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 Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Ven 15 Juin - 20:53

Qui suis-je ? Où vais-je ? Dans quel état j'erre ? Trois questions fondamentales dont les réponses semblaient faire cruellement défaut à Ross à l'heure actuelle. Il avait beau connaître son identité, le psychologue ne parvenait pas à s'expliquer la croissance rapide de son fils, ni même ma présence à leurs côtés. Qui étais-je, moi ? Très bonne question... Au bilan des derniers mois, j'étais prête à dire que, dans une vie antérieure, j'avais été tueuse en série de bébés chiens ou tout simplement un dictateur n'ayant aucune considération pour la vie humaine. En bref, pour avoir cette avalanche de poisse en si peu de temps, j'avais dû faire de grosses conneries. Mais cette réponse ne saurait satisfaire Ross, alors je me présentais en tant que simple professeur de Wyatt, inquiète pour son étudiant. D'un côté, c'était la vérité, mais d'un autre, l'étiquette qu'il m'avait attribué quelques heures auparavant me convenait un peu plus. La retrouverais-je un jour ? Peut être, mais pas sans efforts.

Soudain, Ross se mit à s'excuser. Pourquoi ? Que pensait-il avoir fait de mal ? Se pourrait-il que tout ceci ne soit qu'une vaste fumisterie pour se moquer de nous ? La réponse à ces questions arriva bien assez vite, me coupant dans mes réflexions. Bien sûr... Ross ne nous aurait jamais inquiété ainsi, surtout pas en présence de son fils. Je souris gentiment à ses remerciements, préférant ne rien dire de plus. C'était bien assez douloureux comme ça. Inutile d'en rajouter. Je proposais ensuite aux garçons de les raccompagner chez eux, ce qui me permettrait au passage de reprendre mes affaires. Je ne pouvais décemment pas m'installer chez Ross pour qu'il me tienne compagnie alors qu'il ne savait pas qui j'étais réellement. Tristesse... Colère... Pas contre Ross, mais plutôt contre celui ou la chose qui avait provoqué tout ça.

Le psychologue accepta ma proposition, ainsi que Wyatt qui semblait d'ailleurs avoir caresser l'idée de toucher à ma voiture... Je sentis un de mes sourcils se relevait devant cette hypothèse farfelue. Plutôt mourir que de laisser Wyatt me conduire à bord de mon propre véhicule. Et puis quoi encore ?


- « Et de toute façon, Anne ne comptait pas te donner les clés. », dis-je avec un sourire provocateur.

Allez ! Ce n'était pas le moment de se laisser aller. Ross avait besoin que l'on s'occupe de lui et ce n'était pas en lui faisant comprendre qu'il avait un gros problème de mémoire que tout allait s'arranger. Tout ceci pouvait n'être l'affaire que de quelques heures ou de quelques jours. Je préférais me stopper aux jours avant de penser aux mois et aux années qui pouvaient s'écouler avant qu'il ne retrouve la mémoire. Je n'osais d'ailleurs même pas penser à ceux qui ne la retrouvaient jamais... Ross était là, vivant, en presque bonne santé. C'était l'essentiel, non ?

Arrivée au parking, je m'assis derrière le volant tout en réfléchissant à la suite. Le fait que Ross soit avec nous, m'empêchait de parler avec Wyatt sur la façon dont nous allions nous organiser. Le jeune homme était grand, mais gérer un amnésique seul n'était pas chose aisée. Surtout qu'il avait ses propres problèmes. Mais qui pouvait l'aider ? Moi ? Comment pourrais-je justifier ma présence chez eux ? Même un professeur inquiet pour son élève ne s'imposerait pas chez lui pour s'occuper de son père. Il allait falloir ruser. Mais comment ? Wyatt, si tu as une idée, un plan ou même une ébauche de plan, n'hésite pas !


- « Sinon que faites-vous dans la vie ? Il me semble que Wyatt m'a parlé de psychologie vous concernant, est-ce le cas ? »

Je tournais légèrement le regard dans sa direction tout en faisant attention à la route. Il ne manquerait plus qu'on ait un accident en plus de ça ! Quoique nous n'étions pas très loin de l'hôpital, c'était déjà ça. Peut être qu'un coup supplémentaire sur la tête lui rendrait toutes ses facultés. On essaye ? Non ? Bon d'accord... C'est le moment que choisit la radio pour nous faire part des dernières informations. Notamment, les dernières bonnes potins sur la famille présidentielle : la famille Obama... Damned !
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Dim 17 Juin - 1:17

Ross était tellement perturbé par ses pensées décousues qu’il ne répondit pas à son fils sur son âge. Il était bloqué en l’an 2000 et ce qui se déroulait actuellement ne collait absolument pas. Préférant ne pas s’embarrasser de toutes ses idées déconcertantes, il finit par oublier la question. Ce n’était pas plus mal car c’était à s’arracher les cheveux. Son intérêt fut porté sur la jeune femme qu’il prit pour une folle. Sa démarche souple, son allure altière et ses courbes parfaites séduisaient le psychologue. Quelque chose d’indéfinissable se dégageait de son être. Quelque chose qui l’attirait irrémédiablement. L’envie de l’aider à recouvrer ses esprits se manifesta juste après qu’elle lui ait sauté au cou. Ce désir s’accentua quand elle s’éloigna des deux hommes pour aller parler à un médecin. Il fit part de ses intentions au jeune homme. Sans doute allait-il le désapprouver ou le rembarrer gentiment prétextant qu’il avait déjà trop de patients à s’occuper. Wyatt n’en fit rien. Il était d’accord pour que son père propose ses services mais pas que ça. Que voulait-il dire par là ? Les sourcils de Ross se froncèrent. Il ne saisissait pas les sous-entendus. Ce n’était pas le moment de jouer aux devinettes. L’écossais n’avait jamais été bon à ce petit jeu, alors là, ce n’était pas la peine de compter sur lui.

- Que veux-tu dire par là Wyatt ?

Ross était intrigué et ne le cachait pas. Faisait-il une allusion pour que son père se montre plus entreprenant avec cette charmante jeune femme ? Ce ne serait pas étonnant de sa part. Depuis que sa mère était morte et qu’il en avait fait son deuil, le garçon n’arrêtait pas de charrier son père et de vouloir le caser avec quelqu’un. Heureusement, ce n’était pas tous les jours que Ross trouvait une femme à son goût et à celui de Wyatt, cela aurait fini par agacer le célibataire endurci qu’il était.

Anne rejoignit les deux hommes et leur proposa de les raccompagner. C’était une excellente idée ! Puisqu’ils n’avaient plus rien à faire à l’hôpital, il était plus agréable de monter dans la voiture de la jeune femme que dans une ambulance. L’adolescent émit le souhait de conduire avant de se rétracter. Les gros yeux que fit Ross indiquèrent son désaccord. Quand à l’amnésie dont il parlait, il ne préférait pas y penser. Pas maintenant.
*C’est ça, tu n’auras qu’à poser tes fesses à l’arrière et arrêter de dire des bêtises* Pensa-t-il en approuvant d’un signe de tête le refus de la jeune femme à qui il lança un sourire complice.

Ross emboita le pas de Wyatt, après avoir laissé passer Anne devant lui. Ainsi il pouvait continuer de détailler sa silhouette sans être pris en flagrant délit d’observation. Arrivé au véhicule, il prit place sur le siège passager avant. Ah ! Ca faisait du bien de prendre l’air et la route du retour. Il regarda quelques secondes les immeubles défilés sous ses yeux. Ils lui donnèrent le tournis. Il préféra alors se focaliser sur le passager arrière et la conductrice. Pour mieux les voir, il détacha sa ceinture et se mit en travers de son siège. Au diable la réglementation ! Ce n’était pas une ceinture qui allait gêner sa liberté de mouvements.

- Ca va fiston, bien installé ? Tu n’as pas peur au moins ? Demanda-t-il naturellement.
- Les femmes ont la réputation d’être de mauvaises conductrices, mais apparemment Anne se débrouille bien. Tu ne trouves pas ? Plaisanta-t-il en souriant avec malice.

Une façon comme une autre de s’assurer que son fils était à l’aise à l’arrière et ne redoutait pas d’avoir un accident. Une façon également de tester la jeune femme et son sens de l’humour. Il n’y avait pas pire qu’une personne qui n’avait aucun humour. La vie était déjà assez chiante comme ça ! Si en plus, on ne se permettait pas de sourire ou de rire des petits travers de chacun, ce serait triste à en mourir. Ross reporta son attention sur sa voisine qui venait de lui poser une question.

- Effectivement je suis psychologue. J’espère que vous n’êtes pas allergique à tout ce qui commence par psy, sinon c’est foutu ! Dit-il en plaisantant à moitié.
- Donc vous, vous êtes prof, mais prof de quoi exactement ? J’aimerais bien enseigner moi aussi, mais l’occasion ne s’est pas encore présentée. Dans quel établissement êtes-vous ? Vous pourriez peut-être me pistonner ?

Pendant qu’Anne parlait, Ross l’observait. Une peau satinée, des traits délicats, une chevelure auburn un brin envoûtante, des yeux légèrement en amande d’un bleu indéfinissable, des lèvres à croquer, un charisme indéniable se dégageait de cette femme. Il n’y avait pas à dire, physiquement, elle était tout à fait au goût de l’écossais. Si le contenu était aussi attirant que le contenant, c’était prometteur. Une de ces perles rares que tout le monde aimerait trouver sans avoir à chercher. Cela vendait du rêve non ? Bien plus que la famille présidentielle dont parlait la radio et à laquelle il ne prêta pas vraiment attention.

- Tiens, encore un journaliste qui aime faire des blagues ! Observa-t-il sans s'y arrêter plus que ça. Il avait une chose en tête qui lui importait beaucoup plus.
- J’ai une question qui me brûle les lèvres. Ca va vous paraître dingue, mais tant pis, j’me lance. Comme on dit, qui ne risque rien n’a rien. Vous êtes libre ce soir ? Demanda-t-il en déployant son charme des grands jours.

Sauf qu’il avait un peu beaucoup oublié qu’il avait un bandage sur la tête qui devait le faire ressembler à Caliméro et sa coquille d’oeuf. Pas très sexy comme apparence mais bon le charme de l’écossais était principalement contenu dans son sourire et son regard. Cela pouvait peut-être passer ? Il lui aurait également bien demandé si elle était célibataire mais cela n'aurait pas été très gentleman. Il se tourna vers Wyatt et lui fit un petit clin d’œil complice. Si c’était bien ce qu’il avait sous-entendu, il était désormais servi, non ?

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Mar 19 Juin - 15:35

J'avais simplement répondu par un haussement d'épaules à la question de mon père. S'il ne comprenait pas le sens caché de ma phrase, je ne pouvais lui en dire davantage au risque de fournir des données qu'il n'était pas en mesure d'encaisser pour le moment. Je ne pouvais pas lui dire d'aller draguer ma prof car l'enfant que j'étais n'aurait jamais fait cette proposition. Au contraire, j'éloignais mon père de mes professeurs pour qu'ils ne lui racontent pas à quel point j'étais turbulent en cours. Je n'avais même pas besoin de le tenir à l'écart en fait, car il se faisait convoquer une fois par mois au minimum en ce qui concernait mes frasques. Je n'avais donc plus qu'à me taire, ouvrir la marche pour sortir de cet hôpital et m'asseoir bien sagement à l'arrière de la voiture. Ce que je fis. Je pris même soin de m'attacher en soupirant avant de braquer mes yeux en direction de la fenêtre pour contempler le paysage urbain qui défilait sous mes yeux.

La voix de mon père me sortit de mes pensées. Je tournais les yeux vers lui et là je m'aperçus qu'il ne s'était pas attaché. Ben tiens, comme si une amnésie ne suffisait pas à son état. Il voulait passer par le pare brise si Anne était obligé de freiner brusquement ? Apparemment, son coup sur la tête lui avait fait perdre les notions de sécurité et là je détestais que de nous deux ça soit moi le plus responsable sur le moment. Je poussais un soupir bruyant, comme pour lui signifier que sa plaisanterie n'était pas à mon goût. Elle ne l'était pas de toute façon. « J'ai horriblement peur papa.... Non en fait oncle Ross ! Et no comment sur la conduite de Anne, elle risquerait de me saquer à mon prochain devoir sinon... » J'adressais un léger sourire à ma future belle mère par l'intermédiaire du rétroviseur. Puis je retournais dans mon coin, laissant « les grands » discuter et parler de psychologie. J'étais à la limite de faire comme quand j'étais tout petit et que je ne voulais pas écouter une conversation, me mettre les mains sur les oreilles pour me les boucher. Je voulais qu'on me rende mon père quarantenaire, pas cet homme d'un âge inconnu qui m'insupportait. Pourquoi je ne savais pas. J'étais partagé entre l'inquiétude et l'exaspération et c'était cette dernière qui prédominait à cet instant, supplantant la première.

Je n'avais pas d'autre choix que d'écouter leur conversation même si je tentais de me concentrer sur autre chose. Genre une chanson qui me trottait dans la tête mais dont je ne me souvenais plus les paroles. Vous savez, quand vous avez cette impression de connaître la chanson et qu'en réalité, vous êtes incapable de sortir les paroles et l'air n'est en fait qu'une approximation que vous fredonnez. Voilà encore une chose exaspérante pour moi mais qui était supportable et qui m'évitait de trop écouter ce que les deux autres se disaient. Pourtant, leurs paroles me parvenaient bien et aux derniers propos de mon père, j'avalais ma salive de travers, partant dans une quinte de toux et manquant m'étouffer. Il me fallut quelques secondes pour reprendre mon souffle. J'étais rouge et je n'en revenais pas ce que je venais d'entendre. Soit je découvrais la personnalité de mon père, soit l'amnésie lui donnait des ailes pour draguer. Quelle option choisir ? Aucune, je ne voulais pas le faire car ce n'était pas ça qui m'interpellait le plus. Je bougeais de mon siège, mes mains se posant sur celui d'Anne. Je m'avançais vers elle, côté conducteur, ma tête s'approchant de la sienne.

« Il va falloir qu'on parle une fois à la maison... Car je ne survivrai pas à ça ! Si je lui colle mon poing dans la figure, tu crois que ça lui remettrait les idées en place ? » murmurais-je à son attention pour que Ross n'entende pas.

Frapper mon père. Ce n'était pas comme si je ne l'avais jamais fait non ? Au Blue Lake quelques mois en arrière, je lui avais bien collé mon poing dans la figure. C'était la première fois de ma vie que je me retournais contre lui. Si je regrettais ce geste, il n'y avait aucun doute pour celui que je proposais de faire. Si c'était pour la bonne cause et rendre le vieux Ross McGregor que nous connaissions, je voulais bien me dévouer quitte à ce qu'il me prive de sorties comme quand j'étais plus jeune et qu'il m'en veuille une journée. Je bougeais, et détachant ma ceinture, je m'avançais cette fois entre les deux sièges, passant ma tête et mon regard tourné en direction de mon père.

« Et tu fais quoi de moi si tu invites Anne à dîner ? Tu me trouves une nourrice pour la soirée ? Dis, j'pourrais jouer aux jeux video toute la nuit ? Et j'peux avoir un p'tit frère aussi ? J'en ai marre d'être fils unique. »

Immense sourire en direction de Ross. Connerie sortie, je n'avais plus qu'à m'affaler au fond de mon siège et attendre d'arriver à la maison pour me taper la tête contre un mur. Non car si je le faisais contre la vitre de la voiture et la brisais, j'aurais Anne sur le dos. Alors autant éviter n'est-ce pas.
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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Jeu 21 Juin - 16:45

Je me mis à sourire doucement lorsque Ross demanda à Wyatt s'il n'avait pas peur en voiture. N'avait-il pas remarqué que son fils le dépassait largement en taille ? Je voulais bien admettre que l'amnésie y était pour beaucoup, mais là... C'était un peu exagéré ! Mais il ne se contenta pas de cela. Il fit une généralité sur les femmes et leur manière de conduite, qui me crispa un peu plus. Même si Ross me faisait un compliment avec sa phrase, je n'aimais pas beaucoup. Et Wyatt qui pensait que j'allais prendre ceci en considération pour noter ses copies. Mais il me prenait pour qui sérieusement ?

- « De un, si tu récoltes une mauvaise note à l'un de tes devoirs, c'est uniquement sur la qualité de celui-ci. Il n'est pas dans mon attention de te pénaliser ou de te favoriser., dis-je en regardant Wyatt dans le rétroviseur.
- « Et de deux, les hommes provoquent 3,5 fois plus d'accidents que les femmes. Maintenant que la vérité est rétablie, j'apprécierai que vous vous teniez un peu tranquille sur votre siège comme l'adulte que vous êtes et de mettre votre ceinture. Il ne faudrait pas montrer le mauvais exemple à votre fils, n'est ce pas ? », terminais-je en lui lançant un clin d'œil.

Il m'avait cherché. Indirectement certes, mais tout de même. Dans la mesure où il ne se souvenait pas de moi, je lui montrais que j'étais toujours une femme de caractère. Un excellent caractère, d'ailleurs ! Mon intention n'était pas de le mettre mal à l'aise, mais auparavant nous aimions nous chamailler, nous chercher. J'imagine que c'était notre manière de nous séduire mutuellement, de nous asticoter avant que tout finisse pas déraper vers le lit. Peut être qu'en reprenant nos bonnes vieilles habitudes, il se souviendrait. Peut être qu'en lui faisant revivre certaines moments forts de sa vie, sa mémoire lui reviendrait.

Le problème c'est que j'ignorais où il en était. En quelle année étions nous pour lui ? Aussi je me mis à le questionner sur son activité professionnelle. Etait-il déjà professeur à l'UCLA ou simple psychologue ? Sa réponse ne se fit pas attendre. Il ne se rappelait plus qu'il détenait une chaire à l'université, donc nous étions au moins retourner une décennie plus tôt. Tout ça allait être terriblement compliqué à expliquer. Comment dire au doyen que l'un de ses enseignants ne pouvait pas assurer à cause d'une amnésie. C'était... une histoire de fou.


- « La psychologie ne m'a jamais fait peur. Au contraire ! Elle m'a bien aidé... par le passé. », je fis une pause au souvenir des conseils que Ross me prodiguait pour mieux comprendre mes enfants.
- « Sinon, je suis professeur de microbiologie, immunologie et génétique moléculaire à l'UCLA depuis le début de l'année. C'est assez sympa, le rythme est correct et je suis certaine que vous trouver une place là bas, ce ne sera pas un problème. Je pourrais peut être parler au doyen en votre faveur si vous le souhaitez réellement.

Ne rien précipiter, mais commencer à jeter les bases. Ainsi, je pourrais tenir au courant le doyen de la situation et nous agirons en conséquence. Pour le moment, j'allais devoir la jouer tranquille. Surtout qu'il ne semblait pas inquiet sur les propos de la radio. Oui, tout ceci ne pouvait être qu'une blague. Quoiqu'il en soit, Ross me pris légèrement au dépourvus lorsqu'il me demanda mes projets pour la soirée. Se souvenait-il ? Non, bien sur que non ! Sinon, il n'aurait pas employé le « vous ». En gros, je lui étais inconnue et il me proposait déjà un rencart. Il pouvait être fou, spontané, mais de le dire aussi directement en pareilles circonstances, avec Wyatt derrière ! Là, ça dépassait tout ce que j'aurais pu imaginer !

Wyatt commença à s'étouffer, sûrement à cause des propos tenus par son père. Je le regardais dans le rétroviseur afin de voir s'il avait une idée, un plan à me communiquer. Voulait-il que je reste ou que je refuse ? A force, je ne savais plus quoi penser. Je lançais un regard en coin à Ross et priait pour qu'il s'inquiète pour l'état de santé de son fils. Je sentis le jeune homme venir près de moi pour me murmurer quelques mots. Comme si frapper son père allait arranger les choses ! Ça le pourrait ? Non, je refusais de penser à cette option. Quoique... Non. Stop. On arrête de réfléchir à ça. On ne lui fera rien de plus. On serait encore capable d'aggraver les choses.


- « Tu fais ça et quand il se réveillera, il se demandera pourquoi tu n'as pas de couche culotte. C'est sur que le frapper arrangerait les choses. », raillais-je.

Heureusement pour moi, Ross ne me poussait pas à lui répondre. Si bien que Wyatt, lui demanda ce qu'il ferait si nous venions à sortir ensemble. C'est à ce moment là que nous arrivâmes dans la rue du psychologue. Encore quelques mètres... Mais lorsque Wyatt parla d'un petit frère, mon pied écrasa brusquement sur la pédale de frein. Encore heureux que tout le monde avait sa ceinture. Je fis une petite moue avant de remettre le contact et d'entrer dans la propriété. C'est là que je me rendis compte d'un petit détail. J'avais réussi à faire toute la route de moi même sans aucune aide. Mais dans la mesure où Ross n'avait pas pris au sérieux les journalistes, il pensera certainement que mon petit doigt m'a soufflé le chemin.


- « Sinon pour ce soir, je n'ai rien de prévu. Pourquoi cette question ? »

Tout simplement, sans chichis et en parfaite innocence. Pour la simplicité et l'absence de chichis d'accord, mais pour la simplicité, j'allais certainement devoir repasser...
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Dim 24 Juin - 13:21

Concernant le sous-entendu de Wyatt, Ross resta sur sa faim. Qu’avait-il voulu dire par « ne lui propose pas seulement tes services de psychologue » ? L’écossais avait envisagé une possibilité mais il n’insista pas. Ce ne devait pas être très important puisque son fils haussa les épaules. Anne avait rejoint les deux hommes et ils quittèrent l’hôpital sans plus attendre. Installés dans la voiture de la jeune femme, la conversation s’engagea. Certaines paroles déstabilisèrent l’écossais. Sa petite plaisanterie sur la conduite des femmes ne fut pas appréciée. Il aurait pu éviter ce cliché mais il n’avait pas pu s’en empêcher ; ce n’était pas méchant, c’était pour rire. Gros flop ! Tant pis, au moins il découvrait plusieurs choses. Miss Williams ne faisait pas partie des enseignants influençables qui se laissaient mener par le bout du nez par ses élèves. Elle se montrait responsable voire protectrice. Ross aimait les femmes de caractère. Elles n’étaient pas toujours faciles à vivre mais, au moins, il ne s’ennuyait pas avec elles. Il apprenait toujours de ce genre de personnes, ce qui lui permettait de se remettre en question et d’évoluer. Au charmant clin d’œil de la jeune femme, l’amnésique esquissa un sourire amusé et complice. Elle avait entièrement raison, il devait montrer l’exemple. Il s’installa alors correctement sur son siège et remit sa ceinture.

Au fait ! Pourquoi Wyatt l’appelait papa et oncle Ross ? Etrange ! Jusqu’à présent, l’écossais n’y avait prêté aucune attention. Confus, il ne dit rien. Même s’il évoquait rarement le sujet, il savait que Wyatt rêvait de connaître son père. Etait-ce l’accident de l’écossais qui le poussait à exprimer ses désirs ? Peut-être. Mais… mais pourquoi n’était-il pas au courant. Depuis le temps que sa mère était morte, il lui avait dit qui il était vraiment, non ? Froncement de sourcils devant cette énigme. Cherchant au plus profond de sa mémoire, la promesse faite à Nicole refit surface. Quelle idée d’avoir décidé de ne rien révéler à Wyatt ! Cette promesse n’avait pas de sens, elle était ridicule. Le gamin n’était pas né d’un inceste ou d’un viol. Il avait le droit de savoir qui était son père. Ce n’était pas compliqué de dire la vérité. Il serait sans doute ravi d’apprendre que son oncle était en réalité son père. Alors pourquoi attendre plus longtemps et le laisser s’embrouiller avec ses sentiments.

- Tu sais, tu peux m’appeler papa puisque je suis ton père. Dit-il avec légèreté comme si c’était une évidence.

En tant que psychologue, il était conscient que ce genre de secrets était lourd à porter. Ils détruisaient trop souvent les relations entre les membres d’une famille. Tous les humains étaient en droit de connaître leurs origines. Celles-ci étaient nécessaires à l’équilibre et l’épanouissement. Lorsqu’elle était difficile à avouer, elle devait être dite de façon à ne pas trop heurter la sensibilité. La naissance de Wyatt n’étant pas consécutive à un drame, il n’y avait aucune raison pour qu’il le prenne mal. Ross se montrait insouciant et ne ressentait aucune gêne. Au contraire, il avait l’impression que le coup reçu sur la tête lui avait remis les idées en place.

Il était ravi d’apprendre que la belle conductrice n’avait rien contre les psys. C’était une bonne chose ! Il n’y avait pas pire que quelqu’un d’allergique à tout ce qui commençait par psy. En général, ces personnes avaient des problèmes mais refusaient d’y faire face.

- Tant mieux alors ! Si vous avez besoin de conseils, n’hésitez-pas. Je me ferais un plaisir de vous les prodiguer. Enfin, si je peux… L’esprit humain est tellement complexe, chaque personne étant unique, la psychologie n’a pas réponse à tout. Ce serait trop beau !
Dit-il cordialement.

Ross était emballé à l’idée de pouvoir rendre service à la jeune femme. De plus, cela lui permettrait de passer un peu de temps avec elle afin de faire plus ample connaissance. Devenir professeur à l’Ucla serait l’occasion de rencontrer Anne plus souvent. Ce serait également l’occasion de faire autre chose que des consultations privées qui lui bouffaient plus de temps qu’il ne le souhaitait.

- Ce serait extrêmement gentil de votre part si vous pouviez en toucher deux mots au doyen. Je n’ai jamais enseigné mais j’ai déjà donné quelques conférences. Je n’ai encore jamais mis les pieds à l’Ucla, on pourrait peut-être y aller ensemble. Comme ça vous me servirez de guide. Vous me ferez visiter, vous me présenterez vos collègues et vous m’expliquerez ce que je dois savoir sur les méthodes pédagogiques de cette univer…si…té.

Univesité ! Université ? L’Ucla était une université, pas de doute. Comment se faisait-il qu’Anne soit le professeur de Wyatt ? Le jeune homme n’avait pas encore l’âge. Cette incohérence était une nouvelle énigme. Cherchant une explication logique à tout cet imbroglio, l’écossais resta interdit un moment. Il ne prêta aucune attention aux chuchotements d’Anne et de Wyatt. Concentré sur ses recherches intérieures, il n’étendit rien. Pourquoi n’arrivait-il pas à faire de simples rapprochements ? Que se passait-il dans sa tête ? Ok, il savait qu’il avait pris un coup et qu’il ne se souvenait pas comment c’était arrivé, mais il n’avait pas perdu la mémoire. Il se souvenait de trop de choses pour penser être amnésique. Si personne ne lui expliquait une nouvelle fois, il n’intégrerait pas cette donnée permettant de comprendre les dysfonctionnements actuels de son cerveau. Pour éviter de s’énerver devant ce problème, il préféra le mettre de côté. Il étudierait tous les paramètres tranquillement, une fois à la maison. Ah voilà ! Ils étaient arrivés à destination.

- Je me disais que ce serait sympa si vous acceptiez de dîner avec moi, Anne. Cette maison manque cruellement d’une femme. Mais ne vous inquiétez pas, je ne vous demanderai pas de faire le service. Répondit-il sans cacher son enthousiasme et son attrait pour la française.
- T’inquiète pas fiston, j’ai pas l’intention de sortir. Si Anne est d’accord, on restera tranquillement à la maison. Et si elle n'aime pas conduire la nuit, elle peut rester dormir ici. T’es pas obligé de te mettre à table avec nous si tu veux faire autre chose. Je sais bien que c’est pas toujours marrant de se farcir une conversation d’adultes. Et pour le petit frère ou la petite sœur, tu sais bien que ça ne se fait pas tout seul. Va falloir te montrer patient. Conseilla-t-il d’un air amusé.

Qu’est-ce qu’il lui prenait d’aborder ce sujet maintenant ? Ah oui ! Wyatt adorait charrier Ross. Dès que l’occasion se présentait, il ne se faisait pas prier pour dire ce dont il avait envie. Où était l’occasion d’ailleurs ? Ross posa son regard sur Anne. Effectivement, elle était une très belle occasion. Faire un enfant à cette femme pourrait donner quelque chose de réussi non ? Oui mais bon, avant de se retrouver dans le même lit, il faudrait déjà que les deux adultes soient attirés l’un vers l’autre. Ross l'était indéniablement, mais Anne, rien ne le montrait. Si ça se trouvait elle était mariée et mère de famille. Et puis, on ne décidait pas de faire un gosse comme on décidait d’aller faire une partie de tennis. C’était un tout petit peu plus complexe.

Ross descendit de la voiture et ouvrit le portail pour laisser la jeune femme rentrer sa voiture. Il lui montra le chemin en marchant devant le véhicule. Que c’était bon de se retrouver chez soi ! L’écossais avait l’impression de ne pas y avoir mis les pieds depuis des lustres. Dès que le moteur fut coupé, il s’empressa d’ouvrir la portière à la française et tendit la main pour l’aider à descendre.

- On pourrait peut-être se tutoyer? Ce serait plus cool non ? Proposa-t-il en l’accompagnant à l’intérieur de la maison.
- On va fêter notre retour. Ok ? Dit-il avant de se diriger vers la cuisine.

Là il vit un chiot couché dans un coin. Il s’en approcha et lui prodigua une caresse. Ross aimait les animaux et ce petit chien était craquant. A tous les coups, son fils avait dû le trouver dans la rue et ramené à la maison.

- Wyatt, C’est quoi ce chien qui traîne dans la cuisine ? Vous voulez manger quoi ? On commande italien, libanais, chinois ou japonais ? Demanda-t-il à travers les murs tout en préparant un cocktail sans alcool et quelques amuses-gueules.

Ross n'avait pas envie de préparer quelque chose. Il ne comptait pas sur son fils non plus. Il faudrait qu'il embauche un nouveau majordome d'ailleurs. Même s'il n'avait pas spécialement faim, ayant invité Anne, il ne pouvait pas décemment lui proposer une assiette vide.

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Mer 27 Juin - 7:59

Blasé. Je l'étais complètement et définitivement au fil des minutes. Et rien ne pouvait m'empêcher de ne pas l'être. La première chose qui me blasait, et c'était pas la moindre, c'était Anne ! Ma vision des choses avait peut être changée. Peut être que j'étais trop petit à l'époque pour tout comprendre. Mais qu'est-ce qu'elle paraissait chiante à toujours parler sérieusement. Est-ce que ça ne lui arrivait jamais de se détendre et de rire un peu ? Apparemment non car elle ne trouva rien de mieux qu'à nous sortir des statistiques sur la conduite. A croire qu'elle était une machine répétant ce qu'elle avait enregistré. Je n'avais rien contre elle mais à cet instant je me demandais ce que mon père lui trouvait. Nous avions l'habitude de nous charrier tous les deux et là il faisait entrer dans notre vie une personne beaucoup trop sérieuse. J'espérais pour lui qu'elle était un peu moins coincée au lit sinon il devait fichtrement s'ennuyer le pauvre. Et qu'est-ce que tout ça allait donner si elle n'apprenait pas à se détendre un peu ? Certes elle avait perdu son mari, mais mon père était là, elle l'aimait et était enceinte de lui, ça ne lui suffisait pas ? Certes le domaine avait brûlé. Le gymnase avait brûlé aussi et j'avais perdu des amis. Certes Ross avait un problème de mémoire, mais est-ce que j'en demeurais bloqué pour autant ? C'était justement en n'ayant pas un comportement habituel avec lui qu'il allait se poser une foule de questions. Car je le connaissais ce McGregor. Il ne parlait pas beaucoup mais qu'est-ce que ça pouvait cogiter dans sa tête ! Davantage que dans la mienne.

J'étais blasé également par cette déclaration si naturelle que Ross fit pour me dire qu'il était mon père. Il lui avait fallu dix huit ans pour arriver à cracher le morceau. Il l'avait fait alors qu'il était sur le point de me perdre et qu'il n'en pouvait plus de ses mensonges. Et là il me le sortait comme ça, comme s'il était dans une supérette à réclamer un morceau de viande au boucher. C'était blasant. Tout comme cette bêtise que fit Anne en parlant de son métier à l'université. Mais bien sûr, elle était prof d'immunologie et c'était une matière qu'on enseignait à des enfants de moins de dix ans. C'était fan-tas-ti-que. J'avais secoué légèrement la tête à cette annonce, pensant qu'elle était en train de faire une grosse gaffe. Heureusement mon père ne releva pas ou alors il fit semblant de n'avoir rien remarqué. Je l'observais un instant mais je n'arrivais pas à lire ce qu'il pensait rien qu'à son visage. J'allais devoir ronger mon train, tout en continuant à sortir des conneries. Comme cette histoire de nourrice, de jeux video et de petit frère. Et voilà que Ross proposait à Anne de dormir à la maison si elle ne voulait pas conduire la nuit. Dans la même chambre que lui ? Je levais les yeux au ciel et soupirais bruyamment, signifiant à quel point cette situation m'amusait sans vraiment le faire. Peu de chances que mon père remarque mon comportement, il semblait obnubilé par Anne. Amnésique ou pas, il y avait au moins ça qui ne changeait pas. Et moi je me sentais à cet instant comme la cinquième roue du carrosse. Ou celui qui allait tenir la chandelle. Et vous pouvez me croire, c'est guère confortable de ressentir cette impression. J'avais l'impression d'être de trop dans ma propre maison. L'envie de partir en courant commençait à se faire sentir. Et sans doute aurais-je déjà tourné les talons pour aller prendre l'air si mon père ne m'avait pas interrogé sur le chiot. Je l'avais complètement oublié celui-ci. Et c'est à moi qu'on posait la question alors que c'était eux qui l'avaient ramené.

« Euh, je l'ai recueilli. Il était dans la rue, tout seul et affamé. Je pouvais pas le laisser tout seul. » L'explication était basique. C'était la première qui m'était passée par la tête. Elle conviendrait sinon je laisserai belle-maman expliquer à un amnésique pourquoi un chiot se trouvait dans la cuisine. « J'ai pas faim, mangez sans moi. » J'adressai un regard à mon père, le soutenant bien avant de reprendre la parole. « Je sais que c'est pas bien de sauter un repas alors que je suis en pleine croissance. Je grignoterai un truc plus tard.  Si vous me cherchez je suis dans ma chambre. Mais je doute qu'on me cherche... » Non parce qu'à voir comment Ross regardait Anne, j'aurais à peine quitté la pièce qu'il m'aurait oublié pour reporter son attention sur elle. Chose que je fis. Je les plantais là, avec leur chiot et pris la direction de ma chambre. La porte claqua derrière moi. Plutôt que de prendre les écouteurs pour mettre la musique, j'optais pour la chaine hifi. Et je montais le volume beaucoup trop fort. Au moins je ne les entendrai pas se draguer à demi-mots. Je me laissais tomber sur mon lit, ma tête s'enfouissant contre l'oreiller alors que la musique emplissait la pièce. «  Do you ever feel out of place? Like somehow you just don't belong And no one understands you Do you ever wanna run away? Do you lock yourself in your room? With the radio on turned up so loud. That no one hears you screaming » Je montais le volume encore d'un cran. « Welcome to my life ! »
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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Sam 30 Juin - 15:24

Mon message était passé comme une lettre à la poste, voir mieux vu la qualité du service par moment. Peut être que son corps et son esprit se souvenaient davantage de moi que je le croyais. Peut être même qu'il allait répliquer... Mais non. Dommage. Il aurait été tellement rassurant de partir sur une joute verbale comme au bon vieux temps. Cela m'aurait rassuré quant à ses souvenirs et m'aurait donné l'occasion d'espérer une amélioration dans les heures qui suivraient. Combien de temps, cela allait durer. Je faisais tout pour ne pas montrer mon inquiétude afin d'éviter qu'il se rende compte de quelque chose. J'en vins même à changer la station de radio pour en mettre une uniquement musicale. Par contre, je en pu retenir mon étonnement lorsqu'il sortit tout de go qu'il était le père de Wyatt. J'en croyais pas mes yeux ! Il avait mis dix huit ans pour avouer à Wyatt qu'il était son père et là, il n'hésitait pas à lui signifier comme si de rien n'était ? Son cerveau semblait plus atteint que je ne le pensais. La pensée qui traversa mon esprit me fit frisonner : Et s'il n'arrivait plus à se souvenir des années perdues, que se passera -t-il ?

Ross me fit oublier tout ça en me demandant si je n'avais rien contre les psys. Si j'avais réellement quelque chose contre eux, ils seraient trop tard de toute manière puisque je suis enceinte d'un psy... Mais ce qui me fit doucement rire ce fut son envie de m'aider. Essayait-il de se rendre indispensable à mes yeux ? Ross McGregor me ferait-il des avances ? Si seulement il savait que ce petit jeu était inutile. J'étais dedans jusqu'au cou puisque j'étais prête à jouer un rôle dans le seul but de le protéger. Je lui parlais également de mon poste d'enseignant à l'UCLA et de mon envie de parler de lui. Ross avait besoin de retrouver ses repères le plus rapidement possible. En le confrontant à son quotidien, il finirait par retrouver sa mémoire. Du moins, c'est ce que j'espérais. Lui cacher toutes ces informations ne seraient pas une bonne chose. Il avait réellement besoin de retrouver son poste d'enseignant pour stimuler sa mémoire. De toute manière, Wyatt n'était plus un gosse alors l'imaginer en maternelle alors qu'il dépassait Ross serait encore plus stupide que de lui parler de l'université. Ross avait déjà remarqué la différence de taille de Wyatt. En faisant la somme des détails divergents, il finirait par comprendre de lui même qu'il y a un problème et lorsqu'il posera la question, il ne s'agira pas de lui mentir. Car finalement, le mensonge ne menait nul part. Wyatt sera normalement le premier à en convenir...


- « Ne vous inquiétez pas, je m'occuperais bien de vous. Je ne suis pas le genre de femme qui laisse autrui dans la galère et si vous avez des questions, je vous répondrais franchement. »

Puis arriva la question sur mes projets pour la soirée. Était-ce ma chance de ne pas repartir chez moi ? Dans un sens, c'était l'occasion, mais dans un autre, dans la mesure où on n'était pas censé se connaître, dormir chez lui reviendrait-il à dire que j'étais une femme facile ? Le fait qu'il me dise également que sa maison manquait cruellement d'une présence féminine me fit doucement sourire. Celle du petit frère ou de la petite sœur m'inquiéta un peu plus. Comme si être enceinte ne suffisait pas à me mettre les hormones à rude épreuve, Ross voulait également jouer avec mes nerfs. Il sortit de la voiture pour ouvrir le portail et me montrer le chemin. Peut être qu'en le renversant, ses idées se remettraient en place, non ? Bon d'accord... Par contre, c'était l'occasion où jamais de parler avec Wyatt.

- « Comme je l'ai dis tout à l'heure, je ne compte pas mentir à ton père s'il me pose des questions. Plus on le confrontera à son quotidien, plus vite il retrouvera des sensations et je l'espère la mémoire. Je ne suis pas experte en la matière, mais je crois que c'est ce qui lui faut. Je vais rester avec vous cette nuit pour ne pas te laisser seul. Ça te convient ou tu préfères que je m'en aille ? »

Autant lui demander. Je n'avais aucune envie de m'imposer et Wyatt avait le droit d'avoir un avis sur la question. S'il préférait rester seul avec son père, j'étais prête à m'en aller. Je ne voulais rien faire qui puisse lui faire croire que je voulais l'exclure de la vie de son père. Il était le fils de Ross et donc, il était aussi important pour moi.

Aussitôt le moteur coupé, mon amour vint m'aider à descendre de la voiture. Je le savais attentionnée, mais pas au point d'ouvrir la porte. C'était étrange. Je saisis doucement sa main en le regardant droit dans les yeux. J'aimais cet homme, mais je voulais retrouver mon Ross. Même s'il n'en avait pas conscience, cette situation ne devait pas être confortable. Une fois sortie de la voiture, nos corps étaient si proches qu'il aurait suffit que je me mette sur la pointe des pieds pour l'embrasser. J'en avais tellement envie. Cela me faisait rager de le savoir si loin de moi alors que quelques centimètres nous séparaient. Je me contentais de murmurer :


- « Si c'est ce que tu veux, je n'y vois aucun inconvénient, Ross »

Nous prîmes le chemin de la maison pour nous retrouver dans la cuisine. Cuisine où se trouvait Chivas... Ross mit la présence du chien sur le dos de Wyatt qui pourtant n'avait rien à voir avec cette affaire. Je me tournais vers le jeune homme avec une mine lui montrant que j'étais désolée que ça lui tombe dessus. D'ailleurs, il ne voulait pas de joindre à nous pour le repas. Ma présence devait finalement le gêner.

- « T'es sûr que tu ne veux pas te joindre à nous ? »

Voilà que je me sentais coupable. Cela commençait à devenir récurrent comme sentiment. J'aimerais bien une journée sans catastrophe et sans violence. Était-ce trop demandé ?

- « Peut être que ton fils aurait aimé rester seul avec toi ce soir. Il était inquiet pour toi à l'hôpital et là, je débarque... »

Je parlais à Ross naturellement comme si nous nous connaissions depuis des années. C'était le cas, mais il ne s'en souvenait pas. Pourtant, à l'écoute de mes propos, il ne faisait aucun doute que c'était beaucoup plus qu'une rencontre datant d'il y a à peine une heure. Je m'étais d'ailleurs instinctivement rapprochée de lui et lui avait pris la main que je caressais doucement. Je me rendis compte de mon attitude trop tard. Tout ceci devait être étrange pour lui.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Dim 1 Juil - 0:08

L’idée de devenir professeur à l’Ucla plut à l’écossais. Avec un grand sourire, d’un signe de tête, il remercia Anne pour sa proposition. Ce n’était pas encore fait, mais il était persuadé qu’elle réussirait à convaincre le doyen de l’université. Cette femme avait du caractère et du charme. Il ne faisait aucun doute qu’elle obtenait ce qu’elle voulait. Alors qu’il marchait devant la voiture pour la guider, il s’imaginait déjà dans un amphi à donner des cours magistraux à grand renfort de documentaires, de témoignages, d’exemples, de simulations et de mises en situation pour éviter que les étudiants ne s’endorment pendant ses cours. La psychologie était intéressante dans sa globalité mais, comme toutes les matières, elle comportait des chapitres ennuyeux. L’écossais se souvenait d’avoir eu un professeur parlant d’une voix monocorde. Il connaissait à fond son sujet mais c’était un supplice d’assister à ses cours et de lutter contre le sommeil. Une fois sur deux, le jeune Ross perdait la bataille contre Morphée. A l’époque, il s’était dit que si un jour il devenait prof, il ferait tout pour rendre ses cours interactifs et passionnants. Il s’était dit également qu’il prendrait le temps de recevoir chaque étudiant afin de faire leur connaissance. Ce n’était pas en les apercevant durant les cours que le contact pouvait s’établir. Pourtant ce contact était nécessaire pour faire passer le courant. Il ferait en sorte aussi qu’aucun de ses élèves ne se sente isolé ou perdu. Il mettrait un point d’honneur pour effacer les sentiments d’échec. Et si toutefois cela ne pouvait être évité, il jouerait les conseillers d’orientation. Plus il avançait et plus il se voyait prof à l’Ucla.

Retour vers le présent. Ross aida Anne à descendre de la voiture. Leurs regards plongèrent l’un dans l’autre. Leurs corps se frôlèrent. La française était si proche de l’écossais qu’il pouvait deviner la douceur de sa peau et humer le parfum qui s’en dégageait. La mémoire des sens, et pour l’heure celle de l’odorat, était rassurante, apaisante et envoûtante à la fois. Il n’y avait pas de doute, cette femme attirait cet homme comme un aimant. S’il s’était trouvé seul avec elle, il l'aurait sans doute prise dans ses bras pour l’embrasser. Se prendre une baffe pour tant de témérité, il n’y aurait même pas pensé. Il aurait simplement laissé parler son corps. Qui ne tente rien n’a rien, n’est-ce pas ? A voir.. Plus tard ! Il n’y avait pas le feu au lac non plus.

En attendant, direction la cuisine. Le chiot recueillit par Wyatt s’y trouvait. Il était mignon et attachant. Pas étonnant que son fils n’ait pas pu résister à l’envie de le ramener à la maison ! Cette boule de poils était craquante. Jusqu’à présent, aucun animal n’avait partagé la vie des deux hommes. L’occasion ne s’était jamais présentée. C’était peut-être une bonne idée de le garder. Il ferait un bon compagnon pour Wyatt et son père ne serait pas contre d’avoir un chien gardant la maison quand personne ne s’y trouvait.

Wyatt n’avait pas faim. Alors ça ! L’écossais n’aimait pas trop. Un adolescent sautant un repas n’était jamais bon signe. Se doutant que son père allait lui en faire la remarque, l’adolescent anticipa en précisant qu’il mangerait plus tard. Ross espérait qu’il le ferait et que ce n’était pas la présence d’Anne qui l’ennuyait. Une femme chez eux n’était pas monnaie courante. Peut-être qu’inconsciemment le fils aurait aimé rester seul avec son père. Ou alors, il était fatigué d’avoir passé sa journée à l’hôpital et souhaitait simplement se reposer. Se reposer avec la musique à tue-tête *Bah voyons ! On y croit *. Oui autant retenir cette option ! Il avait invité Anne à dîner, il ne pouvait pas décemment la laisser tomber. Ah non alors ! Il avait bien l’intention de faire plus ample connaissance avec elle.

- T’inquiètes pas pour mon fils, Anne. Quand il a quelque chose à dire, il ne se gène pas en général. Voilà, les mises en bouche sont prêtes. Allons nous installer dans le salon, on sera mieux que dans la cuisine. Et toi le chien, je vais te donner les restes, tu vas te régaler aussi.

Ce qu’il fit avant de se rendre dans le salon, de poser le plateau sur la table basse et de s’installer sur le canapé en faisant signe à Anne d’en faire autant. Ross observa tous les faits et gestes de la jeune femme. Elle dégageait une aura bienveillante et déterminée, cependant elle semblait préoccupée. Etait-ce le fait que Wyatt ne dîne pas avec eux ? Peut-être. Après tout, elle avait pris du temps pour accompagner son élève à l’hôpital. Et si elle avait accepté de passer la soirée ici, c’était sans doute plus pour tenir compagnie à son élève qu’à son père. Maintenant que le jeune homme n’était plus là, peut-être regrettait-elle d’avoir accepter. Ross espérait que non. Durant quelques secondes, il ne cessa de regarder la jeune femme. Son allure altière et élégante avait quelque chose d’hypnotique. Sa façon d’évoluer lui était familière. C’était troublant et charmant à la fois. S’il n’était pas un gentilhomme, il lui sauterait dessus pour l’embrasser. Il n’en fit rien bien sûr, ce n’était pas son genre. Mais ça, c'était avant ; avant son accident. Tel un adolescent ne pouvant réfréner ses pulsions, Ross se pencha vers Anne et lui vola un baiser. S’apercevant que son comportement ne pouvait être que gênant pour Anne, il se redressa.

- Excuse-moi. Ca ne se fait pas... Dit-il avec un petit sourire ennuyé en baissant la tête.
- ... désolé, pardon, pardon, pardon. Ce n'est pas digne de moi et encore moins de toi... Quelque chose me chiffonne.... Je peux te parler franchement ?
Il avait posé la question en reportant son regard sur la jeune femme, mais c'était inutile. Inconsciemment, il savait qu’il pouvait faire confiance à la française. Aussi continua-t-il sur sa lancée.
- Je ne sais pas si c’est le coup sur la tête ou quoi, mais bon, j’ai le sentiment qu’on s’est déjà rencontré. Non en fait, c’est pas tout à fait ça. J’ai l’impression que quelque chose nous lie. C’est bizarre comme sensation… Je t’ai rencontrée aujourd’hui et pourtant j’ai l’impression de te connaître depuis longtemps. Dit-il sincèrement avec une pointe d’angoisse.

Effectivement, Ross pensait ce qu’il disait. Il n’avait rien caché de ce qu’il ressentait. Le connaissant, ce pouvait être inquiétant. Il n’était pas le genre d’homme a exposer ses ressentis à n’importe qui.

- Dans une autre vie peut-être ? Ajouta-t-il en souriant

Il était préférable de jouer la carte de la plaisanterie pour ne pas que la jeune femme le prenne pour un fou. Ce serait dommage qu’elle le fasse enfermer quand même ! Même s’il avait perdu la mémoire, il ne méritait pas un tel traitement. La musique provenant de la chambre de son fils le fit réagir.

- Mais j’y pense ! Je n’ai encore rien commandé. Qu’est-ce que tu aimerais manger ? Moi, j’ai pas très faim, mais il faut que je prenne quelque chose pour Wyatt.
L’écossais prit son téléphone et passa la commande pour trois personnes. S’il n’avait pas faim maintenant, tout comme son fils, il pourrait manger plus tard.

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Dim 1 Juil - 19:12

Je n'aurai jamais imaginé que Wyatt puisse me laisser seule avec son père après les évènements de la journée. Je nous aurais plutôt vu passer la soirée tranquillement tous les trois autour d'un repas et nous nous serions occupés de rétablir la vérité auprès de Ross. Désormais, il était dans un lieu où il se sentait en sécurité, lieu qui lui était familier et où il pouvait relâcher la tension. Cette conversation ne pouvait avoir lieu à l'hôpital pour toutes ces raisons. Sauf que là, je me retrouvais avec un Ross qui avait d'autres choses en tête que de s'occuper à régler les dysfonctionnements de sa mémoire. Le fait que Wyatt soit plus grand, qu'il aille à la fac ne semblait guère le choquer outre mesure. Pourtant, tous ces détails auraient dû lui faire comprendre que quelque chose n'allait pas. Ross me rassura quant à l'attitude de son fils, qu'il était un jeune homme d'une nature franche, qualité que je lui connaissais déjà.

Je fis un signe de tête à mon ami, lui signifiant de ce fait que j'étais d'accord pour que nous continuâmes la discussion dans le salon. Il est vrai que nous serons plus à notre aise sur le canapé. Je lui emboîtais le pas, m'asseyant à côté de lui sans pour autant me lover dans ses bras. Rien que de m'empêcher à faire ce geste me coûtait un effort incommensurable. Le fait que Ross me regarde en plus avec ces yeux là ne m'aidait pas non plus à rester concentrée. Cette même concentration que je venais de perdre lorsque les lèvres du psychologue vinrent se poser sur les miennes. J'étais prête à répondre à son baiser, à mettre mes mains autour de son cou pour lui faire comprendre que je n'avais qu'une seule envie : passer le reste de la nuit entre ses bras à écouter son cœur battre. L'avoir vu au fond de la piscine, inconscient sur le bord malgré mes efforts pour le ranimer. Il ne pouvait imaginer la peur que j'avais pu ressentir à cet instant. Il était vivant et physiquement présent dans la pièce, mais ce n'était pas Ross. Or, j'avais besoin de retrouver l'homme que j'aimais.

Nos lèvres se séparèrent et le psychologue se confondu en excuses. J'aurai aimé lui faire comprendre que je n'étais nullement offensée par son attitude et était même prête à l'embrasser pour le faire taire, mais il avait une question. J'avais dit à Wyatt que je ne mentirais pas à son père si celui-ci venait à me poser des questions. L'instant de vérité était arrivé ! Sa mémoire ne se souvenait peut être pas de moi, mais on ne pouvait pas en dire de même pour son cœur. Je lui étais familière. Si seulement il savait. Je ne voyais pas par où commencer dans la mesure où il ne s'agissait pas d'une question directe sur un fait précis. Je me voyais pas lui avouer d'un coup qu'il était le père du bébé qui grandissait dans mon ventre. Non... J'allais devoir la jouer fine et y aller doucement. J'eus une idée, mais encore faudrait-il qu'il soit assez patient pour en comprendre la chute. Cette solution aurait au moins le mérite de tout lui expliquer d'un coup.

J'ouvris la bouche pour lui parler franchement, mais il se rappela qu'il devait commander pour le dîner. Ne pouvait-il pas s'arrêter deux minutes le temps que je lui avoue la vérité ? Il ne me rendait pas la tâche facile.


- « Je sais pas, je dirais japonais. Je pense que ça plaira à Wyatt et c'est diététique en plus. »

Une vraie mère poule... Enfin bref. J'attendis qu'il termine de passer commande avant de lui faire signe de venir s'asseoir à mes côtés. Il était inutile de prendre des gants aussi je me mis tout contre sa poitrine et mis son bras autour de mes épaules. L'une de mes mains passa le long de son torse.

- « J'aimerai que tu m'écoutes jusqu'au bout sans m'interrompre. Après je répondrais à toutes tes questions, d'accord ? »

Je le regardais droit dans les yeux attendant son accord. Une fois celui-ci obtenu, je commençais mon récit.

- « Il y a de ça plusieurs années, j'habitais en France et j'étais mariée à un homme nommé Liam Voronejsky. Nous avions ouvert un pensionnat pour... jeunes mutants. Ainsi, ceux qui avaient des difficultés avec leur capacité ou qui n'avaient plus nul part où aller trouvaient refuge chez nous. Un été, je suis tombée sur un américain et j'ai commencé à parler avec lui. Étant originaire des Etats Unis, je n'ai pas pu m'en empêcher. Nous nous sommes plût et une chose entrainant une autre, cette amitié est devenue plus profonde. Pour autant, nous n'avons jamais été plus loin dans la mesure où j'aimais mon mari et que cet homme était bien trop indépendant pour que nous puissions envisager quelque chose de plus sérieux. »

Je fis une légère pause. Il est vrai que cette partie de l'histoire n'était pas très flatteuse pour moi, mais s'il était le vrai Ross que j'espérais, il comprendrait et ne me jugerait pas.

- « Tous les étés, il revenait et nous nous appelions régulièrement. Il était en plus psychologue et m'aidait avec mes enfants. Je lui en suis extrêmement reconnaissante depuis ce jour là. Il était et reste aujourd'hui mon ami, mon confident et il ne peut imaginer la place qu'il a dans mon cœur. Seulement, en juin dernier, un incendie s'est déclaré au Domaine, tuant presque tous ses occupants. Connaissant les coupables, je suis venue à Los Angeles pour les traquer. Je pensais pouvoir le faire seule, mais... Ils sont trop forts. Depuis mon retour, j'ai revu cet ami. Il m'a soutenu dans cette épreuve sans jamais rien demander en retour, il m'a épaulé, il s'est occupé de moi. Tant et si bien que nous avions retrouvé cette même complicité qui nous liait. »

Ross allait-il comprendre que je parlais de lui ? Comment allait-il prendre la suite ? Je craignais d'en dire plus, pourtant, je me devais de continuer. Je lui devais la vérité. Je pris la main de Ross pour la mettre sur mon ventre.

- « Le bébé que je porte est de lui... Aujourd'hui, cet homme extraordinaire a eu un accident et s'est cogné la tête au point que sa mémoire s'en est trouvée altérée. Il ne se souvient plus de moi, mais je garde espoir de le retrouver. Je sais qu'il est là, quelque part, enfoui sous ce brouillard et je ferais tout pour qu'il revienne auprès de moi. Cet homme, Ross, … C'est toi... »

Je sentais les larmes me monter aux yeux, mais je luttais pour qu'elles ne coulent pas. Ce n'était pas le moment. Il devait certainement se poser de multiples questions après ce récit rapide de nos vies. Il devait ne plus savoir où il en était. Je venais de lui annoncer en quelques minutes qu'il était amnésique, qu'il me connaissait déjà et qu'il serait bientôt père. J'espérais qu'il le prendrait bien.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Lun 2 Juil - 21:32

Juste après avoir volé un baiser à Anne, Ross ne savait plus où se mettre. Gêné de son comportement immature, il tenta de rattraper le coup en se confondant en excuses. Il ne voulait pas faire fuir la française qui l’attirait plus que de raison. Apparemment, elle n’était pas offusquée ! Tant mieux. C’était étrange tout de même. Une telle femme ne disant mot après un tel geste, même s’il était sans conséquence, avait de quoi susciter des interrogations. Etant le professeur de Wyatt, peut-être préférait-elle ne pas faire d’histoire ? Peut-être avait-elle l’intelligence de mettre cet agissement sur le compte du coup reçu à la tête ? Ou alors, il n’osait pas y penser mais il espérait quand même qu’elle approuvait ce geste ? Non, impossible. Ils ne se connaissaient que depuis quelques heures. Ross ne croyait pas au coup de foudre. Il existait mais ce n’était pas pour lui. Il estimait que ce n’était pas la meilleure façon de démarrer une relation. Quoi qu’il en pensait, l’écossais était sous le charme de la française. La réciprocité n’était donc pas impossible. Ce serait surprenant mais pourquoi pas ? Ross ne pouvait que constater que, de son côté, il était irrémédiablement attiré par Anne. Oh bien entendu, il ne pensait pas au grand amour. Il n’avait absolument pas l’intention de se caser. Il tenait trop à sa liberté. La compagnie de cette irrésistible inconnue était des plus agréables. Il n’avait de cesse de la regarder, de l’observer voire de l’admirer. Pourquoi un tel engouement ? Il y avait obligatoirement un truc, ce petit quelque chose qui rendait une simple rencontre inoubliable.

Après avoir commandé japonais, l’écossais se rapprocha de la française comme elle lui avait demandé. Son charisme opérait, il lui obéissait au doigt et à l’œil. Qu’elle en profite, ce ne serait sans doute pas toujours le cas. Il fut étonné de la voir se coller contre sa poitrine après avoir pris son bras pour le passer autour de ses épaules. La tête d’imbécile heureux qu’il affichait ne faisait aucun doute sur ce qu’il ressentait. Ross se réjouissait de cette ravissante surprise. Satisfait de ce rapprochement, il accéda sans hésitation à sa requête. Il écouta la jeune femme sans l’interrompre.

Son attention n’était pas extrême. Le regard du psychologue glissait doucement des yeux magnifiquement bleus à la bouche sensuelle de la jeune femme. Il l’admirait comme une œuvre d’art dont il voulait mémoriser chaque trait, chaque courbe et chaque expression. Ross devait faire un gros effort de concentration pour ne pas décrocher de l’histoire narrée par Anne. Il se demandait pourquoi elle lui racontait sa vie. Elle ne le connaissait que depuis quelques heures. Sans doute avait-elle besoin de parler à quelqu’un de son vécu. C’était une façon de se libérer de certains poids.

Le mot mutant l’extirpa de sa contemplation. Comment pouvait-elle exposer ce sujet secret à un inconnu ? Cette femme avait trop la tête sur les épaules pour prendre le risque de se faire repérer par des personnes malintentionnées. Elle devait être au courant pour Ross, sinon, elle n’aborderait cette particularité sans être certaine de ne pas être prise pour une folle. Mais quand même ! Ce trop plein de confiance risquait de lui jouer des tours un jour. Pour l’heure, elle ne risquait rien.

L’amnésique se réjouissait de cette hardiesse qui créait une certaine complicité. Au fur et à mesure du monologue de la française, diverses pensées traversèrent l’esprit de l’écossais. Pour faire court, les voici telles qu’elles se succédèrent :
*Elle parle de son mari au passé. Cool ! Elle est libre alors*
*Elle s’est occupée de jeunes. Elle est généreuse*
*Américaine d’origine mais ayant vécu en France. J’vais prendre des cours de français tiens*
*Cet américain, il était son amant ou quoi ? J’ai pas bien compris. Pas grave, c’est pas mes oignons. J’espère juste qu’il ne l’est plus*
*Il revenait tous les étés. Accro le mec ! En même temps j’peux comprendre. A moins d’être homo ou eunuque, il faudrait être insensible pour ne pas craquer *
*C’est son ami en fait. Il occupe une grande place dans son cœur. Arf, c’est pas bon pour moi ça. En plus, il ne le sait même pas ce con*
*Un incendie a tué tous ses proches. Aïe, j’ai mal pour elle. Ca doit être l’enfer de vivre après ça*
*Elle veut se venger. Le contraire m’aurait étonné !*
*Son ami est en Amérique et elle l’a revu. Alors là, c’est vraiment pas bon pour moi. Mais qu’est-ce qu’elle fiche ici au lieu d’être avec lui ?*
*Elle attend un enfant de son ami. Alors là c’est clair, c’est foutu pour moi*
*Il est extraordinaire… C’est bon, ça va, j’ai compris le message. J’ai aucune chance*


Déçu de cette dernière conclusion, Ross s’éloigna d’Anne. Il fit un effort surhumain pour inverser les pôles de l’aimant qui l’attirait vers elle. Il ne voulait surtout pas s’interposer dans ce couple si joliment décrit. Après avoir caressé l’espoir d’envisager une belle aventure avec Anne, Ross était frustré. Il n’écoutait plus les dires de la jeune femme. Il n’avait pas envie d’en savoir plus. Si c’était pour lui rappeler encore une fois qu’il était bien mignon mais qu’il devait rester à sa place, c’était bon. Il avait bien capté le message. Tout ça pour rien ! Anne n’aurait pas du raconter tout ça. Mieux, elle n’aurait pas du accepter son invitation. Même si le premier contact à l’hôpital avait fait un certain effet à Ross, il aurait vite oublié cette attirance inexplicable, ou pas. Un espoir brisé, ce n’était pas la fin du monde. Mais pourquoi était-il si contrarié ? L’histoire n’avait même pas commencé. Il s’en remettrait. En attendant, les maux de têtes étaient revenus. Et comme s’il n’avait pas assez mal, il reçut un coup de massue, à moins que ce ne fût le coup de grâce. Le temps de faire la liaison entre des derniers mots entendus, plusieurs secondes s’écoulèrent.

*Cet homme extraordinaire - Cet homme, Ross, c’est toi*

Ross ? Non, non. Ce n’était pas lui ; il était aux abonnés absents, une messagerie était à la disposition des demandeurs. Ross ? Non, enragé de s’être trompé, il s’était noyé dans ses pensées. Ross ? Oui mais non. Il devait se réveiller. Ross ? Oui, qui le demandait ? , Ross ? Oui oui, il arrivait tant bien que mal à refaire surface. Ross enfin ! Il était là, posté devant Anne. Il la regardait d’un air ahuri. Il avait du mal à faire la part des choses entre ce qui était réel ou pas. Anne était bien réel, lui aussi. Mais pourquoi n’arrivait-il pas à faire le lien avec tout ce qu’elle avait dit. En fait si, il y parvenait mais il doutait fortement de ses déductions.

Lui et elle se connaissaient depuis longtemps. D’où cette impression ressentie plus tôt. Pourquoi n’arrivait-il pas à se souvenir ? Pourquoi elle était là devant lui à le regarder d’un air étrange ? Pourquoi n’arrivait-il pas à détacher son regard du sien ? Pourquoi avait-il une terrible envie de la serrer dans les bras et de l’embrasser ? Pourquoi ne le faisait-il pas ? Pourquoi le ferait-il puisqu’il avait toujours cette affreuse impression de ne pas vraiment la connaître ? Pourquoi ? Pourquoi ? Bordel !

- Pourquoi ? Ragea-t-il entre ses dents.
- Qu’est-ce qui va pas chez moi J’suis fatigué… Demanda-t-il en se laissant tomber dans le canapé comme une loque.

L’idée de souffrir d’amnésie le contrariait énormément. Il était complètement paumé. Il se demandait s’il n’était pas dans une autre dimension. D’après Anne, il allait être de nouveau père. Comment était-il possible de ne pas se rappeler une telle nouvelle ? Le pire était de ne pas se souvenir de ceux qu’il aimait. L’écossais était dépassé par les événements. Il ne savait pas quoi faire. Il était complètement anéanti.

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Anne W.

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Mar 3 Juil - 8:54

Alors que je racontais notre histoire dans ses bras, je pouvais entendre et ressentir ses réactions, mais la plus douloureuse était, sans conteste, celle où il s'éloigna de moi. J'essayais de faire fit de tout cela, seulement la souffrance était bien là. Je ne pouvais pas en faire part à Ross puisqu'il ne pouvait pas la comprendre. Il ne se souvenait pas, ce n'était pas sa faute. Je devais être là pour lui et le soutenir. Je devais prendre soin de lui tout comme il avait pris soin de moi durant les derniers mois. Je n'aurais jamais dû lui avouer toute la vérité. Je n'aurais jamais dû vouloir lui faire retrouver ses souvenirs au détriment de sa santé. J'étais égoïste.

Après avoir sorti la chute de l'histoire, il semblait si perdu, si fragile. Puis, vint la colère et l'abattement. Quelle attitude adopter ? Accepterait-il de me prendre dans ses bras encore une fois ou préférait-il que je lui laisse de l'espace ? Avait-il besoin que je le laisse seul, le temps qu'il digère la nouvelle, ou avait-il besoin de moi pour lui expliquer certaines choses ? Je levais la main, voulant la mettre sur celle de Ross, mais je ne savais si ce geste était approprié. J'ignorais qu'elle était ma place. J'ignorais s'il voulait toujours de ma présence à ses côtés. Toute cette histoire était stupide. Il avait suffit d'un tuyau d'arrosage pour transformer nos vies en véritable enfer. Arriverons-nous à retrouver ce que nous avons perdu ? Ce n'était pas aussi certain. Pour tout ce qui touchait à la mémoire, nous étions impuissants et nous ne pouvions qu'attendre.

Seulement, il avait besoin de moi et ceci devait être plus important que tout. Peu importe qu'il me rejette, je devais être assez forte pour l'accepter. Mais je devais au moins essayer. Je me rapprochais de lui et lui caressais doucement le visage de la main.


- « Ne t'inquiète pas, tout finira par s'arranger. Quoique tu décides, je serais là pour toi, alors pour ce soir, repose toi. La journée a été difficile, éprouvante et tu as besoin de dormir. Nous verrons plus tard pour le reste. »

Je me levais pour aller chercher une couverture. Depuis le soir de nos retrouvailles, je savais désormais où celles-ci se cachaient. Pratique, non ? Même si je n'avais pas passer énormément de temps ici, je savais quelques trucs, signe que j'avais déjà parcouru ces mètres carrés. Je mis la couverture sur nous et me remis contre lui.

- « Dors... Demain est un autre jour. »

Je n'étais sûrement pas aussi efficace que lui pour rassurer ou pour donner des conseils. Je n'avais pas des années de psychologie derrière moi et ce n'était pas mon expérience avec les enfants qui jouait en ma faveur. Vu que la majorité me détestait, il se pourrait très bien que Ross finisse par détester celle que j'étais. Si nous devions totalement faire reconnaissance, ressentirait-il les mêmes sentiments à mon égard ? Je n'étais plus... Je n'étais plus comme avant. J'étais perdue, mais l'avouer à Ross ne ferait que l'inquiéter davantage. C'est sur ses pensées que je me sentis tomber dans les bras de Morphée, faute de ne pas avoir ceux de Ross.
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Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]

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