ? Vraiment vraiment ? Mais sans mot dire, Capucine prit l’initiative de se servir elle-même du briquet, de ne pas laisser Sonny s’en servir, sans la blâmer de cette peur qui continuait à la ronger. Elle se tendit quand le bois prit feu mais se força à rester. Elle ne put simplement pas regarder la scène. Elle repensait à Remington et à son épreuve du feu. Après tout, il fallait penser à la personne à envoûter non ? Quand il n’y eut plus qu’un tas de cendre dans le gobelet, Sonny disposa les symboles de Rem et de Wyatt sur le linge. Pendant que Capucine enchaînait et avant de cracher sur le tout, Sonny ne put s’empêcher de penser : « *Sors de ma tête. Si tu pars, pars pour de bon et fais que je n’ai plus mal. Va t’en ou reste pour toujours mais fais que je n’ai plus mal…* ».

Elle croisa un moment le regard presque lointain de Capucine. Sa douleur était-elle en train de l’envahir ou au contraire de s’éloigner ? Impossible à dire. La française ne se sentait guère mieux. Peut-être qu’en récitant l’incantation les choses iraient mieux. Non, c’était idiot, stupide et immature. On ne fuit pas un chagrin d’amour à coup de sortilège. On n’était pas dans un disney, elles n’étaient pas des princesses en quête d’un prince charmant factice qui n’existait pas et n’existerait jamais. Il n’y avait pas de méchante marâtre et de sorcière qui envoûtent les princes. Non, leurs « princes » avaient fait leur choix. Ils n’avaient pas surmonté l’épreuve du méchant dragon, le dernier obstacle avant le systématique happy end. Non. Au lieu de ça, elles n’étaient que deux paumées de vingt piges, déjà à moitié bouffées par la vie, tombées amoureuses de deux types qui n’avaient pas été à la hauteur. Pas de sorcière, pas de héros, pas de happy end. Juste ça. Juste deux gosses en train de faire mumuse dans un cimetière en pleine nuit.

La main de Sonny recouvrit celle de Capucine. Au moins, dans cette galère, elles étaient deux. C’était mieux que rien.

« Finissons-en. Je veux retrouver la Capucine du premier jour. Celle qui dansait de façon cochonne... un chose que j'aurais bien aimé savoir faire ça, lança-t-elle avec un clin d'oeil pour alléger l'atmosphère. Et puis, si ça ne marche pas, il reste cet immonde cœur à exploser et… on y arrivera. On n’est pas plus nulle qu’une autre et si tu survis à tous les poisons qu’on t’injecte tu guériras de celui que tu as dans le cœur. Allez, on y va. Enterrer le tout et lire l’incantation trois fois c’est ça ? Elle est en anglais j’espère ? Parce qu’on va galérer si c’est une langue magique. Euh… t’as une pelle ou on y va avec nos dix doigts ? »

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MessageSujet: Re: Toutes ces âmes en perdition, en mal de tout, elles débarquent dans mes chaudrons [TERMINE]   Lun 16 Juil - 16:48

Me voilà en train de parler du mec idéal dans un cimetière en plein rite vaudou. Finalement, peut être était-ce une bonne chose pour Wyatt que nous ne soyons plus ensemble. Quand on y regardait bien qu'est ce que j'aurais pu lui offrir ? Des mois de traitement et d'attente, des crises de larmes et quoi d'autres ? Rien. Je n'étais bonne qu'à amener des problèmes aux gens que j'aimais. Si ce soir, nous nous faisions pincer dans ce cimetière avec notre histoire, il était certain que je causerais des problèmes à Sonny. Sa situation a Los Angeles était compliquée et rien que ça, ça aurait dû me dissuader de lui mettre cette idée en tête. Si celle-ci était renvoyée en France, que fera -t-elle et que ferais-je car j'aurais perdu la seule personne qui se soucie encore un peu de moi.

Sonny me donna également sa vision du prince charmant et je ne pouvais qu'être d'accord avec elle. Remington et Wyatt nous avaient abandonné. Telle était la triste et cruelle réalité. Que pouvions nous faire contre elle ? Rien à part ce stupide rite vaudou qui ne servirait pas à grand chose. Je le savais et je me doutais que Sonny le savait également. Après toute cette mascarade, nous serons les mêmes filles anéanties qui feront semblant que tout va bien dans le meilleur des mondes. Même plus basse que terre, nous sourirons comme si de rien n'était. En fin de compte, toute cette situation, en plus d'être ridicule, était pathétique. Depuis quand avait-on besoin d'un homme pour vivre ? Depuis quand avais-je besoin de Wyatt pour me donner une raison de me lever chaque matin ? Il s'était faufilé en moi tel un parasite et son souvenir me rongeait petit à petit. Si je ne faisais rien maintenant, je ne donnais pas chère de ma peau sachant qu'elle ne valait rien à la base. Maintenant, il était temps de remonter la pente.


- « Je pense à devenir lesbienne. Et toi ? »

Claire, nette et précise. Du Capucine tout craché en somme. Il était inutile de rajouter du dramatique à la situation. Les lumières blafardes du cimetière nous donnaient déjà assez mauvais teint pour nous rajouter des rides de contrariété à cause de loosers en mal de testostérone. Je sortis mon objet censé représenter Wyatt. Quand on y réfléchissait c'était niais de se balader avec ça, mais c'était celui dont il fallait que je me débarrasse coûte que coûte. Un pendentif avec une mèche de ses cheveux. Totalement niais, n'est ce pas ?

Je m'occupais des derniers préparatifs devant une Sonny tendue devant la flamme du briquet. Jamais je ne lui aurais demandé de s'en servir si elle ne se sentait pas à l'aise avec et cela m'occupait l'esprit. Trop concentrée pour ne pas me brûler les doigts, je ne pris pas la peine de jeter un regard à Sonny. Un air trop interrogateur ou avenant aurait pu la mettre davantage mal à l'aise. Une fois fini, je laissais Sonny placer les objets sur le linge et fit comme elle en crachant dessus. Je ne cessais de voir l'image de Wyatt dans ma tête sans pour autant être capable de dire quoique ce soit. J'aurais pu le supplier de me laisser tranquille, l'insulter, le haïr pour cette douleur qui ne me quittait pas. Mais non... Tout ceci était suffisamment dur pour que j'en rajoute une couche.

Je me sentais vidée et ce fut la main de Sonny sur la mienne qui me ramena sur Terre. Elle essayait de se montrer rassurante également avant de reprendre les différentes étapes qui nous restaient. Oui. Il ne fallait pas oublier ce pourquoi nous étions ici. Une fois ce rite derrière nous, nous pourrons dire que nous avions fait tout ce qui était en notre pouvoir pour nous débarrasser de nos fantômes.


- « Je tiens à dire que ta manière de danser n'est pas de celle que l'on apprend dans un couvent, si tu vois ce que je veux dire.... Mais aujourd'hui, je peux t'en apprendre davantage. Les joies d'être polyvalente dans le monde du travail. »

J'aurais dû m'abstenir de cette dernière phrase. Si je venais à lui parler d'un de mes jobs, elle serait capable d'en tirer de mauvaises conclusions. Mais connaissant Sonny, je savais qu'elle ne me jugerait pas avant d'avoir tous les éléments en main et je n'avais rien à me reprocher. Certes, ce job n'était pas très conseillé, ni sécurisant, mais il payait bien et les autres pourraient devenir ma future famille. Ils comprenaient qu'on pouvait du jour au lendemain se retrouver dans la merde et même s'ils avaient eux aussi des soucis, ils n'hésitaient pas à t'écouter et t'aider et ce, sans penser une seule seconde à te juger. Même si la plupart les évitaient et les regardaient de haut comme des moins que rien, ils étaient des gens biens.

- « Sinon nous n'avons pas besoin de creuser profondément. Je pense qu'avec nos mains cela suffira. Mais si tu as peur de te salir, laisse moi faire. »

Sur ce, je lui tirais la langue et commençais à creuser un petit trou dans la terre. Ce n'était pas bien difficile. Je laissais à Sonny le soin de refermer correctement le linge et de le déposer dans le trou que je venais de faire. Il ne restait plus qu'à reboucher et à réciter l'incantation. Je tendis la feuille à Sonny de sorte que nous puissions lire toutes les deux ce qui y était écrit.

- « Nous devons la réciter trois fois. On y va à trois. 1.... 2.... 3.

Je t’invoque, O Astaroth,
Grand Duc très puissant des enfers,
Je te demande humblement de venir en ces lieux,
Donne-moi la force d’affaiblir cette personne,
Infuse ce breuvage de ton pouvoir et permets-moi de réaliser ce maléfice.
 »
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MessageSujet: Re: Toutes ces âmes en perdition, en mal de tout, elles débarquent dans mes chaudrons [TERMINE]   Mer 18 Juil - 22:07

Se donner rendez-vous tard le soir dans un cimetière pour disserter sur le prince charmant et à mettre en application un rituel pour… pour quoi d’ailleurs ? Faire du mal à Remington et Wyatt ? Cesser de les aimer ? Ou juste passer leurs nerfs sur quelque chose ? Certainement cette dernière option. De toute façon, elle n’arrêterait pas d’aimer Remington en claquant des doigts, même si elle était en colère. Et Capucine ne cesserait pas d’éprouver des sentiments pour Wyatt après cette soirée. Cela se voyait dans son regard, cela se sentait. Ça ne s’expliquait pas. Ces hommes avaient beau leur faire du mal, ils étaient toujours en elles, et il serait dur et douloureux de les extraire. Devenir lesbienne ? Erf, c’était une solution en effet. En plus, elle ne serait tombée enceinte si elle l’avait été. Mais est-ce qu’elle pourrait se passer du corps de l’homme qu’elle aimait, de son torse, des muscles de ses bras, de son dos, de… Raaaa, stop, cela suffit maintenant.

« C’est une idée. Mais les filles peuvent être des teignes et des vraies chieuses parfois. M’enfin, pour la bagatelle, on a des substituts maintenant… »

Comme si un vibro allait remplacer les mots d’amour murmurés, les caresses prodiguées juste là où vous décolliez parce que votre copain vous connaissez par cœur, le cœur qui bat contre le votre, les souffles qui se mêlent. Bref, il fallait passer à autre chose. Aller, on abandonne l’objet représentant l’homme qu’on aime. Un tee-shirt pour Rem, un pendentif pour Wyatt. A quoi pensait Capucine en faisant tous ces gestes ? Que cela allait marcher ? Qu’elles étaient deux folles pathétiques ? Parce que c’était un peu ça. Et à coup sûr, si Rem et Wyatt les voyaient, ils se diraient qu’ils auraient bien fait de les laisser, parce qu’elles ne valaient pas la peine d’être sauvées.

« ça tombe bien, je n’ai pas envie de danser comme une bonne sœur. J’ai remarqué qu’une bonne danse suffisait parfois à ce que les hommes vous mangent dans la main. Tellement prévisible… Alors j’aimerai apprendre. Et être polyvalente ? Qu’est-ce que tu fais comme autre job ? »

Enfin, ce n’était peut-être pas vraiment le lieu ni l’endroit, en fait, là, dans un cimetière au beau milieu d’un rituel vaudou. Alors, on change discrètement de sujet et … on creuse. Peur de se salir ? Non mais oh ! Pour qui la prenait-elle ?

« Elle est moche ta langue, fausse brune ! »

Et on gratte le sol. En plus d’être pathétiques, elles seraient crados. Youpi. Puis Sonny referma leur baluchon et elle le déposa dans le trou fraichement creusé puis rebouché. Et voilà le pompon du ridicule, l’incantation. Les yeux rivés sur la feuille, elle attendit le signal de Capucine.

« Je t’invoque, O Astaroth,
Grand Duc très puissant des enfers,
Je te demande humblement de venir en ces lieux,
Donne-moi la force d’affaiblir cette personne,
Infuse ce breuvage de ton pouvoir et permets-moi de réaliser ce maléfice. »

Et trois fois en plus ! Il ne fallait vraiment pas avoir peur du ridicule. Quand cela fut fait, Sonny garda le silence, tendit les oreilles et observa le monde autour d’elle. Pas d’éclair ? De foudre, d’aurore boréale ? Non, rien de rien. Le silence et la nuit, comme avant. Rien n’avait changé. Elle n’avait pas oublié Remington. Mais peut-être s’était-il cassé une patte ou quelque chose, histoire qu’il ait mal comme elle avait mal… Ou peut-être que les effets ne se feraient sentir que plus tard. Parce que là, elle avait toujours mal au cœur.

« Tu te sens différente toi ? »

Ça avait peut-être marché sur Cap et pas sur Sonny. Ou alors ça agissait sur les hommes et ils étaient à l’agonie, souffrant mille tourments encore et encore. On a le droit de rêver non ? Sonny soupira. C’était des sornettes tout cela. Des foutaises. Et elle allait mettre en application la seule méthode efficace qu’elle connaissait grâce à sa tutrice, celle des coups et de la violence. Sortir cette haine de son corps et de son âme. Elle avança vers un arbre et trouva une branche morte au sol. Elle fixa Capucine, lui fit un geste de la tête vers la pinata immonde.

« On passe au plan B ? »

Toujours avoir un plan de secours, surtout un qui permette de se défouler, de tout oublier, de se vider les muscles, d’avoir mal physiquement pour ne plus avoir mal au cœur. Elle tenait sa branche fermement, mais elle laisserait Capucine commencer. Elle souffrait de cœur et de corps. Sonny aussi, mais moins. Honneur à toi, Capucine Rider.

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MessageSujet: Re: Toutes ces âmes en perdition, en mal de tout, elles débarquent dans mes chaudrons [TERMINE]   Mar 24 Juil - 11:25

La quoi ? Bagatelle ? Pour le coup, je regardais Sonny d'un œil nouveau et choqué. Depuis quand prenait-elle autant de gants pour parler de sexe ? Où était passé la jeune fille qui se tortillait sur une table de façon presque obscène ? Je n'en croyais pas mes yeux. Avait-elle rejoint une secte ? Oui, c'est ça ! Remington n'étant plus là, elle avait sûrement été pris en otage par une bande de bonne sœur. Et si elle prononçait ses vœux ? Là pour le coup, le « Oh my God » serait justifié !

- « J'ai cru pendant un moment que tu parlais de s'envoyer en l'air, tremper la frite dans la moule, de sexe quoi ? Mais ton côté française prude ressort étrangement ce soir. C'est inquiétant.... »

Qu'elle se contente de substitut si elle le souhaite. Pour ma part, le mal était fait. En couchant avec un autre, j'avais tiré un trait sur Wyatt. Même si toutes les choses qui avaient été dites ou faites pouvaient être pardonnées un jour, je doutais qu'il laisse passer ça. J'aurais beau lui expliquer des centaines et des centaines de fois, il ne comprendrait pas. Même en essayant de toutes ses forces, il ne le pourrait pas, car il n'a pas à vivre avec un cancer. C'était une lutte permanente et si on voulait y survivre, il fallait faire des choix. Il était déjà dur de garder le mental lorsque l'on voyait son corps se consumer à petit feu, alors quand tout le monde se mettait contre vous, on finissait par s'abandonner, quitte à se briser.

- « Choisis les substituts si tu veux, mais rien ne vaut la chaleur d'un corps. Remington et Wyatt ne sont pas les seuls corps ambulants sur Terre. Tu vois. Tu veux. Tu prends et tu jettes. C'est aussi simple que ça. Cette méthode a très bien fonctionné pour moi jusqu'à maintenant. »

Nous étions deux jeunes femmes pleines de vie, au summum de leur beauté (ou presque). Je doutais que nous ayons beaucoup d'efforts à faire pour nous trouver des hommes quand cela était nécessaire. Alors pourquoi s'en faire ? Peut être que les souvenirs de Remington et Wyatt étaient toujours ancrés en nous, mais je comptais tout faire pour m'en débarrasser. Il n'était pas bon pour moi, pour ma guérison. Il me rappelait sans cesse cette soirée au bar et son regard. La déception, l'incompréhension que j'avais pu y lire me détruisaient. Il m'avait donné l'impression d'être une junkie, un déchet de la société alors que ce n'était qu'un joint. Qu'il reste dans son monde de gentil petit gars bien rangé à la morale inébranlable. J'allais rester avec les ordures puisque telle semblait être ma place.

Je sentis une vague de colère se déverser en moi, mais il était hors de question de la laisser s'exprimer devant Sonny. Je me contentais de serrer des poings et de changer de sujet sur nos façons respectives de danser. Je lui proposais même de lui apprendre certains tours. Seulement, je ne pensais pas révéler où j'avais appris toutes ces ficelles... Mais bon... Je n'étais plus à ça près. Elle avait dû comprendre que je tentais de tourner la page en enchaînant les hommes, même si ce n'était pas exactement ça...


- « Je doute que tu approuves, mais je suis serveuse dans un bar à striptease Ce n'est pas le travail idéal, mais les pourboires sont intéressants et les filles m'apprennent des trucs. Je m'y sens bien... Je n'ai pas à être parfaite. »

Même si au départ, je me doutais que cette annonce l'inquiète, elle finirait par comprendre ce que je voulais dire. Du moins, je l'espérais. Mais quoiqu'elle en pense, je n'arrêterais pas. De tous mes jobs, il était celui qui me rapportait le plus. Je continuais malgré tout le rituel et le temps de dire l'incantation arriva. Qu'est ce que je me sentais cruche ! Je vis Sonny regarder autour d'elle et une idée trop débile germa dans mon esprit. Elle me demanda si je me sentais différente et fis « non » de la tête. Mais quelques secondes plus tard, je laissais mon buste retomber sur le sol. Elle penserait peut être à un malaise ou autre. Je riais intérieurement et fit tout pour ne pas le montrer. Chose difficile... Mais dès qu'elle arriva près de moi, j'ouvris les yeux brutalement en criant pour lui faire peur. Vraiment là, j'étais débile. Seulement, ça faisait du bien de rire comme une dingue dans ce cimetière. Je me roulais presque par terre pour tenter de me calmer. Mais comment s'arrêter devant ce cœur ridiculement hideux ?

- « Avec joie ! Fêtons ça dignement ! »

Elle me tendit une branche morte, mais je la refusais. Je m'étais promenée avec une batte de baseball en ville, ce n'était pas pour rien ! Je me dirigeais vers mon sac et fis tourner la batte un peu pour me la péter. On était des pros de la pinata ou on ne l'était pas. Moi je l'étais ! Puis je donnais un coup sur le monstrueux cœur.

- « Aboule les bonbons ! »

J'endommageais la structure, mais pas suffisamment pour faire tomber quoique ce soit. Pas drôle. Je tendis la batte à Sonny.

- « Rends moi fière et dégomme le. »
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MessageSujet: Re: Toutes ces âmes en perdition, en mal de tout, elles débarquent dans mes chaudrons [TERMINE]   Mer 25 Juil - 12:49

Tremper la frite dans la moule ?? Non mais sérieusement, qu’est-ce qu’elle cherchait à faire ? A la dégoûter de tous les aliments possibles ? après les knackis, les frites et les moules maintenant ! Il faudrait qu’elle fasse un sérieux travail d’abstraction la prochaine fois qu’elle mangerait une frite. Merci pour cette leçon… Mais si Sonny était sexuellement active, elle n’aimait pas pour autant parler de ça, de sexe aussi crument. Elle avait vu suffisamment de rêves pornos pour être dégoûtée de la crudité. Même un substitut, elle n’aurait pas pu. Mais Capucine avait raison, son côté prude qu’elle gardait caché ressortait là, et ce n’était pourtant pas le bon moment du tout. Pourtant, elle aurait eu bien des choses à répliquer à l’étrange théorie de Capucine… ça lui rappelait un épisode de Sex and the City dans lequel Carrie décide de « baiser comme un homme », sans sentiment. « Tu veux. Tu prends et tu jettes. ». Non, ça ne marchait pas comme ça. Pas pour elle. Ni pour Capucine, quoi qu’elle en dise, sinon, elle ne serait pas là, dans le cimetière à se taper la honte en faisant un rituel vaudou. Son corps était peut-être satisfait mais pas son cœur, ça crevait les yeux.

Bref, Sonny ne savait pas faire cela. C’était peut-être ridicule, mais non. Et puis, que se passerait-il quand elle aura un ballon à la place du ventre ? Elle serait un anti-hommes. Oui, il existe des anti-moutisques, eh bien une femme enceinte, bizarrement, ça repoussait les hommes… étrange non ? Comme si ce n’était pas sexy un ventre bien rond, des chevilles enflées et tout et tout… Bon, ses seins gonfleraient mais à tous les coups, ils ne le remarqueraient même pas. Et de toute façon, elle n’avait pas envie de ça. Elle n’avait pas envie d’être une carpette sur laquelle passerait une centaine d’homme. Il n’y en avait qu’un et un seul qu’elle voulait.

Un bar à strip-tease ? De mieux en mieux… en même temps, elle n’était que serveuse, ce n’était pas comme si elle se mettait nue devant des types libidineux. Et quand bien même elle le ferait, c’était sa vie, non ?

« Alors tu triches ! Quand tu danses comme tu le fais, c’est des trucs de pro. Je sais que t’as besoin de ce boulot, mais ne vas pas trop loin. Pas pour ce que les gens pourraient penser, mais pour toi. Tu essaies de te soigner, c’est pas pour foutre ton corps en l’air. Et personne n’est parfait. Même les bien-pensants… »

Du moins, du moment qu’elle ne se prostituait pas… histoire de dignité. Cap était belle, intelligente… Il ne fallait pas qu’elle gâche tout ça à cause des problèmes financiers. Si la maladie n’avait pas sa peau, ce seraient ses choix de vie et ça, c’était débile. Bref. Rituel. Et rien qui se passe à part un profond sentiment de ridicule. Sauf que…

« Cap ? Capucine ? ça v… aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah »

La saleté ! Elle s’était écroulée sur le dos et Sonny, bonne poire, s’était penchée au-dessus d’elle, inquiète. Elle aurait pu faire un malaise ou un truc du genre. Mais Capucine se mit à brailler comme une démente et Sonny se retrouva sur le cul.

« Malade ! Imbécile ! »

Si ses yeux étaient des mitraillettes, il y aurait un joli tas de confettis à la place de miss Rider. Mouais, passons. Plan B : exploser cet énorme cœur rose de fille alors que Cap riait encore de sa connerie. Et elle était équipée la miss, avec sa batte de baseball.

« C’est tout ce dont tu es capable ? Pas encore assez de rage.. »

Elle attrapa la batte que lui tendit la jeune femme et se mit à frapper. Encore et encore. A chaque coup elle pensait « tu n’avais pas le droit de te sauver », « j’te déteste », « j’en ai marre » et des choses moins polies. Elle frappa, avec violence et colère et elle continua même quand les premiers bonbons tombèrent au sol. Il est même possible qu’elle hurlât à un moment. La Pinata tomba et ce n’était pas suffisant. Coups de batte, coups de pieds, cette pinata n’avait jamais vu Sonny Malone en colère. Puis elle se laissa tomber au sol et se coucha sur le dos en attrapant une poignée de bonbons qu’elle tendit fièrement à bout de bras en clamant :

« A la tienne Capucine ! Festin de Reine. Gavons nous jusqu’à tout vomir ! Et si on survit, on fera ce que tu veux, même déterrer les morts ou chasser les fantômes… »

Sauf qu'avant, il fallait qu'elle avale son traitement, alors elle se tourna et rampa sur le ventre pour avancer jusqu'à son sac. Elle en sortit ses cachets pour la tension et les goba cul sec. ça ne valait vraiment pas les bonbons.

"Tu veux un cachet pour réguler la tension ?"


Ce serait peut-être que son traitement à elle...

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MessageSujet: Re: Toutes ces âmes en perdition, en mal de tout, elles débarquent dans mes chaudrons [TERMINE]   Jeu 26 Juil - 11:42

Le jour où nous nous étions rencontrés, je ne connaissais pas encore les petits trucs qui faisaient tant d'effet aux hommes. Cela allait de la bretelle de soutien gorge qui semblait tomber toute seule au moment propice à des figures plus complexes avec une barre. Même si danser n'était pas un art compliqué en soit, le faire de manière professionnelle était beaucoup plus difficile. Il ne suffisait pas de s'accrocher à la barre pour coller une érection à un mec. Il fallait prendre son temps, mettre une certaine distance entre eux et nous mais en dévoiler assez pour les mettre en appétit. Tout ça en rythme et avec nonchalance. Le regard de ces animaux était également à prendre en compte. Au début, ils nous répugnent et on ne peut que se sentir gênée, voir honteuse de se dévoiler ainsi. Mais on finit par s'y habituer. Jusqu'à maintenant je n'étais que serveuse, mais je me rendais bien compte que le pas qui me séparait de mes nouvelles amis n'était pas aussi grand qu'on pouvait le penser. Il suffisait que l'argent vienne à manquer pour que j'accepte la proposition du patron. Et dans cette extrémité, je troquerais mini short et demi tee shirt pour un string... Pas très glorieux, mais ce serait sûrement la seule solution.

- « Si j'en suis là c'est uniquement pour moi. Malgré mes quatre boulots, j'ai dû mal à terminer le mois. J'arrive tout juste à payer les factures d'hôpital et comme si ça ne suffisait pas, je me suis faite expulsée. Donc, je ferais ce qui devra être fait comme je le pourrais, même si mon corps doit en être meurtri. Que vous le compreniez ou non m'est complètement égale maintenant. Alors passons. »

Comme si tout ça m'amusait. Comme si j'avais le choix. Finalement, ce n'était peut être pas une bonne idée de côtoyer des personnes incapables de comprendre ce qui se passait dans ma vie. Je préférais clore le sujet plutôt que de partir en vociférant. Nous venions de nous ridiculiser en préparant ce rituel vaudou, je ne voulais pas que ce soit fait en vain. L'incantation fut prononcée et j'eus envie de faire une blague à Sonny en tombant à la renverse. Mon plan fonctionna comme sur des roulettes. Je me mis à rire comme une débile et oui, peut être que je l'étais réellement. Au moins, ça nous permettait de ne plus aborder nos soucis.

Puis, il fut temps de détruire l'immonde cœur. Je donnais un coup dans la pinata, confiant ensuite la batte à Sonny pour qu'elle frappe à son tour. Mais au lieu de frapper chacune notre tour, elle la finit toute seule... Bon pourquoi pas... Mais qu'elle vienne pas me dire que je n'avais pas la niaque car j'aurais pu lui montrer si elle m'avait laissé récupérer la batte. Elle me tendit une poignée de bonbons, mais je n'en pris qu'un. Je n'avais pas faim. J'avais d'ailleurs un peu la nausée et me sentais fatiguée. Finalement, tout ce petit rituel avait été plus crevant que je ne l'aurais escompté.

Sonny aussi évita les bonbons pour aller chercher des médicaments et m'en proposa. Non... J'évitais maintenant. Même si ceci n'avait rien à voir avec de la drogue ou quoique ce soit, je préférais ne rien prendre qui sorte du traitement, quitte à avoir mal. On ne savait jamais. Si je faisais une réaction dans ce cimetière, je me voyais mal l'expliquer.


- « Non. Je ne prends plus rien en dehors de la chimio. C'est déjà bien suffisant et faudrait pas que tes cachets entre en contradiction avec. »

Oui... je ne prenais plus rien. Ni paracétamol, ni joint, aucun antalgique. Une véritable masochiste. Mais au moins, je ne verrais plus sur le visage des gens, l'expression qu'il avait eu. Je n'étais pas un vulgaire déchet. Je préférais encore souffrir milles morts plutôt que de revoir ce regard. Mais au fait...

- « Pourquoi tu as de tels cachets ? Tu as des soucis ? »
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MessageSujet: Re: Toutes ces âmes en perdition, en mal de tout, elles débarquent dans mes chaudrons [TERMINE]   Ven 27 Juil - 13:46

La soirée virait vraiment au n’importe quoi. Après un rituel vaudou, elles en étaient arrivées à parler de sexe, de bar à strip-tease etc… Ne cherchez pas la logique, il n’y en a pas. Et en plus, Sonny n’avait pas envie de comprendre. Capucine avait tenté de la convaincre que le sexe pour le sexe était une bonne chose. Tu parles, comme si ça suffisait… comme si elle pouvait faire ça à Rem, comme si Capucine pouvait faire ça à Wyatt… à moins qu’elle l’ait fait, ce qui serait dégueulasse. A moins que lui, il l’ait fait, ce qui serait dégueulasse aussi. Mais pourquoi ni l’un ni l’autre ne voulait lui dire ce qui s’était réellement passé ou au contraire pas passé depuis ce fameux soir ? Et qu’on ne lui dise pas que cela ne la regarde pas, ça la regardait dans la mesure où elle voyait Capucine dépérir alors que Wyatt lui avait demandé de veiller sur elle. Ça la regardait dans la mesure où elle confiait des choses personnelles à son « frère » qui n’avait pas assez confiance pour lui dire ce qui s’était passé. S’étaient-ils seulement reparlé ces deux-là ? Ou avaient-ils fait le choix du silence ? Réaction de gamins, dans ce cas là. Et les propos de Capucine, aussi partiaux soient-ils, inquiétaient la française. Elle s’était virer de son chez elle, devait enchainer les boulots plus ou moins mal vus, tout ça pour quoi ? Et elle devait se battre seule, encore une fois, tout ça pour quoi ? Mais les réponses viendraient en temps en en heure. Pour l’instant, il fallait accepter de suivre l’illogisme de la situation. Une blague naze, un cœur rose éclaté et réduit en bouillie déversant un flot de bonbons. Sonny aurait pu en laisser un peu pour Capucine mais non. Tous ces demi-aveux l’avaient énervée. Cette situation l’avait énervée. Sa vie l’énervait. Alors elle s’était arrogée le droit d’exploser cette pinata. Quand la batte chuta au sol et que Sonny s’y laissa tomber à son tour, elle ne put s’empêcher de parler.

« Désolée, mais quand tu es en colère, je crois que personne ne doit être dans ton sillage. Le « tu prends et tu jettes », je l’applique pas au sexe mais à ça, au moyen d’exprimer sa colère. Faut qu’elle sorte, tant pis si tu passes pour une égoïste, sinon ça te bouffe. La seule personne qui doit compter dans ces cas-là, c’est la personne que tu aimes. Si elle n’est pas là, ça peut être toi et seulement toi »

Merci miss Malone pour cette leçon de philosophie à deux balles. Mais elle s’appliquer. Sonny ne se battait que pour Rem et son bébé ces derniers temps. Ce soir, ils n’étaient plus là, enfin, pas concernés par ce qui se passait. Et elle s’était battue pour elle, contre cette pinata. Pour se libérer. Cap’ devait comprendre. Elle avait lutté pour Wyatt contre son cancer, maintenant, cette rage et cet instinct de survie étaient entièrement dirigés pour elle. Bref… La philo à une certaine heure, c’est mauvais et Sonny sentit la fatigue la reprendre. Pas une chute de tension, ce n’était pas le moment… Vite, les cachets… Elle n’avait avalé ni ces pilules miracles contre l’hypotension, ni son traitement pour consolider sa paroi utérine. Mais allez dire ça à une fille qui semble vouloir couper court à tout type de discussion…

« Petits problèmes de tension, pas assez de sommeil. »

Et hop, encore une demi-vérité. Rien jamais ici ne se dit facilement. Elle avait lu cette phrase quelque part et elle sonnait affreusement juste en ce moment. Et bon sang, où étaient ses cachets ? Pas de vertige, pitié et pas de malaise non plus, elle en avait marre de s’écrouler devant les autres. Rageant de ne pas trouver ses médicaments, elle se mit à genoux et vida le contenu de son sac sur le sol. Tous ses médocs étaient là et alors qu’elle s’empara de sa plaquette de gélules contre l’hypotension, elle fut prise d’une nausée violente. Elle lâcha tout. Ses clés, son portable, son portefeuille, ses cachets - même les plus personnels - jonchèrent le sol. Et avec grâce et délicatesse, elle se mit à vomir près d’une tombe. La grande classe.

Mais merde, les nausées ne sont-elles pas censées être matinales ? Et combien de temps allaient-elles encore durer ? Elle n’en avait plus eu depuis des jours et voilà que cela recommençait ? Devant Wyatt, devant Dean, chez elle la tête dans la cuvette. C’était infernal. Est-ce que Cap en avait elle-aussi ? A cause de la chimio ? Est-ce qu’elle accepterait l’excuse de l’hypotension ? Après tout, c’était en partie la vérité, mais en partie seulement.

« Je voulais vomir après m’être gavée de bonbons, pas avant… Pitié, prends ta batte et achève-moi… »

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MessageSujet: Re: Toutes ces âmes en perdition, en mal de tout, elles débarquent dans mes chaudrons [TERMINE]   Sam 28 Juil - 10:08

Après avoir massacré la pinata, Sonny se laissa tomber au sol, exténuée, pour me faire un cours de philosophie. Pourquoi pas ? Après tout ce que nous venions de faire, ces quelques paroles étaient la chose la plus sensée. Je l'écoutais sans l'interrompre, étant de toute façon d'accord avec elle. Oui, la rage devait s'exprimer. Mais ce n'était pas forcément de la rage que je ressentais. Plutôt de la déception, un sentiment d'impuissance, le fait de n'être jamais à la hauteur de ce qu'on attendait de moi. Tout ça, me donnait seulement envie de tout arrêter et de me pendre. La mort serait tellement simple, libératrice face à tout cela. Mais si je me décidais à faire le pas qui me séparait de la mort, je ne vaudrais rien de plus que ce qu'ils pensent déjà de moi : un être faible, une éternelle déception.

- « Il n'y a que moi de toute façon. »

De qui pourrais-je m'occuper ? Et même si j'avais quelqu'un, je serais bien incapable de le faire. J'avais déjà du mal à m'occuper de moi même alors comment pourrais-je aider ? J'étais tout simplement inutile. Mais tout ça serait peut être bientôt fini. Si la chimiothérapie ne rapportait pas les résultats escomptés tout ça n'aurait plus d'importance dans quelques mois. Les crises étaient plus nombreuses et plus violentes, je ne pouvais rien faire contre. Je les endurais les unes après les autres, en essayant de ne rien montrer au travail. S'ils étaient au courant de l'évolution du cancer, ils n'hésiteraient pas à me mettre à la porte. Je ne pouvais pas me permettre la moindre faiblesse. Je commençais à accepter le fait d'être seule et dans un sens, ce sera mieux pour tout le monde.

Puis Sonny fouilla dans ses affaires pour mettre la main sur des cachets. A la façon dont elle répondit à la question, je compris qu'elle ne voulait pas me dire toute la vérité. Comment se sentir inutile ? Restez auprès de la dernière amie qu'il vous reste et la regarder vous « mentir ». Je venais pourtant de lui raconter ma vie de ces derniers jours. Mon expulsion, mes divers boulots dont celui de serveuse dans un bar à striptease. Elle avait pu s'apercevoir de la haine que je ressentais à l'égard de Wyatt. Elle savait tout et voilà le résultat... Il était temps pour moi de quitter tout ça et de ne plus me faire d'illusion. Tous des menteurs.

Je la regardais déverser le contenu de son sac au sol avant de vomir à côté d'une tombe. Des cachets tombèrent à côté de moi et là, je compris de quoi il retournait. Tout s'expliquait en fin de compte. Je l'avais mise au courant pour mon cancer dès notre première rencontre, je lui avais avoué que j'avais également un pouvoir le jour où elle m'a montré le sien et là je venais de lui raconter ma vie présente. Elle, non. Elle me pria de l'achever. Je me levais et époussetais mon jean.


- « Demande à Miss Hoper. Peut être que ça ne la dérangera pas de tuer une femme enceinte après que tu lui ais gerbé dessus. »

Je commençais à remballer mes affaires. Je n'en croyais pas mes yeux. Sonny qui faisait tout pour que je me confie n'avait elle même pas confiance en moi. Je ressentais une fois de plus un sentiment de trahison. Je ramassais les pilules pour consolider les parois utérines et les lui tendis.

- « Nausées, hypotension, cachet pour la paroi utérine et Remington qui se barre alors que tout allait mieux entre vous. Tu es enceinte... Et tu as choisi de ne pas me le dire. Finalement, vous avez plus de choses en commun avec Wyatt que vous le croyez : vous n'avez pas confiance en moi. »

Je refermais mon sac après avoir rangé mes affaires.

- « Tu sais, je ne t'aurais pas jugé si tu me l'avais dit. Je t'aurais même aidé autant que je l'aurais pu, mais tu ne m'as même pas donné une chance... Enfin bref... Prends soin de toi, c'est la seule chose que je peux faire et dire pour toi apparemment. »
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MessageSujet: Re: Toutes ces âmes en perdition, en mal de tout, elles débarquent dans mes chaudrons [TERMINE]   Sam 28 Juil - 19:20

Mal au cœur… Envie de rien d’autre sinon de mourir là. Au moins, elle ferait des économies. Pas de corbillard. Pas de cérémonie, elle était déjà sur place et pouvait mourir là, près de cette tombe, tant pis, son locataire devrait partager avec elle. Bon, sang, elle aurait préféré que Capucine ne voit rien, parce que ce genre de spectacle n’était pas ragoûtant. Et surtout, elle ne voulait pas en rajouter une couche. Capucine se battait contre une maladie grave, qui mettait ses forces à rudes épreuves, qui détruisait ses anticorps, et Sonny, que faisait-elle ? Elle vomissait à cause d’une vulgaire nausée qu’elle n’avait pas vu arriver. Ce n’était rien, à côté de ce que la jeune fille endurait.

Miss Hoper ? Plaît-il ? Sonny se demanda de quoi Capucine lui parlait alors qu’elle commençait à peine à se remettre sur pied… Tuer une femme enceinte. Sonny ferma brièvement les yeux. Décidément, elle avait l’art et la manière d’annoncer sa grossesse au monde. Encore un raté. Le regard de Capucine était froid. Il n’y avait pourtant aucune méchanceté dans ses prunelles, juste une profonde déception, et elle lui tendit ses cachets. Dans l’art de la discrétion, Sonny pouvait repasser. Et Capucine n’apprécia pas la situation, se sentant rejetée, une fois de plus. Normal. De là à penser que Sonny ne lui faisait pas confiance… c’était un peu fort. Certes, Cap avait eu le mérite de lui avouer pour son cancer et pour le reste, mais elle lui avait aussi balancé en pleine figure qu’elles n’étaient pas vraiment amies. Mais ça n’était pas pour ça qu’elle avait gardé le secret. Il y avait beaucoup de raisons. Pas forcément des bonnes d’ailleurs.

« Cap, ça n’aurait fait qu’accentuer ta colère contre les mecs. Tous des lâches ? Bah en voilà une preuve de plus. Et pour l’hypotension, ce n’est pas directement lié à la grossesse. Je l’ai dit à Rem il y a deux jours à peine et il s’est barré. Tu peux comprendre que je ne le crie pas sur tous les toits. C’est pas une question de confiance ou pas. Cet enfant, je risque de le perdre, c’est pour ça que je prends ces médocs. Je ne me sens pas la force d’annoncer aux gens que je vais avoir un bébé et de leur dire deux mois plus tard que je l’ai perdu. »

Que faire ? Elle avait merdé, c’était un fait. Et elle était en train de perdre une amie. L’hécatombe commençait. Elle ramassa à son tour ses affaires mais se planta devant l’américaine. Elle avait raison d’être en colère et de se sentir « trahie ». Sonny avait réagi de la même manière avec Sacha moins d’un mois plus tôt, mais rester sur un non-dit, c’était la meilleure façon de se brouiller inutilement pour longtemps.

« Tu reproches à Wyatt de t’avoir jugée sans te donner une chance de te justifier. Tu te rends compte que tu fais la même chose ? Je n’ai même pas encore dit à ma tutrice que j’étais enceinte. Pas parce que je ne lui fait pas confiance, mais je suis perdue. L’homme que j’aime est parti à cause de cette grossesse et je n’ai pas envie de revoir ce regard qu’il m’a lancé. Tu as raison, j’aurais pu te le dire maintenant, mais cela aurait changé quoi ? Tu l’aurais su d’ici quelques semaines, quand j’aurais été sûre que tout irait bien. »

Elle aurait aimé lui dire qu’elle aurait eu besoin d’elle, pendant cette grossesse et après, mais c’était diablement égoïste et pesait sur ses épaules, alors qu’elle avait un combat à mener… Le dilemme était cruel. Capucine n’avait plus personne et on a toujours besoin de quelqu’un dans ce genre de situation, quoi qu’on en dise. Si Sonny la laissait partir, Cap se retrouverait seule. Mais d’un autre côté, elle serait libre d’agir égoistement, de se soigner pour elle, sans avoir à s’inquiéter pour une autre personne. Si Sonny ne la laissait pas partir, elles pourraient compter l’une sur l’autre, et Sonny la croyait quand elle lui disait qu’elle ne l’aurait pas jugée et qu’elle l’aurait aidée. Mais pour cela, il fallait encore que Capucine lui refasse confiance et qu’elle comprenne que ce l’était pas par manque de foi ou d’amitié que la française ne lui avait rien dit. Elle avait l’impression de revivre la scène de l’hôpital, quand elle avait laissé Remington partir. A ce moment là, elle n’allait pas bien du tout et elle lui avait dit qu’il pouvait partir, que tout irait bien, parce qu’aimer les gens c’est les laisser partir. Alors, un nœud dans la gorge, elle s’adressa à Capucine.

« Mais je peux comprendre que tu m’en veuilles. Je sais que j’aurais pu compter sur toi, comme tu sais au fond de toi que je ne te trahirai pas sur tout ce que tu m’as dit et que s’il y a le moindre problème ma porte t’es ouverte. Prends soin de toi, puisque c’est apparemment la seule chose que je puisse dire pour toi. »

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MessageSujet: Re: Toutes ces âmes en perdition, en mal de tout, elles débarquent dans mes chaudrons [TERMINE]   Dim 29 Juil - 15:15

Trahison. Déception. Désillusion. J'avais été la première à dire que nous n'étions pas de vraies amies à cause de tous les secrets que l'on devait se cacher. Mais depuis, nous nous étions confiées l'une à l'autre et je pensais sincèrement que notre relation avait évolué dans le bon sens. Sinon, jamais je n'aurais proposé une telle chose à Sonny. Jamais je ne lui aurais demandé de m'accompagner dans ce genre de plan foireux. Je me serais contentée de la croiser au travail comme tous collègues sont censées le faire. Là, nous étions loin du bar, nous partagions un moment en dehors de ce foutu job et pour moi, ça signifiait plus qu'une simple relation professionnelle. J'avais été stupide. Il était temps que je me fasse une raison. Nous n'étions pas des amies et nous ne le serions jamais. Oui, j'avais été stupide de croire que c'était une possibilité. Mais avec le temps, je finirais peut être par apprendre de mes erreurs et à retenir les leçons.

N'empêche la vie est trop bizarre. Un jour, tout va bien, on s'amuse, on rigole et le lendemain, on pleure. Un jour, on rêve et le jour d'après, la vie se transforme en cauchemar. Plus ces jours passent, plus la douleur s'intensifie. Finalement, ce n'était pas mon cancer qui me bouffait mais tout ces gens qui prétendaient être là pour moi. Sonny essaya de se justifier, mais je me sentais tout simplement vidée. Mon esprit tentait d'écouter ce qu'elle avait à me dire, mais quelque chose en moi refusait. Peut être mon instinct de survie. A son tour, je la voyais ramasser ses affaires avant de se planter devant moi. Je la regardais sans vraiment le faire. Elle m'avait tué. Elle était mon dernier lien sur cette Terre, la seule personne qui m'avait fait penser que si je disparaissais un jour, elle s'en apercevrait. Je commençais à douter de cette affirmation maintenant. Elle serait encore capable de se dire que j'avais quitté la ville. Quelle vie de merde !

Mais là, elle signa son arrêt de mort. Elle voulait me faire croire que c'était moi qui avait merdé, que tout ceci était ma faute, que j'étais comme Wyatt. Non là, je ne pouvais pas le supporter. Elle me l'aurait dit dans quelques semaines ? Quand elle aurait été incapable de mentir à cause du gros ventre qu'elle aurait pris ? Je rageais, mais ne disais mot parce que je n'étais pas comme elle. Je ne rejetais pas la faute sur les autres. A l'entendre, c'était à cause de moi qu'elle ne m'avait pas dit la vérité. Nous n'avions plus rien à faire ensemble. Je devais me considérer comme seule désormais.

Elle me sortit un dernier laïus sur la confiance qu'elle avait en moi, mais je n'y croyais pas. Tous les mots qui sortaient de sa bouche sonnaient faux à mon oreille. Je ne pouvais plus la regarder droit dans les yeux tellement son image m'était insupportable. Si j'avais pu, j'aurais été capable de la frapper. Mais étant enceinte, je ne pouvais me le permettre. Ce fut donc la tombe de Miss Hoper qui prit le coup de pied que je destinais à Sonny. Elle me souhaitait de guérir. Cette fois, je ne pu retenir un léger rire. Guérir... Comme si c'était encore possible.


- « Je n'arrive pas à croire que tu me souhaites la guérison alors que successivement, tu m'as menti, rejeté la faute et mise au même niveau que Wyatt. Évidemment que tu me l'aurais dit dans plusieurs semaines. Ton ventre aurait de toute façon trahi le secret. Tu veux que l'on te fasse confiance, mais tu n'as pas confiance en nous. Moi, passe encore. Mais ta tutrice... Là, il y a un sérieux problème. Donc, ne rejette pas la faute sur les autres. »

Je mis mon sac sur le dos et reprit la parole.

- « Dernière révélation sur ma vie. Si ça se trouve, tu n'aurais peut être même pas pu me le dire dans quelques semaines. La chimio ne donne pas les résultats attendus et je vais finir par ne plus pouvoir aller travailler. Ainsi, je ne vous gâcherais plus la vie très longtemps et bien entendu, je te retire la lourde tâche de t'assurer que je ne suis pas morte dans le caniveau. Bonne continuation ! »

Puis, je tournais les talons. Je ne devais plus perdre mon temps avec ça. En plus du boulot, les examens arrivaient. Il était temps de faire une croix sur le passé et d'assurer un minimum les jours qui me restaient.
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Sonny Malone

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MessageSujet: Re: Toutes ces âmes en perdition, en mal de tout, elles débarquent dans mes chaudrons [TERMINE]   Dim 29 Juil - 16:39

Les gens qui souffrent ne perçoivent que leur souffrance. Tout, absolument tout se teinte de noir, d’obscurité. On ne voit plus la vie et les gens que par l’intermédiaire d’un filtre sombre qui jette un voile d’opprobre sur tout ce qui pouvait avoir de la valeur. A cet instant, Capucine devait certainement voir Sonny à travers ce filtre. La française avait tout fait pour que la jeune fille se confie, qu’elle sache que quelqu’un s’inquiétait pour elle. Elle avait avoué être différente, mais n’avait pas parlé de sa grossesse, parce qu’elle croyait devoir la mener seule et l’assumer seule. Rem avait déjà fui. Et elle avait eu peur de prendre à nouveau ce risque : voir les gens qu’elle aimait partir. Or, c’était exactement ce qui était en train de se passer.

Elle essaya de dire les faits à Capucine. De les exposer, le plus clairement possible, pour qu’elle ait un autre point de vue que le sien. Parler de son risque de fausse couche. Du jour au lendemain, elle était passée d’une grossesse sans risque à un bébé menacé. Tout ça parce qu’elle était faible. L’éternelle roue de la fortune. Eh bien. Elle avait sacrément tourné. Capucine ne voulait pas entendre. Sentiment de trahison ? Sûrement, oui. Sonny, elle, savait qu’il n’y aurait rien à dire. Elle savait aussi que les mots qu’elle-même avait prononcés ne serviraient à rien, même s’ils étaient vrais. Elle reprochait à son petit-ami de l’avoir jugée, de ne pas avoir dépassé le stade du mécontentement, de lui avoir jeté un regard réprobateur. Et que se passait-il, à cet instant précis ? Capucine la jugeait sévèrement pour ce secret, elle campait sur ses positions et ne la regardait plus du tout comme une amie. Le pire ? Elle ne s’en rendait même pas compte. Cette situation était comique en un sens, si elle ne débouchait pas sur un énorme gâchis.

Et ce coup de pied donné dans la tombe. Ah miss Hoper reposait ici. Pauvre témoin de deux âmes en perdition qui fonçaient droit dans le mur à cause d’un dialogue de sourdes. C’était comme si on leur avait bandé les yeux et bouché les oreilles avant de les placer dans des autos lancées à toute vitesse vers un vaste mur de pierre. Impact imminent…. Scraaaaaaaaaaaaatch, BOUM ! et toutes les autres onomatopées possibles. Cette violence, qui lui était visiblement destinée, lui fit mal. Tout le monde avait donc le désir profond de lui faire du mal… Ce n’était malheureusement pas la première fois qu’elle voyait cette lueur de haine dans un regard, ce geste de violence déviée… Rem, Jayden, maintenant Capucine. De l’amour à la haine, il n’y a qu’un pas, non ? Et bien là, la frontière de l’amitié avait été plus que franchie… elles étaient même enfoncées bien loin dans le territoire de la colère et de la rancune.

Peut-être que Capucine avait raison. Peut-être que Sonny ne faisait pas confiance aux gens. Difficile de faire confiance quand on vous a tout pris, quand on a tué votre famille, quand on a fui, quand on se retrouve dans une situation qu’on n’a pas souhaitée et que la personne la plus importante de votre vie vous a laissée. Et le fait que Capucine lui tourne à son tour le dos la confortait dans sa crainte de révéler sa grossesse. Rem parti. Capucine partie. Que ferait Anne ? Si elle aussi partait, Sonny aurait mal, très mal. Comprendrait-elle pourquoi elle avait mis tout ce temps ? Après tout, elle n’était au courant que depuis un peu plus de deux semaines… Et elle devait avoir fort à faire avec sa propre grossesse et l’amnésie de Ross… Bref, cela n’était pas la question.

Sonny était donc devenue le diable pour Capucine, un diable qui souhaite sa mort. N’importe quoi… qu’est-ce qu’il ne fallait pas entendre !

« Tous ceux auxquels je tiens partent un jour. Pourquoi aurais-tu fait exception ? »

Ce n’était pas un reproche. Non, juste l’amer constat de sa vie. C’était une loi du destin qu’elle avait bien comprise et qu’elle commençait à entériner. Une dernière révélation ? Soit, pourquoi pas. Ah, on était donc dans les aveux morbides. Son bébé risquait de mourir, son amie aussi. Bah oui, bien sûr, tant qu’à faire, autant faire un lot. Deux êtres proches de la mort pour le prix d’un et allez, emballé c’est pesé ! Et déjà l’américaine se détournait.

« C’est gentil de me le dire. Mais les caniveaux, c’est mon truc, trouve un peu d’originalité. Et je peux parier avec toi que tu ne mourras pas. »

Les teignes, c’est coriace. Comme si Sonny allait arrêter de s’inquiéter. Comme si elle ne trouverait pas le moyen de se renseigner, au boulot ou ailleurs, sur son état. Pour l’heure, il n’y avait plus rien à faire. Sonny jeta un coup d’œil à la tombe.

« Désolée pour le dérangement. »

Et elle quitta le cimetière, laissant en plan le cercle de sel, la pinata éventrée. L’air était frais. L’atmosphère lugubre. Parfait décor pour une tragédie. Obscurité. Rideau. Fin.


FIN

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Toutes ces âmes en perdition, en mal de tout, elles débarquent dans mes chaudrons [TERMINE]

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