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 Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]

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Anne W.

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MessageSujet: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Ven 18 Mai - 16:15

Une semaine... Une semaine que je n'avais mis les pieds dehors de peur de mettre mon bébé en danger. Une semaine depuis cette horrible nuit d'Halloween où le visage monstrueux de la nature humaine s'était montré. C'en était trop ! Une nouvelle substance avait été mise au point par Genetic pour annihiler nos capacités et entre leurs mains, celle-ci devenait une véritable arme. Qui est ce qui pourrait les empêcher de la vaporiser dans l'air pour nous rendre tous impuissant ? Qui est ce qui les empêcherait de venir chez nous pour nous faire une injection ? Personne. Ils avaient nos noms, nos adresses. Tout pour nous mettre sur la touche ou nous détruire. Comment ne pas devenir paranoïaque devant tout ceci ? Comment pourrais-je être calme alors que j'avais failli perdre mon bébé à cause d'un de leur test barbare ? Trop c'est trop !

Les médecins m'avaient rassuré quant à l'état de santé du bébé. La chute avait provoqué un décollement placentaire et je ne pouvais rien faire si ce n'est attendre, me reposer et rester au calme. Plus facile à dire qu'à faire, mais comprenant que la vie du bébé était en jeu, je respectais à la lettre leur prescription. Peut être un peu trop bien. J'avais appelé la faculté pour signaler une absence sans donner pour autant de date de retour. A l'heure d'aujourd'hui, je ne me sentais pas capable d'assurer ma chaire. Ce bébé était trop important pour que je le perde à cause d'un travail. Je ne pouvais pas le perdre, je me le refusais. Je préférais me murer dans mon silence et attendre que tout ceci cesse enfin.

Ross dû sentir que quelque chose n'allait pas, car il me proposa de passer quelques jours chez lui. Pourquoi ? A quoi cela allait nous mener ? Nous allions avoir un bébé, certes, mais il n'était nullement question de vivre ensemble. Du moins, cette hypothèse n'avait jamais été évoquée. Et je devais me reposer, au calme pour la santé du bébé. Je doutais que sortir de chez moi serait une très bonne idée, surtout que je les gênerais, lui et Wyatt, plus qu'autre chose. Je n'avais pas spécialement envie de tenter cette expérience. Je voulais rester seule. Surtout que si Genetic avait réussi à avoir mon adresse, il ne faisait aucun doute qu'ils avaient la sienne. Pourtant, je ne pu repousser davantage la proposition de mon ami. Il semblait si déterminé qu'il m'était impossible de faire ma mauvaise tête plus longtemps.

C'est ainsi, qu'assise dans sa voiture, je ne pu que me contenter de voir mon immeuble s'éloigner avec inquiétude. Qu'allait-il se passer ? Car il ne faisait aucun doute qu'un malheur allait encore nous frapper. Il suffisait de sortir de chez soit pour avoir un accident ou nous rendre à une soirée pour mettre en danger un bébé sans défense. Les bras croisés sur mon ventre en vue de protéger ce petit être, je me mis ensuite à regarder discrètement Ross.


- « Je ne comprends pas pourquoi. Je vais bien. Le bébé va bien. Tout le monde va bien. Tout ça est inutile. Je t'assure. »

Essayais-je de le convaincre ou de me convaincre moi même ? Peut être les deux. Même si je trouvais la solution de Ross un peu extrême, j'arrivais par contre à me rendre compte que mon attitude était anormale. Non pas que je ne puisse pas gérer seule ma peur. Je le pourrais, avec du temps... Mais là, les faits, la soirée d'Halloween étaient trop présents dans mon esprit pour que je puisse en faire abstraction. Néanmoins, j'allais y arriver. Il me fallait juste du temps. Encore un tout petit peu de temps, s'il vous plaît....
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Sam 19 Mai - 21:34

Ross se souviendrait longtemps de la fête d’Halloween organisée par le maire de la ville. Les invités avaient été pris pour des cobayes. Même si les blessures n’étaient pas aussi graves qu’elles le paraissaient dans les salles, la plupart des participants s’étaient retrouvés avec des coupures, des foulures et une nuée d’hématomes à faire pâlir un ciel d’été. Anne avait fait une mauvaise chute qui avait mis en danger l’enfant qu’elle portait. Après un passage obligé par les urgences, les futurs parents furent plus ou moins rassurés. Le fœtus n’avait pas souffert mais le placenta s’était décollé, obligeant la française à rester tranquille. Tant que tout ne rentrait pas dans l’ordre, elle ne pouvait pas reprendre son poste de professeur à l’Ucla.

Au départ, Anne voulait avorter mais désormais il n’en était plus question. Malgré les paroles rassurantes des médecins, elle était toujours inquiète. Elle ne sortit pas de chez elle et bougea pratiquement pas de son lit pendant une semaine. Elle devenait raisonnable : c’était à noter dans les annales ! Ceci aurait été parfait si son état psychologique n’était pas fragile. Restée seule à ruminer tout ce qu’elle avait enduré depuis l’incendie du domaine n’était pas fait pour l’arranger. Dans tout ce marasme, un point positif n’était pas négligeable : le chiot récupéré par Ross avait besoin de soins et d'attention. En s’occupant de lui, son amie ne pensait pas à ses propres tourments. De plus, il lui tenait compagnie et l'aidait sans doute à être moins défaitiste. Il ne fallait jamais négliger l'importance des animaux domestiques. Sans parler, ils étaient souvent plus douer que les humains pour réconforter leurs maîtres.

Pour tenter d’alléger la situation, Ross proposa à Anne de venir passer quelques jours chez lui. Il dut insister lourdement avant qu’elle ne cède. Au préalable, il n’avait pas manqué d’en souffler deux mots à son fils. Il ne lui avait pas demandé son assentiment mais il se souvenait parfaitement les reproches faits lorsque le psychologue avait ramené Maxime à la maison sans le prévenir. Ce fut très tendu au départ ! L’écossais ne voulait pas reproduire une situation identique. Même si Anne savait parfaitement se défendre, elle avait besoin de repos avant tout ; il serait mal venu qu’elle ait à faire face aux sarcasmes de l’adolescent. Avec sa verve naturelle et son ironie, il serait capable de la contrarier et de la faire fuir.
Dans la voiture, Anne tentait encore de convaincre Ross de l’inutilité de sa proposition.

*Quelle tête de mule.* Pensa-t-il en lui adressant un sourire amusé à cette idée.
- Idefix doit faire partie de ta famille, ma parole ! Plaisanta-t-il

En y songeant, Ross était entouré d’un nombre important de personnes possédant un caractère bien trempé. Ce n’était pas toujours évident à gérer mais cela ne le gênait pas outre mesure. Il commençait à y être habitué d’autant plus qu’il était du même acabit.

- Si tout va bien, tant mieux ! Comme ça tu pourras profiter du jardin et de la piscine. Ce sera un plus pour toi. Et puis, Chivas sera ravi de gambader dans l’herbe à sa guise. Il a besoin de courir pour se développer et devenir costaud. Tu pourras en profiter pour le dresser et en faire un chien de garde. Comme pour les enfants, plus on s’y prend tôt, mieux c’est.

Ce chiot maltraité et abandonné par un maître indigne, récupéré par Ross et adopté par Anne, allait pouvoir s’en donner à cœur joie. Le jardin était grand, il pourrait se défouler comme il ne l’avait jamais fait jusqu’à présent.
Arrivés à destination, Ross descendit de la voiture et invita Anne à en faire autant. Chivas sauta du siège arrière sans attendre. Il avait un nouveau domaine à explorer de fond en comble ; cela allait l’occuper un bout de temps.

- Laisse tes affaires, je viendrai les chercher plus tard.
Proposa-t-il à son amie en lui tendant le bras pour l’accompagner à l’intérieur de la maison.
- Installe-toi sous la véranda si tu veux. Je vais chercher de quoi nous rafraîchir. A moins que tu ne préfères une boisson chaude ?

Après avoir accroché son pardessus à la patère de l’entrée, Ross fila dans la cuisine et prépara un plateau avec différentes boissons, un assortiment de gâteaux secs et quelques chocolats. Il rejoignit son amie là où elle s’était posée et s'assit à ses côtés.

- Je t'en prie, sers-toi, t’es ici chez toi. J’espère que tu t’y plairas. Au fait, t’as prévenu Sonny que tu venais ici quelques jours ? Tu lui as dit qu’elle pouvait passer quand elle voulait ?

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Dim 20 Mai - 15:19

Je ne pris même pas la peine de relever la réponse de Ross quant à l'inutilité de son action. Quoique je dise, quoique je fasse, il n'en ferait qu'à sa tête. Il ne pouvait en être autrement. Cette opiniâtreté faisait partie de son caractère et il aurait été malvenue de ma part de le lui reprocher maintenant. Mais ce que les écossais étaient têtus quand ils s'y mettaient. Je n'étais pas morte durant cette semaine d'isolement et je n'avais gêné personne. Alors pourquoi me forçait-il à faire quelque chose qui de toute évidence ne me plaisait pas ? Je n'avais pas besoin d'aide ! Tout allait parfaitement bien ! Je ne demandais qu'une seule chose c'est qu'on me foute la paix ! Et là, il était loin de me laisser tranquille ! Il faisait même courir un danger au bébé ! Qui pouvait dire si le décollement n'allait pas s'aggraver à cause de cette idée ? Le monde était déjà dangereux pour un être humain normal. Pour nous autres, les évolués, il l'était davantage. Une ombre supplémentaire planait au dessus de nos têtes et nous ne pouvions qu'attendre qu'elle fonde vers nous.

Ross essayait de me vendre son idée merveilleuse. J'appréciais qu'il s'inquiète pour l'enfant à venir, mais son attitude à cet instant m'exaspérait.


- « Arrête ça... s'il te plaît. Je vois que tu fais des efforts pour m'aider, pour être gentil et tout. Mais ça n'a pas l'effet escompté. Ça m'angoisse... »

Le voir aussi attentionné avec moi me rendait malade, car je ne parvenais pas à lui rendre le dixième de ce qu'il m'offrait. Je n'arrivais pas à me détendre et à prendre ce petit séjour chez lui comme un moment de repos. Il essayait et en retour, il n'avait rien. Qu'est ce qui clochait avec moi ? Pourquoi n'arrivais-je pas à être heureuse ? Tout s'annonçait pourtant bien ? En dehors de cette foutue paranoïa, il n'y avait rien. En restant chez Ross, je serais sûrement plus en sécurité que seule dans mon appartement. J'aurais des gens avec qui parler plutôt que de maintenir un monologue à Chivas.

Ross m'aida à descendre et me proposa de m'installer dans la véranda. Je m'avançais jusque là bas et attendis, les bras toujours croisés sur mon ventre, en regardant Chivas gambader dans le jardin. Sa vie semblait si simple. Manger. Dormir. De l'affection. J'avais tout ça et pourtant, ça n'allait pas. Pourquoi ? Pourquoi n'arrivais-je pas à être heureuse ? A me contenter de ce que j'avais ? Que voulais-je de plus ? Si vous avez une idée n'hésitez pas à me la donner car je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. C'est à ce moment là que Ross entra dans la pièce avec un plateau. Je m'assis sur un petit canapé où il me rejoignit m'assurant que j'étais ici chez moi.


- « Oui, je le lui ai dis. Elle n'a pas été très bavarde. J'espère qu'elle va bien... »

Je n'avais pas parlé à Sonny depuis cette fameuse soirée d'Halloween. Je ne savais pas comment elle gérait la situation et j'espérais que son ami l'aidait dans cette épreuve. Elle ne m'avait pas appelé et j'osais espérer que c'était un signe que tout allait bien. Mais j'aurai dû l'appeler pour m'en assurer et pour me rassurer. Maintenant, je me faisais du soucis pour elle, pour Maxime même si cela pouvait paraître étrange. Je pensais même à Jeremy... Qu'était-il advenu de lui ? Avait-il réellement rejoins Genetic ? Après toutes mes mises en garde, il s'était jeté dans la gueule du loup tête la première. Que pouvais-je faire ? Que devais-je en penser ? Je l'ignorais... Les bras croisés, je regardais fixement le jardin avant de prendre la parole.

- « Merci... Merci pour ce que tu essayes de faire, mais nous savons très bien que cette situation ne pourra durer éternellement. Nous sommes trop indépendants pour pouvoir vivre sous le même toit et tu le sais aussi bien que moi. Depuis mon retour, nous n'avons cessé de nous disputer alors qu'il n'y avait même pas encore d'enfant et que nous habitions chacun à un bout de la ville. En agissant de la sorte, on risque une troisième guerre mondiale... Surtout qu'avec les hormones, je ne suis pas d'une bonne compagnie.

Je tournais la tête pour le regarder dans les yeux.

- « Tu vas finir par regretter ton plan et... »

... Et tu ne pourras rien faire d'autre que de t'en aller et m'abandonner. Cette fin semblait terrible, mais elle serait sûrement proche de la réalité.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Dim 20 Mai - 21:52

Que les femmes étaient compliquées ! Elles reprochaient aux hommes d’être trop distants comme d’être trop attentionnés. Avec une marge de manœuvre si faible, il était difficile de se positionner pour ne pas les contrarier. Jamais contentes et encore moins lorsque les hormones leur jouaient des tours. Un petit rien devenait une montagne, et d’une montagne, elles en faisaient une affaire d’état ! Anne ne faisait pas exception à la règle, elle était même au-dessus de la moyenne depuis qu’elle était enceinte. Certes, elle avait des circonstances atténuantes mais tout de même ! Ne pouvait-elle pas se laisser guider un tant soit peu sur le chemin de la sérénité ? Tenait-elle tellement à se morfondre seule dans son coin ? Elle ne l’avait pas habitué à ça. Elle connaissait suffisamment Ross pour savoir qu’il n’allait pas empiéter sur indépendance. Liberté à laquelle il tenait également. Ce n’était pas parce qu’elle allait vivre quelques jours sous son toit, qu’elle devait s’angoisser jusqu’à se sentir prisonnière. Ce n’était pas le but. Même s’il était inquiet pour son amie, il éviterait d’être sur son dos. Ayant des traits de caractères similaires, tout comme lui, elle ne supporterait pas que quelqu’un veille sur elle vingt quatre heures sur vingt quatre. A moins qu’elle ne se mette en danger, Ross la laisserait faire ce que bon lui semblerait.

- Souffle un peu Manouchka ! Prends ça comme une semaine de vacances.
Dit-il pour minimiser son angoisse.

Une fois installé sur canapé sous la véranda. Ross prit un verre de jus de fruits après qu’Anne ait fait son choix. Il aurait bien fait le service mais, à tous les coups, son amie aurait trouvé à redire. Elle remit alors sur le tapis l’histoire de leur vie commune temporaire. Décidément, elle ne lâchait pas le morceau et restait sur ses positions. Pourquoi ne le prenait-elle pas comme une invitation à passer quelques jours ensemble afin de la sortir de la solitude dans laquelle elle s’était enfermée. Pourtant, l’écossais n’avait pas l’impression d’en faire plus que d’habitude. Hormis le fait qu’il ait insisté pour qu’elle vienne chez lui, il n’avait pas l’intention de changer ses habitudes, ni son comportement.

- Personne ne t’a parlé d’éternité. Il ne s’agit que de quelques jours Anne. Répéta-t-il gentiment.
- Je ne vois pas pourquoi on se déclarerait la guerre ! T’es ici chez toi, tu peux faire ce que tu veux, tout comme moi. Déjà, j’ai mes cours à la fac et mes consultations. Rien que ça, tu es assurée de nombreuses heures de tranquillité… et de solitude, si tu y tiens tant que ça. Au pire, si vraiment tu ne supportes pas d’être ici, je te ramènerais chez toi.

Cette dernière solution ne l’enchantait pas. Il espérait ne pas y avoir recours. Ca l’ennuierait beaucoup que son amie ne supporte pas de rester chez lui. Il se sentirait coupable même s’il ne l’était pas. Mais si c’était ce que son amie voulait, il ne s’y opposerait pas. Pour le moment, elle devait s’adapter à son nouvel environnement. Il espérait qu’après une journée, elle se sentirait plus à l’aise et oublierait ses angoisses du moment.

-Et puis, quand tu auras une montée d’hormones, promis, je te laisserai te débrouiller avec… Mais faudra pas venir me chercher.
Plaisanta-t-il.

Ah les hormones, toute une histoire ! Elles agissaient sur l’humeur et la résistance physique ; même Buddha se transformerait en dragon cracheur de feu si elles lui jouaient des tours. Elles agissaient également sur le désir, le plaisir et la sexualité. Toutes les femmes devaient y faire face et la plupart du temps les hommes s’en accommodaient. Ce n’était pas insurmontable. Le plaisir était sans doute là pour faire oublier les désagréments des hormones bizarrement capricieuses.

En parlant de choses bizarres, Ross trouvait étrange qu’Anne ne s’inquiète pas plus que ça de Sonny. Soit elle ne disait pas toute la vérité, mais il ne voyait pas pourquoi elle lui mentirait ; soit elle ne s’était pas rendue compte du personnage qui l’accompagnait le soir d’Halloween. Si Sonny était la fille du psychologue, il aurait tenter d'en savoir un peu plus sur son compagnon. Ce Remington avait de beaux yeux certes, mais son comportement n’était pas celui d’une personne équilibrée.

- J’espère aussi que Sonny va bien. Tu vas peut-être me traiter de papa poule, même si ce n’est pas ma fille, mais l’homme avec qui elle était ne m’inspire aucune confiance. T’en penses quoi de Remington toi ?

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Lun 21 Mai - 10:20

Vacances, vacances... Mais je n'étais pas fatiguée ! Je n'avais pas besoin que l'on s'occupe de moi et encore moins que l'on s'inquiète pour moi. J'allais bien et toute cette attention me rendait malade parce qu'elle me donnait l'impression que tout n'allait pas bien, que je n'étais pas capable de m'occuper de moi et du bébé. A croire qu'il avait peur que je le mette en danger avec mon attitude. Mais j'arrivais très bien à m'en sortir seule ! Je n'avais besoin de personne ! Et encore moins d'un homme qui se sentait obligé de rester à mes côtés parce que je portais son enfant. Voilà sa seule raison, car il me semblait évident que je n'avais rien à offrir si ce n'est mettre au monde le « fruit de notre amitié ».

Ross m'affirma encore que ce n'était que pour quelques jours. Même si je le savais et que je voulais garder mon appartement, je ressentis un petit pincement au cœur. Je ne savais plus ce que je voulais. D'un côté, je me voyais mal retomber dans les affres de l'amour, laisser une chance à Ross d'avoir une place dans mon cœur et de l'autre, je voulais qu'il... qu'il m'aime tout simplement. J'avais beau lutter contre mes sentiments envers lui, je ne pouvais cependant pas nier que son nom y était gravé à côté de celui de Liam. Comment fallait-il faire ? Que devais-je faire pour que tout n'explose pas entre nous ? Je me levais et m'approchais de la verrière pour surveiller Chivas. Pensive, j'expliquais ma vision des choses à Ross calmement, sans élever la voix. Ça n'avait ni queue, ni tête.


- « Je sais que tu seras souvent absent et c'est pour ça que je me demande pourquoi tu veux que je vienne ici. Qu'est ce qui va me changer de mon appartement vide ? Là tu me donnes seulement l'impression que tu seras là, alors que ce ne sera pas le cas. J'aime mon indépendance, c'est vrai. Mais je n'aime pas les faux semblant. Tout ce que tu me montres dans cette initiative c'est que tu as peur que je mette notre bébé en danger, que je suis incapable de le protéger comme le soir d'Halloween, alors que je fais tout pour ne pas le perdre. Je dois me débrouiller seule car tu ne seras pas toujours là ! »

Oui... Ross ne sera pas toujours là. En fin de compte, je serais mère célibataire avec un compagnon, mais nous ne formerons jamais une vraie famille. Indépendance ou famille ? Que voulais-je réellement ? Je devais choisir, mais ce choix là me semblait impossible à faire.

- «Oublie... Je ne sais plus ce que je dis. Par contre, je ne sais pas si je dois mettre ça sur le compte des hormones ou de mon déséquilibre mental. Dans mon appartement, tu n'aurais pas eu à subir ça. »

Je retournais auprès de lui et m'allongeais sur le canapé de sorte à avoir ma tête sur ses genoux. Je le regardais droit dans les yeux lui faisant comprendre que j'étais désolée pour mon attitude. Il essayait de faire tout ce qu'il pouvait pour que je me sente bien, comme chez moi et je gâchais ce moment. Ma main saisit la sienne dans le but de rattraper ma mauvaise coopération. J'allais devoir travailler dure pour rattraper le coup. Sérieusement, je lui piquais une crise parce qu'il mettait à mal mon envie d'indépendance et là, je lui reprochais de ne pas être assez présent. C'était tordu quand même.

Ross mit sur le tapis le petit ami de Sonny et me fit part de son inquiétude que je partageais également. Mais que pouvais-je faire ?


- « Je n'aime pas cet homme après ce qu'il a fait le soir d'Halloween. Mais s'il y a bien une chose dont je suis certaine, c'est qu'il est prêt à tout pour protéger Sonny. Il l'aime, c'est indéniable. Après, dire à Sonny de ne plus le fréquenter serait une mauvaise idée. La connaissant, elle finirait par le faire dans mon dos et je préfère encore faire semblant de l'approuver pour qu'elle vienne vers moi le jour où ça n'ira plus. Si ça doit se terminer, ça se fera tout seul sans que je n'ai à lever le petit doigt. Nous ne pouvons qu'attendre qu'il fasse une connerie qui éloignera Sonny de lui.

J'avais confiance en ma fille. Sonny n'était pas bête et verrait d'elle même que cet homme n'était pas le meilleur choix. Elle était jeune. Elle s'en rendrait compte.

- « Que penses-tu de mon plan ? C'est toi le psychologue dans l'affaire... »dis-je avec un petit sourire moqueur.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Mar 22 Mai - 23:29

A peine assise, Anne s’était relevée. Ne pouvait-elle pas restée tranquille cinq minutes ? Si c’était ainsi qu’elle se reposait chez elle, il n’était pas étonnant que ses nerfs lui jouent des tours. Debout, près de la porte fenêtre de la véranda, elle exposa son point de vue. Son ton était calme mais ses paroles cachaient une certaine anxiété. Savait-elle au moins ce qu’elle voulait ? Garder l’enfant, c’était désormais une évidence. Vouloir vivre reclus dans son appartement, c’était improbable. La jeune femme ne supporterait pas de vivre en ermite. Il était étonnant qu’elle ait tenu déjà sept jours sans mettre un pied à l’extérieur. Ross lui offrait la possibilité de profiter d’une maison chaleureuse, d’un grand jardin et d’une piscine, et elle trouvait à redire.

Avant, elle aurait accepté cette invitation avec joie ; aurait profité de la compagnie de son ami lorsqu’il était présent. Là, elle considérait qu’elle serait seule. Elle oubliait sans doute que Ross ne donnait pas des cours à l’Ucla toute la journée et que son carnet de rendez-vous n’était jamais plein. Si elle ne voyait pas la différence entre un appartement vide et une maison habitée par deux occupants au moins, ce n’était pas bon signe. En perdant son sens de l’analyse, habituellement très fin, elle émettait des conclusions hâtives et irréfléchies. Comment pouvait-elle dire qu’il la considérait inapte à protéger le bébé ? Cela ne lui avait jamais effleuré l’esprit. Comment pouvait-elle penser qu’il ne s’inquiétait que pour l’enfant ? Non, ce n’était l’enfant qui l’inquiétait mais bel et bien Anne.

Certes, il faisait en sorte de ne pas le montrer, mais tout de même. Anne savait que Ross tenait à elle. Il était normal qu’il se fasse du souci. Elle était la première à s’en faire pour lui quand quelque chose n’allait pas. Quoi de plus normal que de vouloir la soutenir ? Il ne lui faisait pas la charité. Il souhaitait simplement alléger ses tourments. Ce n’était pas en étant à des kilomètres l’un de l’autre qu’il y parviendrait. Même si la proximité ne garantissait rien, elle facilitait l’assistance. Elle n’avait pas à se « débrouiller » seule. Ce terme à connotation négative ne plaisait pas au psychologue. Il souhaitait aider son amie à accepter la situation et à vivre plus sereinement. Seulement, la volonté de la française et ses pensées étaient toujours prisonnières du passé. Elle n’en parlait pas mais c’était sous-jacent Ainsi, elle s’infligeait un châtiment en s’interdisant d’être heureuse et en refusant ce que la vie lui offrait. De combien de temps aurait-elle besoin pour considérer les choses sous un autre angle que le malheur ? Des mois sans doute, des années peut-être. Encore fallait-il qu’elle le veuille ! Le pouvait-elle alors que sa souffrance semblait consumer toutes ses ressources ? Ross était là pour la pousser à sortir du tunnel. Elle le savait ! Si elle ne lui faisait pas une petite place, le challenge ne serait jamais relevé.

Alors, pourquoi ne se laissait-elle pas guider ? Et si ce n’était pas l’aide qu’elle refusait mais simplement Ross ? Elle insistait lourdement en faisant croire à son ami qu’elle voulait lui éviter ses humeurs. Serait-ce de la fausse complaisance ? Une bonne méthode pour éloigner son ami petit à petit et finir par s’en débarrasser. Après tout, Anne n’avait peut-être pas besoin de Ross autant qu’il le croyait. Tant d’événements s’étaient produits depuis qu’il n’avait pas remis les pieds en France ! Même s’ils étaient restés en contact, des changements s’étaient opérés. L’écossais pensait la connaître par cœur. Avant oui, mais maintenant ? Maintenant que tout était différent, comment prétendre une telle chose ? Après tout, ils n’avaient passé que quelques étés ensemble. Un sentiment de rejet se planta alors dans l’esprit de l’écossais ; un désagréable frisson parcourut son corps tout entier, comme un tissu tendu qui se détachait progressivement du plafond pour finir par tomber au sol mollement.

- C’est ça, oublions… Marmonna-t-il entre ses dents.

Comment oublier les questions qui venaient de poindre dans son esprit ? Facile à dire ! Le cas d’Anne était-il si grave qu’il déteignait sur lui ? Le partage en amitié était la première chose à respecter normalement. Alors, les joies, les peines, les absurdités, les folies…. Allez hop, on en fait un gâteau immangeable qu’on partage à parts égales et on oublie ! On se boit un alcool très fort pour faire passer la pilule et éviter l’indigestion, et on repart. Bah voyons… Si c’était aussi simple, les deux amants ne seraient pas sur ce canapé à discuter d’un sujet qui, en y regardant de près, n’étaient qu’une broutille. Vivre ici ou ailleurs, quelle importance ! Le principal était de vivre !

Si Anne n’était pas revenue vers lui, Ross se serait éclipsé le temps de faire le vide dans sa tête. Il ne voulait pas se chamailler avec elle. Il ne l’avait pas fait venir chez lui pour ça ! Le regard inexpressif de l'écossais se fixa dans celui de la française. Il l’aurait souhaité plus chaleureux mais il en fut incapable. Il n’émit aucune résistance mais ne se montra pas coopérant lorsqu’elle lui prit la main. Il laissait faire tout en laissant couler avec l’espoir de voir la jeune femme se ressaisir. Aussi décida-t-il de passer à un autre sujet. Enfin, ils trouvaient un terrain d’entente. Anne et Ross n’appréciaient pas Remington. Sonny risquait de souffrir avec lui mais ils ne pouvaient rien faire. Il n’était pas question de dire à la jeune fille de ne plus le fréquenter, c’était le meilleur moyen pour se la mettre à dos et pour la pousser encore plus dans ses bras.

- On n’a rien à dire. C’est sa vie ! Tu as entièrement raison pour une fois.
Dit-il en forçant un petit sourire amusé.
- De toutes les façons, avec les enfants, il suffit de leur dire de ne pas fréquenter quelqu’un pour qu’ils fassent le contraire. L’attrait de l’interdit, c’est bien connu ! Il faut simplement leur rappeler qu’ils peuvent compter sur nous et qu’on les aime malgré tout.

Le psychologue n’était pas homme à verbaliser ses sentiments. Ses parents ne l’avaient pas habitué à cela ; ils estimaient que ce n’était pas utile puisque c’était évident. Aimer une personne ne se résumait pas à trois mots. C’était tout un ensemble d’attentions, de partage, de tendresse et de complicité qui le prouvait. Sans le savoir, son fils l’avait convaincu du contraire. La main de l’écossais, restée inerte jusque là, exerça une légère pression sur celle d’Anne. Ses derniers mots, également valables en amitié, se remémorèrent d’eux-mêmes à Ross. Il avait failli les oublier. Anne aussi semblait-il. Un petit rappel s’avérait nécessaire. Dilemme. Avec ce qu’elle avait dit préalablement, il y avait de fortes probabilités que la jeune femme l’interprète mal. Non, ce n’était pas le moment, et pourtant…

- Je t’aime Anne… Je t’aime.

L’écossais porta la main de la française à ses lèvres pour y déposer un baiser puis sa joue. Ce n’était pas un rappel d’amitié mais une double déclaration d’amour. L’annonce tombait un peu comme un cheveu sur la soupe. Anne risquait de mal le prendre ou de ne pas comprendre. Ross rougissait intérieurement de sa maladresse. Il n’osait même plus la regarder en face. Un vrai gamin prit en flagrant délit. Ce qu'il avait dit concernant les enfants lui avait inconsciemment ouvert les yeux. Il n'avait pas réfléchi, il avait exprimé son ressenti.

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Mer 23 Mai - 16:40

Une chose qui était bien avec la Californie, c'était que même en novembre, il y avait toujours du soleil et un temps de saison qui était relativement clément. En tout cas, il l'était suffisamment pour me permettre de profiter du soleil en ce dimanche. Après avoir raté tant de cours au début de l'année scolaire, j'avais décidé d'être studieux. Enfin plus ou moins, autant que je pouvais l'être en fait. J'avais pris quelques cours et j'étais sorti pour aller m'installer contre un arbre, les rayons doux du soleil réchauffant mon visage. Il faisait tellement bon que je me demandais pourquoi je voulais étudier. Ah oui, rattraper mon retard, je revenais à mon but initial. Mes intentions étaient louables mais en ce jour je n'étais pas très studieux. J'avais gardé mon portable avec moi et durant un moment, au lieu d'étudier, j'étais davantage occupé à envoyer des textos à Capucine. Je finis pourtant par m'y mettre au bout d'un long moment, attaquant ma première feuille de lecture. C'était passionnant mais je n'étais pas très concentré. Soleil, air pur, ce n'était sans doute pas les bonnes conditions pour réussir à travailler. J'aurais mieux fait de m'enfermer dans ma chambre, ça aurait été peut être plus efficace.

Je restais pourtant le nez plongé dans les cours jusqu'à sentir quelque chose de bizarre. On venait de tirer sur mon jean. Je relevais la tête, mes yeux passant par dessus mes feuilles pour regarder ce que c'était. Un chiot. Plutôt mignon mais qui venait de trouver un jeu passionnant en tentant de tirer sur le bas de mon pantalon. Je n'avais pas la moindre idée d'où il pouvait venir. Est-ce que la grille de la propriété était ouverte, ce qui lui avait permis de rentrer ? Son propriétaire était peut être dans la rue en train de le chercher, et n'osant pas entrer pour le récupérer. J'écartais ma jambe car il ne voulait pas me lâcher.

« Eh toi, t'as vraiment des goûts bizarres... »

Je me relevais, gardant les cours dans ma main. Ce chiot était encore capable de s'attaquer à eux si je les laissais dans l'herbe. Il ne me lâchait pas, tournant autour de moi. Le chien le meilleur ami de l'homme ? Certes mais il devrait se montrer un peu plus méfiant, l'homme était capable de tout. Enfin bon, ce n'était qu'un chiot, c'était comme un gosse de cinq ans. Aussi naïf. Comme moi encore parfois. Mon regard se dirigea vers la maison et là je les vis. Deux silhouettes qui se trouvaient sous la véranda. Je reconnaissais facilement celle de mon père. Par contre l'autre, de loin je devinais une femme mais je ne voyais pas son visage. Je pris la direction de la véranda, le chien sur mes talons. Les deux adultes me tournaient à moitié le dos, surtout mon père. Quand j'ouvris la porte extérieure de la véranda, j'entendis un « je t'aime ». Et mince.... Je me pointais vraiment au mauvais moment. Je me penchais pour prendre le chiot de mon bras libre. Et comme si de rien n'était, je m'adressais aux deux.

« Je ne suis pas là. Je vais faire comme si je n'avais rien entendu et je vais tracer ma route pour aller donner à boire à mon nouveau pote le temps que vous finissiez vos déclarations qui ne me regardent pas. »

Et pour appuyer mes propos, je traversais la véranda dans le but de rentrer dans la maison, passant devant eux, mes cours dans une main, le chiot dans l'autre, appuyé contre mon torse. Et j'évitais soigneusement leur regard, surtout celui de mon père. Je le connaissais assez pour savoir qu'il avait eu du mal à sortir ses mots. Qu'il les pensait. Et qu'il devait être embarrassé que je les ai entendus. Je lançais néanmoins un bref regard en direction de son amie qui était devenue en quelque sorte sa petite amie, du moins ça dépendait d'elle à présent. J'arrivais à la sortie de la véranda quand mon esprit percuta enfin. Je m'arrêtais et me retournais brusquement dans leur direction, regardant celle qui était en quelque sorte ma belle-mère, ou du moins la mère du bébé de mon père. Impossible de savoir comment je devais la qualifier pour le moment.

« Je n'avais pas fait le rapprochement... Ton amie Anne est également la Anne du Domaine. Mais aussi un de mes professeurs à l'université. C'est.... cool. »

Et je le pensais réellement. J'étais seulement amusé par la situation, me rendant bien compte que de nous trois, j'étais certainement le plus à l'aise à cet instant alors que j'aurais du appréhender de la rencontrer. Je m'étais comporté en vrai blond, ne faisant aucun rapprochement entre les différentes discussions que j'avais eu avec mon père. Pourtant j'avais plutôt tendance à avoir un esprit assez perspicace. J'étais décevant sur ce coup. Mais tant pis. J'adressais un bref sourire à Anne. Nous nous étions rencontrés brièvement à la fin du mois d'août. Elle m'avait alors demandé de ne pas parler d'elle à Ross. Et j'avais gardé le silence. De toute façon j'avais rompu le contact avec mon père et j'avais la tête ailleurs, si bien que j'avais complètement oublié cette rencontre jusque présent.

Je me décidais enfin à les laisser seuls, leur tournant le dos et quittant la véranda, les bras toujours chargés. Je posais mes cours sur la table de la cuisine. Et je reposais enfin le chiot au sol. Ouvrant un placard, j'en sortis un bol que je remplis d'eau avant de le lui donner. Je le laissais boire, le regardant et me disant qu'il avait du chemin à faire avant d'arriver à boire sans en mettre de partout sur le carrelage. J'attendis quelques minutes, et quand le chiot eut fini de boire, il attendit avec moi. Ce fut lui qui perdit patience en premier et qui me planta lâchement dans la cuisine pour partir en trottinant du côté de la véranda. Je poussais un soupir, croisant les bras et ne bougeant toujours pas. Ce chiot ne connaissait pas mon père, il ne savait pas le temps que ça lui avait pris pour sortir ces trois mots. S'il avait su tout ça, il aurait fait comme moi. Il aurait patienté, leur laissant un moment d'intimité et attendant bien sagement qu'un des deux vienne me retrouver, me disant « eh c'est bon, tu peux venir. » et me signifiant ainsi qu'ils avaient fini soit de se révéler leurs sentiments, soit qu'ils étaient en froid car ce n'était pas réciproque.
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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Mer 23 Mai - 21:10

Connaissez-vous ce mal de vivre du jour où vos enfants s'en vont ? Avez vous déjà eu le goût de cette rupture dans la gorge ? Je vais vous le dire ce qui se passe à cet instant. On était là comme une débile sur le pas de porte à les regarder partir, à se convaincre qu'il fallait se réjouir de cet envol nécessaire, aimer cet insouciance qui poussait et nous dépossédait de ce qui nous était de plus cher. La porte refermée, il fallait tout réapprendre, à meubler les pièces vides, à ne plus guetter le bruit des pas, à oublier ces craquements rassurants de l'escalier lorsqu'ils rentraient tard, et que l'on s'endormait enfin tranquille. Alors qu'il fallait désormais chercher le sommeil, en vain puisqu'ils ne rentreraient plus. C'était ça aimer... Les aimer au point d'accepter qu'ils nous laissent pour trouver quelque chose ou quelqu'un qui les rendrait heureux dans leur vie. J'avais du mal à m'y faire, mais je devais avouer que c'était suivre la logique des choses. Je ne pouvais décemment pas demander à Sonny de rester auprès de moi jusqu'à la fin de ma vie, tout comme je ne pouvais lier Ross avec ce bébé. Ils étaient des êtres humains à part entière, capables de choix. Ils étaient libres de vivre comme ils le voulaient sans que je puisse leur imposer ma vision des choses.

Mon ami partageait ma vision en ce qui concernait Sonny et cela me rassurait. Dans un sens, un psychologue approuvait ma manière d'agir avec ma fille. Ce n'était pas rien ! Seulement, je le sentais de plus en plus distant. Il semblait blessé par mon attitude. Quoi de plus normal. J'avais été jusqu'ici détestable et malgré cet effort de rendre l'atmosphère moins pesante, elle ne pouvait produire des effets immédiats. J'allais devoir me montrer patiente et continuait à garder mon calme. Il me confirma la marche à suivre pour la suite sans pour autant me laisser d'ouverture pour continuer la conversation. Le silence s'abattit dans la véranda. Tout ceci n'était peut être pas une bonne idée. J'avais plombé l'ambiance. Ross m'en voulait et je ne parvenais pas à savoir ce que je devais dire ou faire pour que tout redevienne comme avant. Je me sentais mal. Je me sentais triste. Triste de lui avoir fait du mal. Triste de l'avoir déçu.

C'était d'autant plus grave lorsqu'il s'agissait d'un homme que l'on aimait. Car oui, je l'aimais. Je le lui avais dit une fois, mais n'avais pas réitéré ma déclaration. Le connaissant, il avait dû la mettre sur le compte des hormones et des péripéties du jour. Et pourtant, le fait était là. Pourquoi ne le lui avais-je pas dit à nouveau ? Mais parce qu'on finissait par me prendre tout ce que j'aimais en ce monde. Si Genetic voulais s'en prendre à moi, Ross serait aussi mêlé à l'affaire et il pourrait faire une bêtise en voulant sauver le bébé ou moi. Et ça... je ne pouvais pas l'accepter. C'était aussi l'une des raisons qui faisait que je ne voulais pas trop me rapprocher de Ross, car tôt ou tard, il comprendrait. Il saurait qu'il a désormais une place importante dans mon cœur.

Alors que j'avais baissé les yeux pour ne pas montrer mon trouble à celui-ci, je sentis une légère pression sur ma main. Je levais un regard de petite fille en faute dans sa direction. Il murmura quelque chose que je ne compris pas la première fois, mais quand il répéta, le doute ne fut plus permis. J'étais pétrifiée. Non pas que sa déclaration ne me fasse pas plaisir. Bien au contraire ! Seulement, j'avais peur. Peur qui s'accentua lorsqu'un claquement sec se fit entendre. Je sursautais et mes yeux se posèrent sur le nouveau venu. Wyatt... Il avait tout entendu et nous poussa à faire comme s'il n'était pas là. Comment le pouvions nous ? Désormais assise au bord du canapé, les deux mains cramponnées à celui-ci, je regardais par terre. Je voulais me jeter au cou de Ross pour l'embrasser, pleurer de joie même. Mais quelque chose m'empêchait de me réjouir. Quelque chose qui s'appelait Genetic.

Apparemment, Ross avait déjà parlé à Wyatt de moi. Normal après tout puisqu'il allait m'avoir chez lui pour quelques jours. Sauf que je ne m'attendais pas à le voir aussi vite et à l'instant précis où Ross me ferait sa déclaration.


- « Bonjour Wyatt. Contente de te revoir en forme. »

Voilà tout ce que je pu sortir pour le moment. Je doutais que le jeune homme s'en formalise puisque nous serions amenés à nous revoir ici et à la faculté. Il était mon élève en plus... Il dû se rendre compte que nous avions des choses à nous dire car il nous laissa quelques instants de paix. Je n'osais toujours pas regarder Ross dans les yeux au point de fermer les miens. Je revis la scène dans mon esprit et ce fut tellement fort que je sentis des larmes couler le long de mes joues. Oui je pleurais... Mais c'était des larmes de joie. Avais-je réellement besoin de dire quoique ce soit ? Non. La seule chose à faire et que je fis fut de l'embrasser. Tendrement. Doucement. Passionnément. Parce que son amour était réciproque. Je reculais mes lèvres des siennes, gardant mon front collé contre le sien pour lui murmurer :

- « Je t'aime aussi... Si tu savais depuis combien de temps, j'attendais ces mots.... Je ne savais pas si ce que tu éprouvais était plus fort que notre amitié améliorée d'autre fois. Et... je n'ai jamais osé te les redire depuis la dernière fois... »
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Ven 25 Mai - 20:35

Ross s’était laissé quelques temps pour réfléchir sur ses sentiments. Il ne faisait aucun doute qu’il tenait beaucoup à Anne. Cette belle amitié s’était transformée, au fil des années, en amitié amoureuse. Les deux amants y trouvaient leurs comptes et tout allait pour le mieux entre eux. Les événements des derniers mois les avaient rapprochés mais pas toujours comme ils l’auraient souhaité. Les drames vécus par Anne et les différents problèmes de Ross n’avaient pas arrangés leurs rapports. Certes, ils tenaient toujours autant l’un à l’autre, mais la situation n’était pas facile à gérer. L’arrivée inattendue d’un bébé avait chamboulé tout leur programme, si programme il y avait. Il fallait désormais composer avec l’enfant à naître.

Depuis le 7 octobre, l’écossais avait passé des heures à réfléchir à cette relation. Il n’était parvenu à aucune conclusion. Son esprit était tellement confus qu’il en avait même touché deux mots à son fils, alors qu’habituellement il le laissait en dehors de sa vie privée. C’était peut-être la solution de la dernière chance pour y voir plus clair. Le jeune homme ne l’avait pas vraiment aidé ce jour là ! Quoi que, l’inconscient du psychologue avait été touché par quelques messages subliminaux.

Dire « je t’aime » à une personne chère, lui faisait toujours un drôle d’effet. Enfin, « toujours » n’était pas le terme approprié. Il n’avait jamais dit « je t’aime » à une femme. Avait-il déjà été amoureux d’ailleurs ? Pas vraiment. Avec Anne, la mère de Josh, il avait vécu une jolie histoire mais les choses étaient différentes. Par ailleurs, il avait dit à son fils qu’il l’aimait mais l’amour paternel n’avait rien à voir. Cela lui avait quand même appris et démontré que, même si c’était évident, il était parfois nécessaire de verbaliser ses ressentis. Pour un psychologue, il la fichait mal mais c’était ainsi. Il n’avait pas honte de ses sentiments mais il n’était pas habitué les dire à haute voix. Peut-être qu’au fond de lui craignait-il un rejet ? Pourtant, il n’en avait jamais souffert. A moins que ce ne soit son statut de célibataire endurci qui le faisait agir ainsi ! Peu importait, maintenant c’était dit.

De l’amitié, en passant par l’amitié amoureuse, il n’y avait qu’un pas pour tomber en amour. Cette formule québécoise correspondait parfaitement à la situation de Ross aujourd’hui. En arrêtant de réfléchir, il n’avait rien vu venir. Il avait simplement laissé parler son cœur. Réalisant ses dires, l’écossais était mal à l’aise. Après avoir déposé un baiser sur la main d’Anne puis sa joue, il n’osait plus la regarder en face. Il n’osait plus bouger, elle non plus. La réaction d’Anne accentua son embarras.

L’invasion de questions, commençant à envahir l’esprit de l’homme, fut stoppée par l’arrivée de Wyatt. Ross sursauta. Il ne se retourna pas vers son fils. Comme un enfant prit sur le vif, il baissa la tête. Il n’avait aucune envie de croiser son regard si expressif. Heureusement, son fils savait se montrer discret quand il le voulait. Il passa son chemin en émettant tout de même un avis. Ce dernier était positif. Soulagé, l’écossais souffla. Il releva les yeux doucement vers la jeune femme. Mince alors, elle pleurait. Sans doute pleurait-elle en pensant à son mari. A moins qu’elle ne soit heureuse de cette déclaration. Impossible à savoir avant qu’elle ne se jette sur lui pour l’embrasser. Il se laissa porter par sa douceur et emporter par son ardeur. Cet amour de baiser le fit frissonner de plaisir. Il se sentit pousser des ailes quand Anne avoua à son tour ses sentiments. Il sourit. Le bonheur se ne gagnait pas, ne s’attrapait pas, il se méritait. Il demandait des efforts et des remises en question sincères et honnêtes. Il demandait des combats qui semblaient parfois perdus d’avance. Tout n’était pas réglé, mais l’espoir de voir le couple heureux était permis. Il l’avait été d’une certaine façon, il le serait de façon certaine. C’était ce que pensait Ross à cet instant. La meilleure des choses qui lui soit arrivée depuis longtemps était d’être tombé amoureux et de savoir que c’était réciproque.

- Manouchka... Ma mie… Ma folie… Murmura-t-il en enlaçant Anne comme jamais il ne l’avait fait.

C’était immensément tendre, profondément intense, fabuleusement passionné, en un mot : grandiose. Qu’est-ce que ce serait le jour où ils feraient l’amour ? Une folie de plus certainement. En attendant, cette étreinte si particulière marquerait à jamais le corps et l’âme de l’écossais. Sa douce et tendre amie s’était muée en la femme de sa vie. C’était certainement trop tôt pour l’affirmer mais Ross voulait y croire. Exalté par ses nouveaux ressentis, il avait également envie de partager son allégresse avec la terre entière. Pour l’heure, il se montrerait modeste, il la partagerait avec son fils adoré.

- Hey ! Wyatt, viens donc par ici cinq minutes. J’ai une grande nouvelle à t’annoncer !

Les yeux de Ross étaient plus bleus que d’habitude, ses lèvres étaient presque figées dans un grand sourire. L’air un peu niais du psychologue le rendait attendrissant. Comme Jacques Brel le chantait : Ross était « beau, beau, beau… Beau et con à la fois ». Wyatt avait certainement entendu ce que son père avait dit mais il n’avait pas dû entendre les murmures d’Anne. Il tenait à ce qu’il sache que son père avait, tout comme lui, rencontré le grand amour. C’était également une façon d’officialiser une nouvelle relation pour qu’il n’y ait aucun malentendu.

- Et puis, j’aimerai te demander quelque chose aussi fiston… Si t’as le temps bien sûr !... Et si Anne est d'accord.

L’écossais avait relâché son étreinte mais il n’avait pas cessé de regarder la française. Il s’était focalisé sur elle. Il avait l’impression de la redécouvrir. Elle était belle. Une vraie déesse. Les défauts ? Oubliés pour le moment. Comme tout amoureux digne de ce nom, Ross idéalisait Anne. Un petit peu de perfection dans ce monde plus qu’imparfait, ça ne faisait de mal à personne, n’est-ce-pas ?

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Sam 26 Mai - 14:11

Les secondes s'écoulaient doucement, se transformant en des minutes. J'étais dans la cuisine, laissant un moment d'intimité à mon père et à son amie. Le chiot n'avait pas eu la même patience que moi, il avait déjà disparu, se mettant en quête d'une bêtise à faire. A cet âge là, il ne valait mieux pas imaginer ce dont il était capable de faire. Manger les chaussures, les pieds de table, les lanières des sacs. Fixer son attention sur un mur et tenter d'y arracher le revêtement. Un gamin faisait des bêtises, un chiot c'était des bêtises puissance dix. Quoiqu'il lui faudrait tout de même du temps avant de pouvoir en faire autant que j'en avais fait. J'étais grimpé sur le plan de travail, posant mes fesses dessus. Au passage j'avais récupéré une bouteille de soda dans le réfrigérateur. Toujours aucun mouvement en provenance de la véranda. Mon esprit se mit alors à partir.

J'espérais réellement que ça soit réciproque l'amour que mon père ressentait pour Anne. Que ça soit aussi beau que Capucine et moi, même si eux avaient déjà un certain âge et plus toute la vie devant eux. Ce n'était pas tout à fait vrai car une nouvelle vie allait commencer avec ce bébé qui était en route. Fille ou garçon ? J'aurais bien aimé savoir, juste pour les rendre dingues en sortant des prénoms qui ne leur plairaient très probablement pas. Et nul doute non plus que ça rendrait dingue Sonny, la grande sœur si on pouvait ainsi la qualifier, de ce bébé. Rien que d'imaginer la tête qu'elle ferait face à mes propositions farfelues, de l'entendre déjà me traiter de crétin, cela amenait un léger sourire sur mes lèvres. Peut-être que je la contacterai dans les prochains jours, pour voir où elle en était avec son amateur de foies et sa peluche difforme. Il fallait surtout que je vois Capucine aussi. J'avais énormément de choses à faire en fait. Ce n'est pas facile la vie d'étudiant ! Et encore, je n'appartenais plus à Genetic !

La voix de mon père retentit depuis la véranda, me sortant de mes pensées. Je sautais du plan de travail. Une grande nouvelle à m'annoncer ? Un mariage ? Oh non pitié, pas si tôt. La polygamie n'était pas acceptée en Californie je crois. Et il me semblait qu'il n'était pas encore divorcé de Holster. Peut-être aussi avais-je raté une étape sur cette histoire de divorce. Anne savait-elle qu'il était marié au patron de Genetic ? Soit elle ne l'était pas et elle ne savait pas dans quoi elle s'engageait. Soit elle l'était et dans ce cas là, elle était complètement dérangée ou vraiment amoureuse de mon père. A choisir, je ne savais pas ce que je préférais, une belle mère au courant de rien ou une belle mère folle. Choix complexe que je garderais bien évidemment pour moi et dont je ne ferais pas part au couple.

Je venais de m'arrêter sur le seuil de la véranda. Mon regard s'était aussitôt braqué vers mon père. Et ce que je vis me perturba un peu car c'était la première fois que je le voyais dans cet état. Un sourire béat sur le visage. Une étincelle qui brillait au fond de ses prunelles bleues. Et quelque chose dans tout son être qui respirait le bonheur. Anne devait l'aimer pour qu'il ait cet air aussi bête sur le visage. Je ne la remerciais pas silencieusement que ça soit réciproque. Par contre je m'accordais à penser que grâce à elle, Ross oubliait tous les soucis que ma vie lui causait. Et ces derniers temps il y en avait entre ma tentative de suicide, mon départ de Genetic, la maladie de ma petite amie. Ross aspirait au bonheur et à cet instant, alors que je voyais le bonheur rayonner sur son visage, j'avais l'impression d'être un fardeau.

« Qu'est-ce que tu veux me demander ? Si c'est faire la bouffe pour un diner pour vous en amoureux, laisse tomber, je passe mon tour. A part si vous souhaitez être malades. »

Je prenais la situation à la légère, affichant même un sourire sur mon visage pour ne pas les inquiéter. Pourtant mes yeux ne mentaient pas mais mon père était trop heureux pour se rendre compte de quelque chose. J'espérais aussi que ça échapperait à Anne, m'appuyant sur le fait qu'elle ne me connaissait pas bien et surtout que j'avais toujours l'esprit ailleurs dans ses cours. Je me demandais ce que mon père allait me sortir. Si j'avais du temps en plus. Pour faire quoi ? Les laisser seuls et revenir plus tard ? Oh ça, il n'y avait pas de problème. Un simple mot de leur part et je déguerpissais de la maison pour quelques heures. Je connaissais Ross et pourtant là il me posait une colle. Ce sourire niais m'empêchait de deviner ce qu'il était en train de penser derrière. Il n'y avait plus qu'à attendre qu'il se décide à aborder le sujet. Ce que je fis en prenant un peu mes aises et en m'appuyant contre le chambranle de la porte.
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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Sam 26 Mai - 20:01

L'embrasser. C'était la seule chose à faire lorsque l'homme que vous aimez déclarait son amour. Après les débuts quelques peu chaotiques de notre relation et mes réticences à passer quelques jours chez Ross, je venais d'avoir ma réponse sur les sentiments de mon ex-ami/nouveau compagnon. Je n'aurais jamais imaginé qu'il puisse le faire alors que je faisais preuve de mauvaise volonté. D'ailleurs... Peut-être s'agissait-il d'un moyen de m'amadouer ? Peut être qu'il voulait que j'arrête de faire ma tête de mule ? Non. Il ne ferait pas une telle chose. Il ne s'amuserait pas à jouer avec mes sentiments. Pas après ce que j'avais vécu. Pas alors que je portais son enfant. Je devais rester calme et avoir confiance en lui. Il m'avait fait comprendre que je n'aurais rien à craindre à ses côtés, alors autant lui laisser le temps de me prouver ses sentiments. Ce qu'il fit en me rendant mon baiser et en m'enlaçant tendrement. Avec une telle étreinte, comment pouvais-je songer une seule seconde à m'en défaire ? Impossible. Mes lèvres se déposèrent une dernière fois sur les siennes avant de descendre le long de son menton et de se perdre dans son cou.

Si je n'arrivais pas à me contrôler, bientôt une autre envie se ferait sentir. Wyatt étant à côté, ce n'était pas très indiqué et il nous était impossible de nous éclipser discrètement. Pourtant, après ce baiser fougueux, cette étreinte et ses mots doux, il ne me faudrait guère beaucoup plus pour partir. Je me collais contre Ross alors qu'il appelait son fils à venir nous rejoindre. Il était si heureux. Je ne me rappelais pas de l'avoir vu aussi joyeux depuis le début de notre amitié. Lorsque Wyatt fut dans la pièce, le psychologue annonça qu'il avait une grande nouvelle à lui dire si je lui donnais mon accord. Quel accord ? Quoi ? Que se passait-il là ? Cette phrase m'inquiéta plus qu'elle n'aurait dû. Une idée me traversa l'esprit mais elle semblait si folle que je ne pouvais concevoir que ce soit ça. Ce mot de 7 lettres n'était pas à l'ordre du jour. Ce mot de 7 lettres arrivait bien trop tôt s'il s'agissait effectivement de ça. Certes, j'étais enceinte, nous nous aimions, mais ça ne nous obligeait pas à nous... nous... nous... ma...rier. Le connaissant aussi, ça ne pouvait être ça.

Mon regard se porta sur Wyatt au cas où la même idée lui traverserait l'esprit. Je fus intriguée par ce que j'y lu : de la tristesse. Était-ce notre relation qui le rendait si malheureux ? Je n'avais rien contre lui et je ne comptais pas remplacer sa mère. Même s'il avait passé une bonne partie de sa vie sans elle, il n'en restait pas moins qu'une maman était importante aux yeux d'un enfant. Surtout lorsqu'elle était tuée sous les yeux de celui-ci. Je n'osais imaginer le traumatisme pour lui et j'espérais qu'un jour, il se tournerait vers moi s'il avait des ennuis. Là, il réussit à cacher son trouble grâce à l'humour. Si Ross n'avait pas été là, j'aurais certainement essayé de lui tirer les vers du nez. Gentiment. Sans le brusquer. Car je n'avais aucune envie de lui être désagréable. Il était le fils de mon homme et je le considérais presque comme l'un de mes enfants. Il nous fallait rattraper le temps perdu, mais nous y arriverons. Reportant mon attention sur Ross, je demandais avec une voix légèrement inquiète :


- « Et je dois être d'accord pour quoi exactement ? »
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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Lun 28 Mai - 17:54

Ross devait faire une tête inhabituelle pour que son fils le regarde ainsi. Wyatt avait les yeux rivés sur son père. Il ne laissait paraître aucun sentiment. Ni joie, ni peine, ni interrogation, même pas un semblant d’ironie ou de provocation. Pour une personne qui ne le connaissait pas beaucoup, ce comportement pouvait passer pour de l’indifférence. Pour le psychologue, il en était tout autrement. Cette attitude était inappropriée aux circonstances. Il devinait que toutes les attentions de son fils étaient dirigées vers sa petite amie. Tout le reste était secondaire pour lui. Quoi de plus normal ? L’épreuve qu’il subissait avait toutes les raisons de le perturber et d’occuper toutes ses pensées. Le cancer s’était niché dans le jeune couple et le grignotait jour après jour. Fier comme une jeune coq, il tentait de faire bonne figure. Sans doute ne voulait-il rien laisser paraître devant Anne et éviter de plomber l’ambiance. Le psychologue fut troublé par cette attitude. Il se sentit coupable d’être heureux. C’était à son fils de l’être, pas à lui. Il aimerait tellement que les situations soient inversées. Non pas qu’il souhaitait voir Anne malade, mais que ce soit lui qui endure le calvaire à la place du jeune homme. Ross méritait de souffrir, pas Wyatt.

Toutefois, le jeune homme avait écouté son père et rejoint le couple sous la véranda. Ceci prouvait qu’il n’était pas complètement indifférent à ce qui se passait. Poussé par la curiosité, il souhaitait en savoir plus. L’écossais détourna ses prunelles de son fils un court instant pour les porter sur la française. Donner son amour sans compter, entendre des mots doux et recevoir les caresses de l’élue de son cœur : quoi de plus merveilleux ? Son contact et l’expression de son beau visage mirent de côté les inquiétudes qui le taraudaient à propos de son fils. Il lui adressa un sourire entendu et regarda de nouveau le jeune homme.

- Bon bah, c’est clair désormais. On…On… On s’aime ! Déclara-t-il tout sourire.

Le manque d’habitude à avouer ses sentiments et la joie ressentie firent presque bégayer l’écossais. L’amour, le vrai, était un mystère pour lui. Oh bien entendu, il avait lu tout un tas de théories sur ce sentiment. Il donnait même de bons conseils à ses patients. Pourtant, il ne comprenait pas ce qui lui arrivait, il constatait : ce qui le liait à Anne était inexplicable. Il était allé vers elle, elle était venue vers lui. Ils s’étaient élus l’un l’autre. Elle était l’idéal incarné, Ross existait grâce à son regard. Les yeux brillants d’amour pour celle qui se tenait à ses côtés, il l’attira encore un peu plus vers lui. Il se comportait comme un adolescent découvrant pour la première fois un sentiment inconnu. En dépit des épreuves, être heureux et rendre d’autres personnes heureuses était un bonheur extraordinaire. Les peines partagées réduisaient parfois de moitié la douleur, mais le bonheur, une fois partagé, s’en trouvait doublé.

- Comme toi et Capucine.

Sous-entendu qu’il avait, comme son fils, rencontré le grand amour. Connaissant désormais ce que Wyatt éprouvait, il avait l’impression qu’il pourrait l’aider au mieux dans ce qu’il traversait actuellement. Il était même persuadé que l’amour serait un moteur pour accélérer la guérison de la jeune fille. Il ne pouvait pas y avoir d’autre issue.

Quand Ross indiqua qu’il avait une demande à formulée, Anne et Wyatt semblèrent quelque peu déstabilisés. Evidemment, son fils fit le mariole pour éviter de montrer son inquiétude. Par contre Anne ne s’en cacha pas. Cette réaction amusa l’écossais. Ils s’attendaient à quoi ? Qu’il fasse une demande en mariage en bon et due forme ? Cela ne risquait pas. Plusieurs raisons pour lesquelles il était contre. Même s’il en avait fait la demande, le divorce avec Holster n’était pas encore prononcé. D’autre part, il n’en voyait pas l’utilité. Il n’avait pas besoin d’un morceau de papier pour légitimer son amour. Enfin, il se voyait mal faire une demande en mariage tant que son fils avait de gros soucis. Il venait déjà de lui annoncer tout feu, tout flamme qu’il était amoureux, il ne pouvait pas décemment en rajouter une couche.

- En fait, j’ai deux choses à te demander. Assieds-toi deux minutes au lieu de rester debout.
Il posa la main sur le ventre d’Anne en espérant qu’elle ne verrait pas d’inconvénient à ce qu’il allait dire ensuite.
- Penses-tu que Capucine serait d’accord pour être la marraine du bébé ?

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Mer 30 Mai - 3:12

Je n'étais pas le seul que le comportement de Ross semblait intriguer et ça, c'était inquiétant. Que je ne sois pas dans la confidence de ce qu'il allait demander, c'était normal. Mais que Anne ne devine pas ce qu'il avait en tête et en s'inquiète un peu, ça c'était presque inquiétant. Si c'était l'amour qui faisait que mon père agisse ainsi, il lui donnait vraiment un comportement bizarre. Je refusais de tenter de l'expliquer. Tout ce que j'acceptais de faire à cet instant, c'était de prendre sur moi et de l'accepter. Il avait le droit d'être heureux surtout qu'il m'avait élevé seul, me faisant toujours passer en premier avant lui. A présent, c'était à moi de me mettre en retrait et d'accepter son bonheur. Son visage rayonnait, cela faisait bien longtemps que je ne l'avais vu sourire.

On... On.... Allez courage mon père tu pouvais le faire. Et ce fut fait. Il prononça alors à haute voix que Anne et lui s'aimaient. C'était cool. Pour eux mais aussi pour le futur bébé qui aurait donc la chance d'avoir ses deux parents près de lui. Un très mince sourire, à peine visible apparut sur mon visage. La situation était presque grotesque pour moi car tout content qu'il était de son nouveau statut de futur père et de petit copain, Ross avait bégayé légèrement. C'était presque mignon tout ça. Mon regard sur porta sur Anne.

« Félicitations à vous deux ».

Je ne la quittais pas du regard à cet instant. Je pensais réellement mes paroles et j'espérais qu'elle s'en rendrait compte. Grâce à elle, mon père allait être heureux. Je ne pouvais demander mieux. Ses yeux brillaient, il attirait la femme qu'il aimait un peu plus près de lui. Enfin pas trop près, ils n'allaient tout de même pas se bécoter devant moi ! Qu'ils attendent au moins que je sois sorti de la véranda. Après, ils pourraient laisser libre cours à leurs pulsions et à l'appel de leurs corps. Beurk, je ne voulais pas imaginer ça car non seulement ça me perturbait mais en plus j'imaginais bien mon père avoir un blocage de dos en plein effort. C'est qu'il n'était plus tout jeune le vieux Rossy et déjà qu'il chopait des crampes dans la piscine !

Et puis soudain, ce fut le drame. Mon sourire disparut brutalement de mon visage car il venait de dire qu'il était amoureux comme je l'étais avec Capucine. J'avais rencontré mon grand amour. Je comprenais qu'il tentait de me dire la même chose en ce qui le concernait. Je comprenais son message. Et pourtant... Il y avait cette épée de Damoclès qui était suspendu au dessus de ma tête, prête à me tomber dessus, rompant au passage le lien qui m'unissait à ma petite amie. Le destin voulait me la prendre bien trop tôt. Je n'acceptais pas cette décision. Si sa phrase avait pour but de m'aider, son impact n'avait pas du tout l'effet escompté, au contraire. J'étais légèrement crispé. Je ne disais plus rien, attendant qu'il me demande enfin ce qu'il comptait me réclamer. Il avait toute mon attention mais j'étais sur mes gardes. Il ajouta même qu'il avait en réalité deux choses à me demander. Et là, ma gorge se serra. Pourquoi faisait-il ça ? C'était comme s'il comptait sur moi alors que je n'étais pas une personne sur qui on pouvait compter en ce moment. Il m'invita à m'asseoir mais je secouais négativement la tête, préférant rester là où j'étais. Le chambranle de la porte me soutenait, et j'étais bien contre lui. En fait, on se soutenait mutuellement !

La main de Ross se posa sur le ventre de Anne. Mon regard la suivit et à cet instant, mon attention fut porté sur ce petit être qui était en train de grandir en elle. Je n'avais pas encore pris toute l'ampleur mais d'ici quelques mois le microbe serait là. Et si d'ici là, Anne venait vivre avec nous, il allait falloir supporter les pleurs du bébé. Et tout ce qui allait avec. Changer les couches, lui donner son biberon, lui faire faire ses rots. Lui raconter plein d'histoires dès son plus jeune âge pour qu'il apprenne toutes les conneries que son frère faisait.

Il me demanda alors si Capucine accepterait d'être la marraine du bébé, me ramenant à la réalité. Mes yeux remontèrent le long de son bras, puis de son épaule, son cou jusqu'à ce que je rencontre son regard. Mais c'était qu'il avait l'air sérieux en plus. Mais pourquoi me demandait-il une telle chose et pourquoi voulait-il Capucine alors qu'il ne l'avait pas revu depuis des mois et qu'il ne l'appréciait pas vraiment. Il connaissait la terrible vérité, pourquoi me torturait-il maintenant ? Mais pourquoi ?

« C'est gentil de ta part de penser à elle... Mais elle refusera. Elle ne voudra pas s'engager en prenant cette responsabilité alors qu'elle ne sera peut être plus là d'ici quelques mois.... »

Et là ce fut trop pour moi. J'étais en train d'imaginer que la maladie l'emporterait sur notre volonté de nous battre. J'eus du mal à respirer. Je me redressais, reculant d'un pas. Je réussis tout de même à murmurer un « désolé » à l'attention de Ross et de Anne, puis je reculais à nouveau, les plantant sous la véranda. Je partis me réfugier dans le salon, me laissant tomber sur le canapé. Mon dos s'appuya sur un des bras. Mes jambes se replièrent et ma tête vint se poser sur mes genoux. Mes bras enserraient mes genoux, comme si je tentais de me raccrocher à la vie, les serrant trop fort à m'en faire mal. Je gâchais leur moment de bonheur, je n'étais qu'un crétin. Mais pourquoi fallait-il qu'il me fasse cette proposition alors qu'il savait la vérité !
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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Mer 30 Mai - 9:39

Je n'avais pas souvenir que Ross soit aussi cachotier par le passé et j'avouais qu'à cet instant, j'étais légèrement nerveuse. Qu'avait-il en tête ? Pourquoi ne m'avait-il pas prévenu avant de faire venir Wyatt dans la véranda ? Ainsi, j'aurais pu garder la face devant lui. J'avais besoin d'avoir un minimum de contrôle sur la situation pour pouvoir la gérer comme il se devait, avoir connaissance à l'avance de tous les éléments pour pouvoir prendre la bonne décision. Que se passerait-il s'il parlait mariage ? Non c'était impossible. Même si j'ignorais où il en était avec Holster, il ne pouvait pas se remarier aussi vite et moi je n'étais tout simplement pas prête. Bon. Stop. Il fallait que j'oublie ça pour me concentrer sur l'instant présent.

Ross avoua à Wyatt que nous nous aimions et sa déclaration me fit doucement sourire tant elle était touchante. Ce n'était pourtant que quelques mots, mais je pouvais sentir son excitation et sa joie de vivre derrière. J'étais heureuse. J'avais le sentiment que je ne me lasserais jamais de l'entendre me dire ces trois petits mots. Inconsciemment, je les attendais depuis si longtemps qu'en les recevant, tout me semblait plus facile et plus beau. C'était quoi ça ? Voilà que j'avais une réaction de midinette. Mon attention se reporta sur Wyatt qui me regardait en nous félicitant. Je me souvins alors du soir où nous nous étions rencontrés devant le gymnase de l'UCLA. Il m'avait demandé de veiller sur son père. A ce souvenir, je me sentis rougir. C'est sûr, j'avais veillé sur lui... De très près d'ailleurs. Il suffisait de voir le têtard pour le comprendre. J'espérais que ma présence serait appréciée de Wyatt.


- « Merci »

L'emprise de Ross se resserra autour de moi et j'en fis autant. Si Wyatt n'avait pas été là, il ne ferait aucun doute que je l'aurais déjà embrassé. Pour le moment, je me contentais de le regarder en essayant de lui faire comprendre tout ce que je ressentais. C'est là qu'il évoqua la relation que Wyatt partageait avec une certaine Capucine. Tiens, un prénom que j'avais déjà entendu sans pour autant lui trouver un visage. Ross m'avait expliqué rapidement ce qui se passait entre les deux. Apparemment, ces deux là s'aimaient passionnément, mais la maladie retenait prisonnière la jeune femme. C'était triste, mais il ne faisait aucun doute que les deux tourtereaux reprendraient leur histoire normalement quand tout sera terminé. Seulement, je n'étais qu'une personne extérieure alors que le jeune homme se décomposait sous nos yeux. Mon regard resta figé sur lui alors que Ross reprit. Il déposa sa main sur mon ventre avant de demander si cette Capucine accepterait de devenir la marraine du bébé. Je n'étais pas contre, mais l'attitude de Wyatt semblait indiquer le contraire.

Il était terrifié, même abattu devant cette situation. Quoi de plus normal ? Il ne pouvait pratiquement rien faire pour elle si ce n'était de rester à ses côtés. C'était aux médecins et aux traitements de la soigner. Je n'osais imaginer ce qu'il pouvait penser et endurer depuis la découverte de cette maladie. Wyatt quitta la pièce en s'excusant. Je lançais un regard désappointé à Ross ne sachant pas trop quoi faire. Pourtant j'étais sûrement la mieux placée pour en parler.


- « Je vais y aller. Un de nos enfants a besoin de parler et maintenant que je suis là, autant que je serve à quelque chose. »

En disant cela, je fis comprendre à Ross que je prenais Wyatt sous mon aile et que je le considérais déjà comme l'un de mes enfants. Je l'embrassais rapidement avant de me lever et de me rendre dans le salon où le jeune homme avait trouvé refuge. Sa position parlait d'elle même. Il souffrait et je ne savais pas quelle attitude adopter. Devais-je lui laisser son espace vitale ou accepterait-il que je m'assois à ses côtés ? Arrête de réfléchir et fonce. Je m'assis à côté de lui et le poussait doucement de l'épaule pour lui faire savoir que j'étais là.

- « Chez les jeunes femmes de 15 à 25 ans, 60% à 95% peuvent espérer une guérison complète. Bien sûr, tout dépend du stade d'évolution de la maladie. Si celle-ci est découverte à temps, ses chances sont plus que bonnes et si tu avais écouté en cours, tu connaitrais toi même ses chiffres. J'ai cité cette maladie en exemple lorsque j'ai évoqué les maladies génétiques. »

Je fis une pause et déposais ma main sur son épaule.

- « C'est difficile d'assister à ça. J'imagine que tu te sens impuissant et que tu ne dois pas savoir quelle attitude adopter. Pourtant, là tu sembles baisser les bras alors qu'elle continue de se battre. Si tu ne crois pas en elle, en sa guérison, elle le sentira et aura tendance à s'éloigner de toi pour te protéger. Même si elle est malade, elle reste la jeune femme que tu aimes, non ? La maladie n'est qu'un obstacle que vous surmonterait ensemble. Ne perds pas espoir. »

Je lui souris pour lui montrer que tout irait bien et terminais sur une pointe d'humour.

- « Et si tu as besoin de cours de rattrapage sur la question, tu sais comment me contacter. »
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Sam 2 Juin - 0:51

Voilà ! Anne et Ross s’aimaient. C’était dit, non sans difficultés, mais c’était dit officiellement avec certitude. Tout aurait été parfait si Wyatt ne traversait pas une très mauvaise passe. Même s’il n’y était pour rien, l’écossais se sentait coupable d’être heureux alors que son fils vivait un calvaire. Il ne voulait pas se poser cinq minutes avec le couple et préférait rester debout. C’était comme s’il avait hâte de fuir le bonheur qu’il avait sous les yeux. Il était présent dans la pièce mais son esprit était ailleurs. En faisant la comparaison de ses sentiments avec ceux de son fils, il souhaitait lui faire comprendre que finalement il n’était peut-être pas un handicapé de l’amour. Le jour où Ross annonça à Wyatt qu’il allait être de nouveau père, le sujet dérapa sur ses sentiments pour Anne. Du fait de leur amitié, il n’avait pas pu clairement les identifier. Il en avait même conclus que le grand amour n’était pas fait pour lui, qu’il ne le méritait pas. Wyatt était assez intelligent pour comprendre ce message. Seulement, l’état d’esprit dans lequel il était plongé depuis le Blue Lake, aggravée par la maladie de Capucine, ne lui permettait pas de prendre cette merveilleuse nouvelle avec le sourire. En garçon bien élevé, le jeune homme félicita le couple mais le cœur n’y était pas.

Au lieu de passer à autre chose, Ross exposa son idée d’avoir Capucine comme marraine du bébé, Il pensait ainsi faire comprendre à son fils que la maladie ne devait pas être un obstacle aux projets. Il devait l’accepter et ne pas renoncer à vivre. C’était une façon de prendre les rênes de son existence et de se concentrer sur ce qu’il y avait d’important. Capucine devait en faire autant. Il ne faisait aucun doute que leur amour était le plus important mais il n’était pas suffisant. Combien de couples se séparaient à cause d’une épreuve difficile ? Trop ! Wyatt avait son père et ses grands parents mais Capucine n’avait plus de famille. En lui demandant d’être la marraine du bébé, c’était un peu ce qu’il lui offrait. Cela sous-entendait aussi qu’il avait confiance en elle et en sa guérison. De savoir qu’une autre personne que son petit ami comptait sur elle ne pouvait être que bénéfique. Cela pouvait lui donner encore plus de courage pour continuer à se battre contre sa maladie. C’était peut-être utopique mais le psychologue y croyait dur comme fer. Capucine allait s’en sortir. En gardant l’espoir, la jeune fille s’en sortirait. Il ne pouvait en être autrement. Wyatt devait en faire autant ! Cependant son jeune âge n’était pas fait pour l’aider. Ce que dit Ross n’eut pas l’effet escompté. Au contraire ! En voulant lui faire comprendre que l’espoir était un moteur permettant d’avancer et se surpasser, il n’avait fait que l’achever. L'adolescent ne voyait que la fatalité.

- Mais non, il ne faut pas penser comme ça… Et qui te dit qu’elle refusera ?…
Protesta-t-il gentiment.

Il n’était pas question de le blâmer mais de le secouer un peu. Ce n’était pas le pessimisme de Wyatt qui aiderait Capucine. Certes, il ne devait pas lui dire le fond de sa pensée, mais si Capucine était, comme la plupart des femmes, dotée d’un sixième sens, elle devait le ressentir. Le jeune homme s’avouait vaincu d’avance. Il ne le fallait pas. Ross aurait voulu lui expliquer qu’il faisait fausse route mais Wyatt s’était éclipsé. La perspective de voir sa petite amie mourir était insoutenable. Dépassé par les événements, complètement terrifié. le jeune homme craquait.

*Et merde* Pourquoi n’arrivait-il pas à aider son fils ? Encore une fois, un sentiment de culpabilité et d’inutilité l’envahit. Voir son fils anéantit le contrariait au plus haut point. Il en venait à regretter d’avoir fait venir Anne chez lui. Si elle n’avait pas été là, il n’aurait pas découvert qu’il l’aimait, il n’aurait pas annoncé cette nouveauté à son fils, il ne l’aurait pas éclaboussé de son bonheur. Il n’aurait pas eu l’idée de proposer Capucine comme marraine du bébé. Ainsi, Wyatt se sentirait mieux et Ross ne serait pas aussi affligé. Il ne savait pas comment réagir. Se précipiter pour réconforter son fils ? Attendre que la pression retomber avant de le rejoindre ? En fait, il ne bougea pas. Il resta collé à Anne ; son contact l’apaisa, un peu. Heureusement qu’elle était là ! Elle prit la décision d’aller parler à Wyatt. Ayant eut des jeunes sous sa coupe, elle saurait trouver les mots justes pour dédramatiser tout cette histoire. Elle réussirait à apaiser le jeune homme. Rien ne valait la douceur d’une femme. C’était la meilleure idée la journée ! Ross esquissa un sourire reconnaissant.

- D’accord Manouchka. Pendant ce temps, je vais chercher tes affaires dans la voiture. Dit-il en se levant à son tour.

Etre un père aimant n’était pas une sinécure. Etre père célibataire, encore moins. Ross ne saurait dire combien de jours et de nuits il avait passé à s’inquiéter pour son fils. Il s’en fichait car la satisfaction, l’affection et le bonheur que Wyatt lui apportait, effaçaient tous ses tourments. Mais lorsqu’il se trouvait dans une impasse, l’écossais ne pouvait s’empêcher de penser aux mauvais moments. Les fièvres, les pleurs, les peurs, la mort de Nicole, le gène mutant, les disputes, les mensonges, les révélations, la séparation, les meurtres, le coma…. Autant de galères remontant à la surface avaient de quoi déstabiliser le plus équilibré des hommes. Perdu dans ses pensées moroses, l’écossais ne fit pas attention où il marchait. Il se prit les pieds dans le tuyau d’arrosage qui n’aurait jamais du se trouver sur son chemin, entre la voiture et la piscine. Il perdit l’équilibre. Sa tête heurta violemment le rebord avant qu’il n’ait eu le temps de réagir. Une seconde suffit pour voir un corps inanimé flotter à la surface de l’eau.

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Sam 2 Juin - 20:22

La dernière chose que je souhaitais était de gâcher le bonheur tout neuf de mon père et de Anne. J'aurais du être beaucoup plus fort que ce que j'avais montré. Je m'étais laissé submerger par les émotions. Capucine en marraine du bébé, je savais au fond de moi qu'elle serait géniale pour ce rôle même si nous n'avions jamais abordé ce sujet. Beaucoup trop jeunes et tellement d'autres préoccupations en tête que de songer à parler de bébé. Je supposais que même si jamais elle n'aimait pas les morpions, celui-ci n'étant pas le sien, elle le gâterait sans avoir toutes les contraintes qui revenaient aux parents. Il fallait juste que la maladie lui foute la paix et je n'y avais pas cru lors de la proposition de mon père. Si bien que je les avais plantés tous les deux sous la véranda, trouvant refuge dans le salon.

Je supposais que ça serait Ross qui viendrait me voir, me parler. C'était tout ce qu'il avait toujours fait avec moi au fil des années, tentant de trouver les bons mots pour atténuer mes peines. Je ne m'attendais pas du tout à ce que ça soit Anne. Après tout, nous ne pouvions pas dire que nous étions proches. Certes par le passé, il m'était arrivé de me tourner vers elle quand nous passions nos étés en France. Durant l'été dernier, je lui avais demandé de veiller sur mon père, elle l'avait fait, et de quelle manière ! Elle était également l'un de mes professeurs d'université mais j'avais tant l'esprit ailleurs durant ses cours que je les suivais d'une oreille distraite, prenant quelques notes par ci, par là. Sans vraiment écouter. Elle s'assit à côté de moi et me fit remarquer sa présence en me touchant légèrement. Je me décidais à lever mes prunelles vers elle, ne bougeant. Elle marquait un point sur le taux de guérison de la maladie. Il était assez élevé et il y avait plus d'une chance sur deux que Capucine en guérisse. Elle marquait également un second point en me faisant gentiment remarquer que j'aurais su tout ça si j'avais été attentif en cours.

Alors que sa main venait se poser sur mon épaule, je poussais un très léger soupir, admettant en moi qu'elle avait raison. Cependant, c'était encore trop noué au fond de ma gorge pour que j'arrive à ouvrir la bouche pour lui répondre. Alors je la laissais poursuivre. Elle tapait dans le mille encore une fois. Je me sentais effectivement impuissant face à cette maladie car je ne pouvais rien faire de concret pour la faire disparaître. Par contre, elle se trompait. Je croyais en Capucine, je croyais aussi en sa guérison. Mais la peur était là et parfois elle prenait tellement d'ampleur que je ne pouvais rien contrôler. C'était ce qui m'était arrivé quand j'étais sous la véranda. L'angoisse m'avait envahi. Devant Capucine j'étais toujours fort et je tentais de dissimuler mes faiblesses. Cela devait bien se voir sur mon visage que je m'inquiétais, sans doute que Anne avait raison, elle devait le sentir. Mais jamais je ne parlais négativement. Je refusais d'envisager un avenir où elle ne serait plus là, alors je l'incluais toujours dans mes projets à courts termes pour le futur. Car à moyen et long terme, c'était non envisageable pour moi. Priorité à mes études, priorité à elle et à sa guérison, ensuite on verrait. Et j'avais besoin d'un sérieux cours de rattrapage en ce qui concernait mes études. Même si je travaillais à côté, j'avais cette impression d'être complètement à la rue sur certaines choses.

« Merci... »

Un simple mot mais qui voulait dire beaucoup pour moi. Anne tentait de me faire dédramatiser la situation à sa manière. Elle ne me devait rien, n'était obligée de rien. Et pourtant elle se montrait présente. Pourquoi, je ne savais pas. Je n'avais rien fait jusqu'à présent pour mériter qu'elle m'accorde de l'attention. Je n'étais rien, seulement le beau-fils qu'elle allait devoir supporter et qui avait son lot de problème alors qu'elle devait déjà avoir les siens. Mes bras se relâchèrent d'autour mes genoux. Je dépliais mes jambes pour me relever et faire quelques pas dans le salon. Mon regard se posa alors sur une photo sous verre et encadrée. Deux têtes blondes qui souriaient à l'écran. Une femme et l'enfant que j'étais. Je devais avoir quatre ou cinq ans et c'était sans doute Ross qui avait immortalisé ces sourires sur nos visages, seulement quelques semaines avant sa mort. Le temps de l'innocence. Mes doigts effleurèrent la photo sans que je me retourne.

« Je ne le dis jamais à mon père mais elle me manque. Je sais qu'il fait de son mieux avec tout ce que je lui fais endurer mais j'aimerais parfois qu'elle soit là. J'ai encore des photos, quelques vidéos mais je sens que je suis en train de l'oublier. Et ça me fait aussi peur que la maladie de Capucine. Car je me dis que si elle ne venait pas à guérir, est-ce que c'est ce qui m'arriverait aussi pour elle ? Je finirai par l'oublier comme j'oublie ma propre mère... »

C'était une chose dure à encaisser. Je ne voulais pas oublier ma mère. Je refusais que Capucine meurt mais si jamais cela devait arriver, je ne voulais pas non plus l'oublier. Malgré toute ma volonté, mon cerveau avait de plus en plus de mal à se rappeler de Nicole. Si je ne regardais pas des photos, s'il n'y avait pas eu cette femme, Kate Reynolds qui lui ressemblait, sans doute qu'elle ne serait déjà plus qu'une ombre dans ma mémoire. Et je n'aurais plus de visage à mettre sur son nom. Plus de sourire à regarder ni de paire d'yeux qui semblaient sourire également, m'invitant à croquer la vie à pleine dents. Je ne me souvenais déjà plus du son de sa voix, je ne l'entendais plus dans ma tête depuis un moment déjà. Tout était amené à disparaître, c'était la vie et elle craignait.

Tout comme moi. J'étais là à me confier à Anne sur une peur qui me tiraillait depuis un moment. J'aurais du être le garçon insouciant qu'elle connaissait, qui s'amusait de la vie, faisait des bêtises sans penser aux conséquences et aux efforts que Ross devrait faire derrière pour les rattraper. Elle aurait du être avec lui d'ailleurs plutôt qu'avec moi. A parler de leur bébé, de leurs projets. Se demander si ça serait un garçon ou une fille, trouver un prénom. Discuter pour préparer une chambre d'enfant. Tant de choses qui la feraient sourire, contrairement à moi et à ma tête d'enterrement. En plus c'était le jour où mon père lui annonçait qu'il l'aimait et je gâchais ce moment. Il fallait que je lui présente mes excuses pour tout ça alors je me retournais.

Et c'est à cet instant que mon coeur manqua un battement. Ce fut d'abord quelque chose qui attira mon attention au travers une fenêtre. La piscine. Et il y avait une anormalité. Je m'approchais d'un pas en direction de la fenêtre et je le vis. Mon sang se glaça à l'intérieur de mes veines sans que ça ne soit du à mon pouvoir. Je blêmis et si j'avais été à l'écoute de mon corps, je crois que j'aurais pu ressentir le tremblement qui parcourut mes jambes. Ce n'était pas possible, je devais rêver. Et pourtant...

« Papa... »

Entre la silhouette que je vis dans la piscine et mon départ en courant en direction de celle-ci, laissant Anne sur place, il ne se passa sans doute que quelques secondes. Je ne pensais plus à rien alors que je sortais en trombe de la maison. La peur me tiraillait mais ne m'arrêtait pas. Tout mais pas lui. Il était tout ce qu'il me restait en figure parentale. Il était hors de question qu'on me le prenne. Je plongeais tête la première dans l'eau. Je refusais qu'il meurt. Pas mon père. Si la faucheuse voulait quelqu'un, qu'elle m'emmène à sa place. Ross avait une femme, un enfant en route. Il devait être heureux. Arrivé à sa hauteur, je le retournais. Mon bras droit l'encercla pour lui maintenir la tête hors de l'eau. Ma main gauche le gifla pour tenter de lui faire reprendre conscience. Je ne pouvais rien faire dans cette eau, il fallait que je le sorte de là. Je l'agrippais fermement et me mis à nager vers le bord, le traînant avec moi. La peur de le perdre était là, elle grondait en moi et me faisait lui parler tout en nageant. « Fais pas le con papa... Me laisse pas.. Pense à Anne »
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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Dim 3 Juin - 19:10

Karl Jaspers a dit : « Tu es mortel quand tu es sans amour; tu es immortel quand tu aimes. » En fin de compte, tout semble se résumer au simple fait d'aimer et d'être aimé. L'amour est certainement le plus fort des sentiments nous permettant de nous dépasser, voir de nous surpasser. Pas pour nous même, mais bien pour cette unique personne devenue notre centre de gravité, notre seule pensée et notre cœur. La puissance de celui-ci peut nous conduire à notre perte, mais cela nous semble tellement dérisoire au fait de la perdre, elle. Sans elle, nous ne sommes plus rien si ce n'est une enveloppe charnelle sans âme et sans cœur qui continue à arpenter cette terre en attendant sa fin inéluctable. A quoi bon vivre si cet amour venait à disparaître ? A quoi se résume finalement notre vie si on ne peut la partager avec la personne aimée ? A pas grand chose, pour ne pas dire à rien, car elle sera toujours présente, toujours là dans nos souvenirs, dans notre esprit. Mais il nous sera impossible de la toucher à nouveau. Peu à peu, avec le temps, les temps passés ensemble deviendront de plus en plus fous pour au final disparaître. Que faut-il préférer ? Le souvenir ou l'oubli ? Telle est la question.

Dans mon souvenir, Wyatt était un jeune homme têtu, téméraire, capable de tout pour réaliser ce qu'il avait en tête. Là, je le sentais abattu vis à vis du cancer de sa petite amie. Si je le percevais, il ne faisait aucun doute qu'elle aussi. Les personnes cancéreuses faisaient attention aux moindres gestes, à la moindre parole prononcée qui leur feraient comprendre qu'elles étaient une cause d'inquiétude pour les autres. Comme elles se sentent faibles, il leur arrive d'envisager les pires scénarios et finissent par s'éloigner de leurs proches pour que la rupture leur soit moins dure. Pourtant, ce n'était pas la solution et j'essayais de le faire comprendre au jeune homme. Seulement, étais-je habilitée à donner mon avis sur la question ? Qui étais-je pour lui faire ce genre de remarque ? Personne. Je n'étais que la petite amie de son père et l'un de ses professeurs. Je n'étais pas sa mère, nous ne nous connaissions pas beaucoup et j'étais en train de m'occuper de lui comme s'il était mon fils. Il me remercia et je ne saurais dire s'il le pensait réellement ou si c'était un moyen de clore le sujet.


- « Je t'en prie. », murmurais-je en le regardant se lever.

J'avais été trop loin. Il allait sûrement quitter la pièce pour trouver un lieu où son affreuse « belle mère » ne serait pas. Je ne le quittais pas du regard et fut intriguée lorsqu'il s'arrêta. Que faisait-il ? Sa voix s'éleva alors qu'il me tournait le dos. Il aborda le sujet de sa mère, ce qui me fit penser une nouvelle fois que je m'étais attribuée un rôle sans en avoir le droit. Je l'écoutais avec attention pour bien comprendre le fil de sa pensée.


- « La mémoire est une chose complexe. Tu peux oublier des choses importantes, mais te souvenir de détails futiles. Il est impossible de prévoir ce dont on peut se souvenir, mais il est inévitable que tu oublieras certains passages de ta vie. Tout simplement, parce que tu continueras de vivre et que ta mémoire devra engranger de nouvelles informations. Il est impossible pour elle de tout retenir. C'est inéluctable. Liam est mort il y a à peine 5 mois et pourtant, je ne me souviens déjà plus de la dernière fois où je l'ai embrassé. Je suppose que c'était le jour même, mais je n'en ai aucun souvenir. Ce geste devait être un réflexe et je ne me doutais pas à ce moment là que ce serait la dernière fois, c'est pourquoi mon cerveau n'a pas mémoriser. Je suppose que tout est question d'importance de la situation. Si Capucine est si importante pour toi, tu ne l'oublieras pas. Il y aura toujours un lieu, une odeur, un détail qui te la ramènera à ton souvenir. »

Voilà mon avis sur la question, mais j'espérais qu'il ne le prendrait pas comme une leçon venant d'une experte en la matière. Il se retourna et j'attendis qu'il prenne la parole. Aucun son ne sortit de sa bouche. Son attitude était devenue étrange tout à coup. Il fit un pas et je vis son visage se décomposer. C'est alors que je l'entendis murmurer « Papa » avant de détaler. Mon regard suivit Wyatt pour tenter de comprendre ce qui se passait et là, le choc. Ross était tombé dans la piscine et ne bougeait plus. C'est dans un état second que je pris le même chemin emprunté par le jeune homme pour l'aider à le remonter. Je me mis sur le bord pour le récupérer et le hisser sur la terre ferme. Je ne savais pas quoi dire, mais je savais quoi faire. Mes mains tremblaient, mais ce n'était pas important. Il fallait que je l'aide. Il avait besoin de moi. Je devais... faire quelque chose. J'étais présente cette fois. Il n'était pas concevable que Ross meurt aussi bêtement.

J'ouvris le col de sa chemise, défis sa ceinture et mis sa tête en arrière pour l'aider à respirer. Je pris son pouls, mais ne sentis rien. Ce n'était pas bon. Il fallait lui faire du bouche à bouche.


- « Wyatt appelle les secours et dit leur de se dépêcher. », dis-je d'une voix angoissée.

Puis je commençais les premiers gestes de secours en priant le ciel que tout se passerait bien et que les secours arriveraient incessamment sous peu. Si je me souvenais bien, il s'agissait de faire 2 insufflations pour 15 massages cardiaques. C'était parti et je n'arrêterais ces gestes qu'au moment où Ross ouvrirait les yeux. Car il allait se réveiller. Il ne pouvait que se réveiller. Je ne lui laissais pas le choix.


- « M'abandonne pas. Ne nous laisse pas... Si... Si tu n'es pas là, je n'y arriverais pas. Reviens !!! », finis-je par crier.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Mar 5 Juin - 21:00

Le choc fut violent. Ross perdit connaissance sur le coup. Il ne se vit pas tomber dans la piscine. Le contact avec l’eau, en quelque sorte, le réveilla. Il était inconscient et pourtant il était présent. Son corps était léger comme une plume. Il planait mais voyait et entendait tout. Comme un spectateur ne pouvant interférer sur le déroulement du film, il regarda la scène qui suivit sa chute. Wyatt le ramena au bord de la piscine en le suppliant de ne pas faire le con. Anne prêta main forte au jeune homme pour le sortir de l’eau. Elle aussi lui criait de ne pas l’abandonner. Que leur arrivait-il à tous les deux ? L’écossais n’était pas à l’agonie ! Il fut surpris de voir la française pratiquer les gestes de premiers secours. Il sentait toujours son cœur battre dans ses tempes pourtant ! Un peu trop fort peut-être, mais il n’y avait pas de quoi paniquer. Il était en bonne santé. Toutes ces précautions étaient inutiles.

Tout lui semblait insolite jusqu’à ce que l’inquiétude commence à le tirailler. Il ne souffrait pas physiquement mais il ressentait une douleur intérieure. Il voulait bouger mais il ne le pouvait pas. Il voulait parler mais aucun son ne sortait de sa bouche. L’écossais avait peur de perdre le contact avec la réalité. Il était préoccupé, non pas par lui, mais par ceux qu’il chérissait le plus monde. Les visages affolés d’Anne et de Wyatt l’angoissaient. Le pire était de voir la détresse de son fils. Il voulait le rassurer en lui faisait comprendre qu’il était à ses côtés. C’était impossible, son corps refusait de répondre à ses pensées. Il ressentit alors une profonde agitation le torturer. C’était à n’y rien comprendre. Le massage cardiaque qui n’avait rien d’agréable eut raison de sa pseudo-conscience, à moins que ce ne soit le choc ou le masque à oxygène qu’on lui colla sur le visage. Ross plongea dans un trou noir durant un temps indéterminé.

Plus tard, il s’éveilla dans une chambre d’hôpital avec un autre patient comme compagnie. Il avait un mal de crâne atroce. En portant la main sur son front bandé, il réalisa qu’il avait été victime d’un accident. Que s’était-il passé ? Une mauvaise chute, un accident de la route ? Il n’en avait pas la moindre idée. Ses derniers souvenirs remontaient à…. Il ne saurait le dire. Des images floues de Wyatt et d’Anne, réunis dans une même pièce, traversèrent son esprit ; elles s’estompèrent rapidement et tombèrent dans l’oubli. Ses premières pensées furent pour son fils. Où était-il ? Pourquoi n’était-il pas là ? Que s’était-il passé bordel ? Epouvanté à l’idée que Wyatt ait été également accidenté, Ross s’affola. Il se mit à pleurer et à appeler son fil. Le patient sonna et un médecin vint s’asseoir sur le bord du lit. Il tenta de consoler l’écossais en affirmant que son fils n’avait eu aucun accident. Il était simplement sorti de la chambre deux minutes pour prendre l’air. Le psychologue ne crut pas le médecin et il prétendit qu’il l’avait renvoyé. Ce fut seulement quand il précisa que l’infirmière avait été obligée de prétexter des soins pour qu’il daigne sortir de la pièce que Ross cessa de paniquer. Il reconnaissait bien là son amour de tête de mule. Le médecin indiqua également qu’une femme, aussi bornée que le jeune homme, était à ses côtés. Qui était-elle ? Alors là mystère ! Peu importait, son fils était en parfaite santé, c’était le principal. Il avait hâte de le voir. Avant de laisser entrer le jeune homme, le médecin fit un rapide compte-rendu de ce dont souffrait l’écossais.

Citation :
Vous avez un traumatisme cranio-cérébral. D’après le scanner et l’IRM qu’on va a fait passer, l’hippocampe et les structures diencéphaliques ont été malmenées…

Heureusement que le patient était psychologue sinon il n’aurait rien compris du jargon médical. Les médecins avaient cette fâcheuse manie de ne pas s’exprimer comme monsieur tout monde. A croire qu’ils ne souhaitaient pas que les malades comprennent de quoi ils souffraient. Pratique pour guérir ! Même si Ross avait une formation médicale, il avait du mal à analyser ce qui venait de lui être dit. Son cerveau était embrouillé et les maux de tête n’étaient pas faits pour aider. Le médecin dût remarquer que la tête de son patient se décomposait à vue d’oeil. Il ajouta :

Citation :
…Il n’y a pas besoin d’opérer. Les lésions sont relativement superficielles. Cependant, il est possible que vous ayez des petits problèmes de mémoire et de concentration. Votre comportement peut s’en trouver modifié également, mais ne vous inquiétez pas, d’ici quelques semaines tout devrait rentrer dans l’ordre.

D’accord mais si tout ne rentrait pas dans l’ordre, que se passerait-il ? Devrait-il recourir à la chirurgie ? Et maintenant, que devait-il faire ? De quoi avait-il besoin pour sortir de ce mauvais pas au plus vite ? Ross n’avait pas envie de passer sa convalescence à l’hôpital. Il avait un tas de choses à faire à l’extérieur. Quel était son programme de la semaine d’ailleurs ? De la journée ? Il verrait plus tard. Une fois chez lui, il consulterait son agenda pour être certain de ne rien oublier. Ce dont il avait besoin sur l’instant, c’était de voir son fils et de rentrer chez lui. Pour éviter un éventuel étourdissement, l’écossais se releva lentement pour sortir de son lit. A part le mal de crâne qui ne le lâchait pas, il se sentait bien. Si tous les examens avaient été pratiqués, il n’y avait pas lieu de rester plus longtemps. Ross enfila ses vêtements sous l’œil attentif du médecin. Ce dernier n’émit aucune objection. Tant mieux !

L’écossais ouvrit la porte de la chambre et tomba nez à nez avec son fils. Un grand sourire illumina son visage.
- Hey ! Fiston. Content de te voir en pleine forme. Dit-il en enlaçant son fils affectueusement.
Ross était définitivement rassuré sur l’état de santé de Wyatt. Rien ne pouvait lui faire plus plaisir.
- Mais dis-moi, t’as pas encore grandi toi ? Demanda-t-il en se reculant un peu pour regarder son fils.

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Jeu 7 Juin - 16:07

Pourquoi me faisait-on cela ? J'avouais enfin que j'étais en train d'oublier ma mère et voilà qu'on voulait me retirer mon père ? Je ne tenais pas en place dans le couloir donnant sur la chambre où se reposait mon père. Je ne savais pas depuis combien d'heures nous étions là avec Anne, à attendre. Je commençais à devenir dingue. Les médecins me rendaient dingues. J'étais sur le point de tout envoyer promener pour entrer d'autorité dans cette chambre alors qu'on nous avait demandé de patienter. Combien de temps ? Pour quelle raisons ? Ah oui des soins. Mais un médecin était aussi entré par la suite. Et aucune information ne nous avait été donnée. J'avais fini par m'asseoir sur un des bancs se trouvant dans le couloir. Ma tête s'appuya contre le mur derrière moi et mes yeux se fermèrent. Je tentais de prendre mon mal en patience en prenant sur moi-même.

Tout s'était déroulé si rapidement. J'avais sorti mon père de la piscine avec l'aide de Anne. De le voir inanimé sur le sol, j'avais ressenti une vive douleur à l'intérieur. Je n'avais connu cette sensation qu'une seule fois dans ma vie auparavant. Quand j'étais tombé devant le corps inanimé de ma mère. L'histoire se reproduisait. Les années avaient passé et cette fois c'était mon père qui se trouvait sous mes yeux. J'avais été tétanisé et sans la voix de Anne pour me forcer à réagir, je n'aurais sans doute pas songé à appeler les secours. Je serais resté là, bloqué et revivant une scène que j'avais déjà vécue.

Il n'avait pas fallu longtemps au secours pour arriver. Après les avoir appelé, j'étais revenu auprès de Ross. Ma main avait pris la sienne, la serrant fort alors que Anne continuait son massage cardiaque. Je ne me souvins pas de tout ce qui se passa. Je me rappelais seulement que je refusais de lâcher la main de mon père quand ils voulurent l'emmener dans l'ambulance. J'étais dans un état second, je prononçais des paroles mais elles étaient incompréhensibles. Je parlais à Ross tout bas sans me préoccuper des personnes qui m'entouraient. Je ne sus même pas comment je me retrouvais dans l'ambulance avec lui. Mais sa main était toujours dans la mienne.

Ce ne fut qu'une fois à l'hôpital qu'on me força à le lâcher. Les médecins prétextèrent des examens. Ils voulaient m'enlever mon père. Il était hors de question que je les laisse faire. Pourtant, une main posée sur mon épaule et une voix finirent par me faire entendre raison. Et je me décidais à lâcher cette main qui avait si souvent tenu la mienne dans le passé. Ce fut des heures d'attente, l'angoisse au ventre. Une boule ne me quittait pas. Elle était bloquée dans la gorge et j'avais cette impression que si j'ouvrais la bouche pour parler, j'allais pleurer.

Enfin, au bout de je ne sais pas combien de temps, on nous autorisa à entrer dans une chambre où Ross avait été amené. Il ne fallait pas me le dire deux fois, je me précipitais à l'intérieur de celle-ci. Je crus que tout était fini. Que j'aurais juste à patienter, là au bord du lit en guettant son visage pour le voir ouvrir les paupières. Mais une infirmière en décida autrement. Elle demanda gentiment à ce qu'on sorte de la pièce. Paroles dans le vent, je ne bougeais pas. Elle se montra alors insistante, précisant qu'elle devait pratiquer des soins sur Ross. Elle eut raison de moi, après un regard furieux et inquiet, je sortis.

Attendre. Prendre son mal en patience. Les médecins ne devaient pas avoir conscience de ce que ça faisait d'être dans une situation pareille même s'ils disaient qu'ils comprenaient. Ils ne pouvaient pas. Ils ne savaient pas ce que ça faisait que de savoir que votre dernier parent vivant se trouvait derrière une porte et qu'on vous empêchait de le voir. Ils ne savaient pas que le silence dans lequel ils aimaient se murer avant d'être sûrs de leur diagnostic rendait dingue les proches d'une victime. Je n'en pouvais plus. Il fallait que je le vois. Alors mes yeux se rouvrirent, je me levais ne me préoccupant pas de ce qui se passait autour de moi et je pris la direction de la chambre. Ma main s'apprêtait à tourner la poignée quand la porte s'ouvrit. Je croisais son regard et là ce fut un soulagement. L'énorme poids qui pesait dans mon corps s'envola. Je ne sais pas lequel de nous deux prit l'autre dans ses bras en premier mais je serrais fort mon père contre moi. Remerciant secrètement qu'on me l'ait laissé. Ça irait, il serait là pour moi. Pour Anne et pour le bébé aussi. Je m'écartais à mon tour pour m'assurer par moi-même de son état et la question qu'il me posa me figea. Le sourire que j'avais en le voyant se crispa sur mon visage. Je me reculais à mon tour d'un pas. Mon regard chercha celui de Anne, inquiet. Puis je reportais mes prunelles bleues sur mon père.

« Euh non papa... Le coup que tu as reçu sur la tête te donne l'impression d'être plus petit.... ? »

Je ne comprenais rien. Non je n'avais pas grandi en quelques heures, pourquoi me posait-il cette question. Cela faisait quelques temps déjà que je l'avais dépassé lui et son mètre quatre vingt. Je frôlais davantage les un mètre quatre vingt dix. Il espérait que je dépasse les deux mètres ou quoi ? Quelque chose n'allait pas. Et je ne savais pas ce que c'était. Mais la peur était de nouveau présente, tapie dans le creux de mon ventre. Elle était revenue plus rapidement qu'elle ne s'était envolée, me donnant une claque au passage. J'avais l'impression qu'elle me disait que ça serait trop simple si c'était déjà fini. Je n'avais pas assez souffert encore, comme lorsque j'avais cinq ans. Il fallait en rajouter une couche.
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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Jeu 7 Juin - 17:04

Attendre... Voilà tout ce que nous pouvions faire pour le moment et c'était la pire des choses lorsque cela vous conduisait dans la salle d'attente d'un hôpital. Surtout que les activités pour ne pas penser à la souffrance de la personne aimée ne se bousculaient guère. Analyser les moindres faits et gestes des futurs patients ou de leurs accompagnateurs : Check. Compter le nombre de carreaux qui composaient le carrelage : Check. Nombre de faux espoirs en voyant le personnel médical se diriger vers nous : je m'étais arrêtée de compter à quarante sept. Quarante sept fois où mon cœur avait failli se décrocher. Quarante sept fois où j'avais espéré des réponses sans qu'ils puissent m'en révéler une seule. Je les détestais.

Assise, les bras en appuis sur mes genoux, je demeurais silencieuse. Wyatt était à mes côtés, mais je ne savais que dire pour le rassurer. Mes paroles n'auraient été que pure spéculation puisque je n'étais pas auprès de Ross pour connaître tous les éléments. Et quand bien même j'aurais été en présence de ceux-ci, je n'aurais pas été en mesure de les interpréter, car je n'étais pas médecin. Seulement, je ne pouvais pas rester là indéfiniment sans rien faire. Pour la énième fois, je me levais pour demander des nouvelles à l'accueil qui fut aussi aimable qu'une porte de prison. Je n'étais même pas arrivée au comptoir qu'elle me fit savoir qu'elle n'avait pas de nouvelles informations à nous communiquer et que je ferais mieux d'attendre qu'un médecin vienne nous voir. Je la remerciais ironiquement pour les renseignements fournis avant de me détourner de ce bureau inutile. Honnêtement, je la détestais.

Lorsque je me rendis compte que je détestais tout ce qui se trouvait sous mes yeux, je me résignais à sortir prendre l'air. Je m'assis sur un muret et me contentais de regarder ce qui se déroulait sous mes yeux sans chercher à comprendre. C'est là que je vis un groupe d'infirmiers en pause cigarette. L'envie de leur en demander une se fit sentir, mais les raisons de ne pas le faire furent plus fortes. Si Sonny apprenait que je m'étais payée une cigarette après tout mon discours contre le tabac, elle n'hésiterait pas à me tuer. Si elle et Ross apprenaient que je fumais alors qu'un bébé grandissait dans mon ventre, ils s'y mettraient à deux. Peut être à trois si Wyatt se ralliait à leur cause. Décidément, je détestais toute cette situation.

C'est en soupirant que je décidais de rejoindre Wyatt. Wyatt qui s'était levé et semblait prendre le chemin menant à la chambre de Ross. Avait-il eu des nouvelles ? Je me précipitais dans le couloir à sa suite.


- « Des nou... velles ? », demandais-je alors que la porte s'ouvrit, faisant apparaître Ross.

Une vague de soulagement se déferla dans tout mon être. Un sourire s'afficha sur mes lèvres. Il était debout, il allait bien. L'accolade de Wyatt et Ross me rendit heureuse. Certes, leur relation allait mieux depuis quelques temps, mais ce ne fut pas toujours le cas. Plus de peur que de mal et finalement, cet accident leur aura permis de se rappeler les sentiments qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre. Seulement, la question de Ross me paru étrange. Était-ce une sorte d'humour auquel je n'étais pas sensible ? Au regard que Wyatt me lança, je vis que lui aussi était étonné.


- « Peut être que ces quelques heures loin de toi lui ont paru une éternité. Ou peut être est-ce une sorte... d'humour. »

Je n'étais pas convaincue par mes propos, mais je voulais trouver une explication logique et simple qui rassurerait tout le monde. Ce pouvait être également un coup de fatigue ou tout simplement l'étourdissement du coup qu'il avait reçu. Il y avait tellement de possibilités, alors pourquoi penser au pire ? Je m'approchais de Ross et le prit dans mes bras. Je déposais ma tête contre son torse et fut satisfaite d'entendre son cœur battre.

- « Contente de te voir en forme. Ne nous refait plus jamais ça, s'il te plaît. »

Plus rien ne nous empêcherait d'être heureux maintenant. Nous n'avions plus qu'à nous aimer et rien ne nous arrêterait.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Jeu 7 Juin - 22:10

Ross était le plus heureux des pères. Wyatt était sain et sauf ! C’était tout ce qui comptait pour lui à cet instant. Ses maux de tête étaient toujours présents mais le bonheur de tenir son fils dans les bras les lui faisait oublier. Il l’embrassa sur le front comme pour le remercier d’être là, bien vivant. Il sentit les larmes monter ; c’était une sensation étrange, un mélange de joie et de peur. De quoi avait-il peur ? Difficile à dire. Ce sentiment était plus de l’appréhension due à une certaine incompréhension. Il trouvait que Wyatt avait grandi et Wyatt le contredisait en mettant la cause sur le coup reçu qui l’aurait fait rapetisser. Ross n’était pas encore assez vieux pour se tasser.

- Non… je ne pense pas… Dit-il d’une voix hésitante.

Pourquoi avait-il l’impression de voir son fils plus grand ? Que lui avait dit le médecin déjà ? Serait-ce sa vision qui était altérée ? Sans doute. Il ferma brièvement les yeux et les rouvrit pour les poser sur le jeune homme. Il ne rêvait pas, Wyatt le dépassait bien de plusieurs centimètres. Il n’y avait aucun doute là-dessus. L’esprit du psychologue s’embrouilla. Il regarda autour de lui. Il ne reconnaissait pas les lieus. Enfin si, il voyait bien qu’il était dans un couloir d’hôpital mais il n’avait pas le souvenir d’y être entré et d’y avoir séjourné. Il se demandait ce qu’il faisait là alors qu’il tenait parfaitement sur ses jambes et qu’il ne ressentait aucune douleur suspecte.

L’écossais souffrait alors d’une amnésie antérograde se rapportant au déficit d’encodage de nouvelles informations qui suivent un traumatisme. Cette amnésie passagère pouvait durer quelques minutes, quelques heures voire quelques jours. Elle allait de paire avec l’amnésie rétrograde dont le médecin lui avait parlé. Seulement, Ross avait oublié les explications du spécialiste communiquées quelques minutes plus tôt. Il ne se souvenait même plus avoir eu un accident.

- Qu’est-ce qu’on fait dans cet hôpital ? On est venu rendre visite à qui ? Demanda-t-il le plus naturellement du monde au jeune homme.

A ce moment précis, une femme le prit dans ses bras. Surprit par autant de familiarité, il ne dit mot. Elle était contente de le voir en forme. Oui d’accord, Ross n’était pas un laideron, mais ce n’était pas une raison de se coller ainsi à lui. Si c’était une folle, il était mal venu de la contrarier. Il questionna son fils du regard. Qui était-elle ? L’écossais s’amusait de cette situation peu commune. Elle était peut-être folle mais elle était très belle. Ses gestes étaient tendres et elle sentait bon. Puisque ça lui faisait plaisir, il n’allait pas la repousser. Ross était un gentleman qui n’aimait pas faire de la peine gratuitement.

- Merci. C’est gentil. Dit-il chaleureusement en posant timidement ses mains sur les épaules de la jeune femme.
- Vous êtes adorable, mais je crois que votre enthousiasme vous égare. Non ?

La voix de l’écossais était calme et posée. Aucune agressivité et beaucoup d’attention pouvaient se lire dans ses yeux clairs. Un sourire presque charmeur accompagnait le tout. Il ne fallait surtout pas effrayer cette charmante jeune femme. Il ne voulait pas voir son sourire s’effacer. Avant de la repousser gentiment, Ross devait tenter d’analyser rapidement la jeune femme. En fonction de sa réponse et de sa réaction, il aviserait.

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Sam 9 Juin - 13:59

De l'humour ? On parlait bien de Ross Fearghas McGregor ? Non, Anne devait parler d'une autre personne. Le sens de l'humour de mon père n'était pas aussi développé. Il envoyait bien des vannes de temps en temps mais elles n'excellaient pas dans l'art de faire rire. On se trouvait dans un hôpital. Nous étions morts d'inquiétude pour lui. Et s'il voulait détendre l'atmosphère pour qu'on arrête de s'inquiéter pour lui, il n'aurait jamais fait ça. Pas alors qu'il savait pertinemment que ma mère était morte et que je n'avais plus que lui. Alors l'humour, je le mettais de côté immédiatement et je n'optais pas pour cette option. Le coup sur la tête qui espaçait sa vision du temps de quelques heures et qui le perturbait dans sa vue ? Pourquoi pas, si encore les médecins nous avaient tenus au courant du diagnostic et des répercussions sur sa santé, nous aurions été fixés au lieu de faire des suppositions et d'avancer à l'aveugle pour déterminer l'état de Ross !

Surtout qu'il venait de demander ce qu'on faisait dans cet hôpital. Incompréhension de ma part. Recul d'un pas pour examiner mon père de la tête aux pieds, me demandant si c'était bien lui que j'avais sous les yeux et non un clone que l'on aurait mis à sa place dans cette chambre dont il venait de sortir. Comment pouvait-il demander à qui on venait de rendre visite alors qu'il sortait d'une chambre d'hôpital et d'un lit où il était allongé ! Mais.... Rendez-moi mon père bordel ! Anne, ma sauveuse. Elle allait me le ramener à la raison. Un câlin, un baiser et ça serait reparti comme avant. La famille serait recomposée et tout irait bien. Mais mon visage blêmit une nouvelle fois quand je vis par dessus l'épaule de la jeune femme le regard que m'adressa mon géniteur. Comme s'il me demandait qui était cette femme dans ses bras. J'inspirais profondément, tentant de garder mon calme. Je devais me trouver dans une dimension parallèle. Ou un mutant était en train de jouer avec nous, atterrant la réalité. Pourquoi, je ne savais pas. Je refusais d'envisager une autre possibilité qui serait pourtant beaucoup plus évidente.

Il allait pourtant falloir que je me décide à voir l'évidence et à poser une question qui me déchirerait le cœur en fonction de la réponse. Ma tête se tourna, cherchant un médecin. Bien évidemment, il n'y en avait pas quand on avait besoin d'eux. C'était comme l'administration ça. Jamais du personnel en cas de besoin et d'urgence. Ils arrivaient après coup, quand la guerre était finie et qu'on se débrouillait par nous même. Il allait donc falloir faire sans. Je reportais alors mon attention sur Anne et Ross. Surtout sur Anne en fait, guettant sa réaction. Mon père ne semblait pas la reconnaître. Pourquoi, je ne savais pas. Elle portait pourtant son enfant. Elle était la femme qu'il aimait, et rien que ça il ne pouvait pas oublier, lui qui se pensait un handicapé des sentiments. On ne pouvait pas oublier les sentiments que l'on avait pour une personne, si ? Surtout quand c'était la première pour laquelle on les ressentait ? Ma main passa brièvement dans mes cheveux, aggravant l'état lamentable dans lequel ils étaient, c'est à dire en bataille depuis leur séjour dans l'eau de la piscine. Je cherchais une solution, une explication logique. Quelque chose à quoi m'accrocher et me rassurer. Mais rien ne venait.

« Papa, j'ai quel âge ? »

Il n'y avait pas plus bête comme question. Ce n'était pas comme s'il avait débarqué dans mon existence en cours de route, prenant mon éducation au passage. Il était présent à ma naissance, il avait été là durant les premières années de ma vie même si je vivais avec ma mère. Il avait été beaucoup plus présent qu'un simple parrain, s'occupant toujours de moi quand Nicole devait s'absenter. Ne ratant jamais un anniversaire ou un noël. Alors une question comme celle-ci, c'était du gâteau pour lui. Il devait à y répondre les doigts dans le nez comme on dit. Elle était posée pour me rassurer, et pourtant je redoutais énormément la réponse. Toujours cette fichue peur présente en moi et qui ne voulait pas disparaître car jusque présent rien n'avait été fait pour qu'elle disparaisse.
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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Sam 9 Juin - 17:37

- « Qu’est-ce qu’on fait dans cet hôpital ? On est venu rendre visite à qui ? »

Une belote ? Des claquettes ? Mais bon Dieu, Ross ! Qu'est ce que tu nous fait là ? Tu as un pansement sur la tête, tu sors d'une chambre et tu demandes encore ce que nous sommes venus faire à l'hôpital ? Sérieusement... Tu serais pas en train de te foutre LEGEREMENT de notre gu... poire ? Wyatt et moi étions au bord de la crise de nerf et il s'amusait. Car ça ne pouvait être autre chose. Je mis ceci de côté pour le prendre dans mes bras. Il était inutile de lui faire la morale. Le principal était qu'il allait bien et qu'il semblait pouvoir rentrer à la maison. Seulement, lors de notre étreinte, je ne ressentis pas la même chose que d'habitude. Lorsque ses mains se posèrent sur mes épaules, ce n'était toujours pas la même sensation. Je percevais une certaine réserve, distance entre nous. Pourquoi ? Il me remercia et le mot qui suivit fit rater à un battement à mon cœur.

Vous ? Je le regardais droit dans les yeux, sans réellement comprendre les règles de ce nouveau jeu. Mes yeux se posèrent ensuite sur le pansement qu'il avait à la tête et la solution me sauta aux yeux. Cette triste solution qui semblait tout expliquer. La taille de Wyatt et... ma totale disparition au sein de sa mémoire. Que devais-je faire ? Que devais-je dire ? Un truc du genre : Hey Ross ! Je suis la femme à qui tu as dit « je t'aime » il y a trois heures et cinquante quatre minutes ? Je ne pouvais pas lui infliger ça maintenant. Il n'en avait pas besoin. Déjà apprendre qu'il avait des soucis de mémoire serait un gros choc pour lui, je ne pouvais décemment pas lui dire qu'il m'avait totalement oublié alors que nous nous connaissions depuis de nombreuses années. Une chose à la fois.

Je me reculais et tenta de prendre un visage serein et calme. Chose difficile dans la mesure où je portais l'enfant d'un homme devenu amnésique. Je vis un des médecins qui l'avait pris en charge à notre arrivée et su tout de suite qu'une conversation s'imposait entre lui et moi. Je devais jouer le jeu.


- « Oui... Certainement. Excusez-moi de vous avoir... dérangé... », dis-je à Ross pour pouvoir m'éclipser.

En passant de Wyatt, je lui montrais d'un léger signe de tête le médecin au bout du couloir. J'espérais qu'il comprendrait que je ne l'abandonnais pas et que j'allais juste me renseigner sur la gravité de la situation. Je parcouru la distance qui me séparait des informations vitales aussi vite que possible sans attirer l'attention.


- « Docteur ! Que se passe -t-il avec mon... compagnon ? Vous le laissez sortir comme si tout allait bien, mais il a oublié des choses. Donc tout ne va pas bien !  »

- « Une lésion au cerveau n'a rien à voir avec un os brisé ou une lacération et elles sont bien plus imprévisibles. Parfois l'oedeme peut entraîner une hypertension intracrânienne qui cause ce genre de troubles. »

- « Des troubles, vous dites ? Il ne se souvient même pas de moi ! Le père de mon bébé ne se souvient pas de qui je suis. », m'exclamais-je un peu trop fortement.

- « Même s'il est réveillé, le choc qu'il a eu peut entraîner de la confusion, des troubles de la mémoire, des changements d'humeur aussi. Mais tout ça, c'est normal. »

- « Allez dire ça à l'ancien Ross. »

Quel incapable ! Qu'allais-je faire maintenant ? Pouvais-je réellement emménager chez Ross, alors qu'il me prend pour une parfaite inconnue ? Seulement, une bonne partie de mes affaires étaient chez lui... Je ne savais pas quoi faire. Je me contentais de regarder Ross et Wyatt de loin, sans oser faire un pas dans leur direction. Je n'avais peut être pas ma place finalement. Il m'avait oublié, donc théoriquement, je n'avais plus ma place dans sa vie. J'allais devoir la regagner. C'était le seul moyen, car non... Je ne peux le laisser partir et je ne peux abandonner Wyatt dans cette galère. C'est donc d'un pas décidé que je me dirigeais vers les deux hommes. Je me tournais vers Ross et fit comme si nous ne nous connaissions pas plus que ça.

- « Désolée pour tout à l'heure. Wyatt est l'un de mes élèves et je ne pouvais pas le laisser prendre le volant pour venir ici dans son état. Ça n'aurait pas été responsable de ma part. Je me présente : Anne Williams. Ravie de vous rencontrer. »

Je regardais Wyatt d'un regard appuyé pour qu'il accepte de me suivre sans poser de questions.

- « Si vous en avez fini ici, je peux vous raccompagner chez vous, si vous voulez. »
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Dim 10 Juin - 22:01

La question du jeune homme fit sourire Ross. Wyatt était en train de se moquer gentiment de lui. Il adorait charrier son père et le faire tourner en bourrique. C’était un de ses passe-temps favoris quand ils étaient ensemble. Cependant, la lueur taquine, traversant les prunelles du jeune homme dans ces moments là, était absente. Wyatt était on ne peut plus sérieux. Etrange comme attitude. Avait-il vraiment oublié son âge ? Impossible, le jeune homme était en parfaite santé, ce ne pouvait pas être un trou de mémoire aussi gros. La question insolite posée par le jeune homme inquiéta l’écossais. Comme pour balayer ce sentiment désagréable, il passa la main dans sa nuque, effleurant au passage le bandage recouvrant une partie de ses cheveux. Voilà l’explication de son mal de crâne ! Il avait reçu un coup et peut-être subit une opération. C’était donc la raison de sa présence à l’hôpital. Le jeune homme avait dû avoir peur pour son père et le choc émotionnel avait entraîné une amnésie temporaire. Rien de méchant. Sachant que ce petit trouble de la mémoire disparaîtrait dès qu’il verrait que son père allait mieux, l’inquiétude de Ross s’estompa.

Mis à part les maux de tête, il se portait comme un charme. Il allait rassurer son fils dans la seconde en répondant naturellement à sa question. Raté ! La réponse ne vint pas. Ross fronça les sourcils d’étonnement. C’était simple pourtant ! Son fils avait…. Pas de panique, il le savait. Petit retour rapide en arrière. Wyatt était né le jour de la fête d’indépendance des Etats-Unis, le 4 juillet 1992. Nul doute là-dessus. Il était facile de faire le calcul. Sachant qu’il était en… en quelle année déjà ? Ah oui, en 2000. Wyatt avait huit ans. De nouveau, un sourire se dessina sur les lèvres du psychologue. Celui-ci disparut en constatant une nouvelle fois que son fils le dépassait de quelques centimètres. Un enfant de huit ans ne pouvait pas être aussi grand ! Quelque chose ne tournait pas rond. Le doute et l’incertitude s’emparèrent de l’écossais. Mais plutôt que de décevoir son fils, il joua la carte de la plaisanterie.

-Ben alors fiston, tu te fais vieux on dirait !

Les mots sonnaient faux. Ce qu’il pensait être un petit défi, lancé par le jeune homme, le décontenançait. Il remit en question son jugement premier. Et si c’était lui-même qui souffrait d’une amnésie ? Non, il refusait d’y croire. Il était hors de question d’être ainsi diminué. Il savait qui il était, que Wyatt était son fils ; c’était le principal. La chronologie des événements était perturbée, c’était agaçant mais ça finirait par passer. Confus, Ross tentait de se rassurer. Ce n’était pas évident mais il y arriverait si rien ne venait parasiter sa volonté. Manqué ! Une femme s’était jetée à son cou comme si elle faisait partie de sa famille. Qui était-elle ? Pensant qu’elle avait une araignée au plafond, en bon psychologue qu’il était, il ne l’avait pas rejetée. Il n’avait fait aucun geste brusque. Normal, la chaleur et le parfum de l’inconnue l’avait quelque peu apaisé. Il eut bien fait de se montrer presque amical car finalement elle se détacha de lui en s’excusant.

- Il n’y a pas de mal. Dit-il courtoisement.

Intrigué par son comportement, il la regarda s’éloigner tout en la détaillant de bas en haut. Cette créature était drôlement bien foutue. Elle était tout à fait le style de femmes qui ne laissait pas l’écossais indifférent. Elle s’arrêta plus loin, près d’un médecin avec qui elle engagea la conversation. Sans doute avait-elle besoin de consulter un professionnel ou tout simplement de parler. Ross ne lui avait pas laissé cette opportunité. Il aurait peut-être dû se montrer moins distant ? Mais bon, il avait d’autres chats à fouetter. Son fils était son unique priorité. L’écossais prit le jeune homme par l’épaule. Il était temps de quitter les lieux. Ce fut à cet instant qu’il entendit la femme se plaindre au médecin ; le père de son bébé ne se souvenait pas de qui elle était.
*La pauvre* Non seulement son état psychologique était fragile mais en plus son homme l’avait abandonnée ainsi que son bébé. A moins que ce ne soit l’effet de son imagination et de son esprit dérangé ? Si ça se trouvait, il n’existait aucun bébé donc aucun père. Le comportement de cette femme sensibilisa l’écossais. Il titillait son côté professionnel. Par ailleurs, ce serait un véritable gâchis que de laisser une telle créature en proie à de vieux démons. Il ne suffirait peut-être que de quelques séances pour l’aider à retrouver son équilibre.

- T’en penses quoi de cette femme, Wyatt ? Demanda-t-il en désignant du menton la femme qui était toujours avec le médecin.
- Moi je pense qu’elle aurait besoin d’un petit coup de main. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que je pourrais l’aider. Je devrais peut-être aller la voir pour lui proposer mes services, non ?

Ne lui ayant pas fait part de ses observations, Wyatt risquait de ne pas comprendre les intentions de Ross. En fait, c’était inutile puisque si c’était évident pour lui cela devait l’être également pour son fils.

Les déductions hâtives de l’écossais tombèrent à l’eau. A en croire la française qui venait de les rejoindre, elle était le professeur de Wyatt. Contrarié de s’être planté en beauté à son sujet, Ross fit une grimace de mécontentement. Il s’en voulait de ne pas y avoir pensé. Quoi que, ne sachant pas quel jour de la semaine il était, il lui aurait été difficile de penser que Wyatt était à l’école au moment où il avait appris que son père avait eu un accident. Mais quand même, il aurait pu y penser ! Ce manque d’ouverture d’esprit et de rapidité dans son analyse était dérangeant. Habituellement, il envisageait toujours plusieurs éventualités. Certes, il ne pensait pas à tout mais il ne se cantonnait jamais à une seule possibilité. Là, c’était ce qu’il avait fait. Quel incompétent il faisait !

- C’est moi qui suis désolé. Dit-il comme un gamin souhaitant se repentir d’une faute.
- Je suis vraiment confus de m’être montré aussi peu reconnaissant tout à l’heure. Je ne pouvais pas savoir... Merci en tout cas… Anne. Dit-il sincèrement en insistant légèrement sur le prénom.

Elle s’appelait Anne… Ce nom résonnait dans son cerveau comme une chanson douce Anne comme ?... Comme la mère de Josh. Cela faisait quelques temps qu’elle ne faisait plus partie de la vie de l’écossais. Qu’était-elle devenue ? Et Josh, ce diablotin qui ne supportait pas que sa mère ait un amant. L’écossais aimerait bien avoir de leurs nouvelles. Reprenant le cours de l’entrevue avec Miss Williams, Ross sourit. Il regarda d’abord son fils. Il voulait s’assurer qu’il n’avait aucune objection à être raccompagné par son professeur et qu’il n’était plus nécessaire de rester plus longtemps dans ce couloir d’hôpital.

- Ce serait avec plaisir. Répondit-il en souriant avant de demander à Wyatt.
- On n’a plus rien à faire ici, n’est-pas ?

Ross n’était plus sûr de rien. Son sens de l’analyse, ses repères dans le temps, ses souvenirs, tout se mélangeait. Des tonnes d’interrogations envahissaient son esprit sans qu’il soit capable de faire le tri. C’était dérangeant et angoissant. Cependant, il ne voulait pas inquiéter son fils et il essayait, tant bien que mal, de faire comme si tout allait bien.

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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   Ven 15 Juin - 18:20

Une question simple qui amenait à une réponse encore plus simple que mon père connaissait évidemment. Il n'allait pas s'écouler cinq secondes qu'il me dirait mon âge. Il prendrait peut être même le temps de mettre une tournure du genre « ça fait dix huit ans que tu me fais tourner en bourrique fiston. » ça aurait été typiquement lui et ça aurait contribué à me rassurer sur son état. Pourtant les secondes s'écoulaient et rien ne venait. Je le scrutais, guettant le moment où il entrouvrirait ses lèvres pour enfin sortir la réponse. Allez papa, ne me fais pas le coup de l'amnésie, on a trop de galères à gérer en ce moment et pour une fois que le bonheur nous tendait ses bras depuis quelques mois. Il finit par prendre la parole et ses mots me lamentèrent. Je prenais un sérieux coup derrière la tête car je n'avais pas d'autre choix que d'admettre ce que je redoutais jusque présent. Mon père était amnésique. Il se souvenait de moi mais pas de mon âge. J'aurais bien aimé savoir à quel âge il était arrêté. Quinze ou seize ans ? Non, ça ne pouvait pas être ça, déjà vers cet âge là, j'avais grandi d'un coup, commençant à le dépasser. Alors combien ? S'il pensait que j'avais cinq ou six ans, j'allais me taper la tête contre un mur pour devenir à mon tour amnésique. Non parce que des deux, l'adulte c'était lui. Je ne voulais pas être obligé par la force des choses à devenir le plus mature car il ne se souvenait pas des dernières années de sa vie. Moi, j'étais censé être le gamin qu'il rattrapait, pas l'adolescent qui devrait prendre des gants pour lui parler au risque de le perturber encore plus. De l'aide.... Il me fallait de l'aide et vite. Mes yeux se braquèrent sur Anne qui revenait. Non ! Reviens ! J'ai les mêmes à la maison ! Je poussais un profond soupir en comprenant qu'elle allait voir un médecin qui passait dans le coin. Bon ok, voilà j'étais seul avec un père amnésique. What else ?

J'observais de loin Anne qui discutait avec le médecin. Quelques bribes de la conversation arrivèrent jusqu'à nous. Si j'avais encore un doute, j'eus confirmation cette fois. Ross était bel et bien amnésique. Restons calme, respirons profondément et réfléchissons. Plus facile à dire qu'à faire ce dernier point. Au moins, l'état de mon père avait un mérite sur l'instant. Je ne pensais plus à mes petits soucis personnels ni à mon inquiétude constante pour ma petite amie. J'étais focalisé sur lui, sur le moindre de ses faits et gestes. Et tout comme moi, il observait Anne. Je tentais de deviner ce qui pouvait bien se passer dans sa tête. Dommage qu'Emy ne soit pas là. En quelques secondes, elle se serait introduite discrètement dans la tête de Ross et elle m'aurait dit en quelle année il était arrêté. Ce qui m'aurait aidé à me rappeler comment je me comportais à cette époque. 2000 ? 2005 ? J'espérais qu'il se préoccupait au moins de savoir tout comme moi mais apparemment sa préoccupation était ailleurs. Et quand il prit la parole, il me scia sur place. Il ne se rappelait pas de la mère de son enfant mais me demandait ce que j'en pensais et voulait l'aider ?

« Si tu veux l'aider, ne lui propose pas seulement tes services de psychologue » marmonnais-je entre mes dents. Je n'avais pas pu m'empêcher de la sortir celle-là. Je savais que lors d'amnésie, il était conseillé de ne pas bousculer la personne concernée mais là.... Il avait fallu des années pour que ces deux là fusionnent au point d'arriver à faire un bébé. On allait repartir sur le même nombre d'années avant que ça recommence ? Car si c'était le cas, le bébé aura déjà dix ans avant que mon père se rende de nouveau compte qu'il aimait Anne. Ô joie.... Enfin Anne revenait. Elle s'excusait. Mais ? Ma prof ? Je compris à son regard qu'il ne fallait pas que je l'ouvre. Je plissais le nez et fis ma tête des mauvais jours, signifiant que j'étais contre mais que j'allais tout de même la suivre sur ce coup là. Ne pas contrarier belle maman.... Grumpf...Et Ross qui s'excusait à son tour. Mais embrassez-vous qu'on n'en parle plus ! S'ils prenaient la première porte qui se présentait et faisaient l'amour dans un placard, ça lui rendrait peut être la mémoire ?

« Non on n'a plus rien à faire... Rentrons... Je peux conduire ou c'est proscrit par la sacro sainte loi de l'amnésie temporaire qui dit que je ne sais pas ? » balançais-je en regardant tour à tour Anne et Ross. Et à voir la tête de mon père, je ne laissais planer qu'un court silence avant de reprendre la parole. « C'était une blague papa, je sais, j'ai pas le droit de conduire avant l'âge légal. Je poserai mes fesses bien sagement à l'arrière pendant que Anne conduira. » Je lançais un regard dépité à la jeune femme avant de prendre les devants pour sortir de l'hôpital, ouvrant la marche. Si je réclamais une cigarette au premier que je verrais fumer devant l'hôpital, Ross me l'arracherait-elle de la bouche ? Fort probablement. Punaise, il allait falloir que je me rappelle de tout ce que j'avais le droit de faire et tout ce que je n'avais pas le droit de faire quand j'étais petit. Je venais de me rendre compte que s'il ne se rappelait plus d'Anne, cela voulait dire qu'il était arrêter à une année avant leur rencontre. Et j'avais pas dix ans à cette époque. Voilà ce qui s'appelait être dans une belle mouise....
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MessageSujet: Re: Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]   

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Je vais bien, ne t'en fais pas [Terminé]

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