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 Closer to the edge [Terminé]

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Sonny Malone

La Fille de vos Rêves… ou de vos Cauchemars

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MessageSujet: Closer to the edge [Terminé]   Dim 20 Mai - 9:37

1er novembre - fin d'après-midi

Elle avait couru jusqu’à s’en faire mal. Si elle continuait comme ça, elle allait purement et simplement se briser la cheville. Mais elle voulait partir loin de chez Remington, au plus vite. Elle avait donc couru comme une dératée, le cœur retourné et les yeux voilés de larmes. Elle ne connaissait pas cette partie de la ville. Quartier trop chic pour elle, elle n’avait pas l’habitude. Elle était perdue, ne voyait rien, avait envie de vomir et tous ces gens ne l’aidaient. Combien d’entre eux percuta-t-elle ? Combien grognèrent sur son passage sans qu’elle n’en ait rien à faire ? Tout ce qu’elle espérait, c’était qu’Anne était rentrée de l’hôpital et qu’elle soit bien chez Ross. Sinon, elle aurait fait tous ces efforts pour rien. Où était cette fichue adresse ?

Sa tête lui tournait, elle voulait s’écrouler, elle voulait se poser, elle voulait sombrer, ne plus penser. Tout s’était passé si vite. Le bal désastreux d’Halloween, la souffrance puis cette macabre découverte. Comment tant de choses peuvent se passer en si peu de temps ? comment un monde pouvait-il s’écrouler si vite ? Et pourquoi ces put*** de rues américaines étaient-elles si grandes ? pourquoi y avait-il autant de monde alors qu’on n’était même pas dans le centre de Los Angeles ? Pourquoi la terre tournait-elle si vite ?

Puis enfin elle le vit. Le bon numéro, alors elle se dirigea vers la grille. Au bout de l’allée, derrière ces barreaux trônait une grande maison. Un beau jardin et probablement d’autres richesses insoupçonnées. Elle paraissait autant sinon plus luxueuse que celle de Jayden. Bah oui, mais comment on rentre sans les codes d’entrée ? Sonny appuya sur tous les boutons quelle trouva avant de secouer la grille de toutes ses forces… du moins le peu qui lui restaient…

« Annnnnnnnnne ! Rooooooooooooss ! ouvrez-moi ! ouvrez-moi ! je vous en supplie… me laissez pas… »

Mais personne ne répondait à ses appels. Alors elle posa son front sur les barreaux et laissa ses larmes couler de nouveau et cette fois, elle ne put retenir des gémissements de douleur. Elle avait de plus en plus de mal à respirer et la nausée fut telle qu’elle se mit à vomir là, comme ça, devant tout le monde. Et les passants, outrés, la regardaient avec mépris. Et plus ils jetaient leurs yeux condescendants sur elle, plus son état empirait. Elle vomissait tout : sa colère, sa douleur, son amour pour Remington, son épuisement, son désespoir. Les choses n’auraient jamais dû tourner ainsi. Jamais.

Sonny porta une main à son ventre. Elle allait encore vomir si elle ne faisait rien, alors elle se traîna jusqu'au rebord du trottoir et s’y laissa tomber. Elle était maintenant assise par terre, jambes repliées contre sa poitrine et tête enfouie dans ses genoux. Et la terre tournait toujours. Elle allait faire un malaise si cela ne s’arrêtait pas. Pourquoi la vie ne pouvait-elle pas être simple, au moins une fois ? Qui s’amusait à les torturer de la sorte ? Qu’avaient-ils fait pour mériter ça ?

Tant d’incompréhension et la migraine qui repart de plus belle, comme un tambour à l’intérieur de la boîte crânienne, comme un étau qui se resserre et compresse le cerveau. Elle baissa les yeux et vit le caniveau. Qui lui paru soudainement diablement tentant et attirant. Juste un caniveau ? Non, c’était plus que cela. C’était le seul allié, la seule épaule secourable à des kilomètres à la ronde. Personne n’était là, elle était seule, mais il y avait ce caniveau.

Ça n’est pas grand-chose quand on y pense, un caniveau. C’était là pour séparer le trottoir de la chaussée et pour permettre l’évacuation des eaux. Et pourtant, là, à cet instant précis, il prenait une dimension toute symbolique. Ce caniveau, c’était son exact reflet. Sa vie toute entière, ce qu’elle éprouvait. La désagréable sensation de n’être qu’un entre-deux, de n’avoir sa place nulle part, si sur le calme sécurisée des trottoirs, ni sur la route pleine de dangers et de vitesse. Deux lieux où l’on avance. Non, elle n’y avait pas sa place. Elle était dans le caniveau. Elle était le caniveau. Un entre-deux qui ne bouge pas, qui n’évolue pas, qui n’arrive à rien et qui regarde la vie passer et s’écouler de part et d’autre sans qu’elle puisse y prendre pleinement part. Quand il pleut, l’eau s’y écoule et emporte avec elle les immondices et les merdes des gens. Peut-être que si elle se laissait aller et qu’une grosse pluie venait à tomber, elle serait emportée dans les égouts et disparaîtrait pour toujours.

Oui, c’était peut-être ça, la solution. Comme ça elle n’aurait plus mal, elle ne verrai pas les bocaux sans cesse, comme imprimés sur sa rétine. Elle disparaîtrait et Remington penserait juste qu’elle était partie. Il ne s’en prendrait à personne. C’était peut-être ça la solution… partir. Mais là, elle n’en avait pas la force. Elle voulait oublier, ne se souvenir que des belles choses. Parce qu’il y avait eu de belles choses. Leur histoire n’était pas bonne à jeter aux ordures. Non. Ce qu’il fallait jeter, c’était les derniers instants. Alors, peut-être que si elle rendait les armes…

Alors elle se coucha. Tant pis pour les gens qui gardaient leurs yeux braqués sur elle, tant pis pour les mères qui au contraire tiraient leurs enfants par la main pour qu’ils ne la voient pas. Voilà, ce caniveau était son ami, le symbole de sa vie. Ce caniveau était beau, accueillant, aimant. Et cela lui fit un bien fou de se coucher comme ça, en position fœtale, avec l’avant bras en guise d’oreiller. Au moins, la terre ne tournait plus, le sol était stable. Ce n’était pas à proprement parler confortable, mais cela lui suffisait pour le moment. Sa main se serra sur son sac. Teddy en dépassait. Alors Sonny l’attrapa et le cala contre son cœur.

« Qu’est-ce que je vais faire ? Teddy… on va rester dans ce caniveau jusqu’à ce qu’ils viennent nous tirer de là par la peau des fesses. Tu verras, on sera bien. Rem n’est pas là, mais on sera bien. Ce caniveau c’est notre ami. Mieux vaut ici que dans cette pièce… Il est malade, tu crois ? Comment on peut faire ça ? Va falloir l’aider, mais comment ? Comment ? »

Elle avait réussi à jeter la boîte aux horreurs de Jayden… mais là, c’était à une toute autre échelle et Sonny ne se sentait pas la force d’y arriver. Pas maintenant en tout cas. Il lui faudrait du temps pour oublier cette image d’un foie dans la main de Remington. Du temps pour le regarder de nouveau dans les yeux après la menace qu’il avait à peine formulée. Du temps pour oublier qu’elle avait peur de lui, honte d’elle, qu’elle l’aimait encore. Elle ne voulait plus le voir, car cela faisait encore trop mal de l’imaginer tuer quelqu’un et lui prélever un organe, et en même temps, elle savait que tôt ou tard, il faudrait qu’elle trouve en elle la force de l’affronter, pour le soigner. Comme elle l’avait dit à Jay, il s’agirait d’un sevrage. Violent. Dur. Et pour cela, il fallait qu’elle soit forte. Là, elle ne l’était pas, elle voulait juste se laisser emporter dans les égouts et disparaître à tout jamais. Pour avoir la paix. Comme quand elle avait voulu se tirer dessus. Ce n’était pas pour faire du mal à Rem, ce n’était même pas consciemment dans l’idée de se donner la mort. Elle avait juste cherché un moyen d’avoir la paix, de pouvoir fermer ou ouvrir les yeux sans se représenter la pièce avec les bocaux ou Rem avec un foie… Il paraît que l’on peut refouler des souvenirs, que le cerveau peut décider de les bloquer. Pourquoi cela ne fonctionnait-il pas ?

Au moins une personne tenta de la relever. Ou approcha ne serait-ce que pour vérifier qu’elle était encore vivante car elle sentit une main sur son épaule, mais Sonny grogna tellement – et certainement plus méchamment qu’elle ne l’aurait voulu – que la personne se recula en lui lançant un sympathique :

« Bah allez crever. »

Ce à quoi elle répondit sans aucun égard :

« C’était bien mon intention. »

Bah quoi ? On ne pouvait pas la laisser tranquille, seule avec sa peluche dans le caniveau ? Qu’est-ce que cela pouvait bien leur faire à tous ces gens ? Elle ne gênait même pas le passage ! Et ce caniveau, c’était le sien à présent ! Alors, qu’ils aillent tous au diable.

Personne ne pouvait l’aider de toute façon. La seule et unique personne que Sonny voulait voir n’était pas là. Anne n’était pas là. Et qui d’autre, à part un déploiement des forces de l’ordre, pourrait la faire quitter ce caniveau ? Probablement personne. Et si être arrêtée, contrôlée, réexpédiée en France n’était pas une bonne idée, ça ne pouvait pas être pire que la situation présente. Teddy contre son cœur, elle commença à caresser le revêtement du sol. Peut-être qu’en y prenant racine elle pourrait se fondre dedans, ne plus avoir mal, être un perpétuel entre-deux charriant les immondices des gens qui vivent leur vie. Parce qu’elle n’aurait de toute façon pas la force de bouger seule. Et si Teddy acceptait de rester avec elle, plus rien ne pourrait la décider à quitter ce petit bout de trottoir où elle se sentait chez elle…

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MessageSujet: Re: Closer to the edge [Terminé]   Dim 20 Mai - 19:35

Premier jour d'une nouvelle semaine. Premier jour d'un nouveau mois. Et premier message tardif qui était arrivé sur mon portable la veille au soir. Mon père s'était rendu à une soirée organisée par le conseil de la ville en compagnie de son amie. Et apparemment quelque chose ne tournait pas rond avec le bébé alors ils avaient décidé de se rendre à l'hôpital. Je ne l'avais pas harcelé pour connaître les détails même si au fond de moi je m'inquiétais. Malgré mon scepticisme sur la capacité des parents à se mettre d'accord sur les sentiments qu'ils avaient l'un pour l'autre – de ce que j'avais cru comprendre en discutant avec Ross – je m'inquiétais pour mon futur petit frère ou ma future petite soeur. Si bien que j'avais finalement demandé à mon paternel de me rassurer quand il le pourrait. Chose qu'il avait faite en milieu de matinée alors que j'avais déjà mis les voiles de la maison.

Je ne pouvais pas rester enfermé, c'était contraire à mon caractère. Et puis j'avais plein de choses à faire et un besoin urgent de m'évacuer l'esprit. Alors je m'étais rendu pour quelques heures à la bibliothèque pour tenter de rattraper le retard que j'avais pris depuis la rentrée. Entre mon coma et les absences de certains professeurs, j'avais l'impression d'être complètement à la rue. Et parfois je me demandais pourquoi je n'étais pas resté sur mon double cursus en économie et informatique. Ça aurait été tellement plus simple pour moi, j'aurais moins eu à réfléchir. Mais ça aurait été la solution de facilité Et surtout depuis quelques temps, j'étais attiré par tout ce qui avait attrait à la microbiologie, l'immunologie et la génétique moléculaire. C'était peut être du à mon statut de mutant et si je doutais encore de mon choix parfois, il était désormais renforcé par mon envie de me lancer dans la recherche à cause, ou grâce à Capucine.

Cela faisait un peu plus d'un mois qu'elle avait commencé son traitement pour lutter contre le cancer. Tout comme ça faisait plus d'un mois que je n'avais plus tenté de me suicider et que je me battais pour nous deux. Et ce bébé qui allait naître, c'était une raison supplémentaire pour rester en vie encore quelques temps. Le 26 septembre, on devait poser un cathéter à Capucine et j'aurais du l'accompagner. Sauf qu'à cause des évènements de la veille, j'avais fini par m'assoupir épuisé. Elle ne m'avait pas réveillé et elle était partie seule à son rendez-vous. Quand je m'étais réveillé, j'avais trouvé un mot. Et je l'avais froissé après l'avoir lu sous le coup de la colère. A cet instant, je lui en avais énormément voulu. Elle me rejetait et me gardait à l'écart de sa maladie. Alors qu'elle voulait être présente pour me sortir de ma dépression. Ça allait dans un sens mais pas dans l'autre.

Je m'étais habillé et j'avais glissé la feuille froissée au fond de ma poche pour qu'elle ne la trouve pas. Après avoir rassemblé mes affaires, je m'apprêtais à partir sans me retourner. J'en fus incapable. Je ne pouvais pas rester sur cette colère et cette déception intérieures qui m'animaient. Je saisis une feuille de papier et un stylo pour y griffonner quelques mots. Je ne lui en voulais pas, je l'aimais. Et on aurait le temps de reparler de tout ça la prochaine fois qu'on se verrait. J'espérais aussi que ça n'avait pas été douloureux. C'était comme si je ne lui en voulais pas, ce que je ressentais, je l'avais gardé pour moi. Et cet épisode avait été oublié au fil des jours qui s'écoulaient. Cela ne servait à rien de rester là dessus. Je préférais me concentrer sur mon besoin de lui faire garder le moral et de lui donner l'envie de se battre.

Quelques jours plus tard, j'avais découvert son cathéter. Je ne savais pas lequel de nous deux étions le plus gêné quand elle l'avait dévoilé. On s'en fichait en réalité. Et après quelques secondes d'hésitation, mes doigts avaient glissé dessus, comme pour me l'imprégner car désormais il faisait parti d'elle pour quelques temps. Jusqu'à ce jour où elle n'en aurait plus besoin. Il viendrait, j'en étais persuadé et je faisais tout pour la convaincre entre deux moments de détente, où l'on ne pensait qu'à se chamailler, à être nous, comme nous l'étions avant d'avoir cette épée de Damoclès au dessus nos têtes.

Un bruit me sortit brusquement de mes pensées. Un raclement de gorge. J'étais pourtant très silencieux, plongé dans mes pensées. Mais la section de la bibliothèque où je me trouvais fermait exceptionnellement plus tôt ce jour là pour cause de travaux. Poisse, juste le jour où je voulais bosser. Tant pis, je pourrais continuer à le faire de chez moi. Engouffrant mes livres dans mon sac, je récupérait mon skateboard que j'avais posé sur une chaise. Oui, car j'avais décidé de venir étudier en optant pour ce moyen de locomotion plutôt que la voiture. Ça épuiserait un peu le trop plein d'énergie que j'avais en moi. Et sur le chemin du retour, je pourrais prendre le temps de regarder le paysage qui m'entourait même s'il se composait de quartiers résidentiels.

Je traversais les carrefours l'esprit ailleurs, essentiellement tourné vers ma petite amie. Je ne l'avais pas revue depuis le 24 octobre et cela commençait à faire long. J'avais besoin de la voir mais je ne voulais pas non plus envahir son espace vital. Ce qui me posait un dilemme car bien souvent j'hésitais sur mon comportement à adopter. Et elle s'en rendait compte. J'étais certain qu'elle culpabilisait même si elle ne me le disait pas. On s'envoyait bien des messages mais ce n'était pas la même chose. Je soupirais en tournant le coin de la rue. J'arrivais enfin chez moi.

Mon skate s'arrêta à proximité de la grille du portail. Je le récupérais dans ma main et m'apprêtais à taper le code quand quelque chose attira mon attention. Non mais je rêvais là ? Un abruti avait vomi devant le portail. Non mais en fin d'après midi, il y avait déjà des ivrognes qui se promenaient ? Et dans notre quartier en plus ? Ça n'était jamais arrivé une chose pareil. Je pestais entre mes dents, dégoûté de ce que j'avais sous les yeux. Je parcourais rapidement chaque côté de la rue du regard pour voir si l'ivrogne se trouvait à proximité. S'il n'était pas loin, il ne m'échapperait pas. Ce n'était tout de même pas moi qui allais nettoyer !

Et c'est là que je la vis. Allongée juste devant moi en fait mais je ne l'avais pas remarqué bizarrement. Pourquoi, je ne savais pas. Peut être parce qu'elle se fondait parfaitement avec le caniveau. L'ivrogne ? Fort probable. Je reposais mon skateboard sur le sol. Et d'un geste du pied, je le poussais dans sa direction. Suffisamment fort pour qu'il la touche, sans lui faire du mal.

« Eh.. C'est toi qui as vomi devant ma grille ? Si t'es ivre je m'en fous, c'est ton problème, mais tu vas dégueuler ailleurs que devant chez moi ! »
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Sonny Malone

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MessageSujet: Re: Closer to the edge [Terminé]   Lun 21 Mai - 15:58

Hum ? Qu’est-ce qui venait de la percuter là ? On ne peut pas se métamorphoser en caniveau tranquillement dans cette ville ? Sonny pivota légèrement sur elle-même et cru distinguer un skate-board. Sérieux, il y a encore des gosses pour faire du skate ? Et elle entendit une voix. Une voix pas vraiment sympathique et qui lui prit immédiatement la tête. Un mec, à peu près son âge, l’accusait d’être ivre et la chassait. Non mais oh ! c’était son caniveau à elle, s’il n’était pas content, qu’il aille se faire voir chez les schtroumpfs !

« Petit un, on est aux Etats-Unis mon gars, un pays libre que je sache, si j’ai envie de dégueuler ici je le ferai. Petit deux, je ne suis pas bourrée et si t’as envie de me juger, vas-y, je ne suis plus à ça près. Petit trois, à vingt ans on n’a plus l’âge de faire du skate, alors deviens un homme, apprends à conduire et fous-moi la paix. »

Et pour ponctuer ses propos, elle repoussa le skate vers lui avant de le dévisager, sans pour autant se relever du caniveau. Oui, il devait avoir son âge, ou à peine plus jeune. Cheveux châtains clairs. Il pouvait bien la juger, qu’est-ce qu’il savait d’elle ? Encore un gosse de riche immature, coincé à l’âge ingrat, aux idées bien sectaires et bien fermées. En un mot : un crétin.

Elle avait bien envie de se retourner et de se fondre à nouveau avec son caniveau. Lui au moins, il ne l’emmerdait pas et ne lui prenait pas la tête. Le caniveau l’avait accueillie et avait compatis à sa douleur. Le caniveau était moins insensible que ce type. Néanmoins, ses propos lui posèrent un problème plus sérieux. Ne venait-il pas de dire qu’elle avait vomi « devant chez lui » ? D’où c’était chez lui ? C’était chez Ross McGregor, non ? Ou alors elle s’était complètement plantée, mais ça elle en doutait. Même avec l’esprit en vrac, elle restait capable de lire une adresse.

Alors elle prit appui sur ses coudes et essaya de se relever tant bien que mal. Mais elle était fragile et manquait totalement d’équilibre. Sans compter qu’elle ne pouvait même pas s’appuyer sur sa cheville droite qui s’était méchamment rappelée à son bon souvenir. Elle manqua de se casser la figure plus d’une fois sous l’œil indifférent ou moqueur, qu’importe, de ce casse-bonbon. *Ne viens pas m’aider surtout, espèce de crétin * pensa-t-elle, mais l’heure n’était pas vraiment à la bagarre… elle se ferait envoyer au tapis en un rien de temps.

« Minute toi ! C’est vraiment chez toi ici ? Je croyais que c’était chez McGregor. Non, pas je crois, je suis sûre. Je l’ai vu au bal d’Halloween. Il était avec Anne. Ils sont repartis ensemble, je pensais qu’ils seraient enfin rentrés de l’hosto… et qu’ils seraient rentrés ensemble. Enfin, pourquoi je te dis ça. Si ça tombe t’es un mytho et tu vis même pas ici. Ou j’me suis plantée. Encore… »

Elle ne savait plus. Elle était sûre d’avoir raison, mais en même temps, elle s’était tellement plantée. Qui pouvait savoir ? Elle approcha alors de la grille, passant juste devant cet inopportun, tentant de reprendre bonne figure, passant une main dans ses cheveux pour se recoiffer un minimum, levant le menton tout en claudiquant. Ce type lui avait gâché son plaisir et ce n’était pas la journée pour l’énerver. Elle était dans un tel état de colère, de rage et de douleur qu’elle pourrait mordre si on ne lui fichait pas la paix.

« Ta tête ne va pas du tout avec ton corps. »

Attaque gratuite, puérile et absolument inutile. Mais il l’avait traitée d’ivrogne alors qu’elle était à cent mille années-lumière dans le chagrin. Est-ce qu’il se doutait, même à un degré infime, de ce qu’on pouvait ressentir quand on découvre que la personne qu’on aime n’est pas celle que l’on croyait, qu’elle fait des choses mauvaises. Mauvaises pour le monde mais aussi mauvaises pour lui… Comme un drogué qui saurait pertinemment les ravages que la drogue fait sur sa vie mais qui ne peut s’en défaire… De quel droit pouvait-il la juger ? S’il savait, il arrêterait de lui reprocher sa faiblesse. Bien sûr qu’elle avait honte d’avoir vomi comme ça devant tout le monde, mais s’il savait… Qui pourrait le lui reprocher.

Et d’ailleurs, s’être relevée n’arrangea pas son état. Encore envie de rendre tripes et boyaux. Mais elle ne flancherait pas devant ce type. Alors elle tenta de faire bonne figure, ne pouvant toutefois pas retenir une larme. Elle alla faire une chose encore parfaitement stérile : appuyer encore sur tous les boutons possibles… Comme si quelqu'un avait pu rentrer entre temps… parfaitement ridicule. Mais c’était ça ou foutre son poing dans le visage de ce gosse… Et à tout les coups, parce que rien n’allait correctement, il déciderait de ne pas se laisser faire… ce serait trop beau.

Elle s’énerva contre le pauvre mécanisme, allant jusqu’à frapper les touches. Puisque rien n’y faisait, puisque personne n’était décidé à l’idée, elle n’avait plus qu’à partir. Mais elle ne le put pas. La terre tourna bien trop vite tout à coup et le brouillard qui voilait son regard devint une nuit obscure. Bientôt elle ne vit plus rien, et se sentit à peine tanguer et perdre conscience.

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MessageSujet: Re: Closer to the edge [Terminé]   Lun 21 Mai - 20:07

Si le skateboard ne la faisait pas réagir, peut-être que mes propos le feraient. Et si ni l'un ni l'autre ne fonctionnait, il me resterait toujours la possibilité d'user de mon pouvoir en toute discrétion, sans qu'elle sache d'où ça provienne. Juste histoire de lui faire comprendre que la prochaine fois qu'elle aurait envie de vomir ses tripes, elle trouverait une autre maison que la mienne. Et si elle s'avisait malgré cela de revenir, et bien... J'aviserai à mon tour. Pour le moment, elle semblait réagir et tournait la tête dans ma direction. Chouette, elle allait se relever et se casser de là, bon d'embarras. Et qu'elle ne revienne pas.

Pourquoi fallait-il que dans ce pays libre comme elle le disait si bien, les gens se croyaient toujours obligés de la ramener, pour parler de liberté, de choses qui les dépassaient. Avaient-ils oublié ces immigrants qui avaient été confinés dans des zones, maltraités par des soit disant vrais américains. Pays de liberté, oui si on oubliait beaucoup de choses. En plus elle parlait des Etats-unis mais je percevais tout de même un léger accent. Une immigrée, il ne manquait plus que ça. Sans papier, à la recherche d'un vieux riche à qui gratter de l'argent en échange de quelques gâteries et ainsi obtenir son visa ? Cela ne m'aurait même pas étonné. Sauf qu'elle n'avait pas atterri devant la demeure d'un vieux mais celle de mon père. Et même s'il commençait à avoir un certain âge, je ne laisserais pas cette tarée l'approcher. Non mais elle faisait pitié même si elle affirmait qu'elle n'était pas bourrée. Et je ne parlais même pas de son incapacité à cerner une des passions qu'étaient le skateboard pour de nombreux américains. Elle débarquait d'un pays arriéré avec aucune avancée ni ouverture d'esprit ou quoi ? Si elle comptait vraiment mettre le grappin sur un vieux, il valait mieux qu'elle commence par se mettre à la page car pour le moment elle était à côté de la plaque. Et dans tous les sens du terme.

« Je conduis depuis l'âge de seize ans mais à voir tes connaissances sur les Etats-unis, c'est plutôt à toi que je devrais retourner ce conseil. Il va falloir oublier ton pays de bouseux et te moderniser un peu en vivant avec ton temps, enfin celui des américains. »

J'avais arrêté le skateboard avec mon pied. J'appuyais dessus pour le redresser et le récupérer. Cette folle était encore capable de tenter de le récupérer pour me le balancer à la figure. Quoique, vu comme elle peinait à se remettre debout, j'avais largement le temps de faire trois tour de pâtées de maison avant qu'elle n'arrive à se mettre debout et à me toucher. Je la regardais, amusé. Elle n'était pas bourrée ? Si c'était véridique, elle avait un sérieux problème alors. Peut être que je consentirai à rentrer chez moi pour composer un numéro de téléphone. Et appeler l'asile le plus proche pour qu'ils viennent la chercher. Elle aurait un logement et le couvert ainsi. Et aux frais des contribuables américains. Vive la liberté qu'elle avait évoqué !

Au bout d'interminables secondes – certains sont morts en prenant racine à force d'attendre – elle se releva enfin. J'étais bien élevé, j'aurais du l'aider à se relever. Pourtant je n'avais pas bougé le petit doigt. Car elle avait vomi devant chez moi, qu'elle ne semblait rien comprendre à la vie, et surtout, je ne sais pas, c'était plus fort que moi. Peut être un besoin de me défouler comme je ne l'avais pas fait depuis fort longtemps. En plus, elle avait le toupet de me demander si je vivais réellement derrière cette grille. Pas de chance croqueuse d'hommes, tes informations ne devaient pas être bonnes, le propriétaire de ces lieux ne vit pas seul mais avec son fils. Alors tire toi et saute à cloche pied jusqu'à la prochaine grille !

Sauf qu'elle attira mon attention en parlant de bal d'Halloween et de Anne. Hum ses connaissances étaient plus étendues que je ne le pensais. Elle devait avoir un bon informateur. Ou alors elle cherchait réellement à rendre visite à mon père dans une intention bien particulière. C'était vrai qu'il recevait ses patients à la maison. Je pensais seulement à cet instant qu'elle pouvait en faire parti. Ça n'aurait pas été la première désespérée que mon père tentait de sauver. Il était vraiment trop bon à tenter de comprendre les gens pour les aider. Surtout les cas désespérés comme elle semblait l'être. Pourtant d'après ses propos, un doute persistait. Et je me disais finalement qu'elle connaissait non seulement Ross mais aussi Anne. Comment saurait-elle qu'ils devaient se rendre à l'hôpital sinon ? Surtout que ça s'était passé la veille au soir. Et que le problème était le bébé.

Une proche d'Anne ? Et merde, si c'était le cas, je me mettais déjà la mère de mon futur frangin ou frangine à dos en me comportant mal avec la furie. Je n'étais pourtant pas en tort, tout était de sa faute et de son crime devant la grille ! En plus comment la croire saine d'esprit quand elle me balançait une phrase à deux balles comme elle venait de le faire. Ma tête n'allait pas avec mon corps. Ben tiens... Elle s'était vue dans un miroir au moins avant de sortir une telle absurdité ?

« Il semble déjà y en avoir davantage dans ma tête que dans la tienne pour que tu sortes une puérilité pareille. Mais s'il faut s'abaisser à ce niveau pour que tu comprennes, tes seins ne sont pas mieux. Tu as couché avec combien de vieux pour arriver à te les payer car ils sont trop disproportionnés par rapport à ta carrure... »

Allez avec un peu de chance, elle allait se tirer très loin d'ici avec son ourson en peluche. Ou me sortirait une excuse à deux balles qui ne m'intéresseraient même pas. Mais non, l'hystérique se dirigea vers le boitier et se mit à appuyer sur tous les boutons. Décidément, elle voulait la franchir cette grille. Elle prendrait le temps de se calmer, de raisonner comme une personne censée, ce qu'elle ne semblait pas être, elle se tournerait vers moi pour me demander d'ouvrir la grille. Non, autant pleurer et s'acharner sur un digicode qui n'avait rien demandé. Belle preuve de maturité et après c'était moi qui devais grandir et apprendre à conduire...

« Complètement tarée... »

Je prononçais ces mots pour moi-même alors qu'elle sembla perdre l'équilibre. Je ne réagis pas immédiatement si bien qu'elle s'écroula sur le sol sans que je cherche à la retenir. En même temps pourquoi je l'aurais fait. Elle me rajoutait un problème, comme si ma vie n'était pas assez compliquée. La planter là ou me décider à l'aider. Je poussais un profond soupir. La seule chose qui me décida, ce fut de me rappeler qu'elle semblait connaître mon père et son amie. La laissant au sol, elle était bien où elle était n'est-ce pas, je composais le code pour ouvrir la grille. Je balançais ses affaires de l'autre côté, avec mon skate. Puis je revins vers elle. Et sans ménagement, je l'agrippais pour la mettre sur mes épaules, tel un sac à patates.

Tout s'enchaîna ensuite. Je refermais la grille derrière moi d'un coup de pied et j'allais la déposer sur une chaise longue sous la véranda. La plantant là, j'allais prendre un seau que je remplis d'eau pour aller nettoyer les dégâts devant la grille. Je soupirais d'exaspération en le faisant. Puis je récupérais ses affaires et mon skate pour les rentrer. Une fois que ce fut fait, je pris deux verres d'eau et je retournais sous la véranda pour la rejoindre. Elle était toujours inconsciente. Quelque part, tant mieux comme ça elle n'aurait pas eu l'idée de fouiner dans la maison. Je m'assis sur la chaise longue à côté de la sienne. Je la regardais un instant, me demandant qui elle était. Oh et puis je m'en fichais, ça ne me regardait pas. Sans ménagement, je lui balançais un des deux verres d'eau à la figure pour la réveiller.

« Eh la belle au bois dormant, fini de dormir. Tu veux boire un coup ? »

Et avec une parfaite innocence affichée sur mes traits malgré ce que je venais de faire, je lui tendais le second verre d'eau pour qu'elle se désaltère. A présent qu'elle n'était plus devant mais à l'intérieur de la propriété, je ne pouvais pas la laisser crever. On m'accuserait encore de non assistance à personne en danger.
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MessageSujet: Re: Closer to the edge [Terminé]   Lun 21 Mai - 21:47

Mais pourquoi est-ce qu’il lui parlait ce crétin ? Il ne comprenait rien à la vie. Un gosse. Ce n’était qu’un gosse, ou du moins il se comportait comme tel. Et certainement puceau en plus de ça, car aucune fille saine d’esprit et avec un minimum de goût n’accepterait de partager quoique ce soit avec lui. Qu’il aille se faire foutre. Il prétendait tout savoir ? Grand bien lui fasse ! Encore un américain patriotique et imbu de son pays. Comme s’ils étaient les maîtres du monde. Mais quels crétins tous autant qu’ils étaient. Pitié quoi, qu’un tremblement de terre les tue tous et qu’on ne vienne plus l’enquiquiner.

Et quand on parle de gosse… voilà qu’il l’accusait de se taper des vieux pour… Hein ? Se faire refaire les seins ? Mais il avait vraiment un grain ce type ! Et d’où il la traitait de prostituée ? Parce que c’était ça, ni plus ni moins. Alors tout en grommelant, elle ne put s’empêcher de lui répondre.

« Désolée mon grand, une fille, ça a des seins. Mais ne t’en fais pas, un jour une gentille petite aura pitié de toi et acceptera de te montrer les siens. Sinon tu as le système des putes. T’as pas l’air de manquer d’argent… juste d’expérience. »

Un puceau. C’était évident. Sonny était pulpeuse, moitié Colombienne tout de même et elle avait des formes. Car oui, les femmes ont des formes. Première nouvelle apparemment pour ce gamin qui devait être réduit à faire mumuse tout seul dans la salle de bain quand papa et maman ne sont pas là. Bref, elle n’avait pas envie de perdre son temps avec lui. C’était Anne qu’elle voulait voir. Anne et pas une tête d’abruti.

Et elle forcerait la grille s’il le fallait, mais elle voulait juste que tête de nœud dégage de son champ de vision. Toutefois, son corps fut trop faible pour qu’elle mette son projet à exécution. La fatigue, les nerfs qui lâchent et une Sonny qui s’écroule.

Elle ne se réveilla que lorsqu’elle sentit comme une gifle froide et humide. Elle n’était plus devant la grille, mais couchée sur une espèce de transat, dans une véranda. Son esprit se renfrogna quand elle le vit… Encore lui ! Mais elle allait le tuer ce crétin. Il venait de lui balancer un verre d’eau à la figure ! Et ce visage… rooo, elle allait se le faire celui-là. Hors de question qu’un pauvre type vienne rajouter en elle de la souffrance ! Hors de question qu’elle se sente encore minable à cause d’un mec ! Elle fulminait de rage. Attardée, pute, de quoi allait-il la traiter encore ? Pauvre type…

Alors elle s’empara vivement du verre que lui tendait cet imbécile heureux et le lui balança en plein visage. Donnant-donnant. C’était fini le temps où la gentille Sonny Malone évitait les conflits et où elle capitulait la première. Fini ! Marre ! Marre de se faire dicter sa conduite ! Marre de cette journée de merde ! Marre de ce pays d’imbécile ! Marre qu’Anne lui ait dit de venir chez Ross en cas de problème ! Est-ce qu’elle savait qu’il y avait ce… ce… parasite ici ? Ce type qui lui prenait la tête comme personne ne savait le faire ! Et c’était qui d’abord ? Le rejeton de Ross ? Bah elle était belle la famille ! Elle se releva aussitôt après avoir arrosé ce malotru et lui colla une gifle pire que celles qu’elle avait déjà infligées à Rem…

« Ecoute-moi morveux ! Je viens de vivre la journée la plus atroce de ma vie là et je n’ai pas besoin que tu en rajoutes une couche ok ! Je ne suis pas venue ici pour me faire insulter, j’ai vécu une merde pas possible ce matin, si t’es trop débile pour comprendre ça, alors tant pis. J’ai mal ! Si tu peux pas respecter ça, c’est que t’es un moins que rien et j’ai honte pour toi ! Si t’as vécu un minimum de choses dans ta vie, essaie de te mettre ça en tête. »

Elle voulut s’en aller, elle commença même à se retourner, malgré la tête encore lourde et les espèces de nausées… Sauf que là, c’était les propos de ce type qui la révulsaient. Qu’espérait-elle en lui parlant ? Qu’il comprendrait ? Il n’avait pas une tête à comprendre quoi que ce soit. Et puis quoi… Elle n’allait pas lui révéler le fin mot de l’histoire. « Hey, je suis amoureuse d’un homme pour qui je n’ai pas hésité à braquer un mec et j’ai appris ce matin que c’était un tueur à gage et qu’il avait dans sa maison où je me balade depuis des semaines une petite collection de foies qu’il n’hésite pas à prendre à mains nues. Oh, et j’ai essayé de me suicider mais il m’en a empêchée en menaçant Anne et le bébé qu’elle porte par la même occasion. »… Non, comme entrée en matière, ça ne le faisait pas. Il serait encore capable de hausser les épaules et de lui dire « et alors ». Débile. Imbécile. Crétin. Et si elle lui disait simplement qu’elle venait de rompre, son opinion sur elle ne ferait qu’empirer.

Donc rien à dire. Elle soupira. Elle était une étrangère dans cette maison, dans cette ville et dans ce pays. Elle était perdue. Au sens propre comme au figuré.

« Ecoute, je suis fatiguée là. Je suis la pupille d’Anne Williams. C’est elle qui m’a dit de contacter Ross en cas de problème, et j’ai un problème. Je pense que tu es son fils alors autant jouer cartes sur table. Je m’appelle Sonny, j’ai vécu au Domaine. Je sais que Anne et Ross sont plus ou moins ensemble et qu’ils vont avoir un enfant. Voilà. Il y a quand même des choses dans ma tête de tarée. Tout ce que je voulais moi en venant ici c’était voir ma mère. Pas me faire insulter. Alors tu sais quoi… Si ni l’un ni l’autre ne sont là, je vais rentrer. Pas envie de déranger ta petite vie bien rangée dans ton beau quartier et pas envie de me prendre la tête. Trop fatiguée. Je me trouverais peut-être un petit vieux pour me sauter et me payer le taxi pour rentrer. »

Tout le début de sa tirade avait été prononcé d’un ton très calme. Profondément las, mais sans animosité. Plus assez de force pour répliquer. Il y avait seulement eu la dernière phrase qui changea. Sa voix s’était durcie. Les seuls hommes avec qui elle avait couché, elle les avait aimés et perdus, elle avait eu un semblant de relation de couple avec eux. Ce n’était pas des histoires de profits ou d’intérêts mal placés. Et en parlant d’elle comme ça, il lui rappelait qu’elle avait perdu l’homme qu’elle aimait et que sa vie se résumait donc à être toute seule et sans le sou…

Alors elle tourna les talons et entreprit de quitter cette véranda… Décidément, elle n’avait eu que des mauvaises idées ce jour-là.

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MessageSujet: Re: Closer to the edge [Terminé]   Mar 22 Mai - 15:11

Une fois le verre d'eau lancé, il n'y avait plus qu'à attendre. Les paupières battirent doucement, montrant qu'elle revenait à elle et qu'elle n'allait pas tarder à ouvrir les yeux. Ce qu'elle fit. Je me doutais qu'elle n'allait pas reconnaître l'environnement autour d'elle. Nous n'étions plus devant la grille mais bien à l'intérieur de la maison. Et quand nos regards se croisèrent, je sus qu'elle se serait bien passée de me voir à son réveil. Dommage pour elle, sur sa route de déboussolée, j'étais le bon samaritain qu'elle devait rencontrer. Je n'avais pas grand chose de bon pour le moment, tout ce que je faisais, ce n'était que des provocations pures et simples. Pour la faire sortir de ses gonds mais également pour en apprendre davantage sur elle.

Le verre fut pris d'entre mes mains. Et comme je m'y attendais, il me fut renvoyé en retour en plein visage. Ce n'était pas comme si je ne l'avais pas provoquée et que je ne l'avais pas cherchée. Bien au contraire, je m'y attendais réellement à ce qu'elle le fasse. Par contre, je n'avais pas vu venir la gifle qui suivit et qui le laissa une brûlure sur la joue. Certes je l'avais cherché mais pour se défendre était-elle obligée d'être violente ? On pouvait faire passer tellement de choses à travers des mots. J'aimais le faire même si je n'étais pas le dernier pour me battre. Cela m'avait valu quelques renvois et quelques suspensions d'ailleurs. Je ne réagis pas, ne prenant même pas la peine de porter mes doigts sur ma peau, comme si je n'avais pas conscience de ce qui venait de se produire. C'était inutile, j'avais la joue en feu. A cause de cette furie.

Je l'écoutais puisqu'il le fallait, passant outre le morveux qu'elle venait de m'adresser. De nous deux, je n'étais pas certain d'être le plus gamin. Ses paroles me passèrent légèrement au dessus, je ne sus pas pourquoi. Peut être parce qu'elle n'était pas la seule à vivre des journées de merde. Peut être parce qu'elle était tellement habitée par sa peine et sa colère qu'elle ne voyait que son nombril et ses problèmes. Je n'avais rien demandé moi. Tout ce que j'avais fait, c'était de la ramasser du caniveau qui se trouvait devant chez moi. Certes, je ne l'avais pas fait de la meilleure des manières. Je n'avais pas engagé la conversation sur un ton amical. Est-ce que l'on pouvait me blâmer alors qu'à cause d'elle j'avais du nettoyer tout le devant de la grille ? Je n'étais pas un bon samaritain, seulement un gamin qui devenait adulte par moment et qui s'attachait encore férocement à son enfance par moment. J'étais dans cette optique pour notre rencontre pour le moment, elle allait devoir composer avec. Malgré son envie de se détourner, de fuir et de soupirer comme elle venait de le faire.

Opter pour le silence semblait être la bonne solution. Elle finit par se calmer. Du moins c'est ce que je constatais dans un premier temps. Elle m'expliqua alors qui elle était. Ainsi, elle avait bien un rapport avec Anne, et même sans avoir mis la manière, je me félicitais de l'avoir recueilli. Ce n'était pas une chose qu'on pourrait me reprocher et je ne plombais déjà pas la rencontre avec la mère de mon futur frère ou de ma future. Le nom de famille de Anne me disait quelque chose, je l'avais déjà entendu sauf que je n'arrivais pas à faire un rapprochement avec une personne connue. Il m'était pourtant familier sans que je me l'explique. Sonny visait juste en pensant que j'étais le fils de Ross. C'était bien moi, et dans toute ma splendeur. Fidèle à moi-même. Elle continua son déballage en parlant du Domaine et je compris aussitôt qu'elle était une mutante. Peu prudente certes pour me parler ainsi, mais mutante quand même. Elle ne m'apprenait rien sur le bébé que Anne et Ross allaient avoir.

Je me levais de ma chaise longue alors qu'elle me tournait le dos dans l'intention de partir. Elle comptait réellement s'en aller alors qu'elle était dans un état déplorable ? Ça il en était hors de question. Elle faisait ce qu'elle voulait mais moi il était hors de question que je me tape un sermon de la part de mon père à cause d'elle. Alors elle allait rester un moment, de grès ou de force, foi de Callahan. Je me plaçais devant elle pour lui couper la route. Mes bras se croisèrent sur ma poitrine. Je ne devais pas ressembler à grand chose ainsi, les bras croisés, une joue rouge et apparemment avec une tête qui n'allait pas avec le restant de mon corps d'après ces dires. Je m'en foutais royalement de ce qu'elle pensait de moi. Ça ne changerait pas ma vie, du moins je ne croyais pas pour le moment.

« Puisqu'il faut reprendre depuis le début, oui je suis le fils de Ross. Je m'appelle Wyatt. Et puisqu'on est aussi dans le déballage de vie, j'ai vu ma mère mourir sous mes yeux à l'âge de 5 ans. Mon père m'a fait croire durant 18 ans qu'il n'était que mon oncle. Je connaissais le Domaine donc je peux à peu près imaginer ce que tu ressens. J'ai perdu des amis dans un incendie à l'université en mai dernier puis j'ai failli mourir au Blue Lake en août en me prenant une balle. J'ai tué quelqu'un ce même jour d'août, chose que je ne supporte pas donc j'ai fait une tentative de suicide. Et comme si ça ne suffisait pas, ma petite amie Capucine est atteinte d'un cancer. Alors tu vois, niveau vie de merde, je rivalise avec toi. On pourrait se faire concurrence sur twitter pour voir lequel de nous deux serait le plus populaire en VDM. »

Je décroisais les bras. Je fis un mouvement de la tête, lui désignant la chaise longue qu'elle avait abandonné derrière elle. Comme si elle n'avait pas compris ce que mon geste voulait dire, je lui désignais la chaise de la main.

« Maintenant tu retournes t'asseoir. Je fais peut être l'idiot mais je ne suis pas con. Et si je te laisse repartir dans ton état, mon père et ta mère m'en voudront. Alors tu poses tes fesses, tu prends sur toi et tu m'attends. »

Et sans lui laisser le temps de répliquer, je la dépassais pour rentrer dans la maison, récupérant un verre au passage. Il ne valait mieux pas qu'elle s'avise de fuir car déjà elle ne retrouverait pas ses affaires ni son ourson qui étaient dans le salon. Et j'étais capable de la ramener de force en la chopant et en la transportant sur mon épaule s'il le fallait. Je gagnais la cuisine pour remplir le verre d'eau. Je le posais sur le plan de travail le temps d'ouvrir le congélateur pour y récupérer des glaçons que je mis dans une serviette. Le tout en main, je retournais sous la véranda, posant le verre sur la petite table entre les chaises. Je m'assis et je tapotais sur mon genoux.

« Allez, fais-moi voir ton pied Sonny. J'ai bien vu que t'as mal. Si ça se trouve il est enflé et la glace te fera du bien. Et si tu veux pas, j'ai toujours l'option d'utiliser mon pouvoir... car je suis mutant aussi... »
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MessageSujet: Re: Closer to the edge [Terminé]   Mar 22 Mai - 18:00

Casse-pieds jusqu’au bout celui-là. Voilà qu’elle était enfin décidée à partir, à quitter sa maison pour aller vomir bien loin de chez lui et monsieur trouvait encore à redire. N’était-ce pas ce qu’il voulait ? Qu’elle sorte de sa vie ? Eh bien, elle allait exaucer ses prières mais non, cela ne lui suffisait pas. Il venait de se planter devant elle, bras croisés, comme s’il avait l’air plus costaud. Bon sang, si elle avait été sûre de pouvoir tenir sur ses jambes elle te l’aurait fichu au tapis celui-là ! Mais voilà qu’il lui déballa sa vie. En long en large et en travers en plus ! Ah ! il voulait vraiment jouer à « qui est le plus calimero de nous deux », Sonny n’était pas en reste. Ok, il avait eu une belle vie de merde. Et vive le paternel ! Qu’il ne se comporte pas ainsi avec l’enfant que portait Anne parce que sinon, il aurait une Sonny très mécontente sur le dos. Une mère morte. Et lui aussi savait ce que cela faisait que de perdre des proches et de voir la mort de près. Un point commun entre eux finalement. Ah, un deuxième point commun avec la tentative de suicide. Mais pas pour les mêmes motifs.

« Si tu veux vraiment jouer à ça, très bien. Je ne vais pas culpabiliser parce que je pense que tu es un crétin. En dépit de ce que tu as vécu tu en restes un. Tu crois que c’est quoi qui m’a mise dans cet état ? Un ongle cassé ? Non mais sérieusement ! D’accord, j’ai peut-être eu une famille « normale », d’accord je n’ai pas vu ma mère mourir. Mais tu n’es pas le roi des vies de merde ! Et ce que tu as vécu ne te donne pas le droit d’insulter les gens ! Tu veux qu’on compte les points ? Comptons les points. A 16 ans, ma meilleure amie violée. Je me retrouve dans son rêve et j’assiste à tout. Et nuit après nuit je vois les rêves du minable qui lui a fait ça et de ses potes qui fantasment dessus. Je me fais agressée parce que je suis différente. Je me retrouve séparée de ma famille et transférée au Domaine. Je me retrouve une famille là-bas et que se passe-t-il ? elle part en fumée ! Je les ai vu mourir, comme tu as dû voir tes amis au gymnase. Je quitte mon pays en faisant croire à tout le monde que je suis morte afin qu’ils soient en sécurité au cas où en s’en prendrait encore à moi. Je débarque dans une ville de fous furieux. J’me retrouve à un bal d’Halloween dans lequel on a tous failli mourir et oh… un dernier pour la route, tu n’as pas le monopole de la tentative de suicide. Mais si tu dis un seul mot à ce sujet à Anne, je te jure que je transformerai ton essai. Oh je devrais compléter le tableau et te raconter ce qui s’est passé ce matin pour que j’essaye de me tuer… Eh bien allons-y… »

Et elle allait vraiment le faire s’il ne lui avait pas intimer l’ordre d’aller s’asseoir. Et une deuxième claque ? Non.. bon. De toute façon, que pouvait-elle faire d’autre. Dieu seul savait ce qu’il avait fait de Teddy et de son sac… contenant l’arme de Brennen soit dit en passant… Tien, c’était une idée ça ! S’il ne supportait pas de vivre avec ce qu’il avait fait sur la conscience, elle pourrait lui rendre ce service avec joie. Bon, en attendant de pouvoir la mettre à exécution, elle planta son regard dans le sien avant de tourner les talons et de prendre place sur le transat en boudant. Elle ne pouvait pas partir sans ses affaires et si elle refaisait un malaise en pleine rue, qui pouvait deviner dans quel pétrin elle aller encore se fourrer. Et encore, si elle arrivait à filer avant son retour. Et cela, elle en doutait sérieusement.

Mais… connexion de synapses là ! Ne venait-il pas de dire les mots « Wyatt », « Capucine » et « cancer » dans la même phrase ? Noooooooooooooooooon ! Capucine sortait avec lui ? Sa Capucine qui sortait avec… lui ? Oui, Sonny risquait de buguer un long moment comme ça. Capucine qui lui avait parlé de Wyatt comme d’un super coup… Enfin, elle ne l’avait pas formulé comme ça, mais c’était fortement sous-entendu. Alors ce type avait réussi à séduire une fille comme Capucine ! Journée des surprises.

Il revint peu de temps après, avec un verre d’eau et une espèce de serviette. Elle le regarda progresser sans rien dire. Que pouvait-elle lui dire de toute façon. Aucun des deux ne voulait vraiment être en présence de l’autre mais au moins les envies de meurtres et les langues de vipères semblaient momentanément remballées. Il déposa le verre d’eau sur la petite table qui séparait les deux chaises et prit place de l’autre côté. Avait-elle bien entendu ? Il lui offrait vraiment de l’aide ? Pour sa jambe… Sérieusement ? Bah oui, apparemment il était sérieux. Elle avait vraiment mal et il lui proposait son aide calmement, sans la renvoyer à ses pénates. Voilà qui changeait. C'en était presque bizarre. Peut-être pas un mauvais fond finalement...

Elle fronça les sourcils mais finit par tendre sa jambe pour poser sa cheville abîmée sur les genoux de Wyatt, non sans grimacer de douleur quand il lui retira son attelle pour y appliquer cette serviette… qui renfermait en réalité des glaçons. Le froid la saisit mais elle ne voulait pas crier devant lui. Même si elle n’était plus à ça près. Elle attrapa le verre d’eau et y plongea les lèvres. D’une part pour se donner une certaine contenance, et aussi parce qu’elle en avait vraiment besoin.

« Après tout ce que je t’ai dit, si j’ajoutais que mon ex petit-ami est un tueur à gage et qu’il garde le foie de ses victimes dans des bocaux, je gagnerai au concours de vie de merde ? ».

Elle avait prononcé ces mots d’un ton parfaitement neutre. Bizarre que ça sorte sans qu’elle s’effondre. Parce que c’était la pure vérité. Mais elle l’avait dit avec un tel détachement qu’il prendrait cela sur le ton de la plaisanterie. Ou qu’il la prendrait pour plus folle qu’il ne la croyait. Et même s’il y croyait et le répétait, qui prêterait attention aux divagation d’un sale gosse ? Personne. Mais autant ne pas s’attarder dessus. Manquait plus qu’il demande des détails sur le mode opératoire et là, elle ne savait pas comment elle réagirait. Changer de sujet.

« Capucine va bien ? On travaille ensemble elle et moi. Enfin, depuis peu. Mais quelle drôle de fille. Elle n’a pas dû te parler de moi mais notre rencontre a été… mémorable. Et elle, elle m’a parlé de toi. Tu dois pas rire tous les jours avec elle, je l’ai vu cogner contre des mecs, c’est quelque chose ! »

Autre tilt dans son esprit. Oui, les connexions se faisaient avec un certain décalage, mais il fallait la comprendre aussi… Comment ça il allait utiliser son pouvoir sur elle ? Un mutant lui aussi… Bah oui, logique. Fils de Ross, connaissait le Domaine. Et en plus, elle lui avait balancé son pouvoir à la figure. Enfin, de façon incompréhensible, certes, mais quand même…

« J’ai une capacité qui ne sert à rien. Et la tienne ? A part menacer les jeunes filles qui ne voudraient pas te donner leur cheville, à quoi elle te sert ? »

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MessageSujet: Re: Closer to the edge [Terminé]   Mer 23 Mai - 18:24

Le verre d'eau posé sur la petite table, la serviette avec les glaçons dans la main, j'attendais qu'elle se décide. J'avais même légèrement tapoté ma jambe, l'invitant à poser son pied dessus. Avant que je fasse l'aller-retour dans la cuisine, elle m'avait fait son déballage de vie. Niveau vie de merde, nous étions en concurrence rude. Nos voies étaient différentes mais à notre façon, nous avions chacun un vécu dont nous nous serions bien passés. On ne choisissait pas sa vie, tout ce qu'on pouvait faire, c'était l'accepter et faire en sorte de tenter de l'accommoder pour arriver à mieux la supporter sans la subir en permanence. Elle se décida enfin à poser sa cheville sur ma jambe. Sans un mot, je lui retirais son attelle, je retirais sa chaussure puis j'appliquais la serviette sur sa cheville, appuyant tout de même fermement pour que le froid des glaçons passe au travers la serviette. Je restais là, attendant alors qu'elle prenait le verre pour boire de l'eau. Changement radical de situation. Nous étions calmes alors que quelques minutes auparavant, nous étions prêts à nous sauter à la gorge. Moi à cause des dégâts qu'elle avait fait, et elle à cause de mon comportement. Elle finit par reprendre la parole et je fronçais les sourcils. Elle se foutait de moi ou elle était réellement sérieuse. Je cherchais la réponse dans ses prunelles mais ne savait y déceler la vérité. Je ne la connaissais pas après tout, je ne pouvais me faire une opinion.

« ça dépend. S'il n'était qu'un coup, tu perds. Si t'étais vraiment accro à lui et comptais faire ta vie avec, alors oui tu gagnes la palme d'or de la vie de merde. T'es assez saine d'esprit pour t'être éloignée de lui j'espère ?  C'est ce que je ferais à ta place... Quoique, je sais pas. »

Si c'était Capucine la tueuse à gage fétichiste de foies, que ferais-je donc ? Est-ce que je m'éloignerais d'elle car elle me dégoûterait ? Est-ce que je serais prêt à rester à ses côtés en oubliant qui elle était ? Ou est-ce que je ferais tout pour la changer ? Trois questions qui méritaient réflexion mais pour lesquelles il y avait une certitude dans ma tête. Je ne cesserai jamais de l'aimer car j'étais vraiment accro à elle. Après est-ce que l'on aurait pu continuer à être ensemble ou est-ce que l'on aurait du se séparer à cause de ce fardeau, je n'avais aucune réponse. Je haussais légèrement les épaules. Je plaignais Sonny même si je ne la connaissais pas. Elle me volait le trophée et l'apogée de la vie de merde. C'était chiant, décevant même en ce qui me concernait. Elle menait d'un point, prenant une longueur d'avance. Mais depuis quand de toute façon nos vies entraient en compétition ?

Et depuis quand connaissait-elle ma petite amie ? Elles travaillaient ensemble, dans ce même bar ? Je l'écoutais, davantage intéressé à présent par ce qu'elle avait à dire sur l'amour de ma vie que sur son ex copain qui ne m'intéressait pas. Cela ne m'étonnait même pas que leur rencontre ait été mémorable. J'avais juste à me souvenir de la notre pour me dire exactement la même chose. Ce n'était pas tous les jours qu'une fille tombait du ciel pour s'arrêter à quelques centimètres de votre nez, lévitant. J'espérais tout de même que Capucine avait été plus prudente cette fois et qu'elle ne lui avait pas fait ce coup pour s'amuser. Surtout que dans l'état où elle se trouvait, son corps était affaibli et sa capacité avait tendance à déraper quand elle voulait l'utiliser. J'écoutais Sonny, comme si tout ce qu'elle me disait couler de source. Sauf que je déraillais à un moment. Cogner contre des mecs ? Ma Capucine ?

« Elle fait aller, même si elle me cache réellement comment elle va pour ne pas m'inquiéter davantage. Tu as dit cogner ? Quand ça ? Qui ? »

Voilà un épisode que l'amour de ma vie avait oublié de me relater. Je connaissais bien ses motivations, elle savait d'avance que ça m'aurait contrarié d'apprendre qu'elle s'était battue. Et que j'aurais eu envie de faire la peau à ces gars, sentiment que j'éprouvais à cet instant. Je me demandais s'ils l'avaient touchée, s'il lui avait fait du mal. Et rien que d'imaginer que c'était possible, ça faisait monter la colère en moi. Ma main qui tenait la serviette appuya un peu plus fortement sur la cheville de Sonny sans que je m'en rende compte. Et je ne relâchais la pression que lorsqu'elle se mit à détourner son attention pour parler de mon pouvoir.

Je n'étais pas tout à fait d'accord avec elle à propos du sien. D'après ce que j'avais cru comprendre quand elle avait fait son déballage, son don était en rapport avec les rêves. Si elle pouvait les manipuler pour les adoucir ou au contraire les faire tourner en cauchemar, c'était vraiment une capacité utile qu'elle avait en elle. Elle pouvait faire le bien autour d'elle comme elle pouvait jouer à la sadique et torturer certains esprits, les empêchant de se reposer convenablement. C'était fort utile d'agir ainsi avec ses ennemis. Et en plus elle pouvait le faire à distance, sans avoir la même personne en face d'elle. Pas comme moi avec mon pouvoir, avec qui j'avais du mal à m'entendre car il en faisait bien trop souvent qu'à sa convenance et non à la mienne !

« Je contrôle le sang... Je peux le refroidir, le réchauffer, quelques autres tours de passe passe aussi. Je pourrais te mettre les nerfs rien qu'en posant mes doigts sur ta peau comme ça » fis-je en retirant la serviette pour poser deux doigts sur sa cheville. « Mais ça j'en ai pas besoin, j'exaspère déjà bien assez sans avoir à user de mon pouvoir. Tu ne peux pas dire le contraire, je t'ai énervée dès la première minute, non ? » annonçais-je dans un sourire.

«  Je peux appeler mon père si tu veux parler à Anne. Ils doivent être ensemble, à se reposer et prenant soin du bébé. Ils sont pas dans la merde s'il tire de son frère... »

Mais ça allait être marrant, ah ça oui !
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MessageSujet: Re: Closer to the edge [Terminé]   Mer 23 Mai - 20:46

« ça dépend. S'il n'était qu'un coup, tu perds. Si t'étais vraiment accro à lui et comptais faire ta vie avec, alors oui tu gagnes la palme d'or de la vie de merde. T'es assez saine d'esprit pour t'être éloignée de lui j'espère ? C'est ce que je ferais à ta place... Quoique, je sais pas. »

Oui, c’était ça le problème… elle ne savait pas non plus. En tout cas, elle gagnait. De pas beaucoup, certes, mais elle gagnait. Super… le trophée de la vie la plus merdique. Quant au reste… oui, elle était accro à lui. Elle l’aimait. Oui, elle s’était éloignée de lui, et c’était précisément cela qui lui faisait du mal. Saine d’esprit en revanche… c’était plus que douteux. Elle ne voulait pas entrer dans les détails, certainement pas avec lui. Bon, ils n’étaient plus à deux doigts de s’étriper joyeusement, mais ça n’était pas pour autant la franche amitié. Loin de là. Pour l’heure, ils se toléraient. Parce qu’ils n’avaient pas le choix. Lui, parce qu’il allait se faire enguirlander comme pas possible si Anne et Ross venaient à savoir qu’il l’avait laissé partir et elle parce que c’était quand même la seule personne qui daignait s’occuper d’elle. Et – chose horrible – si Anne et Ross fondaient une famille, eh bien… Wyatt et Sonny seraient bien obligés de se supporter parce qu’ils feraient partie de la même famille. Bonjour l’angoisse… L’espace d’un instant, Sonny imagina un repas de famille où ils seraient tous les quatre. Il y avait gros à parier que les deux feraient des efforts, mais que cela clasherait au pire moment qui soit… et ils finiraient par se battre à coups de cuisses de poulet ou à s’envoyer des petits pois dans la tronche…

Enfin, par chance, il changea tout seul de sujet, revenant sur le cas Capucine Rider. Miss Extraterrestre de son Etat. Oh ! Mais c’est qu’il s’inquiétait le loulou. Que c’est mignon ! Bon, force était d’admettre que Sonny révisa un chouilla son jugement sur lui. Il n’était peut-être pas qu’un sale gosse en plein âge ingrat, immature, puérile et sectaire finalement. Elle méritait quelqu’un de bien, qui veillait sur elle. Alors sérieusement, elle aurait pu trouver mieux que Wyatt, mais il fallait admettre que sur ce coup, il gérait.

« On s’est rencontrées il y a une grosse semaine. C’était son premier jour. Et il n’y a rien eu de grave. Juste deux gros lourdauds qui n’avaient pas un grand sens de l’humour. Elle n’a pris aucun coup, on a surtout détalé sans demander notre reste. C’est bien… que tu sois là pour elle. »

Ouais, bon stop, on arrête les gentillesses là. Parce que visiblement, il n’aimait pas savoir que sa copine savait se défendre et que c’était sa cheville qui allait en faire les frais à ce rythme. D’où la question sur son pouvoir. Après tout, ils allaient être amenés à se revoir, que cela les réjouisse ou pas, alors au point où ils en étaient tous les deux, autant être honnêtes. Et au moins comme cela, si cela devait dégénérer entre eux, elle saurait à quoi s’en tenir, elle saurait s’il pouvait tricher ou pas. Lorsqu’elle entendit de quoi il s’agissait, elle se félicita intérieurement de ne pas s’être jetée sur lui pour lui foutre la raclée de sa vie tout à l’heure. Sa propre défaillance l’avait sauvée sur ce coup là. Il aurait pu lui glacer le sang ou le lui faire bouillir en un rien de temps. Tricheur. Et elle ne fut pas rassurée quand il posa ses doigts sur elle… qu’il ne joue pas à ce petit jeu… ce n’était pas le moment… Mais il n’en fit rien, fort heureusement. Et il n’avait pas tort du tout : il avait le don de la faire partir au quart de tour.

« Je croyais que c’était ça ton don : mettre les gens en rogne. Mais sache que si tu utilises ta capacité pour m’énerver plus que je ne le suis déjà, je te jure que je me vengerai Wyatt. Je hanterai tes rêves nuit après nuit jusqu’à te rendre complètement dingue. Foi de Sonny Malone. »

La messe était dite. Ils pouvaient se faire du mal tous les deux, ils pouvaient se chamailler, s’insulter, ou tenter de mettre les choses à plat. Et il semblait l’avoir compris car il lui proposa d’appeler Anne, puisque c’était le but de la visite de Sonny. Mais finalement, ce n’était peut-être pas une bonne idée. Sa tutrice et Ross devaient être morts d’angoisse pour leur enfant. Anne avait perdu beaucoup de sang, elle avait même perdu connaissance. Il fallait qu’elle s’occupe d’elle et de sa future famille. Ça ne servait à rien qu’elle revienne maintenant, mettant sa vie peut-être en danger, pour venir s’occuper de Sonny. Qu’aurait-elle pu faire ? La prendre dans ses bras, lui dire que Rem ne la méritait pas, que c’était mieux comme ça… Pathétique. Sonny se trouva juste pathétique.

Elle venait de débarquer comme ça, chez quelqu’un qu’elle ne connaissait finalement pas vraiment et tout ça pourquoi ? Parce qu’elle avait appris que l’homme qu’elle aimait était un tueur fétichiste et qu’elle avait essayer de se suicider… Ah bah si quand même… ça n’était pas rien. Mais elle n’avait pas envie d’infliger ça à sa mère. Elle n’en avait pas vraiment le droit. Elle était une grande fille après tout. Enfin, sur le papier. Et en France. Mais elle n’était pas en France et elle n’était qu’une petite fille perdue. Le regard de Sonny se voilà. Elle n’avait pas envie de pleurer devant Wyatt. Elle crevait d’envie de se coucher avec Teddy et de pleurer toutes les larmes de son corps, mais elle ne pouvait pas le faire ici. Il ne la laisserait pas faire.

« Pauvres futurs parents, en effet... Dire que je l'aimais déjà comme un frère ou une soeur ce petit... mais s'il tient de toi.. ça va être dur, dit-elle dans un clin d'oeil. Pour ce qui est d'appeler Anne, non… tant pis… j’ai pas le droit de lui demander ça. Elle est occupée. Faut qu’elle prenne soin de son bébé. C’est lui le plus important. Pour moi, y’a plus rien à faire je crois, je suis un cas désespéré. »

Elle tenta un sourire las, mais le cœur n’y était pas. Alors elle retira sa cheville des genoux de Wyatt et entrepris de remettre sa chaussure. Pauvre entorse… elle allait empirer à ce rythme là. Et maintenant, qu’allait-elle faire ? Où allait-elle se réfugier ? Et comment échapper à Wyatt ? Parce qu’elle savait très bien que si elle levait ses fesses, elle allait se faire enguirlander. Mais quoi ? Elle n’allait pas rester éternellement ici. Tout ce qu’il fallait, c’était qu’elle arrive à rentrer chez elle sans faire de nouveau malaise et le tour serait joué. Elle pourrait se laisser mourir tranquillement.

Elle se pencha légèrement en avant, n’osant même plus regarder le fils de Ross. La pression commençait à retomber et elle allait flancher d’une minute à l’autre. il fallait qu’elle respire. Et les yeux rivés sur les pompes de Wyatt, elle commença à murmurer d’une voix chevrotante.

« Ne dis rien à Anne, s’il te plaît. Rien de tout ce qu’il s’est passé ce soir. Pour moi, pour la « position » dans laquelle tu m’as retrouvée. Dis rien pour ma rupture et pour… tu sais… la tentative… J’te revaudrai ça. »

Elle se décida enfin à relever les yeux vers lui.

« J’ai rien à faire ici, je crois. Merci. Merci pour tout, mais tu n’as pas à t’occuper de moi. Où sont mes affaires s’il te plaît ? »

Que faire d’autre ? Elle lui offrait sur un plateau de se débarrasser d’elle sans courir le moindre risque vis-à-vis de son paternel. Là, elle avait même presque envie de grimper sur les toits et de marcher le long du rebord. Pas pour se tuer, non, elle n’avait pas le droit. Mais pour se sentir vivante. Une dernière fois. Alors elle attendit. S’il ne voulait pas l’aider que ferait-elle ? Courir comme une furie dans la maison, en cherchant son sac ? Ridicule… Allez Wyatt, tu as l’occasion de virer un poison de ta vie… c’est maintenant ou jamais…

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MessageSujet: Re: Closer to the edge [Terminé]   Ven 25 Mai - 16:21

Premier jour de travail et premier problème. Il me semblait pourtant avoir lu dans un texto que tout s'était déroulé de la meilleure façon qui soit. Mon œil tiens ! Je retenais Capucine sur ce coup là. Vivement que je la revois que je lui fasse payer cette omission de la vérité. Certes je m'inquiétais peut être un peu trop pour elle mais tout de même, j'aurais été capable de prendre sur moi pour ne pas m'énerver et m'inquiéter davantage. De nouveau j'avais cette impression qu'on m'écartait et qu'on me considérait comme un gamin. Cela me saoulait mais je prenais sur moi pour ne pas justement me comporter davantage en gamin ni en simple petit ami énervé. Je maugréais, en silence. Et je faisais à peine attention au compliment que Sonny venait de me faire. C'était surtout Capucine qui était là pour moi et non l'inverse. C'était elle qui m'avait sauvé, qui me maintenait en vie. J'avais certes une autre raison de ne plus me tuer avec ce bébé qui allait arriver, mais ma raison essentielle d'exister, c'était elle.

La conversation dévia sur mon pouvoir et j'expliquais à Sonny en quoi consistait le mien. Il était aisé pour moi d'en parler. C'était une chose que je ne cachais pas vraiment. Je me montrais prudent tout de même mais je vivais avec ce pouvoir depuis tellement longtemps qu'il faisait partie intégrante de moi même si je le maudissais dernièrement. Au bout de treize ans, je ne le maîtrisais toujours pas. Il dérapait quand j'avais vraiment besoin de lui. Et quand je voulais vraiment m'en passer, comme par hasard il fonctionnait. Il me rendait dingue autant que je rendais dingue les gens autour de moi. C'était sans doute un retour de bâton, j'emmerdais mon monde, mon pouvoir faisait de même avec moi.

J'avais posé mes doigts sur la cheville de la jeune femme mais ne déclenchais rien. Si je me ratais de toute façon, elle aurait été bien capable de me gifler une nouvelle fois. Et ma joue ressentait encore la chaleur de sa claque ! Si je gardais la marque rouge de ses doigts pour plusieurs heures, elle se débrouillerait pour expliquer la raison à mon père ! Et moi je n'hésiterais pas à rejeter la faute sur elle. Ou alors à la couvrir. C'était une possibilité que je n'excluais pas même si je venais de la rencontrer. Je la mettais en rogne mais j'étais certain au fond qu'elle aimait ça et qu'elle finirait par m'apprécier pour mon attitude chiante. Comme Maxime avec qui j'étais désormais proche même si je la sentais s'éloigner depuis quelques semaines. Je n'arrivais pas à la retenir pour savoir ce qui n'allait pas et ça m'inquiétait un peu.

« Fais gaffe que ça ne soit pas moi qui te rende dingue même en plein rêve. J'ai un don pour ça, je t'assure. »

Sonny venait de me menacer mais je ne ressentais pas ses paroles comme des menaces. Que pouvait-elle me faire de toute façon dans un rêve ? Me tuer, j'avais déjà tenté de le faire en me jetant du toit d'un immeuble. Elle me ferait ainsi découvrir un avant goût de la mort. Transformer mon rêve pour que je sois vêtu d'un costume de lapin rose ? Bof, le ridicule ne tue pas comme on dit. Et j'arriverais bien à tirer profit de la situation, faisant du ridicule une force. Quand on était pénible, c'était à vie. Et même si je grandissais par moment, j'avais toujours cette part en moi qui ferait que je resterai un éternel adolescent qui transmettrait son savoir faire en matière de bêtise au rejeton de Anne et Ross. Cet enfant allait adorer avoir un frère comme moi et les parents me détesteraient. Tant pis pour eux. Il ne fallait pas me donner l'opportunité de jouer au grand frère. Il n'était pas encore né mais j'aimais déjà ce rôle d'avance.

Un bref sourire apparut sur mon visage en réaction au clin d'oeil que m'adressa Sonny. Mais si elle allait l'aimer ce bébé, même s'il me ressemblait. Ne lui étais-je pas venu en aide ? J'avais bon fond, du moins je croyais. Et lui serait bien meilleur que moi. Alors elle l'aimerait autant que je l'aimerais et nous serons des grands frère et soeur modèles. Enfin, il faudra juste éviter de lui parler de nos tentatives de suicide, ce n'était pas un exemple à suivre. Et sur ce point j'étais un cas aussi désespéré qu'elle. Ce n'était pas les mêmes raisons qui nous avaient motivés. Je ne savais pas quelles étaient les siennes mais elles devaient être suffisamment importantes pour arriver à oublier l'être aimé comme je l'avais fait.

Elle avait retiré sa cheville de ma jambe. Son regard devint fuyant. Allons donc, que se passait-il à présent ? Elle allait s'effondrer et pleurer ? Vomir de nouveau ? J'en avais un peu marre de nettoyer, si elle recommençait, je lui filais la serpillère cette fois et elle se débrouillerait pour réparer les dégâts. Quelques secondes passèrent avant qu'elle ne commence à murmurer. Elle demandait mon silence. Pour l'état lamentable dans lequel je l'avais récupérée. Pour sa rupture et j'en concluais de moi-même qu'il fallait que je me taise sur ce gars et ses passions pour le meurtre. Et aussi pour sa tentative de suicide. Elle en désirait beaucoup d'un coup. Et elle réclamait ses affaires à présent pour pouvoir partir. Était-elle réellement en état de reprendre la route ? Et pour aller où ? Et si elle tentait encore de se suicider ?

« Mon silence va te coûter très cher. Mais je ne dirais rien ok. Tu sauras me revaloir ça quand l'occasion se présentera. Je n'oublierai pas de te le rappeler. »

Je poussais un léger soupir, me levant. Je ne la pensais pas trop en état de repartir seule mais j'y pouvais rien si c'était son choix. Je n'allais pas l'attacher de force sur une chaise et attendre patiemment qu'elle aille mieux et se reprenne. Et rien ne me retenait à elle. Au contraire, je trouvais que j'avais fait davantage que le minimum syndical sur le coup ! Quittant son regard, je tournais les talons pour récupérer ses affaires. Son sac dans une main et cette espèce de peluche dans l'autre. Mes prunelles s'attardèrent sur l'ourson. Il était horrible, et déformé à la tête. Il avait même un restant de bandage. Je retournais sous la véranda, le tout en mains.

« Il a fait la guerre ton ourson ? Il est horrible, pourquoi tu le gardes. J'espère que tu comptes pas l'offrir au bébé car je le mettrai à la poubelle bien avant. D'ailleurs je peux de suite ? » fis-je en lançant la peluche en l'air devant moi et en la réceptionnant sans ménagement. Ce n'était qu'un ourson après tout. Rien d'important.
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MessageSujet: Re: Closer to the edge [Terminé]   Ven 25 Mai - 22:52

Elle était reconnaissante envers Wyatt. Vraiment. Même s’il avait ce don absolument insupportable de lui taper sur le système. Mais il avait été là. C’était le seul qui avait été là. Pas très sympa de prime abord, mais bon. Et avec lui, elle pouvait parler librement. Elle pouvait dire qu’elle était mutante et parler de leur pouvoir respectif sans honte et sans gêne. Parce qu’ils étaient pareils de ce point de vue. Deux sales gamins mutants, qui avaient ce don plus ou moins contrôlable en eux.

Apparemment, elle pouvait compter sur lui. Dur à croire après les vacheries qu’il lui avait sorties. Et pourtant. Bon, un silence qui s’apparentait à une dette, ce qui fit lever un sourcil à Sonny. Qu’est-ce qu’il allait marchander celui-là. Vraiment, il allait falloir négocier son silence ? Il la balancerait pour sa venue, sa tentative et tout ? Peut-être. Elle espérait surtout qu’il ne dirait rien pour Rem. Bon sang parce que oui, elle lui avait tout dit ! Tout. Une vérité qu’elle n’aurait jamais voulu révéler à quiconque. Une vérité qui plus jamais ne franchirait ses lèvres. Pourtant, elle lui avait révélé. A lui, qu’elle ne connaissait pas. Pourvu simplement qu’il ne la prenne pas au sérieux. Ou qu’il soit véritablement quelqu’un sur qui on peut compter. Pour l’heure, c’était difficile à dire. Force était d’admettre qu’il allait faire un grand frère comme on en voit peu, pour le gamin de son père avec Anne. Même s’il avait eu son lot de coup dur, il semblait loyal. Il veillait sur Capucine, il semblait déjà s’attacher à un gamin qui serait leur frère ou leur sœur. Bon, plus à lui qu’à elle et peut-être qu’elle n’échapperait pas à des remarques sur ce sujet, mais bizarrement, elle sentait que Wyatt lui laisserait jouer une part dans cette famille. Mais quels modèles ils allaient faire, hein ? Surtout elle ? parce que dans le fond, à part être un chieur de première catégorie, Wyatt ne semblait pas être un mauvais gars.

Elle ne pouvait donc pas rester. Elle n’était pas chez elle. Pas à sa place. Elle n’avait pas à imposer sa présence à Anne, Ross ou même Wyatt. Surtout une présence aussi lamentable que celle-ci. Si encore elle était dans son état normal. Elle aurait pu rembarrer gaiement Wyatt, faire la langue de vipère avec lui. Mais là… Elle ne savait pas trop ce qu’elle allait faire. Rentrer et pleurer. Surement. Superbe programme. Par chance, il n’allait pas jouer le super-héros qui s’occuperait d’elle, même à son corps défendant. Parce qu’elle se voyait déjà en train de courir pour lui échapper. Et le bougre aurait été capable de l’attraper par le pantalon et de la ligoter s’il n’était pas décidé.

Mais bon, il devait en avoir eu suffisamment pour cet après-midi, de la Sonny Malone. De toute façon, c’était mieux ainsi. Dès qu’elle approchait de quelqu’un, elle attirait les emmerdes sur cette personne. Il reprendrait son petit bonhomme de chemin, et elle retournerait finir sa descente aux Enfers toute seule. C’était ainsi que cela devait se passer. Il accepta donc de lui rendre ses affaires, la laissant se relever toute seule. Elle avait encore mal à la tête, mal au ventre et mal au cœur. Une bouffée de chaleur l’envahit, la contraignant à boire de nouveau cette eau salvatrice que lui avait apportée Wyatt…

Eau qu’elle recracha aussi sec. Quoi ?? Avait-elle bien entendu là ? Il voulait jeter Teddy ? Jeter son ourson ? Jeter leur ourson à elle et à Rem ? Et il se moquait de lui en plus. Alors que le pauvre était dans cet état par la faute de Sonny. Il était la preuve qu’elle était un danger et une malédiction pour les gens qui l’approchaient de trop près. C’était… Teddy. La première chose que Rem et Sonny avaient choisie ensemble. Un jour important, où il lui avait dit qu’il l’aimait en la regardant dans les yeux, sans fuite ni faux semblant. Un jour où ils avaient fait d’un endroit un peu glauque un lieu bien à eux, cachant un doux secret. Teddy qui voyageait du studio de Sonny à la maison de Rem comme si c’était normal.

C’est qu’elle manqua de s’étouffer avec l’eau et qu’elle toussota pour reprendre sa respiration avant de regarder avec panique Wyatt qui venait de faire voltiger son ourson. Mais qu’est-ce qu’il faisait à son teddy ? Ce n’était pas un jouet ! Bon concrètement, c’en était un, mais symboliquement, il était… il était… important. S’il le jetait à la poubelle, ce serait toute son histoire avec Remington qui finirait symboliquement aux ordures. Teddy était tout ce qu’il lui restait. Tout. Tout ce qu’elle avait pu sauver de leur relation. Ça et la guitare, c’étaient des symboles. Il garderait l’instrument sur lequel ils avaient joué et chanté. Car oui, il avait chanté. Wonderwall. Un souvenir de bonheur. Un souvenir de tendresse et d’amour. Peut-être que cela lui ferait du bien de la garder, d’avoir auprès de lui cette preuve du bonheur auquel il avait le droit, quoiqu’il en pense. Elle, elle n’avait plus que Teddy. Elle regarda un instant Teddy, tandis que ses mains tremblaient. Puis elle lança un regard rageur vers Wyatt. Plus rageur qu’elle ne l’aurait voulu. Parce qu’il ne pouvait pas savoir tout ce que cela représentait pour elle.

« Ne touche pas à ça ! Ne touche pas… C’est pas pour le bébé. C’est… c’est… Bon sang, c’est à moi et mon ex, voilà ! T’es content. Et oui il a fait la guerre parce que je lui ai tiré dessus parce que Rem m’avait déconcentrée en m’embrassant. On l'a gagné ensemble. C’est le premier truc qui soit à nous. Alors t’y touche pas. Trouve ça débile si tu veux, mais vous n’avez rien de symbolique avec Capucine ? »

Alors réaction de tarée, certainement, mais elle ne laissa pas à Wyatt le temps de répondre mais fonça sur lui pour lui arracher sa peluche des mains, n’hésitant même pas à le pousser au passage, en dépit de ses faibles forces. Mais que ce soit par réflexe ou par désir de la contrarier, Wyatt ne sembla pas lâcher l’affaire pour autant. C’était hors de question que Sonny lâche Teddy. C’était son histoire à elle et Remington, personne n’avait le droit de prendre cela à la légère. Alors elle commença à se débattre du peu de force qu’il lui restait… elle aurait été prête à tuer pour cette peluche….

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MessageSujet: Re: Closer to the edge [Terminé]   Ven 25 Mai - 22:52

Le membre 'Sonny Malone' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

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MessageSujet: Re: Closer to the edge [Terminé]   Sam 26 Mai - 15:10

Un ourson moche, difforme, qui semblait avoir vécu alors qu'il paraissait relativement jeune. On l'avait massacré avant l'âge le pauvre. Même pas le temps de s'attacher à lui qu'il avait été défiguré. Dans ce cas là, il valait mieux couper court et le mettre à la poubelle non ? Acquérir un autre ourson, en prendre soin pour que celui-ci ait une meilleure vie et connaisse des jours plus heureux que le précédent. Vu la tête qu'il avait, cet ourson semblait demander qu'on abrège ses souffrances. Je le voyais. Sonny ne semblait pas en être consciente. Une peluche restait un jouet, et même si j'avais eu droit à la mienne quand j'étais enfant, je ne l'avais plus. L'âge était passé, il fallait grandir Sonny Malone. Et trouver quelque chose d'un peu plus respectable pour le bébé. Car jamais cette chose ne franchirait le seuil de la maternité avec moi dans les parages. Il suffisait justement que la maternité soit située au quatrième étage et l'ourson ferait un vol plané pour aller s'écraser sur le bitume, quelques mètres plus bas.

Il venait d'en faire un vol plané d'ailleurs. Je commençais à l'entraîner au cas où sa propriétaire avait pour idée absurde de l'offrir au bébé. Il voltigea et je le rattrapais, ayant l'égard de ne pas le laisser s'écraser. Geste de bonté de ma part. C'était marrant. Pour moi mais pas pour la jeune femme apparemment. Elle me regardait avec des yeux exorbités, comme si je venais de commettre un crime, manquant tuer son ourson. Ce n'était pas un bébé bon sang, elle s'en remettrait. Je le croyais jusqu'à ce que je vois son regard changer. Je tenais toujours la peluche dans la main, le sac dans l'autre. Sonny me regardait comme si... Elle était si attachée que ça à cette chose ? Nonnn.... Ce n'était pas possible. Mon regard allait de la peluche jusqu'à elle, revenant ensuite sur la peluche. Ils avaient une histoire d'amour ces deux là ? Fichtre, il allait falloir m'expliquer parce que je ne voyais pas ce qu'elle lui trouvait. Et la réciproque était vraie en ce qui concernait l'ourson, qu'est-ce qu'il lui trouvait à elle ? Bon certes elle avait une forte poitrine, mais elle semblait aussi avoir un fichu caractère !

J'allais m'en prendre une. Je pouvais déjà le lire dans son regard. Et une deuxième claque en perspective. A quand la troisième ? Car jamais deux sans trois dit-on ! Elle sut retenir les fourmillements qui avaient du envahir sa main pour me la poser avec délicatesse sur sa joue. Car au lieu de bouger, elle se mit à parler. Il ne fallait pas que je touche à la peluche. Un peu trop tard, je l'avais déjà dans la main. Autre chose ? Ce n'était pas pour le bébé. Ah ? Finalement elle était peut être responsable et elle se garderait d'offrir une chose de si mauvais goût qui déplairaient aux parents. Ah ben la voilà l'explication, c'était à son ex et à elle cette peluche ! Je comprenais mieux ce regard meurtrier qu'elle m'adressait. Et en plus c'était elle qui l'avait mis dans cet état. Pauvre peluche. Et pauvre homme qui avait accepté de gagner cette peluche pour tenter de réparer ses dégâts. Car si elle l'avait tué à un stand ou un truc du genre, le gérant l'aurait sans doute forcée à payer la peluche ou à s'en contenter comme lot. Peut être que son ex n'avait pas eu envie de payer et qu'il avait accepté qu'il soit à eux comme elle le disait. Allez, à la première occasion, il l'aurait saisi pour le mettre à la poubelle. Un homme ne s'attachait pas à ce genre de chose !

A part si c'était symbolique comme elle disait... J'allais peut être réviser mon jugement pour tenter de me mettre à sa place. Un ourson avec une symbolique. Un homme tueur qu'elle aimait. Une chose en commun qui était à eux. Une rupture. Mais elle l'aimait toujours. Sa réaction était trop vive pour qu'il en soit autrement. Bon ok, je m'étais peut être trompé, l'ourson ne finirait pas à la poubelle. Je m'apprêtais même à lui dire, non pas que je comprenne qu'elle s'attache à cette chose, mais que je comprenais la symbolique de certains objets. Sauf qu'elle ne m'en laissa pas le temps la demoiselle. Je ne pus même pas ouvrir la bouche qu'elle se jeta sur moi pour tenter de saisir la peluche. Par réflexe je resserrais mon emprise sur celle-ci, bien décidé à ne pas lui donner de suite. Une lutte acharnée démarra, d'un côté poussé par l'envie de s'amuser. De l'autre par le désespoir de récupérer un ourson. Qui allait gagner ?

J'aurais du lâcher le sac que je tenais, ça m'aurait libérer ma main. Et j'aurais pu l'empêcher de me déséquilibrer. Je me sentis partir en arrière. Elle tenait toujours l'ourson et si je ne le lâchais pas, il allait vraiment mourir. Alors mes doigts lâchèrent prise. Je lui laissais sa peluche alors que mes fesses atterrissaient sur le sol pas vraiment en douceur. Je retins un juron, qui lui aurait été directement adressée si je l'avais prononcé à voix haute. Relevant la tête, je vis que la peluche n'avait rien. On ne l'avait pas déchiqueté en se battant. Elle pouvait me remercier car si j'avais continué à la tenir, il lui aurait manqué un bras ou la tête ! Fichue femme ! Plus gamine que moi ! Elle me tendit tout de même la main pour m'aider à me relever, s'excusant par la même occasion. Un bref sourire effleura mes lèvres.

« c'est pas grave maintenant que je suis sûr qu'il sera pas pour le bébé. Mais si tu veux te détacher de ton ex, vénérer cette peluche comme tu le fais n'est pas le meilleur moyen. Prends du recul ou retourne le voir si t'es trop accro, il acceptera p'têtre d'être moins fou pour toi. Quoique vu que tu sembles folle, vous deviez bien aller ensemble. »

Je marquais une pause, sortant mon téléphone de ma poche pour le lui tendre.

« Enregistre ton numéro. Si tu veux pas je m'en fous. Mais tu connais Capucine, Ross, Anne, on va avoir un mioche en commun pour qui on ne sera pas de bons modèles de frère et sœur. Donc on sera amené à nous revoir pour notre plus grand déplaisir. En tout cas si t'as envie de passer tes nerfs sur quelqu'un ou te changer les idées n'hésite pas à me contacter. J'encaisse bien en faisant le con. Et puis maintenant tu tenteras plus de te suicider. Suis sûr que t'auras trop peur que j'apprenne n'importe quoi à notre futur frère ou soeur et tu vas vouloir garder un oeil là dessus. »
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MessageSujet: Re: Closer to the edge [Terminé]   Sam 26 Mai - 17:06

Cinglée. Malade mentale. Tarée. Débile. Crétine. Et il y avait certainement des centaines d’autres adjectifs pour qualifier Sonny à cet instant. Elle venait tout de même de mettre sur les fesses la seule personne qui avait daigné l’aider aujourd’hui. Mais cette peluche c’était… enfin, on ne touchait pas à cette peluche. Et l’attitude gamine de Wyatt à cet égard n’avait pas aidé à calmer l’hystérie de Sonny. Néanmoins, elle se rendit compte de la puérilité de son geste quand elle vit Wyatt par terre… et que Teddy était de nouveau en sécurité. Alors elle se pencha vers le fils de Ross et lui tendit la main, craignant tout de même qu’il en profite pour la foutre à terre à son tour, ce qui ne serait qu’un juste retour des choses.

« Je suis vraiment désolée, c’était stupide. Pardon. »

Elle sentit sa main dans la sienne. Pas de coups en traître. Pas de revanche. Juste sa main et une pression. C’était fini. Clap de fin sur les coups de sang. Alors qu’il aurait pu la calmer en un rien de temps avec sa capacité, mais non. Il l’avait laissée se défouler. Et cela Sonny le comprit. Il venait de jouer les punching-balls humains. Et il trouva même la force de plaisanter après cela.

Fous, Rem et Sonny ? Oui, à n’en pas douter. Est-ce qu’ils allaient bien ensemble justement parce qu’ils étaient dingues ? Oui aussi. Jusqu’à présent. Mais cette fois, l’une des deux folies avait changé de nature et était devenue beaucoup plus grave. Trop grave pour le moment. Quant à se détacher de Teddy ou retourner voir Remington, c’était tout bonnement impossible. Trop tôt. Trop mal. Mais il avait raison : Teddy ne serait pas au bébé. Leur petit frère ou leur petite sœur méritait un vrai nounours. Beau et en bon état. Une peluche qui serait son doudou pour des années… avant que Wyatt juge plus drôle de le faire voler ou de l’envoyer à la poubelle parce qu’il aura trop vécu. Eh bien, qu’à cela ne tienne, leur sœur ou leur frère n’aurait qu’à demander à Sonny de le planquer et elle le ferait avec plaisir. Elle allait ouvrir un refuge de peluches en détresse ! Elle ferait fortune.

Puis soudain, Wyatt fit une chose à laquelle elle ne s’attendait pas du tout : il lui tendit son portable, lui réclamant son numéro. Bon, les formes n’y étaient pas, mais l’intention était ce qu’elle était. Jusqu’au bout ils s’entendraient comme chiens et chats. Ils se tireraient dans les pattes et se lanceraient des vacheries à la figure. C’était une évidence. Mais ils agiraient toujours dans l’intérêt d’un petit bonhomme en commun. Le pauvre. Un frère et une sœur comme ça… il partait avec un sacré handicap dans la vie. Pourtant Wyatt et Sonny n’hésiteraient pas à s’allier pour le protéger. Oui, ils seraient une sacrée famille de ce point de vue là. Par contre, niveau bêtise, il allait en apprendre une tonne avec un frère pareil ! Là où Wyatt avait tort, ce n’était pas sur le fait que Sonny veillerait à ce qu’il n’apprenne pas trop de bêtise au bébé. Non, là où elle veillerait au grain, ce serait surtout quand il se ferait prendre… elle se demandait lequel du grand ou du petit accuserait l’autre. Et si Ross allait les envoyer au coin tous les deux, y compris l’aîné. Elle imaginait tellement Wyatt avec un petit à ses côtés en train de le dénoncer du bout du doigt, prenant son air le plus innocent… et bien évidemment, le petit ferait pareil.

Bon sang, si elle jouait les baby-sitters, faites qu’au moins elle n’aie pas à garder Wyatt non plus. En même temps, Anne et Ross ne seraient pas assez fous pour les laisser tous les deux avec un bébé dans la même maison… si ? Parce que ce serait un cataclysme assuré ! Ou pas. Si ça tombe, ils seraient bien trop impliqués dans leur nouveau rôle d’aînés et trop soucieux que ce petit ou cette petite n’entre pas en compétition pour le trophée de la plus grande vie de merde pour trop se chamailler devant lui.

Mais cet enfant ne serait pas la seule chose qu’ils avaient en commun. Mutants, gamins, Ross, Anne et Capucine. Bon sang ! Elle donnerait cher pour voir la tête de la jeune fille quand Wyatt lui dirait qu’il l’avait rencontrée. Pourvu juste qu’il tienne sa langue comme promis. Elle aimait beaucoup Capucine et elle lui dirait certainement qu’elle n’était plus avec Remington mais c’était à elle de le faire. Elle n’avait pas à l’apprendre par un intermédiaire, fusse-t-il son petit ami. Et tandis qu’elle rentrait son numéro dans le portable de Wyatt, elle ne put s’empêcher de sourire en les imaginant tous les trois. Wyatt, Cap et elle. Un trio infernal. Ils auraient intérêt à faire évacuer la ville sur des kilomètres à la ronde avec ces trois là dans les parages.

Une main tendue. Une main tendue, ça s’accepte. Et Sonny appréciait le geste. Alors elle lui rendit son téléphone et lui lança.

« Tu as raison. Je ne tenterai plus de me tuer parce que je veillerai à ce que tu sois un grand frère exemplaire. Même si je suis sûre que je pourrais lui apprendre plus de bêtises que toi ! Merci, pour la proposition d’être un défouloir. J’aime les crétins maso. J’essayerais juste d’être un peu plus… présentable la prochaine fois. Ou au moins plus en état de répliquer à la langue de vipère que tu es. Au prochain combat d’insulte, attends-toi à ce que la lutte soit plus équilibrée. »

Il n’y avait plus du tout d’animosité maintenant. Mais c’était sûr qu’ils allaient se lancer d’autres vacheries la prochaine fois qu’ils se verraient. Pas parce qu’ils se détestaient, mais ce serait comme ça. Le pire serait certainement le jour de la naissance de leur frère ou de leur sœur, chacun jaugeant le cadeau de l’autre ou voulant être le premier à avoir les faveurs du petit dernier. Quoique, le jour où Anne et Ross auraient l’idée de les réunir pour un conseil de famille ou autre, ça risquait d’être beau aussi.

Elle tendit alors la main pour récupérer son sac. Dedans se trouvait toujours l’arme de Brennen. Mais elle resterait bien sagement silencieuse. Il avait raison. Si elle ne pouvait sauver Rem, il y avait un petit enfant à venir, et elle se devait d’être là pour lui, malgré le peu qu’elle avait à lui offrir. Bon par contre, elle ne savait pas du tout comment saluer Wyatt. Un câlin ? Euh non… Se serrer la main ? Un peu trop formel.

« Merci tête de nœud. Merci, vraiment. Fais-en voir de toutes les couleurs aux futurs parents quand tu les reverras, je compte sur toi. Au déplaisir de te revoir, Wyatt. »

Et elle lui fila un petit coup de poing dans l’épaule, avant de tourner les talons, plus calme et plus sereine qu’à l’arrivée, mais toujours le cœur en miettes. Mais au moins, elle ne pleurait plus et elle se tenait debout, ayant retrouvé un semblant de dignité et cela, c’était à Wyatt qu’elle le devait.


Fin

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Nobody said it was easy, I'm going back to the start



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Closer to the edge [Terminé]

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